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NOUVELLE
ENCYCLOPEDIE
THÈOLOGIQUE,
OU NOUVELLE
liRIE DE DICTWNNâlHES SDR TOUTES LES PARTIES DE LA SCIENCE RBLIfllEUSHi
OTTWLAMVf EH rHAlIÇAia BT PAU aRDHB AI.PHABÉTIQ Ofi,
U PLUS CLAlRfc:, LA PLUS FACILE, LA PLCS COMMODE, LA PLUS VARIÉS
ET LA PLUS COMPLÈTE DES THÉOLOCÏES.
CES DICTIONNAIRES SONT CEUlt
DES LIVRES AHTCftTMIES, — DES DÉCRET*; DES CONGRÉC^TIOW» ROUAIVES,
— DE DISCIPLINE ECCtÉSUSTlQUE, -— TiE LÉGISLATION Ml^TE, Tn!t(>Hl(îUK ET PRiTlOUE» —
»E PATROLCffilE, — DE BÏOCruPQIE CATllOLiatîE, — DES CONTRÉRIES, — D*BIST0IIIK ECCLÉSUSTIOUE,
DES CROISADES, — DES MISSIONS, — DES LÉGE?<DES» ^ d'A-NECDOTES CHRÉTIENNES, — D*AS€ÉTiflllE» -*
DES INVOCATniNS Jt LA SAIS TE VIERCE,
— DES INDULGENCES» — DES PROPHÉTIES ET DES WiavtLES, —DE BlBLtDCRAPÏIIE CATHOLIQUE,
— D*ÈRtDlTlON EtXLéSÏ ASTIQUE, — DE STATISTIQUE CIIRÉTIENNE,
—* d'Économie reugielse et ciiabitahle, — des persécutions, — des athées^ LNCftéDUiES, etc», —
D£S ERRELftS SOCIALISTES, — HE PHILOSOPHIE CATHOLIQUE, — DE PinSIOLOGlE SPttllTÏJALÎSTE,
D'ANTrPlilLOSOPtilSME, —DE CRITIQUE CHRÉTIENNE» — DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES, —
DE LA CHAIRE CHRÉTIENNE, — DÏILOQUENXE, »'(/., — DE LITTÉRATURE, td.y —
D^àBCBÉOLOClE, iW., — DE PEINTURE ET DE SCULPTURE, ïrf., — DE NUMISMATÏQI^E, trf.i — d'iïÉRALDïQCE, »«.,
— DE MUSIQUE, fi/,, — DE PALÉONTOLOCrF, td,, —DE EOTANIQUE, i(i*, — DE ZOOLOGIE, frf.j
— DE WÉDECINE USUELLE, — DES ARTS ET IIÊTIERS.
PUBLIÉE
PAK M. L'ABBÉ MIGNE,
iSITSlIR PB LA BIB&IOTBÉQQB UliIirBRSB&l.B PO G^BKfiÉ,
OU '
DES C09A» COWftiSTA SUR CHAQUE EBANCUE Dfi LA SCIENCE ECCLESIASTIQUE. '
f^lX : 6 FR* L8 ?0L. POUR LE SOUSCfliPTEOIl A LA COLLECTION ENTIÈRE, 7 FR., 8 PR.» ET HÊIIE 10 FB, POUR LE
SaU&CAIPTEDR A TEL OU TEL DICTIONrVAIRB PARTICULIER* j
\
TOME gUATRIEME.
I ri fi I ■
DICTIONNAIUE DES PERSÉCUTIONS.
TOMB PREMIER.
2 VOLDUBS, PRIX : 16 FRANCS.
S»IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE , ÉDITEUR,
AUX ATELIERS CATilOLIQDES, RUE D'AMBOISE, AU PET IT-MONT ROUGE ,
BAHRIÈHB d'bKFBR DE PARIS.
1S51
qi d iL
DICTIONNAIRE
GENERAL ET COMPLET
DES PERSÉCUTIONS
SOUFFERTES PAR l'ÉGlISE CATHOLIQUE
DEPUIS JÉSUS-CHRIST JUSQU'A NOS JOUR».
PBBSéCUTIONS DES JÎÎIFS » DES EMPEREURS ROMAINS, DES EMPEREt^RS d'oRIEEIT, DKS IRtEïfS ,
DES ICONOCLASTES, DES VANDALES, DES ROIS DE PERSE, d'aRMÉNIK,
PERSÉCUTIONS DANS LES HISSIONS MODERNES, NOTAMMENT EN CHINE, EN COCBINCHINB,
AU JAPOÎfj EN ABYSSINIE, EN ÉGÏPTE, Eïf AMÉRIQUE;
PUIS EN ANGLETERRE» EN ALLEMAGNE, EN HL'SSIE ET EN FRANCE, EN 1793 > ETC., ETC.
Lesisoarees principale» anxqnrlle» an -a pnifié sent s
IXS ACTES 1>EI APAtRES, LES TÈHES HE L^ÉCLISE, ET NOTAMIIENT Et&feBE, SOCRATE , SÔZOMÊPTB, LACTANCE,
SAINT JUSTI?ï, SAINT CïrniEX, SAINT JÉWÔSCE, SAINT JEAN DAMASCÈNE, SAINT JEAN CHRÏS09TOME,
SAL'tT €RÉGOIRE D£ TOURS, SAINT MAnUTUAS^ LE MARTlBOrOGE ROMAlff ET AUTRES» LES MENÉES DES GRECS,
SULPÏCE SÉVÈïlE, ELISÉE WARTABED, DOLLANDtS ET SES CÛNTISCATEimS, BARONICS,
StIRiCS » FERRARltiS, U3SÉR1US » BEDE» MABILLON , TILLEHONT, FLEURT,
mUlNART, LES ASSEMANI, LES LETTRES ÉDIFIANTES, TOUM>N, FONTANA, OE^tRION, ROHlBACRER,
ET LA PLUPART DES HISTORIEES AÎÎGLAIS, FRANÇAIS ET AUTRES*
âQtetir dft VHiUoire ginérak des Pertêcmiom de VEqtîte; des Passicm dmi kun rapport mec ta reïîgumt
ia philosophie f îaphuml(tgie et ta médecine tégaie;
De La f^mte (pb^aiologle, Itiâioîre et Donte); m f Oraison donmncaie (CommenlAire aur}^ da iMre dei Pauvru
PUBLTK
PAR M. L'ABBÉ MIGNE,
iDttSOR 0fi XiA BIBIOTBÊQCie tlNITEBiCLI.^ BU GIiBROÉ,
ou
I^BS mwmm COMf&BTl SUA CHAQUE RRANGDS DE LA SCIENCE eCCLiSfAiTItOG*
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TOME PREMIER.
3 TOL. nix : 16 raiNcs.
S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ L'EDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES DU PETIT - MONTBOOGB ,
B4nii|ÈitE denfbh db paris.
liEï
^^
InpriMrie Mmrb, au Petil-MoDirooge.
AVERTISSEMENT.
D est dans le monda un lirre pour lequel
on n'a pas [m trouver un nom asse^ grand,
assez splendide en dehors du nom généri-
que» on la nommé le Livre^ li Bdile (BtÇXwt),
eesl4-dire le livre pwr extellence, le seul
digne d Ôlre ain>ii ap[)elc. H csl la base de la
foi des chrétiens, le so!eil auquel toute lu-
mière ici-bas est due. Lli'sioue, îes arts,
les sciences» la civilisation, la politique, la
morale» tout pivote sur ce livre sublime. Il
est comme le centre du mondes : ce^l au
point qu* tout et* quisVqîproclie de ce foyer
de lumière prosfvère et grandît, et que tout
te (|ui sVn éloigne déi^éoère. Ou peut me-
surer la civili,salion comme la barbarie d*un
peuple, son bouheur comme sa misère, sa
grandi'ur comme sa décadeiuîe, au plus ou
moins de lumière qu'il reçoit de ce cenSre
universel, d*t)ù rijonnent sur la terre les
croyances qui civilisent et qui viviïient* Ce
liv-e, le plus ancien qnn nous possédions, est
plein d*uoe sagesse [ilus b iUle, phis pure,
d'une morale plus saine, d'une politique
plus ratiaunelle, riue tous les écrits des
philosophes. Aussi l'uu d'e ix s*i-criait-il :
« La majesté des Kcrituies in 'étonne
Voyez les livres des pliiloso[»[ies avec toute
leur pompe : qu'ils sonttietits près de celui-
là I Il (Jean-Jacques, Pensées^voL l",fL2î>, Lon-
dres, IT86.) Counue tout le monde le sait, la
Bible contient l'Ancien et le Nouveau Testa-
ment, Ces deux parties de la parole divine
forment le trésor des croyances de TE^tise.
Devant ce livre il faut incliner sa foi et ado-
rer , car ce livre, c'est la révélation, c est
Dieu parlant aux hommes. Puis le Dieu qui
Va dicté Ta scellé de son satip; divin. Le
\erbe incaraé, en mourant sur la montagne
sainte pour sauver IHnnuanité, attestait la
vérité des Eciitures. Kien d aussi grand,
d aussi saint que la Biblcj encore une fois, la
Bible c'est Dieu, car c'est sa parole.
Ce que TE^lise vénère le plus après ce li-
vre divin, ce sont les actes clés martyrs, qui,
sur les traces de leur Sauveur, sont morts
martyrs, c'est-à-dire témoins h leur tour des
véritj'^s contenues dans la Bible. Les actes
authentiques des martyrs, les actes vrais,
contiennent lf*s réponses que ces généreux
soldats de Jésus-Christ faisaient aux juges
dans leurs interrogatoires : or, souvcit ces
réponses sont insmrées. Ou sait tpie Jésus-
Cjjr si avait Ibruiellemerit assurée ses disci-
ples que quand lisseraient ifiterro-;és pjtr les
persécuteurs, ce serait le S.unt-Esprn qui
parlerait par leur bouche. Le livre des
actes des martyrs, ronteuail toutes b^urs
répmses, serait doic, «niant à c -s réponses,
un livre divin, s'il était bien démontré
DiCTioîSN. D£t FEn&éct;TEO?{i. L
qu'elles nous fussent arrivées exactes, pures
de tout cha-igement.
Les actes authentiques n'ont cependant
pas eux-mêmes lautorité nécessaire pour
que nous devions leur accorder ce titie, car
l Eglise permel qu on les discute; quelque
considérables ipic soient les caractères qui
étaidi^sent leur authenticité, ces caractères
ne sont jamais de nature à démontrer que les
faits rapportés soient assez com[ilétemeût
h l'abri de toute contestation pour qu'on
puisse, à Féj^ard des f'éfjonses des mar-
tyrs, obliger absolument la foi des Odèles.
Mais dans cet état de choses, on conçoit
le respect et la vénération que T Eglise uoit
avoir i>our les actes de ses martyrs. Il est
évident qu'après les saintes, Errjtures, ils
sont ce qu'il y a de plus vém lable djns les
trésors que possède F Eglise.
L'ouvrage que iious do nions au public
n'est autre chose que l'histoire par orure al-
pbabéti(|ue des persécutiojjs ciiduréus par
l'Eglise i-atholique pour h dclense des vérités
contenues dans les sauilcs Ecritures. Les ac-
tesdes martyrs, quand ils eiistent, sont donc
la base de uotre travail A défaut de ces actes
c'est l'histoire qui nous guide. Aussi, dés
le début de cette prélacc, nous prévenons
lo lecteur qu^autant que nous l a vois pu
nous avons donné les actes des ukirtyrs.
Partout oii nous avons pu croire trouver
rauthenticité, nous avons donné te\tuelle-
ment. De quel droit aurions- nous mis notre
siyle, nos récits, nos appréciations, h la
place de ces réponses inspirées, à la place
de ces monuments si vénérables? Quel est le
lecteur qui puisse nous savoir mauvais gré
dû ce respect qui nous a servi de règle?
Quel est celui qui eût préféré que notre
plume sacrilège eût comuiis uo tel crime?
Oui, partout où cela a été possible, nous
avons cité lextuelïenient. En présence d'un
pareil devoir h acconqdir, nous n'avons re-
culé ni devant les redites, ni devant les lon-
gueurs. Nous n'avons jamais trouvé trop éten-
dus les actes authentiques que T Eglise vé-
nère et que des martyrs eux-mêmes ou des
témoins oculaires ont écrits. Nous protes-
tons de toutes nos forces contre ce vanda-
lisme sacrilège qui se permel de décapiter
b-'s monuments historiques les pi s sid ils,
les plus vénérables, contîe l'orgue l inconce-
vable d*écrivains qui se mettent ** la i>lace
des Pères de la foi, des marlyrs de Jésus-
Ctirist, des narrateurs qui ont tecueilli de
la biuclio des martyrs ou de celle di^ té-
moins oculaires, les clioses qu'ils raco lient.
Le soin avec lequel les premiers chrétiens
recueillaient ces monuments qui constatent la
1
k.^^
Avertissement.
If
pieté, la foi» \e courage, les combats, la riinrt
des martyrs, le profond ritiSi^eet avec lequel
les E:^lises les conservaient, l*adjafneieent
que les pers6cult*urs toéttaldût à les Jé-
truire, tout cela doit nous donner la mosuro
de la vénération profonde avec laquelle
nons devons les recevoir et les conserver.
Noos ayons donc estimé avec raison qu'il
élatl convenable de donner dans notre dic-
tionnaire autant que possible les pièces au-
thentiques. C'est moins brillant peut-élre
pour récrivain ; au fond c*est plus utile
pour le lenteur, c'est plus utile pour Tbis-
toire en elle-raôme*
Ce que nous avons fait pour les actes des
martyrs» n#us Tavoûs fait souvent à propos
des récils, des apfiréciations que nous avons
rencontrés dans les Pères de l'Es^lise, dans
les histori' ns universellement reçus comme
autorité dans la matière. Ce qui nous préoc-
cupail, c'était l'inlénH de notre livre en lui-
même, et non pas b» be^o n né d'un amour-
propre outrecuidant de faire ijous-uiémedes
ap[>réc!a lions et des récits. Qu'on dise main-
tenant que cela rompt Tunilé de couleur
d'un livre et lui donne rapparence d'un Ira-
vai' de juarqueterie fait u'une inlinité do
pièces dissemblables, nous n'en disconve-
nons pas ; seulement nous prétendfins que
ce défaut, iutiniment moins sensible dans
un dietioimaire que dans une liistoire sui-
vie, cesse d'être un défaut pour ainsi dire»
quand on considère que, par ce moyen de
faire, l'auto 'ur a conservé autant une possi-
ble, et les î^ièces authentiques, et les appré-
ciations, èl les récits universellement re^us
commô bons. 11 faut conserver rhi^toire
écrite avec le plus gr«nd respect; c'est le
moyen de ne p:ts la déconsidérer dans les
siècl s futurs.
Nous commençons notre préface par l'ex-
position de ces idées, qui nous ont paru les
plus imporla!>res de celtes que nous y de-
vions traiter. Parlo'is rnaii enarktdu planque
nous avons suivi. Nous avons fait un Dic-
tionnaire des persécuiions de l'Ej^lise d'a-
près ces di)nnées,ou filutol d'après celte sy-
nopse, hi.sioire des persécutés, des perséou-
tears, d de persécution, des causes
des pei MS, dos e.lets des persécu-
iions.
Il ne faut demander h un ouvrage aue ce
aoe son litre couii> ♦rie. Nr*us a vois lait un
Ùieti^fnHHtrc (Us fterstvuiifmâ d^ VE^iht ca~
tholitnu. On voit dj premier coup les hmi-
tes clans le*-(pie1les nous avons dû rester.
Les perséculio îsysi peu nombreuses qu'elles
soient, b-ouirerle-j [K)ur les hérésies, étaieit
en delims de notre caJre; k plus forte rai-
son, celles qu'un taux zèle a pu porter
non ^»as l'Eglise, mais certains d entre ses
enfants, à fane endurer aux dissidents quels
qu'ils fussent.
il faut demander à un ouvrage tout ce que
son litre com[)Orie. Nous croyons avoir, à
peu de cîiose près, répondu à cette obiiga*
tion. Nous disons à peu prè$^ parce quCi
é|Uel$ que soient le soin avec lequel on recaer-
ebe, la méthode queron êUit, il est impossi-
ble d'arriver à être complet. Il n*y a pas un
ouvrage du genre qui le soit. Les diction-
naires hislorkiiues }»félcndus généraux, les
plus renommés, les meilleurs, ne contien-
nent pas cinquante mots sur cent de notre
Dictionnaire^ qui triple le Martyrologe ou
Catalogue général des saints»pub!ié par l'or-
dre des papes Grégoire Xlïl, Urbain VIII,
Clément X et Benoît XJV. Nous croyons
avoir donné des détails qu*on ne trouve
nulle part dans les ouvrages spéciaux , eu
particulier tout ce qui est relatiiaux persé-
cutions d'Arménie sous Yesdedierd, 11* du
nom, et aux sai'ils majtyrs ou'elles couron-
nèrent. On trouver;! encore a 4 ns ce Die tion-
mure dos traductions fidèlement faites par
nous des actes des martyrs recueillis par
Etienne Assemani, et que personne n'a don-
nées d'une façon complète et satisfaisante.
Nous donnons de même les actes des marr
tyrs d'Ostie, sous Claude le Gothique, pi ince
que la plupart des auteurs n'ont pas classé^
parmi les persécuteurs de FEglise, et auî
le fut bien réellement, ainsi que uous le d^
montrons
Nous avons cru devoir # par une réservé
que chacun comprendra, nous Fespérons, ne
pas nous occuper des questions encore pen-
dantes et pour ainsi dire ei litige. Bien qu'k
notre gré les prétendues libertés de i*Eguse
Ï gallicane ne soient cjue les servitudes du
'Eglise, et que les ditlérentes conséquences
qui en sont découlées comme faits, aient
constitué de véritables persécutions, nous
avons gardé le silence à cet égard. Il y a
encore dans notre clergé quelques prélats,
beaucoup d'ecclésiastiques, qui srmt de
bonne foi dajis lopiniori contraire. L'Ëglise
universelle, bien qu'elle en gémisse, a cru
devoir, dans un esprit de conciliation sage.
puisqu'elle l'a eu» tolérer cette opinion. 11
ne convenait pas que nous, laïque, vinssions
jeter nos a[>préciations au milieu des doc-
leurs, ju^es naturels dans de semblables
eonllits. C'est déjà bien assez que nous
osions nous faire écrivain narrateur des
choses et des faits qui ne sont pas en dis-
cussion. A notre avis, les laitjues doivent se
mêler le moins possible des choses reli-
gieuses. On ne peut donc nous savoir mau-
vais ^té de mitre réserve,
Mamtenant, qu'on vienne nous dire que
notre travail est incomplet sons une infinité
de rat>porls, nous n'eu serons point étonné ;
nous nattondrons pas ce r "proobe. Nous
courons au-devant, pour le recevoir nous-
mèiue à titre de vérité- Qu'y a-t-il de com-
plet dans le genre? Pas un nistorien, pas un
recueil, pas même les BollauiJistes; et quand
on voit cette montagne de volumes k côté de
notre opuscniL*, on demanderait h ce dernier
d'être complet? Mais il renferme n*m pas
dix, mais deux cents articles qui, tniités h
fond, exigeraient plus de plare qu'il u'en
prend tout entier lui-môme» Nous savons,
3u*on nous pardonne cet orgueil, comment
famkait traiter un pareil sujet, s'y dévouer
etilièrement, sans autre préoccupatmo, san^^
autre but^sans^ud de Taxistence matérielle,
3
AVERTISSEMENT,
sànsot rîucuns autour de soi, se ïBêt-
tre à kl -ms visera la Ûrt dès le com-
menremem, et passt»r sa vie à rœuvre> coû-
tent (l'être allé jusqu'où Dieu l'aurait per-
mis. Leé ailleurs sont trop pressés , les
éifiletîrs cHîculenU les lecteurs allendenl. À
qui la foule? au siècle qui nous distrait des
Blindes choses et qui nous lorce è glisser
éc une rapidité Diivrante sur loules les su-
perficies. Il n'j é plus guère de Bénédictins.
On sait les différences essentielles qui
font qu'un dictionnaire et une histoire sout
deut travaux absottiinenl distincts : chacun
a sesavantaff(?$ et ses inconvénients ; Vw\ ne
saunit «in|»pi<^r?f ^* Tautre* Il n'eiilirra jamais
dfi tsoDîie qa un dictionnaire
bi- remplacer les histoires
[éiién> (ùiiliculières; mais il entrera
ans U- Lions de timst que le diition*
n^ure est indispensable pour Félude du l'ait
en particulier, p^kur la recherche des malé-
riaux de II avait» pour la rçuiinistence ou pour
la rnrm.ii^v.nn< o u'iin point d^hisloiît*, L'ins-
to i fin ei il l'a i te j )0 y t ci^ u \ q ui
vtu,. ..V ,.,.>,., ., .dictionnaire poui" ceux qui
savent déjA* L'ordre de ce dernier, oiicf aque
fait se trouve h m ietire^ permet de le Irouver
sans hésitation, el évite la peine de feuille-
ter des volumes et de dé|jenser des heures
précieuses.
Dans (out le cours de cet ouvrage nrms
avons ronslarïjmeul visé à ne [pas émettre
iiion qui ue fût orthodoxe. Nuus
- d'avance tônl ce qu on pourrait
nmmo sei.s à nos i aroh s» qui ne
Nous avons en général < hoi>i des
tant t[ue possible, puisant aux
tiÔTues.
> fe disons pins haut, nous
<>up de hiogra[>bies de oiartyrs
ou «e confesseurs Unnt les noms r.e sont [>..s
au fri!a!n-oè dcs ^âinls; soiivcnt nous it ur
air ce titre* Avons-nous besoin de
dijL ,.^ .ijLteur que noiis n'avons pas plus
atf
le
ÉOi
àùL
tlS l)
ri lé
l'intention que nous n'avons laiitorlé de
mettre au nombre des s<nnts ceux qui n'ont
pas fûrn»ellen«ent été recoimus coinnie tels
par fEghset Evidenunent non; cet e quah-
Dtat on, smis tiotre plume, cx[>rïme lim piè-
gent que les personiïagcs desipicls nous
parlons s*int di^^nès de la vénération pubh-
que, h cause de leui s mérites, de leurs souf-
frances; mais elle ne va ; omt jusqu'à con-
trevenir par le faii au dccrrl dUibaiU Vlll
sur celle matière- Nous î^avons parlaiicment
que, (Ju* Isque soient les libes d'un (lersou-
nai^e »pi lroî;a G, il ne [>eut être n»gtrdé
anth fi r* sa ift « t reviHoinn.e
tel jiar i i , . ^ : t qu'il a clé proposé
à la vénéralio:! [ ubhque par r.iiUurilé du
samt-siége, ou p>ar celle des éôh'^es pai lien-
lièrt'Si avant que ce dro:t eût été réservé
furmelJemeni uxsuccessi'ur^ de saint Pierre.
Nous faisons aussi l'i même rcnuirqui- ré'a-
livefneutauxmtrricles qui n'o. t pa> é^é exa*
minés ni apfirouvés juiidiquemest. Hislu-
rien, nous racontons les faits; quant à les
marquer du sceau infaillible de Tauthenti-
iiiif ce droit est réservé aux juges institués
pour cela. Nous devons dire ici que nous
avons quelquefois été Irés-réservé dans ta
narration de certains f^iits réputés iniracu^
leuï, Il y a des [personnes qui, par un sen-
timent de piété fort mal ent^ ndue, acceptent
comme conslanls tous les récits qui rap-
l^ortent un prétendu miracle- 11 leur sem-
Llerait en quelque sorte commettre une im-
piété si elles le contestaient; c'est ui-e fai-
blesse daiis laquelle un h stoneh ne doit pas
tomber. Il est des auteurs ori|jinaux qu'il né
faut pas suivre avec ui.e ct.yliance avt ugle ;
de la meilleure foi du monde^ ils ont pu sô
tromper. Il ne sufiil pas qu'ils diseni avoir
vu, qu ils aient réellement vu, pour qui* les
fiits racontés soieni vrius. Qui leur a dooiiô
rinlaillibilité 1 Sera t-ce l'antiquïté du ri'cilî
M.dgré tout le respect que nous devons oui
anciens, nous ne (pouvons nous empÊcljcr
de dire ceci ; Ce qui n'est (»as viai oans un
temps, n'est p:is plus vrai trois cents ans, inilli
ans plus taid. Les ^bserv^iteurs les mieui
inlentionnés j)euTi»iil très-bien m^utquer dé
discernement; le préjugé peut très-bien les
avoir éi^arés. N<*ys avons eu occasion de
voir dernièrement un lionin^e instruit, un
de nos amis, qui ne concevait pas que nous
pussions discuter une léfeendr. — Ce qu'on
a cru si ioui^ti inps,d sait-il, devait élrc vrai,
Discuter une ^elJe de ces j bières, c'est se
donner le droit de les discuter toutes; c*cst
arriver h ne plus rien admettre; c est i îiè
du voltairianisme. On stjnt que (le [ artilles
objections nesimt \as disculables.Ouî, lions
avons souvent omis les récils de certains
miracles qui nous ont paru en achés d er-
reur. Souvent nous avons critique certains
fdiis géiiéiaîcmcnt admis. Fal ait-il, i>àj^
exemple, que nous accepiassions c« nnu^
miracle le fait suivant ? Un sa ni envoie son
disciple puiser de l'ean à une fontamc; le
disciple revient épouvanté, disanl qu'il a vu
une vipère dans la fuulaine; le saint rr tourne
avec !e discip e, fait le signe de la ctotx sur
Peau, en puise, la boit et n'en meu t pas.
D abord les vipèies i e vont pïvs dans Je^ lon-
liiincs, à moins qu'i 1 es n'} tombent. L< ur
veu n ne se m^ lun^e | as à Teau ; ^v iûi-j1 mé-
hmgé, qu'on i oui rail h' boiie impui. entent,
Le venin do la vijicie n a pas d'yeiion sur le
tuhedjgesi f dans létottioimaL Faut-d cro^e
au récit suivant? D» ux saints mi^sinniiair^s
sont plis en Amérifpi^*. On leur ouvre le
ver lie, on IcMr anache le cceur, on les en
fra[*pe au visage et ils parlent ensuite. Nous
nou^ boinoiiSi» cetlequestion. Souvent i ous
avons < lé à même de vmr avec quclir lé^^è^
reté des personnes très- pieuse- admeUai nt
des laits comme miraiuleux^ huis avons
souveiiir d'avoir vu, d.-ms une grande viilo
de rOnist, un couvent <-ù on |)rctchtiait
qu'un i^ia^d mi ni de avait eu lieu, JNous fû-
mes treS'-môl venu en voulanl lonle^ier ce
mtraclc. Les bonnes religieuses ne souf-
fraient pas de discussion à Tcndroit de leur
niiraele. Voiri le fart : Un médecin déclaia
incurable une jeune bJle appartenant à Tune
des nombreuses maisons rengieuses confiées
h ses souis. Après cet arrêt di U seienci',
ts
AVERTISSEMENT.
la
les religieuses Oreot une neuvaine, et la
jeune fille guérit. Aussilùt on publia que le
cid venait de faire un miracle; le tout re-
posait sur riofaill.bditédu docteur. Qii.iol à
nous» eussions-nous eu pour y croire toutes
Îl^s raisons que nous n'avions certes pas,
nous n'eussions pas osé pousser notre con-
fiance en sa parole jusqu'à en faire la preuve
d'un m irai le, sa base pour ainsi dire- Il n*y
avait rien de miraculeux h ce qu^une malade
guérit, quoique coniamnée par lui; au con-
trains. Encore un lait rjui revient à notre
mémoire. Dans les Vies des saints de la Tïié-
baïde, nous voyons que le diable, pour faire
perdre son sérieux à un saint qui s*était im-
jmsé ! obligation de ne pas rire, faisait dan-
ser en Tair une plume attachée au bout d un
bâton avec une ncelle. Peut-on sérieusement
aJmeitre de prireils faits? Nous ne donnons
pas les noms ues personnages, parce qu'avec
les roms, ces faits deviendrait-nl bien plus
fiicil<*nieut une arme entre les mains de ceux
qui voudraient en f^ire une moquer e : nous
n'^ voulons pas prêter. Bon noiMbre d'écri-
vains re oiniuandablt^s peuvent quelquefois
enibarrasst^r beaucoup ceux qui les consul-
tent. Pleins de bonne fui eux-mêmes, ils n ont
pas usé se délier de la bonne foi ues autn-s,
et ils ont adopté des récils qu'une confiance
moins grandtt leur eût fait rejeter. Ils sont
ainsi devenus eux-mêmes, pour ainsi dire,
une seconde autorité. Du reste, nous no
croyons pas que cette dernière réflexion
puisse concerner antre cbuse que des faits
de peu d'importance.
lie tout ce que nous venons do dire, il est
juste de conclure qu'il faut de la critique et
du discernement nour distinguer le vr;n du
faux. Cet>endant, il est équitable de convenir
qu'à Tépoque où nous sommes, les secours
ne font pas défaut à qui veut écrire un ou-
vrage do genre du nôtre. De nombreux au-
teurs, tous fort recommandâbles, ont publié
des travaux qui permettent de marcher d'un
pas assez sûr dans le dédale de l histoire ec-
clésiastique. A la tête de tous, il f.mt mettre
les Bollandistes , auteurs des Acia Sancto-
ntm, Baronius, Le Nain de Tillenionl, Rui-
nart, les deux Assemani, et une foule d'au-
tres non moins recommandâbles. Ce sont ces
auteurs que nous avons suivis. Nous mao-
querions à la reconnaissance si nous ne les
citions pas, ainsi que Fleury, Rohrbacher,
dont les histoires nous ont aussi beaucoup
servi. Nous nous somiues aidé bien souvent
de Touvrage d' Al ban liutler, tradiiit par Go-
descart. Malgré toutes ses imperfections, ce
livre est un recueil précieux, qu'on a beau-
coup) trop pris l habitude de décrier.
Nous terinmerous cet avertissament en ré*
pétant que nous n'avons pu faire dans ce li-
vre qu*un abrégét et que ce serait vraiment
une prétention injuste d'y vouloir trouver
autre chose que les qualités d'un abrégé.
Les matières que nous avons traitées sont
très-abrégées uans Fleury, qui a 6 volumes
de mitre format. Tillemont, qui a IG volu-
mes in-i", n'est allé que justpi/au vi* sièc;le,
Rohrbacher lui-même, avec ses 28 volumes
in-8% compactes, ifa fait qu'un abrégé, si on
considère les faits en particulier. Les Dol-
landistes seuls ont discuta scientitiqueraent ;
aussi leur œuvre irest-elle pas achevée, mal-
gré les montagnes de documents qu'ils ont
entassés. Il y a cependant une pai tia que
nous avons, autant que poss ble, donnée ni
extenso : c'est ce qui a Irait aux laits parfai-
tement authentiques. Là les citations ne
font pas faute dans notre livre. Nous lavons
déjà dit : le respect des documents authen-
tiques doit être la principale préoccupa-
tion de rhistorien qui traite de cesmaiiè.es.
A propos d'un autre ouvrage du même genre
que nous pubhons ( Histoire (fénérale des
persécutions de iEtjtise ; Périsse frères J, plu-
sieui'S prélats nous ont félicité d avoir d**nné
sans les altérer ces trésors de Tlustoire ec-
clésiastique. L'évéque d'Anjiers , notam-
ment, nous écrivait ces mots : « Vos lecteurs
vous sauront gré. Monsieur, de leur avoir
fait connaître les (lièces les plus précieuses
de ce grand procès entrci le christianisme et
ildolàlrie. L'insertion de ces pièces dans le
corps de votre ouvrage fait honneur à votj-e
discernement. » M. Itohrbacher, qui nous a
donné une si excellente Uisloire defEgtiser
a pensé aussi que Tinserjou des pièces au-
thentiques était bien importante. Nous ne
craii^nons pas d être déiueiiti en disant que
dans son ouvrage les citatiuns font près des
trois quarts du texte. Quelques-uns pour^
raient prendre cette phrase pour une criti-
que, ellesignitie le contraire. Hummage h
1 écrivain qui sait construire avec de tels
matériaux 1 Pour nous, cetttî histoire est in-
comparablement la meilleure, parce qu elle
est la plus nourrie de faits; parce que c/est
moins Thistorien qui j'arle ijue l'Eglise de
Dieu, qu*il a constamment mise en sceuo en
faisant parler ses docteurs et ses saints* Ils
avaient tadlé les pierres de réditice, d les a
réunies avec une certitude de coup dœil et
une puissance d érudition, desquelles on ne
saurait trop faire l'éloge. L'homme qui tra-
vaille pour la vérité lait ainsi. Nous avons
tâché a agir de môme en ellaçant le plus
souvent possible notre récit, nos apprécia-
tions ; nous serions trop beuxeux si nous
avions quelque peu réussi*
J
AVIS,
Pour D6 pas embarraMer le lecteur, nous n*avoii8pa8 mis d^abréTiations dans ce Dictionnaire. Rien» par
conséquent, à indiquer à cet endroit. Quant au classement des faits, voici Tordre que nous avons suivi ; il
a ses inconvénients qui nous ont semblé moindres que ses avantages. Autant que possible, nous avons pUeé
les saints du même nom par ordre chronologique, sans nous préoccuper de ce qui aurait pu nous fournir
rélément d'un autre ordre de classement, des prénoms, par exemple, quand il eu existe; ce qui, du resle^
n*a pas lieu pour les saints de la primitive Eglise. Les saints à date ignorée ou très-incertaine, nous tot
avons rejetés en masse après leurs homonymes à dates certaines. Nous plaçons les persécutés avant les per-
sécuteurs du même nom qu'eux.
Dans les Martyrologes et dans beaucoup d'historiens, nombre de martyrs sont indiqués comme ayant
souffert sous tel ou te! empereur, sous tel ou tel souverain, sans fixation exacte d'année. Une telle indict-
lion est une date; mais, sans faire injure à la plupart de nos lecteurs, nous croyons qu'elle est insuffisante
pour eux. Généralement on sait peu , ou du moins on ne se souvient guère, que Trajan, par exemple,
monta sur le trône en 98, Adrien en 117, Marc-Aurèle en 161, Valérien en 253, etc. Or, quand il sert
dit d'un saint ceci : c Soit martyre eut lieu sous Alexandre-Sévère^ i cela fera-tril que le lecteur se reporte à
la date 222? Nous ne le croyons pas. Donc, pour éviter que le lecteur gourmande inutilement des souvenir!
récalciirants, ou qu'il soit forcé de recourir sans cesse à un dictionnaire des dates, nous croyons conve-
nable de donner ici la nomenclature des empereurs jusqu'à ceux sous lesquels l'Eglise a cessé d'être per*
sécutée.
NOMENCLATURE DES EBIPEREURS ROMAINS.
N« d'ordre.
2
5
l
5
6
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8
9
10
il
12
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80
40
NoTs des empereurs.
Auguste ....
Tit'êre • • • • •
Caligiila
Claudel*' . . . .
Néron
Galba
Oibon
YiteHius
Vespasien ....
Titus
Domitien
Nerva
Trajan
Adrien
Anlonin
Marc-Aurèle . . .
Commode • • • .
Periinax. . . '^ •
Sévère
Caracalla . • • •
Macrin
Héliogabale. . • •
Alexandre-Sévère. •
Maximin
Pubien
Gordien
Philippe
Décius
Gallus
Emilien
Valérien
Gallien
Claude II
Aurélien. . • • •
Tacite
Probus . . • • •
Carus
Dioclétien et Maxi-
mien
Constance^hlore. .
Constantin ....
Dites d'avéoement
avant J.-G. 27
aprèsJ.-C. 14
37
41
54
79
81
96
98
117
138
161
180
193
193
211
217
218
2X2
235
238
239
245
249
251
252
253
261
269
270
276
276
282
284
304
306
NOMENCLATURE DES SOUVERAINS DE CONS*
TANTINOPLE.
N«» d'ordre,
l.r
2
5
4
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6
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9
10
11
12
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30
31
32
33
34
35
36
37
38
39
40
41
42
Noms des empereurs.
Constantin le Grand
Constance. . .
Julien l'Apostat .
Jovien ....
Valentinîen. . .
Gralien ....
Théodose le Grand
Arcadius. . . .
Théodosell. . .
Marcien. . . .
Léon 1«'. . . .
Léon II ... .
Zenon. . . . .
Anastase . . .
Justin l«r . . .
Jusiinien I*r. , .
Justin 11. . . .
Tibère Constantin
Maurice. . . .
Phocas ....
Héraclius. . . .
Constantin III . .
Héradéonas. . .
Constance U . .
Constantin IV . .
Justinien IL . .
Léonce ....
Absimare . . .
Philippique Bardanez
Anaslase 11 . . .
Théodose 111 . .
Léon m, d'Isaurie.
Constantin V . .
I-éon IV . . .
Constantin VI . .
Irène
Nic^phore I«» . .
Michel I«' . . .
Léon V . . . .
Michel n. . . .
Théophile . . .
Michel m . . .
Dates d^fénement
330
535
361
363
364
375
579
395
408
450
457
474
474
491
518
527
565
576
585
602
611
641
641
642
696
712
715
717
717
741
775
780
797
802
815
815
820
J29
842
^•^•-1
DICTIONNAIRE
I DES PERSÉCUTIONS
n l'uim GATioiiQDi,'
AARON (saint), martjr, était Breton de
iiais|aoci9« Il \ini d'abord a BamQf oi) il
«*applitTiia beaucoup à FétiKle cie IT^crihiro
sainte Jl passa easuite en Angleterre, où il
recul la ootirortne du piarlyre sous Dioelé-
tien, vers Tan 287, h Caerléon sur TUsk, dnns
le copie do Monlraô|ith»avec saint Jules.
L'Eglise fait la fêle <ie saint Ai^ron et de saint
Jules le 1*' juillet. (Yqm, AlfprJ» ad annutn
287 J
ABACHCM (saintUfils de saial Maris el do
sainte Marthe, Tr^re d*a saint Aodifat* vint à
Home avec eux pour visiter les (orn beaux
des anôlres. Arrêté avec eux comnie ctifé-
tîer(/ti soutfril, sous Claude 1) le fiolliiuoe,
la basfoniiade, le chevaleU le Feu, les ouj^les
defpr, eut les mains coupées 0 ensuite fut
dée4, 'ité. Son cor|»s fiit lirûiéX'E^lise honore
fia méinoire le 19 janvier.
ABDAICLA (saint), martyr en Perse sous
le rècjne de Sapor, a des arles cpii loi sont
communs avec saint SimiVjn , évoque de
Cié^iphon ttde Séleu^'ic* Nou^ jf fenvoyQns
le Ippteur. (FHe le 17 ayril )
ABDAS (saint), martyr, évoque de Casear,
en Clialtlée, vivait soos le roi Sapor. Ce l'ut
dans (a tîG' année du rè^ne de ce nrince (par
consé^ïuenl en 376 ou 377) qu'il reniprJrla
la couronne du martyre avec vingt-huit au-
tres chrétiens, dnns la viMe de Lédan, au
payç des Huïites/ Il souffrit un veodreili,
vers le 15 mai, L'Eglise fait sa fête le It»,
AQpON (sainl), martyr, était Persan d ori-
in<jf il vint avec saint Sennen à Jlome; il y
g
ut irfété avec lui comme chrétien, soutlVit
de tîès-ôrands tourment* pour la fu, et «er-
loina enfin ses jours p.ir Tép^e^sous Vçm-
rh-ii^i en présence de 1% w Bèce» en
annde 250. Les actes il : \i\ saints
souj sans autorité. Les cluéticns de Ronje
reçurent ces deux sainfs, non point coimne
des étrangers, mais comme des frères t\wi li
mèine espérance, la même foi leur unissaient
d'esprit et de cœur, parenté chrétienne plus
puissante et plus fortq que les liens de na^
tionnhlé, et même que les liens de famille.
Les deux saiot^î, après leur mort, furent dé-
posés dans la maison d*un sous-diacre nommé
Quirin. Sous le règne de l'emnereur Cons-
tantin on déposa leurs corp^ dans le cime-
tièrtj de Pontien. On dit que le nape Gré-
goirelVlransporla leurs corps dans réalise de
Sainl-Mirc^dans Fintérieurde la ville. D'au-
tres disent que le pape Damase les avait
donnés, en r.mnée 370 ou h peu près, h s^int
Zénobede Florence. D'autn-s, entnJ^oot pré-
twndu qu'ils furent îransportés à Saint-Mé-
dard de Soissons, et qu'ils y sont demeurés
jusiju*au\ guerres des hup^uenofs, qui les
brùl^îrpnL L'Eglise fait la fô|e tje ces dfgux
saillît !•' 30 novembre.
AHlpE (saint), diacre et martyr» versa son
sanyç pour la toi à Edesse, eu bjne, du feflops
de rempereur Licinius. Le juge le lit déchi-
rer avec ih'^ ongles de fiT, puis ensuite le lit
h^ter dans le feu, L'Eglise honore sa mémoire
le IS novembre. (Extrait du Marljrologe
romaîp. Pas d*actes sérieux.)
ApJÉSUS (saint), martyr, évoque de Cas-
car, tlonna son sang pour la foi en Perse,
sous le roi Isde^erde, ou mieux Yesded-
jer'l. Le Martynuoge rom'viu le met dans
le iv^ siècl*', sans dale [irérise. Il esi f»our-
tant facile de l'éLiblir à fort (jeu de i-hose
prùs. J^e roi Vesdedjerd moula sur le trône
en ado, et mourut en V20. Or U ne régna
pas tgul h lait deux ans durant le iv siècle,
Sainl ibj*''sus rlul donc é're martyrisé h la
lint|eTÎ90ou an eours île T^n 4tKK II eut
pour comiij^noits do son niartyre seize prê-
tres, neut diarres, six moines et $eid vier-
ges. Sa fête a aussi lieu le 16 mai*
ABONDANCE (s.'inl), martyr, mourut à
Rome pour la foi t'hrélieni:e, avec les saints
LéoiK Douai, Nicéphore et n^uf autres. L*E-
Klise hûpore leur mémoire le 1" mars.
il
AfiO
ABONDANCE (saint), diacre et martyr,
mourût pour la foi avec saint Abonde, prètVe,
ious Diocléiien. Sa fête a lieu le 16 septem-
bre,
ABOraB (saint), marlvr comme le précé-
dent, fut martyrisé h Rome pour la d<'fense
dô M iw'lliion de Jésiis-(]bri-t. !1 eut pour
comp^r- ■ son martyre tes sanrts Alexan-
dre, Ai...^ .. Lit Fortutiât. ijui «îont honorés
êyoclui parTEglise, le27 février.
ABONDE fsai:it), *^vôquf^ et confesseur,
souffert divers tOuritKMits pnur la foi ctiré-
tîenne, k C(^me. On ne snit ni t^ date ni le$
détails de sa confession. Sa fôle arrive le 2
avril.
ABONDE (saîntK prèlre et martyr, soofîrit
la niorl pouf J^isus-Christ, s^nis jr* rf!!^"ne et
durant ta ref^^culion de Diofl*>lîou, avec
saint Abondance, diacre, sai» t Alarcien, per-
soma-:e lïîuslre de Rome, ei son tiis Jean,
que les deux saints avaient ressuscité, lis
furent tous e^técntés sur la voie Flami-
nionne. L'Eglise honore leur mémoire le 16
sei-lembre.
ABONDE (saînl), diacre et martyr, sous le
règne et durant la f persécution de Dioclélien,
eut pour comfiai^non de ses soiitfrances saint
Carpopbore, prdîtrt^. D abord on les nii yrtrit
de coups de bâton ; on les niH ensuite en
prison, ofi on les tint longtemps ^ans If^ur
donner nié bo;re ni h manger. Après cette
longue torture, on les mit sur le chevalet,
où ils furent eruelletnent tourmentés» Enfin
ils eurent 1h l^te tranchée. L'Kglise honore
leur mémoire le 10 décembre,
ABONDE (saint] fut martyrisé îi Rome
sous l'empire de V'alénen, avec saint Irénée.
Ils avaient reiré le corps de sainte Concorde
d'un cloarpie où on Favait jeté. Ils y furent
eux-m 'es el noyés. Le prêtrt^ Justin
les en * lirf'^s, ils" furent enterrés dans
une cryplH (»fes du coi'ps de saint Laurent.
L'Edi-p vénère li'ur in<»raotre le 26 aoiU.
' î: on ABO:^DA?iCK (^ainl), est cité
diM L^viaire de Tolède, avec saint Just,
comme ayant été marlyrisé pour la foi chré-
tionnp «inus rerapereiir Numérien et sous le
jii le. On ne sait pas dans quel pays il
a ;^v...... . L Le MartyrolOb't' romnin dit qulls
furent condamnés au fuu, mais que n'en ayant
souffert aucune âtleintCi ils périrent par le
glaive, La féfe de c^^s deux saints est célé-
brée par l'Egïise le i\ décembre.
ABONDE (ç dntjt prêtre et martyr, versa
son sans à Cordout% pour avoir parlé avec
trop de liberté contre la secte de Mahomet,
da ' î Mips oi^ les Maures étaient maîtres
à ^iit. L'Eglise honore sa mémoire la
11 juillet.
ABORMIO, franciscain el Italien de nation^
fut pris, en 17^6. le dimanche de PAques,
dan$ le Chan-si. Il fut irabié de prison en
prison, pend:tni onze mois, et conduit eoiin
a IfacaOy où on le remit aui mains du pro-
cufeur de la ville, avec chacge de répondre
de lui.Lessoldats lui donnèrent dessoutilcts,
pillèrent ce qu*il avait de menbles et se^p'-r-
lèrent envers son domestirjue à de si rudes
traitemeuts, (}u1l en mourut quelques Jnurs
après. Les tribunauTt se saisirent de Faffaîr^
et le prisonnier fut forcé de comparaître.
Alors le mandarin, se vovant obligé de ren-
voyer, le suivit pour lui demander avant Tau-
dience de voulotr bien ne rien dire des mau-
vais traitements qu'il lui avait fait sujjîr et
des vols commis à son préjudice, lui promet-
tant qu'il ferait son possible i»our obtenir sa
liberté. Le P. Abopmlo ne comptait guère sur
ses [promesses; mais ne jugeant pns utij^ J la
reliiiion de tirer vengeance de ce qu'il avait
souffert, il fUTnitit ce que le mandarin lui ile-
raauilait. Cebii-cf, bien loin de vouloir tenir
parole, forma l'alfrtîUîï projet de se garantir
t^ïnt h fait des accufi.slTins qu'il redoutait, en
faisant secrèiement mourir le religieux dîins
sa prison. Un seigiïeur condamné h une firi-
son perpétuelle, et (jui sïMail trouvé renfermé
avec le missionnaire, lequel lavait initié à
la connaissance de la foi, lit avorter le pro-
jet du mandarin. Instrnît des ordres que
celui-eî avait donnés, il lui fit dire que si le
P. Abormio mourait en prison, il en écrirait
à un de ses parents qui était puissant près
de Tempereur. Le mandarin crut qu'il évite-
rait de voir connu d^i tribunal ce t|u'il avait
tenté, en resserrant tellement ses prison-
niers qu'ils ne pussent avoir aucune cbmmu-
incation ni enlre eux, ni avec personne du
dehors* Il fit construire un nouveau mur de-
vant la prison, et ôt attacher les détenus avec
des chaînes chacun aui deux murailles op-
posées d'un cachot fort étroit, de sorte qu'ils
ne pouvaient ni se tenir debout, ni s'asseoir,
ni même se remuer, L'unimie adoucisse-
ment qu'on leur acconiât fut de les détacher
Quelques heures chaque jour. Ce supplice
dura un mois et demi. Des chrétiens ayant
sauté par dessus les murs, jetèrent par\me
petite fenôlre du pain aux raîssioûnaires.
Ayant été pris, ils furent rudement chAtiés
par ordre du mandarin. Enfin, les mandarins
supérieurs !e renvoyèrent à Macao sous la
garde de deux soldats. En chemin, le F. .4bor-
mio prêchait tous les jours. Plusieurs man-
darins voulurent Tentendre et Tinvilèrent
même k leur table. Un seul le maltraita dans
sa route ; ce fut celui d\Hmng'Chan. Cet
homme, qui avait signalé sa naine contre la
reïigion par ses traitements barbares envers
le P. Beulli, fil donner 3isoulllets au P, Abor-
mio et le fil mettre deux fois à la torture.
Voici une partie de l'entretien qu*ils curent
pendant laudience : « Es-tu Chinois ou Eu-
ropéen ? — Je suis Européen, —C'est faux»
lu es Chinois comme moi ; la mère habitait
le HoU'Koumg ;ie lai deshonorée; qu'on
donne dix soullfets à ce menteur, pour avoir
méconnu sa pairie.» Après les soufflets don-
nés, le mandarin reprit : — « Quelle est la
religion ? — J adore le Seigneur du cieL — Il
n y a pas de seigneur du ciel ; tu ne sais ce
que tu dis. — Dans une maison n'y a-l-il pas
un chef de famille? dans un empire, un em-
pereur? dans un tribunal, un président? De
mrme le ciel a son Seigneur, maître de toutes
choses. » Ce fut sur ces réponses yie le man-
darin fît frapper et mettre aeux fois h laques-
tion ce généreux confesseur de la foi. Le P.
»
t5 km
Abormio fut malade plusieurs semaines des
mauvais trailf*menïs qu'il avait reçus.
ARHAAMIUS fsaiiuj, martyr, évèf^ue d\4r-
beîies, ville capitale de l'Abiiidène» lui mis à
murl pour la fui ehréiieone en l'an de Jésus-
Christ 3iH. L'Eglise honore sa mémoire, le 5
lévrier. 11 fut on des iiouil^rcu^ martyrs que
fil la persécutioTi de Sapor. (Voy. Sozbmène^
L ii,di. 12.)
ABHAHAM (saint), solitaire, prêtre et con-
fdsseur, s'est distingué de plusieurs autres
sainls nui ont porté comme lui le nom du
palriiircne et du ï)ère dtï tous les fidèles, par
l'honneur particulier qu'il a eu d'avoir pour
hrslorien le grand saint Ephrem d'Edesse,
qui non-seulement vivait dans le même temps
cjue lui, c'est-à-dire durant le iV siècle de
1 Eglise, mais qui se représente comme son
ami partiLuIrer, qui le visitait quelquefois,
qui prenait par l a ses aliliction^i el à ses joies^
qui unissait ses larmes avec les siennes. L'u-
nion dii ce saint avccsaiul Ephrem nous fait
croire m fils ont vécu dans le même (>avs,
c'est*à-ciire autour (TEdesse, capitale de Vus-
rolîène, dans la Mésopolamie. Il narjuil au
plus tard vers Tan 300, aulant qu on le oeut
juj4;er oar ce que nous dirons de la suiîe de sa
vie. Il eut pour parents des perso uns fort
riches qui laimaienl extraordinairemcnl,
maïs qui ne songeaient qu'à Tavancer dans
le monde pendant qu'il ne (iensait qu*à s'ap-
procher de Dieu en fréqueniant TE^^lise, en
ABR
U
méditant ce ou'il y avait entendu de l*Ecri-
ture, et par u autre
iM.'spect de ses parents le força de céder enfin
res exercices de piété. Le
aux iréquenlf'S instances qu'ds lui firent pour
épouser une (ilfe à qui ils l'avaionl accordé
encore enfanL Mais, le septième jour des no-
ceSi ayant seuli dans son cœur un vif rayon
de la ^r. ce, il quitta son épouse et la maison
de son père, el olla se cacher plein de joie
dans une cat)ane qu'il trouva vide à une pe-
tite lieue de la ville. On prétend que, selon la
coutume de ce lemps-lâ, les maria>;es nes*ac-
complissaîcnt qu'a[i es sept jours de solenni-
tés et de festins; de sorte que saint Abraham
peut avoir conservé sa virginité entière et
celle de son épouse. Ses parents le Irouvè-
rent dans sa c^*tiane dix-sept jours aj»rès, et
Dit'U lui donna la force de les faire consentir
h Vy laisser en repos pleurer ses péchés t H
eu mura même la porte, ny laissant qu'une
petite fefiètre pour recevoir la nourriture
qu on lui ap|>ortait. Il avait vingt ans lorsque
se retira amsi dans la solitude, et il |»ersé-
véra durant cinquante ans, c't>st-à-dire jus-
uuW ce que la mort vint fen faire quitter à
Hge de soixante-dix ans, cinq ans au»moins
avant l'an 378, auquel saint Ephrem mourut.
C'est ce qui noas a fait mettre sa naissance
vers Tan 300.
Il y vécut dans une grande austérité, ne
mangeant pas même de pain, dans les veilles,
dans les larmes, dans rhumilité, éms une
charité et une douceur éj^ales envers tout le
monde, sans jauiais changer, durant tant
d'années, sans se relAcher, sons s*ennuyer,
un plutôt sans se rassasier jamais de la
douceur de la pénitencct regardant chaque
jour comme celui de sa mort. Il ne passa ja-
mais un seul jour sans verser des larmes, el
jamais au cotïtratre on ne le vit même sou-
rire. Au milieu d'une vie si dure et si austère,
il conserva toujours un visage frais, un air
agréable et un corps qui ne manquait point
de force ni de vigueur, parce que la grAce de
Dieu qui le soutenait suppléait au défaut de
Ja nourriture, II semble ou'il y ait eu aussi
quefque espèce de miracle dans la durée de
ses habits. Dieu récompensa plus avantageu-
sement sa piété par la lumière, la sagesse et
rintelligencc que la grâce lui donna ; de sorte
que sa réputation se répandant de toutes
parts, on accourait à lui de tous côtés pour
profiter de ses discours. Toutes ses richesses
consistaient en un manteau, une tunique de
poil de chèvre, un peiit plat pour manger et
une nalle de jonc pour dormir; car il ne tra-
vaillait à rien tant qu'à dégager son cœur et
son esprit de tontes les choses temporelles,
pour 1 amiliquer à la prière et à pleurer ses
péchés. C'est pourquoi son nère et sa mère
étant mortsdix ans après qu'il les eut quittés,
il pria un ami de distribuer aux pauvres les
grands biens qu'ils loi avaient laissés, sans
s*en embarrasser davantage. Il restait encore
quelque chose de celle distribution, lorsque
1 obéissance l'obligea de quitter sa retraite
pouralier travaillera la cDr-version d*un grand
village du diocèse où il vivmL dont tous les
habitants étaient païens, el si attachés à leurs
superslilions, que jamais ils i/ava eut voulu
écouter ni divers prêtres el diacres fjue Té-
véque y avait établis, ni un grand nombre de
solitaires qui avaient entrepris plusieurs fois
d'y travailler. Ils persécutaient même si cruel-
lement ceux qui leur venaient prêcher la foi,
qu'ils avaient loujours élé obligés de se reti-
rer sans rien faire. L'évèque d'Edesse, extrê-
mement affligé de leur résistance, proposa d*y
envoyer Abraham comme le plus grand ser-
viteur de Dieu qu'il connût, et le plus capa
ble de les convertir par sa charité et par sa
patience. Tous s*'S ecclésiastiques entrèrent
dans son sentiment. Ils vinrent tous ensem-
ble h la cellule du saint, et après une longue
résisïance, ils forcèrent enfin son humilité,
l'emmenèrent ^1 la ville où l'évêque, avec bien
dr la jûie, Tordonna prêtre et l'envoya tra-
vailler à Touvra^e du Seigneur. 11 leYrt au-
tant en prianl Dieu pour ce peufile, dont la
dureté même le touchait de compassion,
qu'en leur prêchant la vérité. Il employa ce
qui lui restait de son bien à y bâtir prompte-
ment une église fort belle A fort ornée; de
sorte que les habitants venaient tous les
jours la voir par curiosité ; et» après qu'elle
fut achevée, il rolfrit à Dieu par ses prières,
en le conjurant d'y vouloir bientôt ras^^em-
Mer ces infidèles, qui apparemment n^avaienl
osé IVmpècher de la b;Uir, |>arce qu*il était
appuyé de lauTorité des magistrats el peut-
être par un rescrit de l'empereur môme ob-
tenu par révoque. Car, selon la suiie de son
histoire, il parait qu'il fut envoyée ce village
S(»us le régne de Constantin, entre Tan S3Q
el l'an M'». Jusque-lii il avait souvent passé
a»ï milieu des idoles, dont le village était plein,
S5 ABB
en se contentant de gémir et de pleurer de-
vant Dieu, sans dire même une parole. Mais
alors aiîmé d'un nouveau zèle, en sorlant
d« Téglfse, il alla briser toutes les icJoh-s du
bourg et renverser leurs autels, autorisé [mr
Je oîouvement de Tesprit de Dieu autant que
parler lois que le grand Constantin avait déjà
publiées* Ces peuples, furieux^ se jetèrent
sur lui» le foueftèrent et le chassèretit de
leur bourg. \l y revint auss»t«M et s en alla
prier et pleurer pour eux à ré^^lise. Ils furent
tout étonnés de Vy trouver le lendeinairi, et
il prit celte occasion pour leur parler; mais
au lieu d ' l'écouter, lis le battirent cruelle-
ment et le traînèrent par les pieds avec une
corde jusque hors du bourg, où après lavoir
accable de coups de pierres et le croyant
eipirë, ils Je laissèrent presfjue sans vie.
Aussi furenl-iis étrangeoient surpris lorsque
le lendemain ils le virent encore dans réglise,
qui chantait les louanges de Dieu debout.
Cependant leur étonnenient se changeant en
fureur, ils le Iraitèreot encore comme ils
avaient fait la veille.
1! plissa trois ans de la sorte, dans une suite
Ëerpéluelle d<; soulTrajices et de douleurs,
lais, quoiqu'on le b tlît,quon ToutrageiU,
qu'on le irainât par les pieds, tîu'oo fui fit
endurer la faim ou la soii, au milieu de taut
de maux, il restait ferme sans s'ébrauler ja-
mais ; sans^ avoir aucun mouvement de
colère ou d'aversion pour ceux qui lui fai-
saient tant de maux. Au contrair^^ , j^lus ils
le maltraitaient, plus il les aimait ; au milieu
de leurs rail e.ies et de leurs insultes, d ne
cessait point de les exhorter et de les ins-
truire avec toutes les marq les de la chanté
la plus tendre. Entin Dieu exauçai ses prières
^l ses souifrances, et le jour île sa miséri-»
corde étant arrivé, ces iiitidèles rassemblés
un jour ensemble commencèrent h se témoi-
gner les uns aux autres l'admirUion où ils
étaient de la patience et de la eharité du saint,
cfl qu'assurément il fallait que ce qu il leur
prêchait fût bien véritable, et tpills ne pou-
vaient mieux faire qued^>béirà Dieu qui
leur parlait par sa bouche. Sur cela ils s'en
allèrent en foulehréc^lise où le saint, voyant
qu ils venaient pour renoncer à leurs erreurs,
les reçut avec toute la joie drmt son âme
était capalde. Il les iustruisit sur le mystère
de la Trinité cons;distafitielie et sur les au-
tres points de la foi, et les bapU.^a ensuite
jusqu*au nombre de mille personnes. Il passa
encore un an entier avec eux, les instruisant
jour et nuit pour les fortitifr dans la pieté.
Aiais, quelque amour qu'il eût pour eux, la
crainte d'être obligé de changer sa manière
de vivre, ce qu'il nava'i point lait au milieu
de tous les maux qu'il avait soufferts, et de
se trouver embarrassé dans les soins do la
terre, fit que, les jugeant assez alfermis dans
la foi et la charité, d se reliia la nuit, après
les avoir recommandés i\ Dieu nar une prière
très-ardente et avoir béni le village par trois
sigues de croix. On peut jugtT d*.* la dou'eur
où fut ce peuple lor qu un ne le vit plus le
lendemain, et que ceux qui l'a lièrent cher-
Cher partout ne purent avoir de ses nouvelles.
ABR
10
Ils eurent recours à l'évoque, qui, Tayant
aussi fait chercher inutilement, vint, avec
tout son cleri^é, consoler ces nouveaux fidè-
les, et il en choisit quelques-uns qu'il Ot lec-
teurs, diacres et prêtres. Le saint, quand il
le sut, en bénit Dieu, et s'en retourna alt*rs
à son ancienne demeure où il s'enferma
comme auparavant. Le diable, irrité des avan-
tages qu'il venait de remporter sur lui, t'atta-
qua plusieurs fois visiblement ; mais il fut
toujours repoussé par l'humilité et la con-
fiance qu'Abraham avait en Dieu, sans avoir
pu seulement lui faire peur, et le saint, sans
s'amuser à lui, ne songeait (lu'à s'avancer de
plus en |)îus dans la vertu. Quand il apnre*
nait que quelqu'un marchait avec ardeur
dans le chemin de la piété, ou qu'un autre
offensait Dieu par ses criuies, il ne manquait
peint de demander dans ses prières la perse-
vér^mce pour l'un el la grâce du salut pour
Fautre. il était assurément rentré dans la so
litudc en la trente-huitième année de son
âge, lorsqu'o^i lui amena Marie, sa nièce,
que son frère, en mourant, avait laissée or-
pheline. Elle n avait encore que sept ans; et
néanmoins lesaitJt fit aussitôt distribuer aux
pauvres les grands biëfis que son père lui
avait laissés et I'* ût mettre dîms une cellule
proche de la sienne, où il y avait une fenêtre
pM laquelle il l'instr^uisaitl^ Klleprotiia telle-
ment sous sa conduite, qu'elle devint parfaite
imitatrice de sa vertu, h quoi saint liphrem
contribua aussi par les exhortations qu'il lui
faisait lorsqu'il ve*iait voir saint Abraham
Cependant, au bout de vingt ans, t*lle se
laissa malheureusetnei.t tromper par un laus
nmine qui l'avait vue par sa fenêtre en ve-
nant souvent voir le saint, et qui la séduisit.
Pendant deux ans elle vécut dans le péché
et ne fut tirée qu'alors de ce dé^dorablc état
par notre saint, qui avait eu connaissance du
lieu où elle s'était retirée. Il la gagna par ses
saintes exhortations, et L^le revint pL-urer
ses péchés et tinir sa vie dans la *olitude.
Abraham mourut enfin dgé de soixantcnlix
ans. Presque toute la ville d'Edesse voulut
être présente h son enterrement ; chacun so
pressa avec dévotion pour s'approcher de co
corps si chaste, et pour emporter ce qu'il
fïouvait de ses habits ; ou assure que tous
es malades qui le touchèrent furent guéris h
rheure même. Les Grecs font la fête de saint
Abraham et de sainte Marie, sa nièce, le 29
octobre, auquel ils en font leur principal
oQice, conjointement avec celui de sainte
Anastasie, et Ion croit que cet ollice a été
compensé par un saint Joseph, qui vivait
au IX' siècle. Les Cophtes font aussi la fête
de saint Abraham le dernier du mojs Baùai
oiiPauphi^ c'est-à-dire vers le 27 d'octobre.
Les Latins ne l'honorent que depuis peu,
tantôt le 2î) d'octobre avi-c les Grecs, tantôt
le 16 de mars, auquel Baronius Ta mis dans
le Martyrologe romain. Eux et les Grecs It
nomment quelquefois seul et quelquefois
avec sa nièci%(Tillemonl, vol. Vil, pag. 586.)
ABltAHAM(saintj, martyr en Perse, donna
sa vie pour le christianisme, en Fan de Jé-
sus-Christ 339, sous l'empire el durant la
17
Am
■ ' -''^'^M^l'^n de Sapor. Ses actes étfint les mô-
aide SiiiîUSapor, évôqoede Beth-
.^triu; , ijuLis reivùyQTS le lecteur au litre
dé Ct3 oiTDihïrsamt. La fôte de saint Abra-
b^t ' 'léhréepar TEc^lise avec celle de
Sl- aOTiç, 1*^ 30 iir>v*Miibre.
4a.L^U.\M DE NIUCHAB iUH (saint), coi|-
fesseur, soutlVit pourb roielirclioiirie suas
H.'tz^iH^j'J, ffL'UxiL'me diiiïoru, mi di* Perse, oi
Van IfaV ou V55. jVpnH Iîi mort des si^triiarlyrs
d Ab.ir-Sali^/, JosL'fiîi et leurs compag^ïoiSt
le elief des pourroaux vint Irouver lei|rs
serviteurs, et en pre-iaot ihmx qu'il jugef'dl à
la SMupIjcili5 Jo leur physiu loiute, ^[us fa-
ciles que les ûi|1res a |îei'siuider, il lour dit:
it Comment vous mjijnue-l-oii ? — fm re^^u
de mes o^ireriis, renotidjt celui ayqiojja
queslioa était iulressee, le nom deKlJuren» el
celui-ei s'^jppelle Abraham. Quant à notre
hoooraiileeimditjon, nous sommes serviteurs
de Jésus-Chnsl el dtsci^iles des saiuls que
vous ^vez mis à uvirt, — Pourquoi èles-vous
venus, dei|)iin(la roRieier du mi, et qui vous
a au^euésî — Vous auriez nu apprendre cela
de mes maîtres, répondit froidement Abra-
ham. Ctî uV'laient pas des persoina^jes de
t jeu de CQ^Sï Jératiûii ; ils avaient de ujagni-
iques patrîmoiu.'S et un i^ranil nombre do
serviteurs tels que nous, ou (»tutot meilleurs
que nous, eards les avaient njsuiiits et éle-
vés depuis leur tendre cnfanee ehe? eux ;
nous faisio is partie de ees serviteurs ef nous
soqames yenus iei ayec eux, car le comman-
dement de Dieu ui>us obli^^f de vénérer nos
"1 éj^BÏ de nos nères et
de jes servir comme nos tnaJtrcs. » te chef
sutiérieurs s^iiritueïs h 1 é^^aï de nos i»ères et
des iMJurrefiux, irrité, s'écria : « T'î es trop
hardi ; tu me parles sais Peur, cpipme ua
insoleuM si vous étiez en pleine j>aiiel dais
votre pifys, à la btmne heure. Vos niriîires
p'U jirév.uiiiue dans les atrairesd»? lèse-mf|-
jeslé } i^ OU été reconnus criminels et vous
n*aur]ez pas même dû vous en approcher.
Ne voyez vous pas à la cour du j^rand roi,
que lorsqu'yii seigieur est tombé inallnju-
reusepienl dans b dis^nke du prince et qu*d
est jeté dans les prisons «le t Ela<, il prend
des habits de deuil, s'assied par terre, s isole
de to'it le monde» et que personne, soit ami,
soit ilomestique, n'oselapprocberVEt vous,
serviteurs, qui êtes criminels aussi bieique
vos maîtres, vous osez encore vous en van-
ter uimiue aya'it fait une bonne acliou ? —
Vos ust^es ne sont jjas injustes, ré["jndit
Ehûren, en prenait la parole ; mais vous ne
deve^^ pas nous faire m re[>roclie du notre.
Uu digrilaire comblé dliofureurs jjarlerol
doit éirr t'ï.h î t'i diligent dans le service de
son ui.v urte qu'il serait élevé do di-
gnité eu *.-,.*.,L, Maiss*il a manqué àsondis
voir, il est juste qu*il soit dégradé et puru.
Si nos maîtres eussent été coupables devant
le roi ou devant Dieu, tïous les eussions
traité^ corn ne vous le dites, et nous ne les
aurions ni app^ocbés dins outre i^ays» pî
suivis dans le votre* Mais puisqu'ils sinl ir-
réprochables devait Di«»u et dev.ml le roi,
VOtlS b'N iir-S
plu^quL , itu-
m ^
tes reMoues. — Je vous l'ai d(éjà (}it, sMcrin
le chef des bourreaux, vous n*étes qu'un im-
pertinent, et il est facile de présumer aue
yous avez participé en qualité de coniprice
dans tous les désastres dont ees hommes ont
|itéc Mise. — Quels désastr(}s donc? demanda
Abraham. — f.a révolttî de T Arménie iTa-
b n rd , r é p on J i t le cl i ef d e s bo i ï r rea i u , p u i ■> 1 a
m'>rt des maies,sans parler d une foule d au-
tres. —Cela est trop vrai, refiril Abrahrinip
non-S'ulem "Il "le notre part, mais aussi sui-
vant vos usages^ car le roi vous ordoime
uie chose el voos la commaidez à vos su-
bordoiHiés »Jni foot h^ur d«'voir sans plus de
qUi/slio 1. » (.e clef des bourreaux s'emjvorîa:
a Par le dieu Miher ( le soleil), s*écria-t-il,
vous parlez plus iisolemmenl que vos pré-
cepteurs» el il e>t clair comme le jour qu^
yousôles des hommes plus coupable^qu'eux;
or, il ne nresl nlus possible de yous sauviT;
adorez le soleil, et suivez notre loi a 1 ins-
tant même. — Jusqu îi présent, r^pQnt|it RIjo-
ren, vous avez assez mal raio uié comme
homme, et maintr^nant voilà que vous aboyez
inutilement comme un cineu. Si le soleil
pouvait vouseilendre, vou« lui feriez honte;
mais il est i^isensible de sa nature el V'ms
Têtes encore plus que lui par méchanceté.
Quand est-ce que vous nous avez vus recu-
ler daps la voie où otit marché nos pères?
î*Je perdez pas le temps en yains discours ;
Agissez 1 allons, que tardez-vous, lils dudé-
moti? Mettez-. lous à Tépreuve, essayez nu-
ire fermeté, alla que vous et votre père in-
fernal vous soyez confondus. Je ne parle rias
Seulement pour nous qui avons atteint 1 âge
mtlr, mais les plus jeunes et les plus faibles
d eilre nous vous pravefont ue njcpjjère k
vous percer l îlme el le cueur. n Alors le
clief des bourreaux, ne sachant plus ce q /il
faisait et sous i'ioiluence d'une eicessiveco-
jère, comm mtla ou'on les trainAt par terre si
violemment et si longtenqjs, que lorsque ce
SLtj]plice cessa, on les crut morls. Aubout de
Irois heures ayant repris leurs sens, ils di-
rent î 1 Nous comptons pour peu de chos^
ioutrage ([ue vous venez de nois f.ïire, et les
douleurs que nous venons d'éprouver pour
rien. Nous sommes heureux d'avoir subi vos
mauvais Iraileuionts et vos supplices, pour
l'amour de Dieu, comme Font fait nos pères
spirituels. Allons donc, ne vous lassez pas,
point de pitié; coque vous ayez fait A nos
maîtres, faitês-]e-uo4s» Si leurs actions yous
ont paru crînnoelles, nous le sommes da--
vanlagc, car ils nous commandaient seule-
ment, c'était nous qui exéeutions en etfet
avec une ardeur excessive, » Le chef îles
liourreauTt, de plus en plus irrilé, ordo^m^
qu'on les batltt de vergrs jusqu'à la mort*
Six bourf*eau\ attachés h chaquechrétien de-
vaient remplir cet affrc x ofhLc en se re-
layant tour à P)ur. Pendant que ces co^fes-
^|iurs étaient étendus h tLrre t!t demi-morts,
on leur coupa les oreilles; ce qui fut exé*
culé d'une luaniére $i cruelle, q^*il ne rota
plus h la place qu'un trou. Aptes un éva-
oouissennsit p: ' 1 ' fn baston-
n^4ei Joui les ^: ^- d^ I^uipu-
taliôu les tirèrent seules, les confesseurs
bienheureux crièrent dVne voii àuppliante
au chef des bourreaux : Grâce, grâce, vail-
le n» .^/Vî. fiT dû roi, e\lûrumjez-uou> comme
o<i ! nous sommes privée de i'uuie ut
/loùï .., ir.^ij't^'-^- Mlusjjécher^iar ce$eas-là;
tu^i$ en ré^ jus n'en eiitendru'is que
nv ''* ' '" uj:»t.uunon^ céleste-^, fl uoui»re6te
e^ ^ ^ei ; ne nous iVitcs jjai à demi
vp> i>r«;>L'iU; vous nau$ priveriez d*une
fj^r^ie du buqbeur du ciel» vqui avrï fait
tMpiev h no$ corps leurs pL-ehe*» ^n les tiai-
narU par terrei el ceux que iimis avons eoiu-
cais par les oreilies en le$ coupant; l'aites-
nous expier de même ceux de To Jurât en
nous ' le nez ; c^ir plus vous nous
i-Ȕndr* . lies sur la terre, [^Jus nous se-
rons buaui dcUi;» |ë paradis. « ^.e tinef des
bourrraux, slupélail deeetle prière, leur ré-
; d'un ton plus calme: «iii je restais un
I lemps ayec voua, vous seriez capa--
iil)&s dt* ifie vaipcre el de me cûi)veitir à vo-
tj*e obstiuatiou : mais je vajs vous révéler
mairiienaot rorure de la cour: votre eliâti-
ment se horpe l<i; vous alleï partir pour TAs-
syrie aliu d'y labourer la terre pour le èom]He
du roi : *''"nv -pii vous verrunl appreuuront
par yo> |Je ee qn1l eii CQUte à ceux
qui ^ïuj.'^MiiLia à ne point ot^éir aux ordres
de Jiïcpi4r, » Abraham et Khoren lui répon-
dirent ; ^ Vous nous avez oté la uioitré de nos
iptiàibres^co aiment pourrons-nous travailler
au ' al ^vee des corps si mutilés?
^ "S tuujours en Assyrie, dit à
^v^ i olLicier du roi, et eu y anivant,
lai: aller où il ïeurphiira, » Ces co »-
fessciiis arménien?, tjui avaient sijbi avec
I'oie uû atlreux supplice, étaient jifconsola-
>lef de n'avoir pai regu la mort. CVtajlqvec
des regrrl^ atpers et wm grande rejiUj^nanee
qu'ils prépaient le cliemip d(^ la terre d'exil;
leMrs chiiin(iS aux pieds et aux mains leur
fiêSdie^U moins que roppiession qui était
parde sur leur rteui, Jorsiprits songeaient
qu iU n'^yaieut pas été JMisPS di^^nes de reui-
p^>i u.r 1 1 n^LiiM du martyre. Ce regret dura
au >. quf: leur vie» Arrivés dans
la iuuWiJLi ,j. HabylpTie^ au pays qu'on ajj-
peîle Chélier^qur, ils furent rrgus des liabi-
laiiti soit en secrel, soit eii public, avec véué-
ration el respect, tout cooijam'iés qu^ls
étaient par la cour de PLT>e. Ib tirent tous
leurs eirorts pour être utiles aux princes ar-
méuiené^ et aflé^jer Je^ rij^ueurs île leur caii-
tivité en pourvoyant à leurs besoins, ils
communiquèrent ce projet charitable aux
chrétiens |es plus ai>és dtï i^e pays ; ie9
frands et les petits y consentirent avec uii
ijal empressenu:^ it. Toutes les personnel»
pieuses fqient aussitôt inutées k fuire uuo
3uéte pour subvenir iu\x besoins temporeis
es illustres captifs qui étaient eu exi! da;ïs
ces pa)s lointains. Tous les ans, les chré-
tj^*us mutilés allaient recueillir de^ aumônes
et de l'argent» chacun plus ou moins, dans
les provinces voisines, et les ttjiportaicut re-
li^eusement aux captifs dans leur prison. Us
remplireat pendant presque six ou sept an-
nées ce pîeui^ olBpe. Cm voyii^es fcUi^ants
ABR II
([u^ilsentrepronaieut sans repos, dans un pays
Apre et brûlapl, de Chéberzour au Méclied
et au Cacligar, par toute rAssyrie enfin el
le liouzislan, étaient si pénibles que p^ljorea
mourut en voya^^e de lassitude et dp Texcès
de chaleur. |l lut révéré avac |,es saints con-
fesseurs [lar les habitants du fi^ys, Abraham
continua la même œuvre de cïiarilé î i' '•"e-
cuiillail en tous lieux les OJfrandes des liiié-
les et les portail da is dîllérents pays poup
secour-r tous les captifN; il pourvut ainsi dû
son mieux à tous leur^ t>e$oais.
hà douzième année depuis leur arresta-
tion, une partie des princes uut avaient été
délivrés di^ leurs cham s et elaieit rentrés
en fc;râc •, prièrent Abraham avec les jilus
vives instances d'aller au pays d'Arménie,
aûn que )a nation y pût voir Tima^e vi-
vante des héi'Oiques martyrs tombés sous
la hache, et d'instriiire en même temps leurs
familles et leurs amis de la manière coura-
geuse dont ils su|>portaieût les enpuis dâ
leur captivité; car, pensaient-ils, quand les
îB^jrl^rs» les confesseurs et les pnsoiijiiers,
qui soutlVent pour la foi, seront vus par lui»
tout le royaume d'Arméniq serif béni e[
saïK'tilié. À lu vue de ce dij^ne chi'étien qui
nortp les marques de sou supplice, las eu^
fants grandiront dans la sainteté, les jeunes
gens resteront dans le sentier de 1*^ ^a^^esse,
les vieillards s'encourageront à la palieMce, al
les seigiieurs appn ndront a pratiijuer I bu-
maiiité* A sa prière, Dieu luettra la pitié
dans lu ctjtur du roi, et ii se déterminera k
puritier notre patrie Nos éj^lises et nos ora-
toires où sont les tombeaux des martyrs, s^
gloritieruntdu voir le soldat de Jésus-Cbrist|
lios martyrs eux-oiéuies, et bénhont ce
martyr vivant. Le champ d'Avarair, tout
blanchi des ossements dt s héros, et dont la
sol a bu le san^ des saints, ce vaste théâtre
de nos batailles, tressaillira de joie plus que
s'il éluit arrosé [)ar des pluies abondantes,
sous les pas de ce martyr; il y aura en cet
endroit une rémuQU fuystérit^use enlre le
martyr vivant et les maityrs morts, et tous
ces cantons seront vivihés. Quand les moi-
nes et les ermites d'Arménie verront ce digne
conTesseur, ils auront souvenir de ceU«- im-
mense armée de chrétiens qui, pour le pré^
server de tout mal, ont versé leur sang
comme une oblation agréable à Dieu. Eu
voyant ce serviteur des prêtres martyrs, tous
DOS compatriotes se souviemJront de ses mat-
trustées prêtres illustres qui furent éc^or^és
par rordre du roi dans un- terre lointaine,
et qui apaisèrent sa co^èr^. Peut- être aussi, eu
voyant ce saint homme, le pays recontnds-
sant se souviendja-t-il di^ noire longue cap-
tivité ; on demandera k Dieu qu'il nous de-
livre de cet esclava^^e et que lious [tuissioi-s
revoir notre chère fMtrie, luui de laqueile
nous lan^uissous depuis tant d années* C^
a'esl pas seulement le désir do reyoiriios
familles qui nous presse, c'est celui de coih
tcnipler de nouveau les é^'^^es que nou^
avons bittes et h.*s prêtres qit^ nous y avun^
placés pour les desservir* Si le bon Die 4
permet que ce saiiU humiiie »xiiï^ iu terme
L
KBK
If
de ce voyage, et qii*il calme les inquiétudes
de nos familles, nous n*en serons que plus
fondés à espérer qu'ils nous ouvrira les
portes de sa miséricorde infinie, pour re-
tourner dans nos foyers par le raéme che-
min que les pieds (le ce saint homme vont
parcourir..... Ainsi pensèrent nos bienheu-
reux princes» et à force d'rnstances» ils par-
vinrf*nt à lui persuader d'entre|ïrendre ce
voyage. Accoutumé comme il était aux œu-
vres de vertu et de charité, il y consentit
sans trop liésiter, et il se rendit en Armé-
nie. 11 est impossible de rendre Tarcueil res-
pectueux qu'on lui fît de tous côtes : houi-
mes, femmes, grands, petits, n oh les, pay-
sans, chacun se prostf*rnanl devant lui, lui
baisait les pieds et les mains. « Béni soit ,
disaient-ils, le Dieu qui vous < nvuie comme
un messager céle.vle pour nous annoncer la
bonne nouvelle de la résurrection et des fé-
licités du ciel ; car nous vo}'ons en vous
tous les morts qui ont expiré en J6su?î-
Christ» avec res[>éraoce de 1 immortalité, tît
les captifs qui ne sont pas encore tous déli-
vrés. En vous i:ous espérons le rétatdissu*
ment de la paix du royaume; par vous, nos
é'^l ses, notre clergé, les saints martys qui
sont nos intercesseurs auprès de Dieu, se
réjouiront d'une commune joie Bénissez-
nous, saint Père; vous êtes la bouche di»s
saints qui sont morts; en receVriiit votre lȎ-
nédiction par votre bouche, nous croirons
recevoir celle des saints dans nos cœurs.
Vous avez ouvcil le chemin à ceux <]ui .'«s-
pirent nuit et jour à rentrer datjs leur i>a-
trie ; priez Dieu qu'ils y reviennent bic'Uùt
sur vos traces, voui avez ouvert la route dé-
fen lue du relt'ur, ronle feimée depuis si
longtemps. Ouvrez-nous aussi» à nous qui
sonnnes nc^cheurs, la porte du cîel j)ar vos
prières. Nos supplications h Dieu se join-
dront aux vôtres f>our intercéder en faveur
des captifs, et comme nous avous eu le bon-
heur je vous voir de nos yeux cornortis,
notre félicité sera sans doute complétée en
revoyant ceux que nous pleurons du fond
du cœur depuis un si grand nombre d*an-
nées. V'otre arrivée est pour nous un ^a\^Q
ûè bonheur, et votre charilahlo présence
nous est garant que nous aurons bit-nt^t
l'mexprimable joie de contem|>ler ces braves
et patients captifs qui soutfrent |»our l^amour
de Jésus-Chnst. Leur vue j^uérira les plaies
saignantes de nos Ames, et leur majeslucux
flspt^cl nous ft^ra oublier nos longues dou-
leurs, » Ainsi fut rei;u,dans le pays qui Ta-
vait vu naître, ce saint confesseur ; mais il
ne voulut pas y mener une vie publique.
Choisissant un lieu écarté et éloij^né du
bruit du moide, il s'y établit avec trois ver-
tueux frères, et y m lurut en odeur de sain-
teté après une pénitence exemplaire. 11 est
diUicile de nconter la vie de ce saint er-
miUi dans sa retraite, sa pénitence et toutes
les vertus qu*il y pratiquait. Il veillait tnute
la nuit comme une lampe ardente el jeûnait
tous les jours de sa vie comme les anges qui
n'ont pas besoin de se nourrir. Quant à la
modestie» la douceur el rbumilité» personne
ne lui était comparable ; et quant aux be-
soins temporels et aux choses du monde, il
était comme un mort qui n'a envie de rien.
Il était assidu à réciter l'ofïice divin, et, par
une prière perpétuelle, il s'entrelt'nait sans
cesse avec Dieu, 11 était le sel de TEvangile
potir donner saveur ?i qui il en manquait
{Madh. V, 13), et raiguillon des paresseux*
Auprès de lui ravarice se senl^iit mandite, la
débaucheet la gourmandise a v:dent honte d'el-
lewiièmes. Il fiit la santé de notre pays d'Ar-
ménie, et bon nombre de blessés qui souf-
fraient secrètement dans FA me, reçurent de
lui leur guérison. Il fit le doc»eur des doc-
leurs el le |)ère instructeur de ses |vropres
pères. Au seul bruit de son nom, les inso-
lents rentraient en eux-méuies, et devant
lui les impudents rougissai-nt de hrtite. Il
n'hahitait qu'une hutte étroiti^ ; mais le re-
nom de sa sainteté saisissait les absents
rofume les présents. Les démons le fuyaient,
mais les animes venaient à lui, à cause de
lui; les bibitantsdi^ la tjrèfe nous repu-
ta i eut heureux, et les barbares des pays les
nlus éloignés venaient le voir dans s'a cel-
lule. Il fût lami des amis de Dieu, el rame-
na un grand nombre de ses ennends au sein
df* TEgiise, Il était entré dès sa plus tendre
enfance dans fi carrière de la vertu, et ce
fut dans lexennce de la vertu qu'il rendit fe
dernier soupir. Comme il ne se lia point par
le saint nœud du mariage, il ne fut astreint
à aucun des besoins de ce monde périssiible;
enlin il éihangea les choses du cor|)s pour
celles de Famé, et il fui ainsi transporté de
la terre au citL (E, V, Irad. G. K. G. ^23.)
ABHAHA.Vl, abbé en Auvergne, confes-
seur, naquit dans la haute Syrie, sur les
bords de TEuphrate. Voulant imiter le saint
patriarche dont d portait le noTU, il partit
dans le dessein *rjd!er visiter les aTiacnorè-
tes oui peuplaient i*Egypte ; ayant été pris
en cfiemin par des barbares, il rest^ citiq ans
en prison. Quand il eut recouvré sa liberté,
il se rendit dans les Gaules et s'arrêta en
Auvergne : il fonda un monastère auprès
d'une égli.se que Ton bAtissail en rhonne^ir
de saint Cirgues, martyr, et y f(trma un
grand nomlire de disciples h la perfection
évangéli(|u*.^ el à la pratique des plus s un tes
vertus. Nous voyons dans saint tirégoire de
Tours que notre saint abhé fut honoré du
don des miracles. Il mourut vers l'an iTâ, et
saint Sidoine, évoque deOermont, composa
lui-même son éloge en forme d'é[iilapbo. On
inhuma le corps Je saint Abraham dans Fé-
glise de Sainl-Cirgues, aujourdliui nne des
paroisses de Clermonb L'Eglise célèbre sa
mémoire le 15 juin,
ABBAHAM (saint), diacre, du village dW-
ralz,fut martyrisé sous le règne d'Hazguerd,
roi de Perse, avec le prêtre Samuel, lîs souf-
frirent le martyre à Varlesse, pour n'avoir
point voulu renier leur foi et embrasser le
culte du feu.
ABHAHAM (saintj^ évèque de Carres et
confesseur, naquit dans le diocèse de Cyr.
Ce saint, plein du désir d'avancer dans les
voies du salut^ se retira dans le désert et y
5S
ABR
ABU
Si
recul loagteaips dans la pratique des plus
grandes austérilés. Ses mortifications forent
si foiles et si nombreuses, qu*il toriiba ma-
latle. Dieu lui ayant rendu la santé, il réso-
lut lie la consacrer au service de celui qui
s'ëtail souvenu d'un si humble serviteur.
S*ôtait revêtu d'un babil de marrliand, il se
dirigea avec plusieurs autres solitaires vers
un j^rand village «lu xMont-Liban, assez près
d'Emèse, dont les bahitanls étaieut eiuore
ploRj^és iJans les téfrèbres du pa^ranisnie Ils
commencèrent à cfianter des [)SJmines et à
prêcher le nom du Crucillu ; mais les habi-
tants furii-u\ voulurent les lajndtM*. Ce nu
fui qii'a la prière i,e plusieurs d'entre eux,
que la palienie de ct^s saints honuoes av.fît
touchés, qu'ils abandonitèienl leurs des-
seins, mais loutj'fôis en leur ordonnant de
quitter leur village aussitôt. Au niôtiie uio-
£r>ent, des serg^enls du lise arrivaient pour
lever les impôts, et trouvant les habilants
insolvables, ils 1- s frappèrent rudmneiU*
Notre saint, rempli: de t harité, les reprit de
leur inhumanité, ré, oodit dt^ la sonjme pxi-
g'e, partit remprunter h Emèse,êt vint sol-
der limpôt. Les habitants, p.eins de recon-
naissance, le i «rirent [>our s^^ii^neur ot vm-
brassèrenl la toi. 11 leur fallait un pr<^tre,
ils n' D voulurent point d'autre, et il fut or-
donné leur |)asteur. Après liois années de
séjour au milieo d eux, les voyant bien af-
fermis dans la religion chrétienoe, il se re-
tira dans son aneienne soli tuile, d'où on le
tira une seconde lois pour le faire évoque
de Carres. Quoiqu*ii fût élevé à la dignité
ép!$copâle» il re^la toujours moine par le
cœur, par sa profonde humilité el par les
austérités auxquelles il se livrait. La ville,
qui était conûée à ses soins, était encore
i»long'*e tians rimiûété et adorait la lune.
iienlùt sa piété, ses vertus, loi gagnèrent
les cnsurs, el ses instructions achevèrent ce
que sa sainteté avait commeneé. Le bien
qu'il y ût fut si grand, que le bruit s'en ré-
pandit jusqu'à laiour, etTh^'odosc letiraod
souhaita de le voir. 11 le lit venir àConstan-
tiuople, Vy retint et le combla d'honneurs
el de resuêcts toute sa vie, A sa mort qui
arriva en *22, l'empereur renvoya son corps
à son troupeau, et garda un de ses v(>te-
men(s, qu'il portait à certains jours par res-
f»ecl pour sa mémoire, L'Eglise fait sa fête
e J^ lévrier.
ABKAUAiM (le bienheureux Georges),
prêtre de la compa^^nie de Jésus, naquit à
Alep el fut élevé à Rome, au collège des
Mar^juileSf que les jésuites y diri;^eaient. Il
embrassa leur ordre en 1^82, à Tâge de
yingl ans. Pendant quelque temps, il exer^^a
son saint ministère diez les chrétiens de
Sainl-Thûmas ; ensuite, déguisé eu marchand
turc, il s'embarqua pour TAbyssinie, Une
tempête l'ayant forcé a aborder h Vile de Mas-
saouah, un jeune Abyssin, qui lui servait de
^uide, le fit soupçonner par son imprudence
el le trahit entièrement après qu'on lui eut
appliqué la bastonnade. Noire bienheureux
ayant refusé de renier sa foi et traité Malio-
met d'imposteur, le gouverneur s'élant^a fu-
rieux de son tribunal pour le frapper de
son cimeterre. Une force secrète l'ayant ar*
rêté, il fut i'orcé de requérir le bourreau,
qui émoussa deux cimeterres, sans ciue no-
tre bienheureux eût été môme blessé. Cène
fut que sous le troisième que la tète tomba,
au mois d'avril 1595, Abraham n*avait que
trentixleux ans. Son cadavre ayant été jeté
à la voirie, y resta quarante jours environné
de lumières rairacuieuses. Peu de temps
après, les meurtriers périrent miîïérableoient. i
( Tanner, Soc ici as Je Ht usque ad sanguinis
et vitœ profummem midtans, p. 184 ; Du
Jarrie, flUtoire des choses ptun mémora-
bles^ etc., t. Il, p. 2B)
ABHLU (Le P. £gii>e d'), jésuite portu-
gais, mourut en 16iâ, martyr de la religion
duélienae. Pris sur mer par les hérétiques
hollandais, il fut accablé par eux de mau-
vais traitements et mourut, à F époque que
nous venons de dire, des suites de ses bles-
sures, dans les pr !snn*i de Balavia,
ABKLU (D'), natif d'Arouca, dans la pro-
vince de Béira, entra au UMviciat des jésuites
à rage de IG ans, le 17 février 172^. Le 10
mars 1736, il s*embarqua à Macao pour aller
évangéliser le Tonkin, avec les Pères Jean
Gaspard (jatz, alkinand, Barthélémy Alva-
rez, Vincent de Cunha, Christophe de Sam-
payo et Emmanuel Carvalho, portugais. Le
12 avril 1734>, quatre d'entre eux furent pris
îi Bàtxa , avec les catéchistes tonkinois ,
Marc el Vincent. Le P. Sampayo avait été
arrêté par la nialadieà So-Feou, et le P. Car-
valho était resié pour l'y soigner ; de sorte
qtie ces deux Pères ne pénétrèrent que plus
lard dans le royaume. On peut voira l'article
Alvarez le détail des sou llVances et du mar-
tyre de nos quatre saints missionnaires. Ils
furent décapités le 12 juin 1737. La tète du
P. D'Abreu, à demi tranchée, resta pendante
sur sa poitrine jusqu^à ce qtie le bourreau
Veut détachée tout è fait. Le catéchiste Vin-
cent, qui avait été pris avec eux, était mort
en prison le 30 juin 173G. L'autre catéchiste
nommé Marc fut exilé.
ABIIOSIME (saint], prêtre et martyr, mou-
rut en Perse noor le christianisme en l'an
341 de notre ère, sous le règne de Sapor,
qui persécutait violemment TEglise. Ses
actes lui étant communs avec saint Milles,
ëvéque, nous renvoyons le lecteur ace titre.
Les noms de ces saints sont au Martyrologe
romain le 10 novembre.
ABUSAÎS, prince arménien, de la famille
Arzerounik, lut Tun de ceux qui soullrirent
volontairement la captivité pour Jésus-Chrisl
sous le règne d'Hazguerd, deuxième du nom,
roi de Perse, et qui ne furent remis en liberté
et renvoyés dans leur pays que huit ans après
la mort de ce prince, sous le règne de s- n lils
Bérose, (Pour plus de détails, voyez iPrinc^ê
arméniens,)
ABSALON (saint), martjT, mourut en Cap-
padoce pour la foi chrétienne, avec saint Lu-
eius, évéque, et saint Lorge. L*Eglise honore
samémoire le 2 mars. (Pasdedétailscert/iins).
ABUDÈME (saint), martyr, habitait Tîle de
Ténédosdu tem|*s de l'atroce persécution de
l'^mperétîf tïincl^tîen. Il y versa son sang
p*<mr Jt'^us-Chrîsl, Malheureusement les dé-
tails nous rnrtnqtienl à son sujet. Sa fôte a
lieu le 15jiiîllel.
ABYSSINtK» grande contrée de FAfrique
orie'i(alo, micit^iini^ rvffîe. Les Abjssins ou
Ahyssinii'ûs s' ^^^it de relie conlr/*e
vers la fî'i du ri -. i ... Coostriotîn le Grand,
Il est constant qu'à répoijvie où les Abyssins
embrassèrent le ehristianisnje, ils fais{iient
profession du judaïsme : depuis le règdedu
Ois de S:doraon jusipfà leur couversiou,
leur Instoire ïrotlVe rien de certain ; elle
n'apprend pi\$ inôirre qunnd une paitie des
Momérites jointe h d*autres Arcsbes, passa la
mer, conquit la province de Ti^^ié sur les
Ethiopiens, et fitoda le royaume d'A\uma.
Ce royaume était gouverné |»Hrdt'U\ ft'ères,
Abraham et Atzl»ee, anand Frunience, tils
d'un tnarehand alexanurin et ca[ilif, leur an-
nonça TEvangile; les deux rois do;il riiistoiro
et îes hymnes qn'nii chante encon^ funt Té-
log!\ renoncèrent au judaïsme. Sairtt Alha-
nase ordonna Frumenee |>reEiier évoque de
cette nation, qui depuis n a jamais eu qu'un
ABt
:m
miQ fiour tout le pays, et a regardé
u Alexandrie
seul évô^
TÉglise d'Alexandrie cominé sa métropole
C€ pavs ne lui a éi^^ que trop soumis,
puistpi'il a reçu d'elle les erreurs de^ Dios-
eon* et s'est sé[»aré comme elle de rËjjIise
catboliuue.
On n a que des conjectures sur le temps
où rKthiopie fut en^n^ée dans les erreurs
des Jaeobites. La Nubie, voisine de rEgj'jile,
ne fut pervertie i[Ue vers le milieu du vnr
siècle* L'histoire des Jacohiles nousïourjiit
une preuve certaine uue les patriiirclies d*A-
le\.indrie, dès lors hér<'tiquest ne consa-
craient point révéïpif» d^Etliiopie au com-
mencement de ce \nr siècle; enfin, on uo
voit dans celte histoire la comrauniealiriu
de TEgl.se éthio[iienne avec les patriarches
jacobites qu'au commenceuuînl du ix.' siècle;
on peut donc supj. oser que rEtifîopiea con-
servé la foi jusqu'au itl* siècle: elle ne la
perdit pas sans que ce chai^Mmehl de reli-
gion excitât des (roubles. L^évt^tiueiacobiie,
envoyé ptir le paLriarcbe d'Alexandrie , Ja-
cob, éprouva de la résislance dans l'exécu-
tion de sou projet ; i! fut chassé après quel-
ques an< ées, mais le parti hérétique prévalut
enfin, Labouna {Père, c'est le uum qu on
dorme à révéque d'Llhiopic)jàcobite fut rap-
pelé ; l'Eglise éthinpienne ne pouvait alors
tirer aucun secours de l'Eglise i^recque, in-
fectée et persécutée uar les iconoclastes.
Cne nouvelle Athalie voulut» vers Tan l'60,
détruire la èmûlle de Sc'ilomon ; elle réussit
en partie, usurpa la couronne et la laissa à
un lils né de su mariaj^e avec un sei^ieur
éthiopien ; cette nouvelle race royale a donné
de grands rots à TEthiopie ; elle finit vers
Vmi 1300. Ikun-Amlac, desc^-ndant du seul
prince de la n)aisO'i de Salomon, échappé à
lafttr-"^' -^-rusurpatrice^recouvraleroyaume
de > ; un de ses successeurs, nommé
Co envoya des dépotés au concile
.de r% Ôavtd, sou arrière-petit-lîls,
à^ utâ iz ans et sous là tutelle de sa grand'-
mère ttélène, demanda à Etnmâiiuèl, roi de
Portugal, du secours ftmtro ses ennemis, et
des prédicateurs qui Tinstruisissent de la foi
cathoïijue. Après la mort de cette sage ré«
§ente, bavid se plongea dans i oisiveté et
ans le libertînai^e : Haiuel tranhé, visir du
roi d*Adel, mahouiélan, le chassa de jiros-
que tous ses Etals. Dans celte trîsie situa-
tion il eut recours S Jeai ïl!, roi de Foi tu-
pal, comme il avait eu recours à Emmanuel ;
il mourut avant que d'avoir obtenu ce
qu*îl souhaitait, Claude, son fds et son suc-
cesseur, fut i^lus heureux ; le roi de Foriu-
gai lui envoya des troupes qui lui furent
très-utiles ; ce religieux prince joij^nit h ces
troupes un (mtrîarche, des éveques et des
niissiouiiarres orthodoxes. Saint l^^aaee, fon-
dateur de. la cruopaj^nie de Jésus, que le [*ape
Jules 111 charu^ea d^ celte entrej>rise aposto-
lique, choisit Jean ^ug*iez pourpalriaitlie>et
pour sutfraganls et roadjulei sis (Tu patriarche,
AndréOviédoet MelchiorCarnr^ro : lefjatrîar-
clie partit de Lisbonne Fan 1550.
Cependant Llautle avait suicédô fi David
son père, sous le nom d'AlznaL Le roi de
Portugal n'avait [ms voulu exiïoser le | atriar-
che à Fincoustance du [jrînce abyssin : il
avait ôrdunné que Nugnez attendit à Ooa le
retour de J;icques ï)ias, son atnb-ussadeur
vers l*empereur d'Ethiopie. Gonsalve Itodi'i-
guez, jésuite, accompagnait l'ambassadeur ;
ils trouvèrent le nouvel empereur da» s des
senliments fort contraires à ceux que David
avait fait naraitre. Claule avait de grandes
qualilés, de Fess^rit vi plus dï^lu ie qu'un
mince n\n a d'ordinaire ; il faisait fe théo-
logien, et il pouvait lefaiie, car les mrssion-
naïres avouèi enl qu'il en savait plus que ses
doeteurs, et que dans les disputes, qui! ai-
mail, il donnait à ses erreurs uu loui fort
subtil et foit imposant. II publia une confes-
sion de f d (iour ju'lifier son Eglise suspec-
tée de judaïsme; il avait râine grande. Avec
le secours de quatre cents Portugais, il re-
coiquil ses Etats ; mais a.uès dix-huit ans
et quelqut'S mois de guerre conlre ItS ma-
houiélans d'Adel, aU.iud< nné de Ses troupes
dans une bataille, il lint ferme avec di\-hu t
Portugais et mourut giorieuseiutnl comme
eux.
André Oviédo était arrivé en Ethiopie dès
Yn^ 1557, 1 1 quoique Teiupereur lui eOl iié-
fendu de parler di rclivjion à ses suiels, il
en avail converti un petit nombiC. Adamai
Srghed^ frère et successeur de FJauJe, prince
fi'i'oce, exila Ovsédo cl ses compagnons sur
une haute montagMe froide et stérile; ils y
fassèient huit mois exposés aux injures de
air, aux bétes féroces et a un peuple [;ï\is f -
roce encore. Privés de la coijsolaiion de
pouvoir dire la messe, on leur avail cMé jus-
qu'à h'ur calice; on peiséc la encore plus
cmelleinent les nouveaux fidèl»'S, plu-ieurs
obtinrent la couronne du martyre. Ûi.c prin-
cesse du sang royal, que la cunosîlé, ou (jIu-
t(jt la providence avait conduite à la caverne
qui servait de relraite aux jésuites exilés, et
qn*elle vit envîionn''e d'une lumière luira-
culeuse, obtint d'Adaiiias le rapp<d des sauilf
57 km
mi^siontiaires. L^h'^nr^ux succès du zèle d'O-
TÎ, do aiiïîja bientM ta ra^e du er^é^utl^ur;
peu s'en fallut qw il ne UM de sa profTo
main h saint éw(^v]ue ; il le biiînit Hvt3C laus
1. s f*ur(i/g^is dnrjl il retint les fv^mniûs ri les
etifânts daiï^ r*-sclavftge. Sn cruauté ne se
bornait p^ïs aux catholiques ; ses sujets lual-
traiU'S élevèrent sur le trône Tazcar, lils rui-
turel de Jacob son frère. Adanias, pnssé par
les rebelles, fit r« venir d:ins son camp les
PorîujBaiset lesjésuitesj d'nbonJil futv/nneu:
dans une sèc*jnde bataille il vninqnit l'usor-
pateor et lui ôfa la vie^ Il rie tut pas si heu-
reui contre un grand capilnine élhio[)ien,
IsddC Bamaeas, lequel, mécontent ifAftaniMS,
i^lrodmsit les Turcs dans TElhiopie ft ré-
duisit ce prince h de ^t ai: les exiréntités.
Ààpmas mourut dans ce triste et il Tan 1563.
Les grands d^Ethiopîe se partagèrent entre
plusieurs Jïfétendants à Teniirtre et ce n<- fut
qu'après dix-sept ans que Mnlec-Segned, lîls
d'Ad-'fnttts, posséda tranquillement la cou-
ronne: quoique attaché aux erreurs de sa
SÉ^'te, il Larissa les c Ihuliques en ftnix ; il ai-
ma ( i.i vertu. Un historien hérétique nous
a| lie 1 ii.noceiici' des mieurs el la vie
sa jt.suites lui iu^pirrieit le (Jus tou-
ebant iniérèl, quelque éloigné tpril fût de
leur doctrine. Il n'eut point de lils légitime,
màï^ îl en cul deux îiatur^d-^. Quoique sou
itichnation le portijt h ruettre >ur W trône
Ideob, le plus jeune de ses (ils, la justice
remporta, el se voyant près de mourir, il dé-
ciar.i ZadengheUson Jie^eu, sou lé;^itimç suc-
cesseur. LrS grands, qui voulaient firoliler
d'u.-e minorité, n'eure^^l tiucun é:j;-»rd à la der-
nière volont de rempeieiir, vl ils f^réferèrent
iaccrb.qui n avait que 7anN,àZaden^heLLeur
aniijition fui tiomi^iée : l.icob, ^orti de leu-
fa tce^ voulut être le mailre. txs detix prin-
cipaux se^neurs qui Ta va i eut mis sur le
ifoot* , ramenés a leur devoir par rnis^rati-
tUJe de celui auquel ils lavaient sacnlié,
tirèrent de j>risoti Zadeiinhel, leur roi légi-
time, et le touronnèrent. Il prit le nom d'Atz-
naî-Segued IL iMùih fuy/itit avec huit ij5ar les
qui seuls n'avaient poinl ehani4,é comme si
lortuiie, fut arrêté et livré à fempereur qui,
sans écouter des d<4ian«-es ab.-ez i»ien îon-
d» es et une politique cruelle, pardonna à
ruaufpaleur el se contenta de le bannir.
Tous les partisans de ru>ur[mieur éprouvè-
rent fa clémence de leur monarque léy;it<me ;
il ne se vengea d eux qu'en leur iminlruit
Far sa conduite combien i\ était ûi^nc de
eiufiiro.
Oviédo, devenu patriarche par la nn^rt de
Nugnez, mo .rut à Fromena, Tan 1577, au
IIéois de se;?tetiibre. ïion extrême pauvreté,
joiiite aux persi'cut uns qu*il soullrait <>vec
une ; uthMice inviuei^Jts sa charité, les frc-
qutjnts rai. actes que Dieu opérait pir son
seivireur, L" faisaient lecbercher é|Jialemei*t
des r.-f > tt d. s schisinat.qucs. Après
sa nif^i honorèrent son sé,'nlere : les
guéris'uus de?* itittladrs et les conversions
qui &û tirent à son tombeau le faisaient re-
^der comme un bouime miraculeux, qui
exar^t encore après sa vie âOii aposlûki.
km
tes cinq con)|r»agnons d'Oviédo continuèrent]
de trava lier k la conversion de l'Klhiopie î
FraeçoisLopez mourut le dernier, fan 1591»
Leur mémoire l'ut f riiglemps vénérnhk* aui
schismatiqi.es, d«»nl quelques-uns rendaient ;
un témoignage frréciisat>le de leur s 'dut» té
dans les inform.itions juridiques que rarclie^
vèque de tioa en lit faire par Michel de Silvfff i
son grand vicaire.
Le P* Pierre Paès, castillan, choisi parse|^l
sup<''rieurs pour la missinn d*Elhiofije , avaif| f
dès Launée 1580, tenté ce voyage. Dieu, qui *
voulut lui faire acheter, par de cruelles souf-j
frances, les succès qui lui étaient réservési
ré|iiouva par les plus tristes aventures, pat i
de dures {rnsons, f>ar l'aifieux travaîl desga^J
1ères auxquelles les Turcs le condamner rit,.j
Entin, Tan 1603, il pénétra jusque dans FE-^j
th opie el fut favorabïement rei;u jmr l'em-.l
f>ereur iacob. Après la révoluïirm qui réta-
blit le prince lé^^itime, Paès trouva encore
plus de faveurs aij| Tes de cr i-rineo. Al/naf-
Seghe 1 avnii autant d'esfirit que de cou-
rage; drotl et sinrère, il aima et embrassa
la vérité sitôt qull Tapirgul: « Je ne pui*^,
disait-il , ne pas recrfU naître pour chef de
TKc^bse le successeur de Pierre, a^ quel Jé-
sus-Christ a donné le s^dn de paître tes bre-
bis et ir^s agneaux et sur leqtrel il a londé
son Eglise. Je crois que lui refuser Tohéis-
sanio , c'est la refuser à Jésus-Christ. » Il
al jura .'- es erreurs, et après avoir caclié sa
conversion pendant quelque temps, il se
déi'dara ouveitem tit calhoîique et il écrivit,
l'an ICOV, au roi d'Esj agoe, Phihfipe lll, pour
demander un patriarche, des évêques el des
missioi^naires,
La ftiveur extraordinaire de Loeçd-Mariaoi
av*Y(t irtité les grands; ils chercnaient un
prétexte pour le jierdre. Les écrits du prince
en faveur de la rebgion romaine leur en of-
frirent un qu Us ne né^'^gèrent pas, Zaslaeé,
homme d'une naissance obscure, mais que
son mérite militaire é.^.alait aux premiers
de la cour, donna le sij^nal de la revoie ; il
fut ingrat et pertide envers son souverain qui
]\'ivait rap elé de Texil au pitJ l'usurpateur
Jacob ravail condamné, L^empereur suivit
le rebelle pour le combattre ; mais d^ms la
maridie ri fut atranduimé de Has-Athaiiase.
L'abouna ou Févéque hérélique Pierre, était
poriui les révoltés ; jiar un attentat inouï en
Ethiopie, il osa ahsoudre les Ab.ssins du
serment firôié h rempereur.On combaltit, et
Teuipereur, tr-dii \mr ses propres troupes,
mo frut en combattant. Lœça-Âlariam jesti-
lia Tamilié que îron prince avait pour lui et
fut tué en le couvrant de son corps*
Susncios, arrière-petit-îils de l'empereur
David et héritier légitime de i'empire, afirès
Aiziaf-Se^hed, s'était retiré |jarmi les Galles
puui- évutM' la cruauté de 1 usurpateur Ja-
cob. 11 saisit roceasion de monter sur le
trône, et il envoya un de seS amis pour
traiter avec le laineux Ras-Alhanase, qui
avait déjà disposé doux fois de la couronne î
mais pour assurer retîet de la né^çociation»
il suivit lui-même, avec ^e» tiH>apiis» h dé-
puté qu'il envoyait Atbanase délLbérait,
I
5d
ABT
ABt
40
quand rarrivée de Susneios le coîUraigoit à
se déterrainer. Susnoios fut reconnu souve-
raio par toiile Farraée d'Alhanase; il s'atta-
cha à rétablir la juslire et à remédier aux
maux que les guerres civiles avaient causés.
La reli(5iori eut sa première attention. Il fU
venir à la cour le P. Pierre Paès» jésuite,
qui avait converti son prédécesseur Atïiaf-
Seghed. Le P. Paès gagna la coniîance de
Susneios aussi proiuplement qii'il avait ga-
gné le cœur dWtznaf; ce digne missiorinaire,
selon le témoignage des hérétiques mêmes,
joignait à une vertu héroiiue, à un esprit
universel, une prudence rare et une poli-
tesse perfeclionnée par la vraie charité ; il
ouvrit les yeux du prince aux lumières de
la foi. Susneios, sans être etFrayé par les dis-
jcràeesd'Alza.if, pensa sérieusement h rendre
PKlhiopie calholîque; les moines abyssins
et Vabouna ou métropolitain, héréliques»
furent confondus dans plusieurs conféren-
ces ; Ras-Zela-Clirisl, frère utérin de l'empe-
reur, beaucoup de grands et plusieurs olJl-
JÎers distingues, re loncèreni au schisme.
L'empereur crul ne devoir plus ditlerer à
Ordonner que tous ses sujets reçussent le
concile de Calcédoine. L'nbouna Siméon, à
la tôle des moines, employai d'abord les
sollicitations les plus fortes et finit par ex-
communier tous ceux qui ab.indonneniient
Tancienue religion ; on lit [)eu d'attention à
des excommunications si téméraires, La ré-
volte d'Eraana Chrislo, frère utérin de Tern-
pereur et d'OKlnis, gendre de l'empereur,
donna plus d'inquiéuide ; elle fut bienlùl
apaisée par la mort d'OFJnis et de l'ahouna
Siméon ; d'autres rebelles, qui s'élevèrent
l'un après Taulre, ♦nirenllemême sort. L'em-
pereur profita de tant de succès ; il déclara à
ses peuples sa conversion par une espèce
de manifeste, où il faisait d*atîreux portraits
des patriarches d'Alexandrie et des métro-
prilitains d'ivlhiopie. Les moines schismnti-
ques, que les jésuites avaient tant de fois
réduits au silence, eureni recours aux ca-
lomnies; ils en répandirent de bien ridicu-
les pour rendre les Pères odieux.
La mission d'Ethiopie lit, l'an 1623, au
mois de mai, une grande perte ; le P. Pierre
Paès, appelé par l'empereur (on nomme vul-
gairement Tempereur, Négous)^ pour enten-
dre sa confession générale, mourut d'une
maladie conl raclée par la f.'*ti;j:ue du voyage
et d'un jeOne rigoureux qu'il n'avait point
voulu interrompre; sou corps usé parles
travaux apostoliques ny put résister. La
cour le regretta, mais l'ctnpereur en fut in-
consolable ; il vint dans i'é(i;iise des Jésuites
se jeter sur le lorabaau du Père et l'arrosa
de ses larmes : «t Ne me parlez point de mo-
dérer ma douleur, s*écriait-il; j'ai perdu
Tarai le plus lidèle, j'ai pei*du mon pèi*e ; le
soleil qui a dissipé les ténèbres dont TElhio-
pie était couverte, s'est donc éclipsé ; nous
D'aurons plus devant les yeux ce modèle^ de
pénitence, de dévotion, d'humilité. » C'est
ainsi que son aflliction s'exprimait. Quatre
ans après la mort du P* Paès, Melec-
Seguea» Négous, avait écrit au roi d'Es-
pagne et au pape pour demander un pa*
triarche et des missionnaires, (LHt, éâif,^
t, YL p* 6i.) Alphonse Mendez, jésuite do
Portugal, fut sacré en qualité de patriarche,
le 25 mai IC^/'i, On lui nomma deux coadju-
teurs ; Jacques Sicco fut le premier, avec le
titre dVvôque de Nicée : il eut le droit de
succession immédiate. 11 avait lon^tejips
professé la tliéoïogie ?i Coïrabre, puis au
collège Romain, Le second qui fut 'nommé
fut Jean de la Hocca, qui ne put pas dépasser
Go*, où il fut contraint de rester; il avait
le tited'évôjue d'Hii'ra|>olis, Le premier
coadjute..r, Jacques Sicco, ne paiviut (tas
non plus en Abyssine; il mourut durant la
traversée. On ijomraa pour les remplacer
le P. Apollinaire Ahueida de LisbotJiie, Aus-
sitôt que Melec-Segued * t son frère le Kas-
Sela-t.hrrstos furent informés de la promo-
tion de Mendez, ils lui écrivirent pour h^Uer
sou arrivée, et (KJiir qu'il amenât avec lui
d'antres missionnaires. Le Négous, en dic-
tant sa lettre, dit qu*on pouvait eitrer dans
son royaume par Dankali ; mais le secré-
taire, au lieu de ce mot, écrivit Zeila. Crtte
erreur fut fatale aux PP, Fnuiçiiis Machado
et Bernard Pereira, auxquels ebe coiUa la
vie. Quoi qn'il en soit, le d mger pour péné-
trer en Ahyssinie était grand, et quelle qtte
fût !a route qu'on suïvIî. elle exposait è une
nmltitude de dani^ers. La voie de mer n'é-
taii pas plus sûre que cel e de ierre. >lendez
sépara sa troupe en deux bandes; quatre
de ses religieux allèrent par mer, quatre
par terre. <^.eui qtn s embarquèrent lurent
iilus heureux que les autres. Le bâcha de
Mussaouah ne voulut jiourtant les laisser
[»asser qu'aprè-5 que le Né^ous lui eut en-
voyé un zeura o.t âne sauvage, espèce d'a-
nimal qu'on estime heaueoup dans ces con-
trées, et dont TAbyssinie lournil les plus
beaux. Ceux qui voyageaient par terre ne
savaient pas même les noms des \r. u]>!es
au milieu desquels ils devaient passer ; ils
se séparèrent ; deux priretit le chemin de
Zeila, les deux autres celui de Melinde. Le
roi de Zeila se saisit des PP. Machado et Pe-
reira, et les tit enfermer dans un cachot ; ils
y demeurèrent fort longtemps. Vainement
le Négous iDsi^la pour les ravoir, et tit tou-
tes les olfros imaginables pour leur rançon ;
Je roi barbare leur ht tr'anclier la tète. Les
deux autres, après une marche de plusieurs
mois, revinrent sur leurs [las, et àBaçnïni re-
joignirent le patriarelie, avec lequel ils dé-
barquèrent h Baylour dans le Duikrdi. Six
semaines durant, ils voyagèrent dans des
déserts brûlants pour ariiver, le 17 ju n
lti-25, aux monl.Tgnes de Duan, où ils trou-
vèrent le P. Emmanuel Baradas,un nevi u du
Néj^ous, et plusieurs seigi.eurs d'Abjssinie,
qui les y attendaient depuis longtemps tléj,\.
Ils gagnèrent Frémone le %\ du même mo.s ;
ne )»ouvanl pas tout de suiie voir le Négous
qui était fort loin de \i\ occupé à iaire la
guerre , ils s'occupèrent à évangéliser les
environs de Frémone. Ils y eureni des suc-
cès qui dépassaient toute espérance. Les prê-
tres et les moines schismatiques firent tout
41
ABT
ce guAls purent pour nuire aux succès des
•missionnaires.^ Ils les ncciisaient d'être les
ennemis de Dieu» et d*altirer h leur suite
1oii(es sortes de malédictions. C'étaient eux
disaient-ils, qui faisaient lomber sur l*Abys-
sinie les nuées de sauterelles qui désolaient
les campagnes. Mais bientôt le peuple vît
Sue les missionnaires passaient sans que les
eaux anHoûcés vinssent après eux ; il cessa
de crt>jre à des calonanies qui d'abord Ta-
YaJelil trouvé crédule* Peu de temps après
le "Négous revint de fa guerre» il tit au pa-
triarche et à ses missionnaires une réception
magnifique, L*annéo d'afirès, dans une as-
semblée solennelle, on proclame Funion de
VAbyssinie avec Home, et on reconnaît la
5upréniâCie du souverain pontife. Le bruit
de ces événements produisit en Europe un
effel Vraiment merveilleux. On se racontait
les f^rodiges que Dieu accomplissait dans co
bienheureux pays, et lesjésuites brûlaient du
désir d'j rejoindre leurs confrères. Phrsienrs
partent d'Italie, cinq viennent de Lisbonne.
Bientôt les rj>nversions devinrent exeessi-
Tement nombreuses ; ces adhésions à la foi
catholique se comptaient par milliers dans
chaque partie de ce vaste territoire j mais
Dieu voulait qu'il fût arrosé du sang des
martyrs* Dans le Tigré, deux nrètres furent
assommés par Tordre du chef d'un village.
Le Nègous avait porté une loi qui défendait
de Suivre une autre religion que la religion
tratholique. Ici nous ne saurions être de la-
vis de xîeux qui approuvent une telle con-
duite de la part d'un souverain. Trouver bon
qùi'nn prince force aujourd'hui ses sujets à
se faire catholiques, c'est s'enlever le droit
de trouver mauvais que demain il les en
empêche. Nous n'aimons pas mieux le sabre
mis au service de la propagande catholique
qu'au service de la propagande mahoniétane,
Le Négous, en violentant les consciences, tit
un lorl immense à la religion dans ses Etais ;
il enprèj^ra la ruine. Les raissionuaires, qui
rapporteiil les événements que nous venons
de raconter^ trouvent la conduite du Négous
digue d'éloges. Nous serions tenté d'en être
peiné pour eux. Soixante moines d'un mo-
Bastère aimèrent mieux se précipiter du
haut d'un rocher cjue d'obéir aux ordres de
leur souverain. Evidemment c'étaient là des
maityrs. Hérétiques , dira-t-on. En lait oui,
en intention non. En suivant la religion de-
puis si longtemps suivie en Abyssinie, pays
isolé du reste dfe la chrélienté, ces hommes
pensaient avoir gardé pure la foi qu'ils
avaient puisée aux sources de la primitive
Cglise. ils mouraient pour leur conviction.
Nous estimons qu'il eût mieux valu les con-
vertir que les précipiter; et nous trouvons
étonnant que les jésuites , qui avaient tant
d'influence sur Fesprit du Négous, n aient pas
empêché les atrocités que commettait ce tyran
en opposition formelle avec resprit évangé-
lique* Mais on ne se borna pas là. On Gt la
guerre aux hérétiques, qu'on traita de re-
belles. Six cents religieux ou religieuses
s'avancèrent à la tète de leurs troupes, por-
laot sur leurs tètes des pierres d'autel, et af-
DlGTlONn. DES P£BS|GteTI0!f9, 1,
ABY a
firmant au peuple qu'à la seule vue de ceâ
pierres les catholiques s'enfuiraient sans
combattre. Le narrateur rlit que, comme ils
fureut tués les premiers, leur mort ne con-
tribua pas peu à détromper ces hommes sim-
ples et Ignorants. C'est la seule réUe\ion qu'il
fasse sur cet événement* Quant à nous, nous
trouvons admirable la ftù de ces moines et de
ces religieuses, qui, croyant combattre pour
la bonne cause, attendaient avec toute la
ferveur de la piété la plus sincère que Dieu
fît des miracles en leur faveur. Mais c'étaient
des rebelles, dira-t-on. N'arrangeons pas
l'histoire pour le besoin d'une cause i et sou-
venons-nous que nous ne sommes pas si sé-
vères dans certaines circonstances. Nous di-
sons : Les martyrs d'Arménie j nous disons :
les martyrs de la Vendée.
La vraie cause de la ruine de la religion
en Abyssinie, ce fut cette conduite odieuse
du gouvernement, cette tyrannie du Négous.
En comprimant violemment les consciences,
il prépara l'explosion. S'il eût laissé la li-
berté, il n*eût pas fait d'hypocrites ni de
conspirateurs. Les hommes 'qui autour de
lui n'avaient nas eu le courage de résister à
ses ordres, se Wsèrent de sa tyrannie, et pro-
fitèrent du premier prétexte qu'on leur oÛVit
de se révolter. Nous estimons être bien plus
dans le vrai que ceux qui prétendent que ce
furent l'erreur, la superstition , la disso-
lution des mœurs, enracinées depuis si long-
temps, qui étoutfèrent le bon grain. Non; ce
grain qu'on avait semé |fOussait en Abyssi-
nie avec infiniment de vitalité. Ce qui le tit
mourir, c'est qu*oa ne sut pas le cultiver.
Une femme voluptueuse, disent les narra-
teurs, causa la ruine de li religion eu Abys-
sinie. Nous ne croyons guère qu'une cause
si minime puisse en général produire d'aussi
grands résultats. Ce ne fut pnint pour les
désordres d'une femme voluptueuse que les
rebelles prirent parti. Encore une fois ils sai-
sirent u[i prétexte pour secouer une odieuse
tyrannie. Técla Georgis, vice-roi du Tigré,
avait épousé une tilîe du Négous. Cette femma
fut mauvaise épouse, et mérita par sa con-
duite dissolue les reproches les plus sévèjes
de la part de son mari. Elle se réfugia nrès
de son père, qui raccueillit dans son palais,
et la mit ainsi à l'abri de la juste colère de
son époux. Georgis lit entendre des plaintes
parfaitement fondées, et demanda à Melec-
Segued de ne pas tolérer les désordres do
sa tille ; de permettre qu'on procédât h un
Jugement qui intervînt |3our montrer si elle
était coupable ou innocente. Le souverain
s'y refusa. Georgis fut pendant quelque
temps dans la plus noire mélancolie, dans le
plus profond chagrin. 11 résolut de se ven-
ger. Four se faire chef de parti, pour com-
battre son souverain en se mettant à la tète
d'une iiarlie des Abyssiniens, vinl-il mon-
trer au peuple ses gnefs domestiques, et par-
ler du déni de justice dont il était l'objet?
Aucunement. Le |*euple ne prend pas j.arli
pour un mari tronqïé et malheureux. S il I0
lïlainl, c'est déjà beaucoup 11 ne se soulève
pas pour de semblables causes. Georgis lo
I
\
TT ABÏ
savait bien. Il apostasîa h\ religion calholi-
lJll^, qui! aTait embrassée, et «e mil h la tète
ac tcnis ceux dont les lois récetnmeût por--
tées violenlûieot la conscience. Alors il fut
enlGîldu. Le feu de la révolte s'étendit do
tfiuU's parl5; il y eut un embrftsementpresqne
gf^^érnl. On résolut le massacre de tous les
missionnaires. Ils furent prévenus à temps,
i*t setiiirenl oa 5^!' ' •org:is, laricux do
voir sft proie lai < , tourna sa rage
rontre Jftpquos son coiiti-sscur» qui avait rlé
élevé dans un séniin^ii'e fondé a Frémone.
11 se le fil amener enehatné iiu milieu de son
Cttnip, Lui-m«^rne lui porta le premier coup.
ÂusSiIaH Î es se précipitent et le per-
cent delc^i -■,■-■-. Ceux qui ne peuvent pas
«sonttibuer h sa mort viennen! tremper dans
son 9ûn% h trointe de leurs glaives. Sur le
premier cadavre, ils jurent tous derte pas
idéftoser les arimes avant d'avoir détroit en
Abyssinielà foi catholique, et exterminé tous
ceilx qui vienflent l'y prêcher. Tout ce qu'un
trouve de crucilix, rie médaiHes, de reliijue^,
devient la firoie du feu.L»^ v: -. .t.^ ,....,.,,^
Iteba Christos vîcivroi duTi j
ses ordres une a rm ée cOnsi te rn ni»' com i >a 1 1 re
les rebelles qui furententife'emf.^nt'défiiil5î. Té-
dft GeoFgis , trouvé caelté dans une grotte, fut
amené au catuf» û\\ ^égon<; et rondamné k Mra
pendu.Maîst.indrsiiue . ^ ^ les^irmesdu
souvtTrtin étaient vieiosi l'unantreelïes
feeevaieiiL do rodes échecs. Les habitants du
tastOjlrés-indépetidiuits par caractère, ne pu-
rent sup[>orter les viotener-s qu'on commit à
leur égard pour les amener fr la f<d catholique.
Le Négous avait <^irdonné de les convertir.
Le vic(?-roi publia un édft sévère qui exigeait
qa^ffuniMiaiernenl lnus se 'fissent calriofi-
ques. Il om^îloya contre les récalcitrants des
amendes et les supplices. Ausf^it^t les habi-
tants du Lasta coi^rurent aux acraes, et h plu-
«ieui's re|)rises (aillèrent en pièces les trou-
pes du viee-roi. Les schismaliques insistèrent
fflloi*s très- fortement auprès du roi , pom*
oii'on rétablit Tnndenne liturgie, Mendez, qui
1 avait supprimée, la rétablit h la denianJc
du prinee, après en avoir corrigé les nom-
breuses erreurs. Sur res eiilre faites ai'riva le
F. Apollmaire Altonda, évèque m partibu^
de Nicée, nommé coadjuteur «le MentU*z, et
porteur de lettres du pa(»e pour le NY'^ous,
pour Bosihdcs s »n lils et notir Mendez. De
pins un bref accordait à 1 Abvssinie, pour
IfKÎK îe jubilé publie à Home en 1625, Ce
jii >it des fruits abondants. 0e
ii« uiverçîions s opérèrent.
Jje notîveaux rrôu.»ies ne lardè(\Mit pas à
éclater. li.isdides, déjA avancé on ^ge, con-
voilait la eounofine (jne la loTijjue ev stenee
du Ni^^ous refopéehïit d'avoir aussi vite
qti*il Saurait désiré. Il bli\mait to*Jt ce que
Atsait Melec-âegue*!, désapï>rouvîi!l tous ses
ac»e<,el,en tout ce qui dépendait de lui, <k>n-
naît des ordres contraires aux siens. Ci» prince
avait embrassé fa loi catlîolnjue par com[vlfi-
saiico pour son père pluitVt que [mr convic-
tion. Heauooup d*Abyisins, qui avaient agi
p hfs, ik'attendaient qu*une
t>' pour revenir à Terreur
AB\
44
et se rattacher à l'église schismattque d'A-
lexandrie. SercaChrislos» vice-roi du Gojam,
était le plus ardent de tous ces mécontents.
Il parvint à faire accepter à Basilides le tilre
de chef de la conspiration ; mais ayant mis
trop de précipitation h aj^ir, i! fut découvert
et amené devant Melec-Segïied, auquel il dé-
voila ses desseins et ses complices. Le vieux
Négoos, déconcerté de voir son fils dans une
conspiration pareille, et effrayé de voir les
tendances de la plus grande partie de ses su-
jets l'i regard des questions religieuses, sen-
tit, disent les narrateurs, son courage taiblir.
Il publia un édit qui permettait dé retenir
tous les rt tes anciens. Pour nous, nous admet-
trons volontiers que son courage f^iiblit en
celte circonstance ; mais comme il Tavait di-
rigé jusque-là dans des voies du violence et
U oppressioTï, nous ne sauHons lui laire un
crime de son changement. Il fit ce qu il de-
vait faire en proclamîmt la liberté de cons-
cience. Il fit au patriarche la promesse d'en-
lever des anciens rites ce qui était contraire
à la foi calholicpie. Ce prince trionîi>h?i peu
aj»rès des habitants du Xasta, Après une
Victoire sanglante qu*il remporta, quelques-
uns de ses olliders satsirent le moment oîi
il visitait le champ de bataille pour lui parler
en faveur de Tancitmne religion du pays.
^ Princéjui di<>ent-il5, ceux que vofis voyez
étendus morts,qnoiquerebelles,quoiquo bien
diçnes de perdre la vie» sont néanmoins yos
sujets. Dans ces monceaux de cadavres, vous
voyez de nombreux ser\'itcnrs, d'anciens
amis, des parenfts* Ce carnage^ (;*esl la reli-
gion nouvellemeTït introduite qui la causé,
et elle en causera de plus sanglants et de
plus atfreux encore, si vous n y avisez. Car-
dez-vous de croire que la guerre soit termi-
née, ce nV*st là que le commencement de
pins grands désastres. Partout le peuple
frémit et redemande la foi d'Alexandrie, qu^il
avait reçue de ses ancêtres. Vous connaissez,
prince, l'audace et Ja fureur de la multitude;
elle ne respecte rien, pas mémo les rois, sur-
tout lorsqu'il s agit de religion. Pour nous,
jamais nous ne vous abandormerons; mais
seuls contre toutes les provinees,{iquoi abou-
iimni nos efforts? Déjà, et nous ne i avons
appris ju'avee la plus vive douleur, filusieurs
d entre les chefs et le plus grand nombre dos
soldais ont déserté vos drapeaux; les autres
suivront bientôl leur exemple» si tous con-
tinuez à érouler les docteurs étnmgers. Que
-lalbi romaine soit plus sainte, nous Taccoi^
derons, quoique vous n'ignoriez pas, prince,
^ue des personnes très-habiles le metleut
en doute, Qu*une réfunue dans le$ mujurâ
-soit nét^ssaire, nou5 ravoueroris encore;
mais il faut y pi*océder avee douceur et at-
tendre que les esprits soient mieux préparés.
Ne pas en suspendre maintenant la poursuite,
c'est courir k une ruine cerlalïK*, c'est vous
perdrf* et perdre Fempire. » (Henrion, UiH,
rte$ mmifyrti^ lom. lU, pa^^ 2<b.)
Les Négous d'Abyssinie étaient un peu à
la dfserétiun de rarméê, (jui les nommait et
Ir ;\\i suivant son caprice. Melec-Se-
fe^ 1 1 r pas h force de protéger k reliè^oû
àBï
catboli-: ^*'' rîvail cjubri^sséc. Les dis-
cotirs >, lus prièros menaçantes
de son ui>t i toniiiiiireiU. il consentit qu'on
assooiblrfl (uus Itîscorp.s de l'Etal, poar dis-
cuter U question de savoir sj on iS'SrdtuaU
ou noi Ja religion aaholique. Ce fui là la
jual, car Meloc-Sei^uod devuil mîiiiïtt>nir (»our
lul-iuéme et f)Ourles catholiques la liberté
de COI qu'il avait n^tguèio «ccordéeà
$es aù'^ >. A rassemblée qui fat couyû-
qu6e» on iiadniitnile patiionbe iii aucuii des
âuti*> raî^sioauâires. La rclii^ioii calijolique
fw M ; cependant beaucoup d'Abf ssuis
pp' it que jamais ils ito se rendraient
C<y' rapostôsiw. Le i ntriaclie.futaccusé
di ^'1 f-" Mil Furdre, ainsi que les au-
ti ' de ne plus prêcher à Ta-
TTt .i. . w.* i« ui u- -i^Tia uoe ville où ils durent
aliendre leur euibarqueiuent pour aller aux
Indes. Le 14 juin 1632, lîasihdes publia un
édil qui ordonnait de revenir a la loi d*A-
lexandrie. Melee-î?egu(*d, livré aux reuiords
les (ilus cuisants en voyant les fatales con-
séqnenœs de sa faiblesse, ne prenait plus
aucune uouriiture, ne se livrait h aucun re-
pos. 11 ût veuir le P. ï>k%ù de Matos et pro-
mit devant lui de rétablir le culte eatbolique,
5*il revenaU à la santé; mais il mourut entre
les mains du, missionnaire» le 26 senleuibre
163^, dix ans api es sa conversion. Il avait
soixante et un an^; il en vivait régné vingt-
àait. Dès lors Basdides ne garda jilus au-
cune niesurei après avoir fait tuer ou empoi-
sonner ses frères, qui étaient au nombre do
viîi^t-cinq, dépouillé de ses titres et relégué
dans un désert Sera Chrislos son oticle, duot
il redoutait la capacité, il recounut pour
abonna un aventtir*er é^j^yplion, lequel se di-
sait envoyé par le patriarche d'Alc^^andî ie*
On n'était pas même certain qu'il fut prèh e.
11 était vjoleîil de caractère avec le public,
flatteur vis-à-vis du Négous, 11 déclara imrné-
diatcoieul qu'il ne pouvait pas demeurer en
Ab^s^^iaie, si les jésuites v restaient. On
coiliirma donc rorure précédemuient donné
de leur soHie. Mendez écrivit au Négous uoe
lettre Irès-respectucuse et cependant très-
forle^ dans laquelle il le priait de lui dire
pour quelle faute on voutdt faire partir les
jésuites, atia qu'il [tût en instruire le souve-
rain pontile et les princes catholiques qui le
lui demandaient. Il réclamait e i outre une
conférence publique où il pût être mis en
présence des docteurs abys-^ias, et où on dis-
cutai la boiité de Ja reli^inn ratiiolique. Mais
les hérétiques, redoutant la capacité de Men-
dez» ne voulitrent pas que leur nouveau chef
se luesunU avec lui. Ils engagèrent li.isiiides
à r^sfuser la conférence, puisque» dirent-ils,
la question élait jugée. Les jésuilesreijurent,
AU uiois de nmrs I63"i, Tordre de se rendre
à Fréuione. On n'exoçpt^ que le P. Louis
Azevedo, qui avait passé plus de vingl-liuit
ans dans cette mission. Il ne vécut que quel-
Ï\ies mois anrès le départ de ses confrères.
Il ',Ui^ jésnit<*s conlièrent leur cher
Ih'I ^ a des iûi;iue8 aussi instruits que
zéies. iNuu contents de cela, ils se dé<;ident à
rt'sier en Ab/ssinie , quels qiwî soiwt les
ABY H
dangers qui puissent les j attendre, ils sui-
vaient d'adleursqn*on avait le dessein deles
livrer aux Tnn^s. Le baliamagasch iean Akajs
était depuis queîqiie temps darts TindépeUr
dance et s y maintenait; ils se mirent soo^
^B proiection, et lurent bien reçus par luL
Bès que le Négous en fut itnV/riué,i1 envo^^(i
un corps de troupes pour coniraindro les jé-
si!it< s à partir, Les soldats d*Akaz rcs^én nt
triomphants, et le Négous, cnmj*» ,maiil qu ît
ne |Jonvail rien obtenir par la lorce, eut re-
cours h la prière. Il deuianda h. Akai de faire
partir les jôsniles poui' TJnde, le nnniia^^ant,
l'U cas de refus» de Tattaquer avec toute son
^rm^'^e. Akaz fut ébranlé par ce message, et
les jésuites virent bien que les disfiositions
de leur prolecteur étaient cliangées. Alors ils
se ilécident à panir et h ne laissi r que quel-
ques-uns d'entre eux en Abyssinie. Afolli-
îiaire Ahneida^ évéque de Nicée,, fut désigné
avec six jésuites, pour y demeurer. Akaz en
retiut deux aoiirès de lui, en les faisant ha-
liiller comme les autres Portugais qui étaient
à Sun service; puis il donna aux autres des
lettres de recommanilation pour le gouver-
nenr de Massaouafi. Cette ville i-st un pnrt di
la mer Houge, vers lequel il les fit conduire
par un corps de six cents soldats. Les enne-
mis des jésuites avaient fait croire aux Turcs
que ces religieux emportaient avec eux tou-
tes les richesses d'Abys>jiiie, Aussi on les
fouilla avec un soin extrême; on ne trouva
en leur possession que deux calices et quel-
ques reliquaires. Le bncba de Soualrim, do
qui Mas^aouah dépendait, était lui bomtge
\iolent el excessivement oufude. Avant Tiir-
rivée diis iésuites,il s'était vanté qu'il les tue-
rait tous de sa propre main. HasiTides lavait
prié de lu faire, iï ne fut an été dons ce de^-
sein que par la pensée que les l*ortn|^ais r^-
chi-teraient les captifs en payant une f rte
ram^on. Il fit dire aux jésuites qu ils enssent
à ciioisir entre la mort et un racnat de trente
mille ccus, que successivement il réduisit à
vingt, [ïuis à quinze. Il les uîenaçait de les
faire enqmler, s'ils ne comptaient pas sur
rheure cette dernière somme. Enfin, quel-
aues-uus de ceux qui lenloui^aient le déci-
oèrent h accepter quatie mille trois cents
écus, qu'avancèrent les marchands portugais
sur la parole des jésuites. Ils devaient s'em-
barquer dans deux heures; mais, changeant
bientôt de résolution, il exige que trois des
jésuites restent en otage jusqu'au payement
de la somme promise. Le patiiarcne Diego
de Matos et An tome Fernandez furent dési-
gnés pour rester. Fernandez était âgé de |»lus
quatre-vingts ans ; les autres religieux filment
tout ce qu'ils purent pour rester à sa place.
Le P. Jerùine Lobo dit au bâcha que le P.
fernandez étant si âgé, il s'exposait, s'il ve-
nait à mourir, à perdre ainsi une rançon;
qu*il serait plus prudent de clioisir è sa place
un otage parmi ceuï qui étaient pins jeunes.
Le bâcha consemif a e*>U(* substitution* Le
P. Lobo, ayani f de faire ren-
voyer atis^i le] jdit de l'Inde
h ilome et îi Li;*boune,,jpourf rar+onM^r Pétat
.(le.lfi.^iii^ioja d'Abyssinie. Le ,iS<^^é*'al des
I
w
kïït
ABY
48
jésuites s*adro5sn h Tambassadeur de France
à Home, lequel écrivit au consul de sa nation
au Caire. Ce fonctionnaire fil écrire par le
bâcha de celte ville h celui de Souakim, gui
était son subordooiiL^i qu*il eûl à rendre im-
méd iatenieiit !es prisonniers. On les relâcha
en elfet , mais ce nt> fut qu'après que le cu-
pide hacha eut extorqué encore aux naar-
chfinds porlu^ais six nulle cruz/ides*
Les jésuites restés en Abyssinie étaient
dans la position la [»his détilornble : obligés
de se cacher sans cesse, ils erraient dans les
lieux sauvages» exposés sans cesse à être
dévorés |)ar les aniniawx féroce??, ou bien à
mourir cle faim, Basil ides , sachant qu'il y
avait encore des jésoiles dans ses Etals, fit
mettre dans un cachot le vicoroi Técla Em-
Sftûuel, f|yi les [irotégeait» lî mit à sa place
ecla Clnnslos, ennemi déclaré des calho-
liques. Ce nouveau vice-rot, avant été infor-
mé que trois Pères jésuites étaient cachés
dans une vallée avec quelques Porluga s,
plaça des troupes en embuscade, cl s'enq»ara
blés' Pères Bruno de Sainte-Croix, tiaspard
Paez et Jean Pereira. H les lit iujmédiat» ment
mourir en les faisant [Ȑrcer de nombreux
coups dY'pée. Les pQrtui;ais, ayant a[^pris
leur mari vre, recueillirent leurs corps ; quanti
ils les enlevèrent, Bruno et Periira respi-
raient encore. Ils prodiguèrent des soins
empressés à ces deux saintes victimes. Bruno
survécut; mais Pereira mourut quelques
jours après, le 2 du mois de mai. Basilides
témoigna que cette exécution sidlisait h sa
vengeance, mais il n\igissail ainsi que pour
s'empaier plus facilement de Tévèque Al-
meida et des |ésuitfS qui étaient encore avec
lui. Il défendu qu on les imiuiétàt eu au-
cune façon, leur permit de retourner dans
leurs maisons, et montra même le désir de
les voira la cour. L'rvèque de Nicée s'était
réfugié auprès de Jean Akaz, qui n'hésita
pas îi lui conseiller de protlter de la permis-
sion qu'on lui accordait. Za Maria m, vice-
roi de Temben, était d'un avis diUerent et
répétait aux luissionnaires que la douceur
qu 01 leur ffiisait voir n'était qu'un piège
aans lequel ils devaient bien se donner garde
de toniCer, Malj^Té cela, les jésuites estimè-
rent qu'il convt liait de tenter les dispositions
du Négous : ils se rendirent h son camp.
L'évôquede Nicée, le P. Hyacinthe Francescni
et François Rodriguez ne reçurent sur la
route que des ténioignages de vénéiation.
A peine furent-ils arrivés, que Basilides tes
fit charger do chaînes. Ils comparurent de-
vant rabouna, qui les traita avec inhniment
de dédain et de mépris, puis tinit par dire
que Katlaire n'était pas de sa compétence, et
que c'était au Négous à prononcer dans l'in-
lérét de la chose publique. On forma pour
juger les missionnaires un tribunal composé
des grands de l'empire» qui prononcèrent la
peine de mort. La senlence ne fut pas exé-
culéti immé^li .lement : Basilides voulait
montrer que la uioil n'est pas un supplice
sUiiisnnl au gré de certaines Ames. Il confia
les prisonniers h la garde d*un hérétique
pxtrômemoût inhumain, qui trouva dans les
atroces imaginations de sa cruauté k moyen
de satisfaire les désirs du tyran. Rien de ce
qui peut être mis en œuvre pour faire souf-
frir cruellement ne fut omis par cet homme,
La faim, la soif, les tortures, il employa ïout
avec une férocité sans éji^ale; la nuit, il fai*
sait placer les prisonniers, étroitement en-
chaînés, sous son lit; le jour, il les faisait
traîner derrière son char. Leurs membres»
entamés parles fers dont ils étaient chargés»
étaient couverts d'ulcères. Le moindre mou-
vement déterminait d'atroces douleurs; n'im-
porte, il fallait qu'ils marchassent le jour, et
la nuit, qu'ils se tinssent dans la même po-
sition ^ans pouvoir en changer, tant ils étaient
étroitement attacïiés. On les exila ensuite
dans une île du lac Dembéa, oxi il y avait des
moines fanatiques qui les abreuvèrent u'ou-
Ira^os, les accablèrent de mauvais traite-
ments. Ils eurent dans cet exil q^nelques con-
solations : les catholiques venaient les visi-
ter, atln de s'éditier de leur exemple et se
retremper au spectacle de leurs souffrances.
Les moines héréiiqyes, furieux de voir les
marques de vénération qu'on prodiguait aux
sainls confesseurs» écrivirent au Négous
pour luidirequ'il était scandaleux de laisser
vivre les ennemis de la foi et de la religion
de l'Abyssinie, les artisans de tous les trou-
bles qui depuis quelque temps avaient a^té
TElal. Cédant à leurs obsessions, Basilides
leur abandonna les captifs. Ces moines fu-
rieux se saisirent aussitôt des trois marlyrs»
et les dépouilLint de leurs vêtements, les
sus|>enditent h des branches d'arbres où tls
les lirent mourir sous une g'éle do pierres.
Cette murt arriva dans le mois de juin tli38.
llnerestaitptusquetesPP. Bruno et Cardeira;
ils étaient [ïrès de Za Mariam, qui ne voulut
jamais consentir qu'ils quit.ass nt l'as. le qu*il
leur avait donné, Ba.-ihiles l'altaqua et fut
vaincu; mais, peu diî lemjîs après, ce brave
défenseur du catholicisme tomba et périt
dans uneembuscade. Bientôt les missionnaires
furent découverts, et» le 12 avrd 1640, mou-
rurent du même g nre de supplice que leurs
sainis compagnons. Après leur moit, iln'y
eut plus en Abyssinie, pour aclministrer les
sacrements aux catholiques, que cinq prêtres
irortugais et quatre religieux abyssins. Voici
les noms des prêtres portug-^is : Bernard No-
gueira, vicaire du patriarche Mendez ; Jean-
tiabriel, Grégoire Pirez, Antoine Almanea,
Christophe lionçalez. Les quatre prêtrts
abyssins étaient ; Tabba Abaïa Meh^a Chris-
tosï Melca Cliristos, supérieur du sérninairo
de Gorgora ; Paul de Saiiite-Cruix, el Orasi
Christos. Presque tous furent égorjjés; mais
avant d'arriver à ce terme latal, ils furent
exposés à toutes les soutl'rances que peuvent
occasionner la faim, la soif et le dénuement
presque absolu de toutes les choses néces-
saires à la vie.
Pendant que les derniers événements que
nous venons de raconter avaient lieuje pape
chargeaii les c^ipucins,qui avaient une mis-^
sion en fegypte, de travaillera ranimer la foi
qui était sur le point de se perdre en Abys-
si aie, Le Pure supérieur des caoucins û'ku-
49
ABr
ABÏ
so
gyptd était le bienbeureax Ag»-\thange de
Vendôme. Sitôt qa'il eut appris Fétàt d-éplo-
rable autjuel était réduit le catîiolicisnie on
Abyssiiiie» et les persécutions dont il éti^it
l'objet, iJ aJIa trouver le patriarche d'A-
lexf^nd^ie et le conjura de prendre iiitié des
catholiques pers(*culés. Sur sa prière, le pa-
triarc!he nainmîi abouia.à laplacc de Taven-
turier duquel nous avons pHr\é plus haut,
Vabbé Marc, ami du P. Agalhange. Le supé-
rieur des caf>adas avait eu avec ee Marc
plusieurs conférences, h la suite desquelf^^s
il croyait lui avoir doué le disir de reve:iir
è Tu'iiié. En outre, le palriarcho érrivit au
Négous de traiter les catholiq les avec moins
de cruauté^ et de cesser d* employer vis-à-vis
d'euT les mesures viol^nles qiie répvouve
toujours Tesprit évaigélique. Marc, en pas-
sant à Souakim» où Mendez était encore dé-
tenu, lut remit une lettre du I*. Agathaige-
Meidez ne partagea pas les illusions du bon
capucin : il entrevit ce qu'était Marc» et ne
fut aucunement dupe, ni de ses faux sem-
blants d'amitié, ni de la tolérance qu'il af-
fectait de montrer envers les calholiqufs. Le
P. Agfllhange devaif expier bien chèrement
sa conliance et l'amitié qu'il avait témoignée
à ce Judas. Il destina cinq des religieux de
son ordre à entrer en Abyssinie, et se mit
lui sixième h. leur lète. Il partit du Caire,
avec le P* Cassien de Nantes» le 23 décembre
1637, et s'embarqoa avec un hacha que le
Grand Seigneur envoyait à Souakitu. Ils fu-
rent à peine arrivés en Abyssinic, que, bien
gue déguisés en marcîiaiids arméniens, ils
lurent pris et conduits à lahouna Marc. Il les
reconnut aussitôt, et déclara que Grêlaient des
{>rètres catholiques romains, ennemis de la
6i d'Alexandrie, et qu'ils venaient en Abvs-
sinie pour l'y détruire s*iî était possible. Ces
f>nrole5, dans la bouche da traître, éqtiiva-
aient à un arrêt de mort. Il le savait bien:
les deux saints lurent lapidés sur-le-champ.
Leur mort bienheureuse arriva en 1038. Ainsi
le P. Agaihau^çe fut tué par celni-lii même
en qui il avait mis si eodiance, à mii il avait
accordé son amitié, et qu'il avait fatt élever
à la dignité de laquelle iï se servait pour
faire mourir son bienfaiteur et son ami. Les
PP. Chérubin et François s'embarquèrent à
Mascale, et furent massacrés h Magadoxo.
L»-s PP. Anioiiie de Virgolela et de Fetra
San^a furent loni^qemps h Massaouîih, sous la
protecnon du bâcha de Souakini. Ils y tirent
de nombreuses conversions* Le P, de Vir-
goleta mourut au commencement de 10^2;
le P. de Petra Sanln demanda des auxiliaires.
On lui envova les PP. Félix de Sainl-Séve-
rin et JosepK Tortulaoi d'Altino. Quand on
sut en Abyssinie Farrivée de ces deux nou-
veaux missionnaires, Talarme y fut grande*
Un nouveau bach.i venait de succéder, à Soua-
kim, h celui que nous avons vu si favorahlo
aux catholiques. Basiltdes lui écrivit , et
ch/irgea ramb;is$adeur porteur du message
de lui faire c^ndeau de cent cinquante onces
d'or et de cinquante esclaves, tu le funant
de lui remettre ces étrangers, on bien de les
iure mourir loi-mûme. Aussitôt le ba ii^ lit
venir et décapiter en sa présence les PP. Fé-
lix de Saint-Sé vérin et Joseph Tortulaoi. Il
connaissait particulièrement le P. de Petra
Sanla, il ne voulut pas le faire venir et se
borna à ordonner qu'on lui apporliït sa tèle.
Le patr arche M nui \i était, pendant ce temps-
là, dans riiide, S m ceur gémissait aux la*
menl;ibles récits des douleirs de son E^^lise
ab^n lonn^'e, el des soufrrfinces des bienheu-
reux martyrs qui, après loi, avaient évangélî-
sérAhyssînie. Lcsautresjésuites.qui comme
lui en étaient sortis prenaieiU part à srs
douleurs, et ne pouvaient se pardonner d'ê-
tre sortis d'une contrée où ils eusstuit f>u,
comme leurs successeurs, recevoir la cou-
ronne du martyre* llsrés^ilurenld'y rentrer;
mais leurs f'Iforts à cet é^ard > eineurèrent
stériles. Ce fut sur ces entrefaites que Men-
dez rei;ut de Nogueira, alors à Massaouah,
la leilre suivante, écrite au nom du Ras Sela
Chrislos :
Tiès-illuslres seigneurs, évoques et gou-
verneur des Indes, Itas Sela Christos,à tous
les dnétiens catholiques et vrais enfants
de TEglisede Dieu, paix et salut en Notre-
Seigneur,
« Je ne sais ni en quelle Langue je dois
vous écrire, ni de quels termes je dois me
servir, pour vous représenter les périls et les
soulîrances de celte Eglise gu*on alllii^e, d*au*
tant plus que je les vois de mes yeux.
Je prie Notre-Sei^j'ieur Jésus-Christ, qui a
été attaché ea croix, qui csl plein d«* nnsé-
ricorde, de les faire coimailre à tous nos
frères, à tous les recteurs, pjélals, évéqnes,
archevêques, rois, vice-ruis, pritu-es, gou-
verneurs, qui ont quelque autorité au delà
des mers. J'ai toujours cru, et je me suis
souvent dit l\ nioi-mémt\ qu'ils nous auraient
secourus et qu'ils iVauraient ims tant tardé
à nous racheter des mains de ces barbr.res
et de cette nation perverse, si la multitude
el rénormité de mes péchés n y élaieîil un
obstacle. Autrefois, lorsqu'il n'y avait point
d'Eglise ici, lorsque le nom do chrétien et de
caihoUque nous était inconnu, on -est venu
à notre secours, on nous a délivrés de la
puissance des mahométans, Aujourdhui
qu*il y a un si grand nombre de lidèles, on
tious oublie et personne ne fienseè nous secou-
rir» Quoi I le pontife romain, notre père, notre
pasteur, que nous chiTissons tant, n est-il
plus sur la chaire inébranlable de saint Pierre,
et ne vcul-il plus songer à nous consoler?
Nous qui sommes ses brebisj o'aurons-nous
pas, avant que nous sortions de celle misé-
rable vie, la satisfaction d'a[iprcndre qu*il
pense à nous» et qu il veut em[>écbcr que ces
nérétiques, qui nous font nue si cruelle
guerrirp ne nous dévorent? Le Portugal n'a-t-
il plus de pri ices qui aicil le zèle ardent qui
enlbmmait Christo[dîe de tîama? N'y a-t-il
point quelque jïfélai qui lève ses mains au
ciel pour nous obtenir le secours dont nous
avons besoin ? Je n'eu nuis plus, je me lais>
mit langue se sèihe, et la source de mes lar-
mes ne tarit point. Couvert de poussière et de
ceidrcjo prie et je coijuro tous les fidèles
de nous secourir prompieraenl, de peur qu-i
a
ABt
AB¥
m
noiisnej>i5rissions. Tous les jours mes chat-
nos djuvienTtetit plus pesantes et on me dit :
Kangez-voiis de notre parti, rentrez dans
noire commanion, nous vous rappellerons
de votre exil. On me tient ce discours pouf
me perdre et pour faire férir avec mot tout
ce qu'il y a ici île catholiques : on veut rui-
ner l'Eglise de Dieu, et la ruiner de fond efl
comble. Si donc il j a encore des chrélienS
au iMh de la mer,' qu'ils nous en donnent
des preuves» qu'ils nous reconnaissent pour
leurs frères en J^sus-Christ, nous qui soute-
nons la vérité roimne eux ; qu'ils nous déli-
vrent de cette hfVésie et de cette capli^vtté
d'Egypte ► — îf t, ajoute No^oeira, finissent
les paroles du Ras Sela Chnstos. iriotre ami.
Il me îe<* n dictées lui-môme sanglotant et
fondant enr larmes, pendant la visite que je
Iu4 rendis au mois d'août de ranoée der-
É^re WêB, C'est h mon tour aujourd'hui de
pleurer. On torrent de larmes nie fait tomber
m fflume de la main, je ne pots écrire. Jugez
de ma tristesse et d^^ ma douleur. Je suis
aitifé dans ce port de Massaouah le 26 de
ce mois {Janvier i6V9), j'ai exposé ma vie, il
n'est point de danger que |ë naie couru, per-
iuade qaé rtm [jdèles amis des Ind-^s ou du
Portugal nous auraient envoyé quelques se-
eourst et le n'ai rien trouvé. J'ai même été
mal reçu des Banians et partieuli(>rement de
Xabaiidar et de X^irrati, qu'on sait être ici les
maîtres de l'argent. [Is ra'o t fiit très-mau-
vais visage, et pas un n'a voulu me montrer
aes lettres, ni me faire nnrt des nouvelles
qu*i! recuit. J'ai écrit plusieurs lettres de
Dembea, je n'en ai aucune réponse. Je crois
que toutes ont fait naufra;.:e et queDieu,pour
mes t>échés, rfa pas permis qu'une seule soit
arrivée jusqu'à vous. Je retourne vers le Ras
iela Chriî*tfrs, et je laisse ici Jacques Xarera,
çai est fort connu des Banians, Il attendra
les réponses a mes lettres, et il me les appor-
tera, â'iJ en vient quelques-unes. I! deiueure
ordinairement h AdJi, [lajs d'Engana, Mes
«compagnons, abba Melca Chrtstos , abba
TêîlsaChrisfos, Jean-Gabrirl, (îrégoire, An-
toine d'Aîmana et Christophe ne sont p!us
que âi*È squi'letïes animés ; ils Ont été trai-
tés en prison, fouettés ; leur peau est tom-
bée de misère ; et, s'ils ne sont pas morts,
du moins ils ont soulT^-rt tout ce qu'une ex-
trême pauifreléa fie [>lus rude, m«'ndiant do
I>orteefi porte. Le 21 Of tobrc de Tannée l(iV7
on a fait niotrrir, en hiin^^de notre 5«iinl6
religion,abba Zara Chri stos, disciple de Fabba
Eéril, frère de rabbaGrégnire, et le sénateur
Arnlo, aussi ret:ommandab!e pour sa piété
que iK)ur sa doctrine. Le 30 se, tembro de
1 année 16îk8, on a mis en prison dom Jfmm
t^ca Manam, dom Jean, dom Melca Christos,
dm Théodore, Le capitaine Gabriel Doua-
céos a élé exdé pour li'avoir pas touIu me
livrer entre les main?* des liérétiques, I s se
mnl portés aut plus gnn Is excès conir»» moi :
ils m ont traité avec toute sorte d'inhumanité.
Ils m'ont dé.ioncé à Tabbé Eraaia Clhistos,
nolrn plus cruel ennemi, qui adéj,^ fait mou-
rir tant de catholiques. Enfin, je pars d*ici
Sê&s la moindre cousolatioai et sons aucune
espérance, n'ayant ni vivres ni habits, et n'o^
sant pas demeurer davantage, de peur des
Turcs, qui pourront arriver au temps de la
navigation. Je reviendrai l'année prochaine,
si Dieu le permet. Je prie le Seigneur que
celte lettre puisse t^^lre Ine de tous nos pro
lats et autres ecclésiastiques, et jîrincipale-
ment de M, le |jatriarche et du ï*. Emmanuel
d'Aluiêida, s'ils sont encore en vie. Prosterné
le visage contre terre, je me recoiniuande à
leurs prières, et denruVie leur bé'iédiclion,
— A Massaouah, le 30 janvier ItiVO Ber-
nard NoGLit:iftA.»(Henrion, Hht. des missionst
L llï, p. 297.)
L'auteur de cette lettre prérieuse fui pen-
du dans le Gojam, en 1053. iMendez mourut
aux Indes quelque temps après, âgé de
soitanle-seize a?is< On a reproché à ce pa-
triarched'avoir compromis la mission d'Abys*
sinie, en voulant forcer les Abyssins a re-
noncer h certains usages, à certaines eoulu-
mes, suivis de temps immémorial dans ce
pays, et que la religion ne condamnait pas,
disait-on, formellement. La pluralité des
femmes» la circoncision, robservance du saJb-
bat, sont au nombre des choses que le pa-
liiarche voulait proscrire. Nous ne cro vous pas
que Ceux tjui soûl sérieusement catholiques
puissent trouver qu'il ait usé, relativement
a ces choses, d'une rigueur (rop grande. Si on
peut reprocher quelque chose à Mcndez, ce
n'est pas d'avoir usé de trop de sévérité pour
mairitenir la doctrine en telles circonsianGes;
c'est d\ivoir permis, quand il pouvait remoô-
cher, qu'on employât des moyens violents
pour convertir les dissidents; c'est d'avoir
ainsi laissé se produire en Abvssinie Tirri-
lalion qui y causa la ruine de la mission et
celle des tVuits de catholicisme qu eilu avait
produits.
Urbain Cerri {Etai préserU de VEgllie ta*
mmne^ p. %iS). parlant dvs tentatives faites
après roxpulsion de Mendez pour évangéli-
sor rAbyssinië, s'exiinme ainsi : « Les Bétor-
més et lescapuci is, ayant entrepris de puis ce
temps-là de s'établir en Ethiopie, furent mis
à mort cVSouakiiu et dans d'autres endroits; et
l'évéque deCrisotioH, qui fut envoyé dans ce
pays-h^ en qualité de vicaire apostolique, ne
put aller que jusqu'au Caire. Depuis cela, uu
maronite, qui avait été trente ans en Ëthio*
pie, étant arrivé h Jérusalem en 1665, rap-
porta les particularités suivantes : que le roi
qui persécutait la religion était murt (le 30
sefilembrM de cette année); aue son llls (Han-
nés ou Œiafe Segued), qui fui avait succédé,
témoignait être bien intentionné pour les ca-
tholiques, et qu'il leur permettait d*exercGr
publiquement leur rdigion ; uuc, dans une
il V avait pluj
30,000 catholiques, et que dans la ville où il
pn»vince frontière d'Egy
avait demeuré avec sa lïunille, l*"ur nombre
montait à environ six radie: qu'ils parlaient
portugais et qu'ils souhaitaient extrêmement
d'avoir dos prêtres; an'eurui on pouvait faire
de grands progrès dans la conversion des
schismaliques, pourvu que les missionnaire^
voulussent se contenter de ce qui est néces-
saire à la vie et ne s'appliquassent à autre
55
ABT
chose ({w'ï VavancetûeDt de la gloire cte
Dieu. Cetl le ayant été communiquée
à une eoji^ i parliculière, le 7 décem-
bre 1666, U lui résolu qu'on renouvellerait
lu missioa et qu'on enverrait dans re najs
un certain Antoine Amirade, natif d'Eloib-
pie, h qui on doma le titre de vicaire apos-
tolique, et qui avait été chapelain du patriar-
che et fait ensuite évoque de CalipoU. Pour
cet effet, on donna aux missionnaires de Tar-
«cent, des li?reset aulres choses nécessaires.
Elaot arrivés à Suçz, ils tirent savoir à la
congrégation» en 1669, que la persécution j
régnait toujours, mais non pas avec la
même violence que dans les commencements.
En 1671, la coogrégatiou apprit que ces oiis-
%h - et le vicaire apostolique avaient
él laort par un elTét de la haine con-
tre la rcJigmu catholique. Ainsi cette nûs-
&ion fui entièrement àMûdonnée. Mais, de-
puis ce temp^lc^, on Va jointe à celle d'E-
gypte et on a ordonné au supérieur d'en-
voyer des missionnaires en Ethiopie dès qu'il
X aurait une occasion favorable pour cela, et
on a eu soin, en même temps, de procurer
t'argent nécessaire à cette entreprise, »
De MaOlet nous permet de suivre la trace
des essais de missions tentés pour TAbyssi-
nie ; « 11 y a huit ou dix années (vers f 093i,
écrit ce consul, qu*il se trouvait au Caire des
missionnaires italiens de la réforme de Saint-
François, indépendants du gardien de léru-
saleox et cependant entretenus aux dépens de
la Cuitodie de Terre-Sainte, dont les reli-
gieui de celle ville (mineurs obscrvantins)
demeuraient en un même hospice avec les
premiers. Celte indépendance et la dépense
nécessaire à reutrelien de ces religieux mis-
sionnaires, chai^rinaot ceux de Jérusalem, ils
agirent si ibrtemcnl i Rome, soit en olfrajU
de se charger de la mission d'Ej^yple et de
fournir pour cela les sujets nécessau-es, soit
en V représentant d'autres choses , qu'euQn,
après I envoi de plusieurs commissaires en
ces r[uartiers-ci, la congrégition de la Pro-
pagation de la foi, établie à Rome, leur ac-
corda celte mission d'E^^ypte. Le gouverne-
ment delérusaJem, en étant en conséquence
enlré en possession, renvoya d'aborJ tous les
missionnaires qui étaient des sujets de cette
même c/)ûgrégalinn, et n'en adopta que deuï.
Ceux qui avaient étécongt'^diés, étant retour-
nés à Home, travail lèrenl longtemps pour se
faire rétablir en Egypte ; mais n'ayant pas
trouvé moyen d y réussir directement, ils y
parvinrent par mie autre voie, its nrésenlé-
i pape et à la congréj^Htion de !a Pro--
•n une relation, laquelle a été iiii-
uniuée. Elle était dressée par les deux des
leurs que la Custodie de Tcrre-Sainto avait
girdéSy et portait en substance que telles et
telles personnes v désignées les avaieiil as-
suréi.*s que, danjs le pays de Fungi, sur les
contias d'Ethiopiei il y avait un Irès-j^raud
nombre de familles chrétiennes catholiques,
qui s'y étaient retirées dVVbyssinie, lors de
la persécution y livrée aux c^itholiques, en
l*an 16V0 ou ^1 dudil siècle j que ces pauvres
âmes, au nombre de plus ds quinze cents,
étaient sans pasteur et sans aucun secours
spirituel , offrant lesdits religieux de s'y
transporter et de pénétrer même jusqu'en
Ethiopie, où ils assuraient qu'il y avait beau-
coup d'autres eatholiijnes et des dis[iosilions
favorables h réunir celte Eglise à la romaine.
Celle permission ne fat |»oint seulement ae-
corJée à ces Pères, mais l'on fut encore si
persuadé de (a réalité des choses qui étaient
représentées et du succès de la réunion de
PEglise éthiopienne, que le pape Innocent
douzième, sous lequel cela se j>assait, lit un
fonds considérable pour rentretien perpétuel
d'un grand nombre de sujels destinés à cette
mission que l'on appela d*Ethioph\ et dont
le soin fut commis aux religieux réformés
de Saint- François. On leur permit en mémo
temps de tenir deux ou trois religieux au
Caire, en qualité de procureurs de celte mis-
sion; et, pour la commodilé de ceux qui
iraient ou viendraient d'Ethiopie rn^me,
d'avoir un hospice à Achrnin (la Panapolîs
des anciens), dans la haute Egypte, lieu
qu'ils avaient représenté être nécessaire pour
le rafraîchissement des religieux qui passe-
raient du Caire en Ethiopie, el où il y aurait
aussi beaucoup de fruit à laireauprèsdes chré-
tiens cophtes qui y étaient en grand nombre.
C'est de cette soite que ces religieux, exclus
en quelaue manière de FEgypte, trouvèrent
moyen cie s y rétablir. Cependant comme on
ne parlait i Rome et dans toutes les cours
catholiques que de cette grande mission, les
RR, PP. Jésuites crurent ne devoir point
s oublier dans une coinonclure si impor-
tante pour la ghiire de la religion... Ils ju-
gèrent h propos, avant de s'adresser à Sa
Sainteté, de prévenir le roi de la résolution
qu^ils avaient prise d'envoyer de leurs ou-
vriers dans cette grande mission d'Elhiopicç
résolution que S/>1 loua et promit de se-
conder. Cette démarche ayant été faite, le
R. P. Verseau, de leur conipagnie, passa de
France h Rome, avec de fortes lettres de re-
commandation... Il arriva au Caire en 10^7,
avec des ordres de protection, que lui et les
siensy ont constamment éprouvée de ma part,
bien m delà de mes obligations. Je l'ai reçu
dans ma maison avec son compagnon ; j'enga-
geai ensuite la nation (fraugaise) h leur en
acheter et présenter une autre, ce qui n'avait
point encore eu d'exemple.,. Quant à Fen-
trcprise d'Ethiopie, j'en dis mon sentiment
ay R. P. Verseau, et que ce serait tme es-
pèce de miracle de pouvoir y pénétrer, et
plus encore de s'y conserver" et dy faire
quelques progrès. Je l'assurai, comme le
temps l'a justifié, que Fhistoiretles chrétiens
établis sur les contins de l'Ethiopie était une
fable, et lui promis cependant que je ne né-
gligerais aucune oceasion de contribuer au
di sseio qu'il me paraissait avoir de tenter
une entrée dans cet empire. Après cela il
partit pour la Syrie, où il (il sa résidence en
qualité de supérieur général desa compagnie,
tant de cette contrée que d'Ethiopie. Alors
étaient au Caire deux sujets de sa compa-
gnie, donl l'un Italien et Faulre Français. Le
dernier s'a p| vêlai l le R, P. Brévédent, et on
peut dire que c /'tait un saint religieux, élai-
gné de 1 esprit d*inlrii;ue et de dissimolatioii,
et d*un« hamilitt^ profonde. En Tann^ie 1693,
un certain Hadgi-Ali, marchand, vint d'Eihio-
pie auCaireavec quelques commissionsdu Né-
gOus(Yasousl")» dont Tune était de lui a mener
quelcjues médecins, s'il en trouvait... 11 eut
bcsoi'i pour sa propre personne de quelques
remèdes de chirurgie, et le hasiirdl'ayantcon-
doil e'itre les mains du sieur Charles Poncel,
Français établi a uCaîrCi il s'en trou va fort bien
et lui proposa sur celte expérience de passer
avec lui en Ethiopie, où il lui promit de lui
faire faire une fortune e msidérable. Le sieur
Poncet ra' ayant communiqué la chose, jo
rinvitai à m;cepler cette proposilioiit dans
Tespérance que j'eus d'introduire avec lui
auelques-uns des Pères jésuites dans îa cour
aAbyssinie. Je leur tis p-irl ensuite de co
dessein, qu'ils approuvèrent cxtrômement,et
duquel nous doniiAmes avis au R. P, Ver-
seau, Cependant, comme le temps du départ
de cet Hadgi-Âli [»ressait et que nous ne
doutions pnint que le R. P. Vi^rseau n'ap-
prouv;1l ce que nous lui avions prO[»osé, le
R. P.Brévédent, d^''guisé en domestique, par-
tit du Caire le 10 juin l(î9S, avec le sieur
Poncet et lui, sans avoir I approbation de
son supérieur... Comme la t^nvano fut re-
tenue longtemps dans li haute Egypte par
la crainte des Arabes, le U. P, Grenier, jé-
suite, envoyé par le H. P, Verseau en cette
ville, pour détourner le voyage du H, P. Bré-
védent, arriva assez à temps pour le rappe--
1er; mais trouvant la chose a moitié con-
sommée, et satisfait des mesures qui avaient
été prises, il lui laissa continuer sa route. »
Dans la relation que Poncet a donnée de
sa curieuse eïcursmn hors de l'Eij;ypte, il
dit que, durant le trajet dcMoseho h Donsola,
duiau 13 noverubre, il rencontra des peuples
quitbienqu'dsiissentalors profession du ma-
hométisrae, n'en savaient quelaformutede foi.
« Ce qui est déplorable, ajoute le voyageur,
et ce qui tirait des larmes des yeux du
P, Brève Jent, mon cher compagnon, c*ost qu'il
n'y a pas longtemps que ce pays était cnré-
tien et qu'il n'a perdu la foi que parce qu'il
ne s'est trouvé personne qui ait eu assez de
lêle pour sa consacrer h l'instruction de
cette nation abandonnée. Nous trouvâmes
encore sur notre route quantité d ermitages
et d'églises à demi ruinés. » Pendant le sé-
jour des voyageurs à Sennaar, capitale de la
Nubie, on apporta à Poncet une fille maho-
métane, âgée de cinq h six mois , pour la
traiter d'une maladie : «Comme cette enfant
était à Texlrémité et sans espérance de vie,
dit-il , le P. Brévédent la baptisa sous |»ré-
lexte de lui donner un remède, et cette fille
lut assez heureuse pour mourir après avoir
reçu le saint ba[>tème Le P, Brévédent
était si pénétré de joie d'avoir ouvert le ciel
à cette âme, qu'il m'assurait, avec un trans-
port que je ne puis exprimer, que, quand il
n aurait fiit que cela en sa vie, il se tenait
pour bien récompensé de toutes les peines
qu'il avait eues en ro voya-^e. « Lorsque ce
missionnaire se trouvait h Tripoli do %ric,
se
on lui avait donné fort mal k propos un vio-
lent purgatif de pignons dinde, dit catapu-
tia, et ce remède, toujours dangereux/bii
avait causé un flux dont il était incommodép
et qu'il cacha par modestie h Poncet. Cepen-
dant sa positmn empira, et à Barcos, il se
vit en peu de jours réduit h la dernière ex-
trémité, a Je n'eus pas plutôt appris l'état
où il était, dit Poncet, que je me fis porter
dans sa chambre, quoique je fusse alors
très-mal. Mes larmes plutôt que mes paro-
les lui tirent connaître que je désespérais de
sa guérison et que son mal était sans re-
mède. Ces larmes étaient sincères, et si j'a-
vais pu le sauver aux dépens de ma vie , je
laurais fait avec plaisir. Mais il était mûr
pour le ciel, et Bien voulait récompenser
ses travaux apostoliques.,... Pour rendre
justice au P. Brévédent, je puis dire que ja-
mais je n'ai connu d'homme plus intrépide
et plus courag^eux dans les dangers, plus ar-
dent et plus ferme lorsqull fallait soutenir
les intérêts de la religion, plus modeste et
plus religieux dans ses manières et dans
toute sa conduite — Pendant tout le voyage,
il ne me parla que de Dieu, et ses parotes
étaient si vives et si pleines d^onction, qu'el-
les faisaient sur moi de profondes impres--
sious. Dans les derniers moments de sa vie»
son cœur se répandit en des sentiments d*a-
mour et de reconnaissance envers Dieu, si
ardents et si tendres que je ne les oublierai
jamais. C'est dans ces sentiments que ce
saint homme mourut dans une terre étran-
gère, à la vue de la ville capitale d'Ethiopiep
comme saint Franrois Xavier, donti! portait
le nom, était mort autrefois à la vue de la
Chine , lorsqu'il étnit près d'y entrer pour
gagner ce vaste empire k Jésus-Christ H
mourut le 9 juillet de Tannée 1B99, à trois
heure* du soir. Plusieurs religieux d'Ethio-
pie, qui furent présents à sa mort, en furent
si touchés et si édifiés, que je ne doute pas
qu'ils ne conservent toute leur vie un grand
respect pour la mémoire d'un si saint mis-
sionnaire. Ces religieux vinrent le lende-
main en corps , revêtus de leurs habits de
cérémonie, ayant chacun une croix de fer à
la main. Après avoir ftut les prières pour les
morts et les encensements ordinaires, ils
portèrent eux-mêmes le corps dans une
église dédiée h la sainte Vierge, en laquelle
il fut inhumé. »
Quand Poncet se fut rendu h Gondar, Tem-
pereur lui dit être allligé de la mort de son
compagnon, dont on avait fait connaître le
mérite et îa capacité à ce prince. Connue on
ne recevait aucune nouvelle ni du P* Bré-
védent, ni de Poncet, les PP. Grenier et Pau-
let, jésuites, pleins de zèle pour la mission
d'Abyssinie, partirent avec des lettres du
consul de Maillet. Le roi de Sennaar h-s re-
çut avec honneur, comme des envoyés du
roi de France, et les recommanda h un am-
bassadeur du Négous qui était venu conclure
la paix entre son maître et lui ; ils aceom-
|iagnèrent cet ambassadeur A son retour en
Abyssinie, m.iis il n'est plus fait mention
d'eux. Quoique les franciscains réformés
m AbY
italiens eussent un des leurs attaché au roi
de Sennaar en qualité de médecin^ et qu'ils
prissent le titre d'envoyés du pape auprès
du Négous, moins favorisés que les jésuites,
ils durent attendre une réponse aux lettres
quIJs avaient adressées à Yîisôus» à Fabouna
et aux moines abyssins, pour leur exposer
Jeur conjnaissïon* Le voyage de Poucet avait
un double but : d'abord, de guérir le Né-
gous malade, ensuite de déterminer Yasous
à envoyer un ambassadeur au roi de France,
11 reparut, en etlVt, au Caire, avec un cer*
tain Mouriid, et le P^ Verseau, qui s'y trou-
vait alors, les accompagna à Paris. Lorsaue
Poncet repril, en 1703, avec Monrad, le cne-
min de rÂbyssinie par la mer Kouge, le
P. du Bernai," jésuite, qui voulait pénétrer
dans c<.*t empire, alla 1 attendre à Suez. Ce
religieux se tlt, h son tour, passer pour le
i>erviteur du médecin» Jacques Christophe,
uiarcband cypriote, se joignit i^ eux, \Ltis dès
3u'ou fut arrivé à Djedda, le P. du Bornât
ut retourner au Caire avec Christojihe, tan-
dis que Mourad et Poncet poursuivaiesilleur
deâttnée errante; le premier mourut à Mus-
kate, et le second passa en Perse, où il acheva
sa vie marquée par les servic^^s qu'il a ren-
dus h la géographie des coiittées inconnues
dont il a parlé, Bruce et Sait ï\n\i tiait ''avec
plus de justice que le cousu! de AJaillet,
L'Arménien Elias, attaché au service de la
nation française, fut envoyé en Abyssinie
par la voie de Missaouali» pour préparer
Yasous h recevoir, comme ambassadeur de
France, Le Noir du Roule, vice-consul à Da-
miette, dont le succès eût ouvert cet eiopire
aux jésuites. Malfieureuseriient du Route
périt assassiné le iî5 novembre 1705, à Sen-
naar; caiûslroplie que Bruce impute calom-
nieusouient aux franciseaius réformés, alors
établis en Nubie, et qu'un sentiment de ja-
lousie contre les jésuites, auxquels le vice-
consul frayait le chemin, aurait, dit-il, por-
tés à faire échouer son ambassa^le* Le P. Jo-
seph, leur préfet, avait non-seulement péué-
tre en Aliyssiuie, mais reçu de Yasous une
lettre pour le pape, et il conduisit à Home
sept Abyssins, La cupidité des Nubiens,
excitée par les présents dont du Roule était
chargé pour le Négous, explique le meurtre
des frant;ais, et la calomnie de Bnice est
d'autant plus évidente quo les franciscains
réformés ne séjournaient pas à Sennaar au
moment de FattenUt* L'auteur anglican se
borne, au reste, à reproduire les odieuses
accusations du consul de Maillet*
Malgré le malheur que du Roule venait
d'éprouver à Sennaar, il resta dans l'Albara
des missionnaires qui eurent assez de cou-
rage pour tenter un voyage en Abyssinie, et
assez d'adresse pour réussir. Ousl'as, étran-
?;er à la tamillede Salomou, occupait le trône
orsque arrivèrent les PP. Libéral Weis {ou
de Wies), préfet aiioslolique d* A ut riche; Mi-
chel Pie cTe Zejba, de la province de Pa-
doue, et Samuel de Bionnu (ou de lieamo).
Dé dans le Milanais, religieux de Tortlre de
Saint-François. Ce prince, dit Bruce, avait
conçu^ comme Yasous, une idée avantageuse
ABf
Si
delà religion romaine; aussi il les reçut
favorablement et les mit snns la garde d'Ain
Egzié, ancien officif^r d'Yasous et gouver-
neur du Walkayt, Il leur donna , en outre,
pour interprète" un moine atiyssîn qui avait
été h Jérusalem et qui était très-attaché h la
communion de Rome. 11 le ch^irgea de de-
meurer sans cesse auprès d'eux et de veiller
h leurs intérèls. Charmé de leur pauvreté et
de leur refus constant d'accepter les biens
qu'il leur offrait, il leur déferulit néanmoins
de prêcher en public , dans la crainte d'à*
raeuter le peuple : « L^œuvre que nous en-
treprenons est dilUcile, leur oit le prince;
elle demande du temps, des ménagements et
de la patience ; Dieu n*a pas créé le monde
en un instant, mais en six jours. » Se déro-
bint lui-mt^me h ses courtisans pendant la
chasse, Ou>tas allait vi>iter les missionnai-
re-, entendait la messe, communiait de leurs
maitis. Ces démarches furent bientôt con--
nurs de beaucoup de nrôîres et de laïtiues
de sa cour, mais la sévérité du Négous leur
iiUffOsa. La race de Salomon ressaisit le scep-
tre, au mois ne janvier 17H, dans la per-
sonne d« David, iils de Yasous. Le chef des
moines de Del»ra-Litianos déclara alors, dans
utie assetnbîée du cleigé, et od'rit de prou-
ver que Iriiis frôlres catholiques, avec un
interprète abyssii», étaient établis dans le
Walkayt depuis plusieurs années, et qu'ils
avaient été entretenus, protégés , consultés
par Oustas, qui assistait souvent à la messe»
célébrée suivant le rite romain, David, élevé
dans les préventions du schisme, ordonna
aussitôt (hirrêler les missionnaires et leur
interprète, Tabba Grégoire* Les confesseurs
furent conduils d^-vant le plus partial et le
plus barbare de tous les tribunaux, L'abba
Masmaré et Adug Tesfo, qui avaient fait le
voyage du Caire et de Jérusalem, et qui en-
teudaient l'arabe, interrogèrent les froncis-
cains et traduisirent leurt^ réponses. La pre-
lïjière question fut ainsi formulée i * Rece-
vez-vous ou ne recevez- vous pas le coiicile
de Calcédoine comme une règ'e de foi, et
croyci-vous que le pape Léon Ta présidé et
dirigé régulièrement et légitiûiementî >» Ils
répondirent « qu'ils regardatcnl le concile
de Calcédoine connue le quatrième concile
général ; qu'ils nTevaienl ses décisions
comme des régies de foi, i(u ils croyaient que
Je pape Léon i avait présidé et dirigé régu-
lièrement et légitimement, comme chef de
l'Eglise aitholique et successeur de saint
Pierre et vicaire de Jésus-Chnst sur la terre.»
A ces mots, un cri général s'éleva avec fu-
reur du milieu de l'assemblée, et l'on n'en-
tendit que ces paroles terribles : « Qu'ils
soient IjqiidéslQuiconiine ne leurjetiera pas
trois pierres, sera maudit et ennemi de la
vierge Marie 1 « Et squdain cette sentence
cruelle fut exécutée. Un seul prêtre, homme
distingué par son savoir et par sa [)îété, et
Fun des ctiefs de l'assi-mb ée , déclara avec
véhémence que les missiomarres étaient ju-
gés irrégulièrement et injuslcmenl ; mais sa
voix se perdit au oalieu des clameurs de
celte multitude de barbares. Les inarlyri
i M^
restèrent en butte à là fureur de leurs fana-
tiques ennemis. Oa leur rail une corde au
cou et on les traîna sur une pLice, derrière
l\^;^Use d*AbbOt dnns le dieniin de Tedda,
où, conforméïueïU h la sentence» on les la-
pida. Us reçur^'iit la mort avec une paUence
et une réitgnation égales à celles des pre-
miers inarlyrs. Non contents de ce triple
meurtre, les moines abyssins voulurent im-
moler Tabba Grégoire T interprète des pin^-
très d'Europe ; ma s David, eonsidénint que
Gréj^oire, en résidant avec les missionnaires
dans le SValkayt^ n avait fait qu'ari;r»mjtlir
les ordres d'Oustas, nlovb soi souverain »
n'autorisa poifit sa mort, et le renvoya da is
sa province. (Honriun , Hist. des mUsions ^
foL Ul, p, 299» etr„ citant Urbain Cerri, do
Maillet, Poncet,. Bruce. )
.Depuis lors rAbyssinîe n'a plus été une
terre de persécution, les enfants tie saint
Vincent de Paul Tout de nouveau évan^;éii-
sée» et maioteuaût la religion catholique y
est tolérée.
ACACE (saint), évoque d*Autioehe (petite
viJIede ^ïivy^ie^ Àniiochiatul CragHfn), eut la
gloire de corn lia itre pour la foi sous le ré^ne
de Tempereur Dece, par ordre du consulaire
Martien. Ce saint évéque avait uiiiiiUenu,
durant le cours de la [lursécutioi, tout son
troupeau dans la foi, tar^dis que tes marcio-
nites, nombreux daus ce pays, sacritiaicntaux.
idoles par la crainte des supplices. Nous
donnons ici les actes cités par Huinarl.
Martien, personnage eonstilaire et enne-
mi déclaré des cluLitîens, se trouvant à An-
tioche, petite ville de son gouvorneuient,
ordonna qu'on lui amcuiU Tévéuire; it se
nommait Acace, et sa vigueur episcopale,
jointe h une chaiité universelle, lui avait
fait donner le surnom de bouclier et de re-
fuge du pays. Lorsque ce saint homme eut
été introduit en la présence dt> Martien, ce
gouverneur lui du : « Puisque vous avez le
bonbeur de vivre sous la protection des lois
romaines» vous éles oblij^é d airoer et d^a-
dorer noa princes, qui en sont eux-mêmes
les proleeieurs* » Acace répondit à Martien :
« Saches que de tous le.> sujets de lempire,
il n'y en a |iointqui aiment et qui hoooreut
plus rempereur que les chrétiens. Nous
prions saos discontinualion pour sa person-
ne, et nous demandons h Dieu, dans nos
prières, qu*il lui accorde une vie longue,
pleine de succès heureun et comblée de tou-
tes sortes de bénédictions; qu'il lui donne
lesjjril de justice et de sagesse pour gouver-
ner se^ peuples, et que tout son règne se
passe dans une paix tlorissante, et qui entre-
tienne la joie et l'abondance dans lotîtes les
provinces qui lui ohéisseni, Martien : Cela est
fort Jouable j mais alin que l'empereur puisse
être encore plus forlenjent [persuadé de vo-
tre Udélité et du zèle que vous avez pour
SQù service, c^mme aussi de rattachement
<|ue vous dites avoir pour sa personne, ve-
mi lui otTrir avec nous un sacritlce, /tracé;
Je viens de vous dire que j*olîre mes vœui
pour te salut du prince , à mon Dieu» qui
Oit le seul 64 véritable Dieu : niais^ à lé-^ni
du prince, il ne peut exiger de nous aucua
sacrifice, et nous ne devons lui en offrir au-
cun ; car eaflo ce qui s^appelle sacriûcc n*est
dû à homme t<d qu'il soil. Martien : Bépon-
de/.-raoi : Quel Dieu adon^z-votu donc, afin
que, do notre côté, nous puissions atissi lui
Îrésenter nos vœux et notre encens ?.'l€acf:
e souhaite de tout mon cœur que vous le
counaissiez. Martien ; Apprenez - moi son
noiu, Âeacc : fl se nomme le Dieu d'Abra-
ham, dlsaac vl de Jacob. Martien : Sonl-ce
là aussi dos dieui? Acace :Non, sans doule ;
ce soit des hommes auxquels véritablement
Dieu a parlé. Il ny a que lui si*ul qui soit
Dieu , et lui seul doit être adoré, craint et
aimé. Martim : Quel est-il enfin, ce Dieu ?
Acaci : Adonoi, le Très -Haut, qui est assis
sur des e^iérubiris et sur des séraphins»
^/iïrfim : Qu'est-ce qu'un sérajibin? icàCtf ••
C'est un dt*s ministres du Dieu très-haut, et
un des principaux seigneurs de la cour cé-
leste, qui approche le plus près du Irône.
Mari i en : Quelles chimères nous débitez-
vous là? Laissez toutes ces choses invisibles,
et a lorez plulAt des dieux que vous puissiez
voir et connaître, Àrace : Diles-raoi donc , à
votre tour, quels sont ces dieux h qui
vous voulez que je sacrifie? Martien: Apol-
lon, le sauveur, le libérateur des hommes,
qui peut nous préserver de la famine, de la
peste et des autres fléaux; qui éclaire, régit
et gouverne l'univers, .icare ; Apollon , di-
tes-vous? Quoi, ce jeune fou, qui, é[ins de
l'amour d'une lilie, courait après elle, sans
prévoir que dans bt moment même il allait
la perdre pour toujours? Il est constant qu il
n'était pa.* proplièle, puisqu'il ignorait ce
qui devait lui arriver, et il était encore
moins dieu, puisqu'il se laissa tromper par
une tille- Mais ce ne fut pas là le seul malheup
qui lui arriva, ni la seule sottise qu'il lit.
Comme il aimait les beaux garçons, il con-
çut une passion détestable f>our le beau
Hyacinthe, connue tout le monde sait, et il
fut assez maladroit pour casser la tète à ce
beau mignon» du même palet dont il jouait
avec lui. N'est-ce pas aussi ce dieu quit
avec Neptune, un autre dieu ( omme lui, se
fit maçon et se loua à un roi*''*, pour
bâtir les murailles d'une ville ? Ce fut au5$t
lui qui, chassé du ciel et n'ayant le sou, se
mit à pçarder les troupeaux du i-oi Admète.
Et vous voulez m obliger à otfrir des sacri-
fices à une telle divinité? Ne voudriez-vous
pas aussi que j'en oîfrisse à Esculape, quoi-
que foudroyé par Jupiter? à Vénus, malgré
sa vie libertine et ses iîif Imcs amours, et à
cent autres monstres semblables, à qui vous
sacritiez vous-môraes? Ne croyez p^is que La
crainte de perdre la vie au nnlieu uns plus
affreux supplices puisse jamais me faire ré-
soudre à adorer ceux que je rougirais d'imi*
ter, pour lesquels je tiVii que du mépris, que
de riiorreur. Dites-moi, si quelqu'un, dans
son gouvernement , après avoir commis dd
Pareils forfaits , voulait se justrlier par
exemple de vos dieux , aurie/-vons pour
eux assez de respect et de complaisance pour
le renvoyer absous? Et eepeadaut vous ado»
•i 4GA
rez dans yos dieux ce que vous puniriez
sévèrement dans les hommes. Martien : Xe
sais q\ie c'est votre ordinaire» à vous autres
chrétiens, de vomir force injures contre la
majesté de nos dieui; c'est pourquoi je
veux que vous veniez tous présentement aveo
moi au temple de Jupiter et de Junon^
pour leur rendre, dans un banquet reli-
gieux que nous y ferons en leur honneur^
ce qui est dû à ces granles divinités.
Acace : Bon ! j'irais sacrifier à un homme
dont on voit encore aujourd'hui le tombeau
dans l'île de Crète (Candie)! Quoi,, est-il res-
suscité ? Martien : Tout cela ne sert de rien ;
il faut ou sacrifier, ou mourir. Acace : Voilà
vustemenl comme en usent les brigands dd
Dalmaiie, dans les déGlés de leurs monta-*
goes, envers les pauvres voyageurs que leur
malheureuse destinée y conduit : La bourse
ou la vie I vous demandent-ils : il faut lais-
;»er Tune ou l'autre. De môme ici , il faut,
ou perdre la vie« ou commettre un crime. Je
vous déclare que je ne crains rien, que je
n'appréhende rien; les lois punissent les
adultères,, les voleurs, les homicides : si j'é-»
tais coupable de quelqu'un de ces for-
faits, je serais le premier à me condamner et
à me punir sans attendre votre jugement.
Mais SI tout mon crime est d'adorer le vrai
DieUy et que pour cela seul je sois conduit
au supplice, ce ne sera plus la loi qui me
condamnera, mais l'injustice. II est dit en
plus d'un endroit dans nos livres sacrés
[Pê. xui et lu) : Ils se sont tous détournés
au bon chemin; ils sont tous devenus inutiles :
il n'y en a pas nn qui fasse le bien^ il n'y en
a pas un ssul. Et il est écrit ailleurs {Liac vi) :
Vous serez jugés de la même manière que vous
jugerez^ H l*on votts fera comme vous faites
aux autres. Martien : Moi, je n'ai jpas ordre
de juger, mais de contraindre ; c est pour-
quoi, si vous n'obéissez de bon gré, je sau-
rai bien vous faire obéir par force. Acace :
Et moi j'ai aussi reçu un commandement au*
quel je prétends déférer ; c'est de ne point
renoncer mon Dieu. Si vous croyez ôtre
obligé d'exécuter les ordres d'un homme
mortel, qui demain sera la pâture des vers,
quelle doit être ma fidélité et mon exactitude
à obéir à un Dieu dont la diirée est éternelle
et la puissance inQnie, et qui a prononcé ce
terrible arrêt contre ceux qui le renonceraient
{Matth, x) : Quiconque ne confessera pas mon
nom devant leshoinmes^iene le reconnaîtrai pas
non plus moi-mime en la présence de mon Père^
lorsque je viendrai^ tout environné de gloire
et de majesté^ juger les vivants et les morts I
Martien : Vous venez tout à propos de décla-
rer cette erreur de votre secte, qu'il 'y avait
longtemps que j'avais envie de savoir. Vous
dites donc que Dieu a un ûls? Acace :.0\iU il
en a un. martien : Et qui est-il ce fils de
Dieu ? Acace : Le Verbe dfe grAce et de vérité.
Martien : Est-ce là son nom ? Acace : Vous
ne m'aviez pasdemandé son nom, mais quelle
était sa puissance. Martien : lih bien ! son
nom? Acace : Jésus - Christ. Martien : De
Selle femme Dieu a-t-il eu ce ûls ? Acace :
lus-Ghrisi est né de la bienheureuse vierge
AGA V
Marie. Martien : Dieu a-t-il eu ce fils à la
manière des hommes ? Acace : Le Fils de
Dieu a été conçu dans le sein de Marie par
l'opération la Saint-Esprit. Quand Dieu
créa le premier homme, il lui forma un corps
avec un peu de terre, et ensuite il lui inspira
l'Ame et la vie. Car ne pensez pas gue c^tte
divine Majesté , qui est un pur esprit, souille
son infinie pureté par le commerce d'une
femme mortelle. Ainsi le Fils de Dieu, îe
Verbe de vérité est sorti de l'entendement
de Dieu; c'est ce qui est exprimé dans les
Kvres divins, en ces termes : Mon cœur a
produit une parole sainte {Ps. xliv). Mar*'
tien : Dieu a donc un corps ? Acace : Lui
seul se connaît ; pour nous, nous ne sau-
rions dire quelle forme il a, parce qu'elle
est invisible. Nous nous contentons cie re-
connaître et d'adorer son pouvoir souve-
rain. Martien : Si Dieu n'a pas un corps,
comment lui donnez-vous un cœur? car.
tout ce qui a sentiment doit nécessairement
avoir un corps. Acace : La sagesse subsiste
indépendamment des organes du corps; c^est
Dieu qui en est le principe. Et quel besoin,
je vous prie, l'entendement a-t-il d'uû
corps ? Martien : Revenons au point. Con-
sidérez les cataphryges (anciens hérétiques);
ce sf»nt gens qui professent une ancienne
religion-, eh bien, ils ont renoncé à leurs
vieilles erreurs, et se sont joints à nous pour
oflrir des sacrifices à nos dieux. Croyez-
moi, hâtez -vous d'en faire autant. Ras-
semblez tous les chrétiens qui sont sou$
votre charge, et persuadez-leur d'embras-
ser la religion de l'empereur. Que tout le
peuple vous suive au temple. Acace : Ce
n'est pas à moi que tout ce peuple obéit ;
c'est à Dieu. Ainsi il m'écoutera volontiers
lorsque je voudrai lui enseigner des choses
justes et raisonnables, et qui ne seront point
opposées à la loi de Dieu ; mais tous m'aban-
donneront, n'auront (jue du mépris pour mes
paroles, s'ils reconnaissent qu'eues soient con-
traires à cette divine loi, et que j e cherche à les
pervertir. Martien : Donnoz-moi leurs noms.
Acace : Leurs noms sont écrits au ciel et
dans les sacrés registres de Dieu. Croyez-
vous que les yeux d'un mortel puissent lire
des caractères formés de la main de Dieu
môme ? Martien : Où sont les autres magi-
ciens, vos compagnons, ces adroits impos-
teurs, qui font, comme vous, profession de
cet art trompeur? Acace : II n'y a personne
au monde qui ait plus d'horreur de la ma-
gie que les chrétiens. Martien : Cette nou-
velle religion que vous introduisez, qu'ust-ce
autre chose que magie et qu'enchanlements ?
Acace : Appelez-vous enchantements ce que
nous faisons à l'égard de vos dieux, que nous
renversons souvent d'une seule parole, et que
nous dégradons de ce haut rang où vous les
aviez placés, leur ôtanl la divinité qu'ils te-
naient de vous ? car enfin, ces pauvres dieux
demeureraient imparfaits, si le bois ou la
{)ierre venait h manquer à l'ouvrier qui le3
ait. Pour nous, nous craignons, non celui
que nous avons forgé de nos mains , mais
celui qui nous a formés des sieaoesîqui
a ACA
nous a créés comme le maître et .e seigneur
de la naturOt q»ii nous a aimés comme un
bon père, qui nous a arrarliés h la mort et
à Teofer, comme un pastiiur soic;'ieut et af-
fcdioimé. Martim : Donnez-moi, vous dis-je,
les noms q-ue je vous dfiïnande ; et craignez
qu*uo second refus ne vous coûte cner,
Aeace : Je comparais devant vous , et vnas
oie demandez mon nom ; vous voulez aussi
savoir celui des autres ministres du Sei-
gneur. Croyez-vous en pouvoir di^snrmer
plusieurs, vous qui ne pouvez résister h un
seul. Eh bien I si vous aimez tant à savoir
des noms, je m'appelle Aeace; et si vous
en voulez encore savoir davantage, ou me
nomme A^^athange, et mes deux compa-
gnons, Pison, évoque des Troyens, et Méan-
are, prêtre de celte Eglise* Faites mai i te-
nant GO qu'il vous plaira. Martien : Vous
tiendrez prison jusqu^ii ce que j'aie informé
l'empereur de vus sentiments, et j'attendrai
là-dessus ses ordres.» Decius, afant lu cette
relation , ne pot s'empêcher d^ admirer les
réponses vives, et [ïleines de feu et de jus-
tesse du saint évêque Acace, Et tournant en
raillerie toute celte dispute, il ne laissa pas
de récompenser Martien du gouvernement
de laPampbylie; mais il permit à Acace de
proiesser libremenl sa religion.
L'Eglise fait la fùte d ? saint Acace le 31
du mois de mars. Saint Acace, après ce glo-
rieux combat, convertit beaucoup d'inlldôles
à la religion chrétienne, et plus tard mourut
tran(|uillemeiit <lans la paix du Seigneur.
ACACE (saint), est indiqué dans les mar-
tyrologes latins et grecs comme ayant souf-
fert le martyre avec saint Ménandre et saint
Polyène, eu môme temps que saint Patrice, à
Prase en Bitbynie, Les actes de ee saint
évoque ne donnent pas de détails sur le mar-
tyre des trois saints que nous venons de
nommer^ Leur fête est, comme celle de saint
Patrice, célébrée par TEglise b* 28 avril. Le
martyre de ces saints eut lieu dans le
nr sièc|e, sous le règne de Dioctétien,
ACACE (saint), prôlre et martyr, illustra
par sa mort la ville de Sébriste en Arménie,
sous I*empereur Dioctétien, Il eut pour com-
pagnons de son martyre le saint prêtre Hi-
rénarque et sept femmes cbrc tien nés. L'Eglise
célèbre leur ftHe le vingt-sept de novembre.
ACACE (saint) , martyr , babitait Milet
quand l'empereur Licinius, violant les enga-
gements qu'il avait pris, se déclarant l'en-
nemi de ce qu*il avait protégé, se mit h per-
sécuter violemment les chrétiens. Saint
Acace fut arrêté, souffrit divers tourments,
fut jeté par les persécuteurs dar^s une four-
naise où la Providence le conserva miracu-
leusement, et enlin eut la télé trancbée. Sa
fête a lieu le 28 juillet.
ACACIUS (saint), martyr. Ton des quarante
martyrs de Sébaste, sousLicinius. Voy. Mar-
tyrs DE SÉBASTE.
ACATHE (saint), centurion à Byxance,
SOUS le rè^ne de 0ioclétien et de Maximien,
fut accusé par le tribun Eirmus défaire pro-
fession du christianisme. Le juge BUiien lui
iil soulTrir à Cérinthe d atroces tortures, puis,
ACE
64
le proconsul Flaccus le couaamna, quand on
l'eut ramené à Bysance, h perdre la tète. On
dit que son corps ïut porté miraculeusement
sur le bord do la mer*^ Squillace, où il est
conservé, dit le martyrolOj^e romain, avec
honneur. L^Eglise célèbre sa fête le 8 du
mois de mai*
ACCLTRSE (saint), martyr, était religieux
de Tordre de Saint-François* Il eut la gloire
de mourir pour la foi h Maroc en Afrique* Il
eut des compagnons de martyre, ce lurent
les saints Pierre, BiTàrd, Ajut et Othon. L*é-
Eocjue où eut lieu leur martyre est inconnue.
,*E.-;lïse fait leur fiHe le 16 janvier,
AGEPSIMAS (saint), martyr, mourut en
Perse pour la foi chrétienne, en Tan de Jésus-
Christ 3H0, sous le roi Sapor, surnommé
Longue-Vie, prince qui ravagea l'Eglise du-
rant quarante années. Saint Maruthas, qui
finit son histoire de la persécution de Sapor
par celle du martyre de saint Acepsiraas et
de ses compagnons, dit avoir recueilli tout
ce qu'il raconte, de la bouche de témoins
oculaires. Durant trois années, Acepsiraas,
évi^que, Joseph, prêtre, Aithilahas, diacre,
soutfrirent d'incroyables tourments* Us de-
meurèrent dans une alfreuse prison, furent
plusieurs fois appliqués à la question, cruel-
lera 'Ut torturés, sans cesse menacés de la
mort. Ce fut dans la trente-septième année^
de la persécution du roi Sapor, qu'un nouvel
édit parutr enjoignant auï magistrats, aux
gouverneurs de provinces, de sévir avec une
nouvelle rigueur contre les chrétiens, non
qu'ils eussent commis de nouveaux crimes,
* mais, disait Téilit, parce qu'ils détruisaient
la doctrine anciennement reçue dans le
royaume, parce qu'ils enseignai*ent au\ f>eu-
ples le culte d*un seul Dieu, condauinaient
celui du soleil, détournaient du mariage »
défendaient d'eidrer dans les armées du
prince, et de faire du mal ?k qui que ce fûts
parce quUls [jermettaient de tuer toutes
sortes d animaux, de donner la sépulture
aux morts, et disaient tjue c'était Dieu, et
non le diable, ijui était te créateur des ser-
pents et des scorpions, n Certes dans ces
dîtïérentes allégations il y avait, lescljréliens
s^en ibnt gloire, intiniment île vérité. Mais il
s'agît de bien comprendre certaines d'entre
elles; celle, par exemple, où il est question
du mariage. Les Perses se faisaient ou alfec-
talent de se faire une fausse idée de la doc-
trine dos chrétiens sur ce poini. Non, les
chréîiens n*attaquaient pas le mariage comme
mauvais en soi ; seulement, ils prét< ndaient
que la virginité était un état medleur et plus
parfdil* Dès que cet éditent été publié, on
arrtUa l'évi^que d'Honite en Aî»syrie. 11 se
nonjuiait Acepsimas. Il avait quatre-vingts
ans. Son g and âge ne put le met re è labri
des mauvais iraitemenls des persécut«*urs.
On le mena enchaîné jusqu'à Arbelles, où se
tenait le gouverneur de la province. — Eh
quoi! loi dit, en le voyant, ce magistrat, lu
nies la divinité du soleil que tout TOrient
proîrfanje ! Vraiment, je ny |>ni5 croire,
— .icepsimas lui répondu que lui, de son côté,
ne savait comment croiie que des bommo^
4CE
[taisonnables -pussent préférer )a créature à
[son auteur, et qu'il ne ilétrirait poiut sa
J vieillesse par une semblable et si criminelle
l^émence. — AussilAl qu'il eut fini de parler,
ge gouverneur loi fit garrolter les deux pieds
lavec de grosses cordes^ et l*ayant fait cou-
[cher sur la terre, ordonna qu'on le frappât
il cruel leraent, que bientôt son corps tout
[entier n'offrit plus que Taspect cf une plaie
îi^^nante. Au sortir de cet supplice atroce,
fut jeté en prison,
A cette époque aussi on arrêta un nommé
losepb» prêtre de Béth-Catuba, ainsi qo'Aithi-
^has, diacre de Téglisede Befh-Nuhadra. Ce
iiacre était un homme aussi éminent par sa
tsamletô que par son profond savoir. Tous
fdeui furent amenés devant le gouverneur,
rt[ui, s'adressanl à Josepb, lui demanda s*il
[adorait le sole îL —Comment 1 dit Joseph^
|1rous croiriez que j*adore le soleil, moi qui
Il enseigné aux autres à le considérer
)mme une créature inanimée, et qui n'a
ien de divin ! Non, vous ne connaissez pas
les chrétiens. — Le gouverneur le condamna
lu même supplice que le saint évêque. Jo-
se[>b, couché parterre, fut frappé successive-
ment par dix itourreaox,(pii se fatiguèrent h
cette cruelle lâche. Il était tcUemeni déchiré
3ue les assistants pensaient qull allait ren-
re rârae. Mais lui, les jeux levés au ciel,
et ranimant ses forces, "dit à haute voix :
^ Oh l je vous rends grâces. Seigneur Jrsus,
Fils de Dieu, car vous avez daigné me laver
dans mon sang , comme dans un second
baptêmet pour me puriOer do mes péchés. »
Les bourreaux, entendant cette prière, le
tourinenlèreni avec une nouvelle rage. En-
suite ils le mirent, chargé de chaîne j, dans
la même prison qu*Acepsimas.
Après cela, ce fut le tour d'Ailhilahas.
Quai.d il fut devant le trihunal : « En quel-
ques mots, lui dit le gouverneur, adore le
soleil, qui est un dieu, mange du sang,
mords-loi , je te laisserai vivre. — J'aime
mieux mourir, pour vivie dans Féternilé,
dit le saint, que de vivre aux conditions que
vous m'otfrez, pour ensuite ôtre condamné à
une mort qui n*auraitjamais de lin. —Qu'on lui
lie les mains sur les genoux, dit le ^^ouver-
fif ur ; qu'on lo mette suus une poutre, et
que douze hoaimcs foulent sur les extrémi-
tés» » Après cet atroce sup[ilice , le saint
sut à enuurer une fustigation eicessivemenl
'barbare ; ses os étaient disloqués, sa chair
^mbait en lambeaux, quand on cessa do le
lourineuter. Il était dans un tel état de fai-
tile^-se, qu'il ne pouvait plus faire usage de
tes membres. On fut contraint de le porter
laus la prison. Dès le lendemain les saints
lartyrs furent ramenés au tribunal. Les
lenices les plus atroces leur furent laites,
[sans pouvoir en rien ébranler leur cons-
tance. Ils furent couchés à terre, et on leur
lia le corps et les membres avec des cordes
tellement serrées, qu'on entendait ciaqiter
'îurs os. Durant celte ctlroyable torture, hjs
)Uiciers royaux les pressaient d'obéir Emx
lits du miinfirque. Les saints no taisaient
l'une réponse : «Mous plaçons eu Diau
ACE de
toute notre confiance; nous ne voulons pas
obéir. B Les persécuteurs, au comble de la
fureur, leur refusèrent la mort pour les vain-
cre par la souffrance prolongée. Trois ans
ils demeurèrent en prison, privés de tout
secours et sans cesse tourmentés de la fa-
çon la plus cruelle par leurs impitovables
bourreaux. Cependant le roi arriva dans la
Médie. Adarsapor, le premier des gouver-
neurs des provinces d'Orient, raccompa-
gnait. Les martvrs, tirés de prison, furent
amenés devant lui. Ils étaient méconnaissa-
bles. Les païens euï-mèmes ne pouvaient
s'empôcher de les prendre en pitié* Adarsa-
por siégeait entouré de beaucoup de satra-
pes et de gouverneurs. «Professez-vous la
religion du Christ? leur dit-il.— Oui, répon-
dirent les martyrs, et nous n'adorons qu*un
Dieu, qui a créé Funivers et ciui en est le
maître. — Obéissez au prince, oit le juge.
—Votre espérance demeurera vaine, dit Acep-
simas ; nous n abjurerons pas notre foi.
Condamnez-nous à n'importe quels stippli-
ces ; cessez do nous faire languir. Jamais
nous ne nous laisserons intimider par vos
menaces. Nous avons appris à ne pas redou-
ter la mort. — G*est le propre des criminels
de la souhaiter, reprit le juge; ils sont par
là déUvrés des peines qu'ils méritent. Vous
vivrez, mais je vous rendrai la vie aussi
insupportable qu'une mort continuelle. Je
veux que vous serviez d'exemple à tous
ceux de votre secte. — A quoi servent vos
menaces? reprirent les saints, le Dieu en
qui nous mettons notre confiance saura
nous donner de la force et du courage. »
—Adarsapor, furieux, proféra contre les saints
les plus cruelles menaces. « Votre sang, leur
dit-il , va souiller vos cheveux blancs; je
vais détruire vos cor[is, les réduire en pous-
sière et les jeter au vent/— Faites, dit Acep-
simas, nos corps vous appartiennent ; quant
à nos âmes, elles sont a Dieu, et vous n y
pouvez rien. Vous comblerez nos désirs les
plus ardents, en exécutant vos menaces. »
Adarsapor, cédajil à sa rage, commanda que
trente hommes, tirant en sens divers avec
des cordes les membres du saint vieillard,
essayassent de Técarieler. Pendant ce temps-
là, deux licteurs le frappaient encore avec
des courroies. Ce fut au milieu de ce sup-
jîlice atroce qu'Acepsimas rendit ïàme.
Des gardes furent mis aupiès de son corps ;
mais au bout de trois jours, malgré leur sur-
veillance, les clirétiens remportèrent. Il fut
enterré par Tordre et les soins d'une lillo du
roi d'Arménie, alors en otage chez les Perses.
Le mémo supplice fut intligé à Joseph et à
Aithilahas ; mais ils n*y perdirent pas la vje,
étant plus forts et f^lus jeunes. Le dernier
disait au juge : « Vos tortures sont trop
douces ; vous pouvez les augmenter tant
qu il vous i-laira.— Quoi l s'écna le ju^e, ces
hommes vont à la mort comme d autres
iraient à un lestinl —N'en soyez pas surpris,
lui répondirent lus assislauts, ceci est une
conséquence de leurs croyances qui leur pro-
mettent une autre vie dans un monde que
les yeux ne saundent pas \oir. v Alors il tm
w
ACE
ACH
I
Et déchirer fivec la plus révoltante cruauté»
onlonnan! que, s'ils sumv;ueia, iL*; fussent
conduits ûn\\$ le tr pays pour y subir le der-
nier su;iplii'r. I>ieii les gnni^tt h ùi' nouvd«
les gloires, ^h survécureul. On les Inuisporla
donc sur des b<$tes de somme à Arbolles.
Durflnl le chemin ils endurèrent un r^iiiinueil
supplirr^, occasionné tant par tesdouiours que
leur crmsaii^ul leors blessures quti par la
barbarie di^ leurs ganii's, qui se faisaient
un jeu r.nicl d(* les bmrmenlcr. A leur atri-
Yée, iîizdnndocte, dame de la ville» obtint,
en donnant une grande somme au gouvtfr-
nettr, de garder quelque Umi[)S les deux
saints dans sa maison. Elle leur prodigua
tous les soins do la plus ardente charité*
Vieil les fit retomber en bénédictions sur son
ôrae, en rattachant de plus en plus h son
amour. Au bout de quelque temps les deux
martyrs forent enlevés de ce pieux asile. On
les înit en ]>nson. Ils y restèrent sii mois,
entièrement privés dos soins les plus strie-
lemeui nécessaires h leur position. Au boni
de ce leiufïs arriva un nouveau gouverneur,
qui surpassait beain-oun en cruauté le pre-
mier. Il éliiit porteur a'nti édit du roi, fiar
lequel il était ordonné que tous les chré-
t:i*ns qui refuseraient de sacrifif^r et d*adorer
le soleil fussent lapidés par des gens de
leur propre religion. L(*s rln^-tieu^, énouvan-
tés û une telle aboniinaliofi, f»rifent la fuite,
et se rérugiènvnl dans les déserts, dans b'S
Toréls, ûiius les montagnes, partout entin où
il n'y avait d'nulre dan^«*r que de mourir de
mi5ére ou d'être la proie des biHes féroces ,
mais où du niorns aucun monstre ne se
trouverait qui leur ordonnât d'être eux-
môraes les bourreaux de leurs frères. On
mit des soldats à leur poursuite. Beaucoup
furent arrêtés.
Les deux frères en Jésus-Chnstj mie déjli
les souffrances avaient ceints de la glorieuse
couronne du marlyn% furent amenés devant
le gouverneur. Joseph fut attaché par les
gnts orteils et suS|f»nidu la tète e^Ti bas. Dims
K'i'lU: jx^sitiou, il fui liorribleiiiout fouetté
durant deux lieun^. Il parlait durant ce
temps-là de la résiuïXH'li*»?», «* Ouoi ! lui dit
le juge, quand tu seras n lu me pu-
niras?— Ntu»,dit Joseph; ni j appiis la
ilrjuf'eur et le pardon des injures. Nous reo-
dori.s le l>ien î»our le mal. — Comtueit, lu
me feras du bien po«r le mal ipie h* le fais
/♦nîMt'r.riuii. Il iiy aura alors fHusde faveur
. plus de >;rèiTe à ubtenir, — Je [Kri»*rai
n Oieu de vrni» amener h b connais-
son nom, taudis que vous ôtes on-
I wi ,' M,iiiS cette vie. — Tu penseras, dit le juge,
à tout cela dons le mondn où je vaî*^ l*ori-
voyer, mais dans c^lui-ci obéis au roi. — La
mort d'jnt vous me mçnacez, dit Joseph, ne
nr«'|'OnviuUe pas, elle est Totijel de m#^s plus
iudi n s désirs. » L*iîiterrogatoire d'Aithïla-
has tisiwM montré en lui 1*_'S mêmes setiii-
menls', il fut condamné a*! mén»e suppUec
que Joseph. Le juge I ^lier, pertsant
qiif r»'iernj<h iVwn ii, qni veoait
r^it h rni faire
1 - tuéme religion
?|ue ce misérable, dit le saint diacre j je ne
erai pas la mùiue chnse que lui. » Alors It
juge ordoitia qu'on le tlngcllât ue nouveau.
On le ht avec une si révoltante cruauté qu'il
eut bienl/ït toute sa chair en lambeaux. 11
perdit connaissa^ic^n Alors on le jel*t dans uq
coin, comme une chose inanimée. Un mage
2ui le vit en eut pitié, et s'approcha ni il
ta son manteau pour en couvrir le saint
martyr. Le gouverneur, Tayanl su, fit donner
aïi ïuage chanlable deux cents coups de bû-
ton. Ce mage aussi, lui, perdit eonnaissanre.
Cinq jours après ces événements^ Tam-
sapor arriva dans les environs d'Aï bulles,
au chclteau de Ueih-Thabala. Le gouverneur
lui envoya les deux saints. Promesses, me-
naces, toutles trouva inébranliibles. « Avalez
au nioinsdujusde ces raisins, leurdit-«»n, pour
laisser croire au peuple que vous avez obéi*
—Loin de nous un tel crime, répondirent-
ils. La dissimulation est incompatibicavec no-
tre foi, qui ne veut pas que nous produisions
le swindaîe par rap[iarencemftmedu crime<»
Après qoehfues instants de délibéraiion, le
gouverneur et Thamsapor condamnèrent
les deux saints à la peine que portail le der-
nier éditt à être lapidés par oes chrétiens.
Ce fut h Arbelles que Joseph fut exécuté. On
avait assemblé cinq cents chrétiens pour
son supplice. Au nombre d'entre eux était
Jazduiîdocle. On voulut qu'elle piquât seu-
lement le saint ave»- une plume, ahn q j'elle
parût avoir obéi aux ordres du roi. Elle re-
fusa avec tant de générosité, que les païens
eux-môines furent en admiration devant elle.
Tous n*iniitèrent pas son généreux courage;
il y eut des chrétiens assez lAches pour lapi-
der le saint. On lavait préalablement enterré,
de maîiière que la tète seule fût au-dessus
du soL Bes gardes furent mis au]>rès de ses
restes ;Vmais, à la faveur d'une tempête for-
midable qui arriva dans la nuit du troisième
jour, les chn»4ieiis^ les enhivr cent, et leur
Vendirent les honneurs dont ils étaient di-
gnes. Saint Aithilahas fut mis à mort de la
même façon k Beth-Nuliadra. Ainsi, ces deux
glorieux combattants, après avoir si long-
temps soultert ensemljle, turent séparés au
dernier moment. Dieu les réunit au ciel.
L'Ej^lise romaine vénère la mémoire de ces
trois saints martyrs, le U du mois de mai-s.
(Stephi^u Assemani, trad, de rauteur,}
ACttE (saint) souffrit le martyre^ Amiens,
en 290, avec saint Acheul, sous le règne des
empereurs D<odétiûn et Alaximicn. On ne
mii r*en de positif ni sur leur vie, ni sur
les circonstances Ue leur martyre. L*Egli$e
célèbre leur fête le 1" du mois dv mai. A
AmifiDs» oonefâil^ malgré uela, leur fête que
le ^ du m^mo muï&
ACtlKUL i&àm). Vo|/. k jprécédent.
ACMILLÉr l'un des serviteurs de
sainte Uomji le), la mère et non lias
l'épouse du cuii^ul Ciément, martyr, fut déca-
pité à Torracine avec saint Néfic\ jjor ordre
de Domilien. L'Eglise fait sa fête le Î2 tuai.
ACUILli^E (samti» diacre et mnrl>r, eut ta
gloire de donner sa vie i)0ur J éj»as-Gbrist,
à V alence en Dauphiné. Il eut peur mmp9?
1
i.
â
69
JkCT
ACT
70
gnons de son martyre le prôtre Félix et le
tuacre iPorttinat. Ces saints martyrs ayant été
envoyés parsaîirt Irénée, évoque, pour prê-
ter la parole de Dieu, et ayant converti à
la foi de Jésus-Christ la plus grande par-
tie de la ville, furent mis en prison par le
'général Comète. Ensuite ils subirent une
longue flagellation, eurent les jambes bri-
*téesy ittttnat attachés h des roues qu'on fai-
'jMQt tourner avec beaucoup de vitesse, sus-
iMSidiis sur le chevalet au milieu d'une
«paisse ftimée, enfin mi6 à mort par le glaive.
l/Eîàîie faiit collectivement leur fête le 23
•«vn_
j^GfllLLÊE (saint), mal*ty^, honbré par TE-
%Use le 1" mai. Sans autre indication.
ACHOD, prince arménien, de la femille
'Camsaragauk, fut Tun de ceux qui souffri-
rent volontairement la captivité pour Jésus-
'Christ, sous le règne d'Hazguera, deuxième
4u nom, roi de Perse, et qui ne furent remis
en liberté et Tenvovés en leur pays que huit
uns après la mort ae ce prince, sous le règne
de son fils Bérose. (Pour plus de détails, voytz
PaIHCSS ARMjfeNIENS.)
ACISCLB (saint), martyr, habitait Cor-
doue, avec sa sœur Victoire, sous le règne
de Dioctétien. Le président Dion les fit pren-
dre tous les deux et cruellement tourmenter.
Ils Teçurent la couronne du martyre ensem-
ble, *et «ont honorts par TEglise le 17 du
ifiaoîs de novembre.
ACOSTA (Simon b*), Portugais, de la com-
pagnie de Jésus, faisait partie do la troupe
ae missionnaires que le P. Azevedo était
^enu recruter à Rome pour le Brésil. Voy.
-AzevBDo. 'Leur navire fut pris le 15 juillet
»71, [Hir des corsaires calvinistes, qui les
massacrèrent ou les jetèrent dans les flots.
Notre bienheureux, dont Textérieur et les
manières annonçaient une naissance distin-
• guée. fut amené devant Sourie, le chef cal-
viniste. Moyennant une rançon et une sim-
ple dénégation il eût sauvé sa vie, mais il
aima miteux dire la vérité, fut étranglé et
I'eté par-dessus le bord. Il n'avait que dix-
mit ans. (Du Jarrie, Histoire des choses plus
mémorables^ etc. ; t. Il, p. 278. — Tanner,
^cietas Jesu usque ad sanguinis et vitœ pro-
fHsion^m militans, p. 166 et 170.)
ACQUIGNY, village situé aux environs
-d'Evreux, célèbre par le martyre de saint
Ifaxime et de saint Venerand, qui y eurent
k tête coupée par les idolâtres. Ces deux
craints avaient d'abord prêché en Lombardie.
Voyant leurs efforts infructueux, ils pas-
sèrent les Alpes, et Auxerre, Sens et Paris
forent su<H;essivement témoins de leurs pré-
dications, ils continuaient leur marche, se
•dirigeant sur Bvreux, lorsqu'arrivés auprès
d*Acquigtiy, une troupe d'idolâtres s'em pa-
vèrent d'eux et leur coupèrent la tête ainsi
^'à trente-huit soldats qu'ils avaient con-
vertis.
ACTES DES MARTYRS. On nomme ainsi
les récits écrits des soulfrances, des combats
des confesseurs et des martyrs. Ces Actes
iant de tout temps été regardés par TEglise
^mme éminemment dignes de sa vénéra-
tion. Ils viennent au premi^ rang qwrès les
saintes Ecritures. Quoi de plus précieux
pour elle, en effet, que l'histoire exacte, au-
thentique, des saints qui ont souffert, qui
sorït morts pour la défense, pour la conlir-
matioQ des vérités contenues dans les saintes
Ecritures?
Quand Jésus-Christ donna pour mission à
ses apôtres, à ses disciples, d aller prêcher
les nations, il leur annonça qu'ils seraient
persécutés ; mais il leur promit en môme
temps que quand ils paraîtraient devant les
ijuges de ce monde, le Sairil-Esprit parlerait
par leur bouche, et dicterait les réponses
qu'ils animaient à faire. Quoi donc de plus
saint, de plus vénérable que les interroga-
toires de ces héros qui mouraient pour la foi
chrétienne? Il y a, dans les Actes, des pas-
sages qui évidemment sont inspirés : nous
en avons pour garant la promesse de Jésus-
Christ lui-même. Il importe aux lecteurs de
savoir comment ces Actes ont été recueillis
dans les différents siècles, de savoir en un
mot teur histoire précise! Le P. Ruinart,
bénédictin de Saint-Maur, a traité ce suget
avec uqe telle supériorité, que nous serions
vraiment coupable en subjâtituarit notre récit
au sien.
Divers moyens dont les chrétiens se sont ser-
vis pour recueillir et conserver les Actes
des martyrs.
Le premier moven, et un des plus ordi-
naires dont les cnrétiens se servaient pour
avoir la communication de ces Actes, était
de gagner à force d'argent les commis du
greffe où les registres publics étaient gardés,
ei d'en tirer des copies. Secondement, lors-
que les juges faisaient tourmenter quelque'
clirélien qui avait été dénoncé eu qui s'était
présenté dé lui-même , plusieurs fidèles qui
n'étaient pas reconnus pour tels se mêlaient
parmi les païens, et recueillaient soigneuse-
ment les demandes et les réponses, et les
autres circonstances de ces sortes de procès
criminels. Puis, de ces différentes pièces
réunies en un corps, ils en composaient un
discours suivi, en forme de relation, qu'on
portait à l'évoque ou à celui que l'évêque
nommait pour en faire l'examen : l'approba-
tion donnée, ce discours était distribué aux
fidèles, qui en faisaient leur lecture ordi-
naire. Ce fut par l'un de ces moyens que les
Actes qui contenaient la première confession
de saint Cyprien (Cvor., ep. 77) tombèrent
entre les mains de Nemésien et des autres
confesseurs d'Afrique qui avaient été con-
damnés aux mines, et que ces généreux sol-
dats de Jésus-Christ les reçurent comme des
armes que le ciel leur envoyait pour les
mettre à couvert des tra^its de la persécution
et de la fureur des tyrans. Et que l'on no
s'imagine pas qu'il n'y eût que les personnes
considérables par leur naissance ou par leur
dignité dont on prit soin de recueillir les
Actes : la vénération que les chrétiens avaient
pour les martyrs était telle, que, çuivant le
témoignage du diacre (Ponce) qui a écrit Ja
"Vie de damt Cyprien, ce même honneur était
7i
AGT
accordé aux personnes du peuple, et même
aux catéchumènes.
•Ces précieui restes de l'antiquité se sont
encore couierrés par la plume des martyrs
même qui écriTaient leur histoire. Sainte
Félicité nous a laissé la sienne; Sature, Fia-
rien et quelques autres ont fait un récit de
leur martyre; saint Ignace, dans celte lettre
digne d*un apôtre, qu*il écrivit aux chrétiens
de Rome un peu avant sa mort, leur apprend
la manière dure et cruelle dont il était traité
par une troupe de soldats insolents qui le
conduisaient. Nous devons à saint Denys
d' Alexandrie ce que nous savons des mar-
tyrs de cette ville, et nous rapprenons d*une
relation de leur mort, que ce savant homme
envoya à Fabius , évoque d'Antioche. Et le
même saint Denys, écrivant conire Germain,
ne fait point de nifiiciiUé d^insérer dans sa
lettre ce qui s'était nas^^é è son égard lors-
2u'il confessa Jésus-(:hirst. Nous avons en-
n, dans les lettres de s int Cyprien, plu-
sieurs circonstances de Thistoire des mar-
ACT n
1)rOTince qui défendirent qu'on gardât panni
es actes publics les interrogatoires des mar*
tyrs , de peur que ces pièces juridiques , où
la constance des accuses triomphait de Tinr
juste cruauté des juges, n'éternisassent lit
victoire de ceui-là et la honteuse défaite de
ceux-ci. C'est la pensée d'un ancien auteur
Îui a écrit le martyre de saint Vincent, que
acien , gouverneur d'Espagne , fit mourir.
Un autre historien {In pa$$, S. Anast. fMo^
nis Salonitani) s'exprime de la même sorte
au sujet des gouverneurs de quelques pro-
l vinces d'Italie. Mais le désordre fut si grand
^ et l'injustice si criante durant la dernière
persécution, qu'on ne sauvait pas même les
apparences dans la condamnation des chré-
tiens : on les tuait par troupes, sans observer
la moindre formalité, et on se jetait sur eux
comme sur des ennemis déclarés de l'Etat et
de la patrie (Euseb.). C'est ce qui fait que
non-seulement leurs Actes, mais leurs noms
môme sont demeurés inconnus à la pos-
térité.
tyrs : ce saint docteur s'en sert pour animer ryp t- j* -* t- 1.1 * ^ i
ceux qui se préparaient à soutfrir pour la foi, ^ ^^'if/, /"^ i^L'^i^^^y dam le$ c
ou qui pouvaient être un jour exposés à la .. «^'^'^^ ^^* /W^^«' '^ ^^^^ ^ martyn.
persécution. Souvent même les évoques, sur
te point de répandre leur sang, écrivaient à
leur peuple pour l'avertir de ne point se
Of-
laisser ébranler par la vue des supplices ni
par la crainte de la mort, et pour 1 encoura-
ger, par leur exemple et par celui des autres
martyrs, à y courir avec joie. 11 nous reste,
dans Eusèbe, une belle lettre de ce carac-
tère; elle est de Philéas, évêque de Thmuis.
Il l'écrivit aux chrétiens de son diocèse, lors-
qu'il allait au martyre, pour leur apprendre
1 état où il se trouvait, mais principalement
pour les exhorter à persévérer, après sa
mort, dans les sentiments de piété et de re-
ligion envers Jésus-Christ qu'il avait tâché
de leur inspirer durant sa vie. Enfin , les
Eglises qui av.iient porté ces illustres con-
fesseurs, se trouvant honorées par leur mar-
tyre, en ramassaient les circonstances dans
une lettre circulaire , qu'elles envoyaient
aux autres Eglises, afin que leur gloire ne
demeurât pas renfermée dans un seul en-
droit, mais qu'elle passât avec leur nom jus-
qu'aux provinces les plus éloignées. Smyrne
en usa ainsi après la mort de saint Poly carpe;
Lyon et Vienne firent la môme chose au
martyre de saint Polhin, et plusieurs autres
villes écrivirent aussi de ces lettres.
Les païens font tous leurs efforts pour les
supprimer.
Il faut cependant demeurer d'accord qu'un
erand nombre de ces Actes se sont perdus
.dans la longue suite des temps, ou ont été
supprimés par la malice des persécuteurs;
car les ennemis du nom chrétien, s'aperce-
vant que leur lecture servait beaucoup à
alTerrair les fidèles dans leur religion en-
treprirent une guerre ouverte contre leurs
Mvres. Arnobe, avant la sanglante persécu-
tion de Dioclétien, avait reproché aux païens
un procédé si peu équitable (Libr. iv adv.
Gtni.). Il ^ eut même des gouverneurs de
Et c'est de là aue les saints Pères ont pris
occasion de se plaindre aue de tant de mar-
tyrs qui sont morts pour la foi, il y en eût si
peu dont les Actes fussent parvenus à la
co'^naissance des fidèles, et dont on pût faire
publiquement la lecture dans l'Eglise; car
c'était une ancienne coutume de l'Eglise ca-
tholique de lire, dans les assemblées publia
ques des chrétiens, les Actes des martyrs au
jour de leur fôte {Apud Lab.., t. II). Nous ap-
prenons, de divers passages de saint Augus-
tin, que c'était l'usage de l'Eglise d'Afrique;
et du recueil des canons de cette Eglise, que
cet usage fut reçu du consentement unanime
et par un décret solennel des Pères {Ibid.^
t. VU). C'est ce décret que le pape Adrien
cite honorablement dans la lettre qu'il écrit
è Charlemagne, pour répondre aux objections
que l'Eglise de France opposait aux décisions
du septième concile général. Mais une cou-
tume si sainte et si édifiante n'était pas
moins en vigueur dans les Gaules que dans
les autres parties du monde chrétien, comme
on peut le voir dans un sermon de saint
Césaire d'Arles {Serm. 95). Ce saint prélat
s'y plaint de la délicatesse peu religieuse de
quelques jeunes filles, qui s'asseyaient pour
entendre la lecture qu on faisait des Actes
des martyrs, et qui, dans une santé parfaite
et une jeunesse vigoureuse, se servaient de
la permission qu'il avait accordée aux infir-
mes et aux valétudinaires de s'asseoir du-
rant cette lecture. Saint Avit, évêque de
Vienne, dan^ une homélie dont il ne nous
reste rien qu'un fragment, dit qu'on vient
de lire les Actes des martyrs de Savoie (la
légion thébaine), selon l'usage prescrit par
l'Eglise. On trouve des Actes de martyrs in-
sérés dans nos liturgies, et le savant P. Ma-
billon en a donné une au public, après l'avoir
tirée d'un ancien manuscrit du monastère de
LuxeuiUqui contient plusieurs de ces Actes.
Ou peut^dire la même chose des Eglise^
78
ÀCf
ACT
71
3
d'Espagne, non-seulement parce quelles se
sont toujours conformées à celles des Gau-
les, mais parce qu'on en a un témoignage
particulier dans la préface que BrauUon ,
éyttque de Saragosse, a mise au devant de la
Vie de saint Ernilien, qu'il a composée, dit-il,
afin qu'on la pût lire à la messe qui se célé-
brait au jour de sa fête. Au reste, la même
coutume était observée dans les monastères,
et les anciennes règh-s des moines y sont
expresses. Saint Ferréol, évoque d'Uzès, en
fait une ordonnance. Aurélien, évèque d'Ar-
les, veut (ju'auï féïes des martyrs ron dise
trois ou quatre leçons, dont la première soit
de l'Evangile, et les autres des Actes dfS
martyrs mêmes (Cop. 18 in Ord. Pm(.), Et
saint Césaîre,son successeur, se sert des
mêmes termes, dans la règle qu'il a compo-
sée pour des religieuses {Aptid Bolhnd. 12
Januar.), Il semble cependant qu'Agobard,
qui gouvernait l'Eglise df* Lyon au i\' siècle,
n'ait pas approuvé cet usage, et (|u'il ait
voulu insinuer, dans un de ses ouvrages ,
que 1 on ne doit recevoir dans 1 oflico ciivin
que des leçons tirées de l'Ecriture sai le {in
lib, deCorrect. antiphon.jA] faut aussi avouer
ue l'Eglise romaine, pour obéir au décret
u pape Gélase, ne permettait pas, dans les
basiliques de la ville, la lecture publique
des Actes des martyrs, «quoiqu'elle les reçût
ailleurs. Mais cela ne doit s'entendre que de
"i basilique de Latran et des Actes dont les
uteurs étaient inconnus, selon que l'a re-
OArcrué nilustre antiquaire de notre siècle
D. Mûb* in diiquitit. de cursu Gaitic, § 1);
€t Ton ne saurait douter que la Vie des
:saiQts n'ait été lue à Rome, dans les assem-
téesdu peuple, pour peu qu'on fas^e alten-
Nion à ces paroles d'Adrien V\ dans la lettre
Jqui vient d être citée (Epist. ad CaroLMagn,} :
t« On ne lit point dans l'Eglise, dit ce pape»
hes Vies des saints Pères dont les auteurs
[sont incertains, mais seulement celles qui
[portent le nom d'auteurs connus et ortlio-
rdoxes. » Celte vérité se soutient par le té-
kmoigDage de Jean, diacre de T Eglise romaine,
[qui a écrit la Vie de saint Grégoire le Grand
ïlln Prœfat, ad Joan. VJil), Et ce qui avait
[donné lieu è une nrécaution si sage était la
^mauvaise foi et l'insolente malignité des
f hérétiques, qui avaient fabriqué les Actos do
[quelques martyrs, et les avaient remplis de
f fables absurdes et de faits ridicules et mons-
llrueui. Au reste, les principales actions des
martyrs étaient insérées rmrmi les prières de
la messe, comme il est facile de le montrer
^p«r les plus anciennes lilurgies des l'.glises
^de France, car la liturgie Mosarabique et par
► celle de saint Grégoire même. Car ce que
nous appelons maintenant préface, et ce
qu'on nommait alors le témoignage, n'était
autre chose qu'un narré et une eiposilion
succincte des foils les plus glorieui du martyr
en l'honneur de qui ron célébrait la messe*
I Cesi de cette sorte de préface historique
qu'on doit entendre le passage d'Hilduin,
au*on lit dans une lettre de cet abbé de
dainl'Benis à l'empereur Louis le Débon-
naire {Èp, Hild. prœf^ artopagiUc,)^ et qui
DtCTIOf<7(. DES PERSÉCUTIOffS. 1.
est conçu en ces termes : «f Les anciens
missels dont on se servait en France, avanl
qu'on j eût reçu celui de Rome, faisaient
mémoire des martyrs au milieu de la véïù-
bration des saints mystères, et marquaie it
en abrégé les tourments qu'ils avaient souf-
ferts. » Mais comme dans ces préfiices, et
mt^me dans les véritables Actes aes martyrs,
les choses étaient souvent rapportées aanî>
un style ou trop élevé, ou trop peu clair, ou
avec moins d'ordre qu'il n'eilt été nécessaire
[ïour en rendre au peuple l'intelligence fa-
cile, les évéques avaient coutume, au jour
que TEgiise consacrait h. leur mémoire, do
les exposer d'une manière fannlière, accom-
modant leur discours h la portée de leur au-
ditoire : de là sont venut'S ces homélies à
l'honneur des martyrs, qu'on trouve à cha-
que pas dans les Pères.
Les chrétiens en fnhaimt leur heîure w~
dinaire.
Ce n*élait pas seulement dans les assem-
blées publiques et dans les é^^lises qu'on li-
sait les Actes des martyrs ; mais chaque fidèle
en particulier, e»^ faisait da ^s son lo/is sa
lecture la plus ordinaire* Saint Nil, diseiplo
de saint Chrysostome, recommand*.^ f irt celle
lecture h soi propre disciple (Lib. \\\ rp i;
Jnstit, divin. Lifter, c. 3'2j ; Cassiodore la juge
très-ulile aux moines; et Guillaume, abbé
de Saint-Thierry, écrivant aux Frères du
Monl-Dieu, croit qu'il est *^ pronos d^ repré-
senter souvent aux novices quels ont été les
martyrs, et leur remettre à tous moments
devant les yeu3t leurs actions el leurs souf-
franceSt rien n'étant plus propre h exciter en
eux Famoiir de Dieu, et t^ les porter au mé-
pris d eux-mèiues. On a vu des saints avoir
pour ces sacrés monuments un respect si
profond el une attache si religieuse , qu'ils
les portaient sur eux, ne (»ouvant sïni sépa-
rer môme dans leurs voyages. L'auteur de la
Vie de saint Siran ra^sporte que ce saint,
dans le voyage qu'il lit à Kome, av^iit tou-
jours entre les mai'is ks livres de l'Ecriluru
et les Actes des martyrs ( S.tc. ii Bcurdiet,^
p. W7). Et une lettre qu'on trouve parmi
celles de saint Boniface nons apprend que ce
saint archevêque de Mayence avait îe méuae
eraprrssèment pour cette lecture : car la
personne qui lui écrit cette lettre s exruse
de ne lui avoir pas envoyé THist âio des
martyrs , qu'il lui avait demandée , sur ce
qu'elle n'avait pu encore la recouvrer ; mais
que, si Dieu lui conservait la vie, elle la lui
enverrait au plus tôt {Buggw fp., inter Bonif.
35). Et l'on ne doit point douter que saint
Boniface n'ait pris dans cette lecture le goût
du martyre et les dispositions nécessaires
pour le ^^soulFrir comme il faut. Mais rien
n'est plus éditiant que ce qu'on raconte, sm*
ce sujet, de saint Armstase, religieux persan
et martyr; car on dit de lui qui! arrosait do
ses larmes les livres où les combats des
martyrs el leurs trofihées étaient décrits. Il
deniandait sans cesse de jnouvoir, coramo
eux , mourir pour Jésus-lihrisl , el il no
croyait pas qu il y eût pour lui dans la \ir
a
75
ACT
quelque outre chose qui fût plus digne de
toute son applicarioû fjOB ccUe Icct.ire (/a
fius À€t. a Synoû* approbaL}^ Ce fut cette
aévolioij atffcliieiise des ûJèles euvors les
mîirtjTS qui mit d.iïjs les éi^Iises l»is images
?t les peintures, aOn^diseril les sâiiils Pères^
jup vent oui étaient privés de la connais-
s.mce des lettres ne le fussent pas du se-
cùurs de tant de beaux exemplrs. QaA elTet
ne firent-ils pas» par ces exemples admira-
bles, sur le cœur de sainte Thurèso (Chap. 1
desaVie)] Mais, saos parler du tous les ptl'els
surprenants qu*ils ont produiis dans TAme
d'une infuiité de personnes, nous nous cou-
lenterons de rapporter quels ont Lii'% pour
ces çraods hommes, les sentiments de Josu|*h
Scaliger, qu'on u^accusera pas sans dtmte «le
donner dans une dévotion de fenmie. Ce sa-
vaflt critique (Remarfi^fê sur Easfbe)^ parlant
des Actes de sairtl Po yeariie el de queloues
aufres martyrs, dit ces parûtes remarqu'djiMs :
« Celte lecture e-^t si loui-huite, qa*\ re!>jM it
ne peut jamais s'en ra>s.nsier. Ciiacun i»eiit
ravoir éprouvé, selon le de^^ré de sensibilité
etd*mlelligencerju1la ; mai^, pour oioi, j'a-
voue que Je n'aijamai> rii*ii lu, ddus rhi>toire
ecclésiastique* qui ait excité en mon cœur
des mouvements si extraordinaires, mais
en même temps si violents, qu'en quittant
.e livre, je ne me connais plus moi-même, m
Les savants de tous les sifkles s'appliquent à
les recueiîiir.
Doit-on s'étonner, après cela, qu'un res-
îaect si génét\il et si uniforme, ré(>auda (lans
ie cœur de tous les lidélrs pour les saints
Martyrs et pour leurs Actes, ait fait naître
dans Tesprit des savants de tous les siècles
et des amateurs de la sainte antiquité, la pen-
sée de s^anpliquer h les recueillir? Celui qui
s'est b* plus signalé dans celte recherche,
est Eusèbe, évoque de Césaréc dans la !'a-
lestjne^ lequel , outre ce qu'il en rapporte
dans son Histoire, eu composa deux livres
exprès. Le premier, qu'il nomme le Kecueil
des martyrs anciens, contenait les actes vé-
ri tables et originaux des anciens martyrs,
comme on le conjecture de ce qti1i en dit
dans son histoire; et d uis le srcond, qui a
pour titre : Des martyrs de la Palestine» iî fait
un récit de tout ce qui sesl fiasse d.ins sa
province, durant la persécution de DiocltHeii,
et dont il avait été jui-!n<>me le létnoin. N,*us
donnerons ce dernier livre (oat entier, et tel
qu'il est venu jusqtr'A mius : [lour le t'fe-
Eiier, on ne le trouvait plus du tciufïs de
sainl Gréj^oire le Grand ((^rrg., tp, *29, Ub,
vu, indiet. 1), ni dans Alexandrie, ni daii>
aucune bibliothèque de Rome, el s'il n est en-
tière
fu èl _ _
la rerhercbe la pbis exicle et a la perspi-
oinetiu
llèremeul perdu, il est si bien caché, of il n*a
m être jit->qu*ici découTerî,et qull a e ha;if^é
cacité des plus curteui d'entre les doctes.
Chaque EqlUe particulière a fait tkrire les
Actes de êcâ propres martyrs. Actes sup-^
posés ^ corrompus.
Au reste, après que Dieu eut donné la
ÏMix à son Eglise en donnant l'empire à de^
princes chrétiens, comme la dévotion envers
ACT 76
les martyrs ne fut plus contrainte hî gênée,
il n*y eut presque aujjune Eglise qui ne se
mil en devoir ue rechercher les Actes de ses
propres marly s, po iv en faire la lecture
d-ius Tasse ml liée des tidèfes. €> s A cl es fu-
rrnt tiiés, comme nous avons dit » ou des
gretres, ou d s mémoires de qucbîues chré-
tieu^ï qui s'ét.ueiU rencontrés aux inier-
ro,j;a!oires des ju j;es , ou de ce que Ton
en put trouver dans la tradition et dans le
souvenir de ceux qui étaient encore en vie
et qtii avaient vu les perséiiut uns. Mais
cumme la (ulupart des provinces deTempire
vinrent à tomucr sousla puis'-ance des Bar-
bares, qui s eu rmjmrèrent après les avoir
pillées» une gr nde tiartie de ces Actes fut
enveloppée dans celle désolation générale
des provinces. On en suiîslitua dans la
suite d\njtres à leur place, mais qui n*avaieut
ni le même caractère de vérité, nt par cun^é-
queut la même autorité. Ce sont ceux qui se
tioui'éut etj plus gnmd nomb e dans les
mnnuscrits et dans les livres imprimés. No .s
UH croyons pas cependant qu on les GiVô
(iitièremenl rejeter, quoi ju'i Is n'ai eut pas
t *ute la pureté et tiiutii i'iuté^rité de-^ pre-
miers Actes, el quoiqu'on y remarque p u-
sieurs fautes, soit pour ce qui regarde les
fiersouni*s, soit pour ce qui concerne les
temps, H f-<ut mettre au tnt'nie rang les Ac-
tes qui, véritabes dans leur origine, ont été
gcllés ei corrom|ïUs par une ruain i^nurante
et téméraire, qui va souvent ajouté d.» faux
minicles, ou des dialOf^nies entre les juges et
les martyrs, dans la f censée que c s >ortt*s
de fictions pourraient domer à ces juèces
plus de force et de relief, cela n*ayant, au
Contraire, servi qu'a leur l'nire p^ rdre leur
crédit dansri'Sprit des savants, mal-;ré qucP
ques éii^cel:es de vérité qui Lïrdlenl parmi
les ténèhres dont on les a couvertes.
Actes légtlimes, quoiquon y ait aiouté quel--
que circonshmve.
Il faut toutefois prendre uarde à ne pas
co if«mdre avec c«*s acte;* adulte ri îs d'autres
qui sou très-lgitimes, quoiqu'on voie âU
curameucemeiit une |>etiLe piéfdce, el une
apostille à la lin, l'une et riiulre ajoutée par
une main étrai^cic. Car, connue ia [plupart des
Actes titiisseiU a la sentence du jiiy»s cl qu'it
y eu a peu qui contienne il la mort du mar-
tyr, à moins qu^elîe nesOit arrivée a la ques-
tio'i, les lidiJcs suppléaient ce qui manquait
à ces Actes; mais, so»t (fue ce supptémeid
y ait été ajouté du temps même de la p i^^
culion. siol quM n y ait été jjséré que loi s*
que le recucii eo a cté fait, il est ccri in que
cela ne dod rien diminuer de leur valeur ni
de leur autorité,
Qualques évrivains ont compilé les Actes, Cé^
raane de Parts^ Anastasc ie Sibiiothecfiir9%'%
J). J, MaMlon^ et D. M. Gtnnain. Jrafh^
diacre de Home, ilitduin, Siméon Méta^
pkraste. Pierre^ éiénuc de J^sol, dam lEtaî
de Vettise. Lipomau. Sarius. Jacques h'
fèvre, iV. de Belforcsi, Boliandus et se» coii-'
tinualeufi»
On peut juger, par ce que nous avons iiti
I
w
ACt
ÀCt
ÏS
combien il serait difficile de faire un catalo-
gue iuste de tous ceux qui ont travaillé à re-
cueillir les Actes des martyrs, puisque non-
seuleoient chaque Eglise, mais aussi chaque
fidèle y mettait la main, et y donnait tel or-
dre et tel orqement que bon lui semblait.
Cependant» parmi ce grand nombre, on en
trouve quelques-uns qui se sont distingués,
soit par leur exactitude, soit par la grandeur
de leur travail. Tel fut, au commencement
du vil* siècle, Céraune, évoque de Paris, que
Wharnaire égale à Eusèbe ae Césarée, pour
avoir, par un sentiment de respect et dV
inour pour la religion, fait un recue'il des
Actes des martyrs, et l'avoir donné à son
peuple (Àpud Sur, et Bolland, Vïjaniuir.).
Le même auteur déclare, dans l'histoire du
martyre de saint Didier, évoque de Langres,
et dans celle dés six fameux martyrs de cette
▼ille, qu'il n'a entrepris l'une et l'autre
qu'à la prière, ou plutôt par l'ordre de l'é-
voque Céraune. Au ix* siècle , Anastase le
Bibliothécaire entreprit, à la persuasion de
Pierre, évoque de Gavi, de traduire du grec
en latin, quelques Actes de martyrs, comme
on rapprend des diverses préfaces de ces
Actes, qui ayant été tirées de la bibliothèque
du Moni-Cassin par deui savants hommes
de ce siècle, font partie du premier tome de
la bibliothèque italique : Tune de ces préfa-
ces fait Sophrone, évèque de Jérusalem, au-
teur des Actes de saint Cyr et de saint Jean.
Au même siècle , Jean , diacre de l'Eglise
romaine, fit aussi un recueil d'Actes, suivant
le témoignage de l'évèqueGaudence {Gauden.
Yeliter.j eptst. ad Joan, VIII). Il n'y eut
pas jusqu'aux rois et aux empereurs qui ne
lissent gloire de voir leurs noms augustes à
la tète de ces recueils. C'est ce qui parait par
l'inscription des Actes de saint Corneille et
de saint Cyprien , qui^ porte qu'Hilduin,
grand chancelier, les a recueillis par le com-
mandement de (^empereur Lothaire, et par
le titre de la Vie de sainte Marie d'Egypte,
(jue Jean, diacre, écrivit par Tordre du roi
Charles (Mss.S, Germ, Antissiodor.). Siméon
Uétapbraste se rendit célèbre au siècle sui-
vant, selon la commune opinion, car une am-
ple compilation qu'il fit de plusieurs Actes
de martyrs, qu'il ramassa de tous côtés avec
beaucoup de soin, mais avec peu de choix,
et moins encore de sincérité; et c'est avec
justice qu'il s'est attiré la censure des sa-^
vants , qui lui reprochent d'avoir rempli
son ouvrage de faits incertains , d'avoir
raélé en beaucoup d'endroiis le mensonge
avec la vérité, et d'avoir mis des fables, dont
il était l'inventeur, à la place des anciens
monuments, oui s'étaient perdus {Vide Léon,
Allât, diatr. ae Simeonum scriptis). Nous ne
dirons rien de l'auteur de la Légende Dorée
[Joan. deYoragine)y ni de Pierre, surnommé
de Natalibus^ ni ae Georges Wicel, ni d'au-
tres semblables compilateurs , pour venir à
Lipoman, évèque de Vérone, qui, dans le
milieu du xvr siècle, publia les Vies des
saints et les Actes des martyrs, avec des no-
tes séparées. 11 donna aussi plusieurs textes
grecs, que le cardinal Sirlet, HiTvet, cha-
noitie de Reims , et quelques autres inter^
prêtes, ont traduits en latin. Le chartreux
Surius parut quelque temps après; il retoucha
l'ouvrage de tous ceux qui l'avaient précédé;
il lui donna une nouvelle forme; il l'aug*
menta de plusieurs manuscrits; il le grossit
de ce qu'il tira de divers livres imprimés;
il changea le style ancien, et il disposa ce
nouveau recueil selon les jours et les mois
de l'année. 11 eut plusieurs abréviateurs.
Jacques le Fèvre^ natif d'Etaples, méditait
une ample collection, sous le nom des Corn*
bats des martyrs; mais il ne put exécuter ce
vaste dessein, et il ne nous a laissé qu'un
très-petit volume, contenant gueloues Actes
des martyrs du mois di; lanvier. Nicolas de
Belforest, chanoine régulier de l'abbaye de
Saint-Jean des Vignes, a Soissons, avait aussi
formé un projet qui n'était pas d'une moin*
dre étendue, sous le nom de supplément
de Surius; mais Aubert le Mire eii arrêta
l'exécution , sous prétexte qu'il en avait
conçu un encore plus ami le, qu'il était près
de mettre au jour : cependant rien ne parut,
et le travail de Belforest fût demeuré inutile,
si sps écrits ne fussent tombés entre les
mains des révérends Pères de la compagnie
de Jésus, qui les ont insérés dans leur re-
cueil, sous le nom de leur auteur. Ce recueil,
au reste, est le phis ample de tons ceux qui
ont paru jusqu'ici. Bollandus l'a commencé,
et ses docti s continuateurs , par le secours
d'une multitude presque inûniede pièces con-
cernant la vie et l'histoire des saints, recher-
chées avec un soin extrême, et tirées de tou-
tes les bibliothèques de l'Europe, avec un ^
travail inconcevable, l'ont enfin conduit jus-
qu'à la fin du mois de juin. Personne n'i-
gnore combien nous sommes redevables h
ces savantes recherches.
Ce qui rend ce$ recueilê défectueux.
Mais il est arrivé que ces Actes qui de-
vaient, après tant d'éditions et de recueils, pa-
raître dans un jour admirable , ont perdu
une partie de leur pureté originelle, a me-
sure qu'ils ont passé par les mains des co-
pistes et sous les presses des imprimeurs,
et cette multitude de corrections et de ré-
visions fréquentes n'a servi qu'à les rendre
plus douteux et moins authentiques. Car de
tous ces compilateurs, les uns ont ajouté au
texte les productions de leur imagination ;
les autres en ont retranché ce qui choquait
leur goût et blessait leur délicatesse; les au-
tres ont môme osé toucher au style, pour le
rendre plus poli et plus élégant : ce qui est
une espèce cle sacrilé^ie, rien ne devant être
plus inviolable que des paroles consacrées
par une anticpiité si sainte. El ceux enfin
qui, respectant également et le texte et le
style, ont produit les Actes tels qu'ils les
ont trouvés dans les anciens manuscrits, et
sans aucun choix, ont fait un amas confus
de tout ce qui s'est présenté à leur recher-
che, de faux, de douteux et de vrai, et n'ont
Su, après tout, nous donner dans plusieurs
normes volumes, qu'un petit nombre d'Ac-
tes véritables, et si rort confondus et embar-
S3
AN
Am
84
lie où il fut accablé d'outrages et d*^ mauvais
traitements. Un iour même un infidèle lui
donna un si terrible coup d'aviron qu'il resta
k demi mort. Ayant quitté ce lieu pour s'?
rendre dans un autre, les habitants, qu'il
Toulait convertir, lui ordonnèrent de se re-
tirer. La fatigue l'ayant obligé de se reposer
q^uelques instants, les païens, furieux, se sai-
sirent de lui. Un prêtre des idoles le perjja
de sa lance en lui disant avec ironie : Réjoui»-
toi donc maintenant^ puisque tu voulais mou--
rir pour ton Christ. Six autres païens lui
donnèrent encore chacun un con;> de lance.
Son martyre arriva le 23 avril 997. Le duc
Boleslas ayant racheté le corps de notre saint,
le fil transporter dans la cathédrale deGnesne,
où on le voit encore. On lui a donné le titre
à^Apôtre de Prusse. L'Eglise fait son illustre
mémoire le 23 avril.
ADANÉ» château situé en Turquie, où fu-
rent envoyés par le Grand Seigneur, Ignace-
Pierre, patriarche de Syrie, et Denis Kezkal-
lah, archevêque d'AIop. On peut voir à leur
titre respectif ce qui a rapport à ces deux
saints martyrs de la foi catholique.
ABAUCTE (saint), martyr, fut décapité k
Rome avec saint Félix, prêtre. Ce saint mar-
chait au supplice» quand un homme, perçant
la foule, s'avance au premier plan et s écrie :
« Moi aussi je sais chrétien, j adore le même
Dieu qu'adore cetbomme, le même Jésus-
Christ, et je veux mourir avec lui I» Outré de
ce qu'il nommait son audace, le magistrat le
fit arrêter et décapiter avec Félix. Cet homme
courageux était Adanete, nom qui signifie
a^oint^ ajoutéj et que lui donnèrent les
chrétiens, parce qu'ils ignoraient son nom
véritable. La fête des deux saints est mar-
quée dans le Martyrologe romain au 30 du
mois d'août.
ADADQUE (saint), était originaire d'Italie ;
dans la faveur toute particulière des empe-
reurs, il fut promu par eux successivement
à la plupart des dignités de l'empire. Il était
questeur en Phryçie quand il fut martyrisé
r)ur la foi. L'Elise honore sa mémoire le
février.
ADELPHIUS, confesseur, évoque d'Onu-
Shiz, fut banni à Diocésarée en Palestine, en
73, sous Tempereur arien Valens, parMag-
nus, qni voulait le contraindre à abandonner
la foi orthodoxe. 11 n'est pas au Martyrologe.
ADERIT (saint], évêque de Ra venue et
confesseur, souffrit pour la foi divers tour-
ments en Italie. On croit que ce fut dans la
ville de Ravenne. Il mérita d'être mis jpar
l'Eglise au nombre des saints et des confes-
seurs. Sa fête est inscrite au Martyrologe le
27 de septembre.
ADJUTEUR (saint), martyr, eut le bonheur
de donner sa vie pour la défense du chris-
tianisme durant les persécutions que les
empereurs romains firent souffrir à 1 Eglise.
Il vek*sa son sanç dans cette terre d' Afrique
a profondément imprégnée de sang chrétien,
3t si riche alors de foi, de généreux dévoue-
ments et de sublimes vertus chrétiennes. On
ne sait pas l'époque de son martyre- Seule-
ment on sait qu'il souffrit avec les saints
Victur, Victor, Victorin, O^^art, et trente au-
tres qui ne sont pas nommés dans les mar-
tyrologes ; cohorle partie pour le ciel sans
laisser à la terre le nom de ses soldats, mais
en lui léguant l'exemple de son courage et
le fruit précieux de ses combats. L'Eglise
honore leur mémoire le 18 du mois de dé-
cembre.
ADJDTECR (saint) , reclus h Vemon-sur-
Seine, était fils de Ji-an , seigneur de Ver-
non, et de Rosemonde de Blaru. Après avoir
passé son enfance dans la pratique des leçons
de vertus que lui donnait sa mère , il em-
brassa la carrière des armes, et pariit en Pa-
lestine, comme croisé, è la tête d'une com-
pagnie de deux cents h mmes. Après avoir
donné en différentes occasions des marques
de sa grande valeur, il fut pris par les Sar-
rasins. Pendant sa captivité, il eut à souffrir
toutes sortes de mauvais trairementsàcause
de sa persévérance dans la foi de Jésus-Christ.
Quand il eut recouvré sa liberté, il revint en
France , et prit l'h-ibit dans l'abbaye de Ti-
ron , à laquelle il fil don de tous ses bienâ ,
à la condition qu'on lui bâtirait une cellule
et un oratoire près de Vernon. U y passa,
comme reclus, le reste de sa vie dans la
. pratique des p]\is grandes austérités. Il ex-
pira le 30 avril 1131, et les religieux l'enter-
rèrent ^ans son oratoire. U est principale-
ment honoré dans la chapelle de Sainte-Ma-
deleine, près de la ville de Vernon, où Ton
voit encore aujourd'hui son tombeau. L'Er
glise fait sa samte mémoire le 30 avril.
ADOM, prince arménien de la famille Ki-
nunik , fut l'un de ceux qui souffrirent vo-
lontairement la captivité pour Jésus-Christ,
sous le règne d'Hazguerd, II* du nom , roi
de Perse, et qui ne furent remis en liberté et
renvoyés en leur pays que huit ans après la
mort de ce prince, sous le règne de son fils
Bérose. Pour plus de détails , voy. PaincES
ARMÉNIENS.
ADRIAS (saint) , fut martyrisé à Rome,
sous l'empire de Valérien , avec les saints
Hippolyte, Eusèbe, Marcel, Maxime, Heon,
et les saintes Pauline et Marie. L'Eglise fait
sa fêle le 2 décembre. Pour plus amples dé-
tails, voy. Hippolyte (saint).
ADRIEN ( P. JLlius Adrianus)^ cousin de
Trajan, et adopté par lui, monta sur le trône
impérial en 117. Ce prince fit le bonheur de
l'empire par sa douceur et par sa justice;
mais il fut loin d'avoir les qualités qui con-
viennent à un prince. Visant à la grandeur,
il était moralement laillé dans des propor-
tions trop mesquines pour pouvoir y attein-
dre. Trop petit pour monter jusqu'à l'or-
gueil, il se complut dans toutes les vanités
Sut^riles qui sont l'élément des ûmes faibles.
esogneux et remuant, il agit beaucoup pour
faire peu de chose. Il aima mieux abandon-
ner à Chosroës les conquêtes de Traian que
de les garder en faisant la guerre, il acheta
la paix des barbares. Il fut envieux de ton*
ce qui le dépassait, et, conséquemment, dut
Tétre sans cesse. U se montra généreux dans
85
ADR
des circonstances solennelles, et fit tuer
sournoisement quatre consulaires qui lui
portaient ombrage. Sans cesse occupé de
petites choses, il taisait des vers , dés épi-
grÂmmes , et voulait qu*on les admirât. Il
Eircourait incessamment Ferapire pour y
ire des règlements de police ou autres
choses ftembiaUes, qu'il aurait dû laisser au
soii des gouverneurs. II se montra attaché
à l'excès aux superstitions païennes, aux
pratiques du culte des idoles. Il fut adonné
a la magiB : cvs croyances d s esprits faibles
furent une des grandes occupations de sa
▼îe.
. A une époque oii la religion païenne crou-
îbU de tontes pa? ts, où dans les esprits éclai-
rés elle avait perdu tout son prestige ; quand
«Ho n*ét<iit plus appuyée , à vrai dire , que
sar une seule ba e, la coutume et la raison
d*état, on voit A«lrien revenir aux minu-
ties, aux pratiques du cuKe païen, avec au-
tant de ferveur et de crédulité qu'un dévot
ignorant et superstitieux des premiers temps
<Io la république. Ce prince était donc un
esprit faible et sans poi-tée. Ce fut soi fana-
tisme inintelli^nt qui le porta, df^s les com-
mencements dé son rèjjne, à porsécuter les
chrétiens, et k les laisser persécuter dans
tout Tempire par les ju^es et les gouver-
neurs de province : ils fttisuient ainsi une
flatterie atroce et sanguinaire aux supersti-
tions de l'empereur. L'histoire d'Antinous
prouvera à quel degré était arrivée la su-
Serstilioh chf^z Adrien. 11 éprouvait pour Ai-
_noiis, i une liomme de Bithynio, une pas-
sion infâme ; il le menait partout avec lui.
Désirant sacritier quelqu'un à l'enfiT pour se
prolonger Texistoni-e, et ne t ouvant per-
sonne, parce qu'il fallait une victime volon-
taire il lit égorger Antinoiis, qui y consen-
tait, il en eut un chagrin pmfond ; il le mit
^u uombre des dieux, et ordonna qu'on Ta-
dorât en cette qualité. Bientôt toute la terre
tai couverte de temples que la lAtîheté des
peuples éhîvait à celui qui méritait l'horreur
du genre humain.
Adrien persécuta donc les chrétiens a^ec
vtolencejusqu'en Tannée 125 ou 126. A celle
époque , saint Quadrat et saint Aristide lui
ayant remis , en ifaveur des chrétiens, cha-
cun une apologie pUino de raisonnements
puissants et éloquemment rendus, il ordonna
qu*on cessa de persécuter les chri^tiens.
L'Eglise jouit de la paix pendant guolque
temps; mais les Juifs s'étant révoltes sous
la conduite de Barcocîiébas , Adrien, qui ,
comme beaucoup dans ce temps-ii'ï, déver-
sait sur les chrétiens la haine que méritaient
les Juifs, recommença de mis lors, jusqu'à
la lia de son règne, à pe séciiter les chré-
tiens, oubliant les termes et l'esprit du res-
crit qu'il avait donné, et qu'on verra à l'ar-
ticle PEasécurioN. Beaucoup d'auteurs ont
dit qu'Adrien avait été si bien disposé pour
le cliristianisme , qu'il avait voulu faire
mettre Jésus-Christ au rang des dieux , et
lui faire élever des temples. Beaucoup aussi
ont cru que ces temples qu'il fit bâlir, et qui
se fureut consacrés à aucune divinité , et
ADR 86
que depuis on a nommésles Adrianéesy avaient
cette destination. Ceci nous parait assez dif-
ficile h concilier avec la haine qu'il montra
contre les chrétiens, leur doctrine , et les
lieux de leurs mystères, quand il rebâtit Jé-
rusalem sous le nom d'OËlia, en Tannée
137.
Adrien comprenait la profanation : il fit
dresser une statue à Jupiter au lieu de la
résurrection de Jésus-Christ; une de Vénus,
en marbre, au Calvaire. 11 fit planter un bois
en faveur d'Adonis à Bethléem , et lui con-
sacra rétable où le Sauveur était né : trois
emblèmes naions destinés à répondre mot
pour mot : à la toute-puissance qui ressus-
cite les morts; à l'amour de la femme, mère
du Dieu d'.»mour ; à Tamour Dieu enfant,
naissant pour le bon' eur du monde ! Mais
la profanation passe, et il reste pour l'éter-
nité sur la poussière du [)rofanateur et de
ses idoles, au tombeau du Christ, le tout
Euissant maître de la vie et de la mort ; au
alvMre, une femme qui réliabiliteson sexe,
et qui personnifie Tamour maternel dans son
ardeur dans les souffrances, et la chasteté
dans sa plus pun» expression; à Bethléem,
un enfant, Dieu d'amour, qui nattpour le sa-
Lit de tous; en un mot, Jésus-Christ. Mais,
à côté de la profanaticm, Adrien mit l'injure
grossière et dégoût ^nte: sur la porte qui re-
garua t Bot \\ em , il fit jJacer un pourceau
en marbre. Ne dirait-on pas, en voyant ces
impiétés et celte ignoble injure, le précurseur
de nos voltairiens ?
Adrien mourut en 138, chargé du poids
du sang innocent. Dieu peut-être l'épargna
sur la terre pour le récompenser de certai-
nes vertus humaines ; le secret du reste est
au ciel.
Adrien persécuta les chrétiens avec vio-
lence, t'i Ruinarl l'a très-bien établi contre
Dodwel, qui prétend dans ses écrits que les
chrétiens n'eurent presque pas de martyrs
sous les empereurs romains.
La persécution d'Adrien est mise au qua-
trième rang par quelques-uns, et ne passe
chez, les autres que pour une suite de la
tr »isièine. Doiiwel trouve le moyen d'ac-
corder ces deux sentiments, en décidant
qu'il n'y a eu sous ce prince aucune persé-
cution. Il tâ(:he d'appuyer sa décision sur un
pa>sage de l'apologie de saint Justin, où ce
saint martyr, pour porter l'empereur Anto-
mn à donner la paix aux chrétiens, lui pro-
B:)se l'exemple u'Adnen. De quel front, dit
odwel, aurait-il o>é se servir du noin d'A-
dri'^n, si ce prince avait été un des persé-
cuteurs de rÉgliseî'Mais, au contraire, il pa-
raît que, supposé la persécution d'Adrien,
l'argument de saint Justin a bien plus de
force si, en effet, cet empereur l'a lait en-
fin cesser. Car ce saint philosophe remon-
tre à Àntonin qu'il est de sa clémence de
faire cesser le meurtre des chrétiens, après
avoir reconnu leur innocence, à l'exemple
d'Adrien, quî, après les avoir longtemps
persécutés, détrompé enfin par les apolo-
gies que des philosophes chrétiens lui pré-
seutèrenty et* par les remoutrances de quel*
87
ADB
ADR
6Â
a
ques gouverneurs de province, ordonna
qu on arrêtât les cruautés qu'on eierçail con-
tre eux. ¥à il est aisé de voir que saint
Justin avait eu celte pensée en composant
son apologie» puisqu'il y a inséré un rescrit
d'Adrien, adressé h Minutius Fundanus, par
lequel rempereur déclare que, déft'T^inl à
Favis qui lui a été donné par Sérénius Gra-
nius, prédécesseur de Minutius, il veut qu*on
ne condamne point les chrétiens qu'on n*ail
auparavant observé dais rinstruclion de
leur procès toutes les formalités prescrites
par les lois. Dodwel répond que ce rescrit
peut marquer une perséculion proie à écla-
ter, niais 'ion une persécution (jui ait déjà
fait quelques progrès, A quoi Kusèbe est en-
tièrement cimtra>re, c^ir vnici comme il parle
de €•■ fa.l dans son histoire:» Séréïiiiis»
dis-i!, remoîitrait h Feinpi reur que c'était
une chose injuste de faire mourir les chré-
tiens sans qu il leur fût reproché aucun
crime, mais uniquement pour plaire à une
populace e m pu née, qui, par des cris sédi-
tieux, faisait violence aux juges. A quoi
Vi nqjcreur envoya son rescrit, qui portait
ank l'avenir on \ie rendrait aucun jugement
uo mort Cl nire h/s chrétiens, qu'épiés que
le crime dont ils sertiienl légitimement ac-
cusés eût été avéré. » Saint Justin nous
fournit une autre pnuve de celti' |>ersécu-
tinn> C'est dans sa première apologie où,
parliiot de^ sa conversion oui arriva sous
remf^ire d'Adrien, il nous lait comprendre
que ce fut à Toccasion des martvrs qu'il
vint h connaitrela vérité de la religion cfiré-
tienne, et J'étais, dil-il, de la secle des pla-
toniciers, et j entendais tlire que les chré-
tiens, quoique leur vie fût tr'>s-innocenlc,
succombaient tous les jours s'-us de fausses
accusations : je les voyais marcher au sup-
plice d*un pas assuré, et alfroiilcr d^un air
intrépide ce qu'if y a de plus terrible dans
la nature. Je disais en moi-même ; Qui est
riiouirae qui, étiml amolli par la volupté, se
trouve assez de force et de courage pour
courir volontairement à la mort ou pour la
recevoir sans émotion?... *
On ne doit pas croire non plus que la
haine qu'Adrien avait pour les juifs le ren-
dit plus favorable aux chrétiens, selon la
plaisante imagination de Dotlwel. Il est vrai
(}ue Barchocîiébas, ch^f des juifs révoltés,
ht mourir [dusieurs chrétiens dans les tour-
mrnls pour n'nvoir pas voulu renoncer Jé-
sus-Christ, ou jiour avoir refusé de prendre
les armes contre 1 s Romains; mai"^, comme
le dit fort judicieLisement saint Justin, « les
iî^ifs font la guerre aux ihrétiens, les païens
les persécuteul, smos que ni les uns ni les au-
tres sachent précisément ce qui les fait agir
avec tant d'cm[H)rtement et si peu de jus-
tic**, !> Il n'y a f»às jdus d*api»arence que cet
empereur eut dessein de favoriser les chré-
lieris, en relevant les murs de Jérusalem,
puisque au contraire Taversion qu'il avait
pour eux lui ii spira le dessein sacrilège
aabolir entièrement ta mémoire des lieux
sacrés el d\m etîac*^r l^s moindres traces, en
y plaçant ses idoles. C e$t le sentiment do
saint Paulin, de saint Jérôme, de Sévère
Sulpice et de plusieurs autres écrivains eo
clésiastiques , à l'autorité desquels Dodwel
n'a pas la moindre autorité à opposer; il se
contente de nous dire qu'Adrien n'avait
aucune connaissance de la sainteté de ces
lieux, et que les chrétiens se mettaient
j»eu en peine d'en conserver la mémoire.
Mais il vaut mieux en croire Origène, qui
nous assure que longtemps après Adrien, ces
lieux, consacrés jwir les grands mystères qui
s*y sont opérés, n'étaient pas seulement en
vénération aux chrétiens, mais aussi aux
infidèles, qui respectaient la grotte de Be-*
thléem comme un lieu que Jésus, Dieu des
chrétiens, avait honoré par sa naissance : et
pour ce qui regarde les chrétiens , Eusèbo
écrit que, lorsqu'Alexandre fut fait évètjue
de Jéru-«^alem, il y était venu de Cat^padoce
pour visiter les saints lieux <
li n est pas moins certain qu'Adrien aimait
h répandre le sang. Spartien dit que la cruauté
lui était natunlle ; Dion Cassius fait le dé*
nombremenl de ceux^ull avait fait tuer; et
quoione, selon Tertullien, il n*ait publié au-
cun edil contre les chrétiens, il était toute-
fois superstitieux jusqu'ft Teicès, et il pre-
nait soin de t^us les sacritices qui se faisaient
à Itome; iî méprisa toutes les religions étran-
gères, mais il exerga la charge de souverain
pontife, et fut sacriticateurdu temple d'Eleu-
sine. Ayant passé un hiver à Athènes el s'y
étant faVt initier à tous les mystères de la
Grèce, il permit aux païens de persécuter les
chrétiens, et cette persécution, au rapport de
saint Jérôme, fut Irès-sanglante. Cependant,
il reçut voïo-ïtiers les a oîogies qui lui fu-
rent présentées par Aristide et Quadralus»
philosophes chrétiens; il se laissa persuadrT
par leur élouuence el fil cesser la persécu-
tion. Il résulte de tous ces faits qu'on ne
doit point rejeter les martyrologes qui font
mémoire des martyrs qui b^it soutTerl sous
Adrien, auxquels nous ajouterons encore Ma-
rins , oitlcier d'armée, qui perdit la vie,
comme on croit, durant le règne Je cet em-
pereur, et comme on le lit dans une ins-
crintion trouvée au cimetière de Caliste, o^
il tut enterré fmrmi les larmes el la crainte
de ceux qui lui rendaient ce pieux oflico^
sans doute à cause de la pers'^cution.
ADRIEN (saint), martyr, avait un gradt|
inqiortant dans les armées impériales. Il avaif
jiendant quelque temps violemment nersé*]
eu té les chrétiens; mais enfm, touché ne Ic^uï
constance extraordinaire au milieu deslour-I
ments, il avait Uni par embrasser la religion |
qu'il avait tant combattue. Arrêté en 30G , il
soullrit d'horribles tourments, el entin reçut j
la couroone éternelle à Nicomédie. Ses reli-j
ques furent successivement h Rome et^ Consul
tanlinople. Depuis elles furent portées enj
Flandre. La fête de saint Adrien a lieu laj
8 septembre. ( Tov. Lemire, Dwiom. Beig.^i
p. SU.)
ADRIEN (saint], martyr en Palestine, souf-
frit pour la foi cnrélienne en l'an de Jésus- j
Christ 309 , sous les successeurs de Dioclé-^
tien. Ce fut le gouverneur Firmilien qui h
condamna k mort. Sa seîitence fut exécutée
à Césarée. D abord ou lui déchira les côtés
avec les ongles de fer; ensuite, le 3 de mars,
il fut e%iyos6 à un lion el achevé d'un roup
d'éf»ée* Haini £obule eut le même sort. Tous
deui étaient venus de Waugane à Césaréa
pour visiter les confesseurs à la porte de la
ville , ainsi que cela se pratiqu«it alors ; ou
ïeur avait demandé ce qu'ils venaient faire :
sur leur réponse qui dit ingénuemenl la vé*
rilé^ ils fureut arrêtés el menés au gouver-
neur (Voy, Eusèbis Des mart. de Pa(e$t.), Le
Martyrologe romain marque la fête de ces
deui^ saints le 5 de mars,
ADRIEN (saint), martyr, mourut pour la
défense du christianisme dans Tantique co-
lonie des Phocéens, dans cette ville de Mar-
seille que tant de martyrs illustrèrent. Il eut
pour compagnon de ses glorieux combats
saint Hermès , dont l'Eglise fait la fête avec
la sienne le 1" mars.
ADRIEN (saint), martyr, vivait à Alexan-
drie du temps des empereurs romains , et
très-probablement sous le rè|^ne de Diode-
tien el de Maximien , dont Fatroce persécu-
tion répandit tant et de si généreux sang
chrétien dans la terre d'Egypte , et notmi-
nit'nl à Alexandrie* La rage de la perséeution
V sévissait touiours avec intininient dluten-
silé- Celle ville, étant la seconde de Fem-
Lpire, appelait immédiatement Faltention des
leranereurs* Saint A<li icn y fut martyrisé pour
lia roi chrétienne à une époque malneureuse-
fmenl ignorée* L'histoire a reeueilli son nom,
mais iFa enregistré aucun détail tourhanl les
.combats qu'il eut à soutenir; Tant de saints
lont ainsi combattu laissant à peine un nom
|aux hommes, tant était grand |*arfois le soin
! que mettaient les persécuteurs à empêcher
quon écrivît leurs actes, qu'on recueillit
! leurs reliques, qu'on fit rien, en un mot, qui
>pût mettre leurs noms, leur glorieuse résis-
tance, leur mort plus glorieuse encore, à
[ hauteur d'exemple pour les autres chrétiens 1
Saint Adrien se trouva probablement dans
^€6 cas, avec les compagnons dv son martyre,
jear il ne mourut pas seul. Dans le Martyro-
loge romain , dans celui de saint Jérôme el
dans plusieurs autres » on trouve que saint
Basile et saint Victor soulTrirenl avec lui,
L'Eglise fait la tète de ces trois généreux sol-
[ dais de Jésus-Christ le 17 de mai,
ADRIEN (saint), martyr, était issu de sang
i impérial. Son père Probus avait été revêtu
, de la pourpre romaine. 11 vivait dans ta re-
traite, que lui imposaient les souvenirs qu'il
' avait à porter, H y a des noms qui sont pour
rtiomrae qui les porte une espèce d'esil au
milieu des autres hommes ; déchus de la
grandeur suprême , ils ne doivent pas dé-
cheoir des sentiments qui y sont inhérents,
Adrien était dansée cas. IT avait eu le bon-
heur, en outre, d'être instruit de la religion
chrétienne. Il était considéré dans la ville de
Nicoraédie tout h la fois h cause de l'éclat
de sa naissance, et à cause de sa piété comme
chrétien. Il ne pul s'emoôcherde témoigner
sou indignation quand il vil Lieinius j)ers6-
cuter les chréUeûs» desquels naguère il s*é-
AFB M
tait déclaré prolecteur de concert avec Cons-
tantin. Il Un reprocha hautement Forîieuxd*»
sa conduite. Licinius, furieux, le fit mettre h
mort. Doraice, évéque de Byzance , et son
oncle, fil enlever son corps, qu'on enterra è
Argyroî*olis,
ADRIEN (saint), évéque de Saint-André eu
Ecosse, martyr, se trouva maintes fois ex
fmsé aux fureurs des Danois qui faisaient de
réquentes irruptions dans la contrée qu'il
habitait. Souvent il vint à bout de calmer
leurs fureurs, d*y mettre obstacle , et même
il en converlit un assez grand nombre. MjiI-
gré cela, ils revenaient fréquemment : uno
fois entre autres, ils se montrèrent si mena-
çants que le saint jugea prudent de se retirer
dans la [letite île de May, Cette île est située
à l'embouchure du Forth. Les Danois l'y
ayant trouvé le massacrèrent avec, un autre
éVéqne, saint Stalbrand, etbeaucoup d'autres
chrétiens. Le bréviaire d'Aberdeen eu porte
le nombre à plus de six mille. Ce massacre
effroyable eut lieu en Slh. Les reliques du
saint furent déf>osées dans un monastère
qu'on bâtit en son honneur dans la ville qui
avait été témoin de sa mort, et auquel pen-
dant longues années eun^nt lieu de fréquents
pèlerinages. L'Eglise fait la fôte de saint
Adrien et de ses compagnons le 4 du mois
de mars,
ADRUMÈTE, ville d'Afrique, aujourd'hui
ruinée, à 13D kilo m, de Carlhage, dans la By-
zacène (Etat de Tunis ) , est célèbre par le
martyre des deux époux Boniface et Tliècle-
On ignore à quelle époque leur martyre eut
lieu,
ADULPHE (saint), martyr, remporta la
couronne du martyre à Cordoue, pendant la
cruelle persécution que les Arabes y susci-
tèrent contre les diî-ciplesdu Christ, Les mar-
tyrologes n'ont conservé que son nom et ce-
lui de saint Jean, son frère et son compagnon
de souiFrances. C'est le 27 de seplembre que
le Martyrologe romain inscrit le nom de ces
deux saints marlyrs.
ADVENTEUE (saint), martyr, était soldai
dans la légion Thébéenne, qui fut massacrée
par Maximien dans un endroit des Alpes ap-
pelé aujourd'hui î^ainl-Maurice, pour «voir
refusé a'assister à des cérémonies païennes.
PI usieurs légionnaires dont Ad veilleur faisait
partie se trouvaient alors h Turin» soit en dé-
tachements, soil comme retardataires. Ce fut
là qu'il rueihit la palme du martyre avec
deux autres soldats ses compagnons , saint
Octave et saint Soluteur. Us sont inscrits au
Martyrologe le 20 novembre,
AÊTiU^, était président en Paniphylie, Ce
fut lui qui , durant la persécution que l'em-
pereur Aurélicn Ht sonlFrir aux chrétiens, lit
mettre à mort saint Héliodore, qui refusait
d'abandonner sa foi et sa religion,
AFllE (sainte), soulTrit le martyre dans la
persécution d'Adrien. It est parlé d'elle dans
les Actes de saint Fauslin et de saint Jovite ;
mais on convient généralement que ces Ac-
tes n'ont pas une grande autorité. Le corps
de sainte Afre est dans uno église de sou
nom, h Bresse. Sa fôle a lieu le 2V de mai.
SI
AFH
AFR
02
AFRE [sainte), i/'rn, était fille piibliquo k
Augsbom'g. Quand vint la persécution de Dio-
ciétien» en l*iuide Jésus-Cnrisl 30!i,Dreu |ier-
jûil que Siunte Afre cueillit la [>aiïii*:^ glorieuse
du martyre, avec sa'oièro Uilaria et trois
servantes, complices de ses ilésorxJres, Etino-
miei Eulroriieel Digne. Il voulait ainsi inon-
Iror, dans la personne de cette autre Made-
leine i que, quels que soient les péchés dans
lesquels tombe une âme, jamais il ne faut
désespérer de son salut, et qu'il n*est pas do
souillure qu*un rayon de la grâct* divine ne
puisse faire disparaître. Nous donnons ici en
(îîitier, d'après Ruioitrt , les Actes de sainte
Afre*
et La persécution allumée dans Augsbourtî
lui enlevait chaque jour plusieurs de ses ci-
toyens : on les traînait devant les idoles ,
pour les contraindre àleurolMr de rencens;
on les tourmentait eu mille manières pour
arracher de leur bouche quelque blasuliémo
contre Jésus-Christ » et leur sang coulait de
tous Ciilés , mêlé avec le sang impur des
taureaux que les gentils iiumolaient à leurs
dreui. Une faujeuse courlisaue nomiuée Afra
fut arrêtée avec quelques autres chrélie^is,
LorsquY'Ilo fut devant le juge, et qu'elle eut
confessé quelle était clirélie*nui% le juge loi
dit : Sacriliez au\ dieux, car je crois que
vous comprenez assez qu*il vaut mieux vi-
vre (lue de s'exposer inii>rudeîninent à cipi-
rer ciatis les supplices. Afra répondit : Hé-
las ! j'ai assez de mes péchés passés, sans y en
ajouter encore de nouveaui ; ainsi nVspére^
pas que je fasse jamais ce que vous met-oii-
seillez de faire. Le juge dit : Allez au tem[jie,
croyez-moi, el sacrifiez au\ dieux. Afra ré-
pondit ; Jésus-€hrist est mon Dieu, je la vois,
je Tai toujours devant les yeui , je lui con-
fesse mes péchés dans loiite l'auierlume de
mon cœur; je suis indigne, il est vr.ti, de lui
otlVir un sacrifice, mais je brûle du désir de
me sacrilier moi-même pour la gloire du son
nom, afin que ce corps, que j'ai tant de fois
soudlé païunes impuretés» soit purfié daris
son propre sang, !jj juge dit : A ce que
fentc^ids, tu fais le méiit/r decoiniisane ; (*t
puisque cela est, tu ne dois nnilrnu/nt pré-
tendre h l'amitié tlu Dieu dt^s chréiie^is; c'est
pourquoi je te conseille de saci iljer aux nô-
tres , oui sont beaucoup plus indtil^enls.
Afra réjiondit : Jésus-Christ uio i Seigneur
a dit qu il élait desrendu du ciel exjirès pour
les fMiuvres péeheurs » et son Evaigile nous
apprend qu'il permit h une courtisane comme
moi de lui arro^^or les pieds de ses la nu *s ,
et qu'il lui parfloma Ions ses pérliés; il n'a
jamais témoigné aucun mépris pour les p.'-
chenrs; il sVntretenait familièrement avec
eux, et il mangeait souvent h leur table.
*< Le juge dit : Sacritie du moins, afin que
iGs dieux le fassf^nt avoir bi-auroufi d'amants,
et surtout de ceux r|ui aiment à doimer. Afra
répondit : Plutôt mourir mille fois qtie de
recevoir aucun présent d'un homme. Je n*en
ai voulu gnrdèr aucun de tous ceux quoû
m'avait faits, je les ai jetés. Je les voulais
donnera mes irères les pauvn^s; mais quel:
«îue instance que je leur aie laite de le$ ac-
cepter, limais ils n'en ont voulu (1), quoique
je leur disse que je les leur donnais aûn qu ils
priassent Dieu pour moi. J'ai druic été obli-
gée de les jeler : conuBent voulez-vous que
je prenne maintenant ce que je ne regarde
qu'avec horreur et que comme de la boue.
Le juge dit; Mais ton Christ ne veut point
de toi , il n a plus que du mépris pour toi ^
tu n'as plus que faire de Fappeler ton Dieu*
Oses-tu même te dire chrétienne? une co ir-
tisane! Afra répondit : Je Tavoue, je ne mé-
rite pas^ d'être aimée de mon Dieu , mai* je
sais aussi que ce môme Dieu, pour aimer, ne
c uisulle que sa misérîcunie , et uon Ij mé-
riie de ceux (pi'il ïionore de son amour; je
crois donc qu'il uraime. Le juge dit : t^Jt
coumient le sais-tu? Afra rr'pondit : Je con-
nais bien que mon Dieu nu m'a pas rejeléc»
puisqu'il me permet de confesser sou saint
nom devant vous, et j*a: uie ferme espé-
raiice que l'aveu libre et sincère que je lais
mai II tenant m'nburndra le pardon de mes
péchés. Le juge dit : Contes en Tair q^m
tout cela; je te conseille plutùt de saerilier
aux dieni.qui peuvent seuls te ren<lre heu-
reuse, AlVa répordil : Vous vous trompez»
il n'y a que Jésus-Chrisl qui puisse faire moi
bonheur, comme il n'y a que lui qui puisse
sauver mon âme. Ne sauva-t-il pas le bon
larron, el ne lui promd-il pas son paradis,
parce qu'il confessa sa oivinilé un moment
avant que d'exnirer? Le juge dit : SacriOe ,
ou je te ferai donner les élrivières en pré-
sence de tes amants. Afra répondit ; Faites
ce qu'il vous plaira, mais il n y a plus que le
souvenir de nies péchés qui puisse mo cau-
ser de ia confusion. Le juge dit : Oh bien l
sacritie , c'est une cliose honteuse pour moL
de disputer si longtemps avec une cuurli-
sane. Si tu n'obéis, je te ferai mourir. Afra
n'ftondit : Aii l c'est ce que je souhaite de
tout mon cujur, si toutefiiisje suis trouvée
digne de mourir pour mon Deu. Le juge
dit : Sacritie , je te le dis pour ia deriière
foi, siuou , je vais conuuencer | ar te fairtï
tourmenter, et imis le brûler toute vivo.
Afra répondil : Que ce corps malheureux,
qui s'est souillé de tant de crimes , sonlfre
mille tounneuts , qu'il briVlt? , j'y consens, il
Ta bien mérité ; mais pour mon tlm^ , je la
conserverai pure , et l'on ne verra jamais la
courtisane Afra doiiai r de IV-nceus à vos
idoles.
ft, Alors ce méchant juge prononça cette
sentence : ^ Nous ordonnons que la courti-
sane Afra, reconnue de toute la ville d'Augs-
bo »rg pour une iiili\me prostituée , et oin
outre cela se dit chrétienne , soit brûlée
toute vive , pour avoir ïa i refus de sacnlii*r
aux dieux immortels. • Aussit.'d elle fut li-
vrée aux bourre.iux, qui la lirenl passer dans
une ile aue le lleuve Licus (le Lick) f^rtne fti»-
dessus Je la ville, où, layanl dépouillée do
ses habits, ils la lièrent h un poteau. Cepen-
dant lii Siùnte, élevant au ciel ses jeux tout
(I) MminiMo détîotéretMinent ém premiers chi^
tiens. Des pauvres rcjelteoi k» auiyoucs d luie pn^
iliitée*
1.
03
AFR
AGA
9&
baignés de larmesr, flt celle prière : 0 Jésusl
Dieu toul- puissant, qui êtes yenu en ce
monde non pour appeler les justes, mais les
pécheors à la pénitence; Seigneur, qui avez
promis au pécheur d'oublier ses crimes au
môme moment qu'il retournera à vous (el je
5aisque tous êtes fidèle dans vos promesses),
recevez le sincère repentir que vous olfre un
cœur contrit et humilié , recevez - le , Sei-
gneur» ayec les tourments qu'on me pré-
pare. Heureuse si ce feu qui va réduire mon
corps en cendres peut expier les déréde-
ments honteux de ma jeunesse l Cetiendant
on élenit autour d'elle un bûcher. Déjà la
flamme commençait à gagner les endroits
les plus proches de la sainte , lorsqu'elle lit
entendre distinctement ces paroles : Je tous
rends griiees, 6 mon Jésus, de ce que vous
daignez me recevoir comme une hostie im-
molée à la gloire de votre nom , vous (jui
êtes la Téritable et la seule hostie oui a été
offerte pour le salut de tout le monde. Vous
qui étant 1 innocence même, la bonté essen-
tielle, le Dieu de bénédiction , le Saint des
saints , avez voulu mourir pour des crimi-
nels y pour des méchants , pour des enfants
de malédiction , pour des pécheurs , je vous
offre ma vie en sacrifice, Seigneur, qui vivez,
avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siè-
cles des siècles.
«Tandis que la bienheureuse Afra s'ouvrait
à travers les flammes de son bûcher un che-
min vers le ciel, Ëunomie, Entropie et Di-
gne étaient restées sur le bord de la rivière;
c'étaient trois filles qui servaient Afra , el
qui , après l'avoir imitée dans son péché ,
1 avaient suivie dans sa conversion ; elles
avaient recule baptême de la main du saint
évdque Narcisse. Une barque étant venue
aborder à Tendroit où elles étaient , elles
Îrièrent le batelier de les passer dans Tile.
Wes trouvèrent le corps cle leur raaitresse
tout entier. Une jeune esclave qui les avait
accompagnées se jeta promptement dans le
fleuve , et Tayant traversé à la nagé , courut
chez Hiiaria , mère de la sainte , lui donner
avis de cette merveille. Celte vertueuse
femme, prenant avec elle deux prêtres , se
rendit la nuit suivante dans rite du Lick ;
d'où ayant enlevé secrètement le sacré corps
de sa fille , elle le plaça dans un tombeau
qu'elle avait fait construire pour elle et dour
les siens à deux milles d'Augsbourg. La chose
ne put être si secrète qu'elle ne vint à la
connaissance du juge , qui sur l'heure en-
voya au tombeau quelques-uns de ses ar-
chers, avec ordre de lui amener Hiiaria el les
trois servantes. Toutefois, leur dit-il, ne leur
faites d'abord aucune violence ; mais après
vous être assurés d'elles , proposez-leur ci-
vilement ae sacrifier aux dieux ; si elles y
consentent , conduisez-les ici avec tous les
honneurs qu'on rend aux personnes distin-
guées. Si , au contraire , elles refusent de
rendre à nos dieux leurs hommages , rem-
plissez le tombeau d'épines sèches et d'au-
tre bois facile à s'aUumer ; et y ayant ren-
fermé ces femmes , bouchez-en soigneuse-
ment l'entrée I et mettez-y le feu. Prenez
garde surtout que pas une n'en échappe. Les
archers exécutèrent leurs ordres à fa lettre.
Hiiaria refusa constimraeit de sacriOer ; les
tro s servautes en fire^it autant : on les ren-
ferme dans le tombeau, on le remplit de ma-
tières conibustibles, on y met le leu , et ces
saintes fiîmmcs, y laissant leurs corps à demi
consumés, allèrent rejoindre dans le ciel
la bienheureuse At'ra le même jour qu'elle y
était e. iré '. » — 5 août.
AFRICAIN (saint), martyr, donna sa vie
pour la foi chrétienne durant la persécution
de l'empereur Dèce, sous le gouvernement
du proconsul FortunatiL»n, en Afrique, en
250, avec saint Pompée, saint ïérenee, et
I)lusieurs autres vaillants soldats de Jésus-
Christ. Lès Crées et les Russes les ont en
très-grande vénération. Leurs Actes n'olfrent
pas les car.ictères qui donnent à des faits le
cachel de lauthenlicité. H y est raconté qu'ils
furent battus de vrr^es, mis à la torture,
tournienlés do diverses autres manières, et
enlin décapités. Théodore le Lecteur, qui vi
vait vers la fin du \C siècle, dit que leurs
reliques furent placées, sous le reçue do
ïhéodose le Grand, dans 1 église de baintc-
Euf)hémie, au quartier de Constanlinople
appelj la Pierre, ils sont inscrits au Marty-
rologe romain, à la date du 10 avril.
ACABë (saint) , martyr, versa son sang
pour la foi durant les persécutions que les
empereurs romains firent souffrir aux disci-
ples du Christ. 11 eut deux compagnons dans
ses souffrances, saint Donat et saint Sabin.
L'EJise les honore le 25 janvier.
AGAB£ (saint), évéque et confesseur, souf-
frit pour sa foi dans la ville de Vérone. Les
martyrologes ne donnent aucun détail sur
son martyre. L'£glise honore sa mémoire le
k août.
AGABUS ou AGAB, prophète, et l'un des
soixante-dix disciples, prédit la grande fa-
mine qui désola 1 empire sous le règne de
Claude, il prédit è saint Paul, dans la vJle
de Césarée, sa captivité et son martyre. 11
|)rit la ceinture du saint apôtre, et se liant
es. pieds et les mains, il dit : Voilà ce que
prophétise le Saint-Esprit : Les juifs lieront
ainsiy dans Jérusalemy Vhomme à qui est cette
ceinture^ et ils le livreront aux mains des
gentils, (Actes xxi, il.) — Les Grecs préten-
dent qu^Agabus mourut martyr ; mais rien
n'est certain dans toutes les histoires qu'on
rapporte de lui. Il semble que la tradition
ait choisi ce saint personnage pour en faire
le sujet des contes les plus absunies. Il existe
des tableaux qui représentent saint Agabus
tellement colère de n'avoir pu épouser la
sainte Vierge, qu'il en casse son bAton et va
se faire carme do dépit. (Nous avons vu un
tableau dans lequel sainte Anne fait lire
la Vierge dans un paroissien relié en ve
leurs, avec tranches dorées et fermoirs. C'est
un d(î ces élégants volumes que vendent nos
libraires à la mode. Il est impossible de pous- .
ser plus loin l'ignorance et le ridicule.) !
AGAPË (saint), martyr, eut l'avantage de
verser son sang pour la religion chrétienne,
mais on ignore le lieu et la date de son mar-*
\raf: rMMfik* -yiH e«t p»^«^ cn«iÇi«-!io-» de
JU#APE «im^ Cil WMiUraé à Kotae, as
tfiffmÊ0itit0aÊefii éa résilie d AdrKii^ «ret soa
fii(r«^ Mftflft Eastati^, sa Mr% et sa «ev,
a;n UMleiS d«n se VMommfOl Tb^msle. Sa
Me UMttbe le 2i de seftCeabre. Mf. Ecs-
TATUL
AGAfE 'saint , flurtjr, souffrit durant la
p^ffs^eution de Valérirti^ a CjTtbtr en 5iiiiû-
die^ avee les saifils SeccndûC Emîlien, sol-
dat, et les saintes Tertolle et Antoinette.
r»f . pour les détails, Makicy saint .
AGAFfi saint;, martrr, donna sa Vie pfmr
la foi, a Edesse en Sjne, dorant la persé-
eotion de Ibiimien. 11 souffrit le nurtrre
airee saint Tliéogone et saint Fidèle, ses éè-
res. Ce fot leur mère* sainte Basse, qui ell*;-
m^me fut décapitée plas tard dans la méine
perséoitîon, qui les eneoorM?ea â donner
leur rie pour i^sos-Cbrist. L'Elise boDore
leur mémoire le 21 août.
AGAFE satnty, martyr, fot dé^pîté à Ce-
sarée en Palestine, sons le président Urbain,
dans la perséeotion de Dîoclétien. Il eut pour
eompan^jns de son glorieux martrre les
deox saints Denis, les deox saints Alexan-
dre, saint Timolaus, saint Faasîde et saint
Romole. C*est le 2i mars que ITgllse honore
la méfrioire de ces illustres martvrs.
AGAFE /saint;, était citoyen *de Césarée
en Palestine* quand la féroce persécution de
Dioctétien rint désoler TEglise. C*éUit Ga-
lère Maximien qui commandait dans ces
contrées. Ce saint fut condamné à être jeté
aux bêtes. Mais la Providence, qui protégeait
sourent les saints martyrs pour éclairer le
CTi^ur des persécuteurs, ne permit p^as que les
l^étes féroces fissent aucuo mal à saint Agape.
Il Mirtit sain et sauf de Tamphithéâtre. Plus
sanguinaires que les tigres et les lions, les
Kfrsécuteurs ne roulurent ydA épargner ce-
i que la Proridence avait courert de sa
proteition. Ils firent jeter le saint dans la mer,
ave*; de.s fers aux pierls.
AiiAPE /saint), Tun des glorieux combat-
tants de Tarmée de Jésus-Christ, en Pales-
tine, fut mis à mort pour son nom, en 306 de
IV;re chrétienne, |iar ordre du gouverneur Dr-
bain, Tun des plus acharnés persécuteurs
iwinni les gouverneurs de province. D'abord
le saint martyr souffrit avec sainte Thècle
divers tourments. Conduit à Césarée, il y fut
exrmsé aux bêles avec Thècle. Celle der-
nière fui déchirée en nièces par les bêles fé-
roces, mais Agape écnappa ce jour-là à la
fureur d('s animaux et au glaive des confec-
teurs. Dieu le réservait à de nouveaux com-
bats. Il resta, depuis, deux ans en prison.
Maximin Daia donna l'ordre qu'on le fit mou-
rir s'il refusait d'abjurer. Exposé de nouveau
dans Tamphithéâtre, un ours se jeta sur lui
el no fit que le blesser. Le lendemain les per-
sécuteurs le jetèrent dans la mer. L'Eglise
;élèbre sa fête, avec celle de sainte Thêde
et de «HBC T■M&él^ le 19;
seèi^, 4f Jfart. ^di§i^ c 3;
t. H,
p. 1».
AGAPE
TîetîaKS qmt la]
mus fit
la ville dTdesse.'qoBd, ooèiûat la ,
tân dont fl aTst jiis|»^-& comwett lès dhré-
tî«s, et les prosesses bîics à CottslaBtîn«
son beau-Crère, ce prîiee perttle et cniel se
■nt à nerséester PEziise dm Seigacr. Le
saiot dont w)«s jnrJôss est povr cr«|A-
gDOos de son tnooipbe les saints Canèfe«
Styriaque, Tobîe, et piosiews antres q«e le
Martyroloee rocnais ne nommt pas. Bais
dont' il marque la ftie arec la sienne* à U
date du ± noTembre.
AGAPE 'sainte., martyre, fiit mise à nort à
Tbessaloniqae poor la relîsîoo de iésmsr
Christ, en 1 année 30^, soos le règne et du-
rant la persécation de Diodétien. Elle et ses
coBipa^nes sont honorées par IX^ise le 3dm
mois darril. Voici ses actes anthentîqmes
pris dans Rninart, ils loi sont cooumnns aTee
les saintes Qoionie et Irène.
Dolcétins tenant 1 audience, Arténésims,
greffier, dit: Voici une information enrôlée
par le statioonaire, et faite par loi contre'six
lemmes chrétiennes qui sont ici présentes ,
et un homme qui est avec elles. Si Totro
grandeur Tordonne, j*en vais faire la lecture.
I>ulcétius dit : Nous ordonnons que la lec-
ture soit laite de ladite information. Le mé-
fier lut ce qui suit : Le pensionnaire (1> Cas-
sandre à Bulcétius , gouTemeur de la Macé-
doine. J^envoie à rotre grandemr six femmes
chrétiennes, avec un homme, lesquels ont
refusé de manger des viandes inunolées aux
dieux; elles se nomment Agape, Quionie»
Irène, Casie, Philippe et Eutyquie, et Thomma
qui est avec elles, Agathon Le guurer-
neur, Imterrompant.dit: C'est assez. Puis, se
tournant Yers ces femmes, il leur dit : Misé-
rables, quelle fureur et quel esprit de rérolte
TOUS possèdent, vous autres chrétiens ? Pour-
auoi ne pas obéir aux saintes ordonnances
es empereurs et des Césars ? Puis, s'adres-
sant à Agathon, il lui dit : Quelle raison ayez-
vous eu' de ne vouloir point loucher au vin
et aux riandes qu'on offre aux dieux, comme
tous ceux qui sont initiés k leurs mystères
ont coutume de faire. Agathon lui répondit :
La raison, c*est que je suis chrétien. Dulcé-
tius,se tournant ensuite vers les femmes, dit
à Agape : Et vous, qu'avez-vous à dire?
Agape répondit : Moi, je crois au Dieu vi-
vant, et je n'ai point voulu par une mauvaise
action perdre le fruit de toutes les bonnes
Sue j'ai faites jusqu'ici. Alors le gouverneur
il: Et Quionie, oue me direz^vous? Je
vous dirai aussi, répliqua Quionie, que je
crois au Dieu vivant, et que je n*ai eu garde
de faire ce qu'ordonnait l'edit. Le gouverneur
(1) Bene^ciarius^ au ituticnarim : c*ëuie«it dcf
places qu*0D donnait i des officiers pour récompense:
et qui ont asset de rapport à nofs commaDdenes» oo
aux timars des Turcs.
i
3ft
kùk
hisam approcher Irène : Et vous, que dites-
vous à cela? d*oùi vient que vous n'avez pas
voulu obéir aux ordres des empereurs? C'est
parce que je crains Dieu, repartit Irène. Le
gouverneur faisanl signe à Casie de répon-
dre, Casie dit : Pour moi, c'est que je veux
sauver mon Ame. Le gouverneur ajouta : Ne
voulei-vous pas bientôt partieiper h nos sa-
enfices? Non, assurément, reprit-elle. Le gou-
verneur dit : Pour Philippe, elle nous dira
quelque chose de meiiîeur que les autres.
Fliilippe répondit : Je ne dirai que ce que les
autres ont dit. Le gouverneur lui dit : Et
quoi? que drez-vous? Que jaime mieux
mourir, repartit [îromptement Pljilippe» que
de loucher le moins du monde àvos saenlices.
Le gouverneurs adressa entîn à Eutyquie, et
Jui dit rEutyquie^ vous serez plus raisonnable
que voscompagncs, Eutyquie répondit: Je n'ai
pas d*àutres sentiments qu'elles* Legouver-
neurluidil:Avez-vousunniari? Mon mari est
mort, répondit Eutyquie. Ya-t-il longtemps,
contiimale gouverneur? Depuis sept mois, ré-
pliqua Eutyquie, De qui êtes- vous donc grosse,
dit le gouverneur? Du mari que Dieu m'a-
vait donné, reprit modestement Eutyquie et
en rougissant un peu. Croyez-moi, ajouta le
gouverneur, défaites- vous de toutes ces chî-
mères-là, et suivez, avec toutes les person-
Des de bon sens, une religion bien [)lus con-
forme à la raison et à la nature. Qu\n pen-
sez-vous, ne voulez-vous pas obéir à ledit
impérial? Non, Seigneur, rtj[)artil Eutyquie :
je suis chrétienne et servanle du Dieu tout-
puissaot, je ne veux obéir qu*à lui. Alors le
gouverneur dit. Qu'on mène Eu t^^quie en pri-
son, et qu'on en ail soin jusquà ce qu'elle
Soil accouchée.
Le gouverneur revint ensuite à Agape. Eh
bieo ! Agape , lui dit il, quelle résolution
avez-vous prise ? N'est-ce pas votre intention
de faire ce que nous faisons tous tant que
nous sommes, qui sommes entièrement dé-
voués aux empereurs et aux Césars î A|jape
répondit : Pour moi, je ne suis pas d*avisde
me dévouer ati démon. Quionie, dit le gou-
▼erneur, sera sans doute ulus complaisante;
O'esl-il pas vrai, ma tilie ?kien ne pour raja-
mais me faire changer de sentiments, re(>ar-
lit Quiunie, Le gouverneur : Dites-inoi un
peu, n y a-t-il point chez vous de ces mé-
chants livres que ces imbues de chrétiens aj»-
p^^llt^nt les saintes I^crilures, qui sont écrites
sur du parchemin, dont les feuilles sont at-
tachées ensemble, ou roulées sur du bois.
Quiotiie répondit : Nous n'en avons point,
Seigueur, on nous les a ôtées toutes par Tor-
dre des empereurs. Le gouverneur, reve-
nant à la charge : Mais qui vous a mis, leur
dit-il, cette fantaisie dans la tète? Agape ré-
pondît : Le Dieu tout-puissant a bien voulu
oous éclairer de sesdivmes lumières. Je vous
demande» poursuivit le gouverneur, qui sont
Ceux qui vous ont enseigné ceslolies ? Quio-
nie prit la parole et dit : Ma compagne vous
a déjà répondu que c'était le Dieu tout-
puissant qui nous avait fait part de ses lu-
mières. Je n'ai pas autre chose à vous répon-
dre, Dulcétius dit : Nulle puissance sur la ^
AGA M
terre ni dans le ciel ne peut vous dispenser
de robéissance que vous devez h nos très-
puissants et très-excellents princes, les em-
pereurs et les Césars, Ainsi, puisqu'après
tant ri avertissements, tant d'édits publiés,
tant de rnen«Hces, tant de délais accordés, vous
persévérez lo^jou^s avec une opiniiUretécri-
minelie dans le mépris formel de leurs or-
donnances, et que vous vous faites gloire au
contMire de ce nom odieux de chrétiennes; et
qy'enlin, après avoir été interpellées par les
stîdioonaires et les principaux ofïiciers de
professer la religionde l'empire, vous, n avez
jamais voulu y consentir, je ne puis me dis
penser de vous condamner aux peines por
tées par lesdites ordonnances. Alors, pre
nant des tablett^^s, il y lut la sentence qui
suit : * Attendu qu'Agape et Quionie, par un
esprit d^orgoeil et de désobéissance, font
gloire de mépriser les divines ordonnances
des invincibles Augustes et Césars, nos très-
religieux seigneurs et maîtres, et que contre
leurs défensts exnreses elles font i)rofession
de la secte des clirétiens, proscrite et con-
damnée par divers édits coumie vaine, témé-
raire, inqiie, et comme étant en exécration à
tous les gens de bien ; Nous condamnons les
dites Agape et Quionie à la peine du feu* E*
à l'égard d'Agatlion, de Casie, de Philippe, et
d'Irène, nous ordonnons qu1ls tiendront |tri
son jusqu'à ce qu^il nous plaise rie travail-
ler à une nouvelle instruction de leur pro
ces. »
Après que la sentence rendue contre ces
deux saintes femmes eut été exécutée^ Dul
célius lit venir Irène en sa présence, et il lui
parla en ces termes: Irène, votre conduite
fait pitié, et il n y a pas la moindre ombre
de bon sens et de [jrudence. Car enfin, après
avoir nié d'avoir en dépôt ce grand nombre
de livres, d'écrits, de fouilles volantes, de
tablettes et de cahiers apfïartenanl h ces
impies de chrétiens, les plus méchants hom-
mes qui soient sur la terr v, et qu'on vient
de trouver chez vous, vous av^z été obligée
de les reconnaître lorsqu'on vous lésa repré-
sentés. Ainsi vuus voilà convaincue de men-
songe, de mauvaise foi et de désobéissance
aux ordijnnances des empereurs, et par con-
séquent vous avez encouru la peine portée
par ces mêmes ordonnances. Mais ce qu'il y
a de plus étonnant, c'est que ni le supplice
de vos sœurs, ni la crainte ifune lin sem-
blable à la leiU", ne vous ont point encore
ou vert les yeux pour vous faire voir votre im-
prudence et le Jauger où elle vous jette. Je
yeux bien toutefois vous faire grâce, frèue^
j'oublierai votre crime (et c'est le moins nue
je puisse exiger de vous), pourvu toutefois
que vous vouliez reconnaître les dieux. Ué-
ponrlez maintenant; ètes-vous prête à faire
ce que les empereurs et les Césars ont or-
donné; ètes-vous disposée à manger des
viandes qui ont été immolées aux dieux, à
leur sacnfier ? Non, répondit Irène, je ne suis
disposée à rien de tout cela, et si vous ne
m'en croyez pas, j'en jure par ce Dieu tout-
puissant qui a créé le ciel et la terre, la mer
et lout ce qu'ils contiennent. Je ne m'ex^ko-
m
AGÂ
oerai fms, par complaTsflnce pour vous, à
soislfrir, loute une éloniilé, I© icu qui est pré-
pare 1 o»ir feux qnî^iuronl renoiiué Ji'su^, le
Verlie de Dieu. Dulrriiys lui dit: Avouez-
moi fa vérilé : Qui est In [»ersùrine qui vous
a portée h garder jusrpi'ici et avec iaui de
soin et un si grfiiid secrel ces méchants It-
v-es ?C*esl Dieu liii-iiiènie, répondit Irèoe,
qui nouseoirmiaiide de l'airnerjusqvi'au der-
nier sotipir <ie notre vie. Nous étions donc
résolues (Je nous laisser brûl^T toutes vives,
plutôt que delivri-r ses E<^rilurcs et de Ir.i-
nip ainsi les intérêts de notre Dieu. Vous
aviez, dit ^e gouverneur» quel |ue autre com-
plice qu'il faut que vous me nommiez? Hkps
Dieu seid, (pli v*ut tout et (|ui sait tout, dit
Irène, âU(^uu autre n'en avait coMnaissance:
nous n'avions garde de eoolier ee seerei h
qui que ce fùl, de crainte qu on ne vint a
nous déceler. Mii*;, dit le gouverneur, où
vous tintes-vous cachées Taryiée dernièro,
lorsqu*on comraeii(>i h publier 1%'dit de nos
tres-pieu\ empereurs ? Où il a p!u h Dieu,
répondit In-iie; d.ins les uiontagnes, Dieu le
sait, exposées à loutes les itjjures de Tair.
Où vous retirie2-vous, reprit le gouverneur ?
Nous n'avions poini d autres r*^trailes, repai-
tit Irène, que le creux des rochers, tantôt
d'un cùté. tantôt d'tui autre. Qui vous nour-
rissait, continua le gouvern ur? Dieu eu
prenait le soin, r«''[iïiqua Irène, hd «pii nour-
rif Ifs moindres aidiuaux. Vfjtre père, pour-
suivit le gouverneur, savait-il tjut cela? Jl
n*eu savait rien, répcnidd iiène, V(ms m\m
p.uivez croire. Vos voisins du moins ne l'i-
guon ent jias, dit le gouverneur? Vous
p -uvez l*^s interrojjer, ré()andit Irène., et
ions infirmer [►lu*^ particuliiMemerU de tou-
tes les circonstriiiccs qtie vous dédirez savoir.
Mais, ajouta le gouverneur, lor^fjue vous
fûtes de retour h la ville, lisiez-vou$(|uelque-
fois ces sortes de livres, et y avait-il qrteique
autre que vous qui fût |>rfeseul h eette lec-
ture? Cnmmc nous tenions c s livres, re^irit
Irène, soi^jueusemenl renfermés cliez nous,
et que nous n'osions pas les transporter ail-
leurs (Ij, c'était pour nuos un sujet de dou-
leur hi 'n seuîijhle, de ne pouvoir plus vatjuer
h cette sainte lectore le jour et la nuit, comme
nous avions accoutumé de faire av^nt la pu-
blicifion de fédit dont vous padez. Vos
smiv>, dit alors le gouverneur, ont été pu-
nies cornme elles le méritaient. Pour vous,
quoique vous ne so^^ez pas moins criminelle
nu elles, et que voiis aje : encouru h jKduo
de mort pour avoir tenu cachés dans votre
logis tes livres iuîfiies, je prétends vous
punir d un(^ autre manière : je v «us laisse-
rai la vie, mais vous serez conduite toute
nue par des soldats et par Zozitne, rexécii-
teur de haute justice, dans un lieu de dé-
bauche où vous detneurere/ jusqu'à nouvel
ordre, vivait chaque juurdu pain qu'oi vous
portera du palais. Et le veux qu'il y ait tou-
jours là quehjaes soldais pour vous empê-
cher d'en sortir. Puis, se tournant vers le
(I) C*e!>i-à'dire h Tissemblée (tes fklèle§, oui la
collecte.
vous
seulement
AGA (OC
bourreau et les soldats» il leur dit : Je vous
avertis que si je vieijs h savoir quu
ayez soutfert que celte 01 le si
une heure de reitlroit où je renvoie, vous
me le paierez de votre téte^ Qu'on m'afj-
porte ces livres qu'on a trouvés dans sa
cassette-
Ce[K'udanl les soldats conduisirent Irène
dans un lieu de nrostiiuiiondcs plus fameux
de la ville. Mais le Dieu de pureté se déclara
si hauteineit son ï)rotetleur, qu'il ne se
trouva là aucim, inème des tjIus emportés,
qui osill approcht.'r d'elle, ni dire en sa pré-
sence la moi'idre parole déshoun^te, Ctda
obligea le g(»uverneur h la citer une secoid©..
fois devâdt son tribunal. L(usqu"elîe y ful^f
i! lui dit: Persistez-vous toujours dans cnii^
audace téméraire qui vous n-vol e si i i>«>-
lemraeut contre les puissances lét^itiines? Ce
que vous nonnuez audace et révolte, t^épon-
dïl Irè'ie, je l'appelle piété el religion, et ie
vous déclare que j y [lersiste. Puisque cAa
est, dit le gouverneur, et que je trouve m
vous ce même es(>rït de désobéissance, je
vais faire ma charge. Il demanda du papier,
et U écrivit cette senteice. « Irèie ayant
refusé avec opiniâtreté d'obéir à l'édit des
emt>ereurs, et d- sacrilîer aux dieux, et
ayant f a t sa déclaration qu*i;ll« |K*rsiste tou-
jours h vouloir vivre et mourir chrétienne,
nous oriLcinons qu'elle soit brûlée toute
vive, ainsi que ses deu\ Meurs. » La sentf^ucô
fut evécutée ï\ Hhmu© même, et au môme
lieu où ses deuit steurs avaient souiferl q^el-
ou s iours auparavant, le jour de^ calendes
d avril, sou^ le neuvième co-isnlat de Dioi Ir-
tiei, el !(,- huilième de Mavituien Auj^nsle.
AtiAPii (samte), martyre, vej'sa s n s.\u^
pour la t»ii -i Nicumédie, dur'jnl la perséco-
tio 1 que Diocîélieu lit soutTrir aux disci[>U.'s
du Cliriîst. Elle eut pour compagnons de sua
il ustre martyre saint Idnès, un <ies odiciers
du palais, les vierges Doiune, Théophile el
leurs coiiqKiigMions, (jue le Mirtyrulôj^e romain
ne n(uume pas. C'est le 28 décejubre qu#^
ri£;3'Iise honore la mémoire de ces saint "
martyrs.
AGAPE (sainte), vierge el marlyre, vécul
sur la terre en samte et mourut en héroinet
elle monta au ciel avec une double cuuroniiei
celle qui friit les anges de vertu, celle qi
Dieu donne aux généreux défenseurs de
hu. Ce fut h Terni qu*elle termina sa car
rière. Son sang coula dans les lieui qu'elM
avait parfumés de ses vertus el remplis d«3i
bonnes oeuvres de sa chanté, L'Eglise f^i
sa f(>te le 15 février.
Ait APÉ ou CiiARiTÉ (sainte), fille de sainl|
Sophie, smur de sainte l'istis ou Foi, et d|
sainte Elfiis ou Espérance, cueillit la palinl
du martyre à liome , durant la perséculioo]
d'Adrien* Wartvrtséé avec ^es deux S4£uf
elle précéda au ciel sainte Sophie , sa mèrej
que les pirsécuteurs ne tirent mourir qtU
trois jours après. L'Ej^h>e fait sa îéio elcelldj
de ses sœurs, le 1" août,
AiiAPET [s;iint), diacre et martyr, fat mîêJ
Il mort en iSO, sous VakVien, avec iainiSixl ^1
e > niLiue temps que les saints diacre« Féli*
m
ACA
A6A
M
cissitne, Jûn?ier« Hagne^ Vincent, Etienne;
ils furent tous décapités. LTglise honore la
mémoire de tous ces saints le 6 août.
AGAPKT fsaint). est un de ces saints
liinrtyrs qui donnèrent à Dieu leur vie à la
ileur de leur Age et qui, plus amoureux des
choses du ciel que des illusions qui s'offrent
à nos yeux si riantes et si splendides quand
nous sommes encore au seuil de Texistence,
allèrent trouver au soin du Très-Haut la
source des félicités* , seules vraies , seules
grandes, seules dignes des ambitions du
ceur. Les paï(*ns arrêtèrent saint A.^apet à
Prén-^ste, aujourd'hui Paiestrine, etliiiOrept
souiTrir de cruelles tortures. Ou ite dit nas
ciimmont il consomma s<m sacrifice, bon
martyre eut lieu durant la persécution d'Au-
réliei). Lf'5 sacramentaires de saiit Gélase,
de saint Grégoire le GranJ, les martyioioges
de Bèie et cfe saint Jérôme, font mention (,e
lui avec grand honneur. Rien ne mérite, en
eiret,radmirat{on, rien n^cst touchant, comme
de voir ces jeunes tôles que le vent du Iré-
i»as iiiclne si vit<s surtout quand c*est vi>-
lontairement qu'elos se courbent sous son
aile. Le sacritice a toujours quelque chose
d'autant plus att^aidrissant , que la victime
est plus laible, plus jeune, plus douce, plus
ri'signée. Voir tomber une tête que la mort
doit b entôt nioissonner, ne touche jamais
autant que de voir tOii.ber celle sur la-
quelle se posent en couronne toutes les pro-
messes de ia vie, toutes les espérances, toutes
les illusions, qui dorent pour nous tous les
horizur^^ de 1 avenir. En W5, révi>que de
Besançon, Chélidoine , apporta de Rome le
chef du saint martyr et le oût dans réalise
de Sainl-£tienne. C'est Téglise de Saint-Jean
aui le possè ie aujourd'hui , Tarchevôque
lugues l'y ayant transféré vers le milieu
du xj* siècle. L*Eglise fait sa fête le 18 aoiU.
AGAPET (saint), martyr, recueillit la [>alme
du martyre à Héraclée en Thrace. La date
de son martyre est inconnue, il eut deux
compa^^ons de souffrances appelés Derus
et Bassus, et quarante autres dont on ignore
les noms. L'Eglise célebie ia mémoire de
ces saints le 30 novembre.
AGATHANGE (saint), martyr, fut rais à
mort pour la religion chrétienne, au coiu-
mencement du iv siècle , sous le règne et
durant la persécution de Dioc létien, le même
jour que saint Clément d'Ancyre et avec lui.
(Voy. U Quien. Or. Christ., 1. 1, p. 457.) II
est fêté i^ar TEglise le même jour que lui,
le â3 janvier.
AGATHANGE (Je bienheureux), martyr,
était supérieur des Capucins d'Egypte, que
le pape avait chargés de tâcher de rallumer
la loi en Abyssiaie, où la persL^cutioo de
BasiJides, tils de Mélcc-Segued^ lavait pres-
que éteinte depuis l'année 1632, époque à
laquelle ce prince avait succédé à son |)ère.
Le P. Agatbange s'empressa d'exécuter hîs
ordres qu'il avait reçus du pontife suprême.
U alla trouver le patriarche hérétique d'A-
lexandrie, et lui ex(iosa l'état déplorable de
FArménie, le priant de prendre en pitié les
catholiques qu'on y per5écutait avec une
violence inouïe. Il lui représenta que ce
malheureux pays était livré à un abonna qui,
sous tous rapports, était indigne de ce titre
et le conjura d'en envoyer un autre qui ne
fût ni un méchant homme ni un aventurier
comme celui que BasiliJes avait reçu. Lo
patriarche reçut fort bien les demandes du
P. Agatbange , il écrivit au Négous de trai-
ter les caiholiques avec moins de dureté,
nuis il sacra abonna l'abbé Marc , ami du
P. Agatbange. Ce dernier avait eu avec
l'abbé Marc plusieurs conférences, à la suite
desquelles il croyait lui avoir inspiré le dé-
sir de revenir à l'unité. Le P. Agatbange ,
jugeant les circonstances favorables pour
pénétrer en Abyssinie, s'adjoijjnit le P. Cas-
sien de Nantes, un de ses relijAieux, et s'em-
barqua avec un bâcha que le Grand Seigneur
envoyait à Souakim. A peine les deux capu-
ciiis eurent-ils mis le pied en Abyssinie,
qu'ils furent pris, quoiqu'ils eussent eu la
précaution de se déguiser en marchands
arméniens. Us furent conduits devant Marc,
le nouv 1 abonna. Cet abominable Judas les
reconnut et dit que c'étaient des prêtres ca-
tholiques romains, ennemis de la foi d'A-
lexandrie, et qu'ils venaient en Abyssinie
pour y détruire la religion reçue depuis tant
de siècles. Dans la bouche de cet nomme ,
de semblables paroles avaient la valeur d'un
arrêt de mort, il ie savait bien quand il les
prononça, aussi les deux missionnaires fu-
rent immédiatement saisis par la populace
et lapidés. L'aboima récompensa ainsi le
P. Agatbange de la vive amitié qu'il lui avait
montrée et de la dignité qu'il lui avait pro-
curée, en le faisant choisir par le patriarche.
La mort de nos deux saints arriva en 1638.
Le P. Agatbange était né à Vendôme en
France.
AGATHE (sainte), vierge et martyre, souf-
frit à Catane pour la foi chrétienne sous
l.empire du cruel empereur Dèce,et sous
un juge nommé Quintien. Ses actes sont de
ceux que Bollandus, ordinairement si facile
dans ses jugements, déclare mauvais et peu
authentiques. Tillemont déclare , lui , qu'il
se contente des raisons de Bollandus. lout
le ri spect que nous avons pour de si puis-
santes autorités ne peut nous empêcher, on
lisant ces actes, d'éprouver des sentiments ,
dvs émotions, qui nous constituent une opi-
nion personnelle différente de la leur. Pré-
tendre que les nanateurs n'aient pas un
peu embelli , c'est ce que nous ne ferons
pas. Mais sous cette broderie de la forme
et des détails , le fond nous apparaît ex-
trêmement grave et certain. Les faits ra-
contés sont complUement d'accord avec
ce génie de la persécution dont s'insni raient
les ennemis des chrétiens, et avec les pas-
sions qui forment le triste apanage de no-
tre humanité. Quintien nous y est révélé
sous un jour vrai et saisissant de naturel.
Qu'on trouve ses procédés, è part son rôle
de persécuteur, ignobles et grossiers, en ce
qui concerne sa passion , nous en conve-
nons ; certes, trop souvent Vignoble el le
grossier viennent affliger notre regard»
109
kùk
AGA
loi
quand nous étudions la nature humaine. Est-
ce, par îiasard, la délicatesse dans le vice que
nos comradicleurs voudraient trouver ici
pour admcitre le rôle de ce vice dans l'his--
toire fpjtî nous occupe t Mais Quintien n'é-
tait pas un homme qui voulût plaire, qui
jirétendlt exercer une séduction a l'égard
di* la sainte : nf>n, c'était un nomme cor-
roujpu» qui ne voulait iju une victime à sa con-
voitise. Il voulait le corps sans s'inquiéter dV
voir le cœur* Certes s*il eût eu d'autres inten-
tions, il eût agi autrement à l'égard de la sain-
te : il l'eût prise chez lui nu placée dans un
lien où les prévenances, les attentions et les
égards de toutes sortes l'auraient eniourée,
au lieu de la mettre dans une maison fiubli-
que, chez des femmes de mauvaise vie. Ceux
qui étudient le monde réel, tel que mal-
heureusement il est toujours, savent qu'il
est remfïli de ces hommes de chair et de
sang, qui ne voient dans une passion que
le c6té brutal à satisfaire. Ces hommes ,
qu'il nous soit permis de le dire eu pas-
sant, sont pour rinnocence et la vertu
les iitoitfs dangereux de tous. Jamais, pour
notre compte, nous ne ferons comme cer-
tains actes (jui attribuent à des saintes un
grand mérite pour avoir résisté dans de
telles circonstances. Les épreuves auxquel-
les on les soumettait eu pareil cas ne sont
point dignes de se nommer des tentations:
c'étaient simplement des supplices outra-
geants c|u*elles avaient à subir. Qu'une
lemme ait un mérite réel à garder sa vertu ,
auand elle est exposée aux tentations dont
1 entoure une passion (toujours coupable,
nous le savons) qui veut arriver à son but
fïar la délicatesse des manières > par les sol-
icitations du cceur, nous Tadmetlons; mais
nous ne croyons jpas qu'il faille grand eïïbrl
de vertu à une femme bien élevée, douée
de sentiments nobles et grands pour résister
àuu corrupteur grossier et brutal qui, pour
{)remier moyeu de séduction ^ commence par
a mettre eii mauvais lieu, et par la faiie
solliciter en sa faveur par des femmes qui
font métier de leurs charmes. Qu'elle éprou-
ve de l'indignation, du dégoût, que sa pu-
deur ail à souffrir malérjellement, cela se
conçoit. Mais, par respect pour elle, nous
n admettons pas que son cœur puisse 6tre
etlîeuré seulement. C'est une tleur qu'on
aura beau jeter dans la fange , on ne par-
viendra jamais à tiiire quelle participe d« sa
nature. Aussi nous devons, puisque nous
sommes en train de digression, nous de-
vons rappeler ici cette liistoire d*un saint
cjue les persécuteurs iîrent placer dans un
jardin rempli de tleurs et plein des séduc-
tions qui entrent dans Tâmepar les sens,
attaché sur un lit moelleux , et qu'ils tirent
tenter par une ûUe de mauvaise vie. L'his-
toire raconte que, pour éteindre en lui les
révoltes de la chair et déconcerter la tenta-
Incî , le saint se broya la langue avec les
deots , et la lui cracha au visage. Ah! sans
doute, l'argile de laquelle DifU se sert pour
pétrir lliumanité, n'est pas la même pour
chacun de nous ; mais enlùi on ne uouspev*
suadera guère qu*un saint qui avec tout le
courage de sa foi a supporté les tourraentSt
puisse se laisser tenter par une courtisane,
qui vient d'ofïici* pourle séduire. La tentation
en général, naît dans le cœur pour ce qu'il
convoite, le regardant comme digne de ses
désirs. Il n'en est autrement que chez les
individus qw3 le vice a déjà dégradés. L'art
a déjà été de nntre avis. Anciennement, les
peintres représentant la tentation de saint
Antoine plaçaient autour de lui des tenta-
trices à figures hideuses, avec des coîîies
sur la tête. C'était le diable habillé en fem-
me, avec tous ses attributs filus ou moins
apparents. Si c'est la forme aue prit le dé-
mon pour tenter le saint anacnoréte, it faut
convenir qu'il fut bien ma! inspiré ou qu'il
se fit d'étranges idées sur les séductions
que pouvait laire son propre visage. Le
saint dut rire et se moquer uuo diable aus-
si peu avisé; mais être tenté, non, cent
mille fois non 1 Certes, les hallucinations
que le diable envoya au saint, ou, si Von veut,
la forme qu'il prit, n'eurent rien de ce que
nous venons de dire. Le peintre qui, cette
année, a peint pour le salon (184il^ une ten-
tation de saint Antoine, a été, bien mieux
que ses prédécesseurs, dans la vérité* 11 a
entouré le saint de femmes charmantes,
créatures délicieuses qui rappellent les plus
beaux types de rhumauite. Toutes sont
charmantes de forme, attrayantes de pudeur
et de grâces naïves. Si le diable les poussait,
il avait du moins Thabiletédc ne pas se mon-
trer. Résumons-nous : pour qu'il y ait lenta-
tion^ il faut qu'il y ait un objet digne de
tenter. Encore une fois, nous ne pouvons
partager l'admiration de ceux qui trouvent
les saints éminemment vertueux, pour avoir
résisté à iles séductions de (illes publiques
et de femmes qui vendent les charmes d au-
trui. Voilà une digression qui aura peut-être
un succès de scandale. Si nos lecteurs veulent
faire de toutes les légendes et de toutes les
interprétations qui touchent les saints, une
sorte d'arche sainte que jamais la critique
et la raison ne puissent toucher, nous se-
rons jugé sévèrement. Mais si, eu hommes sa-
ges, ils veulent se donner la peme de chercher
la vérité en interrogeant le cœur humain, tel
qu'il est, nous serons absous. Nous disons
la vérité. Loin de nous d'avoir voulu faire
autre chose* Le plus grand respect possible
pour la vérité, c'est de la dire.
Nous sommes bien min de sainte Agathe »
revenons-y. Ses actes sont des fil us beaux que
nous trouvions dans les Vies des saints. Nous
allons les donner en les émondant des sur-
charges Que lesornementisles y ont mises.
Les villes de Palerme et deCatane se dis-
putent la gloiie d'avoir donné naissance è
sainte Agathe. Boltandus a cité en plus de
quatre-vingts articles les prétentions de l'une
et de l'autre, pour conclure qu'il ne sait que
décider. Il valait mieux conclure sans les
quatre-vingts articles. Pour couper le nœud
gordien de celte difliculté, disons aux hfibi-
tants de ces deux villes que les saints sont
concitoyens de tous ceux qui suivent sur la
rm
AGA
AGA
106
terre la roie qu'ils ont tracée, et qu*ils ne
se souvienneul plus au ciel, quand ils regar-
' dent ceux qji^ils protègent et qui les implo-
rent, des délimitations qui font ici-bas les
citoyens et les peuples* Dans !a vérité, dans
Ja sainteté, dans les vertus, tous les hoinnies
f sont frères et concitoyens. Les limites sont
ILâlies à cause de nos imperfections» jamais
[è cause de nos vertus. Ce qu'il y a de posi-
J tivement certain, c'est que ce fut dans la ville
[de Câtane que sainte Agathe souffrit le niar-
fljTe. Elle ^lait d'une famille riche et noble.
fiîlle avait une excessive beault% cette ri-
chesse des femmes que notre époque met
[au-dessus des autres. Dès sa jeunesse elle
Vrésolui de se consacrer h Dieu. Sans doute,
[belle, jeune et riches elle eut à soutenir
[contre les séductions du monde et contre
rcelies de son cceur bien des combats. Mais
iDieu étendit sur son innocence Tombre de
[sa protection. Il est des fleurs de sainteté
ne Dieu protège» ce sont les lis des vallées
Iqu'il abrite contre les feux du soleil et qui
ardent leur blancheur veloutée jusqu'au
ïr. Leur naissance a lieu loin des regards
lu monde, leur existence est un mystère;
Is vivent dans une àlmosphére parfumée,
H quand ils meurent, c'est un veut du soir
|ui emporte leurs pétales vers les sommets
roisins. Sainte Agathe eût vécu et lini
}mme Tun d'eux, si la persécution ne fût
as venue violer son refuge.
L*infâme Dèce venait de monter sur k^
rône en assassinant celui qui roccupait; il
ivait soulevé une violente persécution con-
tre les chrétiens. Qwintien,consulairt% gou-
ternait la Sicile. 11 connaissait Agathe, et
me passion désordonné»^ imur elle s'était
rée de lui. Saint Méthode dit que la
.. fut obligée do se retirer de Catanc
ralerme, pour éviter les pièges (nous gar-
ions l'expression textuelle) que ce gouver-
leur dressait à sa chasteté. Sans doute Quin-
îpn, ce passage le inouvc, til cequ il put pour
'diiire Agathe, avant d'en venir aux moyens
îolenls qu'il eiiiploya plus tard. Ses obses-
iions,ses insistances, tout fut inutile, Agathe
oyant qu'il roiiblierait peut-être changea
! résidence. Comme nousVenons de le dire,
Slle se réfugia h l'alerme. Mais hélas ! ses
Révisions furent trompées : l'innocence sa-
se si facilement 1 (Juiutien, voyant sa pas-
ion repoussée, trouva dans son amour-pro--
re blessé les éléments d'une liaine furieuse*
Payant pu réussir dans si.'s premiers des-
sins, il crut que les édits que Dèce venait
le lancer contre les clirétiens lui seraient
bn excellent moyen de s'emparer de sa vic-
Sroe, et de la réduire à ses volontés. Il la lit
lonc arrêter comme chrétienne. Quand on
rint pour la prendre, ehe obtint de renlrer
în instant dans sa chambre, et lit h Dieu
^elte prière que nous trouvons dans ses ac-
<t lésus-Christ, seigneur et maitre de
Dûtes choses, vous voyez mon cœur; vous
avez quel est mon désir ; soyeï seul le pos-
esseur de tout ce que je suis, et conservez-
rioi contre le tyran, » Durant la route, elle
îa constamment pour que Dieu lui fît la
DlGTIOSN. DliS PKBSÉCtTlOK». 1,
grâce de persévérer, et surtout d'avoir lu
force de supporter les combats auxquels elle
allait être exposée. Arrivée à Catane, elle
fut placée par Quintien chez une femme
nommée Aphrodite ou Anhrodisie, gui, avec
neuflilles qu'elle avait coez elle, faisait pro-
fession d'impudicité* La sainte fut dans cet
infâme repan^e exposée h tontes les sollici*
tations possibles, et sa chasteté y souffrit de
mille manières. Nous avons dit^ dans le com-
mencetnent de cet article, pourquoi nous ne
voulions pas dire qu'elle y cul à supporter
des teniations, 11 est des situations ijui ne les
comportent pas. Pour rhonneur de la sainte,
nous croyons que celle-ci est du nombre.
Sou indignation hii fut un refuge, et elle sut
placer son âme assez haut pour que toutes
ces infamies n'arrivassent jïas jusqu'à elle.
Ses jours et ses nuits se passaient en priè-
res ; le martyre était Tobjet de ses désirs les
plus ardents.
Quintien, voyant qu'Aphrodisie avait inu-
tilement employé tous les moyens qu elle
était capable de 'mettre en ouvre, ht amener
la sainte dans son prétoire. Agathe y ht uno
solennelle profession de la foi, et fut amenée
par le iuge h dire celte belle parole, que la
plus illustre noblesse con.siste a être 1 hum-
ble serviteur de Dieu. Quintien la messant
d'adorer les faux dieux» la sainte lui demanda
s'il trouverait bon riue sa femme ressemblât
à Vénus , et s'il voudrait ressembler lui-
m«Mne à Jupiter. Anivé au paroxysme de la
fureur, cet ignoble juge la fil souilleler par
les bourreaux. 11 y a, Dieu le veut ainsi, des
outrages oui rejaillissent vers celui qui les
envoie. L'oomme fort et Tautorilé se brisent
ou se dégradent quand ils s'attaquent à Ja
puissance de la faiblesse, Lliomme qui
irappe une femnje, un prêtre, un ennemi
vaincu, se déshonore. M y a des êtres qui,
dans certaiîies situations» sont revêtus du
caractère sacré de la faiblesse, qui leur fait
une telle arnnn-e qu'on peut du e à la foii»
honte et malheur à qui les touche. Quintien la
Ulaprès reconduire en prison. Quand la vierge
insultée entra dans cette prison, la pierre du
seuil s'amollît sous ses pieds, comme si elle
se fût abaissée sous cette femme ainsi gran-
die par Toutrage. Aujourd'hui encore on
%'ort celte empreinte à la porte de cette
m Orne prison convertie en chapelle, t'e fait,
absent des actes, se trouve dans saint Mé-
thode.
Le lendemain, Quintien la fit ramener de-
vant luit et lui demanda si elle avait songé
au moyen deSHuver sa vie. La sainte répon-
dit : « Jésus-Clïrist esl ma vie et mon salut. ï»
Alors il hi lit étendre sur le chevalet, et or-
donna qu'on lui donnât la queslioi avec les
formes Oïtiinaires. Agathe soullVit les tour-
ments , non-seulement avec courage, mais
encore avec joie. De plus eo plus irrité,
Quintien ordonna qu'on la tourmentât long-
lenq>s aux seins, et ensuite les lui tit cou-
per. Dans ce lait atroce, îl y a pour nous»
physiologiste, plus que de la cruauté, iî y a
la féroce jouissance de la passion qui hq
venge en s assouvissant à sa manière. Pour
1
107
AGÂ
lu
id
iijiUceYoir cela» il fttut connaîire !e cœur hu-
m^m dans ses replis les plus pi ofoiids. Quio-
Ueu Ut n-^coinluire A^^alfte dans sa prison, en
déieoiidaiil {jiron pansât se$ plfiie.s. Dieu gu(5'
rit ixiîntcalviisemertt Aj^athe daus f^ nuit
ûièrue. On dit que toute la nuit lecar:hotfat
reintii d^unu vive linuière, el que les pii-
iionriJors iiui étaient erichaniés tandis qu'A-
gathe ne l étRil pas, lui conseillaient de s'en-
fuir. iMais elle leur dit : Croyez-vous donc
que je veuille perdre le prix de uies coin-
bids el renoncer à ma couronne? Croyez-
vous que je veuille êU'e cause que luon
évâ^àiïon fasse mourir ou emprisonner mes
tjurdieiis? Elle relusa.
Au bout de quatre îours, Quintien la fit
amener devant lui, et la Ut rouler toute nue
sur de> morceaux de pots cassés, mêlés de
charbons ardents. Les acle^ disent que la
sainte ne sentit aucune douleur; ils ajoutent
3ue, pendant son su[>pliçe, un tremblement
eteire oui lieu, et qu'un pan de yun^*il^e
en lombanl i^crasa l'assesseur de Quintien
et un de ses amis; le premier nommé Sil-
vaui, et le second Falcone.
lievenoe en prison , la sainte leva les
mains au ciel, el après avoir rendu grâces à
Dieu de Tavoir fortitiée contre les tourments,
de lui avoir ôié Tainour des choses d'ici-
bas, et de la vie terrestre, elle le pria ins-
tamment de la retirer du monde. Dieu
Texaujja, et comme Sa prière Unis>ait, son
âme s envola vers lui.
Ainsi la tlaujme qui dévore un parfum se
balance oscillante sur son clerner vestigu.
Elle semble domier un l)a!ser au foyer qui
l'alimentait, |iuis elle monte au ciel invisi-
ble comme un soupir ou cmume un arij^e
qui passe. Après la mort de la sainte, la jus-
tice de Dieu se Ut. Quintien s'empara des
biens d^Ai^athe, el s'étant ïiiis en chemin
pour les aller visiter, il entra dans un ba-
teau pour [lasser la nviére nommée Jarelte.
L'un de ses chevaux le mordit à la j^or^^e, et
an aiiir" le jeta d'un coup de pied a la ri-
vlCre. Son corfts alla se perdre dans la mer.
Après la JuNticc, la miséricorde. Un an
plus fard, !*lLtna gi'uudail ife ce bruit précur-
seur des cala< lys-ucs; les habitants eiftayés
fuyaient. Déjà le cratère vomil sa lave, les
champs el les h'tbilatious vuul être englou-
tis, Un vnilu, pris sur la tombe île la sainte,
est apiiorté par les Udèlcs, pour servir de
barrière au torrent de feu. boudai n il s'ar-
rête, les feux souterrains s*apai^cnt, et le
fleuve de feu re itre dans son lit. Bien des
fois, dit-on, depuis cette époque, un tel mi-
racle s*est renouvelé.
SaiiUe Agailie mourut le 5 février, jour
auquel lEgliSi* cckbie sa fêle. Ses rrhipies,
portét^Sf^Constantiiiojile en lOiO» furent rap-
portées h Cata îê en lilh
AGATHiUS, ciaîl proconsul i Sora, sous
le rè^jnc de romiiereur Aurélien; il tit souf-
frir le martyre à sainte UesVilute, qui fut dé-
capitée, par son ordre, en rhonneur de la
reliriion chréUenna.
AGA THOCLIE {Sàihie), martyre, était ser-
vante dVûÉ) femme païenne. Elle était
espagnole et sot lait d'une famille pauvre.
Etant eiitrée au service d'une d-Uûc riche t
attachée comme elle au culte des idoles,» elle
s'y montra légère, inconsidérée, tant qu'elle
servit les ïim\ dieux. Plus lard, ayant iié
convertie h la foi par une antre servant^,
elle changea enlièrement die conduite. Sa
maîtresse, voulant la taire renoncer à sa foi,
la Ut fouetter d'al*ord chez elle, mais inuii-
liment. Voyant que ses etTorts étaient vains,
elle la Ut conduire deva'it le juge, qui la fit
cruellement déchirer. On lui cbupa la langue,
et elle fut enUn jetée dans un brasier. Ou
ignore la date et le li^^n île son martyre.^
L'Eglise honore sa mémoire le 17 sep-
tembre.
Ai.ATHODOUE (saint), martyr, mourut
sons Tempire de Dèce, m 251, sous le pro-
consul Valère, dans la ville lie Sardes. Ce
saiiit ét;til au service de 5aint Carp •, évéqUe
de Thyatires, lequel i\vvh été arrêté avec son
diacre Papyle, et èouduil devant le proron-
sul, qui Tes av;iit fi il conduire à S-irdes.
Agathodore n'avait pas voulu les quitter, et
celle (idélit[% ce beau dévouement, lui méri-
tèrent le bontieur d'être persécuté comnie
eux et mis ,i mort pour la foi. Valère le tit
rruellenieiit déchirer à coups de nerf dô
bœuf Le saint mourut dans ce supplice. Le
féroce pruconsul ordonna que son corps fût
jeté aux chiens, mais des tidèles renlevèrent
la nuit el, Tayaut cnsi^veli, le déposèrent
d^ns une caverne. La fête de ce saint mai tyr
arrive, avec celle de ses compagnons, le 13
avril.
AGATHODORE (saint), martyr, eut k
gloire de répandre son sang pour la foi» D
était évéque dans la Chersonèse. 11 eût
pou comi»agnons de ses lorlures les saints
évèques Basile, Eugène, Elpide, El hère, Ca-
piton, Ephrcju, Nt'slor et Arcade. On ignora
la date à taquede eut heu ce martyre. L*E-
glise célèbre la mémoire de ces saints évè-
ques le ^mars.
ACiAlHON (saintL était homme de guerre,
et servait à Alexandrie, dans les armées im-
périales, du temps de J'euipcreur Dèce. Ay^'înl
eu o^^casion de témoigner snn inJij^n.tlion
contre des païens qui Ira tai^nt avec irré-
vérence les corp*". de plusieurs saints niai*-
tyis qui vena eut de tomber vieiimes de la
persécution, il ne recula pas devant rirnmi-
nenco du danger que cet acte cuura^eu^ ap-
pelait sur sa tète. Il empêcha ces profana-
teurs lie continuer. Lefa excita conlre lai
uru^ de ces émeutes pojiulain s, si commu-
nes dans ces li inps niai heureux. Il fut mal-
lra»lé» arrêté et conduit devant le tùge, T
ayaut persisté à ronl'cssLT Jésus-Chrisl, il
eut ta tête iranctiée, et consomma amsi soû
sacriUL'c, en recevant ie prix mérité de son
courage. L^Ei^ltsé tic^nore sa mémou'O le 1
décembre.
Ali A THON jsaint), nommé comme martjVr
dans un grano Uombrc d'actes et de marty-
rologes, confessa généreusement la toi h
TbessàloEiqaai dû l'an da Tère diréiienjie
w,% I
. Sûsaclès im sont coppiuns avec mainte
Uapeei ses compagnes. (Tat/cz'hs.) L'Eglise
Sonore la mémuire de taos ces saints le 3
ïyrïL
ÀGATHON (saint)* est inscrit au Martyre*
pge rOŒfdin le quatorzième jour iiu mois
^('"février. M eut pour couipagiions de son
jarlyr^t sur lequel lious ï rivons point de
^iails, les saints Cyrion, Bassien et Moïse,
js lurent télés dans un brasier ardent, où îis
lyurent la couronne du martyre, L' Eglise
jnore leur glorieuse nit^moirele iï février.
AfiATl- 1 ^ lint], mourut, en Sicile, vif-
îmf^ orii pmrr h défense de Fa foi
r lore en quelie année. Il eut»
i io son martyre, sainte Tri-
fhme, que l'Ei^trse honore avec loi le
jiiiiJet,
AGATIïONÎOrE (sitint), martyr, tomba
lorieusement vietime de la per>écutiOD de
làiimienr ^ Nii-omédie, iiondamné h la
capitale, avec saint Zoiique, comfia-
I d ' Sfs souff ance^ et de son triomphe,
fè président Eutholome. I/Egliso honore
I mémoire le 22 août.
AGATHdNÏQljE (sainte), martyre à Per-
game, sous Te m pire de Dèee, en 25 1, avait
liti soii frère saint Crirpe, év$r[ne de
^Thvôtires, dobord h Sondes, où !e proconsul
Galère l'avait lait conduire, et ensuite h Per-
Ifame. Quand elle vit son frère dans le bû-
içher 011 l'avait fait jeter le procoiisuj, elle
l$\v pr/.ririîr/i avec Jui et y fut consumée.
JL'E. Nafôte en même ienips «tue celle
Ide s-'xi 1. . .- , le 13 avril* A propos de cf' lait
Comme, à regard de sainte Apollonie, il fimt
i liécessairemefU admettre rinlervention d'une
[inspir.-Ulon divine, |>orloit >^inte Agatlioii-
[que ^ agir comnie elle la fait, dutremenl
nous ne saurions Conimeut eicuser une ac-
tion qui serait uti suictde et rien de plus.
l)ieu ne permet pas, d*apr6s les règbïs corn-
[Oiunc>, qu'un individu, quel qu'il soit, dis-
[pose ainsi de son existence. Sans cela, au
[peu démettre Agathonique au nombre ((es
'Stïîntes et des mutyr s, rE^lise euit (dâuié
f lent sa conduite. {Yo^, Carpe de
i ^ es.)
Àg ATHOPODÊ (saint), martyr, était diacre
f T' Miouiqne. il v cuedbt la (lalme du
avet" Tliéodule, qui était leeteur. Ce
iui ^uuî>^em[)e^enr Md\imien et le pi"és;dent
Faustin qu'on les jeta dais la mer avec une
iU cou. La date de leur martyre est
. C^esl le k avrd que I Eglise célèbie
i^te,
ÂATUUSj Tun des trenle-sepl martyrs
ïs qui donnèrent leur sang pour la
çgyple et desquais Ruinât t a laissé
I aulhenliques. Voy, Mautyrs (les
*V^i égyptiens,
AGATOPE (saint), martyr, eut la gloire de
niirîr pour Jésus-Cbrist, en Crùte, dans la
I Gortyne, sous le régie de Dèce,
I» (jersécution si terrible que ce
prit e alluma çoftlre rEgbse* Il fat
^<? avoir ^oullert d'horribles lonr-
iiTivé U ^ décemijre. Saint
inr
.i/.,
Agatope çst l'uri dës dix martyrs de Crète,
IVqij, MiJiTYRs de Crète. )
A(} AUN6 {Àgaunum} , aujourd'hui Saint-
Maurice, ville de Jouisse, céîùbré jiar le mar-
tyre que saint Maurice y snhtt en 286, avec
toute sa légion, par ordre dcMasimien» col-
lègue de I)idi:létien*
AGEN, ville de France (chef-lieu du dé-
partement de Lot-et-Garonnu), Anciennement
Afjinum, capitale des Nillobnges, fut témoin
du ujai tyre de sainte Foi et de ses t ompa-
gnons, sous le règne de Dioelélien et de
Ma ii mien, et sous le gouverneur bacien.
Sainte Foi auparlenait à une des prejnièies
familles de fa ville. Agen possède encore les
relitjnes de ces glorieux martyrs, compagnons
de Si(inte FoL Ceîies de i^amte Foi ont été
transférées à plusieurs reprises eu d'autres
lieux. Vofjez Foi (sainte;. Quelque temps
après, saint Çaprais, qui s'était caché dans
une caverne |ionr éviter la perséculipn, ayant
appris de quelle manière sainte Foi avait
combattu pour Jésus-Christ, se rendit au lieu
où un {lersét utaît, c'est-^à^dire h Agen, et y
reçut la glorieuse couroHie qu'il ambition-
nait. Voy. CAPiuJs{saintJ.
AGtiÈE (saint), lut immolé pour la foi
chrétienne à Bologne, du temps de Temper-
reur romain Maximien, avec les saints Her-
mès et trains. L'Eglise vénère la mémoire
de ces saints martyrs le V janvier.
AGiilAS (saint), uiartyr, Ton des quarante
martyrs de hébaste sous Lieinius. (Fo^. Màii-
iyas de Sébaste*)
AGILE E (saint), martyr^ eut la gloire de
Verser son sang pour la confussion de la foi.
Les martyrologes ne donnent aucun délai!
sur son martyre î on sait seulement qu'il e^l
lieu h Cartilage. Ce saint martyr n'est connu
que par un sermon que saint Augustin fit
sur lui au peuple* L Eglise honore la mé*
moire de ce saint martyr le la octobre.
AGLJBEHT(sainl), martyr, originaire, com*
me saint Agoard, des bords du iUiirt, vînt
habit'jr Ciéteil avec lui. M dut également
la connaissance de TEvangile aux prédica-
tions de saint Altin et de saint Goald. D*ms
un excès de itèie, ayant un jour renversé un
lernph* d'idoles, il fut l ué, ainsi qu'une troupe
de chrétiens qui Taeiompa^^naient, par ordre
dugrmvei'neur qui était [»aiLii; d autres pré-
tendent qu'il lut jtiarl>iisé par les Vandales.
On pliiccgéiéralemenison martyre vers Trn
kQU de Jésus'ClnisL Ses t cliques, comme
celles de saint Agoard, sont gardées dans-eux
châsses précieuses, [dacées dans une église
qui a été bAtie sur leur tombeau* Il est ins-
crit sous la date du ±^jml au Mart^*roîoge
rouiain, quo;quaCréteil et dans tout le dio-
ce e de Paris, sa fête ne soit célébrée que
le 2a.
AGNAN (saint), martyr, était diacre à TE-
glise d'Antiocbc^. Il so'ulfrit le martyre avec
saint Démètns évèque de cette ville, saint
Eustose et vingt autres saints martyrs. On
ignore répoL|ue. L'Eglise fait ieui- lete le Ift
novembre.
A'iNÈS (sainte;, vierje et niartyré, tomL^
victime dé la pt^rséciition d« Dioclétita, «a
1
fil AGN
1 aii de Jésus-Christ 304. Elle n'avait alors
que douze ou treize ans. Native de Rome,
elle appartenait à une famille illustre et des
plus haut placées. Ce aui le prouve, c est celte
circonstance relatée cians ses actes, que ïe
fils du préfet de Rome voulait Tépouser, Elhj
ne voulut' jamais y consentir, parce qu'olln
avait voué sa virginité au Seigneur. Ce fut
la cause de son martyre, soit que cela attirât
sur elle Tattentionj soit aue le (ils du prélet
Teût dénoncée, comme cela arrivait souvent
en pareille circonstance. Elle soufirit coura-
f^eusement les chaînes de fer dont ou la
chargea. Elle raéprisa également elles cares-
ses et les menaces qu'on lui fit pour Tobliger
de renoncer à la foi. Elle fit voir qu*elle était
prête d'endurer [ïlutôt toutes sortes de sup-
plices et le feu même dont le juge la mena-
çait. On la traîna par force aux autels des dé-
mons, mais étenaant ses mains vers Jésus-
Christ, elle éleva lelrophéedela croix parmi
ces brasiers sacrilèges. Alors le juge croyant
qu'elle serait plus sensible à la perte de sa
tmasteté qu*àlous les supplices, lui dit que
si. elle n adorait Minerve et ne lui deman-
dait pardon, il l'exposerait h fimpudicité dy
la jeunesse. Mais elle ne s'épouvanta pas de
cette menace , mettant toute sa confiance en
Jésus-Christ, qui était le protecteur de sa
chasteté, et elle ne manqua pas d'éprouver
son assistance. Ses actes disent qu'a^'^iiK été
exposée toute nue, elle fut couverte miracu-
leusement de ses cheveux. D«mase semble
marquer la même chose, mais Prudence ni
saint Ambroise n'en disent rien. Tout le
monde, dit Prudence, détournait la vue du
lieu public où on Tavait exposée, hormis un
jeune homme qui la regardait d*une manière
moins chaste. %lms un éclat de feu vint com-
me un coup de ïoudre frapper les yeux de
cet impudent et le renversa par terre aveu-
gle et à demi-mort. Ses conipagnons rem-
portèrent en pleurant, pendant que la sainte
chantait des hymnes <H Jésus-Christ. Il y en
a qui disent qu'elle pria Dieu [>our ce mal-
heureux et lui rendit la santé avec la vue.
Ainsi elle conserva sa chasteté au milieu des
plus grands dangers. Ses actes nViublreni pas
cet événement, mais le racontent d'une ma-
nière bien dilTérente.
A cette première couronne sainte Agnès
eu ajouta bientôt une autre ; car le persécu-
teur se voyant vaincu la condamna à la mort.
Elle fut ravie de joie quand elle vil Texécu^
teur. Elle alla au lieu de lexécution avec
plus de plaisir et de promptitude qu'une au-
tre nuirait au lit nuptial. Elle courut h la
mort, allant non à la mort, mais à l'immor-
talité. Elle parut seule les yeux secs pendant
que tout le monde la pleurait. Elle a eni cura
sans crainte, quoique l'exécuteur Iremblilt et
Clft de frayeur. Elle fit sa prière et baissa
Cuu, tant pour adorer Jésus-Christ que |*our
recevoir plus aisément une plaie si favorable,
el enfm elh^ s'envola au ciel sans ressentir
aucune douleur, lexécuteur lui ayant tran-
ché la tète d*un seul coup.
Son martyre arriva le 21 de janvier, comme
on peut le conjecturer de sa fête, qui se fai-
kQH
m
sail ce jour-là dès le iv* siècle^ selon Tancien
calendrier de Bûcher i us. Saint Augustin
témoigne aussi que le jour de son martyre
était celui delà fête de saint Fruclueiix, qui
a souffert le 21 do janvier, selon ses actes.
La fête de sainte Agnès est aussi marquée
ce jour-là dans le Calendrier de TEglise d'A-
frique, dans les martyrologes de saint Jéri^ me,
dans Bède et les autres postérieurs. Elle Test
encore dans le Sacramenlaire de saint Gré-
goirCj dans le Calendrier du P. Fronto, dans
le Missel romain de Thomasius* Elle a aussi
son ollice (ïropre dans le Missel des Gaules,
donné par le môme auteur^ et il n y a point
d^Eglise parmi les Latins qui n en fasse au-
jourd'hui roflîce. Il semble qu*on en ait fait
autrefois quelque mémoire le 18 octobre,
peut-être |)Our lu dédicace de quelque église
de son nom. Les (irecs en Ibnt aussi le 2i
janvier, et encore le 14 du même mois et le
5 juillet.
AGNÈS .(la bienheureuse) , martyr*? au Ja-
pon avec Jeanne, sa belle-mère, Aîadeleine,
veuve de Minami, et Louis, fils adoptif de
cette dernière et de son mari, épouse de Ta-
i;uenda, mourut pour Jésus-Christ en ranoée
1(502. On peut voir aux titres de Minami et de
Tacuenda comment ces saintes femmes les
encouragèrent au njartyre, comment la mère
et réponse de Tacuenda furent les courageux
témoins de sa mort. L'arrêt, qui avait pro-
noncé la peine caiiitale contre ces deux saints,
condamnait les saintes que nous venons de
nommer h être crucifiées. A|îrès la mort de
Tacuenda, Jeanne et Agnès venaient de pas-
ser dans un cabinet attenant à la chambre où
Texéculion avait eu lieu. Elles avaient avec
elles la tète du saint martyr, elles Tembras-
saient et la couvraient "dt larmes. Tout à
coup un bonheur inattendu leur fut donné.
Mauelèine, fenmiede .Minami, entra avec le
petit Louis, enfant âgé de 7 ou 8 ans, qu\dle
et son mari avaient adopté. Elle leur dit
qu'elle venait partager avec elles le bonheur
de mourir pour la foi et leur annonça que le
lendemain elles allaieiu être crucifiées. On
peut voir au litre Jfanne le détail de leur
martvTe. Agnès fut martyrisée la dernière.
Sa jeunesse, Téclatante beauté qui resplen-
dissait en elle, son extrême douceur, atten-
drissaient tous les assistants. Elle demeurait
mieux et jîria les soldats de laider. Mais la
modestie, mais la grâce tm elle fit voir d/»ns
cette circonstance, achevèrent de Sui gagner
tous les cœurs : les soldats refusèrent de la
sunplicier. Ce furent quelques misérables de
la lie du peuple, qui, dans Fespoir du gain,
remplirent cet oftice.- Inhabiles à se servir
de la lanc^, ils lui. en portèrent un très-grand
nombre de coups avant de la tuer.
At;NÈS,belle-tilIedu prince Jean, troisième
fils de Nounou, régulu diinois, souffrit lexil
pour lafoi en 1124, avec toute sa famille, sous
l'empereur Yoflg-Tchmg. On les envoya
à Yeou-Oué, petite bourgade de la Tartarie,
au delà de la grande muraille, à plus de 80
il3
AGH
^AGR
tu
lieaes de Pékin. {Voiî\ jpour tous les détails
de celeiil, les articles houNou el Chine.)
AGNÈS (la priDcesse), belk-fille du prince
François Xavier, ûls aîné de Sounou-Peylé
(régu/o de 3* ordre à la cour de Pékin), par-
tagea Texil auquel reoipereur Yong-Ttliing
condamna toute sa faoïille, pour la foi, en
il'2^. On sait (jue toute cette famille si nom-
breuse fut exilée à Yeou-Oué, poste mili-
taire en Tartarie, h IK) lieues de Pékin, au
delà do ïa grande muraille. La veille du dé-
part pour l'eiil, cette princesse communia
avec Xavier, Thérèse» sa femme, et leur se-
cond fils Pierre. (Pour les détails, voir les
arlicles Sounou et CaiyE.)
AGOXRD (saint), martyr, ét^iit originaire
des bords du Rhin, 11 vint, avee saint Agli-
berl, son compatriote, hal^iter Créteil, prés
Paris, Les prédications de saint Altin et de
saint Cuald les amenèrent à la connaissance
de l'Evangile. Ayant un jour, dans ua excès
de zèle, renversé un temple d'idoles, ils fu-
rent tous deux tués par ordre du jg^ouver-
neur, qui était paicn, avec une troupe de
chrétiens qu'on arrêta avec eux* Quelques-
uns disent que ce furent les Vandales qui les
martyrisèrent. On s*accorde géneraleinenl à
placer leur martyre yevs l*an 400 de Jésus*
Lhrist. Une église a été bâtie sur leur tom-
beau. On y garde encore leurs reliques dans
deux châsses précieuses/rous deux sont ins-
crits au Martyrologe romain , sous la date
du ^ï juin , mais leur fête n*est célébrée que
le 25 à Paris, dans tout le diocèse et à Cré-
leil. (Voy. le nouveau bréviaire île Paris.)
AGlllCOLAN (AnnÈLKÎ, était lieutenant du
préfet du prétoire , dans la Mauritanie Tin-
i^tane, en â^, sous !e règne deDioclétien.
Ce fut lui qui, dans la* ville de Tniiger, où il
faisait sa résidence, condamna à inurl le
centurion Marcel , que Fortunal, son corn-
niandant, avait envoyé devant son tribuna!,
(>arce qu'il avait refusé de servir davantage
'empereur, auquel on voulait le forcer d'of-
frir dessacritices. Agricolan condamna aussi
à mort Cassien, seerétaire, qui tenait la
plume lors du jugement de Marcel, et ijui,
dans rindignatïon qu'il éprouvait du lan-
gage d'Agricolan et de la condamnation qu'il
prononçait , malgré les réponses victorieu-
ses de Marcel, jeta à la face des juges son
encrier, sa plume et son papier.
AGRICOLAUS, qualitié président dans les
actes de saint Biaise de Sébaste, tit, en 310,
sous Licinius, martyriser le saint évèque
que nous venons de noumier, avec deux en-
fants et sept femmes, qui avaient recueilli du
sang qui coulait de ses plaies. (Foi/, saint
Blaise.) Ce fut lui qui tit mourir h Sébaste
les quarante martyrs, connus sous le nom
des quarante martyrs de Sébaste. (Foy.MAR-
TVlis de Sébaste,)
AGRICOLE (saint), eut le bonheur de
mourir pour la itéfense du christianisme, sous
le règne de Maxiinien.ll eut pour compa-
gnons de son lriom[)be saint ISaval et saint
Concorde, avec saint Valeulin, père de ce
dernier. Saint Valenlin était maitre de la mi-
lice à Ravenne» Ce fut dans cette ville que tous
ces samts accomplirent leur martyre. UF-
glise honore leur mémoire le 16 décembre.
AGRICOLE (saint), martyr, versa son sang
ponr la foi chrétienne, en'Pannonie* On ne
sait pas la date de son martyre. L*Egli se cé-
lèbre sa fête le 3 décembre. "
AGRICOLE (saint), martyr, habitait Bolo-
gne. Il y soutînt le martyre avec Vital, son
domestique, qui devint ainsi son collègue
dans la soulfrance. Agrîeo'e mourut sur une
croix, où on Tavait attaché avec des clous^
tandis quQ le corps de Vital ne formait plus
qu*uno plai«. Samt Ambroise dit qu'étant
présent h la tran^lation de leurs corps, il
mit sous Tautel les clous et le bois de la
croix, avec le sang du saint martyr. On
ignore Tépoque où ils soulfrirent poiir la re-
ligion. LVEglise honore leur mémoire le 4
novembre.
AGRIPPA I" (Hérode), tilsd'Aristobule et
petit-lils d'Hérode le Grand, passa une par-
tic de sa jeunesse à Rome, ou Tibère le re-
çut d'abord très-bien , le nomma gouver-
neur de Caligola, son petit-fils ; mais en*
suite le fit mettre en prison, le soupçonnant
d'avoir souhaité sa morLll y resta six mois.
Caligula. h son avènement, Fen lit sortir et
le nomoia tétrargue ou roi de Judée. Ce fut
pour plaire aux Juifs c^ue ce prince persé-
cuta les chrétiens. 11 fit trancher la tête a
saint Jacques le Majeur; il fil mettre en pri-
son saint Pierre, à tjui il réservait le même
tr'aitement. Dieu débvra miraculeusement le
chef de son Eglise.
« Agrippa fut, ainsi que nous Favons vu,
le premier souverain qui ait persécuté VE-
glise. Ce fut loi qui lit njourir saint Jacques
le Majeur avec plusieurs autres chrétiens, et
qui fit jeter saint Pierre en prison. Quand
l>ieu eut tiré miraculeusement son apAlre
de la prison où il était renfermé, Agri|)pa,
furieux, fit donner la question à ceux qui le
gardaient, et les fit ensuite étrangler. Ce fut
immédiatement après qu'il se rendit à Césa-
rée, où il donnait des jeux magnillques pour
la santé de Fempereur» Une aûïuence con-
sidérable de peuple s'y était rendue j tous
les grands du pays y assistaient. Au matin
du second jour. Agrippa entra au théâtre
avec des habits royaux tout brodés d'argent
et d'une magni licence inouïe. Les ntyoîis du
soleil qui se levait alors les faisaient briller
d'une lumière si éclatante, que les assis-
tants regardaient le roi avec une admiration
mêlée de crainte et de respect. Il prononça
un discours, et les courtisans qui Fenvi-
roonaient s'écrièrent que ces accents étaient
ceux d'un dieu, et non pas ceux d'un simple
mortel. '< Jus(|u'à présent, disaient-ils, nous
vous avons vènêré comme un homme, désor-
mais nous vous adorons comme un dieu* »
En eiïtM, ils se mirent à Finvoquer, le priant
de leur être propice. Gonllé d'orgueil et de
vanité, le roi ne repoussa point ces hom-
mages sacrilèges. Si nous en croyons Jo-
.sèjdie, un hibou vint se placer au-dessus
de ïa tête d'Agrippa, sur une corde qiu tra-
versait le théâtre. Alors il se souvint do ce
qui lui avait été prédit autrefois, quand il
AfJ
Hf
étfit prisonmer à Roiol\ d^i oiseau lai étaji
3)pdru, lui présageant alors sa liberté pro-
laioe; mais il lui avait été révélé que»
quand il le verrait pour la seconde fois » il
q'û lirait plus que cinq j'iurs à vivre. Quoi
3u'il en soit d<' ce fail, dont nnns m vou-
rions en aucune m.tniùre garantir raiiHjen-
ticitL% la maiû de Dieu atieti^iiil soudaine-
ment le roi periécu*eyr au milieu des eni-
vrements de son or^ueiL il setilit lu ni h
coup de violefiles douleurs rrentrailles, et
comprit qu'il élait fui|'|vû de morU Se luur-
nanl vers ses courtisui^ ; *< Ilegardez Viftre
dieu, dit-il» ei«r vous ra'appellie^ ainsi tout
à rijeure : commaiidcineit lui osl l'ait de
laisser cette vie, et la desi née fatale vient
lui prouver la fau*^**elé de vos paroles* Je
me sounnis à la volonté de Dieu ; j ai fon-
fiancc» ear ma vie a été si sainte tl si bonne,
que tous me disent bienheureux, » ( Josô-
phe, diap. 19, Ant. jud.)
« C'est ainsi que Diuu frappait d'aveugle-
ment ce prince perséculeur, au point do
faire qu*il fi'eùt aucun remords des crimes
qu'il Mvail commis. Au% yeux de la foi, c'est
la le plus te ribl' de tous Us cb;\timenls,0n
transpiH'ta Je roi dans son palais, et bientôt
la nouvelle de sa mort procliaine se répan-
dit [ïariiïi le peuple. Suivant la c^mlume des
Juils» les linbitanls, borauies,feinme!> et en-
fants, se couvrirent de sacs et se prosternè-
rent, iiri a ni avec larmes el gémissements,
pour m santé d'Agripjia. U \vs voyait de ses
fenOtres, et ce spectacle douloureux lui rap-
peiafi lûce^samioexit le soji qui lattendaît.
— L*arrél Je Dieu était prononcé. Après ces
cinq jours d atroces soutfrances, Agrippa
rendit IMmedaus la cinquaiUe*qnatrième an-
née de son âge el la septième ue son règne.
Quand il mourut, ou lui vojaitles entradles
qui pullulaient do vers. Dès qu il fut mort,
sa mémoire, qu'il pê;^sfdt ûvyw être véné-
rée » fut outragée dé la manière la plui
cruelle jjar le peufde : les soldïits enlevèrent
du palais les statues de ses tilles, et lestrai-
lèrenl delà façon la pluï> ij^nominiense. H y
eo a aÏJ trois : Bér«''nice, i^ve de seii:e ans;
Mari^imne, de dix ; Dru/ill ;, dç^ sept. Dans
les mes et sur les places publiques, on se
livrait à ues réjouissances ; des bnuimes
couroanés de Ueurs oUhneut des sacrilices à
Cliaroa, et faisrncut des 1 b:diuns en action
de grâces de la mort du rou t^'est ainsi
qu*4tprès$ voir frappé ce prince persécuteur
d'une manière si terrible. Dieu leudait son
nom un objet d exéqfation pf>ur ses t*« oprtts
sujets. A^ifma avait ce()enda'it de bnrmes
qualités : il était genér« uï jus lu'à la prodi-
S alité. U avait gouverné les Juifs avecas^ez
e gloire fl ««e bonheur, durant des tem[*s
diiiici es ; mais il avait jiersîéculé les sai'Us,
repoussé Ja vente. Les (>lus bnlliintcsquali-
t l'S ne servent * r»ei aox [pinces qji veulent
luLier coolre Dieu et coulie sn JîijSiisë.
(UuL dç9 persH., l' ^ol., p. tM>.)
A(iHli^l*A U, ^]^ du pr ci dent, et dernier
roi des Juifs. Ce fut deva<;t lui e^ sa sœur
Hén-nice que sa ml Paul Cômj>aiul , présenté
p^r l'astusp et plaida sa cause ÀCesarée avant
djB sç rendre à Rome. On croit que le frèr§
et lii sœur entretenaient un commerce In-
cestueux. Agrippa, privé do son royaume
par Claude, reyiji en ^écliange d*aulres pro^
vînces. II sojoij^nil aux Rojuains pour châ-
tier le< Hébreux. Il mourut sous Domilien»
vers l'an \\\ de Jésus-Christ.
AGRIPPA, juge qui, sous le règne d^
Maximien, lit maityriser erueUemenl dans
le Pont saint Basilîsque. Il lui fit ro'^tlre des
chaossores gari<ies d'* pointes embrasées, el
ensuite, Fay.mt fait tourmenîer de ; lusieurs
autres nMiiières et fort cruelleraeiil, iî le
condamia h être déci^pité. La sentence fui
exécutée, et les restes du saint furent jetés
dans la rivière.
AGIUPPA, qualifié préfet dans les actes de
saiut(* Théo ioîe de Ph Jip es, fit martyriser
c< tti* sainte avec la dernière cruauté, S'»us
le rè^ne de Licmius, en Fan 3J8 do Jésus-
Clirist. Il la fit metfre un prison, où elle
resta vingt jours. Eii so tant de lA, eije lui
fouettée eruellcment, étendue sur le clieva-
let, où on lui déciJra les côtés avec les pei-
gT]es de fer. Voyant qu<^ la confiance de la
sainte ne cédait à aucun des sufiplïces qu'il
employait contre elle, .4;^rippa lui lit arra-
cher foules les dents, et ensuite Teuvoya
hors de la ville pour y être la|)idée. Cette
sentence fui exécutée, comme nous lavons
dit plus haut, Tan 318 de Tère chrétienne.
AGlllPPIN, élait lieutenant à Ancyre, en
Galatie. il fit soutTrir le martyre h saint Pla-
toîi ; ^;e saint fut rudement JTouetté, déchiré
avec des ongles de fer, et soulfrit plusieurs
autres tourments eucoje plus cruels. Agrjp-
pin leur lit enlîn trancher la tète. Les mira-
cles de Platon en faveur des captifs soiil
attestés par les actes xlu secotid concile d$
Nicée,
AGRIPPINE (sainte) et vierge, fut marty-
risée sous rempcreur Valérien, à Uoaie. Son
corps, porté eu Sic; le, y opéra une grando
quantité de miracles. L'Iiglise fait la Jéle de
cette sainte le ^3 juin.
AIGUILLON (stimulus) , instrument em-
ployé nar les persétaiteurs i onit e les cfn-é-
liens des premiers siècles de rLglisc jKïiïr
les martyriser. Tout le ujondo sait ce que
c'est qu'un uignillun , instrument donl se
servent les conducteurs de bœufs attelés potir
les faire marclier el les exciter au travail. La
seule dilférence consistait en ce que la pointe
de celui qu*on employait pouj' tes martyrs
était plus longue que celle des paysans pour
leurs bteuls.
AUiULPHE ; saint) , martyr, était abbé du
monastère de Lérins , fondé par saint Ho-
norai , dans J'ile qui porte niaintenaol son
nom^ située sur les cotes du dé])artenjent du
Var* 11 soutfiïl de grands tourments avec
lïlusieurs moines, ses compai^uons. On leur,
coupa la langues on leur arraeha les y»MJx, et
ils lu J'en! ensuite déca^ntés. L'LgIise honore
Icuj" méïooire le 3 septembre*
AITIllLAHAS fsaint/, diacre et mailyr» fut
mis ii mort pour la foi, eu Pet se, sous le rù-
{^ne de Sapor, en Tan 380. 11 eut pour com-
pagnons de son glorieux martj re , saint Ja-
leph t'p''^*^'^ ^t saiDt Acepsimas, évêque.
Jroj/. l le ce dernier.) L'Eglise fait
leur fÊte iv j^ iiiars.
' "AIX {Aguœ Scx(lœ)i ville ancienneraent
tort ioj; — * au lerap dm Rondins , est
située I nce , h 30 .if, de Marseille.
I nui t:ette ville, hlvu déciiofî de sa
II, n'est nlus qu'un cliet'-Iieu d\irron-
I nt du depîirferaeit des Bouches-du-
Les ruines de sa splu'ideur <uilique
reficODlrenl à cEinque pas. Reine déuhae,
âLB
fis
1,
Hle motilre avec oigueil aux visiteurs las
restes de se^ palais et de ses temples ; Sk^&
hnoiamenls, c;brêcb<?'S par le temps, ce soit
les io^auît de sa couronne. Peti( h petit, les
Fsièeles , ea pas>aDt , Irs rongent et fnirorit
'parlesf;ûre disparaître* Ai'isi vont les rbo-
ses d'ici-bas. Uns il est des gîoiresque les
an n ées n efface n t pa s ; h\ (m a u co n tra i re , 1 a
[respect des âges y met sa'is cesse un nou-
reau lustre el agrandit leur auréole. Que
lieu pfMf- *• qu*un de ses plus humbles
lerviteui quelque part sous la uiaio
les por>tHuirur>> et meure potusii glnire, ce
Boavenir se lïerjiéluera d^A^çe enâ^e'. Le liey
béni o5 lé ciel a remporle cette vietoire sur
['enfer » dans la perso me dnn de ses i^^ius,
leifenf (n' lieu co isacré. La tbi y élève un
&!tiplo qui ^reii;^ le nOTii du liérôs iiiaityr,
B-t , pendait la dui^ée des siècles , les généra-
tions viennent pieusement s'agenouilier de-
tant rautel plaré sous rinvocatlon du saint,
"iinsi la ville d'Ai\ vit d?^ns ses murs le mar-
tyre de saint Mitres ou Merre, et, de|>uis V6-
^oque de la persécution de Bioclélien, à la--
luelle cet événement entlieu, elle est placée
hsous son palron.^^e.
AJECT (saint), maiiyr, était religieux dans
Tordre de Saint-Fra»^çoîs. 11 cueillit la paluie
lu martyre à MarOL' , en Afrique, avec ies
saints Accurse, Pierre, Olbon et Bérard, On
[ignore la date de leur martyre. L'Eglise ho-
[tiore leur mémoire le le janvier.
ALABÊS iXoufs de) V de la compagnie de
l#iis , naquit h Gunxaca , dans la Nouyélle-
spagne, et entra au tioviciat des Jésuites de
leiico vers Tan 1607. On Tetivoya prêcher
lès Tépéguans avec le P. Jean de Val le. Ils
ireut une grande moisson chez ces peuples,
tpni ils étaient les domestiques autant que
feres. Les deux conipagnons reçurent la
Hat ton de leur martyre. Nous verrons
|J1\ articles DiD4Cïi: de (h'osro, Bernabd de
'7iin&tns; . VvRDirîkSD de Cutiacan , etc., que
les r lis avaient résolu le massacre de
leur^ .,, .. .onnaires. Le 18 novembre 1616,
ils se portèrent sur le bour^^ de Saint-Ignace,
"^ue (dirigeaient Louis de Àlabès et Jean de
Mlle* Nos deux bienhenrcuî furent massa-
rés au moment ou ils se disposaient h cé-
lébrer les divifis mystères. Un jeune enfant
Tan dominicain, nommé S'bisluvi du Mont,
qui Louis de AlabAs avai» annoncé leur
JlûMrlyre, subirent le même sort.
ALBAN (saint) , l'un des Compagnons du
linl m trlyr Cyriaque , diacre de l'Eglise ro-
IÇiaine, mourut en 303, h Rome, sur la voie
lilaria, où il fut enterré. Ih furent vingt-six,
' lis le môme jour, mis à mort au môme en-
^
droit. L'Eglise célèbre leur fêle collective le
jour de leur translation , qui eut îien le 8
août. {Vùjf. CvRiAQtE, dans ce Dictionnaire,
et Fabbé Grandidier» HU*^ir€ de ri'^gi^se do
Strasbourg,)
ALBAN (saint), roarf/f» hîibitait Majence,
où il acc<unplit beaucoup et de longs travaux
nour la foi chrétienne. 11 mérita de recevoir
la couronne iujmortelieque les f>ersécuteucs
décivrnaient ;i ceuv qu'ilï^ choisisNaient pOup
viilimes. L'Eglise fait sa fête le Èi juin.
ALRAN (saintj , uiarlyr , est considéré
comme le jireuuer qui , dans la tirande-Rre-
tagne, ait versé so i sang \mu\' Jésu— *-bni>t
Cette lie avait ref;u la liuniere évangélique
du temps du pape Éleu Ibère, qnand le roi
Lijcius se convertit. Ju>qu*i\ Fépoque de
Dîo:;léficn , elle fui à Tabri de la rage des
>ersér utions. Celles des Dec*', des Sévère, des
"titérien , avaient passé saiis qu'elle eu fût
atleinte. La Gnuide-Brelagne était comme le
nouveau monde de ce temps-là. Aussi de-
venait-elle le lieu de refuge de beaucoup
de ceux qui craignaient d'être atteints par
tes persécuteurs. Dieu, dit saint Gildas, vou-
lut en tin étendre aussi le bras de sa miséri-
corde sur ce pays; il lui donna des martyrs.
Plusieurs hoannes et feuuues soutTrirent
pour la foi. Saint Alban est généralement
mis h leur tète, comme le pUis célèbre de
tous. Nous ne savons pas Tépoque exacte de
la mort de saint Alban, seulement on sait
qu'il souffrit dans les commencements de
uioclétien, e'est-li-dire de sa perséculiou.
Alban Butler dit que ce fat environ Tan 3Q3.
Qiielqui s modernes font uaitre noire saint
d'une famille noble et distinguée sous le rap-
port de îa fortune. Cette aflirniation serait
lieu Ibndée , s'il faut eu croire Bède , qui
nomme une cabane h maison qu'il habitait.
Ce fut dans cette modeste demeure qu'il re-
çut et cacha un ecclésiastique que poursui-
vaienl les iierséculeurs. Cet homme de Dieu
se nommait Amphibole, A cette époque, Al-
ban était encore païen. L'action charitable
qu'il ût en cachant ce prêtre fut la ai use de
son salut. Il fut extrômemeuÈ louché de la
piété, de la résigUttUon de son îiôte,qui pas-
sait toutes les journées et une partie des
nuits en prières» 11 voulut s'iuslruire d*une
r(4igmn qui plodui^ait une perfeenion si
grande, et bientôt il fut tellemerît iUuiuiné
par la grâce, que sa ferveur et sa piété furent
sans bornes. Au bout de queluue temps, le
gouverneur ayant appris qu'Alban donnait
rhospitaliti' 5 cet ecclésiastique, envoya iks
soldats pour se sai^^ir de ce dernier. Alban
avait pourvu à sauver son hôle , en chan-
geant d'habit avec lui. 11 se présenta à sa
place aux soldats , qui remmenèrenl : Tec-
clésiastique avait pris la fuite. L'habit que
portait cet ecclésiastique, et que prit saint
Alban, était ime caracafle, vôlemeni qui des
cendait jusau aux talons. On prétend que
cette caracane de saint Alban était autrefois
gardée à Eli , ville épiscopale du comté d«*
Caïnhrkige, au royaume d'East-AngUs , sur
Ja rivière <rOuse. Edouaid 11 ayant fait ou-
vrîr^ eu 1314, le cotTre oui la contenait, ou 1»
m
MB
ALB
tiO
tmova, dit-on. laeheo de caillots de sang qui
paraissait toiU frais.
Qîiaod on arufiia Albaû devant lui, le gou-
lerneur était à l'aulel, otlTa^itiin sacritlce. Il
entra dans mw graride colèri' en voyant la
supercherie dont avait usé Alba*i jtour sau-
ver i'ecclésiasïique. « Eh bien ! lui dil-il ,
puisque vous Tavez fail évader eu cliaiigeant
avôL' lui de vêtement, vous irez au supplice
à sa place, si iniiîuv ii*aimez sacrilier sur-le-
champ h nos dieux. *> Alban avait déjàdéclaré
auxsutdnt^i ipi'il était clirétien. Altian protesta
ouvertement de son atlachemeot à la foi , et
déclara qu'il n*obé irait pas aux ordres du
gouverneur. Ce dernier , rinlerrogeant , lui
deruauda de quelle famille il éfait. A(ban. Qim
vou<i importe ma faunlle?l>ésirejî-voiis eon-
nailre ma religion ? je suis chrétien. Legou-
rerneur. Votre nom, Aibnn. Je me nomme
Albau et j'adore le seul vrai Dieu , le Dieu
vivant, le souverain créateur de toutes cho-
ses. Lt goiwcrncur, Sacritiez aux dieux iui-
mortels, ou bien je vous ferai mourir, .4/-
ban. Vous sacritiez aux démons qui ue peu-
vent secourir leurs adorateurs ni kur ac-
corder TelTet de leurs, priérf^s. L'enfer et sf?s
su(^plices serotit le partage de quiconque les
adorera et leui' ottrira des sacrifices, n Le
gouverneur , exaspéré » fit fouetter cruelle-
ment le serviteur de Jésus-Christ ^ qui sup-
porta paliernmeut ce supplice et qui demeura
inébranlable. Le gouverneur , voyant qu'il
ne pouvait rien obtenir, le condaoïna à être
décapité.
Poiu* aller nu lieu de l'exécution, il fallait
traverser la rivière de Cole , car c'était près
de la ville de Verulam , autrefois grande et
belle , aujourd'hui ruinée. Une grande mul-
titude de peuple était sortie de la ville pour
assister au supplice. Elle encond>rait telle-
ment le fiont qu'il était impossible dy pas-
ser. Le saint, qui désirail ardemment cueillir
la palme du marlyr**, s'approcha d'abord île
Teau et fit sa prière. Immédiatement le lit de
la rivière se trouva j^ec , et il y passa avec
plus lie mille personnes. Les eaiix du tleuve,
dit saint Ciildas , s'élevaient de chaque côté
comme deux hautes montagnes. Quand tout
b* monde fut passé, elles reprirent leur cours.
Témoin de ce miracle , le soldat qui devait
exécuter le saint se convertit. Il vint se jeter
à ses pieds, et dit qu'il ne désirail qu'une
chose, mourir à sa place, ou du moins avec
lui. Ce désir du soldat fut exaucé. Pendant
que les ministres de la persécution délibé-
raient sur cet incident , Alban , avec une
grande rauHituiJe de peuple, monta sur une
colline, éloignée d'environ cinq cents pas
lie la rivière. Par ses prières , il obtint que
Dieu y fit jaillir une source. Il fut décapité
en ce lieu même. Le soldat rpii s était con-
verti , et qui refusa d'exécuter îe saint , fut
décapité avec lui. Baptisé dans son propre
sang, il monta au ciel avec la palme du mar-
tyre.
Saint Alban souffrit le 22 juin, jour auquel
tous les martyrologes marquent sa fêle : l'E-
glise la célèbre ce jour-la. Beaucoup d*au-
tôurs, et entre autres Florus » lui donnent
pour compagnons huit ou neuf cents mar-
tyrs, liède et Usuard ne parlent que du sol-
dat qui se convertit et qui fut décapité avec
lui. Ainsi que nous l'avons dit nlus haut, il
versa son sanj^ pour la foi près oe la ville do
Verulam , autrefois l'une des plus ira-
fjortantes de rAngïeterre , tant par son éten-
due qu(î par ses nchesscs. Cette ville est
complètement ruinée. Quelques fondements
de murailles, des chapiteaux et des marbres
épars sont tout ce qui reste d'elle. Saint-
Alban , que Bèdedit être la même , est une
ville neuve, complètement différente de Tau-
eietuie. Le corps du saint fut trouvé sous ie
roi Olfa , en 79^^, et transfmrté dans unr
é.:^lise, où cf^ roi fouda une abbaye de Béné*
dîctins. iVoif. Bède, Ussérius.)
ALBANE ou ALBANIE, aujourd'hui Hoîm,
sur les limites de TAssyrie et de la Médie.
C'est dans cette ville qu'on prétend uue Ta-
pôtre saint Barthélejuy fut écorcbé vif.
ALBE-BOYALE, dite aussi Stuhlweissera-
bourg, ville de Hongrie, célèbre par les
souffrances que saint Emeri » fils de saint
Etienne, roi de Hongrie, y endura en l'hon-
neur de la foi chrétienne.
ALBENGA [Albingannum) , actuellement
dans les Etats sardes, sur les côtes de Gènes;
c'est dans cette ville que fut martyrisé saint
Calocère. Les habitants d'Albenga préten-
dent avoir sou corps dans Féglise des reli-
gieuses di* Sainte-Claire. Les habitants de
Bresse soutiennent qu'ils Font dans leur
église de Sainte-Afre.
ALBEKT (saint), évèque de Liège et mar-
tyr, naquit , en 1159, h Louvaiu , du comte
(ïodefroi Ht et de Marguerite de Lira bourg.
De bonne heure le jeune Albert se consacra
à Dieu dans le clergé de la cathédrale de
Liéji:e , et son mérite U tit élever jusqu'au
rang d'archidiacre de laCampine. Raoul, évè-
que de Liège, revenant de la croisade, mou-
rut de poison le 5 août 1191 » comme il était
près de rentrer chez lui. ily eut partage fK>ur
tïdection du successeur;* la plupart élurent
notre saint, frère de Henri, duc de Lorraine
et de Louvain; quelques-uns, par la faction
de Baudouin , comte de Namur , élurent un
autre Albert, frère du comte Rétïiel, aussi
archidiacre de Liège , homme sans lettres et
sans esprit, qui n'avait d'autre mérite que sa
naissance. Ils s'adressèrent l'un et l'autre à
l'empereur Henri pour recevoir Tinvestiture;
mais ce prince, qui avait choisi un autre su-
jet, et naissait depuis longtemps le duc de
Lorraine, soutint que , quand il v avait par-
tage, l'élection était cadutpu* et lui apparte-
nait à lui seul ; ainsi il donna Tinvestilure k
Lolhaire , [irév6l de Bone , homme riche et
déjà pourvu de plusieurs dignités ecclésias-
tiques, frère du comte d'Horstade, qui avait
rendu tle grands services li l'empereur. Les
chanoines appelèrent au pape, soutenant que
l'élection d*Albert de Louvain était c^inoni-
que; mais Lothairt* vint à Liège et se mit
en jHJssession de Tévèché et des forteresses
qui e 1 dépendaient.
Albert tit le voyage de Kome avec dé
grandes difticultés, parce que Fempereur lui
J
fil
ALB
ALG
m
avait fermé tous les passages. Il fut obligé
de prendre des chemins détournés et de se
déguiser eo ralet , et on le pr^'senla en cet
écpiipage au pape Céleslin, (jui en fui tou-
ché jusquaux larmes. 11 IV-nibrassa et le
coHsoIa, le connaissant déjà de réputation.
Afbert arriva à Rome aux ftHes de Pâques,
qui, celte année 119^, fut le 5 avril, et y d*^-
meura jusqu'après Toctave de la PentecAle.
il produisît les preuves de la régularité de
soriéleclion; mais quelques cardinaux étaient
d'avis de céder à la violence des Allemands
et à la haine implacable de l'empereur. En-
lin , le pape ayant pris jour pour le juge-
ment, il fut rendu publiquement dans hr pa^
lais de Lalran , l'élection (rAlt)ert jugée ca-
nonique et coalirmée par le pape, qui môme
le fît cardinal, rordonna diacre le samedi
lies Quatrt^ïemps de la Pentecôte , et lui lit
chanter Tévançilo à la messe. Il lui donna
toute^s les bulles nécessaires » entre autres
une pour se faire sacrer par Guillaume, ar-
chevêque de Reims , en cas que Bninon, ar-
chevêque de Cologne, son métropolitain^ le
refusAl par la crainte de l'empereUt ; et il lui
Ht délivrer toutes ces expéditions gratis.
Albert étant venu à Reims fut narfaitement
bien reçu par rarclievèque Guillaume » (lui
l'ordonna prêtre le samedi des Qualre-Temns
de septembre, et le dimanche suivant» 20 au
même mois, il le sacra solennellement évé-
que de Liège. Le lendemain , on apprit que
1 empereur était à Liège, eîîlrômement irrité
et résolu de perdre tous ceux qui adhére-
raient à révêque Albert. Le duc d'Ardenne*
oncle de ce prélat, qui l'avait amené h Reims,
lui proposait de se soutenir par la force avec
le secours de leurs amis^ mais Albert lui dé-
clara qu'il ne voulait point user de tels
moyens , et qu'il e.*spérait apaiser F empe-
reur par son lunnilite et sa patience. Peu de
temps après arrivèrent à Reims trois cheva-
liers allemands et quatre écuyers, qui se di-
saient chassés de la cour de l'empereur h l'oc-
casion d'une querelle. Ils vinrent saluL*r Té-
véqae de Liège, et .s'iiisinuèrent si bien dans
son amitié, qu'ils Facconipagnaieût ordinai-
rement et raangeaieiU souvent à sa table :
plusieurs personnes l''s soupçonnaient de
quelque mauvais dessein , mais Tévôque ne
s'en défiait point, lintln , ils le tirèrent de
Ja ville sous prétexte d'une promenade, suivi
seulement dun chanoine et d'un chevalier.
Quand ils furent à cinq cents pas , les deux
qui marchaient à ses côtés lui percèrent la
léte par les tempes, et tous ensemble lui don-
Mcrenl tant de coups d'épée et de couteau^
qu'on lui trouva trei-^.e grandes plaies. Aus-
sitôt ils piquèrent leurs chevaux, et, quoique
la nuit fût proche, ils tirent telle ddigeoce
qu'ils arrivèrent a Verdun à neuf heures du
matin; puis ils .■dlèrenl trouver Teuipereur,
de qui ils furent très-favorablernetii reçus*
L évoque Alhcrt fut ainsi tué le mnidi ^i
novembre 1192, et enterré solennellement
dans Téglise raéiropolitaine de Reims; on le
regarda comme martyr de la liberté ecclésias-
tique , et on lui en donna le titre dans son
épïlaphe. On rapporte quelques miracles
faits à son tombeau : enfin pins de quatr©
cents ans après , savoir, l'an 1612, l'arcniduc
Albert et l'infante Isabelle, son épouse , du
consentement du roi Louis Xlll, obtinrent
du cartlinal de Guise, archevêque de Reims,
la permission d'enlever son corps, et le firent
transférer solennellement à Téglise des Car-
mélites, qu'ils venaient de fonder h Bruxel-
les. 11 est marqm^, dans le Martyrologe ro-
main au 21 novembre.
ALBERT (saint) , habitait Messine, en Si-
cile. Il était de Tordre des Carmes, et lui cé-
lèbre par ses miracles. 11 confessa sa foi au
milieu des plus grandes douleurs. Les mar*
tyrologes ne donnent aucun détail sur sa con-
fession ni sur sa date* L'Eglise honore sa
mémoire le 7 août.
ALBINE (sainte) , fut décapitée à Lyon, en
Tan de Jésus-Christ 177, sous le rï^gne de
rempereur Marc-Aurèle. Sa qualité de ci-
tojerme romaifie fit qu'on ne l'exposa pas
aux bétes, comme le furent plusieurs de ses
compagnons. L'Eglise fait la fête de ces qua-
rante-huit héros et de ceux que l'histoire ne
nomme jms, mais qui cueilhreot dans cette
circonstance la palme du martyre, le 2 juin.
ALBINE (sainte), vierge, hii martyrisée à
Formici, en Carapanie, sous le règne et durant
la persécution de Dèce» L'Eglise fait sa fête
le 16 décembre.
ALCIBIADE tsàinl), martyr, fut décapité à
Lyon , en l'an 177 de Jésus-Christ, sous le
règne de l'empereur Marc-Aurèle. Ce fut h sa
qualité de citoyen romain qu'il dut de ne pas
être exposé aiix bêtes, comme plusieurs de
ses compagnons. L'Eglise célèbre sa fête le 2
juin, avec celle de saint Pothin.
ALGMOND (saint), martyr, était fils d'Elred
et frère d'Osred, tous deux rois des Nor-
tbumbres. Tant qu'il lut au sein de la pros-
périté, il sut LU faire un saint usage pour sa
sanctiHcatinn et le bonheur des autres. Bien-
tAl le temps de l'épreuve arriva pour lui. Les
Northuinbres, s'étunl ligués avec les Danois,
levèrent rétendard de la révolte , et notre
saint fut forcé de s'enfuir avec son père. Il
resta vingt années chez les Pietés , et profila
de ce temps pour s'attacher de plus en plus
h Dieu. A cette époque, les Northumbres se
voyant opprimés par des tyrans, supf)lièrenl
Alcmond ile se mettre à leur tète pour se dé-
livrer, H accei>la dans le seul désir d'être se-
courable h des malheureux , et vainquit les
tyrans. Mais il fut assassiné par les Danois,
disent les uns, en 819 , et par une trahismi,
iliscnt les autres, ourdie par Eardulp,
qui avait usurpé la souveraineté. Son corps
fut enterré a Lilleshnt , ckms le Shropshire.
On le transporta ensuite à Derby, ou il était
honoré comme patron. On dit qùeréglise où
ses reliques étaient déjjosées devint célèbre
par un grand nombre de miracles. L'Eglise
lionore la mémoire de ce saint prince le 19
mars,
ALCOBER (Jean), naquit à Girone, en
Espagne, en 1G%. Il partd en 1728, et de
Manille vint h Macao, puis à Canton. î/évè-
que de Mauricastre l'envoya, en 1730, dans le
territoire de Fou-ngan* Seize an** il l'évan-
gélisa et fut nommé vicaire provincial dans
cette partie 'le la Chine. Dans la per^écutîanquî
^V'I^vaen 17Vlî, luaeltmijR <le sold^its envoyée
par rotlif^er Fnn s'étarU dirij^éo sur lo villa.iic
de \Ja-Vaii;, les missionnaire 's» cartius dans
ce vjllag'» et tous do mi m rai liS, prïn?nl Ja fuite i
à l'eiceplian d'i P^ Alc'tbn\ t[ue cles tortures
préct^dfnli3savaicfil réduit a l'iinp issibililthie
marcher. 11 fut pris et rtinduit h Fo'i-nffan,
nù le gouvern^Hir h» l-j>;i«a chr^z Itii et le fit
servir jKir sas doiii^^stiipies. Dans riilerro-
galoii'i^ i|ui «,'iit lieu» ce couver. leur lui d*.»-
m.'iii.laut pourTioi il l'iait venu à la C'ûnc ;
« C'est, r/^p ta lit le Pèr s pnui* y pr^.?ln
reli:^ion ehriHIeuiie. »> L,Wlé'ssu^ il e\|>liq la
Jes coonoaikl-'UiLMits de Dieu. L*oij^ier Fin
luifit.àpr jpos .le>(trisooiiières,de<uu^siiQiis
telleiûeMt outra-çeantes loiir la pu leur, q le
le Père dut lui Jire : « Des (juesliuis si di-
gnes d'un èijlaut de S itiu ne lULTitjîd p,is
qe r/»pouse. »? Lf 10 juiîîet M fut non luit lui-
cliafnéà Foii-Tî'hejit-Fou, G\\nMe de, la \iv *-
yitice, dist;uil<* do 27 lieu *s de Fon-ngin.
Les missioauuires prisoriitîrs étaient sar
des charrettes (jue smviit la pupuîace eu
vomissait les malédiL'tious et les iuj ires.
Arrivés dans la c»pitalu, ils furent aussitôt
interrogés par le vicj-rou Ùi les accusait Je
magie et aimpudif^ilé^ parce qu*on avait
trouvé chez m cliréHen une caisse d'osse-
meuts que le P, Airober y avait déposes,
L'otu;ier prétend Jit que les missionnaires
tuaie it de petits e ifmts pour tirer de leurs
tôles d js filtres propres a séduire les fem-
mes. Alcober dit aux juzes que ces ossements
et lieit les restes d*ua des prédécesseurs des
niissionniiires, mort sous la d^yunslie pré-
cédente, et qu1l les avait recueillis fiour les
envoyer ei Europe d.ms sa pairie» On f) ut
voir h rarticle Cume coanu^mt fut fait Teia-
uien de celte caisse, Le P; Alcober re*;:Jt, d uis
le cours (Je cette inslructioi» plusieurs fois
des souiÏÏjls et une fois h ba-toniade. La
sentence de mort ï*ortée dans le Fo-Kkn^
confiriiié * h Pékin par le tribuiud des orimes
et si.^^iée de rempereur, fui commuiiquée
aux co id imués* Le P. AlcobL^r divait âtre
étranglé; il fut mis, avecle P» l)iaz»dais uuo
m(>mx* priso 1. On lut martua sur le visa^^^e,
au Jer rou^'e, deux cara.ièrt'S chinois, uui
expriniaieiit le ^eire de supptice qu'il d •-
rait subir. M fut étranglé daas sa prison le
28 octobre 17 V8,
ALEP, vilbj de Syrie, sur le Kiik, près-
q'je euLièremenl ruinée en iSM fiar des
tremble uenls de terre, était au[)aravant la
troisième ville de Teinpiie Tnr*', pour la
grandA.'ur et rimportaace : elle comptait deu^
cent mille habti.ints. Depuis cett* épojue,
elle est réduite h enviro i cent vinj;l mdîo.
Cette ville fat le siège de \n premitVe mis^
sion qui fut élabïie en S, rie. T.e fut eu lli25
t^ue le pupe Urbain Vlll y envoya dus fuis-
sionnaires. L«"s PP. (îaspard Vlanillier ut
Jean Stella arrivèrent lï Alep cette m^uie an-
née. Ils furent d^abord exfntl^és. Svîvesir*.*,
atiteur des perse, ulijus qu'ils enaurèrenl,
élait un scbismatique furieux et opiniâtre,
mais souple et intrigant, qui se proposa. l
è^ 1:11
d'éteindre la foi h Damas et dan^ la Sjne.
pour y réussir, il iall^t être élu }ïalriarche
dWnlioclie; Athanase, son ennemi. Tétait;
il plia sa haine à son ambition» sujt gagner
ses bonnes grilnes et se fit nommer sno suc-
c»'sseur. Les habitants de Damas n'apprirent
cette nouvelle qu'avec* frayeur; ils connais-
saient le caractère viohuitel emporté deSyl-
vestr", et ils fherchè eut h le prévenir par
un choix plus c informe aux canons et plus
avantageux h \:\ vilje. Sis cho sirenl pour pa*
triarche Cyrillij î onr<»rJûnia, il fut intro-
nisé à D un is avant ijul* Svlvestre le fiH à
ConslnTitinni>k\où il s était transporté. Cette
nnJrndion iuxprévue t'étonni, il en fut alar-
mé; la craijiie qu'elle ne fûf conlirniée à la
Porte ren;:i^ea dans lo it 'S les ninnœuvres
qu'il ju.;ea ca|»iblés de rcmplrher; il s\alta-
cna le palnarche d * Jérus:dem et celui de
Cnnstanlinople; il s'apimja du crédit de
quelques seigneurs otlouiaus et obtint de
la Porte un comaiandcmenl qui, en rél^iblis-
saut palriarche, lui permet'ail de faire arrê-
ter ou exder son concurrent et tons ceux
qui suivraient son parti. Son ambiiion élail
satisfaite, il croyait sa puissance assurée et
il ne s'occupait plus que des moyens d'as-
souvir sa fureur* t.es missionnaires fran-
çais en fure >t le premier objet : comme ils
étaient le premier ohsta de h ses prétcnlioos,
il conféra ^'ivec les deux jmtriarches, ses
amis, sur les moyeis di' les éloî.jner, et ils
oblinrent le (irman n^ Tordre qu ils demai-
daieut de nous exiler et de nous bannir de
la mission.
L'expédition de cet ordre n'échappa point
h la vigilance de M. le comte d'Andrezel,
alors notre ambassadeur à 1^ Porte; l^a ce
liraian les missionnaires étaient ehassés do
tous les endroits on il ny aurnit pas de con-
sff{ de nation françalie ; on voit asSL*z que
cet ordre ne r^g'irdait que la mission de
Daraas.MJ'ambass:}d<'uren p u'tases plaint-s
au grand-visir; \\ représenta à ce nnuisire
combien cette démarche était contraire aux
ea|iituIations ; on suspendit Texécuion de
e*>l ordre rigoureux. On travaillait à Tan-
nuler, înispir la mort nous enleva eel un-
bassadeur, si digue de la confianre du roi
et des regrets des enthidiqui's de la mission.
A la première nouvelle de ces ordres dont
Sylvestre élait jforteur, son compéiiteur Cy-
rille se retira »lans les montagnes; Tusurpa-
ti'ur partit de Conslanlînople avec cet air de
lf iofuphe, par li^qoel la passion satisfaite croit
se donu/r du lustre et couvrir la honte d* ses
déuiar.rhes; il se disait cîiargé d*i lettres qui
rautorssaieit à mettre dans les fers quicon-
que se refuserait à ses lois; il était accoiû-
g lé d'un religieux, son procureur ou son
ager»l, aussi furieux et plusl'enbe que lui,
et d\u» chfwich, qui devait être Texécnle ir
dj ses or res et le mioîsljiî de ses cruautés.
Il entra dans Alep; soi L-oaimandrniïUil fui
signifié, on somma luis les chrétiens de le
reconnaître i»our prlriàrchL^ Tévéque Gé-
rasimos fut arrêté et envoyé en eiU- Déli-
vré de ce concurrent vertu. :ux, i( pro; o>a
deux formules ou jjiolessioris de foi qu^^
m
MS
arait luiHociftnae dressées : Vxme était pour
les prêtres catholiques et contenait une ma-
lédiclioû eoatre la religion des Francs, con-
tre le pape et coatre le Jiuitièaie concile,
c'est-sà-dire, selon les Grecs, contre le 'saint
concile de Florence; cette profession devait
être lue publiquement ; Tautre était pour les
laïques; çlle consistait dans la manière de
souscrire à la première et dans une protes-
tation de n'avoir jamais de commerce avec
les prêtres francs ni de croyance dans ce qui
est enseigné par le pape. Ces formules ré-
voltèrent beaucoup de catholiques : ils re-
gardèrent cette souscription comme une es-
pèce d'apostasie. On grand nombre de prê-
tres la reçut; ceux qui refusèrent, allèrent
dans les montagnes se joindre ai^ patriarche
Cyrille , rJKgJise dçs Pères francs n'en fut
pas moins fréquentée. Sylvestre envoya, le
jour de Ja fête du Saint-Sacrement, son cha-
vich avec des hommes armés pour se saisir
des Grecs qui s'y rendraient.
M. le consul y était; il fut témoin de cette
violence, et il envoya faire des plaintes au
gouverneur; on arrêta le chavicn, son es-
corte et quelques hérétiques qui favori-
saient la mj^i^œuvre. Çylvestre fut cité; il
lui en coûta douze bourses pour éviter la
prison, {.'épreuve qu'il venait de f «ire du
crédit des catholiques et des dispositions du
baçha Si impross.oii Stir lui, et suspendit
pour un temps ses fureurs. On crut même
son câj-açlère chaîjgé : il passa de la plus im-
pé^euse arrogance à fa plus lâche timidité;
il craig.nitflue fâffairé ne fût portée à Cons-
lanliuoplel et que je Grand-Seigneur, dont
H avai^ outrepassé les ordres, ne le regar-
dât comme un esprit brouillon et digne des
piinition^ auMI avait sollicitées contre les
autres. L'a fîàyeiijrcj^iVil laissa entrevoir ins-
pira de h nardi.esse i ceux qu'il persécu-
tait; on le menaça, îi disparut et s'eriibaraua
gour la capitale de l'empire, chargé de plu^
ê Oiâtédietibns qu'il n'en donnait à la reli-
gion. Les catholiques présentèrent auc.idi une
lôngdè re(|uête où étaient exposésleurs griefs
co tre ce faux patriarche; le cadi permit
qu'on leis envoyât h la Porto. Trois députés
lareiit chargés de lacommission : l'objet et
la conclusinn de la requête étaient la dépo-
âttion de Sylvestre; elle fut obtenue. La vic-
toii'e était entière; deux députés vinrent
Tannoncer : par malheur, le troisième resta
\ Constantinople ; il se nommait Cherveri Bi-
tar: Silvestre entreprit de le gagner, et il y
réus^t. i]e député, flatté de se voir recher-
ché, voulut bien se prêter à un accommode-
ment ; on convint que Sylvestre resterait pa-
triarcbed'Antloche,b mais qu'Alep serait sous
Ja juridiction de Constantinople , et qu on
enverrait au;t habitants d'Alep tel évèque
/q[u'4ls jcleoi^Jc^'^c^t eux-mêmes, (lelui
qu'un leur dpnna d'abord se nommait Gré-
goire; peu attaché à la religion par princioe,
|J le fut quelque temps par intérêt, ou piu-
iût il affecta de le paraître; mais il se dé-
mentit bientôt. Les catholiques se séparè-
rent de lui et demandèrent au cadi la per-
lOUsioo d^ ^e.choisijlr un évêque qui fût de
ALE 1^
leur pays et indépepdajit de tout patriarche;
H y consentît. Ils nommèrent Maxime, Un dô
leurs compatriotes, homme irréprochaMe
dans ses mœurs et dans sa foi, d'un caraî-
t(Ve liant et |iropre à réunir les esprits; ce
choix fut contirraéà ConsJantinojJe... Géra-
simos était exi'é, mais non pas déposé ; sa
démission était nécessaire pour que Télec-
tioh de raulrê fût lég time; il la donna sans
peiné, et ce vertueux prélat consacra lui-
même celui qui était élu à sa place.
Plus sûr dans la foi que Grégoire, plus
ferme que Gérasimos, Maxiiue se fil un plan
de gouvernement qui tit respecter la reli-
gion et charma tous ses diocésains. Les prê-
tres qui s'éîaient laissés tronjper par Syl-
vestre vinrent se jeter entre les brus de ce
pasteur charitable, qui les reçut avec Bonté
et, après une répa.ation proj ortioimée ail
scandale, les rétablit dans lexerdce di; leurs
fonctions. Les églises et les écoles «les mis-
sionnaires furent plus féquentées que ja-
mais ; ce calme, qui dura que.ques années,
rappe'a dans la Syrie les beaux jours du
chnstianisfie naissant.
Sylvestre resta quelque temps obscur et
presque inconnu dans Constantinople ; mais
r inticlion et l'obscurité soi t un étal bien vio-
lent pour un esprit inquiet et an.'bilieux. -U
alla en Valachie, où ii trouva son ancin pro-
tecteur, le prince Scaliatogli, iiis de AJauro
Cordato, premier interprète du Giand--Sei-
gneur. IJ lui fit une peinture vive et tou-
chante de ses malheurs, surprit la compassion
de ce prince et parvint jusqu'à s'en assnrer la
protection. 11 Je renvoya à Constantinople,
muni des recommandations les | \\X6 pres-
santes; là il recommença ses manèges et
dimanda la rôvisio.j de son procès. La pro-
tection du prince fit admettre ^a requête; le
Graod-Seigneur lui donna même un cjm-
mandement par lequel, anéantissant tout co
3ui s'é ait fait contre lui, il le rétablissait
ans tous les droits de sdn patriarcat, sou-
mettait de nouveau Alep à sa juridiction,
l'autorisai-t à y nommer un évêquf et à se
faire reinbours» r de toutes les sommes qu'il
n'avait pas touchées pendant les sept années
de son exil. Le patriarche rétabli se hâta de
notifier cet ordre du Grand - Seign. ur. 11
vii.t à Tripoli et à Damas, et celle dernière
ville fut choisie dé préférence pour être le
théAtre de la persécution nouvelle qu'il mé-
ditait. 11 craignait les habitants d'Alep, et il
se contenta de leur envoyer son commande-
ment par son charvich et par un religieux,
son procureur; celte démarche même, quoi-
que modérée, ne fut pas heureuse. On dressa
tin acte signé de plus de six cents pe. sonnes
oh Ton représentait au Grand-Seigneur ce
même Sylvestre qui l'avait trompé, comme
un méchant homme, o.ont la puissance jie
s'établissait que sur les vexations les plus
tyranniques et les persécutions lés plus
Odieuses : l'on y peignait au contraire
Maxime comme l'ii nomme sans passions,
et dont le zèle, conduit par la douceur, n'a-
vait pour otget que la paix ^t avait te talent
ift
ALE
ALE
i^
de la maintenir. Ce contraste produisit enfin
Fôffel désiré.
Les religieux français surtout étaient les
victiraes de choix sur lesc|iièlles Sylvestre
aimait à exercer ses vexations. Il lil défen-
dre aux catholiques, sous peine de la vie,
d'aller ou d'envoyer leurs enfants à l'église
ou à l'école des missionnaires; il fit présen-
ter par son procureur une requête contre
eux, au grand juge, mais ou n y eut point
d'égard. 11 menaça de 1 envoyer à Constan-
^ linople, on le craignit, LeP,*Seguiran, mis-
sionnaire iésuite, fut chargé d*écrire à M, le
marquis Je Villeneuve, ambassadeur à la
Porte, au nom de tous les autres mission-
naires : il le Ot. La l«4tre fut accompagnée
d'un mémoire des habitants de Damas, qui
contenait 5 articles principaux ; ils Taccu-
saient : 1* d'avoir dit au hacha que les ca-
tholiques ne refusaient de communiquer
avec lui que parce que c*était le r.rand-Sei-
pneur qui l'avait fait patriarche. C'est une
imposture; 2" d'avoir défendu aux pères et
aux mères, sous neine de la vie, d envoyer
leurs enfants à 1 école des missionnaires,
contre la coutume élaldie defuiis quatre-
vingt-dix ans; 3* d'avoir suscité aux onssion-
nnires français des procès iojustes et de leur
avoir causé des insultes sans nombre; 4°d Sa-
voir parlé en public contre le nom français
et contre les ministres du roi; 5" d'avoir rais
le trouble et le désordre dans Alep, par les
lettres qu'il avait écrites au bâcha contre les
chrétiens et les religieux français.
Ces griefs, envoyés à Cûnstaotinopîo, y
fireut une graudy impression ; le quatrième
surtout parut d'une conséquence digue de la
pins sérieuse attention. Ou sait cojubien le
roi de France est respecté à la cour Otto-
raaue, et la préférence éclatante que Ton y
donne à nos ambassadeurs sur tous les au-
tres. M* le marquis de Villeneuve eut toute
la satisfaction qu'il demanda, et Ion e\pé-
iiiu en faveur des missionnaires un com-
mandement qui assura leur repos. Ou fit
rendre les six bourses extorquées aux jé-
suites de Damas avec la dernière violence;
on leur donna un dipli)me ou sauvegarde
pour les mettre désormais à couvert de pa-
reilles avauies, M. de Laue, témoin des dés-
ordres qui s'étaient passés, manda h M. le
comte de Castellane, que le moyeu le plus
sûr pour couper justpi'à la racine du mal,
était de solliciter vn ement, auprès du Grand-
Seigneur» la déposition de Sylvestre. Elle fut
demandée et accordée sur-h--champ. M. de
Lauo fut chargé de Texécution des ordres
ui portaient en même temps la déposition
e Sylvestre et le rétablissement de Cyritlo
sur le siège patriarcal d'Autioche. Ce double
événement a porté un coup mortel au
schisme; nos églises sont fréauenlées, et
le% catholiques, à qui nous ne laissons pas
içuofér quils ne sont redevables de ces
changements heureux qu^au zèle du roi,
font sans cesse des vœux au ciel pour la
conservation de sa personne sacrée, pour la
gloire do son règne, pour la prospérité de
a;
la famille royale. ( Lettres édifiant ei^ vol V»
p. 161.)
Dans le passage que nous venons de citer,
on voit que les missionnaires furent autori-
sés à résider à Alep; mais celui qui les avait
fait chasser d'abord essaya encore de sur-
prendre la religion du baclia à cet égard, et
de le porter à les chasser de nouveau. lUe
trouva que ce fonctionnaire, qui venait d ar-
river h Alep, avait connu les missionnaires à
Conslanlinople. Il iil venir devant son tribu-
nal les missionnaires et leurs accusateurs.
« Vous êtes des imposteurs, dit-il h ces der-
niers: j'ai vu ces religieux h Constantinople,
et moi-même j'ai signé Tordre qui leui per-
met de résider ici. Je ferai mettre en prison
quiconque les molestera, a Ensuite» s'adres-
sant aux Pères : <t Soyez tranquilles, leur
dit-iU vous avezma protection,» Mais bientôt
après» un nouveau bâcha ayant succédé à
celui qui montrait de si bonnes dispositions
en faveur des missionnaires, les accusateurs
furent écoutés et les PP, Jérôme Queyrot,
^imé Chezeiud, les frères Flenry Bechesnes
et Kaymond Bourgeois, furent emprisonnés^
chargés de chaînes et jetés dans un cachot,
dont le so! fut couvert de cailloux anguleux.
L'intervention du consul de France les fit
bientôt élargir, et cette persécution n'eut pas
d'autres suites.
Plus tard, les PP* Sauvage et Pagnon eu-
rent à soutenir des persécutions violentes.
Ce dernier s'occupant à faire réparer une
maison que M. I*eraaire, consul d'Alep, lui
avait donnée, fut accusé d'avoir voulu faire
biitir une cfia[>elle publique. On Je fit pren-
dre par des soldats, conduire devant le cadi,
qui lui fit mettre un carcan et renvoyti en
prison, L'aïlaire n'eut heureusement pas de
suites graves, parce que M, Lemaire inter-
[Kïsa son autorité et le tira des mains de ses
ennemis
Le patriarche et Farchevêqued' Alep avaient
eu h soulfrir quelques années auparavant
pour la religion calholitfue. Sur ce seul fiait,
tju'ils en faisaient profession pnbhque, le
patriarche, qui se nommait Ignace Pierre, re-
çut qualrr vi ngts coups debâton sous la plante
des pieds; il fut ensuite emprisonné avec
rarcnevôque d'Alep, qui se nommait Denis
Re/kalah. Ils n^Qn sortirent que pour être
conduits au château d'Adané, prison (fil
ils devaient rester perpétuellement. Ils y
moururent bientôt, comme on peut le voir à
leurs litres. Ici se bernent les renseigne-
ments que rmus possédons relativement à
Alep.
ALEXANDRE, l'un des quatre person-
nages désignés dans les Actes des apôtres^
comme siégeant dans le Sanhédrin, en 33,
quand saint Pierre et saint Jean, après la
guérison du bofteux , comparurent devant
cette assemlilée. On est généralement fondé
h croire que ce membre du Sanhédrin est
Alexandre Lysimaque, frère de Philon* Jl
était prêtre, et le nlus rich^^ de tous les Juifs
d'Al«'xandr:e,oil il avait été alabarque. C'est
cet Alexandre qui tit couvrir d'or et d'ar-
129
au:
ALE
f30
genl neiiT portes du temple. Son 6Is nomm?
Tibère Aleiandre devint idolâtre.
ALEXANDRE (saint), ûiartyr à Antioche
de Pisidie, fut mis à mort pour fa foi chré-
tienne avec saint Marc, berger» sou frère, ses
deux autres frères AJplie et Zo/ime, les saints
Nicon, Néon, Héliodore, plus trente soldats
que la vue des miracles di* saint Marc avait
coûverlis. TEglise fait sa fête le 28 septem-
bre.
ALEX-\NDRE (saint). Nous trouvons sa
fêle avec celle de saint Evence et de saint
Théodule, dans le Sacranientaire de saint
Grégoire, ils y sont désignés comme des mar-
tyrs au 3 mai. Evidemment ces trois saints
suùt des martyrs, ils sont morts pour la foi
sous Tempire d'Adrien ; mais s'agit-il ici,
comme beaucoup T^mt cru et écrit, de saint
Alexandre pape, cinquième évèque de iVome,
et successeur de saint Evariste? Rien ne le
prouve, Barouius, pas plus que Tillemont,et
nous n'hésitons pas à être Je leur avis, no
regardent pas les actes que nous avons de
ces saints, et que Bède croit être bons,
■comme sullisamment authentiques.
ALEXANDRE (saint), martyr, versa son
ang pour la foi sous Femirereur Anionin,
sur la voie Claudienne, à 20 milles de Rome,
11 soulfrit les chaînes, les coups de bâton^
le chevalet» les torches ardentes, les pointes
de fer, les bètes et les flammes dune tour-
naise ; entin ayant eu la tôte tranchée, il en-
tra dans la gloire qui ne finit point. Le pape
saint Daniase fit depuis transférer son corps à
Rome, le 26 novembre, et fixa chaque année
sa fête au jour de cette translation* TEglise
honore sa mémoire le 2i septembre.
ALEXANDRE (saint), lun des sept flls
^Ue sainte Félicité, fut martyrisé avec elle et
^Hous ses frères h Home, le 10 juillet 16i,
^Hous le rèiioe de Tempereur Marc-Aurèle. Le
IWpréfet Publius Tayant fait amènera son tri-
ounaJ, lui dit : «Jeune homme, ta destinée
est entre tes mains ; prends pitié de toi-
mérne, sauve une vie qui ue fait encore que
^^oramencer et dont je ru3 pourrais nvemjjé^
^Bher de regretter la perte. Obéis aux ordres
^"de l'empereur; sacritie, et tâche de mériter,
j>ar celte complaisance religieuse, la protec-
lion des dieuît et la faveur des Césars. »
Alexandre se iiûta de répondre au magistrat:
Je sera un maiire plus puissant que César:
fest Jésus-Christ. Je le confesse de bouche,
le le porte dans le cœur, et je Fadore sans
sse. Cet ilge, au reste, qui vous paraît si
&ndre, qui Test en elfe! , aura toutes les
rerlus de l'âge le plus avancé, et surtout la
frudence, si je demeure lidèle k mon Dieu.
7uanl aux vôtres, puissenl-ils périr avec
ceux qui les adorent. » Le rapport de ce qui
fêlait passé ayant été fait à l*empereur, il
ît comparaître Alexandre devant un juge
jui le condamna h avoir la tète tranchée, ce
tjjui fut exécuté le 10 Juillet , j'ïur auquel
B Eglise fait la fêle de saint Alexandre.
ALEXANDRE (saintj, fut luartyrisé à Ro^
-le, sous le règne de l'empereur Marc-Au-
rèle, 11 était évéque, mais ou ignore de quel
siège. Les documents qui nous restent ne
nous permettent pas de nous étendre davan-
tage. Sa fête est marquée au Martyrologe
romain le 21 septembre.
(ALEXANDRE (saint), martyr. Nous don-
nons ici ses actes , qui renferment aussi
ceux de saint Epipode.
Il y avait dix-sept ans que Lncius Verus
et Marc-Aurèle étaient assis sur le trône des
Césars, lorsque la fureur des gentils se ré-
pandit comme un torrent impétueux, dans
toutes les provinces de remfiire, contre TE-
glise. Mais ce fut particulièrement dans la
province de Lyon qu'elle causa de plus
grands ravages, et les traces qu'elle y laissa
furent d autant plus funestes et en plus
grand nombre, qu'ede la trouva peuplée
d'un plus grand nombre de fidèles. Les ma-
gistrats et les ofiiciers d'armée, les soldats
et le peuple travaillaient de concert et avec
une égale animosité à détruire la religion,
en employant contre elle toutes sortes de
tourments, et persécutant sans relâche tout
ce qui portait le nom de chrétien, sans faire
de distinction ni d'âge ni de sexe. Les noms
de quelques-uns ont été conservés avec les
circonstances de leur mort; mais il y en a
beaucoup plus qui , pour avoir fini leurs
jours dans les chaînes et dans robscurilé
d'une prison, ou ayant péri dans quelque
émeute populaire, ont été confondus dans la
foule et ne sont écrits que dans le livre de
la vie bienheureuse. Car, après cet horrible
carnage des chrétiens, dont le sang remplit
la ville de Lyon et fit changer de couleur
aux eaux <iu Rhône [ainsi qu'on le {(eut voir
dans la lettre que les Eglises de Vienne et
de Lyon écrivirent sur ce sujet aux Eglises
d'Asie et de Ptirygie) , les païens crurent
avcur entièrement éteint le nom de la reli-
gion de Jésus^hrist. Ce fut pour lors qu'E-
pipode et Aîexanrlre, qui en faisaient une
profession secrète, furent dénoncés au gou-
verneur par leurs propres domestiques. Ce
magistrat, en colère de ce que deux chré-
tiens avaient échappé à rexacte recherche
qu'il croyait ou avoir faite, donna des ordres
très-précis de les arrêter, s'imagina nt pou-
voir enfm achever d'abolir en leur jjersonne
une religion qui lui était si odieuse.
Mais avant que de venir aux particularités
de la mort de ces saints, il faut dire un mot
de leur vie. Alexandre était Giec, Ejdpode
était natif de Lyon : tous deux étaient unis
dès leur plus tendre enftmce par les mômes
études et les mêmes exercices, mais plus
unis encore dans la suite par îes liens dune
véritable charité. Leur amitié croissait avec
leurs lumières , et augmentait à mesure
qu'ils faisaient de nouveaux progrès dans
les sciences. Leur union devint si intime, et
leurs sentiments se trouvèrent si conformes
en toutes choses, que , quoiqu'ils eussent
reçu de ceux qui leur avaient donné la nais-
sance une éducation très-sainte, ils ne ces-
saient cependant de s'exciter l'un et l'autre
par de réciproques et de continuelles exhor-
tations à tendre aune plus haute perfection.
Ils y réussirent si bien, que, s*exerçant avec
une attention toute particulière à la lempé-
m
ALË
ALE
1»
rance, à la pauvreté et h la fol, à *a cîiasteté,
aux œuvres de mis^^riconte, et générnlomeat
à toutes les vertus les plus cxt-ellemes du
chribliantsme, ils se rendirent des vii:iiiiies
dij^nes d'être immotées h Dieu ; el ils eun-ni,
par une neurcuse ailicipaîioji, tout le mé-
rite du marïyre avant que il'ei souïfrir la
peine- Ils étaient dans lu (leur de leur jeu-
tiesse, et ils n avaient [mint voulu engager
leur liberté, ni se chrirger du jou,,^^ du lua-
riage. l>ès qu'ils eurent îi[>erçii les preiuiers
feui de la persécution, ils sonj^èrent à sui-
vre le conseil de l'Evaii^jile; car, ne pouvant
pas fuir de Ville eu vdk%îls se contentèrent
çle chercher une retraite où ils pussent de-
meurer cachés et y servir Dieu en secret. Ils
la trouvèrent dans un faubourg de Lvon,
proche Saifit-Seiïe, et ce fut le petit loi^is
d'une veuve chrétieneo et d*uîie singulière
piété ijui les mit d'aboni à eouvert de la
{ireraière enquête des persécuteurs. Us y
urent quelque temps ineomus, p;ir la tide-
lité que leur i^arda la sainte ÏMitesse et [>nr
le peu d'appaVenee qu'avait leur asile. îdais
enlin ils furent découverts, et ils ne f>uient
échapper h Tiniportune et trop lurieuse re-
cherche d"un ûtlicier du président. Ils furent
arrêtés au passage étroit d*une p-tite cham-
bre» dans le mtiuienl *pfils se sauvaient, et
ils demeurèrent si é(»erdus lorjstiu'ils se vi-
f^T}l entre les mtins cruelles» des gardes du
gouverneur, «pi'ti|H|>ode perdit un de ses
souliers, que îsa charitable bùte§so trouva et
luïdle conserva comme un riche trésor. Ils
_urenl d'abord mis en prison, el avant mùiue
que dVtyoir été interrogés, le seul nom de
chrétien [)ortant alors avec soi une convic-
tion manifeste des plus grands crimes. Trois
jours après, ils firent conduits, a>ant les
mains n^f'ichées dernère le doi^, au pied dn
tribu Jti oouverfïéar. Cet homme cruel
leur lîjuîanrlu leur uoi!i,el quelle était leur
profession. Uiie multitude mnombnibe do
penpie remplissait l'auJlonce, et Ton voyait
sur le visage de ehaeun ta haine peinte avec
les plus noires coulevirs. Les accusés dirent
le -r nom, el confessèrent uiuvcment quils
étaient chrétiens. A cet aveu, et le juge et
rassemblée se récrient, s^emportent, fré-
ujisseut de ra.-re. Toute une ville qA en nion-
vi'^meul [K»ur perdre deuï innocents. aQuoil
dit ie gouverneur, uun ton que la fureur
rendait lêrritde,dcu\ jeunes téméraires ose-
ront brav.T les lunuortels? I«'S >a»}iles oi-
donuaucesde lius princes S( rorit foulées aux
pieds TA quoi ont dobi: sei vi tant de suj»-
plices? c'est donc en vain quon a dressé
des croix, qu'on a mis en usage le ter et le
feu ? en va m les hôtes se sont rassa-^iecs des
corps de ces imp es! Où i^onl le» *;b' valets, K^s
lames de cuivre a dentis ;' où so.d les tour-
[faents les plus atîieux,j rolohgés môme jus-
qu'au delà du trépas? (iuui î tuut cela a élé
Inutde 1 les hommes he sont plus, leurs os
ont été réduits en cendre , h peine trouvé-
i-on la place où furent leurs tombeaux, et
tr y de Chri - " " ^ nos
V âes bon ucore
ébtenàre ce nom ociiuux â la vue aci autels.
?.
devant les images sacrées des Césars I Non,
D^tn, n al tendez pas que cette audace crifDî-
nelle demeure impunie. Le ciel et la lerre
demandent vf»tre suf^iliee, il est Juste de les
satisfaire. M lis de crainte qulls ne s'euruij-
ragent Puo l'autre et qulls ne s'animetit ii
souifrir par des paroles ou par des signes,
comme on sait assez que c'est la coutume de
ces gens-ei, qu'on les sépare, qu'oïi lasse
retirer Alexandre, qui parafi le plus vigou-
reux, el qu on applique Epipode à la ques-
tion, w Le gouver icnr crut qu'il pourrait ti-
rer qnelipie avantage de la co^^jonclure où
se tn*uvait ce pauvre jeime honnue, privé
du s ■cour"* de s«)n ami, aliandoiné h sa pro-
pre faiblesse, et laissant présumer que uans
une si grande jeunesse on ne devait pas
<;raindre une résistanee trop opiniAtre* Sui-
vant donc les traces de l'ancien serpent, il
commenta par eraplt}yer la douce persuasiou
et h f.iire glisser dans sou âme le f oison
mortel de la llaiterie. « An ! c'est dommage,
lui dil-il, qu'un si aimable jeune homriG
périsse pour la d fense d'une mauvaise
cause; je sais que vous avez de h piéié.
que votre ilme est remplie de t* ndres seivi-
nienis de religion : mais nons iTOvez-vnjs
des impies? n avons-nous fms une reigi'Ui
el des dieuv, el la jutt^ est-elle bannie do
nos temples? Toute la terre adore les m6m^»s
divinités q ^e nous, e! nos augustes prit^ces
sont les premiers à leur rendre lebrs hoti-
roages. Au reste, nos oieux aime it la joie :
c'est au milieu des banquets som; lueux
qu on leur adresse des pr ières : et les vœux
qu orj leurlait ne sont jamits uneiix exauces
(lue lorsqu'un h s accompagne de jeux, dç
naoses et de charmants duict-rts. Que vous
diiai-je, cuJin ? ramour el les plaisirs , la
bonne chère et les vins délicieux, la ouagni-
licence des spectacles, les agréables inlri-
gu*^s du ihéûlre ; eu un mot, les plus doui
fiasse-temps de la vie font la plus grande
partie de leur eulle. Mais nour vous, vous avei
UJiv* religion sombre el criMgrine : vous ado-
rez un hoamie qui a été cloué k une croix,
qui ne ifeut soulFrir qu'on jouisse de t*^us
ces plaibirs, qui cond^unu' la joie, qui sq
plail à avfur des adoraleuj's esteuués par les
jeûnes; entjn, qui conseil e une cuasleiô
triste el infécoride. Mais app*s tout, quel
a(>pui peut'On atteindre de i e Dieu, quel bien
peut-il laire à ceux tpii s'.itlat.hent à sou
service, lui qui n'a | u gar»i nu r sa vie de I al-
tentât formi^î co. tre elle par les dcrn-crs des
i.iuumcs? X'ai bien ^ oulu vo^js rej réstnt r
toutes ces etjosts, auLi que, renonçant a celle
relr^ou faruuclie el saiivage, vous ne son--
f;jez plus qu'à t>as5cr voire jcuoe'^^** •. i ni
es doui el lenJrcs amu eiuruis n e,
destiné par la n.dure a la jouis ao^ jS
l6s conlentemenls q^iç h^ mondu o.i x
qui en savent faire un bon usage. « i.k- u to-
hedreux Lpipode ré onuit ai gOuve lîeue
en ces lemios : « La gri\ce de Jê&us-Chrisl
mon maitre, et k foi catholique que jt* nro-
f ! ' -eronl jamais surprentlre à
! usoiïLe'^ de vos paruloi.
\ !;a. Il-JoUcz dèlr.' sensible aux ûiaux que
1 1 -
j me prépare; mais s/*chez que je ne regarde
n^ette fausse <*oiiïpasslnn que comme une vé-
[rîtabîe cïu^ul^. La vie que vous me propo-
sez esl pour moi une éternelle mort, et la
I mort dont vous rae menacez n*est qu'un pas-
jsage h une vie qui ne finira jamais: il est
iÇiorieux de mourir d'une main comme la
iTâtre, flceoutum^'C h répandre le sang de
féeux qui refusent d'abandonner le parti de
fa vertu. Au reste, ce Bfeu que nous ado-
rons, ce souverain Seigneur de tout Tuni-
vers ; en un moU ce Ji^^us que vous diies
avoir soutTerl le supplice de la croiï, savez-
vous qu'il est ressuscite^ ? qu^Hommo et Dieu
tout ensemble il s'est élevé dans le ciel par
sa propre vorlu, traçiid lui-même h svs ser-
vMeurs un chemin à l'immortalité, et leur
prépaninf (à-haul des trAnes tout briiïcints
de fiîlufre ? Mais je m aperçois que ces choses
sont trop relevées pour vous, je veux b en
me rabaisser en votre favturet vous (>arler
le langage des liommcs. Les ténèlires dont
TOire esprit est couvert sont-elles si épaisses
quïdies ne vous laisseï t pus voir «pie tout
homme o^t composé de deux ditrérentes sub-
stances, r/ime et le c Tps qui lui obé^l ; ces
Slaisirs infâmes que vous me vantez tant
altentâgré^blemenllecnrps,maisilsdimnt*i|t
la aiort h Ta me. Poiif nous, nous prenons
le parti de notre Ame confre noire corps, et
Cous la défendons drs vices qui TallaquenL
Ne nous vantez point tant votre piété envers
Tos dieux immortels : It» jireuiieret le plus
grand de vos dimx, c>st \olie ventre; vuus
lui méritiez la plus nol^le f^artie de vous-
loémi'S; et vous rabaissant jusqu'à la nalure
des bétes, après avoir vécu comme ellfs,
vous n attendez qu'une lin (iareille h la leur.
Mais lorsque nous ïiérissoos par vos ordres,
que font vos lourmpiils, sinon de nous fairo
passer du temps h réfernité, et des niisèies
d'rine vie luoi telle au bonheur d une vie qui
n'< *t plus sujette à la mort'/ » Le gouver-
neur ne put icfuser sun aduiiiatiun h un
di5« Ours SI rempli de sai;es.^e el d<* 'f;éiiénj-
site; d en tut loue é : maTS ce sentinK^nt
ne dura p->s \(m^ic\n\s, et la hoide, le dépil
el la ra^e lui succédun-nl bi nlùl avec tou-
tes les 11 rreurs qui les acc*Mnpa.f,neiit. Ne
pouvant donc *'ési 1er à ces Ihks i'uries, il
cotiimanda qu'f»a IViqiptlt à couj s de pomg
cetie bouche qn\ avait parlé avet; tant u élo-
qiieuce. La douleur que lessoidit le sauit
ma tyr n-^ fit qu'air'ruiir ^ constance j el,
uialgié Le san^ qui surtad de stt bouche avec
une Lvarlie de se.H dûnt.>, d ne laissa î>as ne
pfofé*er ces i^aioles : « Je confesse que Jé-
sus-Christ e>t un seul Dieu avec le Père et
if S:r: : ; i i| ; il e^l ju^te que Je lui ren e
Uiie i est >ort!e de ses niai us et qu1l
a r.i' ' ipn sanj^. Ainsi la vie ne m cï^t
poiti elle n e^t que cliâu^^ée en une
plus bcuicusc ; et il m Importe peu de queile
Diaoïere ce corps cesse de vivre, poui V(j que
1 esprU qui Taniuie rclourno h celui qui lui
â aunné l'élre. ^ A peine saint Epipode eut
lioi ces derniers mots» que le juge ie Ut éle-
X^X^SUr lu çhevaJet et placer des bouneaux
ë 4iroite el i gaucbe» nui lui déchirmeol le^
ALË m
côtes ayec des ongles de fer. Maïs vôJlîi
rfue tout h coup On entend un ^ruit eUrfi^a
bie : tout le peuple denmnde le m<irt>rî
il veut qu'on le lui abaudcmne,^ Les uns ra-
massent lies pierres [lOtir Feu accabler; (es
autres, plus furieux, s VjtTruUl à le ujeUre en
pièce\s ; tous entin trouvt'Ot la cruaut<5 du
gouverneur trop lente h leur gré. Il n est pas
lui-môme en sûreté. Sur|ïris de cette Vio-
lence inopinée» il craint qu*on ne viole le
respect dti h sou caractère, et désïri^nt assou-
pir dès sa naissance ce coo^niencement de
sédition, il fiut enlever le martyr, et, sous
donner le temps aux, mutins de poursuivre
leor attentat, il Je ftfit tuer d'un coup dï«pée.
Ainsi, par une disjiositiou favorable de la
Providence, remportemenl les ennemis de
saint Epijïodo ne lit que hâter la lii de svn
martyre, Jésus-Cluîst se hiUant liii-môine
ûii couronner son serviteur, Ceiieidai t le
gouverneur bi ùlail d'joqjatience de tremiter
dans le san^ d'Alexandre ses mains erjcore
fumantes de celui de son cher tpi[!ode. II
Tavait laissé un jour en pri:^ûn, et remettant
son inierroi^aloi're au jour suivant , i! .se lo
ht amener dans le dessein de pouvoir par
son supplice rassasier sa fureur et celle de
tout le peuple* Il lit toulefijis son elfurt sur
lui-ménie, el, relenant avec |.eine les mou-
vements un[iétUi ux d'un couiroui a eu^^le,
il voulut bien tenter la voie de la douceur
avant que de prendre relie des tourments*
<î Vous voilà, lui dit-il, encore luailie de
votre destinée ; prnïiie/ du détiu tju on vous
donne el de Texeinple de ceux qu\,n f^'I ou-
létemcid a lait péjir, (irâçes aux dieux iîa-
uiortels, nous avons lail une si bonne guerre
aux seclaleurs du Ctn ist, que vous êtes nros-
(jue le seul qui soyez resté de ces misé^ables^:
car entin .qjpreimi que le compagnon de vo-
tre inqjiété ne vit plus ; cessez donc de voi^s
promeiie l'nnimniié si vous persévérer
u.«ns votre crime ; ayez piîié de vous-même,
et venez remejTiei les dieux d'une vie qu'ds
ont la bonté de vous conserver. — C'est à
mon Dieu que je djus toute ma reconnais-
sance, lé^Hitidit Alexandre, que son nom
adoralde suit béui à jamais. Vous croyez
m'éi-ouvanier [lar le souv**nir que vous rap-
pelez dans ma mémoire d^^s touimeuts que
latil de m.irtyrs ont endurés; niùis bnruvz
que vous ne faites qu'enllanuuLir davanta^je
1 ardeur que j'ai de le* suivre en retn^gant
a mes yeux leurs triomphes. l*ensL:2'Vôus
âvou' fait |iurir ces ûuH'S bienheureuses, que
vous avez chassées ue ieur co ps à fuce de
sui^plices; désabuez-vous , e les sont dans
le Ciel 0*1 cl es i èj^nent^ Ma s le croire/^-vous ?
ce sont les pers* eu leurs ei^x-mémes qui ont
péri en cott*^ rencontre, (Jito j'ai piiiô de
1 erreur où je vuus vuis 1 Ce non» sacré, que
vous vuus nuaginez pouvoir éteindre dai,s
les tlots de sang que yuus versez, iTen est
que plus éclatant. Celte religion que vous
prélentiez renversej- t^ar vos faibles etfortSt
cesl Uieu qui en a ieté les iondements, ils
sont inébranlables ; la vie puie et s:iinte des
cil rétiens .soutirai réijihcei et leur mqjj pré-
QÎ^^u^e rau^eûi<ï et rmibëlUt. C'est o^
I5S
ALË
ALE
136
même Dieu qui a fait le ciel et la terre , et
il règoe par sa justice dans les enfers. Ap-
prenez que les âmes auxquelles vous croyez
dijtioerla raort s'échappent de vos mains et
|»rennent leur essor vers le eiel où un
rovaume les attend , au lieu que vous descen-
drez dans renier avec vos dieux. En' faisant
mourir mon cher frère, vous avez assuré son
buuheur, et;ie meurs dlmpatience de le par-
tager avec lui. Qu attendez-vous domv? Je suis
chrétien, je Tai toujours été, ie ne cesserai
de Tètre. Vous pouvez cepeoaant tourmen-
ter ce corps qui, étant formé de terre, est
sujet aux puissances de la terre ; mais mon
âme, d'une nature toute céleste , ne recon-
naît point votre pouvoir; et celui qui Fa
créée saura bien !a garantir de votre cruauté* »
Ce discours ne Ht qu'augmenter dans Ta nie
du gouverneur la fioute et ta colère» Il fit
étendre le saint martyr les jambes écartées,
et trois bourreaux le frappaient sans reUche,
Ce tourment ne diminua rien de !a sainle
fierté de ce généreux athlète , et il ne s'a-
dressa jamais qu'à Dieu pour implorer son
secours. Comme son courage ne se démen-
tait point, et qu'il commen(;ail à lasser les
bourreaux qui s'étaient déjà relayés plusieurs
fois, le gouverneur lui demanda s'il persis-
tait toujours dans sa prcmièi-e confession.
« Oui, réiioniJit-iU d'un ton d autorité, et qui
témoignait la grandeur de sa foi ; car vos
dieux ne sont que de mauvais démons ; mais
le Dieu quej'adore, el qui seul est tout puis-
saut et éternel , me donnera la force de le
confesser jusqu'au dernier soupir, il sera le
conservateur et le gardien de ma foi, ^* Le
gouverneur dit alors : '< Je vois la pensée de
ces misérables ; leur fureur insensée est
montée h ou tel noint , qu'ils mettent toute
leur gloire dans la dureté de leurs souHVan-
ces , et ils croient par là avoir remporté une
victoire signalée sur ceux quHs nomment
leurs persécuteurs ; mais il faut les guérir de
celte folle présomption. « Puis, s'etfuryant
de prendre un ton plus grave et plus modéré,
il prononça celte sentence : « Etant une
chose contraire au bon exemple et au respect
dû h la religion des dieux et h la dignité de
notre siège , de soullVir plus longtemps IV
piniûtrele impie du nommmé Alexandre,
convaincu de christianisme ; el comme ce
serait en quelcnn* sorte s'en rendre coiu^
pli ce que d en aiûérer la punition, nous or-
donnons qu'il sera attache à une croix pour
y expier sou crime par sa mort. » Les bour-
reaux prirent aussitôt ce saiut et le lièrent
à ce hois qui est devenu le signe de noire
salut» 11 n'y demeura pas beaucoup sans y
expirer; car son corps était st ton déchiré
dans celte cruelle ilagellation, que ses cotes
décharnées laissaient voir h découvert les
entrailles. Ayant donc son âme unie h Jé-
sus-Christ, il la lui rendit en invoquant sou
saint nom. Le lombeau réunit deux amis
que la mort seule avait pu séparer durant
quelques moments ; les tidèles, ayant enlevé
secrètement leurs corps , allèrent cacher ce
jdeux larcin dans un endroit inconuu aux
inlidèles. Il y avait sur la penchant d'une des
collines de la ville un enfoncement couvert
d'arbres épais ; là , parmi des broussailles,
on trouvait une espèce de grotte : la chute
des eaux l'avait insensiblement creusée , el
leur humidité féconde avait fait naître à Ten-
lour des ronces et des épines qui en déro-
baient la vue à ceux que le hasard condui-
sait en ces lieux écartés. Ce fut cette ca-
verne qui fut choisie pour être la dépositaire
des sacrées dépouilles de nos martyrs, el gui
les mit à couvert d'une seconde persécution
des païens, qui, par une inhumanité incon-
nue aux peuples les plus barbares , refu-
saient aux morts le repos de la sépulture. Ce
lieu est devenu dans la suite célèWe par les
miracles qui s y opèrent tous les jours^ et qui
y attirent la dévotion du peuple. Et voici ce
qui commença à le meltre en réputation :
une maladie contagieuse ravageant toute la
ville de Lyon, un jeune homme de condition,
consumé des ardeurs d'une lièvre maligne ,
fut averti en songe d'avoir recours aux re-
mèdes que lui donnerait une certaine femme
qui lui fut nommée. C'était celle-là même
qui avait le soulier de saint Epipode. Eli©
fut fort surprise de la prière qu'on lui faisait
de vouloir s employer à la guérison de ce
jeune genlilliomrae ; elle dit ingénument
qu'elle n'avait aucune connaissanc de la mé^
decinujqu'à la vérité elle avait guéri plu-
sieurs maladies par le moyeu du soulier qui
avait servi à un saint martyr, et que Dieu
avait fait tomber entre ses' mains pour la
récompenser de rhospitalité qu'elle avait
exercée envers ses serviteurs. En même temps
Lucie (c'est ainsi que se nommait cette cha-
ritable veuve) tit la béoédictiou sur un verre
d'eau, qu'elle présenta au malade ; il ne l'eut
pas plutôt pris, que le feu de sa lièvre s'é-
teignit, non par un elVel naturel, mais [wr
un miracle de la toute-i>uissance divine. Le
bruit de cette merveille se répand par loule
là ville ; la foi chrétienne est exaltée, le pou-
voir des saints est recimnu. Une multitude
de peuple court en foule au touibeau des
martyrs, demjnde la santé, la reçoit, et avec
la santé, la grâce du ciel et la ^lumière de
TEvangile ; on ne cherche que la guénson
du corps, et on oblient encore celle de Vàme.
Les miracles se multiplient, et, à l'aspect de ■
celte sainte caverne, les démons sortent des I
corps, les maladies prennent la fuite, tous
les maux disparaissent , et il s'y passe de si
grandes choses, que rincrédulité est obligée
de se rendre malgré elle à l'évidence des
faits. Oardoos-nous donc d'être incrédules;
la puissance de Dieu aime à se découvrir
aux esprits dociles, elle les favorise, elle les
aiine; mais elle se réserve pour ceux qui
doutent, et elle ne daigne rien opérer en
leur faveur, (UuinarL) — U, 22 et 'l'h avril.
ALEXANDRE (saint), fut martyrisé à Lyon
dmYuit la persécution de >Jarc-Aurèle, Il
était de Phrygie et médecin. « C'était un
homme révéré de tous les tidèles pour son
ardente charité envers Dieu, et pour cette li-
berté vraiment apostolique avec laquelle il
prêchait la foi de Jésus-Christ [car il avall
reyn de lui la grâce et la mission [jourannoa-
I
ALE
cer *es ventés de FEvangile j; cv snini
bomme s'était approclit' du tribunal, et par
les sîgoes redoublés pxhi)rtait ceux q^uisu-
aissaieril J*iiiterrogatoire à derneun'r ierm*\s
Tdans la foL A le voir s agiter, faire des ^es-
) les de Ja jiiaiii et des mouvements de la lt>te
\fit des yeux, et donner k tout sou corps di-
rersescoDlorsioQs» on Teiit pris |>our uiie
femme qui souffre les traïK'hees de renfao-
leruPoL L*? peuple qui &en .'ipeirnl et «fui
éiail au désespoir de ce que ceux qui avaient
renoncé la foi la confessaient avec une nou-
BsreUe ferveur, tourna luute sa rage contre
^leiandre, Tauteurde ce r.liangnnient, qu'il
Regardait comme un crime énorme, et Tayt^nt
sur VUeure défibré au gouverneur» ce nicigis-
I Irai lui demanda qui il était : il réj>ondit
* qu'il était chrétien; ce qui ayant mis lejuj^c
en colère, il le condamna aux bétes. Le len*
ilemain donc, on le vil entrer avec Altale
dans Ta m pbi théâtre ; car le président, pour
faire plaisir au peuple, avait résolu d'expo-
ser encore celui-ei aux btUes. Ainsi Ton et
Taulre, après avoir enduré tous K*s tour-
ments oruinoires de ramidùthéiltre, furent
^égorgés. Alexandre ne poussa pas le moin*
Ire Soupir ; mais se retirant, pour ainsi dire^
tout en lui-même, il s'entretint toujours
ivec Dieu* *< (Ruinart.) — Sa îèi& arrive le
12 avril.
ALEXANDRE (saint), versa son sang pour
lu défense de la foi chrétienne, avec saint
laïus, à Apamée en Phrygie:nous ne savons
r$ur leur compte que ce que nous dit Eusèbe
fd*après Aslénus L'rbanus, auteur cooterapo-
Irain* Tous deux étaient de la ville d'Eumé-
!liie, dans la grande Phrvgie. Cette contrée
rétait celle où les montaiiisles avaient fait le
alus de progrès ; elle était enliérement in-
lectée de leurbérésie. Quand par hasard des
f catholiques se trouvaient arrêtés avec des hé-
. rétifiues, ils se séparaienl d'eux et déclaraient
[qu'ils n'avaient pas Ja même foi. Les deux
linls de qui nous parlons, s'étant trouvés
[arrêtés avec des montanistes, déclarèrent
f[u*ils se séparaient entièrement d'eux, et que
eurs croyances n'étaient ]ms les mêmes. On
Iiuel leur martyre sous Marc-Aurèle, d'au-
Uresle placent sous Sévère. L'Eglise célèbre
[.leur fôte le 10 mars,
ALEXANDRE ( saint ), de Jérusalem, évè-
[quiî et martyr, fut un des ["lus glorieux dis-
Iciples de la tameuse école d'Alexandrie, Ce
Iful là qu'il étudia les inj stères de notre re-
[ligion, sous saint Panlhene et sous saint Clé-
I juent. Il y eut pour condisciple lu fameux
lOrigène, avec lequel il resta toujours étroi-
llement lié* 11 fut un de ses protecteurs les
plus constants elles plus dévoués durant les
[épreuves el les persécutions qu'il eut à sou-
tenir, par suite de l'envie que lui portait son
évoque. Nous transcrirons ici Ruiuart pour
ice nui coucerne ce saint évéque.
Nous D*avons point tes Acte.H de saint
LAlexandriï, évéque de Jérusalem et martyr,
— is nous avons cru pouvoir y suppléer eîi
Bique sorte parce i ccueil de diverses par-
ficubrités concernanl sa vie et sa mort, ([U3
>us avons tirées d'Eusèbe el des autres au-
I>JCT10N>. ni;& PiiESKCinioîis. L
ALE
|5«
ciens auteurs ue ï*Hi5toire ecclésiastique* On
ne sait rien de positif de son pays, ai de la ma-
nière qu'il passa les premières années île sa
vie;el les historiens nous le montrent tout d'un
coup dans les fers, combattant pour Jésus-
Christ, sous le règne et liuranl la persécution
ile Sévère» enviroTi Fan 201, Au reste, nous au-
rions assez de penchant a croire qu*il était pour
lors évéque dans la province deCa[*padoce, si
ce senliment pouvait saecorder avec une
lettre qull écrivit en ce temps-là de sa pri-
son au peuple d'Antioche, au sujet de ! or-
dïnalioo d*Ascléjjiadt% dans laquelle il ne
prend jïas la qualité d'évéque, mais simple-
ment celle de serviteur et de prisonnier de
Jésus-ChrisL Après la mort de Sévère, la
p'iix ayant été rendue n FEdisc, Alexandre^
élant déjà évéque en Cappaocce, mais d'une
église ilont on ignore le nom, fit un voyage
à Jérusalem pour y rendre ses vœux au tom-
Leau de Notre-Seigncur Jésus-ChrisL 11 y ar-
riva dans le lemps que Narcisse, évêcjue de
celte ville sainte, et de retour depuis peu
donsson église, après unefort longue absence,
la gouvernait à 1 Age de près de cent ans. Ce
saint vieilkrd, «rovanl n'avoir pas assez de
force pour soutenir lui seul le pesant fardeau
de répiscopat, jela les yeux sur Alexandre,
pour s'en décharger sur lui d*une partie. La
chose réussit comme il Tavait projeté;
Alexandre fut retenu h Jérusalem, et, avec
rapplandissement du clergé et du peuple,
placé sur le même trône avec Narcisse par
les évé(jues de la [>rovince. A la vérité, il fut
nécessau'e que le ciel se déclarât en faveur
de cette élection par des révélations divines
qui portèrentle peuple el le clergé à la faire,
et par divers miracles qui la confirmèrent.
Et certainement une chose aussi extraordi-
naire que celle-lîi, el si forraelfemenl oppo-
sée aux canons et à l'usage, devait avoir de
pareils garants pour n'être pas condamnée
par les autres églises. Rutiu sVlend beau-
coup sur ces révélations ; car, après avoir
parlé de Tarrivée de saint Alexandre h. Jéru-
sîilem, il ajoute que le ciel déclnra sa vo-
lonté évidemment par des révélations et des
signes miraculeux, ûon-seuleraent au bien-
heureux Narcisse, mais aussi h plusieurs
personnes du peuple ; que celui qui parut le
plus manifeste et le plus éclatant fut celui-ci :
le jour qu Alexandre devait arriver h Jéru-
salem, plusieurs lideies étant sortis hors
Tune des portes de la ville pour le retevuir,
oii entendit distinclemenl une voix venant
du ciel qui proféra ces paroles : m Recevez
pour votre évoque celui que Dieu lui-même
vous a destiné. » Mais ce ne furent pas seu-
lement ces prodiges el ces révélations qui
contribuèrent à élever saint Alexandre sur
le troue épiscopal de Jérusalem ; la glo-
rieuse confession qu'il avait faite du nom de
Jésus-Chrisl ne fut pas uti motif moins puis-
sant [lour y déterminer les évèques ut le peu-
ple. Eusèbe a pris soin de nous marquer ce
motif, en même temps qu'il nous marque
ramée de cet événemenL m Sévère, dit cet
ÎHslorien, ayant tejm Tempire dix-huit ans,
le laissa {lar su mort à sou fils Antonin, sur-
139
AIE
ALE
lld
iiorumé Carac/illa^ [iouv ïa mauiore biïiUTt!
do[il il sMiabillait ordiridirciiierUXe fut {Hiur
lors qu'Alexindrei dti nombre de ceux qui
avaient gériéreusemunt combrvttii durant la
perséculioû, et qui, par mie providericn par-
ticulière, avaient survécu h la cruauté des
bourreau! et à la rigueur des tounneiils, fut
i^îevé à répiseopat en considératiou de celle
fénéreuse etûuèle persévérance à €OMfes:îer
ésus-Christ, quoique Narcisse, qui en était
évCque, fût encore eu vie* « Au re>le, kîS
canoéistes remarquent dans cette ordinatiou
deuï défauts considérables et directeinenl
opposés aux règles de la discipline ecclé-
Sia^îtiifue ; preiuièremeol, en ce qu*Ale\au-
dre fut transféré d*uu siège à un autre ; eu
second lieu, eo ce que, du vivant tuùme de
révoque Narcisse, il lui fut donné pour suc-
cesseur, ou du moins pour coadjuleur, i/y
avant encore eu dans FEi^lrse aut'un exem-
ple de ces sortes de subslitulions; et voilà
où Ton peut prendre lorigine des coadju-
teurs, qui sont uiai-itenaid uti peu plus fré-
quents qu'ils ne Téta le ut en ce teiups-lè. A
la vérité, Alexandre doit plutôt être nommé
successeur que coadjuteur de Narcisse,
cx>tume le remarque M. de Valois, et coumie
Alexandre semble rinsinuer lui-même dans
sa lettre au peuple d^Anlinoé. a Narcisse,
leur dit-il, vous salue, cet illustre vieillard,
/i^e de cent sei.e ans, qui avant m<û a rem-
pli si dignement le siét$edf* Jéni^ialem ; d*ou
Ton pourrait conclure qu on aurait conservé
à Narcisse le nom d'évèqu© et les honneurs
de répiscopat ; mais qu Aleiaudre en aurait
eu raulorité et la juridiction^ qu*il aura t
exercée non pas au uoia de Taocien, ce que
font aujourd'hui Ils coadjutcurs, mais en son
propre nom et pai* le droil de son élection et
de sa consécration. » Après tout, il faut avouer
de bonne foi que presque tous les anciens
auteurs ont dit qu Alexandre avait été Tad-
joint de Narcisse et son collègue dans Tévô-
ché de Jérusalem. Au reste, quoique les ca-
nons, pour réprimer Tambition ou Tavarice
de certains ecclésiastiques, eussent défendu
ces sortes de translations d'un siège à un au-
tre, et qu on donodl des coadj utcurs aux évé-
ques, de crainte qu une méuje église eût eu
même temps deux époux vivants, toutefois,
lorsqu'une nécessité pressaule semblait
TexiijtT, et que sans avoir é,^ajd à l'uiililé
4les parliculiers, on n*avait en vue que les
besoins de l'Eglise, alors les évéques as-
Senéblés dans un concile provincial pou-
Talent dispenser de ces règles, comme il par-
fait par plusieurs exemi>les que rhisloire
ecclésbstique nous fournit. Dieu couronna
A*nu glorieux martyreles travaux qu'Alexan-
dre avait essuyés durant plusieurs années
dans le gouveruemenl de ses deux Eglises;
car Philippe, qui fut toujours favoralHe aux
chrétiens, après avoir tenul empire sept ans,
ayant eu pour successeur Décius, ce nouvel
empereur, eu haine de Philippe, excita con-
tre TEgiise une nouvelle persécution. Elle
enleva d'abord à Rome le pape saint Fabien,
^ la place duquel on élut saiutCorijeille. S'é-
4aiil ensuite étendue daos la Palestine ,
Alexandre fut cité devant le président de la
province ; là, ayant remporté une nouvelle
gloire pour avoir confessé Jésus-Christ une
seconde fois, il fut jeté en prison, quoique
ses cheveux blancs et ta pureté de ses mœurs
Je rendissent vénérable à tout le monde : Il
y expira après avoir persévéré jusqu'à la fin
dans le témoignage aiHhentique qu'il rendit
plus d'une fois, en plein tribunal^ à la vérité
de la religion chrétienne. Le Ménologe des
Grecs en fait mention le 12 décembre, et le
M a r t > roi 0(^* » ro main le 18 m .^ rs *
ALEXANDRE (saint), martyr, donna sa vie
pour Jésus-Christ, sous le règne de Tempe-
reur Maiiiuin 1". Il fui décapité è Itiéti (dans
rOmbrie ), avec saint Siloo et saint Bufin,
évéque lies Marses et père de saint Céside.
L'Eglise lait leur fêle Je 11 aoôt* Les Actes
de ces saints, pleins d'erreurs et d'inexacti-
tudes, n'ont aucune autorité.
ALEXANllHE (saint), ret;ut la couronne
du martyre à Alexandrie, sous Teinpire de
Bèce, en 250, et sous le gouvernement de
Sabinus. Ayant soulfcrl pendant |>lusieurs
jours, avec saint Epimaquejes horreursd*une
prison obscure, il fut tourmenté avei' les
louets, les <mgles de fer, et de mille autres
manières. Le juge voyant qu'il ne pouvait pas
abattre son courage, le lit jeter, avec saint
Epiiutique, dans une fosse de chaui vive où
il fut entièrement Cfuisumé. Son c<»rps avec
la chaux ne faisait plus qif une masse, où il
était impossiblededistingucrforme humaine.
Sa fête a lieu le 12 décembre.
ALbXANUllE (saints fut martyrisé àCésa-
rée de Pal 'Stine, sous Fempereur Valérien,
avec les saints Malch et Prisquf. Tous trois
habitaient la camjiagne près la ville ; sainte-
ment envieux de la cuuroime des mai tyrs,
ils allèrent à Césai ée déclarer au gouverneiu*
qu*jls étaient chrétiens. Us furent horrible*
nient tourmentés et ensuite livrés aux bètes.
L'Eglise latine fait la fête de saint Alexao-
drele 28 mars. ( Voy. 1 article de saint Pais-
QUE.)
ALEXANDRE (saint ), martyr, fut mis è
mort à lides^éjsous rempereurNumérien, pnr
ordre du juge Théodore, avec les saints Tna-
Ktlée et Asiere et plusieurs autres. Voilà tout
ce qu'on sait de positif sur son couii^te, car
Il ne IV» ut pas s'en ja|*porter aux Actes que
nous donne HoUa'idus, qui, d*aprè$ lai-
mè^ue, s.mt pleins d'absurdités. [Voy, saint
THALiLÉE. L>:gliscfaitlaîètede saintAlexan-
dre le '20 mai.
ALEXANDRE (saint), martyr, eut la gloira <
de verser son sang pour la religion à Thés-
salotiique, et durant la perséculionde Mali*
mien. On ignore Tépoque et les circonstan-
ces de ses comb ils. L'Eglise honore sa mé-
moire 1 r 9 n f > v t ' mb re .
ALEXANDRE (saint), mart%r, était soldat
dans la légion Thébéenne. Ayant confessé
Jésus-Christ, il fut décapité n Bergame en
Lombardie, et accomplit ainsi son martyre.
On ignore Tépoque de son martyre, L'Ë^ise
célèbre sa mémoire le 26 août,
ALEXANDRE (saintj, fils de saint Claude et
de i>ainie Prépédigne, fut arrêté pour la foi
lit
ALE
ÂLE
U%
temps de la ^>ersécuUon de rempereor Dioclé-
I tien, avec son ptTe et sa mère, so» oncle Ma-
[Hime elson frt?reCuiias. Le tyran [lar l'ordre
Wuquelils avaient été arrêtés eutd'tibord éi^ard
[4 leur naisMnce, et à leur posilioo. Ils apjiar-
ItenaJent à une fa nulle eitrônieincnt illustre.
fil irs cûoiiaauia d\Hbnrd k l^eKil, mais bien-
Ot» se repeiîtâïit d'atte douceur qui ti^Htiit
* dans ÈitiS hâbiti*des ni dans son earactére,
onJotinaqu'iI> périssent tous au ruilieu des
Hattimes. La sentence fut eiéeutée dans la
Tille d'Oslie. Celle sainte famille mourut
donc tout etUière sur fë bilcheri «> tirant à
IBieu son saci iûce avec un couja^(-^ vraiment
idmirable. Les (laïens, qui rje voûtaient pas
flue les (•>"*•*' "-^s pussent recuuillir leurs re-
^ques^ I 'Il dans le Tibre ; mais lu
plus grâiJUL pu lie put êlre reprise et enter-
jrée prés de la ville. La fête de ces saints
martyrs esl célébrée par lEglise le 18 fé-
Trier.
ALEXANDRE (saim), ruartyr, répandit
son sang pour la foi à Césai'ée en Palestine,
sous le f»resiiient Urbaiji,da'is la persécution
de DioelétieuXe VlaHyrotoj^eromaii* t omme
seseonijxHgoons de martyre, qui so'it un au-
tre saint Alexandre, saint Timolaiis, ies
deu\ î^ints Denys, saint Pauside, saint Ro-
mule et saint Ag'af^e. L'Kglise céléi^re la mé-
moire de ces glorieux mail rs le 2V uiars.
ALEXANDRE ( saint ), martyr, fut déia-
pité au siôùie lieu et d.ms les «nèmes cir-
conslances que le saint précédent. ( Voy. ci-
dessus.)
ALEXANDRE (saint), laboureur, habitait
la Pamphylie, sous le règne et durant la per-
sécution de Diodétten* 11 fut mTèlé avec saint
Atte, saint Léonce et six autres laboureurs,
n ' 1*'nt Flavien lit décriniter à Perge.
L ]>re leur mémoire le 1"' août.
ALtXAISDHE (saint s dit le Charbonnier^
martyr, devint évéque de Comanes, dans te
Pont^ dans les cin:onstances suivantes ; les
hribifarïfs de celte ville, qui étaient devenus
\' breux, sentirent le besoin dui évê-
*l , qui l'ût \tjs diriger dans la voie du
salut. Vers TanâVS, ils députèrent vers saint
Grégoire le Tbaunialurge, pour le prier de
venir les soulen r de ses conseilî^dans 1 elee*
tion qu'ils voulaient faire d'un évéque. Au
jour «iési^né, on présenta au saint évoque
plusieurs candidats remarquabliis par teur
ri^^hesse et leurs eonnaissanre^. Mais aucun
ne plut h saint Grégoire, qai dit au peuple,
que dans une sphère moins éb^vee, on
pourrait trouver un fiomme dign^ de les di-
rigur. Un assistant djl en (daisanlant que
Vint pourrait donc tiier le clioiï sur Alex.an-
drf^ le Chajbninier. Le saint évéque pria les
is de lui amener cet homme, qui se
les manis et le visage couveits de
iusa-ii-re, qui, f^ar sa couleur noire» léuioi-
lail as^ez du métier qu*il faisait. Le
qde l'aecuei lit [>ar des rires. Mais saiiit
régoire, faisant a|>jtroi ber cet homniLMJausa
rec lui, le reconnut pour ôtre au-iie.^sus de
profession, et lui Ot avouer qull était
Time noble iauiille, et se livrait ainsi au mê-
ler de charbonaier, aiin de ga^ef plus
sûrement le cieL Saint Grégoire raconta
son h sloire au peuple, qui le désigna aussi-
tôt pour son év^-qn*^*. Al \aodre répondit
parfaitement à la haute idée que saint Gré-
goire le Thaumaturge sYHail formée de lui,
et mérita que saint Grégoire de Nysse, dans
son panégyriiiue de saint Grégoire le Tliau-
maturge, parlai de lui en termes fort houo-
rallies. Ce saint évoque suullrit le martyre f>ar
le feu. On n'est pas d accord sur i*époque de
sa murt, maison la place généralemejit dans
le temps de la (ïer>écution que remfjereur
Dèce tit soulïVir aux chrétiens. L'Eglise ho-
nore sa nié 1 nuire îe 1! août.
ALEXANDRE (sainl), soldat, eut la tête
traneljée pour la fui durant la persécution
de Maxiujien. Il accomplit, dit-on, de nom-
breux miracles, et soutint de violents com-
bats pour la sainte cause qu*il défendait. 11
cor somma son sacritice dans h vibe de
Drisipare en Paonouie. L'Eglise liait sa fête
le i7 mnrs.
ALEXANDRE (saint), Yuu des soldats qui
gardaient saint Victor dans sa prison à i\jar-
seille, se convertit en voyanl la lumière mi-
raculeuse qui éclaira, duiajit la nu 1, cette
urisnn, Maxim: en Tayant su, Lli venir saint
Victor avec les tro s soldats convertis,
Alexandre, Longin et Félicien, et les lit dé-
capiter (ous les trois, Lligli^e honore la mé-
moire de ces tioi:- saints, avec celle de saint
Viclor, le 21 juillet. (Kay, saint Victob de
Marseille.)
ALEXANDRE (saint), martyr à Pydne ,
avait d'abord été païen, et même ardent [per-
sécuteur des chrélirns. 11 se convertit, sans
que ses Actes disent de quelle manière. Bol-
landus raconte sa vie au li ii,ar>. GaJére lui
lit iranclnT la tôle en Tannée 298.
ALEXANDRE, gouverneur à Séleucie ,
sous Diocîétien, en Tan de Jésus-Christ a04#
lit mourir pour ta foi chrétienne sainte Ju-
litte el son tils saint Cyr, â-;é seulement de
trois ans. Cet homme féroce le fit d'abord
frapfterè coups de nerf de ba^uf, et ensuite,
l'ayant pi-ispar un pied, lui brisa la lét sur
les marches de son tribunal. (Voj/, sainte
Jllittk.)
ALEXANDRE (saint), martyr, Tun diS
quarante martyrs de Sébaste, sous Liciïi'US.
( Voy * M A R r v a s tJ e Se b a s e . )
ALEXANDRE ( saini J , martyr , souJîrit
pour la fui à Corinthe, sous Julien l'A^Jos-
tât et le pi évident S.dluste, L'année de son
martyre est inconnue, et les martyrologes ne
donnent point oe détails sui' ses souli' au-
oes. L'Ecjlisc honore^ sa mémoije le 2i- no-
vembre.
ALEXANDRl!: (saint), martyr, fut martyr
risé à Alexandrie, sous Juticu 1 Apusat, > vec
Palei ujutlie et (Copiés. Un ignore eu quelle
année. L'Eglise célebie la mémoire de €66
sainis manyrsle DjuiJel.
ALLXANDHE (sauiSj, po lier, fut inarty
risé [Jour m religion de Jé^us-Cllrtst, eii 1 an
397, sous l empire d'Arcadius. Les païens
du canton d'Anaune (aujourdliui Vdl-d*A-
nayira) le mirent a mort, avec saint Lici
aiusel saint Alartyrius. Pour plus de détails
I
lis
ALE
ALE
lU
(Voi/. sailli Ijcimls,) L'Eglise honore sa luù-
raoire le 29 mai, jour aoniversairo de sa
mort.
ALFXANDBE (saint), martyr» donna sa vie
avecHiTurlius» soMat cl leurs compagnon*;,
do'i( îe Martyrologe romain ne donne pas
les nom^/ei dans des circonstancfs qu'il -i
laissées obscures. L'Eglise ciMèbre leur nio-
nioire le 22 oetobre.
ALEXANDRE (s.iinl), martyr, élait soldai
à Constantinofile. Ce fui soiis le pn/sidcnt
Festus qu'd cueillil la palme du martyje :
voiri à qyelle orrasioii* Sainte AnlooiLie
avait été conJanuiée à ^Iro prostituée dnns
un lieu de débiucîie ; notre saint la fit éva-
der et se mit à sa î>lare. On les lit soutlVir
ensemble; i s eurent les mains coupées et
furent ensuite jelés dans nn brasier ardent.
On içnore ï'époqm* où finit leur martyre.
L'Eglise honore la mérnou^e de ces deux
saints marlvrs îe 3 mai.
ALEXANDRE (saint), honoré par FEglise
comme martyr* ^ la date du 17 octobre ♦ fut
mis h mort pour la foi cbrétieune, avec lt?s
sainls Victor et Maricn. Lliistoire se lait sur
les détails de leurs combats.
ALEXANDRE f saint), martyr, honoré par
FEglise le 17 mars^ fut martyrisé h Rome
avec saint Théodore, On no connaît pas Té-
poque précise de son martyre.
ALEXANDRE (sainl). martyr, cueillit la
couronne des glorieux combattants de Jésus-
Christ à liome, avec les saints Abonde, Au-
ligone H FortunaL Tous quatre sont honorés
par FEglise le 27 février,
ALEXANDRE (saint), évèque et mniyr à
Fie^ole en Toscane, est liouoré par FEglise
le 6 juin.
ALEXANDRE (saint), fut martyrisé h Rome
avec trente-huit autres chrétiens. On ne sait
pas la date de son martyre. L'Eglise le fcle
le 9 février.
ALEXANDRE (sainte), -l/rxaHf/rfir,martyi'e,
versa sou sang j>our la foi à Amide en Pa-
phlagonie. On n'a aucun détail snr son mar-
tyre, ni snr Fépoque où il eut lieu* On s^it
seulement qu'elle eut pour compagnes de
soulTrances Claude, Eujihrasie , Matroii«,
Justine, Eupïiémie et Thoodose, saiide Der-
phute et sa seetir. L'Eglise les honore le 20
mars.
^ ALEXANDRIE, ville capitale de la basse
Egvt>le , anjourd'hui peui^Iée seulement de
.V0.00a hybitants. Elle en eut iusqn^à 900,000
dans Fanliquité, C'était après Rome la se-
conde ville du monde connu. Celle ville fut
très-célèbre par ses richesses, son irapor-
lance commiTciale, ses académies, ses éco-
les de philosophie, et par sa fameuse biblîo-
tlièque brûlée par Omar en li'il. En 202, cette
vilie, qrjî avait pour gouverneur Létus, fut
témoin d'une violente persé*nitioo que le
gouverneur fit subir aux chrétiens, en a*j-
complissement de ledit que Seplime Sévère
Venait de rendre contre eux. A cette époque
norissîit à Alexandrie Fécole des catécnèses,
et le christianisme faisait d'immenses pro-
grès dans celte grande cité. Saint Léonide,
père d'Origène, fut le prenne martyr qui
soulfrit fjour Jésus-Christ dans celte persé-
cnti'^n. Pins tard , Origine étant devenu
le chef de Fécole des catéchèses , eul la
gloire de voir un grand nombre de ses
disciples payer à Jésns-Christ cette rançon
de sang que les persécuteurs prélevaient h
celte époque sur les chrétiens. Saint Plutar-
que et ses compagnons, les deux saints Ser-
nèncHéraclide, Héron, sainte Her,nde, sainte
Poïamienoe, un soidat nommé Basilide, ver-
sèrent leur sang |ïour la foi, Origène lui-
même faillit être victime tle son zèle. Il fut
presque tué par la populace qui le lapida.
Depuis cette époque, rien d*ab>olument mé-
morable, en faîl oe persécutions, ne se passa
à Alexandrie, jusqu'à la (in du régne de
lYnnpereur Philippe, c'est-à-dire en 2^9. A
(ïelle date, et dans les derniers mois du règne
de ce jïHnce, il sYdeva une tempête prqni-
lairc terribleconlreles chrétiens. Saint Denis,
dans une lettre citée par Eusèbe, s'exprime
en ces termes* « La dernière année du règne
deFempircur Philipue, nn certain homme u"A
lexandrie,quise mêlait de îuédire Favenir et
qui était aubsi quelquefois saisi de la fureur
poétique, se servit du moiitdela religion pour
animer contre les chrétiens îe peuple de celte
grande ville. Comme il n*avail déjà que trop
de penchant pour toutes sortes de crimes, \\
fut ravi de trouver une occasion si favorable
d^accorder son inclination dominante avec
Fintérôl de ses dieux, et il s'abandonna,
suus prétexte de piété, à tous les excès que
Feiifer, dont il soutenait le parti contre le
ciel, put lui suggérer pour perdre les fidè-
les. »
Saint Métran, saint Sérapion, sainteQuinte,
sainte Apolline, furent les principales victi-
UMis de cette sédition. Saint Denis termine
ainsi sa lettre. « Ancun chrétien n^osail se
montrer di^ jour ni de nuit dans les rues
d'Alexandrie : des gens couraieid anssilàl
après lui, Farrétaienl et le menaçaient du
feu, à moins qn'il ne prononçât sur Fheure
cette fornmle impie et sacrilège, qu'ils fai-
^aient redire après eux. Il ny eut qu'une
guerre civile qui put mettre tin h tant de
mauvais traitements. Pendant que nos enne-
mis se déchiraient les uns les autres, et qu'ils
tournaient contre eux-mêmes le fer et le feu
dont ils s'étaient servis contre nous, nous
respinhnes un peu. »
Nous laisserons saint Denis continuer le
récit de ce qui se passa à Alexandrie : « Mais
ce calme ne dura pas longtemps, et Fempire
ayant changé de maître, après un gouverne-
noent dotix et uiodéré, et que nous avions
trouvé favorable» nous nous vîmes expo-
sés h de noïivelles alarmes. Il panit cethor-
rilde édil de F( miiereur Décius, si cruel et
si funeste à FEglise, qn on a douté si ce iFé-
tail|ir»iut celui qneh^Scigneuravaitprédit de-
voir être aux élus mêmes un suji'tde scandale
et de chuie. L^éfiouvanl** se répandit généra-
lement parmi tons les liijèlcs. Elle sVnnpara
d'abord de c^mix qui, par leurs grands biens
et leurs hauïes tlignités, font dans le monde
une ligure considérable ; ds furent les pre-
miers qui st> riMidirenf, Il y en eut qui, i>ar
i
Î4S,
Ait
ALS
III
une malhnureuse néce^sik* d't^ngagemenl
([ulls avaient avoc lo prince, à cause des
affaires publiques dont iïs élaienl char!;és,
se virent comme forcés h avoir pour lui uut*
lâche coraplaisance. D'aulres, qui ne pou-
VHwni résister aux prici es de leur.s proches,
5e laissaient entraîner aux pieds <^ raulel
des fiiux dieux ; quelques-uns y afisjoilaienl
un visage pâle et défait, cf. quoiqji'ils p.n-fis-
sent être dans l/i résoluti^j^i de ne point sa-
I crifier, elle était toutefois si fathle et sichcui-
I celante qu'on aurait fslutril cj ii qu'ils ve-
liaient pourétre sacrifies eux-nu'^iiies, et qu'on
lue pouvait s'empêcher de rire en Jes voyant
: si peu résolus ou à mourir ou k sacrilier.
D'autres se présentaient sans façon, et sans
s'embarrasser beaucoup de sauver les appa-
rences, donnaient do 1 Vncetis aux icïoles,
ju'Otestàient hautement qu'ils n'avaient ja-
taais été chrétiens. Enlin, le grand nombre
[se rendit honteusement ; plusieurs pi-ircnt
[la fuite, et on en arrêta quelques-uns. Mais
[piirmi ces derniers, il y en eut qui rfeurenl
[ae fermeté que pour soulï'rir la [irison et les
llers, et qui la virent évanouir dès qu'ils
ta^^erçurent le visage des ju^es; d'autres» qui
[ en avaient fait fond mie pouî' les premiers
îurments qu'on hnir faisait endurer, et qui
manquaient lorsqu'on venait à redoubler.
Mais enlin la foi ne fut pas abandonnée de
[tous ; il se trouva encore de ces hommes
)ienlieureu\, de ces colonnes fernjes et iné-
lj)ranlables et que la main du Seigneur avait
llille-raôme allermies, qui se sentirent une
[force et une générosité capables de rendre
] témoignage à la vérité (ie cette foi et k la puis-
Isaoce souveraine de Jésus- Chris t. *>
Les saints martyrs qui donnèrent leur vie
Ipour Jésus-Christ dans cette persécution, et
Iqui sont nommés dans Thistoire, sont les
]saia's Julien et Chronion, son domestique,
[aussi nommé Kune, à cause de sa fidélité à
son maître, un soldat nommé Bèseou Besas,
ies saints Ejiimaqoe et Alex an tire ; saint
blacdire, nommé aussi Maear (M«xctp)» les
Ideux saintes Amraooaire, sainte Mcrcurie et
[sainte Denise ; d'un antre cùté, ïcs saints
léron, Arsène ou Ater» Isidoje. Saint Dios-
[eore, arrêté avec eux, s'illustra par une cou-
|jrageuse confession du nom de Jésus-Christ.
»iémésiou fui martyrisé quelque temps après
5UX, ainsi qu'un saint nomme Pausophc dans
les menées des Grecs. A la même époque,
les saints Fausle, prêtre, Bibe, cité daus les
lénées grecques 'Ct non pas Abibe, comme
dit Tilîemo'it;, et u'i saint Macaire, souf-
frirent avec onze antres dont nous ne savons
|>as les noms. Le Mûrtyroio;^e romain donne
nussi comme ayimi regu la couroime du m;ir-
lyre h Alexandrie, Il cette époque, les quatre
i^oIJats saint Ammon, Zéntm, Ingcmi, Pto-
émée et le vieillard Tliéophiîe. Qu'ils aient
[confessé le nom de Jésus^-Chrisl avrc intini-
îent de courage, cela n est pas l^ moins du
jor»de douteux ; qu'ils aient été martyrs ,
là-dessus il y a plus que du doute : nous ci-
llons un passage de saint Denis, qui est for--
Imel pour allirmer que le juge ne leur fit
"aal, et qu'après leur généreuse confes-
sion, ils tmrenï librement sortir du prétoire.
I Pouï' voir ce morceau de saint Denis, recou-
rez au titre de saint Am«ûn, martyr d'A-
lexandrie).
Saint Ischyrion fut tué pour la foi dans
une netile vdie d'Erryf>te ; mais, comme on
peut le voir à son tilre, sa mort fut le fait
de la colère de son maitre, et si elle doit être
attribuée h la persécution de Dèce, qui per-
mettait qu'un maître se portât imfmnément
envers si^s serviteurs h de teîs excès de bar-
barie , elle ne peut en aucune fagon être at-
tribuée ni aux juges ni aux magistrats. Nous
venons d'énumérer les noms des martyrs
d'Alexandrie que rhistdire a mentionnés
dans ses fastes. Mais w qui pourrait (^'est
saint Denis qui parie) dire maintenant com-
bien rie fidèfes, durant cette peisécntton ,
ont pcri jiarmi les déserts et dans les mon-
tagnes, où la faim et la soif, le fioid et la
nudité, les voleurs et les bêtes, h^ur ont ôté
une vie qu'ils cherchaient h dérober à Tépée
des persécuteurs. Kt si quelques-uns d'en-
tre eux ont échappé à laot d'ennemis jmr
une [ïrovidence particulière, ils n'ont été
réservés que pour venir publier les victoires
de ces généreux comhattants, qui, sans ces
témoins, seraient demeurés ensevelis dans
le silence des solitudes et Tobscurité des fo-
rêts. Le saint vieillard Chércmon était évè-
que de Nilopse; s'étant sauvé avec sa fernmc
dans les rochers d'une montagne d*Arabie
aiommée Croique par les géographes) , ni
l'un ni lautre nVmt pîus paru dejïuis ; en
vain les frères en ont fait une recherche
exacte: l'on n'a pu même trouver leurs corps.
Plusieurs autres sont tombes entre les mains
des Sarrasins qui les ont mis aux fers ; on
en a raclieté quelques-uns h force d'argent,
mais il en reste encore beaucoup qui n'ont
pu encore être rachetés jusqu'ici, »
Sotis lempire de Diocîétien, en Tan de Jé-
sus-Christ 3ji, te préfet Augustal Eustratius
Proculus lit arrêter sainte Théodore, jeune
fille d'une des premières familles de la ville.
Ne pouvant ramener h renier sa loi, il la con-
damna à perdre sa virginité dans une maison
de prostitution de la ville. Elle fut sauvée
par ledévoucment d'un jeune liommc nommé
Didyme, ainsi qu'on te pt'ut voir h son arti-
cle. Le préfet les condatuna tous deux à être
décapités; ce qui fut exécuté immédiate-
ment.
Sous Tempire des successeurs de Diocîé-
tien, Maximin Daïa étant venu daus la ville
d'Âîexandrie, en l'an de Jésus-Christ 311,
lit arrêter et mettre à mort saint Pierre qui
en était évéque, ainsi que les prêtres Fauste,
Dion et Ammoniusou Ammon. Depuis lors
jusqu'au règne de Gonstanct% Alexandrie fut
presque toujours en paix; mais alors elle
eut à supporter une oes plus cruelles per-
sécutions dont les fastes de son église aient
gardé souvenir. Elle avdil la gloire d'avoir
pour évêque lo grand saint Athanase ^ îa
plus ferme colonne de TEglise d'Orient^ ce-
lui qui fit dansées contrées triompher le
catholicisme de l'arianisrae. Ce saint évoque
fut le point de mire de toutes lo attaques
I
un AU
des ariens; » fui chassé par eux plusieurs
fois de son Eglise; et les habitants catholi-
ques d'Alexandrie furent exposés à tous les
tourments, h toutes les perséeuuons imagi-
nables. Nous ne voulons pas revenir ici sur
des détails que le lecteur trouvera h 1 article
de Srtint Athanase. {Voy. George.)
ALEXIS (saint), confesseur, était fils du
sénritcur Euphéniien. On rapporte gue la
nuit môme de ses noces , laissant sa femme
vierge, il s'enfuit et revint dans la maison
paternelle aprfts un lon^^ pèlerinage. 11 y yé-
eut en qualité de domestique pendant di\-
* sept ans, sans se faire reconnaître de ses
parents. Il ne fut reconnu après sa mort que
par un billet qu'il avait laissé et par une
voix qu'on entendit, dit-on, en plusieurs
églises de Rome. Ses reliques. Oiit opéré de
nombreux miracles dans l'église de saint
Boniface, où le pane Innocent I"les avait fait
transporter. L'E^^Iisf^ célèbre sa fôte le 17
iuillet.
ALGER, en arabe, Al-Gexair, ville de l'A-
frique septentrionale, capitale de 1 Algérie
et des possessions françaises en Afnque,
était de temps immémorial, avant Toccupa-
tion des Français en 1830, un repaire de pi-
rates, virant de déprédations, de pillages et
de vols. Du temps des Romains, il en était
ainsi. Après la conquête vandde, l'Afrique
devint le repaire du fameux Genséric qui,
se til écumeur de mer après avoir été con-
quérant, et qui fut le fléau de tout l'empire,
il amena d'Italie, de Grèce et d'une mtinité
d'autres lieux, une multitude d'esclaves qui,
comme on peut le voir à son titre, finirent
tristement leurs jours sur cette terre de cap-
tivité. Depuis, toutes les dominations qui se
sont succédé sur ce sol qu'avaient illustré
de si grands docteurs et de si nombreux
martyrs, ont semblé prendre à tAclie de
suivre les traces de Genséric. Plusieurs fois
les souverains d'Europe, justement indignés
des actes de piraterie qui se renouvelaient
sans cesse, envoyèrent chAtier dans leurs
repaires les corsaires de la côte d'Afrique ;
mais ce n'étaient pas des chAtiments qu'il
leur fallait; les expéditions qu'on envoyait
contre eux n'avaient pour effet que de d*^-
vaster quelques points dulrttoral, de détruire
quelques monuments dans les cités qu'on
bombardait; mais quelque temps après les
f)irateries recommençaient, les insultes à
'humanité redevenaient journalières. Quand
les souverains chAtiaient ainsi ces barbares,
généralement ils causaient, sans le vouloir,
fa mort d'un grand nombre de chrétiens,
sur lesquels tombait la vengeance des mu-,
suimans. Ainsi, quand l'escadre de Du-
Îuesne parut, en 1683, devant Alger, les
urcs mirent le P. Le Vacher à la gueule
d'un canon, et un boulet emporta son corps.
Mich(*l MoDlmasson subit le môme supphce
le 5 juillet 16^, quand l'amiral d'EsIrées
parut devant Alger ; le frère François Fran-
cillon, de l'ordre de la MissiO!i, mourut avec
lui de la môme manière.
ALISE, petit village du diocèse d'Autun
Mi
en Bourgogne; sainte Reine y fut marty-
risée. Autrefois Alise, sous le nom d'Alecta,
était une ville considérable, qui soutint
contre César un siégo mémorable.
ALMANCA (Antoine d'), prêtre portugais,
fut un des derniers prêtres catholiques qui
restèrent «n Abyssinie, après le départ ou
la mort des missionn.iires, lors de la crueile
persécution que Basilidos, Négous du pays,
suscita contre les catholiques. [Voy. Melca
CuRlSTOS. )
ALMAQUE, nom du préfet du prétoire,
qui, d'après les Actes de sainte Ci»cile, fil
mettre h mort, pour cause de christi misme,
cette sainte, ainsi que Valérien son mari,
Tiburce, son beau-frère, et Maxime, Tun de
ses propres ofticiers, lequel s'était converti,
en voyant comment les saints que nous ve-
nons de nommer supportaient les tourments
pour leur foi. Il fit mourir tous ces saints
sur la voie Appienne. Los Actes de sainte
Cécile qui donnent tous ces détails, sont
remplis de faits qui obligent à n'y ajouter
qu'une foi très-douteuse. L'histoire n'a point
enregistré le nom de ce préfet du prétoire.
ALMAQUE (saint), martyr, était un pau-
vre solitaire d'Orient, qui vivait dans le dé-
sert, se livrant à la cont^^mplation et priant
pour ce monde qu'il avait abandonné. Par
rois ses bruits arrivaient encore à son oreille
et venaient rappeler à son cœur de tristes
souvenirs. Il songeait aux crimes qui souil-
laient encore le monde romain, malgré la
régénération chrétienne. Il déplorait que la
lumière évangélique n'eût pas encore elfacé
complètement les rest(^s de la barbarie
païenne. Ainsi quand il songeait que des
hommes enfants du môme Dieu, tous rache-
tés do son sang, s'entre égorgeaient dans les
amphithéllres pour le plaisir des assistants,
il gf^missait dans son cœur et demandait à
Dieu de faire cesser un tel état de choses.
Ses prières et ses larmes montaient sans
ces5;e au ciel, comme une invocation ; c'é-
tait là son but, c'était la part de bien qu'il
était providentiellement destiné h accomplir.
Ainsi fait chaque homme ici-bas, s'il suit
les voies do sa destinée. Chacun de nous,
comme une pierre dans un vaste édifice, a
une place h remplir, uno œuvre à mener h
bien. Ce n'est pa^assez peut-ètr* pour les am-
bitions, pourles convoitises du cœur; c'est as-
sez pour le ciel , c'est assez pour la vraie gloire.
Les hommes qui se dévouent à un fait, à
une œuvre, sont les hommes pratiques, les
hommes utiles. Saint Vincent de Paul
avait rêvé c salut, le rachat des petits en-
fants abandonnés ; et saint Vincent de Paul
fut un de- bienfaiteurs de l'humanité. Notre
solitaire av it rêvé Taxtinction des combats
de gladiateurs; pauvre âme, simple, embra-
sée d'amour pour ses seuibl:d)le-, il croyait
dans la naïveté d'un saint, qu'il allait arrêter
la fureur des combattants et atteindre son but
f>ar sa pro[)re puissance. N'admireZ-vous pas
a folie de ce saint homme, partant de son
dosert pour venir à Kome arconi[)li'' son des-
sein. Le voilà dans la grande ville, perdu
dans cette solitude humaine, où trois mil-
lions d*hommes $*agilenl ; iiKonnu, sans re-
lAtifvns, sans puissance, il i^ttend ïe^ jours
(' ' 'f cirque. Le fieuplv' esl assemblé,
] rs paraissent dnns Tarèneja ïVxile
applaudit, Je contbal eonunenre. Tout àeotip
le paiiyrc soiilaire, fraîchissant Ten^einlt^,
court aut eorab^ïtants vi vihH les séparer.
De anv\ droit vient-il iiterrompre les plai-
sirs au peuple roi? Les i^ladiatetirs le smi-
sisse'i!, io p«?nversent, il tombe baigné dans
I son sang» il j^aye de sa vie son audace et sa
foîîe. Ci'itr>. r^ost ainsi qu'au poiit de vue
s il tant juger un acte
. i . . . . , accompli en detiors de
iules les prévisions de la raison* Mais
menait son servit» ur, il avait enteuilu
ses prièn^s, compté ses larmes, il arcepla
celle rançoT du sang d*yii juste, pour Ifï ra-
ch^l de têni de crimes commis et de tant de
Bàng versé* LVmpereur Honorius ayant
su cet événement, proscrivit îes combats de
' gladiateurs. Le fou que Dieu mène est le
plus grand des sagf's, parf^*' qu'il suit la voie
I qu'un doigt divin' lui iiiontre, Sairjt Aima-
Îae îBourat en VOV. L'Kj;! ise fait sa fùte le
"janvier.
ALVIAQLE, était président h Mérée en
[Phrygie, sous le règnf^ de Julien 1 Apostat.
I li est roimti dans b» Martvrotoge, pour avoir
liait ïTiettre h mort les saints Mncédnne ,
Théodule et Talien, qui ne voulaient point
[sacrTlier aui idoles.
AtMElDA A^LLi^f 4111e) [le bîenheureoil,
pfsuit<?, fut nommé, en 1628, évéque de Nicée
[Ci coadjttleur d'Alphonse Mendcz, [>îitriar-
• che d*Abvssinie. Il arriva dans ce pays en
iêSQ, après deux ans de voyage, apportant
\éêB lettres du pape lirbain VHI à Mclec-
Ségued, Nëgous, à Basiiides, son Jils, à Men-
dez, patriarche, on bref qui ouvrait pour TA-
byssinie, en 1631, le jubile qui avnit été
publié h Rrime en W2b. DeuK ans aprt*s, le
Néu' Mil maln''ureusemr*ut cédé aux
insi ses coiirtisfuis, H aux nienat;:»n-
les pnères de sori (ils Basilides, publia l'é-
dil qui ordonnait aux missionnaires de ne
plus prêcher dans ses Etats, et de se retirer
a Fréuione, pour y attendre leur embarque-
ment pour les Indes. Aprfîs sa mort, i^ui
arriva le 26 septê}inbre 163*2, RasibdêS cfui-
tirma l'édit d'exil ; après plusieurs tentatives
HiïructQeuses |J«)nr rester, les jésuites du-
rent s^éioigner. Ils se mirent sous la protec-
iu^,^ 'i'i baharnagascb Jean Akaz, qui, de[»uis
temps, se maintenait dans Findé-
e, et qui les accueillit bien; mais,
temps aorès, le Négous Taytint inti-
iijiui', d couseilla aux jésuites de se retirer,
et six ' rentre eux seulement restèrent sous
la conduite du P. Almeida, qui devait bien-
tôt après payer sou ir.btit de dévouement à
K< fui calnoliqui% en mtïinant pour elle. Le
25 avril 16.15, Mek:a Cliristos , vice-roi du
f I-: '. (it fait martyriser les saints mis-
- ^ riiif. s Itruno de Sainte-Croix, Gaspard
l**te2 et Jean Pereira, le Néj^ous Basilides
lit semblant d'élrc apaisé, pour s'euqnirer
plus facilement des autres missionnaires, il
crdamia de ne plus les iuquîéteri d6 no les
ALO
(6C
maltraiter d'aucune façon, et alla même jus-
qu'à montrer le désir de les voir à sa cour.
Jean Akaz était d*avis que les missionnaires
acceptassent ce qui leur était offert ; Basili-
des leur permettait de rentrer dans leurs
anciennes maisons. Za-Mariam, vice-roi de
Tembon, ne croyait pas aux f»roinesses de
Basriides ; il dissuadait autant quVl était en
lui Alméida et ses compagnons, de se ren-
dre aux invitations hypocrites de cet en-
nemi du christianisme. Alméida crut qu*il
était de son devoir de tenter ce qui pouvait
être utile au progrès du christianisme ; i!
vint donc au camp du Néf<ons, avec les
PP. Hyacinthe, Franceschi et Franrois Ro-
dri.,^uez. Sur leur passage, on les combla
d^liouncnrs ; mais h peitie funnt-ils arrivéSf
que Bas il ides les lit charger de chaînes. On
les traduisit devant Tabouna, qui les reçut
d'une façon très-méprisante, cl qui les ren-
voya, en déclarant son incompétence, et en
disant que c'était au Né^^ous à prononcer,
dans l'intérêt de la chose publique. On forma
un tribunal, composé des grands de Teiu-
pire, et les saints y ayant comparu» furent
condamnés h mort. Basibdes jugeant que la
rnort était chosi^ trop douce pour eux, si on
les V envoyait tout de suite, les remit à la
Sarde d'un hérétique cruel et ennemi acharné
e ïa foi catholique. Cet homme lit souOVir
aux saints toutes les tortures imaginables;
ils les traînait partout, le jour derrière son
char, sans se laisser toucher par les souf-
frances atroces que leur occa>ionnaient les
blessures faites à leurs membres » par les
rhatnes tju'ils portaient constamment. La
nuit, il b*s enchaînait sous son lit, et si
étroiti ment quils ne pouvaient pas changer
de position, Kniin, Basilides les exila dans
une île du lac Dembea, où étaient des moi-
nes fanati(pies, qui les tourmentèrent de
milles manières. Us disaient iiautemenl que
c'était un sc^uda'e de laisser vivre plus
longteraf*s ces ennemis de la religion, ils
écrivirent dans ce s ns à Basilides, qui leur
abandojina ci empiétement ces missionnaires,
leur permettant d'en fLure ce qu'ils vou-
draient. Alors ces hommes féroces, indignes
du nom de chrétiens qu'ils portaient, dé-
pouillèrent en partie les missiimnair s de
leurs vêtements, et les suspendant ainsi dé-
(Kjuillés è dr'S branches d'arbres ; ils les fi-
rent mourir sous une grêle de pierres. Le
martyre d^t ces bienheureux soldats de Je*
sus-Christ arriva au mois de juin 1638.
ALOBRANDIN ^saiiil) , frère franciscain,
natif do Florence, versa son sang pour la
foi en Perse, vers Tannée i'281 , sous le rè-
gne d'un prince mongbol qui persécutait vi-
vement les chrétiens, et surtout hs minis-
tres de J'^sus-Cbrist.
ALO01E (sainte), martyre, était originaire
d'Huesca en Espagne. Ayant confessé la foi
avec sa sœur, sainte Nunilon, elles furent
condaomées |)ar les Sarrasins h la peine ca-
|jilaie. On ignore en quelle année. L'Eglise
célèbre leur fête le 22 octobre.
ALOMN E (sai nie), martyre, mourut à Lyon,
ua 177, ^os le rèj^ne etdurant la par:»écutioû
151 ALV
de FeiDporeur Anloinii Marc-Aurèle, Elje
s'éteignit on prison comme saint PoUiin et
une foïil© d'autres martyrs , Dieu voulant
épargner à sa faiblesse les dernières fatigues
du coiiibil- Les tourments qu ellti avait en-
durés l'avaient épuisée. Elle alla se rafraî-
chir h lombre élerneile do la pataie qu'elle
avait eonquise par son courage. Safùtearrive
leâiui'u
ALOPH (saint)» martyr en Lorraine, donna
sa vie pour la foi, en Tan de Jésus-Christ
362, sous le règne de Julien TApostat. D';*-
bord emprisonné h Toul, i\ fui bientôt mis
en liberté ; une seconde fois emprisonné, il
soutfrït diverses tortures» avant d'être con-
damné h la peine capitale, qu^il subit en 30:î.
Sa fétp est inserito un Martyrologe à la date
du 16 octobre. Ses reliques ont été brtllées
en 1587 parles reîtres, (Voff, sa Vie» parRu-
oerl, ahbé de Dujtz, près Cologne.)
ALPHE (saint), martyr, frère de saint Marc
berger, fut [uartyrisé avec lui à Antiocliede
Pisidie, avec Alexa^idre et Zoxime, ses au-
tres frères, puis les saints Nicon, Néon et
Héliodore» plus, trrnte soldats que les mira-
cles de saint Marc avaient convertis à la re-
ligion chrétienne. L^Eglise honore sa mé-
moire le 28 septembre,
ALPHfîlE (saint), martyr, souffrit la mort
pour la foi chrétienne, le 17 novembre 303,
sous le règne de Tempereur Dio. létien. A
cette époqu*^, le gouverneur de Palestine^
résiliant à Césarée, obtint de Tempereur la
grAce de irms les criminels. Cela se [u^atiquait
ainsi, quand on célébrait les jéu\ des quiii--
queunales, décennales, vicennalesdu souve-
rain ; c*e s t - à*d i r-e d es c i u q u i ê tu t % d i x i è m e ,
vingtième année dt* sourè^^ne. Les chrétiens
furent seuls exceptés, étant regardés comme
plus coupalilësque les voleurs, les assassins
ei autres scélérats retenus dans les prisons,
Alptiée , issu d*yne des premières familles
d'Eleuthéropolis, lecteur c»l exorciste dans
Téglise de Césarée, fut arrèlé avec Zachée,
son parent, qui était diacre h Cadure. (Vou.
saint Zaciiéiî.] Il était célèbre par 'e zèle
fiu'il déployait à exhorter les chrétiens, à
!es jjousser à confesser généreusement Jé-
sus-ChriNt. Mis en prison, il subit deux in-
terrogatoires, fut battu de verges et eut les
eûtes déchirés avec des crocs de fer. Après
un troisième interrogatoire, il fut condamné
avec saint Zachée ri perdre la tète. La sen-
tence fut exécutée le 17 novembre. L'Eglise
honore sa mémoire le 18 du même mois.
ALTINO, ville qui a été illustrée par le
mirtyre de Tévèque Théoneste, tué par les
ariens. On ignore à quelle époque.
ALVAUEZ (le bienheureux Ijaspab»),
Portugais, de la compagnie de Jésus, faisait
partie des s^dnls et courageux missiounaircs
que le P. Azevedo vint recruterai Rome i>our
le Brésil. {Vay^ Azkveuo.) Leur navire fut
pris, le 15 juillet 1571, par des corsaires cal-
vinistes, qui les massâfrèreut ou les jetèrent
dans les tlols. (Du J.irrie, Uistuirt aes vftQ-
9tiplus mémorabtt^, etc., t. Il, p. 278; Tan-
ner, Soc ic tas Jesu umiue ad santjnutiâ r( vi(0
^rofationem milUam^ 0. lt>G et 17tl.]
ALV
m
r.
ALVARE (le bienheureux Ferna?«d)> Por-
tugais, de la compagnie de Jésus, souffrit le
martyre en se rendant au Brésil, avec une
troupe d'autres missionnaires, conduits par
les PP» Pierre Diaï et François de Castro.
Ils furent noyés on mer parles calvinistes
!e 13 septembre 1571. {Vot/* l'article suivant
et FraTiçois de (Iistro, etu,).
ALVAllE (le bienheureux Jean), de la com*
agnie de Jésus, Portugais, faisait partie de
a troupe de missionnaires que le P. Diaz
conduisait au Brésil, îi la suite du P. Azevedo.
Un mois après le dépa.t du Sami-Jacques^
qui portail ce dernier, Diaz et ses compa-
gnons quittèrent Madère, ahn de poursuivre
la route vers le Brésil avec le reste de la
Hotte. La tempête ayant dispersé les navires»
celui que montaient notre bienheureux et ses
compagnons dévia vers Tile de Cuba, et à
Saii-iago on dut abandonner le vaisseau qui
ftusaii eau de toutes parts. Les voyageurs
trouvèrent une barque qui les conduisit au
port d'Abana, dViù un navire qu'ils y frélè-
renl les transporta aux Açores, le mois d'août
1571, Ils V trouvèrent le commanda rd de la
Hotte, Louis de Vasconcellos, avec le P, Diaz
et cinq autres jésuites qui les y avaient de-
vancés. L amiral, voyant son monde si ré-
duit, ne conserva qù*un navire, et ils sa
rembarquèrent le 6 septembre 1571. Bientôt
ils rencontrèrent cinq vaisseaux de haut
bord, commandés par le Béarnais Capdeville,
calviniste, qui s'était trouvé à rabordage du
Saint-Jacques, Le combat ne fut |)as long, et
les calvinistes s'emparèrent du navire catho-
lique. Le bienheureux Diaz fut massacré,
puis jeté à la mer, le 13 septembre ; Fran-
çois de Castro confessait le pilote au mo-
ment où les calvinistes montaient à Tabor-
dage, il fut massacré ; Gaspard tioès subit le
même sort; le P. Michel, qui avait été ren-
fermé avec d'autres, durant ta nuit, dans la
cabine de Vasconcellos, ayant jeté un soupir
que lui arrachait !a blessure de son bras, au
moment où on les hii liait derrière le dos,
les calvinistes se saisirent de lui et le jetè-
rent à la mer avec le bienheureux François
PauL Jean Alvare fut précipité également
<Jans les tlots, et fut noyé presque aussilùl
avec Pierre Fernand, ne sachant nager ni
l'un ni Fautre. Les autres eompa^înons do
leur martyre furent, Alfonse Fernande/,
Portugais; Alfonse-André Païs, Portugais ;
un autre Pierre Diaz, Portugais; Jacques
Carvako, Portugais; Fernand Alvare, Portu-
gais. (Du Jarrie, Histoire tïca choses plus mé-
morables, etc., L II, 1^295; Tarmer, Socieiat
Jesu usqae ad sangtiinis et vitw profusianem
mifiians, ji. 174 et 177.)
ALVAllÈS (le bienheureux BAnTsiLeiiT},
jésuite et missionnaire au Tonquin, était né
h Parâmes, tout prèsde Bragance. Il était en-
tré, h r^ge de dix-sept ans, au noviciat de
Coimbre, le 3a du mois daoùt 17-23, Le 10
mars 1730, il s^emharqua h Macao, avec les
PP. Jrrin-tVaspard Crat/î, Emmanuel d'Abreu,
Vins eut du Cuidia, Christophe de Sauq^ayo
t'i Emmanuel Carvalho. Il pénétra dans le
Tonquin avec eux et les catéchisle« tonnuî-
155
ALV
AÎV
tu
nois» Marc et Vincent. Le P, Sanipazo ayant
été arrêté par une maladie h Lo-leou, le
P. Carvalho resta pour le soigner. Tous les
autres pénétrèrent dans le Tunqnin. A peine
furent-ifs arrivés ci Batya, qu'ils furent arrê-
tés, le 12 avril 1736, avec le batelier qui les
avai( amenés. On les envoya à la cour. Ils
furent interrogés par les eunuques du (vilais,
dans une salle intérieure, où le roi était ca-
ché derrière une tapisserie, pour les voir et
pour entendre leurs réponses sans être
aperçu. On leur commanda de marcher sur
un crucifix (jui était étendu à terre, et de le
fouler aux pieds. Remplis d'horreur, ils s'é-
crièrent qu en leur confierait plutôt les pieds,
les mains et la tète. Comme on voulait les
contraindre par la violence à commettre
cette impiété, ils embrassèrent la saiiile
image el relevèrent au-dessus de leur tète,
ce qui est, dans le Tonquiii» la marque do la
plus grande vénération. Un seul apostasia,
le batelier, qui fut alors le sujet d*amères
plaisanteries de la nart des eunuques.
« Voyez, disaient-ils, le scélérat, qui loule
aux pieds celui qu'il respectait, il ny a qu*uu
moment, comme un dieu! u Les lettrés, ayaïit
été saisis de celte aOaire, condamnèrent nos
saints confesseurs h la luartelade, supjilice
qui consiste à recevoir de grands coups de
marteau sur les genoux. Cti des juj^es, stu-
péfait de la constance de Marc et de Vin-
cent, déclara quVil était inutile de les faire
souffrir davantage ; \'inceni mourut sainte-
ment, le 30 juin, dans le Nj^ue-Dom ou En-
fer de TKstt prison obscure, humide et in-
fecte, où Fou enfermait les voleurs, et d'oTi
ils ne sortaient que pour aller au supplice.
Les confesseurs y eurent à subir l^'s injures
el les outrages d'une troupe de scélérats ; les
gardes refusaient rentrée aux chrétiens qui
venaient leur apporler des vivres, et une
fois, ces hommes, pleins dlnlnnuanité, lais-
sèrent leurs prisonniers deux jours sans
manger. Sur ces entrefaites, le tribunal des
trimes ayant conlirmé îa sentence qui les
condamnait à mort, un secrétaire du tribunal
vint, le 7 janviiT t737, h la prison, aîin de
s'assurer de Tidentité des prisonniers ; car
c'est la coutume au Tompiin, à Tégard de
Cïcux qui sont condamnés h mort. Trois jours
après, un caléelnste» nommé Benoit vint se
ji*ter aux pieds des saints confesseurs, en
leur disant: « Comment me réeorapensere?:-
vous de la bonne nouvelle que jt? vous ap-
porte? le i2 de ce mois sera certainement k*
jour de votre triomphe. » A ces nmts, les
missionnaires levèrent les yeux au ciel, et
rendirent gr.1ces à Dieu du grand bienfait
qu'il voulait bien leur aeiorder. Le 10 de
f'anvier^ on vint leur lire la sentence. Les
lourreaux, tira'it de temps en temps leur
Sobre du fourreau, semblaient s'exercer a la
déc^ipitation des saints confesseurs. Ce jeu
barbare des bourreaux olTrit à nos sainîs Toc-
casion de faire plusieurs fois le sacrilice de
leur vie au Seigneur, On avait laissé libre
rentrée de la prison ; les chrétiens y accou-
raient en foute pour embrasser les genoux
des futurs martyrsy ainsi que les fers qui les
enchaînaient. Deux jours après, des soldats
entrèrent, Tépée à la main, firent sortir tout
le monde, el, attachant chacun des mission-
naires 5 une longue cliaîne, les conduisirent
nvee le catéchiste Marc> aujirès du palais qui
était i\ une lieue de \^. Ils tirent le ehemin
pieds nus ; c'était le P. Alvarùs qui ouvrait
la marche: il était suivi des PP. d^Alireu,
CraU, da Cunha et du catéchiste. Auprès de
chacund'eux marchaient un soldat, la lance au
poing, et un bourreau, sabre nu. Arrivés au
lieu du supplice, on leur iJcrmit de se repot
ser quelques instants, qui hinnt remplis par
les insultes de la poimlace. Bienlùt, un se-
crétaire du tribunal suprême leur lut la sen-
tence, écrite en langue tonquinoise. Elle ne
condamnait le catéchiste Marc cpi'à l'exil ;
aussi, ce fut vainement rjull représenta ^jue,
si les missionnaires méritaient la mort pour
avoir prêché la religion chrétienne, h bien
fdus forte raison la méritait-il lui-un>rae [jour
es avoir introduits dans le royaume. On con-
duisit alors les missionnaires à deux lieues
de distance pour les déca|uter. Un des man-
darins qui uevaient présider à rexécution,
témoin de la joie qui rayonnait sur le visage
du P. da Cuntia, lui envoya demander s'il ne
savait pas tm on le conduisait : « Je n' ignore
pas, réponilit le Père, que Ton va me tra'i-
cber la le te, en haine de la foi ci ne je suis
venu prêcher au Tonquin ; mais je sais aussi
que, dès qu'on m'aura arraché la vie pour
une si juste cause, mon Ame s'envolera au
ciel, où elle jouira d'un l^onheur snirs lin. »
Cette répoTïse ayant été transmise au manda-
rin, il répondit avec mépiis: « Ce fiu d'é-
tranger ne comi>rend [ms ce qu'on lui dit ; d
slMîagine qu'on le mène h Macao. w On avril
déjà parcouru la moitié de la route, lorsqu'il
envoya aux missionnaires quelques î)etites
monnaies de cuivre, afin qu'ils pussent s'a-
cheter des rafraîchissements; mats ils refu-
sèrent. Ils reçurent seulement des fruits que
des chrétiens leur olTraient ; encore, après
les avoir goûtés, ils les donnèrent mix bour-
reaux. Les mandarins, qui craignaitmt que
la nuit ne les surprit avant rexçcnlion, or-
donnèrent aux soldats de presser la marche.
Les confesseurs, que leurs soulfrances dans
les prisons avaient réduits à la plus extrême
faiblesse, ne pouvaient pas marcher ati gré
de ceux qui les conduisaient. Do temps en
temps les soldats les faussaient en les fra|»-
pant du bout de leurs lances, les menaçant
de leur en décharger de grands coups^ s'ils
n'avançaient pas uavanta^^e. Arrivés au lieu
du supplico, ces saints athlètes du Seigneur
se prosternèrenl, embrassèrent la terre h. plu-
sieurs reprises, et, les yeux levés au ciel,
demeurèrent unis à Dieu par la prière. Une
heure se passade la sorte, pendant qu'on fai
sait les préparai! Is du supplice. Enlui, les
bourreaux leur rasèrent leuerrière de h tête,
et les conduisirent aux potaux (pii leur
étaient destinés. Les saints les embrassèrcnl,
comme s ils leur eussent été reconnaissants
de ce qu'ils allaient servir a leur martyre.
Les soldats, le sabre levé, attendaient le
geste du mandarin: ils frappèrent tous k la
fB6
AMA
fois aurtiid il le tit. Le P, AWarùs eut la lêle
Ipant-^ée d'un seul coup, ainsi qiH' le P, Cratz.
Le P*d'Abreu ne Teot qu*à demi roupee; elle
demeura suspetniue sur sa poitrine jtisqirâ
ce nue le l>otuTe*iu rendi^lach;)! eilièreiut^iiL
Le P. Û!\ Cunha u.* fut dévipile quau troi-
sième coup <ie sabre. L*'s elH-étîeiis part.tgè-
renï leurs habits ensan-^bmb!*s, leur eu mi-
rent d'iititres tout iii'Ul's, cl, les avtiul Uaos-
portés tims leurs uiaisons, les y laissèrent,
en attend.'int qu*on pût les envoyer aux jé-
suites «il* Macao;
AI.VARiiZ (le bienlieureut ViHCE'^rjJMr-
tugaîs^fie la coHipa:^'int* île J('*sus, se rendait,
en iiyiHU de B.igaiui il tioa. M fut pris par des
torsaires mahométans de la ciMe oe Malabar,
et diV"a()ité sur le lillac du navire. On le pré-
cipita ensuite daus l<*s llc»ts. iDu Jarrie, //rs-
tûWe d€<i choses pittst mr^moraUf^t, ef(%, l, III»
p, 2) ; Tanner, Soc if la a Jesu usqtie ad san-
guin h H vitœ prafusionem miiitans, p, 267.)
ALVAKO (le bienheureux ëmui^i^el)»
PortUj^ais, de la cora^^aji^mie de Jésus» fais;iit
partie de la troupe de missionnaires rfue le
P. AiîevcJô ét;nt venu recrtiter à Rome pour
JeBrésil.:roy.A2EVEDo,j Leur navire fut pris,
le lojuiliit 1571, par des corsaires calvinis-
tes, qui les massacrèrent ou les jetèrent datis
les Hots. Notre bieiiliriirrux eiiennrageait les
Portugais à cnmhaHreî il fut blessé au ri-
sage;[»ULS, les bourreaux lavant étendu à
demi iu(»rt sur le tilLir, lui rompirent I s jam-
bes, loi brisèrent les os et le jetèrent en cet
état datiN les Ilots, (Du Jarrie, Hiêtûire des
ehoies plus mémorahtes, ele., L il, p. 278;
TantK r, Socirtas Je$u usque ad sanguinis et
viiœ profustionem militans, p. Ititi et 170.)
AMA (saint J» jeune vier^j;»' D^osaerée h
Dieu, et martyre en Pers^î dans la septième
aû'ïêe de la grande persêeulion de Sapor, fut
mise à liiurta^ec sainte Tokole. (Vop. ce
nani.)
AMANCE (saint), était tribun dans les
troufies de (^empereur Adrien. Il était frère
de suiut Gétule et beau^frère, par eousé-
quent» de sainte Symfjhorost', sa femme. Il
ueni urait avec sou frère à Tivoli, qu;nid il y
fut arrêté avec lui et Céréal et Primitif, par
Lieiuius, Fouetté, torturé fie diverses fna-
mères, emprisonné dunni vin4-sept jouis,
il retu^a de saerifK'r, et fut eulin décapité à
Ô Ueues <Je Ruuie, sur le brint du Tibre, avec
les toissanUsque ïious venons de nommer»
le 10 juin, jour où on f^iil sa fèitK (Voy, Gé-
TtLE et tJÉaÉAU)
AMAND (saiutj » cotïfessetir, évètiue de
Maeslricht, nacfuit aui environs de Nantes.
Ses parents, rem^ 'lisde piété, élaieni seii^neurs
du prtys. A ïi\^ ' de vin^t ans, il entra dans
uu monastère d*Oye, fielite de voisine de
celle d'Rhé. Il y avait à peine un ait qu'il
y yoiltail le bonheur de servir Dieu loin
des dangers u*u i monde pervers, quand .^ori
père ayant découvert enlin sa retraite, vint
V) trouver, et le (iressï vivemeat de sortir
du monastère, h mena^anl de le déshériter
s*il n * lui obéissait. Il se refusa» n^speet leu-
sèment h l'ordre paterutl. et bient-^t après»
alla vi;iiter le lambeau de $mxl Mailio» à
AMA ise
Tours. L'année suivante, s'étant retiré dans
la ville de Bour^^es , il y resta près de quinze
ans dans mm petite eellule située dans les
alentours de la cathédrale, et y vécut sous
la sainte direclion de l'évèque Austrégisile*
Pendant ces quinze ann^^es di* réflusion vo-
lontaire, il |Mjrta conlinueilenieot le rilice et
ne prit pour toute nourriture (pie du pain
d'orbe et de re,iu. Il fil ensuile un pieu v p< le-
rina)^e h Rome, et revint aprèc en France,
où il fut sacré évèque en T^niiée ir}S. Ou ne
lui donna aucun sié^^e fjarliculier, et sa mis-
sio'i devait être de porier la lum ère de
l'Evangile aux iniidf^les, ]) [tartit [trùcher dans
la Flatidre, cliez les Slaves, dans la Carinlhie
et d tns 11 'S provîntes avoisînaU le Danube.
Plus tard, a>anl ref^ris le rtvi Dagobert de ses
scandaleux désordres, c** prince le bannit.
Pendant son court e\il, il instruisit les Gas-
cons et les Naviirrais des mystères qu'en
seigne noire >aihle relii^ion. Bientôt après,
Da^obert s'étaut repenti de ses rigueurs con-
tre notre saint, le rappela d'e\il et le |»ria,
en se jetant h ses piels, de !e baptiser, ainsi
que le lils qui venait de lui naître (Saint Si-
gebert, qui mourut plus tard roi dWuslrasie),
Dévoré dïri saint zèle pour la conversion
des intîdèles, saint AmanJ alla en mis>ion
dans b* territoire de Gan L II y trouva des
peuples encore barbares et livrés aux suprrs-
titiois les [>lus j^rosîsières. Il eut d abord à
soutrrir de b-iir pari; il fut cruellement ba tu
et jeté dans l'e:iu ; m.ds Dieu, voulant réoHiû-
pens T son zèl % lit luire enlin pour ces peu-
ples le moment de ses mis 'ri cordes. Il fa-
voris i notre saint du don des miiacb'S :
Amand ayant ress cité un mort, les imidèles
renversé, eut l -urs idoles rt accoururent de-
mander le haptéme. Notre saint bâtit [du*
sieurs é;4lises en ti;i3, et fonda d *ux monas-
lèr» s h Gand , sous rinvoratinn de saint
Pierre. Piiisieurs années après, il en bAlil un
autre à trois lieues de la ville de Tournai,
on rappelle aujoordltui Stuni-Àmand^ ainsi
que la ville qui s"y est formée.
Dans le courant de l'aUTiée 6!i9, notre
bienheureux confrsseur bit promu au si^'^ge
de Maëstrichl, malgré ses |»n'ssants refus;
mais d ïïy resta pas lo'igieoqis. Toujours
reuji*li du désir de gagner des âmes à Jésus»
Christ, il donna sii démission au bout de trois
ans, après avoir désigné lui-même pour soa
successeur saint Remacle, abbé de Luu>;non-
11 se livra dès lors entièrement aux travaux
apostoliques i* restant de ses jours. 0 *ftûd
la vieillesse et les fatigues lui eurent imposé
robligation fie se reposer, il se relira à Tab-
baye d'Khion (pril gouverna comme abbé,
pendant tpiatre ans environ, il mourut enlin
en 075, iîgé de quatre vîngt-d i ans, Son
corps fut inhume dans l'abbaye de Saint-
Pierre d'EInon* Son culte était fort célèbre ,
autrefois en Angleterre. L'Eglise honore
mémoire !♦* G février.
AvIANDINTS (saint). Ton des gardes del
prison de Siiuit-t^jnsorin ou tlensorinus, soûl'
fdaude il le tirthique, lut converti h la foi
chrétienne par saint Maxime, avec les autres
Karde^ di» ia pri^uu, losquel^ éUidiit FéiiiL,
m
AMR
âMB
IM
Maxime, FausVin, Herctilan, Nu mère» Sfora-
ici ivp<j* M^ni», Cnrnmndi% ^ferne, Maur, Ea-
sèb*' Mie, \!onr\rrF% Olynip**, Cyi>nen
et l . (Pour vrHf Iniir histiiirei recou-
rez à i ariÉtlL* MiRTYRs d'O^lie, Ces snints ne
sont pus nommés dans le Martyrologe ro-
AMAUA?înoti Am4I14>trk f^ninl), fut mar-
tyrisa*, 1**5 ims disent sons Dère, les au 1res
bOus Vah'rien. Il est probable «nie ce fut
sous cê dernier prince « quand Chrocus, ce roi
féroce des Allemands , vint ravoger les
Gaules, el y lit périr un t^rnad nombre de
cbréien^. Ce fut dans U' vdla^e de Vians
0*1 Vieviî, tout près d'AIbi, «fue !-• saint con-
f»?S5B la foi, Sou tombe.m ayant ét»^ décou-
vert, la piél»* d'^s lldelos les y attirait en
gra'id fiombre ^t d sV lit une grande qu.m-
tiré de miracles. Sa'nl Ku;:^èn * que 1rs Van-
da'os bannirent de Cai tliage rt relé:-înèrpnt
dans les Gaules, voulut ujonrir au pif^d du
tombeau du sait d mailyr. Depuis, leurs re-
liques ont été réunies, et ou les a pla('ées
dans la cathédrale (TAnn, qui est sous Tin-
Tnr^fwn (i(^ <?.*iinln C/m ili». Presque tons les
Il m la r<^^e du saint le
" , . "jour que l'Eglise latine
fait sa le te
AMAIMN (saint), marhr, était un solitaire
qui fifait retiré ait foiid des Vosges, d:ins
un li»*u nommé Doroanguy^ aujourd'hui vil-
léedeSaJnt-Amarin, Il toinbngravemeul un-
lade et fut miraeuieusenient guéri par un
évéqiie qui passait. C'était saint Prix^ évéque
de Clerraonl, qui s eu allait ^ la f our deClul-
dérie ri, pour les affain'S de son diurèse. Le
solitaire fui si touché, si renonnaïssaot du
service qut* lui avait rendu saint Prix, -pi'il
s*altach ' à lui« et le sui vit Comme saint Prix
r^touroHil au bout de quelque temps dans
ése, suivi de saint Auiarin, des
1, postés pour l'attendre Tassassi-
nt-rent avec son conqin.;jrnon de voyage, dans
nu Ueu nommé Volvic. L^Etjlise les honore
tOQsdeui; le 25 janvier.
AVL\STIUDE, ancienne Sésame, est si-
tuée dans la Turquie asiatii|ue. Elle est cé-
lèbre dans les annales des martyrs, par les
soulfrances qu'y endura saint Hyacinthe,
sous le président C istrice.
AMATEUR fsaint , martyr, était prêtre h
Cordoue, Ce fut dans cette ville qu'il versa
son sang pour ia foi, avec le solitain* Pierre
et saint Louis. Le Martyrolo-^e romain ne
roan{n6 p;!S l'année où ils soudrirenl et
ne do^ne pas de détail sur leur martyre. L'E-
glise honore leurs inte mémoire le 3* avril.
AMBRiyi^E (saint), cueiirit la palme du
in.'^rtvre à Nicomédie avec saisit Victor et
sarnt' Jules. Le Muiyrologe romain ne dit
ix^inl à quelle éporpie et ne «ionne pas de
d- ails sur leurs s'»uirninces. L'E^^lise k*s
hoî^ore le 3 décembre.
AMBROISE (saint) , conf.>sseur , disciple
d'Origène, était d'un*- haute naissance et fort
ri<'he. Il était d'Alexandrie, et tlu nombre de
ceux qu'y convertit Orij^ène. Avant sa con-
version, il parut avec éclat a la cour des era-
M tirs; il fut tDôme dans tes charges et
dans les honneurs, puisque, plusieurs fois^
on le reçut avec grande pompe dans 1 s villes
où il passait. 11 avait é(>ousé Marcelle, femme
d'un rare mérite, et il en avait eu plusieurs
enfants. Il eut le malh«*ur, ayant mal thoisi
ses g'ddes et ses lectures, de lœnber dans
les erreurs des valentiniens; mais au bout
de quelques entretiens avec Origène, il re-
vint h la vérité. D'après Etisèbe, sa conver-
sinn arriva vers Tan 212, par conséquent, ati
comme^f'ement du règretleCaracalla. Animé
d'un dés'r insatiable de sMnstruire, il iil une
eî=ipèce de |)ar1e av»tc Origéne , qui travailla
pour lui pendant longues aruiées. Le savant
do< teur éiait pauvre; il accej^iait d'Anibroise,
qui avait mie fortune i-onsidérable , des co-
pistes et tout ce qui lui était nécessaire pour
son travail. C'est à hd que notis devons la
plus grande fiarlie des tfavaux d'Origène.
11 ne lui laissait aucun repos, et exigeait de
lui une tfldie jonrnahére » il me surpasse,
disait ce docteur, dans l'ardeur qu'il a pour
la f>arole de î>U'u, et je succombe presque à
la fatigue et aux trav^mx qu'il m'inqtose. w
Anil>roise, d'a|irès saint Jérùme, passait son
temps h lire et h prier. La plupart des ou-
vrages d'Origène lui sont dédiés, et lauteur
se plaignait souvent de ce que fon ami pu-
bliait les livres qui n'étaient comj*Osésque
pour lui* 11 p/traîl, d'après saint Jérùme ,
qu'il ht un voyage eu tiièce. Probablement
qu'il y accompi>;na son ami. Sa vie était
sainte et touti* consacrée aux œuvres saintes
et pieunes. Plusieurs anciens martyrologes
iii dorment le titre de diacre de féglise d'A*
litxfuidrie.
Jlieu permit que Tardeur de sa foi et son
courage tussent éprouvés par la persécution.
SiMjs Maximin, il Tut pris avec Prol^ctèle,
prêtre de Césarée, en Palestine, i>ar les grns
qui cherchaient Origéne, 1< quel s'était caché
à Cf'sarée de Capjmdoce , où il re-ta deux
ans. Leurs biens furent pillés ; ils ftrreat
abreuvés de toutes les ignomini' s possibles,
et on les traîna eu treriuauic, iJÙ éiait Maxi-
min. Longt nips il les tint h sa suitr*, les fai-
sant vaya::;rr de ville en ville, pour y être
donnés en spectacb' , et !eur faisaut soulfiir
toutes sortes d'incommodités et niêau^ ^.e
tourments. Protoclèle n'avait rien qui l'at-
tacha! a la vie et à sa patrie, comme Amtiroise,
lequel avait laissé à Alexandrie sa femme
et ses enfants. Mais rien ne tml ébranler
le coirrage du saint confesseur. Origène sa-
chant ses soutfrances et celles de Protoc-
lète, leur écrivit un discours pour les^ en-
gager h soulfrir courageusement pour Jésus-
Christ. Maxnnin auront fait mounr les shunts
co Tifes s e u 1 s , m a i s d v. s p i éo c e 1 1 1> a t i o * i s p I u > gra-
ves pour lui le f jn èrent ^ partir brusque-
ment de Gernianie, pour venir coodiaitrc
les empereurs nommés pour le dét ônerpar
le séual de Rome , qui Tavait déclaré en-
ne :ni public. Saiid Ambroise et samt Proloc
léte furent mis eu liberté , h l'instant où ils
pensaient n'avoir plus quh verser leur saoi
pour la f'U. Saint Ambroise vivait encore
sous le règne i;e Philippe, puisque ce fui
lui qui engagea Origène à faire son ouvrage
km
contre Celse. 11 nioural soos Dèce, vers Tan
250* Saint Jérôme dit qu*il fut l>!Amé de n'a-
voir pas songé en mourant à Origène, «jull
laissait vieux et pauvre; mais il suûil de
connaîlre passablement l'hisloire d'Origène,
pour savoir qu'il ne la ut poi'U attribuer la
conduite d'Ambroise à un oubli, mais bit*n à
l'amour qu'avait son ami pour la pau-
vreté. Origône, qui avait eonsenli à aceefïler
d'Ambroise ce qui lui était nécessaire pour
son travail, n'avait jaTuais rien voulu [iren-
dre pour ses besoins personnels. Il y a plus
que de Ja légèreté àaccuspr ainsi une ami-
lié que rhistoire tout eritièro montre si fi-
dèle et si dévouée. Quelques martyrologes
lui donnent !a qualité de martyr. Peut-être
Bien lui accorda- t-il sous Dèce la couronne
qu'il avait été si près de recevoir sous Maxi-
min. L*Eglîse fait sa fête le 17 mars.
AMBROlSE (saint), archevêque de Milan,
docleur de VEglise et confesseur, est un des
plus grands parmi les saints que TÉglise hono-
re. Il naquit dans les Gaules vers I an 3W. Son
père, Ambroise, était préfet du prétoire de
ce pavs, et résidait à Trêves. Du reste, sa
famille était originaire de Rome, qui était
vraiment sa patrie; car né dans les Gaules ,
il y dut être inscrit comme fils d*éjrauger. 11
avait une sœur, sainte Marcelline , et un
frère nommé llranusSalyrus, Marcelline était
Faînée* Lui étail le lîlus'jeunedes trois. Nous
passerons sous silence 1 histoire des al^eilles
qui vinrent se refmser sur son visage, dans
son berceau , pour p;»sser à quelque chose
de sérieux. On raconte la même chose de
Platon. L*bistoire est ainsi faite, elle sème
les merveilles sur le chemin des grands boni-
mes. A celte époque, on le voit souvent trop,
elle garde encore cet amour du m^Tvedb'ux
qui marque chez tous les peu[>lçs l'enfance
<les civiiisritions. Après la mort de son (>ère,
le jeune Ambroise vint derueurer à Home
avec sa mère, sa sœur Marcelline , qui s'é-
tait vouée h Jésus-Christ, et une autre jeune
vierge iiomméc Candide, qui avait aussi em-
brassé Tétat dti vtr.-,nnité. Ce fut dans celte
compagnie douce et sainte qu'Amliroise fut
élevé; aussi garda-t-il la pureté de son {ïme,
chose si rare dans ces temps-là. Du reste, il
fut élevé en raison de la position de sa fa-
mille et de Fa venir qu on prévoyait natu-
relleraeit devoir élre Je sien. 11 passa donc
sa première jeunesse dansTéUidn drs; scien-
ces humaines; il y réussit admirablement :
les [Frécieu\ ouvrages i[ull a laissés en sont
la preuve. Après (pFil eut fini ses études ,
il enlra dans h^ barreau, et plaida quelque
temps, en dehors d*^ Home, devant le tribu-
nal du préfet du préloire, dont le siège or-
dinaire était à Milan. Il reini>îit rette fonc^
tion avec tant d^éclal, que le préfet le choisit
pour èlre son assesseur. C^* préfet se nom-
raait Petronius Probus. Ambroise était aussi
très eti faveur auprès de Symmaque, grand
sei-gneur romain, mais aussi ardeunnenl at-
taf^é au paganisme que Proljus el Ambroise
Tétaient à la religion chrétienne, Bientùt ,
grâce à SOI mérite et à Tappui que lui prê-
taient tes hommes éminents» Ambroise ar-
AMB im
riva aux plus hautes dignités. Il fut nommé
gouverneur de la Ligurie el de TEmilie,
c'est-à-dire de tout le pays tenu par les ar-
chevêchés de Milan, do f urin , de (iènes, de
Bologne et de Kavenne. Il exen;^ sa charge
à la salislactinn t^énérale et se f dsanl aimer
de tous ses administrés, li y avait plus de
vingt ans que l'Eglise de Milan était oppri-
mée par Auxence. évè^[ue ariei,amide Gré-
goire , avec lequi-1 il avait commis divers
crimes h Alexandrie, Constance l'avait in-
trus à la place de saint Denis, qu'il avait
banni. Saint Denis aima mieux mourir dans
son exil que de revenir. Quand Valentinicn
parvint au trAne, Auxence, pour p.ain* au
nouveau monarque\ qui étail calhoHque,
dissimula si bien ses sentiments , que saint
Hilaire, qui entreprit de le dévoiler , romi
l'ordre de sortir de Milan. Auxence gardait
to siège de Milan malgré le |*ape kii-niéme
el malgré les principaux év<^i]uesde la chré-
tienté. Enlin, Dieu Unit par la mort du pré-
lat intrus ce ([ue la puissance des hommes
n'avidl pu faire, Auxence mourut en 374. Les
évoques de la province de Milan écrivirent
à Valentinien, qui était alors dans h's Gau-
les, pour qu on reraplai;^^! ,\uxence. Valen-
tinien leur lit une réponse dictée par la
sagesse, s'excusant de nommer lui-même
le nouvel évoque de Milan, el s'en remet-
tant nn\ prélats birii |ilus aptes que lui »
disait-fl, à faire un pareil choix. Les évo-
ques délibérèrent longtemps; mais le choix
était difficile. Les eatholi<fues d'un côté,
les ariens de Taulre, parmi les habitants de
Milan, voulaieiU avoir, tant les uns les autres,
un évéque de leur parti. Comme o:i pré-
voyait une sédition, Ambroise lit une allo-
cution au iieuple. Il l'engageait à faire ce
choix sagement el sans tumulte. 11 pailail
encore que toulij rassemblée, d'nm? com-
mune VOIX, sYH'ria qu'elle voulait Ambroise
pour évéque, et dit qne c'était à celte
condition seulement qu elle recevrait uo
même évéque et une même foi. Saint Ain- -
broise n^étail alors que c itéihumène; mal-
gré cela, il savait très-bien que le cmiimai-
dement dt* saint Paul et les canons défLni-
d a i i" n t d Y' I e ve r h i ' é (> i sco pa t ce u \ q u i o u n* é-
laienl pas encore baptisés, ou ne Fêtaient
que depuis jieu de temps. Pourtant nous ne
voyons pas qu'il ail allégué d'autre raison dé
refuser que celle tirée de l'indignité qu1l se
sentait pour remplir des fonctions si ^oinles
et SI importaïites, Vuyant donc ce consente-
ment unanime de tout le peuple, il ht dres-
ser s ui tribu lal, et tU mettre h la quesliun
avec une grande rigueur (ilusieurs i^erson-
nes, alln que le jugeant cruel el méch^Mit,
on le trouvât indigne du sacerdoce. Le pcu-^^^B
pie n'en cria que plus fnrt qu'il ne voulaîq^H
jias d'autre évéque qn*Ambroise. il se relira
chez lui dans une gramle [HTplexilé. Il lU
entrer publiquetnentilans sa maison ties feni-
nies d ^ mauvaise v:e ; mais le peuple tic ^e
laissa pas [>hîs surprendj-e par cet arliiice
que par le premier. Voyant que tout ce qu'il
faisait ne pouvait réussir, il prit la fuite au
milieu de la nuit, et pril le chemin de Pa-
16J
mn
km
i^î
?ie; mais Bien Tdgara tellement que le lua-
liii il se trouva à la porle <le Milan» nommée
porte de Rome. Quand on Teut retrouvé , le
peuple lui donna des L|;ardes» Ou écrivit à
Valenlinien cequi s^élaiî pass«\ L'eiapereur,
enchailé, reniercia Dieutrun tel ehoîx; non-
seulement il approuva ce choix , mais il
dû'ina des ordres pour qu'il eût immédiate-
ruent son etfet. Pendant qu'où avait écrit
dans Jes (Gaules, Ambroise s'était de nou-
veau Cécile chez un noraïué Léonce. Qu^md
Tordre de l'empereur fut venu , et qu'on
commanda à tons de déimnc r Ambruise ,
Léonce le lit. Alors il fut pris et amené à
Milan. Voyant qu'il n'y avait plus moyen
d'éluder, i\ demanda à"u'élro baptisé oue
jiarun évêque catholique, craignant fort ti'é-
Ire surpris de auelque côté pour Ihérésiedes
ariens. Baptise le 3t) novembre , il exer^^a
siiccessivement tontes les fonctions ecclé-
siastiques, et fut enrin ordonné évèqne huit
jours après son hiptéuie, Tnuto rKj^lise
d*Occident approuva son ordination. Par le
fait de cette ordination rie saint Amhtoise,
I^ariauisme se trouva innnédialemeni détruit
h Milan, et luentoi dans toute Tllalie, Il dé-
buta par donner tout s^)n bien aux pauvres.
II mit une telle règle dans sa conduite et
dans sa vie entière c^ue rien ne ïe déran-
geait des austérités qu ils'imtïosa, 11 dormait
peu, travail lait beaucoup, et jeûnt-îit tous les
]ours : il ne dînait que le samedi et le di-
luanche, ou bien encore les jours de fête des
filus célèbres martyrs, 11 n'acêe|jlail aucun
eslin, à moins qu'il ne ftlE hors de Milan et
chei ses a rai s* Il recevait quelquefois les
grands personnages avec lesquels il était lié;
mais il le faisait a une façon simple, quoique
convenable, La porle de sa chambre était
cODlinuellemeot ouverte h tout le monde ;
chacun y entrait librement et sans se faire
annoncer. 11 y a loin de cette sinqilicité
Traiment apostolique aux façons princiéi-es
de certains prélats moilernes* vlvi lesquels
il faut solliciter audience, etqu on ne trouve
quVn traversant de fastueux appartements ,
où cliaque porte est j^ardée par des latjuais
en livrée- hamt Pierre et saint Paul n'ose-
raient vraiment jias entrer dans d'aussi beaux
lo^s et chez d'aussi grands seigneurs. Le
pape Damase lui envoya Sinqilicien, prêtre
de Kome, pour le diriger dans les commen-
céments, touchant la science et la conduite
de l'Eglise.
Après la mort do Valenlinien, les ariens
entiepriroiii de troubler l'église fie Milan;
mais Vavéneiuent de t^ratien, fervent calho-
Uque, ûi avoHeir leurs projets. Ce nouveau
prince protégea le saint évéque, qui lui
i'îcnvit pour 1 en remercier. Saint Ambioiso
fit ses premiers écrits bicFilcM après. Il con-
sacra srm lali^nt à Téloge de la virginité. On
jieut admirer dans ses œuvres ce qui a trait
à ce sujet si intéressant.
Dana les guernes que les Romains fai-
saient aux barbares, ces derniers ayant lait
nombre de prisonniers, dans la Tïirace et
cUms rillyrie. vendaieid ces mrdheureux.
Le nombre en était ?î grand, qu'il y en
avait de quoi peupler une province. Les
Eglises en l'achetèrent une grande quantité,
mais saint Ambroise se signala oarticuliè-
renient; il n'hésita pas à sacrifier les vases
sacrés qui servaient dans les églises de son
diocèse. 11 lit romt>re et servir au rachat des
captifs tous ceux qui n'avaient pas encore
servi au saint sacnlîcc. Si celte quantité
n'eût pas sulii, il eût de même fart briser
ces derniers. Les ariens, en lui faisant un
crime de cela, lui fournirent Toccasion d*uu
discours au peuple où il étale avec un noble
orgueil toutes les magniticences de la cha-
rité chrétienne.
Il n'est point inutile de remarquer sur
cette action si illustre de notre saint, que,
ayant surmonté l'avarice ordinaire aux gens
du monde en se dépouillant de ses biens, il
avait surmonté celle qui se rencontre assez
souvent dans les cnriis ecclésiastiques et
da n s 1 e s c orn m u na u t es 1 e s n 1 u s su i n l es , 0 n
S'y fait une maxime de pieté de conserver
ce qui apparticnl à l'Eglise et h la commu-
nauté avec la même attache, et souvent avec
une beaucoup plus grande, que celle qu'on
condamne si justement dans les séculiers à
regard de leur bien propre. tJn tH-éfère cet
intérêt qui pour être cotunuin> ne cesse pas
d*étre particulier, non-souleraent h ce qu^
la bienséance dénia tidc, mais à ce que la
chanté, FEvangile et quelquefois même la
jusîice la plus rigoureuse exigent de nous.
On ruine des faniillcs e! on perd son propre
repos pour faire revenir des terres qu on
prétend avoir apfmrtcnu à TEglise des siè-
cles auparavant; et l'on aime mieux laisser
périr des provinces que de vendre ou d'en-
gainer des richesses qui ont souvent été fort
mal acquises, et qui au moins ne servent
d'ordinaire qu'à «Jonner un vain éclat et à
parer d'une maguilicence toute séculière des
temples consacrés à un Dieu pauvre et où
Ton prêche aux autres la pauvi^eté , l'au-
mône et leniéfiris des richesses. (Tillemont,
voL X, p. 112.)
Peu de temps après, saint Ambroise eut le
rnallieur de perdre son frère Satyre, qui
ht naufrage en se rendant, en Afrique en
378, et qui, quelfjue temps après, revint
mourir à Alilan près *Ie lui, des suites peut-
être de cet accident. A la prière de Gralien,
saint Ambroise écrivit ses livres sur la loi.
En 380 , Ambroise , qni venait d'urdonner
Anème évêque de Sirmich, malgré Justine,
revint *^ Milan, on cette i>rincesse le lit atta-
quer par toutes sortes de moyens. Elle était
arienne fanatique. Elle fit de très-grandes
instances près de Gratieu , pour qu'on
donnât dans Milan une église à ceux tle sa
secte. Gratien lit mettre une église en sé-
questre, ce qui, disait saint Ambroise. ne ve-
nait pas de lui, Ambioise invuqua le ciel
dans celte circonstance. Divn Texauça, car
Gratien lui ayant demandé d'écrire sur la
divinité du Saint-Esprit, il [uomtt de le faire.
L'empereur en fut si touché, qu'il commanda
de rendre la basiliipic aux catholitpies. Peu
de temps api'ès on tint le concile dAquilée,
iiaint Ambroise y assista; il y confondit Pal-
1
m
* lade, SeeonAîen et Attaie, qoi furent anathé-
matiii^ par le eoDdle. Le coDcUe d'Aqoilée
demanda un cr>Dcile CBCuméoique. En 38S,
eot Heu le concile de Rameau {uel saint Am-
l»rnise assista ; mais il j tomba malade. Peu
de temps après, Ambroise fut député par
Yalentinien II à Maxime, afee lequel il t-on-
dut la paix. Revenu à Milan, il eut le bon-
heur, |>ar sa charité et par ses discours, de
conrertir saint Augustin. Pais il réfuta son
ami Symmaque, qui demanda il à ValeriLinien
2 u*on* rétablit à Rome Tautel de la Victoire,
e fut en Mï que commr*ncèrent pour saint
Ambroisf* les per^éi.utîo s aui portent l'E-
glise à l'honorer cr»mfne confesseur. Justine,
celte nouvelle Jézabel, arienne outrée, qui
aTait échoué dans ses pro)ets durant la vie
de son époux Valentiiiien l", et sous Gra-
tien, cnit pouvoir abuser de la jeunesse de
Valentinien II. Elle avait auprès d'elle un
nommé Auxence, qui se préieudait é«éque
et qui, de concert avec Fimpératrice, quel-
3ues dames de la cour et un certain nombre
'é.ran^ers,avail résolu de perdre s^iint Am-
broise. Justine promettait argent et hii-
neurs h ceux qui soulèveraient le peuple
contre lui. Elle olfrit la charge de tribun à
quiconque voudrait le tirer de i Egl.se et le
conduire en exil. Plusieurs l'essayèrent, mais
n'en purent venir à bout. Un nommé En-
thyme le tenta. Cette entreprise lui devint
funeste. C'était en mars 38iS. Il vint se lo-
ger près de l'église et se procura un char-
riot pour pouvoir emmener le saint. Mais
au bout d'un an, le jour même où il croyait
[louvoir surprendre le saint, il fui saisi et
conduit en exil, dans ce même charriot qu'il
avait destiné à Ambroise. Le vénérable pré-
lat lui envoya dans son exil l'argent et les
autres choses desijuelles il pouvait avoir be-
soin. Pendant qu on cherchait ainsi à l'enle-
ver, il fut mandé au palais impérial. Valen-
tinien voulait qu'il cédât une église aux
ariens : c'était la basilique Portienne, située
hors des murs de la ville. Celte allaire fut
traitée en |ilein conseil. Ambroise ne «e
lais'^a pas intimider : à Dieu ne plaise, dit-il,
qu'iineâme consacrée au service du Seigneur
craig a» I lus la rigueur desî touimenis (lu'ello
n'aime les règles de la piété. Le peuple, sa-
chant qu'il était au palais, s'y fK>rta enloule
et avec tant d'impétuosité, (jlie rien ne pou-
vait le contenir. On envoya un comte avec
des soldats, pmrd.ssip'r ce rassemblement,
mais tous s oll'rirenl à perdre la vie pour la
foi. On fut réduit à [irier saint Ambroise de
vouloir bien lui-même calmer le peuple,
et de promettre cpi.* personne n'entrepren-
drait rien sur la basilique que demandaient
les aiens. Après qu'il eût rendu ce service,
on lui imputa cette émeute à crime. Dès le
lendemain, au lieu de demander seulement
la basilique Portienne qui était hors des
murs, on demanda la neuve, qui était dans
l'enceinte de la ville. Probablement c'était
Téglise des Apôtres, bâtie par saint Am-
broise, près de la porte de Rome. L'impéra-
trice envoya près de lui des conseillers d'E-
iat| qui lui demandèrent de hvrer cette ba-
stUque D^uve, et de foire en sorte que la
peuple ne remuât pas. Il rér ondit qu'u n'a-
vait pas plus le droit de la donner que l'em-
pereor de la prendre ; c]ue si le pouvoir de
l'empereur ne pouvait aller juMju'à s'empa*-
rer de la maison d'un simp'e î arliculier, h
plus forte raison n'al'ait-il f»as jusqu'à pren-
dre la ma: son du Seigneur. On lui dit que
tout appartenait à l'empert^ur. Le saint ré-
pliqua que l'autorité impériale ne s'étendait
pas sur ce qui appartenait à Dieu ; qu'un
prince ne pouvait mieux i^rolong t son rè-
gne ou*en se soumettant humblement au
Très-ilaut. Le lendemain, le saioediS avril,
le peuple acclama dans l'ég'ise tout ce que
le saint évéque avait réfx>ndu aux envoyés.
Le préfet du prétoire s'y rendit et demanda
qu'on livrât au moins la basilique Portienne.
Le peuple refusa énersi ;uement. Le magistrat
se retira, disant q»i'ilen ferait son rap^iort à
rem[>ereur. Le lendemain, jour du dimanche
des rameaux, saint Ambroise donnait, c'est-à-
diie expliquait le symbole aux compétents,
quand on vint lui annoncer que l'on avait
envoyé du palais à la basilique Portienne
des hommes qui en prenaient possession, y
mettaient des tentures, et que le peuple ca-
tholique s*y reiKiait en fo.ile, pour suppo-
ser è cette entrepiise. Il continua et ensuite
commença Toblation du saint sacrifice. On
Tint alors lui dire oue le peuple s'était saisi
d'uD nommé Oa>tuie, prêtre arien. Il pleura
amèrement, et pria Dieu de ne |)as permet-
tre qu'il y eût du san&ç versé pour la cause
de l'Eglise. Il envoya promptemeut des prê-
tres et des diacres , qui arrachèrent cet
homme à la fureur du peuple. Ensuite, en
punition de l'émotion populaire qui s'était
manifestée , la cour lit punir sévèrement
toute la corporation des marchands. On les
char-;eait de chnînis, et le plus grand nom-
bre était condamné à payer sous trois jours,
pour se racheter, la soiiuue de deux cents li-
vres d'or. Les comtes et les tribuns vinrent
de nouveau trouver saint Ambroise, pour le
sommer de livrer promptemeut la b.silique.
Si vous voulez mon patrimoiee, pr nez-le,
leur dit-il: prenez mon san^S ma vie, met-
tez-moi dans les fers; mais quant à ré-;lise,
elle ne m'appartient pas, et je ne puis la li-
vrer. Alors on envoya des hommes armés
pour s'emparer de la basilique. 1^ saint
trembl.jit de frayeur, car il craignait que les
catholiques faisant résistance, il ne survint
un coiiUit sanglant. On lui demanda d'à. ai-
ser le peuple. Il dépend de moi, dit-i \ de
ne pas le soulever; mais Dieu seul jHUt l'a-
|>aiser ; si vous c oyez que je sois cause de
sédition, punissez-m'en sur l'heure, dit-il ;
envoyez-moi dans quehjue désert. Nous ne
voyons plus rien de ce qui concen e la basi-
liuue Portienne. Il v a apparence nue les
soldais, voyant que le peuple était le plus
fort, se retirèrent avec les sentences qu'ils
ayaient apj)Oi tées. On ne dit rien de ce qui
se passa les deux jours suivants ; mais le mer-
credi 9 avril, saint Ambroise ne fut pas plu-
tôt sorti de son logis , que la basilique
neuve fut inv^tie et occupée par des sol
AMB
d^ls. On y mit des tentures pour qu'Auxence '
pût y cél^*br<*r VotTice ; mais les (*'ilholî(]ues
y enirèreni de force, el en si ^ and nmnttn.*,
aue l'église eo <5lait enlicTeiiHTd retrifilic. Ils
emanua lent un lectour pour leur lirt' TK-
vangile- Saint Ambroise, qui cék'bnul ToOice
dii^s/ ancienne basilique, totinut pî^r le gt^-
UJisscnu^nl du peuple, que lï-fAliso neuve
était euTahiè, alors il eomiotuida quf* les
soldats fussent sé(»arés de Ki mmiimnion
s'ils ne se retiraient. Pendant qu*d lisait [( s
leçons, oui étaient du livre d*' Jnbcejoiir-là,
on vint lui apprendre quo réalise neuve
était pleine de catholiques. Il eraigriftil un
conflit ^ mais les soldats nyanl su Vexcom-
muwiciilioïi dont il les meocirail, quittèrent
la basilique neuve et vinrent à rancienne se
soumellre au saint pn lat. Le peuple snuliai-
lait que le saint évoque se rendît a la basili-
3 ne neuve; beaucoup le lui rnnseillait?tit,
ne le voulut pas faire* Il répondit qu'il nVi-
vait pas plus le droit de combntlre que celui
de livrer ta basilique. Il lit ensuite au peu-
ple un discours dan» letfue! il [>roliie de son
Qésîr du martyre, et stigmatise les femmes
qui persécutent Tligl se en sa personne, no-
tamment Justine, qu*ir compaie à Jézabéî et
à Hérodiade. Pendi'ml qu'il préchad, on vint
lui djre que les tentures iju'avait fait mettre
Tenqiereur étaient enlevées, Lin môme temjis
on le priait de venir à la b silique reuve. 11
refusa, mais il y envoya desprôtrfs. Vu ins-
tant aj>rès on vint lui "dire qu'un secrétaire
envfi^'é de Teniperenr demandait h lui [lar-
ler. Le saint se mil un peu à l'écart pour le
r r. H Comment avez- vous osé ealre-
i t lui dil ce secrétaire, de vous oppo-
sera ioj'dre dcTempereur? — Je ne sais, ré-
pondit le saint, de quel ordfo vous me
parlez ni quelle est celle témérité qu'on
trouve dans ma conduite. — Pourquoi, repar-
tit le secrétaire, avez-vous envoyé des prê-
tres h la basilique? L'empereur veut savoir
si vous prétendez vous ériger en tyran, alin
de prendre ^es mesures contre voùs.i^ Saint
Ambroise lui rendit raison de son procédé
avec beaucoup de douceur, et il .ajouta : ft Si
celle manière d'agir vous semble éire une
tyrannie, les armes don! je me sers sont nu
nom «le Jésus-Cluist Tnel mon pouvoir est
de vous présenter mon corps; si on nie juge
un tyran, nourquoi ditîèr-c-t-on à rao punir
de inorl? 11 est vrai rpie nous avons une ty*
rannie assez particulière. Lr^ tyrannie d'un
v*^que consiste dans sa fubiesse. Valenti-
iiieu, que Dieu Jaisse sans ad ersaire, de-
vrait prendre garde de s'attirer quelque tv-
ran véritable. Ce n'est pas la pensée do
Ma lime que je sois le tyran û' Valenlinient
lui qui se [iJanit que je l'ai empéclié fiar mon
ambassade de j>asser en llalie. Les évéques
ne se so(d jamais érigés on tyrans j mais ils
ont souvenl sootîerl de la paVt des tyrans. »
{tillemont, voL X, p. iTS.j
Tout le reste du jour se passa dans la^lou-
leur. Ambroise ne put jamais regagner son
logis, qui était conlio^u à la basilique neuve.
Des soldats renvirotmaient de toutes paris,
jLu lieu donc de rentrert il passa toute
AMB let
la nuit h chanter des psaumes avec les
lldèles, dans la petite basilique de l'église.
Le jour suivant, corauR' on venait de liie
selon la coutume* le livre de Jonas, Am-
broise crimmo: ga son sermon par ces paro-
les : On vient, mes frères, de lireuji livre, où
il est t>rofihéiisé que les péeheur.s revien-
dront un jour h Diru par la pénili nce. On
crutqtie res paroles du saint éiaient en etfet
projiliétiques relativement aux événements
qnipréueeui»aiêiU si furt^inent Foidnion pu-
blique. En elïVt, quelques in^tans après on
vint dire que l'empenair faisait retirer ses
soldais de la basilique neuve, et restituait
aux marchands tout l'argent qu'on leur
avait extorqué. Ce fut ainsi que se termina
cette [lersécution, mais saint Ambroise crai-
gnait avec raison qu'elle ne se renouvelât
bieiitôl. Les seigneurs de la cour priant
Tenqii^reur de se rendre à FégUso parmi les
catholiques, disant que c'éfaient les sol-
dais qui le désiraient : « Vraiment, leur dit
Temptreur, je pense que si Arnbr* ise vous le
conimande; vous me livrerez à sa discré-
tion,» tJes mauvais sentiments lui étaientdic-
tés [jar Fimpératrice Jubtine, et [>ar Cal-
1) one, graïul chambrllan et premier eunu-
que, t^iCt homme eut l'etlrontene de faire dire
à Ambroise :« Quoil vous méprisez Valenli-
nien de mon v. vaut 1 je vous cou(»eraila tête.»
Le saint sanss'étimner lui réfiondit : « Dieu
vetus permette d'exécuter vos menaces. Je
soujlmai ce qu*il crjnvient à un évéque d'en--
durer, el vous ferez une action digne d'un en*
nuque. ^ Quelque temps après cet homnia
eut lui-même la tête trancbée pour avoir
commis un crime habiiuel aux eunuques
dans ces temps de débauches, où les prin-
cesses et les grandes dames aimaient à se
donner des plaisirs sans dangers, Justine,
irritée au dernier pointcontresaint Ambroise,
recommença» en Fan 38l>, h persécuter les
églises, à menacer les évoques de les chasser
de leurs sièges, s'ils ne reconuaissaienl les
décrets du concile de Kimini. Elle voulait
ainsi abattre Ambroise. L'euqjcreur C4:)ji sen-
ti ta faire des ordonnances contre h fn» fies
catholiques. Il donna des ordres à Bénévole
pour qu'il les rédigeât. Bénévole, i h^vé dans
ramourdela foi catholique» lit vnir bientôt
f^u'il en saurait garder tes enseignements, A
la in-emiére projMJsition qu on hiirn tii, il re*
fusa son concnurs, et déclaci^v qu'il n'écrirait
pcïs des choses qui altaquaietit Dieu ïui-
inéme. On lui proniil des hcmneurs, un
grade plus ékvé. » Pourquoi, répundit-il,
nrolTrez-vous île plus grandes cliarges, en
récompense d'une impiété? Otcz-moi plutùt
cePe que j ai. Je serai content, pourvu que je
co n s e i v e m v i ej 1 a l j 1 e m c^ri t ma 1 o i , et q u e j e n e
fasse rien contre ma conscience, « Il tpiitta
alors les indignes de sa di^iité, vi les jeUmt
aux pieds de ceux qui lui donnaient ces or-
dres impies, il se retira chez lui, aimant
mieux n'être t»lus rien dans l'Etat que de
conserver son rang et la laveur impénale au
prix de son salut *'l de ses convictions, Jus-
tine trouva d'autres nersonnes qui n'hésitè-
rent pas à lui tenir lieu d^ Bénévole dam
1(7
AXB
AMfi
m
celle eircoristaDee. La loi parai le 21 jânTîer
de celUî anoée 3ë6. Elle staïuait en subs-
taoee, que cenx qui suivaient U foi de Ri-
BiJDÎ auraient liberté entière de tenir dcsas-
semblées, ei défendait aux catholiciues. sous
peine de la rie, d y faire aucune opposition,
«iéclarant que dans le cas où ils enfrein-
draient cette défense, ils seraient considérés
cumme séditieux, perturbateurs de TEglist; et
critnifiels de lese-uiajesté. Saint Ambroisedit
qa*eo ei*^culion de celte loi, Ofi conniiandail
partout de cbasser les év6.|uesctdhoHques,
et de décapiter tous ceux qui résisteraient
et refuseraient de livrer les éKitses, L'hom-
iDe qui dicta cette loi, qui récrivit, fut Au-
xence, cet arien de nui nous avons déjà eu
Toccasion de parler uans le cours de cet ar-
ticle, t/est de lui que saint Ambroise dit :
qu'il portera malgré lui ses lois dans Tautre
monde, il y portera sa conscience, aioule-il,
quoiqu^il n'y {)orle pas son papier. Il y por-
tera son ilmé teinte du sang des saiDts,quoi-
qu'il n y porte pas sa lellre. Ton péché, 6 Ju-
uas ! est écrit avec un burin Je fer et un
ODgle de diamant, il est écrit dans ton cœur
parce quec'est ion cœur qui en est le principe.
Cette loi p'irlée c^rure tous les catholi-
ques jeta partout l'a! arme et le deuil. L'em-
pereur Maxime parle de cette pefséculion
comme d'une calamité dans laquelle les ca-
tholiques de Rome, dltdie et des autres
provinces, perd ire ut leurs évoques el leurs
églises. Pourtant nous ne voyons pasqu*au-
cun évêque hors saint Ambroise ait éié tour-
menté. Quand on vint lui signifier qu'il quit-
tât Téglise Portienne; « Dieu merniréservc,
répond] t-j|. Je ne livrerai pas Théfitage des
saints évèquei mes prédécesseurs ; Je ne li-
vrerai point la maison du Seigneur. » llajou-
ta» comme il tivail déjà fail^ que s'il possé-
dait quelque chose en nropre, cle Tor, des
m-iisons, des terres, il le donnerait immé-
diatement î mais qu'il n'était point le maitre
délivrer cequi élalt le patrimoine de Jésus-
Christ. Vous savez, disait-il h son peuple,
que j ai toujours eu pour les empereurs une
juste déférence. Il est vrai que je ne sais
pas Vf} que c*estque bas-scsse; loin de crain-
dre les supplices dont on me menace, je ni y
présente volontiers d<.' moi-môme : (luand
iVmpereur demande le tribut, nous ne le lui
refusons pas. Les terres de Téglise le payent,
S*il veut même prendre ces terres, il a le
pouvoir de sen emi>arer, personne ne 5*y
opposera. Les aumônes du peuple peuvent
sudirc pour la subsistance tics pauvres* Je
ne dornerai pas ces terres a remnereur, mais
je ne m^opposerai pas h lui s'A veut s'en
rendre le maître. Le tribut appartient à Cé-
sar, ainsi un ne le lui refuse [loint; mais Té-
glise n(i[>îirlient à Dieu, et on ne doit pas la
donnert^i César, naicc que ce le!n[>lc de Djûu
ne dé|>end pas de Cés.ir. Personne no peut
nier que cette indépendance de FKglise no
soil même glorieuse a Fempereur. Cai*
(juya-t-ilde piuslujnorablearempereurque
tl*élre ap|*elB le tiis de l'Eglise? Lui donner
celle qualité, ce n'est p^*s rotTenser» mais
riiouorer Un bon empereur se lient daiiï^
PEgiise et ne s*élève pas au-dessus de l'E-
glise. 11 en cherche )a protection et ne la
rejettepas. Je le dis sans orteil, mais avec
une généreuse liberté. Ou'rae menace de
in'envoyer en exil, de me trancher la lôte,
de me brûler tout vif. Mais des serviïeui^
de Jésus-Christ ont appns à ne rien crain*»re
de tout cela. Et quand on ne craint ren,
on ne se met point en peine de ces sortesde
terreurs. »
On connaissait asse^ la fermeté de saint
Aniliroise pour être bien sûr qu'il ne fléchi-
rait pas. On se résolut donc à le faire sortir
de Milan. Quant à lui, il ne prenait aucune
précaution, allant el venant comme d'habi-
tude, passant tous les jours devant le paliis
sans être accomi>agné de personne. Il s at-
tendait chaque jour au martyre, et c^était lii
Pobjet de toute son ambition. On allait jus-
3u*àfaire courir le bruit publiqt emenl que
es gens étaient a postés pour Passassii.en
Des tribuns envoyés par Pempereui vinrent
lui apporter Tordre de sortir de Milan. Il en
éprouva d'abord de la joie; c'était une p r-
séculion, et les saints les aiment comme les
soldats aiment le combat. Mais saint Am-
broise comprit aux observations qui lui fu-
rent faites, qu*on n avait d antre but d* le
renvoyer que de donner aux Ariens les égli-
sesûi} la ville, et que son départ équivau-
drait à b tradition quon lui demandait. 11
demeura donc, résolu à ne quitter que de-
vant la violence. L*eiemple de saint Am-
broise montre que, si dans dt*s cas sembla-
bles, des prélats ont cru devoir obéir aux
princes, leur exemp.c ne saurait être don-
né coiame t^ègle générale. Chacun en pareil
cas doit obéir aux prescriptions de sa cons-
cience et aux inspiratiuns de PEsprit-SainU
Dernièrement (à rinst;intoù nous écrivonaujjH
nous en lisons la nouvelle] deux archevAipH
ques bannis, ceux de Turin el de Cagliari,
ont jugé à propos de laisser entre les mains
du gouvernement qui les pros rit leurs dé-
missions. N est-ce pas là pousser trop loin
l'amour de la paix, el renoncer trop auï
droiis que PEj^lisedoit mainleniràscs préla
contre les gouvernements qui empiètent $U]
son autorité?»
Après avoir mûrement pesé sa réponset
Ambroise dit aux envoyés qu*il ne pouva"
aucunement son^^er à quitter son église, pa
ce que pour cela il ne reconnaissait qui' 1 ai
toritéde Dieuqui l'avait fait évéque; qued
reste Fempereur était le maître d*emplo>e
les moyens violents t|ue la puissance niellait
entre ses mains; qu'alors il s^ rait bien obli^
gé de faire ce que tant dïnéqu s avant I
avaient fait, mais qn'i ne pouvait consenti
h quitter volontairement son église. Il pria el Ql
prier son peu(»le pour que Dieu voulût bie^
éloigner de lui les maux qui le menaraii.ut
car il idenliliaitsarauseà celledeson peiipl
et aux intérêts de son éj^lise. Il faisait d'aboi'
dantes aumônes, disant que -a charité
peile le sec mrs de Dieu. Le peufde, qui irai-
gnail qu'on lui enlevât son évéque^ ou qu'ils
consentit à se retirer, passait les jours el Icti
nuits à le garder, résolu de soudrir avec !uû'
m
au^
l
}9 AMB
n rapporle plusieurs faits tmî sont regardés
-miïie miracaîeux. Le peuple était barricail é
__Liis VEglise, et en avait fermé eiaclement les
portes. Or il arriva deux fois qu'uoe des
>rincipaJ es portes se (rouva ouverte, sans que
essoidats, qui cherchaient partout le moyen
d'entrer» s^en aperçussent. Du reste, les soldats
qu'on envoyait ainsi se faisaient eui-niOmes
les défenseursdes catholiques. Ils laissaient
entrer dans l^lise tous ceux qui voulaient.
Seulement ils emp^Schaient qu'on en pût
sortir-
Sur ces entrefaites, Dalmace, tribun et no-
taire, vint de la part de Tempereur sommer
Ambroise de venir» en sa présence, disputer
contre Auxence, et de choisir des arbitres
comme cetévêqne Arien avait fait. S'il ne se
fût agi que d'exposer sa personne, Ambroise
eût accepté; mais ni les évoques présents ni
Je peuple ne voulurent consentir à ce qu'il
s'exposât dans le palais. II répondit à Tem-
pereur, par une Uîtlre signée de tous les
évêques présents, s'excusant d'aller au palais
pour y disputer ni devant lui, nidevant d au-
tres laïques, ("est une indignité, dit-il, nue
de faire des laïques juges des choses de 1 E-
glise, en présence des évêques. Ambioise
De Tant pas la peine qu'a cause de lui
on avilisse le sacerdoce. La vie tfun évê-
que ne mérite pas que, pour la racheter,
tous les autres perdent l'honneur de leur di-
gnité. 11 proteste ensuite qu'il nejcesserad ad-
hérer au concile de Nicée, et d'exécrer celui
de Rimini. 11 unit en disant que si Auxence
veut faire juger son airairc par un synode,
il ne manquera point de s y trouver, quoi-
qu'on ne doive pas troubler la paix de l'E-
glise pour un seul homme; mais qu'il ne
sait ce que c'est que de se trouver à un con-
seil pour y ï^arler des choses delà fui ; que ce
serait différent, s'il s'agissait del'intérèl du
prince. Ce fut peu de temps après avoir écrit
celle lettre, qu il prononça le discours inti-
tulé : quii ne faut point livrer ks temples.
PauJin nou.^ assure que Justine tenta d'ac-
complir, à l'aide des crimes tes plus atroces,
ce qu'elle ne pouvait réussir h faire par la
persécution ouverte. Elle voulut faire assas-
siner saint Ambroise par un liomme qoi, à
cet elTet, entra jusque dans sa chambre, mais
quij D'ayant pu exécuter son dessein, déclara
pourquoi Justine 1 avait envoyé. Ce fut vers
ce lemps-la que Maxime certainement, et
Théo José peut-être, écrvirent à Valenlioien
pour le supplier de ne plus persécuter la re-
ligion calholique. Maxime allait môme jus-
qu'à menacer Valentinien de prendre fait et
cause pour les per>écutés, 11 lui disait : « C'est
une chose bien périlleuse de toucher à ce
qui regarde Dieu, » La persécution cessa en
386 ou 387.
Cette persécution de Justine a valu h saint
Ambroise le titre de confesseur. Le reste de
sùvïê nous appartient beaucoup moins : nous
allons l'esquisser. Quelque temps après il
baptisa saint Augustin ei saini Alype,Cefut
aûs^i en ce temps-tfi que Maxime passa en
Italie et que Valentiinen s'enfuit en Orienl.
Ambroise fut député vers lui, pour demander
DlCTIOfiK* 1>ES PeRSÊGUTIONS. h
AMB
le corps de Gratien et pour traiter ne la paix,
11 ne put rien obtenir. Ce fut alors que Va-
lentinien s'enfuit en Orient. Théodose passa
en Italie et vainquit Maiime. 11 demeura
longtemps à Mitao. Ce fut durant qu'il y
était, que le gouverneur d'Orient lui écrivit
que les chrétiens avaient détruit une syna-
gogue juive, pnr le commandement d'un évo-
que, et que des moines avaient brûlé un
temple appartenant aux hérétiques valenti-
nicns- Ttiéodose ne se préoccupant pas de la
question religieuse, et ne voyant ïà qu*une af-
lairede police et une atteinte à la |>ropiiété,
ordonna que Févèaue rebâtit la synagogue,
et qu'on rééditiût le temple auï frais des
moines. Saint Ambroise prétendit que cette
ordonnance était honteuse à la religion
chrétienne, se fondant sui' certains exemples
tirés de TEcriture et des Actes des martyrs.
Il écrivit, à ce sujet, une lettre extrêmement
énergique à Théodose* Ce prince n'en tenant
compte, il Tattendit à réglise, et étant eu
chaire ii lui dit qu'il n'offrirait le saint sa-
crifice que s il consentait à rétracter ses or-
dres. Il obtint ainsi ce qu'il désirait, Bien-
tùt après il s'opposaaussi aurétablissement de
l'autel de la Victoire. Nous ne trouvons plus
rien qui regarde ce saint, dans le courant de
Tannée îi89. L'année suivante» eut lieu la fa-
meuse sédition de Thessalonique, Botlieric,
qui commandait les troupes dans lacontrée ,
avait fait mettre justement en prison un co-
cher aimé du peuple. Le peuple se souleva
pour le ravoir, et Botheric fut tué. Tbéudose
no punit pas la ville selon la justice. 11 frappa
avec l aveugle rage de remportement, il fit
tuer dans la ville nidistinctement, et sans re-
cherche des vrais coupables , une grande
quantité de personnes. A lubroise, dans cette
circonstance, avertit Théodose, et enfin lui
refusa l'entrée de l'église ju*iqu'à ce qu'il eût
fait pénitence, ThéoJose accepta la pénttence,
L'évéque et l'empereur se grandirent tous
deux dans celte circonstance mémorable :
l'évoque par le courage , l'empereur par Thu-
luilite.
Cette raéme année, 390, saint Ambroise
tint à Milan un concile contre les Ithaciens
et Jovinien. En 3î)l, il assista au concile de
Gapoue, travailla au rétablissement de la paix
h. Antioche, troublée par la division de saint
Mélèce et de Paulin, vivante encore dans les
îiommes de leur parti après la mort du pre-
mier. Théodosc, a^^ant reconstitué la puis-
sance impériale en OccidLnt, remit Fautorité
à Valeutinien H, et retourna dans ses Ktats.
Après la mort de sa mère Justine, Va lenti-
nien était devenu extrêmement sage et ver-
tueux. 11 manda Ambroise pour Feccvoir de
lui le baptême, mais il i'ut tué avant Farrivée
du saint, qui pleura sa mort, et fît son orai-
son funèbre. Après Favénement d'Eugène à
rem pire, il se relira de Milan pour n'y point
assister à l'arrivée de ce prince, ipii semblait
prendre à làclie do rétablir le paganisme. 11
ala h Florence, où il ressuscita un mort, et
se lit beaucoup aimer des Florentins. Après
que Théodose eut vaincu Eugène, it revint
h Milan, et Ht en sorte que le vainqueur uîât
0
1
171 AMI
modérément de sa Tictoire. Peu de temps
S prés il eut h &ire l'oraison funèbre de Théo-
ose, ea 3M. Peu après, il ordonna uu évè-
Îue pour la ville de Pavie, et tomba malade.
tihcoD dit que, si le s?int mourait, l'Italie
était menacée de ruines. Il assembla les no-
tables, et les força d*ailer prier le saint de
demander à Dieu une prolongation d'exis-
tence, c Je n*ai jKiint vécu de manière, dit-il,
à craindre de rester encore quelque temps
parmi vous. Je ne crains pas non plus de
' mourir, car nous avons atîaire à un bon maî-
tre. • Il mourut dans la nuit du vendredi au
samedi saint, en 397. Son corps est encore
aujourd'hui dans une cave, sous le grand
autel de la basiliaue Arabroisienne. L'Eglise
fait sa fêle le 7 décembre.
AMBKOiSE ^saint , martyr, était centu-
rion. Durant la persécution^de Dioctétien, il
souffrit divers tourments, et passa par le f u.
Le tyran, le voyant en sortir sans aucun mal,
le fit plonger dans l'eau, d'où il s'envola vers
le ciel. On ignore Tannée de son martyre.
L'Eglise honore sa sainte mémoire le 16 août.
AMBKOISE, prêtre habitué de la paroisse
de la Trinité, de Laval, fut guillotiné dans
cette ville, le 21 janvier 179^, avec treize au-
tres prêtres. Cet ecclésiastique passait pour
attacné au fmrti janséniste. «J'espère, lui
(Jit le président, que tu ne refuseras pas ce
qu'on te demande, car tu ne partages pas les
opinions de tes confrères. — Je veux bien,
repondit M. Ambroise, obéir au gouverne-
ment, mais je ne veux pas renoncer à ma
religion. —N'es-tu pas janséniste? reprit le
juge. — Je conviens, répondit-il, que j'ai eu
le malheur d'adopter des opinions qui n'é-
taient pas conformes à la saine doctrine;
mais Dieu m'a fait la grAce de reconnaître
mes erreurs, je les ai abjurées devant mes
confrères, qui m'ont réconcilié avec l'Eglise. •
On témoin déclare même qu'il ajouta : a Je
suis content de laver ma faute dans mon
sang. 1 Ce pieux souhait fut exaucé, et, quel-
ques instants après, sa tête roulait sur Té-
âiaiaud. ( Tire des Mémoires ecclésiasti-
gueSf etc., par M. Isidore BouUier, curé de
la Trinité de Uval, 18^6.)
AMELIA, ville de TEtat ecclésiastique, est
célèbre par le martyre qu'y soutfrit sainte
Firmine, sous le rèxne de l'impie Dioclétien.
AMIDË, en Paphiagonie, ville célèbre par
le martyre des saintes femmes Alexanara,
Claude, Euphrasie, Matrone, Justine, Euplié-
mio, Théouose, Derphute et sa sœur.
AMIENS, ville de Franco, ancienne capi-
tale de la Pif:ardie, aujourd'hui ch«îl'-lieu du
département de la Souime, eut [»our premier
évê(pie saint Firmin, (|ue le ju^^e Valère Sé-
bastien lit (Mnprisonner et décapiter en Tan-
née 287, sous l'empire de Dioclétien. Un se-
cx)nd saint Firmin fit bAtir, sur le tombr-au
de celui dont nous f)arions, une église dédiée
à la vierge Marie. La cathédrale d'Amiens
IJOssède encore une grande partie des reli-
(juesde son premier év(>que. En l'année 286,
durant la violente persécution que Rutius
Varus avait excitée cxHitro les chrétiens, et de
laquelle saiut Quentin venait d'dtre victime,
m
.es deux saints Fuscien et Yidorie, qid
avaient fixé à Terouenne le siéj^ de tenr
mission, étant venus dan« cette vilte p<mr j
voir saint Quentin, et ne l'y avant pas reo-
contr«% prirent le diemin de l^anSj <ra ils se
rendaient. Arrêtés sur la route (lar'un vieil-
lard, nommé Gentien, qui leur raconta la mort
du saint martyr, ils aeceptèrer^ l 'hospitalité
qu'il leur offrit dans sa maiseff: Ils y furent
presque imméfJiatement arrêtés par ordre de
Rictjus Varus, qui, ayant fait couper la tète
â saint <ientien, fit ramener les deux saints à
Amiens, où ils furent aussi décapités. Noos
avouons qu'il y a dans le récit de tous ces
faits queloue chose qui nous étonne profon-
dément. (Comment se fait-il, en effet, que
saint Fuscien et saint Victoric eussent besoin
de rencontrer saint Gentien, en se rendant
d'Amiens à Paris, pour apprendre de lui la
mort de saint Quentin ? Comment ne la leur
avait-on pas apprise à Amiens? La mémoira
de ce fait y était encore toute palpitante.
On ne saurait admettre que les deux saint»,
n'ayant pas rencontré celui qu'ils venaient-
voir, soient partis sans demander au moins
où il était, ce qu'il était devenu : peut-être
la narration des actes de ces saints signifie*
t-elle seulement que Gentien, mieux instruit
que d'autres sur ce qui s'était passé, leur
raconta sur le martyre du saint des détails
plus précis et plus circonstanciés que oeui
qu'ils connaissaient déjà.
AMINIËN (saint), fut honoré de la pdme
du martyre, sous l'empereur Maximien, avec
les saints Théodore, Océan et Julien. Aprè^
avoir eu les pieds coupés, ils furent jetét
dans le feu, et accomplirent ainsi leur trioni*
phe. Ils sont inscrits au Martyrologe ro-
main le i septembre.
AMITERNË, Amitemum, aujourd'hui Sam
Vittorino, était jadis une ville assez impor-
tante de l'Italie, dans le pays des Vestinî.
Elle fut la patrie de Salluste; mais sa gloire-
la plus grande est d'avoir eu pour évêque
saint Victorin, qui y mourut martyr dtiraot
Ja persécution de Trajan. Depuis, cette ville,
déchue de son ancienne grandeur , est un
bourg modeste, mais il se nomme Saint-Vio-
lorin. Le souvenir du saint martyr a sur-
vécu à la grandeur de la cité, et la tradition
sulfit pour répondre à ceux qui nient que
saint Victorin ait été évêque d'Amiteme et
martyr.
AMMIE (sainte], martyre, versa son sang
pour la foi, à Cesarée en Cappadoce. Elle
souffrit le martyre avec saint Théodote, père,
du martyr saint Mamès, et sainte Rufine, sa
mère, qui le mit au monde en prison. L'B-
glise fait leur fête Ie3t août.
AMMON (saint j, esè inscrit au Martyriof^^
loge romain comme martyr, ainsi que les
trois soldats et le vieillard Théophile qui se
trouvaient avec lui près du tribunal duj(]|^.
d'Alexandrie qui, sous l'empire de JwèceV:
faisait mourir, en2a0, saint Némésion. L^l$^'
glise fait sa fête au 20 décembre avec celle'
de ses compagnons. Ils sont qualifiés mar*
tyrs par presque tous les histonens, qui ci-
tent saint Denys laisant meolk» d'eux dan*
173 AMM
lettre sur le martyre des saiiils d'Alexan--
Irie. Nous nnus conlenteroos de citer le
[Passage de saint Denys.
« Il y avait proche le tribunal du goover-
Eieur quelques soldais de sa g/<rde qui étaient
phr^^tiens, et entres autre Anioion, Jcnon,
hoiémée, ingénu et le vieilbrd Théophile,
>a inlerrogéHrt alors uo chrtltien ; et coQUUe
jtrge le pressait vivement , le nauvre
homme commençait à se troubler et a don-
ner des marquer d^ine foi chaocelanle; peu
i'eu fallait qu'il ne renonçât Jésus-^'hrist.
foilk rioqiiiélud*^ qui nreoo à nos soNiats ;
Is ne peuvent s'emp^ener de !a faire paraî-
[tre; et \<^^ <v*v^ms signes qifils tirent pour
encôUrn. ifiible athlùte les trahirent
îbieutôt. Mni^ i.^ nallendirent pas qu'on se
I saisît d'eiit; et, s' approchant encore plus
(près du juge , ils déclarèrent qu'ils étaient
ichréliens. Cet aveu si [>eu atiendu épou-
iTanla le préfet et les autres juges, et sm-
pendit pour un terans leur sévère cruauté :
llls n'osèrent rien ordonner contre ces braves
[îoldats, qui sortirent du prétoire ph:ins de
^el couverts de jjloîre, pour avon^ fait
"^f>her Jésus-Chrisl de 1 impiété et des
V t la vue mèoie de leurs autels et en
l r de leurs ministres les fitus dé-
rToues. »
AMMON (saint)j diacre à Andrinople dans
k Thrace, n'avait pas tenu compte de la dé-
fff-n^H «^ti'avait faite Licinius aux hommes
r lier la religion aux femmes, il fui ar-
r- ._ «vec quarante vierges qu il iosirui-
sait. Un juge, Dommé Kabde, leur (it soui-
frir divers tourments, d'aboixl à Andrinople,
fuis à Bérée; entln, ils furent tous envoyés
Licinius, à Héractée. Ce prince lit mourir
les quarante vierges par divers supfilices.
hHh* \ m fut décapité. L'Eglise honore la
méi tous ces saintssle 1'' septembre.
( Vot/. le Mcnologe des lirecs, sept., p. 19.)
AM.VION f saint j, martyr, souiTrit pour la
î drie- Il eut pour compagnons de
les saints Théophile» Neolèrè et
viti^^l-di^ux autres que le Martyrologe ro-
main ne nomme point. On igot>re l'époque
où eut liciu leur giurieux martyre. L'I^glise
célèbre la mémoire de ces saints le 8 sep-
tembre.
AMMONAIRE (sainte), martyre (.4 mmona-
rium)^ mourut pour la loi sous Tcmpire de
Dèce, à Alexandrie, en Tannée 250, al sous
le gouverneur Sabinus. Elle était vierge. Le
la fil longtemps tourmenter, pour To-
_Br à |>rononcer quelque blasphème con-
tre'Jésus-Christ ; mais elle refusa toujours,
arec une constance a Imirable, de souiller
ses lèvres de celte impiété* Le juge Tenvoya
nu supplice. Nous citons les propres paroles
de saint Denys. L' Egli.se fait sa fête le PÀ dé-
eenibre.
AMMONAIRE (sainte), martyre, comme
f*e!lê rpii précède» donna sa vie fjour Jésus-
dans les mêmes circonstances el dans
le jour. L Eî^lise fait leur fêle le uiéme
jour aussi. Le Martyrologe romaîu dit que
lejuge, ayant eu honte de se voir vaincu
par la première Ammonaire , envoya ses
km
174
trois compares au supplice, les fit décapi-
ter, pour né pas se voir côntramt de céoer
îi leur constance s'il exercé il sur elles les
mêmes rigueurs. Saint Denys dit, en partant
de la secuode Ammonaire/ qu'elle ne céda
en rien à la générosité de la première. Dans
le catalugue du Martyrologe romain, publié
par ordre de Grégoire XIII, revu par tJr-
bain Vlil et Clément X , corrigé par Bt>-
noîl XIV, il n'y a cju'une seule Ammonaire
inscrite, c'est une iaute.
AMMONE (saint), martyr, fut décapité à
Alexandrie avec saint Denis. Les détails
manquent compléh-ment sur eux. L^E^ise
fait leur fête le 1'* lévrier.
AMMONE (saint), martyr, versa son sang
pour la foi, dans la pentapole do Libye ; il
était lecu^nr. Les compagnons de son martyre
furent Tliéodore, évéque, Irénée, diacre", et
Sérapion, lecteur. On jgnore la daté de leur
martyre, et le Maj lyrologe roirain ne donne
pniut de détails sur hnr^ combats. L'Eglise
lionore Imu' ménmirc le 2G mars,
AMMONE (saint), martvT, était soldat
dans la province du Pont* 11 avnit d'abord
été condamné aux mines avec un de sas
compagîioos^ nommé Mosée, mais ils lurent
ensuite brûlés. On ignore à quelle époque.
LVEgiise célèbre leur mémoire le 18 jan-
vier.
AMMONE (^saint), martyr, répandit son
sang pour la loi à Sole eu Chypre, avec saint
Alexandre, Le Martyrologe romain ne mar-
que point îi quelle cpO(iueeut lieu leur mar-
tyre, et n'en donne aucun détail. L'Eglise
lès honore le 9 février.
AMxMONIUS, Tun des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
fo{ en Egypte; et desquels Ruinart a laissé
les actes aulheutiques. Voy, MàHTYiis ( les
trente-sept ) égyptiens,
AMMONIUS (saint), martyr, i.rêtre de l'E-
glise d'Alexandiie, fut mis à mort pour la
foi, en Tan 311, avec saint Pierre, évêquede
cette ville, tiar ordre de Maximien Daia,
arec les saints Dion et Fauste. L*Eg)ise cé-
lèbre leur lête h tous le 26 du mois de no-
vembre.
AMMONIDS, évéque de Pacoémouoe, con-
fesseui , fut exilé pour rorthoVloxie, par le
comte MagTiïis, sous rempercur arien Va-
lens. Il fut envoyé h Dioeésarée en Pales-
tine. Il nVst pas inscrit au Martyrologe
AMPÈLE ^sainlj, soulFrit le martyre à
Messine en Sicile, avec saint Cains. On n'a
aucun détail, L'Eglise célèbre leur mémoire
le 20 novembre.
AMPELIUS (saint), ttii Tun des quarante-
huit martyrs mis à mort avec saint Saturnin
en Afrique, soiii le' proconsul Anulin, en
Fan de Jésus-Ctirist 305, sous le régne et
durant la persécution atroce que Tinfàme
Dioelélien suscita coiitre TEgltse du Sei-
gneur, (Fûî/. saint Satlih?!!?^,) L'Eglise célè-
bre !a fête de tous ces saints le 11 février*
AMPHIEN (saint), soull'rit le martyre à Cé-
sar ée en Palestine, sous la persécution do
tîalère-Maxiraien, pirco qu^il avait repris le
président Urbain de Êacnûer aui idoles. Ou
le déchira cniellemeiil ; on lui enveloppa les
pieds avec un linge irempé dans l^huile,
puis on y mit le feu. En lin il fui précipité
dans la mer, L'Eglise honore la mémoire de
ce courageux luaityr le 2 avril.
AMPHJLOQUE (saint), martyr, était chef
de milice. On n'a aucun détail sur son mar-
tyre. On sait seulement i\\ï\\ eut pour corn-
pagnoos de ses combats saint Pliileti séna-
teur» sainle Lydie, s<'unt Maeédo et saint
Théoprépide, femme et fils du dernier. Lo
Martyrologe romain nomme encore saint
Cronidas, greffîer. L'Eglise honore la mé-
moire de ces glorieux martyrs fe 27 mars,
AMPHIPOLIS, ville do Macédoine, où t ul
lien le martyre des saints Aucte et Taurion,
et de sainte Tliessalonice.
AMPLIAT (saint), martyr» répandit son
sang pour TEvangile* Il eut pour compagnons
de sa gloire saint Urbain et saint ÎSiarcisse.
Saint Paul parle de ces glorieux martyrs dans
son EpUre aux Homaina. L'Eglise célèbre
leur mémoire le 3i octobre.
ANACLET (saint), troisième pape. C'est
le même que saint Cîet. Baron i us veut que
ce pape soit mort martyr, en 91 ; mais des
Pontificaux disent qu'il est mort en paix.
SepiUtuâ est in pace. Le doule plane sur cette
question. Saint Anaclcl gouverna l'Eglise
en V i ro n n 0 uf a os , — 1 3 j uil let.
ANAGNI, ville des États ecclésiastiques,
est célèbre dans les annales des martyrs par
la mort de révéque saint Magne, qui y per-
dit la vie en ton Fessant la fui do Jésus-
Christ. Son marlyre aniva durant la persé-
cution de rem()ereur Dèce,
ANANIE, liîs dt? Nebodée, avait été fait
grand pontife avant la huitième année de
Claude (de J.-C. W), par Hérode, roi de
Cbalcide. Il fit dooner un soutllet «'i saint Paul
Ïuand il eut été ai'i'été A Jérusalem par les
uifs. Saint Paul raposlmpha avec véhé-
mence, l'appelant ^ muraille blaneJiie >», et
lui annonçant que Dieu lo frapperait lui-
miSme. Ceux qui étaient présents dirent à
Paul : a Quoil tu maudis lo grand prêtre de
Dieu? ï* Paul répondit qu'il ne savait pas
que ce fût le grand prélre. Saint Cbrysosloroe
croit que la réponse de saint Paul était iro-
nique, disant au'nn homme, élevé comme lui
f>armi les Juifs, devait connaître le grand
prêtre; saint Chrysoslome n a pas réfléchi
que saint Paul , absent depuis vingt-quatre
ans de Jérusalem, pouvait très-bion ne pas
connaître Ananie, lequel n*étail grand nrêtie
nue depuis dix années. Ananie vml à Cesaj-ée
devant le proconsul Félix pour y accuser
saint Paul. Il amena avec lui plusieurs séna-
teurs et unorateorappelé Tertylle, Agrippa If
lui ùUi la grande préirise en tJ2. Il mourut
en 66 [Voy. Josèpne). 11 fut massacré dans
Jérusalem au commencement de la guerre
àes Juifs contre les Homains. Ainsi fut ac-
COmpliL- la prédiction de saint Paul.
ANANIE, Vun des soiïanto-dtx disciples.
Ce fut lui que le Seigneur, dans une vision,
chargea d*aller chercher saint Paul, qui venait
d'outrer à Damas et qui était dans la maisou
de Jude. Il eu! le bonheur d'instruire le futur
AM
I
apôtre des gentils et de le baptiser. Les nou-
veaux Grecs '(Bollandus, 29 janv., p. 613,
S 2J disent qu'il a été martyrisé » el font sa
fêle le 1*' d^octobre. Suivant eux, il fut évo-
que de Damas. Les Grecs et le martyrologe
romain, d'après eux. disent qu'il fut tapidé
par ordre du gouverneur Lucien. D'abord,
les Romains ne condamnaient personne à
être lapidé ; ensuite , les act^ que donne
Bollanclus sont |>arfaitemcnl dignes de Ja
réputation de Métaphraste, à qui Léo Allatius
les attribue. En dernier lieu, enfin, ces actes
portent qu'Ananie fut martyrisé à Belhd-
gaure d'Eleutéropolis, qui se trouve en Pa-
lestine. Or^ dm*ant tout le temps qu on peut
attribuer à la vie de saint Ananie , aucun
Lucien ne fut gouveroeur de la Palestine.
ANANIE, cinquième (ils d'Anne, le grand
prêtre, dont il est si souvent question dans
rEvaugilo , fut nommé grand prêtre par
Agrijipa le Jeune, en 62, h la place de Joseph
Cabi. Ce fut lui qui lit mourir saint Jacques
le Mineur et, ainsi que le dit losèphe , dans
le XX' liv. de ses Antitjuiiés iudmquts^ ch. 8,
f>]usieurs autres chrétiens. Il fut accuéé par
es principaux de Jérusalem, devant Agrippa
et devant Albinus, gouverneur, qui succédait
à Festus. Agrippa liii ôta la grande sacritica-
ture, pour le fait de la mort de saint Jacques,
et la donna à Jésus, Ids de Damneus, Ananie
ne fut grand prêtre que quatre mois.
ANANIE (saint], martyr, baptisa saint Paul.
Ayant prêché TEvan^ile à Damas, à Eleuié-
rofïohs et ailleurs, il fut meurtri el déchiqueté
il coups de nerf de boenf, sous le juge Lici-
nius; enfin, accablé de pierres, il consomma
son martyre. L'Eglise vénère sa sainte mé-
moire le 25 janvier.
ANANIE (saint), martyr, mourut en con-
fessant la foi, à Arbelles en Perse. Le Mar-
tyrologe romain ne dit point à quelle époque
il soutlrit le martyre, et ne donne aucun dé-
tail sur ses combats. L'Eglise célèbre sa
mémoiie le i" décembre.
ANASTASE (sainlV, cueillit la glorieuse
palme dn marlyre sons le règne de Dèce,
dans la ville de Ctimérino, en Italie, peu de
temps après saint Venant ou Venance, el
par ordre du même juge, nommé Anliochus.
L'Eglise célèbre la fête de ce saint elde ses
comiiagnons le il mai.
ANASTASE (saint), martyr, était greffier
en chef à Salone. La constance de saint
Agapit dans les tourments le toucha si fort,
qu il se lit subitejneut chrétien. H confessa
le nom de Jésus-Christ, et fut mis à mort
par l'ordre de l'empereur Aurélien. L'Eglise
vénère sa sainte mémoire le 21 aoiU.
ANASTASE (saint), prêtre, souffrit pour la
foi sous le règne de Galère et de M.nimin,
le 6 janvier 313, avec saiut Julien IHospila-
lier. Sa fête arrive le 0 janvier. IVou, Chas-
telain, p. 166.)
ANASTASE (saint), coniesscur, était i>a-
triarche d'Afexandrit'. Son zèle pour la dé-
fense de la f(ji calliolique fut cause du long
eiil qu'il eut à souffrir, comme nous allons
le voir plus ba=i. Lorsque l'empereur Justt-
nien se déclara favorable aux hérétiques qui
177
ANA
ANA
m
soutenaient que Jésus-Christ, durant sa ne
mortelle^ avait eu un corps incapable de
souffrir, notre Scunt patriarche se raootra
leur plus grand eotiemi et prit la pUiiiie pour
défendre la vérité. L'empereur était sur le
point de Texiler quand la mort vint le sur-
preadre. Mais Justin le Jeune , son suc-
cesseur, chassa bientôt noire saint de son
siége^ mit I» sa place un ra<*ine appelé Gré-
goire, et le tint en exil pendant vingt-trois
ans. Anaslase fut rappelée Aiilioche eu Vnn-
née 593, et continua de gouverner son Eglise
jusqu'à sa mort, qui eut lieu vers Tannée
5m UEglise célf'bre sa fête le 21 avril,
AN AS VASE (saint), martyr, était évoque.
n reçut la couronne du ujarlyre à Antioche.
Les Juifs le massacrèrent d*une manière
barbare, sous l'empire de Pli o cas. On ignore
en quelJe année* L'Eglise célèbre sa glorieuse
mémoire Je 21 décembre.
ANASTASE (saint). Persan, fut martyrisé
pour h foi en 628. Le roi de Perse Chosroès,
ayant pris Jérusalem, emporta dans ses Etats
la Vraie croix, La présence de ce saint ins-
trument de noire salut fut Toccasion de la
conversion d'un grand nombre de Persans ,
parmi lesquels saint Anastyse, 11 appartenait
a une famille de mages. Son père I avait ins-
truit dans les sciences que possédaient ces
prêtres orientaux. De bonne heure Anaslase
embrassa le métier des armes. A) ant entendu
parler de la vraie croix, il désira savoir au
juste ce gue c'était. 11 étudia la religion chré-
tienne, et immédialemenl demeura frappé
de la grandeur de ses dogmes et de la beauté
dt» sa morale. Après avoir servi dans une
expédition contre k*s Romains, il revint eu
Perse, et, ainsi que son frère, quitta la pro-
fession qu'il avait embrassée. Il alla se loger
à Hièraple, chez un monnayeur persan qui
suivait la religion de TEvangile. Souvent ce
derniei le menait aux réunions des chrétiens.
Ana stase se faisait expliquer les peintures
qui dans les églises clu-éiîennes représen-
taieot les combats des martyrs; il s enOam-
maîl au récit de ces glorieux combats. Il
brûlait de verser aussi son sang pour Jésus-
Christ. Il avait Textrême désir de s'instruire
à fond de la doctrine évangélique. Au bout
de peu de temps, il quitta Hiéraple, et vint
à Jérusalem recevoir le baptême. Ce fut
Modeste, vicaire général de cette église, qui
le lui administra. Il se nommait Magundat et
prit au baptême le nom d'Anastase. Après
avoir reçu ce sacrement régénérateur, il se
relira dans un monastère à deux lieues de Jé-
rusalem. L'abbé, qui se nommait Justin, lui tlt
apprendre la lanj^ue grt*cqoe et les psaumes ;
puis il le tondit et lui tJt prendre Phabit en l'an
de Jésus-Christ 621, Bienli^it Anastase devint
le modèle du couvent tout entier. Sa lecture
favoriie, celle qu'il fiiisait le plus souvent,
était celle des vies et des combats des saints
martyrs. Poussé [mr le désir d'obtenir lui-
même la palme du martyre, il sortit de sou
monastère , près de Jérusalem , et vint à
Césarée de Palestine. Comme les Perses en
étaiettt les maîtres, il vit, en passant, quel-
ques-uns de leurs mages, qm pratiquaient
leurs superstitions, 11 les en reprit et .eur
parla avec tant de force, qu'ils le prièrent de
ne les pas découvrir. Ensuite il rencontra
dos cavaliers qui le prirent pour un espion.
Il fut arrêté et présenté au gouverneur, nom-
mé Mrirzaban, qui, layant interrogé et trouvé
ferme dans la confession de Jésus-Chrisl, le
fît enchaîner avec un autre et iravaillcr il
porter de grosses pierres. Quelques Perses
oe sa province, le voyant eu cet élf^t, le mal-
traitaient encore, dîsnot qu'ïl déshonorait
leur pays. Marznban h; fil ramener devant
lui, et le voyant toujours constant, le fit battre
en sa présence h coups de bâton. Anastase
priait seulement qu*on lui ôtât son habit mo-
nastique , pour ne pas le profaner. Après
avoir ainsi confesse Jésus-Christ par trois
fois, il fut remis en prison, où il ne cessait
f>oint de loutT Dieu el de célébrer son ollice
ejour et la nuit, nrenanî garde seulement
de ne pas troubler le repos du jeune homme
oui était attaché h la même chaîne. L*abbé
de son monastère , ayant apt>ris le comraen*
cernent de ses souiïrances , fil f^iire des
prières pour lui par toute la communauté,
et envoya deux moines h Césarée , avec des
lettres, pour rencourager, Marzaban avait
écrit au roi Chosroès, pour savoir ce qu'il de-
vait iaire d'Anaslase ; et ayant reçu la réponse,
il lui fit encore parler, rexhurtanli'i renoncer
Il JésuS'Christ , au moins on secret, de-
vant lui et deux autres témoins. Le voyant
inébranlable, il lui déclara Tordre du roi
de le mener en Perse, chargé de fers, le fit
nieltre dans la prison publique, pour par-
tir dans cinq jours avec deux autres chré--
liens. La fête de PExaltation de la sainte
croix arriva dans ces jours-1^ , le quator-
zième de septembre 627; ri Anastase, avec
ses deux compagnons , les d^nix moines de
son monastère et quelques hommes pieux
de la ville, célébrèrent la veille, dans la
prison, passant la nuit en prières. Un rece-
veur des tributs, qui était chrétien , obtint,
même du gouverneur la liberté de tirer
Anastase hors de ses fers, pour le mener en
l'église, lo jour de la fête : ce qui donna une
grande consolation à tous les ddèles. Ils en-
courageaient le martyr, baisaient ses chaînes
el lui rendnîent tous les honneurs possibles.
Les cinq jours étant passés, les prisonniers
partirent et furent conduits par plusieurs
chrétiens de Césarée, tant de Perse, que
d'autres nations. Un des deux moines du
monastère d'Anastase raccompagnait dans ce
voyage, suivant Fordre de 1 abbé, pour lui
rendre tous les services possibles , et rap-
porter une relation exacte de ce qui lui serait
arrivé. Partout où le martyr passait , il était
reçu avec grande joie et grand honneur,
comme il récrivit par deux fois h son abbé.
Etant arrivé en Perse, il fut mis en prison à
six milles du lieu où demeurait le roi, qui,
en étant averti , envoya un de ses officiers
pour Vexaminer. Anastase répondit par in-
terprète, ne voulant plus parler la langue
persanne, confessa librement Jésus-Christ,
et refusa les offres qu'on lui faisait d'une
grande fortune. Le roi, Payant appris, ren-
r9
A5U
A54
180
i'
vo»a le lendeipain le aiéme officier, qfoi fit
éi^fAr^ 1* m;»rtTr oouch'f sur le dos, puis on
fin oit sur fe^ jambes one pîke (k bois ,
sur les Ik/qM de bqaelle montèrent deux
h^wiroes robastes. Apres ce toamrient , on le
refoît en priy>n; m^is, au bout de qufrlques
foarç. ie m^me officier rei'int et lui fit donner
jjiwntif^ de coups de bâton; ce qu'il réitéra
fXL^nïk lroi« fofs en divers jours. Puis il le
fit [i^ndre par une main 'avec une erosse
jiFierre a un pied et le laissa ainsi pendant
deui heures.
Cîn'i jours après, le roi renroya le m^rne
olficier pour fnirê mourir Anâstase avec
d'autres chrétiens captifs. On les lira de la
Fi le, et on commen<;a par élrang'er tous Ils
antres, qui ét^^ient environ soiiante-diï, et,
entre eut, les deux qui avaient Hé amenés
de Césnrée av^^c saint Anâstase. Ensuite on
lui 'lemand.i s'il voulait périr malheur ense-
m';iil comme eux, ou obéir au roi et devenir
un de> plus jn*ands de sa cour. Le ninrlyr,
re^/'fdnnt le ciol, rc vlil gr/lces à Dieu df*\e
que son désir était accompli , et leur dit :
«J'espérais que vous me feriez metlie en
pièces pour I amour de Jésus-Christ , mais
si c'est là cette mort dont vous me menacez,
je remercie mon Dieu de me faire partici|>er
a la gloire de ses martyrs par une p^'ine si
léi^ère. » On l'étrangla" iromme les autres,
mais ensuite on lui coupa la tête et on l'en-
voya au roi : c'était le vin^t-deuxième de
janvier, ladix-huitièm^* année de remj)ercur
Héraclius , c'est-à-dire l'an 628. Le coqis
du saint fut racheté et mis dans le monas-
tère de Saint-Serjge , à un miile de là, par
h; moine qui l'avait suivi.
Knviron dix jours après, et le premier de
février, l'empiTCir Héraclius arriva avec
son aimée, suivant la prédiction du saint,
mii avait dit, la veille de son martyre : « Sa-
ciiez, mes frères, que demain je finirai par
la grAco de Dieu; vous serez délivrés dans
peu de jours, et ce roi injuste sera rais h
mort. » Le moine qui l'avait suivi revint au
bout d'un an au monastère, rapportant la
tunique du martyr. 11 raconta h l'ahbé toute
.%on histoire, qui fut écrite dès lors comme
nous l'avons. Lfr corps de saint Anâstase fut
depuis apporté par le même moine à Cons-
tfliitinonle , et ensuite en Palestine, à son
monastère. Enfin l'image de sa tôle, et sa
tète môme, furent apportées à Rome, où on
les volt encore, au monastère nommé Ad
aquas Salvias ^ qui porte le nom de Saint-
Vincent et de Sîiint-Anasfase, car l'Eglis'»
romaine les honore ensemble le 22 janvier.
(Heury, vol. II, p. 821.)
ANASTASE fsainl), prêtre et moine, souf-
frit le martyre h Cordone durant la persécu-
tion d'Abdérame II. Il fut instruit dès l'en-
fonce à Saint-Acisclede Cordoue. Etant dia-
cre, il en quitta les fonctions pour embrasser
la vie monastique, et fut enfin ordonné prê-
tre. S'étant donc présenté auxjujjes et ayant
parlé contre leur prophète, il lut aussitôt
exécuté avec le moine saint Félix, natif de
Complut, mais afcicain d'origine. Ils eunmt
Tun et l'autre la tête tranchée. L'Eglise
ooDore leur dorieuse mémoire le ik juin
ANAÇTASB^ saint , qui était homme de
mêrré, Ait (lécapité avec saint Marcel dans
la ville d'Argenton. On ignore les circons-
tances qui illustrtrent leurmartyre. L*C>^Use
honore letir glorieuse mémoire le ^juin.
ANASTASE '<iinl). martyr, était prêtre.
Il eut la cloire de ré^»andre son sang \:our la
religion 9- Jé-us-Christ, et eut jxwir compa-
gnorîs de s-vs combats sr^ni P.acide, saint Ge
nè«, et d'autres maints martyrs qu'on ne con-
naît pas. L'Kdise les honore le il octobre.
aSaSTASE saint , martyr, avait un tel
désir de mourir f»our Jésusïbrisl, qu'il vint
se présenter de lui-même aux persécuteurs.
C'est tout ce que le Martyrologe romain
donne de détails sur ce saint martyr. L'E-
glise honore et célèbre sa mémoire le 5 dé-
cembre.
ANASTASE saint , martyr , cueillit la
palme du martyre à Nicomédie, avec les
saints Cyriaque, Faucille, S-^cond, Syndime,
et d'autres compagnons dont les noms sont
inconnus. L'Eglise fait leur fête lé t9 dé-
cembre.
ANASTASE (sainte martjT, eut la gloire
de verser son sang pour la foi, à Aqmléè.
C'est tout ce que le Martyrologe romain en
dit : On içnore l'époque de son martyre. L'E-
glise célèbre sa mémoire le 7 septembre.
ANASTASE (saint;, évêque, confessa sa foi
à Terni. Le Martyrologe romain ne donne
aucun détail sur ses souffrances. L'Eglise
l'hoî.orele 17 août.
ANASTASIE fsainte), martyrisée à Rome,
en 66, avec sainte Basilisse. Elle fut, comme
celte sainte , décapitée après qu'on lui eut
coupé les [>ieds et les mains, pour avoir pris
soin des corps de saint Pierre et de saîi(j
Paul. Les tirées, et à leur imitation les ft<i-
mains, en font la fête le 15 avril.
ANASTASIE ( sainte ) , vierge , appelée
l'Ancienne, donna sa vie pour la foi à Aomç
sousTerapire de Valérien, et sous le préfet
Probns. Après avoir été chargée de chaînes,
soullletée , tourmentée par le feu, frappée à
coups de bâtons, elle eut les mamelles dé-
chiré-s, les ongles arrach<'s, les dents cas-
sées, les mains et les pieds coupés. Knfln,
pour terminer son martyre, on lui trancha la
tête. Cyrille, qui assistait à son supplice, lui
ayant donné de l'eau qn'elle lui avait de-
mandée, fut, à came décela, pris par les per-
sécuteurs, et reçut la couronne au martyre.
L'Eglise fait ^a fête de sainte Anastasiç ^e 2S
octobre.
ANASTASIE (sainte) ou Anastasç, mar-
tyre, était d'une illustre famille de la ville
fie Rome. Saint Chrysogone avait été son
tuteur et son iiistituteur dans la foi. Quand
ce saint martyr eut été arrêté à Aquilée, elle
le rejoignit pour le consoler et lui prodiguer
les soins desquels il pouvait avoir besoin.
Elle fut elle-même arrêtée, et, après avoir
souffert divers supplices, elle fut brOlée vive,
par ordre du nrefel d'Illyrie. Ses reliques
furent portées a Rome, où elles sont encore,
dans Téglise placée sous son invocation.
L'Eglise célèbre sa fête le 23 décembre.
ANATTT^TON (saint), martyr, étmt disci-
ple de \ -ûnt Barnadé et fijt son suc-
cesseur o i c t. tiié de Milan. Il reçut la palme
du martyre, mais on ignore à quelfe date.
L'Eglise' célèbre sa mémoire le 25 sep-
teiïUire.
iNATOLE (saint), rueillit la palme du
martyre à Nicée en Bîthynie. 11 eut pour
Lmons de ses glorieux combats saîril
lie et saint Thespèse. Ce fut sous la
I <Tue Timpie Maiimin lit subir
ns qu*eut li«u ce martyre. L'E-
^Vkstf Itonore leur mémoire le W novembre.
ANATOLE (<ir*ïu]t), martyr, mourut pour la
défense de la religion avecsionte Phutiue et
ses deu\ fils Victor tH Josepb, les saints Se*
bastien, officier de rarniée, Pholius, Photide,
les saintes Parascèveet Cyriiique, sœurs. Le
Maii>ToIoge romain ne marque point à
quelie époque, L'Eglise honore leur mé-
moire le 20 mars.
ANAT<>LIE (sainte), sœur de sainte Vic-
toire , était fiancée à un jeune homme
nommé Aurélien; Victoire Tétait h un jriine
homme nommé Eugène. Cette dernière ayant
pri^ ' lution de consacrer sa virguiité
au :^ r, Analolie fut jiriée par ïïiii^ène
de Vouloir bien se rendre auprès de Victoire
f»our la ramener & d'autres desseins* Ana-
tolie, «u lieu de changer sa sœur, fut con-
vertie par elle à la m^^me n^solution. Les
deux fiancés des deux saintes. ïi*<iyani rien
pli obtenir d'elles, s adressèreiiia 1 empereur
Dèce, qui les autorisa h les emmener à la
campagne, pour obtenir d'elles, soit ]mr per-
suasion, soit par violence, ce que jusqu alors
ils n^avaient pas pu obtenir. Ces deuît sain-
tes, accablées de mauvais traitepjents par
leurs fiancés, privées d'aliments, ne perdi-
rent ni le courage ni ramour de la chasteté.
^ ^t (\n^\h ne pouvaient les viuncre, Eu-
i Auréîien les traduisirent devant le
ju^e, qui, par ordre de Dèce, les tit mourir
toutes deux. Nous rouvoyons le k'ct<'ur au
litre tle' s;^inte Vicloire jmur ce qui la eon-
cerne> et aussi pour certaines observations
que nous avons jugé conven ble de faire re-
lativement aux (ilails conterms d^uis les
actes des deux saintes desquelles nous par-
lons. Le juge Faustinien tit endurer divers
tourments à sainte Analolie : on jetta sur elle
un serpent, qui, a la vérité, ne lui lit aucun
mal. Audai» qui était présent, fut tellement
impressionné du courage de la sainte tille,
quil se Ht chrétien. Sainte Anatoliu tut,
comme Sâ sceur, |»ercée d un ccmp dY^pée,
L'Eglise fait sa fête le 9 juillet. Quant à Au-
dax» mis en prison, il fut aussitôt déca|>ilé.
ÀNAUNK (canton d'], aujoardliui Val d*A-
nagna, dans les Alpes, est célèbre par le mar-
tyre gu'y endurèrent pour la foi les saints
S: sinius diacre, Martyrius h'cteur, et Alexan-
dre portier, en l'an de Tére chrclienne 397,
sous Tempire d'Arcadius , successeur du
grand Tbéoduse, Les habitants de ce pays,
au milieu des remparts naturels que leurs
montagnes avec Imns vallées, leurs préci-
pices, leurs neiges étemelles, o[)posaient au
commerce fréquent avec les peuple;* voisins,
AND
iSf
étaient resïés idolâtres, à une époque où on
comptait dans le reste du monde romain les
sectateurs de cette religion, ruinée par le
christianisme. Ils gardaient fidèlement leur
religion traditionnelle. On sait combien est
•grande la force des habitudes chez les peu-
ples des montagnes. Saint Vigile, évoque de
Trente, envoya pour les convertir les saints
mie nous venons do nooiraer. Tous trois
étaient Ca[)padociens, et avaient quitté leur
pays, r>ourse consacrer è Dieu, et [►our por-
ter la lumière de son Evangile chez les fieu-
ples qui avaient le malheur de ne pas la con-
nailre encore. Nobles soldats du Christ qui,
comme tant d'autres, trouvèrent la mort au
milieu des travaux de ranostolat ! Les habi-
tants d'Anaune, furieux de voir que chaque
jour leurs prédications enlevaient queloues
adorateurs aux faux dieux, les saisirent aans
Téglise où ils chantaient les louanges du Sei-
gneur, et les ûrenl mourir au milieu des plus
cruels supplices. (Voy,, pour les détails, saint
SXSINILÎS.)
ANCYRE, aujourdltui Anooha ou Angou-
KicH, ville deFAsie Mineure, dans laCalalie,
fut illustrée sous le règne de Dioclétien, au
commencement du iv' siècle, par le martyre
des saints Clément évèque, (t Agathauge.
{Voy, Chastelain, p* 386, et Le Quien, Or.
Christ,, L l, p. 457.) En 303, Théoctène,
gouverneur de cette ville, lit arrêter Thi mo-
dule, cabaretier, et sept vierges consacrées au
Seigneur. 11 les fit tous mourir pour la foi,
(Pour plus de détails, i?oy. Tbéodotk, Théoc-
TÈNE.f
ANDÉOL (saint), envoyé d'Orient eo Gau
le par saint Polycarpe, fut martyrisé dans
le Vivarais* Ses actes racontent qu'il fut ru-
dement frappé avec des b;\lons garnis d'épi-
nes, et qu'ensuite on lui fendit la tête en
quatre avec une épée de tïois. Ils disent qu'il
iiit martyrisé presque aussitôt après son ar-
rivée en tiaule; or saint Polycarjie, qui Ta-
vait envoyé, étant mort en t66, il en faudrait
conclure que ce fut sous Marc-Aurèle. Or
ces mêmes Actes ajoutent que ue fut sous
Sévère, présent lui-même dans les fiaules.
Sévère ne vint dans les (iaules qu'en 197,
lorsqu'il était encure iavornble aux chré-
tiens ; imis en 1 an i08, lorsqu'il alla en An-
gleterre. Sévère ayant co nmandé, sous Coni-
umde, dans la Lyonrmise en qualité de gou-
verneur, on pourrait neut-<5tre dire que sriinl
Andéol fut martyrise sous son gouverne-
ment, et qu'on confond dans ses Actes son
gouvernement avec son empire. Cette expli-
cation serait plausible, bien qu encore elle
reiulât la mort du saint jusque sous Com-
mode, au moins vingt ans après la mort de
saint Poiycarpe. Mais une observation vient
la combaUre : c'est que le gouverneur de la
Lyonnaise n'avait aucune sorte d autorité
dans le diocèse de Viviers, oii fut martyrisé
saint Andéol. Laissant de côté ces difliciiltés
que nous u*avûns pas la prétention de tran-
cher, nous ferons remarquer une circons-
tiuice assez extraordinaire, signalée dans les
Actes. Saint Andéol, disent-ils, eut la tète
fendue en quatre av^n une épée de liois.
i
fO
AND
L'Eglise fait la fête de saint ÀDdéol le l'ornai.
ANDO'lebienheureuï), sénateur, fut mis à
mort pour la foi catholique en Abyssinie, sous
le règne et durant la persécution du tyran Ba-
silides,Négous de ce pavs, le 21 octobre 16'*7.
ANDOCHE (saint), dfscii^le de saint Poly-
carpe, fut envoyé par ce saint évêque dans
les (laules pouf y prêcher l'Evangile, avec
saint Bénigne, prêtre comme lui, et saint
Thvrse diacre. Ils arrivèrent heureusement
à Marseille ; de là se rendirent à Lyon, puis à
Autun. Saint Bénigne les ayant quittés pour
aller, à la prière de Fausle, convertir à Lan-
Kres les petils-fils de sainte Léonille, saint
Speusippe, saint Eleusif>pe et saint Méleu-
sippe, ils se rendirent à Saulieu, quittant
Autun, où ils avaient fait de nombreuses con-
quêtes h TEvangile. Là ils furent reçus par
un marchand, nommé Félix, chrétien fervent
qui donnait aux pauvres tous les bénéfices
de son négoce. Ln des olTiciers du gouver-
neur, étant venu chez Félix pour y loger,
y trouva les saints qui instruisaient quelques
persoimes, alla les dénoncer au gouverneur.
Ce magistrat donna ordre dii les arrêt<»r. Fé-
lix, leur hôte, voulut partager leurs dangers
et leur triomphe. Conduits devant le juge,
dont ils méprisèrent les prières et les me-
naces , ils furent fouettés , pendus pendant
tout un jour par les mains à des arbres avec
de grosses pierres aux pieds, ensuite jetés
dans le feu, qui ne les brûla point, et enfin
assommés avec des bâtons. Ou fait leur fête
le 24- septembre.
ANDRACT, ou AUDACTE (saint), martyr,
était un prêtre d'Afrique, attaché à réglisedc
Thibare. Peu de temps après que Dioclétien
eut renouvelé la persécution contre les chré-
tiens, Andract fut pris, chargé de chaines et
conduit en prison, avec saint Félix, son
évêque, par ordre du magistrat Magnilien,
tenu de mettre à exécution les édits sangui-
naires de l'empereur. Ces deux confesseurs
furent exilés dans la Sicile et n'obtinrent
pas alors la couronne du martyre après la-
quelle ils soupiraient. Dieu la leur accorda
enfin, et ils furent plus tard mis à mort, avec
plusieurs autres dont on ne cite pas les noms,
jjans la Fouille, Tan 303. L'Eglise honore
saint Andract le 24 octobre.
ANDRADA (Jacques d'). Portugais, de la
compagnie de Jésus, faisaitpartie de la sainte
troupe de missionnaires qui suivaient le P.
Azevedo au Brésil (Foi/. Azevedo). Leur na-
vire fut pris le ISjuillet 1571 par des corsaires
calvinistes, qui les massacrèrent ou lesjetèrent
dans les flots. Noire bienheureux, ayant été
aperçu confessant ses compagnons, fut poi-
Snardéetjeté à Teau. (Du Jarric, Histoire
es choses plus mémorables j etc., t. II, p. 278;
Tanner, Societas Jésus usque ad sanguinis et
vitœ profusionem militans, p. 166 et 170.)
ANDRADE (le bienheureux .Antoine), na-
tif d'Ethiopie, anciennement chapelain du pa-
triarche Mandez et fait depuis évêque de Ca-
lipoli, fut nommé, le 7 décembre 1666, vi-
caire apostolique d'Abyssinie. Hannès ou
CW{laphe Segued venait de succéder à Basi-
lides. Arrivé à Suez, en 1669, il apprit que
lÊD fS4
la persécution durait toujours en Abyssioie;
ce qui ne l'empêcha pas d'aller en avant
avec ses compagnons. En 1671 , la congré-
gation dont faisait partie Andrade apprit
qu'il avait été mis à mort avec les mission-
naires qui l'accompagnaient , en haine de la
religion catholique.
ANDRÉ (saint;, apêlre,frère de saint Pierre
cl pêcheur comme lui, fut appelé le premier
de tous par Jésus-Christ. Il était deBethsaïde
en Galilée. Son père se nomma t Jonas ou
Jean. A;»rès la mort du Sauveur, il porta
l'Evangile dans un très- grand nombre de
pays, sans qu'on ait sur ses travaux des do-
cuments bien positifs. Ce fut à Patra'«, en
Achaïe, qu'il cueillit la palme du martyre. Il
fut condamné à être crucitié par Egée, gou-
verneur de celte province, il le fut à un ar-
bre, suivant saint Pierre . Chrysologne : le
faux Hippolyte veut que ce soit à un olivier.
L'église de Saint-Viclor de Marseille prétend
possr^der la croix gui fut l'instrument de
son triomphe. Elle a la même forme que c. Ile
de Notre-Seigneur. On ignore pourquoi les
peintres h\ figurent toujours ctifiTéremment.
Son corps fut enterré à Patras, et ensuite
transporté à Constanlinople avec celui de
saint Luc, en 357. 11 fut déposé dans la basi-
lique des Apôtres. On célèbre sa fête le 30
novembre. On ne sait pas précisément la
date de sa mort. 11 y a lieu de croire qu'elle
arriva sous Néron, vers Tan 6i.
ANDRÉ (saint), martyr à Lampsaque en
250, avec les saints Pierre, Paul et sainte
Denise, sous l'empereur Dèce, fut mis à
mort, comme ses comjiagnons, par ordre du
proconsul Optimus. Dans un premier inter-
rogatoire, il comparut devant ce magistrat
avec Paul etNicomaque.Paul et lui confessè-
rent glorieusement le nom de Jésus-Christ.
Leurs Actes marquent qu'ils montrèrent une
grande humilité, tandis que Nicomaque, qui
se présenta avec une grande assurance, n*eut
pas la force de résister aux tourments. Le
lenlemain, le peuple s'attroupa autour du
logis du proconsul, et se mit à demander à
grands cris Andrc^ et Paul : Onésicrate et
Macédon, tous deux prêtres de Diane, s'é-
taient mêlés parmi le peuple et réchauffaient
encore davantage. La sédition saugmentant,
le proconsul envoya quérir André et Paul, et
. leur dit: « Il n'y a qu'un moyen d'apaiser ce
tumulte; c'est de sacritier tout présente-
ment à la grande Diane. » Les deux martyrs
répondirent : « Nous ne connaissons point
Diane pour une déesse, ni pour des dieux les
autres démons q^iie vous adorez. Nous n'a-
dorons qu'un seul Dieu. » Le peuple, enten-
dant cela, pressa le proconsul de les lui li-
vrer pour les faire mourir ; ce gue le procon-
sul lui accorda, après avoir fait déchirer de
verges les martyrs. Le peuple s'en étant
saisi, ils furent menés hors de la ville, où
l'on commença à faire pleuvoir sur eux une
grêle de cailloux. L'Eglise fait la fête des
saints martyrs de Lampsaque le 15 mai.
ANDRÉ (saint), tribun, avait remporté un
avantage considérable sur les Perses, en in-
voquant le nom de Jésus-Christ. A la suite
^Ig5
ÂSfD
ANG
186
* de cet événement, il se convertit, avec iiti
^ grand nombre de soldats. Dénoncé au géné-
' rai Anliochus, il fut arrêté avec tous les
nouveaux convertis. Saint André fut étendu
par ordre <rAntiochus sur un lit de fer rougi
au feu; mais, ne voulant pas prendre la res-
ponstibiïité d'une coudaoïnatioii h oiort, il
eu référa à Galère, Celui-ci, hypocrite et lA-
che autant que cruel, érTivit'à son général
Îu'iJ fallait user de ménagements à Té^^ard
*un personnage aussi considérahl^ qu'An-
dré. 11 lui enjoignit de mettre aftpareuunent
les prisonniers en liberté et de chercher par
tous les movens en son pouvoir à lr>s faire
renoncer à leur foi. 11 lui disait qu'en cas
d'insuccès il eût li les accu-^er d'un crime
quelconque, autre que le crime de christia-
nisrae, et, sous ce piélexle, de les faire mou*
rir. Les ordres de Galère furent ponctuelle-
inenl eiécutés. S il faut en croire les Actes
qui racontent ces événements^ peu de temps
après saint André fut rais h mort, avec 2593
soldats. Quant à nous, nous inclinons h
croire que, si ce chiffre était vrai, un tel évé-
nement eût été remarqué, eût fait grand
bruit dans le monde, et eût laissé dans l'his-
toire des traces faciles à retrouver, et qui
n'eussent pas la^sé le moindre nuage. Les
taits que nous racontons sont rapportés par
Surius, sous la date du 19 août, jour auquel
la lèle de saifU André est marquée au Mar-
tyrologe romain.
' ANDRÉ (saint), martyr, était prêtre en
Asie. Il soutint le martyre avec Tévèque
Hypace pour le culte des saintes images, sous
le"rè^ne de Léon risaurien. Leur barbe fut
enduite de poix, puis brûlée. Le bourreau leur
ayant enlevé la peau de la tête, il les égorgea
ensuite. L'Eglise honore leur sainte mé-
moire le 29 août.
ANDRÉ DE CRÈTE (saint), mart)T, était
un solitaire de Gonstaotinople. Il fut souvent
fouetté pour le cuite des saintes images
sous Constantin Copronjme, et eut enfin un
pied coupé. 11 mourut amsi. L'Eglise célèbre
sa mémoire le 17 octobre.
ANDRÉ (le bienheureux), de Chio, souf-
frit un courageux martyre à Conslantinnple
pour la foi de Jésus-Chnsl. Les mahomélans
le torturèrent cruelletufiU pour Tamener h
renier su foi. Chaque jour, on marquait avec
le couteau dans >on corps un morceau de
chair que Ton arrachait ensuite violemment.
Quand il ne resta plus de chair à couper,
on lui trancha la tète. Slupélail du coura^^e
eilraordînaire de notre bienheureui, Maho-
met IJ permit que ses restes fusisent inhu-
més au faubourg de Galata, dans une église
dédiée h la Mère de Dieu. (Wadding, année
1465, n- 20,)
ANDRÉ, vénérable curé d'une des parois-
ses de Laval, fut ^ud lutine dans eette viîle,
k» 2f janvier n95k, avec treize anlres prèlres.
ilonune il monfait l'escalier de la gudiotine,
le grellier du tribunal, qui était un prûtro
apostat, lui dit, en tiiontranl un verre de vin
rouge : a A ta santé 1 Je vais boire comme si
c'était ton sang : — Et moi, je vais prier pour
TOUS, répondit le saint martyr 1 » (Tiré des
Mémoiret ecclésiastiques ^ etc., par M* Isi-
dore BouUier, curé de la Trinité de Laval,
18i6.)
ANDRE (saint), évoque de Florence. 11
confessa sa foi au milieu des tourments,
mais resta lidèle à sa religion* Le Mirtyro-
loge romain ne donne aucun détail sur Tépo-
que et les circonstances de ton martyre,
L'Eglise célèbre la mémoire de ce saint mar-
tyr le 26 février.
ANDRÉ (saint), martyr, donna se vie pour
la défense de lareligioi», en Afrique, avec
ses saints compagûons Jean, Pierre et An-
toine. On ignore à quelle époque eut lieu ce
martyre. L'Eglise honore leur mémoire le
23 septembre.
ANDHINOPLE, ville de la Turquie d'Eu-
rope qui fut témoin du martyre des saints
Maxime, Théodore et Asclépiodote, qui fu-
rent couronnés sous le règne de l'empereur
Maïimien.
ANDRONiC (saint), fut martyrisé pour la
foi chrétienne, en Tan de Jésus-Chnsl 305|
sous le régne et durant la persécution de
Tempereur Dioctétien, Le juue qui les con-
damna se nommait Maxime. (Yoy. Taraque.)
ANECT (saint), fut martyrisé à Corinthe
durant la persécution de Dece, sous le pré-
sident Jason, avec les saints Codrat, Denys,
Cyprien, Paul et Crescent, L'E^ilise fait leur
fête le 10 mars.
ANECTE (saint), martyr, versa son snn%
pour la foi àCésarée en Palestine, durant la
persécution de Dioclétien,sous le président
Urbain. Ayant exhortélesautres aumartyreet
renversé les idoles par sa prière, il fut, sui-
vant Tordre dujuj^e, fouetté par dix soldats ;
il eut ensuite les mains et les pieds coupés,
la tête tranchée, et reçut la couronne dumar*
tyre. L'Eglise honore sa mémoire le 27 juin.
ANOMPODISTE (saint), martyr, répandit
son sang en Perse, pour la défense de la foi.
Il eut pour compagnons de ses combats les
saints Acyndii^e, Pégase, Aphtone, Elpidé-
phore, et plusieurs autres qui sont inconnus,
L'Eglise les honore le 2 novembre.
ANÈSE (saint), fut martyrisé en Afrique
avec les saints Ihéodule, Félix, Cornélie et
leurscompagnons qui sont inconnus. L'Eglise
honore la mémoire de ces saints martyrs le
3i mars.
ANGE (saint j , martyr, naquit de parents
juifs, dans la ville de Jérusalem. Ayant eu le
bonheur de se convertir à la religion ctiré^
tienne, il vécut pendant quelque temps au
milieu des anachorètes des bords du Jourdain,
puis il se retira parmi les ermites du Mont-
Carmel, Il fut certainement un des premiers
religieux de rordre que Ton connaît sous le
nom de Carmes. Ayant passé dans rOccidenl,
il y prêcha t Evangile avi^c zèle et persévé-
rance. Rempli d'indignation à la vueduscan-
dale que donnait un puissant personnage de
Sicile en vivant avec sa propre sœur, il ren-
gagea plusieurs fois à réformer sa conduite ;
lasœur derinoeslueuïse laissa toucher néan-
moins, et rompit tout commerce criminel
avec son frère. Ce dernier, ayant fait d'inutUes
efforts pour ramener à lui la victime de ses
I
w
ANC
passions, Umrna toute sa fureur contre saint
Ange. Il aposta des scélérats pour Tassassi-
ner. Saint Ange mourut ainsi, Ticlime de son
zèle, à Licateoj Léocate en Sicile, dans l'an-
née 1225. L'Eglise honore sa mémoire glo-
rieuse le 5 mai.
ANGLETERRE PROTESTANTE rPersécu-
tions de 1 )- Pour S' py»léf*r aux commence-
meritsdecetarlicle, voiries ?'rtîcl».'sHE\Ri VIII
et Elisabeth, que nous avons jugés trop
imfKirtantspour les renfermer dans un article
Sénéral. Après la mort d'Elisabeth, quand
acqnes 1" monta sur le trône, les catholi-
ques esfnêrè'ent beaucoup de lui. Ce prince
aurait, en effet, dû se souvenir que la reine
papesse avfiit fait mourir sa mère, Marie
Stuart, sur i'r*rhaf/iud, et au'i! avait à venger,
par sa conduite, la mort de celle gui lui avait
donné le jour et qu'un fiane avait reconnue
comme martyre. Les catholiques avaient aidé
Jacques 1" a monter sur le trône. Il avait
promis au jiape de rester fidèle à la foi ro-
maine. A peine ce prince fut-il sur le trône,
Îull oublia ses promesses, se fit apostat tout
la fois de sa religion, et des sentiments
filiaux qui n*auraient pas dû sortir de son
cœur. Il commença à persécuter violemment
les catholiques. Tous ceux qui n'allaient pas
au prêche étaient condamnés à payer une
amende de cinq cents francs par mois lunaire.
Il fit f>ayer, en montant sur le trône, même
les arrérages, de sorte qu'il ruina un grand
nombre de familles. Plusieurs des seij;neurs
de sa cour, n'ayarrt pu supporter d(î si atroces
vexations, coimnlotèrent de faire sauter, à
J'aide de barils de fK)udre, la ville de West-
minster, quand le roi y ouvrirait Je parle-
ment. Ce complot ayant été décoiivert, le
jésuile Gametfut atrocement martyrisé pour
en avoir eu connaissance, et pour ne l'avoir
pas révélé. Il ifavait connu ce complot que
SOU.S le soeaji de la confession , et avait du
rerte, fait tout v?e qu'il avait pu pour en em-
pêcher l'exécution.
Le parlement proposa, le roi sanctionna
un nouveau code [)enal contre les Anglais
fidèles a la foi de la vieille An^k'lcrre. 11 y
avait plus de soixante-dix articles qui leur
inlligeaientdespf^ines suivant leur condition
de maîtres , domestiques, époux, parents,
enfants, héritiers , patrons, avocats et mé-
decins, fil fut défendu aux catholiques ré-
fractaires, sous des peines particulières, de
paraître à la cour , de demeurer en dedans
des barrières ou à dix milles des limites de
la «ité de Londres, ou de s'éloigner en au-
cune circonstance de plus de cinq milles de
leur habitation, sans un permis spécial signé
de quatre magistrats du voisinage. 2' On les
déclara incapables de pratiquer la chirurgie
ou la médecine, de faire les fonctions de
jurisconsultes, d'exercer celles de juges, de
secrétaires ou d officiers dans aucune cour
ou corporation quelconque, ou de présenter
des sujets pour 4as bénéfices, les écoles, les
hôpitaux, où ils auraient des places à don-
ner, ou do remplir les charges d'administra-
teurs, d'exécuteurs testamentaires ou de tu-
teurs. S* A moins qu'ils ne fussent mariés
par un ministre protestant, les deoxeûoioÎDU
encouraient 1*) confiscation de tous lesoéné-
fices auxquels leur eût donné droit la pro-
priétéde 1 unoudelautre; si leurs entants n*é-
taient pas baptisés par un ministre protestant,
un mois après leur naissance, cette omissioc
les assujettissait à une amende de deox mille
cinq cents francs; et si leurs morts u^élaient
(>as enterr<^s dans un cimetière protestant,
es ex^'cuteurs testamentaires étaient pas-
sibles d'une amende de vingt francs poiur
chaque corps ; tout enfant envoyé outre
mer pour son édut?ation était, de ce moment,
privé de tous legs, héritages ou donations, à
moins qu'il ne revînt se soumettre à l'Eglise
établie, etlaloisubstituait à ses droits son [>I os
proche héritier protestant. VToutréfractaire,
c'est-à-dire tout caiholiaue qui refusait
d'assister au prêche de Therésie, était placé
dans la même position que s'il eût été ex-
communié nominativement : sa maison pou-
vait être visitée ; ses livres ou papiers ou
meubles , que Ton croyait avoir quelqœ
rapport à son culte ou à sa religion, pou-
vaient être brûlés, et, sur un ordre des ma
gistrats voisins, il était obligé de livrer ses
armes et ses chevaux. 5- Toutes les peines
existantes pour absence du prêche furent
conservées avec deux dispositions addition-
nelles : d'abord on laissa au roi le choix de
prendre l'amende de vingt livres sterling
par mois lunaire, ou, à sa place, toute la pro-
t)riét6 personnelle et les deux tiers des terres,
ensuite chaque tenancier propriétaire, quelle
que fût sa religion, s'il recevait des visiteurs
catholiques, ou conservait des domestiques
catholiques, fut assujetti à payer dix livres
sterling pour chaaue individu et par mois
lunaire. ( Rorhbacner citant Lingard., vol.
XXV, p. ^23.)
Comme si ce code tyrannique n'eût pas
suffi, on y ajouta une mesure excessivement
astucieuse, qui , sous prétexte du serment de
fidélité, menait à faire celui de suprématie.
Parle serment de suprématie, les anglicaos
reconnaissaient la puissance ecclésiasticpie
émanant de saint Pierre dans leur souverain^
roi ou reine. Ce serment, les catholiques
l'avaient en horreur et pour rien au monde
ne l'eussent voulu prêter. Quant au serment
de fidélité civile, c'était autre chose, et, avec
l'approbation de Rome , les catholiques an-
glais n'avaient pas fait difficulté de le prêter
à Elisabeth et à Jacques. Ce dernier monar-
que voulut ajouter quelque chose qui fût
assez équivoque pour mener, sans qu'on s'en
aperçût, au serment de suprématie. Jacques
voulait contraindre ses sujets, dans le ser-
ment de fidélité, à ne pas reconnaître au pape
le pouvoir d'excommunier un roi hérétiquet
de délier du serment de fidélité si le roi ex-
communié persistait dans l'hérésie ; en troi-
sième lieu, de ne plus le reconnaître comme
suzerain de rAngteterre. Comme on le voit,
pour une partie du moins, ce n'était plus
un serment de fidélité politiaue ; c'était un
serment emportant jugement tnéologiq[ue sur
les deux derniers points. Jacques avait par-
faitement raison, il n'appartient h aucuot
ANG
iUtorilé de délier les stijets du sermetjt de
BdéliU travers bur souveram. Le spirituel
ne doit ]>as plus empiéter sur le temporel,
que 1 «rel sur le spirituel. Quant à la
5)rél* ^ papes d'être et de i^ster su-
zeraiijîfi * nous la trou vonsassez
étrange,' i>sezbieu résolue dans
li'S idées (je uos jours, pour ne devoir p*is
nous y arrêter. Maintenant, sur le premier
points le roi d'Angleterre :ivait aussi certai-
neioent lorl qu'il avait raison sur les deux
derniers. Toute autorité spirituelle a parfai-
tement le droit dV|.coiuinnoitTcpii quecesoit
eu ce nio ()c| e . I*a u 1 X ro ndînm ua ce s e r m e n t
en lt>06, par un !)refdatédu22 septembre, et
un an îxprèspar un second, donné aussi le 22
sei>lembre. tu desrrehiprétres angiais ayant
rru pouvoir prêter ce serment eu déptt du
I " V' linal Hellarmin lui écrivit
I iduite. Jacques, de son côté,
pni . jjftur jnslilier farcliipr^tre. Par
une < lion ipj'on n*expliqun pas, il le
î: lel^t mourir en prison. Le pam-
j -t réfuté pir Bellarniin. La logi-
que la plus pressante employée par le roi
Jacques était dans une suite dargnments
de îa nature de ceux-ci : prison perpétuelle
^our ceux jjuî refuseront de prêter 1*^ ser-
"^lent. Contiscalion, leur vie durant, de leurs
îropriétés et de leurs revenus : si les délin-
quants étaient des femmes mariées , elles
étaient emprisonnées xIîïus une geôle eom-
liiune* Les prêtres qui r**fusaient le serment
/v ' ' * nnpïtovabieuientmis a mort,
(Iharles I'' monta sur le troue, les
« ; ui^JuqTies d'Angleterre prirent parti pour
lui contre les prolestants, qui l'assassifu^enl.
EmI année 16V5, le parlement rendit un décret
qui ordonnait que les deux tiers des biens des
papistes fussent saisi:> et vendus au profit de
1 Etî>t. Oh nommait i»a pistes tons ceux qui
< ' ' a in tem ps a u rai e f 1 1 1 ogé chez eux
d , Liraient manqué d'assistr^r au
préuhe, aiiraient entendu la messe, ou bien
anrnîerit permis que leurs enfants fussent
- dans la religion catholique. Il suf-
iisxL iiour être réputé p'qasle, de refu-
ie nouveau serment qui, sous
, .iv. *_ crrnenl de fidélité, ét:nt, romuie
nous l'avons vu» un sermeril de suprématie,
^' *^ rromwell et sous la ri'publique , TAn-
re protestante persémita viveiuent Vit-
i.muf- catnolique, ainsi qu'on peut le voir au
litri» de ce malhenreii\ pays.
Sous le règne de Charles II » la sitnlation
des catholiques d'Angleterre devint de plus
en plus intolérable, LVin 1673, il imagiiïa
d'orrfonn»>r un nouveau sermerd^On lenom-
n; nt du Test, C'était une [irotesta-
ti ê la foi lie l'Eglise romairu? On
I- de fout eu q (loi civil ou
; I I iiie ne vouhiîl juis prêter le
*nt t^e sujïrémalie, et rerevoir la com-
'1 suivant les noitvelles coulumes de
iglicane. Tous ceux qui or;ru[iaienl
^-, . ,.i( .OIS furent, en conséquence, soranjés
défaire les serments prescrits, et th* com-
munier à la façon anglicane. Ce n'était pas
assez : Qn exigea qu'ils signassent form^l-
AN6
îm
lement ne pas admettre la transsubstantia-
tion, et oo condamna ceux qui ne le voulu-
rent pas faire, h une amende de cina cents
livres sterling, et de plus à la perte ae tous
les droits civils. Cela signifiait qu'ils ne pou-
vaient plus poursuivre pour quoi que ce fût,
dans aucune cour de justice, être tuteurs ou
exécuteurs testamentaires, recevoir aucuns
Icçs ou donations ou exercer aucunes fon-
ctions publiques.
Les protestants , qui avaient assassiné
Charles 1", accusèrent les calholiques de
vouloir h leur tour assassiner Charles IL
L'histoire tout entière démetit cette abomi-
nable calomnie. Malgré ce témoignage irré-
cusable, FAnglelerre a pendant très-long-
temps été exaspérée par celte odieusç et sotte
imputation.
Le premier auteur ou instrument de cette
longue mystification fut Titus Oates, faiseur
de rubans, puis ministre anabaptiste sous
Cromwell, puisroinislre anglican sous Char-
les il, mais chassé de tous ses emplois pour
son inconduile, pour ses inclinations contre
nature, pour deux faux témoigrtages dont
il lutconvftincu en justice. Sans feu ni lieu,
il se mit aux gages d'un ministre anglican,
nommé Tonge, pour faire Fe^piou narrai les
catholiques et lui fournir maliérc a des dé-
clamations périodiques contre eux. Gales
feignit donc de se convertir au cathohcisme,
et obtint une place dans un coHége sous
Tadraini^ration de jésuites anglais, à Val-
ladi>îid en Espagne. Il en fut chassé, pour
indiscipline, au bout de cinq mois. Par Favis
de Tonge, il s'adressa de nouveau aux jé-
suites, et obtinf, par ses larmes et ses pro-
messes, d'être reçu au collège de Sainl-Omer,
Comme il ne put dompter son humeur déré-
glée ni cacher tout à fait son [lypocnsicj il
fut encore chassé. Il revint auprès de Tonge»
sans pouvoir lui rapporter quelque chose
qui en valût la peine, Seulemeut il avait ap-
jiris que, le 4- avril 1678, quelques jésuites
s'étaient réunis h Londres pour leur chapitre
triennaL D'un fait aussi sirajde, les deux
imposteurs en font une conspiration épou-
vantable, où ils font entrer tous les jésuites
dont Gates avait retenu les noms, bien on
mal, entre autres le P, Lachaise, confessiur
de I,ouîs XIV qu'il appelait Leshée. Ils fa-
bri<iuent des lettres, des correspondances :
le roi Charles U devait être assassiné, son
frère, h? duc d'York, rais h sa i>lace, la reli-
gion protestafite abolie; ils avaient nommé
de nouveaux rairnslres, de nouveaux gêné-
raux, de nouveaux gouverneurs, dont plu-
sieurs, par leur âge et leurs infirmités, étaient
notoirement incafïables de rempli ries emplois
assignés. Au\ deux premiers imposteurs s'en
joignit un troisième, Bedloe, [mui en divers
pays jiour escroquerie et inconduite , con
damné à mort pour vol en Normandie, sorti
récemment de prison h Londres. La déclara
tion de Bedloe et d'Oates^ -était tellemen*
absurde, qu'il est iiïq>ossïble d'imaginer au-
j ou rd lui i comment des hommes sensés y
ajoutèrent la moindre conûance»
Nous avons vu que sous Charles II TAû-
I
1
m
ANC
gleterre était déchirée en deux factions ,
celledela coiiret celle des ré volulionuaires,
Time et Faulre soudoyées par le roi de
France, Louis XIV* Les révolutionnaires,
ayant h leur tôle le comte de Shallesbury,
ministre du roi, travaillaient à exclure du
trône le duc d'Vork, frère du roi, el porté
pour l'ancienne religion, et h lui subs-
(iluer le duc de Monmoutb, un des bâtards
de Charles IL L*i m posture d'Oates el com-
pagnie leur vint fort à propos. Shaflesbury
aida les imposteurs à mettre un peu plus
de vraisemblance dans leurs mensonges;
il ameuta la partie révolutionn-iired:! par-
lement el û\i peopîe, L'Angleterre pro-
testante devint folle ; cinquante mille hom-
mes étaient continuellement sous les armes
à Londres, et les chaînes prêtes à ôire ten-
dues pour arrêter les papistes qui venaient
égorger le roi et la nation : en attendant, les
catholiques étaient mis hors la loi, traqués,
emprisonnés, pendus pour une conspiration
imaginaire ; ils ne purent siéger dans au-
cune des chambres ni de législature, ni de
justice, sans faire le serment d apostasie,
sans abjurer la suprématie spirituelle du
pape pour la reconnaître an roi^ sans décla-
rer que la religion catholique était une ido-
lAtrie; eu un mot, les fidèles héritiers de la
vieille Angleterre fun^nt traités par les An-
glais renépls et novateurs comme des pa-
rias, des ilotes, des esclaves; et ce n'est que
de nos jours que les noms si ealholiques el
îi anglais de Norfolk, de Talbot, d^Arundel,
de Chlford, ont jm rentrer l\ la chambn? des
pairs,(Hohrbacher,cilantLinzard, vol. XXV,
p. 327.)
En 1688, il y avait en Angleterre quatre
vicaires apostoliques, avec (e titre, le carac-
tère et la juridiction épiscopale, et gouver-
nant les quatre districts du royaume, le
nord, le sud, Touest, et le milieu. La ré-
volution de 1688 ayant expulsé le dernier
roi anglais et catholique pour lui substituer
un liollandais calvinisle, elle statua lout d'a-
bord qu'ûueyn catholique ou époux de ca-
iholimie ne pouriait hériter du trône. Les
catljoliques ou ceux réputés tels enrcnt or-
dre de s'éloigner à dix milles de Londres.
On les désarma, on prit leurs chevaux, ou
IVrma quelques écoles qu'ils avaient for^
niées; ou Us excepta seuls de l'acte de to-
lérance. Leur droit de patronage fut con-
féré aux universités. On accorda, en ITOO,
des récompenses h oui ferait |)rendre nu prê-
tre ou un Jésuite. 11 fui défendu, sous peine
de cent livres sterling d amende, d'envoyer
ses enfants hors du royaume pour les faire
élever dans la religion catîiulique. Les ea-
tliotiques étaient inhabiles à hériter. Les
évûques noiivellemf^nt envoyés en Angle-
terre étaient particulièrement Tobjet de la
jalousie protestmle. Deux des vicaires
apostoliques furent arrêtés, em|)risùnnés,
nuis relûchés, mais menacés sans cesse. A
la moindre alarme ils étaient obligés de se
tenir cachés. Lus prêtres furent soigneuse-
ment recherchés, et plusieurs accompagnè-
rent Jacques dans sa fuite. D'aiitres restè-
rent en prison : des laïques eurent le mèin«~
sort. Watker, président du collège de l'uni-
versité d'Oxford, qui s'était déclaré catholi-
que et avait converti plusieurs personne»^
fut mis à la Tour, interrogé en plein parle-
ment, et excefïté nommément de Tacte d'am-
nistie. CefiemJant il faut savoir gré a Guil-
laume ïlLde n'avoir pas versé le sang el de
n'avoir fuis renourelé les scènes atroces
de 1679 el des années suivantes. (Rorhba-
cher, cil'int Picot, mémoires, etc., Intro-
dncUon» vol. XXVI, p. 500.)
Au milieu de ces traverses, la religioii ca-
tholiquE? se soutint par elle-même, et son
état dans ce pays était, en 1701, aussi salis-
faisanl que poss ble. Ses vicaires apostoli-
ques y gouvernaient leurs districts avec un
zMe mêlé de prudence. M. Leyburn, fart
«Igé, vicaire apostolique du midi, restait à
Londres, tandis que M. GiÉTard gouvernail
le district du milieu. Ce dernier faisait de
fréquentes visites, établissant des mission-
naires, donnant la confirmation el encoura-
geant les catholiques dans la foi. Il secon-
d lit M. Leyburn dans l'adminislralton du
ilistrict du sud et visitait aussi celui de
rooesl , privé d'évéque. Le clergé cuoip-
tait dans son sein des hommes distingués
par leurs talents, desquels deux refusè-
rent répiscopat par modestie. Plusieurs
chapelains de Jacques II laissèrent des ser-
mons imprimés. Le^ésuite Put ton publia la
relaïion de sa conférence avec ranglican
Tenison. Son confrère Dorrel esl auteur de
livres de controverse et de piété. Plusieurs
missionnaires trouvaient, au milieu de
leurs travaux, le temps de composer de bons
écrits, dont quelques-uns soui encore esti-
més des catholiuues anglais. Quelques laï-
ques donnaient rexemple d'une haute piélé.
Les lois sévères qui mlerdisaient aux ca-
tholiques la faculté de tenir des écoles les
obligeaient d'envoyer leurs enfants sur le
continent. Il s'était formé, à cet eîTet, diffé-
rents étal)lissementsà Rome, h Paris, à Douai,
à Valladolid. Le plus célèbre de ces collèges
était celui d(^ Douai, qui était comme !a pé-
pinière du clergé séculier en Angleterre. Il
avait été créé vers le commencement du xvii*
siècle, et les papes lavaient protégé el lui
avaient accordé une pension annuelle. Les
présidents des collèges étaient choisis par le
cardinal protecteur des églises d'Angleterre
à Rome. Le collège des Anglais, à Lisbonne»
était le plus considérableaprèscelui de Douai.
II avait été fondé par un seigneur portugais*.
A Paris, le collège des Anglais venait d être
établi par le docteur Betham, chapelain de
Jacques ILet précepteur du [irincede Galles.
Parmi les ordres religieux qui fournissaient
des sujets aux missions d'Angleterre, lesbé-
nédictnis et les jésuites étaient les plus nom*
breux. Les premiers, qui formaient une con
grégation à part, sous le nom de Bénédictins
angtaiSf avaient des maisons à Paris, à Douai,
à Saînt-Malo, à Dieu loua rd en Lorraine, lis
fourniront plusieurs évéques à la mission e*
tenaient tous les quatre ans des chapitres
pour nommer leurs supérieurs.
1^
ANG
MG
iU
Enfin 1 Angleterre catholiqoe du xvn'siècie
compte parmi ses enl^nts les trois plus grands
poêles dont TAnglelerre s'honora à l'ette
époque ; SJiakespeare, Drjden et Fope, Sha-
kespeare, que les Anglais prononcent Cheks-
f>ire, ne en 1564^ mort en 1616, surnommé
e Sophocle anglais, fit un grand nombre de
tragédies fameuses, la nluparl sur des sujets
nationaui, dans lesquelîes il n'y a pas un
mot contre l'E;Jîlise catholique et sa créance;
c^ qui seul équivaut à uno profession de foi,
surtout à une époque où toutes les plumes
IM'Oteslantes se laisaient un mérite d*injurier
a religion delà vieille Angleterre. Dry«ien,
né en 1631, mort en 1707, se til calliùliiiue
en i6Bi^, el, malgré les pertes temporelles
que lui allira celte démarche, il persévéra
courageusement, ainsi que ses trois tils, dont
les deui premiers furent employés h la cour
du pape Clément XJ, et le troisième se lit
religieux. Dryden est auteur de plusieurs
tragédies estimées et d'autres poèmes ; son
cheîHrœuvre est une ode pour la fêle de
sainte Cécile, patronne des musiciens ; on la
regarde comme Tode la plus belîe de la poésie
moderne. Alexandre Pope naquit h Londres
en 1688, d*une famille noble et catholique,
fort zélée pour la cause des Stuai'ls, H passa
les premières années de son enfance dans de
petites écoles dirigées par des |)rLHrescatljo-
îques. Le goût de la poésie s'éveilla chez
(ui de SI bonne heure, qu'il ne pouvait se
juvenîr du temps où il avait commencé à
lire des vers. A TAge de i± ans, il composa
me ode sur la solitude, remarquable pr sa
Imalurilé précoee. Tous ses ouvrages se dis-
JtJnguent i3ar la pureté du style. Les çrinci-
Ipaus sont une traduction en vers de iiiiade
H son Essai sur Vkomme, dans let^uel se
llrouvent quelques propositions peu exactes,
iqui ont besoin d'une bénigne interprétation.
ijiccusé, k propos de cet ouvrage, de vouloir
[établir la fatalité de Spinosa, i*ope écrivitje
"'" septembre 1742, une lettre à Haeine le lils,
lu il témoignait son chagrin de se voir im-
^puter des principes qu'il abhorrait. Il disait
jnc ses traducteurs s'étaieid mépris sui* ses
réritables sentiments, el finissait par déclarer
Tt i-hautement H irès^micrremt'ni que ses scn-
iiffients étaieni diamétraiement opposés à rrwj?
te Spinosa, pu i saut h étuknt par fait r ment
ton formes à ceux de fétvion^ dont it sf faisait
jv/oire d'imiter la dovitité^ en soumettant tou-
fours toutes ses opinions particulières aux
iécisions dei'E(jîise, Pope, dune consliluUon
"lible el maladive, mourut le 30 mai 174-4, u
Tâge de cinquante-six ans. (Rohrbacher, ci-
u\l Biogr. unii\ Picot, Mémoires , T. XXVI,
Quant ù l'Ecosse, vers la On du xvii* siècle,
elk* comptait un assez grand nombre de ca-
tholiques, et elle en aurait eu davantage sans
le manque de prêtres et d'écoles. Ces fleux
irconslances favonsèrent beaucoup le succès
ies Réformateurs du xvr" siècle. Le saint
Biége y laisait passer de tenqjs en temps des
Traociscains irlandais. Mais la plufjart étaient
îles de la rigueur du i Innal, au moins
la partie septentrionale de TÉcosse, où
le froid rend la vie pénible, el ils restaient
peu dans cette mission. Un pieux et zélé
missionnaire, nommé White, fut plus cons-
tant. Aidé de la protection de iord Macdo-
nald, il lit revivre la foi dans les montagnes
d'Ecosse et ramena, presque sans dilïiculté,
les familles que le malheur des temps avait
éloignées de la religion. Ses travaux, vrai-
ment apostoliques, Oalent de la lin de Crom-
well et du commencement de Charles IL Ou
essaya, vers le même temps, d'établir quel-
ques écoles pour former des prêtres et en
même temps pour préserver les enfants des
catholiques de la séduction des écoles pro-
testantes. Mats ces établissements avaient
peine à se soutenir au milieu des traverses
qu'on suscitait aux callioliques.
La révolution de 1688 n'eut pas des résul-
tats moins fâcheux pour ce pays que pour
rAngleterre, et ratlacÉiement d*un grand nom-
bre d'Ecossais aux Stuarts, leurs anciens
mailres, servit de prétexte à de longues vexa-
tions* Les proieslants s*y montrèrent pres-
qu'aussi jacobiles ou partisans de l'ancienne
ilyuHslieque les catholiques, el les premiers,
comme les seconds, parurent voulon*proliter
de toutes les occasions pour soutenir les
droits de leur souverain légitime* On les
comprima donc avec soin. Le gouvernement
anglais cessa de pro léger les épiscopaux, et
les presbytériens devinrent aominanls en
Ecosse. Les préjugés politiques se mêlant
aux pn'^jugés religieux, on poursuivit à la
fois en eux les partisans des Stuaris et les
adhérents h une fui proscrite. On tint des
prêlrcâ catliobques en prison pendant plu-
sieurs années, ensuite on les bannit On en-
voya des troupes dans les montagnes, on
ravageâtes terres des catholiques, et rm ca-
pitaine, nommé t*orringer, se rendit fameux
dans Touesl par ses dévastations el ses cru-
aulés. En luéme temps, le parlement d'E-
cosse statua que les enfants qui ne se feraient
pas protestants sciaient privés de la succes-
sion <se leurs père et mère.
Cependant la foi se soutint au milieu des
eflTorls laits pour la comprimer. Il paraît que
Jacques, dans sa retraite, entretenait des re-
lations étroites avec l'Ecosse. Il y lit passer
quelques fonds avec Icî^qucls on établit dans
les montagnes une école dirigée par (ieorges
Panîon, élève du collège des Ecossais, Ce
prince s'unit avec les missionnaires d'Ecosse
pour demander Tenvoi d'un évéque dans ce
pays. Le saint-siége accéda à leurs désirs,
Tbomas Nicolson fut fait, en 169V, évoque
de Peristactiium et vicaire apostolique en
Ecosse, oii il se rendit secrètement en 1797,
Il ny trouva que vingtH inq missionnaiies
dont il augmenta succchsivement le nombre,
il commen{;a, dès cette année, à faire quel-
ques visites dans le nord, nù les catholiques
sont plus nojribreux. 11 en flt également, les
quatre années suivantes, dans les ditférentes
parties de son viiarial. Son activité et son
zèle produisirent beaucoup de fruit dans un
pftys qui n'avait pas vu d*évôque depuis près
de cent ans. 11 adressa des avis aux pasteurs
qui furent acccptésdans une réunion de mis^
p
I
196 ANC
sîoûiiaires écossais et confirmés depuis a
liome, Dans un voyage de plus de quatre
cent milles par des montaj^iies fort rudt'S et
des mers dangereuses, il conlirraa» raii 17011,
un grand nombre de personnes, s*mstruisit
du besoin dus peuples, réprima les abu^, an-
nonça à ces fidèles eatlmliques la parole de
Dienet les exhorla h la constance dans la foi.
Ils ét/iient assez nombreux dans ces quar-
tiers* Plusieurs ties de l*ouest étaient exebi-
sivemeiil peujilées de catholiques, et dans
une seule station le vicaire apostolique cou-
tirma plus de 700 personnes, il trouva ces
bons montagnards réglés dans leurs mœurs,
respectueux pour les prôtres, et observant
avec exactitude b^s lois de l'Eglise* Quelques-
uns d'entre eux avaient été mis h mort |)uu
auparavant par le cruel Porringer, sur le re-
fus qu'ils avaient fait de renoncer h la foi
catholique. L'évoque NifOlson encouragea
ses prêtres et en nounna deux ses provicai-
res. Il inspecta aussi Técole d'Arasaick, sur
la(|uelie il fondait ses espérances, et qui ser-
vait comme de préparation aux sujets que
Ton eni'ovait ensuite au collège Ecossais» à
Paris, maisonqui était la principale ressource
pour l'éducation des (>rélres,ct fa principale
pépinière de missionnaires ik>ux' l'Kcosse.
Outre ce collège, il y en avait encore un à
Rome et un à Katisbonne chez les Bénédic-
tins écossais, oui avaient trois maisons en
Allemagne- (Ronrbacher citant Biog. unit\;
Picot, Mémoiref, Introduction ^ T, XXV U
p, 50*0
L'Irlande, ce peuple martyr, a constam-
ment repoussé les innovations religieuses et
conservé ses évoques. La succession des pas-
teurs légitimes s est maintenue ddns ce pa)'S
à travers tous les orages. Forcés d'abandon-
ner aux évéqoes anglicans leurs églises, leurs
maisons et leurs revenus, ces bons pasteurs
ont continué de gotiverner leurs troupeaux
dans une honorable indigence et dans des
retraites où leurs ennemis venaient souvent
les troubler. Les caltioliques formaient les
trois quarts de la population de Tiie, et, mal-
gré celle disproportion, ils étaient exclus de
toutes les faveurs et de toutes les places,
privés de tout droit politique, inquiétés dans
ce qu'ils avaieul de plus cher, asservis à des
lois rigoureuse^. Ils voyaient un petit nom-
bre de protestants dominer sur eux et s'arro-
gor tous les avantages. Cependant Charles 1"
trouva plusdc tidélité dans les Irlandais que
d a n s l es a n gl i ca n s upi > res s r u r s . Le s p r e m ie r s ^
instruits jmr les archevêques O Heilly et
Wolsb, se dévouèrent à la cause d'un prince
m;dheureux. Aussi le régicide Cromwuil ne
Irur f>.trdonna-t-il jamais. Il aggrava leur
l« de nouvelles dispositions. Une loi
lir.i., w.a et mit hors la loi tout étudiajjt ca-
tholique qui embrassaifc Fctat clérical. Le
règne de Charles II ne fut guère plus favo-
rable auxcalhôhqués irlandais, et le supplice
du vénérable archcvOquo d'Arinagli jeta la
terreur parmi eui» DcuxautrHS évèques, ceux
de Kiklaie et ' '^ . mis on prison.
[> autres se r ur».
Le rë^e de Jacques il lui iiop courl pour
apporter beaucoup d'avantages aux eaiho-
litjues, ou du moins ces avantages ne furent
gi^ière durables. Les faveurs même que ce
prince accorda dans ce pays à ceux de sa
communion irritèrent Tenvie contre eux, e*
sa chute les exposa à de nouvelles traverses.
Plus ils lui restèrent fidèles dans sa disgiAce,
plus on usa de rigueur envers eux, et ils
expièrent par toutes sortes de vexations leur
courageux dévouement. La capitulation de
Limenck avait assuré aux irlandais quelques
avantages. On était convenu que les choses
resteraient sur le pied où elles élaient sous
le règne de Charles II, et qu'on n'exigerait
des catlioliques que le serment général de
iidélité qu'if est d'usage de demander aux
peuples qui passent sous une autre domina-
tion. Ces concessions déplurent aux protes-
tants fanatiques, oui demandèrent qii'ou les
enfreignit sur-îe-cnamp.
Guillaume de Hollande se montra plus
modéré et narut vouloir tenir les articles de
Liinerick. Il réprima plus d'une fois les ef-
forts du parlement u Irlande pour 1
freindre et empêcha, entre autres, un ^ ^
de loi qui bannissait à perpétuité tous les
archevêques, évèques et r<"li!-'if^iîx. M.î^
tandis tjue la cour suivait ce s.
dt^ration, la masse des protestai,.- ^.,....,o ...
Irlande montrait un tout autre esprit contre
les catholiques, et tous les documents de Té-
poqne funt un portrait déptorable de la si-
tuation de la rt ligion catholique en Irlande
a h lin du xvii* siècle et au commencement
du XVI 11*. Les catholiques ctaienl en bulle à
toutes surlesde vexations, et les protestants,
quoiqu en moindre nombre, appesantissaieul
sur eux le joug le nlus dur.
L'èprscopat irlanaais était réduit, en itOl»
h un très-petil nombre de membres, Lçs
Iruubles, les guerres, les persécutÎ0ï;$,
avaient rendus vacants la plupart des sièges.
11 ne se trouvait dans Tile, à celle époque,
nue deux prélats ; Comorfort, arcievÊquc de
Cashel, qui était fort dgé, et Donelly, évèqûe
de Dromore, qui était en prison* On cite
aussi révèque de Clonferl, comme ayant
échappé aux poursuites; les autres évr ; ^
avaient été obligés de s^expatricr. Les
véques d'Armagh, de JJubbn, de Tuam^el i c-
vôqued'Ossory étaient en France, et Tévéque
de Cork s'était réfugié à Lisboiue. Le
clet^é de France faisait une pension à Far-
chevèqne de Cashei et à révétjue de Clon-
fert. Les vacances des autres sièges durèrent
encore plusieurs années, et ce ne fut qu'en
1707 que Tun commeui^a à y nommer* Le
clergé du second ordre n'était pas dans une
position plus heureuse. Beaucoup de rein
Çieux et de prôlres avaient été contraints do
luir leur patrie j plusieurs avaient suivi
Jacques dans son exil. La France et les Pays- '
Bas comptaient un grand nombre de ces \
honorables proscrits, auxquels leur double .
fidélité à leur croyance et à leur prince 1
avait coiité tant de sacritlces.
Lo Clergé catholique dlrïande ^$e compp- .
sait| comme celui d'Angleterre, de sécuhers
et de réguliers. Les réguliers étaient fort
m
à^G
DombiHiux. Les ordres qui foiimissaient le
Kiusà cette mission élaiejitk'S DominiCcTins,
îs F ram;isc/ii as, les Aiiguslins, Ils nvrdent
des collèges à Rome, à Louvairi, à Douai et
h Vmf^iie, Le clergé séculier eu avait à Home,
h Lisbonne^ h Cotttposleilp, a Salamauque, k
Sévillts à Alcala, à Boitleaux, à Paris, à
Douai, à Lille, à Louvain et à Anvers* On
a\mt adopté pour iïidueation du clergé irlan-
dais uû usage singulier, qui n'était pas
S9DS de grayes ioconvéuicnls. La pauvn^té de
le plaoert des sujtits et la dilTicuUé de pour-
Toirà leur entretien avaient l'ail iniagmûr de
t^a^ftTSi'' ' ' '' naturel. Leurs évèques ies
cwwnuf^ îvs dans leur i>ays et les en-
V otuilier à Paris,' principale
I -5é irlandais, et où ils trou-
iti ressource dans Texercicedes
] 1 ministère. On ne peut se dissi-
mu/er , obsM^rve le respectable Picot d^ms
ses méoioires, que cette métiiodc n'introdui-
sit souvent dans l'état ecclésiastiquo dc5 su-
jets Diédiocre^, soit pour la conduite, soit
pour la doctrine. On s'éleva plusieurs fois
contre cet abus et contre la facilité avec la-
quelle les évèques conféraient les ordres.
Mais ces plaintes, quelque fondées qu'elles
fussent, ne doivent pas nous empêclier de
recoopattre qu'il y eut souvent dans !e
clergé irlandais des hommes recommanda-
blés par leurs talents, leur piété et leur zèle.
Un prêtre irlandais, un prêtre du peuple
martyr, dira au roi martyr de France, à
Louis XVI : « Fils de saint Louis, montez au
ciel 1 »
Le protestant Cobbet résmoe ainsi le Code
pénal ou Code de sang de TAngleterre pro-
testante , contre rÀnglet(?rre catholique ;
code coini^Kisé de plus de deux cents actes
du parlement, rendus depuis le règne d'E^
Usabuth jusqu'à la vingtième année de celui
df* /:^-nf -,.s 111^ jgri Angleterre, il privait les
T joliques du droit de siéger au par-
kl.*. iM, qu'ils tenaient de leur naissance, et
le r^ste de leurs coreïigionnaircs de celui de
faire partie de la Ch^imbredes communes. Il
enlevait à tous les catholiques le droit de
voter aux élections. Bien que, d'après la
grande (charte, aucun homme ne doive être
t > son consentement, il imposait de
iî ; axes aui catholiques qui réfugiaient
d't«ljjurer la religion de leurs pères» 11 leur
refns,^'t raceès du pouvoir el les empêchait
*l aux plus minces etuplois. 11 les
u i inh.ïbiies à présf'ûter des sujets
aui bénéfices ecclésiastiques, bien que ce
droit fût exercé par des quakers el des juifs.
11 les condamnait h une amende de vingt
fivri»< <(*»rUûgs par moiSi s'ils ne fréquen-
! > aveo exactitude les temples du
i'Mw r i^blis par le parlement, fréquentation
qu'ils ne pouvaient considérer que comme
un véritable acte d'apostasie. Il leur défen-
dait, sous peine de chUimenls graves, de
garder des armes dans leurs demeures, même
|>our leur propre siireté, de plaider en jus-
tice, d'être tuteurs ou exécuteurs testamen-
taires, d'exercer la orofession de médecin
OU d avocat, et de s'éloi^er de pliis de cinq
AN6 m
milles de leur domicile. Toute femme ma-
riée qui ne fréquentait p«^s assidûment le
temple de VEglise établie perdait Icâ deux
tiers de sa dot; elle n'était plus apte à de-
venir exécutrice testamentaire de son mari,
et pouvait être renfermée pendant îa vie de
celui-ci, h moins qu'il ne payât pour elle
dix livres sterling d'amende par mois.
Quand un homme était atteint et convaincu
du même criuie, les quatre pretniers juges
de paix venus pouvaient le citer à leur ban e,
le lorcer à td>jurer sa foi, et, s'il refusait, le
condanmer, sans l'avis d'aucun jury, k un
bannissement perpétuel, et à mort s'il re-
mettait les pieds sur le territoire anglais.
Les d<^^ux premiers juges de paix venus
avaient droit de citer devant leur tribunal,
et sans aucun information préalable, tout
homme âgé de plus de seize ans ; s'il refu-
sait (l'atyurer la religion catholique, et s'il
persistait pendant six mois dans son refus, il
devenait incapable de posséder des terres ;
toutes celles qui lui appartenaient reve-
naient de droit à son plus proche héritier
protestanîf lequel ne lui devait ensuite au-
cun conipte de leur [)roduit. Le calhulique
obstiné ne pouvait plus acheter de terres, et
tout acte ou contrat souscrit par lui était
radicalement nul. Etaient passibles d'une
amende de six livres sterling par mois les
personnes qui employaient dans leurs mai-
sous un précepteur catholique, et celui-ci
était en outre puni d'une amende de deux
livres sterling par jour. Etaient passibles
de cent livres sterling ceux ^jui envoyaient
un enianl à une école catholique élrangère,
et cet enfant devenait de plus inhabile a hé-
riter, à acheter ou posséder des terres, des
revenus, des biens, des dettes, des legs ou
des sommes d'argent. Etait punissable do
cent vingt livres sterling d'amende celui
qui cé]id>rait la messe, et de soixante livres
bculement celui qui Tentendait. Tout prêtre
catholique qui revenait |tar-delà les mers,
et qui dans les trois premiers jours de son
arrivée, n'abjurait pas sa religion, ou toute
personne qui rentrait dans la foi catholique
ou y ramenait un aulrc individu, était con-
damnée à être pendue, é ventrée et écartelée.
u En Irlande^ le code pénal auquel les ca-
tholiques étaient soumis était encore plus
liid<ux et plus féroce ; car un simple trait de
plume avait suffi pour faire appliquer h ce
malheureux pays toutes les dispositions
cruelles du code anglais, indépenaamment
des dispositions pénales spécialement desti-
nées à la pupulalion irlandaise. Ainsi :
« Tout instituteur catholique, ]niblic ou
partiiulier, et même iemodesie sous-maître
d'une école tenue par un piotestant, était
puni de l'emprisonnement, du bannissement^
et considéré, eu un mot, comme un féion^
s'il était catholique. Les membres du clergé
catholique ne pouvaient demeurer dans le
l>ays sans être enregistré:^ comme des es-
pèces de prisonniers sur parole; des récom-
penses faites avec les tonds levés en partie
sur les c<*tholiques étaient décernées, dans
las ikTOportions suivantes » à ceuj^ qui dé^
n
km
couvraient des contrevenants à cette disposi-
tion de la loi, à savoir : cinquante livres ster-
ling pour un archevêque ou évèque, vingt
livres sterling pour un prêtre» et dix pour un
maître ou sous-maîlr*3 d'école. Lesdeui pre-
miers juges de paix venus pouvaient citer
tout catholique h leur barre et lui ordonner
de déclarer sous serment on et qtuind il avait
entendu la messe, les personnes qui y avaient
assisté avec lui, le nom et le domicile des
prêtres et maîtres d'école de sa connaissance;
que s'il refusait d obéir à cet ordre tyranni-
que, ils avaient droit de le condamner, sans
plus de formalités, h une année de prison
ou h vingt livres sterlings d*ameode» Tout
protestant qui voyait un catholique en pos-
session d*un cheval d'une valeur de plus de
cinq livres sterling, pouvait s'emparer de
ce cneval en comptant les cinq livret ster-
ling au propriétaire. Pour que> dans de pa-
reils cas, les tribunaux ne pussehl jamais
faire droit à qui il appartenait, on n'admet-
tait sur les listes des jurés que des protes-
tants connus. La succession d'un protestant
dont les héi'itiers directs étaient catholiques
passait à son plus proctje héritier protestant,
comme si les héritiers catholiques étaient
prédécédés. Tout mariage contracté entre
prolestant et catholique était nul de iiïein
droit, encore qu'un grand nombre d'entants
en fût né* Tout prêtre catholique qui célé-
brait un mariage entre un catholique et un
protestant, on entre deux protestants, était
condamné h être pendu. Toute femme, épouse
d'un catholique, qui voulait devenir protes-
tante, sortait par cela même de la puissance
de son mari et participait à tous ses biens,
quelque répréhensible qu'eût d'ailleurs été
sa conduite soit comuie épouse, soit comme
père cat"
devenait
les biens de son pèie, lequel ne pouvait plus
ANG
SOO
mère ; si le lils d'un père catholique se faisait
nrotestant, ce tils devenait maitre de tous
en vendre, engager ou léguer une partie
quelconque, à quelque titre qu'il les possé-
dât et quand bien même ils étaient le fruit de
son travail* »
Après avoir résumé ces articles et d'autres,
le prL»lestant Cobbet conclut ; « Je le demande
lï mes lecteurs, y a-t-il un seul d'entre eui
qui n'ait gérai du plus profond de son eujur
en ni'entendaut rapporter toutes ces horribles
cruautés, exercées contre des hommes uni-
quement coupables d*étre restés lldèles à la
loi de leurs pères et des nôtres, à la foi
d'AllVed le Grand, fondateur de la puissance
de notre nation, è la foi des hommes qui
établirent la grande Charte et créèrent toutes
ces vénérables institutions qui font la gloire
de notre pays? Et si Ton rétléchit q&e tant
d'horreurs et d'atrocités n ont été commises
que pour assurer la prédominance de l'Eglise
aiigiicant, comment ne pas s'allliger et rou-
gir de ce qui s'est passé, et ne pas ardem-
ment souhaiter que bientôt pleine et entière
justice soit cnlin rendue aux malheureux
qui soullh^nt depuis si longtemps I ^ (Mfdir-
bacher, t. XWI, p. 5(19; Cubhel, //ijr. de la
réforme d'ÀnyttUrre, lettre 15.)
Les souhaits du protestant Gol)bet ont été
accomplis en 18^8, par rémancipation légale
des catholiques dans tout le royaume d*An-
gleterre. Depuis cette époque, le gouverne-
ment anglais a bien voulu accorder à plu-
sieurs collèges caiholiques les privilèges des
universités de TEtat, ce qui n'existe pour
aucun établissement catholique en France.
D*un autre côté, il est des îles de la mer
qui, tant qu'elles ont appartenu k la France,
n'ont pu avoir d'évéques et qui en ont de
catholiques depuis qu elles appartiennent à
TAn^^leterre, D'après ces faits et d'autres
nous ne serions pas étonnés de voir, dans une
vingtaine d'années, la natiouanglaise devenir
la pren)ièie et la plus fervente des nations ca-
tholiques, et ravir cette gloire antique î lana-
lion française. (ltohrbaciier,t. XXVI, p, 509.)
En ITli, la reine Anne Stuart étant morte,
son frère Edouard, c|ui vivait retiié en Lor-
raine, entreprit de faire valoir ses droits au
trône, contre ceux d*uû prince étranger ori-
ginaire de Hanovre. Deux ans après, il opéra
une descente en Ecosse, où son parti s'était,
dès 1715, organisé en sa faveur et avait
même rassemblé des troupes. Les partisans
d'Edouard furent nommés jacobiteSf du nom
de leurs anciens rois, lis purent pour devise:
Pour Jacques III ei pour la religion prvUi»
tante. Il est donc bien évident que les ca-
tholiques ne dominaient pas parmi eux. Ce-
pendant le charlatanisme politique trouva
hoii d'agir exactement comme si la tentative
eût été faite par les catholiques. Après que
le parti du prétendant eut été vaincu, oa
publia qu'eux seuls en avaient I5té l'âme, et
de tous côtés on se mit à les persécuter, i
les traquer, aussi vivement que du temps de
la trop laineuse Elisabeth, lis furent désar-
més dans toute l'étendue du royaume. Oa
leur ôla leurs ehevaux. Tous ceux qui ne
purent pas trouver deux protestants pour
leur servir de caution furent emprisonnés.
Pour découvrir immanquablement les catho-
liques, on entreprit de faire jurer h tout le
monde haine à la doctrine de la transsub-
stantialion, comme à une erreur détestable.
En juillet 171T, le 2t>, le roi signa un bill
qui contraignait tous les catholiques à don*
nerune déclaration détaillée de leurs biens.
Cinq ans après, le duc de Norfoick, premier
pair du royaume, fut mis en prison, parce
qu'il était catholique fervent, et en outre
fort riche. A la même époque, on fr-appa d'une
contribution considérabie toutes les terres
des catholiques.
En 17-Vti, après la bataille de Culloden, le
gouvernement anglais montra une sévérité
excess.ve envers les catholiques. On abattit
leurs églises. Le séminaire de Scaian fut dé-
truii, les missionnaires furent vivement pour-
suivis. Colin Campbell mourut jiar suite des
mauvais traitements qu*il avait rer;us. Les
Jésuites Cordon et Cameron moururent en
prison. Cet état de choses dura fort long-
temps. Eu i751, messieurs Grant et Gorduo
Ijrètres furent pris. Gordon fut condamné
au bannissement. Hugues Mactionaldt évo-
que de Dia » vicaire apostolique dans If
j>ays des montagnes» fut dénoncé et mis «Q
«H ANN
prison en 1755* Celui qaî le lîvrn reçut pour
cela huit cents érus. Oo rt-m^iivela, en lt57,
cnmiDe on l'avait fait déjà en 173G, les vieilles
lois qui portai enl iiiti rdiction des droits ci-
vils contre quiconque re yserait de nrôter
au roi d'Anj^lelprre, serim^nl de sopreuiatie
spirituelle. De pJus oti condamnait quicon-
que se rendait coupabl<3 de ce forfait, h payer
la somme de douze nu lie cinq cents francs,
A partir de ce moment jusqu'à 1828 et
1829, époque à laquelle on accorda Féman-
cipation aux catbol ques d'Angleterre» Tétat
du catholicistoe demeura le môme. eVsl-à-
dire qu'il fut soumis à Toppression de ce
code persécuteur et barbare, au^fuel chacun
des souverain** anglais eut Li triste gloire
d*ajouter quelque chose. Mais enfm la civi-
lisation l'a emporté, et depuis que la force
des choses a contraint TAngleterre à revenir
à Ja suprême justice, le catholicisme reprend
de jour en jour sa sujiréma k\ De toutes les
Dations prolestantes, TAni^ïeterre est le plus
très de sa coaversioT. Sa doctrine est la plus
vïdemment absurde et la plus évidemment
près de la vérité,
ANICET (saitit). martyr et pape, reçut la
Ïalme du martyre durarir la persécutiou que
[arc-Aurèle-Antonin et Luce-Vère tirent
souffrir aux chrétiens. Qn ignore eo quelle
année. L'Eglise honore la mémoire de ce
saint pape le 17 avrîL
ANlt^ET (saintj, martyr, était comte et
habltdDt de Nicomédie. Ce fut sous Tempe-
reur Diocléiien ^u*il fut martyrisé avec son
frère sa nt Photin et plusieurs autres saints
compagnoTisdont on ignore les noms. L'Eglise
^il leur fête le 12 mûL
ANXE faisait partie du sanhédrin , Iribu-
i:*l devant lequel comparurent saint Pierre
Bl saint Jean, arrêtés dans le lemfde par les
;)retreset les sadducéens, a[irds la guéi*isun
lu boiteux. Dans le 6' ver>et du cha^atre iv
les Aciti, \nne est quaiilié grand prêtre,
{uoiqiTà répo«|ue dont il est question dans
i?l endroit il n'eu exerçât plus les fonctions. Ce
issage des Ac(ei prouve simplement qull gar-
»t le t;trû honoraire de la charge qu'il avait
ccupée, et qui depuis avait passé aux mains
l'Eléasar, son tlls^ puis ensuite h. celles de
' Liphe^son gendre. Anne conservait touiours
me grande autorité parmi les Juifs. Il sié-
|eait probablement dans le sanhédrin qu -nd
ce tribunal lit fouetter les apôtres et cou-
lammi saint Etienne à la mort.
ANNE (sainte), vierge, soulfrit le martyre
rn Tan 3^3 de Jésus-Christ, sous le règne de
Sapor dit Longue-Vie. Elle était originaire
1».» Beth-Seleucie. Sa fêle est inscrite au Mar-
tyrologe romain le 30 novembre.
'* ANNE (sainte) est célèbre dans la perse-
ition des iconoclastes , sous Tempereur
LionstanlinCopronyrae. Cette sainte femme,
étant devenue veuve, résolut de se consacrer
Dieu. Le bruit de la sainteté d'Etieuaet
ibbé du Mont'Auxenco, était presq^^euniver-
EM. Ses austérités» ses émintmtes vertus, les
(racles qu'il opérait lui amenaient de tous
^tôtés de nombreux disciples» Il y avait au
' Ifont-Auxeoee deux m*)naslères,f un d'hom^
Diction N. mu PEMicuTioni. 1,,
APtN
202
mes, Pautre de femmes. Celui des femmrs
était au bas do la nioirta^^np, et avait une ab-
bêsse qui le ponvoroait, suus la direction
pourtant de 1 abbé du couvent d hommes.
Sainte Aune, qui ne [iril ce nom qu^en se
vouant h Tétat monastique» et que nous ne
connaissons pas sou^ un autre nom, vint
trouver le saint, et le pria de vouloir bïen la
diriger dans les voies delà perfectiniL Etienne
la reçut et la confia aux soins de l'abbesse du
Ciiuvcnt d*en bas, c est-à-dire du couvent des
f^.^mmes.Or rempereur Constantin Coprony^
me, ayant entendu parler delà saintetéd'E-
lienne du Mont-Auxence, entreprit de le ga-
gnera la secte des iconoc astes. Il lui envoya
Calliste, prêtre, qui, comme on peut In vfur
dans la vie du saint, échoua dans sa négocia-
tion. Comme on le peut voir aussi, l*empe-
reur fit mettre saiut Etienne en prison, où il
resta six jours sans boire ni mattger. A|»rès
ce! a, partant pour une guerre contre les Bul-
gaj'es, il le fit reconduire dans sa celfuh^ ; mais
Calliste» tlont ramour-propre avait éié cruel-
lement blessé, gaçna un moine de Saint-
Auxence, nommé bergius, et,ù prix d'argent,
le fit cimsentir h calomnier Sun abbe. Ce
moine prévaricateur, de concert avec AuH-
calame, receveur de Timpôt du golfe do Ni-
comédie, rédigea [lour I*empereur un libelle
dans lequel il accusait le saint de ditlérenis
crimes^ Parmi ceuxqu^il lui reprochait était
celui d'avoir séduit une fenuue noble qui
n'était autre cjue la souie de qui nous écri-
vons la vie. Cet imposteur |irétendait que,
toutes les n u its, el I e mo 1 1 ta itd*tns la cellule du
saihtabbé f>our sV livrer avec lui h un com-
merce adultère. On remit ce libidle h Tem-
nereur, qui pour lors se trouvait en Scjthie.
Il témoicua une K-ande colore, it envoya
l'ordre à Antès, son lieut^^nant à Constantin
nople, de se rendre au Monl-Auxence, chez
dvs temmes ijui, disait-il, sous lapf areuce
d'uue vie sainte et pieuî^e, cachaient d'infâ-
mes impudicités, de se saisir dt» celle qui se
nommait Anne, et de la lui amener a son
camp. Lorsque l'abi^esse fut instruite du but
de renvoyé de Tempereur, elle lit venir Anne
devant elle avec une religieuse nommée
Théophano. « Allez, dit-elle, mes filles, allez
vers rempereur; dites la vérité sans faiblesse,
etqueDieti vous accompagne et vous garde. »
Elles partit eut, et, dèsq-j'eiles furent arrivées
au camp, Tempereur prit à part sa in re Knne :
«Je connais la faiblesse des temmes, lui dit-il,
et ne serai pas surpris de vos aveux. Faites-
les entièrement : dite^-moi comment il se fait
que c^ abominabie ait pu vous séduire. Ré-
vélez-moi tiuels sont les moyens employés
par lui. — Je n'ai tpouvé en lui qu'un saint
nomme, répondit Anne» un sage directeur,
apte à donner d'excellents conseils ; je nVii
f^uè me louer de sa direction. » Constan-
tin n'en put rien tirer autre chose. Alors il la
menaça de la faire rigoureusement punir, et
môme de la faire mettre h mort ; mais elle
ne voulut jamais se souiller par le meusonge*
Alors l'empereur la fit d'abord battre cruel-
lement, et ensuite mettre en prison » où elle
demeura jusqu'à ce qu* il revint de son eipâ*
^
ios
A^iS
ditioo à ConstaDtinopIc. Pour Théophano, il
la renvoya à son couvent. Aussitôt qu il fut
de retour à Constantinople, il fit mettre Anne
dans la prison des bains du palais, et Tinter-
rogen de nouveau. 11 la trouva toujours iné-
branlable, toujours dans les mômes disjKH
sitiois. Alors il envoya vers elle un hoanoe,
qui lui était dévoué, et qui lui dit : « Pour-
quoi i)ersistez-vous à nier les faits qui sont
prouvés parle témoi^iage de votre esclave? »
(On avait en olfet i5a^né à prix d'or un ^ias
esclaves de la sainte.) Klle refusa énergiaue-
ment (le mentir. Alors on introduisit Tesolave
qui lui afOrma avec serment qu*il avait dit la
vérité, et qui lui cracha au visage. Ensuite,
huit hommes vigoureux la saisirent, et lui
tenant les bras fortement écartés en forme
de croix, la présentèrent toute nue aux bour-
reaux chargeas de >on sunplice. Ils étaient
deux, qui avec des nerfs ae bœuf la déchi-
rèrent cruï'llemont, Tun la frappant au dos,
l'autre sur le ventre. On la laissa |)Our morte.
Cependant elle revint à elle, et l'empereur la
filje'er dans un des couvents du femmes de
Constantinople.Jamaispluson n'entendit |)ar-
1er d'elle. Le nom de cette glorieuse martyre
de la foi ne se trouve pas inscrit au Martyro-
loge, et c'est à tort. Les combats qu'elle eut à
soutenir, les souiTrances qu'elle euilura, l'ont
rendue digne de ligurcracôté de ceux que
TEijlise vénère comme martyrs, ou tout au
moins comme confesseurs. (Vo^. Iconoclastes
et EriEN!<K DD Mont-Al'xencë.)
ANSAN (saint) reçut la couronne du glo-
rieux martvre à Rome, avec sainte Maxime.
Ils confessèrent Jésus-Christ duriint le rè^ne
de l'empereur Dioilétiei, et rendirent 1 es-
prit sous les coups de bAton dont les bour-
reaux les accablaient, ils sont honorés dans
l'Eglise le 2 septembre.
ANSAN (saint), martyr, ayant confessé Jé-
fus-tjhrist sous l'empereur DioHélien, fut
emprisonné à Rome, de là conduit à Sienne,
en Coscane, où, ayant eu la tùte tranchée, il
acheva de fournir sa glorieuse carrière. On
ignore l'année de son martyre. L'Eglise ho-
nore sa mémoire le 1" décembre.
ANSEVIN (saint;, confesseur, était évèque
h Tamérino. Il enJura de grands tournienls
pour la défense de la religion, et mérita que
rEglise le mît au nombre de s«'s saints. On
ignore à quelle énoque il confessa sa foi.
L'E^rlise rhonore le 13 mars.
ANSUÈRB (saint), et plusieurs moines, prê-
tres et vierges martyrs, furent massacrés,
vers le milieu du xi* siècle, par les j^eu-
plades encore barbares des Slaves et des van-
dales qui portaient une haine implacA)le au
christianisme. Saint Ansuère fut lapidé avec
trente moines qu'il gouvernait. Il demanda
aux bourreaux d'être martyrisé le dernier;
il voulait ainsi offrir à Dieu, en montant au
ciel, une double couronne : celle qu'il ac-
quérait en soulfrant personnellement, et en-
suite, celle des douleurs qu'il endurait dans
fa charité, en voyant souffiir, avant lui, tous
tes saints compagnons. Sa demande fut exau-
cée. L'Eglise fait collectivement leur glo-
rieuse mémoire le 15 juillet.
ANTÈRE (saint), pape, succMa 4ia fmpe
saint Ponlien, martyr, eu l'année S3S, pre-
mière de Maxiinin. Il ne tint le sk^ de
Home <|u*un mois et dix jours, étant mort la
3 janvier de Tan 236. Il était iiruc de Mb-
sance, et tils d'un nommé Romulo. Le i^eo
de tenqis que dura son poiiiilicnl, su nmrt
arrivée durant la porsécuiion de Maximiii,
donnent lieu de croire que le niarl^-re a
couronné sa vie. intendant ce uvsi qu*unr
opinion douleusn. Un ancien PorilitiraU i|iii
nomme s<i vie 4Pn sommeil, ni; fronlrtnlit
point cette opinion, car i-etle espress^MNi ilu
Ponlilical pourrait s'appliquer à sa iiiori ar-
rivée, par exemple, en prison, coiiiiiie irHe
de tant d'autres; ce qui ne «lintinuerail en
rien la gloire de son martyre. L*Kgli.si; cé-
lèbre la fête de saint Anièn; le 3 janvier. Il
fut enterré dans le cimetière de C«iIIiàI«\
ANTHÈS (saint), marivr, fut diM-apité à
Salerne, sous Tempereur Diocléticn ol le
iiroconsul Léonce, avec lixs sainl.s Catus et
^ortunat. I/Egli.se honoro la mémoire Ui* ees
glorieux niartvrs le 38 août.
ANTHIK (sâinle), mère de saint EU^ullière.
fut martyrisée avec lui à Kome, sous l'rm-
pire d\\drien. Nous n'avons, «Jans tous les
Actes qui parlent dVIle, rii*n qui smt suffi-
samment authentique. L'Eglise célèbre u
fête le 18 avril.
ANrHLMi:(sainl\ prêtre et martyr, élail
détenu dans les prisons d'Asie, par ordre de
Pinien, proconsul d'Asie, avec les saints 8t-
sinne, i>iaxiine, liasse, Fabien, DiiMlélicncI
Florent. Lurine, l«:mme tle. Piiiii*n, le Si
sortir avec saint SiMurie pour vuiir au|ifés
de son mari, alleint dune maladie de la-
quelle l(*s médecins désespérainit. Il guérit
luiraculeusement Piiiien, qui, Itnu lié de lu
gr;U:e de Dieu, se converiii et fui Liaplt!Ȏ
b entùt après avec sa femme r^t ses aiiiis.
Quand Pinien revint d'Asie, il amena avec
lui saint Anihime et tous ses f.oiii(>agiU4is;
mais bientôt leur sf'^uur dans sa uiaiym
avant éveillé les sou|»^'ons, il les lil |iariir
iMMir ses terres. Ils y vécurent on j»nix MOt^i
longtemps. Vers l'an 290, un prêtre d uae
idole nommée Silvonus^ avant été |H*SMSIé
du <lémon dans un sacritiee, devint si fa-
rieux, qu'il tuait loiiles les f»crsoniieS uu'il
rencontrait. Anttiime Ta yanl appris, i*^ giient,
et trois jours après le eonvertU avof M
femme el ses enfants. Beauroup d'aulrus
imitèrent le fuèlredo l'idole, et abatliri*nt rt
prétendu dieu, aifisi <pie le Ixiis au milieu
du(|uel on l'honorait. Mais (;4^uvqui restèrent
inlidèles accusèrent Anthime. devant Pris-
3ue, consulaire. Celui-<-i l'axant fait i^riiK
re, et ne ])ouvant le contraindre à sarri-
fier, le fit jcîter dans le Tibre avec une |iierre
au cou. Avant de le jeter dans IVau» tes
païens lui brisèrent tous les menihres. Les
Actes de saint Anthime j)0rtent qu'il fui re-
tiré vivant par un angiî qui le dé|Hisa dans
son oratoire. Le lendemain, les iNiiens se
mo(fuaientdes chrétiens qui, comiiie h Tor*
dinaire, venaient voir le saint; mais ils
furent extrêmement surpris dap|>n^ra
d'eux qu'il était bien, eu eiffelf T
[
ANT
ANt
im
icire. lis lo dénoneèrenl de nouveau h Pris-
se, qui» ptsnilnnt trois joiirSi essaya de IV
bîittfp pnr la menace des supplices e( par
I urs de lii pli son, et ipii en tin le fit
II , 1. L'E^lîse noaore sainl Anthirnc le
AXTfîiMÉ (sainij, rrèfe des sniiits Cosme
et I>^m en, fut raMrlyrisé avec eux, en 303,
sous Tempire de DiêL'lélien, Sa fête arrive
avec \n leur, !e 2^7 septembre. Foi/. Cosne,
ANTHl.tlE (saiit), martyr» évèqne de î^i-
comédie, vers;i son sang pour In foi sous le
rèi^ne et durant la persécution de Dîoclélien.
On ifc;nore raimée précise de sa mort, Divei^
auteurs, notamment Albmi Butler, ont fait
sa vie avec ce qu*ils ont trouvé daos Eusèbe
el dans Lactance, Celte vie est lilutôt rtits-
toire de la persécution que celle du saint.
T ^ ut dire de lui se trouve ré-
-.nes du Martyrologe romain,
que noos transcrivons. « A Nicomédie (le
27' jour d'avril), la fêle de saint Anlhime,
évèque et martyr, qui, duninl la persécu-
tion ïleDioclétien, eut b tète tranchée, pour
la défense du nom de iésus-Chrisi. Presque
tout son troupeau le suivit, et la plupart de
ses diOi-ésains souffrirent h mort nvec lui :
les uus furent diVuipilés, hs autres brûlés;
le iuge en mit plusieurs dans des barques
et les lit noyer tfans la loer. *
ANTHOLEIN (saint) fut martyrisé h Cler-
mout, eu Auvergne. On ignore i\ quelle épo-
ue et dans quelles circonstances, L Eglise
nore sa méiuoire le 6 février.
ANTHUSE (saintej reçut la couronne du
anyre a Tarse, sous l'empereur Valérieii,
vec deui de ses esclaves dont on ignore les
Ls» et révoque saint Athatiase, qui lavait
^ "sée. L'Eglise honore leur sainte uié-
îre le 22 août,
ANTHUSE (sainte), martyre, était vierge
l V ^'mps de Constantin Coprony me.
pi* rié crueLlement fuuettee et baii-
[e jiQ ur le culte des saintes images, elle
oornt en paîA. On ignore Taonée où elle
sa loi. L'Eglise honore celte vierge
l)r -. ^ -lleL
AN i IDE (sainl), martyr, était évéquc'Tle
lesançon. U y fui massacré par les Van lales,
fil foi de Jésus-Christ. On ignore en
uelle année son mattyre eut lieu. L'Eglise
ionore sn tnéinoire le 25 juin.
ANTttiONE (^aintj, martyr, versa ^on sang
pour la foi, à llnioe, avec les saints Abonde,
A -if^ et Eurtunat. L*Eglise botiore la
de ces quatre illustres martyrs le
^i ii'vrier,
ANTINOÉ, primitivement Besa , aujour-
d'hai En^éne, est située dans TEg^pte. Celle
Tille est célèbre par le martyre qu y souUVit
sainte Iraire, et un grand nombre de ivré-
tres, de diacres et de vierges, dont le nom-
bre et les noms sont com, ictemcnt ignorés.
ANTIOCHE, Anthchia, Arilakieb des
Tnrcs» ville de rMUcieune S) rte (Tun loie d'A-
siej. Saint Ignace en était évèque en ran 107,
q<iaud Tr^atj y vint et y persécuta violem-
meut les cnrétiens, Ignace fut amené devant
foi, et ayant répuBda h cet empereur avec
l'énergie qui coiivenait h un chrétien , h'un
évé |Ue, à un discifile dns apôtres, il fut con-
damné à être conduit h Home pour y périr
diujs les spectacles qut; les empereurs tlun-
naient au peu le dans les amjihilhéAlres. En
237, ce^te viHe eut Thonneur d'avoir [»our
évi><|ae saînt B;rbylas, qui fut vraiment digne
d'illustrer nn siège où avaient déji^ brillé de si
grands saints. Ce fut dans cetlo vill»^, an raî>-
port de sainl Jean Clirysostome, «pi il donna
ce spectacle étonnant au milieu du monde
païen, d'un évèque défendant rentrée de son
éjilise à un empereur romain (à l'emnereur
Pntlifipe), le forçant de confesser publiqne-
meol ses fautes", el de prendre rang daps
Téglise parmi les pénitents. Sous Dèce, ce
saint évécpiê eut la gloire de domior ^a vie
pour Jésus -ClrrisL II mourut rn jïrisou ,
comme sainl Aleitandre de Jérusah-m. h de-
manda h èire enterré avec ses chaînes. L'his-
toire des dïiférentes translations de ses reli-
ques est rapportée à son litre. SousTerapire
de Valérien , la ville d'Antioche vil le glo-
rieux martyre de Nicéphore, laï(iye,et la
chute terrible de Saprice , prêtre de son
Eglise. Celle hiskiire , lune des plus belles
pages de la morale hsstorîmr*, est rapportée
en entier à notre article Nicépbouk. (Votf.
aussi l'article Saprice.J
En îMS, Antioche eut le malheur de lom-
ber s^ous ta tyrannie de Bibais, sultan d'E-
gypte. Celte Ville avait alois deui couvents
de femmes, l'un de Duminrcaioes, lautre de
Frû 1 1 ci st aines. Quand le patriarche sut que
les musulmans afiprochaient, il réunit toutes
ces tilles du Seigneur dans le couvent des
Bomiuiraines, et ih il les prêcha avec force,
les invilant à sou Un r la mon plu loi qu'à
cotîsenïir aux outrages dont les vainqut*urs
ne mamiuer.'ient |»as de vouloir les rendre
viclîmes. Ces s^tintes femmes, qui savaient
bien i|ue la meineure volonté ne saurait pas
les soustraire aux eiigences des musul-
mans , se dé igarérent loules en se coufiant
mutuellement le ne/. Ce moyen Je sauve-
garder leur pudeur, de la mettre h Tabri des
insultes , ful-U une insfiiration du Saint-Es-
prit ? Il faut radmcltre pour le trouver excu-
sahlc. Avec une foi vive et une grande con-
fiance en Dieu , elles auraient pu ne pas se
déligurer, en se souvenant comment Dieu »
dans les premiers siècles de TEglise mili-
tante, savail [iroléger les saintes que la bru-
talité des ju^es préien Jait livrer h la bruta-
lité des débauches. Les Bausulmans les voyant
en cet état les égorgèrent loules. Le pa-
triarche fui égorgé avec quatre frères prê-
cheurs au pi. d du grand autel de son église,
où, prosterné, il j^nail Dieu pour sim peuple.
Tous les Franciscains que les vainqueurs
trouvèrent dans la ville et dans les couvents
I voisins , furent emmenés captif^. Cette an-
née vit le martyre de plus de cent Domini-
cains, de la province de Terre-Sainte, que le
barbare smtan lit mourir et envoyer rejoin*-
dre au ciel leurs gloiieut comjiagnonsd'An-
liuche. (rootana, Mofiumenia ÙommicanaA
ANTIOCHE, ville ruinée de la Turquie
d*Asie (ancienne Cil ici e}, anciennement Anr
ANT
tiochia aâ Cragum , eut pour évoque saint
Acace, qui, sousli; rè^icifercmpi^reurDèce
el sous le enusulatre Mi^rcien , eonfe5sa glo-
rieu^i^m * H Li foi «Jo Jesu^-Christ.
ANT O HE DE FISIO E, Anihckia ad Pi-
sidiam, ville q^iNn nnituuait aussi Cœsarœa ,
dépcitidît, sous Probu>,du gouvernerae^t
de Pbry^ie. Elle était gouvernée par le vi-
caire du gouverneur n^mmé Alïictis Helio-
dorus» Saint Trophi^ue et saint Sabicce ayant
été arrêtés lui furent amenés. Il les lit met-
tre à II question. Saint Trojdiirae Taj^'int
supportée, il l'envoya h Dionisius Perennius,
Çiiuverneur de PhrVgie, Saint Sabbace» plus
faible, uiourut h. Anlioclte au milieu des tour-
ments. Ces faits se passèrent sous Tempire
de Prôbus. Cette ville fut plus tard témoin du
juarlyie de saint Marc, berger. On en ignore
répo |ue certaine. Cet homme, dans ses tbnc-
tîf*ns si calmes et si tranq^uiles , s'était fait
une hab tude de la contera «latiot et de Tas-
cétisme. Sa piété était si éminente qu*iï avait
le don des miracles. Témoins de eeux qu*il
opérait, un grand nombre de soldats, Tnis-
toire dit trente, se convertirent, et s'élant
hautement déclarés chrétiens, furent marty-
risés en diiférents lieux. II eut aussi pour
compagnons de son martyre ses trois frères,
Alphe, Alexandre et Zo/ime, plus les saints
Nicon^Néon etHéliodore,
ANTIOCHUS était président à Marciano-
p.e-en Thrace , sous le règne de Tempereur
Anlonin. Il lit soulfrir le martyre à une sainte
femme nommée Mébtine.
ANTlOi.HUS, juge qui lit mourir à Camé-
rino, sous I empire de Dèce, d'abord le saint
martyr Venant ou Veiiance el ses compa-
gnotis, el un peu [dus lard, toujours so s le
même prince , saint Anastase el ses compa-
gnons.
ANTIOCHOS fsaint) , martyr, était Irîbun
à Césarée de Pliilip[»e. Il y sOiiiftit le martyre
avec un autre îribun ap|>elé Nijostrale et
queli]ues-uns de ses soldats dont les nnms
ne sont point maraués dans le Martyrologe
romain, L'Kg'ise céiêl>re la mémoire de ces
courageux martyrs le 21 mai,
ANHOCHUS,"général en Orient sousTem-
pire de Dio^létien , en Tan 297, lit mourir
saint Eutyjue, lils de Polyeucte. Il le lit cru-
cifier. Ce fut aussi lui qui tit mourir saint
André tribun. 11 le fît étendre sur un lit de
fer rougi au feu. Ne votilanl (>as preruire sur
lui la resf>onsabilité d'une londauination à
mori, il lo renvoya h tialere. Celui-ci, crai-
gnant «luelqie sédition «laus les troupes,
iiouna I ordre h .\ntio«:hus de le mettre
apparemment en li;-erté, de faire ensuite
tout son jiossibïe pour le faire renoncer h sa
foi , el s'il refusait, de le coudamner en Tac-
cusanl d*un autre crijue qui pût servir de
\ rétexte. Antiojhus esécuta des ordres aussi
barbares el ajssi injus.es. [Voy. Andhé, tri-
bun.)
ANTiOQ* E (saint), premier martyr de Sar-
daigne, fut mis à mort pour Jésus-Christ
sous l'etnpre d'Adrien, dans TiledeSulci oïl
d"abordilavaitétéexilé,DettUts,cetteUcapris
le nom du saint martvr. Aujourd'hui encore
AW
m
elle se nomme île Saint-Anlioque. UEglise
célèbre la fôte de ce saint martyr le 13 dé-
cembre.
ANTIPAS (saint), martyr, fut martyrisé à
Pergame sous Domitien*Son martyre est de
foi, étant rapporté dans l'Apocalypse (ch. lï,
V. 13), Ses Actes ne méritent aucune autorité,
L'Eglise fait sa fiîte le 11 avril. On prétend
que Téglise de Pergama possède ses reli-
ques.
ANTIPATER, était président en Achaie
sous le règne dii l'empereur Dèce. Il tit dé-
capiter le prêtre Miron dans la ville de Cy-
rique.
ANTIPATRIDE, petite ville située entre
Jérusalem et Césarée. Ce fut là que les cen-
turions,^ qui Claude Lysias avait confié saint
Paul pour le conduire au gouverneur Félix,
le tirent s'arrêter la nuit. Le lendemain il ga-
gna Césarée.
ANTOINE (saint)» martyr, fut jeté a a mer
pour la défensie de sa foi, à Alexandrie. Il eut
ëour compagnons de son martyre les saints
assus et Protolique. Le Martyrologe ro-
main ne marque point à quelle époque eut
lieu ce martyre. L'Ëghse honore leur sainte
el glorieuse'mémoire le 14 février.
ANTOINE (saint), martyr, eut la gloire de
verser son sang pour la foi à Home» sous
le règne de Valérien. Les compagnons de son
martyre sont saint Irénée ^ saint Théodore,
saint Satiunin , saint Victor et dix-sept au-
tres dont les noms sont inconnus. On ne sait
£as en quelle année eut lieu leur martyre.
'Eglise célèbre la mémoire de ces saints
marty.s le 15 décembre.
ANTOINE (saint), martyr» cueillit la palme
du martyre en Afrique , avec se^ com)>agnoDS
saints André, Jean et Pierre. On ignore Té-
Eoque et tes circonstances de leur martyre.
/Eglise fait leur fête le 23 seplembre-
ANTOINE (saint), prêtre, soutTrit pour la
foi sous le règne de Galère et de Maximio,
le G janvier 313, avec saint Julien rHospila-
lier. Sa fêle arrive le 9 janvier, ( Voy* Ctias-
telain, (i. 106.)
AN'I'OINE (^ant), martyr, versa son sang
pour la foi à Aneyre, sous Julien r.\i>osiat|
avec les saintsMélasipne et Car inné. L Eglise
cé.èbre leur mémoire le 7 novembre,
ANTOINE, qualifié patrice et d miestique,
sous ConstanliuCo,ïriinyme, fut un des pria-
ci|;aux miuislres des ciuautés de ce prince,
diins sa persécut on contre les calholiques,
en faveur de Théré^ie des iconoclastes.
ANTOINE (saint) , martyr Agé de quinze
ans, était cnlVint de chœ ir chez les Francis-
caans riu Japon. Quand on vint les arrêter
par ordre de lempereur Taiiosauia, en Tan-
née 1596, il insista pour qu'on rcjumenât avec
eux, ce qu'on ne voul.il pas faire à cause de
son âge. Il fut martyrisé à Nangazaqui le
5 février de Tannée suivante. Sur la croix
où il éuiit étendu , après que le P. BapUsle
eut chanté le Nunc dimiitis^ le petit AntoiDe
chanta le Laudale^ puen\ I/ominum: mais le
bourreau le tua d'un coup de lance avant
qu'il eût achevé {Voy. Japon). L*EgUse fait
la fêle d^ ce saint le 5 février*
w^
Mm
AMT
ÎIO
I ANTOINE ( sainl ), niflrfyr, vulgaîrement
saint Kudey, naquit en Lithuarile d*iine (à-
bnille Irès-îUusinj. Il était chambellan d'Ol-
mevûf graoti duc de Lilhuaoie, et [t^re du
fameux Jagpllon. Avant d'ôtro converti h la
fui par un pnHre nommé Nestorius, d ado-
rait/e feu comiue les habiUints du pays.
Ayant refusé de mani^er des viandes d*'' fen-
dues* un jour de jeOnts il fut mis en (HiS'>n
et bientôt evécuté, 11 fut exécuté le lijuiii,
Jeftti son frère, le stV avril, eîsnint Ruslaclie»
^$011 IroiâièJiecompag'ionf vulgairement ap-
*!é Nizilon), ie fot le i;i décembre. Ces
V\% saints uiouriirent à Wilna, vers Tan
13M. On les pendit k un grand chêne qui
^ervaitdê potence pour les malfaiteurs ; raais
Bprès leur martyre on n'y pendit plus per~
(sonne. Les chrétiens achetèrent du prince
[l'arlire et le terrain, et ils y bâtirent ensuite
[une église. Leurs corps sont encore dans fé-
jlise de la Trinité, qui est desservie par des
loincs de Saint-Basile» On tait leur fête h
Vilna le 1'* avril, et ils sont regu-dés comme
es |>nni^inaui patrons de cette ville.
ANTOISe ( le bie'iljenreux Fhaisçois ),
prêtre de la eorapagrjie de Jésus, fut associé
Liu martyre rlu B. Aquaviva, recteur du col-
que les Jésuites avaient dans File de
BUe^ airec les BB, AlfonsePachecOt P erre
E?rna, prêtres, et le frère coadjuteur François
l A ra ^u a . ^ T a n n e r , So c ie tas Je s h mq ne ad sa n-
lAÏAÙ et vitœ profuMÎanem mititans^ p, 2^.
P. d*Outreiuan, Becueil des hommes ilius^
ires de la compagnk de Jêsus^ p 457. Du J jr-
ic, UUtoire des choses plus mémorables^ etc.
It- I, p; 352.)
AMOiNE (saint), franciscain, mourut
^ ^ur la foi chrétienne h Sabnaslre en Perse,
îi>us le règne d*un prince inonghol, qui per-
[feulai» vivement les chrétiens et su/tout les
[miiiislrcs de Jésus-Christ. Sa mort arriva en
1287. Dans le même pays, le frère Alobrai-
linilo Florence, les frères Conrad et Voisei,
le Tordre des Frères Mineurs, furent aussi
uriyrisés pour la foi. Les mahometans \os
lièrent à des poteaux, et leur dépouillèrent
Ine. Comme ils continuaient, malgré ce
lice,à chanter à [ileiiie voix leSa/t'c, iïe-
^les bourreaux les noyèrent, (>o^, Wad-
an. 1284, n IL )
«TOINE DE MILAN ( le bicnheureuï ),
iwix ses deux compai^ions FraTi<;oîs Pi trio lu
" Moniddo d'Ancône, fut martyrisé pour la
n chrétienne, en 1 aii de Jésus-Christ 1^88,
saints missionnaires choisissaient de
[►référence le vendredi, jour consacré <*! Dieu,
lieJt tes musulmans, pour leur annoncer TE-
^BOfile* Ils se livraient h la prédication,
ae en présence du cadi d'Erzingan. Cet
iefp Toyant que le peuple était ébranlé par
^s discours des Sriints piédicaieurs, crut ne
savoir mieux faire que de les mettre en
ence d'un des f^rincipaus docteurs de )a
i potirquHls fussent vaincus publiquement
iDS Ja discussion ; mais son espoir fut sin-
|ulièrement trompé. Ce fut au contraire le
cleur mahomélan qui fut vaincu par les
lisciples de Jésus-Christ. Les musulmans m
MpruuTèrent une grande fureur. Néanmoins
le cadi laissa les saints prédicateurs se reti-
rer ; mais le conseil des principaux d*entre
les musulmans s'éiant assemblé, il y fut dé-
cidé qu*on contraindrait les prédicateurs
chrétiens h désavouer publiquement leur
doctrine. Ils furf*nt dont tous les trois pris
et conduits devant le conj^eil. Aulieud'y dé-
savouer Jésus-Christ, ils exaltèrent son di-
vin nom et montrèrent q»ie Mahomet n'était
qu un imposteur: il y avait un aveugle dans
1 assemblée. Le cadi dit aux saints confes-
seurs : « Vous afïirmez que la foi que vous
prêchez a été prouvée par des miracles; eh
bien 1 ordonnez que cet aveugle vtue : sM re-
couvre la lumière, nous croirons à vos en-
seignements. » — (f Dieu a la toute-puissance,
dirent les confesseurs , s'il lui plaît que ce
mirac'e s accomplisse, il s'accomplira 1 » Us
firent le signe de la croix sur les yeux de Ta-
veogfe ; il en sortit du sang et de* Feau et il?
s'ouvrirentà la lumière. Ce miracle ne réus-
sit pas à vaincre raveugh*raenl des mahomé-
tans. On Ht sortir Faveugle guéri, et les Fran-
ciscain» furent unanimement condamnés à
mort. Ces trois religieux marclièrent gaie-
ment au supplice, se félicitant mutuellement
de voir la réalisation de ce qu'ils avaient
tant désiré. Arrivés au lieu de l'exécutiont
ils levèicnt les yeux au ciel, étendirent les
bras en croix, quand ils virent les mahomé-
tans armés d'é[jées se ruer sur eux. Un ma-
bométan, pris de pitié nour les saints mar-
tyrs, ayant airessé qiueJ jues mots de repro-
che aux b^iurreaux, lut immédiatement mis
h mort par ses coreligionnaires. Etîrayés tlfi
la rage des mahoin élans, les chrétiens de la
ville s'étaient enfuis d:ms la campagne* Ce
fut un Vendredi h mdi que les trois Francis-
cains mountrenl. On coupa leurs corps en
quatre et on attacha les morceaux aux por-
tes de la ville. Des gardes furent placés au-
près pour empêcher les chrétiens de les eu-
lever. Un prêtre arméaieri, qui avait donné
ostensiblement son approbation aux Francis-
cains dans la discussion qu'ils avaient sou-
tenue, fut «aisi par les mahométans. On lui
attacha au cou la tète d'un d» s martyrs avec
une de ces cordes qui servent de ceinture
aux frères Maneurs, et on le promena en le
fustigeant par toute la ville. Dès qu*il eut re-
couvré sa fiberté, il eu profita pour recueillir
religieusement les restes des saints martyrs,
( Vou. les Chroniques des F rires Mineurs^
t. Il,p. 14t>)
ANTOINE DE NAYROT (saint), était fort
jeune, lorsqu'il se consacra à Dieu dans Tor-
dre de Sainl-Domioique, et dans le couvent
de Saint-Marc, que dirigea saint Antonint
futur archevêque de Florence. Saint Antoine
éteint parti pour Naples d après les ordres oe
sus supérieurs, fut pris en mer par les coi^
saires de Tunis. Ces barbares lui firent en-
durer de si cruels tourments qu'U renia son
Dieu, et resta dans celtedéplorable apostasie
environ quatre mois. La grâce l'ayant tou*
ché, il confessa publiquement sa foi, en pré-
sence du dey qui tenta d abord de le rega-
gner par des promesses et des caresses. On la
mit en prison ensuitei mais inutilement. A*
iMLftunSA, pniic^ via^aMiin*:. qui réiri^it
«:j -le;» 4«i Dftr.ub>. Vjixmt J^i'v.ji^ ..u rriïieat
llolifUieiit.L'an <9e o^caartvrs fut^vM^Krj^
«l«AS ie firettftifrf Uimoile. et le* quà^e «•-j rr»
fiirefU dw^fiU s sur le borl oa flrur^r. !e li
VnriÊsr i^M, L'ei^droïC du nr^/e c j îd>«irrDt
les corp* d"* roartyr? fat Hfituiité d une
cUrté »j«l-ffKiid^ ; on V e^ftendil uifr fiia^i:iae
Îui tefoblail |prov*^orr de^ ch'fiiir^ c^le-tef.
>tj;ïûd on rac^'iiU r:«f» prodi;:^s » Ba^Mrsth,
il se reuiiC irnmé'ilaUuienrsur fe^Jieui;
maUy quoi qu*il ps.t feir<^. y>n cher^K n'obéi»-
saot m 4UI coups ru â l'éfieroo. re.usa d'ap-
procher d4:8 corp» des ^aints. Alor«, d^s-jeo-
dafit de cheval, il voulut s>rj afif^rof-her ;
maïs une terrible apfi^ïritîon lui 'rn déf«^ndît
le chemin. 11 fut obligé de se retirer Téff^m-
vant#» dans «e c/eur ; les rnoine^ du rite îrn,*c,
qui craiijnaient qu'on rendit M honneurs
accoulurnés ff»riiii les r:atholiqijes ^u\ reli-
que» des saints, afoeiièrerit des chiens fiour
les dAvorer. Quand ces animaui voulurent
accorniilir celte horrible curée, la main de ce-
lui (lui commande a toutes cho*'Hs ici-bas,
les frapfiant d'une htym invisible ; our les
spectateurs, les fon;a de fuir en jetant des
crin éfKiUvantables. L'und eux, Hvantm rdu
un de ces cor[>s sacrés, [>arut îfnmédiate-
mttnl la ^ueuie en feu au\ yeux d"S specta-
teurs éfKiuvantés. Ceful alors que Dieu, met-
tant le comble à ces prodij^es, fit sortir le
fleuve de son lit ; ses va^^ues vinrent soule-
ver sur la rive ces corps q'ie tant d • mira-
des avaient gloriliés, et les |»lacêrent dans des
cercueils qu'appr^rtèrenl des an^cs. Outnd
eet ensevelissement miraculeux fut terminé,
le fleuve s'ouvrit [K>ur donner aux martyrs
une sépulture non moins miraculeuse au
•ein de ses flots. Les v^^^n 'nibles rdi fues
a^ont lias été retrouvées. Voilà /j^* que raconte
Wa^ltTing, et,d*après lui, Henrion. Nous ai-
ilKins h croire que des faits de celle nature
ORt été étayés de preuves sufTisanles pour
que des auteurs recommandabl'.*s aient ac-
crt|4é la responsabilité d'un tel récit.
MNTOINIÎ (le bienheureux j, (ils de Xico-
tenealt, ékîve du séminaire que gouvernail à
Htsealn, au Mexique, le P.Marlin de Valence,
••41 vil, avei5 Didace,autre élève du séminaire,
Bi^rnardin de Minaza, qui allait h Guaxadona
âvfJcAjvarez de Saodoval. Arrivés à Tepeacai
£>T
fit
j?^ à:MtiA ^^ â:i 'u^/vs de Tiaseala, les
-K^rKs^MTS ««sTie-^c^-»?!: k ûriser les idoles
>-s iah lï^ii* 5r w ?i*f: *^ -les mviroos :
'j^^\ ii Tr**:: ♦- ^ «>î.fa:.i*!i les araienl
'j*i-fi*r**- Ernifcrj - *C2«*:* irrs jeuoes roiD-
T--f»r-s i IcîT* o>« 5: iis'-s :<Kir les cher«
''/«»^. Os 2LTr-*:}-i»-.:oï :m^-it tellemenl
le* y3:-.L'.r-s. jj'iiî re«r-»j=îrtf:Ot de tuer ces
irr\.ïj*r^ 2t^*. P'.nr f*t\b 1 • '** zuett^Tenl, car
:*$ r. ■'^s-ec.i r«fe* «•'i^^riî'.ir -cif crime ouver-
ie::>rfii- Arî/tic*: ri Je^ii. soq -erviteur { qui
->«■>.: «.«iii :.%r j-éic^raHrit . étant entréSp
bo-^de h v-.i:e. :rr* !jsr saison en Tab-
srfife du î>ro:cîêi»îr*r. »ar y faire leurs
fr/tiiîJtrs. f'^recit >ujri? w irr* indigènes qui
]e* ^s^^sûraf-rrû! sur :-i*:e. Ct* crime devait,
s'il éta.: 'i^x^juv^ert. «tiijv-r sur ses auteurs
^^ «:-n4t:TDe^t«>^T-r^. L<> nvrnrtrier*, pour
oé.-iMef -e* iri«^rs*-a»-!ors. ro.l-îrrent les ca-
dhTr^dHiLy un *-&J?*>:télo:i^»f- et les jetè-
rent d%rj* uLe fo>«e :'f*>fc-»'ir. Cependant les
ai'Ssssîcs firent d-w-i^erts. et on les fit
p L'i:^. h nou5 esf :m-*>*'S:b!e de iustilier
p?:r !e* rêrl»:5 orJinsir^ îe Zfl> de Bernar-
din et de 5^s jeu De> comwznons. Pour na
pas le condamner, ij f\u\. c«>mrae le fît Mar-
tin de Val*?Dce- suj^^-ieor da couvent de
Th?^j»la, admettre use interventon directe
du S)int-Esprif. Sans re!a nous ne saurions
voir dans U cond'.ite de c-^ briseurs d*ido-
les qu*uû fanatisme in^>nsidéré. Pourquoi
détruire ces idoles? que soni-el'es sais le
culte qu'on leur rend? Rien évidemment.
Ce qu'il f?ïut détruire, c>?f le culte et non Ti-
dol».'. L'ido.âîre converîi brisera de sa main
le ri Jicu:e ohjel de son adoration. Si on brise
l'idole avant de convertir son adorateur, il
deme'irera d'autant plus atîathé à sa crovance
Î|u il la \erra persécut-?e. Le bris des iaoleSi
a df'sfruction d-*s temples d^-s faux dieuif
ne sont que le fait d un fanatisme inintelli-
gent, qui ne sr.ur.^it plaire à Dieu, et qui ne
saurait produire de bons fruits. La piîidica-
tion eut inliniment mieux valu que ces
moyens violents, qui ne sont le fait que des
persécuteurs.
ANTOINETTE Mainte), maHyre, souflnrit
durant h |)ersécution de Valérien à Cirthe
en Numidie, avec les saints A;;:ipe,Secondin,
Emilien soldat, « t sainte Terlulle. ( Voji., pour
les détails, les Actes de saint Mariex.;
ANTOINETTE ( ainte*, martyre, était on-
f inaire de Nicomédie. Elle fut d*abord misa
la question d'une manière cruelle et éprou-
vée pard'autressortesde tortures; ensuite,dup
rant trois jours, on la suspendit par un bras,
après quoi elle fut re'ifennée pendant deux
ans dans un cachot, d'où on la sortit pour
être brûlée par ordre du président Priscil-
lien, à cause de sa persévérance à confesser
Jésus-(:hri>l. L'Eglise honore sa mainte mé-
moire le h- mai.
ANTOLIEN (saint), ou Aw atolibx, souffrit
environ Tan 266, un glorieux martyre pouy
In foi, quand Chrocus, roi deiAllemandSi
vint rava^jer les Gaules. Au v* sièrie, ses re-
Ht^ues étaient dans tme église qu'on avo^t
Bàtle en son honneur. Depuiis, elles furent
mises dans l'église de $aiat-Gal| puis, plus
Ii3
ANT
ANT
211
-arrl, dans celle de Saint-Allyre, L'Eglise fait
$a fôie le 15 mai, avec celle de sa'mi Cdssius
ANTOXir ' U martyre, fut couron-
tiée ^tar la ^^ . . i-Uon sous rem pire (rAi-
tonin Marc-Aurèle» ^ Lyon» t^n 177. Ello
mourut en prison, aXv'*^** j^nseu la Inrce de
5Upp<irler jusqu'au bout les tosirçiicnls <juiî
lui firent endurer les persécuteurs 8a iHn
arrive le 2 juin, avec celle «le sauit Pothiri
et de tous les glorioui martyrs ses com|ja-
gnons.
ANTONIN, Âurelinâ Fulvius Antonhius
£iu«, Ûis adoplif d*Adrien, oionUi sur lo
IrOne en 13S- C'est le iiï<»illeur empereur
qu'aient eule«» Rom.'uns, 11 donna sur le
Irône leiemple de toutes les veHus qui con-
viennent à un particulier et k un souverain.
Sri justice* son humanité, sa bienftii sauce, le
firent aimer autant qu'adiuïrer, noo-seule-
nient de ses sujets, ntais encore de tous les
autres peuplesi qu'il domina par raseendaiit
de la vertu, plus que n*avaieat pu faire les
empereurs les plus belliqueux pcT lasieu-
danî de la terreur* Ce prince ne fit \mïni de
lois M! d* ('dits contre los chroïïi'us. bikini Mé-
liton iJans son a[)olu;4iie a Marc-Aurèlc, Ter-
lulliun dans la sienne, disent positivement,
qu il ii\ eut pas di- perséculioo sous son rè-
. Suipîce Sévère et Oi ose n'en indiquent
noà plus. Le premier parle nn>me de
ieiirouse tranquillité dont jouissaient alors
les Eglises.
Nous ne pensons pas qu'on puisse prendre
h la lettre ces allirmations. Il n'y eut pas de
poi ^^ecution sous Antonin» cela veut du-e
qift'i} etl'et il ne lit point de lois eonire los
chréut^ns, mais cela no signiLie pas qu'ils ne
furent i>ns isoti-uii >nt persécutés >oiis son lè-
ire des gouvemnifs, en
' , j:: ; iiues* Nous discuterons
retio qnestioQ à 1 article pEiisÉctTio^ts (!)•
(f ^ ' î il von** qiir^ soits le |)ieii% Aîïtiimri, la
p^r Mpoûnrul phiîsiftii s villes *îe rt^npireet
' u'S iMi^riyi'ii» aiï nombre desquels
rpfMHiloiiïe iiinrtvi'S Je Pliibdel-
i n:tu doijl soïi apcïlogîe lait iiieuli^u,
luesiiMties; juaisquoiiiae umis îvuyoii;»
i cotiu ûre au sien, poar c*^ «pii re-
'^ aii<|Uel i'*'s nurlyrs ont souIVcrl, le
i. . -.^li- ^uih OAi enduré 1.» mort sons Marc- An-
rèks nous soumet d'jr*fird avec lu paur ce ijiu
coucefirt» le inmibie île ivrix que la persécution d'An»
tonin a enlevés; saint Jusliu y esi lbnj<el «laftsfii-
pologicT qu'il présente â ce i enapereiir : t Tout uotre
criine, dh-il en adressant la parole aux juje^, est
ckûio:* fesser que nô is soi mues elirélicas; voïlit uui-
^leiaent ce que vous piuuj>se£ en nous Vous
ctHuifieiicez par coudamner ceui qui sout dêlérés :i
votre iribuiial, cl vous les envoyez, au supiiiiee avant
^uc de conn.'^itrc s*ils l'oni uiéniê...*. i i^i plusieurs
' : I .Nous eonfess<iiis ue:te.i*eul que nous
ièus, â la première deiuande <|ue vous
...,,,- r*T ..«IV -., quoique nous n'î)(nurions pas que la
motl fioîl <yire aussitôt le prix de i^elle audessiou
lifteAie. Si i»ous n'aviou*^ eo vue que il'acquénr un
royaume bur la terre, nous nous douj*erioos i ien de
ganle d'avouer une ejioâequi *k>it sar-le-chauip nous
couler la vie Si nanti eu u fessons Jèsiis-Ctinst, ce
n'eèt pas que nous y st^yrins forcés, et sî uous al-
lons à ta mort, c*est volontairemejit que nous y
. I Que ce soii| m resté, par des ordres cx-
Sous Antonin» durant la première année
de son ré^ne, saint Télespîiore, septième
pasteur tle TË^ise romaine, tut martyrisée
Home mém*** Ce seul fait prouve qif il y
eut au moins des persé^'uiions isoféessous
Anlonio. Beaucoup d'inscriptions, d*hi<toi-
rt^s de martyrs, beaucoup do passages des
Martyrolo.^es ont tait attribuer h ce prince
des pei'séi'Utions auxquelles il est complète-
îuent étranger. On sait qu*à partir de lui,
plusieurs souverains, et notamment Mîirc-
Aurèle» se nomment Anlonius comme d'au-
tres se sont nommés Césars. Or la plu]>ûrt
des martyrs iodioués comme ayant soutfert
sous le règne a Aotouin, ont réellement
prés de rempereur" qu'on en ail usé ainsi envers les
chrétiens, les ^îtiniieres p^iroles de celte apologie le
fonlassei cofuiaitrcv car voici counne son bieulieu-
reu\ auteur parle à Autouïn niéuje : « Ceux que
vouscondauiiie£ à niori n'Oi.t jamais coninii^ aucun
crime : ils sont innoculs; ne les Irartcjt pas eouuue
des coupables ou co.nnic ttes ennemis cte voire em*
pire; niais saches que si voas persistez dans i^otrc
oqu&Uee, vous iréviierei. pis le terril de jugciHeut du
Dieu vivant; r'e I de sa p;iri que nous vous rannoo-
çons. > D'ailleurSf ti est clair que celli! apologie oc
fut pas prêseotee a Au ton in au couimencenicnt de
son regne^ puisque^ outre que l'a a tcur y parle des ma r-
ciouiles, doui ï lirresieri avaii pas encorealors cclaié,
il marque e\ pressentent qull écrit Lt cent cînqutn-
tienje auju'e de Jesus-Cliri^l, qui revient à b Irciziè-
me *rAmonîo.
Le même auleur dans son dialogue avec Tr}'phon,
après avoir dit qut^ les ch reliens vicoueul de (»erdre
la ue pour n'avoir p^s voulu renoncer lésus-CItnst»
aioute vers k milieu ; t II p irait as-^cî que rîeik n'est
€:ipi le de nous faire ctiajiger île religion, puisime
no is aimons mieux ettc < gorgés , altadics à ues
croix, exposés aux bétes, charges de clialnes, lïriïlés
à pet il leu, en unoiOl« endurer louies sortes de
Slip iîces, que de donner la moindre marque d'une
foi ctiarM-elante et douteuse.....; i el ensuite : t Un ne
soniïre plus aucun cbrétieu sur la terre, i Tous ces
pass ges lie saint Justin s'acconîent fort bien avec
nue ancienne inscripiiou, trouvée au cuneti ère tle
Cabste, trcst l'ëpitapbed'un marlyr nonnué Alei^an-
di T, où on lit uue les temps fiirent si malheureux
sous remplit? d'An tonin, que les cavernes les plus
reeulees et les autres les plus obscurs ne pouvaient
servir d'asiles mix chrétiens contre la fureur des
piîrscculeurs, et que I oo faisail un crime aux pa-
rents et aux amis des devoirs que la nature ou Ta-
rn itio leur faisait renilFe ài C4iu\ que la pers xutlon
immolai. CerlainemenI » si nous en croyons un
auteur qui a écrit la vie d'Ajilouui » ce prince avait
une si graude attache à sei dieux, qu il leur offrait
Sîius cesse îles saerilices, ce qu'il faisait loiiîoursluî-
méniOi à moins, qu'il ne fiif malade. Et si queiqucfoi»
il s'abstenait de repan<lre le suig des c lire tien s, ce
n était que p.uce que les voyant courir à la nujrt
avec ta même joie que les autres coureni à la vic-
toire; il recuunaissait qull ue pou va il leur faire un
plus grand plaisir que de les lai re mourir. EnÛn^
ces persc»:u lions locales se prouvent par nn res-
crit de cet èuipeit?ur nième, à pltisicurs villes de
Boij empire au vquelles il défend 01 uquieler k l'ave-
nir les chrétiens , voulant qnon fasse cesser tout
tronhie et toui lumuUe excite conli*e eux , car cei
émotions populaires »rallaient pas moiits qu a ré-
pandre te sang des ndéles, ce que le resi^ril expruue
en ces termes : * Vous cltas&ei avec violence le»
chrétien» de vos villes , et vous les poursuive;
avec lani d'ajituoâïté, qu*U ea coûte la vie a plu-
sieurs. I
^
SIS
ANT
ANU
2fa
souffert sous Anlonin Marc-Aurèle» ou sous
Comoiode. Cependant, et par le martyre de
saint TélesphoreT el par les aflirmations do
saint Justin dans s m apologie, il est impos-
sible de ne pns admettre des persécutions
sous Anîoiim. Mais ce qui est certain, c'est
qu'on ne doit croire qu a df»s persécutions
isolées et indépendarîtes de l'action directe
de lempereur.
Ce fut dans Tannée 150 que saint Justin
présenta sa grande at>oiogie h Tempère ur
Antonin. Touché par la force des raisons de
saint Justin, Anton in rendit en faveur des
chrétiens un rescrit qu*on peut lire h Tarti-
de Pkhséchtions. Antonin (it publier cet édit^
et écrivit dans le uiôme sens à beaucoup de
gouverneurs de province*;. Les dernières an-
nées de son rè^ne furent des années de paix
Eour l'Elise. Ce qui le prouve, c'est la îi-
ertéqueoreil siinl Justin daller visiter
les Egl ses d'Orient, saint Poljcarpe évèque
de Smyrne, et saint H 'gésippe, de venir à
Rome. Saint Polycarpe, put même y combat-
Ire publiquement et avec succès les hérésies
prèchéespar Valentin et par Marcion.
Après un rè^ne de vingt-trois ans, qui fit
le bonheur de Temuire romain , Antonin
mourut dans son palais de Lorie le 1 mars
KM.
Ce prince donna sur le irone Texemple do
toutes les vertus publiques et privées. Un
conte absurde porte que saint Grégoire le
(îrand obtint de Dieu la béatification de Tra-
jan. Il aurait été convenable de choisir au
moins le meilleur des empereurs romains,
pour en faire Tobjet d'une telle histoire.
Pourquoi n'avoir pas choisi Antonin?
ANTONIN (saint), fut martyr ^é à Rome,
vers le commencement du règne de Gallien,
avec sainte Flore, sainte Lucille el lessaints
Eugène, Théodore et leurs compagiioiis «u
iiontbre de dix-huit. L'Eglise fait leur fêle
le 29 juillet.
ANTONIN (saint), martyr, faisait partie de
Tillustre légi<)n Théhêenne. Il soulfrit le
martyre à Plaisance; le Martyrologe romain
ne marque point en ciuelles circonstances ni
à quelb* époque. L'Eglise honore sa mémoire
le 3 septembre.
ANTONIN (saint), martyr, versa son sang
pour la défense de la reli^on sous la cruelle
piTséculion que Dioclétien fit soulfrir aiii
chrétiens. II eut pour compagnons de son
martyre les saints Victor, Zo tique. Zénoti,
Cêsaîre, Sévérien, Chrvsophore et Théonas.
L enlise honore leur illustre mémoire le 20
ANTONIN (saint), martyr, était tout jeune
lor>qu1l versa son san.-; pour la défense de
la religion à Capoue. Il fUt po'ir compagnon
de son glorieux combat saint Aristée, évéque.
On n a aucun détail sur leur martyre, et le
Martyrologe ne marifue point 5 qu lie épo-
que d eut lieu. L^Eglise honore leur sainte
mémoire le II septembre*
ANTONIN (saint)» martyr h Pamiers, est
hojioré par TEglise de Pamiers le 2septeio-
bvi\ Il est à peu près certain que ce saint
n'est autro aue celui qui souffrit pour k foi
h Apâmée en Syrie. La similitude des nom?
entre ces deui villes a probablement causé
cette erreur
ANTONIN (saint), confesseur, était évêque
à Milan. 11 y confessa sa foi dans des circons-
tances que malheure «sèment le Marlvrologe
romain ne dit pas. On ig^ ore égalera nt à
quelle époque. L'Kglise honore sa glorieuse
mémoire le 31 octobre.
ANTONIN (sainl)^ martyr, versa son sang
pour la foi h Rome par Tordre du juge Vi-
tellius. On n'a aucun détail sur son martyre.
Il fut eiderré sur la voie Aurélienne. L'E-
glise célèbre sa glorieuse mémoire le 2â
août.
ANTONIN (saint), martyr, versa son sang
pour la foi à Césarée en Palestine/lient
pour compagnons de son martyre les saints
Zébinas, tlermain, et sainte Ennathe, vierge,
qui fut d'abord meurtrie decoups et ensuite
brû ée. Ils furent décapités sous Galère-Maii-
mien, parce qu*iis accusaient d'impiété le
président Firmilien et le repren?uent de ce
qu'il sacririail aux faux dieux. L'Eglise ho-
nore leur mémoire le 13 novembre.
ANTONINE (sainte), martyre, versa sou
sang pour la foi durant la persécution lie
Maximien , sous le président Festus, Elle
avait d abord été condamnée à être prosti-
tuée dans un lieu de débauche; mais elle eu
fut retirée secrètement narle soliat Alexan-
dre, qui, changeant d'habit avec elle, de-
meura à sa place. Cette pieuse fraude avant
été découverte , on la mit avec lui à la tor-
ture ; ils eurent tous deux les mains co jpées
et furent jetés ensemble dans le feu , où
étant morts pour Jésus-Christ , ils reçurent
la couronne du martyre. L'Eglise honore la
mémoire de ces deux glorieux martyrs Je
3 mai*
ANTONINE (sainte), martyre, s*étant mo-
quée des dieux des gentils durant h persé-
cution de Dioclétien , fut, après divers tour-
ments , enfermée dans un tonneau et sub-
mergée dans le mara s de la ville de Cée.
L*Ei5lise honore sa mémoire le i" mars»
ANTONINUS ( Arrius ), proconsul d'Asie ,
sous Tempire de Marc-Auréle* persécuta vii>
lemment les chrétiens dvms son gouverne-
ment. Ce fut à la suite de ces persécutions
ou même pendant qu'elles duraient, qu'A-
thénagore présenta à Tempereur sa fameuse
Apoingie, Sous Commode, successeur de
Marc-Aurèle,ce gouverneur continua à sévir
avec rage contre les chrétiens. Sa fureur
donna lieu à une démonstration magnifique
de la part des habitants d'une petite ville *
entièrement chrétienne. Ils vinrent en masse
se présenter au proconsul, s'oifrant à la mort.
« Malheureux , leur dit- il , si vous avez si
grande envie de mourir , vous ne manquez
ni de cordes ni de précipices.» II en fil nmu-
rir quelqties-uns et renvoya les autres.
Quelque temps après , il périt de mort vio-
lente. Les chrétiens virent dans cette û)0rl
nue vengeance du cieK
ANULIN , (»roconsul trAfrique sous Dio-
clétien, lit mourir pour la foi, en 30^, à Thé-
baste , sainte CaisrixE, ( Vot/* son titre. ] 1
ïl7
APH
APH
218
fit aussi mourir, en l*an do Jésus-Chrîst 305 ,
$«inlSvUarnin, prôlre, et quarante-huit autres
martyrs. (Pour plus de détails, vo^, les
Actes de sainr SàTURMy. )
ANYSIE (sainte) , martyre, versa son sang
pour Jésus- Christ à Thessalonique, On n a
aucun détail sur son martyre; on ignore
niéine Tépo |ue où il eut lieu. L'Eglise ho-
nore sa sainte mémoire le 30 décembre.
APAMÈE» ville de Syrie , fut témoin du
martyre de Tévôque Maxccl , qui fut massa-
cré p/ir une troupe de gentils en fureur.
AFELLE (saint), martyr, cueil il la palme
du martyre avec les sainls Luc et Clément,
On ignore à quelle époque et dans (juelles
circonslances eut lieu leur martyre* L Eglise
célèbre leur glorieuse mémoire le 10 sep-
tembre-
APHRAATE, solitaire près d'Antioche,
confesseur. Comme Dieu, d.i Tillemont»
veut avoir des saints dans toutes les na-
tions, il a tiré saint Aphraate du milieu de
lâ corruption elTroyable qui régnait alors
parmi les Perses, il le fit naître dVne fa-
mide illustre, mais critxiinelle, et ce semble
même, dans uuo famille de mag^s, c'e^l-à-
dire de ceux oui étai^-nt le» maîtres de l'i-
dolàtrie chez u*s Perses et les plus grands
ennemis de la religion* Cependant» après
être né et avoir été élevé dans Timpiété,
il connut et aima la vérité, lembrassa de
tout son cœur, et dans ta douleur de voir
qu'elle fût si peu aimée dans son pavs. il le
quitta sans se mettre en peine ûv tou'e la
graudt^ur de sa maison, et vint s'enfermer
avec joie dans une cabane qu'il trouva au-
près d*Ëdesse en Mésopot unie. Après y
avuir été quelque temps k acquérir Tentière
pureté de son ;\me, il vint à Aiiliocho où il
se relira dans un monastère hors de la ville,
preiitnl son logement auprès de la porte,
jiour ouvrira tous ceux qui demandaient à
entrer Qi les reconduire quand ils s'en al-
laient. Il ne parlait aui femmes que hors
de la I porte. On *-e put jamais Tobliger de
prendre personne avec lui, parce qu'il vou-
lait lo jours se servir lui-même, quelque
[occupation quil eût. Il ne recevait aussi
rien de personne que d'un seul de ses amis
îui lui fournissait les choses dont il avait
&soin ; ce qui ne le chargeait pas beau-
)up, car le saint ne mangeait qu'un peu
[de pain après le soîeil couché jusqu'à ce
iquen son extrême vieillesse il y ajoutât
' quelques herbes. An thème, qui fut depuis
^K'tci et consul en Tan 4o5, et le plus loué
8U5si bien que le plus puissant de tous les
magistrats cle son temps, ayant été envoyé
iiubass<ideur en Perse, en rapporta une tu-
nique qu*il pria le saint daccepter parce
q^ae c'était un ouvrage de son pa.s. Mais il
seo eicusa d'une manière i«jrt dvde et fort
ingémeuse, ne voulant pas changer celle
QUI lui servait depuis Hî ans, ni en avoir
fcui, et ii obligea Anthème môme d'avouer
({u'il avait raison.
Depuis qu'il fut venu à Antioche, il ap-
prit un peu de grec, et avec ce langage moi-
tié greCf moitié persan , il attirait tout ce
qu'il y avait de monde "dans Antioche. Los
personnes de lettres el de qualité y accou-
raient aussi bien que le simple peuple;
chacun se pressait de venir entendre les
exhortations qu'il faisait h la porte du mo-
nastère et les réponses qu'il faisait à ceux
qui lui proposaient quelques ouestions. Il
parlait souvent par paraboles à 1 imitation du
Sauveur, C'est Fordinaire des Orientaux*
Théodoret dit cju'il vint à Antioche qui était
violemment a-^itée par la tempête de ThérÔ-
sie. On peut dire qu'elle fut loujouis en cet
état depuis que saint Eustache en eut été
chassé en 331 jusqu'en 378 que mourut
Valent, Et il semble en effet par la suite de
Théodoret que saint Aphraale y était avant
le règne de Jovien. Il est certain qu'il y sou*
tint admirablement l'Eglise durant la iiersé-
cution que Valens y eicita après qu'il y fut
venu faire sa résidence en 371, Il sortit
alors de la retraite où il avait toujours vécu,
afin de défendre l'Eglise, quoiqu'il n'y fût
engagé que i^ar son zèle et non par aucun
ministère ecclésiastique. Il se joignit aux
prêtres Flavien el Diodore, qui étaient les
ch fs de celte Eglise, parce que Tévèquo
saint Mélèce était banni, et se donna tout
entier h encourager le peuple el h le forti-
fier dans la vraie foi, autant par la sainteté
de sa vie el par ses miracles que par ses
paroles. Ce fut lui qui avec Flavien et Dio-
di> e envoya Acace de Bérée prier saint
Julien Sabiias de venir rendre témoignage h
la vérité.
Un jour que l'empereur Valons regardait
les passants, il aperçul notre saint qui se
rendait h rassemblée des chrétiens, Valens
voulut lui faire un reproche de ce qu*il
avait quitté sa cellule et lui reprocha à lui-
même d'avoir mis le feu dans l'Eglise, lui
demandant si a|*rès cela il n'était fins obligé
de laire tout ce qu'il pouvait pour Téleindre-
Ûn des eunuques de l'empereur maltraita
le saint, et le menaça même de le faire
mûur.r. Quelques moments apiès, on le
trouva mort dans le bain qu'il avait fait pré-
parer à l'empereur et où il était tombé par
mégarde. Dieu avait ainsi vengé Aphruate*
Celle punition si prompte et si visible
elfraya Valens et renspèuha d'envoyé k- ce
saint en exil, comme b*s ariens le voulaient,
à cause de la grande autorité qu'il avait
parmi le peuple.
Après que la mort funeste de Valens eut
renuu la paix k l'Eglise, Aphraale enlra dans
sa première retraite où il continua h faire
paraître son éminenle vertu el à briller par
un grand nombre de miracles. Théodoret
s'est contenté u'en marquer deux, dont il lit
le premier à la prière d'une femme affligée
de ce que son mari, ensorcelé par une nnsé-
rable, nréférait un amour criminel à un légi-
time. Il pria pour elle et pour son mari, lui
dit de s'ointîre avec de Thuile qu'il avait
bénite, et ce remède lit tout l'efiet qu'elle
souhaitait. Par l'autre miracle, il préserva
avec de l'eau qu'il avait aussi bénite, le
champ d'un pauvre homme contre une nuée
de sauterelles qui ravageaient tout le pays*
i
M9 APO
'PéfAor^U étaot eocorî b!çn;«ra-'ç 'î Tlze
peil-Çtr*; d> 10 oa 15 ?riS , \llz l *Te:' sa
a^r« rec^oîr sa tr-4- ^.ivs, loi 'Ois
^^fjirnrii yXZ'.T q;-»Ç '•: 5": iî a T5^i j y-
'Isrrvnt (Ire aé a:?r»:Ç 59 i. il feit jir: s^int
.%: '.TW!? fat & ors <l%ri« une ei*.>!-s-: viei!-
Tç-n;»» Irr VaJçn? t-*^ .'î^i .T75 iJ -rt'r t i-jà
fuxu «rt fort Sçé- I! ÎA ►•Lt^rré a j fb 3t/.jur^
t-.T. dor-t «ÎDl Chrvço^'ojje a û.t l'-To-e-
J>« O.w;^ font !a f*^! ' 1^ saint ÀT^ar-at-rîe
îi9;aDT:frr. %r^<: 'jn*; rrçt./;r-: ^u: e*trbr4^4
'ie c* q'ï*r:j 'l\\ TLroJo.eî. Bî-^r us Ta mis
i^ v*rji.ieaî«î u'avril d<îii5 le M'irt yro! j^e
r>maiii.
Saint Th^odost? d'Afiti^rhe et siriût M«?4-
doo'* fijrfrnt Uii> de:»-ji» danç le m^me l >m-
beau rrie saiûl Aphrait-:. Tilî^mont, roL X,
[MX- VV?.
ÀPMRODISE 'sMrjt , fut m^rtyrsé en Ali-
que durant la p'.-rs^culioi de** Van Jales. 11
'Mit po?jr compagnon de ym rn-^rtvre saint
Pi#.'rre. L'Eglise fuit colieclivement 'It-ar fête
lo 1% mars.
APHRODISE fsaint;, martyr, était prêtre à
Alexandrie. Il y sojtTrit le martvre avec
trente autres sainte dont on i^ire les noms.
Le MartyrolOi^e romain ne dit point dins
quelles circonstances. L'Eglise vt-nêre leur
m<^'moire le 30 avril.
APHRODISE (saint , martvr, eut la gloire
de verser son sang pour la foi. On i.:nore le
lieu et la date de son martyre. Le Mirtyro-
loge romain dit seulement qu'il eut, Tour
aimpagnons de souffrance, saint Caraliope,
saint Agape et saint Eusèbe. L'Eglise honore
leur mémoire le 28 avril.
APHTONE (saint;, martyr, répandit son
sang pour la foi* en Per-^e, avec les saints
Acyndine, Pégase, Elpidéphore, .\nempo-
diste et plusieurs autres dont (es noms ne se
trouvent ps au Martyrologe romain. L'E-
j^lise célèbre leur sainte mémoire le 2 no-
vembre.
APODÈ.MB rsaint), fut martyrisé à Sara-
gosse, en Espagne, parles ordres de Darien,
fiui en était gouverneur, en Tan de Jésus-
Christ 30V, durant la persécution de Diode-
lien. Dix-sept autres furent marïyrisés avec
lui. On trouvera leurs noms àTarlicle Dacien.
Les dix-huit martyrs de Saragosse sont très-
honorés en Espagn**. C'est Pf udence qui rap-
IKjrto ce qu'on sait d'eux. Ils sont inscrits
au Martyrologe romain sous la date du 16
avril, fl :llemont, vol. V, p. 229.)
APOLLINAIRE (.saint;, fut martyrisé à
Ravenne, sous le règne de Vespasien. Ce
|*riricc n'ayant fait ni lois ni édils contre les
chrétiens, Apollinaire «Jut être condamné en
vertu des lois que Néron avait portées. (Pas
de documents certains.) L'Eglise fait sa fête
le 23iuillet.
APOLLINAIRE (saint;, était l'un desbour-
rr:Ai|\ de Reims, dans le m' siècle, sous l'en;)-
r»lr-e do (îalêre et de Maximin. Ayant été
AîT?» d» to-irsenter çi'nt Timothée; il fiil
tç 'rJiçit f-^r-'*^ dr s:n c-oarîjtr. qu'il se
t .'j.r t.-. C • i ::: 'C :-:5-^i. i: fat tiipiisé,
e: ---. - L'.:- -rr-i'. :rjî .:jrs 3jirè-,decueil-
J:r .': yil :.=r i iuïr*:* av-i- îe ssinl ciiiise
d r >5 . vriVi-r^i n. L'Zi :s- h o .ure leur iné-
APOLLLNAIRE >ii::: . Foy.CLàUDE Afoi-
APOLLINAIRE s'in: . ci3rtyr, eut le glo-
r>ux •riii}*- î* i^iï^er fa' ne |K)ur la
tf-f.rj-e i- ii relier :a. en Afri jie, arec saint
C/h vju r- L-s aiirt .-r**>!-"»r^s ne d:»nnpnl |K)int
de j-rt -il> 5 .r :e jr njîrt^ire, ei n? disent puiat ,
à q-j -le époque il eut îiru. L'Eglise honore
la fiinttr m^a[i jire de c^s maitvrs de la foi le
21 j-iin.
APOLLINAIRE saint , confesseur, éTtooe
dv Vd-'r'iC£f, en Daoph^né, eut pour père
s*:nl Isiifje, qi • arbres avoir été sénateur de
Vienne, en ét^il d.-v.-nj éTC-que; et, i^our
méie. sainte AuJence; il comptait dans sa
£=nas!!e plisieurs évêques illustres. Il fut
é!ev*i 50US la direction de saint Kimert,
évê fue de Vienne, qui lui donna les ordres
5?i :rés et le fit entrer dans son clergé. Vers
l'année iSO, TEgîise de Valence, en Dau-
phiné, s'é.;mt trouvée sans pisteur, par
suiie de la condamnation de Maxime, qui
s'était rendu coupable de plusieurs crimes,
son ;rouvemement fut couiié à notre sainL
Il r '^forma les n mbreux abus introduits par
son prédé.:e-s?ur. et se hvra à de nombreux
Irava'jx apo>toliques. Sou zèle fui cause de
son exi4; voici â quelle oi:ca$ion
Le trésorier des finances de Gondebaud et
de Sigismond, rois de Bourgogne, nommé
Etienne, avait contracté une a.liance inces-
tue jse avec sa belle-sue ir, après la mort de
sa femme. Les évèques des provinces de
Lyon et de Vienne s'assemblèrent en con-
cile, excommunièrent le coupaide et le con-
damnèrent à la pénitence que les canons
prescrivaient en i)areii cas ; mais Etienne se
refusa à tout amendement dans sa conduite,
et ne voulut point se soumettre. La cour,
qui était infectée de l'hérésie d*Ariùs, four-
nit au coupable des protecteurs puissants qui
s'élevèrent contre le concile, et flrent exiler
les évéques qui l'avaient composé. On tenta,
mais inutilement, de gagner Apollinaire; il
répondit avec fermeté qjrEtienne ne serait
reçu à la communion qiTaprès avoir fait pé-
nitence de son crime. Après avoir souffert
quelque temps sa peine avec une grande
constance, sa vertu le ût triompher do ses
noiiibreux ennemis, et il revint dans son
diocèse. On assure qu'il fit plusieurs mira-
cles, et que Sigismond lui-même, tourmenté
d'une maladie dangereuse, ne dut son réta-
blissement qu'aux urières de notre saint con-
fesseur. L'opinion la plus répandue est qji'A-
I)ollinaire mourut vers l'an 525. Il t\xi in-
lumé dans l'église do Saiut-Picrre e( de Saint
Paul. Son corps fit brûlé parles huguenots
dans le xvi* siècle. L'Eglise célèbre sa glo-
rieuse et sainte mémoire le 5 octobre.
Al'OLLON (saint), martyr, soulXdt la mort
sous Dioclétien avec les saints Isace et Crû-
m
Aro
APO
211
tate. On iç^mB en quel lieu et à quelle épo-
Lque»U£^iv^é houore la méoioire de ces saiuts
martyrs la 21 avril.
Al^OLLONK (saint), Tuo des quarante-huit
martyrs de Lyon» saus le rè^oo de remï)6-
reur 'AnloiaeMîirc -A urèle, iDooruton prison
i^os cette ville. Comme saint Potion, ïe vë-
i) lie Lyon, comine une multi-
. cits martyrs, il fut épuisé par
"viuieaca de^ tourments que les persôcu-
ftcurs lui firent subir, et ne put pas arriver
i - supplices qui l'attendaient*
1 ^ sa tôle le 2 juin.
Ak^ULLONE (saint), martyr, ré^iandit son
saiii uour la foi avec les saints Procule et
-Le consulaire Léonce les ayant f^it
^...( ..iidre une nuit qu'ils niiaieutaufirèsdu
cor|i$ de saint Valentin, il les tit mourir par
[.Je glaive. C'est le 14 lévrier qu-? TE-iïise (lo-
3ûre fa mémoire de ces saints martyrs,
APOLLONE (saiid), martyr, cuedlil la [isîmo
[du martyre ou E^ypie >otJS la persécution
[ce GaJère-Maximieh. Il eut |ujur comi*agnons
Lée son martyre les saints Marcioo, N;canor
lil quelques autres que ïe Martyrologe ro-
iluam ae nomme point, L'Elise céièbie leur
Jiujiûorlel le mémoire le a juin.
APOLLONE (sainl), 4p(^/i<^Hwtjî,anaclinrète
Thébaide, fut arrêté pour h lui en Tan de
fsus-Lhrisl 311, sous le rè^ne des succes-
Iseurs de Bioclélieo, dans la ville d'Artinoé*
ifarmi la populace qui s'éitiit îittroupée au-
llour de lui, un homme i^e faisait lemarquer
[jpar la fougue avec laquelle il injuriait le
SâioL C'était un nommé Flnh'anon, célèbre
[joueur de Mie, que le [leuple a mait beau-
coup. ApoUone, seûtendaHt traiter par lui
d*iiupie et de séduclein% lui répondit sim-
jpleQient : « Mon lils, je prie Dieu qull vous
J>re'"""' f'T' 'fiiié, et qu'il ne vous impute pas
eji > que vous tenez. » Vivement
i loutiie y aiiu telle donteur, Phiîémon dé-
Iclarn immédiatement qu'U était chrétieti, et
jilu il rentint^ait au pai^-iubme. il lut mené
[avec Af/ollone an maj^istiat, ainsi que [)ln-
utres chréliens. Ce magistrat, après
i i laitrruellement soulfrir, les lit jeter
un bûcher. A pollone tit cette prière :
lgneu/% ne livrer pasaux bûtes lésantes
cuux qui confessent votre saint nom;
rmais manifestez, votre [m^s^iasice. n Aussitôt
[tm nuage environna le bûcher, éteignit le
su, et arrachîi les deux saints aux lia m mes.
|I#e magistrat et tous les assistants stupéfaits
lie mirent à crier î » Le Dieu des chréliens
[est puissant, il est le seul vrai Dieu. » Le
Ereiet d'Kjjypte se fit amener à Alexandrie
î juge et lesd**ux saints chargés de chaînes.
iDurant Je voyage, Apollone converlil les
90ldats qui le conduisaient. Arrivés à Alexan-
drie, tous confessent généreusement la f*ti
ebrétienne. Le préfet, voyant qu il ne poir-
rait pas parvenir à ébranler la foi de tous ces
I saints, lt!S condamna à être tous préci[>ilés
dans la mer. Cette sentenre fut exécutée eM
Tannée 3U. Au bout de quelques jours, la
fague ayant r^uneoé leurs corps sur la rtye,
ou les enterra tous dans le même tombeau.
RuÛn raconte que beaucoup de miracles s'o-
pérèrent sur ce tombeau par rintercession
des saints. II dit (jue lui-même y reyut les
preuves de la piiissaice et de la bordé di
vine. L'Epilise célèbre la fête de tous ces
saiUs le 8 aiars. V^uci les actes authen-
tiques de saint Apollonius et de ses <"ompa-
gnons; ils sont tirés du livre de Butin, de la
Vie des Pirfs^ chap. 19, conféré avec Vllis-
toire Lutisiaque dti Pallade.
« Ces anciens sol il aires nous racontent
que, du temps de la persécution, il y en avait
un nommé Apollonius, dont la vertu et le
mérite furent récompensés du diaconat.
On le voyait albT de cellule en cellnle, et de
monastère en monastère, exïiorter les frères
au martyre, et leur inspirer sa fermeté et
son courage. Ayant été pris lui-même» et
mis en prison, plusieurs païens y venaient
Soiir lui insulter, et |)our avoir le biï^rre et
étestable plaisir de blasphémer en sa pré-
sence contre Bieu. De ce nombre était un
certain joueur de tlûte, nommé Philémon;
cet homuif, qui s*était rendu agréable au
peuple par ses chansons et ses boulfrinne-
ries, voulant mériter encore davantoiîe ses
boûies grdces, alfectad de dire au saint
diacre tontes sortes d'injures. Il rappelait
scélérat, impie, séducteur» un homme enlin
qui méritait la haine publique. Apollonius
ne ré [tondait autre chose, sinon : Je fn-ie
Dieu, mon bis, qu'il vous pardonm.' to^is vus
einporlemenls, et qull ne vous impute point
à péché les paroles injurieuses que vous me
dites. Philénnin fut touché de la modération
de ce saint solitaire, et il sen lit dnns le mo-
ment que ce peu de mots faisait sur son
cœur une impression qui avrut quelque chose
de surnaturel et de divin; eti sorte que ne
pouvant plus résister a cette violente émo-
tion, il s'écria qu'il était chrétien, Celte dé-
claratiofi lit du bruit, et fut bientôt portée
aux oreilles du ju^e. Lui-môine s'approchant
du tribunal lui dit liardiment, en présence
d'une foule de peuple qui Tenvironnait :
« Vous agissez en mauvais juge, lorsque vous
piniis^ez des inimcents, des hoiumes aimés
de Dieu, de saints religieux; h'S chrétiens
so'it irrépréhensibles da^is leur doctrine
comme dans leurs mœurs. ^ Le juge, qui con-
naissait Philémon pour un homme dont le
métier était de Jair^* rire et de plinsanter sur
toutes choses , crut d'ab«)rd qu'il méditait
quelque scène boufluime; mais reconnais-
sant enOn (fu'il parlait sérieusement, il lui
dit : « Vous avez perdu Tc'Sprit, Philémon, et
Yous êtes hors de votre bon sens. —Ce n'est
pas moi, répon ut Philémon, qui ai perdu
l'esprit, c'est vous-même. Oui, une injuste
fureur vous possède, et elle vous fait rô
pandre le sang d'une infinité de gens de bien
Pour moi, je vous déclare que je suis chré-
tien; et sachez qu1l n'y a t/oint d'hommes
sur la terre qui leur soient cotnptirables en
bonté, » Le juge voulut d'abord le faire re-
venir à force de caresses et de flatteries;
mais voyant aue ceia était inulile, il eut re-
cours h la violence, quoique avec aussi peu
de suecès.
w Cependant on apprend que le change-
APO
tî4
ment de Philémfçn nVst arrivé que depuis
qu'Apollonius lui a parlé. Snr cette pré-
somption on met Apollonius sur le chevalet;
il ost traité il f* séducteur, et puni comme tel.
« Plût i\ Dieu, s'écria le saint homme au mi-
lieu ties tourments, que vous, ù jugel et
vous tous qui m'écoulez, vouhissiez-vous
laisser ainsi séffuire I Quelle henreusi/ séduc-
tion pour vous! qu'une pareille erreur est
désiniblel « Ij* juge, l'entefidant parler de la
sorte, le condamna à être brûlé avec Pliilé-
mon. Ils entrèrent dans le feu avec un visage
riant, et Ton entendit Apollonius qui, du
nnlieu d^s flammf*s, priait en ces termes :
Seigneur^ n abandonnez pas à lu fureur dfs
bHe$ farouches Îps âmes de ceux qui croient
en vous; mais fuUea voir que vous êtes véri-
tablement leur Sauveur. A [leine le saint
avaît-il fini sa prière, qu'à la vue du juge et
de tout le peuple, une nuée descendît sur le
bûclier et en éteignit entièrement le feu.
Cette merveille causa un prodigieu^L étonne-
raent dans les esprits; en sorte que le juge
et le peuple s'écrièrent tout d*une voix : « Le
Dieu des chrétiens est grand, il est innnortel,
il est le s«?ul et le vrai Dieu. » Le préfet d'A-
lexandrie, ayant eu connaissance de toute
cette atTains devenu pour ainsi dire plus
cruel que lui-même, et enchérissant sur sa
cruauté ordinaire, il envoie des commissaires
sur les lieux pour informer contre le juge et
contre le peiq^lequi s'était converti h la vue
du miracle dont on vient de parler, et pour
les amener chargés de chaînes à Alexandrie.
« Mais ceux qui avaient ordre de les arrêter
se trouvèrent eux-mêmes pris par les dis-
cours d'Apollonius, que la grâce rendit si
eflicaces, que ces hommes, ayant reçu de
tout leur cœur la foi qu il leur annonçait, se
livrèrent eu ï -mêmes au préfet avec ceux
qn'ils eojiduisaient, et confessèrent haute-
ment qu'ils étaient chrétiens. Le préfet,
épouvanté de tant de conversions, et irrité
de la généreuse résistance que lui faisaient
ces nouveaux fidèles, les lit tous jeter au
fond de la mer, ne sachant pas, Timpie, qu'il
en faisait des chrétiens, de simples catéchu-
mènes qu'ils étaient auparavant. Car enfin
ce fut moins la mort que le baptême qu'ils
re*;urent dans les Ilots.
« Cependant leurs corps, par une disposition
toute particulière de la Providence, furent
fioussés sur le rivage t>ar les vagues et en-
evés par les fidèles que la charité avait con-
duits en ce heu. Ils lurent tous mis dans un
même tombeau où il se fait chaque jour di-
vers miracles, ces saints martyrs étant tou-
jours prêts à recevoir les vœux et les prières
de ceux qui ont recours h leur intercession»
qiron n'emploie jamais en vain auprès de
Dieu, B
APOLLONE (saint) reçut la palme du mar-
tyre avec saint Eugène. On ignore dans
quel lieu et dans auelles circonstances. L'E-
glise célèbre la mémoire de ces deux saints
le 23 juillet.
APOLLONE (saint), mart}T, était évéque
h Bresse, Ce fut là qu'il confessa sa foi au
milieu des tourments. Le Martyrologe ro-
main lie donne malheureusement pas de dé-
tails. L'Eglise célèbre sa mémoire le 7 juillet.
APOLLONE (saint), accomplit son martyre
sur la croix dans la ville d'îcone. On *n*a
aucun détail. Le Martyrologe romain ne dit
rus non plus en quelle an née, L'Eglise célèbre
a mémoire de ce saint martyr le 10 juilleL
APOLLONIE (sainte) ou Àpoixike, eut la
gloire de mourir pour Jésus-Christ à Â'exan-
drie, au milieu d'une émeute popuiaire qui
s'éleva contre les chrétiens sous le règne de
l'empereur Philippe, qui raontasurletrùneen
245.VoicicommentsainlDenis,dans une lettre
cilée par Eusèbe, raconte le martyre de celte
sainte. Il se forma tout à coup dans Alexan-
drie un orage si universel contre les chré-
tiens, qu'on le vit fondre en un instant de
tous côtés sur leurs maisons et sur leurs per^
sonnes. On forçait leurs logis, on se jetait
sur ceux qu'on y trouvait, on les en chas-
sait, on les dépouillait. Les meilleurs meu-
bles étaient enlevés, comme un butin pris de
bonne guerre sur des ennemis, et on brû-
lait ceux qui n'étaient que de bois; en un
mot, on voyait partout dans Alexandrie
rimage d'une ville prise d'assaut. Les frères,
do leur côté, n*opposaicnt que la fuite à cette
horrible violence; ils paraissaient peu tou-
chés de la perte de leurs biens, et ils en
voyaient le pillage avec cette joie tranquille
qui marque le peu d'attache qu'on y a.
Mais leur foi ne fut pas moins ferme que
leur désintéressement fut parfait; car de
tous ceux qui tombèrent entre les mains de
ces furiest il n'y en eut qu'un seul que je
sache, qui fut assez malheureux pour re-
noncera Jésus-Christ- L'admirable A pollonie
que la vieillesse et la virginité rendaient
également vénérable, ne put l'être h ces
hommes de sang. Ils lui Iirent sauter les
dents à Ibrce de lui décharger des cuufis de
poing sur les m^lchoires, puis, ayant fait al-
lum r un grand feu hors de la ville, ils la
menacèrent de la brûler toute vive si elle ne
disait avec eux de certaines paroles impies;
elle leur demanda quelque moment comme
pour s*y résoudre; mais ce ne fut que pour
se lancer d'elle-même dans le feu, ne vou-
lant pas qu'on pût soupçonner le moins du
monde son sacnïice de n être pas volontaire.
L'Eglise fait Ja fête de sainte Aiiolline le 9
février.
APOLLOMCS (saint), se convertit h la re-
ligion chrétienne durant la paix dont l'E-
glise jouit sous l'empereur Con^mode. Il
était sénateur et eut la gloire d'ajouter à
ce litre celui d'apologiste et de martyr. Il
était pltilosopiie et versé dans la connais-
sance des befles-letires. On sait l'absurde
jurisjïrudence que Trajan et ensuite Marc-
Aurèle avaient établie. Si un chrétien était
dmoncé, le dénonciateur devait être puni
de mort; mais h? chrétien devait l'être aussi,
s'il ne renonçait pas à sa religion. Nous
avons apprécié aineurs ce qu'il y a d'ab-
surde dans une telle loi* Saml ÀpoUonias
en fut victime. Un misérable esclave, nommé
Sévère, accusa saint Apollonius d*étre chré-
tien devant Pérennis, qui était préfet du pré-
»5 APO
toire. Cette charge .ui donnait Vautonté de
juger les sr^nateurs. Il est probable que ce
lut eu 185 ou en 186 que cet événement eut
lieu, puisque Pérennis fut tué h la Un de
celte tlemière année. Pérennis condamna
/accusateur à raort, et à avoir les jambes et
ies bras rompus h coups de barres de fer. 11
fut attaché à un poteau sur lequel il subit
son supplice. Ensuite Pérennis ordonna à
saint Apollonius de rendre compte de sa re-
ligion au sénat, en qualité de membre de
cette compagnie. Le saint composa une apo-
logie très-forte et très-savante, qu*il lut dans
le sénat. Saint Jérôme en fait le plus grand
éloge. Mais comme il était défendu d'ab-
soudre un chrétien qui persistait dans sa foi,
le sénat condamna saint Apollonius à avoir
la tête trancliée. L'Eglise romaine honore
sa mémoire le 18 avril
Nous citerons ici ses actes tirés d^Eusèbe :
« Sous le règne de Tempereur Commode,
les affaires de la religion demeurèrent dans
un état assez tranquille, TEglise, par la mi-
séricorde de Dieu jouissant de la paii par
toute la terre, Cependanl la parole qui opère
le salut dans les âmes attirait un Irès-grand
uombre de personnes au culte de Dieu; en
sorte que les plus considérables de Rome,
soit pour la naissance ou pour les biens de
la fortune, accouraient tous les jours, suivis
de.toute leur maison, pour recevoir le saint
baptême. Le démon, 1 ennemi irréconciliable
des gens de bien, ne put voir sans une ex
Irème rage le progrès étonnant que faisait
le christianisme dans la première vilb et
farmi les premiers hommes de Funivers,
e voilà qui dresse de nouvelles machines
coilre nous; il s*arme de nouveaux artilices
[pour tâcher de détruire un culte qui détrui-
sait le siin; il corrompt le domestique d'un
nommé Apollonius, personnage que Télude
des belles-lettres et de Ja phdosophie ren-
I dait recoramandable, et qui s'était acquis par
[sa vertu Testime de tous les honnêtes gens.
Cet esclave, homme perdu et digne *îe con-
tribuer à raccoraplissement des desseins du
prince des ténèbres déféra son maître de^
vant le préfet de Rome ; mais ce fut si mal
à propos pour lui qu'il lui en coûta la vie;
car, par un édit de Tempereur, il était dé-
fendu, sous peine capitale, à qui que ce fût,
de se rendre délateur contre les chrétiens;
ainsi ce misérable fut en môme temps ex-
pédié, et par sentence du préfet Pérennis, il
fut romim tout vif* Cependant Apollonius,
qui, dans son cœur, s'otfrait dt^à a Dieu en
sacnûce, et que Dieu acceptait comme une
victime qui lui était agréaole; Apollnnius,
dis-je, après avoir généreusement résisté h
tout ce que le préfet lui put dire de tou-
chant pour ébranler sa fermeté, obtint la
permission de parler devant le sénat el de
rendre raison de sa foij il iU un discours
fort éloquent pour la défense de cette même
loi et sa propre justitication. Après qu'il eut
cessé de parler, tout le sénat le eondamrïa
4*une commune voix à avoir la tête tran-
2iiée. Car il y avait un règlement fait depuis
Quelque temps par cette t;ompagtiie, qui por-
l
tait mie dès qu un chrétien aurait été une
fois dénoncé , il ne pourrait être renvoyé
absous, à moins qu'il ne changeât de senti
ments et de religion, »
APPL\ (sainte), eut pour compagnon de
son martyre saint Pbilémon, comme elle dis-
ciple de saint Paul, apolrc. Ils souffrirent à
Colosses, en Phrygie, sous la persécution de
Néron, Sa fête a lieu le 23 novembre.
APPIEN (saint), martjr, mourut h Alexan*
drie enconfessaut sa fou On ignore h quelle
époque. Il eut pour compagnons de son mar-
tyre saint Mansuet, saint Sévère, saint Do-
nal, saint Honorius tt d'autres sainis dont
les noms sont ignorés. L*Eglise célèbre leur
ioimortelle et sainte mémoire le 30 dé-
cembre.
APPIEN (saint), martyr h Césarée de Pa-
lestine, naquit dans la Lycie. Ses parents
étaient fortunés et nobles* Envoyé de bonne
heure à récoîe de Béryte, en Phx^nicîe, pour
f apprendre l'éloquence, la philosophie et
e droit, il fit de nipides progrès dans ces
diverses sciences. Il s'y convertit h la reli-
gion chrétienne, et armé des ver lus qu'on
puise dans lamonr divin, il se préserva des
passions et des écarts dans lesquels tombe
u ordinaire la jeunesse des écoles. De re-
tour dans sa patrits il eut la douleur de ne
pouvoir pas convenir ses parents, ce qui lui
lit prendre la résolution de s'éloigner de
chez eux. Il vint h Césarée de Palestine se
mettre au nombre des disciples de saint
Ptimphili, célèbre par ses leçons érudiles
sur les Ecritures. L'empereur Galère Ma xi
mien, ayant renouvelé la persécution contre
les chrétiens, ordonna au gouverneur de
Césarée de contraindre Ions les sujets de
l'empire de se trouver aux sacrifices publics.
Appien n'atleodit pas qu'on recherchât quels
étaient ses sentiments. Il quitta son logis,
dit Eusèbe, san^ avoir dit son dessein à per^
SDUne, pas même à nous^ avec iesqueh il de-
meurait. Il se rendit au temple. Les soldats
de garde layant liissé passer, il s approcha
dti gouverneur tirbain , et lui saisissant le
bras à Finslant où il le levait pour sacrifier,
il lui dit qu'on ne devait adorer que le vrai
Dieu, et que tout culte rendu aux idoles
était sacrilège. Cette action d'Appien, jugée
d'après les règles ordinaires, ne serait pas
de nature à être approuvée ; mais il est pro-
bable (jue Dieu inspira ce jeune homme
pour abattre la vanité des idolâtres, et pour
faire voir à tous jusqu'à quel point les dis-
ciples du vrai Dieu méprisaient la morL Les
gardes se ruèrent sur Appien, le renversè-
rent et le couvrirent de blessures. JI passa
ving-quatre heures en prison, les jambes
prises dins des ceps; ensuite on le déchira
avec les ongles cle fer, au point qu'on lui
vovait h découvert les os et les entrailles.
Suïi visage fut tellement meurtri à coups
de verges armées de plomb, qu'il devint mé-
connaissable pour ceux f^ui le voyaient joiir-
nelliiment. A tout ce quon lui (îisaH, il ne
répondait qu'une sruli* chose : Je suis h
serviteur de Jésus 'Christ. Le gouverneur,
transformé en bô te féroce par la rage qu'il
ist
AQO
fe
aprouvAît, lui fit envciènpcr les pied? avec
ane éioïïe ifnli»t>ée d'huile. On y mil le fou.
La flirotoe ïe brùU profonflément» mais son
courage re«ta invincible. Hennrté en prison,
il y resta trois jours, après lesqu«*ls le goa-
verneiir onlnma qu'on le jetât dios la mor.
Aii$s^6t qu'il fui d.'^ns la mer, une temp^ite
furieuse s'éleva» et quoiqu'on eût attacha
dY*normes pierres au\ pieJs du saint, elle
poussa sfin corps vis-à-vis une des porlps de
la ville. Sai^lAppien n'avait que diï-ne if ans
quand il mourut jKror Jésus-Christ. Ce fut
en 3<Hî, 1*^ % avril, jour auquel sa fôle est ins-
crite au M irtvrolo^e romain.
APRONIEN (>aint)» martyr, était ge/ilier à
Rome. Un jour, éiant encore naïen, liranl
de prison saint Sisinne f)Onr le faire compa-
raître devant le préfet Laodice, il entendit
ces paroU'S prononcées fjar une voi\ venue
dtj c el : « VeneZj le$ bénii de mon pert : pos-
sédez le royaume qui vous a Hé préparé dès
la création du monde, Ausstlôt il crut et re-
çut le t)iptème. Et persévérant dans la suite
a confes>cr Jésus-Cnrist, il fut condamné à
Îierdf^ la tôte. L* Eglise célèbre sa mémoire
e 2 février.
APRONJEN, préfet de Rome sous Julien
TApostat, se montra fort ai.-ii.irné contre les
chrétiens, qu^il persécuta violemment. 11 tit
mourir» en 362, h^s saints Jean et Paul, tous
deux ofTicLers dans les troupes impériales.
Quand ce magistrat eut été tioramé par Ju-
lien, en s'acherainant ver» Rom ?% il perdit
un leil. Dans sa rage de cet accident, il rat-
tribua aux magiciens, et sous ce nom il eo-
teo lait les chrélieis. Il résolut de leur en
faire port^-r la peine. 11 Ot, à cause de cela,
nu g and nombre de martyrs» parmi lesquels
onc itnjite saiite Ribiinei^Elle était Rom/iine
et vivait faiatemenl dans l'état de virginité.
S' m père se nommait. Fîavien, et sa mère
Dafrose. Tous deux étaient cli rélien s fur-
vents. Flavien, cjui était chevalier romain,
fut |»ris, et on lui Cdt un emploi considéra-
ble quil rpmplissail depuis longtemps. Après
qu'au lui eut bCi^lé le visage avec un fer
rou.j;e, il fut banni h A<:ïua-Pendente» qu'on
nuiumaitBlors.'l^fifF-raMrm^.ll y mriurui fort
p Hi de temps a ji^ès des suites de ses ')l+^s-
sures. Quant à DafroS", on la renferma du-
rant quelque temps dans sa maison. Puis
inlin on l'en tira , par Tordre d'Apronieti.
> juge féroce, n'ayant pu venir à bout de
îibiane, ni par menaces ni par sédu«'tiun,
a c jndmïna à être attachée à un pilier et
ïatlue à co ips de fouets armés de plomb,
Rusqu^A ce qyVlle exfurât.
APULÉE (saint', avait été converti par fa-
poire saint Paul. Il cueillit la palme du raar-
yre durant la persécution de l'empereur
Somtlien, sans qu'on ait, sur le lieu et sur
rie genre de son supplice, aucun document
uautlientiqyiî. LTglise fait sa fête le 7 oc-
ftobre.
AQD AVIVA (le bienhe îreux), de la com-
pagnie do Jésus, après avoir évaogélisé avec
fruit dans Tempire mofigliol, fut nommé
recteur du collège que les Jésuites avaient
î^s Pde d^' SalceUo. 11 y cueillit la palme du
AQU m
martyre le 15 juillet 15^1, petide mois apr^s
son retour de Tempire monghoK 11 eut pour
compagnons de son martyre les P. Alfthonae
Pacliet^o, Antoine - François, Pierre Berna,
pré Ires, el le frère coadiuteur François 4ra*
gna. (T/inner, Societns Je$u usque ad êançui-*
nis et vUœ profusionem mititans, p. 247. Le
P. d'Outreman, Recueil des hommes illustrés
de la compagnie de Jésus ^ p, i57. l>u JarriQ,
Histoire dvs ckùsês mémoralfteSf etc. , tom. I,
p. 352.)
AQLM GRABAT M. Voy. Sàif-CANTUna.
AQUILA. nom d%»n juge qui, sous l'em-
pire d* Seplime-Sévère, fil mourir en Ma-
cédoine saint S^rapion, inscrit au Martyro-
loge romain au lâjuill l.
AQUILA, gouverneur dWleiandrie sous
Tempire de Sévère, fait mourir, dans cselle
capitale de rKgyjïle , sainte Potamienne,
Sduit Ptutarque el six autres disciples d*0-
rigène. Il se distingua par la cruaulé des
suj^plices qu1l fit endurera ces saints mar-
tyrs.
AQITILA, prêtre de rEglisc d'Alexandrie,
qui allait de côté et d antre dans l*Egypîf^
pour $e carher durant la persécution delJèce,
tandis que les autres prêtres, envoyés par
saint Denis, allaient sec<?>urir et consoler les
fidèles. Les expressions de saint Denis sont
mW^s que nous soulignons. L'admirable in-
dulgence du saint ne caractérise pas autre-
ment la désertion dont ce pr^Mre se rendait
coujïable. il faut distinguer, entre le chré-
tien, préire ou non, qui prend la fuite en
temps de persécution, quand sa vie est di-
rectement menacée, et qu'il n'est point utile
aux autres en restant, et celui qui, sans
être actuellement menacé, ou môme rétant,
déserte un poste où Dieu lui donne des de-
voirs à rem»>lir auprès de ses frères. Le prê-
tre en temps de persécution, le soldat le
jour de la bataille, le mé lecindans les temps
d'épidémie, doivent rester à leur poste;
faire autrement, c'est déserter.
AQUILAS (saint), martyr, ^ut le glorieux
privilège de verser s m sang pour la foi. Il
eut pour compagi^ons de gloire saint Dorttiee,
saint Ki)armie, les saintes Pélagie f»t ThéiH
dasie. La date et le lieu de leur martyre
sont inconnus. L*Eglise bonare leur mé-
moire le 23 mars.
AQUILAS (saint), martyr, vivait dans la
Thét)aide. il fut déchiré avec des peign**s de
fer pour l'ainour de Jésus-Cbrist. On ignore
à quelle é^ioque. L'Eglise célèbre sa mé-
mowe h' 20 mai.
AQUILVS (saint), marlvT, répandit son
sang pour Jésus-Cimst à 'Pliiladel[»hie^ eu
Arabie. Il etït pour coi npa nous de son mar-
tyre les saints Cyrille, Pierre, Domitien,
Ruf el Ménondre. Le Martyrologe romarn ne
marque point Fénoqiie oïl eut lieu leur mar-
tyre. L Eglise nonore leur mémoire lel*'
août.
AQUILE (sainte), martyre, souffrit la
mort h Césaréë en Mauritanie, avec sdn
mari Sévérien. Ils furent livrés aux ûammes
el furent ainsi couronnés. L'Eaçlîse fait lem
foie le 23 janvier.
AÇÙ
QnLBS, Tille ]îù roy.iiime dlIljHe, an-
kheiimiK f'apîtair» des Carmin pe fpk* -do
iilie. Bouillel ( Dict, nnirersd d^hi$tmrè
ff» , ,/nn rnph i> ) d i 1 1} u iû l c es l h} s i ége d'un
ni était dabnrd k iivado. Pour
i^.<,. M.>v ment exact ii faut dire : nue ce
t éiail d'abord h Aquilé** , cjii il fut
ïféré'à Gnodo avec les corfts de saint Hct-
ore , premier évoque d'Aquik^e» et de
r r "* nal , son nrehïdincre , qui furtîiit
- raartvTS qu'ait vus mourir eeUo
;, kii UMQSféranl à une époque plus rap-
bée ]e siège épi-'^eopal dt» Gradrj h Agui-
,on n'a fait que TOndre à cette dernièro
l <m qu'aneiennemont on lui avait ùié.
iM^rséculion f «elle de Néron)
i uuronner les saintes Doro-
», Eiipiieujie et Thècle , ainsi que sarut
imr. On manque de domimeids sur tous
^ nrtyrs. Sous iempiie de Niiroé-
f N die vil le martyre de saint Hi-
m sott évèque , de saint Tatien diacre, et
aints Lar^t-s Félix et Denis, que Beroitre,
Itié président parle Martyroloj^e romain,
l^tre à rnort pour la foi chrélieime. On
lit pas comment ils terminèrent leur sa-
^; mais ce qu'il y a de eertaiu , c*est
Beroine les fit appliquer au chevalet et
ftle tourmenter de diverses fagous. DaiiS
kïmuiencemf*nts du iv* siècle» H de la
ieiitionde Dorlétien, saint Chryso^^one
n avait arrêté à Ilomi*, fut dreapitc dans
Ile d'Aquilée, On a pru de détails sur co
ÎTft. En fan de Jésus-Christ 3t»4, sainte
asîe, pupille et élevée dans la foi du
i ^»Te nous venons de nommer, l'ut mise
■j '■ la foi. Ayant aupris Tarresta-*
t «:hrysogoniN <-lle était veime
^ -r des co isolations el les soins
lit nécessaires. (Voy. ANASTAsrE.j
MjlàJiN (sainl), martyr, mourut pour la
rftossomhnnie Jl eut pour compi^ion
I^Q martyre les saints (Véniine, Uélase ,
lie et Donat. On ignore Li date de leur
M, L**i^hse célèbre leur mémoire le k
^ILIN (saint), martyr, mourut en Afri-
un confe-sant sa fou 11 eut pour corn-
ions de Sa gloire les soirits liémine, Eu-
1^ Marcieo, Quirietus, Théodote et Tri-
U4>n ignore l'époque où eut lieu leur
^^re* L*Eglise célènre leur sainte mé-
>.e le 4 janvier.
iOILIN (saint) , martyr, mourut pour la
^t»$ la ville de Nyon. Les eomna^^nons
ioo martyre furent les saints Héracle ,
i^t deui autres, que le Martyrologe ru-
I ne nom me pas. On 1^5110 re les ei-^-
lUoces el la date de leur aiartyre. L'E-
> fait iVur fête le 17 mai.
^UiLlN (saint), oiartyr, était prêtre à
ti. Il j eut la gor^e [>ercée d'un coup
Ke par les Anens, el reçut ainsi la cou-
le du martyre. On ignore h quelle épo*
i L'Eglise célèbre sa mémoire le 29 jan-
|0IUN (saint), martyr, souffrit le mar-
^en isaurie avec saint Victorien. On
|^#D quelle circonstance et à quelle
AÏIA
i50
époque. t*Eglise célèbre soii illustre mé-
imoire le 4G mai.
AQUli-^N (Grarchus Clmiâiîis Aquihpui}^
gouverneur de fiithynie sons Te moire de
Déce , se fit rinstnnnent bien cruel de la
ncrséeution que ce prince sanguinaire al
Juma contre les chrétiens. 81 nous en jugeons
par Pexécrable ardeur qull mil à loormen
ter saint Tryphon et saint ftespice, il dut
exercer de grandes cruautés dans son gou-
vernement. Il lit endurer aux deuit saints
que* nous venons de nommer des supplices
effroyables durant plusieurs jours, et cela
avt^c un raffinement de cruauté excessy. Les
Actes ne ces deux saints racontent que dans
rintervalîe des affreuses tortures qu'il leur
faisait endurer, il se livrml h ses amuse-
ments ordinaires. Ainsi, en sortant de les
faire déchirer pendant trois heures avec les
' Ongles de fer, il partait pour la chasse, en
ordonnant qu'on les laissait ainsi tout rau-
l.lés, tfml couverts de f^laies, exposés k Fac-
tion d\in froid rigoureux qui régnait alors.
Voyan* au bout de quelq'jes jours que tou-
tes'ses fureurs et ses cruaulés étaient inuti-
■■ les, il tit décaîdter les deux saints.
AQUlLiN, juge quaîitié président par le
> Martyrologe romain, lit mettre h mort sous
'Dè«e, sans désignation de heu, saint Para-
mon et trois cent soixante-quinze cnrétiens
avec lui.
AQUILINE (sainte), martyre, était mère de
saint Victnr, lévite à Roda près Gironne, en
Es|iagne. Victor ayant reçu dans sa maison
l's deux saiîiïs Vincent et Oronle, et les
ayant ensevelis après que llulin, qui gouver-
nait le pavs pour Dioelétien, les cul fait mar-
tyriser, t i lui-même mis h mort par ordre
Je Hulin, qui lui tit fnéalablemeul souflrir
d'horribles tourments. Sainte Aquilincavec
son mari assistait au sup^jlice de son bien-
heureux les. Epouvanté h la vue du sang
qui coulait des plaies de son tils sous le fouet
des bourreaux, l€ j ère de Victor voulut pren-
dre Il fuite ; m.ds Aquiline le retint eu lui
disant : Soyons feime.s dans la foi , et mou-
rons pour" Jésus-Christ. Bienlôt les bour-
reaux se saisirent d'eux, et tous deux s'étaul
agenouillés reçurent le coup mortel. Gomme
saint Victor, ils sont inscrits au Martyro-
loge romain, h la date du 22 janvier.
AQUILINE (sainte), martyre, répandit son
sang pour la fdi en Lycie avec sainte Ni celle,
convertie comme elle ti la religion chrétienne
par saint Christophe, martyr. Ou ignore à
quelle énoque leur martyre eut lieu. L'Eglise
célèbre leur tuémoire le 2^ juillet.
AQUIN, ville du royaume de Naples, cé-
lèbre par les loiirments qu'y endura saint
Cligne pour la confession de la foi chré-
tienne.
ARABIE (sainte), martyre, cueillit la palme
du martyre à ÎSicée avecles saints Theusétas
et Horrez, son fils, les saintes Théodora >
Nymphodora et samt M/irc. ils furent tous
livrés aux llammes, I/Eglise célèbre la mé-
moire de ces illustres martyrs le 13 mars.
ARAGNÂ (le bienheureux Fba^çojs), de
la compagnie de Jésus^ frère coadjuî^uri fut
1
tel
ÂIU
ÂRC
Î59
associé au martyre du B. Aquaviva, recteur
du colV'ge que les jésuites avaient dans
l'ile de Salcette, avec les B. Pierre Berna,
Antoine François et Atfonse Pacheco, prê-
tres (le la mécne compagnie* Leur martyre
eut lieu le 15 juillet lDït3. (Tanuer, Suietas
Jesii uâque ad ianguinis et litœ prùfusionem
mititanë, p. 2^7. Le P. (l*Outreo3an, Recueil
des hommes il i astres de la compaguie de Jé-
susy p- 457, Du Jarric , Histoires des choses
ptusmémorabies, etc., L ï, p, 352.J
ARAN1>A, VALDIVIA (Mahtix »),de la
compagnie de Jésus,e( pareatduP.Louis Val-
divja, étaitnéà Villaricca du Chili, en ISôl^
de colons espagnols, et avait servi comme otH-
cier de cavalerie* Ayant été nommé au gou-
vernera enl d'une province , il voulut, avant
de se rendre à son nouveau (Kîste, faire les
exercices spirituels, alin d^ailirer sur lui les
bénéJîctions du cieLDieu toucha soncueur,
il renonça au monde et entra dans la com-
pagnie. 11 avait trente*un ans* Il fut envoyé
par San parent pour évangéliser la tribu
des Elicuriens, avec les bienheureux Horace
de Vecchi et le coadjuteur Diego de Mon-
talvan* Peu de temps auparavant, le P. Lnuis
Vaidivia avait baptisé trois des femmes
d'Aoganomoo, cacique des Ârançanos. Ces
femmes s'étaient évadées avec leurs erilants
tout jeunes encore, et réfugiées auprès des
Espagnols. Anganomon les ayant réclamées
en vain, résolut de se venger. Ayant appris
le départ de nos trois missionnaires, d les
suivit avec deux cents cavaliers, et fondit
sur eux an moment où ils faisaient leur pre-
niièrceihortation aux fclicuriens* Ils furent
assommés à coup de massue, percés de flè-
ches, et eurent ensuite la tèle tranchée le
4 décembre 1612. D'autres auteurs préten-
dent qu ayant été liés à un arbre pour être
écori'hés vifs, on leur arrachi le cœur et
qu'ils furent achevés à coups de massoe.
(Tanner, Societas Jesu usque ad sangainis
€t ritœ profasianem mititam, p* i6V.)
AHANZAH, prince arménien , de la fa-
mille Ancadounik, fui Tun de ceux qui souf-
frirent volontairement la capli vite pour Jésus-
Christ sons le règne d'Ha^guerd^deutième
du nom, roi de Perse, et qui ne furent re-
mis en liberté et renvoyés en leur pays que
huit ans après la mort de ce pnnce, sous le
règne de son fds Bérose* {Pour plus de dé-
tails, roi^. PUIXCES An^é-HJEx^S.]
ARAKAT , raont.'igne d'Arménie, la plus
haute de toutes. Les Menées des Grecs, et
d'après cette aulorUé Baronius, disent que
onze mille clinHiens furent crucifiés sur le
sommet de cette montagne. Ce fait se con-
cilie mal avec les données géograpfjiques.
JLe mont Ararat a quatre mille mètres de
hantL'ur. Son sommet comme celui des hau-
tes monlagnusdes Alpes, est couronné de
neiges éternelles. Néanmoins, couime l'E-
glise f.iit la lète nu 22 juin, de nombreux
Chrétiens eruciliés sur te mont Ararat, il fjut
croire qu en etretil y eut beaucoup de mar-
tyrs sacriiiés sur ceUe montagne, mais non
ms h son sommet. Ei toute matière il faut
•dmettre des opinions raisonnablesi et sur-
tout qui puissent concarder avec Tétat réel
des lieux et des faits.
ARATOR (saint), martyr, mourut pour la
foi à Alexandrie où il était prêtre, if mou-
rut en prison avecle^ saints Fortunal, Félix,
Silvin et Vital. Le Martyrologe romain ne
dit point à quelle époque. L'Eglise honore
leur mémoire le 21 avril,
ARATUS , l'un des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte, et desquels Ruinarl a laissé
les actes authentiques. {Vay. Mj^attas [les
trenle-septl égyptiens.)
ARA VAN, pnnce arménien de la famille
Anzevadzik, tut Tun de ceux qui soutfnrenl
volontairement la captivité pour Jésus-Christ,
sous le règne d'Uaïguerd, deuxième du
nom, roi de Perse, et qui ne furent remis
en liberté et renvoyés en leur pays que huit
ans après la mort de ce prince, sous le règne
de son ills Berose. (Pour plus de détaUs,
voy, Piu\c£s âRiiévieNS.)
ARBELI^ES, Ville de Perse , capitale de
TAbiadèue, aujourd'hui Irbil, est lameus<î
parla grande victoire qu y remporta Alexan-
dre; mais pour nous plus encore par le
martyre qu*y endura son évèque saint Abraa
mius , sous Sapor, en Fan de Jésus-Cnhs*
3'i8. {Vog. Sozomène, 1. u. eh. 12. J Ce fa»
aussi dans cette ville que, sous le même roi,
eo Tan de Tère chrétit^une 308, saint JoseplJ,
prêtre, fut lapidé, comme le portait le der-
nier édit royal, par des chrétiens. On lavai»
enterré jusqu'au cou avant de lui faire su-
bîr le dernier supplice. Jazdundoife refusa
généreusement de rien faire au s^inl homme
de Dieu. On voulait que, pour avoir Tair d*o-
bcir,elle le piquât seulementavecune plume;
elle refusa. Les païens eui-mèmes furent
obligés d'admirer sa vertu. (Koi^. Aceksimas.)
ARBUÊS (saint PiEEtnE d j, premier inqui-
siteur de la foi dans le royaume d'Aragon,
fut martyrisé à Saragosse en Espa^ue. Son
zèle pour la foi calholiî|ue dans l'exercice
de sa charge le lit massacrer par les jmis
relaps, L'Eglise fait sa mémoire le 17 sep-
tembre.
ARCADE (saint), martyr , répandit son
sang, pour la religion, en Chersonèse où
il était évoque. 11 eut pour compagnons de
tortures les saints évèques Basile, Eugène,
Agal iOdore,Elpide,Elheve,Cépiton,Epijrein
et Nestor. La date de leur martyre est ignorée*
L'Eglise célèbre la fête de ces illustres évo-
ques le k mars.
ARCADE (saint), martyr en Afrique, donna
sa vie par atiachement à la vraie religion.
Jl eut pour compagnons de son martyre les
saints Pascase, Prot*e et Eulychien. Durant
la persécution dt-s Vandales, ayant déclaré
quOs ne suivraient jamais la secte impie
des ariens , ils furent d'abord proscrits pr
Censéric» roi arien, puis exilés. Entin, aprte
avoir enduré des tortures etrroyal»leS| dû
les lit mourir par divers genres de mort.
Alors, parut a.ec éclat la constance d*uu
jeune enfant nommé Paulille, frère des saints
Pascase et Eulychien , lequel, no pouvan'
âtre ébranlé dans son attacbemeot ^ li foi
ASC
. îque, mi longtemps frappé à coups de
Il el condamne eotio au plus yiI cscla-
U L'Eglise célèbre la mémoire de saint
e le 13 novembre,
CADIUS (saint), martyr, souffrit dans
■ siècle, on ne sait iii précisément à
époqxje, ni en quel heu. Toujours
I que c'était durant une persécution vio-
|: partout on poursuivaU les chrétiens,
pfonçait les maisons et on y lai sait les
tisilions les plus rigoureuses. Avant de
tire devant les juges ceux desquels on
Sbarait, on leur misait subir toutes sor--
te supplices. Partout on forçait les tidè-
[assister aux sacrifices olFcris aux dieux;
leur ordonnait d'en olFrir eui-môiues,
en on les envoyait au supplice. Dans
les circonstances, Areadius abandonna
biens el sa maison pour chercher un sé-
fplus tranquille. Il se retira donc dans
feu éloigné de ïa ville, où il servaiï^Jé-
phrist librement, s'adonnanlà la prière
ts pratiques religieuses. Le gouverneur,
rsu qu'on ne le voyait pas aux sacrili-
tenvoya des soldats pour larrOter. Sa
|Eiû fut investie, mais on n j trouva qu*un
rents du saint. Ce digne parent lit tout
l'il put pour expliquer et justitier iab-
d'Arcadius, mais les envoyés du gou*
r ne se rendirent pas à ses raisons et
luisirent à ce magistrat, qui donna
de le tenir en prison, et de l'y gar-
qu'à ce qu^il eût révélé le lieu de la
e d' Areadius. Ce dernier, ayant appris le
sr que courait son parent, vint de lui-
i se présenter au gouverneur : Si c*esl à
^ de moi, lui dit-il, que vous retenez mon
kl dans les 1ers, accordez-lui la liberlé ;
\s cet Areadius, l*uniquè cause de sa dé-
in. Je viens vous déclarer qu'il igno-
le lieu de ma retraite, el je satisferai en
>nne à toutes les questions que vous
rez me faire, — le veux bien, répondit
^, vous pardonner à tous deux, mais
kliXion que vous sacrifierez aux dieui-
osez-vous me proposer, répondit Arca-
^ Connaissez -vous les chrétiens et
E-vous que la crainte de la mort soit
île de leur faire trahir leur devoir?
Christ est ma vie, el la mort m*est un
lûvenlez tel suppUce qu'il vous plaira,
s je ne serai inlidèle à mon Dieu.
gouverneur exaspéré, ne trouvant pas
ipplices ordinaires assez cruels pt>ur
onna l'ordre de lui couper successive-
toutes les articulations des membres,
• mettre une telle lenteur, que la bar-
da supplice en fût de beaucoup aug-
(e. Conduit au lieu du supplice, il eut
rd les doigts coupés, puis les mains, puis
5as, ensuite les pieds, les jambes et les
s. Il présentait successivenif^nt ses
res à ceux qui le martyrisaient, té-
ant par une patience admirable le
courage qu'il avait dans le ciKur. Il
udissait de ses souffrances, il disait
uple assemblé tout le bonUcur qu'il
è mourir pour Jésus-Cbrist. Les païens
bouiTeaux eux*inêmes ne pouvaient
DlCTlONIf. DX» PgmécuTiONt. L
ABC
tSi
^
lui refuser leur admiration. 11 expira dans
les supplices le 12 janvier, jour auquel TE-
glise célèbre sa fête. S'il ftiul en rroire cer-
tains mart^vrologes, ce fut h Césarée en Mau-
ritanie qu'il rcrut la couronne du martyre.
Tels sont relativement à saint Areadius les
documents que nous avons trouvés dans les
meilleurs hisloriens : voici maintenant ses
actes flulbentiques pris dans Kuiriart, et qu'il
a tirés du livre des Combats des martyrs et d'un
sermon attribué à saint Zenon de Vérone.
fl La fureur des tyrans se répandait avec
une extrême violence dans toute TAchaïe ;
le démon, pour favoriser leur entreprise,
avait fait prendre les armes h ses soldats,
qui, comme autant de loups ravissants, se
jetaient sur le troupeau de Jésus-Christ, et
faisaient une guerre sanglante h tous ceux
qui adoraient le vrai Dieu. Sur le moindre
soupçon on enfonçait les maisons , on y
faisait une recherche rigoureuse , et lors*-
qu'il s'y rencontrait quelques chrétiens,
aussitôt la haine quVn leur portait se si-
gnalait par un crime. Chaijue jour voyait
commettre plusieurs sacriîéges ; on contrai-
gnait les lïdèles à assister à des cérémonies
superstitieuses, à iaire des libations, h co'i-
dnire par les rues des victimes couronnées
de ileurs, à brûler de Fencens devant les
idoles, à chanter h !a manière des bacchan-
tes, et à respirer Todeur des sacritices. Cest
qu'on espéra il par ce moyr^n pouvoir arra-
cTier la loi du cœur des chrétiens, et leur
faire renoncer Jésus-Christ.
« Mais pendant qu'il se livre divers com-
bats entre les ministres du démon et les sol-
dats du vrai Dieu, Areadius, Tun de ces der-
niers, voyant la ville où il demeurait dans
une eflVoyable confusion, et qu'on traînait
les chrétiens malgré eux dans les lemnles des
faux dieux, résolut de s^enfuir et d anandon-
ner tous ses biens. Ayant donc trouvé aux
environs de la ville un lieu écarté, il s'y tint
caché, servant Jésus-Christ, dans les veilles,
dans Toraison et dans tous les autres exer-
cices d'une vie austère et pénitente. Sa fuite
ne put pas être longtemps ignorée ; on ne le
voyait plus aux sacrifices ; le gouverneur en-
voie des soldats à son logis; ils renviron-
nent, ils le forcent, ils pensent y surprendre
Areadius, mais ils n*y trouvent qu'un de ses
parents, qui y était venu ce jour-là par occa-
sion. Cet houMue fît tout son possible pour
justilier rabsencc de son parent. Les soldats,
au désespoir de n*avoir pas trouvé ce qu'ils
cherchaient, se saisirent de ce que le hasard
leur mettait entre les mains. Ils emmènent
ce parent; le gouverneur le fait garder étroi-
tement, jusqu'à ce qu'il découvre le lieu où
s'était retiré Areadius. Ce saint homme
ayant appris ce qui se passait, et brûlant du
désir du martyre, abandonne sa chère re-
traite ; et ne pouvant se résoudre ni à dissi-
muler plus longtemps, ni à sou^rir qu'un
autre lût plus maltraité pour lui, il se mon-
tre tout à coup dans la ville, se remet voton-
lairemenl au pouvoir du gouverneur. Si
c'est à cause de mui, lui dit-il en Tabordanf
et en sô nommant, que vous retenez dasa
VOL
ARC
ARC
SI
les fers mon parent, faites-lui donner la li-
bcrtï5, il est inno;vnt ; je vions le (î(^Sî^3^^
vous «npprenJre lo lirui ae ma retraite qu'il»
n'a jamais su, et rr^pondre aux autres choses
que vous vou'irez savoir de moi. Je veux
bien, repartit le gouverneur, lui pardonner
le secret qu'il m'a fait de votre fuite, qu'il no
crai,^Qe rien, rnaLs h condition que dès ce
soir vous sacrifierez au\ dieux. Qu osez-vous
me proposer, répliqua Arcadius, connais-
sez-vous les clirétiens, et croyez-vous que la
crainte de la mort soit capable de les faire
manquer à leur devoir? comme si nous
ignorions cette parole du grand Ap(Mre : Jé-
guS'Christ est ma vie, et la mort m'est im gain
{Philipp. II, 23). Inventez tel supplice qu'il
vous plaira, n'écoutez plus que votre fu-
reur, ob'issez, jV consens, h tout ce qu'elle
vous inspirera, et vous verrez s'il est facile
de me faire renoncer mon Dieu.
w Le ;;ouverneur, h ces paroles, sent que sa
bile s'enflamme, et qu'un liel de vipère s'in-
.«jinue dans son cœur et y excite une rage
forcenée. 11 est tout occupé de la p nséo de
foire souffrir au martyr des tourments inouïs,
et q«ie li-s lois les plus sévères n'osèrent ja-
mais ordonner nour les nlus criminels. Les
ouj^les de fer lui semblent tro^^ doux, les
plouibeaux ne font h sou gré (piellleurer la
)eau ; il ne daigne pas seulement regarder
.e olirvalel, et une grêle de coups de b.Uou
ne salisferait [)as sa fureur. L'idée qu'il se
forme de quelque su[»plice extraordinaire
lui fait négliger tous ceux dont il s*esl servi
iiisqu'alors. L croit enfin Tavoir trouvé, et,
nnsensé qu'il est, il pense qii'à celte fois U
faudra bien que Dieu lui cédé. II ordoime
donc à ses bourreaux de se saisir du saint »
Cl il nu leur prescrit autre cbose, sinon qu'ils
ÉiiS>cnl en sorte que la grandeur des l»ur-
menls l'oblige h souhaiter la iivort, sans qu'il
la puisse obtenir qu'après l'avoir longtemps
Souiiailée. Qu'il 1 attende toujours, s'éjrie
cet homme furieux, sans qu'elle vienne.
Qu'il puisse, encore vivant, voir sou corps
sumolable à un tronc d'arbre auquel on a
ôté toutes les branches. Que tout^'S les join-
tures de ses membres soient couples l'une
après l'autre, et que tout leur assemblage se
rompe cl se désunisse. Commencez par les
artiiHes des doigts, séparez ensuite les mains
des bras, les bras <les épaules, et les épaules
de la poitrine. Qu'o:^ commence pareille-
ment par les doigts des nieds, et remonlanl
toujours, venez aux pieds, puis aux jambes,
aux genoux, aux cuisses ; et lorsque vous en
serez la, délaciez les cuisses des hanches ;
mais que toutes ces opérations se fassent
louîemeiit; faites durer la douleur lo plus
que vous pourrez, afin qu'il ap[»renne, le
luisérablis ce que c'est que dabandonner
les dieux de ses pères, pour suivre un Dieu
étranger et inconiu.
o L<îs bî>urre;iux, obéissant h ces ordres
crueh, prenn-'iit Arcadius, et le minent au
lieu où plusieurs autres victimes connue lui
levaient ul • tgorgées. Lieu ci:éri et suîihaité
nvec ardeur de ceux qui soupirent après la
JM éternoll« ! Arcadius, y étant arrivée, lève
E
f
les yeux au ciel, prie et sent que sa prière
lui a donné des forces. Il .présentait le cou
aux bourreaux, dans la |)ensée q le le gou-
verneur se contenterait de sa mort, lors-
qu'on lui connuanda de donner ses mains.
Il les donne; et pendant qu'on les coupe en
morceaux, il dit : Seijjneur, vos mains m*ont
formé , donnez-moi l'intelligence. Et taol
que son supf)Iice dura, il ne cessa point de
louer Dieu. Le gouverneur avait oublié de
lui faire couper la langue, et il s'en servit
toujours à confesser un seul Dieu, à publier
Îue les idoles n'étaient rien, à proclamer
ésus-Christ vaincpieur des tyrans. Aiirès
qu'on l'eut démembré par en haut, on le fit
coucher sur le dos. Lorsqu'il fut en cette
posture, il se mit à glorifier Dieu d'un toa
de voix encore plus élevé. C'était la vue dv
ciel qui augmentait sa force. U donne en-^
suite ses nieds avec joie, ses jambes et ses
cuises : la séparation s'en fait aussitôt, et
l'art cruel des bourreaux sait môme détacher
les hanches du ventre. Ce fut pour lors que
la constance admirable du martyr tira les lar-
mes des veux à ses propres bourreaux, qui ne
purent s empêcher d'avouer qu'une si (O'and^
patience ne pouvait être qu'un don du ciel.
Après autant de martyres ditlérenls (fu'i)
9*élait &it kïe séparations dans le co^p$ d Ar-
cadius, ce qui en restait n'était plus qu*ttS
trono ({ui nageait dans le san^. Le saint n'^
était piis plus ému ; son Ame, toujours Intt*
quille, n'aiiandonne point encore ce eoryi
?ui n'est pius que la moitié de ce qu'il avail
té, et qu on ne doit plus affpeler un eorpti
U voit devant lui ses membres éj[>ars çjk €l
là, il les regarde comme des parties de Ittî»
niéme^ mais inutiles et embarrassaotes, doat
il fait les funérailles; toutefois il les offine i
Dieu Tun après l'autre, et demande une oou*
ronno pour chacun d'eux eu particulier.
Heureux membres, leur dit-il, qui avei eu
)e bonheur de servir votre Dieu, vous ne me
fûtes jamais si ehers lorsque vous étiez atta-
chés à mon corps, que vous me l'êtes main-
tttiant en étant retranchés. 11 vous est avaiH
Iffgeux d'ôtre sépaiés, pour être réunis daos
la glo.re, et afin que, do membres mortels
que vous étiez, vous puissies un jour deve*
nïv des membres glorieux et immortels^ C'eil
à présent que vous êtes les membres de
Jésus - Christ , c'est à présent a»je j'ap-
partiens vériiabloment à Jésus-Christ ^ ce
que j'ai toujours désiré av.c une extrê-
me aiHleur. Kt vous, ajouta-t-il, qui êtes
spectateurs d'une si sanglante tragédie, ap-
prenez que ces tourments, qui vous parais-
sent si horribles, ne sont rien à quiconque
envisage 1 immortalitébienheureuse. Croyez-
en un homme qui ne prend plus de part à
la vie, vos dieux ne sont pas des dieux ; re-
noncez h leur culte impie et vain ; et recon-
naissez enliu qu'il n'y a point d'autre Dieu
3ue relni qui me cousoie et nie soutient
ai.s l'ét.it 0^ vous m" considérez. Mourir
pour lui, c'est vivre; et souffiir pour lui, ceM
eue dans les dv/iiccs. L'amom-quon auouT
lui ne se ralentit jamais, il ne csbso jamm
«r AR6
le dégoât, il ne souffirira jamais de diminu*
lion. Pour récompense da peu que j'endure
pour lui. Jetais recevoir une vie immortelle,
ef qui m'noira h lui pour toujours. Er^ disant
cela fi expira doucertienl, le 12 de janvier.
Lps WoMlrrs ne purent refuser leur admira-
tion à rinimitable consLinco de ce glorieux
lùarijT, et les chrétiens s'en trouver ni en-
core plus disposés h répanfire leur san ^ i>our
Jé^us-Christ. Us recueillirent ses reliques,
et, les réunissant toutes, ils les renfermèrent
dans un roéoie tombem. » — 12 janvier.
ARCÊ (le bienheureux), missionnaire de la
compagnie do Jésus, s'embarou?! h !'As<;om-
S lion le SV juillet lT15,avec le P. Barthélémy
B Wende. Ils remontèrent le Paraj^iay jus-
qu'au lac Manière, et là se auittèront. Le
P. Arcé se dirigea ?ers le pays des Chiquitos,
dans le butdedJconvrirune communication
d'un fccile accès entre le Tucumarr ot le Para-
Kay. A son retour, la barque avait dispm-u ;
[juipage, rebelle aux ordres du P. de Blende,
avait voulu reprendre le chemin de l'Assom-
^ion, et les Payaguas« après avoir massa-
cré les matelots, avaient fait subir le même
sort au missionnaire et avaient précipité
son catlavre dans le fleuve. Aidé de quelques
ndophytes, le P. Arcé se construisit une |)i-
ro^ue et commença à descendre le fleuve.
Les meuilriers de sen compagnon, Tayant
surpris k son retour, le massacrèrent et
abandonnèrent son corps sur la rive. Il fut
tfercé k coups de lances par les Guaycuros.
Redouble martyre arriva en 1718.
AHCIlAViR, prince arménien de la famille
Gamsaragank, mt l'un de ceux qui souffri-
rent volontairement la captivité pour Jésus-
Christ, sous le règne d'Hazguerd, deuxième
du nom, roi de Perse, et qui ne furent remis
«n liberté et renvoyés en leur pays que huit
ans apriîs la mort de ce prince, sous le rè^ne
de so^ Bis Bérose. (Pour plus de détails,
VOy. PbIXCBS laMÉNIENS.)
ARCHKLAUS (saint), diacre, fut martyrisé
à Ostie, du lemivS de rempcreur Alexandre,
par ordre d'Ulpien, préfet du prétoire, avec
iaiol Quiriace, évèque, et saint Maxime, pré-
Ire. UEglise fait leur fête le 23 août (Marty-
n>lo8e romain).
ARCHELAIJS (saint), diacre, eut la tMe
traochée pour la foi chrétienne, sous Tem-
E're do Claude II le Gothique, avec saint
asiate, prôtre, et saint Cynaquu, évéque.
(Pour plus de détails, vou* Martyrs d'Ostie.)
ARuIlBLAUS, exécuteur de haute ju^lico
k Egée en Cilicie, sous le rè:;ne do Diocié-
tien. Ce fut lui qui, en 2fe5, par ordre du pro-
eODSul («ysias , tourmcuta d^une manière
atroce et fit enfin mourir les saints Astère,
Ôauile ei Néon, et les saintes Domiiiue et
fhi^mille. (Key. Tarticle Clidde.j
AHCUALAUS (saint), martyr, reçut la
Blme du martyre avec les saints Cj r.lle et
hotius. On iffinore le lieu, la date et les
circottslanees oc leur martyre. Le Martjro-
Jo je romain n*en dit rien. L*Ë«^Use houoro
laar mémoire le k mars.
. AIICHEM (3einl)à était un prêtre arménien*
Ce saint souffrit le martyre sous le règne
ARB M
du cruel Haïguerd, roi de Perse. On lui Ha
les pieds et les mains, qu'on serra si tort,
que ses nerfs en craquaient, et il resta ainsi
longtemps sous les yeux de ses compagnons;
il eut ensuite la lote tranchée, puis on le
jeta dans une fosse qui était à sec.
ARCH1N1.VIE (saintj, martyr, éUit origl*
naire de la ville de Mascula en Numidie.
Les persécuteurs cherchèrent par les mena*
ces et les caresses a le rendre parjure h sa
foi, mais en vain. Furieux d'être vwincus,
les ennemis de sa foi le condamnèrent ft avoir
la lète tranchée. Le bourreau levait déjà la
hache, mais on lui laissa la vie parce que
les ariens n'aimaient ]ioint à faire de mar-
tyrs, disant que les chrétiens los honoraient
alors comme des saints. On ignore ce qu'it
devint par la suite ; mais si lEçiiso l'honore,
on doit en conclure qu'il persévéra toujours
dans sa foi.
ARCONCE fsainl), martyr, versa son sang
pour la foi, h Capoue, avec les saints Quince
et Donat. On ignore la date et les circons-
tances <]e leur martyre. Le Martyrologe ro-
main n'en dit rien. L'Eglise fait leur fête le
6 septembre.
^ ARDACIRCS, prince persan, probablement
Tun des fils de Sanor Lonj^ue-Vie, fit mou-
rir, en 3*3, à Belh-Séleucie, saint Jean, qui
en était évêqne. (Koy., pour plus do détails,
NàRsès, évèquo de Sciaharcaoat). Etant vice»
roi d'Ahiadène, il fit mettre à mort Papa^
Ï urètre d'Helmine, dans le château de GabaL
I commanda à des femmes de Beth-Séleucie,
qui avaient apostasie, de lapider un jeune
prêtre, nomme Ulianam. Guhsciatazades, eu-
nuque de son palais, ayant refusé de sacri-
fier, il ordonna à Vartranes, prôtre apostat,
de le massacrer de sa propre main.
ARDAVAZD, prince arménien de la Ah-
mille Mamigoniank, fut l'un de ceux qui
souffrirent volontairement la captivité pour
Jïsus-Christ, sous le règne d'Hazguerd deuxiè-
me^ du nom, roi de Perse, et qui ne furent
remis en liberté et renvoyés en leur pays
que huit ans après la mort de ce pnnce,
sous lo règne de son fils Bérose. (Pour plus
de dét lils. voy. Prixces arméniens.)
ARÈCE (saint), martyr, donna sa vie potif
Jésus-Christ à Rome, avt^c saint Dacien. (te
ignore la date et les circonstances de leur
m*riyre. Lo MarUrologe romain n'en dit
absolument rien. L*Kglise les fôte le k Juin.
ARhSCE (saint;, martyr, mourut h Lyon,
en l'année ITÏ, sous l'empire d'Anton n
Marc-Aurèle. Il fut du nombre de ceux qui,
comme saint Poihin, n'eurent pas la force
de subir jusqu'au bout les tourments que
les persécuteurs lui firent endurer; il mou-
rut en prison. L'Eglise fait .«a fêle, ateo
celle de tous ses compagnons, le 2 juin.
ARÈSE (saint), martyr, répandit son sang
en Afrique pour la foi de Jésus-Christ. Il fut
martyrisé avec saint Rogal et quinze autres
donl'lrt Martyroloi^e romain n'a t>as conservé
les noms. LEgliic vrnère leUr sainte et glo-
rieuse inéiiiuiie le 10 juin.
ARËTAS (bîiiut;, martyr, r:ueillit la palme
du martyre à Rome avec cinq ccnl quatre
130 Aia
iô ses com|iagnons, dont le Marivrologe ro-
main ne domie m^ilheureiisemeot pas les
Îçloneux nom-:. On i^^nor*? même la ilate et
es circonstimcHS de leur martyre. L'Eglise
un leur fête le 1" octobre.
ARfiTAS (saint), martyr, répandit son
sang à Nagrao, dans le pays des Horaérites,
avec trois cent qu^rrante de ses compagnons,
du temps de Tempereur Justin, sous un ty-
ran joif nommé Bunaan. Après eux, on livra
aux llammes une l'embue chrétienne dont le
fils, ^gé de cinq ans et qui confessait Jésus-
Christ en bégayant, n'ayant [m èUe retenu
ni par caresses ni par nienaees, se orécipiia
lui-même dans le ttrasier où ^a mère était
consumée, L'Eglise fa»t la fête de rillustre
Arétas ]of 2% octobre.
AHEZZO, ville de la Toscane, où» sous
Fempiie de Dèce, le président Tiburce tit
meltre à mort pour ia foi les deux jeunes
frères Laurentin et Per^entin, Au coranien-
cernent du règne de Julien l'Apo^ïtat, le pré-
fet impérial Quadralien y tit décapiter le
saint évéque Bonat ainsi qu'un moine
nommé Bilarin La ville a les reliques du
premier; celles du second sont à Oslie, où
on les a transférées*
AliGENTON, ville de France, qui fol té-
moin de la déca[)italion de^ saints Marcel et
AnastHse; ce dernier était homme deguiTre*
AKtflMIH (saint), martyr, éiait moine à
Cordon e* Il y fut murtyiisé pour la foi de
lôsus-Chrisl , durant la persécution des
Arabes. Le Martyrologe romain ne fxrécise
poitit J année", et ne donne aucun détail sur
soji marlvre* L'Eglise célèbre la fêle de ce
saint martyr le 28 juin.
ARIADNÉ (sainte), illustra par son mar-
tyre la Phrygie, sous F empire et durant la
persécution d'Adrien, On ne sait rien d©
précis sur le genre de supplice qui termina
la vie de sainte Ariadné, non plus que sur
sa date réelle, L^Eglisefait sa fête le iT sep-
tembre.
AKIEN (saint), martyr, périt pour la foi
de Jésus-CWist. Il fut noyé dans ta mer avec
saint Tîiéoltque. Ou prétend que les dau-
nîiins rappoitèrent leur corps sur le rivage.
On ignore la date de leur martyre. L'E-
glise célèbre leur sainte mémoire le 8 mars.
AiUEN, était gouverneur en Thébaïde. 11
donna la couronrie du raartvre h saint ïi-
mothée et à sou épouse, sainte Maure.
AKIENS, hérétiques qui niaient Funité et
la Donsubstintialité des trois personnes de la
sainte Trinité et la divinité ile Jésus-Christ,
soutenani que le Vcrbf^ était une simple créa-
ture, tirée du néant et sujette au péché. Les
ariens furent de violents persécuteurs de TE-
glise. C*esià ce titre qu'ils trouvent place dans
cet ou vrage. Nous ne nous bornerons pourtant
pas à narrer la guerre ou'ils ont faite à 1*É-
glise catholique, 1 articie que nous faisons
serait trop éeourté, nous devons les faire
connaître. Nous iraitefons succinctement ce
qui concerne leur liérésie, et nous nous éten-
drons laigement sur ce qui concerne leurs
p*Tsécutioas. Les ariens firent leur nom du
chrfdp leur hérésie, qui se nommait Arius,
ÂR!
iM
11 était né en Lybie, ou à Alexandrie, s'il
faut en croire Constantin, qui , voulant le
renvoyer en celte ville, lui promet de le
renvoyer en son pays. Cependant n'est-il pas
permis de croire nue, par ce mot payj, Con-
stantin^ entendait V Afrique, et non pas seu-
lement la ville d'Alciandrie? Anus était
instruit et habile en discussion. H était élo-
quent et avait Tabord prévetiant. On voyait
en lui toutes les apparences de la vertu,
prétexte dont il couvrait son ambition et son
goiit démesuré pour la nouveauté. Il com-
posait son extérieur avec un art admirable ;
cependant Fobservateur voyait, sous son air
abattu et austère, la mélancolie et les pas-
sions haineuses qui ranimaient. 1! était a un
caractère dominant , et voulait absolument
commander. « Tout le monde ne voit-il pas,
dit Constantin, quels cris lui fait jeter la
blessure qu'il a reçue du démon? Le venin
de cp serpent qui remplit ses veines lui
cause d'elfroyables convulsions. Son corps
sans vigueur et sans force, son visage pâle,
hâve, sec, décharné jusqu'à faire horreur,
abattu de chagrins et d*inqtiiétudes» font voir
la maladie qui le tourmente au dedans; sa
voix éteinte et à demi morte, ses cheveui
épais, mal peignés et sales, ce mélange af-
freux que font en lui, depuis longtemps, la
vanité, la rage et la fupiur, le rendent tout
farouche et tout sauvage, et le font moins
ressembler à un homme qu*à une bête, »
Outre son humeur noire et mélancolique,
il se rendit esclave de la vaine gloire, da
l'ambition et de l'envie. Il se laissa empor-
ter à une passion furieuse de vouloir com-
mander aux autres et de posséder les pre-
mières dignités de FEglise, et ce désir de
sYdever au-dessus des autres, qui passe
souvent dans le monde pour une vertu, fut
ce qui le rendit hérésiarque. On le taxe
aussi assez ouvertement d'avarice, (Till*, voL
VI, 240.)
Ayant quitté le schisme des méléciens,
dans lequel il était engagé, il fut ordonné
diacre par saint Pierre d'Alexandrie, qui
bïenlùt le chassa de FEglise, parce qu'il le
blâmait d'excommunier les partisans de Mé-
lèce. Achillas, successeur do saint Pierre»
reçut en grâce Arius qui vint lui demander
pardon, lui permit d exercer ses fonctioos de
diacre, et enlin Fadmit à la prêtrise. Il pa-
rait qu'il fut curé à Alexandrie, dans la pa-
roisse nommée Baucale, Arius avait Je bonne
heure commencé à répandre sa doctrine eo
fjarticuJier et dans les conversations privées;
e mal demeura longtemps caché, maïs,
quand il eut beaucoup étendu le nombre de
ses partisans, il se crut assez fort pour prê-
cher publiquement ses principes. Saint
Alexandre avait alors réuni son clergé, el
avait excommunié Arius ainsi que plusieurs
de ses sectateurs. Voici les noms des princi-
paux : Achillas, Aithale, Carfjone, Sarmate,
et un autre Arius, tous prêtres ; Euzoius,
Luce, Julien, Mène, Hedatie, Caïus, diacres*
Les deux évéqnes Second et Théonas, qui
suivaient les mêmes erreurs, furent compris
dans la mâme eicommuiiicatibo. Second
i
àta
ut
était évèque de Ptoîémyide, Théooas Tétaît
de Marmorique en Libye. 11 y eut encore
d'autres personnes excomniuiiiées. Saint
Athanase nmrcpie Sisione, Jule, Marc» Arn-
mon, Ir^o^e, Zozime, Sérainoo, qui plus
tarJ furent presque Ions piar^'s par lt*s
ariem. A ces eicommuoiés il faut joindre
une grande quantité de siaiples tklèles, qui
partageaient les mêmes erreurs. SainI Epi-
pbane dit que, dans ces coiutnencements,
Arius eut avec lui jusqu'à sept cents vierges.
Tel fut le noyau des ariens. Bientôt Ursace
et Valens se j'oignirenl à eux, ainsi qoeMé-
lèce, évêque de Lycopolis. Après cela» Arias
se relira en Palestine , où il travailla à sur-
prendre û foi des évôaues. H en surprit
quelques-uns; d'autres le repoossèrcnt tou-
jours. £usèbede Césarée^ Tbéodote de Lao-
dicée, Paulin de Tyr, Athanase d'Anazarbe,
Grégoire de Bérvte, Aïke de Ûinspolis, em-
brassèrent ses doctrines hén'^liqiics, H faut
en ajouter plusieurs autres, qui se déclarèrent
depuis : Palrophile de Scytbopolis, Narcisse
de Néroniade, Ménophwnfe d^Epbèse, Tliéo-
guis de Nicée, Maris de Chaleédouie et Eusebe
de Nicoiuédie. Ce dernier est le plus célèbre
de tous» et celui de tous les ariens qui Ot le
plus de mal à rEglise. Il était d^abord évê-
que de Beryte. ScFoq les règles de ce temps-
tôy il était "^défendu h un évèmie de quitter
son sié^e pour un autre. Euseiïe iieti lint
©omple, et passa au siège do Nicomédie.
Celte ville était, depuis Dioeîétien, la cani-
talede Tempire d^Orient, et son évoque, ae-
Suis la conversion de Gonstunlin, élait un
es personnages les plus importants de fem-
fire.Cescousidéralions n*avaient paséeliappé
Eusebe. Constantin, parlant de rélévatiou
d'Eusèbe à cet évôché, dit que TEglise de
Nicomédie n'avait pas eu la liberté de se
choisir un prélat cligne de cette cbarge, à
cause que ceux qui y étaient alors tirent de
grands etforls pour y porter Eusèbe , dont
l'impudence troubla Tordre et les règles si
équitables des canons. Ce terme, ceux qui
ùaient alon , ne peut guère marquer (jue
ceui qui dominaient, cest-èi-dire Licinius.
El en etfet, Constantin accuse Eusèbe, au
même endroit, de s'être absolument attaché
\ ce prince, jusqu'à avoir élé la principale
::ause de la guerre qu1l lui avait faite, ou au
moias de Ta voir servi cai>lre lui, durant le
pliis grand feu de la guerre, d'une manière
i lie convenait nullement à un évèque. Il
plaint qu'il envoyait des espions contre
i, et qu*il rendait h Licinius toutes sortes
le services» presque jusqu'à porter les ar-
es pour le défendre; et il assure que tout
la était très-bien jusliiié par ses prêtres et
s diacres que Ton avait pris, et qui avaient
ut-èlrc^ servi eux-mêmes d'espions à Lici-
ius» sous prétexte de venir ménager quel-
que traité. Il ajoute qu'Eusùbe était complice
!es cruautés du tyran Licinius, même de la
rsécutiou qu'ilavait faite aux chrétiens,
I du sang des plus saints ôvêques. Le crédit
il avait à la cour venait, comme mielques-
de ce qu*il possédait la faveur
leuuiie de LicLnius et scaur
ins croient.
dé Constantin ; et il est assez probable quu
ce fut par son moyen qu'il monta à révêcbé
de Nicomédie. Au moins, Ton ne voit point
que la ruine de Licinius ni le changemnnl
de Fompire aient diminué son autonté. L'on
voit de plus que Cunslancie avait de Tincii-
nation pour larianisme, quoiqu'on en raj>-
porte d'autres causes; et même saint Jérôme
dit qu'Arius, pour tromper le monde, avait
d'abord trompé la sœur du prince. Eosèbe
pouvait même être son parent, car il 1 était
de J*ilien TApostal, quoique de loin. On
verra dans la suite qu'il ne s'arrêta pas en-
core à Nicomédie, et qu'il passa de là à
Constantinople, lorsque cettu ville fut deve-
nue la capitale de tout Tempire d'Orient; et
quoique ces changements fissent horreur k
ceux qui avaient quelque respect pour les
canons, la llattene ifa pas laissé d'y fair**
trouver à Eusèbe de Césarée une matière d©
le Jouer.
Outre le crédit qu'il avait auprès des puiîï-
sances du siècle et lavantagc de son siège,
il avait encore celui de réloquence. On ne
peut douter aussi qull n'eût bien de Tesprit
pour intriguer et pour cabaler. Philastorga
ne trouve personne entre les ariens dont la
vie lui parut plus digne de ses éloges, et il
lui attribue même des miracles. Mais sa
forée était dans ses liaisons avec la cour; et
c'est là ce qui faisait que beaucoup d'évô-
cjm^s suivaient aisément ses senlimeDlS-
L'est donc sans doute aussi par là qu'il #
mérilé que ceux do sa faction le qu^diUas-
sent de grand évêque.
Après lant de crimes dont il s'était rendu
coupable, il ne faut jms s'étonner qu'il soit
tombé dans l'hérésie, puisque la corrup-
tion de la doctrine et de la foi est assez sou-
vent une punition du dérèglement de la dis-
cipline et des mœurs; Tindulgenee même do
TEglise, qui ne le punit point tl'avuir passé»
contre ses lois, de Béryte à Nicomédie. lui
at croire qu'il en était le maître et l'arb tre>
et qu'il pouvait sans crainte se rendre le
protecteur de la révolte d' Arius. Ii y fm
porté sans doute par l'ancienne union qu'ils
avaient ensemble; car on voit par um* let-
tre écrite vers ce temps-ci qu'ils avaient un»
liaison pailiculière et qu'ils étaient ûéjh
dans lt:s mêmes sentiments. Ils avaient as-
sez vraisemblablement été compagnons dans
l'école de saint Lucien d'Antiocbe» puisque
Arius appelle Eusèbe un véritable coUucia-
niste. Et saint Eniphane témoigne <iue le
vieil Eusèbe do Nicomédie (il le qualitio
ainsi) avait vécu assez longtemps avec saint
Lucien. Les ariens se vaniaienl méuie que
ce saint avait ou pour disciples, non-seule-
ment cet Eusf^be, mais encore les autres
principaux auteurs de leur secte, comme
Ml ris de Clialcédoinc-, Tbéognis de Nicée,
Ménophante d'Epbèse, Athanase d'Anazarbe,
Eudoic de (icrmanicie, Léonce d'Antioche,
Antoine de Tarse et le célèbre sophiste As-
tère. C'est a[q}aremmeiil ee quia fait soui>-
t^onner la foi de ce saint maitsr. Quelques-
uns ju^étendenl qu'il relira tous ceux que
nous venons de nommer, du crime de ÎV
SI3
AU
ARI
m
postasie où ils s'étaient engagés durant la
persécution; et Philastorge, de qui cela
▼ient originairement, donne quelque lieu de
le croire; mais, assurément, il ne Ta voulu
dire que d'Astère, qui, à cause de cela, ne
put jamais être élevé à Tépiscopat par les
eusébiens mêmes, et d'un Alexandre qu*on
' ne voit point non plus avoir été évoque. Il
semble même qu'Eusèbe fut plutôt le maître
que le disciple de Timpiéle d'Arius, car
aaint Alexandre, parlant des lettres que cet
évêque écrivit en faveur d'Arius, dit qu'il ne
5 prétendait pas tant défendre Arius que se dé-
ëndre lui-même, puisqu'il ne faisait que
renouveler par Arius ses anciennes impiétés,
dont le temps avait aboli le souvenir. C'est
donc pour ce sujet que» selon saint Atha-
Base, les ariens ou Arius même suivaient
Eusèbe comme leur maître, lorsqu'ils met-
taient le Fils au nombre des créatures. Eu-
'«èbe est néanmoins aussi appelé le disciple
de l'impiété d'Arius, parce que c'était ce
prêtre qui avait commencé à la rendre célè-
bre, et à exciter le trouble dans l'Eglise.
Mais, sans disputer trop qui mérite 1 hon-
neur d'une si funeste hérésie, il est certain
que l'un et l'autre ne craignaient pas de pu-
blier, tant de bouche que par écrit, les plua
horribles blasphèmes. Eusèbe avait nean-
Inoins abandonnée Arius le soin de prêcher
ouvertement son hérésie, et s'était réservé
telui de la soutenir jpar son crédit.
L'union si p.irticulière que ces deux ser-
pents, tomme les appelle saint Alhanase,
avaient entre eux, parait tout à fait dans une
lettre qu'Arius écrivit à Eusèbe avant que
de l'aller trouver et au<îsitôt après sa sortie
d'Alexandrie, dont il lui mande la nouvelle.
Cette lettre est ranportée tout entière par
saint Epiphane et par Théodorel. On voit
dès rinscription çon esprit de flatterie, par
les titres de homme de Dieu et de défen-
leur de la vérité qu'il donne à Eusèbe, et
âon endurcissement plein de vanité lorsqu'il
se Qualifie un homme injustement persécuté
p^r lepape Alexandre pour la cause de la vé-
rité toute-Duissanle. Il continue dans sa let-
tre a se plaindre de ce que cet évêque le
poursuivait sans relâche, qu'il employait
contre lui toutes sortes de machines, jus-
qu'à le faire chasser de la ville comme un
impie et un athée. Il fait ensuite une petite
exposition de la foi de ce saint prélat, à la-
quelle il oppose en un mot son blasphème.
— Il ajoute que tous les évoques d'Orient,
hors trois, suivaient ses sentiments, et
avaient été anathématisés pour ce sujet , ce
qui est une calomnie visible. Car, quelques
plaintes que fasse saint Alexan Ire contre les
évêques qui favorisaient Arius, jamais il ne
parle a'anathème, et, au contraire, il renvoie
positivement au jugement de l'Eglise ceux
d'entre eux qui étaient les plus coupables.
Il dépeint Eusèbe comme un homme qui
méritait toutes les foudres de l'Eglise ; mais
il se contente de demander qu'on n'ait point
d'éjjard ^tout ce qu'il pourra dire ou écrire,
et il ne le met point parmi ceux contre qui
l'on avait prononcé l'aoathème. Mais parc4)
S que cet anathèma tombait sur tottf les tom*
lices de l'hérésie d'Arius, il voulait* ponr
écrier saint Alexandre, que tous ceux qa*il
s'imaginait être ses partisans y fussent eiH
veioppés, et cela pouvait être vrai devant
Dieu de beaucoup d'entre eux.
Ce calomniateur , dans la suite de m kt-
tre à Eusèbe, ne représente pas plus siucè-
rcment la foi que la conduite de ^tê adver-
saires, et il impose faussement des hérésies
aux plus illustres défenseurs de la vérité. Il
est plus croyable dans lobstination (|«*il
lait paraître, en disant qu'il aimerait mfeuK
souffrir mille morts que d'écouter seale-
ment la doctrine de ces saints, qu'il ayipelle
des ignorants daos notre foi, des hérétiques»
des impies. Il fiait par une petite exposition
de sa croyance , où , quoiqu'il tâche de oh:*
cher son venin, il le découvre assez poar
justifier la vérité de tout ce que saint Alesio-
dre et les autres défenseurs de U ^fonsiih
stantialité en ont écrit. 11 remet le rasle ^ la
connaissance d'Eusèbe, qui assur<«ieit ViH^
tendait fort bien à demi-mot, qutfid OA ti*M
jugerait que par ces trois lignes que seiiil
Athanase nous h conservées d'une dé ssi
lettres à Arius. C'était vraisemblableaient il
réponse à celle-ci même : c Vos sentimf t|
sont fort bons, leur dit cet impie, et vem
n'avez rien à souhaiter que de les voir ea*
brassés par tout le monde; car personne
ne peut douter que ce qui a été fait n*élsit
pas avant qu'il fût fait, puisquM faut qii*il
ait commencé à être. » (Tillemont, toL U^
p. 252. )
Ce fut près d'Eusèbe de T^icomédie qa*ir
rius se retira, après que saint Aleian<!re ss
fut amèrement plaint de ce que lesévéqaes
de Palestine lavaientroçu. Ce fut de là qttU
écrivit à saint Alexandre, et là aussi qaHl
composa sa Thalie, cantique dans lequel II
avait renfe: mé sa doctrine. U était £iit snr
l'air et coiiséqueinment dans la mesure dep
chansons infimes que Sotade avait antreEsis
oom[X)sécs pour les danses et le% festins. B
en lit aussi Quelques autres pour les r^
pandre dans le bas peuple. Û y en avaiC
1»our les voyageurs, pour les mariniers, poor
es tourneurs de meule. Longtemps £usihe
de Nicomédie intercéda , insista auprès de
saint Alexandre pour qu'il reçût Anus à sa
communion : toutes ses démarches ftarent
inutiles. Voyant cela, il fit rassembler denk
conciles, l'un on Bithynie, l'autre en Msn»
tine. Arius y fut reçu. De ià, il éorivit à toos
les évêques de recevoir Arius en leur eos»
munion , comme ayant des sentiments pa»»
faitement orthodoxes. Ces lettres eurent nn
très-fâcheux effet, et détachèrent de la M
un grand nombre d'évêques. Sur ces entrer
faites, un nommé George, prêtre d*AlexMi-
drie, voulut se poser comme médiateur entre
son évêque et les ariens. Il écrivit done anft
uns et aux autres; mais les erreurs qu^il reiH
ferma dans sts lettres, la façon dont il e«»
cusait Arius, lui valurent, non moins que le
scandale de sa conduite, qui était très^^é*
bauchée, une excommunication de la paît
de saint Alexandre. Déposé à AleMiidriey fl
^,
lut se faire recevoir dans le clergé d'An-
lîuclieî mais mui Eusbihe le repoassa. Il
Si* retira à Arélhuse vu Syrie, oti il fol reçu,
oui:>ijUo Constantin, le propoîianl fihis l^rd
.omm*» érêque d'Att^kniie, rappelle prùtre
t] se. Dans re m6nie t^mips, le grand
t lant vemi à Aie\a»idrje, y tint un
<ii#fii.*ie tiaîis lequel Arius fut excauniiunié.
Ce prêtre écrivit à Corisian in , jiour s'en
plaÎQiire^ une lettre dans laquelle cet ejûpe-
reur dtv ouvrit riiufnélé qui animait cet iié-
i' . U prit ia plauie |>our le rd'uler*
Il . ... d'une manière telleoieril savante,
qu'il fut soupçona*'^ d avoir éié mdt'i \mv le
grand Osius. A la suite de i:*la, Arius vint
irouver Constantin, qui lui avait éerit de
Vètur lui rendro compte de sa foi. Arius le
fil en des termes tel ïenient anihigiis, qti'il était
ï possLbf e iïy décou vri r 1 liérésie d e laque de
n rac€U$ait. Mais bientôt afirè.s il se dévoila,
#1 TûDiperefir, voyant qu'il était impossiljîe
d0 Je cioifiier h bien, i^anvoqiia le concile
'nique de Nicée, C'est cequ^il avait de
1 à faire, ce ijn il aurait dû faire tout
d^ifcorJ. Et, ici, qiion nous permette quel-
l|M8 rétl exions.
I^eridant les trois siî^cles qui viennent de
f'éôDuter, sièdes pendant lesquels nous
«PMiê va TE^ise littéralemenl sous la ha-
che drs bourreaux, les princes qui se succé-
ééémU ne cessèrent prc-qor* pas d'cUre pcr-
sécmeurs. Lorsque vnit Consta»itin, et qu'il
se fuli'onverli à la religion ciirélienne» il se
fit une réaction extrôrne en sens oppr>sé. Il
cJevifit le protecteur de la religion qu*d ve-
Bftil d*e»i ^ . Or» nous voyons lii un
mal, uo 1 :îaWe, L'E^^fise ne doit vou-
JoT de la ôïuléclion de personne. Ce quM
lui faut, cest l;i lil>çr!t\ rindépendaure. ^i
•«s persf^euteurs l'ont frap(ï<5e a coups de
hfti^e, ^e<; protecleurs ont voulu rtnefiat-
T hnsta institué pour rEglise des
* , ^ docteurs, c est h eux de la gou-
vcriier. Les princes de la terre, eux, sont
iné^lilaésfKïurgouvemer leursétats. A cliacun
ê u r<*jl*et ses fonclioTLS, Constuntiii et ses
^successeurs furent beaucoup trop prompts
^e m^ler «Its atîaires de TE^i^lise. Sous [wé-
^xte de la proti'ger, ils cil eut devant eux
&s prêtres et les évéques pour qu'ils y
lefd rendre compte de leur loi; ils as-
fit aux conciles, les diris^ot e«ix niAmes
r^r leurs représentants* On les voit ttë-
?r des prélats, se faire juges des ditÎL^-
îml' Mastiques, et usurper Taulor. té
Ses a s df^ apôtres. H y a ceriains
er\'icrs qu'on paye toujours !ron cher. Ceux
je les princes reiiilent à FEi^lise sont do
noudire. Pres(|uc toujours elle perd en
idé^ tendance ce qu'elle reçoit en pr tec-
ion. Ce n'est point aux princes pfjrieu'S du
riatve à instruire et à enseigner la vérilév
|uand ils mettent leur puissance d'un côté,
ïs oppriment de l'autre, et fussent-ils du
[fcôlé cle la vérité, Toppriiné a toujours le
Iroit d'appel, car la conscience ne relève que
i*elle-môtDe et non pas de la force. Djtis
premiers siècles de VE-jbse oi voit un
i>ectacie ailligeant, L'Eglise catholique aime
ARl
tm
et bénit les princes qui la protègent; mais
elle fait entendre 1^ ceux qui se mettent
contre elle du côté tles héréti(|ues de sévères
ayertissements, Ou'^^l-ce que cela prouve?
sinon que le pouvnïr civil, qui n'a pas reçu
niftndal de diriger les clmses religieiists, n'y
devrait janii-us niellre la main ; iM que le
pouvoir^ religieux est toujours imprudent
quEDd il réclanie un concours qui ouvre l(j
porte h un abus. Encore une fois, fias de
protection : hberté [>our tous. La vérité est
assez puissante pour n^avoir pas besoin d^ap-
puis étrangei'S.
Le concile de Nicée anaîhémalisa Arius et
ses partisans. A la suite de ce concile, Arius
fut iKuiTii en Illyrie par Constantin. La con-
damnation duràncile était juste. Le bannis-
sement était de trop. Plusieurs partisans
d' Arius furent anathematisés avec lui ; mais
Eusèbe de Nicoaîédie et flusieurs autres
évêques tjouvèrent moyen d esquiver la
sentence du concile, enVsignani la coosub-
stantialité. lis ne changèreni pas pour cela
de sentÈment, et attendirent seulement une
occasion plus favorabfe pour se déclarer.
a Bientôt ils firent paraître que leurs sous-
criptions n'avaient pas été sincères. On dit
qu iîs les eifacèrenl, ayant gagné celui qui
gardait les actes du concile par ordre de
IVrnpereurt et quHs ejilrepnrenl d'ensei-
gner publiquement qnll ne faut pas croire
que le Fils soit consub^lantiid au Père, Qu'Eu
sèbe, en étant accusé, dit hardiment à Fem-
pereur, pn montrant Fbabit qu'il portail :
Si on déchirait ce manteau en ma prés(^nce, jr
ne dirais jamais que les deux pièces fiisseli'
de hi nié me substance. Il est certain que
renipereur ayant fait venir d^Alexandrie des
arietis qui brouill lient encore, Euscybe e^
Théosnis les reçurent, les mirent en sûreté
et coujmuniquèrent avec eux. On tint donc
un concile, ils furent déposés et d'au-
tres évùques mis à leur |>lace i Ampliiou
Il Nicornédie et Chreslus à Nicée. Pour Eu-
sèbe et Tbéognis, rempereur irrité les en-
voya en exil dans les Gaules, trois mois
après le concile de Nicée, cl ils y demeurè-
rent trois ans.
n En même temps» Constantin écrivit jk
rK,j;lise de Nicomcdie une grande lettre,
dont la première parti«j est ur^ discours d^
thjoloj^fie assez ob:scur sur la divinité d^
Verbe, le reste est une invective véhémenl*
contre hJusèbc. îl Taccuse d avoir éiè com-
plice de la cruauté du lyrau, c'est-à-dire Li-
cinius, dans les massacres des évèques ef
dans la î>ersécution des cliréliens. Il a, dit-
il, envoyé contre moi des espions pendan't
les troubles, et il ne lui manquait que d^
prendre les armes pour le tyran; j'en ai dei
preuves par les prêtres et les diacres de sa
ç-uite que j'ai pris. Et ensuite , pendant Je
concile de Nicée, avec quel empressement et
quelle impudence a-t-il souteo^j, contre le
témoignage de sa conscience, l'erreur con-
vaincue de tous côtés? tantôt en m'envoyaol
diverses p rsonnes pouj- me parler en sa fa-
veur; tantôt en implorant ma proleclion, d^
peur q^u*élant convaiDca d'uu si grand crime,
SAT
ARl
1
il ne fût privé de sa dignké. Il m'a drcon^
venu et surpris honteusement, et a fait pas-
ser toutes choîies comme il a voulu. Encore
deimis peu, voyez ce qu'il a fait avec Th^'o-
gnis, J avais commandé qu'on amenât d A-
leondrie quelques déserteurs de notre foi
qui allomaienl la discorde : ces bons évè-
gues , que le concile avait réservés paur
faire pénitence» non-seulement les O'it re<;us
et protégés, mais encore ont communiqué
avec eut. C'est pourquoi, j ai fait prendre
ces ingrats^ je les ai envoyés au loin, 11
exhorte les peuples à qui il «'cril à s'atta-
cher à la vraie foi» et h recevoir avec joie
les évoques lidèles, purs et sincères, c'est-
à-diro Amphion et Chrestus, usant de me-
naces contre ceux qui oseront encore faire
mention des séducteurs et leur donner des
louanges. L'empereur écrivit aus*!j h Théo-
do te de Laodicée , pour reithorlor douce-
ment à protiter de cet exenqile et à elTacer
do son esprit les mauvaises impressions
u'Eusèbe et Théognis pourraient lui avoir
onnées. «(Fleury, vol, I, p. iaO.)
Quelque temps après, Alexandre dMlexau-
drie mourut» le 17 a^ril 320. i Voy. saint
ArnANASE. ) 0n peu plus tard, en 329,
Eusèbe et Théognis furent rappelés par
Constantin, dont ils surprirent la bonne loi.
On prétend que ce fut Constancie, sœur de
Coastanlin, qui oblinl la gr.lce de ces deux
évêques< Noo-seulemeot ils n ^vinrent d'exil,
mais encore ils forent rétablis dans leurs
sièges, et eurent autant d'autorité que ja-
mais* Quand ils virent que Coostaolin, qui
les avait reçus en grâce, les croyait et avait
en eux grande confiance, ils résolurent de
chasser des églises les évéques qui s'oppo-
saient h. leur cabale, pour en établir qui
fusseut de leur parti. Eusèbe n'osait pas
intercéder direclement pour A ri us ; mciis,
ayant fait en sorle de nure arriver un prê-
tre arien dans les bonnes gnkes de ("ons-
tancie, sœur de l'empereur^ il fit obtenir, par
intercession de ce prélre auprès de la prin-
cesse, le rappel dWrius. Coostancie, sur le
point de mourir, recommanda très 'forte-
ment ce prêtre à son frère, Constantin peu
K peu se laissa gagner et promit que, si
Arius voulait recevoir le concile, il 1 admet-
Irait en grâce, 11 le fit revenir d'exil pour
déclarer quelle était sa véritable croyance,
Socrate rapporte une lettre toute pleine de
bonté et a auiitté que Constantin écrivit à
Arius pour ie faire venir nromptcment à la
cour par les voilures publiques, atin de le
renvoyer ensuite < n son pays. Elle est datée
du 27 novembre de Tan 3:jO^ autant que nous
en pouvons juger par Thistoire, On voit
par cette lettre que Constantin lui avait en-
voyé assez longtemps auiiaravant Tordre de
venir à la coor, et il s'étonne de ce qu1l
n'était pas encore venu. Arius pouvait être
«lors malade, car nous ne voyons pas ce qui
aorail jki le retenir dans le fieu de son exil
hors l'impossibilité d'eu sortir. En etFel, So-
crale ajoute qu^ayant reçu la lettre de Cons-
tantin, il ne manqua pas de le venir bir'nlAt
irouver h Constaïuinople^ et il amena Eu-
zdms avec lui, Constantin leur ayant de-
mandé s'ils tenaient la foi c-atholique du
concile de Nicée, ils répondirent que oui, et
comme il voulut avoir leur croyance par
écrit, ils lui présentèrent une confession rie
foi rapportée par Socrate et par Sozomène,
jurant que cV4ait leur véritable croyance et
qu'ils ne tenaient rien autre chose/
Cette confession, que Ton compta* pour le
deoiième formulaire des ariens, ne parais-
sait avoir rien que de catholique dans les
termes, mais elle cachait un sens hérétique,
étant composée de telle sorte qu'elle ix>u-
vail exprimer et la foi et Thérésie, laquelle
en effet elle n*eiclut point du temps. Ils
avaient seulement évité d'y exprimer leurs
blasphèmes les plus grossiers* et avaient af-
fecté de n'y employer que des termes au*
torisés par VEcriture, Cependant Ruûn as-
sure qu*elle fut cause qti'une partie des sec-
tateurs d'Arius rabandonnèrent et ne vou-
lurent plus communiquer avec lui depuis
son rappel, soutenant ou'il fallait dire hau-
tement ou plutiM iuipuaemraent, que le Fils
nï'tait pas né, mais fait et formé du néant
Ce fut le parti qu'embrassèrent depuis Aëc#
et Eunoiue, Car lliistoire ne nous apprend
rien sur ceux qui purent se séparer a'Anas
dès ce lemps-ci.
Cette confession finissait par la prière
qu*Arius et Euzoius y faisaient à Constan-
tin, qu'ils eu'jsent le bonheur de se voir
réunis h TEglise par sa piété. Constantin,
fort réjoui de les voir entrer comme il Je
pensait dans la croyance de TEi^lise, consentit
sans aucune peine à ce qu'ils lui deman-
daient, et Arius, ravi de Tavoir trompé, s'ea
alla à Alexandrie, prétendant y être reçu
dans l'Eglise par saint Alhanase, qui gotl*
vernait cette Eglise depuis que saint Aleiati-
dre était mort en 32t>, Mais il trouva dans ci
saint une lumière à Tépreuve de ses four-
beries et un courage invincible à tous les
etforts de sa cabale. Ainsi, il se vil réduit à
exciter dans la ville quelques troubles doni
nous n'avons pas de connaissance parucu-
lière, non plus que de ce qu'il devint de-
puis, jusqu'au concile de Tyr, en Tan 335.
[Tilleaiont,voL VI, p, 27-2.}
Ce refus que fit saint Athanase fut cauat
de la persécution acharnée que lui suscita
Eusèbe de ÎSicoraédie. « Un autre ennemi
redoutalde des ariens était Eustaihe, év^^que
d'Araioche, la première église après Alexan-
drie, et la troisième du monde. Il était con-
fesseur, docte et éloquent, et combattit l'hé-
résie par plusieurs écrits. Son exactitude
Tempécha d'admettre dans le clergé plusieurs
persoijoes suspectes, dont la plupart furent
depuis faits évéques par le crédit des Ariens,
comme Etienne, Léonce l'eunuque, et Eu*
doxe, alors évêque de Germanie, qui fureoi
tous trois évéques d'Antioche l'un après
Tautie : George de Laodicée; Théodoso de
Tripoli, et Eustallie de Sébaste. Saint Eus-
tache d'Antioche ne se coutentait pas da
conserver son église; il envoyait dans ïos
autres des hommes capables d'instruire el
d'encourager les frlèîes* Il attaqua en p^i^T-
M» AA
cuKer Easèbe de Césarée^ et Taocnsa d'aroir
altéré la oenfessioD de foi de Nicée ; Eusèbe
soutenait qo*il ne s*en était point écarté,
mais qu*Eusiathe introduisait le sabellia-
Disme. Car, e'était le re|)roche ordinaire de
ceux oui n'aimaient pas le mot de consub-
sCaotieJ, ils accusaient ceux qui le rece-
vaient de ÙTOriser les erreurs de SabelUus,
de Montan. Ce n'est p?s que Montan lui*
même eût rien avancé contre la Trinité, mais
il 7 avait de ses disciples qui niaient ,
comme Sabellius, la distinction des per-
sonnes, et disaient que le même était Père,
Fils et Saint-Esprit. Saint Euslathe n'était
pas moins déclaré contre Paulin di^ Tyr, et
Patrophile de Soythopolis, qui, par leur au-
torité, entraînaient la plupart aes évoques
d'Orient.
c Les ariens ayant donc résolu de le per-
dre, Eusèt>e de Nicomédie feignit un grand
désir de voir Jérusalem , et en particulier
ré^Use maniifique gue l'empereur y faisait
bâtir. D le flatta si bien par ce prétexte, qu'il
partit de Nicomédie avec grand honneur,
l'empereur fournissant les voitures et tous
les frais du voyage. Théognis de Nicée, son
confident, partit avec lui. Arrivés à Antio*
cbe, ils se couvrirent du masque de Tamitié,
et reçurent de saint Eustathe toutes sortes
de bons traitements et toutes les marques
de la diarité fraternelle. Quand ils furent
arrivés aux saints lieui, ils virent ceux qui
étaient dans leurs sentiments, Eusèbe de
Césarée, Patrophile de Scythopolis, Aëtius
de Lydde, Tbéodote de Laodicee et les au-
tres ariens ; ils leur découvrirent leur des-
sein, et revinrent avec eux à Antioche ; car
tous ceux-ci les accompagnèrent au retour,
sous prétexte de leur faire honneur.
€ Tous ces évèques, se trouvant ensemble
k Antioehe. tinrent un concile où Eustathe
assista et plusieurs évoques catholiques, qui
ne savaieol rien du complot. Quand on eut
dit sortir tout le monde, les ariens ûrent
entrer une femme débauchée qu'ils avaient
apostée; et qui, montrant un enfant à la
mamelle, qu'etle nourrissait, dit qu'elle l'a-
vait eu de l'évèque Eustathe, criant avec
impudence. Eustathe demanda qu'elle pro*
duislt quelque témo.n : elle dit ({u'elie n'en
avait po:nt; mais les juges lui déférèrent le
serment. Elle jura, et dit encore à haute voix
que Fenlanl était à Eustathe; et, comme s'il
eût été convaincu, il fut condamné à la plura-
lité des voix. Les évèques qui n'étaient
point du complot réclamaient ouvertement
eontre la sentence, et défendaient à Eustathe
d'/ acquiescer. Ils représentaient qu'elle
était contre toutes les règles, puisque la loi
de Dieu dit expressément, que pour la
preuve il faut deux ou trois témoins; et
saint Paul défend de recevoir autrement une
accusation contre un prêtre. Toutefois Eus-
tathe demeura condamné et déposé, seule-
ment on ne publia pas la cause. On dit sour-
dement qu'il avait été chargé d'un crime
honteux, à quoi Ton joignit le reproche gé-
néral de sabelhanisme.
« A la place de salut Eustathe, on voulut
ARl
iSO
mettre Eusèbe de Césarée, et le transférer k
Antioche. Sa réputation était grande, et
l'empereur même l'estimait. Le concile donc
en écrivit à l'empereur, témoignant qu'ils dé-
siraient cette translation, et que le peuple y
consentait. Mais, en effet, il n'y en avait
qu'une partie; l'autre tenait ferme pour
Eustathe, et voulait le conserver. Cette di-
vision du peuple vint jusqu'à la sédition,
et pensa renverser la ville d'Antioche; car
tout le monde nrit parti, même les magis-
trats et les soldats ; et ils en seraient venus
aux mains, si l'empereur n'y eût mis ordre.
Eusèbe et Théognis retournèrent prompte-
ment auprès de lui, laissant les autres évè-
ques assemblés h Antioche. lis persuadèrent
à l'empereur qu'Eustathe était coupab e ,
non-seulement du crime dont. on l'accusait,
mais d'avoir autrefois fait injure à sainte
Hélène, sa mère, et d'agir tyranniquement ;
car ils faisaient tomber sur lui la naine de
la sédition. L'empereur envoya à Antioche^
Sour adoucir les esprits, un de ses plus fi-
èles serviteurs qui avait la d gnité de comte,
et écrivit lettres sur letires pour les exhor-
ter à la paix. Il se fit envoyer Eustathe, qui,
avant de partir , assembla son peuple , et
l'exhorta a demeurer ferme dans la bonne
doctrine, et ces exhortations furent de grand
poids, comme la suite le fera voir. L'empe-
reur, l'ayant ouï, ne laissa pas d'ajouter foi
aux calomnies, et l'envoya en exil en Thrace ;
plusieurs prêtres et plusieurs diacres furent
bannis avec lui. On croit qu'un de ces prô^
très bannis alors fut Paul, depuis év^ue
de Constantinople, que l'empereur Constan-
tin envoya dans le Pont. Saint Eustathe crut
que le meilleur parti était de porter tran-
quillement cette persécution, et nous ne
voyons aucun effort qu'il ait fait pour se ré-
tablir. Il mourut dans son exil, et fut en-
terré à Trajanopolis, dans la Thrace. La
malheureuse femme qui l'avait accusé, étant
tombée dans une longue et fâcheuse mala-
die, déclara à plusieurs évèques toute Tim-
posture, et avoua qu'on l'avaft engagée à
cette calomnie pour de l'argent ; mais elle
ne croyait pas son serment entièrement
faux , parce qu'elle avait eu cet enfant d'un
ouvrier en cuivre, nommé Eustathe.
« Cependant Eusèbe de Césarée ne ju«
§ea pas à propos d'accepter la translation
e son église à celle d Antioche, soit par
zèle de la discipline, comme l'empereur le
crut, soit par la crainte du peuple catholi-
que d'Antioche, qui ne voulait point recon-
naître d'autre évoque que saint Eustathe.
Eusèbe écrivit donc à 1 empereur, et l'em-
pereur lui répondit par une lettre qu'Eusèbe
a pris çrand soin de nous conserver. Cons-
tantin le loue de son attachement aux ca-
nons et à la tradition aposlolique, et le fé-
licite de ce que presque tout le monde l'a
jugé digne de gouverner l'Eglise. L'empe-
reur écrivit en môme temps au peuple d'An-
tioche, pour le détourner du dessein d'élire
Eusèbe. Je connais , dit-il , depuis long-
temps sa doctrine et sa modestie, et j'ap-
prouve la bonne opinion que vous en avez;
SM
An
ARl
• w
mais il ne faut pas pour cela renverser ce
qui a été sagement établi, ni pri? er les au-
tres de ce qui leur appartient. Ce que vous
avez fait n est pas retenir un évi>que, c est
Tenlever; ii n'y a que de la violence en un
tel procédé, et peint de justice; c*esl un
sujet de sédition. 11 les exhorte endn à con-
server ia tranquillité , puisque Ton a ôié
d'entre eui xie qui pouvait causer de ia cor-
ruption. Par ou il semble marquer la ca-
lomnie contre Eustatfae, à laquelle il avait
ajouté foi.
« Eusèbe rapporte une troisième lettre de
l'empereur adressée A Théodnte, à Théo-
dore, à Nareisse, à Aëtius, à Alphée et aui
autres év4({ues qui étaient à Antioche. Si
£usèl>e de Nicomédie et Théognis y eussent
encore été, ii est vraisemblable qu'ils eus-
sent été nommés. Dans cette lettre, Cons-
tantin témoigne qu*il a été inlormé de tout,
tant par les lettres des évéques que par
celles d'Aeace et de Straté<$ius. On crmt
qu'Acaoe était le comte d*OrJent, dont la ré-
sidence était à Antioche, et 8tratégius, au-
trement Mausonien, le comte (|ue l'empe-
reur V avait envoyé exprès pour apaiser
cette sédition. Les lettres d'Busèbe, dit-il,
me paraissent très-conformes aux lois de
rfigfise ; mais il faut aussi vous dire mon
avis. J'ai appris qu'Euphronius, prêtre, ci-
toyen deCésarée enCappadoce, et 4ieorge d'A-
réttiuse, aussi prêtre, f»r.:onnés par Alexan-
dre d'Alexandrie, sont très-éprouvés pour
la toi. Vous poun'ez les proposer avec les
autres que vous juj^erex dignes do l'épisco-
pat, pour en décider conformément à la tra-
dition a|iostolique. Une telle proposition de
l'empereur ne pouvait nmnquer d'être d'un
grand poids. Aussi furent-ils tous deux évo-
ques, 4ieorge à Laodic^e, Euphr^nc à An-
tioche même, mais après quehjue intervalle;
car d'abord on y mit Paulin de Tyr, qui
ntourut six mois «près , ot Kulalius lui
succMa. C'était Tan 328 ou environ. Eu-
lalius ne Jura (juc trois mois, et Eu[)hronius
lui succéda , qui mourut aussi après un
an et quelques mois. Le peu de durée
de ces trois évéques fait que les histo-
riens ne les comptent ]ms tous, ou les
placent diversement. Enfin PlacillusouFlac-
cillus fut ordonné évêque d'Anlioclie ^crs
l>n 331, vt tint le siège douze ans. Tous
ces évéques étaient du parti des ariens, et
cependant le peuple catholique, qu'ils nom-
maient le« eustathiens, tenait à part ses as-
semblées.
' « Les ariens firent aussi chasser en mémo
temps deux autres saints évoques, Asclépas
de Gage et Eutrope d'Andrinople. Asclép-^s
fat accusé de mauvaise doctrine, etQuinlien
fût mis en sa place. Eutrope reprenait sou-
vent Eusèbe de Nicomédie, et conseillait &
ceux qui passaient chez lui à An .rinoplc de
ne pas croire ses discours impies. Ils se ser-
virent contre lui de la passion de Basiline,
femme de Jules Const intius, et mère de Ju-t
lien l'Apostat; car Eusèbe était parent de
cette prin(>Bsse, et elle haïssait Éutro,,e. »
(Fleury^ vdL l, p. 161.} *
Les eusébiens mirent à la place d*Eus-
tathe Paulin et Eulale consécutivement snrlt
siège d'Antioche. Eusèt)e ayantrefusé lesiégs
d'Antioche, les ariens y mirent Euphront
et puis Placillc. Quant à 1a persécution qu'ils
firent endurer à saint Eutrope et è saint
Luce d'Andrinople, elle mérite d'être rap**
portée ici. Cet évêque était liomme d'éniU
nente vertu et de grand savoir : souvent il
reprenait Eusèbe de Nicomédie, et ciKiseiU
lait à tous ceux qui passaient par Andrino-
pie de ne pas se laisser persuader par ses
Earoles impies. Ce fut ce qui lui att:n b
aine d'Eusèbe, et lui valut d'être chassé
do son église comme Eustathe Tavait été de
la sienne. Ces faits se passèrent en 881» M
332 au plus tard. Saint Luce, successeur de
saint Eutrope, eut le même sort que lui. Eu
Palestine, saint Macaire de Jérusalem eal
aussi h souffrir des ariens; mais il les obli-
gea à demeurer en repus, en se séparant io»
médiatement de leur communion. Les pri»>
cipaux de ceux qui le persécutèrent fvfeot
Eusèbe de Césarée et Patrophile. « Ce fiH
pou de temps après, de 383 k 33S, que les
ariens tinrent à Tyr leur fameux concîiti
où saint Athanase i^ut déposé. (I of . son ar*
ticle.) Ayantgagné quelques méléciens, ils les
présentèrent à l'emper eur, renouvelant contfs
Athanase des accusations vagues <ie mmes
énormes. Ils firent tant qu'ils le portèrent à
assembler un concile, et proposèrent la
ville de Césarée en Palestine, h cause dUs-
sèbe, qui en était évêque, l'un des princi-
paux du parti. Saint Athanase ne ¥Outat
I)oinl s'y rendre, sachant qu'il n'j eunll
point de liberté. Il se passa trente moi«>
c'est-à-dire deux ans et demi , depuis Taa
331 , que ce concile avait été indiqué, jusqul
Tan 33^. Enfin les eusébiens se piaigniroptà
l'empereur de la désobéissance d'Athasase,
le traitant de superbe et de tyran. L'empe-
reur en fut irrite, et en prit de mauvaises
impressions contre lui. Il diangea le lieu
du concile, et ordonna qu'il s'assemblerait à
Tyr. Ce fut en l'année 3^^, la trentième du
rè^ue de Constantin, sous le consulat de
Constantius et d'Albin. La cause de la coih
vocation de ce concile était, disait-on, pour
réunir les évêques divisés, et rendre la paît
à TEçjlise. L'empereur était bien aise entore
d'assjMnljler un grand nombre d'évéques en
Palestine, pour reu'lre solennelle la dédicace
de rÉsIise de Jérus dera, qui était achevée;
mais les eusébiens firent en sorte qu'il ne
manda à ce concile qu? les évôqu s qu'ils
lui mnrquèrent, et qu'il y envoya un comte
pour les appuyer de son autorité, sous pré-
texte de maintenir Tordre et d^emi^ècher 1p
tumulte. Ce comte était Flavius Denis, aupft-
ravant consulaire de Phénicie, dont Tjr
était capitale. L'assemblée fut nombreuse. Il
y eut des évêques de toutes les parties de TE-
rypte, de la Libye, de l'Asie, de la Bythinie,
le toutes les parties de l'Orient, de la Ma-
cédoine, de la Pannoiiie; mais ils étaient
ariens pour la plupart. Los plus célèbres
étaieU: les deux Eusèbe; PtaciÛe ou
Flaccille d'Antioche, Théognis de Nicéei
s
Mi ARI
Maris de Chdcëdoioe, Narcisse de Néro-
Diade« Théodore de Périnthe ou Uéraclée,
homme très-savant, qui écrivit des commen-
taires sur VEvangile de saint Matthieu et de
saiiit Jeaai sur saint Paul et sur les |>sau-
£ûes;son style était clair et élégant, et il
i^*a(Uchait ausens historique; Patropbile de
âci'Xhopolis»ThéoplMle, Orsace de Smgidon*
elValensdellurse, deux villes do Panno-
iiie; ces deux évâqu^s étaient des nremiers
disciples d^Arius; Hacédonius de Mop-
sueste» Geoiyes de Laodicée. » 'Fleury, vol. I»
A ce concile il se trouva bien quelques
éTèques catholiques; mais infiniment moii^s
làODmreiix que les iiriens» et d'ailleurs la
tondamaaliOD était décidée d'avance. Le
saÎDt patriarche Athanase eut beau démon-
Jtrer la iSiiisaeté, Vabsurdilé des accusations
diriges co*itre lui, il fut condamné. (Voy.
SUD artîdeO On le déposa. A peine ce con-
cile était-il terminé, que les évêques recu-
refit de Constantia rinvilation de se rendre
h Jérusalem pour la dédicace de Té^lise
Su*il j iaisait consfruire. Avec les facilités
e voyage qu'il leur fournit, le plus grand
nombre de ceux qui étaient au concile, et
une ioflnité d'autres s'y rendirent. « Arius
jr Tial avec une lettre de Tempereur, et
une conlèssioD de foi qu'il lui avait pré-
sentée; car Tempercur Tavait invité plu-
sieurs fois à le venir trouver, espérait qu'il
se repentirait sincèrement de ses erreurs^ et
voulant le renvoyer h Alexandrie. Il vint en-
fin à Coostantinople avec te diacre Euzoïus,
aue saint Alexandre d'Alexandrie avait
éposé avec lui; et ils présentùreiit h Y em-
pereur un écrit en ces termes : A Constan-
tin, outre maître très-pieux et très-chéri
de Dieu, Arius rt Euzoïus. Suivant vos or-
dre<, seigneur, nous vous i xftosons notre
/oj, et Doui déclarons par écrit, devant
Dieu, que nous, et ceux qui sont avec
ïiO'JSf croyons comme il s'ensuit ; c'est à sa-
voir en un seul Dieu, père tout-puissant,
et en Notre-Seigneur Jésus-Christ, son ûls,
produit do li.i avant tous l' s siècles, Dieu-
yerbe, par gui tout a été fait au ciel et sur
la terre. Qui est descendu, s'est incarné, a
souifert» est ressuscité et monté aux ci eux,
et doit encore venir juger les vivants et les
morts. Et au Saint-Esprit. Nous croyons la
résurrection de la chair, la vie éternelle, le
royaume des eieux ; et en une seule Eglise
catholique de Dieu, étendue d'une extrém té
à Tautre. C*est la foi que nous avons prise
dans les siints Evangiles, où le Seigneur
dit k ses diciples : Allez^ instruisez toules
|r# nalhns^ et les baptisez au nom du Père^
a du Fils, et du Saint-Esprit. Si nous ne
croyons pas ainsi, et ne recevons pas véri-
iahlemenl le Père, le Fils, el le Saint-Esprit,
cooune toute r£,^ise catholique, et comme
renseignent les Ecritures, que nous croyons
fin toutes choses, Dieu est notre juge, et
tbain tenant, et au jugement futur. C'est
pourquoi nous vous supplions, très-pieui
^uip^eur, puisque nous sommes enfants de
rEgUse, et que nous tenons la foi de l'i^glise
AQ
tu
et des saintes Ecritures, que vous nous îas
èie '. réunir à TtgUse notre mère, en retran-
chant toutes les Questions et les paroles su-
perflues, pfin qu'étant en paix avec TEglise,
nous puissions tous ensemble faire les priè-
res accoutumées pour la prospérité de votre
empire et de votre famille. » (Fleurv vol. I,
p. W3.)
Constantin avait été satisfait de cette pro-
fession de foi, ne faisant |)as attention que te
mot tonsuhstemtiH n'y était pas , mais qu'il
y était au contraire rejeté sous le nom géné-
ral de paroles superflues y et que la prêtent ion
de croire selon les Ecritures était celle de
laisser à chacun le droit de les interpréter
à sa façon, sans s'inquiéter des dédsons de
TËglise k cet égard. Croyant donc Àrins «t
Euzoïus revenus à la foi de Nicée, il tes en^
To va au concile do Jérusalem, invitant ce oon-
eîle à les recevoir, s*il les trouvait lerthe-
do![es ou calomniés par envie. C*était ce que
les évêques du parti d* Arius attendaient;
aussi ne se firent-ils pas faute de recevoir
Arius, Euzoïus et tous ceui que la sentence
de Nicée avait exclus du sein de TE^^lise. ils
écrivirent une lettre sjnodale, adressée à
l'Eglise d'Alexandrie, aux évoques d Egypte,
de la Libye, de la Tbébaïde, de la Pentapole,
et généralement à TEglise tout entière. Us
invitaient les évéoues et tous les chrétiens à
recevoir Arius et les siens dans leur commu-
nion, prétendant que de l'exposition de leur
foi il résultait qu'ils ne s'étaient pas éloignés
de la doctrine orthodoxe, et avaient ^idé
les croyances et les traditions apostohques.
Saint Àthanase s'était rendu à Coostantino-
ple, pour s'y plaindre à l'empereur de l'in-
viistice commise à son égard au concile de
Tv r, et des indignes traitements dontiljr avast
été l'objet.
Constantin manda à tous ceux qui avaient
été du concile de Tyr de le venir trouver à
Constantinople, pour répondre aux plaintes
Sue saint Atnanase fusait contre eux. Comme
s se croyaient les maîtres de tout, ils jugè-
rent plus*^à propos de persuader aux autres
évê(|ues de s'en retourner dans leurs diocèses,
et s e 1 allèrent eux seuls à Constantinople»
c'est-à-dire les deux Eusèbe, Théog lis, Cla-
ris, Prttrophile, Ursace et VaJens. Quand ils
Îr furent, ils cherchèrent de nouvelles <:a-
omnies, et, sans songer à Isquyros ni à Ar-
sène, ils prétendii^nt que »aint Albaiiase
avait menacé d'empôcher i|U*on apportât de
l'E^ypt^dublé à Constantinople. Leur heure
était venue, el Dieu, irrité contre eux, leur
accorda ce qu'ils souhaitaient depuis si long-
temps. Constantin, par une faiblesse inconce-
vable, crut des calomniateurs de profession,
condamna Tinnocent et relégua dans les
Gaules le grand Athanase. Voilà comment
se termina Tannée 335, qu'on neutdire ayoir
été pour l'Eglise une année dlAumiliation et
d'aflliction.
Les eusébîens n'étaient pas encore con-
tents d'avoir fuit bannir saint Atbanase ; ils
Toulaient mettre à sa place un loup capable
fB5
âfti
de dissiper le tmupeau de Jésus-ChrisL Ils
fin avaient dt^jà un tout troiivéi mais Dieu
voulut épargnor ce surcroît de douleur à ses
serviti^ors, et Constantin ne put soulFrir qu'on
lui en parlât. Les eusébiens s*en coosf>-
lèreut en se vengeant d*un autre de leurs
ennemis, savoir de MarceU évéqne d'Ancyre,
qui s'était toujours opjiosé à eux avec nue
3ittrAnie vigueur, et qui avait parlé avec
beaucoup de force contre les deu!L Eusèbe
iais un ouvrage qu'il avait composé depuis
peu* Les eusébiens crurent trouver dans cet
ouvrage que Marcel soutenait tellement con-
tre eui runilé de la nature divine, qu'il
niait même la distinction des personnes. Et
il est certain qull y a eu lieu de soupçon-
ner au moins Marcel de cette erreur et dequel-
ques autres; mais les saints les plus éclai-
rés ont soutenu qu'on ne Ten pouvait pûs
condamner avec justice sur son livre. Les eu-
sébiens, qui haïssaient sa personne, n'exami-
nèrent pas son livre avec tant de soin. Ils
ca^amnèrent et le livre et Fauteur, dépo-
sèrent Marcel dans nu grand concile qu'ils
tinrent en partie sur cela, Tanathéniatisèrent,
le firent bannir et mirent en sa pJac<* Basile
ou BasilaSt qui avait la réputation d'cHre un
homme éloquent et fort capable d'instruire.
CVst lui apparemment qu'Ennome api*elait
Basile du Pont-Euxin , parce qu'il pouvait
être né sur les cAles de cetle mer* Nous au-
rom souvent sujet de parler de lui dans la
suite de ce discours. Les eusébieJis, pour con-
damner Marcel, assemblèrent àCoosiantino-
pie un grand concile composé de diverses
provinces de l'Orient, du Pont, de la Cajjna-
doce, de l'Asie, de la Plirygie, de la Hitli}-
nie et encore de la ïhrace et des pays plus
oecidentaui. Il semble que Protogèue de Sar-
dique (dans la Dacie) et l'évoque cle Syracuse
en Sicile, s'v soient trouvés. Il paraît qu'Eu-
sèbe de C^sarée n'y manqua pas, et nous
€Vons vu qu'il était venu à Constantinople à
|lâ (in de 335, avec ceiui de Niconiédie, Tnéo-
Snis, Patrophile, Ursace et Vaïens, tous chefs
. u parti des ariens. Aussi l'iiistoire remar-
[le que le concile dont nous louions fut
[couijHjsé principalement df's sectateurs d'Eu-
"e et il'Anus. Il y a lieu de croire que
n!le d'Aotioche y assista, comme nous le
Wvons autre part, et par cnasécjueJit qu'il y
présida, Uulin dit et[ir*'ss*^ment que tjons-
tantin convoqua ce concile par ses édits. Ce-
pendant Sozomêne sendile dire que les eu-
sébiens se rendirent d'i^n-m^rnes h Cons-
tantinople, sans aucune convocation jnibli-
que, pour y exécntïT leurs cntrepri>es, ou
plutôt qu'ifs y accoururi'iu, Saint Alexandre,
qui était alors év^tpie de Con.Htantinople et
un défenstîur intrépide de la vériti\ saper-
çtlt de leurs mauvais desseins et lit ce qu'il
fMit, mais inulilc^nieiit, jjour enq*<H'her cette
assemblée ou la dissiper. Elle m* se tenait
fjM, en effet, simplement pour examiner I af-
Wre de Marcel d Aniyre. Lf's eusébiens vou-
Mi0(flipirepretjdre, connue nous avons dit,
#jg/W>Ptr la fui de Nicée. Mais leur princi-
fllL^Ï? ^H de coolirmer ce qu'ils avaient
MPP JAnHiilMBf el de faire recevoir Arius
km m
dans la communion de l'Eglise. Ce dessein
était cependant bien opposé à celui de 0ieu,
et nous allons voir Arius, non pas reçu dans
rE.!;bse pour lui insulter, mais banni de
rE^i;lise et du monde j»ar une mort infâme et
digne de lui. A [très avoir été reçu si facile-
ment par ses fauteurs dans le concile de lé
rusalem, il s'en était allé à Alexandrie avec
ses disciples» pensant y trouver la même
facilité. Mais on ^ conuaissait trop ses foui^
beries pour s'y laisser prendre, et on ne vou-
lut point le recevoir à la communion de
rE^lise. Ainsi, il n y fit autre chose que du
trouble, par la douleur que le peuple avait
tant de son retour et de celui de ses disciples
que du bannissement de leur évèque» Il sem-
ble même que les antres Eglises aient refusé
positivement, aussi bien que celle d*AJeiao*
drie, de recevoir les ariens, et n'aient eu au-
cun égard à ce qu'avait fait pour eux le con-
cile de Jérusalem, On sait avec quelle hor-
reur et quelle exécration le pape Jules parie
de cette réception ; et le concile d'Alexandrie
remercie tous les évéques d*avoir souveul
écrit pour anathématisi^r ces hérétiques el de
ne les avoir jamais admis dans rËgiise. Oo a
toujours parlé de l'évèque Second, de Piste
et d'Euzoïus, avec la même horreul* que s*iis
n'eussent jamais été relevés de l'anathéme
prononcé contre eux par saint Alexandre et
par le concile de Nicée. On a fait un crime
aux eusébiens du commerce et de la comrau-
nion qu'ils avaient avec les ariens d'Aleiao-
drie, anathéraalisés par toute TEglise catho-
lique. Le pape Jules n'a pu soudrir que Gré-
goire lui eût député Carpone et quelques
au 1res déposés pèir saint Alexandre h cause
de l'arianisme,
(Constantin ayant été averti des itùublts
qu'Arius causait dans Alexandrie, lui ordon-
na de venir à Conslantino|ilc pour rendre
raison de ce trouble qu'il avait excité, el en*
core de ce nue Ion disait qu'il était retombé
dans son hérésie. Les eusébiens ne s'oppo
sèri'nt nullement à cet ordre, se voyant assez
maîtres de l'esprit de Constantin pour n'en
rien appréhender. Et ils crurent même que
ce leur serait une occasion favoral»le de
faire recevoir Arius dans TEglise à la vue de
tout Temnirc* Ainsi il ne faut pas s^etODoer
si Ton dit cjue c'étaient eui-mèmes qui
avaient sollicité cet ordre, voyant que c^élait
inutilement gu'i! restait à Alexandrie, et
qu'au contraire saint Alexandre s*y opposa
tant qu'il put.
Arius vint donc à Constantinople. On ne
dit point si le concile dont nous avons parlé
ht quelque nouveau décret en sa faveur,
comme ceja est fort à présumer. Mais ce
ouVm sait, c'est que ses partisans, Eusèbe
de Nicomédie et les autres, tâchèrent d'obte-
nir de saint Alexandre jïar prières et par de
fausses raisons qu'il l'admît à ta commuDiOQ
ecclésiastique; et ne pouv;i!it le gagner, ils
le menacèrent que, s'il ne le recevait dans an
certain jour, ils le déposeraient lui-même
comme les autres, et mettraient un homme
en sa place qui ne serait pas si dïftlrile que
lui, Alexandre eut recours au jeûne et k k
ARI
}nère avee saiiil Jacques de Nisibe» qui se
encontra alors dans )a ville, et le peuple, ani-
jé par l^*u^ exemple et par leurs exhorta-
ions, fil la aième cïiose durant sept j6itrs.
Cepeodânl Constantin voulanl s'assurer
^ar fui-méme si An us tenail eilectivement
vraie foi, comme on le lui voulait faire
^,oire^ il le fU venir au oalaisel lui demanda
s'il suifait la foi deNicee et deTEi^lise catho-
lique. Ce misérvible rassura par ser nient qu'il
était dans la véritable foi, et Constantin loi
en demandant une profession par écrit, il la
lui donna aussitôt. Mais ce fourbe y supfiri-
roait les paroles impies qui l'avaient fait
chasser de TEdise, et couvrait son venin sous
la simplicité des paroles de l'Ecriture. Cons-
ilin lui demanda s'il n'avait point d'autre
Jrroyance que celle-là, ajoutant que, s*il par-
tlsit sÎDcéremeot, il ne devait pas craindre
■'"t en prendre la vérité à témom, mais que
rn faisait un faux serment. Dieu même se-
rait le vengeur de son paijure. Il ne crai-
gnit point une si terrible menace, et Jura
qu'il n^avait jamais ni dit ni cru autre cuose
que ce qui était écrit dans son papier^ et qu'il
n'avait jamais tenu les choses pour lesquelles
il avait été condamné à Alexandrie. L empe-
reur ie laissa aller sur cela, en lui répétant
Îfue si sa foi était orthodoxe, il avait bien
ait de jurer, mais une, si elle était impie, le
Dieu oui est dans le ciel serait son juge.
Saint Athanase ne dit point quelle était cette
f)rofession de foi. Socrate» qui dit qu'Arius
a signa en présence de Constantin, veut que
cefvU celle deNicée, et Baronius rentcnd de
la sorte, ce qui parait néanmoins difficile à
croire.
Socrate ajoute qu'Arius ayant sous son
bras la véritable profession de sa croyance
et une autre h la maio, qu'il présentait à
Constantin , il rapportait a la première le
serment qu'il faisait de ne croire autre chose
que ce oui était "dans son papier. Cette four-
berie abominai le était cligne d'un Arius.
Mais Socrate ne la rapporte que comme un
bruit commun, et il se peut taire que ce
^raii ne soit venu que de raiûbiguïlé des
ermes de saint Athanase » dans lesquels on
eut en quelcjue sorte trouver ce sens, quoi-
le ce ne soit pas le véritable. Socrate cite
ie lettre de Constantin qui parle du sér-
ient de cet hérésiarque.
Constantin, persuadé qu'Arius suivait la
n de Nicée , ordonna comme, s'il eût été le
aaltre de l'Eglise aussi bien que de l'em-
pire, que saint Alexandre le reçût à la com-
munion. Il manda ce saint même pour lui
t\ parler, et rejela avec colère les raisons
'Alexandre lui alléguait pour s'en excuser,
saint vieillard se retira donc suns lui ré-
jndre; et» accablé de douleur» il eut recours
maître dos rois, le conjurant avec larmes
fcu de l'ôter du monde, ou d'en Atcr Arius.
lieu l'exauça et plus promptement qu*on
|*eûl osé l'espérer.
Ce fui le samedi que saint Alexandre
Ipprit de la bouche de Constantin qu*il vou-
lit absolument qu'Arius fût reçu h la com-
lunion» et le lendemain dimanche était le
ARI SS8
jour pris pour le faire, Eusèbe ieNicomédie
et les autres qui raccom[mgnaient voulaient,
au sortir du ï>alais, faire entrer Arius à
l'heure même dans l'ëgtise, mais Alexandre
était toujours inllestible. Ainsi, après l'avoir
menacé, ils attendirent au lendemain et
menèrent cependant leur Arius comme en
triomphe par le milieu de la ville pour le
faire voir a tout le monde. Mais dès ce mê-
me jour, vers la nuit et lorsqu'il était déjà
fort tard , avant néanmoins que le soleil fut
couché» Arius, qui laisait mille discours vains
et impertinents dans l'espérance d'être reçu
le lendemain dans Téglise , se sentit tou^
d'un coup pressé de quelque nécessité na-
turelle, soit que cela vînt d'un remords de
conscience et d'un mouvement de crainte, ou
d'une joie excessive d'avoir en toutes choses
un si bon succès, soit que ce fût Tellet d'une
réplétion extraordinaire. Car, du reste, son
corps était danë une aussi bonne sanlé que
son âme en avait peu. M était alors près de
la place de Constantin oh. était la grande
colonne de porphyre; et ayant été contraint
de demander s'il n'y avait point là auprès
quelque commodité publique, comme il sut
qu*il y en avait une derrière la place, il s'y
en alla , laissant à la porte un vaiet qui le
suivait. Ce l'ut là que, tombant tout à coup
en défaillance , il vida en même temps les
boyaux, les intestins, le sang, la rate et le
foie, et il mourut ainsi; tomt>é par terre la
tête devant , crevé par le milieu du corps
comme Judas, et privé en même temps de
la communion et de la vie , par l'effet non
d'une maladie commune, mais des prières
des saints. Quelques-uns de ceux qui atten*
daient au dehors, dit SozomèDe, entrèrent
pour savoir d'où venait qull était si long-
temps sans sortir et le trouvèrent en cet
élat.Théodoret dit qu'il y avait d'autres per-
sonnes dans le même lieu, qui, ayant vu cet
accident, jetèrent un grand cri, et que le
valet d'Anus étant entré à ce cri, s>n alla
aussitôt avertir les amis de son maître*
Le bruit de celte mort se répandit en un
moment par toute la ville , ou plutôt dans
tout le monde. Les orthodoxes accoururent à
Féî^lise, où ils en rendirent grâces à Dieu»
non pour insulter à un misérable, puisque
quiconque se souvient qu'il est mortel et
que sa vie peut tinir dès le jour même, n'a
pas sujet de se réjouir de la mort d'un autre,
quand ce serait son ennemi, mais pour louer
la main victorieuse du Tout-Puissant, qui
avait jugé en faveur des prières et des lar-
mes d'Alexandre, contre les menaces des
euséhiens, ou plutôt en faveur de la vi'rité
calholi(jue contre l'impiété de l'hérésie, et
qui avait déclaré l'arianisme indigue d'être
reçu dans la communion des saints^ et dans
le ciel et sur la terre,
Marcellin et Faustin disent que tout le
corps d*Arius tomba par le trou aussi bien
que ses entrailles. Mais nous ne voyons i^as
que cela se puisse accorder aisément avec
les historiens, ni même avec saint Athanase»
qui nous apprend que les eusébiens l'enter
rèrent, couverts de confusioûj de honte p
^
tti ARI
de fwînte et (fînquii^hifle. Toîle fut la fln
d*Ariiis, cHgiie à'nne vie aussi criminelle
que 1.1 siiMine , et qui le pn^cipiia dans le
5<iî»nlico qu'il avait mérilé en faisan: sortir
Oe iV'ifcp h plus ilamnaWe de toutes les
Mrésies, et eu nllinnail dans FKglise un
frn qui fM^ful pas éteint de plusieurs siècles
«près , ou qui ne Test pas mômo encore.
Outre sa Tnalie et sos autres écrits contre
l'Eglise, il semble qu'il ait fait quelque ou-
▼rai?e contre les païens, où il prétendait les
eonTondre par la {;loire de Jésus-Christ, en
même temi)s que son hérésie la détruisait,
f TiHeraom, toI. VI, pag. 289, 290, 293,
arr.)
Constantin mourut peu après, en 337. Son
gis Constance lui succéda en Orient. C'était
un os: rit fbible, mais cipendant lier et do-
minant, qui avait la prétention de tout gou-
ferner, même les affaires de l'Eglise. Cette
fatale tendance, à laquelle Tempereur Con-
stantin avait beauc "Up trop cédé, entraîna
complètement Constance. Ce ftit la cause de
ta pr qiarl des maux que l'Eglise catholique
endura sous son règne. Constantin, à la
Elère de sa sœur Constancie, avait pris con-
nce en un pi être, qu'il ne prenait nulle-
ment pour un arien, tant il était habile à dé-
guiser ses sentiments. N'ayant à sa mort au-
près de hii aucun de ses enfants, il confia se-
crètement sfm testament h ce prêtre, pour qu'il
le remît de sa part à Constance. Ce prince,
(niuvani le tcstam'nt favorable à ses vues
imb.tîcuses, prit le prêtre en aff-ction et
{'admit dans son intimité. L'ambition qu'il
avait do commander aux autres ât qu'il de-
vint volontairement Tesclave des exigences
de cet homme. Ce prêtre, de son côté, sut
fort bien ménager cette fAveur pour 1») mal-
heureux avantage de son parti ; et comme il
connaissait ia faiblesse et la légèreté de
Constance, qui, comme un roseau ou un Eu-
fîpe, se laissait emporter au moindre vent,
H eut la hardiesse d'entreprendre ouverte-
ment de faire la guerre h la vérité, il déplo-
n-îil avec une douleur feinte la tempête dont
i'E/lise était agil«k*, et il prétendait que co
nj'iîn avait point d'autre cause que la malice
4f: ceux qui avaient introduit dans l*Eglise
h mot de con$ub»tantiel qui ne se trou-
ri^it point dans TEeriture, condamnant ainsi
jrr^.l'rinerjt le grand concile de Sicée et fai-
l*nf <rn C"la ce que personne n'eût osé f.iire
Jrj vi'anl de Constantin. Il passait de là à
frjryUfutur saint Aihanase et les autres saints
j,f/l.l« de l'Eglise; en quoi Eusèbe de Ni-
(yym-rJie, Th-^o^iiis et Théodore d'Héraclée
ne Ut ifiquaient fias de lo secoider.
AYHtii néanmoins qued atiaquer le prince
ffi/mej! gai^na ceux qui étaient autour de lui.
r«r Id familiarité qu il avait avec Tempereur
1 nyâut bientôt t'ait con.*laUre de Timpératrice
«f de ies eunuques, il s^acquit d'abord Eu-
*M)e, le grand chambellan de Constance, et
M." son moyen il pervertit les autres eunu-
/(.'*:, et eusuite l'impéiatricc et les daines
#/; i f r/>ur. D'où vient que saint Alhanaso
4ît awi les ariens se rendaient terribles à
MM U monde, parce quMls étaient appuvés
Alf Ift
du crédit des femmes. Il ftit aisé, après cela^
à ce mal!icurcux instrument du démon, de
se rendre maître de l'esprit d'un emperetU
Îui était lui-même l'esrlave de ses eunuques,
histoir»^ est remplie de plaintes contrecett:^
espèce d'hommes ou de femmes dont la nu:
de Constance était toute remplie. JMais «ju;
les autres n'étaient que comme de petit?
serT)enteaux, selon les termes d'un historien,
et les malheureux enfants d'Eusèbe, If pre-
mier valet de chambre, oont on ne croyait
pas pouvoir mieux exprimer la puissanci
3u'en disant que Constance avait beaucoup
e crédit auprès de lui. Il était esclave aussi
bien qu'eu .uque. Amraien remarque qti'il
avait une vanité in^^upnortable, qu'il était
ég.ilement injuste et cruel, qu*il punissait
sans examen et sans faire distinction entre
les innocents et les coupables. Il regut enîfal
la juste punition de ses crimes apràs la mort
de Constance.
Les auteurs proCanes disent encore iHan
d'autres choses de la malignité et de la if-
rannie de cet Eusèbe, dont les autres eunu-
ques de Constance étaient les imitateurs. Et
néanmoins, ils nuisirent encore beaucoup
plus à l'Eglise qu'à l'Etat. On vit ces efllfr-
minés, que l'Eglise bannit, dit saint Atha-
nase, de ses conseils et de son minisièra»
être, nar l'iudigniié la plus étrange, les loat
très (le l'Eglise et dominer dans ses juf^
ments, parce que Constance n^avait fxiiat da
volonté que Celle au'ils lui inspiraient, et
qu<e ceux qui s'appelaient évéques n*é:aieot
que les acteurs des pièces qu'ils avaient
composées. Ainsi ce furent eux qui causè-
rent tous les maux que TEglise souffiit alors,
dignes, certes, d'être les protecteurs de Xhé^
résie arienne et les ennemis de la divine fi^
condité du Père éternel.
Pour l'impératrice, qui tomba dès ce tempi»
ci dans les pièges des ariens, on ij^pore son
nom, et on sait seulement qu'elle était cousiiif
germaine de son mari, Glle de Jules Cons-
tance, sœur (le Gallus et de Julien. Eusébie,
que Constance épousa en 352 ou 353, passa
Four avoir été aussi fort zélée on &veur da
arianisuie. (Tillemont, vol. VI, p. 301.)
Constantin, en mourani, avait désiré qu^oa
rappelât d'exil tous les évêques ba. nis.
Constance, qui n'osait pas encore se mettra
en opposition ouverte avec ses deux fières
Constant et Constantin, empereursd'Occideut
et fervents catholiques, exécuti cette der-
nière volonté de son père Tous les évèquas
bannis furent donc i appelés et renvoies k
leurs églises. Cela n'empêcha pas les ariens»
ou eusébiens, de persécuter TEglise catho-*
liquc. lis« nommèrent un évêque de leur
paiti, en concurrence avec s^iini Athanase:
ce fui un nommé Pisls prêtre arien, cha>sé
de l'E^Iiso par saint Alexandre et par le cou*
cile de Nicée. Ce fut à cette époque aussi, n
338, qu'ils firent déjmser Paul de Coostaoti
noj)le et mirent h sa place Eu-i>èbe de Nico-
hiedie. Sur ims entrefeitis, Eusèbo de Césa-
rée mourut. Ou nomma à sa placj kùC4ii prêtrF
arien, et très-probablement celui dout Fio-
fluence avait été si funeste à TEglise, près di>
Ml
ARI
Constancio d*aborcl, de Constantin ensuite,
et enfin d** Constance. Désirant perdre saint
Alhanase, les eusébiens écrivirent contre
lai au pape Jules, demandant un concile pour
y «poser leurs j^riefs contre le saint pa-
triarche d'Alcitandrîe. Saint Athanase, pre-
iiantau sérleui cette demande, vint h Rome;
mais, comme on peut le TOir avec détail
dans M Vie, ils refusèrent de s'y rendre
quand ils virent qu'on était prêt h les y bien
recevoir. Ils assemblèrent un conoiledes leurs
& Antioche, en 3V1. fis renouvelèrent contre
le saint les vieilles calomnies du concile de
Tyr, et après l'avoir condamné en son ab-
sence, ils nommèrent à sa place Grégoire,
èréque d'Alexandrie. Saint Atnanase était ab-
sous an concile de Rome, pendant que celui
d*Antiocbele condamnait. Ici nous n entrons
ris dans les détails, parce qu'ils sont donnés
Tarticle AtHAîtASE. C'est pour la môme rai-
son que nous dirons seulement, qu'après la
mort d'Eusèbe de Nlcomédic, qui arriva en
fan SM, saint Paul de Conslanlinople fut
rétabli deux fois, et deux fois chassé. Macé-
done fut mis h sa place. Cette nomination
lût très-mal reçue du peuple, et quand on
moulut installer ce nouvel évéque, il s'éleva
une sédition dans laquelle Hormo^jène, géné-
ral de la cavalerie, et plusieurs autres, fui ent
tués. Comme plusieurs églises de la ville
étaient restées en la puissance de saint Paul,
Constance, qui en fut instruit à Antioche, où
fl était, envoya ordre h Philippe, préfet du
«rétoire, de le chasser de nouveau. Le pré-
5t Toulût faire évacuer de force une église,
il fit clutrger le peuple par ses soldats , ot
31M personnes y pénrenl.
A la suite de cel^i, les ariens demeurèrent
quarante ans durant en possession des égli-
ses de Conslanlinople. Ce ftjt h peu près à
cette époque qu'ils écrivirent a Constant
Jour tâcher de le gagner; mais leurs efforts
emeurèitnt inutiles. Les troubîesde l'Eglise
continuant, Constant ^ qui on avait le cœur
Darré , fit assembler on 3i7 le concile œcu-
ménique de Sardiciue. Les eusébiens, comme
on peut le voir dans rarticlc' Athanase, se
retirèrent du txmcile et firent une assemblée
op|>osante à PhiJippopoiis. Nonobstant cela,
le concile en condamna huit des principaux:
AcaredeCésarée, Etienne d*Antioc!!e,(ieorge
da Lacdicée^ Narcisse de Néroniade, Méno-
pbiote d'Ephèse, Théodore d'Héracl -e, Ur-
sare de Singidon et Vajens de Murse. Le
concile arien de Philippopolis lança, de son
cAté,rexcommunicaiion contre le pape Jules,
Ôsius et plusieurs autres. Ils en vinrent jus-
qu'à excommunier Maximin do Trêves pour
avo'r reçu saint Athanase. En revenant de
leur concile de Philippopolis, les évoques
frifUSv passant par Andrinoiile, voulurent
communiquer avec l'évoque Lucîus et les
autres membres du clergé ; mais ces géné-
reux callioliques ne les voulurent pas rece-
voir, «'l leur dirent qu'ils les rCj^ardaient
commf» s*étint lux-mi^incs comhiiinés par
leur fiile. Oulrés de a la, l.tj ariens oblin-
ttnt de Constance qu'il fit tiancher la tète à
ptusietirs de ces dignes ecclédiasUques. Us
An Mt
firent aussi mettre saint Lucius en prison.
'{Voy. Ltcius, évéque, 11 février) En exécu-
tion de la sentence du concile do Sardique,
Constance, qui craignait s**s frères, fut obligé
de faire partir do son siège Etienne d'An-
tioohe. Les ariens, qui ne voulaient pas
manquer d'un chef, mirent à sa place Léonee
l'eunuque, Phrygien de naissance, bomiae
incapable et profondément immoral.
l^eu après, en 3W, Constance fut forcé par
son frère Constant de rappeler saint Atna-
nase et les autres évoques bannis. Pendant
l'absence de saiiit Athanase de TEglisc d'A-
lexandrie, Grégoire, ministre des fureurs
des ariens, avait soulevé contre les catholi-
ques de cette ville et do toute l'Egypte une
airoce persécution, dont on peut voir les dé-
tails à l'article saint Atua!«ase. Ce fut au re-
tour du saint évêciue, en 3W, qu'Ursace et
Valens publièrent une rétractation des ca-
lomnies qu'ils avaient dirigées contre lui,
prononcèrent anathème contre la doctrine
d'Arius, comme ils prétendaient l'avoir fait
toujours. Leur déclaration, diciée par inté-
rêt, n'était pas franche : plus tard ils le prou-
vèrent par leur conduite. Constant étant
mort en 350, les ariens profilèrent de cet
événement, qui me tait la puissance tout
entière aux mains d'un empereur dévoué à
leur hérésie, pour recommencer leurs per-
sécutions. Crsace et Valens se dédirent de
leur rétractation. Les héritiers d'Arius et
d'Eusèbe, c'est-5-dire Léonce, ûeorge, Acace,
Théodore, Narcisse, tous, hormis Léonce,
déposés nar le concile de Sardique, ne pou-
vaient plus soul&ir la paix dont l'Egliae
commençait à jouir. Us résolurent d^ re-
commencer leurs attaques. Ils assembl^eiit
un nouveau concile à Sirmicb, où ils diéj^
sèrent fhotin et mirent & sa place un ariep
nommé Germine.
Eb 352, le pape Jules étant mort, Libire,
qui lui succéda» se laissa un instant sur-
prendre par les ariens ; il écrivit )i Athanase
de so rendre h Rome |>our y expliquer sa
conduite et sa foi. Le saint évoque ne put el
ne voulut pas s'y renare. {Vay. son article.)
Alors Libère écrivit aux évoques d'Orient
Îu'il gardait la paix avec eux et séparait
Ihanase de sa communion. Au concile
d'Ailes, qui se tint en 353, les arieas voulU'^
reiit faire condamner Athanase : les légats
envoyés par le pape, et en particulier Vin-
cent de Capouo, y c(»nsentaientt mais h con-
d tion que le conrile condamnât la doctrine
d'Arius. Les évéquos ariens, qui s'y trou-
vaient en majorité, refusèrent et contraigni-
rent les légats à consentir à la condamnatioû
d'Athanase, sans qu'il fût question d'autçQ
chose. Ce fut ce qui ouvrit'Ies yeux au pape.
Navré de douleur et versant d'abondantea
larmes, il disait qu'il n'avait pins qu'ai hiouh
rir, après avoir consenti h violer I Evangile.
Saint Athanas'î dit qu'au concile d'ArleSi
les légats du pape cl les autres évèques d'Oo"
cidoiit furent contraints par des mauvais
trait inentsde toulu sorte. Vincent ne tomb«
pas pourtant jusqu'au fond de Tabiiue. IL
rentra dans k voie de la vérité^ et amMIA
qu'un célèbre concile dît de hû : qu*il à ho-
noré longleraps son épiscofj?it par uoe con-
duile irréprochable et sans tache, et que le
foncile de Rimini no peut être accepté» puis-
que Vioceot n*a jamais voulu y souscrire.
Cependant tout ïe monde n*imiia pas cette
faiblesse au sein du concile d*Arles, Saint
Pau il Ut de Trêves, y défendit la vérité avec
un courage et une énergie qui lui valurent
le bannisseraent. Puis vint le concile de Mi-
lan, que le pape Libère avait dcniaûdé à
Constance ; il se tint en 355. Loin de s y
>ccuper de condamner la doctrine arienne,
les évêques d'Orient n y fureikt occupés qu'à
montrer leur acharnerncnt contre saint Alha-
nase et à y soutenir les erreurs d'Arîus et
de ses adhérents; ils se déclarèrent ouver-
tement. L'empereur Constance voulut forcer
tous les évèques à souscrire aux décisions
da ce concile. Cela n'empêcha pas néanmoins
Constance de vouloir obliger h le signer
avec la condamnation de saint Alhanase.
Mais saint Denys, qui était alors évéque de
Milan mêmei saint Eusèbc de Verceil, Lu-
cifer et les deux autres légal s de Uomet
Pancrace et Hilaire» s'opposèrent à ce des-
sein arec um; constance invinciJble et souf-
frirent sans s*éinouvoîr tout ce qu'on peut
attendre d'un prince furieux et eiu porté. Il
fut sur le point de leur faire souffrir le der-
nier supplice et d'en faire des martyrs; mais
il eut hoole de cette violence et se contenta
de leur procurer le litre de confesseurs en
les reléguant en divers endroits, dans le
dessein d augmenter la peine de leur exil»
et» en etîeti pour publier partout la hoiile de
sa cruauté, la gîuire di'S confesseurs et le
triomphe que la vérité remportait sur Taria-
Disme : car ils furent reçus [»ar tous les
Eeaples, non comme des cnmineîs et des
anoiSt mais comme des vielorieui et des
défenseurs invincibles de la foi. Saint Denys
fui relégué dans la Cappadoce ou d/ins TAr-
ménie, où il mourut glorieusement avant la
Su de ta persécution ; saint Euî^èbe h Scy-
IhopoHs dans la Palestine, et Lucifer à Gcf-
nantie dans la Syrie, pour y èlre abandon-
né i la cruauté de Patrophde et d'Iiudoxe*
On ne dit point où Pancrace et Hilaire f\irent
envoyés. Le dernier avait été déclwé à
ewps de fouet pour satisfaire Ursace et Va-
Pour ce qui est des autres évéques uu
ooDcile, Sorratp et Sozomène, qui dtsenl
S'tts se ^ it sans rien faire sur la ré-
Mtkût u ^seurs, semblent avoir uru
que la plupart étaient demeurés fermes dans
là vérité. Mais la manière dont Lucifer puj le
4toeooodJe s'accorde bien mieux avec ce
me dit Ratio* plus ancien qu*eu\ : que 9a
Mupart des évoques y furent trompés; que
beiijs, Lucifer et Eusèbe furent les smls
ml tffWl parattfo une lumière et une lurca
JSÂies d'évèqui» ; qiiti les autres ne péné-
' êêSêêê pas dans lit mauvais desseins des
<Mi ne iiouraient se (persuader ce que
' leur disaient, que les ari*'ns
la oaDdamoaiion de saint
'la foi* Sozomèue
dit lui-même, en un autre endroit, que ce
sainl y fui condamné de tout le monde, par
crainte, par surp ise ou par ignorance, hor-
mis de Denys, Eusébe et Lucifer, auxquelf
il joint mal a propos Paulin et Rhodane.
Saint Alhanase notis assure que les ariens
appuyés de l'autofité de Constance, Aient
tout ce qu'ils voulurenl dans ce concile aussi
bien que dans celui d*Arles. C'est pourquoi
saint Hilaire F-ippelle une synagogue de mé-
chants. Saint Athanase dit encore que Ioms
les évoques d'Occident souffrirent une vio-
lence extraordinaire, de grandes contraintes
et des injures étranges , jusqu'à ce qu^ils
eussent promis de renoncer à sa commu-
nion. Et Constance, parlant à Libère, dit
que le couci'e et loul Tunivers avaient coo-
aamné le saint; de sorte qu'il y a bien de
Tappareoce que cette condamnation fut re-
çue presque par tous les évèques du coociler
ftfais, pour I edit de Constance, il se peut
iaire qu'il n ait pas été reçu si universelle-
meni : au moins, nous n'en voyons pas de
preuve, et même il ne paraît pas que Ton eo
ait si fort exigé la signature depuis que le
pt^uple eut témoigné baulemenl en avoir
horreur.
Saint Albanase nomme, entre les évoques
qui avaient été contraints de nier son inno-
cence, Furtunatien d'Aquilée et Erème de
Thessaloniq lie, successeur sansdoute d*Aéce,
qui avait assisté au concile de Sardique. Le
premier, que nous avons vu être si fort esti-
mé par Libère, ne succomba pas d'abord. Car
on trouve qu d envoya à divers évêques uoe
lettre qui était apparemm*^nt celle du concile
de Sartiique à Constance. Mais cela ne servit
de rien, ni pour lui, ni pour les autres. El
après être tombé par lâcheté, il servit eiiQa
lui-même à faire tomber ceux qui résistaient
encore.
Saint Albanase témoigne néanmoins aii*ou-
Ire saint Denys, saint Eusèbe et Lucifer, il
y eut encore beaucoup d'autres évéques,
prêtres et diacres, qui aimèrent mieux souf-
frir Feiil que de signer sa condamnation, et
furent bannis avant Libère, (Tillemonl, voL
VI, p. 3G3.)
Après avoir banni saint Denys de Milan,
Constance choisit, pour remplir ce siège,
Auxence» arien, intrigant, espion et délateur.
Il avait été ordonné prêtre par Grégoire, Vé*
vê(pje inirus d'Alexandrie. Constance, qui se
prêtait si bien à loutes les entreprises dej
ariens, était, comme nous lavons ail, un cs-
nril vain, faible et léger. Il taisait ce que vou-
laient les ariens, parce qu ils avaient toujours
soin de le lui laire vouloir, H obéissait eo
croyant commander. C'était Tenfant qu'on
fail agir dans uo certain sens, par espni "'
contrariété, quand il ne veut pas obéir à
ordre directs : ospècede mannequin jouani
pape, ei faisant, au gré des ariens, compa-
raître devant lui les évêques ; écrivant des
lettres menaçantes, faisant des promesses et
agissant comme le voulait son entourage d'Ile-
résiaraues. Du reste, ne sapercevanl pas
qu'on le tenait en charte privée, i[ était iû-
visible pour ceux qui venaient réclamer jus*
14
An
Plus il voyait autour de loi grandir la
[tempête que faisait sa tyrannie i plus il
croyait à sa ouiss:mce. Il y a tant de cens
• oui prennent le bruit pour i'eipressinn de la
I force I Sa cour ne fut pas le seul Heu où
Ls'eurçail sa l.vrantjie; sans cesse il partait
ipour Ja province des ordres de Tempereur,
ripi'iJ n'avait souvent pas lus. On envoyait
partout des officiers pour porter les raenaces
que Ton adressait aux évoques et aui magis-
trats, s'ils n'obéissaient au prince: car il
voulait que les évê |ues entrassent dans la
communion des ariens et signassent la con-
dacunation d'Alhanase, s*ils ne voulaient se
résoudre au bannissement et à voir leurs
peuples chargés de chaînes, couverts d'af-
iroots cl de plaies, et réduits k la perle de
1^ -"- ' T\-ns;et les magistrats étaient obligés
< ver toute leur autorité pnur laîre
or» jj- ei les é vécues et les peuples. Ces or-
dres furent exécutés avec d'autant plus de
chaleur» que ceux qui les portaient avaient
avec eux des ecclésiastiques d'Ursace et de
V'alens, qui anioinient tout le inonde t^t ne
man juaient pas de déférer à Fempereur les
magistrats qui faisaient paraître quelque
froideur.
On vit donc alors, selon la parole de VE-
vangi'e, un grand nombre d'évôques traînés
devant les magistrats et devatit les rois, et
là on leur disait : Ou signez, ou abandonnez
vos églises; car l'empereur ordonne que vous
soyez déposés.
Après tant de violence contre les oints du
Seigneur, Conslatice n'était touché d'aucun
regret ni d'aucun remords, et il s'endurcissait
au contraire de plus en plus, comme Pha-
raon, Ce rjui est encore plus étonnant, c'est
qu'il affectait de passer pour avoir de la dou-
ceur et de la bonté. Et, en ettet, dans le
temps même qu'il traitait ainsi les évé(]ucs,
$'il arrivait que d'à tj très personnes fussent
condiimnées pour des meurtres, di/s séditions
ou autres choses semblables, il leur pardon-
nait au bout de quelques mois, dès qu'il se
trouvait quelqu*un qui parlait pour eui;
mais, à 1 égard des serviteurs de Jésus-
Cbrist, au lieu de les relâcher comme les
autres, il augmentait même la rigueur de
kur exil, et semblait avoir formé le dessein
d'être éternetlemenl leur persécuteur, ctuumo
a'il edt voulu imiter Pilate, qui crucilîait Jé-
«us-Ghiist en même tt-mps iiu'il délivridt
Barralibas : et cela faisait dire qu'il aimait les
uns, parte qu'ils lui ressemblaient, et qu'il
haïssait les antres, parce qu'ilsétaient tldèles
à Jésus-Christ. Ce n'est pas qu'il ne se re-
pentît Quelquefois de f^e qull avait ordonné
DOntre la justice, mais il se re[ientait ensuite
de son repentir même, et s emportait plus
Sue jamais, et après cela il sallîigrait eneure
e s'être emporté. Mais, ne pouvan! trouver
de remèdes aux maux qu il avait ûiits, il ne
faisait que découvrir la faiblesse de son es-
prit et ile son jugement, t^ar il était entière-
ment dominé, et c«»mme enchanté iiar des
personnes qui ne lui permettaieat pas de
rien Idire de juste et de raisonnable, et qui
ne songeaient qu*à abuser de safacUilé pour
DiCTtO?i!«» DES PEnsÉcuTiotrs. 1.
AlU
sr»
se donner la joie de faire régner leur hé-
résie. Ainsi il était, d'une part, digne de pi-
tié de servir de jouet aux autres, et se ren-
dait, de Fantre, digne de la condamnation
des feux éternels, parce qu1l abandonnait
l'honneur des évêques et rinlérêt de TEglise
à de^ impies. Toutévèque qui ne plaisait pas
aux ariens était aussitôt enlevé de son E^ilise
comme coupable de toul ce qu'il leur plai-
sait de lui im^mter, condrimné par Tempe-
reur, relégué en un autre pays. Fn même
tenif^s, on en chercliait un autre ont vouhH
bien être le disciple de leur hérésie, et on
renvoyait prendre la place de celui qu'on
avait cfjassé. Ainsi, par un renversement
étrange. Constance Aiait aux peuples ceux
qu'ils aimaient. parce qu'ils en connaissai*'nt
Finnocence, et if leur envoyait, de bien loin,
avec des ordres impériaux et des tro^ipes de
soldats, des hommes t(u'ils ne connaissaient
point et qu'ils ne voulaient point avoir. Après
cela, des chrétiens étaient réduits à haïr ce-
lui qu'ils aimaient, celui qui les avait in-
struits, celui qui avait éié leur père dans ta
piété, et à aimer au contraire celui qu'ils ne
voulaient point du tout avoir, et h confier
leurs enfants il un homme dont ils ne con-
naissaient ni la vie ni la conduite, et dont
on n'avait jamais entendu parler.
On peut assez juger combien toutes les
villes étaient en môme temps fjleines de tu-
mule et d effroi, pendant que, d'un coté, on
eidêvait les évêques, et que» de l'autre, les
peuplcii témoignaient leur douleur par leurs
gémissements et p::r leurs larmes. Les ma-
gistrats des villes voyaient ces maux, et
étaient contraints de s'en ren fre les minis-
tres, au lieu d'y jiouvoir remédier, à cause
des menaces terribles que leur faisait Con-
stance et des amendes auTtquelles on les con-
damnait, s'ils ne contrai gt- aient pas leurs
évi'^ques à signer. Ainsi, ils faisaient encore
plus de mal ou'on n'en exigeait d'eux, de
peur qu'on ne les crût amis de l'évêque. Mais
la plus grande misère était lorsqu'un leur
envoyait un faux évéque, au lieu du légitime;
C4ir il fallait s'attendre à tout si on refusait
d'obéir, et on ne voyait que contiscations,
qu'outrages, que toutes sortes de violences
contre ceux qui ne voulaient pas prendre un
loup pour un [jasieur* Beaucfiup de person-
nes, pour éviter deux extrémités si fâcheuses,
s'enfuirent dans les déserts. Ainsi Constance,
en chassant les évêques et faisant donner les
égîises à des usur(iateurs et d^s impies, rui-
nait les asseraldées ecclésiastiques et empo-
chait les peuples, autant qu'il était en luit
d'otlrir à Dieu leurs prières et de pratiquer
les autres devoirs de la piété. Quicon^^ae
sopjiosaîtaux ariens était aussitôt train de-
vant le gouverneur ou le général de l^irmée.
Leur impiété faisait perdre la foi aux évo-
ques, par la crainte d ê^redéfi- uiliés de leur
dignité, de leurs privilèges et de IcMrs riches-
ses. I£t les autres, affaiblis [ ar la Idehelé ûes
évéqi!es,*lontîa turce devait les soutenir, com-
menvuirnt aussi à craindre de per're des biens
jtérissables aye la mort leur deval bientôt
ravir. Oti^nd Fcrreur se voyait rétutée parles
167
AM
discours, elle s'irritait au lieu de céder, et
ft^elfor-çaildeiitrainer par la violence» parles
cou|>s et par le^ priions, ceui qu'elle ne
pouvait persuader par ses fauï raisonne-
meals. Ainsi, la crainte do la proscription
préeipitait les riches dans Thérésie, et 1 auto-
FÎIë qu elle avait de jeter 'i^ins les prisons
faisait tomber les pauvres dans le même
abime.
Saint Hilaire, à prof>os de la même perse-
cutioû, s'esprime ainsi : « le ¥ous dis, Con-
slinee (car il s*adresse h lui-même), ce que
pâtirais dit à Nrron, à Dèce et à Maiimm :
vous combattez contre Dieu, vous vous em-
portez contre l'Eglise, vous persécutez les
saints, vous haïssez ceuiq^ui prêchent Jésusr
Christt vous abolissez la rebgion ; vous en-
la?ez, avec la cruauté d'un tyran, non les
biens de la terre, mais ceux du ciel. Voilà ce
que je vous dis, comme je l'aurais dit à ces
ennemis déclarés de iésus-€brist ; el voici
ce qui est pour vous en fiarticulier :
« Vous vous prétendez chrétien, et vous
éles un nouyel ennemi de Jésus^hrist ;
vous prévenez Tanleobrisl, et vous opérez
déjà ses secrets et ses mysl<^res; vous éta-
blissez des articles de foi, et vous vivè^ cou*
Ire les règles de la foi ; vous faites lo docteur
pour introduire des maximes firofanes, au
lieu de vous rendre disciple pour apfirendre
la piété; vous donnez des évécb*^s h ceui de
votre secte ; vous ôlez les boris pasteurs pour
en mettre de méchants ; vous enfennez les
prélats de Dieu dans vos prisons ; vous em-
ployez vos armi-'es pour épouvanter lEglise ;
vous assemblez des conciles pour obliger les
Occidentaux d'être des impies; vous fomen-
tes ave«3 at]re«se les dissensions des Orien-
taux; vous troublez ce que nous avons reçu
de l'antiqnilé et vous inventez des nouveau-
tés profanes; vous faites les choses du
monde les plus cruelles, sans vous charger
de la haine de nous procurer des morts glo-
rieuses. Par un triomphe nouveau et inouï
jusqu'à présent, vous vous servez du diable
même pour remporter la victoire. Vous êtes
pet'sécutenr el vous ne faites point de mar-
tyrs. Néron! Dèceî Maximînl nous avons de
plus grandes ohlrgatioiis à votre cruauté,
puisque c'est* par votre moyen que nous
avons vaincu le diable. Le saiv^ des bienheu-
reuit martyr^» a été recueilli avec honneur
par toute fa terre, et les miracles qu'ils font
justifient les respects que nous leur rendons.
Mais vous, qui êtes plus cruel qne tous ces
anciens tyrans, vous nous faites plus de mal
qu'eut « et vous ne nous laissez pas seule-
ment heu de nous eicuser dans les fautes
que vous nous faites commettre. Vous vous
insinuez adroitement, sons prétexte de nous
caresser; vous nous tue/ en nous faisant em-
brasser votre piété ; vous consommez Fim-
piété en vous vantant faussement de confes-
ser Jésus-Christ ; ?ous éteignez la iV)i de Jé-
sus-Ctiriat; et avec cela, vous ne laissez pas,
du môuis aui misérables, les excuses qu'ils
pouiTaieni alléguer en renrésenlant leurs
iuppjices ilevant le juge éternel, en moo-
trûnl quelques cicatrices de leurs membres
déchirés, et en trouvant dans la faiblesse da
leurs corps la justilîcatioo de ce qu'ils p^ior*
raient n'avoir fait que par une nécessité pres-
sante. Votre persécution est si maligne que
ceux qui tombent n^oul fien qui aiminue
leur faute pour leur en faire obtenir le par^
don, et que ceux qui sourirent le plus con-
stamment ne peuvent arriver au martyre. Le
démon, votre père, qui SAit l'art de hif$
mourir les hommes, tous a enseigné k vain-
cre sans beaucoup combattre, à égorger los
hommes sans épée, à persécuter sans porter
le nom infâme de tyran, à haïr sans qiïon
vous soupçonne de haine, h mentir Sàm
que Ton s'en aperçoive , h faire des profes-
sions de foi sans avoir de foi , k caresser
sans avoir de bonté , è faire ce que vous
voulez sans qu'on sache que vous le voulez.
« Nous vous reconnaissons^ ô loup ravis-
seur, sous la peau de brebis dont vous vous
couvrez. Vous honorez le sanctuaire de Dieu
avec Tor de votre Etat, et vous présentez à
Dieu, malgré lui, ce que vous avez pris dans
les temples des démons, ou ce que vous
avez conâsqué par des édits, ou ce que vous
avez tiré par la force des tourments ; vous i
présentez aux évèques les mêmes baisers I
dont Jésus-Christ a été trald ; vous liaisseï
la tête pour recevoir leiu* bénédiction, atio
de fouler la foi sous vos pieds ; vous les fai-
tes mancer h votre table comme Jud^s man-
gea à celle deXésus-Cbrist, pour le trahir en-
suite ; vous remettez, en leur faveuri le cens
et le tribut que Jésus-Christ a payé loi*
même, de peur d'exciter du scandale; voua
leur relâchez les impôts, atîn d'ioviier les
chrétiens à renier leur divin maître, et voui
leur cédez vos droits, afin de leur faire per-
dre les biens de Dieu. Voilà quelle est U|
fausse peau de brebis dont vous vous camr
vrez.
« Mais maintenant, écoutez, 6 loup ravi»*
seur, le fruit de vos œuvres : je ne dirai qiM
ce qui s'est passé dans TEglise, et je ne pu^
lerai de votre tyrannie qu'à l'égard des 6»-
treprises que vous fiâtes contre Dieu. On se
plaint partout que vous avez privé de Tépis-
copat ues {irélats que personne n'osait jugar
coupables, qu'on voit encore aujourdliui
des ministres de TEglise au nombre de ceui
qui sont condamnés aux mines, et qu'ils far-
tent sur le front les marques honteuses qm
vous T avez fait graver. Toutes les villes et
tous les [teuples d'Orient souffrent les maux
de la guerre que vous leur faites, ou trem-
blent dans la crainte de les soutlrir. Vou*
avez tourné toutes vos armées contre la toi
de rOccidenl, et toutes vo^ troupes oni él^
emplovées contre lesbrebisdeJésus-ChnAl.*
Sainl Hilaire joint à cela diverses cruautés
uarticulières exercées contre les Eglises d*A'
texandrie, do Trêves, de Milan, de Roivie et
de Toulouse, et il linil par ces paroles lath
droyantes: « 81 ce que je dis est faux, r»m
êtes une brebis de Jesu5-<3hrisl; mais si j^
n ai rien dit que ce que vous avez fait, #t
ce qur tout h^ monde sait que voua avez fait ;
si je n ai riea ^ïàmé qiu oe $M aussi vrai
I
l'il est horrible et criminel, tous files un
}iip el un antechrist* »
On voît, par ces endroits de saint Hilaire^
[ que Constance n'employait pas seulement la
] cruauté du lîon pour vaincre les serviteurs
Jde J^sus-Chnsl, majs qu*il y joignait les ar-
Itlfjces du serpent pour les tromper. C'est ce
' fjue le môme Jêre dit en un autre endroit»
en ces fermes ; « Nous avons luainlenant à
combattre contre un persécuteur qui veut
nous surpreudre, contre un ennemi qui nous
flatte, contre Constance qui porte le nom de
chrétien et qui est un antechristjqui ne nnus
décb' i le dos à coups de fouets, mais
Îpiî 1 îô et nou$ caresse; qui ne nous
ail ; [uérir la vie de Ta me par des
pro> -. mais qui nous enrichit afin de
noas doiitier la mort; qui ne nous traîne
point en prison pour nous donner la liberté
ces enfants de Dieu, mais qui nous comble
dTîonneurs, dans son palais, pour nous ren-
dre esclaves du d^'^nion ; qui ne nous tour-
mente point les côtés avec des ongles de fer,
mais qui s*empare de notre cœur; qui ne
nous tranche point la tôte avec une épée,
mais qui fait mourir notre Ame avec de 1 or ;
qui ne nous menace pas publiquement de
nous jeter dans le feu, mais qui allume se--
CTètement les flammes de renier [jour nous
brûler; aul ne s'engage point à combattre,
de peur d'être vaincu, mais qui nous flatte
iPOur nous dominer; qui confesse Jésus-
€hrisl pour le renier ; qui travaille à reunir
les esprits, a lin d'empêcher la paii ; qui
♦ •' ^ ^M^ hérésies^ aliu qu'il n'y ait plus de
I - î qui honore les personnes cnnsa-
ciéciiiD ; qu*iï n'y ait plus d'évôques;
qui MWi .; :ses, afin de d^Hruire la foi;
■ q ii'le que de vous, 6 mon Dieuî qui
Hfj lellement votre saint nom à la bou-
^Klie, et qui fait absolument toutes choses,
^Tfîû (me eeui-mêmes qui savent que vous
êtes Pieu ne croient pas que vous soyez
te. » (Tillemont, voL VI, p-ig. 367-37L)
Durant ces persécutions, TEglise, battue
)mmeuQ navire au miîieu des mers et de la
jpéte, était sous Tieil do Dieu qui avait
seité pour la conduire des pilotes intré-
ides que rien ne pouvait vaincre. D'un côtiS
lii Athanase , nareil h un roc contre
^uel viennent se briser vainement les flots
liés; de Taulre, Libèreassis surle trône iné-
ranlnhle de saint Pierre* qui résistaient, Fun
' persécutions, l'autre h toutes les
Iles près de lui par la ruse ou la
it^uacc. iia-ntôt pour te dernier la persécu-
ion s'ouvre aussi. Conslaiii'e fait amener
à Milan, el ne pouvant fe gagner h
desseins, il Tctivoie eu exil dans la ville
Bérée. Le trône de saint Pierre reçoit h la
ilace du saint confesseur un intrus notiimé
Félii. Non-seulement Constance avait voulu
igner Libère par les raisonnements el par
&s menaces; mais encore il avait voulu le
♦rrf>mpre. Il lui avait envoyé 500 pièces d'or;
rimr^éralrice en avait ffiit autant. Eusèbe
^ouJut lui en dfinner aussi; il refusa de la
irt (Je ce dernier, et i*envoya à Tempereur
>uio0 qu'il lui avait fait remettre. Parmi les
AttI
Î70
évoques d'Italie qui furent persécutés dan^
ce temps-là par les ariens, nous trouvons
sarnl Maxime de Naples, qui fui tourmenté
fort longtemps , puis envoyé en exil, où il
mouruL A sa place, on mit un certain Zozima.
En Campanie , un saint évi^que, nommé
Rntivicus, fut raarljrisé, comme on peut le
voira son titre, par finfllnie Epictète, évê-
quo arien de Civita-Vecchia. Saint Martin
1 Exorciste acquit aussi le litre de confesseur
en Ulyrie, L'Espagne eut rtussi son martjT,
Osius de Cordoue, que (oute TEglise véné-
rait, el que par deux fois, makre ses cent
ans, Constance til venir pour lâcher de le ga-
gner à l'arianisme, et qu'enfin il garda un an
entier dans une sorte d'exil, jusqu'à ce qu'il
en mourût. (Voy, son article.)
Ce fut en Tannée 856 que les ariens par-
vinrent enfin à chasser saint Atbouge d'A-
lexandrie, et à mettre h sa place un évéqiîe
suivant leurcœur, (l*ourlesdetails,voy. Atha-
TVASE.) George, l'évéque intrus qui le rem-
I>laça, ne laissa aucuneperséculion au-dessous
d(' celles qu'il fit endurer aux catholiques. Peu
a[jrè5 ils assemblèrent le concile de Béziers,
à la suite duquel saint Hilairé , évéque de
cette ville, fut banni {Voy. son article] avec
Rhodane do Toulouse. A fa suite du bannis-
sèment de son évoque, la ville de Toulouse
eut à supporter de la part de Constance les
mômes persécutions que ce prince avait fait
endurer à iaYilîede\nian,Pendanlcclemps-
lii, Macédone, évoque intrus de Constanti-
noplê , persécutait Yiolemment les catho-
liques. Il eut pour ministres de ses fureurs
Marathone et Eleuse; au nombre de ses vic-
times on compte les saints Martyre et Mar-
cien, (Fow. les articles de tous ces person-
oa^^es,) Non content de persécuter les eatho-
liqueSi il persécuta aussi les novatiens. Nous
passons ici plusieurs années: Thistoire des
ariens ne s'y Ijouve pas rnélee de persécu-
tions.
En 457, Constance étant venu h Rome, 1©
peuple lui demanda le rappel de Libère.
Constance le fit revenir Farinée suivante.
Mais, s'il faut en croire h [ilupart des histo-
riens, Zozoraèoe et Rulin entre autres, cepape,
qui avait ouvert son pontifical par uiie faute
que depuis il avait glorieusement rachetée,
qui s'éfail montré depuis une des plus fermes
colonnes de la catholicité, paya ce retour en
signant la condamUfition de saint Athanase
et l'hérésie d'Anus, Quelle chute après tant
de gloire l Desseins de Dieu, vous êtes vrai-
ment impénétrables l
Une autre chute, non moins grande, ce fut
celle du ^rand Osius. Martyr de la foi, il per-
dit tout d un coup le mérite de sa rie passée,
de sa gloire antique et de ses souiTrancos
récentes, en signant !e formulaire impi^j de
Sirmifh, Pour nous, malgré ce que dit saint
Hiîaire, nous ne croyons pas à louli;j la cul-
pabilité d'Osius. {Voy. son article.)
Bientôt les ariens se divisèrent dans leurs
croyances. Ils tirent ce que dejjuis nf>U5 avons
vu chez les protestants» maintenant divisés
en tant de sectes. Pois ils se per^ëeulèrenl
entre eux. Ainsi on vit les ariens acharnés
fersécateurs des semi-ariens, (Ici recourez
rhistûire de rEglise.) Nous ne sommes pas
chargé d'écrire les persécutions des sectes
dissidenles, nou^ nous boroons donc à indi-
quer. Libère rentrait dans Rome et chassait,
lui lapostal, Tintrus qui l'avait remplacé
quand il était martyr. Il se payait de son
apostasie en reprenant son siège qu*il avait
3uitté pour Dieu. Il ôtail la couronne de
essus sa tète pour y mettre volontairemcul
le sceau de la prévarication.
En 359, Constance assembla le concile de
Rimini, qui, malgré son mauvais vouloir, ana-
thématisa les ariens, et conûrma la foi de
Nicée. Mais sur la fin la tyrannie de Coos-
tancc produisit un etîet désastreux sur quel-
ques-uns des Pères de ce concile. Sainl Hi-
la ire nous apprend qu'en les tenant enfermés
daa*^ une ville où il les épouvanta par ses
menaces, où il les affaiblit par là faim qu il
leur fil souffrir, où U les abattit par les souf-
frances que leur occasionnèrent les rigueurs
de l'hiver qui était proche, où il les corrom-
pit par ses artitices^ il changea leur foi en
impiété. Faut-il croire qu'un grand nombre
ile Pères tombèrent, comme le dit saint Hi-
laire, ou bien, avuc Théodoret, croire que ce
furent seulement les députés du concile que
les ariens firent venir à Nice ou Nice, ou
raéuïe Nicée- Ces députés, sous le coup des
tourments, et craignant d'être bannis, con-
sentirent <*nrm à etfttcer lo mut eornubstaniieL
On laissa ensuite retourner àHimini les dé-
putés du concile, et Constance, qui ne se con-
tt^ntait pas d'avoir at^altu dix évoques fil ne
renversait aussi tous les autres, envoya à Hi-
mihi, et manda au préfet Taurus, de nepoint
laisser aîler les évoques jusqu'à ce qu'ils eus-
sent tous signé la même confession de foi
que leiirs députés; que, s'il y en avait qui ré-
sistassent avec plus d'opinidlreté que les au-
tres, il les envoyât en exil, puurvu qu*ils ne
fussent pas plus de quinze. 11 écrivit aussi
aui évèques pour leur ordonner de suppri-
mer les mots du substance et de consubstan-
litij traitant fort injurieusement ceux qui
avaient déposé les ariens, et les menaçant
de ne les point laisser retournera leurs égli-
ses jusqu à ce qu'ils lui eussent obéi.
Ceux qui avaient, dès auparavant, embrassé
le parti do larianisme, ne léinoignùreot que
de la joie et des actions iie grâcvs pour une
lettre si honteuse, et qu'une ob.^issancc hum-
ble et aveugle pour ues commandements si
cnmiueîs. lit ce furent les seuls suntimenls
qu'jls exprimèrent dijns la lettre qu'ils réécri-
virent à CoiisUinc '. Mais comme on m* vou-
lait f»oint les laisser sortir de Himuii que les
autres n'eussent aussi signé, ils conjurèrent
rem|»erejrirécnreà Tyurusde leur accorder
la liberté «ju'ils nva eut s» bien méritée- Ils
écrivirent en même temps aux cvè(|ues d'O-
rient pour te^ assurer qu'ils étaient dans là
même foi qu'eux, et qu'us y avaient toujours
été- Nousuavu'is que la lettr * à lempereur,
qui est bien la fiièc..^ du monde la plus Idctie
et la plus infime. Nous railribuons, non h
©eux qui tombèrent, comme nous le verrons
bientôt^ mais à eeuiL qui avaient toujours fait
Profession de Tarianisme, tant parce qu'il*
assurent eux-mêmes qu'à cause quHls trai-
lent d*hérétiques ceux qui n'avaient pas si-
gné, n'y ayant point dapparence que ceux
2*n signèrent par faiblesse eussent voulu
crire une lettre semblable è celle-ci. On le
peut encore juger par Epictète, l'un des qua-
tre nommés à la tête de celte lettre, sous
Valens, qui y est aussi ; il n'est pas nécessaire
que ce soit celui de Murse. Voilà donc ce
qui se fit du côté des ariens qui commen-
cèrent, par le retour des légals, à l'empor-
ter sur les autres, et les chassèrent même de
l'église pour s'en emparer.
Pour ce qui est des catholiques, ils témoi-
gnèrent d'anord quelque générosité, et ils
refusèrent la communion a leurs députés,
quoiqu'ils protestassent de la violence que
lempereur leur avait faite. Us se trouvèrent
néanmoins fort embarrassés de ce qu*d5
avaient à faire, et enfin la plupart s^etaot
alfaiblis peu à peu, soit par la faiblesse et
Tinconstance de leur esprit, soit par le cha-
f;rin de se vo.r retenus si longtemps hors de
eur pays, ils rendirent les armes à leurs ad-
versaires, et, dès que les esprits furent ufie
fois ébranlés, on courut à l'autre parti avec
tant de fofce et de chaleur, que le nombre
des catholiques se trouva réduit à vingt.
Sozomène rapporte que le** ariens, pour
vaincre plus aisément la résistance des or-
thodoxes, leur envoyèrent secrètement quel-
ques personnes de leur cabale qui, sous pré-
texte de faire les conseillers et les média*
leurs, leur venaient représenter qu il était
bien fàcneux dr vot tous les évoques divisés
les uns des a itres pour un mot, vu qu'il était
si aisé de couper route la ïacinede ces trou-
bles en lui en substituant un autre ; queia-
mais on n aurait de paix avec l'Oricnl quen
supprimant le mol de substance. Le concile
céda à cette raison, qui néanmoins était tout
h fait fausse, puisque les Orientaux tenaient
presque tous le Fils ou consubstautiel ou
semblcd>le en substance.
Les ariens , qui étaient subtils et fourbes,
surprirenl encore par une autre voie Tigno-
rance et lasimf^licité des Occidentaux, car ils
leur demandèrent si c'était 11 consubstantialité
ou Jésus-Chnst au'ils adoraient ; et par cette
opposition ridicule qui les obligeait de ré-
pondre avec quelque sorte d 'exécra ion que
c'était en Jésus-Cnri>l qu'ils croyaienU et
non en la consubstaotialité, ils leur rendi-
rent odieux ce le^ine qu'ils n'entendaient (»as
assez, et les obligèrent è l'abandonner et en-
suite à se résoudre de eommuniquer avec
eux. On prétend aussi qu'ils cédèrent À la
1% ainle d'être appelés athanasiens , car les
ariens donnaient quelquefois ce nom aux
cathûliqups aveccfJui d'jjomoousiensou coû-
siibstaniialistes. U y t^n lut quelques-uns,
dit liulin, tjui ne tombèrent pas par igno-
rance, maii parfaibit'sse.
Le prêtre Manellin représente fort biejila
grandeur de la faute que commirent ces évè-
ques, el le pn^udice qu'ils tirent à l'Eglise
par leur lâchnié. Ll»isloire n'exprime pM
nettameat quelle fut la fauta de ces évéque^»
rt75
ÂRf
hM
VA
[lais on ne peut douter qu*elle ii*ail été la
Itnème que celle de leurs députés, d*abnn-
Idonner ce qu'ils avaient fait pour la vérité,
]de recevoir dans leur comiuuoion Ursacc,
I Valens et Jes autres qu*ils en avaienl exclus^
1 ei de signer le formulaire de Nicée. (Tille-
\moDt, roi, VI, pag, 'i55')
S'il est vrai (f[iï\ faille admettre la chute
le tous les Pères du coocile de llimini, il
Ifaul dire qu'il y en eut au moins quatre cents
h tomber. Pourtant on nous accordera, pour
l'honneur de TEglise, et du reste nous en
sommes certain , qu*il en resta au moins
(ïuelques-uns. Le pape Libère, qui avait le
pmiiéî^edes évolutions morales, refusa cons-
tammeulde souscrire au concile de llimini.
Vincent de Capoue tit !a môme chose. Jus-
qu'en Tan 360, les ariens ne cessèrent de se
déchirer, de se proscrire, de s'anathématiser.
Il y eut bien quelques persécutions isolées
coTtre les calhuliques, nuiis ce lut principa-
lement contre les dissidents de leur propre
narti qu'ils tournèrent leurs fureurs. {Voy,
lans Inistoire de TEglise, ce qui a trait aux.
500cilesdeSéleucie,dcConstantiûople.)Dans
fce dernier» les ariens adoptèrent la formule
We Kimini, et obtinrent de rempereurla per-
[mission d'exiger que tous les évèques la si-
_ lassent, sous peine de bannissement en cas
îe refus. Beaucoup cédèrent à cette tempête.
Pourtônl Sozomèni^ dit que, dans toutes les
provinces de Ferapire, il y eut des évoques
chassés de leurs sièges pour ce sujet. Malgré
cela^ les chut s furent si fréquentes, que
Tsaint Jérôme m^irque que presque toutes les
f E^lisesdu monde furent souill^îi^s par Tunion
I avec les ariens, sous prétexte d'avoir la paix
f et d*ab6ir à rempereur.
Constance mourut baptisé par Euzoius en
! Van 361, après avoir lait plus de mal à FE-
glise que les Néron et les Diuclétion n'en
avaient fait. Son successeur Julien, avec son
LinditTérence ph losophique, ne pr<>lant appui
[à (>ersônne, mais laissant chacun libre, per-
|init à l'Eglise de se ranimer un peu. Ponuanl
[son rè^^ne, les ariens se condamnèrent mu-
lluellement, jouèrent aux foudres excommu-
rnicatoires» mais du moins ne persécutèrent
[pi js directement les catholiques. Ils avaient
trédigé dix-huit formulaires ou symboles.
iS'ius JuUen, »out rOccident et une grande
[partie de FOri<^nt revinrent à la foi de Mcée,
[Saint Alhanaso revnit ilans son Eglise. Son
[jdépart avait été excessivement fatal à FE-
|ghsf*, son retour y ramena la paix* Le con-
jCiled*Alexandrie, qu'il tint en 3G2» sauva vé-
ritablement l'Eglise Après la mort île Julien,
[Jovien s'élant déclaré pour la fui, les aritins
^ne purent pas persécul.T les crttholiques, ils
^se rabattirent sur les Macédoniens, qui Uni-
rent par si^ier le symbole de Nicée. Ils le
firent en Orient d abord, puis en Occident*
Eotin le coocile de Tyanes les reçut. Puis
>yint Valens, qui se déclara pour les ariens
i contre les catholiques* Revenu à Constanti-
liiopley après ^a guerre conire tes Goths, il
[bannit saint Loagre, et Ht périr en merqua-
iJésiastiques de Coostantioople.
Demophile de Berie fut fait évéqua deCuns-
lartinople par les ariens.
Saint Grégoire de Kazianzc fait comme il
suit l'histoire de la persécution de Valens :
fl Valens, dit-il, fut un persécuteur qui n'eut
ms plus d'humanité que Julien, ou plutôt il
Je surpassait d'autant plus en cruauté, que
c*était un iaux christ qui portait le nom de
Jésus-Christ. Il fut la nonte et l'inf^mit^ des
chrétiens, qui ne pouvaient lui obéir sans
impiété ni acquérir de la gloire en soulTrant
sous lui, cnr il ne paraissait faire aucune in-
justice en puiissanl ceux qui ne lui étiuent
pas soumis; et Foti ne donnait pas le glorieux
titre de martyre aux tourments qu'il leur fai-
sait endurer; de sorte qu'il semblait avoir
trouvé le moyen de faire croire qu'ils étaient
punis comme des impies, lorsqu'ils souf-
fraient en qualité de chrétiens, p Le même
Père ne veut point qu'on cherche d'autre
c^use de ces maux que les péchés des chré-
tiens, qui, au lieu de conformer leur vie à la
loi de Dieu, suivaient la corruption de leur
esprit et la vanité de leurs pensées, et qui
par là avaient niérilé d'être abandonnés aux
plus méchants et aux plus scélérats de tous
les hommes.
11 s étend davantage dans un autre dis-
cours, où il reproche aux ariens leurs cruau-
tés par l'opposition de la conduite des catho-
liques : « Les livres et les entretiens, dit-il
en les apostrophant, sont remplis des effets
de voire barbarie. La postérité les ajiprendra
et vous en couvriia, comme je m'en assure,
d'une infamie éternelle. Que peut-on dire de
semblable des catholiques? Que! peuple in-
solent avons -nous soulevé contre vous?
Quels soldats avons-nous armés pour vous
combattre? Avons-nous envoyé conire vous
un général furieux et plus emporté que ceux-
mêmes dont il exécutait les ordres; un homme
qui, n'étant pas chrétien, croyait s'acquitter
d'un devoir religieux envers les démons, par
l'impiété avec laquelle il persécutait les ca-
tholiques? Avons - nous assiégé avec des
troupes des personnes qui, les mains élevées
vers Dieu, ne songeaient qu'à lui offrir leurs
prières? Avons-nous étouffé le chant des
psaumes par le bruit des trompettes? Avons-
nous mêlé linéique part le sang mystique de
Jésus-Christ avec le sang des hommes mas-
sacrés? Où avons-nous fait cesser les g-'inis-
sements spirituels par des cris lugubres et
lamentables? Oii avons-nous arrêté les lar-
mes de componction, pour en faire répandre
de tragiques? Où avons-nous cbangé les mai-
sons de prières en sépulcres? Quand avons-
nous livré entre des mains criminelles les
vaisseaux destinés aux sacrés mystères, et
qu'il n'est pas permis à tout le" monde de
toucher? Aimables autels» comme l'Ecriture
vous appelle, mais que nous pouvons appe-
ler maintenant des autels déshonorés, avons-
nous fait monter sur vous de jeunes impudi-
ques, pour vous souiller par des airs tascifs,
par des gestes et des postures déshonnôtes?
ou plutôt avons-nous fait insulter sur vous
au grand et divin mystère qui sW offre?
Chaire vénérable et auguste, sur laquelle
1
m
ARI
A»
^i
tanl d'illustres et d** sainl^ prélats ont é(À
assis successiveiTïROt pour y prêcher les di-
vins raystèri*s, avons-noûs élevé sur vous
aucan pmen (iOiir louroer en ridicule les vé-
rités chn'^iennr'S par des discours satjriques
et impies? Vierges sainlos» siège delà pureté
et de la pudeur, qui uo pouvez souffrir la
présence des horarne», même les pîu^ rhas-
tes, je vous alleste si jamais aucun des nô-
tres vous « ouirftgéi»^ paf des regards aba-
lûliiables et do5 eneès dignes de la punition
de Sodome? Quelles bôles féroces avons-
uoiis tâchées pour dévorer les corps des
saints, comme ont fnit ces irilinmains à re-
gard de quel(^ues personnes oui n'avaienl
point d'autre critne que celui de ne vouloir
pas embrasser leurs dogmes impies el se
souiller par leur comuiunion sacrilégo, qu'ils
fuyaient comme le poison d'un serpent, ca-
pable de faire mourir non les corjïs, nm^ dé
corrompre et perdre les âmes; ou d'avoir
donné fa sepulinre h «les persoinies dont les
corps morts avaient élé resf^eclés |mr les
bêtes» même carnassières? C'est, en vérilLs
un crime qui méritait bien d'être t»»Hii dans
un autre théâtre et par d'autres bêl's. De
quels évêques a^-t-on déchiré avec les ofi-
pies de fer le corps déjè tout cassé de vieil-
lesse* en présence de leurs disciples, qui ne
pouvaient les nssisler daiis ces supplices aiie
par des larmes impuissantes? Qui soûl, dis-
je, ces prélats f|ui ont élé ainsi suspendus
avec Jésus-Christ, qui ont remporté la vic-
loire par leur constance daus les lotrrmenL^,
qui ont arrosé leur peuple par leur sang pré-
cteuu, et qui, enûn, ont été conduits à la
mort pour être ens<^velis et glorifiés avec
Jésus-Chrtst» dont la victoire sur le monde
se continue encore pflir ces meurtres et par
rimtnolattun de ces victimes? Qui sont ces
prêtres que lo feu et Teau, deui éléments
contraires et incompatibles, séparèrent les
uns des autres* et qui fiu'eTil consumés par
les flammes avec leur vaisseau? Et pour ne
pas entrer dans le détail de tous les raaut
que nous avons endurés, qui sont ceux que
les préfets mêmes ont accusés de cruauté»
quonjulls s'en rendissent les ministres ? car,
quoiqu'ils fussent leseïëcuieurs des passions
des souverains, ils ne pouvaient pas néan-
moins ne pas détester une si étrange barba-
rie, et ils ne se dépouillaient pas eutièrement
de la raison, encore qu'ils s'accommodassent
au temps. Leur complaisance pour ces ciuel-
les volontés du prince n'empêchait pas qu'ils
ne fussent encore assez équitables pour con-
damner l'injustice dont ils éttiieol contraints
d'être les malheureux instruments, »
Non-seulement l'Eglise avait alors h com-
battre contre on empcn*ur, mais encore con-
tre tous les magistrats et tous les ministres
de sa cotir. Les uns entraient dans ses pas-
sions, parce qu'ils étaient engagés dans les
mômes erreurs et les mêmes sentiments; plu-
sieurs autres faisaient vokmticrslout ce qui
pouvait lui être as^réable, dans la crainte
de lui déplaire et d'cTicourir son indignation,
<^uekïucs-uns même s'allafchaicnt h lui par
l api^tittioji qu'ils avaient ooutrç des per-
sonnes qui faisaient profession de la VéHIê^
bïe foi , et ils ne croyaient pas le pouvoir
faire dans un temps plus propre que celui
ûUfTuet l'empereur punissait par les eonfls-
c^flions, les bannissements, les exactions,
les prisons, les chaînes, les fouets et les plus
cruels supplices, tous ceuï qui fie se sou-
mettaient pas à ses passions; car il j avait
alors plus de danger pour des personnes de
fïiété et des catholiques d'être trouvés dans
a maison de Dieu, que d'êtro edn vaincus
des crimes les plus énormes.
11 n'y eut point de lieu exempt des tris-
tes effets d'un temps si malheureux, et au-
cune nation n'échappa aux ravages et à U
fureur de celte hérésie. Tous ceux qui ûo-
rissaient davantage dans l'Eglise virent leurs
travaui et leurs desseios ruinés. Nul peu-
ple no put se garantir de leurs insuUeSi ni la
Syrie, ni la Mésonotamie, ni la Phénicie, ni
la Palestine, ni rArabie, ni rEgj'pte, ni la
Lii>ye, ni le Pont, ni la Ciïicie, m 1$ L^cie|
ni là Lydie, ni ta Pisidie, ai la Pamphylie, m
la Carie, ni rHellespont, ni les îles voisines
jusuu'à la Propontide, ui la thrace^ ni tou-
tes les nations des environs du Danube* Il
n'y eut que la Cappadoce qui fut assez heu-
reuse pour ne pas éprouver, comme les au-
tres [ja ys, les malheurs du l^mps> par€4? que
le grand Basile, qui en était le protecteur, la
mit à couvert de toutes ces tempêtes^ ce qui
ne fut pas même sans eiceplioo, La persé-
cution que Ton faisait aux catholiques, dt^i
si odieuse par elle-même, rétail encore da-
vanta^^e, parce qu'en même teui[)S qu'on trai-
tait Si mal les plus grands serviteurs de
liieu, on laissait au contraire une entière li-
berté h tous ceux qui en étaient ennemie»
hérétiques, juifs ou païens, de sorte '"'"«^
Iiaraissait qiie c'était moins dans V
une attache excessive pour le parti ^^u i*
avait malheureusement «nubrassé , qu'une
haine que le démon lui inspirait contre la
vérité et contre tuïis ceux qui Taimaient.
Cette persécution était encore d'aotant
plus dangereuse^ que la plupart des Eglises
manrfuaient de pilotes; car Xaltns les en-
voyait tous en exil, pour mettre au lieu
d'elle de inallienreui pirates, qui s'effor-
«paient de les jierdre, n'ayant uSurj^é lépi^-
copjit que pour m Htt b 'lonle et Tinfamie.
Et néanmoins cet artifice lui devenait inu-
tile par la générosité de ces saints prélats
qui, des extrémités de la terre où on les
avait relégués, soutenaient les fidèle^ et t^-
rassaî^nt ks hérétiqu(>s par les lettres qu'ils
écrivaient; car celui dont la Providence rè-
gle tout(*s l'hoses avait alors donné h son
f»eupie des pitoies dont l'art égalait la vio-
ence de la tempête, des chefs dont le (xru-
rage répondait h la fureur dés ennertirs, et
des remèdes proportionnés 5 la grgîideiir de
la maladie. (Tillement, voL \'I, [i. d58.!
Valens ayant quitté Constantirioplê i '
aller h Césaréc Jan de Jésus-Christ 373 .
sait marcher devant lui Mode-
prétoire, qui avait soin de d<|
évAques catholiques et d'en mettre du
h leur place. U persécuta violenmieat f -
É
Me J'fegUse. IJ uemaûda ^ooveiil
Mètre mis eii possession du sië«e
les cûthofiaues d^Antioche, ceur de Sji'ie:
iB^hv saint Barse» s^iiht Eulôye, saint
Protor. - -^ lurent sutèessiviimnDt pcrsécu-
liés pour h foi. Saint Abiâham fut aussi per-
1 sécuié par les arièDs, à Haines, place lOrte
de rOsrhuène.
Eu 373, Pierre avait remplacé Athanase
l«ur le siège d'Alexandrie. Les ariens Fen
Idépossédèrent. Euzoius ameoa Luce^arieu»
^ 3tii: être évèque à Alexandrie. Ce Liice y
Bxciîa une persécution honible. Il était ap-
areniiûent aussi mal fait do corps que cor-
>mpu dans Vème. Il était d'Alexandrie et y
ivait été fait. prêtre par George, h la place
luquel le§ anens l'avaient aussitôt suboti-
lué pour èlre leur chef, sans néanmoins le
l©<in- ■ fVjue. Ils tAchèrent de faire eon-
Ifirni' îioix par Jovieu^ qui se moqua
fde lui et d'eux. Il fut, depuis, sacré ou à
f Anljoche, do en quelque autre Heu hors d'E-
g^|jf il fut condamné et rejeté plus
\uiiti j»ar ^ous les prélats orthodoxes
à Valens
^ ^e d'Alexaii-
\ne ; mais la crainte d'émouvoir du trouble
iaus cette TJJle i'empêcba de rieu obtenir
t qiie saibt Albanase vécut. Ce saint étant
"^e morl* Éuzuïos Vy amena avec Tagré-
it de ValenSj et des ordres dt^lui augou-
_^ Qeur Pallade. Ils avaient avec eux, pour
|xéiniler leurs desseins, uo grand nombre
le soldats commandés par le surintenJaut
les finances nommé le comte Mai^^ims, qui»
lyant bn'.' ' "'.rise de Béryte, sons Julien,
ivait pu perdre la tète sous Jovieii.
rT ' lix qui faisaient escorte à Luce lors
i. ntrée, au lieu des évoques, des pro-
strés, des diacre^, qui devaient mire cet oftice,
lu lieu de raJUuence du peuple, au lieu des
Dûoines qui le devaient précéder en cbaii-
fiant des hymnes tirées des saintes Ecritures.
1 Les jmîiîiîs honorèrent encore sa nompe en
fie henî^sant en sa présence, de U part de
^ ut en le loiiaiit de ne point recon-
Fils de Dieu, de quoi il semblmt
ivoir plutôt de la joie que de Thorreur.
il arriva peu de jours après le carnage et
p vîoleûces faites dans Téglise de Saint-
thomas, et Tes inhumanités qu'il y ajouta
Je vériïlèrerit que trop qu'il avait, comme dit
?ierre, les actrons et la rage aussi bien que
nom d'un loup, selon la langue greeque,
et qu'il iuéritait les litres que saint Grégoire
îe Naziaiizé lui donne, de nouvelle plîiie et
e nouveau lléaii de TÉglise, de pasteur des
Inilps, de volt'yi qui monte par-dessus k-s
fil rie. d*_^ perturbateur et de
I il .. raison, de bète furieuse^ de
Aiius, de ruisseau plus abondanl en
'iue sa propre source. f/Eglise d'E-
f^ite, qui avail seule joui de la paix lors-
ion persécutait toutes les autres, épiouva
}or^ plus qu'une autre toutes les rigueurs
e la persécution, et se vit tous les jours
iccablee par des afilictions nouvelles. Llii-
roQLSation de Luce ne put se faire qu^après
voir chassé tous les ecclésiastiques. Il né-
rgna ni l'église, ni là ville, ni les laïques,
le clergé, ni les Évoques, Car dés qu'il fut
ARl
i78
arrivé, il tâcha de se saisir des églises; mais
le peuple s*y étant opposé, on en fit un
crime aut ecclésiastiques et aux vierges,
cooimes s'ils eussent excité une sédition. Les
ariens, exerçant donc leur brigandage par
toute la vilie, comme auraienl pu faire les
ennemis de l'empire, obligèrent les catholi-
ques à se sauver phr la fuite, en arrêtèrent
quelques-uns qili fuyaient, qu'ils chargèrent
oe chaînes et menèrent en prison, d*où on
ne les tirai (JuepoUf leur faire endurer d'hor-
ribles tourments.; oar on en déchira, les uns
avec les ouj^les de fer et des lanières de cuir ;
on en brûla d'autres avec des torches al-
lumées, de telle sorte que c'était comme un
miracle lorsqu'ils respiraient encore après
de si rigoureux sup|ilices. Et il n'y avait
personne qui n'eftt mimix airné mourir, ou
au moins êtrb envoyé en exil, plutôt que de
se voir exposé à ces tortures. On ne consi-
déra ni l'âgé des enfaots, ni la fiii blesse des
vieillards, ni la charité et ta coin[uission des
peuples envers ceux qu'on traitait si inhu-
maineinerlt. On fouetta, on déchira^ on ban-
nit les personnes ; oti pilla les biens et l'ar-
gent sans aucun respect pour les hommes,
ni aucune end n te de Dieu. On bannit des
évoques, des prêtres et des diacres; on lit
trancher la tête h d'autres au milieu d'A-
lexandrie ; on en exposa quelques-uns à la
fureur des hHvs; ha massacra des vierges,
et 6h Ota la vie, en diverses manières, à
beaucoup d'autres.
C'est im ces voies que Farlanismese ren-
dait puissant et redoutable ; c'est par ces
cruautés qu'il se rendit maître des églises
d'Alexandrie, et il [il voir en méïue temps le
petit nombre de ses sectateurs ; car le peuple,
ndhrri dans la doctrine de saint Atfianase,
voyant qu'on lui présentait une viande toute
contraire, abandonna les assemblées ecclé*
siastiques. 5Iais Luce, soutenu par les ado-
rateurs des idoles, qui lui servaient de gardes,
faîsiut déchirer les uns à coups de fouet,
mettait les autres en fuite, pillait même les
maisons comme un bandit. (Tillomont, voL
VL p. 582.)
Pierre fut obligé de se retirer à Rome,
taudis que divers évêques d'Egyq>te étaient
bannis en Palestine. Saint Isidore d'Hermo-
polis, Dorothée, nicu^tyr à Alexandrie, souf-
frirent en 373. Les ariens, sous le règne de
Valens, s'éLident emparés d'un grand nom-
bre d'églises. Sous \alentinien, les catholi-
aues purent assembler un concile, celui
'illyrie, qui condamna les ariens, Valenti-
nien écrivit aux Eglises d'Orient, pour dé*
fendre qu'on persécutait dorénavant les ortho-
doxes. Cependant Démosthène, vicaire de la
Cappadoce et du Puni, ayant réuni un con-
ciliabule d'ariens à Ancyre en Galatie, chassa
ky psie de son siège, et mit à sa place Ecdice.
Il persécuta ensuite saint Grégoire de^Nysse;
fmis il vint à Sébaste, oil il persécuta vîo-
emuient ceux qui étaient attachés à la com-
munion de saint Basile. On sait quelle per-
sécution Valens tit endurer aux moines, en
l'année 376. Ce ne fut que la guerre des
Goths qui força Valens à finir la persécu-
lion. On peut voii\ à son article, comment
il y mourut misémblernent* Gratten, son
successeur, fit revenir If s calhoUaues exilés.
On peut voir, flans Ttiistoire de TE^lise, ce
aiie devinresU les ariens à partir de cette
éfmque. Théodose les réduisit à Fi m puis-
sance par ses lois, et leurs sectes so divi-
sèrent tellenieot, qu*Us demeurèrent saos
iui porta nce rédle,
AlUMA, royaume du Japon. En 1613, le
roi de ce [tays fit martyriser Thomas et Ma-
Ihias, tons deux frères, avec leurs deux en-
fantî», Just et Jacques, et Marthe, leur mère
et grand'mère. Le 27 avril de la même an-
nét% il fit é-^orger dans leur lit deux de ses
propres frères qui avaient embrassé la reli-
gion chrétienne. Dans le mois d octobre, le
5, il condamna au feu Adrien Tacafati Mundo»
Je^mne sa femme, Mane-Madeleine sa ïille,
vierge âgée de dix-neof ans, et Jacques son
iils, âgé de douze ans; Léon Faiuxida Lu-
guyemon et sa fenime Marthe; enfin, Léon
Tacuen Domi Cuniemon et Paul son tils, âgé
d.* vingt-sept ans. On peut voir ce qui con-
ceroe ces dilTérents martyrs à leurs articles
respectifs et au titre ^Ôin^ralJAPox.
ARISTARQUE (saint), disciple et compa-
gnon de saint Paul, était de Thessalonique, et
juif de naissance, il acconipagna cet ap^^tre
a Ephèse, et demeura avec lui pendant les
lro:s ans qu'il y resta, partageant les dangers
et les travaux de son apostolat. Il faillit pé-
rir dans !e tumuhe que les orfèvres d'Ephèse
excitèrent contre saint Paul, ayant été ar-
rêté avec Gains. Il sortit (*e celte ville avec
saint Paul, et raccomjmgna en Grèce, puis
en Asie, en Judée, et enfin à Home, oii on
prétend qu'il fut décapité avec lui par ordre
de Néron*
« Al ion et le Martyrologe romain disent
que saint Arislarque a été évéque de Thes-
salonique, et Qu'après beaucoup de combats
qu'il soutint longtemps pour Jésus-Christ,
il fut courouné par lui, et se reposa. C'est
dire assez clairement qu'il n'a point souf-
fert le martyre. Cependant les Grecs préten-
dent qu'il a eu la tête tranchée par ordre de
Néron, avec saint Paul, aussitôt après lui;
ils lui donnent pour compagnons de son
iuartyre saint Prudent et saiiit Trophime.
Mais quelque peu d'autorité qu ait leur té-
moignage, ils riofirment encore, en citant
pour garant Dorothée de Rome, dont ils font
un éloge magnilique. Ils diî^ent que ces
trois saints furent cotnpagnons de tous les
voyages et de toutes les sootîrances de saint
Paul, de quoi Adon et le Martyrologe ro-
main eonvimnent avec eux h l'égard de
saint Aristarqne, Mais je ne sais si cela
s'accorde tout h fait bien avec ce qu'ils ajou-
lent, qu'ils étaient du nombre des soixante-
dix disciples; ce qui fait qn ils ne manquent
point de leur donner le titre d'apùlres. Voilà
ce qu'ils en disent le H d'avril, auquel jour
ils en font leur grand ollice. Ils font encore
une mémoire de saint Aristarqne, le 27 de
septembre, où ils le joignent avec Jean,
Marc et Zénas, qnils appellent Zenon, et ils
le mettent aussi ce jonr-là au rang des
soixantenlix disciples. Ils ajoutent qu'il a
été évèque d*Apûmée, en Syrie; que, comme
un autre saint Jean, il se nourrissait de sau*
teroUes et de miel sauvage, et qu'il portait
une ceinture de cuir; mais ils ne parlent
point dtJ tout de son martyre, Usnard sa
contente de l'appeler disciple desaml Paul,>
(rillemont, tlist. eccL^ vol I, p. 57 ï*)
ARISTIDE (sainlj, apologiste des chré-
tiens, présenta, p»"ii de temps après saint
Quadrat, une Àpoiogie en faveur de la reli-
gion chrétienne h lenqiereur Adrien* Il ût
preuve dans cette pièce d'une profonde éru-
dition et d'une grande éloquence, qui dut faire
impression sur respri». de Tempcreur. Il est
certain que saint Aristide fut pour quelque
chose dans ta résolution que prit ce prince
de faire cesser la persécution. L'Eglise célè*
bro sa ftUe le 31 août.
AKISTIDE, était président en Illyrie, sous
le règne de remi>ereur Maximien. 11 fit souf-
frir le martyre à saint Ursice.
ARISTOBDLE (saintj, martyr, était disci-
ple des apôtres. On ignore le lieu, la date
et les circonstances de Sun martyre. Le Mar-
tyrologe romain dit seulement qu'ayant
achevé le cours de sa prédication, il con-
somma son martyre. L'Église vénère sa mé-
moire le 4 mars.
AHISTOMAQOE, commandant de la gar-
nison d'Hé raclée, de Thrace, en 30i5i» sous le
règne de DiuclétieTi, vint, en vertu des é lits
de ce prince, mettre les scellés sur l'église
et sur les vases sacrés, en pr'sence de saml
Philippe, évèque de la ville d'Hermès, son
diacre, et du prêtre Sévère. Philippe lui parla
lurage. (Foy. le ^
ce saint martyr.)
avec un grand courage. (Foy. les Actes de
AKISTON (saml), martyr à Carthage, en
âSO, sons le règne et durant la persécution
de l'empereur Dèce, fut enfermé dans un
cachot avec une foule de chrétiens, où, par
ordre de l'empereur, on les Laissa mounr de
faim, L'Eglise tait la fête de tous ces saints
martyrs le 17 avril, avec celle de saint Map-
pal ique. (Voy, ViCTORIN.)
ARISTON (saint), marlvr, s'était converti
à la foi chrétienne en même temps que les
saints Crescentien, Eulychien^ Urbain, Vital
et Juste, lU y avaient été déterminés par
saiat Tranquiîiin, jeur ami commun. Ce fut
à saint Sébastien qu'ils durent surtout leur
conversion, puisque ce saint oili^ier du f>a-
lais de Tempereur Dioclétien fut l'instrument
principal de la conversion de Tranquiîiin.
Ils furent baptisés par le prêtre saint Foly-
carpe. S'étant retirés en Campanie, dans les
terres de saint Ghromaee, qui, pour s'adon-
ner à la pratique des vertus chrétiennes,
avait quitté sa cnarge de iiréfet de Rome, ils
furent martyrisés avec saint FéliX| saint Fé*
licissime, sainte Marcie, mère de ces deui
saints, et sainte Sjmphorose. L'Eglise fait la
fête de saiilt Ariston, avec celle de tous ses
comparions, leâ juitlet. (Voij.SàEks^nE^,)
AHISTOMQUE (saint), martyr, répandit
son sang pour la foi, à Mélétine, en Armé-
nie , avec les saints Hermogène, Expédit,
Cams, Hnfus et Galatas. On ignore la date
J
et les circonstances de leur mort* L'Eglise
célèbre leur immortelle mémoire le 19 avril.
ARLES [Àrelas et Ardute), chef-lieu tFar-
rondîsseraeDl dans le départemeût des Boa*
ehes-du-Rhône , rfa plus maintenant que
29,000 habitants. Ancieonemeot cette cité,
raoedt^splus importantes des Gaules, c'était fa
rivale de Marseille. Elle comptait, à Pefioque
de Constantin, 100,000 habilants. Notre su-
jet nous défend de parler ici de son histoire
si féconde en événements, des monuments
que l'antiquité a semés dans ses murs. Main-
tenant Arles est située sur la rive gauche du
Rhùne. Sous les Romains, ses maisons, à
rétroil dans la première enceinte, avaient
sauté le fleuve, et sautaient étalées sur ï au-
tre rive, Arles enjambait le Rhône. Sous la
persécution de Diociétien» saint Génès, gref-
lier, V fut martyrisé. {Voy, Tarticle dece saint.)
ARM£NGOL(s:iint Pierre), martyr, de Tor-
dre de Notre-Dame de la Merci, naquit dans
le diocèse de Tarra^one, en Espagne, vers
Jan 1233, de parents remarquables par leur
illustre origine et par leur piété. Il reçdt
une éducation digne de sa nai^^sam^e; mats,
loin d'en profiter, il s*enfuit de la maison pa-
ternelle, et devint chef de brigan<ls. 11 fré-
quentait les grands chemins, pillait les voya-
geors, et n'avait point horreur de verser le
sang de ceux qui lui résistaient. Dieu ayant
entin touché son cœur, il vint se jeleraux
pieds du Ténérable P: Gnillannie de Bjs, qui
avait succédé à sairjl Pierre Nolasque dans
le gouvernement de Tordre de la Merci. No-
tre saint, devenu un autre homme apr^s son
éclatiute conversion, se couvrait de haires
et de ciiices, se chargeait du lourdes ehaincsj
se déchirait le corjjs par dt^ sanglanles dis-
Ciplines^ et se livrait à des jeûnes et h des
veilles rigoureuses. Sûrs dès lors de sa con-
version, ses supérieurs l'em)>loyùrent, avec
d autres frères de Tordre, au racnat des uap-
lifs. Ayant réussi au delà de toute espérance
lans &a première mission en Murcie, oTi il
*était attiré Te^time des inhdèles eux-mê-
mes, on IV^voya iusqu*à Alger. En uioins de
ileux mois, il racnt*tvi trois cent quarante-six
scia vos qu'il renvoya en Espagne, voulant
ester chez les Maures, afin de délivrer cent
dix-neuf ciirétiens qui gémissaient dans Tes-
clavage à Bugie, et (pii étaient en danger de
renier leur foi. Ayant réussi dans cette der-
nière entreprise, il se dii>[>osait à revenir
lui-même en Espagne, quand il apprit que
dii-huit enljnts chrétiens étaient sur le point
d^aposlasier et d j ré[ioudre aux proposilions
inlàmes de leurs patrons, 11 se rend au lieu
où ces enfants pleuraient leur liberté [tordue,
IM traite de leur rarK;on , tfui se conclut
Hoyennant mille ducats. N'ayant pas lar-
jeat nécessaire, il se constitue prisonnier
usqu*au retour du religieux qui devait bien-
tôt venir, et les di\-liuit jeunes f'!i réliens
&embanjuent pour TEspagne. il prolila *le
>n séjour cheï les infidèles fionr en ctmver-
$r un grand nombre : plusieurs païens puis-
mts, Tayant apprss, le tirent jeter dans un
)jr cachot, où il devait mourir de faim.
lais leë mahométans qui lui avaient vendu
m
^|ilei
■pisc
^^es
les diï-huit esclaves sur parole, ne voyant
point arriver Targent de la rançon, le Orent
condamner, comme espion, à 6tre pendu.
La sentence fut aussitôt exécutée. Ceux qui
Ta voient fait condamner exigèrent qu*il res-
tât suspendu h la potenre, afin d y servir de
pâture aux oiseaux de jiroie, et six jours
après, quand le P. Guiluume, son compa-
gnon, arriva avec la rançon, il y était en-
core, Guillaume se rend auprès du cadavre,
le couvre de larmes; mais Pierre lui dit qu il
a été préservé de la mort par la protection de
la sainte Vierge, qui Tavait assisté dans sa
détresse. Le divan ordonna que le prix do
la rançon no |)assât point aux bari)ares pa-
trons qui Tavaient exigé aver. tant de cruauté»
et qu'il servît au rachtit de vingt-six escla-
ves. Notre saint revint en Espagne, et con-
serva toujours le cou tors et le visage exees-
sivemeit pâle, servant ainsi lui-môme de
preuve au miracle prodigieux dont il avait
été Toljjet. Plein de reeunnaissance pour la
Mère de Dieu, qui Tavait si visiblement pro-
tégé, il se retira dans un eouvent solitaire
qui lui était dédié, sous le litre de Notre-
Dame-des-Prés. il y passa dix années dans
la pratique des plus grandes austérités. Il
prédit sa mort quelques jours avant qu^eïle
arrivât, et s'endormit dans le Seigneur le
27 avril 130'*, L'Eglise fait sa fête le ièl avril.
AHMÉNiE, I^fl religion chrétienne avait
toujours été florissante dans ce pays jusqu'à
Tavènement de Hazguerd ou Jezgoer J. C'est
le môme qmï la plupart des historiens nom-
ment Isdeyerd ou Jesdedgerd, 11' du nom.
li monta sur le trône en 440, on en V39,
s'il faut en rfùirc Elisée Vartabeil, Thïstorien
des guerres d'Arménie h cette époque. Haz-
guerd fut un prince orgueilleux et gonûé de
vanité, lî se déclara Tennemi mortel de tous
ceux qui croyaient en Jésus-Christ. Turbu-
lent ennemi du repos et de la paix, il cher
chait sans cesse l'occasion de donner cours
à sa fureur* Après avoir saccagé Tempire
romain jusi|u'à Nisibe, humilié Tliéodose le
Jeune en lui faisant acheter honteusement
la paix, il tourna sa fureur contre les chré-
tiens, qu'il persécuta violemment. Mais
voyant que ses persécutions, loin de dé-
truire cette religion qu'il combattait, ne fai-
saient que la répandre davantage en dispersant
dans les provinces les plus éloignées ceux
qu'il poursuivait, il entra dans une grande
fureur, et assembla ce qu'on nommait en
Perse la milice de la gauche, ou satellites
de la gauche, que des liens fout particuliers
attachaient au culte païen, et les mages. Les
mages lui dirent donc: «Héros roi 1 les
dieux t'ont donné le royaume et la victoire,
ils ne te demandent pas en relour des hom-
mages terrestres, ils n'en ont pas besoin.
Ils veuhjut seulement que tu travailles à
ranger sous une seule toi et religion les
peuples soumis à ton sceptre, et tu peux être
assuré alors que les Grecs eux-mêmes ne
tar.^eront pas h devenir tes coreligionnai-
res. Lève des troupes sans nul lelard, as-
semble des armées nombreuses, marche con-
tre la pays du Couchuns, fais passer te»
ARM
SLierriers au delà oe la porte du défilé de
.llkli, el séjoorne toi-mêrae Sur la fron-
tière. Quand tu auras enfermé toutes les
troupes chrétiennes avec leurs elicfs dans
ces royaumes lointains el inhospilalier?^ la
volonté sera faite. Nous avons découvert
^ans les mystères de la magie que tu de-
viendras vainqueur du pays duCoiichuns et
que les Grecs alors ne pourront échapper au
joug de la Ferse, Mais la chose la plus im-
iKjrtante, ô roi, c'est de détruire a jamais
Id sticte chrétienne I » (E. V„ trad. G. R.
G.. (l)pag,9.J
Le roi reçut parfaiïeraent ce consei. qui
entrait dans ses desseins, et immédiatenieût
il expédia dans toutes les provinces Tédit
suivant : <k A toutes tes nations qui composent
mon royaume^ aux arik et aux unarik (aux
libres et aux sujets] snlut rt bienveUiance î
Que l*abondance et la santé régnent parmi
vous î nous nous jjortons bien nous-raômc
avec l'aide des dieux. Sans vous donner la
moindre peine, nous sommes entré en ar-
ômes dans le pays des Grecs, et l?i, sans
même eu venir aut mains, nous avons^ par
la douceur et Famitié, soumis toute la terre
au joug de notre empire* Soyez lieureui et
que votre joie soit sans terme* Mais au
reçu de ce présent édit, rassemblez sur-le-
champ la cavalerie et allez m'atlendre au
pays d'Abar» où j'irai vous rejoindre, car
nous avons résolu de marcher au pays de
rOrient,avec Taide des dieux^ et de conque-
lir le rovaume du Couchuns.» (E. V., trad,
G. K. G ; iùid.)
Aussitôt que cet édtt fut promulgué, on se
hâta dobéir en Arménie, comme partout
ailleurs. On leva des tniujtes tu nombre
considérable; hommes de toutes conditions y
entrèrent, libres, nobles el princes de sang
roi al. CîHix d'Albanie, du p;ivs de Lepnik,
les Cârduudes, les Gotîis, lesZoteihs el le4
peuples dAr/narzun tirent la même cîiose.
Tous ces différents peuples étaient chrétiens,
attachés fermement à une Eglise catholique
et apostolique. 0e tontes parts on se mit
en marche. Les chefs ijj;noraionl les inten-
tions abominables d'Hazguerd. Tous ces
guerriers chrétiens avaient avec oui des
prêtres et leurs livres saints. C'était bien
ayec iieine qu^ils avaient vu leurs corelt-
Îîionnaires de l'ei/ijâre grec abaissés devant
es armes d'Uazguerd; mais ils se snu ve-
naient du coiîinjandëment do grand aoiMre
qui ordonne aux servilcurs dobéir h lents
maîtres temporels. A h vue de cette mulli-
ludep le roi manifesla sa joie, et lit di> grartds,
présenls aut chefs. Il marcha contre le pays
tlu Couchuns (pfiys des Huns)^ et il guiT-
roya deut ans sans grands résultats. Plus
tard, jUuSqil*à la onzièirïc année d»* son règne
la guerre continna, et il farvint àlritvmfiher
comfdétement du roi deCouchutis. Enflé do
ses triomphes, il en était venu à croire
qu'il était plus rju*un homme. Parfois il se
eaehait, pour que les mages publiassefvti|y*il
(i) Soulévemeni naiioniti de IWnmme ckrétkttm
piir ËUscc Vartatiod, n-atluit eo Iraiiçaïs par rablwS
(Uiégoire ^tbaragy Garsd»éd.
Le seul
était en conversation avec les dieux.
hom de Jésu§-€hrSst le ra**1lail en f\ir«îur, et
il ne ponvait eomprendre qu*un dieu se fût
laissé maltraiter, crucitier, mourir et eose-
tehr ; il revenait sans cesse à ces points de
notre foi, qui lui fournissaient un continuel
sujet de moqu^^He. ^ Mais, lui dit un jour
un très-jeune prince arménien, d*oû sa? ez-
vous, mon roi, toutes ces choses touchant
Notre-Seigneur l — D'oi> je *les sais? répondit
Hazguerd; ne me suis-je pas fait lire le livre
de votre croyance erronée ? — Et pourquoi,
répondit le jeune prince, n*avez-vous fait
lire que jusque lîi? si vous aviez été plus
avant, vous auriez vu la résurrection, fap-
paritïon de Jésus ressuscité à ses disciples,
son ascension au ciel où il est assis à la
droite de Dieu, la promesse de son second
avènement, la résurrection merveilleuse du
genre humain, le jugement dernier el la ré-
compense équitable î » Le roi se prit à rire
et dît d*un ton dédaigneui : «Mensonge que
tout cela, mensonge I » Mais le héros chré-
tien lui reparlit sans s'émouvoir : tSi vous
regardez comme croyable son supplice dans
le temns, vous pouvez croire avec plus de
certituae encore à sa gloire immortelle et à
son terrible avènement dernier. » (ï. V.,
trad. G. K. G., p. 13.)
Alors, entrant dans une violente eolèrt,
le roi lit mettre aux fers ce jeune prince, qui
se nommait Karéhin, et après l'avoir fait laa-
guir deux ans au fond d'un cadiot, il ron-
hsqua ses biens et prononça contre lui uut
sentence de mort.
Quand Hazguerd eut à peu près fini $n
guerres, il montra toute sa rage contre les
chrétiens. Ici, nous laissons parler Elisée
Vartabed. «Je dirai ce que j'ai vu, ce que
j'ai entendu moi-môme, lorsque j'étais sur
le^ lieux. Il me semble encore entendre ré-
sohner à mes oreilles le son de sa voix inso-
lente. De même qu'une leuipéte violent©
fbrtd sur la vaste mer, ainsi ce roi impte
remuait et ébranlait les milices innombra^
blés qui s'étaient rangées sous ses ordres, fl
faisait examiner toutes les religions el toutes
les docirines, qu'il confrontait avec la inagto
et lastrolo^ie chafdéennes^ sans en excepw
même le culte chrétien ; puis il disait avec
emportement : « Cherchez, examinez, nous
adopterons la meilleure; » mais c'était pure
hypocrisie, car il voulait qu*on ne suivît que
celle qu'il avait dans la t^te. Les prêtres de
vingt pays divers, oui étaient dans Tamiée,
conîmrcïit bientôt les intentions sef-Téte^
du rot, ils aperçurent le feu qui brûlait sour-
dement el qui allait idenlAt s'étendre de ma-
nière h nivager les montagnes et les plaines;
c'est pourquni ils s*entlammèrent, de leur
côté, du f*'U divin, et se tinrent en gardf
contre les machinations occultes derein>enii
caché de leur foi. Dés lors, foulant auxnieds
tous les managements timides, ils célébrè-
rent leur ollice divin au milieu du camp,
entonnant h haute voix les psaumes el les
autres chants religieux, et faisant leurs ser-
mons publiquement aux yeux de toute Tar-
mée sans la moindre craiitte ; ib iiislriii-
^
venaii^iit à eut, et çuéri
par ItHïrs prières et ivec raide de
sdiaDt ceux
soient»
Dieu, bêaucûu[> de [>aïens malades. *» (E
tiad. G. t. G., p. t6.J
Le roi, rojaiit cette généreuse sutiace des
chrétiens, combla d'honneurs et de dignités
coui qui $e prètaieot a ses desseins iniques.
Alors on vil les indignes prendre la fdace
dt's honnêtes, les ignoraiils celle des savants,
les lâches celle des bravos* Les hommes
vertueui: ,€l consciencieux furent repousses
de partout. Ce furent surtout les Arméniens
qui furent le plus maltraités. Ils étaient |ilus
attachés que tous les autres à leur ielî^ion,
ce qui leur attirait la hîuoe toute parliculiAre
d'Hazguerd* Il faut malheureusement dire
que ceux qui avaient résisté aux menaces et
à la violence ne résistèrent uas également
8u\ séductions. 11 prodiguait For. les domai-
nes, et, pour garder le langage u'Klisée, les
métfiinei et lei viUngeUf h ceux qui abandon-
naient leur religion, 11 b-s pressait d*abiurer
en leur disant : « Si vous embrassez la tVn
des inages, si vous reconnaissez nos dieux
poat les dieux véritables, et que vous abju-
riez \ùs erreurs, je vous promets de vous
faire d'aussi grands persojmai^es que mes
ministres, et même de plus grands qu eux,»
Malgré tout cela, It^ christianisme, biin de
s éteindre, gagnait de plus en plus. II vu
avait la jireuve eu parcourant les tirovinces,
I Partout il y trouvait la foi chrétienne en
foi^ de progrès et dagrandissemenU Aussi
sa colère en étail-elle au dernier des points
excitée. Ne nouvant plus se contenir, il dé-
irnlla malgré lui sa pensée et promulgua,
Hâ£is la onzième année de son règne, c'est-
à-dire en 450, l^édit suivant : «Que tuutes
\e^ nations et tous lus peuples soumis h mes
< 'it sur-le-cnamp de suivre leurs
l ^ionsy qnlls reviemient à Tado-
ratjon uuiq^ue du soleil , et le confessent
dieu en hii offrant des sacri lices ; qu'ils
soient toujours prêts à se rendre oii les
appellera le service du Feu, et qu'ils ob-
servent .'îJtricteniL^iil la loi des mages, » (Ë,V.,
trad. G, K, G, p. lU.)
Des courriers extraordinaires portèrent
cet éciit daijs toules tes contrées soumises
à la domination d'IIazguerd. Les prescrifi-
tions di larges de cet édit, qui ne précisait
rien, i^^rmettaient tout aux persécuteurs, et
^ XfHieul la porte la plus large à la violence
à Tarbî traire.
Au cummencemeiit de Tanm^e suivante,
douzième de son règne, Hazgnerd fil de
uvi.-|le«^ levées dans lous ses Etats. 1! porta
core la guerre cîiez les habitants du Con-
uiifs dont il ravagea les provinces. Uen-
nl en Perse cli-ngé d'un nnnie ise butin,
crut fain* un acte pieux eu revenant à ses
ijjets iniques. Les mages lui dirent : « Les
eux qui vous ont donné remnire et la
etoire ne vous demandent rien des choses
écieuses de la lerre. Ils veulent seulement
e vous anéantissiez dans vi>s royaumes
)ut culte qui n'est pas le culte du grand
roastre. » En exécutioii de cela, le roi lit
Vriner toute la (uivab^rie des Arméniens,
des Géorgiens et de ceux d'Allaink sous la
norte du ddfiîé de Balkh. Il lés parqua, dit
historien, comme dans une cage dans cette
gorge sans issue. Alors il Fit tnettt-e les
chrétiens h la torture, il les livra i de cruels
supplices jpour les forcer h abjiirer le culte
dii trai Dieu. Mais cette sainte milice ne se
laissa ni vaincre ni intimider. Tous protes-
tèrent contre de telles cruautés, mais Haz-
gnerd furieux jurait qu'il ne laisserait pas
aller les chréliens, qulls n'eussent obéî à
ses eommandfnnents. Les voyant inébranla-
bles , il ht arrêter quatre des principaux
chefs; il les fit mettre h la torture, battre
crilelleraent de verges au milieu du camjj,
et ensuite jeter dans un cachot, Aîoi-s il lit
semblant de faire grâce aux autres. Il recula
devant la boucherie do cette nouvelle lé-
gion thébéenne; non pas que le crime lui fît
horreur, mais parce qu'il ne voulait pas
d'une exécution en masse qui eût trop de
retentissement. Satan lui dicta ce qu'il avait
à faire, et il exécuta ses ordres avec une
atrocité qui n*a presmie pas d exemple dans
l'histoire. Au bout de douze jours, il invita
tous les chefs, ou du moins les principaux
des troupes chrétiennt.'s, à un grand repas.
Au moment do s^ placer h table, Hazguerd,
avec un air aimable et prévenant, indiquait
h chacun sa place, et p?irlait à tous avec fa-
miliarité. On servit des viandes immolées au
soleil* Le roi invita ses convives à en man-
ger* Tous refusèrent avec un généreux cou-
rage. Il en flt servir d'autres, ayant même
Tair de n'altacht^r aucune iraportanc© à ee
qui venait de se passer. Mais, au sortir de
table, la plupart des convives furent arj'êtés
dans la galerie. On leur attacha les mains
deiTière le dos avec les cordons ou bre-
telles de leurs pantalons, et on les conduisit
en prison. On les y laissa deux ou trois jours
sans rien leur donner h boire et à manger.
On les y tortura d*une manière infâme. L'au-
teur dit que l'horreur des choses qu'on leur
tit souffrir l'empèclnj de leS décrire. Ensuite
on les dépouilla de leurs dignités, et on tes
envoya en exil. Le roi fit après cela dissé-
miner les troupes chrétiennes en plusieurs
corps, qu'il envoya au loin faire la guerre
dans d'alfreux déserts. La fatigue, le glaive
des ennemis, en firent [lérir un grand nom-
bre. On cessa d'envoyer des vivres h ceux
qui restaient. Ils traînèrent dans ces pays
lointains rexislence la plus malheureuse,
mais t>His ils étaient accablés, plus ils re-
duublaient de ferveur et de confia nce en
Dieu. Ils se retrempaient dans la prière,
t'haque jour, au ïnîlieu d'eux, leurs prêtres
olliMient le saint sacrifice. Leur courage, leur
abnégation, leurs vertus admirables, leur
attiraient le respect, la vénération des peu-
ples jKiieRS au milieu desquels ils étaient
relégués. Quant au roi, oublieux des servi-
ces de ces hommes qui Tavaient servi avec
courage et loyauté dans ses guerres, il inven-
tait chaqun Jour de nouvelles cruautés pour
les rendre de pins en pius malheureux. Il y
avait narmi eux plusieurs princes d'ArméniCt
dont les mères ou les sœurs avaient allaité
m
km
ses frères. Il les maltrailait encore plus que
les autres.
Celle bêle féroce n'éuil pas satisfaite : il
lui fallait ou la destrurlîon de TArraénie, ou
son abjuration du christianisnae. Il la tortura
de toutes les façons, 'Il y envoya, comme
gouverneur commissaire ♦ TencfiRbouch ,
nomme qui lui était dévoué, et qui soumit
ce malheureur pays aui exactions fiscales
les plus exorbitantes. Ce fut surtout sur les
prêtres, les moines, et sur les chrétiens,
qu'il lit peser d'une façon atroce ces e\igt*n-
1 ces, les accablant d'impôts onéreux, pour les
; forcer ou à embrasser la relij^iou des mages
ou à quitter le pays. Il destitua Vahan 1 A*
madouni , gouverneur du pays, père des
* chrétiens par sa bonté, sous prétexte de né-
gligence dans ses fonctions. II mit à sa
place un Perse, nommé Mouclrgan, Pour
donner au magisme la supréoiatie sur la
religion chrétienne , il plaça auprès du
nouveau gouverneur un mage comme Juge
suprême du pays. Il ne fit pas de ladminis-
tratîon, mais du pillage en Arménie .
Ha-£guerd, voyant que malgré tout cela la
malheureuse Arménie ne cliangeait pas dans
ses croyances, lit écrire par rassemblée des
Oïages le manifeî>le suivant :
a Mihr-Nerseh, visir et grand ordonnateur
de Jeran et Danieran (Je li nation persane et
des peuples tribulîtirés), aux grands Armé-
niens, salut très-corlial.
a Vous saureï que tout homtne qui ha-
bile sous le ciel et qui ne suit pas la religion
de Mazdiezn (du roi, Fadoraleur do dieu
d*Ormi/tj est sourd, aveugle et trompé fiar
lesdews (démons) de TAhruien. Lorsque le
ciel et la terre n'existaient point encore,
ZerYan, le grand dieu, oLfrit des sacritlces
pendant Tespace de mille années» en disant :
Peut-être qu il me naîtra un tils, du nom
d'Ormizt, qui fera le ciel et la terre. Son
ventre conçut alors deux en teints, Tun pour
les sacrifices, et lautre pour dire ; peut-être.
Lorsqu'il sentit \v.s deux juiaî'anx remuer
daï.s son ventre , il dit : Celui qui viendra
au monde le premier aura mon emnire. Ce-
lui qui avait été conçu pour l'incrédulité lui
feamt le ventre et sortit dehors.— Qui es-tu?
lui demanda Zervan» — Ton ûlsOrmizl, ré-
pomlit-iL — Mon tlls est éel itant de lumière
et lépand une douce odeur, répliqua Zervan,
tandis que tu es noir comme les ténèbres et
que lu as la mine (Pun mauvais sujet.... Et
coïiime il pleurait amèrement , sl*u jrtc,
louché de ses larmes, lui donna l'empire f^our
mille a 'S et le nomma Arhmen. Il engendra
ensuite l'antre tlls qu'il nomma 0 mizî, et il
ota l'empire a Arhm _»n punr en investir Or-
m;zt en bu disant : Jusqu'ici je vous ai fait
des sacrifices, c'est maintenant à voire loor
de m*en oITrir. Alors Ormizt céa les cieux et
la terre; mais Arhmen, au contraire, cjva le
uiaL Tuutes les cj-éatures furent partagées
enire les deux frères, et divisées ainsi : les
anges apjjartinn nt à Ormizl, et Arhmen eut
pour son lot itrs dews. Tons les biens qui
descenilent d'en haut sur la terre depuis Jd
temps de k création jusqu'à nous^ sont l'ou-
vrage d'Orraizt, et tous les maux qui acca-
blent les hommes sont Tœuvre d'Arhmen;
aussi tout ce qu'd y a de bon en ce monde
vient d'Ormizt, et tout ce quil y a de mal de
son fjère Arhmen. Ormizl a créé Fhomme;
mais les peines, les maladies et la mort re-
montent à Arhmen, Les malheurs publics et
particuliers» les guerres et les entreprises
désa^itreuses émanent du mauvais principe ;
mais le bonheur, la royauté, la gloire, les
h'iineurs, la santé du corps* la beauté du
visage, rétoquence, les longsjuurs de la vte,
découlent du bon principe, fout ce qui n'est
pas pur et parfait découvre le mélange des
deux principes. Tout homme tpii avance que
Dieu a créé la mort, et que le bien et le mal
découlent de la même source, est dans Ter-
reur. Les chrétiens y sont surtout, lorsqifils
disent que Dieu est" susce^^tibîe de jalousie
et qu'il créa la mort pour punir IlioraraedV
voir maïigé une figue cueillie sur Parbre dé-
fendu. Une pareille jalousie, qui serait ab-
surde d'homme à homme, peut-elle exister
dans un dieu? Ceiui qui parle ainsi est sourd,
aveugle et trompé par les dews. Mais les
chrétiens donnent dans une erreur bien plus
grande encore ; ils disent que Dieu qui a
lait le ciel et la terre est venu parmi nous
et qu'il est né d'une certaine femme nom-
mée Marie, dont le mari sappekit Joseph;
beaucoup de gens ont été trompés par cet
homnïe, qui se disait Dieu. Si les Grecs, par
un elfet île leur profonde ignorance et d une
manie, suivent celte doclrnie erronée el se
privent des lumières de notre religion par-
faite, ils en porteront le dommage. Mais vous
qui êtes sujets de la Perse, pourquoi tombez-
vous dans le même délire? Pourquoi suivez-
vous ces erreurs? Embrassez la religion de
votre maître, qui doit répondre de vous de-
vant Dieu. N avez pas foi à vos chefs, que
vous nommez nazaréens, parce qu'ils sont
très-menteurs et très* fourbes; ce qu'ils vous
enseigm^nt par leurs paroles, ils le démentent
par leurs oeuvres. Manger de la viande, di-
sent-ils, n'est pas pécher, et pourtant ils n'en
mangent pas l Prendre femme est, distant-
ils, une cliose convenable, el cependant ils
no veulent pas seulement regarder les per-
sonnes de lautre sexeî Ce n est pas coru-
meltro un péché que d'amasser bonoraLle-
ment des richesses, disent ces hommes, et
ifs ne cessent de prêcher et de vanter la f>au-
vreté! Ils firéconisent le malheur et décrient
la prMS[jérilé; ils se moquent du nom de
la bonne fort mie, et tiennent à mépris toute
espèce de gloire; ils aiment à se vêtir d'ha-
bits grossiers et préfèrent les choses viles à
celles qui sont précieuses; ils louent la mort
et méprtsent la vie; ils ne font (►as de cas
de la fécondifé de Thonime et vantent au
eonlraire la stérilit*^ : en sorte que si leurs
disciples les écoutaient, ils n^uraient plus
aucun commerce avec 1rs fimmeSt ce qiit
amènerait bientôt la lin du niotide.
« Mais je ne prétends pas dans cet écrit v^us
détailler toutes leurs doctrines, car ils disent
une foule de choses bien autrement absurdes
que celles que je viens de vous rapporler.
1
Ils prêchent, par exemple, que Dieu a été lûis
en croiTL par les hommes, qu'il est mort,
qu'il a ^ié enseveli, et qy'ensnile il est res-
suscité et monté aux ci eux. Or, vous devez
déjà être en position de jugr !a valeur de
celfe indigne doetrinp. Les démons, qui sont
inccb<^nts, ne peuvent être ni inin ni tour-
mentés par les hommes : corattieol donc
cela est'il supportable lorsqu'il s agit du
souverain auteur de toutes les créatures?
Cette chose pour vous autres, chrétiens, est
fort honteuse ti dire, et pour nous, celte doc-
trine est aussi ahsurde qu'elle est incroyable.
ll^ne vous reste plus, ù Arméniens, que deux
choses à faire : Tuoe de répondre l\ celte lettre
article par article, Fautre, de venir en toute
dilii^ence à notre Sublimt'-Poiie et do vous
présenter à notre grand tribunal, î> [E, Vv.,
trad. G. K. G., 26.]
Aussitôt U's évêqaes du pays se réunirent
en coocOe à Ardacliade» capitale, et d*un
commun accord rédigérejii nue réfioiise au
roi. Voici les noms des évoques signataires :
Joseph, évèque d'Aïazad, Sahag de Daron,
Melide de Manazgyerd,Eznige deSagrévani,
Sourmag dis Peinunik, Dadjad des Daïk,
Talj^ie de Passen , Rasson du Daroujiéran,
Jéremie de Martasdan, Kvgliagh de Marta^h,
Ananias des Siouuik, Moucha des Arzirou-
nik, Sahag des Richedounik, Basile des Mo-
ges, Kat des Vanant, Elisée des Amandou-
nik. Frère des AotzvaUJk, Jérémie des Aba-
hounik. (E. V., trad, (1. K. G., p. 30,)
La réponse du concile reçut rap|>robation
d'un tréâ-grand nombre d'ecclésiastiques et
des princes du pays. La voici lexluellemenL:
« Joseph, évèque, du consentement do
toute rassemblée, depuis les plus grands
}usqtt*aui pïns iielits , à Mihr-Nerseh le
raud minisire des Perses et de ceui qui ne
le sont [>oint, salut respectueux et pacilique,
Jainsi qu a tous les grantls otliciers du héros.
"" puis le temps de nos ancêtres» nous avons
^coutume, cordbrmément au préce|ite divin,
le prier sans c^sse pour le roi et de deman-
1er à Dieu qu'il lui accorde de longs jours
Bt un règne prospère, alin quejoiiissant des
'lieufaits de celle longue tranquillité, nous
9ui5sions servir Dieu en repos et en sécu-
ité pendant tout le cours de notre vie pré-
înte. Qutntau contenu de la lellre que vous
aous avez envoyée» voici notre réponse:
« 11 y a déjà ({uclque tt*mps qu'un certain
chef de vos ina;^es, pariaiteraent instruit de
roire uoctrine religieuse, et que vous estimez
rous-ïuéme au-dessus de rimmanie natuie,
fee convertit au Dieu vivant, créateur du ciel
H de la terre; il discuta voire relir^ion, ar-
ide par article, el vous en démontra Ferrcur.
ù^omnje on inarKjyail de boruies raisons à lui
)pposer, on le lapida | ar ordre du roi Or-
i2l. S'il vou.^ est agi'éable d'entendre notre
ponse, doiuiez-vous la peine de lij'e ce li-
rrcqui n*est pas diiiicile â trouver chez vous,
Bl vous serez (parfaitement instrust. Notre
religion n'est pas une petite secle irapercep-
lih-e, préelïée dans quelque couvent ignoré;
^elle est répandue par toute la terre, à FOc-
tcident» à l'Orient, au Midi* au Nord, dans
les îles et dans les pays du Milieu; tout est
I lein de chrétiens. Ce n'est pas par Fappui
des hommes qu'elle s'est ainsi élendue par
tout funivers; elle pnrte en elle-même la
cause de son solide établissement. Ce n'est
pas en la comparant aux autres cultes mé-
prisables mFon en reconnaît la sublimité»
c'est en Fetudiant avec attention; alors on
voit qu'elle a reçu du ciel sa constitution
immuable sans intermédiaire humain. Dieu
est seul et unique, il n'y en a pas d'autre»
ni au-dessus ni au-dessous de lui. H n'a r-çu
de personne son principe divin, il existe
éternellement par lui-même, non pas dans
un lieu» parce qu'il est seul lieu en lui-même,
non pas dans une période, parce que les
temps et les périodes n'ont d existence que
par lui. Non-seulement il est antérieur aux
cieux, mais son antiquité infinie passe l'ima-
gination des hommes et des anges. Il ne se
revêt point d'une forme empruntée aux élé-
meiits, nul regard ne Va vu, nulle main ne
Fa toucbé, el nul esprit, et je n entends pas
seulement celui de;» hommes corporels, mais
de même des anges, ne Fa pu comprendre.
II se communique seulement à Fume de ceux
qui Fa orriit, el qui sont dignes de ceîte la-
veur par la pureté de leur loi; jamais il ne
peut tomber sous nos sens, ni être percep-
tible à Fesprit ûes êtres terrestres. Son nom
est : le créa leur du ciel et de la terre, mt*me
avant que le ciel et la terre existassent;
comme il existait de soi-même, aiosi son
nom est de soi-môme. 11 est en deliors du
teujps et sans période, et quand il lui a plu
il a donné le principe d'existence à tous les
êtres ciiFil a créés , non de quelque chose,
mais de rien; car lui seul est la chose, et
toutes choses existent en lui et par lui. La
création de l'univers n*a pas même été pour lui
une idée venue après; avant de le créer il
voyait comme dans un miroir tous les êtres
dans son éternelle connaissance, comme
maintenant il voit par avance toute action
bonne ou mauvaise que peut faire Fhomme.
Ainsi, lorsiju'il n>xi^tail encore rien. Dieu
connaissait déjà les êtres incréés qui se pré-
sentaient à son esprit divin, non pas confu-
sénirnt, mais avec ordre et symétrie , soit
homme, soit ange, mais parfaitement distinct,
les espèces et les individus qui allaient naître
dans son espèce. Comme il est essentielle-
ment un pouvoir actif, notre méch;inceté
même ne pouvait arrêter ses bienfaits. li en
a été réellement ainsi et nous avons eu fe
bras de notre créateur pour juge. Les mêmes
ui^nns qui ont créé le monde ont gravé sur
la table de pierre la loi pacitique et sainte qui
contient toute doctrine sublime. Celte loi
nous oblige avant tout de reconnaît! e qu'il
n'y a qu'un seul Dieu, créateur de lous tes
êtres visibles et invisibles; ce Dieu ne se
compose pas,conune le vot.e, de deux prin-
cipes, i un bon et l'autre mauvais : il est un
et puremeut bon. Mais s'il vous semble qu'il
y a des êtres mauvais }ïarmi les créatures
de Dieu, ayez la complaisance d'entendre
notre réponse sincère. Les démons ou dews
sont mauvais; vous dites : il y a aussi des
m
ARM
Afllt
t9i
'lews bons que vous et nous appelons anges.
Si les dnwç la va te ni voulu, ils aurai t^nl été
bons» et si les anges Tavaienl voulu» ils eus-
sent é(é Uïâuvais, car les uns el les autres
ont été créés libres. Il un est ainsi parmi les
fiommes et souvent même parmi les enfanis
du même père : les uns sont d'une humeur
soumise et docile, les antres sont iiires (juc
des démons. Bien iilus,ce mélange ae bien el
de mal se rencontre chez fo uiSme homme,
et Ton dirait deux Aires distincls dont Tun
bon et Fautre mauvais. Un homme bon peut
devenir mauvais en certaine ("ireons lance,
Lt retourner ensuite au bien; il n'y a pas pour-
tant en lui deux nalures, maïs une. A ce que
vous dites, que pour une figue Dieu a fait la
mort, je réponds : Un nelit morceau de par-
chemin vaut moins rju une %ue, mais si Ton
écrit une ordonnance du roi sui* ce parchc-
naio, et qu'un audiicieux ose le di^'chjrer, ce
crime emporte peine ca|ntale, S'ensuit-'il que
le prince soità blAmer pour cela, et pourrai-
;e, jV'Xpîiquerai
:^]lececlifUiment
je le taxer d'injustice? Nullement, et bien
loin iravancer une telle
auxaulres la raison pour laque]
est corîvenahle et mérité. En défenda'nt à sa
créature de toucher an fruit de l'arbre de scien-
ce, D[eu qe fit point preuve de jalousie; an
contraire, il prévint Thomme des suites fata-
les qu*aurait sa désobéissance, et en le préve-
nant ainsi, il lui manifesta son amour.
Quand riiomme viola 1«* prérepte divin, il en-
courut naturellement la peine de mort.
« Mais, dites-vous, comment Dieu peut-il
naître d*une femme? Cet article de notre foi
ne devrait pas vous étonner si fort, car votre
Arhmen et votre Ormizt sont nés du père et
non pas de la mère» chose bien autrement en
contradiction avec les lois delà nature; et
comme si cette croyance n'étrdtpâs déjà assez
absurde, votre ilieu Milier est non-seulement
né d*une femme, mais, ce qui est bien autre-
ment ridicule, il est né du commerce inces-
tueux avec sa [iropre mère. Si vous eussiei
un peu mis do cAté la prééminenee dont
vous vous enorgueillisses et que vous fussiez
entré avec nous dans une discussion amicale
(je sais que surtout autre objet que celui de
notre culte vous ôtes réellement savant),
vous nVussiez pas traité de fable l'origine de
Notre-Seigneur, né de la sainte Vierge, mais
vous eussiez conlessé qu'un mystère plus
grand que Tunivers créé de rien est cette
murveilleuse rédemption qui nuiis a sauvés
de resclavage du péché par une inexplicable
bit n t é di V i n e . Qua n d n o u s d i s* j n s q u i- D i e ti
a créé l'univers, connirenez bien que n^us
voulons dire (|u'd a donné lYHrc, au moyen
de sa seule parole, h toutes les créatures
qu'il renferoie. Dieu, qui a fait ce grand corps
del'utiivers sans la moindre peine, en a éga-
lement un soin continuel comme uii tendre
père. Il a créé rh'>mtiie; incorruptible de sa
nature, il a fait son ouvrage à son image,
pur et sans corruption; mais riiomuie i^écha
et se corrompit vulontidremciil, et easuite
il ne put rejnonhT h son preoner état; car il
était fait de terre, il rentra daui» sa propre
ûiture. Ce ne fut pas i»ar Telfi t d'une force
étrangère oo d'un mauvais principe ou
d*Arbinen qu'il fut poussé à mal agir el qu'il
en ref;ul le châtiment, mais h cause de sa
propre faiblesse qui le porta ?i enfreindre
Tordre de Dieu. C est ainsi que la partie ser-
vile fut punie par la peine de mort, dont elle
avait le germe. Or, si un dieu mauvais ^
fait la mort et détruit les créatures dg dieu
bon, je vous demande quelle est la substance
de la mort, et si elle est perceptible à la vue?
Certainement elle ne Test pas. Si le mauvais
dieu était ce que vous dites, ou ne pour-
rait à d'autre appliquer répitbôte de boa;
mais plutôt un créateur à demi dans chaque
chose créée et pourtaiU corruptible; car il
n')^ a que l'ouvrage d'un dieu corrur'''*"
qui puisse être délait et détruit par un
et il serait impossihle al or* de lui du mu ci
la qualité d'incorruptible et de parfait. Dieu
nous préserve d'accepter une telle iloclrine,
et de croire avec vous qu un dieu méchant
aitgcUé l'œuvre du dieu bon. Comment pou-
vez-vous admettre ce principe ahsurde? Un
même Etat ne peut avoir deui maîtres, voiii
le savez, et à plus forte raison une siinpli
créature ne peut être dépendante de dem
dieux. Si tleux rois venaient par malheur à
régner sur le môme Etal, cet. Etat serait bien-
tôt sur le penchant de sa ruiuep et se dissou-
drait de lui-même*
« Ce monde que nous habitons est mati'riel.
Ses éléments, pris séparément, sof i ts
et doués de qualités contraire^; le .....,:ur
de ces matières hostiles est le seul aui puisse
les mettre en harmonie. Ainsi, la cfialeur e^t
tempérée par le moyen de l'air, et i'ijir glacé
est à son tour adouci (»ar le feu. Ai^^^
poudre fine de la terre est délayée qt néllil
par l'humidilé de Feau» et Teau, qui est fluïd^,
est arrêtée par Je limon durci de la terre. Si
les éléments n'étaient pas de nature onjn ^m'^ »
el s'ils étaient d'accord ensemble, il auuit
pu arriver que quelque pauvre esprî'
les aurait pris pour des dieui el adiv,
préférence au Créateur; maïs celui quia
toutes choses avait pris d*avance ses mesui
poui' prévenir un tel abus, il a mis les é
nients en opposition, alin que l'homme pût
reconnaître qu'ils avaient un modérateur el
que <c modérateur était un et non pas doux*
D après Tordre de leur créateur, ces quatre
éléments qui composent tout sur la terre,
causent tour à tour Tinlluence des quatre
saisons et font leur service annuel, comme
lies créatures intelliij^entes nécessairement
attelées a un joug commun. Ils obéissent à
la volonté de leur créateur sans murniurer
et sans se disputer les honneurs de la pré-
séance. Telle est notre explication, et itoui ta
cro^oiis assez claire pour que tout le monde
puisse la comprendre. Parce que le feu s'unit
substantiellement aui trois autres
an trouve duléuen abondance dai.
re.-* et dans le 1er, mais très-peu dans Tair û^
dans l'eau. Il n^existe nulle part h Tétai ^
jmré et n'est point comme les autres qui
existent en masse. L'eau, qui forme un corp«
séparé, se mélu , h doses plus ou moins for-
tes, avec les trois autres éléments. li eu
u9l
SOI AHM
'>up fiaB.^ la terre et daos ses di-
^ ^ H;tioDs,très-|teu diiDsTairet dans
1<- feu /L'air [pénètre le feu et dans l'eau et
dtns !a terre; avec la coopération de Feau
et du feu» I air est la grande puissance végé-
tajjv*'.nn nourrit toutes les productions ter-
^i: -i les éléments se mêlent et ils
s&ht V '^i..^t. un corps sans se confondre el
sans altérer leur nature indiriduelle; aucua
d'eux ne s'arrête au milieu de sa t/iche, ni ne
li*écarte des autres dans un esprit d'opposi-
ftion; Hs subsistent ensendjle par l'ordre de
i DieUt qui préside à tous ces mélanges et les
Idispcrse de manière à peupler par une foule
[d'êtres vivants et à continuer d'une manière
I inaltérable et uniforme le système de ruoi-
' vers. Si Dieu prend tant de soins du monde,
qui u'est tiu'uneniatière inintellifJîible, sa solli-
cttudeest bien plus i^rande encore'pource mon-
dt Niêv r t pensant, qui est riiomme.
« OId ' ,'lus anciens sages a dit que
le dieu Miher naquit d'une mère, laquelle
éUtI de race humaine ; il n'en est pas moins
roi, ftls dieu et allié vaillant des septièmes
^dsetix. 9 S'il TOUS convient de croire une
ifdktt aussi absurde qui s'accorde avec vos
jllXBurset les autorise a certains égards, vou§
|#D Mas les maîtres ; quant h nous, il nous
f Mt impossible d*ajouter la moindre croyance
à de pareils contes* Nous sommes disciples
idu grand prophète Moïse, à qui Dieu parla
(dans le buisson d'Horeb et dans 3inai, et
devant lecmel il écrivit la loi à la vue de
lous, cl la lui donna, Dans cette loi donnée à
Moi»e. il est dit que le monde est matériel
et cféé, tandis que Dieu est immatériel ; que
Dieu a créé de rien la matière , le ciel avec
tous les corps célestes, puis la terre avec
tous tes végétaux qui la couvrent et les ani-
maux au eile nourrit. Les anges habitent le
ciel, et les hommes la terre, (|ui sont îles êtres
seu/"» dMés de raison ; mais Dieu incom-
fïrébensible est plus grand et plus élevé que
d terre t-i t*-^ « t«^ui.
* Les >, qui ne sont point douées
de ratsui. ^j aient [}assivenient ses ordres,
ÈêOS pouvoir s'écarter des bornes qui leur
sont trat'é<*s ; mais rhomme et l'ange sont
iJe» agents libres, parce qu ils sont doués de
raison. Toutes bs créatures supérieures sont
au service des an^^es , et les inférieures, qui
peodieQt la terre, sont assujeltius au service
de rbeuinae. 9i les hommes et les aiifcjfs
ebéissent ponctuel leinent h Dieu, ils suut
ilDIIIortels et tib de Dieu ; mais s'ils transgres-
seol et violent sus [fréceptest s'ils font tout
le contraire do la volonté de Dieu, ils seront
précipités dans TabiDie et dépouillés de leur
digimé. Wei! doit h sa justice el à sa gloire
de récot et de punir iluipie ;
Jcs pécN lés à cause de leurs
crimes ^ rla de confusion. Si vous fai*
tes Ts : V" f»ar ignorance, comment,
mo; bonne source que vous vous
tell,,., y. .. j^ VOUS suivre dans voire voie
efiDe plooKer h votre suite dans Tel reur ? :^i
9Îi di^eiple de votre erreur et de votre
œi iKHia toifiberuûs bieut<)t , vous et
perdilioû u révocable , et mou
AMà
m
sort, h cet égard, sera pire que le vAtre, car
faurai pour juge la parole de Dieu, qui dit
©ipressémenl : « Tout serviteur qui nw isuj-
naît pas la volonté de son maître et qui fait
quelque chose de mal, sera puni d'un châ Li-
ment léger ; mais que celui qui suit parfaito-
menl la volonté de son mai Ire el qui pèche
contre lui délibérément, et sachant (e qu'il
fait, sera puni avec la dernière rigueur. »
« Je vous en conjure, vous et tous ceut
qui sfinl *ous vos ordres, ne faites pas que
nous soyons châtiés ensemble d'une ma-
nière plus t»u moins rude ; mais vous et moi,
le peuple avec k) héros roi, «ocrons lou«
disciples des livres divins. Puissions-nous
ainsi évilur les châtiments de Dieu, nous
sauver de Fenfer el nous éloigner du feu
«Hernel 1 Après avoir agi vertueusement dans
celte vie passagère, nous îiériterons des
biens célestes el nous jouirons d*uji bonheur
sans bornes. Si vous vouliez melire vos [iré*
jugés de cMéy vous vous seriez bientAt fa-
mdiarisé avec ce qui vous semble étrange,
et la luroe dé la vérité vous persuaderait.
Ecoutez seulement ceci : Un des anges des
lrou|M^s immorlelles s^étant révolté, il fut
chassé des cieui , el vint dans notre mon<lo
où, par d'arliûcieui discours et des promesses
fallat-ieuses, il lit natlre dans le camr de
rijomme le désir insensé d'être mieux qu'il
n'était. S'adressanl h lui comme à un ©nfaiil
sans expérience el d'une volonté tleiible» il
lui lit accroire que s\il mangeail du fruit d'un
arbre dont rapproche môme lui était dé-
fendue, il deviendrait Dieu, El l'homme, ou-
bliant Tordre exprès du Seigneur» se laissa
séduire ï mais, bien loin d'atleiodre à la gloire
qu'il avait rêvée, il nerdit son privilège d'im-
mortalité, fut expulse du paradis el relégué
dans ce monde corruptible où vous habiter
maintenant. En proie à Uû délire digne do
pitié, vous suivez» tV Perses, les suggestions
de ce même iistuci^^ux conseiller, non pas en
mangeant du fruit de l'arbfe défendu, mais
eu adorant les crualures de prcférence au
créateur, en rendant un culte à des élémenl»
insensibles, eu oOVaut des repas à* des dé-
mons i^ans ventre, et en vuu4 étoignaut de
celui qui est le maitro et le pruici|}e de tou-
tes les choses créées. l:Cncore ce méchant
conseiller ne s'arrâti-'-t-il pas à cela j il veul
vous faire pire qu il nest. Ce n'est pas que
les déjuons puissent mener queiqu un a la
perdition par l'orce et par violence, main ils
persuadent les hommes ignoivmts p^r des
suggestions artiticieuses, ei au moyen de la
tlatterie leur adoucissent Ja pente du péché.
C'est ainsi qu'un bon nombre d'hommes,
après èire jins dans leurs pièges, deviennent
ensuite leurs satcililes, el ils i-éduisenl leurs
camarades, non pas [lar la violence, mais par
liismuations fallacieuses, à commettre toutes
sortes de crimes, tels que lastrologie, la
magie, la fornication, le vol, Je brigandage
et mille autres abomioatioua. Mais la justice
venge la société en puuissant las malfaiteurs
de mort. Pour cela il ae faut pas dire qu'il
} a deux dieux, dont i'uu a lait les juges
éi^ultabiesy et l'autre les juges prévaim-
S95
ARM
teurs. Car de môme ud homme, aussi bien
dans une époque, peut deveoir médiatit, ou
d'un abîme de nieciiaocelé devenir homme
parfaîl dans l'autre époque* Donc , on ne
donne pas auï iu^^es irapartitiux qui nufiis-
senl les nual fui leurs la qtialilîcalioii cIl! roé-
chaots et de maltaileurs ; on dit au eonlratre
que ce sont des honimes équitables et des
bienfaiteurs de Hnimanité. Cependant la
nature est une et non («as double, et c'est de
celte unité que découle un double eilei, l'un
fane^te, l'autre rémunéraleur. Si parmi les
hommes on suit cette règle dinstitulion
rHjâ:e pour bien gouverner un Etat, a [ïliis
forte raisou devons-nous croire qu*ede j^ré-
side aux jiigemerils de Dieu, qui ne veut bien
que le salut et non la ûiorl d aucun. Il a dé-
cerné, en elTel, conli e les grands coupabtes la
peine de mort, mais il comble de grâces et
couronne d'une gloire imniorlello tous ceux
par qui la verUi d'obéi ssauee a été pratiqu'H'.
Or* ce Dieu, que votje langue sans frein
blasplième insolemment » e^t le créateur de
ttiules choses et le Dieu véritable. Vous ne
gardez pa? non jiius <ie ménagements en-
vers Noîre-Seigneur Jésus-Clinst* dont vous
changez le nom sacré en celui de iils de
Fanikort et que vous déciiez en le traitant
de sédi scieur. Vous foulez aux pieds Tim-
mense bienfait de la rédemption, ce qui ne
peut que vous perdre, vous ei les peuples de
vos Etals, et vous exposer h encourir la juste
vengeance du Seigneur qui vous plongera
dans le feu inextinguible de Feuler, vous et
tous ceux qui ont coose:tti, avant, pendant
ot après, à vos croyances ernuiées. Pour
nous, notre ferme croyant. c esl que le même
Dieu qui a créé Je monde a [Mis loi-mèuje
uo eor|ii> dans le seui de la vieige Mai ie, sans
particij*»^tion d'homme, suivant les prédic-
lions des prophètes. De même que de rien
il a créé le oioode, ainsi , sans cjuses char-
nelles, il a reçu son corps de la Vierge pure,
en réalité et non eu /ifiparence. Il est vrai
Dieu, et s*est fait vrai homme. 11 n'a [las al-
téré ni sa divmUé ni son humanité ; j1 est
resté toujours le même, toujouis u». Coumie
nous ne pouvions le voir» étant de sa na-
lure divine uivisible, ni l approcher n^élaul
pas approchable, il est venu h nous en pre-
nant la nature humauie, alin que nous [^uis-
sions nous ranger sous sa natu*e divine, il
n a pas réfudé a déshonneur de se revcîtir
tlu corps humain qu'd avait créé, mais il
rhonoja au contraire comme son propre ou-
vrage. Il ne comiuutnqua pas ù h nature
qu'd avait pri-se Ihoimeur de 1 immortalité,
par degrés, et (ïeu à peu comme aux anges
nicorpôrekS» mais il iaveslil tout d*un cuup
la nature du corps de lesprit et de Tâme
réelle, et lêîs réunil à sa persorme divine.
Ainsi en Jésus-Chust est toujours unité et
jamais daUé. Nuus ne comjaissons donc en lui
qu une divinité qu* existait avant la création
du monde; c'est encore la même aujourd hui.
« Jéius-Clnisl, qui par son iuiarnatioa a
uvé le monde, s'est livré volotit.dremeut à
Ja morU L'incarnation et la rédemptioji sont
~our nous des mystères ; mais cela est fort
Clair ptnir la Divinité. Jésus-Chrisl s'incarna
dans le sein d'une Vierge immaculée; il na-
quit, fut emniaillotté et mis dans une crèche.
Des Mages vinrent Tadorer du fond de TU-
rient; il fut allaité et grandit comme un en-
fant ordmaire* A l'âge de 30 ans, il fut bap-
tisé dans le fleuve du Jourdain [lar Jean lils
de la stérile Elisabeth. 11 a fait beaucoup de
miracles et de prodiges parmi le peuple
d' Israël. II fut trahi par les prêtres et cott-
damné par t^once-Pilale II fut crocitié, mou-
rut et lut enseveli. Il ressuscita le troisième
jour et apparut à ses douze apôtres, aiiisi
qu'à plus de cinq cents i^ersonnes. Après
avoir demeuré avec eux durant quarante
jour», il monta au ciel sur la montagne des
Oliviers , eTi présence do ses disciples, et
s'assit sur le trùne auprès de son Père. Il a
promis de venir uue seconde fois arec beau-
coup de pompe pour ressusciter tous Itjs
morts, renouveler ce mon le, et juger les jus-
tes et les pécheuis, en donnant aux uns la
récompense et aux autres le châtiment qulls
ont mér/té ; ceux qui ne croient pas à son
Evangde et qui repoussciil ses bienfaits se-
ront punis avec les malfaiteurs, il n'est pas
possible d'ébranler en nous cette Ibi, ni de
nous faire quitter cette croyam^e, Ni les an-
ges, ni les hommes, ni le feu, ni Teau, ni
Tépée, ni les plus cruel-s supplices du monde
De peuvent rien à cet égard. Nous vous aban-
donnons nos corps et nos biens, faites-fii
tout ce que vous voudrez. Si vous nous lais-
sez cette croyance, nous ne reconnaîlroos
que vous jioùr seigneur de la terre, comioe
nous ne reconnaissons que Jésus-Chrtst pour
Dieu du ciel, car il n>st point d autre Dieu
que loL Si celte déclaration soleniielle vous
irrite et si vous persistez dttns vos desseins,
écoutez nos résolutions : Nos corps sont
dans la main , tiaite-;es suivant ton plaisir;
à loi les tortures, à nous Pacceptation; tu
peux h ver le glaive, nous présenteroiis nos
cous. Nous ne valons pas mieux que nos
ancéires qui ont eu Thonneur de sacritier
leurs bien» et leur vie pour ce véridique té-
moignage; fussions-nous immortels et qu'il
nous fût ^lossibie de mourir [ our lamour
de Jésus-Lhrist, nous ne ferions pas inotm
volontiers, puisqu'il était immorttl et qu*U
nous a aimés jusqu'à niourir pour nous ; car
c'est ^a mort qui nous a délivrés de la mort
éternelle. Il n'a pas épargné pour nous soo
immortalité ; nous qui ne sommes que des
mortels, nous mourrons bien volontiers pour
son amour , persuadés qu'il daignera nous
recevoir dans son royaume céleste AJouroïis
donc volontiers en écliangeant ces corps |»é*
nssables contre h vie nnmoUelle. Qu on nù
nous parle plus, comme à des enfants, de re-
BONcer au clnistiauisme ; nos vœux ne soût
point avec les hommes, qui sont toujours
trompeurs , mais avec Dieu, qui De liompe
point. Ces vœux , il est impossible de les
aJ)olir, ni maintenant ni plus tard, ni au
bout de quL'iquei siècles, ni dans les siècles
des siècles. » ;E. V., trad, G. K. G., p. ^'j
Tous les membres de cette assemblée, daûs
le sein de laquelle on laissa entrer le p^u-
arM __^_
[Q se bornèrent pas à rédiger cette ré-
i; Us s'engagèrent par serment à verser
wiïig, s'il le Taltail, pour la maintenir et
demeurer toujours dans la foi chré-
B, Ce serment imposant fut fait par tous
sisiantSt
mû celte 1 élire fut arrivée à la cour, on
en assemblée solennelle. Tous les di-
res de la cour, les principaux chefs
Ée étaient présents. Un grand nombre
avaient tacitement ce qu'elle contenait
laient pas le faire voir ostensiblement*
unis murmures circulèrent au sein de
réunion que présidait le roL Al(>rs les
des mages et îe premier ministre lan-
i contre les Arméniens d atroces ca-
es* Hazguerd s'écria : « Je sais qu'il y
insolents , de ces hommes qui doutent
Ure loi et qu'une sorcellerie égare et
mrir après des doctrines mensongères
impenses. Mais moi^ j'ai résolu ue ne
)a!^îier les plus terribles ehûUments à
|ui agissent de la sorte. Je ne ferai ex-
Q de pôrsonne, pas même des grands
'approchent le plus près, et je déclare
emploierai les supplices et les tortures
à ce qu'on ait abandonné de gré ou do
a loi pernicieuse des chrétiens.» (E, V.,
l. K. G., kl.)
rieui ministre^ profitant de la colère
pour Teiaspérer davantage , parla en
rmes : « A quoi bon vous donner, ô
rai , dit-il, tant d'inquiétude et d*em-
L Si rempej'pur des Grecs lui-même
enfreindre vos moindres ordres, si les
sont devenus vos eselavi^s obéissants ,
sont les téméraires qui oseront en-
re vos lois? Commandes souveraine-
dans votre empire, et tout ce nue vous
Âterez s'accomplira sur-lc-cWmp. »
., irad. G. K. G., W.J
rot tit venir le grand chancelier, et lui
110 manifeste plein d'expressions ou se
lient la fureur et la violence. Il com*
Ûi aux jirinces dont les noms suivent
il indiaua lui-même , de venir immé-
yeal h la cour. V'oici leurs noms : Vas-
^ la maison de Sunik;Nerchabouth , de
son d'Arzrounik; Ardag, delà maison
duniek ; Katechan» de la maison Korko-
t; Vartan, de la maison de Mamigonian ;
;,dela maison Mogli;Manegh,de la mai-
àbahounik; V'ahan,de la maison d' A ma-
te ; Kidê» de la maison de Vahevounik;
lvon,de la maison dWndzevazik (E, V,,
f.K.G.^nj, La moitié d'entre eux servait
es armées près du roi. Quelques autres
lent contre les Huns, vers le nord Je dé -
5 Derbend; d'autres, qui étaient moi-
kaient en Arménie dans leurs familles.
md ceux qui étaient absents de la cour
Bat cette pièce émanée de la fureur du
s jurèrent, en présence de Joseph , le
,er des évèques du pays, de rester !i-
dans la foi. Ils vinrent ensuite trouver
dans sa c^ipitale. lis marchaient hâli-
Qtt pressés qu'ils étaient de voir leurs
ts, leurs amis, qui souffraient dvjh pour
Le samedi de la grande semaine pas-
non n, PE5 PfiBSÉCUTIOl^S. It
ARh
tm
^BigxiOliN, p
cale ils se présentèrent au roi. Ils parurent
avec un visage calmo et tranquille; ce qui ne
laissait pas qfue de surprendre étrangement
les ennemis de la religion chrétienne, il était
d'usage, quand les princes d'Arménie se pré-
sentai eot h la cour, que le roi envoyât pour
les recevoir un généra! qui leur souhaitait
la bienvenue, et qu'ensuite, après avoir passé
les troupes en revue, il loslelrcitât de la ra-
pidité do leur marche et leur lémoignAt qu'il
élail content deleurs services. Cette fois tout
cérémonial fut mis de côté. Pareil à un tigre
en fureur, le roi parut devant eux tout hors
de lui-môme , et leur fit entendre ces terri-
bles paroles ; « J'en jure par le soleil , ce
grand dieu gui éclaire îe monde, et qui par sa
chaleur vivifie tous les êtres, si demain, à la
naissance du jour^ chacun de vous avec moi,
h la première apparition de cet astre mer-
veilleux, ne fiéciiit pas îe genou devant lui
et ne confesse pas sa divinité, je lui fend
subir les supplices les iilus cruels jusqu'à ce
que bon gré, mal gré, il exécute mes ordres. *>
(E. V., trad. G.K. G., 50.)
Les princes arméniens que ni les mena-
ces, ni la crainte des tortures, ne pouvaient
pas faire trembler, répondirent avec calme
au roi , et lui dirent : « Veuillez permettre ,
héros roi , que nous vous répondions briè-
vement en présence de cette nonorable as-
semblée , et daignez nous entendre vous-
même avec calme. Nous rappellerons d'abord
h votre souvenir que Chabouk (II, l'an 305),
roi des rois, qui fut trisaïeul de votre grand
père Hazguerd (l'% l'an 399), fut par la vo-
lonté de Dieu rais en possession du pays
d'Arménie qui professait alors celte même
religion que nous professons maintenant*
Nos pères et les aïeux de nos grands pères
sont toujours demeurés fidèles à la Perse ;
ils ont rempli tous leurs devoirs avec exac-
titude et se sont scrupuleusement acquittés
de tout ce qui concernait leur service mili-
taire. Souvent ces rois, vos aïeux, les com-
blèrent d'honneurs, proportionnellement à
leur mérite, et cet état de choses a duré ainsi
jusqu'à vous qui avez recueilli leur trône
comme votre héritage. Nous qui sommes ici
devant vous , héros roi , nous vous avons
rendu les rnémesservices, et peut-être avons-
nous beaucoup plus fait pnur vous que nos
ancêtres ne lirent jamais pour les vôtresl »
Cela dit , nos princes rappelèrent hardi-
ment leur fidélité et leur vaillance supérieure
à celle de leurs pères ; ils parlèrent des im-
p(Ms écrasants qu*on levait en ArmiSnie, im-
pôts infiniment plus lourds que ceux que
l'on payait aux anciens rois de Perse ,
puis ils"^ ajoulèrent ; « Bepuis les premiers
temps, notre sainte Eglise était libre d'im-
pôts , vous l'y avez, soumise, et nous ne
nous y sommes pas opjïosés, parce que nous
aimons. notre dynastie. Or, a'où naît votre
colère? veuillez nous en dire le motif. Notre
religion nous empêclie-t-elle de vous servir
de mieux en mieux?,.. »> Mais ce furieux ré-
pondit à nos pnnces en détournant la tête
en signe de mépris : « Le trésor royal est
souillé par les contributions qu'il lève sur
S9d
ARM
votre pays; yotre or est impur, et ces servi-
ces c^tie voils vantez sont presque inutiles,
car voiis vous éj^arez faute de vouloir vous
ÎDstruire dans noire relii^ion qui est la vraie.
Vous méprisez les dieux, vous faites mourir
le feu, vous infeelez Teau, vous enterrez les
morts dans !a terre, vous souillez ainsi tous
les éléuienls, et ainsi, quand vous manquez
d'exécuter toutes ees pratiques en rigueur,
vous donnez une nouvelle vigueur et du coa-
lenlenienl au g«5iiie du mal, à Ahrimaoe. Ce
qui est encore une faute plus ('norme, cest
que vous ne vous approchiez que rarement
des femmes , ce qui réjouit grandement les
déinoTis, et que vous refusez obstioémeut de
suivre les doctrines des ina^jes. Vous êtes à
mes yeux comme des brebis égarées et dis-
persées sur la vaste surface de la terre. Cela
rï/alllige jusqu'au fond du coiur» et je crains
que les dieux offensés ne se vengent sévère-
ment de moi à cause de vous. Or, si vous
voulez vivre , sauver vos âmes et relouiner
en Arménie comblés d'honneur, songez à vo us
conduire deinnin tomme je l'ai |>rescrit.,,»
Alors nos vertueux princes, d'un consen*
tement unanime, élevèrent la voix et dirent
devant toute rassemblée : « Assez, sire, as-
sez, ne nous parlez plus de cette chose-là!
Le christianisme n'est ni une institution hu-
uiaine, ni une faveur du soleil, que |)ar inad-
vertance vous quâlitiez du litre de dieu, et quj
uoii-seLdement ne l'est point, mais qui n'est
pas iiième vivant. Les églises ne sont pas des
dons royaux ni reeuvre de la sagacité, m fin-
vention^ oi le butin de^ soldats, ni Tellel de
la fourberie trumiteuse des démons , ni le
produit des éléments. L'Eglise ne tient point
son établissement de toutes ces clioscs.
C'est une grâce toute gratuite de Dieu,
otTerte, non pas à quelques hommes seu-
lement, mais à tout le genre humain , à tous
les peuples doués de raison et liabitant tou-
tes les contrées qui sont sous le cieK Les
foiideiiieats de cette Eglise sont posés sur
une pierre solide : ceux (|ui sont ici-bas ne
peuvent fébrauler, et ceux qui sont en haut
ne peuvent la remuer, 1! n'est pas (Joniié à
J 'homme de vaincre une chose à laquelle ni
le ciel, ni )a terre ne j)" uvent nuire. Mainte-
nant, usez-en envers nous selon votre désir.
Vos supplices nous trouveront prêts, et nous
saurons non-seulement soutfrir, mais mou-
rir, yu'il vous |>laise de nous interroger sé-
parément sur cet f'M'ticle, et vous recevrez la
même réponse, ou mémir une réponse plus
ferme encore de chacun de nous san^» crain-
dre vos menaceô. » Alors le roi saigrit ox-
cesMvemeut: sa bile se répanditpaitoutes ses
entrailles, sa bouche et s^-s narnies fumaient
comme une fournaise aruente, et les rapides
battemeutsde son cceurseniblèi eut suspendre
un instant toutes les fonctions de son corps,
Sou âme, pleinede noires machinatiojis, sou-
Yrittout à coup et laissa tomber ses jiensées
comme un vase brisé répand la liqueur qu'il
reuferme. Ce qu'ii eût iiésité a dire devant
ses conseillers intimes, il le dévoila tout
haut devant les serviteurs du Christ, U déco u-
Thl aux veux de tous ses secrètes pensét^s
et détailla tous ses projets pour Taveiur.
Triplant et quadruplant son serment p^r le
soleil : « Oh 1 s'écria-l-U ar»x' l'acoent de la
fureur, vos paroles n'ébranleront pas ma ré-
solution» et vous ne l'oLitiendrez pas sitôt,
cette ïuort dont vous êtes enthousiastes. Vous
tous qui êtes là et ceux qui sont dans mon
année, je vous ferai charger de fers, puis je
vous ferai déporter dans le Ségeslan au tra-
vers des contrées impraticables, oili vous î>é-
rirez chemin faisant par suite du hâle et
de Texecssive chaleur. Oux qui resteront
seront jetés dans des forteresses et dans des
cachots elfroyables. J'enverrai dans votre
pays une armée innombrable avec des élé-
phants, et vos femmes et vos enfants seront
traîisportés en exil imv mon ordre dans le
Kouzistan et Su/ian, Qu-iOt h vos églises
et aux oratoires où sont les tombeaux de
vos martyrs, je les ferai raser et réduire en
cendres/ Si quelqu'un d'entre vous se ha-
sarde de sV Ofiposer, je le ferai écraser sans
pitié sous les pieds de mes éléphants. Vous
voilà prévenus, pensez-y bien, tout ce que j'ai
dit sera exécuté. » (E, V., Irad. (1, K. ii.,50.)
Ce fut alors que ne se contenant plus, Har-
guerd lit chasser honteusement les j>rince8
arméniens de sa présence, et ordonna nue
Jes bourreaux les eussent sous leur garde,
sans ] pourtant les enchaîner. Les chrétiens
mirent tout en rouvre pour les délivrer. Mais
ni lor qu'on prodigua aux ollkiers du tyran,
ni les |iriùres qu*on lit entendre de toutes
parts, ne purent lléciiir ce tyran féroce. Tous
allaient nroliableinent être "immolés â la ven-
giance ou roi, quand un eunuque attacha au
conseil du roi , secrètement cnrétion , vint
\e:îî trouver et luur indiqua le seul moyen de
salut qui leur restait, Celait di- paraître ailo-
rer le soleil sans le faire réellement. Ce con-
seil fut adopté. Evidemment les [>riîices ar-
méniens Commirent une grande faute : il
n'est fjas permis de donner le scxmdale d'une
abjura lion apparente. Nos lecteurs sont trop
bien édihés sur les vrais principes pour que
nous devions insister. Sans doute le fond de
la conscience de ces princes était pur? sans
doule ils i-royaient bien fiire ; mais nous ne
saurions les a(>prouver, nréme dans ce cas»
ilïi deiaient tout soulFrir, la mort iïi»>me}
plutôt que de lîéchir le genou devant les
lausses thvinités des Perses, ils envoyèrent
l'eunuque dire au roj qu'ils étaient disposés
à lui obéir. En elfet» ils eurent Pair d ado-
rer le soleil; mais intérieurement ils adre^
sèrent leur prière h Dieu, en lui fais^ttl ser-
nrent d'être tidèles à sa reli^îon sainte. U
roi se laissa jirendre h celte tromperie. Il
combla ces princes de présents , leur lit de
grajides concessions de terrains, et les com-
bla d'honneurs et de digrdlés* Il tes ehar-^oWa
de revenu* dans leur pays fiour y faire et^JJ
cuter SCS desseins et ses plans relalitemenllF"
\ë religion clirétiemie. Il lut<r conlia de gran-
des troupes de ea val rie, et sept cents dot'-
tt'urs maires, sous la direction d'un ^randpou-
tite de ci*tte lid. Ces mages se liraient .lu sort,
chemin faisant , les provinces sur lesquelles
ils comutaient voir leur domiiiatioo s'étabhr,
^
$01 AKrt
cir les ordres du mi ne comprenaieofpasïeû-
U*rac?nirAririént*Mnais encore la tiéor^^ie, l'A-
i luk. \a Lepiîik, la Ayzhik, la Gortik» la
/' uitrkJnTisaii, et toutes les conlrées» lu royau-
me» ^tianisme était secrètement suivi.
Le ' tions des mages étaient rougues
en ces termes : « A compter du mois de uava-
sàfi i tia 15 août au 15 septembre environ) ,
qui est le premier de la nouvelle anni^e, jus-
qu'à Taulre narasart, dans tous les États du
gniiid roi» on supprimera toute profession et
le nom du christiainsme* Les églises seront
fermées et leurs portes scellées ; b s orne-
ments des sanctuaires chrélieii,s, suivant les
registres et par écrit , seront roniisqués au
protît du trésor royal. Les chaots des pstiu-
mes, les lectures des prophètes, seront abo-
lis, el les prêtres chrétiens n'auront plus
raudace d'instruire le peuple dans leurs mai-
sons. Les moines et les religieuses sortiront
de leurs monastères et quiitcront leur cos-
tume pour prendre celui des laïques. Les
femmes de aistinction el les familles des
f>rinces devront donner Texemple et suivre
es nremiers le culte des ma^es. Les fib et
les ailes des paysans et dos notables de cha-
que lieu iront se faire inscrire sur la ï>lace
publique, près des mages, dans la religion de
Zoroastre.Les lois qui concernent le mariage
Ion le canon des chrétiens, sont ahrogées.
u lieu de prendre une seule femme , les
iommes eu i>reiidmnt plusieurs , ee qui fera
oîtrc et malliplier ia nation arménienne,
es p^res pourront épouser l urs liïles , les
ères leurs sœurs , les tils leurs mères , les
letilS'fiis leur aïeule. Aucun anim/il destiné
la nourriture de l'horame, soil brebis, soit
îhèvre, soit bœuf, soil porc ou volailh% ne
'ourra être tué sans a von* été d'abord offert
lUiL diifut. On ne fera point de pâte sans
Jerain; on ne jettera ni lleoto, ni immondices
|lans le f*u; 01 ne se lavera pas les mains sans
" ihne de bœuf; on ne tuerd m les loutres, ni les
nards, ni les lièvres. Les serpents, les lé-
rds, les grenouilles, les fourmis et autres
iimaux nuisibles ne vivront pas; mais la
aiitilé el le nombre des animaux qu'on
lura détruits seront notés avec exactitude
>sr le poids royaL Tout ce qui concernera
e service des immolations et des sacriti-
s , la disposition et la quantité des cen-
res , Tordre des fêtes et de Fépoque an-
uelle. sera inscrit et annoté dans les regis-
mx. Ces premières dispositions in-
[c; ibles seront exécutées dès à présent
\\ le monde, jusqu'à la lin de la pre-
tfi in e, et le reste des observances les
• ui» minutieuses de la loi à Ta venir.» (E. V,,
ad. ÎLK, G., 59.)
Voilà donc la position dans lafiuelle se
ouvaient les princes arméniens. Ils mar-
iaient avec Tarmée des Perses et les ma-
^^ '^"^ur porter dans leur propre patrie la
»n, et pour y détruire la religion
4-.M^-iM_iéue. Ihi moins c'était ce que tout le
ondd croyait, car eux seuls avaient le se-
rei de leurs véritables desseins. Les mal-
euroux soldats arméniens, qui croyaient à
tiihitoa iiQ leurs princes, étaient dans du3
angoisses mortelles, pensant qu*on les ron-
duisait contre leurs parents, leurs amis. Il
y tTvait dans le camp de celte armée en
marche plusieurs peuples qui pratiquaient
le christiafiismo. Tous, en apprenant ta dé-
fection des princes arméniens, avaient éprou-
vé la i^los cruelle des déceptions. Plusieurs
de ces malheureux soldats, s'adressant aux
princes arméniens^ leur disaient : « Qu'.iîlez-
vous faire maintenant de votre sainte Bible?
Où transporterez- vous les omeraeuts sacrés
du service divin? Oubliéirz-vous les béné-
dictions spirituelles et les paroles du pro-
phète ? Vous avez lermé les yeux pour ne
jias lire dans les livres saints, et bouché vos
oreilles pour ne pas les entendre. Metlrez-
vous aussi de c6té la voix de votre cons-
cience? Imposerez-vouft silence à vos sou-
venirs et à vos remords? Qu'allcz-vous faire
de la parole du Seigneur ? Quiconque oie
reniera devant les hommes, a-t41 dit, je le re-
nierai aussi devant mon Père qui est aux deux»
et devant tous les saints anges. Vûms Hïez
les docteurs de prédications apostoliques^
maintenant vous êtes les disciples de l'er-
reur et du mensonge iles mages. Vous crai-
gniez et vous enseigniez la vérité, et main-
tenant c'est le mensonge et Ferreur que vous
prêchez. Vous annonciez le Dieu créateur
des êtres, el maintenant vous reconnaissez les
créatures pour dieux. Vous avez été baptisés
du baptême de feu du Saint-Esprit, vous al-
tcA être maintenant marqués au sceau du
feu, de la fuaiée et de la cendre. Vous aviez
horreur du mensonge, et vous y voilii i^Ion-
gés par-dessus la tête. Vous avez eu pour
nourriture le précieux corps et le précieux
sang du Christ ; maintenant, vous allez vous
repaître des viandes impures des sacriliees.
De lemphïs du Saint-Esprit que vous étiez,
vous voilà devenus les autels où Ton sacM-
fie aux démons. Vuus vous étiez revêtus de
Jésus-Christ à votre naissance, el vous vous
êtes dépouillés de ce vôtemenl glorieux pour
aller danser et sauter devant le soleil
comme les dews. Vous étiez héritiers du
ciel, et vous avez pris librement pour par-
tage Tenfer, La menace du feu éternel était
surtout pour les idolâtres ; pourquoi voulez-
vous donc participer à leui triste sort? C'est
pour eux *jue s'engraisse le ver éternel, et
c'est vous qui nourrissez aiyourdliui vos
corps pour lui servir de pâture. C'est pour
eux que s'épaississent Ïqs ténèbres extérieu-
res; pourquoi vous y êtes-vous jetés, vous
qui êtes des enfants de lumière ? Depuis Irès-
longtemps ces peuples sont aveugles, vous
ne Fignorez pas, et cela ne vous a pas em-
pêchés de courir sur leurs traces. C'était
î*our eux que la fosse était creusée» pour-
quoi avez-vous couru en avant pour vous
y précipiter avec eux? Comment parvien-
drez-vous à apprendre tant de noms de tous
ces dieux qu'ils adorent, puisque ces dieux
n'existent nulle part ï Dieu vous avait dé-
chargés des fardeaux pesants, et voici que
par votre propre folie, vos épaulas s'aflfais-
sent ^ous les puids les plus lourds. La grâce
vous avait délivrés de tout cela dès votre
ôAS
AWà
tendre enfance , et voilà que vous chargez
vos bras des chaînes insupportables de la
servitude. Le ciel est en deuil pour vous sur
vos tètes, et la terre s*attnste sous vos pas.
Les anges et les martyrs sont également ir-
rités de votre perfidie." Je déplore votre des-
tin, je plains vos proches, et je ^éaiis sur
vous. Si vous aviez été alTrancIns de Tescla-
vage par un homrae» et que vous l'eussiez
quitté ingratemeol ensuite pour vous enga-
ger au service d'un autre maîlrc, il n'est pas
douteux que vous n'eussiez rais le premier
en colère. Or, comment €ondlierez-vous vo*
tre désertion acluell** avec le premier com-
mandement qui dit : « Je suis Dteu , et il
ny a pas d'autre Dieu que moi? Je sois un
Biea jaloux , et je fais porter aux enfants,
jusqu'à la septième» génération , les ch^tti-
nients qu'ont attiré les péchés de leur
fère, » Si les enfants innocents sont châtiés
cause des iniquités de leur père, combien
ne le seront-ils pas davantage lorsqu'ils
joindront à ce fardeau, déjà si lourd, celui
de leurs propres pérhés?
n Vous étiez pour nous comme un rem-
part qui nous ahritait du danger lorsqu'd
survenait quelque événement sinistre ; au-
près de vous nous trouvions le re, os et la
sécurité ; maintenant ce reir*pnrt est abrittu
de fond en comble. Vous étiez noire gloire
devant les enn**mis de la vérité, et mainte-
nant vous êtes devant eux notre onprobre.
Tant qu'ils vou> ont supposé de î atiache-
ment jiour notre foi, ils ont montré quel-
ques égards (joir nous; mais maintenant, et
à cause de vous, ils vont eerlain^nient nous
traiter sans miséricorde. Ainsi vous ne ré-
pondrez pas seuieraent de vous-raéuH'S de-
vant le Iribunal df* Dieu, mais vous répon-
drez de tous ceux qui, à cause de vous, se-
ront condamnés au supplice. » (E* V*, trad.
g: K. g., 62.)
Les princes qui gardaient leur secret dans
leurs cœurs, et qui ne pouvaient pas le dé-
voiler sans compromettre tout le succès de
Jeurenlreprisetse taisaient, mais acceptaient
avec désespoir ces re [«ruches et ces plaintes
des chrétiens. Mais ce blâme même «levint
tellement grave pour les prêtres qui éUmui
au milieu d'eux, nulls quittèrent les trou-
pes arméniennes. Ils envoyèrent au pays nu
courrier qui vint annoncer ces Iristes nou-
velJes* II ignorait les desseins secrets des
princes* Le clergé fut frappé de désolation.
Les évèques soulevèrent tous les fiabitants,
en leur disant que la loi humaine devait ces*
ser de régner, que la lot diviue gouvernail
à sa place, et qu'il fallait rcfiousser la force
par la force. Tous se levèrent en masse, et se
rendirent armés pour défi^ndrc la patrie.
Nofi -seulement les hommes, mais encore
beaucoup de femfnes, contribuèrent à for-
mer ces courageux bataillons.
Ce fut quatre mois après leur départ de
Perse, que les troupes arméniennes, sous la
conduite des princes, arrivèrentdans leur |mvs
avec leurs auxiliaires et les mages. Ce tut
près d une bourgade nommée Angegh, que
kiules ces troupes campèrent, dans un lieu
ARM
qu*elles environnèrent d*une enceinte par-
faitement fortifiée. Elles formaient un enec-
tif considérable.
Depuis vingt-cinq jours, les troupes res-
taient inactives dans le camp » quand le chef
des mages, voulant commencer son œuvre
de destruelion, vint suivi de plusieurs ma-
ges et d'un corps de troupes, un dimanche,
devant une église, pour eu faire abattre les
portes. Saint Léon, prôtre, avec une partie
au clergé se trouvait là, ainsi qu'un assez
grand nombre dliabitants. Se mettant à la
léie du peunle, il chargea les mages et leurs
troupes, et les chassa de ce lieu à coups de
pierres et de bâtons. Les mages se réfugiè-
rent dans leur camp; les chrétiens retour-
nèrent à réglise, où ils célébrèrent les saints
otïlces jusqu'à ce que la nuit vî'it les inter-
rompre. Au bruit de ce premier succès une
grande multitude armée, hommes et fem-
mes, accourut de toute l'Arménie. Celait
un sublime et déchirant spectacle de voir
toute cette multitude armée pour la foi »
enthousiaste de courage ou navrée de déses-
poir. Le chef des mages en fut tellement
éf «ou vanté , qu'il s adressa à Vassag et aux
antres ptincipanx ofticiers du camp, les sup-
pliant de se sauver d'une mort imminente,
et de regagner [jiomptcment la Perse* « Lais-
sez-moi, disait-il, puisque c'est moi qui suis
chargé de cette mission, laissez-moi écrire
au gaand roi de renoncer à ses projets sur
rArménie; il est impossible, à moins que
nos dieux ne s'en mêlent, que la loi de Zo-
roastre prenne racine en ce pays-ci. Le
sentiment de la nation est trop prononcé
pour pouvoir sV méprendre. Si le camp
n'eût été composé que de mages, nous étions
tous infailliblement massacrés ; non seuJe-
ment ces chrétiens sont furieux contre les
étran^^ers, mais ils» n*entendent épargner, à
ce qu il paraît, ni leurs frères, ni leurs fils,
ni personne de leur parenté ; ils ne soogeni
pas seulement h s'épargner eux-mêmes. Ces
gens-1 1 n'ont pas peur des édits et ne s'ef-
fraient point des supplices; on ne saurait
les corrompre h prix d'or» et ce qu*il y a de
plus fAcheux, c'est qu'ils préfèrent la mort
a ïa vie. Quq\ est donc riiomme qui puisse
les contraindre? J'ai entendu dire à mes
IH)res nue du temps du roi des rois Cba-
>ouh 11, quand cette religion commençait à
se déveiopfjer dans Fempire de Perse , et
par delà, vers TOrient» nos principaux doc-
teurs de la loi conseillèrent au roi, de peur
de voir Tentière destruction de la loi des ma-
ges dans ses Etats, de publier un édil sévère
qui abolit le christianisme dans tout s^n
royaume. Plus il redoublait dVtforts pour ar-
rêter cette religion danss^^^n cours, (dus elle
faisait de progrés; êliearrî\^a jusi|u\iu pays de
Couchuns, et delà s'étendit du côté au œidi
aussi loin que les Indes. Et les chrétiens qui
habitaient les provinces de Per^ lUaient si
hardis qu'ils élevaient âmis toutes les villes
ries é>;lises qui surpassaient eu mai^nificence
les jtalais du roi. Ils iKVtissaient aussi des
oratoijes qnih nommaient tombeàui des
martyrs, pour illustrer leurs églises; et il
SOS
ARU
ARM
SM
l*f avait point de lieu habité ni désert où
lils ne construisissent des couvents. Sans
rt|uHl nous fût possible de savoir d'où ils
► Teeevaient des secours, ils se oiuliipliaient
en DOQibre et croissaient en richesses, La
.source de leur opulence nous était ioconiuie,
jmais nous savions, du reste, que tout Tunî-
frers courait après leur doctrine. Or, le roi
^hâbouh montra de la sévérilil ; il fit arrù-
|ter beaucoup de chrétiens et les condamna
lu dernier supplice. Mais rien ne réussit :
leur nombre ne diminua seulement p.is, et
|e roi, après des fatigues excessives et de
riolents accès de colère, s'apergut au*il nV
rançait pas. Il ferma toutes les églises du
pays de Perse, et lit mettre les scelïés sur
les portes. Us transformèrent en églises leurs
^maisons, et jartout ils [}nrent célébrer leurs
>rites. Bien plus, ils prétendaient qu'ils
pétaient eui-mémes les plus nobles cliapelles
lu Seigneur, et que le temple de leur corns
Stait fort au-dessus des bcUiments construits
le moellons et de pierr s- Les haches des
' )urreaux se sont émoussées, mais leur cou
le s'est pas lassé de S(3 présenter au sup-
plice ; les exactî^urs se sont fatigués d'em-
}rter les richesses et les trésors, fruit du
pillage des chrétiens, et la fortone de ceux-
se grossissait de jour en jour. Le roi
Slait transporté de colère et Irs bourreaux
ie fureur ; mais les chrétiens caimes, joyeux
jDôme, se présentaient aux supplices les
plus horribles ^ supportait nt patiemment
"ïuies les privations, se consolaient de la
5rle de leurs biens, et couraient à la mort
)mtBe les brebis coin eut en tbuîe, le soir,
la porte de leur h^rgeric. Eniin, le roi,
issé^ fit cesser les perséculio^is ; il défendit
àu\ mages de persécuter les chrétiens, et
Iproclama pour tous les peuples f[u1l gou-
ivernait une entière liberté do conscience.
Ainsi le ma^e, le manikien, le juif, le chré-
^en et les sectateurs de toutes les reli|çions
lui existaient dans le royaume de Perse fu-
rent libres de servir Dieu h Ifair manière.
letle mesure conciliatrice fit cesser les trou-
lie^, et la terre se reposa. Car, lorsque la
ferse est agitée, toutes l^s contrées de l'Oc-
itident le sont aussi, et rArabie, la Syrie et
^agjuges Tan avec elles. Nous savons tout
ela par tradition, mais ce que j'ai vu de
les yeux me parait plus fort, ajouta donc
chef des ma^es, en adressant h\ jjarole à
fassag. Toi qui es marzban (gouverneur)
le ce pays, tu aurais i\ù, avant toules cho-
es, instruire la cour de la force des rén-
iions des chrétiens, et avec quel mépris ils
eçoivent les ordres du roi, car tu dois les
ïiorinaitre. Il est certain que si nous ne nous
usions pas dépéchés de fuir, pas un de
aousne serait encore vivant. Si des hommes
ans armes nous ont traités ainsi, que Sf-ra-
ee si les milices se joignent h eux? Qui
" mrrà résister h cette fougue audacieuse ?
loi je ne savais pas d'abord Taccord una-
lime de ce peuple, car autre chose est de
roir ou d'entendre. Toi qui as été élevé
lai.s celle loi définis ton enfance, toi qui
savais la fermeté de ces hommes et qui n'i-
gnorais pas que le sang coulerait si nous
mettions la main sur leurs églises, pou-
quoi n*as-tu pas dit sincèrement au roi tout
cela ? car c'est toi qui étais le premier parmi
tous les princes de la nation, et tu étais de
[dus gouverneur du pays. Pourquoi as-tu
manqué à un devoir si essentiel ? Tu es sa-
vant sur tout autre point; mais sur celui-
ci tu as gravement erré. Si tu ne las pas
fait par inadvertance, alors il est évident
que tu es du complot, et que c*est par ton con-
sed qu*ils m'ont attaqué moi et les miens. S'il
en est réellement ainsi, et que tu répugnes à
accepter la loi des mages, ne sois pas honteux
par crainte du roi. Je vais écrire h la cour, au
souverain pontife i]cs mages, au garde des
sceaux et au premier ministre. Ils tdcheront
d amener le roi l\ vouloir bien adoucir la ri-
gueur du premier ordre, et de permettre à
chacun de suivre sa conscience. Parce moyen,
on sliabituera peu à peu ^ la loi des mages, et
ceux qui voudront rembrasser obéiront du
moins volontairement a Tordre du roi, car le
pays fut remis entre nos mains. Les révoltés
assurément dévasleront les contrées et se
disperseront ensuite chcK les nations étran-
gères, et, quand ce pays sera dépeuplé, la
cour vous en voudra et vous en rendra res-
ponsable, w Le marzban Vassag lui répon-
dit : « Vos pensées sont justes et vos con-
seils excellents; mais croyez-moi, jlgnorais
cette première attaque ; elle s'est faite à mon
insu et j'en suis désespéré. Toutefois, fai-
tes ce que je vais vous dire. Veuillez avoir
un peu de p-itience, et ne parlez de vos in--
tentions à personne, excepté aux hommes
que je vous indiquerai, jusqu'à ce que j'aie
réuTu une Ibrce iiuposafite, et que j'aie tra-
vaillé h désunir les Arméniens. Si je viens à
bout de mes projets, je vous réponds que la
commandement royal sera exécuté. » Ayant
dit cela, il envoya Tordre h tous ceux qui
liabitaient sa principauté de Sunik de lever
des troupes en toute hAte, et de venir ren-
forcer ceux qui se trouvaient au camp des
m^gcs. Il dit ensuite au chef des mages :
« Maintenant écrivez à la cour qu'elle en-
voie hiberner en Arménie les dix mille
liommes de cavalerie qui sont en quartier au
pays d'Albanie, Quand nous les aurons sous
fa main, nul n'osera s'oriposer à la volonté
du roi. « Mais le chef des mages répondit :
a Vous voyez autrement que moi dans cette
affaire, et vos plans sont contraires aux
miens. Si nous employons la violence et
que nous excitions une guerre intestine,
le pays sera ravagé; nous serons punis sé-
vèrement, et cela occasionnera un très-grand
dommage fiour le royaume. fE, V., trad,
G. K. G., m.)
Vassag ne voulut pas se rendre aux con-
seils du mage. Malheureusement pour lui et
pour la cause arménienne , ce chef n'avait
pas feint d'abjurer, ilTavait fait réellement.
Il employa toules sortes de moyens pour sé-
duire les défenseurs de sa patne. Quant au
](euple, il le menaçait pour TelTrajer. Il fai-
sait publiquement Téloge des édits du tyran.
Il distribuait les immenses trésor*! qu'il ivail
807
ARM
rt'çus du roi ptmr se faire des créatures et
pour gagner des partisans h sa ùause. Les
éfftqiies réussirenl à séparer de lui tous ceux
qui étaient seerèteDieotdiHDeurés fidèles. Le
généralissime Vartan se joi;4Dit»è eux et tous
ceux qui lesuivaieiits'éioigiièrÀïl avec lui des
mages. Ces derniers conimeneèreiit h si^ loger
daiis les maisons dei^ princes qui avaient <3té
séduits, ils re^;urent de forts éniolnmonis, et
bientôt ils se mirent à forcer un grand nom-
bre de chrétiens à sacrifier des victimes aux
dieux de la Perse* Ou ne s'en tint pas \}\ ; les
femmes des olitîcîers qui adoraient le feu,
vinrent un dimanche dans les églises des
couvents, et y éteignirent les lampes, y dé-
cînrèrent les ^vêtements des religieuses. En
recevant ces désolantes nouvelles, les évo-
ques accoururent chez Vartan^ et pénétrant
jusqu'à lui ils lui parlèrent en ces termes :
u Au nom du saint Evangile, nous sommes
ici pour vous adjurer de nous dire, vous et
les princes qui vous entourent si c est par
vos ordres et de voire consentement que le
marzban Vassag et le chef des mages se por-
tent aux abominations que vous connaissez
comme nous; sll en est ainsi, commencez
par nous faire couper la tôle, avant de por-
ter vos mains sacriléf^^es sur la sainte Eglise.
Mais» s'ils font ce mal malgré vous, nous ve-
nons vous en demander vengeance dès au-
jourd'hui. » (E. V. trad. G. K, <J.,75,)
Tous les princes et autres guerriers pré-
sents s'engagèrent par serment à marcher
contre renn^ni et h l^exterminer. Un seul
ayant refusé, fut lapidé par le jjeuple. Le
|)euple d'Arménie se leva tout entier, cha-
ue guerrier enthousiasmé saisit ses armes.
^ .a uuit entière vit les préparatifs de h ba-
S' lilla, et au jour naissant, le grand camp des
. erses fut entouré, attaqué avec fureur et
^n$ d'assaut. Toute Farmée persane fut
ijEûisedans une déroute compilète. On til de
^omljj-eux prisonniers. Les plus distingués
furent internés dans des forts sous le com-
Biaùdemenl des princes arméniens. Vassag
fut pris, et lit amende honorable de s» trahi-
son. Il protesta avec serment qu'il revenait
à la foi ciirétienne, qu'il n'avait abandonjiée
que par crainte, disait-iL On ne voulut pas
le fau'e mourir pour une première faute, on
le laissa vivre. Les vainqueurs , ivres de
joie, semblaient un peuple de frères, n*ayant
qu'une âme et qu'un cœur. Mourons en ora-
yes, criaient-ils j que Jésus vive en nous et
nous conduise : il rendra h chacun selon ses
oeuvres. Bientôt toutes les places fortes que
les Perses tenaient eucore en Arménie tom-
Ikèreut au pouvoir des braves habitants du
pays. La capitale Ardachad.Karni etsa forte-
resse redoutable, l'Anie, Jeryaïnort, Arhinni
VArdakersse , Khoranisde l Dzakhanisde ,
Pardzapougnt!, Kirial, Oroden, Gaboud. Va-
sagttchad, Vaurivan, Arpauial el Olagan, tom-
bèrent successivement au pouvoir des Ar-
méniens, qui tirent prisonniers les Persans,
reuTersèreat partout les temples des idoles
«i «rborèreot partout la croix de lésus-Christ
fur les ruines des pyré^s et des autres luo-
(Xuiq^als idûlâtriqu^*
ARM 5ûg
Pendant ce temps là, les Arméniens des
montagnes de Test, sans avoir reçu d'ordres
de Varlan, avaient marché vers les pays d*A-
derbeidjan, et ai>rès avoir tué les Perses idoU-
1res, ils avaient partout détruit leurs temples.
Ce fut alors que le généralissime, inten-
dant général d'Albanie, avec l'archevêque,
vinre ït trouver le généralissime Vartan,etle
prièrent d'envoyer chez eux des troupes,
'ï car l'armée des Perses, en garnison dans
le défilé de Djgor où elle surveillait lesUurYs,
dirent-ils, est retournée et entrée dans no-
tre province; et une troupe nombreuse de
cavalerie, e\|tédiée par le roi pour la renfor-
cer, raccompagne. Avec eut sont trois cents
docleurs-niages qui ont déjà semé la divi-
sion dans la province et séduit plusieurs
d'entre nous. Ils se préparent h profanernos
églises, et s autorisant de Tordre du roi, ils
violentent les populations et leur disent :
« Si vous acceptez vol 'mtai rement la loi de
Zoroastre, vous aurez des présents el des
honneurs, elle roi vous déchargera comi
ment de vos impôts; mais si vous n'a<
pas notre croyance de bon gré, nous som
autorisés à «!»!ever dans les villes et dans _
c^nipagnes des p} rées et ày allumer desfeoi
de Yram , desappartements pour nous loger, ©t
à établirdes maKesdans tout votre pays en qua*
Htéde magistrats. Si quelqu'un s'avise de s'y
opposer, la peine de mort est déjà portée iM>nlre
lui, et sa femme et ses enfants quitteront
leur patrie pour devenir esclaves du roi. >
On réunit immédiatement tous les grands
d'Arménie, et on répondit aux Albanais d'a-
voir bon courage, d'amuser reiinemi, de
retarder scS entreprises, et qu'on allait là-
cher de les secourir. Anssit*^ ou députa en
Grèce, à remperetn^ Théodose le Jeune pour
demander son intervention. Ce fut le prince
Knounie Adoin qui fut le chef de Tauibasitade.
Il devait rendre compte à Théodose de tout ce
qui s'était passé, lui demander du secours, au
besoin ranger, s'il lefaytut,l'Arméniesousro-
béissance romaine. Il devait remettre à rem-
pereur le message suivant ;
«Joseph* évéque, eltous les évèques,
confrères , conjoinlemenl avec les tro<
d'Arménie, Vas^ag niarzban, Nerchaboul
Himposliaa, le généralissime Vartan et
les princes, à l'empereur Théodose Ces
ainsi qu'à toute son armée, salut et prospérité
« Nous savons que vous régnez sur la mer
et sur la terre par votre bonté paeilique, el
que rien de terrestre ne peut utetlre obs^
lacle à votre royauté. Les véridiques an-
nales de nos ancêtres nous appi' ' |lio
vos vaillants et vertueux pré ^rs,
après avoir subjugué l'Europe, ont subjugué
l'Asie, et que depuis le pays de Sérique ou
Sérès (t'hinej jusqu'aux contins de Galéron
(Cadiï), personne n'a pu se soustraire à leur
obéissance. Alors, nous aussi étions à eui,
et les Césars daignaient nomojer le pays
d'Arménie leur grand et délicieux tief; par
cette intime liaison, noire père et notre roi
Dritad a ret;u depuis, de vous, de louchants
témoignages de bienveillance, lorsque, peu-
dant ses jeunea années, il échappa aux mains
ésM
À
ARM
' ' ^ de SCS onclêîî qui venaient de tuer
Kost'O^s, i»t i[u'il se riMngia auprès
tdè vous, César. C'est par voinf Assistante
[HuHl a ainsi té^é sur le royaume de sou
Ï»ère, c'est \t^r vou^i que* pendant sou r^gue^
1 *i reçu la foi en Jésos-Christ dti saint pon-
]tîfe dé Rome fen y allant aven le premier
patriarche, saint Gri^goire llluminateur) par
lequel Inutes les contrt^es sombr^'s du nord
|e TAsie ont vu le jour de FEvans^ile, et
roici que maintenant les 111s de rOrient veu-
snt réteindre et nous aveugler de nouveau,
îomplaut sur l'appui de votre puissance iti-
fincible^ César, nous avons û^h fait quel-
Jue chose en nous opposant à Texécution
le leurs ordres, tuais il nous reste plus en-
Dre h faire. Nous nous préparons h la lutte»
âr nous préférons la nioi1 avec Dieu que la
^>îi* avec la tache d apostats» et si vous vou-
1 ' prêter la main, nous sauverons
i vient notre vie» c'est-à-dire celle de
l'Aïuù et celle du corps. Si vous mettez la
[joindre lenteur dans cette aftaire pressante*
Me flaumie pourra gagner d'autres pavs
le le nôtre, i^ (E. Y., trad. G. K. G,, S±}
Théodose donna de bonnes paroles et
/occupa activement de cette allai re. Il se
brt'parait h inîervenir pacifiquement, pour
obtenir que leséglises ne fussent pas détrui-
les en Orient, et pour qu'on laissât aux peu--
pies menacés la liberté de croyance et de
lîte, auand la mort vînt inopinément rén-
over. Marcien, son successeur, ne montra
^as les mêmes dis|iositioiïS. Désirant garder
[ i>aix avec les Perses, il envoya, à rinstigation
ie sesministres,EIpharios, Syrien de naîssan-
% homme infâme, trouver le roide Prrse, re-
nouveler avec lui hrs traitf^ d'alliance, et
lui promettre ouerempire ne secourrait «rau-
fcune fai^on ni les Arméniens ni leurs alliés.
celle 'nouvelle, l'espérance quitta les
^urs, fe courage y resta* Tous songèrent à
r au nombre par ta valeur. Plein de
U r* en Dieu, le peuple arménien se
prep-ira h la guerre. On leva les trouncs^ les
ince^ se mirent à leur télé. Nercliabouli
limpostian eut h délV^odre le pays versTA-
lerocidjan (frontière de Perse), Vartan, gé-
iéraliissiuie, traversant la Géorgie, dut inar-
fehf^r au secours de l'Albanie, contre te gou-
verneur de Djgor. On eut rimprudence de
'lisser le traître Va>sag, prince de Sunik^com-
flnander les forces destniées à la défense de
pinlérieur dn pays It ]>rit ceu\ d'entre les
[chefs qu'il savait les inoins attaciiés à la fui
threiietjne: Bagradouuik, Korborounik, Aba-
hrjuidJc, les princes de Vahévounik, de Ba-
l^Junik» deKàpilian, et celui d'Ourzan, Sous
pnHexte de défendre le j^ays, il s*empara de
tûules les forteresses et alors écrivît aux Per-
sescja'ilétail ivarveuu à diviser enlnxs corps
l&slorces des Arméniens : « Marchez contre
Vartan en Albanie, leur disaiMl; je ne
doute pas que vous ne le vainquiez facile-
lïient, *» Ayant reçu cet avis, le marzban
8<î|X)ukt, marcha *conlre Vartan, pas'^a le
Gour(CjTUSJ et le rencontra près de Kalkal,
*^*sidcnce d nivcr des rois d'Albanie. Vartau
«'*pt^!*tiit pas courage en voyant une arméo
ARM
ncr
ennemie bien plus forte que la sienne. Il
adressa sa prière au Seigneur, se rua sur
les Perses et les détit entièrement, Les Per-
ses fugitifs sa réfugièrent dans le Der-
bend. Vartan attaqua successivement les
places fortes, et vi\sii celles qu'il ne pouvait
garder. 11 mit iinpiloyabtenient h mf»rt tous
le.^ mages qu'il [mt trouver. Après avoir pris
d'assaut la forteresse qui gardait contre les
Huns le détilé di^ DerbenrI, Vartan cojiclul
avec eux un traité d'alliance.
Ce fut au milieu de ces succès qtie Vartan
reçut la nouvelle de la trahison Je Vassag,
Les perles des Arméniens furent peu nom-
breuses. Au nombre des soldats martyrs qui
mourtirent \\quv la défense de la foi, fut le
bienheureux. Mousche, Après sa trahison
secrète, Vassag avait levé le masque et
ravagé plusieurs provinces. Ce misérable
apostat dévasta Karni, Eraraon, Tershana-
gerd, Vartanachad, les forts d'Olagan, de
Parakbod, d'Artéans, lebourgdeDzobguerd,
le fort d'Artnavir, le bourg de Gouache,
d'Aroudje, d'Achenag, Arakas et ses envi-
rons, la ville capitale d'Ardachad et une
foule d autres lieux. Il Ibrçatous les chrétiens
d'ahandonner leurs demeures^ incendia les
églises, fvilla b'urs trésors, Ceux qui ne vou-
laient pas s'associer à ces actes atroces, n'é-
tant pas les plus nombreux dans son armée,
se retirèrent, ne se sentantpas en force pour
résister.
A ces nouvelles, Vartan reprit la route
d'Armé oie, A son approche, Vassag et ses
partisans prirent la fuite. Cet apostat alla
s'enfermer dans ses clitlteaux forts du Su-
nik. Vartan hiverna ses troupes, mais garda
une division pour corarneucer immédiate-
ment les opérations militaires. Il attaqua et
reprit tous les chi^teaux forts du domaine
royal. Tous ceux d*' Sunik qui apparte-
naient à Fajiostal Vassag furent pris d'assaut
ou réduits par la famine.
Le clergé Ut des prières, et institua des
jeûnes |to'ur célétjrer la mémoire de ces
grands évi'neraents. Vartan et les princes
tirent sortir de prison un des principaux
seigneurs persans, et lui racontèrent les
malheurs de leur patrie, les désastres des
troupes royales, et tout en blâmant leur pro-
pre- révolte, ils lui dirent qu'ils s'étaient vus
conlraints parla fausseté de quelques-uns
d*entre eux, qui en les trompant, avaient
tronqié aussi les Perses, lis lui dirent
comment le roi des Perses avait voulu les
contraindre à abandonner la foi de leurs an-
cêtres. Ils lui narrèrent les infamies de Vas-
sag qui avait dit au roi que rArménie était
disposée à nccepter cette loi tandis qu'elle
l'avait en horreur, ils chargèf ent ce seigneur
d'alb^j' trouver Hazguerd pour réclamer son
induif^ence et le porter, si faire se nouvaitr
à accoi^der des conditions de paix tolérables.
Vassag avait {^revenu déjà le roi de ce qui
s'était passé. Ilazgu'H'd, qui revenait humi-
lié delà guerre contre les Huns, sentit en*
lin qu'il était liomiue, et, domptant lafouçue
de son caractère^ il dit : « Quel mal ai-je
donc fait? Ai-jo jamais causé du tort, je ne
m
dis pas à une naiioD et à une famille, mais ^
à un simple iodiTidu 7 Est-ce qu'il n'y a pas
dans ce pays des héros soumis à mon scep-
tre, quantité de doctrines et de religions,
que cnacun exerce en toute liberté ? Qui ja-
mais les a forcés de se soumettre à une
seule loi, celle des mages ? Quant à la reli-
gion chrétienne, comme les chrétiens sont
les plus fermes et les plus tidèles observa-
teurs de leur loi,* nous estimons que c*est
un meilleur culte que tous les autres, et per-
sonne ici n'aura la liberté de jeter sur cette
profession de foi la moindre tache, car je
pense qu'elle peut marcher de pair arec no-
tre loi à nous, oui sommes de la race des
dieux. Je tiens ae mes aïeux, quiontoceupé
avant moi ce grand trône, que de leur temps
le ^ chrétiens étaient estimés des rois et du
peuple ;caralorsonQtexaminer tousiescultes
qui existaient dans l'empire, et il fut reconnu
que celui des chrétiens était le plus pur et le
plus sublime.Cefut pour ce mot il qu'ils furent
chéris et respectés a la cour et dans tout le
royaume ; nos pères les élevèrent en dignité
et les comblèrent de marques de muniGcence
è la cour ; ils pouvaient entrer librement en
Perse et en sortir de même, et ils allaient par-
tout tête levée. Ceux qui sont les premiers
des prêtres chrétiens et qu'on appelle évo-
ques, étaient bien vus à la cour et recevaient
souvent des présents du roi comme de vi-
?ilants magistrats et de fidèles préfets. Sou-
ent on leur confiait les administrations
dans les provinces éloignées, et les affaires
du royaume marchaient bien. Mais vous,
aiouta Hazguerd, en jetant un regard déco-
lère sur ses courtisans, vous ne m'avez pas
rapjielé ces faits; au contraire vous m'avez
toujours fatigué les oreilles de toutes sortes
de noirceurs , vous m'avez fait faire ce que
je ne voulais pas, et vous le voyez, il en est
résulté desdommages irréparables dans mon
empire, entre deux ennemis implacables.
Durant mon voyage lointain, je n'ai pu rien
terminer concernant la Kuerre, et voilà qu'ici
vous excitez des querelles dans ma maison;
vous me mettez encore sur les bras une nou-
velle guerre qui sera pire que celle des en-
nemis du deliors. » ( E. V., trad. G. K. G,
97.)
A ce langage du roi, les visirs et les
mages furent accablés de honte et de con-
fusion. L'un d'eux pourtant dit : « Tout ce
que vous venez de nous dire n'est que trop
vrai, ô roi ; mais il est vrai aussi que vous
pouvez subjuguer tout selon votre volonté,
et que rien ne peut se soustraire à votre
puissance, car les dieux vous ont accordé
de réussir dans toutes vos entreprises. Ne
nous faites donc pas de la peine et n'accablez
Das nos âmes sous le poids de votre déplaisir.
Peut-être la fin de cette entreprise sera-t-elle
plus facile que le commencement? Ayez pa-
tience et indulgence, laissez à ces chrétiens
le libre exercice de leur culte, et par ce
moyen vous ramènerez bientôt les rebelles à
l'obéissance. » (E. V., trad. G. K. G., 98.)
Le roi eut l'air de se rendre à ce conseil :
il accorda uuo amnistie générale aux chré-
ARM
31i
tiens, fit sortir de prison tous ceux qui s y
trouvaient. Pour mieux masquer ses desseins
secrets, il força les apostats qui s'étaient
soustraits aux pénitences publiques à s*y
soumettre. Il prononça aussi la restitution
de tous les biens qui avaient été saisis. En
retour de cela, il demanda que les insurgés
d'Arménie lui donnassent des garanties de
leur soumission. 11 envoya à Constantinople,
pour s assurer encore que de ce côté on ne
soutiendrait pas les Arméniens. 11 écrivit à
ces derniers, qui, s'apercevant de son des-
sein, se dirent les uns aux autres : « Com-.
bien cette fourberie rovale est audacieuse et
maladroite! Mais voilk deux et trois fois
qu'Hazguerd échoue dans de pareilles ruses,
et il n*est pas encore honteux ? Son but est
visiblement de nous désunir et de relâcher
les nœuds qui nous lient. Est-il possible d'a-
jouter foi à ses discours frivoles? Quel biea
avons-nous vu ou entendu dire qu'il ait lait
aux églises de Perse? Comment les méchants
peuvent-ils faire du bien aux bons? Celui
qui marche dans les ténèbres peut-il guider
les autres dans 'e sentier de la lumière et de
la vérité? Comme la justice ne peut naître
de l'injustice, aussi la vérité ne peut surgir
du mensonge. 11 n'^ a point de paix à atten-
dre d'un cœur qui aime la discorde et la
perturbation. Nous qui sommes des élus
1>ar la grâce de Dieu, et affermis par la foi et
'espérance en Jésus-Christ ; nous qui avoni
confessé et confessons toujours fermement
que le Christ est vrai Dieu, qu'il est veau
f)armi nous, qu'il est né d'une vierge dans
e sein de laquelle il a pris un corps sembla-
ble au nôtre, corps qu'il a uni à sa divinité;
qu'il s'est cliarge de nos péchés, qu'il a été
mis sur la croix, puis dans le sépulcre, qu'il
est res uscité et monté au ciel en présence
de ses disciples, et qu*il est assis à fa droite
du Père ; nous qui croyons à son surprenant
et glorieux avènement dernier où il ressus-
citera les morts, renouvellera la vieillesse
des créatures et rendra aux justes et aux
pécheurs selon !eurs œuvres, nous ne nous
trompons pas comme des enfants, nous ne
nous égarons pas comme des imprudents,
nous ne nous laissons point séduire comme
(les ignorants ; nous sommes prêts à subir
toutes les vexations, et nous invoquons saps
cesse la clémence de Dieu, afin qu'il nous
accorde de finir nos jours dans la même foi
dans laquelle nous sommes nés, et que nous
devions ce bonheur à notre courage et non
à notre faiblesse. Maintenant tout 1 Orient et
tout l'Occident savent que Hazguerd a dé-
claré la guerre au vrai Dieu, et qu'il veut
nous massacrer injustement, en récompense
des nombreux services que nous lui ayons
rendus. Nous prenons à témoin les cieux
avec tous les êtres célestes, et la terre avec
tous les êtres terrestres, que nous ne som-
mes pas coupables, non pas même dans nos
pensées, ni d'intention. Au lieu de nous ré-
compenser'par des dons et par des largessest
le roi veut nous priver de notre véritable viCi
et il est impossible que nous le permettions
ni présentement ni plus tard. Comment
IBM
m9-*wms croire les paroles de paix
oucheindigne qui nous forçait naguère
slasie? Par quelles boûties actions
érilé la grâce du ciel, dans son cœur si
I pour nous annoncer cette bonne
le? Si celui qui bksphémflil habi-
»enl le nom de Jé:5US'-Chrîst et qui
ait les fidèles à rapostasie, nous fait
l*hui qiielques concessions, assuré-
est malgré lui, et nous ne devons pas
îpter légèrornenl, Celui qui jurait par
X dieux d'exterminer les prêtres de
Ihrisl, en leur faisant soulTrir toutes
do supplices » vient nous prodiguer
il est clair que ce n'est que fourbe-
istuce et pour nous tendre un piège
Nous ne rltjvons donc p/^s le croire, ni
\v sa mensongère amnistie. » (E. V.,
&,K.C,, 101).
puerd, voyant que ses fourberies n*a-
pas pu réussir, résolut de jeter le
K U tit revenir son ancien raiuistrc
9 homme habile et artiûcieux, et lui
les forces nécessaires pour arriver à
e complètement l'Arménie. Aussitôt
vieux visir fut arrivé, il s'entendit
apostat Vassag, qui lui livra tous les
capables de procurer la luine de son
Ce lûelie déserteur jïarvirit, imr ses
5 1 à ne pas laisser aux Arméniens
alliance que celle des Huns. Le mi-
:iersan, Stichant que Vartan avait en-
oixante mille hoeimes sous ses ordres,
sorte de pouvoir bientôt lui en oppo-
,riple. Il laissa tous les généraux sous
resde Mouchgan-Minsalavourd, h qui
mmanila de se couduire evn tout par
iseils de Vassag* Lui serendil à la cour*
jau roi Tinfanùe de V'assag, qui, pour
les Perses, avait trahi son [>ays et jeté
île sur ses anciens crimes, Hfizguerd,
^nier point irrité contre Vassag, jura
J écbanpait à cette guerre, il le feiait
r cruellement j)our expier toutes ses
an, ayant convoqué toutes ses troupes
I ville d'Ardachad, remplaça dans les
mdements les princes qui élaienl en-
ms le parti de Vassag* Il se trouva à la
e soixante-six mille boniraes, tant ea-
; que fantassins. Il leur adressa l alla-
suivante :
Oie SUIS déjh trouvé h beaucoup de
es, où plus d*un de vous qui raY'cou-
tîez avec moi. Dans quel(|ues-uns de
>nibats nous avons remporté la vic-
daos d*autres nous avotis subi des
ïs, mais nous avons été plus souvent
leursque vaincus- Dans toutes ces oc-
iS, cependant, il ne s'agissait que d'une
céleste, parce que nous combattinns
)rdre du roi temporel; le déserleur et
[ilif y étaient réputés vils et ignobles
monde, et ils subissaient une mort
dtié que le roi leur faisait donner pour
iiir de leur lâche conduite* Celui qui
jporlalt vaillamment, au contraire était
'* du titre de brave, et cet honneur re-
uul sur toute sa famille ; il recevait en
|y^
AIIM S14
outre des présents magnifiques de la part du
roi temporel et mortel. Nous portons tous
des cicatrices qui nous ont valu des disline-
tions et des récompenses; mais je regarde
comme des choses de néant ces actes d'hé-
roïsme aussi bien que tous ces honneurs et
toutes ces dignités, car ce sont des choses
passagères et périssables. Si nous avons fait
preuve décourage pour complaire a un roi
mortel, combien fi'en dêvons-nous pas mon-
trer davantage dans !a cause de notre roi
immortel qui est maître <les vivants et des
morts, et qui juge et récompense tous les
hommes suivant leurs œuvres* Quand nous
prolongerions notre vie jusqu'à une extrême
vieillesse, îl faudrait finurtaut^ la fm quitter
notre enveloppe morteUe. H*Uons-nuus plu-
tôt d'aller chez le Dieu vivant dont nous ne
serons jamais séparés. Je vous en prie, ô
mes braves compagnons, je vous en conjure
humb!<^menl, car plusieurs d>ntre vous me
sont supérieurs en vaillance et en dignité
de famille, marchez sur les traces de vos
valeureux pères. Et pnist|ue vous m'avez
choisi volontairement pour votre généralis-
sime, écoulez attentivement mes paroles, et
imissent-ellos trouver de la sympathie dans
le cœur des chefs et des soldats* Ne nous
laissons etlrayer à tourner le dos ni par la
grande multitude do ces païens, ni par los
épées tranchantes des hommes mortels; si
Dieu nous donne la victoire, nous les ferons
tous passer par les armes, afin que la sainte
cause de la vérité se relève ; si au contraire
les jours de notre vie sont tranchés par la
mort, dans ces batailles saintes, nous nous
résignerons sans murmure. Mais surtout, 6
mes frères d armes, que jamais la moindre
lâcheté ne se nmiUreni dans nos conseils ni
au milieu de nos actes de bravoure. J*ai
toujours présente à la mémoire, et quelques-
uns d'entre vous se le rappellent ainsi que
moi, Taction par laquelle nous trompûmes
et nous déçûmes cet nu pie Hazguerd comme
un enfant simple* En apparence et par poli-
tique, nous souscrivîmes à ses volontés sa-
crilèges ; mais en secret, et dans le fond de
notre pensée. Dieu est témoin que nous lui
étions fidèles. Nous ne feignîmes pas ainsi
par t)eur de la mort, notre seule intention
était de délivrer nos proches et notre patrie,
qui couraient le plus grand danger. Nous
voulions nous réunira eux,atin de [lonvoir
opposer une résistance ternie à ce roi impie
ou par la guerre ou par la paix, alin de con-
server la religion sainte que nos pères ont
règne de Dieu. Maintenant, si nous n'avions
pas le bonheur d«î pouvoir venir en aide ni a
rArménie, ni h nos familles, il est impossi-
ble que pour leur amour nous échangions
Dieu pour l'bomine. Récemment, dans deux
ou trois batailles, nous avons, av^^c Faide
puissant de Dieu, remporté des victoires
éclatantes; nous avons battu et dispersé
comme de la paille les troupes du roi, mas-
sacré sans merci les mages, et purgé le pays
en plusieurs endroits de labomination de
Hdolâtrie, enlinnous avons foulé aux pieds
et eiïacé 1 ordre exécrable d^Hazguerd. L'a-
F
èit
ÂEH
ARM
S4«
gilatien de la mer s*esl a^>aisé0, les flots
iiioiila;jneux se sant apîains, récume s'est
anéantie et la rage hrulale de noire tyran
s*est c^aliuée. Celui uiii taoïiait sur hs fiuagf s
en oous pariant, dfîsrendit dr sa hauteur
accoutumée, et se fit bumbte devanl nous ;
celui qui rroyait avec une seule p*irole de
coinmamleiuent venir h bout de ses projets
impies contre la sainte Eglise, le voilà arrivé
h se mesurer avec nous, les ariui^s, lare,
la lance et Tépée h la main. Il voyait dans sa
vile pensée que nous avions revêtu le chris-
tianisme counne un vêtenient, ICst-re qu'il
peut cJiaoger la couleur de la chair? Et quand
même il y jKirviendrait, notre changement ne
serait pas nioifis impossible; car les bases de
notre cî'oyanee sont jiosées sur la jiicri'c im-
ûiuable, non pas sur la terre, mais au haut
du ciel où il n'y a oi pluie qui tombe, ni
tempêtes qui soufllent, ni h>rrcnts qui inon-
dent, où rien, en un mol, ne peu! l'ébranler.
D'ailleurs, s*il esl vrai que nous tenons h la
terre par nos corps, il ne Test (ïas moins
que nous nous sommes bilti au ciel cet édi-
lice de Jésus-Christ où nul ne peui porter
les mains.
« Courage donc, ômes amis î attachez-vous
fermement h notre vrai général ea chef, qui
«'oubliera pas vos actes de vertu. Courag<.%
Tertueux conqiagooos 1 c'est une grâce di-
TÎne, où son pouvoir le plus subliine se ré-
velle, qu'il *i accordé à notre f^iible nature
hunjaine et non pas aux anges, mais à
nous, pour mourir comme téuioinsdc la di-
vinité de Jésus-Clirisl. Si nous avons exler-
rainé les ennemis de la loi divine, depuis
peu, de notre légitime révolution nous avons
obtenu, pour nous et pour nus lamilles» un
glorieux renom dont on se souviendra daiîs
FEglise, et nous ^turons lieu d'espérer une
récompense céleste de Notre-Seignt'ur, ré-
compense proportionnée à la pureté d*^ nos
luotus et à l'héroïsme de nos actions. Mais
$i nous avons le bi>nheur de niouru' en dé-
feodaut celte* sainle cause, quelle couronne
ne nous est pas promise ? Moiuïr pour scrl-
1er rEvangile de noire sang, conime a fait
Jésus-Clirist que les êtres célestes se mon-
Ireut jaloux d'imiter ; mourir pour la reli-
Ifion Ifth ! cette grâce insigne ne sera pas ac-
cordée k tous, mais seulement à ceux que
Je Seigneur a prédestinés ; elle ne sera pas
redet de nos mérites, mais des libéralités
du Seigneur; car, ainsi que nous Tapprend
l^Ecrilurc, ou les }>échés abondent, la giclre
divine surabonde. Et en vérité, mes amis,
rapplicâtion de celte senteïJce nous convient
mieux ^m'à qui que ce soit; car nous, oui
avions passé devant les hommes pour de k\-
cbt^s apostats, nous serons jusliliés aux veux
des anges, des bonnnes et du Père de f uni-
vers* Lorsqu»^ les houunesnous crurent cou-
pables d avoir sérieusement renié notre fi>i,
teaucoup de larmes furent versées pour
nous dans la sainte Eglise et au milieu de
nos laïuillei,. Nos proches compatriotes, Icv
vaiit Tépée coutre nous, nous meaacèrent
d'uiio mort atfreuse ; nos serviteurs évi-
taient ii<;tre âti^TOche et prenaient la fuile
en nous voyant venir. Les pleiifs dans les
yeux, la plainte et le reproche h la bauchet
nos amis coreligionnaires lointains, qui ne
savaipnt pas ce qui se passait dans nos C4jeurs,
nous chsrgèrcnt d injures et d'outrages par
ignorance. Sans doute, cette scène de la
terre se répétait dans le ciel, et les anges da
Dieu dctoornaietii la tète, atin de ne pas
nous voir dans cetJe triste position. Voici
le moment d'ellacer de nous toutes ces infj-
nn'es. Alors nous étions affligés et abattus
par la douleur; nous sommes consoiés, atii-
més intérieurement et extérieurement, car
nous sonnnes certains nue Dieu est avec
nous et qu'd nous conuuit. Ce n'est poim
un général comme un autre qui nous eom-
m:mde, mes camarades, c'est le général de
tous les martyrs. La peur est un signe d'in-
cnHluhté ; depuis longtemps cette incrédu-
lité nous est étrangère : que la peur donc
soit à jamais bannie de notre pensée et de
noln^ es[irit î n (E. V., trad. (i. K. G,, 117*)
Un [premier corps de triiu;>es que Mouch-
gan «envoya [ïour dévaster le [v\y%, fut tailW
en pièces par les Arméniens. L'aiiostat'Vas-
sag renouvela alors la promesse ne la liber-
té du cuite au nom du roi de Perso ; mais
personne ne le voulut croire. On se prépara
k c<unbaltre sur Tordre de l'évêqueiosepti;
le bienheureux prêtre Léonce prêcha les
trouj>es et s'exprima ainsi
« ka]>peîez à votre mémoire, A braves Ar-
méniens, les anciens patriarciies qui ont
vécu dans chaqtie siècle avant Tavénemeat
du (ils do Dieu, Notre malheureux sort,
après oous avoir refioussés du délicieui
Kden et jetés dans cette vallée de larr: ^
été cause que nous n^ms sommes i
sous la puissance tyrannîqne du péctjc* • l
que, corrompus par notre lïi>re vfdonlé, nous
avons comnjis des actions coupables qui fiil
excité k» roli re du Créateur, et forcé le j'ij^e
ruiséricordieux à nous punir dans sa justire
C'est alors que Dieu ordoïina à la mer cé-
leste de verser sur la terre ses Qols de pluie,
et que les mers terre^^lres et les torrent^
cactiés d.ms les efi( railles du globe, se »ic-
bordant de trjus eûtes, semblèrent vouloir
se confondre avec les nuages; ainsi les eaui
su[)éneures et intV^rieures furt*ul les instru-
ments de supplice porté coulie nous, [lar
suite de nos jiéchés, car nous n'avions pas
de média em-. Je citerai d abord pour exem-
ple le i^alnarch*» Noé, ce juste qui marcha
devant le Seigneur avec un cœur parfait, qui
apaisa la colère de Dieu et qui fut, pour
ainsi parler, la seconde' origine de Tesf^e
humaine. Je f itérai pareillement Abraham,
ce juste qui ?ubit glorieusement une éfireuvc
si rude ; il avait re<;u Isaac, son fds unique,
de la bonté de Dieu, et il consentit à ie lui
olfrir en sacritice. Ce sacriîice inachevé fui
ie ty[)c qui ligura rmcarnation du Fils de
Dieu, qui, par ses liens, par son sacrifice et
par sa mort, a anéanti le pouvoir de I/* mori.
Or, si la tiiort est tuée par ta mort, n
devons pas balancer à nous rendre pdi».*.-
liants de la mort de Jésus-Cbrîsl, afin da
vivre de son immortelle vie. Rappelez-TOfdS»
ui
ARM
ÀRll
M8
6 TertQMt chrétiens, le grand Moïse, <mi
supporta le contraste mystérieux avant d a-
Toir tUeint l'âge d*homme ; la famiilo do
PharMD* roi aEgypte, le recueillit, le fit
élerer, fui tout entière à son service, et,
sans le vouloir, son |>ère nourricier. Lors-
que le moment que Dieu avait marqué dans
ses décrets divins pour délivrer les Hébreux
de Tesclavage fut arrivé. Moïse fut média-
teur entre le ciel et la terre, et le Seigneur
lui dit : Je vous ai établi comme Dieu sur
les BK7PtÎ60s; car, où la majesté divine vc-
oâîtToffenser, lui-même vengeait les Egyp-
tiens ; mais où la révélation divine lui com-
mandait, il opérait par sa baguette de gran-
des el merveilleuses vengeances Si
Moise est regardé comme le premier des pro«
K' 'les, t'est qu'il se sanctifia plutôt par
ueoup d'eflùsioo de sang, et non-seule-
■leotil répandit le sang de Tétraillger, mais
il ùépÊÊFfgoB pas, par son saint zèle, celui de
sa nation même, qui tivait échangé au dé-
sert le Dieud'braël pour un veau. Si Moïse
vengea de si loin Thonueur du Fils de Dieu,
qui était encore à venir, nous qui l'avons
TO, qui jouissons des dons célestes et ma-
gBifiques de sa {prâce, combien plus ne do-
▼oo^noas pas nous montrer les vengeurs
de la présente vérité. Il s'agit de défendre
rbonneur de celui *qui s*est oiTei t de lui-
même à la mort pour nos péchés, et qui
nous a délivrés ainsi de la damnation éter-
nelle. Allons donc nous jeter au-<levant de
le mort pour obtenir une gloire immortelle,
el nous ne serons pas moins que les pro-
Ëbètes des temps anciens, les veng^mrs de
ieu. Rappelez-vous le grand Pbinée, qui,
égorgeant des Hébreux pondant la guerre,
expia raboBiination dont ils s'étaient rendus
ccMLpablas, ei la première dignité du sacf^r-
doce fut ^armie dans sa famille de siècle
en siècle. |Uippelez-vous le saint prophète
Elie, quit indigné de TidolAtrie d'Achab, et
par un zèle juste, massacra do ses mains
nuit cents hommes. Ajoutez les cent hom-
mes qu*il fit brûler par le feu du ciel, et qui
furent condamnés au feu étemel ( Liv, IJl^
MoiSf xui). Après avoir ainsi vengé la sain-
teté du Seigneur, il fut enlevé au ciel dans
un char de feu. Et vous, chrétiens, vous
o*ètes pas moins intéressés à venger cette
cause divine, non pour que Dieu vous en
féoompense en vous envovant des chars
pour TOUS emporter au ciel par le chemin
des nuages; mais lui-même, le Dieu des
chars et des coursiers, dans un appareil ma-*
f nîfiaue et entouré de ses légions d*anges,
Tiendra au-devant de vous, et à chacun, sui-*
Tant ses dispositions, il fera croître des
ailes pour le suivre, et nous irons haititer
son rograume. Mais à quoi bon répéter tout
ceci à de braves et fidèles serviteurs de
Dieu? plusieurs d'entre vous sont plus ver^
ses que moi dans la science des saintes Ecri-
tures. David, dans son enfance, abattit,
avec un caillou Goliath, grosse tour de
càair, sqns s'efrayer de Ténorme sabre de
cegéapt; il mit en pleine déroute Tannée
dis lniiiiWf Mut^a aon peuple de la mort et
de l'esclavage, et fut la tige des rois dlsraël.
Il fut plus encore , puisqu'il eut l'insigne
honneur d'être nommé père du Fils de Dieu.
Celui-ci ne fut ainsi nommé que par la né-
cessité des temps ; et vous, véritables en-
fants de la grâce, vous, nés du Saint-Esprit,
vous êtes enfants de Dieu et héritiers par
Jésus-Christ ; aucun n'osera vous enlever
votre part d'héritage si vous méprisez les
menaces et les promesses des idolâtres qui
veulent vous rendre illéffitimes et vous faire
déshériter de l'éternelle félicité.
. « Rap|>elez-vous les chefs des armées d'Is-
raël : Josué, Gédéon, Jophté et tant d'autres
qui, pour venger la vraie religion, ont battu
et dispersé les armées des naïens et purgé
la terre de l'abomination de l'idolâtrie. Sûrs
qu'ils faisaient un acte de justice, el forts de
la pureté de leurs intentions, ils ne craigni-
rent point d'appeler au nom de Dieu les élé-
ments mêmes à leur secours, en sorte que
le soleil et la lune, quoique privés d'oreilles,
entendirent leurs ordres et y obéirent. La mer
et les rivières leur ouvrirent un passage au
milieu de leur lit, et les remparts orgueil-
leux de la ville de Jéricho tombèrent au bruit
seul de leurs trompettes. C'est ainsi que de
siècle en siècle, tous ceux qui firent des ac-
tes d'héroïsme pour la foi, furent applaudis
des hommes et justifiés devant Dieu. C'est
le même Seigneur qui règne depuis le com-
mencement des choses jusqu'aujourd'hui et
qui régnera dans les siècles des siècles. 11
ne se renouvelle pas, car il ne s'use pas ; il
ne rajeunît pas, car il ne peut vieillir ; il no
varie ni ne /change dans sa nature divine ,
ainsi qu'il le déclare lui-même par l'organe
de ses prophètes : Je suis^Je suts/dii-iUcelui
qui est ; j existe toujours le méme^ depuis le
eommencement ; je ne cède pas ma gloire à un
mulre, ni ma puissance aux idoles.
« Sachant tout ceci, mes vertueux frères,
jamais la lâcheté n'aura la puissance de nous
énerver. Loin de là, nous marcherons avec
un cœur et une foi fermes sur les ennemis
qui s'avancent contre nous. Nos espérances
ne sont pas simples, mais doubles : si nous
allons mourir, nous sommes assurés de vi-
vre; si nous donnons la mort, nous vivrons
pareillement devant Dieu. Souvenez-vous
des paroles de l'Apôtre. Soyez^ dit-il, dans
les mêmes sentiments que Jésus-Christ : au
lieu de la béatitude du ciel, il a accepté les
souffrances et la mort de la croix ; c'est pour
cela aussi que Dieu l'a souverainement élevé et
lui a donné un cœur qui est au-dessus de tout
Butre nomj afin qu'au nom de Jésus j tout ce qui
est dans les deux, sur la terre et sous la terrSf
fléchisse le genou ( Philip, n, 5 ). Car ceux
oui sont unis h Jésus-Christ et qui le voient
des j^eux de l'âme, contemplent clairement
l'invisible lumière de ce mystérieux soleil
qui, à toute heure et à tout moment, est
levé sur l'horizon des deux. C'est ainsi qu'il
attire le regard pur et sanctifié à apercevoir
des objets inaccessibles eux êtres créés et à
l'adoration du mystère de la très-sainte Tri-
nité. Or, celui qui a eu le bonheur de s'é-
lever ainsi en ftme et en esprit sur les hau-
319
ARM
tt'urs du ro^^aunie des béatitudes, participe
eo vérité à la bf.'atilmle des élus et jouit de
consolations ineûfables. Jamais, non jamais,
mes nobles seigneurs et mesbien-aimés frè*
res, jamais nous ne redescendrons de ces
hauteurs divines sur la terre pour nous traî-
ner dans ses passions; nous fixerons notre
demeure dans le lieu céleste où nous avons
porté notre pensée, sans aucun souci des
choses d'iei-bas : car, en jetant un coup d'ueil
sur la terre, nous n'y voyons que pourri-
ture, impuretés, abominations ; partout des
plaintes et des alllictions, partout misère,
pauvreté, souffrances, oppressions do la
partd une foule d'exacleurs, vexations tj-
ranniques de la nart de notre prochain, faim
et soif du c6té de la natuï-e, avec le froid de
lliiver, la chaleur de Tété, les maladies im-
prévues, les douleurs de la mort, les craintes
du dehors, les terreurs du dedans, toutes
choses qui tourmentent le genre humain.
Beaucoup désirent la mort avant qu'elle
arrive, et s'en vont contents lorsqu'elle
vient. Quant h ceux rfui jouissent d'un bon-
heur apparent sur la terre, qui nagent pour
ainsi dire dans les délices et dans TopU'
lence durant cette vie périssable, et qui s en-
orgueillissent des honneurs et ûqs dignités
de ce monde, ils sont privés delà vraie vie.
Et quelles perversités ya-t-il, qui ne soient
entremêlées avec leur jouissance de gran-
deur î Confiscation du bien des pauvres,
inipudicité dans le saint mariage, enfin ils
sacrifient h chacun de leurs vices comme à
un Dieu, et l^adorent, et ils sont tous hors
du chemin delà vraie vie. H est évident
que Tunivers et la matière qui le compose
sont une création de Dieu ; c*est pourtant
celte matière qui est l'objet du culte des
païens, qui sont eux-mêmes des parties de
cette matière qu'ils adorent. Donc une par-
tie est au service d*une autre partie, et si
une partie de ce monde est corruptible, tou-
tes les autres sont essentiellement destruc-
tibles. Il est, en outre, indispensable qu'en-
tre ces diverses parties il y en ait qui soient
supéri^^ucis ou hiférieures aux autres, et ce
qui e^t supérieur ici-l>as à tout ce qui s y
trouve, il n'est pas difficile de vous aperce-
voir que c*est rhomme, la plus sublime des
créatures de Dieu en ce monde. Or, dans le
culte des païens, les adorateurs sont au-
dessus des elles inanimés qu'ils adorent,
ce qui prouve assez à quel point ce culte est
absurde. Ils ne servent pas le vrai Dieu
qui se fit homme, ils adorent aveuglément
et obstinément les créatures, et ils seront
jugés et condamnés un Jour sans excuse de-
vant b tribunal de Dieu.
« Courage donc l rejetons loin de nous les
erreurs de ces pauvres égarés, nous Icsplai-
gqoDÂ comme les plus faibles d'esprit et plus
misérables quêtons les hommes qui ont fait
fausse voie volontairement et non par con-
trainte, et qui ne rentreront jamais dans le
chemin delà vérité; mais nous, dont la grâce a
éclairci la vue, nous voyons la lumière céles-
te, et les ténèbres extérieures ne seront pas
notre partage, car la vraie lumière est venue
kW
Eour ceuï qui étaîeni assis dans les tér>è-
res, mais ils n'ont pas voulu la recevoir
par aveuglement. Vous qui l'avez embrassée
par la foi, vous n'êtes plus des étrangers, des
llls dénaturés, mais des enfants chéris et pos-
sesseurs du bienheureux séjour de la ville
céleste , où règne celui qui nous dirige
dans la voie du salut, celui qui combattit
liéroujucment sur la len-e, et qui enseigna
sa fermeté aux apôtres, qui furent ses sol-
dats et ses lieutenants. Aujourd'hui, grâce «\
leurs prédications et à leurs exemples, c'est
vous qui les remplacez sur la terre, vous oui
êtes ailermis et armés par la foi contre les
ennemis visibles, qui sont satellites des in-
visibles, et contre leurs noires manœuvres.
D'une manière ou d'une autre, vous ne trou-
vez man^iuer d*ètre triomphants sur tous les
deux, souvenez-vous que ce fut ainsi, lors-
que Notft-Seigneur fut regardé comme mort,
qu'il remporta une victoire éclatante sur le
démon, qu'il dispersa les ennemis, s*empara
du butin, délivra les esclaves et distribua
des présents et des honneurs à tous ses amis,
suivant leur mérite et leur vertu.
*t Vous savez qu*au temps passé et dans
d'autres occasions, lorsque vous marchiez
au combat, il était d*usage que beaucoup de
prêtres vous accompagnassent dans leearop,
et qu'au moment de combattre vous les lais-
sassiez dans un lieu de siireté, après qu'ils
avaientprié pour le succès de vos entreprises;
mais aujourd'hui, voilà lesévèques, les prê-
tres, les di/icres, les psalmistes et les lecteurs
aurailieu de vous avec tout leur cérémonial*
Ils se sont armés spirituellement pour vous
suivre à la guerre et pour attaquer avec vous
les ennemis de la vérité ; ils n'ont pa« h
nujiodre peur de la mort , car ils
mieux la recevoir que îa donner, i
Î présent, par les yeux de la foi, ils oui vu
es supplices des prophètes; maintenaal,
par les veux du corps, ils voient vos combats
3ui font de vuus tles martyrs. Vous voyeï,
0 votre côté, eu esprit, les tourments de*
apôtres et le massacre des martyrs, et vuus
vous tenez prêts à les accomplir aussitôt tous
les deux. Souvenez-vous que ce fut par leur
mort que se fonda la sainte Eglise, et que
TetTusion de leur sang fut un triomphe cé-
leste aussi bien que terrestre. Ainsi, iusquau
second avènement du Fils de Dieu, le méiDC
triomjdie héroïque s'opérera par les mêmes
supplices, n (E. W Irad, G. K, G,, 125.)
On [livra une batailte sanglante, acharnée,
dans laquelle les Arméniens eurent moins
dliommos tués que les Perses ; mais dans ta-
quelle, ayant perdu leur général Varlan, ilsfu-
rent obligés de quitter le champ de batadie.
Oiîo'osapas les iKJursuivre. Les Perses eurent
3ù%ï liomines tués, parmi lesquels neuf grands
satrapes. Les héros martyrs qui tombèrent
du côté des Arménii.'ns furent : « de la famille
de Mamigonien, Varlan avec 133 hommes;
de la famille des Korkorounik , Khoren avec
19 hommes; de la farailte de Balounik, Ardag
avec 57 hommt'S ; de la famille des Kintunik,
Daja<l avec 10 hommes; de la famille des
Timaksiank, Himaiag avec 2a horcmes ; de
Aft3l
lîlle Kdtcperounik, le jeune Nerseh
hotûraes ; de la famille des Kinounik»
i avec 3 hommes ; de la famille des In-
\rseû avec 7 harntaes ; de la famille
rouansdiank, Karakio avec 2 frères et
>nirrTos, En tool 287 personnes, les 9
s princes et les personnes de leur fa-
de ia maison irArdzonraanik et de la
n royale , qui succombèrent dans la
e. Outre ces 287, il j eut emiore 7V0
mes qui succombèrent dans la même
^e, et dont les noms sont inscrits au
de vie. Tous ensemble forment lo
re de 1036, qui restèrent sur le champ
aille. (E, V„ trad. G. K. G., Ul),
iaglira enfin les Persesdela stupeur dans
le ils étaient, et leur persuada entmde
ler contre les châteaux forts du pays,
étaient retirés les Arméniens. Ils vin-
nettre le siège devant une forteresse
fiait réfugié un corps assez considéra-
Arméniens. Ils envoyèrent plusieurs
ers les assiégés, leur^jromettant avec
als faits sur rÈvangile, la vie sauve
e rendiuent; les prêtres y cooscnli-
les soldats refusèrent. Enfin, les vivres
uanl, les Arméniens durent mettre bas
mes. Vassag, sur V heure même et de
roîd, fit égorger deux cent treize jier-
s* L'évéque Joseph avec le prêtre
;e, et d'autres ecclésiastiques qui s'é-
r réfugiés dans ce fort, assistèrent à
Iffreuse boucherie ; ils iiénissaient les
les. Au moment où on allait les frapper,
ippelèrent au roi, accusant Vassag l'ora-
Weur de toutes les calamités de leur pa-
Le général n*osa les faire mourir ; it fit
pment fou citer Joseph et Léonce, et
tgarder avec soin. Quant aux autres^ il
renvoyer dans leurs demeures. La
ttX des Arméniens» ne croyant pas à
lisUe promise par le roi, résolurent de
pries armes à la main, ou bien de fuir
Iles contrées inaccessibles. On vit d'im-
ts mullitudes, hommes, femmes et en-
gagner les montagnes qui environnent
Mhie, se répandre dans les cavernes,
èr le creux des rochers. Beaucoup se
lèrent jusque dans le nord» vers le
des Chalibes, où le soleil hiit h peine.
Mrik, aux contrées impénétrables» en re-
n grand nombre; d'autres se réfugié-
dans les forêts d'Ardzak.
jfBàg reçut bientêt de nouveaux renforts.
^1 assiéger une forteresse* située sur la
jifgne de Gaboud. Les assiégés ne vou-
I pas croire les fallacieuses promesses
l^ur faisait. Un prêtre, nommé Archen,
Îlu3 de confiance» et descendant de la
fesse, vint engager les généraux per-
m la douceur envers ce peuple inno-
|ui défendait sa vie et son culte; il s'a-
p à Vassag et lui rappela ce qu'il avait
liiis. Celui-ci le Ot cnarger de chaînes,
ique ses compagnons, et les fit traîner
t les autres ca|»tifs. Dans le cours de
évaslations, plusieurs sorties furent fai-
kfir les Arméniens, qui furent fatales
[ierses* Ceux de la forteresse de Demo-
rik parviDrent mémo jusque sur les terres
des Perses et les ravagèrent.
Les guerriers du Khagdik firent dans le
val de Daik une sortie qui força les Perses
h évacuer la contrée. Dans cette circon-
stance, les Arméniens perdirent un de leurs
plus braves défenseurs, k* prince Hemmaiak»
frère du généralissime Vartan, qui resta sur
le champ de bataille. De leur côté, ceux qui
s'étaient retirés dans les forêts d*Ardzak»
pressèrent tant les Huns de se souvenir de
leur alliance avec TArménie, que ceux-ci
rassemblant de nombreuses trou[»es» sejetè-
rent sur les terres des Perses, et y exercè-
rent de grand ravages. Le général persan
qui commandait en Arménie, de plus en
plus irrité contre Vassag, qu'il regardait
conmïé la cause de tant de désastres dont il
recevait coup sur coup la nouvelle, se retira
complètement et rentra en Perse. Le roi, qui
fut forcé de rabattre de son orgueil, ne sa-
vait ouc décider. Le grand visir Mihir-
Nersen lui dit : « Sire» pour savoir la vérité,
ordonnc'Z aux chefs de rArménie de venir
ici ; ils viendront volontiers, j*en suis cer-
tain. Haïguerd adopta le conseil de son mi-
nistre; il nomma Adrormitz marzban d*Ar-
niénie et lui commanda de traiter ce pays
avec la |j1us grande douceur, et de faire en
sorte que Vassag et les principaux chefs chré-
tiens se rendissent à la cour.
Adrormitz arriva donc en Arménie porteur
de paroles de paix. Sur son invitation, Sa-
hag, évoque de Richdonnik, Mouché, curé
de la famille d'Ardzrounik, deux autres prfi-
tres, Samuel et Abraham, que Vassag avait
fait mettre en prison, furent mandés et vin-
rent trouver le marzban, ainsi que Tév^èque
Joseph Léonce, Kacazt et Archen. Le marz-
ban les interrogea longuement, et envoya
toutes leurs réponses à Ta cour,
Vassag était allé à la cour, où il cherchait
à surprendre le roi par ses contes menson-
gers. Mais ce prince lui dit : « Je vous enten-
drai en présence des chrétiens, attendez
qu'ils soient venus, » Après deux mois et
vingt jours de vovage, les prêtres arrivèrent
à Suse. Mihir-Nersch les fit traiter avec dis-
tinction ; plusieurs Arméniens résistaient
encore aux Perses : on ne voulait point les
irriter. Le marzban, qui recevait ordre sur
ordre de terminer tout par la douceur, rap-
Eela les évéques dans leurs sièges, lit réta-
lir toutes les cérémonies du culte comme»h
la coutume. Les nrinces arméniens , qui
s'étaient retirés au loin, revinrent quand ils
furent certains du rétablissement du chris-
tianisme, que le roi venait du resie de pro-
léger par un édit conçu en ces termes :
(«Ceux qui n'adoptent pasaû'ectueusement
le culte des héros, irritent les dieux contre
eux: je les blâme. J'ordonne que chacun
désormais ne suive à cet égard que sa vo-
lonté et sa conviction. Que chacun serve le
dieu dt* son choix, que nrimporle? Tous
sont nies sujets. » Presque tous les princes
revinrent se mettre à la disposition du mari-
ban, et prirent lechemindu quartier d'hivei;
^
u
SiS AHll
da roi* Quand ils fti roui arrivés on jugea /as-
sag f c^ qni on reprocha tous ses criraes. Les
princes, lesévêques raccusèrent tous, L'évê-
que Sahag parla ainsi : « Ceux qui ont renié
k> vrai Dieu, diU!, ne savent réellement ce
qu^iis fout ni ce qu'ils disent, car leurs pen--
sées sont confuses et leur conscience obscur-
cie et troublée. Ils servent leurs maîtres sans
loyauté, et trahissent leur prochain sans scru-
pule. Ils sont les véritables arsenaux ou
agents du démon, qui commet des meclian-
celés par leur ministère, comme cela se voit
réellement dans Vassag, Lorsqu'il portait
encore le nom de chrétien, il masquait au
dehors toutes ses perftdies, et le gouverne-
ment était sa dupe. Le croyant plein de pro-
hiti'i et d*honneur, vous l avez honoré plus
qu'il ne le méritait. Vous lui avec confié le
pays de Géorgie; demandez aui Géorgiens
s'ils furent contents? Vous lui avez donné
la principauté de Sunik; écoutez ce que ses
propres parents rapportent de lui ? \'ous Ta-
vcz fait marzban de FArménie, roj^aume que
vosancélresavaientconquisavec bien de la pei-
ne ; cet homme Ta minéeen une seule année.
Vous voyez qu'en perdant ia marque du Dieu
véritable qu'il servait par hypocrisie, toutes
ses iniquités ont été mises h nu, Que peut-
on attendre d'un apostat? Comment celui
qui a été intidèle h son Dieu peut-il se mon-
trer liiièle enversqueique hummequece soit ?
llya bien longtemps que vous n'i^^norezplus
ces chefs d'accusation dord on s'occupe
maintenant* Ses crim>]^s vous élaid connus,
pourquoi avez-vuus gardé le silence ? Vous
en savez bien la raison. Il me paraît qu'il
vous Hat tait alors d'un espoir qui ne s'est
point réalisé. Nous n'avons rien de plus à
dire sui' cet homme, rii h vous, ni au monde
entier, faites de lui ce qu'il vous plaira sans
nous en demander davantage. » (E, V.,trad.
G. K, G., 158.)
Après avoir reçu toute? ces dépositions,
le ministre fit son rap|>oit au roi. Douze
jours durant le prince garda un profond si-
lence ; le treizième jour, il donna un grand
festin. Les grands et les fooelionnaircs de
rem|iirey furent invités. Vassag fut invité ;
il y vint avec tous les insignes de sa dignité.
Les [iiinces arméniens et les piètres qui
étaient dans les chaînes le virent passer,
<A O marchand stupide, dirent-ds, pleins do
pitié pour lui, tu as vendu les biens inap-
préciables de l'éternité pour ces vanités de
fa terre que bientôt lu vas perdre l »
Vassag vint prendre sa place ordinaire
dans la salle où étaient les grands, A peine
y était-il que le grand chambellan entra^ et
lui reprochant tous ses crimes, lui lut, de la
fhirtdu roi, la sentence qui le dégradait et
e condamnait à mort» Les bourreaux en-
trèrent, et l'ayant dépouillé de ses vêtements
chargés d'or et de pierreries, renchainèrenl,
et rayant assis de côté sur une cavale, comme
ont coutume de faire les femmes» ils le con-
duisirent à la ïM'ison en lui faisant traverser
dans cette posture humihante toutes les
cours d i pakis. 11 fut enfermé avec les saints
çonlc^seurs de la foi. 11 les voyait tou^MUis
km
zu
calmes et tranquilles, heureux au milieu de
leur captivité , bénissant Dieu de leurs
souHranres et chantant ses louanges. Pour
lui, il olfrait à tnus le spectacle du déses-
poir et de 1 infamie, qui se connaît et s*ap-
précie. Clinque jour, on le tirait du coin où
d était relégué dans la prison communt ; on
le conduisait uïi certain nombres d*heures
sur la place publique^ où il était exposé aux
insultes, aux mépris de la multitude. Rentré
dans la prison, il était tellement cl ho( reiir k
tous , que nul ne voulait s'approcher de
lui. Il tomba malade î une lièvre s'empara de
lui, des plaies couvrirent son corps» bientôt
les vers y pullulèrent. H répandait une telle
irdw*tion,que les geôliersavaient peine à sup-
porler d'être près de lui. Enfin il mourut au
milieu d'atrcices douleurs , objet de dégoût
et de répulsion, encore plus pour sa laideur
morale que pour les ptkies dégoûtantes de
son^ corps,
irtazguerd entreprit en 434, la quatoriième
année de son règne, une nouvelle guerre
contre les Euns. Il traînait à sa suite les
prisonniers chrétiens. Quand il eut atteint
le pays d^Ahar, il les ht enfermer dans la
forteresse de Niuchabouh, n'emmenant avec
lui que Samuel et Abraham.
Bans le nombre des ofliciers du roi, était
un jeune liomme nommé Pel, Il était Hua
d'origine, doux et plein d'humanité ; il pen-
chait vers la religion du Christ, et s'instrui-
sait auprès des chrétiens des dogmes de leur
sainte religion, il avait en souveraine dou-
leur les mauvais traitemenlsqu'on faisait «ui
prisonniers. Il s'enfuit ch z le roi des Huns,
lui livra tous les secreïs et les plans do
Hazguerd, qui, quoique supérieur en forces,
fut battu en détaU iiar le roi des Uuns, qui
le força de battre en retraite et le [joursui-
vit jusqu\*.n Perse, où il tit un très-riche bu-
tin. Mihir Nerseh, instigateur de cette guerre,
craignant la colère du roi, lui lit dire par lei
mages : «Héros roi, les livres de notre n^li*
gion nous disent que nul, ici-bas, ne d»
ter à votre puissance. Elle serait invin»
lesdieux n'étaient indignés contre les Fersaas^
par'îcque vous laissez vivreces chrétiens mau-
dits, qui méprisera notre loi et ont abattu iiM
temples, j» Ajoutant les calomnies et les Daeii-
songes, les mages exaspérèrent la colère du
roi, qui ordonna aux bourreaux de tuer dafti
un lieu écarté Samuel et Abraham. Pui* il
envoya Tenchabouh, fournisseur des vivras
de 1 armée, à Niuchabouh, pour qu*il condaiii*
nAtà mort et fit exécuter tous les prisoîH
niers. Le mage qui avait été préposé à leur
Ijarde les tourmentait cruellement. 11 les a?ail
lait enfermer quarante jours durant dansuii
souterrain obscur, où il ne leur faisait domiif
que Irés-rarement un jieu de mauvaise soi^t
et de l'eau. Ces mauvais traitements n'ayant
pas pu arracher aui saints la moindre plaiiitt?^
il les scella dans leur cachot, de inaDièrè à
ce qu on dût leur passer leur nourriture par
un soupirail. Le mage était stupéfait de voir
que ses rigueurs et ses mauvais traitemei^ts
ne pouvaient abattre les saints. Il vint secrè-
tement les examiner. Il les vit à pluiiieufs
1.
j
?Stf AtUl
reprises daiu leur cachot, environnés 4*unQ
lumière .éclatante» ayant chacun au*dessu4
(le la iftie une auréole qui resplendissait ; il
fut lellement frappé de ce prodige, qu'il or-
donna au chef des bourreaux de traiter les
prisonnicr& avec beaucoup d'égards, et de les
mettre dans une salle sèciie et bien aérée.
Quand le chef des bourreaux vint commu-
niquer cet ordre aux prisonniers, le géné-
reux évéque Joseph, lui dit : « Allez deman-
der au gouverneur en chef s'il a jamais en- ^
tendu parler de J'avénement futur de Notre- *
Seigneur, et des magnifiques demeures qui
nous soBt préparées dans une autre vie, de-
puis )e commencement du monde. Dites-lui
que notre courasô est fondé sur cette espé-
rance, et que la loi nous fait supporter aisé-
xneal les supplices atroces qu*il nous inflige.
Nous vous remercions et nous vous savons
gré d'avoir obtenu de votre chef le soula-
gement de nos corps, mais nous ne nous
sommes pas ennuyés comme des athées,
r' n'ont pas d*autres espérances que celles
la terre, et dont le regard n'embrasse
Sue ce qu'il voit ici bas; nous, pour l'amour
e Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous ac-
ceptons patiemment et même avec recon-
naissance tous les supplices de ]a terre,
pour mériter plus tard les béatitudes éternel-
les du ciel. Si nous désirons des palais, nous
avons au ciel de magnifiques édilices, con*
siruits sans matériaux terrestres, et auprès
desquels vos chÂteaux royaux les |3lus
beaux paraissent comme rien. Les hom-
mes, les vêtements les plus som()tueux, les
mets les plus délicats, c(^estcs et incorrupti-
bles, que nous aurons eu partage dans l'au-
tre vie, sont tellement au-dessus de tout ce
que peut imaginer la pensée humaine, que
si Von pouvait vous en faire le détail, votre
entendement demeurerait comme ébloui et
serait trop faible pour tout comprendre.
Malheureusement, plongés dans une erreur
ancienne, vous ne voyez ni n'entendez les
rrhoses du ciel; et c'est pour cela qu«s bien
Sue nous ne soyons pas coupables du moindre
t-l.l , vous nous jugez impitoyablement.
Toutefois si vous vouhez connaître notre
Dieu, vous ne seriez pas sans espérance de
le lléchir, car c'est un roi généreux et bien-
faisant, qui ouvre la porte do son paradis à
tous ceux qui en prennent la route ])ar la
voie de la pénitence. Point de rancune, point
de mépris pour qui (jue se soit de la part de
Notre-Seigneur. Mais pour en revenir au
soulagement que vous nous avez procuré, et
aux adoucissements que vous venez nouj
offrir de la part de voire chef, écoutez bien
ce que nous allons vous dire. Sachez que,
dans notre pavs, nous avions tout à la fois
le pouvoir et les moyens do ne pas tomber
eiitre les main^ de votre roi, ainsi que Tout
lait plusieurs des nôtres, qui ont su se sous-
traire h vos vexations. Nous sommes venus
ici de bonne volonté, pressentant tout ce
que nous aurions à soulliir et ne -nous en
elTravant pas. Or, nos vœux sont pour la
continuation de ces soulfrances, et nous
vous prions de ne point nous les ménager
ÀRM BiM
jusqu'à ce que votre volonté cruelle soit as-
souvie. Car nous n'avons rien plus à cœur
sur la terre que de suivre 1 exemple de notre
Dieu, créateur de toutes lès choses visibles
et invisibles, qui, par un effet de sa bonté
infinie, a daigné descendre jusqu'à nous, li
s'est revêtu d un corps périssable et en pra-
tiquant toutes sortes de vertus, il accomplit
l'œuvre de la rédemption. Il se livra volon-
tairement entre les mains des bourreaux,
il mourut fut enseveli, ressuscita par la
puissance de sa divinité et apparut ensuite
à ses disciples. U remonta bientôt après au
ciel, oii il est assis pour Télernité à la droite
de son Père. Il nous a accordé la force céleste
de participer à ses souffrances, et il nous en
récompensera un jour. Or, nous sommes
bien persuadés que nos peines sont très-
{)eu cfe choses en comparaison de ses souf-
rances corporelles , et que notre amour
pour lui, tout ardent qu'il est esiy bien faible,
en comparaison de son amour immense pour
le genre humain. » (E. V., trad. G. K. G.,
174.)
Le mage, de plus en plus étonné, se ren-
dit encore à la prison. Le même miracle vint
encore le frapper. Il appela l'évéaue Sahaç
et demanda à entrer. Le prêtre Léonce lui
dit : « Dieu, oui a fait éclater sa lumière
dans les ténèbres, et qui illumine par sa
sagesse toutes ses créatures , fait rayon-
ner sa puissance dans votre âme obscur-
cie ; les yeux aveugles de votre esprit sont
ouverts aujourd'hui , et vous avez mérité
de voir la brillante lumière de la grâce
divine. Hâtez-vous de profiter de cette fa-
veur extrordinaire, afin que vous ne retom-
biez pas dans votre premier aveuglement, et
que vous ne rentiiez pas dans la voie des
ténèbres. » Tous se levèrent alors, ils com-
mencèrent à réciter le psaume xlii : « En-
voie, Seigneur, ta lumière et ta vérité;
qu'elles nous dirigent et nous introduisent à
la montagne sainte, et dans tes tabernacles.
En vérité. Seigneur, vous avez dirigé et
conduit cette âme égarée dans votre éter-
nelle joie et dans votre incomparable rejpos.
Ce jour ressemble au jour de votre passion :
vous y délivrâtes le bon larron de la seconde
mort, et après lui avoir ouvert la porte fer-
mée du paradis, vous l'y fîtes entrer. De
même aujourd'hui, vous avez sauvé cette
âme perdue, qui était la cause de la mort
spirituelle de beaucoup d'autres, et vous en
avez fait pour nous un objet de consolation
et de joie. Nous vous en rendons mille ac-
tions (ie grâces, et nous confondons nos
voix avec celles des saints prophètes. Vom
avez achevé ces merveilles^ non pas à cause de
nous^ mais pour la gloire de votre nom^ pour
prouver votre fidélité dans vos promesses ^ de
peur que les nations ne disent : Où est leur
Dieu 7 [Ps. Lxxviii.) C'est ainsi que vo-
tre puissance s'est manifestée aujourd'hui
parmi ce peunle sans frein qui vit dans
d*éi>aisse3 ténèbres. » Puis ils reprirent les
chants des psaumes : « Le Seieneur est ma
lumière et ma vie, chantaient Tes cnrétiens,
que i>uis-je craindte désormais ? Le Seigneur
m
ARM
est mon refuge, devant qui pourrai-je trem-
bler? >i Je sais, disail ce mage, que mes en-
nemis sont nombreux mainteDant, et qu'ils
s^avancent pour me dévorer; mais vous,
Seigneur, vous êtes venu pour sauver la vie
lies hommes qui se tourneront vers vous, et
ils serout sauvés par votre grâce. Ne souffrez
pas que je sois séparé de ces saints agneaux
avec lesquels je suis confondu, ni que je
sorte de votre bergerie, de peur que le loup
dévorant ne medécnirCi que je ne me fourvoie
de nouveau et que je n'instruise les hommes
à se perdre. Au contraire, nar mon bon exem-
ple, je serai le motif de leur vie ; daignez,
Seigneur, me pardonner les fautes commises
depuis tant d'années, et que le démon, qui
s'est enorgueilli de me voir entraîner tant
d'hommes h la perdition, .soit humilié en
me voyant au milieu de vos disciples, p
(E, V., Irad.K. G. G.» 177,)
De nouveaux prodiges ayant achevé de le
convortir, îl fit sortir les chrétiens de prison,
les traita magnillquement dans son palais,
et reçut le baptême. Cependant il craignait
pour sa famille la colère du roi. Ce ne fut
filusqucla nuit et secrètement qu'il invita
es prisonniers à revenir chez lui. Un soir
que le mage les invita, ils firent spontané-
ment mettre à la première ['lace Archeo, qui
était un prêtre sans instruction et simple,
malgré ses refus réitérés. Joseph prenant la
parole, dit : « Réjouissez-vous en Jésus-
Christ, mes frères, car demain, à cette môme
heure, toutes nos peines seront oubliées
ainsi que les soutïVances que nous avons
supportées. En récompense du peu de Ira-
yail que nous avons fait, nous jouirons d'un
éternel repos, et en place de notre prison,
nous entrerons dans la ville éternelle, dont
le maître est Jésus-Christ lui-même. C'est
lui (jui distribue les prix dUionneur de la
carrière glorieuse qnc nous serons aj>pelés
à fournir; jadis il y remporta lui-mênjc la
victoire, il nous fera la môme grâce pour
notre salut éternel et pour la gloire de sa
sainte Eglise. Ce prêtre^ notre frère, qui
occupe aujourdliui la place d'honneur, re-
cevra demain le premier la couronnedu mar-
tyre, c^r voici que rennemi de notre vie s'a|>
proche, et il arrive afin de nous faire périr,
nous» les serviteurs de Jésus-Christ. » (É. V,,
trad. G. K. G., 18^.)
A la surprise de tous, Archen répondit :
« Puisse Kolre-Seigneur Jésus-Christ^ par
rentremise de vos saintes prières, m'accor-
der la grâce de quitter ce monde suivant
votre prédiction. Pendant votre discours,
une insjiiralion énergique a rempli mon
âme. Je me rappelle riinmense bienfait de
Jésus-Christ, oui est venu au monde pour
nous délivrer de nos péchés ; qu^il ait pitié
de moi, comme il eut pitié du bon larron
sur le Calvaire, et de même qu'en ouvrant
la porle fermée du paradis il Vy fit entrer le
premier, comme le précurseur de ceux qui
sont destinés à ce lieu de délices, qu'il me
fasse la grâce d y précéder demain votre il^
iuslre compagnfe. Je sais que pour un pé-
cheur qui revient, il y a grande fête au ciel,
parmi ces anges de Dieu*|qui>onnaissent biea
ta volonté de celui qui était le pasteur des
brebis égarées et qui se réjouissent à la vue
d'un homme repentant; peut-être est-ce à
cause de moi, que le grand général d*Anné-
nie et ses héroïques compagnons ont ap-
porté ici-bas les couronnes qu'ils vous des-
tinent on annonçant cette joyeuse nouvelle
en commun. Ce qui m'étonne, c'est que
leur étant tout h fait inconnu pendant leur
glorieuse vie, ils veulent, après leur sainte
mort, que je reçoive avec eux une portion
de rhéritage des bienheureux. Oh î je vous
en supplie, mes chefs et mes pères, priez
pour moi, iudigne, afm que je puisse attein-
dre à cette grande félicité que votre bouche
véridique m\i annoncée. Oh ! qu'il me larde
de voir arriver ce jour, ce moment heureux 1
Quand quittera i-je celle lourde enveloppe
d'argile ? Quand donc vous verrai-je face à
face, Se'igiieur Jésus? quand ne craindrai-
je plus la mort ? Quand donc mon ignorance
sera -l- elle changée en parfaite sagesse?
HiVtez-vous , Seigneur, de me secourir;
étendez votre bras puissant, atiri que je
tienne mes promesses de fermeté et décou-
rage, et que le nom de mon Seigneur soit
gloriûé en moi. » (E. V., trad. G, K. G,»
185.)
Se levant de taJble, ils prièrent ensemble*
Préls à se séparer, ils songèrent au moyen
de sauver le mage, car ils savaient bien qutj
la nouvelle de sa conversion mettrait le roi
en fureur. Ne sachant h quoi s'arrêter, ils
recommandaient à Dieu avec ferveur la vie
de ce nouveau converti ; les princes et les
prêtres retournèrent ensuite â leur prison.
Bientôt les hourreaut de Tenchaboun arri-
vèrent ; ils furent slupéfaits. Le chef des
mages à cjui les chrétiens avaient été con-
fiés , était tranquillement assis au milieu
d eux, les encourageant à soutfrir la raorl.
Ils allèrent raconter cela à Tenchabouh, qui
fit conduire tous les prisonniers h dix-huit
lieues de la ville, et ordoima qu'on lui ame-
nât le mage, pour lui parler en particulier*
Cetui^i lui raconta sa conversion : Tenclia*
boub n'osant prendre sur lui de le condam-
ner, la référa au roi, qui lui dit de carder sur
loute cette ali'aire le pius profona sileoc«
« Gardez-vous bien surtout, lui dit-il, de
rapporter un mot de celte vision qui lui est
apparue. Si des ignorants en entendaient
parler, ils commenceraient à douter de la
vérité de notre culte, et ils feraient secte
avec ces chrétiens. iN'est-il pas cruel qu'a-
près tout ce que nous avons entrepris (tour
ranger ces hommes à nos lois, afin qu'ils y
trouvent le salut de leurs âmes, non-seule-
ment nous ayons échoué, mais qu'un des
docteurs les plus célèbres de notre loi passe
dans leurs rangs et soit séduit par leurs er-
reurs. Car ce qu'il y a de plus filcbeux, c*est
que ce gouverneur du pays d'Abar, bien
loin d*èlre un hf^nme vulgaire, est renom-
mé Héniédau sur toute la surface de la terre.
Si j ordonne une conférence publique entre
lui et les autres mages, lui qui est plus ins-
truit qu'eux tous, il Ic3 battra kuaillible-
dans la dispute ; il est capable de ren-
jr de fond en comble notre foi. D'un
i côté, si nous le jo^^eons avec les au-
[ comme chrétien obsliné, le bruit de
(ipostiisie vase réî*Min1rc(ie toutes parts,
[sera une tache incîfaçabîe sur notre
Ion. Si je fais toinfjer sa ti^te sous la
Lil y a beaucoup de chrétiens au camp
BTonl de ses restes des reh^iues, et qui
kposeront h la véot^ration de loulo la
I Ce n'est déjà pas pour nous une jietite
i que de voir les honneurs qu'on
dans notre royaume à ces reliques das
^ens ; mais si nous soulIVons qu on
Be le raème honneur aux ossements
lages et de Moheds converti, ce sera
be entière de notre culte,
RTOus en conjure par les dieux immor-
fretournez sur vos pas en toute liûle, et
|éz Texécution de raes onh'es. Faites
devant vous ce vieux mage obstiné ;
-lui seul à seul, avec amitié, avec
^iliance ; s'il se repent et qu'il renonce
>reeileries de ces chrétiens, respectez-
traitez-le avec hi distinction due h son
[ et la honte de ce jugement demeu-
intre vous et lui» el no sera connue de
fne. S il s'obslriie insolemment au coiv
s'il refuse de se soumettre à mes or-
'îxcilez vuus-raôme contre lui une foule
sateurs et de mécontenls, (jui lui im-
}î\i des malversations dans le poste
lui aï confié. Entamez crmtre lui un
public, condamnez-le h Texil au Ibnd
intrées lointaines au delà de Gog et de
jg, dans le désert reculé du Ivhorassan ;
riaites-le précipiter dans un puits atin
périsse d'une mort ig'>omini<"Use. Quant
patres contre-croyants inlidèles, il înuX
klerniiner promptènient, sinon ils excl-
ut de grands troubles dans le royaume
►uléverseront notre culte. S'ils ont pu
^uer si facileraeit un bomme d'une
ke aussi supérieure que le chef des
B, je vous demande comment des hom-
lîmples et ignorants leur pourront ré-
f?» K. V., trad. (J. K. G., 189.)
pchabouh, quittant le roi, se ût amener
mtifs, et dit au chef des mages ; « Je
le maître de votre vie, et j*ai sur vous
avoir le plus abso'u; non -seulement
lis vous faire subir un interroga-
, mais encore vous faire subij* tous
plices imaginables. Hélléchiss -z avant
le mette la main sur vous : acceptez-
es lionneors et les distinctions 1 Vou-
lus évi er le mépris el lopprobre? Al-
songez à votre âge avance ; ayez pitié
lus-méme, renoncez à ce nom de cb re-
loue vous détestiez depuis votre nais-
[; redevenez mage comme autrefois ;
étiez un docteur utile à beaucoup de
e ». « ie vous en prie^ vous qui m'étiez
le un Irère et en qui je trouve aujour-
m ennemi déterminé, je vousen [irie,
liit énergigueuient le chef des ruages,
i aucune pitîé de moi, écartez tout sou-
de notre ancienne amitié, exécutez
îinique d'Hazguerd» et jugez-moi seloa
ARM
5^0
VOS pouvoirs,» (E, V., trad., G. K. G., 191.)
Voyant qu'il ne le pouvait amener l\ ses des-
seins, il le condamna h aller au nord du
Kborassan, dans un lointain pays, oiiil reçut
la palme du martyre.
Ensuite Tenchabouh , d'apn^'S l'ordre du
roi, s'adjoignit Tcinigan, minisire de tous
les grands préfets du royaume, et Mo van,
grand maître des cérémonies du palais. Il Ût
transporter les prisonniers dans un désert
plus éloigné, qui était rocailleux et aride.
Cette translation se fit secrètement, pour que
les chrétiens ignorassent conqdétement le
lieu de la sépulture des saints martyrs. Mais
un soldat, chrétien en secret, et rpii avait
été choisi comme bourreau, suivit le convoi.
Chacun des trois ministres le croyait attaché
à la suite d'un autre. Ainsi il ftu témoin du
martyre des saints.
Quand on fut arrivé au lieu qu'on avait
choisi, et qui était plein de cailloux et d'as-
pérités, on donna Tordre aux hourreau£
d'attacher ]qs saints par les pieds, el de les
Ira hier attachés à de longues cordes. Bien-
tôt les vêlements, puis les chairs, furent en
lambeaux : le sang ruisselait. On les mit
ainsi dans tm état vraiment lamentable; on
croyait ainsi les dompter. On les détacha :
mafs ce premier combat leur avait donné
une ardeur exlraoïdinaire; leurs plaies^ leur
sang qui coulait, les animaient au combat.
Ils avaient soif de mourir pour Jésus-Christ,
Tenchabouh leur parla ainsi :
«Le roi, de la |mrt duquel je suis venu vers
vous, m'a chargé do vous dire, qu'il vous re-
garde comme la cause des soulèvements des
^chrétiens, de la ruine de l'Arménie, du mas-
sacre d'une ioule de gens de guerre et de
l'emprisonneuH^nl de vos princes. Votre en-
lôlemenl est la source de tous ces désastres.
Or, écoutez-rnoi maintenant : connue vous
avez été la cause de tant de massacres et de
dommages, soyez-la désormais d'une répa-
ration qui sauvera votre propre vie et celle
de beaucoup d'autres. Il dé|ïend de vous de
délivrer vos princes qui gémissent au fond
des cachots ; on réparera à votre considé-
ration tous lesdégAtsquiont bouleversé TAr-
ménîe, et celle foule d'Arméniens qui ont
été condamnés à l'exil ou à l'esclavage vous
devront leur retour et leur affranchisse-
ment,
« Vous avez eu aujourd'hui sous les yeux
un exemple aussi frappant que terrible : le
gouverneur du pays d'Abar», un mage illus-
tre par sa naissance el par son savoir, chéri
des grands coumie du roi, célèbre par sa par*
faite science religieuse dans toute la Perse;
cet homme, retionçant à la religion de Maz-
tezen, s'est laissé séduire par vos idées igno-
bles ; il a embrassé vos doctrines» Voyez
quel en a été le résultat. Le roi n'a pris en
considération ni sa dignité ni sa parenté
même spirituelle, comme gouverneur de notio
sublime loi, (ju'il lui avait si louglemps ins-
pirée; le traitant comme un esclave infilme qui
n'a ni famille ni patrie, il m'a commandé de
l'eiilordans des contrées lointaines* Voulez-
- Yous tout savoir? Cet homme va périr en
11
1
S31 ABM
chemin j il ne verra jamais la terre de ToxiL
Or» si le roi n a pas respecté ïes lie is d^nffî-
nité duns la sublime religion, qui Ttittuch Jeiit
an ^ouveroeur d^Abar, pensez-vous qu*il vous
épargne, vous qui ôles d un /lotre peuple, dont
Torigine est étrangère, et qui vous êtes sur-
tout rendus coupables du crime de lèse-ma-
jesté î Il ne vous reste plus qu'un moyen de
salai, c'est d'adort^r le soleil et d'accomplir
la volonté du roi, comme nouv Pi^nsei^^ne le
grand Zoroaslre (Zratuchl). Si vous accep-
tez cette propo5iiiion , non-seulement vous
aurez sauvé voire vie, maîsje vous élargirai
sur-le-champ» et vous retournerez comulés
d'honneurs et de présents dans votre |>alrie. »
Le prêtre Léonce s^avança alors accompa-
gné ue révèque Sahag qui lui servait d'in-
terprète. « Couiment pouvons -nous com-
prendre» dit-ii» votre double ordre? Vous
nous tlîles d'abord : Adorez le soleil el puis
TOUS appuyez cet ordre de la volonU^ du roi.
Vous avez honoré le sole d en le m en lion 'la nt
le premier ; mais vous avez en-uite exall * le
roi plus haut que le suleil, comme sa volo^dé
seule qui donne du |3oids an culte. Vous
avez prouvé malgré vous que le soleil n'é-
claire na- les créatures \yi^r fetlTel de sa pro-
pre volonté, et c'est votre roi qui fait, selon
son bon plaisir, des dieuï, et à ces dieui des
adorateurs; car lui-même n'est pas dans la
Toie de la vérilr. Ne nous pariez point comme
à deô enfants; noire û^e est mùr» et nous ne
sommes pas les derniers dan;* la cullure des
sciences» Ceci pusé, je vais répondre à vos
rj?proches.
« Vous commencez par nous imputer les
d^'vastalions qui ont d)so|j 1 Arménie et te
massacre des lr'*ui>es royal vs; en cela vous
êtes dans TerTeur. N >lre loi ne nous ensei-
gne }K>int de [pareilles choses; ell^ nous or-
uonne au contraire J'hfuiorer les rois t- m iio-
rels et de les aimer sincèrement; elle veut que
no s leur rendions Ions les services, nui
couHïie aux honnne*^, m.>is comme au Sei-
gneur; et s'ils n 'ï^li^ent de no Js en do nteren
ce monde la récompense, ou cpi'ils nous
vexent de niiï'e ma. lières, Dieu se ch^^rgera de
nous l'accorder lui-môme uans le ciel iCoioss.
ut» ±1). Nousnedevûjis passeuleme tau roi les
services et Tobéissance» nous devons même
mourir pour lui. Il ne nous est fms pf^riuis
•sur la terre de changer ca^ir cieusempnt de
maître : or, il en est ainsi de notre cuire.
Nous ne sommes pas libres de changer notre
Hidu du ciel i our un autre; et, d^aillrurs,
cûuumyitceléchangese pourrait-il taire» puis-
qu'il u'eiiste pas d/ins l'un vers d'autre Dieu
que celui que nous adorons? J'espliquerai
îui pi* niée par un exempte qui vous sera
plusfflieilier peut-èlre. Lescdd it (jui se pré-
sente le dernier pour combattre n*est \ms un
brave, mais un hlche» n'ester^ pas? Un négo-
ciant écbarige-1-il ses perles pour de vils ctûf-
lons ? U iaudraii qu*il f X aussi inseusé que
vos docteurs qui vous égai eut.
< A|»rès nou!* avoir séparés de nos vail-
lants el verlueuit princes, vous croyez que
vos ruses amoliironl notre fermeté r Mais
nous ne sommes pas seuls ici comoie vous
I ' pensez, fl n*}' a pas de place vide oii ne
soit notre roi Jésus; il est partout, excepté
cljez ceux qui sont vides el éloignés de lui,
comme vous, et votre furieux chef*. Si les j
soldats arméniens, instruits et disciplinés I
par nous en Jésus-Christ , foulèrent aux
pieds les ordres violents du roi, et regardé-
rent tous ses riches pr<^senlscommi^rien,s"ils
se laissèrent piller, s'ils perdirent leurs do-
maines héréditaires et n eurent pas plus de
souci d ■ leur femme et de leurs enfants que
de la fortune qu'il ^Kjssédaient» et si entiu
ils n'épargnèrent pas pi us leur saog aue leurs
trésors terrestres, h combien plus torle rat-
son ne devons-nous pas suivre rexemf)le de
nos enfants, qui nous appelaient leursjères
spirituels ! Ce ne fut que par zèle et par
amour pour Jésus-Christ qu'ils tir -ni tomber
sous leurs liaches vengeresses vos ma^es ado-
rateurs du soleU a«'**c leuî^s disciples; c'est
Ear zèle encore qu'ils se sont vailldnitoeiil
altos et qu'ils ont dispei'sé vos Iroupes.
Plusieurs sont morts en martyrs sur le
chrmp de halaille, un grand nonVbre fui ré-
duit en esclavage, le reste se sauva dans les .
pays lointains. Tous ceux qui sont inôrls |
nanni ces ho m nies nous ont précéd "s dans
le païadis; ils sont entrés dans le-» rangs dei
anges, et ils se réjouissent au sein de c«i
délices inell'abies oii arriva et fut adoii^ c«
hienherireus, mage* q ic vous nous dile-sa voir
exilé, Hcurerise esl la leirequ'il a traversée I
Heureux est le lieu désert où il a rendu le
dernier soupir I Le coin de leire qui posscJe
sa dé[»ouille mortelle est plus precieuv UJd
les plus niagnitiques [jalais du roi. plus glo*
*^rieux que les asires brUlants du ciel que
vous ailorcz 1 »
Alovau , le grand maître des céréoiooies,
prit la parobï. « Les dieux, dit-il, mui
tt'homeur bienfaisante; ils en us^iU induis
gemment avec fa race humaine» et lor*qitô
les hommes se prosternent devant letir lûa-
jesté» ils joui-^senl eu retour des piaisirs Je
ce inonde, doit ils ont fait le roi dispeosa-
teur. ï)' la bouche du roi dépendent la vie
et la mort, et il lient dans ses ui.iins les
destinées de funivers. Vous n'avez doue pas
le droit d'aller insolemment contre sa vo-
lonté, et de résistera ses ordres. U voui
ordonne d'auorer le soleil , pourquoi ue le
fautes- vous pas? N'est-ce pas Dieu qui illu-^
mine de ses rayous tout ruuivers»et iiui
fait mûrir par sa ch:deur la nourriture dei
hommes et des animaux? C'est en raison
sa générosité universi Ile qu'il a reçu
noDi de dieu >Iiiier ; car il est tout amour
pour les hommes» et il n'a en soi ni décei>-
tion ni duplicilé. C'est pour l'iimter quô
nous Sommes indul^^ents jusqu'à Teicés
p 4ir votre igriorance. Nous sommes \*t$
amis des hommes et nous n'avons pAiût
Thumeur sauvage de ces bêtes féroces tiui
se re,i laissent de chair et de sang. Ayez pttié
de vous-mêmes, et ne nous forcez pas, niai-
gré nous, de tremper nos main^ dans votre
sang. Mettons donc en oubli vos crimes pa^-
&és, el occupons-nous du (urésent; à vi^tre
S37
ARM
AtlM
^8
vil sans se plaindre? Ne voyez-vous pas que
tout esl accabl * de maux extérieurs, tels que
le Iruid, le chaud, la f iin, la soif, la pau-
vreté, l*injusUce, la rapine; et cïe ma ix in-
lérieurs, comrne les passions etfrénres, les
vices , l'ignorance , Tapostasio elles mauvai-
ses habitudes, choses auxquelles If libre ar-
bitre de riiomrae lui permet de se livrer, par
un acte cou; abta de sa raison ?
a Ne m «^prisez pas les mcdecins » de ce
au'ils ne m'ont pas guéri. Pourquoi s'en
étonner, puisqu ils sont des hommes? Il y a
des maux qii cèdent à leur art, et d'autres
qui lui échappi^nt; r^r enfin, les nudadc^ el
les mé lecins sont de sinipl*^s mortels. Plûl à
Dieu, toulefuis , que vous suivissiez leur
exemple, (|iii n'a pas pej d'analogie avec
voire position. O^i^^nd un médecin est averti
que quelque malade l'appelle, il y court et
emploie ses soins et son art pour !c guérir;
et si c*est un favori du roi, un seigneur de la
cour, le médecin, en arrivant dans la grande
salie où se tiennent ordinairtMUtnit les offi-
ciers d'honneur et les brillanls jeunes gens
qui jouissent d'une santé tlorissante, et puis
dans rintérieur de la cnur, les serviteurs
magniûquement vêtus, rhonime de Tari ne
se donne pas le temps d'admirer toutes ces
belles choses. Il ne daigne pas même , en
entrant dans l'ap[>arlemèot (''bleuissant du
malade, jeter un regard sur la couche où m-
_— Uii^ci repose, fùl-elle d'or massif vi incrustée
WmâB pierres. |>récteuses. Sans fïùre attention à
^Bette splendeur, il fait rai^me enlever la cou-
^Hrerturc tissu e d'or, et, allongeant les mains,
^■B examine attentivement tout le corps, afin
de découvrir si ïa nature de la maladie est
tiévreuse. Il compte les boitements tlu cœur
et ceux des artères, s'ils sont bien réglés, et
si le (oie n'est pas dur ou tendre; ensuite il
lui admmislre, selon qu'il en a besuiu, les
médicaments qui peuvetd lui rendre la santé.
Or, si l'art purement humain de la médecine
' ^lige les choses eviérii^ures et éblouissan-
ts, et n'applique loufe son industrie qu'à
lérir le corps, jjour Thonnêur et la gloire
^a profession , combien ( lus , vous qui
Ivez soumis l'univers h votre puissance ,
ombien plus ne i/ey riez- vous p'is vous ap-
/iquer, avant tord, à guérir vos âmes des
Jïaladies langui sstvntes q'-e leur cause un
i?iille vicieux et toid matériel. Si vous aviez
lit cela, les sujets de la Perse seraient de-
leurés fort traoqudles; mais vous avez né-
" ' cette mesute de ïiaute importance, et
avrz travadlé constamment h hvrer vo-
âme immortelle h la mort, avec vo re
)rps au feu de l'enfer élerneL Vous qui
Ivez Vùme attaquée d'une maladie ineur lue,
"imment osez-vous nous rM|jiorher un mal
irpond qui ne dépend pas de notre volonté,
bi auqml tout homme esl sujet par un elfet
le la nature?
« Le Djeu- vivant, Notre-Seigneur Jésus-
îhrist, est la cause de notre vie; grilce îi son
leddble bonté, il est le médecin de Tâme et
lu corps. Il a guéri les maux du genre humain
subissant de cruels supplices, et il nous a
it renaître ensuite à la grâce par un etfet
de son amour. Après avoir guéri les plaies
intérieures que Tancien serpf^nt nous avait
faites h Tâme, il nous a promis de nous ren-
dre sans tache, de purilier tant notre âme
qun notre corps, de nous admeltrc enfin à
son adoration éternelle, et do nous placer
dans les ran^s de la milice céleste. Et vous
qui, uialheureusemenl, n'avez pas la moindre
idée lie toutes ces clioses, ni la moindre en-
vie de l'apprendre de nous, vous voulez nous
détourner de ce bonheur réel qui nous est
promis. Vous n'y parviendrez pas, et vous
ne l't spérez même pas; c'est impossible.
« Et, pour en revenir encore au mauvais
élat de ma santé, sachez que, bien loin de
m'en plaindre, je suis content Itirsque mon
cor[)S soutire; car, [lar les souffrances du
corps, la santé de l'âme se fortitie. J'ai, d'ail-
leurs, devant moi l'exemple du grand apôtre
des gentils, lequel se consolait des peines
curporelles et de l'aïlliction d'esprit que lui
causaient des hommes conseillés par les dé-
mons, en disant • Si nous participons aux
souffrances de Jésus-Christ, nous mériterons
ainsi d'avoir part à sa résurrection glorieuse
(Hom.Yi, 5), Puisque vous èles investi do
pouvoirs qui vous rendent maître de notre
vie, jugez-nous selon voire perverse volonté;
nous ne sommes pas de ceux que les mena-
ces e (frayent , et nous ne reculerons |ias de-
vant la mort, s; cruelle que votre tyrannie
puisse nous la faire. »
Alors Tenchahouh les fd séparer et éloi-
gner les uns des autres; puis, prenant h Té-
i'art le saint évéque Sahag : « J(> vous ai loué,
lui dd-il, et vous n'avez' pas été louché do
Thon n eu r que je vous faisais ; ma in tenant
je vais rap|>eler à votre méuioire le mal que
vous avez fait, et e*est de votre propre bou-
cbe {pje sortira la sentenre de mort. Dites
vrai. N'est-ce [las vous c{ui avez ruiné le
pyrée de Iliehiiounik? ÎS'est-ce pas vous qui
avez sacrilégeruenl fait mourir notre feu sa-
cré? J ai entendu cl je me suis assuré en
outre que vous avez iniltrailé les mages, et
que vous avez emfiorté de nos temples tout
ce qui servait h l'usage du culte* Dites-moi
maintenant, êtes- vous réellement Fauleur de
ces hnrrihles crimes?
u Voulez-vous que je vous instruise de la
vérité des choses, répondit le saint évèqueî
Ksi-ce un renseignetnent que vous me de-
mandez, ou si votre pensée est déjà réelle-
ment lîxée sur les faits? »>
Tenchabouh. — « Le bruit public n'est pas
toujours d'accord avec la vérité. »
L'évéque. — « Et «ju'en pensez-vous? di-
tes-le moi, je vous prie, ^
Tenehabouh. — « On m'a assuré que vous
êtes cause de tous les dégâ s qui ont eu lieu
à Ilichdounik, et des vexations que les Fer-
saJis y ont cs-uyécs, »
L'évéque. — « Si Ton vous a si bien in-
formé, pourquoi me questionnez-vous en--
corc? »
Tenchabouh. — « Je vous interroge, parce
que je veux savoir de vous-même la vérité. »
l*évèque. — « Vous ne me demandez pas
de vous instruire des choees salutaires à
m
an iBM
vaire âme; c'esl mon sang que vous voulez
tvoir. »
Tenchtibouh, — « le ue suis pas d*humeur
sangulûâire, je vous l'ai â('}h (Jît; mais je
suis le vengeur des oulrages qu ou fait aux
dieux. »
L'évèque. — << Coram^^nt I vous qui adorez
comme dieux des éléuients inanimés, el les
hommes vivants, i[ui sont vos semblables,
vous les voulez éj^orger sans merci? C'est
vous. c*est votre roi, qui, sur îe tribunal
de Dieu, allez Ifrcr une vengeance terrible
de toui cula. Or, ce que vnus désirez mali-
gnement apprendre <le ma bouche, je vais
vous le dire» C est moi qui ai d/'truil Its pyrée
de Riclidnunik, c'est raui qui ai donné des
coups dn fouet aui m i^es et qui ai jeté dans
la miT tous les u^-lensik-s nbomiuibles (jui
servaient à voire vIofAtrif. Mdis v.*us m'ac-
cusez <le plus d'avoir fait mourir le feu.
tloriunont aurais-je pu faire mourir ce que le
Tout-Puissant a créé immortel? Les quatre
éléra -nts ptîtivenl-ils recevui, la mort? Faites
donc mourir laii, si la chos*^ est possibe;
^»orroriipt*z la lerre, et crnpécliez-la de pr j*
duire 1 herbe; égorgea quelque Ueuve, luez
unu rivière : si vous en venez à bout, vous
pourrez aussi faire mourir le feu.
« Le sa-;e auteur de la nature a créé les
quatre éléments lufestruclibles, el les a liés
par des rapports myslérieu\^ Le feu se trouve
dans la pierre, dans le fer, dans ftre^t[ue
toutes les matières pâlpitbles» Pourquoi dnoc
Bi accusez-vous, mal à propos, de l'avoir fait
mourir? Mais tuez donc la chrdeur du soleil,
car cette chaleur a les parties ignées. Ordon-
nez au fer de ne pas répandre le feu! On ne
peut tuer que des créatt:res qui resfjirenf,
3e meuvent, sentent, marchent, man^^ent et
boivent* Le feu mango-t-i!, boit-il? lavez*
TOUS vu marchant, parlant, sentant? Xon.
Donc, ce que vous iTavez jamais vu viv^uit,
VOUS m'accusez de lui av ir douué la murt!
Ah l votre impiéié est mille fois plus ini .,ir-
donnabJe que celle de tous les autres ido :\-
Ires. Us ne connaissent pas, h la vérité, le vrai
Pieu, et ils s égareiH dans leur voie; mais
du moins ils ne divin sent pas des éléments
muets et qu j ne serUenl f oint. V^ous av?vûCL^z,
dans voJrt; ignorance, (jue le feu est pér!s^;i-
We de sa namn* : ce <]Ui nest pas, puisqull
mi m^àk IfiiuWs les parties de la matière. »
TeecbiJ^tili. — « Il ne me eonvienl i as
de disputer avec vous sur la nature des él -
merits; cet exameu est intempestif, et jVii
autre chose à faire. Avouez-moi siini dément
\M vous avea vous-même éteint Le Ln^ oui
► ou non? »
y évéque, — « Puisque vous refusez d'être
>y disciple de fa vérité, je vais vous satistarre
|.|feJon bi volonté inique de votre père le dé-
mon* C'est moi, oui, moi-même, qui suis
inlré* de ma personne, dans votre temple
du ïm ou pyrée. Il était rempli de raagi-s qui
jsVjccupaient de vos rites frivoles et aijomi-
Î^bles, el au milieu d^eux s^élevait, jusqu'à
^ a voûte, un immense brasier. Je commençai
^àles lûterrogT f»ai* des paroles, et non par
4o4 coups* Que pensei-f ous, dama votre âuje
et votre conscience, de ce culte du feu? leur
dis-je. — Nous oe savons qu'en penser, ré>-
pondireut-ils; tout ce que nous savons, c'est
que c'est une trailition de nos pères , ^
qu'on ordre sévère du roi nous enjoint de
nous y conformer. — Et que pensez-vous
que soit la oaiure du feu? ajoutai-je; le
crtïjez-vnus en ateur ou bien créature? —
Nous ne le croyons point créateur, répondi-
rent-ils ifuTie voix unanime, ni mt^me capa-
ble de donner du repos à ceux qui le si
veu'. Nos mains sont devenues dures et
leuses à force de manier I « hache; notre
est courbé sons le firix du bois; nos yi
sont rouges el toujours mouillés par Tàci
de la fumée qui si^u échappe, el wtte fuma ^
épaisse, méire d'humidité, nous noirat en-
core le visage. Si nous lui jetons beaucoup
d'alimrnts, il s>o atl"t*me de plus en plus; si
nous ne lui en donnons point du t*»ut, il
s éteint. Si nous nous appiochôos de h»
pour l'adorer , il nous brûle sans le moindre
égard; si nous ne nous en approchons [»âs,il
se réduit en ceridre. Voilà tout re que nau5
savons de sa naiure. — Savez-vous, detnaa
dai-je encore, quel est celui qui vous a en-
seigné une iMreille erreur?— Pourquoi nous
interroger là-dessus? dirent-ils; ne voye»-
vous pas vousr-juème Fétat des choses î"No5
lé^^isli leurs sont aveugles du cùlé de ïàiM
seulement ; jïour noire roi, il est borgne dtt
yeux du corps, et du côté de Fàme, il m
[»oint de vue.
tx y m eu pitié de ces pauvres mages en k$
entendant pai 1er ainsi, el rendre homniig»!
la vérité au sein uiême de leur ignoraiicdw I
est vrai que je leur ai fait donner quelque!
coups de fouei, et que je V ur ai uruomté d«
ieler, de leurs pro^ires mams, leur iVu iUnS
Teau, en disait : Que les dn-ux qui o*ont \m
fait le ciel et la tei-rv soient ané.aitisl Cela
Vermine, j'ai laissé la lib né aux oia^es «k
s*cu aller. »
Tenehai)Ouh fut pénétré de fray«'ur ^il
écou'ant ces hardis aveux de Tévèque; h
fréïiiit d<vs insultes qui en résul<aienl jjôur l«
roi, et du mépris qu'ils respîraierU pour II
roli;ion des mages. Il crai^jiit qu'en abê»-
dojm.mt Sa a.; ù de nouvelles tortures, il
ire\priaifit plus rneore des iiijuies contre le
roi devdut le [luldic; que cette a tl\^ ire, rap-
portée au roi, ne fût impu ée à lui-méiue à
crime, et qu'où ue tinit \mr raccusrr d'irréli-
gion, pour avoir si longuement disputé avce
les évoques. Confus de loules ces pensée s ,
iJ se leva du U'ibuihil où il s'élail assis, *p
pu é sur sôu sabj'c, pour inspir r de la (khit
ûuv sairiis; et, jetant u*i en semblab e im
ni-»issemenl d'un lion en coiAre, i* leva soo
aruie et en happa lévéqne, et lit louiber par
terre Tépaule oroit", une partie du dos et <h
la main. L'«*vdque, renversé sur le cùté gau-
che, releva de son autre maiii cell«» qui etart
séparée du corps, et yil à haule^ voix : • Re-
cevez, Seigneur, Tholocaust- volontaire que
je vous olfre, et adineUez-nioi pariûi fO«
milices saintes- » Puis, se tournai, t vers
compagnons : « Allons 1 s'écria-t-il, 6
vertueux frères, voici notre derninviiKimeati
841
ARM
ARM
tiî
fermez un instant les yeui du corps, et vous
Terrez bîentdt Jésus, notre espérance. » En
se roulant ilans son sang, il récitait : « Je
cliente tos louanges « Seigneur! r|u'ei(es
soient -toi^ours dans ma bouche. Seigneur 1
gioriAez mon âme, et les justes se ri^ioui-
root. » H rfeita ainsi jusqo au verset : fiom-
brnue êoni Us tourments du juste ; mais le
Seifneur b» délivre et conserve même tous
leurs os (Ps. xxxiii). Et [)endant qu*il lui res-
tMi eacore un peu de vie, et que ses forces
m raTarent pas encore abandonné complé-
tenwDt, il fit descendre du ciel des troupes
d*anges, el un archange qui tenait dans ses
mains six couronnes. En môme temps , une
Toix du eiei disait : « Prenez courage, ô mes
bitD-atmés senriteursl Voici que vous allez
oublier toutes les afflictions de ce monde, et
ceindre tes couronnes triomphales que tous
avez méritées par votre héroïsme : mettoz-
les diRnn sur vos tétrs.Yous en avez fourni
la antière, miis c*est Jésus-Christ lui-même
qai les a tressées ; recevez-les des mains des
anjgps, et vene^ prendre place à côté de saint
Blienne, premier martvr. »
Snr ces entrefaites, Je glaive brillait déjà
a«r le cou des héros chrétiens. Léonce, s'a-
percevai t qu'il n'était plus question d'inter-
roger et de juger les deux autres, mais qu'ils
étaient tous enveloppés dans une sentence
eoaimane ^ dit au saint évèque Joseph :
a ÀTancer-vous le premier contre le glaive ,
mt Toire dignitér vous élève au-dessus de
Beaa tous. » Mais comme Tévèque se pré^
seatiit, les boiirreaux, pressés d'obéir, firent
tomber toute» les tètes des prêtres chrétiens
devant la saint évêque Salwg, qui s'écria
avant de rendre le dernior soupir : « Jésus,
recevez nos âmes, et [ilai^ez-nous pormi ( eux
qui vous ont aimé! » (E. V., trad. G. K. G.,
p. f»^.)
Las trois ministres proposèrent douze
hommes pour gardor les corps, afin que les
chrétiens ne parvinssent |)as à les enlever
pour en faire des reliques. Kougik fut au
nombre des dix qu'on choisit. Mais au bout
de quelques jours, ces hommes, effrayés «les
prodiges sans nombre qui s'accomplissaient
au lieu où étaient les corps des marl^y^rs, pri-
rent la fuite et vinrent trouver les minisires,
auxquela ils racontèrent ce qu*ils avaient vu.
Eongik prit la fuite comme les autres. Lt^s
niajjea résolurent de se tenir tranquilles.
Mais Kougik; s'étanf assuré qu'on ne son-
Kit plus aux corps des saints, alla Hvec dix
âmes dévoués les chercher. Us étaief>t in-
tacts. Il les mit dans des caiss s, ave(^ leurs
ehitnes, et inscrivit le nom de chaque saint
sur la caisse qui contenait son corps. Pt»u de
t4>ui[>s après, (es princes furent ( l.ir^^is. Kou-
gik leur avait remis les <*or|»s « es mf»riyrs.
C'est de Kougik (|ue l'Insiorien Elis/'C Var^^-
b d tenait les d/tails qui concernent lus sa nis
martyrs.
IMn^ la vHI» de Ninch;»bouh, il y ava t
qMel'|ucs-uiis des Jiscij»les ou seivît»iurs des
Sciinl^^. Ou les avait ni s dans une prison
aépar^. Le roi l'ayant oominand.'s un des
bourreaux ordouna à cinq chrétiens qui
étaient Assyriens, et qu'on détenait avec
eux, d'adorer le soleil. Il les avaiLpréalablc-
ment fait conduire hors de la vilTe. Comme
ils refusèrent, il les fit mettre h la torture, et
ensuite bmr fit couper le nez et les oreilles,
et 'es envoya en Assyrie, pour y travailler k
la terre dans le domaine du roii Le chef des
bourr aux, ayant commis celte atrocité, vint
vers les servileurs des martyrs, et en prit
deux qu'à leur physionomie timide el douce
il jui^eail plus faciles h persuader que les
autres. C'étaient Khoren et Abraham. N'ayant
pu lu<î eoiiiraindre à adorer le soleil, il com-
manda qu'on les ir.itnAl à terre si violem-
ment, que q'jan.i on cessa, on les crut morts.
Trois heures après, ils revinrent à eux, et
dirent la joie qu'ils ressent.iient des traite-
ments qu'on leur avait fait endurer. Le
bourreau les fit battre de verges par six
bourreaux qui se relayaient. Quand ils fu-
rent à terre et demi morts, rt leur fil couper
les oreilles. Après cela, suivant l'ordre qu'il
avait reçu du roi, il les envoya en Assyrie,
pour y labourer la terre dans le domaine
royal. Ces chrétiens mutilés furent, dans le
l>ays où ils arrivèrent, lolyel de la vénéra-
tion çénérale. Ils allaient tous 1rs ans re-
cueillir des aumônes, qu'ils envoyaient aux
princes arméniens dans leurs prisons. Kho-^
ren mourut dans un de ces pieux vovages.
Abraham continua cett» œuvre de cnarité.-
Lorsque les princes arméniens , douze an»
après leur arrestation, furent délivrés de
leurs chaînes et amnistiés, ils firent venir
Abraham en Arménie, où il fut l'objet de 1»
vénération générale. Abraham se retira dans
un li(^u écarté «t éloi^çné du monde, où il
vécut, avec trois autres chrétiens, dans les
exercices de la vie monastique. 11 y mourut
en odeur de santeté.
Pendant ce temps-là, les princes arméniens
demeuraierit loujOiirs prisonniers. Ils éUiient
trente-sept, dont voici les noms : de la fa-
mille de Sunik, les deux frères Papkén el Pa-
gour; ileld famillvî d'ArdzourouMk, Ncrcha-
bouh, Cliavasb, Chiukin, Meroujan,Barker,
Dagns ; de la fimille de Mainigoniank, Ha-
ma/a t)ian,Hnmaza^be,ArdHvazu,Mouchege;
delafami'lîî Gainsa agank. Arehavir, Tat<»ul,
Vardz, N^'iséh, Achod ; de la fîMiiilIe Ama-
dounik, Vahan, AiMnzar, Arnag; de la famille
de K nunik, Adom ; de la famille de Tiioak-
siank, Taloul, Sadé»m, avec deux autres eom-
pagnons; de la famille AnzeNadzik, Chiina-
von, Zouarén, Aravan ; de la famille Ara-
veleïink, Pabag, Varazkén , Tagh ; de la
famille Arzerounik, Ab:san ; de la fiiinille
Manta^ounik, Sahag, Par.man : de la fimiille
Dai:hradzik, Vrén ; de la famille Heransc^
ni uîk, Pïpitfe et Houknan. Ils furent prison-
niers i-our la foi, «n exe» -siv ment nilieu-
reiix, jusiju'aux demi rs temps du lOiine
d'ila/-;ut rd, où I ^o ive.neur du pnvs de
H rèvt», ^nminé Si lilioni illi;d»ouh, qin élait
elia'î5«* de leur g.îrde, iiilerrHiant po. r eux,
11» loi .s,« iU\. il • à adou. ir Kur sort, et leur
rnidit Lu:* ani ion ran^j dans ses armées. Le
roi fut lelleme. t content de leui:s services,
qu'il ne cessa jusqu'à sa mort, qui arriva
^13
ARS
bientôt, après diï-ncuf années de règne, de
les traiter avec toutes sortes d'honneurs et
d'égards. ^
Ici notis devons noos borner à dire en
dt*uï mots comment finit cette persécution
en Arménie. Vahan, neveu du grand Yartan,
crmib^ttlit plus tard avec les Arméniens fidèles
au christianisme contre les Persans et les
Arméniens apostats, et, a force d'exploits et
de courage» contraignit les Perses à laisser
rArménie paisible et libre de pratiquer le
christianisme.
ARMOGASTE (saint), martyr, vivait dans
lannée i57. Il était comte et occupait une
charge élevée à la cour de Genséric, roi des
Vandales en Afrique, Ce prince, qui persé-
cuta cruellement leschrétiens, lit d'Armogaste
une des premières victimes de sa fpreur*
Saint Victor de Vite rapporte, sur le martyre
de ce saint, des circonstances auxquelles on
ne saurait guère ajouter grande croyance.
« On le serra, dit-il, avec des cordes, qui se
rompaient toutes les fois qu'il levait les yeux
au ciel; puis ou le pendit par un pied^ la
tête en bas, et, dans cet état, il se trouvait
aussi tranquille que s'il eût été couché sur
un bon Ht/rhéodoric, lils du roi, voulait alors
qu'on lui tranchât la tète; mais un prêtre
arien lai conseilla au contraire de le laisser
vivre et de l'envoyer aux mines, dans la By-
zacène. Après y avoir si*journé quelque
temps, on tenvoya aux environs de Carthage
Sowr garder des troupeaux de vaches. Peu
e temps après, il prédit Theure de sa morl,
et alla recueillir au ciel la récompense de
son courage et de sa sainteté, w —29 mars.
ARNAG, prince arménien, de la famille
Amadounik, fut Tuin de cens qui soulfrirent
volontairement îa captivité pour Jésus-Christ,
sous le règne d'Haz^uerd, ueuxièrae du nom,
roi de Perse, et qui ne furent remis en li-
berté et renvoyés en leur pays que huit ans
après la mort de ce prince, sous lerè;^ne de
son lils, Bérose. (Pour plus de détails, votj.
Princes arméniens).
ARQtJE, village de Lombardie, célèbre par
les soulfrauces qu*y endura saint Eieuthère
en con fessant sa foi.
AKRAKAN, royaume de Tlndoustau, vit
en 1597 le martyVe du P; Gaspard de TAs-
Honi[>tion, celui du frère Simon de la Piété,
de Pierre Usus maris, tous trois dominicains.
Kn 1508 eut lieu le martyre du frère Paul, re-
ligieux du même ordre. {Votf. Fontana, ilfef**-
numtfnia daminicami,)
AURAS, chef-lieu du département du Pas-
de-Calais, a vu le martyre de la vierge sainte
Saturnine. Ou ignore a quelle époque.
ARSACE (saint), conf(*sseur, ayant quitté
la milicfi ponr onihrasser h vie solitaire du-
rant la piTiiérution de Licinius, se rendit
c**lebrB par- tant de miracloSt qu'on rapporte
qu'il «:[ia?isail les ilémons, et que, par ses
pmVres, il tua uu djvigOTi monstrueuï ; en-
liii» après avnir prédit la ruifie de ia ville,
il rendit Tesprit im priant Dieu. L'Eglise ce-
ièbre sa mémoire le IG auût.
ARSENE (sainl), martyr, était Egyptien de
oaissanco; il fut mis à ûiorl sous le rèicne de
AS€ 5U
l'empereur Dèce et sous le gouverneur Sa-
binus, à Alexandrie, en 250. Amené devant
le juge avec saint Héron, saint Isidore et le
jeun*^. Dioscore, pour lors à^é de 15 ans, il
résista avec un courage admirable aut lour-
o3ents, à Taide desquels on essaya de Tabattre
et de le forcer à renoncer Jésus^Chrisl, Alors
le juge le fit jeter dans le feu avec ses deux
compagnons, saint Isidore et saint Héron.
L*E;4lise fait sa fête le 15^ décembre* Il est
parfois nommé A ter.
ARTAXE (saint), fut brûlé vif à Carthage
sous Tempire de Septime Sévère. On trouve
la preuve de sa mort dans le récit de la vision
de saint Sature, écrite par lui-môme dans les
Actes de sainte Perpétue (^on. Tarticle de
cette sainte). L'Eglise fait la fôte de saint
Artaxe le 9 janvier, avec celle de ses eoai-
pagnons,
ARTÈVtE (saint), martyr, habitait Rome.
Ayant été converti à la foi parles miracles et
le^ discours de saint Pierre rEiorciste, et
ayant fait baptiser toute sa maison par saijit
Marcellin , prêtre, fut déchiré à coups de
fouets garnis de plomb, puis décapité par
Tordre du juge Sérène. Sa femme Candide et
sa tille Pauline ayant été jetées dans une
grotte, y furent accablées de pierres et de
terre. — fi juin.
ARTEME (saint), martyr, était général des
troupes en Egypte. Depuis Auguste, cette
province était ainsi commandée par un ch<y
valier romain, qui avait le litje de duc ou
général d'Egypte. Sous Constance, Arlènae
lut nommé à ce poste éminent. Après la
mort de ce prince, les païens Tayant accusé
d avoir démoli leurs temples et brisé le^irs
idoles, Julien le ci la devant lui h Aûtioche,
et, sur c tte simjtle accusaiion, le til décapi
ter. Sa fête a heu le ïîO octobre, (roj/. Théo-
dore, llisi., K III»)
ARTÉMÉSIUS, greffîerdu tribunal deDul-
cétius, f;;ouverneur de .Macédoine, siégeant à
Thessaloniqne, en 30i, de Jésus-Christ, ac-
cusa devant ce jumelés saintes Agajm, Irène,
Qnionii^, Casie, Eulyquie et Plini|ipet ainsi
qu ■ saint AgaJion, .»élre chrél:efis et d'a-
voir refusé de m.'inger 1rs viandes consacrée!».
(Ko^,,pour plus de détails, les Actes de sainte
AuAPE de Thes>alonique).
AKTÈMON (saint); martyr, était prêtre à
Laodieée. il y fut brûlé pour la foi de Jé-
sus-Christ, durant la persécution de remjie-
reur D.oolélien, Ou ignoi e en quelle aimée*
L'Eglise fait sa mémoire le 8 octobre.
ASCALON, viitede Syrie, est célèbre dans
les uiuîalfs d**s martyrs, par le> ^ouHrath
ces qu'y endura saint Platonide et deui
autres saints martyrs. On ignore à quelle
époque*
A se LAS (saint), martyr, versa son sâog
pour la foi à Antnioé, ville d^Hlgypte. A}»fès
divers tourments, il fut précipité dans la
rivière, où il rendit son i\me à Dieu. Où
ignore à quelle époque eut lieu son gii>-
neax martyre, L'Eglise célèbre son iuimor-
telle mémoire, le 2V janvier*
ASCLÉPIADE (saint), martyr, qui fut mb
à mort avec saint Pione, est Tun des q*iiiu0
ATH
Uà
!oiit rKglise fait la fête au 1'^ février. Il fut
^rrAié a^ec ce saint prôtro et sainte Sabioe.
Il fut le Gompagnon fie ses souiîraoces, et
llmitaleurd*' son coorage.
II esi difficile de séparer Thistoire de ce
s;iint,de celle de saint Pione. Aussi nous en-
. ^('(ms le lecteur à y recourir. Ce qu'il y a
iii' certain, c'est que saint Asclépiade n-yat
\ii couronne du martyre ; mais les Actes de
Sciint l*ione ne oous disent pas de quelle
manière il finit sa vie. Nous n'avons pas
trouvé de samt Asclépiade, cotupagnon de
saint Pïone^ ayant une ftSle spéciale nu Mar-
lyiologe. 1] faut donc dire que la fêle de ce-
lui dont il est ici question arrive le tuèiue
jour que celle de sanit Pioue, le V février.
ASCLÉPlADl!: (saint), martyr, était évè-
Que k Antioche* Il Tut du noeabrê de ces
illustres martyrs qui souQVirent une raorl
glorieuse sous Fetupereur Macrin. L'Eglise
lait la fête de ce saint martyr le 18 oc-
tobre,
ASCLÉPIADE, nom d'un juge qui à An-
ttoche^ sous le règne et durant la persécution
d** Dioelélit'n, en 303, fit an éter saint Komaln.
(fay. ce nom.)
ASCLÉPIADE, juge indiqué dans te Mar-
tyrologe romani, comme ayant Tait mettre
à mort sfiinte V f^nérande. (En France, sans
indication de lieu ni de date.) Voj/. lar-
licle de sainte Vkîîérande et aussi saint
I lÊ/ p V E* n jà w ■>
ÂSCLÉPIODOTE (saint), reçut la glorieuse
aime des combattants de la fui à Audrino-
pie, sous le règne de Tenipcreur Maximien.
' eut pour compagnons de so^i trîôm(>he les
^ints Maxtme et ^héodtrr^^ L'Eglise fait leur
iinte mémoire le 15 septembre.
ASCOLI, ville de la Murcli-* d'Ancône, a
[été illustré<; par le martyre «le révt^que saint
[Eruvdge, qui y mourut ilurantla persécution
[de lemp reur Dioclélîen,
ASSISE, ville des Etats ecclé^siastiques,
issisium c\w'i les Latins, Àssisi chez les Ita-
iens, dépendait, so»is Dioclétien, du gouver-
îiiient d'Ombrii' et d Eti urie. E'i 303» son
Evèque, saint Sabin, futarréié avec ses deux
liacr s, saint Marcel et saint Eitupcrance.
1s furent détenus jusqu'à l'arrivée de Ve-
lustien, qui était gouverneur. Saint Marcel
M saint Exupérance périrent au milieu des
jpplices; quant à saint Sabin, il eut les
leux mains coupées, et ftlus tard Venus-
Seo s'étaut converti et ayuit donné sa dé-
lission, lut conduit à Spolète par ordre de
^ucius, gouverneur, qui succéda à Venus-
\*p. (Toy. SaBI^, LuCliS, SpOLt-TK.)
''^^r, aujourd'hui Asti, ville du Piémont,
^moin du martyre de saint Second, sous
rèj^e de Tempe reur Adrien.
ASTÈBE (saini), prêtre et martiT, souffrit
lu Cemns de reiu[>ereur Ale\antfre, sons le
réfel au prétoire Ulpien, dans lu ville d'Os-
L*Ëglise fait sa fête le 2i octobre. (Mar-
rologe romain.)
AS'rEKE ( saint) j Astunus ou Aster lus ^
naieur romain; ayant assisté h Césarée en
faîestiue au martyre de saint Marin, soldat,
étendit son habit pour envelopper le corps
du sSntrnartyr, et remporta sur ses é[iau-
les, BienlAl a[irès, il otitint une couronne
pareille h celle du saint martyr. L'Eglise ho-
nore sa mémoire le 3 mars. ^
ASTÈHE( saint), martyr, était charpentier
dans la ville d'Edesse. Suivant les Actes de
saint Thalalée, il fut mandé par le juge Théo-
dore, pour percer avec une terrièro les ta-
lons de ce saint, afin qu*on passât des cordes
dans les trous, pour rattacher ou pour te
suspendre, 11 travailla depuis neuf heures
du malin jusqu'à midi, sans pouvoir réussir
à entamer les talons de Thalalée. Le juge
lui ayant ordonné de recommencer, il vint
quelque temps aprùs lui dire qu'il avait ftiit
les trous. Q^atidon voulut passer les cordes,
ou vit que saint Astère avait percé un soli-
veau au lieu des talons du saint. Tliéodorn
ne croyant pas au miracle qui avait ainsi
obscurci le regard du saint charpentier, crut
qull se moquait de lui,, et le fit arrêter avec
saint Alexandre. Mais Thalalée ayant prié
pour eux, ils s'échappi^rent et ne l'uretit
repris qu'après une course de deux lieues
et demie, par les soldats qtii les tuèrent im-
médiatement. Voihi Tétrange narration que
nous trouvons parmi nombre d'autres aux
Actes de saint Thalalée. Somme toute, saint
Astère mourut à Edesse pour la foi sous
Numérien, par ordre de Théodore, en com-
pagnie de saint Alexandre, de saint Thalalée
et de plusieurs autres. Voilà ce que nous
savons ceitainemcnt, et seuleinent ce que
nous osons sérieusement écrire ici. L'EgUsu
fait !a fête de saint Astère le 20 mai,
ASTÈllE (saint ),îut arrêté sous lerègnede
l'empereur Dioclélien, en Tan 285, avec ses
deux frères, saint Claude et saint Néon, et
les saintes Domnine et Théonille. Il fut con-
damné par le proconsul de Gilicie, nommé
Lysias, à soulfrir d'horribles tourm^-nts avant
d'accomidir son martvre. Il fut martyrisé à
Egie. L Eglise célèbre sa fêle le 23 aortt.
( Voy, Claude, h Farlicle duquel nous don-
nons ses Actes. )
ASTÉRIE (sainte), vierge et martyre, versa
son sang pour la foi des chrétiens à Bergame,
durant la persécution des emuereurs Dtoelé-
tien et Maximien. L'Eglise nonore sa mé-
moire ïe 10 août.
ASTEUIUS, était Tun des deux préfets <iui
à Marseille, et en présence de Maximien,
tourmentèrent, en Tannée 290, saint Victor,
oiticier de la* légion Tliéhéenno. Asléritï.s et
l'autre préfet Eu tychius, s'étant irouvésd'avis
diirénvnt sur ie choix des tortures qu1l con-
venait de faire souffrir au saint, le second
se retira, et ce fut Aslériu^ qui, resté seul, lit
étendre Victor sur le chevalet, où les bour-
reaux le tourmentèrent jusqu'à ce qu^ils
fussent las.
ASTOHGA, ville d^Espagne ( Léon). Ce fut
dans cette ville que, sous le i^ègne de Tem-
pereur Dèce, le pioconsul Paterne ht oiourir
pour la foi sainte Marthe, vierge. On ne sait
de quel supplice. Ses actes, faits après coup,
sont peu probants.
ATHANARiC, roi des Goths, éleva en 370
une violenta persécution contre les chrétiens*
S4t
AT!I
ATn
518
Il porta contre mix des édîts sanglant'î, et fit
ftrampner une iJoîe sor un char dans tous
PS Umix nù il y avait des chrétiens. Cpiïx
qui refu5i.iH4it dosacritier«?taienl rais àm^rt.
Le siippîiî'e le plus ordinnire qu'oui fit endîirer
niix c
hrét
K'
I
iens* ét:ut de !es brùlf^r dans les
t^glises ou dans leurs maisons. Lesmarlyrsles
lus ct^l^hres de cette porsécutior» soit : sniit
icétas et sAint Sab^s. ( Voy. leurs articles. )
ATHANASR (saioi), mirtjr, éVnl évéque
h Tarse. Il sotilfrit l<^ martyre sotis l'empe-
reur Valériea avec sainte Anthuse, femme de
qualit(5, qu'i! avait tiaplisée, et dêui d ■ ses
esclaves. L^E^^lise honore leur sainte mé-
Tunire le '22 ao H.
ATHANASK f saint), que FEglise nonore
comme martyr le 3 janvier, donna sa vie pour
la foi, avec st\int Zozin(ie en Cilicie. Les dé-
tails de leur martyre sont rest<5s à peu près
ignorés.
ATHANASE ( saint L martyr,riin des qua-
rante martyrs de Sefoasle, sous Licinius.
Voff, Martvrs de Séhaste.
ATHANASE (saint:, dit le Graml, évAmie
d'Alexandrie et coiifesseu % tHait Irès^prona-
blement do fa ville d" Alexandrie : «x^and
Constance le lit revenir d*exil, il dit qu'il
voulait le rendre à sa patrie, à la iiiaison pa-
ternelle; d'un autre côt<'% on voit que, durant
la [lersécution de Vale'is, il fut câv^hé quatre
mois entiers dans le tomheau de so i père.
Dans un endri>it de ses écrits, ce saint parle
de sa tante, morte durant la tyrannie de
Grégoire. L'ensemlilo de ces ci rcons fanées
Srouvê ee que nous avons dit, qu*il était
'Alexandrie, fl naquit vers 295 an 296; il
ftit élevé par les soins de saint Alexandre,
patriarche d'Alexandrie; i n'élu lia l;^^ lettres
[profanes que pour ne pas paraîtn^ les if^uo-
rer, dit-il, et cepend-mt 0:i voit , par ses
écrits, qull les connaissait h fonJ. Un tel es-
prit n« pouvait pas réussir uié lî^fTeuient
en f[uoi (|uece soit. Mais dès sa plus tendre
enfance, d s'occupa de Iravaill'Tles seiences
si<îrées. L*étude de !'Au:^ien et du l^oiveui
Testament fut Tobj t de ses pi is iirofondes
méditations. Dès le teinos du eoncile de Ni-
cée» il élnit diacre: il rut un di^s qtiatre si-
gnititres de la lettre iU satit Alexandre
contre Arius. Son évéque faisait de lui très-
gi*and cas, sous le rapport du savoir et de
rexcellence d^i jllgem^*ut. Jsdie-i KApostit,
tout eiis*^ liéclarant soi eiinem , rend hotn-
ma.^e h ses qualités émiiientes. Il avait ruio
fermeté d*ûme inviieiblet une prude-ice ex-
trême, beaucQiq) de condescendance et ije
boité p>uraulrui. La tolécaîice et la chanté
sont les vertus disli-irtives d<^s i^randes
âmes. Il parait qu * sou extérieur n'annoi-
çait pas la heatité de son ?imi^ et de son in-
telligence ; il étatt de petite' taille et d'exté-
œ vui,^aîfe. Du moins, c'est ainsi 'pie
les auteurs parlent de hii. Q tant à nous,
nous croyoïs qrjé» quari I un diauiait i^sl en-
veloppé de m itiéres opa qu^^s, il y ;v lo^i-
jours quelaue point par l -quel il ilriile. De
môme la clarlé du t^éiie illutnine loujoîirs
le corps le moios favori^ skjus le rapport
ile la forme.
A Nicée, Athanase combattît rhérésîc des
ariens avec lieaucoup il' scie )çe et de cmi-
rage. Cinq mois après ce concile» Aleiandn)
éta^t mort, m indiquant au cler^^ié et à l'E-
glise d'Al(^xandrie Athanase cmime soi suc-
cesseur, celui-ci fut universellement accepté.
Il était absent qun id le saint évéque mou-
rut. Ui concile se tînt h Ab'xandrîe* qui, de
concert avec le peu f de» fe choisit pour évo-
que de ce te ville. Les ariens calonmièrent
cette élection. Un des plus acharnés pour la
déf^rier fut Eusèbe de Nicomédre. A peine
sor le trAne d'Alexandrie, i! eut a combat-
tre les méléciens, qui s*unirent contre lui
aux eiiséîd ms, EnsèW, son mortel ennemi»
procéda d'abord contre lui avec ruse; il fit
tout ce au'il put pour fi^ire rentrer Arius
dans FEglise d'Alexandrie. Arius, anathéma-
tisé par le condle de Nicée, avait été relégué
dans FHlyrie par Conslantm , nui bientdt
après le rappe a, s'élant très-raalheurtuse-
nienl laissé persuader que cet hérésiarque
était rentré dans la foi de rE^^tise, Ce fut
alors qu'Eusèbe de Nii'omédie entreprit <le
forcer saint Atlianase à le recevoir dans son
Eglise» sous peine rie $*en voir chassé lui-
mt^me. II écrivit donc au sa nf évéque» pour
appuyer la permission que Cons'àntîn avait
donnée à Arius de retourner à Alexandrie,
La lettre était suppliante, mais ceux qui la
devaient remettre étaient chargés de faire
des menaces. Athanase refusa uetteraenl.
^ ïesT prières ni les menaces ne purent le
décidera rr-cevoir Théréti jue. Eusèbe alors
lui écrivit une seconde fois , et Ini lit écrire
par Constant n. Ce prince disait que tontes
les querelles seraient apaisées et que Ja
tranquillité rentrerait dans TEglise, si on
voidait en ouvrir les portes h ceux qui ne
demandaient qu'à y rentrer. Athana-e ayant
rêlusé lie nouveau, Constnotm lui écrivit
une lettre qu'apportèrent deux olTiciers du
palais, Symlece et riaudenee, daiis la quelle
il disait au saint évéque que s'il persistait à
refuser Arius, il enverrait à Alexandrie* des
gens pour le déposer lui-même el le faira
sortir de la ville. Cependant Constaulin
écouta les renr'^sentations que lui lit AIIkï-
naso, lequel lui fit entendre que rE-^lisec.i-
tbolii|tle lîe pouvait \)ns admettre k sa cooi-
mmion un nérélii|Ke commi' Arius, Cons-
ta^itin se nïontra encore favorable au saint,
dans les aecus tions qrre les méléciens n ar-
tère nt coitr** lui devant Tempe eur. Ils Vac-
cusaient, entre autres cfmses, d'avoir exigé
du public un tribut pour acheter des v»Me-
mcnis ecclésiastiques h Kusjge de son église,
d'avoir votdu exciter une révolte contre le
gouvernr*ment inqtérial. M^us C'insta'^Uû
coud un ra 1rs acciisnteurs, et r nvoya Aiha*
nasf» h Alexandrie» en écrivant fs ceux de
c<.'!l^ ville une lonjfue lettre ni^ il se mon-
trait tort irriié t*ontro C'Ux qnK par leurs ac-
cusations mé hantf»s « t ralumm usf^ç, îruu-
ijlueul ainsi k' re os de TK^I s^^. L'^s • ■ ^ -
ci.» s Taccirsèrent ensuite d*/f»re entr
ii*mmeit dans Té^lise de rév<yju'? I> ^u -
ras, il Sv avoir r^ri*; un caUce mi il avmt inU
en pièces en sortant. îsquyras liii*niênie jus^
U9
ATH
/VTïT
350
I tifia Gomplétement le saint de cm accusa-
lions, i^^r une lettre. Mais la plus 'jjrave des
accusalions qu'Us jwrtèrent contre lui, fui la
suivante : les niélt'ciens firent caclier Té-
vèfjue Arsène» Tun des inurs; on îiii donna
de 1 argent pour cela ; et Arcaiïh ou Arhah»
cbef de la seeiév accusa sai^t Atlianase de
J avoir tué. Il se porta dénoiiciîitéur. Ils
[ avaient, dans une boîte, une nm'm droite des-
fféchée, quiîs disaient ceUe d'Arsène, et
I qu'ils accusaient AthaTia;s<i d^avuir coupée
>ur Caire des opérations uiagiL[ues, Qu'on
Jlous rende, disaieol*ils, avec larmes, au
I moins le coqjs de celui que nous pleurons.
[Constantin, informé de loul cela, éurivit à
[Autloctie, à son frère Daluiace, censeur,
Id'eiamiaer c«tte {liTaire. 11 envoya môme
iTEusèbe et Theognis, pour qu'ALlianase fût
'lé eu leui* présence, Allianase jugea à
dYdnciuer cette afîaire ; il écrivit h
les évèques d'Egypte, pour savoir où
ratait Arsène, 11 envoya même un diacre avec
r^leias pouvoifs des» 'magislr/ils, pour décou-
l^rir Arsène partout où il serait. Ce diacre»
jf'anl appris qu * ce prétendu mort était ca-
lé dans le monastère de Plemeoeyrce, au
f territoire de la ville d'Antée, dont un nommé
_?iûne était su|)éi'ieur , s y présenta poui'
S y trouver; mais Firme, prévenu de sa visite,
t partir Arsène k veille, sur un vaisseau
Çqui s>n allait dans la basse E^ypu», Le dia-
Tp'e se saisit de PLnne et d*un < nacre nommé
IJEJie, qui avait été spécialement chargé du
Fj»oin de cacher Arsène. Ces deux iiomoies
fureoi présentés an duc d'Egypte, auquul
[Us ikreot contraints d'aviimer q «'Arsène
lÀtait vivant, quil avait été caclié chez eux,
Lel qu'il était pou lors eu EgyjUe. ?a\ hniH'e,
imumedu couve U de Pin^e,' écrivit u^e let-
Uedais laquelle cette confession était ai te
en ^ntier> et dans laquelle, par r on s; que U,
5*int Athauase se trouvait conqilétoirjcnl
[jusufié, Defmis, a Tyr où il sï*tait retiré,
1 Arsène, surjïris par les gens d\\rciielaus,
>uverueur, fut amené devant Paul, évùque
la ville, qui le coimaissait. D'abord il
[avait essayé de nier son ideuUté; mais, de-
'irant un homme qui le connaiî^sait, il n'osa
[plus soutenir cet iuipud<'i t menson,,e.
] Constaiiti'i, instruit de ces divnses eir-
eoûslances, lit cesser la pimisui»e de c tie
I all^nre. 11 écrivit à saint Atljaoasc uite letu-e
j dans laquelle il lui dit qu6 si Ses calomniât u s
eonti lueiit à le poursuivre, il se fera hn-
I même leurjyge, et h-s punira, non avec la
[ douceur des luis de TEglise, mais avec toute
I la rigueur des lois civiles. Après cette af-
I faire, qui se Icrmina à la confusion des nié-
>14cieos^ Arsène écrivit, tîint en son nom
qu^au nom de beaucoup de luéléciens comme
lui, à saÎQl ALlianase, pour lui demander sa
communion, et jjour lui dire que désormais
il n aurait pas <rautres croyajices que cell *s
de l'Ej^lise catholique, et ne reconnaîtrait ras
d'aulrt autorité que la sienne. Les ariens
avaient la ra^e au cieur de voir éclumer lou-
les leurs menées contre saint Athanase ,
mm ils a'élaient piS découragés ; bien au
conlraire* Us se prèparèreot à lui porter un
eoup que cette fois il ne pourrait pas parer.
Eusèbe de Niroméd»e, qui était leur chef à
Ions , surprit teHement I esprit de Tera-
pereur Constantin, (|u*il T^unena à entrer
[larfaitemenl, sinon dans ses desseins, du
moins dans leur exécution. La grande
église de la Résurrection , que Constantin
faisait bAtir à Jérusalem, était en état d*è-
tre dédiée. Ce prince voulait qu'un nom-
bre considérable d'évèques concourût à cette
imposante cérémonie. Eusèbe lui persuada
facilement qu^il fallait que pour cela la paiv
fût établie dans l^Eglise, et qu'il était conve-
nable dass(rmbler, dans ce but, un concile
où la conciliation pût s'établir sur tous les
points. Constantin, dont l'esprit était com-
plètement an pouvoir des eusébiens, manda»
pour assister à ce concile, tous les évéques
qu'ils lui désignèr-'iit. Il envoya le comte
liimys poury maintenir Tordre. Leseusébiens
eurent soin (jue les instructions de cet en-
voyé toiu'mïssent complètement à l'oppres-
sion de leurs a«l versa ires. Constantin rrcon-
nul lui-même plus lard avoir choisi tous les
évéques de ce concile au gré des eusébiens.
L'Egypte, la Lybie, TAsie, la >iacéJoine, la
Pannooie, la Bithynie et les provinces d'O-
rient furent les lieux d où ces évéques vin-
rent presque tous. Les ariens y étaient en
majorité. Les deux Eusébe en étaient les
chefs. Les plus célèbres, après eux, étaient
Narcisse de Néroniade en Ciîicie , Flaccille
ou Placille d'Arjiioche, Théognis de Nicée,
Marijs de Chalcédoine, Théodore d'Héraclée,
Palrophile doScythofde, Ursace de Sijigidou,
Valens de Mursà , Maeédone de Mopsueste,
George de Laodicée en Syrie, tous évéques
ariens. Parmi les ealhoïiques, il y avait saint
Maxime de J rusaleju, Marcel d'Ancyre ,
Alcxujdie de Ibessaloni |ue. ï^ocrale compte
eo tout soixaiUe évùtjues dans ce concile, U
est (ir^bable ipie cet auLeur ne veut parler
que de c \i\ que Constantî i avait mandés di-
rect ci ucnl î car saint Aihanase en amena
avec lui quaraottf-neuf qui ne lui Jiren! pas
défaut, et tjui lui auraient constitué la ma-
jorité, si, Comme le dit Socrate, le concile
n'eù4 été en tout composé que de s<'i%tMite
évéL|ues. Le présida ^nt du concile étail Pla-
ci le dWntiucho; luais celui qu* y avait la
plus grande iolluenee était ce couite Denys
(|iic nous avons déjà nommé, et qui s'y
uioitra ejmenii acbarné de saint Athauase,
Plusieurs autres laïques y siégeaient, entre
aulres le gouverneur de Palestine et Arche-
iaus, comic (fOrienl, Les eusébiens dou-
ïiai-mt Ic'Sordies, et Denys les faisait exécu-
ter, môme siolemraenL H f*renaii la parole,
et opprimait complètement dans la discus-
sion, ceuît <(ni ouviaitnt des avis qui étaient
justes et éiïuiliibles. On amtna 6 ce concile
sâi ît Mai aire chargé de chaînes, pour y ré-
poudi 0 à c«^tte ridicule accusation de calice
brise qu'on avait fait porter sur lui aussi
bien que sur saini Athanase. Ce dernier,
qui voyait la louiDure que prenaient les
choses, refusa d'aijord de venir au concile.
Il craignait dV voir outrageusement attaquée^
la foi de Nicee. CoDSlaiitm, circonvenu par
I
1
8^1
ATH
les Eusébiens, lin écrivit que s*il n'y venait
)ws librement, ii le ferait prendre et IV fe-
raîl coodiiire de force ; *ilors AtJr*nase obéit^
1! y viot, eonime ûous l'avons dit, à la itïle
de quaraole-iîeuf évoques. Ses ennemis eu-
rent raudnee de prétendre qu'il s'était i^it
ainsi aceoniimgner , pour occasionner du
trouble dans rasseniblee. On ouvrit Je con-
cile par la l«îcture de la lettre que Constan-
tin avait écrite au saint évètjue; lettre qui
marqua t partaitemenl que ce prince éiaii
sous la tloniinatiun des ensébiens. Ces der-
niers convoquèrent des évéïpes de la secte
des rat'léciens qui se portaient accusateurs
d'Athanase. L*^, on renouvela les c<iï munies
dont» à diverses reprises, le saint s'était vic-
torieusement lavé. On parla du caJice rompu,
d'un sié-;e épiscopal renveisé; on eut Tau-
dacede remt4tre sur lelafïis le meurtre pré-
tendu d'Arsène, De plus, on accusa saint
Athanase d'avoir illégalement foit mettre en
(ïrison Tun de ses accusateurs au concile,
un nommé Isquyrion. On faccusa d'avoir dé-
posé Callinique, évoque catholique de Pe-
luse, san^ autre motif que celui-ci : Cet évê-
aue, prétendait-on, s'était attiré la colère
iWlhanase, en refusant de communiquer
avec lui, jusiju'à ce qu'il se fût disculpé
ians ratfaire du calice rompu. Cinq évéques
méléciens, Euplus , Pfieôme de Tentyre ,
Isaicde Lete, Achille de Cuses, Hermée de
Cyne, dans la seconde Egypte, l'accusaient
de les avoir battus. De plus, on Taccusait
encore d'avoir fait jeter en prison ceux qui
ne voulaient pas communiquer avec lui ;
d'avoir, durant la fête d^^Pûques, accompa-
gné de généraux et de comtes, fait battre
cruellement, traîner en prison, tourmenter
par divers supplices ceux qui refusaient
d'entrer en comm nion avec lui. Il est vrai
que saint Athanase avait fait tout ce qu'il
avait pu pour empêcher les méléeiens de se
séparer de l'Eglise, mais sans sortir jamais
des voies de modération et de justice que
son caractère sacré, sa fûété lui comman-
daient de suivre. Dès le commencement du
conciïe, sans aucun égarfl pour la dignité
du siège quoccu|>ait saint Athanase, on le
traita comme un accusé vulgaire, le faisant
lester del»out tandis que ses accusateurs et
Eusèbe de Césarée entre autres étaient as-
sis* Potamon, évèque d'Héraclée, en fut t<*l-
lement indigné, qu'il ne put se contenir. 11
s'écria : Counnenl, Eusèbe ! vous Ôtes assis,
et Athanase, tout innocent tpril est, de-
meure debout» pour être Jugé par vous?
qui peut souffrir une chose si indigne? Et
dites-moi un peu, n'étions-uous pas ensem-
ble eii prison durant la persécution? Pour
moi, j'y perdis un œil pour la vérité; mais
voii;, it ne semble pas que vous y ayez perdu
aurun de vos membres; on ne voit aucune
marque (lue vous ayez rien enduré pour Je-
sui^-Ciirist; mais vousvtûlà ici [dein de vie,
et avec toutes les parties de votre corps »
bien saines et bien entières. Comment avez-
vous pu sortir en cet étal de la prisai, si ce
D est que vous a y ex promis de connu etlre Je
erirae auquel ks auiaurs de la persécution
nous voiilîtient contraindre, ou parce que
vous l'aviez déjh commis? Eusèbe s'emporifi
de colère et rompit la séance en prononranl
ces paroles : Si vous venez ici faire les ty-
rans, il faut que vous en fassiez bien d'au-
tres en votre pays.
Ce récit est de saint Epiphane* Cela n'em-
pêcha pas les eusébiens de poursuivre le
jugement de saint Athanase* Les évèques
d*Egypte eurent beau récuser une p*trtie dos
juges, par fa bouche de saint Athanase, a
nommément les deux Eusèbe, Nrcisse, Phi-
cille, Theognis , Maris, Théodore, Palro-
phile, Théi^phile, Macédone, Urs.icH et V.t-
lens, rien n '/arrêta cet étrange concile. Los
mêmes évéques eurent b au remontrer que
George de Laodicée avait été déposé \mr
siint Alexandre, on n'en persista pas moins
à le laisser au nombre des juges. Saint Atha-
nase commença à concevoir de l'inquiétude,
quand il vit que toujours on accordait l'im-
punité aux témoins dont ri réussissait à dé-
Ditmlror rimposlure. D*un autre côté, sa d''^
fense était singulièrement entravée. Oo
intira dait ses défenseurs par des violen-
ces, par des injures. Les méléciens étaient
1 objet d'une protection toute parîicul ère,
La i>rincjpale affaire qui fat ai;ilée dans
ce concile fut celle d'isquyras ou du ca-
lice brisé. Nous la mettrons la dernière,
pour suivre saint Athanase. On l'acrusa
aussi de deux autres clioses; d'abord d'a-
voir tué Arsène , ensuite d'avoir violé
une vi^^rge. Cette dernière accusation fut
examinée avant l'autre. On lit paraître une
malheureuse prostituée, qui vint dire qu'ayaut
logé chez elle Athanase, il Fav.dt violée mal-
gré toutes ses résistances ; elle qui avait
voué sa virginité au Seigneur. Athanase,
prévenu de celte accusation , se conci rla
avec un de ses prêtres nommé Timolhée,
pour qu'il prît la parole sur cette accusation.
Quant h lui, il se tut comme s'il eût été coni-
plélemenl étranger à cette affaire. Quand
donc cette femme eut fait sa déposition» Ti-
molhée, se levant, loi dit : .\insi donc vous
prétendez que c'est moi qui ai attenté à vo-
tre pudeur? Oui, dit-elle en éteridanl la
main vers Timolhée, je vous reconnais,
c'est bien vous qui m'avez violée en tel
temps, en tel lieu ; elle broda toutes Ips cir-
constances de cette h stoire avec loul'^ Tim-
pudence qu'on pouvait attendre d*une femme
do cette sorte. On était loin de s'attendre à
un tel résullal. Aussi le concile stupéfait
était fïartagé, les gens équitables entre Tui-
dignation et Tenvie de rire d'une si déîdu-
rable déconliture des accusateurs, les corn-
pbces tie cette malheureuse entre la bonie
et la rage de se voir ainsi bafoués. Coromt!
ces derniers se trouvaient en norab e, ds o*?
voulurent fas tju'em riuterroi^eât davanlai;e,
et malgré les mslaeccs de saint Athan<ise.
3UÎ vc/ulail savoir quels étaimt les auteurs
e cette indignité, ils la firent sortir du
concile. Le fait est qu'on la laissa aller sans
Un infliger aucune peine pour son faux té-
moignage , sans vouloir découvrir quels
étaient ses complices.
^
Pour ce qui est de Vanive acnusatîon, re*
[lative k la mort d'Arsène» elle fui renversée
[d'une façim non raoirjs vicloriouse. Nous
ûvon^i déjà eu occasion de dire que, durant
Vinslruction ordonnée par Constantin, ou
avait découvert Arsène vivant » et que, de-
vant les magistrats, il av^iit été obligî'* de sV
vouer rinslruraeol de la misrratile fraude à
laquelle on,e faisait servir. Le fait esi qu'Ar-
•sène, qui, comme on sait, était revenu à ia
communion de saint Athanase, n'avait ms
paru au concile de Tyr, soit que saint Alna-
nase Teût fait cacher pour confondre ses ca-
lomniateurs, soit que ceux-ci Feusscnt eux-
mêmes détenu, pour le succès de leur ca-
lomnie. Le fait est qu*Arsène, instru-it de
qui se passait, trouva le muyen de partir
_ >ur Tyr, et y arnva la veille du jour où on
[allait juger le saint, à propos de son pré-
I tendu assassinat. Il se présenta à At'ianase,
jqui le lit cacher chez lui pour confondre ses
Laccosateurs,
L'atfaire de la courtisane venait de se ter-
linep à la confusion des ennemis dWtha-
lase. Ils se mirent à vociférer qu'il y avait
ies crimes beaucoup plus graves que celui-
llà, desquels on ne pourrait i^e jusiiîier par
kubtilite ou artifice; qu il ne fallait qu'ouvrfr
^cs yeyix pour demeurer convaincu de leur
§^lité. Alors, ouvrant la fameuse boîte qui
>n(enait la main desséchée, qu'on préten-
idit appartenir à Arsène : Voiïà, dirent-ils,
jui vous accuse péremptoirement. Cette
aain de voire victime, de Tév^^que Arsène,
[liereZ'VOus, Athan se, que ce soit vous qui
l'ayez coupée? Déclarez-nous comment et
ourquoi vous Tavez fait. A ce spectacle,
)ut le monde jeta un gfand cri, tant ceux
[qui croyaient que ce crime élait véritable que
îceux qui en savaient la fausseté. Ou eut
[grande peine h apaiser le tumulte» Alors
[Athanase se leva et ilemanda si quelqu'un
Je la compai^nie avait connu Arsène, pour
loger si c'était bien là sa main. Plusieurs se
levèrent et dirent qn1ls l'avaient parfaite-
ment connu. Ators le saint demanda à faire
Bntrer quelqu'un de ses gens, à qui il avait
ifaire, et envoya chercher Arsène. Ou le
It entrer les deux mains cachées sous son
lanteau. Athanase demanda aux assistants
li c'était bien là cet Arsène qu'on préten*
iait mort. Ceux qui avaient dit le connaître
furent obligés d'avouer que c'était bien lui.
Vetfel produit par cet incident fut prodi-
îeux dans rassemtjïée. Quelques-uns s'i-
laginaient encore que, sans le tuer, on lui
ivait peut-être coupé la main. Saint Allia-
lase lui lit successivement tirer ses deux
lains de dessous son manteau, et s'adres-
lant au concile : « Voilà, dit-il, Arsène avec
ses deuï mains ; Dieu ne nous en a pas
lonné davantage, et ainsi je ne crois pas
me personne en demande une troisième,
téaumoins, je laisse à mes accusateurs à
chercher en quel endroit elle pourrait être
>Iacée, sinon, c'est à vous à examiner d'où
rient celle qu'on vous a fait voir ici , et à
)unir ceux qui Tont coupée, si crime il y a
ïuà le faire. » La présence d^Arsène porta
un coup épouvantable aux ennemis d*Atha-
nuse. Pendant quelque temps, la confusion
fut horrible; mais enfin, la rage prenant le
dessus sur la honte, ils se min nt à crier
qu'il était magicien, et que par ses artifices
il j>arvenaiÊ 5 tromper les yeux et à faiie
voir ce qui n'était pas. Ils se jetèrent sur
lui, et sans Fintervention des olliciers de
rempereur qui Tarrachèrrnt de leurs mains
furieuses, ils le mettaient en nièces.
Vint ensuite ratfaire du calice d'isquyras.
On envoya dans la Maréote des commissai-
res chargés d'informer dans ce point de Tac-
cusation. Les comniissaires nommés furent
justement ceux qu'Alhanase avait récusés
comme juges.
Cequll y a d'affreux dans cette accusation,
c'est de voir Isquyras venir la soutenir de-
vant le concile, après en avoir lui-même dis*
culpé saint Athanase , lors de rinstruclion
que Constantin avait ordonné de faire quel-
que lenq>s auparavant. Athanase soutint
qu Isquyras n'était pas prêtre, et c'était la
vérité; il le prouvait, mais le concde ne
vouliit rien entendre. Isquyras n ayant rien
pu établir contre samt Atnahnse et contre
Macaire, il fut donc décidé qu'on enverrait
des cummissairesdans la Maréote. Les com-
missaires no nmiés furent Théognis, Maris,
Macédone, Théodore, Ursace et Valens. Le
concile de Sardique ap|ïelle ces commissai-
res des Jeunes gens les plus méchants et les
plus perdus de mœurs du monde, indij;çnes
d'aucun degré dans TEglise, La fourberie
parait dans tonte celte anaire* Quatre jours
avant leur nomination, ils avaient envoyé
dans diitérentes contrées [lour que des ariens
et des méléciens se rendissent dans la Ma-
réote, où il n'y avait personne de leur com-
munion pour y servir de témoins. Les évé-
ques dTigypte s'opposèrent inutilenient h la
nonïinalion des commissaires ; inulih*meut,
ils en écrivirent à Tempereur. D'abord les
commissaires passèrent à Alexandrie, où ils
prirent pour les assister le préfet Philagre,
p*Vien et apostat. Ils avaient avec eux Isquy-
ras qu'ils hébergeaient. Ils partirent pour la
Meircote, et ce fut dans la maison de l'accu-
-es nrèti
ter a Jeu
délibérations, et ceîa avec justice, disant
que, puisque ni Macarre, ni leur évéque n'é-
taient présents pour débattre l^urs intérêts »
il était juste qu au moins queli|u'un le fit;
mais ces cominisaires d'iniquité ne voulu-
rent rien entendre, et tout se passa entre
eux, les accusateurs et Philagre. On chassa
niéroe ces prêtres, en leur disant des inju-
res. Au nombre des témoins admis contre
saint Atiianase, par les commissaires, il y
avait de simj^les catéchumènes, des païens et
des Juifs. On ne les interrogeait pas |JOur
les faïre [•arler sur les vérités augustes delà
religion, sur les mystères saints qu'on pré-
tendait 'ivoir été outragés par Athanase, mais
bien pour leur faire débiter les mensonges
inf^hnes qu'on leur suggérait. Loin d'étal dir
le crime prétendu, les témoignages par leur
incohérence, par leurs oppositions, ne 8ei>
n
sateur qu'ils allèrent s'inslaller. Les prêtres
de la contrée demandèrent à assister a leurs
S5d
ATH
ATH
y»]
gagner par les ariens. Ce furent Constantin
le Jeune et Constant qui renvoyèrent Atha-
ïia^e en Orient, en forçait Conslanee à y eon-
sentir. Saisit Alhan-*se fui rwu dans sa villo
épisconnle avec infiniment de démonstra-
tions de joie. Un coup rétabli, il contribua
nuîssaminent au rappel des autres <^vêques
nannis. En passvintpur Conslantinople Atha-
nase trouva dans cette ville l'évoque Paul,
qui était ile retour de rexil où Constantin
I avait envoyé. Macédone, qui avait été fait
évoque à sa place, servait comme prêtre
sous lui, s*6tant soumis à son autorité. Le
retour d'Atbanase irrita davantage ses mme-
mis ♦ et les porta a de nouvelles entreprises
encore plus crimineUes que les préctklentes.
De peur que le saint n'uiforniiU Constance
de tout ce qu'ils avaient tait contre lui, ils le
décrièrent dans Fesprit dece prince et le lui
représentèrent comme un homme tai'é et
noirci de toutes sortes de crimes. Quoiqu'il
eût été reçu à bras ouveits par le peuple
d'Alexandrie, ils nrétendirent que son en-
trée dans cette ville n'avait causé que des
séditions, des géntisscnients et des pleurs.
Ils ajoutaient qu'après son entrée dans
Alexandrie , il avait pillé les églises et
avait ajouté à ce premier crime, les violen-
ces, le meurtre et le carnage. Ils imaginè-
rent encore contre lui une foule d autres ca-
lomnies, et ils écrivirent aux trois Auguste
puur obtenir ou la mort d'Atlianase , ou
au moins un second exil. Mais Constant et
Constantin restèrent foi t bien disposés pour
lui. Il leur avait envoyé du reste des députés
qui prouvèrent paifailement son innocence.
Pour perdre saint Atlianase avec plus de
sùrelé, ils envoyèrent au pape Jules Tinfor-
œation qui avait été fade clans la Maréote.
îir une providence toute particulière de
Dieu» cette information vint ainsi dans les
mains de saint Atlianase ^ qui, pour se dis-
culper entièrement, envoya, de son côté, des
députés au pape. Ces députés eonfondirent
tellement leurs adversaires, que ceux-ci, pour
gagner du temp», prièrent le pape de connaî-
tre par lui-même cette alla ire et d*assembîer
pour cela un conci e. Lv pape accepta celle
proposition, manda à Atlianase de le ve-
nir trouver, tout en laissant cependant à
son choix le lieu où se tii*ndrait le concile.
Le saint évèque d'Alexandrie se rendit im-
médiatement à Rome avec quelques solitai-
res. Dix-huit mois entiers, il y resta à atten-
dre inulilement ses adversaires* Ceux-ci
n avaient pas pensé qu'il put se résoudre h y
aller. Aussi, nuand ils s.urent qu'il y était,
craignant que leurs impostures fussent ais.*-
mi^nt découvertes, ils ne voulurent plus s'y
rendre » refusant ainsi le jugement qu*ils
avaient eux-mêmes sollicité. Ils assemblè-
rent leur fameux concile dMntioche , au
commencement de Tan 3il, et la» déclarant
qu\in évèque déposé par un concile, qui re-
prendrait de lui-même la place, ne pourrait
jamais être rétabli, ils déclarèrent Athana-^e
à jamais déchu de son siège. Ils nommèrent
pour le remplacer un certain Grégoire , qui
appartenait a leur se'*:e, tiuoiqu'jl eût été
quasi élevé h Alexandrie, par les sorn« do
saint Athanase. Il était Cappadocicn de nais-1
sance. Athanase était venu à Home vers U]
fin de Tan 339. Anrès y avoir passé le ttnjp?
que nous avons dit, il jugea à propos dt* >*oiJ
revenir h Alexandrie. Il y arriva pour les!
fêtes de Piques. Tout s'y passa dai s le plus j
grand calme, quand tout h coup Philagret
préfet d'Egypte, lit afficher d«»s lettres en
forme d'édit, qui annonçaient qu'un nommé j
Grégoire arrivait h Alexandrie, jiour y succé-
der à Athanase.
« Tout le monde fut troublé d'une chosel
si nouvelle, et dont on n'avait pas encore j
oui parler. Le peuple catholique s*assemljli|
avec jïlus d'em|)resst'menl dans les églises,]
se plaignant bantemenl aux autres juges et à]
toute la ville, et représ**ntant qu il n'y availî
ni accusalion ni [ilainte contre Athanase de
la part des fidèles, et que c'était un jeu joué
par les ariens; que, oiiand même Athanasôl
serait prévenu de quelque crime, il fallait itl
juger légitimement, et lui donner un succès]
seur suivant les rè^^les.
« Le préfet Philai^re gagne la populace |
païenne, les Juifs et les gens déréglés, [nir
des proniesses qu'il accomplit ensuite. Il
assemble les pâtres et la jeunesse la plus ii^
solenlc des places publiques, les échauHe et
les envoie par troupes, avec des épées et ût'$
butons, contre le peuple assemblé dans les
églises* Ils se jetèrent dans celle qui portait
le nom de Quirin; ils y mirent le feu et m
baptistère. Des vierges "furent dépouillées et
traitées indignement; et, ne voulant |ms
soutfrir, elles furent en péril du leur vie.
Des moines furent foulés aux pieds, ut en
moururent; il y en eut de eootisqués camine
esclaves, d'autres tués à coups d'épét; et do
bâton, d*autres blessés on battus. Les samlf
mystères furent emportés et jetés à terri
paV des païens, qui sacrifièrent sur la sainte
table des oiseaux et des pommes de pin, en
louant leurs idoles et blasphémant contre
Jésus-Clirist; ils brillèrenl les livres sacrés
qu'ils trouvèrent dans Téglise. Les Juifs et
les païens enlrèrent dans le baplistère, etf
s'étanl mis tout nus, y firent et y dirent dt
Itlfes infamies, que la pudeur ne permet p«<
de les raconter, Qiielques impies, imitant li
persécution , prenaient des vierges et àv%
femmes qui gardaient la continence , le^
traînaient pour les contraindre à blasphémer
et à renier le Seigneur; et, comme elles le
refusaient, ils les franmient et les foulaient
aux pieds. L'église fut abandonnée en proie;
les uns enlevaient ce qu'ils tronvaient de^
vant eux, d'autres partageaient les oéfVits d#
qu Iqnes particuliers. 11 y avait quantité d»j
vin : ils le burent, le répandirent nu Tem
portèrent; ils pillèrent I1iuile,ils enlevèrent'
les portes et les balustres, ils mirent les
lampes à terre contie les murailles, ils allu-
mèrent les cierges de Téglise en riioineurj
de leurs idoles. On prenait des prêtres et dt
laïqui^s, on menait ik^s vierges aévoilées de
vaut le tribune du gouverneur, et on les
mettait eu prison ; d'autres étaient vendus
comme esclaves, d'autres fouettés^ On Ôtait
le pain aux ministres de TEglise et aux
Tierges.
I « Tout cela se passait dans le carême et
\i Ters la fôle de Pâques* Le vendredi sainl,
î Grégoire enira daos une é^^lise avec le gou-
verneur et des païens ; ett voyaot T horreur
que les peuples avaient de son entrée vio-
lente, il obligea le gouverneur à faire fouet-
ler publiquement et nietlre en prison trente-
quatre personnes, tant vierges que femmes
mariées et hommes de condition. Une de i^es
vierges, entre autres, fut fouettée, tenint en-
core entre ses mains le psautier, qui fut dé-
chiré par les bourreaux. Ils voulurent en
faire de même dans une autre église , oi
«aint Athanase logeait le plus ordinairement
pendant ces jours-là, afin de le prendre et de
«'eu défaire. Mais, se voyant découvert, et
craignant que Ton ne commit dans cette
église les mômes eicès que dans les autres,
il se déroba à son neaple avant que Grégoire
fût arrivé, et s^emnarqwa pour aller à Rome,
voulant assister au concile qui s'y devait te-
nir- Grégoire n'épargna pas même la fêio de
Pâques, et fit emprisonner plusieurs catholi-
ques en ce saint jour, 11 s'empara de toutes
les églises > en sorte que le peuple et le
clergé catholique étaient réduits à n'y point
entrer, ou à communiquer avec les ariens»
tt Grégoire ne voulait pas môme soutTrir
que les catholiques priassent dans leurs mai-
sons; il les dénonçait au gouverneur, et il
observait les ministres sacres avec une telle
rigueur, que plusieurs particuliers qui se
trouvaient en danger ne pouvaient recevoir
le baptême, et les malades étaient privés de
consolation, ce qui leur était plus amer que
la maladie; mats ils aimai^nt mieux s en
passer que de recevoir la main des ariens
sur leurs lôtes. De peur que ces violences
ne fussent connues, Grégoire fit donner des
ordres pressants aux maîtres des vaisseaux,
et méœe aux passagers, de ne point parler
contre lui, et au contraire de s© charger de
ses lettres. Quelques-uns le refusèrent, et
soulTrirent pour ce sujet la prison, les fers
et les tourments. Il fit aussi écrire par le
gouverneur un décret adressé à rempureur,
comme au nom du peuple, contre saint Atha-
nase» le chargeant de telles calomnies, qu*il
' avait de quoi le condamner, non-seulement
, Texil, mais à la mort. Ce décret fut souscrit
ir des |)aïens et des gardiens d'idoles, et
^t les ariens avec eux.
« Cependant les eusébiens écrivirent à
Philagre , atin qu il accompagnât Grégoire
■^ns une visite par toute l'Egypte. On fouet-
ût des évèques et on les mettait aux fers,
arapammon,évéque et confesseur, fut banni ;
Potacomon , aussi évéque et confesseur, qui
ivait perdu un œil dans la persécution» lut
>appé sur le cou jusqu'à ce qu'on le crût
aorl. A peine putnan le faire revenir au
>ut de quelques heures, à force de remède;
sais il mourut peu de temps après » avec la
lloire d'un double martyre. C'est le même
rota m mon, évêque d'Héraclée, qui avait âs-
listé au concile ae Nicée et depuis à celui da
Tyr* L'Eglise honore sa mémoire le dix-
DiCTioNN, 0ES Persécutions. L
huitième de mai. ï\ y eut plusieurs autres
évéques battus et plusieurs solitaires fnsti-
gés ; et, pondant ces exécutions, Grégoire
était assis avec un ofûc^er nommé Balacius»
qui portait le titre de duc. Après cela il in
vitait tout le monde h communiquer avec liii^
ne voyant pa*» la contradiction de les faire
maltraiter romme des méchants, et de leur
offrir sa communion comme h des saints. Il
persécuta la tante de bmni Athanase, jusqu'à
ne permettre pas quV»n l'enterrât quand elle
fût morte; et elle fût demeurée sans sépul-
ture, si ceux qui Tavaienl retirée ne Teus-
sent portée eu terre comme leur apparte-
nant. Il ôla Faumône que l'un donnait à des
pauvres enfermés , faisant casser les vais-
seaux dans lesquels on lenr portait du vin et
de l'huile. Voilà une partie des violences de
Grégoire, n (Fleury» voL l'% p» ^91.)
Une chose manquait à la rage des ariens,
c'était la mort de saint Athanase. Ils l'eus-
sent tué s'il n'eût évité leur dessein ei se
retirant, il vint droit à Rome où devait s'as-
sembler un concile pour juger sa cause. Les
lettres des eusébiens portaient de le cher-
cher partout, lui et les prêtres qui lui étaient
attachés, et de leur trancher la tète. Les
violences de Grégoire et du préfet Pliila^ro
mirent les ariens en possession de ttmtf s
les églises. Le peuple d'Alexandrie refusait
de coramuniguer avec révoque héréiique*
Aussi celui-ci dans sa colère faisait-il tour-
menter cruellement ceux qui refusaient
d'entrer en communion avec loi. U faisait
donner la question aux uns , il faisait en-
chaîner les autres, et les faisait jeter en
prison* Il persécuta tellement tous les atnis
d'Athanase^ que tous furent obligés de quit-
ter la ville et la contrée. Il écrivit à Cons*
lance des lettres où il accusait le saint des
crimes les plus atï'reux. Quant à saint Atha-
nase, comme il était possible que les évè-
ques se laissassent tromper par les leUres
que Grégoire envoyait de tous côtés, il se
hâta de prévenir ce malheur en écrivant
sa Lettre aux orthodoxes* Dans celte leltri^
il explique la conduite qu'il a tenue et les
violeiiL-es dont son Eglise et lui ont été vic-
times. D'autres évoques d"Egypte écrivirent
aussi dans le même sens. Pendant qu' Atha-
nase était à Rome, attendant que le con-
cile s'assemblât, Grégoire parcourait l'Egypte
et y commettait les iilus indignes violences.
Le concile de Home, composé de 50 évèques,
reconnut pleinement l'innocence d'Aihanase.
Le saint attendait depuis trois ansidansla
capitale du monde chrétien, que Dieu prît
sa défense et suscitât des jours de déli-
vrance pour son troupeau si malheureux,
quand il reçut une lettre de Constant, qui
lui mandait de le venir trouver k Milaa, Ce
prince avait écrit à sor. frère une letïre pour
qu'on assemblât un concile qui eût autorité
pour finir la cause d^Vthan^se; il y avait été
engagé par plusieurs évèques et par le pape
Jules, A la suite des démarches que litCrms-
tint, on assembla le concile de Sardique Tan
3i.7. L'Italie, TEspagne, les Gaules, l'Afri-
que, laPanooniei laDacie^ la Thrace, la
ses
âTU
Macédoine» la Thessalie, laPhrygiet TA^
chaie, la Crète, la Cappadoce, la Galatie, la
Cilicie, la Syrie, la Mésopotamie, la Phéni-
cie, la Palestine, l'Arabie, la Thébaïde, l'E-
gvple, furent les provincfs qui fournirent le
plus grand nombre d'évêques à ce concile,
lis y étaient en tout cent soixante-dix ; cent
d*Occident, le reste d'Orient,
« Les eusébiens croyaient, à leur ordi-
naire, dominer dans le concile par Taulorilé
séculière, et celte espérance les y faisait
venir avec un çrand empressement.
« Mais quand ils virent que les Occidea-
laux n'avaient è leur tète qu'Osius, et que
ce concile serait un jugement purement ec-
clésiastique, sans assistance de comte ni de
soldats, ils furent surprix» et troublés par les
remords de leur conscience. Ils s'étaient
imaginé que saint Athanase et les autres
accusés poseraient pas même se présenter;
cependant, ils les voyaient comparaître har-
diment. Ils voyaient qu'il était venu contre
eux-mêmes des accusateurs de diverses Egli-
ses, avec les preuves en main ; que quel-
ques-uns do ceux qu'ils avaient fait bannir
se représentaient avec les chaînes dont on
les avait chargés ; que des évoques venaient
t)arler pour d'autres qui étaient encore exi-
és ; que des parents et des amis de ceux
qu'ils avaient fait mourir se présentaient ;
que d'fliutros évoques racontaient comment
par des calomnies ils avaient mis leur vie
en péril, et avaient fait etl'ectivemcnt périr
de leurs confrères, entre autres l'évèqife
Théodule, qui était mort dans sa fuite. Quel-
ques-uns montraient les coups d'épée
fiu'ils avaient reçus ; d'autres se plaignaient
oe la faim qu'on leur avait fait soutTrir.
Ce n'étaient pas seulement dés particuliers,
mais des églises entières dont les députés
représentaient les violences des soldats et de
la populace, les menaces des juges, les sup-
positions des lettres fausses, les vierges dé-
jouillées, les ministres sacrés emprisonnée,
les éijiisos brûlées, et tout cela pour con-
traindre les catholiques à communiquer
avec les ariens. Les eusébiens voyaient en-
core que deux évêques orientaux, Arius
ou Macaire d'Arabie, et Aslérius de Pales-
tine, avant fait le voyage avec eux, les
avaient quittés pour se joindre aux Occi-
dentauxi à qui ils avaient découvert leurs
Inui'beries et leurs alarmes.
« Voyant tout cela, ils résolurent de ve-
nir à Sardique pour témoigner de la con-
liance en leur cause; mais y étant arrivés,
ils se renfermèrent dans le palais où ils
étaient logés, et se dirent les uns aux au-
tres: Noos sommes venus pour une chose,
et nous en voyons une autre ; nous avons
amené des comtes, et le jugement se fait
sans eux : nous serons assurément condam-
nés. Vous savez tous quels sont les ordres
des empereurs: Athanase aies procédures
de la Maréote» qui ne serviront ^u*à le jus-
tifier et à nous couvrir de confusion. A quoi
Jonc nous arrôtons-nous? Inventons dos
prétextes et nous relirons : il vaut mieux
fuir, quelque honte qu'il y ait, que d'être
An m
convaincus et jugés ealomniatenn. SI iio«i
fuj'ons nous pouvons encore soutenir nottv
parti; s'ils nous condamnent en notre ab-*
sence> nous avons la protection de Teaipep
reur, qui ne nous laissera pas chasser da
nos églises. Telles étaient les pensées ém
eusébiens. Osius et les autres évèaues leur
parlaient souvent, relevant la conuaiice di
saint Athanase et des autres accusés. Si tous
craignez le jugement, disaient-ils, p«)urquoi
êtes-vous venus ? il fallait ne pas venir, oa
ne pas reculer ensuite. Voilà Athanase et
ceux que vous accusiez en leur absence:
ils se présentent, afin que vous puissiez les
convaincre, si vous avez de quoi le faire.
Si vous en faites semblant sans le pouvoir,
TOUS êtes des calomniateurs manifestes;
et c'est le jugement que le concile portera
de vous.
« Les Pères du concile représentèrent son»
vent tout cela aux Orientaux de vive voix
et par écrit ; mais le prétexte qu'ils prirent
d'abord, pour ne pas se joindre à eux, fut
qu'ils communiquaient avec Athanase, Ha^
cel et les autres accusés; qu'ils étaient assii
et conféraient avec eux dans l'église» où app»*
remmentsc tenait le concile, suivant la coutu-
me et qu ils célébraient avec eux les divin
mystères, ils demandaient que les OccideiK
taux commençassent par les séparer de leur
Communion. Ceux-ci soutenaient que cek
n'était ni convenable ni possib'e, puisque
Athanase avait pour lui le jugement ou papt
Jules, rendu avec grande œiinaissance «le
cause, et le témoignage de quatre-viitfli
évoques. Les Orientaux prétendaient quA-
thauase, Marcel et les autres dont ils se plaî*
gnaienl, étaient jugés par les conciles, ce»-
tre lesquel on ne pouvait plus revenir:
d'autant moins que !a plupart des témoins,
des juges et des autres jpersonnes néces-
saires ne vivaient plus. On leur répo*idait
que le concile de Sardique était asseiuUé
pour examiner ces prétendus jugements;
quAthanase so présentait |X)ur être jugé^
au lieu qu'on l'avait condamné absent, at
que les procédures faites contre lui Paient
rapportées.
« Les Orientaux se réduisirent à dira:
Puisque de six évoques qui ont fait l'infor^
mation dans la Maréote, il y en a encore
cinq de vivants : que l'on envoie de ehaqua
côté quelques évéques sur les lieux ai
Athanase a commis les crimes; s'ils se
trouvent faux, nous serons condaomés et
non recevables à nous plaindre, ni auxen-
pereurs, ni au concile, ni à aucun évèqua;
s'ils se trouvent vrais, vous serez condamiiéi
et non recevabies, vous qui avex commoni
que avec Athanase depuis sa condam-
nation. Mais les Occidentaux refusèrmt
cette proposition, qui ne tendait 4u'à éluder
le jugement, et à multiplier les proeéd^ires
inutiles, outre que Grégoire, étant k
maitre en Egypte, les eusébiens y eussent
fdit ce qu'ils auraient voulu. Comme ils
étaient venus trouver OsiUS dans I egliî^
où il demeurait, il les invita à nro()Oser ce
qu'ils avaient à dire contre Atnanase, les
km
rtânt k parler hardiment, et les assurflnl
B ne devaient f^lipndre qu'un jU|;f?raenÈ /
équil»b\e.lUpritunoetcieinfois,ajoiUftnt
îi'ils ne vou!âieil pas parler devant toiil
oncîle, ils «^expliquassent du moins à
leiif. H rons proinuLs, disail-il, que si
maso S'? Iroave coupable» naiis le rr^j él-
is abioiofMnt^ et qanud m^ruo il se
t«ml innocent et tous convaincrari de
finies î4 tous ne p«nivp7. vou'? résrtudre
receroir, je me fais tV^rl iJe remmeoer
lipAgne hrt*o moi. S;*int Atliapase con-
|t à retle propositi«)n; mais ses enne-
$e d<''tïaient tant de leur cause, qu'ils
llisèront cnmmo les autres*
^c concile <^lait d'ailleurs bien informé
lir mauvaise volonté parMaraire et Asl^,^-
, qui les ayaieol quittés af>r(^s ôtre venus
leul avec eux. Ces deux évoques ra-
ment que pendant tout le voyage les
hiem faisaient en certains lieux des
ïDbiées,où ils avaient résolu que^quï^nd
eraient arrivés à Sardique^iLs ne se sou-
raieni h aucun jugement, et ne s'assera-
jient pas même avec le concile, mais
faut sii^nifié leur préi^ence par une pro-
lion , ïls se relireraienl prouiplooient.
ffet, étant arrivés, ils ne permirent point
■X qui étaient venus d'Orient avec eux
trer dans le concile, ni môme trappro-
de réglise où il se tenait. Car il y
î plusieurs évèques orientaux attachés
laine doctrine, qui voulaient se sé^iarep
t, et quHls retenaient jjnr menaces et
promesses* C'est ce que témoignaient
lire et Astérius, se plaignant de fa vio--
I qu'ils avaient eux-mêmes soufferte*
Les eusébiens ne pouvant plus reculer ,
I jour marqué fMiur le jugement étant
W, ils dirent atfils étaient oblt:4és de se
ter parce que rempereur leur avait récrit
[célébrer sa victoire sur les Perses; et
'feurent point de honte d'envoyer une
exeuse par Eustnthe, prêtre de réglise
Éfdique, Le concile, ne pouvant iilus
ar de leur mauvaise intention , leur eeri-
»ettement : Ou venez vous défendre des
lations dont vous êtes chargés, parlicu-
(Dent des calomnies , ou sachez que le
lia vous condamnera comme counables,
fclarera ceux qui sont avec Atnana?e
Beats et exempts de tout reprocbe. Leur
tîtence les pressa i>lus que cette lettre;
Hnfuirent en diligence et se retirèrent
Ûippopoiis en Thrace,
^ti traita ralTaire de fainl Albanase, et,
l|ue la fuite de ses adversaires le jnsli-
ptOJt, on examina de nouveau leurs
fâtioiis, autant qtfon le pouvait eu leur
fcce. Quant au meurtre d'Arsène , la
iriie était évidente et grossière, puis-
rVivaiU comme tout le monde savait, et
se montrait lui-même. Quant au calice
I chei Isehyras , les propres informa-
^ faites par le» ûdvr*rsaires ilans la Ma-
f détruisaient Uriir prétention j il'ail-
L deux prêtres, autr-fois niéléciens, et
liréçiii par saint Alexandre, renddieni
\ 4fiê }«mAM Ischyras n'avait été
ATîl W»
prêtre, même du temps de Mélèce* Ainsi»
on reconnut la justice du jugement rendu è
Borne î)ar le pape Jules en faveur d'Atha-
nase , et la véiilé du témoignage mie lui
r<mdaientles quatre-vingts évêques d*Eg>Tiie,
Sa cause fe trouva sans aucune diftjealié, et
tous le« évôqnes le reconnurent innocent, et
le confirmèrent dans la communion de l'E-
glise. Ils déclarèrent encore innocents quatre
prêtres d'Alexandrie, nue les eusébiens
avaient persécutés et obligés à fuir pour
éviter la mort, savoir, Aplil'ione, Athanase,
fils de Capiton, Paul et Plution. Leurs noms,
hormis celui de Paul, se trouvent dans la
protestation contre Tinformalion de la Ma-
réote : cequi montre leur attachement à saint
Alhanase.
« Le concile examina la cause de Marcel
d'Ancyre. Et comme les eusébiens renfer-
maient leur accusation dans son écrit contre
Astérius, qu*ils prétendaient être plein d'hé-
résies, le concile fit lire cet écrit , et trouva
qu'il n'avançait que par manière de ques-
tions ce que Ton prétendait qu'il eût sou-
tenu. En lisant ce qui précédait et ce qui
suivait, on voyait quil était orthodoxe;
car il ne disait' point, comme ils préten-
daient, que le V«rbe de Dieu eût pris son
commencement de la sainte Vierge Marie,
ni que son règne dût tinir , mais qtie son
règne était sans commencement et sans fin*
Ainsi le concile le déclara innocent. Asclé-
pas de Gaze rapporta les procédures faites à
Antioche en présence de ses accusateurs et
d*Eusèbede Césarée ; et son innocence parut
par les avis de ceux quî Tavaient jugé dans
le même concile qui déposa sur des calom-
nies saint Eustathe, évêoue d'Anrioche. Les
Pères du concile de Saruiqne jugèrent donc
Asriépas pleinement justifié.
« ils vinrent ensuite h la troisièfne ques-
tion qu'ils avaient à juger, et gui sans doute
était la plus considérable, savoir, les plaintes
formées de toutes parts contre les eusé-
biens. La plus capitale était celle que le
pape Jules avait déjà si bien relevée dans
sa lettre, nu ils communiquaient avec les
ariens conuamnés au concile de Nicée , et
noies en ikirticulicr ; et que non-seulement
ils les avaient ie(;u5 dans fêglise, mais en-
core qu'ils avaient élevé les diacres au sa-
cerdoce et les prêtres t^i Tépiscopat. On voyait
partout leur aessein d'établir celte hérésie ;
car toutes les violences qu'ils avaient com-»
mises à Alexandrie et ailleurs n'étaient que
contre ceux qui refusaient de communiquer
avec les Uriens. Ils furent convaincus de ca*
lomnie par la justification de ceux qu'ils
avaient voulu perdre. Théognis en particu-
lier fut convaincu d'avoir fabriaoéde fausses
lettres contre Athanase, Marcel et A^clépas,
afin d'irriter les emoereurs contre eux : les
lettres furent tues dans le concile , et ccuf
qui avaient été alors diacres de Théognii
en montrèrent U fausseté. On prouva qu^
Valens ftv;^it vofrlu quitter son église de
Murs<? pouf usrffiïcr **el!e d'Aquîlée, beau*
Crnjp plu^i considérable , et que dons la sé*
dition excitée à cette occasion, un <^êaue.
L
2
ATH
Qommé Viatar, avait éié tellement pressé et
foulé aui pieds» qu*il en était raort le troi-
sième jour k Aqmiée môme.
•f Le concile prononça donc une condara-
mtiôn contre les chefs de cette faction, que
i*E,^lise avait tolérés jusque-là» savoir : Théo-
dore d*Héraclée; Narcisse de Néroniade;
Etienne d'Antioche ; George de Laodicée ;
àcace de Césarée en Païestine ; Ménophante
J'Ephèse; Ursaee de Singidon; et Valens de
IHurse. Ces huit furent déposés cl excomniu-
niés> c'est-à-dire privés non-seulenient de
fépiscopat, mais de la communion des fidè-
les. On irai ta «de même les trois usurpateurs
âes sièges de saint Analhase, de Marcel et
d*Asclé[>as, c'est-è-dire Grégoire d' Alexan-
drie , Basile d'Ancyre et Quintien de Gage.
On défendit de les reconnattre pour évéques,
d'avoir aucune communication avec eux» de
recevoir leurs lettres et de leur écrire. »
ATH
508
(Fleurj, vol. I» p. 508.
Si Tautoritè civile :
ne s'était pas mêlée des
affaires ecclésiastiques, immédiatement après
sa justilicalion devant le concile de Sardi-
que» saint Alhanase n*aarait eu qu*à retour-
ner gouverner paisiblement son église; mais
malheureusement il n'en était pas ainsi. Les
princes îi cette époque se mêlaient beaucoup
trop des aûairesde l'Eglise. Aussitôt queJes
eusébiens, qui s'étaient enfuis de Sardique,
furent renlrés sur les terres de Constance,
ils s*assemblèrent dans la Thrace k Philip-
popolis et écrivirent une lettre qu'ils datèrent
de Sardique , non-seulement contre saint
Athanas ^ et ses adhérents^ mais encore con-
tre lous ceux qui avaient détendu son inno-
cence. Cette ïettre était remplie d'injures*
Ils y poussaient laudace jusqu'à excomrau-
ntur le pa' e Jules, Osius et plusieurs autres.
Ils firent bannir plusieurs membres du clergé
d'Alexandrie, demeurés fidèles à saint Atha-
Dase. Comme ils craignaient que le saint et
les autres évoques justifiés par le concile de
Sardique ne vouluss mt rentrer dans leurs
villes, ils en firent garder rentrée par ordre
de Constance. Les magistrats furent préve-
nus que si Athanase ou quelqu'un des siens
voulait rentrer dans Alexandrie, ils eussent
h leur faire, sans autre forme de procès, tran-
cher la tète. Ceci se passait au eommence-
meol de 3i8. Saint Athanase, jugeant qu'il
était impossible qu'il relourniit dans son
Eglise, se retira d'abord à Naisse, ville de la
Dace supérieure. Mais bienlôt il y reçut de
Constant des lettres qui Tobligèrenl 5 le ve-
nir trouver h Aquilée, où il ilemeura jusqu*à
ce que Constance le rappelât en Orient en
3i0» Le concile de Sardique, qui avait or*
donné la nUablissemenl des évoques chassés
par les eusébiens, avait aussi député à Cons-
tance pour rengager à permettre qu'on exé-
cutât les décrets qu'il avait rendus. Vincent»
évéque de Ca(>oue , Eupbrate de CoîogBe,
métropole de la Gaule supérieure, avaient
été c!i0isis pour députés. Constant, que le
cQnf^il' de Sardique avait éclairée la fois sur
la faiblesse de son frère à soutTrir le mal, et
la méchanceté de ceux qui la lui faisaient
comuietlre, autorisa les mômes évoques en
qualité de ses députés près de Constance. Il
leur adjoignit le général Satien. Ces députés
avaient ordre d'exprimer à Constance tout
rélonnemeit qu'il éprouvait de le voir la
victime et en même temps le complice des
eusébiens. 11 le faisait supplier de croire ce
qu*on lui dirait da la méchanceté de ces hé*
rétiques, et ensuite il le menaçait « s'il ne
Fécoutail , d'aller lui-même à* Alexandrie
pour y rétablir saint Alhaoase sur son
siège.
Cette lettre de Constant mit l'empereur
d'Onent dans un immense embarras; attaché
de cœur aux eusébiens, il n'aurait pas vou-
lu céder. D'un autre côté, engagé dans la
guerre contre les Perses, il n*osait pas se
donner robstacle d'une guerre civile à faire.
Il assembla les évéques ses partisans et leur
eiposa ce qui se passait* D'après leur avis,
dicté pur la crainte d'une çuerre, il décida le
rappel des évèques rétablis par le concile de
Sardique.
Constance écrivit donc d'après cela aui
évoques bannis et principalement à Atlia-
nase, pour les inviter à rentrer dans leurs
villes épiscopales. Alhanase, craignant la mé-
chanceté de ses ennemis, ne rentra à Aleian-
drie que Tannée suivante 349. Sur ces entre-
faites, Grégoire, faux évéque d'Alexandrie,
mourut, ainsi que le duc Balac. Ils furent
frappés de la main de Dieu, Nous avons en-
core les lettres que Constance écrivit à saint
Athanase» pour l'engager à revenir. Après
un an d'attente, après avoir reçu plusieurs
lettres de Constance, Athanase résolut de
revenir en Orient* Il partit d'Aquilée avec
ceux qui avaient été les compagnons de sod
cxiL Cependant il voulut encore visiter les
Gaules qui l'avaient si bien accueillit et
Rome pour y voir Je chef de FEglise catholi-
que. Le pape Jules lui remit une lettre cour
le peuple et le clergé d'Alexandrie. Enlm il
vint à Antioche où était Constance. Il fut
très-bien reçu par ce nrince, qui lui promit
de ne plus écouter les calomnies que ses
ennemis pourraient faire contre lui » et tit
déchirer tous les actes publics dans lesquels
il était question de ces malheureuses affaires.
Croyant Jui susciter un embarras sérieux,
les eusébiens représentèrent à Constance que
comme il y avait à Alexandrie un asseï
grijnd nombre de personnes de leur commu-
nion, il était juste de leur accorder une
église. Constance en ayant pai lé à Atbandse,
le saint répondit qu'il trouvait cet te demanda
très-juste, et que cette mesure devait être
appliquée à toutes les villes où il y avait
des chrétiens de communions différentes;
qu*ainsi donc les ariens eussent à donner
aussi une église aux cathoiioues daus toutes
les villes où ils dominaient. Constance trouva
cette demande parfaitement convenable, el
en référa aux eusébiens, qui déclarèrent
préférer n*avoir pas d'église dans la ville
d'Alexandrie, que d'être obligés d*en accor-
der dans les leurs aux catholiques. Cons-
tance rendit en outre plusieurs reserits ett
faveur du saint et des ordonnances qui ré*
tabiissaient dans letirs immimités toui iM
ÂTH
(•oclésiastiqties qui avaient été eluissés.
Après avoir quitté Antioche, le saint, sur
[sou passage en retournant en E^pte, reçut
[des léuioignages d'estime et de respect de la
T plupart des évèques dans les diocèses des-
quels il passait. Ceux qui avaient contribué
.è sa conaamnation étaient couverls de honte
^ et de confusion* Plusieurs se cachèrent.
' Après avoir traversé la Syrie, le saint évèque
riai dans la Palestine» où les évoques ca-
Ltholiques le reçurent à bras ouverls, et oit
[la plupart de ses ennemis vinrent lui de-
[maDder par«lon de leur conduite* Saint Wa-
(Xiiue assembla un concile, dans lequel ces
Ivêciues déclarèrent qu'ils avaient signé la
^naamnalion d'Âthanase, non pas volonlai-
lent, mais par contrainte. Une leltre fut
Ile à la cbrétienté, con:^tataot parfaite-
rment toutes ces choses. Dans sa ville, le
I saint ^vèque fut reçu avec une joie ertraor-
I dinaire. Le peuple se pressait de toutes parts
Bu^jevant de lui. Ont aurait, s'il l'eût souffert,
Sorte en triomphe. Son retour consola bien
es affligés, mit tin à bien des maux, à bien
des troubles, car cette ville malheureuse
Livati été torturée, déchirée par Grégoire, ce
I tigre qui, sous le titre d*évèque, était Tassas-
I sÎD, le bourreau du peuple (rAlexandrie.
Ce fut quebjue temps après cfe retour que
Iles deui evôcjues tJrsace et Valens revinrent
le la ci>mmynion catholique, en anatbémati-
liant Arius et ses adhérents , et en avouMUl
ftoute la faute oulls avaient commise à Té-
ird de saint AtnauBse. Le pape Jules les re-
r^ut à la communion, quoiquit sût bien
quB ches ces deux hommes la sincérité né'
Uil pfts au fond du cœur; mais il estima de-
voir en les recevant affaiblir le parti des
ariens, et donner ainsi une éclatante confir-
mation à tout ce qui s'était t'ait au concile de
Sardique. Bans 1 année 350 , une conspira-
tion ajaut mis fin auxjours de Constant,
Co'istance vit s'augmenter ses embarras, et
dès lors il se mêla moins des affaires de TE-
glise. Les ariens, jugeant la circonstance fa*
Yorable, recommeocèrent leurs manœuvres,
leurs oilotnnies contre saint Athanase. Mais
CûOstaQceJoin de les écouter, voulut rassu-
rer lui-même le saint événue. Il rnvoyapour
(eb uo ordre exprès h Félicissime» duc d*E-
gfple« et à Nestor, gouverneur de la province,
pour empêcher qu'aucun ne put tourmenter
le failli évèque. 11 lui écrivit à lui-même
pour rassurer des bonnes dispositions dans
Mqoelles il resterait à son sujet.
L amitié des princes est changeante; Atha-
Mse eo eut la [>reuve. Les bonnes disposi-
lîoos de Constance ne furent pas de longue
durée. Leseusébiens pressèrent ce prince de
renuuveler la persécution contre Albaoase,
fAccusant entre autres choses d avoir écrit
et parlé de lui à son frère en fort mauvais
Malgré cela , Constance, embarrassé
sa guerre contre Ma^nence, ne donna
suite aux mauvais desseins quil
irait contre Athanase. Ses ennemis ne se
lassèrent pas; ils écrivirent au paf>e Libère,
de Jules, renouvelant toutes les
f dont le saint avait déjà été 1 objet.
4TE1
310
Cepap^ écrtyli h Athanase pour le mandera
Eome, lui disant que, s1l ne s'y rendait pas,
il le séparerait de la communion des fidèles.
Athanase, craignant pour sa vie, ou pour
toute autre raison, refusa de sortir d'Alexan-
drie. Alors Libère écrivit aux Orientaux une
lettre dans laquelle il accuse fortement le
saint évèque et le déclare séparé de la com-
munion catholique. Alors saint Athanase
assembla un concile; soixante-quinze ou
quatre-vingts évèques qui s'y ifouvèrenl
écrivirent au pape pour le prier de ne pas
maintenir sa décision contre leur primat.
Celte leltre fut lue jiar Libère devant tout
son clergé, el comme il vit que le plus grand
nombre des Occidentaux défendait saint
Athanase, il ne persista pas à Faccuser; au
contraire , il se désista de sa première dé-
cision , reconnaissant qu*on Tavait trompé
et f|u'il avait agi d'une façon trop préci-
pitée.
Bans Tannée 353, Athanase eut à déjouer
une nouvelle machination des ariens. Cons-
tance était en Italie, occupé do la guerre
qu*jl faisait à Ma^nence, nuaod, ayant reçu
une fausse demande d*Amanase ae le venir
trouver, il lui écrivit pour le lui permettre»
donnant même tous les ordres nécessaires
pour ce voyage. Le saint fut fort étonné d»
recevoir une permission qu'il n*avait pas der
mandée. 11 vit là un piège tendu par ses en-
nemis. Cependant il se décida à ne pas par^
tir de sa ville, 11 dit aux envoyés qu'il res-
tait, puisque Tempereur ne lui commandait
pas d aller, mais se bornait à le lui permet-
tre ; que cette permission étant accordée sur
unt3 fausse demande, il ne se croyait pas le
droit de quitter son troupeau el d'abuser
ainsi de fa bonne foi de Tempereur dans
celte atfaire. 11 ajouta que du reste il était
aux ordres de Tempereur, prêt à partir à la
moindre injonction de sa part. Ccui qui
avaient écrit en son nom à Constance pour
solliciter celte permission, écrivirent aussi
une letlre adressée h Magnence, el la remi-
rent à Constance. Quand saint Alhamise le
sut, il en fut tellement peiné, qu'il passait
les nuits sans dormir; il disputait et discu-
tait contre ses accusateurs absents. Il était
vraiment comme halluciné, tant la douleur de
celte accusation le frappait vivement. On ne
peut s*empècher dVHre surnris qu*un homme
d'un si grand mérite» et ae la trempe d'es-
Erit d*Atnanase» se laissât aller à de sembla-
les manifestations. Peut-être que son es-
prit momei*lanément frappé était vraiment
malade. Toujours est-il que saiot Athanase
demandait avec gémissements el avec lar-
mes l'occasion de se jnstiller, It supplia
Constance de vouloir bien éclaircir à fond
cette atTaire, et d'interroger tous ceux qui
écrivaient sous lui, pour découvrir le véri-
table auteur do cette infamie. Les ariens
u*eurenl garde de le soullVir.
Telles étaient les infamies h Taide des-
quelles on parvenait h faire dans l'esprit du
prince des plaies profondes, saignantes, qui
laissaient toujours des cicatrices visibles.
Feu à peu rirritation,s'accamulail, et entiu
elle éclata en Tan 350. CoDstaoee manda lo
saintà la cour- Suiyafit Soïaoïène, Athanase,
Toyant qu'on le desseryait saos cèsse daos
respril tie rempereurt avait envoyé près de
lui cinq évéqueSt parmi lesquels Sérapioode
Thmuis, afin de I adoucir et do faire que la
vérité prit daus sa couscience la pla^e de
l'erreur tit de la calomnie. Ou ne sait pas
d'une façon bien sûre <|uel fut le résultat de
celte ambassade. Les ariens ne se fatiguaieat
pas. Leur but était de faire sortir Albanase
d'Aleiandrie, Nous les avons vus ressayer à
raîde d*unô lettre supposée, puisa l'aide
des calomnies de toutes sortes répandues
eonlre lui, ils le tentèrent en supf>osait des
ordres fbrraels de rempareur, Diogène et
Hilaire* tous deux secrétaires du prince h
Alexandrie, se présenlèrenl au nalais épisco-
£ al pour faire sortir Âthanase a Alexandrie.
lais le saint s'^^ refusa positivement, et dit
qu'il ne le ferait que sur la production des
ordres écrits de Constance, ]>ans llmpossi-
bililéde les produire, puisqu'ils étaient sup-
S osés, les auteurs de celte odieuse tentativo
urent se retirer avec la honte de Tinsuc-
ces. Du reste le peuple alexaudrio, que tant
de persécutions exaspéraient, avait pris les
armes et se préparait à défendre son s^iinl
évoque. On fît alors venir les légions pour
eiécuter par la force ce qu'on n'avait pu ob-»
leoir autrement. Ce tut le duc Syrien qui se
chargea de celte eipéiition» 11 se présenta à
Athanasê, qui lui uemanda aus^i à lui s'il
avait h lui montrer des ordres de Tenipereur.
« Je suis ici, lui dit-il» par Tordre foriûel du
monarque; je n'en sortn-ai que sur un ofNlre
formel de sa part. Du moins, ajoula-l-iU à
défaut de Tordre formel de Femporeur» pour
que ma responsabilité soil couverte, écrivez-
moi ^ vous ou Maxime, préfet d'K^ypte, Tor-
dre positif de sortir d'Alexandrie. *» Le peu-
ple tout entier se Joignit au saint évéque
pour faire la mèp© demande. Syrien, n'ayant
Sas d'ordres à produire, et peu souckux
'en écrire un dfe son autorité privée, dit
au'il écrirait de tout ceci à Tempereur. On
emeura donc de part et d'autre iraiiquille
sur celte assurance. Mais vioj^t-truis Juurs
après, le 9 février, durant la nuil, siuul
Athanase étanl à prier dans Té^îliso deSaint-
Théonas, Syriçu viiil» avec environ îitMJO
boni mes armés, la cerner. L'iatenlion des
agresseurs était de tuer le saitit évèque. Ils
firent irruption dans Té^liso. Un grand nom-
bre de personnes furent renversées, foulées
auï pieds. Beaucoujï furent blessées, quel-
ques-uîies tuées* Q^Ji^^it au saint évèque,
assis sur son trône, du haut duquel il ex-
hortait le peuple, il se refusait à sortir et à
se soustraire au dani;er. Des moines et des
prêtres y montèrent et, l'ayant enkwé, le li-
rent disparaître, après avoir réussi à Je faire
Sasscr sans être apeiçu au milieu des sol-
ats. Définis lors il deinenra constamoicnt
caché* là nous empruilo^is la suite du récit
h Fleury. Nous ne saurions 1^ donner fil'jts
court; |iuis il contient d^îs piéc^ autUenti^
ques qui doivent se trouver ici,
« Où ûi enlever par des sioldats Im corps
«^Aur
571
morts pour les cacher; mais les vierges qui
avaient été tuées furent mises dans des sé-
pulcres et considérées comme martyres. On
honore encore la mémoire de tous ceux oui
moururent en celle occasion. Les fldèh*s
pendirent dans Té,4;lisel^s ilêclYes, les épées
et les mitres arm<js qu'ils y Ir-ouvèrent, pour
servir do prenve incofitestable de cette vio-
lence, qu'ils attestèrent encore \mr une pro-
testation solennelle. Svrit»n voulut les obli-
ger à la révoquer, et h déclî+rer qu*il n'y avait
point eu do tumulte ni [X^rsonne de tuée; tl
lit môme dotnier des ♦":oui)s de bâfons h ceux
qui Tallénsnl prier de ne forcer personne \
nier la vérité, Il envoya plusieurs fois le
bourreau de sa cohorte et le capitaine de la
ville, pour ôter les armes qui étaient sus-
perdues dans Tégliso; mais les catholiaoes
l^enipèchèrent et tirent une seconde protes-
tation qui commence ainsi :
« Le }»euf)lede Tfv^lise catholiqued^Aïexan*
drie, qui est sous le révérendissime értqtî*
Athanase. Nous avons déjli protesté louchant
Tinvasion noL-turne faite dans !>otre é^li^e,
quoiqu'il ne fiU pas besoin de F>rol^st.'\rTon
pour une chose notoire à toute la ville. Ou
A exposé en public les corps de ceux qui
ont été trouves morts : les armes et les arcj
qui sont dans Té^'llse crient vengeance.
Mais puisque Tilluslre duc Syrien veut nous
faire dire qu'il n'y a point eu de tumulte,
c'est une preuve manifeste (^u'il n'a pas fl?î
par la volonté du très-4'lémenl empereur
t^onstantius; car, s'il Tavait fait par ortlre.tl
necraii:drait rien. El ensuite : Quelques-uns
de nous étant prêts d'allei'vors le Ires-pieuï
eiuî>êreur, nous conjurons par le Dieu toot-
Îmissant, i>our le salut de 1 empereur même,
** préfet d'Egypte Maxime et les curifux de
lui rapporter "le toui^ cl an j^réfet du pré-
toire. Nous conjurons ans>i tous les maftres
de vaisseaux de le publier partout* de le
jiorler auit oreilles do l'eiupeimir, des pré-
fets et des juges de chaque lieu» «fin (^ui*
Ton connaisse la guorre que Ton fait h 1 fc
gllse, et que , sons le rè:^ne de Constan
Syrien a f^iit souHVîr le inflrtyre èi de* ^
ges et à d'aulres personnes. Car la vetUedtî
cinquième jour avant les ides de févriéTt
c'est-à-dire le quatorzième rlu mois Méchrr,
comme nous étions dfins Téj^lise à veiller M
à prier... Il raconte ensuite tout ce qui s'é-
tait passé. xMéi hir était le si^tième nv^-^ '* ^^
E^yptieis, qui coûmiençait le vingt--
de janvier, et dont le quatorzième iuiddik
au huilième de février, c'esl-à-dire au jeudi,
veille du neuvièmo, qui. cette année trois
cent cinquante-six, était le vendredi, ta
protestation tinit ainsi : S il y a ordre de nooi
liersécuter, nous sommes prêts h sôutirïr
tous le martyre ; s'il nV a point d*ord
Tempereur, nous prions Maxime, préfet
gyple, i^t tous les magistrats, de le
qu'on n*einreprenne jOus rien de semblJ
Nous prions aussi qu on lui porte la re
que rtous faisons, alin que Ton o^entrepr
jiuint dVintrixlun'c ici un autre évôaue : nou^
sommes préparés à la mort par Taffeclion
que nous portons au révérendissimo Atha-
ATH
[liase, que Dieu nous a donné dès le com-
lencement, suivant la succession do nos
ères, que rempereurConstantms lui-même
lous « envoyé ftvec des leltri^s aecotnpaguéuç
le serments. Nous ne croyons fios qu'il
reitille les violer» An contraire» nous sorn-
j ©es nersuadus que, s*il apprend ce qui s est
8^550, il en sera indigi*^ et qu'il ordoïinera
e nouveau que ï'évAque Alhauase demeure
'ivec nous. Donné sous le constnlat de ceux
l^ui seront désignés après Arbélion et Lol-
Iien, le dii-septièm© do Méc!iir» autrement
la veille des ides de février, c'est-à-dire lo
douzième de février, trois cent cinquanto-
six.
• Loin que ec*tte protestation eût aucun
elTet^ Tempereur Constantius approuva tout
c*» qui ^'était passé. Il écrivit au sénat et au
f TAlexandrio, excitant la jeunesse à
^ lier et à poursuivre Athanase, sous
P" ifMjf de son indignation. Il tAe liait aussi de
Cti.. lier la honte de son ehangeinent » en di-
sant qu*il n'avait soulfert le retour d'Âtha-
nase quVn cédant pour un tf^rnps à Familié
de son frère, et qu'en le Ijamii^saol il imitait
W grand Constantin , son père, qui Favait
relevé dans les Gaules. Enfin il prétendait
couvrir toute sa conduite du zèle des ca-
nons de TEgUse. Cette lettre fut apportée et
proposée en public par le comte Héractius;
et il déclara ue la part de l'empereur que, si
Ton n*y obéissait pas, il ôterait le pani que
Ton donnait par ordre public, et réduirait en
#ervitude plusieurs des magistrats et du
' peuple. Il inenaeail même de renverser les
idoles» pour intimider les païens qui éHaient
enr-ore en grand nombre. En faisant ces me-
naces, il disait publitpieme^Uque lempereur
ne voulait point d'Athanasts et qu'il com*
mandait que Fou donnAl les églises aux
«tiens. Tous s'en étonnaient, et, se regar-
dant runTautre, ils se demandaient si Cnns-
ta ritrus était devenu hérétique? Héracïius lit
plus; il contraignit des sénateurs, des ma-
^'sf rats et des rmïens, gardiens des temples
d'idoles, de déclarer par écrit qulls rece-»
vraient Tévéque que l'empereur enverrait.
Ces païens rachetaient par eelte souscription
la sûreté de leurs idoles et de leurs manu-
faelures, et cédaient h la volonté du prince,
v^oœfDe quand on leur envoyait un gouver-
0Kur.
* La résistance des catholiques leur attira
bientôt de nouvelles violences. Le peu|iïe
^ étant ' assemblé dans la grande église, un
ltt**rcr**di, qui était jour de station, le comte
îl '^ prit avec lui le préfet d'Egypte,
< nmSy Faustin, catholique ou treso-
r rai, et un hérétique, nommé Bitby-
ïi . s, alléguant Tordrede Tenipereur, il
excita les plus jeunes des idolâtres qui so
tmuvaieot sur la place, à s'en aller dans Té-
glise jeter dos pierres au peuole. L*oiIic«
était Uni, et la plupart des tidèles s'étaient
retirés : il ne restait que quelques femmes,
qui demeuraient assises, apparemment pour
se reposer après la prière qui se faisait
alors debout. Tout d'un coup ces jeunes
feus eutreol nus avec des bâtons et jetant
ATH
574
des pierres. Us frappent les vierges^ aïT*a-
chent leurs voiles, leur découvrent la tôlej
et, irrités par la résislauee, ils leur don-
naient des coups de pied et leur disaient des
paroles insolentes. Elles fuyaient pour ne les
point ouïr, comme pour éviter des morsures
tFas[)ics : les ariens n'en fusaient que rire.
Ensuite les païens prirent les bancs, la
chaiie, lautel qui était de bois, les rideaux de
Véglise^ et tout le reste qu'ils [lurent empor-
ter, et le brtilèrent devant le portail dans 1^
grande place. Ils jelèretit de l'encens sur ce
feu en louant leuis idoles, et en disant :
Constantius est devenu païen, et les ariens
ont reconnu notre religion. Us jvrirent mtoe
une génisse, qui servait h tirer de Feau pour
arroser les jardins du quartier, et pcnisèrent
la sacrifier : ils n'en furent enqiéchés que
parce qu'ils reconnurent que c'était une fe-
melle ; car il n était pas permis do les im-
moler*
« Dans ce désordre il arriva deux acci-
dents, qui parurent des marques sensibles
de la vengeance divine. Un jeune insrdent
courut s'asseoir dans la chaire épiscopalc, et
faisait résonner son nez d'une façon liéshon-
néte; puis il se leva et s'efforça de ronq^re la
chaire, mais, en tirant à lui, un morceau de
bois lui entra dans le ventre, de telle sorte
qu'il lui lit sortir les intestins; il tomba, on
1 emporta et il mourut un jour a[>rés. Un au-
tre entra avec des feuilles qu'il secouait à la
manière des païens en se nioquant. Aussil^it
il fut tellement ébloui qu'il ue voyait [dus et
ne savait où il était : il serait tombé si orj ne
lui eût doimé la maiu pour le soutenir et
l'emmeiier, A peine put-il au bout d'un jour
revenir h lui, et il ne savait ni ce qu'il avait
fait ni ce qui lui était arrivé. La terreur de
ces exemples arrêta l'emfKJïtement des
païens ; uiais les ariens n'en furent que [du$
endurcis,
« George, qu'ils avaient ordonné évèque
d'Alexandrie, était de Cappadoce, homme de
basse naissance, lils d'un foulon. Il fut d'a-
bord parasite et livré à qui lui faisait bonne
chère ; ensuite il se mit dans les atfaires, et
jjrit la commission de fournir la chair de
porc que l'on donnait auï soldais; maiS|
ayant malversé et tout consumé, il s'enfuit
de Constantinople, oîi il avait cet emploi, et
demeura qu<dqiïe teni[>s errant de province
en province. Jï était grossière! ignorant, san$
agrément dans l'esprit, sans aucune teiijtura
des bonnes lettres, païen dans le fond et
chrétien seulement de rmm ; ainsi il suivait
la doctrine qui convenait nneux à ses inté-
rêts, niais sans témoigner aucune piété,
même en apparence ; au con traire, il était
avare, mallaisant, brouillon et natureHemeiit
cruel. Ce fut ce persotioaga que les ariens
choisirent pour remplir le siège d'Aîexan*-
drie à la place de saint Aihanase, le regar-
dant comme un homme agissant él attaché
à leurdnctrjne. On croit qu'ils l'ordonnèrent
à Antioc'je dans un concile do trente évér
nues de leur parti, tenu l'an Sâi, où ils con-
damnèrent de nouveau saint Athaoase, el
écrivirent à tous les évéquee de ne point
97S
ATH
comraumqaer avec lui » mais avec George,
qu'ils avaienl ordonné. Quoi qu'iten soit» il
enra à Alexandrie penrlant le carême de
celle année vf56, et commença ses violences
à la fête 4e Pâaoes. Le peuple catholique
abaiidomales églises, et s'assembla ce saint
jour et les dimanches suivants d<ins un lieu
désert près Je cimetière, La semiiine d*après
la Pentecôte, le peuple, après avoir jeûné,
vint en ce même lieu pour prier. George,
rayant appris , excita le duc Sébastien, qui
était manichéen, dy aller, comme il lit le
dimanche môme, avec des soldats armés, au
nombre de plus de trois mille. Ils donnèrent
Tépéc à la main sur ce peuple assemblé pour
prier, avec des femmes et des enfants ; mais
il en restait peu, et la plupart s'étaient déjà
relirés, Sébastien fit allumer un grand feu,
devant lequel il pressait les vierges de dire
qu'elles suivaient la foi d'Arius ; mais, voyant
que la vue do ce feu ne les ébranlait pas, il
les tit dépouiller et frapper sur le visage, de
telle sorte que longleraps après on avait
encore pfMne h les reconnaître. Il Ht prendre
quarante hommt^, à qui IVm déchira le dos,
les frappant avec des branches de palmes
fraîchement confiées et encore armées de
leurs pointes, qui entrèrent si avant, que
pour les retirer il fallut mettre les bfes*
ses entre les mains des chirurgiens, et leur
faire plusieurs incisions ; quelques - uns
même ei moururent. Il y eut des vierges
traitées de la mèrae sorte^ On refusa de ren-
dre les corps de ceux qui moururent en celte
occasion : on les détourna, on les jeta aux
chiens, et leurs parents les retirèrent à
Bran de peine po\ir les enterrer secrètement,
s furent comptés pour martyrs, et TEglise
fait encore leur mémoire le ±i mai. Ceux qui
restèrent en vie furent bannis dans le dé-
sert nommé la grande Oasis,
« Sous prétexte de chercher saint Atha-
nase, 01 scella plusieurs maisons, on en pilla
plusieurs, on ouvrit même des sépultures,
on enleva des dépôtsque saint Athanase avait
rais chez des persomes de probité. Les ca-
tîiolitiues perdaient li plus grande partie de
leur bien pour conserver le reste, et era*
pruntaient pour se racheter de la vexation
des ariens. Ils fuyaietil leur rencontre, plu-
sieurs passaient de rue en rue, de la ville
dans les faubourgs ; mais ceux qui les reti-
raient étaient traités comme eux. D'autres
Lpassaient la nuit dans le désert ; d'autres ai-
maient mieux s'exposer à la mer que d'en-
tendre leurs menaces ; car ils avaient toujours
h la bouche le nom de lempereur* Ils enle-
vèrent plusieurs vierges de leurs maisons, et
insultèrent à d'autres dans les rues, princi-
palement par leurs femmes qui se prome-
naient insolemment comme évs bacchantes,
cherchant Toccasion d'outrager les femmes
catholiques*
« Oi c:»assa par rautorité du duc Sébastien
les prêtres et les diacres qui servaient dans
réglise d*Alexanarie depuis le temps de saint
Pierre et de saint Alexandre, et on rétablit
ceux qui avaient été chassés dès le commen-
cernent avec Anus. Deux prêtres entre autres,
Hiérat et Dioscore, furent envoyés en eiil^
et leurs maisons pillées. Il y eut*des vierges
qui furent attachées à des [ïote^ux, et eurent
les côtés déchirés jusqu'à trois fois : ce que
Ion ne faisait pas aux véritables criminels.
Un vertueux sous-diacre, nommé Eutychius,
après avoir été fouetté sur le dos avec des
lanières de cuir de bœuf quasi Jusqu'à la
mort, fut envoyé aux mines de Phaîno, lieu
si malsain, que les criminels pouvaient à
peine y vivre quelques jours; et, sans lui
donner seulement quelques heures pour se
faire panser de ses plaies, on le pressa telle-
ment de partir, qu'il mourut en chemin
bientôt après avec la gloire du martyre. L*E*
glise honore sa mémoire le vingt-sixième de
mars, avec d'autres martyrs qui souïTrirent
sous cette persécution de tieorge. Comme le
peuple sollicitait pour Eutvchius, les ariens
firent prendre un nommé hermias, et trois
autres personnages considérables que le duc
Sébastien mit en prison après les avoir dé-
chirés de coups. Les ariens, voyant qu*îls
ifeii étaient pas morts, se plaignirent et
menacèrent d'écrire aux eunuques ; le duc
en eut peur, et lit battre une seconde fois
ces innocents, qui disaient seulemeot : Oo
nous frappe pour la vérité, nous ne comjnu*
niauons point avec les hérétiquest frappezlant
qu il vous plaira, vous en rendrez compte de-
vant Dseu- Les ariens voulaient les faire mourir j
en prison; mais le peuple, prenant son temps,
obtint leur liberté au bout d'environ sept |
jours. Les ariens s en vengèrent sur les pau-
vres; car après que le duc leur eut livré les
églises, les pauvres et les veuves, ne pouvaDt
plus y demeurer, étaient assis dans les lieux
que leur avaient marqués les clercs, qui pre-
naient soin d'eux. Mais tes ariens» voyant que
les cathO'iqijes leur donnaientabondaiûmeDt»
chassèrent I s veuves à coups de pied, et
dénoncèrent h Sébastien ceux qui leur don-
naient. Il reçut favorablement cetie accusa-
tion, étant manichéen, et par coiiséaueni en-
nemi des pauvres et de Faumône. C était donc
une nouvelle espèce de crime d'avoir assisté
les misérables. Cette conduite rendait les
ario[is odieux à tout le monde, et les païens
mêmes les maudissaient comme des bour-
reaux* Au reste, on voit ici que les pauvres
étaient logés dans les églises, c'est*à-dire
dans les bâtiments qui les accompagnaient,
du moins ils y avaient leur place pour rece-
voir lesauinôncs.
« La persécution s'étendit hors tf Alexan-
drie, par toute l'Egypte et la Libye. 11 y eut
un ordre de Constantius pour chasser des
églises les évèques catholiques et les livrer
tous aux ariens. Aussitôt Sébastien commen-
ça de rexécuter, écrivant aux gouverneurs
particuliers et aux puissances militaires. On
voyait des évéques prisonniers, des prêtres
et des moines chargés de chahies, après avoir
été battus jusqu'à la murt. Tout le pays était
en trouble; les peuples murmuraient d'une
ordonnance si injuste et de la dureté de
lexécution; car, quoique Fordre ne portll
que de les chasser de leur pays, on les en-
voyait à deux ou trois provinces au deU|
ATH
[dans des solitudes affreuses, ceux de Libye
Idans la grande Oasis, en Thébaïde ; ceut de
[Thébaïde dans la Libye Amraoniqiie. On
I traitait ainsi de vénérables vieillards, évéqdos
I depuis un grand nombre d années, ïes uns
I dès le temps de saint Aleiandre, les autres
[depuis saint Achillas» quel(^ues-uns depuis
{saint Pierre, qui avait soutlert le martyre
[ouaranteH^inq ans auparavant. On ne cher-
lehatt qu*à les faire nnourir ei traversant les
iéserts, car on n'avait point pi lié des mala-
les; on ne les pressait pas moins, en sorte
'il les fallait f.orter dans des brancards, et
lire suivre de quoi les ent-rrer. Quel-
ies-uns moururent dans le lieu de Texil,
Taulres en chemin, et il y en eut un dont
m ne permit pas aux siens d'emporter le
:>rps. On persécuta ainsi près de quatre-
ringt-dix évoques, c'e^vl-à-dire à p 'u près
l^iiutant qu'il y en avtiit dans toute FEgypte
Jet la Libye. Seize furent bannis, plus de
[trente chassés: quelques-uns dissimulèrent
ïr contrainte, enlre autres Théodore d'Oiy-
inque , qui se tit même réordonner par
ieorge,
« Entre les évêques bannis fut Draconce,
li avait tant résisté à accepter répiscopat;
entre les. évêques persécutés, nous re-
rouvons ceui dont saint Athanase lui avait
proposé l'exemple, et qui de la vie monas-
\ie avaient été élevés à Tépiscopat, Dra-
>Qce fut envoyé aux déserts près de Clys-
1, sur les bords de la mer Bouge, et relé-
jiié dins le château de Thébate, où saint
lilarion le visita. 11 visila aussi l'évêqae de
PbiloD» relégué à Babylune, dans la seconde
Lugust.imnique : Adetphius fut relégué à
Psinabla, en Thébaide. On croit que c'est
celui à qui saint Athanase écr<vit une lettre
[pour réfuler une erreur des ariens, qui ne
froulaienl pas que Tonadorût la chair de Jé-
|sus-ChnsL il y montre que sa cliair eit ado-
rabifi^ coranie unie à la divinité, et prouve
)lidement l'unité de personne en Jésus-
^brist, nonobstant !a distinction des natures,
II donne à Aiielpbius le titre de confesseur,
qui peut faire croire que celte lettre fut
lente depuis son eïil* Le [irètre Hiérax, à
jfui saint Athanase lui permet de la commu-
niquer, était aussi un des confesseurs exilés.
'anit Sérapion de Thmouis fut persécuté en
Dette même occasion. Il y eut des monastères
ruinés et des moines que Ton voulut jeter
Idans le feu.
< A la place de ces saints évoques on met-
it de jeunes débauchés encore païens, ou
peine catéchumènes, quelques-uns biga-
les, d'autres chargés de plus grands repro-
ches. On demandait seulement qu'ils fissent
>rof6ssion de l'ârianisme, qu'ils fussent ri-
bbes et accrédités dans le monde. Ils ache-
fiaient l'épiscopat comme au marché; eisuile
les ariens, bien escortés de sol lais, les fai-
aient élire et les mettaient en possession.
fC'étaient principalement les décunoris et les
autres magistrats dei villis qui se faisaient
ainsi ordonner évêques pour jouir des excmp-
lions et avoir ie premier ran^. Les plus fa-
les recevoir et à trailer de leur pro*
ATH
motion pour de l'argent étaient les méléciens ,
qui lisaient peu les saintes Ecritures, et sa-
vaient à peine ce que c'était que le christia-
nisme. Ces évèpies ne connaissaient ni
rimporlance de leur charge, ni la dilférence
de la vraie et de la fausse religion ; de mélé-
ciens ils devenaient aisément ariens, prèls,
si lempereurle commandait, de changer en-
core et de tourner h tous vents, pourvu qu'ils
conservassent leur exemption et leur pré-
séance. Ils demeuraient païens dans le cœur»
et traitaient les afîaires de TEglise par une
politique purement humaine» Ces faux pas-
teurs commencèrent à altérer la foi en Egyptei
où fa doctrine catholique avait été prèchée
iusque-là avec une entière liberté î et, comme
les vrais lidèles s'éloignaient d'eux, ce fut
une nouvelle occasion au duc Sébastien do
les fouetter, de les emprisonner et de con-
fisquer leurs biens. 11 y avait à Barcé, dans
la Pentapole^ un prêtre nommé Second, qui
ne voulait pas se soumettre à l'évèque,
nommé aussi Second , l'un des premiers
ariens. Cet évoque et un certain Etienne,
que les ariens firent depuis évêque eu Libye,
tous deux ensemble donnèrent au prêtre
Second tant de coups de pied qu'il en mou-
rut. 11 disait cependant : Que personne ne
poursuive en ju:5tice la vengeance de ma
mort; Notre-Seigneur, pour i|ui je souffre,
me vengera, àlais ils ne furent touchés ni do
ces paroles, ni de la circonstance du temps,
car ce fut en carême qu'ils le tuèrenL
a George, le l^ux évêque d'Alexandrie, ne
manquait rien pour s'enrichir et s'accréditer;
il ne se sou le n ait que par la puissance tem-
porelle, abusant de la légèreté et du faux
zèle de l'empereur. 11 employait le bien des
pauvres, c'est-à-dire le revenu de son Eglise,
qui était grand, à gagner ceux qui étaient en
charge, et principalement les eunuques du
p^dais. D'ailleurs, il prenait à toutes mains j
il enlevait aux particuliers ce qu'ils avaient
hérité de leurs parents; il prit la ferme de
tout le salpêtre, et se rt-'ndit maître de tous
les étangs où croissait le papier d'Egypte, et
de tous les marais salants, il ne négligeait
pas les moindres prolils; et, comme on por-
tait en terre les corfxs morts sur de pelits
lits, il en Ht faire un certain nombre dont il
obligeait de se servir, même pour les étran-
gers, et cela sous certaine peine, prenant uu
droit pour chaque mort. Sa vie était volup-
tueuse et ses mœurs cruelles; il accusait
plusieurs personnes auprès de rempereur
comme peu i^ou mi ses à ses ordres, et les païens
mêmes se plaignaient qu'en cela il oubliait
sa profession, qui ne recommande que b
justice et la douceur. On disait qu'il avait
malicieusement donné avis à l empereur
qu'il avait droit d'appliquer k son trésor les
revenus de tous les t}âtiments d^Alexandrie,
parce qu'ils avaient été construits la premier©
fuisau-v dépens d'Alexfmdre le Grand, fon-
dati^ur de la ville, anx droits duquel Tempe-
r^i^T avait succédé. Par tous ces moyens, il
se rendit étrangement odieux aux païens mô-
mes, et tout le ruonde le regardait comme
un tyran.
5731 . ATH
« Le peuple, irrité, Tatlaqua un jour com-
me il était dans Téglise, et le pensa tuer : il
se sauva è peine, et s'enfuil auprès de l'eni-
pereur- Cependant ceux qui sDuteniiiênl saint
Alhaoflse. c'est-à-dire les catholiques, ren-
trèrent dans les églises; mais ils ne les gar-
dèrent pas longtemps. Le duc d'E^^ypte sur-
vint et les rendit à ceux du parti dé ^ieorge-
Ensuile iî vint un not.iire de reniperenr pour
châtier les Alexandrins, et il en tit bnttre et
tourmenter plusieurs, George lui-m^ine re-
vint peu de temns après, [»lus terrible que
devant, et plus liai, comme ayant eïc:ité
l'empereur h faire tous ces maux. Les moi-
nes d'Kgrple le décriaient à cause de son
faste et de son impiét^^, et la vertu leur don-
nait une grande autorité parmi le peuple*
« Aélius, ce soi»hîsie arien que Lé<»ncG
avait fait diacre à Antioche, et qu'd avait été
obligé d'interdire, revint alors à Alexandrie,
où il fut un des flatteurs et des parasites de
George^ qui le rétat*lit dans ses foiictions,
en sorle qu*on le nommait son diacre : aussi
le servit-il ddèlemenl, et par ses discours
impies et par ses actions criminelles. Eurio-
mius devînt alors disciple dMétius, et fut
depuis aussi célèbre que son maître. Cet
Eimomius était deCappadoce, sur les conQns
de la Galatie» tils d'un pauvre lîdjoureur, qui
cultivait de ses mains un petit champ, et
l'hiver gagnait sa vie à montrer h lii%' et à
écrireàdesi^nrîtnls.Eunoniius, trouvant cette
vie trop pénible, renQnr;a î» la charrue, et
s^appliqua à écrire en notes. |] exerç m cet
art sous un de ses parerïts^qui le ntiurrissait
pour son travail ; puis il instruisit ses enfants,
et se mit à étudier la rhrtorique. Apj'ès di-
verses aventures qui n'étaiefit |»as à sou hon-
neur, ayant ouï parler d'Aètius comme d'un
grand philosophe, il vint à Antioche le cher-
cher; et, ne Vy trouvant |*oint, il paissa à
Alexandrie, où il log(*a avec lui, et étudia
sous lui la théologie, cesl-à-direlarianisuie*
Avec de tels secours George parcourait TE-
gy|He, ravageait la Syrie, et attirait à son
[larti autant d'Orienlàux qu'il pouvait, olfa-
qucUit toujours les ptus faibles et les plus
lâches.
tt Saint Alhanase était cependant dans le
désert. Il s y était retiré d abord en sortant
d'Alexandrie, lorsque George» y entra ; mais
bientôt après d voulut sortir \le sa retraite
pour aller trouver Tempereur, se con liant
en ses promesses réitérées tant de fois, et en
sa propre innocence. Il étfiitdi^Ji en chemin,
uuand il apprit les violences que Tfm avait
iaitcs en Occident contre Libère, Osius, De-
nis et les autres. Comme il ne le pouvait
croire, il appnt ce qui se passait en Egypte
et en Libye, les évô(jues chassés et le reste
de la persécution, particuièrement les vio-
teoces coïimiises pendaut le temps pascal à
Alexandrie, Tout cela ne te dét jurnait pas
encore d aller h Fempereur, dans la créance
uue Ton abusait de son nom, et que ion
étendait ses ordres au delà de ses inteiaions.
Entm on lui montra deux lettres de Coosfarr-
tins, qui le désabusèrent et l'anétèreiit. La
première, adressée au peuple d'Alexandrie,
ÀTH
380
oii il les loue de la soumission qu'ils lai
avaient témoignée, en chassant Alhanase et
s'unissaol h tieorge. il y traite Alhanase de
tronqu'ur, d'imfx^sleur et de charlatan; et
toutelbis il reconnaît que le plus grand nom-
bre est pour lui. Il dit qu'il ne ditl'ère en
rien des plus vils artisans, ce qui marque
sans duute sa pauvreté et la simplicité de ;»oa
extérieur; entin, il laccuse d avoir fui le ju
geraent, qui est Tancienne calomnie du con-
cile de Tyr, Au contraire» il traite ses enne-
mis do gens graves et admirables; et George
eu particulier de Thomme le plus capable dtj
les instruire des choses célestes et le plus
savant darjs le gouvernement spirituel. Sur
la tin il menace des dernières rigueuis, et
de mort môme, ceux qui auront la téoiénté
de demeurer encore dans k* parti irAtlianaîô,
L opposition de celte lettre à celles qu<è le
même empereur avait données auparavant
en faveur de saiut Athanase, montre asseï;
qu'il n'avait écrit ni les unes ni les autres,
et qu elles étaient composées fKir des secré*
taires, suivant les intérêts de ceux qui les
sollicitaient, comme il se fait d'ordinaire.
w L autre lettre était adressée h Aizan et
Sazui, princes d'Auiume en Ethiopie, à qui
l'empereur commande comme à ses sujets,
quoiqu'il les traite de frèi-es» Il luur ojanda
d'envoyer au plus tut l'évèque Frunientiui
en Egy[>te, pour être instruit cl examiné par
Georgt^, et môme, ce semlile, pour être or-
donné de nouveau. G est ce méuie Frumeu^
tius qui avait le premier porté la foi d^us £^^
pays, dont il avait été ordonné évéque P^H
saint Athanase; c'est pourquoi les aric^^
craignaient qu'il ne se relir.U chez, lui» et no
voulaient pas qu'il fiU en sûreté, même chei
les barbares. Saint Alhan;ise ayant Uonc va
ces deux lettres, quitta le dessem cfaller trou»
ver Teinfiereur, voyatit comme il était ob-
sédé par ses ennemis et comme ils étaient
animés contre lui, en sorte qu'iï y avait sujet
de craindre qu'avant qu'il put auprocher
du prince, ils ne lui tissent perdre Id vieil
retourna donc daris le désert, se réservant
pour un temps plus favorable.
« Il prolita de sa fuite pour visiter h loisir
les monastères d'Egypte, et connaître cei
hoojmesqui, s étant séparés du monde, vi-
vaient uniquem "tit h Dieu, Les uns éluieul
anachorètes, gardant une entièro sobtudi,
et ne parlant qu'à Dieu et i^ eux-mènics; les
autres, eénobites, [»rati(]Uïinl ta loi de charilé
dans une couununauté, nioris pour tout ÏM
reste des hommes, se tenant lieu dû monoe
les uns aut autres, et s'eicitant mutuelle*
ment h la vertu. Saint Athanase fit voir, ea
conversant avec eux, que Ton pouvait allier lé
sacerdoce à cette samte phdosophie, lacttcin
à sa tranquillité; et que la vie monastiqUi9
consi.stait plutôt dans l égalité des mteurs utie
dans la retraite cor[>orelie. Ils ai>prirenl pliiS
de lui pour la perfection rellKictise, qu*U
ne prolita d'eux T ses maximes e(.« ir
eux des lois, et ils le respectaient cm 1 m
hgnnne d'r.ne sainteté extraoïdinaire- Ausai
ne craignin^ût-îîs pas d'exposer leur vie pour
lui. Les ariens enroyëreut des 9aldâii li
4Ta
loursuivre josqpie dans ces déserts; on la
■ ercha partoui sans le trouver; et les moi-
s. qui renrontrèreat ces meurtners, ne dai-
èreni pas leur parler; mais ils pn'*sentaient
gori^e à Umrs épées, comino "^'exposant
our Jésus-Christ» et cTO>nnt qu'il y avait
IpUis de rat^rite à soiitlVir pour lui en la [ht-
onne d'Alhanase, qu*à jeiTncr et à pnli-
uer toutes les autres auslérilés. Saint Atl»y-
se, do son c<^Té, craigoant que les ujoines
fussent inquiél*^^ h son oiu'fisioi, se reti-
plus loin et se caiha eriuirement. »> l^ieU'
r-voK, nag, 545.)
Quoique la persécution qu'avait à subir
iiit Athanase soiiibl*U lu mettre dans Tim-
ssibiftté de défi iidre FE^lise et sa propre
nocence, il trouva moyen dYnTiro aux
êques d*Egyple, aui vfcr^es j^erséculécs
à son peuple. Ensuite il lit son apologie,
DUS sommes encore ici forcé de ciicn
Saint Athanase profila de sa retrait** pour
)raposer plusÎL^urs <îcrits, entre anires Ta-
îlogia adrt'Ssiée h Tempereur Conslanlius,
il se justitie de toutes les calomnies dont
BS enneuiis avaient voulu le noircir dans
['esprit de ce prince. 11 tranche d'abord en
mot les anciennes accusations» en raar-
luant le grand nombre d'évôques mii avaient
Icrit en sa ûivenr la rétroiiatioji frUrsace et
}e Valons, et que Ton nVivail jamais agi
>ntre lui quen son absence. Mais il s'tUend
ir les accusations nouvt;lleS| qui regar-
laieul personnellement Fempcrenr Constan-
^Uf, La première était qu Aaathase avait
lal parlé de lui à remnereur Coustant, son
rère, et avait travaillé à les brouiller. Il ré-
pond premiêreinent, en le niant formelle-
leni, et prenant Dieu h témoin ; puis il ea
:iontre I iuq»ôbsibiïité ei ce que jamais il
i*a parlé seul à seul à Tempercur tlonsiant,
aais toujours en la compagnie de Tév^^que
le la ville et des autres qui s y rencontraient.
Il eo prend à témoin Osius, Forlunatien,
§véaue d^Aquilée» Crispin de Fadouc, Lucil-
lus de Vérone, Vincent de Canouc, Et parce,
Hjoute-t-il, que Maximin de frèves et Pro-
tais de Milan sont morts, Eugène, qui était
maître des offices, en piait rendre témoi-
gnage; car il était devant le rideau, cl il en-
tendait ce que nous demandions à Tempe-
reur» et ce qu'il nous disait.
« Il rend un compte exact du voyage qu'il
fil en Italie, du teinps que Grégoire fui in-
trus à sa place. Etant sorti d'Alexandrie ,
'lit-il, je n^alhd po:nt h la cour de voire
frtre, ni ailleurs qu'à Rome; et laissant à
1 Hoiise le soie de lucs aîTaires, j'étais assidu
aui prières publiques. Je n'ai point écrit à
olre frère, sinon lorsque les ensébiens
•icrivirent contre moi^ ei q^ie je fus obligé
de me défendre étant enco;e a Alexandrie,
et quand je lui envoyai des exemplaires de
TB^rilure sainte, quii nravail ordonné de
lui faire faire. Au bout da trois a is, il nVé-
çrîTit de me rendre auprès de lui i Milan.
JVq demandai la cause, etya;ij[iLÎs que quel-
i|ues évoques Tavaieut nrié di* vous écrira
pour assemtder un concile. Quaiil je fus ar-
l'ivé 5 Milan, il me témoigna bomeoup de
4TH ^8Î
bonté; il voulut bien oie voir, et me dit qu'il
avait écrit et envoyé vers vous, pour vous
prier quL* Ton tînt un concile. H nie llL venir
encore une fois ilans les Gaules, oïl le
P, Osius était venu, alin que nous allassions
de î;i i'i Sardiipie. Apres !e concile, c« moie
rélais h Naisse, il m'écrivit; je revins ^ Aqui-
lée, j'y demeurai et j'y reçus vos leltJts, l[
m'appela encore une fois, je reloornui <>n
Gaule, nuis je vous allai trouver. En qnel
temfjs d'.nc, en quel lieu, en présence de
qui nraccuse-t-on de lui avoir amsi parlé?
houveneZ'Vous, seio^ncur, vous qui avez si
bonne mémoire, de ce que je vous ai dit,
quand j*ai eu llionneur de vous voir, la pre-
mière lois à Viiuiniac, la seconde k Césarée
de Cappadoce, la troisième h Aniioche;
voyez Si je vous ai dit du mal des eusébiens,
mes calomniateurs, Aurais-je été assez in-
sensé pour dire du mal d'un empereur à un
empereur, et d'un frère à son frère?
u Le second chef d'accusation était qu'A-
thinase avait écrit au tyran Magnence; les
«riens disaient même avoir donné copie de
la letire. Quand j'eus appris, dit-il» celte ca-
iMinnie, je fus comme nurs de moi; je pas-
sais les nuits sans dormir, j'atlaquais mes
dénonciateurs cf»mme (irésents; je jetai da-
bord un grand cri, et je priais Dieu avec des
larmes et des sanglots, que vous me vou-
lussiez écouter favorableraenl. Ensuile il
nrend Dieu à témoin au'il n'a jamais connu
Mii^nience, et montre les causes qu*d avait
de le délester comme le meurtrier de Ffm-
pereur Constant, son bienla]t€Ui\ et de ceux
qui Tava.ent reçu chariiablement a Rome,
savoir, Eulropia, Umte des trois empereurs,
Abutéi ius, Spéraniius et plusieurs autres ;
que c'était un impie adonné aux magiciens
et aux enchanteurs. Il firend à témoin les
ambiSsadeursqueMagnence envoya à Cons-
tanlius, les évèques Servais et Manime, et
les laïques qui les ac€Onipaguaient,Clérnen-
tius et Valens; car ils avaient passée Alexan-
drie. Demandez-leur, dil-il, s'ils m ont ap-
l>orlé des lettres; car ce m'eût été une oc-
casion de lui écrire. Au contraire, voyant
Cléuientius, je me souvins de votre frère
d'heureuse mémoire ; et comme il esl écrit :
J*arrosaimes habits de mes larmes. Il prend
encore à Icoioin Félicissime, qui élail alors
duc d'Egypie, et jilusieurs autres oUiciers,
qu'en cette occasion il dit : Prions pour le
salut de notre très-pieux empereur Con^^tan-
tiûs; que le peujjle cria tout d'une voix,
Christ, secourez Lonstantius, et contuma
longtemps. Celte furme de prière est remar-
quable, et nous voyons encore dans h^ onzième
siècle des litanies semblables. Quant à la
lettre doïit les ariens disaient avoir des c*>
pics, il dit qu'on peut bien avoir contrefait
son écriture, puisque Fou conlrefail même
celle do renipereur, et que tes écritures ne
font point de foi, si t?iles ne sont reconnues.
U denian le où l'un a trouvé celte 1 élire, et
qui l'a donnée. Car, dil-iJ, j*avais des écri-
vains, je les représente; et le l}nin avait des
gens pour recevoir ses lettres, que vous
pouvez faire venir. Si j'étw^ accusé devant
585
ATH
uû amre juge, j'en appellerais Î!il*empereur;
élant accusé devant vous, qui puis-je invo-
quer? le père de celui qui a dit, Je suis la
vérité; et là-dessus il adresse à Dieu sa
prière, 11 s^agit ici, continue-t-il, non d'un
intérêt pécuniaire» mais de la gloire de TE-
glise : ne laissez pas ce soupçon contre elle,
que des chrétiens, et principalement des
evèques, écrivant de telles lettres et forment
de tels desseins. On voit combien les saints
étaient jaloui de la fidélité envers les princes,
et qu'en ces raalières les évèques mêmes ne
reconnaissaient point d*autres' juges sur la
terre.
« La troisième accusation était d'avoir cé-
lébré Totlke dans la grande église d*Alexan-
drie, avant qu*elle fût dédiée. Oui» dit-il, on
Ta fait, Je le confesse, mais nous n'avons pas
célébré la dédicace; il n'était pas permis de
le faire sans votre ordre. Ce qu'il dit, parce
nue cette église avait été bâtie aux dépens
de Tempereur, d'où'^lle fut nommée la Ce-
sarée. Il continue : Cette assemblée se fit
sans dessein et sans être annoncée; on n'y
appela aucun évèque ni aucun clerc ; tout le
monde sait comme la chose s'est passée.
C^était la fête de Pâques, le neuple était Irès-
nombreux; il y avait peu u'églises et très-
petites. On faisait grand bruit, et on deman-
dait de s'assembler dans la grande église. Je
les exhortais à attendre et à s'assembler
comme ils pourraient dans les autres églises,
quoiqu'rivec incommodité t ils ne mTécou-
tèrenl pas; mais ils étaient prêts h sortir de
la ville, et à's'assembîerau soleil dans les lieux
déserts, aimant mieux souffrir la fatigue du
chemin que de passer la fêle en tristesse. En
effet » dans les assemblées du carême il y avait
eu plusieurs enfants, plusieurs vieilles fetn-
mes, plusieurs jeunes personnes de l'un et de
l'autre sexe, si maltraités de Li presse, qu'on
les avait emportés dans les maisons ; quoique
personne n'en fût mort, tout le monde en
murmurait, et c'eût été bien pis le jour de
la fête : la joie eût été tournée en pleurs.
« J'ai suivi en cela l'exemple de nos
pères* Alexandre, d'heureuse mémoire, fit
l'assemblée dans l'église de Théonas, qui
passait alors pour la plus grande, et qu'il
faisait encore blltir, parce que les autres
étaient trop petites. J'ai vu pratiquer la
môme chose à Trêves et à Aquilée; on y a
assemblé le peuple dans des églises qui no-
taient pas achevées, et votre frère d'heu-
reuse mémoire assista à Aquilée à une telle
assemblée. Ce n'a donc pas été une dédicace,
mais une assemblée ordinaire. Eût-il été
fJus à propos de nous assembler dans des
ieux déserts et ouverts, où les païens eus-
sent pu s'arrêter en passant, que dans un
lieu fermé de murailles et de portes, qui
marque la dilférence des chrétiens et des
profanes? Valait-il mieux que le peuple fût
sénaré et pressé avec péril en plusieurs
églises, que d'être assemblé dans un même
lieu, puisqu'il y en avait un qui les pouvait
tous contenir, où ils pouvaient prier et dire
amen tous d'une voix^ pour montrer l'union
des cœur5? Quelle joie des peuples de se
voir ainsi réunis, au lieu d'être divisés
comme auparavant! Au reste, les prières
qui ont été faites dans cette édise n erapê*
chent pas que Ion en fasse solennellement
la dédicace, quand il en sera temps» Saint
Athanase ne méprisait donc pas celte céré-
monie de la dédicace des églises, puisqu*il
se défend si sérieusement sur ce point ; mais
il croyait que l'on pouvait, en cas de néces-
sité, se servir dune église avant qu elle fût
dédiée.
* Le quatrième et le dernier chef d'accu-
sation était d'avoir désobéi à l'empereur, en
refusant plusieurs fois de sortir d'Alexan-
drie» Je n'ai point résisté, dit-il» à vos or-
dres, h Dieu ne plaise; je ne suis pas asseï
considérable pour résister au trésorier d'une
ville, beaucoup moins h un si grand empe-
reur. Ensuite il raconte tout ce qui s'était
passé : la lettre de l'empereur, apportée par
Montan, qui supposait que saint Athanase
deaiandait congé d'aller en Italie, la venue
de Diogène, vingt-six mois après les me-
naces de Syrien, la lettre que l'empereur lui
avait envoyée autrefois par Pallade et par
Astérius, pour l'exhorter à demeurer dans
son église. Sa défense sur ce point se réduit
à dire, qu'ayant eu des ordres de Fempereur
pour retourner à son église et pour y de*
meurer» et n'en ayant point eu pour en sortir,
il a dû demeureV. Joint le devoir générai
d'évôque et la connaissance particulière du
Péril auquel il exposait son troupeau, s'il
abandonnait aux ariens. Il rapporte ensuite
les violences de Syrien, sa retraite, le des-
sein qu'il avait d'aller trouver Tempereur,
et comme il en fut détourné par ce qu'il ai>-
prit de la persécution exercée en Occident
et en Egypte même, et par les lettres de
Tempe reur au peuple d'Alexandrie et aux
princes d'Auxume, C'est, dit-il, ce qui m'a
obligé à retourner dans le désert; voyant
tant d'évêques persécutés, parce qu'ils ne
voulaient pas renoncera ma communion, et
des vierges mêmes si indignement traitées,
j'ai vu que mes ennemis en voulaient à ma
vie. Je me suis retiré pour laisser passer
leur fureur, et vous donner occasion d*usef
de votre clémence. Recevez cette apologie,
rendez à leurs pairies et à leurs églises tous
les évoques et les autres ecclésiastiques, afin
que Ton voie la malice des calomniateurs, el
que vous puissiez dire avec confiance h Jé-
sus-Christ, le roi des rois, maintenant et au
jour du jugement: Je n'ai perdu aucun des
vôtres. Telle est Fapologie de saint Athanase
à l'empereur Constantius. 11 écrivit en même
temps des discours de consolation pour les
vierges que les ariens persécutaient jusqu*à
leur refuser la sépulture. » (Fleury, voL I^
p, 553.)
Nous trouvons encore une seconde apolo-
gie dans ses lettres aux solitaires. Saint
Athanase y réfute les prétextes dont Temp^
reur Constantius voulait colorer sa persécu-
tion, dans une lettre écrite au peuple d'A-
lexaidrie, et [mbliée par le comte Héraclius,
Constantius disait qull n^avait souffert I#
retour d'Alhanase quen cédani pour ua
L
fteraps àraraitié de son frère Constant. Saint ,
lAthanasô répond que ses promesses ont donc /
[été Ifompeuses» et qu'il n'a plus considéré ^
sonfrère après sa mort, quoiqu'il ait soutenu
tia guerre civile pour recuedlir sa succès-
^sion* CoQStantius disait qu>Q bannissant
Ath&Dase il imitait le grand Constantin, son
I père- Il l'imite, répond saint Athanase» en ce
[qui fait plaisir aux hérétiques, mais non en
(ce qui leur déplaît. Constantin, sur les calom-
[Bies des eusébiens, envoya pour un temps
[Athanase dans les Gaules, le dérobant à
[leur cruauté ; mais il ne se laissa pas per-
l«uader d'envoyer à sa place i'évôque qu'ils
roulaient ; il les en empêcha et arrêta leur en-
Llreprise par de terribles menaces. Comment
Idonc, s'il veut suivre la conduite de son
Ipère, a-t-il envoyé premièrement Grégoire
[et maintenant George la banqueroutier?
tPourc{uoi s'etforce-l-il de faire entrer dans
[ relise les ariens^ que son père appelait
[porphyriens? 11 se vante do prendre soin
Ides canons, lui qui fait tout le contraire.
JCar quel canon porte qu'on envoie un évo-
que de la cour ; nue des soldats insultent
les églises ; que ties comtes et des eunu^
_ les gouvernent les affaires ecclésiastiques ;
lue Ion juge les éfêques suivant des édttsî
« Saint Athanase n épargne plusConstao-
iua dans cet écrit. Il marque sa légèreté
la contradiction de ses lettres et de ses
îrdres, qui montraient qu*il n'agissait pas de
>D mouvement, mais selon qu'il était
)ussé. H marque sa cruauté, en ce qu'il
l'avait pas épargné ses propres parents. Car,
fdit'iU il a égorgé ses oncfes, il a fait mou-
ir ses cousins j il a vu dans la soutfrance
|a fille de son beau-père, sans en avoir pi-
Tié ; il a marié à un tiarbare, c'est-à-dire à Ar-
Isace, roi d'Arménie, Olympiade flancée à
Fson trère, qu'il avait gardée jusqu'à la mort,
leomme devant être sa femme/ Ënlin il ne
IJeint point de traiter Constant! us d'ante-
irisl. Pour montrer l'injustice de la perse-
Pcution des ariens, il dit i S'il est honteux que
■quelques évèques aient changé par la
[eraiote, il est bien plus honteux de leur
ivoir fait violence, et rien ne marque plus
la faiblesse d'une mauvaise cause. Ainsi le
^démon n'ayant rien de vrai, vient avec la
hache et la coçnée rompnj les portes de
|€eux qui le reçoivent, mais le Sauveur est si
loux, qu'il se contente d'enseigner et de
lire : Si quelqu'un veut vmir après mai;
bl celui qui veut être mon disciple, El quand
" vient à chacun de nous, il ne tait point
ie violence; mais il frappe à la porte, et
it : Ouvre-moi, ma sieur, mon épouse :
on lui ouvre, il entre; si on ne veut pas,
se retire. Car la vérité ne se prêche pas
ivec les épées el les dards, ni par les sol-
iats, mais par le conseil et la persuasion. Et
lelle persuasion, où règne la crainte de
Tempereur 7 quel conseil, où la résistance
termine à l'exil ou à la mort? Et en-
suite: C'est le propre de la vraie religion
le ne point contraindre, mais do persuader.
Car le Seigneur lui-même n'a point usé de
iol«fico^ il a laissé la liberté en disant à
ATH
tous : Si quelqu*un veut venir après mot ; et
à ses disciples : Voulez-vous aussi tous en
aller? El ailleurs : Quelle église adore
maintenant Jésus-Christ en liberté? Si elle
conserve la piété, elle est en péril ; si elle
dissimule, elle craint» Il a tout rempli d'hy-
pocrisie et d'impiété, autant ^qu'il est en lui.
S'il y a quelque fidèle serviteur de Jésus-
Christ, et il y en a plusieurs partout : ils s©
cachent comme le graqj^ Elie, jusqu'à ca
qu'ils trouvent un autre Abdias, ils sont
dans les cavernes et les trous de la terre,
ou errants dans les déserts, » (Fleury, voJ, 1
p. 561.)
Saint Athanase resta dans son eiil
jusqu'en l'année 361, époque de la mort de
Constance. Julien, qui lui succéda, ennemi
acharné de la religion chrétienne, crut
qu'un des moyens les plus sûrs de la dé-
truire était de laisser une entière liberté à
toutes les sectes différentes* 11 permit à
tous les évèques banjiis de rentrer dans
leurs églises. George, le faux évéque, était
mort, massacré par le peuple d*Alexandrie,
Athanase rentra dans la ville comme un
triomphateur. Toutes les églises lui furent
rendues ; il tint un concile avec saint Eu-
sèbe de Verceil- Plusieurs affaires impor-
tantes touchant Fherésie et le bien de l'E-
glise y furent décidées- Ce fut après cela
que Julien, qui ne pouvait voir sans haine
les services que rendait ce grand homme à
la religion, lui écrivit pour lui donner Tor-
dre de sortir d'Alexandrie. Le peuple de
cette ville ayant intercédé pour son saint
évoque, Julien ordonna que non-seulement
il sortirait de la ville, mais encore de l'E-
gypte. Sous main, l'empereur apostat
avait donné Tordre de tuer le saint homme;
mais protégé comme toujours par la Provi-
dence, Athanase échappa aux meurtriers et,
sorti d'abord d*Alexandrie, y rentra immé-
diatement et V demeura caché quelque
temps. Julien, rayant su, entra fort en co*
1ère, et le fit chercher avec beaucoup d'ar-
deur. Athanase se retira h Antinoé. Ce fut
là qu'il apprit la mort de Julien tué par les
Perses. Immédiatement il revint à Alexan-
drie où bientôt il reçut de Jovien une lettre
qui cassait Tarrôt de son exil, le priait de
reprendre la direction de son Église^ et don-
nait à son courage, à son énergie dans les
luttes qu'il avait eu à soutenir pour la foi
le juste tribut d'éloges qui leur était dû. Jo'
vien ne s'en tint pas là : désirant tout faire
pour le bien de la fti, il écrivit au saint de
lui envoyer toutes les instructions néces-
saires touchant les questions de foi, et la
conduite qu'il avait à tenir. Le saint pour
répondre ne voulut par s'en fier à ses pro
près lumières. La modestie est la vertu des
grands hommes et des saints. Jl assembla
tout ce que les provinces voisines avaient
de plus distingué, de plus instruit en fait
de pasteurs. Puis il termina par une subli-
mité qu'il n'appartient qu'aux hommes vrai*
ment inspirés de Dieu (l'atteindre. Jl envova
à l'empereur le Symbole de Nicée. Tout
était là.
Ml «TH
ïti^fitôl rêmporeiir Toulat Toir le saint
lui-mêmo, Il «*iU i'hnnnmir do le recevoir h
Aiilioche fil lui donna loiiios les prouves de
respect êl d*affoolian qu^ tnérilaîyni sa di-
gnîlé, smi ^ge iH sos luttes glodeiLsos pour la
foi. Vainement les ario'is vVmluroiit 1 indi.s--
p*)sef €ontro Al ha un se. D'abord il ne les
écoula pas, ensiiito il les menaça do sa co-
lère s'ils renouvelaiiMit leurs âcnusaiions.
Durafit tout lerè^ui^de ce bon prince, Atlia*
nase gouvernât en pai\ celle Eglise d'Aletan-
tlrie si nidcment éprouvée par la porsi^u-
tîon. Après sa mort, Valcns, son successeur,
fjersécuta les eatholiquês, et les Ironblej*,
et agitations, les iulles, rwommencèrerU
t>our fe saint évoque. Néaîunoins, cette foi,^,
I ne fut pas cliasso do son siège. Les
Alexandrins résistèrent conragousement
aui ordres du prétet qui voulait re!C[)uiser,
et Valens, craignant la scdiîion, écrivit
qn'Athauase eiVt à reslerdans la libre pos-
session de toutes les éjAlises. Après celte
persécution, il ffouvenia as^ez tranfiniile-
ment son peuple, jusqu'en raïuiée ►iTl
on lf!i\. La dernière de ces deux dates est la
plus universellement reçue; aussi rado]dt**-
rons-nous.
Ainsi fiuarante-sîx ans d'épiseonat, qui
furent quararile-six ans de luîtes, de com-
bats p(»rpétueh pour la f«>î, oui fait de saint
Alhanase Viuï des pîus illnslres ûi^s athlètes
qui aient ronibatln pour la foi catholique.
Ici nous n'avons pas à nous occuper d au-
tre chose que des persécnlions emluré(*s p.ir
cette puissante colJtme de rE^tise. Qu'il
nous sudtse de dire qnh pari celle gloire si
brillante du condmt et de la lutte, Athaiiiiso
eut au plus haut de^n-é celle de la scieîice,
de la sainteté, cl qu i! fui sons tous les nip-
poftsdiixne de ce stirnoin de fjrvmé, (pie les
siècles lui ont décerné. L'Eglise honoïc sa
mémoire le 2 mai.
ATH^^\lBfTîn!rrA'* de), naquit à FHouli,
le '28 uiillet 1707, et entra dans la sodéié de
Jésus le même jour, en l'année 1725. It lit
profession le â février 17^*0. Quatre ans après,
li vint c\ Macao. En 17'i5, il parlit pour la pro-
vince de Nanking. 11 fut découvert et arrêté
avec lo P. Henriquez. Le 21 décembre 1747,
il fut amené prisonnier 1* îSoa-'Tcbf'Ou» et fut
condamné, ainsi que son compagnon de cap-
tivilé, à être étranglé. La 5*.»ntence ayant été
approuvée par rempereur, le geôlier,* «rccom-
paj;né don bourreau , vint, le 12 septeinore
17Ï8, dans h prison. On C^.w la |)ailîe d* s lits,
CG qui donna a penser aux deux condamnés
que Thlïuro de leur supplice était procVte.
LBieïltOt un autre bourreau arriva, portant
dés cordes à la maio. « Nous allons bientôt.
dil-U d'un air moquûur, vous envo^-er dans
YOfre paradis, oii vous vous prétendez si
heureui d*aller.» Suivant la coutume ttcs
Cuinôls, ôl leur servit à manger, mais *Is ne
louchèrent à aucun mets ; alors les bourreaux
b:3 livrent et leur mireul la corde au cou.
V- ' '• icnl an inst.uit de répit pour se ré--
el i)Our prior; luaîs ies bourreaux
11,' K's iaissèreiit pas achever et les étraa-
glèrent. On pl,%M leurs corps dans des cer-
ATH M
cuoils, et on les enterra dans le cimetière
des pauvres, d'où, un an après, on les enleva
sans qu'ils oll'ris^ent la moindre trace de ûor*
rufilion,
ATIIÈNAGORE, apologiste, présenU à
reuïpereur Maro-Aurèïe» en Tannée 177, sa
belle apologie intitulée : /.<f//rrn"ort pour lu
chréiknt. Nous n^ivons absolument aucun
détail sur cel écrivain. Tool ce que nous s»-
vons, c*est qu'il était d*Athènes, et quo, phi-
losophe paicfi , il sYdait converti au chris-
tianisme do il il devint Fun des plus ardents
et des plus habiles défensears. Il ne reslede
lui que son aï>ologie, et un livre intitulé:
Traité de ta rénurrfeitùn deêmorU. Ces deux
ouvrages sullisent pour attester la beatité
de son génie, en même temps que son élo-
quence et sa vaste érudition. On peut lire
son apologie dans les collf-clions des Pères»
et dans notre Hutoire générale des perséc^
îiof}» de rf:glm, vol. l\ pag. 387.
Il coumience par louer la douceur de Marc-
Aurèle et de son gouvern^^menl , douceur
qui rendait heureux tous les sujets de lem-
pire,, tandis qu'il n y avait que lès seuls chré-
tiens de maltraités! Il dit (jue ces derniers,
quoique ne f ûsanl de mal à personne, sont
nerséiutés, injunés, maltraités dans leurs
iriens, dans letir honneiir et dans leur eii*-
lance mémo, sansqu^on puisse pnim ver qu'ils
soient coupables d^aucun crime. Il disculpe
compiélement les chrétiens des accnsatiooî
calomnieuses jîortées contre eux , prouve
Unanité des miracfi's fies faux dieux, el Tim-
ftosture qui est au fond de la plupart des ré-
cits qu'on en fait*
Ici !?e home ce qu'on peut avec certilode
dire d'Athénngore. Ce qu'en ont dit les au-
teurs, tels ipj(*Btillus, liaronius, apparient
trop au douifiine des suppositions paarquo
nous )iuissions nous y ai fêter.
ATHfcNKS, Alfmue, plus tard Athim Ou
Sélineu , aujourd'hui Athènes , capitale de
rAltiouc, et au point de vue inteHectuel, de
tonie la Grèce, est trop célèbrenour que DOOS
ayons besoin d'en dire ici Javanlago* Dq
rl'Sie, notre î^l ui s'y oppose. Le f^remicr
mrïrlyr que nofi5 trouvions dans cette villes
est salni Pnblius, soo évéque, martyrisé sous
Marc-VurèTe. A,)rès la mort de ce ^ainlévè-
que, les Alhciik'as resléront quelque temps
sa'is pasteui'. Il> perdirent à peu près coin-
plçlement li fjî, el nV furetu rarne^ '
par saint Qu «^îi ;U, qanut leur premiei
après saini Pui^Uus.
ATÏIÊNOUt'ilE (saint), eut la gloire de
mourir pour lu loi chréUcnne durant la per*
sécutioi de BiOL'létien. Son mvirtyre eul lieu
dans la MésopotLmne.0[ijuge,noitmjéEleu5t\
le fil d abord mettre à la qucstif^n du feu, pms
ensuite appliquer h d'auires tortures, ftien
D a)ant pu abattre son courage, il fut con-
damné à étro déca.uté. Le bourtcau qui de-
vait exécuter la sentence étant tombé évanoui,
personne n'osa prendre son glaive pour ca
frapper le saint, tl niouiut en («riani DieU*
L'Eo'i-"^*^ célèbre sa fêle lu U novembre-
ATHËNOGËNE (saint), que rEgli^e hùiion
le 16 juiUeti était évéque : il fut martyrisé à
J
ATT
46 ârac dix de ses disciples, au cours
pwrtéoution de Dioclétien. Les détails
D martjre sont malbeureusement igao-
VfiNOGËNE (saint), consomma son sa-
• ea recevant Li couronne du martyre
le Pont, pour la foi de Jésus-Cfarist. 11
indamné au supplice du feu. Avant que
)Dter sur le bûcner, il chanta une hymne
laissa par écrit à ses disciples. L'Église
■e sa mémoire le 18 janvier.
IN, Àiina^ ville du royaume de Naples,
a t^^rredo Labour. On suppose que c'est
leite Ville quun saint Julien lut mar-
•ous le règne de Temperour Marc-
el» _^
LYHUETZA , ville du Mexique, près
ie TIascala, où eut lieu le martyre du
wreux Christophe, tué par son père
£chilt. (Voy.^ pour plus de détails, rar-
CnilSTOPHE.)
TALE (saint), Tun des célèbres martyrs
oOf sous le règne de l'empereur Marc-
0f Arrôlé avec un grand nombre de chré-
îl eut pour compagnons de ses com*-
t de sa gloire les Pothiii, les Sanctus,
iDdine, ctr cette cohorte de saints que
écution vint moissonner à Lyon, comme
Smices de celte rançon innombrable
Dis et de saintes queTEglise de France
ftkyot plus tard à Jésus-Christ. Saint
était de Pergame. 11 n'était encore, dit
re des chrétiens de Lyon, que simple
yie, mais il montra u'ie générosité di-
un ancien athlète de Jésus-Christ. Avec
18* Mature et les autres, il passa pai*
tiède supplices tels, que l'esprit a peine
»ncevoir le nombre et la violence. 11
fictorieux de toutes les épreuves. Le
feu, les fouets, la prison obscure avec
pêf où il avait les jambes écartées jus-
einquième trou, rien ne put vaincre
Imirable courage. Après quelquesjuurs,
conduit à TamphithécUre, avec Mature,
IS et Blandine, et là passa de nouveau
us les tourments qu'il avait déjà endu-
.6 fer, les fouets, les dents des botes
s, la chaise de fer rougie au feu, rou-
t ses plaies qui se ferm.iient, et lui en
de nouvelles, sans que rien pût abattre
stance. II survécut pour de aouveaux
»bes.
ï gouverneur ayant fait tuer Sanctus et
B t le peuple, avec de grands cris de-
it Attale et voulait qu*on le livrât sur-
Bip au supplice. C'était, comme nous
{ dit, un personnage considérable par
isance et nar son méiite. 11 entra har-
t dans le cnamp de bataille, prêt à corn-
mais le témoignage de sa conscience
sait espérer de vaincre. 11 se sentait
îde, car il avait passé toute sa vie d.ins
iservalion très-exacte des lois duchris-
Qe, et il avait toi\jours été narmi nous
lïin de la vérité. On lui fit faire le tour
ophithéâtre, ayant devant lui un écri-
i on lisait en paroles latines : Altfile
n. Le peuple s'échauilait de plus en
ne cessait de demander sa mort : mais
àW
tSM
le président ayant appris qu'il étau citoyen
romain, il le renvoya en prison avec plu-
sieurs autres martyrs. » (Ruinart.)
Quelque temps après, le gouverneur St
ramener Attale dans ramphithéAtre avec
Aleiandre. On le plaça do nouveau sur la
chaise de fer; son corps, demi-râti, exhalait
une odeur de graisse très-incommode. Il s'a-
dressa au peuple, et faisant allusion au re-
proche qu on laisail aux chrétiens de se nour-
rir de ciiair humaine, iklui dit en latin:
« C'est ce que vous faites maintenant, qu'on
peut appeler manger de la chair d'homme.
Pour nous autres, nous ne savons ce que
c'est que do faire de ces horribles repas.»
Et comme on lui demandait quel nom jDieu
avait. — Dieu, répunditr-il, n'a pas un nom
comme un homme.
ATTALE (saint), martyr, est inscrit au
Martyrologe romam le 31 décembre, et ho-
noré comme martyrpar TEglise avecles saints
Etienne, Poutien, Fabien, Corneille, Sexte,
Florus, Quintien, Minervien et Simplicien,
qui furent les compagnons de son trioinpbe.
Les circonstances, le lieu et la date de leurs
conibnts sont inconnus.
ATTALIE, ville de Pamphylie dans l'Asie
Mineure. Cette ville fut témoin du martyre
de saint Hespère, de sainte Zoé et de leurs
deux enfants, saint Cyriaque et saint Théo-
dule, que Catale, païen, chtz qui ils étaient
esclaves» lit mourir dans un four, parce que
les deux enfants, indignés des nonneurs
au'on rendait chez lui aux idoles, s'étaient
éclarés chrétiens.
ATTE (saint), était laboureur en Pamphy-
lie, et vivait dans le temps de l'empereur
Dioclétien. 11 fut arrêté avec huit autres la-
boureurs, parmi lesquels saint Alexandre et
saint Léonce. Le président Flavien les fit dé-
capiter. L'Eglise fait leur fôte le 1" août.
ATTICUS, gouverneur do Syrie sous Tra-
jan, avait autorité sur celui de Palestine.
C*est ce qui explique pourquoi Eusèbe peut
dire que saint Siméon, évèque de Jérusalem,
fut traduit devant A tticus, gouverneur, quand
on sait, d'un autre côté, qu'à cette époque (107)
c'était libérien qui était gouverneur de Pa-
lestine. Ce fut Atticus qui condamna saint
Siméon à tinir sa vie par le supplice de la
croix.
AUCTE (saint), martyr, mourut pour la foi
chrétienne à Ampbipolis en Macédoine, avec
saintTaurion et sainte Thessalonice. L'Eglise
les honore le 7 novembre. (Pas do détails.)
AUDAX (saint), était présent quand sainte
AnatoliO; sœurdo sainte victoire. Tut tourmen-
tée et mise à mort par ordre du juge Fausti-
nien. II reçut une telle impression du mer-
veilleux courage de cette sainte, qu'il se fit
immédiatement chrétien. Emprisonné sur-lè-
champ, il fut décapité sans qu'on lui laissât
aucun délai. L'Eglise célèbre sa fête le 9
juillet.
AUDIFAX (saint), fils de saint Maris, noble
persan, et de sainte Marthe, frère de saint
Abacliaiu, vint àKoiJic avoc eux pour visiter
les tombeaux des apolres. Arrêté avec eux
comme chrétien, il soutint, sous Claude U le
SH
àm
AUR
zn
Golhîcpîe» la bastonnade, lo chevalet, le feu,
les ongles de fer, eut les mains coupées» et
ensuite lut décapité. Son €orps fut brûlé.
L'fe'ise honore sa mémoire le 19 janvier.
AUGENDK, confesseur» fut arrêté à Rome
en 250, sous Teinpire de Dèce, pour cause de
christianisme, avecsainl Mo vse, saint Maxime
et tous leurs compagnons. Il soulTrit coura-
§eu5eraent les tourments» la prison pendant
ii-huil mois, et demeura inébranlaole dans
la foi, quand, après leur sortie de prison, plu-
sieurs de ses compagnous eurent le malheur
de se laisser entraîner par Novat, et de tom-
ber dans le schisme de Nova tien. Quand cet
évéque scbismatic|ue envoya en Afrique des
évèques qu*il avtdl ordonnés, saint Corneille
députa Augende vers saint Gyprien pour Ten
instruire. (Pour plus de détails, voy.MoTSE.)
AUGSBOURG. Voy. AmBovnti.
AUGULE f saint J, vulgairement nommé
Aule (et Ouii en Normandie}, est cité dans
un Martyrologe attribué à saint Jérôme. On
tient qu'il soulFrit pour la foi chrétienne au
commencement du iV siècle, sous le règne
et durant la persécution de l*empereur Dio-
clétien à Londres, Henschénius a eu tort de
dire que le saint a su u lier t h York. Il a fait
erreur à propos du moi Augmta^ il a cru que
la ville ainsi nommée signiliait la capitale
de la Grande-Bretagne. Or, du temps des
Romains York était la capitale de ce pays.
Cette mterprétation n'est pas permise, quand
Ammien Marcellin dit positiveraent que la
Tille de Londres se nommait Augusta, L'E-
lise honore la mémoire de saint Augule le
février.
AUGURE (saint), diacre de TEglise de
Tarragone, fut martyrisé avec son collègue,
saint Euloge et saint'Fructueux, son évôuue,
sous Tempire de Valérien, en Tannée z59.
L'Eglise célèbre sa fête le 321 janvier. [Voy,,
pour plus de détails, les Actes de saint Fblg-
AUGUSTE (saint), martyr^ donna sa vie
Ïûur la foi à Nicomédie avec ses deui frère'*,
iavius et Augustin. Le Martyrologe romain
ne donne aucun renseigne raenl authentique
à leur sujet. L'Eglise célèbre leur sainte mé-
moire le 7 mai.
AUGUSTIN (saint), martyr, mourut pour
la foi à Nicomédie avec ses dcui IVère?, Au-
guste et Flavius, Nous manquons de ren-
seignenien's ai.thenliques h leur sujet. C'est
le 7 mai que TEgiise célèbre leur sainte mé-
moire.
AU L ANE, nom du lieu où saint Pierre
Balsame fut arrêté en Tan SU, sous le règne
de Galère et de Maximin. Ce fut aussi là
qu*ii reçut la coumnne du martyre par ordre
du gouverneur Sévère.
AUL£ (saint). Voy. Augule.
AUAÉ (saint), habiiatt Mayence avec sainte
lusline, sa sœur. Il réh'^brait les saints of-
fices dans ré;5»ise, ou bien y assistait avec
cette sainte et plusieurs autres chrétietts,
lorsque les Huns, qui ravageaient le pays,
vinrent les y surprendre et les massacrèrent.
L'Eglise vénère leur mémoire le 16 juin,
(Les détails manquent. )
ç
- AURÉE (sainte), martyre, eut d'abord le
malheur de renoncer s'a foi. La force et le
courag*^ rabandonnèrent ; maisbientôtaprès.
Sentant sa faute, et le remonis entrant dans
Sf>n cœur, elle revint d'elle-même au comljat.
Cette fois, elle triompha et sortit de la lutta
avec la couronne du martyre, L'Eglise ho-
nore la mémoire de cette sainte le 19 jutUet,
SO(i mnrtvre eut lieu à Cordoue.
A URÉE ( sainte ), vierge el marlvre» fut
mise à mort à Oitie, fiour la foi cln etienoe,
dans un temps et des circonstances sur le5-
guels nous n*avons nen do précis* Elle fut t
ietée à la mer, avec une pierre au cou. Saint
^onne ayant recueilli son corps quelestlots
avaient amené au rivage, lui renaît les der-
niers devoirs. L'Eglise honore sa mémoire
le 2^ août.
AUHÈLEp célèbre confesseur de Carihage,
souifrit pour la ibi chrétienne, sous le rè-
gne de Terapereur Dèce, en Tannée 250, avec
saint Saturnin et une foule d'autres, li était
fun des principaux d'entre ces saints con-
fesseurs, puisque les lettres de ceui de Rome
lui sont adressées à lui nomniément, et à
Saturnin et aux autres en général. Ce coura-
geux soldat de Jésus-Christ était fort jeuDe
et ne savait pas écrireXelle dernière circoos-
tance explique pourquoi Lucien tit en son
nom un grand nombre de billets d'indulgeo-
ces. Il est excessivement probable que c'est
ce même Aurèle que saint Cyprien élevai la
dignité de lecteur, avec de très-grands élo*
ges, à la fin de 1 année 250. Du moins la res-
semblance du nom et plusieurs autres ci^
constances donnent tout lieu de le penser.
U avait d'abord confessé la foi en préseoce
des magistrats et d'un petit nombre de per-
sonnes, puis ensuite devant le proconsul eo
pleine place publique. Sa première coufes-
sion eut pour résultat le bannissement ; la se-
conde lui procura des tourments qu'il seuf^
frit avec un très-grand courage. Saint Cy-
prien l'ayant donc ordonné lecteur, déci-U
qu*il recevrait dès ce temps-là les distribu-
tions des prêtres, car déjà il le réservait à la
prêtrise ; et s'il ne l'avait fait que lecteur,
c'était à cause de son jeune âge.
4URÈLIi (saint), martyr, reyiit lacouronne
du martyre a Cordoue en Espagne, du tempi
de la persécution que les Arabes tirent souf-
Irir aux chrétiens. Il eut pour compagnons
de son triomphe les saints George, Félix et .
les samtcs Nathalie et Liliose. L^EgUse célè-
bre leur fùte le 27 juillet,
AURÈLE (saint), martyr, dont rKçlisefêtô
le nom avec celui de saint Publins, le li no-
vembre, était évéque, ainsi que le saint qm
nous venons tle nommer. Tous deux cueil*
lirent la couronne du martyre en Asie.
AUKÈLE (sainte), martyre, versa son sang
pour la foi chrétienne, à Paris, en eomtt-
gnie de saint G eor^^es, diatre, L'Eglise uo-
nore leur mémoue le même jour M octo-
bre.
ALTKÉLlENfIticftitf DomitiuM Aurtlimmï,
empereur roinaii», naquit le 9^eptelllb^e3llf
d'une launlle obscure, très-|)robableo3eQt I
Sirmichy quelques-uns disent dans la ÏHm
1996
AlU
km
55M
/inférieure, ou dans la Mésie, Le prince mon-
(Ira dès son jeune Age une grande aptitude et
lune grande Vivacité d^esprû. Dès lors il avait
uu goût prononcé pour le métier dus armes
el une force de corps remarquable » que
Texercice avait encore développée. De bonne
heure il se mit dans les troupes, et s'y fit
distinguer bientôt par une valeur au-dessus
! de tout éloge et par un talent uiîiitaire incon-
rlestable. Ses premiers ex|*loits eurent lieu
[dans l'illyrie et dins les (umles il)» et dès
[cette époque, quand Valérien parlait de lui,
"1 le comparait aui Corvius et aux Scipiuns,
lalgré cela, il ne voulut pas lui coniler 1 e-
[ducation de Gallieu, son Ijîs, à cause Je sou
[excessive sévérité, Aurélien montra cette sé-
[▼ériie dans une foule de circonstances, Uu
[de ses soldats ayant VkOlé une femme, il le
[fit écarleîer, en î attachant à deux branches
[d*arbres qu on avait courbées par force. Il
iffarda cette sévérité vraiment cruelle jusqu'à
fia fin de ses jours. On est sufli^amment au-
IforJsé k dire de lui, que si parfois il s** mon-
ttra doux et clément, ce fui dans rinlérél de
pa gloire ou de sa sécurité. Aussitôt que
[Claude eut rendu resfirit, on songea natii-
Irellement, pour le remplacci , à celui qui de
Itous les généraux «farmée montrait le plus
|ide laleut et d'habileté.
Les exploits passés d'Aurélien promet-
aient son avenir. Il ne faillit pas à celte pro-
lesse. Ce fut en avril 210 qu'il p- il la [-our-
pre ; les légions le proclamèrent. (Juintibe,
rère de Claude, se tit déclarer auguste eu
aôrne temps qu"Aurclien; mais bientôt,
Ibandonné de tout le mon(ie, il se donna vo-
lontairement la mort, Aurélien se rendit à
lome, où il prit les mesures les plus mo-
[>res kairermrr sou aidorité; seulement l'ha-
:>Ueté qu'il monliâ fut drsh-uioréc [»ar sa
[cruauté, li tit mourir un gi*and nombre de
Personnages di.^tirjgués qui lui faisaient oin-
irage, sous prétexie rie eonspi ration et de
Domplûts. Après ctla, Aurélien s occupa de
'a tiit;he immense qu'il s était imposée, Vale-
ien et hqs successeurs, à rexcciition do
|Claude, avaient laissé déchoir Tempire : ils
^'avaient laissé démembrer. Les [>lus belles
provinces étaient hors de l'obéissance de
t^s empereurs. Les Gaules sous Téiricus,
l'Orient sous Zénobie, l Egypte, étaient dé-
'achés du taisceau. Aurélien rêvait la res-
luration de rem)iirc de Trajan* C'était un
fraud et magnifique projet , il Texécuta*
')ieu le récompensa de son génie en lui don-
ttaut la gloire et des triomphes,
Aurélien fut bien peu de temps sur le trône
les Césars, et cependant aucun des princes
[jui roccupèrent n'acco m pLt plus de grandes
Bboses que lui, ne reuiporia plus de victoi-
res, Mais Ih devait s'arrêter Aurélien, Dieu
(I) Etant gouverneur des CiïiiilL% il vint de Sem
I TrOfcs, on sairii Pauode, dirclieii «le celle vilïe.
|ltii fm dénoncé. Apres plusietirs iiitt-rrogataire^, il
^ui lit meure les lers aitt pieds» des ctiaitte^ lougies
au feu au\ m:ïii»s, ei daniieet eial le lit jcicr au ca-
çliat. Trois jours après, u'^iyanl pu êbniîiler s.t fer-
Lé, il le tii décapiter. Ou voit que ce prijice
' , été i>ersecuteur avaui de iiiouter sur le trôae.
DlCTIOXN. DKi PeR&ÉCUTIOM, L
i
mettait une barrière h ses projets de réfor-
me religieuse. Aurélien, fervent adorateur
des lauK dieux et surtout du soleil, voulait
restituer au paganisme sa grandeur tombée,
en exterminant les chrétiens. Dieu l'atten-
dait là. Il le brisa le jour où il osas attaquer
h son Eglise. Aurélien état un prince tiop
habile pour se donner à la fois les embarras
de la persécution outre les chrétiens, et les
embarras de la guerre. Il se réserva de dé-
truire la religion chrélieone pour quand il
aurait abattu partout ses compétiteurs et
chassé les baibares oui avaient violé le ter
ritoire deTemiiire. 11 marcha d'abord contre
les Goths, et après une grande bataille^ les
força de repasser le Danube, Ajirès une
guerre qui eut des chances diverses, il vain-
uit eniin délinitiveiiient les Allemands qui
ftaient venusjusqu'enllalie, etqui n'étaient
plus qu'à quelques journées de Rome. En-
suite i\ vainquit et chassa do Tempire les
Vandales et les Marcomans.
Ce fut afirès avoir remporté ces avantages,
qu*il marcha contre Zénobie, reine et impéra-
trice d'Orient. Après Tavoir vaincue deux fois
il renferma dans Palmyre, oii elle résista
longlempsavec un grand courage. Enfin, man-
quanldetoutj les Perses qui venaient à son se-
cours ayant été vaincus, elle s'évada pour
aller à Ctésiphon cherch-rde nouvelles for-
ces. Aurélien la tit poursuivre. On s'empara
d'elle au moment oii elle montait dans le ba-
teau pour passer TEuphrate. Elle fut amenée
à Aurélien, qui lui lit grdce de la vie et la
réserva pour son triomphe» Cette circons-
tance est encore une tache r^ur sa gloire.
L'estime, le respect, les éuanis qu*il montra
de^juis pour Zénobie, ne le laveront jamais
de la lâcheté d'avoir fait servir une femme
à son triomphe.
Après ces succès si grands et si rapides,
Aurélien retint des ambassadeurs et beau-
coup de présents de la part de presque tous
les souverains d'Asie. Les Palmyréniens s*é-
taiit» au bout de quelque temps, révoltés, il
lil raser leur ville et massacrer la plus grande
partie des habitants. Ici, comme on le voit,
nous retrouvons l'atroce cruauté dont nous
avons parlé en connnençant. Peu de temps
après, il rattacha les Gaules à l'emiure par
la défaite de Télricus, Ajjrès tant de victoi-
re-^ï après tant de travauit accomplis, Auré-
lien aérait triotnphei . C'était dans les tradi-
tions païennes. Il le lit avec un laste dont
rhistoire a gardé peu d'exemples. Tétricus
et Zénobie parurent enchaînés à la suite du
vainqueur, il est vrai que les chaînes de Zé-
nobie étaient des chaînes d'or, et qu'après
le triomphe, Aurélien traita bien les deui
compétiteurs illustres qu'il avait vaincus ;
mais n'importe, c'était la une mauvaise ac-
tion, Tétricus et Zénobie étaient des per-
sonnages qu'il convenait toujours d'cnviion-
ner de i>-specl. L'orgueil d'Auréïieii se mit
au-dessus de ce divoir et de cette magnani-
mité.
Après ce triomphe, Aurélien termina la
guerre des mounayeurs et chassa les barba-
res de la Vindélicie; puis il revint à Romep
13
595
km
où il se livra aux plus atroces cruautés con-
tre beaucoup de personnages éminents, sé-
nateurs et autres, qu'il accusait de complots.
Le Toilà donc ce ?ictorieuï, arrivé au but
cm1l avait rôvél La victoire a partout fevo-
nsô ses armes* Il a conquis tous les pays que
ia révolte avait détachés de Fempirè sous
Valérien et sons son successeur. I! voit à ses
pieds ses ennemis vaincus. Il a triomphé
comme triomphaient IcsSi ifiious, les Pom-
pée, les César. IJ a fait aussi grande ïtiois--
son de lauriers qu'en si peu de temps il
était possible de le faire. Dieu a donné a ses
taleots militaires la récompense la plus
grande qu'homme puisse rêver ici -bas.
Le génie est une vertu terrestre que Dieu
récompense avec de hi gloire plutôt qu'avec
du bonheur. L'orgueil humain y trouve son
compte, le cœur, néks, presiiue j*iniais. Ses
deslmées sont i»lus hautes; il a besoin d'au-
tre chose nue de ces hociiets brillants dont
s'amusent les lils de la terre.
Aurélien avait rêvé non-seulement la res-
tauration de Tem pire romain, mais encore
la restauration du culte des idoles. 11 croyait
qu'il serait beau de restituer h son empira
les croyances qu'il avait jadis et qui partout
disparaissaient devant le christianisme ,
comme les ténèbres disparaissent h la lu-
mière du soleil. Pourquoi, se disait-il dans
son cœur, pourquoi ne serait-il pas le res-
taurateur de la religion desUoraams, comme
il avait été le restaurateurde leur puissance?
Pourquoi? parce que le Dieu des chrétiens
De le veut pas; parce que ce Dieu» qui brise
les conquérants, effiice leurs pas dans le
monde, comme le vent du désert les pas du
voyageur : parce cme ce Dieu puissant va
Fehlever du moncie au moment même oii
seront lancés les édits de persécution qu'il
prépare contre sou Eglise.
Aurélien voyant sa puissance affermie,
ses ennemis vaincus, le nom romain redouté
des barbares, crut le moment venu de ren-
verser TEgliso de Jésus-Christ. Il allait lan-
cer ses édits, quand la foudre du ciel, tonj-
bant près de lui, réponvanta tellement, qn*il
dut y renoncer ; mais la frayeur se passant
avec le temps» il reprit son dessein et porta
des édits sanglants contre les chrétiens. Dieu
Tattendiàit Kk Ces édits n'étaient pas encore
rendus dans les provîuces éloignées de Teiu-
pire, que dip la justice divine avait passé.
Aurélien tombait sous le poignard. Il roulait
assassiné sur les marches de ce trône en-
sanglanté, où Ton ne montait qu*^ par le
crime, d'oii Ton ne descendait que par le
crime. Il était daus la Tluvice avec uue ar-
mée puissante, qull voulait mener contre
les Perses. Ayant su ^ue Mnesthée, un de
ses affranchis , s'était rendu coupable de
quelque c^^ncussion, il le menaça vivement,
Mnesthée, sachant qu'une menace d*Aur61ien
était toujours funeste» contreOt son écriture
et écrivit une prétendue liste de proscription
dressée pai' Tempereur. 11 y mit le nom des
principaux oflicîers de l'armée, «vec le sien,
il la leur montra II leur disait qu'un i^up
ic désespoir pouvait seul les sauver. Ils le
crurent ainsi et épièrent le moment favora-
ble. Ce moment arriva. Près de Ctanophru-
nium, Aurélien étant peu acconu " ' ils
Fattagm^reTit Fépée à la main et 1» t.
Les païens dirent que sa mort était une juste
punition de tout le sang inuocent qu'il av^il
versé. Les chrétiens on! toujours cru qu'elle
était en outre le châtiment de ses projets
sanguinaires à leur égard» et du sang de^
saints que ses décrets tirent verser
tt Donwel ne met aucun martyr sous Auré-
lien» parce que la persécution fut, dit-il, à U
vérité résolue, mais on n'en vint pas ju.s(ju*à
Texécution ; et il fait ce qu'il peut pour s au-
loriser du témoignage d'Eusèbe et de celui
de Lactance, que nous convenons avec im
devoir servir de règle et être une décisio»
en cette matière. Or, Eusèbeditqu* Aurélien»
après avoir été à Tégard des chrétiens dans
des dispositions assez favorables, vintàc:baO'
ger de sentiments dans la suite, et suivant
ravis de quelques personnes de son conseil,
il prit la résolution de persécuter les Ûdèlè^,
«Déjà,ditcethistorien, le bruits en répandait
de tous côtés ; mais comme renij)ereur était
sur le point designer les édits qui avaient été
concertés contre nous» la justice divine ar-
rêta sa main...» Pour Lactance» il ditqu Au
rélien ne put exécuter ce qu'il avait projeté,
et qu'à peine sa fureur avait-elle commencé
à s'allumer, qu'elle fut éteinte avec sa vi^^
Si Aurélien, conclut Dodu et, n'a pu pon^l
suivre ce qui avait été résolu dans son cc^^*
seil, c'est Une preuve évidente qu*ll n'y a eu
aucun martyr qui ait soufferl en vertu de
édits. Quoiqu*on puisse conclure do ces
sages que la persécution d' Aurélien a
duré, il ne s'ensuit pas pour- cela quelle
nVut fait aucun martyr. Premièrenienl» ce
bruit qui se répandit du chaiigomenl de loin*
pereur h Tégard des chrétiens» qui le po
a pubher contre eux de sanglants édits, m
que déjà qu'il avait conçu poureuiune avi
sion prodigieuse. Son conseil s'élant ensu'
déclaré ouvertement contre eux et ayant
lumé pBr leurs pernicieux avis les pVemi
feux de la persécution, il est presque inipi
sible que quelque chrétien n'en ait été
sumé. Eusèbe n*en disconvient pas dfltfS
chronique, lorsqu'il dit , «f qu'Auréli^n fi
massacré après avoir excitéconlre les Bdèî
une persécution. » A l'égai'd de Lactance,
dit véritablement que, lorsque ce prince
tué, son édit n'avait pas encore été pub
dans les provinces de Tempire les plus él
guées. Alais qui emoèehe qu'il ne l'ail
après fiu*il n'a plus été au nioride? Et il
fallut pas plus de temps pour y f
édit que la nouvelle de sa inort.On
du moins disconvenir quH n'ait été
dans les provinces les pins voisines de R
et Aurélien fut tué à la vérité, dans le
mier accès de sa fureur ; mais il avait
par des elfets attaqué la souveraine mjUi
ae Dieu. II n'eiécula pas son projet* u
vrai, car il avait projeté de détruire la
gion chrétienne j mais Néron avait formé
même dessein, et il ne rexécuia pas ; iiii__
Bioclétien et tous tes tyrans qui ont répaiidî
■m
W âlIS
le sang aes chrétiens, oot sris la même réso-
lution et sont morts sans ) avoir pu eflectuer:
cela a-t-il empêché qu'on ne les ait m-is, du
ënséntetnent de tout le monde, au nombre
« plus cruels persécuteurs 1 Pour Aurélien,
M est certain que quoiqu'il ne fit, pour ainsi
aire, du ouvrir la scène, elle ne laissa pas
dtétte ensanglantée par la mort de quelques
martjrrs. Ainsi c'est avec justice queLactance,
le grand Constantin, Paul Oroseetles autres
auteurs ecclésiastiques, lui donnent rang
parmi les ennemis de l'Eglise. (Ruinart., Di^,
prélX
ÀURÉLIEN^ fiancé de sainte Anatolie,
sœur de sainte Victoire, n'ayant pu de con-
cert avec son ami Eugène, fiancé ae Victoire,
décider les deux sœurs, qui avaient pris la
rêçolutiOQ de consacrer à Dieu leur virginité,
k changer de dessein, s'adressa à Dèce pour
que toutes deux leur fussent livrées. Eugène
avait Totdu dénoncer Victoire au juge comme
chrétienne. Ce fut Aurélien qui s'y opposa.
pèce accueillit la demande qu'on lui faisait,
el les deux ieunes gens emmenèrent les
deax saintes dans leurs terresàla campagne.
Là, ni les tourments, ni les menaces, ni la
Sersuasipn, ne purent rien sur le dessein des
eux généreuses filles. Alors leurs fiancés
les déqoqcèiient officiellement. Dèce com-
mit pour lès juger Faustinien, qui s'ac-
Îuitta de ^a mission, en faisant mourir les
eux sœurs et, eh môme temps, un nommé
Audax, qui s'était converti à la vue de leur
admiraMe co^rajj;e. ( Voy. Victoire et Ana-
TOjLis. ray. au^si FAUsiifiiEM, Àudax et £u-
. AtîâsOÙRG , o^L AuGSBOuRG, yille de la
Rhélie, fut .la patrie de sainte Afre, célèbre
MiurlUane, qvii durant la persécution de
BWéiien, en l'an de Jésus-Christ 304, vfut
Bpûfia ^.(iiort pour la foi, avec sainte Uiiaria
sa mère, et trois de ses servantes et compa-
gnes, Eunomie, Entropie et Digne. Ce fut
un jtigè rioiuiné Gaïus qui les condamna à
mort et les fit exécuter. ( Voy. les Actes de
sainte Afre.)
AUSONE ( saint ), martyr, fut le premier
évoque de la ville d'Angoulôme ; les diiîé-
renies notices qui ont été publiées sur sa
vie sont toutes plus ou moins ftibuleuses :
voici ce qui doit être regardé comme le plus
Srobable sur ce saint martyr. Les habitants
u territoire d'Angoulôme étaient encore
idolâtres quand saint Ausone vint leur por-
ter h lumière de l'Evangile : il s'établit chez
eux après en avoir converti uu grand nom-
bre. On né sait s'il eut la tête tranchée par
Tordre des magistrats du pays, ou par le ca-
Sîtaine des barbares, qui avaient fait irruj)-
oa dans les Gaules. Les reliques de saint
Ausone furent brûlées, en 1568, par les hu-
guenots. L'Eglise fait sSi mémoire le il
juin.
âUSONlE (sainte), fut couronnée du mar-
tyre dans la ville de Lyon, en Tannée 177,
aoiis le règne de l'empereur Antonin Marc-
Aurèle. Eue mourut en prison, comme saint
Fothin et beaucoup d'autres saints martyrs,
n*ayaot pas eu la lorce nécessaire pour en-
AVl
m
durer jusqu'au bout les tourments que lui
firent subir les persécuteurs. Elle alla s'abri-
ter dans le sein de son Dieu contre la fu-
reur de ses bourreaux. L'Eglise fait sa fête
avec celle de tous ses compagnons It* 2 juin.
AUTAL (saint), évoque et confesseur, souf-
frit en France pour la foi à une époque res-
tée indéterminée. L'Eglise honore sa mé-
moire le 7 septembre.
AUTUN , Bibracte , puis Augustodunum ,
ville de France (Sadne-et-Loiro), ancien-
nement capitale des Eduens el l'une des vil-
les ies-plus importantes de la Gaule. C ^ fut
dans ses murs qu'Héraclius, gouverneur de
la province, fît martyriser saint Symphorien,
sous l'empire de Marc-Aurèle. Ce lut aussi
sous le môme prince qu'un juge nommé Va-
lérien y condamna saint Florelleà être dévo-
ré par les bètes. Sous le règne de l'empereur
Aurélien, on trouve à Autan les saints mar-
tyrs Révérien, évêque, et Paul, prêtre. Quel-
ques auteurs ont prétendu que saint Révé-
rien était évèque d'Autun ; cetie opinion
est loin d'être appuye'îe sur des preuves suf-
fisantes. Ce saint était inconiestablem 'Ut
évèque, mais peut-être d'une autre ville.
Messieurs de Sainte-Marthe ne le comptent
pas au nombre des évèques de cette ville.
AUXENCE (saint), fut martyrisé pour la
foi chrétienne en Arabie, soiïs le règne et
durant la persécution de Dioclétien, sous un
juge nommé Lysias. Le lieu de son martyre
fut Je pays des Arabraques, où il fut mis h
mort, après avoir ehduré de cruels tour-
ments. Depuis son corps fut transporté i
Rome, où on l'enterra honorablemeht. L'B-
glise honore sa mémoire le 13 décembre.
AUXERRE, ville située dans le départe-
ment de l'Yonhf*, à 166kiîom. de Paris. Son
territoire à été illustré p»if le martyre de saint
Brix, qui y mourut pour la foi avec un grand
nombre de chrétiens dont les noiris sont
malheureusement ignorés. Cette ville vit
^ussi la généreuse' confession de Tévéque
Èthère, amsi qiie le martyre de l'évéque
saint Fraterné.
AUXILE (saint), martyr, reçut la palme
du martvre à Antioche avec les saints Basi-
lié et Saturnin. L'histoire n'a pas de détails
sur leur m.irly i e. L'Eglise célèbre leur sainie
mémo.ie le 27 novembre.
AVERïlN (saint), diacre, confesseur, était
chanoine régulier de la congrégation de
saint Gilb rt en Angleterre. Il voulut suivre
l'illustre saint Thom^is de Cantorbéry dans
son exil, et partagea avec son archevêque
toutes 1 -s tribulations et tous les déboires
Ïu'on lui Ht subir. Quand saint Thomas de
antorbéry fut mort, notre saint confesseur
se retira dans le petit village de Vinzai en
Touraine, et y consacra le restant de ses
jours au service pOnible des pauvres et des
étrangers. Sa mort arriva vers l'an 1189. La
paroisse de Bougival, dans le diocèse d0 Pi-
ris, l'honore comme son patron. L'Eglise fait
sa fête le 5 mai.
AVILA, ville d'Espagne, célèbre* par le
glorieux martyre de saint Vincent et dés
SM
ktX
saintes Sabine el Chrislèle. Ils furent marty-
risés par Tordre du président Dacien.
AVrT (saint), martyr, mourut en AfriqiitJ
pour la toi, à uni* époque et dans des cir-
constances que nous ignorons* L^ Eglise cé-
lèbre sa fête le 27 janvier.
AXOTECHALT. était père du bienheureux
Christophe. Ce puissant Indien , habitant
d'Allvhuetza, près de Tlaseala, dans le Mexi-
que/avait smxante fiuunies el en avait lui
quatre iils. Cortez exigea qu'il les i-nvoyAt
au séminaire que les rdigieuiavaient tondér
les faits que nous rapportons se passaient en
1528. L'aîné, qui se nommait Christophe, ht
de grands et rapides progrès dans les scien-
ces et montra un zèle ardent pour la i>roî>a-
içation de la foi. Kempli d*afïliction de voir
Atotechalt sou père, idolâtre, il voulut le
convertir; mais st!S instances ne parvinrent
qu'à l'en faire détester. Voyant que les f;a-
rôles de douceur n^avaient pas réussi, ii ju-
gera convenable de le reprendre avec fermeté
et de lui faire entendre les menaces que
fait la religion à ceui qui ne suivent pas ses
saints commandemenis. Axotechalt lit endu-
rer à son ihs d*^ rudes châtiments pour la
liberté de son langage. La mère de son fds
puîné, voulant que snn fils à elle devînt, au
d*ïtrimentde Tainé, rhéritier des biens pater-
nels, excita la colère d'Axotechalt en accu-
sant Christophe de certains crimes. Le père
alors résolut la mort de son Iils, li l'enferma
dans un lieu écarté et le tua en raccablant
de coups de bâton. Après cet odieux forfait,
AtotecWlt cacha datis le sable le corps de
son fils et défendit à ses serviteurs d'eu j var-
ier. Quelque temps après, ayard été empri-
sonné pour injures envers un Espagnol, il
vit son crime découvert el fut pendu,
AZADE (saint), martyr en Perse, durant
le règne et la persécution de Sapor, en l'an
de Jesus-'Christ 341, était un eunuque chéri
du roi. Ce prince, dans la trente-deuxième
année de son règne, ayant publié un édit
sanglant, les gouverneurs de province se hâ-
tèrent de rexécuter. On ne voyait de toutes
parts qu'instruments de supplice et ruis-
seaux de sang* Azade fut mis à mort au nom-
bre des chrétiens desquels cet édit cruel causa
la mort. Sozomèiie en porte le nombre à seize
mille. Un écrivain persan, publié par Kenau-
dot, va jusqu'au cnitfre de deux cent mille.
Quand le roi apprit l^ fnort tJ'Azade, il en
fut tellement afiligé qu'il publia un second
édit qui restreignait l'application du premier,
seulement aux évoques, aux prêtres, aux
moines, en un mol à ceux qui occupaient un
rang (luetconque dans les ordres sacrés ou
dans la hiérarclne religieuse. S*jint Marathas
^a publié, àprofjos de saint A^ade, une pièce
rque nous avons traduite el que nous don-
^ ouus ici, par respect pour les documents
authentiques, quoiqu'elle soit pleine de
mauvais goût au point de vue du style, qui
est plein de clinquant et de bouûissure pré-
lentieuse. La fête de saint A/ade et de se^
compagnons a lieu le 22 avril.
AZA
Combat de plusieurs mart^^n et de saint
Azade^ eunuque.
Dans la trente-deuxième année du roi Sa-
por, le jour même oïl elle commençait, fut
porté un édit cruel : Tépée cruelle fut tirée,
et la puissance fut donnée au fer pour la
perte ue quiconque s'avouerait être chrétien,
ahn qu*il fût mis sous le joug et enchaîné
pour être conduit en servitude. Une foule
immense de satellites se répanilit anssitûl
dans tous les districts, à la nonrsuilf» du
troupeau des fidèles, et dans h^ but ilVxé-
euter cette terrible sentence. On se faisait
un mérite du massacre des saints; niellre è
mort les chrétiens était une marque de dé-
vouement et d'amour. Alors, les âmes vrai-
ment courageuses et dignes devant 0ieu, et
prèles à tous les supplices, marchèrent au-
devant de la mort qui les menaçaiL Le glaive
dévora les puissants en force, et but le sang
des courageux parle cœur. Mais eux le pri-
rent pour un flocon qui vole et le mépri -aè-
rent, parce que, tremblant, il chancela quand
son tranchant fut émoussé. Ceux qui Faigui-
saient se fatiguèrent, et ceux qui le tenaient
tombèrent sans force. La vérité, au contraire,
ne fut point affaiblie et la force ne lui lit p«s
défnnt pour la bataille. Son feu s'alluma
dans ia charité, sa flamme se condensa dans
respérance. Les brebis s'animèrent à la
boucherie, la croix germa sur les rives du
fleuve de sang; à son aspect le troupeau des
saints, corroboré, s'exalta dans sa joie, aU
encouragé par ce signe salutaire» donna aux •
autres la même force qu'il avait lui-même
reçue. Les biebis burent l'eau de l'araour
divin et donnèrent naissance, par un heu-
reux enfantement, à une génération nou-
velle. Les agneaux grandirent ; conduits
dans rétable et marqués du signe de la croix,
ils sortirent dans les gras pâturages quand
avril ramena le printemps.
Gloire à Jacob l'invincible et à son Dieu;
gloire à Israël et h son Dieu. L'un, en nioo- |
Irant de petits bâtons à ses brebis, les aida à '
rauUifdier; l'autre, par sa croix, leur a pro-
curé un accroissement bien plus grand. Ces I
bâtons étaient bKincs, et leur aspect produi- i
sit des agneaux tachetés et de couleurs va- |
riées, qui avaient Tespoir de vivre. Celte |
croix était rouge, et son aspect produisit la
blancheur chez (es agneaux destinés îi la
mort, Jarob conduisit ses brebis î our quVlles
missent basj Jésus-Christ conduisit les sien-
nes à la boucherie. Le premier mena ses
brebis à l'abreuvoir pour qu'elles crussent
en nnmbre, le second les mena à la mort.
Le premier lit paitre à ses brebis les herbes
vertes du désiîrt ; le secon 1, dans le sein de
la paix, donna le glaive aux siennes en guise
de pâturage. Le premier conduisit sc^s brebis
h la p;lture dans les pâturages prinlaniers
des solitudes ; le second les conduisit h 11
mort dans les l;eux fréquentés par b s hom-
mes. Le premier nourrit ses brebis pour
quelles engraissassent et qu'il s'en enriclillî
le second leur doniïa du sel pour qu'il les
engrais5fAt dans te temps présent. Le premiefi
AZA
fiTaDt, lua ses*rebis, Le second, morl, tua
|iïs siennes pour qirelles vécussent. Le pre~
lier conserva ses brebis vivantes jusqu'à
tfee qu'elles raourussent successiveraeiil de
|tetnps eo teraps ; le second les garda mortes
[pour qu'elles vécussent éternelleaaent. Le
premier trompa, par ruse, nu liornme de
oauvaise f<ii, pour lai reprendre ce dont il
ivait été frustré; le secoinj usa de sagesse
^contre le diable, artisan de fraude, pour lui
arracher de la gueule ce qu'il avait ravi. Le
f»refliier snrvi'cul h la mort de son troupeau j
e second demeurera pendant lï*ternîté et
>n troupeau vivra.
Nous avons comparé un homme h Dieu ;
lais nous avons înit inlerven r le serviteur,
ris-à-vis de son seigneur, dans une compa-
raison iroparfaiti*; nw il y a entre l'un et
l'autre la diiréience de rinïlnî. Mais accélé-
rons notre marclie pour an iver à ceux qui
jurent prompts et joyeux, et précipitent
leur course vers les torrents de sang qui
)ulenl et vers les tristes ombres de la mort ;
foulent aux pieds la vanité du tvran,
li réfiriment la férocité de cet homme, le
lus superbe et le plus impudent de tous,
ïe cet homme si emporté et si scélt-rat, qui
rempïi au hnn tout son empire de deuil et
le terreur et Ta bouieversé comme eût fait
tempête ou Touragau. Pendant son ton-
lerre, un édil fut lancé, scmblnble aux tour-
billons <le grêle stridents et sonores que vo-
lissenl les nuées ; ses torrents ravagèrent
i route du salul pour la rendre impraticable
lans l'avenir. Le troupeau, épouvanté de
ion fracas, se dispersa d abord ; mais bientôt
p se réunit ensemble, se resserra et s aug-
menta. Désormais il demeure réuni. Ainsi
a rempli les élables des nations et des
f>eup)eset a apaisé, par sa riche abondance,
la faim dfs hahitatds ; aux uns il a clé donné
gratuitement, aux autres contre une juste
rémunération. Grâce à lui, la force a été
rendue aux membres alfaiblts, il a réparé
les forces perdues de la faiblesse. Ceux qui
ont trouvé en lui le salut, ont pu bientôt
soulager la disette des autres* O troupeau
digne de tous nos honunages l qui est par-
venu h une tefle grandeur, qu'il a surpassé
toutes les puissances. La mam du moisson-
neur a été frustrée, le bras du tondeur est
resté sans force, son cœur s'est desséi-hé, et
son esprit s*est troublé. Les choses qu'il
préparait n'ont point répondu à ses vœux;
celles qu'il médi.ait ont tourné à ma! contre
lui. Au a)moience«Bent, la tyrannie en a
enlevé uo cent, h la lin elle en a produit des
milliers. A partir de la sixième heure de la
sixième féie* qui tombe le quatorze de la
lune d'avril, moment auquel fut promulgué
redit, jusqu'au dimanche de la seconde se-
maine de la Pentecôt«% c*est-àH:lire durant
dix jours, on ne cessa pas de massacrer les
ch^éliens. il arrive souvent que cetli^ sixième
férié* voie, à son ilécliu, mourir des gens
qu'elle rend à la lumière et à la vie au jour
du sabbat suivant : chose dont TapAlre s'est
souvenu, quand il dit que robservation du
sabbat a étt^ laissée au peuple de Dieu. O
heure illustre, qui arrive un si grand et si
célèbre jour de fétel Bans cette fête, les
époux parfaits ; régénérés par un nouveau
baptême, sont fortifiés; ils ne craignent plus
dans Favenir la souillure du péché. Ceux
qui, pendant un jeûne de quarante jours,
soiil demeurés dans le délaissement d'eux-
mêmes, ont déposé leur deuil sur les sièges
de la gloire et ont acquis une félicité inouïe
qui doit durer rélernilé. Heure sainte, du-
rant laquelle les prêtres ont lavé leurs taches
dans les eaux qu'ils ont eux-mêmes prépa-
rées, de manière à n'avoir besoin, plus lard,
d aucun remède de pénitence, d'aucun bajj-
tème de larmes l O heure dans laquelle ceux
que jusque-là les ouragans et les tempêtes
av^iient tourmentés, agités, sont entrés dans
un port tranquille, où rien ne les persécute»
où aucui soin d'ici-bas ne les agile, lors
même que la mer est tempétueuse et incer-
taine 1 O heure dans laquelle les hommes, li-
bres d'eux-mêmes, ont mis de côté tous les
soucis des affaires domestiques, et dans la-
quelle les lemmes également, cessant de
s'occuper à faire des tissus et libres des
soins au monde, purent goûter le repos!
Les esclaves purent passer des nuits tran-
quilles, nul ne les forçant au service de leurs
maîtres ï Egalement tes servantes, débarras-
sées de la crainte de leurs maîtresses et li-
bres des labeurs du ménage, goûtèrent le
rejïos tant désiré I
O épée, qui nous donnes h boire, que
grande est ton iniquité I 0 hache, qui nous
prépares des aliments, que ton métier le
sera funeste ! Quand Tun eut enivré les con-
vives, il les poussa à abjurer la vérité ;
quand Fautre les eut rassasiés, elle les força
à renoncer h la charité : Tun mit dans ses
coupes des poisons qui se changèrent en
préservatif pour le salut ; Taulre mêla dans
ses mets des drogues mortifères qui se
changèrent en remède contre la mort et
procurèrent la résurrection. Que la seconde
mort, ô Seigneur, devienne leur récompense,
et l*enfer leur rétribution I Que l'enfer en-
serre ceux qui se sont gorgés de notre sang
et qui ont déchiré nos chairs palpitantes.
Tirez, je vous en prie, votre glaive, el ordon-
nez que le fer du tyran rentre dans le four-
reau. Que vtitre épée se montre, et que la
sienne périsse. Irritez-vous contre ce furieux
et écrasez sa colère, Juge^-le, Itii qui Juge,
el par votre sagesse brisez son jugement.
Faites, Seigneur, que nos supplices se chan-
gent en triomphe ; que la vie reçoive notre
mort ; que l'amour s attache à notre nom,
réclat à notre honneur,0 Jésus, notre espé-
rance , secourez^ nous el soutenez notre
conûance en vous, vous Tauleur de notre
salut.
Dès que le bruit de cet édit fut répandu,
il se fil un immense concours de chrétiens
qui convoitaient ce trésor de saluL On les
égorgeait comme des troupeaux ; el les gou-
verneurs, auSsiliVt qu'ils eurent appris, dans
le fond de leurs provmces, Tédit qui ordon-
nait de mettre à mort les chrétiens, en rem-
plirent les prisons pour obéir aux ordre»
jeS AZA
barbares du roi. Les insensés, ie quelle
gloire ils faisaient yanité I Les choses eo
Tinrent au point que Té^jée, enivrée du sang
des saints, se sentit prise de rage et, pour
éteindre sa soif, se Qt d'irainenses amphores;
et que la hache, rassasié ' de leur cliair, fut
Erise de faini vorace et d>.t, pour la salis-
lire, se construire des tables immenses. De
là vint que ceux qu'on lu<ût nurenl boire, et
que les bourreaux s'enivrèrent ; que les
mourants furent rassasiés, et que les bour-
reaux se [>ré(i| itèrent au banquet avec une
insatiabl • voracité ; (juc les uns présentèrent
la télé et que les autres aiguisèrent le fer.
Le sang cria et la hache s'enilamma. Partout
où on voyait les corps de ceux qu'on massa-
crait, la mort rugissait, le san'^ couvrait la
terre et l'enfer tressaillait de joie.
On faisait ces massacres avec tant d'em-
pressement que, sur le seul aveu de christia-
ni^fme, on envoyait au supplice sans examen
ni intcrrogiiloire. Oi\ ii aniva qu'un eunu-
que qua le roi aimait beaucoup, et qui se
nommait Azade , fut librement mis à mort
puur le pom de Jésus-Christ, par suite de
cette fiçoîi si prompte de sévir. Le roi
l'ayont appris, en éprouva un grand chagrin
et une grande douleur. 11 rendit un édit dé-
fendant qu'on sévit à l'avenir contre tous
ceux qui le voudraient, mais seulement
contre ceux qui étaient les chefs aj>parents
des chrétiens.
C'est pourquoi les noms des hommes, des
femmes et des enfants qui furent mis h mort
dans ce K mps-là ne parvinrent pas jusqu'à
nous, h l'except on de ceux qui furent nus à
mon d/ms la ville. Il y eut donc un grand
nombre de martyrs dont les noms sont res-
tés inconnus, pour la plupart étrangers et
apfiarlenant aux provinces éloignées.
Beaucoup de soldats des armées royales
augmentèrent ce nombre des saints martyrs,
?[ui reçurent la ronronne en confessant no-
re Dieu. {Traduction de l'auteur,)
AZALA (André d'), frère mineur, fut mar-
tyrisé en 1585, dans la NouvcUe-ijalice. Cette
contrée e^t couverte de hantes monla^ines,
que couronnent des pins et des chênes fort
élevés. Les habitants, hommes farouches,
demeuraient dans des grottes. André acquit
une si grande influence sur eux, qu'il leur
fit quitter leurs cavernes pour venir élever
des maisons dans la plaiîie et y tracer des
sillons. P ndant six années, tout alla bien;
mais alors la récolte ayant m;inqué, les in-
digènes regrettèrent leurs idules et résolu
rent de massacrer leur bieniaileur, avec son
compagnon François Egidius. ILs mirent le
feu au couvent et h l'église, et André s'étaut
avancé vers eux le crucifix h la niain, ils
1 assommèrent et lui coupèrent la tète. Son
compagnon et d'autres chrétiens, qui s'étaient
ré.ùgiés dans le jardin, subirent le môme
^ort. (Chroniques des Frères Mineurs, t. IV,
p. 765.)
AZAS (saint), martyr en Isaurie, donna sa
▼le pour Jésus-Christ, avec cent cinquante
^Idats qui partagèrent avec lui les honneur^
AZE
401
du martyre. L'Eglise honore leur mémoirv It
19 novembre.
AZëVEDO (le bienheureux^, de la comjMi-
nie de Jésus, avait été envoyé par Français
e Bor^ia, général de la société, pour gouver-
ner les iésuites du Brésil en qualité de vi-
siteur. Après avoir terminé sa visite du Bré-
sil, il était retourié en Europe pour elJrôlcr
de nouveaux soldats de Jésus-Christ dont on
manquait. 11 recruta à Rome, pour le service
des missions, soixante-neuf sujets, dont les
uus étaient prêtres, les autres élèves en théo-
logie ou en philosophie, d'autres encore
simples coadjuteurs temporels. Cette troupe
sainte fut partagée en trois corps, dont l'un,
compos:' de quarante-quatre d'entre eux, lui
fut conlié avec le titre de provincial. 11 s'em-
barqua sur \e Saint- Jacques. Ils partirent de
Lisbonne le 5 juin 1570 et bientôt arrivèrent
à Madère. Là ils apprirent que des corsaires
calviniste?, qui venaient de se présf^nter en
vue de l'île, avaient le cap sur les Cansrief.
Comme le Saint-Jacques devait aller débar-
quer des marchandises à Palma, notre bien-
heureux engagea ceux qui craignaient la mort
à rester avec le reste de la flotte. Quatre S'^ulé-
ment se retirèrent. Le Saint-Jacques continua
sa route, et le samedi 15 juillet, dès le ma-
tin, une vigie signala cinq vaisseaux. On re-
connut bieidot que c'étaient des navires fran-
çais, conduits par Jacques Sourie, natif de
Die[)ne, vice-amiral de la reine de Navarrt
et zélé calviniste. Notre bienheureux fU des-
cendre ses cnmpagiions et resta Siir le pont,
au j)ied du grand mût, aiin d'exhorter les com-
battants h soutenir vaillamment l'abordage.
Le Saint-Jacques fut bientôt cerné de toutes
parts. Azevedo reçut un coup d'épée sur k
tète qui fui fendue jusqu'à la cerVelle; trois
coups de piques suivirent bientôt et il tom-
ba frappé à mort. Les compagnons de son
martyre furent ; le P. Benoit de Castro, Por-
tugiiis; le P. Jacques d'Aodrada', Portugais;
Emmanuel Alvaio, Portugais; Biaise Hibeiro,
Portugais di* Braga ; Pierre Fonseca, Portu-
gais; Cirégoire Escrivain, Portugais; Alvaro
Mendez, Portugais ; Simon d'Acosta, Portu-
gais; Fr;mçois-Alvaro Covillo , Portugais;
Dominique Hermandès, Portugais; Altonse
-Va» na, Es[)agnol d • la Nouvelle-Caslille:iiOD-
zale Henriquez, Portugais, diacre; Jean Fer-
nandês de Lisbonne; Jean Fernandès de
Çragi; Jean de Majorque, Aragonais; Alexis
Deigiado, PortUç^ais; Louis Corréa, Portu-
gais; Emmanuel Kodriguez, Portugais; Si-
mon Lopez, Portugais ; Pierre Nugnès, Es-
pagnol ; François MiJgallanes, Portugais; Ki-
col'is Denys de Bragança; Gaspard Alvarz,
Portugais; Antoine Hernandès, Portugais de
Monte-Major; Emmanuel Pacheco, Portugais;
Pierre Fonlanra, Portugais ; André Gonzales,
Portugais de Viana; Jai quesPér z. Portugais;
JeanBaëza, Espagnol; Marc Caldeira, Portu-
gais; Antoine C. rréa, Portugais de S8rto;
HernanJ S inchez, Espagnol; François Pérei
Go<loy, Es[)agnol de Torijos; Jean de Saiiilr
Martin, Portugais ilos lies Cos; Jean de Za-
fra. Espagnol de Tolède; Antoine Suarex,
Espagne}; Etienne Zuzayre, Biscayen, qui.
[avant de quitter Plaeetfcia en Espagne» où il
^résidait, pour se rendre a\i Brésil, avait dit à
[son couiesseur qifil suntfrimit la martyre.
IDu Jarric» Uibtoîrt des choses plus mémora-
tUs, etCM L 11, p* ^TS. Tanner, Socieim Je$\i
uiqui ad sangmnis et vi$œ prQfusiomm mUi-
ians, n. |ii6 et 170.)
AZOCA, Es;iagnol, accompagnait le bien-
|*lièureu\ Caslanareï» de la compagnie de Je*
r«us»lûj:squ'ji partit pour L*vaug<'Hsetitfs Wala-
giiajûs,^iirld demande du cav^ique lui-raème.
Tous deuï furent massacré:» par €e prince
dont la démart^tie n avait été qu'un pié^e ten-
du au xèle des jésuites»
AZOTE, était gouverneur de ]a ville de
Valence, soumise alors aux Maures ^1230).
Ce prinoe était ennemi déularé desL-hrétiens,
Il tit mourir deux saints religieux de J'ordre
de Saint-Frartcois d'Assise ; ces dt^ux saints,
nommés Pierre de Sasso-Ferrato et Jeau de
Pérûuse, lurent envoyés en Kspayne par
lent «aini fondateur, atind'y prédierl'Kvan-
^fto. Us vinrent d'abord h Tnerei, dans le
Foyaume d*Aragon, et y établirent un cou-
Yenl, si toutefois on peut donner ce nom à
eaux pauvres cabanes oi^ i-ellules qu'ils
avaient bâties auprès d'unr église. Bïentnt
leurs pi-édicalions et la saialelé de leur vie
les fendirent lobjet de la vénération ^^éné-
rale. Dans Imtérèt de la religion et t^ontur-
mémeiit aui ordres de leur saint fondateur,
lis se ^-endirent à Valence. Ils y prêchèrent
l'Evangile aux Maures, et s'efforcererit do
leur démontrer la tausseté de Ja religion Je
Mahomet. Azote l'ayant appris, les tit arrê-
ter et jeter en [prison. Il mit tout en œuvre
pour les amener à rt nier leur foi, mais ni les
promesses uî tes metiaces, rien ue put les
giief\ Alors il les coodamna à être dé-
fa^^ités Tap 1230. Ou dit que de nombreux
î s'accouiplireiit sur leur saint
t I a, A cette époque» le |)rince qui
>iié oceuj^e était en guérie avtc le pieux
iccjiies, rot d'Aragoji. V oyaiU que rien ne
lui réussissais, et persuadé que irs Anigo-
fiais, qui étaient chrétiens» ne le battaient
toajouré que par la proUîCtion du Dit^u qu^ils
adoraient, d proposa à Jacques de taire un
traité d'alliance, par lequel il lui abandonne- '
BAB
m
rait Valence» pourvu qu^ou lui laissât une
pension honnête- Lajiroposition fut acceritée,
et Jacques prit possession de Valence le 28
septembre 123ë. Azote reçut le baptême, et
loin d'accepter le palais royal de Valence
pour résidence, comme Jacques le loi offrait,
il appela les frères Mineurs qui se trouvaient
dans le pays et le leur ollVit, disant qu'après
avoir i^nsauglauté celte demeure par le mar-
tyre qu'il avait fait souffrir à un grand nom-
bre de chrétiens, il voulait qu'il fût pnribé
par leur présence. Le roi Jacques accéda
sans ditHicuUé à cet arrangement, et ainsi
fut fondé le couvent des franciscains de
Valence»
AZOTE, ville de la Pentapole de Palestine,
aux Philistins, a étéfémoiude Tillustre mar-
tyre de saint Philippe du Pny,et de deux mille
autres condïatiants pour la foi. Celte ville
étant tombée par trahison au pouvoir des
musulmans, noire saint demamla à être mar-
tv risé le dernier» Les musulmans, espérant
qu'il allait ahjurer, y cunsenlirent ; mais il
protîta de cette faveur pour exhorter les chré-
tiens à mourir avec courage. Quand on eut
raconté au sultan la conduite de Philippe, il
lui fit couper une h une les articulations des
doigts en présence des chrétiens. Malgré
cela , le généreux martyr ne cessa d'exîior-
ler ses compagnons de soulfrance à su[ipor-
ter courageusement la mort» Le sultan» voyant
la pê'^sjstance de notre saint, le lit éeorcher
vif jusqu'à la p.'»rtie inférieure du cor[>s et
lui lit couper la langue, La façon dont il sup-
porta ces tourmenïs lit la joie lies chrétiens
et entlamma de plus en f^lus ta fureur des
musulmans. Coàiine sa langue mutilée ne
lui permeUait [ïlus d'adresser hi parole aux
compagnons de son martyre, il les encou-
rageait encore du geste. Il fut en tin déca[dté
avec les autres, et son Ame s'envola v^^rs les
ci eux, sa rérom pense,
AZ/JVEDO iPaul), de Ferrare, frère Mi-
neur, fut percé à coups do flét hes f>ar les
habitants de la province de Cufiacaz, sur le
bord oneidal de la mer Veriin^itle, avec le
frère lai Jean de Ferrare, qui l'accompagnait
dans sa course évangélique. iChroniquei dei
Frères Mineurs ^ t. IV, p. 768.)
B
BABiANSKA (Calixtb), l'une des reli^
rieuses Bisiliennes qui, dans le courant de
fuiBée Uà^Vîy furent si violemment persécu-
! par le czar Nicolas et Snemaszko, évèfjue
ipostat. On les employa ii la consirnctrnn
"uti palais iKiur ce prêtre seinsmalique. Un
in de muraihe étant venu h s'écrouler,
Laiixle Hilbianska et huit de ses compa^jnes
tiueai. écrasées, (Vmj. Mifxzysiawsiia).
BA-HUCO, ville située dans la Campagne
ie Kome, a été témoin des soulfrances qu'y
Iur4 saint Pierre en confessant sa foi, te
lut s'est iilusUé par un grand nombre de
'îiiifaates.
BABYLAS, évoque d'Antioche et martyr
sous le régne de Vempereur Dèce, en 250.
C'est dans saint Jean Chrysostome {Joannis
Chrtjs. homitia de S. Babijiu^ H liber de S.
Bahtjla rouira gentihs) que nous trouvons
riiîstoire de ce saint évêque. Saint Jearj ,
Chrysostome, qui écrivait beaucoup pluspour
rédïiication des tidèleS de son trouperai, en
faisHut rh stoire <le saint Bab>las, que pour
laisser des documents h la postérité, a laissé
ce qui concerne ce saint personnage dans ^
un vague assez obscur. Aussi bien des points '
de son histoire sont fort douteux et présen-
tent des di lioultés pre^^que insurmoutahles
m
BAB
MB
Idê
à r^ïppréciatîofide la critique. Voici les faits
tels quii nous pouvrms les coordonner d'a-
l>r<Vs m que nous trouvons dans Touvr^ge
que nous venons de dler. Saint Babylas suc-
céda à Zetiin que Ton compte pour le on-
zième évoque d Anioche. Ce fut en Tan 237
ffu'il monta sur le trAm^ épiscopal. Il eut Taf-
flictioi de voir la ville d'Antioehe prise et
saccagée par les î*erses en Tannée 2^1 ou2i2
de Jésus-ChrisL C'est Capilolinqui rapporte
cet événement. Nous ne savons pas si, a cette
occasion, des persi^cu lions furent exercées
contre le saint évoque et contre son trou-
peau. H est probable que non; sa:nt Jean
Chrjsustome ne l'aurait pas passé soos si-
lence.
L'un des fî\itsles plus étonnants do l'his-
toire de saint Babylas est celui que nous
al'onsdire. Kn VmiW*^ Tempereur Philippe
s'étant présenté avec sa femme pour entrer
dans réglisè d'Antioehe, saint Babylas alla
au-dovanl de lui sur le seuil du lemple» et
lui meUani la main sur la poitrine, il lui en
défend t l'entrée h cause des crimes dont il
sVtait rendu cou >rtble, et surtout à cause de
Fassassina* du llls d'un prince barbare qu'il
avait fait tuer, quoiquUl *nU et/* remis comme
olp^e, 11 est lrès-prnt):ible que Pbi ippe «''tait
chrt'lien. Il faut acet é^ard, consulter sa Vie
par Tillemont. Ici nous nous contcntnns
d'indiquer. Notre rôte n'est pas de discuter.
Ainsi Babylas accomulit fermement son de-
Vii T sanss inquiéter des conséquences. Pour
lui, ministre du ciel, représeolant de Dieu
sur la terre, dans le monaroue il ne voit que
riiomnie, que le simple pécheur. Il écarte,
pour ainsi dir^, de sa pensée et de son regard
tuut ce prestige de la puiss.ince et de la ma-
jesté impf'M-ialequi produisent ordinairement
tant d'impression. Il ne s'arrête point à tout
cet eilouragede grantleur. Il ne se laisse
point éblouir par la pompe du diadème, inti-
aiider j»ar la puissance de celui à qui il s'a-
dresst^. Non, pour lui VV^mpereur c'est un cou-
1)ablequi veut franchir le lieu saint; c*est un
lomme comme les autres dm-ant le Dieu des
chrétiens. C'est même un homme plus cou-
pable, parce qu'il doit l'exemple. L'exemple
dans la société doit descendre des hauteurs.
L'homme de Dieu,reviHu de ses habits épisco-
paux, entouré du clergé de son église» vient
arrêter le maître de l'empire, a Prince Jui dit-
il, il n*y a que les innocents, que les puriliés
qui aient le droit d'entrer ici ; quant ii vous,
qui devant mon Dieu n'êtes qu'un simple
pécheur» vous avez commis des crimes qui
me font un devoir de vous arrêter et de vous
inter lire l'entrée de mon église, ainsi que je
le ferais à l'égard ilu dernier des fidèles oe
mon troupeau* Sujet de votre eni[iire, je res-
pecte en vouslamaiestédu rang suprême, et
je suis prêt h m'incliner devant elle ; prêtre
de Dieu, je ne dois ici voir que le pécheur*
Si vous voulez entrer confesser vos fautes,
vous îirecdn^z rang dans TEglise au nombre
ûts pénitents. » L'empereur, dominé par
l'un/révu d un tel langa^n, par la solennité
de cet év rieuient vraiment i>lcin de sublime,
r h in^yeslé de ce vieillard si grand en
f variant au nom de Dieu, n*osa passer outre.
Isinclina sous la main de Dieu, etdevanttous
il lit Vexomoioç'se ou confession publique de
ses fautes. Ensuiie il entra dans le leranle et
prit rang parmi les pénitenls. Voilà le fait
(lue saint Chrysostome raconte à la louange
de saint Babylas, Certains auteurs, qui cher-
chent plus à faire de Férudition qu à bien
étudier et h bien inter(>réler l'histoire , ont
prétendu que cela eut lieu à Tégard de Dèce
et non pas à l'égard de l'empereur Philippe.
Dèce, ce tyran cruel qui se fil le persécuteur
si vt! Jeut et si acharné des chrétiens, n'eut
certainement pas souffert le langage du saint
évéque. Ces auteurs disent bien qu'en elîet
iî le fit arrêter et mettre en prism. Ils voient
dans celte circonstance la cause de son mar-
tyre. Mais alors, comment se fait-il que saint
Jean Chrysostome dise que 1 empereur ût
l'exomologèse et se plaça au rang des pé-
nitents dans l'église? Que devient a ors tout
ce discours h la louange du saint évôauef
Que signifie tout ce qu'a écrit saint Jean
Chrysostome? 11 devait savoir ce point d'his-
toire/iu moiîjs aussi bien que les auteurs qui
interprètent et qui eï|iliquenl h leur aise
l'événement qu'il raconte* ,
Saiïit Babylas gouverna l'Eglise d*Antioche
avec inhuiment de /èle et d'éclat, il est et
fut toujours considéré comme l'une des
colonnes et de^^ lumières de la foi. Il fit le
bonheur de rEglise d'Antioche, jusqu è la
première année de Dèce. Ce l vran exécrable
ayant a luraé contre les chrétiens une de5 1
plus cruelles persécutions dont l'histûire ait '
gardé le souvenir, saint Babylas fut arrêté par I
les persécuteurs. Il fut mis en prison ou il I
mourut commesaini Alexandre de Jérusalem, I
prabr^bleinent après avoir endut é de grands |
tourmems pour Jésus-Christ Ce qu*il y a de
certain, c'est que la prison fut pour lui fort
dure. Il y était couvert de chaines, puisqu'il
demanda d'être enterré avec elles ; faveur
qui lui futaccordée. It voulait, le saint homme
de Dieu, emporter en terre ses trophées,
comme les célèbres guerriers leurs décora-
lions ou leurs couronnes. Il fut enterré à
Antioch^ où on bAtit une église à sa mémoire.
Troift enfants ou plutôt trois adolescents qu*il
instruisait, furent martyrisés avec lui : ds se
nommaient Urbain, Priïidan et Epuloue* D
n'y a que FEglise qui sache garder ces ira-
dirions touchantes qui viennent chez nous
encore faire bénir et admirer les hommes de
Dieu. Jadis, comme aujourd'hui chez nous,
les évêques et les prêtres recueillaienl de
petits entants, ceux des pauvres, ils les ins-
truisaient et les nourrissaient. De bonne heure
ils leur montraient à pratiquer les simples et
sublimes vertus qui doivent orner les miniv
très des autels. Les maisons des prêtres,
c'étaient les premiers séminaires. Les trois
enfants que saint Babylas élevait et que Dieu
appela à lui , tendre moisson coupée en
herbe, furent enterrés dans la même tombe
que le saint évéqae<
Plus iar<l tjallus, que Constance avait fait
César en 351, Ot transporter îi Daphné, bourg
à deux lieu es d'Antiocha, les reliques desâÎDl
Babylas. Pôphoé était un lieu célèbre par
un temple d'Apollon. Gallus fit biUir auprès
une église sous î'iovocatiou du saint. Son
corps rei>osait dflns sa châsse, dcHis un tom-
beau élevé hors de terre, dans Tenceinte du
lieu saint- SaintChrysostorae dit ([ue le saint
martrr commença a manifesler sa présence
en rendant oïuet le drmon qui résidait
dans le temple voisin. Les choses demeu-
rèrent ainsi jusqn au rèf^ne de Julien TApos-
faf. Ce prince, elanl venu h Anlincheen 362^
voulut consulter Apollon. Il oHril plusieurs
sacrilices à s^n idole, sans en pouvoir tirer
aucune réponse- Enfin le démon se décidant
à parler, déclara qui* le voisinage des corps
morts Terapéchatt de se faire enten^lre. Ju-
lien comprit ce que cai hail cette parole» et
il ordonna aux chi-éliens d*eniporter lachàiso
de saint Bâby las. Celte translation se (il avec
grande pompe. Tous les lid* les d'Anlioche
vinrent accompagner les saintes reliques.
Saint Babjlas rentra triomphalement dans la
yille épiscopale où il avait brdlé par ses
ve.lus, par son courage, et qu'il avait glori-
llée par soi martyre. 1! fut placedansle lieu
où it était avant que d'être lrans[}orté à Da-
phné. Quelque temps après, révt'^quê Mélèce
lui fit bâtJT une éghse hors de la vdie et y fit
déposer ses reliques. Quant au temple lÎA-
Dollon, une circonstance ra|jportée par saint
Jean Chrysostomc doit trouver ici sa place*
Ce teraf>lè, le soir ou la nuit même du dé-
part des reliques de saint Babylas, fut frappé
de la foudre et presque» entièrement consu-
mé; il ne resta que les quatre murailles. Ju-
lien n*osa pas le faire relever, craignant,
dit le saint narrateur, que c*^ltu fois le iV-u du
ciel ne fiappât pas seulement le temple^ mais
bien sa propre léte. Nous avons analysé le
plus succinctement possible ce que nous
avons trouvé dans saint Chrysostome relati-
vement a saint Babylas* Kous le répétons,
la critique aurait peut-être bien h dire ici,
mais il est des autorités devant lesquelles
la critique doit s'incliner. Celle de saint Jean
Chrysostome est de ce nombre. L'Eglise lait
la fête de saint Babylas et des trois jeunes
maints ses compagnons, le 2V janvier.
BACQCE (saint), avec saint SïTge. servait
dans les armées iiufiériales, en quaiité d'of-
licier supérieur sous Tempire de Dioclétien,
durant la cruelle persécution que ce prince
suscita conire TEglisedu Seigneur; ces deux
maints furent mis ^i mort Us furent soumis
beaucoup et de crue Jes tortures avant d'ê-
tre lûis à hiorl. Ce fut dans la Syrie, au dio-
cèse d'Hiéra[)le h Hasaplie, qu'ils vei ftèrent
leur sang pour Jésus-Christ. Alexandre» év»^-
que, fil bâtir, en i:il, une magnitique égise
sous leur invocation, Juslinien nomma Ha-
saphe Sergiopoîis it fit construire en Thon-
eur des saints dilTérentes églises en Orient*
'rague,Paris, Angers, i>ossède(it des reliques
e ces bienheureux sainte ; celle denuère
kv notamment une église sousTinvucation
saint S Tge et de saint Baeqne» laquelle
t remarquable par son aichiteciori' et par
n ttutjquité. L'Eglise tail la It-ie de c*'S
mis le 7 octobre. Ôll faut en croire le
Martyrologe romain, Bacque expira sous les
coups de nerf «le bœuf ; et Serge, ayant aui
pieds des souliers garnis de clous en drdans,
resta longtemps en cet état, et enliû eut la
tète tranchée.
BADÈME (saint), martyr, versa son sang
pour Jésus-Christ en Perse, sous le roi Sa-
por, en Tan 375. Voici en entier ses actes.
[Sa fête a lieu le 10 avriLj « On arrêta, par
Tordre de Sapor , le saint archimandrite
Badême avec sept de ses disciples. 11 était
natif de la ville de Belhlapat, et d'une fa-
mille fort opulente. Mais dès le moment
qu'il eut pris la résolution d'ensbrasscr la
vie solitaire, il se mit à distribuer tout son
bien aui pauvres. Il bâtit un monastère
hors de la ville, où il se renferma, s'étu-
diarit jour et nuit à plaire h Dieu et à [prati-
quer toutes les vertus qu'il croyait lui être
le plus agréables. Cet homme rempli de la
gT'âce et de la vérité, ce vase dïdection, ce
saint abbé, conduit par la sagesse divine,
était ari'ivé au sommet de la montagne du
Seigneur ; il était parvenu jusqu'au lien
saint, où il avait mérité de recevoir la béné-
diction de son Sauveur, et de contempler la
fare adorable du Dieu de Jacob, Cet excel-
lent solitaire fut tiré de la masse sainte des
martyrs, pour être en nos jours comme un
lev^-iin précieux qui conservât leui- esprit
dans TEglise, et afin que sa foi généreuse,
qui lui fit donner sa vie pour Jésus-Christ,
raffermît la foi chancelante de notre siècle*
Il fut véritablement une pierre tidèle, cou-
pée de cette ancienne roche des premiers
lidèles, sur laquelle FEglise a été fondée.
En tin il nous traça par son sang le chemin
du salut. El en etfet il oe montra pas une
moindre constance à la mort qu'il avait fait
paraître de sainteté durant sa vie, La pureté
de ses m t urs ne fut jamais souillée d'au-
cune tache ; le nom même ûes crimes lui fut
inconnu; il taisait fuir les vices par sa
seule présence. Toutes les vertus étaient
ses amies, raccompagnaient partout, demeu-
raient avec lui, répandaient dans le monde
la bonne odeur de son âme, et le rendaient
agréable à tous ceux qui le connaissaient,
chacun s'empressant (si j ose m'exprimer
de la sortej à venir cueillir chez lui quelque
vertu,
Badème demeura quatre mois en prison
avec ses sept disciples, chargé de chaînes,
accablé de misères, recevant cliaque jour
un grand nombre de coups de fouet, mais
endurant toutes ces peines avec une patience
et une joie inconcevables, parce qu'il les
eridurail pour Jésus-Christ en qui il mettait
loulo son espérance. 11 y avait alors à la
cour de Perse un seigneur nommé Nersan,
prince d'Aria, dans la province de Bed-
geriïie. Ce sei;^neur ét/nt chiélien, et le roi
kï voulant ohliger à adorer le soleil, sur le
refus que Nersan en faisait, Tavail fa t arrê-
ter. Mais ?3ersan se relAcha peu à peu, et
erdit enfin cette fèrmelt'' qu'il avait U'abord
ait paraitre. La vue des tournjents dont on
le menaçait lui lit peur, le courage luï man-
qua, et rattache aux biens fragiles et péris-
f,
sables acheTâ ce que la craiote des suppli-
ces avail commencé» Il succomba à cette
dotible aHa(juét et voulant retenir en môme
temps les biens du cifl ei ceux de la terre»
il fui raalheureuseoK^iit j>rîvé des uns et des
autres ; car il laissa érbappcr les vrais plai-
sirs d'une vie divine ut éternelle qui lui
était assurt^e par le martyre, et i! ne put
même jouir de ces pla *ïirs terrestres et pas-
sagers pour lesquels il aviit fui le martyre.
Préférant donv la faveur d'un i^rinre raorlel
à celle d'un Dieu immortel, il déclant qi*'il
était pnH h faire tout ce q l'il [jlaîrait au
roi de (ut prescrire, etou'iî renonrait dès ce
moment au culte de ce bieu «pTif avait a foré
jus(]u'aloFS. Sapor appiit avec joie le c'tan-
t^ement de Ncrsau ; mais pour éprouver
s*il était sincère, il ordonna qu'on ôttït ]vs
fers à Badèuie, et qnon le cojîduisil par
une porte secrète dans un ajipartemeut du
mdais qui s«Tvait de prison à Ners.in.
Eisuile le roi dit à deui si'igneurs qui
jîlaienl proche de lut : Si Nersan veut oble-
pir sa liberté, il faut qu'il lue B.idéme de
sa propre maii. On amèoe aussHiM ce sajid
^bbé au Ht"u où était Nersau ; on dit à celui-
cf la condittou que Saï^or mettait au ref:ou-
vreme'it de sa libertét et les récompenses
au'il y joif^miit. Ce misérable consent a la
lose : o 1 loi doine u .eépée, et il s'avaoce
Vers le saint pour la lui plonger dans le
corps. Mais frappé tout à coup d'une tej-reur
e?Liraordina;rc et surnatun-lle, il devii^nt
immobile, sou bras se roiitit et refuse ȕe
sVdlonger. Alors le serviteur de Jésus-
Christ arrêtant ses yeux sur cet afiOsLat :
Infortuné Nersan, lui dit-iU jusqu'où pré-
tends-tu pMrler la Jioireeur de ttm forfciil ?
U no te suflit donc pas d'avoir renuucé ton
P^eu, il faut, pour te leodre encore plu-S
CJ'imiu'l, Il le tu i'eiï<u*r;es d'oter la vie â
j^es serviteurs. Malheureux, tjue feras-tu en
ce jour terrible, où fuiras-tu pour éviter ce
tribunal reloutabh*? que r p<«ndras-lu à ce
grand Jiieu, à ce Dieu éternel, quand Lu
serai» cité di'vanl lui? Pour mai, je cours
a V e c j 0 i e a u m a 1 1 y j e , et] e 1 1 on u e de b o n
cœm' ma vie pour mou Seij^neur Jésus-
Christ. Cependant, je le l'avoue, j'aimerais
mieux recevoir la mort d'une autre main
que de la tienne; putirquoi ffmt-il que lu
soi> mou bourreau ? Nersau n'avait ni assez
de forcii* ni assex de courage pour Tache ver.
Mais lâchant de se faire un front d'airain
Ïour ne jjoinl rougir des reproches de Ba-
ème, et un ctjèur de pierre pour ne point
ressentir de remords, il cuutinuail toujours,
d'une main faible et Irt mblafUe, de porter
des coups de son éi)ée ilans les Uanca du
saim, qui, enlln percé de toutes parts, ren-
dit son ùme bieuheureuse à »on Créateur.
Au reste, le nombre des cou[>s qu'd avait
reçus était si grand, i|ue les paieîis qui as-
sistèrutit à sa mort ne pouvaient assez i-idmi-
rer sa [>a(ieme invincible, qui Ir re<tdait
' ' ' l'io à une colombe, que mille traits
' contre e Je ne sauraient ébraîiler.
^biis eu s il*i chargeaifut il*nne
lié ' II, i^Qn lAsjh& liouucidiË^
9&L m
û'ajant pas moins d'Iiorrfôur ûq sa cruauté
que de mépris pour sa Jimidilé el sa Cai-
bless'^ Dieu en tit lui-même justice, et ce
misérable, après avoir été toLirmenlé de
toutes sortes de maui, périt eu(iu d*yui coup
d^épée.
Saint Baderne endura le martyre le 8
avril Son corps fut jeté hors de' la villa;
mais quelques personnes de piété Ten|(dfè-
reut secrètement ^ et Tayant enseveli av^
soin, le déposèrent en uii lieu sûr*
S"s disciples demeurèrent quatre a^s pri-
sonniers» et ne furent élargis qu'après U
mt»rt d«^ Sapor. Mais, par la grAci- de Sotn-
Seigneur Jésus-Christ (auquel soien g'
litinnrur), ils persévérèrent conslai
ilans la foi de saint Baderne, leur m;iitrè,
BAE/A fl* bienheureux JeamJ, E$[>*^gnn!.
de 1/* com}Kignie tle Jésus, faisait pat
counii^eui missionnaires que le P, A
était id lé recruter à Home pour le >
iVou, AzEVfvDo.) Leur pavire fut pri^ ._ iJ
i'uilh t 1571 par des corsaire^ palvinistes qui
es massacrèrent ou les jetèrent dans les Ûols.
(Bu Jarrie, Histoire des choses plu$ tmmQrQ-
blen^ etc., t. 11, p. 278. Tanner» Societas Jau
usque ùd sanguinis il miiC profusionem m-
iiians^ii, ItîGet no.J
BAHUTA (sainte I, martyre, mourut pcMir
la fin en ra?i;J*3 lie Jésus-Cïirisl, ' rè-
gnedr' Sapordit Loigue-Vie. Elh itiC
de Bcth-Séleurie. Sa fêle estiiscrilQ 44 mt-
tyrolo;j;e romain te 30 novembre.
BAJLM'^^saint),lionoré comme martyr ||ir
l'Eg ist^ romaine, le "20 décembre, moimt
à uie époque et dans des circonstances ijuf
rhistoire ne précise pas. Il eut pour coat
pagion de son trioinj^hê saint LiJ^i^rat. Tom
deux souiriir*mt à Borne,
BA.DBATl (le bienheureux ALesAprosi)»
naquit dans les environs «le Ferrai^e h LugOi
petit bourg peu important. De bon ne beiirOy
il montra de grandes disiiositions pouf 11
piété et annonça jiar sa préc(jcité à quel de-
gré il arriverait da>:s l'étude des scienci'S sa-
crées et profiues. Agé de i7 ans, il eoin
chez les dominicains : c'était le lûjanviir
1612. Quelque tenifKs il étuiia dans un de
leurs couvc-nls à Naples» et bieatùl fui en-
voyé dans celui de Bologne, poujr y i^uset-
gt|4^r la lhéoh3^4e.Ses fonctions iroporUaUl
ne rempéchérent pas de se livrer aa màiàsr
tère sacré de la parole : il devint un prédi-
cateur renommé pour son savoir et pour hOù
éloquence. Une maladie grave vint ratréler
au milieu dv cettit carrière* Le P. Alexandrf,
dont la santé était encore chanceiante, ai
voulut jioint prendre le repos et recevoir lei
soins qui lui étaient nécessaires. Il se hêU
de partir pour Venise où il s'embarqua pour
Scio ; Farchevéque d'Edesse y étant arrifé
bienlùt a|>!es lui^ l'associa à sa tnissioo •*
eut lieu de s en applaudir, {m* les WMnbtM'-
SQs conversions qu'rqjérait notre l>ienl] ^^~
reux. Sur ces entrefaites, un ap»slftt noir
Aga Cusaim, qui voyait avec iHisct»
succès, s'iraagnia de répandïr ix bruit
sur !a prétendue conversion du P. Alt^xandri
àllâlauiisme, ut cette rus*» éàH*aniu la loi T
iqgrs. Non cooteut d'avoir répandu cette
) i^ôuTelIe , Aça Cusaim Talia dc^clarer
afjèrneur de 1 îlo, affirmant qu'il prou-
t son dire. Le gouvernour, qui savait à
s^Ciû tenir, feignit néanmoins de croire
tte nouvelle, et ayant fait venir le
exaziJre, le combla de louanges et do
ses, lui promettant de grandes récoui-
s s'il rcîstait désormais bon musul-
... Notre saint accueillit les paroles du
rneyr avec une sainte colère: «Saclu^z,
t-îl, que tout ce (lu.-! Ton v. usa dit est
su d'impostures: je ne su s nullement
Qdétan, mais serviteur iidèle de Jésus-
; Bien plus, je suis ];rèlre et pré-
lur de TEvangile, et je soullVirai plutôt
t1 que de renoncera ma foi » Il on
.dit davantage, ma s h? gouveineur Tin-
npant, lui dil qu il ne lui était plus |)er-
le confesser Tlivar.î^ile puiscpiil était
de du pro[)hèle. Le P. Ab.'xandre, en-
lève plus en plus d'une sainte indigna-
téinoigna sa profonde borreur p"ur
rah dans les termes les iîîus forts qu'il
)uver, et un souverain mépris pour Ma-
t. Aussitôt, touttî l'assemblée s'écria
avait bL.S{)hémé et quM méritait la
, s'il ne rétractait ses propos oulra-
s contre le prophète. Le gouverneur re-
iffaireau lendeniain, et le P. Alexandre
la nuit dans un cachot, se préparant
irlyre par les prières les plus ferventes,
ud'emain, qui était un mercredi , les
le conduisirent au cadi, l'accusant d'a-
lasphémé contre le grand proi>hète et
î sa loi. On mit tout en œuvre pour
1er sa constance; mais promesses, ex-
LioDS , menaces , tout fut inutile. Le
désespérant de le vaincre, envoya chér-
ie prieur des d:»mini{:ains de Scio, et
emanda d'un ton farouche pourquoi il
eiDf^ché le P. Alexandre d'embrasser
QÎsme. Notre bienheureux, sans donner
ÎQur le temps de répondre, s'écria que,
ni jamais en l'intention de se faire ma-
tan , on n'avait pas le droit do de-
er pourquoi on l'avait em[)è(:hé de le
lir; qu'il n'était venu à Scio (jue dans la
intention de prêcher l'Evangile et qu'il
reçu sa mission de Tarchevéque de
ne, son prélat.
ssitôt, le cadi envoya des soldats au
mt de Saint-Sébastien avec injonction
lui amener sur-hî-ehanip... « De quel
es-tu? lui dit-il.— Je suis chrétien, ar-
ique et su[)érieur de tous les d «mini-
^ui ré>ident h Scio.— Alors, répliq^ua
h, tu mérites la mort pour avoir lait
ler ta religion sur les lerr<,'s de sa Hau-
. — L'archevêque exhiba le firman (jui
onférait la pennission ainsi qu'aux
eux du même ordre que lui de résider
prêcher dims l'empire de Turquie. Pres-
ous les officiers (jui étaient présents
nt connaissance de ce iirman et rendirent
ignageque le prélat disait vrai. Alors le
ne demanda pas au prélat autre chose
l'expliquer le motif qui l'avait porté à
.cher Je P. Alexandre de se faire maho-
BAL
AU
métan. Le saint confesseur, qui jusque-là
avait gardé le silence, le rompit pour répon-
dre à cette question, ainsi qu'il avait fait
déjà quand on l'avait posée à son prieur. Le
tribunal, iugeant l'arcnevéque et le prieur
justifiés d'une fagon suffisante, leur permît
de rentrer à leur couvent, mais avec oéfense
d'en sortir jusqu'à nouvel ordre. On fit pren-
dre les noms d(î tous les religieux qui com-
posaient la communauté ; le P. Alexandre
drmeura donc seul exposé à la colère et au
ressentiment des Turcs. 11 semblait que
ces derniers missent leur gloire et l'honneur
de leur religion à V'iincre sa const<ince. Aussi
employèrent-ils tous les moyens possibles
lonr le surprendre et pour le faire tomber.
c( Puisque j'ai fait auprès de toi tant de ten-
tatives'inutiles, lui dit le cadi, je t'accorde
encore trois jours ; tâche de te faire mieux
cons<.n'ler : au bout de ce temps, tu diras si
tu préfères mourir criminel et misérable, à
vivre heureux en suivant la religion de Ma-
homet.— Si se n'est qu'une réponse défini-
tive que vous attendez, lui dit le P. Alexan-
dre, Je n'ai pas besoin de trois jours pour
la faire : je vous ai déjà dit et je vous
dis de nouveau que pour rien au monde je
ne renoncerai à la foi de Jésus-Christ. Jus-
(|u'à la mort, je lui serai fidèle, et c'est dans
cette fidélité que je le prie de daigner m'ac-
corder que je place toute mon espérance,
car elle doit être tout mon bonheur. — Tu
crois donc, lui dit le cadi, que nous ne pou-
vons nous sauver dans notre religion?— Je le
crois, dit le P. Alexandre : votre prophète
est un menteur, et votre religion l'œuvre du
père des mensonges » A ces paroles, tous
les Turcs qui étaient présents lurent trans-
portés de rage et de fureur ; ce que voyant
le cadi : « \ eUcCz donc, leur dit-il , notre
sainte religion ({u'on outrage, et montrez à
ce chien ce que |>euvent de fidèles croyants,
lorsoue devant eux on blasphème la loi et le
propriété! » Cet ordre reçut une prompte
exécution. Immédiatement les assistants se
ruant sur le saint confesseur, l'accablèrent
de coups de bâtons, et si violemment, qu'il
en serait mort si le Seigneur ne l'avait pas
voulu réserver pour des épreuv(»s nouvelles.
On le laissa sur la i)lace : il était couvert
de sang, son corps n était qu'une plaie. On
le jeta dans un cachot en ve poussant si bru-
talement, qu'il franchit douze marches qu'il
y avait à descendre. Au milieu de tous ces
tourments , son âme impassible , forte de
l'appui que Dieu lui donnait, ne se laissa
pas arracher une seule plainte. Dans l'obs-
curité de son cachot, la lumière de Dieu pé-
nétrait et le bienheureux confesseur ne sen-
tait pas ses blessures sur lesquelles descen-
dait le baume des consolations divines. Pen-
dant ce temj)S-là, laville de Scio tout entière
était émue du bruit qui s'était répandu que
le divan allait faire mourir tous les religieux
du couvent. Mais ceux-ci, loin de se laisser
abattre par ces menaces, ne pensaient qu'à
pri(.*r Dieu de leur donner l'esprit de force
dont le P. Alexandre était rempli. Unissant
leurs ^ières à celles des deux archevêques
M5
BAL
(le Smyrne et dTdessf», qui étaient au mi-
lieu <l'eux, ils se prép^rtient ainsi dans la
prévision des combats qu'ils croyaieiit avoir
à soutenir. L'ai-chevi^aue de Sn/rne com-
niaM'Ja d..*s prières publiques, tit eif o>er le
saint sacrement dans toutos les églises, et
engagea tous les chrétiens àdem.inJerau
riel que le saint confesseur perSiévérdt dans
sa courageuse résistance. La sévérité était
telle à son égard, qu au:;un relizieui ne put
arriver jusqu'à son c.ichot Un m^^nuisi -r ca-
tholique réussit à y pénétrer, et le tn.^uva en
oraison, la face contr.* terre et bûgné dans
son sang. Le geôlier lui-ménie, quoique ma-
hoinétan, rendit ce témoigii:ige au P. Alexan-
dre, qu'il lavait toujours vu priant et [je se
plaignant de personne. s'»bst?nant Je toute
nourriture, pleurant et u:émis<ant sans cesse.
Un pauvre juif, oui était prisonnier avec lui,
se trompant sur le m'»tit de ses larmes, lui
parla ainsi : « Puisque vous i>ouvez, par une
seule parole, vous délivrer et ne plus souf-
frir, vous êtes, en vérité , bien simple de
tant vous chagriner et de tant verser ae lar-
mes. —Vous vous ti-ompez , mon ami, lui
dit lo p. Alexandre, ces pleurs que je verse
ne sont iKÙnt un si-cne de douleur : les sup-
plices ne m'épouvantent pas et Thorreur
qu'ils inspirent n'arrive ^^is jus.^u'à mon
âme : co que je souiTre est jH>ur moi plein
de douceur, et si je pleure, c est sur mes fau-
to'î ; si je suis afllii^è. c'est de l'aveujilement
do's inlid«^les: cV4 par-<lessus tout, de celui
des juifs qui ont feruu' les veui à tant de
unUe<. Vinilo/-vous aujourvlliui que je sois
bhMi consi»|o? Ouvre/ voire cœur à Jésus-
(Ihrist, reconnaisse/, dans ce divin maître
di»s cluvtiens. le messie qu'on avait annoncé
ft vo»i pt^res, detenuinez-vous »^ mourir | our
lui avec nuù; mais si vos penséos ne vien-
nent pas lie ce c^^té, laissez-moi, ne Irou-
blr/. pas ma paix: vous perdriez votre temps
& nte donner des consolations vaines et sté-
rili»s. »
Le Icrnu» qu'avait assigné lecadi arriva:
le** I urcs omplovùrent enciu'e vainement
liMil ce qu'ils rrùr.'ut capabl* d'amener le
saint ft embrasser leur foi. Av.uil de lo ra-
niiMier h lein* tribunal, ils dépérhéreiit vers
lui \u\ \\o leurs docteurs les plus renommés
et les pluN ehv|urnl<. Kn arrivant près^ de
lui, i't«t hi>nun>' lui témoisna beaucoup d*es-
tuiie et d'hunianihv Klail ce ipi'il fdt vrai-
nienl humain, tiu'il ei^t au tond du cienr les
sinilimeiits qu'il rais.nl paraibe? N«mi, e'é-
liit un leiilnhuii' luihil', qui savait (|U0 pour
In oonimun des hiunmes l'apparence de la
vertu caiitive restiuie et séviuil le cœur. C'é-
tait un nomme qui, supposant h notre saint
de la vanité et de l'orrCue.l, songeait h ex-
{)loiterce.s passions au protlt de ses desseins.
I savait que rorgueill(*ux est toujours porté
à avoir une eeriaino reconnaissance h celui
qui semble l'apprécier h la valeur qu'd se
suppose. Ilien souvent nous faisons comme
cet homme, comme ce tenlal(*ur. (jMbtïd
nous montrons h (pieluu'un «le l'elFroi, nous
voulons que ce qut* Iqu un nous prenne pour
bons appréciateurs et nous estime en con-
ML m
séquence. C*est one lettre de cfaansee que
nous présentons à rescom;4e. Quand nous
affichons de rhumanité. c'est moins dans un
but vi aiment humain que (oor nous envi-
ronner d'un reflet de vertu qui nous fasse
bien recevoir, qui nous lasse esiin er. Ce
Turc était vraiment habile. C<:r barbare était
assez civ lise pour mettre f-n jeu un des
ressorts les plus puissants d^ notre savoir^
faire politiaue et social • un des movens de
séduction les plus fiéquemment employés
dans nos relations.
Voyant qu'un serviteur de Dieu ne se lais-
sait pas prendre è ces vaines apparences, il
tenta de s'adresser 5 un autre onJre de pas-
sions. Il voulut tenter sa cup;d;t^ et son am-
bition : ces deux passions étaient mortes
dans le cœur du saint homme. Il entreprit
alors de discuter avec lui sur les choses
re'igieuses; il voulut lui prouver que la
croyance à un Dieu en trois personnes était
une folie. Voyant que ses raisonnements ne
produisaient rien, il parla des supplices
qu'on réservait à son obstination : tout fut
inutile. Le docteur du prophète trouTa dans
le disciple de Jésus-Christ un homme chez
lequel l'amour divin avait étouffé les pas-
siuis humaines; un théologien capable de
Erouver toutes les vérités de sa religion , on
éros prêt à souffrir sans se plaindre les
tortures et la mort qu'il plairait à ses bou^
reaux de lui choisir. 11 se retira.
Le P. Alexandre fut ramené au tribunal,
enchaîné et escorté ùe s Idals et de bour-
reaux. La sérénité de son front annonçait le
calme de son Ame. « Etes-vous toujours opi-
niâtre? lui dit-on. — Je suis toujours chré-
tien, rénondit-il. » Le cadi le condamna à
être brûlé vif et à supporter le su;)plice de
la bastonnade dans son cachot jusqu'à ce
qu'on eût élevé le bûcher où il devait être
brillé. Après la lecture de son arrêt qu'il
avait écoulée avec fermeté, le P. Alexandre,
se tournant vers le juge , le remercia de la
grAoe signalée qu'il lui procurait : « Vous
brûlerez mon corps, lui dit-il, mais mon
âme ira jouir au ciel de la gloire immortelle
que nous a méritée la mort de Jésus-Christ. »
On dressa le bûcher sur la plus grande place
de Scio, et une grande foule de Turcs et de
chrétiens y accoururent de toutes parts» les
uns pleins d'une joie cruelle, les autres espé-
rant que le triomphe du martyre serait aussi
celui de la religion. Il y eut une chose re-
marquable, ce fut queues Grecs, malgré le
schisme oii ils étaient , se trouvèrent en
cela d'accord avec les chrétiens. Quand le
P. Alexandre parut sur la place, un Grec,
fendant la presse, vint se jeter à ses pieds
et lui demander sa bénédiction. Le saint
martyr la lui donna, en rengageant à ne f^as
dilférer son retour à la vraie foi. Au moment
oCi il allait être prédpité dans les tlammes,
un iman lui dit qu'il pouvait éi^happer an
supplice, s'il consentait à lever seulement
un doigt vers le ciel, en signe di* son adhé-
sion h la foi (le Mahomet : « Je l'ai en hor-
reur, j> s'écria-t-il aussitôt, et ayant levé trois
doigts» il dit d'une voix forte et accentuée:
117
BAH
BAH
418
Sancta Trinilas^ unus Deus, Il entra enlin
dans le bù*:her, niais ici Dieu rcooovela, dit-
on* le miracie ooér*' jadis en faveur tics trois
Israélites dans la fournaise, et les flammes
respeclèrenl le saint luarljr, malgré les nou-
veau! combustibles que les musulmans, dans
leur fureur, jetaient à chaque instant au mi-
lieu du feu* Un Turc alors asséna un faraud
coup de fourche sur !a tète du P: Alexandre ;
un second lui enfonça sa lame dans le coeur,
et un troisième iet<V un fiaquel de fioudre à
canon dans les tlarnmes. Notre bienheureux
consomma ainsi sou gîorieux martyre le
10* jour de février 16io, sous les yeux de
[>lus de qtiarante mille spectateurs, d'a]très
e témoignage de Farchevtkjue d'Klessc. Au
dire de ce prélàr, les chrétiens furent j*êm-
flis de joie, et les Grecs unirent leurs voii
celles des Lalins itour s'écrier ; « Vive la
' foi romaine, pour laquelle on peut mourir
avec lAût Je générosilé 1 >>
Les musulmans retirèrent le corps du bra-
sier et le coupèrent en morceaux; les uns
pour assouvir leur cruauté, (r^s autres alin
di? les revendre aux chrétiens. Une partie de
ces reliques, en etl'el, furent rachetées par
quelques chrétiens grecs et latins moyen-
nant des sommes considérables , et elles
orérèrent plusieurs miracles tantà Scioqu*en
Itidie.
BANIEWICZ (CiïiiHmEl , Tune des reli-
gieuses basilitnnes qui, clans le courant de
rannée 1837, furent si violemment ^ ersécu-
lées par le czar Nicolas et Siemaszko, évéquo
apostat. On les employa à la construction
d un palais pour ce prêtre apostat. Un pan
de muraille étant venu à s'écrotder, Casimire
Bdnîewicz et huit de ses compagnes furent
écrasées. {Vù\^. Mieczyslawska.)
BARACHISE (saint), martyr, le même que
sauil Brich-Jesus, (fo^/. Jonas.)
BAKAZë (le bienheureux Cvpriex), eut la
gïoire de conquérir les Moxes au royaume
de Jésus-Ctnisi. (La province di^s Moxes re-
présente une surface oblongue, bornée è Test
et au Dord par les collines des Chii]uitos et
les montagnes du Brésil, li rouest et au sud-
ouest par les derniers contre-forts des Cor-
drllères, cornmutnqu mt au sud avec les plai-
nes de Santa-Cruz, de la Sierra et de Mato-
Grosso, et au nord avec les p' aines de TAina-
jtone, lleuve au versant duquel celte province
"ijjpartient tout entière,) « Le frère del Cas-
liJlo, qui demeurait à Sainte-Croix de la
sierra, s'élunljouit, en lti7^,à quelques Espa*
jnols qui commerçaient avec les Lidiens ,
pénétra assez î^vant dans les terres. Sa dou-
L*ur et ses manières prévenantes gagnèrent
Bs pr ncipaux de la nation, qui lui prunii-
3nl (le le recevoir chez eux. Transporté de
il partit aussitôt pour Lima atin d'y
ire connaître lespérance qn*il y avait de
igaer ces barb ires à Jcsus-Lhrlst . Il y avait
igtemps que le P. Baraz»^ pressait ses su-
périeurs de le destiner aux missions les
ïlus pénibles; ses désirs s^enflammèœot en-
c^>re quand il a|iprit la mort glorieuse des
?V, Jacques-Louis de Sanvitores et Nicolas
Uascardi, qui, après s'ôtre consumés de Ira-
vaux, Tun dans le Chili et l'autre dans les
îles Mariannes, avaient ou tous deux le bon-
heur de sceller de leur sang les vérités de !a
foi quMls avaient préchées à un grand nom-
bre dlnUdèles- Le P, Baraze renouvela donc
s^s instances, et la nouvelle mission des
Moxes lui éclint en partage. Ce fervent mis-
sionnaire se mit aussilAt en chemin pour
Saiote-Croix de la Sierra avec le frère del
Castillo. A peine y furent-ils arrivés , qu'ils
s'enibirquèrenl sur la rivière de Guapay,
dans nn petit canol fabriqué par les gentils
du jiays qni leur servaient de guides. Ce
ne lut qu après douze jours d*une naviga-
tion très-rude et pendant laquelle ils furent
plusieurs fois en danger fie pénr, qu'ils
abordèrent au pays des Moxes...,. Pendant
les quatre premières années que le P. Baraze
demeura au milieu de cette nation , il eut
beaucoup à souffrir, toujours en danger
d'être sacrifié à la fureur clés barbares qui
le recevaient , Tare et les flèches en main, et
qui n'étaient retenus que par cet air de dou-
ceur qui éclatait sur son visage... Une fièvre
quarte lui lit prendre la résolution de re-
tourner à Sainte-Croix de la Sierra, où en
ellel il ne fut pas longtemps sans rétablir
tout à fait sa santé. Mais éloigné de corps de
ses chers Indiens, il les avait sans cesse pré-
sents à Tespril; il pensait continuellement
aux moyens de les civiliser, car il fallait en
faire des hommes avant que d*en faire des
chrétiens. C'est dans cette vue que, dès les
premiers jours de sa convalescence, il se ût
apporter des outils de tisserand et apprit à
faire de la toile, afin de l'enseigner ensuite
à quelques Indiens et de les faire travailler
à des vêlements de coton pour couvrir ceux
qui recevaient le baptême; car ces infidèles
ont coutume d'aller presque nus Le gou-
verneur de la ville s'étant persuadé que le
temps était venu d'entreprendre la conver-
sion des Chirîguanes, engagea les supérieurs
à y envoyer le P. Cyprien ; mais la manière
indigne uont ils reçurent les paroles de sa-
lut qull leur annonçail, le forcèrent d aban-
donner une nation si corrompue. Il obtint
de ses supérieurs la permission qu'il leiir
demanda de retourner chez les Moxes qui ,
en comparaison des Chiriguanes, lui parais-
saient bien moins éloignés du royaume de
Dieu, En etTot^il les trouva plus dociles
qu'auparavant.. •.. Ils s'assemblèrent au nom-
bre de six cents pour vivre sous la conduite
du missionnaire qui eut la consolation, après
huit ans et six mois de travaux {1684), de
voir une chrétienté fervente formée par ses
soins. Comme il leur conféra le baptême le
jour qu'on célèbre l'Annonciation de la sainte
Vierge, cette circonstance lui ht naître la
pensée de mettre sa nouvelle mission soiis
la protection do la Mère de Dieu, et ou Ta
appelée depuis ce temps-là la mission de Afa-
trt-Dam€ de LortHe. Le P. Cyprien employa
cinq ans h cultiver et h augmenter celle chré-
tienté naissante. Elfe était déjà composée de
plus de deux mille néophytes, lorsqu^il lui
arriva un secours de missionnaires.
Ce surcroît d'ouvriers évangéliques vint à
41»
BAtl
BAR
1%
propos poiip aider le saint homme à exécu-
ter le dessein qu'il avait formé de porter la
lumière de TKvau^ile dans toute retendue
de ces terres idolâtres. Il leur abandonna
aussitôt le soin de sou Eglise pour aller à la
découverte d'autres nations Il fixa d'a-
bord sa demeure dans une contrée assez
éloignée, dont les habitants ne sont guère
Capiîules de sentiments d'humanité et de re-
ligion. S^élant logé chez un de ces Indiens ,
de là il |)arcourut toutes les cabanes d'alen-
tour. 11 s'insinua peu à peu dans l'esprit de
ces peuples. 11 s'asseyait à terre avec eux
poiir les entretenir; il imitait jus(|u'aux
moindres mouv(»ments et aux gestes les plus
ridicules dont ils se servent pour exprimer
les alfeclions de leur C(eur; il dormait au
milieu d'eux, exposé aux injures de lair et
sans se pré< autionner contre» les morsures
des mousliques. Quf'lcpje dégoiUanls que
fussent leui's mois, il ne prenait ses repas
qu arec eux. Enfin il se lit barbare avec ces
barb ires pour les faire entrer plus ais 'ment
dans les voies du salut. Le soin qu'eut le
missionnaire d'ap|)rrndre un peu de méde-
cine et de chirurgie fut un antn' mo> en «ju'il
mit en usage pour s'attirer Testim^^ et l'alfec-
tion de ces peuph-s. Quan I ils étaient mala-
des, c'éait lui qui préparât leurs médecines,
qui lavait et pansait leurs p aies, qui net-
toyait leurs cabanes, et il faisait tout cela
avec un empressement et ufie alfection qui
les charmaient. L'estime et la reconnais-
sance les portèrent bientôt à entrer dans tou-
tes ses vues; ils n'eurent plus de peine à
abandonner leurs premières habitations pour
le suivre; en moins d'un an, s'élant rassem-
blés jusqu'au noml)re de plus de deux mille,
ils formèrent une grande DOurj:ade à laquelle
on donna (en 1687) l« nom de la Sainte-
Trinité, ('es peui)les étanl ainsi réduits sous
l'obéissance d«' Jé8us-Chri^t, le missionnaire
crut devoir établir parmi eux i.ne forme de
gouvernement, sans cpjoi il y avait à craiii-
(Ire (pi ' lindépendance dai.s Lupielle ils
étaient nés ne les replongoAt dans Is mômes
désordre»* auxquels ils étaient sujets avant
leur conversion . Pour cela il choisit ceux
(pii étai(^nt le pins en ré[)ut ition de sagesse
la rie \al('ur, cft il en lit des capitaines, des
chefs de fainilhî, des consuls, et d'autres mi-
nistres d(î la justice pour gouverner le reste
du |»eu,.le. (lonnne les arts pouvaient beau-
coup contid)uer au dessein (ju'il avail de les
cIvilUer, il trriuva le secret de leur faire ap-
prendre ceux qui sont les ])lus néî:essaires.
On vit biei.tôt |»arMii eux di.'S lauoureurs,
d'-'i di/irpenijers, de.s lisscMvmds et d'autres
oiivriiîf^. Mais, «Mi a quoi il pcîiisa davantage,
i;i; fut ;» procurer des aliments à ce g.; ni
^^t'^à^^Ui qui s'auguientiit cîjaque jour. Ilson-
^i'M il p'îupler le j»/iys di; taureaux et de va-
v,U*:n^ qui vmt le«» seuls animaux qui unissent
/ riyri? ai ny Uiultipiier. Il fallait les aller
^ê^ftitust liii'M loin et par des chemins dilU-
^éth i^* 'iittU:\iliés ne raiTùtèri^it point. Il
p$ri f^/ur H»ii)lo-^iroix de la Si(;rra ; il ras-
llpglUn^ JMM|ii'<i deux canin de ces animaux;
Tfuim nnklnufik Indiens de l'aider à les con-
duire, il grimpe les montagnes • il traverse
les rivières, poursuivant toujours devant lui
ce nond)reux troupeau qui s'obstinait à tour-
ner vers le lieu d'où il venait. 11 se vit bien-
tôt ab.mdonpé de la plupart de sa suite, à
qui les forces et le courage manquèrent ; mais
sans se rebuter, il contenu! toujours de faire
avancer cette troupe d'animaux, étant quel-
quefois dans la boue jusqu'aux genoux et
exposé sans cesse ou à perdre la' vie par les
mains des barbares, ou à être dévoré |)ar les
botes féroces. Enfin, afirès cinquante-quatre
jours d'une mai^c'ie pénible, il arriva à sa
chère mission. Il ne lui restait plus que
d'élever un temple à Jésuv-Christ, car il
souIIXtIi avec peine que l(*s saints mystères
se célébrassent dans sa pauvre cabane. Cette
nouvelle église fut élevée, comme la pre-
mère, sans aucun des instruments néces-
saires pour la construction de semblables
élilices, el sans que d'autre architecte que
lui-mènie présidAt h un si grand ouvra-;e.
(]es «!eux grandes peuplades étanl formées,
il découvrit la nation des Coscremonîens, el
il sut si bien les gagner en peu de temps,
qfu» les missionn iTes qui vinrent dans la
suite les cigagèrent sans peine h quitter 1»?
lieu de; IciU' dem ure pour se transportera
trente lieues de Ih , el y fonder ( en 1690)
une grai (le peuj)iade qui s'appelle la peii-
pla;le de Suint-Xavier, Le saint homme, qui
avançait toujours dans les terres, se troufê
au milieu de la nation des Cironiens, el
ce fut en parcourant leurs diverses habita-
tions (ju'il e:,t connaissance des Guarayeos,
redoutables i)ar la coutume barbare qu'ils
ont d(» se nourrir de chair humaine. Se tour-
nant du côté do ces barbares, il les combla
de CiU'esses, et eux, jiar reconnaissance, le
con<h;isircnt dans leurs peupla les. C'est là
qu'on lui lit connaître plusieurs nations du
voisinage, entre auties celles des Tapacures
el des Baur.es
Les missionnaires avaient souvent conféré
sur les moyens de faciliter la communica-
tion si nécessaire entre ces terres idolâtres
el les villes du Pérou. Ils désespéraient d'y
réussir, lorsque le P. Cyprien oifrit d«' tenter
une entreprise qui paraissait impossible. II
avail OUI dire qu'en Irav rsanl celli- longue
file de nîontagnes qui est sur la droite du
Pérou, il se trouvait un petit s»'nlier qui ab:é-
geailexlraordinairement le chemin. Il ne lui
en fallut nas davantage pour jnendre sur lui
le soin de découvrir celte route incoimue.
Dieu couronna sa constance (en 1(588; par ^a^
coinplisseinenl de ses dcsirs. Il se prosterna
aussitôt contre teire pour en remercier la
bonté divine, et il n'eut jns plutôt achevé
sa juière, qu'il envoya annoncer une si agréa-
ble nouvelle au coUége le jdus proche. On
f>eut juger avec quels applaudis^emen s elle
ut reyue, puisque po..r entrer chez l«
iMoxes, il ne fallait jdus nue quinzj jours
de chemin [)ar la nouvelle roule que to
P. Cyprien venait de tracer. Il se voyait près
des maisons de sa compagnie ; il était natu
rel qu'il allîU ré; arer, sous un ciel plus doux,
les forces que tant de travaux avaient coa
îs i son inclination même le portait à
reToir ses anciens amis après une ab-
de Tingt-quatre ans , surtout n'ayant
d*ordre contraire de ses supérieurs ;
il crui quMl serait plus agréable u Dieu
i en iSûre un sacritice, et sur-le-cham{)
Mima à sa mission
le aongea qu*à aller découvrir la nation
Hipacures qui lui avait été indiquée
sGoarayens. Maisia découvertela plus
tante, et qui til le plus de plaisir au
Mfien, fui celle des Baures. Celte nation
Û$ ciTilisée que celle des Moxes. Le P.
BD pénétra assez avant dans ce pays et
arnt un assez grand nombre «le bour-
. lis*était livré entreles n)ainsd\in j^eu-
laemi de la loi sainte qu'il prêchait, et
uUnt point qu'on n'en voulût h sa vie,
M le sacrifice au Seigneur pour le sa ut
4 barbares. Il rencontra une compagnie
Bores, armés de haches, fj'arcs et de
is; ils le menacèrent de loin, se jete-
ur lui avec fureur et le perceront de
mrs coups tandis qu'il invoquait les
Doms de Jésus et de Marie, et ([u'il
t son sang pour ceux qui le rcpan-
t d*UDe manière si cruelle. Entin,
0 ces barbares, lui arrachant la croix
tenait en main, lui déchargea sur la
ni grand coup de hache dont il expira
tieure. Ainsi mourut le P C\prien Ba-
ie 16 septembre 1702, âgé de soixante-
is^ après en avoir employé vingt-sept et
mois etdcmiàla conversion des Moxes
lit baptisé lui seul plus de quarante
idolâtres. » (Henrion, t. II, p. 585.)
RBAHË, était président, à Torreen Sar-
e: pour l'empereur Uiodétien. Il y lit
rruier le prêtre Prote et le diacre Janvier.
ABàSCEMIN (saint), martyr, évéque de
icieet deCtésiphon, fut mis à mort pour
!4Arëtienne avec seize autres chrétiens,
M ou clercs de différents degrés, en l'an
hirent la persécution de Sapor. L'Eglise
'0 la mémoire de ce saint et de ses seize
ilfDons, le 14 janvier.
DS donnons ici , traduits par nous, les
1 du martyre de ce saint et de ses com-
IM.
siiième année de la persécution était
lencée quand le nom de Barbascemin,
le do Séleucie, et celui de Ctésiphon
it dénonc'S au roi. L'accusation fut
e en ces termes : « Gos lieux sont sous
dfe d'un homme féroce , ennemi de
> discipline, par qui plusieurs ont été
ihés, non-seulement de notre religion,
même des fonctions publiques. Quoi 1
éraint pas d'insulter le leu et de dire
lal de l'eau! » Alors le roi : « Dites-moi
nom et sa profession. Quel est-il celui
i osé commettre ces mcfails? »— - « C'est
▼eu, dirent iesfiélalenrs de Siméon Bar-
6, fils de sa sœur, chef des chrétiens; il
8 la place de son oncle. »
ses mots le roi frémit, s'enflamme de
e, et ordonne qu'on amène immédiate-
iè eoQpMLble. Aussitôt Barbascemin fut
lë avec seize autres. Plusieurs d'entre
ifKk
m
eux avaient la dignité de prêtre, tes autres
étaient diacres ou clercs. Ils étaient venus
de différents lieux, de plusieurs villes, au-
Erès de leur évt>que. Le roi, regardant Bar-
ascemin avec un visage terrible : « Scélérat,
lui dit-il, qui vaspérir d'un supplice atroce,
ton audace est donc allée à ce point, que,
faisant fi de mes édits, tu te sois mis a la
tète do ce peu[)le que je déleste parce qu'il
iné{)rise mes dieux; surtout q^uand tu n'i-
gnorais pas que Siméon, quoiqu il me fût
bien cher, a subi le dernier suuiilice pour la
môme cause. » Barbascemin lui répondit :
« Vous n'espérez pas que nous, chrétiens,
obéissions à vos édils . ils tendent entière-
ment à renverser notre sainte religion. Nous
estimons (|ue n ms, qui devons défendre la
religion chrétienne, n en pouvons sans crime
irrémissible abandonner une seule partie :
car elle est tellement bien construite que
tout enliôre elle repose sur chaque paitie
comme sur un pivot. » Alors le roi : « Je vois
que ton grand âge t'a enlevé le jugement:
tu es tellement insensé (|ue tu demandes la
mort. Quant à moi, bientôt je jugerai conve-
nable (Je faire soulfrir au neveu le supplice
par lequel mourut l'onde, entraînant dans
sa ruine plusieurs des siens. » Barbascemin
lui répondit : « Je ne hais point la vie, je ne
cherche point la mort, Ciir vous pouvez très-
bien me permettre de suivre les dogmes de
la vraie religion et de conformer à ses pré-
cef)tes ma vie tout entière. Mais quand,
abusant de votre puissance , voiis voulez
nous amener à embrasser vos erreurs, à
cette inique exigence je préfère la mort.
Elle ne sera point la fin de ma vie, mais le
commencement d'une meilleure et plus
haute , par conséquent elle ne m'aflligera
point, puisque d'une vie caduque et passa-
gère elle me fera une vie immortelle. Que
Dieu détourne de moi le crime de déserter ja-
mais la vraie foi, qui vent que nous cmyions
en lui seul, et d'abjurer la religion que j'ai
apprise de Siméon, mon maitre. »
Alors le roi, ne pouvant, ontenir Tefferves-
cencedeson cœurnicomprimersa colère, pre-
nantle soleil, sou dieu, à témoin, éclata en ces
termes : « Eh bien! eh oienl moi, je détruirai
votre secle et vos mystères sacrés, je les
arracherai de la mémoire des hommes. »
Barbascemin, souriant, lui dit : « Vous in-
voquiez tout à l'heure le soleil, vous avez
donc jugé bon de passer soùs >ilence le feu
et l'eau, qui pourtant sont dieux comme lui,
et que vous devez avoir en même honneur,
que vous devez invoquer comme lui pour
qu'ils vous aident dans notre ruine, pour
qu'ils dirigent bien vos desseins et les con-
duisent à bonne lin. » Le roi s'enflamma de
colère à cette plaisanterie du saint homme
que ses menaces n'avaient pu faire trembler.
« Et toi, lui dit-il, comme si tu voulais
mourir, tu veux m'irriter par tes plaisante-
ries pour que je te fasse mourir prompte-
ment : tu te trompes étrangement ; tu veux
la un de ton supplice, j'en veux la durée; il
faut que tu saches que tu vas, avant de mou-
hr, avoir à supporter longtemps la fétidité
m
MR
d'un cachot, atin que les homnies de ta secte,
©û voyant too son misiTable et bientôt ta
mort cruelle, déposent leur audace et ap-
prennent à craindre la sévérité des lois. »
Aussitôt il ordonna quVm les conduisît tous
en prismi, qu'on l<'s enchaînât lourdement et
qu'on les tint étroite ment gard*'s. Ils furent
ainsi depuis le mois de février jusqu'au cinq
des ides de décembre, c>st-à-d.re h peu
près Tespace d*une année. Pendant tout ce
temps-là, ils furent horriblement tourmentés
par les mages, accablés de coups de bAlon,
en proie à la faim et à la soif, nes-échés par
une longue diselle, le visage défait par Inu-
niidité de la prison, le front chargé d'une
poussière cadavéreuse, la peau noire de mal-
propreté, et émaciés el desséchés de tout le
corpsi déformés par les sujiplîces répétés. Tel
était Taspect misérable sous lequel Us s'of-
fraient.
A la fin (le l'année, par Tordre du roi, qui,
dans ce temps-là, était à Léd.in» ville de la
province des Hiissites, lîarbiscciniu et ses
compagnons y furent amenés enchaînés et
mis de nouveau en jugement. Le roi siégeait
dans ce jugement; il s'adressa ainsi aux. ac-
cusés : « O race insensée, dépourvue de
toute raison, qui cours sciemment a la mort I
tant de tourments déjf\ u ont dune pas abattu
ton audace? Regardez enlîii, malheureux;
voyez quelle fin misérable ont eue les hom-
mes de votre secle, (|ui, les premiers, sont
morts entre les mains des hou reaui, tandis
qu'ils espéraient la vie immortelle et un
royaume éternel ausq» afn fjuc vous rou-
gissiez enfin n'imitrr leur folie et que vous
ne couriez pas au-devant d*une mort cer-
taine; ce qu'ils ont fait, conduits p:ir une es-
pérance abvurde d'un salut imaginaire et
dune vie élernelle h retrouver; tandis que
rien n'est plus viun, plus inconsidéré, cooijuo
vous devez le comprendre : car i s u*ont pas
revécu. Quand ils ont lait ainsi, qu'estimez-
vous de votre côté qu'il soit raisonnable de
faire? Car si vous prenez la résalu.ion d'o-
béir à mes édils îiin>i qu*à moi, qui vous
veux du bien, vous agirez dans vos intérêts,
et voire obéissance sera grandement récom-
pensée. Toisurtoui, Barbascemin, si tu em-
brasses le culte du soleil , sache aujour-
d'hui que les dignités les plus grandes et les
dignités les plus considérables seront loi
narlagcv » Eu même temps, il présenta à
Barijascemin mille sinées (demi-Jrachnres)
d'or datis une coupe d'or. « Keguis ceci, lui
dit-il, que je te donne en ce lieu |)our te nm"
dre un objet d'envie pour tous en attendant
les dignités publiques el la préfecture que je
te garde. »
Le bienheureux évèque lui répondit : « Me
preriez-voos donc pour un liomme qu'on
puisse, avec des joueis d'enfait, avec cette
vile poussière, avec des tleurs éphémères
•amènera déserler le culte du vrai Dieu par
la Duissance duquel tout ce que nous voyons
a été créé, et rentrerait imraédi.Uemenl dans
le néant s'il en donnait Tordre? Je dois
prouvera tout votre empire que je liens pour
neû ces bagatelles, el que je ne veux point
BAR
refioncer à ce à quoi j'ai résolu de rester fi-
dèle. c Alors le roi : « S*il te reste quelque
amour de ioi-mime et des tiens, prends
garde de s.^mbler mépriser el rejeter Je ca- l
dcdu dont je t'ai honoré. Car si tu continues
à agir avec mol insolemment tu feras qu'à '
rinstant je satisferai tes vœui et les miens; j
après l'avoir arraché la vie, je détruirai, J
j'exterminerai entièrement la secle ennemie
et que je hais. » Le saint martyr lui répon*
dit : Certi'S, si j a j^issais ainsi, le Dieu ven-
geur des crimes, au dernier jour du monde»
quand tous les moriels assemblés devant lui
seront saisis d'effroi, me reprocherait ma
conduite. C'est donc ainsi, inse'^sé, me di-
rait-il, que lu as préféré à moi Tor que j'a-
vais moi-mèmo dfuné au roi Sapor, el mie.
gagné par des choses futdes, lu as aooré
des futilités semblables? A cause de cela,
sachez, ù roi, que j*ai dans ma foi et dans ma
religion un port et un refuge assurés. QuaDt
à vous, tyran injuste et coupable, achevez
votre crime si bien commencé; poursuiver,
votre cœur cruel, vous ne le pouvez rassasier
de carnage. Jusqu'ici vous avez menacé :
frappez maintenant. * Le roi lui dit : « Jus-
qu à présent, pa,r les paroles et par tes actes,
je te considérais c.>mme un homme sage» et
j'avais [lour lui grande estime; mais je mV
peri^ois, bien t^rd il est vrai, que tu es autre
que j<' n'avais cru; (jue tu es aussi dément
et aussi insen^^é qu'on peut l'ôlre dans la
secte à laquelle tu appartietis : je m'aperçois
qu on ne peut guérir p.ir la douceur la p*îste
qui vrms tie*it vous autres chrétiens. C'est
pourquoi à un mal aussi tenace il faut ap-
pliquer prompteinenl les remèdes violents,
et vous ramener par la cruauté des supplice
dans le devoir rt dans la raison qui soûl la
rèj^le du commun des mortels. » B^rbasce-
min répondit : « Jugez de la foi et de la sa-
gesse des chrédens par ce fait, que nous
n'hésit^ms pas à mourir pour notrflCDit'U.
Votre (éroeité, nous h bnsois par une au*
dace aussi gi-ande ; car nous avons appris
Taudace et la douceur pour le besoin dt^s
temps et des circonstances. Pendant que
nous enseignions aux autres hommes l'ina-
nité et la caducité des biens de la ter/e,
pendant que nous disions que vous dévier
mourir un jour comme le commun d«'S mor-
tels; vous, au contraire, ré[)ondiez à nos î^-
rules par de la Oatterie, olfranl des présents,
pen.^ant que, séduits pr ces avances, nous
les |)réJérerioiis à la vie éternelle que nous
tenons au-d-'ssus de tout cl que les richesses
vénlabb's qui sont en notre jossession, nous
1rs jt.-tlerions là f*our euurir à vos présents,
qui doivent bentôl périr avec ce que voiis
nommez vos dieu\. » A ces paroles, le roi*
vivement ému : «^ Eîi bien I moi j'ordonnerai, J
au prolit de mes tioupvs, de s'armer coDirt |
les chrétiens et de se réunir tous pour la
ruine de votre nom, * Baibascemin lui ré-
pondit ; 4 L'invincible courage que Notre-
Seigneur Jésus-Christ nous a donné j>our
ce combat brisera facilement tous vos efforts
et ceujt de vos suidais. Quant è croire qude
carnage et les tourments détruiront notre
BAR
BAH
IW
le, vous vous trompez étrangement ;
b la famille choisie des cliré tiens no
plus belle et plus grande que quand
aurez commencé à sévir contre elle par
r. Ceax çue vous voulez détruire^ ex-
iner radicalement, prendront de oou-
8 forces de leurs blessures et croîtront
De une race immense ; et vous saurez
rous n'avez ni force ni cœur suffisant
!cett6 guerre que vous avez enlreprise
ie les nommes de notre religion* Mais
f expulser de votre royaume les chré-
avec votre cruauté liîïbituelle; notre
îa hâte de nous recevoir; ccst celle
fouvre à ceux qui nous ressemblent,
bommes imbus de nos principes. Un
viendra où vous voudriez bien laver
tiains tachées de notre sang, mais vai-
Int : les chrétiens que vous avez fait
Hr, nos compagnons, mènent au pa-
lune vie heureuse; les enfants que vous
lues, les vierges que vous avez raarty-
ïy régnent dans la félicité. Quant à vous,
ri coni faire vous attendues larmes, les
bmeûtsde dents et les supplices qui n'au-
point de tin.»
irs ce roi impie» ennemi de la justice et
équité, entra dans une colère atroce
, satistit immédiatement , en lançant
fe les chrétians, un édit cruel et saugui-
f Comme un dragou ou un oiseau de
^ il se lança sur les chemins, il vola
la proie, il se courba pour déchirer, et,
è du fiel qui bouillonnait eu lui, il en
k les torrents amers qui couvrirent
[^renversèrent et brisèrent tout,
ici le texte de cet édit : « Quiconque
lie et veut le salut de mon royaume,
jfaire en sorte que personne portant le
4e chrétien ne reste dans la Perse ou
is lieux soumis à ma puissance, s*il ne
Mt à adorer le soleil, le feu, Feau, à se
kir du san^ des animaux. Si quelqu'un
é de faire ces clioses, j'ordonne quil
bimédiatement livré aux prétVts, et que
pur sentence il soit tourmenté et puni
srnier supplice. »
pi Barbascemin fut mis à mort avec ses
Ïigûons le neuvième jour de la lune de
r. Après sa mort, le siège de Séleucie
I Clésiphon vaqua envirua vingt ans,
cet édit cruel apporta de troubles pour
Ikouvelle élection, tant les chrétiens fu-
Idans la terreur de la |)ersécutiouI
iRBATlEN (saint), prêtre et confesseur ^
i sa vie pour la foi à Eavenne. On
le dans quelles circonstances et à quelle
iL* Eglise fait sa fête le 31 décembre.
fcRBE (:ainte), vierge et marîyre, liono-
àar relise le 4 décembre, passe pour
f été martyrisée sous le règne de Maxi-
r'. On n'a rien de certain sur sa vie, et
tfférents actes qu'on a d'elle, loin d'ai>-
jr quelque lumière dans ce qui la re-
I, ne peuvent qu'y jeter de robscurité.
Us sont eouljadictoires ou remplis d*er-
î Hagrantes.
(Martyrologe romain dit qu'elle mourut
jomédie, sous Maximiu, après avoir en-
DiCTiQîiw, DES Persécutions. î.
duré toutes les horreurs d'une longue cap-
tivité, quelle fut brûlée avec des lampes,
c[u'el!e eut les mamelles coupées, et qu'en-
lin elle accomplit son martyre par le glaive.
Quelques-uns de ses historiens la font
disciple d'Origène. EHe est l'objet d'une dé-
votion toute particulière chez hs Grecs, les
Moscovites, les Latins et les Syriens. Suivant
le récit de Montbritius, sainte Barbe aurait
souffert h Hcliopolis en Egypte, sous le règne
de lempereur Galère,, eii Tannée 306. Ce
dernier récit s'accorde avec le Ménologe de
l'empereur Bisile et avec le Synaxaire des
Crées. Prés d'Edesse existait un monastère
qui portait le nom de Sainle-Barbe.
BARBÉE (sainte), martyrisée sous Trajau,
par ordre de Lysias, sou lieutenant, en* Fan
116, avec saint Barsimée , évéque d'Edesse,
et saint Sarbèle. Les Actes qu'on trouve
dans Bollandus ne présentent pas tous les
caractères d'authenticité désirables. Sainte
Barbée est honorée par l'Eglise le 29 jan-
vier,
BARCELONE, ville d'Espagne, eut» au
commencement du ivsiiècle. sous l'empire de
Dioctétien, l'honneur de voir le martyre de
sainte Eulalie, maintenant sa principale pa-
tronue. Cette ville possède encore actuellij-
ment les reliques de la sainte. En 303, le
gouverneur Oacien y lit décapiter saint Cu-
cufat, qui venait de Mauritanie, où il s'é-
tait d'aliord retiré, quiUanl T Afrique procon-
sulaire pour éviter la persécution de Dioclé-
tien» qui commençait k sévir,
BARDOMIEN (saint), eut la gloire de
mourir pour la foi chrétienne en Asie avec
Eucar(K* et vin^t-six autres. L*Eglise honore
leur mémoire le 25 septembre,
BARHADBESCIABAS (saint), diacre et
martyr, que l'Eglise honore leâl juillet, fut
mis à mort en Perse durant la grande persé-
cution de Sapor, par l'ordre do Sapor-Tam-
sapor. Ses Actes (|ue nous avons traduits
méritent d'être cites.
Dans la quinzième année de notre persé-
cution, Barnadbesciabas, diacre, fut arrêté
dans la ville d'Arbelles, par l'ordre de Sapor-
Tamsapor. Pendant qu'on le déchirait dans
les plus cruels supplices, le tyran lui parlait
ainsi: « Adore le feu et l'eau, mange du
sang, à l'instant tes sonllrnnces cesseront et
tu partiras libre de ces lieux. » Mais le bien*
heureux diacre, au milieu de ces crueis sup-
plices, gardait une ptiysionomie tellement
sereine, que la joie paraissait surpasser la
douleur, que le sourire était sur son visage;
se raillant du tyran, il lui parlait eu ces ter-
mes : <f Homme impie et immonde , quel
es-tu donc pour vouloir me porter à anju-
rer ma religion, pour me porter à abandon-
ner ces principes salutaires qui m'ont été
enseignés dès mon enfonce I J'en jure par
Biuu que je sers du plus profond de mon
cieur, fiar Sim Christ en qui je mets toute
mon espérance, que jamais ni toi ni ion roi
que tu vantes tant, ni les supplices les plu-
LTU/ls, que rien en un mot ne m'arrachera
l'amoui* do Jésus-Clirist^ que mon cœur a
14
I
§AR
m
fardé depuis TAgc le plus tendre jusqu*à
âjre aTancé où je suis arrivé. »
Le tvran, outré de colère, porta aussitôt
la sentei.ce qui condimaait le saint diacre à
la p*.»ine capitale. Dans les mimes jours on
giirdait dans les prisons un certain Aghaé,
Dt^ble laïque de la ville de Tahal, qui dans
un premier inlerroijatoire av.nt montré qu'il
délestait le culte du sjleil, et aue le lyrau
avait fait mettre en prison. Cet nomme ^^r-
d;nt encore le nom cie chrétien; plus tard il
devait ignoblement déscrtirla religion chré-
ti ime. Le préf<,*t lui ordonna, après lui avoir
fait enlever ses chaînes, de rem|)lir à Tégard
d i saint d acre le rôle de bourreau. Ce juge
i'iique voulaû précipiter lo malheureux
A-^hi\6 dans un crime j)Ius grand que celui
qu'il iui avait auparavant v.iinemont com-
uiandtscar cclui-ri n'avait pas rempli les
ordres qui lui él iif;nt donnés.
!.es satellites conduisirent donc Barhad-
bcsciabas enchaîné sur une colline hors les
mars du chAteau de Hazau, pour j recevoir
le coup mortel. Alors on ordonna à Aghaé
de tirer Tépée qu'oi hn présente et de rem-
plir son mand'Jt. Il ob-Mt, quoicpie violem-
ïUL'nt ém j j)ar la crainte : semblable à un
automite à qui man |ueat le cœ irel le bras,
il frappe S!*pt fois sans pouvoir trancher la
tète au bioidieureux diacre. Les assistants,
sa sis d'indignation, le forcèrent j\ termi-
ner ce meurtre d'un*^ autre manière. C'est
[)0!:r|uoi, rej>rona;.t le glaive qu'il avait
aissé toaiber'de sa main, en I3 voyant cou-
vert de sin,', il le to.inia veis le corps du
saint marty.,et lui perça les eiilrailles : le
sa nt mou. ut h l'instant de celte blessure.
Je pense augmenter 1 intérêt de cet écrit
en raco dant sommairement le prodige qui
vint frapper le parricide Aghaé. A la mémo
heure oii Tinnocent diacre avait été tué par
lui, il fut saisi providentiellement d'une ma-
ladie tellement grave et cruelle, que sa main
droite se gonlla d'une fagon si horrible, qu'elle
altei,;:nail la grosseur d'uno s live. C'est
pour.juoi ce malheureux bourreau était forcé
de rester perpétuellemt'nt couché, la inAn
appuyîe sur un coussin, jusqu'à co que ses
membres étant envahis par la gaigrène, il
mourut quelques jours après, dans des
soulfrances cruelles et délaissé de tout le
monde.
Deux militaires avaient reçu du tjran l'or-
dre de passer la nuit près du corps du mar-
tvr pour le girder ; deux clercs résolurent
de |»asser la nuit dans un lieu voisin pour
enlever cl^ndestinement le corps du martyr,
Cl profitant du sommeil des gardiens. Ils
avaient d'abord tenté de gagner les satellites
par argent. Maisse voyant repousséset voyant
fa chose impossible, ils protîtèrent du pro-
fond sommeil dans lequel ils étaient pion-
kés,el,les ayant surpris, les attachèrent à un
Eâ on, el pendant qu'ils n'osaient crier, ils
em|))rlèrent le corps du mart.r qu'i s en-
terrèrent durant la nuit dans 1111 li(»u conve-
nai)le. Lésa nt martyr Barli ^'dbesciabas mou-
rut le "lô juillet. {Traduition de ['autcnr.)
I BAKKEV, prince aiménien, de la famille
d'Ardzourouuik, fut Tun de ceux qui souf
frirent volontairement la i^ptivité pour
Jé^us-Christ, sous lé règne d^Aazgnerd ,
deuxième du nom, roi de Perse» et qui ne
furent reuiis ea lioerté et renvoyés en lei^
pays q ic huit ans a rès la mort dp ce iripce»
sous le règne de son Q s B. rose. (Pour plus
do détails, voy. Phincks ▲amé>ie.\s).
BARLAAaI (saint), martyr, naquit près
d*Antioche, dans un village. II prit l'état de
SQS parents, et pendant une grande partie de
sa jeunesse s'adonna aux travaux des
champs. Au milieu de ces travaux qui lais-
sent à l'âme toute sa liberté contempla: ive^
Barham s'ojcupait de se sanctifier par tou-
tes les pratiques de la piéié la plus élevée.
L'ardeur avec laauelb il se proclamaU dis-
ciple de Jésus-Chrisf, fut cause qu'on Tar-
rèti. Enfermé dans la prison d'Anlioche, il
y resta fort long-temps. Le juge devant le-
quel on le conduisit le railla siir la rusticité
do ses manières et sur soi extérieur, ma^s
ne p:t s'empêcher d'admirer son courage et
sa grandeur d'à^e. Le saint ne poussa pas
un cri, ne ût pas entendre une plainte, pen-
dant la cruelle flagellatioi (ju'on lui fit su*
bir. On l'éteniiit sur le ch 'valel oii tous ses
os furv'Ut di^loqués. Au ^}ilieu de ces 5up^
plices atroces il garda toujours la sérénité
et la gaieté de son âme. pou)-reirrayer|e juA
fit apporter devant lui des ba'chcs et de|
glaive^ teints encore du sang des martyrs.
arlaam les regarda sans moj):r:?r le moilî^
dre effroi. Vaincu par un simpl.e paysan , b
juge fut exaspéré de sa défaite. II cherchai
ixivontèr quelque su[)|)Iice' nouveau ppur
abattre la constance du raar/yr el veug*t
l'outrage i^it à ses dieux. l\ imagina de met-
tre Barlaam près de l'auel, I^ niaiu étendue
sur le fourneau embrasé et couverte de char-
bons ardents et d'encens : il pensait que 11
douleur forcera. t le saint à remuer, el aué
l'encens tombant dans le feu op pourrait (fire
gu il avait sacrifié ; mais Barlaam demeura
uiébranlaole : il se laissa brûler la main saDS
faire le moindre mouvement. Peu de temps
après il mourut. Ses Actes semblent dire
que ce fut à la suUe des souffrances o>
casionnées par les tourments quM avait en-
durés. On ne sait pas précisément ^'année de
son martyre ; on sait seulement quTl eol
lieu après la mort de Galène. L*JE;^ise lait sa
fèto le 19 novembre.
Homélie de saint Basile le Grand
Barlodin, martyr. (T. 1 , bomil. 18.)
« Dans les premiers temps, mes frères, les
larmes faisaient partie des honneurs funè-
bres qu'on rendait aux saints. Josejph arrosi
des siennes le corps de son père êàCfÀ); les
Juifs pleurèrent plusieurs jours la mort de
Moïse, et tout Israël honora de ses regrets
lo tombeau du prophète Samuel. Les choses
ont bien change , et , depuis la mort de Jé-
sus-Christ, on ne voit plus répandre de pleurs
aux obsèques des saints; la joie y éclald
parmi les chants d'allégresse , et les fidèles
qui y viennent en foule forment, autour de
leurs saorés monuuienls, divers chœurs de
musique et de danse. En eifet, la mortn*est
qu'un sommeil pour les justes, ou pluUk oo
m BAR
passage à une raeilleure vie. Et comment té-
nioi^ief de la tristesse k ia mort ties inar-
Ivrs? Lfîs marïvr^ mAioos ne mo viretU que
îlo In joie lors {if on les fait mourir; t'iUtejJte
p d*un bonheur infini ^oioussc tou-
[r ^ >uiles de la douleor. Croil-on qu*uQ
manyr s'arrtite à considérer les tourments?
Il ne voit que les couronnes, il compte tes
prix qu'il v.i recevoir, et non les [À-dh^s qu'il
reçoit. Il n*a perçoit pas les bourrenuK qui
tirent du sang de toutes ses veines; il ne
pense qu'à une troupe d\uiges qu'il croit
enlendre autour dû lui applaudir il sa vic-
iDîre. A peine sent-il les divers supplices
qu'on lui fiiit endurer; du moins iî les mé-
prise pour leur peu de durée; mais il est
tout occupé de la grandeur et de Téteriiité
des r' Mses qui lui sont promises. La
tern joint au ciel, et les hommes se
mêlent aux esprits bienheureux pour chan-
ter les louanges du martj^r*
« C est ee que nous voyons arriver aujour-
d'hui en la personne de rUlustro martyr
Barlaam. Au nremier son de la trompette,
des troupes ae iidèles accourent de toutes
8 arts pour s'enrôler au service de Dieu et
e son serviteur. On publie la valeur d'un
athlète de Jésus-Christ» et en un instant Té-
glise devieit un amphithôfUre qu'un nom-
bre incroyable de spectateurs remf*liL Celui
qui croii en moi vivra, quoique mort , dit le
Sciyncur {Joan. xu 25). Barlaara est mort, et
il préside à nos assemblées. Son tombeau ne
relient plus de lui c|u un peu de cendj'es» et
ce peu de condres d^j vient fûbjet d'une fûto
publique. C*est aujourd'hui, mes frères, que
vous pouvez vous écri*T : Qm sont derenus
les sQfjes f que sont devenus les docteur» de la
loi? ou sont ceux qui recherchent avec imit de
eurionté les sciences de ce siècle (/ Cof^. i,
20)? Un homme grossier, un pauvre villa-
geois nous tait une leçon admirable de reli-
Sioti et de piété. Un tyran se saisit f^nns peine
e cette innocente nroie; elle se laissa pren-
dra et ne se déf-^iuiit point; mais après que
le tyran en fut le maître, ii \it celte paisible
colombe se chan^'er en un épervier plein do
l^raleiir et de fjrce. Il se mo^ue du laniai^c
"" stique de cet homme champêtre, il en
ptaisante^ il en raille; mais il ie voit combat-
tre avtîc un courage de héros , cl il en est
»uvanté. Son âme ne se sent poiut de la
lessede so^i ori^ie ni de la birbsirio de
«pressions, et sa raison ferme et droite
onche pas, commue son discours. Il peut
ire avec samt Paul : si je^pat le mal» je pense
it*n î et si mou lan^^aj^e n peu de politesse,
nce a beaucoup d'é tendue, Déjà les
Mt\ sont ren las, h force de frapper» et
martyr 0*en est que plus frais. Les bras^Je
UK qui déchirent tombent de faiblesse, et
elui qui est déchiré est beaucoup plus fort.
,e bruit des fouets ne s'entend presque plus;
\eà nerfs dont ils sont faits se sont relAjhés,
pt 1. i'.r ,j.. :.-rîyrest plus vi^our<*ase, Ses
1 sang paraissent tout dessé-
tii'.'s, <'î s^i} \ ;rnie est plus tlorissante que ja-
mais. Une partie de sa chair est déjà morte,
«t il 0«t |Mus vif qu'au coramencement du
BAR
130
combat. C'est là Teffet que raniour de Dieu
produit dans une âme, quand elle an est
toute préoccupée : alors les supplices les
plus aureuï ne liii semblent inventés que
pour la divertir; et plus elle soutîre pour
celui qu elle aime , plus elle trouve de plai-
sir à souiïrïr. Demandez-le aux apôtres : que
pensaient-ils des coups de fouets que les
Juifs leur tirent doamcr {Act. v ^ hljf Ne
leur furent-ils pas infiniment agréables? Ils
sortirent du conseil, se réjouissant de ce
3u1ls avaient été jugés dijçnes de soufTrir
es opprobres pour le nom de Jésus-Christ.
« Cetait avec ces seiUiments que notre
saint villageois recevait les coups de fouets
que la cruauté du. tyrcio multipliait à llnlini.
U s imaginait que celte grêle de coups était
une pluie de roses qu*une main obligeante
faisait lomber sur lui : la fureur de ce juge
ne lui semblait tout au plus qu'une légère
fumée qui se dissipe aussitôt; les mines me-
nagantes des bouneaui le faisaient rire, ot
tout cet appareil de supplices qui environne
toujours les tyrans, lui paraissait un parterre
de truite sorte de tleurs, 11 regardait comme
des marques honorables les plaies dont il
était couvert; il les recevait avec une joie
aussi empressée que si c'eût été des prix.
Les épées nues, les haches, les coutelas, tous
ces instruments qu'il voyait teints du sang
des cjartyrs, ne lui faisaient point de peur;
il se plaignait que les mains des bourreaux
n'avaient pas plus de force que si elles eus-
sent été (le cire. Il embrassa de tout son
cœur le chevalet. Quand on le conduisit en
prison, il crut quVm Vavait l'ait entrer dans
u^e prairie délicieuse : enlin, sa main résista
à toute la violence du feu, et son invinciblu
patience rendit inutile la dernière machine
que ses ennemis avaient dressée contre lui,
Lar, TayaBt mené devant un autel où on
avait allumé du feu pour un sacrifice, ils lui
prLeit la main, la remplirent d'encens tout
ijrûlant , et , la tenant immédiatement au-
dessus du feu, ils espéraient que , n en pou-
vant endurer fardeur, il retirerait sa rnain
avec préci^iitation et laisserait tomber Ten-
cens sur TauteK Oh 1 que les méchants ont
de sortes de ruses I couibien de ressorts ne
font-ils point jouer pour venir è leurs tins ?
Puisque nous n'avons pu, disent-ils, réduire
cet homme à faire ce que nous voulions,
quoique tout SQii corps ne soit plus qu'une
plaie, essayons si h feu le rendra plus Irai-
table : il a démonté loules nos machines,
voyons si sa main sera à l'épreuve des flam-
mes. Misér^djles I yolre espérance sera vaine.
1! est vrai que le feu n'épargnera pas sa
ûlain;il agira sur elle avec sa violeDce ac-
coutumée; mais elle le supportera comme ia
cendre le supporte ; elle ie conservera comme
la cendre le conserve. Notre intrépide soldat
ne tourne point le dosa lenneDii ; il lui tient
tèle, il le combat de front, et il dianïe, pour
s'animer, ces pa:oles du prophète : Béni soU
îe Sfiqncur qui dresse mon bras pour h
guerre , et forme ma main au comboÉ (PsaL
cxLiuj, La main de Barlaam et le feu étaient
donc les combattants; mais 1^ feu avait tout
m
BAR
le désafMilage : voici une nouvelle manière
de vaincra* Le feu perce la main du martyr
€i la pénètre, ol la main demeure étendue et
n'abandonne point le champ de bataillCp O
main plus opiniâtre que le feu 1 ô main que
le ftiu le plus Apre ne peut obliger à se ren-
dre 10 loi, qui de tous les éléments es le
moins endurant ; toi qui ne trouves jamais de
résistance, comment cèdes-tu à la main d'un
homme! Tu fais perdre au fer sa dureté;
Tairain ne peut tenir contre ton activité; les
pierres se calcinent, sont réduites en poudre
par ta chaleur, et la main d'un martyr au
milieu des flammes te méprise • toi le vain-
Kïuour du fer, de lairain et du jnarbre I Sans
doute il sVîcria alors avec David ; Vous m'a-
vez pris par la main^ vous niavez conduit se-
lon votre vohnlé ^ et vous tnavez fait après
entrer dans la gloire {PsaL lililu), A qui
TOUS coniparerai-je , soldat de Jésus-Christ ?
i^ous nommerai-je une statue de bronze T
Mais c'est vous louer faiblement; le feu fait
fbndre les statues de hi-on/e. Dirai-je que
votre main a Tinflexibilité du plus dur de
tous les métaux? c'est Irop peu dire eiîcore;
le l'eu en vient h bout. Vous êtes le seul
dans la nature qui ayez pu persuader au
fi3u de se laisser vaincre; vous êtes le seul
dont la main ait pu servir à conserver le feu.
Avec cette main embrasée vous donnAtes
mille soufilels atu démons; leur tête se fon-
dit alors comme de la cire h l'approche de
celte main, et aujourd'hui qu'elle est réduite
en cendres , vous les leur jetez dans les
youx et dissipez ainsi ces troupes infer-
nales,
« Mais comment osé-je entreprendre de
parler de ce héros avec une lauj^e qui ne
sait que bé-çayer. Cédons cet honneur h celles
âui ucuvent'^le louer di^^nement. Embou-
iit^z la trmnpelle, illustres panégyristes; ac-
coureï ici et puliliez les louanges de cet in-
vincible martyr. Venez aussi» peintres élo-
quents, vous qui donnez Timmortalité à vos
hgurcs; représentez-nous notre martyr; em-
liloyez toute la tlnesse de votre art à bien
marciuer surtout cette main brûlée; finissez
cette ébauche que je viens de donner, et re-
haussez, par réel a t de vos couleurs , le som-
bre crayon que j'en ai tracé. Que le tableau
one vous ferez du combat et de la victoire
de notre illustre athlète elface, jy consens,
le peu que j'en ai peint ; je ne serai point ja-
loux de votre gloire, et je vous céderai avec
joie celle de savoir mieux peindre que
moi. »
BARNABE (sfiiot), selon la Vulgate latine
et quelques manuscrits grecs, se nommait
d'abord José ou Joseph, Le nom de Barnabe,
qui signilie fils de consolation, lui fut donné
par les apôtres, à cause du don qu*il avait de
consoler les aflligés, et h cause de sa grande
douceur. Originaire de ^.liypre, il était de la
tribu- de Lévi, 11 était ruii des soixante-dix
disciples. Après Tascension, il donna aux
apiitres, le prit d'uTie terre qu'il avait dans
les environs ih» Jérusalr'in, Ce fut lui qui
préseulu saint Paul aa\ apôtres quand ce
mai vint h JéruMlem, trots ans après sa
conversion* Ils avaient étudié ensemble
sous GamalieL Saint Barnabe accompagna
saint Paul dans beaucoup de ses voyages,
parcourant avec lui l'Asie Mineure, la Syrie,
la Grèce. A Icone les deux saînîs faillirent
être lapidés {Voy. Paul), ainsi ga'à Lystre
et à Derbe» On prit à Lystre saujt Barnabe
pour Jupiter et saint Paul pour Mercure.
L'an al, Barnabe fut envoyé d'Antioche à
Jérusalem avec saint Paul, et s'y trouva an
concile des apôtres, où il fut proclamé avec
et comme saint Paul, apôtre des gentils. Plus
tard, ayant quitté saint Paul» il s en alla prê-
cher en Chypre; c'est tout ce que nous sa-
vons de certain sur son compte : ni ce que
le moine Alexandre, de Chypre a écrit de
lui, ni ce qu*on trouve dans le P. Sirmond,
ni ses actes qui portent le nom de Jean
Marc, ni ce qui est dit de lui dans les Ré-
cognitions, rien ne nous paraît de nature à
pouvoir servir de base h des alïlriDatioas
solides. Le moine Alexandre cl les Grecs,
dans leurs menées (Mén.^ 11 juin, p, 82),
prétendent qu'il fut lapidé par les Juifs à
halamine. Vers l'an WL8, il apparut à An-
thème évoque de Salamine, et lui indiqua le
lieu où était son corps. Son sépulcre ayant
été ouvert, on v trouva son corns, «ayant
sur la poitrine TEvangile de saint Mailiiieu,
qu'il avait copié de sa main, L'Eglise célè-
bre sa fête le 11 juin.
BAHSABAS, Voy, Jlde.
BA BSABL\S (saint), abbé et martyr en Perse,
mourut pour la religion sainte de Jésus-
Christ, en Fan 3i2 de Tère chrétienne. Son
histoire est consignée avec celle de ses
compagnons dans des actes que nous don-
nons après les avoir traduits. Notre traduc-
tion, comparée par le lecteur h celles qui ont
été faites, fera voir quelles bévues certaines
fautes de trad uclion, jointes à une insu(fisaoc«
d*attcntion inima^^inable, peuvent feire dire
à des historiens. Quand le texte dit positive-
ment qu'on meurtrit de coups les bras et
les jambes des saints martyrs, les traduc-
teurs que nous citons disent qu*on leur
coupa bras et jambes. Cela n'empêche pas
qu'ensuite, ils ne les fassent marcher gaie-
ment au supplice, et qu'ils ne racontent que
saint Barsabias, arrivé au lieu de rexécuUon,
firit chacun de ses moines par la main {lour
es présenter au bourreau. Le bon sens suf-
fisait ici pour expliquer le texte chaldaïque
qui pourtant est fort clair. C'est avec de
semblables récits, avec de pareilles erreurs,
qu*on fausse les pièces les plus belles et les
plus authentiques, et qu on les fait rejeter
ainsi détigurées par les historiens conscieii*
cieux. Un autre inconvénient c'est que sou-
vent ces récits ainsi habillés vont à uoe
certaine classe de lecteurs dont la foi robuste
n entend reculer devant aucun obstacle, et
veut admettre tous les miracles prétendus
qui snrcbari^<nt lliistoiredéjà si grande des
miracles véritables. Ces gens-là, nous 00
connaissons, font marcher les gens qui n'ont
dIus de janibes, font ai^ir les mains de ceux
a qui oa a coupé les bras. Ces absurdité»
^Qia pour eux tout ce qu'il y a de plus Hcré;
Tis-à-vis d elles la discussioii est interdite,
et sactilége celui qui se ïa permet. Ces gens-
là ont une religion à part. Ce sont les hal-
lucinés du catholicisme ; leur superslitiori
accepte tous les miracles de bonnes fein-
mes et les amulettes des dévoilas. Us ont
plus de confiance dans une relique douteuse
Îfue dans le bon Dieu, Au lieu d'invoquer
ésus-Chrisl auprès d'un malade ils le bario-
leront d*objels prétendus bénits. Pour eux
le tableau de saint Salurnin-lès-Apt est
aussi peut-être plus puissant que le saint
sacrement. D'où vient cela? de la faute des
mauvais livres , faits dans une intention
dévote par Tignoraoce ou la faiblesse d*es-
prit. Mais nos premiers pasteurs, avertis par
les supercheries de Rosette ïaraisier, veil-
leront de plus en plus à ce que ces livres
légendaires ne s'impriment plus sans leur
approbation. Dès lors la vraie loi et la vraie
pieté pourront s'édifier en pleine sécurité.
Martjfre des saints Barsabias^ abbé^ de dix
mornes^ as compagnons, et d'un certain
mage,
A peu près dans le même temps oit saint
Milles reçut la couronne du martyre, saint
Barasibias, qui était abbé d'un certain monas-
tère en Perse, et gui avait sous sa conduite
dix moines, ses disciples, fut accusé auprès
du préfet de la ville d Astaliara par des hom-
mes méchants et chargés de crimes. Les dé-
lateurs les accusaient de plusieurs choses :
*Cet homme, disaient-us, corrompt les
mœurs t enseigne en outre une doctrine
peniicieuse, et veut peu à peu détruire la
religion des mages pour faire prévaloir la
sienne. » C'est pourquoi le préteur, ayant
envoyé des satellites, ordonne que Barsa-
bias et ses disciples soient saisis, chargés de
chaînes et conduits h son prétoire. Lh^ ils
fura^it tous soumis aux supplices les plus
cruels : d'abord on leur meurlnt les genoux
à coups de barres, les bras, les jambes et les
côtés à coups de bâtons ; ou leur coupa les
oreilles et le nez, un leur meurtrit les yeux.
Ce juge inhumain, voyant que ces saints
martyrs avaient supporté les tourments les
plus cruels» l'application de lames ardentes
sur leurs membres sans succomber, sans
abjurer leur Dieu, sans renoncera la vraie
religion, mais encore sans changer de vi-
sage, de physionomie, ordonna qu'ils fussent
conduits hors de ta ville pour y être mis à
mort. Les martyrs marchèrent au Heu du
sut>plice« entourés d'une grande mollitude
de peuple* Entre les mains des licteurs ils
chantaient des hymnes et des psaumes h la
louange du Seigneur. Il arriva sur ces enlre-
■^lites que le carnage des saints étant ûijk
)mmencé, un certain mage à cheval et son
)use, ses deux (ils et plusieurs domesti-
les qui venaient de partir do la ville pas-
sent dans ce lieu. Le mage, ayant vu Tim-
jense multitude de peuple assemblé, donna
Tordre h son cortège d'aller un peu en avant,
^ndant que lui-même irait voir ce que
igniliait tout ce concours. Il vint donc fur
)u cheval, le domestique le précédant, et
ayant écarté la foule, il s'arrêta assez près
des martyrs. 11 vit rillustre abbé, l'air joyeux
et chantant des psaumes, non content S'en-
courager ses disciples à soulTrir courageuse-
ment la mort, prendre chacun d'eux par la
main pour les L'onduire au bourreau, afin
qulls subissent les supplices qui leur étaient
destinés, A ce spectacle, le mage, frappé de
stupeur, eut une admirable vision. C'était
Dieu qui lui ouvrait les yeuï. Il lui sembla
voir un feu brillant d'une admirable lu-
mière et disposé en forme de croix, au-
dessus des corps des martyrs qu'on venait
d'égorger. Vivement frappé par cette vision,
presque épouvanté, il sauta i>romptement de
cheval, et ayant changé de vêtements avec
son ilomesliqne, il vint raconter h Toreille jt
Fabbé le miracle dont il venait d'éire le té-
moin, et il ajouta ; <t Toules ces choses, cette
vision, me donnent à croire que j'ai été
choisi par votre Dieu pour que je meure
avec V0U5 martyr de la môme f<ii. C'est
pourquoi je reconnais dc-jà un seul Dieu,
qui est le vôtre, et je le confesse du plus
profond de mon eoîur. Et puisque pcrsonna-
ne sait que je ne suis pas un de vos com'|>a-
gnons, un de vos disciples, ne vous montrez
pas sévère et cruel envers moi; prenez-moi
par la main, comme les autres, etPivre^-moi
aux licteurs pour être tué ; car c'est voloiï-
tai rement que je veux subir la mort avec
vous, que je la désire absolument; avec vous,
dis-je, qui êtes le peuple saint, vrai et ft-
dèle, » Barsabias se rendit à ses vœux, vive^
ment touché par la relation de la vision qu'il
avait eue* Il prit le mage par la main, comnm
les autres, et le présenta pour être tué au
bourreau, uui ignorait entièrement ce qui se
passait, après le neuvième d© ses moines. Il
lut mis à mort le onzième. (Il semblerait
qu'il y fait erreur ici, et (jue le mago eût dâ
mourir le dixième î mais il est fort possible
que les bourreaux aient relardé sa mort pour
un motif que nous ignorons.) Lahbé pré-
senta sa tète au bourreau le dernier après la
mort de tous les autres. Ainsi co fut le mtjge-
qui compléta et finit ce nombre de douïe-
martyrs. Leurs tètes furent apportées dans
la ville et pendues, pour eiïrayer la multitude^.
dans le temple de Nahitis (Vénusjt déessa
des Perses,
Peu de temps après» l'admirable subter-
fuge du mage tut connu ; quand le bruit s'en
fut répandu par toute la province, il excita
Tadmiration universelle, et plusieurs, à
cause de cela , se donnèrent au Christ et
embrassèrent la vraie religion; de ce nom-
bre furent l'épouse du ninge, ses lits, ses
domestiques, qui immédiatement se firent
instruire des dogmes chrétiens, et qui,,
ayant été baptisés, passèrent tout le reste de
leur vil} dans la crainte de Dieu cl dans la
pratique de la religion.
Le martyre de cos sainis arriva le dix-
scfitièmo jour de la lune du mois de juin,
L'Eglise célèbre leur ftMc h 20 octobre. (Fro^
duction de Vauieur,}
BAKSÈS (sailli), évèque d'Edesse et con-
fesseur, fut banni pour rorthodoxie, en Ti%
i
ISS BAS
par rempefeur arien Valens. Il fut envoyé
sut les confins de la Mésopotamie, et Ooit sa
lie dans son exil. LT.glise l'ait sa fêle le
80 jartvier. (Fov. Vale?ïs» empereur.)
BARSLVtÉE (saint) , évèque d^E/lesse , a
souHert sous Trajan, avec saitit Sarbèie et
sainte B^rb^^e, Leurs A^tes» qiioti f»eullrau-
ver dans Bollandos ( 2î> jantJiVr, pnff. 92:1),
fiortrnt qulls furent niartyrisés soiisLjsias,
ieulenant de Trajan : d*après cela, ces faits
n'ont pu se passer (ju'en Tano/'e 116, qufliid
Edesse fui prise et bril ée. 11 faut Ideti .se re-
porter an temps où Lysias s'e<ît (ronvé à
Edesse. Ces faits prouvent que la persécu-
tion continua jusfju'à li fin d:i rèbpie de
Trajan. N^ius ne donnons i^as tes Actes de
ce saint; ils ne nous ï>arais:seiit fias assez
authentiques. L'Eglise fait sa fête le 30 Jan-
vier.
BARTHÉLÉMY (saint), apAlre et martjr.
On D'à nas de certitude sur le uenre ni sur
le lieu (le sa mort. Les uns disent» qu'avant
porté la fui jus lue dans les Indes, il v
trouva la palme u»j martyre, et au'd fui dé-
capité. Les autres (irétendcnt qii tl fut écor-
ehé h Aliiane en Arniénie. On fait aujour-
d'hui sa fôte le "^Vacût.
BAlVTHÉLKMl-r.ENESTOH (le bvenlieu-
reuï), fut martyrisé dans l'Ile Minorque, par
Barberousse, qui y fil une descente en 153t>.
il eut pour coiiipagnon de son martyre
François Coll. Ces deux frères mineurs ;
;Toyant les ravages q'ie Barberous.^e com-
eltait dans Mahon, eonsumèienl les hos-
lies qui se trouvaient dans le saint ciboire»
alin de les dérober h la profaîiâlion des
iafidèles. Barberousse li-ur lit soutînt de
cruelles tortures. C'est ainsi qu'ils obtinrent
la couroona du martyre, (Waddîng, an. 1536,
»* î.)
BARUE (saint), martyr h Carlbaj?e,en2o0,
$ùus le rèoUO et duiant 1 1 |ierséeut!on de
Tetupereur Dèce, fut enlVrmi^ dans un ca-
chot avec une foule d autres chrétien'^, où,
par ordre de i'empereur, on les laissa mourir
de faim. L'Eglise fat la fêle de tous ces
saints maft>rs le 17 avril, avec celle do
saint Ma[tpalique. {Votj. Victoiit?<.)
BAKULAS (saint), jeune ent>int, eut la
gloire et le bonheur de mourir pour Jésus-
Christ, en Tannée 303, sous le règne et du-
rant la grande feiséeution de feuiperenr
pioelétien. A Finstigatiun de saint Romain»
il avait confessé courageusement dans la
ville d'Antioi'he, où il était n -, quUl n'y
avait qu'un seul Dit.*u. et que c'était une
souveraine impiété d'f^n adorer plusieurs.
Après avoir été alroceinent battu, ii fut dé-
feapité. Durant son supplice, la mère ae
tressa de lui prodiguer ses exhortations.
L'Eglise honore sa mv'raoire, avec celle de
S dut Romain, le 18 novembre. iVou. Ceil-
er, t m, (>. 453 et 45G.)
} BAS, ou Basse (saini), évéque de Nice,
près la rivière du \ar, lut r.rrt'té sous D^re,
i|ar ordre du président Pér» nu e. Il fut hor-
^ribleraenlloui mente sur le ch»- valet; ensuite
on le brûla pariuut avec des lames ardentes;
; il lut battu cruellemeïil^ déchiré avec des
iéOTpîons, et enflri jeté âmê le feu, d'oft fl
sortit sain et sauf. Ensuite il fut percé, de la
tête aux pieds^avêc deux longues broches eo
fer, que ses Actes nomment de j^rands cJous,
C'est ainsi qu*il termina son maiivre* L'E-
glisr^ célèbre sa fôte le 5 décembre. Depuis
quelque temps on a rr-liouvé son corps.
BASILE ^saint), prêtre et rtiarlvr, était ap-
pliqué s.ins rel\che à enseigner aux bôraïues
les vérités (hré'iennes, et a les détromper de
Ferreur et du mensonge. Il s^elforcait d»*bM
conduire d ins les voies de Jésus-Cfirist, et
de les délonrner de celles du démon. Il ne
cessait de leur prêcher que des lemp^ f-*
ch'Hix s'approchaient ; nue les prim i[ ma
chefs de la milice ûp$ eni;*rs en étaient i>*»r-
lis, i;t semaient partout û(^s pièges» de.^ jié*
rîls et des scandales; que parmi tes ministre^
de Jésus-Christ il se tj'ouvaît des m nislri^s
du démon revêtus de peaux (hy brebis, mais
qui n^étaicïrt ^n effet que des loups cruels et
ravissaïds, qui ne cbtri haieutqu'à se rassa-
sier des âmes ; qu'il fallait marcher avec de
grandes précautions, 11 criait iJe toute sa
furce et avec toute Tintrépidilé et toute l'as-
surance d'un prophète : Suivei-moi , veus
tous qui voulez arriv^T an bonheur éternel,
je vous montrerai la voie qui yVon^hiil, et
je TOUS marquerat en îiî^me lenifis celle qui
miène ?i un malheur éternel. Je vous fernl
voir dins que! abime se précipitent cen^ '!'d
abandonnent le Dreu vivant pour <
après des idoles sourdes, muettes et r, vvu
gles. Quel avantage pensez-vous qu'ils tirent
d'un chan^^ement si mm sensé? De brâfer
dans un feu qui ne s éteindra jamais : c'est
pourquoi tous autant qun unus sommes, qui
diVsirtms conserver le trésor inestimable de
la foi, ne craiiçO'ns point de fouler atit pic'ds
toute C'^ttn jHunpe vaine et ridicule avH* !??•
quelle le dém n amuse, surpren 1 et f
les esprits qu'il a séduits : méprisoi
niatSL'ries dont il occupe lesyeut et le cœuf
dp ses misL^rables esclaves : que la dilBctlIté
de l'entreprise ne nous r^-lvule point, Jésut-
Christ sera avec nous ; il nous sonlieudra^ 3
nous déf -ndra, i nous rérnmpen^era.
C'était avec de semblables discour* owc
Basile parcourait ciiaqtie jour toute la ruH
d'Aneyre; e^tfiortanl, pre-sant» mr^fr'»'"»*'* nn
l, nre
ut les
chacun, encoura j:eaut les uns par
drs biens à venir, inliuiidiuit les
la crainte des peines futures, inspirant à tônf
le mépris des tourmeois et de la mort. Ce-
pendant Eudoie ( 1 ], Macaire, EuiÇ*»ne, t\
quelques autres évoques ariens, qui élaieirt
assembli^s a Conslantînople, lui déf<?ndirént
d'aller ainsi prêchant au peuple des vérités
qui ne leur plaisaient pas; maïs **n métfie
temps deui cent Ironie évéïfues, ri ni
un cnncile dans la Palestine, J*exii :^ à
continuer, h ne rien craindre, h a^^ir tou-
jours avec confiance, et enfin i s«; ressou-
venir qu'étant un des principaux • îil
palais de Tempereur, il devait dom.. i ._iu-
pie d une plus parfaite fidélité envers Jésuf-
(H î^véïiue arinn df GtTiiiaiîicic, pilis d'Anth<4ifV
et LJiltii de Consiaiilinople, fun 36U.
457 BAS
dïirist. Ainsi ce safnt homme, marchant en
la présoDce de Dieu, anooti^^ait bardiaient la
d(»ctriQe irrépréhensible de la loi; et la i'é-
gularilé de sa vie, jf^iute à h force de ses
paroles, retirait c[ia<|ue jour de Terreur plu-
sieurs chrétiens qui s'y étaient mal heureu-
sement laissés engager. L*E^lise était pour
lors dans une horrible agitation. Ou déféra
BasiJe à l*erapereur Constanlius, comme un
homme inquiet^ sédilieuxi et qui ptïr ses
prédieattons eitïportees fomentait te trouble
et la division. L*i prince voulut l'interroger
lui-même ; mais il fut toujours invariable
dans ses réponses, toujours f.*rme et iné-
branlable dans la ici et dans la tradition des
Pères ; défendant avec beaucoup de caf>acité
et de xèie la croyance orlhodoxe* Ce qui en-
leva bien des sujets h Thérésie-
Après la morl deConsiantius, Julien étant
parvenu h lempirei cl ayant renoncé ouver-
tement au chrisliafiisme, il eiitreprit de ga-
gner a ses dieu\ tout autant d^Aun's qu*il
pourrait. 11 se lit le docteur de 1 idolAïrie. il
piàbltA ses dogmes impies touch.int le culte
qu'il voulait qu'on rendit à ces divinités ina-
uimées et insensibles, el il rétablit dans la
Gaiotie, où Ton vit durant quinze mois fu-
mer les aulels des dieu\ ûv Julien, Basile,
sensiblement afiligé du malheur de TE^^Iise,
eleraisnant pour Ancyre, sa pîUrie, llipubii-
gueiBent cette prière 'à Jésus-Christ : « Sau-
veur du monde* lumière qui ne peut èlre
ot>scurcje, soIlmI qui dissipe . les ténèt)res de
Terreur, trésor immeise ries richesses infi-
nies de la divinité: Seigneur lout-puissanf,
jetez les yeux, je dis ces yeux qui sont quel-
quefois allumés d'une sainte et redoutable
colère, cesyeuJt qui lancent sur les [>éclieurs
la foudre et la mort, jetez-k'S sur ces eéré-
ttiouies abommables, et tiissipez-les avee
ceux qui les pratiquent. Ne permette/, pas
qu'elle."» prévaletu sur la vérité ipie v^)us nous
avez ensei^^née : renversez ces aulels et leurs
ministres. Rendez leurs projets inutiles,
qu'ifs ne puîsseiit jamais séduire les âmes
de ceux qui croient en vous. » Celte prière
fui entendue de ijuelques adorateurs des
idoles. Ils eo fjérnirent do rage contre celui
qui la faisait ; et Tun d'eut, nommé Macaire,
se jeta sur Basile el le maltraita. Méchant
tafMJlfDe, loi dit-il, tu mets Irjute la ville en
CtDi&ur par les discours séditieut ; as-tu bien
ImUlace d*altaquer une religion que tempe-
reor a si sagement rétablie? Basile lui ré-
pondit : Que le Seigneur f arrache cette lan-
|ae, misérable esclave du démon. Ce n'est
pas moi qui détruis ta religion, mais ce sera
œlui qui règne dans le ciel, celui-là même
qui Ta déjà renversée; celui-là, dis-je, saura
bien encore le moyen de Te lier miner une
seconde fois. Il saura bien Mte évanouir
tons les desseins chimériques de ton empe-
reur^ jusqu'à ce (lull le réduise aux derniè-
res eîtrémJtés, ou il ne trouvera plus que la
mort seule, qui lui sera alors donnée comme
la juste punition de son iDsolente révoflo
contre Dieu.
Celte réponse ne fit quMrriter encore d#-
^lantagcles esprits* On Tentraîne chez le pro-
consul (Saturninj, Cet fiorame, s'écrient tu-
multuairement cent personnes à la fois, met
le troubie et la confusion dans toute la ville.
Nous l'avons trouvé enseignant au peuple
une doctrine dangereuse; il dit qn'i! ftut
renverser les autels des dieux, el il p:irle
d'eux et de Temnereur en de forts mauvais
termes ; le peuple l'écoute, et il en a déjà
perverti plusieurs. Le proconsul lui dfrmanda
2UÎ il était, et conunent il avait la houJiesse
li faire de semblables choses, la suis chré-
ii( II, répondit B;isïle. Le procnnsut : Puisque
vous êtes chrétien, que ne failes-vou^ donc
ce qu'un chrélien d il faire? lînsile : Je le
f.tis aussi; car enfin un chrétien doit faire
toutes ses actions à la vue de tout le raond^*
Le proi'omui : Pour^|uoi eiciiez-vous du tu-
multe dans la ville, en parlant de renipereur
peu respeetueuseme:)t, et en le faisant î>as-
ser pour uu iirince qui viole impunément les
lois les fdus saintes, en blasphémant contre
sa persunue sacrée et contre sa rcli^onî
Maniie : 11 n'est rien de tout cela. Je n'ai
bldSfïhénié ni coître l'empereur ni contre sa
religion. Mais cet empereur dont je |iarle est
le J>ieu du ciel el de la terre, qui résine sou-
verainement sur tous les hommes, "que nos
pères ont adoré* C'est lui qui peut en un uto-
ment vous coufnndre, vous el vos dieux. Le
proconsul: A votre compt% elle ne serait
pas vérilabl ♦, \i\ religion que not e priijce a
rétablie? Basile: Coiumeit le serait-elle?
vous-même, seigieur gouverneur, la cioycz-
vuùs telle? Une religion qui, plus vorace que
ne sont des chiens allâmes, va dévorant des
chairs à demi-crues, pousse comme ces ani-
maux des hurlements devant les autels des
démons, et (répand son sang autour de ces
mêmes autels. Est-ce là une religion poui
des hommes? La raison peut-elle rfX'evoir uu
pareil eu te? Le pruconstd : Vous ne dites
que des sottises, Basile; taisez-vous, et obéis-
sez à l'eiupereur. Baille: J'ai obéi jusqu'à
présent à Tenipereur uu ciel, je no lui ma la-
querai jamais delidélité. i^ promusul : De
quel emp reur parlez-vous? hntUe : De ce-
lui qui réside dams le ciel, et qui voit et
considère toutes choses. l*uur cet autre dont
vous voulez m'obliger de recevoir le^ ordres,
il ne commande que dans un coin de la lerre^
et bietUôt n'y commaûd-rii plus; mais n'é-
tant qu'un homme , il tombera à son ïour
comme les autres hommes au pouvoir du
grand roi, qui lui fera rendre compte de ses
actions. Le proconsul, peu satisfait de ses
réponses, fit mettre le saint sur le chevalet*
Pendant qu'on le tourmentait, il disait : Sei-
gm-ur» Dieu de tous les siècles Je ^ù\xs rends
grâce de ce que vous m avez jugé digie de
marcher dans le chemin éiis soulTrancesî en
le suivam, je suis sûr. Seigneur, d'arriver à
la vu:ï, et de me trouver dans la comjiagnie
de ceux que vous avez faits héritiers de vos
promesses, et qui en jooissent déjà. Que
vous en semble, inti rrompii le pruconsuJ ;
croyez-vous minuteuani que lempereur de
la terre peut» quand il lui plaît, punir ceux
qui refusent u'obéir à ses ordres? Si vous
iignorez, Texpéri^g^t une grande mat-
^
9.
m
BAS
tresse, elle pourra vous rapprendre* Voulez-
vous m'en croire, sacrifiez, Basile, Je ne vous
en croirai pas, répliqua Basile, je ne sacri-
fierai point. L'* proconsul l'envova en pri-
son. Comme on l'y conduisait, il rencontra
un certain Félix, un débauché de profession,
aui lui dit : Où vas-Ui te perdre, mon f^auvre
a'îile; que i*e te tais-tu pIotAt ami é^i^ dieui,
to le serais l>teiilôt tic César? Autrement tu
Peux t'atlejidre i^ suutrrir terriblement, et
on peut dire ijue ce sera avec justice* Ba-
sile, lui jetant une leillade foudroyante, lui
répondit: Ne m'approche pas, mis^^'alile,
homme [x^lri de vires, esprit impur; c'est
bien à loi à pém'^trer les motifs qui uie font
agir ï counnentieiivirouné de ténèt^res, pour-
rais-tu entrevoir le moindre rayon de ve-
nte? En disant cela il entra dans la prison.
Cependant le proconsul ayai*( informé Ju-
lien de tout ce qui s'était passé dans celte
affaire, ce prince envoya sur les lieux Elpi-
dius (I) et Pégaze, deux hommes qui s'étaient
entièrement dévoués fi lui, et qui lui ser-
vaient d'émissaires pour perdre les âmes : ils
prirent, en passant à Niconiédle, un autre
scélérat nommé Ascléfiius, qui était prôtre
d'Esculape. Etant dcmc arrivés tous trois à
^Ancvre, ils se tirent d abord rendre compte
île rétat où était Talfaire qui les y amenait.
"Is surent que Basile était en prison, où il ne
cessait de louer et de gloritier Dieu, Le len-
demain de leur arrivée, Pégaze y alla seul,
dans le dessein de conférer avec lui. Dès
qu'il l'aperçut il lui cria: Je suis très-hum-
ble serviteur à Basile. A ouoi le saint répon-
dit : Et Basile n'est |ms le tien, détestable
prévaricateur, infâme déserteur de la milice
de Jésns-Chriit, Te souvient-il, traître, de tes
premières années, de ces heureux temps où
lu puisais dans les sources toujours pures,
toujours claires de la parole divine? Et main-
tenant lu ne le reraphs que d'eaux bourbeu-
ses. Alors lu participais aux mystères sacrés
do la table de Jésus-Cîtrist, aùjourd*hui tu
manges à celle des démons. Dans ces jours
fortunés, lu étais le docteur et le maître do
la vérité, et tu es devenu le chef des persé-
cuteurs de la vérité. Tu célébrais avec des
saints des fôles toutes saintes, et tu n*ea
connais plus que de profanes que tu sol en-
Dises avec les ministres de Satan. Misérable,
comment t*es-tu laissé enlever de si grandes
richesses? Comment as-tu renoncé à de si
beaux droits? Que feras-tu, que répondras-
tu lorsque tu paraîtras devant le tribunal de
Dieu? Il se mit ensuite à mier tout haut :
« Seigneur, disait-il, soyez glorifié : vous qui
aimez à vous découvrir à vos serviteurs, à
ceux qui désirent sincèrement vous connaî-
tre; vous qui répandez une partie de votre
gloire sur ceux qui espèrent en vous, et cou-
vrez de confusion ceux qui méprisent vos
saintes lois; vous eofin qui êtes gloritiédans
(1) C'est le eoiiïte Elpldiiis, grand maître de la
fnsii«ion «le reirii>ereiir, tt»quel <m*ljnï&sa le pagiuiisme
par pure complaisatice pour Julien. Apres la mort de
m prince it tomba dans îo raëpriâ sous ses succes-
gflttn; et à b cour de \>lç«s, on ne l'appelait que
\k sacrificateur Elpidiug.
le ciel et adoré sur la terre , ne permettei
p^, ô Dieu tout bon, que votre serviteur
tombe dans les (uéges du démon ; accordez-
lui toujours la grâce de haïr ceux qui haïs-
sent la sainteté de votre loi, de résister à
leurs attaques, de mépriser leurs menaces,
de triompher de leurs forces. » *
Pégaze, outré au dernier point d'un dis-
cours qui le ménageait si peu, sortit de la
prison, jurant par tous ses dieux qu*il s*en
vengerait. 11 redit la chose à ses deux cona^
pagiions, et il u*eut pas de peine à les faire
entrer dans son j'essentiment. Ils allèrent
tous trois trouver le proconsul, et lui por-
tèrent leur plainte contre Basile» Le procun-
sul, voulant gratilier Pégaze qui faisait k* plus
de bruit , commanda qu'on lui amenât le
saint. Lorsqu'il fut arrivé, il lit sur lui le
si^^ne de la croix, et dit au proconsul sans
s'émouvoir : Vous pouvez maintenant faire
ce qu'il vous jïlaira. Elpidius, rentendaat
jKirler de la sorte, dit au proconsul : Cet
homme-là est un franc scélérat, ou un fon
achevé. Je suis d'avis qu'on lui donne forte-
ment la question; sll se rend, à la boime
heure; sinon il faut renvoyer son affairai
Tempe reur. Le proconsul le lit donc étendre
par les pieds et par les mains; en sorte que
ses nerfs, ses muscles et ses tendons s'allon-
geaient à. mesure que les roues de la ma-
chine tiraient les cordes avec lesquelles il
était attaché. Mais lui, adressant la parole
au proconsul, lui dit: Je te défie avec toutl
ton impiété, et tes trois compaj^ons avee
toute leur puissance. Ni toi ni eux ne j)Our-
rez rien contre moi, parce que Jésus-iîhnil
est pour moi. Alors le proconsul dit : 0»i'<^
apporte les fers les plus pesants qu*on poum
trouver, qu'on les lut mette au cou etaui
mains, atin que je l'envoie à rempereur,
qu on le renferme cependant jusqu'à ce qiw
je le fasse partir.
Sur ces entrefaites Julien vint à Ancjre.
Les prêtres d'Hécate allèrent au-devant d«
lui, portant leur déesse sur un brancard :il
leur ût de grandes largesses. Le lendemain,
comme il assistait aux spectacles, Elpidius
lui parla de Basile: Tempereur le voulut voir
au sortir de l amphithéâtre. Le saint parut
devant lui avec un air tout à faitm^yestueux*
Qui ètes-vous, lui dit Julien, votre notnt le
vais vous rapprendre, répondit Basile : Pre-
mièrement je m'apnelle chrétien : ce flom
est grand, et il est glorieux de le porter. Car
celui de Jésus-Christ est ou nom éternel, qui
ne périra jamais, que la suite des siècles aa
pourra jamais etfacer; un nom qui surpassé
toute la grandeur, toute la gloire, toute l*iQ-
telligence humaine. Outre c^ nom de chré*
tien, continua-t-il , je porte encore celui de
Basile : et c'est sous celui-là que je suis
connu dans le monde. Mais si je conserfe
sans tache le premier, je recevrai de Jésus-
Christ riramortalité bienheureuse pour ré-
compense. Vous êtes dans rerreur» Basîtet
répliqua Julien; vous n'ignorez pas que j'ai
qjielque connaissance de vos mystères ; je
vous apprends que celui en qui vous mettai
votre espérance n*cst pas tel que tous peu-»
Dé
i
sez; il est mort, croyez-moi, et bien mort,
ilale étanl pour lors gouverneur de la Ju-
ée. Je ne suis point dans Terreur, repartit
_ tasile ; c*est vous, ù empereur ! qui y êtes ;
\o\is qui avez renoncé Jésus-€hnst dans le
moment même qu'il vous donnait Tempire;
mais je vous avertis qu'il vous TAtera d^ns
peu avec la vie; et vous connaîtrez alors,
mais trop tard» quel est celui que vous avez
abandonné. Tu en auras menti, faux pro-
hète, dit Julien; la chose n'firrivera pas
insi. Je dis la vérité, reprit Basile : sachez
que comme vous avez bien voulu perdre la
mémoire des bienfails que vous aviez reçus
|ie lui, de même il oubliera sa bonté quand
il voudra vous punir. Vous n*avez eu au-
cun respect pour ses autelsj vous les avez
renversés, il vous renversera de votre trône;
vous avez pris plaisir à violer sa loi, cette
loi que vous avez tant de fois annoncée au
jïeuple (Ij; vous Tavez foulée aux pieds, votre
corps restera sans sépulture, il sera foulé aux
pieds, après que votre âme en sera sortie
par Teffort des p!us violentes douleurs. Mon
dessein était de te sauver, repailit Julien;
mais puisque, sans aucun respect pour mon
ng, iion-seuleraent tu rejettes les conseils
•que je te donne, mais aussi que tu ne crains
point de me parler avec la dernière inso-
lence, je dois venger la majesté de Teinpire
si horriblement outragée en ma personne. Je
veux donc que chaque jour on lève sur ton
corps sept aiguillettes de chair, 11 commit à
lie exécution le comte Fruraentin, chef
les écuyers du palais. Après aue le saint
^ul enduré avec une patience aamirable ces
f*lles incisions : Je souhaiterais, dit-il,
1er à rempereur. Frumentin, ravi de joie
i s^imaginant que Basile était enfin résolu
B sacrifier aux dieux, courut cliez rempe-
reur : Seigneur, lui dit-il tout hors d na-
leine, Basile se rend; il demande à avoir
rhonoeur de parler à votre majesté, Julien
sortit aussitôt de son palais, et se rendit au
temple d'Esculape, où il tit venir le saint.
jyès qu'il fut devant l'empereur : Où sont,
'ïi dit-il, vos sacrificateurs et vos devins?
eus ont-ils dit ce qui in'a fait vous deman-
r audience? J'ai cru, répondit Julien, que
f'ëtail pour nfassurer que vous étiez tout
prôl à reconnaître les dieux, et à vous join-
dre à nous dans les sacrifices que nous leur
Ifrons. Bien n'est plus éloigné de ma f>en-
e, reprit Basile. Ceux que vous appelez
ies dieux ne sont rien moins que des idoles
unies et aveugles. En disant cela, il prit
Lii des morceaux de chair qu'on lui avait
>upés ce jour-là, et le jetant au visage de
Julien : Tiens, Julien, lui dit-il, mange de
bU, puisque tu Taimes si fort? Je te dé-
lare, au reste, que la mort est pour moi un
lin, que c'est pour Jésus-Christ que je
ïufTre, qu'il est mon refuge, mon appuis
aa vie.
Le comte Frumentin, craignant Tindigna-
ion de Tempereur, que cette action de M'
ile rendait furieux, se déroba prompte-
(i) Julieii avait été lecteur*
BAS m
ment de devant lui. Cependant il songeait
de quelle mort il punirait un si sanglant ou-
trage fait à son maître, qui s'en prenait h
lui, et semblait len vouloir rendre respon-
sable, 11 monta sur son tribunal et ordonna
qu'on redoublât les tourments du saint,
gu on lui fit de plus profondes incisions,
jusqu*à ce que les entrailles parussent. Pen-
dant qu'on obéissait à Frumentin, Basile
priait: t^ Seigneur, disait-il, sovez béni,
vous qui êtes lespérance des chrétiens, qui
relevez ceux qui tombent, et qui soutenez
ceux qui chancellent, qui préservez de
toute corruption ceux qui espèrent en vous,
et qui guérissez les blessai res que nous nous
sommes laites par imprudence ou par ma-
lice : Dieu tout bon^ Dieu tout miséricor-
dieux, qui souffrez avec nous, qui souffrez
en nous, abaissez vos yeux du haut de votre
gloire sur votre serviteur. Accordez-moi la
grâce, ô mon Dieu, d'achever heureusement
ma course, de persévérer dans la foi de mes
pères, et de mériter par cette tidèle persé-
vérance d'être reçu dans votre royaume, k»
Le soir étant veiiu , le comte renvoya le
saint en pri*?on, Julien partit le lendemain
d'Antioche sans vouloir voir le comte, Cet
oflicier, craignant donc pour sa fortune et
pour sa propre personne , fit les derniers
elforts pour obliger Basile à se soumettre
h là volonté de Tempereur. Lequel aimes-
tu mieux enfin, lui dit-il, ou de sacrifier,
ou de mourir. Tu sais, répondit Basile,
combien tu fis lever hier de morceaux
de chair de dessus mon corps ; il n'y
avait pas un des assistants qui ne donnât des
larmes à mes soulïrances. Regarde aujour
d'hui mes épaules, vois mes côtés, et dis-moi
s'il j parait. Sache que Jésus-Christ m'a
guén celte nuit ; tu peux le mander h ton Ju*
lien î oui, tu peux lui faire savoir quel est le
pouvoir du Dieu qull a quitté pour se don-
ner au démon qui le séduit et le trompe.
L'ingrat qu'il est, il ne se souvient plus que
ies prêtres de ce Dieu lui sauvèrent autre-
fois la vie (1), en le cachant sous l'autel, cet
autel qu'il a depuis renversé. Mais mon
Dieu me fait connaître qu'il sera dans peu
renversé à son tour, et sa tyrannie éteinte
dans son sang. Tu mens impudemment, re-
prit Frumentin; finvincibie Julien, le maî-
tre du monde, n"est pas un tyran. Méchant,
n*as-tu pas éprouvé toi-même sa douceur,
sa clémence, son humanité et son incroyable
patience? Lui, au contraire, na-t-il pas es-
suyé de ta part un alfront sensible, et qu'on
ne peut assez punir. Ne m as4u pas aussi
voulu engager dans ton crime, neme trouvé*
je pas accuse de toi dans la disgrâce du prince?
Tu peux donc l'attendre à recevoir le chÛ-
timent que lu mérites. Je vais, pour te gué-
rir de ta folie, te faire enfoncer par tout le
corps des pointes de fer rougies au feu. Ba-
sile lui ivpondit froidement : Ton empereur
ne m'a pas fait peur, et tu penses me faire
trembler ï
Tandis qu'on perce le saint de toutes
(1) Consitaniius, ^oncoirstn , voulait 1c taire mourir*
I
1
m B»
partit fl prie k haute voii, et prononce dis-
tiocteibent ces paroles : « Jésus ma lumière»
Jésus mon espérance, je vous rends grAces,
Di^u de mes pères, de ce que tous relirez
enûn mon âme de ce séjour de mort. Ne
permettez pas que ie profane le sacré nom
que je porte ; c est le vôtre, Seigneur ; con-
Si^rvez-le en moi pur et sans tache, afin que,
foarnissant pleinement celte glorieuse car-
rière, j'entre en possession de ce repos éter-
nel que vous avez promis h mes pères. Re-
cevez l'esprit de votre serviteur, qui meurt
en confessant q le vous êtes le seul et le vé-
ritable Dieu. » 11 expira en finissant cette
{)rièro, le 28 juin. (Ruiuart.) Sa fôle est célé-
)rée le 22 mars.
BASILE (saiut), martyr, était évoque dans
la Chersonèse. 11 eut le bonheur de verser
son sang pour la foi avec les saints évoques
Eugène, Agathodore, Elpi le, Ethère, Capi-
ton, Ejjhrem, Nestor et Arcade. On ignore
la df/ile de leur martyre. L'Eglise honore leur
mémoire le k mars.
BASILE (sailli), martvr, répandit son sang
à Conslauliiiople pour la foi chrétienne sous
l'empereur Léon. 11 eut pour compagnon de
son martyre saint Procope, qui, comme lui,
combattit avec courage pour le culte des
saintes images. On n'a aucun détail sur leur
martyre. L'Eglise célèbre leur mémoire le
27 février.
BASILE (saint), dont VEglise fait la fête
au 27 novembre, fut martyrisé pour la foi
à Antioclie avec les saints Xuxile et Satur-
nin. L'histoire n'a pas de détails sur leur
martyre.
BASILIDE (saint), martyr, eut la gloire de
soulîrir la mort pour Jésus-Christ, en Crète,
dans la ville (!e Itorty ne, sous le règne de Dèce,
durant la persécution si terribleque ce prince
féroce alluma contre l'K^lise. 11 fit décapité,
après avoir souffert d'horribles tourments.
Sa fiUe atrive le 23 décembre. Saint BasiLde
est l'un des martyrs de Crète. (Voy, MiRTvns
DE Chète.)
BASILIDE (saint), soldat, fut martyrisé à
Alexandrie , vers Tannée 210, avec sainte
Potamionne, sous Tempire de Sévère. Voici
ce cju'Eusèbe en raconte dans le vi* livre de
son Histoire de l'Eglise : « Comme on me-
nait sainte Potaïuîenne au lieu où elle de-
vait être brûlée, un peuple insolent la sui-
vait, se jetait sur elle, et lui insultait, en lui
disant des paroles peu honnêtes, qui bles-
saient riDComparable pureté de cette vierge.
Basil de, qui était arcner et qui la condui-
sait, rcfioussait celte pofiulace effrontée, et
témoignait & la sainte qu*il était sensible-
ment touché de l'état où il la voyait. Elle lui
maitjua de la reconnaissance de ces bons
sentiments, et l'exhortait à bien espérer de
son salut, l'assurant qu'elle obtiendrait ;^r&ce
pour lui auprès de Dieu, aussitôt qu'elle se-
rait arrivée au ciel {voy. les Remarques), et
qu'il recevrait bientôt la récompense des ma-
nières honnêtes et charitables qu'il avait
pour elle. A peine eut-elle ac^ievé de parh*r,
qu'on lai versa de la f>oix fondue sur tout le
cvr|is, et elle finit ainsi sa vie par une mort
Bki
iH
lefite et cruelle, tuais avec ixiië wt^meé
digne d'une éternelle mémoire. Or, il arriva
quelqpies jours après que les compagnons
ae Basilide ayant voulu lobliger de faire un
serment, il leur dit qu'il ne lui était pas
permis, parce au il était chrétien, et qu'il en
faisait une déclaration publique. Ils crucent
d*ahord qu*il se raillait ; mais lorsqu*ils le
virent persister sérieusement dans sa con-
fession de foi, ils le menèrent devant le
juge, qui, n'ayant pu lui faire chan^^^r de
sentiment, le fit conduire en prison. Les fi-
dèles le vinrent trouver aussitôt, et lui de-
mandèrent la cause d'un changement si
prompt et si extraordinaire. Sur quoi il leur
raconta que trois jours après que sainte Po-
tamienne eut souffert le martyre, elle lui
avait apparu durant la nuit, et que, lui met-
tant une couronne sur la tête, elle lui dit
qu elle avait prié son Seigneur pour lui, et
obtenu la gnke qu'elle avait demandée, et
qu'il sera-t bieiuôt avec elle au nombre des
bienheureux. 11 reçut ensuite par leur
moyen le sacré sceau du baptême, et il eût
dès*^ le lendemain la tête coupép, après avoir
glorieusement confessé Jésus-Christ. Mais il
ne fut pas le seul qui fut converti d'une ma-
nière si surprenante, et Dieu ût la raémd
f;ràce à nombre de personnes de la ville d'A-
exandrie, par l'entremise de sainte Pola-
mienne, qui leur apparaissait en songe, et
les exhortait d'embrasser la foi. L'Eglise
fait sa fête le 28 juin.
BASILIDE, évêque de Léon en Espagne,
n'eut pas le courage d'envisager les tour^
ments et le trépas pour la foi dont il était M
ministre. Sous le règne de Dèce, il eut la
malheur de renoncer son Dieu, celui qui
lavait élevé à la dignité de successeur cM
apôtres, pour sacrilier aux idoles. Car c'é-
tait vraiment sacrilier aux idoles que de
commettre, comme il le fit, le crime dvs Vr
bellatiques. >'oyant que Martial, évôcine d$
Léon et dAstorga, qui s'était rendu coupa-
ble du même crime, venait d'être déposé p»
un concile , Basilide se rendit à Rome, et
étant parvenu h tromper le pape Etienne, il
fut admis par lui à la communion oofoine
évêqup, et obtint même de sa part di*s let-
tres de recommandation pour les évoques
d'Espazne. Ceux-ci écrivirent à saint Cy-
prien et au pape, protestant contre cette dé-
cision, et demandant quelle conduite ils de-
vaient tenir. Voici un passage de la réponte
de saint Cynrien : « Basilide allant à nOtûfii
en a impose à Etienne notre collège, qui t
λu être trompé, parce qu'il n'était pas sur
es lieux et qu'il ne connaissait pas le véri-
table état des choses, qu'on avait d'ailleurs
eu soin de lui cacher. Tout cela, loin d'efr
facer le souvenir des crimes de Basilidet ne
sert au contraire qu'h en augmenter le nom-
bre, puisqu'aux premiers il en ajoute uii
nouveau, celui d'avoir voulu tromper lai
pa^^teurs de TEglisc. » il fait tomber le blAme
non sur celui auquel on a imnosé, mais sar
celui qui frauduleusement s'était ouvert on
acres auprès de sa personne. Quoiqu'on
n'ait rien de positif sur cette affairei il est
4M BAS
irès-probable. âdnon certain, ({u'EUenna
Sainlint la aéposition de Basilide et dé
artial.
BASIUDE (saint), reçut la couronne du
martyre à Rome, sur la voie Aurélienne,
^^▼ec les saints Tripode, Mnmiale et vingt
i^utres. Ce fut sous Tem ire d' A ui «Mien qu'eut
.'ieu leuc glorieux sacrifice, en Tannée 273
ou 274. Les Actes de ces saints ne sont pas
de nature à inspirer une grande confiance.
IMerre de Natalihus et Mombritius nous en
ontdonnf^ de forldifférents. Ceux de Pierre
de Natalibus surtout sont pleins de récits
fabuleux, ce qui n'empêche pas Baroiiius
d'y renvoyer ses lecteurs. On y remarque,
et le Martyrologe romain les a suivis, qu'ils
souffrirent sous un préfet de Rome nommé
Platon. Ce Platon n'est pns dans la liste de
Buccherius. L'Ëglise fait la fêté de ces saints
U 10 juin.
BASiUDE (saint), soldat dans l'armée de
Sfnxence, fut marlyrisé h Rome en Tan de
Jésus-Christ 307, sous le préfet Aurèle. Après
avoir subi diverses tortures, il lut décapité.
Ou l'enterra sur la voie Aurélienne. Sa fête
à lieu le 11 juin. {Yoy. Paul Diacre, Raban-
Maur, Notker.)
BASILIDES ou FACILIDAS, Négous d'A-
byssiuie, succéda à son père Mélecî-Ségued
le 26 septembre 1632. Il fut un persécuteur
acbamé de la foi catholique. L'Abyssinie
avait reçu la lumière évangélique du temps
de saint Athanase, patriarche aAleiandue,
S ai avait envoyé samt Frumence y prêcher.
es ces premiers temps, ThérÇsie, qui déso-
lait rOrient, s'était aussi répandue chez les
Abyssiniens^ et depuis lors ils étaient restés
dans Terreur. Ils obéissaient au patriarche
hérétique d'Alexandrie. Mélec-Ségued, ayant
été converti à la foi catholique, avait prié le
pape de nommer un patriarche et de le lui
envoyer avec (lès missionnaires. Alfonse
Mendez avait été choisi par le souverain
pontife et sacré à Lisbonne primat d'Abys-
sinie. On peut voir, à l'article Abtssi^ib,
cômiiient èet empire avait reçu les saints
nrissionnaîres. De nombreuses conversions
avaient réponilu èi leurs efforts; mdis Mélec-
Ségued avait eti le tol-t de porter des lois qui
Tioletitaient la conscience de ses sujets. En
toulant les cohtraindre h embrasser la foi
rooifiinei au lieu d'attendre que leurs con-
victions les y amenassent, il avait fait au-
tour de lui ùnfe multitude d'hypocrites qui
n'attendaient qu'un prétexte pour secouer le
30Ug de ce qui, M fait, était une véritable
tvrannie. Plusieurs révoltes avaient eu lieu ;
Tecla iiCorgls, vice-roi du Tigré et gendre
da Négous, avait le premier levé l'étendard
de la rébellion ; il avait été vaincu% pris et
Seodu. Moins heureux contre les habitants
a Lasta, le souverain avait d'abord vu ses
armea humiliées par plusieurs défaites suc-
cessives. Le mécontentement était général.
Basilides, comme beaucoup d'autres, n'avait
embrassé la foi catholique que pour plaire
à son père. 11 avait de sourdes intngues avec
les mécontents. Les rebelles savaient qu'il
les appuyait secrètement, il avait du reste
fila ^
l'ambition de régner, et il ne voyait qu'avec
peine le règne de son père se prolonger. ïl
commettait dans son cœur un parricide moral
en convoitant la couronne qu'il ne devait
désirer prendre que sur la tombe fermée par
pieu du vieillard. 11 trouvait mal tout ce que
faisait Mélec-Séjjued et le laissait voir. Su y
avait moyen qu il donnAt des ordres oppose^
à ceux de son père, il n'avait carde d'y faire
fautç. Ce fut clans ces dispositions d'esprit
qu'il fut abordé par Serca Chrislos, vice-roi
dîi Gojam, ennemi acharné du christianisme;
homme cruel et dissimulé, véritable artisan
de complots. Cet homme lui fit accepter
d'être le chef de la vaste conspiration qu'od
ourdissait contre le vieux Négous, son père.
Mais ce fut aussi cet homme qui dévoila
l'existence de cette conspiration par la pré-
cipitation inconsidérée avec laquelle il agit.
Mélec-Ségurd lit venir ce vice-roi conspira-
teur, ellui fit avouer et son crime et les noms
des complicj»s qui y étaient affiliés. Il fût
désolé autant qu'un père peut l'être d'ap-
prendre que SOT fils était à la tête des com-
plots tramés contre lui. H fit sous l'influence
de la peur ce cju'il aurait dû faire par simple
esprit de justice. 11 publia tin édit qui per-
mettait de suivre les rites anciens. Si nous
apprécions ainsi, c'est que nous croyons fer-
mement que la tolérance religieuse est l'auxi-
liaire le plus sûr de la vérité, tandis que la
tyrannie en est l'ami le plus dangereux, le
plus pernicieux. Basilides ne fut pas étranger
aux conseils de ceux qui, |.lus tard, portè-
rent le vieux et faible souverain à déiendrë
aux missionnaires de prêcher davantage
dans ses Etats, et Meur ordonner de partir
pour les Indes. Déjà il n'avait plus que le
semblant de la puissance, car nous trouvons
que, quelques mois avant qu'il motlrût, Bà-
SiUdes, le U juin 1632, publia un édit qui
ordonnait h tous de revenir à la foi d'A-
lexandrie. Enfin lé vieux Négous modrut et
Basilides lui succéda, comme nous l'avons
dit, le 26 septembre 1632. Le pi'emiér acte
de son autorité fut un de <îes crimes atroce$
si fré(iuents chez les princes de ces conlréeï
et chez les mahométans. Il fit empoisonner
ou égorger vingt-cinq frères quMi avait. Il
reconnut pour abouna ou primat d'Abys-
sinie, un aventurier égyptien qu'on préten-
dait même n'être pas prêtre. Les jésuites,
malg^é l'ordre donné par Mélec-Ségiied,
étaient encore en Abyssinie. Le nouvel
abouna décla^a qti'il serait obligé dé qrïitter
le pays s'îlâ y restaient plus longteoip^. Au
mois de tnars 1633, Basilides leur intima
l'ordre positif de partir. Il leur ordonna de
se rendre tous à Frémone, si ce n'esit pour-
tant au P. Louis Azevedo, vieillard octôg4^
naire, que ses fatigues et la maladie ren-
daient absolument incapable de voyager.
Basilides voulait livrer les Jésuites aut
Turcs, leurs ennemis mortels. Ils le surent
et se mirent sous la protection de Jean Akaz
qui di'puis longtemps se maintenait indé-
pendant. Lasilides envoya pour ce motif un
corps de troupes contre lui; mais il fut battu.
Alors il employa les promesses, puii encore
U7
BAS
les menaces, et parvint enfin à intimider
Akaz, qui ne garda près de lui que deux
jésuites. Les autres se décident à partir, h
reîceplion du P. Apollinaire Almeida ,
éféqne de Nicée, qui est désigné pour rester
avec siï autres. On peut voirli rarliclevtô^*-
sinie quel fut le sort des religif^ux qui par-
tirent. Quant h ceux qfii restèrent, Basilides
les fit poursuivre avee un acharueoient indi-
cible. Il fit rhargcr defers Tecla Emmanuel,
vice-roi du Tigré, qui les protégeait» et mit
à sa plaee Mek%T Christos, ennemi déclaré du
caliiolicisnié. On sait comment ce b.'irbare
fit p«Mvcr de coups d^épée devant lui les
PP. Bruno de S'iinte-Croix, Gaspard Paéz et
Jean Percira. Le P. tîruno seul survécut pour
recevoir plus tard hi couro«ine d'un second
martyre. Basilides» qui savait qu'il y avait
encore d'autres jésuites en Ahyssinie, fei-
giit d'être louché de cette mort, ol ordonna
q^uc dorénavant on eût l\ respecter les mis-
sionnaires, k ne les inquiéter en rien et à ne
les maltraiter dans aucune partie de ses
Etats. Il [lublia un édîf qui leur permettait
de rentrer dans leurs maisons. 11 exprima
m^rae le désir de les voir re(»araître à la
cour, Les PP, Almeida» Hyacinthe Franceschi
et Frarii;ois Rodrîgucz ''vinrent avec con-
fiance h son camp; mais aussitôt ils y furent
charjjés do chaînes et bientôt condaaniés à
mort* B/isih(lrs, qni (rouvait que faire mou-
rir \m iumiyvs iiumédi^itcment ne satisfaisait
pai iii crmiijlé, UiH cnntia à un iiérélique,
f|uj leur Ht HunlTrir d*ljorribles cruautés, et
milïn \vtt oiîbi dans une île du lac de Dem-
liéiii uù étaionl des moines fanatiques qui
rencbérin'tU encore sur les cruautés qu'on
avait Jusqu'alors commises envers les servi-
teurs de Di 'u. Enfui Basilides écrivit à ses
moines qull les leur abandonnait ent-ère»
m*;nt, pour en faire ce que bon leur semble-
raiL Ils les suspendirent à des branches d'ar-
bres et les lapidèrent avec la plus révoltante
cruauté. Le H avril 16^0, le tyran fit mourir
de la même façon les PP. Bruno et Cardeira
Îui forent pris par les soldats du vice-roi du
i-;ré. En 1638, il fit lapidrr les PP. capu-
cins Agalhange, de Vendùmc et Cassien, de
Nantes. Avant aptiris que trois autres capu-
cins, les PP, dePetra SaUa, Félix de Sain t-
Séverin, et Tortulavi d;Utino, étaient h Mas-
saouah, il envoya par uu ambassadeur cent
cinquaote otices d or et cinquanle esclaves
au baclia de Souakim, alln qu'il lui livrât les
saints missionnaires, ou qu'il les fît mourir
lui-même. Le bâcha prit ce dernier parti.
Jusqu'à la un de ses jours il montra le môme
acharnement k persécuter le catholicisme.
Le P. Urbain Cerri rapporte qu'il fit enc<>re
mourir plusieurs missionnaires,
BASILIEN (saint), répandit son sang pour
la foi à Laodicée, en Svrie. 11 eut pour com-
pagnon de son martyre saint Théotime.Nons
n avons pas d'autres déiails. Ils sont inscrits
•" ^'<\i*lvn»|nge romain le J8 décembre.
BA8HJSQI E (sainte , martvr , mourut à
Lomaric dans le Poil, j>rmr la "foi chrétienne
uurani I atroce persécution que h*s eiope-
fisurs DiocWUeii et Maximieu firent souffrir
BAS 411
à FEglise du Seigneur. Le président Agrippa
lui fil mettre des chaussures garnies de
pointes embrasées. U lui fit souffrir plusieurs
autres tourments fort cruels. Enfin» Tayanl
fait décapiter, il fit jeter ses restes à la ri-
vière. L'Eglise fait sa fêle le 2â mai.
BASILISSE (sainte)» fut martyrisée à Rome
sous Néron en 66» pouf avoir, avec sainte
Anastasie, pris soin des corps de saint Pierre
et de saint Paul. Elles lurent déc<ipilé€$
toutes deux, après avoir eu les mains et les
pieds cou[ïés. Les Crées et les Homains en
font la fête le 15 avril.
BASILISSE (sainte), martyre, domina sn rie
pour la foi à Nicomédie ; elle n'avait que
neuf ans. Ce fut durant la persécution de
Dioclétien , sous le président Alexandre,
qu'avant été exposée au\. fouets, au feu oi
aux oétes, elle rendit Fesprit en priant Dieu.
L'Eglise honore sa très-sainte mémoire le 3
septembre.
BAS1H8SE (sainte), martyre, eut le glo-
rieux privilège de donner sa vie pour la foi
avec sainte Callénique. Le Martyrologe ro-
main ne donne aucun détail sur le lieu, It
date et les circonstances de leur martyrt.
L'Eglise célèbre leur mémoire immortelle le
22 mars.
BASILISSE |saînte)» femme de saint Julien
rHospitalier, tU vœu h Dîeu, de concert arec
luiplejourdeson mariage» de garder complé-
(emenl la continence. Elle se consacra, aïoii
que lui, au service des pauvres et 'des mal-
heureux» pour lesquels sa ruaison devînt und
sorte d'hôpital et au soulagement desqueb
tous les revenus de ses biens furent consè-
crés. Sainte Basilisse est considérée comme
martyre, parce que» quoiqu'elle sait morte
en nàix, elle soulfrit plusieurs fois la peisé-
culion pour Jésus-Christ* (Fojf. Julien THoi-
TïTAUVm,}
BASSE (saint)» martyr, mourut en Afrique
pour la foi, sous le règne de rempereur Dké,
en Tannée 250, avec saint Paul et saint For-
tunion. On ne sait pas exactement auel
genre de supplice mit lin à ses jours. Sa léte
arrive, avec celle de ses saints compagnoDf
et celle de saint Maf>palique, le 17 avril.
BASSE (sainte)» martyre, eut la gloire de
cueillir la jia'me du martyre à Edesse en gy-
rie : ce fut durant la persécution de Maxi-
mien. Peu de temps auparavant, ses exhor-
tations avaient soutenu ses trois enfaûts,
saint Théogone» saint Agape et saint Fidèle,
qui avaient soutfert également un glorieux
martyre, L'Eglise honore la mémoire de ce*
glorieux sain! s le 21 août.
BASSE (saint), martyr, mourut pour h
foi à Carthage avec les saintes Agathonique
et Pau le. On n'a aucun détail sur la dile
et les circonstances de leur combat, L*Bglise
célèbre leur glorieuse mémoire le 10 aofll*
BASSE (sainte) , martyre, donna sa rie
pour la foi à Nicomédie avec saint Claudieflf
son époux, et les saints Victorin et Victor.
Us furent cruellement tourmentés pendant
trois ans et achevèrent leur courageux mar-
tyre en prison. L'Eglise célèbre leur saint*
mémoire le 6 mars»
3SIEN (saint)» martyr, était lecteur, 11
la gloire de répandre son sang pour la
pec les saints Cyrion, prêtre» Agat, son
pste, et Moïse. Ils périreot par le feu,
k a'aTOûs pomi d'autres détails sur Je
I la date et les circonstances de leurcou-
îui martyre, LTglise fait leur sainte
ooire le ï^ février,
iSSIEN (saint), martyr, mourut pour la
n Afrique avec les saints Pierre» Succès,
ûtif et vingt autres dont oo ignore les
s* On ignore également la date et les
mstancesde leur martyre. L'Eglise célô-
eur sainte mémoire le'd décembre*
ISSIEN (saint), ooid'esseur» était évoque
di. Il combattit généreusement contre
^rétiques avec samt Ambroise. On n*a
m détails authentiques. L'Eglise honore
torieuse mémoire le 19 janvier.
iSSILLE (sainte)t vierge et martyre à
le, sous la fm du règne de Valérien, ou
de commence ment de celui de Gallien,
[issue de race royale: étant iiancée à
les premiers seigneurs de la cour de
fereur, elle refusa de Tépouser, Luij
J se venger, la dénonça comme chré-
fe. L'em|)tTeur donna Tordre qu'elle
Éât son fiancé ou qu'elle péril par le
fe, La jeune vierge, appelée pour ouir
irrét, n en raanifesia aucune émotion, et
ira Ôtre prête k mourir, disant qu'elle
j résolu de prendre pour époux le roi
lieux, et que oiille puissance au monde
i déciderait à en prendre un autre. A
ft^ même on lui passa Tépée au travers
orps, L'Eglise latme honore sa mémoire
I mai*
ISSUS (saint), mourut pour la foi chré-
le en l'an 290, sous le règne de Dioclé-
Hl était un des confesseurs prisonniers
Pinien, proconsul d'Asie^ mil en liberté
m sa conversion. Il le suivit coomie bcau-
I d'autres à son retour en Italie, et vint
f à Rome chez lui. Mais obligé comme
(ompagnons de se retirer dans les terres
toien, parce que son séjour chez lui
"kençait h éveiller des soupçons, il reçut
"'""^^ie du martyre. Le consulaire Pris-
i déjà fait mourir saint Anthime et
"time, (Voy, les articles de ces deux
J Bassus encouragea ceux qui restaient»
It la place des deux serviteurs de Dieu
bous venons de nommer. 11 se trouvait
lOve, au pays des Sal>ins, comme le
assemblé offrait un sacrifice à Bac-
lon voulut le forcera sacritier aussi :
te saint s*y refusa avec énergie, et ses
racontent que pour prouver l'inanité
imi dieux et la pdissance de Jésus-
I, il renversa d'un souftlc les idoles qui
dt devant lui. Les païens le battirent
nent à coups de pieds, de poing et de
qu'il en mourut. L'Eglise fait sa fête
aai. {Vay. LuciNE, femme de Pinien,
pSDS, gouverneur de Thraee sous Dio*
en 30V, vint àHéraclée, où il Ot arré-
int Philippe, évéquts saint Sévère, pré-
~ saint Hermès, diacre, 11 leur fit subir
divers înLerrogatoires dans lesquels il mon-
tra une douceur et une justice peu ordinaire
aux magistrats de ce temps-là. Durant cette
affaire il fut révoqué et remplacé par Justin,
qui fut loin de faire voir la même modéra-
tmn, La conduite deByssus lui fut peut-être
inspirée par sa femme, qui pratiquait secrè-
tement le christianisme^ [Voy. les Actes de
saint Philippe,)
BASSUS (saint) f martyr, mourut pour la
foi à Héraclée en Thraee. On ignore la date
de son martyre. Le Martyrologe romain se
contente de citer son nom ainsi que celui de
ses deux compagnons, Denis, Agapet. Ils en
eurent quarante autres dont on ignore les
noms, L'Eglise honore leur mémoire le 20
novetnbre.
BASSUS (saint), martyr, mourut pour la
foi à Alexandrie. On le jeta à la mer avec les
saints Antoine et Protolyque. On ignore à
quelle époque eut lieu leur martyre, L'E-
ghse honore leur mémoire le 14r février.
BASTAME, Tun des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte, et desquels Huinart a laissé
les Actes authentiques, Voy, Miarvas {les
trente-sept) égyptiens,
BASTAMONE, l'un des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte, et desquels Ruinart a laissé
les Actes authentiques* Foi/. Miutyrs (les
trente-sept) égyptiens.
BATAVIA, capitale de l'île de Java, dans
les Indes orientales, vit, en 1616, le martyre
d'un jésuite portugais, nommé Egide d*Abreu,
lequel ayant été pris sur mer par les Hollan-
dais, fut si hornblement maltraité par eux,
qu'il mourut peu de temps après de ses bles-
sures dans les prisons de cette métro|>ole des
colonies hollandaises dans l'Inde,
BATONS i fastes). Ce mot a peu besoin de
commentaires. Tout le monde sait ce que
c'est qu*un bâton. Cependant il y en a d'es-
pèces bien ditférentes,et capables de produire
des effets bien diÉférents aussi. De sorte qu'il
est assez didicile de s'entendre quand on voit
écrit que tel ou tel mar:vr reçut un certain
nombre de coups de bâtons. Nous réserverons
cette dénomination pour Tinstrument consis-
tant en un seul morceau de bois, quelle que
soit sa grosseur, et servant à frapper les mar-
tyrs. Dans certaines relations, nous voyons
que les bourreaux employèrent des bâtons
courts, pleins de nœuds, et allant en augmen-
tant depuis la poignée jusqu'au bout- C'é-
taient de véritables casse- tètes. Avec ces
bâtons on devait produire de profondes con-
tusions et briser souvent les os. En irapp&nl
sur certaines parties, telles que la tète, la
poitrine, on pouvait très-facilement et très-
prompiement tuer les victimes ; mais on pou-
vait, en frai>pant sur le dos, sur les cuisses,
sur les parties fortement (iharnues, donner
encore un grand nombre de coups sans faire
mourir, La manière la plus ordinaire dedon-
ner la bastonnade était la suivante : on cou-
chait le patient sur le ventre, et le bourreau,
se tenant près de lui, lui déchargeait sur le
corps le nombre de coups^de bAtoa tixô ; d'au-
1
m
BâU
boarreaui tenaient les pieds et la tète. En
Afrique, encore de nos jours, la justice mu-
tulmane fail souvent appliquer ce supplice.
Ou se sert le plus oriinair«.*ment de bllois
lonjs et lleiibles, dont les vibrations causent
une horriWe blessure. Souvent les condam-
nés reçoivent depuis dix jusqu'à cinquante,
cent, trois cents coups de bâton et au delà.
Quan I le bourreau ne ménaîje pas, il est rare,
ti le nombre de coups h recevoir est grand,
Ïue le patient vive jusqu'à la fin du supplice,
es premiers coups font de longues meur-
trissures et quelquefois font jaillir le sang;
bientôt chaque coup, venant frapper sur les
parties blessées d*''jà, enlève la peau et Us
chairs. A chaque fois que le bâton frappe et
se relève, on voit voler le sang et dés lam-
beaux de chair meurtrie. Quelquefois le sup-
plice se prolongeant, les os sont dénudés. Il
arrive que le patient meurt quelquefois au
milieu du supplice; le bourreau n'en con-
tinue pas moins. Quand la victime n'a pas
succombé, on la transporte dans une prison
ou à rhùpital. On donne aussi la bastonnade
sous la Diante des pieds; c'est un supplice
atroce. Quand il est appliqué avec rigueur,
ceux qui en sont victimes courent risque
d'être estropiés pour leur vie. Bien souvent
les persécuteurs des chrétiens ne prenaient
pas la peine d»î régulariser les supplices, et
8 )uvent il arrivait que les bourreaux frap-
paient les saints à coups de bâton, les lais-
sant debout et ne choisissant pas les endroits
où frapper.
11 neiaut pas croire du reste que l'homme
ne soit pas capable de sup[)orter un grand
nombre de coups semblables appliqués avec
violence. Souvent, dans la vie commune, et
surtout eu égard à la profession que nous
exerçons, nous avons occasion de voir des
femmes, des enfants, qui reçoivent des coups
de bAion en grand nombre et avec tant de
violence, qu'on croirait qu'un seul devrait
être mortel. En ce moment, nous soignons
un enfant qucî sa mère a frappé si rudt'iuent
à coups de Dâlon, qu'il a à la tète deux énor-
mes ab;îès, et qu'il est couvert de contusions.
La vie n'est pas menacée.
BACDÈLE (saint) , martyr, le même que
saint Bacdile. {Voy. ce nom.)
BAUDILE (saint), martyr, est célèbre dans
tous les martyrologes. On ne connaît pas le
lieu de sa naissance. On sait seulement que
soq martyre eut lieu dans le m* ou dans le
IV* siècle. 11 soutTrit le supplice du fouet et
plusieurs autres tortures avec une constance
inébranlable. Ce fut à Nimes que s'accomplit
son sacrifice. 11 y avait une partie de son
chefà Paris, dansl église deSainte-tieneviève.
Beaucoup d'églises, en Espagne et en France,
sont placées sous l'invocation de ce saint. Sa
fête a lieu le 20 mai.
BAUDOUIN II, comte de Flandres, était
l'ennemi de saint Foulques, arciievèque de
Reims, qiii fut lué par plusieurs vass.iux de
ce coiiite. N lUS Irtisserois parler Fieury
{Liv. Liv), pour exposer les riH>oiiS(jui déier-
niinèreni Cette liaine implacable de Baudouin
eontre le saint archevêque.
làZ Ml
Dans le concile de Reims, tenu en 891 et
présidé par Foulques, « on menaça d'excoifr-
mnnication Baudouin, comte de Flandre,
pour divers crimes. II avait fait fouelttr m>
prêtre. 11 avait dté aux églises des prêtres quj
y é aient orJoniîés, et y en avait mis d'au-
tres sans la p-cirticipation de leur évêqne.'ll
s'était révolté contre le roi au mépris de son
serment. Sur tout cela il avait été depuis
longtemps a4imonesté par les évêoues sans
en avoir profité. Ceux du concile de Reims
jugèrent donc qu'il méritait d'être excom-
munié ; m:iis, attendu qu'il pouvait ser-
vir utilement l'Eglise et rElat, ilç suspen-
dirent la censure, et lui donnèrent encore du
temps pour se cor.iger. lis déclarèrent I
Baudouin ce jugement par leur lettre svno-
daie, et en écrivirent une autre à son évèque
diocé>ain, qui était D>»dilon de Cambi-ai. d
avait été appelé au concile, mais il b'en était
excusé sur les Normands qui étaient la sft-
reté des chemins, et les évêques le priaient
d'exhorter fortement le comte Baudouin i
se rectmnaître ; de lui lire leur lettre, s*il était
présent, et, s'd était absent, de la lui envoyer
par son archidiacre qui la lui fit bien enten-
dre. Que, s'il ne pouvait ap}>rocher de Bau-
douin, il fit lire en sa présence la Ittrre
dans un lieu où il eût insulté à la religion; et
qu'ensuite, 5*il ne se corrigeait, per^ni\e, si
moine, ni chanoine, ni aucun chrétien n*eAt
plus de commerce avec lui, sous peine d*aoi-
Ihème.
a A cette première raison, Baudouio rail
en ajouter une seconde: a Ce prince, étaoi
maître d'Arras s'é:ait aussi mis en posf6$-
si'jn de l'abr^aye de Saint- Vaasjt, que le roi
Charles lui ùta fOur son iuiidélué et do/UBià
l'archevêque. Mais Foulques, trouvant plus
à sa bienséance i'ab*)aye de Saiul-MéotfJ,
2ue posséd lit u 1 autre comte nouunéAltiBar,
cliaugca ave;' lui celle de $<iint-Vaa5t, «urès
avoir as>iégé et pris Arras bur le comteMS-
douin. Le ué|Ht ({u'il en eut passa à ioutott
cour, et il ivsolui de se venger. 11 feignit i%
vouloir se ré oucilier. Plusieurs de ses geos
ayant épié Toccasion , un jour qu*il allait
trouver le ro: aveo une très-^.etii^ escorie,
ils Tabordèrenl dans le chemin, a/^ à leur
tête un noaiiné Viuemar. Ls lui parièrent
d'abord de la ré.oUoi iali«»n avec le comli
Baudouin , pAs, l>rsqail s'y attendait ijl
^oins, ils le chaTc^ent à coups de lances»
le lu*eut tomber et le tuèie.it, etc. » 0^ |Wiif
voir h 1 art. de Vin£maa reicommunicalioB
qui fut lancée contre les meurtriers par Uenifc
succe i^eiif de Fpid^ues, et la punition exeiB-
plaire qie Dieu iuiligea à ce même ViAeiBtf
poyr prix de son exécrable foriaii.
BAUGY, bourg de i'Auxerrois, oik sdiit
Pérégrin, premer évêque d'Auxerre, fut mar-
tyrisé en l'an de Jésus-Chri^l 3Ui. 11 fut en-
terré dans ce lieu, témoin de son martyre.
Depuis, srs ni qties lu reui transférées à Siîol-
Denib, près Pa. ii«.
iîA/AN, rnarlyr, catéchiste du P. de S^îiTlr
TORES [roy, son ailiclej, l'ut assassiné, lej!
mars 1072, par le chef Kipoha, à c^i il ré
us
BBN
BSN
454
|)rocluiil la licence de ses mœurs, malgré son
litre (Je chrétien.
BAKILÉE (saint), reçut la couronne du
martyre k Rome, sur la voie Latine, ayec
saint Jorin, sous le rè^ne et durant la pcr-
eécutîun «te Vak^rlcn. Oh ne nous a pas gardé
de documents authentiques sur la façrm dont
ils acc(»mnlirent leur saciifice. L*£ijiise fait
leur fête ie 2 mars.
BEATRIX (sainte), martyre, fut étranglée
k Rome, dan$ s^ prison, en 303, du temps
de la persécution de pioclétiçn. Cette sainte
jjvait ejté témoin de la mort de ses frères,
saint Simplicç et sai^t Faustin, qui avaient
^té décapités, et ensuite jetés dans le Tibre.
jkprës avoir fait retirer leurs corps, elle les
fit enterrer honorablement et se retira do
}*aulre côté du fleuve, chez une chrétienne
nommée Lucine. Elle passait avec cette femu^o
les jours et les nu.ls en prières. Un parent,
2ui voulait s'approprier sa lortunc, la déutaiga.
Ile fut ariôlee, et aprèîi qu'elle eut souffert
divers supplices, elle fut, comme nous l'avons
àiit étranglée. Lucine la déposa près de ses
frères. Le pape Léon transporta les reliques
'de ces saints dans une église bâtie à Rome
jous leur invocation. C'est aujourd'hui re-
mise deSainle-Marje-Majeurequi iespossède.
n'Elise fait (a fOte dé ces saints le 29juillet.
BELLIN (saint), martyr, était évêqueàPa-
.4oue. On ne connaît aucune circonstance de
#on martyre, la date même en est inconnue.
i«'£<^lise célèbre sa mémoire glorieuse le ifi
j^ovembic.
B£MALT (Fonèx de), située près de Ne-
jnèse ou de Spire, est célèbre par le martyre
de saint Théodard , en 669. Ce saint était
éyè(}uede Âlacslricht, et se rendait en Aus-
trasie, près du roi Childéric II, pour obtenir
de lui la restitution des biens de son église,
doot des seigneurs puissants du pays s'c;aiont
emparés. Ces seigneurs, ayant été informés
du but que se proposait jévôaue, placèrent
4lii5 Id u> ëi dos hommes qui 1 assassinèrent
k son passage.
BKNi^ALE, ancienne province deTIndous-
ian, 4 pour capitale Calcutta. Longtemps le
Beoijale forma un roy^iume indépendant, il
lut conquis [lar les Afghans en 1203, devint
tii^Mtaire des Moigols quelque tt^mps après,
jiPS«^*eD 13M), é|>oque à lauuelle Fakher-
^iiaixi s'en empara et en fit de nouveau un
fojaume indépendant. Cher-Schah en lit la
jCpoquéfce en 1938 et leréunit auDelJii- Akbar
M fil pt'U après une p;*ovince du Grand-
IJbMÇM ; e^Uy en 1757, il tomba sous la do-
aùoaiion des Anglais, qui le possèdent en-
core.
fia 1602, la persécution visita les saints
fl^issionnaires ^ui évangélisaient ce pays:
pétaient des jésuites. Leur église et leur
maison furent saccagées. François Fernandez,
f uii d*entre eux, fut si cruellem< nt maltraité,
ga'il mourut en prison des suites de ses bles-
sures. Le P. Bores Tiissistait h ses derniers
mouieuls. Ce généreux niissio inaire av;iit
obtenu d'èlre conduit enchainé auj)rès do
fpo compagnon. Eu 1699, le ¥- Martin eut à
y souffrir diverses persécutions. (Yoy. son
article.)
BÉNIGNE (saint), disciple de saint Poly-
icarpe, fut envoyé par lui dans les Gaulos,
pour y prêcher l'Evangile, avec saint Ando-
the, saint Thyrso et saint Félix. Saint Bé-
nigne était prêtre. 11 arriva en fiaiûe sous
le règne d'Antonin ou de Marc-Aurèle. De
Marseille il passa h Lyon, puis à Autun, où
il fut reçu par Fauste, qui était premier ma-
^strat de la vil^e et chrétien en secret, à
cause de la persécution qui sévissait alors. Ce
Fauste avait un iiis Âgé de trois anset nommé
Sym;.horien. Sachant qu'il avait chez lui des
prêtres, il les pria de donner le baptême à sa
lamillo et à plusieurs de ses amis. Saint Bé-
nigne et saint Andoche baptisèrent son fû$
Ensuite Fauste parla à saint Bénigne d'une
sœur qu'il avait à Langrcs, nommée Léonille,
la'juclle y avait trois pelits-lils qu'elle dési-
rait attirer à la religion chrétienne. Après
ÏuelqLcs années de séjour è Autun, saint
énigue se rendit h Langrcs pour y travailler
au désir de sainte Léonille. 11 convertit eo
eO'et les trois petits-ûls de Léonille, nom-
mas Speusippe, EleusippeetNéleusippe.Tous
trois soutlVirent bientôt le mai-lyre. Saint Bé-
nigne se rendit ensuite à Dijon, où il conver-
tit sainte Pascasie. Peu de temps après, un
gouverneur étant venu à Dijon, ht arrêter
saint Bénigne, qui ilnit ses jours par un
glorieux martyre. 11 fut étendu avec des pou-
lies, et déchiré à coups de nc'fsdebœuL On
lui enfonça des alênes sous les ongles ; en-
suite on lui scella les pieds dans mie pierre
creuse, avec du plomb fondu, puis on ïejor-
ferma, sans lui donner de nourriture, durant
six jouis, avec des chiens fuiieux. Au bout
de ce temps, on le trouva plein de vigueur
et de santé. Dieu l'avait soutenu. On le battit
sur le cou avec une barre de fer, et enlin on
le tua d un coup de lai;ice. On fait sa fête le iv
novemhre.
Longtemps le corps de saint Bénigne ne
jouit pas des honneurs dus à un si graxvl
saint. La mén^oire d.es événeiAcnts que nous
venons de raconter s'était effacée, et le tom-
beau de saint Bénigne «était bien Tobjei des
dévotions traditionnelles des gens du pay$,
mais le doute retenait à cei égard les bons
esprits. Le saint apparut lui-mèj9ie à saint
Grégoire, évêque de Langres, et lui dit quel
trésor renfermait ce tombeau. Saint Grégojre
transporta les reliques précieuses dans l'^n-
ciei^ne chapelle dédiée au saint. Le t^emps
l'avait ruinée, il la litreb&tir.
BÉNIGNE (saint), martyr, était évèque à
Utrêcht. 11 y reçut la couronne du martyre À
une époque et dans des circonstances que
nous ignorons. L'Eglise célèbj'e sa glorieuse
mémoire le 28 juin.
BENIGNE (saint), martyr, reçut la coiu'onne
du martyre à Todi. Le Martyrologe romain ne
donne aucun détail sur l'épo^je et les cir-
.constanues de sou combat. L Eglise célèbre
sa Siîinte mémoire le 13 février.
BEMLDE (bainie;,martjie, mourut | ourla
foi à Coriioue en Espagne. On ignore léi^o-
quo et les circonstances de sop martyre. L'B
m
BEE
B£R
m
glise, notre mère, révère sa sainte mémoire
î& 15 juin.
BENJAMIN (saint), martyr» était diacre en
Perse sous Varanes on Vararanes, qui con-
tinua avec tant de furetir, contre les chrétiens,
la persécution commencée par son père,
Yesdedjerd.il flit arrêté, rudement battu et
mis en prison. Il y resta un an. Au bout do
ce temps, rarnbassadeur romain qui vint en
Perse demanda son élargissement* On le lui
accorda, mais sur la promesse qu'il cesserait
de prêcher J'Evangile. L'ambassadeur le pro-
mit, mais Benjamin, qui ne croyait pas pou-
voir tenir l'engagement pris en son nom,
continua de prêcher et d'instruire tes inti-
dèles* Le roi Tayaut su le lit de nouveau ar-
rêter. D'abord, il voulut l'effrayer par des
menaces... Le saint diacre lui dit: n Quelle
idée auriez-vousd'uo de vos sujets qui vous
trahirait pour passer h vos ennemis? » Le
roi, furieux, lui tit enfoncer des pointes de
roseaux sous les ongles des pieds et des mains
et dans plusieurs autres parties du corps. Ce
supplice fut répété un certain nombre de fois,
avec une cruauté inouïe. Enfin le bienheu-
reux diiicre fut empale. Sa mort eut lieu en
V2^. L'Eglise romaine fait sa fête le 31 mars.
BENOIT (saint), martyr, était ermite en
Pologne. 11 y souffrit le martyre dans des cir-
constances et à une époque qui nous sont
inconnues, avec les saints Jean ^ Matthieu,
Isaac etChristin, également eruiitos. L'Eglise
célèbre leur mémoire le 12 novembre.
BENOITE (sainte), mart>re,était originaire
du diocèse de Laon. Cette vierge reçut la
couronne du martyre dans des circonstances
et à une époque qui nous sont inconnues.
L*Eglise lionore sa mémoire le 8 octobre.
BERARD (saint), martyr, était religieux de
Tordre de Saint-Fiancuis. Il cueillit la palme
du martyre à Maroc, m Afrique. On ignore
en quelle année. Il eut pour compagnons de
fies combats glorieux, les saints Pierre, Ac-
curse, Ajut et Othon. Leur mémoire est ho-
uorée dans TEglise le l*i janvier,
BÉRÉNICE, lille d' Agrippa l'Ancien, roi
des Juifs, néePan^iS de Jésus-Christ, épousa
d'abord Hérode, roi de Clialcis, puis Polémon,
roi de Cilicie, Elle quitta ce second mari pour
venir demeurer avec Agrippa II, son frère*
Ce fut pendant ce séjour qu'elle tut firésente,
à Césarée, quand saint Paul se défendit, sur
Tinvitation de Festus, devant Agrippa. Titus,
qui Tavait vue à la guerre qu'il tit en Judée,
en devint amoureux; il 1 emmena à Rome
et Taurai^t éiiousée sans Topposition des Ro-
mains. Cet événement a fourni h Corneille
et à Racine le sujet de Ir^igédies célèbres.
BÉRÉNICE (sainte), ûi le de sainte Domnine
el sceur de sainte Prosdoce, est honorée
comme martyre avec elles, ^lar l'Eglise, le k
octobre. (Pour plus de détails» voy. les Actes
de sainte Dqm7<[ne.)
» BERli AME, ville du royaume Lombard-
Vénitien, est célèbre par le niartyre qu'y sout-
int saint Bomnion, On ignore complètement
en quelles circonstances el h quelle éi>oque.
BEUILELhV, naquu vu L lande en 16S^,
étudia au collège du la Trinité do Dubliu, et
devint associé de ce collège. En 1708, il com-
posa et publia sa Théorie de la vision^ puis,
un an après, ses Principe» des connaissances
humaines. Dans cet ouvrage, il prétend éta*
bbr 3ue tout ce que nous nommons les corps
n existe réellement pas. Tous ces êtres qui
affectent nos sens û*ont, d'après lui, qu'une
réalité subjective, c'est-ànlire qu*ils consis-
tent simplement en des impressions produites
au dedans do nuus-mémes par la toute*puis-
sance divine. Le soleil, la terre, les astres,
tout ce que le monde enserre, nos corps eux-
mêmes sont de véritables fantômes qui n'exis-
tent que dans notre esprit. Ainsi, la vien'est
qu'un cauchemar periiéluel ; cauchemar qui
ne cesse qu'à ce que nous nommons la mort,
c'est-à-dire à ce moment où il plall à Dieu
de prendre en pitié la pauvre âme dont il a
fait son jouet, Consét|uemmcnl la mort non
plus n'existe pas. Maintenant, si les corps
n*esistent pas, qui prouvera à l'homme de
Berkeley que les existences individuelles
qu'il suppose en dehors de lui-même, ne
sont pas aussi une vaine fantasmagorie, une
des mille aberrations que Dieu lui envoie
dansTimpiloyable cauchemarqu'il lui donoeî
Berkelej ne s'arrête pas pour si peu, il &iil
bien, dit-il, que son système fait oaître des
objeclions irréfutablesymais ce n'est pas une
raison , dit-il, pour ne pas Tadmettre. Eo
etfet, il surtit que l'idée d'un pareil système
lui soit Y<^nue, pour que le monde doive non-
seulement s'en préoccuper, mais encore le
recevoir. Une seule chose étonne en Imnt
ces absurdités; ce n'est pas qu'une cervelh
humaine ait pu les enfanter, à Tenconlre de
la raison et de la foi, c'est qu'il se trou»«
des hommes assez idiots pour en être dupei-
Uq £0l trouve toujours un plus sol qui Tadniit.
L'auteur de ce vers a écrit une des ré-
rites les plus grandes qu'il soit possible
de dire. Berkelev méritaU une place panni
les aliénés; les philosophes le proclamèrent
un des leurs, et la Béotie d'Europe lui km*
Dit des admirateurs.
Deux des amis de ce philosophe, Clarite
et Wiston, qui lui voulaient du bien, ne se
rangèrent pas du côté des admirateurs: ils
crurent que B^Tkeley devenait fou, el vou-
lurent le ramener à des idées plus saine*;
mais lui soulinl son système par de nouveaui
arj^uments, qu'il lit valnir dans ses Dialogues
etUre Hihs et Phihnoiis. Oo avait beau Itti
dire quil détruisait la possibilité des wini-
clés, la responsabilité des actes huouiio^.
toutes les bases de la religion dont les preu-
ves ne reposent que sur des faits; lui, avec
une naïveté béate, disait qu'il soutenait tl
f trouvait la reli;;5iôn, en détruisant ^ar le pied
e matérialisme, puisqu'il niait rexistencede
la matière. Pauvre Berkeley l après avoir pu-
blié un écrit intitulé le Peht Phihsopkif
œuvre faite, à son point de vue, t>our cocû*
battre Tathéisme et le déisme» il fut touN
mente de la façon la plus cruelle par l'être
qui, d'apjcs lui, fait passer devant nos flmes
Inuk'slesliicéties de Teiislence. Dn beau jour
il lui seuU^la, à ce pur esprit, qu'il avait um
PC
msà
rame apparence^ qu'il nommait madame
erkeley par habilude, et pour faire comme
ul le monde. Oi% il lui sembla qu'il parlait
vec pjle pour un prétendu frays d'Amérique,
fsur une «juiaroocc de vaisseau, pour aller
convertir des a|ipareices de sauva ges. Au
ftnd, Berkeley avail Tâuie boine, ou plu Lut
e I ne le plaisantait qu'en lui faisant jouer
les rùles honnôles. Après un certain laps de
nips, il lui sembla qu'il revenait d*Aui6-
iquc avec ce i]u1l nommait maduue Berke-
ey ; il crut qu il acceptait, en 1733, Tévèché
eCIoyne, et ses amis el connaissauces cru-
rent un beau jour qu^uiie chose qui se nom-
Bûatl Berkeley mourait en 1753, Erreur pro-
ndeî c*était simplement une iime sur la-
elle Dieu cessait de montrer \ii> ombres
iiioises. Puissent tous ceux qui raisonnent
m me ce philosoplie être aussi sûrs que
tt) de rélerneile béatitude* Ce souhait» nous
e faisons de tout cœur; mais le Dieu qui a
Il : heurnixln pauvres desprit^ n a point dit
eureux les niais, heureuses les dupes, lieu-
ux surtout les sots acteurs de sois rùles
oués sous le masque de rhypocrisie.
Qu'on amasse donc les fagots philosnpbî-
ues de cette espèce-là, et qu'on laisse au
11 sens vulgaire le soin d*en faire poussière
l cendre, car ce serait vraiment tro|* d'hon-
eur leur faire que de les réfuter sérieuse-
ment.
BEBNA (1© bienheureux Pieiiiie), prêtre
6 la Compagnie de Jésus, fut associé au
narlyre du bienheureux Aquaviva, recteur
du collège que les Jésuites avaient dans nie
de Salcetle, avec les FF. Antoine Fran^^nis,
Ifon^e Pacïieco, prètn-s, et le frère t oadju-
l**ur Fr.inçois Aragna. Leur mailyi e eut lieu
le iSjuinet 1583* (Tanner, 5oriVlaiJcjf« uxque
€ui tanguinis et viiœ profusioncm miliinnSf
p. 247; le P, d'Outreman» Recueil des hom-
mes iiiuêlrti de la Compagnie de Jésus, p. 457 ;
Du Jarric, Histoire des choses plus mémoru'
»/«, etc.,l. l'%p. 352.)
BliANAKD [saint] , était évéque à Capoue*
"cssa sa foi à une époque et dans des
nces que le Martyrologe romain no
i-' [)âs. L'Eglise célèbre sa mémoire
BES
iS8
LU-NAUD COSIN (fe bienheureux), frère
mineur, fut martyrisé en 1555. pour la f *i,
djms le val de Guadîana, [lar les Chicbimè-
qiteSf arec Jean de Tapia, n ligieux du uiême
ordre, et Jean Serrado, qu'ils tirent périr à
eoops de tlèches. {Chronique des Frcres Mi-
nfurs^ u IV, p. 307 et suiv.intes.)
> BEBNA RD (saint), conlesseur, souffrit pour
► la foi dans la Campagne de Rouie, l^e Mart>j-
rolo^e romain no aonne aucun détail sur ré-
plique et 1» s circonstances de ses combats.
LXgli^e célèbre sa mémoire le 14 OL-tobre.
BERNARD (le bienheureux JkanJ, frère lai
daos Tordre de Saint-François, fut envoyé
pur ses supérieurs prêcher la foi diuis le Pé-
fUil. Il fui saisi par les indigènes du terri-
toire de los Charcas, qui ne voyaient en lui
iiu'uii complice des cruautés des Espagnols,
m le peodireQl, et, pendant trois jours, du
I
haut au gibet, il les exhorta li embrasser la
DtcTiox^r. DB$ PsasicuTioifi. I.
foi. Ce miracle, qui aurait dû leur ouvrir les
yeux, ne fit que les exaspérer davantage Ils
lui arrachèrent le cœur et abandonnèrent son
corps, qui fut recueilli par les chrétiens, et
dnpcjsé dans la cuslorlie de la Plata. (Férot,
Ahrégé de ia rie des saints des trois ordres de
Saint-Fratïçois, t. III, p. 33L)
UERNÈDE IGNACE (le bienheureux), con-
fesseur, religieux de la Merci, Voy, Monhel
(Berîiard).
BEROINE, qualifié président par le Marty-
rologe romaiji, fit mettre h mort, sous Numé--
rien, dans la ville d'Aquilée, saint Hilaire
évéque, saint Tatien diacre, et les saints Fé-
lix, Large et Denis. On ne dit pas comment
ils terminèrent leur sacrifice, mais il est
certain qull leur tit subir la peine du cheva-
let et plusieurs autres supplices.
BÉROMQUE (saint), martyr, donna sa vie
pour Jésus-Chriht, à Antioche, avec la vierge
Pélagie et quarante-neuf autres saints mar-
tyrs, dont les noms sont inconnus. Le Mar-
tyrologe romain ne dit pointa quelle époque
et dans quelles circonstances. L'Eglise ho-
nore leur sainte mémoire le 19 octobre,
BÉRYL LE, gouverneur de rOnibrie, fit
mourir sous Adrien, au commencement de
la persécution et du règne de ce prince, sainte
Sera pie, jeune vierge qui demeurait chez
sainte Sabine, à Vindène, Il la fit décapiter,
après l'avoir fait battreà coups de biUons, et,
après avoir essayé delà faire violer par deux
Egyptiens. Dieu ayant miraculeusement pro-
tégé sa servante tians cette circonstance, Bé-
rylle crut (^u*elle avait agi jMir magie, pour
empêcher 1 exécution de ses ordres, (Voy*
Sehapie, Sabine, Helpidë.)
BÈS (Il os ALI k), religieuse du Saint-Sacre-
ment, de Bolène, périt sur Téchafaud le
8 juillet 170/t, avec Elisabeth Peleysier, Ma-
rie Blanc, du même or ire, et Marguerite Ba*
vasre, ursuline au Pont-Saint-Esprit. Au mo-
ment même où le jugement qui les condam-
nait h mort fut rendu, Rosalie Bès, dite sœur
Pélagie, tira de sa poche une boîte remplie
de dragées, qu elle distribua à ses compa-
gnes. « Ce sont là, dit-elle, les dragées que
j'avais réservées pour le jour de mes noces, »
BESANt;ON, chef-lieu du département du
Boubs, est célèbre dans les annales de nos
martyrs par les soulFrances et lo mort qu'y
end u ra 1 * é v êq ue fi e i ra a i n .
BESCUl (Coîistapît-Joseph], Italien de
naissance, fut élevé dans la ville de Rome»
Se sentant de la vocation pour Tapostolat, il
dirigea ses études dans cette voie, vers la-
quelle il se croyait appelé, lnnt»cenl Xll
renvoya comme missionnaire dans los In-
des orientales. 11 aborda à Scranadou ou
Maléalam, sur les côtes du Malabar, en 1700.
Il parlait Titalien, rhébreu, le grec, le la-
tin, le portugais; bientôt il apprit le sanskrit
et le télenga, mai^ il s*appliqua par-dessus
tout h apprendre le tamoul , dont il connut
bientôt assez bien le mécanisme pour en
pos'^é 1er parfaitement le génie poétique. Aus^
sitôt qu'il fut dans ce pays, pour se conci-
lier TatTection de ce peuple qui a des usa-
ges fort eilraordinaire*, il t'y conforw* *u*
I
r
ISO
DES
tant queleUii permirent sa qn/ilitt^ deprûtre
et ses Ui^U lu lai tl*Ei,ira|ràcii. Il se privii ma-
tièremuot do viande et <ie [»oissoi ; le lai-
toge, le:s fruit» et les Kî^nimes di^vinrcnt sa
ndurrituru habituelle. Uisrul repa^ lui était
néi.eisain^ chaque jour. Deux liabitauls de
hauie eilractiou, q i*il a vail convertie, le sui-
vaient partout ei qualité de cuisiniers. Il se
marquait^ frout d'uu large potou, circoiifO-
reuce tracée avi*o le cobi-saudaiiaiu (cou-
leur faite avec de Teau et de la poudre de
îjrii^ de saiidalj. Sur la lôte il portait ou
cuuJla, bonuet eu foraie<le cylitidre, en soie
couleurdefeu jil avait un publie rouge autour
desreins* Un autn* pagne bordé de rose, dra-
pé comme un schall sur sa tète» par-dessus
sou boifiet. lui tombait sur les é|mules.
Pour chaussure, il avail des soques, Qua'id
il sortait» il était velu d'une rolie persane de
inousseïiuo rouge, portait un ceinturon de
même couleur : au lieu dub'onèt il avail ïa
toque blanche, un voite et un mouchon* t^n
mousseline rou^;e leodi'e. Il avait comme
bijdu une paT',^ déboucles d'oreillei eu perles,
une bai^ue en or et une longue canue de
jonc. Dans cette toilette il quittait sa cham-
bra'pour se mettre dans un palajiquin où il
était assis sur une pir/au de tigre qui rembou-
rrait do soyeux, coussins. Pendant (pf il mar-
chant, on ajjitait [«rés de son palanquin û^s
hrrussoirs h crinière bhriclie tloUanie, el de
jeunes gargons le précéduent portanl devant
lui dtis onemeils en plumes de paon. A sa
suite murcliail un homme qui (lortait un
large parasol de soie, rnuge comme ses ha-
biis. QuiUid U di'scendait de son palanquin,
on déi'lo» ail à terre une peau de Jigre atia
qu'il pill s'y asseoir. C'est aiiisi qu'ayant
érhangé les mœurs europée.ines coitr ■ les
liabitude* orieiitales, il parvint à s'ouvrir
Tenlrée dé l<ïu es les maisuns. Sur son elit^
mit* (1 faisait d'abondantes aumôîies ; il don-
nait flui pauvres, pourvoyait à l'eiistence
de beaucoup d'en.anls qu*ii instru sait. Vou-
l:uit(tuui conlbnuer à cetln loi qud s'était
faite de prendre les usagrs du pays, il dessi-
na la Vierge m\ costume in no a et Tenvo/a k
Mainllt% pour (|u on fit, d'après ce dessin,
une statue en bois de Notro-Dame avec l'en-
lant Jé^us dans ses bras. Il la plaça tiaos
réalise dvî tlonacrmpaifï. Il cfunjiosaen Thon-
neurde la V eige plusieurs hymnes, et til en
riiôo'ieur de sanii Jt>seph un poeoje reli-
gieui nommé Terubuvanie. O poëme con-
tieûl Irois millostx cent quinze versetsdivi-
sés an trente-six chanta. Il composa un
grand nombre d'autres ouvrages qui le ren-
dirent fort célèbre dans le pays. Les savaits
lu ndous changeront son nom en un antre do
leur lan^nie, qui sigiiiliait ho: mue Irès-sa-
vin\i[iîr doctifHmus). Le nabib le qualitia
du titre d'ismat saniiiasi (péttilml .sans (a-
che), H lui tit cad.^auti'un pahuiqui i uiigni-
linue et Ju revenu dequ dre villagiesjHiur ses
d(>i)eubes. Ces revems montaie^it k 28.300
fram s de noire monnaie. Lntin il le nomma
pr*îiuier ministre, ijuand il allait quelque
pftrl, des hérauts le [irécédaienl : trente va-
Taii^rs fai&dteui escorte à son palanquia
avec douze porte-drapeauT et quatre mas-
siers à bâtons d*argenL Qu$nd i! allait à
cheval, venaient derrière lui un trompette
mimléde môme, puis trois chameaux» le pre-
mier portant d'énormes timbales, le second
un gros tambour; ces instruments faisaient
vacarme; le troisième chameau portait les
ornements pour célébrer la messe.
Besclii ne cessa, malgré les nouvelles fonc-
liOfîS qu'il avait acceptées» de sallacher au
princiiial but de sa mission, qui était la con-
version des idolîVtrps. En 17io^ le nabab, dont
il était minislr-, fut vaincu» et sa capitale
ayain été prise par l'ennemi, le missionnaire
fut obligé de se retirer à Cael-Palanam. U
mourut en 17i2, regretté et honoré de tout
le monde.
En voyant ce récil, oo pourrait se deman-
der comment il va à notre sujet : pour le
comp!ét«'r, nous n*avons qu'à copier le récit
suivant des Lettres édifiantes : «lEû étendant
leurs conquêtes dans cette partie de Tlnde»
dit un jésuite, les Monghols avaient laissé
subvister les anciens royaumes de Tanjaour,
de Ma iuré, de MaissouV et de Marawa. Ces
Etais continuaient d'être gouvernés par des
princes gentils, chargés Sf^ulemeul envers le
Grani-Mon;hul d'un tribut annuel, qu'ils
n'étaici t pas toujours fort exacts à payer.
I/emperenrétait sou verd obligé del>*ire mar-
eher des années contre euï pour les conlraiu-
dje d y satisf dr *. D ^pnis un certain temps,
ces peliis rois ou rajahs tributaire s étaient
red evables de sommes considérables, Daoust-
Ali'Kan, nabab [ou vice-roi) d'Arcate, capi-
laie de tout le Larnale, saisît cette oceasiOÛ
pour porter la guerre ch z ces princes geft*
lils. Cette invasion des Monghols répandit
l'alarme et ï'etrroi. Les princes gentils écri-
vireut lettres sur lettres au roi des Marattet
pour lui demander du secours, lui repré-
sentant que s'il n'arrêtait les progrès de leurs
enumnis , c\ n était fait nonseu ement de
leurs Etats, mais encore de leur religion» qui
adait être entièrement détruite par las ef-
forts des ûiahométans. Ces Marattes habitent
à Fouèst des niimtagnes qui sont derrière
*j0a, k la côte de Xlatabar, Sutura, capitale
leur \mys, est une ville fort con>idéranle*
roi des Maraltes est très-puissant; on Ta
souve. t nieltre sur pied tout à la fois 150^000
hommes de cavalerie, qui allaient ravager les
Etats du Mimghol et les niettaient h cootri-
bution. Les sodicitatioi.s pressantes des peu-
f^les de Tntchîrâpal i (a ors capitale du Ma^
duré) et de Tanjaour, jointes à Ttuivie de
piller un pays enrichi depuis grand nqiàlKe
d^années par Tor et l'argent que toutes le^
nations du monde ne cessent dy apporter
cji (*ch.*nge di^s marchandises précieusei
qu'elles en tirenl, dôlerminèrent ce pnuoe
à acconler le secours qu*on lui demaôdaiL
Ses princiiianx ministres, dont U plupart
élaient brahmesjui en firent même un devoir
de conscience. Il leva une armée (ie soixante
mille chevaux et de cent cinquaiUe miilû
hommes de pied. Ces troupes partirent au
mois d'octobre 1739 , et |irirent la roule (H
Carnate. » Les Marattes ^onl divorsement i
dis
préclés par les raîssîonaaires, « Les armées
de Marattesqui pn^co^lre^t Uius les ati^ cetlo
i*arLe de Vinda pour h^yw le irtbul , dl \ii
P. Caliuette, otii M»inni ellVs une c Télieûlô
nombreuse el cdiliàiile, qai donn ' lit^u à
bcaut oup dtî conversions et Je b ijitt'^iûes. Il
y a diois c!iatiue anïjt^c un i;otiiln e coisidé-
fable de fauiilii*'^ c irétie nie-^. Ces né<»[^hyles
se soiU cboi i un chef qui leur litjnt lie r de
[cal«'*chiste. Tûu- les iJùtianehos , ils orneut
une Yiisle lenle en iVirine d^église ; les lideles
ls\v rassemblent v»our écouler les tusun lions
et laire le «rs prièrf»s; i.*\ ils sVn acouiitent
f,y..,. t .,f» j - -' luilé el de zèle, que le mis-
►liliijL* de niodrer les péni-
iLtir^.^:* qii II iiin»osaità ceuiqui manquaient
une seiiîe fois de s y trouver. »
Le P. Saignes pi-'.^sénte sous un autre jour
ces peuples^i dont les entreprises norièrent la
désolati >n d^ms toute la péninsule. Ce mis-
sionnaire écrivait le 18 janvier ÏIM ; n JJs
allèrt-nt rannée dernière jusque sur les bords
idu fianj^e Ensuite, se lontoant h fou nI ,
lîK s ent de tout lefiajs de^ PortugîKs^
f ^l '' lit la vil te de *ji>a, quMs auraient
] AS les forts qd la déleo leit. Ce serait
{ eur if réparable pour la rdi^ron : la
perte de t;oa entraineraU hifailliuleinent la
truine des missîoos du Caiara, de Maiiisour,
[de Madtu*é, de Travancore, de File de Ct^lan j
I parce que les missiuiiiiaires qui soiU dais
[ces différents royaumes m' y suîiSjNtenl que
i|)ar les revenus de «loa , sur lesquels le roi
|dt' Portugal leur a assigné des pensions.,...
3S églises n'ont poi^U été respectées. Ils
toot pris te [»eu qui y étnl resté; car les
liuissioaaaîres en prenant la tuite avaient em-
[porté avec eux tout ce qu'ils pouvaient. 11
> ' •» quatorze de ces missonnaires à
I 1 L'ry. On est en peine de quatre Pères
pùrlu^^is dont on n*a|>prend aucune nou-
[ veJie* Oa craint encore plus |>ûurUeux autres
\4oni les églises sont fort éloi^^nées dans les
?rres de Maïssour Quelques-uns se sont
auvés comme ils ont pu, dans les bols et sur
^les montaisues. 11 n'y a que le P. Ma-ieira
oapu échajiper à îa lureur de ces bri-
gands. A rinsligatioa d*un bralime, qui leur
persuada que ce Père avait caché de grands
résors, ils le baUireot cruellement; tis le
linreut pendant plusieurs jours lié à un po-
nu t la léte nue et tout le corps presi jue
' t exposé aux ardeurs d*uQ soleil brû-
r, ne lui doiuanl du riz qu autant qu'il
II fallait préci éiuent pour ne pas le laisser
ImoUéîr de faiûi. Cependant, le peu qu'ils
lît-Oivôrent dans son église de Ver^*mi>etti
soupçonner aux Maratles que le bramoe
0ur eu avait imposé : n II faut le presser ,
lit ce brahme; sll n a pouitd'argenl» vous en
fiCrerez sûrement de ses discifiles q i n'éjmr-
seront rien pour Je racheter des lour-
nts. » Les Marattes suivirent son conseil
1 1 :icèrent au missioui<nre que 1j réso-
iiût prise de le faire mi>uru' dans les
is cruels suppliées s'il ne faisui pas coii-
rlbuer ses disciples... Les chrétiens, infur-
jfo de bi triste situalirui où était leur Père
J4su3-Cbrisi , s*o£fraient déjà à ramasser
b£t)
i^È
parmi eux la somme qu'on demandait pour
sa diHivrance. Le Père fit venir le catécnisle
qui avait la liberté de lui parler, et lui or-
donna de défendre de sa part à ses disciples
de donner la moindre chose pour le délivrer,
aimant mieux mourir que de les voir réduits,
à son occasion* à une extrême indigence.
Les Marattes furent étrangement surfvris
d'une résolution si généreuse. Cependant ,
ils préjjarèrent leur chaise et leur casque de
fer ; ils tirent rou;^ir au feu Tun et Fautre,
et ils se di5|>osaienl à faire assroir le mis-
sionnaire sur celte chaise et à lui mettre le
casque en U)U\ lorsqu'un ues chefs marattes^
témoin de la fermeté du Père et de la fer-
veur avec la luelli il otlrait h Bteu ses tour^
uicnts» élevant la voix tout à coup : « Lais*
sez en repos ce sanniâsi, s'écria-i-il ; j'ai ouï
parler du Di .u qu'il in vaque ; c'est un Dieu
ndoutable, et nous poumons bien nous at-
tirer son courroux en tourmentant son ser-
viteur. D'ailleurs, ajoula-t*jl , c'est un étran-
ger qui fait du bien h tout le monde par ses
nrières el par ses tililes conseils, w On obéit :
le missionnaire fut détaché du poteau et
renvoyé libre. »
BÈSE (saint), Béms^ martyr, fut mis à mort
sous Déce et sous le gouvernement de Sabi-
nus, h Alexandrie! en Tannée 25:ï. Voici
comment eut lieu son martyre. Il était soî-
dîU, et il assistait en cette qualité au martyre
de saint Julien et de saint Chrooion. Révolté
Je la cruauté brutale avec laquelle on traitait
ces deux saints , il marqua combien cette
violence lui déplaisait. Conduit devant Jo
juge au milieu des huées d'une populace in-
solente, co couia^j^eui soldat de Jésus-Clu4st|
ne s'étant pas démenti dans ce combat en-
trepris pour sa gloire, eut la tète tranchée.
L'Kglise fait la fête de ce courageux martyr
le 27 février, avec celle de saint Chi'onion et
de saint Julien.
BESSA.VIONK, fun des trente-sept martyrs
égy^ptiens qui doonèrenl leur saog pour la
foi en Egypte, et desquels Ruinart a laissé
les Actes authentiques. Voy. Marttes (le$
trente-sept ) égyptiens.
BLTH-ASA, ville de Perse. Sous le règne
df^ Sapor, en l'an de Jésus-Christ 327, saint
Jouas et saint Barachise, ainsi que les saints
Zébine , Lazare, Maruthas , Narsès» Elle,
.Vlaharis, Habibe, Sabas et Scembaise, y fu-
rent mis à mort pour la foi. ( Yoy. les Actes
de saint Jonas, à son article. ]
BETU-ÎSUH.iDRA, ville du royaume de
Perse, dans la Médie» où saint Aïlhil^as,
diacre, fut lapidé sous le règne de Sapor, en
l'an de Jésus-Christ 380. (Koy., pour plus de
détails, l'article de saint Acepsimâs. )
UEUTH, jésuite français, lut pris dans le
Fo^kieo par un mandarm chinois, vers la fin
de iTVti. Ce fonctionnaire eut beaucoup d*é-
giU'ds pour lui, et se cotitenta de le diriger
sur Macao, en le conliant à un valet de tri-
bunal, qui devait le remettre au mandarin
le i>lus voisin de celte ville, et rapporter mi
récépissé de sa part. Malheureusement ce
m'iiuLu-iu était ct^uide H^aug-chan, ennemi
déclaré du chiistiaiusjiie. Il Gt comparaîtra
4b5
BIB
le Père h son tribunal, après l'avoir laissé
plusieurs heures duraot exposé aux injures
de la populace qui le chargeait d^iinpréca-
tions, vu laccusant de sortilège» d*arracher
les yeux aux mounmtSi de tuer les petits
enfants pour employer leurs lôles à des ma-
lélices. Quelques-uns lui arrachèrent les
cheveux el la bnrbe, et lui flrent soutTrir
toutes sortes d'indi^nité>. Le mandarin uionla
sw^ son tribunal, près duquel il avait J^nt
afiporier lous les instruments propres à don-
ner là question. « Est-ce que tu crois qu'on
ne te connaît pas, dit-il au P* Beuth? Tu es
un Européen venu ici pour prêcher la reli-
gion chrétienne, ilela est vrai, dit le Père.
Ou*esl-ee que tOT Dieu que tu veux nous
faire adorer, dit le mandarin ?--C'est celui qui
a créé le ciel et la terre, — Otil le malheu-
reux I reprit le mandarin; il dit que le ciel
et la terre ont été créés. Qu'on lui donne
pour cela dix soutllets. » Après qu'on eut
exécuté cet ordre inique et barbare, le man-
darin prit un pinceau et Ira^-a les deux ca-
ractères chinois qui veulent dire Jésus. Il
demanda au P. Beuth ce que c'était. «< C'est
le nom de la seconde personne de la très-
sainte Trinilé, qui s*est faite homme pour no-
tre salut. t> Dix autres souRlets , s écria le
mandarin, A la suite d'autres demandes, le
Tuandarin lui Ol donner encore dix souftlets.
La tèlc était horriblement e^illée. En plusieurs
endroits, la peau lut eidevée. Le sang resta
plus de quinze jours coao^ulé et extravasé
dans les chairs. Ajirès cela, le mandarin
renvoya à Macao, en lui disant qu il lui di-
sait grâce de la question et de la imstonnado.
Le P. Beuth était t''llem(*al maladct qu'il eût
expiré sous les coups, si on avait continué à
le torturer aixisi. Quand i! arriva h Macao,
la manière horrible dont on l'avait traité,
Tintensité qu'un voyage de deux cents cin-
quante lieues avait donnée à une phlhisic
pulmonaire dont il était altinnt, i avaient
réduit à Fétat le plus déplorable. Les soins
qu'on lui prodigua lefirent vivre encore deux
mois. Il soulfrit sa maladie avec un courage
admirable, Il vil venir ses derniers instants
avec un calme extraordinaire. Il récita jus-
qu'au d^Tuier moment les réponses aux
prières des agonisants qu'on disait près de
sou lit. Il s'endormit dans la paix du Sei-
gneur le 19 avril ilkl,
BL^llON (saint), martyr, reçut îa palme en
Pisidie» avec saint Silvain. Après avoir souf-
fert de cruels supplices pour Jésus-Christ,
ils furent en tin décapités. Le Martyrologe
romain ne dit point à quelle é/oque. L'E-
glise célèbre leursaiate mémoire le 10 juillet.
BIBAHS, élait sultan de la dynastie Ma-
melukS'Balkirites, en E-^^ple, et fut pro-
tiainé, suivant l'usage, par la milice, après
: .
H 11 se rendit maître de ]ilusieurs yÏUqs de
■ Syrie» repoussa les Tar tares, et donna une
■ forme stable à l'empire des Mameluks. An-
■ tiuche fut du nombre des villes de Syrie qui
■ eurent le malheur tie tomber sous sa tyran-
■ nie. Celte ville avait alors diux couvents de
^^^ femmes, l*uji de Dominicaines, l'autre de
i'
Franciscaines. Quand le patriarche sut quci^H
les musulmans approchaient, il réunit toutei^M
ces tilles du Seigneur dans le couvent des
Dorai nicai "les, et 1^ il les prêcha avec force,
les invitant a soulfrir la mort plutôt qu'à con-
sentir aux outrages ^iont les vainqueurs ne
manqueraient pas de vouloir les rendre vicli-
lues. Ces saintes femmes, qui savaient bien
que la meilleure volonté ne saurait pas les
soustraire aux exigences des musulmans, se
déiigurèrent toutes, en se coupant mutuelle-
ment le nez. Ce moyen de sauvegarder (eur
pudeur, d^- la mettre à Fabri des insultes,
lut-il une inspiration du Saint-Esï>rit? 1) faut
l'admettre fiour le trouver excusable. Avec
une foi vive et une grande conïiance en Dieu,
elles auraient pu ne pas se déligurefp en se
souvenant comment Dieu, dans les premiers
siècles de l'Eglise militante, savait protéger
les saintes que la brutalité des juges préten-
dait livrer à la lubricité des débauchés.
Les musulmans les voyant en cet état les
égorgèrent toutes- Le natriarchi- fut égc*rgé
avec quatre fères prêcheurs, au pied du
grand autel de son église, où, prosterné, il
priait Dieu pour son peuple. Tous les Fran-
cise lins que Ieî5 vainqueurs Irouvèreot dans
la ville et dans les couvents voisins furent
emmenés captifs. Celte année vit le martyre
de plus décent Dominicains, de la province de
terre sainte, que le barbare sultan ût mourir
ei envoya rejoindre au ciel leurs glorieux
compagnons d'Antioche. Il eut encore la
cruauté de faire décapiter les six cents et
q lelques martyrs au château de Safed, en
1265, Il mourut empoisonné en 1277
^ BIBE (saint), inscrit dans les menées des
Grecs comme martyr à Alexandrie, sous
l'empire deDèee et le gouvernement de Va-
lénus Sûbinus, avec saint Fauste, prêtre, saint
Macaire et une grande quantité d'ajlres
chn tiens. Nous ne trouvons pas ce saint
dont les menées f mt grand récit, au Marty-
roi ge romain» La ressemblance des noms a
fait commettre une erreur à Tillemontril
croit que le saint Bihe des menées, compa-
gnon de saint Fauste, est ie même que saint,
Abibe du Maityr«»loge romain, diacre et
luari^r à Alexandrie. Or saint Abibe eslftté
par 1 Eglise romaine le 15 novembre, et fut
martyrisé à Alexandrie, du tem^ s de rem-
pereur Licinius, par ordre d'un juge nommé
Lysanius, qui le lit déchirer avec des ongles
de ter, et ensuite jeter dans le feu.
BIBIANE (sainte), vierge et martyre à
Rome, en l'an de Jésus -Christ 363, sous
l'empereur Julien l'Apostat, fut une des vic-
times de la Icrocité et <ie la superstition
d'Ajironien, préfet de Rome, qui, ayant
pe.du un (jBil, attribuait cet accidenl'aux
chrétiens, cl q li sen vengeait en les perse- ^
entant. Après (|ue ce tyran eut fait mouriQ
Fia vieil son perr, et Dafrose sa mère (rayi
leuis titresj, Bibianc donna tous ses biioil
aux pauvres, et se retira dans la solitude^!
Au bout de cinq mois, A^^ronien la fit com*
paraître devant lui, avec sa su3ur 0émane*|
Après avoir confessé généreusement la foÇ
Déàuétrie tomba morte aux pieds du juiçe*
465
BIE
BLA
im
AprOQÎen chargea une femme nommée Ru-
fine, et connue par sa niéchanceté, de vain-
cre la coDSlance de Bibianc. Ru One em-
ploya sans suci;ès les artifices» les caresses
et les mauvais Iraitemenls. Elle en fit son
rapport au préfet, qui, furieux de Tinutilité
de ses efforls, c^mdamna Bibiane à flre at-
tachée à un poteau et h être battue avec des
fouets garnis de |4onib, jusqu îi ce qu'elle
expirât* La sainte soulïnt ce supplice lior-
rime avec un grand coiiraj^e» el resta sans
vie sous les coups redoublés des beurre ui.
Son corps fut laissé exposé pour ljuUI devint
la jjâture des bêtes sauvages; maïs au bout
de quarante-huit heures» un saint prêtre,
nommé Jean, i*em noria nuitamment» et Ten-
lerra près du |)alais de Liciuius. Les reli-
ques de sainte Dafrose et de ses deux tilles,
Bïbiane et Démétrie, sont encore à Home,
dans Téglise do Sainte-Marte Aiajeure. L'E-
glise fait la fête de sainte Bibi ne le 2 dé-
cembre,
BIBIEN, jugf*, qui à Pérynthe fit fouffrir
de cruelles tortures à saint Achate, centu-
rion que 11' tribun Firnms av<iit acciJs/% du-
rant fa persécution de i> oi-léticn, de ïâve
profession de christianisme,
BIBLIS (sainte), fut au nonilire des glo-
rieux martyrs que la persécution deM:irc-Au-
rèle tit mourir dans la ville de Lyon. Elle
eut pour compagnons de ses combats et de
sa mort, saint A^oltiin, saint Santlus, sainte
Blandine,et tous ces autres valeureux >oldats
du Christ do.-t il est parlé dans la lettre des
chrétiens de Lyon. Biblis était du nombre
de ceui qui avaient rvnoicé Jésus-Christ;
le démon la comptait parmi ses captifs, mais
il voulait encore 1 obliger à joiiuhe 'e blas-
f>hème à rHiOdélilé. Il la conduisit donc au
ieu où Ton tourmentait les martyrs, et ayant
d< jà éprouvé sa llnbk'sse, il espétait lui laire
dire tout ce qu'il voudrait au désavailago
des chrétiens. Mais elle revint à elle des
qu'elle eut jeté les yeux sur les divtjrs sup-
jdices qui luirt'mirenl dans la pensée ceux
de rtnier ; * t, comme sortant d un profond
assoupiss ment» elle s'écria : Méchants que
vous étesî comment osez-vous accuser les
cinéti» ns de mander de la chair d'e- faut,
eux à qui il û*est pas permis de toucher au
sang de> bètcsV Cette coutume, autorisée par
une loi dtis apôtres» a été, durant quelque
temps, en vigueur dans TEglise. 11 est trés-
pèobabte que sainte Biblis fut du nombre de
* e\à\ qui tnoururent dans les prisons, d'épui-
sedient et de misère. Li let re des crétiens
de Lyon, qui dit que beaui^oup moururent
ainsi, ne dit plus rien de sainte Biblis.
BIENHEUHÉ (sain!), confessa la foi de Jé-
suâ-Clirist ù Vtjndumc. On n'a aucun délail
sur ré^'Oqne et les circonstances d,: son
martyre. L'EgUse célèbre sa sainte mémoire
Je 9 mai.
BIÉNIECKA (THÉaèsE), Tune dps religieu-
ses de baint-Biisile établies à Minsk, en
Li huanie* et connues sous le nom de Filles
de la Sainte-Tnn!té,qui furent expulsées de
leur couvent, el livrées aux persécutions les
' jfclus violentes, dans le courant de Tannée
1837, par le czar Nicolas et Siomaszko, évê-
que schisma tique et apostat. On les avait
renfermées dans un couvent enlevé h d'au-
tres religieuses, pour passer entre les mains
d'une communauté de (izernice ou Filles-
Noîres, recrutées parmi les veuves de sol-
dats russes et les lilles de mœurs déréglées.
Ces filles passaient leur temps a s'injurier,
h. se battre et à s'enivrer avec de l'eau-dc-vie.
Elles tenaient les Basiliennes sous une si
rude discipline que Tinfortunée Thérèse
Biéniecka devint folie* Elle vécut six mois
dans ce triste état. De temps en temps» tom-
bant dans une es.. èce d'extase, elle tirait un
petit crucitiï tîe Sun sein, et chantait les
louanges du Seigneur. Les Filles-Noires, qui
n'osai nt l'approcher dans ses accès de
folie , prolitaient de ces instants d extase
pour la maltraiter. U'ijour, ses compagnes,
rentrant après le travail de la journée, la
trouvèrent morte et baignée dans son sang.
Elle mourut |)robablement de la main de ces
infiimes perséculrii*es. {Voy^ VnvV MiEcatïs-
BITUYNIE, contrée de l'Asie Mineure,
qui» après la mort de Nieoniède 111, devint
province romaine. Sous Traja^i, elle eut pour
procoisul Pline le Jeune, qui persécuta vi-
vem^^nt les chrétiens. On ignore 1rs noms do
ceux qui |iérirenl alors pour la foi; mais il
est certain qu'il yeneut un f;rand nombre. Les
pro^^rès du christianisme avaient été grands
et rapides dans celte contrée; car Fline écri-
vait a Trajan : « Non-seulement les villes,
mais encore les bourgades et les campagnes
sont infectées de la contagion de celte su-
perstition, n {Voij' TïiAJA?i.) Cette province,
sous le règne d*» l'empereur Bi^ve, vit le
martyre des saints Lence, Thyrse vl Calli-
nique, qui sont très-célèbres dans TEgNse,
<]Uoiqu'aucune histoire aulheniique ne soit
parvenue jusqu'à nous. Ces trois saints sont
nonorés le 28 janvier.
BLAISE (saint), reçut la couronne du
martyre à Sébaste , en Arménie, en Fan
de Jésus-Christ 3tG. 11 était évéque de
cette ville. Agricolous présidait le trifju-
nal qui le condamna. D'abord, le saint mar-
tyr subit une cruelle llagellalion, juis fut
attaché à un poteau où on lui déchira la
chair avec des ongles de fer. H fut enfermé
dans un cachot, puis jeté dans un lac (roù
il sortit sain et sauf. Enlin, sur l'oi-dre du
juge, il eut la tète tranchée avec deux en-
tants. Avant lui, sept fenunes, qui recueil-
laient le sang qui dégouttait de ses plaies,
furent prises comme chrélieinies^ horri-
Mement tourmentées , et enlin décapité*^s.
Ces détails sont pris dans le Martyrologe
romain; quant aux actes du saint", il nous
est impossible d*y ajouter foi. Bollandus
lui-même, en les donnant, les critique;
c'est critique double. On sait avec quelle
facilité Bollandus admet en général de pa-
reils, documents. La fêle de samt Biaise est
célébrée par l'Eglise le 3 février.
BLAISE (saint), martyr, reçut la couronno
de combattant de la foi à Véroli, avec saint
Démètre* Le Martyrologe romain ne donne
^
m
BLA
ÏBLA
iA
•ueoo deuil sur les circonsUnces et réf*o-
(fiit de leur martyre. W.^isf: célèbre leur
iaiole mémoire le 29 novembre.
. tLAlTHMAC (saint), martyr, éUit Gis d'un
roi (f Irlande, et devint abbé d*un monastère
luridé dans File d'Hv, en Ecosse. Il fbt mar-
^risé en 793, r>ar des pirates danois, pour
avoir refusé de leur livrer les trésors de
Téj^lse* L'Elise célèbre êm illustre mé-
moire h 19 janvier
BLANC-MARIE, relineuse du Saint-Sa-
crement de Bolène, périt sur Téchafaud le
Sjuillei 1794, avec Elisabeth Pe'eysier et Ro-
salie Bés, du même onlre, et Man$uerile Ba-
vasre, ursuline au Pont-Saint-Esprit.
BLANDE (saintej, Blanda, martyre, femme
de saint Félix, fut martyrisée avec lui à
Rome, «oas rempereur Maximin I". Ils
eurent pour compagnons de leur martyre
sai.ilSimplice, sénateur, avec sa femme, ses
enfants, et soixante-huit personnes de sa
famille. {Voy. Simplice.) Les têies de tous
ces saints martyrs furent exposées sur les
IK)rtes de la ville, pour servir à effrayer les
autres chrétiens. L'Eglise célèbre la fôle de
tous ces saints martyrs le 10 mai. C*est au
Martyrologe romain que nous empruntons
cette narration.
BLANDINE (sainte), simple esclave de
Lyon, eut le bonheur, durant la persécution
de Tempereur Marc-Aurèle, de cojubatlre
Klofieusement et de donner enfin sa vie pour
la^foi, en compagnie de sainte B blis et des
saints Pothin, Sanctus, Mature, Attah^ et
autres, qui ouvrirent si glorieusement la voie
où devaient entrer plus tard I.îs marlyrs de
l'H^ise de France. « Jésus-Christ voulut fare
voir en la personne de cette sainte? que ce
qui pàratl vil aux veux des hommes mérite
souvent que Dieu rhonore lui-môrae, parce
qu'il y voit une charité ardente et soiide,
qui, se souciant peu d'éclater au dehors par
une vaine apparence, se réserve loule f)our
Juelque action héroïque. Nous étions saisis
'appréhension pour elle ; et surtout sa
tïlaîirosse, qui combattait elle-même vail-
lamment parmi les autres martyrs, ne pouvait
dissimuler la crainte où elle était, que la
complexion délicate et le corps faible ae son
esclave venant à succomber sous la violence
des tourments, elle ne manquât de force
pour confesser Jésus-Christ; mais son grand
cœur soutint do telle sorte la faiblesse de
son corps, auo les bourreaux, qui, depuis le
malin iusqu au isoîr, so relayant sans cesse,
avaient épuisé sur elle tout ce que leur
cruauté leur avait suggéré de supplices
différents, se virent contraints do se rendre,
et, secoûfessantvaincus par une fille, d'avouer
Ïu ils ne pouvaient concevoir comment une
me pouvait rester dans un corps si di'chiré
•t percé do toutes parts, un seul des tour-
ments étant plus que suflisant.pour la faire
sortir par tant d'ouvertures. Mais cette ad-
mirable esclave, hin^x qu'un invincible athlè-
te, reprenait de Nouvelles forces lorsqu'on
rbUngeidt de supplices; elle trouvait dans la
. lonfcsaiop du nom sacré de Jésus-Christ une
ToHu aocrtte, qfui h rtudatt presque în^cfû-
sible ^ h douleur; elle cessait de souBrir
tout^«^ les fois qu*elle prononçait ces paroles :
Je suit chrétienne ; non il ne se passe tien de
criminel parmi nous. » [Ruinart)
Blandine fut jetée avec les autres martyrs
dans une prison obscure, où elle fut mise
aux ceps, les j mbes écartées jusqu'au cin-
Î'ièm^^ (r^iu, et la on lui fit endurer les plus
orribles sipplices. Qu^^lques jours après,
amen^'eà l'amphithéâtre avec Mature, Saic-
tus et Altale, elle y fut de nouveau en nroîe
aux mêmes to irmênts : ayant et.' attacnée à
un poteau, elle f:t exposée aux bôles. Au
reste , tous c ux oui combattaient avec elle
reprirent de nouvelles forces, et «^e sentaient
remplis d'une joie sirnaturelle en la voyant
à DffU près de la même manière que J sus-
Christ le fut à la c oix; ils tirèrent un heu-
reux présage pour la victoire de ce que, sous
la figure de leur sœur, il leur semblait aper-
cevoir celui qui avait été crucifié pour eux;
et ils marchèrent à la mort, persuadés que
Îuiconque meurt pour la gloire de Jésu5-
hrist reçoit une nouvelle vie dans le seiu
même du Dieu vivant. Cependant, les bêtes
n'ayant osé la toucher, elle fut détachée et
reconduite eu prison pour être ramenéieaa
c^tmbat une seconde fois, et pour achever
d abattre erlièremenl Tememi déjà yaiiieu
tant de ♦ois. Ei-fin, le dernier jour des spec-
tacles, Blandine parut encore dans l'ampM-
th/lt", accompagnée d'un jeune enfai.t ânt
d'environ quinze ans, nommé Ponticus. (m
les y avait fait entrer les jours précédents,
afin que 1 1 vue des louiments que les autres
martyrs enduraient fil quelque impression
sur leur esprit, et (ju'elle les disposât à faire
ce qu'on voulait d'eux : c'était d • iurer par
les iJoles. Mais cornuie on vil qu'ifs persis-
taient toujours dans leur refus, et qu ils ne
témoignaient que du mépris pour ces vains
simulacres, le peuple entra contre eux en
une telle fureur, que, savs avoir éfçard ni à
l'âge lii au sexe, on leur fit souffrir toutes
sortes de tourments , sans leur donner le
temps de respirer; et lorsqu'on les til passer
d'un suDplice à un a«ître, on continuait tou-
jours à les vouloir contraindre de jurer par
les dieux. Mais leur constance fut insurmon-
table; car Ponticus, sout< nu par les rives et
pressantes exhortations de la sainte compa-
gne d • ses p'*ines, rendit son âme innocente
au milieu des tortures. Ainsi Blandine de-
meura la dernière sur l'arène, qui paraissait
couverte des corps des autres martyrs et
teinte de leur généreux sang. Elle pouvait
alors se regarder ( omme une lûèfe noble dé
f)lusieurs enfants illustres, laquelle, après
es avoir animés au combat par son exemple,
les envoie devant elle tout brillants de gloire
à la cour du grand roi ; puis se hâtant de
les rejoindre, suit le même chemin où
elle les a vus marcher. On eût dit, à voir la
ioie q»ii éclatait sur son visage, qu'elle était
invitée \ un banquet délicieux, et non qu'elle
allât elle-même être celui des lions et des
ours. Après donc que les fouets eurent pres-
que ach vé d'épuiser ses veines du peu it
tSùZ que les tôurmétits d^ toctffert» >
Wl BOL
airai*^nttaîssé; après que les bétes Teurent
euiùiîirnil Buinnt d<- M^^s-îirns qf^rtl^s im-
pnniÀn*"îl lif» f ►is Jours titn s in lulr^èii's
lUihs sa ehnir lerwln^ et d'ii *ali\ elle f*i; on-
TTînée dans un rets, el abantiouti^e a Uj
merci d*un l/mreaii fufipuit, 11 s'en joua
d\ibor<l, il reiileva plusieurs f>is en r.nr;
mais son ânte u >ii3 à Jt'^su— Christ, et loule
po»^sédée dp l'altentc^ pro: fiaîiie iVw} MirUû
que sa fi luimMntnui piés'iite, rendait son
GOrps ins nsihie. Enîln» romine une viclimo
pure et obe:$sanlet e*le tendii la gor^e au
eouleau qui rinimola au Oit'u qy'eih/ atJiiraiL
Jîimais feuiuie, de Tavrii jDôinc d'SpaionR,
tie souffrit ni tat.tde tourments ni de si cruels.
BLASTE (saii.l)» et ses curn;iagoons furejtt
mnrtjTîs's à Rnme sous rjaude H dit le
Gothique, en 209, Co saint était tribun. Il
fut envoyé auï mines avec deux eent soi'ïaute
des soldats qu'il fTunniàmiait, Or, le nouvel
empereur, voulant fî^ler ili^nernent le dieu
Mars , choisit pour cela le pren^ier jour du
mois qui lui était consacré , et fil venir à
Botûe saint Blaste et ses sold/its. Ils travail-
laieni aux mines sur la voie Salaria. Claude
les tit tuer h coups de Oetihes daus ranq»lii-
Ihéâtre, pour ranmsnnent du |Teu[ib'. On
brûl.i en grande partie leurs corps, dans une
forge. Les chrétiens recueillirent ce qu'ils
[|IMàfeiit de ces restes préiieui, et les ense-
ifent d?ins un lombeaii commun sur cette
' Salaria, premier lieu où ils 50iif-
.1 la foi. Le lombeau a gardé le
de saint Blaste. L^E.-^îse vénère la raé-
Ire de tous ces saints le 1" mai 5.
BLEMMIENS, peijple sauva,;e d'ï'^lhiopie
Iqtii, en Tan 373, massacra les solitaires de
Aaithe» (Voy. Màutyfls de Raithe et de Sitiai.}
BLENDE(Ie bif^nlieu»eui Barthélémy de),
lïif^Sfonnairede la Compagnie de Jésus, s'ern-
barqiia h l'Assomptinn le 2V juillet 1715, avec
le P. Arc^. Hs remontèrent ensemble le Pa-
■'a^ïï^yj^ï^qu'au lac Manioré et là se quiUè**
reiit. Pendant Tabsence du P, Areé» lequi-
Pge de la barque , rebelle aux fjrdres du
de Bîenfle , avait voidu ri'prendre le
chemin deTAssomiftion, et les Pa vaquas les
«s ant surpris, avaient mnssacré Irs mnlelols,
|i?i après avoir fait siibir le même suri an
;,ti9issionnaire, ils avriient précipité son cada-
vre dans le lleiive. Ou p''Ul voir au litre du
[-F* Arcé comment lui-même, à son retour, fut
iissiieré par les meurtriers de son rotnpa-
Le martyre de ces deux saints mif*-
lomaires arr.va Tan 1718,
BOLlNi.BHOKE (BL^ini-SAiRT-lRAN, vi-
comte de), naquit en 1072, d'une noble et riche
•famille anglaise. Il ht deicelleîdes éludes,
(•^nontra de bonne heure de irès-gnncis la-
lents, et eut une jeunesse fort dr^bnu^ hée.
^ Mieux eût valu pour lui que les f^ulrs de sa
Meuoesse eussent été plus grandes, et qu'il
?ii*eùt pas laissé ces œuvres posthumes qui
ont léuué le crime à sa mémuire, h son éter-
nité. Il devint d abord membre de la chambre
des Communes, et fui liientôt après nommé
«ecrétaire d'Etat. Promu ii la pairie, il fut,
êiXeç beaucoup d'éclat, ministre de la reine
BON 170
Anne. Comme tous ceux dont la fortune
mon e haut e( vile, Bolingbroke tomba t^n
di*^4' '«'r*. H a succr^s.sivcMm \\\ publié un uirand
no'iMlMV d fuivnig s pïidi>snpbi(|Ui* hislori-
qus et potdîqu s. L^irrélif^ion se montre à
cha pje i^aj^e. Ce qu'il a fait de |>lus impor-
tant cn.nme œu\Te filiilosopldque , a f^aru
SHis kî t Ire i\ Essais. Lu > de ces Essais f
dit m uisiM^^'iCiU" Bouvier (/ffjsi, de ia philos^,
vol. IL p. iU^ji, roule sur la nature, reten-
due et 1.» vériiédf* la cnnn:dssanee humaine.
L'autour, a un ttant l'espérienceaci^uisepar
les si^Ms comme i^p^^num e bi^e d<'s sciences,
se mo(|UL^ dvs pliil sophes antérieurs, qui,
depui>PLilonjus(firà Malebr^ochn, ont voulu
f.'tire des déiuonstridions (i priori. Il déclare
que nous devons doutrr tic tout, si nous
ne nous tenons pds aux démonitrations
a posieriori. Il démontre di* la s^irte Texis-
tenc'^ de Di!'U,i'ldit que nous connaissons
la nAtre nar intuition. C'est aiitsi qu'avait
raisonné Locke. Bolingbroke,au reste, le re-
connaissait pour son modèlt;.
Le second lassai a pour«ibjel la folie et les
prétentions des jvhilosoj^hes dans les eirorts
qu'ils ont faits ju quici (>our corriger les
aiïus de la raiso> hutuaine«,Bohn;;broke les
totnne en ridicule et leur applique ces tnols
de Bucïrjnan, poète écossais du xvi' siècle :
Gens ralionc furrns. Le moveti d'éviter c^^tte
démence plnb^sophiquo est do consulter
l't xpérience, de ne rien afllrmer au delà de
ce qu elle constate, et de ne jamais se lier aux
subtdes spéculations de le prit, Bolinglfroke
comparait ces visio maires métaphysiciens à
un fou de Bicétte, qui, ne voulant croire qu*à
ses idées, s'imaj^nna être ïv. Père éternel.
11 miinrut en 1751^ âgé de quatre-vingts
ans. Ses œuvres corn, lètes, q i pr^rureid en
17;>3, i n révél.'int 1rs lus vi denses a- laques
conire le christianisuie, cuntie ta nioraie
et contre ro.drt^ jniblic, t.^xcilèrent une ru-
meur générale dlmprob,;d:on.
Cet , omme, fétiche de Vohaîre, a été assez
loué par cet éi^rivain pour qu'on puisse 56
dispenser de lui nniiji.'r une autre critique.
Quand un voit ce vieillard de quatre-vingts
ans char,4«*ant son avenir d œuvres posthu-
mes détestables, ne seinble-t-il pas voir un
vieux criminel eoif oisonnir, à riustant de
mourir, les sources d'wiu vive où les sur-
vivants viendront puiser? Il semble que Bo-
lingbr.ke ait voulu forcer la justice de ï)iêu
à lui être sévère par delà la tombe.
BOLOdNK, ville de TEtat ecclésiastique,
chef-lieu de la léj^ation ne Bologne, a été il-
lustrée par lexil qu'y vint passer Tévèquo
saint Eusèbe, par Tordre de renipereur
Cnnstame.
BON (saint), prôtre el m.irtyr, fut couron-
né à Heme, sur la voie Latine, avec les saints
Eauste et Maur, et neuf autres dont nous
ne connaissons point les noms. Leur martjrre
est ra porté dans li'S Actes du paf>e saint
Etienne. Ils sont honorés dans riigUse le 1*'
août.
BONIFACE (saint), martvr, répandit son
sang pour la défetise de la K>i, à Rome, avec
ses compagnons saint Callisie et saint Félix*
m
BON
Le Martyrologe romaiu ne donne aucun dé-
tail sor I*époque et les circonstances où eut
lieu leur martyre. L*Eglise célèbre leur
sainte mémoire le 29 décembre.
BONIFACK (saint), mourut pour la foi
avec sainte Theele, sa femme, h Adrumèle,
ville d^Afrique, Ces deux saints eurent douze
etifaots qui furent martyrisés. Le ilart>ro-
loge romain ne donne aucun détail sur Fé-
poque et Ips circonstances de leur martyre.
L'Ej^lise les honore le 30 août.
BONI FACE (saint), martyr, mourut pour
la foi en Tan de Jésus-Christ 306. Ses Ac-
tes authentiques sont pris en entier dans
Fleury.
Il y avait à Home une femme puissante
nommée Aglaé, tille d'Acace, qui avait été
proconsul, de race de sénateurs ; elle avait
donné trois fois les jeui publics à ses dé-
pens, a Rome. Elle avait soixante-treize in-
tendants pour gouverner son bien, el un au-
dessus de tous, nommé Boni face, avec le-
qui'l elle entretenait un commerce crimineL
Il élait adonné au vin et à toutes sortes de
dét»auches; mais il avait trois bonnes quali-
tés, rhosfûtalité, la 1 béralilé et la compas-
sion* S'il voyait un étranger ou un voya-
geur, il le servait avec toute sorte d atfec-
tion. La ntiil, il allait par les places et par
les rues, et donnait aux pauvres ce dont ils
avaient besoin. Après plusieurs aniées ,
Ai^laé, touchée de compfmction, Tappela ot
lui dit : Mon frère B'nitace, tu vois en quels
péchés nous sommes engagés sans songer
qu'il faudra nous présenter devant Dieu et
lui rendre compte de ce que nous avons fait
de mat en ce monde. J*ai oui dire aux chré-
tiens (}iic si quelqu'un sert les s^iints qui
combattent pour Jésus-* hrist, il aura part
avec eu\ au jour «lu terrible jugement de
Dieu. Je viens aussi d apprendre que les ser-
viteurs «se Jésus-Ctirist combattent contre te
d 'mon en Orient et livrent leur corps aux
tHunucnts pour ne point nier Jésus-Christ,
Va donc et nous a^^porte des reliques des
Miints martyrs, afin f|ue nous tes servions,
que nous leur bA tissions des oratoires dignes
ii*cux, et qtie [lar leur moyen nous soyons
sauvés, nous el pli^sieurs autres.
Bunface prit quantité d'or pour ache-
ter des reliques et pour donner aux pauvres,
avrc doïiïu chevaux, trois litières et divers
parfums [iour honorer les martyrs. En p^r-
Tnnt, il iit à sa oLjitresse par plaisanterie :
M4*<l-imc, si je Irouve des reliques desmar-
t rs, je l,s apporierfli ; mais si mes reliques
vienneds us 1 nr^u de martyr, recevez-les,
^ A^,*aé lui dit : Quîl e tes folies, et songe que
Vf vas quérir (le*^^ reliques des saints martyrs.
Pour moi, pauvre pécheresse, je t ai tends
dans pru,etje (irie le Dieu tout-puissant, qui
a pris pour nous h forme d'esclave et répandu
son sang pour le salut du genre humain,
d'envoyer son ange devant tui, de conduire
tes pas par sa miséricorde et d'accomplir
mf5S désirs sans considérer mas péchés* Bo-
nifiée partit, et (lar le chemin il fiisail en
lui*méme : il est juste que je ne mange
poiiïl de chair et que je ne boive point de
vin, puisgue, tout indigne et tout pécheur
que je suis, je dois poiter les reliques des
saints martyrs; et levant les yeux au ciel ,
il dit : « Seigneur Dieu tout-puissant* Père
de votre Fils unique, venez à mon secours el
conduisez mon voyage, afln que voire nom
soit glorifié dans tous les siècles. » Après
Quelques jours de chemin, il arriva à la ville
de Tarse, et, sachant qu'il y avait des mar-
tyrs qui comba'laîpnt, il dit à ceux qui lac-
comnagnaient : Mes frères, allez cliercher
une nAtellerie et faites reposer les chevaux;
je m en vais voir ceui que je désire le plus.
Etant arrivé au lieu du combat, il vit les
m rtyrs dans les tourments. L'un pendu la
tète en bas et du feu dessous; un autre
étendu à quatre pieux ; un autre scié par
les bourreaux; un aidre avait les mains
confiées ; un autre, ayant un pieu fiché dans
la gorge, était ainsi cloué à terre ; un autre
avait les pieds et les mains renversés el at-
tachés par derrière, et les bourreaux le fraj>-
paient à coups debAton, Ils étaient }usqu*au
nombre de vingt hommes, et leurs tour-
ments faisaient gramie horeur aux specta-
teurs, Boniface s'approcha des martyrs, el
les baisait en criant : Qu'il est grand le Dieu
des ehrétiensi qu'il est grand le Dieu des
saints martyrs. Je vous prie, serviteurs de
Jésus-Christ, priez pour moi, afin que i entre
en (lart avec vous au combat contre le dé-
mon. Il s assit h leurs pieds, et embrassait
leurs liens, les baisant er disant : Combat-
tez, mdrtyrs de Jésus- Christ; foulez aux
pieds le démon ; un peu de patience, le tra-
vail est petit * t la récompense est grande.
le gouverneur, jetant les >eux sur le peu-
plej l'aperçut et dit : Qui est celui-là qui se
moqne ainsi de moi et des dieux? Qu^ou
l'amène à mon tribunal. Puis ri dît : Dis-
moi, qui es-tu, toi ijui méprises la splendeur
de mon siège ? Boniface dit ; Je suis chré-
tien, et ayant Jésus-Christ pour maître^ je
vous méjtnse, vous et votre tribunal* Le
gouverneur dit : Comment t^appelles - tu ?
Boniface dit ; Je vous Tai déjà dit, je suis
chrétien ; mais si vous voûtez savoir mon
nom vulgaire, on m'appelle Boniface. Le
gouverneur dit ; Avant t]ue je te touche les
côtés, approche et sacrifie. Boniface dit : Je
vous ai déjà dit plusieurs ibis que je suis
chrétien, i-t que je ne sacrifie point au dé-
mon. Si vous \oulez faire quelque chose,
faites, voiîàmon corps devant vous. Le gou-
verneur, en colèr*", fit aiguiser des roseaux el
les lui fit enfoncer sous les ongles des mains,
Bondace regardait le ciel et sotilfrait patiem-
ment. Ce cjue voyant le gouverneur, il com-
manda quon lui ouvrit la bouche et qu'où
y versai du plomb bouillant. Avant qu'on le
fit, Boniface, regardant au cieU ht celle
prière : Je vous rends grâces» Seigneur Je
sus-Christ, Fils de Dieu ; venez au secours
de votre serviteur, soulagez-moi dans ces
peines , et ne permettez pas que je sois
vaincu par cet infifimc gouverneur. Vous sa-
vez que c est pour votre nom que je souffre.
Ayant achevé sa prière, il cria aux autres
martyrs : Je vous prie, serviteurs de Jésus-
fe
Christ» priez pour moi. Les martyrs dirent
tous dune voir : Notre- Se îgneîir Jésus-
Clirisl lai-môme enverra sno aoge pour vous
délivrer de cet inliUiie ; il achèvera dans peu
votre course et placera v^^tre riooi entre les
premiers-nés. Après qu'ils eurent achevé
leur prière et dit amm, le peuple se mit à
eurer et cria à haute voix : Il est grand
e Dieu des chrétiens, il est grand le Dieu
des martyrs; Jésus-Christ, Fils de Dieu, sau-
ve -nous. Nous croyons tous en vous , et
nous avons recours à vous ; anathème aux
idoles des gentils. Alors tout le peuple cou-
rut renverser Taulel et jeter des pierres
au gouverneur, qui s enfuit effrayé de ce tu-
multe.
Le lendemain, il s'assit sur son trihuual,
fil amener Booiface et lui dit : Misérable,
d'où le vient cette fureur de mettre tes espé-
rances en un homme, et un homme qui a
été crucifié comme malfaiteur ? Boniface
lui dit : ïais*toi , n'ouvre pas tes lèvres in-
finies pour nommer Notre-Seij^neur Jésus-
Christ , serpent dont Tesprît est ténébreux ,
qui as vieilli en de mauvais jours. Malheur
h loi, car Jésus-Christ , mon maîtret a souf-
fert pour sauver le genre humain. Le gou-
verneur irrité commanda que î on emplît
une chaudière de poix, et que» quand elle se-
rait bouillante, on y jetât Boniface, la tôtela
Î>remière. Le martyr, ayant fait le signe de
a croix, y fut Jeté. Mais un ange descendit
du ciel » el toucha la chaudière qui fondit
aussitôt comme la cire devant le feu. Elle ne
fil point de mal à Boniface, mais elle brûla
plusieurs des ministres. Le gouverneur, épou-
vanté de la puissance de Jésus-Christ et de
la patience uu martyr, commanda mi on lui
coupât la léte avec îépée, disant : Nous or-
donnons que celui qui n'obéit pas aux lois
des empereurs souffre la peine capitale» Les
soldats le tirèrent promptement du tribunal.
Le mart}T, ayant rait le signe de la croix,
pfia les bourr-aux de lui donner un peu de
temps pour prier, et se tenant debout, tourné
vers l'orient , il dit : *• Seigneur Dieu tout-
puissant. Père de Notre-Seigneur Jésus-
Christ, venez au secours de votre servilour;
envoyez vjtre ange et recevez mon âme eu
paix, afin que le dragon meurtrier ne lui
puisse nuire. Mettêï-moi en repos avec le
chœur de vos saints mart^vrs et délivrez votre
peuple de cette oppression des impies. Car, à
vous appartiennent Thonneur et la puis-
sauce avec votre Fils unique et le Saint-Es-
prit dans le siècle des siècles. Amen. » Ayant
achevé sa prière» il fut exécuté, et il se Qt
un grand tremblement de terre, en sorte que
tous s'écrièrent : Il est grand le Dieu des
chrétiens, et plusieurs crurent en Jésus-
Christ.
Cependant les compagnons de Bo^iiface le
cherchaient partout, et ne le trouvant point,
ils se disaient Tun à rautre : 11 est à présent
dans un cabaret ou ailleurs à se réjouir, tan-
dis que nous nous tourmentons a le cher-
cher. En discourant ainsi, ils rencontrèrent
le frère du geôlier, et lui dirent : N'avez-vous
point vu ici un étranger venu de Rome T II
174
leur répondit ! Hier, il y eut un étranger qui
fut martyrisé pour Jésus-Christ, et if eut la
tète coupée. Et oii est-il, dirent-ils? Il ré-
pondit; Dans rarène,et ajouta : Comment
est -il fait ? Ils dirent : c*est un homme
carré, épais, blond, qui porte un man-
teau d*éearlate. 11 dit : Celui que vous
cherchez souffrit hier le martyre, ils répon-
dirent : Celui que nous cherchons est un
ivrogne et un débauché qui n*a rien de com-
mun avec le martyre. Il leur dit : Que vous
coûtera-t-il de venir jusqu'à Tarène et de le
voir ? Us l«* suivirent et il leur montra son
corps étendu Ils le prièrent de leur montrer
aussi sa tète: illallaqueriretla leur apporta.
Le visage du martyr, étant présente à ses
compagnons , se mît h rire par la vertu du
Saint-Esprit. Eux, Tayant reconnu, pleu-
rèrent amèrement en disant - Ne vous sou*
veoe^ pas de notre péché el du mal que nous
avons dit de vous, serviteur de Jésus^^hrist.
Et ils dirent.^ Tofiicier: Voilà celui que nous
cherchons, nous vous prions de nous le don-
ner. Il refusa de le leur doimcr gratuitement.
Ils lui eo payèrent cîîiq cents sous d'or et
remportèrent. Ils Tembaumèrent, l'envelop-
pèrent de linges précieux » le mirent dans
une des litièrf-s et reprirent leur chemin avec
joie, louant Dieu de Theurcuse fin du saint
martyr* Cependant un ange apparut à Aglaé
et liii dit : Celui qui était votre esclave est
à présent notre irère, recevez -le comme
Notre-Seigneur et le placez dignement, car
tous vos péchés vous seront remis par son
intercession. Elle se leva promptement et
prit avec elle des ecclésiastiques pieux. Ainsi,
faisant des prières avec des cierges el des
parfums , ils allèrent au-devant des saintes
rcliqtîcs, qui fuient miscsà cinquante stades
de Rome, et elle y fit iKlIirun oratoire digne
du martyr. Il s'y fit plusieurs miracles : les
démons y étaient chassés et les maladies
guér ies. Saint Boniface soutïi it le martyre à
Tarse, métropole de Cilicie, le quatorzième
de mai , et fut enseveli à Rome le sixième
de juin. Aglaé renonça au monde, donna
tout son bien aux pauvres, etafiranmit tous
ses esclaves, retenant seulement quelque peu
de ses filles qui renoncèrent au monde avec
elle. Elle se consacra a^nsi au service de
Jésus-Christ, etlui devint si agréable q.u*ellô
chassait les démons et guérissait toutes sortes
de maladies par ses prières. Elle vécut en-
core, dans les exercices de piété, treize ans,
après lesquels elle s'endormit en paix, et
fut rnterree auprès de saint Boniface.
BONIFACE (saifil), pape et confesseur,
succéda à Zozime sur la chaire de saint Pierre.
Il fut élevé h cotte ilignité le 29 décembre
418, malgré sa volonté, commit on le voit [»ar
la relation de son élection, que le clergé
de Rome envoya h rempereur Honorios.
Soixante-dix prêtres et neuf évoques conlir-
mèrcot son élection. Cependant, plusieurs
évèques à qui son élévation avait déplu,
firent un pape do leur côté et donnèrent le
sceptre de saint Pierre à Eulalius : de là na-
quit un schisme dans TE^^lise. Symmaque,
préfet de Rome, protégeait Tintrus. Il écrivit
1^ BON
k rerapereur tout ce qui se passait, prf^'sen-
taiit les choses toiil à 1 availag*» d'Eulilms;
il igoula h ceia u'i acte qni i) «riinil h e,*ttj;i-
dr- qye at5 lér.iliriiitjnt Vmi \^ monie n'i;u-
sait Boni Idée, Trompé par c^lic fausse rel *-
lion, Hôoorius onlimia an.; B.Mifa/u fût
chassé de h ville. Ceux di*la crimmuaioide
Bonif'iCM, voyant que remfîereur av*it M
trompé, lui adrt^ssèrcnt une reotiètepour lui
ouvrir les yeuit, La requête des pr^îtres de
Eonie fit tout retfel qu'on *^n attrnda.t. L'eui*
pereur or loona que H iniffiue et Kulalius s«
îrouvasseil» Ie8 février, h llavenne, où d ré-
sidait» avec ceuï qui les avaieol rt-sp^j'Uve-
int-'nt élus, déciajarit que etdui qui manL|ue-
rait Se dédarerail par là-iuiniie coupa t de*
A répoque dési^^née, le cmcile s'assembla;
mais comme les évèqoes qui le coaiposaient
étàieiU parlâmes f^nt ullV^renles diflieultés, et
Sue la fiïlede P^LJues réclamait chacun d'eui
ans son église, on résolut d attendre qu'on
pûl assembler après P'ques un plus j^r^nd
concile où Too niand rail même les évoques
des Tiaulés et d^Vfrîque, L'évéqie de Ha-
venn»^ d feudit qu'aucuo des doux préten-
dants n*entrtlt dans Rome^ de peur d'e\eiler
une sédition parmi lo peuple. L'empereur
co n il I lUti 1 a d f e use e 1 1 e s d e u i [ ^a p «^ s y c*j t j -
sentirent. De plus, comme on ne pouviiit se
tjassfT k Rome ifun évô fue qui y c*'l<'brAt
a fête de Piiques, etqueBouifaee m Eulalius
nv pouvaient s'^ rendre, on choisit [)Our
cela Acliillée de îs^mîète. Comme nous ravous
vu tout à Theure, le synod.^ de Haveme avait
ordoimé que Bonifaci? et Eiiîalius s abstieu-
d raient d entrer a Rume jusqu'au prociiaiu
concile, qu'où devait assembler après les
fêtes deP^lques, et dans lequel on déciderait
de leurs droits à la papauté. Cepeudanl Eu-
lalius, violant la paroli' dojinée, vint à Rome
le 18 mars, et y entra en lïïein midi, U soule-
va des esclaves, excita ses partisans, et quand
Acliillée de Spolète se présenta dans la ville en
vCitu des pouvoirs qui l i avaient été confé-
rés parUonorius, la sédition édatï. Symnia-
quequi, au fort du tumulte avait été luî-mème
expoié, écrivit l'atraiieii Tempereur, qui or-
donua qu'Eul*lius sortit à 1 msi^nt il- Home
s'il voulait cousejver quelque chance de
réussi îe dans (e concile qui devait d. cidor
bientôt entre lui et son aida-;oni^le; qu^ s'il
rehisait d'oLréir, il i»ourrait bien être puni
du deinier supplie . E lalius refusa d'obéir
et se retira dans Ja bisilique de Latran ; mais
il en fut chassé et contraint de sortir ..e la
ville. Aussitôt quHonorius fut instruit de
tous ces div rs UhJiietits, il déclara quKu-
labus s'étaut coodamiié Int-méme eu vio-
lant la sentence du concile et sa piTqire pa-
role, il était déchu des droits qu'il pouvait
avoir au saint-siége, et que Bouiface prit >a
plare sans aucune autre contestation. Le
|R-uple lut rompli de joie et alla an-devaat de
B(uuf;u;e qui fuf instalté h Rouie sans niille
dd'iiculté. Ainsi se termina le fuuiSlo >cliisme
qui menagait d© désoler l'E^;lise. Ce saint
pape moQtra un içraud zèle contre les péla-
giens et témoigoa sa grande considération
puur soim AUf^ustia oui lui adressa quatre
BON m
livres contre i^élflL^e, Il mourut vers ta Gnde
Tannée ii2. et fit enterré dins le cimet ère
d-t S unlt'-Félîcito - ur la voie Salaria* Il e5t
instant ui À .rtyro'o.^e romain le 25 octobre,
iiJMbACE isainl), martyr, recurîllil la
palûi *du nartyre V(*rs l'année W5, dans la
i»ers '(Utiiui que Hunéric, roi des Vandales
en Afrique, suscita aux cniholi(|ues dans la
septïèm s ann 'e de son rèjne. Le lecteur ea
trouv.Ma 1rs détails à l'arljcle Libébat,
RJNiFACE(saintK archevêque d ' Mayence
et martyr, laq ût à Wt*sse\ ou h Kirton, d »ns
le coulé de Devo^shire, vers Tan 63 J. M fut
b plisé sous le nom de Winfrid, et dés sa
plus teiidn* enrauce il embrassa la vie n\ô-
oristi |ue, ou du nmins il m^mile^ta dè^ îors
la vocation qu'il suivi* to jours depuis* Ce
fut dans un moo.tslèrc situé au lieu où est
auiouidimi la ville d'Eïeter, ou'il entra eu
reitfioi. Ensuite il passa dans le monastère
de N. scelle, où les étudesétaient meillrures.
Il y aiiprit la grammaire, la poétique et les
interprétations de l'Evrilure sainte, tant dans
le sens historique et littéral, que dans les
sens spirituels, et fut ensuite lui*môme em-
ployé h les enseij^n.T. Son abbé ie (ii ordon-
ner prêtre à IMge de trente ans, vers Van sept
cent d.x, après ifuoi il commença avec un
b'rand itele à instruire les peuples et travail-
ler au salut des âmes» Une affaire pressée
ayant obHi^é les évéques de la province à te-
nir un concile, sans attendre les ordres de
Brïtuald, archevêque de Cantorbéry on lui
envoya, avec la permission du roi ln«, le
préire Winfnd pour lui en rendre r^
et depuis ce temps les évéques l'appt
souvent aui conciles.
Loin de se plaire à Festîme quMI avait ac-
quise, il résolut de quitter son pavs pour
travailler h la conversion des iniiuèles; et
ayant obtenu avec peine le consentement de
son abbé et (le la communauté, il partit ac-
compagné de deux autres moines et ijassa
en nise, vers Tanné*' sept cent srize- 5îais
il y trouva k guerre allumée entre Charles,
prînce diîs Francis, et le roi Ratbod qui avait
rétabli l'idubltrie dans la i^Yise, auparavant
sujette au\ Français, et persécutait les cliré-
titus. Winfrid vint à Utredit lui parler; mais
voyant qu'il n'y avait rien à faire pour '
lijjion dans ce pays, il repassa en Xu^i
aVi.'c ses compa^snons et retourna au mouai-
1ère de Nuscelle.
Le roi des Frisons avait écouté les in
tions de saint Vulfran et était prêt à iv'
le baptême. 11 entrait déjà dans les fuuU,
quand it conjura le saint évoque de lui dire
ou était le jilus içrand nombre des ruiseldes
princes delà nation des Frisons, s'ils éiaîent
au paradis qu'il lui [iromettait ou dai
fer dont il le menaçait. « Ne vous y .. ^^^
pez pas, seicjHéur, dit saint Vulfran,
princes, vos prédécesseurs, qui soûl ni
sans bafttême, sont cerlninemeut damnés;
n)a*s quiconque cro ra désormais < ' ^-^ * -
ttsé, sera dans la joie éternelle a
Christ, Alors Ratbod i*etira le pieuurs mui?
baptismaux et dit : Je ne puis me résoudra
à quitter la compagnie des princes, mes pré*
M
ce
m
décesséurs, pour deiiietirer avec un pet il
bombre de pauvres dam h* royaume céleste.
Je ûe pais iToire ces nouvel niiks, et j aime
Tuîouï suivre les Ancieus usagi's do infi m-
Uon* Quoi que lui put d^re sai^t Vul^ran, il
'demeura dans son opiniâtreté, tandis que
}>Iusieurs Frisons se nonverthsait^ut,
11 ne laissa pas ensuiltj de deuiander saint
Villebrod, qui prêchait dans le m<^me pays,
pour le consulter avec saint Vulfran et trou-
ver quelque uioyen de se ftiire chrétien sruis
quitter sa reliai cm. Saint Villef^rod répondit
\ ses vuv^yés : Après que votre |>riiice a mé-
prisé les avis de ùotrt; IVèie, le saint évé-
fue VuUran, comment recevra-t-il les miens ?
e Tai vu attaché celte nuit U'une chaîne ar-
«fcnle, c'est f>onrquoi je unis assuré qu'il e^t
déjà dans la domination éteroelle. Sanit V'il-
ïebrod ayant ainsi [larlé, ne laissa pas dt* se
mettre en devoir d'ail. -r trouvi/r le roi llat^
bod; msls il apprit en ctif^min qu'il étciît
mortsëB* baptèïin, et retourna sur ses pas.
C^élait Tan sept cent dix-neul\ Quant à saint
Tulfran, ayant prôciié en Frise pendant
cinq hn&t il ordonna Géric j_iour son succes-
seur dans réi§iise de Sens» et retourna lians
rabbtfiyij de Fontenêîie, où il acheva sainte-
ment sa vie, Tan sept cent vinj^t, le vingtième
de mars, jour auquel TE^lise nonore sa mé-
moire*
P* u de t<^ps après le retour du pri^lre
Winfrid dans son monastère de Niisrclle,
Vzbbà mourut, et la communauté voulut le
mettre a sa [lace ; mais il rdusa et s>n
alla à Rome, avec des lettres de recomman-
^dalian de sofi evé*pie. C'était Daniel, évéLjue
de Wineester, célèbre par sa vertu et sa doc-
ifine. Wmind étant arTivé à Home se pré-
senta aii pape Gréj^oire II et lui expliqua le
déstr (fu'il Hvait de iravailkTàlaconvtusion
des mijileles. Le pape le re^a^da d'un air se-
rein, et hii demanda sif avait des lelîrcs de
SOI éfôque.Wint'ridtiriuJe dessous sot» man-
teau one leltie cachel^'^it jiour le pape, et une
«litre ou verte, qui était une reconjmandfttïf»îi
géDéniie à tous les chrétiens, suivant la cou-
tume d'alors. Le pape lui fit signe de se reti-
rer, et ayant lu à ioisir les lettres de révo-
que Daniel, il eut plusieurs conférenci'S avec
H\al'rid, en aïtendmt le temps propre pour
AoQ voyage, c'est-^-dire le commencement de
i'été. Alors il iui donna des reliques qu'il
"li'inandait, avec une cotnni ssionde prôi^her
Evangile è toutes les nations infidryies ou it
pOiiiTau arriv r, les hai tisrr suivant t'usage
<Je J Eglise i orna me, et avertir le pape de ce
^al lui sérail nécessaire pour Texéculton de
^ coEDoiission. Lalelte est du quin-^iètne
de mai, la troisième année du règnedeLéonll,
inijiction seccmde, c'est-à-dire Tan sept cent
dii-oeuf*
Avec cette lettre , Winfrid passa d*abord
en Lorabardie, où il fut re^u honorablement
du roi Luitprand. Ensuile il traversa la Ba-
Tière et nïit en Tburinge, où il commenta
à eiercer sa commission. Il prêcha aux
grands et aux peuples (fOur les ramener à
la connaissance de la vraie religion, altérée
BON
478
et presque éteinte par de faui docteurs; car,
bien qii il y trouvât des évôuues et des prê-
tres zélés pour le service ue Dieu, il y en
avait d'autresqui s'élaient abandonnés à Tin-
conti'ience, et il tit son poss Lie par ses ex-
hO' lations pour les ramènera une vie con-
forme aux canons.
Cependant, ayant appris la mort de Rat-
bod, roi des Frisons, il eut une grande joie
de voir la porte ouverte en ce pays-là pour
l'Evangile ; et il y passa aussitôt pour se-
conder les travaux de saint Viliel^rod, sous
la (trotiH'tion du prince Charles j, devenu
maître de la Frise. 11 ht jïai't de ces lieurf u-
ses nouvelles à Bugg, ou Kdburge, abbessa
da^is le pays de Kent, la priant en même
tcjopsde lui envoyer des actes des martyrs.
Dans sa réponse, Vabbesse le prie d'otfrir
des messes j>our Tâme d'un de ses parents,
et lui envoie c nquante sous d'or et un ta-
pis dauîel. Winlrid travailla trois ans en
Frise avec saint Villebrod, convertit beau-
coup de peuple, ruina des temples d'idoles
et brUit des églises.
Saint Villehrod,le voyant fort âgé, le choi-
sit pour so:i successeur ; mais Winfrid B*en
excusa, et comme le saint évêuue le pressait
fortement, il lui dit enlin que le pa|»e Tavait
desiinéauK nations de la Germanie orientale,
et le pria de permettre qu'il cxécutAl sa pro-
messe. Saint Villehrod y consentit et lui
donna sa béné*diction, >\infnd partit aussi-
tôt, et arriva dans la Hesse, en un lieu ap-
pelé Amanahurch, ou Omenhourg, af^parte^
nant h deux Lèr^ s, qui, portant le nom de
chrétiens, exeri^-aient Tiditlàlrie. Il les con-
verlit et un gran I nombre de peuple, et bâ-
tît un monastère tlans ce lieu que lui don-
nèrent les deux seigneurs. Ensuite il s'a-
vani;a aux contins de la Ht^sse, vers la Saxe,
où il convertit et kq)tisa plusieurs milliers
dlnûdèles.
Après avoir ainsi travaillé quelque temps,
Winfrid eivo\a h Home un des siens avec
une Jellro où il rendait compte au pape du
surcès de sa mission, et le consultait sur
quelques dilficuités. Le pape, par sa réponse,
I invita à venir; it obéit, et arriva à Kome
pour la seconde fois, accompagné de plu-
sieurs de ses disciples. Le pape l'ayant an-
jiris, ordonna qu il fût bien reçu dans la
maison d hospitalité; puis Tayûnt fait venir
h Saint-Pierre, il l'interrogea sur la foi de
TEijlise, Winfrid lui demanda du temps pour
écrire sa c nfession de foi et la lui apfiorta*
Le pape 11 lui rendit quelques jours a[>rès,
et Tayniit fait asseoir, rexhorta h conserver
cette doctrine et h renseigner aux autres. Il
passa presque tout le jour h conférer avec
lui, lui faisant plusieurs questions sur les ma^
lièresde la religion, et sur la conversion des
inhdèles. En tin, il lui déclara gull voulait
le faire évêque pour ces peuples qui n'a-
vaient point de pasteur. Le saint [irètre se
soumit et le ioui* de Fordination fut marqué
le îiO novcmoro7â3, fête de saint André. 1/é-
vôquelui changea sonoom ensuite, lui don-
nant celui de Boniface, sous lequel il est
plus connu. Il lui ûl faire un serment, daté
479
BON
»
de la septième année du règne de 1 Vinpereitr
Léon, iiidiction si\ième, qui est la même
année 723» par lequel il promet de garder la
pureté de la foi et Vunité de rKglise ; de con-
courir toujours avec le pape, et [irocurer
ses avantages et ceux de rE^lise romaine ;
de navoir point de communion avec les
évèques qui n'observeront pas les canons,
et les empêcher selon son pouvoir» ou d'en
avertir le pape. Ce serment était écrit de sa
main, et il le mit sur le corps de saint Pierre;
ce gui montre qu*il fut oruonnédans Tégliso
du Vatican. Le pape, de son côte» lui donna
un livre de canons pour lui servir de règles
dans sa conduite, et le cliargea de six lettres :
la première h Cliarlcs lyrartel, où il lui re-
commande l'évoque Roniface, envoyé aux
infidèles qui liaîntent la partie orientale du
Hhin ; car la domination tles Français s'éten-
dait au delà de ce tleuve bien avant dans la
Ge^r manie, La seconde lettre est adressée à
tous les évoques, les f>rètres, les diacres, les
ducs, les couiles et h tous les chrétiens que
le pape et tiorte k bien recevoir Bonifacc et
ceux de sa suite» et lui donner des vivres et
tous les secours nécessaires ; mais il menace
d'anathèineceux qui s*opposerontà son mi-
nistère; elle est datée du 1" décembre 72:1»
le lendemain de Fordination de Boniface, et
les cinq autres étaient apparemment de mémo
date* La troisième lettre est adressée au
clergé et au peuple que Boniface devait gou-
verner, et marque les règles q^u'il ttevait ob-
server dans ses fonctions, nui sont les mê-
mes, mot pour mot, crue celles de Tinslitu-
tion envoyée en Bavière, Tan 716. La qua-
trième lettre est adressée aux chrétiens de
Tfiuringe» et particulièrement à leurs cinq
princes, qui y sont nommés. Le pape les fé-
licite de ce qu'ils ont résisté aux païens qui
voulaient les ramener à ridolâtrie ; les ex-
horte lï la persévérance, à rattachement pour
l'Eglise romaine, et robéissancc à Boniface.
La cinquième lettre est h tout le peuple de
Thuringe, c est-à-dire aux païens que le pjape
exhorte à se convertir en recevant les ins-
tructions de Boniface, se faire baptiser, lui
bâtir une maison et des églises pour eux* La
dernière est à tout le peuple des anciens
Saxons ; on appelait ainsi ceux de Germatue,
à la dilîerence de ceux qui avaient passé dans
la Grande-Bretagne. Le pape les exhorte à
![uilter ridolAtrie, et leur recommande Boni-
ace. Il faut croire que ce saint évéque^gui
connaissait le génie <le ces peuples, avait lait
dresser ces lettres, sacb-^nt retfet que Ton en
devait attendre. iVoij, Fleury, L 111, p. 59,
60, 61.)
Saint Boniface étant venu en France trou-
ver Charles Martel, ce prince lui donna une
lettre de recomman iation pour tous les évo-
ques, ducs, comtes, vicaires, domestiques et
BUires ofilciers, afin qu'il pût aller partout
en liberté avec une telle sauvegarde. Il re-
tourna dans la Hesse, oij il trouva encore
beaucoup d'idolâtres; il y continua ses tra-
vaux avec inliniment é& succès* Quelques-
uns, qui étaient convertis depuis longtemps,
le prièrent d'abattre nn arbr** d© grandeur
énorme, qu'ils nommaient le chêne de Ju-
piter parce qu'il était consacré à ce faux
dieu. Un grand nombre de païens s'assem-
blèrent à ce spectacle, maudissant celui qui
attaquait ainsi leur culte. L'arbre, ébranlé
des les premiers coups de cognée, se fendit
en quatre t>arlies éj^^ales. Tous les assistaiits,
frappés de ce fait merveilleux, se converti-
rent h rinslant môme. Le saint prédicateur
lit construire avec cet arbre une chapelle
en l honneur de saint Pierre, Ensuite il
passa dans la Thuringe, oiï il parla aux
princes et aux chefs du peuple, les excitant
a revenir à la religion chrétienne qu'ils
avaient abandonnée, car elle y avait été in-
troduite par Théodoric, tils de Clovis, quand
il conquit cette province; niais l'autorité
des rois de France s'atfaiblissant, la Tha-
ringe avait été opprimée et ravagée jïar des
tyrans, et le peuple qui restait s^éiait sou-
mis à la domination des Saxons,
De plus, il y était entré de faux frères qui
introduisirent Thérésie sous le nom de râi-
gion; on en marque quatre entre les autres,
qui menaient une vie scandaleuse et qui
excitèrent une grande guerre contre samt
Boniface, mais il les repoussa fortement
armé de la vérité* La foi se renouvela et la
moisson fut grande, quoiqu'il y eût peu d'ou-
vriers, encore sounraient-ils une grande
disette des choses nécessaires à la vie, et ils
se trouvèrent réduits à de grandes extré-
mités ; mais, le nombre des tidèles venant à
croître, le nombre des missionnaires s'accrut
aussi.
On rétablit bientôt les églises, et on bâtit
un monastère à Ordof à cette occasion.
Saint Boniface, prêchant et baptisant dans
la Thuringe, avait fait dresser ses tentes sur
le bord de la rivière d'Or. Une nuit> le lieu
où il campait fut environné d'une grande
lumière, saint Michel lui apparut et reo-
couragea dans son entreprise. Le matin, il
célébra la messe au même lieu, ei, en ayant
demandé la propriété au seigneur è qui il
appartenait, d le défricha et y bâtit tme
église en Thonneur de saint Michel, avec un
monastère où les moines subsistaient du
travail de leurs mains.
Sur ces entrefaites , fîrégoire ill étant
monté sur le trône papaL en 732, Boaiface
envoya vers lui pour le consulter sur de
nouvelles ditîieu tés qui lui étaient sur-
venues. Le pape reçut fort bien ses en-
voyés, et l'établit archevêtiue primat de Vhl*
leinagne tout entière, avec permission d'é-
tablir des évéchés partout ou il le jugerait
convenable. En 738, saint Boniface ûi son
troisième voyage i\ Rome. Le pape le reçut
avec toute la distinction qull mériiait, et
lui donna le titre de légat du saint-siége ea
Allemagne. II revint dans les contrées doit
il était Tapôlre, établit plusieurs évèchés en
Bavière, qui furent ceux de Frisingen, ti«
Batisbonne, d'Erfort, de Barabourg deptii*
transféré à Paderborïi, à Wurtibourg, m^
enfui h Bichstedt f>our le Palalinat. Apr^sta
mort de Grégoire UI, qui eut lieu en û«-
venïbre 741, Zacharie monta sur la chaire d«
d
1
BON
m
s!\mi Pierre, Ce dernier pape confirma, rela-
tivemenl à Bonifacet tout ce qu avait fait
son prédécesseur. La révoluliun qui s'ac-
complit en France à cette époque* après la
mort de Charles Martel, vint nietlre la cou-
ronne sur la léte d iinn autre famille* Carlo-
niafu dis de Charles^ entra, par héritage ou par
conguéle, en possession de tout le pays où
Bouiface avait accompli de si grandes ùlioses
pour la foi; il mil toute sa puissance à le
seconder. Il lit mettre en prison deux impos-
teurs, Adalberl et C émeut» qui miissaienl à
Thérésie Tescroquerie et le raeusonge, et
que saint Koniface avait condamnés dans
un concile provincial. I*eu après Carlomau
ayant embrassé la vie monastique, Fépin le
BVef, son frère, régna d'abord sous le nom
de maire dû palais, [mis fui élu roi» du con-
sentement unanime de la nation. Il choisit
Boniface pour le rouronrier : ceUe cérémo-
nie se lit à Soissons. Le roi, voyant que le
saint évéque n*avait pas de siège fixe, lui
donna Tévéché de Mayence» que le pape
érigea immédiatement eu métropole. Cela
n'était pas nécessaire pour Boni face i puis-
qu il avait déjà le litre qui était inhérent h sa
personne. Seulement le pape voulut le rendre
inhérent au siège, au protit des successeurs
du saint archevêque ( cela arriva en 751 ).
Le saint archevêque, sachant que la force
de Fexemple devait être immense sur ces
peuples barbares , fit venir d'Angleterre
des hommes el des femmes recomman-
dables par leurs vertus, et leur do'ina la di-
rection des monastères (]u*il avait fondés.
Parmi ces hommes furent les saints Wig-
berl, Burchard, Lulle et Willibaud; parmi
les femmes, les saintes Liobe, Tbècle, Wal-
burge, Bertigile, Coutrade. Qui Ique temps
ôjifès» ayant appris qu'Klhelbard ^ roi des
Alerdens, ternissait son rang par le vice de
Timpureté, il lui écrivit de la manière la plus
forte et la plus pressante pour Teihorter à
la fiéauence.
Bientôt après, ayant appris Télévation du
pape Etienne 11, il lui écrivit pour lui de-
mander la communion du saint-siége, ses
avis et ses prot^^ctions, à Teiemple de ses
trois prédécesseurs ^ les deux Grégoire et
Zacharie. Il ditqu*il y a Irente-aix ans qu'il
est légal du saint-sié|je» ce qui marque Tan
75V, à compter depuis l'an 718. Il ajoute :
Je vous prie de ne pas trouver mauvais que
i aie envoyé si tard vers vous. J ai été oc-
cupé à réparer [dus de Irenle églises que les
paieos nous ont brûlées. Quetque temps
a|jrè$, saint Bunil^ce écrivit encore au pa^ie
Etieiu^ en ces ternies : « Du temps de Ser-
glus, un pré ire d'une grande vertu, nommé
Villebrod, aulremeot Clément, étant venu h
Rome, le pa]ie l'ordonna évêque, et Teuvoya
pf êcher la nation païenne des Frisons. Il en
convertit la plus grande partie pendant cin-
Suante ans qu'il y prêcha, ruina les temples
es idoles, b^ltit des églises, une entre au-
tres en rhonneur du saint Sauveur, dont il
fil son siège épiscopal dans la ville d'Utrocht.
11 y demeura jusqu à une eitrème vieillesse,
.substitua un évêque à sa place et tinil
en paiï, Carloraan, prince des Français, me
recommanda Téglise d^Utrechl pour j ordon-
ner un évêque, ce que je tis. Maintenant ré-
voque de Cologne soutient que ce siège lui
appartient, à cause d*une petite église dans
Ltrecht, que Villebrod trouva ruinée jus-
3u'aux fondements, et Fayont fait rebUir, la
édiaen Thonneurde saint Martin. 11 rapporte
que le roiDagobert avait donné la ville d*U-
Irecht avec celte église ruinée à FEglise de
Cologne, à condition que Févèque do Colo-
gne convertiraitles Frisons, ce qu'il n a point
tait. 11 ne les a pas môme nrêchés et ils sont
demeurés païens jusqu'à la mission de Vil-
lebrod, Maintenant la ville de Cologne veut
s'attribuer Utrecht et en supprimer le siège
épiscopal. Je lui ai répondu que la commis-
sion du sainl-siége, pour y élablir un évèque
qui firôciie à la nation des Frisons, était plus
considérable que la fondation d'une petite
église ruinée el abandonnée par la négligence
des évèques de Cologne; mais il n en demeure
pas daccord. Ayez donc la bonlé de me
mander si vous approuvez ma réponse et de
faire copier dans les archives de cette église
tout ce que le pape Sergius a écrit à ce su-
jet à Févèque Villebrod; ou si vou:> en jugez
autrement, me le faire savoir, afin que je
m y conforme. » L'évêque de Cologne était
alors Hildebcrt, qui venait de succéder k
Mildégaire, tué par les Saxons, auxquels le
roi Pépin Tavait envoyé jiour traiter de la
paix. Ce fut peut-être cette enlropjise de
révêque de Cologne oui obligea sai'U Boni-
frtce à retourner en trise, bien que cb:ugé
d*années el d'infirmitès. Mais il n'eîitre|trit
ce voyage que de concert avec le roi, et
après avoir converti et baplibé en Frise
grand nombre de païens, il revienl au bout
d'un assez loig temps à ses églises de Ger-
manie, la dixième année de la fondation
de Fulde, c'est-à-dire Fan 734. L année
suivante, il retourna en Frise, mais avant
que do partir il se pourvut d'un successeur
dans le siège de Mayence et ce fut le prêtre
Lulle, un de ses plus fidèles disciples. 11
était né en Angleterre et avait été moine
dans le monas ère de Maldube, ou Mahtjes-
bury. 11 passa eu Cerinanie, vers Fan 732,
avec tjuelques autres, h la j^rière de saint
Boniface, pour F.àder en ses travaux apos-
toliques, Ltaut déjà prêtre, il fut envoyé à
Borne par saint Bonil^ce, vers le pape Za-
charie, en 751, comme il a été dit, et, trois an>
après, ordonné évêque en 75''h suivant U
permission que le même pape avait donnée
à sanit Bonilacedcse choisir un successeur.
Pour laire agréer ce choix au roi Pé[)ïn,
saint Bonilace écrivit h Fabbé Fulrad en
ces termes : « Je ne puis assez vous rendre
grâces de l'amitié que vous m avez souvint
témoignée dans mes besoins: mais je vous
prie d'achever ce que vous avei si bien com-
mencé, et de rapporter au roi que mes amis
el moi nous croyons que mes inlirmités doi-
vent bienlêt terminer ma vie. C'est pourquoi
je le conjure de me faire savoir dès à pré-
sent quelle grâce il veut faire à mes disci-
ples après mamorti car ils sont presque tous
étrangers: quclquos-mis prêtros^ rt^^'^ndus
en divers lieux pour le stTvice de l'Eglise ;
d'autres sont in> ânes l'iabln d^ins de |n?iits
monaslL^ es -ù ils prv'ninMit soin d'iuslruire
les enfants. Il y a des viei dards tjui ont long-
leîDps vi^cu avec moi» aie soulai^eant dans
mon irav.dL Je siii^ en fx'ine tfeux tous,
craigiiaiil iiu*ib ue se dissipent après ma
mort, et q^e les peuples qui sont près de la
frODlière des f^aïens ne pt rdent la tV)i de Jû-
su3-Christ, C'est pouniuoi je Vipjs demande
pour eux votre, conseil et v^jh-e proli'ciitjn.
Je vous conjure aussi, au nom de Dieu, de
faire tHablir mon tils Lulle et mon confrère
en répiscO|>at, pour le service de ces é(^lises,
afin qn il soit le docteur des prêtres, des
moines et des peuples. J'espère qu'il en
remolira les devoirs. Ce qui me toucfie priri-
cipalemeat, c*est que mes prêtres qui sont
sur la frontière des païens mènent une vie
très-pauvre. Ils peuvent ga>;ner liu [i.iiu,
mais non des habits, si on ne les aide coEnine
j'ai fait* Faites-moi savoir votre réponse afin
que|e vive ou que jf; meure plus content, »
Saint Boniface ordonna donc Lulle arche-
vêque de Mayoïice, du consentement dti roi
Pépin, des évoques, des .ibbés, du clerg).* et
de. tous les seigneurs de son diocèse» puis
lui donna ses derniers ordres en ces ternies,
étant prêt à partir pour h Frise: « Le teuins
de ma mort approche; achevez, mon lits, le
bâtiment des enlises que j'ai commencées en
Thuringe. Appliifuez-vous for lu meut à la
conversion des peuples ; achevez Tég ise de
Fulde et m y faites enterrer. Préparez tout
ce qui est né**essaire pour noU^e voyage et
mettez avec mes livres un linceul pour
m'ensevelir. i» A ces mots. Lulle fondait en
larmes. Saint Boniface lit aussi venir Fabbosse
Liobe, et l'exhorta à ne pas quitter le pays,
quoiquYdh? y lût étrangère, et ne point' so
reltlcher dans l'observance de ses vœux, soit
par la taiblesse du corps, soit par la longueur
dti temps, mais de considérer la rccoaipeuse
éternelle. II la recommanda h l'évèque Lulïe
et aux. anciens du njonastère de l^ulde qui
étaient présents; leur onlomw qu*eHe f*)t
enterrée avec lui dans le même sepuicre, et
lui donna sa cucule.
Eniin saint Boniface partit et par le Rhin
descendit en Frise, où il convertit et baptisa
plusieurs milliers de païens, abatia des leiu-
pies et éleva des églises. Il était aidé par
Eoban, qu'il avait ordonné évè^ine d'IUrechl
après la mort de saint VillebroJ, et par dix
autres compagnons, trois prêtres, trois dia-
cres et quatre moines. Il avait marijué un
jour pour la contirmalion de ceux qu'il ve-
nait do baptiser, apparemment à Piques, et
qui s'étaient retirés cîiaïun chez eux. En i^^s
attendaut, U campait avec sa suite SLjr !a
Bourde, rivière qui séparait alors fa Frise
orientale de rocc:d.Mvtalu. Le jour venu» on
yit paraître dès leiualin nou pas les néophy-
tes que Ton altmdijiu mais une tniufte de
païens furieux, armés d*ceus et de lanceSj
qui fondirent sur les tentes du saint évèque*
bcs serviteurs surlirenl pour les repousser à
«uaiu ô^iimic ; mais s^int B^^iiifacsi f^ant q^lj
BON
le bruit, appela son clergé» et prenar l
reliques ^|u'il porta t totjjonr» ave,; lui» il sor-
til d« sa tente et dil h ses )ieus : Mes enf^tuts^
cessez de ctuiibattre; IFcriturL* lious af»prend
de ne pas rendre le mal pour le mal. Le juur
que J attends depuis lungteiups csl arrivé;
espérez en Dieu ci il sauvera vos âmes.
Ensuit^^ il exhorta les prêtres et ses autres
C4»in[iagQons à se préparer coura ;eus#Qi#ui
au inarlyre. Aussitùt les |iaien-s l< s atlaquè*
nmt en fui'ic, Tépée à la main, et les mir^nt^
tnuïi h inoit; puisj yiiux di^ 1-ur vicoirâ^
ils romtnencèrent a pilk-r le caïup. Ils em*
jmrtèrenl les cotfres d^s livres et les ilrâssu^
des reliques, cn^yant y trouvur quantité d'or
et d'argent. Ensîiile ifs ahèr^ut piJLîrli'S ba-
teaux qui p ►rtaient Ws vivre-'-^et aaeiij|i4ir^
lèrent le vin sans ouvrir les vaisseaux ; puis
ayant reçu uni ce que c'était» ils ïe burent
avidement. Quand ce vint au {>artage du bu-
lin et des tr sors qu* ils imaginaient da is a^
toirres^ ils prirent quereilu, ei vinri*nl aui
mains, et plusieurs TuieU tués; ceux qui re^
lèrent coururent avrcjiM*' aui coll'res» elles
ayant rompus, ils furent bimi surpris de n'y
trouver que des livres. Dedé| it, ils les dis^>er*
sèrcnt dans les Crimpa;^yes,lesJLlerenitiaiisleJ^
roseauK des marais et h^s cachèrent en diver»
lieux; iuaislongtrnipsa|»res,ilsfurenllrou»éf
entiers, ruque Ton regarda comme un miracle.
Le njariyre de saint Boniface arriva le S
juin, Tan 7^>, in lie ion huitième, quarante
ans après qu'il fut entré en Germanie, trente-
six ans après .son épiscopal, et la soixante*
qnii^zième annét^ de sou âge. Les compa-
î^nons de son martyre furent jus |U au nom-
bre de c nquantc-deux. Peu de t- mps «(irès
sa mort, Culhbert» arcbevèquo de Ganior-
béry, ofiouna eu un loncilc de eéléh er «a
fêle tous les ans,, ei il est encore honoré [wr
FÉi^l se uni ers* lie. Le bruit de sa laort
s^ètant répandu dans toutt* la praviiic^, \t%
chrétiens rassemblèrent une [j;rosse ariûé« §t
au liout de trois jours attaquèrent les terres
des païens quij ne pouvant k»ur résisliT,
s'enfuirent» et i! v en eut un ^rand nombre
de tués, t-es chri^tit'us pillèrent leur pays et
einmenéreni leurs femmes, leurs eniaii^is et
leurs esclaves. Lus païens qui rostèreol,
abattus de tant de uiaux, renlrèrent en eui-
mêmes et se convertirent (jour la plaiiarl.
Ainsi la mort de saint Boiiilace acheva [ou-
vrage quHt avait commencé de son vivanL
Son corps fut porté d'abord à Utpecîhl oi
on renterra* Ensuite larchevéque LuH*? le
lit trapsJérer à Mayenee (jù le peuple voulut
Je retenir; mais entin la volonté du saint fiil
exécutée et il fut en (erré dans Féglise ée
Fulde. On y rapporta aussi les livres qae les
pannjs avaient dispersés après sa mort, i4
on y cm voit encore trois. Le premier cou*
tient les canons du Nouveau TtStamenI,
c'est-à-dire Tancicnne Concordance ; le se-
cond, teint du sanj du martyr, c<»niit*nth
lettn* de saint Léon i^ Théodore d^* Fr 'jus, k
traité de saint Ambro se du ^
plusieurs autres ouvra^^es; le i.
livre des Evangiles que l'on dU être éri^ra
U ujain de saint Bunila e. Le^ œuvres
naus rf^.çtçnt de ïtii, les plus certaines sont
seslellres on ^rand nombre, recueiïips sans
offire avec |jlusi<nirs autres qui lui sont
adress^t*5 rm «écrites par ses dseiples. (Fleu-
ry r.
von
lui
aux
articles, où
les plus remnrqtiables), qui fout
, so sinc^Tilé» son humifiH?. On
lussi desStntuh ou Instruclions
- et Ln\ prêtres, en Irenle-îsix
Ton peut observer ce qui suit ;
w Ufi pri&tre ne do t aller nulle part sans por-
ter atec lui le sainf'chréine, Vh ile b^^nile et
i'euçh^rîstie, afind^ôtre louiours prêt à exer-
cer toutes ses fonctions. Il doit garder le
saint chrênjc sous le sceau, sans en ctoimer
à personne, soi s prétexte Je mt^dirarnent ou
Autrement, Ceux que Ton biifvtiso i lui vent
faire eu leur langue les renoneiatioia et la
profession de foi, afin qu ilssacbent ce qu'ils
promettent. Ceux dont le baptt^rae est dou-
teux doivent ^tre baptis s sans srripi.leavec
celle protestation : Je ne te reb'îplise pas,
mais SI tu n*es pas encore ba[>iis<% je le bap-
tise. C*esl le premier exemple que je trouve
de baptême sous coorJilirm- Comme divers
acrîdenlsnous empêchent d'observer pb ine-
ment les canons tou€h.*ht la r**conçibation
des pénitents, tbaqoe prôlri% aussitôt qu'il
aura reci leur conres>ion, aura soin de les
r^conc lier par la prière» c\^st-à-dire qu*il
n'attendra pa^ que la pénitence soilacrnin-
]\]\v. \.r toaladeijui, a|»i^s avoir dfMuandé la
j % ^lura perdu lis | a rôle an la coo-
Il ., .i...ij, sera non-seulement révonvAUé par
rtinposilion des mains» mais erevra reneh/i-
rislie qu'on lui fera couder dans la ijuuclie.
Ce qui sen ble marqiter la seule espèc** du
Yin. Le dernier article marque les tM- s de
toute l'année en cette sorte : Noël, avec les
trois jours suivants, 1 Ascension, la S.i iit-
Jean, ta Saint- Pîeire, TAssomption de la
sainte Vierg«", sa Nativité, la Sa*nl-Artdré. Il
Bràil éié parié auparavant de la l^vutecAle,
f^amt Bonifat-e doit être rt^j^ardé en m me
l'apAtrede l'Allenvigne et te restaurateur .e
h di^di) lue en France; son monastère de
Fulde Jevitii Pécole la plu^ célèore d-* toute
rKgliSe- d'OccrdPUt, pendant ce sièelr et le
suivant. Entre ses disciples les plus lamcux,
est saint Burcard, évèque de Virtzh^ur^^,
morl quatre aun auparavant. Tan 751, le 2 fé-
trier, quoiuue l'Eglise lioaore sa iiiémoirele
H<nfôor*j iL.iif ooursuccesseurdanscesi/ge
V disciple de saint BonifHce.
0 >. vij-.ijre ei Ire eux sainl Lulle,
fl lie de Majence; saint Vil balde,
év. .|urj /Eichester, rjui a écrit !a Vii' de son
fBailre; saint Gr^-goire, abbé, qui, sans être
évèque, gouverna le diocèse d'Utrecbt après
ïa mort ue saint Eobau ; saint Sturme, abbé
de Fulde; saint VinibalJ, abb/^ de Heiden-
heirn, frère de saint Vilibalde et de sainte
V , abbesse. (Foy. Fieury, t. III, p,
lli iiv.)
BUMi ACE (saint), religieux camaldule,
•f«iiev<>.pje, apôtre de Russie et martyr, na-
jUfl d'une des plus illustres familles do la
idie* |] Lit de rapides progrès dans les scien-
•ts, êi le fameux Guy le Philosopbe fut un
4d ses maîtres* Il était jeune encore quand .
il entra dans Tétat ecclésiastique, et fut fait
cbapolainde Fempereur t>tlion jU. Ce |)rin<^
aimait extraordinfiirenjent^otre Sâint à cause
de ses vertus vl de la dou<'eur de son carac-
tère ; il le chargea de tout ce qui concernait
sa cbai*ellf ijn[*énale, et Ton tht qu'il rappe-
lait communément son âme. Loin de s'enor-
gueillir d'une telle faveur, Bornfacese livrait
à ta pratique de rbuniilito et des plus gran-
des uiorbticatÎMns ; il jeûnait souvent et cop
sacrait une grande partie de son tenqis à la
nrière, Ceptsndant il ne resUi pas longtemps
a la coufd'Othon, Saint Komuald étant ve-
nu visiter Tempereur, notre saint lut si édi?
lié de sa sain. été que» voulant su consacrer
cutièri'me^là Dieu^ il suivit Romuald et en-
tra dans son ordre. Dès lors il mena une vie
entièrement opposé»* à cebe que sa naissance
et sa dignité le for*;aient à meuer dans le
monue. Couvert d'uu véttnjjent [pauvre, inar-
elumt piCiJs nus, se nourrissant d'berKs el
de lacines, travaillant des mains, gagnant
son pani à la s^ucui' de son Iront, coni>aciant
une ç^iaude partie des nuits à 1b prière, tell©
était la vo' q e mena I désonnais notre ^aiut*
11 se 1 vrait h de g«andes macér., tiens, et
Fou dit que Meuvent, déj»ouillé de ses vète-
iijt nls, û se roulait dans les ronces etd^ns
les anses, aûn de macéi^er sa tbair. Avant
auisi passé frusicurs années sous la direc-
tiu'ide Itomuald, il dédira prêcher la toi aux
inlidil-s. Le prpe Jean XvLl lui en donna
là permission, en lui donnant tuutcfuis un
briïi qui portait qu on 1 ordonnerait ardievô-
que sitùt (px'il aurait connuer^cé sa prédica-
ii^'ii. Il partit donc ài Uiilieu d'un rude hi-
ver, tuitot a pied, tantôt à cheval^ mais tou-
jouis jiiêd^ nus, et après avoir demandé la
pnittvtitiû de Monri II, cmpiTeur d Ailema-
gne, il fut sacré par Baytiiond, archevêque
de Ma^^debourg.
Les tiabiianis de h Prusse lui semblant
it s plus enii>océs dans les ténèbies de Tidu-
Utric, il voulut commeutx^r Sâ luis^ïon par
eux. Tous Si'S soins, tous ses eiïorts iuroi^t
eomplétement inuiiles. Le moment quelJieu
avait mar^tié pour les appeler dans les voiea
du sa ut u étuil point encore venu, et iJ dut
(|uitier ces jdolAues crui no vo. Jasent point
1 écouter. Il vint prêcher sur les fiOntières
de kl Uussie- Les Hn>ses étciient encuie
j rtiens et vivaient dans toute leur féiocité
nai-ve ; Us ordonoereut à nuire saiit de se
ret rer, Cel«*i-ci, loin d'i béir, a-la trouver le
roi d*une petite pruvince du pa^^ s, qui .*vait
monfeslé le désir de l*eutend/e' Ceiui-ci, 1q
vojantaial vêtu et nu-(>ieds>ne voulut pUut
récoiiter. Bon face revint couvert do »es
habi;s sacerdotaux, et le rui lui dit alors
qu*il se convertirait s*il passait à îraveis
u!i grand feu sans en ressentir aucun
mal.,. Notre saint, retupli d une in^piratioii
divine, opéra le miraele, ei le roi^ tourbe, se
convertit avec plus eu rs de ses suiets* Les
habitanls, furieux de la léussile de Boniface,
lui ordoniièrent de se retirer, s*ilne voulaii
point être mis h mort. Leurs menaces ne
pouvant le vaincre, ils se saisirent de lui et
le dé€a|»Uèient en compagnie de dix-huil
autres chrétiens, l'année lOM. L'Eglise ho-
nore la mémoire de cet iUustre martyr le id
juin.
BONIPACE, doc d'Alsace, successeur du
doc Godon, exerçait d'atroces violences sur
les pauvres qui habitaient son duché. 11 pil*
lait et ravageait li-urs terres : en un mot»
il vivait de déprédation. Saint German» abbé
du monastère de Granfel, souffrait paliem-
ment toutes les vexations dont lui ou ses
moines étaient robjct ; mais il ne pouvait
voir, sans en être profondément affecté, la
foçon dont le duc traitait les pauvres paysans.
Cn jour au*il se livrait à ces actes de pillage
et de vioîencf*, le saint vint au-devant de lui
avec un de ses moines, nommé Raudant, pour
lui faire des remontrances, et le prier d'é*
pargner ses pauvres vassaui. Leduc eut Tair
de Técouler avec faveur ; mais aussitôt qull
fui parti, il envoya après lui des soldais qui
tuèrent à coups île lance ces deui hommes
de Dieu.
BONNK, femme chrétienne, qui confessa
fénérey sèment le nom de Jésus-Christ en
an 250 ou ;i5i, sous Fempire de Bèce, en
Afrique. Quand les païens ne pouvaient
vaincre leurs ennemis par les tourments, ils
étaient obligés de se considérer eu\-mém s
comme vaincus. Bien souvent il arrivait
qu'ils sViUribuassent de fausses victoires,
prétendant que certains chrétiens a ' aient sa-
critlé, lorsqu'ils ne lavaient pas f#it. Ainsi
fut'il par rapport à la généreuse femtne de
laquelle nous parlons. Bonne aya^l été con-
duite au temple par son mari, reiusa obsti-
nément d'offrir des sacri lices auï iitoles. Les
païens lui prirent les mains et la conlraigTi-
renl violemment à déposer leschos»>s oll'ertes
sur Fautel. Cette sainte femme aurait pu se
conlentt*r du témoignage de sa consceiice,
3UÎ ne lui reprochait pas ce qu'on se vantail
*aroir obtenu d*elle ; mais cela ne luisuin-
sait pas; elle ne voulut p.is souffrir qu'on fît
d'elle-même mensonL^èrement une cause de
scandale pour les liuèles. Elle prutt^stn pu-
bliquement contre la violence qu'on lui avait
fait subir, et déclara qu'elle n'avait jamais
eu rintention de sacriiter, que sa volonté
étiiil toujours restée oiiposée à Tacte qu*on
avait forcé ses mains d accomplir. Celte cou-
rageuse protestation fui cause qu'on l'envoya
en exil. Cette hii>loiriî se trouve dans les
lettres de saint Cyprien. (Lettre de Caldone.
ou 19^)
BONNET (Marguerite), religieusedu Saint-
Sacremetil, fat guillotinée à Orange le 2ïi
juillet n0V, avec Thérèse Con^olon, supé-
rieure des U sulines de Sisteron, Claire Du-
bac, Anne Cartier, ursuline au Pont-Saint-
Esprit, et Madeleine-Catherine de Justamon,
<iuatnème martyre du môme nom et de la
m<>me famille.
BONOSE (saiolj, martyr, donna sa vie pour
h religion cbrétienne sousTempereur Jolim
rA(Hjslat, en Von de Tère chrétienne *M±
L'empereur Julien ayant donné Tordre que
tes étendards païens fussenl substitués au
labarum, dont Constantin avait fait ren-
seigne des légions, les commandants des
DON Itl
corps d'armées, les gouverneurs de provin-
ces commencèrent h le faire eiéculer. Le
comte Julien, oncle materneJ de l'empereur,
apostat comme lui, et gouverneur de TO-
nent, ayant voulu mettre cet ordre à exé-
cution, 'deux officiers du corps dit les virus
Btrcuiiens^ s^y refusèrent- Ces deux officiers
se nommaient Banose et Maiimilien. Voici
leurs actes sincères, tirés d'un manuscrit de
1 abbaye de la Stuve-Majour, au diocèse de
Bordeaux, lequel n'avait point encore fiaru.
Le comte Julien dit à Biinose et à Maxi-
milien : « L'empereur, notre maître et notre
souverain seigneur, a ordonné que les éten-
dards de ses troupes fussent changés, Bonoit
et Maximiiien : Nous ne pouvons en aucune
manière changer le ndlre. Le comte Julien :
L'empereur veut, outre cela, que vous a<:o-
riez les mêmes dieux que nous a lorons lui
et moi, Bonoêe : Nous ne pouvons adorer des
dieux que i\e& hommes ont faits. Le camle
Julien : Je vous ai exposé les or 1res de Fero-
pereur ; songez à vous y ^'^ou mettre, avant d'jr
être forcés par les tourments. Banoie et Maxu
milien : Nous sommes prêts à tout endurer
pour le nom de Jésus-Christ. Le camie Julien:
Qu'rui fasse avancer Bunose. Réiiondez vous
seul. Ne voulez-vou^s pas adorer les dieux
que l'empereur et moi tous adorons? Bo^
nose : Nous avons reçu de nos nères une
religion que nous iTofe^-sons, et a laquelle
nous soujmes attachés. Pour vos dieux, nous
ne les connaissons point. Lfcomff Julien: y ài
un ordre particulier de vous faire tourmenter
sur le moindre refus que vou^ ferez d'oliéir.
Bunose: Vous ne nous intimiderez pas faci-
lement. Le comte Julien: Qn on le frappe à
coups de plomheaux, » Ou lui en donna plus
de trois cents. Cependant le comte lai disait;
« EpargUf z-vous ces tourments ; faites ce
qu *in désire de vous. » Bonose ne lui ré-
pondit rien, il se mit seulement è sourire,
« Que dites -vous donc entln? continua le
cojnte. Bonose ; Je dis oue nous n'adorons
(^u'un seul Dieu» qui est le véritable; et qu'à
I égard de ces autres dieux» nous na savons
d'où ils sont, ni qui ils sont. Le cotnle Julien :
Qu'on fasse api^rocher Maximiiien. Répondez-
moi, vous : ne voulez -vous pas adorer les
dieux que nous adorons» et ehangcr votre
étendard? Maximiiien : Faites que ces dieux
vous entendent et vous parlent^ et après cela
n<»us pourrons les adorer. M ds s'ils sont
sourds et mUi ts, s'ds sont insensibles et ina-
nimés, comment voos^raôme pouvez- vous
vous résoudre h les ddorer ? Il n*en est pas
de même de notre Dieu ; son ( ouvoir esl
i;rand, et respérance que nous avons en lui
est londée sur ce pouvoir. Du re.sle, vous
nous verrez voler au mart} re. Mais (vous le
savez (Ij aussi liien que nous), ce Dieu
nous défend d adorer lies idoles muettes ^
sourdes, »
Le comte Julien d l : Qu'on les étende sur
le chevalet, qif un huissier les appelle par
leur nom. w Après ce, te formalité, le couïtt
leur dit : « Vous voilà sur le eUeTalelj ici
(t) Le comte avait été ehrélkOt
\
m
BOf«
bourreaux n'atteodent plus qu'un dernier
ordre pour vous lourmeuler. Obéissez, et
cessez d* entraîner par votre exemple vos
compagnons dans un on^me crime. Faites ao
bonne grâce ce qui vous est ordonné : ôtez
de votre étendard les (igures qui y sont, et
mettez-y les images des dieux immortels.
Bonose et Mûximiïien : Nous ne pobivoiïs à ces
eonJitîons ob6ir à l'empereur; * t nous n*of-
if oserons point la souveraine majesté du
Uieu vivant, invisible et immortel que nous
adorons. »» Le comte Julien dit aux bour-
reaux : « Frappez hardiment et sans re-
lâche. » Mais Dieu rendait les saints insen-
sibles aux coups. Le comte ajouta : n Si ces
tourtxients ne peuvent fléchir votre opiniâ-
treté, j'en ai d autres (fui sauront m'en faire
raison. Qu'on m'app'>rte une chaudière pleine
de poix, et, après qu'elle sera fondue à grand
feu, qu'on les y pli^ûge. Nous verrons si leur
Dieu, ce Dieu en qui ils mettent toute leur
espérance, les pourra délivrer. » Les saints
entrent dans la chau sière avec un visage
riant, dans respérance qii*un glorieux mar-
tyre allait terminer leur course ; mais coite
poix ardente se change pour eux en un bain
rafraichissaot^ la flamme qui s\*lève au-des-
sus de la chaudière retombe en rosée sur
eux : et afin qu^on ne crût pas que lout cet
apt^areil n'était qu'une vaine moure et qtj'un
su[ip)ice feint, il n^sfa sur leurs corps éas
roarqups qui faisaient assez connaître que le
lourtueut avait été très-réeL D'ailleurs les
ju fs et les gentils, qui voienl les martyrs
prier tranquillement au milieu de cette diau-
dière où la noix s^élève h gros bouillons par
la violence du f(*u, s'écrient que ces homuae^
sont des magicie-is ; m^is c était Jésus-Christ
luv-aième qui, par les chaniR^s innocents de
sa divine magie* opérait ces merveilles. Ce-
pendant la chosfi est rapportée au préfet So-
cundus (I) ; la nouveauté de révénement le
fait courir au palais, ses yeux sont témoins
du miracle, et son esprit étonné et confus
cherchée s'éclaircir de la vérité par un moyen
extraordinaire. « Qu on m'amène, dit-il, des
prêtres de nos dieus, je les ferai jeter dans
cette chaudière, et Ton verra s'ils en sortiront
aussi sains et aussi entiers que ces deux
chrétiens (2), » Les prêtres sont amenés, ils
font leurs encensements, ils prononcent des
conjurations ; en un mot, ils n'oublient rien
de leurs cérémonies ordinaires ; on ies foit
entrer dans la chaudière ; mais dans un ins-
tajit toute leur chair fut séparée de leurs os.
Celle aventure déconcerta le comte Julien.
I! renvoya en prison Bonose et Ma xi m die n,
pour être interrogés de nouveau par le pré-
fet. Au bdut de sept jours, la prison étant
^ ement gardée, tous les prisontners
iuent en Jésus-Christ se trouvèrent
iues. Cependant le comte leur fai-
1 uir du paTu s r lequel il avait aupa-
ivaiii imî»rimé soi cachet, où était gravée
figure dcj quelque divinité païenne ; et il le
"' "Il pour les surprendre et les engager
Saluste, qui était favorable aux chrétiens.
L'exemple est /singulier.
DlCTlOSr». DES PeRSKCUTION!*. h
BON 490
à leur insu dans Tidolâtrie. Mais le jour
raèrae qu'ils devaient être ouïs, ils firent
vr^ir au comte tout le |)ain qu'il leur avait
envoyé, et auquel ils n avaient point lou-
ché, tt Votre artitice, lui dirent-ils, n a servi
df* lien, nous n avons pomt voulu manger
de votre pain ; celui en qui nous croyons
nous en a fait donner d'autre* Au rè^le,
nous vousavertiss'ïus que Jésus-Christ notre
Dieu vous fera rendre compte des tour-
ments qne vous nous faites endurer* » Le
préfjit Secundus, que la fermeté d^j cette ré-
pnose avait ému, dit au eoune Julien : <' Kn-
tendons-les présentement, » L'un et l'aube
étant donc montés au tribunal employèrent
tous leurs efToris, mais en vain, pour les
engager h recevo:r un nouvel étendard. Le
comte, que celte résistance mettait en fu-
reur» dit: "Qu'on mette de la chaux vive
dans une fosse, qu'on y jeltc ces deux
hommes, et qu'on amortisse la clmux sur
eux. Après cela^ qu1ts invoquent leur Dieu,
nous verrons s il les viendra secouru% » La
chaux est mise dans un gfand bassin fait ex-
près pour en éteindre, les martyrs > sont
jetés, et Ton y verse ensuite de l'eau; la
chaux s'allume, et Ton entend la voix des
saints qui chantent : « Soyez béni, Seigneur,
liieu de nos pères. Dieu d'Abraham, Oieu
dTsaac, Dieu du Jacob, qui ave/dai^^né nous
délivrer de la puissance de nos enneiois ;
soyez loué, soyez gloritié datis tous le> siè-
cl ^s. Amen. » Lorsque la chaux fut entière*
meal éteinte, H qu'on vint à découvrir ies
corjjs des martyrs, on n y trouva pas la
mf>iudrc brûlure. île CHmtê, j)lein d^.^ rage,
les ht pour la troisième fois enlermer, mais si
étro tenieul qu*il voulut qiron lui apportât ks
clefs dé la prison. Il b-s y laissa oouzejou^s,
au bout desquels on Touvrit, et on la trouva
éclairée par des ilarnbeaux qu'on ne [ ut ja-
mais éteindre. Cefjendanl, comme on crut
que les martyrs seraient extrêmement ivres-
ses delà faim, on mit devant eu\ des pains
qu'on avait otierts aux idoles. Mjis eux qui
étaient rt^mplis de resfirit de Jésus-Christ,
qui en élaient nourris et forliliés, ne daignè-
rent pas touchera ces paies. Ce tut |*our lors
que le comte Hormisdas fut éclaire des lu-
mières de la foi. Car étant venu è la prison
pour eu faire ouvrir les portes, il fut tede-
nient surpris de trouver les saints si foits, si
vigoureux, et dans un si grand embonpoint,
4pii rendaient grâces h Dieu et h Jésus-Christ,
qu'il leur dit :<* Priez pour mui, qui suis un
grand pécheur, atiu que je sois sauvé 4j- *
Tontes ces circonst.toccs lUtrai ubusis ne
faisaient qu augmenter la mauvaise humeur
et la rage dtJ cumte Julie. «, 11 se voyait Ibrcé
de reconnaitre la souveraine iMiissance de
Dieu qui triomphait de sa faiblessi.*, et ue
soutiVir le mépris des servile >rs du même
Dieu, qui insultaient h son orgueil* Mais
tandis tpf il fait ces réllexions humiliaotes,
il en gémit, leur poids raccabîe. aQu'oE
les conduise, dit-il enfin, aux anciens bains,
(i) ïî éiâîL frère de Sapor, vm de Perse, cl vécut
qiijiLitLLti ans à ta cour du grand Cmisiuutin et de
Constaotius &oo IMs*
16
I
f
401
BOS
je v«*ux encore hs interroger, a Los deux
martyrs y sonl tlomi traiisTérés, et le eonite
y éraiit arrivé, et s'adrossaiU h IIûiïos*^ :
« Quelle inarque nu» daoueras-lu, hu dit-il,
du pouvoir du ton Dieu, qui puisse ru obli-
ger h le lais^ier échapper tle mes mains, si
tu persistes toujours a vouliiir être eîirétien?
Bonose : Quûlle uiarque? Ef^outez, eointe,
la voici, L" Dieu en qui nous t'rùyf>ns, en
nous acconlant la grâce de consomiiier le
martyre au pi< I nous aspirons, nous tïn^ra
Je vos mains malgré vous, toujours lidèJes,
tonjnurs chrétiens. Le comte Julien : Eh
bien ! allez donc au martyre, vous combat-
Irez contre les bètes de l'amphilhéâlr»*, Bo-
nost : Ces bètes dont vous nous menacez,
nous ne les craignons t^as* Nous irons les
GombAtlre, et triumiV;tM* d'elles au nom du
Père, <iu Fds, et du Sainl-^lsprit, le Dieu
que nous > dorons, Le comte Julien : Ah 1
c'en es» tro[i ; je vais vous fain* jeter une
st'conde fois dans \;\ fournaise, et nous ver-
rons si V us rpfus' re/ encore do vous sou-
mettre h la volonté de l'empereur.» Le comte
fut nlors interro ;pu par Is cris de tous
ceuic que la ^rAce avait choisis, qui, se ran-
gt^ant du côté de Honose et de Maximilien,
dirent nettement au comte ; « Nuus ifado-
rons aussi qu'un D-eu, et nous sommes pr^ts
è accompagner il la mort nos frères que voi-
là, » Le pr6iet Sei undus dit au cointt' : Puur
moi, je vous déd.ire yue je n'approuve nul-
le ment celte i-roct^ure violente, et que p3
oe prétends i)oinl employer les su[^pliecs
pour contraindre les gens à obéir, » Puis, so
tournant vers Eonose : a Je vous conjure,
lui dit-il, saint homm^*, par le Bieuoue vous
a^iorez, de vous souvenir de moi dans vos
prières. »
Cela n'empêcha pas le comte de s'adresser
encori^ à Jovien et à HerculieiK « Changez,
leur dit-il, votre étendard, et recevez ceiui
où sonl les images des dieux. Quelle attache
avez^vous à ce signe des chrétiens? » A cela
Jovien et Herculien répondirent : «^ Smi-
gneur, nous sommes chrétiens nous-mêmes ;
et nous reçûmes le baptême le propre jour
que Constantin, notre père et noire empe-
reur, le reçut à Aquilone (Achiron), procfie
Nicomédie, Lorsque ce grand prince a|>pro-
chait de sa tin, il nous lit jurer d*ètre lou-
jours lidèlesaux empereurs ses fils et h J E-
glise nuire mère, » <ie fut pour lors qur* le
comte Julien, s'abandonnant à toutt^ >a c<>-
1ère, envoya au su 'plice,avec Bonose et Ma-
ximdien, tous ceux qu il avait t'ait arrOtcr
prisonniers, et tous donnèrent leur tôle
avec jnie pour Jésus-Chn.^t. Mélèce, évtkpie
d'Antiocbe, suivi de ses coévôques et de
qui Iqurs-uns des frères, les accompagna
u&quau lieu de re\écution. lintin foule la
' e lit des n'jouissances extraordinaires
oar célébrer la mort glorieuiO do taut de
liartvrs, qu elle regardait comme devant
être* ï rayeuir ses protecteurs. (Ruiûart,)
BONOSE (saint ej, fut martyrisée avec sa
sœur sainte Zozimc, sous ïe pontificat du
pape saint Félix et sous le règne de Tempe-
feur Aurétieo, en Tannée
règne d
ÏTÎou
274. SfMi
martyre eiit lieu è Porto (d Italie). Les deux
sainles Bonose et Zozime soutinrent en
même temps que le saint martyr Eutrope.
Nous n'avons, sur leur glorieux sâcriiice,
que des actes extrêmement récents, et qui
sont loin d'otTrir les caractères d authenticité
désirables. L'Eglise fad la fêle des doiix
saintes, en même temps que celle de leur
gturieui comna>;nou, le 15 juillet. ^^
BOlitillÈSE, nnssinoDair»j de la compa-
gnie de Jésus, confessîi la foi de Ji^sus-Christ
dans le royaume de Maduré. Nous vr ■ ' •
dans une lettre que le P. Bouchet «
de >l0duré le 1*' décembre 1700, _qu
à la cour du roi du pays aiin de faire
notre saint missionnaire, A cette époqui,^ ù
y avait déjà quarante jours que le P. Bor-
ghèse languissait dans les prisons de Tril^
cbir.'lpalji avec quatre de ses catéchistes,,
BOUBGliS, chef-lieu du di'ip.uteijienl du
Cher, a été témoin des soutfrances quV en-
dura sont Ursin en confessant Jésus-^iui>t.
Il avait été ordonné à Rome par les su4;çes-
seur> des apùtres, et désigné par ewx pre-
mier évêque de cette viUe.
BRAijA (Jean-Fbh:^aï«d|:5dr;, de la com-
pagnie do JV'Sus, faisait n«^:tie û^s soiiaole-
oeuf mis>iuniiaires que le B, Azeved'j^ était
veim recruter à Kom<j pour le Brésil. jFôy.
AztVËDOj Leur navire tul pris le 15 juillet
1571, par des corsaires calvinistes qui les
massacrèrent ou les jetèr^^nt dans les flot^.
Tel fut le martyre de notre bu- ' nx
fOu Jarrie, HisL des choses phi rtf
hies, etc., t. II, p. 278; Tanner, Sut u'^u^ Jfsu
usgue ad sitngmnis et vitœ profusionem wi-
lUans, [K im et 170.;
BHAGANÇA (Nicolas-D^^¥s d«1, de la
compagnie de Jésus » faisait partie des
soiiante-neuf missionnaires que le P.^ Aze-
veuo était veriu recruter à Rçme pour le
Brésil, [Voij. AiEVEno.) Leur iiavirn fut |.fi>
le 15 judiet 1571, jiar des corsair* is-
tes qui les uiassacrèrent ou le-^ • la
mer, (Du Jarnc, UiUoire des ne-
monthleSf etc , L IJ, p. 278; âiunurt, :>»'.k-
las Jesu usque ad sanguinis et viîtM pro/uêi^
ncm militans, p. 166 et 170.)
BHAtilK, Bragâ, ville de Portugal, ^-4
tenmiu du i^lorieux martyre ^J ■ '^
son premier evêque, et de
Victor, qui y eut la tête lranciu_c.
BKÉBeIJF (le bienheureux Ji^aîm oe
sionnaire de la compagnie de J'
comme tant dauties, victinie dr *■,
dans la guerre que les Anglais et ■•-
das, jjloux de la prospérité dr '
dans le nouveau monde^ avaient
contre eux* Notre saint raissioon
ixjur compai^oon de souiloulour*.
le P. Gabriel Lailemant. Ici nou.^ '-.^^
parh,T Henr on (l. il, p.604j, dont U narra*
lion nous a paru trop intéressante pouif ^^
la pas niellre ici dans son entier ^
« Le 16 mars 16W, dii-ll, J^is
lornbc^nt sm li's liourj^ades de Saint
et de Saint-Louis, dont les Hn
pasteurs les PP. Jean de Bn 1
Lalieniant. Brébeuf, captif, CôiAtinuê a c
été
e,
Jûl
rais-
it,
m
BRfi
BRE
191
iiorter ses néophytes : pour lui imposer si-
lence, on lui coupe la lèvre inférieure et
l'exirémité du nez ; on lui applique sur tout
le corps des torches allumées, on lui brûle
les genciresv on lui enfonce dans le gosier
uo fer rougi au feu. Si sa voix est éteinte,
la flamme de son regard survit et impose
encore aux barbares. Lallemant, enveloppé
depuis les pieds jusqu'à la tête d'une écorce
de sapin, tunique qui doit le dévorer, court
se jeter aux pieds de son compagnon et
tMdse respectueusement ses plaies. Las bour-
reaux mettent alors le feu à son vôtement
d'écorce, se repaissent des gémissements
que lui arrache la douleur, et, formant un
Mllier de hachos de fer rougies, ils le pla-
cent au cou de firébeuf, sans ébranler sa
fermeté. Comme ils cherchent un nouveau
tourment pour vaincre un courage qui les
irrite, un xluron apostat leur crie de jeter
de l'eau bouillante sur la tôte des deux mis-
sionnaires, en punition de ce qu'ils en ont
▼ersé tant de froide sur celle des indigènes,
dont ils ont ainsi causé tous les malheurs.
L'avis est écouté : on fait bouillir de Teau,
et on la répand lentement sur la tète des
confesseurs. £n même temps les Iroquois,
se répétant les uns aux autres que la chair
des F fençais doit être bonne, en coupent
«ur les martvrs de grands lambeaux qu'ils
mangent à leurs yeux. Ajoutant la raillerie
à la cruauté : « Tu nous assurais tout à
l'heure, disent-ils à B ébeuf, que plus on
souffre sur la terre, plus on est heureux
dans le ciel. C'est par amiiié pour toi que
nous nous étudions à augmenter tes souf-
frances; et tu nous en auras obligation. »
Puis ils lui enlèvent la pe^iu de la tète.
Comme il respire encore, un chef lui ouvre
le côté» d'où le sang sort en abondance, et
les Jbafhires se pressent pour le boire. En-
fin 9 Délai qui a fait la plaie découvre le
OGwr, rerrache et le dévore. Brébeuf n'avait
été que trois heures dans le feu : le supplice
de Lallemant dura dix-se})t heures. Uamené
dans une cabane, il reçut au-dessus de
l'oreille gauche un coup de hache qui lui
ouvrit le crâne et en ht sortir la cervelle.
On liû arracha ensuite un œil, à la i)lace
duquel on mit un charbon ardent. De teiiips
en temps il jetait des cris capables de percer
les cœurs les plus durs, et paraissait hors
de lui-même ; mais, s'élevant bientôt au-
dessus de la douleur, il otfrait à Dieu ses
souffrances avec une ferveur admirable. 11
mourut ainsi le 17 mars. »
BREGANCE (le bienheureux BariIiélemt
«i), naquit à Vicence au commencement du
un* siède, de la noble et ancienne famille
de Bregaoce. Il fit ses études à Padoue, et
les sanctifia par la pratique constante de la
fMété chrétienne. S^int Dominiq^ue venait
d'établir son ordre depuis peu. Etant venu
à^Padoae, notre bienheureux eut occasion
d eoteiidre ses discours et de voir les grands
exeiofrltis de vertu qu'il donnait -, il on fut si
tOBcbé. qu'il renonça au monde et prit l'ha-
Mt ibfo le nouvel institut. Dès lors il
s'adonna aux pratiques de la perfection re-
fi
ligieuse et fit de si grands progrès dans
l'étude des sciences sacrées, qu aussitôt pro-
mu au sacerdoce, il fut chargé par ses supé-
rieurs d'ensei^er TEcriture sainte. Il rem-
plit cet emploi aux grands applaudissements
de tous. Bientôt, pressé du désir de prêcher
l'Evangile, il parcourut la Lombardie et la
Romagne, infectées d'une foule d'erreurs et
de vices, et dont les habitants, partagés en
différentes factions, s'entredéchiraient mu
tuellement dans de sanglantes rencontres. U
eut le bonheur de ramener plusieurs Ames
à la foi catholique. Le pape Grégoire IX,
ayant entendu parler de sa réputation, le fit
venir h Rome vers l'an 1235 et l'investit de
la charge de mattre du sacré palais, établie
en faveur de saint Dominique par le pape
Honorius III. U remplit cet emploi avec
zèle, profitant de ses rares instants de liberté
pour composer des ouvrages de piété, ou de
science ecclésiastique. Le pape Innocent IV
eut en lui la môme confiance que ses prédé-
cesseurs, et l'amena avec lui à Lyon au mois
de décembre iW^. Ce fut probablement à
cette époque, qu'étant venu à Paris par or-
dre du pape, il eut occasion de connaître
saint Louis qui le fit son confesseur. Quel-
ques années après. Innocent IV éleva notre
saint au siège épiscopal de Némésie, en Chy-
)re, dont les Turcs s'emparèrent plus tard.
1 y travailla avec succès jusqu'à l'époque
où Alexandre IV le nomma évêoue de Vi-
cence. Il ne put néanmoins prendre posses-
sion de son nouveau siège, h cause des
cruautés qu y exerçait le tyran Ezzelino. Cet
impie, ennemi aciiarné de la religion, persé-
cuta notre bienheureux et chercha même
J)lusieurs fois à le faire mourir. Il fut donc
brcé de se retirer auprès du pape Alexan-
dre qui l'envoya, en qualité de légat, vers
les rois de France et d'Angleterre. Après
avoir terminé sa mission d'une manière sa-
tisfaisante, il assista à l'entrevue que les
deux monarques eurent h Paris. Saint Louis,
charmé de revoir son ancien confesseur dont
il avait déjà reçu la visite lorsqu'il était en
Syrie, lui fit présent d'un morceau de la
vraie croix et d une épine de la couronne du
Sauveur dos hommes.
Barthélémy de Bregance reprit alors le
chemin du Vicenoc, dont Ezzelino n'était
j.lus maître. Les habitants furent si charmés
du zè!e qu'il mettait à réparer leurs maux
qu'ils le prièrent de devenir leur seigneur, de
même qu'il était déjà leur évêque. Il fit bâtir
une magnifique église dans sa ville épisco-
pale et lui donna le nom de la Couronne^
parce qu'il y dé^)0^a le riche présent que
saint Louis lui avait fait. H passa ainsi les
dix dernières années de sa vie à édifier son
peuple. En 1267, il eut le bonheur d'assister
a la translation des reliques de son mattre
spirituel, saint Dominique, qui se fit à Bo-
logne, et trois ans après, en 1-270, îl mourut
dans les sentiments ae la plus fervente piété.
Selon son désir, on l'inhuma dans un coin
oi)Si:ur de Téglise de la Couronne, meSs
bientôt les habitants de Vicence l'honorèrent
d'un culte pubUc. Il s'opéra nn grand imh
lis , BBl
bre de mirades à son intercession, et le pape
Pie Vl lai donna le titre de bienheureux, le
11 septembre 1793. L'Eglise fait sa glorieuse
mémoire le 23 octobre.
BRESSANl (le bienheureux Fa^iiiçois-Jo-
SEPB), confesseor, partit de Québec, en IS^i,
pour porter secours aux misMonnaires des
Hurons. Ajant été pris par I»'S Iroquois, du-
rant son Toyag'S il rtçut la bastonnade ; on
lui fendit ensuite la main gauche dont on
eoupa le pouce, ainsi que deux doigts de la
main droite; les bourreaux lui brûlèrent
après cela les ongles, lui disloquèrent les
pieds et lui remplirent la bouche d'excré-
ments humains. On donnait à manger sur
son Teiitre à des chiens voraces qui le déchi-
raient. Bientôt, vaincus par Todeur infecte
qui s'exhalait du corps de notre bienheu-
reux, les Iroouois le vendirent à une habi-
tation hollanaaise, où il fut embarqué pour
TKurope. Mais ce saint missionnaire, plein
de zèle pour le salut de ses persécuteurs, se
fit descendre à terre et retourna dans la
mission.
BRESSE, nom qu'on trouve dans le Mar-
tyrologe romain comme celui du lieu où fut
martyrisé saint Ciatée. 11 faut croire qu'il
s'agit de Brescia, ville du royaume Lombard-
Vénitien.
BRESSE, ville d'Italie, aujourd'hui Brescia,
fut témoin, sous l'empire d'Adrien, du mar-
tyre des saints Fauslin et Jovite.
BRETANNION (>ainl), confesseur, vulgai-
rement saint Bntagnon, était évéque de
Tomes ou Tomi, capitale de la Scythie,
quand l'empereur Valens, après sa première
guerre contre les Goths, y vint dans l'année
dû Jésus-Christ 369. Ce prince, étant venu
dans l'église où était le saint évéque, fît tous
^^ efftjrts pour le porter à communiquer
avec les arieiis, mais ce fut inutilement.
L'homme de Dieu, à la tête de tout son cler-
(;é, se retira dans une autre église. Valens,
irrité au dernier des points, le ût prendre et
l'envoya en exil. Bientôt il l'en lit revenir,
craignant d'exciter la colère des Scythes,
peuple puissant et qu'il ne voulait pas avoir
pour ennemi. L'Eglise honore la mémoire
de ce saint confesseur le 25 janvier.
BRICE (saint), évoque à Martole, ayant
beaucoup souffert pour la foi sous le juge
Marcien, et converti à Jésus-Christ une mul-
titude inûnie de peuple, mourut en paix
avec la qualité de conlesseur. L'Eglise célè-
bre sa mémoire le 9 juillet.
BÏUCH-JÉSUS (saint), martyr, le même
que saint Barachise. (Koy. l'art. Jonas.)
BRIOUDË, ville située dans le départe-
ment de la Haute-Loire, est célèbre dans les
annales des martyrs par les souffrances qu'y
endura saint Julien vers l'année ^31, sous
Crispin, gouverneur de la province Vien-
noise.
BRITO ou Bristo (Jean de), était fils d'un
ancien vice-roi du Brésil. Etant encore fort
jeune il entra comme novice dans la maison
des Jésuites, et quand le P. Balthasar d'A-
costa vint en Portugal afin de recruter des
missionnaires pour le Malabar, il s'offrit
BRI
4St
pour cette mission. Les jésuites portaeais
ne partaient jamais pour les Indes sans aller
à la cour prendre congé du roi et loi baiser
la main, en si^ine de gratitude pour la pro-
tection constante que les souverains de ce
royaume avaient toujours accordée aux en-
fants de saint l^ace; puis, quelques jours
après, ils partaient de la maison collégiale
de Saint-Antoine, ayant pour cortège tous
les jésuites qu'elle renfermait, traversaient
en rang Lisbonne et se rendaient jusqu'au
Tage, où ceux qui partaient prenaient congé
des autres. Cette séparation arait lieu d'or-
dinaire au milieu des larmes, car tous ces
hommes ne formaient qu'ui;e famille. Les
missionnaires portaient sur la poitrine, dans
celte circonstance, un crucifix qui les dési-
gnait aux ypux de la multitude : c'était
comme l'emblème de la mission qu'ils al-
laient remplir. Le Dieu crucifié qu'ils allaient
prêcher au monde, ainsi placé sur leur poi-
trine, semblait annoncer que ceux qui le
portaient mettaient à son service leur être
tout entier, cœur, sang et courage : c'était
l'armure avec laquelle ils allaient combattre,
le labarum par lequel ils allaient vaincre. 1%
hoc signo unces! Le saint duquel nous es-
quissons la vie, ayai.t sa famil e dans le
pays et craignant que le moment des adieux
et les embrasseinents des siens vinssent di-
minuer son courage, jugea à propos de se
soustraire à cette cérémonie publique. Ayant
abordé à Goa , il y resta trois ans, puis il
partit pour les côtes du Malabar, fit ses
vœux entre les mains du provincial de la
compagnie, le P. Biaise d'Azevedo , et se
consacra à la mi^sion du Maduré : c'était la
plus pénible et la plus dangereuse. Nous
passerons rapidement sur les détails qui
vont suivre, puisque notre sujet nous oblige
è traiter spécialement des persécutions. Il y
convertit plus de vingt mille idolâtres. Sa
charité, sa vertu, sa science, le don des mi-
racles que Dieu lui avait octroyé, lui don-
naient une puissance d'action à laquelle
rien ne résistait. Le Tanjaour, le Gingi, le
Maïssour, Coleï, Couttouro, furent particu-
lièrement témoins des prodiges quil opé-
rait.
Il fut nommé supérieur des missions du
Malabar. Le pays des Maravas fut la pre-
mière conquête qu'il y fit è Jésus-Christ. Il
y établit une chrétienté florissante, puis
chargea du soin de la diriger Louis de Mello,
qui, comme on peut le voir à son titre, y
gagna la couronne du martyre. Le gouver-
neur qui avait fait mourir ce missionnaire
était extrêmement hostile au christianisme;
pour donner à loraee le temps de se dissi-
per, Jean de Brito alla prêcher dans les con-
trées environnantes. Mais bientôt la fureur
de la persécution augmentant, il crut de son
devoir de supérieur de se rendre au milieu
du troupeau qu'elle désolait. Bientôt il fut
arrêté avec six néophytes et éprouvé par
les plus affreuses tnriuccs; nous en citerons
une entre autres. On conduisit un jour les
captifs au bord d'un étang profond, et leiv
ayant attaché à chacun d'eux uneonrda sous
PI97
BRI
BRI
49ft
Iles bras, on s^amusa à les plonger à diffé-
fretiles reprises. Un seul des confesseurs re-
FUia sa foi, au grand scandale des autres. On
F«*acharna avec plus de cruauté encore sur
rBOlre martyr : enfoncé à coups de pied dans
Feau, on ty retenait plus longtemps qtie les
'autres, au risque de Tasphyxier si sa foi pro-
; fonde ne l'eût protégé. Quand on eut épuisé
Nous les genres de supplices sur les p* ison-
piers, on les conduisit à Haniandabouran,
^capitale du Marawa. Notre saint, au lieu
"'éire mis à mort, reçut de grands honneurs
Ide la part du prince émerveillé de son ccu-
irage, qui lui dit : « Allez, vous êtes vrai et
|#incère dans renseignement de votre reli-
jon. »
Le P. Emmanuel Rodriguez, qui était alors
Ih la lèle de ïa province de Cochin, ayant ap-
ypris le naufrage et la mort du P. François
[Faës, député à Rome comme procureur de
lia mission lies Indes, il chrirgea notre saint
[confesseur de la même mission. Jean de
[Bril i arri a à Lisbonne en 1688. Pendant
ion séjour en Portugal, il mena une vie aus-
le et pleine de mortiti aliois, Ayîuit re-
|€ruté de jeunes iniî^sionnaires, il se' prépara
ri tourner aux Indes, Dans Tannée lti90»
le vaisseau qui devait le ramener à Goa Tat-
Ftendait pour levrr ranci e : mais ayant été
irelarJé par les adieux du roi et de la reine,
5t le v.'td s'étant élevé favorable, le vaisseau
l^lut partir; et qUfïnd notre saint missionnaire
rriva au port, il apprit q le ses compagnons
étaii'nt déjà loin. Hcureusemeot pour lui,
»e frégate venue de Livournc consentit h
le pren tre, et avant longtemps il put se réu-
nir aux autres missionnaires.
A son retour, ayant été nommé visiteur
les misf^ions du Maduré, il s y livra aux tra-
IiFaui apostoliqtn-s les plus pénibles et ne
tèirda pas à y cueillir la palme du martyre
iNous Kiisserons parler ici le IL P, Lainez :
« Ce ne sont j joint vos lariues, mes révé-
rends Pères, que je sollicite SLUr la perte que
Ja mîi^ion deAlauuré vient de faire du P. de
Irito, mais vos caniîques d'actions de grâces
}ur les précieux avanta.u^esque celle Eglise
lisisante doit retirer de la mort mémorable
Tun illustre conl'esseur de Jéiius-Cbrist, qtii
couronné ses travaux infatigables parla
Joire du martyre. Qutil bonheur pour nous
no-^s étions destinés à ont; innrt aussi glo-
rieuse l Ellorçons-nous de nous en rendre
dignes, en travaillant avec courage au salut
de ces ûdèles rachetés par le sang du Sau-
^Yeur, Regardons le martyre de notre saint
>mpagnon coraoïe une vive exhortation
le Dieu nous a faite , de nous préparer à
recevoir la même grâce,
^ « Dans Tespace de quinze mois il a demeu-
' dans le Maravas ; depuis son retour d'Eu-
>pe jusqu'à sa mort, il a eu la consolation
le baptiser huit mille catéchumènes et de
>nvertir un des principaux seigneurs du
pays; c'est le prince Tériadeven, à qui ap-
'inienl de droit la principauté de Maravas,
oais dont les ancêtres ont *Hé dépouillés
' la Jamillle deRanganadadeven qui y règne
it. Comme la naissance et le mérite
de Tériadeven \u font considérer et aimer de
tous ceux de sa nation, sa conversion fit
beaucoup de bruit et fut roccasion de la mort
du P, de Britn. Ce prince était attaqué d'une
maladie que les médecins du pays jugeaient
mortelle ; réduit h la dernière extréraité^sans
espéi'ance de recevoir aucun soulagement de
ses faux dieuxj il résolut d*employer le se-
cours du Dieu des chrétiens; h ce dessein»
il lit plusieurs fois prier le Père de le venir
voir ou du moins de lui envoyer un caté-
cbiste pour lui enseigner la lioctrine de
TEvangil* , on la vertu d-^quel il avait, di-
sait-il, filacé toute sa confiance* Le Père ne
dilTéra pas h lui accorder ce qu'il demandait j
un catéchiste alla trouver le malade, récita
sur lui le saint Evangile, et au môrae instant
le malade se trouva parfaitement guéri, i'n
miracle si frappant augmenta le désir que
Tériadeven avait df*onis longtem|)s de voir
le prédicateur d'une loi si sainte et si mer-
veilleuse. Il eut bientôt cette satisfaclion* Le
P. de Brito, u- doutant plus de la sincérité
des intentions de ce prince, contre lequel il
avait été en garde jusqu'alors, se transporta
dans les terres de son gouv»^rnement. Téria-
deven avait cinq femmes et un grand nom-
bre de concidjines. Après avoir instruit le
prince des principaux dogmes du christia-
nisme, le P, de Brito fut f obligé de traiter ce
point essentiel, aurfuel il fallait renoncer
pour être admis è la grâce du baptême* « Cet
obstacle sera bientôt levé, dit-il au Père, et
vous aurez sujet d'être content de moi- » Au
môme instant il retourne à son palais, ap-
pelle toutes ses femmes, et, après leur avoir
parlé de la guérisnn miraculeuse qu'il avait
reçue du vrai Dieu par la vertu du saint
Evangile , il leur déclara qu'étant résolu
d'employer le reste de sa vie au service d'un
si puissar»t et d'un si bon maître, il ne re-
con II attrait plus qu*une seule femme pour
sa légitima* épouse. Il ajouta, pour consoler
celles auxquelles il renonçait, qu'il aurait
soin d'elles et qu'il les considérerait toujours
comme ses propres sœurs.
« Un discours si peu attendu jeta ces fem-
mes dans une terrible consternation ; la plus
jeune n'épargna d'abord ni prières ni larmes
jiour gagner le prince et pour lui faire chan-
ger de ré^olution ; mais voyant que ses ef-
forts étaient inutiles, elle ne garda plus de
mesure et résolut de venger sur le P. de Brito
et sur les chrétiens Tinjustice qu'elle se
persuada qu'on lui faisait. Elle était nièce de
Kanganadadeveo, prince souverain de Ma-
ravas; elle va le trouver, pleure, gémit , re-
présente le triste état où. elle était réduite
et implore l'autorité et la iustice de son
oncle. « Tériadeven, lui dit-elle, s'est aban-
donné à la conduite du plus détestable ma-
gicien qui soit dans l'Orient ; cet homme
l'ayant ensorct^lé, lui a persuadé de répudier
honteusement toutes sesfemmes, à la réserve
d'une seule. » Elle parla d'une manière en-
core plus pressante aux prêtres des idoles,
qui cherchaient depuis longtemps une occa-
sion favorable pour éclater contre les minis-
tres de TEvangUe. 11 y avait parmi eux un
1
im
BEI
BBl
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brahtue injtiiiiié l*ûiii|javanati» fameux par
ses iioposturt^s et par la haine irréronfiliable
quil por(ail aux ïnissionoaires ri surtout
au P. de Brtto- Ce méi liant horanie, ravi de
trouver une si belle occasiou de se venger do
celui qui, en lui erdevanl sesdiscifiles^le ré-
duisait avec toute sa famille à une extrêuie
fmuvreté^asseujble les autres bralimet^tel dé-
ibère avec eux sur les riiayeïjs de perdre le
saint missionnaire ; ils furnnl tous d'avis de
s'adresser au prince. Le brahiue Poniffavanân
se mit à leur tète et poita h parole. « Prince,
lui dit lebrahrue? nous souiines menacés des
plus grands malheurs; le nian<jue de rtîs-
pect pour les ditmi reste itopuiii ; plusieurs
idoles sont renverseras, la [vinpart des templos
abandouoés ; nlus de sacrifie s ni de fétt^s i
le peuple suit I infthne secle des Européens;
nous ne pouvons soullrir plus lons^teiUj»s h^s
outrages qu'oa fait h nos dieux ; bienlùt nous
serons tous foreés de nous relirerdans les
royaumes voiï^ins pour n être jioinl speetfi-
teurs de la vengeance que ces dieux irrités
sont prêts à exercer contre les déserteurs de
leur culte et contre ceux qui, devant punir
ces crimes énormes, les tolèrent avec tatit
de scandale, w 11 n'en fallait pas tant pour
animer Ran.j;anadadevent déjà prévenu cou-
Ire le P. de Brito. Il ordonna sur-le-champ
qu on allât pilier toutes les maisons des <:liré-
tiens qui se trouvaient sur ses terres; qu'on
fit payer un<^ grosse amende à ceux qui
demeureraient fiTTùes dajis l«mr croyance, et
surtout qu*on brûlât toutes les églises : cet
ordre s'exécuta avec la plus grande rigueur.
Raiiganadadeveu, qui regaivL^îl le P. du Brilo
comme Tauteur de lotit le mal* commanda
expressément ^lu on s>u saisît et qu'on le
lui amen^U. Les satellites de ce prince» ayant
découvert la retraite du missionnaire^ se
saisirent de lui : ils s'emparèrent en même
temps d'un brahme cinélî* n nommé Jean, qui
raccompagnait ; ils lièrent étroitement ces
deux confesseurs (le Jésus-Christ, qui étaient
hien plus touchés des bkis|ihèujes qu'ils en-
tendaient prononcer contre Dieu que dus
ma u vais tru i te me n ts qii'oji leur fa i sa U so iif-
frir. beux jeunes contants chnliens, doiU Je
Îïius âgé n^avait pas encore quatorze ans, bien
oin d'être ebrardés par les cruautés qu'on
exerçait sur le P. de Brito et j)ar les opfiru-
bres dont on le chargeait, en forent siallermîs
dans leur fni, qu'ils coururent avec une fer-
veur incroyable embrasser le saint liomnie
alors chargé de ciialnes, et qulls ne voulurent
plus le quitter. Les soldats, voyant tiue les
menaces et les coups ne servaient de rien
pour les éloigner, i^arrottérent aussi ces deux
innocentes victimes et les joignirent à leur
pè. e et à leur pasteur. On les tit marcher
tous quatre eu cet état ; le P. de Brito, qui était
d'une ciïmplexiondélicate, etdont les forces
étaient épuisées, tant par de longs et pénibles
travaux que par la vie pénitente qu'd avait
menée dans le j\{aduré depuis plus de vingt
ans, se sentit alorv extrêmement airaibli. Les
gardes le (jressannt et, à furce de coups, le lui-
saient ïoaieher, quoiquils vissi^nt ses pieds
Wut sanglants et horribkment enllés. Eu ct^i
étal, qui lui rappelait celui où se trouva soo
divin maître allant au Calvaire, on arriva à
un gros village nommé Anoumandancouri,
où les eord'esseurs de Jésus-Christ reçurent
de nouveaux outi^ages. Pour plaire au peupla
accouru en ftMile de toules parts à ce nou-
veau spectacle, on les pla<}a dans un char
élevé, sur lequel les hi ahmes ont cnutuuie de
porter pai- les rues leurs idoles en triomphe,
et on les y laissa lui jour et denn , exposés
a la risée du public; ils eurent là beaucoup
à soulfrir, soit de la faim et de la soif, soil
de la pesanteur des grosses chaînas de fer
dont ou les avait garroUés.
« Cej»endant les pj'éires des idoles firent
de nouveaux ciforts pour obliger le priuce de
Maravas k faire mourir les confesseurs de
Jésus-Chrisl ; ils se présentèrent en foule «u
palais, vomissant des blasptièmes exécrables
contre la religion chrélienne et chargeant la
Père de [dusieui^s crimes énormes. Ils deman*
uèrt^it au prince, avec de grands empres*
seménls» de le faire pendre sur la place pu-
blique, aiin que personne n'eût la hardiesse
de suivre l;t loi qu'il enseignait. Le généreux
Tériadeveu, qui s'était rendu auprès du [>rinR
ce de Ma l'a vas loisqu on lui orésenta cette
injuste requête, en fut outre et s'emporta
vivement contre les prêtres des idoles, qui
sollicitaient rexécutioM ; ils adressa eusuileè
Banganadadeven ei te pi ia de faire venir en sa
fïrésenceles brahmes les plushahUes,atinda
es faire disputer avec le nouveau docteur dt
la loi du vrai Dieu, ajoutant que ce serait
mi moyen sûr et facile de découvrir la vérité»
rt Le prince se choqua de la liberté da
Tériadeven ; il lui reprocha en colère ^u*il
soutenait le {jarti iufihue des docteurs d'uue
loi étrangère» et lui coumianda d'adorer sur-
le-champ (|ue]qnes idoles qui étaient dans la
salle; w A Dieu ne plaise, répliqua le géné-
reux catéchumène, que Je commette une leda
impiété ; il ny a pas longtem|>s que j'ai été
miraculeusement guéri d'une maladie mor-
telle par Ja vertu du saint Evangile ; comment
après cela oserais-je y renoncer pour adorer
les idoles «t [lerdre en même temps la vie de
l'âme et celle du corps? » Ces [jaroles irri-
tèrent la fuieur du prince; mais, par de^i rai-
sons d'Etat, il ne jugea pas à pjopofi de la
faire écl^iter; il s'adressa à un jeune seigneur
(pi'il aimait, nommé Pouvaroudeven, et luitit
le uu^mc commandement. t>eluiM;i, qui avait
été guéri aussi par le baptême, quelque temps
auparavant^ d*une très-fàcheuse lacommo*
ditéidont û avait été aûligé durant neuf ans,
balan(,a d'abord ; mais la crainte d( itî
au rui, qu'd voyait furieusement i..:L, le
porta à lui obéir aveuglémenl. Il n'eut pas
plutôt olfert son sacritice» quil se sentit atta-
qué de son premier mai, mais arec tant de
violence, qu'il se vit en peu de temps rè;
duil à la tieroière extrémité- Un chàlimeût si
prompt 1 1 si terrible le tit rentrer en lui-
même: il eut recours à Dieu qu*il venait
d'abandonner avec tant de lâaheiét il pria
qu'on lui aiipoitAt un crucifix; il ?»e jeUi à
ses i^ieds, demanda très-humbl ^n
du crime qu'il vonaitde comme;. . * ^r
U^^i
BRI
[e Seigneur d'avoir pUié do soq âtne tit de
lui pardOQner saliontouse apostasie, ApoîTie
enl-il liChevé sa, prière qu'il so sentit exaucé;
son mal cessa tout de oouveau, et il ne douta
point (jue ctduî qui Juiaceordait avec tant de
bonté la santé du corps ne lui fit aussi ini-
ricorde et ne loi pardontiAt sa chute.
« Taudis quePouravoudeven sacritlail aux
îtlules, le prince de Maravas s'adressa une
secotide fois à Tériacleven et lui ordoiuia
avec mt*naees de suivre l'exemple de ce sei-
gneur. Tériâdeven lui rf.'parlil }j;éu*^reuse-
inent qu'il aimerait mieux mourir que de
commettre une si lâche îuipiuté, A i^eio,' eut-
il dit ces paroles, que le prince coramanda
qu'on fll le Sycrillce qu*ils appellej)t patira-
galipouci; c'est une espèce de sortilège. Les
infidèles assurent qu'on n y peut résister et
qu'il faut ^solumeul que (elui contre qui
ou le fait périsse ; de là vient qu'ils le nom-
menl aussi quelquefois santourovesangatvim,
c'e^l-à-dir^, dcistruction totale de f'erm<*ini.
Ce prince idîplâtre employa trois jours entiers
dans ces eiercices diaboliques, faisaui plu-
sieurs sortes de sacrilices pour ne pas nian-
M' 1 coup. Quelques gentils qui él;iieDt
I 1 1 qui avaient quelquefois enten-
du Ips exliortalioiis du confess^jur de Jésus-
Christ , avaient beau lui représenter que
I' seraient inutiles, que tous
II iraient aucoue vertu contre
un homme qui s i moquait de leurs dieux,
ces discours ïieffrenlqu'ip'iter ce prince ; et
iiple premier sortilège n*availeii aucun
^^^i, il, crut avoir manqué h quelque cir-
coustaiice; ainsï il recoanncnca piir trois ibis
j^ MM^.iM» ^^».'r.iii,. ' sans pouvoir réussir. Quel-
'^ ii:îj)aux ministres des faux
ti IL it^ tirer de l'embarras et de
ifusion où il élait, liii di^man-
rrrnssion de faire une autre sorte de
. contre lequel, selon eux, il n'y avait
ressource. Ce sortilège est le saîpe-
^i a, disent-ilfi, une vertu si infaitii-
ble, qiiil tiy a nulle puissaucis soit divine,
soit humaine, qui en puisse éluder la force;
ils as.^uraiefd que le prédicateur mourrait
ioimanquajLjlemeut la cinquième jour. Mais
ce fut pour le prince et pour les prêtres des
idoles une nouvelle confusion ; les cinq jours
d hiaui étant expirés, lesainthomme,
iil périr, n avait pas nerdu un seul
ses cheveux. Lasliralimes dirent au tjran
içÊ^peteu' ^î'- t. îiQUvedeloi était un des
l^jlbcb ^ is qui fût au inonde et
^n-^vait rt .-.i^io o ,ii vertu de tous leurs sa-
ss que par la force de ses enchante-
IMuganadadevën prit aisénieot ces
ns; il tit venir devant lui le P. de
»rjig, c;t ^ui licmanda, en lui montrant son
bréviaire qu'on lut avait ôté lorsqu on Ir lit
prisouriier, sîceu était point de ce 11 vrnqu'il ti-
rait celte vertuqut avait rendujusqu'alors tous
I ^lUrt encUdutêmeuts inutiles. Quand le saint
! MnçQie bii eut réiiondu qu'il ne fallait pas en
douter : « Eti l^ien î dit le tyran, je veux voir
^|i ee livre le rendra impénétrable à nos
^hpousauets. B En même temps il ordonna
^MU ça lui ^tiacliàt le bréviaire au cou et qu ou
BHl
âOi
i
puiui a
chiauj (
le fit passer par les armes. Déjà 1^ s soldats
étaient prêts h faire leurs décNari^es, lorsque
Tériadeven, avec un courage héroïque, se
récria publiquement contre un onlre si ty-
rannique, et se jetant parmi les soldats, pro-
testa qu'il voulait lui-mAme mourir, si on
ôtail la vie h son maître. Ranganadadeven,
qui s'aperçut de quebue émutinn parmi les
troupes, lit révoquer l ordre qui! avait don-
né, et cnranianda qu'on remît en prison la
confesseur de Josns-Christ.
c< CepeuiJant, dès ce jom'-îà métne, il pro-
nonça la sentence de mort cotdre lui, et afin
qu'elle fôt e^éi-utée sans obstacle, il fit i«ar-
tir le Père secrètement sons une 1 loruie garde,
avec ordre de le mener à Ouriardeven, son
frère, chef d'une peuplade siluée à deux
journées de la cour, avec ordre de le faire
mourir sans délai. Ouriardeven mit le P. de
Brilo entre les mains de cinq bourreaux, pour
le coufier en [>ièces et l'exposer à la vue du
peuple après qu'il serait mnrt. Arrivé au lieu
du supplice, fe coo^'sseur de Jésus-Christ
juia les bOurreauXde lui donner un moment
pour se recueillir, ce qu'ils lui accordèrent.
Alors s'élant mis à genoux en présence de
tout ce grand peuple et s'étant tourné vers
le poteau auquel son cori^s, séparé de sa tôte,
devait être attaché, il |>arut entrer daus une
profonde contem|)îation. Il est aisé déjuger
quels pouvaient ôlre les sentiments de ce
saint religieux dans une sey^blahle coujotic-
ture. Les gentils furent si touchés de la
tendre dévotion qui paraissait peinte sur son
visage, qu'ils ne purent retenir leurs larmes;
plusieurs même d'entre* eux condamnaient
hautement la cruauté dont on usait envers
ce saint homme. A]irès environ un (:l[uart
d'heure rôraison, h' P* de Brito se leva ateC
un visage riant, s'apprncha des bourreaux
qui s'étaient uli peu retirés et les embrassa
avec une affection et uuejoiequi les surprit:
if Vous pouvez à [irésenl, mes Irères, leui'
dit-il, faire de moi ce (ju'il v<ms (daira ; »
ajoutant beaucoup d'autres expressions
pleines de douceur et de charité (jU*on n'a
pu encore recueillir. Les bourreaux ^i deuiî-
ivres se jetèrent sur lui et déchuTueiit sa
robe, ne voulant pas se donner la peine ai
le temps de la lui détacher ; mais ayaolaiïer-
çule reliquaire qu'il avait roulume de porter
au cou, ils se retinrent eu arrière saisis de
frayeur et se disant les uns aux autres que
c'étaitassurément dans celte boite qu'étaieut
les charmes dont il enchantait ceux de leur
OTtir>n qui suivaient sadoclrin'% et quîl fal-
lait bien se donner de garde de le toucher
pour D'être pas séduits cruome les autres.
Dans celle ridicule pensée, un d'eux prenant
un sabre pour couper le cordon qui tenait
le reliquaire, fît au Père une large plaie dont
il sortit beaucoup de sang; le fervent mis-
sionnaire rolTrit i\ Dieu comme les prémices
du sacritlce qu'il était sur îe point d'acliever.
Enilnces barbares, persuadés que les charmes
magiques des chrétiens étaient assez ouïs-
sants pour résister au tranchant de leurs
épéi'5, se firent a|>porter une grosse hache
dont ou se servait dans leurs temples pour
1
50S
BRI)
égorger les dctimes qu*on immolait aux
idoles ; aprè» quoi ils lui attachèreat uue
corde à la barbe et la lui passèreût autour
du corps pour tenr la lète penchée sur Tes-
tomac peudaul qu'oelui déchargernit le coup.
L'homme de Dieu se mit aussitôt à genoux
devant les bourreaux, et tevaot les mains et
lesyeui au ciel, il aHeodait ei> cette posture
la couronne du martyre, lor'^que deui chré-
lieûs de Maravas, ne f»ouvant plus retenir l'ar-
deur dont ils étaient embrasés, fendirent la
presse et allèrent se jeter aux pieds du siint
confesseur, priiesianl qu^iis voulaient mou-
rir avec leur cliarilable pastt5ur, puisqu il
l'exposait avec tant de zel,e à mourir pour
eux ; que laf^ute, s'il y en avait de son côté,
senr était commune et qu il était juste qu'ils
en partai^easscut avec lui la peine. Le cou-
rage de ces deux chrétiens surprit élrao-
f;3ment toute i*as>emblée et ne Mt qu'irriter
es bourreaux ; cependant, n'osant f>as les
faire mourir sans ordre, ils les ntîrent à Té-
cartt et après s'en être assurés, ils retournè-
rent au P. de Brilo et lui coupèn*nt la léte.
Le corps, qui devait naturellement tomber
sur le devant, étant penché «le ce côté-là
avant de recevoir le coup, tomba néanmo ns
à la renverse avec la tcHe qui y tenait encore,
les yeux ouverts et tournés vers le ciel. Les
bourreaux se pressèrent de la détacher du
tronc, de peur, disaient-ils , que par ses
enchanlemenls il ne trouvât le moyen de l'y
Tt unir; ils lui coupèrent ensuite es mains et
attachèrent le corps avec la tôle au poteau
qui était dressé, alin qu'il Tût exposé à la vue
et aux insultes des [lassatits.
tt Après celle exécution, les bourreaux
menèrent au prince les deux chrétiens qui
s étaient venus olfrir au martyre : ce barbare
leur lit couper le nez et les oreilles, et les
renvoya avec ignominie. Un d'eux, pleurant
amèrement de n'avoir pas eu le banneur de
donner sa vie pour Jésus-Chrisl, revint au
lieu du supplice; il y considéra à loisir les
saintes reliques, et, après avoir ramassé dé-
votement les pieds et les mains qui étaient
dispersés de côléel d^autre, il lesapprochadu
poteau où éïaleiit la tête et lecorps,Hty demeu-
ra quelque temps en prièrea vanl de se retirer. *
Telle fut la ^^lurieuse lin du H. P. Jean de
Brito, qui depuis longtemps soupirait après
le bonheur du martyre.
BlUX (saint), fut martyrisé sur le terri-
toire d'Auxerre, avec un grand nombre de
courageux chrétiens, dont malheureusement
le Martvrologe romain n'a pas conservé les
noms. On n'a pas de détails authentiques sur
leurs combats, L'E,4lise célèbre la fête de ces
saints martyrs Je 2u mai»
BRUNO IjE SAINTE-CROIX (le bienheu-
reux), martyr, était l'un des six jésuites qui
furent désignés pour rester en Âtn'ssini.e,
quand la persécution qu'y excita le'Négous
BasLlidës força d'en sortir le patriarche Men-
dez et ses compagnons, que Mélec-Segued
y avait fait venir. Pris, en 1035, avec Gaspard
ruez et Jenn Pereira , par Melca-Christos,
vice-roi du Tigré, il fut conduit avec eux au
caiDi» de ce barbare persécuteur des catho^
BUG
liques, qui fit percer les trois saints h eoups
d^épéeen sa présence. Gaspard Puez mourut
sur-le-champ. Quand les Portugais vinrent
pour enlever les martyrs, ils trouvèrent qjie
Bruno et Pereira vivaient encore; Pereira
mourut le â mai suivant. Le P. Bruno sur-
vécut à ce premier martyre, qui avait eu lieu
le 25 avril. Dieu le gardait pour un second
combat. Bruno se réfugia près de Za-Mariam,
rice-roi du Temben , lequel était entière-
ment favorable aux catholiques. En IGiQ, le
viee-roi du Tigré attaqua celui du Temben,
qui le vainquit dans une bataille , mais qui,
quHques jours après, fut tué dans une em-
buscade. Restés sans protecteur, les jésuites
furent repris. Ils n'étaient plus que deux,
Bruno et Cardeira. Tous deux furent sus-
pendus h des branches d'arbres et tués h
coups de pierres. Il paraît que ce genre de
supplice était usité en Abyssinie, car nous
lavons vu déjà appliqué à" Alméida, éfèque
de Nicée , et à ses compagnons. Bruno était
originaire de Civilella, près Ascoli.
BUfjNON ( saint ) , évéque et confesseur,
soutînt de cruels tourments pour la foi de
Jésus-Christ , à Wurtzhourg* On n*a aucun
détail sur ses soulfrances. On ignore même
è quelle épo<jue il confessa sa foi. L'Eglise le
fête le 17 mai.
BRUNON (saint), mart\T, evèque des Rus-
ses, fut pris par des impies lorsqu'il pr^
chait TEvangile dans ces contrées : il eut les
pieds et les mains couiiés, puis on lui tran-
cha la tète* On ignore la date précise de soo
glorieux martyre* L*Eglise fait sa mémoire
le 15 octobre.
BUCHAHELLl (le bienheureux), missionr
naire jésuite dans le royaume du Tonauin,
tomba victime de la persérution qui s'éleva,
en 1721, dans ce pays. Une femme chré-
tienne, qui demeurait à Kesat , y causait
beaucoup de scandale par le libertinage au-
quel elle se tivrift. Les chrétiens ne vou-
laient plus la voir ni communiquer avec
elle. Cette condinte de leur part fit naître en
elle une violente colère. Elle aposlasia , et,
s*iioissant à uo autre apostat , Ils présentè-
rent une requèie au vice-roi contre le chris-
tianisme quils avaient médité de détruire.
Dans cette requèt3, comme dans une seconde
qu'ils présentèrent, ces scélérats eurent Tin-
iamie tie charger les missionnaires de toutes
sortes de calomnies. Le P. Buchareîli rési-
dait à Kesal : ayant su que la cour avait fait
partir trois mandarins, et environ cent sol-
dats pour s'emparer de cette bourgade, il en
avertit les chrétiens , et , suivi de ses caté-
chistes , s'enfuit au moment où les soldats
investissaient la bourgade. Ces derniers
s'emparèrent de six néopiiytes, accusés d'ê-
tre chrétiens par les deux apostats , el le$
charger eïit de chaînes. Tiois d'entre euî
apostasièrenl. Cependant les PP- Bucharem
et Messari furent arrêtés sur les confins du
rovaurao et jetés en prison ^ où eo dernier
mourut bientôt. Notre bienheureux Im-
mémo tomba si ruderueîit malade , que le
mandarin, qui craignait ile le voir échappf*
au supplice par la mort , lui envoya un m*-
CAB
lecin chargé de le soigïier. Enfin, après une
innée de la pins douloureuse détention , le
Père et les chrétiens qui avaient été pris fu-
rent condamnés à mort, A cette nouvelle, ils
s'habillèrent dans leurs plus beaux vèto-
meots. Les chrélieus vinrent de tous côtés à
k prisou pour félitiiter les confesseurs du
bonheur qui les attendait. Un prêtre toncjui-
uoij*,qui était en prison avecfux, leurdouna
ta eommuûion. Le 11 du mois d octobre, on
vint les prendre dans leur prison, et on les
conduisit sur la place, en fiiee de la demeure
du viee-roi, pour y enl'-ndre lire leur sen-
tence. A celte lecture, Bui:harelli dit en in-
clinant la lôte : Bien soU loué ! Le lieu de
Fexécution était éloigné de la ville dau
moins une grande lieue, on s*y rendit* Le
saint missionnaire piécédait les néophytes.
La sainte cohorte s'avançait en chant in t îlas
cantiques et des psaumes. Le P. Bucharelli,
qui était à peine convalescent, loml>a en fai-
blesse. On fut obligé de le soutenir jusqu'au
boni du chemin. Quand il fut arrivé» il se
mit à genoux, et, se prosternant, il embrassa
plusieurs ftiïs la terre- Dans son cœur, il
laisait hommage à Dieu de son existence, et
le remerciait de ce qu'il le jugeait digne de
mourir pour lut. On racr»nte qu*alors on vit
une assei! grandf* quantité d'oiseaux blancs,
complètement étrangers au pays, qui, vo-
lant au-dessus de la ttHe des martyrs, leur
faisaient comme une couronne dans les airs.
Le P* Bucharelli fut décapité le premier. 11
D*était âgé que tle trente-sept ans et en avait
eitsé vingt-aeui daiïs la compagnie de Jésus,
ucharelii fut enterré sur le Uou même;
mais, quelque temps après, le frère Thomas
Bor^^a le transféra dans F église de Damgia.
BtiCZYNSKI, religieux de l'ordre de Saint-
asde , fut une <Jes victimes de ratrnce per-
'culiou que le czar Nicolas ïlt subir, en
1837, à lous les catholiques qui ne voulaient
potni abandonner leur loi pour end>rasser
la religion russe. Apres avoir sTd*i mille tor-
tures » ce saint martyr, qui était plus que
septuagénaire , fut placé sous une pompe
dont l'eau qu'on lAeha sur lut se congelant
auconlaclde rair,renveloppa bientôt comme
"■*uii manteau de glace, sous lequel il trouva
mort alfreuse. Voff, rarticle Mieczys-
WRGOS (Pierre de), frère mineur, fut tué
par les ilèches des Chichimèques en se ren-
CiflC
nm
■ft
po\
la I
lur
ser
doL,
Hduf)
dant à Saint-Michel II eut pour compagnon
de son martyre le frère François Douzeli de
Grenade. [CA^ronique des Frères Mineurs.t IV,
p. 768.)
BURGOS, ville d'Espagne, célèbre par le
martyre des saintes CentoUe et Hélène, sur
le>îquelles le Martyrologe romain ne donne
point de détails,
BUSIRIS (saint), confesseur sous lullen
TApostal, à Ancyre en Galatie, se distin-
gua par un courai^e extraordinaire. Le uou-
veroeur Tayant lait arrêter pour quelque
insuhe qu'on prétendait (pril avait faite aux
t^a^ens, se préparait à le faire étendre sur le
chevalet* « Ce n'est pas la peine, dit Busiris»
en levant les bras et en se posant comme
s'il eût été sur ralïreuse machine , épargnez
ce mal a vos o(Iiciers,ie me tiendrai seul et
sans cida, de manière a endurer les tortures
qu'il vous plaira de me faire soulfrir. wBusiris
tint parole, et resta ainsi tant qu'il piut au
juge de lui faire déchirer les cotés avec des
ongles de fer. Ensuite il fut conduit en pri-
son. La mort de Julien , qui arriva fveu do
temps après, l'en fit sortir. 11 vécut jusqu'au
règne de Théodose, et ce fut à cette époque
que Dieu permit qu'il entrât dans le s.dn de
1 Eglise catholique , car, jusque*lli , il avait
appartenu à lliérésie des encriitites. Les
nouveaux calendriers le mettent au nombre
des saints confesseurs le 2i janvier. Le Mar-
tvrologe romain n'en fait pas mémoire.
"^ BUSTAMENTE (Paul de) , dominicain »
était supérieur d'un couvent de cet ordre ^
situé h Villaricca, dans le Chili. Les hab tanls
indigènes, excit -s par les prêtres des idoles»
rimmoîèrenl avec le P. Feniinand Ovarido,
un novice convers et quatre autres mission-
naires. {Monumenta Dominicanar an. 16'SC.}
BYZANGE, Byzantium, aujourd'hui Cons-
tantinople, la ville la plusiraportanle de la
Thrace, devint sous Constantin, qui fut son
second fondateur, la capitale de l'empire
romain. Celte ville avait pour gouverneur ou
pro[:onsul, sous le règne de Marc-Aurèle, un
nommé Cœcilius Capella, qui, ayant fait ar-
rêter un grand nombre ilc chrétiens, les fit
mettre à la question, et ensuite les fit mou-
rir. Tous demeurèrent inébranlables dans
leur foi , h l'exception d'un nommé Théo-
dote, qui renia Jésus-Christ, et qui . [ilus
tard, entraicié par la honte qu'il éprouva de
ce crime tomba dans Thérésie.
I
^M CABERO (le -P. Iea!t) , religieux de la
^P^erci, resta en otag>*, en 1632, pour plu-
sieurs esclaves qui voulaient renier leur foi
à la vue de leurs compagnons rachetés qui
revenaient dans leur patrie. Voulant se ven-
ger des consolations qu'il prodiguait aux
chrétiens dans leurs prisons, les Turcs lui ti-
rent subir les plus grandes oruan tés , et le
condamnèrent ensuite à i^Tre brûlé. Déj?4 il
-était attaché au poteau, quand un Turc» tou-
L
ché de compassion , donna six cents écus
pour lui sattver la vie» Ce charitable infi-
dèle, craignant que le zèle qui animait Ca-
bero ne le jetiVt dans de nouveaux dangers,
le retint chez lui jusqu'à l'arrivée du P, Jean
Itaïcoz, qui vint et [laya sa rançon.
CyEClLIlTS CAPELI.A, nom d'un procon-
sul ou gouvernt'ur de Byzance, qui , sous le
règne de remp*:rour Marc-Aurèle, tii arrêter
Un grand nombre de chrétiens. 11 les flt d*a-
i
511 CAL
cODlre les chrétiens. Ses Actes diseol qu'il
fut longtemps enfermé sans noiirriliire dans
une prison > battu à coups de bâtons, entiii
leté par une fenêtre du lieu où il était en-
ermé^ et précipité daus un puits^ tout cela
par Tordre d'Alexandre, Pour quiconque sait
l^histoire, celte narration des Actes de saint
Callisté est inadmissible. Le tils de Maraée,
reïcelleût Alexandre, n aurait jamais donné
un ordre semblable ; il eût répugné à la dou-
ceur, à la raodiTation de son caractère. On
sait que sous son rè^ne tout procès suivait
les phases d'une justice exacte, et que ja-
mais rarbitraire ne se substituait à ï é-
quité*
Alexandre avait apprisde Marnée, sa mère,
h aimer les chrétiens; il les protégeait tant
aull le pouvait, La statue de Jésus-Christ
était dans son oratoire, avec celles d'Abra-
ham, d'Orphée et d'Apollonius de Thyanes.
Unjour que des cabareliers disputaient aux
chrétiiHis un lieu où ils se réunissaie"t,
Alexandre ordonna qu'on adjugeât ce lieu
aux chrétiens, disant qu'il valait mieux que
Bien y Mt honoré de n'iiuporte quelle façon,
Îue de le voir occupé par des taveniiers,
/histoire rapporte môme qu1l aimait et es-
timait singulièrement le pape Callisté, le
proposant souvent comme modèle à ses offi-
ciers à cause de sa vertu et de toutes les qua-
lités qu'il voyait briller en lui. Alexandre
laissa les chrétiens bâlir des églises, qui fu-
rent en partie détruites sous le règne de ses
successeurs. La paix dont ils jouirent sous
son règne ne nous empêchera point d'admettre
^u'il n*y eût des cas isolés de nersécntion.
Nous savons très-bien que, sous les meilleurs
empereurs, la haine et l'inintelligence des
peuples se laissait parfois ontrainer à des
actes de cruauté et de barbarie qui faisaient
des martyrs* Sous Alexandre il eu fut ainsi,
mais sans que rempereur y prît aucune
part.
Saint Callisté succéda au pape Zéphirin,
en la première année d'Mélioga baie, dans les
premiers jours de Tan 2i{K La r>lupart des La-
tins le nomment Callixte.L'hisloiro le donne
comme faisant d'incessants eX de trèS'(j;rands
efforts pour aecroitrerE^Iisede Jésus-ChrisL
On lui attribue Tinstitution du jeûne des
Quatre-Temps. {Voy. Moretti, de 5. CalUsio,
disq. 1, p. 67, et Claude Sommier, t. I,
Hiit, dogmatkœ sedis apostoUcœ, L ii, n.
Ainsi que nous l'avons dit en coimnen-
çant, saint Callisté périt dans une émeute
populaire. Qu'il ait soutFert une partie de ce
que racontent sis Actes, nous ne le nions pas,
cela esl môme de nature à nous coifinuer
dans noire opinion. La populace était très-
cajrable de procéder ainsi, Alexandre ne Té-
tait pas. On montre encore à Rome le puits
où on prétend que le saint pajte fut jeté, le
U octobre 223, lour auquel l'Eglise honore
sa mémoire. Il fut enterré dans le cimetière
de Calépôde, que l'Eglise honore le 10 mai.
Ce cimetière se trouve sur la voie Auré-
lienne.SaintCaiépode était attaché au ser-
vice dô TEglise romaiue ; sous le pontiticat
de Callisté, ayant baptisé un grand nombre
de païens illustres, il fut arrêté et martyrisé
avec plusieurs autres fidèles. Le pape' Cal-
liste, qui prit soin de sa sépulture, fut enterré
près de lui quelque temps après, l*lus tard,
sous le pape l*aul I" et ses successeurs, oo
fit transporter beaucoup des corps des saints
enterrés dans les cimetières, dans les égli-
ses. Les corps de saint Callisté et de saint
Calépode furent transférés dans Féglise de
Mainte-Marie au delà du Tibre. En Tan 85i,
le comte Everard obtint du pape Léon IV
le corps de saint Callisté et leplaçadans l'ab-
ba^-e qu'il avait fondée à Cisoing ou Chi-
somg, près Tournay. L*églisede ce monas-
tère fut dédiée sous Tinvocalion de saint Cal-
liste. Par crainte des Normands, on a depuis
transporté k Reims les reliques de ce saint
martyr.L'église de Sainle-Marie-Transtevère,
à Rome, prétend avoir encore une partie de
ces précieuses reliques,
CALLISTE (saint , martyr, donna sa vie
pour la foi de Jésus^hrist, à Rome, avec
les saints Félix et Boniface. On ignore à
quelle époque et dans quelles circonstances.
L'Eglise fait leur mémoire le 29 décembre.
CALLISTE (saint), martyr, répandit son
sang pour la défense de la foi de Jesus-Cbrisl,
à Syracuse. Il eut pour compagnons de son
martyre les saints Hermo^^ène et Evcxie.
L'Eglise célèbre leur fête le 25 avril.
CALLISTE Isainl), martyr, était évéque h
Todi. il y soutfril le martyre pour Jésus-
Christ. On Ignore à quelle "époque et dans
quelles circonstances. L'Eglise célèbre sa
sainte mémoire le 14- août.
CALLISTE (saint), martyr, fut noyé à Cù-
rinthe avec saint Charise et sept autres dont
les noms sont ignorés. L'Eglise célèbre h
fête de ces martyrs le 16 avril. On ignore Vt*
poque où ils furent martyrisés.
CALLISTE (saint), martyr, recueillit la
couronne du martyre avec ses deux frères,
Hermogène et Evode. Nous ne connaissons
rien d'authentique sur leur mort. L'Eglise
vénère leur mémoire le 2 septembre.
CALLISTllATE fsaint), martyr, mourut à
Rome nourlafoi avec quarante-neuf soldais,
sousTempereurDioclétien. Ces soldats, ayant
vu Callisirate sortir sain et sauf du fond de
la mer où on Tavait jeté cousu dans un sac,
se convi-rtirenl à Jésus-Christ et souffrirent
avec lui le martyre. L'Ej^lise honore leur
sainte mémoire le 26 septembre.
GALOCER (saint), mariyr, reçut la palme
des comballants pour la foi de Jésus-Christ,
sur la voie Appî*»ime, à Rome. Ce saint était
chef des camériers de la femme de l'emp^
reur Dèce, Il eut pour compagnon de
nb;*rtyre saint Parthè^e, primicier dans
autre charge* Ils furent misa mort pour
voir pas voulu sacrilier aux idoles. L*
les v**nère le 19 mai.
CALOCER ( saint }, souffrit le martyra à
Bresse, sous la persécution de r»*mpereMr
Adrien. Il avait été cotivcrti à la foi par le«
saints Fausliti et Jovet, Le Martyrologe t<h
main ne donne aucun détail sur son juarty m
emp^
CAN
honore sa sainte mémoire le
Wu
IP'
s
L'Eglise honore sa sainte mémoire le 18
avriU
CA LOGER f sainl ), était évéque h Raven-
nes. Il y contessa Jésus-Christ au milieu des
tortnres, dont le Ma rtj reloge roniiiin no nous
a pas laissé les détails. L'Eglise honore sa
fttelell t^vrier.
CALQCÈRE (saint), fut martyrisé sous le
règne de Tempereur Adrien, à Albenga, sur
la côte de Gènes, vers Tan 125. L'histoire de
ce saint, donnée fort au !ong par Bollandus»
n*offre pas les caractères d'authenticité dé-
sirables. On iait sa fêle le 19 mars. Les h ibi-
tants de Bresse prétendent avoir le corps de
int Câlocère dans leur église de Sainte-
jAfre.Cenx d'Albenga prétendent Favoir aussi
''ansVéglise de Satiite-Claire.
CALPHLTRNE, confesseur à Rome, en Fan
250, sous le règne de Fempereur Dèce. 11 fut
arrêté avec saint Moïse et ses conipagnons.
11 souffrit comme eux couragensenient la
prison et les touriiients. Il eut encore un
autre bonheur, celui de ne pas tomber, eojume
ilusieurs de ces confesseurs, dans les er-
'êurs de No va tien. Nous ne savons pas ce
Îu'il devint. (Pour plus de détails, voy,
fo SE.)
CALVISIEN, gouverneur de Sicile sous
ioclétien, tit mourir pour la foi chrétienne
int Eupiius, en 30i, dans la ville de Ca-
ne, (Pour plus de dé ails, votj, Eupuus.J
CAMÊUIN ^saintj, marivr, était originaire
deSardaigne. Il ysoullrit le martyre durant la
L*rséculion de Dioclétien.ll eut pour compa-
ons de ses combats les saints Euxore et
ise. Ils nérirent jiar le glaive sous le pré-
dent Delphîus, L'Eglise honore la mémoire
e c*fs saints martyrs le 21 mût.
CAAlEHlNO, ville des Etats eeclésiasti-
^qaes, où To'i prétend que saint Venant ou
^Tenaoce fut décapité, avec dix desescompa-
ons, sous le règuede Femp reur Dèce, et
tar ordre d'un juge noitnné Antiochus. Quel-
ques auteurs, Tillemont entre autres, ont
prétendu à tort que le martyre de saint Ve-
nant eut lieu en Sicile. Cette erreur est le
résultat d*une confusion. Ce fut dans cette
^nlle et aussi sous le même juge que, durant
lie persécution de Dèce, saint Anastase et
se4$ compagnons furent mis à mort pour la
foi.
CAN { Fri^çoïS'Xavier), catéchiste ton-
luiuois, fui étranglé en Flionneiir de la re~
Igion chrétienne le 30 novembre.
CANADA et LOUISIANE. Ces deux con-
•ées forment une partie assez considérable
e FAmér que du Nord. Le Canada, qui ap-
rtint longtemps à îa France , est mainle-
nt une possession de FAngleterre. La
ouisiane fait maintenant iiarlie des Etats-
ais a'Amérique. Anctennrracut ces deux
ys étaient connus sous la démanin^ition de
uuvelle-France ; les premiers niissionnai-
s y vinrent en 1625. Jusqu'en ltj;i2, l*é-
de obligée de la langue des habitants, de
leu s mœurs, de leurs usages, de leurs
royances, fit qu'on se borna en quelque
lorte à préparer la mission. A cette époque
M commença à fructifier. Plus tard , la
CAN
5t4
compagnie formée pour coloniser la Nou-
velle-France, persuadée que les reliiçieux
mendiants ne contenaient pas chez un peu-
ple qui manquait souvent du nécessaire, at-
tribua entièrement cette mission aux Jésui-
tes. Elle devint extrêmement florissante, et de
très-nonibreuses conversions s^opérèrent.On
lixa le centre des travaux af>osloliques chez
les Hurons, à Jou' uliri , au f oste des trois
rivières au-dessus de Québec, tt à Tadoussac.
On forma il Québec un collège destiné h ins-
truire les jeunes indigènes. Les mission
naires voyaient le succès bénir leurs tra-
vaux, en dépit des intrigues des Anglais et
des Hollandais, (jui, par haine des Fraisais
et du christianisme , fiusaient tous leurs ef-
forts pour ei'traver les travaux des mission-
naires ^t pour armer les unes contre les au-
tres les tribus au milieu desquelles ils al-
laient prêcher FEvangde. Ce fut surtout aux
Iroquois qu ils inspirèrent cette haine qui les
animait. Ce pruple devint Finstrumeot fé-
roce de leurs vengeances*
En 1642 , les Iroquiiis surprirent les piro-
gues qui ramenaient de Qoébec le P. Joynes
et Sun escorte. Ln Français, Guillaume Cou-
ture, fut mutilé; René (joujiil, tué d'un coup
de hacht^ après d'horribles toitures; Joynes,
horriblement m utile, ne dut son salut qu*^ un
orlicier hollandais qui le délivra. En lOW, le
P. Bressan i, étant tombé enrre leurs mains ,
fut d*al>ord rudement l^âtonné; puis ensuite
on lui fendit la main gauche dont on abattit
le pouce, avec deux doigts de la droite. On
lui brûla les ongles. On lui reojplit la bou-
che d'excrémcnis humains. Après beaucoup
d'autres tortures, on le vendi! h des Hollan-
dais, fjui le renvoyèrent en Europe, d oii il
repartit bientôt apiès fiour recommencer ses
travaux apostoliques au milieu de ceux qui
Favateot martyrisé. Le 17 ocioîjre IGJ^G, le P.
La Lande et le P. Joynes, qui était aussi re-
venu sur le théfltrede ses (fremiers combats,
furent tous deux martyrisés.
Le 4 juillet 1048, la peuplaledes Agniés
envahit la bourgade de Samt-Joseph , et le
P. Antoine Daniel est criblé de flèches et
meui l victime du dévouement qui Fa porté à
se Jeter au-devant des ennemis pour les re-
tarder, et pour donner le temps à ses chers
néo[ihytes d^ prendre la fuite. Le 10 mars
104ÎI, ce fut le tour des bourgades de Saint-
Ignace el de Saint-Louis. Jean de Brébeuf
ei (jabriel Lailêmand furent horriblement
martyrisés. En décembre suivar^t , la bour-
gade de Saint-Jean fut sur|>rise par les Iro-
(luois, et Je P. tlarnier cueillit la couronne
un martyre. Un Huron apostat tua dans celte
circonstance Noël Chabanel. En 1052, le P.
Jacques Bateux tomba sous les balles des
Iroi]uois, le 10 mai. Le P* Poucet fut pris
Fannéc suivante cl mutilé. Bientùt après, le
P. Carreau fut couronné par le martyre en
revenant de Québec avec une troupe de Hu-
rons.
Nous trouvons, le 24 août 1724, le martjre
du P* Rasies, tué par les Anglais, et traité
par eux d'une façon plus révoltante que ne
l'auraient pu faire les sauvages eux-mêmes.
I
815
CJIN
Le P* du Poisson , refi^onlré par un chef
natch6£, le 38 novomUre 1129, euL la tèlc
tranchée li'uu couij de ha€Îie, Jean Soue! ,
missionnaire chez Jfïs Yas^ms, fui tué h coups
del^usil en pensant une rivière. BiontAt après,
ce fui le tour tlu F. Doutrel-an, jésuile mis-
eioiiûdire cliez les Hlinois. S*il ne fui jfas tur,
il ne le dut qu à la nrulection divine : cou-
vert de blessures, il ga^jna la Nouvelle-Or-
léans. Le P. Senal fut pris ei brûlé quelque
temps â[irès par les N.inrliez.
CANCER ( le bienheureux Lotis ' , de la
compagnie de Jésus , a\n'ès avoir évan;j;élis '■
pentJant près de trente ans les in<li^èues
de l'Amérique, se dirigea enliu vers la Flo-
riUe. Les indigènes , furieux «les horreurs
commises chez eux |*ar les Kuro^ écïis ,
ayaienl résolu de ne souOfrir la venue trau-
cun Espagnol p/umi eux* Trompés par le
langage de noire bienheureux el le prenant
pour un de leurs perséculenrs, ils FégoriJ.è-
renl ; ensuite ils le niaugérent ajirés Tavoir
fait rôtir et coupé par nioiceaui. (OEuvri.^
de don BttrlhéUmi dt Las Ca,<ns, t. ï, p. 159.)
CANDALH, niissit^nnaire en Cochmchine,
y mourut de oiisère et de privations, avec
M Viai'e.
GANDIBE saint), mârlyr, fut un des cam-
pagnons du glorieux martyre de saint Mau-
rice , qui fut immolé pour la foi près d'A-
S jaune, avec la légion qu'il commandait, par
a cruauté de Maximien. Candide était un des
officiers de celle légion. H est qualifié sé^
nateur des troupes ; nous ne savons pas ce
que ce tilre signiOe.La leKÎon Thi'béenne, en-
tièrement eomfMDsée de coi éUens, s<' rendait,
suivant Tordre qu elle avait reçu de DiocJé-
tien, d'Asie en miaule, pour y faire la guerre
sous les ordresde Maïimien,'cùliegue que cet
empereur s'était donné. A quatur/e milles
environ du lac Léman, Tanuéi* se trouvajit
réunie. Maximien ordonna quelle olîrirail
un sacrifice aux dieux pour se les rendre
propii es. Mais la légion Thébéenne, ne vou-
lant pas prendre part h celte cérémonie
paienue , se retira près d'AKaune , aujour-
d'hpi Saint-Maurice, en Suisse, et de là écri-
vit à rempereur mie lettre daTis laquelle elle
Ëroteslait contre la violence qu'on voulait lui
lire. Maxiniient au comble de la fureur, fît
d'abord decuner la b-gion , et voyant que c*
oui restait était inébranlable dans la loi , il
fît tout meltre à mort, officiers et soldats.
Candide fut une de ces généreuses victimes
qui se sacrifièrent à Jésus-Christ, Sa fôte est
célébrée par TEglise» avec celle de saint Mau-
rice et4t' ses compagnons» le 23 septembre.
{Voy. Mai^ricë.j
CANUiDE (saintjt martyr, mourut en con-
. fessant sa foi a Sébaste en Ajuiéiiic , avec
saint Cyrion et une quarantaine d autres sol-
dats cappailociens dont les noms sont-incon-
nus. Ce fut sous l'empereur Licinius que le
juge Agricolaiis leur fit subir de cruels
tûunuenls. Après avoir enduré les chaînes
et les prisons pleines d'infectifin, après avoir
eu le visage meurtri de pierres, iU furent ,
dans le temps de rhiver le plus rigoureux ,
eiposôsnus à Tair, durant une nuit entière,
sur un étang glacé, où le Vto\û les pénétra de
telle sorte que leurs vovps s'ouvraient de
toutes parts; * nfln on lem brisa les jambes,
et ils achevèrent oiusi legj^ martyre. Saint
Basile ot plusieurs outres Pérès ont célébré
dans leurs écrits la gloire de ces saints mar-
tyrs. L'F.KJise soleniiise leur fête le 9 mars.
' CANDIDE (saint) . martyr, snullrit Je mar-
tyre en Afriijue avec les saints Fauslîik Lu-
nus, Célien, Marc, Janvier et Fortunat J Foy*,
[>our plus de renseignements , rarllcle Fau»-
CANDIDE (saint), soulTrit le martyre à
AlexanriTte avec saintPipérion et vint;! autres
rfoni on ignore les noms. L*Eglise fiiil leur
fête le U mars.
CANDIDE (saint), martyr, fut martyrisé à
llom , au quartier de f^ainte-Bibiane. Oo
ignore la date et les circonstances de son
martyre. L'Eglise fait sa mémoire le 3 o<;-
lobrê.
CANDIDE (saint) , martyr, versa son sang
tonr Jésus -Christ , à ftotne , avec les sairtts
ucius, Rogat et Cassien. On n a aucun ren-
seignement sur eux. L*Eglise fait leur fêle le
î" décembre*
CANDIDE ( saint) , martyr, eut lavanlage
de donner son sang pour Jésus-Christ , k
Borne, avec les saints Fortunat, Firme et Fé-
lirien. Ils cueiiirent ensemble la palme du
martyre. L'Eglise les honore le 2 février.
CANDIDE , femme romaine , qui eut l'af-
freux mallieur de sacrifier anx idoles sous
la persécution de Dècc, après avoir montré,
avec Numérie, aussi sa corat»agne dapo^a-
sie, un zèle ardent et une grande chai iié ^
l'égard di'S^ confesseurs do Carthage V'
Home. L'une des deux était sœur de s...u»
Célerin, lequel écrivit au confesseur Lucien,
afin d'obtenir que ces deux femmes reu-
trassent dans la paix ije VEglise. On sait que
Lucien lui écrivit que les martyrs leur avaient
accor ié la paix , à la condition qu'après To-
ragê de la ^H-rséculion elles iraient expos<?r
leur cause à levéqne, et feraient Vtxomolo-
gé.^p. f Foi/, rarticlè Cêleivln.)
CANDIDE f sainte j, martyre, était femme
de >aint Artéme de Home. Ils furent conver-
tis b la foi, avec leur fille Pauline, par les mi-
racles et les discours de saint Pierre ITivor-
ciste. SÏ'tJinl tous trois fait baptiser îrar sninl
Maicellifi, préire, Arlèine fut déclu ,^
de fouets garnis de piomb, puisdr^.., .t ^ar
Tordre du juge Sérene. C iudide et Pauline
ayant été Jetées dans une grotte, v turent ac-
cablées de pierres t-t de terre, L'Eglise Ùii
leur mémoire ïe 6 juin*
CANDIDE (sainlej,marlyre, eal Favantaje
de mourir pour la lui de /sus-Christ h Car-
thage, sous TempereurMaximien . Elle endura
lies tourments si cruels, que tout son eofpi
était couvert de plaies, CVsl ainsi qu'elle !♦•
(^"ut la couronne du martyre. On ignore la
diit'^ précise de s^n martyre, L'Kgii^e Tbo-
nore le 20 septembre,
CANdUE, espèce do carcan composé de
deux ais fort pesants et écbaBcrés TdfS l6
milieu de leur union , où est inséré le cou
de celui qu'on a condamné à cette peine,
j
Cest un instrument de supplice employé le
chez les Chinois.
^Ê GA^OSA» dans la Fouille, est célèbre dans
^■es armâtes des martyrs, [mr les souUVances
^na'y eodtira Tévèquè Sabm eu coafèssaiiL sa
^pR>i.*GD ispiore à quelle poque,
^m- CANT (saint), njartyr,soull'rjt la mort pour
^i^Siis-Christ au bourg San-Cautiaiio (Àquœ
^adatm)^ en 304- , durant la persécuiion de
Diiietétieii, avec son IVère saiiU CsiiLten, sa
sœur sainte Cantianille, et saiul Protus, son
pri'ciîpleur* ( Pour plus de détails, vt»^. Can-
TiETf.) La fêle de tous ces saints arrive lo
,.yâl mai.
WM CANTIANILLE (sainte), martyre^ sœur des
^^Saints Canl et Cantit- n, tVa mine à mort avec
eux, i*n3tV*, sous lempirede U:oclélieri,{F«v.
CàîiTiBîi.) La fête de lous ces saiiits a litiu W
31 miù.
CANTIDE ( saint), martyr, était Egyptien.
11 mourut pour la loi cfirëtieane avec ses
deux compatrioles Cantidieii et Sobel. Ou n'a
aucun détail sur eux. L'Eglise fait leur sainte
mémoire le 5 aoàt.
CANTIDJËN ( saint) , martyr, eut la gloire
de mourir pour Jéstis-Christ avec les deux
Egyptiens, ses coraf»atrioles,samt Ganlide et
saint SobeL Le Marlyroluge lomain ne dit
rien sur eux, ne donne aucun détail L'Eglise
honore leur glorieu^f^ mémoire le 5 août,
GAXTIEN (saint), martyr, donna sa vie pour
lésus^Christ en *toi , avec saint Katil, son
frèra, et sainte Cantianitle, sa s^œur* Ils
• étaient de la famîHe des Anices, à Rome,
l'une des ftius célèbres de la ville, tant par
fOû aDciênneté que par ses richesses. Ils
étaient jmrents de l'empereur Catin : Pmlus
ité avait instruils dans la foi èvaniiéluiue.
^^C^ I persécution de Dioclélieu eut corn-
I ensangl'iuler rEÈ^lise, ils se retirè-
rent de Roiue à Aquilée , |)eii.saiit y trouver
la tranquillité ; mais ils avaient compté sans
lé rage des tyrans : des ordres les y avaient
^ précédt^s. Quand ilsy arrivèrent, Sisinnius.gé-
j filerai des troupes qui y tenaient garnison, et
^Bulcidius , gouverneur de ia province , n'é-
taient occupésjout einuitqu'à poursuivre età
arrêter les tidèies: les prisons en étaient rem-
â»plies.Dès qu'ils surent la venue de nos saints,
ils leur envoyèrent Tordre de se présenter
pour sacTilior : en métne temps ils députè-
rent vers rempercur pour lui deinauder
quelle conduiie tenir envers des persutiues
si hauîe qualité. Les empereurs dotuiè-
^nt l'ordre de les décapiter injuièdiatemeni,
(refusaient de Sitcrilier. Les saints avaient
té de Tinlervalle qui s'élaii écoulé ; As
Ivajent quitté Aquilée, mais un accident ar-
Ma leur char dans un bourg Dominé Aquœ
idatœ. Sisionius y vint jiour leur counnu-
iiquer Tordre nnpi^'rial : il mil tout eu œu-
vre , mais inutilement , pour les engager à
l'obéissance. Les saints furent inébranlables,
et dirent que jamais ils ne quilteraient leur
sainte religion. Us furent d ^îapités avec Pro-
lus, leur maître spirituel, qui avait été chargé
^mét ieurédutuition. Un ecclésiastiqiH' du Ueu,
^P&ommé Zoélus, embauma leurs coups» elles
plaça tous dans le môme tombeau. Depuis,
mi
bourg d'Aquw Gradatœ se notûme San-
Cantiano. L'Eglise fait la fcle de ces saints
martyrs te 31 mai*
CANrOVA (le bienheureux), missionnaire
de la compagnie do Jésus , partit de Goua-
huin (iles Mariannes) avec le P, Waller, le
icvriei 1731 , et ils arrivèi'*-nit le %
2 fcvriei 1731 , et ils arrivèi'*-nit le % mars à
Tune iU^s Carolines qu'ils évangélisèrenl en-
semble durant trois mois. Sur ces entrcfiiiies,
Walter élant retourné aux Mariannes aQn de
s'y munir des cho^^os nécessaires h. la sub-
sistance, doi t on uïanquail complètement au
lieu ou ils étaient, noire saint laissa ses com-
luignons à F.dalop, ahii de garder la maison,
et suivi de deux soldats et d'un interprète,
se reiîdit a Tile de Mogmog, où il devait bap-
tiser un néophyte. A peine y fut-il arrive ;
que les indigènes se jetèrent sur lui et le
j bercèrent de tmis coups de lance. Ils dé-
pouillèrent ensuite le cadavre, rétemîirent
sur une natte et Tenlerrèreut sous une |ie-
litè maison , sépulture honural}le du reste,
qu'ils ne itonneot qu'aux jïriucif^a x de leur
île. Les trois compagouns de Gnuti^va ayant
été massacrés diî la même manière, leurs corps
furent mis dans une barque el aljandoonés
au gré des Oots.
CAPELLA» Voy. Gccujls Capella
Capiton (saint), martyr, était évèquc dans
la Chersonèse. li eut la gloire de mourir pour
la défense de la ri^digJun avec les êvêques
B isile, Eugène, Agathodore, EJpide, Elliôre,
Nestor et Arc^ide. L'époque oh eut lieu leur
martyre est complélemeutineonnue. L'Ei^Hse
fait leur fêle le 4 mars.
GAPITON (saint), martyr, reçut la palme
de combattant pour la loi avec saint Menée*
On ignore le lieu, la date et les circons-
tances de leur martyre. L'Eglise célèbre leur
méuioire le 24- juihet*
CAPOUE, VuHurnum, puis Cuputu ville si-
tuée dans le royaume de Naples (Terre de
Laijourj. Sun premier martyr est saint Pris-
que, qui avait été disciple de Jésus-Christ,
el qui lut rais à mortsuus la persécution de
Néron.
CAPPADOCE, région considérable de TA-
sie Mineure, correspond aujourd hui h une
partie des pachalikcs de î?ivvaselde Cara-
maoie. Elle lut ïe siège de diverses per-
sécutions eudmées par les chrétiens. ( Voy.
G&':SAHËË.) Suus Tem|iereur S. |itime Sévère,
Claudius Herminianus , gouverneur de ce
pays, eu ii<iine de ce que sa femme avait été
convertie, lit endurer une violente persécu-
tion aux Uiscifdi s de Jésus-Christ, Il en força
ntalheureûsement [dusieurs par la violence
des louruieuls à renoncer à leur foi. Frappé
ar J>ieu d'une maladie terrible, il comprit
a punUion qui lui était envoyée, et, suivant
Tertullieu, moiuut presque chrétien. Sous
Maximin V\ le gouverneur de celle pro-
vince, nommé Sèrennieu {Mtius Serennia-
fîiesj, y persécuta très-violemment les chré-
tiens. C'est saint Firmilien, évè^^ue de Césa-
rée , qui nous Tajjprend dans une lettre
adressée à saint Gyprien. ( Pour voir re
fragment, voy. Maxiiiin. ) Les peyp}es «de
cotte contrée étaient à cette époque exceisi'^
^
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S19
CAR
i
F:
Tement irrités contre les chrétiens, aux
qupls ils attribuaient les famines et les trem-
blements de terre qui avaient désolé leur
pairie et les contrér'S voisines. Nous croyons
que c'est sous ce règne qu'il faut mettre le
martyre ile saint Thespèce, que nous trou-
vons au Martyrologe romain comme ayant
eu lieu en Cappadoce, sous celui de Tempe-
reur Alexandre.
CAPRAIS (saint), martyr, eut le bonheur
de doftner sa vie pour Jésus-Christ, sous le
rë^e des empereurs Dioclétien et Maxi-
mien, dans la ville d'Agen, sous le gouver-
neur Dacien, Voici ce que nous trouvons re-
lativement h lui au Martyrologe romain,
sous la date du 20 octobre, jour auquel l'E-
glise célèbre sa fête- Ce saint s*étHit caché
dans une caverne, [lOur éviter la fureur de
la perséculioTi qui sévissait-eonlre les ehré-
liens. Ce fui dans cette retraite qu'il apprit
que sainte Foi avait souH'ert courageuse-
nieid à Aj^cHi et avait donné sa vie pour Jé-
sus-Chris i* AninȎ d*une sainte ardeur, et
brûlanide cueillir la même couronne, il pria
Jésus Christ de lui montrer, en faisant sor-
tir de Teau claire des rochers de la caverne,
s'il le juj^eait digne de mourir pour lui. Ce
mirat'lu ayant eu lieu, saint Caprais se ren-
dit au lieu où étaient les persécuteurs, jet
ayant soutenu avec un grand courage Fin-
terrogatoire quVm lui tit subir, reçut la
a hue glorieuse qu'il venait conquérir par
'ordre t'ormt*! de Dieu,
CAKACALLA, lils de Sévère, monta sur
le trône en 211, et fui tué par Macrin, qui
lui succéda en 217. Sous le règne de ce
prince, la perfeéculion allumée par Sévère
dura encore, du moins <lans quelquf^s pro-
vinces de rernpire, s'il est vrai que ÏAvis de
Tertullien à Scaptda ail été écrit après la
njort de cet enq^tireur; et, certes, il y parle
en des termes qui font prcsuoicr que^, noo-
seulement Sévère, mais aussi Caracalla son
hls, ne régnaient déjà plus. « Le père d'An-
tonin (Sévère), dit-il, a eu quelque considé-
ratioEi pour les chrétiens..... i> Et plus bas :
n Sévère apprenant que quelques personnes
de qualité faisaient profession du christia-
nisme, il ne leur lit aucun mauvais tniile-
u)ent » El auparavant il avait fait men-
tion du proconsul Asper, que Dodwel Ini-
ménie avoue en avoir exercé la charge en
Afrique, sous rempue de Caracdlla. Voici
donc conuue Terlullieu parle, dans cet ou-
Yrage, ile ta persécution qui paraissait être
alors fort échautTée : « On ne nous voit point
trembler a la vue des tounuents, i^arce que
nous n'avoDs embrassé la rehjj^ion que nous
professons qu'à couilition que nous serions
toujours prêts à comballre contre vos injus-
tes violences ; c est un engagement que nous
avons pris en nous faisant chrétiens..,.. En
effi^, \utre cruauté et notre [fatience sed:s-
pulunl tour à tour la vicloae » On ap-
|>rend du m^me auteur, que la persécution
8e fil sa il aussi sentir dans les autres pro-
vinces, mais mo ns vivement (ju'en Afrique,
car on se contentait là d'égorger les dire-
tieQi| et ici on les brûlait tout vifs* Et qu'on
ne nous objecte pas que Caracalla, nourri
d'un lait thrélîen, comme parle TerloUien»
navait ganle de s'élever contre un»* r ti^on
qu il avait sucée avec cette première nourri-
ture; car, outre que ce prince pouvat bien
n avoir aucune ymri k toutes li s violences
quVin exerr il alors, c*est qu on ne se per-
suadera jamais que le plus inf\me d«* lous
les hoîimies, et dont !.s mœurs élaieril si
éloignées de la pureté de celles d**s chr»^
tiens, leur ait été favorable en con^idératioa
de leur religion (Huinarl, Oise, préiim.)
CAtlADiX] ou Cradoc, tils d'Alain, prince
du pays d'Holy-Weell, étant devenu éper^
dûment a m ureux de sainte Wéréiride, qui
était abbesse du monastère de Gulh irin, et
n'ayant pu l'amener à répondre à ses infâ-
mes désirs, lui coupa la tête comme elle
cherchait à se réfugier dans Téglise que saiut
Bc'unon avait fondée à Holy-Weell.
CARALIPPE ( saint j, martyr, eut le glo-
rieux avantage de verser son sang pour la
tbi chrétienne. On ignore le lieu et la date
de son martyre; seulement, le Martyrologe
rommn nomme ses trois compagnons de
souH'rances: saint Aphrodise, saint A^ape et
saiut Eusèbe. C'est le :28 avril que 1 E^.se
honon.' leur sainte et gl >rîeuse mémoire.
CAHAVES, lieu voisin de Saragosse en
Espagne, où Ton prétend que saint Polycèto
lut mart vrisé, durant la persécution» de Néron.
CAHliElRA, nnssionnaire jé>uileen Ah s-
sinie, naquit à Btgà en Purv.igal. Il viul eo
Afrique SMUs la direction de Mendez, pa-
tria relie d'Abyssiiiie, que Mélec-Segufd avait
demandé au pape en se rail an t à la foi ca-
Ihttlique. Il fut un des derniers jésuiles qui
restassent daiis ce }jays, lorsque la i^ersécy-
lion eut chassé ou e\t'rnjiné la plopditde
ceux qui y élaient ve^jUS précljer l'ortho-
doxie. Avec le P. Bruno, il s'était mis sous
la proh^ctiun de Za-Mariam , vice-roi de
Tiuiiben, qui était entièrement favorable aui
catholiques* Za-Mariani ayant été atli-
qué f^ar le vi»*e-roi du Tigré, le vainquit,
niais eut fe malheur de tomiïerdans une euh
husrode où il fut tué. L^s deux jésuites, se
trouvant sans protecteur, furent pris et sus-
pendus à des branches (f arbre, puis \è[naH.
11 est probable que ce genre de supplice éfait
usité en Abyssmie ; nous le Iroi ' jà
appliqué, par les moines du lar 1 .à
Alméidci, évéque de Nicée , et à ses tumpa-
giions. La mott de Cardeira arriva le li
avril 1040, sous le régne du Négous Basih-
ûiis^ violent persécut' ur de la loi c^lhoUc|ue.
CAIUTINE ( sainte j, fut arrêtée à Rome
avec saint Justin, sous Marc-Aurèle, et con-
damnée, avec ce samt et ses autres compa-
gnons, a être fouettée, puis ensuite décapi-
tée. L'Eglise célèbre sa fête le 13 d'avnl*
{Voy. iisTm.)
CARITON (jsaint), fut martyrisé en Thoia-
neur fie Jésus-Christ. On le jeta dans uoô
fournaise ardonlo pendant que son compa-
gnon de souffrances, sa ni Zenon, était %ié-
cipilé dans une chitudière pleine de plomb
fondu, li'Eglise honore leur mémoire le 3
septembre.
m
CkA
■ CABITON (Saîot), Tundes compagnons du
Tnartyre de saint Justin , fut mis h mort à
Rome, aous le règne de Marc-Aurèle* Le
préfet Ruslicus Je Ût fouetter, puis décapi-
ter» L'Eglise fait la fête de saint Cari ton le
13 avril. ( Voy. Jlstix.J
CARNATE (Mission de), faisait ancienne-
ment partie de mindoustan. Pour en avoir
une idée nréc se, suivons ce que disent les
Lettres écIiOantes, voL IV, p, %,
« La mission de Carnate ne se borne point
au royaume qui porte ce nom, elle renferme
encore beaucoup de royaumes et de provin-
ces qui sont contenus dans une étendue de
pays fort vaste ; elle embrasse du sud au
nord |dus de trois cents lieues dans sa lon-
gueur, et environ quarante lieues de test à
Fouesl, dans sa moindre largeur. Les prin-
cipaux Etat» sur lesquels elîe étend sa soIJi-
eitade sont, outre le Carnate, le Visapour,
fiijanacarou , Ikkéri , Golconde; ajoutez-y
plusieurs Etats particuliers, dont la plupart
sont tributaires du Grand-Mo^^oL Carvé-
pondy est la première égtise que les fonda-
l^ieurs^ de la mission de Carnate ont établie.
yComme elle est dans un territoire qui dé-
pend des brahmes, elle est, plus que toute
autre mission , exposée à leur persécution ;
Nîls û*ont cessé, depuis trente ans, dinquié-
ter les missionnaires, et quoique punis
quelquefois par les Maures, qui î>ont sei-
gneurs de celte contrée, ils n*ont jamais
I perdu le dessein de ruiner cette église et la
(chrétienté qui en dépend. Les seigneurs de
{la province de Counampaly se sont rendus
|de tout temps redoutables aui princes des
[pays voisins ; comme ils sont voleurs de
Iprufession, iisfont des eicursions nocturnes,
f et tout devient la proie de leurs brigauda-
Iffes. Malgré cette vie si criminelle, ils ne
ilaissent pas que d'avoir des dispositions fa-
[▼orables pour les missionnaires ; c*est d'eux
jc la mission lient le terrain o^'j cette
Sglise a été bâtie; il faut traverser quatre ou
Icinq lieues de bois i>our y arriver. Les néo-
iphytes qui s'y rendent, dès qu*ils déclarent
[qu'ils sont cnrétiens, qu'ils vont faire leurs
[prières à Téglise du vrai Dieu ou visiter les
\âouat%ii (c'est de ce nom qu'ils appellent
I leurs missionnaires), sont stlrs de n être pas
[inquiétés dans leur marche.
La partie de la mission de Carnate qui est
^en deçà des montagnes, regarde ajuste titre
le P. d'Harnoncnurt pour son fondateur; les
églises qu'il y a établies sont des monu-
ments durables du zèle dont il brûlcJt pour
lia gloire de Bleu et le salut des âmes; sa
douceur, son humilité, ses manières atta-
bles et prévenantes lui avaient gagné le cœur
\ûes Français et des Malabares. Il est diQlcile
de montrer [ans de courage, plus d'activité
et plus de tranquillité d'àme qu'il n'en a fait
paraître dans les diverses persécutions qu'il
ia eu à soutenir. Bans l.i persécution de
I Ballabaram, sa douceur charma tellement les
Sol iats envoyés pour le prendre, que, chan-
gés tout à coup en d'autres hommes, et se
' jetant à ses pieds, ils lui demandèrent par-
dou des violences qu'ils avaient exercées k
^ StcTtonii* Dsi PfiKstciîxio:^». L
CAR
im
son égard. Dans une autre persécution où
Ton avait soulevé toute la ville contre 1??
missionnaires et les chrétiens, un seul en-
trelien qu'il eut avec le chef de la troupe lui
ouvrit les yeui sur la divinité et rexcellince
delà religion. Sur le rapport que ce chef en
fil nu prince, il y eut défense d'inquiéler de
nouveau les fidèles. La célèbre forteresse ap-
pelée Carnata a donné son nom à tout le
pays ; elle est placée sur une montagne fort
élevée. On a bâti une église au pied de cette
montagne, et une autre à Arear, où Ton
compte plus de quatre mille ehrétiens ; c'et^t
une grande ville maure; on lui donne neuf
lieues de circuit, mais elle n'est pas peuplée
à proportion de sa grandeur. Le nabab y
fait son séiour ordinaire. On trouve une troi-
sième église h Velour, autre ville maure,
également considérable, et la demeure d'un
nabab différent de celui dWréar; on y voit
une forte citadelle qui a double enceinte^
avec de larges fossés toujours pleins d'eau,
où Ton entretient des crocodiles pour en
fermer le passage aux ennemis. Les crimi-
nels qu'on condamne aux crocodiles n'ont
pas été plutôt jetés dans ces fossés, tju'à
l'instant môme ils sont mis en pièces et dé-
vorés par ces cruels animaux. Ce sont les
anciens rois marattes qui ont construit celte
citadelle ; elle est encore recomniondablo
par une sunerbc pagode qui fait mainte-
nant partie au palais du nabab.
A une journée de Velour, tirant vers le
nord, on remarque une quatrième église,
bâtie dans une forôl dont les arbres sont
sinjjuliers ; ils sont extrêmement hauts, fort
droits et dénués de toute branche; leurcîme
est chargée d'une grosse toutTe de feuilles où
est le fruit* Ce fruit est doux, gros comme un
pavie de France, et couvert d une espèce de
casque très-dur j on le cueille en son temps, et
on le met en terre; au bout de deux mois, il
nousse en bas une racine et en haut un jet ;
l'un et l'autre se mangent ; six mois après,
ou coupe certaines feuilles de l'arbre, gran-
des comme des éventails, et qui en ont la
forme» dontjon couvre les maisons. La queue
de la feuille est large de quatre doigts vi
longue d'une coudée ; quand, après l'avoir
fait sécher au soleil, on l'a bien ualtiie, elle
ressemble à la filasse de chanvre, et l'on en
fait des cordes. Au tronçon qui reste à Ken-
droit des feuilles qu'on a coupées récem-
ment, on attache des vases pour recevoir ta
liqueur qui en découle ; cette liqueur est
belle, claire, douce et rafraîchissante. Je ne
le sais que sur le rapport d'aulrui, car je
n'en ai jamais eoillé ; il B'est pas permis à
des sanias ou pénitents, tels que nous som-
mes dans ridée de ces peU[>les , et qui font
profession de reiioncer à tous les plaisirs de
la vie, de boire de celte liqueur.
Plus on s'éloigne des côtrs de la mer,
plus on trouve de chrétiens répandus sur la
surfilée de l'Inde. Bans la seule mission de
Carnate, fondée par les jésuites français, et
qu'ils cultivent seuls depuis trente ans^ on a
déjà élevé onze temples à la gloire du vrai
Bien. Bans la chrétienté de Pineipoude» des-
n
^>i3
CAB
s.'ivif' par aualre raissfonaaires, on compte
liuit à neui mille chrétiens, partie choutreê
et partie parias ; le supérieur de cette mis-
sion, le P. Le Gac, en parcourt continuelle-
meat toutes les chrétientés pour voir, ani-
mer, régler tout, ainsi qu'il le fait dans la
vaste partie de l'Inde confiée à son gouver-
nement. Les brahmes sont, à proprement
f>arler, les seuls ennemis des missionnaires;
es prédicateurs de FEvangile ne pourraient
résister à leur fureur et au dépit qu'ils con-
çoivent en voyant les progrès de la foi, si
les missionnaires n'étaient pas manifeste-
ment protégés par le nabab , vice-roi de Car-
nate, et par le G» and-Mogol, qui a donné des
ordres très-favorables à la religion.
Pondichéry, situé au milieu de la côte de
Coromandel, est comme le centre de lumière
oui s.î réfléchit sur la grande péninsule de
1 Inde ; c'est dans cette ville que se sont d'a-
bord établis les missionnaires jébuiles en-
voyés par Louis XIV. «Nous sommes ici cinq
prêtres et deux frères de notre compagnie,
écrivait un missionnaire, il y a plus d'un
siècle ; tous y sont fort occupes : le P. Dolu
gouverne la paroisse des Malabaros ; le P. de
la Breuille enseigne la philosophie; le P.
Turpin, sans interrompre ses travaux pour
la conversion des idolâtres, apprend la lan-
gue latine aux jeunes Français et Portugais
gui se destinent à l'état ecclésiastique ; le
frère Maurice donne des leçons de lecture,
d'écriture, de calcul et de )»ilolage aux en-
fants qui se rendent on grand nombre à son
école; le ciel bénit nos travaux. Il y a vingt-
cinq ans (ju'on ne voyait à Pondichéry au-
cun chrétien malahare ; on v en compte au-
jourd'hui trois mille. Nous espérons, avec
la grâce de Dieu, de gagner bientôt h Jésus-
Christ plusieurs familles considérables par
leurs castes, et qu'en f)eu d'années la plus
grande partie de ces peuples embrasseront
notre sainte religion. C'est aussi à Pf>ndi-
chéry quo les missionnaires cajmcins et
MM. des Missions étrangères ont torriié leur
premier établissement ; ils y ont chacun une
maison et une église. Lu vie pauvre, péni-
tente, austère des missioiinai.es, réduisait à
bien peu les dépenses nécessaires à leur en-
tretien ; mais il fallait des moyens de pour-
voir à leur subsistance et aux frais des
voyages longs et pénibles, presque conti-
nuels qu'ils étaient obligés de faire pour se
rendre à leur destination. L'honneur de leur
ministère et la loi rigoureuse qu'ils s'étaient
imposée, exigeaient qu'ils ne reçussent rien
de leurs prosélytes. Qu'avaient-ils d'ailleurs
à attendre de la part des infidèles dont ils
venaient attaquer les passions et les préju-
gés? On ne les voit recueillir, le plus sou-
vent, pour prix de leurs travaux et de leurs
sacrifice^ que le mépris, la haine et les per-
sécutions. »
Le P. Mauduit et le P. Bouchet furent
violemment persécutés dans la mission de
Carnate. (Voy. leurs articles.) Le P. le Gac y
fut mis en prison par les Maures, (yoy. son
article.)
CARPE (saint), évoque de Thyatires, mar-
CAtl m
tyr sous Dèce en 251, fut arrêté pour la foi
ait conduit devant le proconsul Valère, qui
avait cette année succédé à Optime. Atoc
lui fur^'Ut pris aussi Papyle diacTe, et leur
domestique Agathodore. Le proconsnl ,
voyant qu'ils confessaient courageusement
le nom de Jésus-Christ, les fit conduire
chargés de chaînes par toute la place pu-
blique de Thyatires. Mais les saints, foin
de regarder ce traitement '^omme une honte,
s'en fusaient gloire. Comme ils i)ersistaient
à confesser le nom de Jésus-Christ, le pro-
consul fit don de tout ce qu'ils pouvaient
posséder à ceux qui les avaient dénoncés,
et commanda qu'on les attachât sur des che-
vaux très-rudes pour les conduire à Sardes
où il se rendait. Cette fatigue ne les empft-
cha pas de confesser leur foi, pour la troi-
sième fois, à Sardes. Alors Valère les fit
mettre en prison, et fit déchirer à coups de
nerf de bœuf Agathodore qui les servait, et
qui n'avait pas voulu les quitter. Cette fidé-
lité et ce dévouement lui méritèrent le bon-
heur d'être associé à leur triomphe. Il
mourut pendant qu'on lui infligeait ce tour-
ment. Valère ordonna qu'on jetât son corps
aux chiens ; mais des personnes pieuses l'en-
sevelirent la nuit et le déposèrent dans une
caverne. Le proconsul croyant que les deu(
saints avaient été intimidés par le supplice
de leur domestique, 1«'S fit conduire à pied
jusqu'à Pergame, oh il se rendait à cbeval,
et au second jour du voyage, voulant aug-
menter leurs fatigues, il les fit charger de
chaînes. Arrivé dans cette ville, il fil battre
le .saint évoque avec des bâtons garnis d'é-
pines, lui lit brûler les côtés avec des tor-
ches, et fit jeter uu sel dans ses plaies. Il le
fit étendre sur le clievalel où, dans les plus
grandi s violences de sa douleur, il souriait
en disant au [irocous .1 qui lui en demandait
le motif: c'est que vos tourments me don-
nent le moyei) de voir la gloire d'en haut.
Saint Papj le lut traité de la même manièi eque
saini Carpo, ensuite on les reconduisit dans
la prison. Quelques jours après, on les cou-
cha tout nus sur de? i>0inlesde fer, on leur
déchira de nouveau us côtés, et enfin ûfl
les juta dans un bikber où ils teiminèrent
leur martyi e. L'Eglise fait leur lêtei avec
celle de sainte Ag.thuuique et de i^int
Agathodore, le 13 avril.
CARPOCKAÏIENS , hérétiques qui furent
connus au w siècle, du temps d* Adrien. Ils
avaient pour chef Carpocrate d'Alexandrie;
leur secte était une dérivation de ceUe des
gnostiques : ils [)rêchaient la préexistence
des âmes, prétendant qu'elles avaient pé-
ché dans un autre monde, et qu^elles de-
vaient Texpier dans celui-ci, en obtempé-
rant à tous les désirs de la chair. Suivant
eux, si elles ne le faisaient pas, elles {passaient
dans d autres corps pour y satisfaire. Ott
conçoit à quels excès, à quelles débauches
devaient arriver les carpocfatiens, en sui-
vant les conséuuences de leurs principes.
La communauté des femmes, les unpudici*
tés, les débauches de toutes sortes, e|aiMt
choses habituelles parmi eux» Ssûtt UMê
égjaleiTit'iil martyrisée dur mt la
CAR
oïl que les infamies qu'ils commcttâTêTit,
élaieol telles» qu^oo se refuserait h y croire,
si elles D*élaieot consignées dans leurs pro-
pres ouvrages. Ils 5e livraient, dans leui-s
tV^UDions, h lûutes ]vs abornioationb qu*an
reprocbail au\ chrétiens dignes de ce lioin^
î\s s adûD^iaient h la miiii;îe JJn les confondait
avec las chrétiens, et t:eu3;-ci se ressentaient
de luule la haine qu on leur por.aît; les
carpocraliens n'avaient pou riant rien de
cooioiua avec eux ; car. comme les gnosti-
cîues, î\s niaient la dviinlé de Jésus-Christ.
Celte haioe que stisiita contre les vrais dis-
ciples du Christ la confusion qu'on faisait
d*euï et de ces infimes héréliques, fut une
des causes qui les ût persécuter squs Adrien
et sous plusieurs de ses successeurs. Peut-
être taut-ilen parlieaUrihuer àcelle haine les
cris que jioussait parfois le peuple dans
les assemblées, dans les amphithéâln-s, pour
derjjander qu'un fit mourir les chrétiens,
qu'on les livrât aui héti s.
CARPON (saint), martyr, fut égorgé pour
lamour de Jésus-Chrisl, avec ses deux
frères Evansle et friscît^n. Leur sœur For
tunale fui
même* pt-rséculioM di Oio^iélien.
cci è b re l e u r m é in ù i # I o 1 % o c t u h r e
CARPOPHURE {taiulj, fut martyrisé h
Ce'tpoue, avec saint Uuf, sous lus ein|ieri'urs
Dioctétien et -Ua\iniieiu Oi n'a aucun dé-
tail sur cuXteirE^^lise célêhre leur immor-
tel e méuiùiie le 27 aoùC
CAHPOPUORE (saiiit), martyr, éîait prê-
tre. 11 versa so)i sang on Thonneur de Jésus-
Chf isl avec saint Abonde, diacre, et durant
la (lersécuiion de Diocléticn, Il lurent d'a-
bord meurtris cruel lefïient de cou[is de bA-
lon^ puis mis en prisoii, avec ordre de ne
leur don er ui h manger lûà boire, ensuite
(ouriû niés sur le chevcdi-t et rt^mis dans
leur preaiier cachot où ils soulTrtrent long-
te/ups; eilii, ils eurent la tète tranchée.
L^: r;... Viormre leur immortelle cl saiuie
•ïxi 1 .' 10 décembre.
...AttraPHORE (saint), martyr à Rome, en
30*, sous le lè^^ne et durant la persécution
de Dioclétien. (Voy, QtATiiK Cot^BOs^iés.)
CARPOPH0RE(saml;, nmurut au milieu
d: " 1 -iàCùme, avec lessMUits E\an-
t^ Séverin» Second ei Licinius. Ils
fui^ at Luus décapités eu 1 honneur de uo'ie
Sauveur, On ignore a quelie époque. L'E-
glise célèbre leur sainte mémoire le 7 août.
CARRHES, aujourd'hui Harran, ville de
y tmie, a été illustrée par le martyre
ti palrice Eutyche et do ses compa-
gnons, massacrés pour la foi, par Evéïid,roi
des Arabes.
CARI ÈRE (saint), était habitant d'Edesse.
Il fut mis h mort pour la défense de ia foi,
sous Tempereur Licitaus, avec les saitUs
Slyriaque, Tobie, Eudoxcet Ag.qie* L'Eglise
honore leur mémoire le 2 novembre*
CARTHAGË, Carthago lat., Hafx^'^'^^ grer.^
la cité reine des rivag^'S africains, la rivale
de Rome, la patrie dWonibal iH de tantilau-
ires grands hooimes qui disputèrent long-
ttxzip5 l'emaire à la ville devenue lu maîtresse
CAR
Si$
des nations, semhlïi vouloir, vaincue sur
le terrain des condjats, se relever pour dis-
puter encore à la ville élej'nelle remiJÎre
spiriluel du monde chrétien. Durant les]ire-
miers siècles de TEglise, Carthage fut Tuu
des points où le christianisme jeta !« plus
d'éclat . D'admirables génies y surgirent. Ses
ruines aujourdliui soiïi aussi retentissantes
des souvenirs chrétiens que des souveniiw
guerriers, et les échos endormis du passé,
s'éveillent au nom de Cypiien avec plujj
dVjrgueil encore qu'au nom d'Annibal. Les
premiers martyrs qui aient arrosé de leur
sao'^ cette terre glorieuse, sont les martyrs
Scitlitains, saint Spérat, saint Narzal, saint
Ciltin, sainte Donate, sainte Vcstine et sainte
Seconde. Ils furent mis à mort sous rempiro
de Sévère, p.^r ordre du proconsul Satyrnin
{VitjetiiHS Saturninns}^ le |»rt!mier, dit Ter-
tulfien dans sa 1 et Ire à Scapula, qui ait tiré
bj j^laive en Africpie contre hs chrétiens.
Sous le règne du même empereur, ajirès la
mort du pioconsol Minucius Félix, Hilarien»
gouverneur inlénmaîre, ht martyriser à Car-
thage les saintes Perpétue, Fclicilé» avec
les saints Sécondule (celui-ci mourut en pri-
soiî}, Révocat, Sîtturnin et Sature. Révocat
et Félicité étaient tous deux de condition
servile. Vivia- Perpétue était d'une haute
naissance. Elle tenait à une des familles les
plus importantes de la cité. {Voy, ses Actes,
a son article.) Quelque temps avant, mais
sans qu on sache précisément la date, saint
Epictéte, saint Second, saint Artaxe, saint
Vital, saint Félix, saint Saturnin, saint Ju-
cond, avaient été. brtllés vit^. Saint Quinte
ét.dtmort en prison. Les anciens marlyjolo-
ges et le Alarlyrologe romain mettent tous
ces maints au 9janvi«r. Il est fait mention da
quelques-uns ^l'entre eux dans les Actes de
sainte Per[*étue, au récit qu'on y trouve de
la vision de saint Sature.
Cette terre d*Atrique, cette terre aujour-
d'hui si désolée, et que Dieu semble pour-
tant vouloir relever de ses hontes et de ses
déchéances, pnnr lui rendre tes croyance»
qui jadis faisaient sa gloire, fut, h toutes les
époques de nos fastes chrétiens, arrosée par
le saiig des martyrs. Sous la pfcrsécution de
l'empereur Dôce, Cai'thage était, grûce à la
présence de saint Gyprien sur son siège épis-
copal, comme la sœur de Rome, Ce saint
prélat, la plus terme colonne de TEglise, don-
nait un lustre prodigieux au pays et à la
ville qui avaient le bonheur de lavoir pjur
évoque et pour j ►rimât, L'Eglise d'Afrique
était rhorreur des païens, comme elle était
rhunneur etradmirationdes chrétiens. Aussi
la persécution se déchaina-t-elle contre cette
Eglise avec une violence sans égale, RogatieUi
Félicissinie, une toule d'illustres confesseurs,
combattirent pour la foi dans le^ prisons et
dans les tourments. U périt dans les cachots
une foule do saints martvrSf par ordre du
cruel tyran qui sustdtaitune si terribla tem-
pête Contre TEglise du Seigneur, Le mons-
tre avait donne Tordi^ede les y laisser mou-
rir de taim : cet ordre barbare lut exécuté.
Les saints Viclorin^ Viciori Hérénée, Douât^
3
1
k
817
CAR
Firme, Ventus, Fructe, Martial, Aristoo, Ba-
rue, Quioto» Janvier, Macore, Gai lus, et les
saintes Fortune, Crédule, Hérène* Julie,
ainsi qu'une foule d'autres que TEglise ne
nomme pas, périrent de cette mort affreuse.
Les saints Paul et Fortunion périrent dans
les tourments de la question, ou immédia-
tement après; saint Basse expira sous la
main des bourreaui. La moisson de saints
et de saintes fut immense, mais hélas l les
blessures que reçut TEi^lise furent nombreu-
ses : un gmnd nombre de chrétiens relièrent
leur foi. (Pour plus de d/'lails,ro|^.CiTRiii:îs.)
Sous ilailus, la perséculion recommença,
<^lle fut excessivement violente ; mais ce
fut surtout sous \ alérien qu'elle le devint
plus qu'elle ne Tavait encore été. Saint Cj-
prien tomba pour la seconde fois entre les
mfiins lies persécuteurs, ei termina ses jours
SI pleins de gloire, par h m tin du bourreau.
Il fut décapit*'!. {Voy. son article pour pîus
amples détails, etpourcequi a trait aux dif-
férentes phases ae la persécution à Car-
thage.)
CARTIER (Awne), ursuHne m Pont-Saint-
Esprit, fiérit sur l'é hafaud, le 2G juillet
1794, à Orange, avec Thérèse Consolon, su-
périeure des Ursulines de Sislenin, Claire
Dubac , ^farguerite Bonnet, religieuse du
Saint- Sacrement , et Madeleine -Catherine
de Justamon, quatrième martyre du même
nom et de la môme fimille,
CAHVALHO (le bienheureux Jacques) ,
Portugais, de la compagnie de Jésus, faisait
Îartio do la troupe de missionnaires que le
* î>ia/ et le P. François de Castro condui-
saient au Br6>il, h la suite du B. Azevedo.
Un mois après le départ du Saint-Jacques^ qui
portait rc dernier, Diaz et ses compagnons quit-
ièronl Manière, atiu de poursuivre la route vers
U* Brrsil, avec le reste delà tlolte. La tempête
a^anl dis(»L'rsé les navires de Tescadre, celui
que montait noire bienheureux et ses com-
lutgnuiis déviîi vers l'ile de Cuba, et à San-
Vago on dut rabandonner, à cause de ses
nombreuses avaries. Les voyageurs truuvè-
reni une barcjue, qui les conduisit au port
d'Abaiia, d*ou un navire qu'ils y frétèrent
les tjansporta aux Açores, au mois d'août
1571, Ils y trouvèrent le commandant de la
flotte, Louis de VasconceUos avec le P, Diaz
et cinq autres jésuites, qui les y avaient de-
vancés. L amiral voyant son monde si ré-
duit, ne conserva qu'un navire, et ils se
rembarquèrent, le ti septemore 157L Bien^
tde lU rencontrèrent cmq vaisseaux de haut
bord commandés parle Béarnais CapdevilJe,
calviniste, qui avait assisté à Fabordage du
Stnni-Jacqut». Lé combat ne fut pas lurig,
et le* calvinistes s emparèrent du vaisseau
catholique. Le B. Diaz fut massacré, puis
jeté k la mer (le 13 sentcmbre), François de
iJastro ronfessait le pilote au moment où les
c/»lvinistes montaient a Tabordage, il fut
massacré. Gaspard Goes subit le même sort.
Le P. Michel, qui avait été renfermé avec
d autres durant la nuit , dans la cabine do
Lottii de Vasconcellos, ayant jeté un soupir
gua lui arrtcbail la blessure de son bras,
pendant gu'on les lui liait derrière le do«,
les calvinistes se saisirent de lui, et 1«^ jeté*
rent à la mer avec le B. François Paul. Pierre
Fernand fut également précipité dans les
flots, et fut noyé presqu'aussitôt avec Jean
Alvare, ne sachant nager ni l'un ni l'autre.
Alfonse Fernandez, après s'être soutenu sur
les tlots pendant plusieurs heures, s*enfonça
enfin vers minuit, en récitant le Miierere
meiy Deus, Alfonse André Pais se noya éga-
lement , en prononçant le saint nom de
Jésus. L autre, Pierre Biaz, fut également
noyé avec notre bienheureux Jacques Car-
val ho. Le dernier compagnon de leur mar-
tyre fut Fernand Alvare, Portugais. Voy. son
article. (Du Jarric, Fi^foiVf des choscM plut
mémorabies^ etc., t. IL p. 295. Tanner, Soete-
tas Jfsu usque ad sanguinii et vitœ profusio-
nem militans^ p. 174 et 177.)
CARVALIIÔ (Simon), était chargé de la
chrétienté deTan]aour,àrorientdu royaume
de Maduré. «t Ce Père, dit le jésuite Martin,
était Tun des plus illustres et des plus zélés
ouvriers de la province de Goa, ou il pas-
sait, sans contredit, pour le bel esprit qu'il
y eût. H y enseignait la théologie avec un
grand applaudissement, n'ayant encore que
trente ai*s; et il était dès lors dans une si
haute réputation de vertu qu'on ne l'appe*
lait communément qu'^ te saint Pire, Quoi-
qu'il s occupât très-utilement au service du
prochain dans la ville et aux environs de
Goa et de Malabar, il se sentit vivement
pressé de se consacrer à la mission de Ma-
duré, Il communiqua son dessein aui pro-
vinciauï des provinces de Goa et de Mala-
bar, et prit des mesures si justes avec eui,
qu il fut incorporé à la missiun de Maduré
avant môme qu'on soupçonnât qu'il eût
envie de s'y consacrer et que personne pût
sy opposer. Il y est un grand exemple de
zèle, de mortiûcation, de charité et de toutes
les autres vertus qui sont le propre de
rhomme apostobque. Pour moi, je regarde
comme un prodige que, étant presque tou-
jours malade, il puisse soutenir les travaui
immenses de sa mission. C est une chose
eitraordinaire de voir la douleur dont ce
saint homme paraît saisi, quand il arrive des
disgrâces à quelau'une de nos églises,: il en
a le cœur si serré, qu'il ne peut prendre de
nourriture; il est deux ou trois jours sans
manger et il dépérit à vue d'oeil. Ainsi, ou
lui cache tout ce qu'on peut «les traverses
dont le démon ne manque pas de nous altli-
ger. Mais Dieu paraît prendre plaisir à l'é-
prouver. Nul missionnaire ne souffre plus
de pejsécutions q .e lui dans le lieu ou il
travaille. En 1698. il eut la douleur de voir
rt-n verser une btdle église qu'il venait del>i-
tir entre la ville de Tanjaour et un fameux
temple u Idoles. Les prêtres de ce temple
Tavaient vue s'élever avec un chagrin mor-
tel ; lis résolurent de la détruire, et voici
raitifice dont ils se servirent ; ils répandi-
rent parmi le peuple que les dieux de leur
teraî»ie voulaient qu'on Oétruisîl réglise tJes
brahmes du nord, autrement qu*ils abâD*
dunnaient leur demeure » t parce quei
^m
CiS
CAS
530
quand il fallait aller au travers de Faîr, de
ceteraple à la vilîe de Tanjaour, ils trou-
vaient en chemin Féglise de cfs étrangers^
et que, leur étant impossible de passer par
dessus, ils étaient contraints, par une force
invisiule, de prendre un fort long détour,
ce qui leur était très-incomraode et les fati-
guait beaucoup. » O^^elque grossières que
fussent les plaintes de ces dieii\ imagi-
naires, les idolâtres y furent sensibles ; ils
s'assemblèrent et conclurent d'abalire Té-
gUse sous les auspices d*un ministre d'E-
tat qu'ils avaient gagné, et qui était d ail-
leurs grand ennemi de notre religion, j*
Le F. Carvalho, auquel Mau luit donne fe
prénom de loseph, à la ditîérence de Martin
et de Petit, qui le nomment Simon, fut ar-
rêté ainsi que le P. Michel Barlholdo, dans
^•iine persécution sangîanîe qui s'éleva contre
■Mes chrétiens. Il mourut le 14 novembre
1701, de misère et d'épuisement, d*nsla pri-
son de Tanjaour. Le P. Banholdo, après
avoir été tourmenté cruellement pendant
plusieurs jours, fut relâché, (Henrion, vol, IV,
■ CARVETRO, ville en Toscane, a été il-
lustrée par le martyre du pape saint Féliï II,
qui y périt par le glaive,
CASAL, ville des Etats Sartes,où révô-
![ue saint Vas soulfrit le martyre pour la dé-
ense dn la religion chrélienm>,
CASCAR, ville de Mésopotamie frontière
d'Arabie, eut pour évèque, sous Sapor Lon-
gue-Vie, saint Abdas, qui fut martvrisJ en
Tan 376 ou 377 à Lédnn, ville du pays des
Huziles. Plus tard, sous Yesdedjerdj elle vit
le martyre de son évèque Abd ésu-*, avec ce-
lui tle seize prêtres, neuf diacres^ six moi-
nes elsej>t vierges,
CASDÔÉ (sainte), martyrr', était femme
dfr Sàiùt Dadas, procluî parent de Sapor.
E^Ie souffrit le martyre avec lui et leur lils
Gatjdélas. Après avoir été défiouillés de
leurs honneurs, éprouvés par dive s tour-
ments, déchirés de coups et détenus dans une
longue et rigoureuse prison, ils eurent la
tête tranchée. L'Eglise célèbre leur mémoire
le 20 septemlire.
CASIK (sainte), qualifiée martyre dans la
plupart des martyrologes et des actes, con-
:*ssa i^énéreuseuienl la foi chrétienne h Tltes-
iloni(|ue, en Tannée 30'f, devant le juge
>ulcé4uis, avec les sainte«> Aga[ïe, Irèae et
Juiunie. On donne les détails de cette con-
Pession dans les Actes de sainte Agape de
rhessalonique. Toutes ces saintes sont fé-
ées par TEglise le 3 avril.
CASSANDRE, qualitié pensionnaire, dans
les Actes de sainte Agape de Thessalonique,
iéféra à Duleitius , gouverneur de Macé-
laine, eu Tan de Jésus-Christ 30i, les sain-
tes A|^ape, Quionie, Irène, Casie, Philippe
Et Eulycfiie, ainsi que saint Agathon, qu'il
ivait fait arrêter comme chrétiens, et comme
lyant refusé de manger des viandes consa-
crées. (Voy. Agape*)
CASSÉE (saint), martyr, soulfrit la mort
iésus-thr^sl « D.imas, avec les saints
tim, lu lieu» Mdcrobet Pdule et dix autres
qui sont inconnus. L*EgUse lait leur mé-
moire le M juillet.
CASSÏEN (saint), martyr, souffrit le mar-
tyre à Rome, avec les saints Pierre, Marcien,
Jovin et plusieurs autres dont le Martyro-
loge romain ne donne pas les noms. L'Eglise
fait colfeclivement leur fête le 26 macs.
CASSIEN (saint), fut l'un des quarante-huit
martyrs rais à mort avec saint Saturnin, en
Afrique, sous le proconsul Anuîin, en Fan
de Jésus-Christ 305, sous le règne et durant
la persécution atroce que llnfâme Dioclétien
suscita contre TEglise du Seigneur. {Voy* Sa-
TLiRNi\.) L'Eglise célèbre la fête de tous ces
saints martyrs le II février.
i'.ASSIEN (saint), martyre Imola, mourut,
pour la foi chrétienne, en Tan de Jésus-
Christ 359. Il était maître d'école, et fut ar-
rêté comme chrétien, probablement dans une
de ces émotions populaires qui, h répoaue
impériale, tirent tant de victimes parmi les
chrétiens. Cependant on dit qu'il fut déféré
au gouverneur do la province, et que celui-
ci le condamna ^ être tué par ses écoliers,
cjui durent le piquer de leurs stylets à
écrire, jusqu'à ce qu'il fût mort/ C*était
doubler sur supplice que de lui lionner pour
bourreaux des enfants dont les coups, sans
force et sans vigueur, devaient être redou-
blés souvent pnur produire TefTet qu'eussent
produit ceux d*individus plus forts. Il fut
mis mi au milieu d'une véritable armée d'en-
fants : Prudence dit deux cents. Pendant que
quelques-uns le frappaient avec leurs tablet-
tes, et les lui cassaient sur le visage et sur
la tète, les autres le torturaient de mille ma-
nières à coups de stylets. Les uns le pi-
quaient, les autres le tléchiraient tellement,
qu'ils arrachaient des lambeaux de chair;
qu*Oques-uns écrivaient sur sa peau. Après
m murt, les chrétiens renterrèrent à Imola.
Depuis, ses reîiuues ont été mises dans un
superbe mausolée. L'Eglise fait la fêle de
saint Cassien le 13 août. Les lecteurs nous
sauront gré de leur donner ici le martyre de
ce saint écrit par Prudence, au livre des
Couronne»,
* Imola est une ville dltalie, fondée par
Cornélius Sylla. Il y établit un marché qui
donna h la ville le nom du marché de Cor-
nélius. Passant un jour par ce lieu, dans un
voyage que je faisais h Rome, il me vint en
pensée que si j'allais prier sur le tombeau
d'un saint martyr qui est révéré dans ce lieu,
son intercession pourrait me rendre Jésus-
Christ favorable. Je courus, et je me pros-
ternai devant les sacrées reliques qui y re-
posent. Mais comme Je mouillais la terre de
mes larmes dans la vue de mes misères, et
que je repassais en ma mémoire les péchés
de ma vie, mes peines et mes faiblesses , la
douleur que j'en ressentis me fit lever les
jeux au ciel, comme pour y chercher du se-
cours. Je les rabaissais vers la terre, lors-
qu'ils s'arrêtèrent sur un tableau oui était
vis-à-vis de moi, et qui représentait le saint.
Il y paraissait percé de mille coups. Une
troupe d'enfants ^environnait, tenant à la
roaiu de petits poinçons qu'ils lui enfon-
H
831
CAS
(;aient dans le corps avec une fureur qu on
aurait poiue à s*imaginer dans un à^e si
tendre ; c'étaient les poinçons dont ils se
serraient pour écrire (1), et dont on avait
armé leurs mains pour ôter la vie à leur
maUre. Le mouvement qui agitait ces pe-
tits assassins, et qui était peint sur leur vi-
sage et dans leur action, semblait faire en-
tendre ce bruit confus que fait d'ordinaire
une troupe d'écoliers mutinés, ou qui sont
hors de la présence de ceux qui les condui-
sent.
« Je m'adressai au sacristain, et je le priai
de m'apprendre ce que signifiait ce tableau.
Il me répondit en ces termes : Cette pein-
ture» dévot étranger, n'est pas une ficiion,
ni une pure idée du peintre ; c'est une his-
toire véritable. Celui qui en est le principal
personnage était un maître d*école ; il se
nommait Cassien. Son habileté, jointe à une
excellente méthode, lui avait acquis beau-
coup d'écoliers; car il savait parfaitement
cet art si utile et si commode d'écrire par
des notes abrégées, d'exprimer par un très-
petit nombre de marques un long discours,
et de rendre mot pour mot, avec des points,
les paroles d'un orateur, avec quelcjue rapi-
dité qu'il les prononce. Son air austère, son
exactitude, et les dif&cultés rebutantes qui
se trouvent dans les commencements de
quelque science ou de guelcjne art que ce
soit, avaient plus d'une fois jeté la terreur,
et ensuite le dépit et la colère, dans l'âme
de ces enfants. La figure d'un maître n'est
pas un obiet qui soit fort agréable à la jeu-
nesse, et la passion de devenir savante ne la
touche guère.
« 11 s'éleva en ce temps-là une tempête fu-
rieuse qui ravagea tout le champ de l'Eglise,
et dissipa le sacré troupeau de Jésus-Christ.
Le maître d'école était chrétien, on se saisit
de lui, on lui propose de sacrifier, il le re-
fuse ; on ne délibère plus que du genre de
supplice qu'on lui doit faire souffrir. Quel-
qu un dit : Il faut faire venir ses écoliers, le
mettre entre leurs mains, et leur dire : Te-
nez, voilà votre maître qu'on vous aban-
donne, cet homme qui avait toujours les
Yorges à la main ; faites-en ce que vous vou-
drez; jouez-vous de la peau de celui qui a
si peu épargné la vôtre; percez, coupez, dé-
chirez ce censeur impitoyable; que vos
mains à leur tour se rougissent de son sang.
Ce sera, ajouta cet homme, une scène des
plus divertissantes qu'on puisse donner au
peuple, et nous aurons le plaisir de voir de
quelle manière ces enfants se prendront à
se venger de leur pédant.
AA ^K^^POsitioji plaît à la compagnie, on
dépouille ce pauvre maître, on lui lie les
mains derrière le dos, et en cet état on le
livre à la fureur de tout un bataillon d'éco-
liers ; on les arme de poinçons et de stylets,
on les anime, on les excite à bien faire. Ils
(1) Soit que ce fussent des canifs dont ils Uillaient
leurs plumes, ou plutôt de petits poinçons, qu'on
nommait aussi stylets, aveclesquels iU imprimaient
ns candères sur des tables eoduiies de cira.
a:
CAS SB
proûtèrent lr(»s-bîen des leçons do cniaulé
u'on venait de leur donner. L^* rossouTenir
es coups de fouets reçus réveillant dansées
petites âmes le désir de la vengeance, eileur
ressentiment ayant toute liberté «ragir, on
ne peut s'imaginer en combien de manières
différenres ils rexprimèrent. Ils lui jettent
d'abord à la tète leurs portefeuilles et les la-
blettes sur lo-quelles ils écrivaient. Les feuil-
lets, faits d'un l>ois (de buis) mince el cou-
verls de cire, sont lancés contre le vm^e,
le coupent en plusieurs endroits, en revien-
nent tout sanglan s, tombent et se bris nt
Mais ils laisseni bientôt ces premières armes,
qui ne font pas un effet assez prompt et qui
ré))onde à la grandeur de leur haine. Ils Hiel-
tent donc 1 urs |)oincons en usuge. Les nos
s'en servent commode dards (]un$ lui tireol
dans les yeux, les autres lui enfunceot les
leurs bien avant dans le corps. Ici Ton f«erc«
le martyr de Jésus-Chrisr, là on le découpe;
ceux-ci pénètrent jusqu'aux entrailles, cem-
là se contentent <le faire de longues incisions
sur la peau. Deux cents mains se iHKtefll
toutes h \\ fois sur ce corps, et il s'y lait *•-
tant d ouveitures d oi^ le san^ coule. Il ii*y«
pas do place pour tant de mams. Les Mes»
res les plus sensibles sont celles qui sont
les moin> mortelles, et celui qui ne fait que
pi(iuer avec son poinçon est bien plu^ erail
que celui qui enfonce le sien bien
Le premier, autant de fois qu*il en
la pointe, renouvelle la douleur, la' nu
plie, la rend en quelque sorte perpétaella.
En un mot, il attaque cent fois la vie sani
Tôter, il présente cent fois la mort sans b
donner; au lieu que le dernier, en poussât
son stylet jusqu'aux parties nobles est d'au-
tant moins inhumain qu il parait l'être da-
vantage. Mes enfants, que vos mains, %'û se
peut, ne se ressentent point de la faiblesse
de votre âge; achevez promptement votr«
premier homicide; que la cruauté vousfou^
nisse pour cela des forces que la nature ne
vous a pas encore données. Mais tous vos
elTorts ne servent qu'à faire languir le mar-
tvr et à vous rendre plus cruels en £u.<anl
durer plus longtemps votre crime. Les tour-
ments croissent à mesure que les bourreaux
se lassent. L'un des plus âgés se mit à le rail-
ler : De quoi vous plaignez-vous, mon cber
maître, n est-ce pas vous qui nous avez mis
ces poinçons à la main? Vous nousavei en-
seigné à former des lettres, quelle peine nV
vons-nous pas eue à rapprendre? Eb bieol
en voilà déjà plus de mille que nous Tenoiis
d'écrire sur votre corps. Un autre ijoiita:
Comment ôtes-vous tâché de ce que nous
écrivons? eh I ne nous faisiez-TOus pas écriit
tous les jours? Ne nous avez-vous |ias re-
commandé cent fois de ne point demeurer
oisifs, mais de ne passer aucun jour sans
former quelque lettre, ne fût-ce qu un al|*ha?
Un troisième venait lui dire : Nous ne de-
mandons pas que vous nous donuiea aujour-
d'hui.con^é, ce congé que vous nous avei
refusé tant de fois, et dont vous éties si hoù
ménager; nous aimons mieux à
écrire que de nous aller difertir«
S33
CAS
CAS
8M
tre, dirait uïi qunlrième, YOilA une grande
pa^p que je vï-^iiS décrire, il n'y manque ni
points ni virguirs; corrige?-!,!, s'il vnus plail,
€l s'il y a quelque laule, î^i îïh ri Uire n'est
pas bieii formée, si les rnt aelères ne mut pas
assez marquc^s» que les férules, que les fouets
ne me manquent pas. CV^t ainsi que ces pe-
tits imfnes, mêlant la raillerie h h cruauti',
procuraient à leur uiailre la eouronne du
martyre.
« Car enfin Jésus-Chrîst eut pitié de son
serTiteur^ et rompant les derniers Mens qui
siltdehaîent ©ncoro son Ame ^ son torps, il
lui permit de sortir de prison. Mille ouver-
tures s'erapresscot h lui donner pass,ige.
Voilîi, dévol étranger, poursuivit le sarns-
lain, la glorieuse histoire de Cassien; voilà
ce qpie vous admirez dans ce tableau. Si
maintenant vous avez quelque rhose à de-
mander Hu ciel; adressez-vous h notrft saint »
«iinettéz-lui vos intérêts entre les mains,
Côn^iez-lui vos vœux, il les portera sûrement
au trùne de Dieu, et il vous en rapporter.!,
n'en doutez pas, r,'icromplissoineid. Je crus
c<s Uon sacristain, j'emlirassai le tombeau, je
1 Arrosai d© mes larmes, l*ardeur de ma
prière échautfe le marbre; rempli dY^spé-
Fcinee, j*ex|>ose mes craintes, je fais ma de-
n-^- rV- jf. syîs oxaucé, j'arrive à Rome, tout
' f*de selon mes souhaits, je retourne
^iispagne, je publie le pouvoir de §aint
jrten, »
MSSIEN (saint), martyr, cueillit la palme
flu martyre h Rome, 11 eût pour eomp «gnons
1 à** sa gloire les saints Lucius, Roi^at et Can-
^ dide. L'Eglise honore leur immortelle mé-
moire le 1" déeeml>re.
CASSIEN (saint), exerçait la charge de
^^iersous Aurèîe Agricolan, lieutenant du
_ fel du prétoire, en Afrique. CéUùi lui qui
^ tenait la plume et qui écrivait les réponses
th Alareel dans finterro^^atoire que ce j^éné-
[feiiz soldat f^rôta devant ce magistral, Je 3
Fdes calendes de novembre. Agriêolan le prés-
idait vivement, et se servanl, (lonr 1 ifitiraider,
[lie paroles menaçantes qu'il prononçail d'une
|.voiîL lernble, il sendjlaît qu'il allait'bii ana-
|rber un l.lelje "t hoiUeux désaveu de sa foi.
l liais le saint martyr niontra en celte rencon-
Iro une fermeté in'ébranlfd>le ; il protesta tou-
jours hautement qu étant soldat de Jésus-
iChrist, il ne pouv^rit |)lus porter les amies
t|)our un autre maitre; et il persiçita dans
Icelle déclaration avec une constance si hé-
Iroique, qu'y parut en ce moment (Mre lui-
jinéme le juge de celui qui le jugeait, Agri-
Icotan commençait à entrer en fureur; el,dé-
[chargeant sa colère sur ïe pa[»ier, il dictait
Là soii greffier tout ce cprelle lui inspirait,
Passion écrivit quelque temps ; mais entin,
royaut que le gouverneur, ijuoiquc vaincu
les réparties sa^^es et sensées de Marcel»
^ïie laissait pas de prononrer contre lui la
sentence de mort, la patience lui échappa. Il
^De put dissimuler dàvanta;|e son indT.:5r.ation,
iil se leva brusquement du bureau sur le |uel
lil écrivait ; et, se récriant de toute sa force
icoolre une si horrible injustice, il jeta au vi-
IBage du tyran, plume, encre et panier. Une
action de celle force mit le trouble et h con^
fusion dans toute rassernlHée, et h partagea
en divers senti mei)ts. Les un«î étaient dans
I admiration, les autres dans la crainte, tous
dans la surprise et dan< l'attonln, Marcel
souriait, mais Agrieolan frémissait de raj^e;
il descendit tout furieux de son tribunal, et
ne se possédant presque plus, il demrmda h
Cass'en pourquoi il avait ainsi jet/' les re-
gistres Il teïTe ? L' grr QiiT lui répondit : Parce
que vous venez de rendre une senteur e in-
juste, Agrieolan, pour ne se voir plus exposé
a de nouveaux reproches de son injuste
cruauté, renvoya en prison.
Au resie, la joie que saint Marcel avait
témoignée par son sourire provenait d'un
secret pressentiment que le Saint-Esprit lui
avait donné que Cassien serait le compagnon
de sou martvre. En effet, saint Marcel en
ayant ce jour-là même reçu la couronne pour
laquelle il formait dipuîs longtemps de con-
tinuels souhaits, pou de jours après, c'est-à-
dire îe 3 des nones de décembre, le bien-
heureux Cassien la reçut aussi au même lieu
et prcstpie avec les mêmes circonstances.
CASSlliN DE NANTES [le bienheureux),
capucin, fui lapidé en 1t)38, avec te bienheu-
reux A^atbange, supérieur des capucins d*E-
gypte. (t'o//. AGiTHAVCE.)
CASSIOS (saint), martyr, répandit son Sfîng
pour la iVu, h Bonn en Allemagne, 11 eut,
pour compagnons de son martyre, saint Flo-
rent et plusif'urs autres dont les noms sont
inconnus. On n'a pas de dé ta ils authentiques
sur eux. L'E^^lîse célèbre leur mémoire le
10 orlobre.
CASSHJS (saint), martyr, cueillit la palme
du martyi" h (iôme, avec ses saints compa-
gnons CarpO|dK*re, Exanlhe, Se vérin» Second
et Licinius. Ils furent décapités. L'Eglise les
honore le 7 août,
CASSIUS ou Cassi f saint), prêtre et martyr
d'Auvergni% fut mis h mort très-probable-
ment à Cicrraont, en Tannée 2(>6, à peu près
quand Chroeus, roi des Allemands, vint ra-
vager b'S tiaules, où il fil de nombreux mar-
tyrs. Il eut pour compagnons de ses corn-
b'ds et dt' son triomphe saint Vietorîn, qu'il
avait converti h la religion chrétienne {Votj,
soti article), et saint Maxime, dont la vie et
les actions sont inconnues. Il y avait autre-
fois h Charment une église paroissiale qui
portait le nom de saint Cassi, Ces saints, qui
sont encore en Auvergne Tobj-'t d^nne grande
vénération, sont fêtés par l'Eglise le f5 mai.
CASTANAREZ (le bienljeureox), mission-
naire de la conqi.'fgrn'e dé Jésus, ayant été
averti qn*un raciqur» des Malaguayos s'était
rendu h Salla pour y demandrr un mission
n.'iire, pirtit évan^éliser ces inlidéles, a^ec
un cspog'iol nommé Azoca. Ea demande du
cacique était un piégo tendu aux jésuites,
Castanarez reçut la mort de la main de ce
prince méuu?, et son compagnon de voyage
ÎYit massacré eu même temps. Leur martyre
arriva le i5 septembre 174i.
CASTANEOA, d .minicain espagnol, eut la
tête iranchée pour la religion chrétienne, le
7 novembre 1773, dans le Tont|uin, 11 f ut,
su
C4$
€1S
S3«
pour eompêÇMm de ton sapplicé, Tioceol
Liém, dominicain t4>nqainois.
CASTE ^Mint;, reçut la couronne du nur-
trre en Afrique, sous Tempire de SepCime
fH^rère, arec saint Emile. Le seul document
que nous ayons par rapport à ces saints se
troure dans saint Cjprien 'Ife Lapsis). Voici
ce qu'il en dit :
« Après qu'ils eurent été raincus au pre-
mier combat. Dieu les rendit rictorieux au
%t('X}U(ï. D'abord ils cédèrent aux flammes ;
mais les flammes leur cédèrent ensuite, el
ils terrassèrent Tennemi par les mêmes ar-
mes par lesouelles ils araient été tenassés
aupararant. âeux-là demandaient pardon en
montrant non-seulement leurs larmes, mais
aussi leurs plaies, et ils ne le demandai-nt
pas seulement arec une roix lamentable ,
mais encore aYec la toîx des blessures dont
leur corps arait été cruellemeiit déchiré.
Leur sang leur tenait lieu de pleurs, et Teau
toute sanglante qui coulait de leur chair
demi-brûlée leur serrait de larmes. PossiJe
marque un sermon de saint Augustin sur le
jour de l'i fête de ces saints, et no js Tarons
encore. C'est là que, parlant de la chute de
saint Pierre causée par sa présomption, il
dit ces paroles : Je crois qu'il est arnré
quelciue chose de semblable aux saints mar-
tyrs dont nous célébrons aujourd'hui la fête.
Ils avaient apparemment présumé de leirs
forces aussi bien que saint Pierre, et c'est
pour cela qu'ils ont succombé d'abord. Dieu
leur a montré ce qu'ils étaient et ce qu'il
est; il les a confondus quand ils ont été sj-
porbc^, et ils les a appelés quand ils ont
reconnu leur faiblesse. 11 les a ensuite as-
sistés dans le combat, et il les a couronnés
après la victoire. L'ennemi se réjouissait
déjà, lorsqu'il les vit, dans le premier choc,
céder aux douleurs ; il les comptait comme
è lui, il leur insultait; il les regardait comme
sa proie. Mais à quel bonheur et à quelle
Çloire la miséricorde de Dieu les a-t-e le
élevés? Les autres martyrs ont surmonté
le diable lorsqu'il les tentait, et ceux-ci l'ont
vaincu lorsqu il triomphait déjà. Imitons-les,
mes frères, a ajouté saint Augustin, non dans
ce qui les a fait tomber, mais dans ce qui
les a fait vaincre. Dieu a voulu que nous
connussions les fautes des grands nommes,
i»our faire trembler ceux qui se flent sur
leurs forces, et afln que nous trouvassions
partout des leçons d humilité, comme il ne
nous asauvi"*» lui-même qu'en s'humUianL»
— L'Kgli«iM fait leur fêle le 23 mai.
C/\M TK («inint;, n;çut la couronne du mar-
Br<* t\svi) les saints Magne et Maxime. Le
arlyrolo^e romain ne donne pas de détails
sur le lieu, lV*|Kique et les circonstances de
leur martyre. I/Kgliso fait leur fôtc le k
septembre.
CA8TK (saint), martyr, endura la mort
Sour Jésus-Christ à Capouo, avec les saints
laroel, Emile et Saturnin. Le Marlyroloae
romain ne nous donn<î aucun détail sur la
date et les rirconslances do leur martyre.
L'Eglise vénère leur mémoire le 6 octobre.
CASTE (saint) , martyr, répandit son sang
rr la foi à Sinuess«, aree saomft Sccnodin-
étaient tous deux érèqnes. Le Martyro-
loge romain ne donne aucun détail sur Té-
pogue et les cirtonstaDe«« de leor martyre.
LTlglise lait leur fête le 1** juiOet.
CASTEL le bienheureux Joscpb;, confes-
seur, frère de la Merci. r#jf. Mosiin. ^'Ber-
Dard;.
CASTOR [ saint ^ , martyr, est inscrit aa
Martyrologe romain le ^' avril, aree saint
Etienne. Ils souffrirent à Tarse en Cilicie,
dans des circonstances dont la connaissance
n'est point parvenue jusqn a nous.
CASTOR ;saint,t martyr, reçut la palme dm
martyre en' Afrique , arec les saints Victor
et Rogatien. Le Martyroloee romain ne
donne pas de détails sur le Lieu préds , la
date et les circonstances de leur martyre.
L'Elise honore leur mémoire le 28 dé*
cembre.
CASTOR (saint), martyr, répandit son
sang pour la foi à Tarse en (Cilicie, arec saint
Dorothée. On n'a pas de détails sur leur
martjTC. L'Eglise fait leur sainte mémoire la
28 mars.
CASTORE :saint^ frère de saint Nicos-
trate, greffier en chef de la préfecture de
Rome sous Carin, empereur, et sons ChnH
mace, préfet de Rome, se converiit arec soo
frère, fut instruit par saint Marc, saint Sé-
bastien, ba. tiȎ par saint Polrcarpe. Quand
sainte Zoé et saint Trauquinin eurent été
martyrisés, il fut pris étant à la rechercha
des corpsde ces saints martyrs,avec les saints
Claude, Nicostrate, Vîctoriu et Symphorieo.
Conduit devant le nouveau préfet, qui se
nommait Fabien, il fut pen.iant dix jours de
sa part l'objet de mille obsessions, qui ne
purent ébranler sa foi. Ensuite le nreiet le
lit appliquer à la torture trois fois a^i suite,
puis le fit jeter à la mer avec ses »aints
compagnons. La mort de tous ces glorieux
martyrs arriva au 17 juillet, et malgré cela,
le Martyrologe romain fait leur fête le 7 du
môme mois. \yoy.^ pour détails plus amples,
SÉBASTIE!!.)
CASTORIUS f saint), martyr, était sculp-
teur à Rome en 30^, sous Tempereur Diocté-
tien, il refusa de faire des idoles et fut mis
à mort pour ce motif. D'abord il fut mis en
prison, ensuite déchiré avec des fouets gar-
nis de pointes de fer, puis précipité dans la
rivière. Sa fête a lieu le 8 novembre.
CASTRICE, était président en Paphlago-
nie. Ce fut lui qui fit mettre saint Hyacinthe
en prison, après Tavoir fait souffrir. Ce saint
y mourut.
CASTRO ( Alfonse de } , de la compagnie
de Jésus, avait travaillé sans relAche à ga-
gner des âmes à Jésus-Christ , de 15^9 à
1558. Un jour s*étant embarqué à une des
îles du groupe de Gilolo, pour en gagner
une autre voisine deTeraate, les matelots, qui
étaient mahométans, voulurent faire leur
cour au Kouverneur de Tile, qui était au<si
disciple de Mahomet. Ils dépouillèrent Al-
fonse de ses vêtements, lui lièrent les pieds
et les mains, et l'attachèrent à une vergue.
Il y demeura trois jours exposé aux iqurei
CAS
Ips. Arrivés au fMjrt, ces barbares lui
irenl une grosse pièce de bois au cou,
reût les mains derrière le dos, et le
renl en cet état sur un sol rempli d as-
s* Il fut achevé à coups de cimeterre
i h ]a mer. Mais trois jours après, une
re miraculeuse fit trouver le corps que
Is avaient jeté au rivage. Son martyre
eal55$, l.e$ mf^urtrîers périrent bien-
I uns dans un combat naval, I s autres
5s douleurs atroces, co'isomés par la
appelée feu Saint-Anloine. (Du Jarrio
redes choses plus mémorables^ etct. I,
I Tanner, Societas Jesti usque ad san-
et titm prafttsionem mi Ht an s, p, 226.)
TRO ;BEiioiT dk), de la c ^mpagnie de
faisait partie de la sainte troupe de
innaires qui su vaierit le bienheureux
do au BresiL (Voy. Azevedo.) Leur Ha-
ut pris par des corsaires caJvinistes,
I massacrèrent ou les jetèrent dans les
Noire saiot s'étaiil Jeté au milieu des
laux, un crucitix à la maio, et s*é-
qu*il était catholique, reçut trois coups
ebu>et ni us leurs coups d*épée et fut
Irécinile dans les tlots, (Du Jarrie, Flis-
Ira choses plus mémormks, etc., t. li,
i Tanner^ Socirtas Jesit usque ad san^
I ti vUœ profusionem militans^ p. 16ti
CAT
55ft
i
KO (FRA?yçots me), était à la télé
I partie de la troupe de missionnaires
\ bienheureux Azt*vedo conduisait au
, Un mois après le départ du Saini-Jac-
qui portait ce dernier, notre saint et
imfiagnons quittèrent Madère, alin de
livre la route vers le Brésil avec le
Je la Ûotte. La tempête ayant dispersé
lifires, celui que montait notre bien-
Mi et ses compagnons dévia vers Tile
iba, et à San-Iago on dut abandoruîer
Seau qui faisait eau de toutes |*arts*
)yageurs trouvèrent une barque qui
Dduîsit au port d'Abana, d'où un na-
|u*ils y frétèrent les transporta aux
5 le mois d'août 1511. Ils y trouvèrent
omandant de la Hotte, Louis de Vas-
los, avec le P, François et cinq autres
>s qui les y avaient'devancés. L'ami-
royant son monde si réduit, ne con-
qu*un navire, et ils se rembarquèrent
eptembre 1571. Bientôt ils rencontré-
hiq va sseaux de htiul bord, comman-
ar le liéarnais Crqideville, calviniste,
Était trouvé à l'abordage du Saint-Jac-
ï*e combat ne fut pas long, et les cal-
es s'emparèrent du navire catholique,
îoheureux Dtaz fut massacré, puis jeté
1er le 13 sepleml)re. François de Las-
fDfessait le pilote au moment où les
istes montaient à l'abordage; il fut
rré. Les compagnons de son martyre
le P. Diait, Gaspard Goez , Portu-
licheU Aragonais, de Tarragone; Frau-
*aul» Portugais; Jean Alvare, Portugais;
I Fernand, Portugais; Alfonse Fernao-
>ortugais ; Alfonse-André Pais, Porlu-
un outre Pierre Diaz, Portugais ; Jac*
[larvalho, Portugais; Fernand Alvare,
Portugais. (Du Jarrie, Histoire des chose»
plus mémorabks^ etc., t. Il, p* 295. Tanner,
SociHas Jesn usque ad sanguims et vilœ pro*
fusioftati militans^ p. ITi et 177.)
CASTULE (saint), intendant des éltives du
palais inipérial, au commencement du règne
de Dioclétien, logeait chez lui les chrétiens.
Un traître, nommé Tori|ual, qui avait déjà
livré saint Tibnrce aux persécuteurs, le lit
arrêter. Trois fois Castule comparut devant
le juge, trois fuis il fut suspendu eu Tair et
cruellement tourmenté. Comme il persévé-
rait toujours a confesser la foi de Jésus-
Cljrist, il fut jeté dans une fosse, où on lac-
câbla sous une énorme quantité de pierres
et de sable. Son martyre eut lieu sur la voie
Lavicane. L'Eglise honore sa mémoire le 26
mars.
CASTULE (saint), martyr, eut la gloire de
vers*.T snii sang pour Jésus-Christ avec les
saints Saturnin, Magnus et Lucius, L'Eglise
les fête le 15 février.
CASTULE (saint), fut martyrisé en Afri-
que, On ignore h quelle époque et dans
quelles circonstances. Nous savons seule-
ment qu'il eut pour compagnons de ses com-
bats les saints Zotique, Rogat, Modeste et
quarante soldats. Leurs noms sont inscrits
au Martyrologe l'omain îe 12 janvier»
CASTULE [saint), martyr, mourut ponr la
foi à Rome avec liuprépite, L*EgIise célèbre
leur sainte mémoi e le 30 novembre,
CAT (saint), soulfrit le martyre pour la foi
en AlVique, sous le lègne tle V'aïérien, Tan
25t), avec les saints Paul Géronce, Janvier,
Saturnin, Successt^, Jules, et les saintes Ter-
tulle, Germaine et une autre. On manqua de
détails authentiques sur leur martyre. LT-
gtise fait leur fête le 19 janvier.
CATALE, maître de saint Hespère, do
saiïite Zoé et de leurs deux enfants, saitjt
Cyriaque et saint Théodnle, demeurait h
Attalie, ville de Pampliylie, Il était paien.
Il lit mourir, en les renfermant dans un
four, saint Hespère avec sa femme et leur^
deux enfants, parce que ces derniers, indi-
gnés du culte qu'il rendait aux faux dieux,
s'étaient proclamés chrétiens.
CAT ANE , ville de Sicile, eut l'honneur,
sous 1 empereur Dèce, de voir le marlyre de
sainte Agathe, Ce fut le consulaire Quint» en
qui la lit mourir, {Voy, son article.) Ct'lto
ville et celle de Palerme se disputertl l'avan-
tage d^avoir donné naissance h cette sainte.
Il y a dans ces [irélentions contradictoires
quelque chose qui fait peine aux horarues
sérieux, sans toutefois qu ils doivent s'en
étonner. Que sont donc, mon Dieu, ces dé-
linjilatiODs qui font ici-bas les citoyens et
les peuples? Est-ce qu'à vos yeux, les hom-
mes rachetés de votre satig ne sont pas tous
frères eu Jésus-Gin ist et lils de la même
mère, TEghse? Est-ce que la sainteté ne
donue pas à ceux que vous en rtvéli^z le ti-
tre de concitoyens de tous les hommes?
En 304, sous le règne de Dioclétien, la
gouverneur Calvisien lit mettre à mort, pour
1,1 foi dans cette ville, saint Euplius. (Voy.
soti ariïcle*J
8»
CAT
CATHERINE (sainte), i^ierge et martyre,
viva t h Alcxan^irie du temps de IVmp-reur
Maxirnin II. Ce fat sous lui qu'el e-onfe'îsa
généreusement la foi, en s nilfrant pour Jé-
sus Christ. Ses actes ont été fiilsiiiés, on ne
peut »;onc guère y faire foi. Malgr » t<»ut, ce
nom de Catherine a été par les siècles en-
touré d'une telle vénéraiion, d'un tel pr •s-
tige de grandeur et de poésie, qu'on ne p«'ut
se refuser à croire nue la sainte qui l'a il-
lustré n'ait été grande parmi celles que Dieu
lit entrer pir la vertu, r>ar las »utfrance, dans
la cohorte privilégiée de ses élus. Tous ceux
qui ont ()arlé de sainte Catherine, même les
nlus grands saints, ont ajont<> quelque chose
à ce merveilleux qui l'entoure. On dirait
qu'à l'envi ils ont voulu lui faire son au-
réole. S'd faut en croire saint Basile, Cathe-
rine était de race royak. Elloavait de grandes
connaissances. Elle confondit plusieurs phi-
losophes avec lesquels Maximin l'obligea de
discuter. Ces philosophes furent convertis,
et, ayant persisté dans la foi, ils furent brû-
lés tous ensemble. Ce qu'il y a d«: certain,
c'est qu'étant jeune et be le, possédant cette
double couronne qui fait la lemme reine de
ce monde, elle la mit aux pieds du Seigneur.
Certes, elle aurait pu, elle aussi, embellir
son avenir de beaux rêves, croire à toutes les
illusions que son cœur ne manquait pas de lui
montrer. Elle était riche : elle avait tout pour
plaire aux yeux, tout pour exciter les ambi-
tions. La jeune vierge ne voulut être que
l'épouse du Seigneur. A cette époc^ue san-
guinaire, les persécuteurs, tigres altérés de
carnage, ne regardaient pas où allaient frap-
per leurs fureurs. Ni les cheveux blancs du
vieillard, ni les gnlces de la j unosse, rien
no les arrêtait. Les bourreaux prirent Ca-
therine et la mirent toute nue sur des rouos
garnies de pointes. Mais quand on voulut
les f.iire tourner, les ct)rdes se brisèrent mi-
raculeusement, et la jeune servante de Jé-
sus-Christ fut délivrée de ce supplice. Ses
Actes ajoutent qu*elle fut condamnée à être
décapitée.
^ Si l'on s'en rapporte à Joseph Assémani,
c'est à elle qu'il faut appliquer ce passage
d'Eusèbe:« Il y avait à Alexandrie une
vierge chrétienne, distinguée par ses ri-
che-^ses et par sa naissance ilhistre. Elle eut
le Cf)urage do résister à fa b; ulalité nu tyran
Maximin, qui se faisait un jeu de déshono-
rer les autres femmes de la ville. Elle joi-
gnait aux avantages dont elle jouissait dans
le monde, un savoir peu commun. Mais la
vertu, mais la chasteté, lui parurent préfé-
rables à tout. Quoique le lyran n'eût pu
réussir à la séduire, il ne voulut point la
condamner à mort; ils se contenta de la dé-
pouiller de ses biens et de l'envoyer en
exil. »
Ainsi, suivant ce récit, sainte Catherine
n au. ait pas été martyrisée, elle aurait sim-
plemoL» souffe.t Texil et peut-^tre quelques
tourments avant d'y êti convoyée. Dais le
VIII* siècle, les chrétiens, qui étaient en
Egypte soumis ii la dominât Ofi cruelle des
Sarrasins, découvrirent les reliques de sainte
CAT M
Catherine. On les porta dans le monastère
que sainte Hélène avait fait construire sur
le Sinai en Arabie. Falconius, fiarlant de
celle iranslat'os ^'exprime ainsi : « Il est
dit q e le corps de la sainte fut porté par
des anges sur le mont Sinaï; ceci veut aire
que les moines de Sinaï le portèrent dans
leur monastère pour l'enrichir de ce pré-
cieux trésor... On sait qu'on a souvent dé-
signé l'habit monastique par un hab;t ang^
lique, et qu'anciennement les moines étaient
appelés anges^ à cause de la sainteté de leurs
fonctions toutes célestes. » Quoi qu'il en
soit de l'expl cation du vénérable évèqne,
la tradition populaire a pris le dessus, et,
dans beaucoup de contrées, ont croit à la
translation de sainte Catherine par ies
anges.
Je me souviens encore d'une maison ot
j'allais souvent, il y a quelques années. C'éCail
chez de pauvres ouvriers. Il y avait Ik UM
jeune fille, nommée Catherine, belle coiUBt
sa patronne et bonne à son exemple. Sou-
vent je la trouvais au chevet des pauvies
malades. A défaut d'argent qu'elle n*tvait
pas, elle leur portait des consolations et da
courage. Je vois encore au-dessus d'aï
meuble en noyer l'image de sainte Cath^
rine. Une palme à la main, symbole du maiv
tyre, la sainte était portée par des anges*
Le récit que me faisait la jeune fille toucamt
sa patronne, était bien celui de la tradition.
Hélas! me suis-je dit, dans les croyances
Eopulaires il y a quelquefois des errenn.
'est comme la poésie des pauvres gens^
pourquoi la leur ôter? Laissons ces opinions
qui ne font pas de mal, bien qu'elles puis-
sent être erronnées. Le pauvre peuple ne
saurait guère se priver de croyances ascéti*
ques, et môme de faits merveilleux. Tant
de réalités dures le ramènent au positif toof
les jours !
Dans le XI* siècle, un moine du Sinaï
nommé Siméon, venant à Rouen pour y
recevoir l'offrande que tous les ans Ricfaara
de Normandie faisait h son monastère, lui
apporta une partie des reliques de sainte Ca-
therine. Le reste des reliques de la sainiet
est encore au mont Sinaï. L'E^'se fait la
fête de celle sainte le 25 novembre.
CATHERINE II, impératrice de Russie,
femme de Pierre III , fit empoisonner son
mari pour pouvoir plus librement vivre avec
ses amants. Comme le poison n'agissait pii
assez vile elle eut recours à la corde: It^ mal*
heureux Pierre III lut étranglé. Lors du
partage de la Pologne, 1 M*ticie 5 du traité
de partage portait : « Les catholiques ro-
mains jouiront, dans les provinces cédées
par le présent traité, de toutes leurs pro*
])riétés, quant au civil ; et par r.ipport à II
religion, ils seront entièrement conservé!
in statu quo, c'est-à-dire dans le môme libra
exercice de leur culte et discipline, avec tou-
tes et telles églises et biens ecclésiastiqaes
qu'ils possé :aient au moment de leur p»s*
sage sous la domination de Sa M»^té Im*
périale, au mois de septembre 1773; et âa
dite Majesté et ses suocessem^oe se servie
CAi
t point des droits û' sourniaîn, nu pré-
ice du statu quo de h\ roH^ton rathoîique
laine dans le mv^ sus ineiitionn '5. »
tïi 178'f, en 171*8, cninrne pIIo lo lîr t-Ins
I en 1815» In Hiivsfe av.'iit suleouefTcinenf
^fnnu aux papes los droits dr* rKg|i>0
ioliqne du nlt? greo ot du uto la in. Ces
lés avaïput romî la «îanctioii de Tex/'eu-
L Noiamnienl, l(^ satnt sié.;e avail v^di lé
son nonce Ar{*hetli hi fiéaliou de far-
réché de Mohilow. Ce fut à ceUe ocra-
que fol émise U bulîe Ona'osapfînturn'
Ktri>\ Nous pourrions oncnrt' ci ( cr d*n titres
ioijs dais )e^(|uenes ces traites firent
rtJlés, Catîienne 11, rpn avait juré de les
jlteotr, consacra $%i vie el tuus leseirorts
ta nolili<|ne à détruire la reli^ioi catho-
t cfaiisses (\tàls. Elleconinititça pars'ap-
>rier toas les biens des églises et des
fputs calhofiques. On sait quelle eorn-
letion fut donnée eu échange. Lors de In
lution trangaise, on Jil la loèjne chose;
[ du moins on vota j)oyr les pr«}tres un
Ifuent qui piU leur permettre de vivre.
"Russie, la générosité impériale leur at-
environ quanmie ou cinquante fraucs,
&nunenl on veut abrutir [»ar la tuisère
'^é aucjuel on ne laisse aucune autre
jrce. puisque le peuj>le est Intp pauvre
; le solder ou pour lui faire rauinône.
spe avait ordonné aux catho iques de
chacun dans leur rite, soit gre/:, soit
€EC
m
Catherine avait promis de tout laisser
^ égard dans le statu quo. Elfe n'en tint
te et commanda aux catholiques du
rec de iiasser au rite latin ou bien
rassDr le scïiisuie. Beaucoup, liabitués
île grec, n*eti voulurent pas i. hanter et
reui schisiuatiques. Dans cette œuvre
lique, Cât ierine fut a dée par Stanislas
1^ Siestrzeucewicï évéque de Vihni ,
j[& ût| pour le payer de ses services,
(r à l'évôché de AÎohilovv» qu'i'U sa fa-
telle éleva au rang d^archevéché. U le-
i même terups le titre de luélropoli-
,sur toutes les églises de l'empire. Ce
fureuxt bien que Polonais, s'entendit
'odoski^ pour perdre sa [Mine, et pour
Irrer aux Musses. Il pr enait impudem-
\ïe litre de légat à lalere dusaint-siége.
lùrisa les projets de Crdherine, en fur-
ion clergé a adopter le rib^ lalin. Beau-
|de populations à cëuse de cela, jjour
Irver le rite grec, passèrent au sdnsiue.
Irine pour augmenter les conversions,
1 179Jk, partir des bandes de pop^ s et do
|s » qui parcouraient son em[>ire en
lut des roups de fouet et de knout
[raisons a ceux qu'ils voulaient amener
pisme. Les |)rélres qui ret^usaienl étaient
lés de leurs paroi s>es, avec leurs fum-
fit leurs enfants. Les peuples tidèles
It déchirés de coups. Souvent ou leur
|it le nezt les oreilles, onleur anachait
riSt ou les leur brisait ùcoujisdecro^*
fusil. L'évéque de Kamiinec, Pierre
ivski , fit de vives représenta jons au
^rnement, il présenta des mémoires au
Pie VI, lequel lit de très-pressantes
r,"
i
démarches pour obtenir que Catherine cban-
ge.'U de conduite. Elîe répondit en suppri-
m:tnt dnns ses Etats tous les évéchés ru-
thénicns unis, ainsi que tous les couvents
bas lie^s. Celte persécutrice sapfirôlaît à
loarsuivre ses desseins abominables quand
a nirirt vint la fra[>per, en novemlire 1790.
Non contente de perséctiter bs catholiques
dans ses Etats, Catherine s'était associée à
tout ce que le siècle avait produit d'écume
dii!ûso5>hiq te en Europi^, Elle favorisait îous
es encyclopédistes, Vollaire, Diderot» d'A-
lem^ei l, élnieot de ses amis. (Voyez leurs
articles,) Ces hommes étaient assvz Meheset
assez vils pour se faire les liai leurs, les ad-
mirateors de celte Messafine, assassin de son
njHri et bourreau de la Pologne. (Fo^, no-
tamment Voltaihe.) Quand on a Famour de
Ja jialiie et Farnour de riiunianité, on est
vraiment honteux de remuer celle fange
qu'on ni^mrae ïo idiilosopliisme moderne.
CATULIN (sainlj, dkHT</ et martyr, dont
sainl Augustin pro^ionra le panégyrique,
suulfril le martyre à Carthagc avec b's saints
Janvier, Florence et les saintes Julie et
Juste. Ils furent inhumés dans la basilique
de Fauste. l/Ej^ise célèbre leur imoiorlelle
mémoire le 15 juillet.
CAUBHI, bourg du diocèse de Cambrai»
où sainte Maxellende fut assassinée en 670»
par un s+igneur nommé Harduin, auquel ses
parents l'avaient promise en mariage. Elle
avait voué, étant tout euftmt, sa virginité à
Jésus-Christ, et rien ne put la détourner de
raccoiuplissement de celte promesse. Har-
duin, (jui l'avait enlevée, la tua l.'lchement,
voyant qu'il ne pouvait vaincre sa résolu-
tion. 1/Eglis<^ de Cc'iUbri possède encore une
parte d<^ ses reliques*
CAUX [pays de), Cahii, partie de la haute
Ntirmandie, est indiqué dajis le^ Actes de
sainle Honojine comme ayant été illustré
par son martyre, dans le m* ou le iv* siècle.
(Voi/. Hoî^omvE.)
CÉCILE (sainfe), vierge et martjTo, était
Uomaine et d'une famille patrici<"nne. Elle
fut élevée dans le sein de la religion chré-
tienne. Etant touto Jeune, elfe avait fait va?u
de chasteté perpétuelle, mais ses parents
robligèrenl à se marier. Elfe épousa un
nommé Valérien, de même condition qu'elle.
Elle obtint qu'il renon<;At à Tidolâtrie pour
adorer Jésus-ChrisL Quefaue temps après
elle convertit Tiburce, son oeau-frère, et un
oiricier nouuné Maxime, Valénen, Tiburcu
et Maxime ayant été arrêtés comme chré-
tiens, reçurent la couronne du martyre.
Sainie C^cde ne la renq>rirta que quelques
jours après. Les Actes de ces saints sont sans
aulorité. Ils les metlenl du temps du pape
Urbain, ce qui serait vers Fan ^30, sous
Alexandre Sévère ; d autres, les mettent en
17'i ou 18t>.
Les corps do ces sriînts martyrs furent en-
terrés dans une partie du cimetière de Cal-
liste, la luclle a pris depuis le nom de Saînte-
Cét ile. 11 y avait a Borne une église sous Fin-
vocation de la sainte. En 821, le pape
Pascal, voyant qu'elle tombait en ruines, la
Iig GEL
fit rebâtir* H n'espérait pas trouver les reli-
ques de la sainte, parce qy*on croyait que
les Lombards les avaient enlevées comme
celles de beaucoup dVutrf s saints, lorsqu'on
755 ils avaient assiégé Uorne, Mais s'étant
un jour endormi dans réglise de Saint-
Pierre, il eut un songe dans lequel sainte
Cécile lui révéla le lieu où reposait son
corps. On le trouva enveloppé d'un tissu
d or» auprès de celui de Valérien; aui pieds
étaient des linges teints de sang- Le pape
les transféra dans Téglise de Sainte-Cécile,
avec leui de saint Til»yrce et de saint
Maxime, dans Tannée 821* Les Actes de
sainte Cécile nous disent qu'en chantant
les louanges de Dieu, elle unissait souvent
la musique des instruments à la musique
vocale* C*est pour cela que les musiciens
Toni choi>ie pour patronne.
CÉCILE (sainte), fut au nombre des qua-
rante-huit martyrs, mis à mort avec saint
Saturnin, sous le proconsul Anulin, en )'an
de Jésus-Christ 305, sous le règne et durant
la persécution atroce quefinfilmeDioclétien
suscita contre TEglise du Seigneur, (Voy,
Saturîîin.) L'Eglise célèbre la fête de tous
ces saints martyrs le l! février.
CÉCILE (la nrincesse)i femme de Jean,
troisième fils ae Sounou-Peyié (régulo de
3' ordre), à la cour de Tempereur Voung-
JrArMjTt fut baptisée avec son mari en îT21.
E'ie tut Tinstilutrice de presque toutes ses
belles-sceurs. Sa hellc-fille Agnès, ses deux
petils-lilsThimas et Matthieu et deux petites-
filles furent baptisés avec elle. Tous soulTii-
rent l'exil pour la foi et furent envoyés à
Yeôn-Oué en Tartarie, au delà de la grande
muraille, à 90 lieues de Pékin, en Tannée
172k (Voy. SouNOU, Chine.)
CÉCILIEN (saintj, fut martyrisé ?» Sara-
gosse en Espagïie, parles ordres de Dacien,
qui en était gouverneur en Tan do Jésus-
Christ 304, durant la persécution de Dioclé-
lien ; dix-sept autres martyrs furent mis h.
mort avtc lui; on trouvera leurs noms à l'ar-
ticle Dacien. Les dix-huit martyrs de Sara-
gosse sont très-honorés en Espagne; c'est
Prudence qui rapporte ce qu'on Sdit d'eux;
ils sont inscrits au Martyrologe romain, sous
la date du IC avril* (Voy, Prudence, de Cor,^
hvm. 4. Tillemont, vol. I, p. 229. Vasseus,
Beiga.)
CÉCILIEN (saint), fut Tun des quarante-
huit martyrs mis 11 mort avec saint Saturnin
en Afrique, sous le proconsul Anulin, en
l'an de Jésos-Christ 305^ sous le rô^^ne et
durant la persécution atroce que rinfàme
Dioclétien suscita contre TEglkse du Sei-
Sneur* (loy. Satliumn.) L'Eghse fait ta fête
e tous ces saints le 11 février,
CEE (rivière de), qui coule en Galice, a été
[illustrée, sous le président Attique, par le
martyre des saints Facond et Priai itîL On
ignore la date |»récise.
CÉLÉKÏN (saint), confesseur (martyr
d'après Bode et Vaudelbert), S il a été vrai-
ment diacre, il avait été ordonné par saint
Cyprien, à Cartbage» où très -probablement
il était né* Petit-tils de sainte Célénne^ ne-
veu de saint Laurentin et de saint Ignace, qui
avaient donné leur vie pour la foi chrétienne
sous Tempire de Sévère, il se montra digne
des saintes traditions de sa famille. Ce des-
cen lant des martyrs ne dégénéra point d*un«
noblesse si glorieuse. Lui aussi , par son
courage et par ses nobles combats, attacha
une couronne de plus au faisceau triomphal
de sa sainte famille* Suivant saint Cyprieo,
ce fut lui qui, sous Tempire de Dèce , entn
le premier dans cette arène des persécutions
où tant d*autresglorieuic martyrs montrèrent
leur courage et versèrent leur san<^. S*il faut
s'en rapporter à ce saint narrateur, ce fut en
présence môme de remjpereur Dèce que
saint Célérin confessa sa mi. 11 fut le com-
pagnon des saints martyrs et confesseurs
de Rome, et par conséquent il a sa part dans
les éloges que saint Cyprien leur donne dans
son épître 25, Malgré saint Cyprien , que
nous croyons tout simplement avoir parlé
au figuré»' il faut croire que saint Célénn ne
souffrit pour Jésus-Christ qu'après la mort
de saint Fabien. Il est convenable de se
rançer h l'opinion de BoUandus, oui pré-
tend qu'il fut arrêté avec les saints Moïse et
Maxime, à la tin de janvier 250, et qu*iJ souf-
frit avec eux. Dix-neuf jours entiers, il fut
enfermé en prison, chargé de fers et le^
jambes dans les ceps. On Tyfit horriblemeot
souffrir de faim et de' soit II est probable
que saint Célérin fut renvoyé de prison î
cause de son jeune flge- Saint Cyprien dit
que ce saint confesseur est illustre par le
témoignage et Tadmiration de son persécu-
teur. 11 ajoute que Dieu lui avait conservé h
vie, atln qu'après avoir montré tout son cou-
rage dans la persécution, il devînt un des
ornements de l'état ecclésiastique. Il parle
beaucoup de ses vertus, témoignant, qu'il
avait beaucoup dliurailîté et de modestie^
de modération, de prudence et de sagesse.
Dieu, qui avait légué au saint confessear
un si bel liérilage de martyrs morts pour h
foi dans sa famille, permit qu'il lui arrivât
une de ces douleurs navrantes, qui sont pour
ses fidèles serviteurs plus vives que la bles-
sure du glaive, plus aruentes que les flammes
des bôcfiers. Sa sœur, oubliant le courar'
héréditaire de sa race , eut le malheur
tomber durant la persécution, et de sac
aux idoles* Ni le souvenir de son aïeule
de ses oncles, que vénérait l'Eslise tomme
des saints, ni Texemple de son frère suivant
la voie glorieuse qu'ils lui avaient montrée, ne
puriMU la soutenir. Ainsi sur le même 8rt)r«,
a côté des bous fruits, honneur du verger,
qui mûrissent pour la récolte, il y en a par-
fois qui sont piqués au copur, et qui flétris,
tombent prématurément pour devenir làpSh
turc des vils animaux. Saint Célénn se fit le
pénitent du crime de sa soeur. Ce fut lui qui
paya à Dieu la rançon de larmes, déjeunes,
de macérations et de prières, qui devait effa-
cer la faute, il passait les nuits à pleun^, à
gémir. Dans Tardeur de la foi, et doutdnl
de ses propres mérites aux yeuï du souve-
rain juge, il s'adressa à Lucien et à d'autres
confesseurs de Carthage,le priant que lui W
[imes
iraee
ilelTl
rmme \
1199 J
m
le premier d'entre les confesseurs qui serait
couronné du martyre , voulût bien > au mo-
racnl de la mort , a Theure du sacrificer in-
tercéder pour sa sœur, et demander à Dieu
sa grâce, IJ demandait aussi la môme faveur
pour une autre femme , qui avait commis le
mémecrime, et qui peut-être était sa parente,
cari] la nommait également sa sœur, Ces deux
femmes s'appelaient Numérie et Candide. Il
invoque pour elles rindul^^encedessaints mar-
tyrs Slatis et Sévérien, et de lous les saints
confesseurs venus d'Afrique à Rome, et des-
quels ces femmes malheureuses avaient pris
toulessortes desoins. Lucien lui écrivit pour
lui dire que les martyrs avaient accordé la
ÎïaixàNumérie et àCandide, pourvu qu'après
anerséculion, elles exposassent leur cause
à 1 évoque, et tissent lexomolo^èse.
Saint Célérin étant venu depuis àCarthage^
alla voir saintCyj^rien et lui dit ralfection et
Testi me toute particulière que les confesseurs
de Rome avaient pour lui. Voici en quels ter-
mes remarquables saint Cyprien parle, et de
celte visiteetdesainlCélérin,« Célérin, dit-il,
qui est le compagnon de votre foi et de voire
courage, et qui s'est signaïé entie les soldats
de Jésus -Christ pour ses glorieux comb'its »
m'est venu trouver; et sa présence vous a
tous rendus présents à mon esprit et à mon
cœur. En le vovant, je vous ai vus» et tous
ensemble, et chacun en particulier, et lors-
qu'il m'entretenait souvent de Tamitié que
vous avez pour moi, il me semblait, en Ten-
tendant avec tant de plaisir, vous entendre
parler vous-mêmes. CerteSij*ai bien de la
joie de recevoir de vos nouvelles^ et de les
apprendre par des personnes d'un si grand
mérite. » Peu de temps après, saint Cyprien
le fit lecteur- Nous ne pouvons plus rien
écrire d'assuré touchant saint Célérin > si ce
n'est que par erreur de nom , on a nré-
leodu qu*il avait été plus tard engagé uans
l'erreur de Novalien. On croit qu'd souffrit
encore pour la foi, sous Tempire de Galîus;
on le croit d'après la lettre de saint Cyprien
à saint Corneiile , quand ce papa eut été
banni à Civila-Vecchia.
Les martyrologes lo qualifient diacre; nous
ne voyons pas qu'il n'ait pas pu avoir été
evé au diaconat par saint Cyprien, comme
tous Tavons dit; mais rien n'établit non
(lus celte particularité d'une manière pè-
re mplo ire. Aussi laissons-nous ce point
x>mme douteux , nous contentant de lui
lonner le titre de lecteur, îecfuel Itii appar-
ient positivement, étant établi par des titres
rfaitement authentiques.
Sa mort est restée ignorée. Ainsi que
ious l'avons dit en commençant, certams
tartyroluges lui donnent le titre de martyr.
autres, simplement celui de confesseur.
'Eglise fait sa fête le 3 février.
CÉLÉRIN, préfet de Rome sousNumérien,
it soutfrir divers tourments à saint Chry-
nlhe et à sainte l>arie, sa femme, et en-
ile, par ordre de l'emfïereur Numérien,
^s ayant renfermés danf une sahlonnière
! la voie Salaria, il les lit accabler sous une
iorcue quantité de sable et de pierres qu'on
jeta sur eux, (Vùtf. saint CHaysAïfTHR. ) M
fit aussi arrêter saint Maor, qui était venu
d'Afrique pour visiterles tombeaux des saints
apôtres. 11 le fit mourir au milieu des tour-
menls.
GÉLÉRINE ( sainte ), aïeule de saint Cé-
lérin, qui sou (Tri ( pour la foi sous Dèce, reçut
elle-même la couronne du martyre en Afri-
que, sous le règne de Tempcreur Septime
Sévère, avec saint Laurentin, oncle paternel
de saint Célérin, et satnt Ignace, oncle ma-
ternel du même saint. L'Eglise honore la
mémoire de ces saints martyrs le 3 février.
CÉLESTIN (saint), martyr, recueillit la
couronne du martyre à Rome, avec les saints
Saturnin, Néapole et GeiMnain. Après avoir
été torturés, ils furent jetés dans une prison,
où ils moururent. L'Eglise honore la mé-
moire de ces saints le 2 mai,
CÉLIEN (saint), martyr, souffrit pour la
foi en Afrique, avec les saints Faustin, Lu-
cius, Candide , Marc , Janvier et Fortunat.
( Foy. l'art. Faustin, pour plus de renseigne-
ments. )
CELSE ( saint ), jeune enfant qui fut mar-
tyrisé avec saint Nazaireà Milan, sous Tem-
f>ire de Néron. Saint Nazaire qui voulait
'instruire et le préserver de la corruption
du mon.Je, l'avait pris avec lui et emmené des
environs de Nice en Provence. Il fut décapité;
et son corps, enterré dans un jardin hors de
Milan , fut trouvé, en l'année 395 ou 390,
par saint Ambroise. (Voy* Nizaike.] L'Eglise
lait sa fête le 28 juillet.
CELSE (saintV, enfant, souffrit pour la foi
sous le règne de Galère et de Maiimin, le
6 janvier 313, avec saint Julien rHospitaïier
Sa fêle arrive le 9 janvier. (Vou. Chaslelain,
p. ÎOU.)
CELSE(saint), martyr, mourut pour Jésus-
Christ à Home avec Stiint Clément. On n'a pas
de détails authentiques et précis sur eux,
L'Eglise fait leur fête le 21 novembre.
CENSORINUS (saint), maître des ofllces de
Fempereur Claude 11, lut certainement con-
fesseur, et sans doute martyr de Jésus-
Christ. (Pour voir les détails de son histoire,
recourez à rarlicle M art vus d'OsTïE.)
CENTOLLE (sainte), martyre, versa son
sang pour Jésus-Christ à Burgbs en Espagne.
Elle eut pour compagne de son martyre sainte
Ht^lène. Le Martyrologe romain ne donne
f Joint de détails sur elles. L'Eglise honore
eur mémoire le 13 août.
CEHBONEl (saint), confesseur, était évo-
que à Piombi no en Toscane. Saint Grégoire
rapporte qu'il brilla par ses miracles pendant
sa vie et à sa mort. L'Eglise fait sa mémoire
le 10 octobre.
CÉRÉAL {saint), qualifié vicaire dans les
Actes de saint Gélule, fut envoyé par Adrien
dans la terre Sabine à Tivoli, poury prendre
ce saint et saint Aniance, son frère, converti
par ceux qu il allait faire prisonniers, il par-
lit pour Home, où il lut ba|>tisé par le pape
Sixte. Bientôt après, arrùté par Licinius avec
saint Gétule, saint Amance et ïraint Primi-
tif, il fut comme eui fouetté, torturé et en-
fin décapité sur les bords du Tibre, à 5 lieues
547
CE6
tÊA
m
de Rome, après 27 jours de prison. On fait
sa fête le 10 de juin.
CÉRÉAL (saint), martyr, mourut sous
l'empire et durant la persécution do Gallus,
avec sa femme Salustie, et plusieurs soldats
d'entre ceux qui avaient été chargés de rame-
ner saint Corneille de Civita-Veccbia à Ro-
me. Voici, d'après Adon,ce qui se pasî^a. Che-
min faisant, Céréal pria saint Corneille de ve-
nir chez lui, où le saint guérit sa femme 8a-
lustie qui était paralytique, et ensuite la bap-
tisa, avec tous les soldats qui le gardaient.
Dèce l'ayant appris (c'est Gallus qu'il faut
lire au lieu de Dèce), fit prendre tous ces
nouveaux baptisés et les fit mener avec saint
Corneille hors la porte d'Appius, où ils furent
tous décapités, a[)rès avoir refusé de sacri-
fier. Ces saints martyrs étaient au nombre
de 21. Le Martyrologe romain n'eu parle
pas.
CÉRÉAL (saint), martyr, souffrit gour la
foi à Alexandrie, sous Numérien, avec les
saints Papule, Caïus etSérapion. On ignore
à quelle époque et dans quelles circonstan-
ces. L'Eglise fait leur fête le 28 février.
CÉSAIRË (saint), diacre, fut martyrisé à
Terracine, sous l'empire de Trajan» Les
Grecs ont de lui des actes dans leurs me-
nées, mais ces actes sont sans autorité. Seu-
lement un fait important ressort de cette
Eièce, c'est qu'elle cite comme juges de saint
ésaire, Léonce, homme consulaire, et Luxu-
rius. Or, les Actes de saint Hyacinthe portent
aussi qu'il fut jugé par Léonce et Luxurius.
Ce fait tranche complètement une difficulté
3ui a arrêté les auteurs. Quelques-uns ont
it que saint Hyacinthe avait été martyrisé
à Porto, d'autres à Césarée de Cappadoce.
Evidemment c'est à Porto, ville voisine de
Terracine ; puisque les magistrats qui le
condamnèrent commandaient à Terracine,
ils ne pouvaient pas avoir de juridiction sur
Césarée de Cappadoce. Terracine et Porto fai-
saient partie du môme gouvernement, du
même ressort judiciaire.
Saint Césaire est honoré par l'Eglise le ^
octobre. (Voy. Hyacinthe, Léonce, Luxu-
rius.)
CÉSAIRE (saint), martyr, souffrit pour le
nom de Jésus-Christ à Césarée en Cappa-
doce, sous le règne de l'empereur Dèce,
avec les saints Germain, Théopnile et Vital.
On n'a pas de détails authentiques sur eux.
L'Eglise honore leur mémoire le 3 novem-
bre.
CÉSAIRE (saint), martyr, mourut pour la
religion de Jésus-Christ sous la sanglante
persécution que l'impie Dioctétien fit souf-
frir à l'Eglise. H eut pour compagnons de son
martyre les saints Victor, Zotique, Zenon,
Sévérien,Chrysophore, Théonas et Antoniu.
Ils souffrirent plusieurs tourments très-
cruels avant de recevoir enfin leur sainte
couronne. C'est le 20 avril que l'Eglise ho-
nore leur mémoire.
CÉSAIRË (saint), diacre, fut martyrisé à
Terracine, dans la Campagne de Rome, sous
l'empire deDiociétien, on l'anâOO. Il existait à
Xernicûie une (coutume aussi boiiiblo qu*im-
Eie. Dans certaines circonstances, nn jeune
ommeolfrait à Apollon le sacrifice volontaire
desavie.CoDieuétait leprotecteurdelaville.
Pendant quelque temns, le jeune homme qui
se dévouait, était fêté, cho^é par les habi-
tants, qui finissaient par l'habiller arec magni-
ficence. Dans cet état, il sacrifiait à ApoUoa.
Après cette cérémonie, il se jetait aans la
mer et consommait dans les fiots son absurde
sacrifice. Le diacre Césaire, récemment arri-
vé d'Afrique, ayant été témoin de cet afifreux
spectacle, ne put contenir son indignation :
il condamna tout haut cette horrible supersti-
tion. Arrêté par ordre du prêtre d* Apollon, fl
fut conduit devant le gouverneur. Celui-ci
donna l'ordre que Césaire et le prêtre Lucien
fussent tous deux liés ensemble dans un sic
et précipités dans la mer. Il fut fait suivant
cette sentence, en l'année 300, durant la per-
sécution de Dioctétien. Surins donne des
actes de saint Césaire. Us méritent peu qu'on
s'y arrête. Ce saint est fêté par 1 Eglise le
!•' novembre.
CÉSARÉE de Cappadoce, aujourd'hui -ïai'-
sariehy eut la gloire de voir dans ses murs,
sous l'empire d'Adrien, mourir pour la foi
saint Eupsyqiie. La date précis.^ de cet évé-
nement et le genre de supplice qui couronna
ce saint ne sont pas in«liqués dans Thistorre.
. Nous retrouvons en âà), dans cette ville,
sous réf )iscopat de saint Firmilien, le martyre
de saint Cvrille, Jeune enfant, disent ses Ac-
tes, natif cTe Césarée. Sa famille était païenne.
Chasbé de chez ^on père qui ne put dominer
S9 fureur en le sachant chrétien, il fut man-
dé par le gouverneur, qui le voulut intimider
après ravoir voulu séduire par la douceoTt
et qui, n'ayant pu réu^sir ni à l'un ni à l'au-
tre, le fit entin mourir. L'historien de ce
jeune soldat de Jésus-Clinst est saint Fir-
milien. (Voy, saint Cyrille.) Des actes, qui
ne nous paraisseut pas p.irfaitement authen-
tiques, racontent qie l'empereur Dèce fit
décapiter dans cette ville saint Mercure, qui
appartenait h son armée. C'est celui dont
l'Eglise fait la féie le 25 novembre.
Sous Tempire d'Aurélien, saint Marnas,
vulgairement nommé Mammès, bercer, M
martyrisé pour la f ji chrétienne, n j fut
enterré, et, au rapport de saint Grégoire de
Nazianze et de samt Basile, sou intercession
y opérait de nombreux miracles et même dos
résurrections.
Sous Dioctétien!, au commencement du
IV siècle, le gouverneur rfe Cappadoce, ré*
sidant è Césarée, qui se nommait Fabritius,
fit souil'rir de cruels supplices à sainte Do*
rothée, pour la contraindre à se marier ou
à sacrifier aux idoles. Voyant qu'il ne pou-
vait venir à bout d'ébranler la sainte, il la
condamna à être décapitée. En 903, sainte
Julitte souil'rit le martyre dans cette ville.
{Voy. l'article de cette sainte.)
En 320, cette ville, patrie de saint Oorde,
centurion dans les armées impériales, fin
témoin de son martyre. Lors de la pubbra«-
tion des édits de Dioctétien, Oorde quiOl
l'armée pour se retirer dans le désert. Al
bout de quelques années, poussé par fWftf
de verser 500 sang pour Jé^^us-Christ, il re-
vint dans sâ villu natale, au moment où le
peuiil»*, assemblé au cirque, célébrait la fêto
.lu iiieu Mars, Son exténtjur sale et extnor-
dïuaire le ûl remarquer* Conduit lievaut le
juge, il dit qu'il élail rhrétien, Coiidiiiiué à
être décapité, il lit le signe de la croii el
recul joyeusement la mort. {Voy, Gorde.)
JuJien l'Apostat, étant passé dans cette
ville sur !a fin de son règne, entra dans une
grande fureur en voyant que tous ses ha-
bitants, à t»eu près, élaient chrétiens, Ils
Tenaient de démolir !e tem^de ie la Foriune;
cet événement mit sa colère au comble. Vou-
lant nuuir la ville enlièi e, il lui ôta tous sus
çriviJéges, la raya de la liste des cités; il lui
fit reprendre son ancien nom de Mazaca, à
la place de celui deCésarée qu'elle tenait de
Tibère. Des taxes énormes lui furent impo-
sées. Toutes les églises de sun territoire
furent démolies. Le clergé tut enrôlé dans
\h milice du gouverneur de la province^ et
plusieurs chrétiens furent mis à mort. Au
nombre d'entre eux fut saint Eupsychius, qu'il
ne faut pas confondre avec saint Euijsyque,
mort dans cette ville pour la loi» sous Adrien,
comme nous le disons aucommeuceuîent de
cet article. Julien ordonna auï habitants de
rebâtir les temples des laux dieux; mais
.après son départ, ils coustruisirent une
église qui fut placée soos fin vocation de
saint Eupsychius,
CÉSARÉË de Palestine, Cœmrea Philippi,
d* abord /*afif«^, aujourd'hui Bardas* (iléiarée
de Palestine et Césarée de Phili,»p6 sont
une seule et même ville ; Tilleiuonl a lait
erreur en les distinguant.) Ce ("ut dans cette
ville où siégeait le gouverneur Félix, que
saiol Paul fut amené par ordre de Claude
Lysias. Il y resta 2 ans en [irisou, jusqu'à
l 'arrivée de Festus, suceesseiudeFéiï^qui»
sur &a demai^ide, le renvoya oevant le triuu-
nal de Te misère ur.
Ce fut dans cette ville que» durant la per-
sécnfïon de Dèce, sainte Uéparaie, v,er^e,
fut naartyrisce, Apè-q /on lui eut tait subir
divers tourments, el e eut la tète tranchée.
On ajoute qu'à l'ujstant où sa ttHe fut sépa-
rée du corp^, les assistants virent Tàme s*en-
roler, el monter au ciel sous Li forme d'une
)b»mbe.
Sous l'empire de Valcrien, les saints Pris-
le, Maleh et Alexandre, qui vivaient \n'ès
la ville, à la campa^ie, étant devenus
lintement envieux de la gloire ile^ martyrs,
lièrent d"eux-mÔines se présenter au guu-
rerneur , qui les lit d*abord cruellement
>urmrnter, et qui ensnle les ût livrer aux
Hes pour être dévorés. Après la prise ue
*"fi6n par les Perse>, la ville d*^ Césarée
>uva, comme toute la Palestine» suumise
la domination de Macrien, qui ^'étail fait
(éclarer empereur et (jui continua l:i perse-
^ iliou contre les chrétiens. Saint Marin, sul-
Mf et saint Astère» sénateur romain, furent
ttâftyrisés dans cette ville. En Tan de Jé^us-
Ehrist 303» sous le i ègne et dura d la per-
i^:iitioa de Dioclétien , Paulin , qui était
;)uveraeiir de Palestioci lit arrêter à Bt^^ih-
san et amener à Césarée, saint Procope, lec-
teur et exorciste dans la première de ces
deux villes, N'ayant pu réussir h le faire
sacritier ni aux "idoles ni aux empereurs, 11
le condamna à 4tre décapité. {Voy, Procope,
Paulin.)
En Tan de Jésus-Christ 301, le gouv^^rnenr
Urbain lit jeter aux botes, dansTamphi-
Iheillro de cette vi.le, sainte Thècle et saint
Ag qie. Tliècle fut déchirée par les bétes fé-
roces; maisAgape ne mourut pas des Ides-
sures qu'il y reçut. Deux ans cnliers, le
gouverneur le retjDt en prison, et» par Tordre
de Maximin Daia, le fit de nouveau exposer.
Celle fois encore il survécut, quoiqu^un ours
Teût cruellement blessé. Le lendemain on
le jeta dans la mer. En 306^ Je gouverneur
Urbain Ut horriblement tourmenter saint
Appien, jeune homme de dix-neuf ans, et
ensuite le fit jetrr à la mer. Les noyades
étaient du goût de ce gouverneur, (Voy. Ap-
PIKN, UBIiAlN.)
En 308, ce môme gouverneur fit raourift
pour la foi chrétienne , sainte Théodosie^
jeune vierge de Tyr oui, étant à Césarée,
avait exhorté les chrétiens qu'on menait
devant lui à confesser généreusement le
nom de iésus-Chiist. ( Voy. TnÈonosie ,)
Eosèb ' raconte ces faits. {MarL de Fakst,^
cliafK 17.)
CÉSAHÉE, capitale de fa Mauritanie Césa-
rieinie, vit on 3Q3^ sous lempire et durant
la persécution de Dioelélier!, le martyre de
sainte Martienne. {Yoy. les Actes dani Bol-
!andu<î.)
CÉSIDE (saint), prêtre et martyr^ mourut
pour la foi, sous le rè_gne de Fempereur
Àlaximin, au j^iys des Marses, à Tran^acio,
près do lac de Cél,mo, 11 était tils de saint
HUiin, évéque des Marses. On ne sait rien
d;i\ antage de sa vie ni de son martyre, qui
mérite d être rappoi té* L'Eglise fait sa lé te
le Jl at*ùt.
CESSltiKON OU CEss4Hfot<«, lieu situé dans
le territoire d*Ag le, près Peaénas, à 12 ki-
hmietres de Bé^iers, fut la pairie de saint
Tibère ou Tib^-ry, que ^on père voulut con-
traindre h embrasser le eulle des idoles, et
(iut3 dans ce but il dénonça, après lui avoir
fait endurer de cruels sup^ liées. 8aint Mo-
deste *[ui fut arréié avec lui» et samte Flo-
reice, qui se convertit h la vue de la cons-
tance des maints martyrs, furent décapités
avec lui. Ces événements avaient lieu au
connu ncement du iv* siècle, durantraffieuso
[>eisécutiOH que l.t cruauté de Dinuléiien dé--
chaîna comre Fl^^glise. Dans cet end/oil^ on
construisit depuis,à la Un du viir siècle, une
ahbaye régulière de Bénédiction. {Voy, D.
Benunier, jftec. df&nbbuyei^ t. 11, p. W2,j
CHABANEL (le bienheureux Noël), mis-
sioimaiie de la compagnie de lésus, périt
de la main d'un Huron qui avait apostasie
la foi. Son martyre arriva vers l'année 1650.
CHAFFltE (saint) , abbé de Carméri en
Vélai, martyr, est nommé aussi saint Théo-
froy ou ihielFrey, était natif dOrange. Leu-
fj'oi, sou père, gouveroeur de la piuvince,
soigna d une fayou loute particulLère aqu,
SM CfiA
éducation. Son onCie Eudes était ^hî€ de
Camiéri en Vêlai. QuanJ oa parlait de lui
devant le jeune Cbaflre, et on en parlait
souvent t il brûlait du désir d'imiter les
vertus de ce saint homme et de marcher sur
&es traces. Son père Payant mené à Saint-
Paul-Tiois-ChAteau\ pour y voir Euiles, il
fil part à son oncle des intentions dans les-
quelles il était de se consacrer à la vie reli*
gieuse. Leufroi eut bf^aucoup de peine à
donner son consentement; mais entin il le
donna. Chaffre partit pour Carméri. 11 se
distingua extrêmement dans ce monastère
par ses vertus, et fiit chargé dans la commu-
nauté du soin do toutes les affaires eité-
rieureîî. Quand Eudes sentit approcher sa
fin, il demanda que son neveu lui succédât.
Tous les moines applaudirent à ce choix ,
On n'eut qu'à se féliciter de Tavoir élevé à
ce poste érainent. Il fut à la ff>is le père et
Tami de ses religieuï. La règle du monastère
s'opposait à ce que les femmes entrassent
dans le couvent; il leur permettait de s'as-
sembler à la porte, et là elles recevaient les
instructions évangéli(|ues. Pendant que le
saint dirigeait en paix» dans les voies du
Seigneur, la famille spirituelle oui lui avait
été confiée, les Sarrasins tombèrent sur le
Vêlai. Il exigea que tous ses moines se ca-
chassent dans une forôt voisine^; quant à
luit il resta dans son église, iToslerné et
Eri*inl* Les Sarrasins le trouvant seul, le
attirent avec une inouïe cruauté et le lais-
sèrent pour mort* Le lendemain, qui était un
des jours de fl&ie, ils se réunirent f>our la
célébrer. Saint Chalfre revenu à lui, trouva
assez de force pour aller vers eux et les ré-
primander de leur impiété. Les barbares
surpris de le voir, lui firent soulTrir un trai-
tement indigne , et ensuite le blessèrent
mortellement. Un orage les ayant obligés à
fuir, ils le laissèrent gisant sur le sol. Quel-
ques jours après il mourut* On pense que
sa mort arriva le 19 octobre 728.
CHALCÉDOINE, ville de Bitlijnie, sur le
Bosphore de Thrace, fut la patrie de sainte
Euphémie* Cette sainte y fut martyrisée,
en Fan de Jésus-Christ 307, sous le règne
de Bioclétien.
CHALOi%S*SUR-MARNE, chef-lieu du dé-
partement de la Marne, à 15k* kilumètres E.
de Paris, est célèbre dans les annales des
martyrs par les soulfrances qu'y endura Té-
Véque Domitien en confessant la foi*
CHALONS-SUR-SAONE, Cabiihnum, ville
qui est maintenant un ehef-lieu d'arrondisse-
ment du déparlement de Sa6ne-el-Loire, eut
pour premier martyr saint MarceU q'JÎ y souf-
frit ditFérentes tortures, et enfmy fui brûlé vif
le k septembre, sous Tempire de Marc-Aui èle.
CHA.MBOHAN {Madame de), religieuse
carmélite de Saint-Denis , consomma son
sacrifice sur Téchafaud, avec riiéroisme des
premiers martyrs. Elle périt ainsi pendant
les horreurs de la révolution française.
CUAHISE (saint), martyr, souUVit la mort
h Corinihe, pour la défense de la religion. 11
fut noyé avec saint Calliste et sept autres,
Uunt le Martyrologe romain ne nous doouo
pus tes glorieux noms. On ignore Tépoque h
laquelle eut lieu leur mort. L'Eglise les ho-
nore le 16 avril.
CHARITÉ (sainte). Foy, AcAPiE,
CHARTRES, Autricum, CamuUi , chef-
lieu du département d*Eure-el-Loir. Le
Martyrologe romain donne, comme ayant été
martyrisé dans cette ville, sous * Domitien,
saint Chércn, sur lequel il n'existe pas de
ducument?» "ertains.
CHATRES (aujourd'hui Arpajon), ville du
département de Seine-et-Oise , est célèbre
dans les annales des martyrs par la mi^rt
3 n'y endura pour la foi saiut Ion, par Tordre
a préfet Jul en.
XHAUMOND (saint), était d'une famille il-
lustre des Gaules. Etant venu h Paris, le roi
Clovis II, qui le respectait singuhèrement
à cause de ses vertus, le choisit pour être
parrain de son Cils aîné, qui fut depuis roi,
sous le nom de Clotaire III. Lorsque son
zèle et sa piété Teurent élevé sur le siège
de Lyon, if remplit avec exactitude tous les
devoirs d'un Odèle pasteur* Il acheva les bâ-
timents de la maison de saint Pierre et j
établit, une communauté de vierges. Deux
de ses sœurs M furent utiles dans cet éta^
blissement. Les vierges dont il 5*agit, se
consacrèrent particulièrement aui œuvres
de charité. Le saint re^ul avec de grandes
marques d'alîection et de respect saint Be-
noît Biscop et saint Wilfrid, qui passèrent
par Lvon en allant d'Angleterre à Rome,
Clovis il étant mort, Ebroin, maire du
palais, qui craignait qu'il ne fil connaître
les vexations dont il accablait le peuple de
Lyon, n^solut de lui Mer la vie. Il eut re-
cours à la calomnie et laccusa du crime de
lèse-majeslé. Il n*eui pas plutôt appris qu'il
s*élait fJerobé par la fuite à ses poursuites,
qu'il le tit massacrer par une troupe de sol-
dats, près tle Châlons-sur-Saône. Sa mort
arriva le 28 septembre 657, Saint Wilfrid.
depuis évéque dTork, et les autres ecclé-
siastiques qui raccompagnaient, rapportèrent
son corps à Lyon, et renterrèrenl dans Té-
glise de saint Pierre.
On garde la plus grande partie de ses re-
liques chez les religieuses m saint Pierre de
Lyon, qui depuis embrassèrent la règle de
saint Benoit. On invoque ce saint contre
Tépilepsie. Il y a dans le Forez une ville qui
porte son nom.
Comme le saint évoque de Lyon est appelé
aussi Dautln, quelques auteurs modernes
ont imaginé d'en faire deux saints distin-
gués l'un de l'autre j mais leur sentiment e$t
abandonné par les plus habiles critiques; il
est également contraire aux anciennes Vies
du saint. En 1683, les fdles, dites à Paris
de rUnion chrétienne, acquirent dans cette
ville l'hôtel de saint Chaumond, oii elles 0-
rent bâtir une église. C'est la principale com-
munauté de leur congrégation. Elles étaient
connues .^ous le nom du saint qui était leur
patron. (Godescart, vol, XIH, p. 89.)
CHAVASL, prince arménien de la familla
d'Ardjtourouniii, fui l'un de ceux qui souf-
frirent volontairement la captivité pour
655
CHE
CHI
au
Jésus-Christ , sons le règoo d'Hazgiierd »
deuxième du nom, roi de Perse, el qui ne
furent remis en liberté et renvoyés eu leur
pajs que huit ans après la mort de ce
prince, sous le règne de son (ils Bérose.
(Pour plus de détails, vat/. Princes armé-
niens.
CIIÉLIDOINE (saint), servait avecdistino-
lion dans Tarmée romaine, li avait pour
eoûipagnon d'armes saint Einétère^ vulgai-
rement appelé saint Madir. Tous deux furent
martyrises à Ca^latiora, mais on ignore en
queriemps. Prudence dit que ces deux il-
lustres combattants de la foi tirent de nom-
breux miracles en Espagne. L*Eglise honore
leur mémoire le 3 mars.
CHEN, missionnaire en Chine, dans le Cou-
tching, fui livré par un chrétien, moyen-
nant vingt mill«* deniers, H fui conduit à
Cou-lching, reçut soixante souûiets et fut en-
suite Ir^iksfére dans la capitale Ou-tchang-
fou. 11 se trouva en prison avec M. Clet.
Tous les efforts qu'on fit pour le faire apos-
tasier furent inutiles. Jl fut condamné, ainsi
qu« M. Clet, et exécuté avec lui en avril
CHÉREMON (saintj* Voici ce qu à son sujet
nous trouvons dans le Martyrologe romain :
w A Alexandrie, les saints prêtres et diacres
Caïus, Fauste, Èusèbe, Glierémon, Luciuset
leurs compagnons, dont les uns furent mar-
tyrisés dui-anlla persécution doValérien, et
les autres, en servant les martyrs, reçurent
la même récompense- L'Eglise fait leur fôle
le k octobre*
CHÉREMON (saint) , évoque de Nilopolis
en Egypte, était arrivé à une extrême vieil-
lesse, quand la persécution de Dèce s'alluma
contre l'Eglise. Le saint vieiilard s'enfuit avec
sa femme et un grand nombre d'autres chré-
tiens, pour éviter la rage des persécuteurs.
li se retira dans les montagnes d'Arabie,
exposées aux incursions des Sarrasins* De-
puis on n'entendit jamais parler de lui ni de
ses compagnons d'exïï ; furent-ils massacrés
par les barbares, pris par les persécuteurs
ou victimes de la faim et des intempéries
des saisons, ce sont points surlesciuels l'his-
toire est muette. L'Eglise fait la fête de saint
Chérémon, nommé aussi Quérémon, le 22
décembre.
CHÉRON (saint), fut martyrisé à Chartres^
sous Tempereur Domitien. On le fête le
28 mai. (Pas de documents.)
CHËRDBIN (le bienheureux), capucin long-
temps employé aux missions de Bassorah,
5 embarquû à Mascate pour pénétrer en Abys-
sinie, et fut massacré h Magadoxa, avec le
P. François, religieux du même oi'dre, vers
l'année 1644), sous le règne du Négous Bas-
silides, tils de Mélec-Ségued.
CHEVALET, equuieust instrument de sup-
plice employé presque constamment à l'égard
de tous les martyrs de la primitive Eglise.
C'était une sorte de cheval de bois. 11 est fort
didicile de faire comprendre sans figure ce
que c'était que cet instrument si célèbre,
DiCTIOSIN. DES P£KSÉCOTtONS. L
La pièce principale était constituée par deux
fortes poutrelles, jointes ensemble et pou*
van t se séparer parle milieu, dans le sens
de leur longueur : Ogurez-vous un grand tré-
teau, vous aurez idée du chevalet. Les deux
poutrelles formeront la partie supérieure du
tréteau. A chaque extrémité des poutrelles
était un anneau en fer dans lequel passaient
deux cordes, allant s'enrouler chacune à un
tour fixé à l'un des pieds du tréleau. Le pa-
tient, couché sur les poutrelles, le visage en
haut, était attaché par les poignuts et par
les pieds aux cordes nommées fidicutœ : on
serrait les tours, de manière h ce que la
traction de ces cordes lui disloquât les mem-
bres. C'est dans cette allreuse position qu'il
était torturé par les bourreaux qui venaient
lui déchirer les lianes, la poitrine, le ventre,
avec les oncles de fer, avec les crocs, avecles
peignes de fer ; on le brûlait avec des torches
allumées. Souvent la traction des cordes était
si considérable, que les pieds, les poignets
étaient disloqués. On arrachait aux martyrs
les ongles des orteils. Souvent les panières
suppliciés restaient plusieurs heures dans
cette horrible torture. Quand on jugeait que
le supplice avait duré assez longtemps, on
lâchait les tours ou moulinets, les cordes se
relâchaient, les deux poutrelles se séijarant
laissaient passer le corps du martyr, lequel
demeurait suspendu au-dessous ductievalet.
C'était dans cette position qu'il subissait l'in-
terrogatoire. Comme nous Pavons dit au
coniniencement , cet iustrumeut était em-
ployé dans les premiers siècles de rEglise
par tous les persécuteurs. Jl était en quelque
sorte VAme de tous les supplices. Souvent
les martyrs mouraient dans cette torture qui
était atroce. Beaucoup de saints martyrs su-
birent l'épreuve du chevalet un grand nom- ^
bre de fois.
CHIÊTI, ville du royaume de Naples, où
l'évèque saint Urbain confessa la foi de Jé-
sus-CbrisL On ignore à qurlle époque.
CHI M A VON, prince Arménien de la fa-
mille Anzevadzik, fut l'un de ceux qui souf-
frirent volontairement la captivité nour Jé-
sus-Christ, sous le règue d'Hazgyera, deuxiè-
me du nom, roi de Perse, et qui ne furent
remis en litierté et renvoyés en leur pays
que huit ans après la mort de ce prince, sous
le règne de son (ils Bérose. (Pour plus de
détail &> voy, pRtfccES abtiiéniens.
CHINE {la)j est le plus grand empire de
l'Asie. 11 estbot^né au nord par la grande
muraille, jjui le sépare de la Tartarie occi-
dentale; k Fouest, il touche au Thibelj au
sud, il est terminé parle Laos, le Toiig-King,
et la mer de la Chine, ou l'Océan oriental,
et à l'est par le même Océan. Le Thibet le sé-
pare des pavs de Ko-ko-nor et de Si-ian ; il
a au N.-O, le pays de Kkamî ou Khamull,
partie de la petite Bukkarie que l on trouve
au delà d'un déseîl qui a, dans cet endroit,
neuf j(3Urnéesde largeur, suivant le rapport
des plus célèbres missionnaires, a 750 lieues
de long sur 500 de large, et, selon leurs ob-
servations les mieux vériliées,it est situé
entre 115 et 81' de longitude orientale et en-
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2' J»r4?f.b3ei'fftt5* pan:ç5 ^ morii^.BOtiç nt
mi*. e»ff de /r^Ci rftU qwaranX^ mtllîonâ: c*
2»ji feit eroir* qu'r. ^iotiid LO^iae ]t Chiiie
p!^ , wn roajwrfcp int^:eu; Vji suffirait
Pf^ur k'^tttefiif lV-lJTjl<5 du travail 4t ^5
crto/ÇD» *ft fournir à iprjjî besoins pôr h
W'vs^il* de< ^rchflirjgçç. Au i£iîlj<tu d"un
fcr«ri'l nomf/r^ de Til:<=^ considérables , oa
di«(mîzu^ Wkio, fJipWb'n *!*: Tt^mpire et la
ré«Mi?fKC du prince, beaucoup pJUÀjrrande
et fnfirfiment pifu peu; 14e que Paris. Nau-
kini; tient le se/y/nJ rautf.Hd^ sixmb-
des lieues et Oemie de tour. U:h CliuKiiSi
en g/;néral, sont d*un r;aractère doux et irai*
taMe; il« ont b'^ucoupd*4fr;]bjljté dans leur
airetdaiïa leur^ manières, njai&iU sout in-
dicatifs el toujours j^r^rtg à tro-uper dans le
commerce, surtout Jors^u'ik (rditenl avec
retrancher. Ils sont actifs, laborieux, endur-
ci» au trarail, et \'f:\(t^uiAi de leur» ouvra-
ges est un témoi;rria;£e honorable du bon
f\i}tii i\n\ les yra\*Ut. fis ont moins d'inveu-
ion que noul, mais Us imitent ùicïhsuieni
tout ce qu'on leur pr^-sente. Plein de
bonne opinion pour Iui-m6mei et de m<'-
frris pour l^iS autres nations, lé plua vil Chi-
nois ne peut être en;:a^<'î, par aucune raison,
fi cvoitc qu'il se trouve quelque cfjose de
Y^ritahlciûent estim.'ible hors de la Chine. 11
pri^tend qu'il ne peut, .Siins blesser la justice,
aYcarter do.3 u.sa;{es reçus dans Teinpire,
Ïiiand mAme ils seraient reconnus mauvais,
es femmes brillent par beaucoup de mo-
dcstin ef, en jgénéral , ce peuple a quelques
bonnes qualités rfui lui méritent Teslime
ft rndinir/ilion de ceul qui le pratiquent.
{Hiniolreden diffirmU peuple» du mondes t. i\
p. ! j
^ ml «'rftnçois Xnvirr, après avoir porté
la lii:iii. ru (lu clirisliaiiisiiKî au Japon, vou-
lalf r•,|î^^,|^lldlo |,i ni.-iiif chosr ui (.ii;..'.
K :»:sf i 1 em-^-^ ciî ii i*r-< :riiiiL:i.t. I jr.ct
tîTL*^ 5.:»! iPUT* C* îu: it ? Utzs.
If 7r'*>*ri*'» fir.n caiif twti* ■* :i.**
rj^'us*^, L çuir.t Mh'jbl «i
V<iil» litttarf . cfint^ a» jwîwrtugjreg de
locve* snnef : meiF ' «nôt Abc ▼«» k P*-
ii €«r}t é« rrts^wîF Ht OTncr» 4s>;s»4s
ftoeLl tE taÎMWt â* Ir Tmtbîl tsk swtre
o«T a PésiZi. il imrcïr Of '<« SKiBKUL f«» ef-
ion« iveiH e;c)iîr:iiiirtff ch: «-Ex-â» s: .«nés. U
OMici oe DOiL:*."i«!»es on.^w«»co$ 4b51ous
It* nxizt ôe la fcci'jHAfr. ftat a!4 >t< wmrfgpT
4XAven» oevinreBi fit'or» i le«p lov.
Bioti élfcii j'&zoe ô* isKisiflc.. ^ Toi'wi à
U^ut fTw uijçr MiUTiif- fiSL» HmIl. Tafll de
iaiif :.es i éinam^it : d t fj^i.mliMtin i rip
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Qri'j è::oi dr it ;»trlt r:: r^T Tri^iit de Mfe,
lor»;^*: It^ià i^mul f ii>^ « fil épNi&vée
par ^ j>er!-eCtttKCi. Lt» Miis^onAsires fmnt
tyoy l->rc& ôe ^«rtif vrMiMrâUnMHDi de
l'eiûpi/ e ri de i« iienrer a Ibe^iL
L ôiâAée «lÉÉTtiifeie. M1& ^a Cbim fat ne-
bâcée d'une iijTSisc^i pur jes Tartares. Lrar
armé^ éu»i femàoat'ie^ m ^Koércot uee
faraude baiAii]« H s'fcT&ncèreBl jusqii a aefit
ir: jes de ^b côriia-r- Ol ]:-ersaada a Feiqie-
reur Tien-fia ^t k soren ie jrius aèrde
gagner la superionté sur les Tailares et
a*eû d^irrer Texpire éuit de Caire lisage
de Tartillerie. Les Oûnois aTaieul des oa-
Dons, maisih ijDoraientrart de s efj servir, Ob
se détermina à ap;*rler ies Portugais de Mi-
cao e( à permettre aui missioDDaires de. les
kccoimja^er. La tenuitive r^us«t : les Tar-
ta res furent repousses sur les liroDtières de
fempire, et cette naiioo inquiète fut forcée
de ie t^nir que. que temps en repos. Les
tûissionnaires protitèreut oe ces HKMttefits de
(aime et avancèrent les atfaires de la religioo.
Ils û^ffii:ren\ l'estime et la faveur des «rands
et a un grand nombre de maodarina. J7eii-Jrt
Était mort, Zon-Chin, son successeur^ prit
beaucoup de goût pour Tcsprit el les cou-
naissances du P. Aaam Schdlf, natif de Co-
logne, et missionnaire jésuite. Gë fut sous
ce malheureux prince que lâ Chiné tomba
au pouvoir des Tarlares. JttmiS; leôr foi, eo
commença la conquête, et GbWM^bi, sud
fils, Tacheva es 16Sl. Le P. Adam SbliaH était
resté à Pékin; le Tainqueur votthif le toir,
et il se prit pour lai de beaucoup tf'estime
et d'affectron. Non-seulement il mi donna
rentrée libre de son palais, mais il edlafisott-
vent le voir dans la maison ^uil occopaii,
et passait plusieurs heures avec lui. Le mis-
sionnaire par son caractère aimable et insi-
nuanl disposait tellement les sujets de re$
euln-tiens, qu'il pas.sait des s^.ienc s ma-
th6rnati(|iics k des points de morale el il<'
rrii^.ioii. Il réuïiîità inspirer du moins à'-
prince une telle eslînie pour la religion chré-
(îenne, qu'il en obtint i»onr les missionnai-
res la liberté de laiiréchiT Pt df? la propaj^^er
dî^niî fVfnpîro. Aussi, la mission evarï;^rli-
q l'ondinte sous ce rcîgriel La
ïi n que procurait au P. Schûll
}â dipUiié de président du ïribunai des ma-
fhf^Mn.i tiques ♦tourna an proût de la religion.
Chun-Chi mourut & quatre-yiogts ans; il ont
pour 5uOcessriir f<^c«^T^br^ Cang-Hi^ qui n'a-
T S ans fpKind il monta sur le trône.
I 'f< '^fi i\mr, ire f ratent qu'il deTait
A" de servir la haine âeÈ
h T t,>i,^iîardsme, et ils devin-
r "urs. Les missionnaires furent
pir^-|ur Mju^ charges de chaînes, bannis et
conduits h Canton. Adara Schall, déchu de sa
fh^ r rivd de ses dignitt^s» accablé d^of»-»
] i de calomnies, ftit jeté dans îei$ pri-
^ iTTdamné S mort pour avoir prfrchf*
I JéBus-Christ. Dieu lui avait uiâpiré
l^ardeur du martyre; il s*estima plus heu-
rèuï de confesser le nom de Dieu dans un
(^acbot, que de l'avoir annoncé avec honneur
dans îe pMo^f^ d'un grand monarque. La
f ' is exécutée, mais il survé-
( - , - h ses longues son lïrances,
et Dieu rompit ses liens terrestres pour le
" ire jouir de la liberté des enfants de Dieu.
La pcrséculiOTî fut vive pendant la mi no-
ue remporeur, mais elle cessa lors-
*i1 gotiTernft par lui-môme. Aucun empe-
urne fut idus ouvertement fatorable à la
ligion, II commença son administration'
^^ ire la liberti^ auî missionnaires et
es chrétiennes. La nécessité de ré-
lendrier chinois fit appeler les
s à b com* : rignoratice des ma-
loui ors en possession du tribunal
if* \ (lie, fut pleinement confondue
de Fempercur; ils furent ren-
- Verbien, pour prit d*une vic-
ie qu'il lui lut fanfe de ^em]iorter, fut
iroclamé, devant toute la cour, président du
ibunaldes mathématiques, et, ce qui était
lus intéressant encore pour ta refigton, il
obtint dès lors, el conserva sans interrun-
In fclYeur et la proleclion décliyée de
y-//î. Le tribunal, qui porlo pour titre
îlui du Tribunal des Etats de VEmpire, dé-
]ara,pour réponse à une requête qui lui
- - ^*i< renvoyée par ordre deTempereur,
sérî^ul examen de la relision chré-
ienncsil estimait qu'elle avait été mat ài^ro-
pos condamné*^, qu elle était bonne et necon-
Shaît rien tjui fût contraire au bien de TEtat;
"en conséquenre il élait juste que la mé-
rt ^aP. Adam Hchall, qui avait été flétrie
nir [iré€hée,f<ltréhahLlitée»etqueîes
juilléâ dt^ leurs charges pour Va-
W sée, fussent rétablis, et les prê-
tres européens rappelés, avec la permission
ïe retourner à leurs maisons et h leurs é|^li-
Bes, pour y prati*ïuer les exercices de leur
peligTOTi ; mais, rpe celte religion étant élran-
kère àTempire, il paraissait à propos do
Jîear défondre de la prêcher aux tUdnois, et à
pceut-ci de Tcrabrasser. Cette décision du
jti ftit contirmée par la cour, et ce ju-
Î cernent fut d'un grand poids pûur assurer
a faveur du jeune prince contre^es remon-
trances importunes ûes ennemis de la reli-
gion. La parole sainte fructifia de plus cr
plus ; Tannée Suivante, IG72, un oncle ma-
ternel de Tempereiir et un des huit géii^-
rauj qui commandaient la milice tarlare, r^
curent le bapf^^me. Le P, ferbien, digwc
successeur des PP. Ricci et Adam Scbalï»
était, avec T^ssislanee du ciel, Tâme de ce«
succès et la colonne de cette Église naissante.
Ses fréquents entretiens avec Tempereur lui
inspirèrent dti respect el une grande estime
pour là foi chrétienne : mais, adorons en
tremblant les jugements de Dieu ; il manqua
an bonheur ei a la consofation du vertueux
missionnaire de pouvoir persuader h ce
prince de^e déclarer pour elle en Tembras-
sant, La sévéftté de sa morale et une politi-
que humaine el trop timide Farrétèrent. La
m est un don de Dieu ; il y a encore loin de
la dontictîon de Tesprit à fa persuasion du
ceetir. Le prince vit la vérité, et il se contenta
de fui rendre un hommage qui fut stérile
pour lui-même» Malgré la restriction insérée
dans le jugemeot du tribunal, k lumière s'é-
tendit bientôt de la capitale dans toutes les
(provinces de Pempire. On s'aperçut alors de
a nécessité d'augmenter le nombre des ou-
triers évangéliques. Le P. Verbien en de-
tOànda ausouverain pontife. Pour enflammer
le zélé et exciter rémukîioû dans les corps
religieux de TEurope, il vfit connaître les dons
de la grâce et les oénéaictions du ciel sur la
Chine. C'est à ce motif, si dignes de la religion,
Que Ton doit Torigine et la publicaLion suc-
cessive des lettres édifiantes.
L*éspéraûce de Verbien ne fut pas (rorapée;
Dieu exauça les vœut des missloûnaires et
de leurs fervents néophytes. Des religieux de
Tordre de Saint-Dominique et de celui de
Saint-Fi aiiçois et des Augustins, suivis bien-
tôt par des prêtres de Tlnslitul des ïlissions-
Etrangères de Paris, VOfèrent au secours des
Eglises de la Chine. N'oublions pas que cVst
au P. Ferdinand Verbien que les Français
sohl redevables d'aVoir été appelés à parta-
ger ses Iravaut apostolique^; e'est lui qui
les fit venir h Pékin, el qui disposa rempe-
k'iir à le^ recevoir et h les traiter avec Jis-
tinction. 11 mourut au moment qu'ils arrivè-
rent et fut privé de la consolation de les pré-
senter lui-raôme à la cour. Les décrets de
Dieu s6nt Impénétrables : pourquoi faut-il
qu'une époque si glorieuse et si riche en bé-
nédictions ait touché dé $i prés aux t<'mps
de lroul>Ies et de dissension^ qui ont agité
cette Eglise^ naissante et qui ont servi de pré-
texte et ouvert la porte Ha plupart des per-
èétutionsqui, pind.inl le cours de plus d'un
Siècle, déchirèrent son sein, é( se succédè-
fent preî^que sans intervalle? On voit assez
que nous allons être forcé de parler des
disputes sur les cérémonies chinoises, dis-
potes qui n'ont pa^ moins Scandalisé FEu-
ropc qu^afiligé FÈglise de la Chîne< Pour ju-
ger du fond de Ces disputes, il faut se former
uoe idée exacte du sujet qui en fut Vocca-
sion et le préteile»
nm
cm
cm
o4iO
Ll'?. Uirri, /iirivé h laCliinc f*ii 1580,51-
magina ï|Lie4e raoyoïi le plus sûr d'attaquer
les pn^jugés et d'amenor les Chinois à la vé-
rité éimi de se joiDdre en partie aux éloges
3 ne la nation et le gouvernement ne cessent
e donner k Confudus ^ qulïs regardent
corame le sage par eicellence;le maître de la
^ande science et le législateur de Tempire»
il crut avoir découvert que la doctrine ue ce
philosophe sur la nature de Dieu se ra[*pro-
chaît beaucoup et ne différait pas cssentiel-
leraetil de celle du christianisme; que cen*é-
taitf)ointle ciel matériel et visible, mais le
vrai Dieu, le Seigneur du ciel, l'Etre su-
prême , invisible et spirituel dans son es-
sence, infini dans ses perfections, créateur et
l'onservaleur de toutes choses, le seul Dieu
«iifin dont Confucius prescrivait 1 adoration
et le culte à ses disciples. Quant aux hon-
neurs rendus aux ancêtres, les prosterna-
lions, les sacriûces mêmes qu'on offrait pour
honorer leur mémoire, le P, Ricci se per-
suada et s'efforça de persuader aux autres
que, dans la doctrine de Confucius bien en-
tendue, ces hommages étaient des cérémo-
nies purement civiles , où ce philosophe
enseignait qu'on ne devait voir rien de reli-
gieux et de sacré; que ce motif en était uni-
quement fondé sur les sentiments de véné-
ration, de piété filiale, de reconnaissance et
d'amour que les Chinois ont eus dans tous
les siècles, li remonter jusqu'au berceau de
leur empire, pour les auteurs de leurs jours
cl pour les sages qui les ont éclairés des
rajons de 1m vraie science ; qu'ainsi, ces fê-
tes nationales et ces cérémonies, ramenées
à leur source et aux vrais principes du phi-
losophe chinois, n'étaient pas un culte do
superstition et d'idolâtrie, mais un culte ci-
vil et politique qui pouvait être permis, à
Féçard de Confucius et des ancêtres, à des
Chinois convertis au christianisme. Telle a
élé jusqu'à sa mort, arrivée en 1610, Topinion
du P. llicci et du plus grand nombre des
missionnaires.
Le P* Longobardi, qui lui succéda, vit ces
usages sous un aspect bien différent. L'es-
time qu'il portait aux talents et aux vertus
du P. Iticci avait suspendu son jugement et
ses scrupules sur le système et la pratique
de cet homme apostolique; mais se voyant à
ta tête de la mission, et resnoosahle de tous
les abus qui pourraient s y commettre, il
crut de son devoir d'examiner de plus près
ces questions importantes. Il y fut encore
excité par l'avis que lui donna le P. Pascio,
visiteur général, que les missionnaires du
Japon n'approuvaient pas le système de son
l*rédécesscur. Il se mit à lire les ouvrages
do Confucius et de ses plus célèbres com-
mentateurs, et il consulta les lettrés qui pou-
vaient lui fournir des lumières et lui inspi-
rer le plus de confiance. Plusieurs autres
missionnaires jésuites agitèrent entre eux ce
sujet de controverse ; les sentiments furent
par âgés. Le P. Longobardi composa à cette
occasion ua ouvrage où la matière fiit traitée
.à fond, et les conclusions en élaieat que la
illactrine de Confucius et celle de ses disci-
jïles étaient nlus que suspectes de matéria-
lisme et d'atnéisme; que les Chinois ne re-
connaissaient, à le bien considérer, d*aulre
divinité que le ciel, et sa vertu matérielle
répandue dans tous les êtres de l'univers;
que Tâme n'était, dans leur système, qu'une
substance subtile et aérienne ; et qu'enfin
leur opinion sur l'immortalité de l'âme res-
semblait beaucoup au système absurde de la
métempsycose, qui leur était venu des phi-
losophes Indiens. Considérés sous ce point de
vue, les usages de la Chine parurent à Lon-
gobardi, et h ceux qui se déclarèrent pour
lui, une idolâtrie des plus caractérisées et»
par conséquent, une superstition abonaint-
nie, qui ne pouvait s'allier avec la sainteté
du christianisme ; une pratique criminelle,
dont il fallait faire sentir l'impiété aux Chi-
nois que la grâce de Dieu appelait à la lu*
mièrc de l'Evangile, et qu'il lallait interdire
rigoureusement a tous les chrétiens, quelles
que fussent leur condition et les places qu'ils
occupaient dans Tempire. Les partisans de
cette opinion n'en restaient pas là : ils défen-
daient aux nouveaux chrétiens de se servir
des termes King-Tien, prétendant qu'ils ne
signirtaient pas le Seigneur du ctri, dans Tes-
f>rit des Chinois qui prononçaient ces paru-
es, mais seulement le eiel tmpereur^ enleo-
dant [ïar là le ciel matériel, la seule divinité
oue reconnaissent les lettrés eux-mêmes, et
1 unique objet de leur culte. A la lecture de
cet ouvrage, les Jésuites qui demeuraient i
Macao se déclarèrent ouvertement pour Popi*
nion de Longobardi. Le P. Palineiro, nouveau
visiteur , adressa aux missionnaires la dé-
fense formolle d*employer à l'avenir le oom
de King-Tim ou de Ïam-Ti, pour signifier
le vrai Dieu, et de tolérer Tusaçe des céré-
monies chinoises pour les chrétiens* Cet or-
dre ne put commander à la eonscicDce des
missionnaires attachés au système du P.
Ricci- ils protestèrent de leur dispositioD
sincère à se soumettre aux décisions qui
émaneraient du saint-siége ; mais, d'après la
connaissance qu'ils avaient des mouvements
qui résulteraienl, pour les progrès de TEvan-
gile, de cette révolution qu'on leur proposait
de fane dans les opinfons chinoises, sur
ces usages i^ui remontaient si haut dans
l'histoire de 1 empire, et que jusqu*à présent
les chrétiens avaient pratiqués sans scrupule,
en les restreignant à un culte purement clTil,
ils refusèrent de rien changer à leur ensei-
gement et à leur conduite.
La dispute qui s'agitait avec beaucoup de
vivacité au fond de l'Asie fut portée à Rome,
où les sentiments n'étaient pas moins parta-
gés qu'à la Chine. On pense bien que la
question y était présentée sous un jour tout
à fait différent par les deux partis, hur l'ex-
posé des Dominicains et de leurs adhérents.
il émana de la Propagande » en 16V5,«vec
l'approbation du pape Innocent X, un décrel
provisoire qui défendit les cérémonies ch^
noises jusqu'à ce que te sainl-siége eût pro-
noncé détinitivement. Les Jésuites se pl«i-
Euirent de n'avoir point été entendus. Ili
furent admis à justifier leur opinioa; elt
CHl
é%près leur eiposé, parut un nouveau dé-
cret, en 1656, portant permission aux Chi-
nois el auï lettrés convertis de persister
dans leurs anciens usages, en déclarant,
pour sauver tout scandale, que par les hon-
neurs qu'ils rendaienti soit aux ancôlres, soit
i Coofucius» ils n'entendaient pas un culte
religieux, mais seulement un culte civil et
purement politinue. Les Jésuites, s'appuyant
sur le second décret approuvé par Alexan-
dre Yll» prétendirent qu*il était censé anéau-
lir les dispositions du premier. Les Domini-
cains en portèrent leurs plaintes à Rome et
en obtinrent un troisième décret, par lequel
les deux précédents portés dans la merac
cause étaient maintenus; c'est-h-dire que les
cérémonies chinoises étaient défendues pour
ceux qui les croiraient idolâtriques, et per-
mises à ceux qui ne les regarderaient que
comme des actes d'une vénération purement
civile. Le saint-siége se réservait toujours
de prononcer définitivement sur le fond de
la aispute, lorsque les raisons produites de
part et dautre paraîtraient suffisamment
discutées.
. Ce n'était pas là le moyen de rétablir la
paix. La liberté accordée à cliacun de pro-
duire ses mémoires ne fit qu'allumer de plus
en plus Tesprit de dispute et de contention;
on devait s'y attendre, innocent XI, qui s'en
aperçut, tenta de remédier à un mal qui de-
venait de plus en plus funeste aux succès
des missions. Il fallait prendre sur les lieux
des informations assez sûres et assez éten-
dues pour mettre Rome en état de rendre un
décret définitif et absolu. Le pape s'arrêta à
rexécution de ce projet, que lui dictait sa
sagesse et que nécessitaient les circonstan-
ces. Il s*était formé à Paris une société
d'ecclésiastiques dont la destination et l'ob-
jet étaient de porter la connaissance de
Jésus-Christ aux nations infidèles de l'Afri-
Îjue et de TAsie. Louis XIV, dont la magni-
icence ne laissait aucune occasion d'éclater,
avait concouru à cet établissement. Cette
société , dont le séminaire est situé rue du
Bac, sous le nom de Mitsiùns-Etrangêres ^
procura à la religion, dès les premiers temps
de son institution, des hommes d'un mérite
rare, d'une vertu sublime et d'un zèle vrai-
ment apostolique. Les sujets de cette compa-
gnie, après s être préparés à la sainteté de
leur vocation pendant quelque temps, dan?
la maison de Paris, sont envoyés à Ispahan,
capitale de la Perse, pour s'y perfectionner
dans rétude des langues orientales. L'esprit
primitif se soutient dans toute sa ferveur*
Brûlants du feu de l'amour des soufirances
et de Tespril de martyre; sacrifiant tous les
avantages que la naissance, la fortune et des
talents distingués pouvaient promettre à plu-
sieurs de ces pieux ecclésiastiques ; se dé*
vouant sans réserve et sans partage au grand
œuvre des missions, on les a vus, dans tous
les temps, porter avec un courage héroïque
la lumière de TEvangile aux nations idolâ-
tres ; et ceux Qui survivent aux malheurs
que notre révolution a fait éprouver h leur
compagnie cultivent, avec Jes fatiî;ues in-
cm
mi
crovables, les portions éloignées du champ
de rEgfise , que leurs prédécesseurs avaient
défrichées. Le royaume de Siam, le Toiig-
King, la Cochinchine et les autres pays voi-
sins continuent d'être le lliéâtre de leur
zèle. Uniquement occupés d avancer l'œuvre
de Dieu dans les pays qui leur sont échus en
partage , ils ne pensent pas même h publier
en Europe les bénédictions abondantes que
Dieu verse sur leurs travaux. Os oseraH
presque se plaindre de leur modestie. En
nous dérobant la connaissance de leurs suc-
cès, elle semble enlever a la religion même-
un des moyens les plus propres à exciter
dans les ûmes généreuses la gloire de vonii-
au secours de leur établissement, et dan>
plusieurs , la noble émulation de les imiter.
Combien peu de personnes savent que leur
mission était, en 178Y, dans l'état le plus fia-
rissant à la Cochinchine ; que cette aimée, le
nombre des communiants, dans la quinzaine
de Pâques, s'est élevé à près de deux ceni
mille, et que chaque jour la religion chré-
tienne y ftit de nouveaux progrès?
Vers l 'époque où la dispute sur les céré-
monies ehmoiscs était dans sa plus grande
chaleur , c|uelques-uns de ces respectables
missionnaires avaient pénétré dans la Chine,
et s'étaient joints aux ouvriers évangéliques
de ce grand empire. Ils se rangèrent du côté
de ceux qui jugeaient le culte chinois iit-
compûtible avec les principes du christia-
nisme, La réputation de sagesse et de capa-
cité dont ils jouissaient à Rome et on Fj-ance
donnait un grand poids h leur sentiment.
M. Maigrot, l'un d'eux, docteur de la mai-
son de Sorbonne, honoré du titre de visiteur
apostolique, et nommé ensuite à l'évèché de
Conon, s'était rendu à la Chine. Les papes
Innocent XI et Innocent XII le chargèreni
d'examiner sur les lieux le véritable état à%
la controverse, et d'en informer le saint-
siège. Après avoir employé un temps qu'il
crut suffisant à cet important examen , îî
condamna ces cérémonies et les défendit
sous les peines canoniques, comme opf^osées
à la sainteté du chnslianisme. Cette ordon-
nance ne servit qu'à alimenter et attiser da-
vantage le feu de la dispute* Les missionnai*
res dissidents opposèrent le décret d'Alexan-
dre VII et celui même d'Iuuocent XI à la
décision du visiteur j ils prétendirent que ce
mandement avait été témérairement rendu
sur un faux exposé^ et ils s'en plaignirenl
dans les mémoires qu'ils firent passer h
Kome. De son côté, le prélat y fit présenter
au pape, en 16%, une requête par laquelle
il suppliait le saint-siége d'ordonner ce qu'il
jugerait convenable sur les dispositions que
contenait son mandement. Les directeurs du
séniinaire des Missions-Elrangères de Paris
se firent un devoir de détendre 'eurs confrè-
res ; pour attaquer la question au fond, ils
dénoncèrent h la Sorbonne les mémoires du
P. Lecomte. Les docteurs de la faculté s'as-
semblent, examinent et portent leur censure
sur cinq pro]iositions (»\ Irait es de ces mé-
nioircs. Dans le même temps, MM. \U^s Mis-
sions-ElraLUf^ércs écrivent au p<ip<% et i^n-
965
CHI
défît leur lettre publique, te ton d'aigreur
et de vivacité qui s*y hit sentir donna lieu
de soupçonner qu'ils agissaient de concert
avec les solitaires de Port-Royal. On sait que
depuis longtemps ces raessioiirs étaient en
guerre ouverte cantre les Jésuites; tout leur
était bon pour h soutenir avec avantage, el
ils Sîiîsirent avec vivacité Toccasion de sou-
lever de plus en pltis les préventions qn^Us
excitaient contre cette compagnie,
Pîïscal s'était montré h front découvert.
Peut-on n'avoir pas raison quand on écrit si
bien? Les ^âces de son style changèrent eu
démonstrations ce quijnsquc-îà n*avait en-
core été que problèîtie. Sans autre examen,
nu se persuatla qy*un écrivain gui savait si
bien sa langue n'ignorait pas Thistoire» el la
cause fut jugée; Topinion seule Tcmportajet
en France on est demeuré convaincu que les
Jésuites étaient les corrupteurs d-^ la morale,
parce que M. Pascal l'avait dit. Il ne s'agis-
sait plus que fie les montrer, h la Chine, les
apOlres ou tout au moins les fauteurs do
ridoMtrje, et c'est Tobjet de ronvragc volu-
mineux des solitaires de Port-Rojal sur la
uiorale pratique des Jésuites.
Cependant FaUoire des cérémonies dîînoi-
ses était instruite h Rome avec plus d*activité
q!ie jamais. La congrégation nommée h cet
f^tfet exposa les questions qui étaient à juger.
Les ëocleurs de Paris sont consultés; cent
quarante donnent leur avis et cotidamnent le
culte ehinoîs. Les consuHeurs de Rome se
trouvent ffaccord avec laiïicuïté de théologie
4€ Paris, et Clément XI [forle un décret cou-
iV>fmo. Des raisons de prudence empêchent
le pa|>e de le rendre fmblîc. M, de Ton mon,
patriarche de Constantinople, et revêtu quel-
que temps après de la |X)urpre romaine, ar-
riva à la Chine a^^ec la qualité de légal près
de l'empweur; les missionnaires favorables
tiùt cérémonies fli?s Chinois lui demandent
la publication des décrets du paj>e. Fidèle à
«es instrttctions^ k légat se refuse à leurs
Instances, et se contente de publier un man-
dement qui b'*^t>t f^ut le mAme sort que ce-
lui de M. Mftiî<iN>t. Les missionnaires dissi-
tients, qui avaient è leur tête trois évèques
«l vingt*4|uatre Jésuites, appellent du man-
dement. Leurs moyens de délense sont tou-
jours fes mêmes 1 la nullité du maudement,
rt^sulinnt d*un faux ex^josé des faits et de
ropp6»S4tion marquée qui se trouvait entre le
décret pravisoire d'AI<^\andre Vil ; décret
^ui, n'étant pas r-évoqué» leur semblait de-
r^Âf «ii>sister dans toute sa force, et préva-
toif âuf F'autofité d'une simple ordonnatiee
âû iégat,
fiofue s*aperç«t entin que toutes ces réso-
lalions conditionnelles et provisoires n au-
laieul jamais une autorité^ suflisante pour
«aptiver tes esi>rits et commander elïicaee-
meut à laoooscieoce; qu'en laissant toujours
le fond de la question indécis^ )»lus elles se
multiplieraient, plus eUes fourniraient d'ali-
l»eiiis à la disnutc, et de prétextes pour se
ioastraire è r(ïbéissatïce.
Fendaiit celte longue discussion qui avait
èi*ré plus d'un siècle, ou avait pu se procu-
rer assêî de mémoires et d'éclaircissements,
pour être en élal de rendre un jugement
absolu et détlnitit CVst ce que lit Clément XI
en 1710; la nullité de l'api^el des mission-
naires dissidents fut nrononcée, l'ordonnance
de M. de Tournon, pleinement contimiée; et
pour qu'il ne restât aucun doute sur les in-
tentions du saint-siégo, le pape fit écrire par
Tassesseur de la congrégation, aux généraux
des Jésuites, des Dominicains, des A
tins et des Franciscains, que son déci
lait point conditionnel, mais absolu ; el qixù-
tant d^ns riurbraulable résnlytion de n'v
rien changer, il leur en .adressait ur\<
dition, alin qulls donnassent h leurs oj^
naires Tordre de le faire exécuter de paiiit
en point sur les lieux*
Qu'il est difficile d*éteindre l'esprit de dis-
pute et de contention, surtout lorsqu'il e^t
porté arï point d'aigrir et de diviser les
cœurs l Tant de précautions de la part da
Sape n'empPchèrent pas qu'on ne trouvAt
es moyens d'éluder les dispositions du dé-
cret, par des interprétations qui tendaient I
rassimiler aux décrets précédents, et '• ' '^
faire envisager que sous le point m
d'une ordonnance provisoire et condmun-
nelle. Clément XI ne se rebuta pas, et il
réussit eniin h terminer celte grande affaiWi
par une bulle solennelle^ revêtue de toutes
les fonues les plus importantes. Les ^
chinois y sont proscrits, comme pré>'
tous les* caractères d'un culte religieux, et
f»ar conséquent idolâtrique. Cette constitu-
ion apostolique renferme un formulaire de
serment que doivent prêter tous les missioû-
naires prése-nls et à venir, de se soumettre à
ces dispositions. Clément XI, sur les îns*
tances que leur en firent le visiteur général,
les évèques et les vicaires apostoliques de
!e Chine, se résolut à envoyer un nouveau
légat, avec des instructions particulières
I>oui- faire recevoir et exécuter sa constitu-
tion ; le pape fit choix de M. Ambr-oise Maiza
Barba, qu il créa patriarche d'Alexandrie.
Viani, confesseur du légat, a écrit Vh\
de sa légation, et on eu trouve un «
très-nrconstancié dans le XX* volume d<i
VHhioire généruh des vmjages, ptrbliéc en
iT49. Mat m Barba développa un grand ca-
ractère, et sa conduitCp au jugement Toème
du P. du Halde, fut en tout piudenteet mo-
dérée. Cependant les suites malheurt n^ri
que prcMtuisit s» légation n'ont que It
nifié le funeste pressentiment -^"^^ ^
missionnaires, t outre tout cIj
Ton tenterait d*apporter aux au- m..»^ u^.^^^^^
qui sont, pour les Chinois, plus sacrés el plus
respectés que leur religion métne.
Depuis longtemps rempereu rétait instruit
des dissensions qui régnaient parmi les mis-
sionnaires. Toute la question se r^'duisatt à
se former une idée exacte de la i h^
oépémonies chinoises. Les mîssioi ni
étaient h sa cour, crurent que le s« û
de rétablir la paix avec Funiformii u-
timeiJt, était de taire décider qu'elles étinent
purement civiles. Ils >'en ouvrirent à Vvm*
pereur, et ils en obtinrent une déclaralioa
L
56$
GHl
cm
566
attthentique et si précîf a, qu'elle leur parut
tin argument irrésistible, eh faveur deleur
opinion. Uempereur assembla les grands de
la nation, les premiers raandarius, les prin-
cipaux lettrés et le président de FAcadémie
impériale ; tous parurent surpris qu'il j eût
des savants en Europe, qui semblaient croire
que les lettrés de la Cfiine honoraient un
être inaniuaé et sans Yie, tel que le eiel vi-
sible et matériel^ et tous déclarèrent solen-
nellement qu*en invoquant le Tien « ils in-
voquaient rEtre suprême, le Seigneur du
ciel, le dispensateur de tous les biens, qui
voit tout, qui connaît tout, et dont la provi-
dence gouverne cet univers. » Le prince
confirma cette déclaration, et pour y donner
encore plus de force, y joignit son opinion
particulière : « C^est par respect, y est-il dit,
que les Chinois n'osent pas appeler Dieu de
son propre nom, et qu un a coutume de Tin-
voquer sous le nom de Ctel suprême, de
Ciel bimfaimnt^ do Ciel universel, de la
même manière qu'en parlant de l'empereur,
oû ne l'appelle pas ue son nom, mais que
loa dit, les Degrés de son trâne^ la Cour su-
prême de son palais. Ces noms, quoique dif-
férents quant aux sons, ont le mémo sens.
Enfin, ajouta n-mperenr, le prini:ii>e de
toutes choses s'appelle Tient eiel, eu terme
noble et û©uré, de mémo que Tempereur est
appelé Ckaoîing, du nom de son palais, o4
brille davantage sa majesté impériale...,, n
KanQ-hi ne s'explique pas moins nette--
ment sur le^ hoîincurâ et le culte rendus aux
ancêtres; selon lyi, la doctrine des Tablettes
n'est conforme ni à celle du Confudus, ni
aux lois iie Tempirt*. Ces Taiilottes ont été,
dans la suite des temps, sub^itituées aux por-
tiâts imaginés depuis cent ans au plu^, pom*
V V le souvenir des anuâlres, et dont
M„ î dé^ùié à cause dii leur peu de
reétsi !, il ajouta que malgré rioscrip-
tion, ^*.»c d^ Vesprity qn*elles portaient,
aucuii Chinois n'était assez créaule t*our
s'imaginer qa« Tâme de h rirôlres vînt
8'y rendre; qu'ils les r^ ut comme
des représentations purement symboliques
auxquelles on ne demandait n'eu, et doni
on nVspérait rien,
Cetle déclûiation, sur laquelle les missiou-
]liV»iié6uitià$ avalent fondé les plus grandes
^gni^rwooes, oe servit qu'à augmenter le feu
la discorde; bient^it elle devint le signal
la raine des missions, dans les provinces
|àre, et de la persécution contre le
. -^msme. L'empereur s'en prévalut puui"
lûuloir se rendre juge du fond de la contes-
'Btlion. Kang-iiit passionné pour les scien-
?8, protégeait avec éclat tons les Em-opéeiis
[^u il croyait propres à les étendre et a le^
affectionner dans son empire. Ses entre-
ims avec les missionnaires lui avaient ins-
piré une proibnde estime pour une ruligion
"qui n\ st pas moins admiral>le par les vertus
î qu'elle produit que par la morale qu elle en-
ieijjne; il voyait avec satisfaction les heu-
i*èux prOj^rès de la mission. Les moîurs des
( zes, leur chailalanismc et leur i^^norance
i.u^44M;di parfaitement connus, ainsi que
toutes les absurdités d& la doctrine des sectai
cliinoiscs* Tout le portait à désirer que les
missionnaires vinssent à bout, par 1 ascen-
dant de leur mérite et de leurs vertus, d'é-
tendre à la religion et h la morale les mêmes
lumières qu'ils avaient portées dans les
sciences et les arts; mais il envisageait les
choses plus en politique qu*eïi ami sineërç
de la vérité.
Les Chinois s^nt de toutes les nations da
Tnnivers le peuple le plus superstitieux et
le plus porté h la révolte, quand on entre-
prend de toucher à ses usages et à ses pra-
tiques générales. Ils sont aussi anciens que
rempire, et ils les croient autant de lois des-
cendues du ciel. Chaque particulier est élevé
dans ropinion que sa destinée en bienotJ en
mal est attachée à sa fidélité ou h sa négli-
gence à les défendre et à les observer. La
piété filiale est la vertu des Chinois, et dans
tous l*^s siècles, les honneurs rf-ndus aux
ancêtres ont été regardés comme le premier
devoir. Aussi voitH^n dans toutes les re-
quêtes présentées aux empereurs contre la
relii^ion chrétienne, que le premier crime
dont on Faccuse, est de pec*'ertir le peuple
en lui inspirant du mépris ou de l*indiué-
reucQ pour un culte national, consacré par
les lois fondamentales de Tempire. H fallait
donc commencer par détruire ces préjugés
que fomentaient 1 intérêt personnel des bon-
zes contre le christianisme, et la jalousie des
miindarins et des lettrés contre lt_*s mission-
naires de la cour* 11 ne s'agissait, pour en
bannir les idées de superstition et d'idoU-
trie, quo d'éclairer la raison du peuple; c'é-
tait sans douté on ^rajid pas de tait pour
arriver à cet important résultat, qu'une dé-
claration si importante par la qualité des
personnes qui Tout souscrite, et qui, publiée
par le chef même de Tempire, réduisait les
cérénmnies chinoises à un cuUt;! de vénéra-
tion pm^ement civile. Cet acte authentique
fut regardé par les évèques de la Chine et
par la plus jjrande partie des missionnaires,
comme un bienfait rnar<iné do la Providence.
Or* s empressa de le faire passer à Rome, et
en allendant ses réponses, on crut que pour
mettre en sûreté la conscience des nouveaux
chrétiens, il suUisait de leur ei^pliquer dans
quel as|>rit ils pouvaient se pérmtjttre d'as-
sister aux cérémonies des ancêtres et do
Conlncius. Le calme. dont jouit TEgiise de
la Chine fut de courte durée* Lu mandemeot
de M. Maî^rot ralluma la dispute et changea
les dispositions favorables de Tempereur
pour la religion chrétienne. Son ressenti-
ment tomba d'abord sur MM. Maigrot, Mezza-
Fidcé, vicaire aiiostolique de Tcbé-Kiang, et
Guéli, missionnaire Apostolique qu'il fit ban-
nir à perpétuité de ses Etats^ et reléguer en
Tartarie, comme chef de discorde entre les
missionnaires, et violatiMir des lois sacrées
de rempire, (Lettrée édifianies^ t. U, p. 28*)
Le pape, pour juger l'atraire des cérémo-
nies chmoises, avait noonné, comme nous
l'avons dit plus haut, M. de Tournon, pa-
triarche d'Anlio^he,son légat en Chin<?- Nous
enifiruntoMs le récit de ce qult y lit, au mé-
k
m
en
moire qoe le P. Thomas, vice*proYJDcîaldes
Jésuites, publia sur ce sujet. Nous avons
parlé de sa mission, sans eutrer iJaDS les dé-
tails, ij est utile de les dire, pour que le lec-
teur soit bien au couranl des faits.
Quand M. le léçat fut arrivé à Canton,
le 8 avrif 1705, il prit conseil des plus
andeos missionnaires du pays, et il résolut
de cacher sa dignité jusqu au temps où il
serait à propos de la découvrir ; il tit copen-
dar-i écrire aux missionnaires de Pékin qu'il
ûUait se mettre en roule; il iuur écrivit en-
suite, contre lavis commun, d'annoncer à
Tempereuff son arrivée et son dessein de vi-
siter toutes les missions avec un plein
pouvoir de Sa Sainteté. Denuis ce temps,
M. de Tournon n a demandé conseil à au-
cun missionnaire de Pékin. Pour oJjcir à
Tordre de M. Je patriarche, nous ccrivi-
mes quatre fois en Tartane où Tempereur
était alors, pour qnU permît à M. de Tour-
non d'user de svs pouvoirs, A la troisième
Jetlre, on nous refusa son entrée à la cour,
OQ la permit à la quatrième, L>m|jercur or-
donna de faire prendre au légat un vt^iteroent
tartareel le lit défrayer jusqu'à [¥kin. Parla,
on ferma la bouche à ceux qui répandaient
le bruit, dans Rome et ailleurs, que les mis-
sionnaires établis à la cour de Pékin empê-
cheraient le légal de jiarvenir jusqu'au prince.
M. de Tournon partit de Canton le 9 sep-
tembre et fut reçu partout avec de grands
honneurs. Nous avions donné à Tempereur
une très-haute idée de la dignité de légat ;
aussi fit-il partir un de ses fils pour aller au-
devant de lui. 11 arriva h Pékin le 4 décem-
bre et il fut logé dans la maison des mission-
naires, dans I enceinte du palais. On lui as-
signa des provisions de bouche aux frais de
Temperenr pour tout le temps de son sé-
jour à Pékin. Cn de ses domestiques étant
mort , Sa Majesté lui donna un champ pour
sa séjiulture. De lit, la grande espérance que
courut le prélat d'établir une maison de mis-
sionnaires italiens dans cette capitale. Il ne
voulut point d'un terrain destiné aux an-
ciens Européens, et montra |>ar là une es-
pèi*e de séparation de nous à un prince très-
pénétrant. M, de Tournon fut admis le 31 en
la présence de Tempereur, il était suivi de
toute sa maison. Les cohortes au milieu des-
quelles il lui fallut passer avaient ordre de
le dispenser des cérémonies chinoises. Il sa-
lua Sa Majesté par ces sortes de génulleïions
(jue Ton traite en Europe d'adoration. L em-
pereur fit asseoir le légat sur un monceau
de coussins ; il lui demanda des nouvelles de
la saïUé du pape avec un air de bonté et de
cordiaiilé. Une réception de la sorte est re-
gardée en Chine comme une faveur exU^aor-
diiiaire. L'empereur lui ht ensuite présenter
du thé par les plus grands seigneurs, et lui-
■lïïOme lui mit en main une touue pleine de
"*iN, Kulin, on lui seivit une table couverte
e M pl;irs fTor, i euq>ereur n'y avait pres-
ue pas touché : celte table fut envoyée au
i\.,nt iiijiis son logis. On s'eiUrelinl de choses
i^.r«'ahlés après le diucr : eiisuite Tempereur
invita le patriarrhe a s*e\ptïqu<'r sur le su-
c
jet de sa légation. On peut assurer que ja-
mais, à la Chine, il n*y a eu un seul exemple
d'une réception d'ambassadeur qui é^ale
celle de M. de Tournon. Les bontés de TeuK
pereur se soutinrent toujours ; il fit délivrer I
des présents pour le pape et se réserva d*en
envoyer de plus précieux par le retour de
M, de Tournon* Enfin Sa Majesté ordonna,
le premier jour de Tannée chinoise (il est
d'usage qu'au renouvellement de Tannée
rempereur fasse des présents), qu'on portât i
au légat un esturgeon d'une grandeur prodi- '
gieuse et d'autres poissons, des sangliers, '
des faisans et une liMe plus riche encore ^
par une belle garniture d'argent que par les
mets dont on la couvrit. Rien de plus ma- '
gnifique que Tanpareil avec lenueï on con-
duisit au prélat les présenis de la cour. '
Le 26 février, rempereur invita M. le pa-
triarche à un beau feu d'artifice qni devait
être tiré dans une de ses maisons de cam-
pagne. Comme M. de Tournon était indis-
posé, on le porta à travers les jardins de
rempereur. On lui fit entendre un concert
d'eunuques qui ne chantent que dans Tap-
pa ri enient des femmes; enfin on le fil cou-
cher la nuit dans la maison impériale, et
deux mandarins furent toute la nuit degard^
à sa porte. Au commencement du printemps
Tempereur partit pour la chasse ue certains
oiseaux aquatiques, dans la province de Pé*
Tcbé'li : c est un amusement qu*il prend
avant d'aller en Tartane nasser les u^
chaleurs. Le légal reçut du prince lu l
pendant Tabsence de son père, les inéi
distinctions. Vers la mi-juin J'empereur '
de retour, fil inviter M. de Tournon à Tenir
prendre son audience de congé ; mats sa ma-
ladie étant augmentée, il ne put s'y rendre.
Deux mandarins inférieurs eurent ordre de
ne point le quitter, afin de donner de
nouvelles à la cour. Aussitôt que Temj
reur eut appris sa convalescence, il lui
voja quinze pièces de brocard et une li
de la précieuse racine de Ginsem^ car c'est
coutume de la Chine de faire des présents
aux convalescents.
Sur la nouvelle qu'eut M. de Tournon du
prochain départ de Sa Majesté pour la Tar-
tarie, il voulut encore avoir une audience.
On l'admit dans une maison impériale hors
de la ville; il fut invité à voir le lendemain
la maison de campagne de rempereur et les
jardins du prince héritier. Ce lut le princf
Jui-méme qui la lui fit parcourir; il avait fait
préparer deux barques sur le canal, il Je ré-
gala de liqueurs délicieuses. La cour fut sui^
prise de la réception que les missionnairei
du palais avaient procurée à un étranger ; plu-
sieurs même murmuraient de la familiarité
à laquelle, disaient-ils, l'héritier d*un graod
empnv s'était abaissé. On peut dire que les
Pères de Pékin n'ont pas peu contribué à lui
attirer tant de marques de distinction. PiOt
à Bieu que l'empereur eût continué à traiter
le légat avec le même lionneurî Mais malgré
les sujets de plainles (|u'il crut avoir contre
lui pendant deux mcïis, on lui a toujours
fourni gratuitement des i>rovisious, et c*&s^
m
ma-
ire,
îde
sa I
Ah I
nui frais de co prince qu'il a été conduit à
Canton, Lorsquo M. de Tounion arriva à Pé-
kin et qu il iii csn tendre aux missionnaires
que Rome avait prononcé sur les contesta-
tions fâcheuses qui les divisaient, concer-
nant les cérémonies chinoises, ils le sup-
plièrent de leur faire connaître le décret , en
protestant qn alors ils sacritieraientàTobéis-
sance due à FE^lise Fintérét de la mission»
et qu'ils aban donnera leni mérae la Chine, si
le souverain pontife lordounait. Le 23 dé-
cembre de Tannée 1705, Terapereiir lit de-
mander au patriarche la cause de sa lég«tion.
Ce prince n'ignorait pas le sujet de nos di-
visions : ainsi, quanJ il vit arriver un corn-
missaire apostolique, il conçut qull ne venait
que pour rétablir la paix entre les mission-
naires ; il lit donc dire au léj^at qu'une na^
vigation de 6000 lieues n*avait cprtaineraent
été entreprise que pour un grand dessein, et
qu'il lui importait d'en être informé. Le pa-
triarche répondit qu'il n'était venu que pour
rendre grâce à Sa Majesté de la protection
qu'elle accordait à la religion chrétienne;
mais bientôt après il résolut de faire savoir
à Veraf^ereur les véritables motifs, en em-
ployant pour cela renlremise des manda-
rins; il déclara qu'il était venu pour sou-
mettre les Pères de Pékin à la visite pasto-
rale. Nous sûmes que ce pnnce avait ré--
pondu à Son Excellence de la bonne conduite
et de la régularité des Pères de sa cour : tout
cela se Ùl avant qu'on eiît traduit en chinois
le mémoire du légat. Par ce mémoire, Ton
disait i Tempereur que Sa Sainteté désirerait
de nommer quelqu'un de saj^e et j^rudenten
qualité de supérieur général de tous les Eu-
fo^>éenSt et qui serait chargé d'établir une
correspondance entre les deux cours* Lors-
que Sa Majesté en eut fait la lecture : « Ce
De sont là que des demandes frivoles, dit-
eJle; le patriarche ii'a-t-il point d'autre alfeire
à négocier ici? » Les mandarins rapportèrent
au légat que rempereur jugeait à propos que
ce supérieur général fût un homme connu à
sa cour; qui j eût demeuré au moins dix
ans, et qui fût instruit de ses maximes, Cette
réponse fut un coup de foudre pour le pa-
triarche ; il s'écria avec émotion qu'il fal-
lait que l'empereur eût été prévenu par
des inspirations particulières et fort sus-
pectes.
Le prince^ qn*on instruisit de ces jiropos,
dit le lendemain a ses courtisans : « Notre
nouveau venu d'EurOlm s*est imaginé que
les anciens Européens ont brigué la nou-
velle dignité dont il parle dans son mémoire;
il se trompe certainement, car, outre qu'une
commission de la sorte n'a parmi nous ni
rang^ ni prérogative, ce ne [lourrait être
iu*une charge bien pesante pour eux ; la
our de Rome voudrait les rendre respon-
îbles des mauvais succès de leur négocia-
îon; ainsi^ je suis sûr qu'aucun d'eux ne
iroudrait s'en charger. *> En conséquence,
Tempère ur nou!> ordonr^a de présenter au
atnarchc une fjrolestatiûa où nous dinn.*s
qtie nous n'aviuus nullement eio péché ce
yrinee d*accorder«m li*^."it c<* qu dsoidiailait,
et que certainement nous refuserions cette
place si l'on nous la proposait. Le patriarche
n'en crut pas moins que c'était nous qui
avions détruit sa négociation; il se borna
alors à proposer un simple agent pour être
Tent remetteur entre les deux cours. L'em-
pereur répondit qu'on pouvait donner cette
commission h quelqu'ancien Européen de son
palais. Le légat répliqua qu'il était plus à pro-^
pos que ce fût un homme de confiance connu
en cour de Home, et qui en sût le style et les
manières... <f Que voulez-vous dire par cet
homme de contiance? Nous ne parlons point
ainsi à la Chine : tout sujet est pour moi un
homme de contiance, et je compte sur la fidé-
lité d'eux tous; qui d'entre eux oserait y
manquer? Si je vous accordais l'agent que
vous souhaitez, ce nouveau venu pourrait-il
m'entendre et se faire entendre Hl faudrait
un interprète, et de là des soupçons et des
délia nces, comme on en a aujourd'hui ; ainsi
qu'il n'en soit plus question. »
Le troisième projet du légal n'eut pas un plus
heureux succès. 11 voulait obtenir de l'empe-
reur la permission d'acheter h ses frais une
maison à Pékin; il en parla à un mandarin
qui lui conseilla d'agir de concert avec nous
pour cette affaire : ils sont les seuls, luidit-
U, qui disent du bien de vous; sans eux,
nul ne vous reconnaîtrait ici pour un homme
considérable en Europe : faites paraître un
^esprit de paix et d'union. Le légal suivit ce
conseil» il envoya prendre les Pères du pa-
lais; mai^sur la demande qu'ils firent à Sa
Majesté de cette maison, elle leur défendit
d'insister jamais là-dessus. Le patriarche en
eut du chagrin et conçut de violents soup-
çons contre les Jésuites. La quatrième en-
treprise du patriarche fut au sujet des pré-
sents que rempereur envoyait au pape. Sa
Majesté lui avait permis de choisir quelqu'un
fiour les conduire et pour les présenter à Sa
Sainteté. M* de Toiirnon jeta les yeux sur
M. Sabinijson auditeur. L empereur rélléchit
ensuite qu'il était plus décent de joindre à
ses présents un envoyé de sa part; ilnoranta
le P. Bouvet. Les présents ayant donc été
portés au légat, on en recommanda le soin
à ee Père, Dans l'audience du monarque
qu'eurent M. Sabini et le P. Bouvet, Sa Ma-
jesté ne recommanda qu'à ce dernier seul de
saluer le pape de sa part ; et les présents ayant
été emballes, on ne remit les clefs qu'à lui
seul. Le légat les lui demanda : il obéit, et à
son départ le patriarche les remit à M, Sa-
bini, avec défense de les donner au P. Bou-
vet. Avant ce départ, M* de Tournon de-
manda une audience particulière de rempe-
reur; ce prince la fixa au 1'" juin; mais les
grandes incommodités du patriarche Tem-
pôchèrent d'y aller; il refusa jusqu'à deux
fois de conlier à un mandarin que Tempe*
reur lui envoyait, ce qu'il avait a dire, pro-
lestant qu'il s agissait de Tintérét de ce prince
et même de la famille impériale. t^i*s refus
réitérés choquèrent le nionar(|ue; il fut éton-
né qu'un hi>uîime vint de si loin lui coramu-
niqiaT des affaires qui regardaient sa fa-
mille et lui personnellement. Un peu ému,
571 cm
il prit le pincer ethiî écririt de s'expliquer
sans déUmr. Le patrûrebe se troaTaot pres-
sé par eet ordre, déclara que les affaires
qui toaefaaient persoBoellemeot remfKrreur
étaient aue le P. Bouvet se donnait pour soo
dép>at4 à Rome, et que les P'>rtugais empè -
chaieDt iesautres Butions de venir à la Chine.
On eoTov» cette dédaration a l'empereur qui
était à la eaippaspe ; son fils aîné la reçut et
s'écria dèsqpll reul lue : « De quoi «e mêle
cet étranger? Le P. Bouvet e^l réellement
notre envoyé; le domestique «iu lé^t peut-il
lui en disputer la qualité? L'aurions-nous
choisi pour en foire f:otre ambassaleur ? • Ce
prmee fiorta ensuite la déclaration à «on père,
qui en parut très-peu satisfait. Il demanda
aux missionnaires si en Europe le lé^ii et
son auditeur ne seraient pas pur.is; irécri-
vit de sa main à M. de Toumon, justifia le
P. Bouvet et lai dit, qu'ei qualité de légat il
ne deviit se mêler que des affaires de reli-
gion; qu'il ne semait q-ie des racines de dis-
cor Jes, que les Euro[>éens s'-taient jusque-
là bien conduits dans ses Etats, et qu'ils
nVtaient brouillés nu'î depuis son arnvée.
Il le menaça de ne plus recevoir de mission-
naires dans son empire sans les avoir bit
examiner dans ses ports. Le légat eut peur
et témoigna qu'il acquiesçait aux volontés de
l'emriereur ; mais il eut encore une sixième
affaire à 1 occasion d'un mécontentement
qu'il avait do?mé à ce prince, et pour lequel ,
on exigea qu'il fit quelques excuses, ce qu'il
ne voulut point. Par Ih, M. de Toumon s'at-
tira U colère de Sa Majesté ; il reçut coup
sur coup des ordres très-durs et bien peu
convenables à sa di^jnité; aussi se plaignit -il
qu'on violait son caractère de légat apostoli-
3ue. On lui fit déf nse de prolonger le temps
xé pour son départ, et Von ût revenir les
Présents que l'on envojait au pape. M. de
ouraon fut cependant reconduit avec les
mêmes honneurs qu'on lui avait rendus en
venant. {Lettres édifiantes, t. II, p. 119.J
Après son départ, les affaires ae la mission
allèrent rapidement en déclinant. Le P. Tho-
mas continue : « L'empereur regrette d'avoir
prodigué ses faveurs au patriarche, et repro-
che tous les jours aux missionnaires les ins-
tances qu'ils ont faites pour obtenir l'entrée
de ce prélat à la Chine. On s'est imaginé à
la cour que les dissensions des missionnaires
ne nouraienl naître que de quelques desseins
ambitioux. Dans cette idée, le prince héri-
tier a fait prendre des informations secrètes
dans les provinces. Il a même engagé un de
ses domestiques à se faire chrétien, afin d'ê-
tre informé nar son mojen du mystère de
nos assemblées. On commence à invectiver
contre le christianisme en présence de l'em-
pereur, ce que personne n'avait osé faire
jiisqu alors; ic prince héritier est un des
plus animés. Les bonzes triomphent, et an-
noncent certains oracles de leuis dieux sur
notre ruine prochaine. Notre religion com-
mence à devenir suspecte; l'autorité du sou-
verain pontife que nous avions si fort exal-
tée, n a iilus le môme poids dans les églises
ae la c-hme. Bientôt eu effet, en 1706, un
qi 5»
édit impérial, publié dans 1^ provinces et
enregistré dans tous les tribwusx, défend
aux missionnaires Eoro^a^Tis de rester k Ia
Chine sans une («ermisçiOD expresse et par
é^rit de la cour« qui ne devait l<mr accorder
des lettres patentes «qu'autant qu'ils se mon-
treraient disposés à ne rieo enseigner qu
fôt contraire aux usages de Tempire et «m
culte rendu à Confucius et au ancêtres, et
qu'ils promettraient avec serment de w&
retourner jamais en Europe. Les mission-
naires qui refusèrent de pr^idre celte patente
de l'empereur, furent en batte aux plus naii*
vais traitements. Ceux qui ne purent se dé-
rober à l'orage, furent saisis et trainés char*
gés de chaînes à Canton et à Macao. » ( Lth
très édifiantes, t. U« p. liB. ;
M. de Toumon avait reçe Tordre de sa
retirer h Macao. On Ini avait donné lUie ;;iude|
sous prétexte de lui faire honneur, maisqiôi
au fait, le retenait prisonnier dans une mai-
son qu'il avait louée sur le bord de la mer.
Sa promotion au cardinalat, qui fut annoncée
à Macao Iv' 17 aoAt 17t99, acheva de le perdre.
Six missionnaires, chargés de loi annoncer
cette promotion de la ^tarl du pape, fiirepl
enfermés dans la forteresse, et lai-mèiiie,r6»
difit à n'avoir pas d'autre nourriture que ea
qu'une vieille femme du voisinage pomfut
lui donner secrètement, mourut de chafrii
et de souffrance en 1710. Ce fut ijors mm
ceux des grands qui avaient tu aToenelM
la reli^on chrétienne s'établir en Cbinei
profitèrent des dispositions de l'cmpereg
pour susciter de toutes parts des perséct-
lions. Da!is beaucoup de provinces, les ahé-
darins firent des ordonnances paftie^Kèra
I>our proscrire le christianisme, le traitaai
de religion fausse, séditieuse, inspirant la
révolte et contraire aux lois de Teoipire. Le
P. d'Entrecolles, dans sa lettre au P. dt
Brossia, parle ainsi de Tun de ces perséi*9-
teurs : « Il y a près de quatre ans que notre
mission touche à sa ruine; le 23 décembre
1711, Fan-Tchao-Tso, mandarin et Tua des
censeurs de l'empire, attaqua ouvortenent
le cliristianisme et forma le projet de le Cure
proscrire dans tout l'empire. Le d^oir des
censeurs publics est d'avertir des désordres
qui se glissent dans l'Etat, de reierer les
fautes des magistrats, et d'user de leur droit
de représentation, même à l'égard de la per-
sonne du souverain, lorsqu'ils croient oaH
a enfreint quelque loi de l'empire. Us se fdat
extrêmement redouter par leur hardiesse et
leur fermeté ; on en a vu attaquer des nce-
rois tartares, quoiqu'ils fussent sous la no-
tection de l'empereur; ils mettent leur gtok^
h braver sa disgrdce, la mort même» quand
ils pensent que leurs poursuites sont oeMifer-
mes à l'équité. Le censeur Fan->-Tcliao^Tse
avait de l'aversion pour le christianisme, et
l'événement que voici fut la cause des fîo-
lences auxquelles il se porta. Les Jésuites
français ont une chrétienté nouTelle dans
Ouenjinan, ville qui esta vingt-quatre lieues
de Pékin; c'est la patrie du censeur. 11 araît
un petit-fils assez affectionné à notre foi, qui
épousa une jeune néophyte. On était coH»
ju'elle 'aurait la liberté de pratiquer
ercices <k sa religion ; cepeiitlant, le
lême que se fit le mariage, oa la con-
, selon la coutume cbiiioîse, dans une
ïve où il y avait des idoJes. Elle refusa
iiofoenl de les honorer; sa l>elle-mère
utres parentes voulurent la l'orccr do
r la tête pour les adorer; après des ef-
mitil^s, voyant qu^elles ne gaguaieiU
li par cfifésses, ni par menaces, elles
kraitèrent pendant quelques jours ç
I néophyte deimuira t'eruie, et c'est ce
érisa le Poseur, ai^'ul du nouveau oia*
r i^iresftA 3$ur-]e-€liaiTqi une i6(]uète
II raligion chrélienue, et il la pr^«
l t*Mnpémur. Ce pri*jce U ie>c^it et raii
[selon la coiilume, ipie le tribunal des
Hihéreratt sur eetle atljire : le nif^iort
: qu« BOUS fK'^yvkms le < lésiner- On
e la p&'ne à concevoir que ce Iribunid,
lUS avait tonjo*ifs été si o[>[K>sé> mous
ftirorable en cette oceasion : l'on s'at-
! èien que l'éilit (iccorJé par Tempe-
I treute-UiMèjiiH anné^î de sou rè^ne,
lerait ce tribufjal de proscrire la reii-
tiais on ne croyait pas que les luaiida-
ïi If» Ci^mposent, jvirîassent d*eyx-îui5-
( t3nforme aux inclinations
> qu*iîs f>nl regardé ce jn-
i comme mw esi^èce de récumpetise
rviecs que Fempereur tire joninelle-
^S missionnair' s, doiit i>lusieurs sunt
&♦ depuis quelques années, è tracer la
éographiiiue de son vaste empire. Les
louï y liavaillenl encore avec des fa-
încroyalïles; cela aplanit de plus en
j^hemin à la prédication de l'Evang'ile;
I chr<?ticnté de la Clnne est-i.»lle très-
euse, et tout poile h espérer que le
se réjjandra de plus en plus
empire. [Lettres edif.y tome II>
auisme
Ente
^ est rappréciatîon f|ue le P. d*Kntre-
(hi<ïait de sa situation qui, pourtant
1 ^\ comme nous le voyons par
! ^ qui font suite.
': lit toujours des vœui secrets
- - ijuisme, 11 protégeait les nris-
Ires qui étaieal à sa cour» réprimait,
jgu'il le poavait, sans compromettre
pcipes de sa politique» les actes de vio-
r^^-'-"'-- par les mandarins. Les exer-
;^iun cûntiiuiaienlde se faire
miere liberté dans les Eglises de
l'empereur ne cessait de presser
inaires jésniles de redoubler leurs
_lbsàKorue pouren obtenir des dé-
propres à établir l'uniformité des
Tîs parmi les missionnaires, et à côn-
es ^rif^icipes du christianisme avec les
'chinois et les lois de rempire. Ce fnt
j^ circoii que les missionnaires
iiurent d'annoncer à ^au^^-Zu*
[e <i*un ! i légat, dans la per-
te JUa::^;;,. Ju. ,.u. Les permissioiJâ» iié-
M pour se rendre à Pékîu ayant été
les è Canton, les mandarins des pro-
!*eçtjfcnt Tordre de lui rendre sur toute
I iesplusgrands honneurs. Arrivé près
de Tempereur, il en obtint quatre audiences
solennelles. Tout Tart de la politique M mis
ea <euvreponr le faire entrer dans les vues
de Tempereur. On essaya tour h tour de le
«déduire par les promesses et de Tintimider par
les menaces» L^emuereurétaitsavant en tout
genre de connaissances, et il avaitia faiblesse
d'iiimer à en faire parade. Il n oublia rien
pour eiubnrrasser te légnt pat des questions
et des réponses ca|>tieuses, et trop souvent
même il abaissa la dignilé impériale jusqu'à
prendre le ton delà plaisanterie. Mazza-Har-
lia se montra en tout le diy;ne re|>résentanl
du chef suprême de la religion; par sa f>ru-
detice il sut se dérober ani pièges iiu'on lui
tendait de toutes paris, vl sfm courage Téte-
va Coujours au-dessus des désagréments eC
des outrages mêmes qu'on lui lit plus dune
fois endurer. Il finit par forets Tempereur à
Testimer, mais il ne gagna rien pour les in*
léréis de la rel gion* Lelé[j;at, prévoyant que
dans des circonstances aussi critiques, sa pi'é-
sence ne poii\*«it pins qiuj nuire aux affai-
res *le la religion, obtint son audieî^ee de
congé, et peu de jours (q>rès, s'éloigna de Pé-
kin pnur l'epasser en Euro|)e. L'expulsion
des njisstiïnnaïres suivit de jrrès le de[>artde
Mazza-B^rba, etbientCrt il ne fut plus [»ossi-
ble d*étre clu'étien sans se voir etiKïsé cha-
que jour à souffrir Id perte de sa liberté, de
ses bieos, de sa vie même, pour sa re-
ligion.
Les deuï légats du saînt-siége étaient char-
gés d'une commission infiniment délicate:
ji fallait un miracle du ciel pour la faire réus-
sir. Snivaiit les rèj^'lesde la nrudence liiimai-
ne le succès en était ira[X)ssiDle. L'Europe et
surtout la France ont été inondées décrits
pour el contre sur les cérémonies chinoises.
La li- te qu'on en trouve dans Fabricius, qui
n'en a cité qu une partie, est déjk etTrayante
pour ceux qui voudraient approfondir ce
fïoiot de controverse. Ces ouvrages, enlan-
tés la plupart dans des intentions hostiles
contrôles Jésuites, ne doiveiit être lus qu*avcc
l'impartialité d'une critifjne attentive et sé-
vère. A en croire les écrivains de ce temps,
qui se piquent de se montrer les plus modé-
rés dans leur opinion, si TEvangile, qui
avait fait d'abord des progrès assez rapides
à la Chine, n y a pas fructifié davantage, il
ne laut s'eu pfendre qu*è la rivalité des mis-
sionnaires et à Tes prit de contention et de
dfSpute, maladie de î*"Enrepe, qu ils ont pur*
tée avec eux dans ces cbmats éloignés où
ils ne devaient aller que pour éclairer les
hommes et les rendre plus vertueux. Ce ju-
gement cst-il bien réiléchi? Il ne faut con*
naître ni le coeur do Thomme niTtiistoire,
et surlonl, il faut ignorer le caractère na-
tional des Chinois el leur gouvernement po-
littqne, pour rejeter sur une cause pure^
ment secondaire, les ])erséeulions auxquel-
les TEglise de la Chine a été exposée pen-
dant le cours de plus d*nn siècle. S'il se pré-
sentait, dans quelcjue empire de TEurope que
ce soit, un légat au pape pour y faire abro-
ger une loi constitutionnelle, imagineraît-
on sérieusement que les intrigues ou le cré-
k.
i
575
dit d*UD certain nombre de relieieai suffl-
raienl pour faire réussir ou échouer une
négocialion de ce genre. L'application est
aisée à faire. A la Chine, les honneurs décer-
nés à Confucius aux ses ancêtres sont re-
gardés comme loi coastitutionnelle de Tem-
pire ; et les Chinois tiennent à leurs usages
plus encore qu'aucune nation de l'Europe à
sa constitution politique. Ce que les souve-
rains politiques refuseraient à la tiare, qu'ils
respectent et qu'ils honorent, laut-il s'éton-
ner qu'un empereur infidèle ne l'ait pas ao-
curde à des légats du saint-siége ? Arant les
décrets de Clément XI, les missionnaires jé-
suites permettaient, il est vrai, et ils se
croyaient fondés à permettre les cérémonies
chinoises, telles que Alexandre VI i les
avait permises, parce qu'ils les regardaient
comme un culte civil et politique. Peut-on
douter que les Jésuites, unis dans cette doc-
trine et cette pratique, avec un grand nom-
brede missionnaires des différents ordres de
religieux, aient trahi leur conscience et se
soient montrés rebelles à des décisions po-
sitives du saint-siége? Clément XI lui-même,
dans le décret de 17M, rend justice à la droi-
ture de leurs intentions. Il redresse leurer-
reur, mais il défend de les nommer coupa-
bles. Voici conune s*en expliquait le pape
avec la congrégation de la Propagande : c 11 ne
faut pas blâmer les missionnaires qui ont
cru devoir suivre jusque-là une autre prati-
Îue. 11 ne doit pas paraître étonnant que
ans une matière disputée durant tant d'an-
nées, où le saint-siége a donné ci-devant
différentes réponses, selon les différents ex-
Sosés qu'on lui avait faits des circonstances
es choses, tous les esprits ne se soient pas
trouvés réunis dans le même sentiment.
C'est pourquoi, nous chargeons M. le pa-
triarche d'Antioche et tous les autres, qui au-
ront le soin de faire exécuter nos répon-
ses, de mettre à couvert l'honneur et la
réputation des ouvriers évangéliques,
et d empêcher qu'on ne les fasse passer
pour des fauteurs de la superstition et de
ridoUtrie, étant hors de doute qu'après que
la cause est finie, ils se soumettront avecrhu-
milité et l'obéissance convenables aux déci-
sions du saint-siége. » Ajoutons ici les pro-
testations envoyées à Rome par les mission-
naires jésuites c Nous déclarons à la f^ce
de toute l'Eglise, comme nous l'avons d^jà
fait [dusieurs fois, que quelque chose qail
Elaiseau saint-siége deaéterminer surVaf-
dre de la Chine, nous obéirons. Il nous
condamnerait mille fois que nous n'oublie-
rons jamais ce qu*il est et ce que nous som-
mes Si le pape condamne la pratique que
nous avons suivie, quoique appuyée de l'au-
torité d'un autre pape, quelque chose qu*il
nous en doive coûter, l'honneur, la liberté et
la vie même, nous nous soumettrons sans
restriction et sans délai. » [Lett. édif.^ t.lU,
p. 51.)
Les lésuiles se soumirent, avec une doci-
lité qu'on ne saurait trop admirer k la dé-
cisirin suprême émanée du siège do saint
pierre. Cependant il nous semble » malgré
tout ce qu'on a publié contre eux, qu'Ui
étaient dans le vrai, et qu'après l'explicatioa
donnée par les lettrés chinois el par Tem*
pereur lui-même, il n'y avait plus aucu
doute sur la question. Quand tous les hooi-
mes d'une nation déclarent, aussi positive-
ment que le firent les Chinois , que le seai
d'un mot de leur langue est tel ou tel , que
les honneurs qu'ils rendent à leurs ancétrei
sont un culte purement civil et non pas ido*
Utrique, on doit les croire, parce qu ils sont
les meilleurs juges. Que dinons-nous si des
honunes, étrangers à nos mœurs, à notre laa-
gase. à nos crovances, soutenaient mardieuit
mai^ nos délégations , que nous sommai
idolâtres parce que nous avons nos jours de
semaine consacrés aux faux dieux : luiidi, k
la Lune; mardi , à Mars; mercredi , à Mer-
cure; jeudi, à Jupiter ; vendredi, à Vénus» et
parce que nous donnons ces mêmes Doai
aux planètes , aux astres que nous décou-
vrons 7 Les premiers apôtres faisaient comna
les Jésuites : ils savaient, et notamment saint
Paul, qu'il ne fout pas traiter avec trop d'in-
flexible rigueur ceux que Voa v^it otmver*
tir, et que la tolérance est souvent la phu
fructueuse des vertus. Ce que Dieu dooaa
aux hommes de lumières révélées s'est aAî-
bli, divisé en passant par les révolutions des
temps et des empires. Quand un rayra dt
cette lumière prunitive luit encore chex m
peuple, quelque affaibli qu'il soit» il fiiut ae
garder de l'éteindre. C'est à lui que s'alh-
ment l'esprit et le cœur de ce peuple. I
faut , au contraire , en faire le centre des
rayons nouveaux qu'on veut lui ac^oindiei
Cèst le feu sacré dont l'étincelle est wom
la cendre. Il vient de Dieu» il faut le ralle-
mer (1).
Quknd rem{)ereur de la Chine sut Tobéif-
sance des missionnaires aux ordres du souve-
rain pontife, il cessa de les protéger. La persé-
cution se ralluma dans toutes les provinces de
l'empire. Les missionnaires n eurent plus
d'autre ressource que de se cacher dans les
forêts, où ils manquaient de tout» ou bien de
courir au martyre. L'empereur ne vécut que
3uelques années après la célèbre ambassade
e Mazza-Barba. En 1718 » il tomba malad^
et ayant été guéri par les missioDnaires » il
leur témoigna sa reconnaissance par un acte
authentique : « Vous, Européens» dit-il, c|M
j'emploie dans l'intérieur de mon palus»
vous m'avez toujours servi avec lèle el air
tention, sans ou on ait le moindre reprocha
à vous faire. Bien des Chinois se déAert
de vous, mais moi, qui ai fiait observer
soigneusement toutes vos démarches» il
(!) Ici BOUS sopprimoBS «u paragriphe ca eoni»
géant l'épreuve de ce voknne, pour dire à ms li»
leurs eue nous venons de Are, malbeureaaeaMit
sprès 1 impression de noire article Chine, vue fiàt^
cation faite dans la Retme de$ deux inoadct par H.
Lavollée. Cet article présente le résuaié des été-
nonienls qui ae sont accomplis dans l'eaipire di*
nois, noiammenl depuis plusieurs années. None A
reproduirons un passage destiné ^ compléter Taitl*
cle Chine de ce Dictionnaire. Il viendra à la In di
deuxième volume.
fy ai jamais rien trouvé qui ne Ml dans
re , je suis si convaincu de votre drot-
|t de votre bonne foi, queje dis hauteinent
faut se lier à vous et vous croire, » Cet
ereur mourut en 172â, le 20 décembre,
B un règne de soiianle ans. On suppose
ije prince, à sa mort, lit appeler les mis-
iiaires pour recevoir le oaptôme; mais
nemieT acte d'autorité de sou fils^ Joung-
Qg, fut de les empêcher d'entrer dans le
$. Ce fut dans le Fou-Kien, qu'en 1723
Dolrèrent les premières élinceUes de la
icution générale. Nous allons laisser
r le p. Mailla, écrivant de Pékin le 16
ire 172i,
îomment tous écrire, dans Faccable-
; de douleur où nous sommes ? et le
la de vous faire le détail des tristes scè-
gui se sont passées sous nos yeui 1 Ce
nous appréhendions depuis plusieurs
es, ce que nous avions tant de lois prê-
tent enfin d'arriver. Notre sainte reli-
lest entièrement proscrite à la Chine;
les missionnaires, à la réserve de ceui
liaient au palais , sont chassés de Vem-
lies églises sont démolies ou destinées
(usages profanes; les édits se publient
lus des peines rigoureuses , on ordonne
Sirétiens de renoncer à la foi, et on dé-
»aux autres de Tembrasser. Tel est le
table état où se trouve réduite une mis-
|ui , depuis près de deux cents ans,
m colite tant de sueurs et de travaux,
premières étincelles qui ont allumé le
pne persécution si générale s*élevè-
mu. mois de iuilïet de l*année dernière,
la province de Fou-Kien ; ce fut à Soun-
lien. Cette chrétienté était gouvernée
18 PP. Blas de la Sierra et Casébio Oslot,
iiicains espagnols , venus depuis peu
fhUÎDpines* Un bachelier chrétien , mé*
Itit de Tun de ces missionnaires , re-
i à Ja foi , et s étant associé plusieurs
B bacheliers , ils présentèrent au man-
|du lieu une requête qui contenait plu-
I accusations, dont les plus fortes
It (ïue les personnes des deux sexes se
Hblaient dans nos églises, et qu'on
lait, dès leur bas-âge, de jeunes fîllês à
r la virginité. La chose était vraie; mais
\ avoir neu d'égard aux usages et cou-
I de la Chine , car les autres missiou-
fi jésuites ou autres, ainsi que MM. des
0ns - Etrangères , qui connaissent ta
liesse des Chinois sur la séparation
personnes de différent sexe , ont évité
p*and soin de leur donner le moindre
Ig^t rien n'étant plus capable de dé--
da religion et de la rendre odieuse et
Isable. Le jfouverneur de la ville de
jGan, à qui la requête avait été présen-
P'avait renvoyée aux mandarins supé-
U il reçoit du Tson-Tou Tordre qui
|« l'ai appris que dans votre gouver-
pt il j a des gens qui professent la rc-
j du Seigneur du ciel ; que les riches et
Euvres Tembrassent; qulls ont des
\s à la ville et à la campagne , et , ce
pt plus répréhensible» qui! y a des
CHI
578
jeunes filles è qui on interdit le mariage, et
qu on leur donne le nom de vierges; que
lorsqu'on prêche cette religion , on ne dis-
tingue ni nommes ni femmes; que dans le
territoire qui dépend de Fou-Gan, on compte
seize temples de cette secte. Celte religion
étrangère séduit le peuple et corrompt nos
bonnes coutumes; il est donc d'une sage
politique de proscrire cette religion et d'en
arrêter les progrès. Je vous en transmets
l'ordre : ayez soin de le publier, d'interdire
cette secte, de fermer ses temples. Si, dans
la suite, il se trouve quelqu'un qui ait la
témérité de violer ces ordres, punissez-le
selon les lois. Il faut se saisir sans délai de
ceux qui se rassemblent pour suivre cette
religion étrangère, et, selon les règlements?
leur infliger le châtiment de leur crime. Or
ne leur pardonnera point. Exécutez es
ordre.*, »
« Le mandarin de Fou-Gan fit la réponse
suivante: — Moi, mandarin de Fou-Gan-
Hien, sur les ordres que j'ai reçus de votre
part , je me suis transporté en personne à
l'église qu'on bâtit; quoique cet ouvrage ne
soit que commencé, j'aijugé que la dépense
ne saurait aller à moins de deui ou trois
mille taels. Cet argent serait bien mieux
employé à secourir le pauvre peuple : quel
dommage qu*on remploie en faveur d'une
fausse religion, qui détruit les cinq sortes
de devoirs et la vraie vertu , qui renverse
l'union des familles et anéantit les bonnes
coutumes I J'ai fait connaître au capitaine et
aux chefs du quartier les soins que vous
vous donnez pour le bon gouvernement de
celte province , afin de maintenir nos usa-
ges et de perfectionner le cœur des peuples.
Alors récrivain Kouo-Siun et le gradué Ou-
Ou-Entcho , et autres qui ont soin de la fa-
brique de cette église , m'ont répondu à
haute voix : — Le Seigneur du ciel est le
maître de toutes choses ; qui oserait ne pas
le respecter et ThonorerT^Je leur adressai
aussitôt la proie, et je leur demandai pour-
quoi ils n honoraient pas leurs ancêtres ?
pourquoi , h la mort de leurs pères et de
leurs mères, ils ne faisaient pas les cérémo-
nies ordonnées par les lois? pourquoi ils
avaient parmi eux des garçons et des filles
qui lie se mariaient pas? pourquoi ils re-
gardaient comme de mauvais génies nos
anciens sages, que nous révérons?,.. A tout
cela, ils me répondirent:— Qu'il y avait un
Européen maître de la loi^ qui la publiait et
leur enseignait le chemin du ciel ; qu'à l'é-
gard des cérémonies après la mort , elles
n'étaient d'aucune utilité, à quoi bon les
faire? — Je leur demandai comment s'appe-
lait cet Européen ? s'il avait la patenta im-
périale î quel était le lieu de sa demeure^et
si je ne pourrais pas le voir? — Ce maître de
la loi, me dirent-ils, se nomme Ouang; il ne
se montre que très-difticilement; il ne dit
point s'il a la patente impériale ou non. — De
semblables réponses me firent juger que
c'étaient des ignorants qui avaient embrassé
cette religion par simplicité et sans examen.
Par Teffet du bon cœur de rempercur dé-
J
j^9
CTI
Cflî
sso
c^é \ Yé^vA â(^s ëitm^cts qui Tiennent h
la Chioe, y îut ortlontH^ qu'on laisserait de-
Bieurer dans hnits ^'glîses <:Cuî qui nvaipnt
la natenie iiû'i>énaJe, cÉ qa*on chasserait les
autres. Cel ordre se honte à permettre nu\
feriropéens de vivre dans leur loi. Les Chi-
nois ne peuvent ni In suivre ùi se soiimettr<3
aux élrangerst Cent qui ont fa patente On-
périale onC chacun feur <?gtise; il ne doit y
en avoir qu'une seule ert chaque province;
et coninicot souffrir tjue dans dn petit hten
^ville du troisième oidrc) tel que Fou-Gan»
il y ait dix de ces églisefi, où les hommes et
lei femmes s^'assemli lent ' pMe-rnèle, san$
distinction de sexe ? Les chrises efi sont ve-
nues k un point de in^prî^ ûes mandarins H
àe leur aiitorilé, que si vous îi'einplDyez au
plus \ùi ce que vous âviï2 de pouvoir, "tout le
peuple embrassera celte loi et s'érartera ab-
solumenL de ses coutumes pour en suivre
d'élraygères. Je ne suis rju'uQ petit manda-
riB, et je nai pas le pouvoir de réformer do
tek abus. Du reète, je vous conjure de ffifre
atlontion à laudace et h Tarrogance de ceux
«^ui embrassent eetle loi. Tous les manda-
rins d'armes et de lettres doivent se réunir
pour y apporter un t^eo^èdb si etticace, qu'a-
près la défense qui en sera faîte, JD^rsonne
o*ose plus se soustraire aux sagiîs lOiâ da
gouvernement, »
On réprmdit, en envoyant l'ordro au man-
darin de Fou-G*^n de faire arrÔîer un bache-
lier q^ui avait embrassé cette religion, de dé*
couvrir l'auteur de Técrit afïiché, de prendre
le nom et le surnom de FEurOpéen, mattrc;
de cette secte, ot de s'informer d'abord sll
avait la patente. Le TsoH-Tou envoya secrè-
tement un billet au mandarin J^our lui re-
conmiander «le foire renlrei^ dans la bonne
voie ceux qui se sont égarés. Pour empocher
iout attfoupement du peuple, il avertit qu*îl
enverra des soldats pour te tenir en respect.
Le mandarin de Fou-Gan fit la réponse sui-
vante au billet du tson-Tou : « J'ai tiîché
d'eiécutervos ordres r j'ai parlé aui chrétiens
à plusieurs reprises; mais hélas I on dirait
que ce sont des gens ivres: ils ne paraissent
Eas vouloir sortir de leur assoupisse ment,
oin de penser h. se corriger, ils ont attaché
au bas de mon écrit un écrit iniurieux. J'ap-
prends, parle rapport fait sur le nombre des
temples, qu'il s'en trouve dii-hnit • il a laflu
de grauues sommes pour conslruîre ces édi-
fices, et cet ar^erd a été tiré des ent^àîlles
du peuple. Ces pauvres gens, qui sofd ava-
res quand il s'agit de toute autre dépense,
De regrettent po.nt l'arj^ent qu*Us donnent
pour un nsage aussi pernicieux ; ifs enga-
gent leurs maisons et vendent leurs hérita--
ges. Les jeunes femmes èl les jeunes (illes
entrent aussi tiaus celle religion ; elles vont
dans un lieu retiré dire à rorcille de rEuro-
péen des paroles secrètes, €\'St ce qu1ls ap-
pellent se confesser. l\s o ont pas de honte de
s'assembler péle-môIe, honnues et femmes;
les enfants du famille, les bacheliers et au-
tres lettrés ne rougissent pas de faire des
actiooi indignes de leur ran^'. Danscettesecle,
oû ne peùse plus a son père ni à sa mère
qiiand ils sont morts; on oublie jusqu'à IV
ngine de sa famille : on est comme une eau
âaiis source et un arbre sans racines, on ne
ren i aucun honn*^ur aux saçes dont ûOtts
avons reçu la docirine; aiûsi le Citinots esi
tnétamorphosé en Buropéen, Les fiHçs 4|tii
gardent h eontitiéiic« ne se marient janiats;
peux dont la femme est décédé© n^ se re^
marient pas nort ^Jlns* et il» consenleiit à
|>asser leur vie sans enfants. N'est-ce pàâ H
lîfje '^ecte qui séduit le peuple, qui désomi
les fimilles et qui en corrompt les boimes
mn?urs ? L'alfa ire est de conséquence î to-
f oyex au plus tôt des ordres rigotireux pour
rétablir les coutumes qui ont été per?ems;
k légard des temples des fhi*éii€«i% M use
parart qu'il faudrait les détruire. »
Le vice-roi se Joignit au Tson-Tou, i^iovs
deux ag r^'nt contre les chrélifeii*; fto dmK
ftéreni Védit que voici : « La doi^iise ^m
les anciens sages ont enseignée aui honttMf
ïes instructions des emjiereurs pour l#99i-
vernement des peuples, les bonnes règlfsli
conduite de notre empire, sont totil«>l r«iK
fermées dans les cmq sortes de devoirs et
dans le code de nos lois* Par exetapie, IV
béissance filiale ne consiste pus préeiséntflt
à nourrir délicatement son père et sa
on peut, avec des vivres ordii mires 0I
Siers, leur procurer une vie douce ; maii^
la mort des auteurs de ses jours, un til« Ml
pleurer, gémir, se lamenter, préparer afft
soin TappAieil de leurs funérailles, el éifl
attentif a faii'e les cérémonies du Jft;c«
sont là des devoirs indispensables^ Nous li-
sons dans nos livres que les oérÉmimitléi
Tsi doivent se faire aveo autanl (to ft^^Mit
que si leurs esprits étaient préséxiU ; M mié
ïie 1^ fais f»as nmi-méme, et que je in'w»
i'epose sur les autres, c'est comme si j^tumi-
tais de les faire. Nos anciens sages omi élaWi
ces cérémonies comme tin des iiril
fondements du gouvernement (te l'Elat,^
trois péchés contre Tobéissaiieè Ûtale,
de ne pas laisser de postérité est lu [ituegraai.
C'est pour cela que, si un hoanne peré a
femme sans en avoir eu d'enfante, îl doit ie
remarier. Quand les tiltes sont en â|pade pu-
berté, on doit leur chercher des épom 1 les
hommes et les femmes, les gsfooiia aC ïes
filles ne doivent rien reeetmr I01 «ns
des aulr(<<î : rt ^nnT là des f^vÊB eilrtaie>-
ment tv [armi nous* Noire eiB-
Iteretff \ ^^ nous dît» sur loiiiÉs
elioses, que Tobéi^sance tiliate eoît eieeie*
ment observée. Dans notre gouvenieiiieul du
Fou'KieiT, tous s'appliquent H rélude du Chi*-
kinj^, de nos *^'''*^'—)iicsetde nos hiii scelle
étude n'e^t 1 qiieéffia le t*Bfn de
Foun-Gan-Hi^ii, i.u csi veini tout memneflt
un Européen, qui prend le titre de JMÏn
de ta lùi^ et qui s*y lient - " [^ religM
qnll prêche sème lelroul lepesf^t*
et le lait douter de la bonie ae hm hm\
nun- seulement les laboureurs et Iw WÊi*
chands Técoutent et le suivent, dei lettrés
mêmes s'en sont tellemenr f^îs^^éf tfffrlfléti
qu'ils ne peuvent plu
le faut, C^ Eui
m
De
iois
cm
ÔTTimos ('t frmmes qui ne rougissent pas de
$ - distinction do sbxq ; ces
.. . - / r - épuisent leurs bourses pour
lever des temples. Qui pourmil, dans un
lf*mps si serein, et au plus beau solôil fini
' î a nos veuï, voir avec tranquillilé b gf^nle
y-mal (J^mon de rillusion vi de Terreur)
Courir çà el là? Ceux qui professent celte loi
' ^gard^nl nos anciens sages, ïes ancôlres des
milles, comme autant de mauvais j^énies; ils
e leurporlent aucun respect cl leur refusent
les cérémonies accoutumées* Ils se font un
filaisir de n'avoir point de postérité, ils exlior-
enl le<ï filles à ne se poîof marier, et celles
t leurs conseils, ils les appellent
-f^s. De plus, ils ont une espèce
lire, où Ton voit entrer les
'■ lûmes, qui f pailcnl *\ voix
i ce qu*i!s â[ipe!!ent se confesse^.
> secle^, il n'y en a pas de plus
f»en II est écHt d'ans \ù Code de nos
Ois ., .. . ihet d'une secte, qui, sous pfé-
feïlede religion cl de bonnes œuvres, If-ornpe
ÎA î.AiM.%^ 'fï^^ïit ôtre C'inm^lé; et que ceux
id sous loi au mùiûe dessein,
utj punis de cent coûtas de bflton
s h trois cems lieues. De [ïlus, il est
eut d*5fejjdii dYtrîi^er de nouve.mi
ir quelque secle que ce soil, el due,
Bi quLiqu*ufi coni revient h cet otdre, il doit
ïtre bnnni de Tcmpire avec dtderise d y re-
^ temples doivent ^tre" dé-
rî les n}at<?riaux conlisc|((és.
urquoi* ituu^ T^on-Tou et vice-roi, ordou-
6US qu'on saisisse sans Inoit ce luaîtrc de
qu'on le conduise sous bunûe garde
I, avec défense de rentrer dans la
Ordonnons pareil Icnienl aux per-
'(<' tout état de sïdoîuner d^une si
( , et aux coupables de se corriger,
s occu|ient à lire les livres de nos
«^s, afin qu'il n'y ait aucune di-
uoii> les coutumes, et que les peu-
les maihllennent leiirs cœUrs dans l'inté-
lié ; qu'ils ne se laisi^enl p$s séduire jus-
*aù point de suivre de fausses sectes.
ur ce qui regaitfe les lettres qui ont suivi
tte fjiussé loi, s'ils y renoncent, il ftiut
loùs envoyer leurs noms» non-seulementpour
\^nt p.Trdonuer leur crime, maii, pour les
leur zftie ; et nous priverons de leur
€ - ux qui hé voudront pas se soumet-
e; nous les punirons selon les luis» car
est lih Cil me qju'on ne saurad pardonner,
"ue si les mandarins les lavoriscnt, nous
s ferons dt'poser du leur maiîdarînat. Fait îa
liée de Yong-ïcliing, le deux de
...;_;...: lùriû, c'eàl^à-dire le 1 sentém-
e îl^h é ,.,
î --^que nous apprîmes i Pékin cb qui Se
j l.iûs la nrovinee de Fou-Kich, nous
tn luuj^'s alarmés, et nous craignîmes que la
tempête ne s'étendit |jÎus loin. Le Tsoi-Tou
fle Fou-Kien gouverne au^si îa proviaee de
tche-Kiang; ilest dncleiir du premier ordre
El dû lj famille iJcs Vtinlures rotujes, e'est-
i-dlrt' de la [►remiére famille des Tar lares,
a occupe le irône impérial;
3^ , M . I .^uent d'une {^laude autorité*
CHl
9S2
r t I l'Ut:
6'aîlleurs les temps sont bien changés ; fem-
Êereur régnant ne se sert presque plus des
uropéens, el il paraît peu touché des scien-
ces éi autres curiosités des pays étrangers.
Cette disposition a éloigné de nous le-^ amis
8 lie nous avions; les uns hc sont plus en
tat de nous rendre service, et le* autres
n'osent avcfir des Ikisott^ avi?c lès Euro-
péens.
fl Cependant, rions eûcûcS tine forte fecom-
toandîdioti auprès du Tson-Tou, qui répondit
qu'il n^étail nbis maître de cette afTaire ; qu'il
en avait informé rempereur, qu'il fallait
atlendre sa décision. 1! av^it etivOvé un placet
S ce jnince, où il lui disait qu*on ptmvait
laisser les nussionnaires h la cOnr, où ils
rendaient quelques services, soit oi\ travail-
lant au calendïier, soit en s'appîiquant à
d'autres outrages; mais que, dans les pro-
ririces, ils faisaient beaucoup de mal sans
être d'aucutie utilité. L>mpcreur envoya ce
placef au tribunal des rites^ afid qu'il donnai
^on avis. Quoique ce tribunal ait toujours
6(6 fort contraire à la religion, nous eûinCs
quelque espérance qu'en gagnant lesofliciers
qui ont soin des registres, nous pourrions
fes obliger à en lîrer les ordres de Iciope-
four Kang-Ci, qui nous sont favorables, et
à dresàer sur ces orJres la mirnuc de la dé-
termination que prendrait le Irdjuual. Nous
nous flattions q^ue par ce moyen on c6n5^ell*-
verait, du moins dans les' provinceô, tm
rtifssîfjnntlires qui ont la patente ihq)édâîc.
Nods eùrhes ce que nous sonhaittons ; sur
cesbrdreSjOn dressa deux minuies,do*tl l'une
àous donnait i^ain de cause sur le Tsc^-tbU
de Fou'Kkn, et Tautre pefmettait aox tais-
sionnairés qui avdient la patente impériale
de demeurer dans lesnTOvmces. Ce qui nous
rassurait encore» c'est ^ue le prince, dou-
zième fds du feu ehipereur^ qui est h la tête
du tribunal des rites, et deux tlè ses asses-
seurs, nous avaient promis leur protection.
Le tribunal s'étanl assemblé le 3 jantier, bt
l'un des niandatins subalternes ayant pré-
senté une minute qui raiitîait tout <^e qu'a-
vait fiut le Tson-Toû de Fou-Kieîi, le jïrincè
président la lut, et il demanda si dans les
registres il n'y avait pas des ordres du feu
etupereur, sou i>èi e, loucbant larelii^ion cbré-
lienne»el pourquoi un ne les nroduiSaît pas;
et il dontia ordre de les citer uans h minute,
ifais, le jour suivant, le tribonal assemblé
à rordinatre, le ptince président avant de-
mandé si Id niinulc de la détermitialiori qu*on
devait pi Ciidre ^ur là religion chrétietme était
proie, le raand;nin eut la hardiesse de lui
présenîoi' la même minute du jour précédent.
Le prince lui on téniolgna sa surprik! : il ré-
pondit avec flerié qu'il t/avalt point d'autre
minute à |>réseuier; que le prince filait le
maître, mais au'il perdrait plutôt son man-
daHnat que û'en changer. Alorâ le princiî,
^e doutant peut-éîre (nfun ordre secret d«
Feuipereur autorisait la lémërîié du dianda-
rifj, t«rit le pinceau, cofii;^ea quelque chose
de peu de couséqueuce dans la minuiCp el îa
signa; les r^utres mandarins suivirent son
èiem|>lc, hors deux, qni prirent la minute
m cm
et la rendirent sans la signer ; niais, doux
jours après» craignant de s'allirer quel que
fâcheuse alfaire, ils signèrent.
« 0ans cette détermination du tribunal, on
conserve les Européens à la cour, on inter-
dit rigoureusement k^ur religion, et on ei-
pulse les autres de tout TEniptre. Ceux des
provinces qui ont reçu ci-devant !a patente
impériale, doivent la remettre pour être
brûlée; enfin, il y a ordre à tous les manda-
rins et vice-rois d'observer le contenu de la
déclaration sous peine d'être cassés. Cette
déclaration fut présenlée à Tempereur k 10
janvier; le lendemain, il écrivit avec son pin-
ceau rouge la sentence qui suit : <» Qu'il soit
ainsi fait qu'il a été déterminé [mr le tribu-
nal des rites. Les EuropéëDSj depuis bien des
années, demeurent dans les provinces de
TEmpire; maintenant, il faut s en tenir h ce
que propose le Tson-Tou de Fou-Rien. Mais
comme it est à craindre que le peuple ne
leur fasse quelque insulte , j'ordonne aux
Tsous-Tou et vice-rois de province de leur
accorder cinq ou six mois pour les conduire,
ou à la cour, ou à Macao ; de leur donner un
mandarin qui les accompagne danslevojage,
qui prenne soin d'eui et les garantisse de
toute insulte; qu on observe cet ordre avec
respect, » Nous avions appris le résultat de
la délitiération du tribunal des rites, et
n'ayant plus d'espérance de ce côté-là, nous
prîmes le parti de recourir à lempereur lui-
même; la difficulté était de lui faire passer
nos remontrances. Le treizième fils du feu
empereur, le seul pour ainsi dire qui soit en
faveur auprès du monarque régnant, nous
parut le plus propre h nous accorder ce ser-
vice; ainsi, it fut conclu que le P. Frédelli,
moi et le frère Castillon, que son talent dans
la peinture a rendu si agréalde à ce prince,
irions le lendemain à son hùtel lui demander
audience, et le prier de nous accorder sa pro-
tection. Le lenoemain, nous nous y trouvâ-
mes tous les trois, son cortège se disposait
déjà à le conduire au palais. L'eunuque fit
d'abord dilliculté de nous introduire, imree
que le prince était sur îe |)Oint de sortir;
mais s'étant rendu h nos instances, il rentra
dans l'appartement, revint nous prendre et
nous introduisit vers le prince. Dès qu'il
nous aperçut ; « Vous venez, nous dit-il, me
parler de Taccusalion que le Tson-Tou de
Fou-Kien a portée contre vous ?... Nous lui
répondîmes que oui et la priâmes de nous
honorer de sa protection. — Hier, répliqua-
t-il, Tempereur remit votre affaire au sei-
zième de mes frères et k moi, mais je n'en
suis pas assez instruit. Depuis le temps que
durent vos disputes, vous voyez le train que
prennent vosaJîaires : quelles" peines, quelles
fatigues n'oot-elles point données au feu
empereur mon père! Que diriez-vous si nos
gens allaient en Europe et y voulaient chan-
ger !es lois et les coutumes établies par vos
anciens sages? L*emperenr, mon frère, veut
absolument metlre fin à tout cela d'une ma-
nière etficace, — 1) n y a plus de dispute,
répondîmes-nous : tnut'eslfini.— D^où vient
donc que ces deui Européens de Fou-Kien
se tenaient cachés, si tout est fini? — Nous
ne les connaissons point; ceui que nous
connaissons ont des patentes du feu empe^
reur ; ils sont répandus dans les différentes
provinces, par ordre du tribunal des rites,
donné la cinquantième année du règne de
Kan-fii. — Nous lui mîmes en même temps
cet ordre entre les mains, il le lut avec at-
tention; puis en nous le rendant, il nous dit
que cette patente avait été mal donnée;
qu*elle pouvait être de quelque utilité au pa-
lais, mais qu'elle n'avait nulle autorité au
dehors. A quoi nous répondîmes que nous
étions des étrangers peu instruits de la ma-
nière dont se gouvernent les tribunaui;
mais qu'ayant re<;u la patente des mains de
l'empereur, nous étions persuadés que nous
n avions rien à craindre. « Oh 1 je sais, nous
dit-il, qu*il y a plusieurs sortes d'EurO|)éens
à la Chine ; il y en a qui viennent noarl«
service de l'empereur, o autres pour le com-
merce, et d'autres pour prêcher votre le»,
Je n*ai pas le temps maintenant d'examiner
vos alïaires; mais avertissez tous les Euro-
péens de se rendre demain au palais, je vous
y entretiendrai à loisir. » Nous le priâmes
alors de nous servir d appui et ae père.
« Soyez en repos, répondit-ii, l'empereur
m'a remis votre alTaire, j'en prendrai soin. •
Celte promesse nous consola et nous sortîmes
fort satisfaits.
M Le lendemain 6 janvier, nous nous ren-
dîmes tous au palais, mais nous attendîmes
toute la journée inutilement Le seiuème
prince qui devait s'y trouver avec le trei-
zième n y parut point ; ce dernier nous Ht
dire de revenir le lendemain soir à son h6-
tel, mais qu'il n'était pas nécessaire que
tous les Européens y vinssent. Nous allâmes
donc au nombre dc'^siî à son hôtel, et nous
fûmes introduits dans son appartemeot.
Nous ayant fait asseoir : « Je sais, nous dit-
il, que vos atîaires sont fort embarrassées;
l'ai vu raccusation du Tson-Tou de Fou-
Kien, elle est grave; vos disputes sur nos
coutumes vous ont nui infiniment. Que di-
riez-vous si nous transportant dans l'Europe,
nous y tenions la même conduite que vous
tenez ici? Le souËfririez-vous? Je m instrui-
rai de celte affaire ; mais jo vous déclare
qu'il ne manquera rien à la Chine lorsque
vous n y serez plus, etvotre absencen y cau-
sera aucune perle. On n'y retient personne
par force, et 1 on ne soutTnra qui que ce soit
qui en viole les lois et qui travaille à anéan*
tir les coutumes, » Le prince dit cela d'un
Ion qui nous persuada qu*il ne faisait que
répéter les paroles de l'empereur. Nous lui
nréséntânies alors un mémoire qui justiliâit
la religion chrétienne sur les ch^s d'accusa-
tion du Tson-Tou de Fou-Kien ; nous lui
dîmes que nous ne prêchions pas notre foi
en cachette; que les livres qui 1 ensei^aient
étaient entre les mains de tout le monde, e(
que nous nous faisions un plaisir de les dis-
tribuer ; que nous avions même des feuilles
im[>riméeïi que nous exposions ©n public, it
nous lui pré^enlflmes ces feuilles qui soniuD
catéchisme traduit en chinois par un deooi
la
Pères. Le pnnce parut un peu se radoucir;
lions nous lui fîmes observer que notre con-
uile avait toujours été irrt^préhensihle»
jU'on ne nous avait jamais accusés d'dvoir
Tiolé les ois de l'empire; que nous vivions
en b'jine intelligence avec les mandarins,
e priice nous demanda à voir la patente,
nous la lui donnâmes, il fut surpris d'y lire
que les missionnaires qui avaient cette pa-
tente ne retourneraient pas en Europe ; il
demanda si toutes les patentes renfermaient
la mèrae clause. Lui ay-mt réponiu que oui :
Elle na, nous dit-il, nulle autorité au de-
ors; il faut la ehanger et en donner une
meilleure, en cas que votre atlaire s arcom-
__Baode, Soyez tranquilles sur raccosiition du
IHrTson-Tou de Fou-Kien ; je no suis pas le
^nQ-iUre * mais je t^kherai de vous rendre ser-
^Biriee. » El avec ces paroles il nous congédia.
^1 Ce fut deux jours après cette conYi3rsation
^Kque la décision du tribunal des rites fut pré-
sentée à rerapereur, qui la confirma, comme
je Tai déjà rapporté. Nous espérions que le
troisième prince agirait en notre faveur,
raai'î nous n*osions pas le presser, de crainte
de perdre par nos importunités le seul appui
3ui nous restait; cependant nnus résolûmes
avoir recours à Tempereur et de lui faire
présenter un placet par ce même prince, sur
la protection duquel nous comptions; nous-
nous rendîmes à son hôtel pour le sopptier
''''S^eii charger et Tappuyer de son crédit* H
us fil dire qu il n'-ivait pas le loisir de
us parïer, mais qu'il pensait a notre af-
ire et que nous fussions trani|uilles. Nous
ionnAmes alors notre placet à 1 eunuque, le
iant de le présenter au prince; il le fît sur-
haœp et nous le rapporta quelque teoips
[près, en nous disant que le prince ne pou-
rrait gpinler ce placet chez lui, mais que le
1*Dur suivant oous allassions le lui présenter
t une des portes intérieures du palais qu'il
Dous indiqua. Le lendemsin^ à ce lieu dési-
gné, te m6me eunuque vint de la part du
prince nous demander notre placet. Ayant
rencontré Feunuque une heure après, je lui
demandai si ce placet était parvenu jusqu'à
l'empereur. Il me réiK>ndit que le prince se
trouvant avec les trois gouverneurs de Tem-
pire et son seizième frère, ils en avaient fait
ensemble la lecture; mais qu'ayant été ap-
pelés par Tempereur pour une affaire impor-
tante, le treizième prince n'avait pas porté
le placet. Nous ne fûmes pas filchés qu'il eût
été communiqué à ces seigneurs, nous per-
suadant que s'il avait eu leur approbation,
nous avions tout Heu d'espérer. Dans ce
placet, nous répondions aux accusations du
Tson-Tou de Fou-Kien ; nous disions que
noire religion ne pouvait être suspecte, puis-
Îu'elle était depuis tant d'années approuvée
[jiis l'Empire; qu'on y soutTrait bien d'au-
Ires religions sans obliger ceux qui les sui-
vaient d y renoncer; que noussuppliio'is Sa
Majesté àe laisser à la Chine les Européens
quj ont la patente el qui y demeurent depuis
lîud d'années, d'avoir com[mssioa de leur
vieillesse^ et de leur permettre de i^arder la
sépulture de leurs prédécesseurs le peu d'an-
DlCTlONN. DES PKRâécOTIONS. I.
nées qui leur restent à vivre, et de ne pas
forcer les chrétiens d'aJbandonner la religion
qu'ils ont embrassée.
« Etfint retournés le lendemain au palais,
le prince parut vers le lieu où nous étions,
« Il semble par votre placet, nous dit-il, que
vous vouliez entrer en dispute avec Tempe-
rear ; je crains que si je le présente tel qu'il
est, il ne soit pas bien reçu* 11 fftut vous
contenter de lui adresser des remerciiîmenls ;
vous pouvez en courir les risques, mais je
ne réponds pas de l'événement, » Nous l'as-
surAmes que nous retrancherions tout ce
qu'il jugerait à propos, et que nous nous
bornerions h remercier Sa Majesté et à la sup-
plier de nous honorer de sa protection. En
étlet, nous remîmes le lendemain au ^^ince
le placet corrigé selon ses vues : il le r'Ht, le
lut et l'emporta sans nous rien dire. De p u-
sieurs jours nous n*eûmes aucune nouvelle
de notre placel. Enfin, nous trouvant au pa-
lais, les PP. }louvet, Ré^is» Parennin et moi,
le prince sortit d'unie des portes intérieures
avec son seizième frère et nous fit approcher :
« l'ai donné votre placet, nous dit-il, mais il
est venu trop lard; le tribunal des rites a
donné son avis, l'empereur a souscrit à sa
délibération» il n'est plus possible de reve-
nir sur celte alTaire. — Rien n'est plus facile,
répoTidimes-nous, h un si grand prince qu'est
Feoqïereur; il peutfjire cette grâce» et cette
grâce n'arrivera point trop tard, si elfe est
envoyée par le tribunal des rites; les man-
darins ne se pressi^ront point d'exécuter les
ordres qulls ont reçus à cause du délai de
six mois. — L'empereur ma dit, répondit le
prince, que pour le présent, il ne pouvait
rien changer à ce qu'il avait fciit ; mais que si
dans la suite on voulait vous inquiéter il
prendrait voire défense. — Quand tous les
Européens seront chassés des provinces, il
est bien clair qu'on ne les inquiétera plus.
— N'ètes-vous pas encore ici ? — Oui , nous
y sommes, sous les yeux et sous la pro-
tection de Sa Majesto; mais nous y som-
mes sans honneur dès que nos compagnons
sont exilés. — Ce n*est pas l'empereur qui
les chasse, c'est te Tson-Tou de Fou-Kien,
pour remédier aux troubles que deux Euro-
péens ont excités dans la province. — Nous
ne connaissons pas ces Européens; parce
qu'on les a accusés, faut-il envelopper dans
leur malheur ceux dont on n'a aucun sujet
do se plaindre et dont les mandarins sont
contents? w Alors le [►rince, se tournant du
côté de son frère, dit : « Certainetnent, le
tribunal des rites a tout confondu : sa délibé-
ration ne vaut rien, je le remarquai dès que
je la vis. » Pendant ce temps, nous étions
prosternés jusqu'à terre, implorant notre
grâce et priant le prince d'intercéder pour
nous auprès de l'empereur. « Que voulez-
vous que je fasse? Voulez-vous que je me
perde pour vous sauver? D'ailleurs, l'empe-
reur a dit quil vous laisse ici et à Canton* Je
lui ai objecté qu'on vous enverrait pareille-
ment de Canton h Macao où vous seriez très-
mal; il m'a répondu que le vice-roi de Can-
ton l'en avertirait* — 11 n*eQ aura paâi*idée»
19
I
1
tm
cm
lui répliquâmes-nous : ainsi, il serait à pro*
|)0.s que TOUS eussiez la bonté de lui faircf sa-
voir les intentions de Sa Majesté. — Il n'est
pas nécessaire ; éerirez-lui yous-nièmes. —
Il ne nous crorra pas; mais si dans deux
mois mrn^ présentions un nouveau placet à
rcrapereur ?» Le prince nous Gt signe que
cela ne se pouvait pas, et il se retira à
Tinstant, nous laissant dans on accablement
qui ne peut se décrin?
« Tel est le triste état où cette mission est
réduite: on s'est saisi partout' des églises;
les unKS ont été détruites, les autres ont été
changées en salles pour honorer le-s ancêtres,
et quelques-unes en temjiles d'idoles. Quoi-
que Tordre de remjrereur n-commande aux
mandarins d'empécnrr que les missionnaires
ne soient maltraités, ils nVmt pas été à Tahri
des insultes. L'évéque d^ Lorime a été saisi
dans une de ses missions avec un Français qui
raccompagnait; ils furent Irès-maltraités par
leurs conducteurs. Les lettres de Canton nous
apprennent que les missionnaires ne peuvent
plus regarder celle ville comme un asile sûr.
A peine le vice-roi eut-il re^u la sentence ,
quil fit publier à son de trompe, d>ns tout
son district, que les missionnaires se »iispo-
sassent à partir bientôt pour Macao, que dans
peu il n'en souffrirait plus dans son dépar-
tement. Gela ne s'accordait pas avec ce que
nous avait dit le prince, que Sa Majesté nous
laisserait ici et à Canton. Quelque persuadés
gue nous fussions que nos lettres seraient
inutiles, nous écrivîmes à ce vice-roi ce qui
nous avait été dit par le treizième prince.
Nous résolûmes aussi d'adresser un nouveau
mémoire à ce prince; nous lui représentions
que la plupart des missionnaires, chassés des
provinces, étaient originaires de royaumes
diffi^Hinls do celui d'où dépend Macao; que les
vaisseaux d'Europe, qui viennent commercer
h la Chine, aboixlont à Canton ; que de ren-
voyer à Macao ceux qui voudraient retour-
ner dans leur pays, ce serait les mettre dans
riinpnssibiliK^* de le faire : que d'ailleurs nous
ne pourriuiis pas subsistf'r ii-i,s'il n'y avait
(Hsr.'ionne à Canton qui entretînt noir* cor-
respondance avec l'empire ; qu'ainsi nous le
priions instamment d'obtenir de l'emprTCur
qu'on laisS'U à Canton ceui qui, à cause de
leur Age et de leurs inllrniitr-s, ne pourraient
l)as retourner en Europe. La raison ser:rète
(|ui nous taisait désirer de rester à Canton ,
n'est (pie cotte ville est comme la porte de la
nijssinn, et que les missionnaires y trouvent
t\t.y. tuaymi^ de pénétrer dans la tlliine. Le
Îttiti'v. nous lit corriger ce méiiioin-, et vriu-
lil qu'il fût également adressi; a son sei/ièinf*
tien:, parce qu'il avait été, conjoiiitiruienl
UMX lui , chargé de cette airiire : nous -iui-
'iijjes cel avis. Ce dernier prince nou-i fit
venir et nous parla eu ces termes : « Jr. vais
vous dire ma peii2Ȏe sur ce que vous di man-
dti/. daiis votre mémoire ; prenez garde que
f est moi seul qui vuus parle , ne vous y.
utyiupezpas. Vous savez aue l'empereur,
igi M)>i'il n'était que quatrième prince, était
l'^rt p^j niuuM aux bonzes Uocuauu et Lao*
J'^e ; fijjnj», «i/irsy i] n'était pas sur Je trône.
Le feu empereor mon père tovs a bMoecmp
aimés et comblés d^honnears et de gi^eee;
vous n'ignorez pas qu'il a souvent |>ar là
excité les murmures des lettrés chinoTS. Cela
ne signifie pas que l'empereur, mon frère, ait
quelgne chose contre tous et rfu'il ne Tv«as
considère : vous n'avez pas oublié avec quelle
bonté il vous traitait avant qu'il fttt mattre
de l'empire; mais maintenant qu'il gouverne,
il ne saurait se dispenser de se conduire
comme il fait à votre égard. Depuis Taillnre
de Fou-Kien , il a reçu contre vous plus de
vingt placets des lettrés chinois (il les a sop-
primés ) : ils ne veulent pas qu^oo ehange
rien à la doctrine de nos anciens sai^es^, el ub
bon gouvernement demande qu'ils soml
écoutés. Ma pensée est donc qil*au lieu du
mémoire que vous m^adressez, vous dres-
siez un placet pour être présenté à l'empe-
reur. Bornez-vous à lui représenter que de-
puis le P. Ricci , qui est venu le premier k
la Chine, vous n'avez rien feil contre les cou-
tumes de l'empire ; que vous êtes des reli-
gieux qui ne pensez qu'à vous perfectionner;
Sie la loi que vous enseignez n'est pn
usse; que vos compagnons qui sont dans
les [trovinees sont sur te point d'être chas-
sés : faites sentir les embarras et les incon-
vénients où ils se trouveront si on ne leur
permet pas de demeurer à Canton ; que telle
est b triste situation où vous êtes , puisque
le vice-roi de cette province a déclaré qu'il
n'y laisserait aucun missionnaire;après quoi,
priez et priez avez instance. Voilà à peu près
quelle doit être la forme de votre placet; au
reste, je veux en voir la minute et h; corrJ-
Î;er : ensuite vous présenterez oe pFaeet par
a voie des grands maîtres de la maison de
l'empereur, dont mon frère le seizième est
le chef. Ils ne voudront pas le recçvoir; alors
vous vous adresserez à moi , et je le ferai
passiT à Sa Majesté par le canal de ceux qaî
reçoivent les mémoriaux de Tempire. »
Charmés des bo: tés de ce prince, nous nous
pros; rnAmes jusqu'à terre pour le remei^
cier. Nous dressâmes le placet et f&mes le
lui porter le lendemain au palais; il était
alors si occupé, quil nous fut impossible de
lui [larler.
Ce prince, qui partit pour la campagne, ne
nous oublia point ; il nous recommanda k
snn seizième frère et nous fit dire de lui por
ter notre placet. Le môme jour il fiit pré-
senté , et I empereur écrivit lui-même^^ ré-
pfinse suivante : « Vous , gouverneurs de
l'empire, princes et grands, [)rener le placet
de Tai-Tsin-hien (cest le nom chinois du
P. Kebler), envoyez-le au Tson-Tou et au
vice-roi de la province de Canton ; qu'ils suîi-
|)endent les onionuances pour un temps, et
uu'ils ne pressent pas les Européens d'aller
uenjeurer à Macao. Que le Tson-Tou, le vice-
roi, le général des soldats tart^res, le géné-
ral des soldats chinois , délibèrent sérieusa-
inent sur cela et me fassent leur rapport;
s'ils jugent qu'il n'y a pas un grand mal*)
craindre pom* le gouvernement du peuple,
ou peut permettre aux Européens de demeu-
rer à Canton. Consultez entre vous et fl«
cm
infis wrtï« rapport. » Cette réponse ftil mm-
mjmiqnée attt Pères qui (Haîwt présents pnr
nm fMitriftrin. Le P. P-^r^niim i^erijereia Sat
Mai^alé et fil un r^ompliment si h propos,
«fmk meubdarinful sur-ie-ehamp le tflpf>or-
lep à Tempereur. Celui-ci en fut si sarlsfait ,
ifui] envoya prendre les trois Pères, feveor
k hu^uelle aucun de nous m s'attendail ;
Miei cê que leur àli rernpen>nr : <* Le feu
empereur mon père, après nfavoir instruit
pendant quarante ans, m a choisi préf*^rabîe-
weal à mes frères pour h\\ succéder, Je^nie
fais uo point capital de ne m'tMoigner en rien
de sa manière de gouverner. 0es Enrop^'ons,
dans la provinee de Fim-Kien , vouldent
aoéantir nos kois et t rouillaient les (peuples;
lasgrainds de cette province me les ont dé-
férés : yai i\ù pourvoir au désordre , c'est
une atTaire th rem;iire ; je ne [aiis nï ne dots
a*^r maintenant rnnime je faisais lors*] ne je
n'étais ouc fu-tnce ]i;)rliculier. Vous <iirte>f^ue
votre loi n'est pfnnt fausse, je le crois ; si je
panms qu'elle le t'tU, qui m^emjH^ëherait cIr
rféiruîre vos églises et *le vous en chasser ?
Les fausses lois sont celk»s qui, soirs prétexïe
dé porter h la vertu, souftleni IVsprit de ré-
ToUi», Unis que diriez-vour> , si j'envoyais
ttM bande de bonzes et lie lamas dans votre
pays pour j prêcher leur loi ? Comment les
reèevriea-v^us ? Ly-Ma-Teou {h^ F- Ricci)
Yiolà la Chine la prenn'ère année du règne
deOuan-Li. Je ne loucherai poini à ce que
ÉMOt alors les Chinois, je n'en suis pas
eliygtf ; mais en ce lemps-lîk vous étiez en
piÉ^'BMlbre, ce n'était presque rien ; mais
Mis 1l%nt9i pas de vos gens et des égli^s
ësnt loiites 1«^$ provinces ; ce n^est que sous
le règne de mon fièrcque vous en avBZ élevé
et que votre loi s est répandue avec
oous le voyions et nous n 'osions
iîMidve;iiiais si vous avez su tromper mon
pèfo, n'espérez pas qu'il en soit ainsi de moi*
Vous vDatBK que tons les t'hinois se lassent
chrécîeoa: votre loi le demande, jp le sois;
iMîa rfrtîvs ce cas, que <ie viendrions-nous?
tes prosélyii^s que vous ftites ne reconnais-
mtà «ue vous ; dans un temps de trouble ,
1*^ "^ :* "" ni d*aulre voix que la votre*
J 1 tiiellèffTOnI il n'y t\ nen k
e j i-ji ;ru;os ^[lumd les v^iisseiiui viemlront
|p.:i:' nnlté et dix mille, alors il pou.rait y
lavoir dtj désor iro. La Chine a au noini )a
l&usâie qui n*est [las mé[iri'^able ; elle a au
^ Mes Européens et leurs royaumes qui
► i*ncore plus considérables, et à Fouesl
'>uan-RtqMan (prince lie Tortarie qui dlv
huïl ans fait la guerre aux Chiiîois). le
le retenir chez lui et rern^x^chor dVn^
♦lan^ l;i Chine, d*i jieur qu'd ny excite
du (
auit Mo
les provittces des factoreries pour le coeq-
aieri^e ; il lut refusé , et on ne lui permit de
juer quk Pékin et dans le pays des Kal-
lui est sur les limites. Je vous permets
I de demeurer ici et à i^anton autant
Mmsque vous ne donnerez aucun sujet
de plaMte; car s*]l y en n dans la suite , je
tm
%m
L?ing»' , couipagnou dlsmaliotF,
, il" du czar, [iriait qu'on accordât
coviteM la |jermission dViablir drins
pour
ne vous laisserai ni ici ni h Canton; je ne
veux point de vous dans les provinces, L*em-
pereur, mon pèi e , a perdu beaucoup de sa
ré(iutaHon dans l'esprit des lettrés, par la
condescendance avec laquelle il vous a lais-
sés établir : il ne se peut faire aucun chan-
gement aux lois de nos sages, et je ne souf-
irîrai point que de mon régne on ait rien à
me reprocher sur cet article. Quand mes fils
et m^s petds-fils seront sur le trône, ils fe-
ront comme bon leur semblera ; je ne m*en
embarrasse paîS plus que de ce qu'on fait à
Oii-az-li. Ihi reste» ne vous imaginez pas que
j'aie rien contre vous ou que je veuille tous
opprimer; vous savez la manière dont j|Vn
uscU avec vous quand je n'élais que réguio;
la famille d'un do vos chrétiens se souleva
contre son chef prtrce qu'il n'honorait pas ses
ancêtres. l>ansl embarras où vousétiez, vous
eûtes recours à moi, et j'accnmmod'ai celte
aîlaire. Ce que je ftns mfoiitenaot , c'est en
qualité d*iiOif)ereur; mon imique soin est de
bien régler remjjire; je m y applique du ma-
tin au soir; je ne vois pas même mes en-
f-ints ni Timpérahice, je ne vois que ceux
qui sont chargés do soin des aïfaires neblî-
ques, it œ\a durera autant que le deud,qui
est de trois ms ; afjrés quoi, je pourrai p' ut-
ètre vous voir comme h Tor dînai re. » L'em-
pereur parla avec une rapidité qui faisait as-
sez connaître qu'il ne voulait pas qu'on ré-
pondît. Il chargea les trois missionnaires de
laire part h leurs compagnons de ce qu'il
venait de leur dii^, La suite «ies événements
n*a que trop î trouvé que remnereur avait
con(;u le projet d'éteindre Je christï/mrsrae
dans ses Etais. Les missioniraires forcés de se
retirera Canton, laissèrent plus de trnjs cent
mille chrélii'nssans pasteurs» et plus de trois
cents églises entre les mains des infidèles. »
(LeH, édif,, V. Ii,p. :>3V.)
La résolution qu'avait prise le nouvel
empereur, de détruire le christianisme dans
ses l^tals, parut assez par la manière d'ontil
traita toute une famille de Pékin, plus illus-
tre encore par la profession qu'elfe lit de la
foi chrétienne nue par Je sang impérial des
Tartares-Mantchoux , duquel elle sortait.
Le primée Sounou, chrf de la famille, nommé
pM* quelques auteurs Sounnama, était, en
ITiîi, Agé de soix«nte-dii~sept ans. Il avait
onze tils vivants, et avait eu seize tiMes,
presque tout s manées h des firinccs mon-
gols, imh des mandarins de Pékin. Le troi-
sième des &$ de ce réguio avait été élevé
parrct7i[»ereur, en raison de sa s.'igesse et de
ses talents, à la dignité de réguio. il s'occu-
pait beaucoup de lecture, et ce f^d par ce
moyen que Dieu Tamcna h la connaissance
du christîiuiisme. Lui et plusieurs de ses
frères inclinaient Irèsdorlemeni h se con-
vertir ; mais leur fière, qui était idolâtre , ïe
leur défendait absolument.
En ilVJf Temperuor Khang-Hi étanc en
guerre avec le r i des Elcuths, envoya con-
tre lui Furi de si^s tils. Le dixième des fils de
^lunou vint s'olîrir pour accompagner le fils
de l'empereur dans cette expédition. Il était
^gé de vmgt-sept ans. Quoiqu'il ée Pût pas
i
mî
en
baptisé» il obsenrait exactement les commaD-
dfimeofs de Dieu et ceux de TE-^ise. Avant
SfjTi déparl, le P. Suarès lui conféra le bap-
(èitie ei Itii donna le nom de PaaI. A l'année,
il convertit la plupart des seigneurs qui
étniont avec lui. Le Cong ( régulo du 5' or-
drej, son frère, troisième prince de fa famille,
a>'an4 appris la condtiUe de son'frère, et pris
connaissance des lettres qu*ïl écrivait, réso-
lut de ne pas ditférer davantage à se faire
chrétien. Il fil baptiser un ûJs naturel qu'il
avait, et qui ét«nt à rartitle de la mort, et
lui-même re^ut le bapiôme le jour de l'As-
somptioi 1721. On le nomma Jean. Son fils
unique, baptisé quelque temps après, fut
nommé Ignace* Toute la famille imita bien-
tôt ce saint exemple, La princesse Cécile, sa
femme, Agnès sa belle-fiîle, ses deux petits-
lils Thomas et Matthieu, embrassèrent le
christianisme : leurs domestiques les imitè-
rent.
K A celte nouvelle, le vieux régulo entra
d.ins une lelle colère, qu'il inler lit l'enlr*^e
de sa maison au prince Jean. Il alla jusqu'il
le menacer lui et les sieus, de les déférer k
rempereor* Le onzième de ses fils se fit
malgré cela baptiser, et prit le nom de Fran-
Îois; sa famillo aussi suivit son exemple.
,e père craignait surtout la colère de reni-
pereur. Peu a[>rès, Khang-Hi mouruL Le qua-
trième tils du vieil empereur roonla sur le
trône. Le vieux régulo fut avancé d'un tle-
jçré. Le prince Lessihin, son sixième tiîs, et
le douzième, ayant été disgraciés par le nou-
vel empereur et envoyés à l'armée, tous
deux se firent baptiser, le prince Lessihin
sous le nom de Louis, Tauti e sous celui de
Joseph, Leurs épouses se tirent laptiser
aussi, L'ainé de lous les frères s'apprêtait
aussi h faire comme les autres , quand on
reçut la nouvelle mic la persécution avait
éelalé tJans leFou-Kien, et que laccusation
portée par les mandarins tillail être remise
a rerapereur. Bientôt, comme on Ta vu plus
haut, la sentence fut prononcé^] contre les
chrétiens. Nous laisserons, pour la suite^ par-
ler le P. Pareiinin,
« Sur la Un de juin de cette année, on
rinus manda de toutes les provinces que les
mandarins, en exécution des ordres de Tem-
pereur, avaient signifié aux missionnaires
de se tenir prêts h oartir pour Macao, vers
le commoïicemeiit uo septembre; les manda-
rins de Canton pressaient encore plus que
les autres ceux de leur ville de se pourvoir
de bonne heure de maisons h. Macao, pour
y lrans)»orter leur bagage et s'y rendre au
plus tard avant la rai-sept^mbre. Sur ces con-
naissances, nous son^^edmes à faire un der-
nier etfort pour obtenir de Sa Majesté que
du motus elle nous fil la grikede l:iisser les
missioanairesà Canton, sans lesobli^er d%al-
lor à Macao. Nos raisons sont déduites dans
un Mémorial que nous lui fîmes remettre
le premier jour de juiliel, avec bien de la
peine, par le moyen de ses deux frères, le
troiiième et le seikième régulo. Si Majesté
répondit pnv un ordre qu elle donna aux
manda rins de Canton, de ne pa?^ presser le
départ des Européens et de Tinforraer au
eut6t s'il y aurait de linconvénient à les
isser à Canton* L*e m pereur fit passer cet
ordre par les quatre gouverneurs de Tempire,
après quoi il nous appela pour la première
fois en sa présence, l** P. Bouvet, le P. Ré-
gler et moi. lirons ût un discours qu'il avait
préparé, comme s'il eût voulu s*^ jusiitier et
réfuter les principaux points des écrits que
nous lui avions présentés pour notre défense.
Un peu avant d'être aJmis en la préseursde
l'empereur» son oncle maternel, un des qua-
tre gouverneurs de l'Empire, qui se trouvait
là, me lira à quartier, pi»ur me donner un
avis. Ce seigneur, de même que son i^ère et
son aïeul, ont toujours eu beaucoup do liai-
son avec les missionnaires, et ils les ont
même lo^és chriz eux plusieurs Ann'es;il »
crut donc'quf* lancienne amitié l'obligeait à
nous donner des conseils qu'il croyait né-
cessaires dans les conjonetures présentes.
a Prenez garde à vous, me dit-il, et au temps
où nous sommes ; prêchez un peu moins
votre religion; vous renversez les coutumes
de l'Empire, vous Iroubifz In paix des fimil-
les, vous brouiller les lîls avec 1^ père. » Je
fus d'abord surpris d'entendre parler ainsi
un homme qui, d'ailleur:^, était irstruit des
vérités chrétiennes et de la m irale que n us
enseignons aux peuples. Comme je voulais
lui répondre, il m'interrom, it brusquemeot
et me dit : « Nt* s^is-Je p<'S ce qui se passe
ûmis la fannlle du vieux Sonnou-Peytée, dont
les l;!s ont embrassé votre loi ? L*empo-
reur I ignore-l-il ? Je vous le r/'pète, faites
attention à lavis que je vous donne.» II n*eû
dit pas davantage, parce qu'un des autres
gouverneurs vint se joindre à nous.
** Le même jour,4ireinier de juiileU arriva,
comme noui l'avons sudep<*is, un Mémorial
secret adressé à l'empereur, [>ar le fameux
Nien-Kem-Yao, T^^ong-Tnu des deux pro-
vinces de Chansi et de Chensi, grand géné-
ral de toutes les troupes envoyées contre
Tse-Vara-Baptan, et frère de Nien-Si-Yao,
vice-roi de Canton, Dans ce Mémorial, iJ ac-
cusait les princes Louis et Joseph de s'être
faits chrétiens, d'avoir contribué de leur ar-
gent à la construction d'une église et de pai^
ler souvent en secret au F. Mouram. Le tils
de l'accusateur qui est aujourd'hui censeur
public à Pékin, ;*yant reçu le Mémorial de
son père pour le donner aui quatre gou*
verneurs de Tem ire, en donna avis s>*crè-
teraent à un de> fils du vieux régulo Sounou
qui était son a.lié et son ami. Celui-ci en
avertit ses autres frères, mais il est vraisem-
blable qulls n>i dirent rien h leur père, de
peuj- de raûli^er. Il est probable aue quand
rempereur nous reçut, il avait déjà ce mé-
moire en main, invité h all<^r voir les prin-
ces, dit le P* Parennin, j y fus. Je trouvai
1 aîné à qui je voul;jis cacber ce que nous
avait dit Tem pereur, et qui de son cAlé, n*
voulait pas me dire ce qu'il savait du id^
moire. Je craignais de Fatlrisler, mais je le
connaissais mal. Ce grand homme, qui pré-
voyait le renversement de toute sa fiimlJa^
]« regsirdâît non pas comme un étal de mal*
heur et de disgrâce, mais comme une source
de paix, de bonheur el de tranquilMÉÔ qui
ne Dourrait plus lui être ravie. Il voyait ve-
nir la tempête, et loin d'appréhender d*en
être submergé, il s'assurait qu elle allait le
jeter dans le nort du salut; ces pensées le
remph'ssaient ue îa plus douce consolation»
XaîM enfin visiter le prince Jean, et quoi-
que je ne doutasse pas que son aîné ue lui
eût appris ce que j'avais h lui dire, je crus
néanmoins tievoir lui donner cette marque
d*intérét et d'amitié. Le prince Jean me de-
>manda s'il était vrai qiie deu\ jésuiti^s et
neuf chrétiens eussent souffert tout récem-
ment le martyre dans le Tong-King, Je ré-
pondis que nous en avions reçu avis de Can-
Iton, et que nous en attendions le détail. 11
^prit de là occasion Je pa 1er du bonheur des
^înarlyrs, et de la grAce singulière que Dieu
leur ïait de les conduire au ciel par une voie
si courte : « Mais qui oserait espérer une
telle grâce? » ajontri-t-il. Puis, se lournaot
irers ses frères, il leur dit d'un air riant :
i« Oh 1 que nous sommes entrés bien à pro-
ipos dans le b«Tcail de Jésus-Christ 1 un peu
iplus tard, la porte en était fermée. ^ lï tai-
sait allusion au Mémorial qui avait été pré-
t^enré à l'empereur contre lui et contre ses
jfrères ; comme on avait eu soin de mêle ca-
icher, je ne pouvais nas tout à f^iit compren-
[dre ce qu'il voulait dire ; mais ayj^nt remar-
iqué quelques mouvements parmi les domes-
[tiques, et qu'ils venaient souvent | arler à
rForedle de leurs maîtres, je crus que quel-
aue affaire les occupait et qu'il était temps
e me retirer. Je me levai donc, comme
jpour prendre congé d'eux; mais le prince
[Jean, qui vit mon embarras, me dit aussitôt
que le régule leur père était parti le matin
poiiv aller à la sépulture de ses ancêtres, et
que, peu après son départ, leinpcreur avait
ordùané iiaon le fit venir au l'alais; qu'à
iJ"instant on avait couru après lui pour le
fiaire retourner ; quil serait sans doute déjà
larrivé au palais; que, selon les apf arences,
[l'enipereur n'était pas conlenl, et qu'ils s'é-
I laieut tous rassemblés pour en savoir des
^nouvelles à son retour. 11 me pria ensuite de
►le confesser dans sa cha|ieîle. Le lendemain,
;nous apprîm^^s ce qui s'était passé au palais.
^Dès que le régulo parut a la porte où est la
gaitle intérieure, et où ^ont assis les grands,
fUa des quatre gouverneurs, régulo de pre-
hmier ordre, fils iiinque du frère aîné de
, Tempereur Kang-Hi,et président du tribunal
• des princes, fit mettre à genoux ce vieillard
\ de soiiante-dix-sept ans, et, par ordre de Sa
Majesté, il lui lut un ■ longue liste dt^s pré-
tendues fautes commises par ses ancêtres et
de^ siennes propres. Pour toutes ces fautes,
on le destituait de sa dignité, on le privait
de ses appointements et on lui ordonnait de
partir clans dii jours avec toute sa famille,
ses femmes, ses enfants et ses pelits^lils,
pour aller demeurer il Veou-Oué, petit lieu
où il y a une garnison de soldats tartares,
i â quatre-vingl-diK lieues à luuest de t^ékin»
un peu au delà de la grande muraille. Tou-
• tes ces fautes qu'on taisait revivre depuis
tant d'années, n'étaient qu*un prétexte pour
couvrir le véritable motif d'un trailement si
dur ; car, nonof^stanl toutes ces prétendues
fautes qu'on n'ignorait pas, il y a deuï ans,
on n'avait pas laissé de Télever à un nou-
veau degré d'honneur. Le régulo fut très-
peiné de cette injustice. Presque tous ses fils
le reçurent à sa porte, et, d'un air gai et con-
tent, ils le prièrent de ne point s'amig^r inu-
tilement et de conserver sa saoté, l'assurant
qu'ils lesuivraient partout avec joie et qu'ils
feraicfit en sorte qu*il oe manquât iamais de
rien. Le lendemain, sur les huit heures du
matin, le régulo retourna au palais, et porta
un mémoire apologétique qu'il avait fait faire
pendant la nuit ; je n'en sais pas le contenUi
mais à peine fut-il parti, que son Qls atné,
qui portait déjà le nom de Fran(;ois-Xavier,
vint à l'égiise demander avec empressement
le bjptême : « tl est à craindre, dit-il, que
l'empereur, louché des longs services et du
grand âge de mon pèj^e , lui remette la
peine de l'exil ; si cela était, je désespérerais
presque de ma conversion : il reviendrait du
naEais chargé de tant d'ordres pour arrêter
le progrès de la religion dans notre famille,
que mes autres frères et moi serions liés
par de mmvelles chaînes bien plus dilTiciles
à rompre. Il n'y a plus h déîibérer, je veux
désorm fis vivre et mourir chrétien, et no
pas abuser davantage delà bonté et de la pa-
tience de Dieu qui m'atl» nd depuis si long-
temps, n II regut donc cette grâce, de même
que son neveu, tils du huitième frère et
clief de sa famille, depuis la mort de son
père, et qui n'a pas eu le même bonheur.
Après ces deux princes, trois domestiques
du second lils, qui devaient accompagner
leur maître dans son exil, lurent aussi ré-
générés dans les eaux du baptême.
« Pendant ce temps-là, le régulo |)résen-
lait son mémoire au président du tribunal
des nrinces; mais il fut fort surpris d'enten-
dre les nouveaux reproches que ce prési-
dent lui Ht de la part de /empereur : « Le
sixième et la douzième de vos enfants, lui dit-
il (ce sont les princes Louis et Joseph), ont
embrassé la toi chrétienne et ont fourtii de
Targenl pour bâtir une église; vous en aveï
encore d'autres qui ont imité leur exemple ;
que n'em[>loyez-vous votre autorité pour
les déiourner, ou que ne les défériez-vous à
l'empereur? On saura les ranger à leur de-
voir puisque vous ne savez pas les gouver-
ner» » Le régulo répondit qu'à la vérité le
triusième, le dixième et le onzième de ses
enfants s'étaient faits chrétiens, mais qu'il
avait ignoré leur dessein, et qu'aussitôt qu'il
en avait été informé il les avait chassés de
sa présence, et que pendant trois ans entiers
il avait refusé de les voir; que s'il ne s'était
pas fait leur délateur, c*est qu'il n'avait ni
assez d'esprit, ni assez de capacité pour dis-
cerner si cette toi est vraie ou fausse. Ses
excuses furent inutiles, on lui tourna le dos
et on le laissa là jusqu'au soir. Le septième
jour, il retourna encore au palais, et il y de-
meura presque tout le jour aussi inutile-
ment que la dernière fois. « Allez^ partez,
I
s« en
lui disail-ou, corrigez-vous et Tempereur
tm^ AM ^fme ; » tnai$ on ne lui disait pas
âfe nttrt îl ilevaît se corriger. Le même jouir
fmk\ Ûh le matin * l'élise des Pères por-
»gâîs; ttfe doutant bien que j'y trouverais
qoèhjucs-nns de ces princes cnrétiens qui
m'în^imiraient de l'étal des choses. Effective-
ment, j'y trouvai les princes Jean, Fnncjois,
Paul et Jean- Baptiste, avec le fils unique du
prince Paul, <^se de 17 ans, qui attendait
qu'on lui conférât le saint bantôme. Quoi-
qu'il l'eût demandé plusieurs rois et avec de
grandes instances, on le lui avait toujours
différé, soit h cause de son âge el du danger
(îu'il y avait qu'il se laissât pervertir par les
autres princfes du môme sang encore infl-
dèles, èoit parce qu'il demeurait encore chez
le t^gulo son grattd-père, qui Tavail élevé dès
Je berceau, qui l'aimait tendrement el qui
eût porté les choses à quelque éclat, s'il eût
mi qu'il était chrétien. D'ailleurs, il n'était
pas matile chez 1;^ ré5ulo;il parlait à ce
tieillnpl atec une liberté que tout autre que
lui n*eât osé prendre, et il l'entretenait sans
cesse des vérités de la religion : un jour, il
Tavertil que le médecin qu'il entretenait
dans sa maison venait de mourir (c'était un
Tieui chrétien de la province de nouquam) ;
le régnlo lui répondit, en se servant de l'ei-
pression ordinaire des chrétiens, savoir
« que Dieu l'avait recueilli. — Oui, rei^rit le
jeune homme, Dieu l'a recueilli, mais il faut
savoir que nous mourrons tous comme lui :
grands et petits, jeunes et vieux, personne
ne peut éviter la mort; mais tous iront-ils
dans le môme endroit? I/enfer est la de-
meure étemelle des infidèles, qui ont refusé
le baptême et rejeté la loi de Dieu; les chré-
tiens iront au ciel où ils jouiront d'éternelles
délices. Oh ! si tous saviez ce que c'est que
l'enfer; nulle expression n'en peut égaler
l*horreur. » Le régulo, qui ne voulait j)as
essuyer le reste du sermon de ce jeune
prince, lui imposa silence; mais il n'en
était pas plus timide, et il saisissait toû'és
lés occasions de lui remettre devant les yeux
1^ grandes vérités du christianisme. Ce
jeune homme fut ba[ïtisé et nommé ^lichd.
Le régulo, oui s'attendait toujours à quel-
que f ivorable retour du côté de l'empereur,
alla au tribunal des princes pour s'informer
si 8a Majesté ne s'était [)oint radoucie. Il eut
pour toute réponse que l'empereur avait vu
son mé'Moire, et qu'il n'avait (Ju*a partir, et
sans délai. Sur cela le régulo, ne prenant
plus conseil que de lui-môme, crut que pour
apaiser l'empereur, il devait lui livrer ceux
q«i étaient deventis l'objet de sa colore et de
son indignation, afin qu'il en fit telle justice
qu'il lui plairait.
« C'est une coutume établie chez les Mant-
chottx de livrer !eurs enfants h l'empereur,
quand il se plaint de leur conduite. Aussi-
tôt qu'il fut de retour à son hôtel, il envoya
chercher ses lils et ses olliciers ; il fit ap-
|x>rter des chaînes et d'un signe de main il
ordonna qu'on les mît au prince Jean, qui
les reçut sans dire un seul mot; il indi(pia
de môme le prince PaUl : l'officier s'approcha
pour Iç lier; mais ce prince, rMMHiSMnldfa la
o&aih les chaînes, dit d'un ton ferme qu'il n'a*
vàit offensé ni le ciel ni la terre ni l'empereur,
ni son père, et qu'il priait du moiDs^u'onlui
dit pour quelle raison on voulait l'eacbalner.
Son père, ne répondit rien el.se conleutanide
baisser les yeux, son silence faisait assez con-
naître l'embarras oii il se trouvait : sur quei
le prince Jean prenant la parole : « Ne vo^'ei-
vous pas, lui dit-il, que tout notre crime est
(l'avoir embrassé la religion chrélienieT —
C'est cela môme, reprit le prince PauK que je
voulais qu'on me dît clairement : je recevrai
volontiers ces chaînes pour une si boode
cause, el de la même main qu'il les avail
rejetées, il les reprit, el aida à se U^ niellre.
Le prince François qui, dès sa jeunesse,
avait un commencement de surdité, n'ea-
tendit {)as bien ce qui se disait, mais jugeant
du Iraitement qu'oii lui préparait par ce qu'il
voyait, il n'attendit pas qu on vînt à lui ; il
sortit (le sa place et alla se présenter auK oflt-
ciers qui, sans autre ordre,.le lièrent coauoû
ses deux frères. A la fin de cette scèie, le
régulo se leva et retourna au oalais de Vem-
pereur f)Our y rendre compiede ce qu'il ve-
nait de faire. Avant que de partir, il oroonna
à un de ses ofiiciers, infiuèle, d'aUer dans
tous les hôtels de ses enfants et ^'^^oukdi^
à leurs domestiques qu'ils eussent à détruire
promjitemcnt les chapelles et les on^res, et
a ramasser les imases, les croii, les chapelets,
pour les reporter à l'église. Pendantque le ré-
gulo était au palais, les trois princes chrétiens
qui restèrent avec leurs gardes ne doutaient
paô qu'on ne les conduisît bientôt au tribu-
nal des princes pour y subir l'interrogatoire;
ils en ressentaient une sainte joie. Us avaienl
rédigé une apologie de la religion chrélieiUM
pour la remettre a ce tribunal, mais les mis-
sionnaires craignant l'éclat» les en avaienl
dissuadés.
•< Les princes étaient entrés pour lors dans
ces raisons de prudence, mais ils crureil
qu'elles cessaient dans les circonstances pré-
sentes et que le temps était venu de rendis
un témoignage public aux vérités de la reli-
gion. Le princîe Jean et le prince Paul s'en-
tretenaient de la sorte, tandis que le prince
François, qui se promeiiait dans U salle,
montrant ses clidînes à ses domestiques el à
c(nix de sou père : « Vous voyez ces fers, leur
disail-il,je les estime plus que toutes les ri
chesses de l'Univers; «ardez-vous bien de
me plaindre ou d'appréiiender pour tous le
même sort; le plus grand bonheur qui puisse
vous arriver, c'est d'être eicha înés (3l de sont
frir comme nous pour la cause de Jésus-
Christ. On nous a condamnés à l'exil: ahl
Elût à Dieu que ce fût à Jauiortl Quel ten-
eur sprait-c<îj)Our nous de voir abréger le
chemin du ciel, d'être tout d'un coup déli-
vrés des misères de cette vie et trausporlés
dans ce lieu de délices où bien même em-
ploie toute sa puissance à récompenser ses
saints I » Il parlait encore lorsqu un de ses
domestiquas, envoyé par la princesse son
éj»()ns(», vint l'avertir de Tordre au'avait
donné le régulo d'enlever les images» les
on
ortressymboles de ta piété dire-
Mwb répomit qu'en récitant d'un
è^ fHPeiftierpré6^(ile du Di^calogue :
_ rmmt UStè^K^mÊt wmre Dieu, et fie
re% qm 4ui »eu/. « Qu'on ne touche h
n, ajofllft"Nl, avant que ces chaînes tom-
; -fitr laa mort ou qoe j*en sois délivré
e autre manière ; moi-inikne, je moUrai
ordre à tout. » Le f^rince Jerin-Baptiste, qui
; ^oit présent, iii une p^^ponse un [mu plus
■btre^ ii en fut repris doucement par le
•^^irinDe ieati son oncie : « faitps aUentiori, lui
;dîi^iU quB Honç devons plus que jamais
' ménager la faiblesse de -nos domesliques
* chrétiens; il faut si peu de chose pour aiïai-
biirleurrQSiiMfje^ surtout lorsqu'ils voient
leurs matlîmi'mtiverts de chaînes ; ce ne îîoiK
re i|Qe de jeunes arbres (pfoi vient de
insplonier ! ie moindre vimt peut les abat-
dh^peodant le n^gulo , qui f'taii allé au
lais aftn de demander h qui rcmpereur
;uhaitait qu'il n^mît ?^es enfants pour en
ire justice, ne fiil pas reeu comme ^\ Tes-
'ralt ; le président Tayaot entendu, ne pamt
content de sa démarehe. "Soit que^ ren-
aissant ia fermeté de ces trois illustres
éophytes, H vit liien qu'ils ne rccuieraient
s et qu'on «^engagerait aver eux dans une
isj»ule de laquelle il serait d.lîicile de sortir
vec avantagé; soil mi*il craignit que Tem-
reur ne pouss;U l'auaire troji loin, et quVn-
venant fi s'en repentir» il no le rendît
nsable de sa trop scande sévérité; soit
>ar quelque autre motii"qoe j'ignnro, il ne
'uuUfl jamais se eharger d en oire le rapport
Majesté T " Tnui est lini, lui dît-il, vous
instruit dr* ta senlenee qui a été portée,
il ïie TOUS r^sTï* i^lns d'autre parti h prendre
que tfi\m d'obéir f*l de vous "eorriger, vous
el vBs enfants. » Comme on îui ajouta qu>n
c»B É^'aoïenderaent ils seraient tous avancés,
mais qu*autremenl ils seraient i>unis sévè-
rement, il ne s'agissait plusquede savoir de
quoi il fallait se eorriçer, et c'est ce qu'on
ne votiltît jirmais \m dire. Le régulo ne se
Toviunt pas tdus avancé t»ar une démarche qui
avait tant coûté à sa temlresse, retonrna à
son hAlel et fil ôler les eltafncs h ses enfants
sans leur dire un seul mot. Le prince Xavier,
iion atné , prit cette occasion de lui repré-
senter de nouveau ce qu'il lui avait dt^h dit
tan! de fois, que de toutes les fa mil! es tie
Pékin» il n'y en avait aucune oui eût rt^çu de
I>ieu des faveuK plus singulières; que le
traitement qu'on lui faisait éprouver ne
di*vatl pas lui paraître une disgrâce , mais
qu'il devait le regarder comme un «d^'t de
I ■ -"-^ rieordè infinie de Bien qui cherchait
ver i>ar ta voie des souffrances. Animé
qiï li était de ce feu divin, qu'il venait de re-
cevoir au bttpli^me» il continua de dire h son
Dère les choses les plus touchantes. Le prince
ïe^n/les larmes aut yeux, regrettait la jiçrto
^ 'haines et roccasion qu'il avait raau-
'* souffrir le martyre, ri voulut parler^
liiais sa faiblesse et les satv^^lots lui coupè-
rent la parole ; le prince Panî, son ca Ict, y
soppKa : « A ^ttail^ dit-il, né reconnais
Cftfl
5*
*r£-vou5 pas le monde qui a été jus<pi'ici
vcrîre idole? Quoi de plus ingrat? il oublie
les plus longs et les plus im(>ortants services.
Quoi de plus injuste? ce n'est nullement la
raison qui le conduit. Quoi, enlln, de plus
trompeur? il n'a que des apparences qui
éblouissent. Mfiis nous donnAt-il des iuens
réels, quelle en e^t la solidité? Tout ce qu'il
a et ce qu'il peut donner n'est qu'une vapeur
qui s>e dissipe h l'instant et doid h la tin 11
ne reste qu'un souvenir inutile. Dieu, au
contraire^ est gr-^nd, ïïljéral dans ses dons,
magnili pie dan-s ses promesses et «Idèle h les
exécuter. Voulez-vous tout ?i cotip gorttei
une paix i|ue rien ne puisse alt<Ter et vous
remplir d une force supérietire h tous les
événements? attaelie/-vous uniquement à
Dieu; adores-le, servez-le de h manière
dont il veut être a«ioré et servi; en un mot,
faites-vous chrétien. Vous avez avoué tant
de fois que celte teligion est bonne; dîles-
mni, y en a-l-il quelque autrf^ qui soU ca-
pable de donner tm zèle et cette ardeur que
vous nous voyez, qui nous fait pleurer et
gémir liepuis si longlemps, sur le danger où
vous êtes de vous perdre éternellement? Eh!
que vous servi ja^t-îl d'avoir eu te grand
nombre d'enfants que vous aimez avec tant
de tendresse, s'il arrive que vous soyez
r-ternellemenl séparé d'ewî pour n'avoir jpas
voulu reconnaître et servir le ménje maître? »
Le régulo, se voyant ainsi assailli de tous
c6lés, porta ses dèu^ mains à la tête» et s ap-
puyant contre la muradle, il y demi^ura
attaché sans répondre un seul mi>t. Cette
posture nt connaître h ses enfants qu iî ne les
écoutait pas volontiers, et que le temps de
sa conversion n'était pas encore venu, ce qui
les obligea de se retirer. ^lalgré le danger
auquel exposait une persécution (|uine pou-
vait plus être ignorée de personne, neuf
femmes de la même maison , toutes bien
instruites et sur le point de suivre leurs
ra*ïttresses en exil , vinrent à l'église de la
Sain te- Vierge demander et recevrnr le saint
baptême. Cependant presque tous lesparertUf
dn vient régulo lui conseillèrent de ne plus
avoir rec'iursaux mémoriaux ni aux apolo-
gies; qU'H lui faillit tenter une atitre voie
plus capable de fléchir la colère de l'empe-
reur; c'était d'aller encore au palais, d'im-
plorer sa clémence et d'y rester dans une
posture humiliée jusqu'à ce qu'il eût reçu
quelque rétionse; «pion ne manquerait pas
a avertir secrètement Sa Majesté de l'état
irhumilialion oii il se tiendrait; et que sans
doute , touchée de son grand âge, de ses
longs services et des marques de son repen-
tir, elle fircndrail des sentiments de bonté
et de doOcenr a son égard, et qUe le pardon
ne tarderait pas h venir
rt Le régulo n'était pas éloigné de prendre
ce parti; "ses enfAnts chrétiens l'appréhen-
dahmtfort, sans oser néanmoins ouvrir la
boudie pour l'en d^-tournet* : ils se conten-
taient de cof^ûrer 1 ♦ tempête par leurs con-
tinuelles pnêres, car ils désespéraient de sa
conversion, s'i' obtnail qUTîlque adoucisse-
rue ni qui lui rendit la liberté de demeurer h
599
cm
la cour. Dieu permit qu'au ami du r^guïo,
eo qui il avait uoe entière eoufiance, désap-
prouvât fort ce dessein, comme indigne de
son Age, de son rang, de sa repu talion et de
ses services ; ainsi il ne fat plus question de
retoamer au palais. Comme d n y avait point
eu de défense de visiter cette famille avant
son départ, prest.]uo tous leurs proches, leurs
alliés et leurs amis s'acquittèrent de ce de-
voir; c'était un tlui et retlun continuel de
seigneurs qui inondaient le quartier; nous
n'osAraes pas aller les voir, fiarce que nous
étions instruits qu*il y avait àm gens postés
pour épier tous ceux qui unt reraie ut dans
Ipur maison. Le parti que je pris, fut de leur
c-rire une lettre en langue tartare sans la
signer, où je tàcbais de les fortdter en leur
inspirant les sentiments qu il fallait pn^ndre
dans d^ s conjonctures si tristes : je J adres-
sais au prince Jean, eljf* la lui envoyai par un
catéchiste qui lui portait de ma part quel-
ques présents de dévo^on. Ce catéchiste
avait un latent rare de bien parler de Dteu»
et U était accoulunié à voiJ' de grands sei-
gneurs. 11 sav;iit que ces princes étaient
ibrétiens, mais il ne les avait jamais vus; il
les visita Fun après Faulre* Ot^and il vint me
rpudre compte de la commission dont je
l'avais chargé, je trouvai un homme trans-
porté hors de lui-même : « Ahl n*on Père,
s'écria-t-il dans une espèce d enthousiasme,
chez quelles personnes m'avez vous envoyé?
lih I quelles parol<?sde consolation pouvais-je
porter h des g<^ns qui ne respirent que les
croix et les souUrauces? J ai vu dus saints
qui parlent de Dieu avec une éloquence toute
divine; je n'ai eu aulre chose à faire qu'à les
écouter et à admirer la vivacité de leur fui;
ils ne tiennent A aucune d<'S choses de la
terre; ce qui les touche uniquement, c'est
que, dans le lieu de leur exil, ils n'auront
fioiril de missionnaires pour leur administrer
es sacrements. Vous ne sauriez croire avec
quel s<mg froid ils m'ont entretenu de leur
départ; non, si je n'avais pas vu moi-même
ces seigneurs, je n'aurais jamais ajouté foi à
tout ce uu*on aurait pu me dire de leur cou-
rage et ue leur vertu. »
« Ce même jour, le prince François dé-
pêcha un de ses eunuiïues aux missionnaires
pour leur demander la permission de caté-
chiser et de baptiser dans le lieu de son exil »
où il ne prétendait |ias, disait-il, aller inu-
tilement; et il le^ priait de lui envoyer, do
toutes les églises, le plus qu'on pom rait Irou-
ver de petites images, de croix et (Je chape-
lets. Que ne doit-on pas attendre du zAle de
ce fervent néo|ihyte, qui part fiour une terre
étrangère, animé de la plus ardente chanté
pour Te salut de ceux C]u1l j^r trouvera? Un
de nos Pères lui ayant témoigné combien il
était touché de ce qu'il était devenu un ]ieu
sourd, il loi répondit, qu au contraire , il
remerciait le Seigneur de lui avoir envoyé
une inûrmité, parce que, d^mmo elle le ren-
dait inutile pour le monde, elle lui laissait
une liberté ♦ nti^re df? penser h Dieu el de ne
servir que lui. Le leTidemauiï-le régulo en-
voya cb**rcher la princesse Françoise, épouse
du prince Joseph ; pendant son absence , il
dépêcha un de ses officiers intîdèles «Tec
ordre de visiter sa maison et de pénétrer
môme jusque dans' la chambre de la pnnce«ise,
de ramasser tout ce qu*il trouverait de croix»
de chapelets et d'images, et de les brûler aa
milieu de la cour. Cet ordre sacrilège fut
exécuté ponctuellement ; tout était déj^ con-
sumé lorsque la princesse retourna h son
Mie\. A la vue de ce monceau de cendres,
elle pensa tomber en défaillance, et elle ex-
prima sa douleur par les cris fes plus lamen-
tables, ce qui lit croire aux voisins qu'une
douleur si excessive ne trouvait être que
Tellet du déplaisir que lui causait Kexil;
elle ne se consola que quand ses oejiux-
frères chrétiens lui curen» promis de la dé-
dommager de sa perte en partageant avec
elle ce (julls avaient. Ils tirent en méoie
temps rériexion que le réguin pourrait or-
donner une semblable visite dans leurs mai-
sons; et |ïOur ne point exposer lis croix et
les images qui leur restaient h être profanées <
par des mains idolâtres, ils renvoyèrent les
plus grandes à Téglise el ne gardèrent que "
les plus petites, ou celles qui pouvaient m-
sèment se cacher; après quoi ils ailèreot
tous ensemble exhorter de nouveau leur
père à embrasser le christianisme ; mais ils
ne purent rien gagner sur son esprit» Ccttt '
journée finit par le bapliViie de trois domes-
tiques, d un de ses enfants catéchumènes.
Le jour su. vaut il y en eut encore quelques
uns de baptisés et d autres qui se puritièreol
dans le saci émeut de la pénitence. |
w Le 13, lo régulo et tous ses entants de-
vant aller à la sépulture de leurs ancêtres, I
et étant obligés de f>asser près de Téglise des I
Pères portugais, qui é ait sur leur cbemiii, '
le prince Pa 1, le prince Jean et lo prince
Michel partirent de grand matin» vinrent à
leglise* y e.teudirnnt la messe et reçurent ,
Notre-Seigneur; le deuxième fils du second
Jils du régulo y re<;ut le ba|>lème el fut .
nommé lean-Baptiste, comme son cousin; \
son père était toujours catéchuniène : iJ '
souhaitait fort d'être bafitisé avant que de
partir; mais le soin de ses aifaires doinesti-
tjues, que les autres négligeaient, Ven^g*'à
dans tant de délais qu'il en |»erdir roa'aiion.
Ce même jour, vingt dames, suivantes des
maisons de ces princes, vinient se confes-
ser; eniln tous ceux qui avaient la liberté de
sortir, quelque euïbarras qu'ils eussent d*ail-
leurs, trouvaient le temps de venir à 1 église.
11 y eut même une i>rincesse qui , dansb
crainte qu aucun des missionnaires ne pût
aller chez elle, se rendit à léglise des fem-
mes avec ses suivantes, aimant mieux s>x*
poser à la censure et à la malignité des dis-
cours publics que de p rtir sans lesecoarsde*
sacrements* Un Père portugais dit la messe,
le U, chez le prince Xavier» et lui donna la
communion, ainsi qu'à la princesse Thérèse»
à Pierre leur seeond tils, h Agnès leur belle-
tille, et h plusieurs autres. Le P. Suarès olBcia
1<> même jour dans la chapelle du pruice
Paul.
« Le 15> le régulo partit pour se
^
au lieu de son exil avec ses enfants , ses
petits-fils, ses arrières-pelits^lils, au oorabrc
de trente-sept, sans compter les princesses,
fenimes ou tilles qui égalaient presque ce
nombre, et environ trois cents domestiques
de l'un et de Tautre sexe, dont la plus grande
partie avait reçu le baptOme; plusieurs autres
étaient encore catéchumènes ; faute de temps,
ils ont été obligés d'attendre qu'ils fussent
arrivés au terme de leur, voyage pour se faire
bapiisor. Deui jours avant leur départ, le
bruit se répandit qu'il y avait ordre de visi-
ter exactement tous les équipages au passage
delà grande muraille. Sur cet avis, les dames
cachèrent tout ce qu'elles pouvaient de leurs
meubles de dévotion dans les doublures de
leurs habits, dans les chevets de Ht, et flans
les autres choses qu^elles croyaient n'ôtre
point sujettes à la visiie. Deux d'entre elles,
uui ne pouvaient cacher aisément les ciliées
dont elles usaient, paraissêtient fort allligécs
de ne pouvoir les emporter. Leur confessenr
les consola en leur faisant dire que les fati-
gues du vovage qu'elles entreprenaieut pen-
dant les arùeurs de la canictde, et les mon-
tagnes affreuses qu'elles auraient à traverser
leur liendraii'nt lieu de ciliée, et qu'il leur
snflisait d*endurer toutes ces peines avec
patience et rési^alion à la volonté de Dieu.
« Le jour même que ces illustres exilés
arrivèrent au terme qui leur était nifirqué ,
le prince François-Xavier passa à une meil-
leure vie, i r<1ge do ciuquanie-neuf ans.
Quand il partit , il se sentit fort 0[>pressé
d'un asthme qu'il avait depuis quelques
années; nous apprîmes la nouvelle de sa
[lort au retour des porteurs de chaises dont
s'était servi. Quoique ce fussent des inli-
ièles» ils ne cessaîenL de louer sa patience
Bl la douceur avec laquelle il Ips avait traités,
'^e prince Paul écrivit au P, Suarès la lettre
suivante : « Je suis eu peine de la santé des
PP. Suarès, Fridelli, Kegler, Parennin , Sk-
rick. Bouvet el de tous vos autres Pères* Il
n'y a qu'un peu plus d'un mois que je vous
\ quittés et ce temps m'a déjà paru une an-
ftée. Par la grâce de Dieu, il ne nous est
Mrivi'î aucun accident durant notre voyage-
; seizième de la sixième îune, à deux heures
[>rès raidi, Dieu appela à lui notre frère Fran-
^ )is-Xiivier ; un vomissement de sang lui
iyanl ôté l'usage de la parole, il ne lui était
pas possible de réciter les prières ordinaires;
lais nous voyant à ses côtés, il nous faisait
joigne de la tête qu*il entendait celles que
aous récitions pour lui; c'élaienl les prières
les agonisants : cinq jours auparavant, il lui
ivait pris un vomissement semblable, et
30ur lors il nous pria instamment de dire
lespriètes que les chrétiens ont accouluiné
le réciter pour ceux qui sont à larticle de
Inort ; il fit son acte de contrition et nous
^moigna par ses larmes , la douleur qu'il
ressentait de ses péchés, S*^lon que je pus
iuger, je crois que Dieu lui a l'ail misérieoriie;
te prie cependant tous vos Pères de dire la
puesse à i auiel privilégié, et îh. réciter ifts
lutres prières de l'Eglise pour notre frère
"Traoçois-Xavier; ce sera un double bienfail.
s'ils veulent bien lui accorder leurs suffrages,
aussitôt que vous les aurez informés de sa
mort. Quoique j'aie peu souffert dans ce
voyage, cependant, comme il s'est fait avec
beaucoup de précipitation , je crains bien
d'avfïir commis ni u sieurs fautes; je supplie
tous les Pères de prier Dieu qu'il me les
panionne, quil me fasse la grue de bien
garder ses commandements et qu'il me donne
fa force de vaincre les ennemis de mon salut.
J'aurais bien autre chose à dire que le pin-
ceau ne peut achever; vous en pourrez juger
par celles que j'ai dites» — Paul, dixième
de la famille, a écrit; cacheté le 23 de la
sixième lune. Michel vous salue. »
« La nouvelle de celte mort nous causa
plus de joie que de douleur, [»arce qu'il nous
parut quelle devait être lrès-[>récicuse aux
yeux de Dieu. Quel bonheur, disions-nous,
pour ce i)rince! Après trois ans de prépara-
lion, il est baptisé le 6 de juillet; le l''i il
reçoit le corps de Notre-Seigncur; il part le
15 pour le lieu de Sun exil, il en bénit Dieu^
il souffre avec urj-e patience héroïque les
fotigues d'un voyage pénible, dans une sai-
son allYeuse, et atiauué d'une maladie mor-
telle, il ne cesse de pleurer ses péchés; enfin
le 4 du mois d'août, jour de son arrivée au
terme de son exil, il sort de cette vie mor-
telle pour aller recevoir dans le ciel, ainsi
qu'il y a lieu de l'espérer, la récompense de
ses soulfrances et di* ses vertus. » [LtUm
édiL, vol. Il, pag, 337.)
Le 2 janvier 172a, le vieux régulo mourut.
L'empereur envoya au lieu de leur exil
deux mandarins, pour dégrader les princes
de la qualité de firinces du sang. Peu après,
le P. Fan, jésuite chinois, vint leur aomi-
uistrer les sacrements, et les trouva toujours
résignés et fervents. En 1726, l'empereur les
lit incorporer cf»mme simples cavaliers dans
ses troupes, et les tit ïo^^er, eux et leurs fa-
milles, dans des casej-ncs. Bientôt un juge-
ment intervint contre le vieux réji^ulo qui»
quoique mort, fut condamné. On déterra s^^
os pour les brûler et les jeter au vent. Plu-
sieurs de ses iils et pelit4ils au-dessus de
quinze ans furent condamnés à être mis à
mort, les autres à être dispersés dans les
provinces.
Ce qu*il y a de surprenant, c'est que Fem-
pereur, en frappant le troupeau, n inquiéta
pas les pa-leurô, les laissant dans sa capitale,
et leur donnant même parfois audience. Du
moins cela dur.i jusqu^en 1732, A celle épo-
que, tous les missionnaires de Canton, ecclé-
siastiques, dominicains, franciscains et jésui-
tes, fuienl renvoyés de cette capitale et ré-
b^gués à Macao, ville qui appartenait au roi
de Portugal. « ^ous eûmes recours, dit le
P. Maiita, à i*empereur, pour lo supplier de
permettre, du moins à trois ou quatre mis-
sionnaires, de demeurer dans la ville de Can-
ton, aiin d'y recevoir les lettres et autres
clioses qu'on nous envoie d'Europe pour
nous les faire tenir sûrement à Pékin, L'em-
pereur ayant admis en sa pi^ésence cinq mis-
sionnaires de Pékin, commença d'abord par
jusUtier la conduite que ses mandarins
en
avaidyt 4âiH^ "à Canton; il tut ensuite c[ii'il
^l'avait ûWâenti è rexpnlsioii des missioû-
naires qu'aprjàs tïc vives inslatices, n-iiévéeè
|us«jii'à tfuisfois parces luaiidaniis; que les
acoasatioiis étaient si gravies {ju'il n'avait [lu
^'ijUilJèrher il aisquiescer à lenrjuj^enierit ; que
do resle v^h ne nous imijart/iit ^^uère, à
nous qui restions à Pékin, pijuxe tiiie les
vaisseaux euro[iéeus devant taire désonnais
leur coemiej'ce il Mac.io, il nous serait plus
avantageux, «^ue ceux f|ui preîirient soin de
Bos alTaires deineorassei>t là qu a Canloii,
OÙ ces vaisseaux !ie devaient plus revenir.
Sur la réponse tjuu les ^rr#s vaisseaux euro-
péens ne ptuivaieut pas aborder à Macao, et
que d'ailleurs cette vil te ne ponvait pas leur
lournir des vivres, Temnereurdit : «c Si cela
est îTrti, on pnU permettre à trois ou quatre
de roji' gins de revenir à Canton ^ pour y ei}-
treienir une vorrcspondauce. n
« Il oidonoa ensuite aux ministres d'Etat
de nous int-rriji^er encure sur le interne fait,
DQur [dus grand éclaireisseuient, et d envoyer
ûes ordres au Tsong-Tou et au FoU'tjven^
c'tîsl-à-ijn'e au gouverneur général et au vice-
roi de la province de Quftng-Tong. Les man-
darins de Canton, ava^d re<;u les ordres de
renipereur, tirent Je nouvelles représenta-
tions par un placet encore plus violent que
les autres, où ils se déchaînaient avec fureur
contre les missionnaires de Pékin, et surtout
cootre ceu!t qu ils avaient exilés à Macao.
Ils y joignirent une carte du port di* Maeao,
qu'ils avaient fait dresser selon leurs vues,
atiii de détruire ce que nous avions avancé
à 1 erapei^^ur. Lorsque Ferupereur eut reçu ce
placet, y le remit à ses ministres pour nous
le connu uniquer et nous demander ce fjuo
nous avions à v ré|JK)udre. A îa lectuie qu on
en tit, nous fûmes saisis dliorrcnr, taiit il
était rempli de fausses accusations et de
calumnies grossiért^s. Nous deiiiandàmt^
qu'il nous fût permis d'eu tirer une copie,
alin d\y pouvon' répondre d'une manière
doiit^ Majoi^le pût èire satisfaite. Quelques-
uns d'eux s*y i:4;>poïit*rent sur ce que runJre
du prlui-e p>ortait siniideiuent qu'un nous en
fit ta lecture, et r|0O \ms qnon tums en don-
nait copie* Cependant Horiai, minisire d'Etat
ta r tare, trouva qu'il n'y avait nul iaeonvé-
nienl à nous ie laisser traiiscru^e» et il nous
le mil entre les umms.
« Nous nous empressâmes de composer un
mémoire où nous ii'oubliAuuîs rien de ce qui
était nécessaire pour détruire tes imputations
faites cuntre les missionnaires, et les préjugés
contre nolj-e sainte religion. Lepremierjour
de l'an, qui élaii le IV iV^vrier, nous nous
rendimes au palais pour nuus acquilter des
cérémonies urdinaires en ce jiiur*là. I/em-
uerour, par une distinction singulière, vou-
lut que nous les lissions en sa présence;
après quoi, il lit donner à chacun de nous
deuK de ces bourses qu'on porte aux deux
cùtés de la ceinture, dans charun d ^qu^^lles
il y avait une demi-uoce d'argent. Il nous (it
servir ensuite unetahe garnie de viande, de
piussons et de laitage. Un accueil si gracmnx
ue la pari dô et» prince Lit juger qu'il avait lu
GH Mi
notre r^jonse at qu il voi^iaU» par ces mar-
ques d'honneur, aJoucir le chagrin que nous
avaient causé les fausses et injustes âccu*
sations des mandarins de Canton* Saiis que
nous ayons pu avoir d€ nouvelle dU^i^Qc^
le prince partit [Huir aller taire les cérémo-
nies du printemps à la séfmllure de 1"
reur Kang-hi son père, laquelle est
journées de Pékin. Il [mrtit sans au li iiou^
îùi permis de le voir. Au retruir ae Sa Ma-
jesté, quelques-uns des missionnaires allè-
rent nu palais pour s'informer de Tétai dt
sa santé. L^empe-eur leur fiï dire qu'il se
iiorlail bien, et qTil ordonnait à ceux
européens qui entendent le mieux la l
cinnotse, et qui sont le p-us instruits de«.
tûmes de rempire, de se rendre au palais le
lofidem.iin ou le jour suivant, Oa njûuia que
Sa Majesté vo liait que Se-Li-Ke, r/dsl-4-dire
M, Pedrini, missionnaire de la Prop^^nde,
fût du nombre. Nous y allâmes le leûdetuaÎA
18 mars. Nous y trouvâmes l'empereur avec
deux ministres d'Etat. Il p^uia de trous ren-
voyer de la tlhine, parce que nou.s défendians
d'honorer les anoèti'esa[irés leur rnort, Xoioi
le temps qu'il pa:la, il eut consi^ le?
yeux attachés sur M, Pedrini, et . «lit
que c'était principalem^ ni à lui qu il adr^itfiit
la i>arole. C'est ce ouenouslui finies remarqpiflr
au sortir de rauuience, et il nous répondit
qu'eu etfel, du vivant de reoipereur Kim§^i
et avant un' Y ong-ickitiff son (ils maniât sttf
le trône, il avait souvent dis()uté avtsc loi
sur cetle matière. Nous drcsséoies un êtk
de cetle audience pour Tenvoyor à Km/k
alln qu'on jugeât si dans ce danger exlftaa
où était là mission, il irét-dl pas à
d'ordonner aux jiii^sionnairt« de se
mer aux peraiissions accordées par le stl
siège, et que son légat apostolique M. Heita-
Harba, patriarche d'Alex*Hndrii% leur ifiil
laissées avant son départ de la Cbin^ pouf
rKuiope. C'est ce que le prélat j §0-
îuiiiént nécessaire, en publiant iiM
pastorale, par laquelle il enjoignait k Um
missiuunaires de se conduire selon ces
missions , sous peine de suspense .
facio^ de tout exercice de leui > W^uriiaus.
« Tel est Pacie rjue nous di : « Le
18 de mars de Tannée 1733, i...,,.,^j jour
de 11 sr^coude lune, nous fûmes ppiN^éë au
palais. Comme il im nous était ptv"* "«*-ore
venu de réiionse à la requèli; que i >ftf
jirésenlée au sujet des missionoau t-^ ♦*!!
deCanfon à Macao, nous augunknes fan
bl ornent de cett^> audience qui nous était
cordée; mais resfjérance qui aoufi flatii(t
ne dura guère, puisque bien loin de {»êr-
tnellrij le r^ tour des missionnaires h CanMMli
il s'agissait de nous cliasser w mes «le
Pékiîi et de tout Tempire. Ge i : rs ©idi
que nous parûmes devant reiupcreur,0O pré-
sence de deux principaux ministres poarèlft
ti-moins de i^e qu'il avait k nous dire ot pour
exécul«!r ses ordres. Afirôs nous nvnïr luirlé
de la loi chrétienne, quil disait n n-
pj^re ni tléf *udue oi permise, il m :'«
autre article, sur lequel il insista '-
uieut : « Vous ue rendez auçitsi uui4Jc?ui 1
s* 1
cm
mrefntM eti¥Os ancêtres défunts, nous
il vous n'allez jamais à leur séivulture,
li fsâlBn^ iiupiélé Lrès-graode; ¥(ms nu
s pas plus de cas de vos parenls que
e tuile gui se trouve h vos pieds; té-
i cet Ouriihm, qui est tle la iamille im-
S\e ikvfjrioce Josc^plufronfesse'r de Jésus-
I). II n'eut |ïfls plutôt enibross^* votre
i) per^Jit tout rTsptu't pour ses aneA-
j^ns qu ou ail jamais pu vaincre son
' re\(' ; c'est re qui ne peut se soutins
je -îin'- ^AAv^v de proscrire votre l*ji
la daïis tout mon erapire.
celu^ u. M [ise, y aura-l-il quelqu'un
«e lembrir^ser? Vous serez donc ici
occupation « et par conséquent sans
bur. Cesl pourquoi il faut vous retirer,»
t*eaipereur ajouta [>lu sieurs au Ires cho-
leu iSB|HMlanles, mais il revenait lou-
' h rfire que nous étions des impies, qui
TTs d*tionuri r nos parents, et qui ins-
le ftJèniê mépris à nos disci[>!es. M ^mr-
t ripidemeîU et d'un ton d'assuranre,
prouvait que trop qu'il était convaiu-
là vérité di\s repioehes qu il nousliii-
que nnus n*aui*itïMS ritii à ré^iliquer.
ce firinre nou^ t>ul laissé la liberté
er, nous lui ri'poorlfmes d'un air mo-
ê avec toute la ff>rce que Tinno-
k vérité inspiront,qu'< n l'avait mal
que tout ce qu'on ïui avait raf»-
était de pures calomnies et de aia-
inventions d ennemis secrets, qui
k^ieiil à nous rendre Ofiieux et à nous
' dèns l'esprit *}e Sa Majeslé; que 1 o-
Ion d'honorer ses parents nous est pres-
r la loi chfét enjje, et qu'elle en est
rtrième coonuandenient ; que nous ne
iMi» pts prôcliér nue loi si sainte, sans
l^ndre a nos tlisçiftles à s acquitter de ce
imiispensaiiie de piété, ^t Quoi! nous
ttn/)ereur, vous visiivi la sé))ultui'e de
Irétres? — Ouit sans doute, répondîmes-
mais nous ne leur *iemandojis rien et
fîiitlendons rien d'eux, — Vous avez
des tablettes, dit le prince? — Non-
pent des lahîettcs, dînies-nous» mais
leurs portrailSi, qui nous rappellent
Dieux leur souvi^nir. » L'empereur pa-
t étonné de ce que nous lui disions;
notjs e*oirlait rleux ou tro s fois les
\ iy qui furent suivies des
15 r , il nous dit : « Je ne con-
svuUe ioi,je n'ai jamais lu vos livres;
vrai, c<u»nnf' voos le dites, que vous
point ooiitraires aux honueuts que la
nliale présent i\ Té^^ard des parents,
[Miuvez demeurer ici. » t*uis, se toui^
ei-s ses minislres : « Voilà des faits
croyais constdHis, leur dit-il, etcepen-
s lès nient fortement. Examinez avee
te atfaire, informez-vous eitactement
vérité, vous en ferez, ensuite votre
t, et je donnerai me.^ ordres. »
cela, les ministres examinèrent les
que leur durmèreut les missionnaires
Bant la docti ine, et un placet rédigé
11* Dn des docteurs ehar^j^LS de Texa-
ttît : « Si Toû n'è^t (ms ^nt^ dilliciie-
CHl
6oe
u
ment peut-on observ^rcetteloi. wi-'ençereur
ïie s'est (>as contenté de faire examiner nos
livres dans le tribunal de ses ministres; nous
avons su ou'il les avait lait remettre entre
les mains de quelques Tio-^chang et de Quel-
ques Ta o-Ssée (ce sont les ministres deueux
sectes idotâtres)^ du premier {président du
tribunal des rites, et du premier président
du tribiinai des censeurs de l'empire, afin
de pouvoir y trouver quelque prétexte plau-
sible de co^Tdamner nuire sainte religion, et
de nous chasser tous de srm empire. C'est
apparemmeut dans la même vue qu'il adon-
né ordi e a quatre c<-nseurs de reuqnre d'être
attentifs à la condu^lo des clirétieiis, de les
interroger sur les jU'atiques de leur religion,
et en ^>articulier sur les cérémonies établies
î^i^ la Chine, à l'é^^rd des parcnls défunls,
C est ce (jue pous avons appris de queljues-
ui!s de nos chrétiens qui ont subi ces inter-
roi^atoires, et qui, se r.tii|)elant les j»€rmïs-
sion^ accordées par le sainl-sié^e, ont ré-
pondu d'u'Hj manière dont les censeurs ont
î>arM satisfaits. Enfin, après plus de cinq
mois, les ministres auxquels nous avions
remis qnelques-uns des livres qui traitent
de 4a relij^mn, nous les renvovèretit .^ans
nous faire dire un seul mot ue ce qu'ils
en pensaient, ni des dispositions où était
l'emperenj^ à notre égard. Ainsi, nous
sommes toujours dans le même état d'in-
certilude sur le sort d'une mission au-
Irt^Viis si tlorissante, titii se trouve mainte-
n.mt sur le [lenchant de sa ruiui^ et nrète à
périr; notre unique ressource est dans la
miséricorde du uaEid maître que nous ser-
vons, I» [Lm. édif,, t, U, p. atW.;)
Youî^g-ThinK nirmrut le 17 octobre 1735
sous le j-ègne de son tils Kinan-Loung. Le
premier miuisire Ma-tsi, lié depuis trente-
six aits ii\ec le P. ï^arermin, lui envoya dire
de dresser [Komptemeut une requtMe, pour
demander le rétablissement de la religion et
des misîiionnaircs , rien n'éliud plus raison-
nable, et l'empire ne possédant pas de plus
honnêtes gens que les Européens, On ne
changea dans cette requête que deux où
trois caractères qui parais>aient trop f^rts
contre Mouan-pao, ancien Tsou-lou du
Fo-Kien, dont les démanhcs, cnnceriées
du reste avec Ynung-Tching, avaient fait
chasser les missionnaires des proviiices.
Mais le seizième régulo s'opposa à ce aue le
mémoire fût remis à 1 empereur. Les Jésui-
tes, en attendant une occasion favorable,
ajoutèrent de nouvelles prières et d'autres
bonnes teuvres aux messes votives qu'on
disait Ujus les jours dans leurs trois églises,
depuis le 18 mars 1733, que ïoung-Tching
avait été sur le point de ItJS renvoyer en
Europe,
Sur ces entrefaites, le mandarin Tcha-
sse - liai renouvela , dans une accusation
formelle contre Je christianisme, toutes les
accusalioiis que dautrrs avaient nvancées
avîuU Jui, insistant ï)our que les Mantthoux
et les Chinois qui étaient sous les bannières
p' eussent pa^ la liherté tU* se faire chrétieas-
Le Seizième régvuo» si dékvobblB k k re-
r
«Bff cm,
qaèlB des Jésuites, présenta raccusatîon du
luaiidarin à rèmpereur : en conséquence, il
fut arrêté au mois d'avril 1736, que les chefs
des bannières exhorteraient les nouveaux
chrétiens 5 abjurer la foi, et les puniraient
en cas de refus ; qu'à Tégard des Eyro[)éeiis,
que Ton conservait à Pélio, à cause do îeur
habdelé dans les sciences, le tribuna! dos
rites leur défen<lrait d'atlirer les soldats des
ha^inières et le peuple à leur relit^ion. Les
fidèles remplirent aussitôt les éghses pour
se disposer, par la réception des sacrements»
& soutenir fa nersécution qui commença le
Jour même. A la réserve d*un très-petit nora-
)re, que l'appareil des supplices intimida,
. ils donnèrent les marques uurie iolrépidilé
' et d'une constance htVroiqiie au milieu des
plus cruels tourmenls. Dans cf^ttc exlré-
Oiité, les jésuites prirent le parti de fiiire
remettre leur requête h Kian-loung, par le
frère Cistiglîone* Né Fan 1698, en Italie,
des talents qu'il perfectionna sous des maî-
tres habiles auraient jm lui faire tenir un rang
distïn-5ué parmi les peintres de sa patrie ;
mais une [liété tendre et son goût pour Fê-
tât reh*gieux lui tirent préférer rhum Die
état de frère coadjuteur, dans la famille de
saint Ignace. Envoyé à Pékin, il y passa la
plus grande partie de sa vie, occupé des
travaux que lui imposait son service à la
cour. Young-Tchin^et Kliian-loung employè-
rent assidûment son pinceau, et lui prodi-
guèrent les marques les plus llatleuses d'es-
time et de bienveillanee. Khiaii-loung ve-
vait presque tous les jours voir travailler le
frère qu'il se plaisait a entretenir.
Le i mai 17:i6, il alla comme à rordinaire
s'asseoir auprès de lui. k Le ïrère quitta son
pinceJiu, ditParennin, et prenant tout à coup
un air triste et interdit, il se mit à genoux,
où après avoir dit quelques paroles entre-
coupées*de soupirs, sur la condamnation de
notre sainte loi, il tira de son sein notre mé-
luorial enveloppé de soie jaune. Les eunu-
ques de la présence tremblaient de la har-
diesse de ce frère, car il leur avait caché
son dessein. L'empereur Técouta pourt?int
tranquillement, et lui dit avec bonté : « Je
n'ai pas condamné votre religion ; j'ai dé-
fendu simplement aui gens des bannières de
l'embrasser, w Eu même temps il lit signe aux
eunuques de recevoir le mémorial , et se
tournaot du côté du frère Cistiglione, il
ajouta : « Je le lirai, sosez tranquille, et con-
tinuel de peindre, w Quand nous apprîmes
le succès de notre mémorial, nous fûmes
bien consolés, jugeant que par la lecture
au'rn ferait Tempt-reur il se mettrait au fait
cie ce qui regarde notre sainte religion,....
Cependant nous voyions bien que, soit
(pi il eût été surpris, soit qu'il n'eût pas fait
les réileiions nécessaires sur l'accusation do
Tcliû-sse-hau.., il ne reviendrait que très-
diflicilement de la résolution qu il avait
prise... Bien qu*ou ne sût pas quel or-
dre il noas avait donné, quelques-uns *les
mandarins usèrent de modération envers
les chrétiODs ; d'autres continuèrent encore
quelque temps leurs vex&lionâ; mais en^
Su la persécution fut assoupie, après armr
duré environ deux mois. » Uéclat que Tan
faisait alors, pour obliger les chrétiens des
bannières de Fenoncer à la loi de Dieu, ne
mit point oLstacle à la réhabilitation des
exilés, fils et pelits-tils.de Suur-Miana, aux-
quels on accorda la ceinture rouge, comnié
transition à la ceinture jaune.
A peine respirait-on à Pékin de la persé-
cution qu'on suscita en Tannée 173S, contre
la religion chrétienne, q i*il s'en éleva un*
nouvelle en l'année Î73I, duol les suites fu-
rent plus fâcheuses et p us capables d arrê-
ter te progrès de la foL Voici ce qui y dotirja
lieu : On n'ignore pas qu à Pékin on expose
un grand nombre de petits enfants qui
meurent la plupart faute des secours oé-
ces-^aires. Il est vrai qj*il y a des char-
rettes établies par autorité publique jîour
ramasser ces eifants et les transporlt^r dans
des espèces dliôpitaux où Ton eiiierr*
ceuï qui sont morts et où 1 on doit premîrr
soin des vivants; mais presque 1«mis m^r^renl
de misère. Un des plus grands ! k
plus solide que fasstmt les nu- ei
est de procurer le baptême à ces pauvres
enfants. Les jésuites qui sont Attacnésaut
trois églises chrétiennes de Pékin ont t^epui?
longtemps fiartagé entre eux les div> rslieut
où *m les transporte; ifs ont chacun desf^v-"
chistesenlretcnuî* pour aller leur conférera-
baiitéme. 11 ny a point tlannée qu'on ne hr,"
tise environ' deuK mille de ces enfautV,
Lieou-Eul , catéchiste des Pères portug^ns,
s'occupant h ce saint eiLCrciee, fut airèï^
dans l'hûfHtal et conduit au tribunal do gou*
verneur de Pékin. On rinlerrogeri dans pl'i-
sieurs séances sans ïui trouver d*autrecruue
que celui d'être chrétien ; c'en était un
dans l'idée d'^ ce gouverneur, à cause destin
fenses nui avaient été faites, soil la pr**raiéit
année du règne d'Voug-Tching en 1723, «il
!a première année du présent règne, eu IIÂ
(ierahrasser la religton chrétienne. 11 reo-
voya donc cette alfa.re au tribunal des en-
mes et il y fit conduire le catéchiste LieotJ-
Enl avec Tchin-Si, qui était garjien île
rhûpitaf, et Ly-Si-Eou qui s'était Uït î' dé-
nonciateur de lun et de l'autre. Lon^qu^ils
arrivèrent, Ou-che-san , maudiriti »^nt-
cheou, ne peut retenir sa joie ; il y avait
longtemps qu'il souhaitait que quel )ue af-
faire concernant la religion chrélienn • lom-
bAt entre ses mains. Il tit comparaître L»eo^»-
Eul et lui lit quantité de questions ca; lictJ-
ses auxqucbes le chrétien ré^koudu è^tc
beaucoup de sagesse. Mais comme l'int-fr
tion dtî ce juge était de le condanm 'f à U
mort, il le tit appliquera la quesiion, dâss
le dessein de lui faire avouer que les Ento*
née^ns attiraient, h force d'argent, lesCtiiaoti
a leur religion ; les tourments ne purent if-
racher h Lieou-Eul l'aveu d une s* grosiiéi«
calomnie* Le président .Mantcheim de cf
tribunal, égrdement ennemidu c ristiamsoi^t
le tit mettre de nouveau à la torture* que ce
généreux chrétien souttrit avec be^iucouptli
fermeté et de courage. Naschtou, c^e^t leiî<^
da ce président, auraitpoussé les cbosesplui
M9 cm
loin» s'il n'eût été nommé deux joors après
Tsong-tou ougouverneurgéi*éral de Nankin.
Ou-che-sao ne j^oursiiivit pas cette atïaire
avec moins de vivacité ; il voulait absolu-
nienl f^iire moarir le chrétien, et il y aurait
réussi si soa collègue ne s* y fût opposé.
Cette diversité des^^otimenl obligea de por-
ter iatfaire à Sunkia, président chinois de
ce Iribanal, qui blâma la sévérité outrée
dOu-che-sm. Li sentence fut modérée; le
chrétien fut contiamné h recevoir cent coups
de j>an-tsee (c'est le hàlon dont on frappe
les coupable?), à porter la cangne pendant
un mois, et ensuite h recevoir encore qua-
rante coups de jïan-tsee. La sentence de ce
tribunal, envoyée ou tribunal du gouver-
neur de Pékin, était conçue on ces termes :
« Le tribunal de Hing-poti, c'est-ii-dire des
crimes, sur ratï^ire de Lieou-Eul, que le
gouverneur de Pékin a fait prendre à l'hôpi-
tal des Eufanis-Trouvés, où il vers ut de Ttau
I sur la léte de ces enfants* en prononçant diïs
kîpamles oiagiques. Dans rinlerrogaldire qu'à
F 'subi Lieou-Eûl, il ilit : « Je suis un hoanne
du peuple, âgé de quarante ans, et du dé-
partement de Ta-hmg-kieiK Je suis chrétien
dès mon enfance ; ayant su que îiors la porte
de la ville nonnnée Tsong-oueJï-men , au
nord, à la tête du pont, à iiAlé de la barrière,
il y avait une chambre pour recueillir les
entants abandon nrs, auprès do Tiiôpital où
on les traitspiïrte, et uniijuemenl dans le
dessein de faire de bonnes œuvres, j*y allais
' pour les guérir, en récitant quelques priè-
rei>; c'est ce ^oc je tais depuis un an. Le
moyen que j em[iloie c*est de prendre de
Teau, d'en verser quelques gouttes sur la
tète de enfants, do réciter en mémo temps
quelques nrières, et aussitôt les enfants sont
guéns; sds viennent à mourir, ils vunt
daiis un lieu de délices ; c*est une coutume
élablie dans la religion chrétienne. Lorsque
iV fn^ôccu^^ais h celle bonne œuvre, fies uf-
kiers de justice m ont arrêté. Ce Tcbin-Tsi
qu ils ont pris avec moi est le gardien de
cet hùpilal. Le seul mutif de faire des bon-
nes œuvres me portait h lui donner, à cha-
que lune» deux cents petits deniers pour
acheter des petits pains et soulager ces pan-
rres enfants ; c'est ce que j*ai fait pendant
treize lunes* Si Ton trouve que j'ai agi nar
d'autres vues, je m*olfre à souOrir les plus
rigouieux châtnuenls de la justice* Oserais-
je mentir en votre présence ? Il est vrai que
je fais profession de la religion chrétienne,
mai^ je n'ai pas su qu'elle ftil défendue et
je n'ai jamais reçu aucun argent des chré-
tiens, î» On rapporte ensuite les réponses du
gardieu de Inôpital et celles du délateur
qui disent la même chose, après quoi on
continue de la sorte : <f En examinant sur
etla nos registres , nous trouvons que la
première année de Youg-Tch.nÈ:5 (c'esl-à-
il.re en 1T23), sur un placet (irésenlé se-
crètement [*ar Mouan-Pao, Tson-Tou de la
province de Fou-Kieo, le tribunal des cé-
rtoiOLiies défendit, sous des fieiness évéres,
d^eotrer dans la religion chrétienne, et or-
donna à ceux qui Tavaieut embrassée de la
Cffl
tlO
quitter; maintenant, il paraît par les répoo*
ses de I-ieou-Eul, dans l'interrogatoire qu*il
a subi, que n'obéissant pas à cette loi, et
persévérant dans la religion chrétienne, il
est ailé à Thôpital des enfants^ ou'il j a
prononcé des paroles magiques en leur ver-
sant de Teau sur la tète pour les guérir.
Nous le con jamnons à recevoir cent coups
de pau-tsee, à porter la cangue un mois en*
tier^ et à recevoir ensuite quarante autres
coups depan-tsee. Pour ce qui est de Tching-
Tsi, gardien de la chambre de cet hôpital,
il ne pouvaitignorer que Lieou-Eul employait
la rna;jîie pour les guérir. Son devoir était de
renifïécher, et il l'a souffert. Suivant la ri-
gueur des lois, il devrait recevoir quatre-
vingts couf^s de pan-tsee ; on ne lui en don-
nera que trente. A Têtard des deux cents
deniers qu'il recevait à chaque lune pour le
secours ue ces enlants, il n'est pas nécessaire
d*en f*arler. Entin^ le petit vas^* de cuivre où
Lieou-Eul portait de Feau, sera mis en piè-
ces. Que cette ilétermination présente tjue
nous f*vons prise soit envoyée au gouver-
neur de Pékin et au tribunal de Tou~cha-
yuen, a lin qu'ils la fassent connaître aux
îinq dé artemirnts de la ville et aux deux
Hit^n qu'ils gouvernent, et qtie, parce moyen,
les uns et les autres défendent, sous de griè-
vespeirjes, à qui que ce soit, non-seulement
do fréquenter cet hôpit il, sous prétexte d'y
guérir les mala les, mats encore d'embrasser
la loi chrétienne, avec ordre à ceux qui l'au-
raient embrassée, de labandonner j et que
ces défenses soient afnchées dans tous les
carrefours de leurs districts- Que tout ceci
leur soit donc envoyé et qu'ils Texécutent
promptement* ^ Ce fut le vingt-troisième de
ta neuvième lune intercalaire, c*est-à-dire
le 15 novembre, que cette sentence fut en-
voyée à ces ditférents tribunaux, U y avait
dr^jà doux jours qu'elle avait été exécutée à
i «i^ard de Lieou-tuI qui, dès le 13 no^ embre,
était à la cangue sur laquelle on avait écrit
ces mois en gros caractères: Criminel pour
être de ta religion chrétienne.
Les Pères portugais, voyant que tous les
mouvements quils s'étaient donnés pour
eaimer cette atlaire avaient été inutiles, pri-
rent la résolution de recourir à l'empereur.
Ils dressèrent un placel, et, le 20 novembre,
le P. Kegler, f>résident du tribunal des ma-
thématiques, le P. Parenuin, supérieur de
la maison française, et le P. Piidieiro, supé-
rieur de l'Eglise orientale des Pères portugais,
auxquels se joignirent le P. Cha«ier et le
frère Castighone, qui étaient au palais, allè-
rent trouver un des grands maîtres de la
maison impériale, nommé Hay^Ouang» qui
est spécialement chargé des alfaires des Eu-
ropéens, et ils lui montrèrent le mémorial
ou placet qu'ils avaient dressé. Ce seigneur,
que le P. Kegler avait déjà mis au fait de
cette alfaire, parut fort piqué de ce que Je
tribunal des crimes n'avait eu nul égard k
son intercession : il leur dit qu'il avail fait
venir le mandarin Ou-che-san, auteur de lout
le malt et qy*il lui avait parlé en ces termes ;
it Si lu as le pouvoir absolu de chasser tous
«Tt cm
tes Européens dçr la Chine, tu peux conti-
ntier ; sîi^ori tu t'èngageit sans une entreprise
3'ui est au-dessuH de tes forces. Qui a or-
tnnd a votre tribunal de publier des affi-
ches ? P*)urquol, ne trouvant point de crime
dârii Licou-Eul, Tattaquez-yous sur la loi
chrétienne? KlWoquez au plus tôt Tordre
due vous avez envoyé aux ditfôrents tribù-
n«iux' do cette ville, et n'y m.mquez pas ; je
reçois le. mémorial des Européens qui se sont
mis à gepoux devant moi. » Il dit ensuite
aiux raissionuaires de lui laisser leur mémo-
rial, qu*il rexainineîait ; qu'ils n'avaient
tmh revenir dans deux jours, et qu'il leur
oîrait s'il v avait quelqu«> chose qui dût être
réformé, il n'attendit pas jusqu*à ce temps-
là, i! le lut le môme jour, et sur le soir if le
rendit au frèrr Castiçlione, en lui marquant
ce qu'il fallait y corriger. Lo lendemain qui
était le 23f novembre, on le lui porta corrigé
selon ses ordres ; il le roçtit avec promesse
de le montrer le jour suivant au président
du tribunal des crimes ; et qu'au ras qu'ils
refusasscat de retirer Tonlre qu'ils avaient
donpé,ilfeferait passer à l'empereur. Sur le
soir du même jour, il dit au P.Chalier, qu'il
n'avait pas encore eu le temps de le montrer
aux grands mandarins du grand tribunal des
crimes; ou nous insinua qu'il l'avait faitdans
la suite. Quoi qu'il en soit, ce tribunal agit
coiiuuc s'il n'en avait eu nulle connaissance.
Le 25 novembre, l'emoereur partit pour
se rendre i la sépulture de rempereurCang-
Hi; le grand; maître BJay-Ouang le suivit:
ainsi la piotccliou que nous espérions de ce
seii^ieur uous lyanquant pour lors, les man-
darins exécutèrent l'ôi'dre (jue le tribunal
des crimes leur avait donni^ Deux jours a[)rès
le départ de Tempeienr, on vil à toutes les
portes et à tous les carrefours tie la ville, de
grands cao-chi ou placards contre la religion
chrétienne. Dans chacun de ces cao-chi était
écrite tout au long la sentence du tribunal
des crimes, et on concluait ainsi : En consé-
quence dr quoi, si qudquun s'avise, sous pré-
texte de maladie^ (le fréquenter Thôpital des
enfants abandonnés, il sera arrêté et livré au
tribunal des crimes. C'est pour vous le faire sa-
voir,Qens de bannières et peuples, que nous fai-
sons afficher cet ordre. Que chacun ait soin de
garderies lois de V empire ;que veux qui nnl erré
reciennenl à résipiscence et reprennent ta loi de
l'empire qui leur est naturelle; que s'il s'en trouve
quis livrnt en secret cette loi étrantjère ouqui
refusent d^yr€tioncer,ils seront três-scvcremenC
punis. Le Ode la G' lune de la seioniie année
de Kie-i-long (c'est le 27 novembre iTVt).
Le 2 décembre, Temp. reur étant revenu
de la sépulture de Cang-hi, les Pères allèrent
au palais pour s'informer de sa santé; ils
croyaient y trouver le grand-mailre Hay-
ouang, mais il était retourné chez lui sans
venir au palais. Us y allèrent le lendemain
vers midi, et lui porlèreul deux placards alii-
cliés contre la loi chrétienne, il leur dii de
venir dans deux jours, et qu'il présenterait
leur mémorial a reiiii>ereur. On le til, et ce
seigneur le remit à un de ses écrivains en
lui disant de le porter de sa part à l'eunuque
cm
m
Ouang, avec ordre de le faire présenter le
jour suivant à l'empereur. Voici la ten«*ur iv
ce mémorial : Les Européens Tay-Tsi-hi^u
(le P. Régler, etc.), otTreut avec un prof'j?d
Hispect ce mémorial h Votre Majesté, contre
la calomnie la plus atroce. Nous trouvant
dénués de tout appui et de toute urot«n:fiioD,
à qui aurions-nous recours qu'à Votre Ma-
testé ? Le 6 de cette dixième lune {27 novem-
bre), lorsque nous nousyaUcndions le moins,
on vint nous dire que dans toutes les rutfS,
grandes et petites, de cette ville de Pékin, oa
voyait des allîches du gouverneur, des man-
darins des cinq départements, des deux Tdri-
bien et autres juridictions» en conséquent
d'un ordre du tribunal des crimes, aui pros-
crit la religion chrétienne, ordonne de sesai-
sir de ceux qui la professent, et de les livrer
h leur tribunal pour y être sévèrenoient punis.
Ce qui a donné lieu à l'arrôt de ce tribaoaL
c'est que Lieou-Eul, homme du peuple, suir
vant la pratique de sa religion, avait verééde
l'eau sur la tête de quelcmes petits en&obeC
avait récité des f)riëres. Cette pratique est U
porte par où l'on entre dans la religion chré-
tienne fondée sur la plus droite raison. Nou
n'avions pas encore entendu dire que ce m
un crime de verser de l'eau et de réciter dn
prières, ni que l'un ou l'autre méritât litf
châtiments. Cest cependant uniquement pour
cela, et non pour aucune auti e raison, qvi
l'on a donné deux fois la question à Ueou*
Eul; c'est uniquement pour la religion saiote
qu'il a été battu et mis à la can^^e surU-
?Lielle on a écrit ces mots eu gros oaiaclères:
riminelpour être entré dans la religion cM
tienne. Comme nous n'oserions parlera Votn
Majesté du motif qui fait a^ir de la sorte,
nousle passerons sous silence. Nous, vos fidè-
les sujets, charmés de la réputation devotit
gouvernement, nous sommes venus ici(»ourj
{»asser le reste de nos jours; <e u'estauedins
e dessein de porter les ])oupIes à uoDortf
et h aimer ce qu'ils doivent liunorer et ainier,
et de leur faire connaître et» qu'ils Juiveol
savoir et pratiquer. Les emporeurs de *olrt
auguste (Jynaslie se >ont servis de iiens ve-
nus de loin, sans la moindre dillîculle. tVflf-
jeur Chun-chi honora feu Tai'g-io-ouaué Je
l\ Adam Schal) du glurieiix titre Je T'Uii-
ouei-Kiao-se, o.i de maître qui apprvtoiidit
les choses les plus subtiles, et le gratifia de
l'honoriible iuscriptio ' qui subsiste entons
eu >on entier. L'empereur Kan^-hi employa
avec nu égal avanta^^e Naii-lio:ii-(;iM le P.
Verbi'St;, h* tit assesseur du tribunal «its oj-
vra^es publias, et le ehargivi de:? alf.iiiesdii
tribuîiai des inatliéinatiques. II dunua 1
Tchu^-Te!iing(le P.tierbillunj et à Pe-T-Ji
(le P. Bouvet], uu.' maison eu dedau^ deli
)Orle Si-ng.ui-m<ni , et leur y Ui biltir une
Tglise. La trente-unième aiiuée de Kanç-Hi.
le vice-roi de la province de Tche-Kiauj
ayant fait défense de suivre la religion chré-
tienne, Snge-Siu (le P.Thomas Perejra^el
Ngan-To (le P. Antoine Thomasy, turent re-
cours à l'empereur, qui ordonna au tribunal
des ministres de se joindre à celai des céié-
monir-s et déjuger conjointement eeUv affai. .
ï
? ce qtrtts prononrèfpnf fiit> qpi*il ne
l roQdamner h religion chrétienne
t n> à persoanoJe la iJi^tiquer. OUo
?: fut enregislrée dans les tribu-
n -l ce cfu*on peut examiner. Le même
r '-^ quarante-cifiquièroe année de
1 lUa aux missionnaires des pâ-
li* ir^ ,1*11^ it' scenn du grand mnttre de sa
bisoii» La cinquantième ann^'c% il donna à
feJise qui est au-dedans do la porte Suen-
pmen,cettpijiscnntioii:(tOt*ati tjfou Tching
^n, c>sl -à-dire le vrai principe de toutes
psies. H Varrompagna de deot autres ins-
mlio r être platées à cùl6 selon fa
Ctir j-^ est: Vmi chi von Ichùng' sim
y ^ tchutsatf, c^esi-h-ûiv*} sans
ij ns fin, et véritable m/iitre;
I dn iiûencement h tout ce ([ui a fi-
fre» ^ . I ndençe les gouverne. Et Tautre
|r: ^i#m fjm *Wfn y î^«f ^r/tao rAinj^ (si ta
fen heng^ c^ésl-à-diresimverainenieat bon,
pTerainement juste, il a fait éclater sa sou-
'aine puissance en sauvant!' s maïheureuit.
irnpereur, votre auguste («ère, a fait Tay-
-bien f!è P. Régler) président dutrilmual
inalhématiques, et assesseur hooomire
tribunal des cérémonies. 11 a fait de lu^me
meou-Te (le P. André Pereyra) ^rsacsseur
tribunal des mathématiqut^'^s* II a donné
--' à 3an-lo-MiTi (le P. Parenriiu) et autres
r lu latin à pbisieurs jeunes gens,
iJarios : ce sont toutes faveurs si
et si singulières, qu'elles sont
soleil et les étoiles au ciel, et qu'il
'* de les mettre par écrit* Ce qui
ntîsd'une Eouvelle joie, sire, c*est
-té, montant sur le trôoe,nous
* ^iiepmteelîoo particulière. Nous
i^ ?tm»ns uue celle année, à ta troisième
'^i'^ ■' 'îuûjié un ordre qu'elle a ftut
ule \ii Cfiine, oii elle dit chu-
ixr, lois de cet empire n'ont jamais
h religion chrélieiuie; et ayant
!e Farrivée toute récente de
ionuaires, elle a ordonné de
*• viMir a la cour.
'»[> lue \%M\ considère tant de bienfaits
; us de Votre Majesté, est-i I
lier? Elle ne nous régarde
i rangers, elle nous iraite
L- que ses propres sujets ;
(SMune n'ignore. On cite ce-
■ nous Mouan-Pao; dans tjuel
Ï^JA ialiuiiième année d*Yong-Tchnig,
im prime, }\ la huilîème lune, nous
'^'-.^ï'^e laels pour réparer nos églises;
l'a' vriii qull eût |>roscrit notre reli-
ims^ .jurail-îl fait une si insigne lii-
^tt^iltiait directement à la j^erpétuer?
i/e que suscita MouâO'Pan,il n'est
jeiitioQ u[ d^uflicher des placards
^9 ni de saisir les chrétiens, ni
L'/Toer dans des prisons, encore
i^r donner la question, de les
-^ ixieitra à ta c^ngue. Plus nous
tl*^-^ î>e passe aujourd'hui à notre
loiis sommes persu^idés qu'on
^^ ^<^.s> y uçs particulières et par
*ie cœur S nous calomnier et
)0c
on 6Al
à nous perdre, jusqu'à nous porter comm|
rebelles sous le cliar de Votre Hajeslé, «lir
de nous ilétruire; c'est ee que nous ne sau-
rions expliquer. Suivant les maximes de no-
tre sainte rdîgron, nous soutirons tranquille*
ment les injures et les torts qu'où nous fitit, 1
sans nous plaindre et sans avoir même la
pensée d'en drcr vengeance: mais il s'agit
ici de Thonneur de la religion que nous pro-
fessons; nous trouvant sm\s ressource et sans
honneur devant les hommes, et rappelant
dans notre souvenir les bie'^fails de tous les
empereurs de votre auguste dynastie et ceux
que nous avons reçus de Votre Majesté, nous
ne saurions I etenir nos larmes,et neles pasrap-
peler dans la mémoire de Voire .Maj«3sté, en la
conjurant de nous en accorder un qui sera
semblable à ceux d'un père et d'un * ujèro
I»teinsde tendresse el de bontél Malheureux or-
phefios que nous sommes, et destitués de tout
appui, nous osons lui demander une gr^ko
singuhère, qui est de letiuiner etie-méme
celte atîaire, afin qne nous ne succombions
pas sous h cahunnie de ceux qui ne cher-
chent que notre perle. Bès lors toutes les
calomnies cesseront ; nous regarderons ce
jour comme celui de notre naissance , et
cette faveor romme une année de nouvelle
vie. C*est dans cette espérance qu*?, pénétrés
de crainte et de respect, nous osons otTrir
ce mémorial à Votre Maîeslé , le sei/.ième
jour de la seconde anué© ae Kien*Long* c*est-
à-dire le T décembre. »
A une heure après-ûiidi, le grand maître
Hay-(>tiang joignit ïe<: missionnaires, et leur
dit en langue tartare : « Votre atîaire est re-
rais© parremiîereur au tribunal de* crimes,
afÎTî qu'il Texamine et eu fasse son rapport
h Sa Mrjesté, » A ce discours, les missioTï*
naires demeurèrent interdits. « Notre affaire,
dît sur cela Je P* Parennin, est reniisf* au tri*
Ijunaldes crimes! Ehl c'est ce triliuna! qui
nous Fa suscitée. Il est vrai, répondit ce sei
gneur,, mais Yn-Ki-Chan» qui était Tson-
ton de la province de Koei-Tcfieou, vient
d'être fait président de ce (riimua! ft la place
de Naschlou qui est allé à Nasikin; il n'a nulle
]iart h ce qui s y ^''Si passé, Alleï, aile ,aji'Uta-
l-il, quand cette allaire sera terminée, vous
viendrez remercier Sa Majesté. » Cette ré-
ponse ne tranquillisa [»as ces Pètes, cnrenfin,
ils se voyaient en corouromis avi'C un des
phis grands tribunaux de Tempire, qui ne
pouvait manquer d\Hre piqué de ce qu on
avait eu recours ii fenifiereur ciuitre ^a déci-
sion ; ainsi, loirnt'esp'n.T rien d'avantageux,
ils Vivaient tout lieu de craindre ([ue si le
rapport de ce nouveau jirési eut n'était |ias
favorable, il fût plus d flîcire qutvjaîBais d en
revenir, h moins d'unie protection spéciale
de la diviïie Provideocc,
L'événement lit voir qu'ils ne craignaient
pas vainement, car voici quelle fut sa ré-
ponse, préseotée à Tempereur le ââ de la
dixième luue, c'est-h-*Jire le 13 décembre:
« Yn-Ki'Chtm, président du tribunal des cri-
mes, et président honoraire du triltunal d^
la guerre, pié^eute avec respect à Votre Ma-
jesté ce memoriar, pourobéir)^ pord^t (^u*ellc
OIS tM
m'a donné d*eiaminer le mémorial des Eiiro-
péuns» et de lui en faire moi rapport, »> Après
avoir fait le précis du mémorial présenté
par les missionnaires, et de la senleice
du tribunal des crimes , où il rapparie
les réponses faites par le chrétien et par
le gardie-i de rhùpital, il poursuit ainsi;
« Examinait les registres, j'ai trouvé que
dans la douzième lune do la première
année d*Y'iung - Ching » le tribunal des
rites délibéra sur un mémorial de Mouan-
Pao^ ceinture rouge^ Tson-lou ou gouver-
neur général des nrnviices de Ïche-Kiang
ou Fou-Kieo, qui demandait que h religion
chrétienne fût proscrile^quuiqu'onpûllaisser
les Européens îi Pékin pour y travailler à
quelques ouvrages, el s en servir dans des
atfaires de pou de conséquence; mais que
pour ceux gui étaient dans les provinces, on
n en retirait nul avantage ; que le peuple
stupide el ignorant écoulait leur doctrine et
suivait leur religion, se remplissant ainsi
Tesprit et le cœur d'inquiétudes, sans la
moindre utilité : sur quoi iî demandaitqu'on
condamnAt cette religion, qu'on obligeât ceux
qui Tavaient erat>rasséedy renoncer; el que
si\ s en trouvait dans la suite qui s'assem-
blassent pour en taire tes exercices, on les
punit rigoureusement, sentence qui fut ap-
prouvée par l'erîipereur. De plus, à la troi-
sième lune de la première arjnée de Rien-
Long (n3(jj, les régents de Tempire, les
princes et les grands délibérèrent sur le mé-
morial de Tcha-sc-Hay, mandarin de T^ng-
Tching-Se, qui demandait qu il fût fait de
rigoureuses défenses aux soldats et aux peu-
ples d'embrasser la religion cbrétieniie; qu'il
s'en trouvait dans les huit bannières qui
rayaient embrassée; qiron ordonnât h leurs
ofïiciers de les punir sévèrement, s'ils y per-
sévéraient, et que le tribunal des rites im-
bliât, par des jdacards afiicliés dans toutes
les rues, la défense qu'il ferait aux Euro-
jjéens, d'inviter en quelque manière que ce
fût, les soldats ou le peuple ^ suivre leur re-
ligion; sentence que Votre Majesté aaf>prou-
vée, quon respecte et qu'on garde dans les
registres; ainsi la défense laite aui soldats
et au peuple d'embrasser cette religion est
évidemment une loi de l'empire quon doit
respecter au dedans et au dehors.
A i'égard de raîlaire présente, un homme
du peuple, nommé Lteou-Eul, est entré dans
la religion chrétienne, est allé à Tbùpital des
petits enfants abandonnés, et il a fait usage
d'une eau magique; il a violé en cela la loi,
sa déposition en fait foi; et la loi porte que
pour un pareil crime il soit condamné à la
caugue. Les soldats et le peuple ne sont [tas
iustruitsdes rigueurs des lois, c*esl pourquoi
il y en a qui embrassent cette religion ; il a
dune fallu les leur faire connaître et envoyer
la sentence au gouverneur de Pékin el aux
mandarins des cinq départements delà ville,
alin que les tribunaux en avertissent le pu-
blic pir leurs afliclies ; qu'on maintienne les
lois dans leur vigueur, et qu'on révt^ille les
stupides. C'est ainsi certeineraent qu*o i doit
lairo respecter les lois et traiter les affaires.
Pour ce qui est de la question k laquelle
Licou -Eu l a été appliqué, on a eu raison de
Vy condamner, parce que l'eau qu'il versait
sur la têle des petits t^nfants a du rapport i
la magie et en a toute l'apparence. Le crimi-
nel ne l'avouant pas, on a dû le mettre à la
ouestion; c'est la coutume du tribunal, foo*
née sur la raison, atin de démêler le vrai d*a-
vec le faux ; il faut arracher jusqu'à la racine
de toute mauvaise doctrine qui tend à trom-
per les peuples. Ce n'est que parce que les
Européens ont quelques c--nnaissancesde b
science des nooiUres, que les prédécesseurs
de Votre Majesté, pleins de bonté pour le«
étrangers» ne les ont \ms obligés de s'en re-
tourner. Est-ce qu'il Ivnir est permis de ré-
pandre leur religron dans l'empire, de ras-
sembler de côté et d'autre nos peuples, et de
les jeter dans bi trouble par leur doetrioe
erronée? Lieou-Eul, qu'on a pris el qu*oa«
mis à la cangue, est entré à Vétourdie dam
la religion cbrétienne; il n'est point cbrétieQ
européen. Appartient-il aux Européens de
gouverner ceuï qui ont embrassé leur reli-
gion? S'il est vrai, comme ils ronl rapporté
à Votre Majesté, que Lieou-Eul, suivant les
maximes de leur religion, ne puisse pas être
examiné par la justice, il ne ^cra donc nlus
permis aux mandarins d'interroger nos thi*
nois qu'ils aunmt trompés? Les mandarins
du tribunal» suivant les lois établies, gou-
vernent les Chinois. Qu'y a-t-il en cela qui
ne soit conforme à la droite raison? Ëlvo:li
cependant ce qu'ils appellent sentiment par*
ticulier et disposition de cœur h les c^ilom-
nier et à les perdre. Y a-t-il rien de plus4l^
surde? Les étrangers des autres royaume
sont naturellement fort ignorants* c'est «
qu'il n'est pas besoin d'examiner ici; nuis
pour ce qui regarde le gouvcrnemenldupeo*
pie, on ne saurait être trop exact el trop ^
vère pour inspirer du respect et de la craJOtt
pour les luis. La religion des Européens io^
pire beaucoup d'adresse ii lromî>er les g^ilS;
il y aurait 'de grands inconvénients à lui «o-
corder la moindre liberté : les suites en se-
raient lïicheuses ; on ne peut s'empécber dt
s'en tenir à nos lois. Voilà, sire, ce que «uoi,
fidèle sujet de Votre Majesté, après un ew-
men eiac*, lui présente avec resf»6C( 6ur la
punition de LieoU'Eui, et l'ordre de défendre
au peuple, par des aïlicbes publiques, d'en-
trer dans la religion cbréticune, et de pres-
crire à ceux qui y sont entrés d*y renoncer:
prosterne jusqu'à terre, je prie Votre M^esté
de l'approuver* w
L enqiereur approuva ce mémorial, et. \é
même JMur, les missionnaires turent Mipëéê
au palais par le grand maître Uav-Oua^
pour entendre l'ordre do Sa Majesti^, qui |
lait que le tribunal df^s crimes s^ét^ut cufi-
forme aux lois tirées de ses registres ; auoo
leur laissait la liberté de faire dans leuff
églises les exercices de l^ur religiiiu; ,
ne voulait pas que les Chinois, et surfoùi
Tartares, gens de bannières, eu fissent [
fession; que du reste, ilsn'avaieniqu*àr<'iii-
pfir leurs emplois à l'ordinaire. Les iiussi<Mh
nairos écoutèrent cet ordre è genoux* «Mdo*
617
cm
ne sommes pas venus de plas de six mille
lieues, répondit le P. Parennin, poor deman-
der la permission d'ôtre chrétiens, d'en f;iire
lesfunclions, de parier Dieu en socret ; la cour,
la ville, les provinces, savent rjue nous ve-
nons ici pour précliep la religion chrétienne
et en même temps rendre à l'empereur les
services dont nous sommes capables. Les
empereurs, prédécesseurs de Sa Majesté, et
surtout son auguste aïeul, ont lait examiner
notre doctrine, non par quelques particuliers
ignorants, tels que sont ceux oui nous ont
accusés sous ce règne et le précédent, mais par
tous les tribunaux souverains, par les grands
du dedans et du dehors, qui tous, après une
exacte discussion et un mûr examen, ont dé-
claré que la religion chrétienne était bonne,
véritnble et entièrement exempte du moindre
mauvais exemple ; qoll fallait bien se don-
ner de garde de la proscrire ou d'empêcher
les Chinois de la suivre et d'aller dans les
églises; cette déclaration fut confirmée par
J'empereur et publiée dans tout rempire.
■depuis ce temps-là noire sainte religion n'a
ûiot changé, elle est toujours la même, nos
vres en font foi ; pourquoi donc le tribu-
lûl des crimes fait-il emprisonner les chré-
jeus ? Pourquoi les punit-il ? Pourquoi fait-il
fticher des placards par toute la ville, pour
ibliger ceux qui en ionl profession d'y re-
ioncer? Pourquoi ordonne-t-il la même
ose dans les provinces ? Si c'est être cri-
iriel que d'être chrétien, nous le sommes
ien davantage, nous autres, oui exhortons
les peuples h embrasser le cnrislianisrac j
^cependant, on nous dit de continuer nos cm-
^kploîs ; mais avec quel front pourrons-nous
^Résorruaisparaitre? Comment pourrons-nous,
^■couverts ae honte et de conlusion, avec le
^■norn odieux de sectaires et de séducteurs du
^■peuple, servir tramiuillement Sa Majesté? Si
I^Vqu noas disait maintenant; Retournez dans
Vôtre pays, notre condition serait-elle meil-
, leure? Oi nous dirait e!i Europe : N avez-vous
pas comblé déloges le nouvel empereur?
dans combien de lettres ne nous avez-vous
pas mandé que ce grand prince récompen-
sait les gens de bien, qu'il pardonnait aux
coupables, qu'il vous traitait aussi bien et
encore mieux que ses prédécesseurs? Toute
TKiirope s'en r^ouissait, et lui donnait mille
^^^^ liclions : aujourd'hui, vous voilà hors
Chine; vous i avez donc obligé, ou par
oire mauvaise coniuile, ou jmr quelcjue
ute écLitante» de vous chasser de son em-
t Que répondrions-nous, sei^^neur?Nous
it-oa sur notre parole? Daignerait-on
5r ce que nous aurions h dire pour no-
usiificalion ? Nous voilà donc dans le dé-
lor«ible état de ceux qui ne peuvent avancer
Il reculer: que nous reste-il autre chose que
ritnplorer la clémence de Sa Majesté? c est
Ire empereur, c'est notre père, nous n'a-
point d'autre appui ; pourrait-il nous
donner? serions-nous Ie> seuls qui ge-
lons dans ropprossion sous son glorieux
_ le. Et vous, seigneur, qui nous voyez à
os pieds, daignez lui représenter notre afflic-
tion et nos gémissements, ou permettez-nous
DRS PEaSKCUTlOPti. L
cm e\d
de les oflfrir par écrit. — Par écrit, non, dit
ce seigneur, c*est une affaire conclue: un
grand tribunal a pailé, on ne peut en reve-
nir.— Mais, répliqua le Père, [ilusieurs grands
tribunaux avaient parlé, cornèrent en revient-
on aujourd'hui? » de seigneur était réellement
affligé d'avoir agi en faveur des missionnaires
avec si peu de succès, rn^is il n'osait rece-
voir aucun écrit : « Si Ion m'interroge, dit-il,
je parlerai et je vous rendrai service. »
C'est avec cette réponse, dont il fallut bien
se contenter, que les Pères se retirèrent. Le
lendemain, vingt-troisième de la lune, c'est-
à-dire le l'V décembre, l'empereur se rendit,
sur les dix heures du matin, dans lapparle-
ment où le frère Castiglione était occupé à
peindre; il lui fit plusieurs questions sur la
peinture. Le frère, accablé de tristesse et de
douleur, de Tordre donné le jour précédent,
baissa les yeux et n'eut pas la force de ré-
pondre. L'empereur lui demanda s'il était
malade. «Non, sire, lui répondit-il, mais je
suis dans le plus grand abattement. » Puis»
se jetant à genoux : « Votre Majesté, sire,
condamne notre sainte religion ; les rues
sont remplies de placards qui la proscrivent;
comment pourrons -nous après cela servir
tranquillement Votre Majesté? Lorsqu'on
saura en Europe Tordre qui a été donné, y
a.ura-t-il quelqu'un qui veuille venir à votre
service.— Je n'ai point défendu votre reli-
gion, dit Tempereur, par rapport à vous au»
très : il vous est libre de Texercer; mais nr»s
gens de doivent pas rerabrasser. —Nous ne
sommes venus depuis si longtemps à la Chin \
répondit le frère, que pour la leur prêcher^
et Terni vereur Kang-Hi, votre auguste aïeul,
en a fait publier la i»ermission par tout Tein-
pire.To Cominiî^ie frère dit tout ce'a les larmes
aux yeux, Tempereur en fut attendri ; il le
lit lever et lui dit qu'il exaiiinerait encore
cette a traire.
Le vingt-quatrième de la lune, c'est-à-dire
le 15 décemlire, le grand maître, Hay-Ouanj-s
se trouvant malade, Tempereur fit appeler le
seizième prince, son oncte, pour lui donner
se> ordres; c'est celui-là même qui était à
la télé des princes et des grands, forsq.u', la
l>remière année du règne de cet emoereur, il
fut ïiui défense aux soldats des huit ban-
nières d'embrasser la religion chrétienne.
Ce prince fit avertir les Pères de se trouver
le lendemain matin au palais. Ils furent fort
alarmés de ce nouvel ordre, parce qu'ils con-
naissaient la mauvaise disposition de ce sei-
zième prince à leur é^ard ; ifs redoublèr^-nt
d*mc leurs prières pour Theureux succès
d'une atfaire si importante ; et, suivant l'or-
dre qui leur avait été intimé, ils se rendirent
de grand matin au [>a!ais; ils y attendirent
jusqu*à une heure a près-midi, que le seizième
prince sortit de Tintérieur du palais et vint
dans les appartements extérieurs où étaient
les missionnaires. Il les lit entrer dans une
chambre écartée, et leur renouvela Tordre
de Tempereur, mais bien plus radouci.* L'em-
pereur, leur dit-d, n'a point défendu votre
religion; Ueou-Eul n a point été puni parce
qu'il était chrétien, il Ta été ^eloe les lois do
30
M
cm
b Chine ^ur d'totres baies. » Comme le
ftit qa'il &i^t étjil éndent, ee prioce, pour
donoer à ce qu'il afan^il un air de Terité»
uouU: « Oûpunit à UCbiiiele^ Laroas, les Ho-
enang, Ihs Isao Sd^ -ce soit trois différeotes
v>rte5 d«r b'ioze^ aui guérissent les malades
en les toudiant a la tête et récitant des |>f iè-
res. * On conçoit assez ce que 1 s missioD-
naires ré, oïdirenl à une semblable com{>a-
mison; mais sur quoi ils insistèrent le plus,
ce fut sur ce que l'ordre qu'ils recevaient de
renriii<;rear ri*etiiit connu que d'eui ^euls, ei
que n'étanf jias signifié au tribunal, il euriti-
nuerait à fiue mettre des affiches iniurieuses
à la reIî;$ion chrétienne, non-seulement à
Pékin, mais euc^ire dans toutes les provinces
de l'empire, ce qui autoriserait les mandarins
à tourmenter les chrétiens. « Je vous réponds
du contraire, leur d:t-ii, so.«ez en rejKis : et
si vous ave/ sur cela quelque [i4.*ine, f lites
un mémorial par h*quel vous remercierez
IVmpereur, e i lui demandant au'ii ne soit
f>liis permis de mettre aucune ariiche con-
traire h la religion chrétienne ; je le ferai
passer h Tcmpereur, et s*il m'appelle en sa
présonce,je lui exjKiserai toutes vos raisons.»
Les missionnaires, selon le conseil du
prince, dressèrent un nouveau mémorial
qu'ils portèrent le lendemain de grand ma-
tin nu palais ; ruais ils ne purent voir le prince
quVi deux heures après midi. 11 reçut le mé-
morial, le lut, mais le trouva trop fort: « Il
semble, leur dit-il, que vous vouliez dictera
Temnereur ce au il doit faire. »
Alors il résolut de leur donner par écrit
Tordre de l'empereur, qu il ne leur avait dé-
claré que de vive voix ; il le dicta à un écri-
vain (lu palais et le fit communiquer au
gniiid ni/litre Hay-Ouang qui l'approuva.
Les missionnaires le remercièrent et firent
le mémorial suivant pour marquer leur re-
confiniss/mce «^ riTnporeur : « Les Euro-
])éeiis, Tajr-Sin-Hicn (le P. Keglerj et autres
oirrent avec resiiecl ce mémorial à Votre
Majesté , jiour fa r(^mercier d'un bienfait
insigne. Lo 2S do cette lune, le prince
Tcliouang-Tsin-Ouang (nom du seizième
princoj, et le granJ maître Hay-Ouang, nous
ont publié Tordre de Votre Majesté qui dit :
«t Le tribunal des crimes a pris et puni
LiRou-BuL, pour avoir transgressé les lois de
la Chine ; certainement il devait être ainsi
puni : cela n'a nul rapport à la religion ehré-
tienne^ ni aux Européens. Quon respecte cet
ordre. » Nous, vos fidèles sujets, recevons
ce biejifail; pleins de reconnai'^sanco et
prosternés jusqu'à terre, nous lui en ren-
dons do très-humbles actions de grAces, et
nous osons lui demander que par un elTet
do son(H£ur bienfaisant, elle ne permette \m3
qu'on alTlche des cao-chi ou placards contre
la religion chrétienne, et que le nom de chré-
tien ne soit pas uu titre pour prendre ou
imnir personne, afin que nous jouissions du
bonheur de la paix de sou glorieux l'èguo.
Qumd môme nous éjiuisorions toutes nos
f()rce8 pour reconnaître un tel bicnfaii, nous
n'en pourrions reconnaître jamais la dix-
millième {wirtie. G*«st ppur lui eu rendre
giieet 5i«e mm lui offirooi m pbegU to 91
de la dixième loiis et la acoiie améa de
Kien-Long 1^ décMatare'. a
Le même jour, le seiziiBe |vtaea vM ce
mémorial, le lut, en fut eralcm ci la lit
passer k l'empereur parla «oia wdiraîre
des mémoriaux. Lempereor rapproava daos
les mêmes ternes et arec les Bêoaes carac-
tères dont il s'était serri pour approuver le
m^oral d'Yo-Ki-Chan, que j'ai rapporté c^
dessus. Sa répunsa fut renvoTéo an prisée
eo ces temiHS : « ùrért d/ Fempermr : i
ratems^ tm me wèeiira phu tmflkkn emân
Im rehgion ehréeienme. ■ La pnma leur la-
tima cette réponse don air gai* et eomna
ils s'étaient mis a genoux pour le reeofoir.
il les lit relever, s'assît et les 6t asseoir; il
1 ur dit ensuite beaucoup de choses obfi-
géantes qu'ils écoulèrent, comme s'ils a«f-
si-nt été persuadés qu'elles partaiont d'aa
cœur sincère ; il les exhorta jusqu'à deux
fois à continuer chacun leurs oceopstioBs,
c'était un ordre de Temperpur; il leur 8t
aussi entendre qu'il signifierait aui araods
mandarins du tribunal <ies crimes la repoMe
de Tempereur à leur mémorial, quoioull ne
le leur promît pas en termes exprès. H le fit ea
effet, mais simplement de vive voix. Qoaad
les missionnaires furent de retour daas
leur maison, ils jugèrent tous que celte ré^
ponse, signifiée de Li sorte, ne suffirait pas,
et qu*il fsilait prier le prince de la faire pas-
ser au tribunal dans les formes ordioairei \
c'est ce qui n'était \^as facile, parce qu*il n'a-
vait pas sur cela un onlre précis de Tempe-
reur, et que d'ailleurs c'était faire honte I
un des plus grands tribunaux de Tempire,
de robliger à mettre dans ses registres le
contraire de ce qu'il avait demandé à Teai-
pereur, et qu'il avait obtenu. Nonobstant
cette difQculté, qu'ils ne sentaient que tn»,
ils ne laissèrent pas de dresser un écrit oo,
sous prétexte de remercier ce prince des
peines qu'il avait prises, ils lui demandèrent
cette grâc(». Quatre d'entre eux allèrent à
son hôtel pour lui présenter cet écrit ; mais
il s'excusa de les voir sur ce qu'ils ne di-
sait que de rentrer chez lui, et il leur fil diiv
d'être tranquilles et qu'il avait arertî les
grands mandarins des intentions de Tempe-
reur. On fut jusqu'au eommeneemem de
l'annf^e 1738 sans entendre dire que le tribu-
nal eût fait aucune démarche sur cetto afbire.
Ce ne fut que vers le li janvier qu'on ap*
Erit par une voie sûre que, dès le 97 déceOH
re, le tribunal des criuies avait entoré le
mémorial d'Yn-Ki-Chan, approuvé par Tem-
pereur,au tribunal du Tou-tcha-yu6n,et daoi
toutes les provinces de l'empirSy pour j être
inséré dans tous les registres. Les niissifm-
naires en furent consternés, car il j avait
tout lieu de craindre une persécution géné-
rale dans tout l'empire.
Le P. André Penejra, vice-provincial des
jé^uitos portugais, qui connaissait le tsonX'
fou ou gouverneur général de la nrovioce m
Petche-ty, lui envoya uu catécniste à son
hôtel de Pékin, où il était alors , pour loi
communiquer le dernier mémorial offert I
an
m
remçerêur, avec la réponse de ^ Majesté, et
le prier de ne pas permettre qiron mal Irai tût
Ws chrétieus de son gouverneraeiiLile maii-
ÛAfin demanda pourijuoi Us tîn^sioDo^iires
n'avaient pas fait lye^lre ce in^^iuoria! et la
rt'^ponse dans les gazettes pid>!iqiies, où il
avait vu celui d'Vn-Ki-Chan ; i\ui\ iTeu fallait
pas diivantage pour contenir les niflndarÎDS
iies provinces. Le catéchiste r(5[>ondit quon
avait bi .n voulu Ty faire ni' tire, oiais i|ue
le i^axelier Tavail fefiisiî, parce qutj ce nié-
iDorial n*avail pas été envtiyé par l'empereur
..eu tribimal des ministres trEtiit pour y être
enregistré 1 Sur quoi Ly-Ouei» c'est le nom
de ce isong-lou, lii venir un de ses secré-
taires et lui ordonna de prendre le mémorial
et la réponse de reinpeieur, et «le les faire
jyr*'-r 4, 3 ce soir-là même dans les gazettes
p s, aliu de les l'ain* passer tocessanH
niéin Ki,\m toutes les provinces de Tempire.
El renviiyaal le eatéehiste, jI lui recom-
fuanëa de*« ire au P. Pereyra qu'il deval se
tra qudfiser sur ce qui regaidail les chré-
tiens de son gouvernement et qu'on ne les
inquiéterait point sur leur religion. D'uu au-
tre c<>té, le P. Pirennin Ût inqtriiner, avec
tous les ornements liont on décore les ordres
de renipereiir, les trois mémoriaux qui lui
avait nt été oîr ris ei ses ré[)onses. Ils for-
oiaient un petit livre dont on tit tirer un
and Bomlire d'eïem[>lnireSt pour les ré-
indre partout autant quHl serait possible,
tre que ce n mtVie vuif Iroji lard pour
éveiur le mal, comme il était dénué des
rmaliiés do la justice tpi'on n'^^vait pu nb-
oir, n s'en f.Ulnt bien qu'il pût taire une
Mi inn seuiblable à celle (pie faisaient
'/s du tribunal des crimes, appuyés
upajavânl de r(iUiorité de rem[)ereur. t>n
ne fol pn<î» en elfet , longtenïps sans en
é suites qu'on afipi éhendait^ Les
1 ^^HÎs reçurent une lettre que le P:
1* rt^Turifi, franciscain, luisi^ionoaire de
là - i . ' tJan^:ré^ation, leur avait envoyée par
iiii eît>rés, où il ciposait le triste état ou il
trouvait dans ïa province de Chan-si, en
'tonséquence des cao-chi ou placards idîichés
•onlre la loi chrétienne, éondamnée par le
Ir^bunal des crinies. il mandait (ju'il s'était
ftiiré sur une montagne, dans un antre,
vec ses plus iidèles domestiques, et que,
jpalgié les précautions qu'il avait (nises j.onr
^CHoht^r le lieu de sa retraite, il s attendait
d" arrêté au prenner jour, chargé de
i . ♦ onduil au Ir.bunal des manda; ins,
et peul-L'trc à Pékin, dana les prisons du tri-
buntil àiiS crimes.
P«5U de Jours afirès, le W. P* Antoine de la
Mèrtt de Dieu, franciscain et >élé mission-
liiitFe, arriva au colléi^ts i\es Portugais, dé-
rnsé en pauvre, iiour uéire pas reconnu ;
y demeura caciié tout le temps qu'il y
f disant la messe do grand malin et ne
ut point de sa chambre le reste de la
ée* Il était venu de la province de
^luin-tong h Pékin, parce qu'en *uile des
■0S 4ii tribunal des crimes, tous les lieux
Sâ niission étaient remplis d aiïîches con-
tra k iûi chrétit>oiie } ses néoph/los eià
avaient été si fort effrayés, qu^ nul dVntre
eu?t n'osait le recevoir dans sa maison.
Quinze jours éiaienl à peine éco'j'és que le
H, P. Ferrayo , fra» ciscain et missionnaire
de la Sacrée Conti^régation, vint |>are llement
à Pékin de la province de Chau-long, la'i il
était, pour y chercher quelque prr4ection
auprès du mandarin qui luurmentait hs
chréûens de son iléparlemeiit. Le P. Pein-
beiro, supérieur de 1 Isglise orientale de»
Pères portugaJs, auquel il s'adressa parliooliè-
rement, se donna beaucoup de mouvement
puur lui procurer de fortes ricommaiidetiiuis
auprè.s des m^indarnis de sa province, avec
lesquelles il retourna dans sa mission ; et
1 on n*a jias su que le feu de la persécution
y ait été tout à fait éteint.
Le 16 août de la même année 1738, la fa-
mille d'un mandarin d'armes ^ toute chré-
tienne, arriva de la province de Cdian-si à
Pékin. La peisécution, excitée par Tordre
qu'on y avait reçu du tribunal, avait con-
traint ^'elte fami'lle de se retirer à Si-ngan-
foii, qui en esl la capitale. Le poste de ce
mandarin n'était f>oint dans celte r-apil.Hle, il
en était éloigné' de huit graniles journées ;
mais il y avait loué une maison pour loger
sa fannlle, aOn ou elle prit soin de son jièie
qui était très-î^ge et malade, et qu'elle lui
procurât la consolation de recevoir les sacre-
ments pour le disposer à la mort, qui n'était
pas éloignée. Lorsque Tordre du tribunal
des crimes arriva, on lit la recherche des
maisons où il y avait dos chrétiens. Le Tchi-
bien dans le déimrtement duquel était la
maison du mandarin chrétien, eut quelque
sonp(;on qu'un Euro|iéen s j était cacité; il
lit semblant d'ignorer qu'elle appartînt au
mandarin, et il y envoya des olliciers de
justice pour la visiter et enlever rKuroj)éen,
JVL Côocas , évèque de Lorime et vicaires
a}ioslolique de cette province, s'y était en
etfet relire. Aussi lot qu'on sut, dans la fa-
mtlle, que les olliciers venaient visiter leur
maison, ils tirent cacher le prélat dans la
chaïubre de deux sœurs du raand<rin chré-
tien. Lorsqu après avoir bien cherché dans
tous les ap artements^ ils s'approchèrent de
celte chambre, les deux sœurs en sortirent
comme pour ieur taisserla liberté d'y entrer;
mais n'osant Kt fairr, ils se contentèrent d y
jeter un coup d'œil du seuil de la porte et
se relirèrent.
Le Tchi-hien, non content d'avoir ordonné
celte visite, quoioue depuis la mort un jè e
du mandarin chrétien il n'y eiH plus dans la
maison que des femmes, leur fit Uire qu'elle^
eussent a renoncer h la relig on chrétienne
nu à se retirer d'un lieu qui était de sa ju-
ridiction. Kilos tirent réponse que le. r f»arti
était pris de retourner dans la province île
Putcbe-ly, qui éiait leur terre natale, et elles
SB letir* relit en ctfet h Pékin. tTest d'eUes
qu'où lient ces particularités, âuxjuelies
edes ajoutèrent que les chrétiens de la pro-
vince de Chen-st étaient dans le trouble et
la ronfusion.
Au mois d'octobre, Ly-ouoi, tsong-tou d^
la province do Pelehe-fy> vint à Pékia k
I
m
cnt
cm
m
roccasioû du jour où Ton célèbre la nais-
sance fÎG Fempercur, car ce n'est pm h Pékin
qu*il fait sa rési^lence ordinairp. Il fit dire
au P. Pcreyra do bien recommander aux
cbnMiens de la province de tenir une con-
duite si mesurée» qu'il n*eût aucun reproche
h leur fîiire; et rjue dix-sept dilLTcnts man-
darins lui avaient pn- sente contre eux des
accusations i|u'il avjtit supprimées. Dans la
province de Hou-rpiang, quoique le Isong-
tou» qui est de la lamilio impériale» soit
chrétien, quel nues mandarins ne laissèrent
pas d'aniclior I ordre du tribunal des crimes
dans les différents départements.
A Sianj^-yang'fou, qui est une des chré-
tientés, le tclii^iien apprit qu'à la montagne
Moupan-ciian il y avait un grand nombre d**
chrétiens qni en défrichaient les terres; il
fit [>rendre quelques-uns des chefs, se les ht
amener, en fit souflletor nn oti deux, et, les
etfrayant par les plus terribles menaces, il
leur présenta h ligner une déclaration par
laquelle ifs promettaient de ne plus entrer
dans la religion chrétienne. Un d'enfre eux»
qui se rnjyait habile» dit que par ces paroles
ou pouvait entendre qu'ils ne se feraient i»as
rebaptiser, et qu'eu ce sens ils pouvaient si-
gner la déclaration : ce qu*ils tirent» et ils
revinrent bien contents de s'être tirés si
adroitement des mains du mandarin, A leur
retour» le missionnaire les traita comme dei
apostats; et après leur avoir fait comprendre
quil n'était jamais permis de dissimuler ni
tl*user de ternies équivoques» et bien moins
quand il s*agit de la foi et dans un tribunal
de justice» il leur refusa rentrée de Téglise
et les sacrements. Les chrétiens reconnorenl
leur faute et la pleurèrent amèreinenl ; ils
deuiandèrent publiquement pardon è tous
les chrétiens du scandale qu'ils avaient
donné, et s'offrirent d'aller au tribunal ré-
tracter leur signature et faire une firofession
ouverte du christianisme. Au même temps
Norbert Tcb^o, mandarin de guerre el fer-
vent chrétien , vint trouver le tchi-hieo, et,
après lui avoir fait les plus grands reproches
de sa conduite, il lui aemanda l'écrit signé
des néophytes en lui disant : « Ne savez-
vous pas que je suis chrétien? mais ce que
vous ignorez peut-être, c'est que le tsong-
tou de celte (province et tous ses officiers
sont chrétiens comme moi. » Le tchi-hien
fut elTrayé à son tour» et, s'excusant sur
Tordre émané du tribunal des crimes» Û jïro-
mil bien de ne plus inquiéter les chrétiens.
(letL édif., U II, p. 37tl.)
L'empereur Kluan-lo*ig, comme son grand-
père et son père» était cnclianré d\'\voir les
missionnaires dans ses Etals. 11 protitait de
leurs services et de leurs coTiaissancesdans
toutes les sciences, dans tous les arts. Le
P. Gaubil, jésuite, était devenu Thomme de
Tempire le plus sava'it, uié.nedans rhi>loire,
dans les sciences chinoises. Le P. Benoist,
homme universel, savait tout, ou invenlait
tout pour satistaire les désirs, les caprices
de ce souverain. 11 lui ronslruisait des palais
à IVuropéenne, lui faisait des jardins avec
des jets d*eau, et des machines hydrauliques
qui rappelaient Versailles et Marly; il ensei-
gnait aux Chinois, avec une rare perfection,
la gravure sur cuivre» qu'il n*avait jamais
apprise. Le frère Casliglione et le frère Atti-
rel faisaient d'admirables peintures pour
rornement des palais impériaux . Cependant
rempereur avait le mauvais vouloir Ou la
faiblesse de tolérer des persécutions et quel-
quefois d'en faire. Ainsi, en 1746, il s'en al-
luma une que nous allons raconter-
Cest dans la province de Fou-kien aue
cette persécution a pris naissance ; ceitii
qu'on en dnit regarder comme le principal
auteur est le fou-yven ou vice-roi de celle
province. Les acciisations formées contre le
christianisme se réduisent à s»*pt chefs :
1" que la religion du Seigneur du ciel était
préchée par des Européens qui ne pouvaient
se trouver et demeurer dans Femiure que
contre, l 'S ordres de Femiiereur; 2* quoa
engageait le peuple à entrer dans celte reli-
gion par respéranced*un paradis et la crainte
d'ui enfer; 3" quoi choisissait, parmi les
chrétiens les phis attachés à leur religion et
h toutes ses pratiques, un certain nombre de
chiriois pour les mettre» en qualité de caté-
chistes, h la tète de cinquante chrétiens;
k° que les chrétiens n'honoraient ni leu'^
ancrtres, ni même Confucius, mais quHls
renda ent toutes sortes d'honneurs à uu
étranger nommé Jésus ; 5* que les mission*
naires avaient établi» ftarrni les chrétiens, 1«
coutume de venir leur dérlarer secrètement
toutes le. irs fautes et tous h-urs péchés, deux
fois Tannée ; 6" que les filles et les femmes ^
chréhennes affectaient de ne point porter
des habits de soie et de ne point orner leurs
tètes de Heurs cl de [derreries, et que parmi
les lilles il y en avait qui renonçaient pour
toujours au^iiariage; 7* que dans quelques
maisons des chrétiens, il y avait des miii9
do blés et autres retraites propres h teoir
cachés L*s Européens, et que ceux-ci ass^
blaient» dansde grandes salles bAties exp _
les chrétiens et les chrétiennes, leur don-
naient un certain pain k manger, un certain
vin il boire, et les oignaient d'huile Ce
sont» en substance, les accusations envoyées
au viee-rni ; elîes ont servi de matière àux
interrogatoires quon verra se réitérer si
souvent p}ur trouver des motifs h unk» s«*n-
lence de condamnation. On a aussi employé
Faccusalion de nmgie» tant de fois mise m
ceuvre, dans la Chine et ailleurs, contre 1rs
prédicateurs de la reâgion ehrétieniie*
[Len, édtf., U III, p. %)
Lo vice-roi envoya ce procès-Terbal kTof-
fieier F^in, à Fou-ngnu. Celui-ci tit partir irs
troupes ei trois bandes pour traquer el
pri-ndre les Européens. Les deux preiuièrw
prirent dans la ville unze clirétieunes, une
mariée, deux veuves et fiuil vierges vouées
h Dieu» plus cinq chrétiens parmi lesqueb
un apostat concutanaire. Lr» troisième bande,
allant au village de Mo-yang»pril deux chré-
tiens qui allaient avertir cinq missionnairei
cachés dans ce village» Pierre-Martyr SaDi,
évoque de Mauricaslre, les PP. Hoyo, Alcû-
ber» Serraoo et fiiaz, tous domixucaios. M
i.
CHl
jour, on conduisit à Fou-ngan les prison-
niers et ce qui apparlen^iit aux missionnai-
res. Le P. Akober, t|uo la torture empêchait
de marcher, fui pris et pnrti^. On mit en pri-
son six chrétiens* Huit femmes chrétiennes
furent placées dans ime chambre è part. Le
P. Âlcober fut lo,^é chez In gouverneur. Le
lendemain, le gouverneur ftt comparaître les
chrétiens et leschn'^tiennes- Tous ri'f usèrent
de dire où était l'évêquc. Mais ïapostat
concubinaire dit qu'il demeurait avec les
missionnaires chez la veuve Miao, Tune des
prisonnières. Cette femme el neuf autres
prisonnières furent cruellement tourmen-
tées. Rien ne put les faire parler. Une on-
zième, épouvantée de Tappareil dos tortures,
dit ce qu'elle savait, et qa on 1 avait fiiiie
chrétienne par importunité et nial^Té elle.
On la fil reporter en ctiaise chez elle, avec
plusieurs i<ièces d'étotfe tle soie pour récom-
pense. Cet interrogatoire dura jusqu'à la
nuit. L'officier Fan tounnenia si cruellement
les chrétiens, que le gouverneur lui en fit
des reproches. Mais lui, ûer de l'appui du
vice-roi, lui dit qu'il mollissait dans les de-
Yoirs de sa chiirge. La nuit, six chrétiennes
torturées refusèrent de parler ; une ser-
vante, cédant k la douleur, mena les soMats
au lieu où étaient les PP. Serrano et Diaz.
L'oificier leur demanda vainement où était
révèque. 11 lit donner îles suuftlets au P. Ser-
rano et la torture au P. Diaz. Deux intidèles
qu*on voulait forcer à dénoncer les Euro-
péens, furent rudefuent frappés el empri-
sonnés plusieurs jours. Le chrétien qui lo-
geait Tevéque kii dit : ^ Vous me compro-
mettez; mon voisin Ambroise Ko a été tor-
turé quatre fois, ses Liiens sont conOsqués,
il est en prison ainsi que les siens. — Mon
ami, dit révêque, somuie^-nous venu^ ici,
tout ce que nous sommes de missionnaires,
pour W4& intérêts ou pour les vôtres ? Si
nous sommes une occasion innocente des
maux qu'on vous fait soutlnr, ne .sommes-
nous pas prêts €^ les partager avec vous, ou
même à les prendre tous sur nous? Mais
vous allez être satisfait. » Il sortit et passa
la Duit dans un jardin, où les soldats passè-
rent deux fois sans le voir. Son hùte ayant
refusé, quoi qu'on fit, de le recevoir, il vint
oslensiblenient dans te village et fut empri-
sonné le 30 juin. Le P. Royo suivit son
exemple.
Tous les prisonniers comparurent. On dit
k Thérèse : « Qui vous a conseillé k viriji-
nité? — Moi-niérae, dit-elle. — Combien êtes-
vuus de femmes servant aux plaisirs des
Européens? — Cotte odieuse question, dit
Thérèse, prouve que vous ne les connaissez
pas. Nous détestons ces horreurs. » Fan fit
torturer Thérèse. Les auires dirent : « Nous
restons vierges par choix volontaire, a Teiem-
pie de Thérèse qui nous y a exhortées. —
C'est vrai, dit cette dernière ; moi seule dois
donc être punie, elles toutes renvoyées. »
Le gouverneur se tournant alors vers les
missionnaires* demanda au P. Alcober pour-
Îuoi il était venu à la Chine. « C'est, répon-
il le Père, pour prêcher la religion cin-é-
CQI 6tt
tienne. » Et là-dessus il expliqua les com-
mandements de Dieu. L'officier Fan lui fit»
au sujet des prisonnières, des questions que
la^ pudeur ne permet pas de rapporter. Le
Père lui dit rue des questions si dignes d'un
mîuistre de ha tan ne méritaient pas de ré-
rjonse. L'officier adressa ensuite la parole à
révêque et lui demanda depuis quel temps
il était dans l'empire. Le prélat lui répondit
qu'il y était entré sous le règne de Fempereur
Kang-Hi,|>ourfoire connaître la sainte loi et la
seule véritable religion. Il en explioua ensuite
les principaux points avec tant d éloquence
et d'onction qu'il toucha et attendrit les
assistants, el avec tant de /èle et de véhé-
mence qu à la tin la voix lui manqua* Le
P. Royo, interrogé à son tour, dit qu'il était
dans l'empire depuis trente ans pour prêcher
U mêuie religion. On no demaiida nen aux
PP. Serrano el Diaz. Le 10 juillet, tous les
missionnaires, cinq chrétiens et la généreuse
Thérèse partirent de l"*ou-ngan pour être
conduits a Fou-tcheou-Fou, capitale de la
province, distante de celte première ville de
vingt-sept lieues. Ils étaient chargés do
chaînes qui leur tenaient les mains et les
piuds étroitement serrés, et dans cet état ils
furent {)ortés sur des charrettes, suivis d'un
grand nombre de chrétiens qui enviaient
leur sort et qui les exhortaient h soutenir la
glaire do la saiute religion. D'autres chré-
tiens accoururent aussf de divers endroits
pour leur oifrir, à leur passage, des rafraî-
chissements. Les inlldèlès venaient en foule
do toutes parts, attii'és jiar la nouveauté du
spectacle. Les uns cljargeaient d'injures les
saints confesseurs de Jésus-Ctirisl, les appe-
lant magiciens, impudiques, scélérats, llls
du diable, et leur donnaient tous les aulres
noms que leur malice leur suggérait. Quel-
ques aulres se montraient compatissants et
reprenaient les pi'cmiers, « Il suilit de les
voir, disaient-ils, pour reconnaître leur in-
nocence ; des hommes coupables des crimes
qu'on impute à ceux-ci ne sauraient avoir
cet air respectable q«ie nous leur vovons. »
A leur arrivée dans la capitale, le vice-roi,
impatient de les examiner, les fit sur-le-
cham|j comparaître devant son tribunal en-
tre six et seftt heures du soir et les y retint
jusqu'à minuit, renouvelant à peu près les
mêmes questions qu'on leur avait laites à
Fou-ngan.
Entre autres interrogatoires qu'il leur fit
à tous, il demanda à l'évênue par Tordre
de qui il était venu dans la Chine et s'il en-
gageait les Chinois par argent à se faire
chrétiens. Le prélat répondit que le souve-
rain pontife l'avait envoyé pour prêcher la
religion chrétienne. « Pour ce qui est, ajou-
ta-t-il, fl'engager les Chinois à Tembrasser
))ar argent, je suis bien étoigué de le faire.
On m'envoie tous les ans d'Kurope ce qui
est nécessaire pour mon entretien et rien de
plus. Ma manière d'engager ceux qui veulent
m'écouter à se faire chrétiens, est de leur
montrer l'excellence de la religion que je
leur prêche* Je le fais simplement et sans
art ; je ne trompe personne, je ne baptise
qmt tmA ^ le «etiest fcrai ; il fuit mèaie
ffOL^ le éhBeodent irsitmaient. et c est ce
qae ne twireot «uiiq[«ier ^ dire ccrui qui
eoowaseoi mire reliçioo. La Chine ne
s oi>9Cfae i fai rejeter me parce qu'elle ae la
eoooait pas; nate Hle rMste «d Tain, il
fi»«i4ri tiîeo qq'eile r«f)cep(e oo joor. Ceax
qui rireot eontonxÈémeoi aux lois de celle
rriijzion Mioie jouiront, a^rès leur mort,
d*uoe félicité éternelle; et ceux qoi auront
f'^oié opiniâtréoient de s> soumettre, ne
peurent ériter de tomber dans on abîme de
ie«jx et de suppliées qui n^auront pas fiins
de ftn que les réeomf^enses des justes ; au
reste* les ranfpi honorables et les plus hautes
4ium\é% du monde ne peuvent mettre per-
•onrie h cmTert de cet enfer ; vous-même,
HKinseimeur, avee toute votre autorité et
l'éclat étt la place qui vous élève si fort au-
dessus de la pluiiart des autn^s bommes,
vous avez a appréhender l'eitréme malheur
dont tous sont menar;és, et rtms ne pouvez
Téviter ou'en reconnaissant la vérité et en
suivant la sainte religi'm. »
Ce discours, si di^ne du zèle d'un ap6tre,
ne tanla pas h être payé de vingt-cinq souf-
flets que le vice-roi ttt donner inhumaine-
ro<fnt au saint pr^Ut ; après quoi il ordonna
qu'on distribuât les trois tendes des confes-
seurs de Jésfis-Christ dans les prisons de la
ville, ce qu'on n'exécuta qu'avec peine dans
le n;8tH do la nuit. Deux jours aprr*s arrivè-
rent h Pou-ngan neuf autres chrétiens et
cinq chrétiennes, et, le 30 juill -t, tous ceux
qui étaient dans les fers comparurent en-
semble (ievant un tribunal composé de plu-
sieurs mandarins dont cliacun était gouver-
neur d'un bien, c'est-à-dire d'une ville de
troisième ordre ou d'une [lortion d'une plus
grande ville équivalente h une ville du troi-
sième ordre. On demanda aux prisonniers
pourrjuoi ils s'étaient attachés à la religion
chrétienne; ils dirent unanimement qu'ils
l'avaient embrassée et qu'ils voulaient a>n-
tinuer à la suivre, rwirce qu'ils la reconnais-
saient |Kiur véritable. Un seul déclara qu'il
y renonçait et protesta qu'il n'avait été jus-
que là cnrétten que pour obéir à ses parents,
qui, étant eux-mêmes de cette reli ;ion, l'y
avaient fait entrer et l'y avaient élevé. Ce
discours déplut à l'un des juges : il reprit
aigrement cet apostat et lui dfit qu'il mon-
trait un bien mauvais cœur de vouloir aban-
donner les exemples et les enseignements
de ses parents. Les juges marquèrent en-
suite h plus d'une reprise leur compassion
Kur les chrétiennes^ en voyant leurs mains
rriblement meurtries par les tortures. Us
•dressèrent surtout la parole à la plus jeune,
qui y avait été appliquée deux fois. « Qui
TOUS à si cruellement maltraitée ? lui de-
wandèrent-ils. —C'est par ordre de l'officier
Fan, répondit-elle» que nous avons toutes
souffert la question. — Pourquoi, lui dirent
les Juges, ne i)ortes-vous sur la tète aucune
piHire, tomme fleurs, pierreries et peries ?
♦*- Tout cela n'est que vanité^ répliqua-t-elle;
notre sainte religion nous apprend à mépri-
•er la gloire pas<sgèis eties fttti plaHirs é%
cette rie ; tost cela n'est rmi en oooipanh
son du paradis q«e nous touIoos Biénier. a
L'ofBcîer. dais les iistractîons qu'il araït
données, avait ac:*usé les missioiijaiires 41»
pudîdté et d*. raasie. L'uniq-ie foodeoMat
d'une calomnie si' atroce écaienl quelques
remèdes trouvés panai leurs effets, et, en
Prtirulier, une caisse d'ossements que le
Aleober avait mise en dépdt chez un due-
tien. L*oiBcier prétendait, en premier lies,
!pe les missionnaires tuaiect de |«iils tir
ants et tiraient de leurs tèies des fiJtrirs yf>»
près è laire consentir 4e seie aax pins ibfli-
mes passions; e& se<t)nd lieu, q«e l'usage
des remèies eurofiéens était d'en efla:4c:jer
les suites. Les missionnaires, interrogés sur
ces deux accusati<ju§. r^mnitirenl au*eiles
étaient toutes deux fausses et que, de piss,
la preaiière était absurde. « Mais. Âreat le&
juges, qu'est-ce donc que cette caisse dressa-
ments ? qu'en faites-Tous, si tous ne foes
en servez pas i^Kmr exercer quelque art au-
gique? — Ce sont, répondirent les oaissioî»-
naires, les précieux restes d'iu «le nos pré-
décesseurs, d'une Tertu extraordinaire, K
quel , sous la dynastie précédente, fut tué
par une bande de Toleurs. Nous aurions
souhaité pouvoir les envoyer en Europe,
dans le rojaume qui est sa' patrie et la d6-
tre; mais nous n*en avons pas eneore trouvé
l'occasion favorable depuis qu'ils nous ont
été remis entre les mains par les chrétiees
3ui les avaient recueillis. » Kn conséquence
e cette déposition, les iuges voulu^'nt faire
la visite de la caisse, lis se transportèreot
b.irs de la ville, où elle était gardée par des
s^ildats; et ayant |»ris avec eux des ex|*erts
dont la profession est, à la Chine, d'exami-
ner les cadavres, on trouva les ossements
presque en poussière. L*oiiicier Fan, qai
était présent, s'en prévalait, comme si c*eût
été un indice que c'étaient des ossements
de petits enfants. Les experts, au contraire,
disaient qu'à les voir on ne pouvait juger
autre chose, sinon qu'ils étaient d'une per-
sonne morte au moins depuis un siècle. Les
juges ne savaient que décider, lorsqu'à force
d'examiner on tmùva un article de vertèbre
assez entier pour être mesuré, la liauteur
étaii de cinq lignes et demie du |pieA chinois,
d'où il résultait que les cssèBwats étaient
d'une grande personne. (Le pied chinois se
divise en 10 pouces seulement, et le peuoe
en 10 lignes.) Le fnit était évident : Et eemme
l'oiBcier Fan s'obstinait encore à sout nir
que c'étJBiient des ossements d'enfants, les
juges lui en lirent des reproches amers et
l'accusèrent de mauvaise foi et d'ignoraïKCS.
« Tenons-nous-en, ajoutèrent-ils, aux livres
des tribunaux qui marquent la mesure des
ossements du corps humain et qui prescri-
vent la manière uont nous devons procéder
dans ces sortes de vérifications » eutremeot
nous allons contre les lois, et nous nous mi-
dons coupables d'un crime que le ciel pu-
nira dans nos desoendants ; ftitee votre rap-
port à votre g^é, c'est votre affaire; pov
«ous^ dussions-nous perdre notre charse,
BO«s Toulotis juger Mon Téfuité. # lit dé-
t»
c«t
I fïlarèrtnt etistîîte qu'il était temps de dfessêf
I l'acte de TériOcation et de ref«rïiu'r la caisse,
mais que tliacun dpvail y apposer soa seeau,
iilin de pré?enir toute fausse imputation.
lAiflider ^irotesta f|u'il n*en ferait rien et
quH ne signerait pas le procès-yerbal. Ce-
Fehdant les jui^os le forcèrent enfut à faire
un et Taotre, et ils apportèrent Tade au
Juge crimine! de la province, qui ap|)rouvA
et leur procédé et la sentence dans !a-
quelie ils déclaraient les missionnaires in
' tïoceots.
De son côté, Toffider Fan alla accuser \ç^
&$, auprès du vice-roi, de sYMre laissi^s
ampre par arg**nl. Il lui dit que des chré-
liVns étaient venus de Fon-ngnn avec des
[sommes considérables, qu'ils avnient répan-
dues oibond mmeot dans les tribunaux, et
que !es snMnis» les greOicrs, et génér.^-
lOFî.' les otlicinrs étaicid gagnés. Sur
ccli' iiion^ quoique dt'stiluée de preu-
ves, le vice-roi cassa totitt^s les procédurt^s;
W appela d'autres gouverneurs ?i la place di*s
►!|f»remiers, et il fil venir des villes rnisines
[«'autres chrétiens, et en parti cul cr, la chré-
[♦ienine q»ie Tofticter Fan avait récomii^nsée
))o«r avoir apostasii^, et pour avoir tnd que
es demeures des missionnaires. Cette cbré-
Itenne se refientait déjà de son apostasie ;
jçlle la rétracta alors, et elle accusa Tofticier
liJe fa lui avoir cou ^li liée auparavant» en se-
ret, et de I y avoir déterminée par ses arli-
[ice-^. Le vice-roi fit encon* emprisoiner des
jjenttls, arrivés depuis peu de Fou-ng.in, et
aubergiste qui les logeait. JI fit en même
^teoip-* arrêter des marehands tmi poitaierjt
1 ^ ans, de Canton dans le rou-Kien, la
j M iK)ur les missinnndres; et des ciné-
turiu qui étaîent venus de Fou-njj;an, i»our
secoanr les prisonniers, et qui furent con-
vaincus d'avoir donné de rargêut auï jold/its,
_^our procurer tprelfpies soulai^emenls aux
feonfessenTS de la foi. Les soldats même
furent cassés de leurs cluirges et condamnés
\ i>orter deuî mois la ean^ue; enfin, tout
illa au gré de l'ofticier Fan. Les chrétiens et
rtuéme les gentils forent maltra tés selon son
fMpnce, 11 mil les ms h la i^ngue. et con-
idauina les autres h la bastonnade ou h être
rrecondalls chez eux char^çés de chaînes. Il
rlDrdonna h sii chrétiens d^dorer une idole,
pt cinq d*entre eux, ayant refnsé conslatn-
^ent Ue le faire, reçurent, par sa^i ordre, cha-
lu qu-^rante coups de b?Uon; le sixième eut
làchfîté impie de lui obéir*
Aussitôt que les nouveaux juges furent
arrivés, ifs commencèrent de nouveaux in-
-, ci ils les réitérèrent h l'intini,
' , lance de trouver quelque preuve
de rébellion, d*impudi<'ité ou de rnag.o. On
«pptiqua le P, Itiaz, et eosoite Thérèse h la
torture* sans en pouvoir tirer aucun aveu
qui donnât lieu à une sentence de conrl.im-
liation. On voyait tous les jours lt.*5 mission-
naires revenir de raudieiico h la prison, le
Yisagû enllé et meurtri de soufflets. Le
t, SerraiiO en eut la peau des joues enlevée,
^t le visa;;c tout ensauc^lanlt''. M. L'évèque
ifeTl a reçu en tout quatre-Yingt-<|uinzef sans
m
qu'on ail eu le moindre ménagement pour
son grand Age. Outre les soufllets» les P. Aï-
eoberl et Royo ont souffert une fois la bas-
tonnade; le **. Diaz la soutTerte deux fois« 0t
deux fois la torture aux pieds.
CofHmdant le vice* roi pressait les jugen
de porter un ari^ét de condamnation, et il
commençait à appeler leurs délais des len-
teurs alfectéesî les juges étaient au déses-
poir do ne pas trouver matière à une sen-
tence qui Y\ûi être de son çoûl; enlin ils se
déterminèrent à recommencer les procédu-
res, <pii, pour cette fois, aboutirent à con-
damner les missionnaires et quelques ch re-
tiens h Texil, et les autres ciirétiens et chré-
tiennes à de moindres f*cines. LNmoan as
decesj'iges n'«'tail pas d'à cordtT la droi-
ture nalnr«3lle avec la cordairmalion uu'on
exigeait d'eux ; ils étaient tou.s résolu: Je sa-
crilier la justice h la faveur du vice-roi ou
di» moins à la crainte de snn resseiiiimeid ;
mais il fdlait j^çarder une forme dans le ju-
uomenl, et faire parler b^s Um dans unu hon*-
ïence *.ù ils porlaieni la suvéïité juij^u au
dernier su}>pl ce; c>5t le parti qu'ils (>rireut.
La sentence fut dressée et envo éeaii vice-
roi qui \i lit passer à rempercur.
Dans le feaif»s que Ton |*ortait dans le
Fnu-Kien celt*; sentence eon re ces généreux
contesseursde la foi, lemî »ereur eovoyi«it des
ordres secrets à tous les Isong-tou ou gou-
verneurs de deux provinces, et au fou-yven
ou vice-roi d*unc firovince, de fai e toutes
tes diligences nécessaires j»our dùcouvr r
s'ils avaient dans leurs districl-î des Euro*
péens ou autres personnes qui ^ usei;^oas*
seot une religion appelée Tim-Irhu-Kiao^
c*est-à-dire rcii^fion du Seigneur du ciel ; et
dn dégrader tous les mandarins subalternes
qui se iiionïreraienl né^Ii^ents à f^ire par
eiix-mémés les visites en venai»les , pour
parvenir à abolir une religioi traitée de
$fcte perverse, Kn conséquence, tout a été
mis en mouvement dans les quinze f provin-
ces. Le^ ordres de l'empereur ont été plus ou
moins Hdèlemeni exécutés, selon que les
IsnnçÇ-lou et fou-yven les ont dilféremment
int^^rprét ''S h leurs inférieurs. Bans plusieurs
endroits, on a emprisonné et condamné à la
torture ri h la bristonnade; dans d autres, on
a pillé les maisons des cbréliens, et ruiné
leurs familles; la fureur des idolâtres a
éclaté sur tout ce qui arparten.iit h It reli-
gion; saintes images, croix, chapelets, orne*
ments d'église, reliquaires, médailles, tout
a été la proie des Uammes, rien n'a é<?iiappé
à leur vigilance sacrilégt^ Les livres chinois
qui traitent de notre sainte religion, et qui
jusque présent avaient été épargnés, ont été
pareillement condamnés au feu, La plupart
dos égiises ont été détruites de fond en
comble. Combien en a-t-il coûté aux zélés
adorateurs du vrai Dieu, de se voir arracher
par violence les marques de leur tendre
piété 1 Ils les ont cachées ou défendues, au-
tant qu'il leur a été possible; mais U persé-
cution les a missi presqiie partout attaqués
dans leurs personnes. Parmi ceux qui ont
été iralués Uev^cit les tribunaux , li d'en
m
CHI
Cffl
i3i
est trouvé dans toutes les cnrétientés qui se
sont montrés fermes et inébranlables dans
leur foi ; souvent môme, ceux qui Taraient
embrassée récemment, Tout honorée parleur
constance à la professer au milieu des tour*
ments. La ferveur en a porté quelques-uns
à se présenter d'eui-mômes aux mandarins,
pour avoir occasion de souffrir pour la foi.
C'est ce que firent en particulier deux
chrétiens de la province de Chan-Tong qu'on
n'avait point recherchés. Us allèrent trouver
leurs mandarins, l'un tenant un crucifix, et
l'autre une image à la main : « A ces mar-
ques, lui dirent-ils, reconnaissez que nous
sommes de la même religion que ceux à qui
vous faites souffrir les questions, les bas-
tonnades et les prisons; autant coupables
qu'oux, nous méritons comme eux tous ces
châtiments. » 11 faut savoir jusqu'où va le
respect du peuple pour ses mandarins, ou
f)lutôt la crainte qu'il eu a, pour comprendre
tout rhéroïsme de cotte démarche. Le man-
darin se porta à un tel excès de colère qu'il
arracha lui-même le crucifix des mains du
chrétien qui le portait, et lui en donna des
soufflets. 11 faut néanmoins convenir que
tous les chrétiens de la Chine n'ont pas, à
beaucoup près, montré le même attache-
ment et le même zèle pour la religion sainte
au'ils professaient. C*est avec une extrême
ouieur que nous avons appris gue plu-
sii»urs, dans divers endroits, lavaient hon-
teusement désavouée et lâchement aban-
vionnée; il y a même des chrétientés où le
plus g. and nombre a signé des actes d'aposta-
sie, drossés par les mandarins des lieux. Les
missionnaires nous écrivent , Famertume
dans Tihue vi les larmes aux yeux, la défec-
lio»i d'une grande partie de leur troupeau, et
vvWv. Ultime de plusieurs chrétiens distingués,
sur la piété et la ferveur desquels ils avaient
lo plus compté. La plu|)art dVntre eux ont
eu peine à trouver un asile pour se dérober
aux rorherehes; plusieurs missionnaires,
rebutés partout, ont pris le parti de se ca-
cher dans des barques, et de courir les lacs
et les rivières ; d'autres se sont exposés à
faire le voyage de Macao. Du nombre de
ceux qui ont osé tenter cette dernière voie,
pour se soustraire aux plus vives recherches,
a été le P. Baborier, jésuite français. J'ai vu
arriver ici ce vieillard septuagénaire. La
Pnividence avait favorisé son voyage qui fut
de près de dOO lieues: mais elle permit qu'en
arrivant à Alacao la nuit, afln d'échapper aux
corps-de-garde chinois, il brisât contre un
rocher la petite barque qui le portait; il
griiufia comme il put, dans les ténèbres, sur
une pet te montagne escarpée, et nous en-
voya au [>oint du jour son batelier, en grand
secret, pour demander des habits européens.
Ce vénérable missionnaire, qui pendant une
longue suite d'années, s'est épuisé de fati-
gues, ne Dense et ne demande qu'à rentrer
dans la Chine afin d'aller mourir, suivant
son expression, les armes à la main. Peu de
jours après son arrivée est aussi venu
M. de Martillat, évêque d'Ecrinée et vicaire
apostolique» Français de nation. Quand la
Serséciition ne l'aurait pas obligé de sortir
e sa mission, sa santé dangereusement al-
térée ne lui aurait pas permis d'y demeurer.
Ce digne prélat, peu avant le commencement
de la persécution générale, avait été décou*
vert, cité devant un tribunal, et rudemmt
frappé pour avoir confessé Jésus-Christ. Sa
retraite fut bientôt suivie de celle de M. de
Verthamon, qui s'étanl vu abandonné de tous
ses chrétiens qu'il cultivait depuis un an seu-
lement, fut sur le point d'être surpris par
les soldats chinois. Il n'échappa que par des
traits visibles de la Providence qui lui four-
nit des guides dans des lieux et dans des
temps où il n'avait nulle espérance d*ea
trouver. Après lui sont arrivés presque en
même temps deux révérends pères doniinî-
cains, tous deux Italiens, l'un appelé Tch^
foui et l'autre Matsioni. Ce dernier s'était ré^
fugié dans la maison qui servait d'asile aa
P. Beuth, iésuite frangais; mais un accident
imprévu 1 oblieea bientôt d'en sortir, et en-
suite de venir a Macao.
Ces deux missionnaires s'entretenaient un
soir sur l'état de la mission, lorsqu'ils en-
tendirent dans la rue des cris horribles k
l'occasion du feu qui avait pris à une mai-
son voisine. En pareil cas, la maison où ils
étaient ne pouvait manauer d'être bientêt
visitée. Ils sentirent le aanger, et se retirè-
rent au plus tôt dans la maison d*un chrétien
f)lus éloiijnée de l'incendie. Ils prirent aussi
e parti d emporter avec eux les vases saerii
et ce qu'ils purent des ornements de leurs
chapelles. A la faveur des ténèbres, ils y ar-
rivèrent heureusement sans être vus de per-
sonne ; mais quand ils voulurent retourner,
après que Tincendie fut éteint, ils rencon-
trèrent un mandarin qui, à la lueur d'un
flambeau, les reconnut pour étrangers. Il ne
lui fut pas diliicilc de faire arrêter le P. Beuth,
affaibli qu'il était par une maladie de plu-
sieurs mois ; mais le P. dominicain pnt la
fuite, de sorte que les soldats ne purent ja-
mais latteiudre. Après avoir couru plusieurs
rues, comme il n'entendit plus personne
qui le poursuivît, il s'arrêta, et ne sachant
où se retirer, ni comment sortir de la ville
avant le jour, il se mit dans un coin pour y
prendre quelque r^pos. Ce repos fut bientôt
troublé : une bande de soldats aperçut le
Père, et vint le considérer de près, lin des
soldats s'imagina que le chapelet était une
maraue qu'il était d'une secte appelée Pe-
lien-kiao (secte la plus séditieuse qu'il y ait
à la Chine). « Non, répondit un autre, il doit
être chrétien. J'ai vu à des chrétiens quel-
que chose de semblable. — Il faut, dit un
troisième, qu'il soit tourmenté d'une vio-
lente colique, nous devrions lo mettre chez
un chrétien qui demeure tout près d'ici. »
Cet avis fut suivi. Les soldats n'ayant rien
su sans doute de l'emprisonnement du
P. Beutii, eurent la charité de porter le P. do-
minicain chez le chrétien, en lui disant:
« Tiens, voilà un homme de ta religion oui
souffre, prends soin de le soulagerl » Le
mandarin qui avait arrêté le P. Beuth eut
aussi beaucoup d'égards pour lui. GonuM
ignoré que c*était un misfîoBîîaîre,
l Peut pris pour un marchanil étmn-
se contenta de le faire conduire à Ma*
if un tvhaigin ou valet du tribunal,
mr certifier ([ue le Père s j était rendu,
rap|>orler à son retour une réponse
ndarin le plus voisin de Macao. Par
irce iiian<larin eslceluideHyang-Chan
si rien moins qye favorable au cliris-
10. Il tu cr»n3parâitre le Père devant
ïooal, après lavoir bissé plusieurs
eiposé aux insultes de la popu'aco
hargeatl d'injures, et lui reprochait de
honorer ses parents, d*arraeher les
m mourants, de tuer les petits en-
mr en faire servir la tète à des sorti-
]uelques-uns lui arrachaient les clie-
îl la barbe» et lui faisaient souïfrir
sorlos d'indignités,
I le mandarin vient s'asseoir sur son
fl, ordunim de tenir [irôls les instru-
de la question» les lit étaler avee les
Jeslinés aux eliâtinienCs publics; après
Lemi)loya un temps considérable à
mies sortes dlnjures et de blasphé-
'esl la coutume à la Chine, que les
iDs lâchent d étourdir les accusés par
lleries et des reproches, ordonnant
aui soldats de taire des huées, ou
lieux dire, de hurler à leurs oreilles,
lent se concilier, par ce moyen, de
Lé et faire craindre leurs jugements*
bien vrai, dit le mandarin, que tu te
les de n'être (jas cnnnu? Tu es un
m venu ici pour prècfier la religion
me. — Cela est vrai , ré} tondit le
h, — Or, dis-moi, poursuivit lu man-
qu'est-ce que le Dieu que tu veux
orer? — C'est, ré] ondit lePèic,celm
T(\é le ciel et la terre» — Oh I le nial-
î, retint le mandarin, est-ce que le
a terre ont été créés?Qu*on lui donne
tlilets, » Après qu'on eut eiécuté cet
njusle et cruel, le niatidarin prit un
et en forma les deux caractères Chi-
li eï(>riment le saint nom de Jésus ;
les lit présenter au P, Beutir en lui
ant ce que c'était. Le Père répondit
tait lo nom de la seconde [lersonne
lainte ïrindé qui s*esi faite homme
3lre salul* ^ Autres dix soulïlets, s*é-
mandarin, » et il procura ainsi à ce
nissionnaire la gloire de soulfrir di-
mi et d'une manière toute s|)écialô
saint nom de Jésus. Après d autres
,es et d'autres réponses, le mandarin
encore décharger dix soulïlets sur le
jui en fut horriblement entlé. La peau
3vée en plusieurs ensiroils et le sang
us de quinze jours exlravasé et coa-
nsi que j'en ai été témoin,
landarin prit ensuite le parti de Ten-
saus dillérer à Macao, eu lui disant
i faisait grâce de la question et de la
latie- H comprit sans doute que ce
ua^re étant très-malade, il ne pouvait
»r d'expirer dans les torlnres ou sous
(is. Et eu etlet, la manière barbare
ut frappé, joiulo à une phtiiisie cousi-
dérableraent augmentée par les fatigues d*un
Yoyaj^e de deux cent cinquante lieues, avait
réduit le P. Beuth aux derniers abois, quand
nous le vîmes arriver ici au commencement
du carême. Cependant, à force de soins,
nous avons conservé encore près de deux
mois ce respectable confesseur de la foi; il
exciterait nos rej^rels [^ar ses vertus, par
Sun zèle et par la supériorité de son génie,
si nous ne le re^^^ardions comme un des
protecteurs de notre maison dans le séjour
des bienheureux. Avec quelle patience ne
souffrit-il pas sa maladie, sans vouloir jamais
entendre parler de faire aucun vœu pour sa
guérison I Avec quel goût ne faisait-t-il pas
hre, plusieurs fois par jour, le livre des souf-
frances do Jésus-Cnrist, et ceux qui traitent
de la préparation à la mort 1 Avec quelle foi
vive reçut-il les derniers sacrements après
avoir renouvelé ses vœux» sa consécration
au service de la sainte Vierge et sa soumis-
sion de cœur et d^esprit aux derniers décrets
sur k'S rites et cérémonies cliinoisesl Avec
quelle tranquillité et quelle joie vit-il venir
Sun dernier moment, répondant avec une
pleine connaissance h toutes les prières de
la recommandation de rame L*. La seule
peine quHl éprouva fut de rélléchir qu*il
n'en ressentait aucune. « N'ya-t-il pas de
rillusioii ? me disait-il : je suis si près de la
mort et ic ne sens aucune frayeur- « Il s'ef-
forçait de remplir chaque moment par les
actes des vertus les plus parfaites et surtout
du plus pur amrjur. Enliti, un peu avant cinq
heures du malin, il rendit doucement son
âme à Dieu, le VJ avril ilM,
Un autre miss.oniiaire que nous avons vu
arriver dans cette ville est le B. P. Abormio,
de Tordre de Baint-François et Italit^n de
nation. Après avoir été traîné de prison en
prison, pendant l'espace de on^e mois, ii a
été conduit ici et remis cnire les mains du
procureur do îa ville, avec charge d'en ré-
pondre. Ce zélé missionnaire avait été ar-
rêté le dimanche de PAquos de lT4l>, dans la
province de Chan-^i. Les soldats le inaitrai-
tèrent de soutilets , pillèrent ses meubles et
frappèrent si rudement son domestique ,
quil en mourut en peu de jours. Cependant
les tribunaux voulurent prendre une con-
naissance plus anq^le du procès, et ils ordon-
nèrent de lairc comparaître le prisonnier. Le
mandarin, obligé alors de ïe leur envoyer, le
suivit môme de près pour lui demander en
gnke avant raudience, de ne lui susciter au-
cune mauvaise atî'airej avec promesse que
tous ses eiicts lui seraient rendus ; que do
plus il lui serait favorable et qnW solliciterait
ibrtement sa délivrance. Le F. Abormio,
sans coriipter brautoup sur ces promesses
intéressées, se laissa gagner et ne voulur pas
tirer du mandarin une vent;eance qu*ii ne
jugeait pas devoir être utile à la religion.
Mais le mandarin était bif*n éloigné de tenir
parole. Bésulu de se mettre, à quelque prix
que ce fût, à couvert des accusations qu'il
craignait, il forma le cruel dessein de taire
mourir secrètement le Père dans la prison.
Ses ordres auraient été exécutési sans unsei-
k.
en
oc
gneur cMdâumé à une prison perpétuelle,
et qui afâit trouvé auprès du digne mission-
nairï laveata^e incomparable de connaître
la véritable relijÇion. Instruit iJe Tordre se-
cret du mandarin, il lui lit déclarer que si le
Père mourait dans la prison, il en écrirait
à un de ses parents, puissant en cour. Le
mandarin, outré de se voir découvert, ne
trouva plus d'autres moyens de cacher aux
tribunaux tout ce qu'il avait fait et ce qu*il
venait d'entreprendre, que de resserrer si
fort les prisonniers qu'ils ne pussent avoir
au dehors aucune communication. 11 titdonc
bâtir un nouveau mur devant la porte do la
(»ri$on, et ût attacher les prisonniers par des
chaines aux deux murailles opposées d'un
cachot assez étroit, en sorte gu ils ne pou-
vaient ni se tenir debout, ni s'asseoir, ni
même se remuer. L'unique adoucissement
qu'on leur accorda fut de les détacher quel-
ques heures chaque jour. Une si grande ri-
gueur dura un mois et demi ; et pendant ce
temps, les prisonniers, que le P. Abormio
av4it convertis et bai)tisés au nombre de
cinq, ne cessèrent de lîénir Dieu et de chan-
ter s«*s iouanaes. Ils souhaitaient lous de
mourir au milieu des souffrances, dont ils
avaient appris à profiter, pour mériter des
récompenses éternelles.
Malgré toutes los précautions qu'on avait
(irises pour empôchor les approches de la
I>risoni quelques chrétiens sautèrent les mu-
rnilles des cours, et jetèrent |)ar uneptite
fenêtre du pain au missionnaire. Us lurent
pris et sévèrement chAtiés par ordre du man-
(larin, (|ui ne pouvait assez s'étonner d'une
alIVrtion si extraordinaire pour un étranger.
Knlin, il fut décidé par lus mandarins supé-
riiHirs, (|ue lu missi(mnaire seniit n^nvoyé à
Macan anus la garde dn deux soldats. Dans
lu cheiuiiiv il u*^ manuua aucun jour de
p^^^ller; et comme il imitait bien le chinois,
jdusieurs luan inrins voulurent rentendre et
rinvitèrent h leur table. Il passa plus d'une
fois la plus grande partie de la nuit à dis-
puter contre des lettrés gentils ou h parler
au peuple. Quelques-uns lui proinircnt
d'examiner la religion chrétienne. Le seul
mandarin dont il fut maltraité sur sa route
fut celui de Hyang-Chan. Cet ennemi de
notre sainte religion, pour signaler sa haine
contre elle dans la (lersonne de ce Père,
comme il l'avait fait peu auparavant dans
celle du P. Beuth, lui tit donner trente-deux
muffl^ts et le fit appliquer deux fois à la
torture.
Voici une partie de l'entretien Qu'ils eu-
rent pendant Taudience. Le mandarin lui
dit : € Es-tu Chinois ou Européen? Le Père
répondit : Je suis Européen. — Cela est
faux, dit le mandarin, tu es Chinois comme
moi ; j'ai connu ta mère dans le Hou-Kouang,
je l'ai déshonorée ; qu'on donne dix souf-
flets à ce menteur, pour avoir méconnu sa
patrie ?B Après les soufflets, le mandarin
teprii la parole : « Dis-moi : quelle est ta re-
ligion?» Le Père répondit : «J'adore le
^igneur du ciel. » Le mandarin lui dit :
« fidtHM fa'il y a ua seigneur du ciel ? ii A'y
eu a point. Tu ne sais ee que tu dk aTec ton
seigneur du ciel. » Le Père répliqua : « Dans
une maison, n'y a-t-il pas un chef de ia-
mille ; dans un empire, an empereur ; dans
un tribunal un mandarin qui préside? De
même le ciel a son seigneur, qui est en
même temps le maître de toutes choses. >
Sur ces réponses, le mandarin fit frapper et
mettre deux fois à la question ce aénéreux
confesseur de la foi, qui en fut malade plu*
sieurs semaines.
Le P. de Neuvialle, jésuite français, Tint
aussi à Macao. 11 est vrai que la persécution
ne fut pas la principale cause de sa retraite;
ce zélé missionnaire* après avoir contreelé
des maladies habituelles et ruiné sa santé l
former la chrétienté du Hou-Kouang, gui
est aujourd'hui une des plus ferventes et ses
plus nombreuses, se trouva horsd*élatde
continuer ses travaux apostoliques ; et d*ail^
leurs, il se vit ob igé de venir prendre soia
des affaires de notre mission, en qualité ée
supérieur général, dans ces temps fâcbeax
où elle était tout ensemble afUigée et des
ravages de la persécution et de la pert6
au'elle venait de faire, dans la même année,
e plusieurs de ses mei< leurs sujets; car
dans un si court espace de temp<e, la mort
lui enleva le P. Hervien, supérieur géné-
ral ; le P. Chalier son successeur, qui ne lui
survécut que peu de mois; le P. Beuthtdent
nous avons déjà parlé, et le jeune Père de
Saint-André, qui se disposait par les étudfis
de théolo^e, k travailler bientôt au salut des
âmes. Nous ne savons pas si bien ce qui
regarde les missionuaires qui jusquid
demeurèrent cachés dans les province!^, à
peu près au même nombre que ceux qui es
sortirent; cest que, n'ayant pas la com-
modité des courriers, ils ne pouvaient écrire
qne par des exprès * qu'ils envoyaient k
grands frais dans les cas importants. Le P.
Lefèvrc, jésuite français, nous envoya le
P. Chin, jésuite chinois et compagnon de
ses travaux, pour nous apprendre sa situa-
tion présente. On remua ciel et terre pour le
découvrir. Les mandarins avaient appris
quil (Hait dans une maison, oit il tBisêiiSà
plus ordinaire résidence. Trois aandarins,
avec plus de soixante de leurs garées et sol-
dats, allèrent à cette maison, l'investirent et
y pénétrèrent ; le Père n'y était plus depuii
trois jours. Sans avoir encore aucune nou-
velle de la persécution, il était paiti pour
Sasser de la province de Keang-Si à cette de
jang-Nan. On saisit, on pilla tout ce qui s'y
ti ouvait ; on confisqua la maison, cpii ensuite
fut détruite ; on arrêta un grand nomtm de
chrétiens, voisins de cette maison; on les
mena en prison chargés de chaînes; ils fe-
ront frappés à coups de bâton par la maîB
des l)ourreaux ; on leur donna la auestioo
et on les chargea de toutes sortes u'oppro-
bres. Alors un des chrétiens de ce d^rict
courut après le P. Lefèvre^ l'atteignit au
bout de trois journées de chemin, et hû ap-
prit l'édit de l'empereur, qui ordonnait de
rechercher les (prédicateurs de la religion
<;hi*étieune et les cruautés q[U*OB venait
«57 IStft
d'exercer- «Changez de routo, !iiî dît-îL mon
P^re, retoarnex sur vos pas, voos n'avez
He*\ de mieux à faire qiitvde venir preniire
une relniile dans ma maison, On y viendra
faire des ret;her4'hes, nuiis où est-ce qu'on
n'en fera pas? Jo ne crains que pour vous
et je mVitpose tolonlit>r«î h tous les danger^;
iVspèr© môme, qu'ayant un emploi dans le
IribunaK je t^ourraî moJérer ces visites jus-
'ïu'au uoint de vous conserver pour le bien
le la cnrélieilt^. » Co î^(^nëreux chrétien ne
rouva pas peu r '^*s dans ses parents
ini refusaient df ir le missionmaîre ;
lais il Taintiuit leurs résistances et plaga 1^3
Lefèvre dans un pelH riHloil, où peu Je
jjersannes de la maison le savaient. Pour lui
donner un peu de jour, il lîdlut faire unci
ouverlarc au toit, en tirant qti;^lques tuiles
qui se remettaient dans les temps de pluie.
On ne h visitait et on ne lui porlait à man-
çer que vers les neuf heures un soir. îl écrit
^î-riiôme qu'il entendit plus d'une fois des
" is conseiller à celte famille de ne ïe
evoir^ su|iposé qu'il vtnt demander
M\ asile* On vint visiter la maison (*ar or-
fre du mandarin du lieu; mais comme le
|hrétien qui le tenait caché avait une cs|)èce
''autorité sur les gens du t-ibunaî, et qull
enait uo des premiers rangs parmi eux, la
jsite se fil légèrement. Cependant le P. Le-
hTC passa sept ou ïniit mois dans celte es-
êce ao prison* Il écrit que cela ne Finquié*
lit nullement et que c'était raffaire de la
évidence*
Nous reçûmes par la province de Hou-
Louang des nouvelles de la montagne de
lou-Pouanchan. Celte monlai^ne était cé-
bbreparune ch.étienté des plus fiorissatiles
lue nous y avions fornir'C depuis plusieurs
innées, et oi^ les lidèles, dans réloignemeiU
\pu commerce des gentils, étaient une véri-
hhle image de la primitive église. Lo P. de
leuviaUe a eu soin de ces nioiUagnes pen-
lant sit ans, et y a lîaptisé plus de 6,000
Îersonnes. Hélas! ces montagaes, précieuses
notre zèle, nous venons de les perdre.
l.'enfer a eiercé toutes ses cruautés pour
dissiper les chrétiens; tortures, bastonnades,
Srisoûs, tous les mauvais traitements ont
lé employés à cet eiïet. Le P* de k Hoche,
i^ésuilô français, qui cultivait cette chré-
ienté, s*est retiré précipitamment dans un
p..i,f h'>ji;^eau au railifto oes bois, et s'est vu
' iisuile d'aller plus loin chercher une
r<Mi.me, Il est vrai que les chictiens delà
montagne le firent depuis avertir qu'on ne
les inquiétait plus; qu il ne narais^sait aucun
soldat dans toute retendue uo la chrétientëj
éî qu'ils s'assembliiienl comme auparavatU
pour faire les prières ; mais ils ajoutaient
que cette paix leur était d'autant plus sus-
Jiecte, qu^ls savaient qu'un païen du voisi-
nage avait été chargé par son mandarin da
S'informer secrctemenl quand un mission-
naire serait relourué dans la chrétienté, et
de l'en avertir. 11 s'en iallut peu que le
P. Dugad, autre jésuite français, ne tombât
^Bolre les mains des soldais. Averti qu'on le
therehâit et qu on s'avaogait pour visiter la
cm m
maison où il était caché, il s'enf\iit prompte-
ment, et, avant que de trouver oft so réfu-
gier, d conr t assez longtemfis sur les lacs
et sur les rivières. Enfin, arrivé dans la re-
traite que It P. de Neuvialle oci'upait alors,
et où il était la ressource et te conseil de
tous les missionnaires des environs, il la
partagea avec lui ; c'est là qu'il i crut les let-
tres d'un chrétien qui le pressait vivement
de retourner dans sa mission. Ce chrétien,
après avoir longlemps enlretenu chez lui
deux coiienl)ines, avait tout réremmenl pro-
mis au P. Dugad un entier amendement. Il
tint si hieti parole, qu\iyant été lui-môme
accusé, iî coniessa la foi de Jé.^us-Chrîst au
milieu des tortures et des bastonnades ; en-
suite il mit hors lie sa maison une de ses
concubines, et se disposa à marier Tau Ire.
Il pria ce missionnaire de venir recevoir sa
confession générale et prcfidre possession
d'une grande maison, qu^il lui céd dt pour
en taire nue église. Monseigneur Févôque
du Chan-Si et Chen-Si, écrivit qu'il ne sa-
vait ni comment se tenir caché ni comment
s'exposer à faire le voyage de M*icao. Les
mandarins de la province de Kouang-Tong
se donnèrent aussi toutes sortes de mouve-
ments |jour découvrir un prù.re chinois,
nommé Sou^ mais ili ne purent y réussir.
Tandis qu'on était en garde cOiitre les infi-
dMes, on no laissait pas d'avoir à se défier
des mauvais c^ rétiens, 1! y en avait un dans
la mi^me province (le Kouang-Tong, qui était
employé dans le Iribnnal et qui voulut ga-
gner de Targeul par un nio ven bien indigne. Il
composa une fausse pruceJuro, et lit avertir
le P. iMiralta qu'on était sur le point de
présenter contre lui une accusation aux man-
darins de Canton, portant qu il avait intro-
duit plusieurs missiunoaires dans Fempire.
Colle prétendue accusation n'était autre
chose qiie la procédure qu'il avait fabriquée
de sa main , et où il nommait |»lu sieurs
oiliciers de justice qu'd fallait, disait-il, ga-
gner par argent, aîin d'assou[nr cette mau-
vaise alVaire. Du reste, il promettait de tra--
vaillerde toulsoupouvoir et detout son crédit
pour une si boime cause. Il no restait plus
qu'à lui contier une somme, U»rsque la Pro-
vidence divine le punit de son impie strata-
gème. Les mandarins découvrirent qu'il
avoil fait une fausse procédure ; ils l'appli-
luèrent plusieurs fois à la question pour lui
aire avouer son attentat, et lo condamnè-
rent ensuite à quarante coups de biUon et
è l'exd, en lui disant qu'il avait mérité de
perdre la vie.
Les belles chrétientés du Kiang-nan se
ressemiient moins tjue les aulres des trou-
bles et des vexations, parce qu'elles étaient
si nombreuses, qu'il > avait des chrétiens
dans tous les tribunaux qui su pf «rimaient
par eux-jnèmes les ordres de faire des re-
cherches, ou qui en donnaient avis avant
(ju lis fussôiit eipédîés, alin que les autres
mrétiens les lissent sappnmer par argent*
La ville de Macao, quoique sounuî>e h la do-
mination portugaise, ne fui ]>as eiUimement
garantie de l'orage. On y vint publier des
ï
(m CHl
défenses aux Chinois qui l^habitaîent, de
servir les Européens et d aïïer aux églises.
On tut iDême sur le point de signifier un or-
dre des mandarins de Canton, de r-^nvoyer
dans rintérieur de Temiiire, non-seulement
tous les Chinois qui en |vortaieïit encore
l'habit» mais même tous les originaires de la
Chine qui avaient pris Thabil europnen* Si
tous ces ordres avaient eu leur eiïet, il no
reslerait à Macao qu'une très-petite partie
de ses habitants ; mais on n'y eut point
égard, et les mandarins, après les avoir mi-
nutés» n'en voulurent pas tenter rexécution»
dans la crainte d'entreprendre une guerre.
Il vint ensuite un ordre qu*on devait encore
moins observer, parce qu'il était directement
contraire U l'honneur de la religion ; il por-
tait qu'on eût h fermer une petite église où
l'on baptisait les catéchumènes chinnis. Les
mandarins prétendaient que c'étaient les
Cliinois qui avaient bâti ct^lte église. On
leur répondit qu'elle avait été bâtie aux dé-
pens des Portugais, et on leur montra racle
de sa rond at ion. Malgré cela, le mandarin
de Hyang-Chan se transporta ici la veille de
IViques I7n , faisant entendre que c'était
iir ht fiiirt tics mandarins supérieurs de la
Iirnvince. En entrant dans la ville avec un
rorlége de trente ou quarante hommes, il
fut salué [tar la forteresse, de cinq pièces de
cannn ; et quanti il se fut arrêté datis une
mai son prés de la petite église^ le sénat,
eomposé de trois présidents et de douze
cfuiseilters, alla l'y visiter; mais sur la de-
mande que lit cemantlarin qu'on fermât l'é-
f^hsiT tm sa présence, le sénat répondit que
m^ïre religion ne nous permettait pas d'exé-
rutiT un [Hueil ordre; que Féglise n'appar-
tenait (las au\ Chinois, mais aux Portugais,
ainsi qu'on l'avait détnontré. Cependant le
mandarin persifla dans ses prétentions et do-
nt and a tju'on lui donnât la clef de l'église
umtv la fermer hii-mi^me* Cette clef était dans
le «ollé^e de Saint-Paul, entre les mains du
I*. l-oppez, provincial des jésuites, qui com-
posaient la province appelée du Japon* Ce
l*rre, agissant de concert avec Mgr I évétjuo
de Macao» et ronséquemment à la décision
ih ceux qui avaient examiné le cas, refusa
ch? donner la clef qu'on demandait, et pro-
leslii ([u/il aimerait mieux donner sa tète,
llno réponse si ferme étonna le niaiidarin ;
il se c*ïntenta d'afllcher un écrit où il était
délendu de se servir de l'église en question,
al il se relira aussitôt, craignant sans doute
ont* émeute de la populace.
Aussitôt après redit de proscription, on
cnnnnença à inquiéter les chréti^-nlés des
environs (h* Pékin, formées et cultivées par
les missiotinaires qui faisaient leur séiour
dans crtle grande ville. Quoique les chré-
tiens qui les composaient [lassassent |>our
fermer dans la foi , plusieurs cependant
ajioslasicrent k la vue des fiiaux dont on les
menaçait. l>'autres soutiin^ent CHurageuse-
inenl les tortures, la |»erle da leurs biens,
de leurs em|ilois ou la ruine de leurs fa-
milles. Les images, chapidets, reliquaires,
dix et autres marques de leur piété, furent
profanés et brûlés. Quelques-uns ayant dé-
claré qu'ils les avaient reçus du P.* Da Ko- \
cha, jésuite portugais, qui visitait souvent |
ces chréiientes, ce missionnaire fut cité if^ \
vant le gouverneur de Pékin, et confessa
que ces signes de la piété chrétienne ve- '
naient en effet de lui. Sur son aveu, le gOQ- i
verneur dressa une accusation contre lui el
la ftrésenta à Sa Majesté, en demandant à
ouelle peine il devait être co*idamné; mais
1 empereur répondit qu'il lui faisait g'éce.
Ce prince nomma, en même temps, deux
grands de sa cour pour protéger les Euro-
péens qui étaient dans sa capitale : [»ro-
tection fort équivoque et sur la([uelle il
n'était pas naturel que l'on comptAt beau-
coup.
Cependant, pour ne rien omettre de ce
qui pouvait servira la défense de la religion,
les Européens adressèrent un mémoire où
ils représentèrent que la religion chrétienne
ne méritait rien moins nue le nom de faimt
secte^ qu'on venait de lui donner; qu'elle
avait été permise par \empereur Kan^-tti
et par le tribunal des rites, et qu'eui-mêmes
avaient toujours éprouvé les bontés des em-
pereurs, et en particulier celles de Sa Ma-
jesté régnante ; mais qu'ils ne pouvaieût
plus paraître avec honneur, tandis qu'on les
regardait comme attachés h une fausse $rctf.
Ifs mirent ensuite ce iTjémoire entre les
mains des protecteurs pour le faire passer
à l'empereur; mais ces patrons, peu affec-
tionnés, ditférèrent tant, qu'ils donnèreotle
temps h ce prince de partir pour un vojf "
d'environ deux mo^s. Entm> un peu ai
son retour, ils indiquèrent une I
dans la maison des jésuites fraf il
appelèrent tous les mis=iionnaires di
Le plus distingué de ces deux sei^
nommé Ne-kong, premier ministreet
vori de l'empereur, ouvrit la séance par
discours vagues , qui regardaient pour It
plupart l'Europe et ses divisions en divers
Etats. Le P. Gaubil, supérieur de la maison,
les lui montra dans un allas. Le Ne-kongse
mit ensuite à exagérer les attentions el Jes
bontés do Sa Majesté pour les Européens i
afîrès quoi, il montra assez clairement com-
bien il y avait peu de fond à faire sur sa
protection, en demandant comment 01 ose-
rait présenter à l'empereur un écrit où iî
s'agissait de proposer que la religion chré-
lieone fût approuvée. On le laissa haran-
guer longtemps, afin de mieux connaître ses
sentiments. Ensuite le P. Gaubil prit la f)a-
role et parla dignement pendant un lem^is
considérable. La religion c'irétienne, disait-
il, est une loi pure et sainte; elle a été eu-
mi née par le tribunal des rites, qui la ai>-
prouvée sous le règne de Kang-Hi, tt son
approbation a été agréée el confirmée p^f
ce mémo empereur. Cette religion n'a point
ctiangé depuis, et elle est prôctiée par les
mêmes prédicateurs; pourquoi était -ell^
alors en honneur, ou fiourouoi ne conliRue-
t-e)le pas d'y être aujourd hui? tandis sur-
tout que nous voyons qu'on souffre dans
l'empire ta religion des mabométaas^ celle
cm
«la
fil
des lamas et plusieurs autres. Si la religion
chrétienne passe dans lerapire pour être la
rr'lvgion d'aune secte perverse , comment
pourn>fis-nous y demeurer, nous qui ne
sommes venus fendre nos services à l*em-
pereur que pour mériter sa protection en
faveur de notre sainte 1 )i, et à qui il ne se-
rait pas même permis dV rester sans Tespé-
rance de pouvoir la prêcher ? }i
Le Nu-kong ne voulut pas répondre nu
discours du P. (iaobil et recotiiinenra à par-
ler de la bonté de Tempereur pour les Ku-
ropéens» ajoutant, que s*i! li*s comblait de
bientaitSy ee n'était pas qu'il eilt besoin de
leurs mathématiques, peintures et horloges;
mais que cela venait uniquement de la ma-
gnitlceace de son cœur qui embrassait toute
la terre. Plusieurs missionuaires retouchè-
ri^nl quelques-unes des raisons apportées par
le P. GaubiK Enfin le second prott^cteur vou-
lut ramener le Ne-kong à la question prin-
ci|)ale: mais celui-ci lui imposa silence d*un
geste, el conclut laconlerencecn otïrant aux
Européens toutes sortes de bons otlices. Il
leur recommanda aussi d'aller tous au-de-
irant d© rempereur à son retour ; ce qu'ils
ne manquèrent point de faire , lorsque ce
prince rentra dans la capitale sur la lin de
novembre 1746, après avoirfait un uèlerinage
à la fameuse montat^ne Vou-tao-clian, rêvé-
rée.el appelée êainle par les Chinois, Avant
fe voyage nos Pères de Pékin chargèrent le
frère 'Casligliune, i)cintre itatien, particuliè-
rement estimé de Temijereur, de pi otiter do
la v^remière occasion qui se présenterait pour
parlera ce prince. Ce parti ne Utissait point
d'avoir ses risques ; car quoique ce frère avec
deux autres peintres, jésuites comme hii,
prissent souvent rempereur, il ne leur était
^f'pendaut pas permis de lui parler d aucune
^Atfaire, àmoios qu'ils ne fussent interrogés ;
jt aiJIeursuser de cetlevoie, c'était choquer les
grands qui nous avaient toujours témoigné
leur ressentiment, toutes les fois que nous
avions voulu nous en servir. On ne voulut
donc pas que le frère Castiglione présentât à
Temperuur aucun écrit ; ou lui recommanda
staiement d'impiorer en deui mots la cîé-
ence de ce prince en faveur de la religion
^élienue» trop apprimée pour pouvoir nous
iir^
L'occasion de parler au monarque ne tarda
iS à se pré>enter. Le frère ayant reçu deui
ièces de soie de la libéralité du priuce, il
t obligé d'en laire, selon la coutume, sou
Qierciement la pi emièrti fois qu'il serait en
présence. Ce Tut pius tdt qu'il ne pensait, car
[S le lendemain il fut mandé pwr Tempereur
ièBie,qjivoulaitlui donner le dessin d'une
luuveiie peinture. Dès que le frère parut, il
mit h genoux, et après avoir fait son r. -
erciement, il dit à l'empereur: «Je supplie
olre Mfijesié d avoir comp:issiou ne la reli-
gion désolée. » A celte demande, l'empereur
cliangea de couleur et ne répondit rien. Le
frén* â'imaginant qu'il n'avait pas été enten-
du, répéta de nouvijau ce qu'il venait de dire,
\ alors le prince, prenant la parole, lui dit :
Vous aulresi vou$ êtes des étrangers; vous
c
ne savez pas nos manières et nos eouiumies ;
j*ai nommé deux grands de ma cour pour
avoir soin de vous dans ces circonstances, »
Ce même frère eut, depuis le retour de Tem-
lereur, un second entrelien avec lui, plus
ong que le premier; ce fut remj)ereur qui
le commença à Focca^ion de la maladie du
P, Chalier dont j'ai déjà annoncé la mort.
Ce prince vint à son ordinaire dans Fappar-
teraent où le frère Cas ligl inné travaillait à la
ttMe de plusieurs Chinois el Tartares; et lui
adressant la parole, il demanda si l'on espé-
rait de conserver le P. Châtier. Le frère lui
répondit qu'il ne restait que bien peu d'es-
pérance, a N avez-vous pas ici, ajouta rem-
pereur, quelques médecins européens? —
Nous n'en avons pas, répondit le frère,—
Pourquoi cela, reprit Tempereur? — C'est,
dit le frère Castiglione, qu'il est lrO[i diflicile
d'en faire venir do si loin ; mais nous avons
deuï chirurgiens, entendus dans leur art. —
Il est plus aisé, dit l'empereur, d' devenir
habile dans la chirurgie, parce que les mala-
dies qu'elle traite sont extérieures. Mais,
dis-moi ; Vous autres chrétiens, priez*vous
votre Dieu pour le malado ? Lui demandez-
vous qu'il le guérisse ? — Oui, sei^ineur, ré-
pondit le Irère, nous Tin prions tous les
jours. —D'oij vient donc, dit IVmpereur,
que vous ne Toblenez pas? — Notre Dieu,
reprit le frère, est tout-puissant, il peut nuos
raccorder ;^ mais il vaut pt;ut-ètre mieux qu*ii
ne nous laccorde pas, et nous demeurons
toujours résignée à sa volonté. —Dis-moi une
autre chose, ajouta l'empereur : lescîirétiens
craignem-ils la mort?— Le hère répliqua :
Ceux qui ont bien vécu ne la craignent pas;
ceux qui ont mal vécu la craignent beaucoup.
— Mais, dit 1 empereur, cuninient savoir si
011 a bien ou mat vécu ? — On le sait , dit lo
frère, [larle témoignage de sa conscience »...
La sentence de mort [lortée dans le Fou-Kien,
contre cinq missionnaires et un de leurs ca-
téchistes, était examinée à Pékin. Le vice-roi
de Fou-Kien^ qui s*en gloriliait comme de
son ouvrage , se rendit dans la cajjitale de
Tempire pour plaider sa cause. La nouvelle
dignité de tsong-ho ou intendant des lleuves,
doïit il venait urètre pourvu, tui vn fournis-
sait naturellement Toccasion et pouvait bien
être le salaire de ses manœuvres ou même
un dernier moyen pour les conduire au point
que s'étaient [uoposé les ennemis de la re-
Ij-jion. Si le premier ministre, déjà désigné
par le nom de Ne-kong et sous la qualité de
protecteur des Européens, ne fut pas le prin-
cipal moteur de tous ces stratagèmes, il pa-
rut bien qu'il ne lit rien pour les détruire et
ne tenta rien en faveur de la religion. L*em*
pereur, qui ne voyait et qui n'agissait que par
lui, renvoya la 'sentence au tribunal des
crimes quoiqu'il [)ût facilement répondre
qu'on s'en thil aux ordonnances générales
pour renvoyer dans leurs pays les étrangers
(ju on suriireodrait dans lempire. On avait
jusqu'alors attendu quelque chose de sem-
blable de la modération dont les empereurs
avaient coutume d'user, h Tégard même do
leurs suJetStet des ménagements qu'ils avaient
M 0«
U)\\% «ffecté d'avoir pour les Européen», De
plus, les eutrcliens que je viens de rapporter
et rhonneur que renipereur venait de faire
AU P. Chalierde lui envoyer son premiermé-
docin, faisaient penser qu'il ne voudrai pas
porter les choses à la dernière exIréniiK^. Il
traita cependant TafTaire avec la plus grande
rigueur. Le tribunal ne ditféra pas la sen-
teice dans tous les points. Il la présenta en-
suite de nouveau à l'empereur jwur être
Signée ou su[»priniée h son gré, et l'empereur
la signa le 21 avril 17M. La voici traduite
littéralement :
« Volonté de l'empereur, manifestée le
treizième de la troisième lune.
« Le tribunal des crimes prononce, après
avoir pris les ordres de Sa Majesté, en ré-
jwntlaiit à Tcheou, vice-roi de Fou-Kien, sur
Je procès de Peto-lo et autres qui séduisaient
par une fausse doctrine. Ordonnons que Peto-
lo ait la tète tranchée sans délai ; approuvons
la sentence* rendue contre Hoa-Kin-chi ,
Hoang-Tehing-le , Hoang-Tching-Houé et
Fei-yo-Yong, qu'ils soient décapités; ap-
Brouvons la sentence rendue contre Ho-
ioeitgin, (ju'il soit étranglé. Voulons que
ceux-ci attendent en prison la tin de l'au-
tomne et qu'ensuite ils soient exécutés. Nous
coiilîrmons la sentence des mandarins pour
tout le reste. »
Lorsuue cette sentence arriva dans le Fou-
Kien, un déjuges qui avaientfait les premies
interrogatoires fut nommé pour présider à
Texérution ; mais il s'en défendit et ne vou-
lut avoir aucune part èi un arrêt qu'il appe-
hiit une grande injuitice; ce refus donna le
temps 2i nu prêtre chinois d'aller annoncer
la confirmation de la sentence à ^h l'évéque
et aux autres prisonniers. Queiques chré-
tiens fir-nl tenir au vénérable prélat des ha-
bits pius dignes de son triomphe que ceux
au'il portaitdans la prison. S'en étant revêtu,
nfpit^h en peu de mots aux soldats qui le
ganf lient les exhortations qu'il Irur avait
soivfrnt f'iites; il embrassa les chers com-
I»a;zrjons de sa prison, parmi lesquels étaient
d ùx missionnaires ; il goûta avec eux quel-
?ues rafraîchissements, et il ne tarda |^as à
tf e appelé devant le mandarin qui devait lui
annoncer l'arrêt de son supplice et présider
k l'exécution. Arrivé dans la salle de l'au-
dience, il répéta qu'il mourait pour la dé-
fense de la sainte et véritable religion et avec
la ferme confiance que, ce jour même, son
Âme serait placée dans le séjour des bien-
heureux. Il ajouta qu'il prierait Dieu d'avoir
cnmpassion de la Chine et de l'éclairer des
lumières de l'Evangile. « Je vais, dit-il, de-
venir dansle ciel le protecteurde cet empire.»
Cependant on fit la lecture de l'arrêtde mort
dans la salle de l'audience ; on attacha au
prélat les mains derrière le dos et on lui mit
sur les é|)aules un écrit où on lisait qu'il
était condamné à êlre décapité pour avoir
travaillé à pervertir le peuple par une mau-
vaise doctrine. Dans cet état, il fut conduit à
pîed au lieu du supplice, récitant des prières
dans tout le chemin avec un vi-age gai et
tnAanimé de l'amour de son créateur. Les
cm
tu
infidèles n'en étaient pas peu surpris, et ils ue
pouvaient se lasser de le contemjder. Les
lemmes chrétiennes avaient formé plusieurs
assemblées où Ton récitait le rosaire entre-
mêlé de médUatioDS sur la passion de Notre-
Scigneur Jésus-Christ. On se laissait aller à
de saints transports de dévotion aux appro*
ches de cet heureux moment où U Cliioe
allait avoir un martyr dans la personne d'un
évoque condamné par l'arrôt le plits solen-
nel. Plusieurs chrétiens de Fou-Tcheou el
d'autres de Fotk-Ngan suivaient dans la kulê.
On arriva à la porte du midi; on pa»sâ ur
pont de bois sur lequel les eiécutioM onl
coutume de se faire, et è quelques pas an
delà , révêque fut averti par fe boiureau
de s'arrêter el de se meltre à genfihii, ce
qu'il lit aussitôt, en demandant à l'exéeuteur
un moment pour achever sa prière. Apiis
quelques instants, il se tourna rers lui avee
un visage riant et lui adressa ces |>aMles
qui turent les dernières : « Mon ami, je v<*is
au ciel : Oh I que je voudrais que tu y ¥.nssei
avec moi ! » Le bourreau lui ré(K>ndil : « Je
désire de tout mon cœur d'y aller, » et lui
tirant avec la main droite un petit àmmiel
qu'il avait sur la tête, de la main gauche il
le décapita d'un seul coup , sur les eiaq
heures du soir, le S6 mai ilil.
Une des superstitions des Chinois est de
croire que l'âme d'un supplicié, en sortant da
corps, va se jeter sur les premiers qu'elle
rencontre ; qu'elle exerce sur eui sa ntgacC
qu'elle les charge de malédictions» surtout
s'ils ont contribué au supplice» el c'est pour
cela que lorsqulls voient donner le coup de
la mort, ils s'enfuient de toutes leurs forces.
Ici, personne no jugea Tâme du irénéraUa
prélat malfaisante ; tous couraient après si
mort Teiaminer de pius près. Un gentil,
nommé Cing-Eul-Yven , gagé par les chré-
tiens pour ramasser son sang avec des vases,
des cendres et des linges , écarta le peuple,
et sétant acquitté le mieux qu*il put de sa
commission, il ne voulut point laver ses maim
couvertes de terre et de cendres enssng an*
tées ; il les porta élevées, par respect, jusqu'à
sa maison, Wsant les traces de sang quily
remarquait, eten frotta enfin la tête de ses eo-
fauts, en disant : « Quê le $ang du $mmi sons
bénisse ! » Les chrétiens lavèrent le car|»s,
l'ensevelirent honorablement dans plusieurs
enveloppesd'étotl'esde soie, et le mirent daes
un cercueil qu'ils enterrèrent ensuite. Mais
les mandarins, ayant su que, pendant la nail
comme pendant' le jour, il était (ssrdé fur
une douzaine de personnes, firent briser la
croix de pierre dressée sur le tombeau ; ils
ordonnèrent qu'on transportât le cercueil
dans l'endroit où l'ona coutume d'exposer lei
cadavres des suppliciés, et ils mireBt aux fers
deux chrétiens. Ils tirent aussi chercher le
prêtre chinois qui a écrit ce détail le jour
même où le corps du vénérable prélat fU
déterré.
Depuis le 21 septembre jiftqu'an départ
des vaisseaux pour r£urope, c*est-i-â<re
jiisqu*à la tin de décembre, uous scpriaies
que U maison de M. deFortimeuseï éf«qua
I
tni
n et Chen-si, avciit été visitée et
fl^^it pris plusieurs personnes ;
M. ['évoque avait <^chappt^ et qu'il
h eirant plusieurs jours sans avoir
lueun doraesliqye. On pspéia qu il
de la province de Clisn-si à celle
si. Le P. Urb.^no, Allemand, de V^v-
iîOl-Pr?ifi<;ois, re^ul des soulllets
S tribunaux, et on le reiinl prisoii-
lendantque lacojr déterraiiiâl son
ieurs missionnaires dans diverses
recommencèrent à visiter lour
i et à y administrer les sacrements.
ables Pères condamnés à être dé-
endaienl encore au comraenceraent
bre îe jour de leur martyre. Leur
:>n l'usage, devait paraître de nmi-
lUl l'empereur, avec tous b s arrêts
w»rlés pour être exécutés avant le
'hiver* M, Srfu-Matbias, nrélre chi-
éiûinaiie des missions étrangères,
Fleur a<lminislra les sacrements
■fju'au vérn^-rable catéchiste Am-
, et en cela comme dans toutes les
où il put assister les confesseurs
"montra combien il ambitinnnait
ur. L'idolâtre dont j'ai parlé et
recueilli le sang du respectable pré-
un insii^ne briganJ, redouté du
ans toute la contrée ; ce fut niôme
pour lamit'lle on IV^mp'oya à celte
Après s en être acquitté, il n'adora
tdoîes ; au conlraii e» il les brisa, H
amille on n'adressa p us de prières
i Dieu etau vénérable évi^que Sanz.
lans sa maison h ï>ierre sur laquello
ice avait été exécutée, et lï y grava
les : <t Pc-laû - sec - tvn - (him-che :
ar laquelle le respectable mailre»
IJL est monté au ci.L » Depuis, ayant
Ijue t us ceux tjui suivraient sa
llraienl condaïunés au même sup-
tanl mieux ( répliqua-l'il en se
1 déj?i au nombre ues chréLienj )
jx, nous irons tous au ctel t *» Sour
se transporta avec plusieurs chré-
\s le lieu destiné à recevoir le.^
des suppliciés* Ils trouvèrent le
ps dans son cercueil » tout frais et
ïlevisagf^ eût presque rien perdu
ïuleurs. Bien plus, ayant remarqué
poigriet un peu de sao^ extra vase ,
iu Trottement des cordes^ et ayant
m ticer quelques parcelles » ils
mler goutte agoulte un smg Hquide
riU Peu de temps après le martyre
fvêque Sanz, on grava sur le visage
es et du catéchiste Ambroise Ko
,ractères chinois qui marquaient le
I supplice auquel ilsétaicnit;oudam«
tires i4i fiantes^ vol. lit, p. 8, j
llemps après le martyre de Tévêqua
•îcastre, on ût tracer au fer rou^je,
isEKe des quatre autres dominicams
itéciiiste lo, eu caractères chinoiSt
ion du genre de supplice auquel ils
été coûflamnés, L evêijue de Tipasa
une prison, le P. Royo dans rau-
Âfcober et Diaz dans uue troi-
€Kl
tm
sième. Ils furent étranglés dans leur prison
lu 28 odobre 17^8.
La familïe de saint Ignace eut ses martyrs
counne celle de saint Dominir|ue. Sous les
auspices du franciscain François l>estaroxa
de Viitjrbe, évèque de Nankin, huit Jésuites
cuUivaieiit» dan:^ la (province de ce nom, en-
viron soi%anle mi le chrétiens. Antoine-Jo-^
sepli Heuricpioz, leur supérieur, né à Lis-
bonne, le 13 juin 1707, élait passé à la Chine
avec un ambassadeur, que le roi de Portugal
envoya à Young-Tching. Arrivé à Maeao, la
vue et la conversation des missionnaires,
qui de là se répandaient dans le céleste em-
pire et dans Tempiru Annamite, allumèrent
en son ciour les premières étincelles du zèle
apôstoHt|ye. Docile aux impressions de la
grâce, il fut reçu, le ^5 décembre tTll^
dans la ccuopagnie de Jésus, entra en mis*
sion dix ans après, et tit professitm en 17 V5*
Ti istan lie Atbémis, né à Friouli, le 28 juil-
let 1707, entré dans la compagnie le mêoTe
jour, en lT:àa, avait fait pro!V>sit>n le 2 fé-
vrier 17WÏ, et enseigné la nbibïsophie avec
applaudissement. Le" xèle d« la conversion
des anies le portant h consacrer ses talents
aux missions, il arriva à Macao le 15 septem-
bre 1744, et partit Tannée suivante pour la
l^rovince de Nankin. Henriquez et Aihémis
furent découverts et encbaînés aussitôt. On
les amena prisonniers à Sou-tcheou, le 21
décembre 1747. La sentence qui les con-
df^miia à être étranglés ayant re(;u la sanction
impériale, le geôlier, acconi[>agné d'un bour-
reau, entra, le 12 septembre 17^, dans la
prison. On couimenra |iar tirer les lits et par
répandre la paille à' tes re; dispositions qui
tirent juger aux confe.vseurs que rtieurc du
sacrilice n'était pas éloignée. Un autre bour-
reau parut ensuite, des cordes à la main,
pour les lier, a Nous allons, leur dit-il d'un
ton moqueur, vous envoyer dans votre para-
das joun- de la lélicité "éternelle que vous
vous promettez, » Suivant la coutume do la
Chine, on servit à manger aux patienlsavant
rexécution. Comme les missionnaires ne tou-
chaient à aucun mets, les bourreaux leur
lièrent les mains et leur mirent la corde au
Cim, Avant d'être séparés, ils obtinrent par
faveur de pouvoir se parler un instant pour
se récouciber. Ils tirent ensuite, chacun de
letn* ctVt^, une courte prière, au mdieu de
laquelle les bourreaux mipalientés lesélrau- ,
glerent. Leurs précieuses reli(|ues, renfer-
mres dans des cercueils, furent inhumées
le hndeniain dans le cimetière des pauvres,
d'où on les tira, un an après, sans aucune
marque de corruntion. L'évèuue de Nankin,
tendrement attaclié à son cher troupeau ,
dont il fiariagea tous les risaueset ttïutesles
épreuves, termina sa vie le z mars 1750* par
une mort sainte, fruit d'une longue suite de
misères sup[>ortées avec constance.
Nnus ne j*ouvons nous étendre sur les ra-
vages nue la persécution causa dans diver-
ses chrétientés, mais nous ne saurions taire
que le ciel lit sur-le-cbamp éclater sa colère
sur les principaux perséi-uieurs, par des clu\-
tiûieuts qui ne permirent pas de méconnaltri
647
an
la main Tenpressa qtii les écrasait*: 1* Une
famine cruelle qui désola plusieurs provin-
ces de lempire, et y rendit communs d hor-
ribles excès de barbarie ; une guerre san-
glante accompagnée de funestes revers; la
mort du prince héritier, fils ytiique de Tira-
pératrice, et celle de rimpératrice m^^me,
voilà les punitions générales. 2* Voici les
châtiments particul ers: Le premier minis-
tre, conseil et favori de Khian-lonng» auteur
de redit de proscription, fut préciiiité tout
à coup du plus haut point de h faveur au
rang tie simple soldat, nuis condamnée per-
dre la tête et exécuté. Le vico-roi *iu Fou-
Kien, persécuteur du vénérable évèque de
Hauricastre et de ses coin|iagûons, élevé à
la charge de suprême mandarin des fleuves,
dans la province de Nankin» jouissait paisi-
blement de la bienveillance impériale. L'im-
pératrice meurt. Il a riraprudence de se faire
raser U tête dans le temps du deuil général.
A 1 occasion de cette faute légère, il sera
puni de tous ses attentats contre la religion
et ses ministres On le dégrade, on l'eiile,
on l'oblige de relever à ses frais les murs
d'une forteresse ruinée; on le condamne en-
lin à perdre la tête, el, par grâce, à s'étran-
gler de ses propres mains. Le vice-roi de la
province de Nankin, h la suite d'une sédition
que provooua la cherté des vivres, est saisi»
enchaîné, uépouillé, ainsi que sa famille, de
ses biens comme de ses honiH'urs; on Texile
en Tartane, et on le condiimne h balayer les
cours du palais de Tempereur. Tandis que
le ciel venge ainsi rinnoeefice opiirimée par
ronéanlissem<*nt des persécuteurs^ la reli-
gion applaudît au Iriomfihe de ses martyrs
par toutes les raanjues de joie et toute la
)om[)C qui accompagne les fÔles les plus so-
ennelles. (Ifenr ori, voL iV, page 526 )
Jiisuu^en 1768, li cliréticnté de la Chine
jouit d'une assez grande tranquillité; mais
cette année-là, le bruit se ré [mu dit qu*on al-
lait rechercher les chrétiens dans tout l'em-
pire. La peur saisit la ville et les environs;
tranquilles sur notre soit, nous ne Tétions
pas .Hur celui de tant d'Auies qui nous simt si
clières et qui allaient être eiposées à des
tentations plus délicates qu'on ne pense,
quand on est loin du danger. L alarme aug-
uii.iita quand on apjirit tjue le chef commis-
saire du tribunal des maihématiques était
allé au palais présenter à rempereur une
accusation pleine d'invectives contre notre
sainic religion. On craignit, avec quelque
fondement, qu'il n'y eût dans toute cette af-
faire quelques manœuvi e secrète de la cour,
qui, par u i reste de méfiagèinent pour les
missionnaires de Pékin, ne voulait pas se
montre, à découvert, tandis que peut-être elle
donnait le bra!ilc à touL Enlin parut un li-
belle d accusation dont voici Taorégé ; Tsi-
Tching-Go (c'est le nom de laiTUsateurl of-
fre avec respect à Votre Majesté ce placet,
pour lui duuKiuder ses ordres touchant Taf-
laire suivante : J'ai examiné les dîïlérentes
rendions qui sont défendues dans lem lire,
parce qii elles pervertissent les peuples, et je
me SOIS convauicu qnW ce titre la religion
I!
a
i;
chrétienne, plus qu'aucune autre , méritait
d'être entièrement et è jamais proscrite- EUe
ne reconnaît ni divinité, ni esprits, ni ancê-
tres; elle n'est que tromperie, supersliii^a
et mensonge* J*ai souvent ouï parler des re-
cherches qu*on en a faites dans len provinces,
et des sentences qu'on a portées contre elle,
mats je ne vois pas que la capitale ait encore
rien fait pour léleindre dans son sein. Ce-
pendant cette religion perverse s'étend :
le peuple ignorant et grossier Tenabra^^se, H
y lient avec une constance qui ne sait passe
déraentin Dans la crainte que les Européens,
3ui dejiuis longtemps sont dans le Inbunâl
es mathématiques, n'eussent séduit quel-
ques membres de ce tribunal, j'ai fait faire
sous main, et sans éclat, des rechercha
exactes, et il s*esl trouvé vingl-deui manda-
rins qui, au lieu d'être sensibles à rbonneui
qu'ils ont de porter le bonnet, la robe et les
autres ornements qui décorent leur diçoilé,
se sont oubliés au point qu'ils ne rougi;^!)l
pas de professer cette rcïigion superstitieuse.
Lorsque le cœur de l'homme n'a aucun frein
ui le contienne, bientôt il devient le jouet
e Terreur; les vices y prennent racine et
Sortent partout la désolation. Les autres tri-
unaux sont sans doute infectés comme le
mien; le reste de la capitale ^t les proviiicts
se pervertissent. Il est temps, il est deli
dernière im|>or tance d\v mettre ordre, il faut
séparer le bon du maùvaig, C*est dans celle
vue que moi, votre sujet, je prie Votre Ma-
jesté qu'elle donne ordre que les vîngt-deuî
mandarins de mon tribunal soient traduits
aux tribunaux compétents, pour y être jugés
selon les lois; qu'en outre, on délibère sur
les moyens, les recherches, les défenses et
les punitions qui doivent couper Ci.mrt lu
mal. J'attends respectueusement les ordres
de Votre Majesté. Le 4 de la dixième lune»
c'est-à-dire le 12 novembre; de Kieû*long3lf
c'est-à-dire l'un 1768. » La réponse de rein-
pereur fut : Kai pou y treon: que les tribu- ,
naux compétents délibèrent et uie lasseat 1
leur rapport. *
Ce placet ne nous parvînt que le 15 no-
vembre. Sa lecture nous pénétra de la plus
vive douleur; il y avait longtemps qu'un
arliculier n avait osé traiter notre sainte ré-
gion avec tant d'indignité, il fut conclu
sur-le-cliamp qu'on vengerait son honneur
dans une requi^te qu'on ferait passer h Tecii-
pereur par L^ ministre, qui est nommémeut
chargé de nos alTaires dans cette cour* L*
reau^^te fut bientôt faite. Le P* Earestiin»
président du tribunal des mathématiques» et
ses deux collègues, furent chargés de la pré-
senter. Ils se rendirent pour cela au paliis;
mais le ministre ne leur donna que de belles
paroles. Il leur dit que nous nous itiquiélioiis
pour rien; que cette affaire n'aurait pas de
mauvaises suites; qu'il se chargeait de par-
ler lui-même ù (empereur; que nous devioni
savoir qu'il était notre ami, et que le meil-
leur avjs qu il avait à nous donner en celte
qu dite, c'était de bien prendre garde de re-
muer. Le ministre nous trompait peut-être;
mais que faire? On acherait do tout perdre,
19
cm
CHI
650
si, contre ie gré d'un homme aussi puissant
que lui, on se fût adressé directement à l'em-
pereur. D'ailleurs c'était une chose moralii-
ment impossible; ou ne voit pas ici Tempe-
reur quand on veut. Il fallut donc attendre
les événements. Nous eûmes tous recours îi
la ressource ordinaire des personnes affligées.
On redoubla la prière dans nos maisons, et
tous les jours on y ofïrit le saint sacriûce de
ïa messe pour conjurer l'orale. Cependant,
la nuit du 18 au 19 novembre 1708, les vin}j;t-
deux mandarins accusés furent cités au tri-
bunal des crimes, qui, ne vouLmt pas juger
celle atTaire tout .seul, avait appelé des mem-
bres du tribu Dal des rites et du tribunal des
mandarins, pour juger conjointement avec
lui. L'interrogatoire fut long, et ce ne fut
que bien avant dans la nuit que les accusés
mrent renvoyés jusqu'à un plus ample in-
formé. Qq présenta au luinislrc les déposi-
tions; il dit: <t Pourquoi, dans une affaire
qui n*esl pas de conséquence, envelopper
tant de personnes. » Ce mot til son etîet. Le
tribitoal des crimes rappela les accusés, et»
les divisant eu sept familles, il ne tlt subir
un nouvel interrogatoire qu'aux chefs decba-
cune de ces familles; les autres accusés ne
comparurent plus. Ignace Pao, chef de la fa-
mille des Pao, (jui la première se fit chré-
tienne à Pékin il y a près de deux siècles,
et qui, dans des tem[is très-dilliciles, avait
la^e le fameux P. Hicci, fondateur de cette
mission, l^^nace Pao repondit comme un
ange. Ses juges, étonnés de la beauté de la
morale chrétienne, convinrent de bonne foi
que, même sur le sixième commandement
que les païens gardent si mal, c était la bonne
et ia véritable doctrine. Survint Farrêt du
sin-pou; il est assez modéré, il ne dit rien
contre notre sainte religion; on y ht même
qu'elle n'a rien de mauvais. Cenendant ,
comme elle est défendue par les lois, il la
défend de nouveau, et il oblige les chrétiens
à aller se déclarer, slls veulent obtenir le par-
don du passé.
Voici les termes de Tarrêt ; « Lei manda-
rins accusés nous ont répondu d*une ma-
nière sulhsante. Toute leur faute se réduit
h avoir embrassé une religion défendue dans
l'empire. Nous avons consulté les lois : il v
en a une qui porte que ceux qui auront violé
une loi seront condamnés à cent coups de
pantze (c'est un grand bàlon de cinq pieds,
plat par le boul). Selon le dispositif d'une
autre loi : Si toute une famille se trouve cou-
pabU^ le chef seul sera puni. Un Iroîsièniè
dil * Si quelquun dii tribunal des mulhémati'
que$ est coupable, on k privera de ses titres
et il $era réduit au rangdapeuple. Pour.se con-
former à ces lois, dans le cas [irésent, il faut
causer de leurs mandarinats tes sei>t chefs de
ilamille qui, contre les lois, ont professé la
li^ion chrétienne. Quant aux quinze autres
accusés, comme, suivant les loïs, on a jugé
[ responsables de leur faute leurs pères ou
^^eurs frères aînés, ils doivent, selon les
^Blois, être mis hors de cause et de procès.
^Bll Caudra défondre aux uns et aux autres do
^Btirof*/s$or la religion chrétienne et les punir
^m- DlCTlO^lf, DES PERSÂCnTlONi, L
1 I<^*
1 ca?
^acc
sévèrement s'ils ne se corrigent pas. Outra
cela, dans les deux villes qui comnosent Pé-
kin, et dans tout le district, il fa mira afficher
dos placards pour avertir que désormais on
usera des voies de rigueur contre tous tes
chrétiens qui niront pas se dénoncer eux-
mêmes. Ces placards seront aflieîiés partout
où il est de coutume* Telle est la sentence
que nous avons portée ; nous la proposons
respectueusemenl à Votre Majesté.— Aujour-
d'hui le 5 de la onzième lune, de Kienlong
33, le 13 décembre 1768. »
L'empereur répondit par ces deux mots ,
« yf y^ j'approuve cette sentence, respectez
cet ordre. -» Le ministre, par égard nour les
missionnaires de Pékin, et le président tar-
tare qu'on avait su gagner, avaient fait adou-
cir cet arrêt tant qu*ils avaient pu ; cepen-
dant, en le lisant, nous eiVmes te cœur percé
de la douleur la plus amère. Nous vîmes que
des sept chefs de famille interrogés, tous
n'avaient fms répondu également bien ; plu-
sieurs avaient cherché des détours pour se
tirer d'alfaire, et sans renoncer h leur foi,
ils ne l'avaient pas honorée comme ils de-
vaient; d'ailleurs notre sainte religion se
trouvait défendue de nouveau, et il était en-
joint au\ particuliers d aller se dénoncer
eux-mêmes, s'ils voulaient obtenir le pardon
du passé. Cette clause était bien dangereuse;
elle causa elfectiveuient de grands maux
comme nous ne l'avions que trop prévu.
Les mandai'ins des provinces , attentifs
aux démarches de la capitale, se tenaient
prêts il agir; un rien pouvait allumer le feu
de la persécution dans tout Tempire. Le P.
Laiiiallhe, missionnaire français de la |jro-
vince de Houquan, ne fut manqué que d'un
quart d*heure; les archers étaient presque à
sa porto qu*il n'en savait encore rien. 11 se
sauva précipitamment dans les montagnes
ùh il resta trois jours et trois nuits, caclié
dans un fossé et pouvant être h tout moment
dévoré par les tigres, qui soTit en grand
nombre dans toute la Chine. La chrétienté
qui est auprès de la grande muraille nous
envoya un exprès, disant que le bruit se ré-
pandait que nous étions tous arrêtés et
qu'on nous avait conduits au tribunal des
crimes, chargés de neuf chaînes comme !e
sont les criminels de lèse-majesté. Nous ne
méritions pas une si grande grâce, ia Provi-
dence nous réservait à un autre genre do
peine. Les placards s'affichèrent le saint jour
de NoëK Gela ne nous empêcha pas de célé-
brer cette fête avec un certain éclat. Comme
il ne faut pas braver Tautorité, il ne faut pas
non plus que les ministres du Seigneur crai-
gnent trop. Le soir, avant que les barrières
des rues iussei»t fermées, une foule de chré-
tiens se rendit à petit bruit dans notre
maison; il y en avait déjà d autres venus de
la campagne. Je vis parmi eux un bon vieil-
lard de soixante-douze ans, qui, pour avoir
la consolalion d assister k la fêle, n'avait
pas craint un voyage de quatre-vingts lieues
dans une saison très-rigoureuse. A minuit,
notre église était plus éclairée qu'en plein
jour. La messe commença aux sons des ius-
«51
CHI
truments et d'une musique rocale qui est
fori au coût des Chinois, et qui a quelquefois
de quoi plaire aux Européens. Il n'y eut que
ringl musiciens; on retrancha le gros tam-
bour et les instruments qui font trop de
bruit et qui, d^nsles circonstances, auraient
paru réveiller la haine des idolâtres. Les
soldats des rues battaient les veilles de tous
côtés , et ils entendaient à peu près comme
s'ils eussent été dans Téglise. Cependant il
n'y eut rien. Quand le jour fut venu, les
chrétiens sortirent de notre maison peu à
peu, et s'en retouijnèrent bien contents chez
eux.
Pékin a deux villes, la ville tartare et la
ville chinoise. La première a quatre lieues
de tour ot contient un million d'habitants;
la seconde, quoique moins grande, n'en
compte pas moins. Elle a deux lieutenants
de police, qui, pour Tordin/iire, sont man-
darins d'un ordre supérieur et membres
d'un des six grands tribunaux de 1 empire.
Le mandarin Ma occupait un de ces postes
et s'y distinguait par sa probité, son désin-
téressement et son exactitude à maintenir
l'ordre. Tout le monde savait qu'il était chré-
tien et personne ne pensait à l'inquiéter. Son
collègue nommé Ly, ne pouvant lui res-
sembler, chercha à le perdre. \\ lui signi-
fla qu'il eût à obéir à l'arrêt dû sin-pou et
à se dénoncer lui-même comme chrélien, ou
bien r[u'il lui en épargnerait la peine; q^u'il
ne lui donnait que trois jours pour délibé-
rer. Ma fut fort embarrassé : il consulta;
enûn, tout bien considéré, il prit son parti.
Le 31 d(!!'cembre, il présenta au tribunal du
gouverneur, dont il était membre, un écrit
conçu en ces termes : « Pour obéir à l'arrêt
du tribunal des crimes, je déclare que ma
famille et moi nous sommes chrétiens depuis
trois générations. Nos ancêtres embrassèrent
la r<?iiçiondans leLeao-Tong, leur pavs.Nous
connaissons comme eux que c'est la vraie
religion qu'il faut suivre, nous y sommes
tous fermes et constants. » Les mandarins
du tribunal du gouverneur aimaient Ma.
Ayant lu sa déclaration , ils lui dirent : « A
quoi pensez-vous? Vous courez vous-même
à votre perte; attende^ qu'on vous recher-
che, il sera alors temps de vous déclarer. —
C'est malgré moi, dit Ma, que je fais cette
démarche, on m'j; a forcé. » Là dessus on
le conduisit au ministre, comme au chef du
tribunal. Le ministre connaissait Ma^ il le
reçut avec beaucoup d'amitié ; mais le voyant
ferme, il donna commission aux mandarins
de sou tribunal de l'examiner. Pour le sau-
ver, on ne voulait tirer de lui qu'iîTie parole
un tant soit peu équivoque : on eut beau
faire. Ma fut inébranlable. Sa fermeté irrita
insensiblement ses juges qui ne concevaient
pas comment on peut être ainsi attaché à
une religion. Le tils du ministre, qui était
gouverneur de Pékin et encore jeune, s'é-
chauffa plus que les autres etdemanda brus-
âuemem à Ma : « Si l'empereur vousordonne
6 changer, que ferez-vous? » Ma répondit :
« J obéirai à Dieu. » Le )eune gouverneur, qui
lie voyait rien au-dessus de l'empereur, rut
CHI 6»
frappé de cette réponse; il pâlit et ne dit plua
mot. Ualla sur-le-champ faire son rapport au
ministre, son père, qui présenta un idacel à
l'empereur en son nom et au nom df son
Qls. 11 y raconta tout ce qui s'était passé la
veille, et il finit en priant l'empereur de U»
vrer Ma au tribunal des crimes pour y être
jugé selon la rigueur des lois.
L'empereur aima mieux qu'il fût conduit
au tribunal des ministres et des grands de
Tempire pour v être examiné et interrogé
de nouveau. L empereur comptait que la ma-
jesté de ce tribunal en imposerait à raccasé
et que difficilement il pourrait résister aux
instances de ce que l'empire a déplus grand.
Mais Ma se soutint avec un courage qti
étonna ses juges et qui leur ôta l'espéranea
de le vaincre. Dhs le lendemain ils présen-
tèrent à l'empereur le placet suivant : « Vof
sujets, nous, premier ministre et anCni,
présentons respectueusement ce plâeet i
Votre Majesté. Pour obéir aux ordres qu'elle
nous a donnés, nous avons fait venir en no-
tre présence Sching-te (nom tartare de JM
et nous lui avons dit : <k Si vous consentei à
sortir de votre religion, l'empereur vous ac-
corde le grand bienfait de vous exempter éi
toute poursuite et de vous naaiDtemr daM
vos emplois. » Ma a répondu : « Je n'avaii
que dix-neuf ans lorsque, étant encore dam
mon pays au delà de la grande muraiUe, on
nommé Na-Lung-go persuada à mon ami
d'embrasser la religion chrétienne. Mon
père suivit son exemple et moi celui ée
mon père. En recevant le saint baptême, je
fis vœu de mourir plutôt que de renoneer
au Dieu du ciel, à l'empereur et à mes pèf«
et mère. Depuis dix-huit ans que je s»
dans Pékin, occupé dans différents mandi-
rinats, j'ai été de temps en temps aux églises
du Dieu du ciel. J'ai lu dans ces églises trois
inscriptions exposées à la vue du publie, et
toutes trois écrites du propre pinceau de
l'empereur Kang-hi, L'mscription du mi-
lieu contient ces quatre lettres : AutériU-
ble principe de tous les êtres. Les inscrip-
tions latérales sont : Après avoir tiré du
néant tout ce qui tombe sous nos ssns, il i$
conserve et il y préside souverainsmmi: il est
la source de toute iustice et de têuitê ks au-
tres vertus ; il a la souveraine putsssmce de
nous éclairer et de nous secourir ^eic. Tel est
le Dieu des chrétiens ; tels sont nos engage-
ments, je ne puis y renoncer.... Nous, vos
sujets, nous nous y sommes pris de toutes ks
naanières pour convertir et gagner ce manda-
rin, mais il persiste aveuglément dans son
opiniâtreté ; il ne veut pas ouvrir les yeux :
c est quelque chose d'incompréhensible. Vo-
tre Majesté s'en convaincra par le détail de
nos interrogations et de ses réponses, dont
nous olfrons respectueusement le rnanaS'
crit à Votre Majesté, avec ce placet. — ht
27 de la onzième lune, de Kian^ong fli
le il janvier 1769. » L'empereur répMdtt^
Que Ma soit cassé et traduit em ttVfiett.
En conséquence de cet ordre, on arradn
à Ma les marques de sa dinnité ; on le chtf-
geade cl^^eiset. dans oet 6tat, on le eoodui-
cm
îî du palais au tribuoal des crimes, sur une
bbarrette c|écouv*3rle. Ainsi Ma^ lieulêJifint
lie police tJe la L-apilale, meoibrc *J au des
jix grands tribunaux de rertipire, ayant
grade Je colonel daus une des huit bautiiè-
tiS,ruldonûé eTïsneetacle de terreur, uni-
luen&eut pour la ruligioo» Menaces, sollicita-
îons, jTisulles, promesses, toui £u( employé
luccossivement pour rëbra nier, mais ce lut
|u vain; Ma ne se démentit pasoiuuoojent,
constanee comme-iça à intrij^yei- les mi-
istres ; il y abait au moins de leur for-
me s'ils ne venaient |»as h bout de faire
specter ^ Tordie de remjïereur, qui ja-
mais ne doit èlre sans viïei. Jls se rendaimt
iJe leiups en temps mi sin-pou. lIp jour,
le DHOistre cliinois munaca A/a de le faire
lettre k une yuestion cruelle : « Nous ver-
on s, dd-îK si les tourmenls ne seront pas
)lus s (jue nos paroles. — Vous n y
lénk'i I, reftrit le comte; il est inu-
ije Je ie pres^ser de renoneer à sa reli-
ioD ; y n'y renoncera pas ; laisseE-moi
lire. » Puii, s*a'liessant à âïa, il lui dît ;
^f Vmiis fWQi olît'usé lempereur, ne vous en
r -vous pas ? Et n'èti s-vous pas dans
Llti ivôr.^Liûùde vous corrigi^r de vos fautes
assées? — Oui, ré|*ondit Ma^ mais je ne
[luis sortir de la reliç^ion cbrëfiemc m l'enoH-
Br à Dieu. » Ce nii4 tira «ratlaire le minis-
re, ma. s il ternit du moi-is tlevant les bom-
les la gloire que ^îa s'élait si ju^ttjme?ii ac-
luisé jus(ju alors. Le ministre, saltacbont à
première* j)artie de la réponse» flit d'nti
|ton ba iiû qui lui était familier: a Je sais
lieuï c«^ que peose jUu que lui-même ; il
esi' ordres de rempereur; il veut
; tout est dit. Que laul-il de
b\usi Ma fut beau [uo les 1er qu'il était lon-
îours chrétien, et qu'il le seriiit jusqu'à la
lort, le ministre til la sourde oreille ; et,
fans tarder davantage» il alla faire son rap-
jri h Pempereur qui, quelques iours après,
Il publier dans les bannières iordre sui-
rant ;
La résistance que Ma a faite à mavo-
>nlé méritait une [mnition exem^daire; il
convenait de le traiter eu criminel ; mais
îUHue la crainle lui a enfin ouvert les yeux,
H Ta fait sortir de la reHgion ebrétienoe, je
" li fais gr.ice ; je veux même qu il soit man-
irindu litre de Vheon-pei* Qu'on respecte
îl ordre. »
11 y a dans Tempire buil bannières: c'est
cloute la force de l'Etat. Cbaque bminèrepeut
' ivoir trente â quarante ujille honujies exer-
dans le Diétn^r de la guerre, et toujours
ÏréLs k jiartir au moindre signaL Quoique les
*ar(Ai->< fissent le fond de ees troupe^, on y
§p}H\ udanl beaucoup de Chinois dont
îs iw.iM.... i>attachéreiU à la dynastie jiré-
f^Ole, lorsqu'elle conquit la Cbine. L\'diaire
le Ma eicUa, dans quebfues-unes de ces
Minières, une vive |)erséçution contre no-
sainle reUj^ion : les premiers cnups tom-
bèrent sur la famiile des Teheon. Son cbel\
lOiumé Laurent, est un homme de soixante-
léôux mis^ î^ui s était Bijif^nalé dans une pâ-
lie occasion, trente ans auparavant : il
tm
esi
comptait bien qu'il en serait de même cette
fois-ci, mais il ne savait pas à quelle épreuve
on dcfVîiit uieltre sa constance. 11 avait un
fils nommé Jean : c'était un jeune bomme
extrêmement aimable, et peut-être trop ar-
mé du vieux Laurent. Ce fut par cet endroit
qu'on Fattaqua.
Jean fid mandé le 7 janvier 1769, avec
son père et quelques-uns de ses parents.
Les mandiirins, en voyant Laurent, dirent ;
CI Nous connaissons cet homme-là, il ne dô-
manderait pas mieux que de mourir. » Puis
ils vinrent au lils et ils lui dirent : « Il j a
ordre de rempereur (jue vous renonciez à
votre religion. Y i énoncez- vous, ou bien
n y renoncez- vous f»as ? — Je n'y renonce
nas, répondit Jean.i» A Tiostant on se jeta sur
lui, et on retendit par terre ; un homme
se mil sur ses épaules, un autre sur se,s jam-
bes, et un troisième, armé d'un fouet tar-
tare long de cinq pieds el gros comme le
petit doigt par Tune de ses extrémités, lui
donna vingt-sept coups. Les trois premiers
lui tirent une douleur si vive, qull craignit
de ne pouvoir pas soutenir longtemps un
combat si rude ; mais ayant [irié Dieu dans
le fond de son cœur, il seniit croître ses
furces et son courage. Le lendemain, il vint
nous voir;il avait un aircontent. Nous nous
jetihnesà son coujjourrëmbrassejr; ils'atten-
drit et pleura. « Ah 1 que je crains, nous dit-
il, de n'avoir pas la furce de soulenir les tour-
ments 1» Nous le rassurâmes de notre mieux,
et nous lui promîmes tou^ le secours de nos
prières. Le S*, il communia k notre église,
et après avoir demandé instamment notre
béné action, il se rendit |»our la seconde
fois au lieu du combat. Le vieux Laurent
reçut il 'abord cinquante-quatre coups en
deux temps. On n'en donna (pie trois à Jean,
puis on s'arrêta. Jean, qui auparavant crai-
gnait de n'avoir pas le courage de souifrir,
craignit, dans ce moment, de ne soutl'rir pas
assez. Il reçut encore vingt-sent coups.
Le il janvier, il fut rappelé pour la troi-
sième fois. Ce fut le jour de ses grandes
sonifrances et de son tnomphe. Voici com-
ment il raconte (a chose dans une lettre qu'il
nous écrivit le lendemain. « Hier, dès que je
fus arrivé, le mandarin me demanda si je re-
nonçais, ou non- Je répondi'^ à Tordinaire ;
le ne renonce point. Aussitôt on m'ôta mes
hiïbits, et on me donna virjgt-siqjl coups de
fouet; après quoi, on me demanda une se-
conde fois : Renoncez-vous, ou non? Je ré-
pondis une seconde lois : Je ne renonce pas ;
on me donna encore vingt-sept coups. On
me lit quatre fois la mèine demande, je ûs
quatre fois la môme réponse, qui fut tou-
jours suivie de vingt-sept cou[>s, A toutes
les reprises, on ciiangeait de bourreaux, »
Jean, dans sa lettre, ne parle pas de son
père. Nous silmes qu'il avait été batki plu-
sieurs fois, safis avoir donné la moindre
marque de faiblesse; mais il ne tint pas aux
traitements cruels que Ton faisait h son
ils; cbaqde coup qui le fraopait perçait 6t.m
ceeur. Vaincu enlin par une fausse t^ndhes.^e>
ii succomba malheureusement, ne pi enaid
F
m cm
pas garde que sa chute allait être le plus
cruel supplice de son fils, Jean contioue
ainsi : « Vojaot que les coups de fouet n'é-
branlaient pas la constance que le Seigneur
Q]*insûirait,mon mandarin me mit à genoux»
une aemi-heure, sur des fragmenls de por-
celaine cassée, et il me dit : « Si lu remues,
« ou si tu laisses échapper quelque plainte,
« tu seras censé avoir apostasie, » Je le
laissais dire, et je m'unissais h Dieu; tes
m-:*ins ioinles j'invoquais tout bas les saints
noms Je Jésus et de Marie. On voulait en-
core ra'ôter cette coosoïalion. On séparait
mes mains, et on parlait de me cadeoas-
ser la bouche; maison eut beau faire^ ce
s\i|>î)lice n*eut pas reJTet qu*on s*en était pro-
mis; on en revint aux coups. On me frappa
encore à quatre reprises différentes; alors
mes forces s'épuisèrent, une sueur froide me
prit, et je tombai en faiblesse- Ceux qui
étaient autour de moi proÉllèrent do ce mo-
ment; ils saisirent ma main, et formeront
mon nom sur un billet apostatique. Je m a-
perçus bien de la violence qu*on me faisait ;
mais alors j'étais même hors d'état de pou-
voir m'en plaindre. Dès que j*eus assez de
force pour i>ouvoir parler, je protestai que
je n*avais aucune part h cette signature; que
je la délestais ; que j*étais chrétien et que je
le serais jusqu^ii ma mort. On me remit une
seconde fois sur les fragments de porcelaine
cassée, mais je n'y restai pas longtemps.
Mon officier s'aperçut que je m'alTaiblissais
sérieusement; il donna ordre de me traîner
hors de la cour. Je crus devoir renouveler
en ce moment ma profession de foi. Je dis
hautement que j'étais chrétien, et que je h
serais toujours. Mon père et mon oncle
m'emportèrent dans une maison voisine
pour y passer le reste de la nuit. »
Nous avons su d'ailleurs que Jean était
dans un état si pitoyable que les païens
eux-mêmes ne purent s'empêcher de verser
des larmes en le voyant, et le tils de son
mandarin alla lui-même lui chercher un re-
mède qui lui fil du lîien* On ne pouvait plus
revenir à U charge sans le tuer. Le froid lui
avait causé une si violente contraction de
nerfs, que ses genoux louchaient sa poi-
trine; ses reins étaient courbés et ses thairs
monstrueusement enflées, il ne voulait [ms
que ses parents et ses amis te plaignissent ; il
était tranquille, gai, contenl. Les chirurgiens
comptaient que, s'il en réchappait, il en
avait au moins pour trois mois ; mais, grâce
à Dieu, en moins d*un mois il guérit assfz
bien pour venir à notre église, à laide de
deux personnes qui le souteuftient : il fit
ses dévotions. Après son aclion de grâces,
il vint nous voir. Je lui demandai si, dans
les tourments, la pensée ne lui était pas ve-
nue qu'il pourrait bien y rester; il me ré-
pondit qu il croyait bien être à sa dernière
heure, quand irsentit la sueur froide se ré-
Mudre sur tout son corps; cependant, aiou-
Mi-l-il avec beaucoup de simnlicilé: si j étais
"*f*«t, JB n'aurais plus eu le bonheur de
Knumuniar; et en disant ces tiaroles les
nim% lui vinrent aux yeax. On n entendit
rte ,
pms parler mre de chrétiens battus et mil-
trailés de tô îles les façons pour la reliçion*
Cd jeune soldat, noraméOuan^ MicheUaana
autre bannière que Jean, eut à 5c»Dffrir te
mômes combats que lui. Tchon Joseph '
attaché à une colonne ta lête en bas el la i
tié du corps sur la glace, Ly Matthias
battu sans interruption jusqu'à ce qu'il
dit connaissance, etc*... (Le tt. édif*, toI
p. 78.J
Ce fut à cette époque à peu près, que fut
arrêté dans le Sse-tchouan, le SQ mai 1769^
le P. Glejo, prêtre des missions étrangè-
res. Ses souffrances durèrent jusqu en I7T7,
comme on peut le voir à son titre. En ITTi
il y eut quelque apparence de persécutioa.Cfi
éoit fut rendu qui déclarait la reli^on chré-
tienne contraire aux lois de !*eïiipire, mm
qui, en môme temps, disait qu'elle ne rta-
fi*rmait rien de faux ni de mauvais. On ¥0«*
lait surtout intimider les chrétiens* Persoo«
ne fut condamné à mort.
Eîi 1774, on eut connaissance à Pékin dti
bref qui supprimait la compa^^nie de JéAU
Le supérieur ûes Jésuites écrivait : «&mk
mcttons-nous et adorons : Dominus €$t. le
vous avoue que, malgré la résignation la plus
entière, mon cœur est blessé h ne guérir j^
mais ; sa plaie durera autant que moi
Mais je Tai dit : Je ne veux ni me plaindra
ni être plaint; il faut boire le calice jus<iu1
la lie, Heureuisi en nous élevant jusqu'oui
sentiments généreux de Fapôlre des Imlei
et du Japon, notre grand saint Xavier, aous
disons avec lui : « Âmpiius^ Domine^ im^
pdml w Cependant, pour dire le vrai, ilse-
ryit diiilcile d'ajouter h nos malheurs. Au
mois de février de cette année 1775, il nous
en est arrivé un qui nous a percés jusqu au
vif. Il y avait au collège une magnitiqu^
église, bâtie à Feuropéenne. Ce monuDie.it
iiuguste delà piété et du zèle des pri»ces
chrétiens» dominait cette superbe ville élan
nojiçait h sa façon la gloire du vrai Dieu.
L'Orient o avait rien de si beau ni de si tou-
chaiit. Le jour de la fête de sainte Catherine
de Hicci, grand'tatite du respectable et saint
vieil tard du môme nom, qu ou dit être au
château Saint'Ange, le P. Puno, Cbrrio^s
alla célébrer la dernière messe qui se dit à
sept heures, parce que lusage des Chinois
est de dîner a huit. Pendant la messe, il se
trouva mal. Il sortait de dessous lâutel une
odeur forte qui rincommoda au point qu'il
eut bien de la peine à linir le saint sacri-
hce.,... A peine était-il rentré dans sa cham-
bre, qu'on cria dans la cour : « Le feu est!
l'église l...» Le feu était si violent, et il avait
pris en tant d'endroits à la fois, quVo uûe
heure de temps, ce vaste édifice fui con-
sumé [... Celui qui tient entre ses mains k
cœur des rois toucha celui de Tempereur..*
Dès le lendemain, il donna ordre au Iribitotl
des ministres de s'informer de ce que son
aïeul, Tempereur Khang-bi, avait fait pour
le collège, lorsqu'on donna à son égtilt
la forme qu'elle avait ci-devanL II se trcwft
que Khanghi avait prêté à nosPères un ••«■»
c'est-à-dire dii mille onces d^argent, ce qi*'
«r
CKl
reyient ici à soix^nle-quinze mille livres de
notre monnaie. En Chine, les anciens usa-
ges font loi : Kliiang-loung en donna autant.
Cette grâce n'était que le prélude d'une au-
tre bien plus consïdérabte. II y avait dans
Féglise trois grandes et raagnifiqiies ins-
criptions. L'empereur Khang-hi lui-même
les avait écrites de son pinceau rouge- C'est
un de ces présents rares dont on ne connaît
bien le prix qu'en voyant de ses jeux qu<d
, cas en font les Cfjinois, Nous avons une de
ces inscriptions impériales en trois caractè-
res seulement : c'est un mot gracieux de
Khiang-hi au P, Pareritiin ; elle est expo-
sée dans Tendroît le plus honorable de la
saUe où nous recevons les grands. J'ai vu
un prince du sang n'oser s'asseoir aunl es-
sous ; il se retira par respect dans un coin.
Selon les mœurs du pays, perdre un tel pré*
sent» c'est toujours une faute ; il faut s'en
accuser auprès de l'enippreur. Nos Pères du
collège le firent dans un écrit qu'ils présen-
.tèreat à Sa Majesté. L'empereur les reçut
avec cet air de bonté qu'il sait si bien pren-
[dre quand il vent; il leur pardonna comme
[on pardonne une faute qu*on sait bien être
[involontaire* Ensuite, pour réparer leur
[perte- il donna ordre à son ancien maître,
[qu'il avait fait ministre de Terapire, de pré-
[parer de belles inscriptions pour la nouvelle
jégîise : « Je veux les écrire moi-même,
ajouta l'empereur; je les écrirai de mon pin»
aau rouge. »
Celte nouvelle se répandit aussitôt partout.
,Oa vint de tous côtés au collège féliciter nos
7ères... Il y eut même de nos chrétiens en
B, qui ne pouvaient presque s'empêcher
^garder comiue une espèce de bonheur
^accident qui était arrivé. Depuis ce temps-
[là nous sommes tranquilles; on rebâtit
l'église, elle sera magnitique. Nos Pères du
{collège, ne voyant plus de successeurs après
[eux, ne craignent pas de se mettre à l'étroit;
[ils veulent offrir h Dieu , en finissant , ce
Iqu'ils ne gardaient qne pour le faire connai-
lire et aituer. Quoique nous tâchions de ne
Jrien laisser échapper au dehors de nos dé-
isastres , cependant nos néophytes savent
[tout. Ils sont désolés. Us font quelque chose
*de plus : par attention pour nous et pour
riionneur de la religion, ils évitent de par-
ler de nos malheurs et des leurs. Les choses
vont leur train. Il nous est venu des pro-
vinces près de deux cents chrétiens pour les
fêtes de Pâques. Us ont montré une fer-
veur qui nous a (rautant jjIus touchés que
nous ne ponvio'is nous enipècher de penser
Ique, dans la suite, il n en sera peut-être pas
ainsi Vaine espérance, si Ton ne se
presse de nous remplacer 1 Quels hommes
que les Loppin, les Roy^ les Heuih^ les For-
geot et laot d'autres que notre jirovince
seule a fournis à la Chine ! Nous les vîmes
partir il y a lon^^ues années; nous ne pou-
vions assez admirer leur piété, leur zèle,
leur détachement , l':'Ur recueillement, cet
esprit intérieur, cet esprit d'oraison qui les
tenaient sans cesse dans la présence de Dieu,
et qui les rendaient si souples dans sa main.
^
cm itt
J'ai eu le nonheur de les suivre sans avoir
leur vertu. J'ai vu, depuis que je suis ici,
que bien loin de se démentir, ils sont allés
en croissant. Après avoir fourni une car-
rière méritoire et bien glorieuse à la reli-
fion, ils sont morts saints. II y a sans doute
e saintes gens et de bons missionnaires
parmi les religieux et les prêtres qui ont
voulu partager les travaux de la Compagnie ;
qu'on ne tarde donc pas d'en envoyer 1 O
Dieul combien d'âmes vont se replonger
dans les ténèbres de Tidolâtrie 1... Combien
n'en sortiront pas!,.. Ici, Dieu aidant, les
choses pourront encore se soutenir quel-
ques années, parce que, vu les circonstan-
ces et le local, on ne voudra pas nous inter-
dire, parce qu'il est nlus dilïicile qu'on ne
pense de nous reranlacer; parce qu'il est
iiîoralemeot impossible de tom^her à notre
état, c'est-à-dire h notre façon de vivre et
d'être au palais» Mais nous ne sommes pas
immortels : Pékin tombera enfin et suivrai©
malheureux sort des autres missions. »
(Henrion, vol. IV, p. 53V,)
En 1776, lé tribunal des crimes poursuivit
d'office les missionnaires; mais un mot de
l'empereur lit cesser cette poursuite. En
1777, la persécution recommença. Le man-
darin d'un village nommé Ye-kia-tchouang,
frappé du progrès delà religion, voulut l'ar-
rêter. Pour avoir occasion de faire une mau-
vaise affaire aux chrétiens, il leur donna
ordre de contribuer à la rebâtisse d'un miaù
(temple d'idoles). Les chrétiens répondirent
qu'ils ne le pouvaient pas, mais qu'ils s*of-
fraient volontiers à contribuer à d'autres
charges publiques , comme à rebâtir des
ponts et à raccommoder des chemins. Le
mandarin s'attendait bien à cette réponse ;
au Heu de s'en contenter, comme tant d'au-
tres mandarins, idolâtres comme lui, il les
chargea de chaînes et les traîna en prison.
Ils étaient en tout une vingtaine. Troi^' jours
après, c'est-à-dire le 5 mars 1778, it les cita
h son tribunal, La il fil tout au monde pour
les séduire: il revenait sans cesse aux lois de
l'empire et à la honte dont il prétendait que
des Chinois se couvraient en suivant une re-
ligion étrangère, telle que celle des Si-Yang-
Gin (Européens). 11 y avait parmi les pri-
sonniers un nommé Sou-Mathias , baptisé
seulement depuis un mois. Il prit la parole
et répondît si h propos et si raisonnablement
que le mandarin n'eut rien à répliquer. Il
s'en irrita, et, pour s'en venger, il lui ht don-
ner sur-le-champ la question qu'on appelle
en chinois kia-koan; c'est un supplice vio-
lent. On met les pieds du patient entre des
planches qui sont étroitement liées ensemble
a une de leurs extrémités ; à l*autre il y a
deux hommes puissants qui, avec des cor-
des, serrent ces planches et les raf^prochent
par secousses ; à la première secousse les
i)lus robustes tombent en défaillance. Sou-
Hathias soutint généreusement cette ques-
tion, h plusieurs reprises; le mandarin, re-
buté et humilié de sa constance, le (it relâ-
cher. Il s'attaqua ensuite à un catéchumène.
Il 3*imagina que celui-ci, n'étant point encorô
659
CHI
CHI
Gu)
éh^étien, il en viendrait plus aisément à
boat I il lui lit donner des souiOets sans nom-
bre; Le catéchumène répondit constamment
gil'ajant le bonheur de connaître Je vrai
Dieu, sa conscience ne lui permettait pas de
s*en écarter et que très-sûrement il embras-
serait la religion chrétienne, la seule où
i*homme puisse rendre à Dieu ce qu'il lui
doit et sauver son âme. Le mandarin en Ut
battre un troisième et les renvoya tous en
prison.
La Chine aurait ses martyrs comme ailleurs,
si le premier interrogatoire décidait du sort
des chrétiens ; mais il n'est pas croyable
combien on fait jouer de machines pour les
tromper et les ébranler. Les Chinois sont
en cela tl'une industrie qui passe tout ce
qu'on peut dire, il faut que le mandarin l'em-
porte a quelque prix que ce soit; il y met
son honneur, jamais il ne se rend. Quand
celui de Pa-tcheou sut que ses gens étaient
venus à bout, h forco do ruses, de tromper
quelques-uns des néophytes, il les fit tous
comparaître devant lui pour la seconde fois.
Sou-Malhias fut encore souffleté et battu avec
le nan-tsée (bâton long de quatre à ciaq
Eieds dont on se sert pour punir les coupa-
les). Tous les autres chrétiens furent battus
de môme. Alors le mandarin dit : « qu'on
les reconduise en prison et qu'ils sii^nent
l'écrit qu'on demande d'eux. » Les uns di-
rent : « Nous obéirons;» d'autres se turent,
et afin qu'on n'entendît pas ceux qui pour-
raient réclainer, les gens du tribunal tirent
beaucoup de bruit et les poussèrent hors de
la salle. La même chose arriva peu après à
Sin-tchang-hien, petit endroit (}ui n'est pas
loin de Pa-tcheou, mais d'un autre dis-
trict. Onze chr'tiens y montrèrent beau-
coup de constance dans les tourments ; et
après ils cédèrent presque tous à de mau-
vaises raisons et à une compassion dépla-
cée. Je ne suis point pour le merveilleux, il
faut cependant dire le vrai. II est arrivé à
Pa-tcheou deux faits singuliers.
Sou-Mathias, après avoir reçu la question
kia-koan, fit un mouvement pour se lever.
Les gens du tribunal se mirerït a rire ; deux
s'approchèrent de lui pour l'emporter. « At-
tends, lui dirent-ils, tu n'y penses pas; tu en
as pour cent jours sans pouvoir te remuer. »
Sou-Mathias se sentait, il les laissa dire, se
leva seul et, sans douleur et sans aide, il s'en
retourna en prison où tout de suite il pré-
para à manger aux autres prisonniers. Dix
jours après il vint de son pied h Pékin. Les
chrétiens nous racontèrent ce qui était ar-
rivé et ce qu'ils avaient vu eux-uièines de
leurs yeux. Je cherchais k exi)liqucr c^' fait
singulier. Il me vint en pensée qu(î peut-
être le mandarin n'avait voulu que I elfrayer,
et que les cordes qui unissaient les planches
S une extrémité se prêtaient à mesure qu'à
l'autre extrémité on rapprochait les planches
pour écraser le pied (ît le bas de la jambe.
Le P. Dolliers voulut en avoir le cœur net.
Etant seul dans la ciiambre avec Sou-Ma-
tliias, il lui dit d'ôtcr ses bas; alors il vit de
ses yeux , au-dessus et au-dessous de la
cheville du pied , de glisses taches noires»
formées par un sangextravasé; Sou-Mathias
y passa la main et les frotta sans sentir au-
cune douleur. La cheville du pied n'était
point entamée, parce que dans les planches
on fait un trou dans l'endroit qui y corres-
pond; sans quoi celui qui aurait reçu cette
question serait hors d'état de marcher le
reste de ses jours Sou-Mathias ne se dé-
mentit point, on n'osa pas môme lui présen-
ter le billet apostatique à signer.
Theou-Neat Mathieu ne fut pas si heu-
reux ni si fidèle, quoique, de son propre
aveu, Dieu l'eût favorisé d'une grâce qu'il
ne connut pas assez. Voici comment je lui
ai ouï raconter la chose lui-même, le P. Dol-
Ijers était présent : « Le mandarin, dît-îl, me
demanda si j'étais chrétien ; je lui répoth
dis : Je suis chrétien. Il me demanda mon
saint nom ; je répondis : Je m'appelle Ma-
teou (Mathieu). Il m'ordonna de changer.
Je répondis ; Cfela ne se peut. Aussitôt, il
fit étendre devant moi des chaînes sur le
pavé de la salle ; on abaissa mes baS el oit
me mit à genoux. Dans le premier mometl(|
je sentis une douleur excessive ; je fis c«ttft
courte prière : Mon Dieu ! ayez pitié de \Mi^
soutenez-moi. A l'instant la douleur cessa
On me tint sur ces chaînes pendant près
d'une heure. Je répondis à tout sans emba^
ras et sans trouble. Le mandarin fit passeï
une planche sur mes jambes, et ordonna à
deux hommes de monter dessus, aQn de les
presser davantage sur les chaînes ; cela né
lit rien. O'i me fit ensuite étendre les bral
en croix, et on les lia dans cet état à un gros
bâton long de cinq à six pieds, qui me pas-
sait derrière le dos. Deux hommes eurent
ordre de me Presser en bas, moyemartt ee
bAlOîi ; on le fit avec violence. Tout fut inu-
tile, je ne sentis rien ; et après une heure
passée dans cet état, je me relevai sans dou-
leur; j'étais content d'avoir sauvé ma foi;
mais en prison ils m'ont tourné la tôle, j'ai
eu le malheur de la renoncer, je viens me
mettre en pénitence. » Je ne pus m'em-
pôch.r de lui dire : « Malheureux 1 votre
narré vous condamne. Quoi ! celui qui vous
avait soutenu si puissamment dans votre pre-
mier corahat ne pouvait-il pas encore toul
soutenir dans les autres ? Après avoir reçu
de sa bonté une si grande grâce, deviei-
vous l'oublier sitôt et le renoncer? » Il me
répondit : « Je ne l'ai pas renoncé dans le
cœur; j'ai perdu la tête en prison. » Teheou
Mathieu est un bon homme, je le connais
depuis longtemps ; il a eu le malheur de
tomber, mais je ne crois j)as qu'il ait voulu
nous tromper sur le fait en question. D'ail-
leurs, en racontant ce qui lui était arrivé, il
ne paiaissait pas s'apercevoir de la grâce
spéciale «{ue le Seigneur lui avait faite. Il
avait la confusion peinte sur le Visage et
l'air (}U()n donne aux apostats dans les Actes
(les uKift.vis, si ditrérent de celui qu'avaient
les généreux confesseurs de Jésus-€hri5t.
Nous lavons admis à la pénitence. [LHt.
édif., vol. 111,0. 11V.)
En 1784^, plusieurs missionnaires de la
ande ayant été pris en Chine, la pér-
il recommença contre les ministres de
lie, Quoique dans la capilaïe ils con-
enl a être toujours bien reçus. M.
, évèque d'Agathopolis, ayant établi,
W, un séminaire chinois dans son
t, avait obtenu pour coadjuteur M,
nt-Marlin qu'il avait sacré, le 13 juin
[)us 1« nom d'évêque de Caradre. Peu
un édit de fempereur parut, ordon-
I chercher sll ny avait pas de pré-
rs de la religion,^ tout en disant de
la confondre pourtant avec les raau-
L^ maison de Tcliiiitoti, où étaient
llement l'évéqae de Garadre etplu-
éutres mis'^ioiinaires, fut investie ;
irès avoir rais en sûreté les elfels de
i, les missionnaires l'avaient quittée
onee de !a persécution. 11 n'y restait
wtéchiste pour la garder. Il fut pris
►lusicurs chrétiens. Le gouverneur,
kjt plein de bon vouloir^ après deux
I eïâmen^ condamna Jes prisonniers
nés les plus légères qu'il lui fut pos-
appliquer, et ensuite les en exempta.
a même une ordonnance» pour qu'on
iu« à tourmenter les chrétiens. Mais
lercbes qu'on taisait dnns les autres
:es devinrent funestes aux uiission-
ie Tchintou. Ils furent dénoncés par
réliens du Cheusi, qui fdlirmèrent
Pie Lieou, prôlre chinois, et deux
maires se trouvaient au Sulchuen. Le
leur du Chensi écrivit li celui du
sn pour réclamer fortement le prêtre
qui, par sa famille, appartenait à son
tiement. Ce prêtre prit la fuite.
a Uii nouvel édit impérial, prescrivant
lercher encore les missionnaires et
diriger sur Pékin, Un mandarin fut
du Chensi pour faire les reclierchcs,
ne de Garadre, qui s'était retiré à
journées de Tchintou, h Tienlsueu
is grandes monta-çnes, fut dénoncé
i chrétiens qu'on avait mis à la tor-
Jetant retiré dans une forêt voisine
nier les soldats mis à sa recherche,
rrôté par eux au bout do quelques
Cela arriva le 8 février 178». Il fut
êc sa botte aux saintes huihs, son
e limitation et un chapelet. Quoiqu'il
lade» on lui mit la chaîne au cou. En
manl ils s'égarèrent et se saisiront du
ique de l'évéque d'Agathopolis. Ils
mt à la môme chaîne que l'évê pie.
>nguo barbe qu*il portait, an vieux
djB laine qui lui couvraii 1*1 tête, ils
révèque iiour un coquin. Arrivés
ce auberge, ils voulaient le mettre à
ire; des sergents s'y opposeront et lui
enl ua verre de vin dont il avait un
extréni3. Les mandarins ayant été
us de la t^rise de révéquo, arrivèrent
â nouveaux soldats. On le tit cunipa-
Celui qui présidai! le traita honora-
it et voulut lui faire oter sa chaîne,
ne ayant ilit qu'il se faisait houiicur
orter pour la rehgion^ le mandarin la
sa, en lui disant : <t Couime vous vou-
cm mi
drez.» Après Tavoir interrogé, on le lit trans-
porter en chaise à Yatcheou, pour y fttre
jugé en première instance. Durant îe che-
min il mangeait à la table des mandarins*
C'était eo carême; ils le tirent servir en mai-
gre sur sa demande. Au tribunal, interrogé
par le président, il lui dit qu'il était en
Chine pour y prêcher la religion chrétienne
(nous laissons parler révêque) : »t religion
seule véritable, religion absolument néces-
saire pour obtcnii' le bonheur et éviter des
maux élornels. Ayant parcouru cette pro-
vince, dit-il, J'y avais formé environ deux
ou trois mille prosélytes; tous, ainsi (|ue
moi, suivant les maximes de notre religion^
nous étions très-Odéles à Tempereur et
obéissants aux lois* — Tu mens, me dit un
mandarin; tu mens: l'empereur défend de prê-
cher ta religion ; tu la prêches ici contre ses
ordres : cojnmenl oses-lu dire que tu es obéis-
sant aux lois de l'empire?» Je sentis la ré-
ponse que je devais faire, mais j éprouvai un
mouvement de crainte et de terreur que Dieu
me lit la grâce do surmonter* Je répondis :
« Dieu est plus grand que l'empereur; c'est lui
qui est le roi des rois ; l'empereur n'est qu'un
homme : ainsi, uuandjedis que nous sommes
très-obéissants a l'empereur, c'est par rap-
port aux lois (jui ne sont pas contraires h cel-
les de Dieu ; s il y a opposition, pour lors c*est
à Dieu que j'obéis et non pas à l'empereur. »
Ils insistèrent : « Est-ce Dieu qui t'a dit de
venir en Chine ? L'as-tu vu ? As- tu entendu
ses paroles ?— Dieu, répondis-je, me Ta dit
par sa loi, qui commande de l'aimer par-
dessus toute chose et d'aimer les hommes
comme Dous-mêmes; or, c'est ce que j'ai fait
en venant publier ici ses grandeurs et ses
miséricordes, et vous ouvrir le vrai chemin
du bonheur que je connais et que vous ne
connaissez pas. — Mais, n'est-ce pas plutôt
Ut roi do ton pays qui t'envoie ii:i?^Non,
assurément non ; le roi de mon pays gou-
verne ses Etats sans prétendre vouloir gou-
verner ceux des auti'es souverains, — Ne
sait-il pas du moins que tu es ici ? — Il ne
me c^jniiaît poirrl.— ïu es donc sorti sans sa
permission ; tu es coupable. —Ce n'est pas
une conséquence ; j'ai obtenu du mandarin
chargé de ces sortes d'allaires la permission
de sortir du royaume ; ce maTidariTi savait
bien que mon intention était de prêcher la
religion ; mais il ignorait, ainsi que moi, le
pays oii je devais la fvrécher. — Mais pour-
quoi venir en Chine plutôt qu'ailleurs? —
l*ër toute la terre il y a des missionnaires
qui prêchent la religion ; ayant vu la langue
chhioise, je sentis fdus de goût et de facilité
pour l'apprendre que d'autres langues : en
co?iséquence je me déterminai à entrer en
Chine. — Eh I pouniuoi plutôt au Sulchuen
que dans les autres piovinces? — Pour deux
raisons : les vivres y sont moins chers, et
les histoires m ayaîit appris que celte pro-
vince, il y a plus de cent ans, fut dévastée
par les Pa-l.ay-ouan^, et le peuple renouvelé
depuis, je jugeai qu'il y avait moins d'abu8
et de malice, et par conséquent moins d'obs-
tacles à la vérité. — Qui t'y a amené ? — Des
m$ CEI
paietis qne je ne connais pas. l'entendais
fjuelqpe chose de la langue, et, raoyennanl
cent cinquante taëls, ils onl consenti à touL
— Comment as-tu pu apprendre la langue?
— Nous avons dans notre pays des livres
qui renseignent, et j'en ai vu un, fait par un
nommé Fromoo,qin a bien cinquante ans
de date. — Mais les livres n'apprennent pas
lestons; il faut une voii pour les faire
sonner. » Je Gs quelques observations sur
les notes de musique, qu'on écrit sur le f pa-
pier sans qu'il soit besoin de les articuler
ou sonner. Je dis que h sente pensée suffi-
sait pour les écrire et autres choses sembla-
bles, où ils n'entendaient rien ni moi iiou
plus. Un d*eux, ennuyé de ma dissertaliou,
m'interrompit en disant : « La réponse est
toute simple : vous avez dans votre pays des
Chinois tjui y sont allés pour y apprendre
vos livres, et qui rentrent ensuite en Chine
pour y prêcher votre religion ; ce sont pré-
cisément ceux-là qui vous ont appris les
sons. — Il n*en est rien, répondis-je; les
Chinois ne peuvent sortir de rerapire, el les
raisseaux européens qui vont à Canton crain-
draient de les recevoir; mais il est vrai
qu'il y a dans mon pays des commerçants
européens qui viennent à Canton faire le
commerce; ils savent le chinois et j'en ai
vu plusieurs avec qui je me suis entre-
tenu. — Comment vis-tu ici î — A mes frais :
j'ai apporté environ cinq cents taéls ; je n*en
ai plus que dix, et ils sont tMilre vos mains.
—Mais» si tu n'avais pas été pris, n'ayant
plus d'argent, comment aurais4u vécu 1 —
Les chrétiens ne s'embarrassent pas du len-
demain ; an reste, il était naturel de suppo-
ser que des gens, pour le salut desquels
j'ai tout sacrifié, nerae laisseraient pas mou-
rir de faim, » On voulut savoir ensuite les
lieux que j'avais parcourus, les chrétiens
que j'avais proches, les maisons où j'avais
uemeuré, et s'il y avait des Européens dans
la province. Je répondis à cette dernière
question que jl* n'en connaissais point. Far
rapport aux autres questions, je vous dé-
clare, leur tlis-je, que, suivant ma religion,
je suis venu ici, non pas pour me sauver
en nuisant aux autres, mais bien pour sau-
ver les autres, méjiie à mon préjudice. Le
président nie dit en propres termes : « Tu
es un sot, qui ne sais pas penser. En quoi
nuiras-tu à ces chrétiens que tu nommeras ?
La religion chrétienne est nonne; quel nuil y
a-t-il de suivre une bonne relif^iori ? w Je ne
i"épondis rien. Un autre ma demanda : « As-
tu demeuré chez tel et tel (qu'il me nomma]?»»
Je dis : ït Je ne connais pas cela. — Mais tu
n'es pas descendu du ciel en volant ; certai-
nement il y a des endroits où tu as demeuré ?
— Oui, il y en a et beaucoup, mais ma reli-
gion me défend d'en nommer aucun, —Les
chrétiens Font déclare eux-mêmes, tel et tel
r*»nt avoué. — S'ils le déclarent, ce sont leurs
affaires ; ce n'est pas moi qui leur nuis ; au
reste, je demande confronlalion ; s'ils l'a-
vouent devant moi, je le reconnaîtrai. j> Je fus
renvoyé a une autre audience et rappelé peu
de temps aprt^s. On avait mis devant l'en-
droit où je devais me mettre à genoux, une
féruîe dont ils se servent pour donner des
suutÏÏets. On me demanda combien de temm
j avais demeuré dans l'endroit où j'avais été
pris? d'où j'étais parti pour y venir îqui est-
ce qui m y avait conduit ? par où j'avais
passé ? Je fixai un temps : je dis que j'a-
vais loué sur la route des gens que je ne
connaissais pas, pour porter mes effets, et
qu'ils s*en étaient retournés. J'assignai
aussi plusieurs endroits de marché par où
j avais passé, où il n'y avait pas de chrétiens*
Je fus interrompu sur l'époque du temps
qui ne s'accordait pas avec ce que les cbr^
tiens avaient déclaré. Je dis : « Qu'on les
fasse venir, » En effet, ils furent appelés et
le mandarin leur dit : « N'est-il pas vrai
que vous avez déclaré avoir été chercher
votre maître dans tel endroit, que vous l'a-
vez conduit vous-mêmes chez vous et qu'il
J était depuis tel temps? » Les chrétiens le
reconnurent. Je dis ;« Passe, ce sont leurs
alTaires. »
On tit ensuite mettre Tévêque en prison ,
avec les fers et les menfïlles. On le ûl cou-
cher avec une troufie de bandits. 11 avait un
soldat chargé de prendre soin de lui. Leleih
domain, le soldat lui ôta les menottes elle
mandarin lui envoya h souper et à diner.Le
surlendemain , iî "fut ramené en chaise î
Tchintou. 11 fut rais dans la prison qui ser-
vait aux mandarins , et parut le lendemain
devant le lieutenant criminel. Après plu-
sieurs interrogatoires dans lesquels Tévêque
fut très-bien traité, on lui demanda si Li-to-
lin n était pas dans le Sutchuen ( Li-lû-lio
était le nom de M, Dofresse). Mis dans une
salle, l'évèque entendit dire qu'il y avait des
ordres très-pressants pour se saisir de M. 0a*
frrsse , et que celui-Jà pris , les poursuite
Uniraient . Craignant que dans les reeherdws
cpi'on faisait pour le prendre , on arrtttl
beaucoup d'autres missionnaires, il lui écri-
vil pour l'engager h venir de lui - même.
Douze jours après, M. Dofresse arriva, Sur
ces entreftiites , il vint un ordre d'arrêter
M. Delpont, dénoncé parles domestiques du
fïrocurt^ur de la Propagande, ainsi que toas
es autres m issioi maires de cette congréga-
tion. On avait dit que M. Delpont était au
Sutchuen. Des chrétiens» interrogés par le
lieutenant criminel, avouèrent la vérité des
révélations faites. Plusieurs chrétiens de la
chrétienté de Ngan-yo où on avait dit qu tl
était, furent mis h la torture, reçurent consi-
dérablement de soulîlets. Croyant bien faire,
révoque , pour éparguer aux chrétiens de
jmreifles tortures, écrivit aussi à M. Delpont
de se présenter, et aftirma qu'il n'y avait pliïs
de missionnaires dans la partie orieolalei
croyant que M. Devant était dans la pro-
vince de Kouei-lcheou. On mit les chrétiens
h la question, et M, Devant fut dénonaf
comme étant dans la famille Lv, h Tchoiw*
kin-fon. Un mandarin, délaclié avec des sol*
dats, al la pour lechercher dans cette famille,^
ne l'y ayant pas trouvé, alla du cùtéduSoUh
fou où on disait qu'il s'était retiré , et pe>
tout tit ses recherches avec mâaiiûeût 4Ϋ
ma'
m
cm
«érérité contre les chrétiens. André Yang,
prôlre chinois, fut pris. M. Glego et M. De-
vant furent sur le |)oitit de Tètrc, Beaucoup
de chrétiens» pris dans les districts de ces
deux uiissionnaires, furent conduits àTchin-
tou* Plusieurs membres de la famille Ly fu-
rent mis à la question. On dit h cette fa-
mille que, si dans un mois FEuropéen ne s*é-
tait pas présenté , tout entière elle irait en
prison. M. André Yaug, la famille Ly\ M. Del-
**lDt ayant supplié Tévéque , M. de Saint-
artio , d'écrire h. M. Devant de venir, il le
t. Le mêniejour il partit pour Pékin avec
Dufresse, On les y conduisit en chaise.
Ils y arrivèrent le ^8 avril. Ils parurent le
Jendemain au tribunal des crimes , dit Hing-
ou, enchaînés et les fers aux pieds. On les
it dans la prison des mandarins. Dans ce
ieu, ils furent nourris avec de mauvais riz et
une certaine espèce dofromagefaitavecdulait
de fèves,qu'ils achetaient. Onatreoucingjours
iprès, les satellites leur ùtaient leurs fers, et
rce les leur remettaient que quand ifs de-
vaient aller à Taudience. Dans cette prison
ils étaient en fort mauvaise compagnie et ron-
gés de vermine. Après plusieurs jugements
j rendus, le tribunal supérieur porta le sien ,
ue Tempereur ratifia. Les courriers qui
vaient introduit les missionnaires furent
ndamnés à un o\il perpétuel en un lieu
lommé Yli, et k être marqués au visage,
s prêtres chinois, au tiwubre de six, [larmi
lesquels était M. Adrien Tehou, furent con-
laumés à la même peine. Quant à MM, Saint-
'artin et Dufresseï Icjui^ement les condam-
ait à utie prison perpétuetle.
Plusieurs des missionnaires emprisonnés
ne vivaient que du riz que faisait distribuer
^'empereur; sept moururent dans la prison
'inanition et oe misère. Parmi les sept, il y
vaitdeux évoques, celui de Milétopolis et ce-
ai de Domitiopolis, tous deux vicaires apos-
Icdiques du Chensi.MM. Devant et Delpont
oururent aussi. Cette nouvelle étant arrivée
Pékin, Févéquo de Caradre en eut une ex-
* me douleur, en songeant que c'était lui qui
s avait engagés h se présenter. Après trois
ois , il élait dans un état de consomption
el , que de jour en jour il s'attendait à mou-
^Tir. M. Duiresse gardait une bonne santé.
Les missionnaires de Pékin leur flrent pas-
ser des secours. Malgré tout ce qu'ils a vaient
lait d'efforts pour adoucir de toute fa^on le
sort des prisonniers, jusque-là ils n'avaient
pu réussir à rien, A leurs prières , Tempe-
^^ur répondait qu'ils méritaient la mort,
t que c était encore leur faire grâce que de
l^s condamner h une prison parpémelle. Le
inistre défendit qu*on presentîll aucune pé-
tîon concernant les missionnaires, Entîn
n parvint , moyennant d'énormes sacritices
d'argent, è gagner les geôliers et h les déei-
der à leur faire , comme nous le disons [ilus
haut t pas&er des vivres. D'aborJ , ou avait
lUerré les corps de MM. Devant et Delpont
vec les criminels; Tempereur permit enlin
iTu'oo les enterrât où le jugeraient h propos
les missionnairi's de Pékin. Erdln^ le 10 no-
vembre 1783 f Fempereur donna un édil qui
CHI G66
ordonnait de mettre les Européens en liberté»
en leur laissant le clioix de retourner à Ma-
cao ou de rester dans les églises de Pékin.
Recueillis à Téglise des missionnaires fran-
çais, jusqu'à ce qu'ils pussent relourntrà
Macao , les missionnaires confesseurs do la
foi y furent traités avec toutes sortes de dis-
tinctions ot de prévenances.
Les mandarins supérieurs de Tchintou
avaient eu beaucoup de bonté pour Tévéque et
ses compagnons; ds leur avaient affirmé en
partant que leur maison ne serait pas con-
fisquée. Ils avaient aussi eu égard aux priè-
res que Févôune leur avait faites de ne pas
forcer les chrétiens à apostasier.
Cette persécution enleva à la Chine dix-
huit missionnaires européens, huit prêtres
chinois, plus M. Matthieu Kou et plusieurs
du Sutchuen et du Foukien. Six des huit
premiers sont morts en prison, les six autres
conduits en exil à Yli , à huit ou neuf cents
lieues de Pékin . et marqués sur la joue de
deux lettres qui signiiient hors les iimites:
condamnés en outre à servir d'esclaves aux
grands mandarins qui gouvernent dans ces
lieux lointains pour rempereur. Beaucoup
de chrétiens, qui avaient servi de conduc-
teurs aux missionnaires , furent pareille-
ment envoyés en exiî. Ceux qui les avaient
reçus dans leurs maisons furent condamnés
à un exil de trois ans dans les diQérerKes
nmvinces de remiùre. Il iaut aussi compter
M. de la Roche» ex-jésuito, mort dans les fers
hors de Pékin. L*évêque de Caradre, M, Du-
fresse, et huit ou neuf missionnaires sortis
de prison, se rendirent à Macao. Les PP. Ma-
riano et Crescentiano, franciscains italiens,
restèrent à Pékin, ainsi que M. Ferreti, prê-
tre de la congrégation des Baptistains* \ oici
maintenant, pour cumpléter ce récit, Textrait
d'une lettre écrite de Macao le 12 novembre
1806 : « On ne trouve plus à Pékin ni les
missionnaires, ni îes chrétiens; on continue
à y être observé de plus près et à y avoir
bien moins de liberté qu'auparavant. Il faut
espérer que la constance montrée par les il-
dèles de cette capitale Tannée dernière; que
leur i>alience à tout souffrir plutôt que de
Iraliir leur conscience; que les tortures que
quelques-uns ont endurées, les cachots,
l exil, Fcsclavage que plusieurs endurent en-
core en léjnoignage de la foi ; que la fidélité
de ces généreux confesseurs attireront sur
cette église des grâces spéciales dont on ne
lardera pas h sentir les heureux effets. Le
missionnaire de Pékin , qui a été exilé en
Tartaric, est plus libre et mieux traité qu'il
n était dans le principe. On espère que Feni-
jjercur ne tardera pas à lui doujier Fa liberté
de retourner avec ses eonfrères. La persé-
cution que celle de Pékin faisait craindre
dans les provinces n a heureusement pas
eu iiea. Tout s'est borné à quelques éails
que l'on a publiés , mais qui n'ont pas été
exécutés, excepté peut-être celui qui enjoint
de veiller plus striclerat^nt poirr empêcher
i entrée de nouveaux missionnaires.
«Le missionnaire italien qui fut arrêté dans
l'été de itj05 et conduit dans les prisonB de
667 CHI
danton, y est encore. La sentence de Tem-
perour le condamne h y rester trois ans. Pen-
tlant quelque temps il a été fort maltraité.
Le geôlier, dans la vue d'extorquer de l'ar-
gent , suivant Tusajjçe , ne se contentait pas
do lui mettre de trùs-i^ros Icts aux pieds et
fréquemment aux mains, il lui faisait mettre,
jmur la nuit, unn barre do fer dont une ex-
trémité alladirc aux jainbos d l'autre lui
passant sous le menton , tenaient son corps
étendu, fixe et immobile, d'ine manière très-
gftnante. On est venu h bout de trouver uu
intermédiaire qui a réussi à traiter avec ce
gecMier; et moyennant inio sonnne (ju'on lui
donne tous les mois, et une plus foiU.^ qu'on
lui a dnnuj'e d'abord , le prisonnier n'a plus
à soulfrir que les incommodités inséparables
de la prison. On peut lui faire passer quel-
ques ailoucissements , do l'ai-gent, même
quelques lettres, et en recevoir de sa part.
Nous avons appris dernièrement qu'il avait
pour compagnons d'infortune trois manda-
rins, de la société et de la conversation des-
Suels il était assez content ; mais que deux
'centre eux venaient d'être mis 5 mort, et que
l'autre avait prévenu son supplice en se pen-
dant lui-même. J'ai dit (ju'on avait trouvé
un intermédiaire pour traiter avec le geôlier;
c'est que les prisons étant dans la ville , les
Européens n'y ont pas d'accès. D'ailleurs, il
est important que les Euroi>éens ne paraissent
pas s intéresser beaucoup pour c(»s |Mison-
niers , sans quoi le geôlier mettrait ses fa-
veursou omigsionsdUnhumanitélx des prixex-
horbitants ; et môme è force de vouloir ex-
torquer de l'argent , il ferait mourir de faim
et de miser*» uoti*o pauvre prisonnier. Pour
cette raison, il est important d'avoir un inter-
médiaire discret, et il convient de n'envoyer
que peu de chose au prisonnier. Les Chinois,
qui conduisaient ce missionnaire loniu'il fut
arrêté, ont été condamnés h un exil perpé-
lucl , et cet exil est en môme temps un es-
clavage : ils ont porté la cangue et ont souUert
plusieurs autres tourments avant Je [lartir
pour leur exil. Le chef des conducteurs du
missionnaire s'est comporté avec beaucoup
de prudence et une fermeté héroïque... Il a
pris tout le délit sur lui-même ; les tortures
a ont pu lui an-acher le nom d'aucun mis-
sionnaire, daurun chrétien. Ce grand cou-
rage et l'attention qu'd eut, lorsqu'il vit
3 u il allait être arrêté, de détruire les lettres
ont il était chargé et q li eussent doimé
des renseignements aux mamlarins, ont mis
à l'abri des recherches plusieurs mission-
naires et chrétiens qui eussent échappé dif-
ficilement. Le coadjuteur de Pékin est t>>u-
jours ici, en attendant que les voies ilevien-
nent praticables. L'incertitude «in l'inps où
il pourra se rendre à sou poste, et la crainte
que l'évoque de Pékin vienn»» à maïuiuer et
9ue ce (Quartier se trouve sans prélal , ont
éterminé celui de nos confrères pi>rlugais
de Pékin, quia été nommé .'i révê«h'"de
Nankin, à accepter Cr^te dijiiiiié, quoiqu'il n'y
eût lias de probabilité qu'il pôt visiter son
propre troupeau. 11 a été consacré dans le
CHI M»
courant du mois d'août.» (Lett. idif.y vol. tlL
p. 2%.)
La révolution française, qui éclata peu de
temps après , porta un coup funeste à toutes
les nistitutions religieuses. Celles qui dans
ce noble pays se consacraient aux missions,
forent momentanément supprimées. Plu-
sieurs des directeurs do ces établissements
(|ue le fanatisme inintelligent de la révolu-
tion ferma, se retirèrent à Home , d'antres à
Londres. Plusieurs i.ouve«ux apôtres parti-
rent cependant : six de Londn*s, de n96 à
1799 , et quatre de Rom»», de 1800 à 1807.
M. Souviron, l'un de ceux qui étaient partis
de Londres, ayant été découvert peu de temps
après son entrée en Chine, fut mis eo prison
où il mourut le 13 mai 1797.
M. Dufresse , sacré évéque de Taoraca le
25 juillet 1800, par l'évèque de Caradre mou-
rant, devint vicaire apostolique du Sset-
chouan, et sacra M. Tranchant évoque de Ca-
radre. En 1803, il réunit un synode , le pra-
mler qui se fût tenu en Chine. Peu après,
l'arrestation d'un courrier pris avec ses dé-
pêches donna lieu à de nouveaux édiU;
mais ils ne firent pas beaucoup de maL M
religion continua à être florissante , malgré
les petites vexations dont de temps en tempi
les missionnaires furent Tobjet. Cet eût
dura jusqu'en 1812. A cette époque, un prê-
tre chinois ayant été arrêté dans le Chensi,
le nouvel empereur, Kia-k^ng, rendit uddcm^
vel édlt portant peine de mort contre tousM
prêtres qui seraient découverts dans l'eia-
pire. On voulut expulser de Pékin touslei
ministres de l'Evangile , honnis trois qu*Qi
gardait pour le tribunal des mathématiquM»
On accepta dans l'inti'rêtde la religion. Cette
situation valait encore mieux qu'une expul-
sion complète. Bientôt après, le collège 4c
Lo-lang-keou, dirigé par les prêtres des mis^
sions étrangères, fut surpris et brûlé. L'év^
que de Tabraca fut pris le 18 mai 1813. Vaî-
ninnent M. Ëscodecade de la Boîssonnadt
offrit |)Our lui une rançon , elle ne fut pas
acceptée. Le vice-roi, comme on peut le voir
à l'article ïonquin, le lit décapiter.
Le -28 octobre 1819, M. Clet écrivait des pri-
sons de Ou-tchang-fou à M. Richenet: •^torh-
sieur et très-cher confrère , l'endroit d'où je
vous écris vous indique au premier abord
qu(» c'est avf r raison ([ue j'emnioie ces pa-
roles du prophète : Deu$ aajutor in Cri-
butalionioiis quœ inrenerunt nos fiimif, IKet
est notre appui au milieu des grandes tribo-
lations dont nous sommes abreuvés. Anmoil
de d>'>cend)re 1818, une maladie de sept I
huit jours nous a ravi M. Dumazel. La Ita*
viden*e a voulu, je crois, épargnera soi
Ame trè<-sensible le regret de voir la déso-
lation i\os ihrrliens des montagnes du Co«-
t.-hing. lhiî\< le mois de février 1819, notre
co'ifnTe . M. Clien , a été vendu aux prélo-
riinis [>ar u'i nouveau Judas , moyeniuM
vin^t mille deuersdont il a été dépouillé fitf
un aussi mauvais garn«Mnont que lui. M.Chea
a été conduit à t^ou-tchiug, d'où, après avoir
été honoré d uue soixantaine de aoulBotli
CHl
té traduit à la capitale Ou-tchang-fou.
mdl , j'ai été pris au Voîshiage de Nou-
fbt),dans le Ho-nan, où, aprèi avoir été
ré \ diverses reprises d'une trentaine
ulDetsetd'un agenouillement «^ nu, pen-
trois ou quatre heures, sur des chaînes
T, iai été conduit à Ou-tchang-fou , par
onfe de vingt jours, les fers aux pieds ,
idinsétau cou, n'ayant pour auberge que
isons que Ton rciiconirait dans le cne-
. J'ai eu la consolation de trouver no-
ter confrère avec dix bons chrétiens ;
3 seuls dans une chambro où nous fai-
sans gêne en commun les prières du
. el du soir sans être inquiétés.... Je
le, je ne puis m'empècher de verser des
s de consolation et de joie en voyant le
paternel du bon Dieu h Tégard de son
de serviteur et à Tégard de ses enfants
s qui ne pouvaient être confessés que
101 Notre confrère, M. Je-hing, qui
en secret les chrétiens dans les lieux
iToisins de cette ville , a célébré la
I messe dans une maison peu éloignée
us a apporté la sainte communion
imiol a eié aussi compromis h mon oc-
1 ; il est arrivé ici ; il panjît que son af-
s'accoinmodora. Pour la mienne, la
à peu près tinie. » Il ajoutait en ffost-
Hm ; « M. Lamiol, M. Chen et moi , et
iibd hombre de chrétiens, avons été ju-
S6iiitiveroent par le grand mandarin le
iTier 1820, qui tombait un samedi. D*a-
DQ a présenté aux ajjostnts de la viande
•c, ce qui est, dans ces circonstances, un
d'apostasie. Les malheureux en ont tous
éf et en conséquence ont tous été ren-
diez eux. Ensuite on a fait compa-
vlngt- trois chrétiens fidèles, (juiont
i€té avec générosité dans la profession
>tre fol : ils ont été renvoyés en prison
jr attendre la décision de l'em; ereur.
ont comparu MM. Lamiot, Chen et moi.
> deui ou trois interrogations, le Tagen
laré M. Lamiot déchargé de toute accu-
ly et lui a ordonné de se lover. Il ex-
ensuite M. Chen l\ apostasier : sur son
, il a été déclaré coupable. Enfin le Ta-
it quelaues mots pour moi et pour ex-
mon séjour en Chine , tout en me dé-
it coupable. M. Lamiot retourna en
î à porteurs à son logis. M. Chen et moi,
lôs chaînes aux pieds, aux mains et au
•etoumâmes en prison où nous déposâ-
mssitôt ces ornements dont nous ne
les décorés que lorstju'il faut paraître
il le mandariîi. Nous attendons à pré-
fl décision de l'empereur. .. Quoicjuo le
ai ail écrit quelques mots à ma dé-
©, on doute fort qu'il consente à me
r en vie. Je me prépare donc à la mort,
t souvent avec saiiît Paul : Mihi vivere
tus est , et mori lucrnm. Si je vis , c'est
lésus-Christ, et la mort serait pour moi
lin. » jHenrion, vol. IV, f». 651.)
que M. Clet avait prévu arriva. L'em-
r ratifia la sentence. « L'empereur
\A mort, lui dit le mandarin qui lui lut
itence.— Bien volontiers dit Ai. Clet. »
GHI 670
Il fut étranglé le 18 a#h i820. On conserve
h Paris avec respect Thabit qu'il portait à ce
moment, et la corde qui a servi à son supplice.
M. Lamiot, banni de l'empire, se retira à
Macao où il fonda et dirigea jusqu'à sa mort
un séminaire pour les Chinois. Dans leSse-
Tchouan, le i)rôtre chinois Lieou, pris en
1821, fut strangulé en 1823. Nous ne retrou-
vons plus de persécutions jusqu'en 1839.
M. Jean-Gabriel Perboyre lut arrêté dans
la province de Kouang-in-Tan, dans le Houpé,
le 15 septembre, il était è célébrer la fête de
Sainte-Marie, avec M. Rameaux, évêque de
Myre, MM. Baldus et Clauzetto, quand on
viiit les prévenir uu'ils étaient trahis. Le
troisième jour de la fête, M. Perboyre fut
rencontré par les soldats. Il était avec un
catéchiste. « Vous cherchez un Européen?
dit celui-ci.— Oui, c'est un chef de la religion
du maître du ciel.— Et combien a-t-on pro-
mis à celui qui le livrera?— Trente taëls.—
Elibien 1 dit le catéchiste en montrant M. Per-
boyre, cet homme est l'Européen que vous
cherchez. » Mené à Syang-yan-fou , M. Per-
boyre dut subir l'interrogatoire à genoux de-
vant le juge. Il dut s'agenouiller sur des
chaînes qu*on étendit au milieu de la salle.
Pour qu'il pût rester dans cette atroce posi-
tion, des cordes attachées au plafond le te-
naient par les pouces et par la tresse des
cheveux qu'on a l'habitude de porter en
Chine. On mit un madrier sur ses mollets,
el des soldats se balançaient aux deux ex-
trémités. Durant ce supplice, qui dura la
moitié d'un jour,vainementle mandarin vou-
lut le faire apostasier. Ce ne fut là que le
commencement (Je son cruel martyre. Au
même tribunal on voulut lui faire fouler aux
pieds un christ ; il refusa, et , [)renant le
crucifix, il le colla avec respect sur ses lè-
vres. A un autre tribunal rien ne put non
plus l'obliger à marcher sur des croix qu'on
avait fait peuidre à terre. Il refusa avec une
généreuse indignation d'adorer une idole
qu'on avait fait apporter. Alors le mandarin
mrieux commanda aux chrétiens alors pré-
sents, de lui arracher la barbe et les che-
veux. Sur leur hésitation, le juge les con-
damna à être violemment llagellés. « Faites,
dit le P. Perboyre ; je souQVirai cela avec
plaisir. » 11 y en eut alors qui eurent la lâ-
cheté d'obéir. Le juge lui Ut ensuite donner
cent coups de bambou , puis lui ordonna de
se revêtir de ses habits sacerdotaux. Un ins-
tant le saint martyr garda le silence ; mais ré-
iléchissanl sans doute à la couronne d'épines
du Sauveur et à la robe de pourpre c^ue, uar
dérision, on lui avait mise, il dft qu il allait
le faire. A peine cela fut-il fait, qu'd s'éleva
dans le triuunal une grande rumeur. Le vice-
roi lui (U imprimer sur le visage, avec un fer
rouge, les quatre caractères suivants : sie
kiao ho chang, c'est-à-dire bonze d'une re-
ligion mauvaise. Après cela on le mit dans
une prison sale et fétide avec des scélérats.
Mais ses juges le croyaient magicien, et pour
ne\itraliser ses malélices, ils le forçaient à
avaler de fortes rasades de sang de ciiien tout
fumanl.
eii
CM
Le îl septembre 18M), la senteocc du tri-
bunal de Pékm^ cjoi condamnait le saint à
être étranglé^ arriva avec la signature de
rempereiir. Il marcha au supplice, vôlu d*uo
caleçoû et de la robe rouge des condamnés.
Il avait les mains altacbécs derrière le dos.
Elles tenaient une lon^i^ue perche au bout
fie laquelle était un drapeausur lequel était im-
primée la sentence. On lui adjoignilcinqmal-
Kuieurs qui dun^ut être eiéculés avec lui. On
attacha successivement et on décapitales cinq
malfaiteurs. Le bourreau prit M. Perboyre^
lut lia les talons au dos et le lixa au poteau
dans la posture d'un homme agenouillé,
mais à quelque distance du soL Alors, sai^
sissant une corde» il la lui tordit autour du
cou avec vigueur. Quand il vit le martyr
prêt à rendre l'âme, il lâcha la corde. Ce ne
lut qnh la troisième fois qull Tétrangla,
Comme il rendait le dernier soupir, un sol-
dat s'approcliaut lui donna un violent coup
de pied dans !e ventre. On a 5 Paris les pré-
cieuses reliques de ce saint martyr, hormis
ses ongles. Beaucoup d'elTets à son usage,
entre autres le matelas et la couverture
qui lui servaient d'habitude, y arrivèrent
aussi àla M de juillet 1841. M,deLagrenée,
ambassadeur envoyé par Louis-Philippe en
Chine, en 1843, stipula avec le mandarin Ki-
hing des garanties de toléi'ance très-graudes
en faveur des chrétiens indi^ïènes et des mis-
sionnaires.
Voici la teneur de ce qu'écrivit le manda-
rin h rempereur, et de la réponse qu il en
regut, « Après un e^tamen approfondi, écri-
vit le maodarin Ki-ing h TemiJereur Tao-
Kouang, j*ai reconnu que la reltgiou du maî-
tre du ciel (le christianisme) est celle que
vénèrent et [>rofes^ent toutes les nations de
l'Occident : son but principal est d'exhorter
les hiimmes au bien et de réprimer le mah
Anciennement elle a pénétré, sous la dy-
nastie desifmâf, dans le royaume du milieu
(Chine); et à cette époque, elle na piint été
proliibée. Dans la suite, comme il se trouva
souvent, parmi les Chinois qui suivaient
cette religion, des hommes qui en abusèrent
* pour faire le mal , et qui allèrent même jus-
qu'à séduire les femmes et les filles et à ar-
racher les yeux des malades, les magistrals
cherchèrent et punirent les coupables. Leurs
jugcmentssont consignés dans les actes ju-
diiîiaires. Sous le règne *le Kia-king on com-
mença à établir un article spé» ial du code
pénal pour punir ces crimes. Au fond c'é-
tait pour empocher les Chinois chrétiens de
faire le mal, mais nullement pour prohiber
la religion que vénèrent et professent les
nations étrangères de rOccident. Aujour-
d'hui, comme Tambassadeur français La-
grenéo demande qu'on exempte Je châti-
ments les chrétiens chinois qui pratiquent
Je bien, cela me parait juste et convenable.
J'ose, en conséquence, supplier Votre Ma-
jesté de daigner etempter à l'avenir de tout
châtiment les Chinois comme les étrangers
qui professent la religion chrétienne, et qui
eu même temps ne se rendent coupables
d'aucuû désordre ai délit* S'il s*eû trouvait
encore qui osassent séduire les femmes H
les filles, arracher les yeux des malades ou
commettre tout autre crime, on les punirait
d après les anciennes lois. Quant aux Fran-
çais et autres étrangers qui professent U
religion chrétienne, on leur a permis seule-
ment d'élever des égîises et des cbapeUes
dans le territoire des cinq ports ouverts au
commerce ; ils ne pourront prendre la li-
berté, dans llntérieur de l'empire, de prê-
cher leur religion. Si que!qu*un, au mépris
de celte défense, dépasse les limites ûxéeset
iait des excursions téméraires, les autorités
locales aussitôt après le livreront au consul
de sa nation, afin qu'il pnisse h^ contenir
dans le devoir et le punir. On ne devra pas,
comme auparavant, le châtier précipitamment
on le mettre à mort. Par là Votre Majesté
montrera sa bienveillance et son alTeclion j
pour les nommes vertueux ; Tivraie ne S€fi
point confondue avec le bon grain; et $€$
sentiments et la justice des lois éclaterool
au grand jour. Suppliant donc Votre Maje^l*
d'exempter de tout châtiment les chrétiens
qui tiennent une conduite honnête et ver-
tueuse, j'ose lui présenter humblement celle
requètei pour que sa bonté auguste daigD«
approuver ma demande et en oraotjner l'été-
cution. V Uf quête respectueuse, — ApproU-
tion. — a Le diï-neuvième de la onzième
lune de la vingt-quatrième année de Tad-
Kouang, J*ai reçu ces mots (de réponse) écnls
au vermillon : « J'acquiesce à la requête,
ïlespeclez ceci. « (Henrinn, vol. IV, p* 651)
CHIO (A>DRè Di£), malade d'une gros»
fièvre en 1VG5, promit îi la sainte Vierge, s'il
guérissait, de ]j;arder la chasteté perpéïuelle»
11 guérit, et, ildèle h son vœu» il s'habille de
blanc et se rend à Conslantinople. AussilM
des marchands égyptiens le traduisent d»-
vaut le juge, comme ayant renié la croix CQ
Egyide et fréquentant de nouveau les églises
iles chrétiens. André prouve par des témorus
(pi'il n'a Jamais été en Egypte, et n'a auilté
son île que pour venir dans la capitale d«
Fempire* De plus, on le visite, et on ne trouve
sur lui aucune trace de circoncision. I-ejugt'
porte laMaire au sultan, qui, informé qi^c
c'est un grand et be.^u jeune homme * com-
mande de lui oflYir le grade de capitaine s*il
veut se faire musulman, sinon de lui com»ef
la tête, A toutes les offres les plus brillanla,
André se conl^^-nte de répondre que \^ ntorl
pour Jésus-€hrist lui est plus chère q^^
tes choses. Le lendemain, lié à un jw i
est battu de verges et de lanières; il ne ^ i
que ces mots ' « Vierge Marie, secourez-moi!»
Cependant, au soir, les bourreaux paûsçfit
si'S nlaies et lui donnent à manger, cùmm»
touctiés de compassion, mais en eftelpont
prolonger sa vie et ses tourments. Le seôcri
jour, on lui déchire le dos avec des ongl^^
de 1er; on le panse et le restaure de oouveitt
le soir, de peur qu'on n attribuât Sii guéris^^o
h Dieu. 11 se trouva effecliveraeut guéri ^^» sî^
imit-L\ même. Le troisième jour, on -
tura les mains et les pieds de telle ^-'-^
que tous les doigts, les coudes et les geuuoi
étaient disloqués, avec une douleur efîM-
07S
CHl
CHR
071
sive. Le quatrième jour* on lui détache la
chair des épaules avec des épées ; le cin-
quièmef la chair des fesses avec des rasoirs;
le sixième Jes mollets; le seplièniejes cuis-
ses. Le huitième, on lui diichire h coups de
fouets tout le corps» de la tète aux pieds ; un
coup emporte la chair de la mâcnoin^ Ce
laoïbeau, conservé par les chrétiens dans lo
njfinastère de Saint-Françoïs, répand une
odeur merveilleuse. Le neuvième jour ,
amené au lieu du supplice, on le voit guéri»
Irès-vigoureux^ et d'un visage rayonnant de
iuie : les inabométans de vanter la vertu de
leurs remèdes, et de iiiomeUre la faveur do
priîice s'il veut renier la croix. Le martyr
attribue sa guérison à Jésus-€lirist et à la
sainte Vierge, et, désirant mourir pour Jésus-
Christ, il présente sa tète au bourreau. La
el le corps, par ordre du .sultan, sont
.es h Galnta, et ensevelis honorablement
_ans réghse de la Sa in te- Vierge. Dix mois
après, rniustre Grégoire de TrL'bisonde,qui
a célébré ce martyre dans un élégant dis-
urs, vit le corps tout entier et de couleur
errocille, comme d'mi buauue qui dormait,
uoique le lieu fût si humide, fine toutes les
tolTes dont on avait ejjvelo])j»e le corps se
avaient déjà pourries, (llohrhacber, Hui.
mit. de l'Egi. mth., L XXV, p. 575; Alla-
us, Dé Eccl, occident, f^ orient, perpettm
onêenéione ^ L m, c. 7, n. 2.)
ÇIUO, aujourd'hui Scio^ île de la Grèce,
la côte occidentale de TAsie Mineure,
un canal étroit la sépare. Ce fut dans
lie que, sous le régne de Tempereur
, saint Isidoro fut jeté dans un puits,
ur la foi chrétienne, vers Fan 250. On pré-
tend que bien longtemps Teau de ce imils
eut la propriété miraculeuse de guérir les
inalades. Un prêtre du pays avait dit à saint
Grégoire de Tours, qui le rap[>orte, que sou-
reot une flamme très-vive eu sortait.
Dans cette même tiersécution, sainte Mj-
FOpe ftii aussi mise a mort pour la foi dans
celle lie. Le Martyrologe romain dit t^u^elïtî
fui condaauiée par on juge nommé Numé-
ien, qui (a lit assommer à coups de levier.
CHJOME (sainte], martyre, était vierge.
le cueillit la paime du martyre avec sainte
gape, sous Tempe reur Bioclétien. N'ayant
voulu renoncer h Jésus-Christ, elles souf-
1 d ahorki une longue el dure captivité,
farenl jetées dans le feu ; mais les flam-
oe leur ayaut fait aucun mol, elles ren-
dirent leurs âmes à Dieu* L'Eglise fait leur
néiDoire le 3 avril.
CHJOLSI ou Ceitsi, Cltmum, ancienne-
flBênt ville de Toscane, aujourd*bui bourg do
l'Elnirir, vil sous Aurélien idusieurs de ses
liants arrêtés par Turcius , envoyé de ce
, pour cause de christianisme. Tous
,1 mis à mort le même jour tj^ue sainte
ustiolè, cousine de Tempereur tlaude, el
t Irénée, diacre, qui s«^nt les plus célè-
es pjirmi les saints que Turcius envoya au
L (Voy. Tuacius, Mustiole, et Irénée,
CH1BI6ICHI (les naturels de), excités par
û^ Maracaoana, dont plusii^urs avaient
^
été enlevés et vendus par Alphonse de Ojeda,
pillard espagnol, se détirent des religieui
"ui habitaient, au milieu d'eux» le couvent
0 Sainïe-Foi. C'étaient des Dominicains. Les
deux religieux de Sainte- Foi ignoraient his
événements qui étaient arrivés à Manicapana,
bien qu'ils se fussent passés h quelques îieues
seulement de chez eux. (vêtait le saint Jour
de (hmanche. L'un d'eux n'était pas prêtre;
il venait de recevoir l*absolution pour com-
munier; laulre était sur le point d otîrir le
saint sacritice.Les naturels arrivèrent comme
d es fo r c en es, é gorgé re nt 1 e s d e u x r e 1 i gi e u x ,
mirent le feu au couvent, brisèrent les clo-
ches, les images, les croix, un christ, el je-
lércnt les débris de ces choses saintes sur
les cficniins des environs. Ils cotqïèrent les
arbres platUés par les Européens, voulant
ainsi effacer jusqu'à la dernière trace de leur
séjour au milieu d'eux. Bien des fois, dans
lliisloire américaine, on trouve de tels évé-
nements, La cupidité, la cruauté des vain-
queurs, éloignaient les indigènes de la reli-
gion qu'on leur prêchait, et les poussaient k
de terribles représailles.
CHllJKIN, prince arménien de la famille
d'Ardzourouniki fut Tun de ceux qui souffri-
rent volontairement la captivité pour Jésus-
Christ, sous le règne d'Hazguera, deuxièuie
du nom, roi de Perse, et qm ne furent remis
en liberté et renvoyés en leur pays que huit
ans après la mort de ce prince, sous le règne
de son Gis Bérose, (Pour plus de détails, voy.
Princes aiimé?4ie!vs.]
CHRISTÈLE (sainte), martyre, souffrit
pour la foi, h Avila en Espagne, avec saint
Vincent et sainte Sabine. (I oy. Vincent, pour
plus de détails.)
CHKISTIN (saint), reçut la couronne du
martyre en Pologne, où il était ermite, il eut
fiouT comimgnoos de ses glorieux combats
es saints Benoit, Jean, Mathieu et Isaac,
tous quatre ermites comme lui. On ignore
répoqne et les circonstances de leur martyre.
L*Kghse fait leur fête le ^2 novembre.
CHRISTINE (sainte), martyre, onrès avoir
subi divers supplices pour ïi\ foi enrétioone,
durant la perse uulion de Dioctétien, au com-
mencement du iv* siècle, fut condamnée h nno
mort cruelle. Elle fut exécutée à Tyro, ville
qui se trouvait dans une lie engloutie main-
tenant dans le lac de Bolsène en Toscane.
Aujourd'hui les reliques de cette sainte sont
gardées à Palerme en Sicile. L'Eglise fait sa
Jéle le 2V du mois de juillet. [Votj* Ughelli ,
JtaL sacr.^ L V, et Pinius, Acta sanctorumt
t. y Juta, n. km.)
CHIVISTINE t sainte), martyre, habitait la
Perse. Cette vierge y souÉfrit le martyre dans
des circonstances qui ne sont noint parve-
nues jusqu'à nous. Le Martyrologe romain
ne donne aucun délaih L'Eglise fait sa fête le
13 mars,
CHRISTOPHE (saint), ou Chkistofhore^
avait un aulre nom que celui-ci : nous igno-
rons lequeL II avait pris celui de Chrîsloplie,
pour indiquer davantage son amour pou*
Jésus-ChrisL C'est ainsi que saint Ignac^i
d'Antioche avait pris le nom de Théonnore.
n
«15 CHR
Le nom de Christophe signifie Porte-Christ :
c'est à cause de cela aue la tradilion popu-
laire, matérialisant ridée quexiirime ce
nom, a fait de saint Christophe un géant, un
eolosse portant le Christ sur ses épaules, et
traversant la mer avec lui. Peut-être ne faut-
il voir en cela qu'une allégorie. L'art, encore
k son enfance , exprimait ainsi , traduisait
d'une façon palpable, les idées et les senti-
ments. Quoi qu'il en soit, saint Christophe
fut martyrisé en Lvcie. Ses reliques, qui
avaient été transportées à Tolède, le furent
depuis à l'abbaye de Saint-Denis. L'Eglise
célèbre sa fête le 25 juillet.
CHRISTOPHE (saint), martyr, reçut la cou-
ronne des combattants de la foi à Conioue,
sous la persécution des Arabos. Il eut pour
compagnon de son martyre saint Léovigilde.
Tous aoux ayant été emprisonnés pour la
défense de la foi chrétienne, furent décapités
et brûlés ensuite. L'Eglise honore leur sainte
mémoire le 20 août.
CHRISTOPHE (le bienheureux), natif
d'Atlyhuetza, près de Tliscala, dans le Mexi-
Îue, était fils d'un puissant Indien nommé
cxotechalt. Cet homme avait soixante fem-
mes : il en avait eu quatre enfants. Corlès
exigea qu'il les envoyât au séminaire que les
religieux avaient fondé. Les faits que nous
racontons se passaient en 1528. Christophe
était l'ainé; ce nom lui fut donné à son bap-
tême. 11 fit de grands et rapides progrès dans
les sciences, et montra un zèle ardent |)Our
la propagation de la foi. Navré de voir son
père iaolâtre, il voulut le convertir; mais ses
instances ne parvinrent qu'h le faire détester
de lui. Voyant que les paroles de douceur
n'avaient pas réussi, il jugea convenable de
le reprendre avec fermeté, et de faire enten-
dre à son père les menaces rjue fait la reli-
gion à ceux qui ne suivent pas ses saints
commandements. Acxotechalt lit endurer à
son fils de rudes chAtiment<, pour la liberté
de son langage. La mère de son tils puîné,
voulant que son lils h elle dcvhit, au détri-
ment de l'aîné, l'héritier des biens paternels,
excita la colère (l'Acxolechalt» en accusant
Eres de lui Christophe d»' certains crimes,
e père alors résr)lut la mort de son lils. Il
l'enferma dans un lieu éearté, et le tua eu
l'accablant de coups de bàlon. Après cet
odieux forfait, Acxotechalt c.Mcha dans le sa-
ble le corps de son fils, et défendit à ses ser-
viteurs d en parler. Queïtiue temps après ,
Acxotechalt, ayant été emprisomié [)Our in-
jures envers un Espagnol, vit son crime dé-
couvert et fut pendu. Le ( orps de Christophe
fut transporté dans une chapelle qu'on bAtit
à Atlyhuetza; depuis, il fut mis dans une
église (fu'on éleva à TIascala , et qui est
nommée é-;lise de rAssom[)tion.
CHRISTOPHE KOTLNDO (le bienheu-
reux), de la compagnie (k Jésus, fut marty-
risé a Axaca, le 8 février 1571, avec les bien-
heureux Jean-Bapliste Ségura , Sanchez Sa-
velli, Pierre de Linarez, Gabriel Grmiez. Ils
avaient pénétré dans la Floride, conduits par
un nature) du pays, nommé Louis, qui avait
été baptisé en Espagne. Nous verrons, à l'ar-
ticle Louis de Quiros,que ce naturel re-
négat le massacra avec deux de ses oomi>ê-
gnons. Trois jours après, les meurtriers ss
présentèrent devant les autres missionnaûti
qui restaient, ceux nommés plus haut^prÂ-
textant avoir besoin de haches pour abattre
des arbres. A peine eurent-ils désanné les
missionnaires, qu'ils les massacrèrent (8 fé-
vrier 1571). ils s'emparèrent des vases sacrés
et commirent un grand nombre de profaDa-
tions. (Societas Jtsu usque ad sanguimis it
vitœ profusionem tnilitam, p. kk9.)
CHRISTOPHE (le bienheureux), prêtre
f)ortugais, fut un des derniers prêtres eatho-
iques qui restèrent en Abyssinie après le
départ ou la mort des missionnaireSy lorsde
la cruelle persécution que Basilides, Néeous
du pays, suscita contre tes catholiques. (r»y.
Melca Ciiristos.)
CUROCUS, célèbre roi des Allefaiands, q«
fit en Gaule , sous le règne des empereun
Yalérien et Gallien , plusieurs incursions
dans lesquelles il ravagea le pays et fit moo-
rir un grand nombre de chrétiens. Ayant
trouvé, près de Mende, saint Privât retiré
dans une giotte, sur le haut d'une montagM
qui dominait le château de Grèze, qui était
au bas, et dans lequel les habitants s^étaieot
retirés, il voulut le forcer à les trahir; et
n'a.vaiit pu y réussir, il voulut l'obliger à sa*
crifier à ses dieux. Voyant que le saint refu-
sait avec horreur, il le fit tellement battre,
qu'il en mourut quelques jours après. On
trouve encore qu'if fit mouriV saint Amaraii4
ou Amaranthe, au village de Vians ou Vien,
près a'Albi.
CHKOMACE, préfet de Rome sous PeBlp^
reur Carin, et dans les premiers temps de
l'empereur Dioclélien , sévit avec riauenr
contre les chrétiens. Parmi ceux qui roreit
amenés devant lui, saint Tranquillin, que h
f>rétre saint Polycarpe venait de convertir,
ui raconta que sa conversion tenait à ce qna
ce prêtre l'avait guéri de la goutte. Chromaee,
qui élait attaqué de la même maladie, fit ve-
nir Polycarpe, et ayant été guéri lui-méoie,
il se convertit avec ïiburce, son fils. Il quitta
sa place, qu'on donna à un nommé FaDieo.
11 allVanchit et fit baptiser tous les esclaves
de son domaine, au nombre de IWW. U se
retira ensuite en Camnanie, où il avait des
terres considérables. 11 y accueillit une foule
de chrétiens, pour les mettre à Tabri de la
persécution ; et, enfin, il y mourut dans la
l)ralique des plus saintes vertus du christia-
nisme. L'Eglise fait sa fête, avec celle de son
fils saint Tiburc<s 1^ li juillet. U est de toute
nécessité de recourir à l'article saint Sébas-
tien.
CHROMACE (saint), évêque et confessev,
fut tourmenté pour la défense de la religioo
à Aquilée, dont il était évoque. Le Martyro-
loge romain ne nous a laissé aucun détail
sur son combat. L'Eglise célèbre sa mé-
moire le 2 décembre.
CHRONION (saint), martyr, surnooHBé
Eune, était domestique de safnt Julien, mar-
tyr è Alexandrie, en 350, sous lé règne de
Dèce et sous le gouvernement de Sabinus.
Pi
m CHR
Arrêté avec .son roattre et un autre dmiie«;ti-
que, soa ço|ilègu».^ jirès de lui, il eut le hon-
heur de n«* pas rimiter cltins so^ apostasie, et
de donner sa vie pour Jésus-Clirist f*n même
temps que son vieux maître, auquel il était
Jbrt attaché : ce qui lui avait valu le suniom
"^'Euous , cest-a-^lire attaché » affectionné,
Aysnl donc confessé Jésus -Christ avec le
Sâiul vieillard Julien, il fut avec lui attaché
sur un chaoïeau» [iromené par )a ville, et
comme lui horriblement battu à coups de
verges en forme de iléaux. Entin on les jeta
dans un grand feu» en présence d'une mulli-
tude inûoie de peu[jle , qui prit phnsir à les
voir réduire en reiRlres, L'Eglise fait sa fête
le 27 février, avec celle de saint Julien. Les
auteurs du Marlyroloi^^e, trompés par te sur-
nom, ont mieuxV^^fl^o'^^ ^^ ^*'^^^^ "l^^^* ^*^ P^^*^
grande partie des autres ; car ils inscrivent
encore sa fôte nu 30 octobre, sous le nom do
saint Euue* iVotj, Jilien.)
CHHYSANTHi: (-aiotN ^ martyr h Rome,
après avoir enduré, sous le préfet Célerin,
avec sainle Daric, sa fennne, de rigoureuses
lorlures nuur Jésus, fut, par Tordre de Tem-
pereur Numérien» descendu avec elle daîis
une sablonnière de la voie Snlaria^ et ense-
eii tout vivant sous la terre et les j lierres
nt on les accabla, n (Mai lyroloi^e ruuiam.)
înl Grégoire de Tours raconte que beau-
up de cliréliens s*élanl assemblés à leur
nibeau quelque irmps a|>rés leur mort,
)ur V célébrer leur fête et le divin saerihce,
unn^rien tit fermer sur eu\ rentrée de la
otle avec une grande quantité de sable et
le pierres, et que tous ces chrétiens y mou-
rent. Ce récit prouve que saint Chrysanthe
sainte Darie furent enterrés au iieu mémo
ù ils avaient été martyrisés, ou dans une
otle voisint\ Plus tani, Dieu ayant révélé
fe lieu où étaient les corps de tous ces saints,
and Rome entièit; eut quitté le culte des
oies, on fit une ouverture pour y aller. On
>nstruisit dans celte i^rutte une voûte, pour
faire un iieu où les tidéles pussent
rassembler* On sépara la grotte en deux par
me muraille : de sorte que les corps de saint
irysanlhe et de sainte Barie furent placés
Tun côté , et ceux des autres martyrs de
rmitre, il se faisait en ce lieu beaucoup de
'liracles. Saint Grégoire de Tours obtint
)iif son Eglise, du pape Pélag'3 IL des reli-
les de saint Chrysanthe et ue sainte Darie.
['Eglise fait la fête de saint Chrysauthe et de
tinte Dane le 25 octobre.
CHKYSE sainte), tnaityre, eut la gloire de
^onni/r sa vie pour la foi du éticone, sous le
""ègne et durant la persécution di^ Claude 11
|e Gol'àque. (Pour voir soti histoire, recourez
"i Farticle Martyrs d'OsTiE.) L'Eglise rouiaine
le fait pas Ja fêle de celte sainte. On n'a la
[*rtitude de son martyre que depuis peu de
ïïDps. C'est a la tin du siècle dernier que ses
Lcles ont été retrouvés; ils sont compris
îns ceux que nous indiquons.
CHRYSEUIL (sainl), martyr, fut apôtre et
est patron de Commines. Ses Actes no sont
pas très-certains. « Le point sur lequel ou
s'accorde est qu'il prêcha LEvan^le daus le
territoire do Touroay, en même temps que
saint Piat et saint EÙbert, cVst-h-dire sur la
lîn de III'' siècle. La petite ville de Commi-
nes fut le principal théâtre de ses travaux
apostoliques. Il lut martyrisé dans le lieu
ap[n*lé aujourd'hui Vertenghrm^ et enterré h.
Connu int*s, qui n'en est pas éloigné. La tra-
dition du pays porte que sainl Eloi renferma
ses reliques dans une châsse précieuse que
relevait encore la beauté du travail. Les mal-
heurs occasionnés par la guerre privèrent la
ville de Commines de ce pieui trésor. On le
garde aujounThui partie à Saint-Donatien
de Jlrugps, partie à Notre-Dame de Lens.
En Itill, les chanoines de Bruges envoyè-
rent k ceux de Tournay une côte qu'ils
avaient tirée de la eh^lsse du saint martyr.
On honore saint Cliryseuil le 7 février* »
Godescanl, llM'oL, p- Ïi70.)
CHIIYSOGONE (saint), martyr, souffrit la
mort pour la foi au commenVemenl de la
persécution de niociétien et du ïv'' siècle.
Il lut arrêté h Home et décapité à Aquilée.
Son chef est gardé a Rome dans une église
bAtie sous soa invocatiou. Son corps est à
Vi'fiise. L'Eglise célèbre sa fête lé 24 no-
vembre. Votf^ les Lettres de saint Grégoire
le Grand-
CHRYSOPHOHE (saint), martyr, recueil-
lit ta glorieuse palme du martyre sous Tim-
pie persécution que Dioclétien lit soutTrir
auTt chrétiens. Il eut pour compagnon de
son martyre les sainîs Victor, Zosique, Ze-
non, Césaire» Sévérien, Théonas el 4nto-
nin. L'Eglise honore leur mémoire le 20
avril.
GHRYSOTÈLE (saint), eut la gloire de
verser sou sang en Perse, pour la défense do
la religion. Il eut pour compagnons de son
martyre deux autres prêtres, nouunés Par-
mëne el Héliménas, el les deui diacrrs Luc
et Mucius, doiit le martyre est décrit dans
les Actes des saints Abdon et Seoneiu L'R
glise fait leur mémoire le 22 avril.
CHUDION (saint), martyr, Ton des qua-
rante martyrs de Sébastê sous Licinius,
(Votj, Martybs deSébaste.)
CHYPHE, lie do la Turquie d'Europe, daus
la Méditerranée, a été iéuniin du martyre
des saints Pt^tbame et Némèse* On ignore
compUfleuienl a quelle époque.
ClATÉE (saint), martyrisé c'i Bresse, sous
la persécution de Néron. (Pas de ducu-
menis.) L'Eglise lait sa léle le 4 juin.
CIBALES, ville de Panuonie, eut, en 304-
de lère chrétien ne, Flionneur de voir !e chef
des lecteurs de son église, saint PollioTi, rais
à mort pour la foi, par ordre du gouverneur
Pnihus, (Fof/. pROBLS et Pollio?**)
CILICIKNS. tl est question dans les Acies
(i'IiRp. VI, V, 9;, quedtvs Juifs cibciens, parmi
lesquels était tres-|)rob;iblemenl sainl Paul,
s'élevèrent contre le diacre Elienne,, dispu-
tèrent contre lui, et s'érigèrent en faux té-
moins pour le faire condaomer h morl.
CLMÈLE, ancienne ville d'Italie, dans les
Alpes. Sous rempereur Valérien ^ environ
Tan 258, saint Pons ou Pouce y subit «m glo-
rieux martyre. Les Lombards ont depuis û^
679 CIS
Iruil cette ville. Aujourd'hui, sur l'eraplace-
inent qu'elle occu|>ait, il oe reste plus que
la réiètre abbaye de Sainl-Poiis des Cimiés.
r/est à côté de Tancienne Cinièle que la
ville de Nice a été bâtie* Sur les ruines d'une
ville plus rien qu*iine abbaye. C'est une
croii sur une tombe. C'est ainsi que la reli-
gion chrétienne consacre le souvenir dos
choses qui passent ici-bas. Le paganisme qui
ne voyait que la vie terrestre, mettait sur les
tombèauï des emblèmes éphémères comme
elle : le myrte ou le laurier, amour etgîoire,
ces deux rêves de llionime morts avant lui,
comme les feuilles avant Tarbre. Encore un
peu de temps, Thcrbe de Toubli poussif vite
sur les tombes, myrte et laurier seront pous-
sière ; amour et gloire, échos d*une voiï
éteinte, et qui vont chaque jour s'aiTaiblis-
sant, seront muets dans la tojube. Le chris-
tianisme, au contraire, qui voit avec ViiAl
de la foi, découvre des horizons d'outre-
tonibe qu'on nomme réternilé. Il enterre
le corps; il met sur la lombe une cmix,
une simple croix de bois cachée dans rherbf,
mais cette croix, elle, n'est point connue un
triste écho du passé ; elfe est un symbole
d'avenir et d'immortalité. Les pieds eii terre,
la tète vers les cieux et les bras étendus, elle
ligure l'humanité qui meurt, niais qui res-
'suscile pour la vie éternelle. Chose remar-
quable I sur la tombe des ehréliens on voit
une croix, à côté est un presbytère où de-
meure un prêtre comme le gardien des tom-
beaux. Et quand lui-même a pris sa place
dans le cJiamp des morts, un autre vient
dans sa demeure attendre aussi sa tombe*
Ainsi d\^ge en dge, de siècle en siècle, de-
puis Jésus-Christ jusqu'au Jugement, il y a,
près de chaque cîuimp qui s'apjtellc cime-
tière, un pasteur qui conduit h Dieu le silen-
cieux troupeau ; un cultivateur qui entasse
les gerbes pour la moisson de l'éternité,
baptjsant lenfant, enterrant le vieillard, et
pnant sur tous. Et quand la trompette son-
nera, le dernier garuien du cimetière pren-
dra, pour la vallée de Josaphat, la lête du
troupeau des içénérations contlées h sa garde,
CIKIAQIIE, l'un des trente-sept martyrs
égypliehs qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egy[ile, et desquels Ruinart a laissé
les Actes authentiques Vay. Mamtvbs (les
trerile-sepl) égyptiens,
CIHION (saint), martyr, l'un des quarante
marty rsdeSébaste, sous Licinius, {Voij. Mak-
TYHsde Sébaste.)
CISEL (saint), martyr, répandit son sang
pour la foi en Sardaigne, sous la persécution
de Dioclétien. Les compagnons de son raar»
tyre furent les saints Luxore et Camérin. Ils
périrent par le glaive, sous le président Del-
phius. L'Egi'ise célèbre leur illustre mémoire
le 21 août.
ClSiNEKOS (Behmaru de), de la Compagnie
de Jésus, naquit en Espagne. Lorsqu'il eut
terminé sa philosophie, on l'envoya en mis-
sion chez les Tépéguans avec son compa-
gnon d'études, Didace de Orosco. Dans celte
première mission, notre bienheureux reçut
troitcoups de poignard d'un idolâtre du pays»
dont il avait renversé deux fois le temple
qu'il bâtissait ix>ur ses idoles. Les naturels
au pays, conmie nous TavODS dit à rarlicle
Ferdi?ïand de Culiacan, avaient résolu de
massacrer Jes niissionnaires le 21 novembre
1616. Bernrrd et Didace ayant remarqué une
surexcitation extraordinaire chez les indi-
gènes, firent entrer dans l'église les fidèles
et les Espagnols qulls trouvèrent sur leur
chemin. Après avoir donné trois assauts au
bâtiment où étaient renfermés les chrétiens,
les naturels feignirent de déposer les armes
et vinrent au-devant de nos bienheureux
saints qui portaient le saint sacremenL'Tout
h coup ils se précipitent sur eux» fodeot
aux pieds le saint ciboire, et le P. Didace oui
le portait reçoit un violent coup de javelot
en pleine poitrine. Vn des bourreaux, armé
d'une hache, le sépare ensuite en deux d^
[luis la tête jusqu'aux pieds. Bernard fui
massacré en même temps que son compa^on
avec tous ceux qui s'étaient réfugiés dan*
Téglise, le 18 novembre IGJô, ( Tanner, 5^
cieias Je»u usque ad mnguinis et vitœ profit
sionem m il i tans, p. i70.)
CITTIN (saint;, Tun des martyrs Scillitâiiis»
fut mis h mort à Cartbage avec ses com|»*
gnons, en 200, sous le règne de rempereur
Sévère, Sa fête arrive le 17 juillet. ( Pour l«
détails de son martyre, roy, Spérat.)
CLAIK (saint), martyr, était prêtre dam le
VexiiK 11 y soutîrit le martyre dans de^ cir-
constances et ?i une époque que le Marlynv
loge romain ne nous dit point. L'Eglise f^
lèbre sa sainte mémoire le h novembre.
CLAUISSES (les bienheureuses], miïrhtes
h Saint-Jean-d*Acre, en 1291, le i mai* Ce
fut ce Jour-là que le sultan des mameluks dX-
gyptc, nommé Méljk-Astiiruf, emporta II
forteresse de SairU-Jean-d*Aere^ boulevard Je
la puissanie chrétienne en Palestine, Plu-
siours Dominicains et Franciscains y fureol
immolés dans lexercice des fonctions delear
ministère; mais ce qui illustra surtout cette
ville, ce lut le martyre des religieuses ClJh
risses dont elle possédait un couvent. Ltuf
supérieure ayant appris que les ennemis ir-
naieot d'entrer dans la place, assembla f^^^
ndigienses et leur dit : « Nous sommes, m-s
hlles, sur le point do paraître devant noire
divi[i époux. Le sacritice que nous all'us
accomplir lui sera d'autant plus agréable,
que nous serons pures de corps aussi bien
que de cœur; faites donc ce que vous all«
me voir faire, kp Aussitôt elle se coupa lenci*
et son visage fut immédialemenl couvert <ie
sang. Les religieuses se mutilèrent à Vïnr
tant même, en se tailladant le visage de dif*
férentes sortes. t}uand les musulniaos eiH
trèreiU, transportés do fureur» ils les égor-
gèrent. Ce fut ainsi que ces saintes femiftés
sauvèrent leur chasteté. Le P, Tourou r^
garde leur conduite cotume le résultat d*ime
inspiration du Saint - Esprit. Pour <iu't'U
puisse lanprouvcr, il faut en etlet admettra»
cette explicatioii. Les religieuses de Saiat-
Jean-d'Acre iunlérent, dans celle circoft**
tance, l'exemple que, quelques armées lau»-
ravaiLt, celles d'Antioche leur avaieni doob^
ron. Histoire des hommes illustres des
inicains, t, I, p. 540.)
,ASS1QUE (saint), martyr, souffrit pour
Hûfessiun de la foi cri Afrique avec les
ts Lucius» Silvaiii, Hulule, Secondirij
rtuJe et Maxime. L'Elise fait leur mé-
*e le 18 février.
UUDE APOLLINAIRE (saint), évèque
fraple en Phrygie, était sous Marc-Au-
an des plus saints et des plus savants
its qui gouvernassent TEgUse. A la con-
iance profonde des écritures il joignait
ides belles-lettres. Il adressa h. Marc-Au-
len faveur des c1u*étien:^, une apologie
teint Jérôme nomme un ouvrage insi-
iMalhcureuseiuenl il nt^ nous eu reste
ill est très-probable quelle fut préseu-
irempereor enmème temps que celle de
i Mélitou* Et comme il y est question de
ictoire remportée miraculeuseuieul sur
Juades» il est convenal>le de mettre sa
enLatioQ à Tempereur en Tan 170. (C'est
^be qui nous apprend que saint Claude
(Jinaire parle dans son apologie de la
tire sur les Quades*) Saint Claude Apoi-
t^ écrivit plusieurs autres ouvrages,
lûment cinq livres contre les païens, et
t sur lavénlé. Il combaltitavec un grand
es les Montanistes. — Ce saint mourut
«biement avant Marc-Aurèle, avant Fan
'Baronius a mis sa fête dans le Martyre-
iromain le 8 janvier,
LAU0E II (Marcus Aurelius Claudius]^
bmmé le Gothique, k cause de ses vie-
m sur les Goths, fui le successeur inimé-
'de Gallieu, Il naquit le 10 do mai 21 4»
115 s*il est mort h 5G ans, comme le dit
Ifaronique d*Eusèbe» Sa naissance était
«re, Pollion Tavoue ; et ce qui le prouve,
i uu'on a voulu lui trouver h toute Ibrce
icwles ancêtres. Quand les lia Meurs font
généalogie, on peut être sûr qu1ls n'é-
{oeronl pas riîluslration. Ceux qui voy-
Ût faire de Claude un homme illustre par
laissance le firent descendre de Darda-
et des Troyens. D'autres, plus modestes,
irent tils de Gordien^ ce qui est insouto-
p* Claude n*avait jias besoin qu'où lui
^hM d'illustres ancêtres ; car il était de
(loraraes qui sont assez grands par eux-
les pour se passer de titres, et qui sa-
I s'en créer de personnels, La noblesse,
i qu'en disent les nullités intéressées à
fïndre le contraire, est plus belle et plus
Ide à sa source que plus bas. Elle a le
TS qu'ont les fleuves; eiîc descend, mais
lus souvent elle ne s'élargit pas comme
. Claude fui un grand homme, lieureux
n'eût pas été persécuteur des chrétiens,
i une cruauté quelquefois atroce ne fût
^enue déshonorer les luillantes facultés
lui avaient été départies. Claude mourut
I postérité ; mais il laissa deux frères,
titille, duquel nous parlerons plus tard,
lispe, père de Claudia, laquelle, mariée à
pope, fut mère de Constance, pèredeCons-
|D le Grand. On le trouve pour la prtï-
[e fois du temps de Dèce, qui lui donna
irde du passage des Thermopyles et la
DiCTtOICN. DES PEUSécUTiaNS. h
CLA
%n
commandement du Pélopon^se. Il était alors
tribun. Ce poste était, à cause de son exlréme
imnorlance, un véritable poste de confiance»
Valérien lui donna le commandeinejit d'une
légion en Syrie, avec les appointements de
général, bien qull ne fût rpie tribun. Tout
le nioude, peufde et sénat, trouvait étrange
qu'on ne le t1t pas avancer en grade et qu'on
ne lui donnât pas le commandement aune
armée, Valérien obéit enfin h cette désigna-
tion si glorieuse pour Claude; il lui donna
le grade dm\i il était si digne, avec le corn*
manderaent des troupes de touïe t'illyrie,
c'est-à-dire de la Thrace, de la Mésie , de k
Dalmatie, de la Pannonic* et de la Baee.
Plus tard on le retrouve dans fa guerre cr^n-
tre les Goths en 267, époque h laquelle il les
chassa de Tempire; ce quï Ot que le sénat
lui décerna une slalue. Il était à Pavie pour
la garder, quand Gallien, qui assiégt'ait Au-
réole dans Milan, fut tué par ses propres sol-
dats. On a prétendu qu*il eut part à cette
mort; c'est une chose presque assurée. Après
la mort do Gallien, les soldats proclamèrent
Claude empereur, O^ï'^^ti^l ï'*^ ïiouvellc en ar-
riva à Uome, le 2V mars 2G8> la joie j fut ex-
trême. Claude eut de la peine à modérer les
témoignages de joie qu'on lui montrait et
ceux (le la haine qu*on faisait paraître pour
son prédécesseur. La tâche que (^aude ac-
ceptait était excessivement lourde, rempire
était dans un état déplorable* Les provinces
avaient été partout ravagées par les barba-
res. Les guerres civiles avaient tout consu-
mé. On avait peine à trouver dits armes
pour combattre l'ennemi, Tétricus était maî-
tre de la Gaule et de TEspagne ; Zénobie oc-
cupait rOrient, et Auréule résistait encore
dans la ville de Milan. Les barbares étaient
aux portes de Tlt^iîie. Quand Auréole sut
que Claude était proclamé empereur, il de-
manda h faire sa soumission. On 11* lui per-
mit, suivant les uns; suivant d'autres, et c'est
le plus probable, on refusa de négocier avec
lui. Il fut obligé de combattre, vaincu dans
une grande bataille, et enfin tué par les sol-
dats <le Claude. On dit que ce fut Aurélien
qui lui porta le premier coup. Il était temps
que cette guerre fût achevée; les Allemands,
jH'ofitant des divisions des Romains, se pré-
cipitaient pour les attaquer. Claude les ren-
contra sur les bords du !ae de Garde, et jiar
lui ou i)ar ses généraux» les baïttt tellement,
que la moitié de leur armée y resta.
Claude vint ensuite à Rome, et y resta
toute la tin de cette annéc,s'occupant d'amé-
liorer l'état des finances, de reïuettre de l'or-
dre dans les diverses administrations. Il
montra, dit Zonare, une grande sagesse et une
grande fermeté, jointes à une profonde con-
naissance des atlaires. Ce fut durant son sé-
jour à Rome que Claude persécuta violem-
ment les chrétiens, comme on le peut voir à
notre article Pkhsécltions, et aans notre
deuxième volume de l'Histoire générale des
pers/eufion» de V Eglise. Ce fut dans Tannée
suivante que Claude remporta sur les Goths
sa célèbre victoire qui lui valut le surnom de
Goihiquç. On sait qu'à h lin de l'année 207
il les avait, de concert avec Marcîen, chassés
do l*empirc* Ceux que Marciiii avait laissé
échapper contre l'avis do Claude, de retour
chez eux, eicitèrent tous leurs eomptitriotcs
à venir venger leur hotite. L'occasion leur
parolssait favorable* Les divisions itilestiiies
déchiraient Fempire, les Ûnances étaient
épuisées, et ils pensaient q^ue la main qui te-
nait le glaive des cé^irs était aussi mollo
que ceUû des deux derniers empereurs ; ou
du moins, les deux rè;m)esde Valérien elde
Gallien avaient tellement ebais^ cîtex ces
barbares le prestige de la puissance romaine,
?u*îls s'imaginaient que ce vaste emnire
tait pour eux une proie à partager, vérité
qui ne devait s'accomplir que plus tard.
Après avoir fait, pendant toute l^année 268,
d immenses préparalifs, les Uoths, les Os-
trO(5«yiiïs, les tiépides, h^s Hérules et plu-
sieurs autres peu[des, descendirent le Kies-
ter sur 2000 vaisseaux qu'ils avaient cons-
truits, et vinrent, au nombre do trois cent
vingt miïlo combattants, attaquer la ville de
Tomes, dans la pelilc Scytliie, et Marciano-
1 le dans la Mésio. Ils furent repijussés do
l'une et de l'autre anrès |)lusicurs combats
qui furent livrés près do Marcianopolis* Ils
franchirent ensuite le Hosphore^ où la ra|ii-
dite du courant, l^iisanl heurter leurs vais-
seaux les uns contre les antres» leur lit périr
iicauconp de momie. Ils assiégèrent inutile-
meni plusieurs villes et furent défaits près
de Naisse, par Claude, qui leur tua ciuquiinto
mille Lomnies. Une p«rtiii se réfugia et se
forlitia sg^ le mont Hémns, où, l'année sui-
vante, les Bomains achavèrâut à% le^ dé-
truire.
Voilh, comme faitsd'arnies, ce qu'on trouve
dans le règne de Claude, qui fut court, puis-
qu'aprés la défaite des Cioths il fut pus do
la [leshi qui Je fit mourir h Sjrmich, 11 est
juste de dira que les victoires do Claude
daus cette i^uenc sont des plus belles et des
plus impoi tantes dont rhistoire ait fait mefi-
lion. ClauJe <:iait un grand général. Ses ta-
lents niiUtairesî, ses vertus civiles, font de
lui un des jïfus grai»tls em[)ereurs qu'aient
eus les Romains. S'il ciit vécu, nul ûou.is
qu'il n'eilt rame né l'empiro à ruotlé, en
alialtiuil ses rivaux. Nul doute qu'il neùl
lait respecter parlout autour de lui le nom
romain que ses indignes prédécesseurs
avaient abaissé, il avait tout ce qu'il fallait
pour arriver h de tels résiillats. Il était aiméi
adiUiré et craint. Suusce «îeriiier rapport, il
nous reste une a. légation a justilier. Nous
avons dit en commençant que Claude était
cr.fcl : en elîct, entre autres preuves nous
citerons celle-ci. Des soldais s'étant mon-
trés avides de pillage, il les lit [>rendro au
noiiïliro do plusieurs centaines et les envoya
à Itume pour y servir aui jeui atroces du
p<iUido romain, il les fit tuer h coups de tlù-
chêi dans ramphithéatrc.Kvideonnenton no
peut apiieler cela de la sévérité. Il faut un
nom il de telles atrocités, et ce nom est un
Sli.^male nOLir Claude. De sertiblables actes
Souillent Ja gloire la plus belle. D'un autre
iôkS il fit persécuter les chréiions avec un
CLA m
acharnement inc^royable. La pvinlUoii de itf
crimes lui fut envoyée, et la vengeance eé^
kste tomba sur sa tète au moment Ofù U ti&-
toire y déposait ses couronnes, où les SMCèl
et les pmsnérités sejnbloient lui en ass«ft
l'avenir et la durée, i^lais Diou uo permeuait
pas auï empereurs romains de irouTer ta
stabdité sur le trùne. Qu'on lise 6lic;nctve-
ment leur histoire : chaque règne commeiice
par un crime et Unit par une catefiirefilii.
Celui qui monte lesdegrés qui vont au li^Ot
les arrose du sang de son prédécesseur, f|
le sien à lui-même est le plus sourenl w^tié
sur les degrés qui en descendent. S'il n'en
est pas ainsi, c^est quelque fléau de IHeiii
quelque malheur imprévu, qui remfili^ la
main des assassins. Jamais, à aucune 4f^
que de Fhistoire, on it»> voit la main d\m
[>rovidence vengeres< ff^ dans ceile pé-
riode de l'histoire, h , Dieu dooneti
génie même de ceui qui im le servent m,
les récompenses terrestres qui sont le Mk
des vertus humaines. Des rote vieiliittiit
sur le trùna qu ils ont illustré, et îèguenf «a
mourant en paii l'empire qu'ils ont coiquis,
fondé ou soutenu, à h-urs enfants. Rien iè
pareil eheï les empereurs romains; bon
deux ou trois qui font e\ee|ition, nul n^mé
jowr de ses succès, nul ne peut lémeftW-
piro à ses descendants. Tous sont ifni|ipésM
latte de la puissance, inopiném^it vi stm
nouvi or Jouir du huit de leurs vr * — - - dé
leurs talents. Il semble que ce ik
pire romain, que les empereurs uni moudé»
du sang des martyrs, soit fait pouf letilfe»
rer tous. Ainsi en fut-il de Claudi>« H efl Ih
tète d'armées aguerries, couvert <lrlâiirten
récemment cueillis; il est aimé, vén^W. H
sort de rendre h l'i^nifiire qu'il saurt: de Ti^
vasion, de mémorables s^^vices. La [
failûiounr. I*ayvres grandeurs hiîmiinrs,
vous êtes faibles, quand Dieu lai b#
le tilde vos destinées l Quand f , H
mort on lui éleva des statues d'or, on lui ta-
tit destemfdeSi on lui rendit dP9 hotmetin
divins. Pitoyable dérision l C\'Sl quand la
mtM't vient inouï rer l'inanité de \n puûeaste,
qu'on prétend diviniser cette puissêtii e* On
prend cet homme que la mort a oaii<Âéj
des plus petits. Terrible égalité, celle '
tombe, des vers et de la pourri tare 1 et
bnuÉUie ou en fait un dieu 1 II y a de ère
aberrations^ de ces audaces, qui déMMtel
tout* Trois choses ici sont i^randes à t*Mfli:
la folie des hommes, la vanité du taubeaii
la justice de Dieu, Que f elto antiquité «Ipl*
toyabh:^] Comparez ces sénatours rnaieios,
décrétant la divinité de leurs omp**fgiiii
morts, et Massillons'écriant on pr
resi^^s de Louis XIV: « Dieu smi!
mes freresï » Claude mort» sou f i i • \*ri\fh
title prit la pourpre; mais pi? u nj r* -, iM4ir
échapper à Aurélicn, il se Ut Ottîrir Iw w*
nés.
CLAUDE ( saint ), fut marlvrisé à Trortf
en même tenjps que sainl Just^v «^^ïnïle-
coudin., et cinq autres que lo Ni 'je
romain no nomme pas. Leur sactiMvr Vao
complitsoijs lerègoedereuipereurAui*4UiOr
j
CLÂ
^ Vil faut en croire les Actes de sainte Ju-
lie, en sa préserK^e. Leur ït)U^ a lieu h^ 2i
jDUleUcommo Ci'lledosomlf Jiilro, Probable-
moTil fj-ue l*nir marlyre eul lieu le même jour.
[ CLAUDE (saint) /geôlier de la prisoi dans
lirquelfe an avait mis les chrétiens h Rome,
[en 2W, sous le règne dn Carin, fut converti
nr le récit que loi fit le greffitir en chef de
pr('*fecture, nommé Nicostrate, des mira-
!es opérés par saint Sébastien dnns sa mai-
>nt el sur la personne de sainte Zn^, sa
etnroe, ainsi que par rexpérience qu'il lit
lî-même de la puissance du saint, en lut
Iprés^lanl ses deui fils (|ui étaient hy^lropi-
Înes et qui furent guéris. Ces deux tîls, qui
taient ainsi çravement malades, se nom-
toaienlFéîîcissime et Félix. L'un des dent
lie nommait aussi 8yra(>horien. Celui-là fut
jinartyrisé avec son père dans les circonstan-
[ces suivantes. Lorscrue saint Zoé et saint
[Tranaudlin eurent été martyrisés, Claude et
Irmpftorien son fils furent pris comme ils
iierchatent les corps de ces saints martyrs,
Itec Nicostrate, Castore et Victorio. Conduits
levant Fabien* nouveau préfet de Home,
fils furent, pendant dit jours, de la part de eu
lagistrat» robjel d obsessions de toutes sor-
tes, cfe menacer, de caresses; ayant pour bot
le les faire renoncer h la foi. Tout ayant été
rainemenl employé* Fabien, sur Tordre de
"ioclétien et de Ma li mien, les fit mettre
)is fois à la torture, et ensuite les fit jeter
îslatner. Ce fut un 17 juillet que la mort
1*5 ces saints eut lieu, ce qui n*empéche pas
e Martvfologo romain de mettre leur fête au
f juillet. (Pour plus do détails, my. les Actes
Je saint SÉBASTIEN h son article.)
CLArDE (saint), habitait Egée en Cilicie.
Jur la dénonciation de sa belle-mère, il fat
irrMé avec ses frères, saint Astère et saint
féon, et tous trois soutinrent d*horrïbles
)uffïients, avant do consommer leur sacri-
|ce. Leur martyre eut lieu en même temps
Jue celui des saintes Domnine et Théoniïle,
)iis le proconsul Lysias et sous le ré^^tie de
Tempereur IMoclétiên, en Tannée 285. Les
\ctes de tous ces saints ne peuvent être ?»cin-
lés» nous les donnerons ici en entier. Seu-
emenl, au titre de chacun d'eux en particu*
ier nous y renverrons le lecteur
lelei de saint Claude, ât saint Astérim^ (h
&aini AVon, ei des saintes Domnine et Théo-
niUe.
Le dixième des calendes de septembre (1),
lê le consulat de Dioelétien et d'Arisio-
ile (i), à Egée (3) en Lycie, le proconsul
u^ysias, tenant Taudience, dit : Qu'on fasse
piitrer b-s chrétiens qui ont été arrêtés par
'bs ofîicier<i de la ville, en exécution do nos
l>rdres. Eutîialius, garde gi^néral des pri-
ons (k), dit au firoconsul r Seigneur, quel-
le recherche qu'aient pu faire ces olliciers,
ils n'ont pu découvrir que trois jeunes gar-
f n Le 23 août,
ftj Ou .VnstobîiU!.
(5) Ou plutôt eu Cilicie, où est .l^géc, ville épt-
scopalc, relevant d'Anazarbe, métro poie.
^4) Commentariemitf CiavkuiaTin§f Cornimlarius,
CLA
GSe
çons qui sont frères (1), deux femmes et un
petit enfant. Voici u i île ci's trois frères ;
?pie votre grandeur (2) veut-elle qu'on en
îisse? Le proconsul Lysias, Tayant fait ap-
peler, lui (iit : Mon fils, eommeot vous a^>-
pelez-vous? Le jeune honjine répondit:
Seigneurie m appelle Claude* Le proconsul
Ljsias dit : Ne vous amusez point h. toutes
ces folies, mon tiîs; croyez-moi, sacrifiez
aux dieux ; c'est Tunique moyen d*éviter les
tourments qut sont préfmrés potirtous ceux
qui refuseront de le faire, Claude répondit :
Le Bien que je sers ne demande point do
pareils sacriOces. Ce qu'on lui peut ofl'rîr ûb
plus agréable , ce sont de bonnes ueuvresi
voilà les sacrilices qu'il aime. Pour vos dieux,
ce ne sont que des esprits inmiondes, qui
ne se plaisent qu'à perdre les Ames de ceux
qui les adorent ; c*est pourquoi vous no me
persuaderez jamais de les adorer. Alors 1**
procons:ul Lysias lui lit donner eeol coups
de fouet, disant qu'il n'y avait que ce mo>'en-
là de ie rendre sage. Claude dit : Quand vous
me feriez souffrir des tourments mille fois
plus cruels, vous ne viendriez pas pour cela
a bout de votre dessein ; sachez que voua
vous faites plus de mal qu'à moi. Le pro-
consul Lysias dit : Je veuxbien encore vous
le redire, Tordre prébis de Qotre invincible
empereur enjoint h tous les chrétiens de sa-*
critier aux dieux, et veut que, s'ils s'en défen-
dent, ils soient punis sur-le-champ ; mai*
aussi que s'ils oijéissent, ils soient comblés
d'honneurs , et inscrits sur une liste pour
avoirpart aux graliticalions du prince. Claude
dit : Ces honneurs et ces gi'atilicttions que
vous faites sonner si haut ne seront que
pour un temps , au liru que la récompense
que je recevrai pour avoir confessé Jésus-
Christ sera éternelle. Lo proconsul Lysias la
fit mettre sur le chevalet, et filaJlumerdu feu
sous SCS pieds. Il s'avisa même d'uneextrêmo
cruauté ; ce fut de lui faire couper de la chair
aux talons, et de la lui faire mettre dans le<s
mains, ahn que les secouant par Thorreur
quG lui donneraient ces morceaux de chair
sanglante, ils tombassent ilans le brasier
qu'on avait allumé sous lui, et qu'il parût
ainsi les avoir oilerls en sacrifice. Claude
dit î Le feu et les tourments les plus
Apres ne peuvent rien sur ceux qui craignent
J>ieii. Le proconsul Lysi^^s commanda qu'on
lui appliquAt les ongles de ter. Claude dit :
Je veux que vous connais*;iez, par le peu
d'elle t que vos tourments font sur moi, que
vos dieux ne sont rien, ou ne sont tout au
plus que de mauvais démons, de niisénibles
créatures impuissantes. Punr vous, craignez
le feu iiui ne s'éteint jamais. Le proco'isul
Lysias (lit aux bourreaux : Prenez des mor^
cejiux de pots cassés, choisissez-en des plus
aigus et des plus tranchants, déchirez-lui
les cAlés av(!C cela, et ensuite meltez-y des
tlambeaux allumés. Pendant qu'on exécutait
cet ordre, Claude dit : Vos feux et vos sup-
plices fM font plus do bien que vous ne
H) Li\Tés par la méchancetc de leur belle-mèrtt
(i) Cîaritm nm, mtfiHtoM tna.
mi
CLA
pensez ; ils meUent mon salut en jûmne as-
surance* Ce que Ton soiilîre pour le nom et
la gloire du Seigneur ne cause aucune tris-
tesse ni aucune douleur : mourir pour Jésus-
Christ vaut uiieux que toutes les richesses
du monde. Le proconsul Lysias dit : Qu'on
rôte do là, qu'on le rem^no eu prison et
qu'on en tasse entrer un antre.
Eulhaltus, garde général des prisons, dit :
Seii^neur, en exécution des ordres de voire
grandeur (Ij, J'at amené devant elle Astérius,
le secoud des trois frères. Le proconsul Ly-
sias dît : Et vous, mon Ois, m'en croircz-
vous? Sacriliez aux dieui ; car, pour peu que
vous en fassiez didlculté , vous voyez que
tout est prôt pour vous y contraindre à force
de tourments : je n'ai qu à dire un mot. As-
lérius dil : Il n*y a qu'un Dieu qui liabite
dans le ciel, qui viendra un jour sur la terre
qu'il go'iverne par sa providence; ceux de
qui je tiens la naissance m'ont appris à l'aimer
et à l'adorer. Du reste, je ne connais point
ce (joe vous appelez des dieux ; croyez-moi
à voire lour, tout cela n'est qu'une pure in-
venlioii des hommes, iln*y a pas la moindre
vériti'. Alors le proconsul Lysias le lit sus-
pendrti sur le chevalet , et pendant qu'on lui
déchirait les c^Més, it lui faisait dire : Sacri-
fiez, sacrifiez, croyez aux dieux» croyez aux
dieux. Astérius dit : Je suis le frère de celui
que vous vrnez d'inlerro;j;er, et qui vous a
confondu jiivr ses réiiunses. Sachez que lui
et mui n'agissons que par un ruème esprit»
que nous n'avons (pi'un même sentiment,
tine même foi, un mémo Dieu. Faites-moi
tout le mal que vous pourrez, mon corps est
en votre puissance; mais, grâce à Dieu, mon
âme n'y est pas. Le proconsul ^ysias'dit :
Qn'on lui serre les pieds avec des' tenailles,
pour voir si son âme nesoulfrira rien: il ne
doit rien ci'aindre pour elle, puisqu'elle n'est
pas sous ma puissance, Astérius dit : Quelle
fureur le possède, pourquoi me fais-tu tour-
menter ainsi ? Qu'ai-je fait pour mériter un
traitemeul si cruel? Ne vois-tu pas, misé-
rable, ce que Dieu prépare |>our le punir de
ta cruauté ? Le proconsul Lysias dît : Cela
u'empèchera pas que je ne le fasse hriMer les
pieds ; et pendant qu'on les lui hrùlera, vous
autres, frappez-le de toute votre force à
grands coups de nerf de bœuf sur reslomac et
sur les reins. Astériusdit : Je ne vous demande
qu uue grâce, c'est que vous ne laissiez au-
cun endroit sur mon corps dont vous ne
fassiez une plaie, Lysias dit : Qu'on le re-
mette avec les autres.
Ëuthalius, premier geôlier, dit : Seigneur^
voici Néon, le troisième des frères. Lysias
dil : Approchez, mon fds, et venez sacrilier
à nos dieux. Néon dit : Si vos dieux ont
quelque pouvoir , qu'ils se vengent eux-
mêmes de ceux qui les méprisent comme
nous faisons, sans vuus laisser le soin de
cetlt; vengeance. S'ils sont quelque chose,
i|u ils nous le lassent sentir ; jusque-là nous
n'en croirons rien. Mais s'ils ne sont tout au
plus que de mauvais génies, et que vous ne
CLA m
soyez que le complice et rexéculeur de leur
noire malice, apprenez cjue je vaux mieux
queux et vous, puisque] adore le vrai Dieu
qui a fait le ciel et la terre. Le proconsul
Lysias dit : Donnez-lui cent coups sur la
tôte, et dites-lui à chaque coup : C'est ainsi
3u'on traite ceux qui blasphèment contre le^
ieux immortels. Néon aisail ; Je ue blas-
Ehème point, je dis la vérité. Le proconsul
ysias dil : Qu'on lui brûle la plante des
Î)ieds, et c^u'on lui décharge sur le dos el sur
e venlre lorce coups de bâton- Après qu'on
eut exécuté cet ordre. Néon dit : Tous ces
tourments ne me feront pas changer de ré-
solution :je sais ce qui m'est utile, et je fe-
rai toujours ce que je croirai être avantageai
pour mon âme. Lysias s'élant un peu éloi-
gné, on tira un rideau sur lui : et avant r^
paru après quelques moments, il fut daDS
ses tablettes cette sentence : * Claude, Aslé-
rius et Néon, tous trois frères, tous trois
chrétiens, et tous trois convaincus d*avôir
blasphémé contre les dieux inmiortels, ayant
oulre cela refusé de leur sacrilier, serout
chacun attachés à une croix dans la graoïl*
place du palais, et leurs corps i étés auxhéles
et abandonnés aux oiseaux, JI ajouta : Nous
coumiettons k l'exécution de la présente sea*
lence Ëuthalius, le premier geôlier, et A^
chelaiis, exécuteur de haute justice, i
Ëuthalius, garde général des prisons, dil:
Seii^neur, suivant les ordres de votre gran-
deur ( 1 j, Domnine comparait devant rfte.
Lysias dit : Vous voyez, ma chère amie, ce
feu et ces autres tourments ; tout cela est
préparé pour vous, Voulez-^vous vous ea
garantir? venez, et sacriliez aux dieux. Do-
mnine dit : Je ne crains que les lourmepts
éternels et le feu qui ne s'éteindra jamais;
et c'est pour n'y pas tomber que j'adore Dieu
et son dhrist qui a créé le ciel et la terre:
car pour vos dieux, ce ne sont que des dieux
de bois et de pierre* Lysias dit : Qu'on la
dépouille de ses vétemeuts et qu'onîa fraj
fort longtemps avec des verges. Un
bourreaux vint dire : Seigneur, par la tij
votre grandeur (2), celte femme esl expirée.
Le proconsul Lysias dit : Qu'on jette son
corps dans le fleuve^
Ëuthalius, garde général des prisons, dit :
Voici Théonille, Lysias dit : Je vous conseille
en ami de sacrilier aux dieux* si vousvoulei
éviter ce feu et ces tourments. ThéoaiUedilî
Ce feu-là ne me fait point de peur : cehiiqiw
je crains, c'est le feu éternel, qui peut mû-
ier l'âme aussi bien tjue le corps, et oui est
préparé pour ceux qui renoncent au cuite do
vrai Dieu pour adorer les idoles. Ljsias dil:
Qu'on lui donne plusieurs Cfjups sur le vi-
sage, qu'on lui Ole ses habits, et qu*0Q la
fouie aux pieds. Théonille dit : Vous est-il
permis de traiter si indignement une femme
de condition libre, une étrangère? Vou^ n«
rignorez pas; mais Dieu le voit, 1 t^
Qu'on la pende maintenant par h - ^h
et que 1 on ne lui épargne pas les suuiUed*
Théonille dil : Il ne vous suffit donc f^5»J^
it) Ciaruath iuœ.
ï) Fer BuèitmiiaUm iuqm^
CLà
6dt»
^
m'aTOÎr fait dépouiller de mes vêtements sans
Diéûager aia pudeur; cet outrage, au reste,
vous ne le faites pas à moi seule, vous le
faites à voire mère, h votre femme : tout
mon seie a part h cette injure, Lysias dit :
Etes-vous mariée ou veuve ? Théouille dit :
Il y a vingt-trois ans que j'ai perdu mon
mari; et depuis ce jour, m'étaot consacrée
tout à mon DieUtje passe ma vie dans le
jeûne, les veilles et Toraison : car ce fut en
ce temps-là que mon Dieu me fit la grâce de
me retirer des ténèbres de l'idolâtrie. Lysias
dit: Qu'on loi rase ïa lète: cette confusion
t*est bien due, misérable. Qu'on TaHache
ensuite par les pieds et par les mains 1\ cpicV
tre piquets ; et après qu'on laura ainsi sus-
pendue en Tair, qu'on allume du feu sous
elle, et enfin qu on lui donne tant de coups
qu'elle en meure. Kuthalius ri un des bour-
reaux vinrentdire h Lysias: Seigneur, elle est
morte, Lysias dit : Qu en la jette à Feau. Eu-
thalius et un des bourreaux dirent : Seigneur,
nous avons exécuté les ordres de votre grau-
L*Eélise f6te tous ces saints le 23 août.
CLAUDE (saint), tribun, fut marlyrisé à
Rome» du temps do Terapereur Numérien,
vec sainte Hiïarie, sa femme, et leurs deux
îjfauts, Maur et Jason, et soixante-dix sol-
ats. Saint Claude fut attaché k une grosse
ierre et précipité dans la rivière; les deux
infants et les soixante-dix soldats eurent la
le tranchée. Sainte Hilarie donna la sépul^
urc à ses deux iils. Quelque temps après, les
iens rayant trouvée priant sur leur tom-
eau, se saisirent d'elle. Ils la mirent en pri-
'.n, où elle s*endormit dans le Seigneur,
kinsi que nous Tavons dit plusieurs fois,
.'Eglise honore avec raison comme martyrs
ceux qui, sans avoir soutfert aucun supplice,
sont morts étant en prison pour la foi. Nous
" isons ici cette relie xion, parce que les ex-
ressions qu'emploient les martyrologes re-
ativement à sainte Hilarie donnent à suppo-
;Ber qu elle ne fut pas soumise à de grandes
rigueurs durant son emprisonnement. Peut-
être était-elle d'un âge avancé et déjà sur le
[l>ord du tombeau. Quoi qu'il en soit , elle
ourut en prison victime de son amour ma-
rnel et martyre des croyances qui avaient
it monter au ciel kîs deîix enfants avant la
mère. L^Eglise honore la mémoire do cette
sainte famille de martyrs et des soixante-dix
soldats, le 3 décembre* Les martyrologes de
saint Jérôme les marquaient le 10 août avec
saint Chrysanthe. L'Eglise rom
Bsuard el Adon.
CLAUDE (saint), frère de saint Maxime et
mari de sainte Pi-épédigne, fut arrêté avec
eux elsês deux enfants» Alexandre el Cutias.
Ils appartenaient h une trôs-illusire famille.
D'abord Diociétien,qui avait donné l'ordre
de leur arrestation, prononça contre eux la
|)eine du bannissemeuL Mais bientôt après^
fég^retiant d'avoir mon l ré une douceur qui
"n'était pas dans ses habitudes, il les con-
anina tous au feu. lis subirent cet ulfreux
romaine a suivi
supplice avec courage» et aprè« leur mort
les païens jetèrent leurs restes dans la ri-
vière» Ces saintes reliques furent recueil-
lies par les chrétiens qui les enterrèrent près
de ]a ville. L'Eglise fait leur fête le 18 février.
CLAUDE (saint), martyr, était sculpleur à
Rome, en30i, sous Tempereur Dioclélien ; il
refusa de faire des idoles et fut mis à mort à
cause décela. D'abord, il fut mis en prison, en-
suite déchiré avec des fouets garnis Je poin-
tes de fer, puis précipité dans la rivière* Sa
fête a lieu le 8 novembre*
CLAUDE (saint), martyr, fut martyrisé à
Léon en Espa^ie. 11 eut pour compagnons de
son martyre, les saints Luperque el Victor iu s»
ses deux frères. Ils étaient lils du centurion
saint Mieïiel. Ce fut djLirant la persécution de
Dioclélien et de Masmiieu qu1ls eurent la
lète tranchée par Tordre du président Diogé-
nion. I/E^lise fait leur fête le 30 oct(»bre,
CLAUDE (saint), martyr, souffrit h Cons-
tanlinople avec Lueilîien , ancien prêtre
d'idoles, et trois autres enfants de son âge,
Hypace, Paul et Denis* (Voy, Lcjcillien pour
phis de détails.)
CLAUDE (saint) , martyr , reçut la glo-
rieuse pahne du martyre, en Afrique, avec
les saints Crispin, Magine, Jean et Etienne*
L'Eglise les honore le 3 décembre,
Claude (saimej, martyre, versa son sang
pour confesser la foi. (Jn ignore Fépoque où
eut lieu son martyre ; on sait seulement
qu'il eut lieu à Âmide en Pajjhlagonîe, et
quelle souiïrit avec les sainles Alexandra,
Euphrasie, Matrone, Justine, Euphémie,
Théodose, Derphrite et sa sœur, L'Eglise
honore leur mémoire le 20 mars.
CLAUDE (saint), martyr, Tun des quarante
martyrs de Sébaste, sousLiciiiius. Yoy, MiR-
TYBs de Sébaste.
CLAUDIEN (saint), fut martyrisé pour la
foi chrétienne en Tannée 250, sous le règne
et durant la persécution de Fempereur Dèce,
Ce fut dans la Pam[>hylie qu il eut la gloire
de donner sa vie poiir Jésus-Christ, durant
cette terrible tempête que la rage du tyran
souleva contre rEglisedu Seigneur et qui lit
périr tant de chrétiens dans toutes les con-
trées de Tempira. Ce fut le proconsul Pol-
lion, Fun des plus ardents pt-rsécuteurs de
cette époque sanguinaire, qui lit mourir le
saint, avec saint Diodore et saint Conon. On
n'a plus dans Fhisloire aucun document dia-
prés lequel on puisse donner des détails sur
la manière dont saint Cïaudien mourut, car
malheureusement ses Actes ont été perdus,
L*EglisG honore la mémoire de ce saint
martyr, avec celle de saint Diodore et de
saint' Papias, le 2ti février,
CLAUDIEN (saint), martyr, eut la gloire
de confesser courageusement ^3 nom de
Jésus-Christ, h Corinthe, sous le règne de
Dèce, en 2^9, avec les saints Yictorin, Victor,
NLcéphore, Dioseore , Sérapion et Papias.
Exilés en Egypte, tous ces saints y vécu-
rent jusqu'en Vannée 28V, époque à iaqueile»
sous le ré^;ne de Fenqjereur Numérien, tous
doniîèrent leur vie pour la foi. Le jugf* Sa-
bius venait de faire broyer dans un mortier
r^
m as
les saints Victoriii, Victor et Nicéphore. Il
fit coiipcT Ckudion par morceaux, et fit jeter
ses mr-mbres tout sanglants aux pieds de ses
compfignnns qui vivaii^nt encore, pour les
époTi vanter* L'Eglise fait la fêle de ce saint
et He tous -^es compagnons, le 2j février,
CLAUDIEN (saint), martyr, cu^nllit la
palme du martvre h Nicomédie, avec saint
Victor, saint Victorien et sainte Basse, sa
femme. Penifant trois années on les tour-
menta cruelleraont et ils achevèrent leur
martyre en prison, L'Eglise célèbre leur
sainte mémotre le 6 mars,
CLÉMENT (saini), pape et raaHyr, est le
trois!èm.e qui fut élevé au pontificat a[>rès
l'apAtre saint Pierre. Co saint avant <*té
banni dans In Chersonèse, durant^ la per-
sécution dû Trajan , fut ensuite précipité
dans la mer avec une ancre attachée au cou.
Son corps, transporté à Home sous la i>onti-
ficat de Nicolas i", fut placé avec honneur
dans l*6glise quon avait, avant C6 temps,
bâtie sons son nom:
CLÉMENT (saint), F/atiK*, cousin germain
de Vempereur Domitien, était fils de Flavius
Sabinus, i'rèn^ de A'espasien, Il avait pour
femme Domilille, fille de Doraitille, sœur de
Domitien, Il fut consul la nuator/ième année
du rèçne de Domitien» la 9d" de Jésys-Christ*
11 avait deux fils encore jeunes que Domitien
avait désignés pour lui sticcéder. Il avait
môme changé leurs noms en ceux de Ves-
pasien et Domitien. fSuéL, Domitien, n, 15.
Dion, Efiist., n, 236.) Le consul Clément
était chrétien. Les païens, à cause de la vie
calme et retirée qu'il menait, l*accusaient de
paresse et dlncapacité. Il fut accusé dlni-
piété et de judaïsme (Eus., Chr., an. 97,
et Bint. ni, c. 17, 18. Dioi. Cassii HkiQ^
rtanim 1. lwii, p. 766, tvpis Weccheliauis,
an. 1016J. C'était le nom qu'on donnait en-
core h la doctrine des chrétiens, qu'on ne
connaissait pas assez pour les diflerencier
des Juifs- Clément fut mis à mort par Do-
ï^itien , étant à peine sorti du consulat,
c*est-a-dirc en Oîi dij Jésu^-Cbrist. Les Mar-
tvrûlui;es ne IV^nt pas mention de ce saint,
(roy. I>0HtTîE>r et Domitille/)
CLÉMENT (saint), dv\ncyre, évoque et
mnrljr, appartient aux premiers temps delà
Eersécution fie Dioclétiou, et du iv' siècle.
*ii fallait en croire ses Actes, nous dirions
qti'on prolongea son martyre en lui faisant
endurer, pendant 28 ans, les supplices et les
tourments; mais il nous faudrait, pour ad-
mettre un fait pareil, *les fireuves que ces
Actes sont loin ne nous fournir. Ses reliques
furent d\ibord portées à Conslaatiiio|d*% où
deuï églises, nolanimcnt celle du [njilaiSt
furent placées sous son iuvocalion. Le crâne
do saint Clément est au Volnie-tiràce de
Paris. Anne d\4utriche en fit caiJeau à ceUa
église quand elle f mda Tabbaye. Sfiinl A^^a-
tnangc fut martyrisé avec saint Clément,
LTî^çlise honore' la mémoire de ces deux
Maints le 23 janvier. (Vot/, Chaslelain, p. 34i>,)
CLÉMENT (saint), martyr, recueillit la
rourcmne des glorieui combattants de la foi
I Rome, avec son compagnon saint CeUe.
sool-
m
as m
L'Eglise honore leur mémoire le 21 nove»
bre.
CLÉMENT (saint), martyr, etieiUit Upilm
glorieuse iHx martyre avec les saints ÂpeMe
et un autre. On ignore à quelle date eldil^A
quelles cireo'^staiiees. L'E^Uso célèbre I^Hh
mémoire le 10 septembre. ^^m
CLÉMENHN fsainl), martyr, fat marlviîié
à lléraclée en Thrace, avec les saints Théù*
dote et Phifomène. L'Eglise célébré Wir
mémoire le 14 novembre.
CLÉOMÈNE (saint), martyr^ eut la gloire
de soulTrir îa nv»rt pour Jésus-Christ , n
Crètf^, dans la ville de <}ortyne, sous le rém
de Oèce, durant ïa persécution si lerriUê
que ce prince féroce alluma contre lit
chrétie^is. 11 fut décapité, après avoir sool-
fert d'horrildes tourments. Sa féto arriie*
23 décembre. Saint Cléoinène est Tua
dix mariyrs de Crète. (Voy. Martsm
Crète).
CLËOPHAS (saint), disciple de té
Chi'ist, l'ayant confessé, fut, selon U Ifrfl*
tion, massacré par les Juifs à Eainiaùl, dtll
la maison même oii il Favail invité h $enm,
et où on Tenterra honorablement* L'Bgliâe
fait sa mémoire le 25 septembre,
CLEïl (saint), martyr, était diacre à Afr
tiocfie, Il fui appliqué sept fois à la torlurf,
et tenu fort longtenqis dans une étroite
prison, pour la défense de la Yérilé» Knfiti,
ayant eu la tête tranchée, il accomplit ftiûU
son mnrtyre, L'Eglise hoïiore sa niémainrle
7 ianvi^nC
CLERMONT-FEBTtAND, avant l^fUtai
romaine, se nommait iVcwiarwf- Somlado*
luinalion romaine, celte ville avait pris te
nom de Nmietttm, Auguste et ses sutioif*
seurs l'avaieut considérablement auL
et embellie. Elle fut plusieurs fois
sacc?i:^ée, presque détruite par les bai
qui tirent si souvent des invasions
tiâules. Sous nos premiers rois, les
civiles lui firent souvent le njème sort
tard, elle fut occupée par les A^^^^-'^
sieurs fois elle futfortitiée et «.
Peu de nos villes de France o^i ' \-*à\
de vicissitudes. Clermont est 'ffli
chef-lieu du di^partement du i*u^
Dans cette ville il se tint sept ^
plus célèbre e-st celui dtkl095, oV
la première croisade. L'un des
bares qui vinrent ravager les ii
ani notre sujet nous oblige d<
Chrocus, roi des Allemands, Il pasM
ce malheureux pays comme un ton
vastateur. Clermont fut, coiûOM
d'autres villes, ravagée parceftroe^
rant. L'éftée des Césars s'était ràcoourcie
mains du faible Valérien; elle ne savait
protéger les provinces de Tempire. Le |
tige du nom romain n'étsit plus uoa
rière aux entreprises d>*s baiteres. Cf "
passa donc comme un fléau de 0ieu. i
dit qull était chafî^é de semer sur sa rofltt
toutes les sortes de calamités. U appail*''
la guerre et ses horribles consécfôaiifllit
la dévastation, le pillage et mil! * ^l
mais ce n était i^as assez, il per^ . '••
Plif
M5
COC
CGC
Mi
lemment les chrétiens, vouiant les contraindre
d*adorer ses dieux. A Clermonf, il fit marty-
riser les saints Cassius ou Cassi, Victorin,
Maxime, Antolien ou Anatolien, et Linsuin
on Liminius. Ces saints sont Tobjet d une
grande rénération en Auvergne. Ancienne-
ment on avait bAti à Clermont-Ferrand une
égUse sous l'invocation de saint Cassius ou
Cassi : elle poss(^dait ses reliques. Le temps
ea a fait des ruines.
CLET (saint), pape et martyr. C*est le se-
cond qui gouverna TKglise après l'apôtre
saint Pierre. Il reçut la couronne du martyre
durant la persécution de Domitien. LTgiise
ISût sa mémoire le 26 avril.
CLET (le bienheureux), missionnaire en
Chine, y fut étranglé pour la foi le 18 avril
1890. (Pour plus de détails, voy. Persêgu-
T10?CS M ChIXe).
CLIGNE (saint), confesseur, souffrit pour
la religion h Aquin. On ignore la date et les
circonstances Je sa confession. L'Eglise fait
aa mémoire le 30 mars.
CLOMAN, (saint), martyr, fut martyrisé à
Wurlzbourg en Allemagne , avec Tévêque
Killien et le diacre saint Tatnan. On ignore
les circonstances du martyre de ces saints
combattants de la foi. L'Ej^liso célèbre leur
mémoire immortelle le 8 juillet.
CLOMAN (saint), martyr, était originaire
du royaume d*Autricbe. 11 y souffrit pour
Jésus-Cbrist. On ignore la date, le lieu et
les circonstances de son martyre. L'Eglise
Célèbre sa sainte mémoire le 13 octobre.
COCHIN, ancien royaume de THindoustan,
dur les côtes du Malabar, fut un des pre-
miers pays de ces vastes contrées évangé-
lisées nar les missionnaires. En Tan 1600, il y
avait déjà quelque temps que le royaume
de Cochm était érigé en évéché, quand le roi
80 mit à persécuter avec acharnement ceux
de ses sujets, qui se convertissaient à Jésus-
Chrisl. Tou( le long de la colo, depuis sa
capitale jusqu*à Colam, et depuis cette ville
jusqu'au cap Comorin, il existait un assez
grand nombre d'églises. Les missionnaires
r' les desservaient étaient des membres de
[compagnie de Jésus ou do celle de saint
François. Cette persécution devint extrême-
ment pénible pour eux tous, en entravant
leurs saints travaux et en mettant obstacle
aux progrès quils accomplissaient dans
cette Tigne que leurs sueurs avaient ferti-
lisée.
COCHINCHINE, contrée de l'Asie orien-
tale* dans l'empire d'Annam. La religion qui
jr domine est le bouddhisme. Presque tout ce
Se nous avons dit du Touquin peut s*ap-
quer à la Cochinchine. Aussi allons-nous
arriver immédiatement à ce qui concerne
les persécutions endurées dans ce pays. £n
1690, le roi excita une persécution qui fut
de courte durée. 11 mourut à répoifue où il
se préférait à neriécuter beaucoup plus vio-
lemment les cnrétiens. François Pore/, Sia-
mois, était alors vicaire apostoli(|ue de ce
royaume. Laissons parler les Lettres édi--
« Le roi, encore jeune, est extrêmement
superstitieux et entièrement dévoué aux
bonzes chinois qu'il a appelés dans son
royaume ; il a un oncle auprès de lui qui
est le plus cruel ennemi du christianisme.
On a abattu plusieurs églises ; la persécu-
tion serait peut-être allée plus loin ; mais
une calamité publique, causée par des ora-
ges, tourna de ce côté laltention de la cour.
J&'ailleurs la prédiction que je fls d'une
éclipse, le porta à me traiter plus favorable-
ment. L'année royale, gui revient de douze
en douze ans, suivit bientôt après. Comme
on donne au peuple durant cette année une
grande liberté , les chrétiens en jouirent
comme les autres, de sorte que nous faisions
les exercices de la religion aussi publique-
ment qu'avant la persécution. Au commen-
cement de cette année 1700, quelques en-
nemis des chrétiens abattirent et mirent en
Sièces les idoles de la campagne : le roi ne
outanl pas que nous n en fussions les
auteurs , donna ordre qu'à notre première
assemblée on fit main basse sur tous les
chrétiens ; j'en fus averti, et je les empêchai
de se réunir. Nous étions alors 5 mission-
naires d'Europe. Le 12 mars, on vint à main
armée dans nos églises, on arrêta nos do-
mestiques, on pilla nos maisons, et l'on mit
en arrestation chaque missionnaire dans son
église, et trois jours après ils furent menés
dans les prisons publiques ; on leur mit la
cangue. Quant à moi, on m'arrêta, mais, dès le
lendemain, on me rendit ma liberté à cause
de ma qualité de mathématicien. Le 17, oh
publia un édit du roi, qui ordonnait qu'on
abattit dans tout le royaume les églises des
chrétiens, qu'on brûl&t les livres de leur re«
ligion, qu'on arrêtitt tous les missionnaires;
que tous ceux qui avaient embrassé le chris-
tianisme reprissent la religion du pays et
que, pour marque d'obéissance, hommes»
femmes, enfants ou vieillards, vinssent fouler
aux pieds Timage du Sauveur, qui est tou-
I'ours la principale que nous exposons sur
'autel. Cet ordre s'exécuta d'abord dans le
Salais, dans les maisons des mandarins»
ans les rues et dans les places publiaues de
cette ville. Plusieurs cnrétiens obéirent t
d'autres se cachèrent ; il y en eut qui eurent
assez de courage pour mériter la palme du
martyre. Le môme jour, on brûla presque
tous les livres saints ; on me rendit ceux
qui étaient à mon usage, sous prétexte que
ces livres pouvaient servir aux mathémati-
ques. On saisit un missionnaire qui s'était
sauvé à la campagne, on lui pressa forte-
ment les doigts pour l'obliger à dire les
noms des mandarins chrétiens; il souffrit
courageusement ce supplice, ce qui le ût
estimer des païens mêmes. Un vieillard fut
assommé pour n'avoir pas voulu donner les
livres ni fouler la sainte image. Le roi avait
ordonné de laisser piller aux soldats tout ce
Îui appartenait aux chrétiens, à la réserve
es choses que nous regardons comme sar-
( crées, qu'il voulait qu'on lui apportât. On
lui inoutra entre autres choses plusieurs
■ reliques, dont quelcjues-unes étaient des
os entiers ; les ayant prises et les foiisant
«95
COC
voir aux gens de sa cour : <( Voici, dil-iU
jusqu'où les ehn^tiens portent llnipiété : ils
tirent des tomhoaux des ossemi^nts, ce (jui
doit nous faire horreur; ilslbnt i>lus, ajonta-
t-il, ils en n'^duiseiU plusieurs en poudre,
et la mêlant dans des breuvages, ils ensor-
cellent par là si tort le peu])le, que lous em-
brassent aveugiéiuent leur *loetnne.» Le roi,
voyant que m discours animait toute sa cour
contre nous, ordonna qu'on exposât ces
ossements dans la place pui)lique et qu on
fît entendre au peui>le l'usai^e que nous en
faisions.
« Cependant on tourmentait furieusement
les chrétiens; un mandarin considérable,
vers le |iays du nord, refusa rouniîj;euse-
ment de fouler aux pieds le erueilix ; on le
conduisit à la cour. Présenté au roi : « Il
faut tout à rheore, lui dit ce prince, fouler
aux pieds cette iiuage ou perdre la vtc. w
« Perdre la vie luilb* fois, répondit-il ; prêt h
obéir dans tout le reste, je ne puis le faire
en ce qui regarde ma relig^ion, « Les manda-
rins qui étaient présents, indignés de cette
réponse, prièrent le roi de leur permettre de
le mettre en |iiéces. Le fermée, plus modéré,
orilonna qu'il îùi envoyé dans son pays pour
être décapité. A son arrivée, plusieurs de
ses parents vinrent se jeter k ses pieds^ le
conjurant d*obéir au roi, ou du moins d>n
faire semblant, en approchant tant soit peu
le pied de la sainte image, ce qui sullirail
au p;éuéral des trouoes qui voulait le sauver.
Ils lui mirent sous les yeux les malheurs où
son obstination entraînait sa famille; ils le
tîonjurèrent d'être sensible à leurs pleurs, h
leurs gémissements, puisqulls allaient tous
être envi^loppés dans sa ruine. Chose étrange 1
Celui qui avait montré tant de courage de-
vaof le roi n*eut pas la force de résister aux
larmes et aux prières de ses parents ; il
feignit de fouler Timage, en protestant ce-
])endant que c'était pour céder à leurs im-
jiortunités et non pourrenoticeràla religion
chrétienne. Le général écrivit au roi, qu*cn-
tin le mandarin avait exécuté ses ordres ; le
roi, irrité de ce ([u'un aulre avait su se faire
mieux obéir oue lui, commanda qu'on no
laissât pas de lui tranciier la tète, ce qui fut
exécuté. Il mourut avec le repentir de sa
faiblesse. Le 2*1 avril, un présenta au roi les
<]uatre înissionnaires; il ordonna qu'on les
menAt dans une prison plus rude, où d pa-
vait vouloir les laisser mourirde misère. Trois
dames furent conduïtes en niéine temps en
la présence du roi, qui les condamna à la
bastonnade, à être rasées, et à avoir les
bouts des oreilles et des doi^^ts coupés. Pour
les hommes, ceux qui ne voulurent pas obéir
furent condamnés à mf>rL Je ne [courrais
Bombrer toutes les personnes qui souffri-
rent et périrent pour la cause de la religion;
il y eut des martyrs de tout âge, de tout
sexe, de tout état. CUi des missionnaires est
mort de misère dans la jinson, les autres
y irahjent encore u:ie vie langnissante.
Pour moi , je loge dans un [»elit jardin
(jii'on m'a d^unié près du palais; le litre
ùo mathématicien me iieruiet d'aller libre-
COC Oft
ment partout, de visiter mes pauvres prir-
sonniers et de tes consoler. » (Lclt. édiL
vol. IL p. 72.)
A l'époque où le P. Arnedo termine son
récit, il n y avait, comme on vient de le voir,
qu'un seul raissionoaire mort en prison. U
en mourut bientôt trois autres. Ces mii-
tro martyrs ee no minaient Candone, Bel-
monte, Langlois et Feret, tous quatre je-
suites. Les autres prisonniers furent rendus
h la liberlé en 170V. La paix dura jus-
qu'en 1750. A celte époque un édit pro*
srrivit la religion chrétienne et frappt
d*exil tous ses ministres. Vingt-neuf lu-
rent banius. L'évéque de Néoléna, M. Le-
febvre, M. lîemutat, son coadjuteur, év^aue
d'Eucarpie, tous deux du séminaire des
Missions Etrangères; sept autres luisfion-
nairj's de la môme maison ; deux de la sacré<*
congrégation de la prOï>agatioa de ia foi;
neuT d\Milre les Frères Mineurs, et neuf jé-
suites. Voici conunent on arrêtait les mis-
sionnaires. Un soldat les saisissait par les
clieveux noués sur le sommet de laléte, les
terrassait et les traînait par terre; ou Uur
liait les bras en croix devant la poitrine ou
derrière; on leur garrottait les jambes, puis
on leur passait le cou dans la cangue qm
leur était destinée. On démolit les églises.
A la cour, le frère du roi ht épargner Téglise
de révéque de Neoléna. Les deux jésuUei.
Monlez/o etKoller» tirent aussi épargner \h
leurs. Beaucoup de chrétiens venus dcs|iro-
vinces dans la capitale, tentèrent inutilt-
ment, à prix d'argent» de faire cesser lapfl^
sécution. On obligeait les chrétiens prison*
TU ers a payer le loyer de leurs prisons. Frère
îdiehel de Salamanque, franciscain» oalif
d'Kspagne, mourut en prison des mu^
qu'il y endurait. En 176i, la persécutiofi s*»
doucitunpeu; et bient«>t le jeune priore^qn
cette année-là monta sur lu trône» douai
Tordre de mettre eu liberté tous Jes prisCtt*
niers.
On sait les événen^enls politiques qui^'ic-
complirentdans le Tonquin et dans la C4>-
chincbine eu 17BB. A cette é|>oque ce dff-
nicr royaume conquit le Toiiquui are»c le-
quel il avait été si lungteiups en iMûêchër-
née, et depuis lors ces deux puissaûtescoor
trées ne forment plus qu'un seul tsupii^
Malgré ces agilations politiques, les mtsskli-
naires et les clu*étiens jouirent d*iitie asM
profonde paix jusqu'en 1795. Uoe perséet-
tion jïariielle, qui s'alluma dans le TonifyÎBt
gagna la haute Cochinchine. Elle fut asm
promplement apaisée; mais, en 1798, ek
se propagea avec une intensité nouviUi-
Eminanuel Triéu, prêtre cochinchinôiii, ta
décapité a Hué.
« lirand nombre de ûdèles, dit un iéméê
oculaire {Lett, étUf., vol. 111, p. 302 ''
souireri ûv<i questions horribles, par«
voulait les forcer h aposlasier et
noncer les prêtres et 1« s objets d** p ^" -
A quelques-uns on enfonçait di
fer soos bs ongles jusqu au Si-
du doigt, qu'on n^l irait et quVm »
de nouveau. On douait à des plan*
1
697
COI
mains de quelques autres ; ou enveloppait à
d'autres les mains avec des morceaux de
linge qu'on trempait dans Thuile et aux-
quels on mettait ensuite le feu, etc. Les prê-
tres, pour éviter d'être pris, ont été obligés
de se tenir cachés dans les antres, dans les
forêts et dans les rochers. Il n'y avait pres-
que plus aucune maison do sûre, tant les re-
cherches étaient rigoureuses nuit et jour,
tant on était exposé aux dénonciations. »
Jean Dat, prêtre tonquinois, fut martyrisé
le 28 octobre ; Tévêaue de Gortyne fut mis
en prison ; mais ce n étaient \h que des per-
sécutions isolées. Le souverain régnant, in-
time ami de Tévêque d'Adran, était bien
disposé pour le christianisme. Sa mort di^
Tint un malheur effroyable pour toute celte
chrétienté. Au lieu de laisser son trône àUng-
hoa, fils du prince Cauh, il y appela par son
testament Minhmaug, son (ils naturel, il fit
venir tous les missionnaires à la cour,
sous prétexte de les consulter sur des cartes
géographiques. Il avait eu soin de se faire
présenter par plusieurs mandarins une re-
Suète contre la religion chrétienne, afin
'avoir un motif plausible aux mesures vio-
lentes qu'il était dans l'intention de prendre.
Eo 1832, le roi condamna M. Jaccard à ser^
Tir, comme simple soldat, dans les armées;
puis, le 6 janvier 1833, il rendit un éditqui
commandait à tous les chrétiens d'aposta-
sier en marchant sur la croix, et qui ordonnait
la destruction des églises et des maisons re-
ligieuses. Il portait en outre qu'on devait
faire recherche des prêtres et des catéchistes.
Furent successivement martyrisés : Pierre
Tuy, prêtre du Tonquin, le 11 octobre; Ga-
gelin, le 17 octobre; Paul Doï Buong, capi-
taine des gardes, le 23 du même mois. Jac-
card et Odérico furent condamnés h être dé-
teDusdans le Laos. Le 13 janvier 183^», parut
un nouvel édit plus violent que les pre-
miers. Le 30 novembre 1835, M. Marchand
souffre unm^rtyredes plus glorieux en même
temps que des plus cruels. Le 20 septembre
1^ voit celui deM.Cornay. Le 30 novembre
même année, François Xavier Cân est étran-
glé. Ignace Delyado meurt dans les prisons
du Tonquin, le 12 juin 1838. Dominique
Haoarez est décapité le 25. Pierre Dumou-
lin Borie est mis en pièces le 2^ novembre.
Le 5 décembre 1838, le 18 ianvier, le 3 oc-
tobrt 1839, des édits terribles sont publiés.
Il est ordonné à tous les habitants de con-
tribuer à l'érection de temples en Thonneur
des ancêtres. Il faut donc que les chrétiens
secrets se dévoilent. M. Delamotte, prêtre
français, meurt à la suite d'affreuses tortu-
res, le 3 octobre 1840.
Ici se bornent les documents qu'il nous a
été donné de recueillir sur les persécutions
dans ces contrées.
CODKAT (saint), fut martyrisé à Corinthe
durant la persécution de Dèce, sous le prési-
dent Jason, avec les saints Denys, Cyprien,
Anect, Paul et Crescent. L'Eglise fait leur
lète le 10 mars.
COINTE (sainte), fut martyrisée à Alexan-
drie, sous l'empereur Dèce. Les païens,
COU ess
l'ayant arrêtée, la menèrent devant les ido-
les pour la contraindre de les adorer; mais
cette généreuse femme refusant de le faire,
en les détestant, ils lui lièrent les pieds, la
traînèrent par les rues de la ville, et la mi-
rent en pièces par cet horrible supplice. L'E-
glise vénère sa mémoire le 8 février.
COLIODRE, ville de Catalogne, où fut
martyrisé un saint Vincent.
COLLUTUS, l'un des trente-sept martyrs
égyptiens, qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte, et desquels Ruinart a laissé
les actes authentiques. Voy. Martyrs (les
trente-sept ) égyptiens.
COLOdNE, ville des Etats prussiens, est
célèbre par le martyre de sainte Cordule.
COLOMBE (sainte), vierge et martyre,
souffrit pour la foi à Cordoue en Espagne.
On ignore la date et les circonstances de ses
courageux combats. L'Eglise fait sa mémoire
le 17 septembre.
COLOMBE ( sainte ), vierge et martyre,
souffrit en 258 ou en 273 : si on admet la pre-
mière de ces deux dates, il faut la mettre
sous Valérien ; si on admet la seconde, il
faut au contraire aller jusqu'au second
voyage qu'Aurélien fît dans les Gaules,
quand il remporta à Châlons une célèbre
victoire. Elle donna sa vie à Sens pour
la religion chrétienne . Son culte y est
en grande vénération. Anciennement il jr
avait dans cette ville une chapelle qui lui
était dédiée. On y gardait ses reliques
chez les bénédictins. Les huguenots les dis-
persèrent avec celles de plusieurs saints, qui
y étaient renfermées. L'Eglise honore sa
mémoire le 31 décembre.
COLOSSES, Colossœ, ville de Phrygie,
l'une des premières converties à l'Evançile.
Saint Paul a écrit une EpUre aux Colosstens.
Cette ville fut fortement éprouvée durant la
persécution de Néron. Saint Epaphras, dis-
ciple de saint Paul, y fut d'abord martyrisé,
et quelques mois après, saint Philémon et
sainte Appia, aussi disciples de saint Paul.
COMA NE, ville du Pont, fut témoin du
martyre de saint Hermias, soldat, sous le
règne de l'empereur Marc-Aurèle. Ce fut un
juge nommé Sébastien, qui condamna le
saint à la mort. Sous Sévère (Septime), elle
vit le martyre de saint Zotique, évêque.
Nous manquons de documents sur ce der-
nier saint, seulement indiqué dans le Mar-
tyrologe romain à la date du 21 juillet. Sous
le règne de Dioclétien et de Maximien, saint
Basilisque, honoré par l'Eglise le 22 mai,
souffrit dans celte ville un cruel martyre.
Le président Agrippa lui fit mettre des
chaussures garnies de pointes embrasées;
puis enfin, l'ayant fait décapiter, il ordonna
qu'on jetât ses restes à la rivière.
COME, ville du royaume Lombard-Véni-
tien, à 40 kil. N.-O, de Milan, a été témoin
du martyre des saints Carpophore, Exanthe,
Cassius, Séverin, Second et Licinius, qui fu-
rent décapités pour avoir confessé Jésus-
Christ.
COMMINE (saint), l'un des quarante-huit
martyrs do Lyon, sous le règne de l'empe^
w9
COM
CON
700
reur Marc-Aiirèle, en Ton 1T7, dut à sa
qualité de citoyen romain d'être décapité
ÏJulùt que d'être exposé aux bôles, comme
e furent plusieurs de ses compai^nons. L'E-
glise célèbre sa fête avec celle de tous ces
saints martyrs le 2 juin.
COMMODE (Lucius Commodui Mlius Au-
relius Antoninus), tils de Marc-Aurèlo, suc-
céda à son [>ère en 180. Loin d'imiter les
rertus palornelles, il fut sur le trône un des
plus exécrables princes qu'aient eus les
Romains. II fut cruel, avare, lAcbe et igno-
ble dans ses goûts. Il s'abandonna aux con-
seils des eunuques et des valets. 11 décima
le sénat, fit mourir Lucille, sa sœur, et Cris-
pine, sa femme. Il eut comme Néron l'a-
mour des jeux du cirque. Doué d'une force
herculéenne, il descendit, disent les auteurs
du temps, plus de sept cents fois au rôle
déshonorant de gladiateur. Il fui soupçonné
d'avoir empoisonné son père, pour arriver
plus tôt au Ir'ône. Marcia, sa maîtresse, sa-
chant qu'il avait rais son nom sur une liste
de proscription, le fit mourir en 192, en lui
administrant du poison. Quoique cruel et
sançuinaire, ce prince ne persécuta pas les
chrétiens, et défendit même qu'on les pour-
suivît dans l'empire. Ils furent redevables
de cette paix, q^ui dura douze années, à la fa-
veur toute particulière, avec laquelle Marcia,
maîtresse du prince, les traitait. Pendant tout
ce laps de temps, elle " ne cessa de prendre
leurs intérêts.
Sous l'empereur Commode, nos affaires, dit
Eusèbe, demeurèrent dans un état assez tran-
qujllcet, par la miséricorde de Dieu, l'Ei^ise
jouit d'une profonde paix par toute la terre.
Après sà mort, Pertinax qui lui succéda, ayant
aussi été tué, Didius Julianus fut élevé par
des soldats à l'empire. Mais comme il so
trouva alors partagé entre trois concurrents,
Sévère qui s'empara de la Pannonic, Niger
qui so rendit maître de l'Orient, et Albin
?ui se saisit des Gaules, pendant que tout
tait en confusion dans l'Etat, cl que trois
grandes armées portaient la çucrre et le
trouble dans toutes les parties du monde, le
calme et la paix régnaient dans l'Eglise.
Cette paix ne fut interrompue que vers la
dixième année de Sévère et la deux cent
deuxième do Jésus-Christ, quoique durant
ce temps elle fût un peu altérée par le mar-
tyre de quelques chrétiens. Car 1 on no i)eut
ditférer plus tard yue jusqu'en 200 la mort
des martyrs Scillitains qui soudnrent en
Afrique sous le proconsul Saturnin. Le con-
sulat de Claudius, marqué dans leurs Actes,
en est une preuve convaincante.
COMMODE (saint), l'un des gardes de la
prison de saint Censorin ou Censorinus,
sous Claude II le Gothique, fut converti à la
foi chrétienne, par le prêtre saint Maxime,
avec les autres gardes de la prison, lesquels
étaient Félix, Maxime, Faustin, Herculan,
Numère, Sloracinus, Mène, Nernc, Mmup,
Eusèbe, Rustique, Amandinus, Monacre,
Olympe, Cyprien, Théodore. (Pour voir leur
histoire, recourez à l'article Martyrs d'Os-
TiE.) Ces saints ne soat pas nommés au Mar-
tyrologe romain.
COMPLUTE, 6'om^/u/tim, ville d'Espagne,
aujourd'hui nommée Alcala de Hénarès,
s'enorgueillit d'avoir donné le jour h Cer-
vantes, à Solis. Au cardinal Ximénès elle
doit sa célèbre université, la première d'Es-
pagne, après celle de Salamanque. Mais k
côté de ces célébrités mondaines elle a des
fastes religieux, que le chrétien met bien au-
trement au-dessus. Elle a vu naître dans sei
murs les deux jeunes frères, saint Just «t
saint Pasteur, tous deux martyrs glorieux
de la religion évangélique. Ils éiaient en-
fants encore nuand le glaive de la persécu-
tion de Diocletien vint les frapper. Ils mou-
rurent avec un courage que les tourments
ne purent ébranler, et qu'on ne s'attendait
pas h trouver dans des enfants si jeunes ft
si faibles. Mais le Dieu qui appelle à Inilei
petits enfants, était en eux et leur avait
donné sa force et sa grâce. Lo féroce Dacien
fut vaincu par eux et les fit décapiter. La
ville d'Alcala p«js$ède la plus grande ptitit
de leurs reliçiues dans l'église qui est fOOJ
leur invocation. Quand Dacien les nul k
mort dans cette ville, il y avait déjà eierté
de grandes cruautés. Après avoir publié les
édits sanglants lancés contre les chrétiena,
il avait fait mourir tous ceux qu*on lui avait
dénoncés. Saint Just et saint Pasteur sont
les seuls dont l'histoire ait gardé les noflM,
farmi ceux des saints martyrs qui cueillinol
Comi)lute la couronne éternelle à edis
sanglante époque.
CONCESSE (saint), martyr, souffirit pou»
la foi de Jésus-Christ à Roine, avec les sailli
Démètre, Hilaire et leurs compagnons* doBi
le Martyrologe romain ne nous a point tram*
mis les noms. L'Eglise fait leur mémoire h
9 avril.
CONCESSE (sainte), fut martyrisée à Car-
thage. On ignore à quelle é[)oque et dam
quelles circonstances. L'Eglise honore n
mémoire le 8 avril.
CONCORDE (saint), sous-diacre et martyr.
Ce saint fut arrêté dans un désert, sous le
règne de Marc-Anlonin, et conduit» vers I SB
178, devant Torquatus, gouverneur d'Om-
brie, qui faisait alors sa résidence à Spo-
lette. Les {)romesses et les menaces ayant
été inutiles, on le battit à coups de Dàtoa
dans le premier interrogatoire et on reten-
dit sur le chevalet dans le second. 11 sonfr
frait avec une patience héroïque, cl disait
avec joie, dans le fort de ses tourments:
Soyez glorifié. Seigneur Jésus. Trois jooif
après, Torquatus envoya deux soldats po«r
le décapiter en prison, s'il refusait de sacri-
fier à une idole que portait un prêtre qui les
accompagnait. Cfoncorde, ayant craché sur
l'idolo, pour marquer l'horreur qu'il avai
d*un tel sacrilice, un des soldats lui trancha
aussitôt la tôte. Son nom se trouve au i"
janvier dans le Martyrologe romain ; maif
dans quelques autres il est au û du mêiH
mois. (Godescart, 1. 1", p. 5V.)
CONCORDE ( saint) , avait pour père ni
nommé Gordien , ou Concoraien, prêtre di
TOI
CON
CON
701
l'éçlise du Pasteur à Home. Le père et le fils,
Ïiii était sous-diacre, ne cessaient de prier
îeu, pour que la persécution les trouvât
fidèles et valeureux, si elle venait h sVxercer
contre eux. C'était sous le règne de l'empe-
reur Mare-Aurèle, et la persécution était vio-
lente contre les chrétiens. Concorde pria
son père de lui permettre d'aller passer
mielque temps chez un ami nommé Eutv-
cniiis, qu'il avait h la campagne auprès ae
Tribule. Gordien eng.igoa son fils a rester
à Rome, lui disant qu'il fallait qu'ils restas-
sent ensemble pour recevoir ensemble la
Muronne du martyre, si l'occasion s'en pré-
teolait. Concorde lui dit que si Dieu avait
. l'intention de lui accorder cette faveur, il
Murail aussi bien le trouver ailleurs qu'à
Some. Oordien se rendit au désir de son
MSt lequel s'en alla trouver Eutychius qui
le reçut avec beaucoup de joie. Tous deux
e'exeroèrefit continuellement aux jeûnes et
à la prière, guérissant beaucoup de malades
qui Tenaient implorer leur assistance.
Topquatus, jjouverneur de la province,
•ctueliement à 8}K)lète, en ayant entendu
perler, envoya quérir Concorde et lui de-
manda comment il se nommait , ce qui était
4*aaage au commencement de tous lesintor-
ffOgaUnres. Celui-ci ne lui répondit pas autre
choae que ces mots : a Je suis chrétien. »
Le iuoe n'en ayant pas pu tirer autre chose,
le ut battre à\oups de bûlon,ut ensuite
«Mitre en prison. La nuit suivante, Euti-
«bîus le vint trouver avec l'évoque Anthime,
wni gouvernait alors l'église de Spolète.
£omme cet évoque était ami de Torquatus,
il obtint d'avoir chez lui Concorde pendant
quelques jours. Durant ce temps, il l'ordonna
yréire. Après qfu'ils eurent passé assoz long-
^tevups ensemble , Torquatus envoya cher-
•eher Concorde; il tenta de nouveau sa fer-
jneté , et lui demanda s'il avait son^é aux
fDoyena de sauver sa vie. Le saint, lui ayant
léfXMida gu'ii n'avait trouvé de salut qu'en
ï fésuA-Chnst, h qui il offrait tous les jours
mn sacrifice de louanges et d'actions de grd-
^ «es, Torquatus le fit étendre sur le chevalet,
. «t ensuite le fit mettre en prison, le cou et
h. les nains char^s de chaînes de fer, voulant
B le laisser mounr de faim dans cet état. Mais
■ 'fl ne pot empêcher qu'un ange ( disent les
■ Actes) n*y entrât durant la nuit pour encou-
■ veger le saint martyr. Deux soldats, trois
: ^eufs qirès, vinrent par son ordre lui tran-
■ «ber la tête. Avant de mourir, le saint cra-
B ^dha sur une statue de Jupiter, qu'on lui
^ ftésentait pour qu'il l'adorât. Deux clercs
■s Iterent enlever son corps pour l'ensevelir.
§i îs monastère de Saint-Pierre au diocèse de
r!t€irrae en Catalogne prétend avoir son corps.
m Ou prétend que saint Concorde eut |>our
^ taoïpagnon de captivité à Spolète, saint Pon-
pete, martvr. L'Église fait la fête de saiat
m fiOBCOrde le 1" janvier.
m CONCORDE ( saint ) , souffrit le martyre à
^ Ihoomédic, avec les saints Zéuon, Théodore
' ^ tes enfants. On n'a aucun détail authen-
Arae. L*Eglise célèbre leur sainte mémoire
l%3l septembre.
CONCORDE (saint) , martyr, était fils 4e
saint Valentin, mattre de la milice k Ravenne«
du temps de l'empereur Maximien. Son père
ayant été arrêté pour la foi chrétienne. Con-
corde eut le même sort et partagea le triom-
I)he de son père. Ils eurent pour compagnons
de leur martyre les saints Navale et Agricole,
dont l'Eglise fait la fête avec la leur le
16 décembre.
CONCORDE (sainte), martyre, nourrice de
saint Hinpolyte , prêtre de Rome, qui fut
martyrisé soiis Gallus, fut mise à mort le
même jour gue lui . Elle fut déchirée avec des
fouets garnis de plomb, jusqu'à ce qu'elle
rendît re8j)rit. Elle était très-âgée, puisque
snint Hippolyte est nommé vieil fard dans ses
Actes. Dix-neuf personnes de la maison du
saint furent décapitées ce jour-là hors de la
porte Tiburtine, et enterrées avec lui au
champ Vérun. L'Eglise fait la fête de sainte
Concorde le 13 août, avec celle de saint Hip-
polyte et de ses dix-neuf compagnons.
dONCORDlA, bourg du royaume Lom-
bard-Vénitien, célèbre dans les annales du
Martyrologe romain, par le martyre des
saints Donat, Serondien, Romule et quatre-
vingt-six aulres, dont les noms ne nous
sont point parvenus.
CON DORCET (Marir-Je A!f-A!fTOiîfE-Nico-
LAS, marquis de), naquit en Picardie, près do
Saint-Quentin. Son oncle Condorcet, évêaue
de Lisieux, lui fit faire ses études au collège
de Navarre. 11 devint extrêmement fort en
mathématiques, et les cultiva avec grand
succès à Paris, où il se fixa. Il publia diffé-
rents ouvrages sur cette partie importante
des connaissances humâmes. L'académie
des sciences l'admit parmi ses membres, et
bientôt le nomma son secrétaire perpétuel.
Il travailla activement à V Encyclopédie , h la-
quelle il fournit de nombreux articles. Son
admiration pour Voltaire était grande, et les
idées, les tendances de ce philosophe trou-
vèrent en lui un disciple fervent, un imita-
teur persévérant. Condorcet avait l'air fort
doux,presquebénîn;cequi,danssesécrits,ne
l'empêchait pas de se montrer excessivement
fougueux, ennemi acharné du christianisme,
qu'il altaquait avec encore plus de fureur
?ue ne l'avait fait Voltaire. Grimm nommait
onilorcet un mouton enragé. Il accueillit la
révolution française avec enthousiasme, et
collabora activement aux travaux de l'Assem-
blée législative et de la Convention. Condor-
cet ne vota pas la moil de Louis XVI ; mais
il avait voté sa déchéance, l'avait déclaré
coupable, et avait rejeté l'arpel au peuple
et demandé qu'on fui appliquât la peine
la plus grave qui ne fût pas la peine de
mort. En 1793, Condorcet lut proscrit avec
les fédéralistes, se cacha quelque temps dans
Paris, puiss'étant déguisé, sortit de la ville.
A Bourij-la-Reine , il fut- arrêté et mis en
prison. Perdant alors tout courage, il s'em-
poisonna et mourut le 28 mars 17%. Dans
sa retraite qui dura huit mois , Condorcet fit
un travail intitulé : Esquisse d'un tableau
historique des progris de V esprit humain.
Dans ce livre il montre que le malheur no
'M
COî«
GOM
m
rtTait pas corrigé de son impiété. 11 y pro-
elaioe que c*est un {çr^nd bonheur pour
Tbomme de n'avoir ni rois, ni prêtres, ni
relji^jon. Il y a quelque chose de vraiment
révoltant dans ces maximes effrontées , que
CMH philosopties émettaient ainsi pour la per-
ditWiU de cette humanité qu'ils prétendaient
régénérer. O'i'l exemple î Condorcet proscrit,
placé entre Téchafaud et le iKuson, profite
du peu de temps qu'il peut dérober au trépas
qui le menace, f)Our outrager celui qui 1 at-
tend avec sa justice dans cette éternité dont
il va franchir le seuil!
CONiiO, région de l'Afrique occidentale,
i*st formé [)ar l'assemblage d'une multitude
de petits KUits indépendants, dont les prin-
cipaux sont : celui de Congo proprement dit,
ceux de liamba, Saiuli, Pango, Batta, Pemba,
Sogrio, (iiagas (ce dernier nom appartient
plulAl aux habitants (ju'au pays). Ce pays
lut visité [plusieurs fois par les navigateurs
avant rpi'on y fond«lt des établissements.
Les pntmiers furent ceux des compagnies
de connnerce françaises, en 1626. Cinq ans
plus tard, le capitaine £mmery de Caen y
emmena les premiers missionnaires; c'e-
taif^nt les Pères capucins Alexis de Saint-Lô
et Bernardin Renouard. Plus tard, en 164^, des
«îamicins italiens partirent pour aller évan-
SféliscT le royaumedeBeninel celui d'Overry.
-#e chef ou roi de ce |)ays chassa de son pa-
lais toutes les femmes qu'il y entretenait, et
épousa chrétiennement une femme de l'Ile
Saint-Thomas, qui avait été élevée h sa cour.
Kn 1666, M. Du Case se fit accompagner dans
le pays par doux (;apucins, qui disposèrent
le roi à être bantisé. Evidemment, la plus
grande partie des sujets de ce monarque
eussent suivi son exemple. Les protestants,
qui depuis peu s'étaient établis sur les côtes,
craignirent que leurcommerce n'eût à souffrir
d(î ce changement, et firent tant par leurs ca-
bales, par leurs intrigues, par lardent qu'ils
ré()andirent, qu'ils indisposèrent violemment
les prêtres des nègres contre les deux mis-
sionnaires. La veille du jour où le roi devait
recevoir le baptême éclata une sédition. La
chapelle catholique fut brillée. Le palais fut
investi, et il fallut toute laulorité au prince
pour mettre en sûreté les deux missionnai-
res. Voyant cette disposition de ses sujets,
le roi promit qu'il n'embrasserait pas le chris-
tianisme. I/un des deux capucins fut empoi-
sonné, Tautre fut forcé de s'embarquer.
En 1670, deux dominicains, partis de
France pour reprendre cette œuvre a|)osto-
lique, ne purent réussir à rien , par la mau-
vaise volonté des mêmes protestants, et mou-
furenl tous deux peu de temps après leur
arrivée, empoisonnés, comme l'avait été le
capucin.
En 1622, la princesse Zingha, sœur du roi
de Matamba, étant venue dans les posses-
sions portugaises d'Angola, comme ambas-
sadrice, fut convertie à la foi chrétienne et
baptisée dans la cathédrale de Saint-Paul de
Loanda; mais, en 1627, elle s'empara de la
couronne, abjura le christianisme et le per-
sécuta violemment. Elle se convertit de nou-
veau, en 16&8, et écrivit aa pape des lettras
qui lui furent apportées par le P. Antoine-
Marie de Monte Pradone. A sa demande le
pape envoya une mission de douze prêtres
pour le Congo, pour le royaume d^Ançola et
de Matamba. Après sa mort, qui eut heu ea
1663, sa sœur Barbara renonça au christia-
nisme et, durant trois ans de règne, persé-
cuta ouvertement les chrétien^. Elle ut in-
cendier l'église de Sainte-Marie de Matambi.
Le Congo vit quelque temps après les tra-
vaux et le martyre de Jean-Antoine Cavazzi,
celui du P. Philippe de Galefia, les souffrancei
du P. Thomas de Sistola et de ses compa-
gnons.
CONON (saint), martyr, était originaire d»
Nazareth en Galilée; mais il habitait lataa-
phylie. Il demeurait près de la ville de Ma-
gydc, y cultivant un jardin et y vivant de
son produit dans une grande pauTreté, ceqoi
ne Tempèchait pas d'exercer la charité aotiaC
qu'il le pouvait. Durant la porsécutionderea*
pereur i)èce, PoUion, gouverneur qui demeu-
rait à Perge ou à Magyde, l'envoya praidre,
et après l'avoir vainement sommé de renier
sa foi, il lui fit enfoncer des clous dans lei
pieds. Cet homme féroce obligea le saint iê
courir, en cet état, devant son char, jusqal
ce que la douleur le fit tomber d*épuiseffieiit
et mourir sur le chemin. L'Eglise fait la file
de saint Conon le 6 mars.
CONON (saint), et son fils, martyrs, soit
honorés par l'Eglise le 29 mai. Saint Coooo
demeurait à Icone; il avait épousé une fem-
me chrétienne comme lui, de laquelle il «ni
eu un fils. Quand sa femme fut morte, saii
Conon se retira avec son fils , pour vim
dans les exercices de la piété. On rappoili
3ue la foi le rendit maître d'opérer des nf*
iges dans le cours des choses natureikii
Ainsi on affirme qu'une rivière qui pissai
Eres de chez lui, ayant débordé, et anÎHiil
eaucoup de personnes qui avaient à pisstff
saint Conon, sur leurs prières, se rendit m
bord et ordonna aux eaux de s'arrêter d
d'ouvrir un passage aux personnes qui tt
trouvaient là. Les eaux obéirent et aorèi
reprirent leur cours. Elles inondèrent mémi
plusieurs villages ; mais le saint leur ayasA
commandé de rentrer dans leur lit, elles le
firent à sa voix , comme la première tob
elles avaient suspendu leur cours. Uespaet
nous fait défaut pour discuter ce hit Bor-
nons-nous à dire que Bollandus rabandomili
ne le trouvant pas suffisamment appuvé 31
mai, p. 7 c ), et que Tillemont (vol. Ht
p. 68^) regarde les Actes entiers du aM
comme faits après coup , partie sur pièoa
originales, partie sur traditions, où le CmIi
dit-il, a bien pu se mêler.
Saint Conon vécut ainsi, se livrant an
pratiques de la piété la plus grande. 11 Pi^
vint jusqu'à un âge très-avancé, ne vou»
(vas être autre chose que laïque. Son buiniliif
était si grande, qu*il ne se crovait pas dipÊ
d'entrer dans les ordres sacrés. Il se coter
dorait comme un pécheur et ne voulait èHt
regardé que comme tel. Il offrit son fils I
l'Eglise dans laquelle il n'osait pas lui*mMi
^
cm
Fâge de douze ntis, le fils do saint
Lit élevé à la dignité de lecleui\ Plus
Lit éicvé au diacoiiaL
tnciens monuments qui parlent de
^oon et do son fils ne noiimieîit pas
ier; or nous ne saurions prendre au
Je nom de Conelie, que quelques
?s lui ont donné. Ce nom est un di-
qui équivaut à dire : pttU Canon. Il
as dans le génie des langues ancien-
réer ainsi des diminutifs, comme fait
ï italienne qui a de si charmants noms
pour les enfants : CaroUnetta^ Caro-
dirait-on pas le bouton de rose et la
aouie ? Notre remarque a d'autant |j1us
qu*anciennement les fils ne portaient
>m de leurs pères. Les noms de fa-
irtout en Orient, étaient eïcessive-
•es. Encore ne les employait-on pas
chez nous. Le fils de t*hili(>pe se
t Alexandre, le fils de Miltiade se
t Ciraon, etc.
le saint, qui n'avait pas voulu entrer
jlise et prendre rang, se jugeant in-
irmi les prêtres du Seigneur, fut ap-
lui h entrer dans ces saintes légions
s qui montent au ciel couronnés du
et portant h Dieu rolîrande de leur
3 leur sang. Un nlllcier dWurélien,
Domitien , chargé de persécuter les
5, vint à Icône. On lui amena saint
Il témoigna d'abord au saint vieil-
;oinpassiou bien naturelle que lui
son grand âge. 11 lui demancia entre
;hoses pourquoi il menait une vie
et si triste , taudis que tout le
Hait en festins et en fêtes. Le saint
idit : «t Ceux qui vivent selon Thom-
ici dans la joie, dans les festins»
:lal et dans la pompe ; mais ceux
nt selon Dieu ne peuvent vivre de
s sorte^ parce (fu^il faut au'ils entrent
royaume de Dieu par beaucoup do
ons; cest pourquoi j'aime mieux
rt aux peines et a la croix de Jésus-
[ue de jouir pour un peu de temps
I du péché : et la grâce que je vous
S c'est de ne pas m'ôter la vie par
lice de peu de durée, mais par divers
ts cjui se succèdent les uns aux au-
I que fen sente le plaisir, » (lille-
3t IV, p, 354i.)
demande laite par saint Conon lui
ns douie suggérée par Tespril de
autrement nous aurions peine à Tex-
et Texcuserions difticiiement. Les
s doivent attendre le martyre, mais
oivent pas, en général, le chercher,
lu-devant. Domitien , ayaut fait au
îérenles questions sur son état, lui
a s*il avait des enfants. « Oui, dit le
u un fils, rjue je serais ravi de vous
ïr, pour qu il confesse avec moi le
Jésus-Christ, » Domitien le fit aussi-
ler. La compassion que Domitien
noignée au saint vieillard était un».*
n ou une hypocrisie; car il lui lit en-
insi qu*à son fils, les tourments les
CEQjables. Certes, si la corn passion
L
CON
706
eAt parlé l\ son cœur, il eût pu lîdre mou-
rir les deux saints d*iine fa«;on moins cruelle.
On les coucha sur le lit de fer eoibrasé,, on
alluma des charbons arrosés d'huile, et on
les coucha dessus sur le dos, ensuite sur lô
ventre ; enfin, on les plongea dans une chau-
dière pleine dliuile bouillante. Durant ces
supplices horibles, saint Conon se moquait
de leur insutlliiiance ; il disait aux bourreaux
que leurs feux nVvaient aucune force, qu'ils
ne les avaient pas bien allumés, et qu'ils
n'avaient qu'à chercher des supplices plus
cruels, pour faire éclater davantage la puis-
sance de Jésus-Christ. Enlin Domitien ayant
donné l'ordre qu'on les suspendit par les
pieds sur une fumée piquante, et capable
de les étoulîcr, saint Conon lui dit qu*après
avoir triomphé de ses feux, iï ne se mettait
guère en peine de sa fumée, Parv«:r.u au
comble de la lureur, Domitien fit couper les
mains au saint vieillard et h son fils, avec
une scie de bois. Conon lui dit : « N'avez-vous
pas honte que des imposteurs mettent toute
votre puissance en déroute, et brisent tout
le faste de votre superbe grandeur? Les
squlTrances, la perte de sang, avaient épuisé
les deux saints. AKenouillés et les yeux au
ciel, ils commencèrent une prière que leurs
âmes eu s'en volant allèrent achever au sein
de Dieu. Une voix se fit entendre dans les
cieux à rinstant où les deux sainîs rendirent
leur âme. Domitien en fut tellement efl'rayé,
(jull se retira aussit^it. Les chrétiens qui
étaient présents purent recueillir leurs res-
tes et les enterrer honorablement. Aujour-
d'hui leurs reliques sont vénérées dans la
ville d*Acerre, près de Napies. On les y ap-
porta dans le ix* siècle, L*Eglise honore la
mémoire de saint Conon et de son fils le
29 mai.
CONON (saint), fut martyrisé à Perge, en
Pampbilie, avec les saints Papias, Diodore,
Claudien. Ils lurent martyrisés avaut saint
Nestor» _ "'
le 26 février,
CONRAD (saint) , de Tordre des Frères
Mineurs, fut martyrisé pour la foi avec un
autre frère appelé Voisef , du mémo ordre.
Les mahometans les lièrent a des [joteaux^
et leur dépouillèrent le crâne. Comme ils
continuaient malgré ce supplice h chanter à
pleuie voix le Salve^ Begina^ les bourreaux
les noyèrent. ( Foy. Wadding, an. 1284,
CONRAD (saint), Saxon, frère mineur, fut
tué avec Etienne, Hongrois, appartenant au
même ordre, dans Tannée 1^87, près des por-
tes Caspiennes. Etant sortis comme d'habi-
tude pour se livreraux travaux de leur apos-
tolat, les schismatiques, qui voyaient avec
grand dépit leurs succès, les maltraitèrent
avec une cruauté inouïe. Los deu\ martyrs
succombèrent au milieu des soutfrances, en
prononçant le nom de Notre-Seigneur Jésus-
Christ. (Fow. Chronique des Frères Mineurs,
t. Il, \y.îhHbis,)
CONSOLON 1 n^RÈsE), supérieure desCr-
sulines de Sisteron, fut guillotinée le26juil-
let 17W, à Orange, avec Tes sœurs Claire Du-
L'Eglise célèbre leur sainte mémoire
ter, Anne Cartier, ursiilino au Pont-Saint-
F?piit, Warguprilo Boiriet , religieuse du
Sèiinl -Sacrement , et Madeleine - Cathe-
rine de Justamon, quatrième martyre du
m^nie nrtm et do la mùme famille.
« Qui es-tu, demanda le président du tribu-
rtrtl, h Thérèse Cnnsolon?— Je suis, répon-
dit-elle, fille de l'Eglise catholique. » Peu
d'instants après, les tèles de ces saintes vic-
times roulaient sur Téchafaud. (Tiré de l'abbé
Carron, Confesseurs de la foi, t. II.)
CONSTANCE (sainl), mart.vr, fut martyrisé
sous Néron, avec s.iint Félix, dans la ville
do Nocéra. Le Marlyrolo|;e romain ne donne
point les circonstances ni la date précise de
tour martyre. L'Eglise honore leur mémoire
le 19 septembre.
CONSTANCE (saint), évèquo de Porouse,
fut martvrisé pour ïa foi chrétienne sous
l'empire do Marc-Aurèle. L'Eglise Ihonorc
le 29 janvier, comme évôtpie et martyr. Bol-
iaiidns donne tn»is Vies de saint Constance.
La«}ucllo faudrait -il accepter comme la
brume ? Nous sommes heureux de celte cir-
constance assez singulière, parce qu'elle peut
nous servir d'ar-;ument contre ceux qui pré-
tendent que nous devnns accepter sans exa-
men comme vraies toutes les Vies de saints,
toutes les légendes que l'antiouilé nous a
transmises. Aucune des trois Vies de saint
Consl ince ne peut être acceptée par un
homme sérieux.
CONSTANCE (sainte eut la gloire de rem-
porter la palme du martyre au pays des
Marses, avec sou père saint Simplite et son
frère saint Victorien, sous le rèirne de l'em-
pereur Warc-Aurèle. Tous trois eurent la tète
tranchée. L'Eglise célèbre leur lète le â6
aoilt.
CONSTANCE v^aint^ martyr, souffrit pour
la foi h Trêves. (Pour plus'de détails, roy.
Maxrxck.)
CONSTANCE ^saint^, prêtre d'Anlioche et
confesseur, est ixni connu dans l'Eglise, quoi-
qu'il lurritt* lu'aunMip di» l'Olre. Ou ni* sait
rien 'ie st^n père ; sa uièrc, iVunne ploi'^e
Unonn» ur el de gt iiérositt*. vivait en iOi.
Klle éleva notre '?aint avec tous les soins
d'unf- mère chrétienne, et sou educati'.'U fut
tr-i-s-srii-Dée. Dés sa première jeui:e>>t*, il
f-l employé au service dy 1 t-;lis.> a'Antio-
che, pourécrire des lelires en q Kiiii' ae no-
taire et d»; secrétaire, il fut lait ensuite lec-
t-^ur *:\ -'.ia- r»% aj^rt < .^v-ir rcîi'.'îi- o au iiia-
rli^e. Ayaiit p.is>-.' un ct/rtain ti-mp? dans îe
di-iconaû li lut pnjmi au 53..frd»ce. Il vivait
dans la pratiju" û-s plus gran^lvs au>léiit.-s,
et se irisait Liiérir ; ar sa d<jUi.our el su:i
aménité. Il ne se CMiit^nlLi pas dr trav.nlîor
pour l'Eglise d'An;iocii(.' : il dunna encore
ses soins à celli. s di^ Plit-nicie. u'Aial»ie et
d'autres provinces d Orii-nt. li travailla, tie
concert avec saint Chry>o>tome. pour élr«uf-
1er l'idolâtrie, surtout' en Phiuii-ii.'. et ni.>us
vuyons que ce grand h««mnu* tonnil notre
.^.'Mr.t en L:r*r«ie e<!i:::e. S:iiiit Flav.c-n. t-vè-
que d'Auiiothe, ctajil uunl. un jo,a les viux
sur CoDïtaiice pour le ri uip ac^r; 5t s talents
tfl sa vertu l'en rendaitrnt digne et capable :
CON
761
Dieu no le permit pas, et ce fot PorphTra
qui s'empara de ce siéq:e par ses intn^'es.
Depuis lonj;l«»mps ce dernier exerça l à An-
tiof-he les fonctions de diacre et de prèire.
Ennemi de la chasteté, protecteur «les comé-
diens et des magiciens, il s\it Déanmoujs
surprendre la faveur des magistrats d'Antio*
che. 11 persécuta notre saint et le força k
s'enfuir. Constance se retira h Gueuse, au-
[»rès de saint Chrysostoroc. Le peuple, fu-
rieux de voir Porphyre élevé à 1 t*piscopit
f)ar ses intrigues tt'nébreuses, Toulaît lebrû-
er dans sa maison, le lendemain de son or-
dination ; mais cet ambitieux, qui connais-
sait la haine du peuple contre lui« avait ob-
tenu du général une partie des troupes avec
lesquelles il n/sislaaux chrétiens. Cet iDtrui
fit souffrir beaucoup ceux qui restèrent ft-
dèlesh la communion de saint Chrrsostome;
en un mot, il régna par la force. Saint Co;»-
tnncc revint à Antioche, où on lui voulait
fiiire subir un procès nour son attachement
à Chrvsostome. Loin de paraître timide de-
vant Tévëque persécuteur, ilrendit i J'^/ise,
h ses frères et à la vérité, tous les services
3ui furent en son pouvoir. Porphyre le cbasst
e la ville. De plus, ii obtini un ordre de la
cour par le moyen des évOcfues qui y dooii»
naient, pour le faire bannir en Libye, dans
les déserts de l'oasis, comme un periarbatciir
du repos des peuples. Constance, en a>iot
été averti, se sauva en Chypre par le secâars
do ses amis. On présume que |rius tard il
retourna auprès de saint CnrysostoDe, car
on lit à la tète des hopiélies lie ce Père, sur
YEpître aux Hébreux^ qu'elles ont été don-
uées au public, «après sa mort, par Constaaeei
urètre d'Antioche, qui les trouva écrites seu-
lement en notes. Sotre saint vécut jusqu'à
la lin de l'an W7.
CONSTANCE sainte), fut martyrisée à Tio-
céra, avec sai*it Félix, sous Tenipire et do-
rant la perséi ution de Néron. Sa fête toatto
1m 19 <i'pteujbre. On n'a, par rapport ic^ue
sainte, aucu'i document authentique.
CONSTANCE, iils de Constantin, partagea
l'empire avrc ses frères Constantin et Cons-
tant, à la mort de son père, eu 337, II eut
en partage l'Orient. Son règne commença
]\ir le niassacre des frères, des oeveui et
des uiinistres de Constantin le Graud. Eo
a'iO. la mort de Constantin le Jeune \aissi
l'eiiipiro tout entier à deux maîtres, Constant
et < .i»i<!.iaice. Le père de ces deux empereurs
^'i'tait beaucoup trop mêlé des affaires di
ri^^lise. Si'S deux enfants firent comme loi.
Ctia est vrai, surtout de Constance, qui éilil
un prince extiaordiuairement faible, et qui*
cumul'' tous Us gens atteints de ce roallkee-
reux di-iaut, éiaii extrêmement vaniteux et
ptTk' à se mêler de tout. Constance fut très*
l.ivuroble aux Ariens, et h leur instigAÙOBi
il ivisiVuta violemment les catholiques. Cl
lu; surtout dans la personne dû saint Adia*
naso qu'il les attaqua. Ce saint docteur éul
I i l'îu? puissante Colonne de l'Eglise d'Orieat
S.it.s lui. >.in> sou graud courage, saus ^
]r:\:\c stience, il est très-probable que tou-
tes le^ contrées soumises à Constance li-
It entfèrenient tombées sous !a dominâ-
mes Ariens. Celu! du tous qui exnmntt
n% d'influonce sur l'espr t do co prifiee
fEuAèbe de Niconaédie. C^Hait l'homme
ÉadflllSi&reuT qui pût se trouver h cAlé
[MiMCfuo de ce cfiraclf^rn, {Voy. I\irli-
fB sirnt AmA^AHE.) Après l/i mon de son
^Constant, il marcha contre M/ii^nence
Itranion, qui avaient \ms la pourpre.
iqueur* et seul maître de roiii[âre, il
^it d'atrocps ven:-i;eances. ïl se rondit
Henl ex«^rrabït% tfue les troupes se ré-
reot et mireot Julien h sa place. Il
kait contre lui, qiiani fa mnhidie l'ar*
m Mopst>crèîio ou Mopsuesto , on il
fut, au pied du moot Taunis, ïmi *IM.
SKSTANCK, ville de Suisse, fut Irnioin
jiM.iO( .iirf».s quV endura sni^t Pelay,
l'ur Domitier», et If* juge Evila-
^»j i^^h'.i*' la date précise de son martyre.
INSTANTIN (saint), martyr h E]>h6se»
né par risglise Je 'Àl juillet. 11 est Tun
lepl Dormants dont saint tîrégoire de
i nou5 a rionnéune histoire. Vofj. Dor-
Il (ie,^ >epii,
IKSTANTIN. palrinrehode ConstanliTio-
^ous l'empereur ( '.on stiiul in Copronytue,
i un homme au ihml sineèremeul càth*>
hp désireux de bien faire» mais faible et
le. Ces ra.tlheureux délauls furent cause
[perte. A plusieurs reprises, il résista
piigflnces de Fompereur louchant Thi^
[des iconoclastes, en laveur de laquelfe
I^Ff/rnlait les chrélieus ; mais il ne le lit
Hpiand il remarqua de lliésitalion chez
'^reur. et avec une certaine faibb'sse.
rt'mnerenr exigt'o* qu^itd il employa
infojo (^airïarche céih. Ainsi une fois
I fil Jurer «pi'il ne condamnait pas le
le des iconocliistes qui avait [iroscritlo
•• -n/'cs. Plus tard il le baimit dans
j fuirii'p 767, le 0 octobre, au commen-
ht de lindirtion si.tème, l'empereur lit
lef kConstajihnofile le naliiarche (]ons-
I, de nie du Prince, ou il était en exiK
I ravijir déchiré de coups, en sorte
ïje nouviiit inniTher, on Lipporta dans
le de Hainîe-Sophie, et on le lit asseoir
II le sanctuaire, k rendrait nommé Sa-
secrétaire de remperenr était près de
ènant m volume en papier, où étaient
ises orinics ; il en iit la lecture en pré-
S de tout le peu[ile et du patriarche Ni-
^ assis sur son trùne. A char|iie clief
usatinn, le secrétaire frappait Lonstan-
I visage avec le livre ;<?nsuite on le lit
Br sur i'ambon, et le patriarche Nicétas
rades évéquespour lui Ôter le palHum,
fiathémcitisa ; puis on le lit sortir de
le h reculons. On voit ici un exemple
i déijradation qui devait précéder la
de mort.
lendemain, jour de spectacle dans l'hip-
fme, on lui rasa la lé(e entièrement, les
n\ , l a bar be, 1 es so a rcil s, e 1 1 'ay a n l revêtu
labil de laine sans mancbes, ou le mit
urssur un âne, dont il tenait la «jneue
entre ses mains. On lui fit ainsi passi^r tonte
la carrière nu milieu du f>eirp!e,qrn crachait
sur lui et le chargeait d'i^jmcs. L*^1ne était
mené par son neven, h qui on avait coupé
le nez. Quand ils fiu'cnt arrivés h rendroit
oi'j les cbeTanx s arrêtaient, on Je jeln h bas
de r^^ne, et on lui mit le pied sur !a goff^e ;
puis* Faya^it fait asseoir, le [>*^uple continua h
se moqitr r de lui jusqn^à la Un tin speftacle.
Le quinzième du même mois, l'empereur
lui envoyadirepar des palHces : Quedites-
vons de notre foi et du concile quf* nous
avons assemblé? Le mîdhenreux Constantin,
croyant apaiser ]*eraî>ereur, répond : Votre
foi esl hnnne^ et vous avez bien fart de tenir
€*y concile. C*est, dirent les patrices, ce
que nous vonliois entendre delà bonr-he im*
pure : va niaînlen. nt aux ténèbres et h Tana-
thénre. Il fut condamne h mort, et eut ta tête
coupée à Tancien amphithéâtre nommé Cy-
négnnn, lieu ordinaire des exécutions. On
pendit sa léte ftar les oreilles dans la placé
du Mille, où elle demeura trois jours expo-*
s«^e à la vue du peuple. Le corps fut traîné
pin U'i pied et jeté avec U*$ suppliciés ; on
y jeta aussi la tête au bout de tr'uîs Jours,
C'est atnsi que le palriarclie Constantin fut
traité i»ar Tempcreur dont il avait liaplisé
lis deux riifnrls îles de sa troisième femme,
ce qui était alors regardé corume irrte alliance
sphîtuHle. iFlcurv,voL 111, p. 130.)
CONSTAN'llN tOPRONTMK IV^ ou VI*
(suivant fju'on coTupte ou qu'on ne compta
pîis Héraclius et tléracléonas parmi les Cnns-
tantins) élaif fils de Léon rrisàurie ; il succéda
h son pér-e et monta snrïe trdne impérial en
Tan 7 VI. Ce prince niéritait le surnom sous
lequel fhistoirele connaît encore [dus par ses
baoitudes onluriéres que par laccidont arrivé
h son bapîéme. 11 était grossier, brutal, san-
guinain> et imputîique. Il fut, comme son
pèiT, ennemi acharné des images. En 7ci2,
il tint phisîeurs conseils contre la vénéra-
iHjn des images, eicitait tous les jour^ le
neuïdc h les almbr. Kn 754, il assembla le
iaitienx conciK- âts iconm-lastes , qui con-
damna le culte des imai^jes et anatbémalisa
un grand nombre d'évèques qui suivaient
Fancienne tradition. A la suite de ce con-
cile, il persécuta vïohrmment les catholiques,
ilt mourir h coups de fouet saint André le
Cid>lnte, persécuta Etienne d'Auxrnce, Anne
la religieuse, et Unit par envoyer Etienne en
exil i*î Proconése. En 70G , il Te lit revenir et
eut avec lui une longue discussion qui fut
tout a son ilésavantaî^e. Cette mi^me année »
il lit pu'iir rif^oureusément nlusieurs de ses
oflîcirrs accusés' de vénérer les images, et lit
prùter serment h tous ses sujets de no les
plus adorer. Il obligea le patriarche Constan-
tin h faire la même chose. Il persécuta vio-
iemment les moines et les traita ignorai nieu-
seracnt (Voy. lcoî«iorL.*sTPS ), I! pour-suivait
partout les catholiques, faisait déterrer et je-
ter les reliques des saints. Kn 705, il fit, par
ses ç^ouvcrneui^s et autres oftlcier^s , mourir
un grand nnmbrc de catholiques de tout rang
et de toute condition. Il liriit, en cette année^
par faire martyriser saint Etienne d'Auxence,
i
7ff
OOd
OOB
711
n fit dégrader et tuer Constantin, patriarche
de (^onstantinople t après l'avoir rendu en
quelque sorte apostat. 11 continua la persé-
cution avec acharnement jusqu'à sa mort qui
arriva en 775. Il mourut de la peste dans
une expédition contre les Bulgares.
CONSTANTIN (saint; , avait sur terre une
couronne royale au front. Sa naissance Ta-
vait mis sur un trône. Sa foi lui donna une
autre couronne, celle du martyre, couronne
qui n'est pas périssable et qui Veste pourTé-
ternité. Il régnait en Bretagne : frappé des pa-
roles du roi-prophète,Fantra* ranitaium^ etc.,
il abdiqua son sceptre et se retira dans le
couvent de Saint-David. Il fut reçu au nom-
bre des religieux. Plus tard, s'associant aux
travaux évangéiiques de saint Colomb, il alla
avec lui prêcher la foi aux Pietés , peuples
qui ne reçurent que très-tard la lumière de
la foi. Sur les bords de la Clynd, en Ecosse,
il fonda un monastère en un lieu nommé
Govane. Bientôt les prédications du saint eu-
rent entièrement converti le pays deCanlire;
mais les infidèles, qui voyaient avec déplai-
sir le succès de son zèle , le massacrèrent
vers la fin du vi* siècle. Ses restes furent in-
humés à Govane. Plusieurs églises d'Ecosse
ont été fondées sous son invocation. Il y eut
dans ce pa^rs un autre Constantin, martyr,
avec lequel il est bon de ne pas le confondre.
Ce dernier était un religieux d'Irlande qui
avait longtemps séjourne dans le couvent de
Saint-Carlhag à Rathane. L'Eglise célèbre la
fête de saint Constantin le 11 mars.
CONSTANTIN (saint), confesseur, souffrit
Sour la foi de Jésus-Christ, à Carthage, dans
es circonstances et à une époque qui nous
sont inconnues. L'Eglise célèbre sa mémoire
le 11 mars.
CONSTANTIN (saint), évêque et confes-
seur, souffrit de grands tourments à Gap, en
rîionneur de Jésus-Christ. On n'a pas de dé-
tails sur lui. L'Eglise célèbre sa bienheu-
reuse mémoire le 12 avril.
CONSTANZO, jésuite, fut brûlé à Firando,
dans l'empire du Japon, en 1022, pour la foi
chrétienne.
COOQUER ( A!«Toi?iE AsTBLEz), comte de
Schaftesbury, né à Londres en 1671 , était
petit-fils d'un ami intime de Locke, et reçut
même quelques leçons de ce philosophe. Il
voyagea, vit en Hollande Baylu et plusieurs li-
bres penseurs comme lui. I)e retour en An-
Èetcrre , il publia plusieurs ouvrages dans
squels il montrait plus que de la hardiesse
contre la religion. Il mourut à Naples en 1713.
Dans ses necherches sur le mérite et la
tertu, il établit un système de moralité fondé
uniquement sur les affections. Les actions
qui procèdent des affections naturelles et ont
pour but le bien public ou le bonheur indi-
' viduel , sont vertueuses ; celles qui procèdent
d'affections contraires sont vicieuses ; celui
qui sait faire céder les intérêts privés au
bien public , est vertueux au plus haut de-
ffré : celui , au contraire , qui fait plier le
Lien public à ses intérêts privés, est uialheu-
reux et méchant ; s'il tend à anéantir le bien
public, il est malheureux au suprême degré.
Ainsi « rertu et bonheur, rice et malheur,
sont svnon>'me5.
Shaftesbùry fit pIusieuK autres ouTrages,
tous écrits avec pompe et él^ance , de ma-
nière à ce qu'il est regardé comme on des
meilleurs, ou au moins comme on des {dus
aimables écrivains andais ; mais , dans ^
matières religieuses • il n a été ni exact , ni
mesuré ; il admettait Dieu et la proTidence,
tout en se moquant de la révélation, et ea
parlant du christianisme avec mépris. (Bou-
vier, Hht. de ia Philos., t. Il, p. 306.)
COPRÈS saint . martyr, habitait Alexan-
drie. Il fut martyrisé sôus Julien TApostat
avec Patermuthe' et Alexandre. On ignon
en quelle année. L'Eglise honore la mémoire
de ces bienheureux martyrs le 9 juillet.
CORBIMEN (saint), confesseur, éTèquede
Frisingen en Bavière, naquit à Châtres, dans
le diocèse de Paris. Pendant quatorze ans, il
vécut en reclus dans une cellule qu*il avait
fait construire près d'une chapelle. Sa répa*
tation de saintet'é s'étant répandue au loin,
il fut bientôt eu état de former une comiDa-
nauté religieuse , vu le nombre des fidèles
qui voulaient vivre sous sa direction. Trou-
blé bientôt dans la rie intérieure ^'il avait
menée jusque-là par les distractions saos
cesse renaissantes que lui occasionnaient
ceux qui venaient le consulter, il se rendilk
Rome et s*enferma dans une cellule située au-
près de Téglise de Saint-Pierre. Lepape,ayant
reconnu bientôt sa grande vertu et ses* ta-
lents, le sacra évêque , et le cliansea d*aller
prêcher TEvangile, lui disant qu'il ne devût
pas vivre ainsi pour lui seul, quand tant de
peuples manquaient de missionnaires. Cor-
oinien revint donc dans sa patrie où il obtint
de grands succès. Ayant fait ensuite un sa*
cond voyage à Rome , il passa par la Ba-
vière où^i convertit beaucoup d'idolâtres. Le
pape Grégoire II lui ayant ordonné de conti-
nuer ses travaux apostoliques dans cepa^,
il y revint bientôt et établit son siège éps*
conal à Frisingen, quand il vit l'heureuxié-
sultat de ses prédications.
Grimoald, duc de Bavière, gui était chré-
tien pourtant , ne suivait point Tesprit dn
christianisme ; il venait môme de^iuer
Biltrude, veuve de son frère. Notre saint lui
reprocha, mais en vain , son mariage incesr
tueux. Les deux coupables , pour se vennr
de son zèle généreux , lui suscitèrent mult
persécutions, et Biltrude suborna m6me des
assassins pour le tuer. Mais Dieu sut défen-
dre et protéger son serviteur, et les dent
coupables périrent misérablement peu après.
Après leur mort, Texil volontaire de Corbi-
nien cessa, et il revint continuer ses travaux
apostoliques k Frisingen jusqu'à sa mort qsi
eut lieu en 730. Sun nom* est inscrit aulla^
tyrologe romain le 8 septembre.
CORDOUE, Cordova, ville d'Espa;gne,ltt
le théâtre du martyre de saint Janvier et de
ses compagnons, saint Fauste et saint HartiaL
en 304, sous Tempire de Diodétien. Eugèos
commandait alors une partie de ITspMtf
pourlesRomains. Ce futlui qui fit mourirleS
saints avec une cruauté sans égale { Fsf*
ton
AHnra). Saint A ciselé et sa soeur Vic-
îaront aussi martyrisés sous le même
^ à Cordoue. Leur culte y devint 1res-
e. et une église ainsi qu*un monastère
Mtis sous le nom de saint Aciscle,
Ibdërame II» qui commença à régner
, les chrétiens soulTrirent une assez
ersécution de la part des Aralies- Ces
irs laissaient dans leurs Etats une cer-
liberté aux chrétiens , liberté qui au-
i leur suffire si une restriction n'y eût
îortée. Les Arabes permettaient que les
3ns pratiquassent leur religion; mais
roulaient pas qu'ils admissent des gens
r nation. Ils s'opposaient au pros*^lj-
Plusieurs personnes furent martyri-
our cette cause ; mais il y en eut un
nombre qu*on fit mourir, parce qu'ils
itd*eux-mÔmes et sans y 6trele moins
inde poussés, se présenter aux magis-
m insultant le culte des vainqueurs,
^approuva généralement leur conduite,
! «levait rôtre. Le concile de Cordoue,
ssembla sur les instances d'Abdérame
me, qui dési rait mettre un trrme à cette
r qu'avaient les chrétiens pour le mar-
el les engager à rester paisibles dans
îroyance , blâma ceux qui à Favenir
\ ainsi se présenter d'eux-mêmes. Ce-
nt il le ût d'une manière ambiguë , ne
it pas avoir Tair de condamner ceux
yant déjà fait cela étaient regardés
e martyrs. Voy. Musulmans (Perséc^
i cet article j on verra en détail This-^
les saints qui souiTrirent pour leur foi
rdoue» Ce lut un prêtre de cette ville ^
r lui-même , saint Euloge , qui écrivit
lire de ceux qui moururent dans celte
2Ulion.
[IDULE ( sainte ) , souffrit le martyre à
ne. Elle était une des compagnes de
I Ursule. Cette sainte , effrayée par les
ices et la mort <(es autres, s'alla cacher;
5>n étant repentie le lendemain , elle
connaître , et reçut la dernière de tou-
couroone du martyre. L'Eglise célèbre
moire le ^2 octobre.
îlÈBE (saint), martyr, était préfet à
ne. Ayant été converti par saint Eleu-
, il nérit par le glaive, L'Eglise fait sa
)ire le 18 avril.
HINTHE, Carinîhm, primitivement
^Kordos des Turcs, ville de la Grèce,
Kllorée (Pélopoûèse). sur listhme de
Hb , dans la province actuelle d'Argo-
Kciennement Tune des plus impor-
ratés de la Grèce, elle était le rendez-
des sciences , des arts , des lettres , et
des berceaux de la civilisation. Il est
dédire que la dissolution t que la cor-
)n des mœurs y étaient au comble.
Qt Paul y porta de bonne heure la pa-
vangélique- Ll y vint en 53 avec Silas,
fut Tobjet de 'la haine acharnée des
qui le traînèrent devant le proconsul
>n; mai s celui-ci leur ayant répondu qu'il
il point à se môler de leur religion , ni
ir doctrine qu'ils prétendaient attaquées
linl Paul , ils furent obligés de rendre
PlGTIOHlf. I>E9 PEftSiCUTlOni. L
COE
7U
le saint à la liberté. Mais devant le tribunal
même du proconsul, ils battirent Sosthène,
chef de la synagogue, parce qu'jl avait em-
brassé le christianisme.
Sous l'empereur Dèce, la ville de Corinlhô
fut honorée du martyre des saints Codrat ,
Cyprien, Denys , Crescent , Anect et Paul «
condamnés par un juge qualifié président par
le Martyrologe romain, et nommé Jason.
CORNAY, missionnaire en Cochinchine ,
se disposait à regagner la France où sa santé
détruite le forçait de se rendre, quand il fut
saisi le 20 juin iB37» et mis à mort le âO sep-
tembre, La sentence portait qu'il serait coupé
par morceaux, mais on ne l'exécuta pas dans
toute sa sévérité. Arrivé au lieu du suj^plice.
on lui ouvrit la cage oui le renfermait, on le
débarrassa de ses chaînes, et on le fil age-
nouiller sur un vieux lapis d'autel : on lui
trancha d'abord la tête, puis les membres,
après quoi son corps lut coupé en quatre
morceaux.
CORNEILLE (saint), martyr, l'un des qua-
rante-liuit glorieux soldats de Jésus-Christ
qui donnèrent leur vie pour la foi, dans la
ville de Lyon, en l'année 177, sous le règne
de rerapereur Antonin Marc-Aurèle, Saint
Corneille fut du nombre des martyrs <jui
n'eurent pas la force de supporter jusqu au
bout la violence des tourments que les per-
sécuteurs leur faisaient souffrir* 11 mourut
en prison. L'Eglise honore sa mémoire, avec
celle de tous ses compagnons de gloire , le
2 juin.
CORNEILLE (saint), pape et martyr, mou-
rut victime de la persécution de Gallus, 11
était monté sur le trône pontiûcal seize mois
après la mort de saint Fabien, arrivée le
20 janvier 250. La violence de la nerséculion
n'avait pas permis qu'on pourvût à la va-
cance clu siège de saint Pierre. Dèce , ce
persécuteur acharné des chiétiens, disait
quil aimait mieux voir ud compétiteur à
1 empire se lever contre lui, que de voir nom-
mer un évêque à Rome. Ce fut durant que
ce prince était occupé à réprimer la révolte
de Julius Valens,ouàs*opposer aux invasions
des Goths qui venaient de battre son iils aîné
et de ravager la Thrace , qu'on nomma uo
successeur à saint Fabien. Le choix du peu-
ple et du clergé tomba sur sai*it Corneille,
prêtre de FEçlise de Home. Grêlait, dit saint
Cyprien, un homme d'une conduite irrépro^
chable, et doué de toutes les vertus qui font
aimer Fhomme et vénérer le ministre de Jé-
sus-Christ ; il avait franchi peu h peu tous
les degrés de la hiérarchie cléricale ^ faisant
dans les fonctions moins élevées i'apprentis
sage des vertus et des devoirs qu'exigeaient
les fonctions supérieures. A la mort de saint
Fabien , il avait été chargé de râdmmistra-
lion provisoire des affaires. 11 n'ambition-
nait pas le suprême pontificat ; on fut même
obligé d'employer une sorte de violence pour
le contraindre à en accejïter la responsabi
lité. L'ambition court après les honneurs ei
les places; le vrèû mérite les redoute et le5
refuse. La modestie est la pierre de tout^t
du génie, du mérite et de la vertu.
S3
1
TiS
COR
Dès que sa promotion fut connue, les érê-
quos des autres Eglises lui écriTirent pour
le féliciter ut entrer en coaimnnion avec lui.
L*KKiise jouissait d*un peu de paix sous la
houTelto du nouveau pasteur, quand Théré-
tiuun Novalien vint la contrister par sa ré-
volteolparsesdésor Ires. Célèbre p^rson élo-
quence, Novatien était attaché à la philoso-
phio stoïcienne; instruit des vérités chré-
tiennes , il resta catéchumène jusqu'à une
maladie m\ mit ses Jours en danger. Ce fut
alors qu'il reçut le baptême. Plus tard on l'a-
Vait ordonné prêtre. Durant la persécution
de Dèce , il s'était tenu caché dîna sa mai-
son, et comme on Tinvitaît à oller au secours
des frères, it devenait furieui et disait qu'il
ne servirait ptus IT^glise, mais s*adonnerait
k une autre doclrîne. Quand la paii eut ^té
rendue h rBg\ise , il se montra aussi rigo-
riste qu*il avait été lAche : il prétendit que
&68 évèques recevaient trop facilement ceux
ÏAî étaient tombés durait t In persécution,
n prêtre indigne de son sacerdoce, nommé
Novat, vint l'aider à grossir soi parti. A
Ca'rthage, il s*^élait attaché k Terreur de Féli-
olssime, qui trouvait saintXîyprientror) rigou-
reux pour les tombés ; h Rome , il s attacha
h Novalien qui prétendait qu'on no pouvait
jamais l'être assez , car il en vint à prêcher
qjio les tombés ne devaient jamais être récon-
ciliés, même h Tarticle de la mort. Bientôt il
piétentTit que l'Eiziise n'avait pas le pouvoir
d*absoudre du crnne d'apostasie. Bicntdt ses
set^lateurs mirent lpmr»nrlro ot laf »rnicatîon
au môino rang que l'apostasie. Novati«n s'é-
tçffit attiré m. •ertaîi nombre do partisans, en-
gagt»a qiinlrc ôvïîqncstrital'ç 5 ven r à Rome»
oi\ ils le >aprèrt»nl év^pie' de colle ville.
Saint Cornoillo a^sonibla un concile où se
lrf>iivôre U soixante* évécjucs. L s anciens ca-
nons qui ordonnaio'il d admettre les tombés
h \\ lïC» litpnco publique furent conûrmés.
N'»V;imîii fui excoui:nu:iié. Les conft'sseuis
M''t'iriiii. lîrliaiii, Sidoine, Cclérin ot MoîsCf
iiM Mi'îf.inl si'Mluiis, renoncèrent à Terreur,
fi'i'in* T'iriifilti^ los reçu h la communion »
r4r 'l'/nt lu peuple fui Irès-ioycux.
h/ii/ii Cyprien, parlant de saint Corneille ,
fc'«.*»|;rinic en ces termes : « Ne doit-on pas
rouinler parmi les confesseurs et les martyrs
b'S plus illustres, celui qui se vit exposi; si
lou^emps à la (breiir des ministres d'un (yran
liarbare, qui courait continuellement les ris-
ques de perdre îâ tôle, d'être brûlé, d'êlre cru-
eifi4, d'être mis en pièces par îles tortures é^-
lem nt cruelles et inouïes ; qui s'opposait à
des éifits rudouiables, et ^^ui, par le pouvoir
pujssant de la (oi, méprisai^ les supplices
dpnlou le meua^jail? Quoique la boité de
DJeu l'eût sâdvé jûs(iue-là , U donna cepen-
dant (|es preuves suiusarilcs do son amour
et de sa nuélité, étant dans la disposilioi de
soufTrif tous les tourmenls im.i^^inables , et
de trioruuher du tyran par son zt:le. »
Bientôt saiiit Corneille reçut la glorieuse
couronne du martyre dont il s'était rendu si
dii^oe. Gallus ayant succt'^dé à pèce , qu*il
«vdii uour ainsi dire assassiné , se montra »
4tdàè m preiuiers temps d^ ^a ré ^n^» ioal-
tentif aux affaires religieufitf ; ipai$ idp9 Uid,
jugeant crue la pesté doni $oin' empire itait
désolé provenaîr de la colère giiVviieiit' ses
dieux contre les cbrétieDs, fl ul exéciiier ri-
Souri'usement les édits portés |Mr son pré-
écesseur cmtre les chrétiens. Saint Cor-
neille fut le premier qu'on arrCta dans U vîlh
de Rome. Une foule considérable decbréiieiis
se porta au tribunal où if coîaparut pour v
confesser Iâ fol avec lui. Cefui p<9fii-Atrea
cause de cette dëmonstratipn imposante
qu'on se contenta d £ibofd de le bapnfr à Û-
vita-Vecchia. Saint Çynrieo, fiyani Mmii m
glorieuse confession , lui éccîT^ une lyttra
pour le féliciter tla V' dass se^ Q^fnfj.D
y prédit clairement |ea combats que K»s
deux devaier^t avoir à soutenir, dîaaoi que
pieu les lui a f^^noocés paf une révélalioa
spéciale.
La mo^ de saint Corneille eut lieu le
ih septembre 952. Six ans après, jour pour
jour, sàjnt Cynrien fut déca;»ilé. Tous deux
sont nômm'slemftmejour, le 16 aeptedibre,
du Mi^rtyrologé romain. S*il faut «p croire le
calendrier de Libère, le saint pape.m«RlHé
ban pi à CentumccUœ , s'endorinH le M ie|^
tembre. Saint JiSrdm * , dans >a Vie de saint
Cyprien, dit oue ramené à Ropae il y seai^
frit la moçL Sort corps fot d'abord dépoii
dans Te cimetière de Cellixte ; Adrieu r k
Cl placer ^ans une église bilie s* »U9 seo in-
vocation. Transportées à CompièéMi pir
Charles, fils de Loqis le Déb:>onmi», lé re-
liques étaient en grande véoéisalîoi kVè*
poîque où les révolutionne res le$ dispenè-
ren( apriis avoir envahi labliaye des Béné-
dictins. Une {>artie rs4 adueUt^oienl i Heiss»
fautr • h la collé^ale de Kosnay en Flandre.
CORNEILLE (saint . marivr, est iOScrilM
Martyrologe romain le 31 déceinbre el ho-
noré comme martyr par rEglise, avec ki
saints Etienne Pontien , Altale , RbieD.
Sexle, Cior.s, Quin ien, Minervien el flip-
plicien, qui lurent les compagnons de sae
triom.ihe. Les circonstances, te Ueo ti il
date de leur martyre sont compléleaieDt
ini-oiinus. Le Martyrologe romaio bVs dit
ri<*n.
CQItXËLIE { sainte ) , martvra, verse soa
saiii pour la défense de la re|iaM|iii AM-
qijf, avec les saints Théodule, XnèsOvféUl,
et leurs compagnons qui sont inéoiMMS. Le
Blartyrologe romain né précise pas l'éee-
que OM eut lieu leur martyre. L^ise les
honore au 31 mars.
ÇORNÉLIE (sainte), eut le bonheur ie
confesser le nom de Msusi-Christ sous res-
pire de Dèce en l*ao 2S0, avec BinérîlN a
sœur, el Macair», son frère. Pendant dit-
huit mois de prison, elle souift-it cooreflie-
sement pour la foi. li est fiiit memion dreOe
dans la lettre que Lucien écrivic aux est-
fesse urs
GORRÉA (le bienheureux PimaB),deli
compagnie de Jésus, reçut la palme au WÊh
lyre avec Jean Souza, du même ordre, àM
les Carqos. Notre saint avait appris i coo-
naltre les bonnes qualités de ce peuple dHtf
une mission qui lui avait été oreeddcoMwM
^*>tï^y^,
ffjîii
conGée, cl qui consistait h tirer de leurs
T]i»iûs 4^s prisonniers qu'ils devaient man-
ger H deu^ Espagnols destioés an même
èort, bans la seconde eicursiriTi qu*il faisait
ciiez ^''" r^'>pfcs, il ne devait rester oVi^c
son ' *in que jusqu'aux fAtes de Pa-
gures ioo*. LVpôqxic R\ùe po*jr truir retour
fKir leurs supérieurs étant arrivée*» ils quit-
érent le pays, guidés p^ir un des Espagnols
que notre bienheureux avâiit déivrés de la
r '^- ' leiireux, oubliant la reconoais-
s _ . .levait à son saint bienfaiteur^
ptrsiiiida auï Carijos que nos deux s.unts
^'enrendaient avec une tribu voisine notir
les égorger. Ce peuple crédule, îrrile de
cettQ trahison pré endue, se mit en embus-
cade sur le cnemin que devaient suivre
aos missionnaires et les tua à coups
le floches* (Tanner, Societm Je$u us^e
ianguinis et vitm profusionem milHanSf
^Mf'^. fie bienheureux Louis), Portu-
'tnpagnie de Jésus, faisait par-
l\i UL■^ 5a uns missionnaires recru ï es à Rome
pour le Brésil par le P. Azevedo» (Voy\
S* *ïi titre.) Leur navire fut pris le ISjuill t
1571 pnr àv$ corsaires calviniste'^ qui les
1 ou les ji'lèrent dans les (lots*
llisioire des choses plus wf^mo-
t. iU p. 278; Tnoner, Socirtas
;'i .sanguin i s ei vitœ profuiioncm
liliOini, \h 166 et 170.)
CORftEA (le bienheureux Antoine), Por-
Il Porfo^ delà eonijognic de Jésus,
arli^ des soixante-neuf missiopnai-
BS i|ue le p. A^tevedo était allé recruter
Ii<MiH* fiour le Brésil, (Voy. Tart, A^£vg0o.)
ire fut pri«î le 15 juillet 1571 par des
^ talvin stes qui les u>assâi:rèrentnu
L'Ut dans les Ilots. (Du Jarric, Hh-
wt wt» choses plus mémorablts^ etc.» l. II,
278; Tajiiier, Socielas Jnu usque ad mn-
if viliM profusionen} mUiian$f p. 166
)llTlL (le bienheureux), missionnaire
l^ eompaj^nie de Jésus, partit le 14- no-
!71t), de Tarcbipel des Philippines,
-;né du Père Duberron et du frère
Baudin» aiin d'ijller prèeher Févan-
is les Caroline» occidentaîes. Après
lîûié jours de navigation, le 36 novembre
riO, ou aperçut la terre. I>es Jndigèies
i venus à bord» dirent quL* ces iles s'ap-
iint Sririsûrol ou SoruJ, et au'elles fai-
des îles Palaos. Malgré les rô-
le.....v.^tis des ofiiciL-rs du navire, les
Pères voulurent descendre à terre et
planter une croix pendant que le vaisseau
>iMnuerail sa marche pour decouviiV t ile
j^g^ éloignée d'environ 50 lieues de celle
Ith missionnaires allaient descendre*
Jue temps après le vaisseau étant ra-
#ux iles Sonsorol pour avoir des nou-
diits deux l^ére^f un vent violent le
îrya de |iferidre le large, et ce ne fut uu'un
$pr^ que Ton ^pprij; le sof t des rères
ibeiTOû et Goftih ils ayaienl été tués et
leux
Japonais» qui en 1597 suivait, avec François
Danto, les saints martyrs de Nangazaqui^
pour leur donner des rafraîchissements.
Les gardes lo prirent et le mirent avec, eux.
Il eut la gloire et le bonheur de partager
leurs Sfiutîrances et leur martyre. (Voff, Ja-
pon.) L'Egliscï fut sa f^^te te 5 févripp.
COSMIÏ (saint)» martyr, frère de mut Da-
mieu, fut martyrisé avec lai en 36C^, h E^j^es
en Ciîieie» durant la jerséculion de Dtocl^-
tien. Tous deux étaient médecins, et l<)rt h^
biles. Ils étaient Arrhes de naissance. Ly-
sias, gouverneur de Cificie, les ayant fait
arrêter, leur fit eoulîrir divers lourmctjts,
sans pouvfar ïes conttaindre à abjurer leur
ff>i- Enfin il les fit décapiter tous les deux.
Leurs corps furent transportés en Syrie» et
inhumés h Cyr. Une partie de leurs reliques
a été transfiortée à Rome Jans Téglise qui
porte leurs noms. L^EgHse fait leur fête le
27 st*ptf'uihre.
CObMfi (le bienheureux), naquit à Malaga
en Espagne. Ayant prh^ l'habit de saint
François» il se livra aux plus grandes macé-
rai ons. I] partit {>rôcher I * foi h Jérusalem»
et y séjourna quelque temps sans avo r rien
soûlTert pour Jésus-Christ. Il revint e?i Es-
p;ig^e, mais on repartit quatre mois après pour
retourner en Ôiient^ sur une révélation qull
eut de son proehaiti martyre. Vu jour» à
l'heure de la prière, il entra dans une raos-
guée et s*écria gu-i Mahomet était un vil
i'mposti'ur. Oo s empara de lui et il eut à
eudiiter mille outrages. Après avoir été
Crijirllement fouetté, on lui trancha la tète la
15 août i^^i. Son corns fut traîné par la
yille à la qu n*' d*un clieval et fixé ensuite
à un ppte;m en faCe du Saint-Sépulcre. (Fé-
rot, 4brégé historique de la Tï^ des saînts
des trois ordres de Saint 'François^ t. IIJ,
p, 318.
COT (saint), CoUm^ fut martyrisé îi Toussi-
sur-Vouie <lans rAuxerroiSj sous Tempire
et durant la persécution d'Aurélien. li as-
sistait au supplice de saint Prisque, ^i par-
vint à s'emparer de m tète aussitôt après
qu*il eut été déca|)ité. Il s'enfuit dans les
bois avec cette sainte relique ; mais les
païens, qui ne vouJaieni pas souUVir que
les chrétiens conservassent les rest*"S des
martyrs, coururent après lui, et, éliuit par-
venus k ratteindre, lui donnèi^ent aussi lï
lui la i^lorieuse couronne du martyre. Son
corps était const^vé dans Téi^lise de Saini-
^rtst|ije. Jnan Maillet» évéque d'Auxerre,
en 14^0, l'6ta du tombeau ue graoil où on
l'avait dé;>osé» et lu ht mtttro dans uoe
chèsse. Le couvent da Picpus, a Paris» a
possédé loigteraps des rehque5 du samL
L'tiglisc roiuarine fait sa fête le 26 mai.
COTTIBE (srtinl), mart^^r, eut l'honneur
de mourir pour Jésus-Chri^t, e i Cappadoce,
avec saint Eu^^èiu' et leurs compagnons, dont
les noms sont inconnus. L'Eglise fait leur
faïc le 6 septcMibre.
COTYÉË» ville de Phrygie, où saint Menue
était en ^ajiiisg:i en 3ol, sous le règne et
4uraut rhorribic persécuUg^ide DiQclétiu«i|
1
719
OU
r
qufind il fot mi» à mort pour la foi chré-
tienno.
COURONNE (sainte), fut martyrisée à Da-
masdeSjTie, avec saint Vicïor» soldai sous le
règne dererapereurMarc-Aurèîe. Leurs Ac-
tes, dont BèJe donne un abrégé dans son
Martyrologe, sont loio de présenter les
caractères d^aulhenticîté désirables. Les
Latins font la fête de sainte Couronne le 14.
mai- Les Grecs Thonorent sous le nom de
sainte Stéphanie.
COCHROIES {hra) ou fiuets de cuir. C'é-
taient deux lanières attachées à un manche
qu'on tenait à la main, et chacune terminée
par une balle en plomb. Le manche de cet
instrument était court. 11 ne faut pas con-
fondre ces courroies avec les fouets garnis
de plomb ou pîumbaiœ^ mi avaient non pas
une seule balle, mais iilusieurs. Les mar-
tyrs étaient très-souvent condamnés à rece-
voir un cerlaiu nombre de coups de ces la-
iiièrea comme moyen de préluder au sup-
plice; car généralement les persécuteurs
regardaient ces fustigations comme de sim-
ples questions qu'ils faisaient subir pour
éprouver la constance de leurs victimes.
COVILLO jle bienheureux Fhançois-Al-
VARo), Portugais, de la com^jagnie de Jésus,
faisait partie des missionnaires que le P,
Azevedo était venu recruter à Rome pour le
BrésiL {Voy. Azevedo.) Leur navire lut pris
le 15 juillet 1571, par des corsaires calvi-
nistes, qui les massacrèrent ou les jetèrent
au milieu des flols. Notre bienheureux subit
le même sort, (Bu Jarrie, Haloire des cho-
sei plus mémorables, etc., t. U, p. 278;
Tanner, Societas Je$u usque ad sanguin is et
vitfË profusionem miiitans, p. 166 et 170.)
CRAION (saint), martyr, s'étant fait bap-
tiser par le bienheureux évéque saint Va*
lentin, avec sa femme et toute sa famille, fut
bientôt après martyrisé avec eux. L'Kglise
ct^lèbro leur mémoire collectivement le 13
février.
GHATZ (Jean -Gaspard) , nar|uit au sein
d'une famille catholique dans la ville de
Duren duché de Juliers, à distance é^ale de
Cologne et d'Aix-la-Chapelle. Sorti des uni-
versités, il parcourut ditférents Etals d'Eu-
rope, finit p:rr entrer au service de la Hol-
lande, qui remploya h Batavia. Le séjour
qu'il fit, dans un pays hérétique, n*attaqua
en rien les sentiments qu'il avait pour sa
sainte mère l'Eglise catholique. Au bout d'un
certain temps, quittant le service des Hollcin-
daist il se retira h Macao, et, après de lun-
gues instances, fut admis, %é de M ans, an
noviciat des Jésuites le 27 octobre 1730. Jl
témoigna le plus grand désir d*tUre envoyé
dans le Tonquin; ses supérieurs lui arcor-
dèreut la laveur qu'il réclamait, lî narlrt de
Macao le 10 mars 173G, pour aller evangéli-
ser le Tonquin, avec les PP. Jean-Gaspard
Cratz, Allemandî Barthélémy Alvarez, Vin-
cent da Cunha, Christophe de Sampa^o et
Lmmanuel Carvaiho, pullulais. Le 12 avril
^7Jb, quatre d'entre eux fore^il pris, à Batxa,
avec les catéchistes Tonquinois Marc et
Vincent : c étaient les PP. Craiz, Barlbélemy
mort I
hiit<L J
Alvarez, Emmanuel d*Abrea et Vincent da
Cunha. Le P. Sampayo avait été arrêté par a
maladie à Lo-feou, elle P. Carvalho était resté
pour l'y soigner ; de sorte oue ces deux Pi-
res ne pénétrèrent que plus fard dans k
royaume. O^. peut voir à Tarlicle ALVA&n
le détail des souffrances et du martyre de nos
quatre sainis misisionnaires. Us furent déca-
pité< le 12 juin 1737. Le P. Cratz eut la t^ie
abattue d'un seul coup. Le catéchiste Vin-
cent, qui avait été pris avec eux, éuit mort
en prison le 30 juin 1736; î*auire caléci
nommé Marc, fut exilé.
CRÉDULE (sainte), martyre h Carthage
Tannée de Jésus-Christ 250, durant la terri-
ble persécution »iue lempereur Dèce allumi
contre rE^^ltse» Elle fut, avec d*aulres chré-
tiens, placée dans un cachot étroit et infect,
où, par Tordre de rempereur, on les laissa
mourir de faim et de soif. La paanleuretU
chaleur de ce cachot furent un supplice at
freux ajouté à celui que la privation d'ali-
ments lil souffrir aux saints martyrs, (fof»
saint VrcTonix.) L*Kgîise fait la fête de tous
ces saints martvrs le 17 avril.
CREMENCE (saint), martyr, donna sa vie
pour la fui h Saragosse, en l'an de J Asus-
Christ 304, sous le gouverneur Dacien. Il
souffrit, dans un premier conabat, arec les
dix-huit martyrs dits martyrs de Sarago^î
mais ayant résisté aux tourments^ il oe
mourut que dans un second combat, quel-
que temps après* L'Eglise fait sa fêle k If
avril, avec celle des martyrs que nous fenoos
d'indiquer. (Toy. Prudence, de Car,^ hjm.
4, et les articles Dacies, Saràgossb.)
CRÉPIN (saint), martvr, était noble ro-
main. Ajirès de très-cruels tourments furiurés
avec saint Crépi nien, autre noble, sous k
président Riclio.are, durant la persécutioi
de l>iocïétien, ils furent passés au fil de T^
péi% et obtinrent la couronne du martnt.
Leurs corps furent ensuite transportés* 4ê
Boissons, où ils avaient souffert, à Rome, d
reçurent une sépulture honorable dans ïè-
gl;se de Saint-Laurent m Fantperna. L'E-
glise fait leur fête collectivement le :tt oc-
tobre.
CKÉPIMEN fsaint) , martyr , rersa son
sang pour la foi, à Soissons,'a?ecsaiolCré-
pin, comme lui noble romain. Ils souffrirent
durant la persécution rie Biocfétien, sous le
président Hiciiovare. Ils furent passés au fil
ue l'épée. On transpnrta leurs deux eorpsl
Home» et ils furent ensevelis dans Té^ist
de Sîiint-Laurent m Pampema. L'Eglise cé^
lébre leur immortelle et sainte méfflûirtk
25 octobre
CRESCENCE (saint), martyr» reçut la cou-
ronne du marivre à Trêves, 'durant la persé-
cution de Dioclétien, sous le président 1U)^
tiuvare. 11 eui pour compagnons de son OM^
tvre lessaiits Maxence, Constance, iuslifl«<
d'autres saints dont les noms sont inconoBS^
L'Eglisr* faitleurféte le 12 décembre»
CKHSCENCE (saintek martyre, nourrice^
saiivt Vit ou Guy, Télé va, à 1 insu et
père, H vlas, dans les principes de || I
ehréùeuûe. L'éducation qu'elle lui doûnal
CRE
[de lai un disciple de J/sus-Christ digne de
{.mourir pour la gloire de son divin maître.
; La semeece qu'on j elle de bonne heure dans
jràmedesenfants,y jette des racines qui, plus
I lard, ne s'arracheront pas, et qui produiront
des fruits de bénédiction et de salut. Quand
, la cruauté de rempereur Bioclétien, au com-
llDeaœQient du iv siècle, alluma contre TE-
flise une des plus violeutesper-écutious qui
aient éprouvée» Hjlas, père de saint Vit,
apprit par hasard que son fils, avec le lait de
sa nourrice, avaii sucé les principes delà
religion de Jésus-Christ. Il entreprit aussitôt
de renverser ce que cette éducal on reli»
^euse avait fait, et de forcer son liJs à sacri-
ûer aux idoles. U employa, dans ce but, les
supplices et la prison, les prières et les me-
naces; tout fnt inutile. Alors il en vint h ce
)inl de fureur, qu'il dénonça son fils à ^'a-
ïéri^n, gouverneur de Sicile, province qu'il
habitait. Celui-ci lit inutilement soulTrir au
jeune martyr les plus cruelles tortures. Tout
riai se briser devant sa constance, La mort
de saint Vit aurait proltabl<Mïient couronné
son gloriifui combat; mais Crescence, et son
mari Modeste, réussirent à Tenlever des
mains des persécuteurs, et se sauvèrent avec
lui en Italie. Ils espéraient trouver sur cette
"lerre le repos que leur patrie leur refusait,
|ls venaient chercher rhospitaHlé dans Fan-
re de la bète féi oce, près du lieu où régi ait
tyran qui dévastait Fempire par ses édits
|e sang et de carnage. En Lucanie ils fur*'nt
rrêtés, et près de la rivière de Silaro ils fu-
rent mis à mort* D'abord on les plongea
ins une cuve remnliede plomb en fusion ;
in les exposa aux bêtes étendus sur le che-
valet; et enfin, ou termina leurs combats,
feu leur donnant la mort, L'Eglise fait la fête
le ces Irnis saints le i5 juin, (Voy. le P, Fa-
ebroch, t, II Junii, p, 10i3,l
CRJESCENT (saint), lun des sept Qls de
sainte Symphorose et de saint Gétule, mou-
ful pour la fuisoTis Tempire d'Adrien. Il eut
gorge perci'e d'un coup d'épée. (Fay, Sym-
^BORosE.j L'Eglise fait sa fête le 17 juill»4,
^ CHESCENT (saint), fut martyrisé en Gala-
le. II fut disciplo de Tapôlre sa«nt PauL Ce
lint martyr, en passant parles Gaules, con-
vertit un ijrand nombre de lidèles h la foi de
[ésus-Chri&t,parla fo*ce de ses prédications,
"^lant reiournéensuite V{*rs le peuple auquel
avait été donné spécialement pour évoque,
ailermit les tialatcs dans Toeuvre tlu Sei-
^ lour, jusqu'à la tin de sa vie, qu'il lermina
par le martyre sous Tiajau, L'Ei^li>e honore
et vénèrt* sa sainse mémoire le 27 juin,
I CKLSCENT (saint), fut martyrisé à Corin-
^tbe, durant i'à persécution de Dèce, sous te
■président Jason, avec les saints Codrat, De-
^iya** Cyprien, Anect et Paul, L'Eglise fait
I leur fête le 10 mars,
I CRESCENT (saiiil), marljT, mourut en
Afrif|ue pour la foi de Jésus-Christ avec les
Kiints Dominique, Victor, Primiei», Lybose,
ïcond et Honorai, Ou ignor - la date et les
rconslances de leur martyre. L^Eglise fait
leur mémoire le 29 décembre.
CRESCENT (saint), martyr , mourut par
CRE
7ît
f amour pour sa foi, avec les saints Biosco-
ride, Paul et Heîlade. On ignore les circons-
tances de leur courageux martyre. Le Martjr-
rologp romain n'en dit rien. L'Eglise fait
leur fête le 28 mai
CRESCENT (saint), martyr, accomplit son
martyre par le feu h Myre, en Lycie. Le Mar-
tyrologe romain n'en dit pas davantage sur
lui. L'Kglise l'honore le la avril.
CRESCENT (saint), confesseur, était disci-
ple de saint Zénobe, évéque. Il souffrit la
mort pour Jésus-Christ à Florence. Le Mar-
tyrologe romain n'en dit p^ûiS davantage sur
eux, L'Eglise fait sa mémoire le 19 avril,
CRESCENT (saint), martyr, Voy.f pour plus
de détails, saint Valériew.
CRESCENT (saint), martyr, mourut pour la
foi à Tomes, dans la province du Pont. II eut
pour compagnons de son martyre les saints
Prisque et Evagre. L'Eglise fait leur sainte
fête le ("octobre,
CRESCENT, philosophe cynique, vivait du
temps d'Anlonin et de Marc-Aurèlc, Ce fut
lui qn» excita ce dernier empereur à persé-
cuter les chrétiens. Il se rendit fameux par
ses débanch^^s et par sa haine calomniatrice
contre les disciples du vrai Dieu. Saint Jus-
tin ayant élevé une chaire publique de chris*
tianisme dans Rome, battit complètement ce
philosophe dans la discussion. Ce fut contre
Crescent que saint Justin écrivit sa dernière
apologie. Crescent pour s'en venger, et inca-
pab e de répondre, dénonça le saint et fut
cause de sa mort, {Voy. JcsTm,)
CRESCETNTIEN (saint), l'un des compa-
Pnons du saint martyr Cyriaque, diacre de
Egtise romaine, mourut en 303, à Rome,
sur la voie Sularia^ où il fut enterré. Ils fu-
nml vingt*siï dans le mÔme jour mis à
mort au même endroit. L*Eglise célèbre leur
fête collective le jour de leur translation, qui
eut lieu le 8 août. (Voy, Cyriaql^e, Voy. aussi
l'abbé (îrandidier, Hist. de VEgiise de Strui*
bourg,}
CRESCENTIEN (saint), martyr, était un
soldat romain. Il souiTrit le martyre à Citta
di Castello, en Orabrie, durant la persécu-
tion de l'empereur Dioclétien, On manque
de détails sur les circonstances de son mar-
tyre, L'Eglise fait sa mémoire le 1'' juin,
CRESCENTIEN (saint), martyr, s'était con-
verti à la foi chrétienne, au même temps
que les saints Ariston, Eustychien, Urbain,
Vital et Juste, Ils y avaientété déterminés par
saint Tranquillin, leur ami commun. Ce fut
à saint Sébastien qu'ils durent surtout leur
conversion, puisque ce saint officier du pa-
lais de Tempereor Dioclétien fut Tinslru^
ment principal de la conversion de Tran-
quillin. Ils furent baptisés par le prêtre
saint Polycarpe, S' étant retirés en Campanie
dans les terres de saint Chromace, qui pour
s'adonner h la pratique des vertus chréïien-
nes avait qnittésa charge de préfet de Romcp
ils furent martjrrlsés avec saint Félix, saint
Félicissime, sainte Marcie, mère de ces deui
saints et sainte Symphorose, L'Eglise fait la
fête de saint Crescentien, avec celle dq
72S CRI
tous ses compagnons le 2 juillet, {toy. Si*
CRESCENTIEN 'saint;, reçut la palra*» du
marlvr • à Auj:>bo!i%', av»,*c les saints Quî-
ria |UH, ï-^Pe'ion, Nin^t*, Julienne et vingt au-
tres qîie nous nu f^omaissons i as. Le nsOme
i'/ur et dans la inôme vIIIl', sainte Hîlarie,
:i:*.T.? •]»• sainte Afre, xuartvre, qui veillait au
tOiab'r'iU ÛK sa filits fut nour la foi de Jésus-
Christ bn^lée au mâine lieu par les persécu-
kurs avec Di^ut?, Ku répie et Eunoinic ses
Servantes. L'Eglise honore colle' tiveiuent
1^'ir saiite et immortelle méuioire le 12
août.
CRESCENTIEN («aint), mourut en Afrique
en l'honucur d>: ^a foi, et pour la défense de
la relîjcion chrétienne. II e it pour Compa-
gnons d»; son uiarl r»,* Is b.iîn;s ictor, Ko-
Siil: et Général. Du reste, nous mmq»ioiis
ded'-l^ils sjr lY-poquii récise et les Wilfé-
r ntr-S'irconslaiice^ de leur martyre. L'Eglise
fait f.ollectivemcut leur fùte le 1^ Sc(>-
Icfiib'-e.
CKESCENTIEN ;saînl}. rci;iit la conron-^o
du martyre à home avec s:iinl Nircisse. Oi
ignore la date et Ic^ circonst ui-es de leur
{uartyre. L'Eglise fait leur fètt* le 17 se\h-
Uuibie.
CRESCENTIEN 'saint), martyr, reç'it la
CfturoUi.e du martyre à Torre e i Sardaii^nw.
L*;S déi.'iils m:uiqiiêit $-:r lui. On i^noio la
Ï'a-e f'i le^ circonstances de son niaityre.
.'Eglise célèbre son immortelle mémoire le
31 mai.
CRESCENTIEN (saint), martyr, cuoillif la
couronne du martyre h Rome. O i îijnoiô la
date et les cir.'on tances de son mu-tyro. Il
est parlé de lui dans li*s Actes du in()rtyie
du i»apcsal'it Marcel. L'Eglise fait >amé..:6ire
le iï nov'.'ndjre.
CRESCENT.ENfsaint), martyr, mourut en
confessant sa foi. (Pour plus de détails, Koy.
Tartiilo Vaiérikn.)
CRKSCENTJKNNE fsainte), martyre, rem-
porta la couronne du martyre h ftome. La
date et \oh circonstances de ses combats sont
inrronnue.s. L'Eglise fait sa fête le 5 mai.
CREKCONE (saint), martyr, donna sa vie
pmr la défense de la religion. (Pour plus de
déi/iil.s, Voy VALfeiiiE?f.)
CRETKIL, est un petit village situé dans
1<? département de la Seine, à 11 kilomètres
dtî Paris. 11 <'?>t eélèbre par le martyre de saint
Agourd et de saint Agiibert, qui arriva vers
rau WH) de J.-G. Ces deux saints, originai-
res des bords du Rhin, étaient venus prêcher
dans les (îaules. Un jour que, remplis d'un
samt zèle, ils renversèrent un temple d'ido-
Jes, ils furent égorgés ainsi qu'une troupe de
chrétiens par les ordres d'un barbare gouver-
Di'ur qui était païou. Leurs reliques sont con-
servées dans deux châsses précieuses placées
dans une église qui a été bâtie sur leur
tombeau.
CRlMINAL (le bienheureux Ahtowe),
wuffnt Ja mort pour son troupeau et mourut
Vr^!^^ ^^ '* ^^*"'* chrétienne en 1*49.
Ç.1Sl?'?*'^y^^®J* compagnie de Jésus.
I^atif de Sisi, près Parme, il fut reçu à Rome
CRI
ni
Sir saint I^ace au nombre de ses diseipletf-
e Rome, il passa en PortasaT. et de A aul
In les. Il y fut nommé par saint François
Xavier supérieur de la rai>sTOT de la PéAe-
rie. II visitait chnque mo s et presque tou-
jours (iicds nus toute rét<.*nd .-e «le la cMe. .Kn
nor '-est du {tays dt/s Paravas, les ^ortunis
avaie t un fort gardé par |uaran*e soldat*.
Ce fort se nommait Punical. A deux Ifen'f
de là, se trouvait une pagoJe fameu^p» doit
les brames avaient été soisreDi l'objet des
moqueries et quelquefois d,?s nolences dès
Por tugais. Ceux-ci pour se ven.^e^ armèrent
contre les Portugais les Radages«
p^iéissait au roi de Narsîaga. Ils s^as!
ijlèrcnt six mille hommes dé|firn]iDé5, êl
ra.«rchèrfni contre le fort d** Funicaf, qui
était démantelé et presque dëpqdrTU de dé-
fenseurs. Les Portugais qui savaient bien qae
les Paravas, peuple faible et timide, ne leur
scr.tient d'aucun secours, prirent le parti de
quitter II ville et de se retirer sur les rais-
sea.ii uni étaient à Taficre près <& Jj côt^.
L(»^ BaJagL'S, l'ayant appris, fbr^t^nt li
marche pi»ur leur couper la retr^llë. Les Pi-
ravas, délaissés ainsi, fuyaient d^to^
parts. B 'aucoup se jt tèrenl î 1% J|h^^
gagner à la nage les vaisseaux pljpHIf. Le
sp ctacle de ceu,x qui restaient sur lérii^H*
était déchirant h, voir. Les tuerez, ateç^J<*iifî
enfanis sur les bras, fioussa eDt dèsc~^ '"
mentahlos. Lf P. Criminfil faisa^ fsH
sa visite mensuelle; il Çt to^i si»â ^
pour engager romcier porlu^»
qii'.'lqu*' concession aux Badagea; '^
lui-ci ne le voulut pas. Alors Je t ^
iigÎL'ux ïc int à terre (Il élaït aï 6 jtui ^^
s«'au\ trouver rolficier) , jKiur s'ïiterpiiser
entre ^oii t ou))eau et Te mt- nii. fl se rend s
réalise où il ava t olGcié le inatii, et ot&eà
pieu sa vie^ Aussitôt quM a prié il relouiiK
au rivage fait entrer le |)lus de Paravas qu'il
le puul dans les barques et refuse iVy eutrvr
lui-mém , il met à sa place un de ses rhers
indigè'ies. L*eunemi, furieux, arrivai} comioe
les derniers Portugia:s se retiraicpt et Dt
pleuvoir sur oui une grêle depr^fdiies;
six sont tués. Criminal va d'roit âuK.Mdages,
f)Our s'otfrir comme u0e victiQie qiû apaise
eur fureur; son interprète es^.tué ,k oùl6 de
lui, Il se met à genoux les nnaios et lesyeui
aux ciel. Deux troupes de Bacu^ea passe»!
et ne lui font aucun mat. ]La troisifoie, pres^
que toute (X)mposced(' niahpmét^s. arrive»
et un homme lui enfoi ce une iàvWliie dios
le flanc gauche. Les intestins ai»Qt ftrtoréi-
D'autres, le croyant mort, arrivent ponr u«i
enlevt-r sa soutane; il s'empresse de la leur
donner ainsi que sa chemise qui était teinta
de sang, il se lève et va vers Téglise.
désirant mourir au incd du saint autel. L^^
Badjges, croyant qu*il y va chercher uu
abri, se mettent è sa (toursuite. Alors A
s'arrête, et tournant vers eux uo Yiaige phû
d*allégresso, il reçoit un secDOd coup. Il *^
met à genoux et une troisiàme blessure i*
fait tomber sur le côté. Les barbares tfij^
tept sur lai et loi franeheat la têla efi /v^
férant d'horribles cria de joie, et s'en 6joK
vm cm
în^î quô de ta eheniise ensangtântéé, ttn
Irophée, qu'ils siispeiidircûi dans la pagodo
le Triclmndur. Après Itur déiiart les Pat n-
rViis couvrirent le corps du marlvr avoc du
Ifinble. Depuis, les Portugais renlerrèreul
itefiableroenl, mais en le mettanl si pro-
Ifliéol eu terre, que depuis on n'a pu le
îouvef^
CRISP15 (saînl), niflrtjT» répandit son sang
pour la foi à Thai^orr», en Afi iqoe, avec les
liiHs Jules, Poianiîe, F<51îx, Grat et sept
lulres que nous ne counaissons pas. Nous
igiioroiis également les drcon stances de
leurs ronabats, L'Eylîsè laii leur lîle le 5
iécetnbre,
CRlSPIN (saint) , martyr, était éy^quet à
LJja. Il fui ddcanité h cause de soi atlîiehe-
ti'Uà la foi du Christ. L'Eglise fait sa mé-
Imoire le \9 noveiubre.
ClilSPlN (saint), martyr, mniirut pour la
foi en Afrique, avec les saints Claude, Ma-
jin*', Jean et Etienne. Ou ii;i)orelest:ircons-
|s do leur martyre* L'Eglise fait leur
|o 3 dicembrf!.
,_ IISPIN (s^int), évoque et confesseur,
fsoulîrit d<'S tortures en rhoTueur de la foi de
[JrAUs-Chnst» dans la villi^ de Pavie. Les dé-
' lils nous manquent L'Eglise célèbre Sa
le mémoire le 7 janvier.
IISPIN, était gouverneur de la province
fnni 11 lit mourir saint Julien, vers
l*aiïi
CHlSPiNE (saintel, fut martyrisée pour la
toi évangélique er» tan de Jusus-Christ 3oi,
[ious le rè^im^ et durant la persécution de
jûçlétien, à Tn'^baste, ville rrAfriqutj. L'E-
tfail sa fôle le 5 décembre. Nuus citons
remenl ses Actes authentiques, d après
tuinart.
T,r^ nroçonsul Anuliri étant assis sur ^oii
, dans la chambre de rinterroi^aloire,
lor lui dit : Seigneur, on entendra
j lanl, si vous voulez, Cri^pine, qui a
j li's ordonnances des empereurs nos
I s* Le proconsul dit : Qu'on ramène,
étant entrée , le proconsul lui dit :
vez quel est le nouvel édil. Crispine
'il ^ais quel est cet édit. Le pio-
i I prit : Il porte que vous sa-
* -\ tous les dieui pour le salut des
lifs nos nïaitres, les pieux BiocJétien,
•n et CojLstantius César. Crispine ré-
Je n ai jamais sacrilié , et je ne sa-
'\ï\ Dieu et à son lils Jésus-
- loueur, qui est né el qui a
ir nous* Le proconsul dit : Défai-
' - votre sui*erstition et soumtiltui-
vous <m cuUe de nos dieox. Crispint! répon-
dit : J'adore tous les jours mon Dieu, qui
ês( h seul cfue je connaisse. Le proconsul
dit : Vous êtes opiniâtre et méprisante H
Yous duLiirez, malgré vous , du moins une
partie de Tédil. Crispine répiit|ua : Je sou-
tiendrai volontiers , pour Inonneur de ma
Jui, tout ce que voua ordonnerez de rue faire
souffrir* Anuiin dit : Etes-vous encore si in-
i que vtus ûe vouliez pas abandonner
tlljifeiOfi pour adorer nos dteui? Cris-
pine redit encore : J'adore tous les jours un
CRI
7«
seul pîen et le n'en connais point d'autre,
Anulîn dit : Je vous présente l'édit sacré,
cV'st h vous h l*observer* Crispine r(''|Kmdit t
J'observe la loi de Jésus^cln'îsl mon Sei-
gneur et mon Dieu. Le proconsul dit : Si
vous ne vous rendes de bonne y;rAcf' à lor*
dre de nos empereurs, on vous le fera faire
de force et vous en pourriez perdre U vie t
vniis savez bien comme on en a usé dans
toute rAfrique, Crisjjine r^'po idit : Que b*9
empereurs meurenlplutôt que do me fiire
sacrifier aux dénions; njaisje sacrifie nu Dieu
qui a fait le ciol et la terre et tout ce qui y
est contenu. Vous n'acceptez donc j>as ces
dieux, dit le pr* «consul, nour lestjtielsil vous
faut rontraindre d'avoir la dévotion que vous
leur devc . Crispine répondit : 0*^ i y a de
la contrainte il n'^' a poiitt de dévotion.
Anniio lit : Eh bien î ayez-la volfmlatre-
mont , et venez otfïir libremr^nl d^^ Tencens
dans nos temples. Crispine répondit : Je ne
Tai point fait depuis que je suis an monde,
et je ne le ferai de ma vie. Le proconsul dit :
FaUes le si vous voulez éviter la rigueur des
lois. Cris( Ine répondit : Cela n'est rien, je ne
vous crains pas; mais ^i je méprisai*; le Dieu
du ciel, je serais alors vraiment sacrilé^je, et
il me perdrait au grand jour de son juge-
ment. Le proconsul dit : Vous ne sauriez
être sacrilège en obéissant à nos lois sacrées.
Crispine répuodil : Voulez-vou^ que je sois
sacnlégf! envers mon Dieu, de peur de Têtrc
envers vos empereurs? A Dieu ne plaise :
mon Diiu est seul grand et tout-puissant;
c'est lui qui a lait la terre et tout ce qu'elle
produit; mais les hommes qu'il a crées lui-
même, que peuvent-ils faire t Le proconsul
dit: Suivez la religion romaine comme nous
et cûujme nos invincibles empereurs mêmes.
Crispine répondit : Je no connais qu'un
Dieu, qni est le seul véritable ; car, pour ces
dieux rjue vous voulez rae faire adorer, ce
ne sont que des pierres taillées de la main
des hommes. Anuiin r Ces blasphèmes que
vous proférez avec si peu de retenue ne ren-
dront pas votre cause meilleure. Puis, se
retournant vers son grcITIer : Qu*on la rase,
ajouta-t-it, qu'on lui arrache etisuile la [seau
ife la télé» et qu'en cet étal elle suit produite
devant le peuple comme un objet d'horreur*
Crispine répondit : Que vos dieux me disent
seulement une jiarole , et je suis prête à
croire tout ce q\m vous voudrez : sacnez» au
reste, que si Je tic cherchais le salut éternel,
je ne mu serais pas laissé conduire ainsi à
votre tribunal pour y être inlrTcrr^ée, Atui-
lîo dit : Je vous donne encore !o ehpi^, ou
do vivre heureuse, ou de mnurir dims les
tourments comme vos compa^^nes , M,>iiiiae»
Ponatiïe et Seconde* Crispine répondit : Ce
serait pour lors aue je cnoisiraîs l\ i nrf rt
que je me précifnterais yotont lireni' i
u i feu éu'rneï si j adorais vt»s déaKin- .. .
li^ dit : Tu les adoreras bu J*^ te ferai tran-
cher la tôtc. Cnspine répondit : Que d'ac-
tions de grdccs je rendrais 5 mon Dieu si
j'obtenais de vous cette faveur! Je hé sau-
rais perai\? la tête qu'une fuis: mais si j'oi-
frais de reuceiis aux idûles*,. imilin rinlei-
CRO
rompit : Eh bien ! lu persistes toujours dans
ton fol eniêteraeot. Crispine répoudit : Le
Dieu que j^adore est yéritablement 0ieu et il
fa toujours été. Ost lui qui, après tû'aroir
fait D illre , m*a encore régénérée dans les
eaux du saint baptême. Il est avec moi et il
ef0|>^che que mon âme lasse ce que tous
TouJez, qu elle commette un sacrilège.
Aoulin dit: C'est trop longtemps souffrir
c«tte impie, Qu*oa fasse la lecture de son
nterrogatoire. Ce qui ayant été eiécuté, il
prononça celte sentence : «Crispine, persé-
vérant dans sa superstition, et refusant de
sacrifier aux dieux t sera mise à mort , con-
formément à redit des empereurs. » Crispine
rendit grâces à Jésus-Christ de ce qu'il la
délivrait ainsi des mains et de la puissance
du proconsul. Elle souffrit à Thébaste (Tille
de Numidie} le jour des nones de décembre*
CRISPULE (saint), martyr, mourut pour la
foi en Esfiagne, On n'a pas de détails sur son
martyre. Il eut pour compagnon de ses souf-
frances saint Bestitul. L'Eglise fait leur mé-
moire le 10 juin.
CBJSPUS (saint), martyr, souffrit pour la
foi h Corinthe avec saint Caius. Saint Paul
parle de ces sain* s dans son EpUre aux Co-
rin(hienê. On n'a pas de détails autheritioues
sur eux. On ignore même la date de leur
martyre. L'Eglise célèbre leur mémoire le 4
octobre.
CRISTOPHLE (saint), martyr, eut le bon-
heur de donner sa vie pour la foi sous Vem-
jiire de Dèce, mais on ne sait rien d'absolu-
ment certain sur son compte. Les Grecs, qui
Vont en grande vénération, disent qu'il était
disciplf^ de saint Babylas d'Anlioche, et qu'il
avait été baptisé par lui. Ils font sa fôte le 9
mai.
CROC , uncus (crochet) , était un instru-
ment de supplice fréquemment employé par
les liourreaux de la primitive Eglise , pour
déchirer le cor[ïS des martyrs. 11 avait une
seule poitilo fort aiguë et recourbée, comme
son nom Tindique. On s en servait pour la-
bourer les chairs et faire de profondes dé-
chirures. Les bourreaux remployaient dans
les mêmes cas que h* peigne de fer et que
les oncles de fer. Le plus ordinairement on
s en servait pour déchirer les flancs, les pa-
rois de la poitrine, du ventre, les seins chez
les femmes. Les blessures que faisait cet
instrument étaient terribles. Le bourreau
seul, par sa force et sa volonté, en détermi-
nait 1 étendue, Très-souvenl il arrivait que
le croc s'engageait sous des parties nerveu-
ses , tendint^uses ou aponévrotiques. Alors
la douleur devait être immense, la résistance
des parties nécessitant de la part du bour-
reau une Ipaclion vraiment énorme pour que
la déchirure eût lieu. Quand un martyr avait
été déchiré par les bourreaux à Taide du
croc, on le renvoyait en prison pour recom-
mencer quelques jours après. Alors rhorri-
ble instrument rouvrait les plaies à demi
fermées. Pour bien se faire une idée de la
soutîranceque devaient endurer les martyrs,
il faut songer à l'extrême sensibilité de la
peau que cet in9irument déchirait , et à ce
qu*on éproure quand on s*y lait la moindre
aéchirure. Souvent il arrive qu'on n'oae pa>
retirer soi-même un faible instrument en-
foncé dans les chairs. Souveut des hommes
forts , courageux , vont trouver le médecin
pour faire extraire un simple hameçon. Le5
femmes qui font des broileries au crochet
s'enfoncenl-ellescet instrument dans le doi4,
dans la main, elles ont recours à Thomme de
Fart, et trouvent atroce la douleur occasion-
née par Teilraction qu1l faut pratiquer.
CROIX (Supplice de Là). Tout le monde
sait ce qu'est cet instrument de supplice,
élevé à uu si haut point de gloire pour avoir
été Tinstrument cJe la mort du Dieu fait
homme. Les Juifs clouaient le patient sur la
croix; les Romains l'y attachaient, et,ca
cela , étaient imités par la plupart des autres
peuples. Au Japon, on liait les martyrs à terre
sur leurs croix , puis on les élevait en lair,
A un signal donné, les bourreaux leur don-
naient le coup mortel avec des lances dont
ils étaient armés. On prétend que, dans cer-
tains pays, les croix avaient des formes par-
ticulières, comme* par exemple , la croix de
Saint-André , que tout le monde connatU
Quand un martyr était cloué sur la croix, il
y pouvait vivre très -longtemps. C'était alo«
un horrible supplice. Parfois le patient était
cloué ou attaché sur la croix la tête en Iwis*
On sait que , chez presque tous les peuples
de raoliquilé , le supplice de la croix était
réputé infamant. Infamant! quo Thommeest
pitoyable avec ses dispositions légales l L'in-
famie s'attache au crime et non à la peine.
Aujourd'hui la croii est le phare de la ci^i-
lisation, le signe du salut, l'étendard de la
foi chrétienne. Placée entre la terre et le
ciel , elle est comme le Irait d'uoion entre
rhomme et son Dieu,
GRONIDAS (saint) , martyr, était grefiien
Ayant confessé Jésus-€hrisl, il fut mis Jh mort
avec saint Phikt , sénateur, sainte Lydie, sa
femme, et leurs enfants Macédo et Théopré-
pide, saint Âraphiloque, chef de milice. L*E-
glise honore la mémoire de ces illustres mar-
tyrs le 27 mars,
CROTATE (saint) , martyr, répandît wi
sang pour la foi soos l'empereur Dior ^
avec les saints Apollon et Isace, Le M
rologe romain ne dit point en quel Uett ni
dans quelles circonstances. L'£glise hoDOfe
leur mémoire le âl avril.
CUCUFAT (saint), martyr, habiliil è Scit-
lite, ville d'Afrique , avec ses parents, qui
étaient des plus riches du pays. U quîHi
celle ville pour se soustraire aux elTeis de h
persécution de Dioclétien. D'abord il se rai-
dit en Mauritanie , puis en Espagne avec
saint Félix. On l'arrêta dès son arriréel
Barcelone, et le gouverneur Dacien, dtfâli
lequel on le conduisit , lui ayant fait iootâ^
ment endurer plusieurs supplices, le cob*
damna à avoir la tète tranchée, ce qui M
exécuté en Tannée 303.
Les moines de Saint-Denis , près PirtS
prétendent avoir les reliqiies de saint Cacor
fat ; les Espagnols prétendent les avoir a«sî.
Saint Cucufat est appelé Congat à BafcaloiNb
i
ienquetifat à Rueil » près Paris » Guinefort
is certains autres lieyx en France, La fête
de ce saint est marquée au 25 juilltit dans le
Martyrologe romain
CDCDSE , ville d'Afrique, est célèbre par
te martyre d un grand nombre de chrétiens
jous la règne de ïliinéric , vers Tannée hSk^
et entre autres par celui de sainte Victoire.
On la suspendît en Fair cl on alïurafi un feu
ardent au-dessous de son corps. Les bour-
reaux lui disloquèrent les os , Ini brisèrent
les é(>auJe$ et la laissèrent pour morte- Elle
revint à elle-mèrae et assura qu'une sainte
lui étant apparue, elle Favait guérie on lou-
chant les diflférenles parties de son corps»
CUNHA (da), naquit à la cour de Portugal
X entra au noviciat de Lisbonne chez les
lésuites , le 25 mars 1T2G. Depuis long-
:eraps, il sollicitait la faveur d'aller porter la
lumière de TEvangile en Orient. Le 10 mars
1736, il partit de Macao pour le Tonquin,
av^ec les PP. Jean Gaspard Cralr, allemand,
Barthélémy Alvare.% Christophe deSampajo
et Ivmmanuel Carvalho, Portugais. Le 12
avril n36, quatre dVntrc eux lurent pris à
Balxa avec les catéchistes touquinois, Marc
et Vincent : c'étaient les PP. Cratz, Barthé-
leiDv Alvarez, Emmanuel d*Abreu et Vincent
da Cunha. Le P. Sampayo avait été arrêté
parla maladie à Lo-Feou et le P, Carvalho
était resté pour Ty soigner, de sorte que
tous deux ne pénétrèrent que pins tard dans
le royaume oii les autres saints allaient con-
?u6rir la palme du martyre. On peut voir, à
article Alvarez Je d'Hail dos soutîrances et
de la mort de nos quatre saints inissionoai-
res« qui furent décapités le Ji Juin 1737. Le
P. da Cunha ne fut décapité ([u'au troisième
cnup. Le catéchiste Vincent» pris avec eux,
était mort saintement en prison le 30 juin
1736; l'autre catéchiste, nommé Marc, fut
exilé.
CCTHBERT^MaINE (le bienheureux j,
f>rêtre de Cornouailles,fut le premier parmi
es missionnaires martyrs , sous la reine
Elisabeth d'Angleterre/tille de Henri VUL
(Tay, Tarticle de cette reine.) Elle avait,
comme on le sait, porté des lois qui dé-
fendaient à un prôtre catholique de dire la
messe dans son royaume, qui ordonnaient à
lous ses sujets de reconnaître sa suprématie
et son infaillibilité tu matière religieuse, et
d*dvoir aucun rapport avec le souverain pon-
tife. Nous bornons LV notre énuméralion,
parce qtje le saint duquel nous racontons le
martyre, ne fut accusé d'avoir contrevenu
^ '■ ces trois dispositions légales. Ori le
il aux tribunaux institués par la reine,
5<jus la triple accusation d avoir ; 1* obtenu
une bulle du pape ; 2' refusé de reconnailre
la suprématie de la reine en matière ecclé-
siastique ; 3" d'avoir dit la messe chez un
seigneur nommé Triguian* Le saint prêtre
fut condamné à mort et reçut le 29 novem-
bre 1577, la couronna du martyre, en subis-
sant le supplice des traîtres. Tréguian fut
mis en prison et y mourut après avoir vu
usses'biens.
CDTIAS (snÎTit), fils de saint Claude et de
sainte Prépédiene, eut la gloire de verser
son sang pour Ya cause de Jésus-€hrist, du-
rant rhorribîe persécution que la rage de
Tempereur Dioclétien avait déchaînée con-
tre TEglisc du Seigneur, Il fut arrêté par or-
dre exprès do tyran avec son père, sa mère,
son frère Alexandre et son on-le Maxime.
Comme ils appartenaient à une famille eitrê-*
mement illustre par sa richesse et par Té-
clat de sa naissance, Dioclétien ne montra
pas d'abord contre eux une excessive ri-
gueur. Use borna à les condamner à rexiL
Mais bientôt son caractère féroce prenant le
dessus, il commanda qu'on les fit périr
au milieu des flammes. Ce fut à Ostie que
cette sentence fut exécutée. La famille en-
tière périt sur le bûcher, offrant à Dieu le
sacrifice de sa vie avec un courage que la
foi seule peut donner» Les païens, qui ne
voulaient pas permettre que les chrétiens
rendissent les derniers devoirs aux reliques
des saints, jetèrent dans le Tibre tout ce que
les ûarames avait épargné des corps de nos
saints. Cependant les chrétiens purent ea
retrouver la majeure partie, qu'ils enterrè-
rent auprès de la ville d'Ostie, avec les hon-
neurs et la vénération dont étaient dignes
ces glorieux défenseurs de la foi. Le Marïy-
rologe romain inscrit leur fête le 28 fé-
vrier.
CYPRIEN (saint), évéque de Carthage el
martyr, naquit à Carlnage* Prudence dit
qu'il mourut dans le lieu de sa naissance ;
Suidas félicite Carlhage d'avoir été son ber-
ceau. Il se nommait aussi Tascins* Il ajouta
à ces di'ux noms celui de Crcile, en mémoire
du prêtre Cécile qui l'avait converti. Saint
Grégoire de Nazianze dit que sa famille
était une des plus illustres de Carlhage, el
que lui-même était sénateur, Baronius pré-
tend, mais sans pr^^uves sufïisantes, qu'il fut
marié et qu'il eut des enfants- Saint Cyprim
avait une profonde érudition, jointe ti une
grande inlelligence,nplte et précise. Il devint
tellement érainenl comme orateur, qu'il fut
choisi fïour professer la rhétorique à Car-
thage. Il le lit avec infiniment d'éclat et ac-
quit une très-grande réputation . Avant sa con-
version, il avait acquis une science profonde
des chuses profanes. Au (>oint de vue humain
seulement, il était un des hommes les plus
éminents do son époque. 11 fut parmi les
chrétiens ce qu'il était avant d'avoir le bon-
heur de Tôtre lui-même, un des hommes les
plus remarquables de son siècle* Quand la
grande lumière de TEglisc, Origène, s'étei-
gnait en Asie, dans les splendeurs de sa
gloire, une autre se montrait au rivage afri-
cain, capable, sinon de la faire oubli t, du
moins de la remplacer parmi les chrétiens.
Avant sa conversion, sa vie fut ce auY*tail la
vie des païens de cette époque et de ce pays
surtout, où la richesse, la naissance et le sa-
voir ne convergeaient que vers un seul but, la
jouissance et la volupté. Saint Augustin dil
que la vie de saint Cj'prien était criminelle,
impie el détestable. L'mstrument de sa con-
s^int orôtre, un vieillard
n
v»i
fctp
nommé Cécile, dont l'Eglise fliît la fête lé 3
juin.
Saint Cyprîen reçut le baptême dans un
âgo où h?s mauvaises habîtudi»s sont enra-
rinéos dans Tftme, où elles ont vieilli avec
elle. Il est probable que ce fut en 2W. Bien
peu de temps s'écoula avant que son mérite
Tout fait distinguer. Il fut fait évoque en
2W. Il se voua a la chasteté ; il voulut être
pauvre, car il véridît tous ses biens î»our en
donner le prix aut |)auvres. Il avait auprès
de Carllnge des jardins, qu'il vendit comme
tout le reste ; mais Dieu les lui rendit plus
tard et il les garda. On iie comprend pas, dit
Ti lemonl, comment cela se fit. Kien pour-
tant do plus simple. Cyprlen avait vendu ses
jardins, il était devenu pauvre : des admi-
rateurs de sa vertu, des Ames pieuses, les
racheté ent et les lui rendirent, ce qui le
mil dans 1 obligation de les garder. Voilà
une supposition qu'il est tout simple de
faire. II devint trés-savant dans les Ecritu-
res. II garda dans sa maison le prêtre Cécile
qui l'avait converti, jusqu'à ce que la mort
vînt frapper le saint vieillard. A ce dîTnier
moment, le père spirituel de C yprien fit son
tesfament et il n'oublia pas ce fils qu<' Dieu
lui avait donné. Il le homola son legdaire.
Toiit son bien se roraposail de sa femme et
de fJes enfants qu'il chargeait Cyprien do
garder, d'honorer, d'aimer, de nourrir et
d'éh'vef. Le legs fut accepte.
il prît Tertfillîen pour modèle, lisant sans
cesse ses écHts. Quand il le demandait, il
avait coutume de dire : « Donnez-moi le
Maitre. » Il choisit les diamants semés dans
ses œuvr(»s, il rejeta les impuretés qui les
d '»|)àfaient. Comme celui qui vanno, il sé-
para le çrain de l'ivraie. Dans Terlullîon la
récolle était un trésor immense, il se l'ap-
propria.
Quand il fut promu h l'épiscopat, le peu-
ple, qui le voulait pour évoque, allait procé-
der aut élections. Il se cacha dans sa mai-
son, de laquelle on fui presque obli^jé dn le
tirer par force pour le conduire h rassem-
blée, que présidaient les évê^iues de la pro-
vince. Son arrivée fut accueillie avec des
transports de joie. Il y eut presque unani-
mité dans les suffrages. Cimf prêtres seule-
ment s'opposèrent avec acharnement k son
élection. Il les tînt depuis au nombre do ses
familiers; là est la générosité, la grandeur
d'âme. Mais qu m i ïillemonl le loue de ne
les avoir pas punis comme ils le méritaient,
dit-il, il se fourvoie; car, après tout, ils
étaient dans le droit strict, même en no
choisissant pas celui que sa vertu et ([ue la
voix du peuple désicnaient comme le phis
digne. Ces prêtres répondirent mal à la gé-
nérosité de Cyprien; plus tard, Félicis-
«ime en tête, ils devinrent srhismalîrpies.
La dignité d'évêque de Cartha^e faisait saint
Cyprien primat de la petite Afrique ou pro-
consulairc de la Byzacène, de la Tri|)olilaine,
de la Numidie, des deux Maurilanies, la Cé-
sarienne et la Tingitane. Plus tard une par-
tie de la Mauritanie fut jointe à l'Espaçne.
Mini Cyprien montra, dans l'exercice de
CVP m
ses fbnctions <piscopalës« la doaerar M h
fermeté utiles pour se faire à la toii aimpr
et obéir. Son extérieur respirait les qualités
do son âme cl imposait à fa fois ramour, la
vénération et la crainte- Bientôt la persécu-
tion vint mettre ses vertus k rëpreuve. Dèci
prit la pourpre en Pannonie ; Philippe et «a
fils furent tués par lui. Il cooamen^^a aon lè-
gue en persécutant violemment les chrétiens.
L'édit qu'il lança arriva il Carlhago dès la
commencement de 250. Aussitôt les idolllm
de cette ville se poitèrent en foule $m la
Clace publique en criant : « Cyprien an
ôtes 1 Cypfien aux lions ! » Oq le baDDi,
sous le nom de Cécilius Cyprianus, en hn
intimant Tordre de ne rieu cacher ni elBpo^
ter de ce qui lui appartenait. Les païens la
nommaient Coprien au lieu de Cypriei;iiir
haine (K)ur lui, ils avaient ainsi traTesti sof
nom (celui qu'ils lui donnaient sig^iifie. en
grec, onJure, excréments, fumier). Dans ane
vision qu'il eut, la fuite lui fut ordonnée. D
est certain que s'il fiÙ resté, et que ai, â
cette époque, les persécuteurs reosseac ùii
mourir, le sort de l'Eglise d* Afrique eftt été
bien compromis. Peut-être en eflt-ceilèlul
du chr çtianisme dans cetie contrée. Le pro-
jet de Dèce, d'abattre l'Eglise en jetant i
terre ses principaies colonnes, efll làt'da
moiiiSt reçu son etécùtipn. Qui eût rderi
les tombés ? Qui eût soutenu, maintena k
discijdine? Qui vÛi fait justice des hMSr
Sues qui se montrèrent avec tant ^Moàm
ans ces temps malheureui? L'élat oa Flr
glise d'Afrique absout complètement Croriai
du reproche qu'où lui a fait d*avoir un dnr
rant la persécution. Du reslë, son couifiB
eut l'occasion de prouver qu*il no r^culiitiai
devant le danger. Son s:ing versé plus tarJfiU
sa réponse. Absent du milieu ue son trou-
pea<i, il ne l'abandonna pas d*esprit : il écri-
vait sans cesse aux fidcMes, les exhortant, les
invitant h demeurer fermes^ k »e retremper
dans \h prière. 11 écrivait alux confesseurs qui
étaient en prison, il les faisait risiter Dir «es
firètres, qui allaient célébrer le saim sa.-ri-
fice au mdieu d'eux, et leur dotmaicot cte-
que jour le |)ain des forts.
Bientôt des malheurs plus graBdii qw h
persécution vinrent affliger le OTorda saint
evèque. On sait que malFieureoseibeiil, dans
cette persécution, beaucoup de chrétiens ea-
rerif la fail)lesse de renoncer lènr fei. La fia-
part du tornps, ces malhi*ureux, kanilen*^
rage avait manqué, étaient, àussitOf lecrisf
commis, pris de rei)entir. Ils désiraient r4-
trer dans le sein de l'Eglîse. Si ce désiréîi^
naturel et louable, il ne Tétait pas moins fu
TE^lise maintint h leur égard une juste 9'r
vérité, dans le double inlé et de ladîsri-
pline et de l'avantage spirituel desconpaH^
eux-mêmes. Tout crime veut une péniteaf-
Or il arriva, dans l'Eglise d'Afrique, qaeb^
confesseurs, ou du moins quciqnes-iias i-
rent un déplorable abus de la ratîcoile (jo
l'Eglise leur avait laissée dlntercéder |m
d'elle en faveur des tombés, à qui ilsi
taient des billets d'indulgence. Munis de C
billets, les tombés der^ient se présafiteri
CYP
! TéTèque en présence des fidèles, fairo Teto-
1 ' ■ , rt Hve admis à la communion.
< -orit de corûpeis.ilion qui s'éla-
La prière duii crjulessmir, dont le
filait un irésur dt^ grâce, couvrait la
I raalbeureux qui i^vnii nbjiiru. Ou
i que les clioscs pussent se passi r
,0iij>i par e\ceplioa, L'E^^lisa lavait admis
5>ar sa prattqite. Cela se l'ai sait do temps do
Ter tuUien» en ErtTple, suus sîiint Denis d'A-
^]exaiidne« h Smyrne en Asie, On sait que les
[iixibâ^ Vinrent implorer ie secours do s.iint
ioàê^dâDS sa prison. Saint Cyprien se plai-
(cniti non pas de ce que ïes confesseurs sq
Ifissenl ieg intercesseurs de ceux qui ("'taîeut
btombés« mais de ce qu'ils donnassent de ces
Ibillels d'i'idulgence à prolusion» et sans au-
(cnne espèce de disceruRment. Le prindpal
liutear de te désordre était un confesseur
.tioïDtné Laeien* homme d*une ^-ande foi»
,Djais pi*a inst uit; d'un courage invincible,
j mais d'une faiblesse ou d'une présomrdion
llout aassi grande. Il donnait de ces billets à
flout le monde» Indistinctement, il t*n donnait
>€u son nom. au nom du saint martyr Paul,
[dô qui il disait en avoir reçu Tordre ; il ei
UàU au nom du jeune Aurèle, sous pré-
itlè ^lïe ce jeune homme ne savait pas
lerire. Il était loin, sous re rapport, de la
*ige réserte d<^ Saturnin et de Alappaiique,
^nant dut tombés eux-m^mes» ils deve-
laiefit d'une indiscrétion extrême, ils for-
l, pour ainsi dire, les bonnes disposi-
des martyrs et des ronfessettrs, par
lttiportUnitr»s, et souvent par leurs su-
ppff.c iv.ti;,j„g É)r^(fes ex*»géraicut en-
re Ife *^ en a^'passaut la reconiman-
io' < ruifi'sseurs , qui prescrivaient
b* -e. Ils adme (aient, sans cette
[t\ >ans en référer h r<^v6que, les
ft ré-jUse ; lis les recevaient à la
K et leur donnaient l'eurhadstie.
i j^nduHe était en Ofmosition Ibr-
rnelie avec les prescriptions de saint Cy-
ptieu, qui avait déclaré que ceux du clergé
qui àçiraient ainsi seraient etiA-itiêmes frai»-
l^éi d excommunication. Il est très-probable
' lue ces prêtres, dont saint Cyprien se p la nt
Pn plusieurs eridroits de ses écrits» étaient
1 qui s'étaient opposés à son électron,
c cela semble indiqué ûu reste ass<^z
f ut dans sa qUfirantiètno iettre. Ce
1 ut qui, comme nous le verrot>s bieii-
t 'iignirent auéchisttitî de Novat et de
,i -^ ...nue
Saint Cyprien stipnorla longtemps sans
MtiÉ" tous ces désordres ; il espérait (Jue la
téfîW luirait d'elle-même à Fespril des C'>u*
rblei. Il crafgtiait le Scandale et le trouble.
ne ibulait pas suitout diviser son Eglise
#tt moment cm combat Mais sa tolér:mro
dut céder etifln devant des abus si liigrants,
des désordres et des scandales si mo'istrueu-
sèment coupables. Dieu, du reste, Tave^iiti
ijans plusieurs visions, de la colère qu'il
éurouvàrl de voirlç niai qoi régnait dans soij
Hglisn. Sûint Cyprien écrivit sur ce sujet
trois lettres, l'une aux martyrs et aux con-
fesseurs, la seconde au clergé, et la troisième
C\P T5I
BU peuple, Ce sont les 10*. If et 12\ Il
exhorte fortemo'it les martyrs à être Irès-
réaervés dans la délivrance tie ces bilfels. II
leur dit d'examiner avec soin la qualité de
la personne* du crime, de la pénitenre. Il
leurrecooHiiande de n'en accorder qu'à ceux
dont la péntencc approche d^jne entière sa-
tisfaction. Sa leUre au clergé est exlréoie-
nient si-vère; il menace ceux qui sont tom-
hé s dans les fautes que nous v en dûs de si-
gnaler, de les interdire, slls persistent dans
leur crime, leur déclarant que, du reste» ils
auront, h son retour, à lui rendre compte de
1-ur conduite. I).ms sa lettre au peuple, il
dit que les tombés ne songeraient qu'à faire
pénitence et à s'humilier, slîs n'étaient trom-
pés par la fausse douceur de quelques prê-^
très. Il dit qu'à son retour il eiaminera les
Ietln*s des tombés, d«ns uJie assemblée de
plusieurs évèques. Ce fut h celte époque que
la nouvelle de la retraite de saint Cy,irien
étant venue h Rome, le clergé de cette ville
en fut scandalisé. Saint Cyprien l'ayant su,
lui écrivit une lettre pour expliquer ses mo-
tifs, déclarant que, du reste, il n'avait pas
abjudonné le s in de son diocèse. Cela n'em-
pêcha f>as que le clergé de Bouie n'écrivît à
celui de Cartbage une lettre qui fut appor-
tt^e par le diaere Clément, dans laquelle ceux
de Rome pariaient h ceux de Carthage, comme
s'ils n'eussent plus eu d'évèquo, les exhor-
tant à faire r^ïnime eux et è prendre eux-
fnômos soin do leur Eglise. Saint Cyprien en
fut péniblement allecté; mais il altetidit pa-
tlemmeriÉ le temps do la lustice. Celte lettre
de% Romains liuh des tombés. Les règles
qn*elio pos^ sont très-^ages. Ils disent que,
auoiqu'ils soietit séparés de l'Eglise, ils ne
oive.nl point pour cela être ai»andonnés,
mais exhortés h la pénitence, atbi que Dieu,
leur faisant miséricorde, ils puissent, s ils
sont pris de nouveau, avoir le courage du
martyre; que, s ils stuit h l'article de la mort,
il faut le'i recevoir h la communion. Saint
Cyp* ien s'élève très-fort, dans sa hMtre aux
cônfesseors, contre la prétention de Lucien,
qui disait avoir reçu de saint l*au! la per-
mission que nous avons dite* Il prét^snd, et
a^ec raison, qu1I éxa^^ère singulièrement
Tordre du saint martyr. "Les tombés n'en de-
vinrent pas plus modérés; ils semblaient
ignorer qnlls fussent criminels; ils exi-
geiiient, avec une violence étrange, la paix
que les martyrs lonr avaient promise. Saint
Cyprien, pour modérer cette vi<dence, et
fHiurse co «former aussi aUx préceptes sages
contenus dans la leltre des Romains, écrivit
h son cler^jé qu'on eût a donner la i^aix aux
îbmbé» qui tomberaient malades, a|>fès, tou-
tefois, qu'ils auraient fait Vcjromùiog^ie^ H
qu*ils auraient reçu l■impo^ition des mains
pour la pénitenre. Son clergé l'ayant consulté
plus tard, relativement à la conduite à tenir
en présence de rim[tortunilé de certains tom
bés, il répondit tme (fêtait une question qui
regardait toute l'Eglise^ et qu'il fallait atten-
dre que la paix fût rétablie, pour qu'on con-
cile en décidât. Quelques temf»s après, Té-
véque Caldoiie lui ayant écrite pour le coû-
735 CYP
suHer, reiatîvemeni & certains tomùa, qpiî»
ayant été repris, avaient courageusement
combattu pour la foi, saiat Cyprien lui ré-
pondit qu'il partageait entièrement son opi-
nion , laquelle était qn on ne pouvait s*em-
pécher de les recevoir à la communion* La
lettre de Caldone et la réponse de saint Cy-
prien sont la 19* et la 20' parmi les lettres
du saint.
Après les lettres que saint Cyprien avait
écrites, les confesseurs auraient uù se mon-
trer modestes et soumis : il n*en fut rien ;
Lucifin écrivit à saint Cyprien une lettre ex-
cessivement arrogante, dans laquelle il lui
disait : * Vous saurez que nous avons donné
la paix à tous ceux dont la conduite posté-
rieure aura été soumise à votre examen.
Nous voûtons que vous en informiez vous-
même les autres évoques. Nous désirons q^ue
vous soyez en bonne intelligence avec les
saints martyrs. » Cette lettre ne pouvait que
contribuer à rendre le saint évêque odieux,
sous prétexte de sévérité outrée. C'est ce qui
arriva; cette lettret qui brisait la discipline,
qui foulait aux pieds la hiérarchie , donna
une ardeur toute nouvelle aux plaintes et
aux prétentions des tombés. Ils s'élevèrent
avec fureur contre saint Cyprien. Dans ce
moment même, il lui arrivaVn secours ines-
péré* Les confesseurs de Rome écrivirent à
ceu% deCarthage une lettre exactement sem-
blable à celles que le saint évêque leur avait
lui-même écrites : mômes conseils , mêmes
principes* 11 écrivit aux confesseurs de Rome
et au clergé de cette ville pour les remercier
et les féliciter. Ce sont ses lettres 23' et 25'.
Ce fut peu de temps après que les prêtres de
Rome , qui avaient cessé de lui écrire , vi-
rent bien , après avoir reçu ses lettres, sur-
tout la 13* , qu'on ne leur avait pas dit la
vérité par rapport au plus grand évêque qui
fût dans la chrétienté. Ils lui écrivirent une
lettre, classée la SI' parmi celles du saint ,
lettre la plus humble , la plus sage , la plus
apostolique qui ait peut-être jamais été écrite
de Rome, Dans cette lettre» on convient de
tenir en suspens Talfaire des tombés, jusqu'à
ce qu'il y ail un pape élu , et qu on puisse
assembler un concile. Ce fut la rèçle que,
conformément h I avis de saint Cyprien, tous
les évêques d'Afrique adoptèrent. Après bieû
d autres circonstances que nous omettons,
saint Cyprien reçut la visite de saint Céle-
rin , coDfessL'ur de Rome , qui vint le voir
dans sa retraite de la part des confesseurs
de cette ville, lesquels» depuis près d'un an p
se trouvaient dans les fers. Le saint évêque
leur écrivit sa leUre 16*, Ce fut à cette épo-
que qu'il ordonna Célerin lecteur, ainsi que
le jeune Aurèle , et qu'il éleva Numidique
au sacerdoce.
Au bout de quelque temps» la paix ayant
commencé à être rendue à TEglise, beaucoup
des confesseurs qui étaient en prison furent
relâchés. Saint Cyprien les lit secourir pour
qu'ils ne manquassent de rien ; il envoya, h
cet effet, à Cartilage, les évoques Caldone et
Herculan, qui leur distribuaient de sa part,
ainsi qu'aux pauvres, toutes les choses qui
leur étaient nécessaires. A Unstant où le
saint évoque se préparait k rentrer au railif^u
de son troupeau, Félicissime, autre que le
saint confesseur du même nom, homme con-
vaincu de fraude et de vol, et d'une conduite
fort mauvaise, au point de vue des mœurs,
se déclara ouvertement schismatique, en se
séparant de la communion de Cyprien. U
commença i s'opposer à lui en ena péchant,
autant qu'il fut en lui, raccomplissement des
œuvres de charité, pour lesquelles Cyprirû
avait envoyé à Carthage les évéques Caldono
et Herculan. Un nommé Au^eude se joignit
à lui. Saint Cyprien, instruit de ce qui se
passait, le sépara de sa communioD par nm-
curation qu'il envoya à ses vicaires. Fort
peu de temps après, Novat, prêtre deCAT-
thage, et guatre autres, proDablement lei
cinq gui s'étaient opposés a son élection, »
joignirent à Félicissime. Forlunat , qui fiit
depuis évoque schismatique de Carthags^étiJt
parmi eui. Ces prêtres schismatiques, pour
se faire un parti, appelèrent à oui les tom-
bés, disant qu'ils les recevraient à la com-
munion, que leur refusait Tévéque. Saint
Cyprien en écrivit à son peuple et aux tom-
bés eui-mêmes, les exhortant à repousser
cette douceur dangereuse, à rester du cM
où avec la pén: tente et la sévérité se Irou^
vaîentaussi pour eux le salut et la voloniéde
Dieu, Il annonçait dans cette lettre que œU«
crise seiait la tin de la persécution, Sapr^
diction s'accomplit. Novat fit ordooaer m
ordonna Félicissime diacre. Il ét^iil dijpie
d*un homme conune Novat, voleur desbiail
des pauvres, assassin de son père vieui et
infirme, qu'il avait laissé mourir de bio
dans Sun village, de vouloir pour acolyte ta
voleur scandaleux comme Félicissime. P«l
après, saint Cyprien revint à Carthage. H J^
sembla immédiatement un roncilc, pour ré-
gler FatTaïre des tombés. 11 y fut décidé qm
les libellatiques qui avaient embrassé la fié*
niteiïce aussiliit après leur faute» senieût
admis h la communion; que les tombéi vé-
ritables seraient traités plus sévèremeiilf
qu'on les tiendrait longtemps en pénitence t
bien qu'on dût la proportionner cep€0*
dant h la gravité de la faute de chêcm^
aux intentions et h toutes les circonsta'vcei
qui peuvent aggraver ou atténuer; qu«i l'oil
aurait plus d'indulgence pour ceux qui ûé-
taient tombés qu'après avoir résisté looi*
temps aux tourments, et qui n'avaient ptl
eu la force de souifrir sans mourir. Le coii-
cile fulmina des menaces graves contre Cfiu
qui accorderaient trop facilement la paixinl
tojubés. Une sentence particulière portait
que les évOques et les prêtres tombés pour*
raient» comme les autr*-s, être admis I ta
pénitence, mais jamais réintégrés dans tel
fonctions sacerdotales. C'est ainsi que lec^iï-
cile adopta une sévérité qui punissait, jnialt
à une indulgence qui éloignait le désespoif
et le découragement. Les décisions de «•
concile furent adoptées par toute Ï^Egltse.Li
décision prise déjà [>ar neuf évoques, conlri
les évéques tombés lovin et Maxime, W
maintenue. On excommunia aussi Félia*'
cyp
7Sf
sîme et les cinq prêtres déserteurs de TE-
glise qui s'étaieot joints à lui. Saint Cor-
ueiUe ayant été élu pape à la place de saint
Fabitni,* saint Cjprieo le fil recevoir, ea cette
qualité, par tous les évf^ques d'Afrique, à
qui le faux pape Novatieu s était déjà adressé
pour être reconnu.
A partir de sa rentrée à Carthage, jusqu*à
sa seconde arrestation» le saint s'occ*;pa avec
ardeur à reconstruire les brèches t|ue la per-
sécution avait'fâites dans son Eglise. 11 af-
rrait la foi autour de lui dans toute sa pro-
nce î il écrivit à une multitude d'évèques,
aux confesseurs de Rome» pour les féliciter
d'avoir abondonoé les erreurs de NovaUen.
Il écrivit aussi son traité de FUnité de TE-
glise, son Explicaliun de forai son domini-
cale. Le 15 mai 252, il tint à Carthage un
second concile^ où plusirurs questions de
discipline et de dogme furent réglées, li
était formé de soixante-six évoques. Ce fut
l'issue de ce concile que Fortuiiat fut fait
vôque de Cartliage par Félidssime. Déjà
s Novatiens avaient nommé de leur côté
axime évèque de cette ville: la faction de
élicissime ne voulut pas être en retard» et
umma, elle aussi, son faux évèque* Aussi-
ôt nommé, Fortunat députa Felicissinie à
ome; mais saint Corneille le chassa et le
ïjela avec une énergie et une vigueur vrai-
lenl apostoliques. Le saint pape fit imraé-
ialement savoir à saint Cyprien la conduite
tfuUl avait tenue dans celte circonstance;
mais bientôt, ne rt-cevant pas de nouvelles
de saint Cyprien, qui avait jugé que ce n'é-
tait pas la" peine d*écrire à Home pour se
mettre en garde contre des gens tels que
Fortuual et Félicissijne, et, d'un autre côté,
harcelé sans cesse parFélicissirae» il montra
un peu de refroidissement à l'égard du saint
évoque de Carthage, et lui écrivit une se-
conde lettre qui était loin de ressembler à la
Eremiére. Alors saint Cyprien écrivit, et
ientùt Corneille revint à ses premiers sen-
lifoeats. L'élection de Fortunat, comme évo-
que de Carthage, loin de servir le schisme,
contribua à l'abattre. Ceux qu*on avait rete-
nus jusque-là dans le schisme, en leur fai-^
sant espérer que, par suite d'un accord qui
interviendrait, ils rentreraient tous à la fois
dans le sein de rFglise, virent bien, par cette
élection, que cet espoir était perdu pour eux
désormais. Alors ils vinrent en foule frapper
à la porte de l'Eglise qu'ils avaient aoan-
donnée, de sorte que bientôt Cyprien ne fut
presque plus occupé qu'à examiner la con-
duite de ceux qui venaient se présenter
à lui pour être admis h sa communion.
Ce fut alors, quand ce schisme fut presque
éteint, que la persécution s'étant reiiouve-
Jée sous Gai lus, Cyprien, en toute hète, as-
sembla un concile composé de quarante et
uu évoques. 11 était important ûv rallier Tar-
luée deJésu!^-€hrist, de ne pas laisser en ar-
rière les soldats hlessés, c'est-à-dire tous
ces tombés qui faisaient pénitenc*^ publique.
Le concile décida qu'immédiatement ils se-
raieot admis à la communion. Saint Cyprien
-«D écrivit à saint Corneille pour lui deman*
der son avis, en lui soumettant la décision
du concile? mais le saint pape n'eut pas le
temps de répondre, car la persécution s'é-
tant allumée à Rome, il fut des premiers ar-
rêté, et confessa généreusement la foi dont
il était le premier pas leur. Saint Cyprien
rayant appris, lui envoya une lettre de féli-
citations, lui témoignant toute la joie qui!
éprouvait de son glorieux triomphe. C'est
M 57' lettre. 11 exhorte le saint pape, à qui
il prédit sa mort prochaine, à s'y préparer
par le jeûne, la prière, les veilles et les gé-
missements» 11 lui demande qu'ils aient à se
soulager l'un l'autre par leur charité et leurs
prières mutuelles. Ces deux saints étaient
unis par une Irès-grande affection.
Nous possédons encore aujourd'hui huit
lettres de saint Cynrien à saint Corneille, en
outre de celle de laquelle nous parlons ici,
et c[ui est une lettre synodale. Il est certain
qu'il lui en écrivit bieii davantage, qui, mal-
heureusement, auront été perdues.
Peu de temps après, le saint pape Cor-
neille fut mis à mort (>ar les persécuteurs.
Saint Cyfirien ne perdit point en lui un ami,
car les saints, quand un ami meurt, au lieu
de l'avoir ici-bas. Font au ciel. Après saint
Corneille, ce fut saint Lucequi monta sur le
trône pontificaL Aussitôt après son élection,
il fut banni pour la foi, semblable au soldat
qui marche au combat aussitôt qu*il revêt
1 armure. Saint Cyprien fit comme il faisait
toujours. Jl lui écrivit une lettre, dans la-
quelle il le congratulait et lui donnait des
exhortations. Bientôt ce saint pape fut em-
porté par la perséculiotL A cette époque»
l'épiscopat était comme un brevet de mar-
tyre.
Saint Etienne fut nommé à la place de
Luce. Nous aurons souvent à parier de co
pape, car ce qui sVstoâssé entre lui et saint
Cyprien est une des plus grandes et des plus
importantes parties de leur vie à tous deux.
Mais avant d'en venir là, nous devons rap-
porter ce qui se passa de calamiteux dans
l'empire* Une peste terrible le ravagea dans
toutes ses jïarties. Vengeance de Dieu con-
tre les persécuteurs, cette peste fut une
épreuve nouvelle qu'il envoya à ses servi-
teurs* Après les horreurs de la persécution»
les terreurs de la mort au sein de la famille
et dans le silence du foyer domestique.
Cette peste dura douze années entières. Elle
fut des plus terribles dont riiuraanité se sou-
vienne. Commencée sous Gallus, elle rava-
geait encore l'empire après la prise de Va-
ïérien. Elle emporta à Home jusqu'à cinq
mille personnes dans un seul jour. Cette
peste prit naissance dans l'Ethiopie , d*<iù
elle se répandit par toule la terre Ce qu'en
dit saint Grégoire de Nysse est fait pour ins-
pirer une grande crainte des fléaux de Dieu.
Quand elle commença dans le Pont, elle était
précédée d'un horniïle miracle. Un spectre
apf>araissait dans chaque maison qui devait
en être frappée; et quand cet affreux pré-
sage avait passé, rien ne pouvait en arrêter
les suites, si ce n'est les prières de saint
Grégoire Thaumaturge, N'était-ce point c«t
7» 'm
*;.// «-.••>-^> Mv;v r..-. îî/* i»vï 'X *-'»'! : -
». î V- «'-.i i ^^ 'i;'>r :«* : -.^ .1- ^r:
y.*' * ; « -.•; ''• .'.>.^ .»-.Ji.i iil.
f* -, •* î. .''.-. '>■■,'..*: i -. i.-'-.. : .1 i'^*-
• ' fc*' , ; I . .''.'> .".'i. *-»'.•; >i \.\'.\ ':'*'«ï
•| , ". .•*'. *' '.'."■. *r. ■ ;.'.'* :è'.':.l f* . ^' :«;r.è,
* • '. \ *'.-.,' *\ '•', , \''.f.".'.. .U v»-Xt.--: f.'i
'./i ;. ^ ' ^ f:, '.iVi ^ •/.////» '. 4 ''éf.\ k< ; f ". « . Tj j r.r# *
jr •>« ;#l {»4« >'/ / .' (JérU iOhi i'M ^'f^^ qui
ht: v'y/iori^riOtK |/4.H ! Aii t'ïiH'*f:i ^U: M OU
S(iif<? tUvAO: 'liiuf^i ii^AtfUf:Uf i>haiài *•{ luori-
'i<i-.pfjf infirmai ^uuat^id uuf: ijorrlblc
j/, I- f't iWiUintui AU mourant Li route de
l*l''Hy\iUi fui flA<oW:9! fifir h: flé'iu, rAfri-
/jij<? m/iffiie f>vi|>p/'is fut fojfj ri'cn être exempte.
Mu 01 ^«y|»rif;ri filiorla stni troup';au h &e
r/'4i/.M r Aou^t Ift ffiain /(uj Ui Irajipait, mais
ii^tft%t it ffiorjt.iïf liT muni^içe qui ronvioiit &
4ê'H /:lii/iM!riAf r.C'.Hl /i-dire lo i:^iurajje delà
i'.ijMril''f f|iii ih: f:niiijl plu.H rii-ri 'iiiaiid il.sa-
yni lU: •tiiniurif H"ii ÏOn^'i^ uiAino si;5 froros
iifi'K-iniAf <:t de i«! i- |>(ir((T avec les .se«;ours
rorpoielH, Ivh f:oiiiio!<ilioiis do re.s|irit et Ju^
(if'sorft .H|iiritiiels df; l'Ame. LiiI-ijjOido pava
d'riiMiipln. (h) Jiï voyait /iupn>s dos pestiie-
iTji, aiMoiiiplir lo8 Jevoir^ qu'il procrivait
aux /lutrrs. Nohin (^X(Mn)iIn, que plus tard,
I (< raulri* v.C\\A d«' ce l'iva,;;^*, à rautro bord ,
lSt'l/uih-(* iuiiliTa. I/ospritdo Dieu jio change
pas i\\v{* 1rs siècles : la iharito ii a qu*uno
Viiix, rllr se lait ojitoudro sous .siiutCyurieu
ipi.iii I la P'Sle duMdo (u'U't'iacSt^; quand cllo
vu^ndra i.ésolor Marseille, les éclios iî'auçais
lui n^iuuidroul.
Tous co> IliMux, au limi do faire rentrer
les païens e i eu\-niOuie5, do les porier hré-
llvM hii. ne taisaient ipieles irriter d.ivanta^e
el les exaspêr r contre les diréliens qu'ils
co-)>idôraieiil eonune les auteurs do les dé-
st^Ialions, dues, disaieul-ils «\ la co ère que '
leurs dieux awueiit contre ces sectateurs
d'une reh^i<m aui détruisait la leur. Quiuit
aux peslil^res, (os naiens ira gnaient teile-
nirnl du les ap(^oeiier qu'Us les abandon-
MitiiMit Nans siH'ours aux au^oissrs ue leur
mal IK n'avaient qu'un si»Ui-i. cilui de s'em-
paior di* ItMirs biens quaji : U laori les avait
hI«m'i«s. Dans le de^ordre général qui tut cause
pal vvUv poste les païens volaient, pillaient.
Ml hvraiont «^ tous les eiiès imaj^uiables.
Porsunth' no n^pnmail cc^s desoi*dres. tant la
lerrour était grande, lout restait au pillage,
eliaiun »o vauvani \mm\x fxite. le tle.tu. i eci
«dlaH«*>. Ion \dlos osaient désertes: quand uue
umiMMi était trappes, do doux clio>e> Wvw.
«m bioii les liai'itants jetiaient Us uixdades
dolioo, vMi bien ils pioiiaiont la luUe et les
•banavimaiMAt. kUH$ lea bii^auds qui ici-
CYP
)40
V'.**nr ;unAnis.saient 'ian.s la maison déso-
.-« -^'."'s Pli» '^s ailles féroces et lâchesqui
i:.w'..''\i a nnr* : ils dfîpnaillaieo! le m(Hi'-
.^i:,\ -i aillaient soiis ses yeux sa maison,
.!< ji-rAit'inf ^risquiux vêtements et aux
%:. T*rr. i.'f*.s Ut îon !ii. Avec ces atrocités, il
\r'. -.nviv-'Mu f.mt es. Les païens Iriai-
:. . r.:.i.îr.w •» .:;i*i, et, j^ooime nous l'avons
:.'. it.iit..i.ii(int les chrétiens de tous leurs
D*érc:C*:ea. ^na^emenr d'Afrique « était
0::x: :•: Vjîi5 |îi: répandait lenltis cesca-
lo>T*ri.e3 vîntre les chrécif^ns. dou autorité
leâ;iccré'l:Cait. D-i reste, persécuteur acharné,
if mocfraïc contre les disciples de lésosr
Cbrist une cruaoté sans égalé, les chassait
flh leurs maiiOQ5, confistpiàit leurs bienii
If-s jvtait dani leà cachot», et entin les fri-
sait mourir au milieu des plus horribles
suppliceâ. 5oas TaToos oommé gouverneur
d'Airiqu-î, oarct: qu'il esf très-probable qa*il
l'était, ou du oooios un des principaux ma-
gistrats. Peut-être é!ait-il simplement asses-
seur du proconsul. Ce Démétrreq tenait
três-souvent voir saint Cyprien, mfi^ c'était
plutôt pour disputer contre luP qu^y V'^ui
s*instruire en l'écoulant ; a ssf 1*.^ 5^im n^
voulut jamais consentir à entité pu c nft-
rence avec lui. Vais royâôt i rm n i ?^
propos calomnieux réu^sissdié it à (r «Pp
le public, qui sur la foi de ses ^<^$^nn
crovait les chrétie:i$ cou|]abl $ dièjoiiil
malheurs publics, il craiffnitqu*^un ofusj
silence de sa part ne rat attnbuo ""^
faiblesse ou à de la crainte, il écrl
niéciiaut homme avec une force, un^j
même extraordinaire. II le traite ^ii
dernier des hommes, il l'accable SOQS sa pa-
role, comme un homme d*honoeur lait àré'
giird d*un misérable qu*il m 'éprise, et tjuV
veut flétrir, punir, plutôt que couvaiocn?. i
entendre ce langage, on dirait, en vérité, ({é
saint C)'j)rien, du haut de sa chaire épîM-
j)ale, était souverain aans Carilîage, dt ija'ii
lieu d avoir tout à reaôiîf er de ceiDî è fui li
l)ar)ait ainsi, il était maître de le
comme bon lui semblait. Oo ditèiU â I
tendre, que Démétrien n'araîl aucune J«iD
rite pour se venger. Et quand ou i
cet homme pouvait d*ua mot taire .
saint évéque et Teiivoyer aii ii»a4lt^* <tt tt '
sent pris d'admiration |)our l^JKfÇe dbt^
tienne de ce dernier. Qn s at 11 TéftaoÉ, h
chef des lidèles, qui ne veut ns ^^% »
suite sou tioujieau, et i}ui U ilntrii an^P
courage d'une lionne qui défcoJ iei
ceaux. Pour lui, qu'nu;«orle<i£ Tçs i
qu*impoitent les calojiii^?* > 7 9^
sui\re, pour les supjiortÉ - ^.^smL^
divin modèle? Abisll 0 ^ ^fb^Tgatè
lui, il :^e réluj:ierait dans o^ii, tel h
fKitienco. Mais on cal%>mr >^ ««fiaib ^
es insulte, on les pers^xi ûo ks M^^
aui supplices. 01 ie» £ait ^,'9^^^ « fk^^*^
n*e>t plus la. c\st le ftH^^ c «si refépft
c'tst le de^H>si%ai.-e des à^tm ^pi M^
ChriNt lui a couà^e». Nm4 oéb^k^^
i a^ments de ce r?Maff-4~i
ndre aux sacriiégos blasphèraes que
i« avec tant (l'emporte neiit conlrt' le
,Eiîqui? et V entaille : il vu avait paru à
\»\xïs sa^^e et fins nliie d*apjmsef h
loraoce le stlcnee du ra épris, que de
«er par une rétutalion inteoipeslive
ue insolente de ton cnraetère. ï/a<do-
rine elle-rnêrae appuyail ma résolu-
fe parle point dana toretUe (h Vin*
ions dil-éiie, car U méprisera la sa-
tifg diseoufM, El aillerjrs : Ne réponds
fou selon sa foUe, de peur que tu ne
ennes semhlnbU. L^Apôtre piussi nous
lande de regarder le saint du 8ei-
[ans le sAnctuâire de uotre conscience,
ne pas l'ei poser aux profan^Uioris ; Ne
ya$ les choses saintes aux chiens^ s'é-
U ne jetez pas vos perles devant Us
ittJT, rûrtV* tes fouleraknl aux pieds;
éie ilê ferienàraient sur vous pour
khirer. Comme t*^s fréquentes visites
pour motif bien moins le désir de
et que le beso n de disputer; comme
kJs mieux kûcer à ^and bruit Tim-
na t>i rimirre que u écouter pntiera-
tîons , }ï y aurait eu de la
V .^,.>.,i.ir de lutter contre loi.
:îrs, if serait plus facile à îa voix hu-
d'apaiser une mer qui gronde que
iliier la rage par des raisonnemeilts.
Iion présenler la loraière à df s yeu^
, le sort à des oreilles frnppées de
f k s^ngêi^se h U bnitè? Ces considé-
m'ôtajcrït déterminé à garder le
f dans Tespoir de vaincre 1 > mpurte-
mf îa patience, puisque mes renré-
)0s éctïouaient contre too indoeilité,
ige - 6 la reli^^ion contre ton iricrédu-
modération contre le déchaînement
fureur. Mais aujourd'liui je t'ai eu-
i\f% qu*un concert universeî de plain-
liwe ctmtre nous; que ces guerres
s, toujours reîiaissanles, ces pestes,
ines qui désolent le momJe, ces pluies
u$ Fefus*^ un ciel d'airain, lopinion
le se plaît h nous les imputer. L beure
rico est d*>ne passée : on mettrait sur
>leile rimiiuissance notre résignatioo,
» mon dédain pour tes calomnies, on
peut-être un aveu. Ainsi, Démétrien,
te répondre, h loi, et à tous c ux que
)ulevés contre n<ms; car la contagion,
d\in fo^er impur, s'est étendue do
en proche. Tes complices se rendront
i4?nçe : du moins je Kespère, N'est-iï
les préventions erronées dis-
, vant les rayons de la vérité,
t quelle allume son flambeau?*.....
is i]UG dire du point principal sur le*
mie notre ditTérend? Vous nous con-
£ malgré notre innocence, et vous
léchafûez contre les serviteurs du
pour outrager dans nos personnes le
}ut 0(His adorons. Peu contents do
r votre vie p^r de lionleux déré^'le-
par des scélératesses sans nombre et
«* rapines saighnles, de renverser la
A Téri table par de ridicules supers U-
eûfin de ne chercher ui de redouter
le Seigneur, il faut encore qtie vous voui
emportiez à dlnjustes persécutions contre
ceux oui, le connaissant» vouent à sa ma-
jesté (iivine, un culte digne do fui. Il n»- te
sufllf pas, Démétrien, de ne pninl honorer
notre Dieu, tu ne veux pas ménio qu'on
l'honore- l/homme qui se courbe devant lio
muettes idoles, devant des simulacres taillés
de ses m*iins, que dis-je! quiconque se pros-
terne (ievant des monstres impurs, tu Tas
pour ami, ta haine ne s^^ippesantU que sur
te serviteur du vrai Dieu : des bûchers,
chargés de victimes, fn:menl partout dans
vos temples, et le vrai Dieu n'a pas d'autels,
01? bien il n'en a qu'en secret I le crocodile,
le cynocéphale, le serpent, la pierre elle-
même, tout est dieu; le Dieu vérUable, seul,
ne le sera pas, ou ne pourra être adoré im-
Funémeiit, A ^'innocence, à la justice, à
objet des divines aifi^ctions, les chaîne^, les
spoliations, les c^clioîs, le fer horn^cidej les
bêtes sauvages, les flammes dévorantesl Des
douleurs isolées, une mort simple et rapide,
ne sauraient rassasier la haine : il te lïiui do
longues tortures, pour déchirer nos corps,
des supplices variés pour nous mettre en
lambeaux, et, jour mieux le repaitre de nos
souUVances, la cruauté ingénieuse inventa
des châtiments inconr^us. Quelle est donc
cette fantaisie de bourreau, cette soif inex-
lingoible de notre sang? Choisis une fois
pour toutes dans cette alternative ; ou la
profession du christianisme est un crime,
ou elle ne l*est pas : si elle est un crime,
frappe sur-le-champ le coupable qui se dé-
clare; si elle ne lest pas, pourquoi con-
danmer Finnocent? A quoi bon la question,
quand j'avoue le fait? Si la pusillanimité
m'avait décidé à cacher par un mensonge
mon attachement à ma religion et mon mé-
pris pour vos dieux, à la bonne henrel Je
toncevrais les tortures pour me contraindre
^ des aveux. Ainsi, dans Tinformation judi-
ciaire , la douleur accusatrice arrache au
coup('«ble des révélations que ta bouche eût
toujours refusées sans Taii^uillon de la soui-
france; mais moi, quand je crie le premier,
et à haute voix : Je suis cnrétieni encore un
coup h quoi bon la torture? Ne suis-jo plnj
le même homme qui a renversé tes idoles»
nr>n pas timidement, avec mystère, loin de
tout ién)oin, mais au grand jour, mais sur
îa place publique, mais en présence des
chefs et des magistrats? A les [«remiers mo-
tifs de resst^ntimenls, n*ai-je pas voulu ajou-
ter un crime plus impaniounabîe encore,
le crime davon- confondu le fmgan'sme et
ses dieux par une éclatante prédication, en
me détiarant chrétien dans la partie de la
ville la plus fréqueptée, au milieu d'un im-
mense couuOlJi's de penpie/ pourtiuui s'atta-
quer à un coi ps débiie? Pourquoi lui 1er con-
tre une chaire périssable? Viens engager la
combat contre Ja vigueur de mon âme i brise
l'énergie de mon courage, bals en ruine ma
foi» et renverse-la, si tu le peux , par le rai-
sonnement et la discussion; ou, si tes dieux
ont quelque puissance, qu^iïs sa lèvent et se
veu){ent? Que leur uiajesté les défende. Maif
que pourraîent*ils pour leurs adorateurs,
quand ils sont impuissants contre leors
contempteurs? Si le protecteur est plus fort
que son protégé» tu es par cela même supé-
nciir à les dieui. Alors changez de rôle : à
eux de t'adorer, à eux de trembler devant
leur maltrp? Misérables captifs, qull faut in-
cessfirament défendre si Ton ne yeut pas
qu'ifs périssent ; ils ont besoin de ton bras
pour venger leurs aUronts. Rougis donc
d'adorer d«.*s idoles, qui ne sont rien que
par toi; rou^'s d'attendre quelque protec-
tion de tes stupîdes protégés. » ^Belouino,
Histoire dn perêécutwns de V Eglise caihûli-
qut, looi. II, }i, 201.)
Saint Cypnen composa son tivre intitulé :
De la MorluHté^ pour engager les chrétiens à
supporter avec courage, les perles doulou-
reuses qu'ils faisaient par les ravages de la
poste. Peu de temps après, les barbares ayant
prolité de IV'tat de désolation dans lequel se
trouvait Te m pire, firent une incursion dans
la province d* Afrique, et emmenèrent pri-
sonniers beaucoup de chrétiens. Les évè-
ques récrivirent a saint Cyprien, qui en-
gagea les fidèles de Carlhage à venir au se-
cours de leurs frères captifs. Il envoya pour
la rançon des prisonniers une somme qu*on
peut évaluer & 25,000 francs de outre mon-
naie*
Ce fut h cette époque, en 253, que Valé-
rien monta sur le trône à la place de Gallus.
On sait que d*abord ce nouvel empereur se
montra extrêmement favorable aux chré-
tiens. Aucun de ses prédécesseurs ne l'avait
été davantage ( ici nous ne comptons pas
Emilien ). Mais bientôt, un grand change-
ment s'opéra dans les dispositions de son
cœur, et il devint un des plus cruels persé-
cuteurs de rEgtise. IVoy, son article.J C'est
ici qu'il faut placer I affaire de Marcien. U
ét.'îit évoque des Gaules, et occupait le siège
d'Arles. Partisan de Thérésiede Novatien, il
avait eu la cruauté de refuser à plusieurs
tombés la communion h i^article de la aiorl,
11 se vantait même de cette indigne con-
duite. Quelques évéques en écrivirent au
pape Etienne; mais ce pape ne se bôtnnt
pas de donner une solution à cette a if. lire,
ils écrivirent à saint Cyprien, pour que son
zèle sttmuhU celui d'Etienne. Le saint évê-
Cfue de Carthage ne faillit pas à ce devoir.
11 écrivit à Etienne pour qu'il déposât Mdr-
cien* le priant de Im faire savoir qui serait
nommé évéque d'Arles h sa place, aûn qu'il
sût h qui recommander les fidèles qui se ren-
draient dans celle ville. Après cette alfaire,
vint celle de Basilideet de Martial, évoques
d*Es[iagne, le premier de Mérida, le second
de Léon et d'Astorga. Tous deux s'étaient
rendus coupables du crime des libeîîatiques ;
c'est-à-ilire qu'ils avaient donné ou reçu un
bill't attestant qu'ils av/iient sacrifié, bien
qu'ils ne Teussent pas fait. C'avait été un
grand scandaledans FEglised'Espagne. Après
les orages de la persécution, les évéques
avaient évoqué celte scandaleuse atfaire.
Martial avait été déposé dans un concile*
Bâsilide, oui craignait le même sort, se requit
& Roioe, oô, à force d'obsessions, de meii-
songes et d'astuce, il parvint à surnrendfo
la bonne foi du pape Etienne, qui le reçut
comme évéque à sa communion, et qui lui
donna des lettres de recommandation pour
les évéques d'Espagne, Martial, se targuant
de cela, voulaîi aussi reprendre son mig.
Les églises de Mérida et de Léon, les évé-
ques de FEspagne en écrivirent à stiot
Etienne et à saiol Cyprien, réclamant contre
la décision du pape qui avait été surpris.
Un comilé tenu h Carthage maintint la d^
chéancedes deux évéques, pronot.çant avec
raison, que quant à Bâsilide, le fait d atoir
trompé le pape ajoutait h ses autres crimes*
et le rendait encore moins digne d'indul-
gence. Saint Cypnen composa à peu près^
cette époque son écrit conire Novatien,]
est plein de doctrine, d'éloquence, en un
parfaiteioeot di^ne de saini Cyprien,
Maintenant il ne nous reste plus à parleri
avant d'arriver au martyre du saint évéauep
que de la fameuse dispute qui surgit dans
1 Eglise à propos du baptême admiui>lfé par
les hérétiques. Cette dispute ne commença
tout au plus qu'à la On de Tannée 253. SaïQt
Cyprieu soutenait avec Firmilien et beaucoup
d autres évèc^ues» que tout baptême doBÉp
hors de FËglise catholique était nul, et qné^
par conséquent» tout individu qui» baptisé
par les hérétiques, se convertissait à la foi
catholique, était obîigé de recevoir un second
baptême. Toute son erreur venait donc de
ce qu'il confimdail TelTet et la grâce du %^
crement, avec le sacrement lui-même. Saint
Etienne^ son principal adversaire, prétendait
avec la tradition de FEglise que auand b
baptême était administré par des hérétiquci
observant pour son administï-alion la Bième
forme que l'Eglise catholique et baptisanuu
nom dos trois personnes de la très-«aiQt«
Trinité, il était valable. Agrippin, évoque de
Carthage et Fun des prédécesseurs de saint
Cyprien, suivait Topinion des rebaptisante î
on prétend même, avec assez de fondemenlf
que ce fut lui qui commença à pratiquer la
rebaptisation ï un concile gu^il aYaiiasseil*
blé et qui était composé ti'un asscf
nombre d'évêques, avait décidé dans le m
sens. En CappadFoce on avait fait \t m
chose. En Gallicie, en Cilicie, on* suWail
aussi la même chose. Des évéques de Hii-
niidie ayant consulté saint Cyprien sur te
baptême des hérétiques, il assembla
conciles pour juger celte question. Ces
conciles résolurent la question dans le
des opinions de saint Cyprien. Il en écrinl
au pape saint Etienne pour lai comouuii-
quer les décisions, et ensuite envoya sa W
tre à Jubaïcn. Saint Etienne répondit tf
maintenant la tradition de TEglise, en éUr
blissant la suprématie de son sié^e, et r**
torité qu'il avait en qualité de successtuf
de saint Pierre, il usa de commandemeDt W
de menaces envers saint Cyprien, pouf ^
forcer à qui lier son sentiment, déclarant qOf
ceux qui rebaptiseraient seraient chassés J5
FEgUse. Saint Etienne avait raison, flii*^»'
était dans cette alfaire trou raido et tm
ipt ; car enfin» la vérité qull défendait
ît pas encore établie avec ce caractère
iontestabililé qui fait que personne n'a
roit de la discuter* Puis il était permis
Dniester son opinion personnelle, puis-
aucune décision de concile n*était venue
ce point établir la règle. Saint C yprien
lit très-choçïué, il eût voulu que, dans
question si délicate» tout le monde eût
vec modération et avec charité. Le pape
ît traité de faux Christ» faux apôtre»
rrier trompeur et întidèle. La dispute
excessivement loin. Le pape Etienne
tra cependant msez de douceur pour ne
ûettreà exécution les menaces qu'il avait
I, et l'unité de FEgîise ne fut pas partagée.
int Cyprient qui ne se rendait pas aux
ms et aux injonctions du pape Etienne,
tnbla à Carlhage un concile pour élucider
jestion. Ce concile fut nommé» compara-
tnenl aux antres assemblés par saint
rien» le çrand concile de Carthage. Il dé-
jà question dans le sens des opinions que
Bnait saint Gyprien, mais il décida aussi
, n'entendait encore forcer personne à
lier telle ou telle opinion. Après ce con-
, des députés furent envoyés par les évè-
I d'Afrique à saint Etienne, qui» non-
ement refusa de les recevoir » mais
mna aux fidèles de leur refuser Thospi-
i et le couvert. Quelques-uns ont pensé
près cela saint Etienne excommunia
\ Cyprien et saint Firmilien; mais c*est
Çireuves sulTisanles. Saint Etienne infor-
es évèques de la chrétienté de la con-
B qu*ii tenait dans cette affaire ; saint
fîen eu faisait autant,
lus passons ici une partie des détails de
I grave affaire, fiuts plutôt pour être
^rtés dans une histoire de TEglise que
S un Dictionnaire des persécutions. La
iJUle durait encore après la mort d'E-
be sous le pape saint Sixte ^ et saint
k d'Alexandrie, qui s'était posé comme
îateur auprès rju premier, lit la même
le près du second. Sîiinl Cyprien se ré-
ta-l-il? Saint Augustin laisse cette ques-
f dans le doute. Mais il semble avéré»
rès l'histoire, que peu à peu tous les
lues d'Afrique» qui avaient été d^avis de
pliser» changèrent peu à peu de senti-
1^ se rétractèrent et rendirent même une
Bien contraire h celle qui était émanée
% d'abord. Saint Augustin dit que celte
Pelle touchant le baptême fut eoGn ter-
6e par un concile général tenu avant sa
sanceàlui, où la dilïiculté fut discutée
Éaminée avec soin, 11 est certain que ce
pile eut lieu, puisque saint Augustin Fat^
p» mais il ne nous en reste rien. Celui
Nicée est venu décider dans le même
I que lui, et décréter que non-seulement
éptômsmais encore Tordinalion donnés
les novatiens étaient valables.
tiand la persécution de Val é ri en vint af-
jr TEglise, saint Cyprien composa un
burs en grande partie tiré de TEcriture,
r animer et encourager les soldats de
is-Christ à ce nouveau combat. 11 lit
I>l€XiOMI. Dfii FOâÉGl^TIOICS. L
CY?
lU
aussi de fréquentes exhortations dans le
même but. Mais le temps arrivait oiî lui-
même devait payer de sa personne, o{l, après
avoir encouragé les autres par ses écrits et
par ses discours» il devait encore les édifler
par son exemple. Ce fut le 30 août de Tan
257 qu'il fut conduit devant le proconsul
d'Afrique , nommé Aspasius Paternus, Ici
nous citerons ce que nous avons des Actes
de saint Cyprien; pour les faire concorder
avec répoque à laquelle nous sommes arri-
vés, il faucirait neiranscrire que la seconde
confession de saint Cyprien ; mais nous te-
nons à donner entièrement ce document
précieux» d'autant mieux qu'il est fort court.
Ce sera à rintelligence du lecteur à suppri-
mer mentalement la première partie de ces
Actes, s'il veut les faire servir à compléter
avec tout ce que nous venons d'écrire une
histoire suivie.
Actes proconsuîaires de saint Cyprien^ évéque
de Carthage et martyr.
Sous le quatrième consulat de l'empereur
Valérten, et sous le troisième de Gallien son
collègue à Tempire, le 3 des calendes de
septembre (1), h Cartilage, dans la chambre
d'audience du proconsul, Paternus, procon-
sul d^Afrique, dit h l'évêque Cyprien ; Nos
très-religieux empereurs Valérien et Gallien
m'ont fait l'honneur de m*écrire que leur in-
tention est que tous ceux qui ne fotit pas
profession de la religion des Romains aient
a l'embrasser sans délai, avec tous ses usages
et toutes ses cérémonies. Je vous aidonciait
venir pour vous faire rendre raison de votre
créance, et pour savoir de vous ce que vous
avez à dire touchant ces ordres de nos prin-
ces. L'évèque Cyprien répondit : Je suis
chrétien et évoque » je ne connais point
d'autre dieu qu'un Bieu seul, qui a fait le
ciel et la terre ; c'est ce Dieu que nous autres
chrétiens adorons ; c'est à lui que nous adres-
sons nos prières, pour nous et pour tous les
peuples» mais particulièrement pour la con-
servation des empereurs. Le proconsul Pa-
ternus dit : Persistez-vous dans cette décla-
ration? L'évèque Cypii^n répondit : Quand
la volonté est droite» et que Bieu la conduit»
elle ne peut changer. Le proconsul Paternus
dit : Vous pouvez donc vous disposer h par-
tir incessaurment pour Curube, c'est le lieu
que les empereurs nous ont marqué pour
votre exd. L'évèque Cyprien répondit : Je
suis tout prêt à partir. Le proconsul Pater-
nus dit : Les orores que j'ai reçus ne con-
cernent pas seulement les évoques, mais aussi
les prêtres de la province : donnez-^m'en
donc la liste. L'évèque Cyprien répondit :
Vos lois punissent les délateurs, et avec jus-
tice, et vous voulex que je le devienne en
vous donnant les noms et la demeure des
prêtres ; Vous pouvez en faire la recherche,
il y en a dans toutes les villes circonvoisines.
Le proconsul Paternus dit : Je commencerai
à la faire dès aujourd'hui dans cette viïle.
L'évèque Cyprien répondit : Vous savez que
le droit naturel et le droit écrit défendent de
(1) Le 50 août.
34
TiT
CW
s*aecasersoi-tnéma, et fous ne poumez tous
empêcher de rimprouver; yous ne devez
dane pas exiger d'eui qu'ils vienneûl se li-
vrer entre vos mains. Mais, comme je voas
l'ai déjà dit» si vous en laites quelque per-
quisition, il ne sera pas dilllcile ue les décou-
vrir. Le proconsul Paternus dit : Oui , je
donnerai ordre qu'on la fasse, et fort exacte.
Bl il ajouta : Les Irès-roligieux empereurs
ont aussi défendu toutes assemblées clan-
destines, soii dans des maisons parlioiliècos,
soit dans les cimetières elles catacotnbes. Il
y a des peines rigoureuses pour ceux qui
contreviendront à ce règlement. L'évèque
Cjprien répondit : Vous avez vos ordres,
c'est à vous de les suivre.
Ainsi le bienheureux Cjprien fut envoyé
eo exil. 11 y demeura jusqu à ee que Galère-
Maxime ayant succédé à Paterous dans la
charge de proconsul, ce nouveau magistrat
rappela le saint évoque. Il se retira dans un
jaruiri qu'il avait à un faubourg deCarthage.
Ce fut aans cette paisible retraite que, sous
lé consulat de Fuscus et de Bassus, il vit
arriver un jour (1) doux officiers du procon-
sul (2), qui le firent monter dans un chariot,
et lecondui>iirentà une maison de campagne
peu éloignée de la ville, oii le proconsal
était venu passer quelque temps pour v réta-
blir sa santé, Tair y étant fort sain. Il remit
à quelques jours iîè là Tinterrogatoire de Cy-
Srien, qui cependant alla attendre les ordres
a proconsul chez son pretnier éruyer, qui
lui donna un appartement. Cet olficier était
logé dans le bourg de Saturne, entre Véné-
ria et Salutaria, Tous les frères y accouraient
chaque jour en grand nombre, pour voir
leur évoque j |ilusieurs jeunes fflles y étant
aussi venues de Carthage et des environs,
comme elles étaient obiiçées de passer la
Duit à la porte de son logis, il donna ordre
qu'on eût soin qu'il ne s'y passât rien d'in-
décent. .....,.,..,,
Le 18 des calendes d'octobre» le pro-
consul Galère, séant sur son tribunal (3),
se lit amener Cyprien. Le proconsul Galère
lui dit î N'ôles-vous pas Thascius Cyprien T
L^évêque Cyprien répondit : Oui, je le suis.
Le proconsul Galère dit • N'est-ce pas vous
qui êtes révoque des chrétiens, de ces hom-
mes impies et sacrilèges ? L'évèque Cvprieû
répondit : Oui, c'est moi. Le proconsul Ga-
lère dit : Les très-religieux emfiereurs veulent
et entendent que vous sacrifiiez aux dieux.
L'évèque Cyruien répondit : Je ne le puis.
Le procoîïsul Galère dit : ft-enez conseil,
L'évèque Cyprien répondit : Faites ce qui
vous est onionné : dans une chose juste le
cmiseU est bientôt pris.
Le proconsul Galère, ayant été aux avis,
parla ainsi à Cyprien : Il y a longtemps
qu'on vous accuse de vivre sans religion et
sans piété, et d'avoir sédurt plusieurs per-
sonnes, à qui vous avez inspiré les maximes
impies de votre superstition. On sait que
ii) Aux id€8 de Septembre.
fî) Sirator et Equistrator
^3i Noromé Satmolum.
CÏP 744 ^
vous faites vanité d'insulter aux dieux etdijfP
méi*riser les lois de l'empire; et .i : ' ^
soiîis obligeants qu'aient oaigaé pu >
illustres princes Valérien et Gallitui, a l^y
très-illustre Céâar Valérien, paur vous e^V
gager par douceur à ne reconnaître poin^
d^autres dieux que ceux qu'ils aJoreut* il&
n'ont jamais pu obtenir cela de vous. Ait
étant convaincu comme vous Fêtes des «
mes les plus noirs, que vous ne vcais il
lias contenté de commettre seul« maLs qjj
vous avez encore enseignés à uub intiml
d'autres, il faut que votre mort serve ou]
rappeler à leur devoir ceux que vous av^
rendus les complices de tant de XuiîailSt ^
du moins à les intimider; et il e^t juste que
votre sang rétablisse le bon ordre ^"•-^ -
avez troublé par vos discours* et Vu
aux lois que vous avez détruite jun
exemples. Prenant ensuite des tablettes,
écrivit cette sentence, qu'il lut
« Nous condamnons le nom mu
« prien h perdre la tète. * L'évèque Lyprit
répondit": Dieu soit béni l
Dès que les fidèles eurent eoteodu pr
noncer ce jugement contre leur s^int évèqu
ils se disaient les uns aux autres : AtlOQ
et qu'on nous fasse mourir avec lui. Il
eut même un très-grand nombre i]
vit au lieu où il devait être exécuta"
y étant arrivé, il ôta son manteau i
genoux en terre, et priaquekjmgtei;,, ^. :,
dépouilla ensuite de sa dalmatiquet qy
donna à quelques diacres qui lavaient i
compagne, et il ne garda qu'une simule vi
nique de lin. L exécuteur étant arrive, ii I
fit donner vingt-cinq pièces d'or* Cepeu
les frères jetaient dis linges autour du :
martyr {2), Pour lui, après que Julien prél
et Julien sous-diacre fui euretiiiié les mad
par son ordre, il les porte sur &e^ jouit ^
reçut en cet état le coud qui tnit fia a saT
Son cor|)S, que les frères accc
portant des flambeaux de cire et'
des hymnes, fut enterré daas un cbjus^i
partenant à Macrobe Candide* itileaila0tifel
[jroviDce, le long du chemin de Ibfsrâllc
Galère Maxime ne lui survécut qoequiLiutt
jours*
Saint Cyprien souffrit le dix-bttil lU» c»-
leades d octobre* L'£giise faii sa EH» k
16 septembre.
CYPUIËN (saint) , l'uii des gafd» dd II
prison de saint Ceusoriu ou Ceasorôû
sous Claude II le Gothique , fut coûveifi
à la foi chrétienne par le prèirê
Maiime, avec les autres gardes de U.
son, lesquels étaient Félix, Maxuue, ïïiu
tin, Hi^rculan , Numère, Storacinus,
Commode, Heroe, Maur, Eusèbe, Bujl
Amandinus, Monacre, Olympe, Cypr
Théodore. Pour voir leurliisloire,
à Farticle Mahttrs d*0stis. C%ê $
sont piis nommés dans le MarLjit4o9» f^
romain.
C¥PRi£N (saint), fut martyrisé à CmsAê
iU De c^Hilear brunau
m Pour recAicUlir son sang.
(furanl la persécution de fièce sùûs le prési-
dent lasûû, avec les saints Coflrat, Deoys,
Aaect, Paul et Crescenl, L'Eglïse fait leur
fêla U W mars.
CYPïUEN (saint), dit le Magicien, habitait
une petite vil)e nommée Anliochc, entre la
Svrie el TArabie, et dépendant du gouverne-
ment dePhënicie. Ses parents, païens et très-
superstitieux, ravaionlfail élever dîins la pra^
que des mystères du piij^^aoisme» ainsi que
dans la science de la nia^ie. La magie est
considérée comme une science chez tous les
peuples ignorants et barbaies. Sa puissance
D'est pas en elle-même, mais <laiis la stupi-
dité, dans la niaiserie du public* Pour aequé-
rir plus de connaissance dans cette [inten-
due science, il parcourut successivement la
GrèG*\ TEi^jple, la Chaldée et les Indes, Il
était devenu 1 un des ennemis les plus achar-
nés de la religion chrétienne, blas|>hémant
St-»ns cesse le nom de Jésus-Christ, On pié*
tt'iid qu'il égor^i^a plusieurs etilants, pour
chercher dans leurs entrailles pal|ïi!anles
les secrets de son art. Daes cette villr d'An-
tioche iiu*il habitait , une jeune tille de
haute naissance, nommée Justine, était
d'une beauié remaitiuable. Dejïuis peu elle
siérait convertie au chrislirHiisrue, et sa con-
Tersîon avait amené celle de ses parents.
Un jeune homue, qui avait le nialli^ur d'è-
re encore païen, brûlait jiour elle d'un vio-
fenl amour; mais c'était en vain qu'il avait
>ulu toucher le cœur oe la jeune vierge.
^s«^Sf>iVanl de réussir, il pria Cyprien de
j V n secours h Taide de son arL Cy prien
jçi^ î ; Biais bieottlt il devint lui-mOnie
âùtuent amoureux de cette jeune lille,
tout en œuvre pour réussir lui-même
jptès d'elle. CynHen, qui avait Ibt d:iusson
JiLrl, se voyant, disent ses a(!tes, vaincu par
M pouvoir supérieur ^i celui qu*il invo-
juait, résolut d abandonner le ciilte de ses
ieui et d*adorer celui des chrétiens. Il vint
Couver un prêtre nommé Eusèhe, que de-
lis longtemps il connaissail, Eusèbe lecon-
luisît le dimamhe suivant à Ttissejublée des
Idèles. Cvprien lut vivement frapiié de Tair
recueilb^ment et de respect qui paraissait
is les adorateurs du vrai Dieu. De leur
Ité les chréliens furent très-surpris de voir
i'Eu^ôbe leur amenait Cyprien générale-
lenl connu et presque redouté. L'évoque
ji-tn<?me avait peine à retenir sa surprise,
ne croyait pas que la couversînn de Cy-
i'n ôùl être sincère. Ce dernier dissij^asbs
n brûlant devant lui tous ses livres
- ' , eo donnant tous ses biens aux
es et en se mettant au nou^bre des ca-
aènes. Quand il t*nt été cooven.dilC'-
Jt^r^l instruit, il fut baptisé par Tévéque
" fuî-m*ine. Le jeune horume qui avait voulu
f pour toncfier le ca^ur du Justine
L. Lftit aussi, Josliriet heureuse d avoir
is4-ris do ces deu\ hommes Vinstru-
des miséricordes divines, se coupa les
ux en sêçj;ne du sacrifice qu'elle uiisait
ea de sa virginité, et distribua aux pau-
tout ce quelle possédait. Cyprien de-
inda un des emplois les plus minimes de
réglUf^. On lo nomma portier. Quelque
temps après i! fut ordonné prêtre» et bientôt
promu à l'épiscopat, Tévêmie Anthime étant
nïort. La persécution de Dioclélien s' étant
allumée, Cypritin f\jt arrêté et conduit de-
vant le gouverneur fie Phénicie, à Tjr, ainsi
que sainte Justine. La sainte fut cruellement
flagellée. Cyprien fut déchiré avec les ongles
de fer. Tous deux furent ensuite menés à
Nieomédie, où se trouvait Dioclélien. Dès
que ce prince eut pris connaissance de la
lettre du gouverneur de Phénicie, il eon-
dainna les deux saints à être décapités. La
seiilence fut exrknitée sur les bords d*na
lleuve nommé Gallus^ en Tan de Jésus-Christ
304. Un chrétien nommé TliéocHste fut déca-
pité aussi pour avoir parlé <i Cyprien pen-
dant ifu on le menait au supplice. Des cnré-
tiens de Rome empoitêrent les rcb'aues des
deux saints dans cette ville. Elles sont
maintenant dans la basilique de Lalran,
L'Eglise fait la fête de ces saints le 26 sep-
tembre.
CYPIUEN (saint], martyr, répandît son
sang |)Our la généreuse défense de sa loi,
à Bresse, avec son compagnon saint Savin.
L^Eglise honore leur mémoire le 11 juillet.
CYR (saint), jeune enfant de trois ans, qui
mourut en Fan de Jésus-Christ 304 h Séleu-
cie, avec sainte Juliltc, sa mère, par Tordre
du gouverneur Alexandre, durant la persé-
cution de Dioclélien. (Pour plus de aétails
lisez les Actes qui sont communs h sa mère
et h lui, h Tarticle JULiTTE.) Il est inscrit au
Martyrologe romain sous le nom de saint
Qui rie. Sa fête arrive le 16 juin.
CYR (saint), martyr, fut décapité à Rome
avec saint Jean, après avoir endtjré divers
supplices. L'Eglise honore leur mémoire le
31 jîmvier.
CYRE (sainte), martyre» cueillit la palme
des glorieux combattants de la foi à Césa
rée en Palestine avec les saintes Zénaïdes,
Vaîère et Marcie. Avant d'exiurer, elles
souilrirent plusieurs tourments. L*Eglise
honore leur mémoire le 5 juin.
CYRLVC ou Cyruoce (saint), évôqye, eut
la tête tranchée pour la foi chrétienne sous
renjpirede Claude II le tîothîque, avec saint
Archelaiis, diacre, *i saint Maxime, prêtre,
(Pour phisde détails voy. MiRTYus u^Ostie.)
CYRIACIDE (sainte), reçut h Rome la cou-
ronne du m irlyre en 303, sous Tempire et
duraitl îa persécution de Dioclétien, Elle
fui mise à mort sur la voie Sahiria, où elle
demeura enterrée juscm au jour de sa Irans-
latiouj qui eut heu le 8 août de nous ne
savons (juelle année. Vii^gt-six chrétiens fu-
relit exécutés le même jour dans le même
endroit. L'Egïise hoimre leur mémoire le 8
août, ( Voy, Cykiaque* Vou, aus^j l'abbé
Grandidier, Histoire de rÉglise 4e Scroê--
bourg.)
e-YRlAQUE fsaini), Bis de saint Hespère
et de sainte Zoé, était frère de saint Tnéo-
dule. Tous (luatre étaient esclaves chez lin
nommé Calale, païen, demeurant à Attaîie,
en Pamphilie. Ce jeune saint et son frère, ne
pouvant voir sws colère les honneurs qu'on
VM
CYR
rendait aux faux dieux dans la maison do
leur maître, se déclarèrent chrétiens. Catale
leur ayant fait endurer divers supplices, les
fit mettre avec leur père et leur mère dans
un four où ils moururent. Ces faits eurent
lieu sous Tempire d* Adrien. L*Eglise fait la
fête de ces saints le 2 mai.
CYRIAQUE (saint), fut décapité à Pérouse
pendant la persécution do Dèce, probable-
ment en 251, avec les saints Florence, Ju-
lien, Marcellin, Fauste. L'Eelise honore la
mémoire de tous ces saints le 5 Juin : c'est
à tort que le Martyrologe imprimé à Lille
(Catalogne) pour Tusage des baptêmes dit le
« de ce mois.
CYRIAQUE (saint), diacre et martyr, ap;-
partenait à TÈglise romaine. En 303, il
nit arrêté et mis à mort comme chrétien. La
Sersécution de Dioclétien sévissait alors
ans toute sa violence : les saints Large,
Smarasde et vingt autres chrétiens, jp'armi
lesquels sont nommés Crescentien, Serge,
Second, Alban, Victorirf , Fauslin , Félix ,
Sylvain, et quatre femmes, Memmie, Ju-
lienne, Cyriacide et Donate, partagèrent son
triomphe et reçurent avec lui la couronne
du martyre. Tous ces saints martyrs fu-
rent enterrés sur la voie Salaria, lieu do
leur exécution. Depuis ils furent transférés
dans un lieu appartenant à une dame chré-
tienne qui s'appelait Lucine. Cette propriété
se trouvait sur la voie d'Ostie. Ce fut le 8
août qu'eut lieu cette translation, s'il faut
en croire quelques vieux calendriers. (Voy.
Tabbé Grandidier, Histoire de V Eglise ae
Strasbourg.) C'est le même jour que l'Eglise
célèbre la fête collective de tous ces saints.
CYRIAQUE (saint), martjrr, reçut la cou-
ronne du martyre en Afrique avec saint
Apollinaire. Le Martyrologe romain ne donne
aucun détail sur leurs combats, et ne dit
point à quelle époque ils eurent lieu. L'E-
glise honore leur mémoire le 21 juin.
CYRIAQUE (saint), martyr, mourut à Ni-
comédie pour la foi chrétienne. 11 eut pour
compagnons de son martyre saint Anastasc,
saint Syndime , saint Paulille et saint Se-
cond. L'Eglise, notre mère, célèbre la mé-
moire de ces saints le 19 décembre.
CYRIAQUE (saint), martyr, souffrit le mar-
Sre à Satales, en Arménie, sous le règne de
aximien. Il eut pour comparons de son
martyre ses six frères Orence, Héros, Phar-
nace, Firmin, Firme et Longin. L'Eglise fait
leur mémoire glorieuse le 2$> juin.
CYRIAQUE (saint), martyr, souffrit le mar-
Xre à Malaga, en Ëspsagne, avec la vierge
iule. Ils moururent sous les pierres dont
on les accabla. L'Eglise fait leur mémoire le
ISiuin.
CYRIAQUE (saint), martyr, cueillit la
palme du martyre à Tomes, dans la pro-
vince du Pont. Il eut pour compagnon de ses
souffrances saint Paul. On n'a pas de détails
précis sur eux. L'Eglise fait leur fête le 20
)uin,Jour où elle les honore collectivement.
CYRIAQUE (saint), martvr, reçut la palme
du martyre à Rome avec les saints Paul et
Locius. On ne connaît pas les circons-
CYR
tances de leurs combats. L'Eglise t
mémoire le 8 février.
CYRIAQUE (saint), est inscrit au
rologe romain le 31 janvier. Il so
martyre avec les saints Tbarsice el 2
On ignore le lieu, la date et les circoi
de leurs combats. L'Eglise fait leui
31 janvier.
CYRIAQUE (saint), martyr, ve
sang pour la défense de sa foi à Nio
Il eut pour partager sa gloire dix aoti
pagnons dont les noms ne nous sont
venus. L'Eglise honore leur méo
7 avril.
CYRIAQUE (sainte), martyre, répi
sang à Rome en l'honneur de Jésiu
Durant la persécution de Tempereu
rien, cette sainte veuve emplojr
temps et tout ce qu'elle possédait an
des saints. Elle donna sa vie elle-mèi
tôt pour le service de Jésus-Christ,
honore sa mémoire le 21 août.
CYRIAQUE (sainte), vierge et mai
çut la couronne du martyre à Nk
avec cinq autres de ses compagnes
noms ne nous sont point parvenu
sainte ayant repris rimjâété de Vm
Maximien avec beaucoup de libi
fouettée cruellement, déchirée par
corps et enûn brûlée. L'Eglise célèbi
moire de ces vierges le 19 mai.
CYRIAQUE (sainte), martyre, répi
sangpour la religion chrétienne, EUc
avec sainte Photine et ses deux Cls m
tor et saint Joseph, les saints Sébast
cier de l'armée, Anatole, Photius,
et sainte Parascève, sa sœur. Le Mar
romain ne parle point de Tépoqui
martyre eut lieu, et ne donne aucoi
L'Eglise honore ces martyrs le 20 m
CYRILA, était patriarche des Van
succéda dans cette dignité à Joconda
neric avait fait brûler au milieu de û
parce qu'il paraissait soutenir la mi
rhéodoric. Cyrila, portant envie k «
gène dont la réputation se répandait d
parts, inventait chaque jour quelp
velle calomnie contre lui. Aidédef
sectaires d'Arius, il porta entin Bêê
défendre à ce saint de s*asseoir sorioi
épiscopal, de prêcher la parole de B
Eeuple, et de souffrir dans soa<|
ommes ni femmes qui fussent iH
vandale. Car il y avait un fort grand i
de catholiques qui, étant odicieis dia
avaient pris l'habit des Vandales. U pi
encore à Hunéric que s'il voulait jov
temps et paisiblement de sa oourQ
fallait qu'il exterminât en Afrique ji
nom des catholiques. Ce prince élail H
qu'une conférence dont il serait la
pourrait donner quelque ouvertun
dessein. Cette conférence commença
il fiTni aux ariens, et dans un liât
avaient choisi. Les catholiques i
nommé dix d'entre eux pour parier a
des autres, tant afin d'éviter la — ^-
le bruit que pour ôter aux ariens la fi
de dire qu'ils avaient été accablés pari
755
CYR
CYR
lU
litude de feiirs adversAires. Cyrila vint avec
ses salelliles (qui pouvaient être les autres
èvèciues ariens» ou rafime les soldats de Hu-
nerie), et il se plaça sur un très-riche trône,
dans un lieu élevé, tandis que les catholiques
demeuraieDl peut-être debout. Ces derniers,
«près s'être plaints de ce faste si peu conve-
nable à régalité que doivent garder des per-
j sonnes qui confèrent cnseoibîe, demandèrent
Gui serait le juge pour examiner ce qui se
dirait de part et d'autre, et ponr prononcer
ensuite conformément aox règles de la vé-
Irité. Durant qu*on disputait sur cela, un se-
Icrétaired'Uunéric prit la parole. Mais ayant
j-commeueé par ces mots, le patriarche Cyrila
Idit,*..*. les catholiques indignés de la vanité
lavcc laquelle C\rila prenait un titre qui lui
[appartenait si peu, di-mandèrent qu'on leur
montrât qui lui avait permis de le prendre*
Sur cela les n riens liront grand nruit et
commencèrent h traiter injurieusemenl les
catholiques* Et comme ceux-ci avaient de-
mandé que si on ne voulait prendre le peu-
ple f;our juge, on lui permît au moins d'é(re
témoin de ce qui se ferait, il y eut ordre de
donner cent coups de bt^tons'à tous les laï-
ques catholiques qui élfiient présents ; sur
Huoi, saint Euè^ène s'écria : Voyez , mon
«eu, de quelle sorte on nous opprime, et
yyez le juge des violences que nos persécu-
eurs nous font souLTrir,
Les catholiques dirent ensuite h Cyrila
£èi n'avait qu*à proposer ce qu'il vomirait,
fia répondit fiar un interprète qu'il ne
lit pas le latin. Les catholiques lui sou-
tinrent qu'ils étaient bien assurés qu'il avait
toujours parlé latin, et qu'il ne devait pas
demeurer dans le silence, puisque c'était lui
qui avait excité tout cet orage. Oo ne laissa
s de parler du mot de consabst.intiel que
es ariens voulait quon leur montrât exprès»
:éfnent dans l'Ecriture ou qu'on le condam-
nât sur râutorité des conciles de Rioiini et
de Sél^^ucie, composés, disaienl-ils, de plus
de mille évOques. Les catholiques n'eurent
rde de concfamner ce terme, ni ce jour-là,
le lendemain auquel il semble qu'on en
irla encore. Cyrila, voyant qulls étaient
lieux préparés qu'il n'avait cru, évita par
»ortes d*artilices de leur laisser le
de parler. Cela n'empêcha pas que les
ne publiassent que les catholiques
I tout brouillé par les clameurs et les
tons du peuple qu'ils avaient soulevé,
t-ric, trompé par eux, ordonna dès lors
les églises des catholiques fussent fer-
à Carthage le 7 février. Il voulut faire
îne, dans son édit de persécution, qu'il les
|fAit£ail fermer pour obliger les cathuliques
illir h la dispute, saus qu*un mo.veo si
t les y eût pu faire résoudre. Ce fut
miner celte calomnie que les calholî-
firent toues choses, même après la
PDfiférence, pour empêcher qu'on ne les
oupçonnât de fuir le combat.
Cjrrila commettait beaucoup de violences
iCMir établir sa religion impie. Victor de
Ite le vil de s^s propres yeux exercer une
inouïe dans Carthage. Il fit arracher
■Ë;
un enfant de sept ans d'entre les bras de sa
mère qui était une dame de condition. Elle
courut après ces ravisseurs au milieu de
toute la ville, les cheveux épars et Tenfanl
criait de toute sa force : Je suis chrétien 1 io
suis chrélicTi ! .ces impies lui fermèrent la
bouche et plongèrent celle innocente créa-
ture dans l'eau de leur faux baptême. Plus
tard, nous le voyons soutenant une dispute
avec saint Eugène, en présence du roi Tnra-
samond. Dans celle dispute, saint Eugène
eut l'avaniage qu'on pouvait attendre d'un
saint par qui Tesprit (lu Père parlait. Ce qui
confondait et irritait encore davantage Cyrila,
c'est que saint Eugène soutenait par des
miracleii la vérité de la foi, et rendait la vue
aux yeux du corps aussi bien qu'à ceux de
ràrne- Ce saint avait encore avec lui deux
hounnes nleiïiîi de sainteté et de sagesse,
Vindémiaf et Longin* Cyrila voyait avec un
esprtl d'envie et de fureur la réputation que
ces miracles donnaient aux saints et le mé-
pris où lui-même étail tombé. 11 voulut donc
soutenir la vanité par la vanité, et Terreur
par la fourberie, pour vérifier ce qu'avait dit
un auteur africain quarante ou cinquante ans
auparavant, que les hérétiques et principa-
lement les anens trompaient les peuples par
des miracles apparents. Il persuada h un
homme de sa secte en lui donnant 60 pièces
d'ur, de faire semblant d'être aveugle, afin
qu*il pût aussi faire semblant de le guérir
L'homme y consentit. La farce se joua pu-
hliqueuient et en In présence des trois saints;
niais elle devint bientôt une vérité terrible*
Celui qui faisait l'aveugle se trouva effecti-
vement aveugle dès que Cyrila lui eut im-
posé les mains, et avec une si grande dou-
leur qu'il semblait que les yeux lui allassent
sortir de la tête* L'erreur et Targent cédèrent
alors à la vérité ; il confessa son crime et ce-
lui de Cyrila ; et ayant reconnu que l'on oo
se moque i>oint de Dieu, il eut recours à ses
fidèles serviteurs, devant qui, pour mériter
que Dieu eût pitié de lui, il confessa haute-
ment la foi catholique* Il se forma alors une
contestation, non d'orgueil, mais d'humilité
entre les trois saints, et enfin pour s'accor-
der, Longin et Vindémial imposèrent leurs
mains sur la tète de cet homme, durant que
saint Eugène faisait sur les yeux le signe
sacré de la croix. Toute la douleur de cet
homme cessa, et il recouvra aussitôt la vue.
CYRILLE (saint J, assistait au martyre de
sainte Anastasie TAncienne, sous rempe-
reur Vatérien et sous le préfet Probus.
Ayant donné à la sainle de l'eau qu'elle lui
avait demandée, il fut pris par les persécu-
teurs, et eut la gloire el !e bonheur d'être
associé h son martyre. FËglise le fête le 28
octobre.
CYKILLE (saint), fut martyrisé sous le
règne de l'empereur Dèce* Il est ainsi mar-
qué dans les martyrologes : Saint Cyrille
enpmt. On verra, par l histoire que noui
alfons en donner, qu'il ne faut pas prendre
cette expression à la lettre. Saint Cyrille
devait au moins entrer dans Fadolescence:
rénergie de ses réponses, la manière môme
i
TU
CTR
dont le juge lui fit valoir les motifs d'intérêt
Sii doraient le déterminer suivant lui à re-
ercher les bonnes grAees de son père,
inrouvent qu'il était uu peu plus A^é (]uo
reipression (ïenfant ne signifie onlmaire-
ment. Les Actes que nous niions co[)ier sont
f)lcins d*intérôt et parfaitement écrits. Toutes
es probai>ilité$ sont pour qu'on les attribue
à saint Firmilien. Aussi doit-on admettre
que C'/cst Lien sous Dèce, id non pas sous
Val^'Tien, que le saint martyr dont nous
écrivons la vie a donné so:i sang pour la foi.
Nous copions textuolloinent.
«La relation <jue je vous envoie, mes chers
frères, du martyre d*un jeune enfant nommé
Cyrille, ne vous causera ]ms moins d'admi-
ration sans doute que de consolations et de
I'oic. Ce jeune soldat de Jésus-(]luist a com-
Kittu généreusement contre Timpiété et la
cruauté des juges, mais il n'a pas com-
battu seul ; la foi, que dis-je? Dieu lui-
môme, ont combattu avec lui. Césarét; a été
le lieu du combat. i^'i\ëc tendre de Cyrille
remplissait les spectateurs d'éto;:nement, et
la fermeté de sa foi attirait à Jt^sus-Ciirist
des louaTiges et dt^s bénédictions ; car ce
saint (infant avait sans cesse h la bouciie le
noui sacré de Jésus-Christ, et il disait qu'il
trouvait dans ce nom adorable une vertu se-
crète (|ui le fortifiait et le rendait insensible
aux tourments qu'on lui faisait endurer.
Son pure, ne pouvant souffrir qu'il fiU chré-
tien, le mit hors de chez lui, et le laissa
manquer de toutes choses. Parmi les païens,
les uns louaient en cela la conduite du
p<>re« Jes autres admiraient son détache-
ment ; mais il y en avait aussi qui n'approu-
vaient en aucune manière cette dureté.
Pour Cyrille, se vovant chassé de la maison
palerneIKs et privc5 de tout secours, il bé-
nissait Dieu de ce que, par la j)erte de quel-
ques avantages temporels, vils et mépri-
sables, il acquérait des biens infinis et
d'une éternelle durée. Cenendant ces choses
étaient venues aux oredies dujuge de Cé-
saréo; il «'uvoya j^rendre le petit Cyrille par
des soldats. Lorsqu'il Teut fait amener en sa
présence, il lui parla d'un ton piOt»re à je-
ter la iVaveur dans cette jt^une Ame ; il le
meuaça des supplices ; il lui en lit une pein-
ture affreuse ; mais tout ci*la fut inutile :
Penfant n'en fulj>as seulement ébranlé, et,
oonu>arant en lui-même les biens que la foi
lui wisait espérer avec les maux qu'on lui
foulait faire craindie. il se moqua des me-
naces «lu juge, el la vue des tourments n'eut
pa^ seulement W pouvoir de le laire chance-
cr un moment. «Mon enfant, lui dit ce ma-
gistrat, je veux bien vous pardonner votre
îauCo en oonsdêration dr v^-ireil^ie; votre
père même ctMisenl à l'oublier, il est prêt à
vous recevoir, i^t il ne tii-ndia qu'à vous de
*ienlrur dans ses biumes gràcrs et dans la
jouissance do tout son b:fn. mais à con-
dition que vous serez sage à l'avenir, et que
vous renoncerez h vone supeislilion. —
Que j'aime, rêjHuidil C\rille, vos rêp.iman-
des fl vos mo:i»u*es. el qu'il me sera doux
("e souffrit ^x^ur une si bi^nne cause ! Si mon
t
GTR 7»
père me refuse l'entrée de sa maison» moo
Dieu m'ouvrira la sienne; pour une de-
meure de terre et de boue que je perdrai»
j'en recouvrerai une toute d'or et de pierre-
ries. Je deviendrai volontiers pauvre ici-
bas pour être riche là-haut. Je ne crains
point la mort, parce c[u'elle sera suivie d'une
vie heureuse et qui ne finira jamais. » 11
prononça ces paroles avec une force toute
divine, et on s'apercevait aisément qu'elles
pai talent d'une intelligence infiniment éle-
vée au-dessus de son ûge. Le juge, pour Tin-
timidcr, le fit lier, comme s'il l'eût \oula
envoyer au sufiplice. En effet, on lui fit voir
un bûcher qu'on lui dit être piéparé pour
lui. Mais, bien loin de marquer quelque fai-
blesse, cet admirable onfiint n'en parut aue
plus ferme et plus assuré. Lors donc quoa
eut rapporté an juge (pie la vue du feu n'aviôi
fait aucune immvssion sur lui, qu'elle ne
lui avait arraciié aucune larme, ui fait pous-
ser le moindre gémissement, il le lit rappe-
ler, et voulut encore emplojyer la persuaMon
pour tûcher de vaincre ce courage que les
menaces n'avaient pu surmonter, a Eu bienl
lui dit-il, vous avez vu le feu quej*aiiail
allumer pour vous brûler tout vif. Seiez-
vous sage à l'avenir, et par une entière sou-
mission à ma volonté et h celle de votre
pàvOj vous clforcerez-vous de mériter qu'il
vous rende son affection et qu'il vous re-
çoive chez lui?» Le jeune Cyrille répon-
dit : Que tu m'as fait tort, tyran, de m'avoir
rappelé ! Quoi ! je ne serai donc pas brûië ?
Auras-tu en vain fait allumer co leu? Ben*
voie-moi, tyran, renvoie-mcii. Je meurs
d'impatience de me voir au milieu des flam-
mes pour aller à mon Dieu ! Tous les assis-
tants qui renlendaieiit parler de la sorte Ioi)r
daieut en pleurs ; mais l'enfant, leur repro-
chant leur faiblesse : « Vous pleurcz«1eur
disait-il, et vous \ous afdigez pour Tamour
de moi? rie. plmot et réjouisse z-vous de
mon bonheur. Venez chanter un caulifu^
de joie autour de mon bûcher. Ah I vous ue
savez pas quelle gloire m attend, ou |dulot
vous ignorez (|uelie est la i^audeur de uia
foi. Laissez- moi donc finir promptement ma
vie, et n'en déshonorez pas la tin par vus
larmes. » En di>ant cela, il courut au bûcher,
où il trouva bientôt une uiorl pr&ieuse de-
vant Dieu, et glorieuse dans la nsémoire des
hommes. L'Eglise fa:t sa fête le 29 mai.
CYUILLE fsaiut;, évèque du Gortvue el
martyr, eut le b>.»ulieur ue donner su ^ie
pour la foi sous l'empin:* Ue Dèee, dans l'Ile
de Crète, sous le président Lucius. Les mar-
tyrolouies de samt Jérôme portent que es
jùi;e le fit jeter dans le feu sans rien ajouter
davan-age. ee qtii semble indiquer que son
sacrifiLê fut conso;iimr par ee >up» lice. S^s
Al tes au louliidii', >ui^is t-u cela pf.rleMa^
typjloc^e romain, raatnleul vjue le feu ne Ht
que brQier les coities qui attachaient te
Siint évoque, et .^u'il si.TUt du bûcher saîD
et sai f. Le ju^e, ajoulenl-ils, fut lellenieflt
émciVeile de te miia<.le, qu'il laissa i^arQr
le <aint N.ns le touimenter davantage. Au
bout de quelque temps, vovant que CyriOe
CTO
contiDuait à prêcher la parole de Dieu et à
faire de nombreuses conversions, û le fit
décapiter* L*Eglise fait la fête de ce saifil
évèque le ^ juillet.
CifRlLLEf saint), martyr, reçut la cou-
ronne (lu raartyre à Philadelphie en Arabie,
avec les saints Aqnilas, Pierre, Domitien,
Ruf et MéDûndfe. L'Eglise célèbre leur mé-
moire le 1** aotlt.
CYRILLE (saint), archevêque de Jérusa-
lem, do<îleur do l'Eglise el confesseur, était
originaire de Jérusalem on des environs. Il
naquit vers Tan 'il5. Il s'appliqua avec tant
de succès à Tétude des seinles Ecriliïrês,
que quand il prf'chait, ses discours n*étaient
que des citations presque lextii elles dans
tous les cas parltiitemeot appropriés des au-
teurs sacrés. Il ne né}iligea pas Tétude des
écrivnins profanes, persuadi^ que la science
est iitili' h un ministre des autels, appelé à
r et h lenir, s'il comprend sa mis-
s. ■ i Lôte de son siècle. Ce fut le grand
Mf^xtme, évêtfue de Jérus^dem, qui lui con-
féra les ordres sacrés, 11 fut promu au sacer-
doce è Page dé 30 ans, c*est-à-dire en 3^5.
li fut chargé par lui de prêcher la parole de
Bien, ce qu*if finsait cliatpie dimanche, ainsi
qu'il nous rai^prend lui-même. Il fui aussi
viinr^é de Pécoledes catécliuniÉ'uesXiiiq ans
^prês sa promotion au sacerdoce, il succéda
Maxime sur le siège épiseopafl, Acace était
lors évèqtïe de Césarée. îl s'aMrrbuail ju-
idietion sur le siège de Jérusalem. Saint
|Fpilîe repoussait cette prétention. De là
pierre ouverte entre les detix évèques. De
plus Acac*^», partisan des ariens, attaquait la
Jeonsubstantialité du Verbe que Cyrille dé-
"[^nd;!!! avec perse v< Tance comme le crité-
lum de la foi catholique. L'évèque de Cé-
*Lfée asseml>la un <*oncîle devant lequel
etia Cyrille. Deux ans durant, celui-ci
I refusa de"^ se présenter devant une juridic-
[li*jfi tju*il ne recoona'issait pas, et au bout
^e €c temps le concile le déposa. Eîttre
^8 crimes qu'on lui reTtrochail» on avan-
}u*il avait voîè, pillé les biens et les or-
HHs dos églises. Le fait est qu(^ Cyrille,
une famine, âvjut vendu des urneinenls
5«r donner du j>ain à une multitude de
luvres. Malgré 1 a{tpel de Cyrille a l'rnipe-
îur etau\ nutoritéssunérieun'S ecclésiasli-
lues, il fut obligé de céder à la violence. Il
retira à Anliot^he, puis après cela à Tarse
Cilicie. Il yfutlrès-honorablemeut reçu
Svlvain, évéque de cette ville, quiirauto-
i a exercer toutes les fonctions de son
linistère. Dans le concile deSéleucie, il fut
^labh en 359; mais îe fiimeux concile de
pConstantinople, tenu un an après par les
#riens, le déposa de nouveau, Quoiqu*il eiH
été lié avec plusieurs des évoques qui de-
'^uis se mirent dans les rangs et à la tète des
[^seipoi-ariens, jamais il n'aduplfl leur foi. Il
V«¥«ît adopté toutes les décismns du concile
We Setrdique et par consécpieirt la foi de Nicée
lans toute son intéL;rité. Dans un concile
mu à Constaniinpple en 382, on rendit en-
emetit juslice h sa foi. Les évèqut'S pré-
jd^nsuue lettre adressée au pape Daraasô
CTTR
758
et aux évèques d'Occident, dirent oue le très-
révérend Cyrille, évêque de Jérusalem, avait
été élu canon iquement i>ar les évèques de
la province, et avait souiTeri plusieurs per-
sécutions pour la foi. Julien, en remontaol
sur !e trône, rappela tous les évèquea exilés.
Son but était (le maintenir la balance équili-
brée entre les catholiques et les ariens, espé-
rant les détruire tous les uns par les autres,
en discréditant le christianisme, parles divi-
sions intestines qu'il montrait. Saint Cyrille
fut ainsi rendu à son Eglise. Julien n*ûp«
prouvait pas la marche suivie par les persé-
cuteurs pour détruire la religion chrétienne.
Il savait que le sang {les râarlyTs était une
semence féconde, à Faide de laquelle sans
cesse le christianisme étendait ses progrès
et ses conquêtes, il voulut, lui, prendre le
côté opposé, montrer une grande douceur
en apparence, pour cacher» sous ce manteau
hypocrite et trompeur^ ses attaques les
mieux combinées et les plus dangereuses.
Sachant ce que les proiihètes avaient dit du
temple de Jérusalem, il entreprit de le rele-
ver pour mettre en défaut les saintes Ecri-
tures. Si cette entreprise eût pu réussir, cer-
tes il était démontré péremptoirement que
Jésus-Christ n'était jias Dieu, et que par
conséquent tout ce qu*on lui appliquait de
FEcriture sainte était faussement af^pliqoé.
Ce fut sous Fépiscofiat de saint Cyrille
qu'eut lieu cette entreprise insensée, et que
Dieu accomplit, pour la faire avorter, une
suite de miracles dont on peut voir le détail
à Tarticle Julien- Saint Cyrille fut extr<*'iBe-
ment heureux du résultat que du reste il
avait prévu et annoncé, en disant qu'il était
bien Iranquillè, et que jamais jmissance
humaine ne pourrait rien contre fa parole
de Dieu. Julien, qui en fut averti, avait Fin-
tention de te punna son retour de la guerre
contre les Perses; mais Dieu le prévint en le
faisant mourir au milieu du pays ennemi.
Saint Cyrille vécut en paix jusqu'à Favé-
nement de Valeos, empereur arien, qui
Fexila de nouveau 11 assista, comme nous
le disons plus haut, au concile de i^onstantî-
ncqjîe, en 381, et mourut en 3Ht>,h Fâge de W
ans. L'Eglise honore stt mémoire le 18 mari.
(Tiré de ses ouvrages.)
CYRILLE ( saint), martyr, était diacre à
Héliopolïs au mont UJban. Ce fut sous Ju-
lien FApostat que ce saint souffrit le mar-
lyj^e. Les naiens lui ay^ml ouveri le ventre,
lui arracnèrent Je foie qu'iJs mangèrent
couime des animaux féroces. L'Eglise fait sa
mémoire le 29 mars.
(VRILLE (saint), martyr, F un des qua-
rante martyrs de Sébaste, sous Lidsiius.
[Voy, Martyrs de Sébaste.)
CYRILLE, fut établi évéque sur le siétfa
deTypase par les sectaires d'Arius. Ce Cy-
rille avait été se^^^-rétaii'e du roi, ou plutôt,
selon une autre version» du patiiarche arien
Cyrilfi. Je ne sais si ce sei-ait ce Buîimand^,
évèque arien, que les finies disent avoir al-
lumé avec Cyrille îa persécution d'Hunéric,
Dès qu'on sut à Typase Fo/dinatioti de ce
T5d C\R
feux éT<?qiie, toute la ville se mit en mer et
sa rôtira en Espagne, à la réserve de fort peu
ÛQ personnes qui ne purent trouver moyen
des^etribarquer. L'évêque arieti employa au
commencement les c^iresses et puis les mena-
ces pour faire ehanger de religion h ceux
qui étaient restés; mais Dieu les fortifia de
telle sorte au'ils se moquèrent de sa folie.
Ils s'assemblèrent môme tous dans une mai-
son où ils célébrèrent les divins mystères
sans se cacher. La générosité de celte E^jUse
est d'autant plus remarquable que Réparât,
son évoque, s'était perdu par sa lâcheté. L*é-
vèque arien» voyant cette fermeté inébran-
hîbledes catholiques, en donna ^secrètement
avis à Cartha^e, et Hunéric, tout en colère,
envoya un comte avec ordre de faire venir
dans'la ville toute la province, et do faire
couper ensuite au milieu do la place, à ces
généreux catholiques, la main droite et la
langue jusqu'à la racine. Cela fut exécuté.
Mais, par un effet de la grâee toute-puis-
sanle du Saint-Esprit, « ils parlèrent et
parlent encore, dit Victor, cooime ils fai-
saient au[>aravant. Que si quelqu'un trouve
ce miracle ineroy*djle, qu'il aille h Conslan-
tinople, continue le même auteur, et il y
verra Tun d'eux, nommé Réparât, qui est
sous-diacre et qui parle parfaitement bien :
il est respecté de tout le monde dans le pa-
lais de l'empereur Zi^non, et l'impératrice
môme a une vénération toute particulière
pour lui. »
CYKILLE (saint), patriarche d*Alexandrie,
docteur de 1 Eglise et ttonfesseur, était neveu
de Théophile, patriarche o'Al-'xandrieJl fut
nourri dès reiiiance dans Télude des lettres
sacrées, ioslruit dans les dogmes purs et
apostoliques de TEglise, sans avoir ja-
mais été engagé dans aucune hérésie. Théo-
phile, son oncle, étant mort en Tannée ^12,
il y eut de grandes disputes pour Féleclion
de son successeur : les uns demandaient
Timothée qui étaient archidiacre, les autres
saint Cyrille, et la dispute alla jusqu'à for-
mer une sédition parmi le peuple. Abon-
dance, comte ou général des troupes d'E-
gypte» y prit part en faveur de Timothée.
Cepeudànt trois jours après la mort de Théo-
phile, saint Cyiillè fut intronisé.
Il commença lexereice de son pouvoir
par une grande mesure de rigueur contre
les novaliens. Il ferma les églises qu'ils
avaient à Alexandrie, s'empara de tous les
vases cl de tous les meubles qui y servaient,
et dépouilla leur évéque, nommé Théo-
pempte, de tout ce^quil possédait. Quelque
temps après ii chassa les Juifs coupables de
plusieurs violences contre les chrétiens. Le
préfet Oreste fut très-sensiblement touché,
dit Socrate, de Texpulsiondes Juifs, et il tlt
de grandes plaintes de ce qu'on avait dépcu-
λlé la ville d'un si grand nombre d*hahitants.
l en écrivit h l'empereur. Saint t]yrille ht
la même chose de son cuté, et représenta les
violences que les Juifs av(<ient laites contre
les chrétiens. Il paraît que l'empereur con-
firma leur expulsion, car ils ne revinrent
pas à Alexandrie. Il faut remarquer que c'é-
tait Pulcfiérie qui gouvernait alors les aflju-
res sous le nom du jeune Théodose son frère,
et elle a toujours été très- favorable à l*E-
glise. L'inimitié d'Oreste pour saint Cyrille
devint publioue par les plaintes que ce pré»
fet faisait de rexpuîsion des Juifs. Saint Cy-
rille, à la prière du peuple, envoya témoi-
gner à Oreste qu'il ne souhaitait que de vi-
vre avec lui en ami. Mais Oreste rejeta ces
offres, et le respect des .«-acres Evangiles, pw
lesquels saint Cyrille le conjura d'apaiser sa
colère, ne put vaincre son obstinaiioo.
Ainsi leur division continua toujours, et
voici retfet funeste qu'elle produisit.
Quelques moines des montagnes deNitrie,
d'un naturel fort bouillant» et les mêmes
dont Théophile s'était autrefois servi pour sa-
tisfaire sa passion injuste contre DioscOfe
et ses trois frères, étant encore alors trans-
portés parun zèle trop ardent, prirent les ar-
mes pour la défense de saint Cyrille. Etaat
donc sortis de leur monastère au nombre
d'environ cinq cents, ils vinrent à Alexandrie!
où, ayant rencontré le préfet porté sur son
char, ils s'approchèrent de lui et rappelè-
rent païen et idolâtre. Le préfet jugeant que
c'était \m piège qui lui avait été dressé par
saint Cyrille, s'écria qu'il était ■ >4
cju'il avait été baptisé à Conslani: _ lujr
I évoque Alticus* Les moines, faisant {m
d'attention à ses paroles , un d'entre eux,
nommé Ammone, lui jeta une pierre k la tè(^»
et le blessa de telle sorte qu il le ipi* i""t
en sang. Ses gardes, craignant d'être l
s'enfuirent presque tous de côté et Uo^...L,
et s'allèrent cacher parmi la foule, Cepfa-
dant le peuple accoui ut au secours dupréfcl,
écarta les moines, se saisit d'AmmoDe i<
le mit entre les mains du gouverneur, qui
le mit publiquement à la (question et le ft
tourmenter selon toute la rigueur de^ loi*r
et avec tant de violence qu'il en mourut
11 écrivit en même temps en cour tout «
qui s'était passé. Saint Cyrille y écrifU
aussi de son côté, mandant tout le contraire
du préfet. Il redemanda le corps d 'Ammone,
le ru enterrer dans une église, changt j -on
nom et Jui donna celui de Thaumj^v, il k
faisait même honorer du titre de ib^ut,
lit son éloge puhliquement dans Téglisc/rt
loua son courage, comme s'il a^ail pcr\iu la
vie poui- la défense de la religion. Mais lt$
plus modérés d'entre les chrétiens mfmei
ne purent approuver ces louanges ûWtù-
mone,parcequ*ilssavaient bien quece moine,
bien loin d'être mort pour avoir confessé Jé-
sus-Christ, n'avait souilert que le juste cht
tiraent de son insolence. Aussi saint Cjrîtti
eut soin dans la suite d'éiouffer celle iibili
par le silence,
La même division produisit encore depai
un autre malheur plus célèbre que les }*Pé-
cédenis, qui arriva Tannée suivante i^iSi.
II y avait à Alexandiie une tille paieiiDf
nommée Hypacie, qui enseignait la pJiiloiO-
phie platonicienne, et que son talent diltà-
gué avait mise en grande i*éputatiOû. COk
femme était fortliéeavecOreste ; aussi lejMi-
pie, persuadé que c*éiai*?nl les coDseiU dJi/*
91
cm
CTB
76Î
^ acîc qui empêchflient le gouverneur de se
péconcilier avec Cyrille, la mirent à mort un
jour qu'elle sortait de sa maison, et trainè-
fteiii ses membres dans les différeats quar-
tiers de la ville.
Ce fut en t*année 1^19 que saint Cyrille,
qui s*était laissé prévenir contre saint Chry-
soslorae» et qui, jusqu'alors, avait refusé ile
^réiablîrsa mémoire, mit entin le nom du
saint archevêque de Constantinople dafis
'^s diptyques. Informé de ce qu'il avait fait,
le pape Zozirae lui envoya aussitôt des let-
tres ue communion. Voila ce que nous trou-
rons de la vie de saint Cyrille jusqu*u Van
128, auquel il faut commencer ! histoire
le rhérésie nestorienne, qui en doit faire
plus grande et la plus importante par-
ie.
A la mort de Sisinne, évoque de Cons-
Ltantinople [k^), la cour, voulant arrêter tou-
^s les brigues que plusieurs mettaient en
œuvre pour lui succéder sur ce siège im-
^portanl , résolut de prendre queïqu*un
[ui ne fût point du clergé de Constanlino-
île, et jeta les yeux sur Nestorins, alors pré-
Ire d'Antioche, qui avait ujm Irès-grande ré-
[pulation. Ce Nestorius était âv (iermanieie,
.ville de la Syrie Eyphratésienne. Il paraît
ygu*iJ élait d''uno extraction fort médiocre ,
puisque saint Cyrille dit que Dieu Ta voit
Bleve de la bassesse aux dignités les plus
randes. 11 donne même lieu de croire que
1 naissance était honteuse, Théodoret dit
ju*il ne sait pas do quelle manière il avait
lié élevé ni quelles sciences il avait apprises
1*abord. Quoi qu'il en soit, après avoir par-
jura différents pays, il s arrêta à Antiochf
H y acquit une science médiocre dans les
alles-leltres. Il avait naturellement ujio
grande facilité h parler sur-le-champ; il avait
môme la voix fort belle et extrêmement
forte; sa vie était très-exemplaire, et sa pu-
reié le faisait estimer d'un grand nombre ;
son habit était fort brun , son air modeste
et recueilli. Il évitait les lieux de trouble
€t d'assemblées ; la pâleur de son visage et
de son corps était une marque de sa sobriété.
Il était presque toujours chez lui appliqué h
la lecture el renfermé en lui-même dans le
repos et dans le silence, Théodore de Mop-
$ueste ayant avancé, en prêchant h Aniio-
che, une proposition qui n'était pas exacte,
Kestorius fut le premier à la desapprouver
el à témoigner avec liberté son zèle pour la
véritable doctrine. Il acquit par ce moyen
une fort grande réputation qui le fit envier
à Antiocne par les autres villes. Ou le re-
Bardait comme une personne dont la foi
était pure et sans tache, capable d exciter
les autres à la piété, et très-propre pour
instruire les peuples. On ne doutait point
qu'il n'eût tontes les qualités d*un bon pas-
teur et d'un excellent évéque. Néanmoins,
Tbéodoret dit que tout*i la vertu extérieure
qirîl faisait paraître n'était qu'une vaine
apparence pour s'acquérir Feslime des hom-
mes , el qu'il préférait sa gloire à celle de
Jésus-Christ même; que dans ses discours,
ion langage n*avait rieo de mâle , rien de
y
naturel, rien de touchant,* rien qui pût
échauffer le cœur de ses auditeurs , et qu'il
ne s'appliauail qn*à leur plaire et à flatter
leurs oreilles atln de s'attirer leurs louanges
et leurs applaudissements, de gagm^r leur
estime et de se faire suivre par la foule du
peuple* Socrate dit aussi <iu'il n'était pas si
savant qu*on le croyait : qu'étant entié de
son éloquence, et croyant qu'elle le mettait
au-dessus de tout le monde, il ne s'était pas
mis en peine de lire les interprètes ni d'étu-
dier solidement les anciens Percs ; qu'il était
tout ensemble vain, violent et peu judicieux.
C'était un esprit bouillant, qui se portail
avec feu h tout ce qu'il entreprenait, Mar-
cellin dit qu'il avait assez d'éloquence, mais
peu de sagesse. Saint Cyrille 1 accuse d'a-
voir eu oins d'atîache a For et à Targent
qu'aux vérités de l'Ecriture.
Notre saint écrivit sans différer h Nesto-
rios pour lui témoigner sa joie , pour le
louer et pour lui souhaiter de la bonté de
Dieu les biens les plus excellents, Nestorius
inaugura sa nouvelle dignité en persécutant
avec vigueur les Ariens, les Macédoniens,
les Manichéens, et finit enfin par les chasser
de son diocèse. 11 poussa le zèle jusqu'à faire
abattre Féglise oà les sectaires d'Arius te-
naient leurs assemblées. Bientôt, cependant»
il nia avec les Pélagiens la nécessité de la
gri\ce, quoiqu'il reconnût Texistencedu pé-
ché originel. Il osa prêcher et faire prôcner
tubliqnement qu'il y a deux personnes en
fésus-Christ , celle de Dieu et celle de
Ihonime; que le Verbe ne s'est point uni
hyfjostatiqueraent à la nature numaine ;
qu'il ne Ta prise que comme un temple oii
il habite, et que par conséquent la sainte
Vierge n'est point mère de Dieu» mais seu-
lement mère de l'homme ou du Christ, Tou-
tes ces nouvt^autés impies excitèrent une
indignation générale parmi les fidèles*
Saint Cyrille eut la gloire de s'opposer le
premier avec une vigueur digne de son zèîe
aux homélies de Nestorius que cet héré-
siarque faisait colporter dans les provinces,
et qui commençaient è semer la division
dans TEglise. Le mal avait pénétré jusque
dans les saints déserts où Ton trouvait des
gens qui allaient de tous c<!>tés pour corrom*
pre la simplicité de la foi des solitaires, qui
voulaient qu'on doutât si la Vierge devait
être appelée mère ,de Dieu, et qui trou-
blaient le repos des monastères d'Alexan-
drie et de TKgypte par la lecture des homé-
lies de Nestorius. Saint Cyrille apprit cela de
quelques solitaires qui étaient venus à
Aleiandrie, selon la coutume, pour les fêtes
de Pâques. Ce furent une grande surprise
et une grande affliction tant à ce saint
qu'aux autres qui ve fiaient de témoigner
tant de joie de l'élection de Nestorius, de
voir un succès si opposé aux grandes espé-
rances qu'ils avaient conçues de lui. Notre
saint ayant donc appris le trouble où étaient
les monastères de l'Egypte, lit une lettre cir-
culaire contre l'hérésie de Nestorius, qu'il
leur fit distribuer,
Cyrille écrivît deux fois îi Nestorius» afin
MB me
iti rwhortcr à rentrer dans le eein fie l'E-
glise; mais celui-ci se refusa à tout ce qu'on
put lui dire , et n'en devint que plu3 opi-
uiAtre. On assembla donc le concile d'Ephese
(hSi) composé de 300 évoques, et notre saint
le présida au nom du pape Célestin. Nesto-
rius fut cité trois fois à comparaître , mais
quoiqu'il fût dans la ville , il refusa cons-
omment. Alors on prononça contre lui une
sentence de déposition dont on informa
aussitôt Tempereur.
Quelques jours après, Jean d'Antioche
arriva enfin à Ephèse avec les orientaux qui
l'accompagnaient. Ils favorisaient en sous-
main la (iersonne de Nestorius, croyant qu'on
lui imputait des torts qu'il n*avait pas. Ils
déclarèrent nul le concile, et déposèrent
Cyrille. Mais bientôt les légats du pape Cé-
lestin arrivèrent, et pleinement instruits de
ce qui s'était passé,, ils confirmèreni la sen-
tence prononcée contre Nestorius. Les évo-
ques sdûsmatiaues reconnurent enfin la vé-
rité, se réconcilièrent avec saint Cyrille en
A>83, et Nestorius fut relégué à Oasis, dans
les déserts de la haute Egypte, où il mourut
sans s'être repenti de son erreur. Evagre
dit qu'il avait vu dans un érrit où l'on rap-
{ sortait la fin de sa vie , qu'il était mort la
angue mangée de vers. Telle fut la fin do
ce malheureux qui n'avait employé qu'à
troubler l'Eglise les qualités qui le ren-
daient capable de lui rendre de très-grands
services.
Notre saint, voyant que sa présence n'é-
tait plus nécessaire à Ei)lièse , revint à
Alexandrie. Il s'appliqua, comme par le
passé, à remplir tous les devoirs que sa
charge lui imposait, et cimenta la paix que
I hérésie avait enlevée à l'Eglise pendant
plusieurs années, il mourut enfin en Ui,
dans Ifl trente-deuxième année de son épis-
copat. 8es vertus et ses talents lui méritè-
rent ée 'la part du pape Célestin, qui l'esti-
mait fort, les titres de généraux défenseur de
l Eglise et de la foi, de docteur catholique et
d'homme vraiment apostolique. Il est inscrit
au Martyrologe romain le 28 janvier.
CVIULLE (saint) eut le glorieux privilège
de verser son sang pour la religion chré-
tienne à Antioche, avec les saints Secon-
daire et Prime. L'Eglise fait collectivement
leur mémoire le 2 octobre.
CYKSUJl (mW)^ macQff » jMunit en 8j*
rie, en confessant sa foi avec les saints P^ol,
Eugène et quatre autres dont nous igoofooi
les noms. L Eglise fait leur fête le 20 mars.
CYRILLE (saint), martyr, reçut la peine
du martyre avec les saints Archelaiis et
Photius. On ignore le lieu, ia date et les cir^
constances de leur martyre, he MariyrologB
romain n'en dit rien. L'Eglise honore leur
mémoire le k mars.
CYRILLE (sainte), vierge, fille de sainte
Tryphonie, fut égorgée pour la foi chré-
tienne sous le règne et durant la persécu-
tion de l'empereur Claude II, dit le Gothi-
que, dans la ville de Rome. Sa fête tombe le
28 ortobre.
CYRILLE (sainte), martyre, souffrit à Cj<-
rêne, durant la persécution de Dioclétiao.
Elle tint longtemps en main des cliarboDS
ardents, avec de l'encens sans le remiier,
de crainte que quelqu'un de ces charboas
venant h tomber, elle ne parût avoir sacrifié
aux idoles. Enfin, ayant eu le corps cruelle-
ment déchiré, elle alla présenter ses oiérifes
à celui en Thonneur duquel elle ava^ r6-
p.mdu son sang. L'Eglise fait sa glorieuse et
sainte mémoire le 5 juillet.
CYRIN ( saint ) soutfrit le martyre dans
l'Hellespont avec les saints Prime el Théo-
gènes. L'Eglise célèbre coUectivemeMIfav
mémoire le 3 janvier.
CYRION (saint), fl)artyr, soitflMt le SM»-
tvro à Sébasie en Arménie, (f^oy., poarjito
de détails, l'article Candide.)
CYRION (saint), prôtre el martyr. TOia
son sang pour la foi de Jésus-Chfi$t, M«
les saints Bassieo, lecteur, Agathon, ei(»-
ciste, et Moïse. Ils s.ou(rrir,ent tous Ieii|^
plice du feu , et TEglise véaôr.e leur ^ajpte
mémoire le 14- février.
CYRTHE, ville de Numi(Ue en AfiifW
célèbre par le martyre de saint AgupeéLiê
saint Secondin, sous Tempire éeVéfniÊt
avec celui de saint Emilien, soldat, et en
saintes Terlulle et Antoinette.
CYZIQUE, \ille située dans IVeHespM^
est célèbre dans les annales des mâkp^
par lt>s souffrances qu'y endun l'éféoëê
Ëmilien pour la défense de larriig^- Ce
fut lempereur Léon qui le fit twmfflUn' k
cause du culte des saintes ii
D
DACE (saint), martyr, mourut en Afrique
pour rhonneur de la religion durant la per-
sécution des Vandales. Il eut pour compa-
gnons de son martyre saint Réate et d'autres
encore, dont les noms ne nous sont point
parvenus. Ou n'a pas de déiails sur leur
martyre. L'Eglise fait leur fête le 27 jan-
vier.
DACE saint), évéque et confesseur, souf-
frit pour l'honneur de sa foi dans la ville de
Milan. Le paoe saint Grégoire en a fait
mention. Nous n'avons aucun détafl sur M
Sa fête est inscrite au Martyrologe rooif
le 15 janvier.
DACIEN (saint) » fut l'un des qoamrti^
huit martyrs mis à mort avec saint SatunVI
en Alrirpie, sous le proconsul AnuKBytf
l'an lie Jésus-Christ 305, sous le règrwi
durant la persécution si terrible que H»-
fume Dioclétien suscita contre i*SJ[ise dp
Seipeur. [Voy. Saturnw.) LTgiisé céMlf
la fête de tous ces saints le 11 fimier.
DAC
MC
766
^
DACIEN (saint)» îiiartyr, mourut pour la
roi à Rome avec saint Arèce. On ignore la
te et les circonstnnces de leur martyre.
'Eglise honore leur immortelle mémoire ie
fc juin,
DAOIEN (rrès-proliableraent le môme que
Je suivant), gouverneur eu Espagne sous
Tempire et durant la porséeulion de Diotilé-
tÎL^n, lit arrêter h TulèLle sainte Léoradie.
près l'avoir lait horriblemenl ttmrmenler,
Ja lit mettre en prismi, où elle mourut des
uites des supplices qu'elle avait endurés.
n 303, saint tuenlat qui avait quitté Sril-
fjile, ville de TAlVique proeonsuiaire fù il
tabitait, pour évih r la persérulion de Dio-
létien, étant arrivé h Bareefoue, Daeien lui
t endurer divers tourments, puis enûn le
i d<'*capiter.
C'e«ît ce même Bacien qui fit mourir h
omplute, aujourd'hui Alcala, saint Just et
int Pasteur. Il les conilamna à être déca-
pités : la senterjcp reeul son exéculion d:tns
fc-un champ près de io villr. Dans la même
née, ce féroee persérutcur des clirétieus
onda de sang la ville de Sarai^osse. If y
l mourir à la lois les martyrs dont les
noms suivent : Optât, Luperqoe, Martial,
Success<% Urbain, Ou inti lien» Jnle, Publitis^
Jronton, Félii, Céeilien, Evotius, Primiiir,
podéme, plus quatre du mini de Saturnin,
es martyrs sont connus sous le nom des
x-huit martyrs de Saragosse, Caius et Cré-
ée, qui eondiattirent avec eux, ne mou-
lol pas le môme jour ; ils endurèn-tU un
secood combat dans lequel ils cueillirent la
palme du martyre. Sainte Encra tidc ou En-
graCie fut aussi viclime de la barbarie de
ce monstre de cruauté. Elle mourut en firi-
son des suites des blessures atlreuses que
lui avaient laites tes bourreaux. Daeieu
TavaiL eavoyée, avaut de la livrer aux bnur-
reaili . dans une maison tle [ïrofitiLution ;
UMS J>îeu avaii veillé sur elle, et |)as un des
dàlHKicbés qui fréquentaient ce lieu infâute
ll*tfwit osé s'adresser k elle : la vierge
ifdi «on innocence, et le juge son op-
λA(21EN, gouverneur des Gaules sous
)iOcléiien et Ma xi mien, ayarit, eu vertu des
''res de ces empereurs, excité une *kio-
ente persécution contre les chrétiens, vint
la ville d'AgeB, où il lit eonq>araître
_^ ^t son tribunal sainte Foi, jeune chré-
tienne qui aiJpartenait à uue famille illustre.
*' e>sayd û idiord de la gagner par la dou-
ar de son langage et par ses pernirieui
seiis. N'ayant pu y réussir, il la lit alta-
i>ur un Ml dauain, >ous lequel on al-
un grand brasier. Les spectateurs de
ipplice avant témoigné rindij^ûalioû et
reur qu'ils en éprouvai eu U il en lit ar-
ua certain nombre, el les lit décapiter
_^_ sa i Ole Fui, piuce que, conduits au
Biuple, ijs refusaient obsUnémenl de sacri-
(Voy, Foij. Quelque temps après ce
Ut mourir a.ussi sainî Caprais, qui s'était
dans une caverne pour éviter la per-
li^oa» mais qui, a> ont appris avec quel
»Mûae Foi àYàiJL soull^rt» vijiit de lui-
même se présenter aux bourreauï. {Voy,
ClPHAls).
DACtNHA, fut envoyé par Manoel Sarcv,
provincial de Goa, el son supérieur, dans le
Maissôur. U y endura plusieurs persécutions
pendant trois ans, et^ avec un zèle que rien
ne pouvait lasser il travailla au bien de
cette chrétienté. Il av?iit sur les terres du
roi de Cagonti une église que les Mahomé-
lans bmlèrent. Durant qu on en édirlait une
autre plus vaste, phjsteurs disciples du
Gourou, chef de la religion à Cagonli, vin-
rent disputer avec lui h []ro|ios de Tunité
de Dieu. Ils furent confondus. Le généial
des troupes, qui prr*téj^eajt le missionnaire,
le rassura contre les menaces que ces gens
lui firent entendre en se relinuiL Le jour de
r Ascension 1711, comme il disait là messe
dans cette église pour \h première fois, des
Dasséris idisciples du Gourouj, au nombre de
plu$desoixaDle,avec beaucoup de Brahmanes,
vinrent rassaîllir. L'un de ces derniers lui as-
séoa un cou|ï de bâton sur les reins; de plus,
le missionnaire reçut plusieurs coups d'épée
et de lance sur les bras et sur la kMe. Ceux qui
ne le lrap[>èrêiit pas t'accablèrent d'injures.
Un brahmanequilavaitadmiré dans la dispute
qu'il avait soutenue c^^ncernant Tunite de
Dieu, prit son parti et empêcha qu*il fû'
massaLTé au pied de Taulel. Dacunha, cou-
vert du s^ing des blessures qu'U a^ail à la
tète et h la main droite, fut mené devant
le Gourou.
Celui-ci, assis sur un tapis, faisait naraltro
autant d'orgueil et de colère que Vapôtre
mantrail de constance et d'humilité. «Le
Guurou , écrit le jésuite de San-Jago, parla
d'abord au Père en des termes de mépris ,
puis il lui demanda qui il était, u'où il
était, quelle langue il parlait^ et dans quelle
caste il était né. Le Père ne lui lit aucune
réponse, et le Gourou attribuant ce silence
h sa faiblesse, interrogea le catéchiste qui
était à cOlé. Celui-ci répondit que le Père
était Kchatria (c'est la deuxième caste des
Indiens j. De là le Gourou passa h des ques-
tions sur la religion. « Qu'est-ce que Dieu,
dêjuanda-l-il au catéchiste? — C'est un
souverai'i d'une puissance inliuie, répon-
pondit-ih — Qu'enlendez-vous par ces mots?
rr| u'il le Gourou, — Le Père prit aloi"S la
parole et dit : « C'est un éU^e par lui-même,
indépendant, pur esprit et Ires-paxfait. » A
ces mois le Gourou lit de grands éclats de
rirp, finis il ajouta ; « Oui, oui, je l enverrai
bientôt savoir si too Dieu n'est cju*uû nur
espiil. » Le Père répondit que s il voulait
la [«prendre, it serait aisé de le lui démon-
trer. Le Gourou n'ignorait pas le succès des
disputes (jassées, et d craignit de s'engager
dans une dispute nouvelle qui aurait tourné
ird'ailliblement à sa confusion. Aussi il sa
contenta de demander si Bralima do Tripurdi,
iwlule tort révérée dans le pays^ était dieu.
i< Non, » répoïidit le Père. A ces mol^, le
Gourou se livra à toute sa eu 1ère et prit à
témoin le niagislrat de la bourj-^ade. Il eût
sans doute fait mourii' le Père sur le-diamp,
mais quelques geûUla, touchés de ûompaâ-
iîOD, le conjurèrent avec larmes deûe point
souiller ses mains du peu de sang qui lui
restait dans les veines. Le Père seul dans
rassemblée paraissait intrépide. Il se conso-
lait intérieurement de voir que ses travaux
n'étaient pas vains, puisqu'ils aboutissaient
à confesser et à glorifier le nom du vrai
Dieu. Sa consolation fut encore augmentée
par la générosité de ses néophytes. Deuï
anciens chrétiens, tandis qull était en pré-
sence du Gourou, vinrent se jeter au rnu de
leur pasteur, et s'offrirent à défendre les
intérêts de la religion. On ne les lira de ces
tendres embrassements qu'avec violence et
à grands coups. Le catéchiste qui ne le
quitta point reçut un coup de sabre sur les
côtes; il avait une ardeur inoipriraable de
mourir avec son pasteur. Cependant le chef
des Dasséris, voyant que le peuple et ceuit
des Brahmanes qui n'étaient pas de sa secte,
portaient compassion au missionnaire, lui
ordonna tout a coup de sortir du pays. Le
catéchiste fit son possible pour obtenir que
le Père demeurât encore cette nuit-là, afin
qu'on pût le panser : ce fut en vain. Le Père,
ae son côté, ûl instance et demanda qu'il
lui fût permis de guérir les plaies des chré-
tiens , dont il était plus louché que des
siennes. Le Gourou rejeta avec lierlé sa
demande, et le Ot partir dès ce soir-là môme.
Pour s assurer mieux de sa sortie, il lui
donna des gardes, avec ordre de ne le point
quitter quils ne Veussent mis hors du
royaume. Le Pèn% voyant qu il ne pouvait
plus différer, regarda tendrement son église,
dit adieu à ses chrétiens qui rondaient en
larmes, et partit à pied. Eolin, il se trouva
dans un étal où il ne pouvait plus se soute-
nir, et ce ne fut qu avec Ijien de la peine
qu'on le transporta à Capinagati, le princi-
pal lieu de sa résidence. Les chrétiens de
cet endroit m'envoyèrent un exprès pour
m avertir du danger où était h*ur pasteur.
Se sentant beaucoup plus mal, il me pria de
lui administrer les sacrements. Il connut
lui-même Theuro de sa mort ; il prononça
le saint nom de Jésus, et nVayanl embrassé
avec une uarfaite connaissance, il s'endor-
mit dans le Seigneur, dix-huit jours après
les mauvais traitements ([u'il avait reçus
des Brahmanes et des Dasséris de Cagonti.
(Henrion, vul. IV, j,. 453).
BADAS (saint), martrr, reçut la couronne
du martyre avec les smWs Maxime et Quin-
tilien, sous la persécution de Dioclétieo. On
n'a pas de détails sur leurs soutlVances,
L'Eglise fait leur fêle le 13 avriK
DADAS (saint), martyr, était proche pa-
rent du roi Sapor. Il soutlril le martyre avec
Casdoé, sa femme, et Gabdelas, leur (ils.
Après avoir été dépouillés de leurs honneurs,
éprouvés par divers tourments, déchirés de
coups et détenus dans une longue et rigou-
reuse prison, ils eurent la tête tranchée.
L'Eglise honore leur mémoire le 20 sei^
tembre,
DAFHOSE (sainte), mère de sainte Bibiane
ôl épouse de «aiel Flavien, fut mise à mort
pour la foi chrétienne» »oui JuHeu l'Apostat »
DAG 7«
par ordre du préfet Apronien. (Tay. sonur-
ticle). Son mari avait déjà versé son sang
pour Dieu {^(ty- FL4TiE?f, Aprome?^), quana
elle fut emprisonnée dans sa propre maison,
d'où bientôt on la tira pour la conduire hors
de la ville, où elle fut décapitée par ordre du
préfet. L*Eglise honore sa mémoire le * du
mois de janvier* (Foy. Anastase, in Sim--
plicio).
DAGAD, prince arménien, de la famille
d'Ardzourounik, fut Tun de ceux qui saut
frirenl volontairement la captivité pour
Jésus-Christ, sous le règne d'Haiguerd»
deuxième du nom, roi de Perse, el qui ne
furent remis en liberté et renvoyés en leur
pays , que huit ans après la mort de c«
prince sous le règne de son lils Bén>s«.
(Pour plus de détails^ voy. Princes arhé-
MENS).
DAGILA (sainte), était mariée à un maître
dlïôlel du roi Genséric. Elle confessa plu-
sieurs fois le nom de Jésus-Christ, et acquit
encore depuis la même couronne sous Gen-
séric, comme nous le lisons dans ^'ictor
de Vite. Sa qualité et la faiblesse de sa corn-
fïlexion n'empêchèrent point» dit-il, qu'on û^
ui donnât tant de coups de fouet et de hîr
ton, qu'il ne lui resta plus aucune forcç.
Puis on la relégua dans un lieu sauvage et
stérile, où elle ne pouvait recevoir aocoM
consolation de personne. Elle quitta cepe&-
dant avec joie pour y aller, sa maison, soo
mari, ses enfants. Et, comme depuis onW
permit de passer dans un autre d* i ~
alTreux, ou elle pouvait avoir la - i
de voir ceux qui souffraient comme
pour la foi, elle se tenait si heureuse d'i
privée de toute consolation humaioe, qii*ellf
pria qu on la laissât où elle était,
DAGOBEllT II (saint), martyr, était tilsda
saint Sigebert, roi d'Auslrasi^, et de la
Himnchilde. Etant encore enfant, il perdit
père, et Grimoald, maire du palais, en ^^
pour dépouiller Dagobert de la puimnct
souveraine après quelques mois do rép^t^îH
pour renvoyer en Irlande, où il vécut long-
temps ignoré. Grimoald mit sur le trtRe
lits Sigeberl. Mais les seigneurs austraiii
le dtHrônèrent bii?nlôt* Plus lard ci,
ayant appris que Dagobert vivnit efîfow, ils
écrivirent à saint Wilfrid , v
qui l'avait assisté dans sa
leur renvoyer, A son retour, ^>
coimut pas de suite pour roi. Mai> '
à qui l'Austrasie avait été donnée, a^asi
assassiné h cause de sa cruauté, vr,>
ti73, la mère de notre saint en profita
faire monter sur le trône. Dagobert tr
Iruire des monastères, des abbayes^
b!ir les églises. Bii*ntôt la gu^^rre s
entre lui el Thierri 111. Les deux roi> i
déjii presqu en présence , quand Eh
maire du palais sous ïhiern» fit massaenr
notre saint dans la forèl de Voivr^JeaSdè*
ceinbre t>79. On pourrait peut-être sV
de voir à Dagobert le nom de martyr»
anciennemeiil, comme on sait, on danjiiilit
titre de martyrs à ceux qui, Bprès ivoif
■aintemeat, périssaient d'une mort '
r!>*
L
, et violente. On transporta son corps à Stenay,
I où il est honoré le 2 septembre. UEglise
fait sa mémoire illustre le 23 décembre.
D ALEMBEllT (Jean le Romd), naquit à
Paris en 1717. Il fut exposé sur les marches
de Saint-Jean-Ie-Rond, église qu'on voyait
anciemiement près ûa Notre-Dame. 11 fut re-
cueilli par un coinmissairc de police, qui le
cooija provisoirement à la femme d'un vi-
trier, il était trop faible et trop chétif pour
gi'on osAt le transporter à lliospice des en-
nts trouves. Ses père et mère avaient des
I motifs sérieux pour ne pas avouer cet enfant.
[Le père était Deslouches, commissaire d'ar-
tillme; la mère était madame du Tencin,
[femme célèbre de cette époque. Destouches,
[néanmoins, prit soin de l'enlaut, et lui as-
jsura une pension de douze cents francs de
! rente. D'Aleaibert, âpre au travail, doué
I d'une grande facilité, lU d'e^icel lentes études
et de très-grands progrès, en géométrie prin-
cipalement. Il fit en mathémaliques des dé-
couvertes fort importantes.
» Lié avec Voltaire, Diderot et les autres
f philosophes anti-chrétiens de l'époque, il
n'avait point de religion, dit Laharpe, qui le
connaissait bien ; mais il la respectait quand
il avait occasion d'en parler dans ses écrits ;
icar, outre ses ouvrages de mathématiques,
[Dous avons de lui son Discours préliminaire
|de rEocjrlopédie, dos Eloges tu» dans les
\$éances de rAcadémk Française, 6 vol. in-12 ;
iéianges de liHérahtre et de phUosophie ^
voL in-12; OEtnres posthumeSy^yoLm-i^^
Bl plusieurs autres écrits auxquels on ne
)urrait pas faire de grands reproches sous
Je rapport religieux. Mais, dans sa corres-
pondance avec Voltaire et le roi do Prusse,
, il se montre à découvert et se prononce for-
tement contre le christianisme; s'il garde
alus de mesure encore que le patriarche de
f emej, il ne lui cède pas eu haine contre ce
fu'ii nomme -la superstition; il se vante
lèrae de lui dominer des soufflets, en faisant
semblant de faire des révérences^ Cette corres-
[►ondance ne fut imprimée qu'après sa mort.
toutefois on ne peut reicuscr sur la publi-
Bilé fïu'ont eue ses lettres; car il en avait
fait faire deux copies, les avait confiées à
CoDdorcet et à Watelet, deux de ses amis:
ce II "était sûrement pas pour qu'elles restas-
sent ignorées après lui, qu'il les communi-
quait ainsi.
Frédéric rengagea plusieurs fois à aller se
fixer à Berlin; Catherine le pressa d'accepter
la place de gouverneur de son fils, héritier
du trône des czars, et lui offrit 100,000 liv.
d*appoïntemenls, D'Alembert refusa ces
Uivaotages, préférant conserver sa liberté et
Pjouir de lagrément d'Gtre au milieu de ses
amis: il resta donc à Paris^ où il jouissait de
H,000 iiv. de pension. 11 y mourut, sans re-
cevoir les secours de la religion, le 29 octo-
bre 1783. Son testament commence néan-
moins par ces paroles toutes chrétiennes :
Au nom du Père, et du fïh, et du Saint-Es-
prit, (Bouvier, Hist. de la philos, ^ vol. 11,
pag. 249.)
voici le jugement que Laharpe porte sur
m
d'Alembert : t( On me demandera peut-être
comment d'Alembert, qui fut un des premiers
fondateurs de ce monument encyclopédique,
que je viens de décrire comme un arsenal
d'irréligion, se trouve placé par moi dans
cette classe de philosophes queje sépare des
sophistes. Je dois en aire les raisons : c'est
qu'd ne m'est permis, en rigueur, de juger
im écrivain que par ses écrits, puisque ce
n'est que par ses écrits qu'il est homme
public, et ressort du tribunal de la posté-
rité..,..
<( D'Alembert haïssait .es prêtres beaucoup
plus que la religion, et c*est pour cela que,
dans ses lettres, il poussa contre eux la
main de Voltaire, tandis qu'il retenait la
sienne avec soin, mais sans peine. On s*a-
perçoit, dans ses écrits, qu il n'avait pas
môme été insensibîe au cnarrae des livres
saints, encore moins au mérite de nos poètes
et de nos orateurs chrétiens; et je ne crois
pas qu'il ait jamais imprimé une phrase qui
marque du mépris ou de la haine pour la
religion; au lieu qu'on pourrait citer beau-
coup de morceaux de ses Eloges^ où, entraîné
apparemment par ces héros du christianisme,
il en parle lui-raème avec dignité et, ce qui
est encore plus pour lui, avec sentiment.
il J'ai assez connu d'Alembert pour affirmer
qu'il était sceptique en tout, les mathéma-
tiques exceptées. Il n'aurait pas plus pro-
noncé qu'il n'y avait point de religion, qu'il
n'aurait prononcé qu il y a un Dieu ; seule-
ment il trouvait plus de probabilité au
théisme et moins à ia révélation. De là son
indiiférence pour les divers partis qui divi-
sèrent sur ces objets la littérature et la so-
ciété. Il tolérait en ce genre toutes les opi-
nions, et c'est ce qui lui rendait insupporta-
ble l'arrogance intolérante des athées. Il
haïssait, bien moins, à sa manière, l'abbé
Batteux, et aimait assez Foncemagne, tous
deux très-bons chrétiens; ce qui prouve que
ce n'était pas la croyance qui Fattirait ou le
repoussait : il a loue avec épauchement Mas-
sillon, Fénelon, Bossue t, Fléchi er, Fleury,
non pas seulement comme écrivains, mais
comme hommes rehgieux. Il était assez équi-
table pour être frappé du rapport constant et
admirable entre leur foi et leur conduite, en-
tre leur sacerdoce et leurs vertus, il a laissé
aux philosophes de la révolution la plate et
içnoble insolence d'appeler fanatiques et dé-
damateurs ces grands génies, dont le nom
n'eût jamais élé outragé parmi les hommes,
s'il n'y avait pas eu une révolution française.»»
{Raison du Christian. , t. IV, p. 619.)
DALMAGE (saint), martyr, reçut la cou-
ronne du martyre à Pavie dont il était évé-
que* Ce fut durant la persécution de Maxi-
mien qu*il versa son sang pour la foi. On n'a
aucun détail sur lui. L'Eglise célèbre sa mé-
moire le 5 décembre.
DAMAS, Damascus des anciens^ Demecho
des Turcs, Ei-Cham des Arabes, ville de Sv-
rie, chet'-îieu du pachahch de ce nom, sur le
Barady, est une ville fort ancienne. Elle est
mentionnée dans la Genèse. Souvent elle fut
soumise aux Juifs ; d'autrefois, elle forma un
^
m
MM
nttmÊÊU^UMf0miêDL C'est co allam à cette
YiiU ^oar / pervécuUrr le* cbréiurià», que
MâOi Fe^ Hit converti, sur le rouUr, par le
Seîtfiettr l<âîHi>6rfie, qui lui epperui et lai
perle. Û r^kU ptuMeurs années «iar» cette
irilie, qui cwipuit un e»M^ grand oorobr^
de Jm iM ptaroi ft^ft ïiâ^jiUDts. lEiNX^^^e aujoar-
d'huit sur ISO^MO bab., il v a 30(M Juif^.^
<>uf-ci ayant fi#rrrié le rirr/j^l de tuer saiot
Paul, le saiAt ap^j4r«5 r^^da aux coaneils des
djv;iple%, qui le dev;^ndirent fiar-iessus les
rerrifiart*, dans une corbeille. Les portes
étaient ijardées, pour rem[iécber de sortir,
par les Ittifr et par les soi«iat» de U gami-
sen.
Ce fut dans cette ▼ille, sous le règne de
Tenifiereur Mare^Aurele, que saint Victor et
sainte Courr>nue furent martyrisés. Cette
dernière sainte est honorée f>ar les Grecs
sous le o^Hn de sainte Stéphanie.
bAMll!;N (saint/, martyr, f.ère de saint
Gisme, fut martyrisé avec lui, en 303 , à
Eges on Cilicie, durant la f>ersécution de
huH'Miien. Tous deu& étaient médecins et
fort liabilr;s. Ils étaient Arabes de naissance.
Lynas, gouverneur de Cilicie, les ayant tait
arrêter, leur Gt souOrir divers tou:ments,
sans pouvoir les contraindre à abjurer leur
foi. Enfin, il les fit décapiter tous les deux.
Leurs corps furent transportés en Syrie, et
inbufiiés h Cyr. Une partie de leurs reliques
a ^;té transportée h liome, dans réalise qui
fiorte leur nom. L'Eglise fait leur fête Je 27
septembre.
DAMIEN (saint), martyr, était soldat. 11
soulFrit le martyre <*n Afrique, à une époque
et dans des circonstances qui nous sont in-
connues. L'Eglise fait sa mémoire le 12 fé-
vrier.
UAMIEN (saint), martyr, était évèque à
Pavie. Il y soulfrit le martyre à une époque
et dans des circonstances qui nous sont
inconnues. L'Bgiise fait sa mémou*e le 12
avril.
DAMIEN (le bienheureux), remporta la
ualmc du martyre en Afrique. H était né à
VaJenco en Espagne, et avait pris Tliabit des
Eniuciscains. Après avoir (*té ordonné prê-
tre, il partit pour prêcher l'Evangile aui mu-
sulmans. A ûeine arrivé au milieu d'eux, il
commença à anathématiser le prophète, et
ne tarda |iû8 à être arrêté. 11 fut jeté sur un
bûcher, dont les flammes le respectèrent.
Alors il fut lapidé, après quoi il fut percé de
nombreux coups d'épées. Son martyre ar-
riva Tan liKI3.(Férot, Abrégé historique de la
rie des iainti det trois ordres de Saint-Fran-
çoisf tom. m, [Mig. 1^2; Wadding, un. 1533,
n" 15 ; Chroniques des Frères Mineurs^ t. iV,
p. 3V1.J ^
, DAMIEN BEUNAL, catéchiste du P. San-
vitores, TapAtro des lies Mariannes, fut tué
par les indigènes de (fouaham, avec un autre
catéchiste, nomaié Nicolas de Eigueroa. Leur
martyre arriva vers l'an 1072.
DAIllETÏE, dans la basse Egypte, sur la
braushe orientale du Nil» fut témoin, 1^1,
du martyre des Frères Prêcheurs qui por-
taient la lumière évangélique dans cette ville
ùè3
•C daas ses eoTiroos.
par les nuisuianns. s
deux cents. .Footaoa, M^m^
Vers ranné-> 1288, le faienhenreiix Fin-
cois, de Spolete, prêchait l'Evan^ie i
Mtants de ilamieue. Leur esprit
çait a s'ouvrir aux spleode«rs èes ciartés 4
christianisme, nia:s kureoN
cbé à la loi de Mabomei. U-»
un jour, au saint missioiioaire ce qu'il pen-
sait de leur prophète. Celui-ci ne cmC |h
pouvoir leur cacher sa oBAfiiëre de pe-iser à
cet év^ard. Il leur dit que le mahomêfiflK
était une reli;^îon qui devait entrateer la pa>-
ditioî» éternelle de ses sectateurs. EruMid
pour cette réponse, il fut empri«4Miné el eau-
damné a la peine d«9 mort. Les mosulaiBi
vinrent le trouver dans la prison : m M^fflf>^
bien, lui dirent-ils ; il te !aul opter eat«a
rabjunition de ta foi. Ta •hésioo à 1 iilamTUfcn
ou la mort! — Je choisis la moit^ dil F«k
fois, qui doit me délivrer des ■infm de
cette vie, pour me iaire monter au ciel, où
Ton vit toujours heureux, ie n'ai i|tt*im re-
gret, c*est de vous laisser dans l'igooranea
où vous êtes, dans les turpitudes qu'auto-
rise votre loi, toutes choses qui Toua préci-
piteront dans les feux éternels où d^brMe
votre prophète Mahomet. » Les musidfliani^
à ce lanKage, poussèrent des cris defntaur,
et se précipitèrent sur le saint. L'un d'anlit
eux lui asséna, dit la Chronique étêftim
Mineurs (t. II, p. 14ë>, un tel coup de âme*
terre, qu il le lendit en deux. Quoi qu'tt eu
soit d*un fait si impossible, le naartjrre da
saint est constant. Il monta au ciel reoavoir
la palme éternelle que Jésus-Chrial aeeoids
aux saints qui meurent pour luL Son mai^
tyre arriva eu 1:288.
DANACllA (sainte), vierge, mourut «■
rhonneur de la foi chrétienne, en Tau 3Ùde
Jésus-Christ, sous le rè^nf^ de Sapor, dit
Longue- Vie. Elle habitait Beth-Séleucia. Sa
fête est inscrite au xMartyrologe romaiBylaM
novenihre.
DANIEL (saint), martyr, fut Biffrtviisé
pour la foi k Nicopolis en Arménie. A eut
{>our compagnons de ses courajseuses souf-
rances les samts Léonce, Maurice et d'au-
tres encore dont les noms ne sont pas parve-
nus jusqu'à nous. Ils furent d*abord torturés
de piu.^ieurs manières sous l'empereur U-
cimus el le président Lysias, puis achevèrent
leur martyre dans le l'eu où ils furent jetés.
L'Eglise célèbre leur mémoire immorUdIe Is
10 juillet.
DANIEL (saint), mailyr, souffrit pour' la
foi dans la ville de Padoue. Il ne nous est
Earvenu aucun détail louchant ce saint com-
attant. L'Eglise fait -sa mémoire le 3 jai^
vier.
DANIEL (saint), martyr, eut Tavantme da
mourir en confessant sa foi, à Césarée cEs tsr
lestine, en Tan de Jésus-Christ 909. sous le
gouverneur Firmilien, avee saint Eiiei saisi
Samuel et saint Isaïe. Us revenaient de Cili-
cie, où ils étaient allés rendre Tisite k de<
confesseurs condamnés aux mines. A ieu
retaun passant par Césarée, ils forent arrê-
tés ert confiai ts au gouverneur qui les Ht
cruellemput soufFrir, et ensuite on Itjitrtnm-
ûha U lèt^. L'E^^lise hnaerv h mémoire de
cm ilJiistre^ njart}Ts le 16 février.
DANfEli fsainl), martyr. Nous donnons ici
les Actes du martyre de ce saint et de sainte
Vatda, rierge, avec laquelle il eul le boobeur
de mourir pour la foi évan^élique.
Deux ans après le martyre de saint Milles,
Daniel^ prôtre, et Viarda, vierge cons,'*crée à
Bieui d« la proTince des Kazichites, arrêtés
par Tordre du préfet et mis enjugt^menl, fu-
rent vainement sonmis atit supplices les nfns
crtietetdonl le but était de les forcer li al>ju-
rer le rrai Dieu, tant il était dans leur vo-
lonté et dans leur résolution de supporter
tou^ les supplices f de se lîii^ser décliirer,
n*iniff9rte par quelles douleurs, plu lût que
dt? trahir leur tôt et de renoncer à leur espé-
rance-Leur jugement dura trois mois. Pen-
dant eeiesnacêde temps, ce juge inliumaia
et injuste les tourmunln très-cruel lenjuot, à
ce point cfa il leur fit pt-rc r les pieds avec
des larfières» et leji fit tenir, dans cet état,
plongés pendant cinq jours entieis dans de
tïenï glacée. Voyant que les bienheureux
lartyrss^ipport.iieot avec une constance sans
[égiJetO'JS les tourments, au point qu'ds eus-
it mieui aimé peitlre tous les mciujjres
tmciito rejeter de leur cœur \a religion et la
Ifyi fes condamna h la peine cafutale. C'est de
liHle manière aueces illustres atldètescueiJ-
f'Brent la paJmeau uKirtv ro le vin^t-ciorpjième
|îc»urde la lune de février. ( Traduction de
[ratifier). Ces deux saints sont insoriU au
I Martyrologe romain le 21 février.
DÂNIBL (le bienheureux AsiToiwE}, mis-
ÉttDaîte de la compagnie de Jésus, périt
v^"""^^^ ieson zèle dans la guerre que les
•t les Hollandais, jaloux de la pi os-
p<M nr oes Français dans le nouveau monde,
avai*'nt excitée contre eux. Le 4 juillet 1G48^
les Afçniésdroqaois inférieurs), ennemis des
Hurons, qui, fidèles h la voix des mission-
s, s'étaient faits chrétiens, vinrent atta-
ia bourgade de Siint-Josepli, la pre-
îière où les disciples de Loyoia ont planté
Tétendard de la croix. Le P. Antoine Danieli
liant favoriser la fuite de ses néophytes
sns les bois environnants, sortit de la eha-
sHe et vint au-devant de l'ennemi qui re-
d'abord, frafiné de cet excès d*audace.
enus bientôt de leur stupeur, les Agniès
durèrent notre saint et le percèreut de
lèches, dont tout son corps était hérissé, lîn
les plus furieux s'éta'it rapproché de lui,
' li plongea son glaive dans le cœur, et le
inversa mort à ses pjeds»
DANTE (saiwt), fui fim des quarante-huit
-1--^ mis à mort avec saint Saturnin en
sou* le proconsul Anulin, en fan
[de i*^su^-€orisl 305, sous le règne et durant
hia persécution alroc(î que riiilâme Dioclé-
■fien suscita contre TËglise du Seigneur. {Voff.
184TURN1N.) L'Eglise célèbre la fête de tous
[ces saints martyrs \t 11 février.
DA.NTO (saiat Fai^sçois), futTun des vingt-
six martyrs que la cruauté de l^^empereur
Taïcosama fit mourir à Nangazâqùi, en Tan
1S97. Ce saint, avec Pierre Cosaqui» chrétien
japonais comme lui, suivait hs sainis mar--
tyrs et leur donnait des rafraîchissements.
Les gardes rarrêtèrent, le mirent avec eux»
et il eut le honheurde partager leur triomphe!
(Voy. Japon.) L'Eglise fait sa fête le 5 fé-
vrier.
BAO (âmbroise), néophyte tooquinois,
fut mis à mort pour la foi, en Vm 17^, au
Tonquin, avec le P, Bucharelli, jésuite, Pier-
re Frieu, Emmanuel Bien, Philippe Mi, Luc
Thu, Luc Mai, Thadée, Tho, Paul Noi et
François Kam, néophytes, qui mêlèrent leur
sang h celui du saint missionnaire,
D'ARIjENS (Jeas-Baftiste deBoyer^ mar-
quis), né à Aix, en Provence, en lïO^, prit
d'abord du service dans un régiment et le
quitta par amour pour une comédienne. En-
voyé fwir sa famille à Coostantinople avec
l'ambassadeur français, il fit, pendant son
voyage, des folies de différentes sortes. Re-
venu en France, il essaya la carrière du
barreau et n'y réussit pas; il reprit du ser-
vice et le quitta pour cause de blessures.
Béshérité par son père, il passa en Hollande,
se fit écrivain, composa ses Lettrée juives^
8 vol. iu-i2; Lettres chinoises^ û voL ; Lettrée
cabalistiques^ 7 voL ; Phifosophic du bon
sens, 3 y qL, et grand nombre d^autres oit-
vrages écj-its sans bonne foi, sans goût, sans
critique, tous marqués au coin de rindépen-
daoco et de Timpiélé la plusaudâOieU'^e. Fré-
déric lapnela à m cour, le nomma son cham-
bellan et radmit dans son intimité ; bientôt,
il en fit l'objet de ses plaisanteries et lui
rendit le séjour de Berlin désagréable. Wkt-
gens, après mille déboires, se retira en Pro*
verice et y mourut en 1771, dans des senti-
ments de religion, auxauels son libertinage
constant et ses impiétés ne Favaient pas pré-
paré, (Bouvier, Sût, de ia philos., tome II,
DARIE(sainle), femme de saint Chrysônthe,
eut la gîou'B de mourir avec lui, sous l'em-
pire de Numérien, pour le nom de Jésus-
Christ. Heureux les époux qui s associent
ainsi dans Famour de Bien, et qui [persévé-
rant à garder jusqu*à la lin ses saints com-
mandements, se marient dans la gloire du
martyre comme ils Font été dans la sainteté
du sacrement. Après avoir soulfert avec son
époux plusieurs tourments,ellefut, par Tordre
de Fempereur, renfermée avec lui dans une
sablonnière de la voie Salai ia, et y fut étouf-
fée sous le sable et les pitTres dont on les
accabla. Saint GrégoiVe de Tours oblint du
pape Pdîage 11 des reliques de la saime, ainsi
que de celles de saint Chrysanthe, pour son
église. La fête de sainte Barie, avec celle de
saint Chrysanthe, est marquée auMartyrologe
romain le 25 octobre.
DAIUUS (sainij, martyr, reçut la i>alme à
Nicée avec les saints Zozime, Faul cl Second*
On n*a pas de détails précis sur eux. L'E^
glise fait leur mémoire le 19 décembre*
BASE (sa ml), martyr, endura divers tour-
ments à Pïicomédit^ avec les saints Zotique,
Calas et douze aarres soldats dont les noiïïii
775
DAU
DAir
776
sont inconnus. Ils furent ensuite précipités
dans les flots où ils trouvèrent la couronne
des combattants de la foi. L*£glise fait leur
mémoire le 21 octobre.
DASE (saint), martyr, était évéque à Do-
rostore en Mysie. Ce saint évéque, ne vou-
lant pas consentir aux impudicités qui se com-
mettaient à la fête de Saturne, fut massacré
par Tordre du président Bassus. Nous n*en
savons pas davantage sur lui. L'Eglise ho-
nore sa mémoire le 20 novembre.
DATHE (saint), évéque et confesseur,
souffrit h Ravenne pour la défense de la re-
ligion. On n*en sait pas davantage sur lui.
L^glise vénère sa mémoire le 3 iuillet.
DATIF (saint), évoque et qualifié martyi
au Martyrologe romain, à la date du 10 sep
tembre, jour auquel TEglise célèbre sa fête,
était Tun des neuf évêques enfermés dans
les mines, et à qui saint Cyprien écrivit sa
76* lettre. Il avait été déporté immédiatement
après sa première confession, aussitôt après
avoir été cruellement frappé à coups de bâ-
ton. Cet évoque avait assisté au grand con-
cile de Carthagc. (Voy. Némésien.)
DATIF (saint), martyr, répandit son sang
Ïour la défense do la religion avec les saints
ulien, Vincent et vingt-sept autres dont les
noms ne sont point parvenus jusqu'à nous.
L'Eglise honore leur mémoire le 27 jan-
vier.
DATIF (saint), sénateur, fut l'un des qua-
rante-huit martyrs mis à mort avec saint Sa-
turnin, en Afrique, sous le proconsul Anulin,
en l'an de Jésus-Christ 305, sous le règne et
durant la persécution atroce que Tinfàme
Dioclétien suscita contre TEglise du Seigneur.
IVoy, Saturnin.) L'Eglise célèbre leur fête
le 1 1 février.
DATIVE, nom d'une femme qui, à Rome,
sous Tt^mpire do Dèce, en l'an 250, fut ar-
rêtée pour rauso de christianisme, avec saint
Moyso et une foule d*autres chrétiens. Pen-
dant dix-huit mois, elle souffrit en prison
les tourments les plus grands sans que son
courage en fût ébranlé. 11 est fait mention
d'elle dans la lettre que Lucien, confesseur
de Carthage, écrivit à ceux de Rome, et qui
est dans les œuvres de saint Cyprien. (Voy.,
pour plus de détails, saint Moyse.)
DATIVE (sainte), martyre, souffrit d'hor-
ribles douleurs sous Hunéric , roi des Van-
dales, pour confesser sa foi. Elle mourut
courageusement après avoir lassé ses bour-
reaux. Elle était sœur de sainte Denyse, quî
fut flagellée dans la même persécution.
DAUbAS (saint), évéque et martyr, faisait
partie des prisonniers qui furent massacrés
en Perse, en 362, pour cause do christia-
nisme. Les Perses faisaient do fréquentes
irruptions sur le territoire des Romains, avec
des alternatives de revers et de suecès. Dans*
1 une lis prirent d assaut le château de Beth-
lanie, où un grand nombre d'habitants
8 étaient réfugiés à leur approche. Après
ajoir maissacré la garnison, ils se trouvèrent
maures de neuf mille prisonniers qu'ils em-
htp .'^P^- P^éq^e Hàiodore était du nom-
bre, avec aeux^anciens.prétres Mariabe et
Dansas,' et plusieurs autres ecclésiastiques.
Héliodore étant mort sur la route, nomma
Dansas pour le remplacer. Tous les jours
les prisonniers chrétiens se réunissaient et
Dansas célébrait poureuxles saints mystères.
Comme on arrivait surles frontières del'Assy-
rie, les vainqueurs ordonnèrent à trois cents
d'entre les prisonniers d'adorer le soIeiU ou
de se résoudre à mourir; vinçt-cinq obéirent
et reçurent des terres en récompense. Les
deux cent soixante^iuinze autres, ayant re-
fusé, furent massacres avec l'évèque Dausas.
L'Eglise fait leur fête le 9 avril. {Voy. Assé-
mani, t. I, p. 13/^.)
DAVID COMNÈNE , dernier fils d'Aleiis
Comnène, empereur grec de Trébizonde, se
révolta avec ses frères contre son père. On
sait que le vieil empereur périt dans ces
guerres civiles, et qu après cela ces frères
parricides se firent entre eux une guerre
acharnée. Enfin, Jean demeura seul maître,
et fdt reconnu comme empereur. Bienldt la
mort, terme fatal de toute ambition humaine,
lui enleva la couronne. David, le seul qui
restait d'entre les frères de l'empereurdélunl,
fut nommé régent et tuteur d'un jeune prince
âgé de quatre ans, que l'ordre de la succes-
sion appelait au trône, après la mort de Jean,
son père. David montra qu'il était en perfi-
die et en ambition criminelle Tégal de ses
frères. 11 fit mourir son neveu, et prit, sur
un berceau, qu'il transformait en cercoeii^
une couronne à laquelle il ne devait préten-
dre que si Dieu lui-môme eu eût fhit moi^
rir le maître. 11 prit pour femme la prinoessa
Hélène, une fille de la grande maison des
Cantacuzènes. De cette union naqairent bul
filset deux filles, comme si Dieu eûtTOolo,
en faisant sortir de si nombreuses ti|{B8 de la
souche usurpatrice, lui faire l'avenir drille
dynastie. Tous les usurpateurs font ce rérs :
comme les souverains de vieille race, ik
voient les générations sorties d*eux se suc-
céder sur le trône. Us ne songent pas quels
porte par laquelle ils sont entrés, l'osarpa-
tion, est ouverte aussi pour d'autres, et que
le ciel bénit rarement ceiix qui devancent,
en montant sur les trônes, l'appel delà /xro-
vidence. Dieu les donne : mameor à qui les
prend.
David Comnène, or^eilleux de sa nom-
breuse famille, croyait donc sa domination
assise non-seulement pour le présent, mais
encore pour l'avenir, quand Dieu snsdu
Mahomet. Les voies de sa justice sont ca-
chées et incompréhensibles. Les Gre»
comme les Juifs devaient être ft*appés d'une
déchéance absolue comme nation. lis avaieet
dit : Mieux le iurban que le pape. H Itet iûl
suivant leurs désirs, et, depuis ce temps, k
puissance mahométane , campée sur euXi
accomplit les vengeances de Dieu. Mahomel
vint avec deux armées puissantes assiéger
Trébizonde. Après trente jours de siège, il
place allait succomber. David Comnène n'é-
tait pas de ces princes qui grandissent II
pourpre en la teignant de leur sang, ou qui
du moins descendent de la puissance sav
rien demander au monde» et qui font an
DEC
l'eux que Texil est encore un IrAne* David
[>roposa à Mahomet la cession de ses Etals,
ï condition qu'on lui donnerait une firovince,
. b\ que sa fille aînée, Anne Comnène, devien-
[.drail sultane. En elJet, Mahomet épousa la
irincesse, qui abjura le christianisme. Cette
'^tmilJe souveraine était assez abaissée.
El Je avait reçu sa punition temporelle. La
justice de Dieu était apaisée. Il prit en pitié
le père et les enfants. 11 leur avait ôté k
royauté usurpée d*icî-bast il leur donna une
autre couronne» celle des martyrs, que ni
les temps ni les révolutions ne tont perdre,
Mahomet les accusa de conspiration avec les
princes chrétiens. 11 ne leur laissa que le
choix entre la mort ou lapostasie : ils choi-
sirent la mort. Mahomet fit décapiter le père
et les enfants, en présence de rimpératrice
Hélène. Un seul des tils se sauva et fut la
souche de la famille des Comnène^ réfugiée
en France, plus glorieuse par les souvenirs
du martyre que par ceux de la pourpre im-
périale.
DAVID (saint), autrement dit Aliba, était
frère de Boris, connu sous le nom de saint Eo-
main. Ils étaient tils d'Uladorair, roi de Mos-
covie. Ces deux saints moururent pour la foi
en 1010, ou en 1015, selon le P. StiUing, de
la main de l'usurpateur Suatopelet* L'Ëglise
boDore leur métnoire le 24 juillet.
DAVILA (le bienheureux Jean), de Tordre
Je Saint-Dominique, fut martyrisé en 1725^
!ins la mission du Cochabamba, avec ses
|eux compagnons Nicolas Gonzalès et Michel
antigoso.
DAVIN (saint), confesseur, souffrit pour
i foi à Lucques en Toscane. On n*a pas de
letails sur son martyre. L'Eglise fait sa mé-
aoire le 3 juin.
DÈCË(Caiiis Mtnius Quinius Trajanusj^
lonU sur le trône impérial à 1ji un de 2^9.
' est surtout célèbre par la persécution
atroce qu*il lit subir aux chrétiens. Il était
natif de Bubalie ou Budalie, bourg du terri-
toire de Sirmich, dans la Pannonie. 11 dut
naître en Tan 191, s*il est vrai qu il mourut à
Tâge de soixante ans, comme le porte la
chroniaue d*Alexandrie. M eut quatre tils,
Dèce, 1 aîné de tous ; Hostilien» qui fut pro-
clamé Auguste après la mort de son père ;
puis £truscus et Trajan. Tous portaient le
nom deMessius, ce qui indique que ce nom
était très-probablement celui Ue la famille de
Dèce. S'il faut en croire Zozime, Dèce était
Irès-illusire par sa dignité , par sa nais-
sance , orné de toutes les vertus qui font
rhomme privé, de toutes les qualités qui
constituent le grand prince. Il le donne
comme un excellent homme de guerre, par-
iailement capable de conduire une armée*
Le jeune Victor renchérit, en disant qu*il
luiissait à toutes ces qualités personnelles
ujjè science profonde en toutes sortes de ma-
tières, Vopisque dit que sa vie et sa mori
furent dignes des temps antiques. A part les
critiqut's qu*on peut adresser à de telles as-
sertions, nous avon^, nous, à faire une ap*
préciation toute spéciale de Dèce. Il fut un
(les plus atroces persécuteurs de TEglise, et
DiCTtoNrt. DBi Pers&gutioni. I.
me m
certes l'un des plus habiles. Si c'est un mé-
rite que rhabileté ouand elle vise au bien,
c'est une grande calamité quand elle cherche
le mal et tourne vers lui les facultés qu^i'lla
a re^^ues. Ainsi, que Dèce ait été vertueux
comme homme privé, quM ait été grand ad-
ministrateur, guerrier émînent, ce n*est pas
notre allaire ; nous ne ladmettons pas, nous
ne le nions pas davantage. 11 a tourné con-
tre Dieu les facultés qu'il avait reçues, il a
dirigé contre les disciples de Jésus-Christ
une des persécutions les plus violentes qu'ils
aient eu à soutfrir; à nos jeux, Dèce est un
grand criminel. Du reste, que mettre en op-
position avec ses cruautés contre tes chré-
tiens? A4-il, durant son règne, accompli de
grandes choses, attaché son nom h quelque
progrès, à quelque grande victoire, à quoi <]ue
ce soit qui confère aux princes Tillustration ?
Rien de semblable ne nous est raconlé par
rhistoire, Dèce s'est feit une célébrité de
cruauté en persécutant les chrétiens; sans ses
persécutions, il passerait à peu près inaperçu
dans la liste des souverains qui tour à tour
se sont aiisis sur le trône des Césars, Son
premier soin, en montant sur le trône, fut de
persécuter les chrétiens- Jusqu'à Ja lin de
son règne il montra contre eux un acharne-
ment sans égal, (Koy. l'article Persécutions,
persécution de Dèce.)
Dans Tannée 251, Dèce fut obligé de mar-
cher contre les Goths, qui, sous la conduite
de leur roi Cniva, avaient battu son lits Dèce,
taillé en pièces une armée romainei et ravagé
presque entièrement la Tlirace et les contrées
voisinçs, Zozime dit qu'il les battit dans
toutes les rencontres, et leur enleva tout le
butin qu'ils avaient fait. Pendant ce temps-
là, L. Priscus, puis ensuite Julius Valens, se
iirenl déclarer empereurs. Tous deux fini-
rent mal : ils furent lues très-peu de jours
après leur révolte. Les Colhsétasent vaincus»
rhonneur des armes romaines était ven^é,
ils ne demandaient plus qu'à se retirer en
paix; mais Dèce, voulant les punir encore
davantage, les poursuivit à outrance. C'était
là que l'attenda.t la vengeance céleste. Gai-
lus, qui s'entendait avec les ennemis, leur
ayant conseillé de camper derrière un vaste
marais, engagea Dèce à les attaquer proba-
blement la nuit. Le vieil empereur marcha
contre eut avec son lils* llsV porta avec une
telle impétuosité qu'il s'enfonça avec tous
ceux qui renvironnaient dans la fajfge du
marais, où il lui fut impossible de manoeuvrer
et de se défendre. Enveloppé par les Goths,
il fut massacré avec tous les siens,
Dèce a gardé dans rhistoiie une réputa-
tion que certains écrivains, et notamment
Dodwel, ont prétendu lui enlever. Dom Rui-
nart a fait juj^tice de celte prétHniion dans
les passages suivant de son Discouru préli-
minaire des Actes sincères des martjfrs :
« Personne, jusqu^ici, ne s'était avisé en-
core de douter que la persécution excitée
contre l'Eglise par Tcrafiereur Dèce n'eût été
Irès-sanglante et très-cruelle , et les auteurs
modernes étaient en cela d'accord avec les an-
ciens historiens» Dodwel est le premier qui a
découvert que les ons et les autr^^s sont, ou
d'infâmes ^îHJoixiiîiiaeurà ou des iniï>ovi*mrs
ridicules, el qui ont eu si ppu d'égBnis potir
la vérité el pou liii verlu» qu'ils n oui pd:icraiut
de donner, dan- leurs écnls, une idée f.sus^e
et injurieuse d'un prince que le séiat n'a
pas fait dîltieullé d'égaler à Tmjan, d'un etii-
pereur que sa piété a mis au Eombe des
dieux, leiiuoi, qumqu'i! crût ^Ire obligé de
répandre le s.iDg des chrétiens pour le bît*ii
de la ré|tublt(jue el pour donner quelque
chose ô h religion du peuple, n'eu avait
toutefois usé auisi qu'on sc faisant une ex-
trême violenceî niais qu'il avait bieotAt laissé
a^^irsa douceur naturelle, et cette noble am-
bition qui h' possédait de faire la félicité lie
son >iè( le, comme il faisait déjà le bonhour
de sou e uj pi ri.M) C'est avec de tels ou sembla-
bles traits, que DoiJwel fait IVdoge df^ Dèce :
que €»*t empereur soit mis , si Ton veut, au
raig des bons princes, en ce qui ne regarde
point la cause des cli rétiens, je oe m'y op-
pose pas; mais je ne puis m'imat^iner'^qu'il
se trouve quelqu'un, hors Dodwel, qui nie
que la persécution d«jnt il a été Tautcur
n'ait été très-viulenle, et n'ait coûté la vie à
un trés-j^raod nombi'e de tidèles dans loule
ré endue de TEmpire romain, a Vitv bêle IV^-
roce, di' Laclauce , un monstre exécrable,
l)ét:e entin, est veruj, après plusieurs années,
pour ravai^erJ'Kj^Iise Et Djmme s'd na--
vait été élevé que pour cela seul à ce haut
dr,-;ré de puissance, à peioe son impiété ri-
t-elle commencé h attaquer Dieu, que Dieu
Tefi a précipité, n Lact^ioce, comme l'on voit,
prétend que la mo't honteuse oe Dèce est
une juste (>unition de sa fureur contre le
christiaiiisme. Saint Denjs d'Aluxandrie, le
grand Conslantin el plusieurs ai très au leurs
eetlésiastiques disent la même chose ; rnais
surto it saint Gyprien, qui commence ainsi
U'ïde ses livres : « La paU viout enlin d*ètre
re-idue h l'Eglise; Die.i s'est déclaré pour
elle; il Ta vengée de ses ennemis et nous
jouissons, sous son auguste protection, u'ane
tran(|Uillité diiot les incrédules croyaient le
retour dilBcile, et les impies le ju^'eaient
tout h fait impossdile,..., « Ces pai'uies de
Sidnl Cyprieii marquent assez que la perse--
cntioii avait été violente* Le même saint,
dans une de ses lettres, félicite lE.Jise sur
sa coustaaee el sur sa foi. Car, après avoir
ei^aJté la victoire d -s martyrs qui avaient
d^ja re<,:u la f:ooronne, et eocou.agé ceux
qui coiutjattaieut encore pour lobteni» , il
parle de la grandeur de leurs su^fiices en
ces termes : « Toute leur ri{$ueur n'a ju
élira jJ-T la foi de ces saints, quoiqu'on leui
fil de ijotive les plaies diîis cilles qui n'é-
taient pas encore fermées, quoique ce uù
fût plus sur leurs membres, mais sur leurs
hlessores que les. bourreaux ex«rçaietrt leur
Cf nauté*...- Les entrailles étaient déliidiéos
du corps, le san;^ coulait iie tous cùtés*.*.. »
Ct^peudant, iuaigté lant d autorités et si
pressantes, Dodvvel soutient toujours que
cetle fiersécutiou a été tort modéi-ée et (ju elle
na jamais élé poussée jusqu'il reprendre le
s&Uides chrélieûs; et cela est si vrai, dil-il,
que 1orsqu>îl€ fut apaisée, h pliip.*^rr de
ceux qui avaient été arrêtés durant îa phts
grande violence» furent trouvés ^ains et
sauts. Et c'est cola même que les chr<H:ierîS
de ce tenifis^là trouvaient do plus cruel datis
cette perséculion; ils reprochaiOni aux ^^*^f»-
tils. que leur inleniion, en tourment
ûdètes qui étaient déférés h leur tril
était de tirer de leur bouche, non la
mais le mensonge, et de fwrdre Vùnif m
môme temps qu'ils faisaient périr le r^rpf.
C'est pourquoi la phip^irt des nMi * 6-
tâient livrés à la mort qu'après 1. -i
toutes sortes dû louiments* Souvent niOme
on prenait soin de leurs plai**s, p?%r rorrfrf
exprès des juges, afin qu'i
pût les rouvrir par de nou
fture de nuuvtdles plaies sur bs an*
ciralrices, ce qui est le comble de la vr>
et c'est celle nu'on exer^^a sur Origéne, au
rapport d'Eusebe. Ajoutez à t^iil de ditré-
renls suf^plices, la prison, avec tou^cs ses
ïiojrtïurs, ses clKiînes , son /iik^i Jtrfi^, sh
puarvLeur, ses horribles macli on en-
lennail les pieds, l'exil et les .in ou^iuodiùb
qui raccompagnent, les mines, cestoiiib"'»ft
souterrains ofi des hommes sont tnieiT^
tout Vivanls, En un mot, la rage, la fiireo
ritibumanité d< s luges el des ^
étaient niuntées h nn tel excAs, «i
perséculion, que sai? t Cy, rien, ^
cusera jamais de r^dAchement e'i
disriphne, ne penl s'einpêrher d
iî chute des çhr^étiens trouvait <
sorte sa jusiificatron dans la cruai \i
séculeurs. Et certes Optai n'/î
autre sentunent que nous, lui 4
un lion rugissant la p^rsécut. . ^^
an Afrique p^ir les ordres de Dè^ '
lëricn. C^» n'est donc pas une in
tair.e qu'une persécution a été n
quelques martyrs r*éservés ^^ de pui> k «^r-u^
supplices, VH'juient tou( d*un cour» à recoo-
vrcr f ur liberté, sort f»ar la w<^rï des tmns,
soit par une riisposition secrètr- dr U iins^-
ricurde de Dieu qui veut I U
(iaijtàsori E^^tise. Au reste, il :«*
cell^ perïiéoutrou de Dèce emporU uti uàs,-
grand nombre de (idèles en Afrrrïn^. r»wv^i^
on le fait voir dans les t
Actt*s de saint Cypren* (>
Fabien ^oulirit à Rome, sar iH
Sicile et saint Saturnin dans I
Elle ne fit pas moins de pri :) tsfir
gne, comiue on le peotsûreuK .,. "^ ï'-rer
d'une lettre écrite au nom du ssi cu
eldes antres évèques u'AfriqTf-
ces prélats disent que leur
qu'on dépose Martial et Ba>tiiur» i*
espagnols, convaincus cTavoir pm des'
lets d^doïAtne. L'Elise gr
aus5Î then r^e la latire *i
par Déce dans tout le moncie uJj
iièbe déc it le?» tourmet ts que ^
gène à Césaréo; rriais il n^
duuné des marques de : -•
quel (Ucs-uns lej»r tender
[éle fut si furieuse à Né'
tjrégoirede fijsset dans Ja Vie de siahêté^
lou
m
goire Thaumaturge, nom dépeint cette ville
çiiniiiio une pi ce prise d'assaul, où un
vaiiinueur liarbareet insûle .tfiuttout passer
au Ul lie I éoée. Les^^iï virons u> n élaieal pas
|iiy^ paisibl S , puisqu'ou dil rpi^afirès que
, Ce*l orage fut pass<5, ce snlui évèque fit le
iur clo son liiocèse poiij ^^ inslituer des îù-
^i'rs (la/ 'S tous les lit'ux ou il avait été luarty-
nsé quelque chrétien. Ce fut alors qucsoilf-
frirenl sain» ïroade et saint Aleitaodre, qui,
de philosophe s'élant fait cliarbonuier, fut de
clMrbooniiT fait évoque et placé sur le
sié^je de Comaue pîir saint Grégoire Tha^u-
ijatur^ge» A TégarJ de ce qui se pass^ à
Ueiaûdrie et dans toutt* l'Egypte, nous en
"avons un témoin oculaire et irréprocha-
ble <la|^ saint Denys^ évoque de la ville pa-
^^iarchale- C'est dans une lettre qu'il écrit à
^Rabuis* évéque d'Antiochc» OÙ, àftrès avoir
Ht les nom:j de quelques martyrs, il
Ha, i'i'il y eu a eu un très-grand nbuibre
Bq^iti ont été dérh rés et rais en pièces par les
^Fgentils , daiis les autres villes et dans les
bour^ades^ s(U]s comjiter une multitude in-
ruiii' <iiii périt dans les desserts* par la faim
i\ le froid et la nudité, le fer des vo-
les dents des bêles cirna-sières* Et
s une autre lettre h Domîlius et à Didyme :
fvîv ''"ir dii-i'f que vous sachiez que
et les fenunes , les jeu les ^as
les vieiij;irds, les soldais et les villagvois,
tout âge et de toute eouditJun, smi tous
uiporté des çouroines,.*.. * E'i uji mot, la
i/'eutioo fui sî violente, qu'au rapport du
uni Denys, les lidètes s'imaj^inaient
, iii arrives à ces jows malheureux
t^bls par le Sei^iieur dans son Evan^^ile.
fui pour s'en mettre à couvert, que saint
^ul, premier ermiie, s'enfuit dans le désed;
svni'^ul le lémoiE^nage de saint Jér<5me , qui
de 'à OD asjoi de raconter de queïle
ûû éprouva lu constance dt3 deuï mar-
J*ua desquels fut frotlé de miel dei>uis
^ ^ïeds jusqu'à la lôte et en cet éiaî exposé
plein midi aux ai^^uîllous d'ui essaim île
fiouclies, et l'autre couché mollement sur un
de roses, fut liv.é aux caresses iuipudi-
■" ''une cuurlisanne aussi belle qu*el-
lïhLUROSE (saint), évoque et confesseur,
ulfrit pour la foi h Capoue. Les détai s
nt entièrement. L'EjjlisD fait sa fête
jVl (MiRiE), religieuse du Sainl-Sa-
[eut l\ Boîène , prrit sur l'éclial'aud à
^, le tGjuiUet l79i avec la sœ ir Jus-
n. ursuline c<mverse à Perue ; (iardon,
se du Sainl-Sacieiuent à Boléne;
1 . - uigCtUrsuUne à Bolèue, Je..aiie Rims-
Uon et Madeleine-Dorothée de Justamon,
lu même o:dre.
DiaAMOTTE, prêtre français, périt le 3
*"''>^-'' t8iO, dans rempiredAunam, épuisé
>rtures.
i>LiAjADO (Ignace), dominicaîi, qui de-
îs quara^ite ans était vicaire apostolique
us le Tonquin oriental, mourut en prison,
12 juin 1838, par suite des soaiïrances
.*il avait eu & y endurer
DELGADQ (le biepheureui^ Alexis), Potv
lùgais, de la compagnie de Jésus, faisait
partie des soixante-neuf missionnaires que
le P, Aïevedo était venu recruter à Uomp
pour le Brésil. (Foj/. A^vbdo.) Leur navirft
fut jiris, le 15 JMillrt iSit, par ^es corsaires
calvinistes qui les massacrérea( ou les jt-tè-
rent à |a mer. Tel fut le mart^içre de notre
bienheoreux. (Du J^rric, nhioin des chosef^
plus mémorabie:!^ l. Il, p. 278. Tanner, 5p-
cietas Jean ust^m ud mngjûnu et tid profu*
sionem miî^tatUj p, ÎGG èl ITOJ
DELPON (le bienheureux)* mîssiopnaire^
mourut dans les prisons de P^kln, en 178â,
où on Favait transféré après <jue ïuî-môma
élail venu se livrer, comme nonsTavons vu
aux articles Chike et Martin {Maint). Il mou-
rut en prison ainsi que AI. Dèvauî, par suite
de la mauvaise nourriture et des misères de
toutes soHes qu'il eut à endurer,
DKMBÉA (Lag de), en Abyssinie, conte-
nait une île dans laquelle eurent des moi-
nés fanatijîues dépendant du, patriarche hé-
rétiijue d'Aîexanurie. BasiTides, Néjjons de
ce pays, exila au milieu a eux les saints
^iiissionnaires Apollinaire Alméida, Hyacin-
the Fraoieschi et Frauf^ois Rodriguez, que
le grand tribunal du royaume ^viit coiidam-
nés à la peine de moi t. Ces moin r- s prodi-
guèrent a leurs prisonnicîs toutes sortes
d'insultes, de mauvais Iraitomeuls. Furieux
de voir que de toutes parts les catholiques
venaient donner des consolations aux saints
confesseurs, ils écrivirent au N gous pour
lui d re qu'il dtait scandaleux de laisser vi-
vre ces ennemis de In religion, des hofjnnes
que le tribimal des yrafius avait jugés d gnes
de mort, Basilides letir répon lit fiull les
leur abandonnait, qolls pouvaient f^iréiTeux
ce que bon leur seuïblerait. Ces mot les bar^
bares , luLdement oublieux des cnse gn4>
iiJ€*nts évangéliques , et de ce titre d * uhré-
liens qu ds portaient , déj^uillèreni en par-
tie les sai'its de leurs vêtements, les sus;^eJi-
dirent K de^ t>i anches d'arbre t^i les lapidè-
rent. Ces faits eurent lieu en joîu 1038.
DÉMÈTHE (saint), martyr, était procpn^**!
à Thessaiooique, Ce saint, ayant attiré beau-
coup d'inûilèles à Jésus-Christ, fut peicé à
couj^s de lance jiar l'ordre de Tempereur
Maximien, et reçut ainsi Flionneur du mar-
tyre. L'Eglise fait sa sainte mémoire le Ô oc-
tobre.
DÉMÈTBE fsainl), martyr, répandit $o^
san^ pour la loi en Arritjue, On ignore à
n die époque et dan* quelles circonstances,
VRj^lîse ftiil sa bienheureuse mémoire le 14
août.
DÉMÈTRE (saint), martyr, versa son sang
pour la foi à Ôstîe, avec les saints Uouorat
et blorus* Les d' l.uls nous manqueut sur
leur uiartyre. L'Eglise fait leur mémoire lo
22 d<kenihre-
DÉMÈTHE (saint), martyr, était évèque k
Ançi >ciie. Il y soulfiit un martyre sur lequel
on n*a aucan d taiL On sait seolement ijull
eut pour cômpn.juons de tortures saint
Ai^nan» diacre à la mùn>e église, saint Eufy-
(asG et viujil autres saints martyrs. L'E-
?,
1A
DEN
1^ honore leur mémoire le 10 novembre.
DÉMÈTRE (saint), martyr, mourut pour la
foi de Jésus-Christ à véroli, avec saint
Biaise. On n*a pas de détails cert^iins et au-
thentiques sur leur martjce ; répoque même
en est inconnue. LT^ise célèbre leur mé-
moire le 19 novembre.
DÉMÈTRE (saint), souffrit le martyre à
Rome, avec saint Concesse, Hilaire et leurs
comparons, dont on ignore les noms. L'£-
glise fait leur mémoire le 9 avril.
DÉMÈTRE (saint), reçut la palme du mar-
tyre à Ostie, avec saint Honorius. Nous n'a-
vons aucun détail sur les circonstances de
leur martyre. L*£glise fait leurfôte le 21 no-
vembre.
DÉMÉTRinS, orfèvre dTphèse, faisait un
grand commerce de statuettes de Diane, en
plâtre, en métal, en ivoire, etc. Les conver-
sions qu'opéraient les prédications de saint
Paul lui firent beaucoup de tort : dans Tirri-
tation qu'il en éprouva, il souleva contre le
saint, d abord les ouvriers de la ville, et en-
suite les habitants. Ces furieux, n'ayant pu
trouver saint Paul, s'emparèrent de Gaïus et
d'Aristarque, ses disciples. Ils les auraient
infailliblement fait mourir, si un greflier d'E-
phèse n'eût calmé leur fureur par la sagesse
de ses discours et ne les eût fait renoncer à
leurs mauvais desseins. « Ceux que vous
avez arrêtés, leur dit-il, ne sont cou-
pables ni de blasphème ni de sacrilège
contre Diane. Arez-vous d'autres griefs?
nos tribunaux en jugeront. Hais ne crai-
Snez-vous pas guon nous accuse de sé-
ition pour avoir fait ainsi un rassemble-
ment sans motifs? » Sur ce« ils se disper-
sèrent.
DÉMÉTRIUS DE TIFLIS (le bienheureux),
frère lai chez les Franciscains, était Géorgien
de nation et très-versé dans les langues,
orientales. Il partit avec trois autres moin s
de son ordre, nommés Pierre de Sienno, Tho-
mas de Tolentino et Jacques de Padouc,
pour aller prêcher TEvangile dans le Katzai,
dirigés par un zélé dominicain français,
nommé Jourdain Catalini. Forcés par diVer-
ses circonstances d'aborder à Tana, capitale
de l'Ile Salsette, ils y souffrirent le martyre
f^our la défense de l'Evansile et de la foi.
Voy.f pour plus de détails, l'article Martyrs
DE Tana.)
DÉMOCRITE (saint), martyr, mourut pour
la foi à Synnade, dans la Phrygie Pacatienne,
avec les saints Second et Denis. L'histoire
ne nous a conservé aucun détail. L*£glise
fait leur fête le 31 juillet.
DENIS (saint), martyr, souffrit de cruels
tourments à Rome en Thonneur de Jésus-
Christ. Il eut pour compagnons de ses souf-
frances les saints Fauste, Caïus, Pierre, Paul
et quatre autres dont les noms nous sont in-
connus. Celte première confession de leur
foi eut lieu sous l'empereur Dène. Mais de-
puis, sous Valérien, ayant enduré de longs
tourments par Tordre du président Emilien,
ils remportèrent la palme du martyre. L'E-
glise fait leur sainte mémoire le 3 octobre.
DSNIS (saint), souffrit le martyre à Aqui*
M»
lée avec saint Hilaire, évèqae, et les
Tatien, diacre, Félix et Large; leur sm
eut lieu sous Tempire de Numérien, et
le président Béroine. On ne dit pas qod toi
au juste leur genre de mort : il est oertaÎB
quils subirent la peine du cbevalet« et di-
vers autres tourments. L'Eglise fait leur
fête le 16 mars.
DENIS (saint) , martyr, mounit pour It
confession de sa foi à Héraclée en Thraee.
La date de son martvre est înconnae. D eut
deux compagnons àe souffrances appelés
Bassus et Agapet, et quarante antres dotitle
Martyrologe romain ne donne pas les noms.
L'Eglise honore ces saints martyrs le9B no-
vembre.
DENIS (saint), martyr, souffHt le maitjre
avec saint Socrate ; on ignore en quel lies, i
Îuelle époque et dans quelles circonslaiices.
ous deux furent percés inhumainemert
à coups de lances. L'Eglise honore lev
sainte mémoire le 19 avril.
DENIS (saint), martyr, reçut la mort poor
son attacnement à la foi du Christ II col
pour compagnon de si décapitation saint AÉ^
mône. On n a pas d autres détails sur eux.
L'Eglise les honore le 14- février.
DENIS (saint), martyr, répandit son SMf
I)our la défense de la religion. Cefiit dtas
a Basse-Arménie aue son martjrre eotlief
avec les saints Emilien et Sébastien. ieriM-
tails manquent comph'tement sortmi» Vtr
glise célèbre leur sainte mémoire te 8 ft«
vrier.
DENIS (saint), martvr, reçat la paknedes
glorieux combattants de la foi de Jésos^Ihrist
a Synnade dans la Phry^gie Pacatienne. Uf
détails nous font entièrement dèErat sir
eux. L'EzIise célèbre leur sainte mémoin
le 31juillet.
DENIS (saint), évèque et confessenr, eit
l'immortel honneur de confesser J^susCMI
au milieu des souffrances. Nons n^avots an*
cun détail authentique sur ses toamMDis.
L'Eglise l'honore comme confesseur le 8
mai. Ce fut à Vienne qu'il endnra ses soaf-
français
DENIS (saint), martyr, souflHt poor il tci
à Constantinople »vec Lucillien, anden prê-
tre d'idoles, et trois autres enfimls de son
âge, Paul, Hypace et Claude. (Fof . faitida
LuciLLiEN pour plus de détails.)
DENIS (le bienheureux), de Tordre des
Franciscains, fut mis k mort ea VS8Ù par le
cacique de Maracapana. Voici dans qodks
circonstances : Alfonse deQjeda s*étant rends
àCumana pour la pêche des nerles, fit vew
à son bord plusieurs des habitants daptp
Ju'ii emmena dans un autre, pour les y ves-
re comme esclaves. Plus tard ♦ étant des-
cendu à terre, il y fut tué par le cacique de
Maracapana. Tous les Européens de la ooe-
trée, soupçonnés d'avo'r trempé dans la tn-
hison de cet officier, furent obligés de sa re-
tirer à Haïti. 11 ne resta que Denis ^if ps^"
dant six jours, fut cache, mais qui au wA
de ce temps, poussé par la ûiim » fiit obiiff
de se livrer aux naturels. Ceux-ci le frappa
rent si rudement, qu'ils lui firent saoltf I*
1
m
DEN
cervelle. Non content de cette veng«*ance,
le cacique excita ceux de Chirilichi à se dé-
faire de leur côté des religieut qui habi-
taient au milieu d'eux le couvent de Sainte-
Foi. C'étaient des dominicains. Les deux re-
ligieux de Sainte-Foi ii^noraient i'évéî.ement
qipe nous venons de dire, bien qu'il se fût
passé h quelques lieues seulenienl de ehez
eux. C'était le saînl jour de dimanche. L'un
d'eux n*était pas prêtre, il venait de rece-
voir Tabsolution pour coraran-iier, ranlre
était sur le point d'offrir le saini sarrifice.
Les naturels anivèreut comme des force-
nés, égorgèrent les deux religieux, mirent le
feu au couvent et brisèrent les cloches, les
images, les croix^ un christ, et jetèrent les
débris de ces choses saintes sur les chemins
des environs. Us coupèrent les arbres plan-
tés par les Européens, voulaut ainsi elFacer
jusqu'à la dernière trace de leur séjour au
milieu d'eux. Bien des fuis, dans rhistoire
améi ic^ine, on trouve de tels événements.
I^ cupidité, la cruauté des vainqueurs, éfoi-
f;naient It s irifiigènes de la religion qu'on
eurprôcliait et les poussaient à de terribles
représailles.
DENISE (sainte), martyre à Lampsaque en
Fan de Jésus-Christ 25), sous l'empire de
•Dèce. Eiant témoin de l'apostasie que veimit
de commettre Nicomaque, ch rélien qui com-
raissait devant le [irocoiisul avec les saints
iiul et André, elle en exprima tout haut
soo horreur, ce qui fut cause qu'elle fut elle-
même arrêtée et martyrisée. Voici comment
est r.iconté ce qui ta ccmcernedans les Actes
de saint Pierre de Lampsaque ;
« U y avait parmi ceux qui étaient pré'ïents
keetalTrcux spectacle une jeune fille nom-
mée Denise, âgée de ouinze b seize an^^
qui ne put s'empêcher de s'écrier: Ah! mi-
sérable, faut-il que, pour n'avoir pu souflrir ^
encore un moment, tu le sois préparé une *
•éternité de peines 1 Cela fut entendu du pro-
consul, qui la fit approiher, et lui ayant
demandé si elle était clnétienne, elle répon-
'dit : Oui, je le suis. C'est pour cela que je
^plains ce malheureui, qui, pour quelques
iomen(s de douleur, s est privé lui-même
'un repos oui ne tin ira jamais. Le procon-
sul lui répliqua : Vous vous trompez , ma
'iille; car en sacriiiant aux dieux et aux em-
pereurSt il a satisfait à son devoir, et a trouvé
le repos dont vous parlez, Mais alin qu'il ne
demeurât pas exposé aux reproches que vos
chrétiens auraient pu lui taire, à ca^se de
son heureux changement, Vénus et la grande
Diane ont bien voulu le retirer prompte-
meut du monde* Pour vous, disp'»sez-vous
h sacriOer, ou a être brûlée toute vive, De-
nis© répondit : Je ne vous crains pas; le Dieu
3ue je sers est plus puissant que vous ; il me
ounera la force de souffrir,
« Le lendemain, saint Paul et saint André
furent lapidés par le peuple sur Tordre des
magistrats. Le bruit en vint bient*lt aux
oreilles de Denise. Alors cette vierge s'étant
dérobée à ses gardes, poussant des cris et
répandant force larmes, court au lieu où se
faisait l'exécution* Lorsqu'elle y fut arrivée,
^ DEN m
elle se jeta sur les corps des saints martyrs
qui respiraient encore, et leur adressant la
parole, elle leur dit ; Pourquoi voulez-vous
aller au ciel sans moi? ie veux mourir avec
vous pour vivre éternellement avec vous. Le
proconsul fut aussitôt informé que cette
jeune fille qu'il avait abandonnée aux em-
portements de deux jeunes débauchés, en
avait été miraculeusement préservée ; et
que, s'étant sauvée du lieu où on la gardait,
elle voulait mourir avec les deux chrétiens
qu'on lapidait ; it ordonna qu'on la retirât d»
là, et quVn la conduisît dans un autre en-
droit pour y avoir k tête coupée. Ce qui fut
exécuté sur rheiire,àLampsaqiie,lejourdes
ides de mai, sous l'empire de Décius et sous
le proconsul Optimus, »
L'Eglise fait la fôte de sainte Denise et do
ses compagnoris, lo 15 mai.
DENISE (sainte), martyre, mère de plu*
sieurs enfants, fut arrêtée sous Tempire de
Dèce, et sous le gouverneur Sabinus, à
Alexandrie, en l'année 250. Elle eut le bon-
heur d'y donner sa vie pour la foi. Elle fut
décapitée par ordre du juge, qui ne lui lit pas
endurer d'autres supplices préalables, comme,
cela se pratiquait le plus ordinairement.
Elle mourut avec ses compagnes, sainte
Mercurie et les deux saintes Ammonaire,
L'Eglise célèbre la fêle de ces quatre saintes
le 12 décembre.
DENYS, l'un des trente-sept martyrs égyp-
tiens qui moururent pour le christianisme,
en Egypte, et de^^quels Ruinart a donné les
Actes authentiques. Voy. Martyrs (les trente-
sept J égyptiens.
DENYS, l'un des trente-sept martyrs ésjr-
pliens qui donnèrent leur sang pour la mi^
en Egypte, et desquels Ruinart a laissé les
Actes authentiques. Yoy. Martybs (les trente-
sept) égyptiens. Ce saint est différent du
précédent, quoiqu'il porte le même nom et
qu'iJ ait soulTert dans les mêmes circonstan^
ces.
DENYS (saint), fut martyrisé à Corinthe
durant la perséculiori de Dèce, sous le pré-
sident Jason, avec les saints Cadrât, Cyprien,
Anect, Paul et Grescent* L'Eglise fait leur
fête le 10 mars.
DENYS (saint), martyr à Ephèse» est fêté
par l'Eglise le 21 juillet* IL est l'un des sept
dormants dont saint Grégoire de Tours
nous a donné Thistoire. Faj/. Dormants (les
sept).
DI£NYS ou De?îis (saint), évoque de Paris,
martyr, est, malgré les obscurités de son
histoire, un des saints les plus célèbres de
la France. Justement à cause de ces obscu-
rités, è cause d'une foule de croyances peu
solides accréditées par la crédulité publique,
il sera bon que nous disions en peu de mots
quel était, à l'époque où vivait saint Denys,
l'état de l'Eglise des Gaules, et quel il avait
été auparavant.
Saint Sulpice-Sévère et l'auteur des Actes
de saint Saturnin disent que la lumière de
la foi ne pénétra que lentement, et assez
lard dans les Gaulas. D'un autre côté, d'il'
lustres évêques, que cite Grégoire de Tuur9f
Î8Ï
0EN
diseot que b religion chrétienne se rép^m-
^it dès le commeoceraeiil dans ces belt<.*s
contrées. Qup]ques-urîs Oût dit qtie saint
Paul el saû4 Philiçiie apôtres v avaient prè-
c[»t^' la fi^i. Saiut Kpipfiane raltirtûe de saint
Luc» il dil la môme chose de sa nt Crescuut,
diseifjle de saint taul. L'une et Tautre api-
nioii peuvent ^ireé^^^a-eioent soutenues. Au-
cune ne peut èlrc prouvée péretriptoiremeol,
tJue scuie chose, quon peut dire avec assu-
rance, c*est que M la parole divine fut semée
dès le comme n cerne '^l dans les Gaules, ele
Ï germa bien peu et donna bien p"u de fruits,
e n*est que lia^ns le ir siède qu'on voit FE-
vangile faire des cotiouôtes réelles dans les
Gaules. Beaucoup d'églises ont des traditions
contraires à c^ que nous disons ici, nii'ns
ces traditions i/ool assurément rJBudef ndé.
C'est dans l'é^l se de Lyon que nous trou-
vons les premières et les plus fortes i^rcuves
d antiquité. Sainl Polldn sf>n premi'^r évé*
que» et son successeur ^int Irénée, étaient
disciples de saint Polycarpe, Ce fut le pape
Fai>ien qui, durant la paix que donn.iit à
)*iiglise le règne de Femijcreur Piidii^ie, en-
voya eu Gaues les sept évéques uonl les
ji«*ms suivent : saint Galien de Tours, saint
Trophime d* Arles» saint Paul de Narbonue,
^int S.iturninde Toulouse, saint De lys de
Paris, saint Auslremoine de Clermont, et
saint Martial de Limo^es^* Ces sei^t évèques
furent envoyés eot^me des apôtres et coaime
des évaigélistes, sans désignation de siège.
Us devaient Mtv où Fesprit de Bien et le
cours des é>énenie!its les conduiraient, Sous
ne voulons point dire qu'ils aif^ut été les
premiers évèques ni les premiers prédica-
teurs des lieuï où ils tiièrent leur résidenee,
ou qu'ils houorèrenl de leur inaityr^*. Peut-
être y avait-it des dir tien^ lians ces villes ;
peul-ôtre même y avait-il eu des évé |ue*,
mais .]*ji av rient éli oljlii^és de pai-tir, ou
étaieni morts sans laisser de successeurs. Ce
que nous disons là est (jossible ; mais les
traditions qui FalUrment n ont eti, jusqu'ici,
de leur côle, ni les monirments, ni les pro-
babilités, il est certain que ces sept évéques
étaient accompagnés de beaucoui» d^antres
missionnfures bien moins élevés quVni
en dignité. Lqs saints Fuscien, Victorin,
Crépin. Crépiuien, Kulin» Valére, Luef^n de
JÛeauvais, tiégule ou Eic<jle, Quentin, Pialon,
Mîircelp étaient venus de iiome avec saint
Denys.
Ce qui donnerjpit lieu de croire gne saint
Denys était le cnef de {ous ces saints mis-
sionnaires» les sepi évèques compris, c'est
que n*>us trouvons dans Bollandus (30 marsj,
que tous cps sainjts, étant arrivés à Ailes, y
noinmér^^ût s^iiit Trophime évoque. Cette
lii>loire rapporte qvie saint Denys y prêcha
aviM> un grand succès. D'un autre cùté, les
jtrj^rJitions de l'église dWrles mettent un
Ni it Denys. évoque, avant saint Troi*inme,
^e qui est ceriain, cest (jue de tous ces
^ii^u prédicateurs de FEvapgîle, ce fut
^ ■ ■ h rpii porta le plus avant la lu-
4 lou pui^qu i| yiijl iusqu à Pms.
l'oinôm de lui mainteûaiit en iftrticulier.
I
la^iOd
h
bans le itl' siècle» Hiîdmn. abbé de Saint*
Denys, entreprit de prouvir nii>. îT^^nupd^
Paris était le même que 5 iv
pagil s premier évêque <j ,, i-
ple de sainl Paul. Ce fui lui e-
tendit que le saint, après avoii ru- n^
avait porté sa tôte dans i^es mains, r
$ertions erronées passèrent de Pari^ h i j e,
de Rome chez les Grecs, i»ar M th i.js,
qui s ' fit la trompette d'Hilduin,
en Grèce, ayant traduit la Vie de
nys, composée par Méthodius, sa traiiu* nuii
fut reçue en France, et y donna un nouveao
poids aux faits avancés par Hilduîn. L'erreur
revenait h son point de départ, plus fortç
etpUi$ accréditée après ^es pérégr nations:
on croit facilement qui revient de loin.
Pour le premier point, sainl Denys FAréô-
pagile n*élail certes pas un enfant f^" î-'n"*
do smni Paul. Donnons-lui qu ^ n
ans. Comme, de celle épo p>^*
sainl Denys , évè ;ue de Pari s, \ s,
c'esl-à-dire environ Fan 2W, ><nj> f .n i^^i-e,
deux cents ans pétaient écoulés, vl 5*e>>au
que le saint A réopagite aurait ' vlesOQ
martyre, quelque ctiosf comin
mieux. Quant h ce fait^ qu
porta SI léte dans se*^ mains . 3
pil.ition, nou'i ne Fattaqaérous pas : no^i
abîindonnons celte croyance aux légendaii
qui veulent du merveilleux in tout prit,
qui sont portés h attacher d'autant plu< ..
mérite aux Actes des saints . qiills rejifrl^
aîenl plus de ctipses extraorainairt s. Tb ft
ces hommes h crovances acquis* >
les légendes nous disait que nos ^
étaient j>resque des sacrilèges, et i
la sanction des années avait pa
histoires des saints, nal n*avait 1
porter le Ûambeao de la diS<.:usMn»i
compte, bien dt^s choses seraient resl*
tïout, en vertu de celte autorité <I
qui feraient le désespoir de ce l -
Ce fut saint Deay$, qui, i>ar lui
ses disciples, fonda les églises <le Cfi
de Senli^î, de MeauXi et peu
Cologne* A Paris, il avait cuir
pomyre de personnes par 5<-
et par ses miracles. Il y avrtit
gé» et y avait bâti une «' -
p'y en'avait pas eu. No .^
était cette église, qui fut proVat^i'
jiée avec le^ aulres. en Fan 303. <
la Vie de sainl M-^rcel nous dit qu ^
pas éloignée do la Seine. T*î"n ^ •
nant. puisiiue Fanciep 1*;
jnent grau|Je autqur d'' "
Les Actes de saint D ut
quune persécution viuicnu- > ti
tout à coup, les persécunjurs,
partout les chrétiens dans Fdci
prirent sainl Denys à Paris, avec
lique, prêtre, et sainl Eîcn'' ^
Dans la (confession qu'il
tous trois demeurèrent
avoir subi plusieurs supi-
celui des fouets^ fis «
D'açrès Adon> Iç jug^ ,
nommait FescénnmUs. 'L*auleur
j
^
î^aint évoque dit goe les corps des trois
fSt'^î'^^s furent jortés pour Ctrc y^iés Ûnr\% la
î^ 1 que ce fut uoe feiiirno rhr^li*"nne,
Il CntuUn, qui, ayaal trouvé iViov^n
ti'en quils le fussent, les enterra
hn \ .inùtiù. ils avêifenl él6 décapités.
1 de Paris prétend qu avant leur
fc. ..- » V mortjre» U-s saints avaknt été em-
' risonnés au Heu noramt'^ Saint-Denjs de
Châtre- Les fitièles y élèveront une dm-
lle. Saiiite lieneviè^ e obtint par ses exhor^
aliuns, qu'on y conslruisit une (5glise, aui
lut élevée sur les ruines de la chapelle. Elle
l;iil desservie par une commuitauté qui
)éissait à un alïbé.
Dagùbert, qui mourut en 638, ût bAtir
i*abbaye de SaÎMl-Denys, où nos rois eurent
ji louglenips une sépulture pjotégée par le
respect religieux de tous. Les reliâmes dii
saint Deiiys, de saint Huslique et de saint.
7;i-..nu;....\ /^tni «ml gardées avec grande vé-,
I arriva cette époque de t**r-
rr--u> uu upiu IL- «|ui était saint et respectable
était piofanét quand oa vola le trésor de
Vabbr^ye, k^ ruliqut\s furent sauvées pardom
Warenilot, religieux de Saij,vl-X>envs, cl ca-
^clié s pi>' lUiiU. Depuis, en lTJî>i elles
vent d^ dans réalise i^iroissiale de
int-Den>s. Le 20 mai 1819, tlîes furent en
nde poulpe Innsférées dans lé^lise de
me abbaye, où elles soat encore dans
sses de bronze doré.
L'Eglise fait la fête de saint Denys le 9
^..♦..1.,.,. j?j| ^y^^,\ temps a-t-il soulTert?!! est
i !de de le préciser. t>pendant il est
lif'^-pn.ibablé que sa mort fut une consé-
uener? de la peTséculion d'Aurélien, Elle
Vtvoir \\Q\î de 273 à 275. On lait h celte
une ybieetion : on dit que saint D nys,
ce cas, devait èlre foi l âge. 8*il avait
_ m quand il arriva en Gaules, en 2'i5,
IH Pliîlippe, cela ne fanait encore que 7iï
ns environ. If y a nombre dlinrnnies qui
ivenl audt^lf^. Dans le Martyrologe, les noms
e sainls morts h cet Aye, ou même à uo t^^e
blus avancé, ne sont pas rares.
^V^'^UTianl, en quel lieu les saints furent-
1 ivri.-és? Leurs Actes portent que les
î rs, ayant ordonné de jeter m s
C lihls dans la Seine, de peur que
r^ i hreiiens ne leur rendissent les honneurs
a'ils avaient coutume de rendre au\ mar-
rs, Catulla, femme chrétienne, fit faire
»ntîe chère aux soldats chargés d'exéruîer
Ire, tandis que ses gens enlevaient de
.us les bateaux les corps des saints. Ils
lient qu'elle les fit enterrer dans une
ç}e terre prête à semer, et sur laquelle
rua aussitôt, [>our qu*on ne pût pas
iaitre h' lieu oii on les avait mis. Ces
Jes disent que les saints fuient ent«*rrés
du Ii(*u bù ils avaient été niartyrisés*
►'après cela, s'ils sont exacts, it est eertaui
lue ce nt- fut pas, que ce ne nul pas être h
r^fiâ. Pour nous, il est probaule nue ce fut
t;..,. r:'^; . Trouve TBhbaye de Saint-De-
î rmus ne le voudrioris pas
aiujmer. Quelques -uns ont prétendu que
DEM
7W
c'était ît Monlmartre. (Vay. Farlide Muht-
DENYS (saint), martyr, eut la gloire do
verser son sang pourra confession de la
ftfd. Son martyre eut lieu à Césarée, en Pa-
lestine, fiOMs'le président Urbain, dans là
persécution de Dioclétien. Il eut |iour com-
jrajj;Mi>ns de son martyre, saint Timoiaùs,
snint Pauside, saint liomule, s int Alexan-
dre, saint A^ape et un autre saint Denvs*
L'Eglise honoré la mémoire de ces ^aibts
martyr, le 2'j^' mars.
Dl^NYS (saifil), tnartyr, fut martyrisé au
môme lieu et dans lesmiUies circtnslances
que fe saint pn cèdent. (Fo>/, ci dessus.)
DENYS D ALEXANDKIÊ (samt), est Tun
des hommes les filus éminrnts <|ui aient
paru d^ius TEglise. Saint Basile et les (irees
lui don. entio titru de Grand; saint Atliauase
ra[>;ït'!le le do leur de Tl^i^Use catholique. Il
najuit a Ah^sandrie, d*une famille consi'ié-
r.ible par sa f'«itune et par ^a noblesse; du
mo ns cette opuûoji est la plus probable.
Quelques-uns ont [iréiendu qi'i! était du
pays de Saba. On esi fondé h croire qu il lut
marié, et qu'il avait des entants. L'un d'eux
se Douunait Timothi^e. Saint Denys était ev-
trôreeiuent éruJit* tiès-v^T é dans les scien-
ces pn/lanes. Lr^s écrits qui nous rc'-teut de
lui pmtent remprt^iute d un géuîe vaste et
prufiUid , en même temps (|uils montrent
betuu'OUf^ d érudition. Il y a iieu de tioire
qu'i fut élevé en dignité dans sa ville' natale,
Ijrohnbleuient da» s ïe> finances ou dai.i» la
raagistralîHv. Sa i'auii! e et. it (ïaienne; lui-
même fut païen pendant lonf^letujis. Il dut
de n<* pMS I être toujours h une heureuse
qualité d'esprit dont Dieu l'avait doué : dési-
rtnix de s iiisn-aire,il fais it ce qirtni nonmie
aujourtiljui de recelée» i«me. à\ nsait sans
prévention tous les l vrrs qui lui tombaient
«nlri^ les mains, quels que tussent leurs au-
teurs , de tmelque école quils vinssent. H
Inmva, en lisant les Epitre^ de saint Paul,
une ^atisraçlion qu'aucune autre lecture ne
lui avait donnée; il fut |'rofon«iéuient toucîié
des vérités <iUe traite le grand aputre, el de-
manda h devenir chrétien. L'évéque Démètre
le bafslisa, après qu'il se fut fait instruire. Ms
que Denys eiUgoiYté les douceurs delà religion
chrétienne, il rïe songea filus à autre chose
ea re monde. Il vùu)ut,i)Our entrer tout entier
dans la voie de Dieu, renoncer aux ilignités,
aux bon*>euïs,aux avantages de sa uaissanco
et de sa fortune : il échangea, en un nio, les
avantages qu on envie tant ici-bas contie les
trésors que la foi donne à ceux qui i^uivent
Jésus-Chiist. Origène était h la léle de 1 école
des catéchf'ses d'Alexandrie, où sa science et
son génie jetaient le plus vif éclat. Denys
devint son disciple. BtentAt le disciple devint
une des gloir s de cette école si feCOt/de O'i
grnids hommes. Quand Héracle, à qui, eu
â'îi, Origêne avait laissé le soin de spn école,
fut promu Tannée même h la dignité d'évô-
aue d'Alexandrie , ce fut saint Dt-nys qui fut
cliargé des eatéclièses à sa place. Il demeura
dans cet emploi durant seize ou dix-sept ans^
Suivant la cbroûique orientale, Héracle, qui
m
DEN
faisait le plus grand cas de ses talents et de
sa yertu. Je fit son vicaire, et le chargea de
jager les fidèles qui s'adresseraient a lui.
Denvs avait été promu à la prêtrise. Le k ou
5 décembre de ran 3^7, Héracle étant mort,
il y eut une vacance d'un an , après laquelle
Denjrs fut élu pour lui succéder. Ainsi, c'est
à la fin de 248 qu'il dut être élu. Dans une
autre partie du monde chrétien , la même
année voyait aussi la promotion à Tépiscopat
d'une des illustrations de l'EsUse : saint
Cyprien était nommé évèque de -Gartha^e.
Le siège d'Alexandrie étendait sa juridiction
sur toute la Libye : c'était donc un des plus
importants de la chrétienté. Avant saint
Denys, il y avait eu douze évèques sur ce
siège.
Au moment où il fut mis dans ces saintes
et importantes fonctions, l'Eglise, sous le
règne de Philippe, jouissait d\]ne paix pro-
fonde. Ce prince favorisait extrêmement les
chrétiens, et il semblait oue rien ne dût ve*
nir troubler la quiétude dans laquelle ils ae
reposaient enfin, après tant de combits sou-
tenus, de persécutions endurées. Maïs tandis
que le reste de TEglise était en paix, et que
la persécution ne commença pour elle qo a-
vec les édits de l'empereur Dece, Alexandrté
fut tout à coup atteinte par une violente
persécution. Le point de départ en fut une
émotion |)opulaire. Le peuple se souleva
contre les cnrétiens, et, la faiblesse des ma-
gistrats y prêtant, les chrétiens furent vio-
lemment persécutés. Ce fut au commence-
ment de 2(^9, ou au moins à la fin de 2M,
2ue ces événements se passèrent. Le saint
vêque d*Alexan«Jrie eut du moins la conso-
lation de voir ceux qui furent l'objet direct
de celte persécution, sainte Apolline et beau-
coup d'autres, demeurer inébranlables dans
la foi, et donner généreusement leur vie pour
Jésus-Christ.
Après cette violente bourrasque, l'Eglise
d'Alexandrie eut quelques moments de cal-
me ; les persécuteurs en étaient aux mains
les uns avec les autres. L'empire changeait
de mattre : Dèce montait sur le trône a it
place de Philippe. On sait que le premier
soin de ce cruel empereur fut de l^nctf^
des édits de persécution. Aussi le calme de
l'Eglise d'Alexandrie dura peu, dit saint De-
nys : a La crainte de toutes sortes de ri-
f;ueurs, dont on menaçait l'Eglise, succéda à
a douceur dont elle jouissait sous le règne
précédent, qui lui avait été très-favorable. »
Aussitôt arrivèrent les édits impériaux. Voici
comment saint Denys raconte ce qui lui est
personnel dans cette persécution. Nous co-
pions textuellement :
« Dieu connaît le fond de mon cœur. Je
parle en sa présence, et il sait si j'avance
quelque chose contre la vérité ; mais il est
certain que ce ne fut pas de mon propre
nitmveme U que je me résolus de prendre la
fuite et de me cachor, mais par un sentiment
intérieur, qui me Ut connaître que c'était la
volume de Dieu. C'est donc la vérité pure,
que redit de l'empereur Décius venait à
osa Ttt
peine d'être publié, que le préfet Fabien e!i-
voya un solaat à mon logis, avec ordre de
m'arrêter. Je l'y attendis quatre joars «•
tiers; cependant il parcouraiL les chemios,
les champs, les rivières : en un mot^ il n j
eut aucun endroit qu'il ne visitât, dans li
pensée oue j'aurais pu m'y être mis à coo-
vert de la recherche qu'on faisait de dol
Hais Dieu l'avait frappe d'aveugdeoient, iSn
qu'il ne pût jamais lui venir dans l'esprit
que j'eusse voulu y rester dans un temps de
persécution. Enfin, le quatrième jour étaot
nasse. Dieu m'ordonnant de ma retirer ail-
leurs, et m'en ayant, contre toute espéranoe,
ouvert la voie d'une manière toute miraci-
leuse, je sortis de chez moi, suivi de ma
domestiques et accompagné de çlusieondM
frères. L événement fit assez voir que {'mit
été là un coup de la Providence; car daasia
suite nous ne fûmes pas tout à f^it inutiles à
Quelques personnes Nous n^étions pas fort
loignés, et le soleil se couchait, forvp
nous tombâmes entre les mains des pané»
teurs, qui nous conduisirent à Taposin:
mais Dieu permit que Timothée, qui ne i^
tait pas rencontré avec les autres, ne flM pa
arrêté. Etant donc allé quelque temps apns
à mon logis, il trouva qu'il était abandoâad,
qu'il y avait garnison, et que nous étMi
Sris Alors, tout troublé, il se mit a ftairaa
iligence. Un paysan le rencontra, et liî dr*
manda ce qu il y avait et ce qui ^
l'épouvante qui paraissait sur wm
Timothée le lui conta. Le paysan
une maison où se faisait une noce ioA^
était prié (ces sortes de réjouissances duRfll
d'ordinaire toute la nuit), et il raconta an
convives ce qu'il venait d'apprendre. Geui-d
sortirent de table tous ensemble, coorareit
au lieu où j'étais avec ma suite» y entrireat
en criant, et nous pressèrent de sortir. Us
soldats qui nous gardaient s'enfuirent aussi*
têt, et ces bonnes gens nous trouvèrent caa-
chés sur des lits sans garniture. Je les fris
d'abord pour des voleurs, et, demeurant m
Mb lit, nu, en chemise comme j'étais, je
IWbrésentais le reste de mes habits, qà
mimn auprès de moi. Ils me dirent di m
feVèr et de sortir au plus rite. Alors, com-
prenant pourquoi ils étaient venus, je eoBi-
mençai à crier et k leur dire : Retirei-voiis,
je vous supplie, et nous laissez; ou, si vœs
voulez me faire plaisir, prévenez ceux Ojsi
m'emmènent, et coupez-moi la tète. Tanos
S[uc je criais ainsi, ils me firent lever di
orce; je me jetai par terre, à la renversa;
mais ils me prirent par les pieds et nrkl
mains , et me traînèrent aehors. Gains ,
Fauste, Pierre et Paul me suivaient ; ils wê
portèrent hors de la ville, me firent moolsà
poil sur un Ane , et m'emmenèrent. » (loi-
nart, l'aveu, page SOS.)
Etant donc ainsi échapppé malgré loi dis
mains des persécuteurs, saint Deaj^ se lo-
tira, avec Gains et Pierre, dans un lien àtmti
de la Libye, à trois jouis de marche de IM*
toine, ville de la Libye marmarique. H resli
dans cette retraite iusqu'à la mort é» Dèesi
ou au moins jusqul la fin de k j
Ce fut à& là qu'il écrivit à Domice et k Di-
dyme. Nous en copioos un fragment :
« Au reste, il est inutile de vous marquer
ici les nom? de nos martyrs; ils sont en trop
graofj norahre, et aucun d'eux ne vous est
connu. Il sufTit seulemeol que vous sachiez,
en généraU que» sans qu'on eôt le moindre
égard ni à FAge, ni au sexe, ni au rang, on
tourmeota inditréremment les hommes et les
femmes, les jeunes gens et les vieillards » le
soldat et le bourgeois; que (oui éprouva la
rage des nersécuteurst et que les fouets, le
fer et le feu furent mis en usage contre les
fidèles. 11 s'en est même trouvé quelques-
uns de qui Dieu n'a voulu recevoir le sacfî-
1 fice qu'après les avoir longtemps exercés, le
i suis de ce nombre , et il dinère jusqu*ici
) d'wccepter le mien : ce sera lorsque sa provi-
ï dence, qui seule dispose des temps, en aura
I marqué le moment ; mais je suis sûr qu'elle
choisira celui qui est le plus avantageux
f>our moi, suivant cette parole du Seigneur :
e rous ai exaucé dans le moment favorable,
et je suis venu h votre secours au jour de
grAce et de miséricorde-
« Mais puisque vous souhaitez particuliè-
rement savoir ce gui nous regarde et Tétat
présent de nos affaires, je vous l'apprendrai
volontiers, II n'est pas que vous n'ayez su
de quelle manière des paysans de la Maréote
nous arrachèrent, malgré nous, d'entre les
mains de quelques oûiciers de justice qui
ûous conduisaient en prison, Nous étions
cinq : Pierre, Caïus, Paul, Fauste et moi.
Les deux premiers ne m'ont point quitté, et
nous nous sommes tous trois retirés dans le
fond d'un désert atfreux, à trois journées de
Pareioine.
« Cependant Maxime, Dioscorc, Déraétrius
et Luc us, tous quatre prêtres, se tieinent
cacbés dans la ville, pour assister les frères
dans cette conjoncture. Faustin et Aquila
n'ont pas cru devoir s*y renfermer; mais,
sans craindre de s'exposer au grand jour, ils
parcourent toute l'E^^ypte, A l'égaid des dia-
cres, ils ne sont plus que trois que la conta-
gion a éfiargnés, savoir : Fauste, Chéréaion
et Bosètle; Eusèbe, dis-je, que Dieu a telle-
luenl fortiûé dès le commencement de la
persécution, que, méprisant les périls où son
xèle l'expose, *l ne cesse de 1 exercer tant
envers les confesseurs prisonniers, auxquels
il rend des services assidus, qu'envers les
saints martyrs, dont il prend soin d'enseve-
lir les corps* Car le préfet ne fait grâce à
tucim de ceux qui tombent entre ses mains,
ôlani cruellement la vie aux uns, faisant
éprouver aux autres les rigueurs des tortures
lej plus horribles, et exposant les autres à
foutes les horreurs des cachots les plus noirs
et les plus infects; il en a fait môme soigneu-
sement garder l'enlrée par des soldats; mais
Dieu se rit de la cruauté du tyran, et, pre-
nant pUisir à tromper sa vigilance, il donne
le moyen à la charité des tidèles de s'insi-
nuer dans ces lieux atfreux, et il y fait en-
trer avec elle la consolation, et divers soula-
geoienis aux peines qu'on y endure* » (Kui-
narty tfrid., page 306.)
* Be retour à Alexandrie, il fut instmit du
schisme que Novatien avait fait contre le
pape Corneille. Cet hérésiarçpie, qui s'était
fait nommer pape, écrivit à saint Denys^ pour
lui dire que sa promotion avait été faite sui-
vant Ir's règles. « Vous devriez, lui répondit
saint Denys, tout soulTrir plutôt que d*exci-
ter un schisme dans l'Eglise, Mourir pour la
défense de l'unité de l'Eglise est aussi glo-
rieux, et même selon moi plus glorieux, que
de refuser, aux dépens de sa vie, de sacrifier
aux idoles, parce qu'il s'agit alors du bieo
général de 1 Enouse de Jésus-Christ, Si vous
ramenez vos frères à l'unité, vous réparerez
votre faute, vous la ferez oublier, et vous
mériterez de justes éloges. Si vous ne pouvez
gagner les autres, vous sauverez du moins
votre âme. » Plusieurs fois le saint évôquo
écrivit aux membres du clergé de Eome» aux
confesseurs qui avaient eu le malheur do
suivre Novatien, les exhortant à rentrer dans
le setn de l'Eglise. Ses elTorts furent couron-
nés de succès t avant une Tannée s'écoulât,
les confesseurs renoncèrent au schisme. No-
vatien, non-seulement schismatique , mais
encore auteur de plusieurs hérésies, préten-
dait qull était certaines fautes que l'Eglise
n'avait pas le droit de remettre. Saint Denys»
pour protester contre cette doctrine déso-
lante et cruelle, donna Tordre, dans tous les
lieux soumis à sa juridiction , d'admettre
tous les mourants à la pénitence. Saint De-
nys prémunit contre le schisme de Novatien
Fabien d'Antioche, qui paraissait incliner h
le suivre.
La persécution ne fut pas le seul fléau qui
vint éprouver le cœur du saint évêque : il
eut la douleur de voir périr une grande par-
tie de son troupeau par une peste, qui com-
mença en 250 et qui dura douze années en-
tières. Ailleurs, nous avons eu sujet de dire
qu'îi Rome, en un seul jour, elle enleva cinq
mille personnes. A Alexandrie, elle fut ex-^
ce>sivement cruelle. Dire les miracles qu'qc-'
complit la charité du saint évéque serait
chose impossible. Il se mul ipliait pour por-
ter des secours de toules sortes aux malheu-
reuses' victimes de celte désolation. Il sut
inspirer à son clergé et à un grand nombre
de chrétiens les sentiments dunt il était
animé lui-même. La charité ilt de nombreux
martyrs en cette occasion : beaucoup de
ceux qui se dévouaient au soulagement d*»s
malades périrent victimes de leur dévoue-
ment, et les couronnes qu'ils reçurent sont
cerlcs aussi glorieuses que celles des mar-
tyrs qui donnaient leur sang pour la foi au
milieu des supplices. Ce fut environ vers ce
temps-là que parut l'hérésie ûqs millénaires»
D'après un passage de TApocalypse, qu'ils
interprétaient mal, ils prétendaient que Jésus-
Christ deva't régner en ce monde pendant
mille ans avec les siens. Parmi ceux qui par-
tageaient cette singulière idée, il y avait des
gens de deux sortes : les uns prétendaient
que» durant ce règne de mille ans, ceux qui
seraient avec Jésus-Christ se livreraient *à
tous les plaisirs sensuels; d'autres, au con-
traire, prétendaient qu ils devraient se cou-
795
DEN
m»
7M
tenter des plaisirs spirituels. Saint Denys ré-
futa les uns et les autres. 11 se rendit à Arsi-
DotftOù il eut des conférences publiques avec
Coracion, le chef des millc^nairts. L'argu-
in ^ntation du saint fat si puissante, et telle-
ment empreinte de douceur et de charité,
que Coraci<»u et les s cns reconnurent qu*ils
avaient rnal interprété rEcriture, et ils re-
noncèrent à leur erreur. Après cela, saint
Denjs H'futa les écrils de l'évèque Ni^j:>os,qui
avait le premier donné naissance à 1 hérésie
des millénaires.
Si l'amour du saint pour les saines doctri-
nes étiiit grand, son amour pour la paix de
l'Eglise lY'tail autant. O i sait la grande dis-
pute qui s'était élevée touchant le ba|itômo
dts hérétiques. Saint Cvprien, et av c lui
\efi évêques d'Afrique et beaucoup d'évèques
d'Orieiit, pensaient qu'il fillaii rebaptiser
ce.iï qu« Tavaienl é é yar di;s hérétiques. Le
paie St'iint Etienne, avec le reste de l'E^'Irse,
soiilenait l'opinion contraire. La luited'îvenail
vive, animée : elle prenait mènie un caractère
d'aigreur déplorable : sa nt Firmilien avait,
dans une lettre, parié d\i |)af>e saint Etienne
dune fayon que Li chanté et les bienséauf.-es
auraient dn proscrire. Saint Denys voulut
meUro >a charité et ses conseils entre les
combattants. C'est à son intervention qu'on
dut e ne pis voir l'E^^lise divisée par l'ex-
communication que le pape Eiienne voulait
lancer contre ses adversaires. Saint Denys
lui écrivit, lui donnant à entendre que dans
la question pendante il était du même avis
que lui, mais qu'elle était grave, litigieuse,
et que Tau orilé de l'Eglise n'ayant pas pro-
noncé, il serait imprudent de condamner
trop vite ceux qui ne se rangeaient pas à sa
manière de voir. C'était un hommage à la li-
berté de discussion « t une prr^testation con-
tre l'absolut sme do l'autorité, en mémo
temps quun appel fait à la charité et à la
«xonciliation.il s'ag<ss<dt, du reste, d*inter-
dire ou du moin? d'excommunier à la fois
saint Cjprien et toute l'Afrique, les provin-
ces de Cilicie, de Cappadoce, de Galalie, et
plusieurs autres. Saint Etienne eut égard
aux représentations de saint Denys : la naix
de l'Eglise fut maintenue. Plus la.d l'Ec^lise,
dans un concile général, décida la question
beaucoup mi ux que ne l'eût pu faire un
coup d'autorité, oui, anrès tout, eût été,
avant la décision de l'Eglise, un acte d'arbi-
traire et de tyrannie murale. De pari et d'au-
tre, rirritatiou avait un peu banni la charité.
Honneur et gloire au saint évéque d'Alexan-
drie, qui rendit h la chiétienté un si éminent
service. Il continua son rôle de conciliateur
auprès de saint Sixie, après la mor de saint
Etienne. Quand il écrivit sa dernière lettre
au pape Sixte, touchant la question du bap-
tême, il était en exil.
Dans les jn-emières années de son rè-'ne,
TemiMTeur Valérien s'était montré très-fa-
vurabies aux chrétiens ; mais, en 257, ses dis-
iiusîtions avant changé, ou lit nar ^es ordres
heaucoup de martyrs dans 1 empii-e. Saint
Denys ccmfessa glorieusement la foi chré-
tienne. Mous le laissorous raconter lui-même:
« La nécessité o(i je me trouve de rappor-
ter ici de quelle m^inière la divine Prori-
dencH s'est déclarée en notre CuTeur pour-
rait me faire craindre de passer pour ua
homme [)eii sensé, si l'Ecriture sainte 09
me rassurait elle-même, en m*ap|irenaiit
qu'il ne '^ous est pas moins glorieux de pu*
blier les bienfaits que nous avons reçus de
Dii'U, qu'il est louable de couTrir d'un in-
violable silence le secret que le prince Diluât
confié. Je n'appréhenderai donc point de ren-
dre publiques les boutés que Dieu a eues
p(mr nous, et de me servir de c:*t aveu pour
me défendre contre la calomnie de GermiiD.
Je me pri'*se'nai devant le préfet Einilîen, ac^
compagne du prêtre Maxime, et des dUcres
Fauste, Eusèbeet Ch(^r'*mond. 11 t eut aoMi
un de nos frères de l'Eglise de ftome» qui,
se trouv.:nt nour lors en Egjnte, entra avec
nous dans la ch imbre de Vaudience. Aa
reste, le préfet ne me uit pas d abord : Oa
vous défend de tenir des assemblées ; cetta
défense eût été prématurée, et ii s'«gis5iit
auparavant d'un point plus imporCam.Car
eiiti:i il lui ét'iit assez inditréient que j'as-
sembbsse les ftdèles chez moi, ou dans lé-
glise ; le point essentiel consistait h uoos
empêcher d'être chrétiens. C'est ce qui obli-
geait Einilien à m'ordonner de roe dfeiatar
entièrement de la pro.ession que je faisais
du christianisme, dans respérahoe de tnir
les autres y reiioncer, dès qu'ils me le ter-
raient abandonner. Je ne fus pas lamteops
à chercher une réponse, et je dis oMtcmanl
au (gouverneur : Il vaut mieux obéir kitini
qu'aux hommes. Mais j'ajo-itai, en pteoa^
nn ton encore plus haut vi plus ferme* qae
j'adorais celui (]ui sihiI était Dieu; que na
ne serait capable de me faire cliaii|$Br de
sci. timeiils, et qu'on ne uio verrait point re-
noncer h l'honneur que j'avais d'étn'chré-
tien. Sur cette réponse, le g'iuvernear oon-
manda (lu'un nous conduisit à uu liaurg
nommé Céphro,qui est à rentrée du désert;
mais voici une copie de ce qui fut dit de
l)art et d'autre. Je vous Tenvoie telle qu'oa
'a extraite des registres du greffe.
« Denys, Fauste, Maxime, Marcel et Ché*
rémond ayant été introduits à Tandienoe, le
préfet Enn.icn a dit: Vous avez pu reoouQal-
tre par les entretiens quej^ai eus avec vous.et
[>ar tout ce que je vous en ai écrit» oombieti
nos princes ont lé»uoigné de boTité k vfitre
égard ; je v(*ux bien encore vous le redire: ib
font dépendre votre conservation et voM
salut de vous-même^ ; et votre destinée eil
entre vos mains. Ils ne demandent de vooi
qu'une seule chose, que la raison ezigeéi
toute |)crsonne raisonnable, c*est que vxas
aJoriez les dieux protecteurs de leur t9r
pire, et (pie vous abandonniez cet aain
culte Ni contraire à la nature et au bon sens:
narlc/, (pie diles-vous à cela? Je vouscnM
Te^i r t trop ben fait \h)ut vouloir répoodre
par une ingratitude injurieuse et horsJ'
saison aux témoignages que nos priuct»
veulent bien vous donner de Itrur démencri
et a IX ell'orts obligt^auls qu ils font pMf
vous rameuer au boa paîii. jpeAfS a n^
f
BEN
i^oTidu : Tout le tnonde n*a pas les niâmes
jflieui, elcbacu^i adore ceux qu'il croil Tètrc
i^vérilablemeat. Pour nous» nous n'en ado-
jrons qtxun seul, le créateur de loiUes chn-
Siis: et c'est celui-là môran, oui a donné
Tenjprre aux Irès-augustes Valerim et Gal-
Meu, Nous lui otlVous sans cesse des vœux
, our leurs pensonues sacrées, afin qu'il t\(-
[fermisse leur trône et qu'il ranûe heurt'Uï
leur rèiJ^ie. Eaiilieu a repliaué ; Qui vous
mpécbe d'adorer tout enscroble et nos ûUinx
1 le vôtre? Vous vojei ce que rordonnanre
porte. Il est dit que vous adorerez les
^ieux» c'est-à-dire tous ceux oui suut recon-
nus pour tels. Denys a répontlu : Nous n*en
doroas jamais au\ni seul. Le préfet Emi-
'en a repris : Je vois bien que vous êtes
es ingrats, qui abusez des bontus que U^s
rrir^ornijpj QH t pôur VOUS; UT eulétêment ri-
li '* vous permet pas de sentir comme
,Vi'u> ùt-vrie^ rhouDeur qu'ils vous font* Eh
^ lien J vous ne demeurerez pas davanta^^c eo
cette ville, et je vais vous euvojer à Céphro,
dans le fond 5^ la Libye. Ce ser^ là le lieu
de voire banuisseiueut, selon Tordre que
j'en ai reçu de nos empereurs. Au reslev
ue pensez pas y tenir vos assemblages, ni
aller Saire ros prières dans ces lieux que
TOUS nommez des cimetières; cela vous e^t
absolument défendu et je ne le pernieUrai à
personne. Que si quelqu*un a la téméiité de
contrevenir h coUe défense, et qu'il ne se
amnienlim lieu que je viens
1^ il sache qu1l s'attirera une
L lire, et il peut s attendre à une
Liiiion. Hetirez-vous et obéissez sans
ce qui vous est ordonné,
dune contraint, quoique malade,
^ partir sur rheure, et je ne pus obtenir
uo seul jour de délai. Mais, malgré les dé-
fenses du prtfet, les assemblées des fidcl s
/urent aussi fr/^queules à Alexandrie que si
y y eusse i5té prissent. 11 est vrai que j y étais
pféjseut eo espril; et, quoique absent df^
corps, je ne laissais pas de les exciter avec
UE?)
m
2uci
eu
t'
de ^
de succès à s assembler. Le
(JG notre evil devitU eu très-
'Uii>^ une Eglise nombreuse, formée
1^ oes chrétiens qui nous avaient
1 en naitiedeceux quiy at^couraicnl
.% endroits de rEg.vpte. Dieu voulut
j^en aussi nou* ouvrir une porte à ta prédi-
^^*îMi* *!,» son Evangile, car encore que les
^ de ces lieux sauvages nous j tas-
>^ jord des pierres, ils s adoucirent
1' dans la suite, et plusieurs d'entre
c î au culte des idoles pour
t lu vrai Dieu. Nous eûmes
jiaiion de lavoir fait connattre
[Lii ne Ta vait jamais connu, et d'à-
rcmierssemé la parole divine daiis
} qui jusqu'alors était demeurée en
it;be, MiJis, comme si Dieu ne nous eût cri-
ses là que pour y porter la lumière do
a fui, dès que nous nous fûmes acquUiés
de notre rnifiistère, U runi$ fit transporter
a II résolut de nous mettre
i^ .A.P ;,.cA^^ u ù pi»A« r.udes et ks plus voi-
de la Libye; et, pour cet eilet, il nous
fil tous venir dans la Maréote , marquant à
chacun sijn bourç, et me logeant avec ma
suite sur le chemin, afin de nous avoir des
premiers; car son intention était de nous
tenir comme d^ns sa main, pour pouvoir
s assurer de nous chaque fois qu'il lui en
prendrait envie. Lorsque J'apnns qu'on de-
v,iit Jïous transférer de Cépnro à CoHou-
thion j'en eu^ du chagrin; car quoique le
lieu nie fût plus connu, je primagiiiais n*y
devoir trouver ni chrétiens, ni gens socIa-
blés ; et je savais, outre cela, qu'il étu'l ex-
posé aux visites importunes des voyageurs
et aux «ourses continuelles des voleurs.
Mais les frères dissipèrent bientôt ces pei-
nes, en me fiiisant considérer que cet en-
droit était boaucotq> plus proche d'Alexan-
drie. 11 est vrai, disaient-ils, qu'il Cépbro il
se rassemble un ^rand nombre de chrétiens
d'Egypte; mais ici le voisinage d'Alexandrie
vous donnera le ph'iisir de voir vos amis et
les personnes qui vous sont les [dus chères.
Ils viendront I un après Tautre aux assem-
blées, comme dans w\ faubourg éîoigné, et
la chose arriva ainsi. » (Ruinait, Lol\ cH,,
p. 309.)
Que devint saint Dcnys, depuis le moment
de son eiil dans la Maréote jusqu'à la fin
du règne de Valérien '? Nous ne le savons
pas» Nms devons nous contenter de ce qu'il
dit de lui-même et de ce qu'il soniïrit, quand
il répond à Germain, évoque d'Egypte, qui
le calomniait, l'accusant d'avoir pris soin
de sa personne davaut/ige que de son peu-
ple , et d avoir fui durant ia persécutioa.
Saint Denys parle ironie] uement dans ce
passage, que nous transcrivons dans Eu-
jBèbe ;
t* A*;surément Cermaii peut se vanter
d'avoir souvent confessé Jésus-Christ, Il
peut faire, sans di*ute, une longue énu nie-
rai ton de ses soutTrauces, et dire de lui ce
qu'il iiout dire de moi, qu'il a été condamné
tmr diverses sentences des paie^is, que ses
uens ont été vendus publiquement, qu'il a
été proscrit, qu'oïi lui a ravi tout ce qu'il
avait, qu'il a qait:é Loules les digntésdu
sif'ile, qu'il a méprisé toute la ^Joire du
monde, qu'au lieu des amihiudissements
yu*il eût pu recevoir, s'il 1 eût voulu, des
gouverneurs, et des premières personnes de
la ville, il s'est vu menacé des dernières ex-
trémités ; qu'il a vu le peuple demander
nub'iquement son supplice, qu'il a couru
les plus grands hasards, qu'il a été persé-
cute de tout le monde, qu'il a été réduit à
errer de tous côtés, qu'il a enduré toutes les
n/'cessités et toutesleslaligucs imaginables;
en un mot, qu'il a éfirouvé tout ce que j'ai
soulfert du lem[»s de Dècc et de Sabin, et de
1,oul ce que je soulfre encore sous Emiliea.
Et oii a été Germain durant tout cela? Qu'a-
t-on dit de lui ? Mais il faut enfin revenir de
cet excès de Iblie où Germain m'a fait tom-
ber, et Jaisser racoater le particulier de tout
ce qui m'est arrivé, i\ mes frères qui en ont
connaissance. » (Tillemoot* tome IV, page
Les souffrances qu avait endurées saint De-
jn
MN
1»E0
m
nys, durant la perséculion, ravaient rendu
vénérable <^ui yeux de tout le raotjde. L*hé-
rétique Paul de Samosate lui-même lui écri-
vait qu il le respectait, h cause qu il portait
sur son corps les stigmates de Jesus-Christ.
Le saint évèque ne revint k Alexandrie que
quand la persécution de Valérirn fnl à peu
près entièrement éteinte, lors de la prise de
Valérien par les Perst^s, en 260. Mais il n'jr
vint pas ,pour y trouver le repos. Il fallait
qu0.jusqù'à la fin sou âme fût éprouvée par
la douleur, il fallait que son coeur saignât
pour Jésus-Christ. La guerre, la sédition, la
famine, vinrent désoler le troupeau du saint
évoque déjà si rudement éprouvé parla per-
sécution. En2t>l et 262, les habitants, divi-
sés en deux partis, h Alexandrie, se livrèrent
des luttes acharnées. Pendant longtemps la
ville fut occupée militairement par ces partis
opposés* qui tenaient Tun certains quartiers
et s y retranchaient, tandis que lautre fai-
sait la même chose dans les quartiers des-
quels il restait maître. Cet état de choses
défjlorables ne cessa entièrement que parla
mort de Macrien, quand Gallien devint maî-
tre de toute TEgypte, qui, sous Tusurpateur,
s*était soustraite à la domination de Rome.
Depuis lors jusqu'à la mort du saint évé-
que, la peste désota Alexandrie. En 263, elle
y sévit avec une eOVayatite intensité.
Au milieu des maîlbeurs politiques qui
vinrent frapper Aleianibie, noys avons omis
de signaler un événement qui, né de causes
minimes et ridicules en apparence, acqnit
des proportions désastreuses. Un domesti-
que d'un magistrat eut une querelle avec
un soldat |>our une chose futile ; mais on
Tarrôta et on le battit cruellement, sous pré-
texte d'injure faite au soldat. De là une émo-
tion populaire qui fit couler des Ilots de
sang, et de laquelle on profita pour immoler
un grand nombre de chrétiens.
Ce fut à peu près à celte môme époque,
que dans un concile qu'assembla saint De-
njs, Sabcllîus de Ptolémaide, qui avait dé-
daigné d'écouter les remontrances du saint
évoque, fut condamné pour avoir renouvelé
les blasphèmes de Praxéas, en niant la dis-
tinction des persoimes divines. Ce fut de
cette affaire que certaines personnes pri-
rent occasion pour accuser saint Denys de
nier la divinité de Jésus-Christ, auprès du
pape Denys, successeur de saint Sixte. Ce
Kpe en écrivit à Tévôque d'Alexandrie, qui
1 répondit pour se justitier, en établissant
que quand il avait dit oue Jésus-Christ était
une créature, il ne parlait que de sa nature
humaine. Alalheureuseraent il nous reste
peu de chose des nombreux ouvrages de
saint Denys, Nous n en avons plus que des
fragments, avec son épître canonique à Ba-
silide*
Peu de temps avant de mourir, saint De-
nys qu'on avait calomnieusement accusé
de nier la divinité de Jésus-Christ, la défen-
dit contre Paul de Samosate, évéque d'An-
tiocbe, qui Joignait au crime d'hérésie une
foule de vices iuus indignes de la sainteté
des foQctions dont il était chargé. Invité au
concile qui se t nt à ce sujet h Aoiioche, (
264, il De put pas s'y rendre. Son grand [
et ses infirmités Fen empêchèrent. Ma
réfuta les erreurs de Paul de Samosate,
plusieurs lettres qu*il écrivit è l'Eglise â\
lioche. Il finit sa glorieuse carrière à Alei
drie, en 265, après avoir été dix-sept ans i
la tète de TEghse d'Egypte* Sa mémoire vé-
cut longtemps parmi les habitants d^Ueiao-
drie. Elle y tut conservée par une é$
qu'on bâtit sous son invocation, mais
encore par Je souvenir de ses vertus et\
ses admirables écrits. L'Eglise fait sa f(tê le
17 novembre.
DENYS (saint), martyr avec saint PrifH
eu Phrygie, on ne sait h quelle date ni som
quelle règne. Ils sont inscrits tous deux §9
Martyrologe sous la date du 20 septembre,
jour auauel l'Eglise fait leur fêle.
DENYSE (sainte), confessa la foi sous le
règne de Hunéric, roi des Vandales. Hle
souffrit une cruelle flagellation, gui fit de
son corps une seule plaie. Au mihea de ses
horribles souffrances, s'aperceranl que son
fils Majoric tremblait à la vue de ses loi
ments, elle Tencou ragea, releva son coui
et raida à mourir avec constance. EUe '
terra, afin d'aller plus tard prier iur M
tombeau, et remercia Dieu de la grÂteqQ^
avoit faite à son tils de mourir poursoa w
nom.
DÉOGRATIAS (saint V, fui fait éfêfll di
Carthage en 45'*, après que celte fâleeut
demeuré longtemps abandonnée. Ce fut I
la prière de V'^dlentinien que Genséric ^
mit qu'on ordonnât un évèque pourF^pi
de cette ville* Notre saint était e^IrèmtÊ/â
Agé quand il fut promu à ce siège. îWii"
moins» il est dilhcile de croire qu'il ttUt
assez pour être ce Déogralias, diacre dtCr
thage et depuis prôtre, à qui saint Ai^is-
tin a adressé des écrits en\oi et mim^^^
avant Tan 400 ; car il aurait dû avoir ptisd^
qu^itre-vtngts ans h son élection, qui oesefi
qu'en l'an 454, le dimanche n edobm.
comme on le lit dans un manuscrit
Genséric étant abordé en Afrique awitoit
prise de Rome, les Vandales et les Mêum
partagèrent un grand nombre de capliis
qu'il en avait ramenés* Il arriva.sdOflliGOo-
lume des barbares, que les maris fareltséf»-
rés de leurs femmes, et les enfants dete«f»
pères, Déogratias, qui semblait n'âfair é^
fait évéque de Carthage que pour hoacftf
en cette occasion rEglise catholique vk si
charité, témoigne aussitôt combitm if éuil
aimé de Dieu et plein de son esprit etdti«
amour divin. 11 vendit tous les vases d'or«i
d^argent qui servaient au ministère des «•
tels» et que les catholiques avaient pu doe
ner après que les Vandales avaient pillé ^
richesses de TEglise, et il eoaploya le prii i
racheter ces captifs, afin de remeU
mes avec leurs maris, et rendre î
aux pères. Comme il n y avait jh
son assez grande pour conlenir
multitude, i! les relira dans dei
célèbres et fort grandes» celle dt
celle des Neuves. Le saint y aj
^
foettre tes p^crsonnes, letir y fit fournir des
lits et des paillasses, et régla ce que chacun
devait recevoir par Jour. 11 prenait un soin
particulier des malades qui étaieol en grand
nombre, h cause des incommodités de la na-
vjgAtioi et des soutrrances d*one si cruelle
serirjtude. Ce bienheureux prélat, comme
ne mère tendre et charitable, les visitait à
ute heure avec des médecios, et faisait don-
er à chacun en sa présence la nourriture
que le médecin leur ordonnait, après leur
avoir touché le pouls» Il ne se dispensait pas
même durant la nuit de cette œuvre de misé-
ricorde, et il se levait pour les aller visiter
l'un après l'autre dans leurs lits» et savoir en
quel état ils étaient» Il s'était consacré si ab-
solument à ce travail qu'il n épargnait ni
n corps accablé de lassitude, ni sa vieil-
sse déjà languissante.
Sacliarité excita Tenvie des ariens, qui,
ien éloignés d'en avoir une pareille, eu-
ent plusieurs fois la pensée de le tuer,
ieu se hAta de délivrer cette colombe des
angles de Foiseau de proie. II appela à lui
saint évèque après un épiscopat de trois
ns, et après qu'en ce peu de temps il eut
làil par son ministère de si grandes choses,
que. Si on voulait, dit Victor, les rapporter
en détail» on ne trouverait pas asser ae pa-
roles pour en décrire seulement une partie.
Les cjiptifs de Eome pleurèrent sa mort avec
tant de larmes, qu'ils crurent n'avoir Ja-
mais été plus abandonnés aux mains des
barbares que lorsqu'il s'envola dans le cieL
Le peuple avait un si grand amour pour lui,
un tel regret de sa mort, qu'il eût ravi
us les membres d'un si digne corps, pour en
faire des reliques, si, par un sage conseil on
ne Veut enterré secrètement. On trouve son
nom au Martyrologe romain le 22 mars.
JI mourut le 5*ianvier 458.
DERPHUTE ( sainte ), martyre, habitait
Amtde en Paphlagonie. Elle y souffrit le
martyre avec sa sœur dont on ignore ie nom^
sainte Alexandre, Claude, Euphrasie^ Ma-
done, Justine, Euphémie et Théodose, On
lure Tépoque où eut lieu leur mar-
re, L*Egiis0 honore leur mémoire le 20
ars.
DESAGE, religieuse Bernardine, fut guih
lotinée lc4 juillell79'»dans la ville d'Orange,
' DEUIL en Parisis, nom d*une petite loca-
le où, à la fin du ni* siècle, saint Eugène,
sciple de saint Dcnys, évoque de Paris,
t la couronne du'' martyre. {Voy, Eu-
_ÏVANT (le bienheureux), mi<iSîonnaire,
mourut dans les piîsor^s de Pékin pour la
fcî« en 1785. Il s'était livré lui-môme [Voy.h
article Chine età Farticle Mabtix (mint). La
.vaise nourriture, lus misères de toutes
^^ qu*i! eut h endurer dans les prisons
TPékm, où on le transféra, le firent mou-
r à Tépoquo que nous venons de dire,
iusi que M, Delpon.
DEY ENTtîU* ville des Pays-Bas, fut té-
moin des soulfrances quV endura le prêtre
Marc^Uin, en confessant Jésus-Christ et sa
fui.
D'HOLBACH (Paul-Tbierri, baron), natif
de Heidclshem, dans le haut Palalinat, en
1723 , vint très-jeune à Paris, se livra à Fé-^
tilde et fut successivement reçu membre des
académies de Saint-Pétersbourg, de Man-
heim, de Berlin. Riche et prodigue, mettant
son or à la disposition de ceux qui comme
lui s étaient voués à la destruction de la re-
ligion catholique, d'Holbach les reçut chez
lui durant quarante années. Trente ans du-
rant, il publiait régulièrement, chaque an-
née, un ou plusieurs écrits irréligieux. On
peut juger de ce qu'ils étaient en voyant
quelques-uns des titres : l'Antiquité rf/vot-
fie: VEêprit du clergé-. De l'imposture sacer-
dotafe ; La contagion sacrée ; Lettres philosa-
phiques sur i origine des préjugés: Les pré-*
ires démasqués; La théologie portative; La
cruauté religieuse; L'enfer détruit; f His-
toire critique de Jésus-Christ : Le système de
la nature. Tous ces ouvrages révoltants
sont dépassés par le dernier que nous ve-
nons de citer. L'auteur y expose l'athéisme
ie plus etTronté. Ce misérable mourut après
avoir épousé successivement les deux sœurs
avec dispense du saint-siége. 11 laissait qua-
tre enfants mariés. 11 finit en 1789, juste h
l'époque où la France moissonnait les fruits
de la semence philosophique déposée dans
son sol par d'Holbach et ses semblables. Il
est impossible à un homme de dire contre
les prêtres, contre la religion» contre Dieu
lui-même, plus d'abominations, plus d'hor-
reurs que ne Ta fait ce frénétique insensé.
DIAZ (le bienheureux Pierre), Portugais,
de la compagnie de Jésus, faisait partie de
la troupe de missionnaires que Fautre P.
Biaz et le B. François de Castro condui-
saient au Brésil, à la suite du P. Azavedo,
Un mois après le départ du Saint- Jacques ^
qui portait ce dernier. Diaï et ses compa-
gnons quittèrent Madère, afin de poursuivre
la roule vers le Brésil avec le reste de la
flotte. La tempête ayant dispersé les navires
de Tescadre, celui que montait notre bien-
heureux et ses compagnons dévia vers
l'île de Cuba, et à San-Iago on dut Taban-
donner, à cause de ses nombreuses avaries.
Les voyageurs trouvèrent une barque qui les
conduisit au port d'Abana, d'où un navire,
qalls y frétèrent, les transporta aux Açores
le mois d août 1571. Ils y trouvèrent le com-
mandant de la flotte, Louis de Vasconcollos,
avec le P. Biaz et cinq autres jésuites qui
les y avaient précédés. L'amiral, voyant son
monde si réduit, ne conserva qu'un navire,
el ils se rembarquèrent le 6 septembre 1511.
Bientêt ils rencontrèrent cinq vaisseaux de
haut bord commandés par le Béarnais Cap-
deville, calviniste, qui avait assisté à Tabor-
dage du Saint- Jfwques. Le combat ne fut pas
long, el les calvinistes s'emparèrent du vais-
seau catholique. Le bienheureux Diaz fut mas-
saci é, puis jeté à la mer (le 13 septembre).
François de Castro confessait le pilote au
momeit où les calvinistes montaient à IV
bord âge î il fut massacré. Gaspard Goes su-
bit le même sort. Le P. Michel, qui avait été
renfermé avec d'&utres durant la nuit danf
803 ^^
la cabine do Louis de VascAicellos, ayant
jel«5 un soupir que lui aiTacbait la blessuro
de son bras pendaot qu'on les lui ïml dor-
Tière lo dos, les calvioisles se saisiretU de
lui et le jelèront h la mer, avec le B. Fran-
çois Paul* Pierre Feroaud fut précipité Lga-
lerneiU daus les Ilots et fut noyé iirest^uc aus-
si l^'^t, avtiC Jt^au AUM'f ne saclwnt na^s^T ai
run m laotro. Alplïousu Feruaudez, après
s*(llre soutenu sur les (lots pcidarit [plusieurs
heures, sViifoiJi;a enfui vers uiinuit, en réci-
tant le Miserert mei, Bem. Al[)hons«^ André
Plus se noya ôt^aleuient» en prouonraut le
saint naui «le Jésus. Pierre Diaz fut é^^ale-
ment ooyé* Les autres compaunans de leur
martyre furent lacques Carvallio, Portugais,
et l'cruand Alvare, né aussi eu Porlugal.
(Du Jarrie, Jiistoin da choses pim itMémo-
rahks, etc., t. il, p. àOo. Tanner, Sodetas
Jesu mque ad muguinis et viiœ profusionem
militansy p. ilï ut 17T.J
1)1 A2, ne à Eoga, clans l*Adalousie, en
1712, était h Manille ea 17^6, L^évéque de
Maurioe-iste runiinena avec lui au Fo-Kieu
en 173S. Quand éclata fa persécution, en
17i6, il étaîl aveu cet évéquedans les envi-
rons de Fou-ngan, Le vie e-ioi ayant iouiniis
IViÛicier Fc/i à la recherche des nûssionnai-
res, celui-ci s y livra avec une activité que
redoublait sa haine contre les chrétiens. Ayant
fait doniiet la torlure à une servante, celle-
ci, vaincue par la douleur, le conduisit au
lieu où étaient cachés eivtre deux planches
Its PP. Seirano et Diaz. Il fut dans une joie
eitrôme de cette caplure, 11 dematiua à ces
deux missionuaires où était Tévéque* Tous
deuï gaixlèreul le silence. Le P. Diaz fut mis à
la toiture. Le 10 juillet après [plusieurs iuler-
rogatuires, ii fut conduit enehaiué du Fou-
hgan à Fou-Tcheon-fou, capitale de Fo-Rien»
à 21 lieues de distance de Fou-Ui^an. La
populace, qui suivait les charreUes bur les-
gndles on transportait les missionnaires,
iaisait entendre des malédictions et des in-
jures. De nouveaux juges ayant été nmn-
aiés, le P. Diaz fut mis à la torture deux
fois. Cette torlure était le Kia-koneiu Deux
fois il vi\M[ la bastonnade. Quand la seulenoe
qui le conda[unait à être étran^ilé eut été
ratitiée par le tribunal des crimes et sigréc
delVuipereur, on le scpiua de ses confrères
puur le mettre dans une prison bolée. On
lui marqua sur le visage, avec ui fer rou^jet
deux caractères chinois qui exprimaient le
fenre de supplice qull devait snbir, PuiS oû
étraui^la dans sa prison le 28 octobre 17^8,
DiDACE tiAltZIA {le bienheureux), luis-
sionnaire ïélé, ht un grand nombre de cou-
versions a Lima. Smi ^^and zèle fut e^use de
^ mort. Ayant repris iurtemciit plusieurs
indigènes des scandales qu ils douiuùent
publiquement , ses ennemis Tempoison-
jièreiU.
DIDACK BOTELLIO, frère de i ordre do
Saiul-Fra'içois, fut mis à niort en 1516 et
décoré par les Caraïbes de FAniérique du
Nord, ainsi que Salzedo Ferdinand et uu
autre religieux du mèiue oriUe, dojit nous
vittUMJCi^y^ ^u aoifi* (Fgotaud, It^^numetua I/o-
mitiicana, an, 1516, et Waddio5, an, lalô,
n" VO I
DIDEllOT (Dekis), fH^iTuii cont»1f*^^ ^«
Lances, naquit en cette ville en 171
parc'its lavai nt destiné h l'étirt ecc!t^^iu?u-
que. Us renvoyèrent h Paris pour y étu-
diLvr la théolo^jie, maiSp ne se sentant ms
de goût pour ce gen^e d'éti^des, il entra cnn
uu procureur. Cette partie ne lui
pas coovenn davantage, il résolut d»* ^>
entièrement au cnlle des Science-
très. Il s'adonna h la fois H la lin
la métaphysique, à la physique, à la mofâlt
et aux mathématiques, puis il dottnn tf^
leçons pour vivre et 01 des livres. Il
d'abordt des traductions d'ou^*^??-''^
puis, en 17W, Si^^ Pensées philosôpf i ti
attaqua:! avec violence la reliai m ^'i le*
Il fut, avec d*Alerabert, ie fon a-
teur de Vt^ncijctopédie : il y eu; «... .- .
inrvncemeut une très-grande part. En
nier lieu, il en fut le ^ ^^ * -a.i„ •. ...
chef. Il y travailla consi';
ne pouvant sufùre à rimmen -i-^
il y lit travailler beaucoup i W
s'inquiétait peu du mérite :
laborateurs. If lui sufllsait
mus j)ar les mêmes senliti
que lui : il prenait de toutes
cela, Diderot n'enrichissait pas J
de mettre en vente sa bibliatht' ^
rine, impératrice de llussif*, Fachela, à am-
ditiun qu*il continuerait k en jt^irî ^ èi fm
constitua une pension. Ayant ,'i
des arrérages de celle pension i,-., ,^. «^..
pas été payé régulièrement, elle liir en fl<
compter cinquante armées d un eouji, Kt^
rot alla en Kussie pour remercier SB hUitif
triée, et en fut partaitementar-- ''"\ B a'c*
pas à se louer de même de 1 % roiâc
Prusse, qui le reçut assez mai. iiiderot loott-
rut accablé d'inlirmités, en 1784.
Partout dans ses œuvres oti ^ niw
impiété éhoniée , une licence , ^
incroyables, iirimm dit de lui : « »,
louliers que je pardonne à lous
de ne rien croire, je pense qo'il eût
à désirer pour la réputation dû V
peut-être même pour 1 honneur rft? 5
cle, quUl n'eût point été athée. La p^ -
ofûniâlre qu'il se crut obligé de fctre à lïte^
lui lit perdre les moments le< "^'^'^ *'^^'*'^ *tn
de sa vie, p Tous les phd» -cm
époque fabandonnèrenL Le lui ue iiuîse
écrivait h d'Alemberl en 177V. « Il rabârte
sans cesse les mêmes choses... T
rais soutenir la lecture de ses
intrépide levleur que je sois. Il
ton sullisant et une arrogance q
ma liberté. » Ma r mon tel dit
lui dans ses Mémoires, « qu'il ,
fïages, mais qu'il n'a Jamais s
ivre, to Aujourd'hui on ne lit n
Di^ierot. Les esprits sérieux V
comme un mauvais philosrmîtf-*
ment porté sur lui cornu
bert, a reçu là s.T«rh%ri ,
EtceburtJ Uh '. ^^^
Qui pusse pour subiitut: ;i Éorc<; u cu«
8ÔB
mù
n
lu n
, Puisque nous citons Ueiix vers faits con*
Jre lui par le ijnnd crilique qui fusli^Ta si
cruellenie-H les philosoplu^s du Leai}*s, nous
citerons aussi deux ties yvvs de Diderot
kii-m^mc% dans sa pièce inlilulée Les Fu-
rieux de liberté:
El ses mains otjriîirjiirni: les erïtmîtles dti prêtre,
A défaut d'un cortlou. pour *itran*»ler les nm.
Ou voit i>ar celle ciUUiou h tjuel point de
vergonda^e futiimi descimdatent ces écri-
iris abnuiiha k'S. Bideiot tfst, comm ■ on
ul ]v voir, uu des plus luéritaiits |.aruii
" ouse baude d^eimemis acharnés du
istno.
ni), amr(|r, ri^çutla couronne
Alexandrie, m n s 1 a [>e r^ éc u t i < » n
fj Maximieo, 11 eut puur cuu)[»a*
son mai t) relessaiiils Fouïite, prêtre,
luiuoiie, Pliiléas, Hésyque, Pacôme, Thco-
ure, i5vt^queéj;ypliun/et six cent soixaMie
litres, dont malfieurcuseiucnt nous iunoroos
' î'"ujux fioais. L'Ej^Iise fail collective-
r Kle la 26 nuveiiibre.
Là^iii.a (saint), lecteur et martyr, était
itlaJié a l'église de Bcnévcnl. Ayant appris
''emprisouneiueut de son évéque saint Jan-
iii\ i( vint h Noie potir le voir. U fut ar-
■' ' îiié au i^uiiverneur Tiiuolhée,
i l'ayant reconnu jjour «[apaile-
r a buii 1.^1 ise, il fut condun h Pu-zzules
jflr ;ni\ b^Hes dans rainpliilluVUj'e, avec
]ue et ses compagnons d*^ caj>tivité»
Mux féroces n'ayant pa> voulu fairo
■ ceux qu*rni leur do:mait pour vio
. nnotbée 01 décapiter tous les Maints.
coros lie saint Didier fut porté à lieué-
. iVttti, Janvier.) L'Eglise lait la ï(}ie de
|t , avec celle de saint Janvier, Je
i... e.
(saint), évoque de Vienne et uiar-
Mrut our la confession de sa foi. On
quelle éçoque et dan.^ quelles cir-
Éirtucts* L'Ej^lîse honurc sa mémoire le
rrier.
)IEU (saint), évéque de Langres et mar-
fTt fut mis à mort par Ivs barbares en lan
Jésu5-l)biist 411, Sous le rè^^oe de Théo*
%ù U, ayant fail une invasion dans les
ps» ils s'emparèrent de la ville de l,an-
Cûnnne ils mari liaient sur ceite ville,
saîul évéque Didier viut au-ilevant d'eux
IVcc son cler^^é. Il espérait les lléeliir et ob-
jriir au'ils prissent en pitié son troupeau ;
y il fut massacré avec tous ceux qui 1 ae-
,'iaient. Saint Didier est Tobjei d'un
Irès-ferveot eu France, en Italie et eu
')VME (saint), martyr à Alexandrie, en
Taû de Tére cbrétienne 30't, sous renqûre
1^ î.oclétien. Didyiue était un jeune bomme
îeîo d'une foi ardente ei courageuse : sa
>0dufte U lit voir. Quand, en acromplisse-
lôDl des i'diis cruels lancés parie tvran,
'*utîèrefut livrée aux persécuteurs et
\h bourreaux, Alexandràe comme tou-
iours, ia-;iiste priviln^i- î eut sa piirt de en-
»miti*9. Eustralius Pi.culus, gouverneur,
Se uiuntta le dignti ex^écuteor de^ OjcU'OS
B\p m
baïtïares de ses maîtres. Il fit arrêter une
jeune vier^^o nunmH'e Tliéodore. ti*élait une
jeune tj.le remarquable par sa beauté, et ap-
partenant à Tune des famiïles \qs plus dis-
tinguées de la ville par leur fortune et Itur
noblesse. Comnie elle ré.^islait courageuse-
ment aux ordres que lui donnait ce suppôt
de la tyrannie, et qu'elle restait fidèle à sa
foi, il la condamna à subir k s outrages Oes
librilins et dis débauci;és, dans une dts
maisoiïs de i>rostitutîon de la ville. Dieu
[lourvut n*i salut d<' la saii.le jrune liile en
suscitant Didyrae. Ce jeune homme ne vou-
lut [as que la virginité de la servante du
Seigrieur fût plus longtemps en dauger, 11
s4iabil!a en soldat, prit une allure eillontée
et libertine, et eiitia résolument dans la
maison où elb* avait été conduite. Après le
lurmier mouvement dt* frayeur qu'eut Théo-
dure , Dio^nie se lit connaître îï elle, et lui
donna ses babds en échange dvs siens : à la
laveur de ce déguisement elle put s'évader.
Ceux qui la viieul soilir la ïirirent f^our le
soldat qui venait tl'enlrér: alors les déhau-
elles ([Ul attendaient au dehors eniièrei t et
fureid ex t reniement surf iris de remontrer
un tïumme à la plaee de celle qu'ds cher-
chùienl. Déjh ils criaient au prodij^e, quand
Dui)nie, avec un courage qu'on ne saurait
trop louer, leui dit sa tiéiércuîe sujierche-
rie. N cible et sainte victime de son dévoue-
ment aumirable, il fut pris par les persécu-
teurs el condauiné h la peine ca|>iiale. Il
allait subir Sun supplice, déjà la couronne
du martyre élail a^iprélée pour lui ; lange
qui porie les piésenls du Soigneur la tenait
iiuspendue sur sa tète. Dieu voulut qu'il eût
une autie rtcompciise et le monde un nou-
veau sujet d'ftdud ration. Tbéodoie quitta la
retraite oii elle était en sûreté cnntre les
reclierches des persécuteurs, et v nt s'of-
frn* aux bourreaux à l'endroit où son libéra-
teur allait verser son sang. Avec une i^éné-
lo-ité puisée dans la foi et dans la recon-
naissance , elle demande à mourir pour le
sauver , et otTre sa tète en érhango de la
sie'>ne, Didyine, heureux de donner sa vie
daris une si grande cause et pour un si saint
motif, veut que la jeune tille se retne : en
mourant pour elle, il meurt ptmr Dieu :
n'est-d pas trop payé du bienfait? Le ciel
ne se cbarge-t-il pas do la dette de la jeune
vierge? Qu'elle vive et qu'elle demeure
près do ses parents, dont elle est Tor^neil
et la joie; qu elle ne ravisse pas à son libé-
rateur sa couronne toute ^ réparée. Bientôt,
intercesseur pour elle dans le sein de Dieu,
il suivra avec amour ses pas sur cette (erre,
et» de concert avec fan^e gardien qui la
protège, d veillera sur elle du haut t}es
cieux. Ti-éodore, de son côté, iosisle : elle
veut sauver Didyme, Allez, nobles enfants,
Di€U vous regarde: vous ètesdigne;^ Tun do
Fautrc. La vierge sera Tépouse de celui qui
l'a protégée. Tous deux vhus allez iHre
unis dans la plus sainte alliance. Donnez-
vous la main, inclinez vos tètes, Dreu vous
attend dans son cieL Le festin nu])lia! est
préparé. Le bourreau les décapité ted^
M7
ME
deux. Leur tète arriTe le 28 avril. ( Tùy.
sainte Théodore.)
DIDYME, Tun des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte, et desquels Ruinart a laissé
les actes authentiques. Yoy. Martyrs (les
trente-sept) égyptiens.
DIDYME (saint), martyr, mourut pour la
foi à Laodicée en Syrie. Les compagnons de
son martyre sont les saints Diomède et
Diodore. L*Eglise fait leur fête le 11 sep-
tembre.
DIEN (Emmanuel) , néophyte tonquinois«
fut mis à mort pour la foi en Tan 1723, au
Tonquin, avec le P. Bucharelli, jésuite;
Pierre Frieu, Dao Ambroise, Philippe Mi,
Luc Thu, Luc Mai, Thadée Tho, Paul Noi
et François Kam, néophytes, qui mêlèrent
leur sang à celui du saint missionnaire.
DIEGO DE MONTALVAN (le bienheu-
reux ) , de la compa^ie de Jésus, coac^u-
teur, naquit au Mexique. Il fut envoyé par
le P. Louis Valdivia pour évangéiiser la
tribu des Elicuriens avec les bienheureux
Martin d*Aranda, Valdivia et Horace de Vec-
chi. Peu de temps auparavant, le P. Louis
Valdivia avait baptisé trois des femmes d*An-
ganomon, cacique des Araucanos. Ces fem-
mes s'étaient évadées avec leurs enfants,
tout jeunes encore, et réfugiées auprès des
Espagnols. Anganomon les ayant réclamées
en vam, résolut de s*en venger. Ayant appris
le départ de nos trois missionnaires, il les
suivit avec deux cents cavaliers et fondit sur
eux au moment où ils faisaient leur pre-
mière exhortation aux Elicuriens. Ils furent
assommés à coups de massue, percés de flè-
ches et eurent ensuite la tête tranchée, le ik
décembre 1612. D'autres auteurs prétendent
qu'ayant été liés à un arbre pour être écor-
chés vifs, on leur arracha le cœur, et qu'ils
furent achevés à coups de massue. ( Tan-
ner, Socittas Jesu usque ad sanguinis et vitœ
profusionem miiitansj p. k6k.)
DIEGO ORTIZ (le bienheureux), profès
du couvent de Saint-Augustin, à Seville,
naq^uit 5ur le territoire de Madrid. Ses su-
périeurs lui ayant reconnu un grand talent
pour la prédication, le joignirent à plusieurs
autres reli^eux qu'ils envoyaient au Pérou.
Notre bienheureux fut chargé de la direction
du diocèse deCuzco. Après y avoir travaillé
Îuelque temps, on l'envoya dans l'île de la
uiia, dont plusieurs de ses féroces habi-
tants se convertirent. De là Diego vint dans
la mission de Vilcabamba, où il devait su-
bir le martyre. Us convertiront le prince du
pajrs. Deux d'entre les principaux indigènes
qui venaient de recevoir le oaptême, tirent
entendre à l'Inca que depuis qu il était chré-
tien l'amour de ses sujets se refroidissait.
Le prince resta indécis et ne se déclara pour
personne. Forts de ce silence, les idolâtres
IK)ursuivirent les missionnaires. Le P. Or-
tiz se cacha. L'Inca ayant découvert sa re-
traite, le fit venir et l'entretint longtemps,
sans néanmoins l'instruire de son apostasie,
que notre bienheureux connaissait. Sur ces
euirefaites le prince vint à mourir. P^utr-
ta m
être futril empoisonné. Quoi qa*il en soit«
le P. Ortiz fut accusé par ses eniieoiis de
ravoir empoisonné. Il souffrit les plus grands
tourments et fut soumis aux outrages les
{»lus sanglants. Les idoUtres eiigèrtut de
ui qu'il célébrât la messe pour obtenir ii
résurrection de l'Inca ; il le fit, non dans le
but cherché par ces hommes cruels, mais
afin de prier pour eux et pour obtenir lui-
même le pardon de ses péchés. La mesM
étant achevée sans que le miracle exigé M
obtenu, il fut accablé de coups. Ensuite oi
lui perça les joues et on y passa une cmd»
en forme de bride pour le promener pir h
ville pendant trois jours de suite. 0 M
exécuté sur la fin de 1569 ou au i
cément de 1570.
DIGNE (saint), reçut à Rome la
du martyre avec sainte Emérite» sons Fea*
pire de Valérien et de Gallien. On vanqm
de détails authentiques et circonstanciés su
leur sacrifice. Leurs reliques sont adaellfr-
ment dans l'église de saint MarceL EBe$
sont inscrites dans le Martyrologe roan»
à la date du 22 septembre.
DIGNE (sainte), martyre à AugsbonR m
90ky sous lempire de Dioclétien, était fmê
des trois servantes oui étaient attaefaéeil
la maison de sainte Aire, fille publkiiiedfli
cette ville, et qui mourut i>our la foi au cas-
mencement de la persécution. Ces tro0«^
vantes faisaient le même métier qÊt leur
maîtresse. Elles la suivirent danssoatriomr
phe. Comme on peut le voir en lisul Vei
actes de la sainte, elles furent brûlées vivci
sur son tombeau avec sainte Hilaria, a
mère. L'Eglise célèbre leur fête le SaolL
(Yoy. Afrb.)
DIGNE (sainte), fut martyrisée àCordooe,
sous la persécution d*Abdérame U. CcOi
religieuse, du monastère de . Tabane qae
gouvernait Elisabeth, se présenta elle mimn
au martyre. Peu de temps auparavaot, tDe
crut voir en songe sainte Agathe qui, teont
des lis et des roses, lui en donnait uae d
rengageait à la suivre. Depuis ce jour, eUa
désirait ardemment le martyre; si Iriet
3 n'ayant appris celui du prêtre Anastise H
u moine Félix, elle ne put attendis diraii-
tage. Ayant ouvert secrètement sa dttmt,
elle se rendit en toute hâte à Contooft ^
demanda hardiment au cadi pourquoi 1
avait fait mourir ses frères, qui ne so»*
tenaient que la vérité. Elle ajouta sa pi**
fession de foi et des malédictions contre h
fausse religion, et le cadi lui fit aussitôt c»
per la tête et pendre le corps par les pieil
avec les deux autres. Ces trois martyrs soi^
frirent donc le même jour, le ik jnin« èi«
891, qui est Tan 853. Le lendemain, BémMb
femme avancée en âge et d*une grande piél4
souffrit le même martyre, et TJ^Iise bonoit
ces quatre saints le jour de leur mort. LMf
corps furent brûlés quelques jours après tf
leurs cendres jetées dans le fleuve. (Fof.FlB-
sÉGLTioNs des Musulmans.)
DIJON, Divio ou Dibio, actuellement chef
lieu du département de la Çôte-d*Or. Ce M
dans cette ville que saint
DIO
ïe saîm Polycarpe, et l'un des apôtres des
»au]es, fut martyrisé sous le règne de Tera-
Breur Marc-Aurèle. Ce saint n'y était que
ïepuis peu de temps. (Voy. son article*)
DIOGLÈS [saint)» niarlyr» versa son sang
en riionneur de Jésus-Christ avec les saints
toèJ, î^ervile» Félix et Sylvain. C'est en Is-
rie que ce martyre eut lieu. Nous ne sa-
fous pas d'autres détails sur ces saints. L*E-
Jisc célèbre leur mémoire le 2i mai,
DIOCLÉTIEN (saint) , était dans les pri-
>ns d'Asie pour la foi chrétienne , (juand
Piaien, proconsul^ fut miraetileuseuient con-
p;erli par les saints Anthime et Sisinne. 11
fiai avec lui à Home et logea dans sa mai-
n, ejornme tous les confesseurs qu*il avait
I sortir de prison. Obligé de se retirer
lis une des terres de Fini en , à Osme ,
ns la Marche d'Anctae , pour éviter ïa
rsécution , il y fut martyrisé en 290, sous
ioclétiea , empereur , avec les saints Si-
iûne et Florent. Tous les trois ans les
IIS du pays offraient h un démon célèbre
sacrifice. Ce démon ayant déclaré qu'il ne
ndrait plus d'oracles à moins que Sisinue,
Dioctétien et Florent ne sacriiiassent, les trois
saints furent pris et, sur leur refus d'oilrir
des sacriiices aux faux dieux , lapidés par le
peuple. Les chrétiens retirèrent leurs corps
Se dessous les pierres et les enterrèrent près
<iu lieu où ils avaient été martyrisés. L'Eglise
honore leur mémoire le 11 mai. (Voy, Luciî«e,
Anthims, iirétre.)
DlOCLÉTiEN ( Valerim J ovins Âurelius
iodetianus} , empereur romain , naquit à
clée, villiMle Balmatie» en Tan 245. Sa
ère se nonmiait aussi Dioclée; probable-
ent à cause de cette double circonstance,
lui donna Je nom de Diodes, qu'il chan-
ta , devenu empereur, en celui de Dioclé-
en. Son père était greffier ^ suivant les uns;
uiraol les autres , sa famille n'avait pas
même celte illustration , car il naquit dans
l'esclavage. De bonne heure il entra dans le
iBéiier des armes ; c'était alors le métier par
excellence; tout était à la discrétion des mi-
litaires : le dernier ât^s barbares pouvait, en
franchissant les grades (et les événements
J'oni bien prouvé) , escalader le trône des
empereurs* A une époque où la légitimité
du pouvoir résidait dans le fait, et non dans
le droit, n'importe quel soldat pouvait se
poser en prétendant. Le crime faisait monter
au trône; on en descendait par le crime, et
M pourpre romaine était plus rouge du sang
" u la couvrait que de sa couleur première,
oclès eut de bonne heure Tambition des
audes choses; il montra des talents niili-*
ires qui, peu à peu, le firent passer par les
différents degrés de la milice jusquaui em*
X>lois les plus élevés. Ce fut surtout dans la
guerre contre les Perses , où il suivit Carus^
uu'il acquit sa célébrité. Nuniérien y ayant
été tué , assassiné , comme on le pense » par
Aper, Diodes fut proclamé auguste par
rarœée. On élevait un tribunal aux lieux où
les soldats faisaient Télectjon : après la
sienne, Dioclétien y monta pour y jurer
qu'il n'était ni auteur ni instigateur de ia
Diction ?r« des p£Rfi£CUTioi«$. h
m
mort de Numérien» puis^ descendant, il alla
droit à Aper et le perçant do son épée :
w Sois content , lui dit-il , tu meurs d'une
raain ilkislre. » En mettant de cAté ce qui
tient du barbare dans cet acte d'un prince
nui se fait juge et bouiTeau, et qui inaugure
oans le sang sa puissance, on doit se deman-
der si Dioclétien entendait vraiment accom-
pîir un acte de justice : lliistoire est le poin*
dire que non, ï>ans son pays , pendant aue
Dioclès était encore dans lès rans^s les plus
inférieurs de la milice , un oracle lui avait
prédit qu'il serait empereur quand il aurait
tué un sanglier. Depuis ce temps il avait tué
à la chasse, autant quil avait nu, de ces ani-
maux, et il disait avec assez d'esprit» voyant
que ces exploits ne le faisaient point monter
au triine : «J'ai beau tuer des sangliers, c'est
toujours un autre qui les mange. » Dans
l'occasion que nous venons do dire , il crut'
que le moment d'accomplir Foracle était
venu , car le nom d'Aper, en langue latine,
signifie sanglier. Dans un ouvrage où nous
n'avons pas à raconter les feiits qui sont en
dehors de notre sujets nous n'aurions point
rapporté celte anecdote si elle ne peignait
d'un seul coup et la bart>arie et la stupide
superstition de Dioclétien. Les chrétiens fu-
rent depuis traités par lui comme le pouvait
faire le prince à la Fois le nlus barbare et
Itî plus superstitieux.
Comme nous l avons dit en commençant,
Dioclès prit le nom de Dioclétien, Les his-
toriens ne sont point d'accord dans les juge-
ments qu'ils portent de lui. Exalté à outrance
Îiar les païens, trop abaissé par les chrétiens,
)ioclélien n'a point éîé jugé par eux h sa
mesure. Aucun des empereurs romains n'a
montré une aussi grande habileté en politi-
que que lui. Ce qui, par-dessus tout, prouve
celte habileté , c'est que Dioclétien a fourni
un des règnes les plus longs, à une époque
où les consinrations , 1 assassinat, les catas-
trophes de toutes sortes précipitaient si vite
du trône ceux qui y étaient assis. Il n'avait
pas une bien grande inslru*'ttun; mais il était
doué d'un esprit naturel» il avait une habi
tudedes atî'aires^ime connaissance des hom-
mes qui suppléaient chez lui h ce que T édu-
cation ne hii avait pas donné. 11 était tin, sou-
ple , pénétrant, excessivement dissimulé. Il
savait h merveille [pénétrer dans h^s secrets
et les desseins d'autrui , et fermer les siens
k tous les regards. Quand il y avait h pren-
dre une mesure ou cruelle ou vexaloire à
n'importe quel titre, DiockHien savait tou-
iours en laisser l'exécution à ses collègues;
mais il se hâlait de faire par lui-même tout
ce qui pouvait lui mériter une réputation de
justice, de clémence nu de grandeur* Le plus
grand acte de la politique de Diocléiicn fut
de se donner un collègue, et de nommer des
césars comme successeurs à l'empire : dès
lors l'assassinat de l'empereur n avait plus
de but. On le concevait quand il n*y avait
qu'une tète h îd>attre; mais , avec les mesu-
res prisi'S par Dioctétien, a quoi eût servi
auï ambitieux de tuer un fuipendur, quand
cet emptreur avait un collègue aa des suc*
26
id
m
m>
mo
lit
r
cesseiirs désignés? Pendant toute la durée
de rerapire , sa i)lus giandt^ phiie avait été
cette iiislabiîité au pouvoir qui , à liiuque
iiist.inti faisait des révolutions nouvelltïS, re-
mettait tout en quesUo[i cl tuait la prospé-
rité publique par les guerros , les séditions
et Tanstïnce de sécurité dans toutes les rela-
tions. Eu parlîigeaut sa puissance entre son
collègue et les césars , Diocletien les taisait
tous intéressé^ h la defeuse mutnelle, Ct^tte
solidarité d'iulérôls oilVit un faisceau telle-
ment puissant, qu'aucun tom[Ȏtiteur u*osa
lever la tôte durant ce rè;^îie si lon^ , taudis
que sous celui do Gallieu , <iui avait é(é si
court, lionto-ieux généraux ou adminislra-
teurs avaient successivement pris la jiourpre.
Un autre fait capital de la politique de
Dio^Iétiau git dans les eliangemenls uu'il
0[>éra dans railoiinistration, Eieu n'est uau-
gereux pour les gonvernanls connue de voir
une trop grande puissance aux inaios de
leurs subordoruiés. Aneicnnenient , chaque
gouverneur ou proconsul réunissait dans sa
matu me ioule d attributions ; un seul bonune
gouvernait les liaules, un autre l'Afrique
proconsulaire. Que pouvaient faire les em-
pereurs contra un procous ni des Gaules ré-
volté ou contre uti proconsul d'Kspague , à
une époque surtout où la ibrce de reoi|)ire
était dans la po[)ulalion des provinces adou-
née tout entière aux travaux de rai^ricuUurc
pA faite au métier des arnies î c'étaient les
ruvlnces qui fournissaient des troupes à
'riiipire. Quant à TitaSie elle-niÔ!ye, autre-
fois si [>lein(î de sève , d énergie et de cou-
rage , elle était tombée au dernier rang des
nations : sa civilisalion l'avait tuée. La race
italienne s'était amoindrie, aniiiliilée, pour
ainsi dire , aux exrès de la liberté : Tavociis-
serie avait otivalu le sénat; plus de vérita-
bles verUis civiiiue*^. Le luxe, la fainéantise,
la bairie de toute autorité, l'ori^ueil poussée
ses dernières liiuites , un amour incroyable
de la liceiHie, avaient lait des Italiens Ja der-
nière nation du monde. L'Italie est encore
sons le coui> de cetir déchéance. Les ItaUens
sont estimables coiiâme bomines , il est ini-
possiblo d'en l'aire un peuple. Four ne
pas rester à la djscréuo'i des éiueuliers
de Rome et des gouverneurs, Uioclétien
créa la science administrative : il morcela
les admiuislraUiuiSi réduisit, eu \qs mul-
tipliant, les gouverneurs, les magistrats
et autres » à uue puissance très-miuime. li
fonda des administrations centrales où tout
devait venir aboutir. Ce fut sous sou règne
que la paperasserie envahit le gouvernement.
l! y eut une multitude d'emj>lo vés , de com-
mis, tous émargeurs au bndîpjet. Eu un mot,
Tempire fut gouverné : jusqu'alors il ne IVi-
vait pas écé. Chose terrible è dire î si une
belle administration fait la forée d'un gou-
vernement, elle fait en général le aialbenr
d'un pays. Uo peuple bien gouverné doit
être criblé d'impùls. Comment |}eut-îl en
<itre autrement, quand il faut payer tous les
adruinistrateurs,tou$îes commis nécessaires?
Aussi fnl-co sous Bioelétien qu'on fut obligé,
pour subvenir aui dépenses administratives,
qi
de créer rabominablc impôt sur les denrées
alimentaires et sur les boissons. Les fgam^
verrtauts et les gouvernés sont malheurto-
sement toujours h léiai d'antagonisme : fi
Ton pouvait les accorder, on aurait renda la
plus grand service aux administrés, earalms
on pourrait supprimer la {ilupart des admi-
nistnî lions qui dévorent les sueurs du peti-
ple. Toujours est-il que ce fut I>ioetéUeQ
qui éliibbt la stabilité du gonverit«*menl m
iniiic^inant cette science administrative, si
utile il ceux qui gouvernent et si nuisibtej
quuiques-uns des intérêts des gou^
Ici nous devons borner ces coi* **m
Uop f^éuérales. Nous ne di^vons vun*
Bîoclétien que le persécuteur de TEgll
c'est fileïieux , car nous aimerions à élud
im lui rhomme poliiiqtje sous tous se$\
pects. A cel é^'ard , le règne de ce prînc
un des plus curieux qu*on puis^H i^ï^mr
L'histoire de Dioclétiea n'a j.
les écrivains qui s'en sont n
conlé les faits , mais ont colûi
de c6té la philosophie moraii? i^c
de ces fît ils,
A peine arrivé à Tempire, I>i5cl^l;eiie«tl
combaUie Carin, qui régnait dans rOccidofll
et était maître de Koiue. l"e pj ^^it v|
en 11 ly rie pour v joindre D; et!
livrer bataillis Chemin faisant, Lann '
quit i)l tua Julien , qui s'ét ut Itiil déch
tîmpereur. La bataille eut lieu dans lm[
nés de Vérone. Ayant joint DiaclétiiOi tfl
livra plusieurs comb'^ls. Dans la iMRite
JJœsie , à ildr^îine sur le Danube, il iif»(l M
vainqueur et |)Oursuivait sijn adverse
quand il fut tué par ses |»r0j>re& soldats, i»
qui Itiissa 0ioclélien ^u\ nialire de l^i-
piie. Immédiatement celui-ci vint à B^wiî
û s'y trouvait lors du martyre de saint G«-
nès. Bien que ce prince n'ait lancé ^V"^
contre les chrétiens que dans» Tantiée
ceux-ci n'en fnreirt pas inoiDs per
soiis les connnenceajenls de son règOif
vertu des lois anriennes et suivant l« i
price des j^ouvemeurs et des magislntsi
moLu saint Néon , saint Clauile, saint Aj
el leurs comiMgnes les saintes hùmnh$
Théoûille, qui soutfnreut h Kges, mCit
le ^i août 24*5, (Koy. les arttd«$ ifo
saints.)
En l an 280, Dloclétîen s*a«5oeta I rtiiipiiV
Maximien Mercule , qui fut , comme lui * mi
des plus violents (»erséculeurs de ll^dis^:
ou peut le voir en hsanl les Actes de saM
Afa'TÎce et le martyre de to«<^ '* '^-^
Thébéenne. Ce prince eut en n^i t
dent; Diocletien se réserva I 0( i
son iiéjour à Nieornédie, ville q
rendre la [iremièredo 1 empir^
bla de faveurs et de ma^nii
avoir vaincu les Kerses, aûxqtieJs il repraii
Mésopotamie , après avoir eôinbatlu âfit
succès les Germains , 0ioclélien ,f>our con-
solider son trùne, s'associa » en SOè^cfiOi
nouveaux collègues , auxquels cepeiidaoC^
ne donna que le litre de <^r^,'trs ff^t^ lHf^fe9
rendait héritiers pn3 rlptff^
Les deux nouveaux ». tj
sa
DIO
DIO
814
CSblore et Galère; chacun d'eux eut des pro-
TÛices à gf)uve'ner. De ces doux nouveaux
maîtres dos peujilcs soumis à la puissance
rouiaine* un seul ne fut pas persécuteur, ce
fut C'HLstauce ; (fuant à Galère , ainsi qu'on
peut le voir à son article, il fut un dos plus
TÎoleots persécuteurs do rEglisc. Ce fut lui
Si fut rinstigateur de la persécution (Je
oclétieo; ce fut lui qui força la main à ce
priqcepour le contraindre h lancer sesédits.
BioclétieD refusait toi^jours, et depuis long-
temps , de |)orter ces édits terribles qui de-
vaient couvrir de sang tout Tempire. Galère
employa tous les moyens,, même les plus
odieux , pour Vy contraindre. 11 accusa les
chrétiens de conspirer contre le repos de
Tempiret de vouloir renverser la puissance
impériale. Il mit le feu au palais de Nicomé-
die et les chargea , devant Tempereur, do la
responsabilité de ce crime atroce. Le vieil
aoipereur céda et rendit les édits qu^on lui
demaodait. Ces édits furent le signal de la .
Bus violente persécution qu*ait endurée
îglise ; persécution qui dura dix ans en-
lien, et qui ne s*arrÊta que quand Constan-
tin fût devenu maître do Tempire. IVoy. Tar- :
tîole Pbbsécution.j Jusqu'à cette époque fa- .
taie, le rèsne de Diocléticn avait été heuroui;
rique ipoire môme Tavait illustré. A partir
se moment il changea do face : la malé-
diction de Dieu frappa la main signataire des
ééits qui versèrent lo sang des fidèles. Dès .
raonée suivante, Diocléticn éprouva une ma- :
Iftclie excessivement grave , qui affaiblit sa
nîsoo et lui enleva une partie de ses bril- ;
lentes Ibcullés. Punition terrible I son intelli- \
geace se sentait décroître et tomber. Elle as- ?
eistait peur ainsi dire à son pronre abaisse- '
■seai et à sa décrépitude. Bien plus , le vieil
empereur but jusqu'à la lie la coupe amère
ew Dieu réserve aux grandeurs (|u il fra^)pe
àe déchéance pour les punir. Son autorité,
ei grande, si pleine, si entière jusqu^alors, il
le vit méprisée et foulée aux pieds. Sa tôte
n'avait plus la force d'imposer le respect par
ie prestige de laca|)acité. Dioclétien fut avili
liar ceux qu^il avait associés à sa puissance,
et en qui il avait e$[)éré trouver des soutiens
ém son pouvoir. II avait , en les nommant,
4^oué les conspirations des particuliers,
mais il s*était donné des juaitres. Galère,
eartout , le traitait avec uue hauteur et un
Mépris extraordinaires. L'histoire do Tabdi-
CBUon de Dioclétien est si curiousc, que
jKHis allons la rapporter ici. Jo citerai ce que
fai écrit dans mon UiUoire de$ Persiculious^
ToLiU,p. 387:
L'événement politique le plus grave de
r^épo^ue à laquelle nous sommes arrivés,
est 1 abdication de Dioclétien et de Maxi-
fliieii. €ct événement eut une immense in-
fluence sur les affaires de TEglise. Pour la
teoonler, nous allons être forcés de nous re-
porter un peu on arrière.
A U fin de Tannée 303, Dioclét en s(i trou-
vaitàRome,où le fasteloul orienlalqu'il aifoc-
lait de montrer depuis ses virtoires sur les
Wmcwcê ie fit généralement détester et mé-
priser. On opposait , pour se moquer de lui, -
à ce faste d'imitation, les mesquineries dont
le rendait coupable son avarice naturelle, et
il était Tobjel des plaisanteries des Romains.
Il fut si irrité de cela , qu'à rapproche de
1" janvier, il quitta brusquement Rome, oà
il devait inaugurer son neuvième consulat,
et s'en vint faire cette cérémonie à Ravenne.
A Nicomé lie , sa rési:ience habituelle , Tes-
clavc devenu monarque pouvait afficher son
faste et ses airs de grandeur sans blesser
autant qu'à Rome, où , aueloue ^échu qu'on
fût de Tancienne simplicité , on savait en-
core garder du mépris pour la mollesse et le
luxe effréné de l'Orient. Quittant Rome eu
milieu de l'hiver, le vieil empereur fut for-
tement incommodé par le froid et par les
pluies qui tombaient avec abondance; il
contracta une maladie grave qui ne le quitta
jamais entièrement. De retour à Nicomédie,
au milieu de l'été, il voulut néanmoins inau-
gurer le cirque qu'il y avait f lit construire;
mais bientôt son mal augmenta au point de
donner les plus sérieuses inquiétuaes. Par-
tout on invoquait les dieux pour sa santé;
des prières publiques furent ordonnées. Le
13 décembre , Tétat de l'empereur étant de-
venu plus alarmant, les habitants de Nico-
médie remarquèrent dans le palais des si-
gnes de deuil , la tristesse, les larmes, ainsi
que les craintes et le. silence des juges. Dans
toute la ville on disait que non-seulement
l'empereur était mort, mais qu'il était ense-
veli. Ce ne fut que le lendemain que la noik-
velle du contraire se répandit , et que fou
put remarquer la joie et la sécurité reparaî-
tre sur le visage des juges et des domesti-
ques du palais. Pourtant, quelques personnes
croyaient qu'on cachait la mort de l'empe*
rcur jusqu à l'arrivée de César Galère , dans
la crainte qu'il ne survint quelques trou-
bles. Peu à peu ces soupçons augmentèrent
au point que , pour les laire cesser, Dioclé-
tien juçea à propos de se montrer au peuple;
c'était Te 1" mars. 11 était si défait quli peine
on pouvait le reconnaître. Depuis le 13 dé-
cembre, la raison lui était revenue; mais il
la perdait encore par intervalles et avait des
attaques périodiques de démence.
Quelques jours après. Galère, son fils adop-
tif ol son gendre, arriva; ce n'était point la
désir do féliciter son père sur son retour à
la santé qui le ramenait , mais bien le des-
sein de l'engager ou de le forcer à quitter la
()our[»re. U avait déjà eu des discussions A
ce sujet avec lo vieux Maximien , et Tavait
etfrayé en lo menaçant d'une guerre civile.
11 commença à attaquer Dioclétien par la
douceur, lui représentant qu'il était avancé
en Âge , que ses forces , qui déclinaient, se-
raient désormais insuflisantes pour supporter
le fardeau des soins qui constituent le gou-
vernement d'un emnire. 11 lui faisait entr^
voir les douceurs au repos compe un port
où deva't teodro sa vieillesse après tant de
faligues , après tant d'années passées au ti-
mon des aiiaires. 11 lui citait l'exemple de
Nerva , qui s'était démis volontairement en
faveur de Trajan. A ces raisons, Dioclétiett
répondit qu^il serait honteux pour lui de fi-
Si 5
DK)
DIO
iti
nir dans Tobscurite de la condition privée,
une tie tout entière et si glorieusement
passée sur le trône ; que dans le cours d'un
rèffiQ aussi long que le sien , il n'avait pu
manguer de se faire considérablement d'en-
nemis , et que le parti qu'on lui proposait
Souvait être fort dangereux à accepter; que
erva, qui n'avait régné qu'un an, avait fort
bien fait de reprendre une vie et des habi-
tudes qu'il n avait changées qu'à regret,
guand surtout son grand âge et sa profonde
inexpérience des affaires lui commandaient
de les confier à des mains plus fortes et plus
expérimentées. Ensuite , le vieil empereur
dit à son gendre que s'il voulait absolument
le titre d'auguste, il était prêta le lui donner
ainsi qu'à Constance , afin qu'il n'y eût plus
aucune distinction entre eux tous. Galère
n'eut garde d'accepter; son rêve, c'était la
domination universelle; il savait bien que
Dioclétien restant empereur, le titre d'au-
Î;uste ne serait pour lui qu'une vaine qualité.
I lui répliqua donc que, d'après les formes
de gouvernement sagement introduites et
ordonnées par lui-môme, il fallait qu'il y eût,
comme par le passé ,. deux augustes et deux
césars. Il est possible , disait Galère , que
deux empereurs restent en bonne intelli-
gence, mais quatre, c'est impossible, les di-
visions intestines , les guerres civiles , ne
larderaient pas à déchirer l'empire tout en-
tier; que, du reste , si Dioclétien hésitait à
quiiler le pouvoir, il songerait à ses propres
affaires , qu*il était las d'être depuis quinze
ans subalterne et relégué en Ulyrie, sur les
bords du Danube, où il avait à combattre
avec des barbares, tondis que les autres ré-
gnaient agréablement sur des provinces vas-
tes et tranquilles.
Dioclétien comprit, à ce discours, et sur-
tout en voyant les lettres dans lesquelles le
vieux MaximibU l'instruisait des intentions
de Galère, qu'il n'avait plus qu'à se soumet-
tre. Il répondit donc les larmes aux yeux : —
Qu'il en soit donc ainsi; mais il est conve-
nable que les césars soient élus d'un com-
mun accord. — Pourquoi ? ne faudra-t-il pas
que les autres en passent par ce que nous
aurons décidé ? — A la bonne heure : du
reste il convient de nommer leurs fils césars.
Que ferons-nous donc ? — Maxence n'est pas
digne de cet honneur : lui qui m'a méprisé
n'étant que particulier, que ne ferait-t-il pas
quand il sera parvenu à l'empire ? — Cons-
tantin est universellement aimé , et on est
persuadé qu'un jour il surpassera son père
en bonté et en clémence. — Il adviendra de
là que je ne pourrai faire ce que je voudrai.
Je veux choisir des césars dont je puisse
disposer, qui me craignent , qui ne fassent
rien sans mon ordre. — Quel parti donc pren-
drons-nous ? — Choisissons Sévère. — Quoi !
ce danseur, ce débauché, cet ivrogne qui fait
de la nuit le jour et du jour la nuit ? — Il a la
contiance des soldats , et je l'ai envoyé à
M xiraion pour qu'il reçoive de lui l'honneur
uc la pojrpre. —Je «onsens à ce que vous
proposez , mais qui choisirez-vous pour se-
«Oûd césar? — Je choisis celui-ci... /et il
montre un jeune homme demi-barbare ai^wlé
Daïa, auquel il avait donné le nom de Maxi-
min). — Mais quel est celui que vous m
proposez ? — C'est mon parent. — Mais vous
m'indiquez là des hommes incapables de goo-
verner l'empire. — Je me suis assuré de leur
capacité. — Ceci vous regarde : durant mon
rèsne, je me suis occupé de tout ce qui pou-
vait contribuer à la félicité des Romains;
s'il arrive quelque malheur à cet empire, et
sera votre laute...
Nous avons jugé bon de reproduire ee
dialogue, presque entièrement pris dans
Lactance , auteur contemporain et parfaite-
ment à même de savoir comment les choses
se passèrent.
Tout étant donc ainsi décidé, on en vinà
l'exécution. Le 1" mai, on se rendit à tm-
ron trois milles de Nicomédie, sur uneési-
nence, celle où Galère avait reçu le titre di
césar. On y avait élevé une colonne «ar-
montée de la statue de Jupiter. Ce fiit là
que, devant l'armée, les. grands de Tempre
et une immense multitude de peuple, s»'
complit le grand événement qoi dODinitl
l'empire de nouveaux maîtres. De tous oMés
on jetait les yeux sur Constantin ; touslesM»
sirs, tous les vœux étaient pour lui. PersoflM
ne doutait de son élévation à la dignité decé-
sar. Dioclétien, le visage mouillé de lames,
dit aux soldats qu'il était vieux et infime,
qu'après tant de fatigues endurées il mfh
rait au repos et qu'il remettait Vemfàt c&
des mains plus robustes et plus fNin ^
les siennes. H dit qu'il avait choisi f nlrtft
césars. On attendait avec impatience, (jiiiil
tout à coup on entend les noms de Sévère et
de Maximm. La stupéfaction est au eoobie.
Constantin était debout près du trAoe, fit-
1ère l'écarté et fait avancer Daïa. Tool h
monde se demande ce que c'est que ce not-
veau césar; cependant personne n'ose ré-
clamer. Dioclétien revêt Daïa de la pourpre
dOâit il se dépouille. Ensuite la foule s'éceiit
silencieuse, tandis que le vieil empereur,
redevenu Diodes, .monte dans son char, m
fait que traverser Nicomédie, et retourfle
dans sa patrie, la Dalmatie, où il ctx>isitii
ville de Salone pour sa résidence.
Dioclétien vécut relire à Salone jusja*ei
l'an 313. Les derniers temps de sa vie ta-
rent extrêmement malheureux. £n Mit ^
avait vu, sans pouvoir l'empêcher, le trake
ment affreux qu'on avait fait subir à m
femme et à sa tille. Plus tard, Constantin el
Licinius, en se déclarant pour les chrétiesii
condamnaient ouvertement la conduite qui
avait tenue. Partout ils faisaient abattre kf
images do Maximien. Dioclétien parlageiîl
la honte de cette proscription, car partait
son efSgie était jointe sur les monum^ui
celle de son vieux collègue. Dioclétiett
. voyant que les nouveaux maîtres de res-
pire n'avaient plus pour lui les égards et k
considération qu'il se croyait dus, en prit 10
profond chagrin. Il ne se trouvait bien ouUe
f»art, dit Lactance, le chagrin et rinquiétodc
ui ôlaient Tafipétit et le repos. Il souptnitt
il gémissait^ il se roulait oontioneUaMi^
S17
MO
MO
818
tantôt dans son lit, tantôt à terre. Ainsi Dio-
clétien» si favorisé de la fortune pendant
Tingt ans, nuis réduit à une condition pri-
yée, accable d'opprobres, ennuyé de la vie
par désesooir, mourut de faim et de tris-
DlÔDORE (saint), fut martyrisé en Pam-
pbylie, sous la persécution de Dèce et sous
le gouvernement de Pollion, en Tannée 250.
Nous croyons ses Actes perdus. L*EgIise
lait sa fête le 26 février. •«
DlODORE (saint), prêtre, martyr, était au
DOmbre des cnrétiens qui, après la mort de
saint Chrysanthe et de sainte Darie, s'étaient
rendus dans la sablonnière qui leur servait
de tombeau , pour y célébrer leur fête et
pour y assister au saint sacrifice. L'empe-
reur Numérien fit fermer l'entrée avec une
énorme quantité de sable et de pierres, de
sorte que tous les chrétiens qui y étaient
assemblés, moururent dans ce ucu. L'Eglise
honore la mémoire de tous ces saints mar-
tyrs le 1" décembre. (Voy. Chrysanthe).
DlODORE (saint), évoque de Tarse et
confesseur, naauit très-probablement à An-
tioche, où il rut prêtre longtemps. On dit
qu'il appartenait à une famille illustre. Jus-
qu'à ce qu'il fût ordonné évoque, il vécut
toujours dans sa ville natale. Il aimait beau-
coup rétude et le travail. Ce fut à Athènes
qu*u étudia les belles-lettres. Bientôt, com-
prenant rinanité des choses d'ici-bas, les
Tanités de la science et de la noblesse, il re-
nonça au monde et à tout ce qu'il lui nro-
niellait d'avantages, pour vivre dans 1 état
ascétique et pour ne plus se livrer qu'aux
travaux de piété. Dès lors, il passa ses jours
dans la pénitence, sans cesse occupé h prier
ou à defeodre la foi. Vers l'an 370, il gou-
Ternait, au rapport de Socrate, un monastère
qui était ou dans Antioche, ou tout auprès. Il
lut, dit saint Basile, élevé et formé par les
leçons de saint Silvain ( celui de Tarse, si
célèbre sous Constance et sous Valens ).
Après la déposition du saint évoque Edsta-
the, un grand nombre des orthodoxes d'An-
tioche crurent devoir se soumettre aux évo-
ques que les ariens lui donnèrent pour suc-
cesseurs. Diodore fut de ce nombre. Saint
IKodore fut un des premiers à demander
> saint Mélèce pour évè(|ue. Après l'avoir ob-
' tenu, il fut aussi des premiers à s'unir com-
plélement à lui et à se séparer des ariens,
^ lorsqu'on leut déposé pour mettre Euzoius
* à sa place. Diodore, qui avait été un glo-
^ lieux défenseur de la catholicité contre l'a-
^ nanisme, fut aussi un défenseur éloquent de
" la religion chrétienne contre le paganisme.
Ce fut au point qu'il mérita recevoir les in-
jures de Julien 1 Apostat. Ce prince, dans
une lettre à Photin riiérésiartiue, nomme
Diodore un magicien de Nazareth, un so-
phiste raffiné de la religion champêtre des
chrétiens, nui avait armé sa misérable lan-
gue contre les dieux du paganisme, qui avait
•oiployé contre eux les sciences qu'Athènes
lui avait apprises, et qui s*était malheureu-
aawent rempli de toute la théologie des p6-
^hettr«.
En 1 an 370 ou 371, sous la persécution
de Valens, quand saint Mélèce eut été ban-
ni pour la troisième fois, Diodore et Fla-
vien continuèrent à faire ce qu'ils avaient
commencé du temps de Constance, c'est-à-
dire à soutenir le peuple d'Antioche dans la
foi, à raffermir durant la persécution ; avec
cette différence, que la première fois ils
étaient laïques , et que cette dernière ils
étaient prêtres et délégués par saint Mélèce
pour tenir sa place. C'était Flavien qui amas-
sait dans les Ecritures les passages et les ci-
tations dont saint Diodore nourrissait les
discours qu'il faisait au peuple. Les assem-^
blées se tenaient hors de la ville, au delà de
la rivière d'Oronle. Valens ne souffrait pas
que les catholiques s'assemblassent dans la
ville. Non-seulement il s'occupait du peu-
ple sous le rapport de la prédication, mais
encore il donnait ses soins aux^ différentes
écoles que la piété des catholiques avait
fondées pour l'instruction du jeune âge. D
Î^ avait alors dans ces écoles des hommes c6-
è^res destinés à être plus tard l'ornement de .
l'Eglise, saint Jean Chrysoslome,Théodore de
Mopsueste, Maxime de Séleucie. Saint Chry-
sostome, en parlant de saint Diodore , le
nomme son père, et se fait gloire de l'ami-
tié toute paternelle que ce saint homme lui
témoigne. Bientôt les hérétiques ne purent
contenir leur haine, en présence de la force
avec laquelle le saint défendait la vérité à
Antioche. Ils le chassèrent ; mais il reve-
nait : car saint Chrysostomc dit qu'ils le
chassèrent plusieurs fois. Ils cherchèrent
bien des fois à le tuer ; mais Dieu semblait
le conduire comme par la main, et quels que
fussent les pièges qu'on lui tendit, il échap-
pait toujours. Aussi saint Chrysostomc le
nomme un martyr vivant. On ne peut du
moins lui refuser le titre de confesseur.
Quand il était forcé de partir d'Anlioche, il
allait dans la basse Arménie trouver saint
Mélèce qui y était banni. Il y était quand
saint Basile vint voir le saint évêque, en
372. Basile avait toujours aimé Diodore
comme disciple de Silvain. Quand il le con-
nut mieux encore, il l'aima et le chérit da-
vantage, à cause de celte éloquence si re-
manjuable dont Dieu lui avait fait l'inesti-
mable cadeau. Ses calomniateurs voulurent
lui faire un crime de cette amitié si vive.
Tillemont , dans sa naïve simplicité , dit
qu'on ne voit pas pourquoi, ni ce qu'on vou-
lait dire. Ame simple et pure, il ne savait
f)as de quelles infâmes suppositions la ca-
omnie peut percer ses victimes. Du reste,
saint Basile ne se vengea de cette odieuse
imputation qu'en avouant l'amitié sainte
qui l'unissait à Diodore. « Ouï, j'aime Dio-
dore, disait-il, parce qu'il mérite être aimé. »
Diodore ne fut fait évi^que qu'après la mort
de Valens, en 378 ou 379. Ce fut saint Mélèce
qui le sacra év^jue de Tarse, et qui l'éta-
blit chef et métropolitain de toute la Cili-
cie.
Saint J(^rAme remarque que Diodore se mon»
tra beaucoup plus grand étant prêtre qu'é-
tant devonuévêque.Il semble même s'en étou»
ti#
010
rfrer; cela nous sorprood, car il faut remar-
aaer (pta Je temps de la prétriso de saint
Diodore s'était passé diiraot la persécution,
dans dos circonstances tout exceptionnelles,
de nature à niellre en relief toutes !es ver-
tus que^ dans les temps de paix, rhomine
do I>ïeii tient en réserve et renfermées dans
son cœur. Prêtre, il avait été oblip^é do com-
battre san** cesse contre les ennemis de la
foi, contre les ennemis di3 la Feli;^ion. Il
avait constamment lutlé. A Finstunt où il
fut promu h réjii^^çopati U grand ThéoJose
régnait, et rKglise de Bien se re|>osait dans
une paii profonde, après les horribles lem-
Sôtes qui Viivaient éprouvé. Tous les soldats
e Jésus-Christ avaient déposé les armes du
combat. Les confesseurs, rentrés dans les
fonctions calmes du ministère, n'avaient
plus qu'a conduire doucenionl dans les voies
que le Seigneur avtiit adoucies le troupeau
qui leur était eoiilié. Qm pouvait iaire de
saillant un évéque qui le mit en relief. Il
n'avait plus qu'à pratiquer ces humbles ver-
tus de l'épiscopat, si précieuses aux yeux
de Dieu, mais qui ne font pas de bruit dans
le mon<ie, et qui ne dépassent guère la con-
trée où eUes se répandent en trésors de bé-
iMâdictions sur les Ames des fidèles. Dans les
temps de persécution, révoque, à lu tète de
«On clergé, soutient la foi publiriue, prépare
les chrétiens au combat, admoneste les ty-
rans, résiste à leurs injonctions, a leurs sé-
ductions, à leurs manaces, il meurt s1l le
ftut. En temps de paix, il prèclie, ii instruit,
il veille firaaminibtration des sat?rements, h
la conduite du clergé ; il regarde avec 1 œil
du pasteur et du père si tout est bien dcins
le troupeau confié à sa garde, li nioutro
l'exemple des vertus qu'il recommande. Il
acquiert peu de cette fc;loire qui frappe les
yeux ; mais h chaque instant une bonne
ceuvre, une Ame gagnée, un pauvre secouru,
Une chute eoipôeliée, viennent réjouir les
deux. Saint Diodore remplit en saint sa pince
é^év^que. Si Dieu, dans celte haute position,
Tetit appelé aux cond)ats du confesseur ou
eu martyr, les ga^es qu'il avait donnés étant
prMre permettent de dire ua'il n'était pas
déchu de sou passé. En 37Ô, il assista au
grand concile trAntioehe, et au second con-
cile OBCuménique en 381, où il eut Thonneur,
avec saint Pelage de Laodicée, d'être établi
comme le centre de la communion catholi-
que dans toul TOrient. Il prit part h Féléra-
tinn de Nectaire au sié^^' deConslantinople.
fi fut aussi un des auteurs de Ték^tion de
Flavien d'Antioche : on le voit venir à An-
tioche lorsque saint Clirysostome était déjà
prêtre. Quoique malade, il monta en ciiaim
pour instruire le peuple. Il commença par
un grand éloge de saint Chrysostome. Quel-
ques jours après, saint Clirysostome répon-
dit avec une extrême modestie aux louanges
que lui avait décernées le saint évoque, et
prononça de lui un ma^ni tique éloge.
On ne sait plus rien du saint évèque, seu-
lement on peut aOirmer tju'il mourut vers
854 ou 3M, puisi[ue Phalère fui nommé
comme évoque de Tarse dans un concile de
ii^tts i
m
Constantinople< Les plus grands aaiatê
parlent de lui qu'avec de grandes louai _
Domuus, qui gouvernait rEglise d'Aoliocl
quelque leriips après, le nomme le grand
Diodore, le mrt athlète de la f»iélé, U c^
hmne et le défenseur de ïa vérité, pour 1^
quelle il avait combattu dans Anli**c:he coa-
tre toutes tes hérésies. Jean» qui fui le pré-
décesseur de Domnus, et tout le coDcile u'O-
rient, le roettent entre lesjlus éclatai tes lu-
mières de l'Eglise. Ce grand huoime a m
dais TE^lise le sort d'Urigène : s'il y eut
beaucoup de voix imposantes à chaDter ses
louanges, beauijoup l ont attaqué et ool^
tendu que sa foi n'était pas à Tabri de VM
soupçon, il ne nous appartient pas d*enl/er
ici dans le délad des reproches qui lui mi
été iaits ; il doit nous suiRre de dire qu'ilsne
nous paraissent pas fondés. Nous avunâ
quissé sa vie, nous avons montré eu l
défenseur, le eOûfesseuF de U foî ;
avons rempli notre rùle aa ae qui ïd cm-
cerne.
DIODORE fsaint), marier, mourul fmt la
foi à Aphrodisiade eu Cane. Il eut r«tur cinu»
pagnonsde son martyre les saint- et
Rodopien, Ce tut durant la per.s*.vx.u.>: de
Dioclétien quils furent lapidés par kan
concitoyens. L'Eglise fait leur mémoire lel
mai.
DIODORE (saint), martyr, mourat ptw
la foi à Laodicée en Syrie, avec les il
Dioraède et Didjme. îSous m is éi
tails sur ces saints. L'Egli^ n»
moire le 11 septembre.
DlOliÈNE (saint), martyr, reçut la
ronoe des glorieux combattants de la foi m
Macédoine. 11 y souff.it le martyre «l
saint Timotbée. L'Ej^iise fai-l leur Sète toi
avril.
DIOMÈDE (saint), martyr, étail
à Nicée en Uiihynie. Ce fut durant V«
sécution del'ijnpie Dioclétien qiA^il
le glaive, en riiornieur de Nolre-ài
Jésuij4:iu'ist. Nous ne possédons jiumio
cumiuit relatif à ce saint. L'ËgUsa laîl m
le iû août.
DlOMfeDE (saint), marivr, fut
en Thon rieur de Jésns-t"hrist» h
en Syrie. 11 eut pour ^■*^ hos d^
marlyre, dont les cire m ^Ofà
nues, les «ainls Diodum ei Didjtiltf* l***
ulise fait la fête de ces glorieux cii
le 11 septembre.
DIOMÈDE (saint), martyr, rrrnt te cm-
rontie du martyre avec les sa en, f^
lippe, Eutyeluen, Uésique, J
Jadelphe, IWénalippe et Pant
complire it leur martyre, les t
les autres par le j^laive ou sur la
glise célèbre leur mémoire le 2
DION (saint), martyr, prêtre de I
lexandrie, tut mis à mort |)oui la
31 i , avec sanit Fi erre, évèqui.Mlt*Ci
ord re d e M -i i i m i en D •
mon i us et Fijuste. L l
à tous le ''2Û novembre.
DION, nroconsul d'Af^icrn^ #0 SM^
temps de Vempereur Dioclétien, cai
Ils vs-
A-
^1
BIO
DOM
Bn
mort et fiteicéculer saiiil Maximiîien de
lliébesle, qui refusait de s'enr^ôler pour lô
'office de 1 empereur, fêtant déjà, disflit-i!^
L service de Jésus -Christ, (foy. les Actes
[de MAXi\fiMF.NȈraHii;le de ce saint,)
' D10SCr>RE» jetine chrétien, âgé seulement
ide quinze ans, résista avec un tel courage
fiui tourments, aux loen.-ïccs, que le juge
IdevAnt qui et par Tordre duquel ces choses
rayaient lien, en fut niyi d admiration et
le renvoya à cause de son jcinie âge, afin do
lui laisser tout le loisir nécessaire pour qu'il
jfùi devenir sage. Cette ïiisioire se trouve
dons Eusèhe (L vt, ch, ki) citant sainlDenys.
JMoseorc reçut plus tard la couronne du
martyre dont il s*étflit rendu si di^ne par
cette admirable confession. Nous ignorons
sou genre de mort; nous ne savons pas à
quelle date elle eut lieu, mais ce dut être
peu après, car saint Deuvs, dans le passage
cité par Eusèbe, s'expriioo ainsi : «< Cet ad-
mirable Jeune homme est maintenant avec
nous» Dieu le réservant pour un combat plus
Ions et plus glorieux, w L'Eglise fait sa fôte
le i\ décembre.
DIOSCORE (saint), mart\T, habitait Corin-
tiîe en 2W, sous rémpire'de Dette; il con-
fessa avec un grand courage le nom de Jésus-
Christ, avec ses compagnons Viclorin, Vic-
tor, Nicépbore, Claudien, Scrapion et Papias,
Avec eux il fut exilé en Egypte. Quelques-
uns disent ou 'ils s'y rendirent volontaire-
aient : nous les y retrouverons en 28i, sous
Fempire de Numerien, donnant généreuse-
ment leur vie pour la foi, sous le gouver-
neur Sabin. Déjà Victorin, Victor et Nicé-
ihore, par ordre de ce gouvcrn^jur, avaient
lé brisés Vnn après l'autre dans un grand
^ier, sans que le courage de ceux qui
ient en fût ébranlé. Il fit prendre Clau-
len et le fit couper par morceaux. Les mem-^
fre^ palpitants du généreux martyr furent
?fés devant les trois saints qui restaient,
In qu'épouvantés par ce spectacle, ils re-
lH^ssent à Jésus-Christ. Le juge leur dit»
T'ieur montrant les membres épars de C!au-
len : «Il ne tient qu'h vous d'éviter un pa-
nl traitement. Je ne vous contrains aucune-
lent à mourir, » — Si vous nous connais-
ïez mieux, lui dirent les martyrs, vous ac-
êdefiez à la pnère que nous vous faisons
^e nous iniliger un plus cruel supplice» si
TOUS en coiniarssez. Jamais nous no viole-
L^Dfisla fidélité que nous devons à notre Dieu
^lll ne renierons jamais Jésus-Christ notre
^Miuveur. » Transporté de rage, le tyran con-
^Blamna Dioscore à être brûlé Tif/ Ce sup-
HMiee fut mis à exécution le 25 de février, jour
PPhiquel FEglise célèbre la fête de tous ces
saints, (Voy* VfcTOia^.)
DIOSCOHE» l'un des trente-sept martyrs
*' is qui donnèrent leur sang pour la
1 ^ypte, et desquels Huinart a laissé les
Actes authentiques, Voy. Martyre (leslrente-
sept) égyptiens.
fa- DIOStORE (saifitl, martyr, était lecteur
^H»ns une é^liôe d'Egypte, Le gouverneur de
Hfetle province exerça à sou égard toutes
^iOrles de cruautés, jusqu*à lui arracher le?
ongles et k lui brûler les côtés avec des flam
beaux Mais les exécuteurs, effrayés d'une lu-
mière céïeste qui parut tout à coup, tombè-
rent par terre. Ayant eoûn été hrûlés avec
des lames ardentes, iî accomplit son martyre,
L'Eglise honore sa mémoire le 18 mai,
DIOSCOBIDE (saint), martyr, répandit son
sang pour la foi avec les saints CresceiH,
Paul et Heîlade. Le Martyrologe romain ne
dit point en quelles circonstances, L^EgUse
célèbre leur sainte mémoire le 28 mai,
BOI-BUONG (Paul), était cajûtaine des
gardes du roi h la cour de Coclunchtne, Lé
roi ayant publié un édit contre les chrétiens,
le 6 janvier 1833, ce saint guerrier fut déca-
fité le 23 octobre de la même année, sur
emplacement même de rEglise qui avait été
détruite.
DOMICE (saint), martyr, souffrit en Syrie.
Les miracles qu'il fit procurèrent une infi-
nité de bienfaits aux habitants de ce pays.
On n'a pas de détails plus étendus sur lui,
L'Eglise fait sa sainte et immortelle mémoire
le 5 juillet.
DOMICE (saint) , martyr, donna sa vie
pour Jésus-Christ l uue époque qui nous
est inconnue. 11 eut pour compagnons de son
martyre saint Aquilas, saint Eparque, les
h^aintes Pélagie et Théodosie. L'Eglise honore
leur mémoire le 23 mars.
DOMINICAms (les cent vingt-siî martyrs
en Î261), furent mis îi mort pour la foi chré-
tienne, parles Hongrois, les Bosniens et les
Dalmates, chez lesquels ils réf mandaient la lu-
mière de l'Evangile. Ces peuples leur tirent
soutTrtr différents genres tle mort. Votj. Fon-
tana, Monummfa Dominieanaj anu. 1261.
DOMINIQUE (saint), martyr, mourut en
Afrique pour la foi de Jésus-Christ avec les
saints Victor, Primien, Lybose, Crescent,
Second et Honorât. On ignore la date et les
circonstances de leur martyre. Le Martyro-
loge romain ne dit rien de plus sur eux,
L'Église honore la sainte mémoire de ces
glorieux martyrs le 29 décembre
DOMINIQUE (saint), évoque et confesseur,
stmffrit dans la ville de Bresse pour la foi
cht^étienne.Nous n'avonsaucun détail sur lui.
L'Eglise rhonore comme confesseur le 20 dé-
cembre,
DOMINIQITE DE VIC (le bienheureux), de
Tordre des Frères Prêcheurs, reçut la palme
du martyre en 1555, avec André de Lopez,
religieux du raôme ordre. Les habitants du
pays de Puchutla, irrités de voir les progrès
de l'Evangile chez leurs voisins deFancienne
Terre de guerre, réunirent une nombreuse
armée et envahirent la nouvelle T^re de
paix afin de venger leurs dieux délaissés.
Nos deux saints rehgieut périrent dans cette
invasion, Fontana (monumenta Botninictma)
marqueteur martyre en 1552.
DOMlNîtJUE (le bienheureux), mourut
pour la foi de Jésus-Christ, à Cuo^ana, cdte
de TAmérique du Sud (province qui fait
maintenant partie de la république d& Ve-
nezuela). Les Espagnols y avaient jeté les
fondements d*une ville qu'ils nommaient Nou-
telle-TolÈde* Les Franciscains, qui avaidat
1
L
ns
bon
mu
m
pris la fuite après Taffaîre occasiaonée par
l'affreuse conduite d'AJfonse de Ojéda {Voy,
HiiuicAPATià) y revinrent. Las Casas y vint
pour promellpe aux indigènes que les injus-
tices dont ils avaient été robjelnc se renou-
TcHeraient pas- Une femme de leur nation,
nommée Marie, lui servit d'intermédiaire vis-
à-vis de ses compatriotes* Las Casas jugea à
propos de faire cesser le commerce qui exis-
tait entre les colons espagnols de Cunagua et
les naturels de Cuuiana, parce que ce com-
merce entretenait le gortt dépravé queles indi-
gènes avaient pour le vin d'Espagne. Voyant
qu*ilne pouvait veniràbout du soa dessein, il
partit pour aller demander justice h. Haïti. 11
commit un notoraé François de Solo pour
gouverner la colojjie en son absence. Ce nou-
veau clief eut rimprudence de diminuer les
moyens de défense do la colotiie. Or îes in-
digènes profitèrent de cette circonstance
pour la détruire. Ils étaient irrités des obs-
tacles qu'on meltait au commerce outils di-
saient avec les Espagnols, leur vendant leurs
enfants pour être esdaves, contre du vin d'Es-
pagne Jls formèrent le dessein de renverser le
tort et de massacrer tous les Franciscains.
Herrera, cité par Henrioo, en parle en ces
tenu es : « Les religieux en ayant été ins-
truits trois jours avant révéneraent» firent
interroger rindicniic Marie, pour s'assurer
si la conspiration était véritable. A Tenten-
dre, rien u était plus faux ; mais ses yeux et
ses traits annonçaient oii'elle y croVaît. Il
arriva le raèrne jour sur la côteune baraue
qui venait échanger des marchandises : les
Espagnols et les religieux dcniamlèrent d'y
être reçus pour échapperaudanger, mais (eurs
prières furent inutiles. Les Franciscains qui
étaient avec Soto passèrent ce temps-là dans les
plus vives inquiétudes; ils s^adressaient aux
indiens et leurdemandaienlqueljouron avait
choisi pour les égorger. La veille de l'exé-
cution, on plaça le peu de monde qu'on avait
el quatorze petites pièces d'artillerie autour
du magasin des Espagnols, voisin du cou-
vent; mais lorsqu'on voulut se servir de
la poudre, on la trouva très-humide* Le Icn-
demain» h rbeiirc où on l'exposait au soleil
j»our la faire sécher, des Incfiens arrivèrent
en [)onssant de grands cris; ils mirent le feu
au magasin et tuèrent deux ou trois hommes,
tendant que d'autres, après avoir fait une
rèclie dans un côté du bâtiment et au mur
du jardin des religieux, qui était entouré
de cannes, les aidaient à y pénétrer. Dans ce
moment, François de Soto revenait du vil-
lage des Indiens, qm n'était éloigné que de
la |>orlée du trait du magasin et du monas-
tère; il reçut une tlôche empoisonnée dans
le bras, ce qui ne l'empêcha pas néanmoins
de pénétrer dans le jardin. Les Pères avaient
un étang formé des eaux du fleuve et qui
fournissait de reau au couvent; là se trou-
vait un canot en étal de recevoir cinquante
personnes* Tout le monde y entra, excéfîlé
le frère Dominique, qui, aux premiers cris
des indiens, était allé se caclier.sans être vu^
au milieu dos roseaux. Le canot, portant une
vingtaine d'Espagnols, s*avança vers le fleuve
pour gagner la mer, et se dirigea vers la
pointe d'Araya, où se trouvaient les salines
avec des navires en charçement, mais sépa-
fée du point où Fou était par plus de deux
lieues de mer. Le frère Dominique, ayant
aperçu le bateau, sortit de sa retraite et vint
jusqu'à la rivière. Quoique ses compagnoas
fussent déjà au-dessous du point où tlafait
paru, ils tirent tous leurs clforts pour arriver
jusqu*à lui et pour le prendre ; mais il leur
fut impossible de surmonter le couraul qui
les emportait avec rapidité. Domink|ue s ea
apercevant, leur fit signe, avec les deux maioi,
de s'éloigner. Les indiens, occupés de rincei)-
die du magasin, ne savaient pas qu'il n^^^V
trouvait plus personne; mais voyant 1
après le canot, ils se jetèrent dans une {> -
pour poursuivre lesEspagMols qui était^ntiicj?
une lieuo en avant , accablés de fatigue , et
n'ayant pas cessé un seul instant de fuir
à force de rames. Les deux embareattucts
échouèrent en mémo temps et on se tn>iiTâ
très-près les uns des autres sur une p/jge
hérissée de chardons à longues épines el leW
lement serrés, qu'un liomme armé n'auriit
osé s'v engager sans le plus grand eiubtr*
ras. Comme les Indiens étaient nus, ib
D avançaient qu'avec une extrême lenteur
sur ce Terrain au milieu duqiiel ils s*ét4ieDt
réfugiés. Le frère Jean Garces raconte quo
se voyant presque atteint par ce$ Indieos
armés de sabres, de pierres, et se croyistà
sa dernière heure, il se mit à genoux, fenût
les yeux et recommandant son àiiieauck'j,ftV
tendit, la tète baissée, le coup qui devait l'ètcr
de ce monde. Quelques moments s'étant
écoulés sans que les indiens exécutâSSêOt
leur résolution, Garces releva la tôle, regvnh
autour de lui el ne vit personne* Il supposa
que les Indiens n'avaient osé s'avancer jus*
qu'à lui, de crainte de se blesser, et ctilt
circonstance sauva la vie à tous les Ëspagaûlfc.
Ils attendirent dans cette espèce de IbrlefCiSt
el en sortirent quand leurs emiemis se fufenl
éloignés. Il n'y en avait pas un seul qui
n'eût le corfis percé de mille épines et ||m
fort mauvais état. Ils arrivèrent au ^^^" ^H
étaient mouillés les deux navires - ' ■ -r^"
geaient du sel, et furent reçus avr i*
lérèl qu'inspirait le malheur. 11 leur ûian-
quait un homme : c'était François de Solo»
qui avait été blessé d'un coup de flèche,
Quelqu'un dit l'avoir vu sous un ri>cher, an
milieu des chardons; on se hâta d'aller to
chercher dans une barque h une Ueuo il
demie; il fut trouvé encore en vie, apf**
trois jours de soulfrances, de soif el d'ifli*
nilion. On le traosporta dans le bateau, «I
comme les llèches empoisonnées excitent iiOê
soif ardente, il demanda de Teau. Au m©-
iiient|où on lui en présentait, il fui saisi d*an
accès de rage et succomba au bout de qoér-
aues jours à cette cruelle maladie. Les to-
diens prescrivent en pareil cas un régi»i
particulier; mais l'expérience leur a nro«v4
tju'en faisant boire et manger les luessé*t
1 eflct du poison en devient plus actif et lef
enlève en peu de temps. Après avoir il
dié le magasin» les Indiens pillèrent le
DOM
8^6
pt commirent plusieurs sacrilèges- Ils
ptun enfant qui traînait la machine lij-
Ique dont les Espagnols se servaient, et
^renl partout des traces de ialureurdont
JBient animés contre de bons religieux
le leur avaient jamais fait que du bien.
I Je jardin, tout fut coupé ou détruit par
1. Le frère Dominique, qui était depuis
Î'ours caché dans les roseaux, en sor-
in anrès avoir recommandé son âme à
i espérant n avoir rien t'i craindre d'un
l nombre d'Indiens qu'il voyait dans le
[lage et dont il avait toujours été Fami.
I traité en prisonnier, et, pendant trois
P on délibéra sur ce qu'on eu ferait. Les
foulaient le sauver parce qu'on pourrait
lervir pour faiie la paix avec les cbré-
1^ les autres demandaient sa mort. L'ar-
II fut prononcé par rintluence d'un In-
nommé Orléguilla, qui avait été dômes-
f dans le couvenL La victime venait
P trois jours en prières. Ils lui passèrent
|»rde autour du cou et après avoir as-
^é ce religieux d'un coup de hachct ils
laînèrent dans tout Tendroit, exerçant
j outrages sur ses restes inanimés* Le
I Ortéguilla dépouilla le martyr et porta
Cependant plusieurs jours, a (Oliuvres
on Barthélémy de Las Casas, toma II,
MINIQUE (sainte), vierge et martyre en
aoie- Cette sainte ayant brisé quelques
I sous Tempereur Diociélien, fut ex-
aux bètes; mais n*en ayant reçu aucun
die eut la tôle tranchée, et son âme
luse s'envola au ciel. Son curps est
irvé avec une grande vénération en Ca-
^ dans la ville de Tropée. L'Eglise liait
t le 0 iuillet.
MlTlLN {Titus Fiamus Domitianus) ,
t Vespasien et de FlavioDomitille, frère
tus, naquit le 2k octobre de Tan 5i de
et monta sur le trône en 81, à la mort
a frère Titus. Les commencements de
igné donnèrent à espérer aux Uomains
piarcherait sur les traces de Vespasten et
us ; mais bientôt son naturel féroce prit le
$. Néron, TibèrCt devinrent et restèrent
jdèles :il eut le triste honneur de les éga-
es débauches, son orgueil, sa cruauté
et calculée , sa haine des arts , des
ses et des lettres, le rangent parmi les
mauvais de ces empereurs qui ont
ë le trône des césars.
pûitieii a persécuté les chrétiens , quoi
tait (lit Dodwel , auteur qui meut plus
ne se tj-ornpe, dans le but d amoindrir
iomphes de TE^lise catholique. On ne
is qu'il ail porté des lois et des édits
iaux contre eux , mais il Ot a impliquer
une grande cruauté ceux que Néron
promulgués, il fit mourir son cousin
Clément , consul , b^innit Domitille >
e de saint Clément , dans lile Pan-
e , puis une autre Donit tille enrore
e), nièce de Clément, dans l'Ile Ponce,
Ànti[»as fut martyrisé t'kPergame; saint
jJ'Evangélisle fol. par l'ordre du tyr*m ,
pé dans une chnnîière pleine d'huile
bouillante, près de la porte Latine à Kome.
On avait fait venir d'Ephèse Je saint vieil-
lard, dis^ciple chéri du Sauveur. Saint Jean
sortit miraculeusement sain et sauf de la
chaudière qui aurait dû le consumer. Ce mira-
cle ne toucha pas Domitien^ qui exila le saint
apôtre h Pathnios. Les personnages que nous
venons de citer sont les plus remarquables
que la persécution de Domitien ait atteints;
mais il existe une multitude d autres saints
qui soutîrirent sous le règne de ce prince-
L'Italie» les Gaules» rAsie-Mineure » furent
arrosées du sang des martyrs. Bomitien ne
pouvait pas échapper h la punition qui at-
tend les tyrans, La main de Dieu «'ommenca
souvent le châtiment ici-bas : celui de Do-
mitien fut terrible. Il faut lire les écrivains
du temps pour se rendre compte des angois-
ses, des terreurs qui, incessamment et par-
tout, assiégeaient le cœur de ce tigre cou-
ronné. Enfermé dans son palais comme une
bète féroce dans son repaire, il tremblait h
chaque bruit, à chaque mouvement : il voyait
des assassins partout ; ses gardes, ses do-
mestiques, ses proches étaient pour lui des
ennemis qu'il croyait toujours disposés à
regorger* Un raconte qu*il lui arriva, comme
à Néron > d'accrocher son habit à un clou : il
se crut saisi par des assassins , il se mit h.
f tousser des cris et devint livide de frayeur.
1 avait fait construire une galerie dans son
oalais pour se promener î toutes les murail-
les étaient revêtues de pierres et de lames
polies , miroirs de ces temps où les glaces
n'existaient pas : le tyran voulait (lu en so
promenant son regard" pôt veiller sans cesse
autour de lui^ pour voir si personne ne le
suivait. Du reste, tout le monde tremblait à
son aspoct. Ce palais, cet antre oii il s'était
renfermé, on craignait autant, dit un histo-
rien, d'y enlrer que d*en être exclu. Figu-
rez-vous, si vous le pouvez, ce prince pro-
menant dans la terreur incessante de son
âme, sous les voûtes solitaires, le souvenir
et le reiilords de ses crimes. Chaque pan de
muraille lui retrace quelque scène sanglante;
chaque ombre qui se projette lui semble un
mort qui passe; chaque bruit qui se fait lui
apporte comme un cri de ses victimes. Ah I
c*est que le tyran qui veut fuir le remords
et le châtiment, qui s'enferme dans un pa-
lais environné de gardes et hérissé de pré-
cautions, enferme avec lui un Dieu vengeur
qui le suit, qui le tient, et qui, à point nom-
mé et l'heure venue, le frappe et l'écrase.
La mort de Clément , son cousin , fut ce
qui hâta le plus la sienne. Etienne, alTranchi
et intendant des biens de sainte Domiiille,
femme de Clément » ayant été inquiété par
DoDiilien, qui voulait qu'il rendît compte de
sa gestion , se joignit aux ennemis de ce
prince, qui conspiraieut pour le tuer. Il s*of-
frit même à être rexéeuteur de la sentence.
Parlhène, chambellan de Domitien, était dans
la conjuration. Le 18 septembre, Domitiea
rentrait, après avoir vidé ditférents procès;
il était onze heures du matin. Comme il vou-
lait aller au bain poirr dîner , Parlhène l'a-
vertil que quelqu'un lattendait pour lui dir^
m
DOlf
qu4que coose d'important et de pressé. Sur
cela, il fit retirer tout le monde. Etienne fut
introduit avec le bras gaur^he en ccliarpe ,
comme s'il eût été blessé, fl présenta h tJo-
mitien un ni^moire sur une prétendue con-
juration ourdie par Clément, son rousin, qrii,
disait Etienne, n'avait pa< été tu('*. Comme Do-
milien lisait, Etienne, qui avait un poignnrd
cach6 dans son érharpe, le lui plongea dnns
le ventre. DomiliencrLîau seeosirs, deman-
dant son ^^pi^e, un page accotirut* et voulant
la prendre au chevet du lit, où elle était or-
dinairement, il ne trouva plus que le frïur-
reau : toutes les préraufinns avaient été
pris- s. AInrs Domitien, faisant un suprême
elFort» terrassa Etienne, eherchanl h lui arra-
cher les yeux , mioique d:ins la lutti* il se
fôt affreusement blessé les mains. Parthènes
voyant la lu lie se prolonger, entra et arheva
ou (il adievep Domitien. Queîques sold:Us
étant arrivés sur ces entrefaites , tuèrent
Etienne,
Ainsi périt ce tyran, que rhîstoireaplaeé
près des Néron études Tibère. Après sa mort,
le sénat le déclara ennemi public, décréta
qu'il serait enterré comme un gladiateur, fit
renverser ses statues et effacer des monu-
ments publics lc?ï inscriptioTisqui pouvaient
conserver s.i mémoire. Il existe encore plu-
sieurs marbres où son nom a été clfac:é. Do-
mitien mourut âgé de près de riuaratite-cinq
ans (VV ans, 10 mois et 20 jours). Il avait ré-
gné quinze ans et cinq jours.
Dotlwel ayant prétendu que sous les em-
pereurs romains il y avait ou très-peu de
martyrs, Dom lluinart ftiit les rétlexions sui-
vantes à propos de Domitien :
« Après la mort de N ron, l'Eglise respira
un peu, et demeura tranquille durant les
troubles qui agitèrent reni|iirc; mais Domi-
tien étant monté sur le IrAne, la persécution
reprit de nouvelles forces, ci Car cet erape-
« reur, dit Eusèbe, fit gloire d'être lo succes-
« seiir de Néron , dans Sun impiété et dans la
« guï^rre sacrilège que co dé tii stable prince
<t avait IViitf* h Dieu. » Dodwtd ne peut se dé-
fendre d*ad mettre cette persécution , mais il
rabrégrj le plusffu'il peut. Selon lui, à peine
a^l-ello duré un an; il veut, de plus, qu*elle
ait été fort modérée , qu'on n y ait point ré-
pandu de sang, qu'on n y ait vu ni supplices,
ni tortures. 11 prétend prouver son peu de
durée par un argument invincible , tiré de
Brutius. rapporté par Eusèbo , qui ranonto
que Domitilk% nièce du consul Flavius Clé-
ment, fut envoyée en exil avec d'autres
chréUens, Tannée du consulat de son oncle,
et la fiuinzièine du règne de Domitien. Or^
ce prince entra au Uioi!» de septembre dans
la quinzième année de son empire et de sa
charge de tribun, et au même mois de Tan-
née suivante il fut tué , après avoir fait ces-
ser la persécution , ainsi que Tassuro Ter-
tuMien : donc, selon Dodwel, on ne peni
étendre b persécution au dut?i d^ine année.
Toïci les paroles de ce Père, d,ms son Apo^
^géiimu: « Domitien, qui avait une[>ortion
« m rame de Néron , avait voulu d\d>nrd
« (aire (luolques estais de cruauté, mais il
DOM
I
« ne continua pas; et ayant raprir.U r^uT mi'îi
rf avait exilés....... » Doiiwel ce
passage que Domitien eut h la \ . ..^ ^ -. . vfue
aessein de former une persécution , mais
qu'il ne fit que rébancher; qu'il '..-*"« ^--
cruel , mais qu*il ne le fut pas en
se contenta de relég^ier ceux qui o < —
Jésus-Christ, sans répandre leur siti- ri
ôter la vie ; et, si Ton en veut '
gi s te d es tyransjes monument
plus certain < ne ptnivent nous
ce petit intervalle que des non >
exilés.
« Mais toute l'induction qu'on pput Gm
de cet endroit de Brulins , dont Dfidwelse
sert pour |>rouver le neu de durée de rHTc
persécution , ne conclut autre rf
que la temi^éte excitée par Dorait. .. .
Tligliso Tébranla avec plus de viulenre, \it
quinzième année de cet eltipereur, miis
quVdlc avait déjà commence a Tagiter plo-
sieurs années auparavant. Et Eusèbe lut-
méme, qui sans doute avait lu Brutius [rJir
nous devons à Eusèbe tout ce qui nous rrtt*
de cet auteur) , Eusèbe , dis-je, eri oief le
cnmniencement deux ans avant Texil dcBç
mititle, et il est suivi en cela par Tautcafj
la Chrrmiquû pascale. Le savant P
marchant sur les Iraces de ces deTti^ »\
historiens, le fixe en Tannée 93 ,
cardinal Baron iu s le fasse reoi'
3ns plus baut. Saint Jérôme n'osi p.i-
contraire h Topinion de Dodweï , p
attache le martyre de saint Jean à la
zième année de Domitien. El, rci
avait déjà longtemps que ce v
voulait passer pour dieu, et se fai->«,
les honneurs divins, ainsi que nr
prenons» non-seulement d'Eu'^^--^^ -**
très auteurs chrétiens, maïs < ^^
mes. Enfin, les actes de saint i^^ «f-
tyr, écrits par un auteur contn ^
reconnus par Bodwel, prouvent luvinnore-
mont que cette persécution a été brf*»ii«oyp
plus longue qu'on ne prétend. C^^
tent qulgnace soutint plusieurs t^
la fureur de Domitien avait c\
tro TEglise. Il importe donc i*
chrétiens exilés par Domitien ai- *-
pelés du vivant de cet empereur, i r-
luUien semble Tinsinuer,ou du réf. :-
son successeur Nerva. Eusèbe attr.bU':*> n-
tabiissement à ce dernier, sans s'arrèlfr«it
passage de Tertullien, qiTlI n-- î^i^^'» m^éû
citer, et d apjujie son sentin té*
tûoisinage de ceux qui on! ér , ,eàû
ce temps-là. Clément d'Alex;- i la mê-
me chose, et Dion de XiphiljTf j.i.t cAppêlff
par Nerva cent qui avaient été C0TiTaJlle«î
dlmpiété sous son prédér - * ' '
qu*il nomme les chrétien-
ne retourm de son exil a Eptiese qu apn^i
que Domitien eut été tué, et ijuc le séoatfit
cassé tnut ce qui avait été fait par cet «••
perçu r.
« Aure^te, le seul cter -t Ifâfl
monlre assez que celte j i ne cte-
mi'ura ppiS dans les bornés qu'il niait klkA'
wel de lui prescrire, et qu'elle lut, mc9a*
i
i29 DOM
traire» poussée jusqii^à répandre le sang des
ûdèles; car quoique k vie de cet apôtre eût
été conservée par un miracle, il irt^i) avait
pas luoins été cundaLjiié h la |)erdre, L'Apo-
calypse a consacré la mémoire du martyre
de saint Antipas, f(ui soullril à Ptr^^ame dims
Je même temps. Dodwel veut qrn^ ce fut \mt
une éruôt on populaire: mais d'où Ta-t-il
appris? Du nioifis, les Artts de re martyre
portcDt qu'il fut h la vérité arrêté jku* 'un
peuple furieux et anioié co'itre les ehréliens;
mais ils ajoutent qu'd fut conduif devant le
juge* Ce magistrat le mena<;a de lui iaire en-
durer les supplices |ïreserits par les luis ro-
maines s*il n obéissait aux édits des empe-
reurs» et s'il contiuuait ?t méiiriser le culte
des dieux. Et, sur le refus tjuMi en tit, il fut
tratné devant le tem|)lè de Diane, et enfermé
dans UD taureau d airain , qu'on avait fait
rougir au feu , où il doit sa vie. Tout cela ,
ce me semble, a fort ri»ir d'une pL-rsécuiion
ouverte. Mail» rien n'e>)t plus à notre avan-
tage que ce que Bïutiiïs uit dans ta clironi-
que et tkins i'histoired'Eusèbe. li y dit for-
meUeraeut que ^ sous Diiniitient plusieurs
chrétiens endurèrunt le mailyrt!....; que de
ce nombre fut Domitille qui,' avec beaucoup
ii*auU'OSt fut envoyée en exil. Et, sans doute,
Ila considération (iu sexe et les é^^ards qu'on
mit pourla naissante de ces personnes, adou-
llt leur peine; mais i^our eeux que rien ne
fcstinguait dans le monde, on doit dire, ou
fcu'ils périrent par diviirs supplices, ouquMs
Pbreni dépouillés de tous leurs biens , ou
qu'un bannissement bonteux fut leur par-
tage. Et ce n'est nullenient là une sim[»le
conjecture, puisque Dion le rapporte ainsi ,
en term.^s exprés : n La même année , dit
« cet auteur, Domitien tll jnourir plusieurs
^^« chrétiens, et entre autres le consul Fla-
^k' ritis Clément, quoiqu'il ùM oncle de Vem-
^^pereur, et quit eût épousé Flavie Domi-
^H tille, sa parente irès-procbe f l'un et Tau*
PW tiC ajranl été accusés du crime d'impiété,
t Ce crime fil périr un très-grand nombre de
^ ceux ijui, abandonn.int l'irncienae religion
* des Romains, avaient embj-assé celle des
tf Juifs (caries païens ajipelaient les chrétiens
« des gens conviiin^us de jutiaisme, dathéis-
• me et dlnqjiété;. L'empereur eut quelque
I « «^gard pour Domîlilie : il se contenta de
« l'exiler dans rilc Pandalarie ; mais pour
« Gtabrion, prévenu du même crime , it fut
*« ta<5 Dar l'ordre de Domitien, quoiqu'il eût
• été le collé^ne de Tjajan dans une des
* plus considérables nia.^islratures de l'em-
« pire* » Ainsi on|>eut dire, avec Terti.llii'n,
que cet empereur éprouva la constance de:j
chrétiens par le fur et par l'exil ; ainsi Ton
pe^t recevoir sans scrupule les moijuments
qui nous dépeignent le Louibat et la mort de
queirjues martyrs, qui furent couronnés du-
rant la persécution de Domitien. »
DOWITIÊN (saint), martyr, versa son sang
po'jr la foi, à Fhiladelpfiiè, en Araijie, avec
les saints Cyrille, Aquilas, Pierre, Huf et
I Ménandre. On ignore la date de leur mar-
I lyre. L'Eglise célèi^re leur mémoire le 1''
I août.
DOM
830
DOiflTIEN (saînl), évoque et confesseur,
soutlVit pour la foi h Ciiâlons-sur-Marne.
On n*a pas de détails sur 1 s circon s tances
de ses combats. L'E^^lise fait sa mémoire le
9aoilt.
DOMITIEN fsaintr, martyr, Tun des qua-
rante martyrs de Sébaste, sous Licimus.
(Foï/. Martyrs de Sébaste.)
litJMÏTlIùX (saint), re^^rt la couronne du
marlyre h Artcyre en tia atie, avec le prélre
s-si'it Eutvche. L'Ej^^lise fait leur mémoire le
28 décenibre.
DOMITIEN, ofllder d'Aurélien, envoyé
par ce prince h fcoie pour y Tiersécuter les
chrélipns, est prob'tbleraent le même que
le Domitien, général s^ais tiallien, qui vain-
quit Macrien et sot fils. Cet homme, qui des-
cendait de renq)ereur Domitien par Flavie
Dumitille, ne faillit iioint à son sang. Il per-
sécuta avec fureur les chrétiens. Saint Co-
non et «on tils furent, p^w ses ordres, sou-
rais h d'atroces supplices. On les étendit sur
le lit de fer eml^rasé, sur des charbons ar-
rosés d'huile; on les mit dans une chau-
dière pleine dlmile bouillante, on leur cou-
pa les mains. Quoique les dates contrarient
un peu celte o[iinion, nous inclinons forte-
ment h croire que ce Domitien est celui
qu'Aurélien tit mettre h mort parce^ qu'il le
soupçonnait d'avoir vouiu usurper Tempire.
DOiMlTlLLE (sainte), fille de Domitille,
sn^ur de Domitien, était femme de saint
Clément, qui fut consul en 95 sous Domi-
tien, et que ce prince lit mourir comme
chrétien. Elle fut exilée dans file Pandala-
rie, comme coupable du mémo crime que
son mari,
DOMÏTILLK (sainte), Flûvia BomUtUa,
nièce de saint Clément, martyr et cousin dô
Domitien. Suivant Eusébe (l. m, ch. t&)t
elle était fille d'une sœur du consul Clé-
ment (1). Deux de ses serviteurs, sairtt Né-
rée et saint Achîlîée, furent décapités h
Terracine par ordre de Domitien. Pour clle^
s il faut en croire les Actes donnés par Bol-
landos (12 mai, p. 13 AL elle fut enfermée,
sous Trajan, dans une chambre à Terracine,
puis on y mit le feu. Ces Actes sont loin
d'être authentiques : tout ce que nous sa-
vons de positif, c'est qu elle fut exiléo par
Domilien dans une ile voisine de Pandatarie
et nommée iîe Pot}tia on Ponce. Trois cents
ans après on voyait encore les cellules dans
lesquelîes elle avait demeuré. Sainte Paule
les vil en allant à Jérusalem^ vers îa fin du
(i) Beaucoup d'auteurs, raétne recommandahles,
canliHiJetit sniate Flavie Doniititîe, awc Doïnilille,
femme du consul Clément. A celte erreur nous
n*t>pposerorjs qu'un fait. L'Egtise, qni ue se trompe
I);is, hrmore saiiUe Ftàvk' Doniililîe eoniriie martyre
cl c<>muie vierge. Or, Uoniililie, femme de Clé me ut,
eul uue lilt« fioumiee comme elle Uirniilitte, laquelle
éprjusa Flavius Ouèsvmus. Trébelitus Potlicm, pour
Tannée 'HiS {Sub Gùttiem} îyramwrnm hUtt^ria, c,
îi, de Macfiunù), irnrie iJ\m Domitien, homme do
guerre remi*rqiiiit>le, lequel descendait de Pomîlillc
m rièf à Cf^ment, D'aillpurs on sait que Clément
avnii dêu\ lits que Domitien avait adoptés, l/e^pa*
sien et Doiaiiieii«
m
DOM
IV' siècle. Saînle Domitille raourut-elle dans
l'île Ponc*î? Mourul-elle rûarlyre? ce sont
dc^ questions sur lesquelles i^laoe le doute.
Il est certain quelle soiitTrit pour la foi, et
l*E;^lisc lljonorc r*>mme une sainte, le 12
mm, le 7, suivant le Martyrologe romain*
DOM JEAN, Abyssinien, fut emprisonné
le 3t> sèplêïubre 16^8, en Abyssinie» sous le
n'*;^ne et durant la persécution de Basilides»
Netjous de ce pays, en baine de \ê relij5ion
calbolique. Il eut pour compagnons de sa
captivibi Ibum Laça Mariara, Dom Théodore
et Doru Meica Cliristos.
DOMMl'S (saint), martyr, I*un des qua-
rante martyrs de Sébaste, sous Licinrus.
{Vot/, Martyrs de Sébaste.)
DOMNE (sainte), njartvre, eut ravantage
de mourir pour sa foi à Nieomédie» durant
la |*ersécution que Dïoclétirn Ht souflrir aux
cbréliens* Elle eut pour cooipagnons de son
glorieux martyre saint Idnès, un des ofli-
ciers du pakiis, et les saintes Agape, Théo-
ohile et leurs courageux compagnons, que le
Martyrologe romain ne nomme pas. L'E-
glise honore leur mémoire îe iâ8 décembre.
DOMNINf (saint), martyr, élait un des
chambellans de l'empereur Maximien Her-
cule, lecpiel avait établi sa cour à Milan, en
Tan de Jésus--Chnst304. Comme la persécu-
tion sévissait avec rage contre les chrétiens,
il prit seerélement la fuiU* pour se rendre
h Home ; mais des soldats, détachés à sa
poursuite, l'arrêtèrent sur Ig voie Clau-
dienne, entre Parme et Plaisance, el lui tran-
chèrent la tête. Le lieu où il fui mis à mort
et ensuite enterré a pris sou nom. Aujour-
d'hui on Taf^pelle Burgos-Sao-Donmino* La
fête de ce saint est inscrite au Martyrologe
romain sous la date du 9 octobre,
DOMNIN (saint), reçut la palme du mar-
tyre le même jour que saint Philénioo. Nous
n'avons aucun détail concernant ces deux
SAints. L'Eglise fait leur fête le 2ï> mars.
DOMNIN (saint), martyr, regut la |)alme
du martyre à Tliessalonique avec saint Vic-
tor et d'autres encore dont les noms ne nous
sont (joint [h-irvenus. L'Eglise célèbre ta mé-
moire iiumortelle de ces saints le 30 mars.
DOMNt^i (saint), souffrit le martyre sous
l'empereur Maxiinin avec les saints Théo-
time, Philâtée , Sylvain el leurs compa-
gnons, dont les noîns ne nous sont point
parvenus, L'Eglise fait la mémoire de ces
courageux coFubatlants le 5 novembre.
DOMMN (saint), martyr, fut martyrisé
sous l'empereur Ma\imii*n à Thessabinîque.
Les Al tes des martyrs ne nous donnent pas
de détails sur lui. I/Ei^lise céièbre la mé-
moire de l'e saint combattant le 1" octobre.
J)OMNINE (sainte), martyre, appartenait à
Tune dt^s familles les plus élevées d'Antio-
che; mais sa vertu, sa beauté, son esprit,
fa i sa i e f it oubli e r ci t a va n t âge . El I e é ta i t a u-
dessus de la j)lus haute naissance. Elle avait
deux tilles, Bérénice et Prosdoce, qu'elle
avait fait élever sous ses yeux. Toute mère
devrait » quand sa position le permet , eii
faire autant. L*aile d'une mère est le meil-
leur abri qu'une fille puisse avoir. On do
trouve pomt ailleurs ce que Bîea a mis tt
Nulle part la vertu, rinnocenee ne sont
aussi en sOreié, nulle part Je cœur ne it
développe aussi bien. Les deux jeunes fdles,
dignes de leur mère par leur piété, avaieut
reçu d'elle, avec les avantages de rame, U
beauté la plus éclatante. Quand Dioclétito
publia ses derniers édits, la mère el h$
deux tilles s'enfuirent à Edesse. Les dto-
gers, les fatigues du voyage ne furent point,
disent les Actes de sainte Domnîne, c^pt-
blés de la rebuter. Naïveté de légeode
comme on en trouve souvent, même dtfis
les meilleures. Il est évident que quand cm
prend ta fuite pour éviter un péril, on a pré-
féré les fatigues et les dangers de la fuite au
péril auquel on cîterche à se soustraire. Les
édits ordonnaient aux ehrétiens de livrer
leurs propres parents. Le mari de DomniiM
eut Fatroce lâcheté d'obéir aux édits ; il dé-
nonça sa femme et ses tilles. On promettait
la vie à ces traditeurs du sang de leurs [m-
ches, à ces assassins. Comment faut-il, mon
Dieu, que certains hommes aient le om
fait, si une vie ainsi sauvée, ainsi achetée,
n'est |)as pour eux cent fois pire que les
1>lus grancls supplices? Sur cette déneacit-
lion, la sainte el ses tlîles furent arrètéef.
Ou les conduisit à Hiéraple en Sme. Du-
rant la route, elles trouvèrent moyen d'é-
chapper à la surveillajjee de leurs^ -"-*^', et,
ayant pris la fuite» allèrent se j<*f 'le
rivière où elles furent noyées. Un > > jrL^nt,
elles prirent soin de biens© couvrir'Aekurs
v*^teraents, de peur que, même mortes, eUe*
fussent exposées à être vues découvertes,
L'Eglise a mis ces trois femmes au nooK
bre des saintes. Dieu^ sans doutCf lui 41111^
pire cette décision, car leur conduite^
tout à fait en dehors des règles ordiûl
On peut dire et on a dit qu'elles se di
rent la mort pour éviter d*être victii
la lubricité de ceux qui les eonduisaieiit]
ne détruit point cette vérité, que nul
droit de disposer, méoTe en face d'un di
quelconque, de la vie qu'il a reçue de '
Leurs Actes disent qu'une inspiration pàHl-
culière de Dieu les a autorisées à smrre
cette conduite exeeptionnelle : bien d'autres
fois, dans le cours de ce travail , '^ ^"^ •vous
vu que, dans le cas oix ses sai »'iit
exposées aux brutalités des per>tHuiiuM>, il
trouvait moyen de les protéger. On admet-
tra dillicilement que dans celte circonstiW»
Dieu n'eût pas employé un moyen qui-
conque f>our soustraire la sainte et sesdcsi
tilles aux attentats de leurs gardiens.
nous aimons mieux excuser les sainti
alléguant la pureté de leur cceur et U
de leurs intentions. Ces dispositions pi
tous les actes, quels quils soient, el u
ment souvent en mérites aux yeux
gneur ce qui paraît bhlmabb:* ou mèioi
nunel aux yeux des hommes. L*^lt^^
lèbre la fête de sainte Domnîne et
deux tilles le 4 octobre.
Nous faisons suirre, d'après Roiiiârt.
Actes authentiques de celle sainte ©artjrt
et de ses deux ûlles.
I
S33
DOM
OOM
834
II n'y a que trois semaines que nous cetc-
ferions la fête de h eroix, el nous solenni-
sons di^jà celle des martyrs» O admirable f '-
condilé du sang de J(?sus-Christ! à peirm
a-l-il touché la lerr*} qu'elle produit. 11 n y a
encore que vin^t jours que cet arbre a été
planté, et il nous donne déjà des fruits ;
car entin la mort de ces trois admirables
personnes dont nous faisons aujourd'hui la
mémoire t t^u'est-ce autre chose (lu'un ex-
cellent fruit de la mort de Jésus-Christ ? Ces
victimes ont été immolées pour ce divin
Agneau; ces génisses choisies dans le trou-
Eeau ont été. égorgées pour cette innocente
rebis ; et ces oblations ne sont agréables à
celui à qui elie3 sont faites qu*en vue de ce
Sremicp sacrifice. Vous pouvez voir aujour-
^ 'bui une déraonstration évidente de ce que
j'avance dans le discours que je vous lis le
jour de la solennité de la croix. Je vous dis»
en pi^rlant du Fils de Bieu, qu'il avait brisé
les portes dairain et les verrous de fer
(/^aîf, XLY, 2). S*il n avait en elfet enfoncé
ces portes, des femmes auraient-elles eu as-
sez de force pour les rompre? S-il n'avait
mis en pièces ces verrous, de jeunes vierges
auraient-elles pu facilement les arracher?
Et s*il n'avait enfm rendu la prison un Heu
agréable, nos saintes marl^yres y seraient-
elles entrées avoc tant de Joie? Que le Sei-
gneur soit béni : le sexe le plus timide ose
affronter maintenant la mort ; ce sexe, qui
autrefois Tintroduisit dans le monde, la foule
aujourd'hui aux pieds ; ce sexe, qui avait
servi de dard au démon pour frapper mor-
tel leroent le premier homme, se tourne à
présent contre le démon même, et le perce
de mille coups ; ce sexe qui n'était aupara-
vant qu'un faible roseau, devient entre les
mains de Dieu une flèche dont il se sert
pour terrasser ses ennemis. Des femmes al-
taquenl la mort, elle qui fait trembler les
plus hardis ; elles lui insultent. Qui n'admi-
rera une hardiesse si peu commune? Que
les gentils rougissent' de honte; que les
Juifs meurent de confusion de ne pas croire
la résurrection de Jésus-Christ. Quel argu-
ment plus fort veuiefit-ils de cette résurrec-
tion , que ce j>rodigieux changement qui
s'est fa»t dans la nalure? Des liommes ont
craint la mort ; Je dis les plus saints, les plus
braves, des héros de Tancienne loi, des pa-
Iriarches, des roisj ils ont fait ce quils ont
pu pour éviter ses tiaits ; et de simples fem-
mes de la loi nouvelle vont au-devant , elles
se les porleiit elles-môaies dans le sein,
Bi*aulez-donr, mes frères, Félogeque j'entre-
prends de faire de n<js illustres martyres, si
toutefois votre attention ne se sent point fa-
tiguée des discours précédents. Mais il nous
faut reprendre la chose de plus haut.
Jamais FEglise n^avait été agitée d'une
plus violente tempête qu elle le fut au com-
mencement du siècle passé. Trois empe-
reurs (Dioclélion, Maximien et Galère) ay.int
r'Mini toute leur puissance contre elle, lui
I ^tri iarèrent la guerre dans toutes les parties
r du monde; Tattaquèrenl au dedans et au de
^^m*^! elle se Vil tout à la fois deux guerre
sur les bras, une guerre civile et une guerre
étrangère ; elle avait à se défendre d enne-
mis déclarés et d'ennemis 'couverts. Une
seule de ces guerres eût été déjà pour elle un
très-grand mal ; quel devait être l'état dé-
plorable oii elle se trouvait, se voyant d'un
c(>lé exposée aux embûches secrètes des
siens , et d'un autre aux incursions des
étrangers? Mais, après tout, la violence de
ceux*ci était pour elle moins à craindre que
la trahison de ceux- le. Il est bien plus facile
de se garantir d'un ennemi reconnu pour
tel et qui combat h force ouverte, que d'é
viler les surprises d'un traître oui, sous une
fausse apparence d'amitié, cacne le cœur el
les desseins d'un ennemi. L'Eglise avait
donc, comme nous venons de dire, deuï
guerres à soutenir, Tuno civile el l'autre
étrangère ; ou, pour parler plus véritable-
ment, l'une et Timlre civile. Car ceux oui
rattaquaienl au dehors étaient les juges, les
magistrats; des trou nés de soldats, non des
juges étrangers, ni des magistrats d'un au-
tre empire, ni des soldats tirés de quelque
nation barbare, mais tous Romains, tous vi-
vant sous les mômes princes, gouvernés par
les mêmes lois, tous membres d'une même
république. Mais celle dont elle avait à se
défendre au dedans de la part de ses pro-
ches pouvait passer pour une guerre plus
que civile. Car on voyait le frère livrer le
frère, le |»ère ses enfants, le mari sa femme.
Nulle sûreté, nulle lidélilé du côté des pa-
rents; le sang avait perdu ses privilèges;
les droits les plus sacrés de la nature, les
liens les plus serrés de l'amitié, Falliance la
plus étroite, tout cela n*était plus que des
liaisons imaginaires, ou tout au plus exté-
rieures, et purement politiques. Ces unions,
si saintes et si vénérables aux peuples même
les moins civilisés, n 'étaient plus connues
des Romains ; on les violait, on les rompait,
on les foulait aux pieds impunément. Ce fut
durant ces troubles domestiques de l'em-
pire et de l'Eglise que trois illuslres fem-
mes donnèrent c^t exem|de inouï d'une
grandeur dMme plus qu'héroïque ; si loule-
lois ou doit donner le nom de femmes à ces
admirables créatures qui, dans un corps et
sous la ligure de feiimjes , non-seulorncnt
renfei'maient un courage viril, mais qui, s'é-
levant- au-dessus des forces ordinaires de la
nature, tirent paraître une vertu dont les
intelligences célestes sont seules capables.
Elles abandoimèrent leur patrie (1), leur fa-
mille, leur propre maison, pour aller cher-
cher dans un pays éloigné la liberté, qu'on
leur refusait dans le leur, d'adorer et de ser-
vir Jésus-Christ.
Ce fut par un molif si noble el si relevé,
que la fidèle et généreuse Domnine avec ses
aeux filles, Bérénice et Prosdoce, quitta le
lieu de sa naissance. Arrêtons-nous d'abord
et considérons des femmes de qualité, éle-
vées délicatement et parmi toutes l^s com-
modités de la vie, qui vout s'exiioser à lou
les les suites fîlcheuses d un long et pénible
lerraa (i) Saint Chr)âoslonie ae la nomme poinu
83RÎ ^^
TOyagc* Si des hommes robustes, accoTilu-
més h voyager, ne laissent pas d'é[)rouver
dans Je conrs do k^urs voyages fl*asso/. gran-
des fati;^ttes, quoiqulls aient des voitures
commodes, qulls aient ?\ leur suite plusieurs
valets, que la route soîl bonne, sûre* aisée
h to'iir, qiie la traite ne soit pas longue,
quïïs aient enfin tonte liberté de retourner
ctiez vn% ; quelle doit être la fui de I)om-
Bîjrie, sa résolulion, son amour pour Jesus-
Christ, lorsque nous la voyons marcher à
pied, sans suite, embarrassée de la jeunesse
et de la beauté de ses fdles, abnndonn'e de
^esarais, trahit? par ses proches, environnt^e
d'ememis, se sauver par des sentiers dé-
tournés, h travers mille dangers, craij^iiant
pour ses fdles, f)OCir elle» pour leur lion-
tïeur» pour sa vie; dans de continuelles
£jlannes, dans lappréhension d'être suivie,
dt^couverto, reconnue, repiise? Eile sort de
son pays natal, de sa ville, de sa maison, et
die mène avec elle deut filles d'une excel-
lente beauté; comment et où les cacher? Qui
sera le gardien de la virginité de ses fdles?
€e sera le €iel ï Co sera lésus-Christ lui-
méinei Car de même que Lotb au milieu de
^odome, quoique son lo^is fût assiégé de
ious ciMés par les îiabitants de cette ville
Infôme, n'avait rien à redouter de leur in-
solence, parce que Dieu lui a envoyé deux
BTj^es pour le garder : ainsi nos saintes fu-
gitives, quoiqu'au milieu de leurs ennemis,
furent préservées de tant fie funestes acci-
denls qui devaient naturellement leurarri-
Ter, parce qu'elles avaient au dedans d'elles
le Seigneur des anges qui les conduisait.
Les flots muçissaienl autour d*elles, les nua-
ges gï'os de Inudrcs et de tem|)ôtes roulaient
sir Hur tète» tout était en mouvement pour
!fs perdre, et cependant elles marchaient
HÎ'un pas tranquille, et dans une entière sé-
curité. Trois brebis eiilrcprcnneot de Ira--
verger des pays couverts de loups , des dé-
serts habites par des lions , sans que ni les
liois ni li^s loups Oî>ent seulement leur dis-
puter le passage. Tous les lionnnes ont pour
elles les yeu\ chastes, nu pîutùt Dieu sus-
pend en leur faveur, durant tout le chemin
qu^elIcs ont à faire, les ctïets naturels de la
beauté.
Ce chemin se termina enfin h Edesse {!},
Cette ville est h la vérité bien moins pohe
gutj plusieurs autres; mais on peut dire
aussi, h sou avantage j que la piété y est
beaucoup [>lus eslitiiée qu'.nlleurs. Aussi
nos illustres voyageuses y trouverenl-elles
un asile contre les poursuites de Timpiété,
et un ()ort où elles crurent pouvoir attendre
en sôreîc le retour d*une saison plus calme.
Cette ville toute sainte reçut donc la mère
et les tilles , non comme des étrangères,
mais comme des citoyennes du ciel, et elle
se chargea d'elles comme d^un âépîSX sacré
que Dieu lui confiait. Que personne, au
reste^ n accuse ces saintes femmes de peu
de courage, pour avoir pris ainsi la fuite
(1| Métropole de Alésoptamte, aujourd'hui du
Diaibeck, sous la dorainaiion des Turcs»
ÎK>lf
devant leurs perséciitetirs ; ellef ne (ImiI
en cette renc-ontre qu'obéir au (H^émple éi
Seigneur, qui veut que lorsiqu'oii est p^né-
cuté dans une ville, Ton fuie dans unet<i*
tre. Bien loin que cette fuite lenr fttt hon-
teuse , eile leur procura au conlraipe mê
eouronne, Ki quelle couronne T Celle qm^
promise h cent qui méprisent totis les avan-
tages du sièrle. Car micùttffyte, cfil Tk/in*
Seigneur (Matth, %tx, i^), abandonnera f^m
moi $a maison ou ses frères, ou ge$ smun, im
st's amis, on ses parent i^, en recerra h fm-
tHplfj rt anra pour hériiage le rt> éitrmlk.
Elles avaient encore Tbounear d'avoir M-
sus-Christ avec elles (Ibid. x^^^, 90), piri^
qu'il assure que lorsque deux ou irôh
sonncH sont oêsemblées wi ion nom dan*
que lifUy il s'y trouve au tnidru if efi
[ïlus Ibrte raison, si elles se sont hnnni
ontairemertt pour raraour de lui. Mais
dis que Domnme goûtort quelque rapoi
dans cette retraite, l'es empereurs fal — '
publier par tout Fempire des édils <
parla tyrannie et la cruauté. Car voiri
propres termes : « Que les proches, discil-
ils, aient à dénoncer leurs proches, queb
mans livrent leurs femmes, les pères laifi
enfants, et les enfants leurs pères. Qtie te
frères accusent leurs frères, et que tes rais
se rendeftl les délateurs df^ leurs amis.»
Ressouvenons-nous en cet endroit de laffé»
diction de Jésus-t'hrist (Matth. x* SI) : Il
frère livrern h frère à ia mor(, fi U pHt h
fits; les efifmifs ife soulèveront cvntn Um
pères et leurs mères.
En un instant toutes le?; vilVes se rpvraS»
rent de traîtres, de meurtriers, depiiTRWS.
Les pères otiVaient leurs inaiiïfaat jases
pour égorger leurs enfants; H mîmii
traînaient leurs pères «u pied des tribu-
naux; les frères vendaient le sangétlem
frères, tout était plein de tumtrffe et dee»-
fusion* Edesse ne fut pas ejvmpte de «4
orage, pendant lequel nos saintes fenmai
jouissaient d'une profonde tmnqailliié,
les ne se regardaient pas comme fîdti
exilées de leur pays; elles n» -^e
pas qu'elles étaient «ians la tj
part des choses qui rendent la vie a
respérance des biens futurs leur foL
abondamment lout ce qui leur était
saire; la fui était leur patrie, el h
leur servait de forteresse t^our les mettrf
couvert des insultes de rennemi
des hommes, Alîermies dms ces trois ^9^
tus, elles virent sans émotion arn*^>
Edesse, lune ?on m^n, les /ïutresletJ-;''-
accompagné de soldats pour les ^
leur retraite ; si ou moins nous tJ
ner des noms si doux el si bonorai)'
bomme qui s'était chargé d'une à cr
si honl<*use commission. UpnrgnotïS'^
fois en faveur d'une épouse et de<Jp
martyres, et n'angmenloi^ vit
proches la peine m'il r , lï
se voir obligé , malgré lui, dii Ijvren
a de plus cher au monde. Considéitw
tôt la sage conduite deBomnine, lor^
fallu évucr la iiersécttttoii, rite iW
DOM
îrée; maintenant qu'il fuut cam-
ne songe jVlus à fiiiî\ ta voilà
ceux qui ]\Tûaiè:îent; eJle les
Iraiute^ quoit^u'ello sache Uieo
ulscnt à la oiort. Apprenou^ de
es f ec qw iJOus dtn ons faire
'érenlos i'uDJuûcluies où liuus
\s ; €itr coiuuie iiou8 Jio devojis
irement Mev au-dévant du }it*-
devons-nous pas reculer lâcbe-
P se présaule. Wai^ iuivous dos
prendre le 4;lKmun de Hiérapo-
Inlire ville saeroe* Ce fut enlltt
proehe de cette vilJe c|u eties
p arriver a la ville qui doit seide
^e sacrée; c'est-à-direàla télesie
qii^ellefi terminèrent i^lorieu-
\s leurs courses de la nianière
[coiUer en iicu deuîuts.
B côtoie le grand chf3yjiu d'E-
ri|Xilis. Les .^oidafs qui les too^
'arrêtèrent pour uiaLijiÇêr sous
es qui sa trouvaient là |iar ha-
it quUs dineiit et qn'ds ne
t>oij'e, nos saintes l'emiiies son-
ittie en liberl*^. On dit que le
uine y donnu les inaiiiSt et
il trojnper leurs gardes; je
€0 sent lin élit* et il y a hien de
u'iJ vn usa niusi, adn de pou-
iHi quelque sorte à couvert de
nvfrain ju^^e» et d'avoir quel-
loi^ner au jour du ju^euieiU»
chariîjer eu parHie du aime de
I avait cduimis eu livrant sa
lilies aux tyrans. U est certain
lit les soldais pendant que les
'lyi;^rianl iri>etiMl)leijieFU d'eux ,
ms le Ûeuve pour s y noyer. Que
^relent roreille, que les Idles
Uves . que les unes et les autre»
iei leur» devoirs. Que celie«-ci
it jusqu'où doit aller leur otiéis-
;ue celles-là eoru^idèrent qi*ellc
eurs exemples. Doniinne enire
le lleuve^ t nant ses deux lilles
1; elles se laissent loules (rois
mnilde l'eau fjui les euqHjrte, les
les ba(ttise d'ui* baptême nouveau
, d e e e lia [ 4 èm e * io ni pa r lait 1 es u ë-
deui lils é' Xibédét y^Mitfth, xit,
il disait : Vous boirez ie mémeca^
boirai, et voUi^ êtrez bapUsé du
Hf dmtje Btrui baplné.
Le admirable Teunne fui trois fois
ne fois par ellu-UiOuie» et deuit
{S flUes. Dti uuel coura^^e n*eut-
fOin pour exécuter la résolution
L prise de se jeter dans ce fleuve?
Ut être héroïque, quatid elle pro-
iiles \ïtn faire autant! Nalurel-
luère craiitt tnonis la mort pour
Liur ses erdauls, le coup nui les
ist inliaiinenl plus seiksilde que
frappe ellc-méiiie; qu'on s'iuia-
si ou le peut, la viotence que so
eft-ims croîetit que c'est Âlep.
rK)M
83«
fit Domnine en voulant réprimer les mouve-
ments de la uatui e ; qufl c^lTort pour étein-
dre les tîaamies de ramour maiernel, pour
en étoulîer tous lejs mouvements, pour apai-
Si.rks murmures de son cœur, pour calmer
les soulèvemeuls de ses eulrailles î Si une
mère se croit malheureuse lorsque la mort
lui vieiit enJever une lille qtd lui est cl)ère>
si elJe trouve après eeia la vie ennuyeuse,
quel suf)plice j.our Tiime do Domnine, qui
ne perd pas une Idie seulement, raajs deux
tout à la fois ; qui n'es! pas siiiifilemeat
sneetatrico de leur uMUi^ mâm ^tH en est
^1 ô-mème la cauéel c*esi elle «|uiles pousse
h leur perlée, qui les y eulraine , qui les y
précipite,
Ce[>endaot les soldats, qui igtioreot ce qui
s'est passé ^ les allendent toujours ; mais
elles sont déjà dans le iàt\ aviT les anges;
ce que ces Jiommes privés des lumières de
la foi n'ont garde de s'imaginer. Saint Paul
dit, en i>arlanl d'une mère, qu'elle sera sau-
vée j^ar le iiioyen de ses enfants, c'est ici le
contraire; ce boat les euiatits qui doivent
leur salut h leur mère. ClKTcihons mainte-
iUi'tt les raiaons qui lirefit enlrepiM iidre à
i«lle-ci une chose aussi extraordinaire, D'oii
vient quMle iratti-ndit pas Ja sentence du
gouvernée r, qui lui aurait sans doute fait
oblenir Tbonueur du ruartyre ; |jourqnoi
|iiéveeir son jugement en ee ix>ndamnant
c+le-mème h la mort? D*où vdent qu'elle ne
voulut pas même comf.araiîre dev.-nt son
Ij^bunal 'i^ Ce u est pas ^fgfclke a^aignil les
tQ>u^meuis« mais elle craignait de voir m$
tiilefe eï[tosées à des regards liiseifs ; la vue
des boorreauï n'avait rieo qui l'effrayât ,
mais celle d'un corru pleur. Ainsi, sans vou-
loir hasarder la vicJoij'e dans un combat^
elle tommeui;» par ériger un trophée; en un
mot, elJe aima inieux arracher la eouronne
que la disputer.
Mère$ qui ra'e^coutez, rendez témoignajçe
il la vérilé. Vous avez éprouvé les douleurs
de rrnfatJtemeiJt; mais concevez-vous eelles
qui déclureut le cieur de Domnine, lors-
quV'Ulranl dans le (leuve rite f>rit les mmï\%
de ses tjfles? Comment le« siennes ne devin-
renl-dles pas irûmobiles? comment les nerfs
ne se retirèreut-ils (loirit, ou \\WiM com-
ment |mre?it-ils ()rèter leur nn'nislère [)Our
entraîner à la mort ces innocenles vicîmes?
Comment cette mère, je dirais diuis une au-
tre rem outre, la plus int'ortuijée de foules
les mères, counnent, ilis^je, imt-elle oîVliger
sn raison h consentir à ce qu elle allait faire?
Mais c'est en vain que nous cherchf»ns ce
que persoone ne pourra }«maîs Irouver, ce
que l'esprit ne jieut concL-voir, ni la parole
eiprinier. il riy a que celle-là seule qui
éprouva alors ces horribles douleurs qui en
puisse parier. Mais ne donnons pas toutes
nos louanges à la mère, réservons-<'n pour
les lilles, elles ne méritent pas moins nos
éloges et notre admiration. Avouons que
J'ohèiïisance n'était pas en cette occasion une
vertu trop aisée à mellreen fjratique, Cepen
dant Domnine n aque faire de cordes ni de
chaînes pour attacher les victimes, elles
Dor<
MÎvent de leur bon gré, elles ne s'enfuîenl
point de raiileL Elles eotrèrent dans l'eau
avec une Iranquillité et une joie surpre-
nante- Elles eurent roéme la présence d'es-
Krit et la charitable prévoyance de laisser
îurs souliers sur le rivage, afin que leurs
gardes ne fussent point en peine à leur
considération, et que ces souliers, trouvés
sur le bord du fleuve, leur pussent servir de
décharge auprès du gouverneur, qui aurait
pu les accuser , non sans quelque couleur,
de s*être laissés corrompre par Targent ou
|mr les charmes de leurs prisonnières, et d'a-
voir facilité leur évasion.
Ne vous sentez-vous pas maintenant tout
remplis de vénération, d amour et de res-
pect pour la mère et pour les filles? Profi-
lons de ces moments de ferveur, et allons
nous prosterner devant leurs relîquf*s. 11 est
certain que les châsses des martyrs et leurs
os sacrés ont la vertu d*allirer les grâces et
les bénédictions du ciel sur ceui qui las
révèrent.
DOMNINE (sainte), martyre, habitait Egée
en Cilicie* Au commencement du règne de
Dioclétien, elle y fut arrêtée pour la foi, avec
sainte Théonille, et les saints Claude, Aslère
et Néon, en Tannée 285. Le proconsul de la
province, nommé Lysias, leur fit soulfrir à
tous de cruels supplices avant de les faire
mourir- ( Voy* les Actes de cette sainte à
rarliclé Claude. J La fêle de tous ces saints
martyrs est inscrite au Martyrologe le 23
août,
DOMNINE (sainte ), souffrît le martyre en
Lycie, sous le règne de rerapereur Diode-
tien. Nous n'avons aucun détail au sujet de
ces saints combattants de la foi. L-EgUse fait
leur fêle le 12 octobre.
DOMNINE (sainte), vierge et martyre, souf-
frit la mort pour la défense de la Veligioni
avecplusicurs autres vierges, ses compagnes,
dont nous ignorons complètement les noms.
L'Eglise fait leur mémoire le 14 avril.
DOMNION ( saint ), soullVit le martyre à
Bergame, On ignore complètement la date
et les diverses circonstances de son combat.
L'Eglise fait sa mémoire le 16 juillet.
DOM THÉODOHE, Abyssinien Jut empri-
sonné le 30 septembre 16V8, en Abyssinie,
sous le rè^f^na et durant la perséfulion de Ba-
silides, Négou» de ce pays, en h.'tioede la re-
ligion catholique. Il eut pour comj)agnonsde
sa cajilivïté ihuni Laça Marian, Don Jean^
Don Mekvi Christos,
DONACEOS (Gabriel), capitaine en Ahys-
sinie, fut eiilé durant le règne du persécu-
teur Basilides, Négous de ce pays, pour n'a-
voir pas voulu livrer le P. Noguerra, vicaire
apostolique de Mendez,
DON AT [ saint ), martyr, fut mis h mort k
Rome pour la toi chrélienhe, avec saint Abon-
dance, saint Léon et saint Nicéphore. L'E-
glise célèbre lafùtede ces saints le 1*' mars.
(Pas d'Actes,)
DON AT (sainî), martyr à Carthage en 25a,
sous le règne et durant la persécution de
Femperrur Dèce, niouriit de ûum dans un ca-
chot où il fut renfermé avec une foule de
MN
m
chrétiens qui tous reeureot la ^orieuse coih
ronne du martyre, (roy . Vicraan-) L'Eçfij?
fait la fête de tous ces nwjtrrs le 17 avnh
DON AT ( saint ), érêoue a'Arezzo en Tos-
cane, fut arrêté pour la foi au commence-
ment du règne de Julien l'Apostal, et eoiK
damné à être décapité. OuadraUeii, préfe
impérial de Toscane, qui l'avait fait amler,
lui fit souffrir divers supplices qu'il eodun
avec beaucoup de courage, avant de pronon-
cer contre lui la peine cipitale. Ses reliquf^
sont dans une châsse à Arezzo, dansrégji«e
cathédrale. La fête de ce saint est inscrite la
Martyrologe le 7 août.
DON AT ( saint ), martyr» versa son mf
pour la religion chrétienne, durant U persé-
cution des empereurs romains, avec^les
saints Sahin et Agabe. UEglise les honore
tous les trois le âojanvier.
DONAT ( saint ), martyr, versa son sifig
pour la foi, à Capoue, avec les saints Quim
et Arconce. On ignore la date et les circooi»
tances de leur mart vre. Le Martyrologe w-
main n'en dit absolument rien. L'£gUseh^
nore la sainte mémoire de ces martyrs «ni
septembre.
DQNAT (saint), martyr, cueillit la pibR
du martyre à Fossombrone. On ignora I
quelle époque et dans quelles circonstancps
Le Martyrologe romain dit seulement qui
eut pour compagnons de son martyre ki
saints Aouilin, Géminé, Gélase et mim.
L'Eglise noûore leur sainte mémoire le i B-
vrier.
DONAT (saint), reçut la palme du muîm '
à Concordia, avec les saints Secondiez, Ho-
mule et quatre-vingt-sîï autics, dml les
noms nous sont inconnus. NousnVroosaa-
cun détail sur eux. L*Eglise fait leur fêle Ve
1 j février ■
DONAT ( saint }» martyr, versa sou SUf I
Cour la confession de la foi, à AlexandriK
a date de son martyre est inconnue. U eut
Siour compagnons tfe ses combats les satnb
lansuel. Sévère, Appien, Honorius et d'au-
1res encore dont les noms ne sont point par-
venus h la poslérité* L'Eglise vénère leur
mémoire le 30 décembre.
DONAT (saint), reçut la palme du martrrt
h Antiocbe. 11 eut pour compagnons de *m
glorieuï combat les saints Restitul, ^al^
rien, Fructuose et duuze autres dont tK»us
ne savons pas les noms. L'Eglise fait letir
fêle le n août.
DONAT (saint), martyr, reçut la palme 4a
courageux combattants de la îbi, dansla vtUf
de Césarée en Cappadoce. Les com{iama»
de son martyre furent les saints ViclOftisil
PolyeucLe. L'Eglise fait leur sainte DK
lo 21 mai,
DONAT (saint), fut prêtre et eotife$$i
habitait le diocèse de Sisteron, 0ès ses
tendres années, favorisé de plusieurs griw
particulières, il se retira dans la solitude al
il demeura longtemps, et après s'être reeél
célèbre par Téclat de ses miracles, îl VtssÊ
de la terre au ciel. L'Eglise fait sa fttelelï
aoùl.
DONAT ' saint ), soullrit le marlyjt fi
ortBSil
K
lonneur de la foi avec saiût Hermogène et
ngl-deux autres dont les noms ne sont
sconiins. Nous n'avons aucun détail sur
circonstances de leor martyre. L'Eglise
t leur sainte mémoire le 12 décembre.
DON AT (saint), martvr, donna sa vie en
'honneur de la foi» en Afrique, Nous ne pos-
' ' ^ns aucun détail sur lui et sur les coro-
ns de ses souffrances, Févêque saint
^ ane,Rûtmet seize autres donlles noms
sonî ignorés. L'EgJise fait leur ftMe le 7
avril.
DONAT (saint), fut martyrisé en Afrique
avec les saints Juste, Hévénas et leurs com-
pagnons que nous ne connaissons pas. Nous
n'avons point de détails sur eux, L'Eglise
fait leur fête le 25 février.
DONAT (le bienheureux), naquit près de
Feri^igoan, dans la province d'Aquitaine» H
partit avec trois autres Franciscains, nora-
més Nicolas de Taulicis, Pierre deNarbonne
et Etienne de Laniet, pour évangéliser les
iûOdèles. Arrivés à Jérusalem, ils résolurent
de se rentire, un jour de solennité, dans la
roosquée du Temple, afin d'y prêcher Jésus-
hrist. Les mahoraélans, furieux de cette
ardiesse, les battirent cruellement et les je-
tèrent à demi morts dans un noir cachot où
ils restèrent troisjours sans manger. Au bout
de ce temps, ayant couraspusement refusé de
rétracter publiquentcnt leurs paroles insul-
tantes contre le prophète, ils furent massa-
crés k coups de hache el d'épécr le 11 novem-
bre 1391. Deux fois les inlidèles voulurent
brûler les reiiques de nos bienheureuï,
leux fois ils furent obligés d'y renoncer. Ils
!S enterrèrent secrètement, afin que leschré-
ens ne pussent les enlever. (Chronique des
>ère« ln'n€wrj, t. lllj p. 16. Wadding, an,
a9i,n*L)
bONATE (sainte), cueillit la palme du mar-
re à Carlhage, en 200, sous le règne de
Tenapereur Sévère. Elle faisait partie des
martyrs Seillitains. Sa fûte a lieu le 17 juil-
let- (voy, , pouj" les détails, saint Sperat, )
DONATE, nom d'une f*mime qui fut prise
à Rome avec saint Moyse et beaucoup o au-
tres chrétiens, sous reranire de Dèce, en
"'an 250, pour cause de cnristianisme. Elle
fut, comme les autres confesseurs, pendant
dix-huit mois en pris^m, où les souffrances
el les lourmenis ne purent ébranler son cou-
rage et sa conslance. La lettre de Lucien,
confesseur de Carlhagei aux confesseurs do
Rome, lettre qu'on trouve parmi celles de
saint Cyprien, fait mention de cette femme
courageuse. (Pour plus de détails, voy. saint
MOTSE.)
DONATE ( sainte)» reçut à Rome la cou-
ronne du martyre, en 303, sous rempire et
durant la pcrséculion de Dioclétien. Elle fut
mise à raurt sur lu voie Salaria où elle de-
meura enterrée jusqu'au jour de sa transla-
tion qui eut lieu le 8 août de je ne sais quelle
année. Vingt-six chrétiens lurent exécutés
le môme jour dans le même endroit. L'E-
glise honore leur mémoire le 8 août. ( Voy.
Cyriaqle, Voij. aussi Tabbé Grandidier,
Biiloire de V Eglise de Strasbourg.)
DtCTIO?i!V. |>E9 PlASÉGUTIOlfS» 1
DONATE (sainte)» reçut la palme du mar-
tyre à Rome, avec les saintes Pauline, Bus-
tique, Norainande, Sérotine, Hilarie, eld*au-
tres encore dont les noms nous sont incon-
nus. L'Eglise célèbre leur mémoire le 31
décembre.
DONATIEN [saini),'fut martyrisé à Cartha-
ge, avec les saints Montan, Leuce, Flavien,
Julien, Victoric, Primole, Henus, Donation-
Ce fut en 259, sous fempire de Valérien et
sous le gouvernement intérimaire de Solon,
(Pour plus de détails, il faut lire les Actes de
saint MosTAN, ) L'Eglise fidt la fêle de tous
ces saints martyrs le 24 février.
DONATIEN (saint), eut la gloire de donner
sa vie pour la religion chrétienne dans la
ville de Nantes, sous Fempire de Dioclétien
et de Maximien, Ses Actes, que nous don-
nons m extenso, ne nomment pas le préfet
qualifié président, par l'ordre duquel il fut
mis h mort. Ce fut très-probablement Rie-
tius Varus, qui était préfet de la Gaule Bel-
gique, et très-probablement aussi de la Celti-
que. Les Actes de saint Donatien, que nous
empruntons à Bollandus, sont conimuns à ce
saint martyr et à saint Rogatien son frère*
Il est très-utile de présenter aux chrétieûs
les glorieux combats des martyrs, et d'apai-
ser pour ainsi dire avec ce sang précieux la
pieuse soif de leur âme. Les pasteurs se ser-
vent de ces grands exemples dans les ins-
tructions qu*ils font à leurs peuples au mi-
lieu des saints martyrs , el les fidèles, com-
prenant Favantage et le gain solide qui se
trouve à mourir pour Jésus -Christ^ vont
jusqu'à souhaiter le môme sort.
Les empereurs Dioclétien et Maximien ,
continuant dans Home leur brutale persécu-
tion contre les chrétiens , et voulant abattre
la vraie religion sous leur idolâtrie, envoyè-
rent au préfet des Gaules un ordre précis de
faire adorer dans toute retendue de son dé-
partement les statues de Jupiter et d'Apol-
lon, donnant leur parole que ceux qui con-
sentiraient au culte profane de tes faux
dieux, ou plutôt de ces véritables démonsj
seraient couchés sur FElal, tâchant ainsi
d'exciter la cupidité si naturelle au cœur bu*
main, et croyant séduire par les bienfaits
ceux que les «liscours trouvaient invincibles.
Le même édit portait sentence contre eeux
ui persisteraient dans la confession du nom
a Jésus-Christ.
Il y avait alors à Nantes un jeune homme
appelé Donatien, illustre par sa naissance,
et plus illustre par sa foi, qui avait domptô
les passions de sa jeunesse par la maturité
de son esprit, el qui, soutenu et guidé par
la crainte du Seigneur, repoussait avec un
courage et unetidélité merveilleuse les tenta-
tions du malin esprit, Il était passé de Tido-
lâtrie h la religion chrétienne; ainsi puritié
par Teau du baptême, pénétré des saints
mystères , armé de la science de Dieu , il
faisait retentir hautement partout le triom-
phe de Jésus-Christ en sa personne ; et de
peur d*enfuuir le talent que Dieu lui avait
contié, il jetait sans cesse dans le cœur des
gentils d'heureuses semences de notre foi.
il
ï
j.
845
DON
L'odeur de sa sainteté et les grâces de son
éloquence attirèrent bientôt Rogatien son
frère» qui, quoique Taîné selon Tordre do la
nature, honora toujours en son cadet Tan-
cienuRté de la foi et de la religion. Il pressa
môme ce cher frère de lui faire recevoir le
baptême avant que la persécution éclatât,
de peur que cette tempête ne le surprît en-
core païen ou catéchuniène , souhaitant,
disait-il, de combattre et d'être couronné
comme lui. Toutefois l'absence et la fuite
des prêtres fut un obstacle à ce désir ; mais
son sang suppléa glorieusement à Teau qui
lui manqua.
Cependant le persécuteur, entrant dans la
ville de Nantes avec tout Tapparcil de son
ministère, fut d'abord excité au carnage par
les habitants qm l'environnaient. Juge équi-
table, lui dirent-ils, vous arrivez heureuse-
ment pour ramener au culte des dieux cette
secte qui s'est détachée des Juifs mêmes
pour suivre le crucifié. Nous vous donnons
avis que Donatien est ici le premier sur qui
vous devez exercer la rigueur de vôtre juge-
ment; car, non content de s'être soustrait à
notre religion, ses entretiens ont encore
perverti son frère , et l'un et l'autre , mé-
prisant impunément les dieux Jupiter et
Apollon, que nos invincibles empereurs
adorent, font presque céder la croyance an-
cienne et publique a leurs erreurs nouvelles
et singulières. Vous serez convaincu de la
vérité de ce rapport quand vous les inter-
rogerez vous-même. Le préfet, outré de co-
lère, cita incessamment 1 accusé à son tribu-
nal, et lui parla d'abord ainsi : Donatien,
on nous a ait de vous que non-seulement
vous ne reconnaissiez pas Jupiter et Apol-
lon, ces dieux qui vous ont donné la vie et
qui vous la conservent, mais même que vous
alhiz contre eux jusqu'à l'insulte et au blas-
phème, et que, prêchant au peuple je ne sais
Juelle autre vie, vous en entraliez plusieurs
ans la secte du crucifié. Donatien lui ré-
pondit : Vous dites plus vrai que vous ne
pensez, en me reprochant de vouloir retirer
plusieurs de leur aveuglement, pour les laire
passer è la connaissance du Dieu seul qui
mérite nos adorations. Le préfet dit ; Mets
fin à tes remontrances, ou l'on t'aura bien-
tôt ôté la vie. Donatien ré[K)ndit : Vous
tomberez vous-même dans le malheur dont
vous me menacez, vous qui, enseveli dans
la superstition, préférez les ténèbres de vos
opinions à la lumière de Jé.^us-Christ, que
vous ne voyez seulement pas. Lii-d^.*ssus le
Sréfet eu fureur le Ut jeter, les fers aux pieds,
ans un cachot, afin que ia sévérité de ce
traitement ébranlât sa loi, ou du moins fût
un exemple qui détournât les spectateurs de
l'imiter.
Alors son frèro ayant été amené, le préfet
commença à employer à son égard une dou-
ceur et des caresses em|K)isonnées , sachant
bien que les manières flatteuses et insi-
nuantes amollissent souvent ccijx que la
violence fait roidir. Rogatien, lui dit -il,
j'Apprenais que vous vous retirez inconsidé-
rément du service des dieux, qui vous otit
fait naître avec tant d^esprit et de sag^^sse ;
et j'ai un regret sensible qu'après^ taDl de
preuves que vous avez données autrefois de
votre jugement, vous vous soye^^ laissé sur-
prendre aux imaginations de quelques fré-
nétiques. Ne voyez-vous pas que pour ce
Dieu seul que vous confessez, vous eucourei
l'indignation de tous les autres ? Mais eiiGo,
Euisque vous n'êtes pas encore souillé da
apteme des chrétiens, si vous ne vrtus obs-
tinez pas dans votre première démarche»
vous pourrez encore espérer de votre for-
tune de passer dans le palais des empereurs
et dans les temples des dieux une vie heu-
reuse, et même plus honorable que celle (|ue
vous avez menée jusqu'à préseut. Rogatien
répliqua : Vous réussissez pai faitemeot à
faire de mauvaises promesses, mauvais juge
que vous êtes, qui nommez vos empereurs
avant vos dieux. Mais quel ran^j tienneot
d'ans vos temples mêmes ces divinités, qui
sont en elfet mférieures aux hommes, quoi-
qu'au fond vous participiez fort à leur mi-
sère ; puisque, si elles sont sourdes par la
matière qui les compose, vous Tètes aussi
à regard de la vérité ; si elles n*ont point
d'âme, vous n'avez poict de discememeutt
N'est-il pas juste, après tout, que tous ceui
qui aJorent des pierres deviemient sembli-
bles h elles ?
Le juge aussitôt dit à ses satellites : Meoei
ce disciple insensé dans la même prison que
son maître, afin que dès demain le ^ve de
la justice venge publiquement )*iDjure bile
à nos princes. C'est ainsi que ces d^ux flam-
beaux de la foi, ulacés dans un lieu.ofascur
et ténébreux, Téclairèrcnt plus par le^r pré-
sence qu'ils ne souiTrirent do son Ukcoo^
moiJité. Le bienheureux Rogatien s'aUnsUU
seulement de se trouver encore sans bap-
tême ; il lui semblait toutefois que les esft-
brassemeuts de son frère lui tenaient iieuÀ
ce bain i^alutaire. Donatien , de son côtij
touché de son atiliction, se répandait ci
prières pour son fière, f t disait : Seigliear
Jésus-Christ, qui, dans Tordre de. votre iuf-
tice, égalez les désirs sincères aux etfetti
puisquenfin, ne nous laissant que les v<zax,
vous vous êtes réservé rcxécutiôn, que k
foi j^ure de Rogatien lui serve de tM^itéuie;
et s il arrive que le préfet nous fasse moonr
dès demain, comme il a nisolu, que le saag
de votre serviteur soit pour lui une ablatiol
et une onction sacramentale. Ayant acheii
cette prière , qui paitait du plus profond di
son cœur, ils veillèrent toute la nuit • el b
jour étant venu , ils attendaient Tbeure é
eur mort et de leur récompense.
Le préfet s'élant a^^sis sur son tribauL
comme le jour précédent, il voulut juger oâi
saints confesseurs en présence de tool k
peuple. L'on vit sortir d'une prison lujute
ces objets de la joie des anges ; la terre sèchi
et ariUe d'un cichot avait nroduit cesf wB
heureux de 1 E^^lise. Les épuies de la triba^
tion environnaient ces roses sacrées. A^
dans un corps chargé de chaînes , leur L-
était devenue plus libre et plus forti flV
résister ail tyran. Ne vous attandai pai» W |
1:
m'
Ïue je commence eftcote avie vous
ouceur; le devoir de ma charge y
, irait enfin intéressé ; et d'ailleurs vays vous
fén êtes rendus ind ignés on refusî^nt de rc-
r^onnaitrela majesté des dieux ; ou, ce qui
J^l encore plus criminel , en la foulant aux
Hcds, après Tavoir recontmc. Les deux mar-
jrs lui répoûdireni : Votre sagesse, qui est
_iu*dessous de loule ignorance et de toute
^stupîdilé , égale celle de ces figures insensi-
bles de pierre el de métal que vous adorez.
Pour la nôtre, elle consiste k nous résoudre
à tous les tourtaents qu'inventera la rage de
vos bourreaux : nous ne perdons rien en
rendant notre vie k celui de qui nous la te-
nons , el recevant en échange le trésor et le
jpoîds immense de la gloire qui nous attend,
le préfet, frémissaiU de courroux, les fit
étendre sur le chevalet, voulant au moins
briser leurs corps , s'il ne pouvait rien sur
leurs âmes ; cl satisfaisant d'autaul plus sa
fureur, que le bourreau serait lout^tenips à
les tourmenter sans leur ôtcr la vio. Il or-
donna néanmoins qu'après ces lou.'^ties et
fruelles épreuves on leur trauchîli h tète,
'exécuteur, par une indigne complaisance
our le préfer , laquelle augmenta le oiéi-ite
ïe ces saints martyrs, leur enfonça ane lance
^ns Ja gorge, avant que de les ailieveravec
Pépée.
^ C'est ainsi qu'ils montèrent tous deux au
îel : Donatien , glorieux d'avoir gagné son
ire; et Rt»gatieu, heureux d'être parvenu
)mme lui à la couronne du martyre; Fiin
/ant été la cause du salut de l'autre, et la
inversion de i^elui-ci faisant la rérompenso
lu premier. Soutenus par une abondante
race, fortifiés par respnir du piix qui s'afH
jirodie , ils consommèrent heureusement
sur vie par une mort salutaire, qui les fait
ëgtîer éternellement avec celui auquel soit
lOnneuT et gloire dans tous les siècles des
iècles. Ainsi soit-ih
ÏKïNATiLLE (sainte) , vierge et martyre.
fùici ce qu'è propos d*elle nous trouvons
'ans le Martyrologe romain « A Tabarbe en
Kjue , les saintes vierges et martyres
taxime, Bonaiille et Seconde. Les deux
premières, durant la persécution de Valérien
et (ialiien, furent abreuvées de vinaÎLn'c et
^e fiel, puis déchiré^-s i\ coups de Rmel,
tendues sur le chevalet, riMies sur un gril,
pitées avec de la ch/iu\» enlin exposées aux
Mes, avec Seconde, jeurie vierge, âgée sen-
bment de douze ans; mais, n'en ayant reçu
ican mal , elles furent égorgées. »> L'Eglise
it ta féto de ces trois saintes le 30 juillet.
DONATUS (Ji'MCs , préfet de Rome sous
Talérien, fit mourir, er\ 257, dans cette ville,
saintes Seconde et Huii'ie, lilles d*Aslé-
ius, hoitmie de famille sénatoriale. Il les fit
)uniientcr, puis décapiter,
DORMANTS {Li:s skpt) .VEphése, sont fè-
Ss par TEglise le 27 juillet. Nous reprodui-
DOs ici ce que nous en avons dit dans noire
Tiitoire des persécutions, vol. Il, p 166.
Ions ne ferons nue passer sur rhistoire des
Spl Dormants d Ei»hèse, que nous trouvons
nm saint Grégoire d^ Tours* Ce saint prélat
boft
m
n*a certes pas vonïu tromper; mais il a pu
rétro. Voici ce qu'il raconte dans la Iraduc- '
tion qu'il a faite de cette histoire, dans
Photius el dans les menées des drecs : Sept
chrétiens que les Latins nomment Maxiniien,
Malc, Martinteu, Denis, Jean, Sérapion, Cons-
tantin » après avoir confessé Jesus-Christ
sous Fempire de Déce, futx^nt enfermés dans
une caverne dont on mura rentrée. Ils s*j
endormirent, selon Manassé, historien gr-ee;
y moururent selon d*anlres, et environ deux
cents ans après» sous le règne de Théodose
le Jeune, se révt^illèn^nt ou ressuscitèrent,
parlèrent h plusieurs, notamment h Tévèque
et à rempereur, qui vint de Constantinople
pour les voir; puis, s'étant prosternés en
terre, ils rendirent Fesprit tous ensemble.
Voilà qui sent trop le merveilleux pour
être admis san*^ pn^uves irréfragal^les ; Ba*
ronius, Tinemont, n'hésitent y>as h rejeter
cette histoire de réveil ou de résurrection,
La vérité e^t probabiemenï» que ces saints
furent en effet renfermés dans une caverne,
où on les retrouva deux cents ans ?*|«rès.
L*Eglise appelle ordinairement sommr'il la
mort de ceux qui donnent leur vie pour
Dieu, ou qui finissent saintement. 11 est à
croire que des historiens peu attentifs ont
pris à la lettre ces expressions figurées, et
se sont basés sur cette interprétation erronée,
pour écrire le réeil des faits qui noos occu-
pent; peut-être avait-on dit fignrénient aussi
Que la découverte des reliques des saints
flans celte caverne était an réveil ou une
résurrection.
Nous trouvons dans Godeseard un pas-
sage qui doit tj'ouver ici sa j^laec : La vérité
est que leurs reliques furent découvertes en
celte année 479. On les porta h Marseille, et
l'on montre encore dans régîise Saint-Victor
un grand cotlVe de pierre qu'oîï prétend
avoir servi an transport. La mémoire de ces
saints martyrs est en grande vénération chez
les Cirecs/ les Syriens, et tous les peuples
de rOrient.
On voit h Rome dans le muséum Victo-
rium, une pierre fï^ctrce qui ressemble assez
h une pierre préeieuse; on a gravé dessus
un grou|je de ligures qui représentent les
sept Dormant s, eliarun avec si m nom. Ji an
et Constantin ont d^^iix massues près doux;
it y en a une pleine de nœuds, près de
MaVimilii ri; Malchus et Martinien onl deux
haches à leurs côtés ; Séraj»ion, mre torche
entla minée, et Danésîus ou Denis, un grand
clou. On a peut-tUre voulu représer^ler h'S
dilféreots genres de supphces qu'on leur fit
soutfrir. Les sent martyrs parnisseat fort
jeunes, ce qiti s accorde avec plusieurs an-
ciens monuments^ où ik sont appelés en-
fants,
La caverne où leurs corps furent trouvés
devint célèbre par la dévotion des tidèles.
On la montre encore aux voyageurs qui vont
dans le Levant.
DOROTHÉE (saint), évéque de Tyr el mar-
t}r, succéda h saint Métnode, évéque tin
cette ville. Si Ton en croit saint Jérôme, il
re^ut la couronne du martyre, Théophane
•47
DOR
raconte qu après avoir souffert de çranas
tourments sous Dioclétien et sous Licmius,
il fut mis à mort par les officiers de Julien
l*Aposta(, dans la cent septième année de sa
Tie. L*£glise honore sa mémoire le 9 oc-
tobre. ,
DOROTHÉE DE TYR (saint), était prêtre se-
lon quelques-uns, et, selon d'autres, évèque.
On ne sait presque rien sur lui. Les anciens
martyrologes assurent qu'il subit de cruelles
tortures pour la défense de la foi, sous le
règne de l'empereur Dioclétien. On croit du
reste qu'il ne succomba pas à ses souffrances
et qu il vécut jusqu'au commencement du
règne de l'empereur Julien l'Apostat. Les
Grecs modernes et d'autres prétendent qu'il
reçut la palme d'un glorieux martyre, clans
la ville a'Odyssopolis en Thrace. L'Eglise
célèbre sa fête le 5 juin.
DOROTHÉE (saint), martyr, premier
chambellan de l'empereur Dioclétien, avait
sous ses ordres Gorgone et Pierre comme
sous-chambellans. Tous trois étaient eunu-
ques des plus considérables du palais. Très-
zélés pour les intérêts du prince, ils occu-
S lient les premières charges de TEtat.
uand l'infâme Galère accusa les chrétiens
de l'incendie de Nicomédie, que lui-môme
avait allumé, Dorothée et Gorçone furent
arrêtés. On les soumit à de cruelles tortures,
et enfin on les condamna à périr par stran-
gulation. Quant à Pierre, sa mort fut terrible
et affreuse par les supplices qui la précédè-
rent. Il fut élevé tout nu en l'air et déchiré
à coups de fouet, jusqu'à qu'on lui vit les os.
On versa dans ses plaies du sel et du vinaigre,
Suis enfin on retendit sur un gril où on le
t brûler à petit feu. Rien de ces atroces sup-
filices ne put ébranler le courage du martyr.
1 mourut entendant gloire à Jésus-€hrist.
L'Eglise fait la fête de ces saints le 9 sep-
tembre.
DOROTHÉE (saint), martyr, cueillit la
palme du martyre à Tarse en Cilicie avec
saint Castor. Le Martyrologe romain ne nous
donne aucun détail sur ces deux saints.
L'Eglise fait leur mémoire le 28 mars.
DOROTHÉE (sainte), mourut martyre à
Aquilée, sous la persécution de Néron, avec
les saintes Euphémie et Thècle, et saint
Erasme. (Pas de documents certains.) Ce fut
Je prêtre Hermagore qui les enterra. On
fait la fête de sainte Dorothée le 3 septembre.
DOROTHÉE (sainte) , vierge et martyre,
est honorée par l'Eglise le 6 février. Elle
souffrit la mort pour la foi chrétienne dans
le commencement du iv siècle, durant la
persécution de l'empereur Dioclétien. Ce
Îue nous savons d'elle nous vient de saint
dhelme. (L. deLaud. virgin,^ c. 25). Pour
la contraindre à se marier ou à adorer les
idoles, Fabricius, gouverneur de Cappadoce,
hii fit endurer les tourments les plus cruels.
La sainte, au lieu de succomber, résista cou-
rageusement, et eut même le bonheur de
convertir deux femmes qni avaient aposta-
sie et qu on avait chargées de la séduire.
Voyant que rien ne pourrait l'amener à lui
obéir, Fabricius la condamna à être d^capi-
DOO SIt
tée. On raconte que» comme elle marchait
au supplice, un jeune homme, nommé Théo-
phile, qui lui avait entendu dire qu'elle
allait trouver son divin époux, lui demanda
en se moauant d'elle, de lui envoyer des
fruits et aes fleurs du jardin de cet époux.
Dorothée, par un effet miraculeux de la puis-
sance de Jésus-Christ, lui envoya immédia-
tement des fruits et des fleurs. Frappé de ce
prodige, Théophile se convertit immédiate-
ment. Le ^orps de sainte Dorothée est ac-
tuellement dans l'église qui est h Rome au
delà du Tibre, sous son invocation.
DOROTHÉE (sainte), était d'une des fa-
milles les plus nobles et les plus riches
d'Alexandrie. N'ayant pas voulu condescen-
dre à satisfaire la passion brutale qu'avait
conçue pour elle l'empereur Maximien, elle
fut dépouillée de tous ses biens et condamnée
à l'exil, en 308. (Rufin, 1. viii, c. 17.J
DORYMÉDON (saint), martyr, était séna-
teur de la ville de Synnade, où se trouvait
Dionisius Perennius, gouverneur de Phrj-
gie, quand le vicaire Oe la province lui en-
voya saint Trophimc, qu'il avait déjà bit
mettre à la question. Le i^ouverneur, avant
fait souffrir divers supplices au saint, lefit
jeter en prison. Dorymédon, qui déjà étaii
chrétien, ou qui, comme beaucoup le pré-
tendent, fut converti par saint Trophime,
Fallait voir dans sa prison. Ce devoir de
charité qu'il accomplissait en allant visiter
le saint martyr fut cause qu'on Tarréta lui-
même. 11 fut exposé aux bêtes avec Tro-
phime, à qui l'affreuse cruauté du gouver-
neur fit d'abord crever les yeux. Les bètes
n'ayant pas voulu leur faire de malf le
gouverneur les fit décapiter tous deux, le
19 septembre, jour auquel TEçlise \al\ne et
l'Eglise grecque, dans lesquelles ils sont
fort célèbres, font leur fête. Le saint souffrit
sous l'empire de Probus.
DOUNOUAS ouDuNAAN (Joseph), roi juif,
gouvernail l'Hemiar, grand pays de l'Arabie
Heureuse, dont les Grecs appelaient les habi-
tants Homérites, Ce prince, grand ennemi des
chrétiens, et qui était très-cruel, fut sur-
nommé Vauteur des fosses^ parce qu'il faisait
précipiter les chrétiens de sa province «lias
des losses pleines de feu, et les vbisut
cruellement brûler, quand ils reiusaieot
d'embrasser la religion juive. Duoaaoîioi
mettre le siège devant la ville deNégraoB
Nagéran, dont tous les habitants vifaiefil
sous la loi de l'Evangile, la cinquièii^
année de Justin , qui est l'an Sa. Ca
prince, ne pouvant s'emparer de la ville pir
la force, ne craignit point de paijorerstf
serments et y entra par une compositiaB
Ju'il comptait bien violer; une fois maître
e la ville, il essaya, par toutes sortes de
moyens, d'amener les habitants à reoiff
leur fol et à embrasser le judaïsme. 0 osi
violer le tombeau de l'évêque Paul, moi^
deux années auparavant, et fit brûler ses oi;
les prêtres, les moines et les religieoscs
furent jetés dans un bûcher ardent, oùik
périrent en Thonneur du nom de JésQ^
Christ. La ville avait pour gouTeroturtf
^
«M
mk
▼éDérabîe vieillard norniûé Aréthas ; oubliant
tout respect pour le courage malheureux et
fïOUT le grand âge de ce vieux capitaine, il
ni fit trancher Ja tête ainsi qu*à un grand
nombre d'habitants. Beaucoup de femmes
subirent aussi le même sort; i( emmena
enfin toute la jeunesse de la ville en canti-
[Yité. L'Eglise célèbre collectivement la lôte
[de tous les saints martyrs, cjui furent brûlés
[par ce prince impie, le vingt-seplième de
Juillet ; saint Aréthas est inscrit en parlicu-
ier au Martyrologe romain, le vingt-qua-
jlrième d'octobre, avec trois cent quarante
[autres de Négran et une sainte femme dont
ïhi (ils, âgé seulement de cinq ans, se jeta
Idans le feu où était déjà sa mère, en conîes-
[sant Jésus-Christ.
Bientôt Dieu infligna à Dunaan le châti-
Iment que méritait .sa barbarie sacrilège.
En effet , rannée suivante, Elesbaan, roi
d'Auxume, ville située en Ethiopie, qui
était chrétien et ennemi du roi de la pro-^
Tince d'Hémiar, se résolut à punir ses for-
faits. Soutenu par l'empereur Justin et par
toutes les forces d^Egypte et d'Orient, il at-
taqua Dunaan par terre et par mer, le prit
ifivec les principaux de sa famille, le flt
ourir et soumit THémiar à sa puissance,
[Après avoir été ainsi l'instrument de la
engeance divine, il prit Thabit monaslit^ue
t consacra le reste ue ses jours au service
u Seigneur Des Arabes prétendent que
Dunaan ne fut pas pris par Elesbaan, mais
e, pressé par les Ethiopiens, il s'élança
ians la mer avec son coursier et y trouva la
orl. Quoi qu'il en soit, le ciel sut venger
mort des saints martyrs qu'il avait tour-
tneutés avec tant de barbarie.
DOUZELI (Fha-^çois), de Grenade, frère
mineur, fut tué par les ilèchesdes Chichimè-
\qiies en se rendant h Saint-MicheL 11 eut
pour compagnon de son martyre le frère
Pierre de Burgos. {Chronique des Frères Mi-
neurs, t. IV, p. 768,)
BOWNAB (Baptiste), Tune des religieuses
e Saint-Basile, établies à Minsk en Lithuanie, ,
connues sous le nom de ûUes de la Sainte-
Trinité, qui furent expulsées de leur cou-
vent et livrées aux persécutions les plus vio-
lentes dans le courant de l'année 1837, par
le czar Nicolas et Siemaszko, évéque apos-
tal. On les avait renfermées dans un cou-
Yent« enlevé à d'autres religieuses pour pas-
ser entre les mains d'une communauté d^3
Czernice ou Filles-Noires , recrutées parmi
les veuves de soldats russes et les fdles do
mœurs déréglées. Ces tilles passaient leur
temps à se dire des injures, îi se battre et à
s'cnivreravecdereau~de-vie.Unjourqu*elles
avaient peut-être bu plus qu'à l'ordinaire,
elles se saisirent de Baptiste Downar, et l'en-
fermèrent dans un granti poêle où elle fut
brûlée vive. (Voy. l'art. Mieczyslawskji.}
DRACONCE, gouverneur de Campanie
sous l'emfdre de Dioctétien, en Tannée 305,
j flt arrêter, fouetter cruellement et emprison-
\ oer saint Sosie, diacre de Misène, Pins tard,
tit su que le diacre Procule et deux bour-
visiter le saint dans sa prison, il les fil em-
prisonner aussi, après leur avoir fait subir
le même traitement. Dioclétien lui donna pour
successeur un nommé TiMOTeéE* ( Vay, cet
article.)
DRISIPARE, ville de la Pannonie, où saint
Alexandre et saint Caius furent martyrisés
pour la foi* [Voy. les articles de ces* deux
saints.)
DROSIS (sainte), vierge et mailyre, mou-
rut pour la foi chrétienne à une époque qu'il
nous est impossible de préciser. Elle n*est
pas au catalogue des saints : c'est par erreur.
Voici ce que nous trouvons relativement à
son martyre dans saint Jean Chrysostorae<
« J'avoue que je me sens pour les mar-
tyrs une dévotion tendre et affectueuse ;
l'aime à célébrer leurs fêtes, j'aime à publier
leurs louanges, à décrire leurs combats, sur-
tout lorsque des femmes en sont les hé-
roïnes. Car plus le vase qui reçoit la grâce est
fragile, plus cette grâce est précieuse, qui
le conserve, qui le fortifie, qui fait qu il ré-
siste. Plus celui gui combat est faible , plus
les trophées qu'il s'élève après sa victoire
sont glorieux. Que pourront dire à l'avenir
les hommes, qu'allégueront-ils pour excuser
leur lâcheté , lorsque des femmes montrent
un courage viril, lorsqu'on les voit se pré-
parer à combattre ()Our la piété et la religion
avec une ardeur et une assurance peu com-
munes? U n'y a donc plus d'âge, il n'y a
plus de sexe, "il n'y a olus de condition qui
puisse servir d'excuse a une vie molle, à un
chrétien lâche. On peut espérer de vaincre ,
on le doit, dès ou'on se sent un cœur animé
d'un vrai zèle, d'une foi ardente, La grâce ,
et par conséquent l'assurance de la victoire,
ne saurait manquer h quiconque ressent eo
lui»même ces uisnositions» comme elle ne
manqua pas h la bienheureuse Drosis, qui
en était toute remplie.
« Cette illustre vierge avait un corps faible»
elle était d'un sexe qu'on croit pouvoir atta-
quer impunément; son âge entin tendre et
peu avancé ne lui donnait ni autorité ni
force j cependant la grâce entrant dans son
âme, en chasse la timidité et la faiblesse, lui
donne comme une teinture de valeur et de
fermeté, et la dispose h se jeter dans les pé-
rils sans les craindre. Certes, il n'est point
d'homme sur la terre moins capable u'êtrô
ébranlé par la crainte que celui qui craint
Dieu ; que ses ennemis emploient pour le
combattre et le fer, et le fou, et les bêtes fa-
rouches î percé, brûlé, déchiré, il se rira de
ses ennemis, il les regardera avec une tlerlé
méprisante. Telle fut notre Jeune martyre.
Car, après que le tyran eut fait allumer en sa
nréscnci: un grand'^feut il ne voulut pas d'a-
bord l'y faire jeter, ni même lui faire couper
la tête, de peur qu'une mort trop prompte
ne finît trop tôt le combat; mats voulant fin-
tiraider pour la vaincre après avec plus de
facilité, il lui met devant les yeux un bûcher
ardent préparé pour elle. La tlamme s'élève
avec impétuosité; mais loinde jeter la fraveur
dans l'âme de Drosis, elle ne fait que l'en-
flammer du désir d'en être consumée, et
m
DUO
gu*auginenter Tardeur de ce feu sacré que
son caaste cœur a conçu pour Jésus-Cbnst.
EUe se ressouvint des trois enfants de la four-
naise , elle s'imagina être avec eux au mi-
lieu des flammes , les combattre, les fouler
aux pieds, el recevoir avec ces trois jeunes
comoattants une quatrième couronne. Ainsi
que les objets paraissent à un frc^nétique tout
autres qu'ils no sont en effet, qu'il se jette
sans rien craindre sur la pointe des épées ,
3u'il se lance hardiment au milieu d'un feu,
ans un précipice, et que son esprit offusqué
des noires vapeurs de sa maladie ne voit pas
des périls qui font frém r les autres ; de môme
notre héroïne, possédée d'une div.ne fureur,
et poussée, si j*ose m*exprimer ainsi, d'une
sainte frénésie que lui cause l'ardent amour
'' qu'elle a pour Pieu , n'aperyoit rien de tout
ce qui est devant ses yeux ; mais comme ra-
vie en extase, et tout occupée de la gloire et
des plaisirs qui l'allcndent dans le ciel, elle
ne voit rien sur la terre (lui lui paraisse di-
gne de son attention ou de sa crainte. Elle
croit que la flamme qui s'élève au-dessus du
bûcher (où enfin elle vient de monter) n'est
tout au plus qu'une exhalaison qui va se ré-
soudre en une pluie douce et agréable. Je
regarde donc ce brasier comme une eau
claire, où un excellent ouvrier vient tremper
un acier fin dont il veut faire un ouvrage
curieux ; ou, plus naturellement, comme un
fourneau où la belle âme de Drosis est mise,
ainsi qu'un or très-pur, pour en sortir en-
core plus épurée. Sa chair se fondait, ses
nerfs se réduisaient en cendres, ses os se
calcinaient, son sang et sa graisse coulaient
de toutes parts, et son âme en devenait i)lus
éclatante. Quelques-uns de ceux qui étaient
témoins de son supplice, voyant qu'elle se
consumait , s'imaginaient que dans peu elle
ne serait plus, et elle ne faisait au contraire
que s'embellir. Qu'un homme peu expéri-
menté dans la fonte des métaux voie de l'or
dans un fourneau se fondre, couler et se mê-
ler parmi des cendres, il pense en lui-même
que cet or est entièrement perdu ; mais Tor-
levre a bien une autre pensée : il sait que ce
précieux métal n'en sera que [)lus beau , plus
Sur, plus fin ;il s'en sert oour enchâsser des
iamants et des perles. C'est ainsi que les
Eaïens, apercevant que le feu faisait insensi-
lement perdre au corps de notre martyre
sa figure, que ce corps ne se distinguait nlus
d'un monceau de cendres, croyaient (ju'elle
n'était plus elle-même qu'un peu de pous-
sière ; mais les fidèles en jugeaient bien au-
trement, ils n'ignoraient pas qu'cHhî sub-
sistait plus que jamais, et ils regardaient avec
plaisirson âme s'él<»ver au ciel toulebrillnnle.
« Disons plus : le bûcher sur h.'quel <»lle
monta devint pour elle un théâtre d'honneur,
où, ayant même la résurrection , elle [)arut
victorieuse de ses ennemis; car à mesure que
• le feu agissait sur sa chair, il la faisait pé-
t tiller, et ce bruit mettait en fuite les puis-
sances de Teiifer. Voyez ce soldat couvert
de ses armes; écoutez le clicjuetis (ju'elles
font lorsïpi'il marche au combat; ce son
guerrier qu'elles produisent a je ne sais quoi
Dim m
aui inspire de In frayeur» du moins aui Uiei
mides. Il en est de même de la peau de Dro-
sis, elle fait fuir les démons par le brait
qu'elle rend dans le feu. Mais ce n*^t pas le
seul moyen dont elle se sert pour les chasser;
car après que la flamme a eu pénétré ses
membres, la fumée qui s*élève de tout son
corps embrasé, rencontrant en Taîr ces mal-
heureux esprits , h^ur donne la chasse , ils
n'en peuvent souffrir l'odeur ; et si la fumée
impure des sacrifices a pu corrompre et in-
fecter l'air même , cette autre fumée qui
monte du bûcher de Drosis lui rend sa pre-
mière pureté. Oserais-je faire une compa-
raison entre deux choses entièrement ojmt»-
sécs, entre un bûcher et qne fontaine 7 Car
de même que l'admirable Drosis , pour la
laver d.ms une fontaine, se serait auuaramt
dépouillée de ses habits ; ainsi voulant net-
toyer son Ame de toutes ses taches, et la ren-
dre plus belle aux yeux de son époux» elk
l'a purifiée dans les flammes, après arcw
quitté sa robe, je veux dire son corps. la
sau'eiJo pnt
le sein d'Abraham, we pourrions-nous pu
encore appeler ce bûcher un vaisseau rtn-
pli d'une teinture de pourpre, où Drosis se-
rait venue teindre sa robe pour être ftgm
dans la salle des noces.
a O merveilleux bûcher 1 cpiel trésor M
renfermes-tu pas en toi? une cendre jta
précieuse que l'or, d'une odeur plus agrtm
que les parfums les plus exquis , plus bril-
lante que les rubis et les diamants. Et certai-
nement les reliques des martyrs ont on pou*
voir que ni l'or ni les perles n'auront jamais.
L'or ne saurait chasser les maladies. Â-l-on
vu la mort obéir h l'or, et, à spn sei|l attoor
chement, abandonner un corps dont eilesv
serait déjà emparée? Non, sans doute; eCc*eit
ce que font tous les jours les reliques def
saints martyrs. »
DRUSE (saint), souffrit le martjre poor II
foi , à Antioche, avec les saints Zozime ri
Théodore. Les Actes des paarlyrs ne nOBS
ont conservé aucun document relativeocBl
à eux. L'Eglise Cjélèbre leur sainte méaMÔv
le ik décembre.
DRUSUS fsaint), martyr, versa son saogcB
l'honneur de Jésus-Christ avec les saints
Lucien, Métrone, Paul,Zénobe et TJjéotiiD*-
Ce fut à Tripoli que ces courageux couital-
tants souftrirent le martyr.*. Nous nav»^
pas d'autres détails sur leur conmie. L'Ej^
nonon? leur sainte mémoire le Sfv «léceml-rt
DURAC (Claire), ursuline , fut guïlli»-
tinée le 26 iuillet 179i, à Orange, avucTh*-
rèstî Cousolon , supérieure drs LVsuIines et
Si>leron ; Anne Cartier, ursuline au PoM-
Sainl-Espril ; Marj^uerite Bonnet, relisieua
du Saint-Sacrement, et Madpieine-Caihe*
rine de Justamoii , quatrième* martyie di
même nom et de la même famille. Quand II
juge demanda à la sœur Clair»* DubaCtjlÀ
elle était : « Je suis religieuse, rénoudil-elwi
et «je l(i serai jusqu'à la mort, de cœur ti
d*àme. »
m
irî^rT^r;ON (le bienheureux) , marlyr ,
mi?- ' Aq lâ compagnie de Jésus; [lar-
Stle IV ! ihpe' 17f0, de l'archipel dos
phiUppii ompagné du P. Cortiï et du
F; r iiaudin, afin (l^îdlef prêcher TË-
faiJ- 1^ l^s Caroliors occidentaîés.
AprJs quinze joups d^ navfgalion» le SO no-
▼V^mhre 1710, r»n aperçut la ttrre. Des io-
, digènes, étant venus à bord, dirent que ces
|fle<i s^appelaiefit Sonsorol ouSoml, et qu'elles
[feisaient paHie des îles Falnos. M.d^ré les re-
)rése*itations des oftîeii^rs du navire, les
leux Pères vonlûrenl descendre h trrreety
[piauler une cfbit, tandis que le vaisseau
Bonlinuerait sa marche pour découvrir l'dfï
>anlog, éloignée d*enviroii 50 lieues de celles
Pùù les mifesioimaires allaient di:seendr<%
Qaellile temps /iprès, ^a ''Sainte-Trinité
[él^Tit revenue aux îles Sonsoro! pour aVoir
[dos noavelfi^s des deux îiys'^idnnaii^es, un
Tfnl violent îa força di* prendre Je lur^Bf et
Ice ne fut qu'un an «presque Ton sut" que les
jPères ÏXuberrbti et Cftrtil 'avaient été tués et
lioangt's.
DtîBRAY, prêtre de Saint-Sulpice, fut une
Ides vicrunes humnlées aux .Carmes durant
[Irt rétblution française- Poursuivi par les
h >, il était parvenu h letlr échapper^
te i blotti entre deux matelas dans l'é-
lise du couvent, A la fin du massacre, les
leurlriers qui buvaient et chaiitaient dans
Téglise rayant aperçu, îeboutreau se saisit
le lui, le traîna au pied'de raiitel, lui fendit
tôfc avec son sabre et TacTaevâ à coups de
|)ique* ,1
• DUEGNAS (PiERBE de), avait été élevé à la
côurdeCasttlIe. Il éfait frère-lai dans rordre
Ips Franciscains, et n'avait que dix-huit ans
^cî ' "" partît avec Jean de Cettna (Foî/. son
l: araller prêcher TEvangile à Grenade
ici tlans TAndalousie. Ils arrivèrent à Gre-
lUade le 8 janvier 1397. Le peuple s'émul de
lleur arrivée. Le cadi, dépositaire de Taulo-
|tîté pbndanl Tabsence mometllanée du chef
lahomef-Aben-Balva , les Ht amener à son
ribuiial, et ils ne se cachèrent point du mo-
If qui les attjenaît. Le juge, n^osaiit prendre
^iui dé les maltraiter, leur enjoignit, sous
' 'de la vie, dé quitter le territoire de
ade. Le ïendeuiaîn , mulgré Tordre du
idi, nos bienheureux se mirent k prêcher
ians la ville et furent aussitôt jetés eu pri-
Quelque tempâ après on les envoya
ivailler aux vignes avec des esclaves. Le
. jje travail auquel ils se livraient et les
iïércices de leur zèle les ûrent tomber ma-
ides, Tuais Dieu exauça leurs ferventes
ières et leur rendit la ^anté, Aprè^ deux
)0is 'de séjour aux vignes , ils revinrent à
irenade. Un jour, Jean ayant rencontré {iar
|a vïlte une troupe de maliométans, il se mit
leur expliquer la parole de Dieu et à ana-
lémaliser Mahomet. Ceux qm l'f ntouraicnt
cfitidoTsirent aussitôt à Mahomel-Aben-
îalva , qui était de retour if^ son voyage à
lliilaga. Il a|>pliqufl lui-même plusieurs
foaps de bâ on à Jean, dont un lui arracha
frœil; ensuite, Tayant fait d-pouillerde ses
T^gmentSp il commanda de Tachever ^ coups
de fouet* Il mit iin lui-même aux tortures
du niartyr en lui trancliant la tète avec sou
gaive. 11 ordonna ensuite à Pierre de lui
ob*?ir et de renier sa foi. Promesses, mendi-
ées, tout fut inutile. Alors il le ûl fustiger
cruell*"ment, après auoi il lui coupa lui-
môme la tèt'^ comme à son compagnon. Leur
mariyre arriva le 19 mai 1397. La po[mface
traîna leurs corps par la ville, mais les chré-
tiens recueînirent leurs membres dispersés,
et aujourd'hui encore une ^'rande partie de
leurs saintes icliques se voit à Vie eo Cata-
logrji^. (Itinaldt, an, t397, n*" 17.)
UUFHESSE (le bienlieureux), uiissionnaire
en CTiîne, évèque de Tabraca» fut arrêté dans
le Sut-Chuen ei* 178V, ou plutôt se livra lui-
même surrinvitatîonquelui en fit M. deSainl-
Mailin, évèque de Caradre. Ou avait décidé
3u'à tout prix nns'cnrfiareraitdelui. L'évoque
e Caradre craignit fpie la rigueur des re-
clierches qu on allait laire devînt funeste à
d'autres missionnaires; ce fut ce qui le dé-
cida à écrire à M. Dufressc, qui, douze jours
aj»rès,se présenta aux njandarins. Il fut trans-
féré dans les prisons de Pékin avec Tévèque
deCaradre, ainsi que MM. Devant et Delpon,
et, h la suite de iduîtcurs interrogatoires,
condamné par le tribunal des crimes à une
détention perpétuelle. Il faillit périr de mi-
sère en prison , ainsi que firent les deux
derniers missionna res que nous venons de
o^^mmer, Entin^ après bien des soulfraîiceSt
un édit de l'cnificreur vint Farracher h sa
prison en novembre 1785* Il revint à Macao
avec M, de Saint-Mart n et y attendit le mo-
ment favorable pour rentrer dans le pays
qu'il évangélisait. Ce fut le 25 juillet 1800
que révêque de Caradre , un an avant sa
mort, le sacra sous le titre d'évèque de Ta-
braca. Le 15 novembre suivant, il tut nommé
vicaire apostolique du Sut-Chuen. En sep-
tembre 1803, il réunit le premier synode qui
se soit assemblé en Chine. On édit de Fem-
pereur Kîa-Kmg, portant peine de mort
contre les missionnaires qu'on découvrirait
daos Tempil^e, fit qu'on renvoya de Pékin
tous les missionnaires, à rexception de trois
que l'on garda pour le tribunal des mathé-
matiques. Après un moment do calme» la
temnète ériata do nouveau. Mgr Dufresse
tomLa entre les mains des persécuteurs le 18
mai 1815. Il fut d'abord traité avec infiniment
d'égards par les mandarins. M» Escodeca do
la Boissonnade voulut en vain racheter sa
liberté eu payant rançon; on n'accepta pas.
Le vice-roi prononçant en dehors de toutes
les formes judiciaires et légales, rendit un
arrêt qui le condamna, vers le milieu de
seplembre, à être décapité immédiatement.
Ou fit sortir des prisons plus de trente chré-
tiens qui accompagnèrvnt révê(|ue au lieu
du supplice. On pensait eflVayer le troupeau
en tuant son premier pasteur; mais au lieu
du supplice, ces chrétiens montrèrent -un
courage vraiment sublime. Le mandarin
leur ordonnant d'apostasirT sous peine d*être
étranglés, ils se jeiéieutaux pûeds de Tévô*
que et lui demandèrent Tabsolution pour
se préparer à mourir. Un seul resta debout.
855
DUL
Alors révéque, élevant la voix» exhorta ceux
qui restaient fidèles à suivre l'exemple qu'il
allait bientôt leurdonner. Puis, présentant sa
tète au bourreau, il reçut immédiatement le
coup mortel. Les autres chréliens, qui ambi-
tionnaient un sort pareil, ne virent pas leurs
vœux satisfaits; ils furent reconduits en
prison.
DULAS (saint), martyr, souffrit pour la foi
à Zéphyre en Cilicie, sous le président Maxi-
me. Ayant été fouetté, mis sur un gril ardent,
arrosé d'huile bouillante et tourmenté en
Plusieurs autres manières pour le nom de
ésus-Christ, il remporta la palme du mar-
tyre.
DULAU (Jeàn-Harib), archevêque d'Arles,
était originaire du Périgord. Sa naissance eut
lieu le 30 octobre 1738: son père et sa mère
appartenaient aux plus anciennes et aux plus
noblesfamilles du pays. S'il faut en croire les
récits de ceux qui ont écrit sa Vie, la Provi-
deice prit soin d'entourer son enfance de
grâces toutes particulières. Sa mère, q«i était
une femme extrêmement pieuse, ne parlait ja-
mais à son cher fils sans l'appeler le trésor €t
la bénédiction de sa maison. Sa tendresse sa-
vait instinctivement trouver les noms de ce
que devait être en effet cet enfant. Ainsi les
mères, bien souvent, ont comme des en-
trevisions d'avenir en ce qui concerne leurs
enfants. Le jeune Dulau fut envoyé à Paris
pour y terminer ses études. 11 les fit si fortes
et avec tant de distinction, que ses maîtres
lui prédirent qu'un jour il serait la gloire de
la France et de l'Eglise. 11 avait un oncle»
curé de Saint-Sulpiee. Cet estimable ecclé-
siastique sut diriger les goûts et les tendances
de son neveu, de telle façon qu'il préféra
entrer dans l'état ecclésiastique, aux jouis-
sances que sa position de fortune et sa nais-
sance lui donnaient droit d'espérer dans le
monde. 11 montra dans l'étude de la théolo-
gie les mêmes dispositions et la même supé-
riorité que pour les études littéraires. En
sortant au collège de Navarre, il fut le pre-
mier de sa licence admis en Sorbonne. 11 fut
ensuite élevé au canonicat de Pamiers ; peu
de temps après , nommé grand vicaire de
Bordeaux, puis enfin prieur commandataire
dans le diocèse Je Périgueux. M. Dulau jouis-
sait dès lors d'une immense fortune qu'il
dépensait tout entière en aumônes et en
pieuses libéralités. La charité lui parut tou-
jours la vertu suprême, celle qui est la source
de toutes les autres. Dé}h sa réputation était
Krande ; aussi ne fut-on pas étonné, lorsqu'il
fut choisi , n'ayant pas encore trente-deux
ans, pour remplir les fonctions d*agent géné-
ral du clergé aans la province ecclésiastique
de Vienne. Ea 1T75, c'est-à-dire à l'âge de
Srr ans, il fut nommé archevêque d'Arles.
Convaincu que l'ordre est nécessaire à l'hom-
me pour faire un bon emploi de sa vie et
Emr arriver par là au ciel, il en mit dans
ute sa conauite et dans les actions les plus
ordinaires de sa vie. Chaque jour, chaque
heure, avaient son emploi. Dans sa maison
tout était réglé comme dans un séminaire :
1 é^ude, la prière, les soins qu'il devait à son
MIL m
troupeau, se partageaient presque fout nm
temps ; le seul délassement qiril se permll
était la promenade ; chaque jour il faisait
une longue course ; il choisissait loojonn
pour but de ses excursions les lieux les
plus solitaires. Il y discutait avec ceux de
son clergé qui l'accompagnaieul quelque
point de morale ou de théologie.
11 arriva qu'un jour un de ses secrétaires
blâma l'austérité de sa vie et lui donoale
conseil de ne point s'astreindre plus looc*
temps à une existence si rigoureuse et si sé-
vère. 11 lui conseillait de voir, de fréquenter
la société. « Je sais, lui répondit le pieox
archevêque, que si je suivais vos conseils
j'aurais une vie plus agréable : croyez-vous
qu'autant qu'un autre je n*aimerais pas ii
société et ses agréments que vous me nùr
tez ? mais je ne crois pas oue ce soit pov
jouir do tout cela que la Providence m'a
confié la haute position que j'occupe. Cest
pour veiller au salut, aux besoins decetroi-
Seau dont je suis le pasteur. Un niioistre di
eigneur, qui a charge d'âmes, doit préiénr
son devoir aux satisfactions de la Tie. •
La plus grande préoccupation du saint»-
chevêque fut de rendre les études ploi
fortes dans le collège et dans le séminaire
d'Arles, et d'y mettre la piété au niveau dei
études. Après avoir fait sous ce rapport ce
aue sa piété et sa sollicitude lui comoHi*
aient, il voulut lui-même évangéliser soa
diocèse. Comme il ne pouvait pas de »
personne faire autant qu'il était besoin, il
y suppléa par do nombreuses missions giH
établit. Deux ans après son installation, eesf-
à-dire en 1T77, if commença la visite de
toutes les paroisses de son diocèse. UAttl
affable avec tout le monde , niais sortonl
avec ses prêtres. Le moins élevé en dignité
était aussi bien accueilli par lui que œai
qui remplissaient les fonctions les plusémi-
nentes. Le plus humble vicaire ne veuit
jamais le voir qu'il ne l'invitât à s'asseoir à
sa table dont il faisait les honneurs avec
infiniment de cordialité. 11 avait le talent dV
dresser à tous de ces paroles obligeiates
qui encouragent le mérite et en sont cùom
la première récompense. Quand il visiiiit
une paroisse, il consacrait toiqours une jo•^
née pour examiner les écoles et pourvoirged
était le genre d'éducation au*on y donnait ik
jeunesse. II interrogeait les petits enbili
avec cette douceur, cette tendresse que doi-
vent toujours avoir pour l'enfance lesak
nistres de celui qui disait : Sinite jjui'wl»
ventre ad me. Son bonheur était de donnff
des prix et de renvoyer satisfaits et heveiK
ceux qui l'avaient contenté par leurs rfr
ponses. On peut trouver ces détails peu it-
téressants; cependant, il faut le dire, m
évêque est le père du troupeau qui lui efi
contié, et nous concevons pariSulemeot u
tendresse pour les uetits enfants. Nesuo(-îb
pas l'espérance de l'avenir ? Pour tous lait
que nous sommes , l'espérance et Taveniri
Dieu les fait si beau!^ et si dorés sur la iMi
de Tenfance ! Puis, les bonheurs des i
sont quelque chose de si pur et de Âj
1
. mis
l gîî*OD éprouve toujours une immense salis-
[lacHoû a les faire naître.
^archevêque d'Arles, au milieu des assem-
I blées du clergé de France, était regardé
comme un oracle. Il était doué d\iïi juge-
ment et d'une perspicacité qui dctvancaient
> les événements. Aussi voyait-il parfoitêment
; î côté des tendances philosophiques et ré-
f Totutionnaires de Tépoque, les abus de toute
sorte eiLÎstant dans la société. Il avait prédit
la révolution française et ses horreurs, en
disant qu'elle arriverait nécessairement, si
les membres du sanctuaire ne savaient pas
)uper au vif dans les vices qui y existaient
let dont la réforme lui paraissait absolument
inécessaîre. Un an avant que la révolution
Sciatât, en 178S, il sut, de concert avec les
lagistrats d'Arles^ faire au peuple des au-
[mônes abouflantes qui Tempèchèrent de
jsf^ révolter dans la disette qu'il eut ïi souf-
Ifrir. Nommé d'abord députe à l'assemblée
[des Notables, puis aux Etats généraux, il s'ef-
faça complètement ; sa modestie était si
l^grande qu'il n*aborda jamais la tribune. Ce-
pendant sa sciertce et sa haute raison ne
leraeurèrent pas stériles. H fut la lumière
\àes comités et des commissions donc il fut
lembre. On peut le regarder comme le
Srincipal rédacteur et comme l'inspirateur
e VexposUion de principes que rédigea le
comité des évoques, Mgr Dulau publia plu-
sieurs eicellents ouvrages à l'usage de son
diocèse; ce fut à ces écrits remarquables
ique le troupeau confié h sa garde dut de ne
pas tomber dans le schisme- Quand parut le
décret qui ordonnait la dé[)ortalion des prê-
tes fidèles» il fit en réponse une adresse ou
loi si pleine de raison et de sensibilité que
l'infortuné Louis XYI en fut ému jusqu'à en
pleurer, et qu'il refusa de le siii^ner.
Le 11 aoill 1792, Mgr Bulau fut arrêté.
Quand il entra dans l'enceinte de îa prison,
il y trouva ses deux grands vicaires, MM, de
Thorame et de Foucault. Quand il fut trans-
féré dans réglise des Carmes, un horloger
nommé ("arcel vint immédiatemenl l'y vi-
siter. Cet homme avait déjà sauvé quatre
ecclésiastiques- Il venait offrir à rarchevéque
des niovens de sortir facilement de prison.
« Mon t>on ami» lui dit lliomme de Dieu, je
TOUS SUIS bien obligé de votre bon vouloir;
mais étant innocent, je dois rester ici; si je
fuyais on me croirait coupable. Que la sainte
Tolonlé de Dieu soit faite 1 » Deux jours et
deux nuits les prisonniers restèrent sans
autre lit qu'une simple chaise. Parmi ces
prisonniers, il y en avait plusieurs qui étaient
cassés de vieillesse» accablés d'infirmités;
d'autres étaient si indigents qu'ils n'avaient
fias même de quoi subvenir aun besoins de
eur nourriture. Leur misère était si t^rande,
qu'elle parvint à toucher môme un de leurs
fjerséculeurs, un de ceux d'entre les révo-
utvonnaires qui avaient monlré le plus d*a-
^ charnement pour les faire incarcérer, i»n fut
profondémentémuJl accorda aui gardes la per-
mission de laisser entrer ce qu'on apporterait
pour leur subsistance, de faire seulement at-
leotton qu'on n*iniroduislt pas d'armes. Il alla
DUL
S5S
jusqu'à inviter lui-même les personnes cha*
ritaoles des environs à subvenir aui besoins
fies pauvres prisonniers. Dans leur prison,
ils n'avaient p^s la pormis^^ion de célébrer
les saints mystères. Ils récitaienl en com^
m un ies yirières de la messe. Le médecin
obtint j>our eux la permission d'une pro-
menade chaque jour dans le jardin, au fond
duquel il y avait un petit oratoire de la
Vierge, de sorte que ces disciples du Sei-
gneur trouvaient partout des occasions d'é-
lever leur âme à Dieu. Le but de leurs pro-
menades était cet oratoire, oil ils allaient
comme en pèlerinage invoquer la mère des
miséricordes. Hentraient-ils dans leur pri-
son, qui était Féglise elle-même, ils y étaient
sans cesse face h face avec le Dieu qui ha-
bite dans le temple des chrétiens. Tous les
jours les infimiilés de larchevèque d*Arles
augmentaient : bien des fois on l'engagea à
demander la permission d'être transporté
chez lui, mais il répondait invariablement :
ft Je suis trop bien ici, et en trop bonne
conipagnie, « Il y avait trois jours déjà qu'il
était en prison, et qu'il n*avait pas encore
de lit; on ne put lui en faire accepter un,
parce qu'avant compté les matelas, il s'était
aperçu qu il en manquait pour un prison-
nier qui venait d^arriver. Sans cesse, par
ses discours, il encourageait les autres pri-
sonniers que son éminente piété, que sa pa-
tience admirable, remplissaient d'aumiration
pour lui. Les gardiens féroces qui veillaient
sur les serviteurs de Dieu, s'étant aperçus
oue Mgr Dulau était de tous le plus élevé en
dignité , le torturaient , l'outrageaient de
toutes les fciçons. Mais il savait placer son
âme si haut, que les injures n'arrivaient pas
jusqu'à elle. Uni à Jésus-Christ, identifiant
en quelque sorte ses souffrances avec celles
au navait endurées, il demeurait impassible
devant les outrages , acceptait en silence
tous ceux qu'on lui prodiguait, s'estimant
heureui d'avoir à souttrir plus que les au-
tres pour Jésus-Christ. Un jour qu'il était
dans le jardin pour y prendre l'air, escorté
de deux fusiliers, un militaire qui se trou-
vait là et qui, par sa mise décente, son air
convenable, semblait ne pas appartenir h
cette classe d'hommes qu'on voit dans toutes
les révolutions pour les déshonorer, fit der-
rière Mgr Dulau un de ces gestes indécents
à Fusage des hommes du peuple les plus
dégradés, et passant devant le prélat, s'age-
nouilla, et prenant son épée, la posa en
forme de croix sur sa poilrine : «t C'est ainsi,
lui dit-iU que demain je te sacrerai moi-
même. » Le nrélat se détourna sans proférer
une parole. Un gendarme, homme brutal au
plus haut point, le prit aussi pour point de
mire des plus atroces pltiisanteries. S'as-
seyanl auprès de lui, il loi faisait entendre
toutes les insultes , toutes les grossièretés
que la populace la plus immonde sait trou-
ver pour insulter ce qui mérite le respect.
« Tu auras bon air sous îa guillotine , lui
disait-il; lu cracheras joliment dans le pa-
nier* » Puis, se levant, il s'inclinait devant
lui» lui prodiguant iroDjquemenl tous Imê
t
§59
DIT
titres dont TAssemblée venait de Toter la
suppression. Le saint homme songeait à soa
Dieu, couronné d^épines et conspué par les
Juifs; il ne répondait rien. Le aigne répu-
blicain vennit ensuite s'asseoir auprès de
lui, allumait sa pipe et poussait an visage de
rarchevôque des bouffées de fum*;e, jusqu'à
ce qu'incommo lé et près de se trouver mal,
il fût obligé de se lever et de changer de
place. L'atrote persécuteur le suivait jus-
qu'à ce qu'il vit sa cruauté vaincue par Tad-
mirahle patience du serviteur de Dieu.
Une nuit, réveillé en sursaut par un de
ses voisins qui lui dit : « Monseigneur, voici
les assassins! » L'archevêque répondit sim-
plement : « Eh bien ! si le bon Dieu demande
notre vie, le sacrifice doit en être fait. »
Après avoir ainsi répondu, il se rendormit.
Le vendredi, trente-unième d'août, les pri-
sonn ers soupçonnèrent que quf-lque chose
de grave allait se passer pour eui. On vint
enlever de l'église tous les objets consacrés
au culte. On brisa même une croix qu'on ne
put ûter autrement de la muraille. Mais les
prêtres ayant «rouvé une croix de bois, la
placèrent sur le maître-autel. A onze heures
du soir. Manuel, procureur de la république
et Pélhion, maire de Paris, leur envoyèrent
signifier le d<>cret d'exportation rendu par
l'Assemblée; mais déjà on creusait hur fosse
dans le cimetière. Le lendemain, ils consa-
crèrent toute la journée aux exercices de
piété, auxquels ils se livraient orJinaire-
menty attendant que Péthion d'nnât dt*s or-
dres pour les délivrer. Ils passèrent la jour-
née du dimanche dans la même attente. Mais
la promenade du matin ayant été retardée,
{plusieurs d'entre eux remarquèrent qu'on
es surveillait avec plus de soin que de cou-
tume. Kn rentrant dans l'église, ils trouvè-
rent qu'on avait relevé leurs gardes avant
l'heure ordinaire. L'un d'entre eux leur dit :
« Ne craignez rien, Messieurs, si on vient
vous attaquer, nous sommes en force pour
nous défendre. • Les malheureux prison-
niers ignoraient la terreur dans laquelle Paris
était iHongé depuis la prise de Longiii par
l'armée prussienne qui assiégeait actuelle-
ment Venlun. Les chefs de la révolution
avaient d/*libéré s'il ne convenait pas de fuir
de Paris. Mais le ministre de la justice, Dan-
ton, avait imaziné d'autres moyens pour
repousser les alliés. Il voulait une levée en
masse de la France, mais qu'avant de mar-
cher, on se débarrassât de tous ceux qui
étaient entassés dans les prisons, prêtres,
royalistes ou suspects. On fixa le jour de
cette atroce exécution au dimanche 2 sep-
tembre. Ce jour-là on fil courir le bruit que
Verdun s'élant rendu, les Prussiens arri-
vaient sur Paris. Les membres de la muni-
cij)alit*5 allèrent dire à l'Assemblée qu'ils
allaient inviter les Parisiens à former une
firmée de 60,000 hommes. -A midi, on tira
e canon d'alarme, on so.na le tocsin; tout
ce qu'il y avait d'honnête dans Paris trem-
blait. La populace révolutionnaire était *n
proie comme à des accès de rage : elle se
axTi$ait en escouades de bourreaux, prêts ^
agir partout. Durant ce temps-là on servait
un dfner aux prisonniers de l'église' dès
Carmes. Cn officier leur dit : « Vous allet
sortir, et on va rendre à chacun ce mii lui
appartient. Le diner fut tranquille, cnacnn
avait dans Ti^me plus de gaieté qu*à l'ordi-
naire. Les bourreaux étaient embusqués
dans tous les corridors de la maison. La (ht)-
menade qui n'avait pas eu lieu le m-ttin fut
non-seulement permise* mais cooimandéé à
S[uaire heures. Les vieillards, les infirmes,
nrent forcés d'aller au janiin. Les prfttresy
étaient au nombre d'environ deux cents;
quand tout à coup on entendit un grand
bruit dans ime rue voisine. C'était une bande
de bourreaux qui allaient à l'abbaye S^înt-
Germ.iin pour y commencer le massacre.
Alors ceux qui étaient cachés dans les co^
ridors , passant à travers les barreaux îles
fenêtres leurs baïonnettes et leurs s.ibres.
crièrent aux prisonniers : « Scélérats! void
donc e'^Vm venu le moment de vous punirl»
Les prêtres se réfugièrent tous au fond dn
jardin» se mirent à genoux, offrirent leur
existence à Dieu et sp donnèrent mutuçlle-
ment l^bsolution. L'abbé de Pannonie, cha-
noine de Cahors, se trouvait en ce moment
près du petit oratoire de la Vierge, avec
l'archevêque d'Arles. « Cette fois. Monsei-
gneur, lui dit-il, je crois qu'ils vont venir
nous assassiner! > — « Eh bien 1 mon eber,
lui répondit l'archevêque, si c'est aujour-
d'hui notre martyre, soumettons-nous, et
remercions Dieu qui nous fait mourir pour
une si noble cause. » Comme il parlait auisi,
les brigands enfonçaient la porte dn jardin.
Ils entrèrent au nombre de trente earîron.
Ceux qui s*avançaient vers le petit oratoire
criaient : « Où est l'archevAque d'Ârltst » A
les attendit sans changer de place et sans
paraître ému. L'abbé de la Pannonie toit ea
avant du groupe. Us s'adressèrent à lui et
lui dirent : « Est-ce toi qui es l'archevêque
d'Arles? » L'abbé, baissant les yeux et joi-
gnant les mains, ne répondit pas. « C'est donc
toi, scélérat? » dirent-ils à l'archevêque. —
a Oui, c'est moi. — Ahl scélérat , c'est toi
qui as fait verser tant de sang patriote dans
la ville d'Arles! — Messieurs, je n'ai jt-
mais fait de mal à personne , » dit l'arrbe
vêque. — « Je vas t en faire, moi, » dit un
des bourreaux, en lui déchai^eant un oioy
de sabre sur la tête. Ce crmp porta sur le
frmt, l'archevêque resta debout et ne dilptf
un mot ; un autre lui fendit presque tool k
tisage d'un second coup de sabre. Toiijovrt
même silence de la part de la vict me, fi
porte s"s deux mains à sa blessure. Frtpp
d'un troisième coup sur la tète, Hsr Diutt
tomba. Un des bourreaux lui enfonça si
pique si viob^mment dans la poitriDe,"q!ril
ne put en arracher le fer qu'en appuyant du
[ûed sur son corps. Après cet exploit, il tota
a montre de sa victime, et la montra trioiu-
piialcmenl à ses complices.
Ainsi mourut M^^r Dulau. 11 fut une d^*
premières virtimes tombées sous la hach*
révolutionnaire pour le soutien de la foi W
de l'unité de l'Elise.
I
PULCÈCE, élaitprésitleiU à Ttiessalonîgue,
«ous le règne de pioclélien* Il fil soulïnr lé
martyre à sainte (rèpe, ainsi qu*à $es deux
scÉurs A^ape el Chiuiiie.
DULCtTirS» gouverneur de Macédoine
sous Diuclélien et Maximien^ cq)idâmna à
mourir pour la fui les saintes Agape, Irène
e( Quionte, daps h ville de Tbeâsatonique.
(Vûy, Aqapc.I
|)CLCIDli:s, gonverneiir d'Aqi^ilée en 30|,
sous le rè^m* Ue IVmiH reor DiqfJétien, fut
"'un des plui^or U-iits eiécult-urs des édijs de
crsécution qu'avait lancés ce prince. Coq-
>îoleinG 11 avec Si^mnias» gener.i) qui corn-
landait les troupes dans la |truviticeT il s oc-
cujiait npit el jour ù la rechercha des chré-
•i»*ns. Les prisons en étaieul reniplîes. (Voy.
article du s^jp^ C^j^tj^in.)
DLXE (sainlej, martyre» était servante d'un
soldat. Ayant été tuée en défendant 5a chas-
teté, elle mérita mim la couronne du niar-
Ijre. On p'a pas d*autre;î détails sur elle,
LEo'lise fait sa sainte oiéoioiiele 25 mars*
DCMOULlN-BOKlt: (PiEaaEj , cueillit la
Ime glgrieustMlu martyre en Thonneur do
religion cftrétienne, le 2i novendjre 1838,
A la ojort de M. Havard^ vii^^itit'c aijosloliqiie
lu Tonqina nccidenfal, il av^it été promu au
^■''■•é^ -FAcantht» qu'il ne devait pas occuper
rs. liienlôt en eOet lesdeuji prêtres
^^...^..u^i. s qui lui étaient associés périrent
mr le supplice de la corde ; le sien fut af-
ireux. Le bouiTeau charà^é de lui trancher la
tm
Iti
l^te clûil ivre au liiomcût du supplice j son
^^rciuier coup de sabre jiorta sur Foreille du
^Bâint inissionniire et l'arme desceuiiil jus-
I
ju'à la niâclioire; le second ayant enlevé la
>rtiu supérieure des épaules, la rpjdie sur
\ cou î le troisième» qui avait été pUis assu-
ré» n© tr^incha [pourtant |)as la tête. Le man-
dûrm ch^ri^é de présider *iu supplice, fui spsi
Uft Mt
d'horreur* Ce ne fut qu'au ^eptièm^ cùup nue
I Ignoble bourreau réussit» sans que ST Bu-
moulin - Borie ait (ait entendre aucune
plainte.
DURANGO (5e bionheureui Nicolas), mis-
sionnaire de la compagnie de Jésus, fut naas-
sacré en 1707 par les in^dèles, dans le pajs
de Gayes.
DUHAZZQ, ville d*Albame (aujourd'hui
Roi^mélie), vit le martyre des saints Péré-
grin, Lucien, Pai>ias, Hésvchius, Salurnius^
PQmjïée el (jermain. Llnstoire no nous |\
laissé aucun document positif el détaillé sur
la mort île celte pléiade de saiuis. Us appar-
tiennent a la persécution de Tra^an*
pURQSTORQ , mirostorum , plus tard
Drîsira, ville de la seconde Mésit*, aujour-
d'hui Silislri. Ce fut dans cette ville, au com-
mencement du IV' siùèh!, dui^ant la persécit-
lion (Je Diorlélieu, que saint Jules, Vétéran»
sQutJnt la mort pour la foi chrétienne.
DYMPiNE (saiiile), vierge et martyre, était
fdjp d'u" prince anglo-saxon. Daps sop pays,
sa virginité n'était pas en sûreté, elle fut
obligée d*cn partir pour éviter qu'on y portât
attende* Elle éniigra avec le saint prêtre
Gerbern et quelques-unes de ses compa-
gneij* Premièrement elle fixa snu séjour k
Anvers > puis elle vint demeurer au vil-
lage de Gneel dans le BrabanL Elle y ser-
vit Dieu , passant son temps dans U pfière
et la njédilation. Elle vivait en pnh i|#fls
celte demeure, lorsque ceui oui lavaietit
poursuivie, pour attenter à sa cnaslelé, par-
vinrent h la découvrir. Comtne elle résistait
el ne voulait pas satisfaire leur passion bru-
tale, ils la niassacrèrenl impitoyablement.
Se3 reliques sont encore ^ Gheeldans une fort
belle châsse. LTijlise célèbre I4 fête de cette
sainte le 15 mai. Le martyre d^ ^ainte
Dyiupne eut lieu dau» le yiV si^clp-
EBBE t sainte], et ses compagnes, viergas
I et iïiartyn*s en EcoBse, vivaient au i\* siècle,
^^ajis le grand monastère de Coidin^diam, si-
Bliiié dans la province de Mers ; la bienheu-
^ ieu'ie Ebb ^ en était ahhesse. Les Danois con-
duit^ ]M\v Hi-^iguar el Hubha, s'étanl jetés h
V tstesuxle pays, notre sainte anbess<\
\ sauvegaruer sa chasteté ain.*^î que
eeik de ses religieuses, ass^^mbla toutes ses
saiptâïS fiilos, el a[>rès Jnur avoir fait un dis-
cours touchait, se confia le nez et la lèvre
lupérifure. Toutes les religieuses Timitè*
rrnl- Les barbares birent rem[^lis dliorreur
k la vue de cette mutilation, el ayant mis le
feu au monastère, tirerai ainsi mourir toutes
ces vierges. Leitr martyre arriva h la tin flu
IX* siècle. Ebes sont inscrites le î avril aux
^ r--r* - T loges d'Ecosiie, et le 6 oclobre a ceux
L ii-rre.
iiimUiN, maire du palais sous Thierri|
meurtrier de $aint I^éger, évoque d*Autun et
martyr. (Toy. Légeh). Ebroui persécuta aussi
violemment saint Lambert de Maestricht ,
assassina IJâgobcrlqnerEglisehoiiorecymm^
martyr. Eiitin la justice divine s'appesantit
sur sa tète; il fut Jui-mén:ie assassiné par
un seigneur ^onmié Hermenfrède» nul] avait
défiou]llé djL^ ses biens et menacé de mort.
(Voy. Dacohert et La^hu^at.)
ÈCIJA, ville d*Espiigne sur leXénil, illus
irée par le martyre de son évéque^ saint
Crispm.
ECOMÈNE. l'un des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi" en Ei^yfite, et desnuels Ruinart n laissé
les Arles authentiques. Voy* >! a ht vas ( e#
trente-sepl) égyptiens.
EDÈSE (saint)* martyr, naquit dans l'Asie
Mineure, en Lycie ; il était frère de saitil
àfipieo qui fut juirlyr^é h C^^^^rée* $# pro-
EDO
m
iasimfJi 4fJbt U pbilrjfopfaie, même après sa
iSiin-»^T.VTM ii i/âfWtX Ymbxi des philosophes.
I>-,rjr>w;::/* il snWxi le% leçons de saint Pam-
pr..^ ^e C^wré*;. Durant la persécution de Ga-
,-%?^ M;iiirnien, il C'Onf»rs*a Jésus-Christ de-
-y^r.t *e^ rna^ristrats, fut mis plusieurs fois en
pr V/O, et ^;//ndamné en dernier lieu à travailler
« #f rnine^ ea Palestine. Kernis en liberté, il
rifit en Kfjypte, où l'attendait le martyre. Hié-
f^/'Je* était préfet d'Kjçypte, l'un des persécu-
te*jr* les plus féroces nm aient jamais persé-
erjté les chrétiens. E/lese étant a Alexandrie
UH uni sup(//irter de voir traiter avec tant de
barbarie oes hommes graves, des vierges et
de< ftuuiiui^. Il alla vers le préfet pour lui
reprocher ces cruautés ot pour lui en faire
fteritir Todieux ; mnis pour prix de ses repré-
sentations, ii fut lui-mémo soumis à divers
Aupnlice» qu'il houlfrit héroïquement. Enfin
on le jeta dans la mer où il consomma son
ififtriyrt*,. I/K^iise honore sa mémoire le 6
avrif,
FJIKHHK, ville de la Mésopotamie, aujour-
d'hui Orfa, fut une des premières cités de ce
pays où le chriNtianismn ait fait do grands
|iro|/.r^M. Kn 110, nlln fut prise et brûlée sous
Tnijati. A retln époipus saint Barsimée, son
évOqun, y fui mi.M h mort avoc saint Sarbèle,
Naln(ellnrbéootun(n>H-grandnombrodochré-
tieu.H dont i'histoiro n*a pas gardé les noms.
SousTomporour Numérion, un jupe nommé
Théodore lU motlro ù mort à Kiicsso les
saints Thalalée, Aslèro ol Alexandre, avec
plusieurs autres. ( Voy. Tualalée, Tufodore,
et AsTàRE.} En Tan 371 de Tère chrétienne,
l'empereur arien Valens relégua, dans Tile
d'Arade en Phénicie, saint Barses, évéque de
cette Tille, puis il mit à sa place un évéque
arien ; mais tout le peuple d'Edesse, pour ne
pas communiquer avec ce faux pasteur, sor-
tait de la ville et s^assemblait hors des murs
sous la conduite de ses préires. Valens en
ayant été instruit, alla jusqu'à frapper de la
main Modeste, préfet du preloire. jvirce qu'il
n*avait pas empêché ces assemblées, et lui
donna l'ordre de prendre des soldats et
de punir sévèrement tous ceux qu'il trouve-
rait à ces réunions. Modeste, ^pioique arien,
fit prévenir les catholiques, afin q.i*il< s'abs-
tinssent de se trouver le lendemain au lieu
ordinaire de leurs assemblées, mais ils n'en
tinrent pas compte. Après divers événements
dont il faut voir le récit à l'article Valkxs,
cet empereur ordonna à Modeste de ne pren-
dre que les prêtres et les diacres et de les
bannir aux extrémités de l'eminre. Modeste
exéouta fi Jèlement les ordres de son maitre :
Euloge et S'.^ixante-dix-neuf autres furent en-
voyés en exil. Voy. Valens, El loge.'
EDISTE îSaiut . martyr» reçut la palme du
martyr à Ravei.ne, sur' la voie Laurentine:
nous n'avons po ni d'autres détails sur lui.
L'Eglise fait sa mémoire le 15 octobre.
EDMOND saint , roi et martvr en Angle-
terre, re;ut la couronne de son parent Oîfa,
qui régnait sur les Est-Angles et qui voulait
finir Ses jours à Rome dans les prati lues de
la piété. Ce jeune prince, qui n'avait alors
que quiQie ans, deacendul des aiMÛens roif
ABg^o-Sixons de la Grande-Bretagne. À cet
^ge si tendre, il selaisait déjà remarquer par
son aversion pour les flatteurs; sa seule am-
bition était de laire le bonheur de son peu-
ple. Aussi la justice était administrée avec
intégrité, les bonnes mœurs florissaient , en
un mot il était le père des sujets.
Il y avait déjà qu nze ans que notre saint
régnait, lorsque Hinguar et Hu'bba, deux des
fils de Régner Lodbroç, ancien roi de Dane»
mark, soumirent la Norwége et ravagèrent
TAndeterre. Ils vinrent passer l'hiver dans
les Etats des Est-Ançles. Après avoir conclu
une trêve avec eux, ils se airigèrent vers le
nord quand Tété fut venu. Mais bientôt ces
barbares, mettant à feu et à sang le Northum-
berland et la Mercie, commirent de çrandes
cruautés contre tout ce qui portait le nom
de chrétiens. L'histoire rapporte que les re-
ligieuses de Coldingham craignant pour leur
chasteté, se coupèrent le nez et la lèvre supé-
rieure afin d'éloigner le danger par rborreor
qu'elles inspireraient. Elles furent toutes
passées au fil de l'épée.
Edmond, qui comptait sur la foi des trai-
tés, n'avait pris aucune mesure pour résister
à ces ravages ; néanmoins il rassen^bla au-
tant de troupes qu'il put en trouver et battit
d'abord l'armée ennemie près de Thet-Fort
Puis se jugeant trop faible pour tenir lacam-
r^agne, il se retira vers son château de Fraa-
ingham, dans la province de Suffolk. Mail
bien tôt il fut assailli à Hoxonsur la Waweocji
pris et conduit au général ennemi. On loi et
des propositions opposées à la religion et i
la justice qu'il devait à son peuple; U refusi.
Hiuguar furieux le fit battre cruellement, nuis
déchirer à coups de fouet sur un arbre ou on
lavait attaché. Les barbares, irrités de le voir
invoquer le nom de Jésus-Christ au milieu
de ses tourments, s'amusèrent à lui déco-
cher une grêle de flèches dont tout son corps
fut hérissé. Hinguar le condamna enfin à
avoir la léte tranchée, le 20 novembre 810.
Peu de temps après , ses reliques furent
transférées à Bedriksworth ou Kingston; on
bâtit une église en son honneur, ou sa sain-
teté fut alt'eslée par un grand nombre de
luraoles. En 1020, le roi Canut, voulant r^
!>arer les outrages faits par Swenon, son père,
I ce lieu et aux reliques de notre saint, fit
Ivitir une magnifique église et une abbaye
à la place de la première qui était en bois.
L'Eglise fait la fête de saint Edmond le 91
novembre.
EDOUARD saint), martvr, était filsd'Edg»,
roi d'Angleterre. Il succéda à son père enWS,
et n*avait alors que treize ans. U se fit chérir
de ses sujets par sa piété, sa justice et pir
toutes les vertus qui font le bonheur (to
peuples : ils eurent bientôt à déplorer 9
mort préma:urèe. Sa belle-mère, Elfride, avait
eu un fils d'Edgar, nommé Etlielred. N aranf
pu réussir dans ses intrigues qui tendaiènit
hure élire ce prince au détriment de notre
s.\inK. elle lui v«iua une haine implacable<
Eiouani était instruit de toutes les maneO'.
vres de sa beJe-mère. qui cherchait à h
perdre. Néanmoins sa vertu lui iiusail ob
^
devoir d'honorer et de respecter cette femme
indigne, et en toute occasion il lui donnait
les marques de la plus vive airection ainsi
qu'à son frère Ethelred. Un jour, se trouvant
à ]a chasse dans une forêt voisine dts Ware-
ham, dans le comté de Dorset, il alla rendre
visite à Elfride, qui, saisissant cette occa-
sion, le fil poignarder par un de ses doraes-
tiques ; ensuite son corps fut jeté dans un
marais, où plusieurs miracles qui s'y opérè-
rent le firent découvrir. Son nom est inscrit
au Martyrologe romain le 18 mars. Elfride»
troublée^ par de vifs remords, se retira du
monde, et fonda les monastères de Wlier-
Iwel et d'Ambresbury, et passa saintement lo
rest*.* de sa vie dans le premier, Elheîred,
qui gouverna après Tassassinal de son mal-
heureux irère, fut un prince plein de lâcheté
et eut continuellement à soulfrir des incur-
sions des Danois.
EDWIN (saint)» martyr, donna sa vie en
défendant la religion chrétienne en i'an de
Jésus-Christ 633. Fils d'Alla» roi de Déire, il
fut détrôné par Elhelfred, roi des Bornicieus,
•qui devint ainsi souverain de tout le Nor-
Ihumberland. Edwin alla chercher un asile
chez lledwald, roi des Est-Angles. Ce [ïrince
sans foi, gagné par les ennemis de son pri-
sonnier, résolut de le leur livrer. Un ami
ou'avait Edwin dtins le conseil du prince
1 avertit de ce qui se passait* Un jour, il était
à la porte du palais. Son esprit se laissait
^yiller à de tristes pensées. Un étranger
^Vaborda; il lui dit qujî recouvrerait son
■royaume et deviendrait le roi le plus puis-
^§ant d'Angleterre, s'il voulait prendre, pour
se conserver la vie, les précautions qu'on
lui indiquerait. Edwin le promit. Alors, dit
Vétranger, en lui mettant la main sur la tôle,
ressouvenez-vous de ce sïgne* Bi entait Hed-
wald changea de projets et de sentiments. Il
Bina Elhelfred qui lui avait déclaré la guerre.
lîetle victoire rendit Edwin maître de tout le
lord de TAugleterre. Bientôt il devint si puis-
sant par le succès de ses armes, que tous
Hîs rois anglais et bretons le reconnurent
Dwme suzerain, lise maria avec Edilburge,
lie de saint Ethelbert, premier roi chrétien
I d'Angleterre. Ce mariage n'eut lieu qu'à con-
' ditionque la princesse pourrait suivre la re-
ligion chrétienne ♦ et qu'elle garderait prés
d'elle saint Paulin, qui venait d'être sacré
évéque. Bientôt après, le roi des Wesl-
Saxons paya un homme [jour assassiner
Bdwin. Il voulut le frapper avec un poigtiard
poisonné ; c*en étaitfait de sa vie» si Lilla,
__n ministre, ne se fiU jeté entre lui et le
meurtrier. Le dévouement de ce ministre lui
coûta la vie. Le roi fut aussi blessé, mais sa
blessure était léiçère, elle guérit. Lemeurtrier
fat immédiatement mis en pièces , mais il
vendit chèrement sa vie ; avant de tomber,
il tua un ofTicier du roi. Comme Edwin ren-
dait glaces à ses idoles de lui avoir conservé
" vie, saint Paulin lui dit que ses idoles
„ient impuissantes à rien faire pour lui ;
_^ le sa conservation était due aux prières de
fa reine. Il rengagea môme à chercher à con-
maître le vrai Dieu et à lui rendre hommage.
ËGI
m
^Eor
aai
Edwin goûta ce discours, et permit même
qu'une lille que venait d'avoir la reine fût
baptisée. Elle reçut le nom d'Eanflède. Ed-
win dit h saint Paulin qu'il embrasserait
la religion chrétienne s'il guérissait de la
blessure qu'il avait reçue, et s'il remportait
la victoire sur le lâcne ennemi qui avait
voulu le faire assassiner. Guéri et vainqueur,
il embrassa le christianisme. Saint PauliUi
ayant su par révélation ce qu'on avait d?t au
roi, lui mit la main sur la tète, en lui deman-
dant s'il se ressouvenait de ce sigr^e. Le roi,
surpris, stupéfait, déclara qu'il se convertis-
sait avec les principaux de son royaume. Le
roi assembla donc les grands de son entou-
rage, et notamment le grand prêtre des idoles,
nommé Coiti, Ce prôtrese rendit à un eicel-
lent discours que saint Paulin prononça au
milieu de l'assemblée, et déclara qu'il était
prouvé par l'expérience que les idoles n'a-
vaient aucun pouvoir, et demanda qu'on les
réduisît en cendres. Coifi voulut lui-même
donner l'exemple. 11 se rendit au principal
tempîe des idoles, y jeta sa lance en signe de
protanation, et commanda à ceux qui étaient
avec lui de le détruire* Edwin fnt baptisé à
York le saint jour de Pâques fi2I, avec ses
enfants et un très-grand nombre de personnes
de distinction. M lit depuis tout ce qui était
en son pouvoir pour engager ses sujets à
faire comme lui . Son exemple porta ses fruits.
De toutes parts on accourait en foule rece-
voir les instructions de saint Paulin et de ses
collaborateurs. Depuis dis-sept années, Ed-
win gouvernait avec bonheur son rojaume,
quand Penda , prince de la race royale de
Mercie, se ré voila contre lui dans le but de
relever ridolâtrie. il assembla une armée
composée de vieux vétérans, tous attachés h
l'ancien culte , et ajanl été reconnu roi par
les Merciens, fit alliance avec Cadwallon, roi
ûi's Bretons ot du pays de Galles, il atlHqua
Edwin avec une rage'^indicible. La bataille se
livra à Heavenfield, aujourd'hui Hatfieîd, pro-
vince d'York. Le saint roi y fut tué pour la
défense de la religion. On enterra son corps
à Whilby, son chef dans le porche de Té-
glise qu'il avait édifiée à York, L'Eglise l'ho-
nore comme martyr le 4 octobre.
EGÉE, proconsul d'Achaïe, ou simplement
magistrat de Patras, lit mourir en croix saint
André, apôtre.
EGÉE ou Eges, ville de Cilicie, fut, en
285, sous le règne de Dioclétien, témoin du
glorieux martyre des sainis Claude, Aslèrô
et Néon, et des saintes Domnine et Tliéonille,
Le proconsul Lysias les y fit tourmenter de
la manière la plus féroce avant de les faire
mourir. (Foi/., pour les détails de ce mémo-
rable triomphe, les Actes de ces saints» à
rarlieie Clai de.) Cette ville vit, en 303, sous
le même prince . le martyre des saints Cosmô
et Damien, tou.^ deux médecins, et de leurs
trois frères, Anthime» Léonce et Euprepe^
{Voi/\ le Miirtyrologe romain.)
EGIDIUS (le bienheureux François), frère
mineur, fut martyrisé, en 1583, dans laNou-
velie-Galice , contrée couverte de hautca
an
RJK
Bi^clsçrï» q'Jt t'.acTTTDÇTîl drs pîns et des
:*•
."k i.»
. ' ".'**U.*^ .rr*
l*Li îrS c^v^rnes
jit^v.r. jiii:.-* r^Aji:*. s^îx:*-! un? si
t».n iiV«:i::: ?*ifii-i:--: -.i iiû^-riv. r.^îSbien;
r»îL lit :ii=-**':-tî' ^i-.-^ 1-*. S.rr-rs- Us
jumu .1* i*^i i - ■•;i:-ti: -h: 1 1 4-r .i^. et An-
îr% i'tf.ro' t'i-i!>i '"fTr *-ii '.T cr^.iixà ta
3Mia*. -i - isi^i'H u*"*^ : r:: ! il m ^;-rr^rit la
u.-rî-i .-tflr.-^ :.*:>? .± *:z.r. îoLirenl le
■jÂt^"* -i;.."-' (.*r;ii»4*ei diu Frtru Mineurs^
ELEaZaKUM >î.::l • s/iUfTrit le martyre à
LyoZi. yoy. VàTurn saint Mi^ebf pour plus
ELLUCaDE Mi!a: . cvêjue et confesseur,
»0'j3:r. c KaTriDr: .-our la défcnse de la re-
liziOL. L-* A'.tes j-rs mari;, rs ce ujus ont
fto.ii t-îi^ ar ùrriôl- îUi luî. L'E^îse fdït sa
ELECït-j'^e q'J.- *-ii M->opjlaaiie, con-
d&ciriS >•: Lii A'Jit=ii.»j:*.-^è rîe a-^ca{:fitjé,ap.ès
loi a*":»:: ia.î ?aiHrdii erses» ioriur»rs. Lt- bour-
reau ^u: i'j: commb a Iricution de la sen-
tence s oL":nt évanoui. ;»er>oiJ'ic n'osa [n en'ire
son ^iaive i^our eu îra;»pt.'r le sainl martyr.
11 mourut vil priant Dieu des blessures qu'il
avait reçues.
KLKfSIPPE saint), fut martyrisé à Lan-
Srt*5 avoo SOS frères sainl Spcusippo el saint
ltMeu5ippo« environ l'an 180» sous rem|»irc
tlo Mari^Aurôle, yVoy,^ pour les dutails de
»oï\ umrlvrç, sainl Speisippej
Kl.Kl' hlEKE y^sainl , n-,;iit la couronne du
iuart> ro, aveo sainte Anlie, sa mère, dans la
\illo\le lti>nu\ sous la porséiUtion de Tem-
iirnMir AtlritMK Tout ci» que los écrivains
(Miirii*!, IKiiard, A(it>n, etc.) disent do lui ne
IMMM piTihfl pns de ritvi dire qui puisse
iiiHfl''i riilliMilion. I/K^lise l'ait sa fête le 18
MViil
l'I.I'.i; I lli'JII'. (i^ii\u\), di/tcn; f.'t martyr, vint
iJiHtu Itiii <iiiidi:b iivi'i ^»/llMl f>f'iii'«, rvrquc Ue
J'iin II {nn\itii/it 1/1 ^Unn-. el li.*> fili^^ucs de
.'. Imm'ho iiii'i^i'ili |ij<"). Il «^oiiirrii 1.1 mort
t.', a é' 'J? <.|JM.*« iiM'*: I il l'I s.'iuil Knsti<|U('.
ff^tf .-*jér >iij yi'fLii noiNiiH* Ffvi-. niniius.
7v/* ■■'/>.- t*-i o^idiiV t'oy. saint i>i.M>,) L'H-
^ i^ U'jij.',fi. sa ijjOfjHjire le l» M,ii»bre. Ses
/■ j^'-'c." i'ji)* eiK«'n .Mujourd'liui datj.< Tcglise
'!«. ' oi^i^jw «If s.^Miî-iy..'ij ^.
M W. IHKKI: s.uu' . soutînt le marlvro il
'.«^«.Mo*ili!in|,|,'. ilr saint était du raiû ues
^^ui^.^'M•^. i'| fui dér:4;.jti; jKMir Ji^iis-iîlirisl
tiuiau' II» I» rsé -utioi. lie Mai. mien. On ignore
t:i. giv':c «finêe. l/£ç:]is< idit sa sainte" lui^
IL»; M If 4 î mOI.
>:iJ:-L JHhKi: s?V:t . ^lait soldai. II fut
j.i^r ; r,s. i- ^ tr..ujir jj.; iiYe<: uue inliuito d'au-
. •- Ci.'.*-.»- ,^ o. v;- *«.*;»js^ lausseiuent d'a-
' j* I.*. j. ir:t «. ;. ,.*•^ ■;•; Di<x-k'lieu. qui
â i2«jjt i:i«>. ,î^i C-: .?jt; eiujiereur,
tu M
les croyant coupables, ordonna de les mettr»
à mort* par trou|»e5 ; ainsi les uns furent ué-
capités, les autres b.-ûlé^, d'autres précipités
dans la mer. Pour Eleuthère, qui ^-tait le pins
considérable de tous, ayant été mis à de n-
gounruses to.tures, et ^paraissant prendre!
c^:ajue tourment une nouvelle Tiêuear, on
lui i .fli^-.a de nouvelles tortures et il rem-
porta ainsi il palme du mart\Te. L'Eglise ftti
sa mémoire le 2 octo ji e.
ELLLTUËKE saint, évèque de Tourrtar
et martyr, leçut le jour dans la ville môaê
qui devait i»ius lard avoir rhonneur de lé
voir >on évèqne. Sa famille était clirétienne:
un siècle et demi auparavant, elle avait été
convertie jia! sainl Piat. Quand saint Eleu-
thère fui f lit évèque de sa ville natale, il j
trouva la foi antique bien compromise. Lei
chrétiens de cette ^ille se sentaient du coo-
m rce i'réqueui qu'ils élaieiit forcés d'avoir
avec les païens, et des mauvais exemples
que leur donnaieni les rois français m
avaient le malheur d'être encore idott-
tres, et qui résidaient à Tournav. ElettlUre
monta sur le trùn^ ejtiscopal eu \86» dix ois
avant le baptême du roi flovis. Ses prédicr
lions convertirent un grand ncmbre de Fraa-
cais au christianisme. Les hérétiques osi
nabitaient son diooese attaquaient très-vi»-
lemment le mystère de riucarnatioo. Srii
Eleuthère lutta'avec énergie pour dflilÉi
ce [»Oint si important de la foi cathoiML
Ce fut ce zèle qui lui coûta la vie : les faèé-
tiques le frappèrent à la tète d'un tXHip si
violent qu'il en mourut le 1" juîlle! SA
L Ej^lise nonore sa mémoire le ItSUrrier,
ELEUTHÈRE (saint, , confesseur, stmffiit
de cruelles tortures à Arque, prèsde Someteii
riiunneur de Jésus-Chrisi. Les détails nous
manquent sur son compte. LTglise bonoR
sa iiKMiioire le â9 mai.
ELKt THÈRE saint , souffrit le martTW
avei v.unt Léonide. On ignore le lieu, la tbte
et h'M Ht t>iisiane- sdeleurs combats. L'Eglise
fait leur niéui'iire le 8 août.
El.ia rillIRE ;sainl;, évèque et marlvr,
mourut ptiur la loi à'ConslantinnpIe. î»
Actes des marlj^rs ne nous ont laissé auoa
tlo. uiUïMit relaiivemenl à ce sainl évéqae.
L'E-ilise ho lore sa saiute taéuioirc leiOf-
vrier.
ELi:r rriÉROPOLlS, virie de Palesn-'M
été ilhLNiroe par le martyre des saint^Caï-
JUipie, F.orien et cinquaiitc-buit auli-esdo^
les iituns sont inconnus.
EUE ^saiîit , prêtre et niartvr, eut la gWrt
de doinier sa vie pour Jésus-Christ Juraltli
l»erséi'uiion de Dioclélien. On ignoroâquift
date pr.H'ise : ce fut dans le conimenceiU' uta
i\' sièile. Une foule de confesseuis avaieaf
éto condamnés aux mines de Palestine. H
milieu des fatigues de leurs pénibles tn-
vau\, ces saints n oubliaient (las le Dm*
qui sait coisoler le malheur et qui visites»
ser\iteur> q.iel {ue part que la persécutiOi
les Jette. Us seeonstruisirent de petites cte*
pelles où ils se réunissaient souvent psv
célébrer Us louantes itu SeioieiU', povM
adresser leurs prières. C'était un TVOD*
te
g69 EU
bonheur mie îe ciel fûisait luire sur leur m-
foriUDe. Us vena^eiil dans ces lieux deman-
mander à celui qui soulient les faibles, le
courage [>oyr supporter leurs mnui; ils ve-
naient Iiu dire leurs soutfraTices. Le malheur
est (Oirjours* supportable anand il se trans-
foriue eo sneritice. Pour les chrétiens il de*
venail un bonheur, ils souffraient pour Dieu,
ils avaient le ciel pour l)uL (lalère ayant su
ce qui se | assait, fît trausporler qut^lques-
uns des saints confesseuri» dans les raines de
Chypre, et les autres dans celles du mont
LiÉâD. Lh commandait un oitieier qui con-
damna quatre <ies confesseurs à être brûlés
?ifs. Les victimes choisies furent notre saint,
puis Pelée et Nil, tous deux prêtres égyptiens,
et Patermuthe, laïque égyfilien, homme d'uîi
rare savoir eid^une grande piété. ïou* quatre
subirent avec courage cet alfreux supplice.
Tous quatre tuontèn-nt au ciel pour y rece-
oir la récompense due h leurs combats gio-
'eux* L'Eglise honore leur mémoire le
septembre. [Voy. Pelée j
ELIE (^aint), martyr en Palestine, souffrit
pour la foi cnrétien'ne, en Tan de Jésus-
Christ 309, à Césarée de Palestine, avec les
saints Jérémie, Isaie, Samuel et l>aniel, Ils
étaient Ef^yplieiss, et revenaient de Cilicie
voir les coréîiens condariinés aux mines;
ifs passaient près de Ci^sarée, quand on les
arrétik* Aux questions qui b-ur mrenl faites,
fis répondirent la vérité, vérité qui devait
les faire mourir; car, dans ces terans d'atroce
persécution, c'était un crime d^aller visiter
les saints , les martyrs. Cela prouvait du
reste que ceux gui iaisaient de semblables
pèlerinages étaient chrétiens eux-Uiéraes.
C ' >' deviJiJt Firnlilien, gouverneur de
V' , avec saint Pamphjle et ses cora-
; qui étaient depuis deux ans déte-
I les nrisons, ils furent tous les cinq
étu.iJua sur le chevalet, avant qu'on corn-
raeaç,U rmterrogâtnire. Après qu'ils eurent
été violeninicnt luunnentés, Firunlien adres-
sala parole àElie, qui lui parai.'isait le premier
d'entre eux. « 'Wjh e nom ?» lui dil-iL Elie :
Mes compagnons se nomment Jérémie, Isaïe,
Samuel et DanieL — Voire pays?— Nous
iDines de Jérusalem* » Le saint entendait
céleste Jérusalem , celle où tous les chré-
ns ont Tespoir d'être un jour réunis k
Dieu. Le juge, que cette réponse courrouça,
" . de nouveau tourmenter le saint. Les
iurreaux rayant garrotté , lui miretit lei
eds dans les ceps, et tirent à coups dr3
buel voler sa chair en landieaux. La cuns-
tance et le courage du saint martyr triora-
plièrent de toutes ces tortures. Firmilien
alors condamna Elie et ses quatre conipa-
Irioies à avoir la tôle tranchée : cette srn-
lence reçut imaïé'liatemeni son exécution.
L'E^^lise honore la mémoire de tous ces
saints martyrs le 1(i février, (Voy. Eusèbe,
Des martyrs de Paiestine,)
£L1Ë fsaiût), martyr, répandît son sang
pour la loi de Jésus-Christ, en Perse, sous
Sapor» vers Tannée 327. (Fo^., pour plus de
tietails, les Actes de saint Joptas et de saint
BAHàcaisc, à leurs articles respectifs*]
EU
070
ELIE (saint), martyr» Vtm des quarante
martyrs de Sébaste , sous Licinius* (Voy*
Martyhs de Sébaste,)
KLIE (saint), était un vjenx iprêtre de la
Lusitanie. 11 lut martyrisé l'an 856,duraiil
la persécution d'Abdérame II, avec deux jeu-
nes moines nommés Paul et tsidore. L'Eglise
fait collectivement leur fête le 17 avriL
ELIEN [saint), martyr, Fun des quarante
martyrs de Sébaste, sous Licinius, (Voy,
MiBTYBS de Srbaste.)
ELIPHE (saint), vulgairement saint Aloph
ou Elof, naquit en Lorraine. Ce saint s'étant
attiré la haine des Juils par son zèh* pour la
religion chrétienne, ceux-^ci le tirent empri-
sonner h ïoul, sous le rè.^ne de Julien TA-
postat. Peu de temps après, on le laissa al-
n^r pour farrôter bientôt une seconde fois,
It soullrit alors de cruelles tortures. Vei^s
Tan 362, iî fut enfin condamné k perdre la
tête, après avoir converti plusieurs idoh'Ures
jiar son courage et ses discours. Son corps
fut transporté à Cologne, vers Fan %0, et
déposé dans Tabbaye de Saint-Martin , où il
est encore. L'Eglise célèbre sa mémoire le
10 octobre.
ELISABETH, reine d'Angleterre, fille de
Henri VUI et d'Anne de Bouleo, naquit en
15*13, iiuit mois après le mariage de sa mère
déjà enreinte quand elle vint à 1 auteî. Hrnri,
en faisant mourir Anne deBoufen, avait dé-
claré Elisabeth illégitime et inhabile à lui
succéder. Par son testament iî revint sur
cette décision que le parlement avait con-
firmée par un arrêt. Elisabeth monta sur
le trône en 1558, après la mort de sa sœur
Marie. On sait que cette dernière princesse»
fervente catholique, avait monientanément
fait sortir l'Angleterre du scliisme où les
deux règnes précédents Favaient jetée. Sous
son règne on commençait à respirer à Taise
après lus abominations, les cruautés, les per-
sécutions atroces de Henri VIII , après Ift
gouvernement d'un roi enfant, dominé par
les régents infectés d*hérésie, qui régnaient
à sa place^ Sous Henri Vlli , TAngleterre
avait secoué l'autorité papale, mais Te culte
était resté catholique dans la forme. Sous
Edouard , on singea les réformes alJemandes
pour voler les calices, les vases sacrés, les
ornements des églises. Marie avait rendu au
culte sa splendeui' et sa sainteté; elle avait
rétabli des catholiques dans les sièges de
son royaume. A son lit de mort, elle fit" venir
Elisabeth, et lui manda de lui faire Taveu
spuniané et sincère de ses croyances reli-
gieli^es,>« Plaise au Dieu tout-puissant, ré-
pondit Elisabeth , d'entr ouvrir la terre poiir
m'etigloutir vivante, si je ne suis pas invin-
ciblemmt attarhée h la reh^^ion catliohque,
apostolique et romaine I » Cette protestation
fut faite de nouveau en présence du duc do
Feria, ambassadeur d*Esp;igne. Ce person-
nage y crut si liirn, qu'il écrivit à sa sou^'b-
rainc^ que la nouvelle reine d'Angleterre
n'apporterait dans son royaume aucun chan-
gcmriit à la religion. Marie aussi »fut
I ompléteraeni dupe des protestations de sa
sœur. Peut-être croyait-elle à sa coaversioo
^
1
S7I
EU
sioeère. Car* k son avènement au trône, elle
arait ru Elisabeth, de fervente protestante
qu'elle était sous Edouard, se faire catliolique
non moins fervente. Elle allait à la messe,
elle avait vue chapelle dans Tintérieur de
BHH appartements. Tout le monde était dans
rédiucation de sa piété. Un confesseur, prêtre
catholique romain, était attaché à sa personne.
Au fond Elisabeth n'était qu'une hypocrite :
elle le Ht bien voir. Tant qu'elle crut qu'il
était dans ses intérêts de cacher ses opinions
rditjiouMOS, elle le lit. Quelques-uns nom-
metit cola do la politique et du savoir faire.
L'honneur nomme cela do Thypocrisie servie
par la lAchuté. A neino mattresse de ses ao-
tiouii, h puinn sur lo trône, Elisabeth fit pen-
dre, rouer, éoarteler ceux de ses suiets qui
irnvaioiit pas la même souplesse religieuse
qu'nlld, nt (|ui rof\isaiont ao tourner leurs
crnynucoN au vtMit do la puissance. Elisabeth
n'niit i|u'un rourago* celui do se montrer
vritlinont lillo digno do son père : Thyène
n'avait ms M^i^wM. O^'A"^! ^^^e monta au
trôtio, ollo (^rrivit aux rours étrangères ]\out
lour approiuiro son avi^ieuuMit )v\r droit de
nnisMUiro vi par rousontoment do son peu-
plo. Aux rtùs ol princes de la rolii^ion réfor-
UK^o, elle iUsail ou soorot quVHo ^lait à eux
«tl raiu{^uor(\i( la r^^onuo dau5 son royaume.
Aiu priniYs calhoUq(ios« ollo i^riait d'autre
RiV^Hin, Kilo soulail mrou (Kmvait di<iniler sa
loiîiliiuiUS ; olio quotail une aoiv.'tation de
fait (In la |Mrl do5 inùssauc^s. En r\'ali:é,
uial|trt) W to^lamout du r\>i. Eli$abe;h navait
pA:t do divils vtu lr\\uo. 1.0 uKU-ia^e ùe 5d
luAro avait oto \liH*laro nul j^^r lo rvK loi-
uuHuo, |K^r lo ivirlomonu ivir le wa^v. A::<i
nul AUX \oux do Ia famillo^ vio TEwt. d-» :i
ivlmon, ov\ jvux AU d ivpxx'iKlw uu vJirjiv:tèr?
l^^i;Al * U.iu> lo ti^l Amont d\m rvn uîounr: .
«|ui .\ lOilo lioutx* >uj*rv^ttio so rji^^viN*,:: ,p ..
01 AU ^N^^ro, cl «0 \iHLAi: U:>>or aucu-re -.rjf.xî
lie \oni^t\^«.v Avtt::o aux'u:i co <i?ii ocliu^?
riu i-<- j«>:l»a.-. ^»&> ,u.-:c^..- ,.utf loi i-: " ÎLii;
;»it;»t 1*1. u jv ; iifireniicc ":£; s.>c»y - j^
lu: rtî^ijutL ru* it ;»i.;^ ut itnuL: .ij i.>
pît'Ot!i;eî?îf*îu*\^ Ci*3Ui*;ir î'J *;: f»i:x- îil, V.t.
Ciu î-vsit. Marit tj'-uur. j*i:';û..iiii iiAt-jCj*-"*.' ••--
tO'jl*' -'iuauj^tîii'.* 'ju^ •r.»ui;.»'.in*-i_- '_ ^--^ -.
E'iMitiytL ii'*!Û:ttarat :' iir;':tt;i;e? . A;oK-!t:t ZiSJ^
it wtfU!. tîlit jwr i^uiiin ;**. rt?t;ouii*LlL?-t i*- ô:: /:
au '.'ô*ii ut îfc i-^iiçiuu. Eljf fff-eluafc î s:"*!
pt'Ufd*- « xh réKibUuct. Liic iiiluuiàt'j* '•-.evi.r
jw ^fc prestes, ^xi Tenu uu prœmM^tft, a ".s
j»U'jt àt:% lUiigirtmLfr qui éiKit»!!! tL 'jiiiLVi^t ,
*-i-t tXi imt aauljv^ aia'.-ijèî. kux n .'.î-j£,*.4
l»n/t»f44iujitt- '^i^eiâCuiDî elie oc^iiUiiui ot. • •
^ !• iiM«M. Elk fit m«T6r M wur tiuidiii
EU
le rite catholique. Elle commanda
et une messe de Requiem pour 1
Charles-Quint.
Elle ne tarda pas k faire voir Tel
elle allait. Ogiethorpe, éTèque d
devant un jour offrir le saint sac
la chapelle de la reine, reçut To
pas élever l'hostie en sa préseno
courageusement d*obéir. L*évèqu
chester, White* fut mis en pnsc
sermon qu'il avait prononcé à Tei
de la reine Marie. Les sceaux fu
Heath, archevêque de Cantorbéry,
à Nicola$ Bacon.
Ce qui dévoila mieux que toi
l'apostasie dcf la reine, ce fut la pr
dans laquelle elle défendait au âe
cher, permettant cependant d*c
culte établi, jusqu'à ce qu'une e
eût lieu dans le parlement entre
les t!Ois états. Les évéques s*ass
et décidèrent qu'ils ne pouTaienI
au couronnement d*une reine qi
cun doute, voulait porter alteinti
gion catholique. Ce couronnemei
eu lieu si révèque de Carlisle ne
dans cette circonstance, séparé
évéques. Pourtant il ne cousent
qu'à la condition que la reine
serment accoutumé. La cérémoni
près tous les rites de la religion
Bient«!*t le parlement , cette ass
Henri VIU avait assouplie à tout<
tes, à toutes les turpitudes, entra
vu:^s de la reine, consomma Fapo
trstânc ious !e roi-bourreau Heor
r^iiids^t -i»i EJouard, catholique i
le ^vir>:iieQt n^jerint proteslaitf i
tc:a. Du reste, n'avait-elle pas h
;.u: ie:i:-i=-ier à celte assemoléel
Tx:: r-er-L^e: à sa reine le parleawi
:- vTf ? IV que: drLiil Ciil-il fait deb
u.Ll- -: It^ devant la fille de 1
El:"^- :*::^ i>>embiée de lâches,
^•; in; :•: -jT^iui. e; le sang de H
n V iTrjL:-u ^«£$ comme une al
!•?";, -f i-e -iTr^ine et de Aontet
zi-i'sz -j. nii:<. iiàs été le compliof
1rs ::"-^-:fs iu f*ère d'Elisabeth?
: A> j^xsijsjjic :r: :> nèines ! N'avait
!-■:■-•'? :j:::.< tS suj-plîces les plus
-''i^ir -f .1 c.'irohrriiè d'Anglelerrel
;.i^ :cti', .kJizOfîii à toutes les e
... :i:c::*.:^s :*« cruelSes, du maltr
i. r::-si .-::•* l:-. ^ s-es uétfauches, lU
:;...,';* I. >f5 :ws: r-rts sanguinaires?
- .*}.> :. :.:. E,->*:»r"^ dans son beivei
: v : : -*:..._:- ? E-* h.-ritant des i
f .v. rtî'-.r :. t li.: ;us:e que la fflfc
i..>f. l'ft* s;>rï: :< ::i>irjmenUdesif
*:»::-L.:.u\l:, >. ,-. sà::^ de Heori aa
1-, :/L. -r :ia:'.*:ï>eti: xTéiait pas déd
;• ->. _v.v{:5 c^^e.'çires années de ofli
1.» _.•.•::: Vf >:•«> -uryf ^«eose rétabli'
.r>' -:.r..>:>:> c^ Vr.vv anjjiaissiirt
:•.. :, ri r - p:if 3i s.-û père, et*'
-r-i-^ri^iLts. Lf 7*rîeaient ré'*!*
-.-^ >:i;\;.5 cJ.. t^t^.i \oiés smj^
;v*z;t i«o*ir reiablir k culte qui|J<*
g:5 1^1 Q^ S7S
nation qui mî'ûotq.ir sa rt-i-îP Ti> paF liesoin fte? fxnrL:nit tzz D-i-ii^^l^ •«<'^b!4€s,
df' ninri, qui! sulîiî. v'*iî" q^fl-'^' ^^ss*" des pour y citfSt*rT*'r :3** :'rst:ri« rriA c* r^^u-
hrriiitTs nu trône, au'tlit- couvre 5.>ri ::i h un TE,.]t fLUisiDerK" çd*- J-o^iir un »<te rôbiic
homnio out-l qu'il V-il. B.tn uiB^.Lit'urfUMî? dpTiorttf.j»- el r:»i£c!isi^s£:h'-rr.z^.^ i-lsszhfiiÊt.
Julie el Mesî»hl:ijf cir l ï.^ «i: ]»r.f eu i Ad- V;:-:.t; u-Uiii-v./*- -t itir.^>:-, -.iiir tyriMie
cleierre }»our iiiïirif : Le:»hr.eii»t'i:T^u:î!':«uiê j-Ju*- {i-teLW ^ :f_« r->:--iTai:vii.''e? Lh
K.u qu-.' Ju :e'se I'^n»?:::!*.-:. L".:ii:-:»r:e t qui. hri^jx-* *^:hjr-L: fl *-i-:»:t. ■..«-:: :-r?- el :e m:^-
rn plfiu RIT. >-r If :•:: -• r tvi Lantriftie^. ipr':.:fL Hu: *\^Çt nt^ :f!i; ir r.^rueor'qa'il
el que Mr•^^^■.■l"e• > r;-: -r > -:• «u T*-Ri? ;»:*«Lr c*"":!: ^-^ji-td: qn- >r :•.•:;•* i-rs r-orLŒ« n
>.u> s"^ :.: î. l'v.rf ,--• "ri 2'e>>T:!riiû5 Vz.'-*^ 1 - rtvz:*- ïr .i ?';-»*^ Elisî^rinT l^raI
L't:: iLiicri Ir >::t:.''. r.':- a :*tr. i'E-sfc- irf : ••^irt-? Vhij:* jr-:r> 3:1: h'ï^îî-ci pi.ial
▼i'.» t^u.v à^ cirj:".Tr* >: s.c :»r^rr. >r.:--î- :'-r?-:*r-^: i«:«îi'rf.rjir!^ rur Is 1:-: oef*&iiii,
meiii e!> ATii; r.«':Li::. E". Lr.i iz r::^- tl-* wtf 'jfn- tf i»:-^. i -.:> «i-rio-iiirr ôecoo-
lie lui ùir^\?u:-*r liîrir. • L .-^ H-cjr.%"UI :►* ut^rtr::-- r-i!--«.t5::;.;>/ Ci-Ojaa* il 7
avdit fait à <•:•>' fTi'iu.L-:^. t -T :i:.i-f-i:: 11^ 1^=.: «ît: r^^r* j-t^t* «? »:^ >' -r:c--jl frti»
iiiaïUs quALi.i th.^u lu: >tx :••_:- EJ :;_: :-r T^-.i-: :■* - rr.-ii.f*-: ri. A-j-rVîT*?-: p^*
vioU'iuv. <rile .e «urîTOL^si:; -t 1:-^:^: -«-.r m»i^ zy-^ :^.. ^ ru :^ l^Li:t:i ."£?■•>; !tâhî«,
j u rai t et v .: !iii vw» i : ii"? > >i ;•. - r: -ts l-.; rt- ^ *f *• w*i •• : •: \:^ . t : c^I • e ci t ?■ -i-I . ju^ qoi
latiuus cl 1:5 iLjjLres. E.^ Tri- •;.*!.: ^i.^* «5 «•ir^r^Ji: .--? j o."::c5 i-e >>'* mii-isi^ ?ar
eiiî ivrt o:v. : :: : > iis in:: :. :S, >^> :•: ht*. .>h:.s. - : i-r" ' rz 1 1 ^.1 li : 5^1 ♦. * rff » tri r«: nr H
HaiWik fir'.::r i:>s:':j-\ :'. .r.:? n :• i.ec pe'S.c^-r-? r.. l'j^ti:' i :->^f*5i-*. il f^aiDUil
i>.«r e 1."; Ir .w.:-^ uiii^r-Mj -:' 1: i^ >:«-5î!»;'- : rir r :Z. ic ^ :• c«.-r*:i.: ir-*-- rL-.*:* à ^ qw
Mj»:V.-:oï r^.M: u:: .rj.;.:: r.. i.-- T-stir. L ^1 "t_i-s -^m^-^^: iiz^ >:r. cr-ijr: -le •îrlnnif
ir-.'.ri..-:: ^ ■ '. i .-:.j : t'w^-^j :»î ::•?> 1 i.. :li.: 1- :< ■li«?L- •?; li ç-riredeh
i.u> >:> >-..-:•.> : ^:'.. v,'. :-: .î ^:r\i .j.*r^ 2.1 l'.'c : :-v^ r^-^zia i'r-^f riîilii- fC d*
tu -. :: .r. :• - : -•- ...:.'..: :»t -■.i:»--- .vij.-.r ;-. . uzi: rÎTir «▼»:*5-ib*i*lèdiD5
:•:;• ■-;:.' i"*î :':'.-.-•:. .': ..!•■: ^-rii ii '-•:•.;■!- .^î:^*.""! !'i\ :::5ç.in::-:îiî It • Z^i-'S^^tiâii
:..:.•: IT-.L-. :•; ?■ i» in :;-r ;■:•? ':i"ii;>:r p^- r-i'-'-iiîîf i»? ..i ■:»'CLsir--!':i:r- 'î.- i.:«lfs ces
.ii: i .1 :i- îiî:":f.-?-'..^ r:: -ij l'.iii il "- tiirf- 31. r JT! ;! i« ; i r^ -? -f-x: !?•**, i- :■?•;: ■^* :e>'SroasteS
:.»i. ->!.;•"*; *':•::•:-; jl*;:i :Ti'i : -î'.»: ■•> .1 ■' r-Kii lu :i«:n;*iriie> ru -le:':-'-!: rc: l'Ar-reteVr?: «•
a*-. . :■: ".Ciiii/."- ;C :•• , u-.* j.»!' :•: .711 lin r'-t:-* '•?':;^:':c ie "-fn"-»!:'!-: i.^'r'tf-^ianïl
1 :. iLTii.L t'.nr :i -•— -.r ; i ;.! h. :iî^ fv.j- .-.iisurv 'Mi^ ..;< kî-î fi:r:*rui de noire lê-
: l'î- .'i. Ims ':":-iiuj'i:i :•:•:■•-: a-; i-:!-"?. Eli- ^ïiiHH.ii. Ma..? i.*'ir*:'i^c:'?t::, il >e rencon-
*.iL»î'.: f-r :.^:i- it? iiTi.--^!* 1=1 ■:• iii.jé-^ i»r* Ti 111 i» inaje :• "C ':rz»;i-? ec I^ Kaleats en-
pi.L: ir ;»;'ir.- r* ii— 11 l^ "^ • i-nt.-- .^rs??*:'!- "i-ivi^^^.it " fi^-i* ■_-! :.e :i*<: irJ'rniai projet.
'^'Mr. Il* .£-::>..•. Nuii;. .r-.îii.n- loii.-? li'.iir- U s? .:i/.ii.u.i:- »i ::.".! :z:- A.I.-t «u Alan:
:^Hin»T iiiir ii.iiiiin ii» 'l.iiu-', !«i: "u* ;-r.i- u»: ri l-S^îd. 1 R- -ï^l. i-i:.-* -t -i-cru^ Je Lid-
VîSîam. \\\\ iiiit i-'iu" -r .r: -:-» "■.i'-i : * :riïi:'^. i* i i»? :a.L.:..'^ r^s:.t:-:c!^ e, îiaTailt-îé
' il >^r'iii mMo^«s.hii*. iir-1. i" 'iniiuepvr ri* un»? .r\i:^. i !" i::.7-ir^:r- l'Oifonl d
i-: oui.-; I-, ,iiiiiVnni-.'.s ru»* i-s ••icinjîi- iiiii'. "-".lu ii;r.-*i a ."-v .1 i\..q fr.^.ip i Douai
!♦• -hh.:. \ •iii- 'tiii-niiii a ui*^^»». r-'- t iijilue . ii^fr'n.ii'.u :•?> '^rti7^.> it-Lj:>. Il iTail étf
ii.M,ii;iiiii» ! m ip •?;••'. *-"• nnai';-* a 5îi- i:»:»^ la':.-? :•":•• L*'r^r'^ ■::ij.'"li»b'.-* ^-ir q'jel-
,r.'ii;tt.M lu 1^1:, M. '.:,*î,.p ■:.«.,. •,* ;£ --;ne. ;-i»i? :îijuiiii''> ;i^ otnîii -fC :»? tjl-cl: •eicrUil
•iiîi'4ir ,«iiir :".,ir-» ^»»r-:p \\\ :,. :-.< i:.ii::e«i- ;•- :^.< : vrv'p" ri'f ?«.p'a:eTr ti:ri5 es joanes
-i: liMi-» 4-. jni> ii»r:-i<ii»s "«iirjuîîir^. Liî ;.tv':--< ji;^:,ii> :ii r^vv^aaiecc -ijr.s leur
.» i • Ti»*: I1-1 u:îi»s rK..-.iii»-M. m:':- m li ua ? ii::i.s".* .'.'uî' ''t»^ "• «ir rvcirhr îe> »!*•
,»■'.': i.Mf •:! .-••^•iiJ.it ii:i* ni.i*--»^ :•* - «li- v'.i'> :i,* .ij-ir ^a^T* aji.:i-:fr^. «>.1 coni^oUfr
:''tr.i- .,?i"i .11:- ..•riiTiii.N. ■- iv. .1 ••-'..^iii- '.'li^îJii'LC ri-' a r'*i:.i; -îùt * ;fi::i r»ur V^^
'•■ •■■i.iii" :. î'!.' 'î.jiii.: 'jjiii' .ji::» -f?!* :*-^- Ji :ii'. !•:•; ;'."::*'i:r*? .-.' •;r*i:i-»iii eiblisse-
..'.'• 1U-. I ii.-:.i:i'> \ ^'i : : i. n.',:: .^»i .;•:: \^ ^^M^ : tu.iis .1 iiiir s? '.r'^iiv!:: •?: i-e tliert
:>-;ii-!:".-- 1 ■ -î i- ...i:' r .«"5 •••iii .«f< le 0 :: ..i;:ii'? V i':»!. -it ■;*-!5L:-:i 'joiî'-.I «iéfitr
■ R-:i.>:'- ;i ■ ■• j/ij .:. ••vii'?»^ •' :<m:»*». ^}V: "?:;'*•'.• -i*- ■.'ïïir'ian.'tii:? il.* r-T* ^-es el <!»
A.-:.-.! .a ■• :.•;■:. m- -rjuraL.!" 'j.l-?-"i1-?- v: . i 1: <. '1" "ï: lî-isi "{Tr^îii >i«" :: -iv celli
'.-••y.*. ■ ■. .. ;:. ;\ f.'Tr.a.s-.iir _a>: ^. i.^n- :'• ■: "■:■:■ <; i- > -f it?:ji ur-'-inix j-.l :• uTraiecî
..1»; t*'.. ••■.■ .., ■•.«4 •»'. • - -1 ^.Q •■•ni :i»î .1 - : r . Ai:-::f'"rv*. :i - • :vï:>.rvi t-jujoi:.*?
•■■•*■•■ •■ = ".I. '••. •' :\ ' I. ■.:... i.- » ;-ir;.::i.îî" :.'■:."< i i.."* ii iiauiriL:" ;•! ■ 'irel5:-3
' '■ •: ' '■ -t"".' »: • ■ ■ ■■:■ ••■■■■ ■.».'.:■.:•;';. ■: .- . i. . " ii.f ■iï>:r"'.*. îil:">,Ji..r.". i-ufre-
/
877
ELI
ELI
S73
K
I
d'Allen, qui fut plus LirJ promu ciu ainlina-
iat el dODt on oe saurait prononcer le nom
sans attendrissement el sans admiratioUp
Enfin elle réussit, en fermant ses ports aux
yaisseaui des insurgt's hollandais et fla-
mands contre la teneur expresse des traités
qu'eJJe avait signés avec eux» h engager le
gouverneraenl cspagnuï h fermer le sénii-
Daire de IJouai. Mais Allen vint se réfugier
on France, et trouva aide et protection au-
près desOuises qui. malgré toutes les récla-
mations d'Flisaheth, l'établirent h Reims
avec son séminaire. Ainsi trompée dans tous
tes f>rojets. Kit sa bel h no crut pouvoir se
enger d'une manière digne délie qu'en
^crsécutant les calboliques avec plus de fu-
reur que jamais. Cf7#rfr la messe, rwf en (/re
la messe» aller h conft^ssr^ rnaeifpier la reli-
gion catholique oti la pratiquer furent, pour
les bourreaux qu*elte révélait du tilrede ju-
ges, des crimes dignes de toute la sévérité
des lois^el que le i^ibct, la potence, la roue,
et toutes les es[)èces de tortures iniafçinables
pouvaient seuls ex|uor. Celui qui néi^lîgeait
de fréï|ijenler son église était passible d'une
ameii<je de vingt livres sterlings par mois lu-
naire, ce qui en monnaie actuelle fait plus
Iroîs mille six cenls francs. Comme il y
Tail oes milliers d'individus qui refusaient
e sacritier leur conscience h une amende
ui an bout de Tannée s'élevait |>ourtant h
Tvs desoixante-dix-huit mille francs, le lise
e tarda pas h s'emparer d'une multitude de
}ropriélés qui jusoue-là avaient échappée
ravidité des pillards. Au reste» il paraît que
)us ces édits atroces ne suOîsaient pas pour
itistaire la bai ne des persécuteurs du calho-
icisnie, et qu'ils avaient encore recours à
toutes les insultes, h toutes les avanies que
pouvait leur suggérer leur infernale imagi-
Iffiàlîon. Quiconqiie était connu pourcatholi-
\que ou soupçonné de l'être» n'avait plus de
toéeurité ni un moment de repos. A toute
jlieure, mais particulièrement la nuit, il était
^xposé à voir les émissaires du gouverne^
Hienl pénétrer de vive force dans son domi-
cile» en briser les portes, se répandre en-
.*iuite par bandes dans les divers a[ï]>arte-
fiienls de sa maison, forcer les serrures de
^^es meubles, de ses cabinets, fureter partout
H|usquedans les lits, pourvoir s'ils n y irou-
^^eraient point caches des prêtres ckîioli-
ques, des livres, des ornements, des croix
et d'autres objets nécessaires h la célél>ra-
tion du culte catholique. On les formait à
▼eodre leurs propriétés pour payer les
amendes énormes qu'on leur inilig ait» et
dans certains c:is» fa loi décernait contre
I eux la contrainte par corps et la saisie préa-
lable des deux tiers de leurs biens. Quehiue-
fuis, il est vrai» on leur accordait comme
! une grâce particulière la faveur de racheter
^^par une redevance fixe lubligation d'afiosla-
^■fSie qu'on leur imposait; mats toutes les fuis
^Bque, poursuivie et tourmentée plus que de
^Beoutume par les remords qui l'agi! rient in-
j^cessamment, la reine croyait avoir plus à
craindre pour ses jours. Ils amendes et les
accommoitcmcntB ne sullisaient plus h ses
terreurs, et elle faisait arrêter les catholi-
ques, tes renfermant tantôt chez les protes»
tants, tantôt dans jes prisons publiques» ou
bien elle les faisait déporter, il n'était plus
de sécurité à espérer pour le gentilhomme
catholique; il avait à redouter riiidïscrétion
de ses enfants, la malice et la haine de ses
ennemis, la vengeance de ses fermiers et
enîin la violence de ces hommes si nom-
breux qui» pour quelque argent» sont tou-
jours prêts à commettre tous les parjures et
tous tes crimes.
*t Quant aux catholiques, incapables de
payer les amendes qu'on leur infligeait pour
ne pas avoir fréquenté les temples protes-
tants, on les entassait dans les pnsons loca-
les, à tel point que, dans certains comtés, les
autorités municipales s'adressaient par voie
de pétition au gouvernement pour être dé-
chargées du soin de pourvoir a leur entre-
tien. Force alors était aux [terséculeurs de
relâcher ces maliteureux; mais on avait soin,
auparavant, de les fustiger publiquement et
de leur percf r les oreilles avec tin /'rrrow^f/
Plus tard intervint un acte législatif qui con-
damnait tout catholique ob^îiité, ne possé-
dant pas par-devcrs luinn revenu fiiede vingt
marcs d'argent par année, à quitter le pays
trois mois après son jugement, et à la mort»
s'il osait ensuite remettre le pied sur le ter-
ritoire anglais. Mais la vieille Elisabeth s'é-
tait trompée en faisant sanctionner par son
t»arlement cette épouvantable loi de pros-
cription; elle ne put atteindre le but qu'elle
se jnoposait, parce que lesjuges reconnurent
hieutrU uue, malgré les ordres formels de la
reine, elle était inapplicable. Ils se conten-
taient donc de vexer el de taxer comme par
le passé les malheureux catholiques, pour
leur faire expier le crime qu'ils connnettaient
en s'abstenant de i apostasie et de la profa-
nation. Néanmoins les catholiques conser-
vèrent encore pendant quelque temps l'es-
pérance de voir alléger leurs maux. Une pé-
tition fut rédigée dans les termes les plus
respectueux pour exposer leurs principes»
leurs soidTrances et leurs prières; ledillicile
était de trouver un homme assez courag<*ux
pour aller la déposer au jned du trône : car
on n'ignorait pas qu'on s'adressait à un étro
pour lefjuel la vérité, la justice, la pitié et
riiumanité n avaient jamais été que de vains
mots. Un certain llichard Shelley» de Michel-
tirave dans le comté de Sussex"^^ offrit de se
dévouer pour ses coreligionnaires et de se
charger de présenter leur supplique. Elisa-
belli qui, dans aucune occasion de sa vie» ne
démentit son odieux caractère» ne répondit
aux plaintes de cet homme courageux que
par les échos d'une infecte prison, où bien-
tôt at>rès d expira martyr de sa foi et victime
de la cruauté du monstre qui régnait sur son
pays. Philip[>e II, depuis longtemps provo-
qué par les outrages d'Elisabelli, avait résolu
de faire une descente en Angleterre. Il était
alors le monarque le plus puissant de la chré-
tienté , et SCS Hottes ainsi que ses armées
étaient de f»eaucoup supérieures h celles de
la reine. Uien que le danger imminent au-
879
ELI
3ucl rAnglolerrc se trouvait exposée n'eût
'autre cause que la malice, la perfidie et Ja
mauvaise foi d Elisabeth, les Anglais n'envi-
sagèrent que le salut de la pairie et tous
prirent la défense de leur souveraine. Les
catholiques, dans cette occasion comme dans
toutes celles où un appel fut fait à leur pa-
triotisme , prouvèrent qu'il n'était point
d'oppression qui put jamais leur faireoublier
leurs devoirs de sujets et de citoyens.
Aussi Hume lui-même est-il obligé d'avouer
3ue les gentilshommes calholiques, quoique
éshérités de tous leurs droits politiques,
« prirent du service dans l'armée et dans la
flotte en qualité de simples volontaires ; qu'il
y en eut même qui écjuipèrent à leurs pro-
i)res frais des vaisseaux, dont ils confièrent
e commandement à des ofliciers protestants;
que d'autres firent tout pour exciter leurs
fermiers, leurs vassaux, leurs voisins, à vo-
lerausecoursdeleur patrie en danser; et que
tous, sans distinction de rang, oubliant dans
celte circonstance les injustices des partis,
se préparèrent avrc autant d'ordre que d'é-
nergie à repousser l'invasion. » Une horri-
ble tempête qui dispersa et détruisit la
moitié de la Hotte espagnole célèbre dans
l'histo're sous le nom d'Invincible Armada
que lui avait donné d'avance le roi d'Espa-
gne, fut cause aue la descente projetée ne
put avoir lieu. Il est môme plus que proba-
ble qu'elle eût échoué, quand bien même
elle n'eût pas été contrariée par un accident
de force majeure. On ne saurait nier toute-
fois qu'une semblable expédition ne plaçât
l'Angleterre dans une situation très-critique
et qu'il n'eût dépendu que des catholiques
d'en augmenter le danger, s'ils avaient voulu
écouter leur juste ressentiment. Leur con-
duite loyale et généreuse dans cette occur-
rence semblait donc devoir leur mériter
quelque allégement au joug de fer qu'on
leurfaisail porter. Leur attente fut trompée ;
on redoubla au contraire de cruauté et de
barbarie à leur égard et on les soumit à une
inquisition mille fois plus terrible que n'a
jamais été celle d'Espagne. Un simple soup-
çon suffisait pour les faire emprisonner ,
torturer et mettre à mort. Les propriétés de
l'Eglise et des ordres religieux avaient
été confisquées en Irlande de la môme ma-
nière qu'en Angleterre. Eloigné du foyer du
pouvoir , de l^poslasie et du fanatisme,
il avait été plus diflicilc d'y emporter des
conversions à coups de fusil et avec des
échafauds ambulants. On y avait donc envoyé
successivement des mignons de la reine ,
uour y pousser le peuple à la révolte par
leurs all'reuses exactions, et préparer ainsi
des nrétexles à des confiscations nouvelles.
Ce lut dans ce malheureux pays, plus que
partout ailleurs, qu'on vit bien que la pré-
tendue réforme n'était que le pillage syslé-
maliquement organisé. Elisabeth le perfec-
tionna encore par des massacres en masse ;
c'est elle qui y envoya ces prédicants dont
les successeursprélèvent encore de nos jours,
h la pointe de la baïonnette, les dîmes exor-
bitantes qui enrichissent aux dépens des
EU m
malheureux un clergé s«*!ns ouailles. C'est
elle qui préluda à toutes les mesures tjrao-
niques et atroces qui ont fait de riiiaDde uo
pays à part. » (Cobbet, Lettre 11 sur rkùiûire
de la Réforme en Angleterre,)
Tel est le tableau que nous trace un tu-
teur protestant des atrocités commises sous
ce règne. Evidemment s'il eût émané d'un
catholique, on nous eût peut-être arciisé
d'aller puiser à des sources où l'exagéntioa
est un moyen de parti. Mainlenant, Teut-oa
entre mille un exemple de la façon dont pro-
cédaient les bourreaux de la reme, par son
ordre, un exemple qui fera voir pour quel-
les causes Elisaneth condamnait à mort et
comment elle entendait les supplices ? Mar-
guerite Middleton, femme d'un riche hal»-
tant de la ville d'York, avait choisi pov
instituteur de ses enfants, et avait logé chcs
elle un prêtre catholique. Sa foi n^avait pas
cru pouvoir leur donner un meilleur pW-
fesseur. Elle fut pour ce crime déférée aux
tribunaux de la reine. La sainte femme ne
voulut ni s'excuser ni se défendre. Pour-
quoi en effet donner par son adhésion une
apparence de légalité à une telle proc^ure!
Elle garda le silence. Elle fut condamnée i
mort et exécutée comme nous allons dirai
On la mi na à une petite distance de la pii-
son, c'était le lieu du supplice. Un joge
commanda aux bourreaux de la désbabufer.
On lui avait accordé le temps de lave 5i
Prière. Marguerite et quatre femmes q[iû
accompagnaient, se jetèrent à genoai H
demandèrent au juge qu'au moins oo ins-
pectât la décence dans la personne de U
victime et au'on voulût bien ne pas U
déshabiller. Le juge refusa. Seulement, il
voulut bien permettre que ce fussent ses
femmes qui s acquittassent de cet office. Od
lui ôta donc ses vêtements, et elle fut rciè-
tue d'une longue chemise de toile. Alors
elle s'étendit par terre avec un calme et une
tranquillité qui surprirent tous les assis^
tants. Elle avait un mouchoir sur les yeux.
On mit sur elle une poite qu'on chargea de
poids énormes pour écraser la sainte vic-
time. Obéissant à la douleur (]ui comineih
çait à se faire sentir, elle croisa les mains
sur son visage. Le juge lui donna Tordre de
les ôter. Il tout, lui dit-il, que vos maûtf
soient attachées. Alors deux exécuteurs s'a-
vancèrent, et les écartant autant que bire
se pouvait, ils les lui lièrent à deux pieui.
Ils lui attachèrent aussi les pieds. On aofi"
menta alors la charge d'un poids énonue*
Elle répéta plusieurs fois, en s'écriant, ces
seuls mots : « Jésus, Jésus, ayez pitié àt
moi I » Son supplice dura environ vingt B»*
nutes. Elle avait sous le dos une pierre an-
guleuse et pointue, qui lui faisait uneho^
rible blessure, tandis que la i>orte que Te»
chargeait successivement avec des poids pe-
sant plusieurs centaines de livres, Vécrasarf
de plus en plus. Enfin les côtes se brisèrtcî.
et leurs fragments traversaient la peau. EUe
expira au milieu de ce supplice atroce.
Ne sembic-t-il pas au'on est transporté au
temps des Néron et des Galère ? ilclas î i«^
881
EU
EU
88i
I
roms si Irislenienl célèbres île [ïorsrru-
leurs t't do baurreaux no sont ri*ii de nhts
hideux pourlaiit i^ue ceux de Hf*iiri vrïf,
çl'ElisabeHi el des in l'a mes boiirreani de 93,
Oui» pour la bojitc dc»s temps modem es,
i3ôs cnréliens ont é^^ie cris monstres de
1 antiquité païGiine. C'est que Hinmine, si
fier de sa civilisalioii* est le intVuie loujrmrs,
Si Dieu rab-indoiine, et peol-^tre, bélns ]
dévie nl-il d'aulniU plus t Pervers et phis fn-
deux à voir, qu'il a aous'é de plus do Ui-
II) i ères et de jïlus de grâces.
Los laits que nrms venons de raconter se
passaient en 1I>8G; maiiitenani, rrmontanl
iju peu en arrière» nous citerons quelques-
tjiïs des martyrs que fît Elisabeth. Noos
trouvons parnii les [dus célèbres le corn le
de NortfiumberLnid Henri Perri, le comte
d'Arondel son lils, puis une feinte de mis-
Âioiinaires. Le jireuiier de tous fol Cuthliert
Maine, prélre de Cornouaille. Trois chefs
,d*accusatîon furent jjortés eonlro loi. On le
condamna couune ayant, 1" demamlé et reçu
une bulle du souverain pontile ; 2' d'avoir
refusé de reconnaître In reine, comme chef
uprèmede FEglise d'An3i;]eterre; 3" d'avoir
il la messe sur le territoire de Sa Majesté,
[dans la maison d un seigneur nommé Tii-
uian. Le saint nnssionoaire fnl condamné
mort, etsuljit,le29noveirjbre 1577, le su^>-
plice des traîtres. Tri^utan fut mis en pri-
î5on après qu on eut conîisqué tous ses biens.
'J mourut dans sa caplivité. Dès lors, les
echerches fureid fautes avec une activité
iTon n'avait pas déjiJoyée jusrpie-là. Les
risons se remplirent do déteiius pour
[caiLse de religion. Au château d'York» dans
n même jour, plus de vingt de ces prison-
iers périrent d'une affection épidémifjue
.du genre des pestes. Le jour de la mort de
tous ces sainïs martyrs, Nelson, prêtre, el
^hcrwood, îaïuue, qui avaient nié la supré-
îDëtie spirituelle de la reine, furent traînés
sur la claie, pendus ensuite et coupés en
quatre.
De tout temps, dansPEj^dise de Jésus-Christ»
le sang des martyrs, senu;m;e féconde, a i»ru-
duit d autres martyrs» De tout temps, Texem-
pie de la mort des saints a enfanté des dé-
Touements semblables aux leurs : il en fut
de même celte fois. La fureur d'Elisabeth,
iiu lieu de faire reculer les serviteurs de
Dieu, leur donna une ardeur 1*1 us ^nmde
pour le comb:d ; bientôt d'autres saints vin-
rent remplacer ceux qu'elle fai>ait mourir.
AlletK dticteur et fondateur du collège an*
t:Kus de Douai, s'adressa au j^énéral des je-
MHtrs pour obtenir des nïissionnaires et
lies mfu'tyrs pour son njalbenreux |mys. On
sait que les jésuiles aiment le danger, et
ijue là où il y a du san^^ à verser pour la
cause du Seigneur, o:i est sûr de trouver
qu'ils n ont |ias mènaj^é le leur. Le général
iicfueillit avec enqjressement celte de-
mande : il detuanda au pape la permission
de foider une missii^n poar rAngleterre;
le [»ape la lui ai eurda. Dès qne la nouvelle
cil fnl L«*nnue, une s;nnfe énmlation pous-
sant à Fenvi les Pères de l ordre, ils vnneut
en grand nondjrc se je»er aux pieds de leurs
sutiérieurs pour demander d'aller en Angle-
terre. Allen tdmoigne de ce fait, qui bonore
la compagnie de Jésus sans surprendre de
sa part, tant on est habitué à la voir se dé-
vouer partout où il y a du bien h l>iire, du
danger h conrir. Après môre délibération,
O'i décida de n'envoyer en Angleterre que
des Anglais : on en choisit donze ; Edmond
i"anq*iande Londres, Kobert l'ersons, tous
deux membres de l'université d'Oxford, fti-
reail nommés cfiefs de la mission ; Emer-
son, coadjutenr tenijiorel, llodolphe Slier-
win, Lue Kirby, Etlouard lUsthon, quatre
prêtres el deux, jeunes gens enrore lai{|ues
les accompagnaient. Le pa|»e fit une huile
dans laquelle il ordonnait aux catholiques
de reconnaître l'autorité temporelle d El Isa-
betfi. Le général des Jésuites onlonna h ses
missionnaux's de ne s immiscer datis aucune
que-îlion (joiïtitjue. La plut>art de nos saints
missionnaires furent martyrisés en Angle-
terre ; Dieu leur dnjma de eneiîlir la glo-
rieuse couroime a la conquére de laquelle
ils marchaient si courageusenn:^nL Les deux
cîtefs Campian el Perso ns furent des pre-
miers martyrisés. Les Jésuites ne se las-
saient pas ; Ions ceux qui tombaient élaiêL*
immédialenienl remplacés.
L'Europe el le monde étaient iîans Fadmi*
rati<ui de tant d'héroïsme. Le récit des sup-
plices de ces généreux soldats de Jésris-
Cbrist volait de bouche en lïonche* Autant
on les admirait, autant on éprouvait d'hor-
reur pour leurs bourreaux. Les iiremiers
qui se lassèrent, ce ne furent [las les victi-
mes. Elisabeth et ses bourreaux reculèrent,
non pas par horreur du sang et du meurtre,
mais par lassitude; ils virent du reste que
le sang qu'ils versaient était une semence
mii fécondait l'Eglise catholique et l'enri-
cliîssail de martyrs. Ils commencèrent h ne
plus tuer autant et à déijorter davantage.
Jusqu'à la fin tic son règne, Elisabeth persé-
cuta les calliuliques.
Cetlo reine abominable, qui mérite si
bien Texéeration de riiisloire pour la
cruauté avec laquidle elle persécuta et fil
mourir tant de saints dans son royaume, ne
voulut pas qu'il manouAt une infaînieà cette
ronronne de foriaitsdont elle ceignit sa tèle.
DeiHiis ()ue la civilisation chrétienne avait
lui sur l'Euroiïe entière, aucun peuple, au-
cun souvi'rairi, n'avait osé fjorter la maîn
sur une tète royale. Elisabeth, (jui, cmnme
nous Tavoïis dit, devaneait son sièele en
laulde choses, assassina* une reine, Mario
Stuart. Ce fait n ai>imrlient pas à notre ca-
dre ; nous nous contenterons de l'indiquer
so'jnnairenient.
Marie Stuarl était tille de Jacques V, roi
d'Ecosse, el de Marie un Lorraine. Elle na-
quit eti 15'r2, et |>erdit son [lère huit jours
après sa naissance. Elle lui aussitôt recon-
nue reine, et sa mère, Marie df Lorraine, la
lit élevei- avec soin dans les [»riri€ipcs de la
religitui catholi(ine. En 15â**, elle épousa lu
dauphin de France, qui devint roi FaïuiLC
suivante, sous le nom de François IL Apres
«83
ELP
dix-huit mois de mariage, elle reyinl en
EiX-^s*-:, S»^s sujets, qui avaient embrassé
avec flpJeur la religion réformée, se soule-
vèrent contre elle. Marie eut le malheur
iiVi»0!iser Henri Darnlcy, son cousin, qui
n'avait pour lui qu'une beauté peu com-
mune. Elle ne fut pas heureuse : Darnley
eut une jalousie ellVénée contre David Riz-
zio, secrétaire et conlident do sa femme ; il
l'assassina en sa présence. Peu de temps
a|)rès, il i)érit lui-niOme d*une fafjon tragi-
que. Au bout de trois mois, Marie éi)0usa
le comte do Botln\el. On sait la suite de ses
inallunirs. Ses siyels sVlant révoltés, elle
prit la fuite et vint en Angleterre chercher
nsile auprès d^Klisabelh, sa cousine. Marie
Stuarl, h la mort de sa cousine Marie, à la-
i^ueilo Wisabi'th avait succédé, avait pris le
titr(» de reine d'Angleterre. Bien que depuis
olle ertl aecenté la puissance tle fait d'Elisa-
beth, celte (lerniéro lui garJait une haine
iri*éconciliable. KUe était surtout eicessive-
nionl jalouse irelle, |\irce que Marie la sur-
jvïssnil on luvnUé. Kilo racouoillit cependant
avec toutes les apparoncos de ramitiè: mais
biontiM elle la lit jolor on prison, où elie la
tint div-huit ans. Kilo trouva moyen ensuite
do rinq^liquor dans une consr-irâîion cônire
sa porso!UU\ ol on toîJT. oile la lit cob-iaoï-
iior *^ mort. Mario Suiart fut iiiv\?.{'i ee tl re-
Vut a\oc un coura^io lur.îpit- 'o v c;^ nior-
lol. llUvibolh ttt Si iul>lanl ii'i^:..c.r >»>n
r\0('\ition. Kilo \ors.i ào< iarr.\>> viM=:'..i oa
1.1 lui apprU, disant qii'ello uoi ;.v.\:; pAS
donne Toixlro, l\llo di^^ira^ia ii^iîs ^s u\ ^ui
\ axaient priN part, mais l^icutôt r.prts c.ie
ini ro nu t t \ t VI > o n c ha r*;os . Kl ' c a \ .* u i v :v r.;:s
lii crime, l'Ue en ledout.iU l\».iiouv. l, :..*-
luire le lui a iiUli^e.
I li>alu*lli humnil o'i tfHVV l o> A:"-:':! s
fciinl iiriN ilr irMe i^- ne ; les :.:>:.:.:..> r-i:
nul I.iil une heî\uni\ il ...:.:;; .;,.\' ri.;
Uni- di'> plu> K:;i> ::':e> jv,:'. .',;-.> -t.:—
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ELP M
Derherste, situé dans le comté de G!*>rc5t«r.
Après y avoir passé queliiues ênr-r^. ii
vint chercher une retraite plus 5<'Iiu;r* e>
core dans un désert de l'abb\ve «le Rs:h. 11
y vivait retiré et dans la prat:»îTjr des : ijs
grandes austérités; sa vertu jelaii lar.rcr-
clat ciue plusieurs personnes, mrme ivorar-
quabies par leur grande distinction, vîn^rat
se mettre sous sa sainte dire«:tiMn : k»:*-Lt«*i
après, il fut élu au gouvemeni»^nl de I>c-
baye de Bath et en réforma tes luoiD^s dool
les mœurs étaient un peu relàn-bër-s.
Cependant, saint EtheUoId. év^ipe de
Winchester, étant mort en ft?i. noire saint
fut élu à sa place. La dignité i laquelle oo
venait de 1 élever ne lui fit rien chanfd'
dans sa vie austère et si sainte : tousl«s
jours, il se levait à minuit, priait longtemps
nu*pieds, mômo dans les rigueurs de
rhiver. Il ne mangeait presque jamais de
viande. Sa charité était si grande, et ses as-
mùiies si abondantes qu*il n'r avait pas ub
seul mendiant dans tout son diocèse. Apm
avoir gouverné l'église de Winchester pw-
dant vingt-deux ans, on l'enleva à Tamout
de son troupeau pour l'élever sur le site
archiépiscopal de Cantorbéry à la place d'Al-
iric qui venait de mourir. Bientôt après, les
Danois firent une irruption en Angleterre.
Soutrruus |ar le comte EiJrie. un des plus
puissants du royaume, et qui oubliait ce
qu'il devait à 'sa patrie , ils commireot
miie cruautés et vinrent eniîa mettre le
sif^e devant Cantorbéry. On voulait Dure
Sfi-rtir notre saint de la ville, atîa de le soos*
traire à la barbarie des assiégeants. }im
E-;îv^e. îlein d'amour pour son troupeju,
r-.iàsa' c»:»n5tamment. soutînt leur «wiaff,
Ir> isima à la défense et leur doooi rÉH
wl^-.s ::r en les recommandant au Seiww.
Ll ^...c a^ant été prise d'assaut, tout fut
r^v>>r iu t\ de l'épée. Notre saint s'élant
;::- lu r_:l:eu du carnage, afin d'eiciterla
'::.»?-. L Cts barbares, fut saisi, chargé
-: . ._.s t: jrté dans un noir cachot. Il
- - 1 > . s. se. t mois dans sa prison. Mais à
t • :.:r.' une terrible épidémie étant
- ^ ; -^rr iarmOe danoise, les chefs le
> • : :r f'jii «achoi, le suppliant de
. • ,- s^ . T>,:: Jv ;f> délivrer. Elphège, n**-
. ! . :-.T i ^ -il de son bon cœur et les
> - . sj -.rite t'iule chrétienne. 5e
: . ; :*> .-.-irs. pria Dieu de les dt'ii-
-: : - :'::.' Li:- iil«*'l ii fut exaucé ! Lûh
; •• - • ■ y >sd'^:> d'une telle faveur. Iw
.. • .-s . . ..iiiiêrenl trois mille marcs
L • -.. ^- -- : . Celui-ci ayant refusé, ne
- .. ?. - . . ■.! -.>u\i;-iL faire un tel usa«
.. ".ï • vr irS jvauvres, les Danois»
::.-.•- :> :. :.:>:".ir. se j •itèrent sur lui,l«
• ..T.'-s:- 7- ..:-.r :rrre elle lapidèrent, l'n
I -^s :^':..-'-> :. jrrll-nient baptisé, e*
: .. :..'. • .. . :.-: : • v-ir languir, mil liu i
ï*:> .Vf ::. ... !-r:â^nt la" tète avec «
' '!r.\r,' .-.■■>. N ::*s.^:nt fut martyrisée
1\* yy.'. l'>îi, :•:..> *a cinviuante-nèuvièaw
f:r -. ■: > .. .-.^ - L tu: enterré dans b*-^
' -.:.■" .! Sî-- :-?::: de Londres, et p^'^'f
:l5 r\ ::>. ::j :::r>.'::l?. ses reli«iues.T ^■<^'^
8S3
EtY
EM1
8S6
torbéry* Ce ftit Henri VIII qui les fit disper-
ser avec celles de lous les autres saints, qui
hc trouvèrent dans son royaume. L'Eghso
fait ta iB^Mimiro d'Elphègc le 19 avril,
ELPIDE, trésor icf du domaina sous Ju-
lien l'Apoi^lat, vint à Anlioche avec Fél'îî,
surintendant des llnances, et le comte Ju-
lien, oncle niatenif'l de rern[>ereuî% poar
piWer lei églises. Ils y commirent toutes
sortes de profanations, A rarticle des deux
autres, on petit voir quelles punitions ils
subirent. Quant à Elpide, soupçonné decon-
jCu^ïsion par l'empereur, il fut mis en prison,
' iii il Diourut, quelque temps apn'^s» méprisé
de tout le monde et surnommé le Uonégat.
ELPIDE (saint), martyr, était un saint
r4véf|ue de la Chersonèse. fl versa son sang
)Oiir la confession de sa foi, avec les évô-
Ïuos Basile, Eugène^ Agalhodore, Elhth'C,
apiton, Ephrem, Nestor et Arcade. La da!e
Tàe leur martyre est inconnue. C'est le i
[mars que l'Eglise lionore leur illustre mé-
loire.
ELPII>E (saint), évéquo et confesseur,
soutTrit k Lyon en Thonneur de la foi de
fésus-Christ. Nous n*avons aucun détail sur
lui* 1/Et;lis»j fait sa fête le 2 septembre.
ELPLDE ( saint ), martyr, faisait partie de
l'ordre des sénateurs. Ayant généreusement
3nfess6 la foi chrétienne en présence de
[^JulîeQ TApostat, il fut attaché h la qtreue de
chevaux indomptés avec les saints Marcel,
ïiislache et plusieurs autres dont ïes noms
le nous sont point parvenus. -Ces saints
)aibaltanls furent tirés avec vinlence, déchii
,^set enlin jetés dans le feu où ils accompli-
rent leur glorieux martyre. L*Église fait leur
"île le 16 novembre.
ELPIDEPHOllE (saint), martyr, reçut la
aime du martyre en Perse, avec les saints
[Acyridine, Pégase, Aphtone, Anempodisle et
^dusieurs autres qu'on ne connaît pas. On
îgaore ré[^oque où eut lieu leur martyre,
'Eglise célèbre leur méuïoire le 2 novemLce.
ELP1S( sainte ), martyre, eut la gloire de
donner son sang pour la foi chrétienae à
"Uyon, en Tan 177, sous le ré^ne de Ferape-
"aur Antonin Marc-Aurèle. Sa rpjalité do
/enne romaine lit iju'on la décapita au
, de Tex poser aux bètes, connue le furent
plusieurs de ses comj>agnons. La mémoire
de lous ces saints martyrs est honorée par
l'Eglise le 2 juin.
rKLPlS ( sainte )^ ou Espêranck, tille de
linîe Sofihie, et sœur tle sainte Pislis ou Foi,
Cl de sainte Agapé ou Charité, donna sa vie
pniir la religion, à Rome, sous le régne d'A-
drien. Elle mourut avec ses deux sieurs,
trois jours avant sa mère, L'Eglise fait sa
ISéie le V août.
^ ELUSE (Louise), converse au couvent du
Paint'Saerement h Ilolène, périt sur Técha-
faiid le 20 juillet 171Ï4, avec Magdeleine Tail-
len, Marie de (ienès-Chansolle, religieuses
[du rnéme ordre, et Eh'^onore de Juslamon,
religieuse de Sainte-Catlierine tfAvignon,
j ELVIRE, eu Es|ïagne, s'est illustrée par
^Lle5 souffrances quy sauITrit le saint évéque
donne
Kyon,
plu
de
lE
Hsai
^Bl
Grégoire à une époque el dans des circons-
tances qui nous sont inconnues.
EMBRUN, ville de France, qui fut témoin
du martyre des saints Victor, Oronce et
Vincent,
EMÉHENTIENNE ( sainte }, vierge et marty-
re, est nommée dans saint Jérôme, dans Bédo
et dans plusieurs autres martyrologes. Ses
Actes rapportent qu'elle fut assommée à
coups de pierres, sur le tombeau de sainte
Agnès, où elle s'était rendue pour prier, u'é-
tant encore que simple catéchumène.
EMEÏtl (saint ), confesseur, était fïls de
saint Etienne, roi des Hongrois- 11 souffrit
en l'honneur de Jésus-Christ à Albe-Royale.
Les Actes des martyrs ne nous en disent pas
davantage sur lui^ L'Eglise fait sa sainte
mémoire le k novembre,
EMÈHITE, sous le règne de remperour
Dôce, &n l'année 250, eut la gloire et lo
bonheur de partager les tourments et la pri*
Siin pour la foi, avec saint Moyse et ses com-
pagnons. Sa sœur Cornélie, son frère Macaire,
étaient au nombre de ces saints confesseurs.
Il est fait mention d'elle dans la lettre de
Lucien aux confesseurs de Rome, citée dans
les Œuvres de saint Cyprien. f Pour plus de
détails, Voif. saint Moyse, confesseur,)
EMÉRITÈ (sainte), reçut à Home la cou-
ronne du martyre, avec sainte Digne, sous
Tempire de Valérien et de Gallien. On man-
que de détails authentiques et circonstanciés
sur leur sacritlce. Leurs reliques sont actuel-
lement dans l'église de Saint-Marcel, Elles
sont inscrites dans te Martyrologe romain à la
date du 22 septembre.
EMERITUS ( saint ), fut l'un des quarante-
huit martyrs mis à mort avec saint Saturnin
en Afrique, sons le pioeonsul Aiuilin, en
l'an de Jésus-Christ 303, sons le ré^<re et
durant ta persécution atroce que rinfiim«
Dîoclétion suscita contre l'Eglise du Seigneur.
(Votj, SiTi^axiN, ) L'Eglise célèbre la fétu du
tous ces sainis le 11 lévrier.
EMÈSE, ville de Fhénicie, célèbre par
rilluslre martyre qu y endurèrent, sous lo
règne de Fcmpereur lîèce, saint Calation et
sa femme sainte Epistème* ( Ymj. leurs ar-
ticles. )
EMETRE (saint), vulgairement saint Ma-
dir, servait avec distinction dans Tarmée
romaine. 11 avait pour compagnon d'arnjes
saint CJiélidoiue. Tous deux furent marty-
risés à Calaborra, mais on ignore en quel
temps. Prudence dit que ces deux illustres
saints Itreot de nombreux miracles en Espa-
gne, L'Eglise fait leur lïti? le 3 mars,
EMILAS ( saint), diacre et niariyr, souffrit
pour la défense de la religion à Cordoue
avec saint Jérémie. Après .avoir langni long*
temps e^n prison, dur.uii la persèi-ution des
Arabes, ils achevèrent leur martyre en don-
nant leur tête pour Jésus-Christ. On ignore
l'époque jirérise. L'E^disc honore leur sainta
mémture le 15 se]jlenibre,
EMILE (saint), fut martyrisé en Afrique,
avec saint Caste, sous l'empire de Septime-
Sévère ; on ne sait pas précisément en quelle
année. Saint Cyprieu, qui nous fturnit le
tt7
en
$oul divniDOT): jtii f7.s« n>« ti-ii de ces deux
ai !*:•>:-
EJIILE fîir.: . nrîrrr. r-^jiï-.j:! «.oTi M-z
)o^jn5 •i*r'Mfn L'i.-bri'.r^ Its k:::?? Miivrl.
juort*liv m^moinr î»? 0 ■r.î.b^e.
EMILE sftii.l . ri.ar'.vr- ô?:-li «.* vir r^>ar
la flêf».'n>e de la r«i«: n, ^v..-: j-:* «^ÎLls
PriaiD, Félix et Lui.ierï. L^- ;r ::-ar:vre arriva
en Snrdaigne. On i^ore i^ -;r j, la c^te rt
les Hrconslances J»: l-urs c::Li>jU. LTzlise
fait leur ft*te le 28 ncai.
EMILIE sainte., mart^T»-. fit m-iç^ a Eiort
h Lvon, mur la foi. en l'sn l«â. y^yiy :e K-
>;no de IVnipereur Antouin 3lir»:-Aur^:r-
Plusieurs des compgnons de ses zIorieoT
eonibats furent lournientês de diiTèrenles
manières, et enihi e\|>osi'S aux bC^tes. Sa
qualité de citoyenne romaine lit qM'on la dé-
capita. L'E^îlisè ftiil la iOte de tous ces saials
martyrs le 2 juin.
ëVHLIE .'sainte fut couronné*:» par la per-
sécution de Man'-Ai:rèle, en l'cnné^ 177,
dans la ville de Lyon. C>.imme >iint Pothin
et une foule d'autres cénérv.ux martyrs, cette
sainte \\v put pas i ndur» r jusqu'au bout les
tourments que lui préjiaraient les persécu-
teurs. Dieu, qui ménageait sa t'aib'e<se, la
lit mourir daiw sa r ri son. Eîir* ^st fi?tee p.'T
rEj:iise le 2 juin, a^e»' tous U.s autres mar-
tyrs de Lyon courormés à l.i même date.
* Celte s:ûnte estdiJ»:rirnte de la précé<iente,
quoi'juvijp porte le mém»- nom.
EmILIEN, 20uvern»^ur de l'Hispanie cité-
rr» urf* . sous Vaiéri'.n. tit mourir, ♦^n 258 ou
259, saint Fnji:tu»rux. évéque d** T.irraiznQ».».
f-t «f s d»-u\ diarn?-. saint Euio^ir- et saint Au-
pjre. yot/., pour U.-s délaili, le litre de saint
Fhf.rTT El \.^
EMILIEN saint • martyr. s^îutTrit durant
In p«rr5é«:ntion de Vnléri'n, à i^îrlho en Nu-
it, ii lie. nvpr les *a:nt.s A^ij-e, Sevtm iin. et les
^1 r:^-s T»;riiill»^ »:r AntomettH. Vot/., pniir les
tU'.t.ul^. li-i ,\rt'> ,ji. *,iint M%hieV.
RMILIPiN -ai fit . mar» .t. était méderin de
T.rotfn^'.fifi. li ioiiirpit lir maptvr»*, v^ps Fan
»M*. 'îurar.t la r.irrirfuMnri q\ir'. Himéric, njî
drî- Vflfid.iles. rir ^..i,ir aux •\itlioîi«pn's. Il
^Mit f-ry.i.AU lios saiijtr>s Dativ»» et Denyse.
L'hjli'if' r,«;ri'';r«- l»*iiP niéraoiPH 1».»6 d'Vembre.
FIMÏMKN -ainr .martvr. oiji-illit la pahne
fi.i runptyp»- i\;ï'i^ l.i h.i.-'i»* Arniéfiie. av»'0 s»*s
']"iji r<ifiif»ni:ri'j^i-. U',^ Siurifs D*:ni.s et S'bns-
ti«-n. Nofi« lÂhoc»}'..- <;orii;»l«-tement li*s ditfé-
rr-rdi^^ rtpruj i^l;n« .-. -(: paf t.iohant à leur roar-
typ»-. L'K.£ii?ifi otI» llP^; l>:upsaint»* uiériioire le
8 févpii-p.
EWILILN ^ainf . évéque ^t ronfesseur,
srtniX II fiour la défens.? de \:\ p-li^ion, m Cy-
/ique d-'ins rHeih-spont. Il é. rouva toutes
shrir^ fjp mauvais tpailerat'nt'i, i ;ip l'ordpp de
r»-mfi*rn'iir Léon, à i.-au'^e du rulle des ima-
\^f's. Il tinii sa vie f-n exil. On iTh pas d'au-
fpt-»d«''îails sup lui. L'EzIise v»;iiOr»» <a j:!)-
•it:u>*,» lii 'r.ioiro le H ù«jÙI.
oaUES ««îLl;, martyr, donna sa vie
;#:.:..• XésuMIiffist. à I>orostore en Mvsie,
4.:-:i* J»:. ri rAi<rÂ4jL Ayant été ^eté dans
-1 T ^. -r:.tir* arôeiftle, sous le président Ca-
; .4 : .jL. :. rriL;ona ainsi la glorieuse palme
•:-i ïLiiriyrr. LXglis* £ul sa mémoire le IK
« -* — ■'-
EMIIJEN »iiit . cC'Dfesseur, souffrit pour
■i irîrLi-Er ïr If rrlisoTi, dans le territoire de
KrM.rs. (te :l'§ «ucun document sur son
c>-.:ii;:r. L'Eglise Loacre sa mémoire le 11
EMILIENVE <»ir:te • sc^uffrit le martyre i
R'Lne, à uikr ê^ofie et dans des clrconstaD-
Ctrs «7^1 M ii-.'ZA |:»:.int parvenues jusqua
c.js. L*E^:?ef^:: si mémoire le 30 juin.
OIMAMTL iSM-!. martyr, cueillit h
^.'.'Tïe'Jise j^a'zir ou martyre avec les saints
«J-jairat et Thé»jii>rt. N'-'^s manquons dedo-
cum»:-nls tt.^M:ss»i:î le lieu, la liatf et lescir-
con>tan..es de leor m-irtvre. L'Eglise {ait leur
fête le 26 ma.r?.
EMMANUEL DE LAMUrANO (le bîen-
h-ureux . ayant qui'.lé Je Bengale pour ITb
Solor. et se pradaol de celle dernière nùs-
sion à G'^a» fut capturé f>ar des mahométam
du royaume d'Achem d.^ns Hle Sumatra, H
massscré ave*: le P. Gaspard de Sa, es Tai-
Dée 1603.
EMMÉRAN '^int , martyr, eut Hioimenr
de Cl urir {<»ur la foi chrétienne, Tan de
J-rsusJZhrist 652. Il était né à Poitiers, el.
s'>:tjijt dijnné à Dieu dès »on enfance, il ta
opiomé évé«jue dans la même prOTim»
d'Aquitaine: mais on ne sait pas de qiiH
s «'xe. Ayant ap;iris ^ue les peuoles de ifuh
notjie étaient encore idolâtres, il prit h rfeo-
Iuù<.»n d*y aller. Il mit donc un autre érA/oe
à sa pla« è, quitta si>n pays, sa famiUe et ses
bi^-ns. qui étalent grandis, passa la Loire et
le Rri u. et entra dans la Germanie. Comme
ii r\*i savait ps la laot:ue. un prêtre, nommé
Vital, lui servait d'intVrprèle. II alla jusqu'à
RatiiLuLin>\ où résidait Théodon, duc on
js«>uverneur de Bavière, pour le roi Sige-
b« pt III. Saint Emméran lui communiqua
S":i d**ss»'iu d'aller prêcher la foi aun Avares,
et, s'il était besijin, soutfrirU' martyre. Théo-
don lui dit : Nous sommes en ^erre conti-
nuelle avi.-e Lvs peuples, tous les environs
de la rivière d'Ems sont ravagés ; en si>rte
qu'il n'y a au»'une sùreléil'y passer, quelque
s<iavH;^;irue que l*<»n puisse avoir. Je vi^u?
jrle, demeurez ici : après avoir oui vos
saintes instructions, je ne consentirai p«)iDl
que vous nous quittiez. Soyez notre évéque,
ou, si votre humilité ne le permet |vas, gou-
vern«*z, comme abbé, les monastères de ceîte
provime. Ni)us vous donnenjns des terws
poup votre subsistance. Saint Emméran,
voyant •[îi'ii ne pouvait exécuter son pre-
mier dessein, se rendit aux prières de Tnet>
don, d'autant plus que les habitanlsdu pays
nouve!lcïïit*nt convertis, n'avaient jws en-
ci.>re eiitièremenl déraciné l'idolâtrie et nn^
laieut le i.ulie des démons avec le chrislia-
n:5rae. II y demeura donc trois ans. pr^
chant rar tuuie-; les villes, les bouns^ et les
villajièï. L i:i^iruisait, autant qu'il était por
siblc, chaque personne en particulier; ef,
ne gardant que le nécessaire de re qu'on lui
donnait^ il distribuait le reste imx pauvres.
Au bout do trois ans, il demanda congé pour
iJiller en oèîerinageà Rome, el partit accom-
Hipaj^née m quelques occlésiastîipirs*
B- Il a^ait fait trois journées, quand Lambert,
l^'fiJs du duc ïhéodon le poursuivit *'t \j joi-
gnit» Sa sœur, s'étaut al>audnnoée au fils d*UQ
juge du pays, était devenue grosse et, ne
non vaut plus càctier son nrijne, avait accusé
le saiût evèqoe. Lambert courut donc après
" 11 pour venger cet aO'ronL Saint Emniéran
lit qu'il allait h Rome, et que Ton pouvait
ivoyer quelqu'un pour Taccuser di'vant le
ipe et le juger eaooniquemeiit. Mais Lam-
Bft ne voulut rien écouter, et le fit prendre
îrses soldats. Ils rattachèrent à une échelle,
lui coupèrent les doigts Tun après lautré,
lui arrachèrent les jeux, lui coupèrent le
nez el les oreilles, puis les pieds et les mains;
^,et, après Ta voir mutilé eu toutes manières,
lui coupèrent entin la langue et le laissèrent
'^flinsi c^>uvert de sang. Ses clercs, que la peur
zvait dispersés, étant revenus, on le porta à
^wdouze milles de là, en un lieu ou il mourut,
^bioù il fut d'abord enterré. Depuis, ses rcli-
^■^ques furent transférées à Ralisbonne, et il
s'y til quantité de miracles. S^i vie a été écrite
jpxir Cinn, évèque de Frisingue, du temps
foe Charlemagne, avec quelques autres cir-
on stances qui ne paraissent pas vraisembla-
bles. L*Eglise riionore comme martyr, le
niigtHleuiième de septembre, t-t son'épita-
phe porte qu'il mourut Tan 652. (Flcurvs
roL 11, p. 871.)
EMYDGli (saint), évèque et martyr, souf-
rit pour la religion chrétienne à AscoH, dans
I Marche d'Ancône, Le pape saint Marcel
payant sacré évoque, l'envoya dans ce pays
^ar y prêcher l'Evangile* Il confessa Jésus-
Christ, et reçut la couronne du martyre sous
feiupereur Dioctétien. L'Eglise fait sa sainte
jérnoire le 5 août.
£NGELBERT, (saint), archevêque de Co-
>gne, martyr, naquit diine l^imiïle illustre.
>iipère était Engelhert, comte de Berry, et
mère, tilîe du comte dv Gueldres. Ses pa-
^nls voyant, dès son enfance, ncs heureuses
lispos liions pour la vertu, résolurent de lui
iîaire embrasser Tétat ecclésiastique, et lut
\ procurèrent même de très-riches bénéfices
*»vnnt quM fût arrivé à un âge capalde de lui
Ijire comprendre Tusage qull en pouvait
f/fire. Bien loi on vit la grande humilité el le
liétachemeiit des ricïiesses qui régnaient
dans son cœur, \mr le refus qu'il fit de Tévé-
cité de Munster, «fu'iin voulait lui faire ac-
cepter. L'archevèiiue île Cologno était aloj s
Aoolphe. Ce prélat ayant aliandonné le parti
, d'Olhon de Saxe (pi'il avait jjrécédemmHnt
' élu lui-même roi de Saxe» nlin de suivre ce-
lui de Philippe de Snuîdje qui élail mal vu
]à Home, le pape le déposa après iavoir e\-
Hâpoinniunié. Brunon fut élu a sa place, et eut
^^^uLir successeur Tliierri, tfui tut lui-mémedé-
^Kiosé pour s\Hre attaché à Olliun, que le [lape
^■Tenait d'excommunier. Dans raunée VlVé^
notre saint qid était granJ-prévôl de fE^^lise
de Cologne, fut sacré par le pane archevêque
de cette église pour s*être déclaré coolre
Othon, et avoir embrassé le parti de Frédé-
rie H, 111s de Tempereur Henri VI, et alors
roi de Sicile. 11 eut besoin de toute sa pru-
dence pour dissiïïcr les intrigues malveil-
lantes d'Adolnhe, de Thierri et des autres
partisans de I empereur Othon, (Jui s'oppo-
sèrent fortement à son élévation sur le siège
archiépiscopal de t'ologne. Il employa la
puissance que lui donnait sa nouvelle di-
gnité jiour maintenir in lad s les droits de
son église, protéger les faibles et les mal-
heureux, et inspirer la crainte salutaire de
Dieu à son peuple. Bientôt il dut passer par
le feu des tribulalions.
Un de ses parents, Frédéric, comte dls-
sembourg, s'était fait avoué ou défenseur de
labbaye d'Essende, et, sous ce prétexte, il
pillait les biens du monastère dont les reli^
gieuses étaient souvent obligées de se réfu-
gier h Cologne pour implorer la haute pro-
tection des archevêques. Le pape et l'empe-
reur ayant été informés de tons ces événe-
mentsl chargèrent directement notre saint de
réprimer laudace de Frédéric et de le desti-
tuer même s'il n'obéissait pas. Engelbert,
qui désirait garder quelques ménagements
vis-à-vis de son parent, lui otîrit de lui payer
une pension élevée, s'il voulait cesser ses
rapines, et ne lui laissa pas ignorer en mémo
temps les ordres qu'il avait reçus du pape et
de 1 empereur. Le comte, plein de fureur,
résolut de se venger en ôtant la vie à En-
gelhert, Après avoir mis quelques seigneurs
dans ses intérêts, il feignit d'accepter le ren-
dez-vous que lui avait proposé Tai^be-
vêquô h Zoest eiî Westphalie, atin d*a viser
è un accoujmodement. Engelbert fut averti
du complot, mais n'en fut [loint etfrayé. Il
lit une confession générale, se prépara h la
mort, et se rendit à l'entrevue qui se passa
très-bien à l'extérieur. L archevêque et le
comte se quittèrent en frronietlant de se re-
voir a la diète de Nuremberg. Mais le lende-
main, Engelbert devant aller détlier une
église à Swelme, son ennemi posta des as-
sassins sur la route, et notre saint tomba
dans l'embLiscade. 11 y fut percé decou|JS le
7 novembre îàâlS. Phi'sieurs miiacles arrivés
après sa mort altostèreiit sa s linteté. Nous
voyons dans le Marlyruloj^i' romain, où il est
inscrit le 7 novcnd>ro, qu'il soulfrit le mar-
tyre pour ta défense de la tiberié ccclésiaFii'
jiif, et en parîkuli*r pour le maintien tk To-
béissnnee duc à liùjli^c romftiuv,
ENGHAt*HE(saiiit), doniui kî vie en Thon-
nenr de Jésus-Chrïst* Ce fut a Alexandrii^
qu'il soulîrit le juartyre avec les saints
Mi*nne et Hermogène. Nous n^avotis aucun
détail sur eux. L'Eglise fait leur fête le
lO (l^M'cmbre,
ENtiUATlDE (sainte), ouEngk4Tïe, vierge
el martyre, soulh ii la mort pour Jésut-Cln"isi|
en Tan 30'*, àSaragosse, sotis le gouverneur
Darien. Elle avait fait vieu de virginité, et
avait quitté la maison (KUernette parce qu'ori
voulait la niarirr, et qu*elle voulait se sons-
Uaire aux dangi;rs du monde. Celle coura-
J
M tm
ml pour la foi chrétienne Tan de Jdsûs-
Chrisl 303, ïiiirant U \tPvsik:iaïon ûtt I>iijcl*v
tien. O fui a Forinies t\nû f<jl exécuté. An
n' siècle, cetlc vifio possédait eriwjrc les re-
lir{ues dti ^int ; mais (|tiAnd elle fut détruile
parles Sarrnsins, ces précieuses reliques
furent lran*>férées h iiaëte. Celle Irnnsblion
eut lien en 8i2. Quel/pu'fois sainl Knisme
est nommé sainlElfiJO oosninl Ernio.Sous ce
nom, le» miilelolsdc la Méditerranée Tinvo-
qyont dans tes lem pôles. Un couvent de re-
li^ionscs situé ^i (îournay, diocèse de l'aris,
0 possédé l(nïj4leni|)S une partie de ses reli-
quos î il se fflisail, h celte occûsion, un con-
conrs coniiidérrtblo delîdèles en cet endroit.
J/Kf^lise célèbre k fête de ce sainl martyr
le 2 Juin.
ÈBASMK (saînf), sonfTrit lo martyre h An-
tiorhu. Oh ignore h d/ile et ïes circonstances
tle son martyre* L'K|^lise fait sa fête le :25
novembre.
ÉliASMR (sainte), souffrit le martyre à
Aquilée u\'*T les saintes Euphémie» Doro-
lliée ^ Tljècle. Après [ihisieurs taunnoiits ,
elfes furent décapitées sous Néron et enter-
rées \mr saint Hermagoras. LT|^lise véuère
leur tnémuire le 3 novembre.
ÉHASTK ( sahit) » disciple de saint Paul,
a|ïr)tre, fut niartyrisé sous la persécutioa de
ISiTon, dans la ville de Philippes on Macé-
doine. On n'a [tas de documents sur le mar-
tyre de ^aiot Erasle. Sa fôte a lieu le 26
juillet.
ERIC (saint), roi de Suède , martyr, Jes-
cendail dune illustré famille suédoise. Après
la mort de Sinerclier II, les Suédois, qui con-
nai .disaient le ntérite et les vertus de notre
saint, lui donnèrent la couronne» Ce peuple
trouva en lui un père véritable. It consa-
crait son temps ii reinlro la justice, h prêté*
grr les mallieureuif, à visiter les malades et
a réjjandro d abondantes aumônes. Il fit la
guerre aux Fiulantlais, les battit et envoya
ensuite saint Henri, évéque d'Uiisal, leur j»rô-
cher l'Evanj^ile. I^ i»iélé de notre saint ex-
cita les railleries des païens : bieulAt la liaiue
succéda h la moquerie. Magîms , !ils du roi
de Danemark , qui avait des prétentions h la
louronue de Suéde, se joignit aux révoltés,
el notre saint tomba entre leurs mains comme
it sortait delà messe. Les conjurés se jetè-
rent sur lui, le renversèrent de cheval eilui
rnufkèrent enlio la tâte en haine de la reli-
gion clirélienne. Il fut ainsi martyrisé le
18 mai liai. La ville d"l'|*sal [tossède sou
ror[is entier, Sainl Eric est inscrit au Marty-
rolo^^e romaiîi h* 18 mai.
MilïÀ) ( A\m: ), lille d'Eriîîzo , Vénitien ,
gouverneur tle Négref»onl, m 'Urul marlyre
en îM'rl, lors de la (trise di* celle ile par Ma-
bumet IL On sait ipie le cominandanl Eiizzo,
( j u i se d vi\ • nd . i i t a v er i m cou ra i^Q héroïqiio , f u t
cîilin obligé de reîidrcîa place (|u'il cunnnan-
dait, parce qui! maiitpiait de vivres et de niu-
nilioiisî luaisavaiit dcstM'cndri', il e\ig(Nique
M.ihomrt hii jrromîtqu*il aurait la vie sauve,
Mabtuuet jura sur sa tète que celb' d'Erizzo
serait resjirciée, sermeni impie t|ui se im:'!ia-
geuit une traliisuu en j'^uant alfreusemeut
EitM
sur les mots. Aussitôt que le brave
dant fut aux mains de !*on ennemi , celainri
le lit scier par le milieu du corps, dtsaul :
que le serment qu'il avait fait g<irantiÀSjiit li
tète, mais n avait rien promis pour le baste.
En allant h ïa mort , ce fière infortuné mih
geait a sa tille qu^il allait laisîH?r seukAbuh
donnée à la brutalité d'un vainqueur dont
il savait les habitudes. Il demaodait aux
soldats de la tuer avant lui poor qu'elle m
devînt pas, après sa mort à lui, Tietime éei
brutales convoitises des Turcs. Ce fui vaine-
ment qire le malheurcuï pèro implora C4ili
gr*1ce, saillie lui survécut. Elle était jeiM
et belle à ravir. Mahomet Tayant vue m
devint éperdument amoureux. Il lui pro|MSi
de la faire sultane, si elle voulait abjurer fi
réjiousen 11 lui envoya pour la séduire dfj
bijoux , des pierreries pour d*énorme^ squa-
mes d argent. Mais Arme Krizzo ^ fidèle i y
foi, refusa les offres de Mahoinit : son hm
et la mémoire de son j>ère odieusement a-
Sâssiné lui dictaient sa conduite ; elk fe
montra (idèle chrétienne el tille digne ikm
père. Mahomet ne pouvant la stWJuire, #éa
dans une grande colère , cl lui Ut irancfcif
la tète. 11 lui profiosait les infamies de ma
sérail ; il lui offrait le déshonneur efi «
monde et la damnation dans Tan Ire. Il mit
la [)unir de ses refus, et ce fut lui qui,
faisant martyre, lui donna la récompep:
laquelle Dieu payait son courage*
EltMlNOLD (saint), abbé de Priifti
près de Ratisboune, martyr, naquit d
xr siècle, de parents nobles qui, retnf»li*Je
piété, confièrent son éducalion ; '> " mt
abbé de Hirschau. Sous un u r-
tueux, uolre saint ne pouvait lâi/$fUi'i/9
grands progrès, aussi bientôt sà répoialioo
de sainteté s'étendit au loin. UcfflMdff
Henri Vlui contla, dans Tannée 11I0,M|O«^
verneraent de la grande abbaye de Lofscli,
dans l*ancien archevèclié de Mayeiice, Enm*
uold avait un frère employé à la courel^
était dans les bonnes grâces de leioperer'
Ce dernier lui ayant demandé un joof 0
plaisantant comment il lui Iémnî_'ri»^r;jiî9
reconnaissance delà haute digm' ^
il avait élevé son frère, le cour..:.*.. ^^ â
un riche cadeau qui fut accepté. Notre saisi
qui avait une grande horreur pour h ^-"^
nie, ayant eu connaissance de ce >
tourna h Hirschau eprès avoir sv'----
aonée environ à Lorsch ; il cmr
meut avec lui 40 moines qui ra^atciu >j:^
dans labbaye qu'il devait diriger.
Peu *îe temps après son retour, saint OlM
évèque de^Bamberg, lui écrivit aiji5i*|»1
Guillaume son abbé, afin de lut offrir biB*
reclion du couvent de Friifening ou Bn^
liiig, près do RaJisbonne , qu'il veftiil A
fonder. Notre saint accepia IVifTff* H ftA
aussitôt accompagné de pi tk
frères eu religion. 0jns celt»
lion, il continua de se livrer aux
de raostérité la plus rigounnise el
ceux qui renlouraient. Son Biagraiibe i ^
porte un trait qui nuuUre «on lifimo' f>^
Ijcct iH>ur les règlcme ils de TËgltse etii^
ESC
ses principes. LVmpercur Henri V'i
3ir été excommunié, vint un jour
1er îe Tiioiiastère que dirigeait iio-
iccompagné d'Oiton, son fonda tear,
suite briîlantc et [lompcosc. Ernii-
i de se laisser séduire par tout cet
fit fermer les portes h lVi[iprocîie
ereur , et alla au-devant de lui jus-
remière enlréeoù il lui dit : « J au-
Bureuï de vous recevoir d'une ma-
ne de votre qualité; mais le saint-
,s ayant exclu de la communion de
sn'ai pu remplir mon proïtredésir. »
'in d'esî ime pour la fenueté de Fabljé,
respectueuseïïient en repoussant
1 que ses courtisans lui donn/iient
ger. Plus tard même, comme il re-
1 jour devant le mt>me monastère,
ah ers ayant manifesté Je désir de
',il le leur défeuditlormellement, en
f Je connais labbé de ce couvent,
mnll ft La libéralité d'Erminoid et
ssion pour les pauvres étaient ex-
La famine ayant fait sentir ses ri-
î Bavière, il se dépouilla de tout ce
►édait pour soulager ceux quisouf-
a sévérité inOexibîo à poursuivre
H lit de nombreux ennemis; quel-
se réconcilièrent avec Dieu, mais
résolurent sa mort. Un des conju-
né Aaron» ayant attendu le saint
endroit où il devait passer, Tas-
vec un morceau de bois; il souffrit
temps de sa blessure qui étailmor-
uourut enfin le Jour de TEpiplianie
ler 1121 » après avoir gouverné son
e pendant 7 au nées» Après sa mort,
plusieurs miracles h son interces-
glise fait sa fête le 6 janvier.
DE fsainle), martyre, soutfrit pour
e de la religion. Nous ignorons Vé-
i lieu et les circonstances de son
L'Eglise fait sa fêle le G octobre.
IGHIAN ou Erzinga?*, ville d'Ar-
Itio sur un plateau du même nom,
îoin (lu martyre des bienheureux
ins Monaldo d^\ncC^ne, Fjançois Pi-
Antoine de Milan, veis îannée
furent mis h mort par l'ordre du
ravoir prêché TEvangile, el malgré
son d'un aveugle qu'ils guérirent
lî des iniidèles. {Voy, leurs arlicïes
l^AIN (le bienheureux Grégoiiie),
\ de la compagnie de Jésus, faisait
s soixante-neuf missionnaires que
avedo étail venu recruter l\ Home
Brésil (Voij, AzEvtDo). Leur na-
pris le 15 juillet 15T1 , par des
calvinistes qui les massacrèrent
elèrent dans les Ilots. Quand ces
ijt s'em[mrêreTil du navire» Grégoire
13 Mendez, un de ses coniiJaj^nons,
au lit malades. Ils se levèrent à
iue, passèrent leur soutane par-des-
chemise, et vêtus ainsi , nu-pieds,
e mêler parmi ceux que Too massa-
rcçurent ainsi ht palme du martyre,
I ilistoin dvs chosof plus mémvra-
ETH gW
b!es, etc., t. Il, p. 278. Tanner, Soeidafi Jesu
u s qm ad sa n tj u in h et v kœ p rofu .s i o n em m it i-
tans, p.llïGet 170.J
ESKJLL (saint), evèqneet martyr en Suède,
apôtre des Sudermans, naquit en Angleterre,
L'archevêque de Brème, saint Anschaire,
se vit obligé de retourner en Allemagne
a[irès avoir allumé le llambcau de la foi et
avoir fondé une église en Suède. Les Sué-
dois revinrent alors à leurs superstitions,
apostasie qui remplit de douleur tous les ser-
viteui's de Dieu qui habitaient le nord de
rAnglelerre, L'arcnevôquede la ville d'York,
saint Sîgefride, se résolut alors d entrepren-
dre une mission dans ces contrées, et notre
saint, oui était son parent, voulut raccompa-
gner. Il se ht tellement chérir de ces peuples
par sa prudence et par ses vertus que, quand
Sigefride se vit forcé de retourner en An-
gleterre , on voulut Eskill pour évôque<
Pendant longtemps, ses soins portèrent de
grands fruits, soutenu qu'il était par le zèle
du roi Ingoz. Mais les païens ayant massa-*
cré cet excellent prince cl mis à sa place
Swenon le Sanguinaire^ celui-ci renversa les
égbses catholiques et rétablit le paganisme.
Un jour que les iniidèles oifraienl un sacri-
tice à leurs idoles , Eskill suivi de son
clergé vint les exborler h embrasser la reli-
gioji chrétienne. Voyant tous ses elTorls inu-
tiles, il]ïria Dieu de inanifesler sa puissance
nar un prodige aOn d ouvrir les yeux a ces
barbares. Aussitôt un orage violent éclata,
et la foudre étant tombée sur Tau tel y con-
suma ce qu'on devait oiïrir h Tidole. Les
païens, remplis de fureur, le la[»klèrent par
ronire du roi. Nrdre saint fut enterré dans
le lieu même où il avait soulier! le martyre,
et plus lard on y construisit une église en
soti honneur. Son martyre arriva dans Je
Xï* siècle, L'Eglise fait sa fête le l'2 juin»
ESPÉÏtANCÊ (sainte). Va y. Elpis,
ESPKUANCE (sainie)t vierçe et martyre,
répandit son sang pour la foi dans la vilîe
de Troyes. Nous n avons aucun délai! au-
Ihentitfue sur elle. L'Eglise célèbre sa sainte
et glorieuse mémoire le 2G avril,
ESTÈVE (sahili, recul la palme du mar-
tyre en Espagne, en rijonneur de la religion
chrélietnie. Les Actes des martyrs ne nous
ont laissé aucun détail sur Téponue et les
ditféreïites circonstances qui illustrèrent
leur martyre. L"E2glise lait sa fête le iil no-
vembre.
ETECUSE, dame romaine, de laquelle il
est question dans la 21' lettre de saint Gy-
prien. Elle fut séparée de TEglise et forte-
ment reprise par saint Célerin, lecteur et
confesseur, parce qu'ayant dunné de lar-
geut pour ne pas sacrilier, elle avait pris lo
chemin du temfde connue pour aller le faire.
Elle s'était arrêtée en un lieu nommé les
Trois-Parques, et de là était revenue cbt»2
elle, innocente de la matérialité du fait île
sacrilice aux idoles, mais coupable d'avoir
laissé penser a ceux qui Favaient vue par-
tir qu'elle était réellement allée sacritier.
ETHÈRE (sainlj, mart}r, versa son sang
pour la défense de la foi. 11 ét^lt evêque
I
Sft ETI
dnns Iti Cher5ori^se et reçut Lipnlmcthi raar-
tvre avec les «^vé^nins Basile, Murène, Aga-
lliadorts Elpïdf% (Capiton, K]ihrem, Nestor et
Arcade. La date de leur martyre est incon-
nue. L'Eglise les honore h? '* tiiars.
EÏMÈHE (saint), i5viV[ue et confesseur,
soiifî'rit de emelb'S tortures pour ia défense
de la religion. Ce fut h Auxerre qu'il con-
fessa Jésus-Christ. L'Eglise fait sa mémoire
le 27 juillet*
ETHÈRE (saint), soulTrît le martyre du-
rant la persécution dtjs Vimpio Digclélien*
U souffrit la peine du feu et [du^ieurs
autres tortures, après quoi il fut décapité.
Nous n'avons pas d'autres déltiils sur son
compte. L^Eglise fait sa mémoire k* 18 juitu
ETHIEH (Te bieTiheurcux Je a !»i), Espagnol,
était confesseur de rinfanlTerdinaïul d'Ara-
gon. Pressé du désir de gagner ries âun^s à
Jésus-Clu'isl, il partit pour Jérusalem afm
d*y prècla^r J'Evangile parmi l(\s iutidèles.
Le sultan iTE^^^ypte ay;mt été informé du
succès de ses iiredicafion^, feht mettre au\
fers avec le frère Cionsalve, sou compagnon,
qut moi.rul eu pris n le tfî m d 1310. ftefté
seul désormais pour résister aux nn^naees et
aux tourments de toutes sorles, d succoniba
bientôt, rerua sa foi, et resîa trois années
dans cet état déplorable. Au boutdece temps,
pressé par ses renFïïds, il écrivit du Caireoù
il était, aux Franciscains de Tite de Chypre,
les priant de tui envrjyer deux ftes leurs,
afin de travailler a son sahil. Bientôt après
il lit une rétractation pubtiipie et eut à sup-
porter ïa lage des Musulmans. On le fustigea
cruelleiuent, ensuite on ré, audit sur ses
plaies du sel et du vinaigre; enliu il fut atta-
ché h une croix avec 6 clous, deux aux mains,
deux aux cou<Jes et deux aux pieds. Il ex-
pira en ramée 13T;1. (Férot, Abrégé fustari-
q\ie de la vie (hn snitils des trois ordres de
Saiitt-FrancoiÊ, L M, p. 256.)
ETIENNE (saînl), l'un des sept diacres or-
donnés par les apùlres pour prendre soin
des veuves et des orjjtjclyis, faire une distri-
bution éfpiitable des t)iens que les fidèles
avaii'Ut nus eii commun, et annoncer la pa-
role divine, eut l'insigne lioimeurde donner
le prriuier son sang et sa vie pour la foi
cln étienne. Les anciens {trenœi contra hœ-
rrses, lum Francisci Feuardctjlii notis ; Lu-
tetia[»» anno lt);i9:i, lui douneul souvent le ti-
tre d aie hidi aère. On ne sait rien de son
Age. Dans diverses visions, il apparut comme
un jcuïje homme (jurenis] [Chnjsùst, Homi-
iiœ in Artua apostoiorum]. Etait-il t\in des
soixante-dix tliscij^es, ou, comme Tout af-
firmé ouèhpjês écrivains, le premier fruit de
la prédication que ht saint Tierre le jour de
la PeiVeeôte {Liber de MiracuH» sancti Ste-
phani ad Evodium Usa(etuem^ apud Angusti-
num, L \ Lovan., Bened. VU, in Appen-^
aiVri? C'est ce qu'aucune autorité sérieuse
ne permet de dire. Les Pères de l'Eglise, no-
taniniejit saint Jérôme, parlent de lui comme
0 un honuue très-érudit et très-éloituent,
U travaillait activement aux œuvres pour
lesquelles il avait été ordonné, faisant do
i^ombreux miracles^ et obtenant de fréquen-
ETt
m
tes conversions. » Quel':pies homraes de h
synagogue qui est nommée des affranchi* et
des Cyrénéens et des Alexandrins, et de œux
oui étaient de Cilicie et d'Asie, se levèrent,
cîisfuitant contre Etienne ; et ils De p<jiH
vaient résister h la sagesse et h FEspril qui
parlait. Alors ils gagnèrent des hommes oui
disaient : Nous Tavons entendu proférer de*
paroles «le blasphème contre Moise et con-
tre Dieu. C'est pourquoi ils soulevèrent le
peuple, et les anciens et les scribes* et se
précipitant sur Etienne, ils Tenir i ' \ et
l*anie'ièrent au conseil. El ils | :m
de faux témoins, qui disaient : Cet homme-
là ne cesse de parier contre le sanctuaire et
contre la loi ; car nous lui avons enlendti
dire que ce Jésus de Nazareth détruira ^
lieu, et changera les traditions que
nous a données. Et comme lous ceui
étaient assis au conseil avaient les yeux
lui, ils vireid son visage comme le ?'
d*un ange. Or le prince des prèlres d
da ; En est-iï ainsi ? Etienne cîit : « Mes
et mes pères, écoulez: Le Dieu de
apparut à notre [lère Abraham , l
était rians la Mésopotanue, avant qu il
meurAt h Chiran, et lui dit : Sortez de
pays et de votre parenté, et veueï dên% Il
terre que je vous montrerai. Alors il soriit
du pays des Chaldéens, et vint deraeuppf à
Ciiaran: et après que son père fut mort.
Dieu le fit passer dans cette terre que fOOî
habitez aujourd'hui, où il ne lui donna
cun héritage, non pas même oii as«<M>ii
pied; mais il lui promit de lui e.
possession, h lui, et à î^ po.si
lui, lorsqu'il n avait point encore dmii
Dieu lui prédit aussi que sa poiît^té^*-
rneurerait dans une terre étran^: ^é
y serait tenue en servitude, ti -A-
Iraitée jusqu'au tenue de quatre cents »ti5.
Mais le Seigneur lui dit : J'exercerai mi
justice contre la nation qui l\iura le-tme ««
servitude ; et après rehi ils sortiront, et m
serviront en ce lieu-ci. Et il lui donna l'al-
liance de la circoncision, et ainsi Ab'^'''^^
ayant engendré Isaac, il le circoncit
tième jour, Isaac engendra J: ^\
les douze patriarches. Les t>;ii
d'envie, vendirent Joseph» (Miur i ur uin»
en EîJfvpte ; mais Dieu était «vec lui î et il
le délivra de toutes ses afitictions ; et Tavul
rempli de sagesse, il le rendit agréaiî)^ I
Pharaon, roi d'Egypte, qui lui donna U coih
duite do son royaume et de toute sa mai-
son. Cependant toute rE;j;ypte et la terrf dt
Chanaanfurentaftligées d'une grande faiûiWî
et nos pères ne pouvaient trouver de OtH)*
vivre. Mais Jacob ayant entendu direquïlf
avait du blé en Egypte, y envoya nos pM
pour la première fois. Et les ayant renvoj^
une seconde fois, Jt^seph fut reconnu de ^
frères, et Pharaon sut do quelle famiilt
était. Alors Jose[>b envoya quérir Jacob SI0
père, et toute sa famille, qui consistait €0
soixante^tuinze personnes. Jacob danc df»*
cendit en Egypte, où il mourut^ lui et Dû*
jières. Et lis furent transportés en S>ciwfi»#
où on les mil dans le sépulcre i[u'AbndiA0
FOifi
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901
ETl
LTI
90i
avaîl nclietd à prit (l'argi:'nt des rufants d'Hé-
mor, fils de Sichora. Mais coiimie le lumps
de la promesse que Dieu avait faite à Abra-
ham s'approchait, le peuv>iiî siiccrul , et se
multiplia beaucoup en Egypte, jusqu'à ce
qu'il se Jeva un autre roi* qui ne connaissait
point Joseph. Ce prince, usant d*une malice
artificieuse coolre ntrtre nation, accabla nos
pères de maux, jusqu'à les conlraindre d'ex-
poser leurs enfants pour en exlerininer la
race. En ce temps-là naquit MoiS(\ qui fut
agréable à Dieu : il fut nourri i>enilant trois
mois dans la maison de son père. Ensuite
ayant été exposé, la fille de Pharaon le prît,
e* Té leva pour ^tre son 111 s. Ainsi Mojse fut
instruit dans toute la sagesse des Egyptiens j
et il était puissant en paroles et en œuvres.
Hais, quand il ent atteint Tâ^^e de quarante
ans, il lui vint dans l'esprit d'aller visiter
Ises frères, les enfants dlsraél ; et voyant
OuVjn faisait injure à quelqu'un d'eux, il le
défendit et le vengea, en tuant l'Egyptien
qui routrageait. 11 pensait que ses frères
eomprendraient que ce serait par sa main
que Dieu les délivrerait, mais ils ne le corn-
>ent pas. Car le lendeuiain, s'étant trouvé
vec quelques-uns d'eux qui se querellaient,
lâchant de les acconnnoder, il leur dit :
es amis, vous êtes frères ; comment vous
ïailes-vous injure l'un h l'autre ? Mais celui
ui faisait injure à lautre, le rebuta, en lui
isanl: Qui vous a établi prince et juge sur
" nousîNevoudriez-vouspouitrae tuer,€Ojnine
vous tuâtes hier cet Egyptien ? Cette parole
l cause que Moïse s Ciduit ; et il demeura
nime étranger an pays de Madian, où il
t deux lils. Quarante ans après, un ange
i apparut au désert de la montagne de Sina,
ns la flaranie d'un buisson qui brûlait. Ce
ue Moïse ayant aperçu, il fut fort surpris
e ce qu'il voyait ; et s'approchant pourcon-
lidérvt ce que c'était, il enlentlit la voi^ du
igoeur, f[ui lui dit ; Je suis le Dieu de vos
res, le Dieu d*Abraham, le Dieu d'Isaac,
€l le Dieu de Jacob, Et Moïse toul tremblant
K 'osait regarder. Alors le Seigneur lui dit:
^ez vos souliers de vos pieds , car le lieu
ù vous êtes est une terre sainte. J'ai vu et
Dûsidéré Taflliction de mon peuple qui est
Q Egypte ; j'ai entendu leurs gémissements,
ei je suis descendu [^our les délivrer. Venez
! doue maintenant, alin que je vous envoie en
[ Egypte. Ce Moïse qu'ils avaient rebuté, en
disant : Qui vous a constitué prince et juge?
fut celui-là mérae que Dieu envoya pour être
Jéur prince et leur libérateur, sous la con-
duite de l'auge qui lui apparut dans le buis-
son. Ce fut lui ijui les délivra, faisant des
prodiges et des miracles en Eg\[)te, dans la
mer Kouge, et au désert, durant ([uarante
ans. C*est ce Moïse qui a dit aux enfanls
d'Israël : Dieu vous suscitera d'entre vos
frères un propliète comme moi ; éeoutez-le.
C*est lui qui, pendant que le iieupîe était as-
^semblé dans le désert , s'entretenait avec
^Bange (jui lui parlait sur le mont de Sina ;
PBVsl lut qui était avec nos pères, et qui a
reçu les paroles de vie, pour nous les dou-
er. Nos pères ne voulurent point lui obéir;
mais ils le rebutèrent, retournant de cœur
en Egypte, disant à Aaron : Faites-nous des
dieux qui raarclient devant nous ; car nous
ne savons ce qu'est devenu ce Moïse qui
nous a tirés du pays d^Egypte, Et ils tirent
en ces jours-là un veau ; <'t ils sacrilièrent à
cet ido'e, et ils nietta;ent leur joie dans l'ou-
vrage fie leurs mains. Alors Dit^u se détourna
d'eux, et les fdjando^na à raveuglement d'a-
dorer la milité du ciel, selon qu'il est écrit
dans le livre des pronbèles : Maison disraèî,
mavez-vous olleil des sacrifices et des hos-
ties daî^s le désert durant quarante ans ? Au
contraire, vous avez porté le labemaeïe dé
Moloch, et l'astre de votre dinu Itenifibam,
qui sont des figures que vous avez faites
pour les adorer. C'est pourquoi je vous
transporterai au delà de Babylone. Nos pè-
res eurent, dans le désert, le tabernacle du
téu]oi;^nage, comme Ditu, parlant à Moïse,
lui avait ordonné de le faire selon h* modèle
tju'ii avait vu. Et nos pères l'ayant reçu, ils
1 emportèreJd , sous la conduite de Josué,
au pays qui avait été possédé par les nations
que Dieu chassa devant eux. Et re taberna-
cle subsista jusqu'au temps de J)avid, qui
trouva grâce devant D:en, et qui lui demanda
qu*il pîîl bAtir une demeure au Dieu de Ja-
cob, Ce fut néanmoins Salomon r[ui lui bâtit
un tem[de. Mais le Très-Haut n'habite noint
dans les temples faits par la main des ïiom-
nies, selon cette parole du prophète : Le ciel
est mon trône, et la terre est mon marche-
pied : quelle maison me bâtirez- vous ? dit le
Seigneur, et quel pourrait être le lieu de mon
repos ? Ma main n'a-l-elle pus fait toutes
ces choses? Tèles dures et huiumes incir-
concis de cœur et d'oreiiles, vous résistez
toujours au Saint-l*]sprit , et vous êtes tels
que vos pères oiU été. Quel est le prophète
que vus pères n'aiint jias persécuté? Ils ont
tué ceux qui prédisaient ravéneinent du
Juste qih" vous venez de trahir, et dorjt vous
avez été les meurtriers ; vous (jui avez reçu
la loi par Je ministère des auges, et qui no
1 avez point gardée, o
A ces imroles, ils entrèrent dans une
rage qui leur déchirait le cœur, et ils grin-
ça! ent des dents contre lui. Mais Etienne
étant renq^li du Saint-Esprit, et levant les
yeux au ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus
qui était debout h la droite de Dieu, et il dit !
Je vois les cieux ouverts, et le Eils de
rhomnu.^ qui est debout à la droite de Dieu.
Alors poussant de grands cris, et se bou-
chant les oreilles, ils se jetèrent tous ensem-
ble sur lui; et l'ayant entraîné hors de la
ville, ils le latûdèrent ; et les témoins mirent
leurs vêtements aux pie is d'un jeune homme
nommé Saul, Aiftsi ils laidilaient Etienne,
qui priait et ijui disait : Seigneur Jésus, re-
cevez mon esprit. S'étant mis ensuite h ge-
noux, il s'écria à haute voix : Seigneur ne
leur iuqmtez point ce péché. Après eelte pa*
rôle, il sY'ndormit dans le Seigneur. Or
Saul avait consenti à la rnoii d'Elienno
[Art. \i, vu.)
I.e discours de saint Etienne est remar-
quable paf plusieurs points. On accusait le
I
I
I
I
sahii diacre rravoir blaspliémo McVise et îi^s
propliètes : il prouve qu'il est plein de res-
pect pour eux, qu'il a une coonaissatice et
une véniîraliQn profonde pour Tancienne
loi ; niciis en mi>me temjïs il prouve que les
t'iïorls des juifs ireiDoôcherorU pas la pré-
dic-aliou et le succès de TEvanj^^de. Voyant
que ses paroles ne touchent jias ses audi-
teurs, illuminé tout h coup de TEsprit d'en
haut, qui lui révèle le sort rpii Tottend, il ne
songe plus h toucher, à convaincre. Il s'écrie,
dans la sainte indij^nation de son âme : ÎV-
ies dures, hommes hicireoncis de cœur H d'o^
reilies, vous résistez toujours au Saint-Es-
prit^ el vous êtes tt-ls que vos pères ont été.
Lequrl des prophètes^ vos pères nont-ilsjjag
persécuté? Ils ont tué ceux qui ont prédit
favt^nemrnt du Juste y que maintenant wus
avez trahi et mis â mort.
Admirable colère du ministre de paiï,qui
bieiit^it va mourir eu priant pour ses assas-
sins 1 Le devoir lui dicte les sévérités de son
lan'^age, mais sou c<eur est sans fiel et sans
hairiêJl na, ïe saint martyr, que des paroles
d'amour el de pardonàfaire entendre, quand,
ne parlant plus au nom du Dieu qui renvoie,
il ouvre la bouche nour parler Oe sa propre
mort. C'est bien là rhèroïsme <ie la religion
chrélienne; ce sont bien là ces subliniilés
plus graniles que le co'ur humain dont la
grâce de Dieu remplit durant tant de siècles
les confesseurs el les mat tyrs*
Parmi ceui qui lapidaient Etienne, était
Saul, plus tard nommé ï'auL lise distinguait
entre tous par sa raj^e et par sa fureur. Une
goutte de ce sang innocent va Jaillir sur
Vous, ô Sflul, et bientôt vous sereai, vous le
persécuteur acharné, Tu n di's plus fervents
chrétiens, vous serez le ^rand aniMrc de la
gentilité. Dieu sait faire voir, nar la richesse
de la récolte, par les trésors de la moisson,
combien est fertile la semence que vous je-
tez dans les sillons. Semez, semez le Sîmg
des martyrs, Jésus-Christ moissonnera les
Ames de Thumanitél
Saint lïlienne fut h*pidé hors de Jérusalem,
du côté de ia [lorle du septentrion, sur le
chemin de la ville de Cédar, qui est dans la
province de Galaad, dans le lieu allecté au
supplice des hiasf ihémateurs,
L opinion l.i plus coaioiune et la plus pro-
bable, est que la uiort de saint Etienne ar*
riva dans fannce même de la umrlde Jésus-
Christ; c'est-à-ilire à la fin de la 33* année
de rère vulgaire.
Le 1*0 rps du saint martyr, d'après l'ordre
des princes des firétres, resta exposé : ils
voulaient qu'il fôt dévoré par les biHes
féroces ; mais, au bout d'un jour el une nuit,
Gamaliel le ht eidever piir des chrétiens fi-
dèles, et en-ïevelir avec autant de [tompeque
possible dans sa terre de Caphargamala.( Kai/.
GAUAiibL. ) Saint Jéj'ùme nous dit dans ses
épitres que Ils a[iôlres, i>our «[^prendre à
tous le respect «pj'on doit au\ reliques des
niartyrs, voulurent assister à celte eéréuio-
nie iunèbrc,
l/an 415, Lucien, fîréïre de Capliarg-nnala,
revul en son^je de saint Gaïualiel la révéla-
lion du lieu oiîi se trouvaient les reli
saint Etienne. Le 18 ou le 19 de dé
sur ces indications de Lucien ainsi que sur
celles qu'avait aussi reçues de saint Gama-
lieU un moine nommé Mé{;èce,on fîtouTrirlt
tombeau qui renfermait le coijis de saint
Etienne* La plus grande partie des reliques
fut transportée dans Téghse de Sion à Jéru-
salem. Depuis, des portions de ces reliques
furent portées en divers pays, où elles opé-
rèrmt de norabreuï miracles*
ETIENNE (saint), pape et martyr» élail Ro-
main de naissance. Elevé aux ordres saeréSt
il fut archidiacre de TEglise de Rome, souf
les papes saint Corneide et saint Luce,
Comme ce dernier, conduit par sea
reaut, marchait au supplice, il d(
Etienne à ses prêtres, priant qu'on
donnât comme successeur. Le 13 mai 25^, il
monta sur le trône pontifical,
Le fond du caractère de ce saint pape fut
une douceur et une patience à toute épripuw.
11 en donna constamment les preuves* cto»
qualités précieuses de son cœur tnéûagèfol
à TEglise une paix qui, sans cela» edt
troublée par les événements les plus ti
et les plus graves. Cette douceui* de
Etienne se montrait même à Tégard de ceux
qui auraient dû appeler toutes ses sévérités.
Marcien d'Arles, avant embrassé i erreur de
Novatien, avait refusé, d'après les pri
outrés de cet hérésiarque, de donner 1
lution h des pénitents à rarlicle de la
Faustin, évoque deLj^on, etplusieura
prélats, en ayant écrit à saint Hr^-'-
saint Cyprien, il fallut que ce de «a
tour, écrivît au saint pape pour iUJUM'ae*
cidâl à excommunier Alarcien : «llastûé^
cessai re, lui dit-il, que vous écriviet tti*a^H
pies lettres à nos confrères des ^^^^^^t |9|
que rinque Marcien, ne conliDue pas d^^
sulter notre collège*., Bai^ifnez nous fike
connaître qui est évéque d'Arles à la placç
de Marcien, pour que nous sachions d qui
envoyer des lettres de cotnnmnioti, el adres-
ser les lidéles, » Etienne excommunia M«^
eieu, <Jueli|ue temps après, deux évécju»
d*Espagne, Basilide, évéque de Ménd.i* el
Martial, évét(ue de Léon cl d*A.'' si
eu le malheur de commettre le n li-
belîatiiiues, |iour éviter la [lersé* r-
tîal fut déposé par un concile. Iî.i . ^jcu
craignait le même sort, vint à Home et réoi»
sit h surprendre tellement la boiiti** éh\ r*ir**.
qu'il en obtint d'éïre admis à sa <
connue évéque, et re(;ut de lui dco. ......^ -
recommandation [-our les évoques d'Ë5|*-
gne, Il fallut qu^on protestât pour que lesaifll
pape revint envers lui à une juste sété-
rité.
Dans ces deux cîrconslances, nous wjtm
que c'est saint Cyprien qui a joué le pniK>
pal rùîe ixmr en^^ager Etienne à se tDootm
sévère. 11 y a là un s^rand ensidgiietneDlpOor
*cjai
^rilés.
eurde
i
tous, grands et petits, saints et doctemSk
conrme sim[iles lidèles, Cyprien lui-oiêaii.
ce grand docteur, cette lumière de rfi|;lbfv
fLit foit beureux que le cœur d'EUemiefili
u!i tj'ésor d'uidul^ence et de i^n : smiceii
ETl
il eût éié lui-même, avec Firmilieii et biun
tl'autres, relranch6 du sein de TEglise. Saus
doute i! ne lût }>as deveou hérétique, Dieu
ne Veùl pas permis ; sa grande ârae et sa foi
se fussent inclinées sous la justice de la jju-
nîtioîi, mais enfin il eût été frappé, et bien
<i*aulres qui Fauraient été avec lui, n'au-
raient peul-ôlre pas montré une semblable
ducilite. Nous voulons parler ici de la grande
dispute qui s'éleva dans FEglise, toucha ni
le baptême donné \mr les né ré tique s. La
croyance constante de TEglise est que quand
les sacrements sont adraî ois très par les hé-
rëtiq^ues dans la forme et avec les formules
voulues, ils sont valables. Saint Cyprien,
■saint Firmilien et une fouîe d'autres évé-
ques d'Orient et d'Afrique soutenaient qu'on
devais rcbapUser ceux (jui Pavaient été par
les héj-étiques, s'appuyant sur ce faux prin-
cipe, qu'un homme ne peut pas donner le
Saint- Esprit, s'il ne Fa pas dans son cœur. Du
côté des évéques qui soutenaient cette opi-
nion, et notamment de la part de Fi r mi lien #
il y eut une grande animosité contre Etienne.
Firmilien écrivit même des choses injurieu-
ses, Etienne garda sa douceur, se réfugia
dans la patience, et ne voulut pas prononcer
d'excommunicalion contre lestauleurs d'une
erreur qui se montrait si agressive même
contre lui. Saint Denys d'Alexandrie se
porta médiateur. Saint Etienne, par sa fer-
eté, sut garder le dépôt des saines croyan-
s, tandis que, par sa douceur, il conserva
Ds le sein de FKglise des hommes qui en
laient Fornement et la lumière, bien qu'ils
ssent engagés momentanément et sur un
iol dans Ferreurp
Saint Etienne mourut le 2 août 257. Son
rps futdéposé dans le cimetière deCidliite.
plupart des martyrologes le donnent
mme martyr. On voit dans les Actes de
\nt Etienne, donnés par Baronius^ qu'il
lit décapité par les persécuteurs, qui lo trou-
èrenl assis sur sa chaire iiontilicale. Son
rps est à Pi se, et sa tête à Cologne. La fête
le saint Etienne arrive le 2 août. ( Voy, Cy*
PKiKN, HippoLYTE, prêtre, et ses compagnons
Adhiaâ, Maacël, Kusèbe, Néon, etc. )
ÉTlEN^iE (saint), diacre et martyr, fut mis
à mort, en 258, sous Valérien, avec saint
Sixte, en méoie temps que les saints diacres
Félîcissime, Agapet, Janvier, Magne, Vin-
C€at, Etienne. Ils furent tons décapités, L'E-
glise honore la mémoire de tous ces saints
; le 6 août.
î ETIENNE (saint), martyr, est inscrit au
Martyrologe romain, le 3 décembre. Il souf-
frit la mort en Afrique, pour la défense de
la foi, avec les saints Claude, Crispin, Ma-
gène et Jean. L'Eglise fait leur fête le 3 dé-
I cerabre.
ETIENNE (saint), martyr, est inscrit au
Martyrologe romain le 27 avril, avec saint
L Castor, Us soullrirent à Tarse en Cilicie,
Hdaçs des circonstances que nous ignorons.
r ETIENNE (saint), dont le nom est inscrit
au Martyrologe romain le 31 décembre, est
honoré comme martyr par FEglise» avec les
suiuts PoLitien, Attale, Fabien, CûJiieille,
LBiGTion^î. DES FfinsÉcyTioNâ* L
Sexle, Flores, Quinticn, Minervien et Sim-
plicien, qni furent les compagnons de son
triomphe. Les circonstances de leur martyre
ne sont m al heureusement pas connues.
ETIENNE (saint), soutînt le martyre en
Angleterre avec saint Socrate. Les Actes des
martyrs ne nous donnent aucun détail sur
Fépoque et les ditférentes circonstances de
leurs combats. L'Eglise fait leur mémoire le
17 septeuiïjre.
ETIENNE (saint), évêque et martyr, mou-
rut à Antioche pour la défense de la foi.
Après avoir beaucoup soulîerl de la part des
hérétiques qui rejetaient le concile deChalcé-
doine, il fut nréfripité dans le fleuve Oronte,
du temps de rempereur Zenon. L'Eglise cé-
lèbre son immortelle mémoire le 25 avril,
ETIENNE (saint), reçut la palme du mar-
tyre à Antiocbe de Pisidie. M eut pour com-
pagnon de son martyre saint Marc. Nous n'a-
vons pas de détails sur les différentes cir-
constances de leur combat. L'Eglise célèbre
leur mémoire le 2â novembre.
ETIENNE (saint), évêque et confesseur,
soutfrit à Lyon pour la défense de lésus-
Christ. On ignore à quelle époque ce saint
évoque confessa sa foi. Nous n'avons aucun
renseignement sur son compte. L'Eglise fait
sa mémoire glorieuse le 13 février.
ETIENNE (saint), le Jeune, ou du Mont-
Auxence, est un des plus célèbres parmi les
martvrs que fit la persécution des iconoclas-
tes. Né à Constantinople en 7 H, il fut con-
sacré à Dieu par ses parents, avant même
qu'il fiSt né. Ses parents soignèrent excessi-
vement son éducation, lui cherchant les plus
habiles parmi les maîtres de ce temps-là.
Tout jeune encore, il montrait les sentiments
de la plus éminente piété. On s'attacha sur-
tout à lui inculquer parfaitement les notions
de la foi catholique, afin que plus tard il ne
fût pas exposé h tomber dans l'erreur. Ce fut
en effet ce qui le sauva des erreurs déplora-
bles qui, de son temps, déchirèrent FEglise,
et furent cause de tant de chutes. L'empe-
reur Léon Flsaurien ayant avancé sa détes-
table hérésie touchant le culte des images,
et ayant violemment persécuté les catholi-
ques, pillé les églises, renversé hs saintes
images, les parents du jeune Etienne pri-
rent la fuite pour éviter ses fureurs ; mais
auparavant ils voulurent mettre leur fils en
sûreté, 11 avait alors quinze ans. Ils le pla-
cèrent au monastère du Mont-Auxence, qui
n'était pas fort éloigné de Chalcédoine. î>ès
Faunée suivante, il lit profession. Bientôt il
fut l^exeraple du monastère, dans Faccom-
plissement de ses devoirs. Ce fut lui qui fut
chargé de pourvoir à l'achat journalier des
provisions pour le couvent. La mort de son
père, qui arriva bientôt après, le força h faire
un voyage à Conslantinnpte, Il se détit de
tous ses biens, et en disUibua le prix aux
pauvres. 11 avait deux sœurs. L'une était
déjà dans un couvent. Il emmena Faulreavec
sa mère, et les mit toutes deux dans un mo-
nastère en liïlliynie. Lorsque Jean, abbé du
monostère de "^Sainl- Auxencc , fut mort,
Etienne, d'uo consentement unanime, fui
I
907
£TI
Dorarné h sa pince. Il n'avait que trente ans
ZWïïul il fut élevr* h vMUi importante fonction.
«^ monastère duMonl-Saint-Auxenne n'(^lait
pas, comme on pourrnit le croire, composé
de vastes b/ltimonts. C'était tout simplement
uno réunion de petites cellules disséminées
ç'i et Ifi sur la montagne. Etienne en habitait
un:; fort étroite, située sur le sommet de la
nioritajçne , Tune des plus élevées du pays.
Il passait son temps h la prièn», ou bien à co-
pier des livres et h faire des lilets. Il ^agnait
ainsi de quoi vivre, et du sur[)lus il fournis-
sait un peu pour les besoins du couvent, et
donn.iil le reste aux pauvres. Une peau do
brebis faisait tout son vôtement. 11 était sans
cesse porteur d'une ceinture en fer. Ses dis-
cif>les devinrent excessivement nombreux.
Une s'dnte fenune, veuve, qui voulait sere-
tinjr du monde, se plaça sous sa conduite.
Il la rpçut et lui fit prendre le voile, et la
confia aux soins de la supérieure d'un cou-
vent de femmes, qui était au bas do la mon-
tagne. Cette femme, en entrant au couvent,
changea son nom en celui d'Anne.
Oucique temps après, saint Etienne, dési-
rant s'isoler davantage, mener une vie plus
astreinte aux praliijues do la pénitence, fit
nommer, à sa place. Marin pour gouverner
la communauté. Quant à lui, il se retira en-
core plus haut sur la montagne , dans une
cellule excessivement étroite. C'était un
trou creusé dans le sommet de la roche. Il
avait une coudée et demie do large et deux
de haut. A l'or ent, il avait creusé une petite
nicho pour faire sa prière, mais si basse,
qu'il n'y pouvait tenir que courbé. Quant à
la grotte qu'il habitait, au trou dont nous
avons donné les dimensions, elle était com-
plètement à découvert, exposée par consé-
Zuent à toutes les intempéries des saisons,
es ardeurs brûlantes de l'été, les rigueurs
des froids de Thiver, la pluie, les neiges,
tous ces divers accidents des saisons le re-
trouvaient là, priant Dieu ou travaillant.
Cette deuioure ciu'avait choisie saint Etienne
était un véritable tombeau. Quant h la cein-
ture que nous avons mentionnée plus haut,
c'était une chaîne de fer en croix, depuis les
épaules jusqu aux reins, où elle était clouée
à une ceinture de fer et h une autre sous les
aisselles. On a peine d'abord à concevoir
une pareille existence ; cependant, quand on
réfi'chit que la plupart de nos besoins sont
factices ; uue la plupart des maladies qui
nous accablent sont duos aux soins, aux pré-
cautions dont nous entourons notre exis-
tence, on comprend (fue des hommes sout&»
nus \hiv Tamour de Dieu, et voulant se mor-
tifier, se soient, par degrés, habitués, assu-
I'eitis h une existence aussi dure. Du reste,
*homino qui connaît Thistoire de la race hu-
maine sait qu'il y a, non pas seulement quel-
ques existences extraordinaires , comme
celles-là, parmi les saints, mais qu'il est des
peuples entiers qui vivent dans des condi-
tions h peu près semblables. Pour eux, c'est
la vie normale. L'habitant de la Terre-de-Feu,
le Samoyèdo, le Yakute, le (iroenlandais,
n ont i>as une vie matériellement plus heu-
EU M
rouse que les solitaires ; quelques-uns, eii^
tant d'ins des grottes taillées dsns la glace,
couchant sur ae la mousse ou sur une peaa
de bète, ne vivant que de chairs de poissons
corrompus et d'huile rance, sont de vérita-
bles phénomènes pour des hooiDacs comme
nous, habitués h toutes les délicatesses d'une
vie heureuse et recherchée. Le mérite des
saints qui, comme saint Etienne, adoptent
une pareille vie, n'est pas précisément de la
supporter: l'espèce humaine en est capable;
c'est une existence commune à plusieurs mil-
lions de nos semblables ; mais c*est de s j
soumettre après avoir vécu dans le monde;
c'est d'arriver à la privation par le renonce-
ment. Avoir connu les besoins factices delà
vie, ses exig;)nces, ses délicatesses, et y r^
noncer pour adopter tout ce qu'il y a de fifÊê
dur et (le plus «Ipre, c'est là qu*est la gloire^
c*est là <|u est la sanctification. Etienne, daiii
sa cellule, n'ignorait pas la vie douce qu*»
menait dans les palais à Constantinoplei m
même dans les demeures plus humbles des
particuliers ; tandis que le Groënlandais, par
exemple, ne conçoit rien au-dessus de la vie
({u'il mène. Il a, croit-il, en bien-être, ea
iouissances, tout ce que Thumanité peai lé^
liser.
Constantin Copronyme régnait alors. 1
continuait contre les catholiques la perséei-
tion commencée par son père. U oe voaM
pas souffrir le culte des saintes images, ta
(le milieu près de ce prince hérétique. D U-
lait être persécuté, martyr ou apostat. Ayant
entendu parler de l'éminente sainteté daaa-
litaire de Saint-Auience, il envoya ven loi
un patrice , nommé Calliste, un ét§ pku
instruits dans son hérésie, et lectergeedo
lui porter les décisions prises et b fennle
de loi souscrite par le concile qu*il «nil isr
semblé parmi les hérétiques. 11 voulut a«sâ
employer la séduction, il voulut que Calliste
fût non-seulement un argumentateur, mais
encore un tentateur. 11 le chargea d'oOrïr, de
sa part, au saint des figijes, des dattes et
quelque autre nourriture convenable I si
profession. S*il lui eût envoyé de riches pré-
sents, des objets d'art ou do luxe, des tapî5,
par exemple, de riches étoiles, df Tor, de
l'argent; qu'eût fait de tout cela le saint? I
avait, depuis longtemps, déshabitué son
corps de la mollisse et du luxe. Non, pour
lui plus de tentations de sensualités Imim-
ses, plus de désirs convoitant les richesse!
ou les choses de prix ! Que laut-il au saint
homme? quelques dattes, quelques figues.
U les gagne péniblement au travail; poo^
quoi ne les recevrait-il pas de Tempereurî
c*est si peu de chose. N'importe, s'il reçoit,
il sera l'obligé de celui qui donne. II j a^art
adresse dans cette tactique. Etienne "refbsa
les dons de Tempereur, et, quant aux cho5es
de foi, il dit à son envoyé m te ne veuxpAS
souscrire à la définition du concile, elle est
hérétique. Je n'attirerai pas sur moi la jcalé-
diction d\m haut. Je suis [irét h mourir pour
l'adoration des saintes images, sans me sou-
cier de l'empereur hérésiarque qui a os^* les
rcgeter. Vos cadeaux, remportez-les ; lltui^'e
ETl
m
du pécheup ne parfumera pa^ ma tète. »
[l'empereur, inslmît deretle n'non.sf , erivoTa
[des soldats avec ordre ti <irracher Etienne ile
Sh relraiie, et de le lui /ïnifripr. Arrivés h sa
cellulr, ils en tirèrent le saint j^tomme ; mais
ils furent obligés do le porter . Ses jfl robes
B'éièwni pliées dans ce trou, il ne fwiuva tni
les dresser, ni presipie les remuer. Los sol-
[en furent tmiehc'^s de eoni^iassîon. Ils le
lèrent avec inliniraent de précautions et
ril*égards, jui^qu'aii cimeti(^re du monastère,
Idù ils renfermer tint arec les mnines, atten-
Idant les ordres de J 'empereur. Quoirvue le
paint eût remis legnuveniemcrit du couvent
[âtii mains d'un autre, il lUait toujours consi-
déré comme abbé. C'était un coadjiiteur qu'il
lavait pris, plutôt (iu'un vériiable remidnearit,
[ Saint Etienne et ses moines furfiit ainsi, dit
[rhistoire* renfermés, sans boire ni manger,
'durant six jours. Le septième, rempereur
envora un ollicier, (fui lit remettre le saint
[dans sa cellule. 11 jjai'taitpour la guerre con-
fire les Bulgares, et remettait à [dus tord à
s'occuper de ceUe alTaire. Calliste, vexé de
D^avoir pu gagner le saint et réussir dan^ îa
'pociation qu*il avait entreprise, gagna» à
d*argent, un des moines du Mont-
Luience, noîumé Sergius, lequel, de concert
rec Aulicaliime, intendant des tributs du
1% de iSicomédiOt rédigea un libelle qu'il
à Terapereur contre Sciiol Etienne,
Premièrement, disait-il, il vous a aiiatbé-
ilisé comme béréliuue ; secondement, il a
"^ if line femme noble, qull tient dans le
»5lèred*en bas, et qui monte, la nuit, à
cellule pour leur inlâme commerce. »
3ell© femme quon accusait ainsi, c'était
Vûce, de qui nous avons parlé au commen-
Bment de cet article. {Voy, Iconoclastes,
[Amsre.) L*erapereur envoya l'ordre à Anlès,
Ison KeuteTiant à Constant inopîe, rie lui ame-
içer Anne. Il la toiinnenta borriblement, la
ic ballfo avec une cruauté inouïe, et la jeta
lans tin monastère. Di^puis, on n'enlendit
lier d'elle. Il fallait un prétexte pour
iJiçnne; car Arme avait, pnrson cou-
f, ses énergiques protestations, déjoué îa
inie. L'empereur tit venir un jeune
Imo nommé (léorges Synclèlc, et lui de-
ia s'il laimnit assez pour donier jusqu'à
sn vie pour lui. (ieorges lui en fit le sernieot*
L'empereur Fembrassa et lui dtt: «r Partez
pour le Morit-Saïnt-Auxence; tâchez de vous
faire a(fmeltre par Klienne au nombre de ses
moines; lailes profession, pr nez IMiaiiitreli-
r|peux et revenez ensude me trouver,» Geor-
[ges exécuta ce qu'on lui commandait. La
[nuit, il vint sur la montagne, se cacha dans
îcn broussailles, et sur le midi vint fnq»per
[i la DOrto du monastère. Il dit au'il était
Jgitrc, quil craignait d'èire dévore par les
H^fes féroces ou de tomber dans les préci-
[^Ices. Etienne donna l'ordre à Murin de le
lire entrer- L'abbé le recommi pour être
^de la cour, à son habit et h son visage com-
Ptétement rasé, Ceorgos Ta^'oua, cl, dit-il,
empereur nous a toîis fnil jud:tiser. Entin,
"'ai eu le bonheur dn sortir de cette eiTOur,
. m'a conduit vers vous. Ne me refusez
E
as, mon père, et daignez me donner le saint
abit>"Je ne le puis, dit Etienne, à cause de
ladéfensede Tempereur, et parce que je crains
qu'il ne vous relire violemment alci, au pé^
ril de votre ftme. Georges lui dit : « Vous
répondrez h Dieu, de moi, si vous refuser, »
Il le pressa tant, que te vénéralde abbé cé^la
erdin et lui donna l'habit de probation. Au
bout tîe quelque temps, l'empereur assem-
bla tout le pennle dans rhippodrome. Se
tenant sur les degrés : « Je ne puis vivre,
dit-il, avec ces ennemis de Dieu qu'on n'osft
pas nommer. » Il voulait î>arler des moines»
qu'il détestait souverainement et qu*il per-
sécutait avec violence, hù peuple s'écria :
« Seigneur, il ne reste plus de traces de
leur iLtbit parmi nous. — Leurs insultes, dit
l'empereur, se renouvellent sans cesse* Ils
séduisent totjs ceux qui m'entourent , jus-
qu'il Georges Synclète, qu'ils m'ont arraché
pour le faire moine. Espérons et pilons,
Dieu me le rendr^a peut-être, d Apres que
Georges eut porté trois joar« le petit habit,
Etienne le ht raser, lui fit une grande exhor-
tation, et lui donna l'habit monastique ;
mais au bout de trois jours, cet imposteur
quitta le couvent et revint h la cour.
Dès le lendemain , Temper^eur convoqua
une assemblée de tout le peuple à rhippo-
drome. La foule y fut immeiii^e. Georges y
imrut en habit de moine. Le peupk criait :
Malheur au méchant, qu*il meurol En criant
ainsi, la populace entendait parler d'Etienne-
L'empereur titquittefiMieorges les différentes
parties de l'habit monastique, et les jeta au
peuDJe, qui hs traita avec dérision et leur
prouigua toutes ces injures que toujours la
populace tient au service des passions mau-
vaises, contre tout ce qui est saint et véné-
rable, Georges fut étendu tout nu par terre,
on lui Ht jeter de l'eau sur la tète comme
pour lui eiïlever, par ces ablutions , les
souillures dont il s'était entaché en prenant
rhahit monastique. Cette comédie tlnit par
une arcofade que lui donna Tempereur en
le revêtant de Thabit militaire et en le décla-
rant son écujer. Aussitôt Tempereur envoya
au Mnnt-Saint-Auxence wne foule de gens
armés, qui dispersèrent les moines, brûlèrent
Féglisê et tout le monastère. Etienne fut
amené au monastère de Pbilippique, près de
Chrysojïolis , où on l'enferma. L'empereur
publia défense expresse d'approcher du mont
Saint-Auxence. Ces faits avaient lieu en 761.
Bientôt il fil venir cinq évoques, les prin-
cipaux parmi les iconoclastes : Théodose
d'Ephèse, Constantin de P^tomédie, ConstaTi-
tin de Nacolie , Sisinnius Paslile et Basile
Tricacube, avec le patrice CaMiste, Combo-
conon, premier secrétaire, un olllcier nommé
Ma^are, et les envoya h Constantin, patriarche
de Constantinople, pour qu'ils allassent tous
ensemble au monastèr-e de Chrvsopolis. Le
patriarche, qui connaissait la ver tu et le savoir
d'Etienne , refusa d'y aller. Les autres s'y
rendirent, portant avec eux la définition de
leur concile, et mandèrent ^mof Etiei>ne qui
vint soutenu uar rieux I 11 avnrit les
fers aux pieds. Théodo < s© lui dit :
*
^
ETI
« Hoûhbp (le Dieu, comment pouvez-voiis
nous traiter tous d'Iiérétiques et croire en
savoir plus que les évêques, les arche-
vôques et les empereurs, plus que tous les
chrétiens? » Etienne répondit : « Souvenez-
vous de ce que le prophète Elle dit à Achûb :
Ce nest pas moi qui cause ce trouble , mais
vous et m maison de votre père. C'est vous
qui avez introduit unt3 nouveauté dans
i Eglise* ^ Alors Constanlin de î^icomédie ,
qui étail un jeune homme de trente ans, se
leva pour donner un coup de pied au saint
abbé; un des gardes le prévint et donna un
c^up de pied au saint homme daos le ventre
comme pour le faire lever. Les sénateurs
CaMisle et Gomboconon arrêtèrent Cons-
tantin et dirent à saint Etienne : « Choisisseï,
on de souscrire h là délinition du concile» ou
de mourir comme rebelle à la loi des Pères
et des empereurs, — Ma vie est à Jésus-
ChrisP» répondit saint Etienne, je mettrai ma
gloire et mon bonheur h mourir pour sa
sainte image. Cependant lisez-moi la délini-
tio'i de votre concile, pour que je voie ce
t|uelle conlient de raisonnable contre les
images, » Constantin de Nacolie ayant lu le
titre T Dé finit ion du saint conciie septième
afcuméniquc^ saint Etienne lui lit signe de la
main dû s'amHer. « Coniment, lui dit-il»
peut-on nommer saint un concile qui a
profané les choses saintes? L'un des vôtres,
un évf^que, n'a-t-il pas été dans votre concile
accusé nar des gens de bien, d'avoir foulé
aui pieus bt patène destinée au saint sacrilice,
parce qu on voyait dessus les images de Jé-
sus-Christ et de sa Mère? Vous Taveï laissé
en fonctions , vous avez dit anathème h ses
accusai te urs, les traitant de défenseurs des
idoles, N avez-vous pas ùié le titre de saints
aux apôtres, aux martyrs, tes traitant tout
simplement d'apôtres et de martyrs. Et ce
concile, comment peut-iî être oecuménique,
n'étant pas approuvé du pape de Rome ,
quoiqu'il y ait un canon qui défende de
régler sans lui les aifaires ecclésiastiques?
11 n*a été approuvé ni par le patriarche
d'Alexandrie, ni par celui a Antioche, ni par
celui de Jérusalem. Puis vous le nommez
septième concile, lui qui ne s*accorde pas
avec les six précédents. » Basile lui dit :
<r Et en quoi avons-nous dilféré des six
précédents ? — Les six précédents , dit
Etienne, n'ont-ils pas été assemblés dans des
églises, et dans ces éghses n'y avait-il pas
des images re<;ues et adorées par les Pères? »
Basile en convint* Alors, levant les yeux au
ciel et étendant tes mains, Etienne dit :
« Quiconque n'adore pas Notre-Setgneur
Jésus-t^hnst, renfermé dans son image sui-
vant rhumanité , qu'il soit analhèmel » Il
edt continué, mais les commissaires le firent
renfermer et revmrent à Conslantinople. Ils
voulaient dissimuler leur défaite; mais Cal-
liste qui voulait cipliguer ou plutôt faire
comprendre comment lui-même n'avait pas
réussi dans sa première mission, dit à rein-
pereur : « Seij^neur, nous sommes v<tincu5 :
cet homme est fort en raisons et méprise la
piort. » L'empereur rendit immédialemeat
ETI
fit
une sentence tjui exilait saint Eiienne dam
nie de Proconese dans rHellespont,
On dit que durant dix-sept jours passés I
Chrysopolis, saint Etienne ne prit aucune
nourriture, quoique l'empereur lui en eût
envoyé abondamment, II ne voulait rien re-
cevoir d'un excommunié. Avant de quitter
ce couvent, il guérit le supérieur que les
médecins avaient abandonné. A Proeonèse,
il se logea dans une assez jolie caverne qu*il
trouva sur la côte, dans un lieu désert, prè$
d'une église de sainte Anne. 11 se nourrissait
des herbes qu'il pouvait trouver. Presque
tous ses moines vinrent le trouver à Proc<>-
nèse,où ils fondèrent un nouveau monastère.
Sa mère et sa sœur, quittant le lieu où ella
s'étaient retirées, vinrent le trouver dam
son île. Mais bientôt le saint, trouvant si
caverne trop agréable, se fit faire une cm
en fer sous forme de colonne dans laqoelk
il était fort À rétroit. Il était alors Âgé de
quarante-trois ans* On était en l'an de Jé-
sus-Christ 7G3< Dans son île, saint Etieime
faisait beaucoup de miracles. Il guérit uo
aveugle, un démoniaque et un soldat percJus.
Il faisait aussi des instructions au peuple*
l 'empereur, ayant été instruit de tout ecU,
fil ramener saint Etienne h Constantinofde,
disant que, même dans son exil, il ne ccs^^U
de prêcher ridolâlrie.ll le fit oiettre, avec les
fers aux pieds et aux mains, dans la prison
du palais, Queloues jours après il le (il venir
sur la terrasse du palais, et rinterroaealui*
même. Le saint, en allant h cette coniéreoee»
prit une pièce de monnaie à rellîgie de l'eiD-
Fereur. « Voyez pourtant, dit le prioci^ en
abordant, aux deux oûiciers qui l^êccùm-
pagnaientj quel homme me charge itecitont-
niesî >* Le saint regardait la terre et lie r^
pondait pas. « Tune réponds pas* m
lui dit rempereur. Saint Etienm .^. . :
M Seigneur, si vous êtes résolu à me con-
damner, envoyez-moi au supplice : si vouj
voulez m*interroger, modérez votre colère,
alin d'être un juge équitable. — Dis*{noi* lui
dit rempereur, quels décrets ou quels i»ré-
ceptes des Pères avons-nous méprisés i»ouf
que tu prennes le droit de nous traiter o hé-
rétiques* — C'est, dit saint Etienne, parce
(jue vous avez ôté des églises les images quif
les Pères ont re(;.ues et adorées de tous tempf.
— Impie, ne les nomme pas, dit rerapereur,
ce sont des idoles. — Seigneur, reprit sainl
Etienne, ce n*est pas la matière que les chré-
tiens adorent dans les images; nous adoron*
le nom de ce que nous voyons, remoaUnt
par la pensée aux originaux* — Esprit bouché,
dit l'empereur, est-ce qu*en foulant aux pied*
des images, nous foulons aux pieds Jésus-
Christ?» Alors Etienne* prenant la pièce de
monnaie qu'il avait apportée, dit àTenipereur :
a Seigneur, de qui est cette image, de qui e$t
cette inscription? — C'est la mienne, dit
rempereur et celle de mon ûls L^on. —
Serai-jc donc puni si je la foule aux pieds?
— Certainement, [luisau'elle porte rimage
des empereurs invmcibles. » Le saint ^«p»^
lit : a Quel sera donc le supplice d© celoi
qui foute aux pieds le nom de Xésus-Cbfût
^îl
ETl
ETI
du
et de sa Mère» dans leurs images? " Alors il
jeta la pièce de moiitiaie et loareha dessus.
Ceux qui accorapagnafent lempereur se je-
tèrent sur loi comme des botes féroces, vou-
Innt le précipiter de la terrasse en l>as; ce
fut l'empereur qui les en empêcha et qui
^ii¥ora le saint, lié par le cou et les mains
«ttacnées derrière le dos, à la prison nommée
le Prétoire, pour le faire juger selon les lois,
comme ayant foulé aui pieds fi mage de Tem-
pereur. Le saint n^avail jpas voulu autre
chose que le faire tomber cfans celle contra-
diëtioD.
Saint Etienne, dans sa prison , fut soigné
par la femme d'un des guichetiers qui était
catholique et qui adorait les saintes images.
Instruit par révélation que sa mort était pro-
chaine, il lit venir cette femme qui le nour-
rissait, et lui dit : « Je veux passer quarante
jours dans rabstinence, cessez de m'apporter
du pain et de Teau, car je sais que ma vie
finira bientAl. ^ Le trente-huitième jour il lafit
reveniret luiditdevant lesautresprisonniersi
qui la plupart étaient des moines : « Venez,
femme bénie, Dieu vous rende au centu-
ple le bien (jue vous m'avez fait. » Et lui
^xendanl des images qu'elle lui avait prêléite :
Reprenez-les, dit-il, qu'elles vous servent
le protection durant votre vie, et de gage de
ire foi. Demain, dit-il, je partirai d*ici
ur aller à un autre monde et à un autre
[uge. »
Constantin, durant ce temps-là, célébrait
fêle de Baechus en jouant de la lyre et en
isant des libations. Queîqu un vint lui dire
e le chef des abominables, c'est-à-dire
tienne, avait transformé la prison du Pré-
ire en monastère, et qu'on ne cessait d*y
anter des cantiques, et d y adorer les ima-
ges. Outré de colère, Tempereur appela un
tlicirr de ses gardes, et lui commanda de
envr le saint hors de la ville, de Tautre
*»të de la mer, au iieu où avait été Féglise de
HtUe Maure, qull avait fait abattre et dont
il avait fait la place des exécutions à mort.
Un de ses courtisans lui disant : « Voilà que
viens de rencontrer Tennemide la vérité,
tienne d'Auxence, que Ion menait pour
èlre puni par le glaive. » L'empereur dit :
« Que peut-il y avoir de plus doux pour
Etienne que de mourir ainsi, que d'avoir la
léte coupée? Il Ta désiré dès qu'il a été ar-^
rHé. » Alors il commanda fju*on ramenât
Etienne en prison. Jl fit venir deux frères
qui étaient parmi ses oUiciers et les envoya
à Etienne , pour lui dire de sa part : * Je
vous ai tiré des port<'S de la mort, vous
voyez combien j'ai soin de vous, ayez quel-
que complaisance pour moi. Je sais, ajouta-
t-il, sa dureté, il refusera; alors donnez-lui
tant de coups sur le visage et sur le dos, qu'il
expire quand vous sortirez. » Ces deux en-
voyés dirent bien au saint hommr de quelle
mmission ils étaient chargés ; mais, voyant
^uil persistait et qu'd n'en était que plus
lerme dans sa fui, ils lui baisèrent les pieds
et reçurent sa bénédiction. Quand ils revin-
rent, ils dirent à l'empereur : a NousTavons
déchiré de coups, et certes il ne vivra pas
■«01
i
jusqu'à demain. » L'empereur fil un grand
éclat de rire et continua son orgie.
Le lendemain, saint Etienne dit adieu à
ses moines, et se fit ôter le scapulaire , l'é-
charpe et la ceinture. 11 voulait aussi quitter
lacuculle; mais ils lui tirent observer qu'il
devait mourir avec Thabit de son ordre reli-
gieux. Il répondit : « D'ordinaire, ceux qui
vont au combat se dépouillent; d'ailleurs il
ne faut pas que ce saint vêlement soit dés-
honoré par les insolences de la populace* »
11 ne garda que sa tunique de peau. L'em-
pereur, ayant su que ses deux envoyés Ta-
vaient trompé, se leva et courut dans tout
le palais comme un furieux. 11 criait que tout
le monde l'abandonnait, le trahissait. Quand
ses courtisans vinrent pour manger avec lui
et pour continuer la fête, il leur dit : « Je ne
suis plus votre empereur, vous en avez
maintenant un autre, de qui vous baisez les
pieds et qui vous fait exécuter ses volontés.
Vous lui demandez sa bénédiction. Personne
ne veut prendre mon parti pour le faire mou-
rir et me mettre en repos. » Comme ils lui
demandaient quel était cet empereur : « C'est,
leur dit-il, Etienne d*Auxence , le chef dm
abominables, » Aussitôt qu*il l'eut nommé^
cette troupe en fureur sortit, faisant un ef-
froyable vacarme et ^e rendit à la prison
en' vociférant : « Donnez -nous Etienne
d'Auxence, » criaient-ils aux gardions. Alors
le saint s'avançanl :« Je suis, leur dit-il»
celui que vous cherchez. » Aussitôt ils le
terrassèrent, et lui attachant des cordes aux
fers qu'il avait aux pieds, ils le traînèrent par
la rue, lui frappant la léte à coups de pieds,
de pierres et de bâtons. En sortant, à la pre*
mière porte du Prétoire, dans roratoire de
Saint-Tliéodore, il s'appuya les mains contre
terre, et levant la tête, il tourna les yeux au
ciel pour saluer le saint martyr. L'un de ses
bourreaux, nommé Philomate, dit : « Voyez
cet abominable qui veut mourir comme un
martyr, n II courut prendre un grand piston
de t>ois à des pompes à incendie qui étaient
là, et en frappant le saint sur la tôte, il le tua
du coup. Mais, disent les Actes, Philomate
tomba sur-le-champ , grin(;aDl des dents
et s'agitant avec fureur. C'était le démon
qui s'emparait de lui et qui le tint jusqu'à
sa mort. On traîna le corps par les rues, dft
sorte qu'au bout de quelque temps les chairs
s'en allaient en lambeaux. On lui écrasa le
ventre avec une grosse pierre, de sorte que
les intestins sortaient et traînaient partout
sur la voie publique. On le frappait, quoi-
que mort , avec acharnement et fureur : les
iemmes surtout montraient une rage indici-
ble. On faisait sortir les enfants des écoles,
par ordre de l'empereur, pour lui courir sus
avec des pierres. Si sur son passade quel-
qu'un refusait de le faire, immédiatement
il était signalé comme ennemi de rempereur»
A la place du Bœuf, quand latTrcux cortégo
passa, un cabaret ier occur é à faire frire du
poisson, croyant le saint encore vivant, oa
bien voulant aussi, lui, mutiler ce corps déjà
d pitoyablement traité, lui déchargea un
couji de tison sur la tête* La boite du crAne
W5 ET!
fui brisée en arrière et la cervelle sortît» Un
catholique qui suivait » fâisanl semblant de
tomber» nmiassa cette cervelle, Teuveloppa
dans son niouclioir et eonlinua de suivre
pourvoiroùl on jetterait le corps. Quand cette
mt^tne populace fut arrivée au monastère
où était la sœur du saint, elle voulut la faire
sortir et la forcer h le lapider aussi. Mais
eïïe s'était renfermée dans un tombeau
obscur, et ils ne purent la trouver. Enliti ils
jetèrent le eorps dans la fosse où avait été
l'église de saint i¥lage, martyr, et dont les
empereurs avaient fait la sépulture des cri-
minels et des païens. Quand ils eurent fini,
ceux des courtisans de l'empereur qui s'é-
taient distingués dans cet exploit d'atrocilé,
allèrent le lui raeonier* Il se mit h table avec
eui, et il éclatait de rire pendant qu'on lui
narrait les circonstances de cette mort.
Saint Etienne fut mis h mort le ^28 novem-
bre 76t, dans la cinquante-troisième année
do son <1ge. Théodore porta sa cervelle et une
partie de son crâne au monastère de Dius.
L*abbé les cacha précieusement dans Téglise.
L*Eglise fait la fôte de saint Etienne le ^8 no-
vembre, jour de sa mort.
ETIENNE (saint), soulfrilla mort en l'hon-
ïieur de lésus-Chrtst, h Burgos,en Espagne.
11 était abbé du monastère de 8aini-Pierre
de Gardegna, du Tordre de Saint-Bonott, et
fut massacré par les Sarrasins, avec deux
cents de s«s samls religieux. Les chrétiens
les inhumèrent dans le cloître. L'Eglise ho-
nore leur mémoire le 6 août.
ETIENNE (saint), Hongrois, frère mineur,
fut tué avec saint Conrad, Saxon, appar-
tenant au même ordre, dans Tannée 1287,
près des portes Caspienncs, Ils étaient par-
tis, comme dlialîituue, afin de se livrer aux
travaux di« leur apostolat ; les scliismaliques,
furieux de leurs succès, les mallraitèrent
avec une cruauté inouïe. Ces deux saints
combattants succombèrent au oiiïicu des
soulfrances, en prononçant le nom de Jésus.
{Voy. les Chroniques des Frères Mineurs^ t»
II, p. as bis À
ETIENNE (saint) , franciscain, naquit au
Grand- Waradin, ville épiscofiale de la liante
Hongrie. 11 prit fort jeune Thabit des fran-
eiscains, et fut élevé à la prêtrise. A TAge
de vingt-cinq ans, il habit ut le couvent de
feint-Jean, firès de Serai, capitale d'Ouzbek,
dans le Kaptcliak.Peu h peu sa conduite de-
vint chancelante. Renfermé par ses supé-
rieurs pour une fan e, il éprouva la tenta-
tion de s'enfuir; mais il se recommanda aux
prières des religieux, et surmonla cette
mauvaise pensée. Quelque temps après, on
le tjt partu' pour le couvent de Calfa. Eu
route, il trompa la surveillance de son com-
pagnoQ de voyage, et prit lat\iito. Il entra
dans la ville de Serai, et dit aux musulmans
qu'il voulait embrasser leur loL Le cadi,
enchanté de voir un prêtre, un membre
d'un ordre religieux si important, embras-
ser Tîslamisme, résolut de donner une grande
pompe à sou abjuration. Le lendemain était
le jour de la fêla mahométane appelée me-
rtlA. Ce jour était pour les chrétiens celui
ETI ^1
du vendredi saint, cette année-lb, Etieiuii
fut conduit à la mosquée. H y lit pubtiqueiii«iH
son abjuration. Ce fut lecaui qui l ' ' -3
de son habit religieux. L'apost-i !*
avec mépris Sfius ses pieds. A la plai:e, U r«»
eut un vêtement écarlate brodé d*of. Cett«
abomination se t>«^ssait en présence de dix
mille personnes. Le cadi répandit le bruit
(îu'un grand prêtre des chrétiens veoaitd'ab*
jurer. On accourut de toutes paris pour Tûar
Etienne, qui, monté sur un cheval masaift-
quemenl enliarnaché et précédé de son nibit
religieux, qu'on portait au bout d'une I<jO-
gue pique* fut promené trio^lphe^'^^*^^* f>af
toute la ville. Les musulmans trii ul
La douleur et la honte navraient *t3 ^ufé-
tiens, surtout les franciscains, qu'on voyait,
les yeux baignés de larmes, fuir cette mît
qui les injurtait. Le spectacle de cette dé^
lation des framisrains commença à toucbâr
le cœur d'Etienne. Les musutniaus, pourW
faire confesser Tunité de Dieu, vuulôieîrt
qu'il élevât un doigt en Tair. Fh'enn»^, \mm
maintenir que le dogme de li ^
cilié avec relui de Tunité <liv ^ jA
éli'vcr trois doigts. Au festin d<iUfié mt^
honneur, il ne toucha à aucun mets* Bietitât
un le conduisit à sa maison, avec un iroi©
qui deviiit Tinstruhe. Les religieux diïoa
ordre lui écrivirent jilusicurs lettres diôf«pn>-
ches, qu'il mouilla de ses larni<'< t ** r^tyim'
tir entrait dans son coeur. 11 rù\ îû
(Teux, nommé Michel: « J*ai p, ^^..v ivi*iUi8
Judas; mais je ne me livre pas caonDtW
au désespoir. Par la miséricorde d« BWt
j*/ii reconnu ma faute, et je nreu reffefê'M
vous pouvez me cacher sans vous. . '
uiellre, ni vous ni les chrétiens, îamiilftl
h subir une t>nson perpétuelle ; si
le ïiouvez pas, je tlésire du moins qm
veniez me préparer, par l'admin
sacremi'uts, h Téprcuve du iv
ainsi que j*ai renié Jésus-< '
je veux le reconnaître pubi / : '^
mon Dieu et mou Sauveur, » Le ietiiivaàaiOt
Cjui était fil jour de triques, un • entrevue «<
lieu dnns la maison d'un chrétien; Pierre*
Boîoi^ne, gardien, et plusieurs autrivs Irr-rf^
s'y rendirent. Etienne denianda ^
son crime, avec des larmes si i,...v.;^.4«i
avec un si vif repentir, q\iO toute l'afisiiCiM
en fut émue profondément. Il recul ^'-^'^
lution de son crime. Lo lendeuiaîa»
se présenta à la mosquée, où il y avait
dix ntille assistants, il monta coun ^
ment à la tribune, et réclama le sileoct
Tauditoire : « J'ai été chiéliiM» durant
cinq ans, dit-îl,j'ai éludi*!'! l i
Il est ia véritable religion, la d
giieJle on puisse se sauver. D*jpuJ»
jours que j ai vécu chez vous cooioiC
tat, je n'ai vu dans la votre que Iq
et la superstition. J'ai acquis ta Wi
que Mahuinut est un imposteur, un fil«i
phète. Ma foi e:»! donc ; que Jés
est h! vrai Fils de Dieu el le SauTi
monde. Je reconnais qn*> -i.'^ mainte mil
vier^j;e ; j ai eu horreur et vot m
reli'iion. w Alors, d'un ell-* . ^ ..^dain^ d<
W7 ETl
raBt sa robe d'écarlate, il reparut avec l'ha-
bit de franciscain qu'il avait mis en dessous.
Les musulmans voulaient le mettre en piè-
ces. Us l'eussent fait, si le cadi n'eût pas dit
qu'il devait, pour un si grand crime, 6tre
réservé pour le supplice du feu.
Etienne fut conduit enchaîné chez le cadi,
où iJ fut tourmenté jusqu'au soir. Persis-
int dans sa coostance, il fut livré au l>our-
ireau. Après une abstiitence de trois jours et
5s tortures déjè endiirées, il fut fraji|>é avec
les sachets remplis de plumb et de snbîe.II
[)mbaà demi mort, fi f(jt alors suspendu par
pied et par une main. Aux deux autres
membres on attacha des poids forts pesants.
■ resta dans cette alfreuse position jusqu'au
lendeniaiïK Les bourreaux, layanl délaclié,
li permirent de prendre quelque iiQurri-
ire, que la femme d;Ouïbek-khan avait en-
nuyée. Le soir il fut frap^' avec les mômes
débets. On le pendit par les pieds, les janv
iement écartées, et un poids cODsidé-
llachit à la lôte. Le jour suivant, il
Irait encore* On tenta vaioement d'ébran-
*r son courage, et le soir venu, après Va-
iroir fustigé encore, on loi passa au cou une
>rde avec laquelle on le suspendit. Sous ses
j>ièds on alluma un brasier qu on couvrit de
iniier» ailo que le saint eût à souffrir h la
Ibis la douleur produite par les flammes et
^éiouirement iiroduil pur la fumée. Apres
temps assez loir^^ les bourreaux, uni le
royaicnt mort Je détachèrent et le jetèrent,
mme on jette un cadavre, dans un coin de
prison. Deux feumics musulmanes, ayant
Fpulu le voir, raperçurent Je matin, en
prières» environné d'uû globe lumineux, et
apt une columbe sur chaque épaule. Le
dî, instruit du prodige, vint s'en assurer
i-même. Il fit disposer sur la place pu-
blique un grand bûcher, annonçaot qu'E-
ennt allait y être consumé tout vivantXe-
iidant il se ravisa. H Ot chaulFerune four-
aise dans laquelle on jeta le saint. Ou en
Qia 1 entrée. Le lendemain, quand on vint
ur chercher les cendres do son corps, on
trouva en prières et seulement couvert
ine sueur Ici^ère. Le cadi voulait lui ren-
ia liberté. Les musulmans menacèrent de
brûler lui-même» s il persistait dans cette
iDtt*nlioû.Etieune fui comluit à la prison dt*s
ndamnés. La nuit, li^s musulmans s y ren-
irent en foule el en armes, ils brisèrent
portes et dirent au saint que s'il ne re-
m^fili à Jésus-Christ, il mourrait sur-le-
amp, Etienne répondit qu'il était prêtre de
Seigneur Jésus - Christ^ dont la loi
oanait le salut, que celle de Mahomet me-
lail à la perdition. Un des musulmans lui
déchargea sur la tète un coup de hache, nui
lui tit une blessure fort grave ; un autre lui
'onna dans le ventre un coup d'épée, qui
~it les entrailles h nu; les autres crièrent
*il fallait le gartler pour le supplice du
u. Le cadi viol, sur ces entrefaites^ lui of-
frir de le faire guérir de ses blessures, de
lui donner sa tilli* en mariage et de Tenri-
chir* ti Faites de mon corps co qu'il vous
EU0
dia
^
Ire
lui
Kdoi
m
condamna h être brûlé vif. Pour le conduire
au bûcher, on 1 attacha à la queue d*un chc-
vaL Dieu montra sa puissance en permet-
tant que cet homme si torturé, blessé h U
tête el au ventre, fît voir tine force extraor-
dinaire, et devançât dans sa course Fanimal
qui devait Fentraîner» On lui fit sutnr une
cruelle flagellation. L'un d'entre eux lui
coupa une oreille et la jeta dans le feu. Cette
oreille rejaillit dans le sein d'un chrétien,
q^uî la porta au couvent des Franciscains.
Lnchatné près du bûcher, Etienne firia Dieu
de lui permettre de faire le signe de la croix
avant son supplice. Aussitôt ses liens se
rompirent, 11 lit le signe du salut, s'élança
dans le feu. qui s'éteignit au contact de son
corps. On apf^orta du bois sec, des matières
résineuses, on enduisit le saint de matières
intlaoïmablcs, et on lui atlacha les mains,
puis on le puussa dans un nouveau brasier.
Les tiens se rompirent encore, el de nou-
veau le feu fut éteint, sans que lo saint en
reçût la moindre blessure, Etienne défia ses
bourreaux de le faire brûler tant qu'il se-
rait vivant. Les mahométans, furieux, se je-
tèrent sur lui et le mutilèrent, le frappant
avt'C dos haclies, des épées, des fouets, jus-
qu'à ce qu'ils Teussent mis eu lambeaux.
Son martjre dura ainsi six jours entiers.
Quaîid il fut mort, les persécuteurs brûlè-
rent facilement sou corps. Les cbrélieus re-
cueillirent,malfiré cela, quelques-uns de ses
os, qu*ils conservèrent comme reliques, et
qui devinrent I objet d'une grande vénéra-
tion et opérèrent [dusieurs miracles. Sa mort
eut lieu le 22 avril 133'*.
ETIENNE DE LANiCH (le bienheureux),
du vicariat de Corse, partit avec trois autres
franciscains nommés Nicolas de Tauïicis,
Donat et ï*ierre de Narbonue, pour évangé-
liser les inQdèles. Arrivés à Jérusalem, ils
résolui'cul de se rendre, un jour de grande
solennité, dans la mosquée du temple, aûû
^d y prêcher Jésus-Christ et d'anathéniatiser
'Mahomet» Les musulmans, furieux de cette
hardiesse, les battirent cruellement et les je-
tèrent à demi morts dans un noir cachot, où
ils restèrent trois jours sans manger. Au
bout de ce temps, ayant refusé de rétracter
publiquement leurs paroles insultantes con-
tre le prophète, ils furent massacrés h coups
de hache et d^épée, Jo 11 novembre 1391.
Deux fois les iulidèles voulurent brûler les
reliques de nos bienheureux, deux fois ils
furent obligés d'y renoncer. Ils les enterrè-
rent alors secrètemeol, aiin que les chrétiens
ne pussent les enlever. (Chroniques des Fri-
res Mineure^ t* iU, pag, 16; Waddiug, an.
1391. ni.)
EUBCLE (saint), martyr en Palestine, en
)&ndeJ.-C* 309, sous les successeurs de
Dioclétien , fut mis à mort à Césarée, avec
saint Adrien. Tous deux venaient de Moû-
gaoe dans cette ville pour y visiter les con-
fesseurs. Aux portes, ainsi que cela se pra-
tiquait alors, on leur demanda ce qu'ils
venaient faire : ils dirent naïvement la vé-
rité. Us furent immédiatement arrêtés etme-
m
EUb
leur fil déchirer les cAtés avec les ongles de
fer, et, ensuite, les fit exposer dans Tamphi-
Ihéâtre à la fureur d'un lion. On fut obligé
d'achever les saints à coups d'épée. Eubule
fut le dernier martyr de cette sanglante per-
sécution en Palestine. Elle y avait duré sept
ans, sous trois gouverneurs : Flavien, Urbain
et Firmilien. La fête des deux saints a lieu
le 5 mars. {Voy. Eusèbe, Des martyrs de Pa^
lestine.)
EUCARPE (saint) , martyr, souffrit pour la
foi, et recueillit la glorieuse palme des com-
battants pour la foi avec saint Trophime.
Nous n'avons aucun détail dans les Actes des
martyrs sur le lieu, l'époque et les circons-
tances de leur combat. L'Eglise célèbre leur
glorieuse mémoire le 18 mars.
EUCARPE (saint), martyr, donna son sang
pour la religion de Jésus-Christ , en Asie ,
avec saint Bardomien et vingt-six autres.
Leur martvre est resté obscur quant au
détail des faits. L'Eglise fête ces deux saints
le 25 septembre.
EUDÉMON, évéque deSmyrne,du temps
de l'empereur Dèce, fut l'une des malheu-
reuses victimes de la persécution que ce
prince suscita contre l'Eglise. En 250, dans
sa ville épiscopale, il eut l'afifreux malheur
de renier Jésus-Christ , et de sacrifier aux
idoles. Pendant que tant de saints de son
Eglise confessaient généreusement leur foi
et mouraient pour elle, lui l'évoque, oui de-
vait à tous l'exemple du courage, lui îe suc-
cesseur des apôtres, qui devait conduire à
Dieu, par la voie pacifique ou par la voie san-
glante, le troupeau confié à sa garde, déser-
tait à la fois son Dieu , son troupeau et tous
ses devoirs. Ah I que ceux qui ont charge
d*Ames sont à plaindre s'ils tombent ! La gra-
vité de leur péché se grandit de tout ce que
leur exemple produit de mal dans ceux dont
ils sont les chefs. Dieu leur impute non-
seulement leur propre péché, mais encore ce-
lui de ceux qui étaient confiés à leurs soins^
Plusieurs auteurs, ïillemont en particu-
lier, disent que peut-être Eudémon devint
persécuteur. Il nous semble que l'aflirmaiive
est hors de doute. Quand Polémon et Théo-
phile dirent à saint Pione de se rendre au
temple, pour obéir, comme avait fait leur
évêque , ils ajoutèrent , après le refus du
saint : « Rendez-vous au temple; Lépide et
Eudemon vont vous interroger. » Quoi I ce
n'était pas assez d'avoir abjuré sa foi , d'a-
voir à rougir de sa faiblesse devant tous les
fidèles , il fallait encore se mettre au rang
des persécuteurs , et venir interroger ceux
qui restaient fidèles au drapeau qu'on ve-
nait de déserter. Ah I Eudémon , quel que
soit dans une âme l'amour de la vie, il Jr a
de ces sentiments qu'on n'y saurait étouffer.
Quand vous, l'évoque, le supérieur de Pione,
hier encore pour lui le représentant de l'au-
torité divine, veniez lui demander, lui con-
seiller, lui ordonner l'apostasie , il devait se
passer dans votre cœur des choses étranges;
comment la honte ne bouillonnait-elle pas à
tlols dans votre âme? Comment ne venait-elle
pas voiler votre visage, éloutFer votre voix ?
txK m
Comment pouviez-vousle regarderenbee.Li
vie obtenue au prix d'une telle position, c^élait
quelque chose de pire que la mort. Abl Diet
vous a fait payer ciier, convenez-en, lesjoon
dont la lâcneté et la désertion furent U r».
çon près des persécuteurs. » (Foy. les Adei
de saint Pionb, à son article.)
EUDOXE (saint), fut immolé pour la saiDlt
cause du christianisme, à Edesse, sousk
règne et durant la persécution de l'empercw
Licinius. Il eut pour comparons de sm
combats les saints Cartère, Styrîaque, Tobît,
Agape et plusieurs autres qui ne sont pis
nommés au Martyrologe. La i%te de ces g^
néreux soldats dé Jésus-ChrisI a lieu le I
novembre.
EUDOXE (saint), fut martyrisé en Ami-
nie, sous l'empire de Trsgan, en Tannée IfL
Les Actes de ce saint, qui sont communs 1
saint Zenon et à saint Macaire, portent qie
Trajan fit martyriser à la fois onze mille sol-
dats à Mélitine, ville d'Arménie » parce qa*ib
n'avaient pas voulu renoncer au chnstit-
nisme. Ces Actes n'ont point un caradèi
assez sérieux pour que, sur leur autorité,»
adopte l'opinion que Trajan ait pu faire bm
un aussi grand massacre. Les Menées des
Grecs disent que les onze mille soldats fi-
rent mis à mort sous Trsgan, ou sous Adriëi,
son successeur. Nous ne devons adoplerm
des opinions certaines ; celle-ci est Ioîb aé-
tre établie sur des preuves. Baroniusselaéi
probablement là-dessus pour dire qsÊ tes
soldats sont les chrétiens cruciQés wW
mont Ararat, sous Adrien, et dont Vt^^m
fait la fôte le 22 juin. Rien ne le déoioifte.
Nous regrettons de n'avoir pas de doct*
ments plus précis sur le saint dont immi
parlons.
EUDOXE (saint), soldat et martyr, soalM
à Mélitine, en Arménie, avec ses deux coa-
pagnons , Zenon , Macaire , et quatre oeal
auatre autres, qui , ayant quitté le tModricr
urant la persécution de Dioclétien, foreflt
mis à mort pour la foi de Jésus-Christ. Oi
sont inscrits au Martyrologe romain le S
septembre.
ËUDOXIE (sainte), mourut martyre allé-
liopolis, aujourd'hui Balbek, sous remfnre
deTrajan. On manque absolument de détails
sur son martyre ; cependant on sait qa'dlt
mourut percée d'un coup d'épée. L^iist
fait sa fête le 1" mars.
EUGÈNE (saint), l'un des sept fils de saml
Gétule et de sainte Symphorose,'fut martTrisé
pour la religion chrétienne , sous rempiif
d'Adrien. Ce prince le condamna k éîrt il-
taché à un pieu, et ensuite le fit pourieoAt
dans toute la longueur du corps. Sa fête art
célébrée par l'Eglise le 17 juiÛel. (Kof.Sn-
PHOROSE.)
EUGÈNE , fiancé de sainte Victoii^, vojvl
qu'elle ne voulait plus se marier, mais met
consacrer sa virginité au Seigneur , Ma
de l'empereur Dèce , de concert a? ec soi
ami Aurélien, fiancé d'AnatoIie, scrar deTi^
toire, qui avait aussi pris la même résolt-
tion, que les deux sœurs leur seraient li-
vrées. Ils les emmenèrent à leurs i
de cani pagne , et n*ayant pu les amener &
changer df3 résolulioa, ni jmr persansion, îû
par menaces, ni par mauvais traîtemerils, ils
les livrèrent au juge, qui les lit niiîtire h
mort loult*s deux en 250 » sous Teoipire de
Dèee. (Vot/. Victoire , Asatohe, Falistï-
EUGÈNE (saint) , fut martyrisé à Rome
us le commencemeut de Gaîlien » avec
sainte Flore, sainte Lucille, et les saints An-
tonin, Théodore et leins compagnons au
nombre de diï-liuit. L*Eg!ise fait leur fête le
29 juillet.
EDGÊNE (saint) , disciple de saint Denys
de Paris, fut martyrisé peu de temps après
f e saint évLV|ue, h Deuil. On IV enterra. De
là son corps fut transféré h l'abbaye de Saint-
Deuys. Mariana dit ciu'une partie de ses re-
liqurs enrichissait l'église de Tolède : il
Lcolnfond le saint duquel nous parlons iii avec
âinl Eugène , évoque de Tolède. La fête de
saint Eugèmtestraarquée au Martyrologe Iel5
novembre. On voit par ce que nous venons
de dire, que la mort de saint Eugène arriva
Yvrs la Un du iir siècle.
EUGÈNE (saint), évéque de Carthage et
martyr, fut élu au milieu de la persécution
que iienséric, rui «les Vandales, alors mallre
de l'Afrique, faisait endurer aux catholiques.
Il était cieesstvement estimé pour son sa-
voir, ses vertus, et le zèle qu'il montra pour
le bien de TEglise, DVibord, il se concilia
rflflTeclion de tout le monde ; les ariens eux-
mêmes, pleins d'estime pour lui, la lui té-
moignaient hautement ; mais au bout de
uelque terans, ces sentiments firent place à
'envie et à la jalousie» Le roi lui lit dire
'il eût à s'abstenir de s asseoir sur le trône
piscopal, de prêcher, et de recevoir dans son
ïg\ise aucun des Vandales. Eugène répondit
ue Dieu lai commandait de ne point fer-
aria porte de TEgliseà ceuit qui désiraient
entrer. Hunéric, car c'était lui qui régnait
ors, furieux d'une telle réponse, lit mettre
es gardes aux portes des églises. Quand
s gardes voyaient entrer dans l'église quel-
e Vandrile, homme ou femme, ifs lui en-
rtillaient les cheveux avec des bâtons dén-
iés, et tirant violemment, arrachaient sou-
ent toute une large portion de la peau du
crâne. Quelques-uns de ceux qu'on mutila
ainsi perdirent la vue, d autres en mouru-
reiil» Il y en eut ua grand nombre qui sur-
vécurent.
Malgré Tatrocité de cette persécution, pas
un seul catholique oe trahit la foi. La per-
sécution dura iiiïisi fort longtemps furieuse,
acharnée* Hunéric mourut nnsérablemcnt en
48^, après un règne de huit ans. Gontamond,
son neveu, lui succéda. 11 continua la per-
sécution, et par son ordre, Eugène, Longin,
Vindénnal furent eondamnés a perdre la tète,
La sentence lut commuée pour Eugène, com-
me il était déjà rendu au lieu du supplice. Il
fui ramené à Carthage, d'où il fut exilé dans
le Languedoc, dans les Etats d'Alaric, roi vi-
stgoth» aussi arien, et allié des Vandales» M
mourut le 13 juillet 505, dans un monastère
g'U avait feut eonslruire auprès d'Albi, dans
un lieu nommé Vians. Voy, Vandalei (Per-
$écut. dfS)
ECGÈNE , commandant d'une partie de
l'Espagne sous Dioelétien, lit mourir en 304
pour la foi chrétiennei les saints Janvier»
Martial et Fauste. il se montra d'une cruauté
inouïe, ainsi qu'on peut s'en convaincre en
lisant les Actes de saint Janvier, au titre de
ce saint.
EUGÈNE (saint), martyr, eut la gloire de
verser son sang pour la foi en Afrique. Les
compagnons de son martyre, dont 1 époque
est inconnue, sont nommés dans le Marty-
rologe romain. Ce sont les saints Aquilin»
(iéruine, Marcien, Quiuctus , Théodote et
Triphon. L'Eglise honore leur illustre ^mé-
moire le 4 janvier.
EUGÈNE (saint), martyr, répandit son
sang pour la foi avec saint Apollone. Le
Martyrologe romain ne marque pas en quel
lieu arriva leur martyre, et n'en donne au-
cune circonstance. L'Eglise honore leur mé-
moire le 23 juillet.
EUGÈNE (saint), martyr, fut martyrisé en
Syrie, avec les saints Paul, Cyrille et quatre
autres dont les noms ne nous sont point
parvenus. Nous n'avons aucun détail sur la
date et les circonstances de leur martyre,
L'Eglisp fait leur fête le 20 mars.
EUIjÈNE (saiotj, martyr, eut le glorieux
privilège de donner sa vie pour la défense
de la religion, avec saint Cotlide et d'autres
encore, dont les noms ne nous sont jKjinl
parvenus. Leur martyre eut lieu en Cappa-
doce, dit le Martyrologe romain, mais il no
donne pas d'autres détails. L'Eglise fait leur
fête le 6 septembre.
EUGÈNE (saint), fut martyrisé durant la
persécution de Dioelétien, sous le président
Lj^sias, au pays des Arabraques, en Armé-
nie. Avant de consommer son sacrifice, il
endura de cruels tourments. L'Eglise ho-
nore sa mémoire le i^ décembre.
EUGÈNE (saint), pape et confesseur, ré-
pandit son sang à Home, pour la défense do
la religion. Les Actes des martyrs ne nous
donnent aucun détail sur le compte de co
saint. L'Eglise fait sa mémoire le 2 juin.
EUGÈNE (saint), souffrit les tourments et
la luort pour la défense de sa foi, avec Paul
son père, Tatté sa mère, et ses trois Irères
Maxime, Sa bi ni en et Ruf. Ayant été accusés
de faire profes.sion de !a religion chrétienne,
ils furent chargés de coups et endurèrent
d'autres supplices, dont les ditTérentes cir-
constances ne sont point parvenues jusqu*?l
nous, et dans les^jucls ils rendirent resprit.
On ignore la date et le lieu de leur martyre.
L'Eglise fait leur fête le 25 septembre,
EUGÈNE (saint), prêtre et martyr, souf-
frit en Arabie, pour la défense de la reli-
gion, avec saint Macaire, prêtre aussi. Ces
deux saints, avant repris Julien l'Apostat de
son impiété, furent cruellement menrlris do
coups, puis relégués dans un vaste désert
où ou les lit mourir par le glaive. On n'a pas
d'autres détails sur leur comiile* L'Egliso
fait leur fêle le 20 décembre.
EUliÈNE (sainte évéque ej martyr, mou*
M3
EUL
VCl
m
rat pour la foi et' pour la d(?fense de Ja reli-
ffion. n eut fx)ur corapajmons de sa gloire
les autres saints évoques Vindérnial et Lon-
gin. Ils combattirent les ariens et les con-
rondirent. Le roi Hunéric, qui pmtégeait
cette secte, ordonna qu'ils fussent décajn-
tés. L'Elise honore la mémoire de ces il-
lustres combattants de la foi le 2 mai.
EUGÈNE (saint), martyr, donna sa vie pour
Jésus-Christ à Néocésarée. Il eut pour com-
Sagnons de sa gloire les saints Mardoine,
[usone et Métellus. lis furent brûlés vifs et
leurs cendres jetées dans la rivière. L'Eglise
fait leur fête fe 2^ janvier.
EUGÈNE (saint), martyr, était originaire
de la Chcrsonèse. 11 cueillit la palme du
martyre avec les saints évoques Agathodore,
Elpidfe, Ethère, Capiton, Ephrem, Nestor et
Arcade. On ignore complètement l'époque
où ces martyres curent lieu. L'Eglise no-
nore la mémoire de ces saints évêqncs le k
mars.
EUGÈNE (saint), évêque et confesseur,
souffrit à Milan, pour la défense de la reli-
gion. On ignore à quelle époque et dans
S[uelles circonstances. L*Eglise fait leur fête
e 30 décembre.
EUGÉNIE ( sainte 1, vierge et martyre,
souifrit à Rome pour la foi, en 258, sous l'em-
pire de Valérien. Mélaphraste et Surius ont
publié ses Actes , mais malheureusement
ils n'ont aucun caractère d'authenticité. Elle
fut enterrée dans Je cimetière d'Apronien,
sur la voie Latine. Il parait qu'elle était de
grande famille et riche, puisque saint Proie
et saint Hyacinthe, qui furent martyrisés
avant elle, étaient officiers de sa maison. Sa
fête arrive le 25 décembre.
EUGÉNIEN (saint), reçut la palme du
martyre, pour la défense de la religion. Les
Actes des martyrs ne nous disent point en
quel lieu, à quelle époque et dans quelles
circonstances il combattit pour la foi. L'E-
glise fait sa mémoire le 8 janvier.
EULALIE (sainte), martyre h Mérida en
Espagne, est célèbre d.ins toute TEglise.
Elle mourut pour la fui, en Tan de Jésus-
Christ «)0{^, sousTempire et durant la persé-
cution de Dioclétien. Ses Actes sincères
existent dans Mabillon , dans Ruinart ; les
voici en entier :
« EuJalie, illustre par sa naissance, plus
illustre encore par sa mort, reconnaît Mé-
rida pour sa patrie. Cette ville est située au
couciiant, et elle reçoit les derniers regards
du soleil, lorsqu'il se plonge dans la mer.
Elle est considérable par la beauté de ses
édifices et par les ricnesses de ses habi-
tants. Mais elle doit son plus beau lustre à
la vierge Eulalie. Ses os sacrés, qui y repo-
sent, en sont l'ornement ; la sainteté de sa
vie en a été la gloire, et sa protection en
fait tout le bonheur.
« Depuis le jour que cette excellente vierge
avait ouvert les yeux h la lumière, h f)oine
douze hi* ers avaient-ils fait tomber les fouil-
les des arbres, et à peine l'astre qui règle
les saisons avait-il visité douze fois tout le
zodiaque, lorsque la cruauté d'un tyran la
fit monter sur un bûcher ; ina?s la grftee for-
tiGant son jeune corar, elle entra an miliea
des flammes comme on un lieu délicieux, et
sans être effrayée de cet horrible appareil ,
elle jeta, par celte généreuse hardiesse, dans
l'Ame des bourreaux la terreur dont la sienne
était exempte.
n Cette grandeur décourage était née avec
elle, et elle en avait donné des marques dès
les premières années de sa vie. On La vit dès
lors aspirer au trône céleste , et mépriser
tour h tour les ieux de l'enfance et les diver-
tissements de fa jeunesse. Toulce qui ad'oh
dinaire tant de charmes pour les jeiinea per-
sonnes n'en avait point pour elle, et elle n'a-
vait que de l'indifférence pour tous ces o^
nements que les autres recherchent avee
tant de passion. Elle ne s'étudiait point I
rehausser Téclat de sa beauté par celui dsi
fleurs ou par le brillant de For et des pie^
reries, et Ton ne vit jamais une confusion de
rubans de diverses couleurs renouer ses
beaux cheveux autour de sa tête, et en for-
mer des boucles. Une démarche modeste,
un silence sévère, une conduite réglée,
étaient toute sa parure, et faisaient admirer
dans une fille de douze ans toutes les vertus
de la vieillesse.
a Mais lorsque la persécutioa de Timpie
Dioclétien, comme une peste furieuse, gi-
gnant de province en province, et de ville en
ville, se répandit sur toute la terre, et qae
l'on vit les tyrans armés contre Jésus-Cirât
forcer les Gcfèles, par la rigueur des soffl^
ces, à donner aux dieux des enfers un en-
cens souillé par le sans impie des victisies,
le cœur d'Eulalie en frémit. Elle se sent lait-
ier du désir de se signaler dans ceUegnene;
pleine du Dieu des armées, elle ne respire
que le combat, et ne pouvant plus retenir
cette noble ardeur, elle veut aller eUe-mèDe
chercher l'ennemi.
a II faut toutefois qu*elle réprima eetle
sainte audace, une mère s'oppose à ce lèle
impétueux. Cette mère, pleine de tendresse
pour une fille si aimable, la conduisit à 11
campagne, et ût en sorte, par cette sage et
prudente retraite, de la dérober aux périls
où son courage Fallait précipiter. Une mai-
son retirée et peu apparente servit durait
quelque tem[)S ae barrière au désir impatieet
qu'elle «ivait de répandre son sang pour M
divin époux. Mais ce repos lui devient ia-
supportoble, elle regarde comme une Uchi
oisiveté cette vie tranquille et exempte de
danger où on l'oblige de passer ses Deitf
jours, et elle se dérobe entin aux. soins di
la vigilance de sa mère. Elle ouvre duraotii
nuit la porte du logis où on la tient ente
mée, et comme un esclave qui rosnpt itf
fers, elle fuit avec joie un lieu qui mettiHii
vie en sûreté. Elle se jette dans la première
route qui se présente, ou plutôt elle ne sfll
aucune route; mais marchante raveotufti
tantôt elle s'engage dans un fond marfei-
geux, tantôt elle traverse des balliers, OU*
déchirant impitoyablement ses pieds tandris
et délicats, commencent à lui faire verser te
premières gouttas et comme les piémioii *
Cependant elle n'est pas seule,
>e d'anges l'accompagne : et qiioi-
lit sonibro couvre de ses voile» les
s dVilenlour, 1 auteur de !a lutnièrei
ne son cœur, édimc aussi s^s \ms,
cliait autrefois dans le désert Far-
Israélites, sous la conduite d*une
imineuse» qui, eomnoemi llainbeau,
es ténèbres à droite et à gauche »
ait la cbt ruin c|u'e11e devait tenir,
la jeune Eidaiio se sauvant do Tli^
ciierchanl le chemin du eiel, qui
e terre de promissîon, mérita que
lairdt pour elle [»arun les ténèbres
lob&ciire. Elle marcha avec tant de
lit une si grande diligence, quelle
fait plusieurs milles avant que le
levé; el lorsquelle entra dans Mé-
ine cetêislre coiumen^ait-il à dorer
H le sommet de ses temples, Elle
alais, se fait juurà travers la garde
*neur, pt*irvient au pied du 4ribu-
Iroave saiis piilîr au milieu d'une
lacbes et de faisceaux. De grâce,
dit-elle h ce magistral d'un ton de
» quelle fureur vous pousse h per-
les âmes, et pourquoi, abusant de
ietl(s tant de malheureux» trop pro-
ilas I de leur salut» les forcez-vous
mier devant ûes dieux laits au ci-
renoncer celui qnî est Fauteur de
kses f Eli bien 1 puisque vous clier-
thréiiens, je suis chrétienne, et de
lemie imiilacablo de vos i( foies. Où
que je les foule aux pieds 7 Je
iS déclarer que je n*adoro qu^un
n*est rien, Apollon n'est rien» Vé-
rien ; que dis-je ? Maximien» oui,
ereur, il n'est nen lui-même : ceux*
[u'ib sonl faits d'uTie souche d oli-
m morceau de marbre ; et celui-ci,
ladoro ce marbre ou cette souche:
ilre le maître du monde, il ne sera
que le dernier des liomrars, tant
ferrai fléchir le genou devant une
du bois. Q l'il tremble h la vue de
^ qu'il mette h leurs pieds sou dia-
is qu'il ne prélendc i^as assujettir
mes libres et dus rieurs généreux
euses bassesses. Quel chef» ù Dieu l
mé à l'empire, quel empereur, ou
1 lyran, qui ne se désaltère que de
cent» qui ne se repaît que des en-
s gens de bien, et qui ne met sa
'à persécuter la vertu? Courage
ne minisire d'un tel raaîlre, em-
fer el le feu, mettez en pièces les
ous ne ferez après tout que briser
ouvrages d'argile j ni vous ni votre
rem [porterez nas en cette rencontre
ire fort signalée, et la valeur n*est
•ande, qui ne s'exerce que sur des
erre.
Lscours si peu attendu, mais eu
ips si vif et si Dressant, n*eut pas
à exciter le d^i'il el la rage dans
gouverneur» déjà assez disposé de
a recevoir ces mouvements. Qu'on
, s'écria-l-il, qu'on Taccable de sup-
plices î qu'elle apprenne par une saiîglante
expérience qu'il y a des dieux, et que noire
iiv\nva n'est (las un monarque en peinture,
fïalheureuse IHIe, à quoi me coiitrains-tu ?
Quoi I ne puis-je te faire revenir de ton im-
piété '/ Aide-loi nri peu, je te sauve la vie»
Considère de quels biens lu te prives toi-
m^mc par ta folie ; quels avanlages ne te
promet point Ion illustre itaissance? Tu re-
fionces à tout cela par un enlétement ridi-
cule. Jette les yeux sur ta maison prête à
ton* her par ta chute : vois ses larmes, écoute
les plaintes que to font tes amétres ; ils gé-
missent, eu voyant la plus Itelle et la der-
nière Heur de leur tige infortunée se Itétrir
au moment qu'elle ne fait qxie d'éclore ; Tu-
nique héritière de le-ur noblesse et de leur
sang périr misérablement sur le point de
leur donner des neveux. 8eniK-tu donc in-
sensible «ux pompes et aux douceurs d'un
illuistrc hy menée ;ton c^eur ne se laissera4-il
noint toucher à la llatteuse espérance do re-
lever ta race, et ne crains-tu (ïoint de com-
bler d un éternel ennui la déplorable vieil-
lesse de ceux oui ont donné la vie h la mère,
en leur ôlanl la seule consolation qui leur
reste. Tu vois ces instruments prupi-es à di-
vers su|)plices, tout cela est préparé pour
toi. Je n'ai qu*un mot h dire» et tu es per-
due. Cesbourreaux n'atleudent que mes der-
niers ordres pour rôïer la vie ; ou l'on te
coupera la tête, ou l'on le livrera aux bêles,
ou bien on m élira ton corps sur des brasiers
ardents, qui feront fondre ta eiKur feu à peu,
et qui eulin le réduiront en cendres. Au res-
te, rien ne t est plus facile que d^éviler de si
affreux tourments ; tu ïi as qu'à jeter un grain
d'encens dans cet encensoir, qu'à lr>ncher
seulement du bout du doigt ces gAteaux sa-
lés, comme pour les oifrir aux dieux, et
voilà la vie en sûreté. Cela est*il si diflieile,
dis-moi, ma chère enfant?
« La jeune Eulalie ne répondit à tout ce
discours que par un fiénnssemenl secret;
puis cédant tout h cnup à Tirapression vio-
lente de resf>ril divin qui la fait agir» elle
crache au visajiçc du tyran, ahat l'idole d'un
coup de pied, marche sur les gAleaux d'of-
frande, renverse l'autel, eru-eTisoiis, vais-
seaux sacrés, et jette le désordre et la con-
fusion fuirmi les dieux et leurs minisires.
Cette s.iinle audace eut bientiit sa récom-
pense ; deux bourreaux h saisisseîit» la dé-
jKîuillent» la déchirent, la meltent tout en
sang. Cette taille tnie el droite plie sous les
coups. lùilalie les compte: on votjs écrit sur
moi. Seigneur, on grave sur mon corps avec
le fer et Tacier vos victoires : que j idmc à
les lire ainsi I votre nom. ù mon Jé?us ! votre
augusfe nom y brille en caractères de pour-
pre. Un air gai et content accompagne ses
paroles. On ne voit point les larmes couler
do ses yeux, on n'en fend aucun soupir sor-
tir ih^ sa bouche, son âme est tranquille, el
le sang i>ur et vermeil qui roule de ses bles-
sures ne sert qu'à relever sa blancheur na-
turelle d'un nouveau coloris, c*est un fard
innocent qui la rend et plus nit et plus
belle.
i
m
EUL
< Mais la cruauté du tyran n*en demeure
pas là; c'est peu pour loi d'avoir porté ses
m^ins sanguinaires sur le corps d^uiie vierge
dont Và\^e et la beaultS Tespritot la naissance
auraient adouci un tigre ; sa barbare fureur
lui fait trouver que le fer ne le sert pas assez
Idt à son gré; il a recours au feu, il espère
en tiier plus de secours, 11 fait fionc allumer
force tliimbeaui autour d'Eulalie, la flamme
renvironne de tous côtés ; elle s*aitache aux
flancs, à la poitrine, elle court, elle vole par
tout le corps. La jeune martyre, voyant qu*on
lui ôtait ses habits, avait dè« le commence-
ment dt^noué ses cheveu t qu'un nœud te-
nait ru^gligerametit relevi'^s sous son voile. Ils
venaient llotler sur ses épaules, et les cou-
vraient d'une inllnité de boucles que Tart
n'avait point faites. Cela avait un peu rassuré
sa pudeur alarmée. Mais déjà la llarame s'é-
lève, gagne les cheveux, et faisant toujours
de nouveaux progrès, monte entm au-dessus
de la tête. Alors la chaste vierge, voyant que
la seule chose qui lui restait pour cacher son
corps aux yeux des hommes lui était ùiée
par la violence du feu, crut qu'elle ne devait
plus vivre ; elle ouvrit donc la bouche, et
respirant pour la dernière fois, elle altirn dans
ses poumons la mort enveloppée dans un
tourbillon de flamme. On vil en même temps
sortir de sa bouche une colombe plus blan-
che que la neige, qui pril son essor vers le
ciel. C'était Tàme d'Rulalie qui, sous cette
figure, s'échappait de prison, raan]Uflnt par
ce symbole, cjue l'Esprit-Saint voulut bien
prendre autrefois, son a^ité, sa candeur et
son innocence- Aussitôt les flambeaux s é^
teignent d'eux-mêmes, la tète tombe douée-
ment sur Tépaule, et le corps sans mouve-
ment et sans vie ne soutire plus; il jouit
d'un parfait repos, pendant que l'esprit qui
laminait, traversant les airs, entre en triom-
phe dans l'empyrée, et va rendre ses vœux
au temnlede 1 Eternel. Un des soldats de la
f farde du gouverneur voit Toiseau miracu-
eux, la frayeur et l'étonnement le saisissent,
et lui font abandonner son poste. Un des
bourreaux, témoin de la même merveille,
donne les mêmes marques de surprise et de
crainte; il fuit, la pâleur de son visage et le
tremlilemcnt qui Tagite conlirment la vérité
du miracle. Cependant la neige tombe î\ gros
flocons, la place en est remplie; le corps dTu-
lalie erï est couvert; le ciel, qui prend soin
des funérailles d^une vierge qui lui est ch^r(»,
en ordoime lui-même la pompe, et y fait ré-
gner partout la couleur des vierges. Fuyez
loin de ces lieu%, vous qui vendez vos lar-
mes aux obsèques dus morts ; qu'on ne voie
point ici de ces |)leureuses qui ne s'aflligent
que pour le compte de ceux qui les payent,
et qui n'ont de douleur qu'autant qu'elles
reçoivent d'argent pour en avoir. Ne venez
point ici déshonorer par une tiistesse feinte
et des regrets forcés la pom[>e funèbre d'une
jeune vierge (]uo les éléments ont ordre de
célébrer.
€ Mérida, illustre colonie des anciens peu-
ples dTslramadure et de Léon, assise sur la
fameuse rivière de la Guadiana, qui> roulant
dei
IW
ses eaux avec une prodigieuse rapidité eDtr«
deux rives toujours fleuries, lave en passtnt
les murs élevés de cette superbe ville; Mé-
rida, dis-je, qui fut le berceau d*£ulahe. a
aussi l'honneur d'être son tombeau, Ce«t
dans le sein de cette heureuse palne qu*I^
lalie repose sous le dôme pompeux d*un
fice de marbre. C'est là que le dévot pèf
et le curieux voyageur viennent révérer su
cendres sacrées; là For éclate sur les ItiiH
bris; là mille fleurs artificielles, faites de di-
verses pierres précieuses, composent un h*
che pavé à la mosaïque ; les couleurs en SCNH
si vives, et 1 art y a si bien imité lanatia%
que vous croiriez' marcher dans une praiiie
semée de toutes les fleurs de la belle saison*
Baissez-vous et cueillez des violettes, bjiei
des Ijouquels d*amaranles ; ici Ubiverasts
fleurs comme le printemps. Recevez cellii
que je vous ofl^re, jeune vierge, ehamtajile
épouse de Jésus-Christ, recevez les gutrlao-
des et les festousquo je viens attacher h vô-
tre tombeau; les fleurs qui y entrent o*<Mit
rien que de commun, mais elles vous
consacrées. Qu'il me soit permis d'hoj
ainsi par mes vers vos sacres ossements,
reposent aux pieds de Jésus-Ctirisl sur
et la pourpre. Et si la douce harmonie
hymnes et de nos chants a de ciuoi loui
jèteïsur votre peuple un favorable regai
EULALIE (sainte), soutTril le martiTei
Barcelone, durant la persécution de Diodé-
tien, au commencem<*nt du iV siècle. Su
reliques sont encore dans cette
L Eglise fait sa fête le 12 février. TiU
p. 112» vol. V, dit que peut-être sainte Eti^iKu
de Barcelone et celle de Mérida ne sont
qu^une même sainte. Ruinart (4cU M,^
p. 496 ) regarde les Actes des deux saiotes
comme également incertains (ilna^mvimw
Prudence), Bollandus (12 fév., p, 37C), Fl«>-
rentinius [p. 102C} estiment que s*il j t deux
saintes Eulalie, on a attribué à chaeoiie
d'elles bien des choses qui n^nppartieiUMOl
qu'à Tune des deux. Saint Euloge, vôiilaiil
montrer qu'exceptionnellement on peulscfr
frir aux persécuteurs, cite sainte Eulalie de
Barcelone : s'il eût estimé qu*il existât mu
Eulalie de Mérida, il n*aurait pas mafiqai
de la citer aussi, puisqu'il est dit au*elte «
lit autant. Faisons comme Ruinart ()ùcaHiX
qui ne décide rien, ne voyant, dit-il, nenv
certain de part ni d*aulre.
EULAMPE (sainti, souffrit lemartyrellft-
comédie avec la vu^rge Eularapie sa scHB'»
Cette sainte fille, ayant appris aue son frèw
élail dans les tourments fH>ur Jésu&-€hfùt
se jeta au milieu de la foule du peuple, fw^
brassa et se joignit à lui pour partager so&
supplice. Ils furent plongés tous deuxdutt
une chaudière d'huile bouillante, mtisii'ii
ayant éprouvé aucun mal, ils eurent li iêll
tranchée. Deux cents personnes, qui s ëtiiNi
converties à la vue d'un si i^aud inifvi
endurèrent le même supplice et reçuresl
palme du martyre, L'Eglise lait îear jl<H
rieuse mémoire ie 10 octobre.
EULAMPIE (sainte). F. Tarticle pféeéd«Bt
EULOGE (saint), martyr, et ses coopH
1
EUL
honor*^s par FEglise le 3 juillet.
rent viclioies de 1apersé€\itioiit|ue
s firent endurer aux catholiques»
ipereur Yalens , à*Constantinoplep
I Jésus-Christ 370.
rE (saint), diacre de Véglise de Tar-
fut martyrisé avec son collègue
gure et avec saint Fructueux son
sous l'empire' de Valérien, en l'an-
L'Eglise célèbre sa ftHe le21 jan-
y.j pour plus de détails, les Actes
nucTUEcx, h l'article de ce dernier,)
rE (saint) d*Edesse, confesseur, ho-
rÈglise le 5 mai, fui banni pour
tie par Valens en 313. (Voy^ son
létaillée à Tarticle Vale?îs, pour ce
rne son exil et ses causes. Ici nous
DS ce qui y manque)» Valens étant
la paix rendue à rÊi^lise par Gra-
neveu, les confesseurs furent ran-
loge revint en Mésopotamie. Bnrses
•t en eiiU Euloge lui succéda sur le
Idesse. Il vécut longtemps, faisant
ur de son diocèse par son savoir et
s,
rE, évèque et confesseur, avait déjà
,sous Constance, pour rorlhodoxie.
une seconde fois sous Valens en
le comte Magnus» qui Fenvoya à
le en Palestine. Il ne faut pas con-
ït Euloge avec celui d'EJesse, qui
Je prêtre à celle époque» et qui fut
18 la ville d'Anlinoiis en cette même
elui duquel nous parions ici n'est
It au Martyrologe romain.
lE (saint), prêtre de Cordoueet raar-
natif de cette ville et descendait
8 plus nobles familles. Dès sa jeu-
^ saint se distingua par sa grande
es illustres vertus : sa science était
aussi fut-il ordonné prêtre et com-
lirection de Fécole ecclésiastique de
très-célèbre à cette époque. Son
et sa douceur le faisaient vénérer
B monde ; et le temps qu'il pouvait
de ses occupations ordinaires était
i la visite des monastères, oîi il allait
de nouveaux exemples de vertu,
ilors , les Sarrasins avaient toléré
de la religion chrétienne dans leurs
ns d'Espagne , et moyennant un
igé à chaque nouvelle lune, tout
restait libre de pratiquer sa reli-
ais alors , quelques disciples de
iy poussés par un zèle indiscret,
înt publiquement contre Mahomet,
ame 11! commença la persécution
lée 850, qui était la vingt-neuvième
^gne. A 1 instigation de lleccafrède,
ire de Momies, était métropolitain,
le Cordoue et plusieurs autres prè-
ttt jetés en prison. Euloge faisait
ces derniers, pour avoir encouragé
jSrrs par ses instructions. Bientôt
îânmoins, il fut mis en liberté, et
' les persécuteurs de rester auprès
frède, AtHigé de cette contrniale,
de se livrer h aucune rondion sa-
» et employa tout son temps à prô*
cher la narole de Dieu. Quand Tàrchevéque
de Tolède fut mort en 858, notre saint fut
élu d*une commune voix, mais son martyre,
qui arriva bientôt après, empêcha qu'il fût
sacré. 11 fut mené devant le juge pour avoir
fourni à une vierge nommée Leocrite, les
moyensdesortirdecliezses jjarents, person-
nages illustres de la ville, qui la maltraitaient
parce qu'elle était chrétienne. Notre saint,
api'ès s'être disculpé de l'accusation, en
prouvant qu'il est des cas où la désobéissance
aux parents devieiit un devoir, confessa
Jésus-Christ et dit gue Mahomet était un
imposteur. Le juge, irrité, le lit comparaître
devant le conseil du roi. Là on voulut le
séduire en lui disant de réîracter seule-
ment ce qu'il avait dit de Mahomet , et
qu'ensuite on le laisserait pratiquer tran-
quillement sa religion. Mais tout lut inutile,
et on le condamna à avoir la tète tranchée.
On raconte que, tandis qu'il parcourait la
dislance qui le séfmrait du lieu du supplice,
un eunuque, irrité de ce qu'il avait parlé
contre le prophèie, lui donna un soufflet.
Notre saint, iidèlc au précepte de l'Evangile,
tendit l'autre joue, et reçut un nouveau
souille t sans rien murmurer. Il fut marty-
risé le 11 mars 859, et Leocrite fut décatutée
quatre jours a^^rès. L'Eglise fait leur mé-
moire le même jour.
EU MÈNE (saint), évèque et confesseur,
soutfrit h Gortyne en Crète, pour la défense
de la religion. Les Actes des martyrs ne nous
donnent aucun détail sur îa d.ite et les cir-
constances de sa confession* L'Eglise honore
sa sainte mémoire le 18 septembre.
EtSNE, surruïm de saint Cbronion, domes-
tique de saint Julien, qui signihe aHuché^
ufftctionné. Ce n'est point le nom d'un saint
particulier, comme l'ont faussement pré-
tendu les auteurs du Martyrologe romain.
(Foy. à ce sujet Juliew et Chwo^tiotï). C'est
donc à tort, qu'après avoir écrit la fête de
saint Cbronion au Martyrologe sous la date
du 27 février avec celle de saint Julien, on
écrit celle de saint Eune au 30 octobre en-
core avec celle de saint Julien. C'est nue
double erreur, une double confusion; on
fait ainsi quatre saints au Heu de deqx
EUNICIEN (saint), martyr^ eut la gloire de
soutfrir la mort pour Jésus-Cbrist, en Crète,
dans la ville de Gortyne, sous le règne de
Dèce, durant la persécution si terrible que
ce prince féroce alluma contre TEglise. Il
fut décapité après avoir scmlfert d'horribles
tourments. Sa fête arrive le 23 décembre*
Saint Kunicien est l'un des dix martyrs de
Crète. (For/. Mahtyrs de CnèTE.j
EUNOIC (saint), martyr, l'un aes quarante
martyrs de Sébaste sousLicinius» {Voy. Mar-
TyBS I>E SÉBASTE.
EUNOMIE (sainte), martyre à Augsbourg
en 30^, sous Terapire de Bioclétien, était
Tune des trois servantes qui étaient atta-
chées à la maisrjn de sainte Afre, hlle publi-
que dans celle villi% et citii niotirut pour la
mi au commence tuent de f,^ ]ïersécutioiK Ces
trois servantes faisaient le mt^me métier que
leur maîresse. Elles la suivirent dau* !*oû
H
m
951 EW
triomphe. Comme on peut l6 voir en Hsûnt
le^ Actos de h sainte, elles furent brûlées
vives dans so i tiimbeau avec mainte Hilaria
sa mère. L'Eglise célèbre leur tôto le 5 août.
(Fow. Afhe.)
EllPUÉAlIE (saiûte), martyre à Aquiléo
sous la persécution du Néron. Le 2 septembre
est le jour do sa fûte. Elle fui martyrisée avec
les saintes Dorothée et Thèele, et saint
Erasme* On manque de documents certains
&ur ious res marl,vrs.
EL'FHÉMIE (sainte), vierge et martyre,
souIlVit ponr la religion chrétienne, en Fan
de Jésus-Christ IWi. Kfle s'était consacrée 2*
Dieu, auàsi moïitrait-elle nn mépris f^rofond
de tout ce qui ne se rapportait pas à lui
et à sa ivoire. Ayant été arrêtée k Chalcé-
doiue, sa patrie, par ordre du gouverneur
Priscus , elh> eut dliorribles soutTrances à
endurer. Les soldais la meurt rirent de coups,
lui cassèrent les dents, après (|uoi elle lut
conduite en prison, d'où on ïa tira pour la
brûler vive. Elle monta sur le bûcher avec
un courage inouï. La Iranquilb'té de sou vi-
sage ténaolgaait de la joie qu'elle éprouvait
de mourir pour Jesus-Cbrist. Longtemps
ses reliqiics furent eonservéi's à Gonstanti-
nople k Saiûte-Soplne; mais Constantin Co-
pronyme ayant voulu les faire jeter h la
mer, on trouva mo3'en de les sauver. Elles
sont aujourd hui à SylhHu-ie ou Syllivri, ville
%u\ est un siège méU'opolilain, L'église de
kl Sorbonne à Paris en possède une parlie.
La fête de sainte Eti|diémie est inscrite au
Martyrologe le Oi septembre. {Voij^ pour
documents saint Paubn, saint Pierre Cbry-
soWgne, et le discours de saint AsEère, que
nou$ allons citer ici).
it Mes frères, il y a quelqnes jours que, li-
sant Démostbènes, je lomoai sur un de ses
plus beaux plaidoyers. C'est celui où il pousse
Eéchine (l)d*une* manière vive et |*ressaole,
et où il semblé avoir accablé ce dangereux
Adversaire sous un amas d'tMMhymèmes. Je
lû*en sentis moi-même accahlé ; et fatigué de
la longueur de la lecture Je m apergus que
j'avais besoin (ï*yn peu de promenade pour
Bie remettre d'une si forte ajjpUcation. Je
sortis donc de chex moi, *.'t ni'éEant promené
flueb|ue temps dans },i grande place avec
deux ou (rois personnes tle ma conn-iissance,
t "entrai dans 1 église ïH>ur y |>iîer en repos,
n passa Jit Sf»us un des portiques, je fus
frappé de J;i beauté d*un Uibleaii que j y vis,
et qui est enehA^^é dans le lambris. On le
prendrait p mr un ouvrài<;.î d'Eupbranor (2)
ou de quelque autre de cl^s IViUjeux peînLriiS
de lanliquité, qui ne pei^naie-rt rien que
d'achevé, et qui savaient si bien donner k
tûui^s leurs tigures de la vie et du mouve-
ment. Vous liiez ceci, si vous voulez; di?Js
MUque je me trouve te loisir-, je vais tâchrr
itftn'e une descriplioi exacte de cetlo e\-
€tU«nte pièce. Nuus avons, nous autres ora*
(f) Faraetu avocat tfAtliénes, cl le rÎTuI <içD>
mos.béoes «n élequeficc.
(î) Cîéltlire pifilre er sctilpinir. Pliae fait h de^-
m^iitm de pftiàicurs exCL'UcjUes pièces sorties de
fft mmu. (Li\\ xxiiv, cliup. }^A
ECP tBi
feurs, aussi bien que les peintrest nos cou*
leurs et nos pinceaux.
« Une vierge cousacrée à Dieu en est te
princi])al nersounage, et sa mort en fait le
sujet. On fa nomme Euphémie* Lorsque U
peri*écution était le plus allumée t^utre les
chrétiens, cette illustre vierge donna avec
joie sa vie pour Jésus-Christ. Ceux d enire
S' s concitoyens qui faisai»"» r^» ofpssioa de là
même religion qu'elle, i de la sain-
teté de sa vie et de la gt'iiM,,^,,. <f - -- ^ v
lui ont élevé un tombeau assez
1 ci^lise. C'est là que chaque an nu
rendent des honneurs publics, le i j
est prodigieux, et tout le peuple^ > i-r
avec de grandes réjouissances, cxinni* ;
fête où toute fa \i\m prend part
la victoire d'Eupbémie. Il n'v n
d'excellents prédicateurs qui font 1*
la sainle, et qui par de beaux et rt*él
discours honorent sa mémoire. Ils p
soin d'apprendre à leurs auditeurs ,
constances du combat qu'elle soutint site
tant de gloire contre les tyrans; oo^is il
s*est trouvé aussi un peintre qui» par unrogtt-
vemeni de piété, a tracé sur la toilô edlé
même histoire; Ion en voit le tableau
ché contre la muraille, et au-dessus du
beau de la sainte martyre. Voici ce que
lient ce cbef-d*œuvre de Tart,
« Le gouverneur de la province y pinll
sur un tribunal élevée ses regards fudciit
farouches sont tournés vers la sainte. U
colère éclate dans Tun de ses yeux, et b
cruauté dans Vautre; car l'art, quanil d i «1-
teint la perfection» fait naître et — '
comme il lui plaît, les pâssious
matière inanimée. On voitau!L cdCéf ibflpif-
verneur quelques officiers de iuçtirn q^Tili
appelés pour juger avec lui ^ pnk
des grelliers, des soldats, de ^ . iii&.Vtt
d*entre eux à des tablettes ù une mua, c II
semble écrire les réponses de la sainte U*itl-
tre main, dont il lieut le poiu4;oQ* eil tul
soit peu levée de dessus les » * ' "-
qu*il regarde la sainte, hau
la bouciic entr ouverte, corn toc > n iui
lait dire de pai 1er plus haut et plus dislîai*
lement,de crainte que n^e renieiidaiit
dcQii, il ne vienne à écrire l*;s rboses êi
ment qu elle ue les dit, ut fiuil ne »i_-
par là u,ie répriman'io des ju;^es, La nM
es-td^boid, vêtue a'unoéi iJoe;l«|£
tre lui donne uu mani^ pbUoiOTl
coiume à une personne qui fdit un# pra^
siun partieulier- delà sagesse?. £Jlea ké>
sage agréable; mais que sou âm^ fMÊfà
belle il qui la |>ourrait voir dans tonliA
beauté l Deux soldats la conduisent rtrsll
gouverneur; l'un la lire à lui ^ » i HiiïtJ
pousse par derrière. Où apt ni
de son visage, et dans toute ^^ ...
de la pudeur et de la fermeté tout
elle baisse les yeux à la vérité, ei
sant les levier sur tous ces lioiiMM«fl>
autour délie, et craignatit aussi d(fi
trer leurs regards; mais âa IraTafl é
pudique honte, ou ne laisse pas d'uMkr
une assurance et une iulrÇidUé 4M
^ EUP
éonne la grandeur do sa foi. J'avoue quo jo
me suis Sfjiti plus iTune fois eulever à la vue
d*uii tableau de Médce, et jo ne pouvais
alors larir sur les louanges Ju peinhe qui
avait fail une si belle clioso; ou y voit la
princesse de Coîchos (Médce), sur le point
dV*gnrger ses d»Mix fils ; ulle le vu la uiaio, et
va, ce semble, leur plonger un pui^^^nard dans
le sein. La pitié et la colère partagent l'air
et la disposition de son visaj^e; elles ]*o<>
cupent (outes deux eu môme temps; elles y
paraissent ensemble distineteuient; la rage
s'y montre furieuse et j^rûle <i ré[)andre du
sang ; cl Tamour materjiel y parait aussi, qui
abhorre un si fcjrand crime, et qui demande
grâce pour des (ils inaocents. Mais depuis
quêtai vu rinimitalLile tableau d'Eupiiemie,
te n ni [>his que de rinililTérenee pour celui
', Celui d'Eijpliémie a toute mon
^^- iun; et e'cst peu pour celui qui nous
â laissé un ouvrage si achevé. Il n est pas
moins admirable dans le mélange des |>as-
I ^i"Hs que dans celui des couleurs; il lem-
I pè*u de iPlle sorte la générosité par la pu--
■ fleur» cl il relève si bien la (Hideur par la
kLfiinérûstté, ^u'il met cnsemlile deux mou-
^P^^mentsde 1 Aoie entièremenl opposés, sans
F ^6 de ceilo union if naisse aucun contraste.
■ € Continuons notre de-erififion. Vous
[ royùz un |»eu plus foin deux bourreoui à
itemi ous» qui se disposent h tourmenter la
sainte. L'un lui prend la léte, la renverse et
fa liant entre ses manis, tandis que Tautro
lui enfirjiice les lu^leboiïes, et lui fait sauter
k6 dents« Il y a là quelipies instruments de ce
suppliée, un petit inaidet et une espèce de
lariére. C'est ici où je ne puis plus retenir
mes lamies, il faut qm' je leur donne la li-
iKsrté de sortir; auNsi bien la compassion ar-
rête ina Uîaiïi, et ne me permet pas de con-
tinuer lûon récit. Le puneau a représenté
das gouttes de sang si naïvement, i|uc vous
a^/04 les voir couft^rdes lèvres *le la vierge,
0i tout attendri vous en détournez aussitôt
I< \ reinjïlis de pleurs, Dans un des
c i tatdoau, on apercoii la sainte en
p ile prie, les mains (.^temlues, comme
li. lit le secours de celui pour l'anjour
I du4|uei elle soullVe. Ce sigtie rpie les clné-
tiaiis ont coutume d^adorer et de représenter
ut tst au-^JessuH de sa léte, et sembla
pendre du ciel; je crois qu'il le lui envoie
un présage fie son martyre; car, h
i|iieiiiu(>s p^s de là, le peintre a allumé un
*^ ii; latlamme s'y élevé [largjos tour-
l pli srjnl m. uqué s par des traits eï-
t iit vifs et d'un rouge un peti ibrl, La
-tau milieu, les mains et les yeux
■ vers le ciel ; on n'y afierroit ni tris-
iL>^.- m rrainfe, mais au mn traire on y voit
éel ter une joie Irnnqkiille, qui lait ja;^er
qu elle croit n'être pas éloignée du mouien^t
uui l/i doit mettre en possession du bonheur
éternel. Ma plurae s'arrèle où le f^mreau
s'est arrêté. Cependant vous pouvez vous
iÊSormfif par vos prnpies yotix *i nous nvons
été tidèles à représenter toutes les grâces et
es iea beautés de cette excellente pein*
EUPIfEMiE (sainte), martyre, répandit son
sang pour la foi à Amide en Pa[>ldagenie- On
ignore à quelle époque. Le Martyrologe ro-
uain indique seulement les noms de ses
compagnes de soulTrances; sainte Alex andra,
Claude, Kufdirasit*, Matrone, Jn-tine, 1 héo-
dose, Berphute et sa sœur. L^Egliso bonoro
leur mémoire le '20 mars.
KCI*HBAS!K (sainte), martyre, cueillit la
]».ilme du martyre à Amide en Paplilagonie.
On ignore fa date de sou martyre. Efle souf-
frit avec Alexandra, Claude, Àlalroiie^ Jus-
tine, Bnj^ihéinic, Tliéodose, DerpUute et ?n
so^ur. L Kglise honore leur mémoire le
23 mars.
EUPFIRONE (saint), évéque et c<ml>sseur,
enUura de cruels tourments pour la défense
de la nlîj^ion. Nous n'avojis aucun détail
sur le lieu, la date et le^ circonstances de sa
confessifUh
ElIPlfUOSYNE (sainte], fut *nartjrisée sous
Doraitien a Terracine, On prétend oue ce fut
en rnéuie tenq»s que les saii/ts Nérée et
Açliillée. On lui donne pour compagne de
son martyre saiale Théodore (fête 7 mai).
Piis de documents certains.
EUPLIi:S (saint), fut mis a mort pour Je-
sus-Christ h Catane, en Sicile, sous le gou-
vei'O' ur Calvisien, durant le lègne de i>io-
ciêtten, en Tan de Jésus-Christ 30*1. Ses Acte^
sincères sont donnés p^ir îtuinart, d'après
Co tôlier, Surius et Haronius. Nous les repro-
duisons ici :
PBEMIER INTEHROGATOinE,
Sorus le neuvième consulat de Dioclétîeû,
et snus le huitième de Maiimien, son collè-
gue, h.' jour d'avant h^s idea (faoûl, h Ca-
tane, Calvisien, gouverneur de Sicile, homme
consulains ilonira^tt une audience particu*
lière dans son cabinet, le diacre Éufdius,
étant dans ranlichambre, s'écria : Je suis
rhn'tteD, je souhaite de mourir pour Jésus-
Christ. Le gouverneur, Tavant entendu, dit :
Quon frtsse enlrer cet liomme, Euplius
élant entré ayant à la main le livre des
Evangiles, un ami de Calvisien lui dit ; U
n\'sl pas I ans rordro de paraîlre, surtout
dans un Heu r omme celui-ci, avec ces sortes
de livres, contre les défenses expresses des
empereurs; c'est n*avoir f^as assez de res-
pect pour leurs ordounouces. Calvisien ,
prenant fa parof'% dit ; Où avez-vous pris ce
livre, yaviez-vous à votre logis ? Euplius :
Je n ai point de logis. Calviiâm ; D'où vient
mic voiis vous en êtes chargé, et une vous
1 avez apporté ici ? IJuplius : vous Je voyez.
Je le lis^iis quand on m'a arrêté, on [»eut
vous fe dire, Caivisîm : Lisez-nous-en quel-
que chose. Eufilius ouvrit le livre, et y lut
ces paroles : Bienheureux ceux qui souf-
frent persécndon pour la ju^licet parce qw
le roijauwc du ciri e»t â eux. Il Touvril une
seconde fois, et il lut cet endruit : ietui qui
i^eui venir après w<oi', </«'*7 èc charge de sa
croix, et me suive, Calvisien, l'interrompant,
lui dit : Qu est-ce ijue cela ? Ettpdui ; C'est
1
n^i
EXJP
la loi de mon Seigneur €4 de mon Dii?u,
laquelle m'a été donnée. Caîvmm : FJ par
qui ? Euplim : Par Jésus-Christ lui-môme,
qui est le Fils du Dieu vivant. Calvisien,
ayant été aux opinions, dit : Comme il nous
ajiparaît par ia propre confession d'Euplius
qu'il est chrétien, nous ordonnons qu*il soit
mis à la question pour y subir un second
interrogatoire.
5ËC0?ID INTEHROtUTOIRB
Sous le neuvième consulat de Dioctétien
et le huitième de Maximien, son collègue, le
jour d*avant les ides d'août, Calvisien, ayant
fait appliquer Euplius h la question, lui dit :
Persistez-vous totjjours dans les mêmes sen-
timents ? Euplius, laisant le signe de ta
croix sur son front avec la main quil avait
libre, dit : Oui, ce que j*ai d'abord confessé,
[e le confesse encore ; je suis chrétien, et
je lis les divines Ecritures. Caivisien : Pour-
quoi premièrement en avez-vous ? et en se*
cond lieu, pourquoi ne nous les avez-vous
pas remises entre les mains, puisque vous
savez que les empereurs en avaient défendu
la lecture ? Euplim : Parcô que je suis cliré-
tien, et qu*iî n'est pas permis à un cljréiien
de livrer les Ecritures ;Vainie mieui mourir
(jue d'être traditeur, Cfalvisien, ayant pris
les avis, dît : Euplius, pour avoir^ contre les
défenses des empereurs, gardé les Ecritures,
et les avoir lues au peuple, subira la peine
{ïOrtée par Fédit. Pendant qu'on redoublait
a question, Euplius dit : Seigneur, je vous
rends grâces ; Jésus, fortitiez-nioi, puisque
c\*st pour vous que je soutire. Calvisien:
Adorez les dieux, et je vous remets en
liberté. Euplius : J'adore Jésus-Christ, et
j*abhorre vos démons. Vous en userez comme
il vous plaira, mais enfin je suis chrétien;
il y a longtemps que je souhaite de nie voir
Oli je suis ; faites ce que vous voudrez, mei-
tez lournienls sur tourments, j'endurerai
tout avec joie, je suis chrétien, La torture
ayant dure beaucouf» plus qu'è Tordinaire,
les bourreaux eurent ordre de s'arrêter, Cal-
visien prit ce moment [lour dire l\ Euplius ;
Misérable, adore les dieux, adore Mars, Apol-
lon et Esculape* Euptius : J'adore le Père,
le Fils et le Saint-Esprit ; j'adore la sainte
Trinité ; il n'y a point d'autre Dieu, Péris-
sent les dieux qui n'ont fait ni le ciel ni la
terre 1 Calvisien : ^acvïûe^ situ veux éviter
la mort, Euplius : Attendez, je sacrifierai dans
peu, mais ce sera moi-même que je sacrifie-
rai, et à Jésus-Christ ; si j'avais quelque
chose qui me fût plus cher, je le lui sacri-
fierais. Au reste, tous vos efl'orls sont vains,
je suis chrétien* Calvisien : Qnon redouble
les tourments. Eupiius : Je vous rends i^râ-
ces, à Jésus I Jésus, venez h mon secours,
c'est pour vous que je soutire. Il répétait
souvent les mêmes paroles, et lorstiue ses
forces venaient à diminuer, ou lui voyait
encore remuer les lèvres.
Alors Calvisien, passant derrière le ri-
deau (I), dicta la sentence ; puis rentrant
{{) Il y nvail é^rriêie les sièges lïes jng<*s un ri-
deau qui f<>ruiiiiLuDe Ci»pêcti deiv^uilou les juguâ
EUP
et ayant à la main des tablettes, il y
ce qui suit : <i Nous ordonnons qu'EupliuÂ,
chrtHien, et rebelle aux ordres des empe-
reurs, et endurci dans son impiété et sa dés-
obéissance , aura la lêle tranchée. Qu'eti
Taille exécuter, » On lui attacha au cou le li-
vre des Evangiles qu'on avait trouvé sur
lui lorsqu'il fut arrêté; et un crieur public
marchant devant lui disait à haute voii:
Euplius, chrétien, Fennerni des dieux et dm
empereurs. Pour lui, il rendait grâces sacs
cesse à Jésus-Christ, Etant arrivé au lieu oi\
l'exécution se devait faire, il se mit à ge-
noux, pria longtemps et présenta sa tète
au bourreau, qui la lui abattit d'un seul
coup. Les chrétiens enlevèrent son co^
qu'ils ensevelirent après Favoir embti
12 août.
EUPORE (saint), martyr, eut la gloî
soutfrir la mort pour Jésus-Chrisl, hn Ci
dans la ville de Gortyne, sous le rcVne tic
Dèce, durant la persécution si lerribfe que
ce prince féroce alluma contre l'Eglise, U
fut décapité après avoir soutFerl d'horribles
tourments. Sa fête arrive le 23 décembre.
Saint Enpore est l'un des dix martyrs de
Crèfe. (Voy, AUrtybs de CRèxE.)
EUPRÈl'E (saint), frère des saints Cùmè
et Damien, fut mai'tyrisé avec eux en 3W
sous l'empire de Dioclélien, Sa fôle arrive
avec la hnir, le 27 septembre. \Voy, Cosmg.)
ECPRÈPË (saint), évèque et confesseur.
confessa Jésus-Christ 6 Vérone, Nous igm-
rons complètement h fjueïle époque et dans
quelle circonstance. L Eglise fait sa fête l6
21 août.
EUPRÉPITE (saint), martyr, vépnndrt soo
sang pour la foi a Rome, avec s. >•
On ii*a aucun détail sur eux. L , ut
leur sainte mémoire le 30 novembre,
ECPSYCHIUS (saint), martyr, ëlail liAbi-
tant de Césarée en Cappadoce. Julien l'A-
postat, étant passé dans cette villct entra dans
une grande fureur, en voyant que presque
tous ses habitants étaiertt chrétiens. Il»
avaient abattu récemment le teranle de U
Fortune. Ce prince en fut Irés-irrite. Dansa
colère, il elïa<,ta Césarée du nombre de^ cit^
et lui lit reprendre son ancien nom de Mo-
zaca. II dépouilla de leurs biens toutes *«^
églises, et enrôla le clergé dans la milice du
gouverneur de la province* Plusieurs cKrf
tiens furent mis à mort , et entre autw»
Eupsychius, qui appartenait à une ffioiille
considérable, et qui était marié > ^'U.
Julien donna aux habitants Vv r^
bâtir les temples des idrdes ; mai.s ceui^à,
au lieu d'obéir, construisirent une éçlisi
sous l'invocation de saint Eupsychius, lïwt
certain que Julien en aurait tiré vengeance
si la main de Dieu ne l'avait arrélé eii.li
faisant mourir dans ces temps-là, danâ b
j^uerre qu'il faisait à Sapor. L'E^Uise fait »
jourdlmi la fête de ce saint le U avriU (t'if*
Sozomène» K iv, c. 5J
EUPSYQUE ( saint ), fut du Dombrt dO
se reliraient pmit aller aux opinions, ou pooréflfK
leurs» ja^é:^iei4ls.
par
■Il 1
$S7 ETS
saints que la persf^cution de Tompereur
AdrioTi fit mootor nu cieL II (Jonna i>i\ vie
pour Jésus-Christ à Césarée de Cajipailocc :
il avail été pris par ies persérutuurs, puis
relAciié. Pensant hieo que le répit rîu'rm lui
donnait ne serait pas dtj longue durée, il
voulut se fciiro un Irésor pour le ciel. Il
donna tout son bien à ses aceiisateurs et
aux pauvres : aux pauvres, pour payer à
Dieu la ranfpTi de bonnes œuvres que tout
mortel doit iei-bas suiv-ant la mesure de ses
moyens ; à ses accusateurs, prun* leur [layer
sa dette h lui, h qui ils ouvraient le rheriiîu
du ciel. Qu'on nous cite done des sublimités
comme celle-là eu dehors des fastes de la
religion chrélîenue. Peu de temps après,
saint Eu[isyque lut repris, et après divers
supplices, la uiort qu'il avait tant désirée
lui fut envoyée. La couronne du martyre
descendit des ci eux sur son iront.
Il y a lu en uue difticulté par rapport à
saint Eu[isy{îue : on le met sous Adrien
(Biironius, Mari, rom.), mais il est certain
qu'un saint Eupsyque a été mariyrisé sous
le règne de Julien l'Apostat, à Césarée de
lappadoce, N*aurait'On jfas fait confusion? La
'&te de saint Eufjsyqueh lieu le 7 septembre.
EUPSVQUE (saint), martyr, est oublié p/ir
les rédacteurs du catalogue des saints publié
car ordre des papes. Eusèbe, dans sa relatinu
la persécution de Pah^sline, et les méno*
[)gesdes Grecs font pourtant mention de lui»
fut une des victimes de la cruauté atroce
du gouverneur Urbain* 11 était fort âgé
|uaud il fut condamné, avec saint t^artére,
6tre fait eunuque el à aller travailler aux
liae^s. Cette sentence fut prononcée contre
li le 5 novend)re 307, jour auquel les Grecs
)at sa fête. Cet abominable joge avait en
aOme temps condamné trois autres sain l s,
BOthée, Théophile el Théolime, à appren-
tie métier de gladiateurs, pour se tîattre
coups de poings. Ces saints refusèrent ab-
solument d apprendre ce vil toétier; ils fu-
rent envovés aux mines. Quant à notre
saint, nous ne trouvons pas de plus grands
détmls, el ne pouvons conséquemment dire
ce qu*il devint dans Texil ou on renvoya.
Seulement il est tout simple de croire qu'il
lut» comme condamné aux mines, soumis aux
atroces cruautés qu'où exerçait envers ceux
|ui y étaient envoyés. Cela est d'autant plus
^rohable, qu'on lit que les trois saints que
frous venons de nommeft e^t qui furent con-
diimnés le même jour que lui, eurent le jar-
gauche brûlé et l'œil droit arraché. Ces
sutUations étaient ordonnées comme me-
^sure h peu près générale h Tégard des con-
damnés aux ruines. Plusieurs évèques, qui
lurvécureot à ces tortures, vivaient encore
)us Constantin, et gouvernaient l'Eglise avec
"gloire* Plusieurs siégèrent dans des conciles
' où on leur témoignait le respect le plus
profond. Les auteurs qui nous permettent de
laire cet article sur saint iLUpsyque de Pales-
tine ne nous donnent pas assez de détails
pour que nous puissions dire s'il était ou
non engaj^é dans les ordres sacrés; cepeu-
tt cela est fort prohable.
DiCTiUNN, DES PëBSÉCUTIDAS* I.
d*'m
daj
^noi
ECSÈIÎE fsaint), reçut la palme des glo-
rieux corubatlants de la foi h Rome avec h s
sainis Pontien, Vincent el Péré^rin. Ce fut
sous Tempereur Commode qu'ils endurèrent
successivement les tourments du chevalet,
des entraves, des coups de bi^lon ; ensuite
après avoir eu les côtés brûlés, corinne ils
ne cessaient point de louer Jésus-Christ,
on les frai>pa avec des fouets garnis de plomb,
jusqu'c^ ce qu'ils rendissent rân:e. L'Eglise
fait h-ur fètt^ le 25 août.
EUSÈBE (saiol). Voici ce qu'à son sujet
nous trouvons dans le Mini\ ru loge romain :
« A Alexandrie les saints prêtres et diacres
Caïus, Fauste, Eusèbe, Chérémon, Lecius et
leurs conqmgrmns» dont les uns furent mar-
tyrisés durant la persécution de Valé- '
rien, et les arïtrcs, en servant les martyrs,
reçurent la récompense des martyrs. « L'E-
glise but leur fêle le h octobre.
EUSÈBE (saint), fut martyrisé h Rome, sous
l'emiure de Valérien, avec les saints Hi|>po-
lylt% Marcel , Adrias, Maxime Néon , et les
sait! les Pauline et Marie, L'Eglise fait sa
fête le â décembre. (Pour plus amples détails,
Vot/, les Actes de saint HippotvTE à son
article.)
EUSÈBE (sninl), l'un des gardes ^îe la pri-
son de saint Censorin ou Censorinus , sous
Claude 11 le (iothique, fut converli à la foi
chrétienne par le prêtre saiut Maxime, avec
les autres gardes de la pri>on , lesquels
étaient Félix, Maxime, Faustiu, H**rculan,
Numère, Storacious Mène, Connnode,Herne,
Maur , Huslique , Amandinus , Monarre ,
Olympe, Cyprien et Théodne* (Pour voir
leur histoire, recourez à l'article Mahtyks
d'Ostie). Ces saints ne sont pas nommés au
Martyrologe romain.
EUSÈBE (saint), souffrit le martyre pour
la défense de la religion avec les saints
Néon, Léonce, Lons^in et quatre autres dont
nous ne savons pas les noms. Après avoir
été rruellcmciU tourmentés, ds périrent par
le glaive durant la |jersécution de Bioclétien.
L'Eglise tait leur fêle le 24 avril.
EUSÈBE (saint), prêtre et martyr. Ce saint
homme, qui possédait h un degré éminent
toutes les vertus apostoliques , soulTht le
martyre sous lo règne des euiperems Dio-
de tien et Maximien ; les uns disent h Borne,
les autres en Palestine. Ce fut le président
Maxence qui informa contre Eusèbj\ et qui
lui ordonna impérieusement de siicrifieraux
dieux de l'empire; mais notre saint lui ré-
pondit qu'il préférait la murt, et que l'éclat
de sa couronne se mesurerait sur la cruauté
des tourments qu'il endurerait. Maitence le
lit étendre sur le chevalet, où il eut les côtés
décliirés avec les onj^les de fer : mais bientôt,
passant de l'étonnementoù la conslancede no-
tre saint lavait-mis, à une fureur plus grande
encore, de se voir vaincu, il ordonna qu'on
le conduisit au bûcher, Eusèbe suivait déjà
les bourreaux, quand Maxence lui-même, le
rappelant, l'engagea à éviter une mort aussi
cruelle, eu obéissant aux lois. Celui-- ci
répondit : « S'il est vrai que l'empereur
m'ordonne d'adorer un vil métal, faites que
30 .
839 EUS
îe le voie. » La raison qui le faisait ainsi
parler, c'est que le juge le faisait souffrir
injustement , puis(juo les empereurs n'a-
vaient point publi6 de nouveaux édits.
Maxence le ût alors remettre en* prison et
alla voir l'empereur, à qui il représenta
Eusèbe comme un homme séditieux et se
refusant h l'obéissance des lois. Celui-ci
ordonna qu'on le lui amenât, et frappé de
son air divin et de ses saintes paroles, il
(lit à Maxence de le juger avec équité ot
conformément aux lois : Pour moi , dit-il,
je ne veux pas être jngo en cette affaire.
Maxence ordonna alors ({ue notre saint fût
amené devant lui, et sur son nouveau re-
fus de sacritier, le condamna à être décapité.
L'E:^lise célèbre sa sainte mémoire le V* août.
EUSÈBli; (saint), martyr, habitait Gaza
avec ses deux fri^res Nestable et Zenon, du
temps que la cruelle persécution do Julien
l'Apostat rappelait à l'Egh-e les maux qu'elle
avait soufferts sous Dioclétien et sous ses
collègues. Les païens les ayant arrêtés
dans leurs maisons, les jetèrent en prison,
où ilsfurent fouettés avec la dernière cruauté.
Dans l'assemblée qui se tenait à Vamnhithéâ-
tro pour voir les jeux publics, ces lorcenés
se mirent à crier qu'il fallait punir ces in-
digues sacrilèges. La populace se précipite,
brise les portes de la prison, en arrache les
trois frères, et les emf)orte en les traînant
tantôt sur le dos, tantôt su j> le ventre. On
les frappe avec des bâtons, avec tout ce
qu'on peut trouver dans les rues sur leur
passage. Les femmes les piquentavec leurs fu-
seaux, leur jettent de l'eau bouillante de leurs
chaudières. Les cuisiniers les percent avec
leurs broches. Quand les saints martyrs furent
morts et horriblement mutilés, cette hordo
sauvage les traîna jusqu'au lieu où on je-
tait les botes morles , c'est-à-dire à la voi-
rie. Puis, pour empêcher les chrétiens de
f)rendro leurs saintes reliques, on brûla
eurs corps avec des ossements d'animaux.
L'Eglise fait la fête de ces glorieux martyrs
le 8 septembre. Ainsi finirent ces trois frè-
res chrétiens. Leur mort tragique au milieu
d'une aussi ignoble émeute ne prouve pas
beaucoup en faveur de l'administration de
Julien, qu 3 ses paiiégyrist'js ont tant exaltée.
EUSEBE (saint), évêque de Verceil et con-
fesseur, était natif de Sard.ugne et d'une fa-
mille considérable. On dit que son père, qui
était chrétien, fut f)ris en Afrique durant la
persécution de Dioclétien, et qu'il mourut
comme on le conduisait à Rome. Devenue
veuve, Reslitute, sa mère, vhit à* Rome avec
lui et sa sœur, jeune encore. 11 fut élevé
dans la praticjue de toutes les vertus chré-
tiennes et devint lecteur de l'Eglise romaine.
Ayant été appelé h Verceil pour une raison
que nous ignorons, il se distingua telle-
ment que le siège do cette ville étant venu
à vaquer, on l'y éleva unanimement. 11 était
plein do zèle et plein de douceur. Il mettait
sa gloire dans la morlilication, et entrepre-
nait avec joie les plus grands jeûnes ; il
ue se désaltérait qu'avec de l'eau pure, et
ne se couvrait que des habits les plus vils.
EUS
tu
II faisait paraître en tout son amour pour k
pauvreté, foulait le monde aux pieds ainii
que ses plaisirs et ses honneurs.
Le courage de saint Eusèbe commença
particulièrement à paraître Tan 355 dans le
concile de Milan, pour la convocation du-
quel le pape Libère avait envoyé notre saint
et Lucifer de Cagliari demander la permis
sion de l'empereur Constance. Dans ce con-
cile, les ariens, qui étaient les plus forts et
les plus puissants, voulaient faire signer Ii
condamnation d'Athanase. L'empereur lui-
même voulut forcer la main des évèques eo
leur disant : «c Obéissez, je suis l'accusateiir
d'Athanase. » Mais notre saint lui répondit
courageusement : « Il n'est point ici questioa
d'une affaire civile, sur la décision de la-
quelle l'opinion de l'empereur doive iii-
tluer. » Constance irrité exila saint Denis ea
Cappadoce oil il mourut, Lucifer de CagUiri
à Germanicie, et enfin Eusèbe à Scvthopolis
en Palestine, où l'évéque Patrophile, qai
était arien, reçut la licence de le traiter i si
guise. Eusèbelogea dans la maison du comte
Joseph, où des députés de Verceil vinreat
lui apporter des secours : mais il les parta-
gea avec les pauvres de son diocèse. Le
eomte Joseph étant venu à mourir, les ariens
ne gardèrent plus de mesures. Ils Tinjurié-
rent , le maltraitèrent et le renfermèreot
dans une chambre où on le laissa (juatre
jours sans manger. 11 fut envoyé eusmte ea
Cappadoce, et de là dans la haute Thébatde
en Egypte.
Constance étant mort en 361, Julien l'A-
postat donna aux évèques la permissioD de
retourner dans leurs diocèses. Votn siint
se rendit à Alexandrie, pour oonfcoir avec
Athanase de ce qu'il y avait à bm wkit
remédier aux maux qui désolaient l*E^ise.
Il alla ensuite à Antioche pour y travùlkr
à éteindre le schisme qui troublait cette
Eglise. Il revint enfin dans son E^ise de
Verceil et la trouva en très-bon état par le
soin qu'en avait pris saint Gaudence, qu'il
y avait envoyé trois ans auparavant; il loi
témoigna toujours beaucoup de respect et ib
continuèrent à diriger cette EgnsOy l*im
comme évoque, l'autre comrao prêtre. Sâirt
Jérôme nous apprend quïl mourut le 1*
août 370, sous le règne de ValentinieB.
Avant de mourir il conjura ses disciples de
mettre dans son tombeau ses hi'ibits, son
linge et tout ce qui était pour sa personne,
et de ne point soiiH'rir qu'on lui coupAt ni les
cheveux , ni la barbe , d'où vient qu'oo
trouve très-peu de reliques de lui. On is-
sure qu'il se faisait beaucoup de miraclesaa
tombeau de saint Eusèbe, particulièresieot
le jour de sa fête. Saint Grégoire de Tours
en rapporte un arrivé chez sa propre mèn?,
qu'il attribue aux mérites de ce saint, d««t
elle avait dos r.liques chez elle dans sonon-
toire. L'Eglise fait sa mémoire le t&déceœbrv.
EUSÈBE (saint), pape, confesseur, succéJ*
à Marcel sur le trône de saint Pierre. Sot
zèle ardent à maintenir avec rigueur la pifoi-
tence que les canons infligeaient à ceux cpii
avaient fléchi sous la perséeution» loi aHm
Ml
Et3S
ÎUS
942
des ennemis, entre autres Héraclius, homme
léger et turbulent, ((ui se mit à leur tOte. Il
eut à subir de leur part mille contradictions
qu'il parvint à surmonter. Il fut exilé en Si-
cile parie tyran Maxencc, et y mourut quel-
que temps après, dans l'année 310. Si nous
efl croyons le calendrier de Libère, il n'oc-
cupa le saint-siége que quatre mois et seize
jours... Son nom est inscrit au Martyrologe
romain le 26 septembre, jour dans lequel,
probablement, ses reliques furent déposées
aans les catacombes do Rome.
EDSÈBE (saintj, prêtre et confesseur, vi-
vait au lempsde I empereur Const.iuce,j)rince
qui» comme on le sait, favorisait d*uiie façon
toute particulière l'hérésie des ariens. Ce
saint prêtre les combattit à Home avec beau-
coup de force et de courage. Quand la fci-
meuse confession de foi de birmium eut reçu
la signature de Libère, Eusèbe se déclara
immédiatement contre ce pape, et ne voulut
glus communiquer avec lui. L'empereur le
t emprisonner dans sa chambre. C'est ce que,
de nos jours, on nomme mettre au\ arrêts.
Qualifié martyr dans quelques martyrologes,
ou calendriers modernes, il ne doit jpas pren-
dre ce titre. Il faut s'en tenir à celui de con-
fesseur, qui lui est justement attribué. L'E-
glise célèbre sa fête le 1^ août.
EUSÈBE DE SAMOSATE (saint), martyr,
fut élu évèque de cette ville en 361, c'est-à-
dire à une époque où presque tous les sié-
E8 voisins étaient occupés par des ariens.
L même année, il assista au concile d'An-
tiocbe provoqué par Constance en faveur de
rariauisme. Il y montra son zèle pour le ca-
tholiciame. Il contribua puissamment à l'é-
lection de saint Mélèce, patriarche d'Antio-
ehe. Quelques jours après, ce patriarche
ay-aat prêché la doctrine du concile de Ni-
oée, dans le premier discours qu'il adressa
aux fidèles, les ariens eu furent consternés.
Us obtinrent que l'emperour envoyât un offi-
cier pour redemander l'acte de nomination
gui se trouvait entre les mains d'Eusèbe.
elui-ci refusant de le donner, l'olïieier le
menaça de lui couper la main droite. Le
saint évèque présenta les deux, eu disant
^u'il aimait mieux les perdre que de consea-
lir à l'injustice. L'oiiicier déconcerté recula,
Tempereur lit de même. Quand l'empereur
Valens persécuta les orthodoxes, Eusèbe fit
de constants etl'orts pour atlVrmir son trou-
peau dans la fui. Il lit des voyages dans les
pays environnauls, dans le but d'atrermir les
catholiques contre les elferts de l'hérésie.
Ijss ariens, furieux, décidèrent l'empereur à
l'exiler en Thrace. L'oliicier porteur de l'or-
dred'exil étant arrivé à Samosate, vint trou-
ver l'évêque. « Gardez-vous, lui dit celui-ci,
de publier Tordre que vous portez : vous y
êtes le plus intéressé. Si le peuple savait ce
qui se passe, il prendrait certainement les
armes contre vous. Je ne veux pas qu'il vous
en coûte la vie à cause de moi. » A[)rès l'of-
fice de la nuit, Eusèbe sortit avec un domos-
iique fidèle, et s'embac({uant sur l'Euphrate.
Il se rendit à Zeuuna, à quatre-viu^^ts lieues
4^ Samosate. Le lendemain, quand on sut
son départ, ce fut une désolation générale.
/Tout le pouple s'assembla. Dans un instant
le fleuve fut couvert de barques. Un graha
nombre d'habitants vinrent à Zeugma trou-
ver le saint évèque ; mais ni larmes, ni priè-
res, ni promesses, rien ne put le déterminer
à revenir. Il ne voulut non plus rien accepter
pour les besoins de l'exil. Eunomius fut
placé sur son siège par les ariens. Cet homme
fort modéré, voyant au'à Samosate tout le
monde le fuyaitjfabandonna la ville et se dé-
mit do ses fonctions. Lucius, homme violent
et cruel, fut mis à sa place. 11 bannit les
princinaux d'entre les membres du clergé.
Antiocnus, tieveu d'Eusèbe, fut exilé aux
frontières de l'Arménie. Malgré tout, Lucius
ne put amener personne dans son parti. En
379, les Goths ayant fait une invasion dans
la Thrace, Eusèbe reçut la permission de re-
tourner dans sa ville épiscopale. Ce fut pour
y trouver la mort. L'exil avait redouble son
zèle. Presque aussitôt après son retour, il
recommença ses courses apostoliques. 11 re-
plaça des évêques orthodoxes à Berée, à Hié-
rajile et h Cyr. Il voulut faire la môme chose
{lour la ville de Dolique, dans la Comaginc.
1 accompagnait Mans, gui venait i)rendre
possession de ce siège. Une femme héréti-
que,' du haut de sa maison, l'ayant vu pas-
ser dans la rue, lui lança une tuile qui lui
fractura le crâne. Il mourut de cette bles^
sure quelques jours après l'avoir reçue. Sur
le point d expirer, il conf ura ceux qui l'en-
touraient de ne point rechercher les auteurs
de sa mort, voulant ainsi imiter Jésus-Christ^
qui, du haut de sa croix, priait pour ses bour-
reaux. L'Eglise latine fait la fête de saint Eu-
sèbe le 21 juin.
EUSÈBE (saint), était moine à Terracine
en Campanie. Ce fut là qu'il souffrit le mar-
tyre , avec le prêtre saint Félix. Ce saint
moine, qui avait enseveli les corps de saint
Julien et de saint Césaire, et qui convertis-
sait plusieurs infidèles que le saint prêtre
Félix baptisait, fut arrêté avec lui. On les
mena tous deux devant le juge, .qui, n'ayant
pu les vaincre, les fit mettre en prison. Etant
demeurés fermes dans la résolution de né
Joint sacritier, dès la môme nuit ils furent
écapités. L'Eglise fait collectivement leur
fête le 5 novembre.
EUSÈBE (saint), évèque et confesseur, souf-
frit à Bologne en l'honneur de la religion
chrétienne. Nous n'avons aucun détail sur
la date et les circonstances de ses tourments.
L'Eglise honore son immortelle mémoire le
26 septembre.
EUSÈBE (saint), fut martyrisé en Phénicie
pour la défense ue la religion chréiienne. Ce
saint martyr, étant allé se présenter au pré-
fet , et lui avant courageusement déclaré
qu'il était chrétien, eut la tète tranchée après
avoir enduré divers tourments dont nous ne
connaissons pas les différentes circonstan-
ces. L'EgHse honore la mémoire de saint
Eusèbe le 21 septembre.
EUSÈBE (siiintj, était officier du palais. L
souffrit le martyre pour la défense ue la reli-
gion avec neui autres de ses compagnon^
^45
EUS
EfS
m
dont les noras ne sont point parvenus jusqu'à
nous. Nous n avons point de delà ils sur !ô
lieu, répoque et les circonstances de leur
niaityro. L Eglise fait leur sainte et immor-
telle méraoire le 5 mars.
KIjSÈBE fs^aintj, évoque et confesseur,
soulFrit pour la toi à Milan. Les Actes des
martyrs ne nous donnent aucun détail sur
répoipie et les circonstances de son glorieux
combal* L'Eglise honore sa sainte mémoire
le là noût
VUSÈBE (saint), martyr, versa son san^
pour la foi. On ignore le lieu et la date de
son martyre. Néanmoins le Martyrologe ro-
main nomme trois compagnons de souil'ran-
ces q^u'ii eut, saint A[iurodise, saint Agape
et saint Caralippe. C'est le 28 avril que l'E-
glise honore la mémoire de ces quatre saints
martyrs,
EtîSÉBIE (sain(e), vierge et martyre, souf-
frit pour la défense de Ta religion dans la
ville de Bergame. Nous n'avons aucun délai!
authentique et précis sur son compte. L'E-
glise célèbre son immortelle t:t sainte loé-
moire le 20 octobre.
ELîSIGNE (saint)» versa son sang pour la
foi à Antiocho* Ce soldat, flgé déjà de cent
dix ans, ra[>pelaità Julien TApostat In fui du
grand Constanii'i, sotts lequel il nvnit porté
les armes. Il lui reprochait d'être un déser-
teur de la piété de sls pères. Ce prince, ir-
rité, le condamna h perdre la tète. L'Eglise
fait sa fêle le 5 août.
EUSÏACHE (saint), martyr, répandit son
sang pour la foi à Nicée eii Bithynie, avec
les saints Thespèse et Anatole, durant la
persécution de Maximien. On i^^nore l'éfioque
oii eut liéii ce martyre. L'Eglise honore la
mémoire de ces saints martyrs le 20 novem-
bre.
EUSTACHE (saint), martyr, mourut pour
riionneur de la foi avec les autres évtïques
saints Urbain, Valérïen, Crescent, Crescorie,
Cresceniien, Félix, tlortulon et Florentien.
Ils furent condamnés h l'e\il et y terminè-
rent leur vie. L'Eglise célèbre la mémoire
de ces saints et courageux martyrs le 28 no-
vembre*
EUSTACHE (saint), prêtre et confesseur,
enuura de cruelles tortures en Syri-e pour la
rléfet^se de la religion cïirétienne. Nous n*a-
vons [>as de détails plus amples sur son
compte, L'Eglise fait sa mémoire le 12 oc-
tobre.
ELîSTACHE fsaint), martjT, vulgaireuïent
appHé saint Niziîon, soullrit le martyre à
Nilna, vers 13V2, avec saint Antoine et" saint
Jean, (Voy, l ariicle Antoine, pour plus de
délaie.)
EUSTACFÎE (saint). Votj. Eust4the.
EUSTATHE (saint), ou Eustachk. Ou croit,
d'après les Actes de sainte Sabine, que ce
saint versa son sang à Kome pour Jésus-
Christ, au commeneeinent du régne d'Adrien,
avec sahite Théopiste, sa femme, et sesdeuï
eid'a'Us, A;^ape et Thèopisté. Il existe une
h sttdse de ces saints martyrs; mais tous les
bons ûuteui's, enlrtJ auties Baronius, Tille-
pk>ntr ta iugenttellerDeot mauvaise, ijueiious
!i*en rapporterons rien ici. L'Eglise latine et
TEglise grecque font la fête de saint Eusta*
the le 20 septembre. LeP, Fronto a commis
une erreur eu la mettant le 11 dans son Ca-
lendrier.
EUSTATHE, nom de Tévêque catholique
qui, après la mort de l'évèque arien Eiidoie,
en 370, ordonna à sa place* pour le siège de
Constanlinople, saint Evagre, et qui, pour
ce fait, fut exilé par Tempereur arien Valens.
EUSTATHE (saint), patriarche d'Antioche,
naquit ?i Side en Pamphilie. Saint AthaiMse
nous apprend qu1l confessa généreusenieol
la foi sous les persécuteurs, sans quoo
puisse délenniner si ce fut sous Dioclétien
ou sous Licinius, 11 était recomniiandable,
plus encore par son émioente sainteté que
par son profond savoir. En Tan de Jé^us-
Christ, 323, nous le voyons évêque de B^é<*,
où saint Alexandre d' Alexandrie lui écrini
une lettre particulière à propos d'Ariui et
de sa doctrine* La m^me année, Fhilugone,
év<_^que dAntioche , étant mort, ce fut m
nommé Paulin qui le remplaça. Le désordre
quM laissa venir en son église dans Tespaoe
de quelques mois exigeant, pour ôlre ré-
Êaré, une main ferme et habile, on choisit
Nstatlie. Antioche était alors le iroisiènte
sié^e du monde.
Nicéjhore, Théophane et Eulyque don-
nent cinq ans h répiscopat de Pàutîn, M.iis
il est indubitable que saint Eustathe était
évéaue d'Antioche, dès Tan 325, au concile
de ÎSicée. Ce saint fut donc transféré de B^
fée h ce premier siège de l'Orient, nooarec
les troubles {^ye prétf nd Baron i os, mais hmJ-
gré lui et forcé par un consentement unités
sel des évéques, du clergé et ile tout Je peu-
ple lidèle. Ainsi, s'il y a eu quelques toutes
dans ce changement' de siège , ce ne peut
^tre que dans ceux qui lui ont fait violence,
el non Hans lui (jui la soutferte. Mais on
peut dire que ce consentement urtaniroe eil
une voix de Dieu, qui est le maître de s»
lois el de celles de l Eglise.
Il y a bien des preuves que non-seul^
ment saint Eustathe assista, mais qu'il pré-
sida môme au concile de Nicée , et que et
fut lui qui, étant assis le premier au côté
droit, harangua Constantin au nom de cetJi
illustre et sainte assemblée. Nous n'en par-
lons point ieif parce ntfon peut le voîrfl^J
le titre de ce concile. Le fut sans doute (i^^|
Cette occasion, que son zèleTunit Irès-élrt^
tement avec le grand Osius.
Il tint apparemment quelque temps après
un autre concile de tontes les provinces d*0^
rieni soumises à celle d'Anlioclie ; saint J«e*
ques de Nisibe, saint Paul de Néocésarée»
confesseurs j et environ vingt-huit autres
évoques, s'y trouvèrent? Nous avons eoeof*
répitre synodale qu'ils écrivirent à Icun
confrères demeurés dans leurs provinces, «I
quelques canons mêlés avec ceux d'un aulrt
concile d'Antioche, tenu en Tan 341 ; t)i^
ticulièrement, le premier qui confirme loi^
donnance rie celui de Nicee, sur la fêle it
PAquts; et le vingt-et-unième qui défend
aui évoques de changer de si^e^ couuueoeil
94S
EUS
tus
940
^
ayait été déjà défendu par le quinzième de
Nicée, Ce concile prena le titre de pacifique
et de saint , et aonooee nu\ autres évoques
3ue la grâce de Jésus-Christ a uni l'Ej^lise
'Anliocho, par ïe lien de la coneonJr, do
runanimitéet <lc Tesprit de paiv, eo ([uî don-
nerait à croire que ce concile étouilii enliè-
remenl les semenres de <li vision qu'y avait
laissées Ja déposition de Paiiliu,
Saint Eusfathp» qui s'était déclaré un des
Creraiers eoritre l'hérésie arienne, la com-
attit avec bej*ii€ou|) de forée par un grand
nombre d écrits, et par un entre autres, dnnt
ThéoiJoret nous a eonservé un passage. Il y
eitfdiquait readroit des Proverbes, où les
Septante Usaient : w Le Seigneur m'a créé le
commenremenlde ses voies pour former ses
œuvres. » li y rapfioriait une partie de ce
qui s'était passé dans le concile de ISicéesiir
les ariens et y réfuiaitaussi leurs blasphèmes,
quoique leur hérésie reprît a 'ors de nou-
vefles forces, d*où nous pouvons tirer qoe
c'était vers Tan 3'29. lorsque Eusèbe de Ni-
comédie et Théognis de Nicée , chefs des
défenseurs d^Arius, avaient déjà élu rappe-
lés d*exiL
Il y marque que ces ennemies do la divi-
nité du Verbe déclaraient déjà la guerre
lui prédicateurs de la vérité, et sa piété fit
l'ils Tattaquèrent, ou le premier ou i'un
les premiers, en Fan 330, ou plutôt en 331;
ir comme ce saint confesseur était très-pur
ans sa foi et qu*il avait beaucoup de zèle
)ur îa vérité, il avait aussi une grande
iversion pour Thérésie ariennei et ne vou-
lit pas recevoir ceux qui en étaient infec-
Ss, 1! refusa pour ce sujet de recevoir dans
7n clergé Etienne, Léonce leunuque, Eu-
lo\e, qu'on ût depuis tous trois évoques
d'Antioche môrac , George de Laodicée ,
Théodose de Tripoli, et Kustathe deSébaste.
71 en agissait ainsi par prudence , afin d'é-
îgner du troupeau qui lui était conOé, tout
qui aurait pu lui devenir funeste. Il ne se
ntenlait pas de sauvegarder son Kglise;
î! envoyait dans les autres alin d'encourager
les fidèles et de les garantir de Thérésie. Il
fit aussi plusieurs livres contre ces pirates,
cooome les aï»pelle saint Clvrysoslome, qui
voulaient ravir aux fidèles le trésor de la foi.
Il attaqua expressément le plus illustre d'en-
tre les ariens, savoir» Eusèbe de Ct^arée, et
Taccusa ouvertement de violer !a foi de Ni-
cée. Eusèbe n'avait garde de manquer h
accuser le saint de sabellianisrae, qui était
alors le crime ordinaire de ceux qui n*eu
avaient point d'autre que de haïr l'artanisme.
Mais saint Euslalhe en pouvait moins être
suspect qu'aucun autre, puisque Socrale, qui
témoigne avoir lu les écrits qui s'étaient faits
sur ce sujet, assure qu'il reconnaissait que
le Fils subsistait distinctement du Père et
que Dieu était un en trois hyiMistases, ce
aui était une expression encore plus éloignée
u sabelliaujsïue que de Tarianisme, Le
saint n'attaquait pas seulement Eusèbe ,
mais il témoignait encore tout publiiiucmeut
rhorreur qu'il avait de Patrophile de Scythg-
pie et de Paulin de Tyr , à cause d^ Théré-
sie qu'ils suivaient.
^ Les ariens voyant donc qu*iïs ne pouvaient
résister h h sagesse de ce saint ; nue ses
soins et ses précautious avaient tellement
muid son E^^lise, qu'elle était hors de prise
à leurs etforts, et que leur accusation de sa-
bellianisme se détruisait d'elle-raèoie, ils se
résolurent de chasser d'Antioche ce prédica-
teur trop généreux de la vént<'\ Eusèbe ûd
Nicomédie» qui, par la commodité que soû
siège lui donnait de parler souvent h Cous-
laïUin, s était acquis une grande autorité sur
sonospril, fut le conducteur de cette ej tre-
j irise. Il prit le prétexte de venir voir le bil-
ti nient célèbre de l'église de Jérusalem, ce
qui lit (pie Cunstantin lui donna toutes sor-
tes de commodités fiour son voyage, et la
laissa aller avec de gramlcs marques d'hon-
neur. If emmena avec lui Théoguis, le couïpa-
gnon de tous ses malheureux desseins.
Jls passèrent (>ar Anliocho où ils ne doit-
lièrent an saint que des marques d'amitié, et
ils reeurent aussi de lui tout riionneur et le
bon ti-aifement possible, parce qu'd respec-
lait eu eux la dignité dont TEglise tolérait
qu'ils fussent revêtus. Mais étant arrives h
Jérusalem, et a.yaut vu dans la Palestine ouj
en ebi'min, EusèltedeCésajée, Fatiophile d4>
Scythople, Aècede Lydde, Théodnte de Lao-
ilicée et li^s autres qui avaient embrassé leur
hérésie, ils leur découvrirent leur dessein et
les emmenèrent jusqu'à Autioche sous pré-
texte de les accompagner i>ar hourveur. Il so
trouva en même tenqis h Antioche dvers
autres prél-ils cathnliquts et qui n^étaient
point de leur faetîi^n.
Lorsipje les eusébiens y fiu^ent venus^^ ils:
gagnèrent par argent une femme pubsique
pour lui faire dire que le saint évétpie Ta--
vait vioï.'^e. S'étant donc assemblés, et ayaiU
fait sorlir tout le monde , c*est-à-dire "tous
les laïques, ils fn-enl venir cotte mal^ieo-
reuse, qui» portaid un enfuit entre ses bi*as*
cria tout haut qu'ello lavait eu d'Eustathe.
Le saint lui demanda si elle avait quelque
témoin de ce tjuelle disait, et elle, ayant
avoué qu'elle n i'U avait point, leseusébi'ens^
au lieu d'observer les règles de la loi et de sasiH
Paul, qui défendent de ne juger un hnmuï*\
mais suHout un prêtre, qie sur la déposi^
tion de deux ou trois téuudns, prirent le
serment de cette femme, qui ne fit aiicuha
ditllculté de jurer que cet enfant était d*Eus-
tiLhe* Alors ces juges si équitabl s le cou-
da mtjèrent iiussitùt comme adultère. C*cst
ainsi, dit saint Jérôme, que saint Eustathe
se trouva avoir des enfants sans y avoir
pensé.
Mais Dieu voulut <lepuîs justifier Tinno-
cetice de son serviteur. Car celte malheu-
reuse femme étant tombée d-ms une très-
longue et trèsd'Acheuse maladie, découvrit
son crime et la malice des ariens j elle
avima qu'ils Tavaient obligée h force d'ar^
gent d'accuser le saint de ce crime, et qu«^
son serinent n'était pas etnièrement fa*ix,
ayant eu cet entant d*un Eustathe, ouvrier
eh cuivre» Elle lil cellG déclai^atioa non \m%
947
Ees
ECS
Mt
devant deux ou fr(»is personnes, mais en
présence d'un grand nombre d'ecclésiasti-
ques, de sorte qu'il fut visible à tout le
monde que ce grand saint n'avait été con-
damné que parce qu'il soulenail la véritable
foi, comme saint Afnanase, saint Jérôme,
saint Chrysoslome, Théodoret, Socrate, So-
zomèneet généralement tous les catholiques
l'ont reconnu. Cela n'empôîrha pas les eusé-
biens de le représenter à toute la terre
comme un homme dont la vie avait été in-
fime et scandaleuse, comme on Ta vu, di-
sent-ils, parla suite, c'est-à-dire parce qu'un
innocent avait été opprimé par des tyrans.
Néanmoins, ceux d'entre eux qui ont eu un
Ïeude bonne foi, semblent avoir reconnu la
msseté de cette calomnie, puisque George
de Laodicée a écrit qu'il avait été déposé
comme sabellien, à la poursuite, dit-il, de
Cvrus, évoque de Bérée ; ce qui vraisembla-
blement est faux, Cyrus ayant été lui-môme
persécuté par les ariens iK)ur la divinité de
iésus-Christ.
Comme il y avait dans le concile plusieurs
' évoques très-catholiques et qui n'étaient
point du tout de la faction des ariens, ils
s'opposèrent ouvertement à leur procé(lé et
exhortèrent fort saint Eustathe à ne point
céder à une sentence si injuste. Le peuple
môme s'émut extrêmement pour la déposi-
tion de son évoque. Les magistrats et les
principaux officiers prirent part h cette divi-
sion, et la sédition s'échautfa si fort qu on
était près d'en venir aux armes et de voir un
renversement général dans toute la ville, si
-les mouvements du peuple n'eussent été re-
tenus par la crainte de 1 empereur.
Les ariens, voyant donc l'opnosition qu'on
leur faisait à Anlioche, s'en allèrent trouver
Constantin, à qui ils persuadèrent qu'ils
avaient eu raison de condamner saint Eusta-
tiie et qu'il était véritablement coupable du
•crime dont il était accusé. Ils y en ajoutèrent
.néanmoins un nouveau, savoir qu'il avait
lait quelque injure h la mère de l'empereur.
Constantin fut d'autant nlus susceptible de
ces calomnies, que la sédition arrivée dans
Antioche à cause du saint, et dont il le soup-
çonnait aisém«;nt d'avoir été l'auteur, le lui
rendait odieux. Ce fut donc par ces calomnies
•que les ariens trouvèrent un moyen de faire
chasser d'Antioche comme un adultère et un
tyran, ce généreux défenseur de la chasteté
aussi bien (}ue de la foi.
Constantin envoya aussi à Antioche, tant
pour exécuter cet ordre que pour rétablir la
paix dans la ville, le plus fidèle de ses mi-
nistres et des comtes de sa cour, et en môme
temps écrivit diverses lettres au peuple avec
beaucoup do douceur, pour l'exhorter à l'u-
nion qui convenait à des chrétiens. On croit
que Stratège, h qui il avait donné le nom
ûe Musonien, est lo comte qu'il envoya à
Antioche, parce qu'il y était peu de temps
M^rès. Ce Stratège était chrétien, et avait
Iteaucoup d'excellentes qualités, mais obs-
curcies par son avarice. Dieu ayant donc li-
vré saint Eustathe entre les mains des ariens
iiour taire éclater davantage la force de la
vérité dans Toppressimi de ceax qui ia défen-
daient, ce saint sup.-AOrta avec beaucoup de
douceur Tinjustice de ses ennemis, c-omnie
une chose qui lui était avanlag^^use poorsoo
repos. Il Se crut n^-anmoins obligé de f»ren-
dre plus que jamais soin de ses brebis, elles
ayant fait assembhr avant que de f»artir de
la Ville, il les exhorta, dit saint Chrysoslou»,
à ne point céJer aux loups et de ne'leur jv>iDt
abandonner la berj:erie, mais d\v demeurer
toujours pour leur "résister et leur fermer U
bouche et pour atfermir ia foi des simples, eii
erafièchant que par leur absence les brebis
ne fussent exposées à la rage de ces loups.
Saint Chrysostome ajoute que Tarenir moo-
tra combien ce conseil était sage, en empê-
chant la ville de devenir arienne. On peut
de là conclure que saint Eustathe exbortt
les plus fermes d'entre les catholiques k oe
pas abandonner les plus faibles qni, n'ayant
pas assez de force pour résister aux fiersecu-
tions que Tévèque illégitime infligerait i
ceux qui ne le voudraient pas reconnaître,
pourraient finir par tomber aans l'hérésie.
Constantin s'étant malheureusement ea-
Çagé à appuyer la déposition d'Euslalhe, cet
illustre prélat fut enlin arraché à la ville d'An-
tioche avec un grand nombre de diacres et
de prêtres, qui furent bannis avec lui, «oit
sous le titre spécieux du bien de la paix, soit
sous quelque autre prétexte que nous igoo-
ron^. Il fut mené dans la Thrace, et Cons-
tantin écrivant au peuple d'Antioche téiDoi-
gna l'avoir écoulé. Les arieus tinrent même
alors un nouveau conciliabule contre lui i
Nicomédie, si nous voulons accorder cela h
Philostorge, qui dit qu'il fut condainiié ea
cette ville par deux cent cinquante évèques.
Il peut avoir passé quelque temps àTwjano-
ple dans la Tnrace, mais il parait que te der-
nier lieu de son exil et celui de sa mort fiit
la ville de Philippes en Macédoine.
Nous ne trouvons point dans l'antiquité
quand il mourut, sinon que ce fut avant que
saint Mélèce fut établi sur son siège, w
commencement de l'an 361. Mais il y a di-
verses raisons qui font juger que, dès Tan
338, il jouissait dans le ciel des récompen-
ses que son zèle et sa patience lui avaient
acquises. Les Grecs marquent sa fôte le îl
février et le 5 juin. Usuard, Odon, Solker,
et les autres La"lins la mettent le 16 de juillet,
et l'on trouve ce iour-là un saint du mèine
nom h Antioche dans les anciens marlyrole-
ps qui portent le nom de saint Jérôme', mais
il semble crue ce soit un martyr. Et quoi-
que saint chrysostome, suivi paV saint Anas-
tase Sinaïte, et quelques autres Grecs, donne
ce titre à notre saint, selon ce que dit saint
Ambroise en parlant de saint Denys, son pré-
décesseur , que (( ceux aui sont nv>rls dans
l'exil approchent plus près du martyre que
ceux qui en ont été rappelés , » néanmouis
on ne le qualifie d'ordinaire que confesseur.
Il Fcmble que du temps de saint Chrvsosloma
TE , lise d'Antioche l'honorait vers le miliM
de novembre.
Quoique ses reliques sacrées fussent de-
meurées dans la Macédoine, néanmoins tous'
EUS
les catholiques d*Ântioclie ne laissèrent pas
d'avoir pour lui une vénération extrême qui
s'augmenta il au lieu de diminuer par la su île
des aimées; non-seuleinent sa déposition
n'empêchait pas que son nom ne fût récité
solenDcUement dans le sacriûce parmi oa^ux
des autres évéques de îa ville, mais le jmir
de sa fête y éiait célébré par les assf^oiblées
du peuple et par ks louanges que bji dun-
naient les plus grands hommes. Nous avons
encore Téloge que saint Cin*yso.stouie y pro-
tnonça, où il lui donne le tiîrc de martyr, et
il témoigne lui-même quo ce discours fut
écouté par une grande multitude de per-
:ionnes, et reçu avec joie et beaucoup d'ap-
plaudissements.
I Environ cent ans depuis, Calandion, étant
«^véque d'Antioehe, demanda à rempereur
Zénun de faire rapporter les reliques de saint
Eiistatlie à Aiitiociie, et les ayant fait tirer,
comme nous avons dit, de Philippes eo Ma-
cédoiûe» presque toute la ville d'Antioche
alla sept lieues au devant et les reçut avec
beaucoup de respect. Cela arriva apparem-
ment en Tan kS2. ( Flaury et ïillemont,
pmsim,)
H EUSTATIIE (saint), reçut la mort à An-
V cvre en Galalie, pour l'hoûneur de la foi.
Il fut d^abord éprouvé par de rigoureuses
tortures, puis jeté dans la rivière^ d'où un
ange le retira ; enfin, une colombe étant
Teoue du ciel, il fui appela à la récompense
éternelle. L'Eglise honore sa mémoire le 28
. juillet.
EDSTOCIIE (saint), souffrit le martyre sous
Julien TAposlat^ avec les saints EÏpide et
Marcel. Ayant généreusement confessé leur
Ifoi, ils furent attachés à la queue de chevaux
indomptés, tirés avec violence, déchirés et
entin Jetés dans le feo où ils accomplirent
leur glorieux martyre. L'Eglise hooore leur
luémoire le 16 novembre,
EDSTOCHIUM (saiote), vierge et martyre,
sou|rrit le martyre h Tarse en Cilicie. Après
avoir enduré de^cruels tourments sous Julien
^K rApostat, elle rendit Tesprit en priant Bien.
^L^lsglise foit son immortelle mémoire le 2
^■f^vembre.
H^ ÏUSTORGE (saint), évfique et confesseur,
^soutTrit h Milan en rhonncur de Jésus-
^ Christ et pour la défense de la religion chré-
tienne. Nous n'avons aucun détail sur l'épo-»
Sie et les circonstances de son combat. L*E-
ise Fhonore comme confesseur le 6 juin.
EliSTOSE ( saint ) , martyre , cueillit la
palmo du martyre à Antioche avec saint Dc-
JflLiètre, évoque de cette ville, saint Agnan,
diacre, et vingt autres saints. On ignore îa
date de ces marl}Ts, L'Eghse fait leur fêle le
10 novembre.
EUSTRATE (saint), martyr, mourut pour
la foi chrétienne en Arménre. Il souffrit d*a-
l^ordseul sous le président Lysias, puis ayant
été conduit à Séhaste, il y fut cruellement
tourraenlé avec Or este, sous le président
tAgricolaiis, qui unit par le faire jeter dans
une fournaise ardente, où s accomplit son'
- sacritlce. L*Eglise hooore sa mémoire le i3
léçembre (sous Dloclétieû),
EUT
dSO
EDSTRATIUS [Proeulus), préfet augusial
d*Alexandrie, an temps de rerapereurPioclé-
tien, fit arrêter dans cette ville, entre autres
chrétiens, la vierge Théodore, appartenant à
une des premières familles du pays. N*ayant
pu la contraindre h abjurer la religion cliré-
tienne, fl la condanffia h perdre sa virginih^
dans une des maisons de prostitution d»' la
ville. Elle fut sauvée de cette infamie par le
dévouement d'un jeune Iiomme nommé Di-
d^iue, qui se déguisa pour parvenir pv^'S
d elle, prit ses vêtements et lui donna les
siens, de sorte qu'à Faide de cette transfor-
mation elle put s'évader. Le préfet furieux
condamna Didyme à élre décapité* Comme
on était sur le point de l'exécuter, sainte
Théodore se présenta, demandant qu'on la
fit mourir à sa place, mais les bourreaux les
décapitèrent tous les deux. (Voy. les articles
TnikiDonE et Diuyme).
EUTHALIE (sainte], vierge et martyre,
donna son sang en rhonneur de Jésus-Christ
dans la ville de Lentini en Sicile, qu'elle ha-
bitait. Ce fui son propre frère, nommé Sermi-
lien, qui Tégorgea parce qu'elle était chré-
tienne, L'Eglise fait sa fête le 27 août.
EUTHALIUS, garde général des prisons
à Egée en Gilicie, eti 285, sous le régne de
Terapereur Biocîétien. Ce fut lui qui amena
devant le proconsul Lysias les saints Claude,
Astère, Néon, elles saintes Domnine et Théo-
mile. 11 fut chargé par Lysias de l'exécution
de la sentence qui eondaomait les trois
saints frères h ètrecruciliés Voij. Claude.
EUTHOLOMIE, juge h Nicomédie , con-
damna et fit exécuter îi mort pour la foi ,
les saints Af^athoinque et Zotique, durant la
persécution de Maximien, ainsi que plusieurs
autres saints martyrs, que le Martyrologe ne
nomme pas.
EUTllYME (saint), fut martyrisé à Nico-
médie pour la défense de la religion de Jésus-
Christ, sous le règne de DiocYétien. Après
avoir disposé plusieurs lîdèles h souffrir la
martyre, il alla bientôt partager leur cou-
ronne, ayant été percé d'un coup d'épée»
L'E^ïise vénère sa mémoire le 2^ décembre.
EUïHYME (saint), évèque de Sardes, avait
d'abord mené la vie monastique. Il fut depuis
perséculé pour la cause des images» et est
honoré entre les saints le 11 mars. Nous le
vu V ODS au second cooeile de Nicée en qua-
lité dïWéque. L'empereur Nicéphore, le re-j
légua dans Tlle de Fatarée, parce qu'il avait
donné le voile h une tille. A son retour de
Texil, il fut un des plus vigoureux adversai
VQS de Léon l'Arménien touchant les imageSt
et cet empereur Fenvoya en exil à Ason où
il resta jusqu'en 813. Son zèle pour la défense
do la foi catholique le lit exiler une 3* fois
au cap Acrile en Bithynie. On Vy enferma
dans une dure prison, et il y fut frappé si du-
rement à coups de nerfs de bœuf que huit
jours après ii en mourut (820). Le Martyro-
loge romain honore son illustre mémoire le
11 mars, mais les menées des Grecs le mar-
quent le 26 décembre.
EUTICE (saint), martyr, était bourgeois de
Pouzzoles en Tan de Jésus' Christ 30^, pendant
951
EOT
que la persécntion de Dioclétien aécimait
r£gii$e catholique. Etant venu visiter dans
sa prison saint Sosie, diacre de Mysène, qui
avait été arréléfiar lordredu gouverneur Dra-
conce, il le fut lui-m^'m^tet ern;;risoDDé aussi
a[)rês avoir été fiuetlé cruell^fincnt. Il resta
en prison jusqu'à la venue de Tiioothée, que
Dioclélien nomma içouverneur, en place de
Draconce. Ce nouveau gouverneur le fit con-
duire avec ses compa;^nons à Tamphithéâtre,
où il les fil tous jeter aux bétes. Celles-ci
n ayant pas voulu faire de mal aux saints,
Timothée les fit tous décapiter. Le corps du
saint resta à Pouzzoles. L'Eglise célèbre sa
fôle le 19 janvier.
EUTIQUE (saint), souffrit le martyre à
Alexandrie avec plusieurs autres encore dont
les noms ne nous sont point connus. Ce fut
du temps de Tempereur Constance, sous
Georges, évôrpje arien, qu'ils furent passés
au fil de renée pour la foi catholique. L'E-
glise fait collectivement leur mémoire le 26
mars.
EUTIQUES, (saint), martyr, l'un des qua-
rante martyrs de Sébaslc, sous Licinius.
Voy. Martyrs de Sébastb.
EUTROPE (saint), eut la çloire de donner
$a vie pour la religion chrétienne en 273 ou
27i, à Porto, sous l'empire d'Aurélien et du-
rant la persécution que ce prince suscita
contre les chrétiens. On dit qu'il souffrit
avec sainte Bonose et sainte Zosime, toutes
deux sœurs. On ne possèdt; sur le martyre
de saint Eutrope que des Actes qui sont fort
loin d'être suflisamment authentiques. L'E-
glise fait la fête de saint Eutrope le 15 du
mois de juill -t , avec celle des deux saintes
que nous venons de nommer.
KUTHOPK ( saint ) , premier évoque de
Saintes et martyr, mourut pour Jésus-(Jhrist,
à la fin du nr siècle , dans la ville où était
son sié^e épiscopal. Il eut la tête fendue d'uu
coup de hache par les infidèles. La fureur de
la persécution était si grande , qu'on ne put
pas l'enterrer d'une manière convenable : on
ne put pfls même écrire l'histoire de son
martyre; les circonstances en étaient com-
plètement ignorées, qnand Dieu révéla ce
que nous en savons. \ oici comment les cho-
ses se passèrent. C'est Grégoire de Tours
qui raconte :
a Pallade, évéque de Saintes, qui assista au
quc'itrième concile do Paris et au second de
Milcon , ayant fait bdtir une église en l'hon-
neur de saint Eutrope, voulut y transporter
ses reliques. H invita plusieurs abbés à la
cérémonie de cette translation. Lorsque le
cercueil eut été ouvert, deux des abbés aper-
çurent un coup de hache à la tôte du saint.
1^ nuit suivante , saint Eutrone lui-môme
leur apparut et leur dit que c était par ce
coup qu'il avait terminé sa vie. Ce fut ainsi
qu'on reconnut qu'il était martyr, parce
qu'on n'avait plus alors l'histoire de ses souf-
frances. »
Les huguenots, qui commirent tant de dé-
ECT sa
ECTROPE 'saint, martyr, cueillit la palme
du martyre parce qu'il avait pris la défense
de saint' Jean Chnrsostome. Il avait toujoon
vécu dans une pureté fiarfaite, et serrait
l'Eglise en qualité de chantre et de simple
lecteur, étant encore fort jeune. Ayant été
amené devant le préfet Optât , c^lui-ci or-
donna qu'on le battit avec des nerfs de baraf
et à coups de bâton. On iui déchira cruel-
lement avec des ongles de fer les côtés et le
visage mème« en sorte qu'on lui arracha les
sourcils. On lui appliqua enfin des torches
ardentes sur les deux côtés, où il ne restait
plus que les os, sans pouvoir vaincre sa fer-
meté. 11 mourut dans sa prison par la gan-
grène qui se mit dans ses membres. L*^lise
honore s^ mémoire le 12 janvier.
EL'TROPIE sainte}, souffrit le martyre à
Alexandrie. Cette sainte femme, visitant les
martyrs pour les consoler et s'encourager
elle-même, fut tourmentée avec eux si crod-
lement , qu'elle rendit l'esprit. L*£glise fût
sa sainte mémoire le 30 octobre.
EUTROPIE ( sainte ) , vierge et martyre,
souffrit à Palmyre en Syrie, pour rhonneor
de sa foi et pour la défense de la religion.
Cette jeune fille , âgée seulement de douze
ans , confessa courageusement Jésus-Christ
avec les deux sœurs Libye et Léonide. L'E-
glise fait leur fête le 15 juin.
EUTROPIE (sainte), martyre à Aagsboorg
en 30^ , sous l'empire de Dioclétien , était
l'une des trois servantes qui étaient atta-
chées à la maison de sainte Afre, fille publi-
que dans cette ville , et qui mourut pour il
foi au commencement de la persécution: ces
trois servantes faisaient le même métier qae
leur maltresse. Elles la suivirent daos son
triomphe. Comme on peut le voir en Visant
les Actes de la sainte , elles furent brûlées
vives dans un tombeau avec sainte Hilarie »
sa mère. L'Eglise célèbre leur fête le 5 août.
{Voy. Afbe.)
EUTROPIE (sainte), vierge et martyre,
mourut |)our la foi chrétienne en l'an de Jé-
sus-Christ ^7. Elle était sœur de saint Ni-
caise , évoque de Reims. Vers Tan k&I , les
barbares ayant fait irruption dans les Gau-
les, firent mourir ce saint évéque, qui parcou-
rait son troupeau spirituel pour lui donner
des consolations et du courage. Notre sainte
fut également saisie par ces barbares ; mais
colle-ci , comprenant pour quel usage on la
réservait, s'écria qu'elle aimait mieux mou-
rir que de perdre rhonncur. Elle fut aussitôt
massacrée. Elle et son frère furent enterrés
dans le cimetière qui touchait l'église de
Saint -Agricole. L'Eglise célèbre leur mé-
moire le ik décembre.
EUTYCHE (saint), était disciple de saiot
Jean l'Evangeliste. Après avoir souffert la
prison, les fouets et le feu en plusieurs pro-
vinces pour la prédication de l'Evangile, il
mourut en paix. L'Eglise honore sa mémoire
Je 21 août.
EUTYCHE (saint), reçut la palme du mar-
tyr en Espagne. Nous ne possédons malheo-
vaslatioys en France, dispersèrent les reli- tyr en Espagne. Nous ne possédons mallieo-
mies de saint Eutrope. L'Eglise latine célè- rouscment pas de détails authentiques sur le
bre sa fùte le 30 avril. lieu , l'époque et les circonstances de sou
tjre, L'Eglise honore sa sainte mémoire
1 décembre.
DTYCHE (sailli), eut la gloire de mourir
r la foi de lésus-Christ à Ancyre en Ga-
s. 11 eut pour compa^rion de son com-
le diacre Doinitien. Nous ne possédons
\ détails sur leur conipie. L'Eglise fait
' mémoire le '2H décembre.
DTYCHE (saint), finit sa vie à Rome par
[iorieux martyre , et fut enterré dans le
îlière de Calliste. Saint Damase, pape, a
fou épitai>he en vers. L'Eglise honore sa
loire le k février.
JTYCHE.( sainlj, souffrit le martyre à
ntino, dans la Campagne de llomt*. Les
s des martyrs ne donnent niicuu détail
'époque el Ws circonstances de son com-
L'E^lise eélèbre sou imniortelle mé-
|ye 15 avril.
HyCHE (saint) j souffrit le martyre en
igne pour Thonneur de la foi , avec les
ts Uonorius et Eslève. Nous n'avons pas
1res détails sur son compte. L'Eglise no-
sa sainte mémoire le 21 nnvetnbre.
fTYCHE (saint), reçut la couronne des
glU comhaftants dé la foi en Thrace ,
lift saints Plante et Hériiclée. Nous it'a-
pas d*^ détails fdus ampb*s sur leur
>le. L'Eglise honore leur sainte et im-
èUe mémoire le 29 septembre,
TYCHE tsainf), souflrit pour la défense
religion ehrétieniif' à Carres en Méso-
Die. Ce saint, qui était patriee, fut mas-
avec ses compagnons dont les noms
Ignorés , par Evelides , roi des Arabes,
Bse fait collectivement leur fête le 14
»
TY'CHÈS (saint), reçut la palme du mar-
ivec les saints Maron et Victorin , qui
rd avaient été exilés pour la foi dans
de Ponce, avec la bienheureuse Flavie
mile , et ensuite rappelés sous l*empe-
Werva. Cependant, depuis leur relonr^
I fait plusieurs conversions , ils furent ,
It la persécution de Trajan, uus à mort
Ivers supplices, suivant la sentence du
Valérien. L^Eglise fait leur fête Je
liL
TYCHIEN (saint), martyr, s'était con-
à la foi chrétienne en même temps que
inlsAriston,Crescentîèn, Urbain, Vital et
rllsy avaient été déterminés pir saint
[uillin,ieur ami commun. Ce fut à saint
lien qu'ils durent surtout leur conver-
puisque ce saint olîlcier du palais de
ereur Dioclélien fut rinstrumeut prin-
de la conversion de Tranfiuillin. Ils fu-
baptisés pai le prêtre saint l*olycar|>fi.
(t retirés en Camfmnie dans les terres de
ilhromace, qui, pour s'adonner h la jira-
des vertus chrétietmes avait quitté sa
B de préfet de Home, ils furent marty-
avec saint Félix, saint Félicissimc, la
de ces deux saints et sainte Synqdio-
L'Eglise fait la fête de saint Eutychien,
ïelle de ses compagnons, le 2 juillet.
TYCHIEN (saint), pape el martyr, souf-
; mort à Kome pom* Jésus-Christ. Ce
^1
saint pape donna la sépulture de ses prox)reg
mains, et en divers endroits, à trois cent
quarfuite-deux martyrs. 11 leur fut lui-même
associe sous Tempereur Numérien, et reçut
la palme des défenseurs de la foi* Il fut en-
terré dans le cimetière de Calliste* L'Eglise
célèbre sa mémoire le 8 décembre.
EUTYCHIEN (saint), soutTrit le martyre à
Nifomédie, avec les saints Straton et Phi-
lippe. Ayant été exposés aux bétes et n*en
ayant reçu aucun mal , ils accomplirent leur
martyre "jiar le feu, L'Eglise célèbre leur mé-
moire le 17 août
EUTYCHIEN (saint), martyr, versa son
sang pour la foi avec les saiiîts Diomède ,
Julien, Philippe, Hésique, Léonide , Phila-
delphe, Ménalippc et Pantagappe. Ils accom-
I dirent huv martyre les uns par le feu , les
autres par le glaive ou sur la croix. L'Eglise
célèbre leur mémoire le 10 septembre.
EUTYCHIEN (saint), martyr, mourut pour
la foi du Christ, en Afrique, avec les saints
Arcade, Pascase et Probe. {Voy. l'article Ar-
cade pour plus de détails,}
EUTYCHIUS était l'un des deux préfets
qui , à Mars*'ille, en 290, et en présence do
Tempereur Maximien, tourmentèrent saint
Victor, ollicier détaché de îa légion Thé-
béenne. N'ayant pu se mettre d accord avec
son collègue Astcrius sur le choix des tor*
tures qu*il fallait faire subir au saint , il se
relira. Ce fut Astérius qui tit étendre Victor
sur le chev*det, où les bourreaux le tour-
mentèrent jusqu'à ce qu'ils "fussent forcés de
cesser, h cause delà latigue,
EUTYQUE (saint), Gis de Polyeucle, cueil-
lit la palme du njartyre en Orient, sous Tem-
pire de Dioclétien, en Tannée 2% ou 297. H
iut mart} risé par Tordre d'Un général nommé
Antiochus. S'il fimt en croire les Grecs , il
aurait été crucitlé le 2 septembre 297.
EtJTY'^QUIE (sainte), qualifiée martyre dans
la plupart des Martyrologes et des Actes,
confessa généreusement la foi chrétienne à
Thessalonique , en Tannée 3i)4 , devant le
jugeDulcétius, avec les saintes Agape, Irène
et Quionie. On verra les détails de cette con-
fession dans les Actes de sainte Agape do
Thessalonique, Toutes ces saintes sont fê-
tées p^ir l'Eglise le 3 avril.
EDZOIUS, évoque arien , qui , sous Tem*
pereur Valons* se montra Tun des plus achar-
nés persécuteurs des catholiques. Ce fut lui
qui uit envoyé avec le comteMagnus à Alexan-
drie pour y établir Tautorité de Lucius, évo-
que arien,"contre celle de Pierre, évéquo dé-
signé par saint Athanase et déjt'i installé par
les catholiques. Il commit ou lit commettre
toutes sortes de profanations et de cruautés.
{Voij. Valems,)
ÉVAGHE (saint), martyr, eut le glorieux
avantage de donner sa vie pour la défense
de la religion. Ce fut à Tomes, dans la pro-
vince du Pont, qu'il soulfrit le martyre avec
les saints Prisque et Crescent, Le M;ut>ro-
logc roinaifî ne donne point de détails lou-
chant l'époque el les cii constances de leur
EYS
martyre. L'Eglise honore leur mémoire la
t" octobre.
ÉVAGRE (saint) , souffrit la mort pour la
défense de la religion avec saint Priscien et
leurs compagnons dont les noms sont igno-
rés. Ce fut à Rome que leur martyre eut
lieu ; nous n'avons pas d'autres détails. L'E-
lise fait leur fête le 12 octobre.
ÉVAGRE (saint) , reçut la palme du mar-
tyre à Tomes en Scytbie, avec saint Bénigne.
Les Actes des martyrs ne nous ont laissé au-
cun détail précis sur la date et les circons-
tances de ses combats. L'Eglise fait sa fôte le
3 avril.
ÉVAGRE (saint), confesseur, fut élu évo-
que de Constantinople par les catholiques, à
la place d'Eudoxe, évéque arien, qui venait
de mourir, en Tan de Jésus-Christ 370. L'em-
pereur Valens , qui se rendait à Antioche
pour veiller à la guerre contre les Perses ,
et qui n'était encore qu'à Nicomédic, envoya
de cette ville des troupes arec ordre de pren-
dre Evagre et de l'envoyer on exil. Eva-
gre mourut dans son exil. Il est inscrit au
Martyrologe romain le 6 mars. L'évoque
Eustathe y qui l'avait ordonné , partagea son
sort.
EVARESTE (saint), martyr, eut la gloire
de souifrtr la mort pour Jésus-Christ, en
Crète, dans la ville de Gortyne, sous le règne
de Dèce, durant la persécution si terrible
Ïue ce prince féroce alluma contre l'Eglise.
[ fut décapité, après avoir soutfert d'horri-
bles tourments. Sa fôte arrive le 23 décembre*
Saint Evareste est l'un des dix martyrs de
Crète. {Voy, Martyrs db Crète.)
EVARISTE (saint), pape et martyr, fut le
successeur du pape saint Anaclet, sous le
tègne de Tr^âan. 11 gouverna l'Eglise pendant
i^euf ans et mourut dans l'annéa 312. Saint
Ignace d'Antioche nous apprend que tant qqe
ce saint pape fut sur la chaire de saint Pierre,
les fidèles de Rome furent les modèles de
toutes les vertus, et s(i firent remarquer par
fa pureté de leur doctrine. Ce fut lui qui le
premier divisa Rome en nai'oisses, et assigna
un prêtre à chacune d'elles. On ignore cora-
Elétement les circonstances de son martyre.
'Eglise fait sa mémoire le 26 octobre.
. EVARISTE (saint), mourut pour la foi du
Christ avec ses deux frères Carpon et Pris-
cien. On n'a aucun détail sur leur martyre.
L'Eglise honore ïa mémoire de ces saints
fnartyrs le ih octobre.
EVE (sainte), fut au nombre des quarante-
huit martyrs misa mort avec saint Saturnin,
en Afrique, sous le proconsul Anulin, en l'an
de Jésus-Christ 305, sous le règne et durant
la persécution atroce qpie l'infAme Dioclélien
suscita contre l'Eglise du Seigneur. {Voy.
Saturtïiw.) L'Eglise fait la fête de tous ces
saints le 11 février.
EVELLE (sai.nt), officier du palais de Né-
ron, martyrisé à Rome, sous le règne de cet
empereur. /Pas de documents.) Fôte le 11
ûiai.
EVELPISTE (saint), fut martyrisé à Rome
sous l'empire de Mare-Aurèle, avec saint
Justin et les autres chrétiens arrêtés avec
E¥0 * m
lui. Il était esclave de l'empereur, et origi-
naire de Cappadoce. Le préfet Rusticus le
condamna, ainsi que ses compagnons, à être
fouetté, puis ensuite décapité. (Voy. JtsTi!i.\
L'Eglise fait la fôte de ce saiut martyr le 13
juillet.
EVENCE (saint), remporta la couronne du
martyre à Saragosse en Esi^gne, avec les
saints Optât, Luperque, Successe, Martial,
Jules, Quintilien, Publius, Fronton, Félix,
Urbain, Cécilien, Primitif, Apodème et qua-
tre autres appelés Saturnin. Ces saints fureoi
cruellement tourmentés tous ensemble et
mis à mort sous Dacien, gouverneur d'Es-
pagne. Le poëte Prudence a décrit en ven
leur martyre. L'Eglise honore leur glorieoss
et sainte mémoire le 16 avril.
EVENCE (saint), reçut la couronne du ma^•
tyrc durant la persécution d'Adrien, avec saiol
théodule et un saint Alexandre, à propos
duquel nous avons été obligés d'émettre pta-
sieurs doutes. (Voy. son article.) L'Eglise fitd
saint Evence le 3 mai.
EVERGILLE (saint), évoque et martvr,
versa son sang pour la défense de la rdipon
a Cologne. On ignore à quelle époque et dêfls
(juelles circonstances. L!Eglise célèbre soa
immortelle mémoire le 24 octobre.
EVILASE (saint), était prêtre d'idoles ï
Cyzique sur la Propontide. Il souffrit le m*^
tyre sous l'empereur Maximieu , avec U
vierge sainte Fauste. Voici en quelle occa-
sion : Evilase, après avoir fait raser la tels
do la sainte pour la couvrir do Lonte, or-
donna de la suspendre et de la torturer;
puis voulant la faire scier par le milieu d«
corps, il fut impossible aux bourreaux d'j
réussir, ce qui rempUt Evilase d'witriëton-
nemcnt, qu'étant tout à coup chaBg{&^ il
crut en Jésus-Christ et fut lui-même imsl
la torture par l'c.rdre de l'emi^ereur; tandis
que Fauste ayant eu la tête tranchée et tout
le corps percé de clous, fut jetée dans uni
poêle ardente. Alors on entendit une voix
céleste qui l'appelait; et à l'instant môme
elle passa avec Evilasb au séjour du re{M»
éternel. L'Eglise honore leur sainte mémoirt
le 20 septembre.
EVlLASIE,élaitjugc à Constance en Suisse,
sous le règne de Domitien. U fit n^artyristf
saint Pelay,
EVODE (saint), évoque d'Ozale en Afnq«b
et confesseur, naquit à Tagasto comme saifll
Augustin. Ce dernier nous représente notrt
saint comme un esprit eitraordinaire, très-
pénétrant, et qui sur une petite ouverUin
était capable de trouver beaucoup de vériléi
et de lumières. Eu effet, les lettres et lis
écrits que nous possédons de lui font foir
cette sublimité de génie qui tâchait de péaé-
trer dans les choses les plus relevées et l0
plus difliciles de la raison et de la foi.
11 avait été du nombre de ceux qu*OD ip
pelle agents dans les affaires de Vemptrmr
Ayant été converti et baptisé, il renoaçi
jeune encore à sa dignité, et se livra à UpÂ*
tique de la piété; saint Augustin, nouvw
ment baptisé à Milan en 387, avait résoin J^
50 retirer dans une solitude w Aiflf^
057
EWA
EXU
958
Nnfre s/iinf sejoignif i'ï fui. Ils y passèrent
Umîs ;uuM'''N cïiîîpmbrn. Saint Ev ode fui fait
il V en lié (I U/nln vu Aîrh]{\i\ ilrtris la province
de Corlhîjgt* nu Proroôsutaire. Vers la fin de
l'îinnée 408, les ln^n'lîqiios llnnjt courir le
bruit que les lois fautes contre eux p.'ïr Ho-
norius étaient abolies parce que Slilicon
av^it été dis;^TAd(3 et lui5. A nues de cette
raison, ils eouimirenl de grandes violences
ronli-e rE.-;li<p. Les évAfiues Evode. Thease,
évè»]ue de Metnbrose dans la Procnnsnlaire
et Victor, furent battus et maltraités. Ce fut
nsî qu'il uKTita le glorieux titre de confea-
ur. En ^19, il fut mandé an concile de
Spolète touchant le schisme dluilalius con-
tre Boûjfoce» Ce saint, à cause de plusieurs
écrits qu'il nous a laissés, mt^rile de tenir
rang non-seulcineol parmi les confesseurs
et les saints fiontit^ns, mais aussi parmi les
docteurs de l'Eglise.
EVODE (srtinl), fut martyrisé h Nicée en
iBitbyme, avec deux de ses frères et sa
ère Th(5odote. Ce courageux martyr ayant
lé valeureusement Jésus-Christ ,' fut
meurtri de coups de bâton, ptir Tor*
ire cîu consulaire Ni cet, r[ui les lit ensuite
bnlleravcc leur mère. I/E^^lise fait leur très-
sainte mcnioire le 2 août.
EVODE (saint), martyr, recueillit la palme
u maityre h Syracuse^ avec les sairds Hei*-
ogène\*tCallisle. On iguore à quell(» épo-
e et dans iiuelb^s circoastances
feur fête \v 25 avril.
E^'ODE (saint), mm1yr, soulTril pour sa
i avec ses deux frères Heriuo^cne et Cai-
L*E|5Îise
dans
leur
Isle. On ignore h quelle i^i't»^!'^^ cl
,,w.M .. circonstances. L'Ei^lise célèbre
le 2 se [>l ombre,
A, ville située en Portugal, a ét^
[1 - 1 1 ma r ty re de sa i n t >1 a nco.-i .
L> u i ILS (saint), fut maity risé h Saragosso
_Sn Espaj^iie, piu* les ordres de Dat'ien, qui en
éUiil gouverneur, en Tan de lésus4]brist 30'^
durant la persécution de Dioclélien. l>i?s-sept
autres fureut martyrisés avec lui. Ou trou-
vera leurs noms à l'article DAetEX. Les dix-
1 rtyrs de Saraj^osse sont irès-bonorés
, S^io: c'est Prudence qui rapporte cô
sait d'eu\. lis sont inscrits au Marty-
re romain sous la date du Iti avril. ( Vôy,
fruuence, de Cor.y hym. 4, Tillemoût, voL V,
-p. 229. etc.)
EVRAiU), un des meurtriers de Tilluslro
foulques, archevêque de Keiius, et qui fut
communié avee ses deux autres prînci-
i coni parlions, noniraés Vinemarct liatfel
1^ larlicie Vixkmak.)
^VLD (saint), martyr, dit saint Ewald
Noir pour le distinguer de son fiére
lommé saint Ewald le Blanc, fut mis h mrtrt
1^1 Tan 690 de Tère cbrélienno, avec ce
_ _ ae frère. Tous deux, Anglais d'origine et
^^Ifttfes, étaient venus dans la Weslphalie
pour y [)rôcher l'Evangile aux inûdèles. Les
àaioas étaient alors sous la domination de
divers petits princes qui, quand une guerre
avait lieu, réunissaient k-ui s armées el nom-
IMieût au sort un counuaudant auquel fous
diyvaiMt obéissance. Quand nos deux saints
entrèrent dans le pays, ils firent rencontre
d'un fermier, qu'ils prièrent de les mener
devant celui que le pays recommissfrit
comme souvera»n. Pe idant le chemin, ils
pFMaient, récilaii^ot des psaumes, chantaient
des hymnes. Chanue jour, ils oITiaient !«
saint sacrifice, car ils porlai»^ntavec eux une
taliJe qui leur servait d'autel, et des vases
sacrés. Les barbares, craignant que les deux
saints détournassent leur roi du culte des
idoles, tuèrent d'abord Ewald b.t Blanc, puis
ensuite Ewald le Noir, sou frère, après lui
avoir fait soulTrir de cruels tourments. Le
prince de la contrée, infurtné de ce qui s'é-
tait j^assé, lit mourir les coupaliles et brûler
kiir village- On avait jeté les corps ihjs
sainls marlyrs dans le Kbin, ils y fureol mi-
raculeusement découverts. Tilmnn, moiïie,
d*ongine anglaise, et qui était venu en Alle-
magne comme missionnaire, fut averti dans
uni' vision de les retirer de Feau. Il les fil
enterrer honorablement. Aujoui^d'bui leurs
reliques sont encore h Cologne dans Téglise
de .-lâint Cinnbert, ott on les garde reîigieu-
senient. L'Eglise honore leur mémoire le 3
oclohre.
EWALD (saint) le Blanc. [Toy, le précé-
dent,)
EXANTE (saint), fut martyrisé pour la foi
}\ Corne avec les sainls Carpophore, Gassius,
Séverin, Second et Licinius. lis lurent dé-
capités pour avoir confessé Jésus-Clirist. On
ignore Tépoque où leur uun'tyTe arriva, L'E-
gli-^e célèbre leur immortelle mémoire lo ï
aOHl,
KXPEDIT (saint], martyr» répanditson sang
pour la foi h Méliiino en Arménie, avec les
saints Herniogène, Caius, Aristonique, Ru*
fus et Galatiis^ On igi^oro la date et les cir-
constances de leurs combats. L'Eglise célè-
bre leiu- niénmire le 19 avril.
EXUPÉHANCE (saint), martyr, était diacro
de TEglise d'Assise, dès ranriée 3t)J. Après
la puidication des édits des empereurs
l>ioclétien et Maximien, il fut arrêté aveo
son évéque saint Sabin et mis en prison jus-
qu'à la venue de Vénnstien, gouvei^oeur de
rOmbrie et di^ TEtrurie. Aussitôt son arri-
vé»?, Vénusfien tit cnmparatlre les prison-
niers devant lui; sur leur refus di' sacrilîer,
il les lit (nurmenter si horriblement que
Marcel et Exubérance moururent au milieu
des supfdices. C.e fut dans la ville d'Assise
qulls recurent la eonronne, au commence-
merd di* l'année 304. Leur fête a lieu le 30
décembre
EXUPÉRANCR (saint), évoque et confes-
seur, souffrit \ Râvenne en Thonneur de la
religion chrétienne. Les Actes des martyrs
ne nous disent rien sur l'époque et les ditTé-
rentes circonstances de son combat. L'Eglise
iionore si mémoire le 30 mai.
EXUPÈHE (saint), mourut pour la défense
de la religion à Rome sur la voie Latine. 11
fut consumé par les ftamraes, ainsi que le
rapportent les Actes du paf»e saint Etienne,
avec les saints Synipbrone, Olympe et Théo-
dul*^. L'Eglise fait leur mémoire le 26 juillet,
EXUPÈKE (saint), recul b palme du mar^
959
FAB
lyre arec sainte Zoe, son épouse, et les
saints Cyriaque et Théodiile, leurs enfants.
Ils furent couronnés sous Tempereur Adrien.
Nous n*aTons pas de détails plus étendus sur
leur compte. L'£|$lise fait leur mémoire le
S mai.
EXUPÈRE (saint), martyrisé k Vienne en
Gaules, avec saint Félicien et saint Séverin,
est honoré par l'Eglise le 19 novembre. On
manque absolument de détails sur sa mort :
tout ce qu*on sait, c*est ou'elle eut lieu sous
le règne de Tempereur Marc-Aurèle. Ver^ le
milieu du iv* siècle, ces trois saints révélè-
rent à révoque Pascase, le lieu où ils étaient
enterrés. Cet évèque les fit transférer dans
Téglise de Saiut-Romain. {Voy. Sévebin.)
EXUPÈRE (saint), martyr, compagnon de
saint Maurice, était Campiduclor dans la lé-
gion qfue ce saint commandait. Ce grade
équivalait à peu près à celui de major dans
nos régiments. En Tannée 286, Dioclétien,
ayant donné l'ordre à la légion Thébéenne
qui était en Asie, de passer dans les Gaules,
Emr y faire la guerre sous les ordres de
aximien, son collègue, cette légion se mit
immédiatement en chemin. Durant le voyage,
MB IB
comme on se trouvait aux eoTiroiis d^Asmne
(en Suisse, aujourd'hui Saint-llaiirice\ Jlaxi-
mien donna Tordre que toute Tamiée offirll
un sacrifice aui dieux deTempire. La léçioQ
Thébéenne, entièrement composée de chré-
tiens, se retira h Agaune, pour ne pas par-
ticiper à cette cérémonie païenne, et pro-
testa par unelettre respectueuse, mais ferme,
contre la violence qu^on voulait faire k sa
foi. Maiimien, violemment irrité, fit d'abord
décimer cette légion, et ensuite fit mettre k
mort tout ce qui restait, voyant que le sup*-
f)lice qu*il avait fait subir aux premiers <ràa
e sort avait désignés n*avait pas ébranlé les
autres. Eiupère fut du nombre de ces géoé»
reux martyrs. L'Eglise fait sa fête, avec
celle de saint Maurice, le 22 septembre. (Vaf.
Maibice.)
EXUPERIE (sainte), appartient k cette
glorieuse cohorte de martyrs que la persé-
cution de Trajan fit monter au ciel. Ce folk
Rome qu'elle eut ce bonheur, avec les saiots
Symphronius et Théodule.etsainteOlyinpe.
La tradition ne nous en a pas dit davantip
sur sa mort et sur les circonstances dans k^
Ïuelles elle eut lieu. L*Egli$e fait sa ilCall
6 juillet.
FABIEN (saint), pape etmartvr, succéda
au pape saint Antère, Tan 236. Il était natif
de Rome, et appartenait à Tantique et illustre
famille des Fabiens. Son père se nommait
Fabius, et lui-même est ainsi appelé par les
Grecs dans leur office. Quelques auteurs
disent qu*ii était prêtre de saint Pontien : les
circonstances de son élection ne sont guère
favorables k ceux qui soutiennent cette opi-
nion ; il était très-probablement laïque.
Après la mort du pape Antère, étant venu
de la campagne à Rome avec beaucoup d'au-
tres, pour y assister k Télection d*un nouvel
évêaue, il fut désigné au choix des fidèles et
du clergé d'une façon tout à fait miraculeuse.
Personne ne songeait k lui, on jetait les
yeux sur plusieurs personnages importants
qui étaient présents, et sur lesquels allaient
se partager les suffrages, quand tout à coup
une colombe vint se reposer sur la tète de
Fabien. Aussitôt le peuple et les prêtres,
croj^ant voir dans ce fait une indication di-
vine, s'écrièrent d'un commun accord : Il est
digne d'être évêque. Alors on le prit et on
le fit asseoir sur le trône épiscopal, après
l'avoir consacré par les cérémonies d'usage
dans l'église. On raconte de lui considéra-
blement de merveilles, mais il faut avouer
(Qu'elles sont loin d'être fondées. 11 gouverna
1 Eglise durant seize années. Les faits les
Plus remarquables de son pontificat, sont,
envoi de missionnaires, notammentde saint
Denis dans les Gaules , et la condamnation
de Privât, évèuue de Lambèse, qui répandait
une nouvelle nérésie en Afrique. Saint Cy-
prien et saint Jérôme nous disent qu'il ter-
KÛna glorieusement sa vie par le martyre,
en 250, sous la persécution de Dèce. Noos
manquons absolument de détails. Ce saint
martyr fut enterré dans le cimetière de Cal-
liste. L'Eglise fait sa fête le 20 janvier.
FABIEN (saint), martvr, est inscrit aii&r-
tyrologe romain le 31 décembre, et honoré
comme martyr par l'Eglise avec les sûnU
Etienne, Pontien, Attale, Corneille, Seite,
Flonis, Quintien, Minervien et Simplicien,
Ïui furent les compagnons de son triomphe.
es circonstances de leur martyre ne sont
malheureusement pas connues , non {du
que sa date et le lieu où il arriva.
FABIEN, préfet de Rome dans les premies
temps de Tempereur Dioclétien , fut nommé
quand Chromace, qui s'était converti an
christianisme, se fut retiré. 11 se montra ei-
cessivement cruel à Tégard des chrétiens.
Ayant fait arrêter les saints Nicostrate, dan-
de, Castore , Victorin et Symphorien, paret
qu'ils cherchaient, pour leur rendre les der-
niers devoirs, les corps de sainte Zoé et dt
saint Tranquillin qui venaient d'être martyri-
sés, il les fit venir devant lui. 11 usa pour les
vaincre, de tous les moyens possibles : me-
naces, promesses, feinte douceur, tout M
inutile. Voyant cela, il prit les ordres des
empereurs Dioclétien et Maximien, et B
appliquer trois fois de suite les saints ï la
torture. Ces tourments n'ayant pu abattra
leur constance , il les fit jeter à la mer. 11 S
mourir aussi saint Castule, les saints Marcel
Marcellien, et la plupart de ceux dont il cfl
I)arlé dans les Actes de saint Sébastien, (fifi
SÉBASTIEN.)
FABIUS (saint), Tun des saints confesseoif
que Pinieu, proconsul de TAsie, détenait fli
Ml
FAI
FAI
90
^
prison et qu'il mil en liberté après sa con-
version, vint avec lui en Italie et habita sa
maison, à Rome, avec les autres confesseurs.
Le retour de Finie n eut lieu en l'année 287.
La présence de Fabius et des autres ayant
fait du bruit, tous furent obligés de se dissé-
miner dans les terres que Pinien possédait en
Italie, En 290 » les tyrans et le peuple ayant
fait mourir saint Anthime, saint Maxime
et saint Bassus, Prosque, consulaire, tit tran-
cher la tôle à saint Fabius, après Favoir très-
longtemps retenu en prison et lui avoir fait
souifrir divers lourments. L'Egiise célèbre
la Jéle de saint Fabius le 11 raai.\Fay.LtciSË>
femme de Pinien,et Pinien.)
FABIUS (saint), fut maitycisé à Césarée.
Ayant refusé de porter les enseignes de la
garnison, il fut enfermé pendant quelques
jours dans un cachot ; ensuite, ayant subi
deux interrogatoires, et persévérant à con-
fesser Jésu5-€brist, il fut condamné par le
juge à perdre la tôle. L'Eglise fait son im-
mortelle mémoire le 31 juillet.
FABRICIEN, eut la gloire de verser son
sang pour la foi chrétienne avec saint Phil-
bert. Leur martyre arriva en Espagne. On en
ignore la date et les circonstances. L*Eglise
fait leur sainte mémoire le 22 août.
FMBHICIUS , gouverneur de Césarée de
Cappadoce, au commencement du iV siècle,
^sous le règne de Dioclélien, lit soullrir de
ruels supplices h sainte Dorothée, pour la
)ntraindre ou à se marier, ou à sacrifier
|ux idoles, N'avanl pu y parvenir il la con-
imna à être décapitée.
FACOND (saintj, souffrit le martyre en
9aUce,surla rivière de Gée, avec saint Primi-
Leur combat eut lieu sous le président
Utiuue. Nous n'avons pas d'autres détails
ir leur compte, L*Eglise fait leur glorieuse
[mémoire le ^7 novembre.
FAINE (sainte), vit^rge en Irlande, soutTrit
marlyrc à une époque qui nous est coni-
_lélement inconnue. On croit généralement
qu'elle était abbessedans le vi* siècle. Nous
n'avons point de détails authentiques sur
elle. L'E:-5lise fait sa fôte le î'Vjanvier.
FAIUXIDA-LUGOVEMON (le bienheureux
[•Éo^ I, lut martyrisé au Japon en 1613, dans
.B rovauuîed'Ariraa, avec sa femme Jiommée
Marine, Adrien Tacafatimundo, Jeanne sa
1 feoime, saQlle Marie-Madele.ne, vierge vouée
au Seigneur, et Jacques, son tUs, âgé de 12
I ans ; enfin Léon Tacuendomi Guniémon, et
son fils Paul, âgé de ii7 ans. Le roi les con-
I, damna au supplice du feu. Aussitôt que cette
I nouvelle fut répandue dans le pays, il se lit
I une immense r^imeur. Tous les chrétiens
I 5'asserablèrenl et vinrent au nombre d^envi-
« roii vingt mille solfrir spontanément au
martyre. L*etfet de cette manilestiitioo su-
blime fut tel , que plusieurs seigneurs apo-
stats revinrent a la loi et demandèrent à par-
tager le sort de ceux ou 'on allait brûler pour
Jésus-Christ, Ce fut le 7 octobre au malin^
* qu'on notifia aux saints confesseurs queTar-
rét qui les condamnait allait rerevoir son
exécution. Leur joie lut grande: ils obtinrent
^^^^mmunier avant demarcherau supplice;
m
c'est-à-dire au triomphe, car jamais ou ne
vit rien de pareil à ce qui se passa aJors*
Les fastes de l'Eglise n'ont pas gardé mé-
moire d'une aussi splendide ovation. Vingt
mille chrétiens des campagnes entrèrent
dans la ville, dans un ordre pareil h celui
qu'eussent gardé des troupes porfaiiement
disciplinées, lisse réunirent à environ vingt
mille autres chrétiens, habitants de la ville,
pour laire cortège aux sainis martyrs. Ils
étaient en rang, portaient chacun un cierge
à la main. Les martyrs marchaient au mi-
lieu d'eux, libres, mais suivis de leurs bour-
reaux et d une compagnie de soldats. Certes,
cette force armée eût été bien insullisante,
si ces 40,000 hommes n'eussent pas été chré-
tiens ; s'ils n'eussent pas su que Dieu oéfend
à ceux qui sont persécutés fiour lui de se
ré voiler contre la puissance établie. Ils avaient
l'exemple de la légion Thébéenne, massacrée
sans tirer l'épée dans les Alpes; des cohortes
égorgées sur le mont Ararot en Arménie,
Cet exemple, ils le suivirent, en respectant
la puissance où Dieu l'avait mise. Aussitôt
que le cortège fut arrivé au lieu du supplice,
il s'y rangea dans un ordre parfait. Les mar-
tyrs, apercevant les poteaux auxquels ils de-
vaient être attachés, coururent les embrasser.
C'étaient huit colonnes qui soutenaient un
toit de charpente ; cette espèce d'échafaud
était dressé sur la place du palais. Pendant
qu'un faisait les derniers pi'éparalifs, Léon
Luguyemon monta sur réchataud, et s*adres-
sant à la Touïe, après avoir obtenu silence
de la main, il parla en ces ternies : « Mes frè-
res, admirez quel courage la foi peut donner
à de faibles créatures l Ces apnrôls terribles
diin supplice etTroyable, vous le voyez bien,
loin de nous territier, nous remplissent de
joie. Au milieu des flammes, je Tespèrc,
Dieu aidant, cette joie augmentera encore.
C'est aux iniidèles maintenant à voir quelle
est la grandeur, quelle est l'excellence d'une
religion qui peut produire de si grandes
choses, élever si puissamment lu nature au-
dessus d'elle-même. Quant à vous , mes
chers frères en Bien, ne soyez point elfrayés
en voyant ces brasiers ; plus ils seront ar-
dents, plus notre victoire sera grande et
prompte. Quelques snuirraoces h sutûr vont
nous f procurer une couronne de gloire et des
trésors de bonlieur qui dureront l'éternité. i>
La foule fit entendre un immense applaudis-
sement. Le frémissement qui l'agitait em-
pêcha le saint martyr de pouvoir continuer,
d descendit, et alla se placer au poteau au-
quel il devait être attaché. Il y fut lié ; les
autres Tétaient déjà. Bientôt on mit le feu
au bûcher qui était éloigné des martyrs d'en-
viron trois pieds. La Uamme et les tourbil-
lons de fumée s'élevèrent alors si haut, que
pendant quelques instants on ne put rien
distinguer. Quand Thumidité du bOcherse
fut dissipée, la flamme resta claire et on put
voir les maints martyrs, dont le calme et la
résignation a-tliraient radmiralion générale.
Jjictjues, fils d Adrien MunJo» apparut déta-
ché aux yeux des spectateurs : sans lui faire
beaucoup de mal » le feu avait consumé ses
Ml TAU
Kinrt ; fl couraît «ti tmrers ies flammes et
(if^ brasfers : rraignant que ce fût pour s'é-
êbapper, la foule lui cria d'avoir courage ;
iD;ns on ce^a d aroir cette crainte, lorsqu'on
rît re*tfant se n;(ourner avec calme et aller
rers sa mère qu'il entoura de ses bra*, vou-
lant mourir avec elle. La sainte femme, qui
paraissait morte, se réveilla à cette étreinte,
et comme si elle eût oublié ses souffrances,
elle ne cessa nias d'encourager son fils à
accomplir jusqu au bout le sacrifice de sa vie
pour Dieu. Pf:u après, ses liens étant brûlés,
elle tomba sur son fils, le couvrant de son
corps. Ils expirèrent ainsi. La sœur de ce
jeune enfant, Marie-Madeleine, *1çée de dix-
neuf ans, restait debout et semblait pleine de
force H de vie quoiqu'elle parût toute con-
sumée. On croyait qu'elle allait s'affaisser
auand on la nt prendre des charbons ar-
cnts, les mettre sur sa tôte et s'en faire une
couronne. Peu après, elle glissa le long de
son poteau, se coucha dans le brasier et y
expira paisiblement. La foule força les bar-
rières qui entouraient le bûcher. Les chré-
tiens emportèrent les corps de leurs glorieux
martyrs. Tout fut [iris par eux, jusqu'aux
charbons qui avait procuré la mort à ces il-
lustres victimes. Ce furent les habitants de
Conzuraaui emportèrent dans leur bourgade
îc corps cie Marie-Madeleine. Mais bientôt,
sur Tordre del'évèque, toutes les saintes re-
liques furent restitutées et mises dans des
caisses précieuses. On les transporta à Nan-
gazaki. Les actes et les pièces du procès fu-
rent envoyés à Rome.
FALÈRB, ville de Toscane, où saint Gra-
cilien et sainte Félicissime furent martyrisés
pour la foi, sous le règne de Claude II dit le
Gothique.
FAIS, officier chinois, qui fut chargé, en
1746, par le vice-roi de Fo-Kien, de recher-
cher, avec ses soldats, les missionnaires qui
pouvaient être cachés dans les environs de
Fou-ngan. Il s'en acquitta avec une sévérité
extrèino; la haine qu il avait pour les chré-
tiens peut seule expliquerracriarnement qu'il
y mit, comme la coiicluite qu'il tint après la
capture des missionnaires. Il fit comparaître
devant le tribunal du gouverneur de Fou-
ngan, en vertu des pouvoirs qu'il avait reçus
du vice-roi, plusieurs chrétiens et chrétien-
nes de la localité. Plusieurs ayant refusé de
dire la demeure de l'évèque et des mission-
naires, un chrétien concubinairc, interrogé
à son tour, déclara qu'il demeurait chez la
veuve Miao, une des prisonnières. Il la fit
immédiatement mettre à la torture ainsi que
neuf autres chrétiennes, mais ce fut inutile-
ment; rien ne put leur arracher leur secret.
Une onzième, épouvantée de l'appareil des
tortures, déclara ce qu'elle savait et dit au'on
l'avait faite chrétienne malgré elle eni'im-
portunauf. Cette trahison était un acte que
fan ne pouvait pas laisser sans récompense;
il fil porter cette femme en chaise chez elle,
et lui fit cadeau de i)lusieurs pièces de soie.
Il employa tout le jour à donner la torture, et
«e montra si cruel que le gouverneur, qui ne
pouvait retenir ses larmes, lui eu fit repro-
FAN M
che. Ce gouverneur était au fond nn honano
humain, qui trouvait qu'on toumieoiaii <ict
innocents, et qui avait logé chez lui Ton dn
prisonniers, le P. Alcober, le iaisanl même
«ervir par ses domestiques. L'iifficîer Fm,
fort de l'apfmi du vice-roi, s'emporta jusqul
reprocher au gouverneur, dont cependaiitil
était l'inférieur en grade, do manquer d«
courage dans l'acoemplissement de ses de-
voirs. La nuit ne put mettre un à la rage dt
cet homme. 11 fit donner la question à six
chrétiennes à qui il ne put rien arracher;
mais une servante, vaincue par la violeiK»
du mal, le conduisit où étaient les PP. Ser-
rano et Diaz, cachés entre deux plaBcbers. B
éprouva une joie très-grande de la prise de
ces deux missionnaires. N*ayant pu les for*
cer k lui dire où était Téfèque, U fit domer
des soufflets au P. Serrano et appliquer k
P. Diaz à la torture appelée Kia-kouen : sa li-
reur était sans bornes ; il voulait que can
qui lui obéissaient se montrassent aasâ
cruels nue lui. Il fit donner des coups de M-
tons à deux païens, pour les forcer à déd«-
rer où étaient les autres TDÎ$sionnMre&
Comme ils ne pouvaient dire ce qti^ils igno-
raient, ils furent retenus plusieurs joum ei
prison. Le 30 juin, le P. Royo et l'évêqaedi
Mauricaste ayant été obli'^s de se livrer
cux-mômes , tous les prisonniers snbireil
tin interrogatoire. Une chrétienne, noomée
Thérèse, fut interrogée par lui, et comme ses
réponses flétrissaient les questions odiMses
et impudiques qu'il lui adressait, il la flt
mettre à la torture. Quelque temps après,
plusieurs chrétiens furent pris, neuf aoio-
mcs et cinq femmes. Ils comparurefft éewant
le gouverneur d'une ville de troisième ordre.
La plus jeune des femmes se prfecule avec
les mains horriblement meurtnes parles to^
tures : « Qui vous a donc si horriblement
maltraitée, lui demanda le magistrat? —
C'est par ordre de lotricier Fan^ répondit-
elle, que moi et mes compagnes avons été
traitées de la sorte. » Ces femmes étaient ds
nombre des personnes que ce barbare per-
sécuteur avait fait torturer à domicile, fom
les contraindre à dire où étaient les mission-
naires. Dans tout le cours de celte procédure!
Fan se fit remarquer non-seulement par h
cruauté qu'il déploya envers les accusés,
mais encore par la calomnieuse indostrie
(lu'il employait à leur imaginer des crimes:
dans les instructions qu'il donna, il aceusd
les missionnaires de mai;ie, d'impudidié-
Ayant trouvé une caisse d ossements quiip-
gartenait au P. Alcober, il prétendit queœi
ommes de Dieu tuaient de petits enûaUf
qu'ils tiraient de leurs têtes des filtres qn
leur servaient h séduire de jeunes filles,
qu'ils faisaient avorter ensuite, à faidedei
remèdes qu'ils avaient apportés d'EuroiM.
Cette caisse contenait les ossements dui
missionnaire mort depuis longtemps, pr^
cieuses reliques que ses successeurs vou-
laient envoyer en Europe. Les juges vou-
lurent en faire la visite; ils nommèrent pour
cela des experts préposés à Texameu dtf
cadavres. La caisse ouy^Oi les osse-
M5
FAN
menis furent trouvés presquen poussière.
Vu la ténuité des fragtiieiiU, Fan soulenait
que celûieût des os de peiils eDÎaols.
Li^tsexperU aiTirmaienl qu'ils apj;arlenaicnE
è uiic personne raorl*^ dopuis au aïoias un
sU*de. Les j«^iges reslaieriÈ dans un grand
criibarms. Ou trouva le corps d^iiue vertèbro
assvi entier pour être mesuré ; on eonstatrt
pii^ilivcment, d après ses dimensions, qu'il
appartenait k une grande personne. L*ofIieier
Fan soutenant toujours son premier dire:
Les juges indignés lui ilircil L|u'il n'y avait
pas de milieu pour lui eiUre rignoranco et la
mauvaise loi : <t Nos livres sont précis, di-
rent-ils, à cet égard; le mode de vériOertlion
est tout traué. Si nous agissons en dehors
des prescriii lions qu^ils contiejinent, nous
agissons contre l'équité et contre la loi. Fai-
les un rapport à votre gré, tefa vous regarde.
Quant à nous, nous jugerons d'après Tévi-
ilenee et la justice. » Lacté de vériiicalion
fait, on dut refermer la caisse; cliaiun de-
vait/apporter son sceau, atin qu'il tut bien
constate qu'il iiy avait pas de fraude pos-
sible. Fau refusa de signer Taete et doseel-
>r la caisse. Cependant, les juges ïy cun-
raigoirent. Le juge criminel de la province
Ipjn-ouva leur thrun d'a;;ir et ronlirnia la
[sntence par laquelJe il déclarait les mis-
ionnaires imiocents. Fati se rendit jjrès du
yice-rot et les accusa d'avoir été corrompus
rgent. Il dit que des chrétiens venus de
igan avaii'jit aclteté, h Faide de som-
scunsidéraldes, tout le personnel des tri-
|ux, et même les ofiiciers et les soldats.
ieç-roi cassa le?i procédures, commit de
reaox juges, rt fit venir de nouveaux té-
ftoiiis, entre luitres la chrétienne qut^ Fan
rée4.knq>ënsée de son apostasie. Il la 11 ait
Ui scéiêratessc de cet homme se toaui-
|ide tous points ; cette femme repentante
son apostasie et raconta comment
icier la lui avait, en secret, conseillée, et
Bs moyens à l'aide desquels il Vy avait dé-
ïrmiuée. Plusieurs soldats lurent cassés do
îurs charges et cuiid.nnnés ii deux uiois de
igue. Alors tout alla an gré de Fan. 11
1 maltraiter à sa guise i^hrétiens et paieiis :
les uns furent uiis à la cangue, les autres
bAlOiHiés. Plusieurs lurent reconduits chei
chargés de chaînes. 11 lit donner (pia-
Ile coups de bâton b. cliacun des cinq i liré-
qui refusèrent d'adorer une idole sur
Topdir <|a'il leur en «vait domié. Ce fut ainsi
i ul homme, par sa scélératesse ^ lit
p.. j'^i- riûiquité et fut cause que cinq
missionuaires fui'cnt condamnés à mort et
exécutés. 11 est l)\cheu\ qu'on ignore corn-
icnl tiiiit un homme cou palile d'un tel crime
$1 de tant de révoltantes cruautés commises
ir eu procurer la perf>élralion. Il est très-
' able qu'il périt frappé de la malédiction
^ Ile. Ce qui nous porle à le croire, c'est
îè le vice-roi de Fo-kien, dont il était l'ins-
tuiuent, fut puni d'une faccin éclatante. Or,
ir tout ce 4pie nous venons do dire, il de-
aeure bien constatit ipie riiistiument s*é-
^rendu assez inteJli:-rent do ses actes et
ivait commis avec asse^ de voloulé pei-
verse pour être aussi coupable que la main
qui l'avait mis en jeu. Le vice- roi do Fo-
kien fut élevé quelque temps après à la
chargé de mandarin supérieur des fleuves
dans la province de Nankin. H jouissait en
pii'w de celte augmentation de fortune quand
l'ïiiipératrice mourut* Lnrsqueles vengeances
de Dieu sont prOtes , les plus petits événe-
menIs leur servcnl de conducteurs. L'*incien
vice-roi eut la malheureuse idée de se faire
raser la tète pendant que tout le monde était
en deuil, c*est cette faute qui va loi faire payer
tou^ ses attentats contre la religion et ses
îiiinistresJl fut dégradé, eîilé ; on le força de
reh;ltir2i ses frais une forteresse en ruines,
enfin il fut condamné h être décapité. L'Em-
pereur lui devait une grâce pour la f^f;on
dont il Tavait toujours servie il la lui accorda;
il revint sur la sentence et lui permit de s'é-
trcUiî^ler Ini-nième.
FANATISME. Nous définissons ce mot
dans la citation dun de nos ouvrages (Lr*
Passions] que nous faisons plus loin. Nous
rinscrivons ici, parce qu'il est en quelque
sorte un instrument (îe persérotion morale.
Tous les arrière-petiïs-fils de Voltaire et de
Diderot, tous ces niais qui se prétendent plii-
losophes et qui outragent la religion, ont ce
mol dans leur vocabulaire, pour le jeter
comme une insulte a tout ce qui est reli-
gieux en ce monde. Qi^and ces gens-là, dans
la discussi^J^, ont nommé lenrs adversaires
jésuites, lanaliques, nuand ils ont parlé de
progrès humanitaire, d'émancipalion sociale,
ils Dût lancé tous leurs foudres et se repo-
sent dans la majesté <lu triomphe. C'est à
l'adresse de ces voltoiriens de bas étage
que nous envoyons la citation suivante:
Les passions humaines abusent de tout, et
Fabus des meilleure» clioses produit les
plus grands ilésordres» Le swtiment reli-
gieux exploité par les pftsnons produit le
fanaLisme, que nousdélinîrotîs le zèle aveugle
pour la religion ou l'etret d'une fausse cons-
cience qui alui^e de la religion et Tasser-
vit au dérèglenient des passioiiâ
Autant 1^ sentiment religieux est aimé de
Dieu et digne di^s respects du genre hu-
main, autant le fanatisme mérite la haine
des eieux et <îo la terre. Ce vice en-
chaîne les peuîdes, les abrutit et les lue.
Nous ne sommes point de ceux qui veu-
lent nier les elTets dé|)lorables de ce
vice; la vraie religion n'a |»oinl t»eur de ces
aveux, ils sont une accusation qu'elle ful-
mina la première contre ceux qui se sont
servis de sou nom pour commettre leurs
atrocités* Sa morale tout entière, les pré-
ceptes de son divin fondateur, flétrissent ce
vice destructeur de toute civilisation , de
toute justice, de toute hun^nilé. De tout
temps le fanatisme a régné dans le monde;
il présidait aux monstruosités religieuses de
Tanliquilé qui nous glacent encore d'épou-
vante, il imrnofailparlout des victimes humai-
nés et notre sol est encore couvert des au-
tels sanguinaires où les druides faisaient cou-
ler le sang de nos pères* A Carthage, il y avait
une statue de Salurno toujoii
^
m
FAN
0!iy attachait déjeunes enfants pour pbîro
à cûdiou qui avait, dil-oii^dovoré les siens,
A Mexico, sur les autels de Witziliputzili,
le prigaîiismo ordonnait encore, sous Mnnté-
zuma, le! sacritlce où trente mille viclimes
perdaient la vie.
En Ions lieux le fanatisme immola ceux
dont il réprouvait les croyances : Socrate
fut mis à mort par celui de ses concitoyens ;
celui des Juifs arrosa d'uji sang divin la
montagac du Calvaire ; celui des persécu-
teurs des chrétiens lit périr plus de (|uinze
millions de martyrs. Toutes les sectes, tou*
tes les hérésies, toutes les religions ont eu
leurs fanatiques. Le mahométisme a coûté la
vie à trois millions dliouuues» égorgés en
vue du prosélytisme , Matiomet avait dit:
« Je laisse mon évangile aux croyants pour
convertir les inlidèles, et mon épée pour les
exterminer, w On voit par là que Je fana-
tisme est dans cette reli^^ion même, il en est
un commandement. Le calliolicisme a eu
ses fanatimies aussi, qui, oubliant les pré-
ceptes de leur diviti I^Iailre, inondèrent h
bien des reprises les iirovinces du mi^nde
chrétien d*uri sang que la morale évangé-
lique leur défendait de répandre*
Certes, nous sommes les premiers a le
dire, le fanatisme, chez nous comme partout,
a commis bien des crimes, bien des atten-
tats ; mais nous prétendons aussi que les
reproches qn on lui adresse à cet égard sont
exagérés de beaucoup. Bien souvent tes
massacres, les persécutions, les assassinats
JMdiciairt'S qu'on lui impute, ont été commis
dans un but poiitiriiieou de vengeances par-
ticu hères, par des nommes qui se servaient
du prétexte de la religion. Il est un grand
nombre de ces forfaits qui salissent les pa-
ges de rhistoire^ auxquels , quoi qu'on ait
dit, le vice dont nous parlons a été comtihî-
lement étranger. 11 est hors de doute, et les
auteurs prolestanls eux-mêmes oui été les
premiers h. le reconnaître , que Ihorrihïe
assassinat du Nouveau Montle n'a eu pour
cause que l'insatialde cupidité ties cofiqué-
ranls. Certainement il y avait des prêtres
parmi ces dévastateurs, parmi ces ligres al-
térés de sang, mais parlaient-ils le bmgage
de la religion, ceux-ià? N'avait elle pas, au
contraire, dans Las Casas, ce snhlime et
saint apôtre, la personnification vivante de
sa morale et de ses enseignements? N'allait-
elle pas, par sa bouche, faire enteotb-e les
plus énergiques prolesialioiisaux puissances
d'alors? N allait-elle pas effrayer de ses me-
naces les égorgeurs et s'interposer entre la
victime et Tassassin?
La Providence, du reste, a donné à cette
question une éclatante solution; elle a puni
qui méritail Fétre ; Dieu se relire des peu-
ples nui assassinent les peuples. L'Espagne,
outrerois si ilorissante, aujourdlnii si abais-
sée, si dégrade, subit sa peine pour tant de
sang répandu ; ses guerres civiles incessan-
tes, ses assassinats entre citoyens, son fana-
tisme inintellij^eiaet dégradé ; au-des5îus de
tout cela, sa race abâtardie de souverains,
FAN m
qui a tout pollué, ne sont-ce pas là des dift-
timeuts d'en haut?
La Saint- Barthélémy elle-même est-
elle bien imputable au lànatisme religieui?
N est -elle poinl phitùt le résultat duoe
combinaison politique et de passions per-
sonnelles ? Beaucoup d auteurs le soutteiv
nenttCt dernièrement nous avons entenda
un jeune orateur de grand talent et de haute
espérance, M. de Falloux, se faire* au 5eiQ
du congrès scientîti jUe de France, le bnikot
défenseur de cette opinion.
Bien fies hommes qui se prétendeul phh
losophes ont pris à tâche d'attaquer la rçii-
gion par les reproches de fanatisme quMslm
adressent ; ils se servent de ce mot pour d-
frayer tous ceux qui croient à Dieu et prifh
cipalemeirt ceux qui se soumettent aui do^
mes et aux pratiques du catholicisme* Celui
qui va prier dans un temple, qui suit m*
procession , qui accompht le plus siœpl!
des devoiisdu chrétien, ils le nomment /»-
natique. Quand ifs écrivent sur ce vice» uj
vorit-ils en chercher des exemrdes? Toujo^jr^
dans le catholicisme, 11 est le point de msf-
de toutes leurs attaques, le but de \mU^
leurs déclamalions furiL>ondes. D'où ûm
cela? C'est qu'ils savent bien que là e^tl*
plus puissante des croyances, celle qui pJoQ|e
ses racines dans la divinité mAme, cef"
un mol qui est le mieui faite [>our goi
ner les hommes. Jamais ou ne les roit
laquer aux sectes dissidentes ; ils eufo^Ht»-
nent qu'elles tomberont d'elles- même*»
qu'elles se détruiront de leurs propres mâiii».
Ils laissent tranquilles le DrotestaotisiDi^ H
ses sectes innomt>rables; ils ne di5e«f rit-n
des chrétiens grecs, des mahoûiéians. if^
ne décochent point leurs tlèelies acérées i
tre les rêveurs qui se posent eu mes
parmi nous, et qui tour à tour viennent c
ner au monde le snectacle de leur folie eidf
rinanitéde leurs uoclrines, ils sont au€«K
traire frères de tous ces nouveaux prophète*;
ils tendent la main aux saint -simonieos, nu
nh^danslériens; ils sont les pn^neurs ^ <*f
labbé Châlelj ils appellent sous leurs (^
neaux quiconque a une pierre ou de la \ _
a jeter dans le champ de la vraie religioaT
lis Faltaquent sans cesse par tous l«
moyens, mémelesp!uslionleux»lemensciip
et le scandale. Connue ces requins voww*
qui suivent les navires pour dévorer te
immondices qu'on jette à la luer» ils sw^
le vaisseau de FEglise; et s'il rejette deMi
sein quelfpie impureté, s*il livre aux
quek[ue [leslitéré, ils s'en emparent,
sont là pour ramasser tout ce qui ton
tant qu'il reste un lambeau de cette pté
infecte, ils le hvncent el le reprennent |^
le lancer encore contre le vaisseau glont^
qui poursuit sa course vers rélerniliét $«*
s^inquiéterdes ordures qui nottent dan^*»
sillage.
Fanatisme 1 c'est le mot de ralliemeot it»
ennemis de la religion, c'est le tWtoe éter-
nel, le canevas de toutes leurs flMnm»*^®*
1 opithéte ridicule qu'ils pro i
à travers à tous ceux q^ j ^
M9
tk^
)mnîe eux; avec la plus indigne mauvaise
|t>i, ils confondent sans cesse la religion avec
l'abus, ils lui allribueiit ce qui ne provient
jue des passions, et lui font un crime du
[crime de ses enfants coupables, qu'eiie est
Via première à condamner. M.iis cette raja^e
[aveugle qui les em[ orle, qui les rend injus-
les, intolérants et absurdes, qu'est-ce doi>c,
%i ce n'est un fanatisme d'un autre genre?
"IVsl lui qui faisait à Nanties les noyades de
ïréln s, qui les assassinait à Paris dans les
|>risons; qui les chassait |sarloul de leurs
§^|ises po .r les envoyer à r<^chafaud ou en
exil, et violentait les consciences de tout un
peuple. Oui, tuutes lesrroyances ont eu des
'anatiques» vous en êtes l;i déplorable preuve»
ît nous avions besoin, tout en stvgmatisant
les abus coupables de Tesprit religieux ex-
>loité |>ar les passions humaines, de stygma-
iiser aussi le fanatisme de Tirréïigion, Quant
fè choisir entre les dpux, pour l'honneur et
fîour le bien de Thumanilé, nous firéférerions
e premier» et les motifs de noire préférence,
nous les co[nons dans Rousseau- Nousvou-
1. ns laisser cet écrivain les dire lui-même,
malgré sa lendance h ne vous faire entendre
la vérité qo'ii demi, en raison de ses sympa-
Ihies phi oso Inques.
« Le fanait s me , quoique sanguinaire et
cruel, est pourtant une passion grande et
for e, qui élevé le cœur de l'hornme, qui lui
ni mépriser la mort, qui lui donne un res*
Sort prodigieux, et qu il tie faut que mieux
lirigert pour en tirer tes plus sublimes ver-
lusy au heu, que rirréligion, et, en géiéial,
Tt'Sprit raisormeur et [diilosophiquét «Hache
lia vie, elfimine» toncentre toutes les nas-
lions dans la bassesse de l'intérêt [larliculier,
lansTobjeciian du moi humain, et sape ainsi
là petit bruit les vrais foii ienienls de toute
(société. »» Plus loin r « L'indill'éjence philo-
sophique resseoible à la trajiquillité de fEtal
)us le diîsputisme : c'est la iranquilhté de
'la rijort, elle est plus destructive que la guerre
inétue. •
Quant à nous, nous maudissons tous les
ïijalisrnes; les pa oies que prononçait saint
Bernard : « fiées suudendft^ non imp^randa :
Là loi doit être (persuadée et non pas couj-
aandée, » doivent être la devise de toute li-
fcrié^ de tout {louvo r.
Le fatialisme est Tarme la plus redoutable
du despotisme, à qui il insf.ire de violenter
les consciences, de tuer [lour convertir et
souvent sous prétexte de conv*'rtir. Il est
maudit par la vraie religon, qull t«md à
iéshonorer, en la faisant servir de prétexte
lux inquisiteurs et aux bourreaux, KIte ana-
khéinatise ceux uui se servent d'elle pour
touiincttre ainsi dtôs critnes, se voile la face
le douleur en ces jours de deuil et de malé-
licuon* et Dieu garde ses vengeances contre
les audacieux qui méprisent ses comraande-
.enlsel qui f< ntde la loi d*amour et ic fra-
"lerni/é qU'îl a donnée aux hommes une loi
de haine et de sang.
FAND!LÂS( saint L était prl^tre et moine.
111 fut décapité à Cordoue, durani la persécu-
tion des Arabes, pour avoir c nfessé Jésus-
PlCTiO?IX« D£i p£K§ÉCLXIOM. L
Christ. Ce jeune moine remarquable, par sa
vertu et sa lïonne mine, fut le premier à se
présenter au martyie durant la persécution
d'Abdérame II. II était do la ville d'Acci»
aujourd'hui Guadix; étant venu à Cordoue
pour étudier, il embrassa la vie monastique
et se relira h Tabane sous la conduite de
Tabbé Martin. Après qu'il y eut vécu quelque
temps, les moines de Fegna-Melar le deman-
dèrent h son abbé, et malgré lui le lirenl or-
donner prêtres, pour gouverner la double
communauté d'hommes et de femmes de ce
lieu-là. Etant abbé, il redoubla ses jeûnes,
ses veilles et ses prières. Un jour, il vint à
Cordoue se présenter hardiment au cadi, lui
prêcher FEvangile, et lui reprocher les im-
puretés de sa secte. Le cadi rayant mis en
prison et chargé de chaines en rendit aussi-
tôt compte au roi, qui entra en grande colère,
admirant cette liardiesse et ce mépris de sa
puissance. H ordonna aussi d'arrêter Févéque
de Cordoue, mais il s'était sauvé. Le roi avait
donné aussi un ordre général de faire p«'Tir
tous les chrétiens et de vendre leurs femmes
pour les disperser; mais les grands lui firent
révoquer cet ordre, lui représeidant qu'il
n'était pas juste de perdre tant de peuple
pour la témérité d'un seul, à laquelle aucun
des plus sages et des plus considérables n'a-
vait pris part. Il se contenta donc de faire
couper la tête à Fandiîas et ex|'Oser son
corps au delà du fleuve, le 13 juin 853. L*E-
lîse fait sa mémoire le même jour. {¥oy,
EnSÉCUTlON DES MtSULMA?fS, )
FAN-TCHAO-TSO, mandarin et censeur
de l'eminre chinois, forma, en 1711, le 23
décembre, le projet de faire proscrire le chris-
tianisme et Tatlaqua ouvertement. Le devoir
de sa charge robligeait à avertir Tauloiité
supérieure des désordres, des fautes qui
Fou valent exister ou se commettre dans
empire. Fan-ïchao-Tso détestait le chris-
tianisme. Ce fut pour cela qu'il le dénonça
à Ta nimad version de rempereur. Ce qui dé-
termina sa conduite fut le fait suivant : les
jésuites français avaient un établissement à
Ouen-Gnan, patrie de ce magistrat. Un petit-
(ils qu il aOeclionnait se maria h une néo-
phyte. 11 fut convenu qu*elle serait libre do
pratiquer sa religion. Maigre celle promesse,
le jour du mariage on voulut lui faire ado-
rer les idoles domestiques, selon l'usage chi-
nois. Malgré sa belle-mère et d'autres pa-
rentes, la mariée demeura inébranlable. Le
vieil aïeul du marié se trouva fort offensé de
celte résistance et voulut en faire porter la
peine à la religion qui l'avait dictée. Il dressa
donc un mémoire contre elle et le remit h
Tempereur. Ce prince le reçut et écrivit en
bas : Henvoïjé au tribunal des Rites. Le rap-
port fut favorable h la religion et le censeui
nianqua son but. ( Voi/. l'article Ciii?îe. )
FAliOEAU (saint ), prêtre el martyr, fu,
martyrisé h Besançon, avec le diacre sain'
Fargeon. T us deux, avant éié envoyés par
saint Irénée f>our prêcher la parole de Bien,
ils soulfrirent sous h* juge Claude divers
tourments et furent entin décapiîés. L'Egîisô
célèbre leur mémoire le 10 juin.
31
9TI
/AT
FARGE05 [ saint ), diacre e- martyr, fut
marfrris^ pour la foi, à Bysançou, aVec le
prôtré siint Fargeau. Ajaol été envoyés par
sjiînl Irénée pour prêcher rEvan^ile, ils souf-
frirent divers tourments avant d'avoir la tôle
tranchée. L'Eglise honore leur mémoire le
16jijin.
FAUSTE f saint ), était soldat. Il obtint la
phne (lu martyre sous l'empereur Corn-
morle, après avoir confessé Jesus-Chrisl au
inilieu «les plus grands tourments. Les dé-
tails nou*i manquent sur son compte. L'E-
glise vénère sa sainte mémoire le 7 août.
FAUSTE f saint), martyr, ayant été mis en
croix sous l'ompereur *Dère, y vécut cinq
jours ; enfin il fut percé de llèches et reçut
^•nsi la f»alme des glorieux combattants de la
fol. L'Ejliso fait sa glorieuse mémoire le
IGjuillot.
FAUSTE (saint), prêtre et martyr, fut cou-
roiné h Alexandrie sous le rèijne de Temp»»-
reur Dftce, et s'il faut en croire les menées
d,'»s Grecs, sous un gouverneur nommé Va-
lero. Probabîoinont que le gouverneur Sabi-
nus s'a pelait aussi Valérius. Saint Fauste,
avec saint Macaire, saint Abibe ou Bibe, et
plusieurs autres, eut la tôle tranchée. L'E-
glise fait leur fêle à tous le 5 septembre.
FAUSTE (saint ), fut décapité à Pérouse,
pendant li persécution de Dèce, probable-
ment on 251, avec les saints Florence, Julien
Cyriaque, Marcellin. L'Eglise honore la mé-
moire de tous ces saints martyrs le 5 juin :
C'est h tort que le Martyrologe imprimé à
Lille (Catalogne) pour l'usage des baptêmes,
dit le » de ce mois.
FAUSTE ( saint ). Voici ce au'à son sujet
nous trouvons dans le Mart rologe romain :
A A Ah^xandric, les saints prêt r s et diacres
Caïus, Fauste, Eusôbe.Chérémon, L icius et
leurs compagnons, dont les uns lurent mar-
tyrisés durant la persécution de Valérien, et
les autres, en servant les martyrs, reçurent
la récompense des martyrs. » L'Eglise fait
leur fête le k octobre.
FAUSTE (saint), martyr, souffrit avec les
saints Denis, Caïus, Pi Tre, Paul et quatre
autres, sous l'empereur Dèce. Depuis, sous
Valérien, ayant enduré de longs tourments
par ordre du président Emilien, ils rempor-
tèrent la }>alme du martyre. (ffx^rai/ du Mar-
tyrologe romain.) L'Eglise fait la fêtedetous
ces saints le 3 octobre.
FAUSTE (saint), martyr, prêtre do l'Eglise
d'Alexandrie, fut mis à mort pour la foi, en
Tan 311, avec saint Pierre, évoque de cette
Tille, par ordre de Maximin Daïa, avec les
saints Dion et Ammonius. L'Eglise célèbre
leur féto à tous le 20 novembre.
FAUSTE (sa:nt), martyr, reçut la couronne
en Espagne pour Jésus-Chnst, en l'an 30^.
La persécution du tyran Dîoolétien déciaiait
alors l'Kglise. Ce fut un nommé Eugène, qui
commandait une partie de l'Espagne pour
les Romains, qui le lit mourir avec les s.iints
Janvier et Maniai. La fô.e de ces saints ar-
rive le 13 octobre. fPourplus de délails, voy.
les Actes d»» saint Jawieh à sonartide. )
FAUSTE ( saint ), diacre et uurt r, l'usait
fhv m
partie de l'Eglise d'Alexandrie. Ayao* été
d'abord exilé avec saint Denis» durant U
persécution de Temiàerçur Valérien, il fut
ensuite d /capoté dans sa vieillsse, aoos
Tempire de i'imp e DiociétieD, et termina
ainsi son martyr^. C'est le 19 novembre que
TEglise fait sa sainte fête.
FAUSTE ( saint j, fut Tan des qoaaote-
huit martyrs mis à mort arec saint SatumiD,
en Afri'jue sous le proconsul AmuJu,ea
Tan de Jésus-Christ 305, sous le règne et diw
rant la persécution atroce que rintâme Vwh
clétien suscita contre l'Eglise du Seigneur.
{Voy, Saturnin.) L'E Jise célèbre la fèie i%
tous ces saints le 11 K'vrier.
FAUSTE ( saint ), reçut la palme du mar»
tyre à Antii»che avec saint Timotbée. Nu»
ne possédons aucun détail sur leur compte.
L'Eglise fait leu - fête le 8 septembre.
FAUSTE (saint), recul la palme du mai^
tyre h Rome sur la voie Latine, avec le prê-
tre Bon, Maur et neuf autres dont les non»
sont inconnus. Leur martyre est raopurté
dans les Actes du pape saint Etienne, ils sont
inscrits au Martyrologe romain le 1" août.
FAUSTE (sainte), vierge et mart jre, souf-
frit la mort à Cvzique sur la PrO}H)otidet
pour la défense de la religion. Elle eut pour
compagnon de son martyre saint EviUse.
Leur martyre arriva sous Tempereur Maxi-
mien. Evilase, qui était prêtre des idoles,
après avoir fait raser la tôte de la sainte iHwr
l<i couvrir de honte, ordonna de fai suspen-
dre et de la ti*rturer ; puis, roulant U iaire
scier par le mil en du corps, il fut impossi-
ble aux bourr aux d y réussir, ce fin te reoh
plil d'un tel étonnement, qu'étant loal à coup
changé, il crut en Jésus-Chrislel fol lui-
même mis à la torture par l'ordre de reui\>e-
reur; tandis que Fauste ayant eu la léle
tranchée et tout le corps percé de clous, lut
jetée dans une poêle ardente. Alors on en-
tendit une voix céli'ste qui rappelait, etl
l'instant même, elle p.issa avec Evilase lO
séjour du re[)os éternel. L'Elise ftiit leur
fête colleclivt ment le iO septembre.
FAUSTIN (saint), eut la gloire de donner
son sang avec saint invite à Hresse, sous le
règne et durant la persécution d'Acfa'ien, en-
viron Tan 120. L'histoire que ftollaidus ei
donne ne nous parait pas de nalu e k méri-
ter créance. L Eglise fait sa fête le IS ft-
vrier.
FAUSTIN (saint), l'un des gardes de la pri-
son de saint Censorin ou Censorinus, soas
Claude U le Gothique, fut converti è laibi
chrétienne par le prêtre s.dnt Maxime, avec
les saints autres gardes de la ptison, lesquels
étaient Félix, Maxime, Uerculan, Numèrf,
Storacinus, Mène, Commode, Berne, Maur,
Kusébe, Rustique, Amandinus, Motwcre, 0-
lymp , Cyprien et Théodore. (Pour voir leur
histoire, ^recourez à l'article Maattiis ntH-
TiE j Ces Siûnts ne so*it pas nommés aoMa^
tyrologe romain.
FAUST-N, prêtre ^e l'Eglise d'Alexandne.
Dur.nt la persécution de fièce, saint SeDvs,
évèque de celte \iile, envoyait ses préiîef
M..iàme. Dioscorc. JJémètrt; (;t Lute, porter
I
m F^tt
aux fidèles des secours el des consolations.
FausMn« qui» dit le saini, éfail iilus célèbre
dans le monde, ullaU de tûié tt â'fiutrt dans
rE'^:yj>ie pour se cactier. Nous du vous nous
îibstnnir de commentaires; chf à c<Ue épo-
que nous voyons de grands saints itrendre
là fuite pour éviter la perst'cutio"i. Cepen-
ûanl il Y a comme un reproche dans les pa-
rr4*»r rfe saint Denys, el d'après les i^ègies
Cidinaires, le prélrè doit rester près de son
tnmpeau eu lemj^s de persécution, comme
le soldat près du drapeau le jour du comliaf,
fomme le méUt^cm aans te lieu ôi sévit Té-
^idétnie.
FaCSTIN (saint), l'un des compagnons du
^int martyr Cynaque» lïiacre de TE^Ii?^©
rr)u*:iiue, mourut en â03, à Home» sur la voie
i$1arJa, où il fui enlerré. Ils fuient vin^t-
St\ dans îe même jour rais h mi»rt au môme
çi>dioil» L'Kglise célèbre leur iVte collective
t* jour de leur h'H i?*lation» qui eut lieu L) S
aoil. ( Voy. CitvïAQïE. Toy, aussi l'abbé
[Çrandi lier, Hhi, de l'Egfàe de Strasbourg. )
FACSTIN (saik i) el sainl Simplice, son
èr^, habitaient Rome au leraps delà perse-
ulion de D.(»cltVtien. E i 3tt3, ils furent arrô-
s pour la foi, cruellement tourmentés et
ntîn décapités. On jeta kurs L:ori>s d^ins le
Ibre. Béalrix, leur stcur, les en ayant feti-
s, les enterra, puis elle nassa le fleuve et
!Sta sept mois cachée che/ une femme,
lommée Lucine, avec laquelle elle élait jour
^ nuit en pr.ères. Au bout de ce temps, un
st'S f>arcnls, qui désirait s'approprier ses
tens, la dénonça. Ayant proteslé devant le
^e que jamais elle iradorerail des idoles de
is et de pierre, elle fut étranglée dans sa
rison. L'Eglise honore Unis ces martyrs lo
juillet. iVoy. les Bollandistas. )
r AUSTIN (saint), martyr, mourulî pour la
ieiïAi'rii|ue, avec les sa uls Lucius, Cau-
lîde, Célicn, Marc, Janvirrel Ftnltjnal, Le
laflyrologe u'a laissé aucun rcnseii^nement
itheniiquô sur eui. On ignore jusqu'à T*^-
aque où eurent heu leurs cumbais. L*Ë-
fxse honore îa mémoire immmtelle <ie ct*s
litits combaltanls de la loi le 15 déoem-
FAOSTIN (saint), est inscrit au Martyro-
loge romain le 22 ruîu, avecit s saints TÏmo-
I wiê et Vénusie. Ils soutïVient le martjrc
■■l^ntde il Home, à une époi^ue et dans des
P^^RnsUmct'S qui ne soiit point ftarvenues
jûsquà nous* LEolise fait leur fêle le i^
mai.
FAUSTIN ( saint), fut martyrisé h Rome
>ur la défense de la relijjçon chrétienne.
/uaranto-qualre autres dont nous ne pusse-
tons maUieureusemenl pas les noms, le sui-
rireil dans sa glu ire. L'E-^lise fait colleeli-
letnent leur mémoire le 17 février,
FAUSTIN (saint)^ éviNjue et confesseur,
iufTdt de grands loormcnisen 1 hofuieur de
lésus-ChrisL Nous n'avons point ae détails
lulhi^i.liques sur lui, L'Eglise fait sa lôle le
t6 février.
* EAUSTINIEN, juge eoramie par rempereur
. >èce pour juger les deus sœurs Victoire et
Aualatie, queluuri deui (kàneô* Eugène et
Peu J>:4
A nrélîen n'avaient pu faire changer oe réso-
lution, après qu>l es eurent déclaré que, ne
voulant Hre que les éf^ouses du Seigneur,
elles renonçaient h !*éîat de mariage. Faus-
tinien les fit toutes deux percer av*Tr une
épée. Les Actes des saintes disent qu'il fi! je-
ter sur sainte Anatolie un serpent qui ne
lui fit aucun mal. Durait les tourments ou il
fv endurer aui deux ^aî.ttes avant de nur
f ire donner le coup mortel, un nomrrté Au-
dax, témoin de leur înébnmïahle coofafge,
se déclara chrélien. Fauslînit n le fil immé-
di^itement arrétet* et condnirc en prison,
puis décapiter sans aucun délai, (t'oy. Vic-
toire, AnaTOUE, AtDAX, ECCèNK, AURÉ-
LIE?* )
FÉRRONIE (saînlej, vierge et martyre,
recul la |>almedes gmrieux combattants de
h foi h Sibajîolis en Syrie» pour la conser-
vation d ^ sa fui et de sa chasteté. Durant la
persécution de Dioclétien, sous le juge Ly-
siuiauue, elle fut d'abord fouettée et lou^r-
mentee sur le chevalet» ensuite déchirée
avec des peignes de fer ei jeîéo dan^ le feu.
Énlln, ayant eu les dents cassées, les ma-
melles coupées el la tête tranchée, parée de
ses soulîrancps comme d'autant de précieux
orrieraents, elle ail I dans le ciel rejoindre
son divin époux, y Eglise honore sa mé-
moifi^ le 25 juin,
FÉLICIKN (saint), cueillit la palme du
martyie h Vienne, en Gaules, sous le règne
de rempereur Marc-Âurèle. 11 fut mis à moi I
avec saint Séverin et saint Exupère. On
manque de délails sur leur marlyre* Ces
saints, vers le milieu du iv' siècle, ré-
vélèrent eux-mêmes , à révéïjue Pascaso
le lieu où leurs corps avaient élé en
terres. Le saint évéïiue îes lit transporler
dans l'église de Saint-Homaiu, La fête de
ces trois saints a lieu le 13 novembre. {Voy,
SÉvKaiN.)
i ÉLiCIEN (saint), recul la couronne du
niirtyre sous rempire t.e 0èce, en Tannée
250. il iiva t éln nomm'* é èque de FoH^ui,
par lé pape sf<int V i* tor Qil^fid il ai eomidit
smi sacrilici , il riait p -rvciu h un Age fort
avant-é. Malhcuienscmenl Us délails man-
quent sur le g" nre oe moit de ce sai^l évé-
qu^; caries tinis Vies q >e tlonite BnJlautius,
sunl toutes trois cou kâdict««ires, et toiles
trois isulémeni ins^o tcnables. L*ti)glise t-it
sa fiHe le ^ janvier .
FÉLICIEN (^alltJ, souffrit le martyre k
Nomeute, vers Tan 280, av(M^ saint l'iUie.
Ct'S * eu\ citoytnis, c'es!-l»-d. e h^bd.nts d^
Home, furent, dit-on, délérésa Diocleljru et
à Maxniiien llorcule, parce que leurs die x
ne foulaienl pos nnidre dora*. les que ces
deux cïiréliens n^eusscnt été punis ou coi^-
Iramts de taciiiier. Us furent pris ut amenés
aux deux empereurs, devai*t qui, ayant con-
fesvé îa foi et reru>é de sacrilier, ils fur ml
décljirés il coups de fouets, et puis reuiis,
dit-un, entre 1rs mains de Promote, juge de
Nouiente, po rr leur faire soutIVir toutes sor-
tes de .supplices, s'ili ne v»>ulaienl saci jlier.
i*rurïiote s'acquitta trop lidèlement de sa
coûiuiis^ïiou, et après avoir tenu longtemps
L
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£EL
tISL
m
les saints en prison, il leur fit souffrir bien
des tourmonls et leur fit enfin trancher la
lôlo, le 9 juin, jour auquel leur fêle est mar-
qué partout. Leurs Actes portent que saint
Félicien avait alors quatre-vingts ans : dont
il y en avait trente qu'il avait connu la vé-
rité, et qu'il s'était résolu à ne plus penser
à tous les plaisirs du monde pour servir
uniquement son créateur.
Nous passons plusieurs autres choses,
qu'on pourrait tirer de ces Actes; car, quoi-
qu'ils ne soient pas des plus mauvais, il y
a néanmoins diverses choses qui font de la
peine et qui auraient besoin d'être corrigées,
comme dit Baronius. Pour la v néralion des
saints, elle est attestée par les Martyrologes
do saint Jérôme, par Bède, Adon qui copie
presque leurs Actes, et plusieurs autres. Leur
lôte est marquée partout au 9 juin, môme
dans le Sacramentaire de saint Grégoire et
dans le Calendrier du P. Fronto. Leurs Ac-
tes portent qu'après que la persécution eut
cessé, les chrétiens bâtirent Ui e ég>ise sur
leur tombeau, près de Nomente, ou Lamen-
tana, comme on l'appelle aujourd'hui, à cinq
ou six lieues de Rome, et il y avait en cet
endroit un cimetière de leur nom. Le pape
Théodore transporta de là leurs corps à
Rome, vers Tau 6V5, et les mit dans révise
do Saint-Ftienne, sur le mont Coslius, d*où
vient qu'Usuanl en parle comme si c'était
le lieu do leur martyre. On met aussi un
aaint Primo et saint Félicien, martyrs, à
AgtMK [Yoy, Tillomonl, tome IV, nage 571.)
FËlJCIBN (saint;, martyr, l'un des sol Jats
aui gardaient sa nt Victor dans sa prison, à
arsei'lo, se convertit eu vo ant la lumière
miraculeuse qui éclaira durant la.uu.t cette
prison. Maxîmien Tayaut su, tit venir saint
Victor avec les trois soUats convertis,
Alexandre, Lo^igin et Féli'^ie'i, el les fit dé-
cttoiler tous les trois. L Kgli>e célèbre la
nuMuoiro do ces saints malhyrs, avec celle
Un saint Victor, le 21 juillet, ^^'oy. Victoa
un M'iUKKULK.)
Ff^LlClFN fsaint), martyr, souffrit à Rome,
pour la loi de Jésus-Chnsl". il eut pourcompa-
unons de son martyre les saints Fortunat,
Firme et Candide. On ignore à quelle épo-
que et dans quelles circonstances leur mar-
tyre eut lieu. L'Église céièb.e leur mémoire
le 2 fiWrier.
FÉLICIEN (saint), reçut la palme du mar-
tvre à Ravenne, avec I s sains Valentin et
Viclorin. On ignore la d «le et les c.rconsljii-
ces de leur comb.it. L'Eglise honore leur
sainte mémoire le 11 n .vcmbre.
FÉLICIEN (saiiitj, eut le glorieux privi-
lège de verser son sang pour la défense de
la religion chrétienne,avec les saints Hyacin-
the, Quint et Lucius. Leur martvre eut lieu
en Lucanie. L'Eglise fait leur fête le 29 oc-
tobre.
FÉLICIEN (saint), évoque et marlvr, reçut
la palme du martyre à Minden, en'Allema-
gne. Nous ne po>sédons aucun détail sur
lépoiue et les cin onstances de son mar-
tyre. L'Eglise honore sa gloneuse mémoire
le 30 octobre.
FÉLICIEN (saint), souffrit le martyre en
Afrique, avec saint Philappien et cent vii^;!-
quatre autres dont les noms ne sout point
parvenus jusqu'à nous. L'Eglise honore leur
mémoire le 30 janvier.
FÉLICISSIME (saint), confesseur ; le Mar-
tyrologe romain le nomme martyr. (Fojf. à
cet égard les ob<?ervations que nous faisons
à l'article de saint Rooatib!!.) Saint Féli-
cissime eut la gloire d'être 1 un des pre-
miers à soutenir en Afrique l'effort de It
persécution, sous l'empire de Dèce, en Tan
de Jésus-Christ 250. D'après ce qu>n dit
saint Cynrien, il demeure fort probable que
saint Félicissime était un simple laîqoe. H
montra un courage inébranlable, une verta
à toute épreuve, et tous les historiens, à
commencer par saint Cyprien, qui avait été
le témoin de ses vertus, le donnent comme
le très-disne compagnon du prêtre saint
Rogatien. L'Eglise cé'èbre sa fête, avec celle
de co dernier saint, le 26 octobre.
FÉLICISSIME (saint), diacre et martyr, fut
mis à mort en 258, sous V<dérien, avec saint
Sixte, en même temps que les saints diacres
Agapet, Janvier, Magne, Vincent et Ktienoe.
Ils furent tous décapités. L'Eglise honore la
mémoire de tous ces saints le 6 août.
FÉUCISSIME (saint), 1 un dt-s deux fils de
Claude, le geôlier, à la garde duquel avaient
été remis Tes saints Marc et Marcellieu, dn
temps de l'empereur Caiin, en S^, souffrit
le martyre en Campanie, où il s*était retiré
avec saint Chromace et beaucoup d*aotres
chrétiens. Il est probable que cela n'arriva
qu'ei 2^6. Ce saint avait été coarerU par
saint S bastien, et baptisé nar Je prêtre
saint Polycarpe. Il avait été iSut probable-
ment sous-diacre, ainsi que son irè.e saint
Félix. L'un d'eux se nommait au>ai Sym-
phorieo, on ne sait lequel. Or, on trouve
q fe celui qui se nommait Sébastien fiit
martyrisé à Rome avec son père: c'est œ
qui fait que Tui des deux saints ne fut pas
martyrisé en Campanie, quoi qu'en dise le
Martyrologe romain, et par double etufiai
les Actes de saint Sébastit^n. La fête de saint
Félicissime est inscrite au Martyrologe ro-
main 4 h date du â juillet. (Voy. SteASTict
et Claudk.)
tÉLICiSSlME (saint), reçut la cnurooiM
du martyre à Todi, avec les >aints Héraclios
et Paulin. Nous manquo-^s de détails amhdh
tiques. L*Egiis>« fait la fôte de ces gLirieui
mariy rs de la foi le 26 mai.
FELICISSIME (saint j, versa son sang pour
la fui è Pén)use. Les Actes des martyrs ne
nrms donnent aucun détail aulhentiq^ie sur
lui. L'Eglise fait sa mémoire le 'àJ^ novem-
bre.
FÉLICISSIME (sainte), vierge et martyre,
fut mis.' à mort pour la foi durant la persé-
cution de Claude 11 le Gothique, avec saiot
Gracilien, dans la ville de Falère en To^
cane. On la frap^>a rudement sur la boudie
avec des cailloux, parce qu'elle avait coo-
fes é la foi, puis eulin on la fit périr ptf
le glaive. Sa léte arrive le 12 août.
FÉUCITÉ(samteji était Romaine; elle fi-
«rr
FEL
FEL
Vi
p'
m
va^t sous Fempire d'Ântooin, et elle ne s'é-
tait pas rendue moins illustre par sa vertu
qu elle rétait par sa naissance* Sept fils que
le ciel lui avait doonés vivaient avecclledafis
une conliouelle pratique des vertus cliré-
liemes, et dans une parfa la union entre
eux. Pour elle» étant demeurée libre par la
mort de son mari» elle coisacra à Dieu sa
chasteté, el vaquant jour et nuit à la prière,
elle était l'ciemple fies veuves et l'édification
de TE^lise, Mais les prêtres des faux dî*;ui,
s'aperce va nt que les vertus de celte extell ente
veuve aUiraitvnt[ilusieurs personnes aii chris-
tianisme, par IVjileur qu'elle répandait dans
toute la viïïe, allèrent trouver 1 empereur et
lui parlèrent ainsi m Nous croyons, seigneur,
vous devoir avertir qu il y a dans Rome une
Teuve de cette secte ennemie de uns dieux,
C|ui ne cesse de leur faire outrage» et do les
irriter contre vous et votre empire. Elle est
secondée dans cette impiété f>ar ses enfants;
elle a sept tils, qui, cnrétieos comme leur
mère» font comme elle des vœn,\ sa. r léges»
et qui rendront nos dieux implacables, si
Tf tre piété ne prend soin de les apaiser» en
obligeant celte ftimille impie à leurrendre le
culte qui leur esl dû. » Cette haran^çue sédi-
itieiise fit impression sur Tes^ir t d'Antonin.
|l nranita Publius» préfet delà ville, et lui
enjoignit do contraindre par toutes sortes ^îe
'^oies Félicité et ses enfants de sacrifier aux
ieux, et d'apaiser par des victimes ceux
c»nt ils s^étaient par leurs mépris attiré la
liste indignation, f c préfet obéit aux ordres
"e Tempereur, II mil (ratjord la douceur en
sage; il [irïa civilement celle daiïiedese
•rndre chez lui ; elle y alla acromftagnée de
s sept tils. Publius la prit en fKirliculier,et,
lèlant adroitement quelques menaces h des
m-inièies engageantes, il lu' Ht entrevoir les
lies qui Tattenda eit si elle ne se rendrit
toutes les marques de bo'>té et de confiance
qu'il lui donn il» et ne protilaitdes ni un en ts
ue Fempereur lui accorilait pour mériter s:i
'émence par un prourpl repentir. MaisTin-
Irépide veuve fm ré|>rmdit avec une assu-
ra ti ce noble et une modeste fierté : « N'es-
♦ rez pas» Puidius» qu'une molle compldi-
née ou une lâche crainte r.'«ssent oublier à
Félic lé ce (iu>lle doit h son Dieu; vus me-
naces ne sauraient ni^ébranler, ni vos pro-
1 esses me séduire. Je le porte dans mon
ein, ce Dieu tout-puissant ; je sens guM me
Virt lie, et il ne fïernieltra jamais qu * sa sér-
iai nte soil vaincue» (misqu'elle ne combat que
lour sa gloire. Ainsi, Publius, vous avez le
;hoix de me laisser vivre, oi de me f ure
hiuiir; mais» quelque parli que vous prc-
iêi, vous [>ûuvez vous altendœ h la honte
"être vaincu par une femme. — Misérable I
iiqua le préfet, si la mort a [lour toi de si
raïids charmes, va, meurs, je ne m y onpose
[)<<s: mais nueile fureur te f>ousse h vnuhur
er la vie à tes enfuits, après la leur avoir
'donn -e? — Mes enfants vivnmt, repaUit Fé-
licité, s'ils refusçnt de sacrifier h vns id' les;
mais si leurs m oos devenues sacrilèges leur
offrent un criminel encens, une-mort éter-
nelle sera la punition de cette impiété, n
Le lendemain de cet entretien, 1p préfe-
séanl sur son tribunal» dans le ChamfKde-
Mars» cnmmanda qu'on lu: amenai Félicité
et ses fi^s. Lorsqu'elle fut devant lui, il lui
dit : « Ayez pitié de vos enfants, et ne soyez
pas cause, par une résistance peu sensée,
que des jeunes gens d une si belle es|.é-
rance soient enlevés du monde à la fleur de
leur âge. — Gardez pour d'autres cette fausse
compassion » répondit Félicilé » nous n'en
voulons point» et nous avons horreur d'une
clémence apparente» qui n'est en effet qu'une
cruelle impiété, w Puis se retournant versses
fils : ft Voyez-vous, mes enfants, leur dit-
eMe, ce ciel si tteau el si élevé? c*est là que
Jlv^^us- Christ vous attend pour vous couron-
ner. Combattez généreusement prmr sa gloire
et fOur la vôtre, el montrez-vous fidèles ser-
viteurs d'un roi si grand et si digue de tout
votre attach^'ment,w Ces parûtes, pleines d'une
vérit.tbie grandeur d'âme, ne lire ni qu'irriter
le préfet ; il commanda qu'on lui donnât un
souiïlet, bn disant d'un Ion de voix furieux;
« Oses-tu bien, en ma présence, leur inspirer
de pareils sentiments, et les porter h mépri-
ser ainsi les ordres de nos em[»ereurs? » Et,
faisa it ensuite approcher de sou siège Falné
des sept frères, nommé Janvier, il fit tousses
elforts pour l'engager à sacrifier, tantôt en lui
promettant des biens immenses, et tantôt en
le menaçant des plus rigoureux supplices.
Mais ce vaillant soldat de Jésus-Christ lui
répondit : « Vous ne me donnez pas M un
conseil digne d'un sage magistrat ; il vaut
mieux p -ur moi que je suive celui de la sa-
gesse même, c*est de mettre toute mon espé-
rance au Dieu que je sers; il saura me garan-
tir de tous vos arlilices, et il me fera surnion-
ler les maux dont vous me menacez, w Le
préfet renvoya en prison, après l'avoir fait
crnellcnienl fouetter. Félix se présenta en-
suite; Publius lepressanl desa^nilier, il lui dit
a^ ec beaucoup de fermeîé : « Nous ne sarri-
lionstpi'àunseul Die iqiienousadorons, elles
S' crilices que nous fui offrons sont des vœux,
des prières et les sentiments alîerlueux d\me
dévotion sincère. Croyez-moî, c*e.^t en vain
que vous vouselTorcez de nous faire n noncer
h l'amour que nous avons pour Jésus-CbrisL
Prenez contre rious les résolulioiis les (>lus
sanglantes; épuisez sur nos corps les forces
de vos bûurre.iux , les tourments tpie la
cruauté fa plus ingénieuse vous suggérera :
rien n'ébranlera notre foi^ ne diminuera
notre espérance. »
Le prf'fet fit retirer celui-ci, et Philippe pa-
rul aussitôt sur les rangs, Publius lui dit:
« Notre invinc b!e empereur Anlonin Auguste
vous ordonne de sacrifier aux dieux tout-
puissants. » Philippe réjrondit: t* Ceux à qui
l'on veut que je sacrifie ne sont ni d eux ni
tout-puissants; ce ne sonl que de vaines
représeotations» dè^i statues privées de sen-
timent, el qui servent d'' retraites aux mau-
vais démons ; si je sacriftaîs h ces misérables
divinités, je mérilertis d'être comme elles
précipité dans un éternel malheur* p On ôla
Philippe de devant le préfet, qui frémissait
de rage, et Silvain prit la place de son frère.
919
PEL
Publias lui parla ainsi : « A ^ qne je ▼oi<:,
▼0 jS agissez tous de eoncert avec la plus mé-
cbaDte de toutes les fbmiDes, dans la résolu-
tion que vous a¥e£ prise ensemtile de déso-
béii à nos princes. Une mère dénaturée vous
emf>oisonne de ses conseils pernicieux ; plie
TOUS inspire la révolte et riminété ; mais
craignez de tomber avec elle dans 1-^ même
précipice. » Silvain répondit au préfet : « Si
Dous étions assez faibles ou assez impru-
dents pour nous laisser ébranler par la crainte
d*une mort qui ne dure qu*nn moment, nous
devien irions la proie d'une mort qui ne doit
Jamais finir. Hais la religion que nous pro-
êssons nous apprenant qu'il y a dans le ciel
des récompenses pour les gens de bien, et
dans Te-^fer d<;s supplices pour les méchants,
DOUS n avons garde d*obéir à des ordres qui
nous proposent un crime h commettre ; mais
nous obéissons aux lo»s de notre Dieu, qui
ne nous inspirent que Tamour de la vertu.
Quic n<jue méprise vos idoles pour i\e servir
que le vrai Dieu, vivra éternellement avec
lui ; mais le culte abominable des démons
TOUS p.* écipitera dans des feux éternels avec
vos dieux. »
Le préfet écouta impatiemment ce te sage
remontrance : il fit signe à celui qui la lui
fnsiiit de se retirer et de se taire. Il fit en-
suite api)roc'icr Alexandre: « J une homme,
lui dit-Il, ta desti ée est entre tes mains;
prcnJs pilié de toi-même, sauve une vit» qui
ne fait encore «lue commencer, et dont je ne
pour ai s m'empécher de regretter la perte.
Obéis aux ordres de l'empereur ; sacritie, et
tilche de mériter iiar cette com;>laisnnee reli-
geuse la piotection des dieux et la faveur
des Césars. » Alexandre se pressa de ré-
pondre au magistrat : « Je sers un maître
tjhis puissant aua César , c'est Jésus-
christ. Je le confesse de bouche, je le porte
dans le cœur, et je l'adore sans cesse. Cet
â<5e, au reste, qui vous pnît si tendre, qui
Test en ctTe', aura IouIcn les vertus de Kâ^e
le plus avancé, et surtout la prudence, si je
demeure fidèle à mon Dieu. Mais, po ir vos
dieux, puissent-ils périr avec ceux qui les
adoî-eut ! »
Vital ayant été ensuite amené devant le
pr 'fel, PubI us lui dit : « Pour vous, mon fils,
V. us ne venez pas, comme vos frères, cher-
cher follenienla mourir; Je connais que vous
avez l'esprit Iroj) bien fait pour ue lias pré-
férer une vie heureuse et comblée oe toutes
sortes d.' biens, & une mort triste et hnn-
teuse. » Vifol lui réj)oiidit : « Il est vrai, I*u-
blius, j'aime la vi » , et c'est pour en iouir
lo.igtemps que j'adore un seul Dieu, et que
j'ai en horreur les démoas.— Et qui sonl-ils,
ces démons ? répliqua le préfet.— Ce soit les
dieux des nations, reprit Vital, et ce ix qui
les reconnaissent pour des dieux, d Entin,
Publius ayant fait entrer le dernier des sept
frères, appelé Martial : « Je plains vos infor-
tunés frères, lui dit-U ; ils se sont attiré eux-
mêmes les malheurs dont ils vont être acca-
blés. Voulez-vous suivre l#ur exemple, et
;uépriserez-vous comme eux les ordonnances
do DOS princes? — Ah! IPublius, répondit
Martial, sf vou^ saTiez qnéts fdunAents cf
Croyables sont préparés d.iDS les enfers à
ceux qui adornnt les démons... Mais D en
tient encore la foudre sust-iendue, o*attPllde^
pas qu'il la lance sur vous et snr ces mènfs
dieux, en qui vous mettez votre cooGaoce.
Ou r^-connaissezqup Jésus-Christ est Tompe
Dieu oue tout l'univers doit reconnaître, oa
tremblez à la vue des flammes qui soot prHe$
à vous dévorer. »
1-e préfet envoya è rempereur le pmcè5-
Torbal de tout ce qui s*était passé dans Ifs
divers interrogatoires qu*on vient de ^«ppo^
ter. Cependant Antonio commit i difTérents
juges le soin de faire exécuter la sentei ee <ie
mort qu il avait portée contre Félicité et
contre ses sept fils. Il y eut un de ces jéga
qui Qt assommer ft coups de plooibeau lepre-
mier de ces saints martyrs ; an autre fit mou-
rir le second et le troisième à coups de bi-
ton; un autre fit précipiter le quatrième dans
le Tibre; un fit trancher la tète aux trob
derniers ; un autre enfin fit endurer la mêflie
pe:ne ft h mère de ces a un* ables confessears
de Jésus-Christ, qui, par ô^s routes diflértn-
tes, arrivèrent tous au Neu où ce juste jon
les attendait pour leur donner à chacun h
prix que méritait leur invincible constance.
(Kuinart.)
FÉLICITÉ (sainte) , martyre à Carthan
reçut la couronne immoi telle dans cette vilb
avec sainte Perpétue, sou< Tempire deSè-
vèr.' , en isH ou %)3. (Pour plus de détails,
il est imputant de Ire les Actes de sainte
pERPirtK à son article.) La fête de sainte Fé^
lirité a lieu le 7 mars, avec celle de toiuseï
compagnons.
FÈLICULE (sainte), vier^ et martyre, soi*
frit à Rome sur la voie d Ardée. Ne vouiaat
ni épouser Flaccus ni sacrifier aux idoles,
elle lut mise entra les mains d*un jcfge ptr-
ticulier qui , la trouvant toujours fenae et
constante à confesser Jésusi-Christ , te fit
tourmenter sur le chevalet jusqu'à la mort,
après ravoir tenue longtemps aans une té-
nébreuse prison sans lui donner è manger.
Après sa mort , on jeta son corps dans un
égoût, mais saint Nicomède Tenterra sur la
voie d'Ardre, la même où elle avait soufft-rt
le mar;yre. L*Ejlise fait sa mémoire le 13
juin.
FÈLICULE (sainte) , reçut la couronne do
martyre h Rome pour la défense de la reli-
Îion chrétienne. Elle eut pour compagnon
e son martyre les saints Vital et Zenon.
Nous n'avons pas d'autres détails sur leur
compte. L'Eglise honore leur mémoire le 1^
févrié^i*
FELiHAUZER (Elisabeth), Tune des reli-
f'euses de Saint-Éasile , établies à Mink ei
thuanie, et connues sous le nom de Fillff
de la Sainte-Trinité, qui furent expulsées tlt
leur couvent et livrées aux persécutions le>
{lus violentes d.ins le courant de i'annét
837, par le czar Nicolas et Siemaszko , évt-
qxxe apostat. On les avait renfermées daos
un couvent enlevé & d'autres religieuses
pour passer entre les mains d*uDe comflDQ-
nauté de C^çernice ou Filles-Noires, i^cru
j tées parmi les veuves de soldaÉs tussps et xs
^filles de raœors déro^^lécs CïiS filles fiassaient
(leur temps h s'injurier, h se baltreet h s'eni-
vrer avec de l'e^u-dc-vie. Elles t<*n«ïeLt les
Biisiliennes sous une si rude disripluie, que
Ja malheureuse Elisîibelh Felihaïuer deviii
folle* [Voy. rarlicle MiEczYLAWjsiiA.)
FÉUN (snitil), soldai, fui maih risé à Pé-
f rouse, sous le rè^iie et durant Ui pi rsi^cut^on
[de Fempereur Dère , nveiï saint iiralmien,
[ soldai eomoie lui. Mutis rniuiquons de détails
Imutht'ntiques stir la moïi de ces deux s <'wis,
^l**£glise liiil leur liHe le 1^' juin. Dire qu' h
snullert sous Dère , c'est aftinucr (julls
ît souffert de eiueïs louriULiils. On sait
|qu*d *''tail le caractère de ht i^ersecution de
|ee |>rince, qui, jiar la viulenre de.** lonniienls»
[avait [lour but (jlutùl «J a mener les chrétiens
^à abjurer que du les faire nioij-ir.
FELIX, gouverneur de Juviée » résidait à
jCésarée. Il 6lflit frère de Pallo*-» affrîuielii de
[Claude, Il piissa en Judée vers Tan 53 et
fépousft ï>rusil]e , lilîe du vieil Agri[^ip4u C^
[fui à lui que saitU Paul» arrêté p;u" les Juifs,
{fut envop par Claude Lysias, tribun, (jui le
^leur avait enlevé. Il gar-Ja le saint apiMre en
prison, Kappelé [ïar Néron pour les pilla^j^es
.et les exactions qui! se periuettait en Judée,
[il fut accusé h Konie [Hir des Juifs qui s y
Ireûdireut expiés pour le faire punir. Il fal-
ilut, f»our le sauver, la fortune et le crédit de
I^OQ if ère Pallas.
FÉLIX (^inl), fui martyrisé h Nocéra avec
[samte Conslanee, durant la persécuîioo de
"îériHL On eélètïre sa fêle le It) SL(»lcnibre,
lOn manque de documents certains à pru^^os
|fte Cl? sai'il martyr,
FÉLIX fsainl), Fun des sept fils de sainî^
Félicité, mourut marlvr nv^/e ses frèrts et sa
inière à Rnuie, sous !e règne de Marc-Aurèle,
nj* préfet Pubîius le f>ressant de sacrifier, il
répondit avec beayeou[r de fermeté : « Nous
m sacrilions qu'A un seul D eu que no s
idorons , et les sacrilices que nous lui of-
Fro s sont des vœux, d«'s prières et les sen-
Itments atfeeiueui d une dévotion sinrère.
* fuoi, c*est en vain que vous vous ef-
î i'* nous faire renoncera famour que
Ldùus dvons jour Jésus-Christ, Prenez contre
[nous les résolutions les plus sangla nies,
Ipuîsez sur j.os corps les forces de vos bour-
reaux , et tous les tourments que la cruauté
la plus injJténieuse pourra vous sugo'érer,
tout cela ne sera capable ni d'ébranler notre
foi , ni de diunnuer notre espérance. » Lo
Îréfet ûl î étirer Féîix et adressa son rapport
reiupercnr. Celui-ci tïl paraître les sept
^frères devant des jui^n^s Sfjéciaux , qui pro-
^bo Tcèronl et tirent eiécuter ^ ur sentence,
^feaint Félix fut lue h coups de b -ton. L'Eglise
^fait sa fête le lOjailleL [¥oij^ FÉuciTÉt)
FÉLIX (saintj, soutîVit le rnarfyre ii Va-
lence, vers le 2a avril de l'année 211 (ru2l2,
.sous un général d'armée ( ounné Con eii^e,
Ters le commencejnent do règne d'Aurèle
Atitonin Caracalla- Il eut pour com]»flgnon
de -*on martyre saint Fortunat, Le Alartyro-
loijed'Adou el tous les monuments que oous
avons de ces saints disent qu'ils étaient dis-
ciples de saint Irénée, et que ce fut lui qui
les envoya prêcher la parole de Dieu à Va-
lence en Dau[»hir,é, Nous avoïisdes Actes de
tous ces saints, mais qui ne paraissml |;as
ca [tables de faire une grande autr rite* Aussi
nous nous contenions de dire quapj es avoir
préc é quelque lenq>s tt co^verlii dit-nn, le
tiers au raoiiis de cette v lie, ils soulïrirrnt
de fort grands louruients, Saint Félix el saint
Foiltinal Sf*nt marqués, dans les Martyiolu-
ges qui portent Je nom de saint Jérôme* le
23 avril, k Valence dans les (iaules; ce qui
a été suivi par Usuard, Adoi, Nolker eltous
les autres, nors Pierre fie Nalaiifnts et quel-
ques Es[jagnots encore plus nuuveauï, qui
les ont mis h Vab^nce en Espagne. 0«t mar-
que qu'il y a un prieuré de Saint-Félin au
lieu où ds ont soutlcrt, ma s que leurs corfS
ont élé tjanstérés iians Fé^^lise de S;iint-
Corneille et Saint-C\pnen , qui est la cathé-
drale de Valence enl)au. hiné. Oii en a traos-
porlé à Arles une imrlit* considér/*bli\ On
(»rétend les avoir dans un inonastèi'e de Na-
varre» mais on n\n Joime [n\b de preuves*
L'Ej^lisf fait leur fèie le 23 avril
FÉLIX (saint) , était maichai^d h Sanlieu,
dans ics envnous d*Autun, Chrétien ierve- l
et eharilrble, il doiuiait ai x pauvres les bé-
nétices qu*il faisait dans son iié-oce. Snml
Andoche et saint Thjrse, qui venannt d'Au-
luu , étai i vcnu*i h Sauliey |>our y précluT
FEvan^^iie, Félix les reçut dans s . maison,
qui devint le sié^e ue lenr^ prédirai onsjlj.
Lu de^udicicrsdu gouverneur vint thez F<dix
puui' y lo.-ier, et ayant vu les sainls (pii y don-
naient kuis instiuctious , il alla les ilenoi -
cer. Le gouverneur les lit arrêter, Saint Félix
voulut jaitager leurs p/rils «l hnirs triom-
pljes, 11 fut an-élé avec eux. D'abord on as
IViuctta; ensuite on les lai^sa jicndus tout un
jour h des aibres par les ni ins , les pieds
cbarg''S de gi osses i»terre>. Ce supfdice
n'a>ant pas mis lin à leui> jours, on h'S jeta
da 'S le iVu, qui ne b*s brûla poinL Les tier-
^écuteurs, pour en liuir, les assommèrent à
coups de bâtons. Ou Ml sa Xéte le 24 sep-
lembre.
FEUX (saint) , niarlvr , fut rais à mort h
Rome, sous lempire de Maxiniin l*\ avec sa
fenuiie Blaude, el en m<}me lernjis que le sé-
nateur ^impliie, sa lemme , ^es entants et
sf>iKiint*^huit personnes di sa famille. [Voy.
SnipLïCE,) Les tètes de tous ces saints mnv-
tyrs fuj'int ex-posées sur le^ p ries de la ville
pour elîrayer les autres chrétiens. C*ést le
(i) La récîariian suivante dti Martyrobge romain
e.si une bule : « A AtUnn^ Ja féie des suhiis ni^iriyrs
Ainiotitie , Thyrsc, tliaiTe, el feli.\,qni» nyanl été
eii\ï>}i'iï d'Unchi par saiiil Poïvciirpe * cvL'«iue de
Sn^ynie, pour pitcher aaiis les Gaules» .,. etc. >
Saint Folix ne iiil poini onoyé ifCiitut avec les
antres p;ir sium l*olycàr|ï*3 : il uc liiL qu'*iSî>ocié ;i
li'iirs sOurtrajK-eiîi. Ayaiii vn le Imnheur de L^j^i-r ïcs
saiids n>issîoriiiu»ri-!> dans» sa ntaison, û hil, rotiime
mitre arlietr le dii, nds a mort avfc eux pour ce nuH
nf. Du reste , [»our jtlas de detad;* ei fKjur i>'éilUier
davan agesur ce fait, on |>eui consulkr iit^c, Âdoo
et k uouveiiu Brevi^iire de Paris.
M5
TEL
FEL
M
Martyroloçe romain qui rac(»te iiDsî les
faits. VEg\ise honore la mémoire de tons ces
maints le 10 mai.
FÉLIX (saîntj, est mis par les anciens mar*
tyrologes , et notamment par le Martyrologe
romain » au nombre des saints martyrs qai,
sous Tempire de Sérère ^ furent bràlés vifs
pour la foi dans la rille de Cartba^^, et dont
il est question aux Actes de sainte Perpétue,
dans le récit qui s'y trouve de la visioii de
saint Sature.
FÉLIX (saint) , confesseur, naquit à Noie
en Campa nie. Son père , ancien soldat , ori-
ginaire de Syrie, était venu s'y étiblir. Il se
nommait Hermias. Saint Félii avait un frère
qui prit le métier des armes; mais lui, après
la mort de son père, distribua la plus grande
partie *de son bien aux pauvres et se voua
au service des autels. II fut ordonné d*abord
lecteur, puis exorciste, et, bientôt après,
prêtre par saint Maxime, évéque de Noie. Sa
vertu , ses connaissances le rendirent extrê-
mement cher à son évéque, dont il devint en
quelque sorte le soutien durant les temps de
persécution qui arrivèrent bientôt
Durant la persécution de Dèce , en ^,
Maxime , comme beaucoup d'autres , avant
pris la fuite pour se soustraire au supplice,
ce fut du prêtre Félix, qui gouvernait l'E-
glise de Noie, que les persécuteurs se saisi-
rent. Le juge auquel on le déféra le fit fouet-
ter et ensuite jeter, pieds et mains attachés,
dans un cachot obscur. Le fond de ce cachot
était rempli de morceaux de verre et de pots
cassés. Que le saint fût assis , debout ou
couché, il ne pouvail éviter de >e t.oivrr
dessus. Ce fut là qu'un an^e tout rayonnant
de gloire vint le vis.lerctTui ordonna daller
au secours de son évoque. Aussitôt ses chaî-
nes se brisèrent , et il suivit Taitge jusqu'au
lieu oii était Maxime. Il le trouva s ns coh-
naissance et presque sans vie. Félix man-
Juait de tout , c-ar le lieu où il si» trouvait
lait désert et inculte, il se mit h prier et
aussitôt il aperçut une gra|)pe de raisin sur
des ronces à côté de lui. 11 en exj)rinia le jus
dans la bouche du saint évéque, qui sur-le-
champ revint h lui et reconnut son libéra-
teur. Sur la prière qu'il lui lit de le ramener
à son Eglise, Félix le pi it sur ses épaules et
le porta , avant le jour, à la maison é^nsco-
palo , où il le conlia aux soins d'une lemme
V(;rlueuse. Après avoir été caché quelque
temps, le saint prêtre, voyant que le feu de
la persécution se calmaii, i éprit comme d'ha-
bitude ses prédications. Les idolâtres irrités
le chfTClîèront; ils étaient armés. Ils ren-
contrèrent Félix et lui demandèrent à lui-
niênie où était Félix; il les trompa par une
réponse érpjivorjiie et se sauva par le trou
d'un mur qui ('•lait proche. Aussitôt une toile
d'araignée couvrit ce trou, et ceux qui cher-
chaient le saint ne purent s'imagin r qu'il
eût passé Ih. Il resta durant six mois ca-
ché dans une citerne, où une femme chré-
tienne lui apportait de quoi subsister. Il en
sortit à la mort de Dèce , quand la paix eut
été rendue à l'Eglise.
A la mort de saint Maxime , il réussit k
persuader au peuple, qui le voulait pour
évéque, d'élire Quintus , comme étant plus
ancien dans le sacerdoce. Ce nouvel évèqne
eut toujours la plus grande vénération pour
Félix , le regardant comme son père et oe
faisant jamais rien sans prendre auparavant
ses conseils. Au commencement de cet arti-
cle , nous avons vu que notre saint avait
donné aux pauvres la plus grande partie de
son bien. Le peu qu'il s'était résenré avait
été confisqué durant la persécution. Quand
la fiaix fut rendue à l'Eglise, il aurait pu de-
mander qu'on le lui restituât, et on 1 aurait
fait, puisqu'on l'accordait à d^autres. Il aioH
mieux sa pauvreté, et loua un terrain qu'il sa
mit à cultiver, pour avoir de quoi vivre et
de quoi ûiire des aumônes. II était si chari»
table que, quand il avait deux habits, il d d-
nait le meilleur aux pauvres; mais cela oe
suffisait pas, bientôt il échangeait le deruier
contre leurs haillons. Il mourut le ifc janvier
256 , dans un âge fort avancé. Ses reliques
sont , la plus grande partie à Noie , dans U
cathédrale, le reste a Rome , à BénéveoL
Saint Paulin rapporte qu'il se faisait beau-
coup de miracles par la vertu de ses reliques.
Sa léte a lieu le 14 janvier.
FÉLIX, prêtre d'Afrique, avait renié laU
sous Tempire de Dèce , en 2S0, en préseooe
des magistrats. Sa femme YictorieaTaitsuifî
son exemple; mais bientôt le repentir viH
parler à leurs cœurs; ils obtinrent de Dia
le courage pour triompher de l'ennemi qaii
une première fois, les avait vaincus. Peu de
temps s'étant écoulé aorès qu'ils euitat
donné des marques publiques de leur re
[sentir, ils furent de nou^enu amenés denot
es magistra s. Cette fois leur cou. a^e oe se
laissa pas ébranler. Ils furent bannis et leurs
biens lurent contlsqués.
FÉLIX (saint), pape et martyr, preoiertfe
ce nom, si.ccéda à saint Denis dès devant
l'année 269, ayant été ordonné le 31 ié-
cembTiS cinq jours api es la mort de saht
Denis, selon les Pontiticaux, ou plutôt dès
le 28 ou 29 du même mois; et il semble que
les I lus anciens martyrohiges aient voulu
marquer la fêle dv.* son o dinali »ii Je 29. Oa
le fait RomAiin, fils d'un Constance
Ce fut sans doute lui qui reçut la lettre «la
concile d'Antioche contre Paul de Saïuos-ite,
adressée à son prédécesseur, et il y a tout
sujet de présum« r que ce fut h l*oc as on «le
celte lettre qu'il en écrivit un^^ autre adres-ét
à Maxime, évoque d'Alex-indrie et à soo
clergé. Elle est cilée par saint Cyrille et par
le concih' d'Ephèsequi nous en ont conservé
un endroit. Ii y condamne nettement Ne»-
toriiis en parlant contre Paul de SamosMe.
Plusieurs ont attribué cette lettre à Fviii
qui fut mis par les ariens en la place de Li-
bère, en Tan 35^; mais Baronius monîre
fort bien la fausseté de ce sentiment. On at-
tribue à saint Félix trois autres lettre»,
mais elles sont du nombre des décrétales.
Paul de Samosate se maintenant par f(Ht«
sur le aiége d'Antioche, Aurélien ordoaoa
ou 9T3 que ce siège resterait à celui
^v^que do Rome (Féli^t) et les autres
ï dltalie avaient coutume d'écrire»
lire h Domnu^ mis h la ^^lace de Paul
poncile. Durant le poatifical de saint
'Eglise fut persécutée par Aurélien »
ou '274. On honore eitre autres» le
eA* saint Eutrope martyrisé à Porto
ipie Bonose et sainte Zosimesa sœur»
Wulres font un saint. Baronius dit
fut saint Félix qui les anima à souf-
ir Jésus-Christ, et il la sans doute
actes de lear martyre quil cite en
e endroit, 11 en a eii de deux sortes
► ptuscourts comptent depuis la nais-
e Jésus-Christ» ce qui marque qirils
pas fort anciens, et l'abrégé qu'en
Ferrarius le confirme assoz. Il fait
;utrope frère des deux saintes, ce
irentinius croit aussi» Le martyre de
its est appuyé par les martyrologes
t Jérôme, et^^plusieurs autres. On as-
le le corps de sainte Bonose est à
ians une «'église de son nom, au delà
re. Les actes de ces saints portent
urent précédés dans le martyre par
ite soldats que sainte Bonose avait
is par ses exhortations et ffui furent
s par saint Félix. Le M:irtyrologe
en marque la fètn au 8 juillet à
On ignore aujourd'hui où sont leurs
nartyrotoges d*Usuard etd*4don mar-
e 10 de juin saint Ba ilide, saint Tri-
i saint Mandate, qui soulfrirent k
>ou$ Auréîien avec vngl autres. Ba-
nou5ï renvoie |ïOur leur histoire h
ries qui sont d:ins Mombrithis, et à
de N'îialihm. Mais ce qu'en dit \v di^r-
: tout à fait fahuleu\, comme d'autres
fjà remanju'. Anssi l'prraiius en fait
doire foute d'fTtjreote, tiréi^ d'un ina-
de sainte Marie M/yeur. Je n*y vins
I mauvais, mais 1*1 toi» qui y est
? préfet de Borne aussi bien cinedans
nyrolo.^es, u'est point marque dans la
5 Bucîiérius. 11 y a des Artes de ces
qui les metto^t sous Valérieii. Les
olo^es de saint Jérôm" marqucuit» le
, u^ saint Basilide, mais oi doute que
céliïi-ci.
na^us Contrnntus dît qu'en Tan 830
orta à Tile trAu^e ivtr^ Constance} bjs
*s de saint Syuèse. Bn^onius i^niond
5 s.iint Syn^se ou plutôt Synèlo ho-
ftT les <îVeL'S le 12 dé embre. Ils le
ïcleur d.* Botne, ordonné par saint
i rnarly sou< Aurétie i* Ce qu*en dit
ologe dTghelïus n'a rien de mauvais.
:ela parait venir de li même source
^ quVui en lit d^nis les menées, et il
rien de pins pitoyable. Baronius a
î ?ia nt dans le Martyrolo.i;e romain*
oit qu'il y a eu un s.nnl Sabbas» ea-
► Goih» qui mourut h Home sous Au-
. Saint Félix » qui avatt animé les
au comt^at , fut bientôt lui-ni^n;e
'îsé. En etfel, il est qualifié martyr
concile d'Epbèse» par saint Cyrille et
par Vincent de Lérins. îl y an^îanmoins lieu
de croire qu'après avoir mérité 1<* titre de
martyr selon le langage de ce temps Ih, en
soulFrant beaucoup pour Jésus-Christ, il est
mort ensuite ou dans la prison ou de quelque
mort naturelle plutôt que par la violence des
tourments. La chronique de Nicéphore lui
donne ie titre de confesseur. Les Pontificaux
conviennent assez qu'il mourut en â7V, et il
y a apparence que ce fut le 22 décembre, au-
quel les plus anciens Martyroloî^es marquent
saint Félix, évèque à Borne. Ainsi, il aura
gouverné cinq ans, comme on le lit dans
Eusèbe, dans la Chrooique de saint Jérôme,
dans les Martyrologes u Usuard et d'Adon,
dans le Syncelle, dans la Chronique de Nicé-
phore, dans Eutyque qui Fappelle Philet. Le
catalogue de Buchénus ajoute h ces cinq ans
onze mois et 25 jours. Mais il y faut appa-
remment lire quatre ans au lieu de cinq, et
c'est ce f|ui nous a porté h mettre son ordi-
nation le 28 ou le 2fl décembre, en Fan 260.
Il tut irduiïné d'ahord au cimetière de Cal-
li^le, d*où il semble quil ait été transféré
après Tan 35V, en un cimetière accompagné
d'une église qui ont porté son nom Fun et
laufre, entre îe chemin do Valére et celui
de Porto, Anathase lui attribue même la
fondation de cette église. La porte de Borne
qui y conduisait a porté autrefois le nom de
Saint- Félix qu*el!e a depuis changé avec Té-
glise même, en celui de Saint-Pancrace. Le
chemin de Porto a été aussi connu du-
rant quelque temps sous le nom de Saint-
Félix. C*cst peut-être à cause de cette trans-
lation qu'Usuard, Adon et le Mart.viologe
romain marquent sa fête le 30 mai. Bol-
laidus drjute si ce n'est pas lui dont on
jirélend que le corps a été porté de cette
église à celle de Sauit-Casure dans la ville,
et yn été trouvé sous Grégoire XilL vers
Fan J58Û, Il ni me nûeux croire néanmoins
que c'e^t lui qu'on dit avoir été mis dans
Fédise do Satnle-Pudentienne do temps de
Cré^^oire VIL Quelques-uns croient que c'est
lui encore que le calendrier du P. Fronto, le
Sacra me n taire de saint Grégoire et divers
Martyrologes marqueut le 29 juillet.
On attribue à ce pape d'avoir ordonné
qu'on ct'-léhrerail les messes sur les tom-
beaux des martyrs; mais je pense que ce]^
e-t encore plus 'ancien. L'Eglise fait sa fêle
le 3(1 mai. (Ti'lemr'nt, t. IV.)
FÉLIX, (saint;, habitait à Sulri dans la
Toscane, du temps de rernpereur Auré'ien.
Ce prince, qui, dans les d^Tniers temps de
son règnc^ lança des e'dils cruels contre les
chrétiens» ayant appris qu'à Sulri il y avait
un certain 'nonrbre de disciples de Jésus-
Christ, y envoya Turcius pour les faire punir
de mort. Saiirt Félix était au nombi'e de
ceux dont la foi jetait le plus d'éclat en ce
jïays- Il était prêtre et possédait de très-
grands bien«. Il montrait un zèle incompa-
rable pour riTtstruction et pour la couver
sion des habiiants de la camiiagne, auxquels
il s^était pour ainsi dire entièrement dévoué.
Quand il sut Farrivée de Turcius, il réunit
les clirétiens, pour les exhorter à conibattre
iSf
FEL
courageusemeBt pour la foi, leur annonçant
que, nu reste, celle cruelle tempête ne se-
rait p »s de longue durée. Ayant été arrêté,
il fut jeté en prison, et présenté à Turcius,
3 ni lui demanda pourqu'i il avait la har-
ftsse de porter les peu;)les à mépriser la
religion romaine et les comma ^déments dos
princes. Le saint répondit qu'il le faisait
parce que c'était à la fois son bonlu»ur et
son devoir d'enseigner à tous la religion de
Jésus-Christ. Turcius, voyant au'il ne pou-
vait l.i vaincre, lui fit frapper la bouche à
coups do pierre, pour le punir, disait-il,
dans l'organe qui avait semé le mensonge.
le saint rendit l'Ame dms cet affreux sui)-
plice. Le saint diacre Irénée l'enterra près
de Sutri, le 23 juni.
FÉLIX (saint), frère de saint Félicissime,
se convertit k Rome avec lui en môme tonips
que son père Claude, gé jlier di*. la prison où
le préfet Chromace faisait détenir les fidèles
en l'an 28V. Saint Sébastien fut 1 instrument
frincipal de sa oonvor^iion. Le prôire s.ûnt
olycarpe le baïUisa et Téleva an sois-din-
con-a. Il fut martyrisé en 28fi, en Campanic,
si toutefois ce n'était pas lui qui se nommait
Svmphorien ; car l'un d;»s deux fils de saint
Claude avait ce second nom, et celni-!l^ fut
marlvrisé k Rome avec son père. L'Eglise
fait la fête de saint Félix le 20 juillet.
FÉLIX (saint), l'un des gard »s de la prison
de saint Censorin ou Censorinus , sous
Claude II le Gothique, fut converti à la foi
chrétienne par le prêt e saint Maxime, avec
les autres gardes de la prison , lesquels
étaient Maxime, Fauslin, îlercnlan, Numère,
StQracinus, Mène, Commode, Herne, Maur
ou Maure, Eusèbe, Unslipie, Amandinus,
MonaiT.», Olymne, Cyprien et Théodore.
{Pour voir l< ur histoire, recourez à l'article
Martyrs d'Ostîe.) t'.es saints ne sont pas
nommés au Martyrologe roma n.
FÉLIX iSaint)/éviV[ue et qualifié martyr
au Martyrolo,;:e romain, î^ la dat(» du 10 sep-
tembres" jour auijuel l'K^lise eélèbre sa fiMe,
était l'un des neuf évoques enfermés dans
les mines, et à qui saint Cvprien écrivit sa
soixante-seizième lettre. Il avait été déporté
immédiatement après sa première confession,
aussitôt api es avoir été cruellement frappé à
coups de bâtons. Cet évéque avait assisté
au grand concile de Carthage. ( Voy. Né-
MÉSIRN.)
^ FELIX (saint), était, comme le précédent,
Tun des neuf évèques enfermés dans les mi-
nes, etè oui écrivit saint Cvprien. L'article
précédent lui convenant narfaitement, puis-
que les deux homonymes ont eu exacte-
ment le raépjesort, et ôntsoutferl l^s mêmes
persécutions, nous y renvoyons le lecteur.
FELIX (>ainl), souffrit le martyr» à Aqui-
lée avec saint Hilaire, évécjue, cl les saints
T.ntiim, diacre, Félix, Large et Denis. Lear
sacriliee eut 1 eu sous l'empire de Numérien,
et sons le président Béroine. On ne dit |)as
quel fut au juste leur ginire de mort. II e^l
certain qu'ils subirent la peine d«i chevalet
et divers autres tourments. L'Eilise fait leur
fcMe le 16 mars.
FEXi ■
FÉLIX (saint), martyr, reçnt la conronne
du martyre avec les saints Luciole, Fortunat,
Marcie et leurs compagnons, aus»i bien qne
les saints Cléonice, Eatrope et Basilisqne,
soldats. Ils triom obèrent h'*ureu.seinent pv
le supplice de la croix, durant lapersécutoo
de Maximien, sous le président Asclépîade.
On ign Te le lieu de leur ^lo^ieux et iva-
mortel martyre. L'Eglise célèbre leur mé-
oioire le 3 mars.
FÉLIX (saint), souffrit 1^ martyre à Aipiî-
lée avec son frère Fortunat, durant la persé-
cution do Dioclétien et de Maiimien. Ds
firent étendus sur le chevalet, eurent les
cAi'*s brûlés avec des torch'^s ardentes qai
s'étei uniront au môm * instant par un effetde
\\ puissance de Dieu, pu'S furent arrosés sir
le ventre av.cde Thuilo houillàite. Bnfin,
ne cessant poi H de cofifi-sser Jésùs-^hrisl,
i's eurent la tète tranchée. L*E^ise fut kv
mémoire le 11 iuin.
FÉLIX (saint], évèque et martyr, rernpoiti
la palme des glorieux comb.iKants de h U
à Spel.o, sous Tempereur Maximien. LE-
glisC fait sa fêle le 18 mai.
FÉLIX (saint), était prMre à Rome n
commencement de Li jUTN^rùiion que Dio-
clétien souleva contre TE^Iise. En TaDiiée
803, ayant été arrêté, il fut soumis à de
truelles tortures sans que son courage a
fût le moins du monde ébranlé. On (e co»*
damna h h peine capitale, voyant qu^ooK
pouvait rien obtenir de lui. Comme onU
conduisait au supplice, UQ étranger ooib
Vit passer s*érria : u Je suis la môme renvoi
2 ne cet homme, comme lui yadore ïésus-
hrist, et comme lui, je veux moorir rour
le même Dieu. » Le magistrat le fil décapi-
ter avec Félix. Comme on ignorait le nom «It
cet homme, les chrétiens le nouimèreot
Afiaucte qui veut dire adjoint^ ajoMié, U
fête (îe ces deux saints arrive le SOaoïlt.
Leurs reliques, après plusieurs transbtioos,
ont été déposées dans IVglise Saint-Bidue
de Vienne, où elles sont encore.
FÉLIX (saint), évOque de Thibare, fut
martyrisé pour la foi en Tannée 303, sou* le
régne et durant la nersécution de Dioclétien.
Sa fête a lieu le 24 octobre ; ses Actes 60Bt
fort beaux. Nous les prenons eutièremeot
dans RuinarL
« Sous le huitième consulat de Diodétieo
et le septième de Maximien, on |ublia dans
tout Tempire un édit aJressé aux g.»uîer-
neurs des provinces et au^c magistrats des
villes, par lequel il leur était e^joioldese
saisir de tous les livres qui concernaient b
religion des chrétiens; de les retirer dî^
mains des évêques, et de contraindre i^*'
toutes sortes de voies ceux qui en étaient**
gardiens, ou simples dépositaires, de ûsnr
metlrc incessamment aux otliciers commit'
cette recherche par les empereurs. L'é'lil^'
aîriib' dans la ville de Thibare, en Afriijuc:.
le 5 juin. Le môme jour, Ma jniiien, urocj-
reur du !isc impérial et inteudint de li p-
vince, manda les prêtres chrétiens; Fiix.
qui était évi>que de cette ville, en était torti
Dour Carthage. Ce furent donc le prêtre Age
^m» FEL
(Pli les lecteurs Gîrus ei Vital, qui comparu-
rent nour h iT |»réîat absent. Ma^nilieti It'ur
dil ; w'ave2-vous pas des lîvn-s (fo votre re-
li^^ion? àper répondit : Oui, nous en avous.
Ma^^nilieo dit: 11 faut me les donner, alin
qu'Oi» les brûle. Aper dil : Notre évêque les
a. Magnilien dit : Où est-il, voire évéque?
^per répondit : Je n>n sais rien. Mai^Dilien
dit : Eh bien, vous derïiei*rerez à la garde
d un licteur (huissier), jusqu'à Tarrivee du
proconsul Anulin» qui doit prendre conuais-
sance de votre atfaire,
« Le jour suivair, Tévéque Félix retourna
de Cartnage à Thibxre : Maghilirn eu ayant
su avis, lui manda de venir le trouver. L'u-
^ê jue obéit, et se rendit chez iiotendaut.
tagnilien dit : Evèque Félix, remet Lez- ami
lire les mains tous les livres de votre reli-
lon que vous avez, et uiômeles IVuilles vo-
inles, s*il v en a, l-'évôque FélijL répondit :
le les ai, à la vérité, mais je ne vous les don-
ierâi [«as. Macjnilieu dit : J*ai un vrdn^ ex-
)rès des empereurs de vous les ijernauder,
et vous trouverez bon ijue j'y défôre, plulOt
qu'à vos pariiles; donnez-moi donc ces livres,
que je les fasse brûler. L'évt^que Féiii ié-
ponait:Je cons^-utirai pîulùl à être brûlé
inui-méme; Dieu me défend de livrer ses
Etriinjes, et vous trouverez bon que je dé-
fère plu tût à ses ordres qu'aux voir es. Ma*
fD-lien dit: Je vous dis, encore une fois,
que je dois avoir |dus du déféieïue prmr ce
que \{^$ l'uipereurs m ordonnent que pour
ce que vous me dites. L'évoque Félix répon-
dit :Él ujoï, je vous reflète que les o.dies
lie Dieu sont préférables à ceux des hommes.
Magnihen dit : Vous y penserez,
« Au bout de trois jours, riuleudant se fit
dtnener l'évt^que Féltx, et lui dit : Eh fuen,
^vez-vuus ficiisé à oeque je vous dis 1 autre
jour? L*é,vôque Félix ré^^oudit : i^uand jy
"iM^iiserais toute ma vie, je ue vous dtj'ai> p^s
^ulre chose que ce que j*^ vouji ai déjà dit,
ce que je vous dis encore, et que je suis
pfiM de dire en présen<:e du proconsul lui-
iijôrne. MaRnilien dit : Vous le direr. uouc au
jn'Mcousul a qui je vais vous renvoyer* 11 le
cui si^na eo même temps à Vincent Celsio,
i décuHon de Thibare.
I « Il partit de cette ville le 2ide min, pour
^^arthage, où était le proconsul, il fut d a-
^^ord présenté à son lieutenant, qui le lit
^^be^llre en prison, après lui avoir luit subir
' Finlerrogatoire* Le lend inaui il comparut
ievanl le proconsul (AnuhnJ, qu*il uétait
as eoi'ore jour. Pouri|uoi, lui dit ce jui^e*
le voulez-vous |>as donner des livres qui
)us sont inutiles, et qui soit d<' si peu de
Faleurî Je ne puis les donner, rebondi L i'é-
|6que. Le proconsul ordoima qu'il serait
ttiis dans un cachot, les fers aux pied* et
aux mains; il y p ssa seize jours entiers. Le
Sêizièuie au soir, Anulin se le ht aruener
>ut enchaîné, et lui dit encore : Pourquoi
le rendez-vous pas ces livres qu'un vous
|emande?L'év^^^UJè répondit : Je ne les reli-
rai poiot. Arfiulia renvoya, le î de judjel,
préfei du pfélaire, qui était alors en Airi-
que. Le préfet le ht charger de chaîne^ eu-
FEL
990
JOQ
Mut
core piUS posaoteiï, et après Tavoir retenu
neuf jours dans ses pri-ons. il l'envoya à
Rome, aux empereurs. On embarqua Jonc
Tévérpns attaché h une grosse chaîne. Le
tfajet fut de quatre jonrs, durant lesquels il
demeura sans boire et sans oKuig \\ couché
da î t s 1 e f I) n d d e ca I e , en l rc les pi ed s d v& c î i e-
vaux, n'ayant pour lit que la litière qu'on
leur faisait. Le vaisseau prit terre en Sicile,
an porurAgrigenlc (tiergcnte ou fiergenli),
où les frères le reçurent avec tout Thonneup
dû h sa vertu et à son caractère rd'Agiseo le
il fut transféré à Caane, de Catane à Mes-
sine, et de Messine à Toroiina, où on le
rembarqua; et le navire, après avoir tra-
versé le détroit du Sicile et rasé les eûtes de
la Lncahie, le laissa h Ruio, d'où il fut con-
duit h Vénuze (ville de la PouîHcj. L?i, un
counuissaire envoyé pjr les empereurs lui
fît oter ses chaînes, et sur le refus qu'il tit
toujours de rendre les livres sacrés, il fut
condamné à mort, et exéculé le 30 août.
•n Comme on le menait au supplice, la lune
f' m rut comme toute saui^iante; le saint, levant
es yeux au ciid , dit : Seigneur Jésus, je
vous rends grâces de re que vous remettez
mon r^mr en lihrité. J'ai drmenrésurla terre
€in(|U(iile-si\ ans, mais j'en sors avec ma
pritiuière innocence ; j'ai vécu vierge, et je
ineurs viei'ge ; j'ai gardé les préceptes de
votre Evangile, el j'ai apfïris im\ autres aies
giider. Comme une victime cboisie dans le
IroUi'eau, je baisse la tète sous le couteau
qui va m'ûler la vie. »>
FÉLIX (sainl), l'uu des compagnons du
saint martyr Cyriaque, diacre de F^glise ro-
maine, mourui vu îiC'L h Home, sur la voie
Sa!aria, où il tut enterré. Ils furent vin^t-
six dans le métue jour mis h mort au mémo
endroit. L'Eglise célèbre letir fèie collective
le jour de leur translation, qui eut lieu le 8
août. iVoy, Cybiaqce. Vou. aussi l'abbé
Grandîdier, Histoire de VÉfjlm de Strai-
bourg.]
FELIX (saint), souffrît îi Milan pour lé-
sus-Christ, av»*c saint Nabor, en l'an 301 de
Fi re chrétienne. Leurs reliques, déposées
d'abord hors de la ville, y furent depuis rap-
portées. La piété des lldèJes éleva une église
sur le lieu où elles furent déposées. Les
restes de saint Nal>or et de saint Félix sont
encore dans la même église, qui a aujour-
dliui le nom d'église Saiiit-Franço s.
FÉLIX (saint), fut mailyrisé a Saragosse»
en Espagne, parles ordres de Dacien, qui
en était gMUverneur, en Tan de Jésus-Christ
30"*, durant la persé.uiion de Dioctétien.
Dix-sept autres furent martyrisés avec lui»
On trouveta leurs noms à l^arlicle Dacie?«.
Les di\-hnit njarlyrsde S.iragosse sont très;
honorés en Espagne. C'est Prudence qui
rapporte ce qu'on sait d'eui. Ils sont \m-
crus au Marîyroîoge iomain sous la date «iU
16 avrih [Voy. Pruience, drCtr., hymu* 4.
Till-mont, voL V, [k 229. Vasseus, Bdga,)
FÉLIX (saint)» martyr, eut la gloire de
donner son sang pour la défende de la reli-
gion. Ce fut h tîirune qu'il perdit la vie pour
îbonneur de sa foi. Après diverses sortes
Mf
WEL
r\p'. v.nmrnt.^. .i fut i^îM -^r :-4t:r:.r4, par
pi-'i\ •••ni lu Sun im»» i J»*sii5-*7ûrji- LXilise
fnii <> •>»•» e l^ itiiU.
FÉLIX.. U-î le sAi'U î^t.iriiT. prêtre, fat
■■m 1 -s Ttiannre-iu:' .ii.^rt/'s mu a mort
î"'*r s nni "Tîftiimn- ^n \fr. :it». «-u* 1»^ pro-
'*nn5Jii Aiiuin, -îQ ;'iû le J«?î?Ti5-4>.ri5t 305,
>o»is '.» T'^CTtî >^i iiinnt ,A r:ersê:arloQ atroce
•rie .'!n£\me Diiiri *t:eQ ^iiîoira ':oQtre l'E-
ziinf^ lu S^iîineur. ^17. SATca^n. L"E;?iise
<:eieDr* la fôte le '.«^05 ces "sainU le 11 fe-
rrer.
FÉLIX saint . nom ie tr»Ms -le? •■niarai^e-
huit martyrs \ui turent mis î aiort ea Afri-
ijue. •il l"iii lê Jésus- Liir.st 303. ave: saint
saturnin, nr^re. 54311s le cnx'onsul An u lin,
et 'luruit ia persëi.'ution «le l'emoepeur Dio-
ck*ti:*n. Voff. Sàn:«iï^.
FÉLIX 11 sainr , pape Pt martyr, fut mar-
tyrisé à Cervetpo. en Toscane/ Ayant été
cliassé de son siêjçe pi')ur la foi catholique,
par Constance, emper»*up arien, il périt se-
crètement, mais avec ^oire, par le glaive,
dans la rilie de CerTelro, en Toscane. Des
clercs esaix^rtèrenl 5*.^c corps et le mirent
•Tans uti tOïvceau sur li Toie Aurélienne.
Transix-re depuis i»as r'»«lise de Saint-
Cooie ec Ek»2ii-»c. et pia-'é >«."»ùs le sri»ndau-
te!. :I y :jl: croate durant le ponli6c.-»t de
OrefCir^ XUl. i^ec les reliques des saints
>lar^.\ Marcel:. en et Tran-iuillin, avec les-
qu^*! ts oa *.e rvmit dans le même lieu, le
certier vu.- iej :i!îet On trouva aussi sous
!.* :!*^?;vè jl: -, i es l^vi^s des saints martyrs
A.^i::.'. • r^^-r-;, e< Ao-Miiatioe, diacre, qui
1* ro : ::;!,;,- teLiirs aprè^, la veille du
î.\ r :-■:)•/? .:e ! •. ; t"te, transiH>rtës solen-
V.o! 0 r-ç- •: .i.i:> * e-:-.i>e de ia t\MU|\r^ie de
Josus. IF^ -xo tiî: U mémoire de notre
sô:;? 0 :^^ -u" e:.
ttll\,'>i-t.t nivtvl d s firanoos sous
J.iluîi ;'A:j.\<:a:. pi*, a les oJses«rAntioche,
auv Kl.Md\ ireson-.T du domaine, et le
co.î'to J îivn, oîulo îiîjîrTn NI.* i'oinporeur.
llo t\U :iii qui, oi \o_\*uU I "i ^a^^ts si».*rés en
nu*ial pitVuMx, i\M 00 pn^-vs alH^minabie :
« VoYc/ dans quelle v^iissiM e on >*Mt le tils
de Mw 0. « Le jour nuMuo. il fui prU d'une
héinoî»l\se vriiplinv d*un vaisseau sanguin
dans U» i-ouiuon', et nuuinil en Perdant "tout
M)n sanjj par la lunn lie. Saint t.hr soslome
« p»»usM» un peu lo n la luence du lrtn-;a<:c,
i"ï disanl^ ipn» Fé:i\ rrexa par le milieu du
n»rp^. I)\ipnVs TluMulorel, aiisi que nous
venons di' \r dire, re fui un vaissi au qui
rrrvn, tpii se rompit dans les poumons, à
pi'ii près /m milieu du rorns si l\)n veut.
KKLIX isairi), niarivr, élail tHèqne. Il fut
un tirs principaux, avec réviVpio Cvprien,
(|ni sfiuirrircnt le inartyir, au nombre d«
qualriî inilh. neuf ernl soixante-six, durant
la persj^Mîution des Vandales, sous Hunéric.
Il y avait parmi en nombre immense des
i'*vi^'|ues, des prôtrrs et des diacres auxquels
sY*taienl réunis un grand nombre de chré-
tiens de toutes les conditions Ils furent chas-
sr'\s de leur pays |H)ur la défense de la vérité
catholique, et menés en exil dans un horri-
FEL M
ble et affreux désert. Ppodant qu'Us y al-
laient, les Maures qui les cohduisaieni pi-
quaient les uns avec leurs javelines pou
leur faire hâter le pas, meurtrissaient les
autres à coups de pierres ; ils en lièrent pîô-
sieurs par les pieds, et les traînant cobuk
des cadavres par des chemins rudes et n-
boteux, ils leur déchiraient tous les mem-
bres. EnQn, après une si mode variété de
tourments, tous reçurent rhonneur du fou-
tvre. L*Eglise célèbre la mémoire des saioti
^élix et Cyprien, évoques, le 12 octobre.
FÉLIX (saint), martyr, honoré parT^^
avec saint AchiUée» le 1" mai. Sans toln
indication.
FÉLIX (saint), souffrit le martyre pourk
foi, à une épo<iue, dans un lieu et des àt-
constances qui nous sont complètement io-
connus. L'Lglise fait sa mémoire le S
mar5.
FÉLIX (saint), versa son sang pour Ii foi
à Uzale, en Afnaue. 11 eut pour compmon
saint Gennade. Nous n*avons pas de détails
sur eux. L^E^lise fait leur fête le 16 mai.
FÉLIX (saint), reçut la palme dumaitjnc
à ApoUinie, en Macédoine. U eut pour eoD-
K gnons de son triomphe les saints Isaore,
nocent, Jérémie et Pérégrin, Athéniens. Ces
courageux combattants de la foi furent lim
h diverses tortures, nuis décapités. OoigDOR
la date et les différentes ciroonstaoeef è
leur martyre. L*Eglise fait collecliveMl
leur fête le 17 mai.
FÉLIX (saint), martyr, ré[>andit s(»siii|
pour la confession do sa foi à Alexandrie,
où il mourut en prison, avec le prêtre Ara-
tor, et les sainis Fortunat, Silvin et TiliL
On ignore à quelle é[ oque leur martmeol
lieu. L*Ëglisc célèbre la mémoire de tous
CCS sainte le 21 avril.
FÉLIX (saini\ reçut la palme faneuse da
martyre à Hérâclée, avec saint Janvier. Le
mêmV jour fut martyrisé aussi saint lulien.
Les Act »s des martyrs ne nous donnent *u-
cun d tail sur eux. L^Ëglise fait leur fêle le
7 janvier.
FÉLIX (saint), martyr, reçut la ronronne
du martyre en Afriaue, avec les sa'nts Thfe-
dule, Arèse, Cornélie et leurs compagnitt
dont les noms sont ignorées. On ignore ^
lement réiX)|ue de leur martyre. L'£gli«
hono e leur mémoire le 31 mars.
FÉLIX (saint), était natif de Siponte.Ilic
çut la courouic du martyre à Forconio, da»
TA bbruze ultérieure. Il eut pour compagnoiH
de son martyre, saint Florent , son cofflp»-
triotc Les détails nous manquent sur eai*
L'K^Hse fait leur fête le 35 juillet.
FELIX (saint), évêque cl niart/r, eut h
bonheur do verser son sang pour la foi \
Pavie. Nous ne possédons aucun détail sar
Uii. L'Eglise honore sa mémoire le 13 juillft
FÉLIX (saintj, prêtre et confi'sseur, efr
dura de grands tourments à Pistoie. ea
l'honneur de Noire-Seigneur JJsus-Christ.
Nous n'avons point de délai s sur lui. IT*
glise hrmore sa sainte mémoire le S6 acûL
FÉLIX (saint), était prêtre è Terracineen
Campanie. 11 y souffrit le martyre avec h
Eusèbe^ qui, ayant enseveli le corps
it Julien et de s^iint Césaire, et con-
ml plusieurs infidèl us, qui^ imtre sa ot
Fé ixbaplisatt, fut arrêté avec lui. On
ai tous deux devant le juge, qui,
, pu les vaincre, les ili luellre en pri-
ant demeurés fermes dans la réso lo-
ue point sacrifier, dès la même nuit
ni décapités. L'Eglise ftiil leur ftïte le
ïihre.
X (saint), martyr, mourut à Rome,
edsaot sa foi, avec les saints Callisle
tfflce. Ou n'a aucun détail sur eui,
^ fait leur mémiiire le 29 déeeinbre,
[\ (saint), martyr, souffrit la mort en
ur de Jésus-Clirist , avec les saints
ervile, Si I vain et Dioclès. Leur mar-
t lieu dans ristrie. L'Eglise honore
Smo re Ib 2i juin,
X (saint), martyr» mourut en confns-
foi pour Hionneur do Jé^us-Christ*
►our corapagnous de son martyre les
évéques, saints Valérien , Urbain,
\U Eus tache, Crescone, Crescenlien,
m et Florenlien. Ils furent tous con-
i i Texil, et y mouiurent, L'Eglise fait
0le^ novembre.
X (saintj, martyr, cueillit la palme du
! h ïhagore, en Afrique, a^ec les
Fuies, Potamie, Crispin, lirat et sept
nconnus. Les circonstances et la date
martyre sont ignorées. L'E^îlise fait
e le 5 décembre*
X (saint), était moiue. Il mourut pour
ise de la religion dans la ville de
dans la Campagne de Rome. Nous
i aucun détail sur lui, L'Eglise hcK
n illustre mémoire le 6 novembre.
X (saint), eut le glorieux avantage de
*e S'*n sang pour la foi de Jésus-
à Adrumèlu en Afrque* Il eut pour
pons de sa gLure les saints Vérule,
in. Sériée, Servule, Saturnin, For tu-
►eize autres dont les noms malheu-
ent ne sont point parvenus jusqu'à
*eur martyre eut lieu durant la persé-
que les vaniales tirent soutlrir aux
]ues. On ignore la date et les dilfé-
ïirconstancesde leur martyre. L Eglise
r fêle le 21 février.
IX (saint), eut le glorieux avantage
andre son sang en Afrique pour la
»de la religion chrétieune. Il eut pour
r s^s souilVanc**s, les saints bym-
t Hippolyie et leurs compagnons dont
reuseinent les noms ne sunt point
ûs jusqu'il nous. Nous n avons pas
s détiiils précis. L'Eglise fait colite-
(il leur mémoire Je 3"février.
[X (saint), marlj/r, répandit son sang
El foi, en Sartlai^rie, avec les saints
Priam et Lucien. Nous n avons au -un
concernant le lieu ptécis, la date et
onstances de leurs suutl'rances. L*E-
it leur fête \eil6 mai.
IX (saint), moine, martyr, était natif
iplut, mais Africain d'origine* J) fut
isé à Cordouf sous le régne d'Abdé-
I, avec saint Anastase^ prêtre et moine*
FEL
0û4
Ce dernier avait été instruit dès Fenfance h
Saint-Aciscle de Cordoue, Etant diacre, il
en quitta les ffinct^ons pour embr sser la
vie monastique et fui cnbrj ordonné prêtre.
S'étant présenté aux juges et ayant i arlé
contre leur propbète, il fut aussitôt exécuté;
tous deux eurent la tète tranchée. L^K^iiso
fait leur fêle le 14. juin.
FÉLIX (saint), martyr, reçut la couronne
du mai lyre à Cordoue en Espagne, du temps
de la j-ersécntion que les Arabes tirent souf-
frir aux cbrétieris. Il eut porir compagnons
de S("S glorieux combats les saints tieorges,
Aurèle et les saintes Nalalie et Liliuse.
L'EgI se fait leur fête collective le 27 juillet.
FÉLIX (saint), diacre et martyr, fut cou-
ronné pour la défense de la religion chré-
tienne dans la ville de Séville. Les Actes des
martyrs ne nous ont transmis aucun détail
sur les ditl"érent*'S cireonslanres de ses com-
bats, L'Eglise fait sa [jjémoire le â mai.
FÉLIX (saint),eutravantagedemourir pour
sa foi avec saint Fortunat et vingt-sept autres
dont les noms sont inconnus. L*Eglise fait
kur mémoire le 2G février.
FÉLIX (Marctts MimUius), célèbre par le
dialogue intitulé Ovtave^ oii il défencf avec
beaucoup d esprit et d'éloquence la religion
chrétienne, demeurait à Rome, et exerçait
avec réputation, vers le temps de Temperenr
Sévère, la profession d avocat, Soti stvle
donne quelque lieu de croiicqu*il était d\\-
frique. Il avait été engagé d'abord dans le
paganisme, just|u a un âge avancé. Dieu dis-
sipa enfin ses ténèbres, 1 ■ tira de ce profond
abîme, et Fappela à la lumière de sa vérité
et de sa sagesse. Saint Eu cher le met enlro
ceux qui, étant lïrands dans le siècle par
leur éloquence, n'avaient jias voulu soutlrir
que les ignorauis seuls ravissent le ciel, et
avaient fait une heureuse violence pour y en-
trer a v^c eux.
11 avait un ami intime, nommé Januarius
Octavius, qui entrait dans toutes ses incli-
nations, et partageait avec lui toutes ses joies
et loutes ses peines. Cet Octave avait une
femme et des enfants, il avait ^lussi éié païen
et avocat ; et il avoue lui-même que, ne re-
fusant point d'employer son esprit et son
éloqut nce pour défendre des gens coupables
de sacrilèges, d^incesles et d - panicid^^s, il
n'y avait que L*s chrétiens qu'il ne croyait
pax même qu'on pôt étouter, lant il était
prévenu, par aveugl^-ment et une stupidité
étrange, des calonnues qu'on répandait con-
tre pux ; sans considérer que, tout le monde
publiant d'eux des crimes atroces, personne
néanmoins n'en donnait de preuves et ne
s'en disait téinuin. Quelquefois mérne, étant
juge ou conseiller < t assesseur des juges, il
avilit exercé contre les chrétiens une misé-
ricorde <T(Ssi cruelle qu'injuste, en leur fai-
sant donner la question, non pour leur faire
avouer la véiiié, mais, par un entier renver-
sement ilel'nrdre, pour les confraindre de la
désavouer après qu'ils l'avaient confessée.
S il eût été conduit par la raison plutôt que
poussé par les démons qui le posséda ienU il
les eût fait tourmenter pour savoir la vérité
des incestes, et les autres crimes qu*on leur
impulail, mais c est à quoi il soi^eail le
moi is- Que si mielquo ctirélicn f»los faible
succombait h ta iloolrur et renonçait à sa
iT'Iîgion, nous lui appliiU<Hssio*is, dît-il, et
nuus lui tli.'vciiions favorables, comme si» en
disait qy il n'était plus chié ien, U se fût
purgé de IQU'^ les crimes qnil awil dû corn-
tuutire durant qu*iï Tavait été. Dieu eut en-
fin pilié dclui aussi bien que de son ami ; et
lorsque MimUsus Félii sa convertit, Octave
ne refusa pas de prendre pari à un si heu-
reux cbarigem<^nl» oii plutôt i» le prévint lui-
même. Quoiqu'il fût SI uni à Miouiius, il p/i-
rail qull no uemeurail pas ordinairement à
Rome connue lui ; mais le désir de voir cet
urai, et quelques aûaires Tajaiii obligé de
laisser sa maison, sa femme et ses enfaîus
encore tous i»etits, pour y venir par raer
b)r>qu*on ne l'y at enduit pas, Wiuutius le
rei.ut chez lui avec une joie qui ne se peut
exprimer, Cûiiinie c'éîail «lors le temps des
vendanges, où les avocats étaient plus libres
h cause des vatatious, ils s'en allèrent se
promener à Oslîe, où Félix voulait se bai-
gner pouj' sécïier quelques (mauvaises) hu-
meurs nar Teau de la mer. Minutius y mena
aussi La^c îius NaUdis, qu'il avait presque
loujours lioprès de !uu il pouvait être de
Cnlhe, ou au moius Africain. Celait uû
homme franc et sincère, mais zélé pour le
paganisme; de sorte qu'étant sorti le matin
avec les deux auUes pour s'aller promener
sur le bord de la mer, et ayant reoeonlré uue
statu*^ de Sérapis, il porta sa main à sa bou-
che pour lîi baiser, ce qui élait une manière
d adoration paruji ks lunens. Oelave TatK^r-
çut, cl dit h Minutius î Eu véjité, mon frt-re,
ce n*est pasêire hou ami de souilnr qu'une
ptirsonne si unie à vous demeure dans un tel
avei^gieuieni, et qu'il se luturle en p'ein jour
conlre des pierres, car vous saveï que cela
nest pas moins honteux pour vous, qui îe
laissez dans celte erreur, que pour lui-même.
Ceccilius fut fort pirjué de ce di^co^lrs, de
sorte que» durant que les deux autres s'en-
trelenait-ot avec gaieté, lui demeurait triste
et pensif sans rien dire* iliriutïus s'apergut
du trouble de son esprit ; il lui ec demanda
la cause, et Cœcilius la lui avoua, ajoutant
que puisque Octave l'avait accusé d*igno-
lauce, il voulait entrer en conférioee avec
lui, ei soutenir la religion de ses dieux ; les
«utrt-s y consentirent, et s'allèrent asseoir
sur des pierres posées pour arrêter les tlols
de la mer ; ils mirent Minutius au milieu
d'eux, moins parce qu'il était le plus consi-
jéraule, comme cela parait par eet endroit,
que parce que Ca^cilius même consentait de
le prendre pour arbitre, en le priant de ju-
ger de ce qu'on dirait, non par 1 auiour qui
h tenait attaché à la religion des chréuens,,
mais iiar la force des raisons que Ton allè-
gueniii de p.rt et u'autre. Dieu permit ainsi
que la vaniié de Cœciliuîi !e j onût à s'enga-
ger de lui-uiéoie dans c^Ue di?pule, qui de-
vait éire aussi utile pour son saiut que glo-
i-u use à Itt vérité.
Ou yeut vuir dans 1 lii&toire de Tirtullien
et d*Origène Tabrégé des discours de Csm-
lins et o'0( tave : il suttil pour noire des-nn
de dire que Cacilius i^arla a?ec éioquene^'ft
avec véhémence, mais moîos pour sa tth-
gfon que coilre les c^réti n$. Il fifjitpir
une raillerie piquante torilre Octave, lu» ii^
sultant avec mépris, comme à un homme
qu'il se liât lait déjà d*avoir vaineu, H (itni
il croyait s'être bien veng-
la liberté à scn resseia "
comme arbitre de la dispute, lu* du qu^dk-
la ( i^loigner toute insulte d'une eoinférpae*
où ils avaient pour but de connaître la f^ril/»
et non d acquérir une vaine répui '«'^"^ * 'vn
la subtilité et la variété des pcosi
quelles if avait soutenu ^o^ stiininu^ m
avaient fort plu ; mais qu'il ri'<!lait pas t^m I
de triompher jusqu'à ce que tous k$ dem
eussent été en tenu us.
Orlave parla donc ensuite, et,
nant qu'il défendait non sa prr
mais une religion qui n'enseiu
rite et 1 humilité, au lieu de r*
jures de Ceecilius par d'autres injute^, v* It
traita civilement, 1 appelant môme son Wr^4
mais il réfuta son discours avec toute II
force de la vérité^ Il expliqua d'urn^rnaTitèfi
admirable les principes et les i i^
noire religion, quoiqu'il soit plu :.,.. M
les sentir et de les goûter que de les eipcî-
mer. Il les mil dans leur jour par les ji»*
ves, les exemples et les autorités dontilisi
ap[>uya. Il tourna contre les païens I^^at*
mes mêmes d^ leurs pbilosopties, el rejirf-
senta notre religion non-seùleuicnt coiain
sainte, lUiiis même comme favorable t:t utdf
aux hommes ici-bas.
L effet de son discours montra bien çi*il
aval parlé parllnspiralion de Dieu, et(jw*3
avail oblenu le secours qvf il lui nvaiî dt-
mandé ; car, après uull eut ces^ '-'r»
Minutius, n'iiSaot lemoigner eon i-
mirait son discours, et Caecilii.
rneuré quel jue temps dans le s:\, u*>
h demi interdit, Cœcilius s' un
coup : Je «attends point la i>ci,. Jih
Ire arbitre ; nous sommes tous '>^
rieuï : Octave triomphe de moi, ^
pbe ue mon erreur. Je me souiui ,à
je confesse que la leligîon de Ji;&us uiinil»
dont je suis dès à présent, est la Téhablt--
Et nmiy dit Minutius, qui me voi
de la peine de prononcer comme
veurde ma religion, je me njour
deux, aussi bien que pour moi, il
d'Oclave. Je n'( ' nds pas
son mérite; le i^ ^ a^e d'uit (I
d'un seul bomme, e^l trop p^u « à
c'est moins lui qu'il faut louer qu- V--^ lié
me, qui la fait vaincre.
Ils se retirèrent ensuite avei^ mua i^if
commune de la conversion de C rf*
meltant les instructions qu'il d* iu-*^-
quelques points particuliers dont il c
pas assez eelairci, quoiqu'il ne lui resli>
cun doute si r le fond de vérité. àlinoUUi
rien écrit de ce qui se dit sur ctlit um» w
nous assure trè^-clairemem que CrcilliiSd^
brassa tout à fait le chmitaiiiaiiaâ; MmM
9
E
avons wufer que sa vie n*ait répondu
emerit h et^lte piN'nikVrcf ^rùw, si c'est
Li*e CaBciiias que sninl Poiilu imus n|j-
avoir cnnvtM'ti sainl Cy[>rieiJ (vcirs \\m
C*él»il, dtt-il, un homme jusU% estimé
jf le montii% véni'ml^le pcir sa digiité
hitn que par son âge* Saint € prii.vn ,
'im-urail avec lui, resliiuait* Thui omit,
lertaih le lévémit» le €onsideraiit noti
e un ami et un égal (cor il payait qu il
léjà prêtre aussi bien que \m), luais
e le m Te de sa nouvelle et de sa véri-
vie. I! fuit même, a cause de lui, le
le Cœcilius, et Cœciïius, de sa parl^
econnajtre celte etiri^me afleel on, lui
manda en mourant sa fi^mme et ses
^, le l^iissartl comme h riîier de sa
ïl de sa teodiesse envers eux. L'Kg ise
^e publiqueiMeiil le S juin. Bai'unius
ue (fest re mt^me Ccerâlius qui fut con-
lar le d^sonurs d'Octave (et lums avons
î cel>M-ei et lit Arieaiui ; h quoi il faut
r que saint €yprien, dans un des i re-
ouvrages qu*il tf faits, copie diverses
[ du discours d^Ociave. Ce qui est cer-
'e^t que rien ue répugne à cette coa-
r ce que quelques-uns veulent qoc co
leore le même que Célieiî ou i ée lien,
leur de Oiadomène, lils de Alacrin» on
autre part que c'est une chose sans
Hblance : d serait j)lus aisé de croire
est le même que Natnïis, qui, ayant
se Jésus-Christ, et aiiparenimeut sous
»8e laissa de^nns tromper par les théo-
s. Mais c/t^st une simple conjecture^
I point d'autre fondement que la res-
mie du noTiu C*'ux qui la voudront
senmt obligés de dire ijue Miiudius
I écrit avant la tin de Sévère : car il
pas Oublié la confi^ssion tie son auii.
te du confesseur Nainlis ne (ei-ujettrait
non plus qu'on criU que c est le doc-
. le Père de saint Cyprien.
ve mourut quelque tem[*s après avoir
Cflecilius à Vlvglise, et lit par sa mort
ftic profonde dans Tâme de Mnmtius
II se consolait néaniuoins de la [»erte
s yeux avaient f ite de sou ami, par le
iir de ses aclirms, qui ïè- lui rendait
f présent; et il s'appliquait surtout au
rs f*ûr lequel il avait retiré Cajcdius
raine superstition : il le mit même par
}i en forma ce dialogue célèbre que la
ence divine a conservé jusqu'à nous,
m appelle ordinaii émeut l Ot/arf.C*est
I qu il portait déjà du tejups de Lac-
Mujutius Félix le lui dvait sans doute
pour honorer la mémoire de son ami»
le, assurément, ce qui }' est lui appaj*-
encore jjIus qu à Octave.
fait von* par cet écjit, dit Lactance,
en il était ca[iat>le de soutenir la vérité
p urne, s*il se fût dohiié tout e Hier à
i^loi. S.iint Jérûuie, qui le met au rang
.leurs ecclésiastiques, dit quil y a fait
ttre qu'il uossédail toute la scienco des
, et de la ihéoioijie des pajens. Il le met
^aiut Cypnen, saiut Uilaire, et d'autres
tER m
qui ont défendu la vérité non-seulemenl
avi'c force, mais encore avec beaucoup d', ri.
Son ouvra^'e avait (Fabord é é imprimé
comme un huitième livre d'Arnobe ; ruais
BamJoun, fondé sur 1 actance et sur saint
J rtijne. Ta rendu à son véritable auteur i.és
Fan f5G0, et jiersoniie nï-n a plus do té de-
puis. Baudoin, dans sa pjéiac<sfait un grand
élo^^e ue cet ouvrage ; d apfïelle Aro^/be son
imitaieur et son disciple, et il croit iju'Ar-
nobê l'avait particuliêrej] eii eu vue lor^qu^l
dit que des jurisconsultes et des orateurs
avaient embrassé ta foi chrét cnàe.
Minntius Félix promet, sous le nom d*Oc-
tave, dans son dlaloi^ue, de traiter complète-
ment en un autre livie la matière du destin,
ou marque quM Favait déjh fait; et on lui a
en etîVt attribué un livre intitulé du Destin,
ou contre les maikémadcivnii , qui se Uuuve
impriioé dans une édition d'Arnobe; mais,
quoiniTil soj <l'une i ersonre éb:(juente et
tiès-nabde, iiéanmouis saint Jérôme doute
qu'il fût de lui, par; e qull le trouvait d\rn
autre stylu que le dialogue d'Octave; et peut-
être quVm n attribuait ctl ouvrage à Aiinu-
tius r^éliï que ^ arce qu'il avait promis de
traiter la mùme matière. (Ti lemont.)
FERDINAND (le bienheureux), naquit à
Culacan, dans la No uvellc^Es pagne, et était
allié, par sa mère, au caj-dinid duc de Lerme.
A tiix-sept ans d entra dans la conq»agnJe 'le
Jésus : c'était en 1598. M "prisant les di^^ni-
lés qu'il aurait pu obli nir dans l'Eijlise, Il
voulut tiavaillur à la conversinn des indigè-
nes idolâtres. Il fut envoyé an lirand-Ajaraîs,
au delà de la NouvelJe-B scaye. Plusieurs
missi*»nrja.res travailla. eut déjA avec succès
dans ce pays, et plus de ciiiqiiante mille iu-
ui^éoe> avaient été baptisés, l'anui ks ioca-
lités que prêchaient les uiissmnuairt^s , ou
dîsti-^i^uait Troeraca et Sainte-Catherine, où
la religion faisait de grands (ïrojÂcès U. im-
fiosieui , s'annonçant comme un tds du Soleil,
e dieu du Ciel, et se disant le dieu de la
Terre, auirna les indigènes à secouer le joug
deTiivanijiIeï el il fut résolu que les Jésuit<'S
sciaient massaciés le 2i novcmnre 151(>. Sur
Ces e.itrefailes, Isabelle, njére de notre bien-
heureux, élaot devenue veuve, s était retirée
dans un couvent de Mexico. Comme elle crai-
gnait de ne pouvoir revoir son îils, h cause
des daugers journaliers qu'il courait , elle
pria le provincial de laire vejjir Ferdinand
dans kl capitale du Mexique, aUn de lui dire
adieu ; el e ne se doutait point qu'elle iiâtait
aiu^i la mort de son his. Celui-ci se rendit au
désir de sa nsère; el, après lui avoir fait ses
aiiieux, d reprit le eliemni du (jraud-.VIarais,
et iUt forcé de traverser le territoire de Tepe-
gua» Sjdans la N uvelJe-Biscaye. Il vt naît de
sm tii' de Sainte-Cuherine. (juànd une troupe
d'indigènes se ruant ^ur lui, un d'eux le ren-
vei sa de sa mule et lui pen;a la po tnne d uû
furieux cou^j ue l,suce- Le martyre de n» tre
bieulieureux arriva le 16 novembre lOlii.
flanuer, SuciHaê Jtsu usque ad sançuinit eê
viUr profusionan militans, p. 467.)
FlilU^NÏIÎ^O» ville des Etats e^désiisli-
quesi à (îS kiK S.-E. de Eome* Cette vilto
m FER
est célèbre parle mftrtjre de saint Ëuîyche»
qui arriva à une époque corapléteraeol igno-
rée.
FERFAY,vanée dans le territoire de fa ville
Lïllers, en Arlois. CetuLlà que saint Luglïus
et saint Luglien, son frère, furent mis à
mort par des brigands, pendaq| qnils an-
nonçaient rEvangiie en se rendant à la terre
sainte. Tout ce pays fut pendant longues
années désolé par des voleurs, des détrous-
seurs^ comme on co voyait si fréquemment
dans ces siècles, où le morcellement de
l'autorité souveraine en France empêchait
d'établir une police qui mît en sûreté les
personnes et les biens. Alors ce n'étaient
pas seutement les forêts et les cavernes qni
servaient de repaires à ces brigands, ils
avaient des demeures quasi-royales; souvent
eux-mêmes étaient des seigneurs, comme le
fameux baron des Adrets et tant d'autres.
Ainsi, pour parler de ce qu'on trouvait en
Artois, nous citerons Bapaume, qui, dans le
Ttr siècle, était un château fort redouté de
toute la contrée. Les voleurs» les malandrins
îi*y retiraient, et de là désolaient les canipa-
<çnes, attaquaient les voyageurs, imposaient
îes paysans. On ne sait pas d'où datait celte
réfinblique de malfaiteurs. Toujours est-il
qu'on ne put les débusquer de leur position
qn en 1335, Plus tard, un bourg se forma au-
tour de ce repaire abandonné; puis ce bourg
devint une ville. Triste online: de nos jours
encore on la reproche parfois aux habitants
de Bapaume. Buaucoup do bourgs et de pe-
tites villes des environs durent leur origine
à ces brigands > d'une manière indirecte.
Dans la crainte de leurs attaques, les habi-
iantsse retiraient, se groupaient sous la pro-
tection des châteaux : voilà canuuent les
«ggloraératiuns se form^iient. Il n'en était pas
toujours ainsi> et les victimes avaient parfois
aussi Fhonneur de devenir fondateurs.
Quand les brigands qui dévastaient TArlois
eurent tué, vers la fm du vir siècle ou vers
le commencement du viir% saint Luglien et
aaint Luglius dans le val de Ferfay, la piété
des habitants s'émut. Les deux voyageurs
étaient des hommes de Dieu, des prédica-
teurs; ils allaient en terre sainte et en pas-
sant ils jetaient sur leur chemin ta semence
évongélique. Vivants^ c'étaient des saints;
assassinés* c'étaient des martyrs. On porta
leurs reliques dans un lieu voisin, où la
piété imbfique vint les lionorer en grande
atllucnce* On donna h cet endroit le nom des
sainl.H, jiuin qui, par corruption, a fait Lil-
Ivrs, Ainsi tut formée celte (petite ville, au-
jmndlmi chef-Heu de c^nilon dans le Pus^e-
l'aiais. Il tisi un grand nombre de nos villes
qui doivent ainsi leur origine à quelque
jjieuse vénération.
FERMO, dans la Marche d*Ancône, a vu
le martyre de la vierge sainte Sophie. On
ignore à quelle époque.
FERNAND (le bienheureux Pierhe), de la
Compagnie de Jésus, Portugais, faisait pjirtie
de la troupe de missiotuunrcs que le P. Diaz
csofuluisait.au Itrésd, a la suite du P. Aza-
▼eda. Un mois aprOs le départ du Saini-Jffc-
ques, qui portait ce dernier, Diaz et ses
pagnL»ns quitlèjent Madère» atiii de poui
vrc îa rome wvs le Brésil, avec le re*teik
la flotte. La tempête ayant dispersé les tii-
vires, celui que montait notre hieniieureut
et ses compa^-jnons dévia vers Tilc de Cuba,
et à Stm-laî40 on dut abandonner It
vaisseau qui faisait eau de touie^ parti
Les voyageurs trouvèrent une barque, i/u)
les conduisit au port d'A^bana, d'où uuoa-
vire, qu'ils y frclèrcnl, les lransj>ort» lui
Açores le moVs d'août 1571. Ils y Irourèm
le commandant de la flotte» Louis de \i^
concellos avec le P. Diaz et cinq autfeij<^
suites, qui les y avaient devancés. L'aminl,
voyant son monde si réduit, ne censem
qu*un navire et ils se rembarquèreot le *
septembre 1571. Bientôt ils renconirèrcat
cinij vaisseaux de haut -bord, comm.iiidè
par le Béarnais Capdevilie, calviniste, <|<i!
avait assisté à 1 abordage du Saint-Jùtfm.
Le combat ne fut pas long, et les calviûisttj
s'emparèrent du navire catholique; le bien-
heureux Diaz fut massacré, puis jeté i h
mer le 13 septembre, François de Casti^
confessait le jûlote au mcuneut où lesrtlrh
nistes montaient à labordage, il fut mà-ist-
cré ; Gaspard Goez subit le mémeson;k
P. î^lichcl, qui avait été renfermé aveetfat-
tres durant la nuit, dansia cabine d^ Vmqm-
cellos, ayant jeté un soupir que lui wi*
chait la t>lessure de son bras, au moMl
où on les lui liait derrière le dos, lesalv>-
nistes se saisirent de lui et le ietrrenî ï U
mer avec le bienheureux Fr, ik*
Pierre Fernand fut pré ci pi l - flï
dans les Ilots, et fut noyé pre>,' : i^^JlOt
avec Jean Alvare, ne sachant u»iw r ui l'un
ni Tautre* Les autres compagaons de Vîjr
martyre furent Alfonse Fernan* ■ ^'>rt«ir
gais; Alfonse-André Pais, P« an
autre Pierre Dia-t, Portugais; J^rqur- i^r*
valho, Poriugais; Fernand AJvart^, Forlu-
gais. (Du Jarne, Hisloire des cftr
morableSj etc., tome 11, page -
Socielas Jesît nsque ad sani/uinis ci rii^rffi-
fusionem militans^ p. 174 et 177.)
FERNANDEZ (le hienlieureux kvfEOMt^
Yoy. l'article précédent.
FËHNAN0ËZ (le bienheureux pBAVçoel
de la compagne de Jésus, faisait [ .^ ;
couvent des Jésuites à Chattigatig. L -
et la maison de ces religieux ayant Hù i^c-
cagées, notre bitmheurtu^ fut* jeté f^a pri-
son où il cxjrira le U novembre 1601
FEBNANDiZ (le btenlitureui Geoi
de la com[»agn]e de Je us, soutlrl hri
tyre en *580, avec le P. Goruez d'.
tous (teu\ se reudaiehl dans Filed^Amb
sur un navire crHumflndé iiar le hHtn
AUéçnstin Nugnès, lorsqu-, le ^ septi
non loin tte iava, des v.iisseaui ne et
les envL4op(icrent et les massarrèrefil .
fl>u Jarric, Histoire des chùét^ plus mém
bies, i, 1, p. GVy ;Tautjer, SQC΀tas/e$mw»fm
ad siinguiiiis et vUœ profmwmm «ii/il««irf
FERHARE {Him m), frôre lai, faip^
FER
1 0© flèches par les habitants de la
13 (Je CuUacan, sur le bord oriental
ipf Vermeille, avec îe frère mineur
tevedo de Fer rare, son coDipagnon.
quiw deê Frères Mineurs, t, IV, p*
lÉOL (sainl)f martyr, était ofTicier
s trouves impériales quand éclata la
lion de Dioclélien, Ce fut en l'an-
ï de Tère chrétienne qu'il reçut la
le du martyre, ainsi que le aisent
es gue voici. « L'Eglise, l'objet de la
se au Fiis de Biim, et de la haine du
(jéraissait sous la crtiello persécu-
Dioclélien et de ses collègues, lorsque
t gouverneur d/une partie des Gau-
ulant pousser encore plus loin sa
, et faire sa cour aux eraftereurs aux
même de l'innocence et de la vertu,
;ua avec un soin xtr(^me à faire exé-
ans son gouven ment cet article des
s édits, qui p^ tait que dans toutes
vinces de Vem ire on coiUraindiait
êliens à sacritic^aux idoles. 11 faisait
lence ordinaire à Vienne. On le voyait
jour assis sur son tribunal, et envi-
Tune troupe de coîiseillers qui ne res-
i qu'impiété et que fureur, combler
îurs et de bienfaits ceux d'entre les
js qoi trahissaient Lichement leur
leur religion, et accabler au contraire
Is, d'ignominie et de tourments ceux
Qeuraient lidèles à Tun et à Tautre. 11
[^ar ses émissaires que le tribun Fer-
ijt chrétien ; il entreprit de le çag/ier
[ue prix que ce fût. l-erréol, tui dit-il
r, vous n'ignorez pas les nouvelles
ances de nos invincibles princes ;
harge, votre honmur, les gratifica-
[ue vous retirez de la cour sont de
nga^ements pour vous, et de puis-
lotiis d'une soumission aveugle; mais
le respect religieux qui est dû aux
des souverains vous doit plus que
autre chose inspirer cette prompte
nce. Hâtez-vous donc d'en donner
rques publiques, de peur qu*en diifé-
us longtemps vous ne me donniez
erotre de vous des choses que je veux
norer. Il est ordonné par ces édils de
r aux dieux : qu'attendez-vous pour
cquilter de ce devoir de religion ? Je
irétien, répondit Ferréol, je ne puis
r à vos dieux j au reste, j'ai servi 1 em-
tant que ma religion me Ta permis;
éi, vous le savez, avec une exacte
, tard f s qu'on ne m'a ordonné que
losesju^es; maintenant que vous
ïroposez d'injustes et pleines d'iin-
je n'obéis plus. J'ai peu d'ambi-
>n ne me verra point courir après les
Is de la cour, et je renonce à ses
alions ; je consens même à ne plus
r mes apijointements ; que des soldats
ligion s engagent, s'ils veulenli au ser-
'un niailre tjui n'en a qu'une fausse*
demande à 1 empereur ni richesses ni
élevés; la seule récompense que j'at-
Je mes services, c'est h pe-niission
DtCTiON!*, DES Prusfxutioks, f*
FER
fOOl
d*ètre chrétien; si Ton me refuse, me voilà
prêta mourir.
Le gouverneur reprenant la parole ; D*où
vous vient, Ferréol, lui dit-il, celte grande
indiiïérence pour la vie? Peul-élre que vous
sentant coupable envers les lois et les em-
pereurs, que vous avez égalenient méprisés,
vous vous jugez vous-môme iVgne de mort?
Mais non, clier Ferréol, votis n'avez rien à
craindre; votre crime est dtj^ elïacé dans
mon esprit, je ne m'en souviens plus. Je
vous réponds même, de la part des dieux et
des Césars (I) , qu'ils l'oublieront aussi ,
pourvu qu'un firoQipl repentir donne Meu à
leur clémence, et que renonçant à la secte
des chrétiens, vous vous meniez en devoir
de satisfûTe les lois en sacrifiant aux dieux.
Je vous suis fort obligé, seigneur, de cette
bonté que vous me témoignez, réphqua Fer-
réol, je suis seulement lAché de n'être pas
en état d'en profiter. Réservez-la pour ceux
qui ont dessein de s'engager au service des
empereurs, et qui veulent avoir l'honneur
de servir sous vous : f+our moi qui suis per-
suadé que je n'ai point violé les lois do
l'empire en leur préférant celles de Dieu,
ie n'ai pas besoin de pardon ; il faut se
croire crimint 1 pour recourir à la grflce du
prince. Je le serais en effet, si enabaTidonnant
le culte du vrai Dieu j^embrassais celui des
idoles. J'adore le Créateur, et je n'îvi point
d "encens à donner h la créature. Ce n'est pas
dans des ouvrages faits de la main des hom-
mes qu'on doit chercher la divinité. Cet Etre
souverain qui a formé Funivers est le Dieu
qu'on doit adorer; luul l'annonce, tout le
reconnaît dans la nature; le ciel, Ja terre,
les astres qui brillejjt sur nos têtes, les abi-
mes tjui sout creusés sous nos pieds. Ces
êtres Hiférieurs et créés publient, chacun en
sa manière, qu'il est leur auteur. Lui-ménic
les a formés pour rhomme, et nrm l'homme
pour eux. Vous renversez cet ordre en pré-
férant les choses inanimées à celles qui ont
la vie; les êtres qui n'ont que le sentiment
îi ceux qui sont pourvus d'inteiligence , et
les substances corporelles et périssables aux
spirituelles et immortelles ; en un mot, le
meusoige h la vérité* et la créature au Créa-
teur. C'est pour cette injuste et criminelle
jïréférence que Dieu vous a livré h un esprit
d'orgueil et de cruauté, et vousahandoimera
ajjrès votre mort à toute la rage des esprits
îujpurs, de ceux-là mêmes devant lesquels
vous fléchissez maintenant le genou, et qui,
après avoir été vos dieux, deviendront vos
bourreaux. Il n'en est pas de même des
serviteurs du vrai Dieu; l'espérance qu'ils
ont de ressusciter un jour leur fait regarder
la mort coram^ un passage à une vie éter-
nelle et infiniment heureuse.
A ce que je vois, inlerrompît le gouver-
neur, votre parti est pris, vous scioblez ne
(1) Ce terme n'est pas ici pris à la leUre pour h
seconde digrun^. de rem^^ire; mais <lâik^ en i^ivs phiA
éleiidn puiir le$ ifujln; prijices (|*ii n'^iiuienL :ili)r«\
ddiu les deux premiers ciaii^iil AngustJS ou eixi{)4^-
reurs, et Ls deux aolrejj éuieiit Cc:>ars,
1005 FER
tenir a la fie qu'è regret, et vons comptez la
votre pour rien. Vous regardez sans doute
avec la môme indifférence les tourments que
je puis vous faire endurer; il y a de Tappa-
re'ice , puisque toute ma douceur n'a nea
pu obtenir de votre inflexible dureté. Tou-
tefois, consultez-votis encore. Vous sentez-
vous, dites-moi, assez de constance, ou plu-
tôt assez d'insensibilité pour résister h tonte
leur violence? 3fais enfin le gouverneur
voyant que nî prières ni menaces ne fai-
saient aucun effet sur cet hotnme intrépide,
que la grAce rendait impénétrable à tous ses
traits, u le fît battre fort longtemps à coups
de nerf de bœuf. Quoique les l)0urreaux se
surcédassent les uns aux autres, la patience
int'branlablo du martyr les lassa tous, et les
mit plus d'une fois fiors d'haleine. Ce qui
obligea le gouverneur de l'envoyer en pri-
son, après l'avoir fait charger de"^ chaînes. Il
s'écriait, dans la fureur oont il était pos-
sédr^, et que cette longue résistance enflam-
mait encore davantage : Que ce cachot infect
soit lademeure d'un rebelle; qi'il apprenne,
le misérable qu'il est, à respecter les lois ;
gu'il sente tout le poids de son crime; il est
indigne de voir le jour qu*il tient de la bonté
de ce5> dieux qu'il a méprisés : que la pesan-
teur de ces fers ne lui ^jermette qu'h peine
de respirer ; qu'il ne puisse ni s'asseoir, ni
se coucher, m se tenir debout, sans trouver
dans quelqu'une de ces silualions quelque
^nojveau tourment; et que tout cela ne soit
que de légers préludes de ceux que je lui
prépare. Ces ordres barbares furent exécutés
de point en point.
Ferréol passa deux jours dans cet horrible
cachot. Sur le matin du troisième, comme
ses gardes étaient, selon qu'il arrive d'ordi-
naire, i^rolbndémont endormis, il sentit qu'il
n'avait plus de chaînes; et s'approchant dou-
cement de la porte, il la trouva tout ou-
verte. Se souvenant alors du conseil de l'E-
vangile, qui veut qu'on fuie quelquefois la
pers 'eut on, il résolut de >e dérober à la re-
cherche de ses persécuteurs, et de mettre sa
vie en sûreté dans quelque pays éloigné.
Dans cette pensée, il sort de la ville par la
porte de Lyon, il s'y arrête un momont pour
se déterminer touchant le lieu de sa retraite,
et pour cacher si bien sa fuite à ses enne-
mis, qu'ils n'en puissent découvrir aucune
trace. Il se met en oraison atln d'obtenir les
lumières du ciel et sa protection. Puis plein
do confiance, et s'appuyaul sur la promesse
du Seigneur, il se lance dans le Rhône pour
le passer à la na^e. Mais quel est l'élément
qui ne se fasse gloire de rendre servi4?e à
ceux qui servent lour Créateur; ou quel obs-
tacle peut rencontrer un saint, qu'il ne sur-
monte j>ar la grandeur de sa fui et la ferveur
de sa prière? Ce fleuve impétueux, sentant
ce dépôt que la Providence lui avait confié,
retient sa violence, et, atfermissant ses eaux
sous le saint martyr, lui sert de pont pour le
faire passer À l'autre bord. Y étant arrivé
sans beaucoup d'effort, il double le pas, et
gagne la petite rivière de Gerre. Mais Dieu,
3»*étaui contenté de cet essai de sa toute-puis*
FES MM
sance, permit qu'il fttt repris en cet endroit.
On lui lia les mains derrière le dos, et on lui
fit reprendre le chemin de Vienne. Ce fat
assez proche de la ville, et au même KenoA
l'on voit aujourd'hui son tombeau, que, {tir
un mouvemi-nt soudain de fureur, ses eon^
mis le tuèrent. Les fidèles prirent son ootT'S
et l'enterrèrent sur le bord du ftbône, oà h
saint tribun est révéré par le |)eapie de
Vienne, et reconnu comme le protecteur de
cette ancienne ville. — 18 septembre.
FERRER .le bienheureux RAniAKt), de h
eompaçnie de Jésus, naquit en Catalope. I
entra chez les Jésuites en 1587, et avait alors
vingt ans. il passa au Pérou et y fit de noe-
breuses conversions. A Calù dans la province
de Popayan, il réussit à faire abolir ud ib-
cien usage, qui consistait à dresser le tbél-
tre dans l'église. Il partit ensuite chei les
Cofanes^ peuplade féroce à soixante lieaesde
Quito. Il y évangîiisa avec succès et réuint
ses néophytes dans trois bourgades. Mm
bientôt plusieurs indigènes, qui regrettaini
leurs anciens usages, l'attendirent auiiris
d'un pont où il passait en M rendant d uic
bourgade h l'autre, et le prMpitèrent étm
le torrent, au mois de mars ICli. (Taimer,
Sorietas Jesu, usque aâ sanguinis el tiUtpn-
fuswnem miliians, p. MS).
FERRCCE (saint, martyr, serrait dans te
troupes hivernées'à Mayence, dans Iciron
le v siècle. Il quitta les* armes pocLtvwh
sacrer entièrement au service de I^^fr
Christ. Le commandant de Hayence, im'è
de cela, le fit enchaîner et enfermer dans ow
forteresse située au delài du Rhin, probable
ment dans le lieu nommé aujourdliui Cif-
sel. Après quelques mois, le saint y mounit
des mauvais traitements dont on raccabUà.
Le prêtre Eugène l'enterra au lieu même où
il était mort. Il inscrivit sur son tombean
Tabrég:^ de son histoire. L'Eglise tait h /??«
de saint Fernice le 28 octobre. (r«|.8ermoa
de Méginhart sur saint Ferruce.)
FESCENMNL'S,juge qui lit, suivant idon.
mourir pour la foi, h Paris ou auprès, saint
Denys, evéque de cette rille, saint Ru>tioae.
prêtre, et saint Eleuthère, diacre. Ce dut ew
en 273, durant la persécution d*Auréliefl.
ou môme en 275, quand les édits qu'il ani
lancés faisaient encore des victimes, bien ju^
lui-même fût mort.
FESCENNINUS, autre juge, qualfflép*
dent dans le Martvrolo^e romain, fil œ-'-
rir, dans le Vexin français, sous l'empinf*
Dionlétien, vers Tannée ^6, les saïuteS-
eaise, Quirin, Scuhicule et sainte Piaoa^
II est probable que ce juge agissait d'V^
l'insli^ition particulière Je MaximieD.!"!!^^
?ue Dioclélit.'U n'avait pas encore kn^i'^
dits de persécutions i^énéraies. Oo ^
qu'à répoque dont nous parlons* Maiic^
commandait dans les Gaules. Quand ^
même aucun prince o'ei'it donné J*ûrc^
positifs de persécution, les magistrats [«•
vaienl sévir en vertu des anciens édits et 'i^
anciennes lois qui n*dvaient poini été i^'
Sées. Presque toiyours, comme noas IV**
it souvent ailleurs, les gouverneurs o^^
FfC
1006
gIstraM éfiiîent libres de suivre les iospira-
tioTis du hon plaisir h lY^^ard des ehrt'îtien.s.
FE^TE (satnl), liiarro et martyr, était
atlachA h Téglise de BéncvenL Ayant appris
l'eniprisonuemenlde son 6viVpH.\ saint Jan-
vier, il vint îi Nnle pour le vnit\ ïlfataiTÔlé
et préser>té au gonvfmeur Tifuolh^e : snint
Jtinvier Tayant reamnu pour appartenir à
\son église, il fui crmduit à Pcuizzoles, et jeté
[aax bClcs dans l'aniphilhéî^tre,avec sonévè-
[quo et ses tornpagiious do raptivilé. Les
inimaux féronc'^ n'ayant pas voulu laire de
u\ à ceux quVin feijr rlonnail pour victi-
les , Timotb^e fii déetipiler tous 1ns saints.
^e corps de saint Feste lut pnrlé h Bénévent.
'Yoy. jATçviER j. L'Eglise fait la ftHe de sinnl
yesle, avec celle de saint Janvier, le 19 sep-
'tenibro*
FESTUS ( saint ) , fut martyTisé en Tos-
cnne pour la d<'»fense de la religion chré-
Kiemie. H eut pour eoinj^agnon de son coqi*
■jal saint Jean. Nous igHorons complètement
l'iîpoque et les dilTu rentes circonstances de
leur martyre. L*Eglise honore leur sainte
finémoire le 21 décnmtïre.
FESTUS (Ponim) , proconsul et gouvcr-
"rieur de Judée , après Véhx. Il trouva, en
arrivant à Césarée, saint Paul dans les pri-
^i^ons de cette ville : il lo Ût citer à son Iri-
HrbuuaK Saint Paul eu (tyant a[)pelé à flésar,
^■FC5tus n'osa pas le refuser et le renvoya de-
HTant l'empereur ^ quoiqu^il eût reçu uno
Heouuue d'argent pour ne lui 6tre pas favo-
Hrabie* 11 iU paraître auparavant le saint
^ apôlre devant Agiipipa el sa sœur Bérénice*
FIDÈLE (saint), martyr, eut la gloire de
verser son sang pour la foi h Edesse t^n Sy-
rie, durant la persécution de Maxim ien. Il
.sriuflTril le marlyre avec saint ïhéogone el
^Saiai Agape,ses frères. Ce fut leur mère,
[sainte Basse, qui plus tard sou 11 rit elle-
iine le martyre dans la même perséCTitinn,
'les e\liorU h donner leur vie pour Je-
Ibrist, ils sont inscrits au MaHyrologe
romain au 21 aofit, et e'ost ce jour que l'E-
llîse liouore leur mémoire.
FIDÈLE (saint ), rcruL la palme du mar-
jre en Afri(|ue, dans des cirionstciDces et à
le époque que nous ignorons comoJéto
■tïii'nt. Nous n'avons pas u autres détaik sur
luL L'K^lise fait sa féic le 23 mars.
^B FIDÈLE ( saint ) r fut niartvrisé à Come,
^KOUîi reuipcreur Maximien. Nous ignorons
i^à iju*:lle date el daus quelles circonstances.
L'Eghse ftiit sa gluiieuse inéiiioire le 28
octobr*'.
FIJ>ÈLE DE SÏGMARINGEN (saint), capu-
cin, martyr, naipiil h Signiaringen, ville si-
ia sur le Danube* Il lit ses études à Fri-
t^ d'une manière trés-brillaïile. Aussi
rieurs jeunes gentilshommes qui vou-^
latent parcourir les diverses contrées de
i FEuropo, le prirent pour leur guide. Pendant
^Ê luirt la voyage qui dura six ans, notre saint
^■iui un modèle de vertus pour ses eoujpa-
I^P gnons* A son retour, il se tit recevoir doc-
^leur en droiU fut nommé procureur, ei
' s'appliqua si bien dès lors h. défendre les
^m opprimés^ qu*d reçut le surnom d*Avocai des
pauvres* Les injustices que 5a probité ne
pouvaient voir sans douleurj rengagèrent k
se retirer du barreau, 11 se décida à entrer
dans Tordre des capucins, et lut reru en ifilî
par lé Père Alexandre, provinciafde l*ordro
a Âldorf, et ret^'ut ensuite les saints ordres
do Tévéque suilVagant de Constance, Ce fut
alors qu*il reçut le nom de Fidèle, Ses pré-
dications eurent un si grand succès que la
congrégation de la Propagande de Rome le
chargea d'aller annoncer rEvangilc au%
Cfrisons, où les erreurs de Calvin avaient fait
de grands ravages. 11 convertit Conrad et
Anne de Plata, Rodolphe de Sales et Rodol-
phe Gugelbergez, gentilshommes calvinistes.
Les nartisans de celte secte, furieux do suc-
cès des prédications de notre saint, résolu-
rent de s'en venger. Les habitants de Sévis
rengagèrent h celte intetilion à venir prê-
cher chez eux. Fiilèle qui n'ignorait pas îe
sort qu'on lui reservait, y partit aussitôt* 11
ne put empêcher néanmoins que le capitaine
Jacques Kolonua lui donnât une escorte ,
atin de prévenir toute violence. A peine son
sermon élail-il commencé qu'un coup de
mousquet lui fui tiré. On le manqua, mais
toute l'escorte fut massacrée*.... Il s'en re-
tournait à Grijscli, quand il fut assailli par
une troupe do calvinistes qui 1 accablèrent
d'injures el d outrages* Un a eux le ren versa
par terre d*un coupd estrumaçon^ tandis qu'il
suppliait le Seigneur de leur pardonner, parce
qu jls ne savaient nas ce qu ils faisaient. Un
autre lui fracassa la tète d'un coup de mas-
sue ; d'autres lui couvrirent lo corps de coups
de poignards. Un des assistants, touché de
celte mort, abjura Thérésie et revint à la
vraie religion. Notre saint fut ainsi martyrisé
le 2k a VI il 1C22. Quelque temps après, son
corps fui transféré d-ins l'Eglise des capucins
de Feîdkirch» oii on le voit encore. 11 s'y opéra
un grajvd nombre tle miracles- L*Eghse célè-
bre sa ruéujoire le 2V avril.
FlDENCIi (saintj, reçut la palme du mar-
tyre à Todi, sous Tempereur Dioclélien. Il
eut pour compagnon de son martyre sainl
Térence. Nous ignorons les détails de leun
combats. L'Eglise fait leur fête l6 27 sep-
tembre.
FIDENTIEN (saint), reçut la couronne du
mcirlyre en Afrique, avec les saints Second
et un autre. Nous n'avons aucun détail sur
eux. L'Eglise lait leur fête le 15 novembre-
FIÉSOLE, vjlle de Toscane. C'est dans
cette vdle que sainl Romule, évéque, et ses
compagnons forent martyrisés sous le règne
de rciiipêreur DomiticD. 11 n'existe aucun
monument historique donnant des détails
sur ces saints personnages,
FIGUEHOA fie bienheureux FaA.Nçai8 de),
missionnaire de la compagnie de Jésus, fut
massacré on IGG6, près de Guallaga, sur le
tleuve des Amadoues, par les iniiuèles à qui
il prêchait la foi.
FIGUEHOA (Nicolas dk),- catéchiste du
Père Sanvïtores, apùlre des lies Mariaimes,
fut tué avec un^aulre caléi^hi^e, nommé Da-
mieu Bernai, par les indigènes. Leur martyre
arriva vers Tan 1072.
liMïY
FfN
Fm
IMS
FÏLOCTIMON (saint), martyr, l'un des
quarante martyrs de Sebaste soas Licinius.
(ToM, Martyrs de Sin^STE.)
FINGAR (saint), martyr, est vulgairement
nommé par les Bretons s liût Guigner. Il était
flîs d*yn roi d'Irlamie» qui le chassa, parce qu'il
avait accueilli saint Patrice, quand il vîot
prêcher la foi dans ce pays; et parce qu'a-
près avoir reçu le prédicateur, il avait em-
fcrassé sa doclHoe. Chassé des Etats de son
père, Fing^ir s'embarqua pour TArmorique;
celui qui commandait dans ces contrées ,
prince ou gouverneur, raccueiilit hooora-
blemenl : l exil est un passeport pour les
malheureux partout où il y a des sentiments
homains. Au bout de quelque temps il apprit
Ja mort de son père* Il retourna eo Irlande,
tn^is n*y re^ta que très-peu de temps. Il en
repartit, emmenant avec lui quelques chré-
tiens. Ils abordèrent tons ensemble dans la
Cornounille ariaoricaine- Ils se destinaient
^ la vie solitaire ; ce pays leur convenait.
C'est encore aujourd'hui l'un des derniers
pays que leurs remparts naturels aient pro-
tégés contre les envahissements do la civili-
sation, qui met ses alignements froids, ses
plantations comparées à la place des heau-
tés agrestes et si grandioses de la nature.
La vieille Bretagne, avec ses haies vives, ses
vallons et ses l'orôts au bord des landes,
ses bruyères, est encore un pays poétique,
A cliaque pas, dans ses sites fiitloresques
on s'attend à voir paraître le vieux Celte ou
Fingar le soliiaire. On sent que c'est encore
la patrie de F histoire nationale. Dans nos
contrées, où la charrue a tout nivelé, où, h la
place des hêtres séculaires, le propriétaire
alicjne des peupliers dont Taccroisse ment cha-
que année lui vaut vingt sous, et qu'il abattra
dafis vingt ans,0nsesentlArae froide, on sent
une nature factice qui résume l'industrie
actuelle, mais qui ne dit rien des choses du
passé. J'ai vu dans la Bretagne, j'ai vu dans
l'Anjou, les grottes des solitaires encore
conservées par la piété des habitants. J'al-
lais souvent visiter, a mi^heniin des Ponts-
de-Cé, à Souleine, un Heu dit FErmitage.
Les propriélaiies n*ont rien détruit. Un
petit sentier mène au désert. Tout au-
tour sont d's champs labourés, où jaunit
]'éi)i, où mûrit le raisin. Mais quand y est
entré, on e$i en pleine solitude. C'est un
espace inculte, situé en amphitbéfltresur iô
pen«:[umt d'un cotedu. Des chênes puissants
et véuéi-ahles pimssetil à^a base et l'ombra-
gent presque entièrement» Des buissons
û'arbustes sauvages le tapissent. Une chau-
mière rustique de six pieds carrés est ados-
sée à une anfractuosite rocheuse ; unlentier
étro t descend jusqu'au ruisseau qui coule
au bas : ce tait par là que le saint allait
puiser de l'eau. Quand on y est quelques
instants, on oublie h monde, on se recueille
mal^^ré soi : il semble qu'on se repose des
agi ta lions de la vie dans lapai ï de la solitude;
puis on atieid, un regarde involonlairement
a rhaque détour ; on attend Fijùte de ces
Iteui. Fduvre char ermitage, pui^ses-tu res-
ter longtemps histoire écrite du temps passé,
souvenir d'autrefois que les pères appren-
nent auï enfants! Hélasî peut-être quelque
froid géomètre tracera deniaÎD dans tes
buissons la route d*un chemin de fer. Peul-
ètre un commerçant retiré y bâtira son logis
peint en vert, cl fera de la channiière le pi-
geonnier de ta basse-cour I Gardons, gardons
le culte des souvenirs; resjieclons ces béa*
tages des temps passés; assex de réaliléf
mesquines envahissent le sol; un coin pour
la poésie, un coin pour le cœur et Fidétll
A Fépoque où Fingar et ses compagnons
vinrent habiter l'Armorique^l'erapire romaia
était en pleine décadence. Chaque peuple
barbare arrachait un lambeau de la pourpre
impériale. Les invasions arrivaient toutes
par les Gaules ; chaque prince avait fait si
part. La Bretagne avait ses petits rois, L'ua
d*eui, nommé Thewdric, vint dans les soli-
tudes de Cornouailles : il massacra les soh-
taires, en Fan i55* Une portion des reliques
de saint Fingar est dans Fégl se du bourg
de Puivigné, au diocèse de Vannes. Avec
lui furent martyrisés tous ceux qui Favaietil
suivi, et entre autres sainte Piafe, sa sœur,
et sainte Jia, jeune vierge irlandaise. Celte
dernière, qu'on nomme en Bretagne sainte
lies, a donné son nom à un bourg du cantoo
de Cornouailles. La fête de ces saints aliei
le 14- décembre.
FIRME (saint), prêtre , fut martyrisé 1
Trieste, avec saint Aiirc diacre, du temps à
l'empereur Adrien, le 10 raai, jour que It
gli^-B a adopté pour leur fête.
FIRME (saint), martyi à Carlbage, enî50,
sous le règne et durant la persécutit>o de
Tempereur Dècc. Il fut enfermé avec iinti
grande ouantité d'autres martyrs, dsos uo
cachot ou» par ordre de l'empereur, on les
laissa tous mourir de faim. {loy. Vicroii^»)
L*Eglise fait la fêle de tous ces martyrs le
17 avril.
FIRME (saint), fut martyrisé, durant W
persécution de Maximien. Il eut le coff»
déchiré, fut lapidé et entiu décapité. L'K^
fait sa mémoire le 1*' juin-
FlttME (saint), martyr, était soldv T^
souffrit le martyre à Satales, en An
avec ses six frères, soldats comme lui. Or
Héros, Pharnace,Firrain,Cyrlaque et L
Ils moururent séparés les uns des i^
accablés de douleurs et de misères. L f
vénère leur sainte mémoire le 24 juin.
FIRME (saint), fut martyrisé à Vérone
avec saint Rustique, Leur martyre ^ ^
du temps de Tempereur Maximien. Le.^ x
tes des martyrs ne nous ont laissé aucuu
détail sur eux. L'Eglise fait leur fête le 9
août.
FIRME (saint), martyr, reçut la palme da
martyre à Rome avec les saints tortuast,
Félicien et Candide. Les circonstances etl*^
poque de leur martyre sont inconnues. L'K
glise fait leur fête le 2 février.
FIRME (saint), évèque et martyr, souflHl
la mort à Tagaste en l'honneur de Jésus-
Christ. Nous m jnquons de détails sur loo
coiupte. L'Eglise honore sû mémoire le 11
juillet^
i0D9
PIR
FIBMILIEN, gouverneur de Palestine sous
0iO€!étîeD, succéiia à Urbain, qui avait mon-
tré tant d'acharnement à persécuter les
^ diréliens. Ce gouverneur venait d'être dé-
^•capité par ordre de Dioclélien,qui lui repro-
Hthait divers crimes. Du premier coup, Fir^
K xuilien se montra aussi féroce que lui ; it ût
Hmourir un grand nombre de chrétiens au
■milieu des plus atroces supplices. Il fit atta-
^ctier ensemble et brûler vives, sainte Thie
et sainte Valentioe» après les avoir fait hor-
riblement déchirer par le bourreau. Les
dernières victimes de sa rage furent saint
Adrien et saint Cabule, (Voy. les articles de
ces deux saints.) Il eut le oiême sort que son
prédécesseur; s'étant rendu coupable de di-
vers crimes et concussions, Tempereur le ût
décai<iler deux ans après Urbain.
FIRMIN (saint) , martyr, versa son sang
f)Our la foi h Satales, en Arménie, sous
'empereur Maxiraien. Il eut pour comna-
IgnoDS de son martyre ses six frères, soldats
icoinme lui , et nommés Orence , Héros ,
?harnace, Firme, Cyriaque et Longin. Ils
[moururent séparés lès uns des autres, acca-
Lblés de misères et de douleurs* L*£glise fait
leur mémoire le 2i- juin.
FJRMIN (saint), martyr et premier évAque
d'Amiens, fut instruit et baptisé par saint
Honest, disciple de saint Saturnin, et prêtre.
B Saint Firmin fut ordonné évéque pai saint
iToDorat. Aussitôt après son ordination , il
alla prêcher la foi à Albi , h Agen , en
Auvergne, en Anjouj à Beauvais, et enfin à
Aniiens, où il fixa son siège. Pendant qu'il
était h Beauvais, un nomme Yalère, qui per-
sécutait violemment les chrétiens, le fit souf-
frir pour la foi. Il le fit cruellement fouetter,
Cest après cela que le saint arriva h Amiens,
le 10 octobre. Il y convertit un grand nom-
bre de païens : c'est à cause de cela qu*il est
coDsidéré comme Tapôtre de cette ville. On
dit qu'il y opéra un i^rand nombre de mira-
cles. Arrêté comme chrétien, il fui mis en
prison, ùix un juge, nommé Valère Sébastien,
probablement le même qui Tavait déjà per-
sécuté h Beauvais, le fil décapiter* Son mar-
tyre arriva le 25 septembre, en rairnée ^7,
sous Tempire de Dioclétien, Ce saint était
natif de Pampeluue; cette ville l'honore
comme son patron, tandis qu Amiens l'ho-
nore comme son premier évoque. Son corps
fui enterré par un chrétien nommé Fausli-
nien- Sur Tendroit où il reposait, un antre
Sâiot Firmin, dit le Confês, fit bâtir une église
50US rinvocalioii de la sainte Vierge, La ca-
thédrale d^Amiens conserve les reliques du
saint, à l'exception d'une faible partie que le
roi Dagobert I" donna aux moines de Saint-
Denis,
FIRMIN (saint), dit le Confes, où le Con-
fesseur, naquit de Faustinien, un des pre-
miers uiagistrats des Gaules. Son père le fit
baptiser par saint Firmin, qui ijIus tard
iljonna sa vie pour Jésus-Christ, et lui donna
P]e luûme nom. On ne sait rien sur notre
saint, sinog çiu'il succéda h Euloge, second
évêque d'Amiens,vers le milieu du n* siècle.
U re$la quaraotq ans à la Xtl^ 4e $m £i^Use,
Fis iaia
et fut entetré dans Téglise de la Sainte-
Vierge, appelée aujourd'hui de Sainl<A nheuî,
église que lui-môme avait fait b/itir. Sur la
fin du dernier siècle, plusieurs critiques, qui
voulaient disputer h la cathédrale d^V miens
lavantage de posséder les reliques de ce
saint confesseur, furent complètement réfu-
tés. LEglise fait sa sainte mémoire lo i'*
septembre.
FIRMINE (sainte), vierge et martyre, souf-
frit pour la défense de la foi, à Amélia en
Ombrie, durant la persécution de Dioclétieu.
Ayant été, après diverses tortures, suspen-
due en Tair et brûlée avec âes flambeaux
allumés» elle rendit resprit. L'Eglise fait sa
sainte mémoire le 24 novembre.
FIRMUS, tribun à Pérynlhe , accusa un
centurion, nommé Acathe,de faire profes-
sion de christianisme. C'était au temps de la
persécution de Dioclétien et de Maximien-
Cette dénonciation eut pour effet de procu-
rer 1© martyre au saint disciple de Jésus-
Christ.
FISHER (Jeaw), évêque de Rochester, car^
dinal et martyr, naquit à Beverlev, comté
d^York, vers 1455. U était très-hahib théolo
gien, et fut un des plus ardents c^mme de*
plus fermes soutiens du catholicisme. Lui et
son ami Thomas Morus acquirent une répu-
tation qui s*étendil dans toute FEurope. On
y disait généralement, tant était grande l'es-
tiuie au'on faisait d'eux, qu'on s^en rappor-
tait à leur opinion, dans la question du di-
vorce de Henri VIIL Tous ueux résisièreiit
au roi avec un courage que rien ne put v.ni>-
cre, et tous deui couronnèrent par le mar-
tyre leur glorieuse carrière. L*évê(^ue de
Rochoster fut arrêté en 1534, et emprisonné
à la Tour de Londres, Le roi, qui ancienne-
ment avait eu pour lui beaucoup d'amitié et
de vénération, l'y fit traiter avec une dureté
inouïe. Il n*eut pas de honte de faire ôter &
ce sainl vieillard, qui était octoi;énaire, les
hal>ils dont il était revêtu, pour lui donner
des haillons qui le couvraient à peine, afio
nue dans sa prison, et durant les rigueurs de
1 hiver, il eût h endurer les soutîrances y»hv*
siques eo même temps que la torture morale
de la prison. Rien ne put ébranler sa foi;
rien ne put modifier la résolution qu'd avait
prise de ne p^s prêter le sermmt qu'on (*xi-
geait de lui. Il resta un an entier dans cette
dure caiitivilé. Le pape Paul III, successeur
de Cléraeot VII, voulant montrer combien il
apprérï.Hit les vertus du saint évêque et le«
rigueurs qu'on exerçait envers lui Joi donna
une marque de sa pali*rnelle admiration : il
le nomma cardinal, le 12 mai 11^35. Cette no-
mination ne fit que contribuer à la perte de
celui qui en fut Tobjet. Le roi d'Ani^leterre
s'en montra fort irrité, et s'écria : « Le pape
peut à son gré lui envoyer le chapeau ; je
me charge de fi*ire en sorte qu'il n'ail pas de
tète pour le porter, n Le IT juin, le vénérable
cardinal fsjt coudanmé à mort par Tignubte
parlement d'Aui^Jeterre, comme cou|>al»le de
hante Irahison* Il avait soutenu uue le roi
n'ét ut pas chef spirituel de rEglise, Cinq
jours après t la sentence fut exécutée; il fuf
m\
FLA
ELA
m%
d<^capité. La fureur (Ju monstre couronné ne
iuX pas éteinte daofi ce sang d^un saint et au-
gUfte vieillard : il ordonna que le corps de
sa victime fi\t dépouillé et exposé durant un
certain nombre d'iieures aux outrages de la
|M>pulace de Londres, puis il le fit cpterr^r
sans permettre qu'on le mît dans un cer-
cueil, ni même dans un linceul. Ne semble-
t-on pas vraiment, quand on lit ces infamies,
être transporté à répoque des combats anti-
ques des premiers cnrctiens , ayant à lutter
contre les monstres qui déshonoraient à
Rome le trône des Césars? Et quand on
songe que Henri VIII était chrétien, qu'il
avait été quelques années auparavant Tapo-
logiste de la religion catholique, on est forcé
de s'incliner devant les incompréhensibles
f«2ements de Dieu. Mais ce qui dépasse toute
raison humaine, c'est de voir un peuple
entier assez dégradé, assez lâche, pour obéir
à un pareil scélérat, et pour se laire gloir^e
aujourd'hui de suivre encore la p^étendu^
réforme qu'il a introduite dans un seul but,
celui d'assouvir ses passions brutales et son
iivarice. Comment se fait-il que lobéissance
d'alors, qui était une lâchote, soit devenue,
en persistant chez les descendants , une
chose sainte, une affaire do conscience?
Nous avouons que , dans l'histoire entière ,
.rien ne nous étonne davantage. Si nous
sommes surpris de ravilissement du peuple
et du parlement anglais sous Henri VllI,
nous le sommes davantage de voir que, jetée
dans cette abjection, l'intelligente Angleterre
n'ait pas senti que l'honneur comme le sens
commun lui commandaient d'en sortir.
FLACCUS, proconsul à Byzanc(s prononça
la peine de mort contre le centurion Acathe,
qui avait été accusé de pratiquer la religion
cnrétienne. On était en phîine persécution
sous Dioclétien, et c'était, à cette époque, un
crime qu'on ne pardonnait pas.
FLACCUS, général, envoyé à Spolèle par
Dioclétien , pour y rechercher et mettre à
mort les chrétiens, flt arrêter, en 30i, saint
Grégoire, prèlre de l'église de cette ville, et,
1 ayant inutilement sommé d'abjurer, \^ con-
damna à mort. [Voy. Baronius et Tillemont,
t. V, p. 133.)
FLAGRAy poignée de branches plus épaisse
que les verges. On se servait de cet instru-
ment poiir frapper Jes martyrs. Ces branches
étaient liées ensemble uar le bout qui cons-
tituait la poignée. Les blessures que faisait
cet instrument de supplice devaient être
douloureuses, mais peu dangereuses : à cha-
que fois qu'on fi-appe avec un faisceau peu
serré, la violence des coups se trouve dé-
ç'Gm])osée.
FLAMBEAUX, /iana/ia, faits de chanvre,
(Miduits de poix ou de cire, servaient à brû-
ler les chairs des martyrs, durant qu'ils
étaient sur les chevalets. Les côtés ét.iienl
ordinairement l'endroit où on les brûlait
iinsi.
^ FLATIEN (saint), martyr, fut mis h mort à
oarlhaçe avec les saints Slontan, Lenee, Ju-
#^#"' ^i^toric, Primole, Benus, Doiiali.^n; ce
lut en 259, sous l'empire de Valérien et sous
le gouvernement intérimaire de 6OI01L Pour
«lus de détails, il faut lire les Actes de saint
[ontan. L'Eelise fait la fêle de tous ces
saints le 2V février.
FLAVIEN (saint), souffrit la mort à Ronie,
sous l'empereur Dioclétien. Nous n'aroos
aucun détail sur lui. L'EgUse fait sa mémoire
le 28 janvier.
FLAVIKN (saint), martyr, était chevalicf
romain, père de sainte Bibiane, et mari de
sainte Dafrose. Apronien, préfet de Rome
sous Julien l'Apostat, en l'an do Jésus^i^hMt
363, attribuant aux chrétiens la perle d'oo
œil qu'il venait de faire, en fit mourir «a
grand nombre. 11 fit arrêter saint Fiavieo,
qui remplissait us emploi considérable, le fit
marquer au front avec un fer rouge , et en-
suite l'exila à Aqua-Pendente. Peu de jours
après, le saint y mourut de ses blessures.
X'Egl so fait sa fête au 32 décembre.
FLAVIEN (saint), martyr, prêtre et tréso-
jrier de l'Eglise de Constantinople, sueeédaè
Proclus, évèque de cette ville, qui était meit
le 2ii^ octobre U7, après avoir tena ce sié|je
pendant treize ans et trois mois. Cette no»-
velle ordination fut désagréable ï Veunniae
Chrysapius , préfet de la chambre , prévent
contre Flavien. Il excita l'empereur h de-
ma!ider à Flavien des eulogics pour son or^
dkialion ; Flavien lui envoya des ixinsUam
comme un si^node bénédiction. Clirvsapius^
3ui prétendait autre chose , lui fit dire q«1
evait envoyer de l'or. L'évoque répooil
qu'il n'en avait point, si ce n'étaient lês vases
sacrf's, mais que les biens de TËglise élaieflt
à Dieu et destinés aux pauvres. Dès kn
Chrysapius résolut de mettre tout e« «ne
pour faire déposer Flavien; mais censé S
était soutenu j>ar Pulchérie, sœur de V«ape-
reur, qui avait toute l'autorité, il voulut
commencer par l'éloi^^ner ello-mème des af-
faires. Chrysapiiis persuada donc à Teope-
reur, par le moyen de safemraeEudoxie.de
demander à Flavien qu'il onloundt Pulcfcé-
rie diaconesse. L'em|x>rear l'envoya quérir
et lui fit cette proposition en secret. Plaviei
en fut affligé, mais sans le témoi)^ner à Ten-
pereur; il écrivit secrètement a Pulc!>éf«
au'elle ne se trouvât point en sa présenef»
e peur (|u'il ne fût obligé de faire quetotw
chose qui ne fût agréable ni à elle ni k fin-
Elle comprit de quoi il s'agissait et se retiri
à l'Hebdomon. L empereur Théodose et 1 io-
péralrice Kudoxio furent fort irrités cofrtw
Flavien de ce qu'il avait découvert leur se-
cret , et tel fut le commencement de sa dis-
grâce.
Bientôt la haine de ce Chrysapîus contrt
notre saint devint plus implacable. Voici à
quelle occasion : Chrysapius avait un parcol
nommé Eutychès , yrètro et abbé d'un mo-
nastère de trois cents moines, prèsdeCon?-
tantinoplc. 11 avait été un des plus zélés ad-
versaires (le Nestnrius , et les amis de sairf
Cyrille le comptaient entre ceux qui poo-
vàienl agir utilement pour la défe:ise df II
foi. Celte année même , h» pape sai'il Léoa,
ayant reçu de lui une lettre par laquelle il
lui mandait que le nestoriamsme repreou^
lois FLA
fée oouvelles forces, lili écrivit pour approu-
fer soo zèle ot l^eneourager. La lettre de
Fini Mon ost du 1" juin, sous ïo consulat
te Po^ihumioTi et do Zenon, c'e-^t-à-diro Tan
Son zè!e ontré lo fit tomber dtins r^p-
Hit opposée à celle de Nestorius, el Eusèbe,
Ivèque de Dor} léo en Phrygie , son ancien
caiDi , devint son accusateur. Il prit occasion
^d un coneile de trente évoques qui, si} trou-
raoi h CofJSt:inlin'tple, s\ étaient assemblés
1 8 novembre ^V8, pour terminer un diiré-
__ mï entre Horanlius, évêque do Sardes,
inétropolilaii de Lydie , et deux évéqoes de
la mônic province/ Eut>xhés prétendait que
lu divinité du Fils de î)iou et son liurnanité
0*ét:iient qu*UTie nnlure, ot attribuait les
soulïrances h U divinité. Les Pères du con-
cile firent plusieurs citations à cet hérésiar-
que, qui n'y réponiiil point. Il comparut
enfin, tcconipagné d'une grosse troupe de
soldats, de moines et d officiers du préfet du
prétoire* Il ne voulut point rétracter ses er-
9Êmt& et fiil rondamné et déposé. Flavieo
œonça ta sentence en ces termes : « Euty-
, jadis prtHre , archimandrite , est plei-
.ttanetit convaincu, et par ses actions passées
p#t par ses déclarations présentes, d'être dans
Terreur de Valentin et d'Apollinaire, et de
suivre opiniAtrumeiit leurs blasphèmes, d'au-
^nt plus qu'il n'a pas môme eu d*égard à
nos avis el h nos instructions pour recevoir
' rfiaine dodrine. C'est pourquoi, pleurant
lissant sur sa pejle totale, nous décla-
5TÏS de la pari de Jésus-Christ qu'il a blas-
phémé, qnll est privé de tout rang sacerdo-
tal, de notre communion et du gouverne-
ment de son monastère; faisant savoir à tous
oeux qui lui parleront ou le fréquenteront
ci-après f qu'ils seront eux-mêmes soumis à
^^excommunication, * Cette sentence fut sous-
^hi'ite par trente-deux évt^qiies et vin^t-trois
^hbbést dont dix-huit étaient prêtres, un dîa-
IHwe et quatre laïrpies. Les f*lus connus sont :
André, Fauste, f[m semble être le lîls de saint
Dalmace , Martin , Job , Manuel , Abraham,
Marcel, abbé des Acémètes. Les évéques les
^yplus considérables étaient : notre saint, évô-
Hque de Constantinople, Saturnin de Marcia-
^honle, Basile de Séleucie. Séleucus d'Amasée,
Ethéricus de Smfrne , Julien de Co , député
^^e i^aint Léon.
B^ Le concile était fini, Eutychès dit tout bas
■iu patrice Florentins qu'il en appekit au
pfeoneite de Rome , d'Egypte et de Jérusalem,
at Fïorentius le dit aussil<>tàFhivien comme
il montait à son appartement. Ce mot, dit à
t la dérobée , ne laissa pas de servir h Euty-
\ ohès de prétexte pour se vanter d'avoir an-
piM au pape , h qui en effet il écrivit : « Je
«ai pas laissé , dit-il , de me présenter au
4»ucue , quoique accaldé de maladie et de
lâwlle^se, et quoique je n'ignorasse pas la
oaijjiirutiu nfôtmée contre moi. J'ai présenté
tune re^fuète qui lonteuait ma profession de
ibi , mais l'évèque Flavien n'a voulu ni la
recevoir ni la faire lire^ J'ai déclaré en pro-
pies termes que je suivais la foi du concile
de Nicée , conlirmée à Ephèse. On voulait
me faire confesser deux natures et aaathé-
FLA
lûli
^
matiser ceux qui les nient; pour moi, je crai-
gnais la défense du concile de rieo ajouter à
la foi de Nicée, sachant que nos saints Pères
Jules, Félix, Athanase et tlrégoireont rejeté
le mot de deux natures, et je n'osais raiion-
ner sur la nature du Verbe divin, ni anathé-
matiser ces Pères, C*est pourfpioi je t)riais
que l'on en fit rapp4irt h Votre Sainteté, pro-
testant de suivre en tout votre jugement.
Mais, sans m'écouter, ïe concile étant rompu,
on a publié contre moi une sentence de dé-
position, et ma vie môme était en danger, si
on ne m'eût délivré h main armée. Alors ils
ont contrairjt les supérieurs des autres mo-
nastères de souscrire à ma déposition , ce
qui ne s*est jamais fait contre les hérétiques
déclarés ni contre Nestorius même; Jusque-
là que, comme je proposais en public ma
confession de foi, mur me justifier devant le
peuple, ils erafiècnatent qu'on Tie récoutât
et en arrachaient les aûiches. J'ai donc re-
cours à vous, qui êtes le défenseur de la re-
ligion , puisque je n'innove rien contre la
foi. Mais j'anathématise Apollinaire , Valen-
tiu, Manès, Nestorius et ceux qiii disent que
îa chair de Notre-Seigneur est descendue du
ciel, et toutes les hérésies, jusqu'à Simon le
Magicien, Je vous prie que, sans avoir égard
à ce qui a été fait contre moi par cabale,
vous prononciez sur la foi ce que vous juge-
rez à propos , et ne soulïriez pas que 1 on
chasse d entre les catholiques celui qui a
vécu soixante-dix ans dans la continence et
les exercices de la piété. J*ai joint à cettô
lettre l'une et l'autre requête, celle que mou
accusateur a présentée au concile et celle
que j'y ai portée et qu'on n'a pas voulu re-
cevoir , el ce que nos Pères ont décidé tou-
chant les deux natures, »
L'empereur Théodoso écrivit aussi à saint
Léon sur le troutde qui était arrivé dans l'E-
eliso de Constantinaple, sans expliquer Taf-
faire , l'exhortant seulement à y remettre la
paix. On ne peut douter qu'Eutychès n'ait
obtenu celte lettre par le crédit de reunuque
Chrysapius, son parent. Saint Léon , ayant
reçu ces lettres, écrivit ainsi à Flavien :'<t Je
m étonne que vous no m'ayez rien écrit da
ce scandale , et que vous n*avez pas été 1©
premier à m'en instruire. Sur Feiposé d*Ka-
tj'chès, nous ne voyons pas avec quelle jus-
tice il a été séparé de la communion do TE-
glise. Mais comme nous désirons de la matu-
rité dans les jugements des évoques , nous
ne pouvons rien décider sans connaissance
de cause. Envoycz-nous donc, par quelque
personne convenable , une ample relation de
tout ce qui s'est passé , et nous apprenez
guelle nouvelle erreur s'est élevée contre la
wi, alin que nous puissions, suivant l'inten-
tion de l'emoereur, éteindre la division. Il
ne sera pas uiffieile, puisque le prêtre Euty-
chès a déclaré dans son libelle que , s'il se
trouve en lui quelque chose de répréhensi-
ble, il est prêt II le corriger. » Celte lettre est
datée du douzième îles calendes de mars»
sous le consulat d'Astérius et de Protogèoe,
c'est-à-dire le 18 février W9, La lettre du pape
à Flavien lui ayant été rendue par* le cotalo
1015
FL4
PaDSopbras , il lai fit réponse par une lettre
eo date du 1*' mars, qui porte en substance :
« Eutjchès veut renouveler les hérésies
d*A[jolHnaire et de Valentin , soutenant
mi^arant rincamation de Jésus-Christ il y a
Jeux natures , la divine et l'humaine , mais
qu'après l*union il nV a qu'une nature, et
que son corps , pris ae Marie , n'est pas de
notre substance ni consubslanticl à sa mère,
quoiqu'il l'appelle un corps humain. Nous
I avons condamné sur l'accusation de l'évé-
Iue Eusèbe et sur les réponses qu'il a faites
ans le concile, découvrant son hérésie de sa
(propre bouche, comme vous apprendrez par
es actes que nous envoyons avec ces lettres.
II est ju«>te que vous eh soyez instruit , car
Eutychès , au lieu de faire pénitence pour
a[iaiser Dieu et nous consoler dans la dou-
leur que nous sentons de sa perle, s'empresse
de troubler notre Eglise en allichant publia
quement des libelles remplis d'injures, et
f>résentant à l'empereur des requêtes inso-
cntes. Nous voyons aussi , par vos lettres,
qu'il vous a envoyé des libelles pleins d'im-
f)0stures, en disant qu'au temps au jugement
1 nous a donné des libelles d'appellation à
Votre Sainteté, ce qui n'est pas vrai ; mais il
a prétendu vous surprendre par ce mensonge.
Tout cela doit vous exciter , très-saint-père,
à employer ici votre vigueur ordinaire. Fai-
tes votre propre cause de la cause commune;
autorisez par vos écrits la condamnation pro-
noncée régulièrement, et fortiQez la foi de
l'empereur. Cette affaire n'a besoin que de
voire secours, c'est-à-^iire «le votre consente-
ment , pour procurer la paix et empêcher le
concile dont on a fait courir le bruit, et qui
troublerait toutes les Eglises du monde. » Ce
concile, dont le bruit courait en Orient, était
un concile œcuménique qui fut en effet con-
voaué à Ephè.se.
tlependanl l'eunuque Chrysapius, protec-
teur et parent d'Eulychès, écrivit à Dioscore,
évoque d'Alexandrie , lui proraellant de fa-
voriser tous ses desseins s'il voulait prendre
la "défense d'Eutvchès et attaquer Flavien et
Eusèbe de Dorvlée. Il excita aussi l'impéra-
trice Eudoxie a embrasser le même parti,
principalement pour chagriner Pulcuérie.
Eutycnès, de son côté, pria Dioscore de pren-
dre connaissance de l'affaire et d'examiner ce
qui avait été fait contre lui. Dioscore écrivit
à l'empereur qu'il fall.ut assembler un con-
cile universel , et il l'obtint facilement par
les sollicitations d'Eudoxie et de Chrysa-
pius. Nous avons la lettre do convocation
adressée h Dioscore, donnée h Constanlino-
plo le troisième des calendes d'avril, après le
consulat de Posthumien et de Zenon , c'est-
à-dire le 30 mars U9. Elle porte que, s'étant
élevé quelques doutes sur la foi , qui trou-
blent les âmes , l'empereur a ordonné aux
éyêques de s'assembler. « Vous donc aussi,
dit- il à Dioscore , vous prendrez avec vous
dix miMîopolitain^ dt; voire dépeiidanco , et
d:\ autres évèques pour vo:is trouver à
Ephèse le premier jour d'aoïU prochain. Il
ne s'y tmuvera point d'autres évoques , de
peur d'embarrasser le concile. Si quelqu'un
ÏÏLk
j manque, sa eonsdence en sert cfaar-
Î^ée , etc. 9 L'empereur écriTÎt eo U même
orme aux autres évéques • c'est-è-dire que
chaque patriarche ou exarque deTait amener
pareil nombre d'évèoues de sa proTÎnee. Le
15 mai suivant fut donnée une autre lettre
de l'empereur, adressée à Dioscore, portant:
« Nous avons appris que plosieurs anfaimio-
drites d'Orient et les peuples calholknies
disputent avec chaleur contre quelauesévè-
ques qui passent pour nestoriens ; c est pooN
quoi nous ordonnons que le très-pieux prê-
tre et archimandritre Barsumassetrouvenà
Ephèse pour tenir la place de tous les arciii-
mandrites d'Orient, j prendre séance avec
votre sainteté et avec tous les Pères. > L'em-
Eereur écrivit aussi à Barsumas , lui «ttri-
uant d'avoir souffert de grands travwn
pour la foi et lui donnant si^aoce et Toizdns
le concile. C'étaient Eutychès et Dioscore qui
lui procuraient cet honneur, pour exdure da
concile les autres abbés qui ne leur étaieit
Sas favorables. U j eut aussi deux ]mxp»
estinés pour assister au concile cooum
commissau*es de l'empereur, saroir i Ëlpide,
comte du consistoire , c'est-à-dire conseiller
d'Etat, et Euloge, tribun et notaire. Lav
commission les charge d'empêcher qu'il n'a^
rive du tumulte dans le concile, et, si quel*
qu'un y en excitait, de le mettre en liea àe
sûreté et en avertir l'empereur. Ceux qii
ont condamné Eutychès doivent assisterai
concile, non en qualité de juges , mais 11
parties. Il ne sera permis d'agiter aoeoae
autre affaire avant celle de la foi. Prodei,
proconsul d'Asie, eut un ordre particolierde
prêter main-forte aux deux comoiisssfref
{lour empêcher le désordre dans la concile.
I y eut encore une lettre générale Âe Vem-
pereur au concile pour en marquer le sujet,
qui est de terminer la question de foi émise
entre Flavien et Eutychès, et de chasser des
églises tous ceux qui tiennent ou favori-
sent l'erreur de Nestorius. EoGn il y ett
une dernière lettre k Dioscore , par laquelle
. l'empereur lui donne la présidence du con-
cile.
Le pape saint Léon fut aussi invité m
concile avec les évêques d'Occident; mais il
ne reçut la lettre de l'empereur que le trô-
sième des ides de mai , c'est-à-dire le trei-
zième. 11 ne restait plus que deux mois et
demi jusqu'au 1" craoût, où devait coof
mencer le concile ; et la plus grande (Mrtie
de ce temps se serait passée à préparer le
voyage des évêques, puisqu'il fallait tenir ai
concile à Rome , y nommer des députés et
leur donner leurs instructions. Saint Léoi
se contenta donc d'écrire diverses lettres
pour empêcher, s'il pouvait, ce concUe, ot
du moins faire en sorte que la foi y fût tOD*.
servée. Voy^t qu'il ne pouvait empèdher
que le concile se tint à Ephèse, malgré 11
prière qu'il avait adressée à rempereurpctf
qu'il fût tenu en Italie, il destina pour y élit
envoyés, Jules, évêque de Pouzzoles ; Reirf^
prêtre du titre de Saint-Clément; HilariuSt
diacre, et Dulcitius, notaire, et les chargée
de plusieurs lettres.
lOil
FLA
FM
mt
kLe concile d'Ephèse, convoqué par Tempe-
reur pour le premier jour d'août, s'assembla
le hurlième du niAuie uiois, de i année i49,
La séance se tint au même lieu où s'était te-
nu le premier concile d'Eplièse, dans l^èji^Hse
^. nommée Marie. Il y eut cent trente évéques
■I des provinces d^Egypte, d'Orieut» d'Asie, du
B Font et de Thrace. bioscore d'Alexandrie te-
^Bnait la première place suivant Tordre de
"Tempereur; ensuUe est nommé JuU'S, te-
nant la place du pape saint L*k>n. Après lui,
sont nommés Juvéïialde Jérusatem, Domnus
d'Anlioche, Flavien de Conslantiiiople, qui
n^avait ainsi que la cinquième place comme
le plus nouveau de tous les patriarches.
Après les ciori patriarches, sont nommés les
exarques et les métropolitains ou leurs vi-
caires, savoir : Etienne d'Ephèse, Thalassius
Ue Césarée en Cappadoce, Eusèbe d'Anc^re
.en Galatie, Jean dcSébasteen Arménie, Cy-
Irus d'A[)hrodisiade en Carici Erasislrate de
jCorinlhe, Kuintilius d*Héraclée, etlesautres
|ue Ton jieut voir dans les actes. A|>rès lous
les évèques» sont nommés les prêtres, pre-
^mièrement l'abbé Barsumas, [mis quatre dé-
putés d*évè(|uus absents, et entin les derniers
^âe tous, le Jiacre Hîlarius et le notaire Dul-
ci tins, Jégat du pape. Il n'est point parlé du
prêtre René, parce qu'il était mortentbemin
dans l'ile de Délos. Eulycbès était au5si à
Ephèse ; ni le vœu de ne point sortir de sou
monastère, ni son taraud âge, ni ses iorir mi-
tés ne Tavaient point empêché de faire ce
TOjrage. Jt^an, prêtre et primicier des notai-
■nîS, apparemment de 1 église d'Aleïandrie,
il les fonctions de prooioieur, comme avait
' it le j)rêlre Pierre dans le premier con-
pjled*Ephèse,et aprèsavoirditle sujet du con-
cile en termes généraui, il lut, par ordre de
>ioscore,lalettrcdererai)ereur pour la cou-
Stiondu concde. Ensuite, Tévéqutî Jules,
It du pape, dit : « Notre saint pape Léon
hé af^pelé en la même forme*» )* Comme
parlait latin, Florentins, évêque de Lydes,
|m Servait d'interf)rète. Le diacre Hilarius,
ar le même interprête, ajouta : « Notre em-
^ &reur Irès-chrétieu a appelé par ses lettres
boire bienheureux évéque Léon pour assis-
ter au saint conciie,etSa Sainteté rauraitfait,
s*il y en avait qulque e\emple. Mais vous sa-
vez que le papeo'a assisté m au concile de Ni-
cée, ni à celui d'Ephèse, ni à aucun autre
semblable ; c'est pimrquoi il nous a envoyés
' ici pour le représenter, et nous a charj^és de
^ lettres pour vous, que nous vous prions de
Uafaire Itriv » Dioscoredit : u Que Ton reçoive
l||es lettres écrites au saint concile œcuméni*
^que par notre très-saint frère Léon, n Mais
au lieu de les lire^ le prêtre Jean proposa de
lire une autre lettre de Tempereur à Dioscore,
et Juvénal de Jérusalem en ordonna la lec-
ture, CY'tait la lettre qui ordonnait que Bar-
suiuas assisterait au coniilc. Juvéual dit:
<K J'ai reçu un pareil ordre touchant JJarsu-
nias; c'est pourquoi il est raisonnable qu'il
assiste au concile : >» Ensuite le comte El-
fTide lut la conimission de rem[iereur pour
ui et pour le tribun Euloge, et lit faire la
lecture de la lettre deTempereur au coûciiei
f
(il
L
m accusait Flavien, notre saint martyr»
'avoir suscité des disputes sur la foi contre
Eutvchès. Alors Thalassius, évêque de Ce-
sarée, dit que, suivant l'intention de Tempe-
reur, marquée dans cette lettre, il lalfait
commencer parla question de la foi, toute
autre atTaire cessante. L*évêque Jules, légat
du pape, en convint. Dioscore dit : « Nous
ne sommes pas assemblés pour exposer la
foi que nos Pères ont déjà exposée, mais
pour examiner si les nouvelles opinions
conviennent aux décisions des Pères. 11
faut donc commencer par cet examen. Vou-
driez-vous changer la foi des Pères ?» Le
concile dit : «£ Si quelqu'un la change, qu'il
soit ana thème ; si quelqu'un y ajoute, qu'il
soit anathème I Gardons la foi de nos pères.
Alors le comte Klpide dit : « Puisque vous
êtes d accord sur la foi, ordonnez que Ton
fasse entrer l'archimandrite Eutychèsqui est
le sujet de cette action, et qu'il vous exfili-
que ses sentiments. Le coticile y consentit,
et quand il fut entré, Thalassius deCésarée
Tinvîta à expliquer ses défenses.
Eutychès dit : *f Je me recommande au
Père, au Fils et au Saint-Esprit et h votre
justice. Vous êtes témoins de ma foi, pour
laquelle j'ai combattu avec vous dans le pre-
mier concile assemblé ici, J ai entre les
mains un libelle de ma foi, faites-le lire. « On
le lut : il contenait le symbole deNicée, avec
une protestation de vivre et de mourir sui-
vant cette foi, et d*anathématiserManès, Va-
lentin, Apollinaire, Nestorius et tous les hé-
rétiques jusqu*à Simon le Magicien et ceui
qui disent oue la chair de Jésus-Chrisl est
flescendue du cieL Ensuite il ajoutait : Vi-
vant suivant cette foi, j ai été accusé par Eu-
sèbe, évèque de Dorylét», qui a donné con-
tre moi des libelles où il m'appelait héréti-
que, sans spéciïier aucune oérésie, afia
qu'étant surpris et troublé dans Teiamen de
ma cause, il m'échappât de dire quelque
nouveauté. L'évêque Flavien m'ordonna de
comparaître, lui qui était presque toujours
avoc mon accusateur, croyant, parce qud
j avais accoutumé de ne point sortir du mo-
nasiêre, que je ne me présenterais pas et
qui! me déposerait comme déiaillant. Eu ef-
M, lorsque je venais du monastère à Cons-
tantinopte, le sileutiaire Ma^ius, que l'em-
pereur m'avait donné pour ma sûreté, me
dit que ma présence était désormais inutile
et que j^étaïs condamné avant que d'être ouï.
Sa déposition le fait voir. Quand je me fus
présenté à rassemblée, on refusa de rece-
voir ni défaire lire ma confession de foi, et
quand j'eus déclaré de vive voix que ma
créance était conforme à la décision de Ni-
cée confirmée à Ephèse, on voulut m'y faire
ajouter quelques paroles ; moi, craignant de
contrevenir à l'ordoonaoce du premier con-
cile d'Ephèse, je demandai que votre saint
concile eu fût informé, étant prêt de me sou-
mettre h ce que vous approuveriez. Comme
je parlais ainsi, on lit lire la sentence de dé-
position que Flavien avait dressée contre
moi loui^temps auparavant, comme il avait
voulu f et ['ou changea plusieurs choses aux
t019
FLA
VIA
iV»
actes comme il a été vérifié depuis, à ma re-
quête, par ordre de Tempereur ; car l'érè-
que Flafien n'a eu aucun égard à mon appel
interjeté vers vous, ni aucun resjiect pour
mescheveux blancs elles combals'juej'aisou-
tenus contre If s héréliuues; mais il m'a ooi-
damné d'autorité absolue. Il m'a livré pour
être mis en pièces comme hérétique par la
multitude amassée exprès dans la cathédrale
et dans la place, si la Providence ne m'avait
conservé. Il a fait lire en diverses éj^lises la
sentence prononcée conlr»* moi et a fait sous-
crire les monastères, ce qui ne s'est jam.iis
fait,.comme vous savez, môme contre les hé-
rétiques. 11 l'a envoyée en Orient et l'a l'ait
souscrire en plusieurs endroits par les évé-
quesetlesmoinesquin^avaient point élé ju-
ges, quoiqu'il' eût dû commencer par ren-
voyer aui évôcjues à (jui j'avais appelé. C'est
ce qui m'a obligé d'avoir recours à vous et à
l'empereur, aftn que vous soyez juges du ju-
gement rendu contre moi. »
Après cette lecture, Fiavien de Constanli-
nopfo dit : « Son accusateur était Eusèbe,
ordonnez qu'il entre. » Le comte Elpide dit :
« L'empereur a ordonné que ceux qui ont
été juges soient maintenant parties. Je ré-
ponds donc à rarrrhevéque Fiavien que l'ac-
cusateur a rempli sa fonction, il prétend
avoir gagné sa cause ; ainsi le juge a fait
passeren sa personne la qualité d'accusateur,
comme il s'observw dans les tribunaux sécu-
liers. Vousèles maintenant assemblés pourju-
ger les juges, non pour recevoir encore l'accu-
sateur et recommencer un nouveau procès.
Ordonnez donc, s'il vous plaît, qu'on lise
tout le reste des actes d^ In cause. » Dios-
core ne manqua pas d être de cet avis et les
autres évéques le suivirent. Aussi Kusèbe
de Dorylée n'entra point dans le concile,
quoicine Eutvchès y fût admis. Après que
tous les évoques eurent opiné pour la lec-
ture des actes, Dioscore demanda aussi lavis
à Jules, légat du pape, qui dit : « Nous vou-
lons qu'on lise les actes, à condition qu'on
lise auparavant les lettres du pape. « Le dia-
creHilarius ajouta : « D'autant [)lus que le très-
saint évoque de Homo n'a écrit ses lettres
Îu'après s'être fait lire les actes dont vous
emandez la lecture. » Eutychès dit : Les
envoyés du très-saint archevêque de Rome,
Léon, me sont devenus suspects, car ils lo-
gent chez révoque Flnvien ; ils ont diné
chez lui, et il leur a rendu toutes sortes do
services ; je vous prie donc que ce qu'ils
pourraient faire contre moi ne me porte au-
cun préjudice. » Dioscore dit : « II est dans
l'ordre ae lire premièrement les actes de la
cause, puis les lettres du tiès-iûeux évoque
de Rome. « On éluda ainsi pour la seconde
fois la lecture de la lettre du pape, et on lut
les actes du concile tenu à Conslantinople
le huitième de novembre quatre cent qua-
rante-huit et les jours suivants, dont Fia-
vien et Eutychès avaient fourni chacun un
exemplaire.
Quand ce vint à la dernière session, à
l'endroit où Eusèbe de Dorylée pressait Eu-
tychès de confesser deux natures après l'In-
carnation, et que Jésus-Christ nous est con-
substantiel selon la chair, le ooncile d'E-
nhèse sécria : « Otez , brûlez Eusèbe ; qu'il
soit brûlé vif, qu'il soit mis en deux; oOBiiaâ
il a divisé, qu on le divise. • Dioscore dii :
« Pouvez- vous souffrir ce discours, qu'oa
dise deux natures anrès riDcaraationT« La
concile dit : « Anatlième à qui le soutient »
Dioscore dit : « J'ai besoin de vos voixeldt
vos mains : si quelqu'un ne peut crier qu'il
étende la main. » I^ concile dit : « Si quel-
qu'un dit deux natures, anathèuie! » Eiaprèf
qu'on eut lu la déclaration d'£utychès,lHoi^
core dit : « Quelle profession de foi appren»
vez-vous? « Celle (l'Ëutychès, dit le concile,
Eusèbe est un impie (faisant allusion à son
nom, qui veut dire pieux). w Après les eetai
du concile de Constant inople , on lut aussi
ceux de l'assemblée tenue le huitième d'a-
vril V49 pour la révision de ces actes et l'îA-
formation du vingt-septième d'avril. Ton-
tes ces lectures étant faites, les évAcpif
dirent leur avis, y étant invités par Die»»
core. Juvénal de Jérusalem commença «1
dit : « Eutychès avant toujours déclaré qu'il
suit l'exposition de foi de Nicée et ce ([ui t
été fait au premier concile d'Epbèse, jeTii
trouvé très-orthodoxe et j'ordonce qu'il di-
meure dans son monastère et dans sot
rang. » Le concile dit : « Ce juge^neot ail
juste. » Domnus d'Antioche dit : « Sur h
lettre qui m'avait été écrite par leconeiladi
Conslantinople , au sujet d* Eutychès, jV
souscrit à sa condamnation; mais sur lel^
belle qu*il vient de doilner au concile oA I
confesse la foi de Nicée et du premier oae-
cile d'Ephèse, je suis d'avis comme foai
au'il reprenne la dignité de prêtre etk cour
uite de sa communauté. » EtienDe d'Br
phèse, Thalassius de Césarée, Eusèbe tf an-
cyre et tous les autres évoques opinèrent de
môme, excepté les légats du pape dont iln'est
f^ointfait mention. Barsumasopina après toai
es évè(iues. Entin Dioscore, comme prési-
dent, donna son suffrage le dernier en û-
veur d'Eutychès.
Ensuite te prôtre Jean fit la lecture d'ane
requête présentée par les moines de la com-
munauté d'Eutychès, en ces termes : c Toa-
elles d"S promesses de Dieu, nous ava»
quitté nos biens, nos dignités , nos chai?»
et nos espérances, pour former une commu-
nauté de moines, jusqu'au nombre de traii
cents, sous la conduite du très- pieux arthî-
mandrile Eutychès, et nous y vivons la pl«"
plart depuis plus de trente ans. Mais le rf
vérendissime évoque Fiavien , au liée *
nous encourager et nous protéger , a op*
primé notre pasteur par des caiomDies,ct
l'ayant dépose, nous a fait dire par le préiil
Théodose , accompagné de quelques aatr»
clercs, de nous séparer de lui et de ne p*
môme lui parler et de conserver à Flafitf
les biens du monastère au nom des paovm
car c'était là à quoi il tendait ; autrement qoi
nous serions privés des divins mystères iycc
notre abbé. En effet le saint autel que Fil-
vien lui-môrae avait dressé six mois ana'
cette entreprise, est sans sacrifice i iM^
FLA
ietirés liés de cette iDjuste cen-
jusqu'à votre saint concile, et qurlqu es-
dé uos frtTrs surit oiurls en cet état.
I aViJiis }>assé diiïis ccltr* afilictifni la
'de la N\iliviié de Noii «-SeigTiour, celle
Epiphaniu et eillc de ia IV*suriectiou,
\^3 évà.\nf-s djim-^ot l'absolution à la
ert des fiecheurs et où ]os \n'umts font
^auicrituiuels. II ya iieuliLiois que nous
'rons cette rii^ueur, observant en tout
»lCt le** exeixices ordinaires du liï règle
istii|ue* C'est fjouriiuoi nous vous su})-
is d avoir comiKission de nous, de nous
pe ru«s.i|4i? des sacrmuenis et d'imposer à
t(ui lions a ainsi traités la peine de
ijjuslicc. w Cette requête était suus^erite
B prêtre Narsôs, dix diacres, trois sous-
es et seize autres moines j trente^cinq
oit, Dioscnre leur demanda leur confes-
de foi, et ils dédari-rent quelle était
irme à celle d'Eutyihès; sur quoi» *le
[ de Juvénal de Jérusatem et dr tout le
Ue, ils fureîit déclarés absous et rétablis
la comiQunîon de TEglisc et les fonc-
de leurs ordres.
i^uile Dioscofiê proposa de faire lire ce
ivait été décide sur la foi dans le pro-
coiJcile o*Ephèse, etc. Après cette Icc-
Dioscore dit : « Je crois que vous ap-
tel tous rexpoNition des Pères de Nieée,
rméepar le concile précédent, tenu ici,
Ikis avons oui qu il ordonne que si quel-
I dit ou pense quelque autre clit»se ou
Inique autre tjUcsUon, il doit être cou-
lé : que vous eu semble? Que ciiacun
ion avis par écril. w Tbalassius de Ce-
déclara '^n'U s'ea t*oait aux conciles
jw5e el d'Lpbèsêt et qu'il détestait tous
qui pensaient quel que cliuse de cun-
^ Les autres evèq les opinèrent de
B. Jules, lé^at du }i.q*e, déchira qne c'é-
I seatiïûciit du siéj^e aposloJique. Mais
^ïre Hilarius ajouta : ^^ Cela est coti-
I au\ lettres que le sié;^e apostolique
« écrites ; si vous le^ laites lii'é, vous
^ qu'elles sont conriirmes a la vérité ! i»
Bfois on n'eut puint d\';^ard h sa remon-
fe. Au contraire, Dioscore ayani posé aon
ipe, en tira la consé^uenre «piUl pré-
iU et dit ; « Le saint concile de Nieée
saint concile d^EpUèse ont exposé la
i ordooné que quiconque dirait autre
\ serait condannié» \'ous voyez d*ait-
bue Flavicn, ci^Ievant évéque de Cons-
bple, et Eusèbc de Dorylée, ont tout
Wsé et causé do scandali.^ dans toutes
Mises, Jl est donc clair qu'ils se sont
Mm^s soumis au\ peines ordonnées
|os Pères. C'est [lourqnoi , en conlïr-
leurs décisions, nous avons jugé que
asdits Flavien et Eust'be seront privés
II te digtnté sacerdotale et épiscofiale.
\lous votre avis pour être inséré aux
i ei sacboz que tes empereurs seront
pés de tout ce quise f^nt aujourdMiui. »
&ti dit : « Je votjs récuse. » Hilarius,
&de TEi^Uso romaine, dit : <( Contradi-
m (ou s y oppose] ; et ce mol latin fut
\ diiiâ» lt}S Actes t&recâ. Toutefois Juvé-
FLA
iom
nal de Jérusalem prononça, ainsi qii^ Dios-
core, la déposition de Flavien el d Eusèbe,
comme ayant altéré la foi de Nieée et d*E-
pîïi
et ils furent suivis deBomnus d'An-
t-ocbe, de Tliaiassius de Césarée, d'Ivuscbe
d'Aucyre, d'Etienne d'E^dîèse, et de tous les
autres ; Barsnmas même pronon^^a comme
juj^e après tous les évênues. Ensuite ils sous-
crivirent tous,e\eople les lé^^a-s du (>ai*e.
C'est ce que rmritHvt les actes duconciled'E-
phè^e; mais les cboseâ Be s*/ pas;^èrBiii pas
si doucement.
Quand Dioscore commença a prononcer
sa sentence contre u'^re saint évêqne, Oû4-
siplnn'e» évéquc d'Icono , se leva avec plu-
sieurs antres, prit les i^eimux de Diosco.o,
en le suppliant de n'eti rien faire. DioscODS
se leva de son sié^^e et, debout sur son mar-
che-pied, il dit : a Quand on me couperait
la lun:^ue, je ne dirai pas autre chose. » Et
conime ïes évéqnes continuaient de le prier
et lui tenaieut las genoux, il s'écria : « Où
sont les comtes? « On lit entrer le t^rocon-
*ul avec uni* ^^rando multitude de soldat^
armés d'épées et de bfitons et munis de chat*
noi, Aiii^si la plupart des évêqucs souscri-
virent j»ar forc.^ sur un papier blanc, ayant
élé releuus jusqu'au soir dans l'église,. sans
qu'on leur doriiirU du lepo^. Ceux qui de-
meurèrent unis à Fiavien eî qui ne voulu-
reiit pas souscrire ^ fui eut envoyés en exil.
Lé diacre Jiilarius s'éclnqjpa à graud'peioe
el vint a Uome par des chemins détournés,
il y eut quelques autres évêques déposés
dans ce concile, dont les ^ctes que nou3
avons ne font [las mention, savoir : Ibas d'E-
desse et Daniel de Carres, son neveu; Ariui-
liii de Bvblus H Saviuien de Perrha. Tbéo-
doiet y fut aussi dé[>osé, quoitpie absent, et
même Donirius d'Antioche, [jour avoir ré-
tracté bd souscription forcée à la condamna-
tion tic Flavien : ce qui se passa aiusi par
rarliiice de Dioscore. Trois jours après la
séance on Flavien avait été dé|>osé, Dios-
core produisit dans le concile des lettres que
Domnus lui avait écrites contre les douze
articles de saint Cyrille, les accusant d'obft^
curité , el le (it déposer comme suspect
de nestofiaaisme , quoiqu'il fdt absent et
malade,
Aiiïsi boit ce conrile, [>lus connu sous^ lô
nom de brignndfMje d^Eithèse, Flavien el Eu-
sèbe furent mis en prison; mais Flavien, ou-
tre sa protestation dans le concUo, donna aui
ié^ Ils du pai>u un Uiielle par lequel d appelait
au siéi^e apostulique. Sitùt après le concile^
Dioscn'e se relira el prononça une eicoiumu-
nicaUon contre le pape saint Léon, qu'il lit '
souscrire par environ dix évêques qui étaient
sortis d'Egypte avec lui. Oti envoya Flavien
eu exil. Au bout de quelques jours, il mourut
à Hy|)èpe en Lydie, des coups de pied et des
autres mauvais traitements qu'il avait re-
çus, ftrincipalement de Barsumns el de ses
moines. L'Eglise honore sa mémoire le 18
février* (Fleury, t. 11, livre xxvu, pasifim.)
FLAVIUS (saint], martyr, l'un des qua*
ranle nK^rtyrs de Sébaste, sous LiciuittS*
1W7
Fffl
d'étfo ce que mon nnni çignifi^?. — A rinelle
religioii ai^ artençz-vous? — Dr puis ma plus
teoJ e cj*faa€c% l\ la r('li;j;ion do Ji^sns-Christ,
que jo sers cle lontf^ mon (iu^c et (Je toiil oiort
cœur. ^Ecoiilcz mon consril, ma tilîc, pre-
nez pith^ tiù voire jeunesse et de rolro
betuittî. QuiUi.^z les doitrines qui vous ont
séduUo, cl oîTrcz ici un sacritice a Diane,
d.6cssc qu'il vous convient d'adorer. Elle
vous prodittuera ses foveurs.— Vos dieux
sont des démons, et vous osf*z me conseiller
de Kur sacrifier? — Quoi I vous osez appeler
nos dieux des démens! eh bien ï ou vous sa-
crifierez, ou vous périrez dans les lourmetits
les plus horribles, » Loin d'ôln'inlimHiée de
ce tançtige, sainte Foi ne briVla que davan-
tage de mourir pour Jé^us-Cbrist. a Non-
seulemenl, dit-elle» je subîiai avec joie vos
tourments, mais eiieore je serai lieu re use
de Tiiourir pour Jésus-Christ i^ Daeien fit
étendre la jeune vierge sur un lit d airain»
oii on Tatlaelia avec des chaînes de fer, puis
il tu allumer dessous un brasier au on en-
tretenait sans cesse en j Jetant de Ihuile et
d'autiesiualièresinflaannables.Outréstllior-
reur et saisis de compassion» les spocla-
teurs» ou du moins quei(jues-un$, s'écriaient :
• Comment peut-on traiter de la sorte une
îfiUDû Vierge iunocenle, qu on dil couf fable
K^roo qu'dlc adure Dieu? « Quelques-uns
retit saisis par ordre de Dîieieji ; on les
ïïjt^na daus le lempîe, et oomme ils refusèrent
opiniâtrement de saeritier, ils furent déca-
pité* 4V0C sainte Foi, hV if la fête de
sainte Foi et des autres * ions de sou
maityre le û octobre, hvs rtjlioues de sainte
Voi furent traiisi'érées, à la lin du iV siè-
de t dans une église que saint Duleidius
lit b.^tu'à Agen. En 880, on les mit a Tabbaje
de Conques, tlans b^ Uouere^ue. En 13Ga/le
pape UrJ^àiiu V en tit domier une partie aux
moines de Cucutal, en Catalogue.
FOI (^ainlej. Vot/. l'isris.
FOiiJLAÎ^ (*aial)i uiartjTt honore par
l'Eglise le Ul octobre» étad tils de Fvllani roi
de iMunsier, eu Irlande* Il avait deiii: fières,
l'Uan et Fursy, Ce dernier &i\ lit moine dans
bts îles, Hevenu daus son pays, il enga^^ea
ses deux frères k renoncer auv vaintés mou-
daines. Etant depuis passé eu Anj^leterrc, il
Jr bâtit le uionastéredes Knobber^bui'i^, dans
e royaume des Est-An^îjes. 11 Ça venir dlr-
liinde le «aiut duquel nous écrivons la vie,
et lui en di*nnii ia eondniie. Adirés la njort
d^iFnrsy, qui eut lieu h PérotiUe, en 6âO,
UUan ^ FoiUau vimeut eu Fraiice. ils res-
tèrent quelque tem|*s à Nivelles, dans le Bra-
bant, où s^iiîile (ierlrude était abesse h la
fots d*un monastère de fe^nmes et d*un mu-
aastôre dliomiue^s, qui en était dépendant.
Au bout de quelque te-iuî>s sainte tierirude
donna i» Ultan un ler^ain où il bâtit un Jiù-
pilai -e.t uu ttionastèrft. Ce fut depuis l'abbaye
de Fosise. EUe reliul Foillan à Nivelles pr/ur
3n il instruisit ses relîi^euses. Il se cbar^^eâ
e rinslruclion des lidèles des alentours.
héUêd rois en route en C55, pour aJler voir
mu frère daus i abbave de Fusâe, il fut tué
par des voleurs dans la forêt Cîiarbonuière»
en Ifainaat. On garde ses reliques
grande dévotion (fans rabb.%ye *ie Frsae,
qui, h fa tîn du dernier Mitkde/ étiiit dessor-
vie par des chanoines ré^iili<irs.
FOLir.M (aujounJ'hui Foligno), ▼ffle «§
l'Etat ecclésiashqiif. Sous Tempim 4^ Dée».
le saint homme Félicien en était '■ ^ i». ||
avait éié élevé a répisco[)al pnr )- lîM
Vietor. Arrivé à une exlr<>tno vi' messe, il
fut ]iris par les perséeulenrsi, et eiil le lïofh
heur de donner sa vie pour JésuiM^brîM.
FONDl , ville de îa Terre de Lch4w,
royaume de Najiles. C*esl dans ses mursqtje
fut martyrisé saint Palerrt^»* durant f?» p-f^é-
cntion de Néron. Le Mf^r' h,
d'après biï, MM* de Sai. , •>!»-
pcf ivant Frontlt,
1 A (le bienheureux Loc^is pct^ ife
Tordre rie Saint-Dominique, fut éfrtfké i
rauteî. Fan !60fl, par les idolélres é^ Smi.
(Fontana, Monumrnta Dominieona, an, t66l>.J
FONSECA (le bienheureux Rii£iiRc),Fortf>
gai"!, de la compagnie de Jésus , foi^Mt
f partie des soixante-neuf mi*-? ''^''-'"-^ -
c P, Azevedo était venu i
pour le Brésil, (fow. Azr>t.!iui Lt-ur u:-
vire fut pris, le 15 juillet t57i, par deî
corsaires calvinistes, qui les u:
ou les jetèrent au milieu de
tre bienlieureux fut s-
reaux au moment où il j
vant de saintes images ; il
bouche nn violent coup de i
brisa la m^lrhoire et lui < •
Jarric, Hisioire ijle$ ch
btrs, etc., t. Il, p. 2T8; '
su u^fjue ad mngnims i
miikmi^, p. IC6 et 170.1 *' ' '
FONTArTîA (le bien lieu r^^^ux PitRitr
lu gais, de la Compaj^nie de J
tie des soivanle-neuf missi»
le P. A/evedo était allé r«
pour le BrésiL {Vou, AzkveI' .,
fuliH'is, le lo juillet 1571, j fj
calvinistes, ijui les massacré i
rentà la mer iDu Jarrie, //ï>
pjm méiwrabh^, etc., t. II, p. z,^; i,,t^^;,
Sociffas Jcsu ustpie arf sQnQ^itMs d wUi
praptaionem milittmsy p. lOG et 170.)
FONTE {Se\s de), naquit en Eê;*«gnf P
entra dans la sociélé de Jésus, M
eul été élevé au sacerdoce, on
Mexique, chéries Tepéguan
qtia aux plus rudes travaux
iadigèncsà la fui chr a
avait convainou qu< i s
à élever des cabanes, a cuire du
des charrues» ouvnr des silluus,
deux tombait ujiilade, il s^ coii-
derin et vtiillait auprès dp b»i .
d'uue tribu plus léroce ei.
?u'tl évimi;élisail» ûii deux 1
cnfernièreLit ajùij dq le lai-
fajui. Noire bie'>i'"^i>' '^^^ . ^,^^
dans CCS contrée
on lui envoya pou. i
rcux Jérôme de ]Uii
réuni leurs ;4cnurtiv\ t;
récolte encore plus abui.
ir-
1^
qtÊÊm
I
beaucoup de naturels à la foi de Jésus-Christ*
Nous avons vu aux articles I)ïi>\ce de
OrOSCOi BnilNARD DE ClSNEBOH, FeRDIN l]>SU
PF. CuBiiCAN, etc., que ]cs Te[ïégnBns avai^^nt
rt^soln If* massacre do leurs rjjîssiorïnaiies.
Ils "il pruiiter d'une procession so-
*oir . i^' It'S Vèves^ iirtiparaieTil v^^r le
21 noyetiibre ii516, au bour^ de Sniot-lgnfice.
^os deux religieux s'avançaient donc vers
ce bourg, afm d*assi<iter à cette procession,
quand les iodigèues les perçurent li coups
ae flècbes, h une lieue environ de la colo-
nie. (Taulier, Sociétés Jc^n mque ad sangui-
vis et ri(œ profusionem mi li tans, jiagp 473.)
FOUMJKS, viile de Canipauie, où fut niar-
Ivrisée saiule A Ihiue, vierge, sous le rèj^ine
jtfe l'eTupereur Dèce. En 303, lors de la per-
^t!'Culion de Dioclt^tien,saîol Erasme, invoque
de cette ville, y fut tiussi martyrisé. Elle pos-
séda ses reliqiies jusqu^en 8V2^ époque à la-
quelle, ayant été déliitile par les Sarrasius,
ûD les transporla à Gaete*
FOBNOVÈ ou FoBNOLE» Fornovo, ville du
pa^^s des Sabins, vit, en 290, Iv. niarlvre de
£aiut Biissus, compagnon de saint Arilhime,
de saint Maume et de saint Fabius.
FOETUNAT (saint), onihidiacrc d*Aqui-
}ée sous llermagore, premier évéque de
celte ville, fut martyrisé avec lui sous Né-
XOD. Moobritius nîrînjue que ce fut peu de
loinps afirès smnt Pierre, e'est-à-dire en 60
j>u t>7. Les corps des deux saints furent en-
i&rrés à Aquilcu, cl plus tard tran^\mrlés à
firado. Les plus aûciena martyrologes luar--
iqueut sa ft'le le VA juillet.
FOHTLÎNAÏ (saiîU], juartyr» cueillit la do-
ÎiiïUse palme du uiailyre avec les saints Fé-
ix» Luciole, Marcie et leurs compagnons,
lioul oo i^^nore le nom, aussi bien que les
îiaiuU Cléomcc^ Eulrope et Basilisque, sol-
Mdais. îls expirèrent sur la croix durant la
,|>ersécuiio'i de Maxiniien, sons le président
^^ôclépiadc. Lo lieu de leur martyre est com-
" ][lemcat ioconuu. Ost le 3 mars que TE*
ne célèbre leur mémoire,
.roUÏUNAT (saiul), m^u-lyr, fut décapité
h Salerne, 60us J empereur Dioclélieu et le
jirni:onsul Léonce, avec ses sainls compa-
gnons Cauis et Aiilliès. L'Eglise honore leur
l^lorieuse mémoire le 28 aoûL
FOiiTU:SAT (^aint), eut la gloire de mou-
ir pour la fui à Aquilée, avec son frère saint
f élix, durant la perbétïUlion de Dioclétien et
de Maxiioit'ii. Ayant été étendus sur le cbc-
-valet, on leur brûla les cotes avec des tor-
ches ardentes qui s'éteignirent au même
instant, par uu eîïet de la puissance de JJieu.
On les arrosa ensuite sur le ventre avec do
Fhuile bouillante, après riuoi^ ne cessant
point de louer Jésus-4JhnsU ils eurent la tôte
tranchée. L'E^liâe fait loui* mcuioire le 11
juin.
FOHTUSAT (saint)» eut le glorieux avan-
je de répandre son sang pour ki foi do Jé-
«us-Cbrist à Adrumète en Afrique* Il eut
pour compagnons de sa gloire les saints Vé-
rute, Secouduj, Sirice, Servule, Saturnin et
seize autres dont les noms ne sont malheu-
reusement pas i>arvenusjusquii la postérité*
v^ sus
FOR 1030
Leur martyre eut lieu durant la persécution
que les Vandales Urent snntTrir aux c;^;boli-
ques. On ignore la date et les ditrércntes
circonstances dt* leurs combats. L Eglise ho-
nore jenr mémoire Icâl févri*>r.
FORTONAT i^saiot), martyr, recurilîit la
Çnlme du martyt e en Afrique avec les saints
'ausliu, LuHùs, Candide, Célien, >larc et
janvier, (Foi/., pourplusde renseignements,
FAisTn.)
FORTlTT^AT fsainl), reennilit la palme du
martyre avec les saints Félix et vingt-sept
autres dont le? noms sont inconrtus. On
ignore le lieu, la date et les rirconst:inces do
leur martyre, L*Eglisefait leur fête le % fé-
vnVn\
FORTUNAT (saini), souffrit le martyre à
Valence avec saint Fébx. (Voy. Farticle Fé-
lix pour plus de dérails.)
FORTtJNAT [saiidV, martyr, ?oufTrit pour
la foi h Alexandrie, Il mourut en prison
avec le pri'tre Aralor et h s saints Wlix ,
Silvin et VilaL Le Martyrologe romain ne
dit poiid a quelle époque. L*Eglise honore
leur mémoire le 21 avril.
FORTUNAT (sainl ), martyr, rucillit la
palme du martyre h Ronie^ avec les saints
AI>ondo, Alexandre et Antigone. C^est le
27 lï'vner mio TEglise célèbre la fête de
ces quatre glorieux inartvrs.
FORTUNAT (saint), majtyr, souffrit à
îtonie avec les saints Félicien. Firme et
Candide. Leur martyre eut Itcu a une épo-
que et dans des circouslances qui nous sont
entièrement inconnues. L'Egliso fait leur
fête le 2 février,
FORTUNAT (saint), reçut la couronne du
martyre en Afrique avec saint Marr;ien»
Nous manquons complètement de détails sur
eux, PEglise fait leur mémoire le 17 avril.
FORTLîNAT [saint\ fnt mailyrisé en Afri-
que pour la défense de h religion clirétieone.
Il eut pour compagnon de sa gloire saint Lu-
cien; nous n*avons i^as d'autres détails sur
eux. L'Egïisefait leurféte le 13 juin,
FORTllNAT (saint), fut martyrisé à Home
sur la voie Aurélienne. Nous manquons de
détails sur son compte. L'Eglise fait sa mé-
moire le 15 octobre
FORTUNAT (saint ), reçut la couronne
du luartyre h Valcjuje en Daupiiiné. H eut
nour comnagi^ons de sqs glorieux combats
le urètre Féiix et Aciuîiée, diacre. (¥01/, Tar-
ticle Fklix pour plus de détails.)
FORTUNAT(saml), fut martyrisé à Smyrne
avec les sainls Vilal et Revocat. Nous n'a-
vons point de détails sur J*époque et les
diilércfites circonstances de leur martyre,
Lligli^e célèbre leur sainte mémoire le 9
j an vie.
FORTÙ^ATÏÊN, évoque d'Assur en Afri-
que» lut un de ceux qui, dujTmt la persécu-
tion que Dèce alluma coutrc Tliglise, eurent
le malheui^ de remjJicer Jésus-Christ pour
sacrilier aux idoles. L'histoire ne parle pas
du lui fiostérieurement h son apostasie-
FORTUNE (sainte), mi^rlyre ô Carthaçe
en Tannée do Jésus-Christ" ioO, durant la
terrible perséculiou que Vemporeur Dèce
^
1
lOM
FOU
FOC
lOM
âllimia contre rEgtîse. Elle ful> avec d*au-
tres chrétiens, placée dans on cachot étroit
el infect» où, parTonfre de l'empereur» on
les laissa mourir de faim et de soif. La puan-
teur et la chaleur de ce cachot furent un
supplice affreui ajouté à c^lui que la priva-
tion d'aUmenls fit souffrir aui saints mar-
tyrs. {Voy. VicTOftiN.) L'Eglise fait la fête de
de tous ces saints martyrs le 17 avril.
FORTUNION (saint), martyr, mouni» pour
la foi à Carthage, en Tannée 250 ou sous
Tempire de Dèee. II mourut dans la pri-
son où il avait été porté après avoir subi la
question avec saint Paul et saint Basse. L'E-
glise célèbre la fête de ces trois saints le 17
avril, avec celle de saint Mappalique.
FOUETS GARNIS DE B4LLES DE PLOMR ,
pîumbatœ. On nommait ainsi des fouets tres-
sés de telle sorte que, de dislance en distance,
sortaient de la tresse principale de petites
cordes au bout desquelles on attachait des
balles de plomb. Ces fouets faisaient d'épou-
vantables blessures. On s*en servait pour
frapper les martyrs et les déchirer; chaaue
coup faisait voler le san.:^ et la chair; cna-
que balle faisait trou, entrait dans la chair
d'où immédiatement la traction du fouet la
faisait sortir. Bien des fois les ju^es com-
mandaient qu'on fit expirer les saints sous
le foueL
FOULQUES (saint), confessa la foi de Jé-
sus-Christ à Aquin, Nous manquons de dé-
tails sur lui. L>:glise fait sa fête le 22 mai.
FOULQUES (le bienheureux), archevêque
de Reims, martyr, succéda a Hincmar. Le
siège de Heiras ayant vaqué quelque temps
après la mort d'Hincmar, on fit courir le
bruit que le clerj^é et le peuple avaient élu
un arclievéque, sans attendre qu on leur eût
envoyé un évôuue visiteur, suivant les ca-
nons, et cette calomnie était venue jusqu'aux
oreilles du roi. Pour s*en justifier, le clergé
de Reims écrivit à Hildebolde, évoque de
Soîssons, et aux autres suifraganls, une let-
tre où ils déclarent qults n'ont point fait
cl^étection et n'en feront point nue le roi ne
leur ail envoyé un visiteur. La lettre est da-
tée du cinquième de février, et souscrite par
les chanoines de Notre-Dame, qui est la ca-
thédrale, les moines de Saint-Remy, les cha-
noines de Saiot-Bâleel de Sainl-Thierry, les
moines d'Orliais et plusieurs vassaux laï-
ques* On élut enfin et on ordonna, archevê-
que de Reims, Foulques, homme très-noble,
qui, ayant été dès Tenfance élevé parmi les
chanoines, en fut tiré par le roi Charles 1©
Chauve^ et depuis était demeuré au service
des rois* Etant archevêque, il envoya sa pro-
fession de foi au pape Marin, et en reçut le
paltium. Il lui écrivit aussi pour obtenir la
conlirmalion des privilèges de TEglise de
Reims*
Notre bienheureux trouva TEglise de
Reims dans un triste état, par suite des ra-
vages des Normands. ïl s'appliqua h la réta-
blir dans son premier lustre et à la consoler
dans ses malheurs. L* \mpB Etienne lui écri-
vit comme avaient fait Marin et Adrien, ses
prédécesseurs, le consolant au milieu de ses
plj^
3i^
afflictions et le traitant de frère et d'ami.
Foulques» de son cùté, écrivit au pape une
lettre pleine de remerctments, témoignant
CTu'U serait allé lui-môme le voir s'il n'eOt
éié environné de païens; mais qu'ils n'é-
taient qu'à dix milles de Reims et assié-
geaient Paris. Foulques ajoutait que celte
désolation du royaume durait depuis huit
ans, en sorle au*on n*osait s'écarter tant soit
peu hors des cnâleaux. 11 disait avoir ;«ppris
que des méchants formaient des entreprises
contre le pape, et qu'il eût été à son se-
cours s'il eût été possible, assurant que lui
et toute sa famille étaient fort attachés au
pape, entre autres, Guy, duc de Spolète, son
allié, que le pape avait adopté pour son fils;
que Toffre faite parle pape, de coQÛrmer les
droits de son Eglise» rattachait encore plus
à lui être fidèle avec ses suITragants, etc., ~~
Sur ces entrefaites, notre saint fui ch
d'une mission par le pape Etienne. L^Egl
de Langres était en trouble depuis près de
dix ans. Après la mort de Tévèque Isaac,
les uns élurent Teutbolde, diacre de la même
Eglise, les autres Egilon ou Geilon, ahhé de
Noirmoutier, qui, cTiassé de cette lie parles
Normands, s'était enfin fixé avec sa comoiu*
naulé au monastère de Toumus. AurélteOf
archevêque de Lyon, le sacra évoque de
Langres en 880 ; il se maintint dans ce si**"
1g reste de sa vie, et mourut à la fin
Tan 888. Alors le parti de Ttrutbolde se
leva ; mais d'autres élurent Argrim, donl l'é-
lection fut approuvée par l'archevêque An-
rélien. Ceu\ du parti de Teuibolde portèrenl
leurs plaintes au pape Eûenne V, et k M
envoyèrent, le priant deTordonner \ui-méme
pour leur évoque; mais le pape, Youlâat coa*
server à chaque Eglise ses droits, T^nvôya
Teuibolde à son mélropolitain, afin que si
Téleclion élait canonique, il Tordonnât satiJ
délai; si elle ne l'était pas, qu*il récrivit an
pape, mais qu*il se gardât bien d'ordooner
un autre évêque de Langres sans sa permis
sion. Le pape envoya, pour ciécuter vrl or-
dre, Oiran, évéque de Sinigaglia, son lé^t.
Aurélion l'envoya à Langres, promettaui de
le suivre promfïtement ; mais après s*étre
fait a( tendre ïongiemps,il n'y vint pas, et ne
lit point non plus savoir au pape la cause de
son retardement. Le parti de Teutbolde le
renvoya à Rome avec le décret de son éle^
tion, priant instamment le pape de l'ordoû-
ner; mais il ne voulut point même alors en-
treprendre sur les droits de l'Egbse de Lvon.
C*est pourquoi il écrivit encore h Auràiefl
de consacrer Teutbolde, ou de déclarer te
causes de son refus* Aurélien, sans faire ré-
ponse, ordonna Argrim évèque de Langrts,
et le mil en possession- Le parti coniftirt
retourna encore à Rome ; le pape leur accordi
enfin ce qu'ils désiraionl, et écrivit h lartbfr
vôque de Reims, nuire saint, en ces termes*
«t Ayant reçu, en la personne de saint Pteni^
le soin de toutes les églises, et sa*^ *^
ne compte pas pour évêque celui *
élu ni par le clergé, ni désiré par le pi'Ut*l*î
touclié des instantes prières du clergé eliJ»
peuple de Lanjres, nous leur avons coii^**
ae
H
f055
FOU
FOU
1054
eré pour évoque le diacre Teutbolde. C'est
pourquoi nous vous enjoignons, qu'aussitôt
ces lettres reçues, vous vous transportiez à
l'Eglise de Laogres, que vous en mettiez
Xeulbolde en possession, et que vous déda-
Priez à tous les archevêques et les évoques
que nous avons pris un soin particulier de
cette église, pour punir une trlle contumace
et réparer une telle oppression, w Foulques»
ayant reçu cette commission du pape, lui
écrivit, quelque temps après, qu'il raurait
exécutée aussitôt, si le loi Eudes, dont il
était sujet, ne lui eût conseillé de différer
tusqu*à ce qu'Eudes lui-même envovât des
ambassadeurs au pape pour apprend:re cer-
tainement sa volonté. Qu'au reste, tous les
évôquf s, en présence desquels les lettres du
pape avaient été lues, s'étaient extrêmement
réjouis de ce qu'il disait vouloir inviolable-
ment conserver h toutes les Eglises leurs
droits et leurs privilèges. Enfin, il priait le
pape de lui envoyer sa décision par écrit sur
celte question, si les évêques, ses sutTra-
gants, pouvaient sacrer un roi ou faire quel-
que autre fonction semblable sans sa per-
mission. Cette question semble re^ardei le
roi Eudes, élu malgré la résislance de Foul-
j ques, qui voulait donner Guy, son allié, pour
roi à la France romaine, car on nommait
ainsi les pays en de(;à du Bliin, el c'est peut-
être pourquoi Eudes ne fut sacré ni par l'ar-
chevôque de Reims, ni par aucun évêquede
la province, mais par Vaultier» arclievéque
de Sens.
Le pape écrivit encore à rarcbevôque de
Reims sur les différends survenus entre Ber-
man, archevêque do Cologne, et Adalgaire^
évéque de Hambourg et de Brème. L'un et
Tautre étaient nouveaux dans leurs sièges,
puisque Guillebert, archevêque de Colfigne^
avait assisté au concile de Mayence en 888,
et Adalgaire avait succédé h saint Bembert,
mort la mtirae année* Adalgaire était moine
de la nouvelle Corbie, d'où saint Uembert le
lira pour le soulager duns ses fonctions. Il
le choisit pour sou successeur et lit apjirou-
ver ce choix par le roi Louis le Germanique
et ses ttls Louis et Charles, par le concJe,
l'abbé et les frères de la connuunauté. Saint
Reuibert^ la dernière semaine avant sa mort,
reçut tous les jours rextréme-onction el le
viatique, selon l'usage de ce lemps-Ià. Il
* mourut le 11 luin 888, Herman, donc, avait
envoyé des plaintes au pape; et Adalgaire,
après en avoir envoyé de son ciité, alla lui-
niêrae à Rome se plaindre des entreprises
d'Hernian sur les droits de son Eglise. Le
p.i[Hi cita Herraan pour comparaître aussi
<ir vaut lui -, et, comme il ne vint point, il dif-
féra le jugement, de peur que s'il se pressait
de le prononcer, la contestation ne se renou-
velât dans la suite. Mais il écrivit à Foul-
ques, archevêque de Keims, lui donnant
commission de tenir en son nom un concile
à Worms avec les évêques voisins, où il
avait ordonné îi Herman de Cologne, et à
j Sundéralde do Mayence, de s'y trouver avec
[ leurs sutTragantsT car Adalgaire devait s'y
rendre aussi, afin que les droits de chacun
Dictions» des PERsÉcuTiONSt L
fassent soigneusement examinés. Le pape
priait ensuite l'archevêque de ileiras de ve-
nir le voir, désirant conférer avec lui de cette
affaire et de plusieurs autres. Cette lettre du
pape Etienne devait être de l'année 890 et
de la fin de son ponlificat, car la réponse de
Foulques fut adressée au pape Forraose, son
successeur*
En 891, notre saint archevêque tint un
concile à Reims, où, de l'avis des évêques
et des seigneurs qui s'y trouvèrent, il fit re-
connaître roi le jeune Charles, fils de Louis
le Bègue, et Adélaïde, â^é d'environ H ans<
11 est connu sous le nom de Charles le Sim-
pk\ el fut couronné le 28 janvier 893. Eudes
ne laissait pas de régner dans la plusgrando
partie de la France, el Charles ne fut d'abord
reconnu que par les seigneurs mécontents
de son gouvernement. En ce même concile
de Heims, on menaça d'excommunication
Baudouin , comte de Flandre, pour divers
crimes. Il avait fait fouetter un prêtre; il
avait été aux églises des prêtres qui y étaient
ordonnés, el y en avait mis d'autres sans la
participation de leur évêque. Il avait usurpé
une terre do^^mée par le roi à Téglise de
Noyon, et le monastère de Saint-Waasl d'Ar-
ras^ Enfin, il s'était révolté contre le roi au
mépris de son serment. Sur tout cela il avait
été depuis longtem[)s admonesté par les évô-
nues sans en avoir protlté. Ceux du concile
tie Beims jugèrent donc qu'il méritait d'être
excommunié; mais, attendu qu'il pouvait
servir utilement l'Eglise et TEtat, ils suspen-
dirent la censure ellui donnèrent encore du
temps pour se corriger. Il déclarèrent à Bau-
douin ce jugement par leur lettre synodale,
et en écrivirent une autre h son évoque dio-
césain, qui était Dodilon de Cambj'ai. Il avait
été appelé au cnncile, mais il s'en était excusé
sur les Normands, qui ôtaient la sûreté des
chemins, et les évêques le priaient d'exhor-
ter fortement le comte Baudouin h so recon-
naître, de lui Hjc leur lettre s'd était pré-
sent, et, s'il était absent, la lui envoyer par
son archidiacre, q^ui la lui fit bien entendre.
Que s'ii ne pouvait approcher de Baudouin,
il fit lire en sa présence les lettres dans un
lieu où il eût insulté à la religion, et qu'en-
suite, s'ii ne se corrigeait, fiersonne, ni
moine, ni chanoine, ni aucun chrétien n*eût
plus de commerce avec lui, sous peine d'a-
nalhème. Si Hétilon, évoque de Nuyoïi, ve-
nait à Arras, Dadilon devait l'aller trouver,
pour faire sur ce sujet ce qui serait k pro-
pos suivant les canons, el en donner avis
par lettres h leurs archevêques.
Ce que nous venons de voir avait attiré
sur Foulques la haine de Baudouin. Ce
prince, étant oiaitre d'Arras, s'était aussi mis
en possession, comme nous l'avons dit plus
haut, de l'abbaye de Satnt-Waa^t, que le roi
Charles lui 6ta pour so[i inhdéhlé , et la
donna à l'archevêque. Mavs Foulques, trou-
vant plus à sa bienséance labbaye de, Sain t-
MéJard, que possédait un autre comte nom-
mé Allmar, échangea avec lui celle de Saint-
Waasl, apnVs avoir assiégé et pris Arras sur
bf comte Baudouin. Le dépit qu*il eu eut
8:3
1051
FOU
passa à toute sa cour; et ses yassaux cher-
chant à le Tenger, ils feigaireot de vouloir
se réconcilier avec le prélat. Ayant épié l'oc-
casion, un jour qu'il allait trouver le roi avec
une trds-f>etite escorte, ils Tabordèrent dans
le chemin, ayant à leur lète un nommé Vine-
mar. Us lui parlèrent d'abord de la réconci-
liation avec le comte Baudouin ; puis, lors-
qu'il s'y attendait le moins, ils le chargèrent
à coups de lance, le firent tomber et le tuè-
rent. Quelques-uns des siens, les ()lus affec-
tionnés, se firent tuer sur son corps ; les au-
tres retournèrent à son logis, porter cette
triste nouvelle, et ceux qui y étaient restés
sortirent en armes pour chercher les meur-
triers. Mais , ne les ayant point trouvés , ils
jetèrent de grands cris, levèrent le corps, le
rapportèrent à Reims, où il fut enterré avec
l'honneur convenable.
Ainsi mourut l'archevêque Foulques, le
17 juin 900, après avoir tenu le siège de
Reims dix-sept ans, trois mois et dix jours,
comme porte son épitaphe. 11 augmenta con-
sidérablement les biens temporels de son
Eglise par les libéralités des rois et de plu-
sieurs autres personnes. Il rebâtit les mu-
railles de la ville de Reims, et quelques nou-
veaux ch&teaux, comme Amont et Epernay.
Il Qt rapporter le corps de saint Remy à
Reims, du monastère d Orbais, et donna re-
traite à quantité de prêtres et de moines
que les ravages des Normands obligeaient à
fuir; il les traitait comme ses enfants. Il re-
çut ainsi les moines de Saint-Denis en
France, avec son corps et plusieurs autres
reliques. U rétablit les deux écoles de Reims,
presque tombées en ruines. Tune pour les
chanoines, l'autre pour les clercs de la cam-
pagne; il fil venir deux maîtres célèbres :
Rémy, moine de Saint-Germain d'Auxerre, et
Hucbald, moine de Saint-Amand, et il ne
dédaignait pas d'étudier lui-môme avec les
jeunes clercs. L'Eglise célèbre sa sainte mé><
moire le dixième de juin.
Le siège de Reims ne vaqua que dix-huit
jours, et le 6 juillet 900 on y ordonna arche-
vêque Hervé, tiré de la cour comme son pré-
décesseur, et noble comme lui, mais encore
jeune. A son ordination se trouvèrent : Viton
ou Guy , archevêque do Rouen ; Ricuifo ,
évoque de Soissons; Hétilon de Noyon, Do-
dilon de Cambrai, Hérmand de Thérouane,
Ogcr d'Amiens, Honoré de Reauvais, Man-
cioii de Ch.ilons, Raould de Laon, Otfrid de
Senlis, Angcran d ^ Meaux. Ce même jour, et
en présence de ces douze prélats, on lut
dans Tt^glise de Noire-Dame de Reims un
acte d'excommunication contre les meur-
triers de larchevùque Foulques, On y ea
nomme trois : Vinemar, Evrard et Rolfeld,
vassaux du comte Ramlouin, et leurs com-
plices en général ; on les déclare séparés
de l'Eglise et chargés d'un perpétuel ana-
tbème, avec toutes les malédictions expri-
mées ilans rEcriture et les canons; défense
à aucun chrétien de les saluer, à aucun
prêtre de dire la messe en leur présence, et»
s'ils tombent malades, de recevoir leur coû-
lessIoD ni leur donner la conununion, même
nu
à la fin, s'ils ne viennent à résipiscence ; dé-
fense de leur donner sépulture. Ea |)ronoiir-
çant ces malédictions, les évèques jetèrent
des lampes de leurs n^ains et les éteignirent.
C'est le premier exemple, c}ue je sache, d^ttoa
telle excommunication. (Tiré de Fleury, t. lU,
livre Liv, passim,)
FRANCESCHI (Ht4qiiithb), le bienhett-
reux, iésuite, fut martyrisé en 1638, au
mois de juin, dans une île du lac Dembéa,
en Abyssinie , par les moines hérétiques de
ce pays. 11 eut pour compagnons de son gle-
rieux martyre François Rodriguez, et le P.
A|)ollinaire Alméida, évêque de Nicée, coad-
juteur de Mendex, patriarche d'Abyssioie. U
était un des six jésuites qui restèrent •&
Abyssinie, sous la direction de Tévéque di
Nicée, après qu'Alphonse Mondez et les au-
tres missionnaires eurent été contraints à
Eartir. Pour avoir plus de détails sur sa mort
ienheureusc, on peut consulter les articles
Abyssinie, Mendkz, Basiudes, ALMÉinA.
FHANCILLON ( le bienheureux FkamcmI
frère de la mission de Madagascar, souffrit b
martyre à Alger le 5 juillet 16t)8, avec W
vicaire apostolique Michel Montmassea.
Tous deux furent attachés à la bouche tfaa
camm.
FRANÇOIS ( le bienheureux ), capucin, ta
massacré à Maeadoxo, vers Taunée IM.
sous le règne du Négous Basilides, fils di
Mélec*Segued. 11 eut pour compagnon (h
son glorieux martyre le P. Chéruoin, capu-
cin, longtemps employé aux mission de
Bassorah.
FRANÇOIS ( le bienheureux ), frandsoiii,
ayant confondu les MusuloMins dans UM
controverse publique à Damietle, ftit coupé
en deux par le glaive musulnuuyk. IChrmh
ques des hrêres Mineurs^ t. II, p. 38i. )
FRANÇOIS (le bienheureux), était friii
dans un couvent de franciscains en Pala-
tine. 11 soutlVit le martyre à l'occasion da et
que nous allons raconter : un chevalier boo-
f;rois, nommé Thomas, qui avait embrassé
'islamisme atin de se concilier U ûiveiir da
sultan d'Egypte, vint, poussé par un secr«l
mouvement de la grâce, visiter les sanctuai-
res de Jérusalem pendant la semaine saiule.
Etant entrô par hasard dans un couvent «le
franciscains, un IVère appelé Nicolas de
Monlecarvino lui reprocha si fortement sou
apostasie, qu'il le ramena à Dieu et le déte^
mina à se rétracter publiquement au Caire*
Craignant néanmoins que le nouveau cuft-
verli no fût pas asseï courageux, il se riia-
lut à raccompagner. Notre saint Tajant ap-
pris les suivit plein de joie avec un autre
irère appelé Pierre. Ce fut le dimanche de
Pâques 1358, qu ils furent admis en i^réseocf
du sultan. Ils lui parlèrent avec une si gé-
néreuse liberté, que ce prince» plein de vt'
reur, les livra au cadi. Celui-ci les condamBi
à être coupés par morceaux, nuis consuaén
par le feu, le 4 avril 1358. (WaddiBi» «a*
135ii, n- 9, )
FRANÇOIS (le prince)» onzitee ils de
Sounou, régule du troisième ordre à la coir
de Chine, embrassa le christianisme d ei
I
er qiiPÎquo tomps après son frère
raalf^ré l'o^ipusitiDn formclîe de sun
fièroi qui, î>our cette nuise, lui délViidil Teii-
Irtp de son palais, ainsi (pi7» ses frères Jean
et Paul. U éleva uoo chapelle dans son pa-
lais, inslruisit sa fenime, sa lille, leurs siii-
T«ni^ et les doiaestiqiies de sa maison, qui
pions furent baplisés quelque leni|)S après
lut. Ce [HÏnce lut, dans les mais qui suivi-
rent» frappé d'une inlirmitéqui aurait désolé
lïeaueoup d'aulres à sa place. 11 devint sourd :
il disait qu'il ne regrettait luis de ne plus
tnteiidre eluir, n'ayjuU plus à recevoir les
dres de la cour, mais que ronime il parlait
|lDi|jf)ur$, il aurait ce qu'il Jaudraii pour le
'Service de Ji-sus-Cluist, Lorsque reaipereur
'Youflg-Tching bannit sa lainille en Tarlarie
pour la f«>i, avant de partir, il demanda au\
mission lïëires la permission de catéchiser cl
de baptiser daos lo lieu de son exil, et les
pria ae lui envoyer le plus qu'ils pourraient
de petites images» de croix et de chapelets.
Le prince François partagea Texil de sa
mille. ( Vov* 1*-^ articles Souîsol, CnisiE.)
FRANÇOIS PAUL (le lùeoîieureux), de la
ÇompagCliede Jésus, t*ortu^^ais, faisait partie
la tf0U(>e de unssioiniaires que le P. Diaz
nduisatt au Brésil, à la suite du P, Azavedo.
n mois après ie dci»art du Saint-Jacques
i portait ce deruiiT, Diaz et ses coEnpa-
;nans quittèrent Mîidère, alln de fioursuivre
roule vers le Urésil avec le reste de la
tte. La tempête ayant dispersé les navires,
lui que montaient notre bieidieureui et
s compagnons dévia vers Pile de Cuba, et
San-lago ou dut abandonner le vaisseau
to^i faisait eau de loules parts. Les voyaj^eurs
iMlITèrent une barque qui les conduisit au
port d'Abana» d'où un navire qu'ils y frélè-
reût , It^s transporta aux Adores le mois
d*doât 1571. Ils y trouvèrent le coraman-
daotde la flotte, Louis do Vasconcellas, avec
le P* Diaz et cinq autres jésuites qui les y
avaient deva'icés. L'amiral voyant son monde
si réJuit ne conserva qu\in navire, et ils se
rembarquèrent le 6 septembre 1571. Iljcutùt
ils rencontrèrent ciua vaisseaux de liaut-
rd, commundés par le Béarnais Capdeville,
Iviniste, qui s'était trouvé è l'abordable du
int-Jacque», Le combat ne fut pas Inug et
calvinistes s'enqiaièrrnt du navire calTio-
ique. Le bienheureux Du\i tut massacre,
is jeté h la mer le 13 septembre; François
le Castro confessait le pilote au momeut où
s calvinistes montaient à Tabordaf^e, et fut
«ssacré; ("laspard Goes subit le même sort;
P. MicbcU qui avait été reiitèrmé avec
fl durant la i uit dans la cabine de
\ lias, ayant jeïé u^i soupir que lui
fttciiail la blessure de son bras, les calvi-
lUtes se saisirent de lui et le j îèrent à la
mtr avec lo bienheureux François Paul- Le5
autres compagnons de leur martyre furent
le P. Jean Alvare, Portugais; Pierre Fer-
Odod I Portuî;5ais ; Ailbnse Fernandez, Pur-
lugHis; Alfouse André Pais, Portugais, un
iUtre Pierre Diaz, Portugais; Jacques Car-
I^slliO, Portugais; Fernand Atvarn, Portu-
■Si$. (Du Jarrio, Uiitoire des chotes plus
FRi
l«M
mémorables, etc.. t. Il, p. 295* Tanner»
So ri et as Jtsu usquf ad sanguinis ei rïïtr pro^
fusionem mititnns^ \k ITi *d 177.)
FRANÇOIS PÉTRIOLO (le bienheureux)
avec ses deux compagnons Monaldo d'An-
es'» ne et Antoine de M il au , fut martyrisé
pour la foi chrétienne en l'an de Jésus-
Christ 1288. Ces saints missionnaires choi-
sissaient de préférence le vendredi» jour
consacré h Dieu chez les musnunans, pour
leur annoncer rKvangile. Ils se livraient à
la prédication même en présence du cadi
d'Erzingïui. Cet olFicier, voyant que le i)euple
était ébranlé par les discours des sain s ))ré-
dicaleurs, crut ne pouvoir mieu\ faire que
de les mettre en présence d'un des prnci-
paux docteurs de la loi, pour nu'ilsy fussent
vaincus publiquement dans la discussion^
mais son es. oir fut singulièrement trompé*
Ce fut au co'itraiie îe docteur mahonn'qan
qui fut vaincu par les disciples de Jésus-
Christ* Les musulmans en éprouvèrent une
grande fureur ; néanmoins le cadi laissa nos
bienheureux se retirer. Mais le conseil des
principaux d'enire les musulmans s'élanl
assemblé, il y fut décidé qu'on contraindrait
les prédicateurs chrétiens, h désavouer pu-
bliquement leur doctrioe. Ils furent donc
tous les trois pris et conduits devant le con-
seil. Au lieu d y désavouer Jésus-Christ, ils
exaltèrent sun divin nom et montièrent que
Mahomet n'était (ju'un imposteur. Il y avait
no aveugle dnns 1 assemblée. Le cadi dit aux
saints contVsseurs : « Vous allirmez que la
foi i|ue vous prêchez a été prouvée par des
miracles : eh bien I ordonnez que cet aveii*
gle voie ; s'il recouvre la lumière, nous croi-
rons à vos enseignements. M «Dieu a la
toute-puissance, dirent les confesseurs; s'il
lui plait (fue ce miracle s'accomplis.^e, il
s'accomplira. » Ils tirent le signe de la croix
sur les yeux de Taveu^^le, il en sortit de Feau
et du sang^et ils s'ouvrirent à la lumière- Ce
miracle ne réussit point h vaincre l'aveugle-
ment des mafiomélans. On lit snrlir l'aveu,^le
guéri, et les franciscains futent una«ime-
nient condamnés à mort. Les trois religieux
marchèrent gaiement au suopîi» e, se lelici-
tant mutuellement de voir la réalisation de
ce ou'ils avaient tant désiré. Arrivés au lieu
de l'exécution, ils leveietit les >eu% au ciel,
étendirent lis bras «m forme de croix, quand
ils virent les m diomclans armés d'énées se
ruer sur eux. Un mahométan, pris ihî pdié
pour les saints martyrs, ayant adres* ' quel-
ques reproclies aux bourreaux, fui immé-
diatement mis a mort par ses coréiiî;;ionfiai-
res. Etfrayés de la rn^e des niahnméf ms, les
chrétiens de la vilh^ s'étnr-nt enfuis dans la
campagne. Ce fui un vendredi à midi que
les trois franciscains niourureid. On coupa
leurs corps eii quatre et utt attarha les mor-
ceaux aux portes de la ville. Des gardes
furent placés auprès pour euqiècher les
chrétiens de les enlever, Un prêtre arménien,
qui avait donné ostensiblement son appro-
batioji aux franciscains dans la discussioa
qu^iis avaient soutenue, fut saisi pai les
mabométans. On lui attacha au cou la tdte
n
1059
FRA
d'un des martyrs, avec une de ces cordes qui
servent de ceinture aux frères mineurs» et
on le promena, en le fustigeant, par toute la
ville. Dès qu'il eut recouvré sa liberté, il en
profita pour recueillir religieusement les
restes des saints martyrs. (Voy. les Chroni-
ques des Frères Mineurs^ t. Il, p. 146.)
FRANÇOIS DE SPOLÈTE (le bienheureux)
prêchait TEvangile aux habitants de Da-
miette. Leur esprit commençait à s'ouvrir
aux splendides clartés du christianisme ;
mais leur cœur restait attaché à la loi de
Mahomet. Ils demandèrent un jour au saint
missionnaire ce qu'il pensait de leur pro-
phète. Celui-ci ne crut pas pouvoir leur ca-
cher sa manière de penser h cet égard. H leur
dit que le mahométisme était une religion
qui devait entraîner la perdition éternelle de
ses sectateurs. Dénoncé pour cette réponse,
il fut emprisonné et condamné à la peine de
mort. Les musulmans vinrent le trouver
dans la prison. « Réfléchis bien, lui dirent-
ils; il te faut opter entre l'abjuration de ta foi,
ladhésion à l'islamisme ou la mort. — Je
choisis la mort, dit François, c[ui doit me
délivrer des misères de cette vie, pour me
faire monter au ciel, où on vit toujours
heureux. Je n'ai qu'un regret, c'est de vous
laisser dans l'ignorance où vous êtes, dans
les turpitudes qu'autorise votre loi, toutes
choses qui vous précipiteront dans les feux
éternels, où déjà brûle votre prophète Ma-
homet. » Les musulmans à ce langage pous-
sèrent des cris de fureur et se çrécipitèreiit
sur le saint. L*un d'entre eux lui asséna, dit
la Chronique des Frères Mineurs (t. 11, p. 1 W),
un tel coup de cimeterre, qu'il le fendit eu
deux. Quoi qu'il en soit d'un fait si extraor-
dinaire, le martyre du saint est constant. Il
monta au ciel recevoir la palme éternelle,
que Jésus-Christ accorde aux saints qui
meurent pour lui. Le martyre de notre saint
eut lieu en 1288.
FRANÇOISE (la princesse), femme de Jo-
seph, douzième ûls du régulo Sounou, parta-
gea les malheurs et l'exil de sa famille en-
tière, bannie pour la foi à Yeou-Oué en
Tartarie, par l'empereur Young-Tching, en
l'année iT2h. Le prince Joseph, ayant été
disgracié l'année précédente et envoyé à
l'armée, à la suite du neuvième flls de l'em-
pereur, s'était fait baptiser la veille de son
départ. Peu de temps après, la princesse sa
femme et tous ses enfants avaient imité son
exemple. Il était parti pour l'armée, laissant
sa famille à Pékin. La princesse fut person-
nellement victime de la persécution que son
beau-père, pour désarmer Tempereur, fll
subir à ses enfants chrétiens. Un des offi-
ciers de Sounou eut ordre de visiter sa mai-
son, sans môme en exempter sa chambre,
d'y prendre tout ce qu'il trouverait de croix,
de cnapelels et d'images, et de les brûler au
milieu de la cour. La princesse était absente
quand cet ordre sacrilège reçut son exécu-
tion. En voyant ce monceau de cendres, elle
faillit se trouver mal, poussa des cris la-
mentables; les voisins crurent que ces ma-
nifestations de douleur provenaient de la
FRA
nouvelle de son exil : ses beaux-frères ne
purent la consoler qu'en lui promettant de
partager avec elle ce qui leur restait de
croix, d'images et de chapelets. Le if juillet
172^, elle suivit toute sa famille au l'eu d*exil
désigné par l'empereur. Sou mari vint l'y
joindre plus tard. (Foy. Souhou, Joseph,
Chine.)
FRANÇOIS XAVIER (le prince), fils atné
du régulo chinois Sounon, n était pas encore
chrétien que déjà plusieurs de ses frères
avaient embrassé le christianisme. Cepen-
dant il parlait partout avec éloge de cette
sainte religion. Dans le palais impérial, asîis
à la porte de l'empereur avec les grands, il
ne souffrait point qu'on l'attaquât ; c'était
son frère Jean qui la lui avait enseignée.
Plusieurs s'offensèrent de-son zèle. Un prince
de ses amis, ou du moins qui se prétendait
tel, sous prétexte de le servir, en parla)
l'empereur. Mais celuinri n'y lit pas atteo-
tion et répondit en termes généraux, de
manière à esquiver cette conversation. Soo-
nou avait chassé de sa présence ses fils
chrétiens Paul, Jean et François; ils cmre&t
que pour le faire sortir de son infidélité et
pour calmer sa colère, personne n'était plos
capable de réussir que leur frère alaé.
Le vieillard l'aimait beaucoup. Il le savait de
bon conseil et le consultait volontiers. Il ac-
cepta avec empressement la commission doot
ses frères le cnargeaient, et s'en acquitta avec
un zèle sage et discret, saisissant peu i pea
et habilement les occasions qui se présen-
taient, de parler à son père de la reli^oa
chrétienne. Mais tous ses efforts, joints aux
prières de ses frères, n'obtinrent pas te suc-
cès qu'on espérait. Le vieillard ne Toalutpas
rouvrir sa maison à ses enfants, à ceux du
moins qu'il en avait chassés ; quant à ceux
de la famille qui depuis se faisaient chré-
tiens, il dissimulait, feignant de ne rien sa-
voir, il se contentait de dire qu*on devait se
montrer très-réservé, de i>eur de compro-
mettre la famille entière. Bientôt unaatre
Î rince baptisé secrètement à Pékin et nomiDé
oseph, ami intime de la famille, joignit ses
efforts à ceux du prince Xavier. Peul-étpe
allait-on réussir à quelque chose, quand la
nouvelle d'une persécution qui s'était éle-
vée dans le Fou-Kien, et une sentence pro-
noncée, le 12 janvier 172^, contre les mis-
sionnaires, vinrent arrêter tout à coup les
bonnes dispositions du vieux régulo. Op
peut voir au titre de ce dernier comment il
fut mandé par l'empereur, qui avait appris
les conversions oper(^es dans sa famille, et
comment il fut condamné à Fexil ainsi que
tous les siens. Ce fut dans ces circonstaoces
que le prince de qui nous écrivons l'histoirt
et qui n'était encore que catéchumène, M
baptisé avec son neveu, ûls de son buitièffle
frère, mort sans avoir eu le même bonheur.
On sait la démarche que fit le vieux régulo
pour obtenir sa grâce. 11 avait fait encbat-
ner ses trois fils Paul, François et Jean, pour
les livrer lui-même à l'empereur; maisceb
n'avait servi à rien et il était revenu déses-
péré dans son palais. Ce fut alors que sou
FRE
Jlls aîné lui représentn lo« grâces singulières
[dont sa faraille avait ulé Tobjet de la port de
[Bleu. « Ltj traitement qu on vous fait t^prou-
[Ter, lui dit-il, vous devez le regnrder
; comme un eiret de Fintiniô miséricorde du
j Tout- Puissant t|Lii veut vous sauver en vous
Ifrappi^nt. Ecoutez IVivertisseinent qu'il vous
[donne : servez-le cotiinie il veut ^'Ire servi,
jfet vous verrez que fiientôt vous serez supé-
rieur h tous ces événements qui vous pai-ais-
sent si malheureux. >» Ni ce Icingage ni celui
les aulnes frères ne purent rien sur le vieil-
hvd qui demenra flans son endurcissement.
Toute la famille prit la route di^ Yeou-Oué,
poste militaire d^ns la Tarlarie, au delà de la
Î grande muraîlîe à 90 lieues de Pékin. C'était
à que l'enipereiirYounç-Tching exilait pour
jla foi toute cette sainte laindle, composée de
^9V personnes et suivie d^enviroo 300 domes-
tiques. Le prince François Xavier était
Fac€<>rapagné dans son exil de sa femme
[Thérèse , qui avait été baptisée quelque
|temps après lui, ainsi que Pierre son second
Ils. Sa belle-tille Agnès avait eu le même
>nheur. On peut voir pour tnut ce qui
[touche ce glorieux exil les articles Chine et
SOL^OU,
FRANÇOISE (la sœur Sainte-)» converse
jChez les UrsuHies à Carpentras, fut guillotinée
Be I3juillet 179i,àOrange,avec Anastasie de
^Bocard, supérieure des Ursulines de Bolène,
Elisabeth Verchière, Alexis Jilineette et Hen-
riette Laforge, religieuses du Saint-Satre-
raent h Bolène. La sœur sainle Françoise
disait aux autres sœurs, la veille de leur
condamnation : «Ahl mes chères sœurs,
quel jour que celui qui se prépare !.,.•. De-
main les portes du ciel s'ouvrent j>our nousj
nous allons jouir de la félicilé des saints.»
FRATERNE (saint), évèque et martyr,
Tersa son s;mg pour la foi à Auxerre. Nous
^ n'avons aucun détail sur Tépocfue et les cir-
constances de son luajtyre. L Eglise fait sa
sainte mémoire le 29 septembre.
FHÉDÉltlC (saint), évéque dXUrecht, fut
martyrisé en 8^8. 11 descendait d'une iamitle
très-illustre chez tes Frisons, Jl fut élevé
dans la pratique de la piété avec les clercs
de TEglise dojit il devint plus tard évoque.
^De bonne heure il se livrait au jeûne et aux
exercices de la plus rigoureuse pénitence.
Quand il eut été ordonné prêtre, î^on évéque
Hiffrid, à qui il succéda en 820, le cbargea
d'instruire tes catéchumènes. Quand il apprit
qu il avait été pj omu à répiscopat» il mil tout
en œuvre pour qu on vouUlt bien le décbar-
iger de ce lourd lardeau dont il se croyait in-
fdiijne, mais l cmperi ur Louis le Débonnaire
'le força de se soumettre; il accepta donc. Il
fut sacré à Aix-la-Cbapellej devant l'empe-
reur, qui lui Ht Texpresse recommandation
de détruire ce qui restait de Tidolâtrie dans
le royaume de Frise. Le peuple, qu'il était
désormais chargé de conduire dans les voies
tîu salut, le reçut avec joie; notre saint s'ad-
joignit plusieurs prôires pleins de zélé, et les
L dissémina dans le nord de ïa Frise, afin de
H répandre partout la lumière de l'Evangile. U
1 •"
FIIE
I
ter. Louis, fils et successeur de Charlemagne,
avait déchargé les Saxons des énormes tri-
buts gue son père les forçait de payer; il les
traitait avec bonté, et ces peup\es, pleins de
reconnaissance, s'attachèrent pour toujours
à son empire. Ses actes de clémence lui mé-
ritèrent de plus le titre de Débonnaire. Notre
saint fut ensuite jversécuté par Fimpératrice
Judith, fille de Welf, comte de Weingarten,
un des principaux seigneurs de la Bavière,
avec qui Louis s'était remarié en 8ï9. Les
causes de cette persécution furent les dérè-
glements de cette princesse, dont Frédéric
Tavail reprise avec un zèle tout apostolique.
Notre saint tourna surtout les etforts de son
zèle sur les habitants de la Walacrie ou
Walcheren, une des jirincipales Iles de la
Zélande, qui étaient très-barbares et rmnemis
du nom de Jésus-Christ. Frédéric travailla
lui-raAme h répandre parmi eux la semence
de TEvangile, et parvint, après bien des
exhortations, des larmes et des prières» à
extirper Thabitude des mariages incestueux,
trôs-réjiandue parnii ces peuples. Néanmoins
ce saint évéque paya de la vie son zèle cou-
ra^îeux. Un jour, qu'après avoir dit la messe
il faisait son aciion de grâces, deux assas-
sins, payés par ses ennemi'^, le prugnardè-
renl, et il expira presqu'aussitôt, en disant :
Je huerai le Seigneur dans la terre des vi~
vants. Plusieurs auteurs ont prétendu que
ces deux assassins avaient été postés par
l'impératrice Judith, qui voulait se venger de
la liberté avec laquelle Frédér c Tavait re-
prise de ses débordements. L'Eglise fait sa
fête le 18 juillet.
FRÉDÉiUC If, roi de Prusse, surnommé
le Grande naquit à Berlin en 1712» Ne pou-
vant s'aceoutumer aux bizarreries de carac-
tère et aux mauvais traitements ou'il avait
à subir de la part de Frédéric-Guillaumo I,
son père, il résolut de s'enfuir de la cour,
après avoir mis dans ses ici té rets un jeune
ofilcier nomme Kalt. Ce projet vint aux
oredles du roi qui, n'écoutant que sa colère,
condamna 1 s deux jeunes gens à mort, Ralt
fut exécuté sous 1rs yeox même de Fré-
déric U, à qui son père accorda la vie, mais
à de dures conditions. Le roi lui permit plus
tard d'habiter le cliâteau de Rhiiisberg, et de
s'y livrer à son goût prononcé pour les let-
tres. Dès lors if recnercba les philosophes
français, et se lia étroitement avec eux, dV
boru avec Maupertuis,. ensuite avec d'Alem-
berr, particulièrement avec Voltaire et quel-
ques autres. Il entretenait avec eux une
correspondance active, les appelait auprès de
sa personne, et les traitait avec honneur. Sur
ces entrefaites, son père étant venue mourir
en 17i0, il monta sur le trône, et sa cour de-
vint le rendez-vous des incrédules français
les plus célèbres. Frédéric les accueillit, leur
donna lies emplois, et les favorisa en toutes
manières. Il causait familièrement avec eux,
et les aidait dans leurs écrits anti-religieux,
On voit dans sa correspondance avec Voltaire
quiliielui cédait point en impiélé; on trouve
souvent sous sa plume le mot dlnfâme gu'il
appliquait h la religion catholique. Ncan-
m%
I
latf
FRU
moins, s'éiaat aperçu que les philosophes,
ne se bornant pas à détruire la religion, vou-
laient aussi briser les trônes des rois, il se
brouilla avec eux , surtout avec Voltaire
qu'il traita parfois très-rudement.
LVdilion la f)lus comi'ièle de ses œuvres
est celle qui parut en 1790, en 23 vol. in-8'.
Le premier ouvrage qu'il fit paraître est
VÀnti-Machiavel ^ composé lorsqu'il n'était
encore que prince royal. Devenu rci à son
tour, il voulut le retirer de la circulation,
dans la crainte qu'on ne lui appliquât, lou-
chant la Silésie, les principes hasardés qu'il
avait émis.
Il mourut en l'année 1786 , après avoir
mérité par ses exploits mi itaires que la pos-
térité lui donnât le surnom de Grand.
FKIEU (Pierre], néophyte tonquinois, fut
mis à mort pour la foi en l'an 1722, au ïon-
3uin, avec uao Amhroise, h* P. Bucharelli,
jésuite, Emmflnufl Dieu, Philippe Mi, Luc
Thu, Luc Mai, Thadée Tho, Paul Noi, et
François Kam« néophites qui môlèrent leur
aiuig à celui du saint missionnaire.
FRONDL Voy. Fondi.
FRONTON, était président en Bithynie,
sous le rèsne de l'empereur Maximilièn. Il
fit souffrir le martyre aux trois sœurs Méno-
dore, Mé!rodore et Nymphodore.
FRONTON (saint) , fut martyrisé à Sara-
gosse, en Espagne, par les ordres de Dacion,
2ui en était gouverneur, on l'aa de Jc^sus-
hrist 304, durant la persécution de Dioclé-
tien. Dix-sept autres furent inaityrisés avec
lui : on trouvera leurs noms à l'article Daciex.
Les dix-huit martyrs do Saragosse sont
très-honorés en Espagne; c'est Prudence (jui
rap|>orte ce qu'on sait d'eux. Us soit inscrits
au Martyrologe romain sous la date du 16
avril. {Voy, Prudence, de Cor.^ hym. k; Til-
lernont, vol. V, p. 229; Vasseus, Belga,)
FRUCTE (saint), martyr à Carthaffe, sous
le règne et durant la persécution de l'empe-
reur Dèce, en l'an 250. Il fut enfermé dans
un cachot avec saint Victorin et une grande
quantité d'autres saints martyrs. On les
laissa mourir de faim par ordre de l'empe-
reur. {Voy, ViCTORiH.) L'Ej^lise fait la fête de
tous ces >aints le 17 avril.
FRUCTUEUX (saint), évoque de Tarragone
et martyr, souffrit pour la foi avec les diacres
Augure et Euloge, sous l'empire de Valérien.
Nous copions ici ses Actes. (An 259, sous
Valérien.)
Sous l'empire de Valérien et de Gallien et
le consulat d'Emilien et de Bossus, un di-
manche, 17 des calendes de février, on ar-
rêta à Tarragone l'évoque Fructueux et les
diacres Augure et Eulogo. Fructueux s'était
jeté sur son lit, et il y prenait un [)eu de re-
pos, lorsaue six soldats, de ceux qu'on nom-
mait bénéliciers, arrivèrent li la porte de ^on
l^gis. Le saint évoque ayant ouï le bruit que
faisaient ces soldats, se leva promptement et
s'avança vers eux jusque sur le* perron. Us
lui dirent : Suivez-nous, le gouverneur vous
demande avec vos diacres. L'évoque Fruc-
tueux leur répondit : Je vous suis; sotilfrez
seulement que je prenne mes souliers. Us lui
FRU
dirent : Vous le pouvez, prenez-les. Ih k
menèrent en prison, lui et ses deux diacres.
Fructueux, ravi de joie à la vue de la ré-
compense que Dieu lui préparait, priait sans
interruption. Les frères, qui ne i abandon-
naient plus, le conjuraient de se souvenir
d'eux lorsqu'il offrait ses prières à Dieu. Le
lendemain, il baptisa dans la prison notre
frère ROçjatien. Le saint évoque et les deux
diacres y demeurèrent six jours entiers, et
ils n'en furent tirés que pour être entendus.
Interrogatoire de Fructueux^ évéqucy <f Ab-
jure et d'Eulogey diacres.
Le gotïverneur Emilien dit : Qu'on fasse
entrer l'évèquo Fructueux et les diacres Au-
gure et Euloge. Un huissier dit : Les voilL
Le gouverneur Emilien dit à l'évoque Fruc-
tueux : Vous n'ignorez pas, sans doute, la
nouvelle ordonnance des empereurs? L'é?ê-
que Fructueux ré[:ondit : Je n'ai aucune con-
naissance de cola, mais en tout cas je vous
déclare que je suis chrétien. Le gouverneur
Emilien dit : Vous savez donc que cette or-
donnance regarde le culte des dieux, f^
qu'elle veut que tous les sujets de l'emp-re,
sans aucune exception, embrassent ce culte?
L'évêque Fructueux répondit : J'adore un
seul Dieu, qui a lait le ciel, la terre et la mer,
et tout ce qu'ils renferment. Le gouverneur
Emilien : Savez-vous qu'il y a des dieux?
L'évéque Fructueux : Je n'en sais rien. Le
gouverneur : Eh bien ! on vous l'apprendra.
L'évéque, dans ce moment éleva son coniri
Dieu, et priait en lui môme. Le gouverneur
reprit : Qui craindr.i-t-ion donc, oui aderef»-
t-on sur la terre, si Ton méprise le culte êtes
dieux immortels et celui des eni|>ereafs?
Ensuiie, adressant la parole au diacre Au-
gure, il lui dit : Ne vous arrêtez pas à ce que
vient de dire Fructueux. Le diacre Augure
dit : J'adore le Dieu tout-puissant. Le gou-
verneur dit au diacre Augure : N'aJorez-vous
point aus^i Fructueux? Le diacre Augure
répondit : Je n'adore point mon évoque, mais
le même Dieu que mon évônue adore. Le
gouv^nneur dit à Fructueux : Vous êtes donc
évêque? L'évoque Fructueux répondit : Oui,
je le suis. Le gouverneur : Dites que vous
l'avez été ; et, sur l'heure, il les condamna à
être brûlés tout vifs. Comme on les condui-
sait à l'amphithéâtre, tout le peuple pleurait,
car le saint évêque était fort aimé, non-sea-
lement des chrétiens, mais des. infidèles
mêmes. Et Ton peut dire qu'il était tel que le
Saint-Esprit, parlant par I organe du docteur
des gentils, le grand Paul, veut que soit
un évêquo. C'est pourquoi la douleur des
frères était mêlée de joie, lorsqu'ils voyaicit
leur père s'avancer à grands pas vers un
bonheur ét(?rnel, et prêt h recevoir la cou-
ronne de gloire. Quelqu"S-uns alors s'anpro-
chant de lui, 1 i présentèreni un verre a eau
et do vin, mais il refusa, disant : Mes frères,
il n'est pas encore l'heure de rompre le
jeûne. C'était sur les dix heures. Il Tavait
uaidé exactement durant sa prison, et les
frères, qui s'étaient tenus assidûment auprès
de lui, avaient solennisé avec lui le jeûoe de
1f48
mv
rcL
1046
la quatrièiDe férié; et il ne voulait pas non
jdas» par une eKactitude adïnirnble, avancer
ce jour-là, qui était un veridri-di, rheur© du
pepas^ ni violer taot soit pou la régularité du
jeune, dilTérant h le rorapn* dans le ciel avec
les pairiarrhes et les prophètes. Lorsqu'il fut
arriré à ramphilhéiUre, Au^ustal, son lec-
teur» s'approcha de lui, fonoant en larmes,
et fo pria dé trouver bon qu'il le déchaussAt»
I Le saint mâriyr lui r*"* pond il : Mon lits, n'en
prenez pas la peine, je med^chaussenii bien
moi-môme, et avec d'autant plus de joie, que
je suis certain que les promesses de Dieu
vont dans peu s*accomplir en moi. lînm^me
temps Félix, l'un de nos frères, lui prit la
main, et le conjura de se souvenir de loi, A
quoi saint Fruclueux rénondil en élevant sa
voix, en sorte que tout le monde Tenlendlt
j distinctement : Je dois me souvenir de toute
fr£gtise catholique, répandue par toute la
[terre, de[>uis rorient jusqu'à roccident. Etant
I près d'entrer dans rainphilhèâtre» s'adressant
[aux lidèles ciui l environnaient : Mes frères,
[leur dit-il, Notre-Seigneur ne vous laissera
[pas comme des brebis errantes sans pasteur;
]il esttldèle dans ses proniesses, et sa bonté
.ne se iasserft jamais de vous être favorable;
[que l'état où vous me voye» oe vous trouble
joint ç une heure de souirrances nasse bien
vite. Les deux diacres, merveilleusement
fèriifiés par ees paroles, monti'^rent avec leur
Iêaint évoque sur le bûcher, comme les trois
féunes Hébreux entrèrent autrefois dans la
fournaise de liabylone» Ils y furent mènje
assistés d'une manière sensible par les tmts
personnes de la Sainte-Trinité. Le Père, paf
sa toute-puissance soutint leur fniblesse; le
Fils les secourut en les animant par son
exemple, et le Sainte-Esprit adoucit pour eux
1^ trop grande ardeur du feu. Dès que les
liens qui serraient leurs m/uns eurent été
eonsuuiés, ils les étendirent en Ibrme de
croix pour prier selon la roulumedes fidèles,
et représentant ainsi le tropliée de la croix
du Sauveur, ils lui reiidireiU leurs âmes dans
le fort de leurs prières. Leur mort fut suivie
de plusieurs nu racles. Le ciel s ouvrit, et
Tan vil Fructueux et ses deux diacres sur le
>inl d'y entrer* Ils (laniissaient encore at-
Flftchés aux imteaux où ils avaient été brûlés.
Abilan et Migdoiuus, domestiques du gou-
verneur, et du nombre des frères, furent té-
moins de celte merveille, aussi tiien que la
I Jeune Emilïenne, sa fille. Ces deux hommes
coururent avertir Erailien lui-même de celle
▼ision surprenante. Venez, seigneur, lui di-
Tent-îls^ venez voir monter au ciel ces hommes
que vous avei condamnés au feu. Le gou-
remeur vint, mais il ne vit rien, son intidé-
flilé Ven rendant indigne. Cependant les
frère« se rendirent à Tamphithéaire la nuit
Sttivante, portant un vin pour laver les coriis
I demi consumés des bienheureux martvrs,
el achever d'éteindre ce qui brûlait encore-
lis recueillirent donc soigneusement tout ce
qui avait pu échapper aux (lammes, et le
partagèrent entre eux. Mais le saint évèque
leur apparut, et les avertit de rapporter ce
lie eaacuu eu particulier avait pris de ces
sacrées reliques, et de les enfermer toutes
dans un même ïieu< Il se montra aussi avec
ses deux diacres devant Emilien, et lui re-
firocha sa cruauté impuissante. Vous pensez,
ui dit-ïl, nous avoir fait périr pour toujours
en rédui^^anl nos corps en cetjJres, et cepen-
d.inl vous nous voye^ vivants et glorieux.
L'E^,^!se l^it la fête de saint Fiuctueui et
de ses cnmj)<ngnons le âl janvier.
FRljCTtj[.E (saint), martyr, souffrit en
Afrique pour la eonfessiou de sa foi, avec les
saints Lucius, Silvain, Rutuk\ i lassique,
Socondin et \Ja\ime. Le Martyrologe romain
ne nous a traiisnjis aucun détail sur eux.
L'Eglise fait leur mémoire le 18 février.
FKUCÏLOSE ou Fat ctukise ( sainte ) ,
reçut îa palme du martyre à Antîoche avec
les saints Rcslitut, Donat, Valérien et douze
autres dont les noms nous sont inconnus.
L'E-lise fait leur fête le 23 août.
FRLlMENTItJS (saints), martyrs, étaient
deuit frères, marchands à Carthuge, qui re--
cueillirent 1;* palme du marlyre vers fan 484,
dans la persécution que Hunéric, roi des
Vandales, suscita aux Catholiques, L'Eglise
célèbre leur mémoire le 23 mars.
FULGENCE (saint), évèque de Ruspe, en
Afrique, docteur deFEglise, confesseur, na-
quit iruno famille illuslre^qui, avant Tinva-
sion des Vandales, avait occuné une place
distinguée dans le sénat de Cartilage. Le père
de notre saint, nommé Claude, ayant été dé-
pnuillé de la maison au'il jjossédait è Car-
thage, en faveur des prêtres ariens, se retira
à Telepte, dans la lîyzacène, où naquit Fui-
§ence, en 468. Marianne, sa mère* lui donna
es son enfance des legons de piété et de
vertu, tandis que des maîtres pleins d'habi-
leté lui enseignaient le grec, le latin et la
littérature. Il tit surtout ue grands progrès
dans la langue grecque , qu'il parlait avec
beaucoup de pureté. Dès sa jeunesse il mon-
trait une sagesse consommée et une grande
habileté dansle maniement des alfaires , aussi
le choisit-on pour receveur général des im-
pôts de la Byzacène, Rienlùt , cependant ,
alarmé des dangers sans nombre (ju'il cou-
rait dans le monde, et encouragé par de pieu-
ses lectures, 11 résolut de briser les liens qui
ratt^cliaientadTx choses d'ici-bas, et d'entrer
ilaus un monastère.
Hunéric, roi des Vandales, avait chassé à
cotte époque plusieurs évèques de leurs siè-
ges; un d'entre eux, nommé Fauste , avait
élevé un monastère dans la province de la
By/acène, et y formait des disciples dans la
pratique de toutes les vertus. Noire saint le
pria de l'accepter au nombre des siens; mais
Fauste, prenant occasion de son temj'éra-
ment, qui paraissait assez faible, lut refusa
sà demande avec des paroles assez dures.
Fulgence lui ayant répondu une celui qui lui
avait inspiré îa volonté de le servir saurait
bien lui donner la force nécessaire, Fauste ,
étonné de cette réponse si modeste et si ferme
è la fois , le reçut eofm au ^.ombre de ses
disciples. Fulgence avait alors 22 ans. Ma-
ritime, sa mère, ayant appris sa résutution ,
vint tout en lartues supplier Fauste de lui
IÛ6f
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tàL
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fidèles 9 il fit bAtir de ses propres deniers
une chapelle h Rampazzo. Il se rendit ensuite
k Rome, afin d'y chercher la solitude qu'il Ae
pouvait trouver parmi ses compatriotes.
Ayant été bientôt découvert, il fut obligé par
le pape Jules II d'exercer l'office de proto-
notaire apostolique. Ce fut alors que, plein
du désir de se perfectionner dans la vertu,
il entra dans la confrérie de V Amour dtrfn,
composée de personnes pieuses, qui travail-
laient autant qu'il était en leur pouvoir à
procurer la gloire de Dieu.
Jules II étant venu à mourir, notre saint
quitta son emploi, revint à Vicence H s'asso-
cia à la confrérie de Saint- Jérôme^ instituée
sur le plan de celle de V Amour divin, et com-
posée en partie de i)ersonnes obscures. Ce
qu'il f lisait par esprit d'humilité, ses amis,
cens du monde, le regardèrent comnie un dés-
Fionneur pour sa famille. Mais Gaétan, loin de
changer sa résolution , s'attacha en particu-
lier aux pratiçfues les plus humiliantes de la
charité, et soignait avec un zèle tout spécial
ceux qui étaient afQigés dos maladies les plus
dé^'oûtantes. Sur le conseil du dominicain
Jean de Crema, son confesseur, il se retira
bientôt à Venise, se logea dans fhôpital qui
venait d'être bâti récemment et s'y consacra
comme dans Vicence au service dès malades.
Sur un nouvel avis de son confesseur, il alla
à Rome, alin de s'agréger de nouveau à la
confrérie ({a V Amour divin. Ce fui alors que,
pénétré de douleur en voyant combien notre
sainte religion était peu connue et si mal
observée de ceux qui en faisaient profession,
il résolut, de concert avec les principaux
membres de la confrérie, d'instituer un ordre
de clercs réguliers qui, dans leur vicnouvelle,
se proposeraient les aj)ôtres pour modèles.
On cite romme les premieis auteurs de ce
pieux dessein : saint Gaétan, Jean-Pierre
Caratfe , archevêque de Théate ou Chiéti
dans l'Abruzze, qui devint pape sous le nom
de Paul IV ; Paul Consigliari et Boniface de
Colle, gentilhomme de l.t ville de Milan. Dans
l'année 152<i^, ils dressèrent le plan de leur
nouvel institut et le soumirent au pape : les
religieux de cet ordre ne devaient point
avoir de revenus, môme en commun, per-
suadés que les oblations volontaires des
lidèles leur fourniraient de quoi subsister.
Après de grandes objections de la part des
cardinaux qui regardaient cet article sur le-
quel reposait le nouvel institut, comme très-
imprudent, le pape Clément Vil l'approuva
entin en 1524. Caralïe fut nommé premier
supérieur, et comme il avait conservé son
titre d'archevêque de Théate, ses religieux
prirent le nom de Théatins.
Nous n'entrerons point dans des détails
étrangers à notre sujet, et nous arriverons
à l'époque où notre saint souifrit d'indignes
traitements et mille tortures à Rome, quand
(Miarles-Quint s'en rendit maître, en 1527.
Un soldat qui avait connu Gaétan à Vicence,
persuadé qu'il avait de grands trésors', le re-
présenta comme tel à Piiilibert de Châlons,
|)rince d'Orango et son chef. Ce luthérien
saisissaBl ce prétexte apparent pourdécharger
sa haine contre le saint-sttee Mr une iftâi
plus grandes gloires de la religioD, fit souf-
irir mille indignités à Gaétan , dont le mo-
nastère fut presque entièrement démoli. On
le laissa ensuite aller en liberté, tout meurtri
de coups. Il quitta la ville arec ses compa-
gnons et se retira à Venise, dans le couvent
de Snint-Nicolas de To'entin, dont il fut élo
supérieur. Nous passerons sous rflence son
application h inspirer aux ecclésiastiques
l'esprit de ferveur et le ménris du monde,
la conversion d'un noble Vénitien, appelé
Jérôme Emiliani , gui fonda, en 1530, une
nouvelle congrégation de clercs réguliers,
appelés Somasques , et qui était revenu i
Dieu par suite des bons exemples df. Gaétan.
Notre saint, étant retourné à Venise en 1537,
y fut fait supérieur pour la seconde fois.
Après y avoir passé trois ans, il revinlà
Naples et y gouverna la maison de son insti-
tut jusqu'à sa bienheureuse mort arrivée te
7 août 15i7, par suite d'une maladie de lan-
gueur qu'il avait contractée au milieu des
austérités et de ses travaux continuels.
L'église de Saint-Paul, à Naples, possède ses
reliques. Plusieurs miracles furent opérés
{)ar l'intercession de notre bienheureux qui
ùt canonisé en 1671. L*Eglise fait safMele
7 août.
GAGELIN , missionnaire en Cochinchine,
s'étant livré de lui-mémo après Tédit pro-
mulgué le 6 janvier 1833, oui ordonnait de
rechercher principalement les prêtres et les
catéchistes, fut étranglé à Huô le 17 octobre
de la même année.
GAIUS, disciple de saint Paul, était dt
Thessalonique. Il était avec saint hri I
Ephèse, quand un orfèvre de celte fille
suscita une sédition contre lui. Saint Paul
n'ayant pas été trouvé par le peuple en fu-
reur, ce furent Gaïus et Aristarque qui fo-
rent arrêtés à sa place. Sans le courage et
les sages remontrances d'un greffier d'B-
phèsc, ils auraient infailliblement péri.
GAIUS, juge qui, à Augsbourg, en Tan*
Jésus-Christ 304^, sous l'empire de Dioclélir,
fit mourir pour la foi sainte Afre, célèbre
courtisanne de cette ville et trois de ses com-
pagnes, ainsi que sa mère. [Voy. sainte Arts.'
GALASSiE (le bienheureux FRâîfçoi$;,oii
Calassn, de Tordre de Saint-Dominique, ni-
tif de Goce*, baptisa de sa main les indi^w
de Trapobella ; au bout de huit ans plusieurs
d'entre eux , qui étaient accoutumés à Tan-
thro|K)phaçie et qui ne pouvaient supporter
le joug de la religion du Christ, le tuèrent i
coup de flèches. (Fontana, Monumtnîûlk'
minicanaj an. 1598.)
GALATAS (saint), martyr. Vop. l'arti*
Hermogène pour plus de détails.
GALAÏION (samt), martvr, fut arrêté so«
Tempire de Dèce, à Emese en Phénicie,
avec sainte Epistème , sa femme. Ils fiirept
déchirés à coups de fouets, ensuite on leof
coupa les pieds, les mains, la langue, etei-
fin on finit par leur trancher la tête. L'Egli>*
fait la fête de ces deux saints le 5 noveniJ**-
GALEFIA (le P. Philippe), missioniiiii^
^
INI GAL
dans to royaume de Congo, fut tué par le«
rwir? dp la province de Sundi,
GALÈRE (C. Gaie ri un Vaieriui Maximia-
nu*], empereur lYHïirtîn, né dans la Dyce, ber-
ger, puis soldai, s<* fit bii;*ntïM remarquer par
son roijra;;e et dt'vmt général. OiocifHieo
Favant remarqui^, Fadopta, lui tjt(*pousf*r sa
tiJIe Valérie, |)iiis, en 292, le nomma César
avec Constanci* Chlore, père de Cooslantin.
IJ vainquit Narsès, roi d<'S Perses, i^t le fonja
à demander la \m%. Ce fut lui qui obligea
par son insistance Dioctétien à innciT ses
é fils de persécution tT^nire les chrétiens.
Ses etrorls pour obliger le vieil em|>ereur à
signer ces édits sanguinaires ajnnt été long-
teinns sans résuliat, il ima^na d'accuser les
chreliens de consjiirer contre le repos de
reinpire et «^ontre la personne mÔine de
lempereur, 11 mit ïe feu au palais df^ Nico-
QléJie et les rharge.i de ce iTune abomina-
bli*. Quand Dioclélien vaincu eut lancé ses
édits, Galère s'en montra reiéeuteuracbariié;
iamais on ne vil de férocité plus grande. Par
lui-môme ou fmr les gouverneurs, il lit
poursuivre, ar rèter, torturer et mourir lous
le:> chrétiens qu'il piil renc lOtrer» Il devint
la ferreur de TE -.Hi se* Ecoulons Lactance
parler de ce jnïnce abominable :
(iaière, étant parvenu k la puissance sou-
veraine, ne s'en servit que pnur le malheur
de Tunivers» Après sa victoire sur les Per-
ses , peuples accoutumés à obéir à leurs
rois en esclaves, il voulut introduire parmi
les Romains la même coutume, dont il .'ivait
Fimpudence de faire l'éloge. Cependant,
comme il ne pouvait t'éiablir par une loi,
il ffiisdit entendre par sa conduite nue son
prngei était de priver les Romains de la li-
Wrlé. Il commença par lenr ôter leurs pri-
vilèges. On appliquait à la question non-
seulement les décurions , mais mémo les
porsoines les pins distinguées de la ville, et
€t)a pour des alfiiires pyromenl civiles et de
peu dHmportance. Si les accusés étaient ju*
%H dignes «le mort, on dressait des croix ;
0^% avait des chaînes préparée -i po r les au-
tres; on traînait les fetnmes de qualité dans
le Gynécée. Si qneiqu*un devait être frappé
di^ verges, on tichait quatre pieux en terre,
quoiqijon n'y attachai pas mfhne les escla-
ve*. Parlerai-je des jeux et divertissements
de Galère? Il avait fait venir de toutes parts
de-* ours d'une grandeur prodigieuse et
cFune féroeîlé juireille à la sienne. Lorsqull
Tntilait s*amns»T, il ftisait apporter ifuel-
v] s de ces animaux qui avaient chacnu
i i(,el leur donnait des liommes plu-
tôt t\ uïglotitir qu'à d'Worer,el qn/md il
voyait déchirer les membres de ces inaltien-
reux il se mettait à rire. Sa table était tou-
I'imrs abreuvée <le sang humain. I>e IVu était
e sup[>lice de c<nix qui r Tétai eut pas convti-
tdi's en dignité; m)n-seulemeril il y avait
luunéies ehrétiens,il avait do plus or-
i -aé mFils seraient brOlés lentrnjent. Lors-
Ï|u*iU étaient Au poiean, on leur mettait un
eu luodéré sous la plante des iiieJs, et on
l'y laissait jusqii*è ce <j|u elle fût détachée des
<À,Ûa appliquait ensuite des torches ardentes
GAL
\mi
sur tous leurs membres, afin qu'iFn'y tût au*
cune partie de leur corps qui n>ût son stip-
|>lice particulier. Durant cette effroyable tor-
ture, on leur jetait de Feau sur le visage et
ou leur en faisait boire,de peur que Fardeur
de la fièvre ne hAtât leur mort, qui pourtant
ne pouvait être différée longtemps. Car quand
le feu avait consumé toute leur chair, il pé-
nétrait jusqu'au fond de leurs entrailîes.
Alors on les jetait dans un grand brasier
pour achever de brûler ce qui restait encore
de leurs corps. Entin, on réduisait leurs os
en poudre et on les jetait dans la rivière ou
dans la mer.
Cette science abominable dans Farl de
tourmenter les chrétiens, Galère s*eQ ser-
vait «^ Fégard de tous ses sujets. Il ne vou-
lait point de peines légères, telles queFexiU
la prison, les mines; tout lui paraissait di-
gne du feu, de la croix, des bètes féroces.
Il faisait châtier s<'S domestiques et ms ofli-
ciers avec la lance. Co(q>er la tète passait
pour une grâce, et il fallait de grands servi-
c e s re 1 1 ' l u s p o u r n b I e n i r u n e m o rt s i d ouce ,
Ceci n*étail rien en comparaison de ce que jo
vais raconter. Plus d'éloqu»?nce, plus d avo-
cats; tous les jurisconsultes relégués ou mis
à mort. Les lettres étaient comptées parmi
les arts dangereux; ceux qui les cultivaient
étaient traités d ennemis lie rKiât et de per-
turtiateurs du repos public, La licence de
tout faire, de tout oser, tenait aux juges
lieu de lois. On envoyait dans les provinces
des juges militaires , sans connaissances et
sans lettres, auxquels on ne donnait pas
même d assesseurs.
Mais le cens qu'on exigea des provinces
et des villes causa une désolation générale.
Les commis rép^mdus partout faisaient les
recherchi^s les plus rigoureuses; c'était Fi-
maj^é affreuse de U guerre et de la captivité.
On mesurait les terrrs, on comptait les vi-
gnes et les arbres; on tenait registre ^\^i^
animaux de toute espèce, on prenait les
noms de chaque indivitlu ; on ne faisait nulle
distinction des bourgeois et des t»ûysans*
Chacun accourait avec ses enfants et ses es-
claves; on entendait résonner les coups de
fouet, on fon;ait, i»ar la violence dos suppli-
ces, les enfants a dé[>oser contre leurs pè-
res, les esrlaves contre !euï-s maîtres, les
femmes contre leurs maris, hi les preuves
matiquaienl, on donnait la question aux pè-
res, aux maris, aux maîtres, pour les faire
déposer contre eux-mêmes, et quand la dou- -
leur avait arraché quelque aveu de leur bou-
che, cet aveu était réputé contenir la vériti\
NiFilge, ni la mala-lif% ne servaient d'excuse;
on faisait apfiorler les intirmes et les mala-
des, on lixait FAge de tout le monrie, on
donnait des années aux enfants, on en Atait
aux vieillards. Ce n'était partout que gémis-
sements et que larmes. Le joug qne le droit
de la guerre avait fait imposer aux peuples
vaincus par les Romains, Galère voulut Fini-
poser aux Romains mêmes : peut-être fut-i*^
parce que Trajan avait puni par l'imposi-
tion dti cens les rév*)ltes fréquentes des Da-
ces dont Galère était descendu. Ou payait de
1
L
1055
GAL
plus une taxe par tète, et la liberté de res-
pirer s'achetait à prix d'argent. Mais on ne
se fiait pas toujours aux mêmes commissai-
res, on en envoyait d'autres dans Tespérance
qu'ils feraient ,de nouvelles découvertes. Au
reste, qu'ils en eussent fait ou non, ils dou-
blaient toujours les taxes , pour montrer
qu'on avait eu raison de les employer. Ce-
pendant les animaux périssaient, les hom-
mes mouraient, le fisc n'y perdait rien ; on
payait pour ce qui ne vivait fins, en sorte
qu'on ne pouvait ni mourir ni vivre gratui-
i tement. Les mendiants étaient les seuls que
le malheur de leur condition mît à l'abri de
ces violences. Ce monstre parut en avoir pi-
tié et vouloir remédier à leur misère. Il les
faisait embarquer avec ordre, quand ils se-
raient en pleine mer, de les y jeter.
Voilà le bel expédient qu'il imagina pour
bannir la pauvreté de son empire. Et de
peur que, sous prétexte de pauvreté, quel-
qu'un ne s'exemptât du cens, il eut h bar-
barie de faire périr une infinité de misé-
rables.
Mais le temps de la justice divine api)ro-
chait, et la prospérité de Galère touchait à
son terme. Tandis qu'il se livrait aux atroci-
tés dont je viens de parler, il ne s'était point
occupé à la perte de Constance. Il attendait
sa mort, qu'il ne croyait pas si proche. Cons-
tance, étant dangereusement malade, de-
manda Constantin son fils, pour avoir la con-
solation de le voir. Il avait déjà fait la même
demande ; mais Galère n'appréhendait rien
tant que le départ de Constantin. Il avait
souvent dressé des embûches à ce prince; il
n'osait l'attaquer ouvertement, de peur de
s'attirer une guerre civile, et surtout la haine
des soldats qu'il redoutait au dernier point.
Il l'a va t exposé aux bêtes, sous prétexte
d'exercice et de divertissement ; mais Cons-
tantin, par la protection divine, avait échappé
aux dangers ; tous les elforts de Galère fu-
rent inutiles, toujours il se sauva des mains
de son ennemi. Enfin Galère consentit au
départ de Constantin ; il signa le congé sur
le soir, et lui permit de se mettre en roule
le lendemain matin, toutefois après qu'il au-
rait pris ses ordres. Son dessein était, ou de
l'empêcher de pariir, sous quelque prétexte,
ou d'écrire à Sévère de le retenir quand il
passerait en Italie. Constantin, soupçonnant
ce dessein, soupa à la hâte, et, pendant que
l'empereur reposait, il monte à cheval et se
sauve. A toutes les postes, il fait couper les
iarrets aux chevaux, pour empêcher qu'on ne
le poursuive. Galère, faisant semblant de
s'éveiller plus tard qu'à l'ordinaire, fait ap-
peler Constantin. On lui dit qu'il est parti la
veiile, après le souper. Il entre en fureur, et
veut que l'on courre après lui. Apprenant
ensuite que les chevaux de poste sont estro-
piés, il a peine à retenir ses larmes. Cepen-
dant Constantin, ayant fait une diligence in-
croyable , arrive auprès de son père , qui
était à l'extrémité. Constance, mourant, re-
commande son fils aux soldats , lui remet
1 empire entre les mains, et expire tranquil-
lement, dans son lit, comme il l'avait désiré.
GAL
Constantin, devenu empereur, coramençt
par rendre aux chrétiens la liberté de pro-
fesser leur religion.
Quelles jours après, son image, couverte
de lauriers, fut apportée à Galère , qui déli-
béra longtemps s'il la recevrait, et il était
déterminé à faire brûler et l'image et celui
qui la lui apportait. Il en fut empêché par
ses ministres, qui lui représentèrent qu'une
telle action pourrait avoir des suites fâcheu-
ses, et que, comme on avait créé des césars
inconnus et désagréables aux soldats, ceui-
ci ne manqueraic^nt pas de se ranger du parti
de Constantin, s'il paraissait en armes, il re-
çut donc l'image, mais à regret, et il envoya
la pourpre à Constantin, pour paraître l'aîoir
associé à l'empire, de son plein gré. Ses me-
sures étant dt^concertées, il ne pouvait nom-
mer un troisième césar, contre la disposition
de Dioclétien. Il s'avisa de ce stratagème : il
donna le nom d'auguste à Sévère, qui était
le plus â^é, et le titre de césar à Constaiitia,
qui, au heu d'avoir le second ranç, setroun
rejeté au quatrième et après Maximiii.'
Les choses étaient, en quelque sorte, a^
rangées, lorsgue Galère apprit une nouvelle
faite pour lui causer de vives inquiétudtrs.
On lui manda que Maxence, son geadre,
avait été fait empereur à Rome. Voici quelle
fut la cause de celte révolution. Galère, ré-
solu de ruiner l'empire par l'impositiOD du
cens, en vint à ce point de folie, de vouloir
assujettir le peu)>le romain à ce tribut. I^jà
il avait nomioé des commissaires pour ftire
le dénombrement, et, en même temps, il
avait affaibli le corps des prétoriens. Les
soldats restés à Rome, profitant de rocca-
sion qui se présentait, firent main-basse sur
3uelques magistrats, et revêtirent Maience
e la pourpre, du consentement du peuple»
d'ailleurs animé contre Galère. A cette ooa-
velle, quoique frappé de cet événement, Teo-
pereur ne se laissa pas cependant trop ef-
frayer. Il haïssait Maxence, et il ne pouTail
créer trois césars. Il se contentait d'afoir i
agi une fois contre son gré, en déférant cet
honneur à Constantin. Il fait donc venirSé-
vère, l'eihorle à recouvrer l'empire, et l'en-
voie avec l'armée du vieux Maximien contre
Maxence. Les soldats, qui avaient goûté les
délices de Rome, désiraient, non-seulement
la conservation de cette ville, mais souhai-
taient encore y passer le reste de leur rie.
Maxence, après une démarché si hardie, son-
geait à sa sûreté. Il avait heu de croire qu€
l'armée de son père, qu'il avait si longteinfif
commandée, pourrait se ranger de son wtL
Pensant néanmoins que Galère, qui avait «n-
jet de s'en méfier, pourrait laisser Séfère
dans rillyrie, et venir l'attaquer avec sona^
mée, il chercha le moyen de se mettre à
couvert de ce danger. Il envoie présenter I»
pourpre au vieux Maximien, son père, qo*
depuis son abdication , était retiré daus It
Campanie, et le nomme auguste pour la s^
conde fois. Ce prince, avide de nouveautèii
et qui avait quitté l'empire malgré lui, *?•
ce[>te volontiers ce qu'on lui offre. Cependant
Sévère marche contre Rome, et fait jniiiedi
fwr
CAL
GAL
«058
vouloir rassiéger. Au«isilôt ses soldats rnban-
I donnent et prennent k* parti de sou ennemi,
11 n*a plos d'espérance que dans la fuite.
Mais le vieux Maxiêiien, redevenu empe-
reur, se trouve sur son passage, te qui ro-
bH^e de se jeter dans Ravenne, et de s y ren-
fermer avec ce qu il put ramasser de troupes.
Voyant qu'il allait être livré à son ennemi,
, il se rem il volontiers entre ses mains, et ren-
I dit la pourpre h relui de qui il l^avait reçue.
Cet acte de lâcheté ne servit qu*à lui procu-
rer une mort plus douce ; ou se contenta de
lui ouvrir les veines.
Le vieux Maximien, connaissant la fureur
de Galère, nn douta point qu^après avoir a[>
I pris la mort de Sévère, il n'accourût, avec
I son armée, pour la venger ; qu*ïl ne sejoignît
^v à Maitimiii, et qu'il ne se procurât des for-
^■ces redotilables, auiquelles il serait dillicilo
I de résister. Il munit donc la ville de Rome
I de tout ce qui et lit nécessaire pour la mettre
^^en sûreté ; après quoi , il part pour les Gau-
^Ples, alin de faire entrer Constantin dans ses
intérêts, en lui faisant épouser s*» tille Fansta,
Cependant Galère rassemble son armée, at-
taque ritaïie, s approche de Home, ne respi-
ra rrt que la ruine du sénat et le carnage du
people; mais il trouve tnut en lïon état. Il
ne pouvait espérer d'emporter la ville de
force, et il n avait pas assez de troupes pour
en former le siège. Comme il n'avait j/ïmais
vu Rome, il s'imaginait mfelle n*avait pas
lus d'étendue que les villes qu'il connais-
ait. Quelques légions, indignées decequHm
eau-père attaquait son gendre, et de ce que
Içs soldats romains tournaient leurs armes
contre Home, abanilonnèrent le parti de Ga-
lère. Le reste de Tarmée était sur le point
d'imiter leur exemple. Alors Galère, oubliant
son orgueil, et craignant d éprouver le sort
de Sévère, se jette honteusement aux pieds
des soldats et les supjilie de ne point le li-
vrer à son ennemi. Entln, ses belles promes-
ses ejfi touchèrent quelques-uns, avec les-
quels il se retira, ou pïutùt prit la fuite. Il
eût été facile de le délaire, si on eût envoyé
quelques troupes après lui. Dans la crainte
3u*il en eut, il ordonna à ses soldats de se
isperser et de ravager tout, afiu d'oter le
moyen de subsister à ceux qui voudraient le
poursuivre. Les provinces d'Italie où pé-
nétrèrent ces brigands furent entièrement
saccagées. Oufiutrageait les femmes, on vio-
lait les tilles, on faisait soulfrir des traite-
ments indignes aux pères et aux maris, pour
les forcer de déclarer où étaient leurs filles,
leïirs femmes, leurs richesses. On enlevait
les bf^stiaux, comme dans un pays conquis.
Ce fut ainsi que Galère, devenu d'empereur
romain le fléau de ritalie, regngna les terres
de son obéissance. On n avait pas lieu des en
étonner, puisqu'étant parvenu à la sou%'e-
raine puissance, il se montra Tennemi du
nom romain, en formant le projet d'ordon-
ner qu'à Tftvenir le titre d'Empire Romain fût
changé en celui d'Empire Dacique.
Après la fuite de Galère, le vieux Maxi-
mien revint des Gaules. Il gouverna, con-
ûls; mais Fautorité du
e
fils était plus grande que celle du père ; car,
comme Maxence avait rendu Tempire à Maxi-
mien, cette conduite lui avait gagné tous les
cœurs. Cependant le vieuiç prince voyait avec
f>edne la puissance souveraine partagée entre
ui et son fils, et, en Jeune homme, il lui
Sortait envie. Il résolut donc de chasser
faïence et de se remettre en possession de
son ancien héritage. Il espérait y réussir fa-
cilement, parce que les soldats qui venaient
de quitter Sévère, lui avaient obéi longtemps,.
Il assemble Tarmée et le peuple, comme s'il
eût été question de les entretenir des mal-
heurs de l'E'at ; puis, après un long discours,
il met la main surMaxenre, Taccuso d'être
rautcurdes calamités publiques, et lui arra-
cht^ la pourpre. Le prince, dépouillé, sejetle
au bas du tribunal, et est reçu par les sol-
dats, dont la rolèie et les murmures cton-
nenl l'ingrat vieillard, qui fut ensuite chassé
de Home comme un autre Tarquin.
Maximien retourna dans les Gaules, où il
passa quelque temps. De ]h il alla trouver
Galère, sous prétexte de vouloir conférer
avec lui sur les atïaires de l'Etat. Mais fon
vrai projet était de se défaire de ce prince,
afin <le s*eraparer de la puissance qu'il avait
perdue. Depuis peu, Galère avait fait venir
a sa cour Dioc lès ou DioÉ'létien, dans la vue
d auloriser, par sa présence, la substitution
de Licinius a Sévère. Dioclétien el le vipux
Max i mien assistèrent h la cérémonie- Alors
six personnes furent revêtues de la puissance
souveraine. Maximien » trompé dans ses es-
pérances, pense à une troisième fuite. Il re-
tourne dans les Gaules avec des desseins
pervers. Au mépris de l'affinité qui l'unissait
a Constantin, il cherche h le surprendre. Et,
pour assurer le succès du piège qu'il lui tend,
il quitte les ornementsimpériaux. Les Francs
avaient pris les armes. Le rusé vieillard v^r-
suade à Constantin, qui ne se défiait de rien,
de ne pas faire marcher toute son armée, en
l'assurant qu'une partie suflirait pour dissi-
per ces barbares. Il avait un double objet
dans le conseil qu'il donnait, Fun de se ren-
dre maître d'une armée, l'autre de facihter
aux Francs la défaite de Constantin. Le jeune
prince suit le conseil d'un heau-père qui
avait de Tiige et de l'expérience, et marche
contre les Francs avec une partie de ses
troupes. Quelques jours après, le perfide Ma-
xiraien, jugeant que Constantin rouvail être
entré dans le pays ennemi, prend tout à coup
la pourpre, se saisit des trésors de son gen-
dre, fait h son ordinaire de grandes profu-
sions et invente sur le compte de Constantin
des calomnies qui tombèrent bientôt sur lui-
môme. L*empereur, instruit de ce qui se
passe, accourt avec son armée* Maximien,
qui n^avail pas eu le temps de se préparer,
est surpris parla diligence de son ennemi, et
les soldats rentrent dans la devoir. Constati-
tin apprend que Maximien s'est saisi de Mar-
seille et que les portes en sont fermées. Il
en approche. Maximien était sur les murail-
les. Constantin lui demande , mais d*un ton
où il n'y avait ni colère ni emportement,
quel est sou dessein, quel sujet àe mécoû^
1
teutemeot il peut avoir, ce qui peut lui man-
quer et pourquoi il s'est porlé à uae démar-
che si déshonorante pour lui? 11 ne lui eal
répondu que par des injures. Cependant les
Kr'.es de Marseille s'ouvrent et on y reçoit
rraée victorieuse ; on Iraîne devant Tempe-
reur un empereur rebelle, un père dénaturé,
un beau-père perfide, on lui met ses crimes
devant les yeui, on le dépouille de la pour-
pre, on lui pardonne, non pas toutefois sans
lui avoir fait les reproches qu'il méritait.
Maiimien, se voyant privé de la dignité
impériale et des égards qu'il croyait dus à un
beau-père, fut outré de celte humiliation. 11
forma de nouveaux projets. Enhardi par
l'impunité , il fait venir Fausta, sa fille, et
l'excite par ses prières ainsi que par ses
caresses à trahir son mari, et lui en promet
un autre plus digne d'elle. 11 lui demande
de laisser ouverte la porte de la chambre
de l'empereur et de prendre des mesures
Ïour qu elle ne soit pas gardée avec soin,
austa promet de dérérer à la demande de
son père, mais elle donne sur-le-champ à
Constantin avis de ce qui se passe. On arrête le
ttlandeconduiteà tenir pour prendre surlefait
e uerfide Maximien. On met un eunuque dans
le lit de lempereur, aGn de racheter par ce
sacrifice d'une âme vile la vie la plus pré-
cieuse de l'univers. Cependant Maximien se
lève au milieu de la nuit, tout est favorable
à l'exécution de son dessein ; il trouve peu
de gardes, encore sont-ils éloignés les uns
des autres. Il leur dit qu'il a eu un songe
dont il veut faire part à son gendre. Il entre
dans la chambre de l'empereur avec un poi-
gnard, tue l'eunuque, sort, et publie tout
Slorieux le crime qu'il vient do commettre,
lais d'un autre côté Constantin se montre
avec une troupe de gens ai:més. On tire
de la chambre impériale le corps de Teu-
nuque assassiné. A ce spectacle, le meurtrier
demeure muet d'étonnement. Pour toute
grâce on lui laisse la liberté de choisir le
!;enre de mort qu'il voudra. 11 se pen«iil. Ce
ut ainsi qu'un empereur puissant, qui avait
été pendant vingt ans le maître du monde,
finit une vie détestable par une mort igno-
minieuse.
Dieu ayant vengé sa religion et son peuple
sur le vieux Maximien, étendit sa main sur
Galère, un des plus ardents persécuteurs des
chriHiens, et lui fit sentir la pesanteur de
son bras. Ce prince, à l'exemple do Dioclé-
tien, songeait à célébrer les vicennales, et
d'après ce prétexte, quoique par ses exac-
tions précédentes il eût épuisé l'or et l'ar-
gent des provinces, il chargea encore le
peuple de nouveaux impôts. Il sj^ait impos-
sible de dire avec quelle rigueur se levè-
rent ces taxes. Galère avait j>our exécuteurs
de ses ordres des soldats ou plutôt des bour-
reaux. On ne savait lequel il fallait satis-
faire le premier ; nulle grAce pour ceux qui
étaient dans l'impossibilité de payer; on
devait s'attendre aux plus cruels tourments,
81 on ne donnait sur-le-champ ce qu'on n'a-
vait pas. On était entouré d'une foule de
•urveiHants barbares qui ne permettaient
CAL
Ks de respirer ; aucun temps de Tannée où
n pût avoir le moindre repos : tous les
jours de nouvelles querelles, de nouveUes
demandes ; point de caves, point de jauges
sans un commis ; on emportait tout ce qui
était nécessaire aux plus indisp 'nsables
besoins de la vie. Quelque horrible qu'il
soit de se voir ravir le fruit de ses peina
et de ses travaux, au moins petut-on se cod-
soler par l'espérance d'un avenir plus hea-
peux. Mais comment se passer de vêtements
et de meubles ? N'est-ce pas aveo la vente
de ces denrées qu'on se procure ces chestit
Et comment se lus procurer, si un prince bar-
bare enlève tout le fruit des productioas de
la terre? Qu'est-ce qui n'a pas été dé-
pouillé de ses biens pour fournir aux fiais
de ces vicennales, qui toutefois ne defaieol
pas avoir lieu?
La nomination de Licinius à Tempire irriti
beaucoup Maximin ; il dédaignait le titre
de césar et la troisième place d'hooneor.
Galère lui envoya plusieurs députés pour loi
représenter qu'il devait obéir, se soumettre
à ses arrangements , céder à l'âge et beDO-
rer la vieillesse. Mais Maximin n'en deviol
aue plus audacieux. 11 fit valoir TaDtériorité
u temps , prétendant qu'ayant reçn la
{)ourpre le premier, il avait droit d'oceopcr
a preuiière place. Ainsi il se moguades
prières et des ordres de Galère. Ce prinee fat
furieuxde ce qu'un homme de néantqu'il mit
élevé à la dignité de césar, dans l'espéram
qu'il n'aurait d'autre volonté que la steone,
poussait l'ingratitude au point de ne tenir
compte ni do ses ordres, ni de ses piières.
Outré do l'insolence de Maximin, il suoprâie
le nom de césar, prend avec Licinius la qua-
lité d'auguste, et donne à Maxeuce et I
Constantin celle de iils d'augustes. Quelqic
temps après Maximin lui dopécha un eou^
rier pour linformer que son armée veDail
de l'élire empereur.
Galère apprit cette nouvelle avpc cbam
et il ordonna de les reconnaître tons qoatre
empereurs. Dieu frappa (lalère à la dix-hui-
lième année de son rèene, d'une plaie ù-
solument incurable. Il so forma dans li
partie do son corps que la pudeur défeod
de nommer, un abcès qui lit bientiM des pro-
grès considérables. Les amputations des
chirurgiens deviennent inutiles, un noutel
ulcère perce la cicatrice ; une veine rompK
rend une telle quantité de sang, que 1^
malade court risque de la vie. Ce|>er dant
on arrête le san^, il s'échappe encore n»
fois. Enfin on vient à bout de cicatriser b
plaie. \]n léger mouvement du corps U M
rouvrir; le sang coule avec plus d'aboe-
dance que jamais. L'empereur devient pik
et n'a prescjue plus de force. Le ruisseau*
sang se tarit encore, mais les remèdes soi
ineilicaces contre le mal. 11 survient udcH*
cerqui gagne les imrties voisines; plail*
chirurgiens coupent plus il s*étend ; les wt-
dicaments ne servent qu'à l'aigrir. Onap-
pelle de toutes parts les médecins lespl<*
célèbres, mais les secours humains seB(
inutiles. On a recours aux idoles, oo i^
CâL
f062
• ni
n
plom rassist*itice d'Apollon et ti*EscuIape.
AfioUan indique un remède * on en fait
usage, et le mal empire. La mort approche
et ^le s'est déjTi saisie des parlios basses ;
les entrailles sont gâtées et tout le si(^ge
tombe en pourriture. Les médecins redou-
bltnl de soins quoique sans espérance do
fÂosâir; ils ont beau atiaqner le mal de
toutes les manières, il ne leur est pas possi-
ble de le vaincre; il rentre en dedans et se
jette sur les parties internes où. il s'engen-
dre des vers. Une OiJeur insupportable so
répand d^ins le palais el même dans la ville.
Les conduits de rurine et des excréments ne
sont plus séparéîv; les vers rongent le corps
du malade qui se fond en pourrilure et lui
cause des dooleurs etfroyables. De temps en
temps il lui échappe des"^ cris ou pluttVt des
gémissements horribles. Oo lui applique des
anioïaux vivants ou de la viande chaude,
afii» que la chaleur attire les ?ers en dehors,
mais quand on nettoie les plaies, il ressort
une fourmilière de ces animaux voraces, et
ses entrailles en deviennent une source in-
tarissable. Les pnrties du corps aYaient ner-
du leur forme ordinane; lehautJusqu^àVul-
cère, n'était qu'un squelette; une raaij^reur
aiTreuse avait attaché fa peau sur les os ; les
pieds par leur enôure excessive ne ressem-
biaient plus h des pieds. Cette épouvantable
m^Udio dura un an tout entier. Enlin,
Galère» vaincu par cet assemblage de maux,
fut coûtrainl de reconnaître le vrai Dieu.
Durant les intervalles d'une douleur nou-
velle, il s'écrtequ'il rétablira TEglise tJes chré-
tiens et qu'il expiera son crime. Etant M'extré-
mité, il ordonna de publier Tédit suivant :
« Quoique nous nous soyons toujours oc-
e«pé du bien et de Tutililé de FElat, nous
o'avons famais eu rien tant à cœur que de
rétabbr les choses dans Tordre ancien, et do
ramener les chrétiens h la religion de leurs
pères qu'ils avaient abandonnée. Car non
content de mépriser les cérémonies insti-
tuées par leurs ancêtres, ils en sont venus
à ce iK>int de folie de se faire des lois h eux-
mêmes et de tenir diverses assemblées
daris les provinces. Ce que nous aurions dé-
fendu par nos édils et leur aurions ordonfié
de rentrer dans ïa bonne voip. A quoi plu-
sieurs ont déféré par crainte; plusieurs
aussi, pour avoir refusé d'obéir, ont été pu-
nis. Et comme nous sommes informé qu'il
on a un grand nombre qui persistent dans
ur opiniâtreté et qui ne respectent ni la
eli^on établie ni celle tlu Dieu des chré-
tiens, en considération de notre douce clé-
mence et de notre coutume perpéloelle de
pardonner à tous les hommes, nous vou-
j'His bien leur faire ressentir les elfets de
Un tre bonté. C'est pourquoi irons leur per^
mettons d*exercer la religion chréticn?)e et
de tenir leurs assemblées, pouvu qu'il ne s'y
passe rien de contraire aux lois* Far une
autre déclaration, nous ins! mirons nos ofTt-
ciers de justice de la conduite Éju'ils doivent
tenir à leur égard. Notre indulgence doit
Jes porter à prier leur Dieu pour notre santé,
pour la prost>érité de l'Etat, comme pour
leur propre conservation, afin que l'em-
pire subsiste éternellement, et qn iïs nuis^
sent mener chez eux une vie paisible et
tranquille. »
Cet édit fut publié à Nicomédie, la veilla
des calendes de mat (30 avril), Galère étant
consul pour la huitième fois et Maximin
pour ja seconde. On ouvrit les prisons. Ce
fut alors que, etinjnintement avec les autres
confesseurs de la foi, vous recouvrâtes, cher
Donat , votre liberté, après un emprisonne-
ment de dix ans. Dieu cependant ne par-
donna [ïoint h tialère, car peu de jours après,
ayant recommandé sa ftmme et son fi\s h
LiciAios, et tout son corps étant réduit en
pourriture, il exfiira. Sa mort fut aussitôt
divnlj^uée à Nicomédie, où il se proposait
de célébrer les vicennales aux calendes de
mars suivant.
(iALLICAN (saint), re(;ul la couronne du
martyre à Alexandrie. Ce saint martyr était
un personnage consulaire, qui avait reçu
rhonncur du triomphe, et que l'empereur
Constantin aimait tendrement. Converti à la
foi de Jésus-Christ par les saints Ji-an et
Paul, il se retira avec saint Hilarin dans la
ville d'Ostie, où il se donnri tout entier à Khos-
pitalité et an service des intlrines ; ce ([ui
ayant été publié par toute la terre, une inli-
nité d*' monde vint de tous côtés, pour voir
un homme qui avait été patrice et consul»
nettoyer les pieds des pauvres, dresser les
tables où ils devaient manger, leur donner
à laver, servir les malades, et s'appliquer h.
tous les autres exereij:es de la charité et de
la piété chrétienne. Il fut dr^puis, sous Ju-
lien l'Apostat, chassé de celte ville et con-
traint de se réfugiei-à Alexandrie, où le juge
Itaiicien, qui voulait rengager à sacrifier
aux idoles» ne recevant de lui que du mépris,
le lit mourir [>ar le glaive, et le rendit mar-
tyr de Jésus-Christ, L'Eglise fait sa sainte
mémoire le 25 juin.
GALLIEN [Lkinius Ef^natiits Gailienus),
emj»ereur romain, fut associé par son père à
Femnire, en l'an 253, aussitôt son avénem* nt.
Pendant tout le règne de son père, Gaîlien
s'etl'a*;a derrière lui : on ne peut le juger que
par ce qu'il lit quand il fut arrivé à l'empire,
seul, et libre de tonte volonté extérieure à
lui. Le premier trait du tableau que nous
avons à en ftiire, est celui-ci : il ne lit rien,
absolument rien pour délivrer Valérien de
l'ignoiûinieuso ca^ilivité qu'il endurait '^hex
les Perses. On dirait presque qu'il ne se
souvint pas de lui. Rien pour venger l'hon-
neur de la patrie, rien p>ur obéir h un sen-
timent de tendresse filiale. Aussi lâche em-
pereur qu(? mauvais tils, en deux coups de
pMiceau, voilii iiallien. Maintenant qn'^ijon-
1er? Ksl-ce qu*un h^mme n'est pas ainsi siilh-
sammeiil caractérisé ? Faut-il encore lui cber-
cherdcs vertus et des vices? Nous ne le pensons
pas ; quand un homme historique t st coulé
dans un pareil moule, tout ce qui vient en-
suite n otfre que des nuances sans caractère
et sans importance. Des auteurs ont dit que
Gallien avait de l'esprit, qu'il était bon orateur
et bon poëte ; de Tesprit sam coaur, c'est dilli*
1
1
GÂL
cilo; orateur et poète» ce Test davantage en-
core. L'orateur est celui qui émeut, en ren-
dant en belles paroles de nobles sentiments,
de saintes vérités, autrement il n'a que le
son aue la phrase, verba canora^ vmas sono-
res : le poète, est celui qui sait donner aux
générosités de son âme, au!t itlusions de
son cœur» cette forme splendide que Dieu
révèle aux natures privilégiées, qui gardent
ici-bas Tempreinte de la raain divine qui les
forma. Les poètes sont ces il m es eicilées, qui
ont sur terre des réminiscences du ciel ;
pauvres oiseaux errants qui se souviennent
encire du nid qui les vit naîti'e, pauvres
anges tombés qui redemandent les cieux»
en chantant ta prière, le malheur, les har-
monies d'ici- bas, Gallien ne pouvait être
oratf^ur ni poète. Admettons qu'il le fût,
alors il prouva bien qu on peut être orateur
et poëte et ne faire qu'un détestable empe-
reur. Un trait que nous ne passerons pas
sous silence, c'est que, quand il mourut, il
était sur le point de céder au philosophe
PltJtin une partie considérable de la Hampa-
nie, pour y élablir une république platoni-
cieine. Ainsi, dès ces temps reculés, nous
le disons t>our ceux qui ont la niaiserie de
croire à la nouveauté des doctrines qu'on
prt>che de nos jours, oui, dès ces temps re-
culés, et bien auparavant, les duperies socia-
listes couraient le monde. Quel dommage
que t^abet, Considérant, Proudhon , et tous
ces hommes f|ui font des nouveautés avec
les vieilles défroques des niais et des fous do
l'antiquité, n'aient pas vécu sous un Galïien 1
Et dire qu ils ne sauvent et ne régénèrent
pas 1 humanité, faute de pareils princes 1
Gallien était digne de comprendre le Pha-
lanstère, llcarie et la Banque du peuple*
Gallien s'occupait beaucoup des petites cho-
ses et peu des grandes. Il monira dans plu-
sieurs circonstances du courage et de la liar-
diesse ; mais ce ne fut jamais que quand sa
position personelle fut diamétralement atta-
quée, ou bien quand In mépris qu'on lui
témoignait pour sa lâcheté habituelle le lit
monter jusqu'au paroxisme de la colère. Il
était très-enclin à cette dernière passion ;
elle le poussait même à des actes de la plus
atroce cruauté. Il tit tuer quelquefois jus-
qu'à deux ou trois mille soldats. Après cela
Z'jnare vient nous dire qu1l était magnifique
et libéral; Aramien, qu il était généreux et
pardonnait aisément. Nous l'avons dit en
parlant de son père, les esprits étroits et mé-
diocres, les âmes sans dignité, sans courage
et sans moralité réelle, vont sans cesse d'un
extrême à l'autre. Un sage milieu est le che-
min de la vertu. Quant h marcber toujours
sur les hauteurs culminantes, cela n'appar-
tient qu'au génie. Que Gailien ait eu la vo-
lonté capricieuse et bizarre au point de con-
tredire sans cesse sa conduite et ses actes,
cela ne nous surprend pas, c'est le contraire
qui le lerait. Cet empereur avait le goûl du
luxe et des voluptés. Paresseux et inactif,
i\ abandonnait le soin des ailaires pour se
plouger dans la débauche , pour se li-
vrer aux excès les plus dégradants. La nuit.
GAL
tw
courait les
le
comme Héliogabale et Néron, il
cabarets et les mauvais heux de Romt .
jour, il se livrait à la boisson et à la boD
chère. Son temps, s'il n'était employé à(
infamies ou à des crimes. Tétait a des b$%
telles ou à de soties futilités. Sous son rè-
gne, la puissance et le prestige du nom rt>-
raain tombèrent encore plus l*as que sous
son père. De tous côtés les barbares venaient
piller et saccager les provinces ; on les fit
jusque dans l'Italie elle-méoie. Partout les
lois de la discipline étaient en oubli, les
ressorts du gouvernement relâchés. Plus de
tèle pour commander aux membres. Rieo
que sous le rè^^ne de ce prince, trente com-
pétiteurs à Te m pire prirent la pourpre. Quafld
on venait anno*icer à Galhrn qu'il aïiil
perdu l'E^^ypte ou les Gaules, il répooàût
par de sottes plaisanteries. « Vivro*>s-nous
moins bien, disait-il, sans les lins d'Bgjpte
ou sans les draps d'Arras? » Durant c« rè-
gne, la peste fit encore de grands raraoe^, Il
disette tit de nombreuses victimes. Le siag
des chrétiens répandu sous Valérien avâii
crié vengeance, et Dieu Tavait entendu, Ejo-
lin, après un règne qui fut l'horreur de TeiD-
pire, dallienfut lue devant la ville de Milia,
où il assiégeait Auréole i|ui s*v était réfugié.
Cet événement se nassait eu 268.
Maintenant, quelle futda condu te de Gal-
lien à regard des cliréliens? Toute diffé-
rente de celle qu'avait tenue soïi pèrf. B
rendit la paix à TEglise, rappela leç pféîitî
qui étaient en exil, rendit des jui
prescrivaient de restituer aux c* r<*
lieux consacrés à leur culte, et aux j»ariicu-
liers les biens dont on les avait dépooitlé*.
Quels furent les motifs de Gallien pour iiM
telle conduite? Peut-être simplement rcntie
de fa^re autrement que n'avait fait sonpèw.
Nois avons vu des empereurs persécuter l*f
chrétiens parce que leurs prédécesseurf .?r
avaient été favorables ; pourquoi t, *''■-"
avec les bizarreries de son caractèn
rait-il pas fait le contraire par des u^m-
semblables ? On peut encore invoquer o"^
autre raison, c'est que M aérien àmi t^^
rmstigateur de la persécution de Vàlén
et quetiallien le détestait* Celte hai/ï^f
vint encore plus Ibrle quand ce cbef |
taire eut usurpé Tempire en Orient, etj .
il maintint dans les provinces qui J^
saienl les édits contre les chréta^;î<s
jiour faire autrement que lui,
persécution,
Eusèbe nous a conservé dat\*5
(HisL ecclés.^ 1. vu, ch. l^C
rendus par Gallien en favei^^
11 parle d'un autre, adres^^
et qui les autorise à retv% ;^
des cimetières ; mais ** ^
texte* Celui que nous
Eusèbe, était adressé a
vince d'Alexandrie. Il
térieur à Tannée 262,
gypte fut sous la dé ,
« L'empereur Cés^i^^
lien, pieux, heurevx^
Pinnas, Démétriu^
lOtt
GAU
GAU
1070
magnifiquest v brûla pour plus de 20,000 fr.
de meubles. (Voy. Nicodème.j
GANGUES, ville de Pa^)hlagonie , est cé-
lèbre par le martyre de samt Gallinique, qui
lai( fouetté avec des verges de fer, livré à di-
Térs autres supplices, etenûn jeté dans une
fournaise ardente où il rendit sonâme à Dieu.
GANI, nom d'un lieu situé en Normandie,
sur les bords de la rivière de TÇple, où furent
enterréSjSousrempiredeDioclétien, les saints
Nicaise, Quirin, Scubicule et sainte Piaricie.
GAP, chef-lieu du département des Hautes-
Alpes, célèbre par les souffrances qu'y en-
dura son évéque, saintConstantin, pour avoir
confessé Jésus-Christ.
Gardon, religieuse du Saint-Sacrement
k Bolène, fut guillotinée le 16 juillet 179i à
Oi^nge, avec Tes sœurs Justamon, ursulines
conyersesà Perne, Marie Decqui, religieuse
du Saint-Sac ement à Bolène, Marie Lace,
tirsulineàBolène,JeanneRoussillo'i et Made-
leine Dorothée de Jusfamon, du môme ordre.
/ GARNIER (le bienheureux Charles), mis-
sionnaire de la compagnie de Jésus, souffrit
îe martyre au mois de décembre IGW, dans
le^ Nouveau-Monde. Les Iroquois , s'élaht
précipités sur la bourgade de Saint-Jean,
dont noire bienheureux était pasteur, le
P. Garnier, loin de prendre la fuile, resta au
milieu de s»s chers néophytes, et les encou-
ngea h bien mourir. Bientôt, atteint d'un
coup de fusil, il tomba au milieu de la mAlée
èi fui dépouillé. 11 n'était pas mort encore.
Avant aperçu un Huron qui était blessé mor-
feileihont, il se traîna à lui afin de l'absoudre.
Un Iroquois, furieux à celle vue , lui asséna
fin COUD de hache dans le ventre, et le Père
toipba Trappe à mort.
"'GÀRRËAU (le bienheureux), missionnaire
jésuite, accompagnait une bande de Hurons
guî s'étaient réfugiés h Québec, poursuivis
S!* les Iroquois , et qui retournaient alors
ez eux. Les Agniés ayant attaqué cetle
bande, le I^. 'Carreau fui frappé morlêllement.
Son toarlyre arriva vers l'année 165r>.
GASPARD DE L'ASSOMPTION (le bien-
heur.'ux), dominicain, se rendait du Bengale
k Goa lorsqu'il fut massacré dans le Malabar
en 1597. (Fonlana, Monumenta Dominicanu,)
GASJ>ARD DE SA (le bienheureux), Por-
lugîils, cueillit la palme du martyre dans la
traversée du Bengale à Coa, où il alla t re-
cruter quelques missionnaires. Ayant vou-
lu convertir un d.s idohltres qui voyageaient
sur le môme vaisseau, il en reçut un coup
Îé lance mortel. Son martyre arr. va en 1603.
Taulres prétendont qu'ayant quitté lo Bcn-
Siilc jpour rîîe Solor, et se rendant de cette
ehiièré mission h Goa, il' fut capturé par
des rtiahô'ihétans du royaume d'Achem ,
^ansl'lle Sumatra, et massacré avec le P. Em-
manuel de Lambuana.
GAUDENCE (s^int), évolue de Bresce et
epnfesseur, disciple de saint Philaslre qu'il
tjomme son père, était en Orient lorsque ce
^nt mourut. Tout le peuple et lo clergé de
jîresce le d[eman<lèrent pour évoque. Les
éTêques de la province s'assemblèrent sous
iiaint Àmbroise, leur métropolitain, et con-
lirmèrent TélectioN. On écrivit à Qaudence,
qui était alors en Cappadoce, pour l'inviter
à revenir promptement. Il ne céda qu'à la
crainte de Texcommunicalion dont on le
menaça s'il refusait d'obéir. Saint Ambroise
le sacra vers l'an 387. La ville de Bresce eut
à s'applaudir de son choix. Le saint évoque
s'y montra constamment digne de la haute
fonction à laquelle on l'avait élevé. Nous
avons de lui dix-sept discours qui ont été
conservés parce qu'un seigneur qui habitait
Bresce et qui a\.ail été banni par l'impéra-
trice Justine, ne pouvant pas se rendre aux
Stiints offices, avait prié le saint de lui trans-
crire ses discours. Ce seigneur était Béné-
vole, qui refusa si généreusement de rédiger
pour Justine une loi qui forcAt les catholiques
de suivre le concile do Rimini. ( Voy. saint
AMBiinisK.) Trois autres discours, dont le
dernier est un panégyrique de saint Ph.las-
tro, ont été conservés avec ces dix-sept.
Saint Gaudence fut un des députés que le
concile de Rome tenu en 403, et l'empereur
Honorius, envoyèrent en Orient, pojir dé-
fendre la cause de saint Chrysostome devant
Arcade. « Celte déi)ulation n'eut pas le suc-
cès qu'on es[)érail. Ceux qui la composaient,
furent mis en prison dans la Thrace. On les
élargit ([uehjue temps après et on les fit em-
barquer sur un vaisseau tout pourri. » ((io-
descard, vol. XV, p. 77.) La mort qu'on vou-
lait leur faire trouver en cetle rencontre no
les atlc'gnit pas; aucun d'eux ne périt. Saint
Gaudence nmurut vers l'an 420 ; sa fô^e est
mar(^uée au Martyrologe romain à la date
du 2o octobre.
GAUDENCE (saint), évoque et confesseur,
soulfrit pour la foi à Novare. Nous n'avons
aucun détail sur lui. L'Eglise fait sa mémoire
le 22 janvier.
GAUDENCE saint), évoque et martyr, reçut
la coi.ronne des glorieux combattants de la
foi à Rimini. Les Actes des mart.yrs ne nous
ont conservé aucun détail relaiii à Tépoque
et aux diirérenles circonstances de son com-
bat. L'Eglise fait sa mémoire le 14 octobre.
GAUDENCE (saint), évoque et conf'^sseur,
souliVil pour la foi dans la ville de Vérone.
Les détails nous manouent sur lui. L'Eglise
fait sa mémoire le 12 lévrier.
GAUDENCE (sainte), vierge et martyre,
reçut la couron le du martyre à Rome avec
trois autres saints conibatsants. les dt-tails
nous manquent comi)létement. L'Eglise fait
leur sainte mémoire le 30 août.
GAUDENTIUS (saint). Les Martyrologes
ne mentionnent pas le saint dont nous [tar-
ions ici. Martyrisé sous le règne de Vespa
sien, il est resté dans loubli des catacombes
de Roiqe, comme tant d'autres saij.ts dont
rhistoire ne nous a pas g rdé les noms :
cohorte sainte, dont la gloire brille aux
cieux, et dont les reliques ignorées surgi-
ront, au dernier jour, du milieu des tom-
beaux, environnées de la brillante auréole
3ui ceint le front des martyrs. L'invention
es reliques de saint Gaudentius appartient
au savant qui a consigné dans un ouTra{j;e
précieux le fruit de ses recherches [Bùmà
i07l
GEL
GEW
im
$ùterran., h nu c 22). Cet ouvrage décrit les
monoments de Rome soulerraine. Sur un
tombeau a été trouvée une iûscription dooi
nous donnons la traduction. C'est du Chrht
que tu lien$ toutes choses, et tu fais mourir
fraudentim ; cest ainsi^ cruel Vespasietu ffne
tu fais rotr ta recontmisëance ! Mais ie Christ
lui a gardé une autre place au ciel. Sims
doute , ce doeuoient est peu de chose
comme document ; mais c*esl assez pour l'E-
glise, c'est assez pour la foi* Celle inserip-
lion si courte permet h peine d'écrire une
\m^e dliistoire, mais elle nous révèle un
saint* IVuij, Vespasië?!,)
GAUDIOSE (saint), évèque et confesseur,
reçut la couronne ilu mirlyre à Bresce, d/ins
des circonslances qui nous sont complète-
ment inconnues. Nous ignorons mûme l'é-
jioque de ses soj-)iïVances. L'K^Hse fait sa
mémoire le 7 mars.
GAZA, ville de Palestine, oii saint Timo-
Ihée fut brûlé h petit feu, en Fan 30'*, (uir
ordre du gouverneur Urbain. Sous Julien
l*Apostat, les habitants païens de celle ville
se saisirent détruis frères nommés Eusèbe,
Nestable et Zr'»noa, et 1 -s ayant jetés en pri-
son, leur tirent soutïrir divers supplices.
Durant qu*à Tamphithé^tre, la popuîace as-
sistait aux jeux publics, quelques person-
nes se mirent à crier que le lumple devait
lui-même se faire justice et punir ces indi-
gnes sacrilèges. Alors le peuple, c*est-à-dire
rignoble populace, cette lie qui prend par-
tout le nom sacré de peuple, pour com-
mettre ses turpitudes, ses horreurs, se pré-
cipita sur les prisons, brisa les portes, en
arracha les saints martyrs, et hs traina par
les rues, en les frappant de la manière la
plus cruelle et la plus outrageuse. Quand
celte populace eut fait mourir les trois
saints sous ses coups , elle les traina au
lieu où ou jetiiiL les lïètes mortes, et là, les
brûla avec des ossements d'animaux, de
eur que les chrétiens ne s*era parassent de
eurs reliques. Certes, si Julien avait été
aussi bon administrateur qu on le préteud,
de telles horreurs ne se seraient pas com-
mis's sous son règne.
GÉLASE (saint), martyr, doima son sang
pour Jésus-Christ àFossorabrone. Il eut pour
compagnon de son martyre, dont on ignore
la date et les ditférenles circonstances, les
saints A^juilin, Géminé, Magne et Douât. L'E-
glise célèbre leur glorieuse fête le h. février.
GÉLASË (saint), martyr, eut la gloire de
mourir pour Jésus-Cfirist, en Crète, dans la
ville de Gortyne, sous le règne de Dèce,
durant la persécution si lerrible que ce
prince féroce allumti contre TEglise, 11 fut
aécai>iLé après avoir soulfort d'horrililes
tourments. Sa fuie iurive le ^à'S décetnbre.
Saint Gélase est Inn des dix Mautxus de
Crète {Voy. cet article).
GÉLASIN (saintK in.'irtyr, mourut pour la
foi chrétienne, h Héliopolis en Phénicie, en
Tannée 297, sous lemitiro de Dioclétien. H
était comédien, et représentait une scène oi!i
on se moquait des chrétiens. Il était revêtu
d'un habit Idanc On k i^longea enlièreaiént
f
le
dans une cuve remplie d'eau tiède. Aussitôt
il s'écria qu il était chrétien et qo*îl Toulâît
mourir pour la religion de Jésus-Christ, tes
païens qui assistaient à la représentatitm
montèrent sur le théAlre, et lapidèrent Gél*-
sin. Sa fôte est célébrée chi^z les Grecs h
2IT février. Ils afllrmenl qu'il ue fut pas la-
pidé, mais qu'il eut la tête tranchée.
GELDUBE, ville d'Afrique, oii saifit Julé>
soutfrit la mort pour la foi.
GÉMEL [saint;, rerut la {;5lorieuse palme
du martyre, à Ancyre en Galatie. Après avoir
souifert de cruelles tortures sous Julien TA-
postat, il accomplit son martyre par le su|>-
pliee de la croix. L Eglise nonore sa mé-
moire le tO décembre.
r;ÉMlNE (saint), l'un des quarante -hoit
martyrs de Lyon, fût décapité dans cette
ville, en l'an 177 de Jésus-Christ, sous Teiû-
pire de .Marc-Aurele. Ce fut en qualité df
citoyen romain, qu'il ne fit pas exposé àu\
béies féroces dans ramphithet^tre, comavele
furent plusieurs autres de ces saints mar*
tyrs. L'Eglise honore leur mémoire a l0U5
avec celle de saint Pothin, ie2 juin.
GË>I1NE (saint), martyr eut la gloire di
donner son san;^ pour la re'i^ on à Fossom-
brone, avec les saints Aquilin, Gélase, Ma-
gne el Douât, Le Martyrologe romain M
donne aucun détail sur leurs souffrances, |4
ne dit point h quelle époque eut lieu leur
martyre. L'Eglise célèbre la mémoire ût ces
illustres martyrs ïe 4 février,
* GÉMINÉ (saint), martyr, souffrit pourti
foi, eii Alrique. Il eut pour corn pagnous de
soïi martyre, les saints Aquilin, Eugèi»,
Martien, 'Quinctus, Théodote el Triphoc
L*Eii5lise célèbre leur miunoire le i jauftff.
GÉMINIEN (saint), Furi dos quarante*bui
martyrs de Lyon sous Temnire de MaK*
Aurèle, domasa vie pour la foi, en raaii^
171, Il mourut en (»rison» n'ayant pu suf^
porter jusqu'à Ih lin la violence destOfl^
menfs auxquels les persécuteurs le crmfJsffi-
naient. Dieu l'appela à lui comme sv
thin et une multitude d'autres* L'E;
la fête de tous ces glorieui martyrs feijmo^
GEMINI b.N (saint), soulfrit le martvrc i
Rome sous l'empereur Dioclétien. ÏI W
martyrisé avec une femme de qualité, DOffi-
mée Lucie. Apres avoir soutTert avec ua
courage héroïque de longues et ngouriih
ses tortures, ils périrent par le glaive. L£*
glise fait leur fête le 16 ^^ptembre-
GÉNÉRAL (saintj, souliril le martyre «
Afrique, en riionneurde saffii et pour la »1^
lensede la religion chrétienne, lleutpourojii'
pagnon> deson martyre, les sai ntsCrescenli*!
Victoret Rosule. Nousma.iquonsdedétaili^
l'époque précise et les Jdfért'ntes cifcot-
stanct*s de leur triomphe. L'E^^lise bit ofl^
leciivi^ment leur mémoire le th sepleaih^
GÉNÉREUX (saint), reçut la paliw #
glorieux combattants de la foi à TivoUtlh*
ii^norons complètement à quelle époOUtC
datis quelles circonstances. L'E^ïise wilj
mémoire le 19 juillet.
GENES (saint), eut la gloire de ©OOf*
pour la foi chrétienne, par une faveur «""J*
iale de Jésus-Clirist, qui en le conver-
iTit miracuUMjsemeiilt voulut montrer sa
sance. Ses Act^/s sont beaux el autlien-
es : nous ne saurions donner ici une
Heure Mslriire de saint Genès, L*Eglise
aine fait sa fêle le 25 el le 26 août.
pnès était comédien à Rome, dans la
pe des comifdiens de l'empereur* Il ex-
lit dans son arL LoFsqu*il chantait sur le
tret il charmait par l?i beauté et l*élen-
de sa voit ; el lorsqu'il jouait ses rôles,
présentait avec une naïveté oui surpre-
: rien n%*st plus naturel ni plus ressem-
t que les copies qu'il faisait des mœurs
hiiintnes, el surtout du ridicule qui se
ontre dans la pluf^nrl de leurs actions,
îlétien étant un jour à la comédiei Genès,
savait tiue ce prince haïssait mortelle-
t les en ré lien s, crut qu'une pièce où
jouerait les myslères de leur relfgmn
plairait intiniuienL II parut donc dans
il. Que je suis malade, mes amis, s'é-
l-il, je vais mourir ; je sens sur l'estomac
})esanleur ctfruyable, ne peut-on point
Uer, et me rendre plus léj^er?Ccuî qui
B'^t autour de son lit disaient : Que vcui-
u'on te fasse, et comment te rendre plus
r? sommes-nous charpentiers ou mcnui-
U et vj'UX'tu qu'on te passe au rabot *?
fades boulîbnneries faisaient rire le jveu-
Vous n'y cnlenJez rieiu répondit Genès,
} n*est pas cela que je demande ; comme
Jns bien que m?i fin s'approche, je veux
Iioi-is mourir chrétien- Et pourquoi? lui
iquèrent les autres acteurs. C'est, repar-
enès, alln qu'à ma mort Dieu me reçoive
» son paradis comme un déserteur du
i de vos dieux.
Q feignit donc d'aller chercher un prêtre
a exorciste ; etdeuî comédiens rcprésen-
le personnage de ces deux ministres de
Use, s'élarji rais au chevet du lit de ce
fendu malade, lui dirent : Que voulez*
t lie nnus, mon fds, et pourquoi nous
i-vous fait vernr? Alors Genès, changé
à coup par un eiïet miraculeux de la
e, ré|»ondil, non plus par jeu ni par
te, mais tres-sérieusement et de tout jou
r : Je vous ai fait appeler pour recevoir
votre minislère la grAce de Jésus-Chrisl,
que, prenant une nouvelle naissance
I le saint haptémet je sois purifié de tous
Ipéchés et décharge du pouls de mesini-
îés.On achève cependant les cérémonies
laptérne; on revêt le néophyle d'une robe
Iche; puis des soldais, qui se disent en*
6s |)ar le préfet de Home, se saisissent
ni, feignant de h^ maltrailer, et le mènent
rmpereur qui riail de toute sa force, en
mt exécuter d*uo*^ manière si naïve ce
se passait d'ordinaire à renièvement des
Ils martyrs. Pour continuer le jeu, Dio-
ten, faisant seraLilaut d'être fort en colère,
iemanda s'il était vrai qu'il fi\t chrétien.
boi Genès répondit en ces propres ter-
i î Seigneur, et vous grands de Vempire,
ders de la maison du prince, courtisans
citoyens, soyei attentifs à mes paroles.
'aia conçu une si grande horreur des
GK^
mi
chrétiens, que leur rencontre était toujour^i
un funeste présage pour moi : leur nom m'é-
tait devenu si ouieux, que je ne pouvais
m'empécher de frémir à rentendre seule-
ment prononcer; et je prenais un extrême
plaisir à aller insulter jusqu'au milieu des
tourments ceux qui donnaient leur vie pour
la défense de ce nom. Cette injuste aversion
allait si loi*i, et m'inspirait des sentiments
si peu raisonnables, que je ne pouvais souf-
frir ceux à qui le sang et la nature m'unis-
saient, non pas même ceux à qui je dois la
naisSi'uice. Celait assez pour moi qu'ils fus-
sent cJ»rétiens» pour devenir Tobjet de toute
ma haine ; leurs plus saints mystères ne me
semhlaïcïit pas moins dignes de risée que
leurs personnes de mépris. C'est ce qui m"a*
vait fait étudier avec soin leurs cérémonies,
et les dilTérenles pratiques de leur rehgion,
pour les tourner en ridicule et en compo-
ser des pièces comiques qui pussent vous
divertir* Mais, ô merveille snr]>renante I
dès le moment où l'eau du baptême a eu
touché mon corps, cl que sur la demande
qu'on m'a faite,'si je crovais, j'ai répondu :
Je crois ; dans ce momenl-l^,diS'je,j ai apcrç i
une troupe d'anges tout éclatants de lumière,
qui, di'scendanl du ciel, se sont arrêlés au-
tour de moi ; ils lisaient dans un livre tous
les péchés que j'ai commis depuis l'enfacce;
et ils ont ensuite plongé ce livre dans Feau
des fonts où j'étais encore ; puis l'ayant re-
tiré, ils m en "ont fait voir les feuillets aussi
blancs que la neige, sans qu'il parût qu*il y
eût eu jamais rien d'écrit. Vous donc, ù em-
pereur, et vous, Romains tjui m^écoulez;
vous qui lant de fois avez applaudi aux pro-
ftmations que j'ai laites de ces sacrés mystè-
res, commencez à les révérer aujourd'hui
avec moi : croyez que Jésus-Christ est le vrai
Dieu ; qu'il est la lumière, la vérité, la botjlé
même; par lui vous pouvez espérer le par-
don de vos péchés.
Dioclétien, tout bouillant de colère et de
déftil, le livra h Plautien, préfet du préloire,
après lui avoir fait rompre plusieurs bâtons
sur le corps, Plautien» 1 ayant en vain voulu
conlraindre de sacriûer aux dieux, lui lit
déchirer et brûler les côtés. Pendant qu*Dfi
le tourmentait, il ne cessait de redire : Il
n'y a point d'autre souveiain Seigneur du
monde que celui que j'ai eu le bonheur de
voir. Je Tadore, je le reconnais pour mon
Dieu; et quand on me ferait mourir raille
fois pour lui, je mourrais mille fo:s avec
joie. Les tourments ne pourront jamais m'ô-
ter Jésus du cœur; ils ne nourront jamais
m'ûier son saint nom de la bouche. Que
j'aide regret de Tavoir connu si tard I que
mes erreurs passées me causent de douleur I
faut-il que j'aie blasphémé si longlemps ce
nom adorable I comment ai-je pu avoir tant
d'horreur pour les chrétiens, moi qui mets
maintenant tout mon bonheur à mourir
chrétien 1 Entin Plautien lui fit couper la
tète, le huitième des étendes de septembre.
(Ruinart,)
GENÈS ou Geî^iez, greffier à Arles, reçut
la couronne du martyre : on ignore en quelle
167S
GË!!
GEN
Iktt
année. L'Eglise célèbre sa fête le 26 août.
Nous donnons ici le récit de son martyre
d*après Tévêque Paulin.
Saint Genès, que la ville d'Ailes recon-
naît pour son fils et révère comme son père,
porta les armes dans sa jeunesse ; ensuite il
éindia avec beaucoup d'applica'ion, et exerça
avec un grand succès cet art si utile , qui
sait peindre d'un seul trait la voix sur le
f)apier, qui par la vitesse de la main, cigale
a rapi lité du discours d'un orateur, et qui
rend mot pour mot, avec des notes abri'gét'S,
les plaidoyers des âNOcals , les dépositions
des témoins et les réponses des accusés.
Mais on peut dire que cet art fut en lui
comme une figure ou plutôt comme un pré-
sage de la gloire (Hernelle qu'il possède au-
jourd'hui, et qu'il a méritée en écoulant
avec attention les préceptes du Soigneur, ot
en les écrivant aussitôt, et av^c une exacti-
tude extrême , sur les tables de son c eur.
Or, il arriva un jour que faisant, on présen»'e
du juge d'Arleè, sa fmction de greifier, on
vint h lire urt èdit impie et sacrilège, que les
empereurs faisaient publier par toutes les
(provinces. Lès oreilles du pieux greffier en
urent blessées, et sa main refus.\ de les im-
primer sur la cire. 11 fit plus ; il se leva, jeta
ses registres aux pieds du juge, et renonça
pour toujours à un si triste ministère. Mais
en môme temps, pour obéir h l'Evangile, qui
permet et qui ordonne même d'éviter le pre-
mier choc de la persécution , il se déroba
promptemehtàlafureurduj lige, en changeant
souvent de retraite et en fuyant de ville en
ville. L'ordre aussitôt est di/nné de le cher-
cher et de le prendre. Mais comme il n'est
pas facile de clécouvrir le lieu bù il se ca-
che, on ordonne qii'en quelque elidroit qu'on
le trouve , il soit sur l'heure mis h nrtort.
Genès apprenant la chose, soit par le bruit
commun, soit par des messages secrets qui
lui étaient envoyés par ses amis, i^irenJ de
nouvelles précautions pour se tenir à cou-
verl, l'esprit on cette rencontre s'accomrtlo-
dant à la faiblesse de la chair. Cejiendaril,
comme il croyait avoir besoin d'être fortifié
dans la foi par le bapt6m«\ car il n'avait pas
encore été régénéré dans l'eaù et par le
Saint-Esprit, il le fit demAnder à l'évéque
par quelques personnes afiîfiées ; mais soit
que sur ces entrefaites l'évè-iue eût été ar-
rêté lui-môme, soit que se défiant de la jeu-
nesse de Genès, il ne voulût pas hasarder le
sacrement; quoi qu'il en soit, il di fiera de le
lui conférer; il lui manda soulomcnt aue
Sun sang répandu pour Jésus-Christ lui
tiendrait lieu du baptême qu'il avait si ar-
demment souhaité de ret evoir. Et j'e-îlime,
ppfih moi, que cj» ne l'ut pas sans une disj)o-
silîou ï>irticuîière de la Providimre, que l'é-
voque fit quelque difficulté de le ba..liser.
C'est sans doute <iue e ciel voulut avoir lui
seul part à sa consécration, et que Jésus-
Çhrisl lui préparait un double baptême, ce-
lui de l'eau et celui du sang, l'un et 1 autre
sortis du côté de ce divin Sauveur.
^ Ett effet, Dieu pénétrant dans ]cs disposi-
tions du cœur dô celui qui devait être bien-
tôt martyr, ne put consentir à différer plus
longtemps de le couronner. Il le montra donc
à ses bourreaux, et il l'offrit à Tépée de ceux
qui étaient altérés de son sang. Genès, île
son côté, se voyant découvert, se jelit dans
le Khône, craignant beaucoup moins la vio-
lence de ce fleuve rapide, que celle des hom-
mes. Mais les eaux respeclanl le saint, ne
servirent qu'à le purifier des souillures qu'il
avait pu contracter dans le commerce du
siècle. Elles devinrent pour lui \e< eaux d'un
nouveau Jourdain ; et par un double mys-
tère qui s'opéra alors, les eaux du HhÂne
consacrèrent le corps de denès, et le corps
de Genès consacra récinroquemeiit les eaui
du Rhône. Ce fut aussi apparemmonl ce c|ui
lui fit traverser sans nrager cette impétueuse
rivi(;Te. Lo même amour qui fit manner saint
Pierre sur un lac, poussa Genès d'un ri-
vage du Khône h lautre : tous deux allaient
à Jésus-Ch ist. Mais les bouireaux qui le
suivaient de près, passèrent avec lui» et
l'ayant alieint sur le bord où il venait de
prendre terre, ils lui ôlèrent la vie d'un coup
d'é|)ée, au même en«iroit que Dieu avait
marqué |>our recevoir le sang de son servi-
teur. On y a depuis érigé un oratoire, où les
fidèles vont en foule rendre leurs vœui,
sûrs d'en rapporter raccomplisseuient. ile-
pendant l'Ame de Genès, venue du ci^l, étant
séparée de son corps, remonte au lieu de
son origine , et le corps formé de terre est
rendu à la terre. Les chrétiens de ce lenips-
là firent en sorte que les deux villes Mlies
sur les df^ux rives du Rhône (1) partageas-
sent ce précieux trésor, sans toutefois le di-
viser. Car la terre du lieu oii le martyr aval
versé sou sang, en conserve chèrement les
vestiges, ot le corps transporté h l'autre l>ord
du lleuve lui sert d'ornement et de défense.
Ainsi le saint, présent en qnehjue sorte en
deux lieux, honore Tune des deux villes
par son corps, et l'autre par son sang.
GE?JÈS (saint), martyr, cueillit la palme
du martyre avec les saints Anastase, prêtre.
Placide et d'autres que le Martyrologe ro-
main ne nomme point. C'est le 11 octobre
que l'Eglise honoi^e la mémoire de ces
saints martyrs.
GENÈS-CHANSOLLE (Marie de),* reli-
gieuse du Sainl-S.icrement à Bolè'u'», fut
guillotinée le 9 iuillet 179i, avec Made-
leine Taille 1, religieuse du môme orde,
Louise Eluse, converse au même couvent,
et Eléonore de Justamon , religieuse de
Sainle-Caîherhie d Avignon.
GÊNES, grande ville des Etats Sardes, est
célèbre dans les annales de nos martyrs wr
les soulfranc^^s qu'y endura Tévèque SaV
mon en confessant sa foi. On ignore en quel
temps.
GENGOUL (saint), martyr en Bourgogne,
est honoré par l'Eglise le 11 raai. Né au scifl
(I) Ausone appelle double la ville il^'iries, ^
fait passer le Rhône entre les deit\ viHes. Eiiscbe
la partage aussi en deux, el en met ans>i une pXT'
lie sur une des rives du Rhône, et l'autre parM
sur i*autre rive.
«'uBe des plus illustres familles du pays, il
it de bonne heure élevé dans la pi/té. A
cette époque réduc^tiori, môme celle des
gens riches et puissants, tétait peu soî^^née,
Gengoul fut obligé de ciiercher dans Texer-.
cire de la chnsse un renièrli> rtïiitre roisivflé,
CPlte mêrê, dit Ir* vieux provr^ibe, de tous hs
vices, U servit dans If'S arm(^es de Pépin, et
sV distingua pttr sa bravoure, Partout, au
milieu des camps, comme dans la vie du
monde, il garda la rraiiile ric Dieu. Jamais il
ne se promit rien qui fût contraire aux
maximes du ciiristianisuïc. Cien;jcoul 5e ma-
ria : il priî f 'rame dans une famille dont la
splendr-ur é'ait rgale îi ce le de la sieiino,
mais cette femme noble et riche ne fut ni
spirituelle, ni vertueuse. Elle se livra h de
tels fiésordres, que son mari fut obli^^é de
dem^ndet'y devant les tribunaux, séfiaration
de corps et de biens, Gengoul, débarrassé de
cette femme indigne de lu , se consacra tout
entier aux exercices de la pénitence. Son
amour pour les mallieureux, pour les pau-
Tres, ses frères en Jésus-Cfirist, était si
grand qtl'il leur donnait en grande partie
ses revenus. Il vivait retiré dii monde, et
De songeait peut-être pas à punir sa femme
^e Ja coilduite scandaleuse qu*elle raeooil,
jorsque celle-ci, qui avait conçu des soup-
ïorts à cet égard, et qui craifinait que Gen-
Sml ne sollicitât contre elle la sf'-vérité des
)îs, le fit poignarder par le complice de ses
lésordres, le lî mai 7(>t). Son corps fut en-
1er ré à A vaux en Bassigni. Il est mainte-
liant à Saint -Pierre de Va rennes, au diocèse
!e Langres. Voici les faits tels que les donne
'histoire. L'Eglise honore saint Gen:-^ouI
îmraé martyr. Nous devons nous incliner
levant sa décisinn ; cependant, lorsque nous
irovons les plus érainenis écrivains disputer
des saints le titre de martyrs et ne vouloir
leur accorder que celui de cbnre^^seurs, parce
qu'ils ne moururent pas directement pour
la foi, qu ni au Ils eussent souvent pour elle
enduré de longs et d atfreux supplices, le
honnisseraent, la captivité, nous ne pouvons
flous emp^^cber de demander en quoi saint
If^ngoul fut martyr, il fut assassiné par la-
mant de sa femme; mais dans cet abomina-
Lie assassinat, la religion, la foi furent-elles
m cause? évi lemment non. Nous eouce-
rions parla itemrnt qu'on F honorai l comme
saint S ^ cause do ses vertus; nou.^ avons
teine à concevoir qu'on T honore comme
lartyrh cause de sa mort, Mais, encorpune
)is, TE lise a |>rononcé, la cause est Unie et
ous nous soumettons d'esfirit et de cœur,
ncore plus que de paroles.
GENIEZ fsaint), le môme que saint Cewès
'Arles. %"oij. cet article,
GENNADE(saiit), eut le glorieux avantage
■▼de donner sa vie pour Jésus-Christ avec
P^Baint Félix. Nous ignorons en quel lieu, à
quelle date et dans quelles circoîislances.
LTgHse fait leur fôte colfectivement le 10
mat.
GENSÉHIC , roi des Vandales, était le
Ë^m** \ïh du roi fiodéLstsite et succéda h
'nie son frère. Il est céléljre par plu-
sieurs faits d'amies bien connus. Le comte
Boniface, gouverneur romain en Afrioue,
rayant invité à le soutenir de ses armes uans
sa révolte contre Valenliniei , empereur
d'Occident, GenséHc vint, Taida, puis le
vainquît lui-môme, lorsque» sur les remon--
trances de saint Augustin, Booiface voulait
repousser les Varydales de sa province. Il
prit Carthage en 4ÎÎ9 et y établit le siège de
son gouycrneraent. II prit aussi Rome en
455, la pilla pendant quatorze iours, et em-
mena en ca[)tivilé Kudoxieqid l'avait appelé
pour venger la mort de Valentinien, son
époux, tue par Pétrone-Maxime. €e prince
pxoila une violente persécution contre les
cîirétiens. U fit cruellenient tourmenter saint
Annogaste, nui fut e»isuite envoyé aux mi-
nes dans la Byzacèue. Saint Archinune et
saint Sature endurèrent également des tor-
tures, mais il se contenta de les dénouiller
de leurs biens et de les cbasser de la ville,
par le conseil des ariens qui lui disaient :
Ne fiiites pas mourir les clirciiens, car ceux
de leur parti les honoreraient comme mar-
tyrs et noire cause en soutTrirail. (Voy. Ver-
sÉcuTioNS DES Vandales.)
GENTIKN (saint), martyr» était un vieil-
lard qui vivait auprès d'Amiens dans les pra-
tiques de la religion p-iienne. Vers fan 286,
Ilïclius Varus, persécutant les chrétiens^ les
poursuivait partout dans les Gaules* Ce fut
une raison de plus pour Gentien, qui avait
étudié les dogmes du christianisme, d>ra-
hrasser la religion de Jésus-Christ. Il allait
accomplir cet acte solennel, quand il rencon-
tra saint Fuscien et saint Victoric, qui d'A-
miens se rendaient à Paris sans avoir trouvé
dans la première de ces deux villes saint
Quinlin, qu'ils espéraient j voir. Ils igno-
raient que ce saint et^t été martyrisé; (ïen-
tien le leur apprit et les engagea a loger dans
sa maison, ils acceptèrent rhospitalité qu*il
leur ûlTrail, mais presque au même moment
Rictius Varus arriva et commanda qu'on
s'eniparAt de leurs personnes. Gentien, for-
tement indigné de ce qu'on vint violer ainsi
lliospilalilé qu'il donnait à ses hôtes » tira
Tépée pour en fraî>per le préfet. Celui-ci Qt
imtnédîatemi'nt arrét^^r le généreux vieillard,
et lui ayant demandé pourquoi il s'était
port^^ h^înete^e violence contre sa per-
sonne, en reçut cette réponse : Je suis chré-
tien , et j'ai agi ainsi parce que je désire
mourir pour Jésus-Christ et ï»our ceux qui
le servent. En ce cas, lui dit Rictius Vnrus»
votre attente ne sera pas longue. U lui fit
trancher la télé, les deux saints Victoric et
Fuscien furent emmenés à Amiens , où oo
les martyrisa. f/Eglise honore la mémoire
de saint Gerilien le 11 décembre.
GENTIL fie bienheureux), franciscain,
naquit **! Ma teîica (Marche dWucône). Après
su*s iMudes il passa plusieurs années au rao-
nr»stére du Mont-Alvène en Toscane. Il y fit
de grands progrés dans la piété, et conçut
le dessein d>nnoncer l'Evangile en Egypte
e\ en Perse. Il passa les mers et voulut ap-
prendre l'Arabe ': il ne put y parvenir. II
forma lé dessein de revenir eo Italie : au
ion
GEO
moinent de son départ, Diea lai apparut et
lui dit : c J*ai.aiis mes paroles dans ta bou-
che; va où je t'enverrai ; tout ce que je te
commanderai, tu le diras à ces peuples de
ma part. » Après ce miracle, il se lit que
Gentil possédait si bien la langue persane,
qu'il pouvait très-facilement prêchf*r en
cette lanme. 11 convertit un très-grand nom-
bre d*inndèles. Cornaro, ambassadeur de
Venise en Perse, ayant voulu visiter la
montazne de Sinaï, se fit accompagner par le
frèr ' Gentil. Comme il gravissait la monta-
gne avec lui, il s'aperçut que le saint l'avait
tout à coup quitté. Gentil ne le rejoignit
que huit Jours après, et, sur les in>tances
2U0 lui ut* Cornaro pour savoir ce qu'il
tait devenu durant ce temps-1.^, il lui ré-
pondit qu'il était allé rendre les derniers de-
voirs à son père qui venait de mourir à Ma-
telica ; ce qui fut en effet confirmé à Corna-
ro par les habitants de cette ville. Les disci-
ples de Mahomet portaient une haine farou-
che à notre saint à cause du succès de ses
prédica lions et éta'enl surtout irritésdes mira-
cles éclatants qu'il avait faits à Trébizonde et à
Salmaslre. Aussi lomba-t-il bientôt vic-
time de leur fureur et de son courage évan-
gélique. Ses reliques furent aoportées à
Venise par le Vénitien Nicolas Quirini qui
les avait achetées , et plus tard on les dépo-
sa dans une chapelle au couvent de saint Jé-
rôme, bâtie à son honneur. Il s'opéra de
nombreux miracles par son intercession.
GEORGE fsaintj, martyr, donna sa vie
pour la foi cnrétienne, en Tannée 303 du
temps de l'empereur Dioclétien et durant la
persécution (juc ce prince cruel fit endurer
a l'Eglise. Saint George était Cappadocien
de naissance. Sa famille était une des plus
considérables de ce pays. Après qu'il eut
perdu son père, il se retira avec sa mère en
Palestine. Elle était de celte contrée, et y
possédait des biens fort importants. George
se fit remarquer de l'empereur Dioclétien
dans le métier des armes qu'il embrassa. Ce
£ rince l'éleva bientôt aux premiers grades,
lais bientôt, George voyant qu'il persécu-
tait la religion chrétienne, donna sa démis-
sion, en la motivant. Use plaignit à Dioclé-
tien de l'injustice et de la cruauté de ses
édils. Alors il fut arrêté et mis en prison.
Rien ne put l'ébranler , ni les menaces, ni
les tortures. Le lendemain il fut conduit
hors de la ville et décapité. L'Eglise honore
sa mémoire le 23 avril. {Voy, Jos. Assemani,
in Calend. untv., t. VI, p. 284.
GEORGE, évoque intrus d'Alexandrie, fut
mis à la place de saint Athanase par les
Ariens, vers février ou avril 356. Le saint
évoque venait d'en être violemment chassé
par le duc Syrien (sous le règne de Cons-
tance). Ce fut une assemblée (Tévéques qui
se tiïit à Antioche, qui procéda à cette ordi-
nation irrégulière. Les principaux d'entre
les évoques qui s'y trouvaient étaient Nar-
cisse de Cilicie, Théodore de Thrace, Eugè-
ne de Nicéc, Palrophile de Scylhople, et
Ménophante d'Ephèse. Ce George qu'on don-
nait pour successeur comme plus digne à
GEO
saint Athanase, était Cappidoden, homme
de mœurs corrompues et méprisable sous
tous rapports, il mena loo^emps le métier
de parasite. Il se fût volontiers donné corps
et âme pour un dîner. Il fut ensuite employé
à Constantinople dans les finances de l'êtât.
Il y avait une place extrêmement minime. 11
était receveur de la ferme du salé que man-
geaient les soldats. S'il eût exercé avec pro-
bité ces fonctions, on n'aurait aucune raison
de lui reprocher d'avoir passé nar cet emploi
si mince. C'est l'homme qui nonore lelal,
non {)as l'cf'tat qui honore l'homme. Les apô-
tres furent choisis dans les rangs les moins
élevés de la société. Mais dans son empLii
George fut prévaricateur : il vola les deniers
du trésor, et mérita les noms de voleur et de
banqueroutier, que saint Athanase lai ap-
plique dans plusieurs i)assages de ses écrits.
Ainsi les mauvaises mœurs, le voU voilà les
taches et les crimes qui salissent et flétris-
sent la vie de George avant sa promotion.
Nous sommes étonné qu'après avoir accu-
mulé contre sa mémoire aes reproches si
bien fondés, un écrivain catholique et de
valeur, Tilleroont, ait pu écrire le passage sui-
vant en parlant de George : « Etant a peu
près par le défaut de sa naissance, par le
mélange de son extraction, ce que sont les
mulets parmi les bètes. » Est-il possible
d'écrire queloue chose de plus niaisement
stupide ? on dirait le langage d'un hobereau
sot et Vaniteux. George ne possédait aucune
instruction. 11 était incapable de tenir une
conversation savante sur quelque point que
ce fût. Athanase dit qu'il n'était pas plus
chrétien que païen. Seulement il avait pris
le premier titre, parce que cela était plus
avantageux à l'époque à laquelle il vivait.
La raison qui engagea les ariens k le choi-
sir, fut qu'ils le savaient excessivement eiuel
et violent. C'était l'homme qu'il leur fallait
Sans doute ce furent ces qualités émineih
tes, qui lui valurent de la part de Constance
les louanges Mes plus exagérées. Ce prince
l'appelait un homme au-dessus de tout éloge,
le révérendissime George, docteur pa.fait et
maître très-habile, le guide le plus assuré
dans le chemin du ciel. Qu'aurait-il été pos
sible de dire de plus s'il se fût agi d'un apô
tre, d'un docteur vieilli dans la sainteté et
dans la pratique la plus accomplie du minis-
tère ? Aussitôt son entrée dans Alexandrie,
George se montra di^ne des espérances que
les ariens avaient fondées sur lui. Il lit pren-
dre les vierges vouées au Seigneur et les 61
publiquement traîner en prison. On vit des
évoques garrottés par des soldats et menés
Sar eux dans les mêmes prisons, au milieu
es outrages de la populace. Les prêtres a-
tholiques furent arrêtés. Leurs parents eui-
mêmes curent le même sort. On pilla les
maisons des catholiques. Ou mit les scellés
sur leurslogis,snrleurs propriétés. Sous pré-
texte de chercher Athanase, ce monstre féroce
et sanguinaire dévastait les maisons, ravageiil
les jardins; il violait l'asile de la mort; il
faisait ouvrir les tombeaux et y commetuit
toutes sortes d'outrages envers les restes si-
GEO
des catholiques. La désolation était au
ble : loul ce qu*il y avait dlionnète dans
tandric était en biitle à la rage de ce for-
i ; on fu^Tïit de toutes parts : les uns se
faicnt dans les déserts ; Jes autres, sans
èi'ieice des flots et des dangers de la
•, confiaient leur salut à nue p/iuvre bar-
I préférant les incertitudes et les périls
i tri voyage aux atrocités que leur re-
ftit le bourreau des Alexandrins* Quand
îoyaîl de loin apparaître dans les rues,
tes places, Georiiè ou quelqu'un des siens,
ayait, on se cacliait. La terreur taisait la
.ude autour de ces enragés, Sébastien,
d'Egy^ïte, et successeur de Syrien, al-
to u tes les cruautés, les exactions, les
unies de i'évéque intrus. Le préfet Cata-
Ine» le comte Héraele, le receveui' gêné-
?austin, agissaient de niêrae. Ils firent de
ibreuses victimes, entre antres saint Euty-
et plusieurs qui soutlrirent avec lui,
ies son article.) Le 2 juin de la m*^me
ie, les catholiques s étant rassembles
i de là ville près du cimetière pour y cé-
6r les saints mystères, fieorgo requit
islien qui, avec trois mille boni m es de
frenles armes, vint se précipiter sur ce
pie (idùle, et en fit un çrand massacre.
Daificbéen, Tun des minisires de Georg*»,
(lumer un grand feu, et ayant réuni au-
on certain norat)re de vierges et de laï-
I qu'on venait d'arrêter, voulut, en les
àçant de les y jeter, les contraindre à ad-
îrela foi d^Arius. Ses efforts ayant été
lies, il fit mettre ces saintes fil f es entiè-
|nt nues, et les fit battre si cruellement,
jonglemps après leurs visages portaient
ttarquesdes coups qu elles avaient reçus.
un raffinement singulier de cruauté, il
f Ordonné qu'on les frappait avec des
Iches d'arbres garnies de longues é[iines ;
épines leur entraient dans la chair et s'y
lienL Beaucoup de ces saintes vierges
trurent soit entre les mains des bour-
«, soit quelques jours après. Quarante
mies partagèrent le sort de ces vierges,
ariens refusèrent de laiss(*r enterrer
jt qui moururent. Les corps furent jrtès
I là dans la campagne pour y devenir
liture des chiens errants et des bOtes
teges. Ceux qui survécurent furent exi-
Jans la grandie Oasis. C'était un espace
terram végiMal où poussaient des arbres
e l'herbe autour d'une source, et perdu
B les sables brûlants du grand désert,
une un îlot au milieu des mers. Là so
paient aussi les bcMes féroces : c'était
tme une halle où le boa, les tigres et
lions s arrêtaient en traversant ces soli-
is ; et pourtant on préférait un tel exil à
fille que George épouvantait par ses
lutés. Plus tard d'autres vierges fuient
Ore misesà mort par les ariens, aumilieu
plus cruels supplices. Tout ce qui se
irneltailavaitlieu, disait-on, par ordre de
istance, George croyait par ses cruautés
Bnir maître de toute la ville» mais il ne
ssit qu'à se rendre un ot>jet d'horreur,
fonae ne voulait communiquer avec lui.
GEO
Bans son palais épiscopal, hormis ses satel-
lites et les fauteurs de ses crimes, il nn
voyait personne. Chacun fuyait avec elïroi
Tantre de la bête féroce. Il ne se borna pas
a exercer ses fureurs dans la ville d'Alexan-
drie : il était par le fait métropolitain
d'Egypte ; toute celte province tidèle res-
sentit la temjéte. Il obtint un ordre de
Coûstance qui commandciit que tons les
évéques fussent chassés ife leurs églises et
de leurs provinces, et que les ariens eussent
à pourvoir k leur rcmplaceraeid. Près do
quaire-vingt-dix évéques furent enve oppés
dans cette effroyable persécution. Chassés
de leurs sièges, ils furcid conduits cotnme
des criminels en exil. On les envoya dans
h'S lieux les plus déserts et les plus éloi-
gnés. Beaucoup furefil accablés de mauvais
traitements, quelques-uns jusqnli en mou-
rir. Les prûïres et tous les ministres de
l'Eglise furent enveloppés dans celte per-
sécution. Parmi les évoques bannis, les
plus célèbres forent Draconce, évéque d'Her-
mopolis, Adelphe d'Onuphis et Philon
ison siège nN st pas marqué;. Il fut envoyé à
îabylone, sur le Nil dans la seconde Au-
gustainnique. A la place de ces saints évé-
ques, pour la [»iupart blanchis dans réfiisco-
paî, (^n mit des ji.^unes gens ignorants et dé-
bauchés: qu'ils fussent tarés de crimes, en-
tachés de vices, peu importait, une seule con-
dition couvrait tout : ils étaient dignes, s'ils
étaient ariens et disposés h persécuter les
catholiques* C'est par ccî; hommes décorés
du titre d*évô(]ues et instruments dévoués
de la rage des ariens, que le peuple d Egj fite
subit une des plus cruelles persécbUoHs
qu'il eût jamais enduréts. Celle de Dioclé-
lien était sanglante, terrible ; elle n'était ni
aussi tyran nique, ni aussi odieuse. Il n'y a
rien de terrible comme fies persécutions de
parti ; elles ressemlilenlanx guerres civiles.
L'étranger de croyance oude patrie peut faire
une guerre cruelle et acharnée , jamais elle
ne sera atroce comme celle que se feront des
frèresdissïdentsoudes concitoyens. George
était le chef et le direcleur général de toute
cette persécution, de tontes les cruautés qui
se cominelïaienten Egypte, Cet homme abo-
minable persécuta non-seulement les catho-
liques , nmis encore les païens ; il vola non-
seulement les erunnuis de Farianisme, mais
tout le monde, mais le pays, mais lïtat. En
général ces hommes de parti, nous l'avons
toujours vu, dans l'antiquité comme de nos
jours, sont des voleurs, mettant un faux sem-
blant (le religion, de j>airiotisrae, de senti-
ment humanitaire, au service de leur ambi-
tion, de ieurcupidité, de leurs convoitises de
toutes sortes» 11 s*empara du salpêtre, des
marais de papyrus et de jonc , des salines.
Il imagina d'ehîever au public le droit de
faire enterrer les morts. Il faisait faire des
cercueils et les vendait. Quand il avait trop
de cercueils, il savait pourvoir à leur emploi.
Euthi la haine contre cet ^^boininable tyran
monta sijiaut, (pie le peuple révolté, mù par
une indignation suprême^ se porta sur son
palais, et voulut se fan^e justice parses oialns.
1
1
10»
CEO
George ne sottitpas sans peine de ce danger;
frappé, blessé, il parvint à se sauver ei vint
vers l'empereur. Les partisans d'Athanase
reprirent les églises, mais bientôt, sur Tor-
dre de Constance, les généraux qui com-
mandaient en Egypte les en chassèrent et les
rendirent aux ariens. Beaucoup de c^uix qui
avaient pris parla ce mouvement furent mis
à la question et ensuite condamnés à mort.
G coï ge rentra, après rjnelques mois d'absence,
plus furieux que jamais. Avec lui dans
Alexandrie rentrèrent Tépouvanteetla plus
grande désolation. Jusqu'à la mort de Cons-
tance , George continua d'opi)riiner Alexan-
drie , ainsi que durant les premiers mois du
règno de Julien ; mais ce piinco ayant fait
trancher la tôle à Artèmce, duc d'Egypte, les
païens que George avait tyrannisés tout au-
tant que les chrétiens organisèrent une sé-
dition, s'emparèrent de l'évéque intrus, et
durant quelque temps le tinrent en prison;
mais bientôt ils l'en tirèrent, le traînèrent
par les rues avec des crocs qui lui tenaient
les jambes écartées, et l'ayant placé sur un
chameaujé promenèrent un jour durant par
la ville. EnBn on le jeta au feu avec des os
de chiens, et on dispersa ses cendres. Ainsi
finit cet homme abominable, à l'égard du-
quel Dieu permit que la justice des hommes
précédât sa propre justice.
GEORGE (saint), diacre, reçut la couronne
du martyre îi Cordoue, en Espagne, du temps
de la persécution que les Arabes firent souf-
frir aux chrétiens, il eut, pour compagnons
de son triomphe, les saints Félix, Aurèle,
et les saintes Natalie et Liliose. L'Eglise fait
leur f6te collective le 27 juillet.
GEORGES (saint), inscrit au Martyrologe
à la date du 20 octobre, est honoré comme
qartyr par l'Iilglise avec sainte Aurèlc. L'his-
toire nôils laisse ignorer les circonstances de
leuts cDtnBats.
GEORGES LLMISIOTE (saint), moine et
martyr, donna sa vie pour la défense de la
vérité catholique. Ce saint homme ayant re-
pris l'empereur Léon de ce qu'il brisait les
images et brûlait tes reliques des saints, il
eut par son ordre les mains coupées et la
léte brûlée, et alla triomphant au ciel avec
l'honneur du martyre. L'Eglise fait sa fêle
le 2i août.
GEORGIS (TficLA), vice-roi du Tigré, en
Abyssinie, s'était converti h la foi catholique
quelque temps après que MélecSegued, Né-
gous de ce pays, y eût fait venir le patriar-
che Mendez, et plusieurs autres mission-
naires jésuites. Georçis s'était converti plu-
tôt pour plaire au Négous, dont il avait
épousé la fille, que {)ar conviction. Malheu-
reusement Mélec Segued avait cru que les
prédications des missionnaires devaient ôlre
aidées par la violence du pouvoir, et il avait
décrété que tout le monde, en Abyssinie,
eût à embrasser la foi catholique romaine.
On peut voir les réflexions que nous avons
faites à cet égard, dans l'article Abyssinie.
La fille du Négous, épouse de Georgis, me-
nait une conduite rort léjjèro : son mari,
comme il le devaiti l'en reprit avec beaucoup
de sévérité. Elle sç réfugia à la cour de son
père, qui eut la faiblesse de raccueillir en la
couvrant de sa protection. Georgis se plai-
gnit et demanda au souverain qu il cessAt de
donner à sa fille un abri sous le manteau de
sa puissance, qu'il jpermtt au'on la juge5U
pour que l'o-i pût voir si elle était coupable
ou innocente. Ces plaintes et ces demandes
ne furent point reçues comme la justice com-
mandait qu'elles le fussent : le Négous refusa
absolument ce que Georgis lui demandait.
Ce malheureux époux tomba dans une grande
tristesse; peu à peu, à ce sentiment se mêla
le (iï'sir de la vengeance : il profita du mécoo-
tentement qui existait partout dans le pays
contre les exigences religieuses de Mélec Se-
gued; il abjura publiquement, et fit appela
tous ceux qui, comme lui, n'avaient accepté
qu'à regret et en quelque sorte par coo-
trainle la foi catholique. Tous ceux qui n'at-
tendaient (ju'une occasion favorable fïourse
soulever crurent Tavoir trouyée et s'unire.\l
à Georgis. On résolut le massacre de toib
les missionnaires : prévenus à temps, ils pu-
rent échapper ; alors la fureur de Georgis se
tourna co^Ure son confesseur, qui se nom-
mait Jacques, et qui avait été élevé daosk
séminaire de Frémone; il se le fit amener en-
chaîné au milieu de son camp'i et lui porta ie
premier coup. Aussitôt l'homme de Dieu
tomba percé do mille glaives. Tous ceux des
conjurés qui ne purent pas le frapper encore
vivant, vinrent tremper dans son sang II
Jointe de leurs épées, en iurant qu'ils ne les
époseraient que lorsqu'ils auraient complè-
tement détruit la foi catholique dans le pavs,
chassé ou exterminé ceux qui venaient Tj
prêcher. Georgis fit brûler ensuite tous les
objets de piété qu'on put découvrir : cruci-
fix, médailles, reliquaires. Le Négous îil
bieh (|u*il fallait employer la forcopourtriom-
gher d'une telle révolte. Il déclara Técli
eohgis déchu de son gouvernement et de
tous ses titres, et nomma, pour le rempla-
cer, un catholique zél(^ nommé KébaChrislos,
qui vint, à la tète d'une nombreuse armée,
pour prendre possession du Tigré. Les ar-
mes du Négous restèrent triomphantes après
une lutte acharnée. Ti^cla Georgis, après la
bataille, se cacha dans une caverne, oï les
vainqueurs ne tardèrent pas à le venir preo-
dre. Conduit au camp, il fut condamoé à
être pendu. Ce fut ainsi qu'il expia le crime
d'avoir tué le bienheureux Jacques. 11 est
rare que le sang innocent ne retombe pas
dès ici-bas sur la tète de ceux qui l'oot
versé. (Voy. Abyssinie et Jacques.)
GÉRARD (saint), évèque de Chonail, eo
Hongrie, martyr, naquità Venise vers le com-
mencement du xr siècle. Après avoir passé
plusieurs années dans un monastère, u de
manda à ses supérieurs la permission d'aller
visiter le saint séfiulcre à Jérusalem. Il eut
occ.ision de connaître le roi saint Etiemie eo
traversant la Hongrie. Celui-ci lo détemio?
à ne pas continuer son voyage, et à Faider
dans la conversion des Hongrois. Notre sùsA
se bâtit un petit ermitage à Béel, daos uo
désert portant ce nom, au diocèse de Ver
108S
GER
5 fin. 11 y passa sept années dans la prallqu©
es macérations el des plus grandes austé-
rités. Saint Eli€*noe était en guerre à relte
époque. Quaml la pain fut condim, il tira
nolr*^ saisit do sa solitude, et lui fît prèC'<*T
Ff{van^ile. Biuiitùi après Gérard fut élevé
«iur Je siège épîsenfjal de (Ihnnad ou Ch/o-
fiflti. Son diocèse» qui élaiî barbare eneore
et pîonifé dans les Irnèbrvs de ridnlAtiie,
connut bir^nlAt Jésus-Cbrist par les siiiis
continuels qu^il leur donnait : ses latipiirs
étaient exci'ssivts, ses e\einples aîdaient
beaucoup à ses prétlicafions. il iHail hum-
ble, inodnste, (tassait une partie des nuits
en [)rières,et avait une allection particulière
pour les prfuvres. Cependant saint Etienne
étant venu h njourir, son neveu Pierre bii
succéda, et signala son rèKne par ses cruau-
tés et la peiséeution qu'il Ht soidîYir h Gé-
rard. Les Hongrois, mécontents, rappelèrent
trois srigneuis fugitifs, Ivndré, Bi'^fa et Lé-
venté» b'ères.de là familK* de saint Etn^îme.
Mais qu^nd ils lurent arrivés, ils leur deman-
dèrent opiniâtrement la permission d<^ vivre
en païens, suivant leurs anciennes coutu-
mes, de tuer les évoques et les clercs, d'à-
batfre les églises, de reiiuncer au cbrislia-
lisine et d'adorer les idoles. Endré et Lé-
fenté, car Bêla n'était pas encore revenu,
ïreui obligés de céder à la vub>rîlé du peu-
ilè, qui ne promettait de combatlre contre le
)i Pierre qu'à ces conditions. Un nommé
Tatha fut le premipr qui professa le pa^'a-
Msnie, se rasant la tète, à la réserve de trois
loeons de cheveux qu'il laissait pendre, Par
EfS oxliortalions , toid îe ï)euple commença
sac(itjer au démnn et à manger de la chair
cheval. Ils tuaient les chrétiens, tant
Jercs que laïques, et brdfèreul plusieurs
lis s. En On ils se révoltèrent ouvertement
Contre le roi Pierre; ils tirent mourir Inui-
leuse[nefd tous les Al emands et hs Lmins
3irii aunt répandus dans la Hongrie ]iour
iv'îrs emplois, et envoy cirent dénoncer h
Pieâre que Ton fei-aii nmurir les évéques
avec leur clerj^é et ceux qui li vaient les
dîmes; que l'on rétafdirait b^ paganisme, et
que la ménioire de Pierre périrait h jamais.
Ensuite Endré et Léventi'» s'avancèrenl avec
leurs trotipes jusqu'î* Peslh, sur le Danube.
Quatre évéques, noire saint, Beztrit, Huldi,
^^t Bém^ha Tayant ap[>ris, son ir eut d* Allie
B^our aller au-devant d'eui et l^s recevoir
^Bvec honneur. Etant arrivés à un lieu nommé
^Biotl, ils entMïdin-nt la messe, que (Sérard
^Kélébra; mais au[taravant il leur dit : Sachez,
^^les frèrL's, que nous sooiïnrons aujourd'hui
le martyre, e\ce|>té révèipn.- Bénétba. Il corn-
Diuma tous les assistants, puis ils se rendi-
rent il Pe5th, où Valba et idusieurs f»a(ens
avec lui les envir^mnèrent, jetant stir eux
quantité <Je piern^s. LVWèoue Gérard» (pii
était sur son t liariot, n'en tôt point blessé,
et ne se défendait qu*en leur donnant sa bé-
Iné^lictioi * et faiscint conlinui llrrnent sur
cax le signe de la croix. Les païens renver-
sèrent le chariot, et continuaient de lapider
l'évêque tombé uar terre. Il s'écria à haute
iroix : «i Seigneur Jésus-Christ, ne leur im-
GEli
puteï pas ce péché, ils ne^S^l ce qu*ils
font. » Enfin on lui perça le corps d'un coup
de lance dont il moin^ut. On tua aussi les
deui évéques Beztrit et Buldî avec un grand
nombre de chrétiens. Mais le duc Endré
étant survenu, délivra de la mort f'évéilue
B'Miétba; ain^i fut accomplie la prophétie de
GiVard, qm* TEglise honore cotnme martyr
Je jour de sa morl, le vingt-quatrième de sep-
tembre. Le roi Pierre fut pris et aveuglé, et
mourut de douleur peu de jours après. Le
doc Endré ou André fut couronné roi îi Albe-
Royale Ja même année 1047, par (rois évo-
ques qui resl aient après ce massacre des
chn-liens. Alors il ordonna à loiis les Hon-
grois, soiïs peine de la vie, de quitter le pa-
ganisme, de revenir h la re'igion c!irétienne,
et de vivre en tout suivant la loi que leur avait
dorinr-e le roi sainl Etienne. Heureusement
Levenlé mourut dans le même iemf>s ; car
s'il avait vécu davantage, et fût devenu roi,
01 ne doute p.is qu'il n'ait soutenu le paga-
nisme. Le roi André ht bAtir un monastère
en l'honneur de sainl Agnan, en un lieu
nommé Typhon, et depuis son règne la Hon-
grie demeura chrétienne.
GÉilAULT, prèfre, directeur des dames de
Saiîite-Elisaheth, fut une des victimes immo-
lées aux Carmes, le 2 septembre Î792, pen-
dant les linrreurs de la révolution française.
A Tanivée des briJiands, il ne se laissa point
déranger par leurs cris, etcootinui son bré-
viaire' Il fut renversé d'un coup de sabre,
et r^ercé de piques.
GERBERN (saint), martyr, prêtre anglais,
|tarlit de son pays avec sainte Dympne, fille
d'un prince Anglo-Saxon, qui fuyait, parce
qup sa virginité courait des dangers aux-
quels elle voulait la soustraire. D'abord ils
se tuèrent h Anvers, puis Inentôl après à
Gherl, dans le BiabrUU, Ceux qui avaient
voulu attenter h h pudeur do la sainte les y
défHiîivrirent et massacrèrent non-seulement
la jeune vierge, qui refusait de se livrer à
leurs infihnes désirs, tuais encore le saint
prêtre tierbern, qui l'avait accompagnée, et
dont le Martyrologe marque la fête avec la
sienne, le 15 de mai. Leur martyre eut lieu
dan*:^ le vir ^iècle.
(iÉRÉON (saint), martyr, eu| le glorieux
privilège de donner son sang pour la défense
de la vraie foi. Il fut martyrise, durant la
isers^'^cution df* Maximin, avec trois cent dix-
liuit aulre-î, dont malheureusement les glo-
rieux noms ne sont |ioint parvenus jusqu'à
la postérité. Ils périrent par le glaive, L*E-
giise fait leur sainte et immortelle mémoire
le 10 octobre.
GERMAIN (saint), compagnon des saints
martyrs Papius, Pérégrin, Pompée, Hésy-
cbius, Salumius et Lucien, mourut po^r là
foi a Durazzo, sous l'empire de Trajah. Il
n^>xiste ni pour lui, ni pour les saints que
nous venotis de nommer, de ducuments po-
sitifs et détaillés. Le Martyrologe romain
met sa fêle au 7 juillet.
GERMAIN (saint), soutînt le martyre fc Cé$a-
ré<% en Cappadoce, sous le rèf;ne de remperetii*
Dèce, avec les sain tsCésaire, Théophile rt Vi-
1
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ŒR
1«tt
tâl. Od d'à pas de détails sur leurs combats.
L'Edise célèbre leur mémoire le 3 novembre.
GERMAIN (saint;, martyr, fut décapité à
Césarée* en Palestine, sous Galère Maximien,
avec saint Antonin et ses comi)agnons, |iarce
qu'ils accusaient d*impiété le |»iésideul Fir-
milien, et le reprenaient de ce qu'il sacri-
fiait aux idoles. Us eurent pour compagne
de leur martyre sainte Ennathas. vierge, (|ui
fut meurtrie de coups et brûlée ensuite. L E-
glise catholique honore la mémoire de ces
glorieux martyrs U 13 novembre.
GER.\IA1N (saint), soulfrit Je martyre à
Ossuna, en Espagne, durant la persécution
de Timpie Diocléiien, et sous Viatrur, un de
ses lieutenants. II eut pour compagnon de
ses souffrances saint Servand. Après les
fouets, la prison, la faim, la soif et les fati-
gues d'un très-long voyage qu'on leur ût
uire chargés de chaînes, ayant eu enfin la
tète trancnée, ils achevèrent le cours de
leur martyre. Germain fut enterré à Mérida,
Servand a Séville. L'Eglise fait collective-
ment leur mémoire le 23 octobre.
GERMAIN (saint), patriarche de Constan-
tinople et confesseur, était fils du patrice
Justmien. Tout jeune encore, il fut considéré
comme un des principaux ornements de
l'Eglise de Constantinople. Il fut «l'abord
nommé évèque de Cyzique, et il montra d .ns
ce poste beaucoup de sa^^esse et de vertus.
En 715, il fut nommé [)atnarche de Constan-
tinople ; dans cette émmcnte position, il eut à
défendre la foi contre les monothélites et les
iconoclastes; il le lit avec une générosité
tonte épiscopale. En 727, Léon l'Iconoclaste
ayant défenau le culte des images, Germain
lui résista très-courageusement, et dit que
le culte des images ayant toujours été admis
dans l'Eglise, il était prêt à mourir pour le
défendre. 11 écrivit à ce sujet à différents
évoques (Voy. Iconoclastes). Il eut une dis-
cussion très-vive avec Fempcreur, dans la-
quelle il lui parla avec toute la franchise et
toute Tautonté qui conviennent à un évo-
que ; mais la rage de Léon ne fit qu'aug-
menter; il se prétondait apte à prononcer
dans les choses de la foi, et déclarait idolâ-
tres tous ceux qui, avant lui, avaient adoré
les images. En 730, il fit tenir un concile,
dans lequel i\ porta décret contre les ima-
ges. Il voulut forcer Germain d'y souscrire;
mais le saint vieillard refusa courageuse-
ment, aimant mieux renoncer h sa dignité.
L'empereur, pour le chasser, envoya au pa-
lais patriarcal des soldats qui le frappèrent
à coups de poitigs. 11 se retira à Plutanie,
pour y suivre les voies de la vie monastique,
après avoir tenu le siège de Constantinople
quatorze ans, cinq mois et trois jours. Il (init
saintement sa vie clans cette retraite. L'Eglise
honore sa mémoire le 12 mai.
GERMAIN (saint), martyr, souffrit pour
Jésus-Christ, a Rome, avec les saints Satur-
nin, Néopole et Célebtin. Ils endurèrent de
cruels tourments, ensuite on les jeta dans
un cachot, où ils rendirent leur âme à Dieu.
L'Elise honore ces saints le 2 mai.
GERMAINE (sainte), soufitrit le martyre
ir la foi, en Afrique, sous le règne de Va-
lérien, l'an 259, avec les saints Paul, Gé-
THice, Janvier, Saturnin, Successe, Jules,
Cal et les saintes Pie et Tertulle. On maii-
que de détails authentiques sur leur mar-
tyre. L'Eglise fait leur fête le 19 jaiivier.
' GERMAN (saint), que TEglise honore le
2! février, naquit à Trêves. Son p(^re éUiit
sénateur et f irt rirbe. Modoald, evè.iue de
cette ville, prit un soin tout particul.er de
son éducation. Dès qu'il eut atteint l'dge au-
3uel il pouvait disposer de ses biens, il les
isiribua aux pauvres et vint vivre sous la
direction de samt Arnoul de Metz. Ce saint
ermite habitait Remiremont, en Lorraine. D
avait été évoque et ministre d*£tat sous Da-
gobert; mais il avait quitté les grandeurs
pour vivre tout en Dieu. Bientôt Gernian,
qui sous un tel maître se perfectionnait de
plus en plus, et goûtait combien est douile
service du Seigneur; décida son frère Num^
rien à faire comme lui, à quitter le momie
pour se consacrer à Dieu. Us se retirèrent
dans un monastère que saint Romane venait
de fonder sur une montagne des Vosges : ce
monastère était formé de deux maisons, une
erande pour les femmes, une petite pour les
nommes. German pratiquait les plus grtn
des austérités : il était humble et recherchait
toutes les occasions de se raortilier. Au bout
de quelque temps, il se retira dans le mo-
nastère de Luxeu, qui avait pour abbé saint
Walbert. Le ducGodon, Tun des plus puis-
sants seigneurs d*Alsace, ayant fondé un mo-
nastère à Granfel, s'adressa à Tabbé Wal-
bert, pour qu'il y envoyât des religieux. Ce-
lui-ci, connaissant tout le mérite de German,
le mit à la tote de cette nouvelle fondition,
avec inspection sur les deux couventii de
Saint-Ursits et de Saint-Paul Zuvert. Qnâni
le duc Godon fut mort, le duc Ronif ice, qai
lui succéda, tint une conduite toute ditî^-
rente de la sienne. 11 était dur, emporté,
violent et rapace. C'était un type parf nt de
ces brigands féodaux ne vivant que de pil-
lage et de déprédations. Chaque jnur voyait
se renouveler quelques violouces conlre'les
moines et les pauvres qui habitaient sur ses
terres. Le saint duquel nous écrivcms la vie
souffrait très-patiemment les attaques qui
avaient pour objet lui ou ses moines ; mais
il ne pouvait souffrir les vexations dont te
pauvres étaient sans cesse accablés. Un jour
que Boniface pillait et ravageait les terresde
ses malheureux vassaux, German se rendit
vers lui pour lui faire des remontrances et
pour lui demander d'épargner tous ces mal-
heureux. Le duc feignit de se laisser tou-
cher; mais, après le départ du saint, il en-
voya à sa poursuite des soldais qui le tu*'
rent à coups de lance, avec R^ndoald ou
Randant, Tun de ses moines qui l*avait a^
compagne. Cet événement eut 1 eu en 6ti6.
Leurs reliques furent trans|>ortées à Grao-
fel et placées dans une châsse qui demeun
exposée à la vénération des fidèles, lusqvl
ce que les protestants vinssent la détniire,
comme ils firent de tant d'autres.
GERMANIQUE (saint), fut mar^jrisé )
1089
GBË
GIL
1090
Smyrne durant la perséciilion de Marc-An-
totiin et Commode* Celait un jeune homme
à la fleur de Vhge ; par le secours de la grâce,
ayant siirmoité la crainte que pouvait lui
causer la faiblesse delà chair, il attaqua har-
diment la UHq qui, suivant la SPiitentc du
juge, devait le dévorer ; it en regut tant de
coups de dents et de si cruelles morsures,
qu^l trouva la mort au Cirque. L^Es^lise fait
sa m^éuioirc le 19 janvier.
GÉRONCE (saint), soutlril le martyre pour
la foi, eu Afrique, sous le règne de Valérien»
l'an 259, avec les saints Paul, Janvier, Satur-
nin, Suce esse, Jules, Cat, et les saintes Pie,
Terlulle ei Geriuaine. On manque de détails
authentiques s'u- leur martyre. L'Eglise lait
leur fùte le 19 janvier.
GEKVAIS (saint), martyr, eut pour compa-
gnon de son u*artyre saiiït Protais, Ils furent
les premiers dans Milan à verser leur Siing
pour la foi. Cette circonstance, que note saint
And)roise (Ep. 51)» prouve que ce fut durant
la [ïersécutîon de Néron. Ils lurent tous deux
décapités. Saint Anibroise dit positivement
que leurs corps furent trouvés intacts, la
lèle sé[^arée du tronc. Tous les monuments
de rE^Jise grecque concordent avec lui sur
ce point, Leuisrorps furent trouvésparsaint
Ainbroise, devant les barreau s qui environ-
naient les lonjbeanx de saint Nahor et de saint
Félix : ils lurent transférés dans la basilique
Aoibnisienne. L'Ef^liselail leurlète le 19 juin.
L'Eglise du innnaslére de F.vianes, |)jès
de Vicun^t en Au trie lie, possède des reliques
de saint (Servais 1 1 d«? saint Protus, qui fu-
rent données à saint Sc^'erin. Antioche et
Fondi avaie tue cesrL^li(|ues; toute la France
en possédait, notannnent la vil h de Tours.
Rouie et Paris ont des églises sous l'invoca-
tion de ces deux saints. Ils so!it patrons des
cathedra les de Soissons, île Séc/^, de Lectoure;
ils rétaient jadis de celli^ *lu Mans.
GÉIX'LE ouZoTiQLE (saint), mari de sainte
Symphorose, et beau-IVèredè s?<int Amaficc,
était tribun dans les- troupes de reni|ierear
Adrien. Il était fort riche et demeurait à Tivoli
(aujourd'hui CaniîiagnedeKome);il quitta ses
richesses pour Jésus-Chrisl, disent ses Actes.
Peu. -être veut-on dire qu'il faisait beaucoup
d'aumùnes, car ses Actes ajoutent qu'il lo-
geait et nourrissait braucoup de chrétiens.
Adrien envoya Céréal pour le prendre ; cet
envoyé, qui est nommé vicaire, fut converti
par saint Gétuie et par sonheau-frère Aniance,
et vint se faire tjaptiier à Home par le pape
Sixte, Quelque temps après, Gétuie fut pris
par un nonuué Licuiius, avec Amance, Cé-
réal et un nommé Primitif, Après avoir éié
fouettés et diversement tourmentés, ils res-
tèrent vingt-sept jours en prison, et n^ay^f^t
pas voulu consentir à sacriiierjls furent Vous
décapités. Cette exécution se til à 5 ueuesde
Rome, sur le bord du Tibre. La fètc de ces
saints martyrs secéléhrola 10 juin.
G HE EL, vdlage situé dans Fancien Bra-
banL Sainte Dy uipne, Éille d'un prince an^lo-
saxon, ayant quitté son pays, parce que sa
virginité n'y était pas en sûreté, vint sy
iier avec le saint prêtre Gerbern, qui veillait
sur elle. Elle y fut découverte par ceux qui
la poursuivaient, et comme elle refusait de
réf tondre h leur brutale f assion, ils la mas-
sacrèrent avec saint Gerbern. Ce village pos-
sède encore les reliques de la sainte,
GIL (François), natif de Tortose, en Cata-
logne, se consacra à Dieu dans le couvent des
Dominicains de Barcelone, A 2â ans, il de-
manda la permission d'aller prêcher les Ido-
lâtres dans les Indes Orientales. On voulut
rét>rouver, pourluidonner le tempsde s'aller-
niir. On lent professeur, maître des novices
à Barcelone; enfin, l'an 1129, il partit avec
23 autres religieux, pour les missions d'O-
rient. It aborda à Manilie en 1130. Envoyé
dins la jrrovince de Pan-Pan-Ga, il y apprit
en fort peu de temps la langue, assez bi^n
pour y accomplir son nnnrstère. Il y resta
deux ans. M fut ensuite nommé assistant du
Provincial et secrétaire de la inovincc du
Saint-Hosaire : mais il soulfrait dans cet em-
ploi qui réioignait du combat. Voyant son
vif désir, on lui permit d'aller dans le Ton-
quii» , où it arriva le 28 août 1735. La persé-
cution y était sanglante. Il s'y occupa h cul-
tiver environ^ quarante chrétientés ou églises
que les Dominicains avaient fondées dans le
Tonquîu méridional. Etudier Ja langue du
pays durant le Jour , instruire les fidèles,
leur administrer les sacrements la nutt, par-
courir le pays au milieu d'idolâtres acfiarnés
contre les chrétiens, tel était le vù\e qu'il
avait à remplir. Il se llx * à Luc-Thuy, où il
y avait des chrétiens fervents. A qu« Iques
journées de là demeurait un bonze nommé
Thaytinh, cupide, superstitieux, ennemi dé-
claré du christianisme. Furieux de voir les
progrès qu'il îmsnïl au ilélriment du paga-
nisme, il cherchait tous les moyens de Tex-
ternnner. Les lois, qui ne lui |iermeltaient
pas d'attaquer les smiples lidèles, Tau ori-
snent à s'euiparerdes mis'^ionnaires et h les
déférer au tiibunal royal. Instruit aue le
P, Gil était à Luc-Thuy, Il y vint, dans la nuit
du 3 août I73T, avec beaucoup didoïâtres
que lui et son (Ils d^tgenient. Gil disait la
messe. Le bonze investit la chaï»elle de toutes
parts; le ministre de Jésus-Christ est instruit
du danger en descendant de J auteL 11 ne
voulait pas que les chrétiens lissent résis-
tance; il ouvrit lui-même îa porte, se livra
et fut entraîné dans une barque. On emmena
avec lui deux femmes et un homme qu'on
nrcTiait pour les propriétaires du lieu. Le
P, Gil fui trè^-alfeclé de h*s avoir pour cou>
pagnons : « ils n'ont contrevenu en rien, dit-
il, aux lois du pays; ils ne m ont pas lo^é. »
Sur ses instances, qui étaient justes, le bonze
les renvoya. En le faisant, il demanda au
missionnaire s'il n'avait pas peur. « Non, ré-
pondit celui-ci, je ne crains rien pour moi;
mon Dieu peut m arracher de vos masns s*il
le veut : s'il veut être glordlé par mes souf-
frances • t par ma mort, tj'ès-volontiers, jelui
otlre ma vie. Je ne rraindrais qu'une chose :
c*est que ma détention fût [iréjuuiciable aux
fidèles qui me sont conliés ; mais je sais que
le Seigneur n'abandonne jamais ceux qui es-
pèrent en lui* »
1
1
im
GiL
CtL
«OM
Les chrétiens offrirent de Targent au bonze
poqr'là liberté du missionnaire. Cet homme
reçut Targont et garda le prisonnier. Leschré-
tiens se plaignirent au gouverneur qui en-
voya pour arrêter le bonze et enleverle mis-
sionnaire. II voulait le mettre en liberté. Le
bonze prit la fuite et vint au tribunal roj'al,
racont.'int les faits à sa manière, et dénonçant
à la fois les chrétiens et le gouverneur. La
détention du P. Gil étant ainsi devenue offi-
cielle, le gouverneur n'osa plus mettre ses
bonnes intentions à exécution. Il fit conduire
le confesseur à Ketcho accusant à son tour
le bonze d'ôtre un fauteur de chrétiens, puis-
que le missionnaire avait été pris chez lui,
et qu'il était notoire qu'il avait reçu des pré-
isents de la part des chrétiens de Luc-Thuy.
Tous ces iiiC dents embrouillèrent la procé-
dure, la rendirent fort longue, et furent
cause aue le P. Gil dut confesser le nom de
J'^siis-Christ devant neuf ou dix tribunaux.
ïl vint dans la capitale après dix jours de
marche, consumé par la lièvre et accablé de
mauvais traitements. « pieu, disait-il, m'a
envoyé la flèyre pour m'éprouver; car du
reste, il m'a laissé le cœur plein de joie au
milieu de tout ce que j'ai souffert.» A Ket-
Cho, il fut emprisonné et chargé de fers. Le
(5eôlier voyant l'état dans lequel la flèvre et
a fatigue l'avaient mis, le laissa dans la salle
des gardes au lieu de le mettre dans un ca-
chot ; mais il y couchait sur la terre pue, et
n'avait pour nourriture au'un peu de riz
qu'uiie lemme chrétienne lui apportait tous
les jours ; encore le partageait-il avec les au-
tres prisonniers. (On sait qu'au Tonquin,
comme en Cochinchine, le gouvernement ne
pourvoit à aucun des besoins des prison-
niers; ils sont obligés de faire tous les frais
nécessaiies, et, quand ils ont quelque chose,
on leur fait payer le loyer de la prison.)
Bientôt, on le ûi sortir de cette prison pour
le mettre dans une autre avec un redouble-
ment inouï de rigueurs, car on lui ôta ses
habits, et on lui mit de nouvelles chaînes
qu'il porta jusqu'à son martyre. Dieu eut pi-
tié de lui; sa maladie guérit spontanément,
à l'instant môme où on lui mettait ses nou-
veaux fers. Ce qu'il y eut de remarqual)le,
c'est que jamais il ne consentit h se plaindre
du bonze Thay-tinh , ni à reconnaître sa
conduite. Au commencement de novembre
1737, il lut mené au tribunal, au milieu des
injures et des railleries de la populace. Les
iuges , dont plusieurs croyaient à Jésus-
christ, lui parlèrent avec bonté. Le trajet de
la prison au tribunal était fort long. Les fers
faisaient aux nieds du saint d^s blessures
Srofondcs, et chaque pas qu'il faisait les ren-
, ait plus vives. 11 fut une fois couché
quinze jours sur la terre, sans qu'ils lui per-
ïnissent de remuer ni de changer de situa-
tion.
Deux femmes idolâtres eurent pitié de lui ;
elles obtinrent à force d'argent la permission
(le le prendre le jour chez elles pour lui
donner les soins que son état réclamait.
Plus tard, on les autorisa à le garder nuit
et jour sous caution, à condition qu'il se
présenterait à toute réquisition. Dans cet
asiîe, il recevait les visites d'un prêtre; il
nut lui-môme convertir beaucoup d idolâtres.
&es deux hôtesses furent les premières à
embrasser la foi. L'ui:e d'el'es avait été guérie
miraculeusement par lui avant sa couversioo.
Elle mourut peu après dans do grands sen-
timents de piété. L'autre, qui vécut encoro
plusieurs années, confessa généreusemeot
la foi de J 'sus-Christ.
Après plusieurs interrogatoires, intcnriot
arrêt qui condamnait le P. Gît à mort, etlo
bonze et son (ils à garder les éléihants
comme coupables d'avoir eu chez eux le
missionnaire pendant IQ jours. Le saiot
croyant le moment de sa mort venu, eo res-
sentit une grande joie. M^is il comptait sens
les usages du pavs. D'ordinaire, l'exécution
des condamnés u a lieu que dans le dernier
mois de l'année, et quand il arrive, pour
une cause ou pour Tautre, qu'on y surseoit,
celte exéculi-n est toujours rej- lée d'une
année et quelquefois de plusieurs. C'est ce
qui eut lieu pour le missionnaire : la raisoa
en fut que le bonze appela de la senteoct
qui le condamnait, et comme elle était com-
mune au sainf, cet appel fut sus.>ensif de
son exécution. L'année d*après il se troau
que tout le mois destiné aux supplices fol
epiployé à des réjouissances publiques, pen-
dant lesquelles il était défendu de mettreà
mort personne. Plus tard, des guerres ci-
viles, le choléra, d'autres calamités publiques
occasionnèrent de nouveaux retards. Le
saint homme en accusait son indignité, t Ce
bien que je souhaitais, disait-il, m'est re-
fusé pour mes péchés, pour mon ingrati-
tude envers Dieu. Je l'avais sans doute at-
tendu avec trop de présomption.
£n 1738, il écrivit une lettre à Louis
Néez, évêque de Léomanie; il s'y léjtmilde
ce que les habitants de Luc-Thuy n'ont point
été nialtrai es à son sujet; de ce qu*ou leur
a restitué l'argent qu'ils avaient donné au
bonze et de ce que ce bonze lui-même, d'a-
bord condamné à vie à la garde des ilé-
phan»s, av.iit vu sa peine réduite à G aonèts.
Il ajoutait : tgo autem capite dainnatus $uiil
Vtinam Dcus mihi concédât ad hcmc ybrkm
perl ingère !
En juillet 1739, il comparut devant ua
nouveau tribunal ainsi que le bnwic Thiy-
Tinh. Celui-ci, pour démontre. laus>e l'i»:-
cusation portée contre lui, demaiida quou
apportAt des images trouvées en posse ^iac
du P. (jil alin de hs fouler aux lûeJs élue
prouver par là qu'il n'avait i ien de coiumua
ni avec lui ni avec sa roli^jion. On mUptf
terre un crucitix et quelques autres iinaci>s:
ou ordonna au missiounaue d^> les f:,ulvraui
pieds. « Je ne le ferai jamais, i» dit-ii,e'
s'agenouillant, il baisa respe jtueusemenl k
crucitix. Il fit la même chose pour FnDajf
de la sainte Vierge. Le jujje lui ayant it
mandé où il croyait aller après sa m^
«j'espère, répondit-il, aller au ciel jouir i«
bonheur que Jésus-Christ promet éteroelk-
ment à ceux qui le servent et qu'il letf >
mérité par sa mort. » Il parla aussi surlte'
tm
GtL
k.
ffifirlalité de rAme, sur les peines e( les ré-
ebi]i|i6nses, doctrine qu'il dil avoir été ré-
vélée par Dieu môme. On iit ftpfvortcr une
massue. Il crut^qu'on allait lu frapjKT et
^'agenouilla iionr recevoir les coujfS. Mais
OD lui ortJoniiti d'eu frapper le crucifix» Alors
saisissant Tinstrumenl, il le jeta avec hor-
reur loin de lui. On le mit eoire les mains
du bon/o qui s'apprêta h frafiper les sa in les
images. Mais le Tnissionnaire se jelant à
terre, les couvrit de ses mains et dit au
boDze : * Frappez maintenant », « En vé-
rité, dirent les jtiges, des coups de massue
leur feraient grand mal ! )» Alcirs le saint pj*it
occasion de celle raillerie f^ou^ exnliquer
comment les chrétipos entendaient le cidle
des imaçes, et quelle était la ûiUure «lu res-
pect qu ils leur portaient, « Voudriez-vous,
dit-il »ui juge<» fouler aux jiieds Timage de
Tolre père, frapper celle du fK-inceî Ce qui
TOUS en empêcherait, ce serait non \ias la
crainte d'occasionner de la douleur aux
images, mais biiii de nianguivr de respect à
ceux qu'elles représentent» u La sentence fui
confirmée.
Thay-Tinh interjeta encore appel. Le mis-
sionnaire conqiarul de nouveau devani un
autre trihunal le 20 septembre li39- 11 eu
profila pour confesser encore la vérité et la
\. U dit les motifs qui l^avaient amené au
ronquin ; prétendit que per sonne n*a lo
' oil d*em pécher quelqu'un de prêcher une
^ligion qui v.ent de Dieu; que les lois qui
d^feîid*^nt sont un abus d autorité. Le ma-
^strat voulut lui faire dire quels étaient
cfux qui l'avaient re(;u et qui avaient pra-
iqué rhospilalité à son é^ard. il rr|tondit
d'une manière générale pour ne compro-
mettre personne. Il refusa de si'pj;iier le pro-
cès-?eri>al «Je la s/ance, si on refusait d y
changer deux caractères que le secrétaire y
avait introduits, et qui pouvaient, élant fort
équ voques , siffrilier qne le missionnaire
avait avoué que sa religion est fausse. Le
résident les lit -effacer ; après quoi, le Uiis-
'unnaire signa et fut reconduit en prison.
En niO et 17'il, les troubles et les lléaui
^ui dés dèrent le ïoiiqniu empéchiiietit les
litres missionnaires d y exercer leurs fonc-
ions. Mais lui dans la maison qui lui servait
r*iSile, célébrait les saints nivs ères, con-
ssait, baf)tisail les petits enfants. On ob-
nait même des magistrats, des geAJiers, eu
s ^♦ayanl, qu'ils permissent nu saint d'ad-
itrtsircr des malades, des inlinnes, tant
IIS la vi!le que dans la canq>agne. I>u reste,
il y avait [plusieurs uiagistr.its qui étaient
chrétiens; le sixième Ji^ère du roi 1 était
aussi* Le P. Ciil célébra la messe dans son
palais le jeudi saint il\2. Quelque temps
après, on voulut obtenir sa délivrance t n
employant au|u*ès du roi plusieurs personnes
inlluentes et notamment sa tante, f^riocesse
qui était chrétienne. Le P. Gil n"v consentit
qu'à condition que dans la requête on dirait
au roi les motifs qui Tavaient amené au
Tonquin, ainsi que ceux pour lesquels il
avait été condamné. La princesse, croyant
biBu faire, dit à sod neTeu que celui pour
CIL
im
qui elle intercédait n^était qu'un négociant
venu pour ses alFaires; (ju un Tavail arrêté
sous prételle qu'il |irêchaii la reli^sion chré-
tienins mais que le tribunal avait condamné
celui qui Tavait arrêté à garder les éîépliants*
Le roi accorda la grâce, eu supposant que
les faits fussent vrai^. Un eunuque fuj
chargé de les vérifier. Il eût été très-îaciledo
faire parler reunu'jue comme avait fait la
princesse; mais le P. Gil ne voulut pas al-
térer un mol de la vérité. Il dit i*ourquûi il
ét^it venu au Tonquin, que la liberté qu'où
lui rendrait lui serait odieuse s*il lui fallait,
pour la conquérir, se dire autre qu*il n'était.
Ces aveux rendirent la requête inutile. On le
laissa dans les fers, mais il y fut aussi hbre
qu'auparavant et continua deux ans eucore à
utiliser son saint uiinislère.
En mars 1743, il comparut de nouveau,
confessa la foi, malgré les menaces, les mau-
vais Irailemenls. Le juge voulant qu'il dé-
noiiçiit quelqu'un, le menaça de la lorluie
eu lui disant : « Je vous ferai )>arler. x> « Je
soullrirai la torture, hâ dil le missionnaire,
et je ne j)arlerai pas* »» Bientôt il eut un
compagnon de captivité : Mathieu Alon o,
nommé encore Alphonse Lcziniana, natif de
Nava Del Re en Espagne, fière précleur, était
entré au Tonquin en 1732. Obligé de se ca-
cher jusqu'en HM, il avait h celte époque
recommencé ses [irédicalions qui, penitant
dix ans, avaient éié Irês^fructueuses. On
verra à son litre comment il fut arrêté et
comme ni il devint le comtiagnon de capti-
vité du P. Gil. Le 30 mai 1744, on les réunit,
ils demeurèrer t ensemble jour et nuit, uli-
lisanl Irur ministère auiaiil qui! était en eux.
Bientùt ils cou^urenl une grande esnérance;
le ^tiiud oncle du roi les lit apjjeler pour
avoir des éclaircissements sur la religion
chjélicnn: . Ceîte conférence eut lieu le 10
juillet 17U. .Malheureusement, elle n'eut
}>as le résultai qu'on avait espéré. Le prince,
af/rès avoir lu quelques fragments d*un hvre
écrit en Touquiiiois, que lui remirent les
missionnaires, leur exprima ses doutes. Il
convint cjue la religion de son pays était
pleme d'absurdités et de faussetés/Mais il
aiouta qu'il comi^renait moins encore les
dogmes de la religion cbrétienoe avec ses
mystères.
Le Tonquin continuait d*être frappé d'uuo
multitude d*' lléaui. Pensant qu il y avail
quelque chose de providentiel dans tous ces
malheurs publies, le roi donna 1 ordre d'étu-
dier de nouveau les procès de tous les dé-
tenus, de niellie les uinoceuts en liberté et
même d'user dludulgence envers les cou-
fiables. Beaucoup de ciuétiens pensèrétU que
e moment était opportun pour sauver le
P. Gil, ils voulaient ptéseuter un placet,
mais, lui, témoigna couibieii il en serait af
tligé. « Oue pe?)seronl les idolâtres, disait-il,
quand ils verront leux qui leur }irêcbeol la
patience, le co;irage dans les tourmenis,
craindre de sceller do leur sang les vérités
qu'ils annoncent. » Ses amis n*osèrent plus
persister dans leur dessein ni même odrir
rançon j
n
1
40W
GO.
du P. LeziniaDa, on crut pouvoir agir diflfé-
remment. Les juges influencés par les dé-
marches qui eurent lieu, mod fièrent la sen-
tence qui TaTait condamné à la peine capit^ile
et prononcèrent contre lui la peine u'une
détention perpétuelle. La sentence du P. tiil
fut maintenue. Quand on présenta au roi
ces deux sentences, ne s'expiiquant pas pour-
quoi elles étaient si dilférentes dans deux
causes identi ,ues, il refusa sa signature et
renvoya pour un noUvel examen devant le
tribunal criminel. Comme les deux sentences
étaient distinctes, le bruit se répandit que le
P. Gil allait être exécuté, que son compa-
gnon au contraire serait épargné. Le secré-
taire du tribunal criminel donna plus d au-
torité à ce bruit en disant le 21 janvier ilkb
aux chrétiens de la cour, que le P. Gil allait
avoir Ja tète tranchée le lendemain, sans
rien ajouter qui concernât le P. L-ziniana.
On vit alors une étrange chose : tandis que
les chrétiens se réjouissaient en pensant
qu*au moins un do leurs pasteurs resterait ,
le P. Gil ne pouvait contenir sa joie. Le
P. Leziniana au contiaire ne pouvait mo-
dérer sa douleur. Cf lui oui devait mourir,
félicité par Tautre, était obligé de le consoler.
« Soyez tranquille, lui disait-il, ne pensez
pas que nos ennemis se contentent d*une
victime. Après m'avoir pris, ils se tourne-
ront vers vous; votre supplice n'est que
différé. Je ne mérite pas plus que vous le
bonheur qui ni*est accordé. Esfiérez que
Dieu ne vous le refusera pas. » De toutes
Farts on venait témoigner aux confesseurs
affection qu*on leur portait. Dans Texcès de
leur douleur, les chrétiens montraient tout
le chagrin qu'ils éprouvaient, au P. Gil, et
disaient à l'autre toute la joie qu'ils ressen-
taient en pensant qu'il allait être sauvé.
Sentiments bien naturels et qui pourtant
n'étaient pas d'arxord avec ce qui se passait
d^ns l'ûme des deux saints. Le vicaire apos-
tolique du Tonquiîi, ne pouvant venir lui-
m^me envoya un de ses servi. eurs vers les
deux confesseurs pour les saluer de sa part
et pour les prier d'être au ciel intercesseurs
auprès de Dieu en faveur de TEglise qu'ils
avaient évangélisée. Le 21 janvier, le P. Gil,
en prenant congé de cet envoyé, lui dit
d'annoncer à son maître sa mort pour le
lendemain; le soir venu, il assembla ceux
qui l'avaient servi et leur dit : « Je ne puis,
mes enfants, que suivre le précepte de mon
divin maître; prenant son testament pour
exemple du mien, je vais le faire; je vous
lègue tout ce que j'ai de plus précieux, la
môme recommandation qu il tit ii ses apô-
tres : a Aimez-vous les uns les autres; » la
charité, ce trésor que je vous laisse est le
•plus grand bien des hommes ici-bas, et il a
e don d'ouvrir les portes du ciel. Aucune
vertu n'est plus suivant le cœur de Dieu que
celle-là. Je vous en supplie, aidez-n)oi f)ar
la prière dans les combats que je vais avoir
à soutenir et recevez mes remercîments
pour tous les services que vous m'avez
rendus pendant huit années que j'ai été
captif. » Voyant les larmes couler autour de
c
l
GIL
lui et ne pouvant retenir les siennes, le suai
confesseur dit un deraier adiea à tout le
monde et rentra dans sa chambre pour y
passer la niiit en prières aux pieds de celuî
ui soutient les faibles et double la puissance
es forts.
A trois heures du matin, il célébrais messe
et entendit celle que dit le P. Leziniana. Aa
jour, il se rendit i la prison pour &ire ses
adieux aux prisonniers, pour remercier les
geôliers de ce qu'ils avaient été pour lui. Il
voulut faire aux pauvres les aumônes qni
étaient en son pouvoir ; il leur distribua tout
ce qu'il possédait au monde, c'e^t-è-dire, i»
peu de riz qu'il avait encore |K)ur sa nourri-
ture. Les soldats qui devaient le conduire m
supplice, arrivèrent à huit heures ; le P. Le-
ziniana ne le quittait pas. 11 voulait être té-
moin de sa mort, ne croyant pas être appdé
au même bonheur. Tous deux |>artirent de
la prison entourés et suivis d*une multitude
de peuple. Celui qui devait mourir semUail
inondé de joie tandis que l'autre était navri
de tristesse. Les idolâtres disaient : « Quds
sont donc ces Européens si peu semblaUes
au commun des hommes 1 Le suprême Iàhï,
c'est de vivre, et eux ne demandei.t qu)
mourir. » Le cortège était arrivé dcvaMia
grande porte du palais, quand on vint an-
noncer au P. Leziniana que le tribunal re-
venant sur la décision des seconds jogesi
avait conGrmé la sentence des premiers d
qu'il allait mourir avec son compagnoo.
« Que Dieu soit béni ! dit-il. » Le P. Gil fit
donner quelaues pièces d'argent qu'il avait
aux deux geôliers, gardiens de la prison, qui,
suivant l'usage du pa>s, devaient exécuter
la sentenc e. Quand on lut arrivé au lieu di
supplice, les deui Dominicains, la face confie
terre, prièrent longtemps ; puis mutuellement,
ils se donnèrent 1 absolution. La foule état
recueillie et respectueuse. Chrétiens et ido-
lâtres admiraient le courago des saints al^
tyrs. Oïl raconte qu'une vieille païenne, dans
la naïve ferveur desescrovances, se tenait k
genoux devant ses idoles, a quelque distance
de là, lessuppliantde sauver la \ leà ces élrti-
gers, dont la douceur et la résignation lui
paraissaient ne pas pouvoir appartenir i des
criminels. On les attacha à deux nieui. Les
yeux au ciel, ils faisaient à Dieu rhoiuaiage
de leur existence. Au signe que fit le me-
gistrat, les bourreaux leur traDchèreiit h
tète. Aussitôt, les chrétiens, franchissant les
barrières, pénétrèrent dans l'enceinte |)Our
y recueillir tout ce qu'ils purent prend-edes
saintes reliques des deux martyrs. Leurs
cheveux, leurs vêtements, tout fut euiporté.
On prit môme la terre qu'avait impr^gaéi
leur sang. Les ministres do la justice àqsi
les serviteurs des deux saints avaient doaac
une forte somme d'argent pour qu'ils cons»
vassent les corps des deux martyrs, ne fuit* ,
pas maîtres de les garder. Les chrétiens s'ei
emparèrent, les deux têtes .furent remisestf
jésuite Pierre-Xavier, Tonquinois, quilcsi
Eorter le lendemain avec \es corps dans b
ourg de Luc-Thu^'. Spinosa et Pie de Saisie
Croix les euseveUrent le 26 janvier daos li
im
GIK
CLE
im
f
niaison gui leur aTait servi de demeiipetPeu
àe temps après, on les transféra dafjs Téglise
du lieu avec beaucoup de soletmi.é. Assis-
taient à cette Iranjilation le P, Porisgrau, vi-
caire provincial des dominiiains, quelques
augustins et Je P. Hilaire de Jésus, augustin
réibrmé, évoque de Corée et vicaire aposto-
ïiqtàe du Tonquin.
GiRONE, ville d'Espagne, est célèbre par
le martyre qu'y souffrit saint Félix par Tor^
dre du président Dacieii. Il fut battu et cruel-
lerae"^l déchiré avant de rendre Ta me.
GIROZAYÉMON JOACHJM (le bienheu-
reux), fut martyrisé en lti08, au Japon, dans
le royaurae de t-'ingo, avec Michel Faciéai(*nt
€l Jean Tingoro, ainsi que ThomaSt tils de
raciémonl, et Pierre, tlls de Tiogoro. Le mot
mutriffrisé que nous employons ici pourrait
{laraitre impropre, étjnl appliqué à notre
saint» si on ne savait que l'E^^lise considère
cotume martyrs non-seulement ceux qui
meurent violemment de la main du bour-
reau, mais encore ceux qui terminent leurs
jours dans les soutfrances des cachots ou
dans les rigueurs de TexiL Girozayémon
était, ainsi que Faciémont et Tingoro, un des
se ig leurs les plus puissants du royaume de
Fingo. Tous trois étaient directeurs d'une
confrérie qu'on avait fondée dans ce royaume
som le nom de la Miséricorde. Lorsque le
roi de Fingo commença à persécuter les
chrétiens, il fit emprisonner nos trois saints.
A i*époque de 1608, il y avait près de ^^uatre
ans quilles tenait en prison, La nourriture y
était si mauvaise, la prison était si malsaine,
les soins de toutes sortes manquaie it telle-
ment aux saints confesseurs, que Girozayé-
mon mourut de misère» A la nouvelle de sa
mort, le roi ordonna de décapiter ses deux
compagnonst ainsi que leurs enfants. En ap-
prenant cette sentence, tous deux déclarèrent
qu*ils en étaient ravis, et que s*ils avaient
un souhait à former, c'était celui de voir les
bourreaux épuiser sur eux toutes les tortures
que leur art pourrait leur suggérer. Le roi,
qui craignait que le peuple ne se soulevât,
commanda de presser reiécution. Dès iju'on
€ul signifié aux saints confesseurs, et l'arrêt
qui les condamnait, et Theure à laquelle ils
allaient mourir, on les conduisit la corde au
cou hors dus murs de Jateuxiro. On envoya
deux soldats pour chercher leurs enfants*
Le petit Thomas, tils de Faciémont, n'avait
ue 12 ans, le Itts de lingoro, nommé Pierre,
en avait que sept. Thomas, ayant appris sa
jodamnation, courut se revêtir de ^es plus
lieoux habits et vint spontanément au-devant
du funèbre cortéije. Il sauta au cou de son
père, en lui témoignant sa joie d'ôtre associé
a son sort. Lorsqu*on lut arrivé au Heu du
supplice, les saints confesseurs attendirent
quelque temps que Taulre enfant arrivât ;
mais comme il ne venait pas, ils furent déca-
pités en son aljsence. L'enfant était chez son
gand-père et dormait encore, quand le sol-
l qui devait lamener se présenta. L'en-
fant, sans témoigner aucune crainte, sliahilla^
et prenant le soldat par la main, vint avec
lui au lieu du supplice, lin peuple immense
DlCTIONN* l>£S p£iy»ÉGUTia5». L
le suivait : quand le petit martyr fut arrivé,
il se mit à genoux près du corps de son père,
et joignant ses mains, il présenta sa tête au
bourreau. Comme celui-ci levaitle bras, pour
le frapper il se fit une immense clameur. Le
peuf>le indigné ne pouvait se contenir: ïf^
bourreau de son côté jeta son glaive et s'en-
fuit; successivement deux autres vinrent et en
firentautant. Entin un esclavecoréen se char-
gea delexécution ; mais étant inhabile et for-
tement ému de ce qui se passait autour do
lui, il déchargea plusieurs coups de sabra
sur la léte et sur les épaules de lenfant
avant de pouvoir lui couper le cou. Le [>etit
martyr se lit hacher ainsi sans pousser un
seuJ cri-
GIVALIUS (saint)» fut l'un des quarante-
huit martyrs mis à mort avec saint Saturnin,
en Afrique, sous le proconsul Anulin, en l'an
de Jésus-tJhrist 305, sous !e règne et durant
la persécutioi si terri.--le que Tinfàme l>io-
clétten suscita contre FEglise du Seig^^eur,
(Voy. Saturnin.) L'Eglise célèbre la iéte de
tous ces saints le !1 janvier.
G LA BRI ON (Man. Acitiu»), fut consul en
91 de Jésus-Christ, iO et M de Domiticn.
Baronius , et après lui Dodwel, mettent ce
personnage au nombre des martyrs, préten-
dant que Domitien le tit mourir pour cause
de christianisme. Le passage de Dion sur le-
quel se fondent ces aub-urs {Dionis Cami
Hùtoriarum GO, typh Wecchetiank ^ nn.
1606) a probablement été lu tr*>p légèrement
par eux ou mal interprété. 11 ne dit pas un
mot qui confirme l'opinion qu'ils en tirent.
Voici la vérité sur la mort de Glabrion. Do-
mitien, qui était aussi cruei que Néron, av^it
voulu que Glabrion, élanl consul, descendit
dans Tarène pour y combattre un lion, (ila-
brion» loin de s'épouvanter, attendit de jned
it^rme l'animal féroce et réussit h le tuer*
Une si grande adresse jointe à tant de force
et de courage, c^était assez pour elfrayer
Domitien. il eut peur que Glabrion lournât
sa bravoure et sa force contre lui, et ne le
tuilL 11 Fexiia d'abord, sous prétexte de cons-
piration contre TElat, et ensuite le ht mou-
rir. L'Eglise n'a pas partagé Fopinion de
Baronius et de Dodwel : elle n'a pas mis Gla-
brion au nombre des saints*
GLEYO, j>rètrc du séminaire des Missions-
Etrangères, soutfrit de la persécution en
Chine, en 1T77. LarelaLon de ses soulfrances,
écrite par lui-même , est une pièce authen-
tique trop belle pour que nous cherchions à
la remplacer. « Trahie, dd-il, au tribunal du
Lao-ve , la première question qu'il me lit lut
celle-ci : Européen l qu'ètes-vous venu faire
ici t — Je slIs venu, lui dis-je, prêcher la reli-
gion chrétienne, et ce n'est nas, comme voui>
le pensez, la secte do Pt-len-Kiao ; notre reli-
gion est connue de rempereur. Il y a jus-
que dans sa cour des Européens qui rensei-
gn^mt tout comme moi; ils ont dans Fébin
des églises ouvertes, où Ton fait publique-
ment les exercices de notre sainte religion;
rempereur Ka!ig-hi a été sur le point de
rembrasscr; il y a des chrétiens dans toutes
les provinces de l'empire, et ceux qui coo-
35
^
109»
GLE
naissent leur doctrine ne /ont jamais con-
fondue comme vous, seigneur, avec la secte
infâme des Pelen-Kiao. » Le Lao-ye me de-
manda alors de quelle utilitdpouvaitdoDcètre
notre religion. Je lui répondis qu'elle pré-
servait ceux qui Tembrassaient et la prati-
quaient delà damnation éternelle, et qu'elle
les conduisait au bonheur du ciel. 11 me de-
manda aussi si nous n'adorions pas des ido-*
les : ayant répondu à cette question avec indi-
gnation et de manière qu'il n'eût pas un mot
a me répliguer, il me ait : « Mais, à t'enten-
dre, ta religion est bien nécessaire? — Oui,
lui dis-je, indispensablement nécessaire.
— Quel mtérét, ajouta-t-il, as-tu de venir de
si loin pour prêcher ta religion dans cet
empire? — Point d'autre, lui répondisse,
que l'amour que je dois avoir pour Dieu et
pour les hommes a cause de Dieu. — As-tu
ton père et ta mère? — Ma mère seule vit
encore. — Pourquoi n'es-tu pas resté pour
l'assister? Comment regarder comme bonne
une religion qui autorise ceux qui l'embras-
sent à abandonner leurs parents ? — Ma
mère, lui répondis-je, n'a pas besoin de
mon secours ; elle a été très-contente que
|e vinsse ici pour faire connaître ma reli-
gion. » Alors, prenant mon crucifix, il me de-
manda l'explication de cette image. Je la lui
donnai le mieux qu'il me fut possible, après
quoi il ordonna qu'on me reconduisît en
prison. Le lendemain, 31 mai, il alla avec
ses satellites dans l'endroit où j'avais été
pris, pour faire la recherche de mes effets. Il
7 trouva toute ma chapelle, à l'exception du
calice qu'on avait eu soin de cacher. Quand
il vit les ornements sacerdotaux, il me erut
Eus que jamais de la secte des Pelen-Kiao.
i chasuble était mon manteau royal; le de-
Tant d'autel, Tornement de mon trône; le
fer à hostie, l'instrument pour battre mon-
naie ; mes livres, des livres de sorcellerie.
Le soir, quand il fut de retour et qu'il eut
raconté tout cela à mes gens, l'un deux, étant
venu comme à l'ordinaire pour nous renfer^
mer, m'annonça ma mort comme'procbaine, et
tout de suite on fit ajouter à ma chaîne un
collier de fer avec un bâton aussi de fer,
long d'un pied et demi; attaché par un bout
à mon collier et de l'autre à mes menottes,
pour m'empècher do faire aucun usage de
mes mains, parce aue le Lao-ye , me croyant
sorcier, voulait m ôter le pouvoir de faire
des maléfices. Le même soir, il me fit appli-
quer son sceau dans le dedans de ma cne-
mise, ensuite de quoi il ordonna qu'on me
fouillât plus exactement. On m'enleva alors
les ruii(|uos et la boilo des saintes huiles
Îue j'avais conservées jusqu'à ce moment. Le
ao-ye était si entêté à nous faire passer
pour des Polen-Kiao, que, sans plus ample
information, il dépêcha ua courrier à la ville
de Tliong-Kin pour avertir le gouverneur
de ce oui se passait et demander main-forte
contre les Pelen-Kiao qui commençaient à se
montrer dans son district, ayant un Euro-
péen à leur lùte. Le lendemain jendi, en at-
tendant Tarrivée du gouverneur, il se mit à
lire les livres de reiiejiion qu'il avait trouvés
GLK
1)armî mes effets, n tomba snrnn voli
es commandements de Dieu étaient
^ qués assez en détail avec quelques i
histoires. U fut fort étonné d'y trouT
si belle et si sainte doctrine ; il connii
sa bévue et fut forcé d'avouer que ncH
gion enseignait à faire le bien ; mus
trop tard. Son accusation devant le iiyw
son supérieur, était déjà faite, et, rojê
l'affaire allait tourner contre lui, il o
le moyen de se justifier à nos dépeai
cela il nous fit venir en sa présence, 1
midi, pour voir s'il ne se trouvera
quelque chose de répréhensible dei
réponses. Il cita d'abord Oang-thie»-
ne tira de lui que la confession de 1
trine du décalogue et l'explication de
ques-uns de mes ornements. Snsoili
venir André Yang; ne pouvant le iair
venir que nous avions aos livres de sa
rie, et voulant à toute force nous fair
ser pour sectateurs d'une mauvaise rel
il s'acharna sur cet enfant pour le fo
avouer des horreurs qui ont fait toal
feu du ciel sur Sodome. Pour le punir
fermeté à le nier, il le fit frapper àdfi
tes fois de cinquante soufflets. Cet
ment si rude n'ayant point ébranlé aa
tance, il lui fit donner en quatre fois
coups de bâton sur la chevOle du pied
Cet enfant, dont les cris roc perçai
cœur, commença alors à perdre la m
bientôt toutes ses forces, en sorte a
Lao-ye fut obligé de s'arrêter et de II
voyer. L'ayant fait mettre à l'écart, ili
voya chercher. Il se contenta de me
sur mes ornements sacerdotaux , qna
questions auxquelles je répondis, un
manda encore le nombre de mes dise
Je lui dis <jue, tant hommes que féa
il y en avait environ cinquante. 11 s'é(
qu il y eût aussi des femmes, à quoi j
Eondis : a Les femmes aussi bien qi
ommes n'ont-elles pas une ânae à saui
Mes réponses ne l'ayant pas satisfait, il
dressa à un Chinois chrétien ; il lui den
son nom de baptême et pourquoi nous
nions de tels noms. On lui dit que
étions dans cet usage, pour nous pim
un saint à imiter, afin d'arriver av
comme lui. Voilà ce qui se passa dans h
cond interrogatoire, après lequel on am
reconduire en prison. J'eus la douleis
trouver mon enfant, André Yang, le fi
extrêmement enflé, le sang extravas* i
les yeux et ne pouvant presque plus seJ
tenir, à cause de la torture qu'il veoiil
souffrir aux pieds. Malgré les douleurs i
lui causait sou état, il revint, en me vofi
h l'aimable douceur et à la joie inoo«
qu'il a nar caractère, et, contre roidin
en semblable occasion , le surlendenaii
se trouva rétabli.
« Le 2 juin, le gouverneur dTun-Ch
arriva et prit connaissance de notre ift
avant larrivée des mandarins de Tchoa*
11 nous cita devant lui et nous parla éW
avec beaucoup de douceur, montraot (p
désapprouvait l'esclandre qu'arait bile
If 01 GLË
Lao-ye en son absence. Après Cfuelquès
questions indillerenl<?s jXDur savoir dou j'é-
V\is, il mo detnauda si je ri'adoiiiis pas tes
idoles coiiiuîe losautrci* : «^ Noy, assuri^uieiit,
lui répondis-je. » L'arlielo sur k'«|uel il in-
sista le plus fut coaiaieut j'instruisais Ihb
fcnimes. il v revint à plusieurs reprises atin
iie ctonner le temps h son secrêUiru d'écrire
mes dépositions. Jtj lui rt^pcmdis tniïjoursde
U ro^me manière, savoir : <pi6 (piaîul j^étais
' iiiuULo, je m'asseyais, aux heures
i, tout au iJ^Dul de la stiUo coin-
iiiuiw» des holes; que les hommes se rail-
gt.'ffient d'un tu>(<* et les feimues de l'autre,
▼ers la j^rle qui conduit dans Fintérieur de
l3 maison ; cpie ceux qui cruyaient h ma doe-
Irin^s embrassaient la religion chrétienue»
m lis que je n'y forçais jamais cenx qui re-
fu!>aiôMtdy croire. Après m'avoir teuu d^*-
fâût lui eViriron un (piarl d'heure et demi»
on tint annoncer l'arrivée du Lao-yo, el l'on
mé renvoya luen vile. Ce piince» qui est
beau^pèrc de l'empereur actuel, parut avec
bMii^dup de pompe, accompagné» seJou ru-
tan, de plusieurs m/indarins inférieurs el
è^Ti ao neuf cents soldats avec leur ado-
imI el laurs chefs subalternes. Ce grand ap-
pareil 4^ttsa beaucoup d'étonneinent dans
tout Je roîsina^ê. Tant de mandarine venus
t% la foi.** pour procéder et couihaltre contre
fes Pelen-Kiflo virent avec joie qu'ils avaient
été trompés iwir Fimprudenee de Lao-ye. On
lui en fil des reproches bien aïoerst et il fut
fCMruUanîé à des amendes j^uniaires qui na
liii furent [>as moins aeosibtes. Le lende-
laifi, Vjuin, Ip Toutai-ya ou gouverneur du
chou-Kin, ville du f*remi<3f ordre, nous cita
lui. Il nous interroi^ea peu et seule-
pain* s assurer que nous étions chré-
$, el non des Pelen-Kiao. Le soir» peu-
nnt la nuit» on nous mena devant le sons-
g*>uvefneur. Il interrogea le jeune Aridrii
Yaiig et moi ensuite. Il rne lit subir un in-
terrogatoire très-long el très-minutieui; il
me demanda si j'étais^ venu seul Européen
en celle f*rovinee, question fort embarras-
Mnte, étant venu avec M. Mary. Je réfx*ndis
qu'en même temps que j'étais h Canlon, il y
avait au:>si deux autres Européens; qu ils
allés h Pékin, et que j'élais parti j^niur venir
■b:i; cela était e%a<iemeul vrai, car deux je-
^Kiiites s'étaient rendus, lelle même anné<%
^Hans la capitale de l'Empire, Je m*eu tins
^Bonjours à celte réponse, el enfin il n'insista
pkis sur cet article. Il me demanda ensuite
31 le frrince dont j'élais suîel savait que j'é-
is venu'ici; à quoi ie repondis que non;
voulullqueje lui déelara'^se eji lualaîfgud
Europe fc? noms de ceuv de ma nation qui
laieot à Pékin, et celui du royaume où j'a-
b pris naissance. Il tit lotit cela pour s'as-
lurer de plus en j>lus que j'étais Européen,
'nlin il me questionna sur le ntmi et lenofn-
re des chrétiens. Je refusai de lui répondre,
n le suppliant de ne fias IV^î^er de moi; il
ic répli^jua rien el nu^ renvuya eu [>rison.
e lendemain luidi, 5 juin, nous fûmes ci-
tés pour la secofuie fois, dans la matinée»
^vaiu h Toutai^uv en présence d'un autre
GLE
liOi
gi^and mandarin. André Yang reçut ciuq
soulllels; Ou^n^^-Thein-Tsio en reçut dij»
pour avoir parlé en iaveur de nos livres;
fcheou-Von^-Koui en re«;ul aussi dii pour
avoir dit qu'il ne savait pas lire, ce qui élail
très-vrai, Eusuile le Toutni-ye, s adressant
à moi, enlrejirit de me faire dire que fêtais
venu ici, non pour prêcher ma relii^ion, mais
pour chercher à ni\'nri(hir(il voulaîi par làci-
viiJser mon airturej ; il ajouta que si je m'ob-
stinais à ïe nier, il alîail nie faire iraucher la
télé. Je m obstinai cependant, et alors il ruelit
donner quelques soulllels, disant : « Si ta re-
ligion peut quelque chose, qu'elle Tarrache
d'entre rues mains. » Jeluirépondis que notre
relidon n'était pasétablie poumons [irocurer
un bonheur temporel , mais pour nous con-
duire au bonheur du ciel. Là^essus il me fit
frapperdeoouveau,disanlen colère: «Le lieu
de la félicité céleste n'est-ce pas la Chine t»
Je crus qu'il était inutile de ré|K>ndre 6 do
pareilles extravagances. Je gardai donc la
silence, me rec4>nmiandant à Notre-Seii^ieur
qui, sur la croix, ne répondit fias autrement
au 5. blasphèmes qu'on prononçait contre lui.
Je ne reçus eu loutque seize soulHets. Le Tou-
tai-ye» voyant <pFil ue pouvait pas venir à
bout de nous faire dire ce qu'il voulait, em-
ploya un dernier moyen, U lit apporter la
macliine kia-kouen pour ma faire donner la
torture aux j*ieds. Pour lors les soldais vin-
rviit autour de moi, el, me laissant toujoura
àgenoui, ils me poussèrent el me firent re-
culer jusqu'au bas de la salle. Là ils m'ôlè-
refit mes souliers el mes bas, me mirent la
inâeliiNo aux pieds el commencèrent à la
serrer. En même temps, le ïoutai-ye criait
du liaut de la salle : « Dis donc que tu ea
venu ici pour chercher des richesses I — Je
lui répondis que je ne le dirais pas. — Pour-
quoi es-tu donc venu? — Pour prêcher la
religion. — Ouelle religion? — La religion
chrélieDne. » Voyant qu'il ne îK»uvait p^s
m'arracher Taveu' qu'il désirait, il se mu à
dire aux bourreaux : a Ecrasez-lui les os, »
La violence de la douleur me ût évanouir:
je ne voyais presque plus; je n'enlendaii
pins que la voix dçs bourreaux qni ma
criaient à pleine t(ite : « Bis donc que lu es
venu ici pour avoir du riz et de Taisent! »
A la tin, j'entrevis le sous-gouverneur qui
disait au Toutai-ye :« Monseigneur, cet
homme ne reniera point sa reîi,;;ion, il est
inutile d^ le tourmenter davantage. » Alors
il ordonna de lôcher la marhine, el lotit de
suite les soldats me prirent i^ar^dessous les
brasel me portèrent hors de la saHe. Après
cette lorUire, on sent un vielont mouva-
ment dans les entrailles ot un malaise dans
liiut le corps qui dur© assez longtemps.
Lorsqu'on m*eut remis en prison, j éprou-
vai ces accidents, et il s'y joignit une lièvre
qui dura dmix heures. Je crus que j'allais
avoir urie bonne maladie» el que mon heure
désirabb* ne larderait pas d'art i ver. Il n*efi
fui pas ainsi ; ayan pris un peu de iiourpi*
tuff;', h la solhcitaiion d*-s thréùe.s, i. es
douleurs se dissii>erent, el je me trouvai
presque entièrement guéri. L'après-midi»
nn nous appeta encore f»our nous erinduire
devant le gr^nd niaosïarin, appelé Tao-yc ; il
BOUS fit peu de qut^sUons. S*adressant à moi,
il me dit que si j Valais venu ici pour cher-
cher de rargent» mou affaire serait peu de
chose ; mais gue c était un crime à moi de
dTe qu« jVtais venu pour cause de ma re-
ligion. Après cela, auressanl la p/irole auï
«litres mandarins qui étaient tous préseols,
il leur dit tout haut : « Cette afFaire n'en
vaut pas la peine; c'est inutilement qu'on
nous a fait venir; vous n*avez qu*à vous ûa
r**tc»iirner, j1rai moi-même à Tchen-tou ar-
ranger toutes choses avec le Tsong-tou. »
Sur cela, on nous ramena en prison. Le len-
deiuftiïi, G juin, il partit pour Tchen-lou» et
trois jours après on nous lit partir aussi
Ç5ur j aller» accompa^uf^ du Toulai-ye de
chon-Kin, Nous arrivâmes dans cette capi*
ialc^ de la province te 21 du mois de juin.
« En entrant dans la ville, nous fûmes
conduits à la porte d'un grand mandarin,
où on nous fil attendre environ deux heures,
«près quoi on nous mena devant le Tou(ai-ye
de ci-tle capitale. Aussitôt qu'il nous vit, il
s'assit sur son iribunal, et il me tit compa-
raître tout de suite devant lui, ne voulant
aucun témoin. Je trouvai un htimme qui
n'aimait pas les persécutions ; m is il ne
roulait pas m'entendre dire que j'étais Eu-
ropéen, siiut*^nant cnie ma figure seule prou-
vait une j*étais de Canton; c'était pour we
su^^érer de dire comme lui ce qui aurait
mis tin h tout. Je refusai d*enlrer dans ses
vu*'S, et je dis toujours que j'étais Européen,
A la fîut la grande envie que j'avais d*em-
pécher le progrès d'une telle persécution fit
qut^ je rét»oi»dis qu'en un certain sens je
pouvais me dire de Canton» y ayant une de-
meure; mais cette réponse ne le contenta
pas; il insista pour me faire dire que j'étais
originaire de Canlont ajoutant d'un ton de
colère : « Tu ne l'embarrasses pas de fftire
mnurir les gens avec ton nom d'Euro-
péen;» et* la-dessus, il appela ses s.u<*l-
Ltes et nje fît donner cinq soulHets. L'état
de faiblesse où j*étais ma lit tomber éva-
noui, ce qui l'obîigea à me renvoyer bien
vite en prison. J'y fus longtemps étendu
Sar terre sans pouvoir recouvrer mes forces,
i^uue [ours après, il me cita pour la troi-
sième iviis. Dans tout le chemin, deputs la
prison jusqu'à la salle, il avfiit aposlé des
Sens qui me pressaient à chaque pas de me
iro de Canton. Alors^ voyant l'en vie qu*il
avait d'élargir les chrétiens g[ui avaieal été
pris h mon occasion, et considérant le dan-
ger où if me disait que je les exposais, je
crus pouvoir lui dire qu'il pouvait me irai-
ler comme étant de Canton, puisque j'y
avais une demeure dans le district delà ville
Sin-iao ; je me trompai de nom , c'était
Uian-ian. Ce l'ut le dernier interrogatoire
que je subis dans celte capitale, où j'étais
détenu prisonnier avec les chrétiens. La
prison ddus iaqueile on nous renferma était
le vrai séjour de la misère humaine. Des
chaleurs excessives, une odeur insupporta-
We, de la malpropreté, de lavermiae» etc.,
e(c. Les prisonniers, logés tous ensemblet
étaient ordinairement au nombre de plus de
soixante, une grande |iartie dans une misère
qui fait horreur Outre cela, il y régnait
une maladie contagieuse qui en faisait mou«
rir un grand nombre ; les malades étendui
par terre, dans un état que la décence ne
fïernict pas de décrire, le tumulte, les criail-
eries, les vexations des geôliers, sans par>
1er des abominations auxquelles se livraient
plusieurs de ces malheureux. André Yang ?
fut malade; son état me causa une viveei*
Iticlion: mais rien de plus édifiant que si
patience et sa douceur» Il me disait qu'il
mourrait content, |mrce que j'étais auprès
de lui. Dieu qui aviit d'autres desseins lof
ce saint enfant, lui renflit la sa'ilé en peu dé
temps. Trois des chrétiens qui avaient éii
arrêtés avec moi furent atteints de la maladif
contagieuse, et deux d entre eux furent m
danger pendant plusieurs jours. Il ne mon*
rut dans cette piison qu'un seul chrétien,
qui n'était point prisonnier f>our cause dl
religion* II avait eu la faiblesse de dés^rtir
pendant la guerre du Yun-nao. 0ès i^uî
eut appris qui nous étions, il se joi^ l
nous; j'eus la consoIaîÂun d'entendre sàtm^
fessiou et de le voir mourir dans les pto
grands sentiments de piété. J'entendis ta*
core la confession de Tchang-KoueDt qti
mourut aussi» après qu (m r< ut changé dl
prison. Ce jeune Chinois élail forl
des païens mêmes, qui le regreltèreB
cause de ses bonnes qualités. 11 te
malade, à ce queje pense, pour avoir eî€
la charité envers Tautre chrétien ûfHA
Tai parlé ; il était trop assidu auprès de
lui, et il lui parla de trop près pour 1 eshcf^
1er À la mort. Combien les desseins de Dji
sont admirables I Je penserais vidantiersi
la Providence nous avait conduits daos(
prison pour Fâme de ce oéserteur. Defdi
îilusicurs années, il avait été privé d^ Je-
cours de la religion et de sei ministres, d
il prolita si biwi de ceux que je lui de
qu'il mourut pénétré de crainte et d'an
pour Dieu. Peu après sa mort, il vint uni
dre de faire changer de prison à\x% chrétietis.
Je demandai si mou nom était sur la îiste^
on médit que non. Ainsi André Yang, am
jeune écolier, et les trois autres Chinois, f^
rent séparés de moi, eï je restai seul chr^
tien dans celle oii j'avais été mis d'abord*
Nous y avions été ensemble vingt-un j*iuf$.
Leur sépartion me fut fort amère, et j'avoni
qu'elle me coûta bien des Jarnies. Je me vil
privé désormais de loule consolation de 11
part des houmes, dans des détresses et ikl
peines d'eî^prit de toutes espèces. J'étais to-
nituetlement réduit dans un tel étal de Û*
hiesse, que j'avais de la peins à tenir la lèn
droite et à lever les mains liées de éM
menottes fort serrées ; j'offris à Dieu le sa-
crifice de mon coeur, et me soumis à de«e^
rer dans cet état tant qu'il lui plairait, et
vraisemblablement, jusqu'à la onde bM*
sécution. Environ un mois après la 9^
ration des chrétiens d'avec moi , ifs Airot
élargis et renvoyés chez eux. André Tii^
as son retour à King-tang, où résidaient
mrenis, fut encore détenu sii mois en
m. Le manilarin de cet e^droil^ voyant
VatTflire avait été terminée à Tchen-lon,
I pas lïî frapper ; il employa seulement
nenaces* elle retint longtemps en pri-
j>our essayer d^ébranlor sa constance et
► faire aposlasier: cet enfant répondit tou-
I qu'on lui couperait plutôl la ti^te. En-
royanl qu*on perdait son temps à le
menier» on le renvoya dans m famille*
mfant avait été dans la prison de Tching-
la consolation et )*appiii des néonhy es
V étaient avec lui, 11 leur rep tait
fiistrucuons qniï avait retenues, et l«*s
Sait sans cesse par ses paroles et ses
fVples- Il lui vint dans celte prison un
re ciuel à lajambfi; il hi souffrait beau-
»; il n'y avait a cela ni secours ni re*
Bf et le fer qu'il avait h h jambe irritait
lure et rendait la plaie p^iis douloureuse
^sque incurable. En tin, h la recomman-
m d'un airien prisonnier, celui qtii
rernait la prison prit compassion de cet
nt, et fit ouvrii le fer qui lui liait et sér-
ia jambe malade, 11 soulfrit dans ce mo-
if et lorsque le sang reprit sa circula-
.de très-grandes douleurs ; mais cela fut
l, et sans doute par la protection d« Dieu,
érit si promplement de son ulcère^ que
le monde en fiit surpris.
fe rapporterai ici un trait de sa généro-
invers moi. En partait de Tching-lou» il
ra le moyen de se jjrocurer dii liards ;
I dunna au soldat qui m a[)porlait mon
le priautde m acheter un peu de viande.
Oldat en garda cinq pour lui, et des cinq
fes il m'.^cbeta un petit morc^^au de
06 cuite. En me la présentant , il me dit
^ c'était de la part d'André Yang, en
Mgnage de son souvenir; qu'il me sa-
( avec affection, et c|u*il s'en retournail
t ses parents. Ce trait, je l'avoue, m'ar-
p encore des larmes au moment même
i récris. Enfin , le lendemain que les
liens eurent été élar^çis, il y eut ordre
lie faire changer de prison, et trois Jours
ton me lit partir pour retournera Yun-
g. En chemin je lus atteint de la mala-
('[ui avait f lit mourir tant de prisonniers
ling-lou. Etant arrivé dans la prison de
èi^Chang, je demandai le secours des
fecîns. Le mandarin me le refusa, en di-
[que je ferais bien de mourir, puisque
is venu chez lui pour lui causer tant de
et de chagrins. Dieu, qui ne voulait pas
e ma mort, suppléa aut moyens liu-
, et dans peu de jours je me trouvai
njôis ce fut pour entrer en de nou-
X combats. Le quato^2ièll^c de la seconde
de 1T70 (car j*i ne me ressouvenais (dus
époques sola res) arrive une lette du
tg*tou qui ordonnait au mandarin dTun-
ig du me faire dée;larer an vrai qui j'é-
Bi conséquence le mandarin me cita de-
lui. Je le pondis à sa question que j*é-
> Européen, — Pourquoi le dire , ajouta
^ il t'en coûtera la vie. » Je lui répondis
I je ne dirais jamais autremont^ et que je
4£Li
iioe
n'avais jamais dit le conlraire; après quoi j#
fus reconduit en prison- Le 29 de la même
lune , le mandarin n*ayant pas encore ré-
pondu h la lettre du Tsb'>g-tou, il en arriva
une seconde fort sérieuse et fort pressante h
mon sujet. Aussitôt le mandarin envoya d>ma
la prison deux écriva'ns des causes criminei-
les, qui me pressèrent en toute manière do
me dire né et élevé h Canton. Je leurrépoa-
dis qu'ils perdaient leur temps, et que je n&
consentirais iama s h faire un mensonge qui
ollenf^erait le Dieu de vérité que i «vais
Je bonheur do servir. Le lendemain ils viiw
rent encore, et ils enga.tèrentun ancien prî-
somiier, homme intelligent, qui avait soin
de me préparer mon riz, de se joindr*^ à eux
pour me f^ire avouer ce qu'il s voulnent. Je
dis à cet homme de ne se point mêler cb*
cette afïaire; que mon parti étmt pris s^^^^
retour. Il alla leur rapporter que jetais ub
homme iiileiible; qu*il avait lieaomVxhor^
ter , que tout était inutile. « Puisqu*il est si
enlété , dirent les deui écrivains, le nDmida-
rin va l'appeler devant lui, et à force de kia-
kouen et de coups de bâton , il vieidra à
bout de son entêtement. ►> C'était le vingt*
cinquième ou le vingt-sixième jour du ca-
rême* Pour me disposer à souflVir les lorlu-
res, j'ajoutai à mes prières ordinaires la ré-
citation du rosaire. Je le commençai avfw
assez grande émotion et palpitation do cœur»
que la crainte des tourments me causait; i
la moitié de mon rosaire , je sentis que je
recouvrais la paîi ; quand j'eus fini, j ajou/-
tai une dizaine pour invotjuer Notre-Sei»
gneur devant Piîate. Il daigna mViaucer»
me renifilit de joie et de force, et il me sem*
blait qu'il me disait intérieurement dVspé-
rer en son nom tout-puissant de Jésus. Le
ieudi de la semaine de la passion, ie fus ma-
lade d'un vomissement qui m alTaiblil encnre.
Je ne voulus pas pour cela interrompre \%
jeûne , dans la pensée que la diète ne pour^
rait pas nuire è mon estomac* Le mertredi
de la semaine sainte, je me mis à gémir de-
vant Dieu de ce que jï'tais privé le lende-
main du bonheur dont jouissent les prètrea
dans la sainte Eglise, de recevoir Notre-Sei-
gneur pour satislaire au devoir pascal. IJ
voulut tnen m*en dt»douimai^er en me don-
nant la facilité de penser à lui » et de goû-
ter en le priant une paix et une joie que je
ne saurais bien eiprimer. Le lundi de l*tV-
quesje prisonnier dont j'ai parlé vint à mot
le visa>;e pûle et les yeux mouillés de larmes ;
il me dit que le fils du mandarin venait de
lui lire la teneur de la seconde lettre du
Tsimg-tou,dans laquelle il lui ordonnait que^
sans plus ample information , il trouvât les
moyen de me faire mourir en prison; ajou-
tant qu'il prenait sur lui les suites de cette
affaire. Le prisonnier ajouta que le manda*
rin avait dilféré de répondre sous divers pré-
textes; mais qu'il ne pouvait pas retarder
plus lon^jtemps ; et que voyant mon entête-
ment h refuser de me dire*de Canton,, il ue
jXïuvait plus répondre au Tsong-tou qu*aprèf
ma mort. La nuit étant venue, ie me jetai
sur mon mauvais lit, tout babélié^ attendant
%w
«LB
&£
un
le moment où Ton viendrait m'en tirer pour
me conduire à la mort. Je passai cette nuit
et les deux jours suivants dans cette attente.
Dans le troisième , mes craintes se dissipè-
rent, et il me sembla que Dieu lui-même me
disait intérieurement qu'il ne permettrait
pas ma mort. Quoi qu'il en soit, le mandarin
qui m*avait refusé si durement un médecin,
et qui paraissait désirer que je mourusse en
prison, ne put se résoudre à exécuter l'or-
ore cruel de son supérieur. Ce changement
doit paraître merveilleux à quiconque con-
naît la Chine ; car, enfin, les mandarins su-
balternes tremblent comme des esclaves de-
vant le Tsong-tou, de qui dépendent leur
fortune, leur dignité et leur élévation. U
employa vingt jours à chercher les moyens
de me soustraire à la cruauté de son. supé-
rieur, et lorsqu'il sembla résolu d'exécuter
ses ordres, un seul mot du prisonnier dont
j'ai parlé le déconcerta. « Ne craignez-vous
pas , lui représenta ce prisonnier , que la
mort de ce chrétien ne soit sue de trop de
monde? » Ce pauvre homme, quelques jours
après, voyant que le danger était passé, ne
put s'empôeher de me dire, tout païen qu'il
était : « Il lîaut véritablement que votre
Dieu soit bien puissant , et le seul vrai
maître, puisqu'il vous protège d'une tellQ
manière. »
« Ce mandarin i\it déposé cette môme an-
née. Un mois après , un autre lui succéda
pour deux mois seulement. Il en arriva un
second do Pékin, dans le courant de la dou-
zième lune. Deux chrétiens s'avisèrent de
lui présenter un placet en ma faveur. Jugeant
par ce placet que j'étais dans l'indigence , il
répondit froidement gu'il mo ferait donner le
viatique d^-s prisonniers, qui consiste en uno
mesure d'environ un boisseau de riz et cent
cinquante liards par mois. Ce mandarin fut
encore déi)osé l'année suivante, 1771. Le 26
de la sixième lune , arriva un autre manda-
rin nommé Tchang, sous lequel j'eus beau-
coup à souffrir. Le 28, il vint visiter la pri-
son et y adorer les idoles. Il appela ensuite
les prisonniers pour prendre connaissance
de leurs causes. Il mlippela exf^ès le der-
nier. U me demanda si je n'avais pas à mon
usage certains instruments de sorcellerie? Je
lui répondis que non, et que ma religion dé-
testait et défendait la sorcellerie. Il me de-
manda si je savais écrire ; je lui réponrlis
Sue je ignorais en lettre chinoises.— «Mais,
it-il, écris-moi en tes lettres d'Europe la
nom de Dieu. » Je lui obéis en écrivant ces
deux mots : Thien-thou, II dit ensuite au:^
geôliers de me serrer de près ; que j'étais un
prisonnier de la plus grande importance;
qu'ils ne me connaissaient point , que j'é-
tais un homme plus rusé giron ne Te peut
dire, puisque j'étais venu a bout de trom-
per tant de cens, et d'esquiver tant de maa-
darins depuis Canton jusqu'ici; qu'il savait
ce que c*étaient que les Européens, etc., etc.
Après cela, s'adressent h moi, il se mit à me
{tire : « Cependant, tu es criminel. » A cela
je répandis que je n'étais venu que pour une
B#uleehose«n me demanda pour queiio chose?
{;
— «t Pour prêcher la relipon cfarétieuie.i
Il ne sut plus que dire, et, après avoir donne
quelques ordres sévères contre moi, il s'e»
alla. Pendant plusieurs mois de suite, j'eu
à soutenir des peines d'esprit bien fortes d
presque continuelles. Dieu me soutint pv
des grâces bien marquées et m'einpèchi
de succomber. Je me trouvai ensuite ex*
posé à de terribles tentations contre Ytê-
pérancc. Je suis naturellement pusillamne,
porté à l'abattement , à ne me rien paidoo-
ner, à regarder comme grièves les moiodrci
fautes que je commets, et touioars aux dé-
pens de cette confiance que Dieu demudi
de nous. Il la ranima cependaiol par sa »
séricorde; il me fit triompher de ces tenta-
tions, et répandit dans! mon cœur une jôe
pure et une douce paix. U me surrintoh
suite une croix que je n'envisageais qu'a?ee
frayeur : j'eus pendant un mois de Idi
éblouissements que j'avais tout lieu de cni»>
dre de perdre la vue. La pensée d'un teiétal,
au milieu des compagnons auxqueb j'aUiif
être livré, m'était si amère qu'il mesenbUl
que je n'avais d'autre ressource md'aïkf
consolation que de désirer la mort, tiBfiV
vais de répugnance pour uno telle ificÉia
Enfin , un soir , étant renfermé dans hâk-
rieur de la prison, je me mis à répandriiMi
cœur avec larmes en présence de meoMit:
ie m'abandonnai à sa miséricorde , et tai fs
e sacrifice de ma vue. Aussitôt que j'enstt
cela, je me sentis tranquille.il meaeflUi
môme que Dieu me promettait iûtéri•v^
ment que je ne perdrais point la vue. *
crus à cette parole intérieure ; je Bem'oc»
Eai plus de mon infirmité, et ma vue serin-
lit peu à peu et assez promptement. Enii,
dans les derniers jours de juillet tTÏ2, h
mandarin Tchang renouvela la persécutin
contre les chrétiens. Le premier joitf d» ta
nouvelle lune, après avoir été le ma^ H»-
ter la pagode, il entra bpusqueuaenl tes II
prison, et, après avoir reodu à l'idole (p'<0
y honorait son culte superstitieux, iisasflt
et cita tous les geôliers devant Imi et k«
demanda s'il n'y avait personne V^^^*^^
voir et prit soin de moi 7 Ils lui repODÉN^
que non. 11 leur dit (fue le Tsong-too, tt
1 envoyant à Yung-Tchang , s'éuôl pbnit
lui que les mandarins prebédf^uts BtiaW
pas su conduire mon affaire eomiae il fritt
qu'il lui en confiait le soin, et le chaipnlLt
mon sujet, des ordres les plus sérMî
qu'ainsi, ils fissent d exactes recbeRhesf
cela ; que lui, de son côté, en ferait, «t^
s'il venait à découvrir qu'ils TeussMittroBJ^
ils devaient s'attendre à «voir les oiv
Ïambes et des pieds écrasés à oooi» de tt-
louen et de b&ton ; qu'il renendrailiaïf*'
mier de la lune suivante , et quil votU?
pour ce jour-là , avoir une nreuve dfli^
Après avoir dit cola, il s'en alla. Pourd**
naitre cocobien le danger était grand , fl W
remarquer que deux chrétiens, qui m'aviitft
assisté les années précédentes, élaieiil d^
meures dans la ville où j'étais [Hisonncri
chez un nommé Kieou; c'était là qu'on si^
tait l'argent destiné à m'assisleri et lufid^
lioa
OLE
enfants de celle famille Tenait rao servir
avec beaucoup d'ûirection. Hiexi n'était plus
facilB que de découvrir tout cela : je le sen-
tais et l'en avais une inquiétude bion amèro.
Celui-là seul qui pouvait me secourir dans
de lelles peines, iiion Dieu, mon Père ado-
rable, vint en etlet me consoler et me forti-
lier. Il répaudit tout à coup en moi une douce
joie, uui! ferme conûance, une grande abon-
dance de force et de kimiore; il me promit
inténeureoient de n'abandonner ni mot ni
as chers disciples. Le premier jour do la
liiième lune, le mandarin vint comme il
pavait firomis. Il appela les geôliers pour leur
lemander réponse el compte des ordres qu'il
^ur avait «Ion nés. Il s'en présenta un qui
tait des plus rusés ipi'il y eût dans le pays ;
l nia qu'à y eût quckpi'iin quim^nssistilti S.1
implicite liyiiocritcjela de la poussière aux
(reuxdu Diaiîdaria , ci il lut la dupe du geè-
ier* Cepeïidant lemandann Tchang, toujoars
'irieui contre moi et contre la religion cbré-
lenne^ résolut entin de nous persécuter. Il
>mmença par faire arr^Mer le père de la fa-
illie Kieou el ses deux fils, qui venaient sou-
lêiil me visiter dans ma prison* Les ayant
landés, il les fît attendre tout le jour h sa
porfe ; le soir il les cita devant lui. il inler-
>gea le second liis sur la doctrine cliré-
leone, se servant d'un catéchisme qu*il avait
\ la main. Celui-ci , qui le savait très-bien »
épondit à ses questions, après quoi il le
envoya ; mais en mérne tenrmsil lit chercher
Fcheou-Yang par des satellites. On ne lïî
>uva pas cliez lui et on amena à sa place
)fi frtTe Ïeheou-Yong-Tchan^, Pour lors le
landarin lit rappeler le jeune chrétien Kieou,
donna vingt soutllets à Tcheou-Yoni^-
Pehang, et on les mit tous deux à la cani^ue,
\ieiques jours après , ayant appelé ce der-
lier, il lui dit qu'il voulait absolument son
Vère* Tcheou-Yong-Tchanh% pour lui épar-
>ier les vexations érs satellites, lui écrivit
venir sans les attendre. Il arriva le len-
leniain de saint Laurent, et se présenta do
'-m^moau mandarin^ Je regrettais d'ùtre
^4l|IÔl épargné, el je désirais do partager leurs
éîiWJfrrances. Dieu, qui voulait m^exaiicer,
m'y prépara pendant cinq ou six Jours qu'il
jm Bt passer dans une assez grande paix et
douce consolation en lui. Le maiida-
nnie fit bientôt appeler, et» après avoir
klié quelques autres affaires ♦ il m'a-
8a la parole et nie deinanda si c'était
[qui avais instruit Tcheou-Yong-Tchang.
Je îui répondis que oui. Sur cela il nie lit
tonner quarante souûliîts. J'eus la précau-
' >a de ne pas serrer la bouche, pour empè-
tirr que la violence des coups qui me for-
lient la mâchoire inférieure et me faisaient
ttcher le sang ne me fît aussi partir toutes
les dents. Aux coups qu'on me donnait , le
btuindarin ajoutait des malédictions et des in-
l^iirfts î puis il me disait : « Pourquoi no
» 'u pas ? tous les jours j'attenos à être
< de toi ; pourquoi ne crèves-tu pas ? »
M me fit plusieurs fois cette question, h la-
quelle je ne répondais rien , prenant cela
pour UDd malédictioû. Alors les bourreiaux
CLE HiO
qui m'avaienl frappé nie dirent : « Le man-
darin t'ordonne de lui ex|iliquer pourquoi
lu ne meurs pas?î> Je répondis qu'il n'élait
nas au pouvoir de l'homme de déterminer
le temps de sa morL J^avais les lèvres si dur-
cies , si enflées que je ne pouvais presque
pas articuler. Tcheou-Yong-Tchang voyant
qu'on no m'enten<lrait pasj leur dit que le
sens de ma rénonse était «< que la naissanco
et la mort ne oépendent point de Thomme. »
Ce qui était mieux ix>ur Félégance de la
phrase. Alors le raanuarin ajouta : « N'as-tu
pas pris une conïe pour te pendre » {il voulait
me suggérer de me détruire moi-même, et
tAcher do me désespérer ) ? Je répondis que
je n'y avais pas pensé. « Je m'en vais l'aider
à mourir, répliqua-t-it n Tout de suite les
soldats rae saisirent, et m'ayant étendu ven-
tre 1^ terre, un d'entre eux commen<;a à me
frappera coups do bambous sur le milieu
des cuisses nues. Le mandarin avait ordonna
de frapper trente coups ; après qu'on m'en
eut donné vingt , je sentis que j'allais m'é-
vaiiouir Dans ce moment Bieu changea le
oeur du mandarin, et il ordonna de cesser.
Il faut convenir que ce genre de supplice est
bien pro n aminé Jesu Cfinitimcliam pati. J'a-
voue tjuej'en eus de la joie, et que je m'eîi
retournai content dans ma prison. Avant que
de me renvoyer, le mandai-in me dit qu'il
m appellerait^ encore le lendemain pour m'en
faire donner autant, et m'aider à mourir.
Tcheou-Yong-Tehang recul vingt soufîlels ,
et les deux autres chrétiens seize coups de
bambous, el ils furent élargis.
« Pour moi, de retour dans ma prison, je
semis dans tout mon corps un n^alaise si
considérable, qu'il me semblait que je ne
pourrais pas supporter plusieurs tortures de
cette espèce sans mourir. Je m'y préparai
par la prière, cl alin de moins sentir mon mal
et d'avoir rcs[irit plus libre, je m'assis pour
prier, dans la cour de la [îrisnn. Je me mis
è répandre mon creur dans la présence de
mi)n bon et divin Martre pour lui reconmiati-
der ce que je regardais comme mes deniiets
coiubnts. Dieu écouta mes gémissements, il
remplit mon cœur de force êr de co(iraj:«% et
il me reprocha intéreurenient mon peu d'es-
pérance en ses promesses, et je sortis de la
prière avec Tassurarice que le mandr^rin ne
nie ferait pas souflrir davantage; ce qui ar-
riva en etiet. Peu a peu mes douleurs dimi-
nuèrent, mon visage désentla, il ne me vint
point d'ulcères aux cuisse"?, et dans Kespatc
de quinze jours je me trouvai guéri. Aux
vexations du mandarin coniro moi j'ajoute-
rai encore ici que cette année-là il fit etfacor
par deux fois mon nom de dessus la Ijsle des
prisonniers qui recevaient une certaine me-
sure de riz el quelques pièces d'argent pour
leur nourriture ; cela allait à me faire mourir
do faim, Dieu cependanl lui ehaûgea le cœur,
el il continua à fournir ce qui était néces-
saire à ma subsistance. Pendant que les
hommes semblaient s'adoucir. Dieu m'é-
pnjuva et me lit souffrir des licines d'autant
plus amères qu'elles étaient intérieures. Le
aiandariu fut envoyé à Rinj^-Tcboan pour la
L
Illl
GLE
ffuerre ; il n*on revint qu'au mois d'octobre
1773; son séjour ne fut que de quatorze
jours au bout desquf Is il repartit pour
Tctien-lou où il resta jusqu'à I année sui-
Tante. V\â6,e de son retour et de sa cruauté
iD*occupait tristement et me faisait craindre
pour ceui qui m'assistaient, et particulière-
ment pour cette pauvre famille Kieou. Je
demandai à Dieu qu'ils ne fussent pas in-
quiétés à mon sujet, et il me Ta accoraé dans
sa miséricorde. Le mandarin les laissa tran-
quilles, malgré le désir qu'il montrait tou-
jours de me tourmenter. Combien de fois, en
effet, ne m*a-t-il pas harcelé par des me-
naces, des injures, des blasphèmes et des
onlres cruels ! Mais quand il faut souffrir.
Dieu nous aide et nous donne une force
surnaturelle; je l'ai souvent éprouvé, et
quand il n'y avait rien à souffrir, il me lais-
sait le sentiment de mes misères et de ma
faiblesse, afin que je ne doutasse jamais que
mon courage ne venait que de lui.
« Au bout de trois mois, le mandarin re-
partit encore pour Tchen-tou d'où il ne re-
vint que le 7 du mois de novembre 1775. Il
ne parut pas dans la prison tout le reste de
cette année. Le 19 février 1776, il me cita
devant lui et il appela les geôliers. Le plus
ancien se présenta, il lui demanda ce que
faisait pour moi la famille Kieou. Ce vieil-
lard répondit qu'il n'était question de rien,
sinon que j'acceptais quelquefois un peu
de vin de cette famille. Le mandarin demanda
si c'était quelqu'un de la famille qui me Tap-
fiortait. Le geôlier soutint que non, en s'of-
rant à la ri{^eur des tortures si l'on pou-
vait le convaincre de contravention aux or-
dres qu'on lui avait donnés. Cette réponse
persuada le mandarin. Quand le geôlier eut
été renvoyé, le mandarin s'adressa à moi et
me dit toutes sortes d'injures et même d'in-
famies. Je restai les yeux baissés sans rien
répondre. Voyant que je ne disais rien, il me
parla d'un ton un peu plus radouci, et après
m'avoir dit que j'avais l'air d'un assassin, il
me demanda si je n'avais pas sur moi quel-
Îues poignards. Je lui repondis que non.
uis ne sachant que me dire , il ne m'a-
dressa plus la parole ; mais il continua de
parler contre moi, assurant que i'étais un
criminel di^ne delà mort, qu'il voulait m'as-
somraer ; ce qu'il répéta plusieurs fois en y
ajoutant beaucoup de blasphèmes contre ma
religion. Cela ne suffisant pas au mandarin,
il or lonna brusquement aux geôliers de lui
apporter tout ce que je pouvais avoir à mon
usage pour en faire l'inspection ; il demanda
ensuite aux prisonniers s'ils n'avaient point
à se plaindre de moi; ils répondirent que
non, et le mandarin ne sachant plus que dire
se mit, en élevant la voix et en me nommant
par mon nom, à faire des criailleries et à me
traiter de fou. II exigea aussi des prisonniers
qu'ils ne m'écouteraient jamais et qu'ils ne
croiraient point à ce que je pourrais leur
dire de ma religion ; ce que ces gens perdus
de crimes et de toutes sortes d'excès n'eu-
rent point de peine à lui promettre. Tant de
menaces et de précautions contre moi me
GtB
désolèrent, je l'avoue, et me fira
que je n'avais plus rien à attfsDC
abandon général et nécessaire d
monde. Je voyais les dangers et les
humains, je m'offusquais de tout
ne faisais pas attention que ces
amères réflexions affaiblissaient c
foi et l'espérance. Mon bon ange q
quais souvent m'etf avertit sans
sentis quatre fois des reproche» pr
intérieurs ; je rougis de ma laibl
demandai pardon à Dieu et je m
alors tout différent de ce que j'élai
ment auparavant. Ma conuance, m
sion et mon abandon à la voloot
divin maître, se ranimèrent et se f<
Vers la fin du mois d'octobre, j'ei
frir dans la prison une persécutioi
qtie, pour ainsi dire, de la part d<
niers révoltés contre moi. Je fa
d'opprobres et accablé de menacer
sommer, de me hacher à coups éi
Ils disaient entre eux (ceqpii, huo
parlant, était bien vrai) que, pov
tué, ils ne seraient pas réputés
d'un nouveau crime; qu'ils en r
plutôt récompense que punition,
de tous ces orages, je pris le p
chercher d'autres armes que le i
patience et le secours du ciel, li
mandant sans cesse ma cause et
donnant ma dtfense. Cependant, i
me maltraiter, ces prisonniers prii
solution de m'accuser devant le
dans l'espérance qu'il me ferait a
comme il m'en avait tant de fois a
11 octobre, le mandarin vint dans
il demanda de nouveau aux pris
quoiqu'un me venait voir. Ils H
encore que non. L'occasion était
m'accuser : chose admirable 1 persi
fit. Le mandarin renouvela ensuite
liers ses ordres contre moi, et leur
je m'échappais, il y allait pour lui
fnité et pour eux de la vie ou au
exil ; il n'a jamais cessé de me ci
cier. La persécution domestiqu
croyais éteinte se ralluma et de
forte que jamais. Quatre jours aprè
darin cita devant lui mon principal
Les autres prisonniers le pressi
m'accuser ; il le fit et dit (ce qui H
faux) que je lui cherchais querella
qu'il ne payait pas ses dettes. Di«i (
le cœur du mandarin , car il loi rt
«que peut-ôlre n'enlendait-il jjiil
que je lui disais. » Après quoi, '1 4
si je faisais des prières dans U ■
Mon accusateur répondit que oui,*
c'était dans une langue étrangère. »
Ici, nous interrompons le récitai'
ble confesseur pour donner sur M}
les documents qui sont à notre conisf
bien que nous n'ayons pas l'inl**
faire sa biographie complète. QwdÇJ
après, M. Gleyo fut délivré; ille*
fluence du P. d'Atrocha,ex-jésuitap*
Dès qu'il fut en liberté, il se scoft*
d'aller porter le flambeau de la lai •
GOE
1111
trémit^s de la Chine, chez des peuples qui
ne l'avaient pas encore reçu En 1785, il
^étaît dans la province de Koui-Tchcou où il
faillit être piis avec M. DevauL Plus tard, il
enireprit le vo/fige des Loïo, mois comme
il ne paraît pas y avmr été p^Tsécuté, nous
nous arrêterons ici* {Lett. édiL^ vol. IlL p.
GLYnÈRE (saint), prftre et martyr, souf-
Wl à Ni comédie. Après divers tourments,
yant été, durant la p*Tsécutioi de Dioclé-
iien, jett* dans le feu, il y accomplît son cou-
rageux martyre. L'Eglise fait sa fiSte le SI
décembre-
GLYCÈRE fsaiot), évêque et confesseur,
souffrit pour sa foi et le nom de Jésus-Christ
à Milan. Les Actes des martyrs ne nous ont
conservé aucun document concernant ce
saint combattant, L'Eglise fait sa fôte le 20
septembre.
GLYCÉRIE fsainte)» fut couronnée comme
martyre dans la prf»mière année du règne
de Afarc-Aufèle, à Héraclée de Ttirace, sous
le gouverneur Sabinus» le 13' jour du mois
de mai. Les Actes que nous trouvons d'elle
dans B illandus ne méritent pas qu'oui y ait
grande conliance. Les Grecs honorent sainte
CJ .cérie comme vierge. Ses Act<-s ne lui don-
nent pas celle qualiié, et le Martyrologe ro-
oiain ne la mentionne r as. L*Eglise fait sa
lète le 13 mai» jour anniversaire iï^sn rnort.
GOBAIN fsaint), vulgairement saint Goartf,
naquit en Irlande. Sa vertu, son savoir, son
excellente j>iété, firent qu'on Téleva au sacer-
doce. Le (lésir de se consacrer encore da-
vantage au service du Seigneur, le fit passer
eï! Frauce, quelque temps après saint rursy.
Après avoir rcsidé quelque temps à Corbénv,
puis ensuite à Lnon, il se retira dans la
T'inde forêt qui était sur les bonis de TOise.
Ire La Fère et Prémfmtré, à deux lieues
e la rivière; il se bâtit une cellule, puis
Witùl après^avec le secours des habitants,
il y foTîda une église qu'il plaça sous Tiovo-
<^tirin de saint Pierre. Ce fut Clolaire III,
fltJi 1 aimait et l'honorait beaucoup, qui lui
^T doioa lemplacemi^nt. C'était dans ce lieu
Çuè Je saint servait le Seij^neur, dans la pra-
'^/'^^e du jeûne et de la prière, quand il fut
iuy en haine du christianisme, dont il fai-
^U profession, par des barbares venus d'Al-
eznag^ne et qui ravageiiient le pays : ils lui
'^^'Jpèrent la tête» Le lieu de son martyre,
•nciornenient nommé \q Montât VErmitage^
^ r^Omme aujourd'hui Saint-Gobuin. On y
Partie encore son chef dans l'église de cette
^cali t^, La fête de saint Gobiin a lieu le 20
f'^r^^^' Fûjf. Mont de l'Ehmitage.
13*^-^1) ESC ALC nu Gotuescalc (saint),
^j/^^^ Vandale d'Occident et majtyr, avait
^Z^ ^^îrede grands progrès au christianisme
^K. *^^ Slaves qui habitaient au delà de
'^^, dans la partie septentrionale de la
* Il en avait converti une grande partie;
^% en 1065, il fut tué par les païens qu'il
ïiît encore convert r. Il souffrit le mar-
ie 7 juin, dans la ville nommée alors
?^*>lia, et depuis Lenzin ou Lenlï. Avec
it le prèlre Ippon, qui fut tué sur
Tautel ; et plusieurs autres, tant laïques ou©
clercs, souffrirent divers supplices pour Jé-
sus-Christ. Le moine Ansuer et plusieurs
autres furent lapidés h Rac.sbourg le 15 juil-
let ; et, comme Ansuer craignait que le cou-
rage ne manouât h ses compagnons, il demanda
aux païrns de les lapider avant lui, et, s'étant
mis a genoux, pria pour ses persécuteurs.
On gardait cependant à Meklemiiourg
Jean, évèque écossais, qui élait venu en
Saxe huit ans auparav.int, en 1057, et y avait
éié reçu humainement par rarchevéque
Adalbert. Ce prélat l'envoya peu après chez
les Slaves, près le princV* Golhescalc; et,
dans le séjour qu*il y fit, il baptisa plusieurs
milliers de païens. L'évéque Jean, gui était
un vénérable vieillard , fut premièremenl
frappé h coups de bAton, puis mené par dé-
rision dans toutes les villes des Sclavcs; et,
comme il demeurait ferme à confesser Jésus-
Christ, on lui coupa les jïieds et les mains,
et enfin la tête. On jeta son corps dans la
rue, les païens portèrent sa tète au bout
d*une pique en signe de victoire, et l'immo-
lèrent k leur dieu Rédigast. Cela se passa
le 10 novembre, 5 Rèthre, métropole des
Sclaves,
La veuve du prince Gothescalc, fille du roi
de Danemark, ayant été trouvée h Meklera-
bourg avec d'autres femmes, fut longtemps
battue toute nue. Les païens ravagèrent par
le fer et par le feu toute la province de
Hambourg, ruinèrent la viPe de fond en
comble, et tronquèrent les croiXt en dérision
du Sauveur. Ils détruisirent de même Sles*
vie, ville très-riche et très-peuplée. On disait
que l'auteur de cette persécution était Plus-
son, gui avait épousé la su3ur de Gothescalc^
et qui, étant retourné chez lui,fut aussi tué*
Enhn les Sclaves, par une conspiration gé-
nérale, retournèrent au paganisme, et lue-
r**rit tous ceux qui demeurèrent chrétiens.
C'est la troisième apostasie de cette nation,
car elle fut convertie à la loi, premièrement
par Charlemagne, ensuite parôthon, la troi-
sième fois par Gothescalc. (Fleury, voL IV,
p. 20i.)
L'Eglise fait la fête de saint Godescalc et de
ses compagnons le 7 juin.
GOÈS (le bienheureux Gaspard), de la
compagnie de Jésus, naquit en Portugal. II
faisait partie de la troupe de missionnaires
que le P. Diaz conduisait au Brésil à la suite
du B. Azevedo. Un mois après le départ du
Saint-Jacquis, qui portait ce ilernier, Diaz et
ses compagnons quittèrent Madère, afin de
poursuivre la route vers le Brésil avec le
reste de la flotte. La tempête ayant dispersé
les navires, celui que montait notre bien-
heureux et ses compagnons dévia vers l'Ile
de Cuba, et, à San-Iago, on dut abandonner le
vaisseau qui faisait eau de toutes parts. Les
voyageurs trouvèrent une barque qui les
conduisit au |iorl d'Abana, d'oii un navire
qu'ils y frétèrent les transporta aux Açores
le mois d'aoU 1571, Ils y trouvèrent le cooi-
mandant de la fioUe, Louis de VasconcelloSp
avec le P. François Diaz et cinq autres jé-
suites qui les y avaient devancés. L'amiiril
Ilffi
CON
COR
un
voyant son monde si réduit, ne conserta
qu un navire, et ils se rembarquèrent le 6
' septembre 1571. Bientôt ils rencontrèrent
cinq vaisseaux de haut bord commandés par
le Béarnais Capdeville, calviniste, qui s'était
.trouvé à l'abordage du Saint^acques, Le
tombât ne fut pas long et les calvinistes
s'emparèrent du navire catholique. Le bien-
. heureux Oiaz fut massacré, puis jeté à la mer
le 13 sei)tembre; François de Castro confes-
sait le pilote au moment où les calvinistes
montaient à Tabordage; il fut massacré;
Gaspard Goès subit le même sort. Les au-
tres compagnons de son martyre furent le
P. Michel, Aragonais, de;,Tarragone ; Fran-
çois Paul, Portugais ; Jean Alvare, Portugais;
Pierre Fernnnd, Portugais ; Alfonse Fornan-
dès. Portugais ; Alfonse-André Païs, Portu-
gais; un autre Pierre Diaz, Portugais; Jac-
Îues Carvalho, Portugais ; Femand Alvare,
ortugais. (Du Jarric, Histoire des choses
S lus mémorables, etc., t. II, p. 295; Tanner,
ocielas Jesu usque ad sanguinis et vitœ pro~
pasionem mililansj p. 174 et 177.)
GOAIEZ He bionhearcux Ambroise) , de
rordre de Saint-Dominique, fut martvrisé
«our la foi dans les missions du Darien. Dans
) courant du mois d'octobre 1725, il fut
percé de flèches par les idolâtres, en haine de
la foi qu'il leur prêchait.
GOIHZALVE DE TAPIA (le bienheureux),
de la compagnie de Jésus, naquit à Léon,
d'une famille noble. Après avoir professé la
philosophie et la théologie, il fut envoyé prê-
cher l'Evangile chez les Tarasques, peuple de
la province de Méchoacan ; de là il pénétra
dans la province de Tooia , située aans la
Nouvelle-Biscaye. En 1591, il partit avec
le P. Martin Ferez pour la province de Ci-
flaloa, située à trois cents lieues de Mexico.
A la voix de notre bienheureux, plus de
dtîux milîe idolâtres embrassèrent la foi. Il
visitait souvent les fidèles de Déboropa, où
ri s'était construit une pauvre hutte, et s'ef-
forçait de ramener à la religion un vieillard
nommé Nacabeba, qui scandalisait les fidèles
§ar ses déréulements. Un jour que Gonzalve
Tsait son chapelet, retiré dans sa cabane,
co malheureux vieillard entre et feint de lui
vouloir baiser la main ; au môme instant
un des complices lui assène un coup de
massue sur la tète. Etourdi, chancelant , il
veut sortir; mais d'autres conjurés, qui gar-
daient la porte, se précipitent sur lui et lui
cdupcnt la tête et le bras droit. Les meur-
triers essayèrent en vain de les brûler pour
les manger ; alors ils i)rofanèrent les orne-
ments sacrés, et burent dans son crâne. La
plupart furent tués dans des rencontres avec
les Espaçnols. Pour Nacabeba, il fut pris
avec un de ses neveux : tous deux périrent
en détestant leur crime. (Sooietas iesu ti5-
flfue ad sanguinis et vitœ profusionem mi-
titans, p. 491.)
60NZALÈ8 (le bienheureux André), Por-
tugais, de Viana, de la com|)agnie de Jésus,
laisait partie des saints missionnaires que
le P. Azevedo était allé recruter à Rome pour
le Brésil, Leur navire fut pris, le 15 juillet
1571, par des corsaires calvinistes qui les
massacrèrent ou les jetèrent à la mer. (Du
Jarric, Histoire des choses plut mémorables^
etc., t. II, p. 278; Tanner , Socieias Jesu us-
que ad sanguinis et vitœ profusionem militans^
p. 166 et 170.)
GONZALÈS CARDOSO (le bienhenreuxL
de la com|)agnie de Jésus, fut eavoyé de
Frémone à Dembra pour y prt^cher rEran-
gile. Il avait prédit qu'il n'y arriverait piS|
et des voleurs en effet l'assassinèrent asm
les bois le 22 mai iSIi.
GONZALÈS (le bienheureuxNicoLAs),doiii>
nicain, reçut la palme du martyre en 1TB,
dans la mission du Cocbabamba, avec ses deux
compagnons Michel Pantigoso et Jean Davili.
GORDE, Gordius (saint), martyr à Cés»-
rée de Cappàdoce, sa ville natale, serriS
comme centurion dans les armées impérit-
les ; aussitôt que Dioclétien eut publié ms
édits, il se relira dans le désert. Quelqnes
années après, poussé par Tardent désir is
verser son sanç pour Jésus-Christ, il qaifli
sa solitude et vint à Césarée, comme le peo-
Ele était assemblé au cirque, pour y célAnr
I fête du dieu Mars. Gorde avait la barbe eff
les cheveux longs et en désordre. Ses fiMf
ments étaient en lambeaux. Tout son eit^
rieur annonçait que depuis longtemps il»*!-
vait point été mêlé au commerce des h»
mes. Ces particularités furent cause ip'ci
le remarqua. Il fut arrêté et conduit m çm-
verneur : là, ayant avoué qu'il était chrélieB,
il fut condamné à avoir la tête tranchée. At
prononcé do la sentence, il fit le signe de h
croix et reçut avec joie le coup mortel. L*
glise honore sa mémoire le S janvier.
Nous donnons ici complètement la belb
homélie de saint Basile sur ce saint martTr,
homélie q\ii a été, par Ruinart et par II
plupart des auteurs, considérée comme Ae-
tes authentiques du saint.
«Mes chers frères, ceux qui ont pris plaisir
à étudier la police des abeilles ont relDa^
que qu'elles ne sortent jamais de leurs it"
ches que leur roi ne soit à leur tétc. Fw^
mettez-moi de vous demander, lorsque je
vous vois accourir en foule en ces lieux sa-
crés , et vous approcher des tombeaux te
martyrs , comme pour y amasser de qa»
composer un miel céleste, permettez-wJ.
dis-je, de vous demander où est votre roi;
sous quelle conduite tant d*essaims MB-
breux se sont-ils formés ? D'où vient celte «^
deur empressée? Quelle heureuse iniucM
change ainsi les jours tristes et sombres di
Thiver en des jours clairs et sereins , et tell
que le printemps les donne? Ne seriîl-«
point le saint martyr (jue nous honorou
aujourd'hui? c'est lui sans doute,c*es(M
qui vous fait sortir de vos maisons; c*mI
pour venir lui rendre vos devoirs au Vtii
même où il a combattu, que vous quitlef h
ville pour ce faubourg. Je vous ravoneitii
je ne me sens pas un moindre désir que votf
de célébrer cette fête, j'en oublie mes înfc^
mités, ot je suis prêt à joindre ma voix à toi
vœux. Courage donc, ma voix, eBortet
vous autant que la langueur où nion eoiji
^ tronre vous le permettra, efTorcez-rous
de publier tes grandes actions an saint qui
Dous assemble ; le discours n'en peut filre
que très-édiiiaol et très-agréable à tout mon
K auditoire. Car cntin , si nous houorons Ja
H fuémoire ' des saints , si nous faisons leur
H élo^e au jour de leur fête, nous travaillons
H moins pour leur gloire que pour notre uti-
■dite. Ils d'odI pas besoin de nos louanges, et
"^Dons avons besoin de leur exemple; leurs
Tertus nous servent de modèle, et rhistoïre
de leur vie nous apprend comment nous
deroDS régler la nôtre. Car, de même que le
feu produit naturellement la lumière, et
qu'un parfum exquis répand de lui-même
son odeur partout , de même le seul récit
des actions des saints produit ces deux ef-
léls dans les esprits, if les éclaire et il les
'l^jooit. Au reste ce récit doit élre Jidèle,
ixact et uniquement renfermé dans la vé-
îté des faits. Lorsqu'un peintre fait une
[)pie, il est rare qu'il atteigne son original,
ne rendra jamais gr/ïees pour grâces, ni
beautés pour beautés; il s'éloignei'a même
Ipujours un peu de la resseml)!an(e du sujet*
"^ môme il est à craindre que ne faisant que
:>pier la Vie des saints sur quelques mé-
îoires peu certains qui nous en restent,
n'altérions un peu la venté. Nous tâ-
E>ns d'éviter cet inconvénienf, et en fai-
Je j>ânégyriquo de saint Gordius, nous
Itérons rien que nous ne trouvions
autorisé dans son histoire.
« Ce bienheureux martyr était de Césaréc
1 Cappadoce , et nous avons le bonheur d V
)ir avec lui une même patrie. On nedoit donc
is s'étonner si nous sentons pour tuiTine es-
leetune afreclion toute particulières ; nous
' regardons comme le j»lns grand ornement
le notre ville* Car» comme on attribue au
terroir la bonté des fruits qui j croissent,
de même Gordius, ayant piis naissance dans
ces murs , et étant monté depuis au plus
haut point d'élévation où un homme puisse
arriver, il fait rétléchir sur sa patrie Féelat
)nt il brille dans le ciel ; et pour Ui nourrt-
iro qu'elle lui adonnée, il lui rend une
^ôire incomparable. Il y a des fruits qu*oii
iqjporte de dehors qui sont bons ; ils
"^ont agréahtes à manger, ils rafraîchissent^
^ ils nourrissent; mais ceux que nous avons
^bns croître dans nos jardins que nous avons
Hctritivés de nos propres mains, nous parais-
sent bien d*uo antre goût ; nous les trouvons
infiniment meilleurs. Parce que, outre le de-
gré débouté qu'ils peuvent avoir, ils ont en-
)re pour eux l'avantage de leur naissance;
loos les avons élevés nous-mêmes, ils ont
dans notre propre fonds, sous nos jy eux,
parmi nous. Gordius prit le parti de iV^pée,
et, s'étaut mis dans le service, il y eut di^s
emplois considérabtes ; il commanda même
une compagnie d'ordonnance de cent hom-
rues dVmes. Sa valeur, soutenue par une
force de corps peu comxûune, lui ac(|uit une
grande réputation dans les trou[>es. Jl ser-^
vflil donc avec beaucoup de gloire, il ne
I soDgeait qu'à remplir son devoir, lorsque
5 répandre le poison de sa rage sur le nom
chrétien. Il eut Timpiété de vouloir s'élever
contre Dieu, et la loile pensée de pouvoir
renverser TE^ilisc. On n'entendait plus dans
toutes les villes, dans les places, dans les
carrefours, que la voix des erieurs qui pu-
bliaient Tédit du tyran, par lequel il était
défendu, sous peine de la vie, d'adorer Jé-
suS'CIirisL Les idoles étaient partout expo-
sées h ladoration, ou ()lulôt à la suj^erstition
publique* l>es dieux de pierre et de bois
di.siiutaient des honneurs divins avec le vrai
Bieu. Tout était en coafusion dans Césaréc,
et la nouveauté do la chose jetait le trouble
et la surprise dans les esprits. On pillait les
maisons des chrétiens ; les gens de bien
voyaient enlever tout ce qulls avaient ; les
bourreaux se saisissaient des fidèles et les
déchiraient impitoyablement; des femmes
de condition étaient traînées parles rues;
la jeunesse ne trouvait aucune compassion
dans ces Ames barbares, ni la vieillesse de
respect ; rinnoci.'nco soutirait les peines ducs
au crime. Les prisons étaient pleines, et les
logis dvs personnes de qualité étaient aban-
donnés : les forêts et les solitudes se peu-
plaient de ceux que la persécution cliassait
de la ville; c'est ainsi que le crime d'adorer
Jésus-Christ était puni. Le lils livrait sou
père, le père accusait son iils, le frère se
rendait le délateur de son frère, Tesclave in-
solent traînait son maîlre devant les juges»
Le démon avait répandu dans les cicurs des
ténèbres si épaisses, qu'on ne se connaissait
plus. Les églises étaient jiiûiauées et dé^
pouillées de leurs ornements ; on renversait
les atdels, on ne faisait plus d'oblations, ou
ne voyait plus fumer Fencens et les pai-fums
devant le Seigneur, on ne pouvait plus of-
frir le divin sairiûce : une tristesse pcolonde
s'était emparée des Ames, et on gardait un
silence c]ui avait je ne sais quoi de funeste.
Les orètres avaient pris la fuite, t(>ut ie
cierge était dans la crainte , chacun était
menacé d une mort prochaine, et TEglise
semblait Télre d*uno désolation générale,
LVnfer seul était dans la ^oie, les démons
tressaillaient d allégresse. L odeur des sacri-
fiées infectait Fair, et le pavé des temples et
des rues était tout couvert du sang impur
des victimes.
« Noire centurion voyait tous ces désor*
dres, et en gémissait; mais ilrm se contenta
{jas d'en eéniir, car prévoyant qu'il serait
jienlût obligé de se déclarer, il quitta le ser-
vice, et se bannit volontairement de Césa-
réc, Renonçant donc aux ch*irges, aux di-
gnités, à toute sa fortune, à tout ce qu'il y a
de plus engageant dans la vie; se détachant
de tout ce qu'il y a de plus doux dans la so-
ciété civile, de ses domestiques, de ses pro-
ches, de ses amis, de l'usage des plaisirs in*
nocenls, en un mot, de tout ce que les autres
recherchent avec plus d'ardeur, et désirent
avec plus d'empressement, il s'enfonce dans
un désert, il se cache dans des lieux incon-
nus aux hommes aimant mieux vivre avec
les i)étes sauvages que parmi des idolâtres.
Il suivit en cela l'exemple du prophète Elioi
1
tiit
QÙÊi
%m
qui , Toyant Tidolâtrie s*établir de jour
jour d^ns le royaume dlsraël, sous la proU
ea
jour dflins le royaume aisraél, sous la protec-
tion et par les soins de Timpie Sidonieone
( Jézabel ) , s'enf.it loin de la cour^ et du
monde, et trouva dans la montage d*Horfj>
un asile contre rira,iiété et rinjustice. Là, re-
tiré dans le fond d'u:i antre, il cherchait Dieu,
et Dieu se Laissa trouver par son prophète.
Elie vit Dieu autant qj*il est permis à un
mortel de le voir ici-iias. Ce fut ainsi que
Gordius, se dérobant au tumul e des vilL-s,
aux clameurs du barreau, à Tambition des
grands , au faste qui environne les tribu-
n lux ; fuyant le monde, fuyant cette contrée
où toute la vie se passe à vendre, h acheter,
à se parjurer, à mentir; où les entretiens 'es
plus innocents sont remplis ou d'obscénités,
ou de médisances, ou de fades railleries, il
fut enfin assez heureux pour voir Dieu, après
avoir purifié son âme des souillures que les
images restées de tous ces objets impurs pou-
vaient y avoir laissées. Il le vit, et il apprit
dans cet heureux moment des mystèi es inef-
fables. Il les apprit, non d*un homme, mais
d*un docteur de la vérité , du Saint-Esprit.
c Pensant jour et nuit dans cette [>aisible
retraite au peu de fond qu'il y a à faire sur
la vie présente, qui se perd comme Tombre
et s'évanouit comme un songe, il se sentait
enflammé de Tamour de cette autre vie qui
ne doit jamais finir. Résolu donc de sortir du
monde d*une manière éclat tnte, il ne songea
plus qu*à se disposer ;iu combat qu*il médi-
tait ; et comme un athlète prudent et avisé,
il s*exercait continuellement par des jeûnes,
des vei:fes, par loraison et par la médita-
tion assidue des divins oracles. Lorsqu'il ^e
crut bien préparé , il observa le jour que
toute la vilf; était accourue 'au cirque pour
voir une course de chariots. C*était une fêle
solennelle parmi les païens, qui se célébrait
en rhonneur du dieu Mars, ou plutôt du
démon de la guerre. Tout le peuple y était,
et il y avait un ordre exprès de rempereur
de s'y trouver, et personne n'avait osé s'en
dispenser , juifs, païens, chrétiens. Il y en
avait même un grand nombre de ces der-
niers, de ces chrétiens relâchés dont la vie
est si peu conforme aux maximes de TEvan-
gile ;oi les voyait assis dans cette assemblée
d'impies, attentifs au spectacle, se récriant
sur la vitesse des chevaux et sur l'adresse de
leurs conducteurs. Tout travail avait ce^sé ;
les esclaves, exempts de leurs travaux ordi-
na res , y arrivaient en foule, et les jeun<*s
enfants quittaient leurs livres et sortaient
des écoles pour courir au cirque; les dames
de qualité y étaient confondues avec les
femmes du peuple ; tout était plein, et cette
multitude innombrable de spoctateurs, tout
occupée de ce combat de cnariots, gardait
un Silence qu'elle n'interrompait que pour
a|>plaudir aux victorieux. Ce fut dans le plus
f «rtdes courses et de l'attention des inssis*
lunts, que notre héros, descendant le long de
la colline contre laquelle le théâtre Hhii ap-
puyé, sa montra tout à coup. La crainte ou
peuple ne le retint point, il ne délibéra pas
un moment s'il se livrerait k tant de mains
ennemies ; mais animé d*aii (
dinaire, et passant devant tous ceux q!iî
remalissaient les sièges comme s'il eût o6»
toy^ une suite de rochers oa nn raos d*«N
bres, il s'arrêta au milieu de la lice, verifiaot
en sa personne cette parole du Sa^e : L'Aeim
de bien est hardi comme tui liam. (Pro9. xxvn,
1). Que vous dirai -je enCn? Il se se&tit
tant d'assurance et d intréindité, que mo«>
tant sur les sièges les plus élevée du théllft^
il poussa sa voix de toute sa force ( U rate
encore aujourd'hui quelques-uns oe cen
qui éta'ent alors présents ), et prononça di»-
tinctementces paroles d*Isaie,citées persâat
Paul : J'ai été trouvé par ceux qui ne au dbw
choient pas, et je me suis fait voir à ceux fvî m
se soticiaient pas de me eonmaUrt (JtMi.i,
20). Il voulut montrer par ces paroles qH"!
venait là de son propre mouvement et qa'l
se présentai t au combat de lui-même, sans qai
personne Xy forç&t , suivant Vexempift èi
Sauveur, qui. pouvant k la Saveur de ta ni
échapper à la recherche de ses ennemis j|â
ne le connaissaient pas, se remit ToIooUir^
ment en re leurs mains.
c La voix de Gordius attira aussitôt svU
les regards de tous les assistants^ et sa%0i
extraordinaire les y arrêta. Elle avait fM-
que chose d'affreux : le long s^our fil
avait fait dans le désert Tavait reuda ses-
blable à un sauvage ; les cheveux bérisiés it
tout en désordre, la barbe longue et wA
peignée, un habit déchiré, le corps sec d
noirci par le soleil, une besace sur Tépaolib
et un Dâton noueux et mal poli à la oaiD,
et toutefois à travers tout cela, on ne lait-
sait pas de voir briller je ne sais quel isi-
ment qui résultait de la grAce dont son ïm
était remplie. Dès qu'on Wui reconnu, ••
cri s'éleva de tout le théâtre. B'un c6té,I«
chrétiens faisaient éclater leur joie en vojal
leur compagnon d*armes marquer tant di va-
leur ; et d'un autre les païens demaodiiett
sa mo.'t au magistrat qui présidait aux jeaL
Tout était rempli de confusion ; on ne reçtf^
dait plus les courses, on n'avait d'attentm
que pour Gordius : tout le théAtre n'éliil
Elus occupé que de lui. Les cochers avaîcfll
eau presser leurs chevaux, ils n'exdtaicrt
plus la curiosité du spectateur; le brait
môme était si grand, que le bruissemcrt
des chariots ne s*enteBdait point : les veoli
d'automne ne représentent au'imparlaila*
ment Thorrible fracas que proauisaient toa-
tes ces ditférentes clameurs. Enfin, aprti
qu'un héraut eut fait faire silence, les tnui*
pettes s'arrêtèrent, les flûtes et les hautboil
se turent, et les autres instruments cessèreÉt
déjouer; le bruit s'apaisa, le seul Gordiiii
parla, et fut écouté.
« 11 fut conduit sur-le-champ au gouve^
neur qui lui parla d'abord avec beaucoup de
douceur. Il lui demanda qui il était, d*iiù 1
était, et ce iiui l'amenait. Le saint lui répon-
dit en I eu ae mots sur tous ces articlf^: 3
lui apprit son pays, le nom de sa famille, b
rang qu'il avait tonu dans Tarmée, et enta
ce qui lui avait fait quitter le monde, eC et
qui l'obligeait à y revenir. Si je reparais aox
horaraes» aj^iita-l-il , sî je me
U milieu des villos, ce n est que
îr h (gloire de confe^^er h mtoment
rist, pour vous appr*^ndre que j'ai
î édita le dernier mépris, ei pour
rocher voire cruauté. J'ai pris IVjc-
es courses pour exécuter moi d**s-
E paroles firent sur Ta nie du couver-
que iiul une étincelle que le vent
r une pile de bois sec : elles y allu-
me fureur si violente ronlre le saint,
le put s'éteindre que par sa mort.
rreauï, s'écria-l-il, des- fouets^ des
ux ; qu'on Fétende sur une roue,
mette sur le chevalet, qu'on m*ap-
is les instruments propres à tour-
^u'oT en cherche, qu'ijn en invente
laui- Qu'on prépare la prison, qu'on
es croix, tiu*oi aÉle le tranchant
BS, qu'on lâche les botes farouches,
I peu pour un humme si exécrable
e mourir qu'une f is. Je l'avoue, dit
et j'y perdrais moi-même ; je crai-
roe fera tort, si on no me f tit souf-
Jésus-Christ toutes sortes de tour-
t si on ne recommence souvent à
aentor. Hélas 1 que ne peut-on aussi
er plus if urie lois la mort l Le gou-
ilait naturellement porté à la cruau-
ce qui augmentait encore ce pen-
!ui, c'était ïd nécessité où il croya-it
onner un exemple de sévérité en la
d'un otficier.qui avait fait figure
«pire ; outre que cette grandeur
le Gordius faisait paraître semblait
si fort nue pour le couvrir d'une
nde coniusion , il la considérait
ne insufte qui lui était faite; peut-
i lui donnait-elle une secrète ja-
uni qu'il en soit, plus il remarijuait
té en Gordius, plus il sentait redou-
ireur, plus il faisait redouMer les
s* Le martyr, de son côté, tranquille
i d'une sainte confiance, chantait ce
1 Psalmisle i Le Seigneur est mon
ne craindrai point ce que V homme
%ire (Piot. cxvji) ; ou celui-ci : Je ne
point les maux^ parce que vous élei
{/6M., 22); ou d'au 1res du même
, car il possédait très-bien TEcri-
e plaignait ensuite de la longue at-
on le laissait des peines quoi lui
omises. Qui vous relient, uisait-il,
it que vous demeurez oisifs ? Vous
léjà m'avoir déchiré en mille pièces,
aissé aucun de mes membres sans
fait scullrir son tourment parlicu-
nviez-vous le bonheur qui en doit
compense? Plus vous me ferez souf-
ilus cette récompense sera grande.
s convention faite entra Dieu et ses
chaque tlétrissure qui paraîtra sur
I sera changée au jour de la résur-
m un rayon de lumière ; pour les
is, nous recevrons les palmes ; et le
je nous aurons fait dais les prisons
.dra le séjour du paradis. Oui, parce
l nous punissez nu supplice dû aux
aous jouirons du bonheur destiné
€0R
lin
pour les anges. Vos menaces sont pour moi
une semence d'immortalité, et elles me pro-
duiront une félicité éternelle.
« Le gouverneur vit bien quil n'avancerait
rien par cette voie, et que le serviteur de
Dieu n'en serait que plus inflexible. Il crut
donc pouvoir en venir à bout plus facile-
ment par la douceur et par les flatteries. Si
on peut vaincre un homme de cœur, ce n'est
qu'en le flattant; c*est là soi faible, il n'y a
que lésâmes limides qui cèdent aui menaces.
Le gouverneur changea tout d'un coup de
langage ; il lui fit les promesses du monde
les plus magnifiques dont il devait sur rheuro
accomplir une partie, et il engageait sa pa-
role que dans peu de jours il obtiendrait le
reî^te de rempereur, une des premières char-
ges de Farmée, de grands biens ; en un mot,
il rassura qu'il n'avait qu'à demander, et
f^u'on lui acct»rdera t toutes ses demandes.
(lOrdius, aussi peu ému des promesses qu'il
l'avait été des nieuaces, se mit A rire ouver-
tement de la folie du gouverneur, qui s'ima-
ginait qu'il y eût quelque chose sur la terrô
qui pût le dédommager. Alors cet impie,
lâchant la bride à *a colère, tira sa propre
épée du fourreau, et commendant que le
bourreau se tînt prêt, il condamna le saint
à la mort. J>ès qie le peuple qui assis lait aux
courses Teut appris, il accourut au tribunal.
Et la nouvelle ei ayant été bientôt porlée
dans la ville, ceux qui étaient restés» voulant
avoir part au spectacle sang anl qui se pré-
parait et qui de ait réjouir les anges et
désespérer les démons, sortirent en foule
hors des murs, et se rendirent au même en-
droit, Césarée devint déserte «n un moment;
le peuple se répandait autour du tribunal
comme un lleuve gros>i par les pluies se
répand par-dessus s^s bords dans les cams
pagnes voisines. Les maisons demeuraient
vides, les artisans quittaient leurs boutiques
et les marchands leurs magasins, les denrées
étaient exposées dans les marchés sans qu'il
se trouvât personne pour vendre ou po*ir
acheter, ni même pour les girder, y ayant
d'autant [ilus de sûreté dans la ville, qu'il
n'y était resté aucun homme quiptSt protiter
de l'absence de tous les citoyens. Enfin, C6
3ui n'é lait jamais arrivé, les jeunes filles, cé-
ant au désir de voir, osèrent bien se mon-
trer aux yeux des hommes, et ce qui marijue
une es|ȏce de fui eu r en ce peuple, les in-
firmes et le^ vieillads, oubliant leur fai-
blesse et leur âge, se traînèrent comme ils
purent hors les murs, pour satisfaire leur eu-
rios té.
«Tandis que cette effroyable multitude rem-
plit h Tenvi la place qui doit être arrosée
du sang de Gordius* les amis du saint et ses
proches renvironnenl j ils l'embrassent, ils
le mouillent de leurs larmes, ils le conjurent
en des termes les [dus pressants de ne pas se
perdre; ils lui représentent la honte du sup-
plice qui va Fôter du monde h la tlcur de son
âge, et le priver pour toujours de la vue si
douce et si consolante de la lumière. Quel-
g ;es-uns, qui voyaient bien qu'il serait dif-
ucile de b faire cnauger eolièremeal de sen*
lus
GOR
COR
M»
Ufuentf et qui croyaient peut-être qu'il est
permis de feindre, luêine eu Hialièrc de reli-
gion, r>our sauver sa vie, s'efforçaient de lui
persuader |»ar des raisons révolues de fausses
couleurs, quoique ajifiarentes, qu'il pouvait
renoncer Jesus-Chnst de bouche et h l'exté-
rieur, et le reconnaître toujours dans le
cœur et en secret; que Dieu re^rde moins
les paroles que la volonté, et que c'était
après tout le seul moyeu d'apaiser le gou-
verneur sans irriter Dieu. Ainsi qu'un ro-
cher résiste à tous les efforts que les vagues
font autour de lui, de môme le saint de-
meure ferme et inébranlable à tout ce qu'on
peut lui alléguer; et comme l'édifice que
l'homme prudent a bâti sur la pierre ne peut
être renversé ni par la violence des vents,
ni par la chute continuelle des eaux, ni par
le cours impétueux d'un torrent : ainsi ni
les prièreSf ni les pleurs, ni les motifs qui
semblent être les plus engageants, ne purent
ébranler tant soit peu la constance du ûdèle
Gotdius. Ayant, au contraire, remarqué,
par une admirable pénétration d'esprit, que
le démon s'intriguait beaucoup dans cette
afEaire, au'il allait de côté et d autre, four-
nissant des paroles k sos parents, leur met-
tant des larmes dans les yeux, et employant
tout ce qu'il y a d'arlilice pour les rendre
persuasives , Je saint martyr, dis-je, comprit
qu'il pouvait tirer do ces mêmes larmes un
grand avantage pour persuader lui-même
ses parents. Il leur dit donc d'abord ces pa-
roles que le Fils de Dieu dit à la mort : Ne
me pleurez point, mais pleurez-vous vous-
mêmes. Puis il lyouta : Pleurez les ennemis
de Dieu, pleurez ces hommes de sang qui
mettent toute leur gloire à répandre celui
des chrétiens, qui allument partout des feux
pour les brûler ; mais, aveugles qu'ils sont,
Us ne voient pas qu'ils allument en même
temps un feu où la colère de Dieu les préci-
pitera pour y être tourmentés durant toute
une éternité* Mais non, répondit-il un mo-
ment après, ne pleurez plus, et cessez de
m'aitliger; car Je suis prêt à mourir pour
mou Dieu, non une fois, mais mille, si cela
se pouvait. Eu adressant particulièrement la
parole A ceux qui lui conseillaient de renon-
cer Jésus-Christ, il leur disait : Je tiens cette
langue de la bouté de mon Dieu, comment
pourrais-ie iM'eu servie: à la reuier ? Nous
crovoas decmur, il est vrai, pour être jus-
tifiés; mais nous confessons de bouche pour
être sauvés. Quoi 1 croit-on qu'il n'y a point
de salut pour ceux qui portent les armes ?
Kst-ce un prodige qu'un olUcier dévot ? et
n'a-t«ou jamais vu de centurion servir Dieu?
N'en vil-on pas un & la mort du Sauveur ? il
était au pied delà croix, et ne doutant plus
que celui qui y était attaché ne fiU Dieu,
après tant du miracles dont il était lui-même
témoin, il ne craignit pas de confesser la di-
vinilé de Jésus-Christ en pré:>ence des Juifs
encore tout furieux et tout couverts de sou
saug adorable,
« Le sohlat de Jésus^hrist, avant ainsi
parlé, lit sur lui le signe de la croix, et d'un
visage giù, sans changer de couleur, sans
marquer la moindre appréhensioiiy il our-
cha à la mort d'un pas assuré. On eut dit, et
voyant ceUe joie briller dans ses yeux, qu'il
allait se jeter entre les bras des aoges, ci
c'était entre les mains des bourreaux. U eA
vrai aue ces esprits bienheureux le Tinreot
prendre dès qu il fut expiré, et le portèreot
dans le ciel, conune ils y avaient aulrdbii
porté Lazare, p
GORDIEN (saint), flit décafâté k tUm
pour la foi, en 362, du temps de Julien l'A»
postât. On ne sait rien de bien précis m
l'histoire de son martyre. L^E^lise lait m
fête, avec celle de saint Epimaaue, le 10 mai
Une erreur s'est glissée dans les marlyrob-
ges, par suite de la distinctioD qu*oa a Uàè
à tort entre le saint Ëpimaque honoré la tt
décembre, et celuiqui l'est le 10 mai : il s'a-
git d'un même sainL Saint Ëpimaque, dlé
avec saint Gordien au 10 mai, est le liêai
que celui qui souffrit avec saint Alexaiidn^
et qui est cité au 12 décembre dans le mtai
martyrologe. On a mis sa fête aTee céUa iê
saint Gordien, parce que ses reliques mrt
été apportées à Rome, le corps deseiilfii^
dieu fut mis dans le même tombeau. B fV
git d'un saint fêté deux fois, et non fiida
deux saints diiférents.
GORDIEN (saint), reçut la palme te (b-
rieux combattants de la foi a Nyoii.U«&
pour compagnons de sa gloire les saiië Vi-
lérien et Uaigrin. Nous ignorons comflM^
ment Tépoque et les différentes ciitoiuliS'
ces de leur martyre. t'Eglise iaii coUedii»
ment leur fêté le 17 septembre.
' GORGONiUS (saint), martyr, l'mi dis a»
rante martyrs de Sébaste, sous Licinius. r4
MiaTYmS DE SÉBASTE.
GORGONIUS (saint), martyr, à Niooaéib
en l'an de Jésus-Christ 304., fut l'uae is
victimes que le mensonge infâme de GiUr
touchant Vincendie de Nicomédie, linaàh
cruauté do Dioclétien. U était soes^te-
bellan de rompereur. On l'arrêta ivee Do-
rothée , premier chambellan, et qirts loi
avoir fait soutlrir divers supplices, on ^
condamna à êUe étranglé. L^EgÛse céUtaf
sa fête le 9 septembre. (Lactanee, iê Mmn
persec.: Ëusèbe, 1. viii. roy. Saysken, ML
SS., t. 111 Sept., p. 343 et suiv.)
GORSKA (Colombe), l'une des rriigîMNi
de Saint*Rasile, éublies à Minsk en LiAm*
nie, et connues sous le nom de FiUes éè k
Sainte^Trinité, qui fiirent expulsées de tav
couvent et livrées aux persé^tions ks pi*
violentes par le ozar Kicolas ^ le pm
apostat Siemaszko. Elle fut la praàitefB
périt des suites de la flagellation à Impm
ouïes soumettait souvent. La dodeerli
avait fai^t perdre connaissance, de nomk
violences la tirent revenir k elle. Les posé»
cuteurs lui ordonnèrent alors de ren^
le travail manuel auquel on les assiqettisiic
elle j&e traina jusqu'à la broueUe qi*«*
devait cliarger d^immondices , asBoecekK
d «ns la cour du couvent qui leur serrai»*
prison , et lomba morte. ( l'ov. l'iNcit
ÂiiECZYSLAWSKA.)
GORiï.NË, ville eapitale de la (MviO
1125
GRA
\it dans cette ville que, sous Tempire do
>èce, UQ juge nommé Lueius, qualifié pré-
lident d.Mns los Actes dt» saint Cyrille, évo-
lue, lit mourir ce saint. D'abord, riirontent
les Actes, il le fit jeter dans un bdrhcr ; mais
le feu Be fit que brûler les cordes qui alta-
Èhaieiit Thomme de Dieu. Cyrille sortit sain
I jet sauf du milieu des tlainmes. Lurius fut
tieliemenl éDierveiîîé de ce niiraeb>, qu*il
sissa partir Cyrille; iiwis bientôt après,
Ijant appris qu'il cotitipuait è pn^cliBr la
Î Parole sainte et à convertir les iuMèles, il
e lit décapiter.
GRACiLIEN (saint), martyr à Falère en
Toscane» sous le règne et durant la persécu-
tion de Claude le Gothùpje, son fîVit avec la
rierge sainte Félicissime. On le frappa d*a-
bora rudeiuent sur la l)Ooche avec des cail-
loux, pour avoir confessé la foi ; eaOn ou le
fit périr par le glaive. S<i fête est célébrée
par TEglise le 12 août.
GRAT (saint)» martyr, reeueillit la palme
PJorieuse du martyre* à Thagore en Afrique,
v©c les saints Jules, Polamie, Crispin, Fé-
\\ et sept autres, dont les iu>ms ne sont pas
mrvenus jtïsqu*à nous, L'Eglise fait leur
6te le 5 décembre.
GRAT8 (sainte), fut décapitée à Lyon pour
la foi t en Tannée de Jésus -Christ 1T7 ,
sous le règne de l'empereur Anton in Mare-
Aurèle. Elle était citoyenne romaine, ce fut
^^equi empêcha qu'on rex[>ost1t aux bêtes,
^BeajR)^ le furent plusieurs de ces généreux
^Bpldals de Jésus-Christ. L'Eglise fait leur
^Hlie h tous le 2 juin.
^ GRATIEN (sainl) , fut martyrisé sous le
règne de Dioclétien, à la fin du m* siècle,
Picardie, par ordre de Rietius Varus» pré-
H du prétoire dans lestlaules. Ce magistrat
citer à son tribunal Cratien, accusé de
iristianisme. Loin de rougir de ce titre glo-
leax, ou de reculer devant le danger qu'il
It irait sur lui en Facceplant, Gratien pro-
Elama hautement sa foi ©t dit qu'en effet il
Itait disci})le de Jésus-Christ, et que sa seule
îbition était- de vivre et de mourir pour
Rietius Varus le condamna à être déca-
lié. il subit ce supplice, et fut enterré en
Heu qui porte encore aujourd'hui son
jm. Sa léte a lieu le 23 octobre.
GRATINIEN (saint), soldai, fut martyrisé
Pérouse, sons le règne et durant la persé-
ition de rempereur Dèce, avec saint Félin,
Idat comme lui. Nous manquons de détails
ithentiques sur la mort de ces deux saints.
L'Egîise hul leur fôte le l'Vjuin.
GRATKOWSKA (Népomucè^eJ, runo des
riigieuses de Saint-Basile» établies à Minsk,
Lithuanie, et connues sous le nom de Fd-
bs de la Sainte-Trinité, qui furent expulsées
leur couvent et livrées aux persécutions
plus violentes dans le courant de Tannée
7» par le czar Nicolas et Siemaszko, évô-
le apostat* On les avait renfermées dans un
auvent, enlevé à d'autres religieuses pour
is^er entre les mains d'une communauté
|ê Czernice ou Filles-Noires, rei rntt'es parmi
&s veuves de soldats russes et les tilles de
surs déréglées. Ces tilles passaient leur
GRE tm
temps k so dire des injures» à se hntfrt H k
s'enivrer avec do Teau-de-vie.Urt ni,
kowska, ayant osé, ^ms en avoir i Ja
permission, gratter avec un couteau une ta-
che de goudron sur le fdancher, ïhptmma
ou abbesse des Filles-Noires, lui fendit la
tête d'un coup de hache. (Fo|/. l'article Miec-
r,UÉGOIRE(sc'iint ), de Spolète, martyr,
eut la gloire de dojtner son sang [mur la foi
chrétienne, eu Tan de Jésus-Christ 30^, du-
rant la persécution que le tyran Dioclétien
suscita contre TEgHsede Dieu. Il était prôlre
atlaché à TEglisedeSpolète, et prédicateur
inlatigabie de TEvangile. Flaecus, général
qxw l'empereur envoya dans ces contrées,
avec Tordre de sévir contre les chrétiens, fit
arrêter le saint auquel il reprocha d*être un
des séducteurs du peuple et un ennemi des
dieux de Temnire. Ce Flaccus, en vériloble
homme de guerre qui n*ainie pas les longues
discussions, ne voulut pas écouter les ré-
ponses de saint Grégoire, parce qu'il les fai-
sait de manière à énoncer et à établir les vé-
rités pour lesquelles il était incrinuné.w Mar-
chons droit au but, lui dit-il; fcdtes co que
Je vous ordonne, alors vous serez récom-
pensé par les empereurs, autrement vous al-
lez être tourmenté cruellement et mis à
morL » Le sainl avait résolu de mourir pour
son Dieu : cette grâce lui fut aconiée- Après
avoir subi diverses tortures, qu'il supporta
courageusement, il fut mis à mort. Ses reli-
ques sont encore dans Téglise de Sf>olête,
placée sous son invocation. Baronius, qui
rapporte ses Actes, donne à la lin le récit
d'un célèbre miracle opéré en 1037, par Tin-
tercession du saint. Ces Actes, quoique con-
tenant des choses assez belles, ne nous pa-
raissent pas absolument dignes de confiance:
le niervedleux y domine. Ils sont pleins do
miracles; or, pour être admis, les miracles
ont besoin d'être bien prouvés, bien établis.
L'Eglise célèbre la fête de saint Grégoire de
Spolèle le 2V décembre.
GRÉGOIRE (saint), évêque et confesseur,
soull'fit de grands kmrments pour la défense
de la religion chrétienne. Les détails nous
manquent malheureusement sur son compte.
L'Eglise honore sa sainte mémoire le 19 dé-
cembre.
GRÉtlOlRE (saint), évêque et confesseur,
eut le glorieux privilège d endurer ûes souf-
frances pour l'honneur et la défense de la
religion chrétienne, dans la ville d'Elvire en
Espc^igne. Les détails nous manquent sur son
compte. L'Eglise fait sa mémoire le 24
avril.
GRÉGOIRE DE NYSSE fsaînl), évêque et
confesseur, et frère de saint Basile, naquit
vers Tannée 331, à Césarée en Cappadoce, do
parents nobles. 1! vécut dans le monde avant
de se consacrer à T^lise, et épousa Théosé-
bie, dont saijd Grégoire de Nazianze fait un
grand éloge dans une lettre qu'il écrivit sur
sa mort h celui de Nysse* Nous sommes assez
porté .^ croire qu»* ce qui le détermina ?i quit-
ter te monde fut Taccidcnt suivant, qu'il pu-
blia lui-même à toute la terre par une humi'
GHE
litéqui a peu d^eieraples* Sainte Eraméliesa
mère s'éta t relirée dans le village d'Anne-
ses, dont plus iflrd sainl Ort^goire devint sei-
gneur. A pen de distance do cet endrùit se
trouvait une *^glise où celte sainte femme lit
mettre les reliiiuf^s des f|uarante martyrs de
Si'baste. Voulant inaugurer cette réception
Ear une grande sol<*nnité, el désiratH ((ue
irégoire v assi-tât» elle le fit avertir de sa
volonté. Notre saint, que d autres airairos
préoccupaient, n'arriv;» que la veille de la
solenn té, et loin de passer la nuit en priè-
res avec les autres fidèles, dans le jardin où
Ton avait mis les reliques, il resta tranquil-
lement à dormir dan^ la mdison. Pendant
son somnaeiK il songea que, voulant entrer
dans le jardin où Ton fais^iit la veille, il trou-
vait à la porte un grand nombre de soldats
qui Ten empêchaient, le menaçant de le frap-
per avec des baguettes qu'ils portaient; s'é-
tant réveillé» il Ibndit en larmes et se rendit
pour prier auprès des reliaues, en demandant
pardon h Dieu de sa négligence.
Quoi qu*il eosoit, noire saint renonça auï
espérances du monde, devint lecteur dans
une église et se livra à Tétude des livres
saints. H se laissa cependant aller bientôt à
une funeste tentation, et a>ant abandonné
Tautel, il fit un cours de rhétorique aux jeu-
nes gens de la ville. Son ami saint Grégoire
de NaiiauEe lui écrivit alors une lettre rem-
plie d'une indignation mêlée de douceur et
de chanté, et toute la suite de la vie de no-
tre sainl prouve quelle tit sou effet. Ce fut
au commencement de Ta nuée 372 que saint
Grégoire fut fait évoque de Nysse, ville de
Cappadoce, située à environ 35 lieues de
Césarée, du côté d'Ancyre. En elfet, l'épître
259 de saint Basile écrite, comme nous
croyons, vers le milieu de Tan 37ii, parle de
l'épiscopat de son frère Grégoire, comme
d'une chose encore nouvelle, el sur laquelle
saint Eusèbe de Samosate venait ce semble
de lui écrire* Ainsi, il faut apparemment le
mettre vers le coniraencenient de la même
année. Nous ne voyons point de raison tle le
meitre pUis tôt, etîl est certain quon ne le
peut mettre [jlus lard, puisqu*il a firécédé ce-
lui de saint Grégoire de Nazianze, fait évo-
que vers le milieu de Tan 31'L II fut consa-
cré par les mains de saint Basile qui était le
métropolitain, et les évèques qui asisislèrent
à son ordination ont laissé une lettre où ils
protestent au'il fallut f.jire violence h notre
saint pour le déterminer à accepter Tépisco-
nat. Une fois élevéà cette dignité, il y montra
les *ertusdigMesd'uns;iinlévéque.el quoique
riche, ilj resta constamment |ïauvre. Un ues
Î crémiers acl8S de son épiscopat fut de signer
a lettre que les évéques orientaux écrivi-
rent à ceux d^ltalie et des Gaules en signe
d'à ihésion à leur foi, et quelque temps
ajirès il assista h roi^ination de saint Gré-
goire de Namnze qui fut promu évéque de
Sasimas. Cependant les ariens ayant renou-
velé leurs persécutions, saint Grégoire eut
beaucoup à en soulTrir, el dans le courant de
l'année 372, leurs mauvais traitements le
forcèrent à s^eofuir. Quelquefois il revenait
GRE
im
visiter son troupeau, ra.iis, vers Tannée 37$.
un misérable évèque ayant été misé sa pla*e,
il dut cesser les visites qu'il faisait à soq
troupeau pour le maintenir dans la foi. D en
voulant éprouver sa patience» permît qui
Démosthène, vicaire du Pont et grand eniê^
mi des catholiques, le fit arrêter à Ancji^
Faccusant davoirdissipé quelque argent qm
notre saint prouvait avoir été dépensé pir
son prédécesseur. Grégoire s'enfuit d eotff
les mains des sr^ldats, poussé par les mauvais
Iraiteuients qu'ils lui faisaient subir, el pr
un grand mal de côté dont il était atteiul,
outre son mal de reins ordinaire- Les pré-
lats qui avaient ordonné notre saint éfètfm
écrivirent à Dt^mosthène pour Tassurer qn
les trésoriers de TEglise étaient prètsà tenir
compte de la somme réclamée, et le prier di
les vouloir entendre dans la province Sàns \m
traîner au conciliabule d*A.ncyre tenu perki
ariens. Ils terminèrent ce te lettre en liiidi-
sant par deux fois qu'ils trouvaient un pn
étrange qu'il entreprit de juger aueaOm
de celle nature. Les ariens n'attendirent in
longtemps pour consommer leurs imqutili,
et, en Tannée 376, ils établirent sur hâim
de Nysse un misérable qui suivait iwM'
résie. Il paraît même que l'eiupereur
dicia un ordre eiprès pour le banni
de Grégoire,
Cet empereur étant mort en l'année ïîl^
son successeur Gratien rendit la paixil'K-
gliseet ra[>pela les évéques exilés- La joiîqoi
notre sa.nl en éprouva fut néanmoins im-
pérée par la mort de son frère Basile À ((uii{
avait toujours témoigné un respect eitfiw^
dinaire:U prononça âon éloge que nouspo^^
sédons encore. Bientôt après, il écrivit oi
Itvre contre Fhérésiarque Euuome qui H
avait publié un contenant de grandes Loîum
contre sou frère Basile. Le commenceioi^
de son discours contenait la défense iê M
saint, et le reste réfutait ce qu'Eunomeivil
avancé contre la docinue de l*E|^lise.
C'est ici qu1l faut placer le départ deGii*
goiie pour exécuter la commission qii'3
avail re«;ue du concde d'AutioL-he dVllcf Ift
Arabie (*t en Palestine pour y réibruitf rK^
lise. Celte Eglise était troublée ^n
fi'
ierpar les fieux hérésies opposées des i«&-
dicomananites, qui violaient l'honneur dii
la Sdinte mère de Dieu, ei prétendant 4]u'dlt
avail cessé d'être vierge, et des coll/ndieBl
qui ne la déshonoraient pas moins fm hi
honneurs excessifs et superstitieux qu*éb ta
rendaient comme à une diviuilé. Samt 6(^
goire après avoir vis4é les lieux îlluâtiél|i^
la mort du Sauveur, se mit à Tceuvre tÊnè
faire cesser les dissensions que lessdiMt'
tiques avaient introduites dans TËgUseii
Jérusalem ; mais il n*y put réussir el f^
dans !)0n pays, accablé de tristesse eliltili»
leur. Les bornes que nous nous somwÊif^
posées dans cet ouvrage ne nous pemMfl^
pas d entrer dans des détails plus expUci^
nous avons esquissé la vie de ce pntf tli^
leur» mais en a yanl soin de ne riM oml0
d'imporlanL Nous ajouteruos qu*H V0^
avoir vécu fort longtemps^ cofame to v^
11^
GRE
GRE
!i:a
les Grecs, puisqu'il jwirle assez souvint de
son grand /ïge, de ses choveus bliiurs et dtj
ses membres alPaiblis et courbés par la vieil-
lesse. Ainsi» il peut bien avoir passé lann*^©
395i, (\ni est la dernière où il soit parlé de lui,
el qui était *iu pius lasnïsanle^quatrièioe de
son Age; mais il y a apparence qu*il ne vit
pas les troidiles excites en Tan 403 et k\}\
pur Théophile, contre saîul Ghryso3tonie ♦
dans lesqttels on ne lui donne aucune part*
Il esl inscril au Mari v reloge romain le neu-
vième de mars. Il a fait l>eaucoup irécrils qui
témoignent d'une grande élévation fl'esprit,
d'un caractère doux et plein de bonté,
GBÉCiOlliE DE NAZIANZE (sairil), arctie-
▼ôquc et confesseur, surnommé le Théo-
" gien, à cause de sa connaissance profonde
lo l'Ecriture, naquit dans le territoire de
Nazianze, ])rès Césarëe en Coppadoce, Son
>e, nommé Grégoire^ était de la secte des
ipsitaii^s, qui adoraient le feu coînnie les
crsesi et obscrvaicTïl, avec les Juifs, le sab-
1 et la distinction des vimdes ; il Ci-mplis-
il la charge de prt^mitT rufij;;i5trat de la
ille, et vivait dans la f*ralique de toutes les
erlus qui font riionnétc homme. Nonne, la ,
ère de noire saint, qui élail ch rélien ne,
appliùii le ciel d'ouvrir les yeux de son
fpouf I et de l'aniencr à la connaissance du
rai Dieu. Ses prières furent exaucées ; Gré-
ire abjura le paganisnie et fut baptisé à
'aiianze, vers raniiée 325, époque où se
iint le premier concile de Nicée. Bientôt
près, son mérile le fit élever sur le siège
e Maïianze, qu'il gouverna durant quarante-
cinq ans* It ni ou rut h près de quatre-vin:^t-
dix ans, el esl honoré par TEglisc le 1" jan-
vier î la mémoire de saintn Nonne, son
épouse, est célébrée dans i'Kg'ise le 1"
SkOdL
Nuire saint fut accordé aux inslanles
prières de sa mère, qui lit vœu, par avance,
de le consacrer à Dieu, Il fut élevé sainle-
monl, n'ayant sous les yeux que d<\s exem-
ples de vertii et de piété, Bienlùt il prit la
résnlutiou de rcioicer au niaria;;e, ainsi
quk ttms les diverlissemeids quelconques,
auxquels les jeuucs ^ens aiment h se livrer
généraleiuenl. Quand on Teul instruit suffi-
samment dans les écoles du pays, on juj^ea
au'il était utile de l'envoyer étudier dans
es cocitréf^s éloignées, firécçoirc j)arlit d(*nc
avec son frère Césaire, qui resta a Alexan^
ilrie, tandis que lui alla prendre des le-;ons
de ihétorimii* à Césarée, en Paleslinc. De là
il vint a Alexandrie ; mais bientôt, ayant en*
tendu vanter la réputation des maîtres d'A-
Ihènes, ii s embaripia pour s y rendre, La
te m ji été ayant battu le vaisseau pendant
vingt jours, il fil vœu de se consacrer h Dieu
S^i la vie lui était conservée, et bientôt oJi
aborda à Egtne, près d'Atîièncs.
Nous avf»ns oubîié de dire que, dans 1rs
cours que Grégoire suivait à Césarée, d avait
ftiit a connaissance d'un autre étudiant, qui
devitU plus tard saint Basile. Ils se retrouvè-
rent à Athènes et se lièrent d'une cl roi te
amitié* Aussi vertueux Fun que Tautre, ils
s*cxcilaienl mutuellenterit k la verlu, parla-
DlCTlO:^S. DES PERSéctTIONS. I
geaient leur temps entre la fnière et Tétude,
el se privaient souvent pour assister tes pau-
vres. Saint Basile quitta cette ville le pre-
mier, et l'année suivante, Gré,-:oire quitta
Athènes h son tour pour se rendre à Na-
zianze. D prit sa route [Kir Conslantinople, où
phj>ipurs personnes, qui connaissaient son
mérite, rengagèrent fortement à s'établir,
lui [>roniettant la gloire el les richesses. Ce
fut en vain ; il réfiondit que son dessein
élail de vivre pour Dieu. Son [icemier soiu,
en arrivant à Nazianze,fut de recevoir le bap-
lènie des mains de son p<o'e, et dès lors»
abandonnant ses livres aux vrrs et oux tei-
gnes, comme il lo dit lui-môuje , il consa-
cra à la (irière el aux bonnes truvres tous
les momenls que radministralion dvs alftires
el de la maison de srui père lui laissait li-
bres. En 358, notre saint» viuiiant vaquer
t»îus librement au service de Dieu» alla trou-
ver Basile dans sa solitude, et nt* la quitta
que quand son père, %é de [dus de quatre-
vingts ans, le ranpela et l'ordonna prêtre, afin
ou'il Tassislût dans le î2;ouvern(*ment de son
diocèse. Il fiît ï»romu au sacerdoce Tan 361.
Grégoir.% qui avait goûlé les douceurs rie la
solitude avec son ann sairil Basile; qui,dft
plus, ne se croyait nas di^ne ûi^s fonctions
auxouelles son [lère Ta vait élevé, el qui pn'fé-
rait le repos aux dissensions sans cesse re^
naissantes qui régnaient entre les chrétiens,
prit la fuite, et ne revint enfm à Nazianze
qu'après dix semaines d absence, vaincu par
h/S ren)ontraoces de saint Basile , son ami,
11 prêcha son premier sermon le jour do Pâ-
ques, el bientôt il en nro^.ionça'un second
qui porte le titre d'Apologie.
Cependant, la même vio'enco qui avait
été faite è m^tre saint, fut faile également à
saint Basiîe, vers la tin de la même année. Il
fut ordonné prêtre ï>ar larchevèque Eusèbe»
et vers l'année 372 nous le voyons métropo-
litain de la Cappadoee. A cette époque, la
Cap|iadoi'e fut divisée, par ordre de Tempe-
reur, en deux provinces. Celle uti'fm appe-
lait la seconde, eu», la ville de Tyaue pour
capitale, Cette division causa des troubles
dans l'Eglise : Anihyme, évèque de Tyane,
prétefidait avoir une juridiction arcniépisco-
pale sur la seconde Cappadoce, Saint Basile
s'opposa à celte prétenUon;il réclama son
droit comme archevêque de Césarée , et
soiilinl quine tlivision purement civile ne
hii oîait point la qualité de métropolitain do
la Caïqmdoce. Durant la conteslation, saint
Basile élut Grégoire son ami évéque de Sa-
sima, ville qui était de la pi tite division
qu'on lui disputait, N<îtri^ saint ne le voulait
point, mais d se si >u mil k l'autorité réunie
de son |>èrc et de soi nm\. Anthyme, qui
avait eu Tadrcsse de mettre le nouveau gou-
verneur dans SCS intérêts, empêcha Grégoire
de pénétrer junais jusqu'à Sasima : il gou-
verna donc TEglise de Nazianze sous ,5on
père el co iliuua d'en [/rendre soin après ht
mort de celui-ci, qui mourut vers Tan'iée
373, Ce[teadanl, 1 empereur Valens étant
rnorf misérablement en 37S, la paix fui ri.*n-
due à TEglise, et les évôoues catholique»
il»
GRE
GRE
lia
songèrent h relerer particulièrement la Tille
de ConsUntioofile de la tvrannie où les
ariens la faisaient gémir depuis quarante
ans. Leurs sollicitations réunies arrachèrent
Gr^oire de sa retraite d-î Sélencie, et il sV
rendit enDn. On le reçut fort mal, à cause de
son extérieur débile et fiaurre ; son corps
cassé (lar râ^e, sa tête chauve et ses habits
grossiers étaient un sujet de railleries pour
les ariens. Il ne s*émut point de leurs inju-
res et de leurs mauvais traitements, et ayant
converti sa maison en église, il y (4*échait
chaque jour la fiarole de Dieu, bientôt ses
vertus et ses talents attirèrent un grand nom-
bre de personnes autour dosa chaire, et saint
Jérôme lui-même quitta les déserts de la Sy-
rie pour étudier sous lui TEcriture ^ainte.
Surces entrefaites, le fameux Maxime, phi-
losophe cynique , né à Alexandrie , fourbe
rempli de'Timpudence et de Torgueil de sa
secte, se rendit à Constantinople, et, par mille
intrigues, parvint k se Caire nommer évéque
de cette ville. Théodose étant arrivé à Cons-
tantinople, montra une grande indignation
contre Pintruset donna des marques d estime
à Grégoire ; de plus, il ôta toutes les églises
aux ariens et mit celui-ci en possession de
celle de Sainte-Sophie, dont toutes les au-
tres dépendaient. Durant la cérémonie, le
peuple s*écria unanimement qu'il voulait
notre saint pour évéque. Une grande difli-
culte s*y opposait : on ne pouvait remplir
ce siège qu après qu'un concile l'aurait dé-
claré vacant, en annulant l'ordination de
Maxime le Cynique. Précisément les évèques
de tout rOrient étaient alors assembles k
Constantinople, et présidés par le patriarche
Mélèce d'Antioche ; de sorte que Grégoire
fut établi canoniquement évéque de Cons-
tantinople.
Saint Mélèce étant mort durant la tenue
du concile, Grégoire y présida. Cette mort,
qui devait Gnir les maux de 1 Eglise d'Antio-
che, ne servit qu'à les augmenter: au lieu
de laisser Paulin la gouverner tout entière ,
selon raccord qu'on avait fait en faveur de
celui des deux qui survivrait à l'autre, quand
saint Mélùee eut rendu l'esprit, quelques
prélats, ennemis de la paix, proposèrent dans
le concile qu'on lui donnât un successeur.
Mais saint Grégoire, qui n'avait accepté le
siège de Constantinople que pour réunir
l'Orient avec l'Occident, et qui uavait garde
de préférer aucun intérêt de parti, ni l'auto-
rité du plus grand nombre à ce qu'il devait
à Jésus-Christ et à la vérité, arma tout son
zèle en cette rencontre. 11 fit un grand dis-
cours pour exhorter les évêques à ne point
donner de successeur à saint Mélèce et à
laisser Paulin gouverner paisiblement durant
le peu de jours qu'il avait à vivre. 11 finit en
protestant que si ou s'imaginait qu'il parlât
ainsi ou pour favoriser quelqu'un , ou pour
en lirerquelque avantage, ou pour se rendre
l'arbitre de ^a^semblée,^ il était si éloigné de
toutes ces vues, qu'on lui ferait môme plaisir
si on voulait lui permettre de quitter son évê-
chc et de demeurer parliculicr. Mais queltpie
2>ainles ol quelque judicieuses que fussent
ses remontrances, elles furent inutiles. Les
jeunes s'élevèrent avec fureur contre le
saint, et les anciens furent assez indiscrets
Sour les sfiivre, quoiqn ils n'eussent point
e raeiflesre raison k alléguer « sinon, que
puisque Jésus-Christ avait voulu paraître en
Orient, il fallait que l'Orient remportât sur
l'Occident. Aussi, c'était visiblement un ef-
f«.*t de l'antipathie que la querelle de saint
M -lèce et de Paulin avait commencée entre
ces deux parties de l'Eglise, qui s'était fo-
mentée par le différent usage du mot hffpê-
siase: et cette première froideur avait eu sans
doute quelque part au peu de secours qae
les Occidentaux avaient donné aux autres
durant la persécution de Valens, comme
saint Basile s'en plaint si souvent ; h quoi il
faut joindre l'esprit d'orgueil, de pique et de
jalousie, qui faisait regarder comme un grand
mal, à ceux qui n'avaient pas une vraie veito,
d'honorer Paulin comme évéque d'Antiodie
après l'avoir longtemps regardé comme schis-
matique, et de se voir ainsi contraints de
céder en quelque sorte aux Occidentaoxqui
avaient toujours porté Paulin.
Saint Grégoire était bien au-dessus de (M
raisons si basses et si indignes d'un évégor.
Il ne cherchait que la volouté de An,
l'honneur de l'Eglise et l'utilité des àmt^ï
a ni ces divisions étaient tout à fait ptijfH
iciables. Aussi ce fut en vain que ses ^
Srands amis le sollicitèrent puissammeat
e vouloir céder au. sentiment des autres;
il n'avait garde de se laisser conduire i^ark
plus ^and nombre plutôt que parla lumière
de Dieu, et il ne voulait point d'amis qui se
servissent du pouvoir de l'amitié pourleo-
Sager dans le mal. 11 donna donc enGn si
émission et la fit agréer, mais avec peine,
par l'empereur Théodose. On lui donna pour
successeur Nectaire, sénateur romain etpn-
teur de Constantinople, qui n'était nienie
pas baptisé lorsque l'on procéda h son élec-
tion. Notre saint se retira h Nazianze, s'eff^r-
çant, par tous les moyens possibles, d'y faire
nommer un évéque. Il réussit enfin en 38i
et le cho'x tomba sur un vertueux prifire
nommé £uialius. Telle fut, en peu de mots,
la vie si méritante de saint Grégoire de Na-
zianze, que l'on compte parmi Tes docteurs
de l'Ëglise. 11 mourut en 389 ou au comiDen-
cernent de 390, âgé de soixante ou soixante
et un ans. L'Eglise honore sa mémoire le 9
mai.
GRÉGOIRE DE THRACE (le hienheunui)
né en Dalniatie, franciscain, souffrit le roar^
tyre dans la capitale desBulgares, avec quatre
autres bienheureux de son ordre, nomm«
Antoine de Saxe, Nicolas de Hongrie, Tho-
mas de Foliçno et Ladislas de Hongrie.
Bussaralh, prince schismatiqne qui répail
au delà du Danube, surprit la vil e où étaient
nos saints, aidé par les schisniatiques qui
l'habitaient. L'un de ces martyrs fut nia.*-
sacré dans le premier tumulte, et les quatre
autres furent déca()ilés sur le bord dullenw,
le 12 janvier 1369. L'endroit du rivage où
gisaient les corps des martyrs fut illuniiD^
d'une clarté splendide. On y entendît une
ri 153
GID
GO
Iî5i
I nnisique qiîi semblait provenir des chœurs
I CiHestus. CHiaïitl on mconla ces prodiges à
^Bassnrath, il se roiidit iiiMiiédialcmont sur
les lieux; mais, quoi qu'il put faire» son
cheval îVobéissaiil ni aux coups, ni à IV^pe-
I ron, refusa d approcher des corps des saints.
Alors descendant de cheval, il voulut s'en
I npprochcr,mais une terrible apparition lui en
^défendit le chemin. Il fut nidifié de se reli-
' rer répouvante dans le eœur. Les moines
du rile grec, qui eraignaient qu^on rendît les
honneurs accoutumés parmi les catholiques
aux reliques des saints ^ amenèrent des
chiens fiour les di^-vorer. Quanti cesanimauit:
J voulurent accomjd ir celle horrible euréi', la
îuain de celui qui commande à toutes choses
ici bas, les frapî>aot d\inc façon invisible
pour les spectateurs, les Ibr^a de fuir en
jetant des Wrlements épouvn niables- L\\n
td'eux ayant mordu un oe ces corps sacres,
irut inunédiatemenl la gueule en feu aut
yeui des spectateurs, remplis d'<i[x>uvanle.
fut alors que Dieu, mellaut le comble à
&s prodiges» Ot sortir le fleuve de son Ui ;
ss vagues vinrent soulever sur la rive les
[<^rps que tant de miracles avaient glorifiés,
jet les placèrent dans des cercueils qu\ippor-
titïrent des anges. Quand cet ensevelissement
liraculeux fut terminé, le lleuve souvrit
iur donner aux martyrs une sépnl Eure non
pBàoins njiraculcuse^ au sein de ses Ilots. r,es
rénérabîes reliques n ont pas éié relrouvéù's.
Toile ce que raconte Wadding, et, d après
lui, Henritm. Nous aimons à cioire que des
faits de celte nature ont été élayés de preu-
ves sudisantes pour que des auteurs lecmn-
iiiandables en aient accepté la responsa-
bilité.
GIŒNADE, ville dTspagne, a été illustrée
Jmr le martyre de Pierre Pascal, évèquc de
aen, 11 fut martyrisé le 6 décembre. Les
<l et a ils nous manquent, L'Eglise fait sa féto
■le ^23 orii>bre.
tUUMOALD (saint), prêtre et confesseur,
endura de gr-ands tourments à Ponte-Corvo,
prés d'Aquin, pour ia défense de la religion
idirélienne. Nous manquons de détails sur
lui. L'Eglise fait sa sainte mémoii'e commo
cou fiasse ur le 29 septembre.
GHOTKOWSKA (J us iï^uate), l'une des re-
ligieuses Basil ienues qui, dans le courant de
i 'au née 1831, furent si violemment peisécu-
Blée^ j>ar Icczar Nicolas et Siemaszko, évèipic
"aj)o.^ial. On les employa h la construclion
d'un palais pour ce prêtre scbismatique. Un
pan Je muraille étant vcmi à s*écrouler,
Bïusapbate Grotkowska et quatre de ses com*
^Kmgnes furent écrasées. {Voij, larticle Miec-
^^ GUALDANEZ (le bieTiheureux Amuik), de
la compagnie de Jésus, tut char^ii daller
prêcher la foi drus rile Massaouab. Des
Turcs, Tayaut rencontré, le massacrèrent. Sa
mort arriva vers Tan ljT7.
GL'DDÈNE (sainte), martyre, est marquée
dans Usuard, Adnn, et d'autres martyrolo-
ges, comnte ayant snulTert à Cartîta^e en
iîl7, sous Tempire de Sévère. Suivant Adon,
elle ^'ut étendue quatre fois sur le chevalet,
déchirée enu-llement avec les ongles de fer,
longtemps emprisonnée et enfin couronnée
par le glaive. Les Martyrologes de saint Jé-
rôme ne menlionnent pas cette sainte : petit-
être est-ce la même que sainte Gaudent que
le Martvrologe romain marque au 26 juin,
avec quelques autres , qui ont soutTert le
martyre en Afrique.
GUDÉLIE (sainte), souflTrit le martyre en
Perse. Celte sainte femme ayant converti
plusieurs païens h Jésus-Christ, et refusant
d'adorer le soleil et le feu, soud'rit diverses
tortures sous le roi Sapor, On lui arracîia
la peau de la léte, enfin on rattacha à un
potf-au où bientôt elle rendit Fesprit. L'E-
glise fait sa mémoire le 29 septembre,
GUÉRIN (saint), martyr, frère île saint
LtGKR d'Autun. Voïj. larticle de ce der-
nier.
GUHSCL^TAZOIDES (saint), martyr de
Perse, était au nombre des eunuques du
I>alais, et avait été nourricier de Sapor. Il
versa son sang pour la foi chrétienne en l'an
de Jésus-Christ 3^1. Son histoire se trouva
dans Il'S Actes de saint SiméondeCtésiphon.
{Voy. son article.) Leur fête est marquée au
Martyrologe, le 17 avril,
GLIIBORAT (sainte), vierge recluse et mar-
tyre, descendait dïine vieille et noble fa-
im lie de la Souabe. Elle fut élevée sainte-
ment par ses parents que sa vertu édillail.
Dès son jeune Age et quand son frère Hittoa
entra dans Tétat ecclésiastique, elle se retira
chez loi, afin do vaquer avec encore plus de
liberté à tous les exercices de piété. Bientôt
les snintes eshortations qu'elle lui faisait sur
les dangers du monde, le délernnnèrent à se
retirer dans le monastère de Saint-Gall où il
prit riiabit.
Pour notre sainte, après avoir vécu quel-
que temps encore dans le monde, elle se
relira sur une moîUagne voisine de Saint-
liall et se renferma dans une étroite cellule.
Sa grande vertu lui attirant de nombreuses
visites, elle pria SalomoUt évêque de Cuns-
lance, de lui bénir une cellule près de Té-
glise de Saint-Magne, oii elle vécut en re-
cluse, et bientôt ses miracles et ses prédic-
tions la rendirent encessiveraent célèbre.
Ayant guéri une fdle de qualité nommée
llacbilde, celle-ci, à l'exemple de sa mèro
spirituelle t sg retira dans une cellule et
embrassa également Finslilut des recluses.
Elle reçut encore pour compagne de ses
austérités Wcndilgarde, petite-tille de Henri,
roi de Germanie, qui croyait que son mari
le comte Uldaric avait été lue en faisant ia
guerre. Cependant , ce dernier ayant été
rendu à la liberté j>ar les Esclavons'ou Hon-
grois, qui l'avaient fait prisonnier, ii revint
réchuner sa femme et ïoblint, après y avoir
été autorisé par un synode que tinrent les
évéqucs.
Ai^rès la mort de son mari, elle rev nt
dans sa solitude vi mourut dans me des
incursions que les Hongrois firent en ce pays;
ces barbares, irrités de ne rien trouver à
piller chez elle, lui déchargèrerit trois coups
de hache sur la tête; elle mourol le 2 mai
^
fi35
FIAB
925. Poïir Sâ-îinte Racljiltle, qui lui survocui
viijgl-un uns, le reste de sa vie ne fut qu'une
lïiofl continuelle par les maladies qu'elle eut
h endurer. Leurs reliques fureul déposées
dans l'église de Saint-Magne, et nous les
trouvons inscrites au Martyrologe romain
Je 2 mai.
GUI DO (Longimel), dorainicaiu, fut mas-
sacré par les musulmans de Tunis, en 1270,
en leur pr(>c!innt TEvangile. Sa mort arriva
h répoque da la croisade de saint Louis.
( Voy. Fon ta n a , Manumenla Dom inkana, )
GUILLAUME (le bienheureux), frère mi-
neur, de la Terre de Labour, fut martyrisé en
Médiepar les mahaniétans,avec le bienheu-
reux Jacques de Florence, évèque de Zeylon,
Leur m.irlfre arriva Tau 1303. (Wadding,
au. ia;2, \r V,)
tiUlLLAUMK (le bienheureux), de Castel-
lamare, dar*s la Terre de Labour, francis-
cain, était venu ré[iandr6 la semonce de
FEvangile à Gaza en Palestine, il y souffrit
un cruel martyre ru Thonneur de la foi et
&A nom de Jesus-Christ : il fut coupé en
deux, La constance qu'il moTitra au milieu
de ces tortures toucha le cœur de plusieurs
musulmans, nui se couvert ircnl à Jésus-
Christ. (Wfldding, an. 131ÎV, n' 38.)
GUILLAU^^IE DE NOKWICH (saint), fut
la vicliiuc de la haine des juifs contre la
religion chrétienne. Ce saint enfant, t^gé
seulement de dr»uxe ans, était apprenti chez
un tanneur de Nnrwich, Ayant é:é saisi jiar
des juifs quelques jours avant la fête de
Pâques, en 1Î37, ces barbares le crucifièrent,
après quoi ils lui percèrent le cùté d'un coup
de lance, en dérision de la mort du Sauvi^ur,
Le jour de Pâques arrivé, ils bèrent le corps
d.in's ui sac et snriîre:U aux portes de la
vilïe, afin de Vy brûler; mais ayant été snr*
pris, ils Tabanilonnérent attaché h un arbre,
On Ijâtit une é^^Hse a l endroit où son corps
av-tit été trotivé, et dais Tannée ï 150, ses
r* liques fureul transportées dans le chœur
de réglise cadiédrale , dédiée à la Sainte-
Trinité. L*Eglist* fait sa mémoire le 21^ mars.
GUNl FORT (saint), rc<;ut la glorieuse palmo
rt k j
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HAB IIS9
du martyre à Pavie, en rémm^en^ïcle sa
foi en JésuS'Christ. Les Actes des martyrs ne
nous disent absolument rien sur son compte,
L^Eglise ftut sa mémoire le 22 aoûL
GURIE (saint), eut ïe glorieux f'riTilégedt
verser son sang pour la foi à £de$$e en
Syrie. Il eut pour compagnon de son martjTe
saint Samonas. Nous n'avons pas dedocuoienu
sur eux, sinon qu'ils furent martyrisés sous
lempereur Dîoclétien et le président Aoto-
nin. L'Eglise fait leur sainte mémoirt b
15 novembre.
GLRZYNSKA (Eipïiémie), Tune des
gieuses de Saint-Basile, établies à M
en Lilhuanie, et connues sous le nom de
Filles de la Sainte-Trinité, qui furent expul-
sées de leur couvent et livrées aux perseçih
lions les plus violentes dans le courant de
Tannée 1837» par le c/ar Nicolas et SiemâS2ko,
évoque sebismatique vi apostat- On les ejo-
ploya à la construction d'un palais à Spii,
pour Siémaszko. Un éboulenient étant si»-
venu, Euphémie Gurzynska et quatre autm
de ses compagnes furent ensevelies vinulti
SOUS les décombres, sans qu'on permit I
relies qui étaient tém.oins de ce œalheurde
chercher à délivrer les victimes. Les quiim
aulres sœurs se nommaient ClëniiMUtj3^&-
browska, Catherine Koryçka, Elisabeth îf»
senhauz et Irène Krainto. {Voy, Tai^
MlECZYSLAWSKl).
GUBZVNSKA (iosÉpni?iE\ l'une des i
gîeuscs Basiliennes jui» dans le coursiilj
Tannée 1837, furent si violemment pei
tées par îe czar Nicolas et Siemaszko, évi
anosiat. On les employa à la construd
d un [(alciis pour ce prêtre schismattque.
pan de murailles étant venu à s'écroi
Joséphine Gurzynska et ipmtre de ses
pagnes furent écrasées. {\ oy, l'article llnc*
XÏSLAWSIlA).
GUTHLllUN» monastère qu'habitait sainte
Wéréfride, et où elle fut tuée parCarâdoe
ou Cradoc» (lis d'Alain, prince du [>ays.( r^f.
Wk5Éfride).
GUY (saint), le même que saint Vit.(^*I«
ce nom).
11
IIABENTIUS (saint), moine f t martyr» na-
tif de Cordifue, y avait embrassé la vie mo-
nastique* h Saint-Cbristolle. Ce couvent était
situé sur le Bélis, vis*à-vis de la ville. Ha-
beulius y vivait rerlus, ne se montrant ja-
mais que par une fenêtre, et portant des
lames de fer sur la chair. En 850 il vint à
CordouG trouver le cadi, avec Pierre, prêtre,
Valabonse, diacre, Sabi'iien et Vistrenioad,
moines, et le vieillard Jéréniie» fondateur du
couvent de Tabane. Us lui dirent ; « Nous
et»nffssons Jésus-Christ. Nous regardons
Ma il OUI et votre prophète comme le précur-
Stnir de FAntcchrist, et nous déplorons
ûmércuicul ravengleutenl dans ïe<[uel vaus
êtes [dongés. « Le cadi les condamna il
hi tête Iranchée, La sentence fut îannAii»"
teruent exécutée. On pendit leurs corj» *
<le lo^^fts pieux. Quelqiu's jours après, oflli>
hvù\ih el or! jela leurs cerjdres dans le flaii^
L'E;4!ï8e fait k^ur fôtc le 7 juin. Voy, Vaut
KO^sc, Mlài L\UNS {i^crs/cuiiùn drs},
HABETDIXM (saint), él/nt éiAnue *
Thetïdate, ville assez ci^'lèbre. mais dont**
ij^'iore la piuviicc [\), Il fut banni par 6«**
(I) Il scmWe *îue Plnlémêe marqni> i^-iu- \7tiE- àm
h t*ronmsi*l;ure. i,/îuirait éu% cJil-.
l*<*LlfHUii; niiiis il osl diUkile de r;
riN évt**pii»s lia ri ni s a|îpnrUttl à ta I^mnin*»!*** '
Ir P. U«irurl ne ptMu îu* \m*^ pour cel avi^
1157
IIAB
HAR
!ir>8
»ério avec un grand nombre d'autres évê
ques. Ils sont marqués avt^c quelques autres,
dans Adan etiJans le Alarlyroîo^e roaiaiu, ie
28 dé novembre, coaiuie o^afit achevé le
K cours de leur vie dans la eonresisiun de la
H vérilable foi. Nuire saint fut reléi^ué dans la
B ville de Taïualluints voisine du désert qui
Hest près de la Tripolitaine, ce qui ne c(in-
■ irieul qu'il la Bjzacéne, et nun point à la
^Waurila»iie de Stèle, où il y avait encore une
autre ville de Tamiillurue, Celte ville où lut
relégué notre sidul, avait un évèque arien
nommé Anlûiite, illustre par sa cruauté
entre les autres évr^qucs ariens. Il courait de
tous côtés, comme une bête altérée du sang
des catholiques; et il est impossible de rop-
l^orter ses actions exécrables, et les maux
qu'il leur fit aoulînr. On peut juger parla
Ue quelle manière il tiaila notre saint. En
elTel, outj e sa cruauté ordinaire, voyant que
ne généreux soldat de Jésas- Christ ucrsislait
avec courage (\'r,^s la vraie toi, njalgré tous
les maux qa ii lui taisait endurer, il avait juré
Ilie lui faire embrasser son hérésie ou de le
faire périr. Mais comme toute sa fureur et
ses serments étaient inutiles, il s'avisa d'un
Hiojrcn que lui suggéra ie démon. Il lit lier
au Saint les pieds et les mains avec de grosses
cordes, et t\îrmer la bouclie alin qu'il ne pût
crier, puis tit répandre de l'eau sur lui, et
? rélendit qu'il 1 avait rebaptisé, comme s'il
lait aussi facile d'enchaîner la conscience
que le corps. En suite de celle action, Antoine
Ût délier le saifjt évéque, et lui dit comme
en triomphant : « Vous êtes maintenant des
nôtres, mon frère. Vous voilii chrétien
comme nous, et ainsi vous ne sauriez désor-
niais ne pas vous soumettre h la volonté du
roi-» Ce saint répondit généreusement : w Pour
étra coupable d une chose^ û impie Anloinel
il fout que la volonté y consente. Mais j ai
toujours défendu hautement la foi que j'ai
dans le cœur, et lors môme que vous m'avez
lié et fermé la bouclie, je n*ai pag laissé, dans
le secret de mon ca^ui', de |>rotester h la face
des saints anges de la violence que vous me
faisiez, lis en ont été lé moins, et ont pré-
senté celte protestation à mon Seigneur, »
li ne se contenta pas néanmoins d'être
I assuré qu'une action de celte sorte ne le
Bpouvait rendre coupable, et de protester dans
V'ia ville de Tamallume qu'il n'y avait donné
aucun consentemenl. Il se résolut d'aller à
Carlhage trouver le malheureux prince qui
autorisait tant de violences, voulant que
tous les hommes connussent la pureté de sa
conscience, et combien il demeurait toujours
■attaché à bi foi de la Trinité. Antoine, qui
Croyait sa confusion dans ce voyage, ne put
jamais Ten empocher. Il (*résenta donc à Hu-
néric une requête, où il représentait avec
force combien était ba>se et indigne la per-
sécution qu'on faisait h des exilés, à qui ou
ne permettait pas de vivre au moins en repos
avec les bôles, q[irès leur /ivoir ravi tout le
reste, et les avoir exclus de la société des
hommes. Oîi lient que toute la répouso
ou*Hunéric lui îit, fut q*ril allât trouver ses
j^yéques pour taire ce qu'ils lui Oïduune-
raient, puisqu'ils avaient tout pouvoir eu
cette matière. Ainsi, Antoine persista dans
sa folie, assuré qu*il ne faisait riei «pii ne fût
agréable nu roi ; et le saint» se rontenlnnt
d avoir sîUisfail à sa conscience, aima encore
mieux retourner dims le lieu de son exil que
de dem.uider quelque autre chose aux évo-
ques ariens.
On croit que c'est le même llfibetdeum
qu'on honore à Sarzane, en Toscane, le 17
lévrier, quoiqu'on le fasse évêquede Lune ,
vdle ancienne mais ruiner, dont Tévéché a
élé transféré h Sarzane [lar Nicolas V. 11 est
certain qu'on fait de ce sahrt CKactement lei
même histoire que Victor rapporte de celui
d'Afrique, en y ajoutanl que les Vandales le
firent décapiter. Oii en aura peut-être porté
quelques reliques h Lune, qui auront donné
sujet de Vy honorer, et ensuite de Vm faire
évéque,
HABIAÏA (s-tinle), vierge, fut martyrisée
C7i 1 an 343 de Jésus-Christ, sous le rèj^ne de
Sapor dit Longue-Vie. Elle habitait la pro-
vince de Bcth-Germar, Sa fête est inscrite au
Martyrologe romain le 30 novendjre.
HABIBE (saint), martyr, eut la gloire dû
mourir pour la foi, en Per^e, sous le roi Sa-
por, vers Tannée 327. (Votj,, pour plus de
détails, les Actes de saint JuNis et de saint
iiAHAcnj«E,à leur article*)
IIABIDE (saint), martyr, répandit son sang
pour la foi, par ordre de Galère, sous Tem-
nire de Dioclétien, avec les sainls Faragus,
Homain et Lollien, nouvellement convertis à
Ja foi. 11 eut encore pour compagnons de son
martyre saint Hipparque et saint Pliilothée.
On verra les circonstances de leur martyre à
larlicle de saint Hjppabql'e.
HAMAZASBEiprincearméivien de la famille
Mamigoniank, fut l'un de cy.ux qui soulfri-
retît volontairement la coptivîté pour Jésus--
Christ sous le règne d'Bazguerd, deuxième
du nom, et qui ne furent remis en liberté et
reîivoyés en leur pays tiue huit ans après la
mort de ce prince, sous le règne de son lils
Bérose. (Pour p(u.s de détails, voij. Prince»
HAMOZAî^MIAN, prince arménien do la
famille de Mamigoniank, fui l'un de ceux qui
souHrirent voluntairement la captivité pour
Jésus-Christ , sous le régne d'Haz^uerd,
deuxième du nom, roi de Perse, et qui ne
furent ritmis e.i liberté el renvoyés en leur
pays que huit ans après la mort de ce prince,
sous le rèijne de son lils Bérose. (l^our plus
de délails, voy, Pm^ciis AfiM^:MK:*s.)
HANANÏA (saiotj, donna son sang pour
notre sainte religion, en l'an de Jé^ns-CÎirist
341, sous Je règne et dut^ant la ^lersécution
de Sapor. Les Actes de saint Simeon, évéque
de Ctésipbon et de Séleucie, comprennent
son histoire. [Voy. larticiede ce saint.) Leur
fête a lieu le 17 avril.
HAHDUIN, seigneur auquel les parents dti
sainte Maxellende lavaient promise en ina--
riage, vint, quand elle fut en âge u" > ma-
riée, réclamer l'exécution de la ^s©
qu'on lui avait faite. La jeune fille, qui avait
voué sa virgiuitii à Dieu, n'y roulut jias cou-
%IZ$
flAZ
sentir Hardoio, qui eo ^tait épenJammC
ariioureuf , pro6tant d'un jour ou elle était
«eule en «in lozi«. t entra avec des hommes
déroués fKiur l'enlever. Lon^emr^s il la
cherctja inutilement, mais enûn il la trouva
dan? une armoire. Rien ne put le toucher,
ni les larmes, ni les 5U[>f Jioatîons de la jeune
fille. 11 lentralna Tiol^fmment. Comme elle
fjersistait toujours dans ses refus, il entra
dans une telle funrur qu'il lassissina. Ces
faits se passèrent en 670 au viîlage deCaul>ri,
qu*hal/itait la saint?. ^ Voy. mainte Maxel*
LE^ne,:
UAROLD 'saint;, roi de Danemark et mar-
tvr, avait soutenu et étendu la religion chré-
tienne ; mais son fils Suen , qui était de-
meuré jiaien, le voyant vieux et affaibli par
l'âffe 9 chercha les 'moyens de le priver du
royaume , et prit conseil de ceux aue son
père avait contraints è embrasser le cnristia-
nisme. La conjuration éclata tout d'un coup,
et les Danois , renonçant à la relifpon chré-
tienne , reconnurent Suen pour leur roi , et
déclarèrent la guerre à Harold. Quelque répu-
gnance qu*il eût à prendre les armes contre
ses suiets et contre son fils , il résolut de se
défendre , mettant sa confiance en Dieu ,
comme il avait toujours fait. Toutefois , il
fut vaincu et, blessé dans le combat ; et s'é-
tant embarqué , il se sauva à une ville des
Sciaves, qui , bien que païens , le rc-çurent ,
contre son espérance; et quelques jours
après, il mourut de sa blessure, toujours fi-
dèle dans la foi de Jésus-Christ. Il avait ré-
gné cinriuante ans ; il fut le premier qui éta-
blit le christianisme chez les Danois, et rem-
plit le Septentrion d'églises et de prédica-
teurs de TEvangil^;. Sa mort arriva le jour
de la Toussaint 980 ; son corps fut reporté
dans son royaume h Uoschild, et enterré dans
IVîglise de la Sainte-Trinité, qu'il avait bâ-
tie : la cause de sa mort le fit regarder
comme martyr (Fleury) ; malgré cela, on ne
le trouve pas inscrit au Martyrologe ro-
main.
HATES (sainte), vierge , souffrit la mort
pour confesser sa foi en Tan S'*3 de Jésus-
Christ, sous le règne de Sapor dit Longue-
Vie. Elle était do la prfivince de Bolh-Ger-
raar. Sa fôlo est inscrite au Martyrologe ro-
main le 30 novembre.
HAVAUD, évoque de Castorie, péril le 5
juillet 1838, do fatigues et de privations ex^
cessivos, dans le Tonquin occidental.
HAZD (saint], martyr, était un seigneur ar-
ménien de la plus grande distinction. Dans la
guerre que l'Arménie soutenait contre le roi de
Perse Rérose, pour la cause sainte du chris-
tianisme, Mihran, général persan , fit prison-
nier noire saint avec son frèro Hrahad.
Ayant reçu Tordre do Bérose do partir pour
la Perso , ce général quitta l'Arménio avec
son armée, onimeriant ses prisonniers, et no-
tainnjonl Ilazd et Hrahad. Le prince Nersoh,
leur frère, résolut de les arracher à leur pri-
son : s'élant adjoint un certain nombre de
guerriers déterminés , il suivit l'armée per-
sane, épiant le moment d'exécuter son pro-
jet. Hraliad, ayant su l'approche de Ncrseh,
trouva moyen de preodre la fuite et de le
rejoindre. 'Mibran , furî«tix • fit Tenir le pri-
sonnier ciui lui resUiU le DoMe Haid, et loi
commanoa de choisir entre la mort et Tapos-
tasie. Le noble f-rince présenta pour réponse
sa tAt*f au t^>arrF'au. qui la lui abattit immé-
diatement. Ce saint n'est pas inscrit au Mar^
tvr^doze. f of. rHisKKre d'Elisée Varta-
HÉBERT TaA^çois-Lon$\ sopérieur des
Eudistes et confesseur de Louis xVI, s'était
rendu eitrémement TénéraUe par son iné-
Euisable charité. A cdié «le celle rertu se-
lime , qui prime toutes les autres , il avait
au plus haut degré les qualités qui ibot
rhomme aimable et qui gagnent les coeurs.
Pendant longtemps il s*étail lirré avec assi-
duité à la pratique des fondions du saint
ministère : il avait opéré infiniment de bien.
Sa réputation de piété et de Tertu était si
grande, que ce fut à lui que Louis XVI s*a-
dressa dans les derniers jours de sa rie. Il
lui écrivait : « Je n'attends plus rien des
hommes , apportez-moi les consolations cé-
lestes. I» Le 10 août , M. Hébert Tenant de
visiter le roi, disait à quelqu'un : « Leroietf
dans les meilleurs sentiments et paiftil^
ment résigné i ce qu^il plaira au SeigwQr
d'ordonner. » Ce jour même il fut arrilètl
enfermé dans l'église des Carmes. Il y fiil
massacré avec les autres prisonniers qudqua
temps plus tard.
HELCONIDE ( sainte ) , reçut le martyre à
Corinthe. Ce fut sous l'empereur Gordien eC
le président Pérennius qu'elle endura d'a-
bord de grandes soufTIrances. Justin, succes-
seur de Pérennius, la mit do noureaui la
torture ; mais un ange l'ayant délivrée , elfe
eut les mamelles cou|>ées, fut exposée aux
botes et éprouvée par le feu. Elle acbert
enfin son martyre par la j>erte de sa tête.
L'Eglise fait sa mémoire le 28 mai.
HÉLÈNE ( sainte ), martyre , recueillit la
palme du martyre à Kurgos en Espagne, avec
sainte Centolle*! L'Eglise fait leur mémoire le
13 août.
HÉLÈNE DE SKOFDE (sainte ) , martyre
en Suède , sortait d'une famille illustre de
Westrogolhio en Suède. Ayant été visitcrla
ville de Rome, elle fut mise h mort à son re-
tour, par ses propres parents, vers l'année
1160, en haine de la religion chrétienDe.
Elle fut canonisée en 116i, par le pape Aleiao*
dre III. L'Eglise fait sa fùte le 31 juillet.
DÉLIER (saint), ermite et martyr, n'avait
Ïms eu le bonheur de naîtro au sein d'une
àraille chrélienne. Ce fut saint Marcou qui
le convertit. Après sa conversion , embrasé
d'un amour ardent de la doctrine évangéli-
que, il résolut de tendre autant que possible
à U perfection des vertus chrétiennes. Il sa
retira dans l'Ile de Jersey, et fit éleclioa
d'une caverne pour sa demeure. Cette ca-
verne était creusée dans un rocher dont ^a^
ces était fort périlleux. Le saint se troaTiil
donc à l'abri des visites et de la curiosité des
hommes. Il passait sa vie dans le jeûne el
la contemplation. Les barbares le massacnf-
rent dans sa retraite. 11 est probable que ce
lUf
HEL
iii^r.
illi
fui pour la fui , puisque TEi^liso riionore
cuiume raarlyr. La ca pi la le de I1le »le Jer-
sey a pris le iioin du ssiinl. Au diocèse de
RoucD^à Tabbayedi! Beiiubfc, on prétiiuJriît
possédiT Ibs reliques du saint; La fête de
saint Hélier est iûscrile' au Martyrologe lo
IGjuilieL
HÉLLMÉNAS (saint), reçut la couronne du
luarlyre en Perse » avec deux autres prêtres
ijoinuiés Paiinène et Chrysotôîe, et les dia-
cres Luc et Mucius, dont le luarlyre est dé-
crit dans les Actes des saints Abdon et Sen-
neti, Noos n*avons pas d'nutres détails. L'E-
I glr^e fait leur sainte mémoire le 2^ avril.
HÉLIODOBE (saint), fut martyrisé pour
la défense de notre religiou sainte» h. AaliCM
che de Pisidie , avec saint Marc, ber!j;cr, et
l^s rorapagnons de son glorieux martyre,
I^'Eglise honore leur méumire lo 27 sep-
terobre.
HÉLIODORK (saint), re<;ut la paîrae glo-
rieuse du martyre en Pampbylie. Ce fut le
président Aétiiïs qui le Ht nérir durant la
perséeulion d'Aurélien. Les l>ourreaux s'é-
tant convertis h ia foi de Jésus-CInîst, furent
jetés après lui dans les flots L*Eglise fait sa
iiié moire le 21 U'ivembre.
; HÉLIODOUK f saint ) , reçut la palme du
^ju/ijtyre, en Afriiq^ue, pour rhonneur et la dé-
^Bense de la relit^ion du Christ. IL eut pour
^'compagnons do son martyre saint Vénuste
et soixante-quinze autres, dont malheureu-
sement les noms ne sont point parvenus jus-
I qu*à nous. l'Eglise honore leur illustre uié-
'' moire le G mai.
MÉLIODORE (Aiticus), vicaire du gouver-
neur de Phrygie , sons Probus , fit mettre à
la question saint Trophime et saint Sabbace,
qtrou avait arrêtés h Antioclie de Pisidie.
Saint Sabhacc, au milieu des tourments rju^il
endurait , ne pouvait retenir ses larmes. Ce
magistrat eut la It^cbelé de l'insulter à cause
de cela. Le saint lui lit une réponse pleine
d& modération [Voy. saint Sabbace), mais qui
dut lui faire voir ce une celait que le vrai
courage. Après avoir lait sa réponse à la fois
généreuse et modérée aux lâches plaisante-
I ries (THéitodore, le saint rendit Tiime. Saint
I Trophime, plus robuste, avait résisté. Hélio-
I dore, ne voulant pas prendro sur lui de le
I condamner à mort, Tenvoya à Dionysius Pé-
I rennius, gouverneur de la province, lequel
I était alors à Synnade. Il condamna le sa hit
I à ùnre le voyage h pied, avec des chaussures
^ garnies de pointes en dedans,
HELIOGABALE, empereur romain, que
^ nous ne citons ici qu'alin de dire ce quopré-
^ tendait Dodwel et comment dom Huinart lo
. réfute. On sait quelle était la mauvaise foi
I de Técrivain aoglais.
, Depuis Sévère, on ne trouve plus d'empe-
reur, jusqu'à Maïinnn, qu'on puisse mettra
au nombre des persécuteurs de l'Eglise,
cjuciqu'il y ait beaucoup d'apparence que,
durant tout cet intervalle^ elle n'ait pas été
sims persécution ni sans martyrs, M est cer-
taifi qu'Héliogabale, au rapport de Lampride,
déclara nettement qu'il ne voulait point
4u'on adorât, dans tout l'empire, d'autre
Dieu que lui, et qu'il fallait que h}$ thré-
tiens abandonnassent leur Dieu et n'r^f*
friss€-nt plus qu'à lui hurs v*eiix et leurs
adorations. Dodwel conclut de là qu'Hélio-
gabale fit quelque distinction des chrétiens,
et qu'il les considrra connue étant particu-
lièrement h lui. Je ne comprends pas sur
quoi Ton fonde celte conjecture, si Ton ne
veut dire que les chrétiens, pour mériter
les bonnes grâces de l'empereur, voulurent
bien adorer le soleil.
HÉLIOPOLÏS, aujouni'hui Balbek, ville de
Syrie, Ce fut dans celte ville, et non pas
dans Héliopolis, villtï d'Egy[»to, (pu? sainte
Eudo\ie mourut martyre, sousTnijan. Elle
se trouve justement dans le [tays où cet em-
pereur exerça le plus violemment, par lui-
mérne ou paV ses lieutenants, la persécution
contre les clirétiens. Saitile Eudoxie mourut
percée d*nn coup d'épée.
HELLADE (saint), martyr, versa son
sang en Libye, pour l'honneur et la défense
de la religion chrétienne. Il soulTrit le mar-
tyre avec le diacre saint Théophile, Ils furent
d'abord déchirés h coups de fouet, puis pi-
cfués avec des têts aigus de pots cassés. Ils
turent enfm jetés dans le feu où ils rendirent
leur âme à Dieu. L'Ef^lise fait leur mémoire
le 8 janvier.
HELLADE (saint), martyr, souffrit pour
Jésus-Cbrist, avec les saints Crescent, Dios-
coride et Paul. On ignore le lieu, la date et
les circonstances de leur martyre, L'Eglise
honore leur sainte mémoire^ le 28 mai.
HELLADE ( saint), évéque et confesseur,
soulfrit à Tolède pour la défense de la reli-
gion. Les Actes oes martyrs ne nous ont
conservé aucun document authentique sur
lui, L'Eglise fait sa sainte mémuire, le 18
février.
HELPIDE, qualifié préfet dan** les Actes
de sainte Sabine, étant venu à Yindène en
Ombrie, du temps de Fempereur Adrien et
au commencement de son règne» le gouver
neur Berylle lui raconta qu'il aviiit fait dé-
capiter sainte Sérapie, jeune fille chré-
tienne, qui demeurait chez une riche veuve
nommée Sabine, fl lui dit que celte veuve,
convertie par Sérapie, l'avait suivie devant
son tribunal, la défendant courageusement
et se i^roclamant elle-même chrétienne. Hel-
pide ht venir sainte Sabine, et, n'ayant pu la
forcer h sacrilier, lui ht trancher la tète lo
29 aoûL ( Voy> Sabine et Beryllk, )
HELVETIUS (CLAiiDE-AnaiK^) , naquit h
Paris en Tannée 1715, et y mourut en l'î'ïl.
Son éducaiioîi fut faite au collège Louis-lc-
Gra nd» par les jésuites. FermVvr général à
vingt-trois ans, il retirait enviroi trois cent
mille îivres de sa charge ; il I'exer<;a en se
montrant constamment doux, bienfaisant,
généreux. A l'flge de trente-six ans, il se re-
tira des affaires, se maria, et vécut en par-
tageant sou temps entre le séjour d'une terru
qu'il avait h Voiré, dans le Perclie, et celui
de Paris. En l'année 1758, il publia son fa-
meux ouvrage intitulé de i'EspriL Le [larle-
ment, la Sorbnune, l 'archevêque de Paris, le
pape Clément XHl le condamnèrent^ comme
IfIS
ïie:4
BEN
lUi
présentant è lui seul tout ce qu'il pouvait y
avoir de condamnable ol de dangereuï dons
les œuvros philùscinhiaues modernes. Bans
cet écrit, sans iioinmer le matérialisme, HeU
vélius Vy eïiseignait d'm lîoulà l'aotre, rap-
portant tout h. la sensibilité physique, el ne
inettfliit entre nous et les animaux d'autre
ditrérenee que celle de l'organisation exté-
rieure. Plusieurs rétractations faites succes-
sivement par lui ne furent pas jug*^es sulTi-
santés. Il lot un de ceux que le roi de Prusse
lit venir à Berlin. De reloui^ à Pvïris^ il
uioorut d*un acci^'S de goutte» h l*éfM*nue
que nous avons indiquée, A sa mort, il lais-
sait en manuscrit un ouvrage intitulé : De
l'hamme, de ses facnlles inieltecturiks et de
Mon éducaliour 2 vol, in-8:. Cet ouvrage est
plein des plus violents outrages contre la
religion.
Faut-il ju or dëllnili veinent Helvétius «fa-
près ses œuvres si scandaleuses , ou bien
d'après Tune de ses rétractations que nous
citons entièrenient?<^Kie le lecteur en décide :
« J'ai donné avec confiance le livre de
Viîsprit, lYâvce qnoje Tai donné avec sini-
plicïlé. Je iren ai point prévu retlel» parée
que je n'ai point vu les conséquences ef-
Irayantes qui en résultent; j'en ai été extrê-
mement surpris, et encore beaucoup plus
afiUgé. En ellet, il est bien cruel et Dieu
douloureux pour moi d avoir alarmé, scan-
dalisé, révolté môme des personnes pieuses,
éclairées, respectables, dont j ambitionnais
les suffrages, et de leur avoir donné lieu de
sou(>çonuer ma religion et mon cœur; mais
c'est ma faute, je la reconnais dans toute
son étenlue, et je fox pie \mr le plus amer
r6[)entir. Je souhaite très-vivement et très-
sincèrement que lous ceux qui ont le mal-
beur do lire cet ouvrage me fassent la grâce
de ne me point juger d'après la fatale im-
î>ression (jui leur en reste. Je souhaite qu'ils
sacbent que, dès quVjn m'en a fait sentir la
licence et le danger» je Tai aussitôt désavoué,
proscrit, condanmé; el que j'ai été le pre-
mier à en demander la suppression. Je sou-
haite qu'ils croient, en conséquence el avec
justice, que je n'ai voulu donner atteinte* ni
a la nature do Tdme, ni & son origine, ni h
sa spiritualité, connue je croyais l'avoir fait
sentir dans plusieurs endroits de cet ou-
vra?^o. Je n*ai voulu attaquer aucune des
vérités du clirislianisme, qtic je professe
sincèrement dans toute la rigueur de ses
dogmes et de sa morale, et auquel je fus
gloire de soumettre toutes mes pensées,
toutes mes opinions et toutes les facultés de
mon être : certain que tout ce qui n'est pas
conforme à son esprit ne |ieul Télre h la
vérité. Vola mes véritables sentiments; j'ai
vécu, je vivrai el je mourrai avec eux. «
(Rnison dn christianismr, vol. IV, p. 618.)
HftMlAR, grand paysiirl Arabie Heorcose,
dont les Grecs appelaient les habitants Ho^
mériit», possédait un grand nombre de chré-
tiens. Cette provi'ice était alors gouvernée
lar un roi juif rrommé Joseph Dounoùas eu
ijuiaan, ennemi acharné des disciples du
CbrisU Ce prince, qui était plein de cruauté,
n#irf '
fut surnommé V auteur des fosses ^pèfte qu'il
iaisait précitiiler les chrétiens dans des
fosses pleines de feu et les j faisait tniel-
lernent brûler, pour les forcer à embrasser
la religion juive. Dun^an vint mettre le siéfoe
devant la ville de Négra ou Nagpran, doot
tous les hahilanls vivaient sous la loi de
l'Evangile, la cinquième année de lustio,
qui est Tan 122. Ce prince, ne pouvaDtsem*
parer de la ville par la force, ne craignit
point de parjurer ses serments, et y eotraDir
une comijosition (iu*ii comptait bien violer.
Une fois maître ue la ville, il essaj^a iw
toutes sortes de moyens d*araener les habi-
tanls il renier leur foi et à embrasser le ju-
daïsme. 11 osa violer le tombeau de révéque
Paul, mort deux années auparavant, tt ûi
brûler ses os; les prêtres, les moines et )«s
religieuses furent jetés dans un bûcher ar-
dent, où ils périrent en fhonneiir du ]
de Jésus-Christ. La ville avait pour gou
neur un vénérable vieillard norumé Arél'
ne gardant aucun resficil pour le cd _
malheureux et pt>«r ie grand âge decevifin
soldat, il lui lit trancher la tôte ainsi qu'hua
grand nombre d'habitants ; beaucoup di
femmes subirent aussi le na*>iiie sort; if »-
mena entin toute hi jeunesse en a^p&x^-.
L*Eglise célèlire coHectiveaient la ftk li
tous ces saints martyrs qui farent t^rtlta
par ce prince impie, le 27 juillet. Saiolàrt*
thas est inscrit en particulier au Marlvrolos»
romain le 24 d octobre , avec trois c«*
cjuarante autres de Negra et une saint*
iemrae dont le tils, âgé seulement dk-cinq
Q,nSy se jeta dans le feu où était déjà si
mère, en confessant Jésus-Christ,
Bientôt Dieu voulut infliger h Dunaao k
châtiment que méritait sa barbarie sacrilège
En effet , Vannée suivante , Elesbaaa m
d'Auxume, ville située en Ethiopie, qm
était chrétien el ennemi du roi de la pro-
vince d'Hémiar, se résolut h punir $es fo^
faits. Soutenu par Tempereur Justin et pif
toutes les forces d'Egypte el d'Orient, il at-
taqua Dunaan par terre el ymv mer, le pril
avec bs princif^aux de sa famille, W il
mourir et soumit son pays h sa puissance.
Après avoir été ainsi Finstrunient tk U
vengeance divine, il pril l'iiabit lOOttisAiqtu*'
et consacra le reste de ses jours au stf^ma
du Seigneur.,.,. Les Arabes prétend
ce Dunwan ne fut pas pris par E;.
mais que, pressé par les Et biof tiens, û it
lança dans la mer avec son cour^irr ri J
trouva la mort. Quoi qu*il en '«
sut venger la mort des saints m ^ .^if
avait tourmentés avec une inhuiiiaûU* «
barbare.
tîÈNAREZ (i>owixiotE), coadjuteurdi*-
nnnjcain Ignace Delgado, vicaire apostôtaji^
dans le Tonquin oriental, fut décapité 11
25 juin 1838, après quarante*Deuf ans f^
poslolat.
HÉNÉDINE (sainlel , fut martyrisée •
Sardaigne, |)Our Thonneur de la rehîriotifl*^
tienne et nour la défense de sa foi-lLescP*"
pagnons oe son martyre août samtlasaf *
iU5
HEff
HEU
iii6
Isa i me Justine. L^gMse fait leui* mémoire
Ile IV m ni.
HENHl fsaint], archevêque d*lîpsal, mar-
^tyr, était AnglciLs* il alla prAcher U foi ca-
tholique aux p<?i]ples du Non! avec un de ses
compalriotes appelé Nicol-is Breaksnear, qui
I devint pape sous le nom d'Ailrien IV, Notre
saint avait éié mc.vé an-hev^qut^ d'Upsol e^i
llU8, par ce môme Nicolas Breakspear: il fut
' bientiit nmH envoyé en Finlande par le
saint roi Eric qui venait de soumettre ce
pays ot voulait y établir rEvanjJîile. Ses
grands travaux apostoliques lui méritèrenl
le litre d'ajii^tre de cette contrée, mais il ne
put les roilinuer aussi longtemps qu'il au-
rait voulu. Un meurtrier, qull avait essayé
de ramener au repentir» excita les inlidèles
\h le lapider, e( il soulîVit le martyre l'année
[1151, La ville d^Upsal eut une grande véné-
f ration pour son tomtieau jusf]u au xvi" siècle,
[époque à laquelle les hérétiques dispersè-
rent sns ceidres. Il est inscrit au Martyro-
[lo,^e romain le 10 janvier.
HENRI VIII, roi d'Angleterre, fils et suc-
[cesseurde Henri VU, uionta sur le trône en
]l509, à làge de dii-nouf ans. 11 obtint dis-
pense du pape pour épouser Catherine d'A-
ragou, veuve de son frère* L'histoire ra}>-
porte que celle princesse avait été mariée
sans cesser d'être vierge, son mari n'ayant
pas consommé le mariage avec elle. Pendant
lOngiemns, Henri se montra fier de sa femme
qui lui donna cinq entants. Tous moururent
Cfî bas A^'e, hormis la firinfesse Marie, qui
monta sur le trône plus tard. Malheureuse-
luent Henri élail de sept ou huit ans plus
jeune que Catherine, Cette dtsproporton
d'âj^e et les passions violentes du roi lurent
cause qu'il se livra h des amours illieilos. 11
eut pour maîtresse Marie de Boulen, sœur
de la fameuse Arme qui, depuis, jrionta sur
le trône d'Angleterre h titre d'éfiou^e quand
Henri eut divorcé avec Catherine. On ji re-
tend môme que la mère de ces deux maîtres-
ses du roi eut avec lui les mêmes rapports
?ueses deux lilles, et que la dernière, Aruii%
fait la tille de Henri, Cefai t n'e>*l pas prouvé;
mais rien ue peut étonner de sa part. Quand
on examine la vie de ce monstre d'iniquité,
de ce Néron de rAnj^lelerre, on n'est point
surpris qu'il ait pu faire sa maîtresse de sa
i^lîlle naturelle, et ensuite signer de sa main
)n arrêt de mort. Quoi qu'd en soit de ces
infamies, ce fut la fiassion du roi pour celte
îeime ïille. Aime de Houlen, qui hit la source
fcit^le de lous Ijjs maSheu s du rAn^leterre et
le TE^lise, Nous y reviendrons bientôt,
A côté de cette orij^ine honteuse do TE-
_]i8e protestante d-Anglelerre, si lière et si
'orgueilh^use de sa iiréle^idue réforme, si im-
placable dans ses haines contre TE-; lise rn-
roaine, Dieu a voulu mettre lout ce <|ui iienl
le plus rijuniilier. A cette épo pu», Ludier,
dont l"Anglet<'rre a depuis emtirasséle parti,
prôchaitses doclrînesen Alletnai^ïio. L'aj^o-
iogiste le nlus ardent peul-être, sinon le
Ëlus fort ne TEglise romaine, fut ce même
Icnri VIII» qui bientôt devait se séjïajer
dVlle. Jl écrivit contre Luther une réfutation
lu
qui lui mérita de la part du pape /o titre de
ùéfenseurde VEgiiseet de la foi. Il avait écrit
h 1 empereur Ciiarles-Quinl et h Frédéric le
Pacifique, électeur palatin» pour les engager
a ré[iruner les prédications du moine nér^
siarque, et h arrêter les nrogrès de ses doc-
trines, qu'il qualitiait de pestilenlieïles. II
s'en était suivi une réponse de Lulher dans
laquelle ce moine furibond traitait le roi
d'Angleterre de menteur effronié qui hd jetait
de (a boue puante, 11 Unissait par le qualilier
de maraud. « J'ai à traduire la Bible, disait-il;
mes occupations ne me permettent pas de
barbotter plus longtemps dans hi tiente de
Sa Majeslé, Une autie lois, si Dieu le veolje
>r end rai mes aises pour réjiondre h cctto
►ouclie royale qui bave le mensonge et le
poison. Il a volé la couronne d'Angblerre,
comme le pape a volé sa tiare; ils se frottent
Tun h Fautre comme deu% mulets. Courage 1
dit-il (dus loin, cochons^ brùlez-moi donc si
vous Fusez ! » Noms en passons, el des plus
b lies. Quelles paroles l quel style 1 Voilà
pourtant ce une Poméranus, disciple de Lu-
ther, disait dicté h son maître p*tu* le Saint-
Esprit ! N'est-ce pas h rou;^ir do honte d'ap-
partenir h une religion dont le chef se rend
coupable dételles infamies de lan^^age? Plus
tard, Luther écrivant à Henri* qu'il espèro
prendre dans les tliets de ^on hérésie, lui dit
que c'est avec crainte qu'il s'adresse à lui,
« J ai dû titrenser Votre Majesté dans le li-
belle que j'ai écrit en cédant h des conseils
perfides : ce libelle je ne l'ai pas écrit en cé-
dant h mes instincts; mais bien cumme un
insensé et unélourdi, » Ici Lutber est moins
pr<*tontieu\ que ne le sont ses discif>Ies pour
lui : il ne prétend i^as avoir été inspiré du
Saint-Esprit, Bu reste» il revient à sa fagon
ch/'rie m discuter» en disant au roi qu'il
sait bien que le hb die publié sous son nom,
à lui Henri, est un fau?t, qu*d émane de gens
qui ont abusé dn titre el du nom du roi, ne
sentant pas le |>éril qu'ils se préparaient à
eux-mêmes dans Tignuyiinie royale ; notam^
ment^ dit-i!, ce mùnatre emiemi de ÎMeuct du
hommes^ ce cardinal d'Yorkj peste de votre
royaume. Lulher continue en cherchant à ga-
gner le roi à sa doctrine » de la façon la plus
artificieuse.
Henri Vill reprit la plume i se reconnais-
sant Fauteur de l'écrit que Luther qualilio de
(il* elle, il réfute solidement les erreurs prin-
cit>ales et les assertions du nitune hérésiar-
qtie. Il établit la suprématie de l'Eglise ro-
ujaine ; il eitalte la charité, le respect dû au
pape, aux concises, la croyance au libre
ar.dtre. En un mot, il tait des doctrines
de Lutlier un examen elnne réfutation vrai*
ment admirables. Dieuvo dait que l'homme
qui devait séparer rAn^leterre de l'E^^lise
cathulique, (pii tlevait Ta mener h croire la
phqtart des erreurs de Lulher, éirivîl ainsi
sa pnq*re condamnatirm, afin qn il fût bien
démontré à lous f|ue ce n'éiait pas pour une
question de foi que Henri \ Ht agissait. Oui,
c'est la honte de l'Angleterre actuelle que
cette vérité historique ; elles^esl séparée é^
Home, non point h cause de k foi, mais porte
4147
HEN
HEU
iltt
qu'ffi^ri VIII, sans cela, n*eût pas pu épou-
jM^r fit ganJer sa maîtresse. Ce ne sont point
»es convictions à elle qui Tout amenée à ce
grand acte, c'ost la passion désordonnée du
souverain nui Ta décidée, et sa tyrannie af-
freuse qui Ta fait exécuter. Les Anglais, en
8C séparant, n*ont pas fait acte de volonté,
de conscience, ils ont fait acte de lâcheté en
obéissant, de crainte de mourir, à un tyran
que la passion égarait. Ne soyez donc point
si flcrs dans vos attaques contre TEglise ro-
maine I Cette sé()aration, c*est la consomma-
tion de la turpitude d*un tyran et de rabais-
sement de tout un peuple. Et ce roi, non con-
tent d*avoir défondu la foi dans ses principes
qu'attaquait Lullier, avait condamne chez cet
hérésianiuo ce œmmerco illégitime que lui-
même allait bientôt vouloir faire sanctionner
h son profit. « Rends au cloître la chétive
feuuno ( ChAtoaubriand traduit Teipression
do llonri, muliercula^ plus poliment que
noua n'eussions fait ), é|H)use adultère du
r.hrist, avec laquelle tu vis sous le nom d*é-
poui dans une très-scélérate débauche, et
une doultio damnation. » ( tlhÂteaubriand,
J\$$m êur h Htléruture anglaise. ) Ce prince
no voulait |his laisser sans une flétrissure
loiubéo do jia pluiuo un seul des crimes que
biontùt il allait commettre.
Vin^t ans durant. Henri VU! n'sta dans
los lions do sou mariage avtn^ Catherine,
iis les trouver douteux : mais étant devenu
épordumont amoureux dWnne de Bouleu, il
rommujiva à douter de la validité de son ma-
riaKo, Aunode Boulon, qui craignait que le
loi no la renvovAt comme sa sœur, lui avait
fait insinuer en secret Tidée de divorcer avec
Catliorine t»t de la prendre, elle, |H)ur épouse,
llonri citmiuonoa donc A élever des doutes
Miir la validité do son mariage. Il ne dit pas
d abortl le vrai motif, le but quil voulait at-
toimlre : il craignait, dit-il, que Tordre à la
.Huccossion du tn^ne fiU troublé. Il avait une
llllo, la princesse Marie, de Catherine d'Ara-
gon : bien (pie cette princesse eût été recon-
nue dés son enfance comme héritière du
royaume; bien que le mariage qu'avait con-
tracté le roi eût été conclu du consentement
unanime de tous les ordres du royaume, il
éleva des doutes sur les droits tie la prin-
cesse à la succession, et sur la validité do
son mariage, disant que le pape avait outre-
passé ses droits, ses pouvoirs, en lui don-
nant dispense pour épouser sa belle-sœur.
Il envoya partout. noUmment en Allemagne,
quôler des consultations, afin d'avoir, si faire
se pouvait, quelqu'un de son avis. Tout le
monde le condamnait, voire même h^s héré-
tiques. Quand on parla de celle alfaire, lors-
(jue Henri lit olfrir par ambassade de se join-
dre à la liL^ue protestante, Mélanchlhon ren-
dit celle décision : a Nous pensons, contre les
ambassadeurs d'Angleterre, que la loi de ne
pas énouser la femme de son frère est sus-
ceptible de dispense, quoique nous ne la re-
§jrdions pas comme abolie. » ( Liv. iv, ép.
85. ) Luther lui-môme ( Ep. Halœ 1717 )
ait : « Avant de donner approbation à ce di-
Torce, j'aurais plutôl jiermis au roi d'épouser
une seconde reine et d^aroir plusieurs épou-
ses, à l'exemple des patriarches et des
rois.
Henri demanda au pape Clément Vil da
déclarer nul son mariage avec Catherine;
mais en même temps qu*il voulait que le
pape déclarât que son prédécesseur D'avail
Eu accorder dispense pour épouser une
elle-sœur, il lui demandait dispense doh-
velle pour épouser n'importe quelle femme,
fût-elle parente du roi au premier degré d'if-
finité, ou môme mariée à un autre, sans qna
le mariase eût été consommé. Ainsi il vou-
lait que le pape décidât la question en deux
sens diamétralement opposés. Pourquoi de-
mandait-il celte dernière dispense ? est-ce,
comme le dit Rorhbacher, parce- qu*il consi-
dérait Anne de Boulen comme sa parente,
puisqu'il avait eu des rapports charnels are
sa sœur, et qu'on disait qu*elle avait été ma-
riée en secret à un autre ? C'est possible;
mais ne serait-ce point aussi à cause des rap-
ports qu*il aurait eus avec la mère dWarn
de Boulen, voulant ainsi que la dispense pa-
pale s'étendit jusqu'à permettre le mariage
avec sa fille naturcNe ?
Clément VII, qui connaissait le cœur b-
main, et qui savait que l'amour est une pu-
sien qui s'use vile, jugea à propos de im-
poriser. Il regarda le roî comme un malade
en proie à un mal pour lequel il ne faut pas
brusquerie traitement. 11 avait raison: Henri
n'aima pas toigours Anne de Boulen, et quand
il cessa de laimer» il ût déclarer nul ce non-
veau mariage, et fit décapiter cette femme
qui ne régnait plus dans son cœur. Pauvres
sentiments humains ! Que serait la société,
si Dieu et les lois n'établissaient pas ses ba-
ses sur le devoir plutôt que sur les passions
humaines?
Le pape envoya en Angleterre le cardinal
Campige, qui montra dans cette affaire nna
prudence et une modération infinies, mais
que rien ne put faire varier de la ligne du
juste et du vrai. Le cardinal Wolsey, qui lui
prêta son inoncours, fut disgracié à l'iu-^tiga-
tion de la favorite. Il se retira dans ses ter-
res et ne voulut jamais donner son approba-
tion à la conduite du roi, qui, en 153U, l'en-
voya prendre pour le faire mettre à la Tour
de Londres ; mais il mourut en chemin, dans
sa soixantième année ; sans cela il aurait en
le même sort que Thomas Morus et tant d'an-
tres.
Les choses ne tournaient pas au gré de
Henri : l'empereur faisait une opposition ei-
trômemenl vive à ses desseins, le pape ré-
sistait ; il dut comprendre qu'il s'était jeté
dans des difticultés sans nombre. Alors il fol
sur le point de reculer. Il alla même jusqul
dire qu'il n'aurait pas demandé le divorce,
qu'il n'y aurait pas songé, s'il ne s'était cm
bien sûr d'obtenir la dispense du pape. L'es-
pérance revenait dans le cœur des gensda
bien. Anne de Boulen et ses partisans étaient
altérés. Thomas Cromwell apporta aui des-
seins du roi le concours de son audace et de
son astuce. Elevé h l'école de Machiavel, rel
homme^ fils d'un foulon des environs deLon-
1449
HEN
HEN
fl50
drcs, soldat d'abord, marchand ensuite, avait
élé empln}^^ par Wolsey pour travailler à la
dissolution d'un certain nombre de couvents
auicauels ce cardinal voulait substituer ses
collèges. Il avait montré une grande habi-
leté dans celte affaire : aussi avait-il gagné
toute la confiaîicc de Wolsey, 11 l'avait suivi
dans sa disgnke, croyant qu'elle ne serait
nas de longue dorée; maisi! n'availpas tardé
a îe Quitter pour revenir h la cour. Il n était
pas nomme à rester fidètn au malheur : il
avait moins de eo^orque d ambition, et lam-
bition tourne toujours ses regards vers le so-
leil levant de la fortune et de la puissance.
Le roi le eoutirma dans rintendance des ter-
res des monastères que Wolsej avait sup-
primés. Cromwell demanda et obtint une au-
dience. « Sire, lui dit-il» je ne puis me taire
quand go vois Tinquiétude où vous êtes. Ou-
bliez ma présomption pour ne voir que mon
dévoueniont. Les savants, les universités de
votre royaume approuvant votre divorce, le
pape seul refuse. Passez-vous du pape, imi-
tez les princes d'Allemagne qui ont secoué
son joug. Déclarez-vous clierdeFEglise dans
votre royaume. »> Henri fut surpris, mais il
était enchanté d'un tel conseil : il nomma
Cromwell membre de son conseiî privé. La
dilliculté était de faire accepter au clergé
celte suprématie royalerles successeurs des
saints deviendraient-ils des apostats?
En 1531 /rhomas Cromwell fit accuser tout
le clergé d'Angleterre d'avoir violé les sta-
tuts de jjrtFmîtnirc. C'étaient des statuts qui
défendaient d'exécuter en An^deterre sans
permission royale certaines décisions et sen-
tences du chef de TEglise universelle : c'é-
tait une sorte de concordat comme il en existe
chez nous, malheureuseconcession que, par
crainte de plus grands mani, l'Eglise avait
été obligée de faire, mais qui n'était ni plus
- rationnelle ni plus juste au fond que les arti-
cles organiques subrepticement ajoutés chez
nous au Concordai, Le chargé, pour éviter un
jugement et obtenir pardon, oîfrit un présent
ou [>lut*>t une rancoîi de cent mille livres ster-
Hng, Le rrii refusa: il demaTitla qu'on ndt dans
l'acte d'otlrande une clause qui élablîl le roi
« comme le protecteur et le chef suprême de
TEglise d'Angleterre et du clergé. » Le clergé
vit le danger, il refusa ; on proposa des
moyens qui furent n^jetés; te roi proposa
une rédaction qui ne fut pas acceptée. War-
ham de Cantorhéryy inséra unaineudement
qui portiiit : Autant que ie permet la loi du
Christ, Tunstall, évoque do Durham, iiuil-
laume de Warliam, archevêque de Canlor-
Uéry, proteslôrent en disant que si cette
clause avait jïour but de dire que le roi était
le chef du temporel il nV avait pas besoin
de la mettre ; que si elle slgniiiait davantage,
elle était un attentat.
Jusqu'alors Henri avait espéré efîiayer le
pape et en obtenir son divorce. Le '25 jan-
vier 1533, il ordonna au docteur Lée, sou
chapelain, de dire la messe de Irés-bonno
lieure dans une des chambres du palais. Il
s'agis-ait de marier le roi avec Anne de Rou-
IçuUéïk ôuceiuto. Ce chaudaia résista du-
bord, mais Henri Fassura que le pape venait
de prononcer eu sa faveur, et qu'il avait dans
son cabinet l'acte uui oorlait celte déci-
sion.
Sur ces entrefaites, l'archevêque de Can-
lorbéry étant mort, encore plus de douleur
de voir ce que le roi préparait de maux à
l'Eglise que de son grand Age et de ses infir-
mités, Henri nomma à sa [>lace lliomas Cran-
mer, qui, envoyé pour l'affaire du divorce
en Italie, sut si bien dissimuler, que le pape
lé lit son pénitencier dans le royaume de la
Grande-Bretagne* Le pape approuva la no-
mination de Cranmer, uu'ii ne soupçonnait
pas coupable d'autre cnose que de soutenir
la nullité du mariage de Henri, question qui
(lu reste n'était pas encore décidée. Le pape
ignorait qu'au fond Cranmer était lothéiien,
qu'en quittant Rome il avait pris une femme
en Allemagne, et qu'il ravaitametiée en An-
gleterre, Cet homme, (pii avait à son sacre
fait serment de fidélité à l'Eglise romaine
qu'il détestait ; qui disait la messe et qui n'y
croyait pas, continua admirablement son
rôle d*hypocrite. En avril 1533, il écrivit au
roi une lettre trés-sérieuse dans la forme, à
propos de son mariage avec Catherine, lui
disant que ce mariage scandalisait tout le
monde ; que quant h lui il était résolu à ne
pas soullVir ce scandale; que conséquem-
ment, il le suppliait de lui accorder la per-
mission d'examiner la question du divorce,
ajoutant qn'il y avait urgence pour lui à ne
pas vivre iilus longtemps dans l'inceste. Le
roi répouoil comme il était convenu à cette
comédie. L'arcîievèque se transporte au châ-
teau que la reine Catherine hauitait dans le
comté de Heribrt, Lli, il procède et cite de-
vant lui le roi et la reine : celle-ci ne com-
pa I a î l p a s , L ' a r c h e V êq u e , j uge a n l pa r contu-
mace, déclare le mariage nul et prend dans
ce jugement le titre de légat du saint-siege.
Mus tard, siégeant h Lambeth, il prononça
fa validité du mariage de Henri et d'Anne de
Boulen, en vertu, dilnl, de raulorité qu'il
tenait du successeur dps apôtres. Plus tard,
ce même Cran mer prononça la nullité de ce
second mariage du roi.
Le pape, ne pouvant plus attendre, fut
obligé de casser la sentence prononcée par
tlrainner, et déclara Henri et Anne excorn-
muùiés, s'ils ne s'étaient séparés avant la tin
de septembre ; en septembre le pape prolon-
gea le déiai jusqu'en octobre. Henri appela
du pîipe h \m concile général. Le pape, lo
23 mars 153i, tirjt un coosistoire, où sur
vingt^lenx cardinatix, dix-neuf se pronon-
cèrent sur la vaiiilité du mariage de Cathe-
rine. « On croit génér.dement, sur l'autorité
de Fra-Paolo et de Dubelby, frère de Tévè-
què de Paris, que la séparation provint de
la précipitation de Clément, ih disent que
le prélal demanda du temps pour recevoir k
réponse de Henri, qu il espérait cHre favora-
ble ; qu'on lui refusa le court délai de six
jours, et que deux jours après la sentonce» il
arriva un courrier porteur des dépêches les
plus conciliautes. Il est certaii» qvie l'évéque
attundait uui: ré^ujuse à sa lettre, et il est
^
ii.:i
aEzîf
HEM
119
tn£— r^-.iL.-i :^ - .T^ ^ ^° .'ourr.er après
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leciû'-j ::- .>--i^ ^-àvT- i ■ L'-r '.-..*•* iu L'nur-
".?r. -r i-i i "^î^'^^ii-ii iTii l'.iine lui-
-:!_- — - .: ^= .-'2iar--:i-^. . i -a :ai[ lucune
31-rîiL:-.:. ■: -U .r-: . =r - .--.. --naii m îoisis-
-..••? . -r -t ..-LiiJ^ . >r. -sii: .-ranement
L:-:*:: ■'. . ••: "-1^ :"î-i::-* 'ii^p'ï iTipape
.j.- î ?" -' : ■• :r=^.:'. i-* .i *^; :ertjii
:v..- : ■'_'. lIitt ■' /--r ■ tt - ■■'ir'ier était
.T^i ""i^. . -^ ■• ":: -.:.:-- .vî n.î:t.ins
L* t T' -> •-■'-'.■..: ^ : -L* i-'Uè'jha.
— i' ^ ■■ .• ■:■ :'-u. .^ :. . .f re ?«-;iat*^r ei-
..-—V. ■. i lii ^.i.: .': ;ai i ^. J" La
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^:. K ■■.- A . -. î : ..- r -r : : . : ;- . • ••. t ^ > - O •; ,is ;/'/.: -
iiolVn>e Je 1 iTHio.eii.-f oiitu; i"". in^'Kliutda
«riuos liu |.>«>u voir. Je R'iai fjoiiciri ufj^f/jffi-
tioii i^arliculiùn? ïlo <j<riix mliiiicMi /r/mcis-
cains, noiiiiiuSs P*;ylo f;l KMow. L<î ijivinjirr,
piM>clj»iiluiijour d<;v;in( l<; roj <|(j<l<|iir; (ffinns
après son iiJariiig<Mjvi;i; Anne <Jf: Hou J(;ri, i;t
B'enaiit nour lexUs Ut p;iss;i;£f; du pn-mier
ifrodnM lioi.s litriH liM|ijr;| Miclif'-e proph^fti^^c
poflire AcJifili, qui ^'l/ut (fnlouré de n/itteurs
9l <Ji) imipliMai iiii|i •Kteiirs, ne c:r/ii;$ni( pas
lie dire : Je muis Mu:Mr, yjus modt't sten>/.
parce que je suis forcé de déclarer qnea
jjiariage est illégal. Je n'ignore pas que p
ni.in|:;erai le pain de raffliction el que je boi-
rai Teau de la douleur; mais puisque le
Seigneur m*a mis cette vérité dans lalxjucbe
je la dirai. Vos flatteurs sont les quatre cente
prophètes dont Tesprit menteur cherche i
vous tromper. En vous laissant séduire, pre-
nez garde de no pas subir un jour le rhâli-
ment d'Achab, dont les chiens burent k
san^. » Le roi ne parut faire aucune M-
tontion à ce reproche, mais le dimanche sui-
vant, un certain Curwin prêcha dansle mèn
lieu devant le roi et traita Peyto dechi«,
de calomniateur, de vil moine niendiiint.de
rebelle, et de traître» ajoutant qu'il hiHi
eruui de honte et do peur. Dans ce ïùfm^îA
Elstow. qui était pn'^sent, et qui appartenait
à ia mùui3 congrégation que Peyto, ap05tpo-
pliant Ciirwin à hliute voix, lui dit : i^oo
bon monsieur, vous savoz aussi bienqo*^
qii qu.^ ce soit, que Peyto est allé assistera
un s.node proviiicial à"Canlorhéry, el qw
ce n'est pas la craiM? q^je vous ou toulau-
:?e lui insp re: q-:i 1"?. fji: fuir, car il reïieir
i-i ûtoian : mais en attendant, me void
c tiiuie un aatrt- M-Zn-è-e pr^t à sacrifier au
V e LO-.r s:'u:e-::r Jr^ îh: Dieu el toiuteju-
f.^s ::i:..?r'.::.uï Lr :-*.. 3 avncé d'a^wles
5î. •:t>'E-:i: jrrs. E: r'ef: \A Cumin que je
i.-l' .« :e ■:-: lî:, :lz :- :-> un des quilit
Jï'..> :'»^i ir .irie- i:_: /esprit de luifr
> ;.:^- i-^; -...■*•-. =: ^^: cbcrchenlàé*
l: . ; * la r Vii^i t-si zz-i' 5 •- vess ion qui d^
vri C'j :i-l j . r-. . r * ■ • i _ ; -f r^ i • ion élenelb. »
Scjwe.qui r ;•:...•.■: :- ii : :3ns sa Chroai-
que,..l tqu'E.i.:; v s f.^«:T±t;rIlement,qo*ôi
n»^ par-.iî.t h ■^. ^r:.:::-^t-- ï-l^n^e qu'en loi fl
•ir-cuan: ::*r^-i :.-:.r. iz noaiduroLU
; ir s .'•-:. ..^ :^:.ii .-. « rui furent mift'
i .^ ::-.- : .: r.._ :-. se ::"-5eil. Henri te
r ' ZL '.Li :-:•:. : - ..;:r dit qu'ils iDê-
'■--■*'' -: -y-' r..^ ::î-s .- sac el précipi-
"■"^ - "^ - T. :...<* — 3 r^r.'vez de seuAit
:.'^ :z'' i - ": . '•■ Es _ T en souriani.pour
-•;> • 1 :- : .i ^. .."i:.^!^ irètu> denourprt
:.. : •- '^.r.i^r : tr-- : i.i'.t-nltoutleuptt'
.- :-:'^ i 14^ :.•..;■.: «^«j^îm à nou<:. iyiE
: r : :f '- i ^ _: ■:> :•- 1- rous réiouiriyc»
1 i ■-.■:■ : . : î*:-? ,. - :». -7 avoiriaït do*'*
^:',-- A^ •:-. - e: I»:l e 1 soit loué î n»w$
>; •::? r." • . r- i' ii:i -<: ouvert, soiltp* ,
- -?_. : "~ • :.•- :•"• r*"^*? :u pir mer.
' ^' -.• . . ,* .roJestant Cobbet,
1" '}'. S' :-',i ;• ..:.. --f ij conduitedeceî
|J-. jx r*';jj.fi. ?. > --'r^ues ou seulemeC
:>: 'j i.-n ^j^-iit-. .: i lient montré aoiiat
d' i'/ur.i-'-, )f • '.. i.-i:t été arrétfi au a»"
li«-ij d ijiH* rar-i-^ jû :i allait se précipW
d«- r/Miji., eu cMin-. Mais la résistance di
re^detj» friiM-y--:. - :,çîrfax fut Ja seule (ju't^
/irouv.j >;i vfii un ^: irr : oiivonstauce <?ii
devrait sufiire piij- j u? engager à bésiîtf
liVittii de jiare- .- ../njrance et de la nr
pfruition dos m.- -->. Dans ta conduite «b
r«rylo et d'Elsiom. :. r.\- avait pas defew-
tisnie; ils néla.eni que" les défenseurs de*'
niorale, dans la cause d'une personne fi"-'
n'avaient j;una's ]^r5«jnnellemeii( lUiuu*
HEN
(aient certains d'encourir les peines les
sévères, peut-être mérae la mort ; et ce-
lant ils ne bal^iucèrent pas un instant*
e crois pas en vérité que Thistoire an-
ïie ou moderne otTrc un trait d'hùroïsme
Temporlt» sur celui-ci. » ( Cobbei, His-
e de la réforme d'Angleterre ^ lettre 3» pris
» Rohrbaeher, vol. X>L1U» i>ag: 3S9. )
teyto el KIstow furent c nasses de la
^ et corarae Tordre entier était dans
mêmes sentiments, Henri Vil! jugea
'Opes d agir de manière h détruire ♦
a à convertir cette opposition* Tous
I Franciscains de Fétroilc obst-rvancc
rit dispersés; plus de cinquanie raouru-
dans les prisons» les autres furent ban-
en France et en Ecosse. ïl en fut de
de des religieux de Saint-Bruno. Les
urs des trois charlreuses de Bel val, d"A-
)lm et de Londres, ayant exposé àCrom-
I leurs motifs de refuser le serment» fu-
.emprisonnés sons la prévention de crime
laute trabison : le&jurés ainquels on les
ira refusaient de les condanmer ; Crom-
l se rendit au milieu d'eux» et, par ses
fiaces» les força de rendre une sentencede
>abililé. Cinq jours après, le 5 mai 1535,
, trois prieurs, avec un prêtre séculier et
tiûinc de Sion, nommé Keynold, furent
à mort à Tiburn. Trois moines de la
Ireuse» qui avaient demandé à les assis-
la mort» forent exécutés le 18 juin. Ort
rendit, on les décrocha avant qu'ils eus-
, cessé de vivre» puis on leur déchira les
lilles et on leur désarticula les membres-
Bxéeutions terrifièrent le clergé d*Aogle-
I, L'apostasie fut le refuge de tous ses
abres. D'où vient celte lAchetè? Ne fau*
t-il pas l'altribu^T aux ricbesses du clergé
bis. au luxe dans lequel il vivait î 'trop
liissances attache aux biens de ce monde,
peur à ceux des hommes de Dieu qui se
grands parmi les opulents du siècle l
is-Christ et les apAtres ont enseigné la
vretét la mortification ; qui souffre ici-
pou r Dieu, met son es[>érance au ciel
11a vie éternelle ; qui s'attache aux biens
sables demeure et périt avec eux» Tho-
Cromwell fut nommé yiar Henri son vi-
\ général dans la direLlion des atlures de
tle clergé d'Angleterre. Ainsi le dérivé,
ivait eu la làclieté d obéir» trouva sa
itiou dan!> Favilissement qu'il y avait
r lut h obéir h un homme comme Crom-
L imj)ie et athée.
insi tut ronsojimiée la séparation de TE-
b d'Angleterre. L avarice de Henri VIll,
(Toulait s'emparer des biens de l'Eglise»
I passion qui voulait ^e salislairc dans
bras d'Anne de Boulon» furent cause de
Istasie du roi et de tout sfm royaume.
jri se lit successivement adjuger ï>ar le
(ement les biens des n mua stères, Crom-
Iv trouvant !a justice trop lente h snn gré,
^lia les d nicultés en faisant par ord?m-
pe, et en sa qualité de vicaire ecclésias-
p du roi» ce que le parlement faisait trop
ment après délibération. Huit mois
soj mariage, Anne de Boulen accoucha
HEN
i\U
d'une fille, qui fut depuis la fameuse Elisa-
beth d'Angleterre. {Voy son article.) Anue
avait été la m al tresse du roi, et en suppo-
sant son mariage valide, Elisabeth était le
produit d'amours illégitimes. Anne de Bou-
len menait une vie toute différente de celle
de la vertueuse reine qu'elle avait chassée
du trône. On dit que sa conduite *ibre et
même dissolue était l'objet de la malignité
publique. Henri VHI, occupé à voler FEglisCi
à faire mourir ceux de ses sujets qui refu-
saient de le reconnaître» ne songeait pas aux
désordres de sa maison. Catherine mourut
au mois de janvier 1536, le roi prescrivitàla
cotir de prendre le deuil. Anne de Bnuleii sa
para ce Jour-là avec m agiii licence» et dit :
« C'est dune d'aujourd'hui seulement que je
suis bien reine d'Angleterre, m Ei mai 1536,
on donnait m tournoi h tjreenwicn ; Anne y
était avec le roi. Vn desconibatlants était ra-
mant de la reine. Elle eut le malheur de lui
faire un signe alfeclueux : le soir même elle
est emprisonnée h (îrecnwich ; le lendemain
on la mène à la Tour de Londres. Cran mer
la fit cnra paraître avec le roi» sous prétexte
que leur mariage avait été iUégtn^ qu*ils
avaient vécu daus ladultère* Le mariage fut
cassé, et renfantdAme déclaré illégitime.
On la décapita dans la Tour le 19 mai. Le roi»
qui avait sïgTié de sa main Tordre d'exécu-
tion, s'habilla de blanc Gejour--làen signe de
réjouissance. Le lendemain il se maria avec
Jeanne Seymour.
En 1537 ta rei le mourut en couches d'un
fils qui régna sous le nom d'Edouard VL
Peu de temps après, Henri fit rendre une loi
qui statuait que les ordonnances royales au-
raient force de loi, tout aussi bien que celles
émanées du parïement. Le dij^ne miuistre de
ce roi bourreau condauma la comtesse deSa-
lisbnry, mère du cardinal Polus et ses autres
parents, parce quece cardmal, qui était absent
d'Angleterre» avait refusé d'y rentier lors de
Talfaire du divorce. Deux ans après la mort
de sa dernière femme, Henri obtint pour fem-
me Anne, sœur de Félectenc de Trêves. Eu
la voyant, il témoigna qu'elle lui déplaisait
étrangement. Cependant il Tépousa, se ré-
servant de divorcer avec elle, ce qu'il fil en
15^0. Cranmer brisa encore ce nouveau lien,
et Henri é^njusi Catherine Howard, Pendant
les noces, on volait leséj^lises, on assassinait
ïes saints, on pillait les monastères. On fit
le procès de saint Thomas de Canlorbéry» qui
fut cité à conqiaraitr«\ et faute do co con-
damné connue coupable de Itaute trahison.
Ou bnVa ses reliques et on dispersa les
cendres. Pendant longues années Henri
avait eu pour lui une grande vénération*
Dans SCS ^'crils contre Luther, il avait cité et
invoqué rautorilé de ce saint martyr; mais
on sait que Henri se souciait fjcu que sa
conduite fût un tissu de contradictions, A
tout cela il ne manrpia qu'une chose, la si-
gnification du jugement a saint Pierre» pour
quil i'M à chasser du paradis un saint qui
cessait de l'être par arrêt de h cour tlu roi;
mais ce forceruV, qtd cnmmettail de telltS hor-
reurs, voulait donner au monde le [dus af-
1
1155
rîEN
frfiuxspectade qu'il fût possible d'imaprintîT.
Après quelquï^s oiois de mariage, il accusa
sa cinquième femme, Calherine Howard, de
n'avoir pas été vierge lors de son mariage :
comme d n^existail aucune loi qui punît un
pan^il fait, il en Ht faire une qu'il rendit ré-
troactive pour la malheureuse reine, qui fut
condamnée et décapitée en février 1542, Jl
épousa une sixième femme, Catherine Parr,
qui, en 15iO, ayant eu lemidheur de vouloir
discuter un point de religion et d'émettre des
idées luthériennes qu'il réprouvait, fut accu-
sée par lui, et ne dut son salut qu'à Tempres-
sement qu'elle mit à reconnaître et à proclv
mer hautement son infaillibilité en matière
religieuse. Enfin ce monstre, déshonneur
du trône, véritable Néron de l'Angleterre,
comme nous Ta vous déjà dit, mourut dans
la nuit du 28 au 29 janvier t5îi7, ûi^é de cin-
quante-six ans, en ayant régné trente-huit.
On ne sait ce qu'il y a de plus hideux, ou
du roi dont nous venons d esquissera grands
traits rinstoire, ou du parlement anglais qui
se fit FinfArae et lâche instrument de ses tu-
reiirs, de ses lâchetés , de ses turpitudes.
Ah 1 on parle tlu sénat romain qui se dés-
honorait en obéissant à Néron, h Domitien,
àCaracàlla t ce sénat était païen, était encore
barbare relativement au ]>arlement anglais.
Ce parlement, sous Henri VIII, est certes plus
ignoble que le sénat ronjain dans les jours
les plus honteux de son avilissement. Puis,
au bout de tout cela, vienl un myslère in-
compréhensible. Une grande nation, un peu-
ple uitelligenl se met tout entier à la suite
d'un oareil monstre, se séparant de Rome
pour (le fmreilles causes. 11 faut qu'il y ait
comme un bandeau fatal mis par la Provi-
dence sur les yeux de tout Ani^lais qui reste
dans la religion prolestante, en considérant
quel fut son principe dans son pays et par
quels hûoimes elle y fut introduite, Lalâ-
ctieté des ancêtres doit peser comme un re-
mords sur rhonneur des enfants.
HENltlQUÈS [le bienheureux Goxzale),
diacre, de- la compagnie de Jésus, Portugais,
faisait partie des courageux missionnaires
que le Père Azevedo était venu recruter h
ltomi% pour le Brésil il^oy. A/evedo). Leur
navire fut f^ris, le 15 juillet 1751, par des
corsrdres calvinistes qui les massacrèrent ou
les jetèrent h la mer. Notre saint martyr su-
bit le même sort en Thonneur du rjoin de
JéKus-Christ (Du Jarrie, Hàloirr des chosirs
piuM mémorabit^, L U, pag. TiS, Tanner,
So cifidM Je* a usq u e ad sa n g u in is et v U te p ro -
fuMtonrm mi7i'/aw.f, pag. HiÔ el 170.)
IIBNltiyUEZ (A^ToiNE-JogEPR), né à Lis-
bonne le 13 juin 1707, arriva a Macao en
17V*. Vnnnée suivante il lit profession, et
partit fM>ur la province de Nauking, avec son
collègue Athemis. Découverts tous les deux
•i «rrélés, ib furent amenés, enchaînés à
0OU*Tcheou, le 21 décembre 17^7. Quand la
ientcnce de condamnation ent été signée
|iar rempereur, legeiMierel le bourreau en-
trèrent, le 12 septembre 17 W. On conunenca
|»/ir ùliT la puille ûcs lits, disposition qui lit
juger aux sainls confesseurs (pic l'heure *îe
leur supplice n'était pas éloignée. BiemM
un autre bourreau arriva, avec des eoidti
pour attacher les deux prisonniers. «Hms
allons, leur dit-il, d un tun moqueur, fùm
envoyer dans votre paradis, où vous û^m
tant aller. » On servit a manger ensuite au
condamnés, suivant la coutunje qu'on ob*<ff»
^1 la Chine ; mais ils n*y louchèrent p^s. Alon
les hourreauî hinir lièrent les moins el l^w
mirent la conle au cou. Avant d'être sèfê-
rés, iis obtinrent dt^ se parler un instant. Ib
se réconcilièrent el se mirent en prièn»;
mais les bourieaut n'ah U pas qilb
eussent lini, et les étr.in L Le les de-
main on les mit dans des cercueils et on\n
inhuma dans îe cimetière des pauvres, d'où
un an après on les enleva. On trouva leuts
corps sans aucune espèce d'altération.
HÉRACLE (sainl), eut la gloiri> et Icboo-
heur de donner sa vie pour la foi ctirétianBt
durant la persécution tpio le cruel twftnm
Déce souleva contre FEglisc du SeigMirl
fut un des compagnons des saints LiOBMtf
Marcien ; ce fui à Nicomédie qu'eut liei i^
martyre; le proconsul Sabinus le eondinni
à être bnWé vif, ainsi que tous ses txmft-
gnons. L'Eglise célèbre la lôte de imum
sainls martyrs le !26 octobre,
IIÉBACLK (saint), martyr, sou(Iritpo«r a
foi h Nyon. Il eut pour couti is(te«a
martyre les saints Paul, An. et te
autres que le Martyrologe rouiam sxi p»
nommés. On ignore les circonstaDceâei b
date de leur martyre. L*Eglisc vénère \m
sainte m (^ moire le 17 mai.
HÉKACLE [sîint)t re<;ut la palme du »«-
lyre à Carthageavec saint Zozinie. Nous bV
von s pas ae détails sur Tépoque et lesriRA»
stances de leur Irionqihe. L'Eglise céWit
collectivement leursaintomémoirele 11 oun
HÈllACLÉE (sainl), remporta la counniae
des glorieux comballanls de la foi en Ttifa&
11 eut pour compagnons de son IriompbfWî
sainls Eutychc el Piaule. Nous n'avoasiih
cun détailauthentiquesur eus, L'Eglise fait
leur mémoire le 29 septembre.
HÉÏIACLÉE, iltraciœa Thranœ. P —
thttfi^ de nos jours Erckli, ville sth.
Ityzance sur la Fropontide* SaiiUe ^
tienne, disciple de rapôtro saint Paul. •
martyrisée sous le vv'^ne de l*eni
mitien. Cette ville l\il, dès le con.
de la persi^^cution de Marc-Aurùlc, i
par le martyre de sainte Glycéne. -
gouvernement de Sabinus. Une /-^[i^ fiil
biltie sous Finvocalion de Ia5<\intp.
Eti Tannée ^04, smis le n
tien, cette ville fui témoin
saiiUs Philippe» évèque. Sévère, pr
Hermès, diacre» (Koi/. lei> Actes de sa:
lippe.) Licinius y ht mcUrc h raorl, t^ ^i*
nn de ses généraux nommé Théodore ' ^
nommé Slralelate, cVst-à*dire ïc -
Théodore commandait tout le f^'i^<
riandins, dont Héraclée éliiiîl i i
capitale. Ce pavs comprenait uj
la Jhihynie, du'Pont et ôv la Poj
HÉUACLIDE (saint), discipb^ . v^ -
fut décaidlé pour la foi à Alexandrie, -
riER
r^gne ûo Sévère et sous le gouvernement
de Létus. Ll^iise célèbre sa me le 28 juin.
BÉKACLlUb, nommé dans les Actes de
saint Symphorierii gouverneur de k Pro-
irioce, étant venu à Autun, où demeurait
Symphorièû, exprès pour y rerhurcher les
cnréliens, le saint fut amené devant lui,
parce qu'il avait refusé d'ailorer la statue de
Cyhèle, qu on promenait par les rues. Hé-
racl ius le lit d abord battre cruellement et
ensuite eni|insûnner. Deux jours après, il
lit son possible pour le vaincre par ses pro-
messes et par sa douceur. N'ayant pu en ve-
nir h bout, il le condamna à être décapité»
HÉRACLIUS (saint), madjr, était soldat.
Il versa son sang pour ïa loi avec Févéque
Alexandre, On ignore à quelle époque et
dans quelles circonslances eut lieu leur nmr-
lyre* L'Egiîse honore leur mémoire le 2'2
octobre.
HÉKACLIUS (saint), fut martyrisé à Todi
pfiur la défense de la religion chrétienne, il
eut pour com|iagnons de sa gloire les sainis
Félicissime et t'aulin* L'Eglise fait leurmé*
luoiro le 'lu mai.
HÉHACLllvS (sainte)* fut martyrisé li Porto,
à une époque et dans des circonstances qui
nous soni complètement inconnues, 11 eut
pour compagnons de sa gloire \ts saints Paul,
Secoiidille et Janvière. L'Eghse fait sa fête
le 2 mars.
HÉtlAlDE (sainte), fut martyrisée à Alexan-
drie, sous Tcmpire de Seplime-Sévère^ et
sous le gouverneur Létus. Voici ce qu'en
dit Eusèbe, L \i de son Histoire de TEglise :
« Une femme nommée lléraide ne se signala
pas moins parmi les mariyrs de Jésus-Christ,
qu'elle s'était rendue illustre parmi les dis-
tqtles d'Origèiie. Nï-tanl encore que calé-
rhuménet etle reçut le baptême du feu,
s«don l'expression du môme Orii^ène. L'E^
glist' fait sa fêle le 28 juin,
IIÉHALXT (le F. Llciev), religieux de
lurdre de la itéJemplJon, fut envoyé à Al-
(;er en 16V2, afin d'y racheter des capids dont
e nond^re était toit grand dans cette vdle.
II ramena beaucoup de jnalbeureux français
S mi gémissaient depuis longtenq)S dans ïqs
ers. En 1GV5, il revint H Alger avec le P.
Guillaume ilreilhac; ce fut dans ce voyage
que ce saint religieux se constitua prison-
nier, alin d'augmenter le nojnbre des captifs
que son comnagncm ramenait dans leur pa-
trie. Le P. Hérault eut h soulfrir les plus
cruels tourments; le plus atlVeux fut sa des-
cente dans une fosse reinpiic de reptiles.
4 Lii (dit son historien, que cite Hunrion»
foI. IV, p. 33i), n'eritendant ^Jus reiner le
34iînct nom de son Dieu, il s estime beau-
coup plus aise qu'auparavant; car (|uuy<iu'il
écrase un c râpa ut ou un lézarda chacun de ses
pas, et qu'il ne marche qu*à pieds ouds dans
Je venin, il s'estime [lourtanl trop heureux,
fuisqn'il Test '<ssez ivour ne respirer plus
air que souille Tinipiété des l>arbares. tl
fallut qu'avec ses ongles il se creusast dans
Vépcsseurde la muraille u'i aifpuy pour son
repos; et, sans autre soulageme^it, iî fallut
qu'il y passas! plus de s,x senjaincs. i> La
HER
fl58
douleur profonde que le P, Hérault éprou-
vait de ne pouvoir racheter tant d'itjlortu-
nés qui gémissoient daïis resclavage, con-
tribua, fïlus encore que tous ces mauvais
Iraitements, à accélérer sa mort. Il mourut
le 2S janvier IG'^G, entre les bras du francis-
cain Anselme David : « Ce fut luy, ajoute le
biographe, qui nrit le soin de Teiposer trois
jours entiers à la veiie des Turks et des es-
claves. Ce fut luy, qui, [Kir ses poursuites,
obtint de la doiîanne et du divan un relasche
de quelque leinps aux travaux ûf^s pauvres
chréstiens, afin qu*ils peussent plus librement
rendre leurs derniers devoirs à celuy qui
avait soulfert la mort en voulant leur rendre
la liberté; et suivant ce qui! nous en dit,
on vit les Turks qui estaient commis à la
garde de ce corps mort, espandre des larmes,
tant ils avoientlecœur pressé de compassion,
de voir comme quoi les esclaves s aJUigeoient
de leur perle et comme quoy ils se toûrmen-
toieiit de sa mort. A enlcndre burs cris, à
voir leurs postures , ee nVsloit que des
atlliclicms inconsolables, des regrets sans fin
etdr* véritables désespoirs. Les femmes que
le malheur a précipitées dans cette région
inouïe pour y partager avec leurs maris les
soulTranees de la captivité, apfjojloienl leurs
nelits enfants auprès ât* ce Père; elles les y
laisoient invoquer le secours du ciel [>our le
repos de son âme; elles leur faisoierit baiser
ses mains, sa bouche et ses pieds ^ et \mr
une assiduité opiniastre qui passoU dans
leur esprit pour une religieuse connaissance,
elles s'altachoient h ses habits et h son cer-
cueil, ny plus ny moins que si el!es eussent
toutes fait vœu de ne le quitter jamais. En-
fin^ il fut enlevé par des preslres qui estoient
précédés de deux Turks, et son corps fut
suivy jusques dans la chapelle des prisons
de la douaune de plus de trois mille escla-
ves* Un religieux portugais luy lit son orai-
son funèbre j et quarante prcstres, tant sécu-
culiers que religieux, célébrèrent les servi-
ces de sesobsè(pjes ; chose qui ne s est jamais
iiratiquée,de niémoire d'homme, e:i ce pays.
^Insulte il fut e-derré dans le cimetière
des chres tiens esclaves, qui est hors la porte
de flab-al-Oneil. »
HEKCULAN (saint), l'un des gardes de la
prison de saint tensorin ou Censorinus, sons
Claude H le Gothique, fut converti h la foi
chrétienne, par le prêtre saint Maxime, avec
les autres gardes de la prison, lesquels étaient
Félix, Maxime, Fauslin, Nunn)re, Storacinus,
Mène, Connnode, Herne, Maur, Eusebe, l\us-
tique, Amandinus, Moriacre, Olyuq>e, Gy-
pnen, Théodore. Pourvoir leur histoire, re-
courez à Tarliele Mahtvrs u'Ostie. Ces saints
ne sont [ras nommés au Martyrologe lo-
raain.
HERCULAN (saint), fut martyrisé pour la
foi clirétienfie, dans la ville de Rome, pen-
dant que Tempcreur Adrien persécutait ÎE-
glise. H est impossible, faute de documents,
de dire la date certaine, non plus que le
genre du supplice qui linit la vie de saint
Hercuîan. Sa fête est marquée dans le Mar-
tyrologe romain au 25 septembre.
1159
HER
HERCDLAN (saint), évêcpie et martyr,
donna sa vie pour la foi chrétienne. Son
inartjre eul lieu à Pérouse, à une épogue et
dans des circonstances qui nous sont incon-
nues. L'Eglise honore sa glorieuse mémoire
le 7 novembre.
HERCULAN (saint), fut martyrisé h Porto
pour la foi de Jésus-Christ. Nous n'avons au-
cun document établissant Tépoque et les dif-
férentes circonstances de son marlvre. L'E-
glise fait sa glorieuse mémoire le 5sep^
tembre.
HÉRECTINE (sainte), fut au nombre des
guarafite-huit martyrs mis à mort avec saint
Saturnin en Afrique, sous le proconsul Anu-
lin, en l'an de Jésus-Christ 305, sous le
règne et pendant la persécution cjue l'infâme
Dioclétien suscita contre l'Eglise du Sei-
Scur. {Voy. Saturnin.] L'Eglise célèbre la
e de tous ces saints le 1 1 février.
HÊRÊNAS (saint), souffrit le martyre en
Afrique, avec les saints Juste et DonaL L'E-
glise fait la fête glorieuse de ces martyrs le
25 février.
HÉRÉNÉE (sainte), martyre à Carthage en
l'année de Jésus-Christ 250, durant la terri-
ble persécution que Tempereur Dèce alluma
contre l'Eglise. EHe fut, avec d'autres chré-
tiens, placide dans un cachot étroit ot infect,
où, par Tordre de l'empereur, on les laissa
mourir de faim et de soif. La puanteur et la
chaleur de ce cachot furent un supplice af-
freux ajouté à celui que la privation d'ali-
ments lit souffrir aux saints martyrs. {Voy.
VicTORiN.) L'Eglise fait la fôte de tous ces
saints martyrs )e 17 avril.
HERMAGORE (saint), premier évêque
d'Aquiléc, fut martyrise sous Néron quel-
que temps après saint Pierre, c'est-à-dire
en 66 ou 67, avec saint Fortunat, son archi-
diacre. Leurs corps furent transférés h Grado.
On fait la fùlc de saint Hermagore le 12juil-
Icl.
HERMAS (saint), souffrit le martyre à
Rome, durant la persécution que l'impie
Dioclétien tit souffrir aux disciples du Christ.
Il eut pour compagnons de son martyre les
saints Sérapion et Polyène. Ayant été traî-
nés par des lieux élroils, pleins de pierres
et raboteux, ils rendirent leur âme à Dieu.
L'Eglise fait leur fèie le 18 août.
HERME (saint), est marqué comme mar-
tyr le 28 août dans le Martyrologe romain.
Son histoire est fort iui-eVraine : rien ne
prouve rauthenticité de ce qu'on raconte de
lui, si ce n'est le fait de son martyre, qui
eul lieu sous le n^ne de l'empereur Adrien,
f'i qui est incontestable. On fait sa fête le 28
a^Yjt.
HERME .'saint), l'iui dos gardes de la pri-
son de saint Cen'soriu ou Censorinus, sous
Claude 11 le Gothique, fut converti à la foi
chrétienne par le prêtre saint Maxime, avec
les autres gardesde la prison, lesquels étaient
Félix, Maxime, Faustm, Herculan, Numère,
Storacinus, Mène, Commode, Maur, Eusèbe,
Rustique, Amandinus, Monacre, Olympe,
Lyprien, Théodore. Pour voir leur histoire,
recourez h l'article Martyrs d'Ostib. Ces
IW
saints ne sont pas nommés dans le Slarty*
reloge romain.
HERMEL (saint), martyr, est inscrit aa
Martyrologe romain le 3 août. 11 souffrit le
martyre à Constantinople ; mais on ignore à
quelle époaue et dans quelles circonstan-
ces. Nous n avons aucun document sur son
compte.
UËRMÉNIGILDE (saint), martyr» était fli
de Légivilde ou Léovigilde, roi des Golhs ea
Espagne , et de Théodosie. 11 arait un frèn
nommé Récarède. Leur père était arien ; tons
deux furent élevés dans les mêmes croyu-
ces. Le saint duquel nous écrivons la vie
épousa Ingonde, fille du roi d*Austrasie Si-
gebert, et catholique ferrente. Le père <b
notre saint, voulant assurer à sa famille h
couronne qui jusque-là avait été électin
chez les Gotbs d'Espagne, associa à la royaolé
ses deux tils, et leur donna à chacun qm
portion Je ses Etats à gouverner. Sérille M
ta capitale du pays qui échut en partage à
Herménigilde. La femme d'Hermémgiide fat
excessivement malheureuse avec sa bdle-
mère Goswinde, arienne opiniâtre, que soi
beau-père Lévigilde avait épousée en secoo-
des noces après Théodosie. Elle employa tout
ce qu*elle put d'astuce pour la porter*! fuï-
ter fa leligion catholique; mais elle a'; pot
parvenir, Ingonde resta inébranlable! us
dscours, la force de ses exemples firenl
même une très-vive impression surfesprit
d'Herménigilde son mari. Ce prince cùiçdi
quelques «loutes à propos de la religion da
ariens dans laquelle il avait été élevé, el,(i
homme sage, il voulut s*instruire. SùA
Léandre, évoque de Séville, fut mandépv
lui et rinstruisit à fond de ce qu'il désinit
savoir. Suffisamment éclairé, il abjura hn-
tement et d'une manière solennelle la reli-
gion qu'il avait jusque-*là suivie, il profil
d'une absence que fit son père, pour acco»-
plir cette cérémonie. Quand le vieux roi fut
de retour, et qu'il apprit ce qui s'était passé,
il en témoigna une fureur indicible. 11 la
retira celte royaulé qu'il lui avait confêréfi
et résolut de le déjiouiller de ses biens, de
lui ôter sa femme et de le faire mourir, $il
ne revenait à farianisme. Herménigilde, pre-
nant au sérieux le pouvoir que lui aviit
donné son père, et se sentant véritablemenl
roi, prit toutes les mesures nécessaires poor
résister aux entreprises du vi ux roi contit
lui. Les catholiques se joignirent à lui. Vii'
comme les ariens étaient beaucoup pitf
nombreux, il vit bien qu'il lui serait impos-
sible de résister. Il envoya en Orient <*•
mander liu secours à l'empereur TiWfft
mais il n'en put obtenir. Tibère mourut pei
de temps après» et son successeur Maoricf
n'en accorda pas davantage. Toutes ses brrC
lui étaient nécessaires nour repoussera
Perses qui venaient d attaquer feinfâ*
Comme les empereurs de ConstantiJMr''
avaient encore quelques places en Esftgf
et quelques provinces, ils y entreteoiâ^
une armée pour les garder. HenuéuifMi
s'adressa à celte armée pour implorer sop-*"
cours : les chois s'engagèrent jwr serm^i^^^
44Î
^. AL JurUÂ 4i-
rscn i ^ ---*-. w: -r .-
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luL T : :»*î ' • 11- ••'. l^' .-.i. -. II.:.
L •• m *T*-:LI.-lr- r- 'l-JL V :r-
;t: .." 5 . ■■*'• :• : iî- è --•t'ii.- i
ET*-- -l'ir:; :j- - L,^ >î.Jj. rrs-a
*t .. i. --:.-'» r .:..:■-..- r:
la : -."- >. ^* . -.
Kr.-ï . • .* :•: -1
silri.l. r-r^rr-iî i-rn-^ a^e:
iM>ri;:à.t t- -r .■:«:rr>:e. y-.-:.l
Il lou: ck: :u. ^-isî: ; a^îv. î. rt-
t «ie -o:* nt*. I. e:j^«.'/i 'i-.> sol-
i feijiirenl 1:^ lêtn: lû'i ^o-ip lio
sa p'i^CTi. S>n niarlvro eui !i u
86. L'E^iiîe TboiiOre le 13 de co
saint . niartxr; habil.iil BoîOi:r.t:*
e r».iu;»vrtfur Maiiiiiitir. U fut
lis à mort pour la fo , avf.; les
pt ei Caïus, que \'E^.\>q hoiiure
i janvier.
(saint , diacre et martyr, ilonna
la reli^îion chrrliennô eu 3 i,
ne du tvran Diorlélie'i. Il était
Wise d'Héraclée, et fui brûlé vif
*nilip|>c, son évéquo. La fOte de
inls a lieu le 2± octobre. {Voy.
• saint PuiLipPE, h son article.)
(saint), martyr, fut, à Marseille,
)n du glorieux martyre de saint
lequel on ne sait rien, si ce n'e^i
riONN. DBS PBESÉCCTiOllf . I.
l - trrj-:
-'^ . 1T
--— - — .—"ri - ? ..---vu. ru '^•: i ui
-i ■-" -r - . Z^r' -^ . - T« H. .1. J.i.
- - -. •• •»
^ - ^nni'- *;.-'-=" ^ •: :."^.. sôis^
-^ *-•> -- TL - :s:. :■ . c-- .j.- .li-
:■-.:.■ .•î-^ ii...;'> .- :♦ >. r.:.-^ .: ■ ,'*^ rs
- ■• .-_: .-r -«ii^ >•. ■ :> A..'c ' :i:'iv> . o-.-»
-.■• — •"•!:..:% :-L ' ir-h. r*i :>. xi .;•
- .* " : : r-ri- > • ■:• ï^ ^4.i * .ou \*'iiorù
:.-T->: ' :■■-, :»-■■'!<•. *i4 '.<-""•..'■■. •-.■•■/, ^'S
1. :vjisf&!^ -. li :. ••.-■'' ,vi.\> •>:■'■>,' ;•■.•"•,■■. js*
1-S...I. * :•: i:Siï-< '.' s. iC M ^: .Iv- ,•/ ^'..^
M :•: .. :.f^i«i..; :.i .-ci ,-.::' \ ;•:• :;;:
:■ :-. Tfr.-L .f-. ;\>- ^,-«f "•.'■-^'.,. ;* Aven-
ir .>. ... il >i *v.*. - „f> ^:->i .:.; ,v.'.\«
Ll:: -. -•:-.%.. . » r:*.. ^. . c : ^ ;>* /:»
i» -" :.f .:> ./.::^;:-.> ^ "i.; \ ,:\:,: ji., \,^-
. ..r: :->. :■; ^u 44 ; ;. ^**'.;:.'r,\ ;*. ;-.vo,;rs
;..v .i '*..,v:x'x lie* >uj\ ..\*5i À r;;;;<\* t\;,*
Hl'RMiOXF. s.^ wlx , f:;l :\\^:S> n>^» ,mi\
li. : i> :.^.iiMu\ i"inv>,A Kj^îî«St\ *îu to»î|V\
.:»:.e..jOnur A.!.;r;î l.s i,i ^;;s:uf lilio «lo
s*i;:.: F.i:.:j«jv% l\ii uo> sept pnuuuM> di,i-
irx>. Lo Mirlyrv'.\»i;o mmuau! UMr\)ue m ftM*
HKRMirrE ,sMMi . m.irixr, \\\{ arnM^ A
Nu'omiMu\ on ;ïlKl. ila*i> Kt umisom do >au)l
Paiitaieon, a^(V ro 5.iint, s«iinl HonuiH^rAlo
et s«uni llormolaus. I\ui> qu.tlr«' fun^nl mmi-
mis à divors supi lires toil cruels, et onllii
dêiapitrs. I/Eiilise les honore eo.leetnenuMtl
K- 27 jui loi,
HKKMl>4iÈNK. Tun dos InMs nia^iiNtral»
qui on 180, sous le n^ne de reiupevcur
Mari-A.:rele, tî.enl niiunir À Langres les
trois iVèies Kl. us ppe. Moleusippe et Spou-
s.ppc. ,*»»y. ee d.Tnier.)
HEUMOGÈNE ^sainl\ martyr. souflTril pour
la foi i'» Syracuse. Il y fut martyrisé avoe leii
saints Kvodc et Callistc. 0 1 ignore à quelle
époque et dans quelles circonstances. L*K-
j;lise fait leur fôlo le 25 avril.
HEHMOGÈNE (saint), martyr, répandit
son san^j pour la foi avec ses doux frères
ETOde etCalliste. Le Martyrologe romain ne
a7
^
flft Kft
4it {mot i quelle époque et dans onelles
drcousuiiccs. L*£glise bonore leur mémoire
le 2 septembre.
HERMOr.ÈXE 'samt), reçut la couronne
iu fûartvre à Alex «mire, sotis lemperriir
^;iUre-M.iiirnifn. l! eut pour co npa^nons
de son niartyn% timl les tirconslaiCi-s ne
noiis sont [»oirit jjarv<*iiu:*s, l 'SSHints Mr,-me
et Lo^r^pbe. L*E^lise lait luur mémoir le
10 fié^:enibr^.
HERMCMjÈNE fsaiat), martyr, répandît son
%ffn^ pour la foi du Christ à Mélitino en Ar-
m^'iift, aver l^s .saints Caïu'«, Expédit, Aris-
U/dtqu^r, Riifiis et Gnlatas. On i^^nore la date
et l^s rrirr:on«t me s de leur martyre. L*Eê;lise
céJèbre I -wr Wt#î le 19 avril
HKRMOLAt'S 'saint), prêtre et raartvr, hi-
*;irait l?i ville *U: Nicom^-dic, en Tainée 3l)3,
/;ijaid lîomrnencn la cru»-lle p(;rsé»;ulion que
iV»ip<:rMjr Diod/iti<;n alluma contre les chré-
tk'1%- Rmtaléon, rnéd; cin d« tialère-Maii-
1/ f'/i, avait nbjiir*^ la foi chrétienne, séduit
^ffiM avait H6 |iar les entraînements de toutes
ifcortei qu'il re iconlrail h la cour. Ce fut notre
Mint qui le ram-na dans le giron de l'E^liss
Hi lui faiaant entendre le lan^'age à la fois
éner^qinj «t druix qui convient à un minis-
tre de l'Evangile. Pou de temps après, il fut
arrêté romme chrétien, dans la maison de
P.'inlal<'*on, avec Hoânippe et Hermocrate.
TuuH (pntre, après avoir end\iré divers sup-
plices, furent décapités. L'Eglise fait leur
fftte collnrlivemont le 27 juillet.
IIEHMYLE (saint), reçut la couronne du
martyre h Singidon, dans la haule Mysie,
avec saint Stratonique. Après avoir enduré
di* cruels tourmeits sous l'empire de Lici-
niuH, ils fineït submergés dans le Danube.
L'K>çlise fait Irur félc le 13 janvier.
IIKI\NAM>kS (le bieniieureux Antoine),
Porlu.^ais de iMoiitt»-Majur, do la couipa^jnie
df*. Jésus, faisait partie dvs saints mission-
naires que lo i*. AzeVt'd.) viit recruter à
R4)me pour lo JJrésil. (>'«//. Azkvkdo.) Leur
navire fut pris, le 15 juille; 1571, par des
corsaires calvinistes qui les massacrèrent
ou les jetèrent à la mer. Tel fut le glorieux
martyre de notre bienheureux. (Du Jarrie,
Uiiloire des choses plus mémorables^ et(\,
t. Il, p. 278. — 'ï'A\\iiii\\Soci€lasJesu asifuead
êonguinis et vUm profusionem tnilUans^
p. lt>6 et 170.J
HEHNANDES(le bie::heureux Dominique},
PùrlUj^ais, de la compagnie d.j Jésus, faisjit
)artie dos soivane-neuf mission 'aires (]ue
e F. Aze edo était venu r cruter a Rome
fK)ur le Brésil. [Voy. Azevëdo.) Leur navire
ut pas, le ISjU ilet 1571, par des cors.iircs
calvinistes qui les m is>acr6r«*nt ou les je-
tèrent à la mer. Notre bienheureux subit le
môme sort. (Du Jarrie, Histoire des choses
plus mémorables^ etc., t. 11, p. 278. Tanner,
Sjcietas Jesu usqae ad sangufnis et vitœ pro-
fusionem militans^]). 16H (îl 170.)
IIÉKODE. Voy Aguipfa 1".
HErUN ou Hiéron (sai it), disc-'ple d'Ori-
gùnc, fut déwipilé h Ale\a Mlnr, .sôus le lè-
gue de l'empereur Seplimc-Sévôre et sous
ï
UN
le fmrermr Letus. L'Eglise honore sa mé-
moir^^ 1^ S jura.
HÉRON s^nt . mirtTT, fat mis à mort I
AI^ii'> Irie e-? 2i0, sous le règne de l*empe*
r»riir D^ce et 50U5 le gouvernement de Sam»
n:i>. li fut [tré^eiié au juje avee saint .4ter
ou Ar-^^e. saint Isidore et le jeune Dius-
corif ^Hu!eQien( âgé de quinze ans. Saint Hi-
m fut vLolemmèit tourmenté, ainsi oq'An
sèie et Isidore ; mais les tourments n ayant
rieipu sur lui, le ju^je le fit jeter ao*feB
avec ses deux compagnons. L'EgIfse eélèbr»
la mémoire de ces trois saints martyrs et de
saint Oîoscore le ik décembre. (Fof . Dioi-
CORE.)
HÉRON, Tun dos trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pourn
fofen Egypte, et desquels Ruinart a laissé
les Actes authentiques. Voy. Mabttbs pa
tre^t*^-S'•ptJ éGYPTiEi^s.
HÉRON (saint), sourTrit le martyre k Ad-
tioche. Il était uisciple de saiiit l^aœ, et
fut son successeur à réuiscopat. Ce saint,
marchant sur les Ira.es de son maître, ido>
tra son grand amour envers J/'Sus-C frisf,
en donnant sa vie pourlo troupeau quiivul
été confié h ses siuns. L*E^iise fait a mé-
moir'* le 17 octobre.
Ht^KOS (saint), martyr, souEfrit k Sallla
en Arménie, avec ses six frères, soMUS
comme lui; Orence, Phanace, Firmin,
Firme, Cyriau.e et Lon^pn. L*cmpereiff
leur fit ôter le baudrier parce qu*ils étaieil
chrétiens. Séparés ensuite les uns des aatits
et renfermés en diviTS lieux, ils y moura-
rent accablés de douleurs et de misèreSL
L'EgIse fait leu. fête le 2i ju'n.
HESPÉIUi: (saint), mari de sainte Zoé, mou-
rut ivec elle ei leurs deux enfants, C^TÎaqafl
et TliMod'jl.sà Ailalie dePitmphylie,'souste
rô^ne »rAJr»en. Il était e>cL^ve' avec tooie
sa famille chez un \me^ nommé Catulcqni
Ic/i lit cjaboid tourm.nter de diverses fj^nns,
et ensuite enf imor dans u'^ four où ils tr»a-
vèront ia mort, parce que les deux enfitrts,
inJignés ilu culte. ju'on retidait aux ido.cJ
chez Lui- mait: e, s'élnient déclan»s chrétieus.
Leur fêle à tous q ialre arrive le 2 mai.
HÉSYCHIUS (saint). Ce fut à Durazzo, villa
d'Albanie, mai itc. ant daus la Tu. g.iif dis-
rope ^Roumélie), que ce saint eut n:baubitf
de d'imer sa vie^our la f i. Il fut martjH^
sous Tempi e de Frajan, avec les saints fé-
ré^ri , Lucien, Pompée, Papîas, Satunù*
et Germain. 1/histoire est muette surct*^
concerne le détail des coiLb« ts et de la icoilil*
tous ces saints, dont TE^iise houoro la d^
moire le 7 juillet.
HÉSYCHIUS (saint), lun des quarante miO'
tyrs de Sébasle, sous Liciuius. (Toy. Ma*-
TYRS DE SÉB4STS.)
HÉSYPE (saint), martyr, est inscrit au Ih'
tyrolo^e r main le 26 novembre. Il fum^
tyris^^ii Alexandrie, sous la persécution «i'
(iiïlèr — Maximieu, avec les saints Fau*w«
prv re, Didie et Ammone, Philé.ïS, Pkô*^»
Th.Mjdore, évéque égyptien, et sii cent ***•
xauto autres, dont malheureoseoieDl b^
ItGS
niE
igiTiorons les îioms, L'Eglise fait leur fêle le
HÉ^VOUK (saint), martpT, flon'^a sa vîe
pour In (iéfens*^ delà refi^ion avec les5;nnls
bi" nuMe, JuIiDi, Phiii(j|Kv, butyehien, Lro-
njJe, Philadeliihe, Mf5 inlippr^ oi Panlng-ippc,
Us arijoiiiplireoc leur raartjre lijs uns i>iir le
f-u, les autres piir le gloive ou sur hi croit*
jL*Efcï[ 56 célèbre- leur sainte iiu!^moire lé 2
^ HÊSYQUE (Sciiiifi, martjT, faisait partie do
Varuïée co ai me soldai. Ayaiit entendu piihticp
IM {'dit qui potliiît que quicon-pio ne vuy-
rorâit pas saerilier aui idoit^s tuit bas lus ar-
1^03, jl q iitfa aussitôt le baudrier. Pour Te^i
in T on Itiî attai lia au bras droit u-^e grosse
erre fl ou fe j>réLiDita dans la rivière. L'E-
i*i' f 'it sa fête le 18 oovetjjbre,
Hf SVQUE (saint), confesseur, souffrit pour
toi rfi Palestine* II é[m{ disripiè de saint
îlarioo, et fut son compagnon dacsses vo-
fâ^e^, i/Fgîise fciîl safôte h 3 octobre.
HÉSYQliE (saint) , martyr , était Qjivm
)miiie soldat dans T^nmée - e Tempire. A^ant
léU' pris ayt-csaiol Jules, il n çut la couroinié
idu uiart/reaprès lui k Durostoriim en Mjsie>
"'OLis le président Maxiaie. l/K^jUse fait leur
Ite/e ïSjuin.
niÊRAX (^aint), l'un des compagnons du
a. tyro de s^iinl Justin, fût condamné sous
r^^ne de Marc-Aurôle parle préf^J RjiSti-
JS, i iMre fouet r, puis i nsuit»^ décapité. Ce
liut était nalif d'Lone en Pisid e- L'Eglise
lonoresa raémoite le 13 avril» ainsi que celle
%^ sv^ comf>a<^nfns, [Vqij. /lsti^.)
" HIÉUOCLÈS, d'abord vicaire des préfets
JUS DioclétieOi fut depuis gouverneur de
ÏUhjnie» puis d*Al 'Xinndric en E^vpie, où
1 persécuta violemment les rhrétiLijs. tl avait
Mt partie du coii^ed assemblé par D ocléiicn
J^»Ur décid r si la peisécutioa aurait lieu (en
MJ, et il s'éla t montré uu de ses plus achar-
îéSt instigateurs. Il composa un ouvrage en
Ifnx livies, inlitulé : Les amateurs de la vé-
^V, qu'il adressa aux chrétiens eux-mêmes.
50T but était de les déluuri er de leur idi-
gîon. Il op josait dans cet écrit divers pos-
^a^*'S des écritures les uns au\ auires; il
Voulait amsi les présenter comme conirai-
res ut jeler du discrédit sur nos livres saints.
Dons ces pa^^os im|Hes, il accumulai les
bU-s,>Uènjes contru >aujt Pierre, Scunt ptiu^ et
î*- iofri^s ajiùli'eifmdjSx:ip!esdeJt:sus-Cbri>t,
1 i«bit prouver que Jésus-Christ res-
.H Mu.u.iL à Apollonius de Thvanes. Civile iui-
nôLe fut réiulée par I--<cta. ceet par Eusèbe.
ju>èt>e suriuUi démunira qu*Origène, avait
I9X ôva[ice réfu é c<' livro dHiéiocl^'*, <pii
payait pillé en une foule d'auteurs rion-^eu-
fiUzni quant au fond» mais encore quant à
_l furme. ,
^^HlÊHON fsaint), reçut la palme 4« mar-
akè h MéJUine en Arménie, Il eut pour corn*
4ûns di^ su gloire lei> soi. ils Mca dre, Hé-
fijMù et trente autres <iont nous ne coi-
«ii&sons pas oialbeoreusc^ieul b'S nnuii. Ib
irent couronnés durant la nerséculion de
ï*j^«:leiieu, i^Qus le prtisident Lysias, L'Eglise
fiUl lauc métuoira lô 7 novembre.
KIL IIM
HîÉnONïBE (saint), marlj^r, eut la gloire
de donner sa vie fiour la foi h Abxaidria
sons rempfxeur Maiiniin. Il i-ut pour com-
pagnons de son martire les sainis L»%nce,
Sérapion, Sélésc, Vùlerieo ei S rnlon. Ils fu-
rent tfms j<^t*\*«i h la mer, L'E^jUse fait leur
n^'-moire le 12 septembre.
ilJLAIRE (saîil), martyr, mouret h Romr^
en corfessant léios-Clirist. Il f t pour cObi-
pagnons de son martyre les sainte* Démèffe
€tConè{ï"ise. Le Martyrologe romain ne t\oii§
a trans^nis aucun détail sur eut. LT^liaé
fait 'mir iném-tiie le ï> avril.
IIILAHIE (saint), diacre, fut martynsë h
Vilerbe arec le prêtre Vaîenlin, durant la
persécutîon de lerapen^ur Maxiniien. flsfn-
rèi ( fréei[uHés dans le Tibre avec une grosso
jnerre au cou ; mais en ayant été lires mî-
raculeu-^ement par un ange, ils eurent tous
deu^ la tête trant héo. L'Eglise fait leur mé-
moire le 'i novembre.
fliLAHlK (saint), evAque, souffrit le mar-
tyr, à Aquilre, arec saint Tiitien, diacre, et
les saints Félix, Large et Denis. Lfair sacrî-
llcc eut lien sons l'empire de Nuniérien et
sous ht président Réronie. Oi ne dit pas quel
f d au jtiste leur genre de mort ; il est cer-
tain qu'ils subirent la peine du cbevalet et
divers antres tourments. L'Eglise fak leur
fête le 16 mars.
HlLAlIlE (saint), vulgairememenl Hilier,
fut maitvrise avec sai d Florentin, en Tan
k^^ de Tére chrétienne, sous Tenipire d\Kv-
eadius. Ce fut dans une des invasions que
les barbares faisaient fréquemment dans
1 empire romain que ces deux saints furent
martyrisés. Ils demeuraient dans la vil e de
Pscndoi, dépendant du diocAse d'Autui,
dont ir ne reste plus aujourtrhuf qu*ui petit
vilhige nommé Sémorit, inclus ilans îa pa-
roisse de Saint-Marc-sur-Seine, et y vivaient
dans la pratique des plus grandes vertus
Leur marlyreeut lieu le 27 d^ septembre 4tîO.
Au nnlieu du ix* siècle, leurs corps furent
transportés de Pseu^ion à Lyon , et déj»osés
diins le monastère d'Aisniy. L'Eglise ce!^A*re
la rru^moire de ces sai its le jour a niversaîre
de le ir martyre, 27 sepUnnbic
HILA l{h f^airrl), pa[*e et ermfcsseur» reçut
la palne du ui:irt yre h Runje. No is i^^norons
cum|j|éteme'Hà quelle éj^oqne et dans quell s
circonstances, L'Egîise lait sa fêle le 10 sei*-
teitibre,
HILAIUE (sa nte), femme de saint Claude,
tribun , ( st honorée eomme mai tyre , par
FEghse roinni n\]e 3 décembre. L*» uqjereur
Numérien ayant fait nietlre h mort son mari
et ses deux enlants, Jason et M ur, comuèe
il est dd à leurs arli:*les, elle Ut enterrer ses
deux IJls. Ils avaie it été d-'^rapités. Son Tûari,
saint Claude, attaché h une t^rosse pii rrç»
avilit été jeté dans le Tibi\% ce «]ui fit |ue U
sainte ne ï>ut pas avoir son corps pour Ini
r<'ndre bvs demie, s devoirs. Le> païens,
l'a * ont t ouvée à prier sur le tomiïean de ses
deux enfanls, se saisirent u'ell^' et la mirent
e 1 I rison, où elle mourut. Smi corp-^, mis
dVboîd dans Téglise de Sainte-Praxéde \im'
le pape Pascal I'*, fut plus tard Irausiérô à
1
ÎW
Hff
ffiP
IM
Lacques, avec ceux de ses deux enfants.
L'Eglise cathédrale de celte ville [»ossède ea-
cor« ces précieuses reliques.
HILARiE (sainte), roçut la palme du mar-
tyre à Rome, avec les jjaintes Donate, Pau-
fine, Rustique, Nominande, Sérotine et leurs
compagnes dont nous ne connaissons pas les
noms. L'Eglise fait leur fêle le 31 décembre.
HILARIE (sainte), martyre, était mère de
sainte Afre, martyre. Cetti^ sainte femme,
veillant au tombeau de sa lille, fui brûlée au
même lieu pour la foi de Jésus-Christ, à
Au^çsbourg, avec Digne, Euprépie, Eunomie,
ses* servantes. Avec elles soutrrirent,le même
jour et dans la même ville, les saints Qui-
riaque, Lar^ion, Crescenîien, Ninge, Ju-
lienne, et vingt autres dont les noms ne sont
point parvenus à la postérité. L'Kglise fait
feu - glorieuse mémoire le 5 et le 12 août.
HILARIEN , gouverneur par intérim de la
province d'Afrique, après la mort du pro-
consul Minucius Félix, fit martyriser à Car-
thage, en 202 ou 203, sous le règne de Tem-
per«ur Septi me -Sévère, sainte Perpétue,
sainte Félicité et leurs compagnons. (Voy.
les Actes de sainte Perpétue, à son article.)
HILARIN (sain), moine et martyr, donna
sa vie Dour la foi chrétienne au commence-
ment (lu règne de Julien TApostat. 11 habitait
Arewo, ville de Toscane. 11 y fut «rrôté et dé-
capité, par ordre du^préfet impérial Quadra-
tien, avec le saint évoque Donat. Ses reli-
Ïues ont été transférées dans la ville d'Ostie.
'Eglise honore sa mt^moire le 7 août.
HILARION (saint), eut la gloire de donner
sa vie pour la foi, sous Tempire de Trajan,
avec saint Procle. Rien ne nous apprend ni
le lieu de son martyre, ni la manière dont il
eut lieu. Ii fut une de ces victimes nom-
breuses que Trajan condimna pour cause de
christianisme. Sa fête arrive le 12 juillet.
HILARION (samtj, fils de saint Saturnin,
fut l'un des quarante-huit martyrs mis à
mort avoc saint Saturnin, en Afrique, sous
le proconsul Anulin, en Tan de Jésus-Christ
305, sous le règne et durant la persécution
atroce que Tinfâme Dioclétien suscita contre
TEglise du Seigneur. (Voy. Saturnin.) L'E-
dise célèbre la fête de tous ces saints le 11
février.
HILDEBERT (saint), abbé et martyr, était
abbé de Saint-Pierre, au couvent de Saiiit-
Bavon de Gand. Ce saint, ayant défiiidu
l'honneur des images contre les attaques
impies des iconoclastes, versa son sang vers
l'année 752. L'Eglise fait sa mémoire le i
avril.
HIPPARQUE (saint), donna sa vie pour la
foi chrétienne, en 297, avec saint Philothée,
saint Jacques, saint Paragrus, saint Habide,
saint Romain et saint Lo lien, à Samosale,
sous le règne de Dioclétien, et par f ordre de
Maximien-lialère. Les Actes de tous ces
saints, que TEglise honore le 9 de décembre,
ont été publiés par Etienne Assemani (t. II,
p. 123) ; ce que nous en donnons ici leur est
emprunté.
oû^^'i''^' vainqueur des Perses, revenait en
2SU7. ha passant par Samosate, il fit célébrer
des jeux publics, pour fêter sa Tietpire. Ordrs
fut donne à tous les habitants de la Tille do
se réunir au t( mple de la Fortune, afin dV
prendre part aux sacrifices solennels que le
vainqueur voulait offrir aux divinités de
l'empire. Cette fête fut annoncée k son de
tromj;)e, et de tous les points de la ville oa
sentait lodeur de l'encens ei des victimes
que le feu consumait en l'honneur des dieui.
Deux magistrats, Hipparque et Pbilothéet
tous deux d'une haute naissance, et depuis
peu convertis au christianisme, aifiig^s de
voir ces fêtos scandaleuses, se renf rmèrent
dans la maison de l'un d'eux, celle d Hipp•^
que ; et, ayant fait placer une croix dans uia
cnambre , contre la muraille qui ngardiit
l'orient, ils prirent la résolution de passer en
prières tout le temps que dureraient ces iè-
tes impies. Sept fois le jour, ils venaient
adresser leurs prières au ciel devant cette
croix. Plusieurs de leurs amis, au nombre
de cinq, Jacques, Paragrus, Habide, Romain
et Lollien, vinrent un jour les visiter. Us les
trouvèrent priant devant la croix. A ce Sfft-
tacle, les cinq jeunes gens d. meurèreotlorl
surpris. « Pourquoi, dirent-ils à leurs dvi
amis, avez-vous ainsi l'air triste et demnru-
vous renfermés, quand l'empereur enèèDît
la ville du spectacle rcspleauissant desftlei
et des sacrifices? » Us leur demaodèrest
Eourquoi ils adoraient ainsi une croix de
ois. Uipparqut leur répondit quMIs n'ado-
raient pas la croix éile-raémf', mais bien eehi
qui était mort sur la croix pour le salât des
hommes : Jésus-Christ, homme et Diea.O
leur exposa en peu de temps, d*uoe &{0i
brève mais substantielle, les crojaixes de 11
religion chrétieime. Alors ces cinq jeunes
gens déclarèrent qu'ils voulaient être bapti-
sés, mais qu'ils craignaient la sévérité des
lois. Hipparque et Philothée leur parlèrent
du bonheur au martyre en termes tellemeat
éloqui'nts, que, bientôt persuadi's pfi «otral-
nés, les cinq jeunes gens demandèrent le
baptême. Alors Hipparque et Philothée ém-
vire ït à un prêtre nommé Jacques une lettre
ainsi conçue : « Qu'il vous plaise venir cbei
nous aussitôt que vous pourrez, avec de
l'eau, me hostie et de l'huile pour les onc-
tions. Déjeunes brebis, qui viennent de se
léunir au troupeau du Seigneur, aspirent
ardemment au bonheur de votre |.réseocf ;
elles sont désireuses d'être marquées d&
sceau de Jésus-Christ, s Jacques arriva for-
teur de ce qu'on lui avait demandé. En ea*
trant, il trouva les cinq néophytes ageoooii-
lés et priant D.eu avec Hip^iarque et Pliil>
thée. Jfl les bénit. Les jeunes gens, s'étiat
levés, se jetèrent à ses pieds et le supplièreit
de les baptiser. Il leur demanda s'ils se sea-
taient prêts à soutTrir pour Jésus-Christ le?
tribulations, les tourments, les tortures et li
mort, qui étaient les fruits de ces temps àt
persécution. Tous lui avant afilrmé quii
étaient prêts à tout souffrir pour 1 amoordi
Jésus-Christ, et que rien ne sérail capeJ*
de les en détacher, il leur dit de pneravac
lui. Après une heure de prière en eooBO^
il les béuiti reçut leur atguralûm el Javff^
fession de foî chrétienne, pois il les baptisa
au nom de la très-sainte Triniié^ et ensuite
leur doDna le corps de Nnlre-Seigiicur Jésiis-
Christ. Après cette sainte cérémonie, tous se
sr'^parèrent. La fête durait toujours; on étîiit
au troisième jour de ces cériinonics païen-
ups. r.alère s'informn de la conduite qu'a-
valent tenue les magistrats, demandant si
t us avaierU sacrifié aux dieux de l'emf>îre.
Il lui fol répondu que e uis trois années en-
tières Hip parque H Philolhée ne paraissaient
pas aux céréaiontes pidjliques où ou otîrait
des sacrilkes aux divinités recmnoes par le
paganisme. Il donna roraro de les conduire
flu lemple de la Fortune^ et de les contrain-
dre h sdcrjficr. Les officï<TS char^îés d circu-
ler cet ordre vinrent à la maison d'Hpp t-
que. Ils Vy trouvèrent avec Fhilittliée et les
cinq nouveaux convertis. Hipparque et Phi-
lotbée fnnnt d'- bord soûls arrêtés. Conduits
devant Tenipereur, qui leur demanda (jour-
quoi i!s désobéissaie- l à sf*s injonclinns et
méprisaient les dieux immortels, ils répon-
dirent avec un grand courage, Hipparque
surtout dit à tjaîère qu'il roucnssait pour lui
■ de Te'iii'ndre donner le nom d- Beu, nom
si grand et si saint, à du buis et h df-s pi» r-
res. Galère bri fit donner sur le dos cin-
quante coups dt* fruet armé de liomb» et le
fit après cela jeter dans un cacbot obscur. Il
fui séparé de Pfiilolbée, qui avait été empri-
soinié aussi a|irès avoir lefusé de sacrifier
e! résisté aux firomesses qui! (lalèr^ lui avait
faites ffour 1- séduire, c^mune celle de le
fnire préleur et de le coaibler d.s plus ^fan-
àes faveurs.
^ Apiès cela, les officiers reçurent Tordre
d'alfer arrt^ter les cinq jeunes eîi ré tiens qu'on
avait trouvés chez Hipparque. dalère les
exhorta Tuiaenient h prendre pitié de leur
jeui e AèsP» cl à ne pas mépriser la vie. « Notre
loi vaut mieux quiï rexisteice, lui dirent-
ils, et rien ne pourra nous porter h ve-
iioncer *i Jésus-Chiist. Nous sommes main-
tenant consac'rés par le corps et le sang de
notre Sauveur* et nos corf^s, devenus sarrtls
nar ce diviu contact, ne seront pas profanés,
Nm^ ne pourrions sacrilier sans outrager la
dignté de chré titans qui i^ms a été confé-
rt*e. a Malgré les nouvtlles instances tle i>a^
h'^rô, ils refusèrent de sacritier. Alors ce
»pi ince les mt naçade les fairecrucilier connue
leur mailre, « Nous ne craignons aucun sup-
plice, » lui dirent-ils. Il les tii charger de
cliaincs et mettre dans des cachots séj tarés.
Ordre fut doimé de' les priver de toute nour-
.riturL% jusqu'apn s la fête. Quand ces te fête
fut finie, tialèiC lit élever son tribunal dans
une prairie hors de \i \ille, sur les b -rds de
i^Euphrate. Ce furent Hip[i,»rque et Pir lotbée
qui furent amenés les premu^rs. Ils étaient
enchaînés par le cou. Les cinq jeunes j^cns
les suivaient, les mains fttlacliées derrière le
• dus. Ayant tous refusé de sacritier, ils turent
étendus sur le chevalet, et reçurent sur le
dos chacun vingt coups <le fouet, • l ensuite
des coups de lanières sur le ventre et sur la
poitrine* Ensuite, ils furent recoiduits en
1, On les y isola complètement j per*
sonne ne pouvait les visiter. Ils ne rece-
vaient de nourriture que juste ce qu*il fal-
lait pour les empêcher de mourir. Ils lurent
ainsi, depuis le 15 avril jusqu'au 21 juin.
Quand ils subirent leur second interroga-
toire, leur maigreur était si grandes, cjuils
resst'mblaieot h des squelettes. « Obéissez,
dit Galère, vous aUez être rasés, conduits au
bain, et de Ih au palais, où vous attendent
toutes sortes d'honneurs. Vous serez réta-
blis dans vos charges et dans vos dignités*
— Ne nous détonniez [las, lui dirent-ils, do
la vi' dans laquelle Jésus-Christ nous a fait
entrer. » Galère, outré de fureur, les cou-
da nuia à être crucifiés. On les att^icba avec
des cordes qui leur pas^^aient dans la bou-
che, et on les cond'iist au Tétnidion, lieu
situé hf»rs de la ville, où on exécutail les
criminels condamnés à mort. Une grande
foule, parmi laquelle les amis, les parenls
et les servi teuis des saints, les suivait, fai-
sant retentir Tair de sanglots et i^e gémis-
sements. Les ])rinci|vaux de la ville, les ma-
gistrats, vinrent trouv. r GalèjT, lui deman-
dant un sursis au supplice des saints. « Sei-
gn ur, luidiren -ils, Hipparque H Philolhéo
sont nos colK^gues ; il serait fonvenable qu'a-
vant de mouru% ils rendissent conifite îles
atJaires desquelles ils onl été chargés. Les
autres sont sénateurs; il serait convenable
aussi qu'on leur dos nât au moins le lem|ts
de faire leur lestamenL » Galère se rend t à
ces rai son s; l'exécution fut susfiendue. Les
magistrats menèrent les confesseurs sous un
parv.s, 1 1 là» les ayaiît débarrassés de leurs
chaînes, ils leur dnent ; « Le vrai motifpour
leque! nous avons demandé un surfis h votre
sufïplice est celui-ci : Nous désirons que
ytms nous bénissiez tous, et que vos prières
s'adressent à celui pour lequel vous allez
mourir, en faveur de cette ville cl de son
peu[de ici rasseiub é. » Les saints mariyrs
leur donoèretd Icurbénédiciion, et firent un
discours au peuple. Galère, informé de cela,
en fit de sévères reprOLhes aux magistrats,
qui donnèrent pour raison qu'ils avaunil agi
ainsi [lour empêcher quebîue sédition. 11 lit
venir une dernière foi^ les martyrs devant
lui, et, comme ils persistaient à ne pas vou-
loir *bj irer leur fui ei otTrir des >acrifices
aux dieux, \\ til élever sept croix vis-à-us
la [lOile de la ville. 11 dit h Hipparque de
nouveau qu'il eûl à obéir ; celui-ci pruiant
la main è sa tète chauve, répondit : « Il n'est
pas pltis naturel de voir ma tète se regarnir
de clieveux, que de voir mon esprit changer
de résolution, w Gale e, joî.^nant la rruauté
à la solte raillerie, Iti fit attacher sur la tète
une peau de chèvre avec des clous, et lui
d t ; « Maintenant que ia candition est rem-
[dio, puisque (u as des cheveux, sacrifie
donc, w Les saints martyrs furent crucifiés.
Des dames de la ville vinrent au lieu de leur
supplice et, b prix d'argent, obiinreni dVs-
suyer les ble>sures des saints avec des niou-
choirs et des épong»'S; précieuses reliques
qirelles emporté, enl. Hipparque mourut
prompt ement sur sa croix. Tous les autres
vécurenljusqu au lendemain. Les bourreaux
1171
Bil^
BIP
m
r>oignardèrent Jaccnies, Romain et Lollien sur
leurs croix. Philothée, Hai)ide et Pflragrus
tarëùi détachés manti^. Galère leur lit eu-
Ibucer des clot.s dans la tète. Les bourreaux
s*en acquitlèi eut d'une façon si barbare, que
la cervelle leur couvrit le visage, tanl leur
crâne avait été affreusement brisé. Le ty«an
ordonna ensuite do jeter leurs corf)S dans
rEufArale. Ce fut un chrétien, nommé Bas-
15US, qui les acheta des gardes, pour la somme
de sept cents deniers, et qui les enterra du-
rant la nuit dans une propriété on'il possé-
dait à la campagne. L*auteur des Actes de ces
Maints était présent quand ils dot nèrent Kur
bénédictioi au peuple assemblé.
HIPPÉAS, l'un des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte, et desquels Ruinart a laissé
It'S Actes authentiques. Vay. Martyrs (les
trente-sept) feoYPTiÉNS.
HIPPOLYTE (saint), évoque, docteur de
TEglise et m«rtvr, tlorissait au comme ser-
ment du III* siè. le. Gc^la^e le qualifie métro-
politain d'Arahie. Disciple de saint Lé^ée,
ainsi que do Clément d'Alexandrie, il eut la
{[Irûre d'être Tun des maitres d'Ori^ène. Il
ùt aut'^ur de plusieurs commeLtairos sur
FEcriture sainte : Origène imita depuis son
talattre. Théodoret cite de lui plusieurs ho-
mélies ; on en avait un recueil de son temps,
ainsi qn*une lettre à Tirapératrire Sévé.a,
femme de l'empereur Philippe. 11 y et it
question du mys ère deTincarnatit n • t «fe U
résurrection des morts. Il composa contre
Noët un ouvrage dont la plu<i grande partie
nous reste. Il y parle clairement des trois
Sersbnnesde la Trinité; il dortne lesprcuvos
e la divinité de Jés!:s-Christ, et ^Iistin^iie
bn lui les deux natures; il avait f.iit une
Chronique qui venait jusqu'en 222; nous ne
l'avons plus. On a encore de lui un Cycle
pascal, qui fixe le lem;>s de la célébration de
!a fêté (le Pâques durant seize ai;s, h nartir
de la première année «l'Alexandre-Sévère,
c'est-à-dire 222. Il existe encore des frag-
ments de ses Commentaires. Il avait com-
posé plusieurs livres de piété ascéti(|ue que
nous n'av.>ns plus ; un livre intitulé : Dero-
tigine du bien et du mal. Il avait écrit aussi
contre Marcion^ contre le* hérMei, Dans cet
ouvrage, on trouvait la réfutation de trentt»-
deux sectes. D*après Photius, il n*a ait rien
des beautés du sty e antique ; mais son d s-
cours était dair et grave, et n'offrait rien
Îui h'alIAt à son but. En 1551 , dans des
milles faites sur le chemin de Tivoli, on a
trouvé une statue curieuse de s^iint Hi.>po-
Ivte. Celte statue orne aujourd'hui la hiblio-
ftèque du Vatican. En l'année IGtJl, on a
retrouvé et publié le livre de YAntechrist^
bomposé par s lint Hippolyt.\ Eusèbe, saint
Jérôme et Photins en font mention. Saint
lërdme et d'autres auteurs anciens le nom-
toent évèque et martyr; différents martyro-
loges mettent sa mort sous le règne d'Alexan-
dre ; beaucoup d'autres bons auteurs ont dit,
fû contraire, qu'il souffrit durant la persé-
éatiôD de Dèce. Il est extiiaordit^ire qu*on
toit divisé d'opinion sut tin âujel si ciafr et
s! simple. Le saint dodenr a réfuta IliérMt
de Noi't; or elin commença è paraître eo ^
et 1 empereur Alexandre est mort dix iis
avant, eD«235. Il y a de ces raidir* •cbem«-'Ks
si simples po^jr élucider certaiiis fioints tl1ii5>
toire, qu*on est presque stu^>éail que des
hommes graves n'> aient pas sonj^é. L'E^i!^
fait la fête de saint Hippolyte au 22 aolL
Quelques écrivains ont peusé qu'il avait été
évèque de Porto en Italie : il y arait ei An-
bie uu évèché du même notn, de là rtcst
Ïu'on a confondu. Cela ne doit |>as surpret-
re, quand on son^e que Prodeœe a eov
f ndu tout à la fois trois saints du i^êne
nom.
HIPPOLYTE (saint), confesseur. Ait exilé
par Maximin V\ en Sardaigne, avec le pape
saint Pontien. Nous ne trouvtins nulle put
des documents suffisants pour affirmer due
manière positive ce que devint ce sa:nt prf-
tre. Si l'opinion de ceux qui prétende'^t q«e
saint Pontien fut assom ne à coups d - tiltois
prévaut contre celle qui le fait mourir de
inisère et de maladie, il est probable qie
saint Hippolyte aura partagé son sort.
HIPPOLYTE (siint), martyr, était prim
de TE^lise romai' e. Il avait suivi le scfaisM
de Novat et de Novatien. Nous Terrons, ins
ses Actes que nous donnons en entier, cas-
ment il renonça k son erreur en iiiare*uBl
au sunpiire. La vWte^, dit-on, sArt d- h
bon .he des mourants ; el e sorf aossi,à Ijî a
|lus forte r i oi, de celle des bommesqo,
en combattai t pour leur foi, se voient m
le seuil de Téternité où Dieu les èûttl
L'homme et les passions disparaissnf. li
vérité se fait jour. Ecoutons les ActcL
«Illustre ValérieQ, sage dis|iens^tevfc5
mystères de Jésus- hrisi,Rome m^atâlw
les cendrc^s précieuses qu*e le renfermeAiv
son sein. Ce soU les sacrées dé|xiuil)esdo^»
une infinité do martyrs Pont enrictiie. ^
vous me demandez leurs noms, et qnels
t très d*honne r «e lisent sur leurs ton-
beaux, I est difiirile que je vous réiOide.
l-n peuple tout entii r tie saints a vu ooukr
son isang au pitHl des autels des difot
troyens, et R^me, animée d*une furenris-
pie, voulant honorer la religion des s pères
8*est fait un devoir de le répandre. Il est
vrai qu'on y voit quelques tonioeaux qtli|lO^
tent le nom du martyr qu*ils renferment, w
i)uelques inscriptions qu*une main amie > i
gravée; mais on y en trouve un bien ptes
grand nombre dont les marbres muets sW
sciaient tout au plus que le nombre deceai
qu'ils couvrent. On fieut juger de là oscb
monceaux de corps sacrés la terre «me à
nos yeux; et je me souviens qu*il me fiu
montrât un amas de sable gui domiail la sé-
pulture à soixante, dont Jésus-Christ sevl
connaît les noms, et (|ui sont écrits dans sao
cœur, comme un ami est i^;rit dans le ousr
de son ami. Mais tan^lis qu*une sainte cano-
sité me fait parcourir ot^s monuments, ftqsé
fe pousse ma recherche jusqu'à orax qtà
vantiquité commence è dér«»ber à laeaaa»^
^atieèdu bieuï Vèfagénr, tUpùoljmm fft-
iMite k meâf jtiHx; céf Bippolj4a ^ui, i*«0<
êutrofoîs nialhc*iirooseni' nt engagé dans le
parti fU' Naviït, <jy'>ifiiie î E-jlisn ijt* Rome le
compull p.irnji iîes priUrcs, s'élail ouverle-
deit «léclan^ coutre elle; \(* l*;i[ierçnis, dis-
je, purti'^yl ri'^tcndrtni dif martyre H imit coii-
yorl de SiHng, soiin.o ffkmnd<j d'une trio re
imriïO^ telle. Voys éU;s s fiis dont** surpris de
voir u ' vieillard tjue Tt sprit de .schisme a v «it
loigtemps anîtiK^, y renoncT-r tout k eou|i, et
roc voir ni honneur qui soïiib'e n ùAva dû
qu'au dL-fensiMir le plus xû\é de la fo» eatho-
ItqiH», Lorsqiï'Oii le traînait au tribunal du
préfut, son Âme, victorieuse des faux dieux
et du schi-me, ressentait encore la joie d<*
se voir bientôt en liberté par la d«*siruclion
de SiiD corfïs. l/amour que î^oo peii|)!o hii
po taitavaitramasséautour de lui unetrou|je
de ftdèies dont il marchait enviro'iné; Is lui
demandèrent quelle élail la véritable E,^l se,
ou celle q i avait Noviktien pour cheft ou
celle qui obéissaii h CorneiUe. « Fny^ z, ré-
poniJitHl, fuyez» mes enfao's, le schisme du
déteslablc Nuvat ; réui ssez-vous aoi catho-
lique^ ; qu'une seule foi vous éiJaire ; qu une
sébile Eglise vous rassemb e; cl ce te Kolise,
mes ♦nfauts, c'est ranienne, et Cfdh^ que e
frand Paul rccounait, et qui voil au milieu
'elfe la chair ' du hioahcureux Pierre. Je re-
no'ice à Terreur où j*ai éti^ ei où j'ai entiaîno
les autres; et \}vH h verser mon sang pour
Jésus-Chriil, j* dois vous dire que ci* «pe
l'ai cru a-itref as tMre opjiosé au véi itf^ble
culte de Dieu, c'est celi? inèjne qui mérite
toute votre vénéra lion. » Après a ^e jîar ses
(♦aroles H eut fajl tjuilier h sot ciier peuple
e chemin dangereux qu'il suivait, et que,
ÎfuUtant lyi-mj}iue les sentiers déiourucs, il
ut rentré dans la voie royale pour lui ser ir
de guide, dL^venu un docteur de la vériié,
d'ui maître de Terreur qu'il avait été jus-
qu'alors, il fut présenté au gouver 'eui de
Iiome, qui exerçait h Oslie d'horribles vio-
lences contre les chrétiens. Cet liouniie ernel
était parti de Rome ce jour h nuhue jiour
aller purt-r TelTroi dans les villes voisines, sa
présence étauL comme la peste ijui désole
tous les lieux où elle passe : car, non conti-nt
d'avoir rem^di de n eurlies cl de carnajije la
ca^'ilale du uioide, et d'avoir cuivré de an^
i/iiocent la terre que ses murs reiferiiicu ;
royi'vt le lanieule, le ]jalais, la iribii e aux
b^ran^ues, et les faubourgs en reijor^er, sa
if acaralla se réfia^d e le loii;des r-va^es
de la mer di; TViscane, et les environs du
port des Romains en resse'itiient b e Mut les
ellels. On le voyaii assjs s ^r un tribunal
élevé, environné de bourreaux; un faux ze:e
pour la gloire de s^s dii^ux le dcvorait, et
toute sa passion était de rendre intidéles les
fidèles disciples de Jé^u^-Chrisl. Là élaie «t
des troupes de chrétiens qu'il avait f.iit auje-
B ner en sa présence. La prison d'où ils sor-
■ taient avait imprimé toutes ses horreurs sur
■ leur vidage touvcrlde crasse, et ih poitaitnt
■ sur loule leur personne les tristes et funestes
I marques d*yne loui^ue misère, hh on ente^-
I dait le bruit horrible des ehidnes que tral-
I liaient ces innocents coupables, mêlé à celui
r '
»
I
I
cuir armée<î de fer et de plomb, dont les
coups redoublés frappaient 1 air, qui Keniblait
s'en plaindre par ses gémissements. Lis an-
gles de fer f nsaieni de larges ouvertures aux
cùlés» el îïortaient jusqn aux enjrailles leurs
{jointes mortelles, t^es bfiurreaux sentaient
<'urs forces é[>uis''es ; mais la fureur du juge
en reprenat de nouvelles il frémissait de
rage en voyant ses etforls inutiles et sa
cruauté trompée; car il ne s'en trouva aucun,
de tant de serviteurs de Jésuï-Christ, qui,
parmi des sujif lices si atlreux, donnai la
inoinJre marque de faiblesse. « C'en est as-
sez, l^ourroaux, s*écria-l-il tout h c 'iip d'un
ton de voix terrible ; laissez la vos oncles
de fer; cessez vos Inrlures, j'en connais Ti-
nutdité; la ino- 1 seule nous peut faire raison
de ces n isérables et nous venger de leur
trop lo'igne résistance. Ou*on cuupe la téie
h celui-ci ; qu'une croix élève celui-là dans
les airs, et qu'il y devienne la proie des vau-
tours ; que, du haut de ce rocher, je voie
précipiter ces autres; ceux-là $4>nt destinés
eu fesr, et un srnïl bûcher nous servira iï pu-
nir plus d'un coupable. En voi<n qu'il faut
^banuonner dans n^^e barque enlr'ouverte h
la n>erci des tluls, nlin que, lorsqu'elle sera
éloig »ée du hoïd v\ biUue par des coups de
niei'r t es |>îanches Mhil jointes viennent à se
séparer, et que ces impies, buva'il leur nau-
frage avec To^de au ère, n'iiieni |iOur toutt
sépulture que le ventre des monstres ma-
rins. »
«11 était dans ces Ira*! sports lorsque le saint
vieillard Hipfjolyte lui fui ame lé chargé de
fers. U'>e jiu ^esse em|iorlée ne cessait de
eritT autoui' de lui : « \ oila le maitre des
chrétie is; vo là c. lu nu'ils regarde il connue
leui chef. Si vruis vouie/ que tous les chié-
lieis adorent '>os dieux, it fa tque vous leur
utiez cet fimuiui' qui les *• Hretienf dans leur
inqnété. w Ils fjre-.5cni le ju^^e de le livrer à
la mort, d1 n'enl*'r pour lui un supplice nnu-
Vt*au, qui fa>^se ireuibU-r tous ci ni ipii retïi-
seionl de Tencens au\ dii nx des ÏHomams.
Alors le g«mv(n ueur demanda le nom de ci t
iiounne. <Ji lu iéf">nd l tpj d s\.|ip< laii Hin-
polyte. " Eh ;.»i!n! soil, Hif»pf>ïyte, re rit le
gouverneu. ; «fu d s<ut do'iç comuse Hip^o-
r le, lils de Ihés ee* tiaîné et uiis en (>îèces
par des cUevaux. » A peine cette bizane et
cruelle srtîteice eut-elle étr nntlue, qu on
va cher her diiis un h, ras û*u\ tljevaiiv à
qiij le frein était iuco 'nu ; ils n'avaient iiiunt
entore sen i la main caies-ai U* du m Itin-
nier, el jauiais ^cuyer n'avait pressé du ta-
lon leiif s ilaiKStïoudreux, nia[>pnyé la gaule
sur leurs ci i ^s m-j !S^és^ ma s, nouvelleujent
tirés des gras f>Atuntgt\s, iJs éiauid ombra-
geux, farou ht^s el in<aimplés. Ceri jidanl on
les ai tache eï^endile, ni:l^ré li ur résis-
tance; ou h'S foive à recevou- un mors, qui
les assujettit durant quelque teinfjs scujs un
joug qui ne leu. est [m> ri.uins iiouvrau
qo'iuiportun* Une corde y tient, qui, se cou-
lant le hjng des côtés, et passant entre les
croupes en manière de limon, vient lou»ber
auprès du pied de derrière ; puis s'éteriil^nt
encore au delà, va saisir dans un uœud les
IITS
HIP
jambes et les pieds du saint martyr, les te-
nant fortement serrés par le moyen d'une
autre corde moins grosse.
« Après qu'on eut pris toutes les mesures
qu'on crut nécessaires pour faire réussir ce
nouveau genre dç supplice, où, par une in-
génieuse cruauté, on arait trouvé le secret
de faire entrer trois autres supplices, on fait
partir ce funeste attelage; on anime les che-
vaux, on les excite de la voix, on les presse
avec le fouet, on leur fait sentir Tai^illon.
Les dernières paroles de ce saint vieillard,
qu'on put entendre, furent celles-ci : « Us
entraînent mon corps, ô Jé'^us, prenez mon
Ame I » Les chevaux bondissent, partent et
sont d'abord emportés par la frayeur qui les
saisit et qui leur ftiit fuir ce.^ clameurs hor-
ribles que poussent dans l'air les cruels
spectateurs. Us s'élancent à travers les ro^
cners, ils percent les forêts; le rivage du
fleuve, ni la rapidité d'un torrent, ne peu-
vent ralentir leur ardeur; ils font plier les
taillis, ils renversent les buissons, ils apla-
nissent les guérets et les collines; les routes,
semées de cailloux, deviennent pour eux
une carrière unie; ils franchissent tout ce
qui peut retarder l'impétuosité de leur course
précipitée. Cependant le corps du saint est
mis en pièces : ici, les ronces en ont retenu
une partie ; là , une autre partie pend à la
pointe d'une roche; l'herbe, en mille en-
droits, a changé sa couleur verte en couleur
de pourpre; et la terre, humectée de ce géné-
reux sang, en laisse voir une longue trace.
On voit encore aujourd'hui ce triste événe-
ment peint sur une muraille. Le crime qui a
ôté la vie de ce saint homme y est touché
d'une manière si vive, que la vue de ce
tableau imprime de l'horreur et de la pitié
tout ensemble. Le saint y est représenté sur
une petite hauteur dans un enfoncement; il
a le corps déchiré et sanglant. Proche de là,
l'on aperçoit des rochers dont le sang dtV-
goutte, et des halliers où la main savante du
f)eintre a su mêler arlisleraent le rouge avec
e vert. On voit un peu plus loin les membres
ép.irs, et qui n'ont plus entre eux cette
union que la nature y avait mise.
«Cependant les afni> du saint le suivent ; les
larmes coulent le long de leurs jou -s, et la
tristesse parait sur leur visage , avec une
crainte inquiète. On remarque dans leurs
yeux de 1 empressement, et ils portent à
droite, à gauche, des regards troublés, mais
curieux; la pisle du sang les conduit, et on
les voit se baisser, et ramasser dans le f an
de leur robe les membres dispersés de leur
ami. Lun regarde la tôle qu'il a trouvée; la
blancheur de ses cheveux est souillée de
sang et de poussière; mais, parmi les som-
bres couleurs de la mort, elle inspire encore
le respect. Celui-ci prend les épaules dont
les bras sont arrachés, et les mains qui ne
tiennent plus aux bras; celui-là renco itre
sr)us ses pas les jambes sé{)arées des pieds,
et rompues en plusieurs endroits; les autres
emportent dans leurs manteaux le sable qui
a bu le sang du martyr, afin qu'il ne reste
rien de celte précieuse rosée sur une terre
mp iin
protane et maudite; d*autrcs, enfin, rtaiH
sent soigneusement avec des éponges œU
qui a été recueilli sur les troncs des ari)ra
Mais déjà la forêt ne retient plus èucm
partie de ce sacré corps, et Ton ne craiM
plus qu'aucune soit privée des honneurs è
la sépulture. Après donc que cette p.eost
trou^)e des amis d'Hippolyte eut recueîB
avec un soin extrême tous les membres dis-
persés de ce bienheureux martyr; aprcs
qu'ils eurent été assurés qu^ils possédaieH
ce trésor tout entier^ ils pensèrent i U
chercher un tombeau. Us quittent Oslie, d
ils croient quil n'y a que Rome qui soit di-
gne de conserver de si précieuses reli-
ques.
« Dans le fond d'un Talion, et assez proche
d'un plant d'arbres fruitiers, on trouve
parmi des fondrières use grotte obscure : ai
sentier tortueux y conduit par une j^eote
douce. Ce lû-u fut toujours inaccessible à ii
lumià^re, et elle n'a jamais pu y pénétrer; i
n'y a que l'entrée qui ia reçoit idib ement pv
une ouverture étroite. .Mais, après qa'oo a
fait quelques pas, et que par divers détoon
on a pénétré plus avant. Ton trouve quel-
S|ues fentes dans le toit par où la lumière se
ait p.issage ; et, quoique des deux côi^ é
^ la grotte on ait pratiqué sous des porti<{i«
de petits réduits enfoncés, le jour nelaiM
pas d'y pénétrer par le moyen de plusiean
de ces soupiraux qui sont percés dans k
voûte, et, par cet innocent artifice, oo josi
des bienfaits du soleil dans des lieux inco«*
nus à cet astre. Ce fut à cette demeure oli-
cure et secrète que l'on confia le coffsé
saint Hippolyte. On éleva proche àim-
beau un autel , et cette table, qui étÉM
ensemble et la dispensatrice du saGreBtt
de Jé^us-Chri-t, et la fidèle gardienne d** a
martyr, co iserve so gneuseinent ses os sa-
crés, jusqu'au jour où le souverain jagP
doit leur donner l'immortalité, et nourrit et
môme temps d'un pain céleste le peufii
saint qui habitesur les bonis du Tibre. Ce «iet
est devenu célèbre par la p été des fidèles,
et f)arce qu'on y trouve Dieu de plus bak
accès, si l'on ose parler ainsi, et plus prompt
à exaucer les vœux qu'on lui présente fv
l'entremise de ce saint, qui ne manque Mct
de faire obtenir un heureux succès àceai
(]ui ont recours à son intercession. II tA
juste que ma reconnaissance* | araisse hi
Oui, toutes les fois qu'acciblé desmajx<i9
l'âme ou du corps, je me suis prosterné àt
vant ce tombeau, j'ai reçu en même tfoifi
la guérison de l'un ou de i'ai<tre. Si ie rtî«$
ces lieux qui me sont si chers; s\\ m'est
permis, ô illustre [)rél3t, de vous embrasser;
si enfin je jouis de l'heureux loisir qai ••
fait écrire ces vers, je dois tout cela a Hip-
polyte ; c'est lui qui la obtenu lour XDoi^
Jésus-Christ, de ce Dieu tout bon qui a bift
voulu lui faire part de sa puissance, aâi
qu'il fût toujours prêt à accorder ce qu'<»
lui demanderait.
« Les précieuses dépouilles de cette grao^
âme sont renfc-rmées dans une châsse (Ttf^
gent massif; une main magnifique a pn5 soia
HIP
ûer le lieu où H! es reposent d*un lam-
^ dont lie grandes pièces d'ivoire, plus
kches ♦îiie la neii^e el plus polies qu'une
p, composent le ricfie assemblage. Et
^inèmt* mai'i, non contenu*
ravoir
in-
|lé ♦oui le porticiue d'im niarlire pré:ieux,
iocoreeorirhi d.» festons de cu.vre el de
lie dort\ Patierai-je du eon cours prodi-
X qui s'y fait fhatpie jrnir? Dos que le
[1 [>araî(, le peunle s\)' rend *^ri foule pour
ier; une seconue troupe succède à cette
lière, et ipie troisième à cette seconde;
aand le soiril se retire, il voit encore ce
sacré re(ii|4i de ceu\ qui y voit porter
S vœux. Les llomains et les barbares,
Se et les provinc^'S y viennent par pelo-
l un môme esprit les y amène, Tamour
ft religion, Pendant que les uns baisent
i respect le métal qui renferme les saints
ir>ents, les a ut «es ré [la: dent des parfums
les larmes* Mais lorsque l'-umée, dans la
^ution de S' s jours, a ramené celui delà
laiice du saint, (juelle foule innombrable
teuple n'y accourt-elle |>oint de toutes
il Quel empressement 1 Quels vœux
fc-e-l-on point à Dicuî Combien lui en
K-*>nIOui les pourrait compttT? La ville
iste, la ville impériale y envoie tous ses
îtoyens* ces illustres bourgeois de la
lière ville du monde. Les gr/inds de
bire, les familles praticiennes prennent
ir à se mêler parmi celte dévote bour-
lîe. La ni été confond Tartisan avec le
leur, et la foi é^ île le noble au roturier.
1^ l'ancienne rivale de Home, lui dispute
re, non 1 empire de Tilalie, mais favan-
[ d'été encore plus dévouée au snnt
grr. Seshibitanls, vêtus de blanc, sortent
Inds (lots de ses portes ; tous les che-
IsqA couverts de peuples fliflere^fts qui
brenl les fertil s contrées de THespérie;
voit les Tos<:ans, les Sam ni tes et ceux
1 Marche d'Aneô^^e ; Capoue el Noie de-
pe'>t désertes. Tout retentit des chants
f^resse; le mari et la femme, environnés
"iir petite famille, marchent avec une
empressée^ Les campagnes les [dus
!S ne peuvent conlenir ret agréable et
que dt'bordem -nlde tant de peuf^les, et
eux I js |îlus é entius se trouvent trop
fs pour Inir dont.er passa^ji»; on s'y
se, on s'y yjorte» el on est souvent obli^^é
■firrèler.*^ La sainte caverne serait sans
e trop élroit^^ pour lard de dévols pèle-
, si un grand el superbe temple, élevé
^une niagnilicence toute royale^ ne ser-
B recevoir le cn-^tinuel dégorgement que
^ha^ielle en fait à chaque niomeni.
haus enient de réditice et les riches of-
les qui s y font lui donnent un air de
eur et de majesté; un double rang de
Dncs soutient la voûte, ai»puvée sur une
ïtrave dorée. Deux a. les, sous une voilte
basse, fonuent une suite de cha[R'lles
5 rédiiits où Ion peut se recueillir pour
r; ma s la nef, large et spacieuse, s élève
u'au comble, d*une prodïgii*use hauteur,
rôîie de l^évôque, placé sur une estrade
'oo monte par plusieurs degrés, s'otfro
HIP 1178
d'aljorrf h la vue de ceux qui entrent : il est
au fou 1 du temple ; c*est de là que le saint
pontife annonce la ï>arole de Dieu. Le peuple
qui y entre et en sort sans cesse ressemble
à une mer agitée ou a un tleuve qui s'enlle
et se grossit par la chute des torrents; son
lit est trop étroit pour contenir toutes ces
eaux, il faut qu'elles se répandent par-dessus
ses bords, et qu'elles inondent les campagnes
voisines!
«Les ides du mois d aoiVt font revoir tous les
ans ce jour solenneK Je vous exhorte et je
vous conjure tout ensemble, savant et pieux
docleur, de suivre I exemple de Home, et de
mettre cette léte au nombre de celles de
votre diocèse; qu'elle revienne h son "tour
avec celle du grand Cyprien, du généreux
guerrier Chélidoine, ik d'Eulaiie, la gloire
dt'S vierges. Ainsi, que le Seigneur vous
puisse exaucer, lorsque, prosterné en sa pré-
sence, vous lui otfrireï le sacrilice de vos
prières en faveurde votre peuple. Ainsi, que
le loup aifamé ne puisse-t-il jamais approclier
de votre bergerie, ni enlever aucun de vos
tendres agneaux I Puissent vos soins chari-
tables vi empressés, me trouvant sur Therbe
desséchée, comme une brebis égarée et lan-
guissante, me ramener dans le bercail ! Puis-
siez-vous, enfin, après avoir multiplié le
troupeau que le ciel vous a contié sur la terre,
le conduire dans les pAturages éternels, en
la compagnie du bienheureux Hippoîylel»
(Prudence.)
HIPPOLYTE (saint), fut martyrisé avec
les saints Eusèbe, Adrias, Marcel, Maxime »
Pauline , Néon et Marie , sous le règne de
remf>ereur Valérien, en Tannée 250. Leurs
Actes, que nous donnons d'après Baronius,
que nous traduisons, nous paraissent édifiants
et authentiques. Quant à la date que donne
Baron i us, 259, il y a une rectilicalion h faire.
On sait que la chronolo^ne de cet auteur est
fausse , et que cliez lui 251) se rapporte à
256...
Valérius et Acilius étaient consuls; Hip-
polyte, citoyen romain, vivait solitaire dans
les grottes des environs de Rome ; sa vaste
éru ution dans la science apostolique ame-
nait auj>rès de lui beaucouf) de gentils qui
se convertissaient au Christ, et recevaient le
baptême. Uippoïyte venait fréquennnent au-
près du pa[>e Lti'enne, conduisant à ses pieds
les chrétiens nouvellt^ent convertis pour
qu'ils reçussent le baptême. Comme cela de-
venait de plus en jtlu> f équent , des déla-
teurs le dénoncèrent à Numnnus, préfet de la
ville : celui-ci lit sa déclaration à l'enipereur
Valérien. Hi])polyle i*ayant su, en avertit le
pape Etienne ; alors le bienheureux Enenne
ayant rassemblé In nmllitude des ehréliens,
commen»,'a h les fortilier par de saints con-
seils tirés principalement des Ecritures : il
leur disait entre autres choses : t( Mes cbers
enfants , écoutex-mi^i quoique je ne sois
qu'un pécheur. Pendant que nous avons en-
coi'e le temps, faisons le bien pour notre
salut : ainsi donc que chacun de nous porte
courageusemeni sa croix el suive Notre-Sei-
gneur Jésus-Christ , lequel a daigné nous
r
Hii
flîp
BUP
%m
ôÏTfi : Celui tmi aime trop $on ânifi la pcr^
dm ; mais eelui qui rnura âùnnéf* à nmsf (h
moi, Ifi retrouvera dan s i^Henùié, S^y vous
conjure aossi qie chacun île no'is prenne
suio ifm-sruîe*iMnl Je hii-mèaio» mais les
siens. Si cj ielqiï*yn a un nm\ au un piH>rh:i
parent qni soil encore p jcn , q :'il ne tanic
pas à ma ramener aiii qiiil r-goiv,; le b» -
lôme. *« Alori>ïlipp(ïlyle,s.t jelant.iii\ picd'^du
fainl pajie Etienne, lui «Jit : <* M" m JMjn pfrfs
éjrjsjtoz-moi : i'ai un neveu et sa s eur qui
sont f*n..ûre gentils, je li\< îii inslrutls : ie
JH îne liHume n'a q»ie \\\ ans, la joMue lîlle
en a trt*ize : It-ur nirre se nomme Pauline et
esl naïe'iie ; leur [tore "^e nomme Adria>, il
me les n lui-môme envoyas. » ï.e b iiili(*u-
reux Etienne luF domina le (îonsei de hs re-
tenir quand 4 ^rias Ï^'S lui renvrrrail, aJn
qucî leurs parents, venant les chrreher, on
protitiSt de ccate oceasion pour les exhorter
eux-mêmes. Deux jours afirès, les deux: en-
fants vinrent tnmver Hi[i|kolyte , lui appor-
tant quelques aliraeiits ; il les reliit et en
instruisit Elienuc; € lui-ci, se rendant près
d'eiix, les embt^assa, les Ir.iUant avL'€ beau-
eoup de douceur* Les pnrents inquiets vin-
rent chercher leurs entnits. K'ienne com-
mença à leur i>arlcr des pênes de r.iutrc vie,
dujUt^ement deraser, les exhortant avec de
fortes raiïïOns à renoncer au culte des idoles,
Hippulyte se joignit à lui . Adrias leur du qu'il
craij^uait d'ôtre urivé de ses bienj. et de pé-
rir par le tjlaive (car tel était le sort qui at-
tendait ceux qui s'avouaient chrétiens). P<ui-
line, soeur d*Hippoljte, dit la même ehoso,
s'i'inpurtaot contre son frère a cause des con-
seils qu'il donnait. Cette Paidiiie , sa'ur
d Hippoiyte , avait c'i linrreur la religion
chrélienne. les deux saitit>, les ajjanl erUen*
dus parler, se retirèrent sans avoir rien ob-
tenu , mais sans déses[n^rer encore du suc-
cô*^. Alors Etienne appela près de lui îe prC-
tre Eusèbe, homme d une grande science, et
le diacre Marcellus; il les<invoya versAdrias
et Pauline. Ces envoyés les firent venir dans
la oftblojinièic où d«'raeurait Hippolyle, et
quand ils parurent, Eusè.>e leur parla en ces
termes : « C'est le Chr st qui vous attend ,
atln que vous eiitriez avec lui dans le
royaume des cietix, « Pauline, faisant des
ob,ectîons il parlant de la ^bure de ce
monde, le saint pré n» lui dit beaucoup de
choses touchant la gloire du ciel , dans le-
quel ils rrentreraicni que par la foi el par
Je b [ilème. Pauline ajourna sa décision au
jour suivant. La même nuit ♦ certains pa-
rents clu*éti<'ns amenèrent à Eusèbe, dans la
sablon'iière, îeiir tils qui était pandytique ,
demandant quM le bj|>tis.1t, Eusèbe", après
avoir prié ^ le baptisa ; en recevant le bap-
tême. Cl' jeune homme lui guéri, et, ayant
recouVié la [larol • , il adressait ii Dieu ses
actions de grAces. Alors Eusèbe' olTrit le saint
sacrifice, et tous reçurent le corps et le san^
d JésL's-ChrisL Le' pape Etien e ayant ap-
pris cela vint les trouver, el il-: se' réjoui-
rent tous enseiiible. Dès le matin Adnas t!t
Pauline revinrent. Ayant appris la guéri son
miraculeuse du jeune homme , ls furent
frappés d*admiralion ; touchés jn^^^i Tan t.-.r.A
dtï c(eur et se prosternant » ils *:
le ba, tèiue. Uip^-olyt* voyant c^ .
grâces h Dieu, el dil au bienheureux I
« 0 mon saint maître, ne lardez p*
ba(»liser : « Alors Etienne dU; « Ac
sons les formalités soîefinellos ; pro
lijur interrogatoire , et s'ils sont \
croyatits, el s'il ne reste au fond -
co?ur5 ni crainte ni liés tations, ils r.
le bapîème. Après Jos avoir m'
leur nresc ivit um jeOne, les ct\\
baf*tisu au nom d«^ la Trinité; v
eus le >ii;ne df la croix , il noin
gari^ou N^un et la jeune fille M
avoir ndert poiu* eut le saint sa* t ,
avoir donné la communian , EUcaoe sen*
lira.
Ions ces nouveaux baptisés commeoci^
rent \\ts hirs à habtcr dans la nr»ème grotti
qu'HjppoJyte, avec le préln* Eusèbe et il
diacre Marcelus. Quant aux )^^*'^^ ^1»%
avaient tlans la ville, ils les « r.ig
aux (Kuivres, Quand ces év 'neiot- ii:>
connus et que Valérien en eut été infoi
il ordonna qu'on les cbrrchAl^ prouj^tti
moitié de ïrurs biens îi ceu\ qui lesdéû»»-
vriraient. Un noamié Ma xî mus , qm tek
b^s fotictîons de greiber, su servît pk
découvr r de la ru5e que nous allouj^d'u
feignit d'être chrétien et indigent ; et u
au mont Célius où lî y avait une carriêft^
tharoon [une houiUière), il resta là, deina»-
dant j'aumône. Quand Adrias passa aiecifi
comparons «il lui demanda rdum4ne«P
s rvani, pour voir s'il était bien celui qui
cherchait, de la formule suivante :« Aaiia
du Christ . auq el je crois , je vous en ofr
jure, ayez {>îtié de ma uiisère. » A-l'î-t^ ^s^
pilic* de lui, lui dit de le suivre -
il entrait ans sa demeure, Mavi
sédé du démon , se mil à crier :
d** Dieu, je suis un iratte vcnn
livrer; je me vois tout enloun' is,
priez pcmr moi , car je brûle ir L»
Adrias et les autres se prostert on*
rent h prier» el Ma xi m iu s fut déMMc UJûi
ils le relever nt de t^nTe , il <te o>ii 1^ eriff -
« Périssent les adorateurs /
je ficmatide le baptême. » 11^
à Etienne , qui » après 1 avoir iUttr,.
étudié, lui d'U>na le baptèrai'. Devc
tien , il demamia à habiter quelqur^i»^
avec le paf»e Elienne. Longtemps ajmj
la lin de *i57|, on cherchait Maxtm^ttscftf
ne le trouvait pas;alor?» on le déoonfiit
Va lé rien en laccusant de s'être fait Af
tien, Dl'S érnissain s envoy^'^s pc^ur \tff^
dre le ttouvèrcnt d^ns sa 'maison, prOJtif*
et priant Dieu : ils le saisirent et \'^^^
rent à Valérien; celui-ci lui dit : ■ C
amsi que tu t*es laissé aven.^^
au point de nie f nre de fau- >3
Ma^imius lui répondit imnit
j ai été n ^ eu^le ; mais depuis
— Oiiclle luii.ièrc l*a donc ';^- •
éilairé |iar la foi en Nuire \: U^
Chnst. *> Vatériei, irrhé, te lit y:Utél0^
rivière par*dessus un pout. Lepr^^trçBrf'
Bù
RP
son c rps , Fensevelit ciai5 le
lî(*re deCallisle, sut la voie Appiermo ,
Dizième dus c*'ilendes de février (20 jan-
,0n voit encore dans les C^Uacombes le
leiii de M'îXimius .ivececUe inscription :
>eau de Maxiinius* Le corps a (ié en-
. il n'y a plus que la toriibe.
teuite Valérien, usant de gr-ande dilî-
I» envoya soixante-dix soldats qiii,
I trouvé Eusèbet Adrias, Hippolyte,
lue et l(*urs enla^Us, les saisiri'Dt et les
lèfcil sur la place Trajane. Mnis le dia-
RarcelJus arrivant , arinthémalisa Valé-
paree qu'il avait tlonné Fordre d arnV
}B amis ik! In vérité. Alors Secondiarms,
II de sa tOj^e /probablement assesseur
»ge), dit : « CeJni-ci < st eh ré lien comme
iSitres. » Eu>ebe fut introduit le |jreojier.
Se rinlerrogea : « C est donc toi qui
es la ville? dis ton nom. — Je suis
B et Je op apjjflle Eiis(H)e, » Le juge le
tirer séparénirnl et ûl venir Adria.s : ee-
1, interrogé, «til qu*il se nonnnait Adr as.
i;^e dit : « D'où te viennent tes biens et
lirgenl qui te servent à séduire le peu-
^ — Aq nom de Notre -Seii^neur Jésus-
^t ^ dit Adrias, je tien^ tout cela du tra-
de mes f*arpnts. — Si ces richesses te
Venues, dît le juge, de l'héritage de tes
ils» sers-t'en counne ils Font fait et no'i
\ pour corrompre les autres. » Adrias
Mit : « Je m'en sers f>our rutiliîé de
ardantsetfiour la mienne, dune manére
n et exempte de fraude. » Li^ juge lui
f Tu as donc une femme et des eiifants?
f sont ici e'iehaînés comme moi , dit
rs. — Qu'on les fasse entrer, » dd î»?
Pauline eïitra voilée aven ses enf nls
et Marie; le diacre Marcrilus et Hip-
B les suivireil* «Ce sont \k, dit le ju;.,e»
pme et tes enfants?— Qui, dit Adrias.
es deux hommes , qui «ont-ils? —
H'i est le bienheureux diMcre Marc 11 us;
lire est mon frère Ui|>pùl yi , serviteur
k'U. » Alors le juge » se touitin: i vers
M Dites vous -mômes vos u«>ms. » Mar-
Il répondit : « J*ai nom Marcellus , et
1s d ft.Te. n Le juge dit h Hipi^olyte :
loi, toi nom ? — Je me nounne Hipi o-
je suis le serviteur des s rvi leurs de
, » Le j ge fit relirer Pauline et sesen-
\ et dit à Adr i as : « Dis où sont tes tré-
et sacnfie avec les compagnons ; à ce
kou» vivrez» sr^on, vuus allez être mis
, » Hipfïolyte réiïotîdit : « Nous avons
lamour nés vanités (fici-bas» et nous
trouvé la vérité, w Le ji;ge dit : « Et
z-vous fa^t [tour cela'/ » Il répo'idit :
s avons renoncé au culte des idoles
jC^Iui du Seign- ur du eiel» àe la tr rre
Tabbiie dos mers , et du son lils Jésus-
, auquel nous croyons. »
iMge ordonna de lés conduire tous en-
tîdims la prison publique; oi tes mit
a l'ri^oi Mamertiie. Après ir isjoujs,
é de Secondiaius et de Probus , il (îl
Ir son tribunal dans le temple de Tel-
; apporter toutes sortes d'instruments
pplice. Adrias ayant été introduit , il
nr
itst
rînferrogea oe nouveau sur ses trésors.
N'ayant pas reçu de réponse, il lit allumer
Tautel de Pallas et leur ordomia d otlVir de
1 encens ; mais tous, crachant dessus, se
moquèrent du juge, Aloi-s il les lit étendre
tout nus et cruellement fouetter. La bieiïheu-
reuse Pauline, pondant qu'on la llagellait
cruellement, rendit soi;hne à Dieu, Leju^e,
voyant cela, décerna la p-ine capitale contre
Eusèbe et Marcellus ; on h-s conduisit au ro*
cher des exécutions, près de rami4iilhéâlre»au
lac du Pasteur, et le bienheureux firétre Eu-
sèbe et le diacre Marcellus furent décollés le
tr ize des calendes de novembre (20tïctobre);
leurs corjts furent jetés aux chiens, ainsi que
celui de Pauline, Un autre Hîppolyle, qui
était diaere , les recueillit et les enteira sur
la voie Appienne , à un mille de la ville,
dans 11 sablonnière où ils se rassemblaient
souvent.
Après cela, Secondiamis fit venîr dans sa
maison Adrias, ses enfants et Hi(*poîyte ,
s'enquérant avec grand soin du lieu où
étaient leurs ncliesses ; mais les saints ré-
pondirent : « Ce que nous avions, nous Ta-
vons donné aux pauvres; nos vrais tiésors ,
ce sont nos A sues que nous ne voulons pas
perdre; fais ce qui t'est ordonné, a Alors
Secondiflnus fit mettre les enfants à la tor-
ture. Leur père leur dit : « Soyez fermes ,
mes enfants. « Pendant qu'on les l< m r men-
tait, ils disaient seulement * « 0 Christ l sou-
tenez-nous, w Ensuite il tit torturer Adrias
et Hippolyte , ordonnant qu'on leur bj'ûlât
les cùtés avec des lampes ardentes. Hippo-
lyte disait : « Fais toujours. » Secondianus
leur disait : « Sacritiez, consentez en disant :
Nous allons le faire, u Mais le saint répon-
dit : « Voilà un testin sans corruption. >^
Oufi^d ils eurent beaucoun soullert, Secon-
diaims dit : « Iteh^vez Nérm et Marie ; con-
duisez-les au roi h r des exérutions; oifon
les tue en présence de \c\iv |>ère. « On les y
conduisit et on leur trancha la tôte, et leurs
coffis furent jvtés sur la voie publique. Les
fidèles les r cuedlirent et les enterrèrent sur
^a voie Appienne, h un mille de Home, dans
la carrière où ils avaient coutume de se réu-
nir, le six des calendes de novembre (27 oc-
tobre).
Secondianus ayant rapporté ces choses h
Valérien , ordonna , buit jours après , qu'on
dre-sât son tribunal dans le cirque de Fïa-
minius, et se tit amener Hippolyte et Adrias
enchaînés; il tit crier devant eux par un hé-
raut : ** Ces hommes sont des sacrilèges qui
mettent le trouble dans la ville- » Quand on
les eut introduits, le juge s'enquit encore de
leurs trésors, disant : « Donnez vos riches-
ses }{ Tâide desquelles vous corrompez le
public, » Adrias répondit : « Nous prêehons
le Christ qui daigne nous arrachera Terreur,
non pour que nous fassions périr» mais pour
que nous fassions vivre les hommes, w Se-
coniHanus, révolu de sa toge, voyant qu'il
ne pouvait rien obtenir, ordonna qu'on les
frappât longtemps sur la figure avec ûgs
fouets armés de plomb, et fit crier par le hé-
raut : « Sacrifiez aux dieui et oilrez-leur da
iin
BIP
flCNt
iltt
Tencens. » Hîppoljte , tout couTert de sang,
cria : « Continue, misérable, ne cesse pas de
nous tourmenter. » Alors Secondianus donna
ordre aux bourreaux de s'arrêter, et dit aux
confesseurs : « Prenez pitié de vous-mêmes;
j'ai bien pitié de vot e slupide entêtement. *
Ils lui répondirent : « Nous sommes prêts à
SfiufTrir tous les tourments, et nous ne fe-
rons pas ce qui nous est ordonné, soit par
loi, soit par le prince. » Seconc^ianus en ré-
féra à Valérien ; celui-ci ordonna de les faire
mourir dans les tourments en présence du
peuple. Alors Secondianus les fit amener au
pont d*Antonin , et ordonna de les frapper
avec des fouets armés de plomb iusqu à ce
qu*il$ expirassent, et après avoir longtemps
souffert, ils tombèreiit et rendirent Tespnt.
On laissa leurs cor[>s exposés au lieu même
du supplice, vis-à-vis Tlle Nycaonie. Hippo-
lyle , diacre de TEglise romain * , vint pea-
dant la nuit , et ayant emporté leurs corps
sur la voie Appienne, à un mille de la ville,
il les ensevelit dans la sablonnière, auprès
des corps des autres saints, le cinq des ides
de décembre (9 décembre).
Neuf mois après une femme nommée» Mar-
the, (in»cque d'origine, vint avec sa fdle Va-
lérie, chrétienne comme elle, pour voir ses
parents Adrias et Pauline. Les demandant
et ne les trouvant pas, ces deux femmes ap-
prirent quils étaient morts martyrs; ell'*s
en éprouvèrent une grande joie. Ayant
cherché et trouvé leur sépulcre, elles restè-
rent à côté , veillant nuit et jour pendant
treize ans , et rendirent leur âme a Dieu.
Elles furent ensevelies au mêm • lieu , le
quatre des ides de décembre (10 décembre),
dans la paix de Noire-Seigneur Jéîjus-Christ,
qui vit et règne dans les siècles des siècles. »
iBaronius, Annales y in anno Christi 259.)
/Eglise fait la fête de saint Hippolytc le 2
décembre.
HIPPOLYTE (saint), vieillard vénérable,
fut martyrisé sous Claude U le Gothique.
Vot/. Martyrs d'Ostie.
HIPPOLYTE DE LA CROIX, martyr, était
catéchiste du P. Louis d • Mrdina , mission-
naire de la compaçtnio de Jé-us aux îles Ma-
riannes. Tous Jeux furent tués à coups de
lance dans Tile de Sayi^an, le 29 ianvi r 1670.
(Pour plus de «léfails, Voy. larticle Médina.)
HIPPOLYTE (saint), eut le glorieux privi-
lé^e de rép.mdre son ^ang en Afrique pour
la défense de la religion chrétienne et de sa
foi en Jésus-Christ. Il eut pnur comjwgnons
de ses soutfrances les saints Syinphrone, Fé-
lix et leurs comi)a^ons, dont raalheurease-
meiit les nunjs ne sont point parvenus jus-
qu'à la postérité. Nous ne possédons point
d'autres détails authentiques. L'E^^lise fait
collectivement la fêle de ces glorieux mar-
tyrs le 3 février.
HIPPOLYTE (saint) , fut martyrisé à An-
tioche. Ce saint prêtre, qui fut d'abord sé-
duit et engagé dans le schisme de Novat, re-
connut bieniôt sa faute par l'effet de la grâce
de Jésus-Christ, et revint à l'unité de l'Eglise
pour laquelle et dans laquelle il endura un
glorieux martyre. Avant que de mourir, ses
amis Tarant prié de leur dire queRe sedi
était la véritable, il répondit, en d testaiitlt
do^nne de Novat , qu*i] f «Uait suivre la M
que tient la chaire de saint Pierre, inji
quoi il tendit le cou au bourrean. L*E^
honore sa sainte et glorieuse mémoire le >
janvier.
HIRÉNARQUE (sà\ï\\\ prêtre, martyr,^
rifia par sa mort la vil(e de Sébaste en Èh
ménie , sous le règne et durant la perséa-
tion de Dioclétien. Il fut mis à mort am
saint Acace, prêtre, et sept femmes chréliei-
nés. La fête de ces saints martyrs est célé-
brée r>ar l'Eglise le 27 Doveuibre.
HONOCRATE (sainte), fut au nombre des
quarante-huit martyrs mis à mort avec sût
Saturnin , en Afrique , sous le proconsd
Anuliu, en l'an de J<^sus-Christ 30S, sousk
règne et durant la persécution si atrœeqae
l'infâme Dioclétien suscita contre IT^iseds
Seigneur. (Voy. SATumïiiif .^ L'Oise tâi h
fête de tous ces saints le 11 février.
HONORAT (saint) , martyr, mourut ci
Afrique pour la foi cnrétienne avec les «iab
Dominique, Victor, Primien, Lyb05e,Cics-
ceut et Seoond. On ignore la date et les (v-
constances de leur martyre. L'E^isekaore
leur f^ainte mémoire le 29 décemlKe.
HONORAT (samt), mart^rr, versa msi-%
pour la défense de la religion. U eut pour
compagnons de son martyre les saints Bè-
mètre et Florus. L*Eglise fait leur mémoin
le 22 décembre.
HONORINE (sainte), vierge et martm,
accomplit <on sacriGce au pays d-* Caui,diBi
le nr siècle ou au commencement do n*.
Son corps fut inhumé au village deGravilk^
h Tembouchure de la Seine. Au x' sièdii
lors des incursions des Normands, ses iti-
3ues furent portées au lieu nommé aipoiv-
*hui Conflans-Saiiite-Bonorine , au dneèse
de Paris. La fête de sainte Honorine estmir-
quée au Martyrologe romain le 91 fénier.
HONORIUS(saint).mart/r, cueillit la fulne
du martyre k A*exandne avec les saisis
M tnsuet. Sévère. Appien , Dbuat et d'autres
encore, dont les noms sont ignorés. Ladite
de leurmrtrre est inconnue. L'Erse f^
nèrc leur mémoire le 30 décemb.e.
HONORIUS (saint) , martyr, >ouffrilpwr
la foi à Oslie avec saint Déinètre. No.s mV
vms point de détails sur leur martyre, lï
glise fait leur fôto le 21 novembre.
HOllMISDA (Guphrisius) ^ gouvemeori
la pruvinje des llozic'iéens en Perse, fi«>
rôtci' saint Milles, évoque de Suse (l'aiW-
en exécution de Tédit ae Sapor, qui coalit-
nait à mort tous le.^ ecclésiastiques qmp>
sévér raient dans la foi. Saint Abr09a*>
nrôtre, et saint Sinas ou Siua, diacre, eir»^
le môme sort. Hormisda les tit par deoifc^
flageller cruellement. Lors de la imsH^
comparution , indigné des réponses phô^
de sagesse et de fermeté de saint Milles*^
se précipita avec son poignard sur le s^-
évoque et lui en perça le flanc. Un frtf* '•
ce féroce gouverneur donnait en mèmeteof^
un autre coup de poisnard dans fautre c^
du saint, qui mourut de ces blessures, ii'''^
1195
BOR
\
m
loi
i
sime et Sînas , placés en face Tan de Tau Ire
sur deux tnonlagoes, furent l<pidés. Le len-
demain les detiï frères fhass^îenl an cerf;
tous deui • sans )e savoir, s'embusquèrent
vis-à-vis lue do l'aulre |KHir l'altendre au
pacage. Au moment où il traversait» tous
deux décochèrent Iturs Uèciies : la vcngefuice
div ne dirigeait ces tlèches, Ctmcun de ces
deux raonsirrs fui traversé par celle que son
frère avait tirée. Ils ujoururenl sur le lieu
même.
HOllMÏSDAS (saint) , pape et confesseur,
soutint à liome pour la défense de la reli-
gion. Nous n avons aucun détail sui^ son
compte. L'Eglise honore sa mémoire le 6
iioûl.
UORMISDAS (saint), martyr, eut la gloire
e soullVir la [rersécution pour la tbi sous
t*s rois de Perse. Yesded^^erl, qui réj^na
de l*Hn 399 à 420 , avait renouvelé la persé-
cution de CliosroésII contre IcsdinHieiiS. A
sa merti son ûls Varanes la cnntinua : Hor-
tutsdas fut une des viclimes de sa barbarie-
Il auparleuait à lune des plus anciennes fa-
fOiilesdelaPerse; s*m pèie avait été satrape
ou gouvenieor de province. Il était de la
Bc^* ues Aciiéménides. Vanines l'avant fiit
enir d vaut lui, lui donna Tordre de lenier
Ié5us-Christ. « Si je faisais ce que vous exi-
gez de moi , lui dit le saint ^ je commettrais
uu ciime envers Dieu, je transgresserais les
lois de la justice et de la charité. Quiconque
rait capable d'enfieiiidre les lois du sou-
erain Seigneur du monde ne resterait pas
^iigtemps tidèle à son prince, qui n'est qu un
omme mortel. Si ce crime de haute trahi-
son envers e monarque mérite la plus cruelle
de toutes les morts, à quoi ne doit pas s at-
tendre celui qui renonce au Dieu créateur
de Funivers* » Indigné d'une réponse aussi
sage que ferme , Varanes le lit mettre tout
nu, en lui laissant seylement un jïeiit mor-
ceau de toile pour lui ceindre les reins, et
ordtmna quM fût préposé h la conduite des
chameaux de l'armée. Au bout de cjU' Ique
temps, apercevant d'u, e de ses tenétres
Hormisdas tout bruni par le soleil ,^ il le lit
vciâr et, lui donnant une luiiique^ il lexhorta
à devenir plus, raisonnable et à renoncer au
f'N du charpentier. Hormisdas, ne pouvant
isupporter un tel langage, déchira la tunique
en pièces et la jetant aux ])ieds du roi :
«Gardez, loi dit-il, des cadeaux que vous
voulez faire payer un tel prix, a Varanes, fti-
rieux, le Ot chasser de sa prést ncc. Hormis-
das mourut en ex* rçant les fonctions aux-
quelles la barbarie du prince lavait con-
damné. L^Eglise fait sa fêle le 8 août.
HOBPUKZ , Tun des trente-sept martyrs
égyptiens qui donnèrent leur sang pour la
foi en Egypte , cl desquels Huinari a donné
les Actes aulhenliques. Voy. Martîïis {les
trente- se|U) ÊGYPxitNs*
HOKRÈS (saint) , martyr, mourut pour la
foi à Nicée avec son père saint Theudétas,
saint Marc et les saintes Théodora, Nympho-
dora et Arabie. Tous furent livrés à des
flammes ardentes et reçurent ainsi la cou-
ronne du martyre. On ignore à quelle épo-
0UM
um
que. L'Eglise vénère leur mémoire le 13
mars.
HORTULAN (saint] , martyr, mourut en
confessant Jé^u^^-Christ avec les autres saints
évéqnes Valérien, Uibain, CresceTit, Eusta-
cfie, Crescone, Crcsceniien, Félix et Floren-
tien. Ils furent condamni'S àl*eiil et y ache-
vèrent h'urs jours. L Eglise honore leur mé-
moire le 28 novembre.
HOIIUS, Tundes trente-sept martyrs égyp-
tiens qui donnèrent leur sang jiour la foren
Eg>[)te, et desquels Kuinarl a donné les
Actes authentiques* Voy. Mabtyhs (lestreute-
Sept) ÉGVPTIET^S,
HOUKNAN, prince arménien de la famille
Herapsoniank , fut l'un de ceux qui souIlVi-
reni vo'oniaiiement la captivité sous le rè-
gne d'Hazguerd , deuxième du nom , roi de
Perse » et qui ne furent remis en liberté et
renvoyés en leur [lays q* e huit ans après la
mort de ce prince, sous le règne de stn tils
Bérose. (Pour plus de détails, Voy, Princes
AHMÉ?4IK?iS.)
HUESCA, ville d*Espagne, est célèbre dans
les Annales des martyrs par les soutrrances
et la mort qu y endurèrent les saints Orens
et Patience.
HUGUES DE LINCOLN (saint) , martyr,
n*était e-icore âgé que de onze ans lorsqu'il
eut le glorieux privilège de doi^ner sa vie
pour Jésus-Christ. Le juif Joppin et plu-
sieurs de ses corel'gicmnaires s étant empa-
rés de lui le 27 août 1255 , lui percèrent lo
côté d*un couf^ de lance, lui brisèrent les
dénis, lui eou|ièrent le irez et la lèvre supé-
rieure, lui crachèrent au visage, le baltireot
de verges et le crucifièrent enfin en haine de
Jésiis-Chri>t. Le roi Henri III ayant été in-
formé de ces horribles cruautés, assembla
son parlement à Heading, et condamna Jop-
uin et ses complices à être liés pur les ta-
lons à déjeunes chevaux, qui les traînèrent
jusqu'à ce qu'ils fussent déchirés en pièces.
Leurs cadavres furent en>uite pendus à des
gibets. I/Eglise honore la mémoiie de notre
saint le 27 août.
HUMK, un des plus célèbres adeptes du
philosophisme en Angleterre , descendait
d'u^e des plus grandes familles d Ec<iSse.
Natif dEilimbourg en 171V, il y étudia la
science des Lujas et des Barthole Anglais.
Il ne put réussir dans le barreau. Il n y avait
pas (rnptitude, disent les historiens. Nous
trouvons d'»ns i'hyrane qu'on chante le jour
de saint Yves, avocat» ces doux vers tou-
chants de vérité :
AdvùCQhis, et non îairOf
Res miranda populo.
Expliquent-ils le genre d'aptitude qui
manqu u h Hume [uhav réussir dans cette
prufe^ï»ion ? Nous ne savons. Le fait est
que n<itre futur [philosophe ne réussit )»a$
mieux dans le commerce. Nous commf n-
çfins a croire qu*il ressemblai L r^ saiiil VveS*
Il qu tla >rt i^atiie et vint en France, pays
de Cocagne pour les Anglais. On y mange
h bon marché lf»s roastI>eef et los l)Pafleaks
si cUcrs en Ani;l(*lt*rre 1 On sait que les
provisions de bouche sont oxorhil.mles
(Ifins la dispense de nos voisins. Hume
vint habiter Keiins, puis ta Flèche (*t les
campagnes environnantes, pro >abIemonl du
coti^ du Mans, vu sa spéci.ilit''. lnst;dlé con-
vonablement quant au confortable. Hume,
qui n*avait pu être ni avocat ni marchand,
se mil, en qualité d'honnôle homme, à tra-
vailler à son livre intitulé : l'raité de la na
tare humaine: livre scandaleux quant à son
but et à sa qualité, mais livre qui manqua
son etre% puisqu'il ne répondit pas mux vues
de lauteur. Il n'eut pas de succès, pas
même ce!ui du scandale nour lequel Huma
Tavait composé. Ce livre fut publié après le
retour de l'auteur à Londres : on France on
n'en aurait pas tol/ré Timoression. Hume,
qui tenait à vivre bien et h bon marché, re-
vint en France ; il vécut quelque temps soli-
taire et travaillant à un nouveau livre gui
parut II E limbnurg en 17i2. Il était intit'ilé :
Essais de morale, de ptli tique et de littéra-
ture, 11 eut un peu lus de succès cpie son
aine, et valut à Hume d'être a.iptlé, eu
(lualité do nré.:epteur, près du marquis
u Analdîile. é"cr«''taire du général S.iint-
Clair quelque temps après, il le suivit dans
ses amlnssades de Vienne et d^ Turin. Il
prolita do ses loisirs, po »r refaire enlière-
menl, sans fiouvoir le rendre plus intéres-
sant, son livre De la nature humaine. Il publia
d'autres ouvrages philosophiqu s, où il mon-
tra du talent, mais une détestable impiété,
et dans lesquels il étala des principes sub-
ver^^ifs de tout ce qui s^rt de bases à la
société humaine , morale et religion. II
coinmî'nce par s'isol.»r de tout point d'appui,
marche à lAtons, et va en avant à casse-;:ou,
sans espoir, saus but, sans direction. Pour
lui, rien au ciel : il Ta dépeuplé. Dieu
existe-t-il ? Il n'en sait rien. La vie future,
il la nie. Que fait il su- terre? Il Tignore.
A-l-il le droit d'en sortir violemment et à
son «ré ? 11 l'affirme , car il préconise le
suicide et dit que c'est un crime d'empêcher
un homme maioeureux de se tuer. 11 n admet
qu'un [irincipe comme règle du bien et du
mal, la bienveillance. Les actes n'ont donc
de valeur bonne ou mauvaise que relative-
m.nt aux autres hommes. En £ait de reli-
gion, il n'en admet aucune : il croit qu'on
peut trèà-bien s'en passer; au fait, tant quà
choisir, il donnerait la préférence au poly-
l léisme. Il se croit autorisé h pré endre (du
moins il l'allirme) qu'il n'existe ians la na-
ture hiimaine aucune cause fixe de religion.
Ses idéts h cet égard s.#nl d'''velop|)ées dans
(ieîix ouvrn^ivs intitulés: Histoire naturelle
dr la rrlitjiun, et Dialogues sur la religion na-
turelle.
Hume drtu.stait les monarchies absolues,
il n'aimait pas mieux la démocratie. II était
pour ce «vsiènie intermédiaire qu'o ï nonnne
le gouvernom^'Ul conslituliouiel , d.t vul-
gairement le gouvernement des bâtons dans
(ps roues. Il éca.t, à rencontre de Jean-Jac-
^pMft, SOU auix, l'un des parraius de cette
bus
\\^
m-^chine gouvemementaTe d'importation an-
glais r*, qui f;iit depuis trente-dnq ans la
délie s de la France et qui iii«.iHCcikIei
prnloDg«*r encore.
Hutne a fait une histoire d*ADglf terre oà
il sème h cha |ue pige son inépris pour luî-
tes les religions, avec accoa],raguem"Bide
maximes fort dangereuses. Cette histoire n'fo
est |)as moins un ouvrage de XB,mX : elle
s rait encore généralement recherchée, i
celle de Lingard n'avait été publiée depoii.
Hume, ayant voulu bâtir dans le Tidei|*l
laissé aucun monument. En tant qmphimi-
phe, il est de ceuï qui se sont posiés cMhM
uémolisseurs. Ce sont le$ Erostfste de H
pensée et de la fa^sôn, fis ire icmt céMÔrN
a ne par la grandeur de ce qu'ils eut toÂ
étruire.
HOLNÊRIC, était fils aîné de G^nséric, roi
des Van laies en Afrique. Quand il oeeupi
le trône de son père, il suscita une Tioleol*
persécution aux catholiques, car il Ad
arien. II en fit périr un ^nd n'>nibrediD5
d'affreuses tortures, ent e auti es les samlsLI-
bjrat, Bo ifac •, Servus, Rusticus, Ko^it,5w-
tim ' et Maxime, qu'il coiidamiia à èlreM/d
sur un bateau chargé de lK)is. Dieu ne^mX
pas que le feu pût s'ailuniei*. Huiiéricln^s*
por e de fureur, les fit assommer i eoou
de rames et letef à la mer. U mourut en in
d'une malaaie qui hti fît éprouver des duo-
leurs in'ouïes.
BlORTADO (le bienheureux AvGCsmni),
missionnaire de la compagnie de Jésos, mt
massacré en 16V7, dans le territoire des Arh
doas, sur le fleuve des Amazones, pir les
infidèles à qui il atino çait rEvan.;de.
ntJSSIIES, sr>ctaires du xt* si^îcle, ainsi
nommés de Jean Huss, h ur chef. Pour parier
des peisécucions faites par eux, il estooaT^
nable de dire quelle fut leur Oiigioe et
quelles étaient leurs erreurs. Jean Huss, oi
è Huss, bourg de Bohème, au sein d'osé
famille fo.t pauvre, entra de bonne beure
dans les ordres sacré>, et devint recteur de
l'université de Pra^^ûn. 11 tomba bîentdl d«i$
toutes les erreurs de Wict f, et se fit on A
leurs plus ardents propagateurs. Wîclefiriiit
que 1 bomme eût le libre arbitré; et censé*
quemment soutenait que Dieu ôjpérait oé-tf*
sairement en lui le bien* comme IcmaKIlrto-
versait ainsi d'un mot toute la croyance dfb
conscience humaine dars tous les temps^
dans tous lés lieux, cn/vance qui veut qtf
Tacte humain mérite ou démérite; qui, enr
mot,aitach6 une valeur ludr/^^càchaqae&il'^
la conduite humaine. Wicief hah Hait ésâ
son hérésie des vieui haillon's de la phito*-
phie indienne, auxquels déjà Mahomet ant
arraché un lambeau pour sa doctrine <frt>
fata'ité. Ces novateurs sont tous le« oêa^
depuis les temps les plus reculés comuit?^
no-î jours; ils sont frappés de sléiril té, i!^
n':nvi;ntent rien ; ils reprennent avec ''
niaiseiie béaie dî Tig^orance toultt ^
viriilencs suranné s que Tantiquité â jeCi^
dans régout des temps, comme cbose^ D^
ves, et ils ea drapent U*ur insufiisanced^
gueiUou»^ et sotte. Ainsi le protestaiilûd^
fius
na en *^otis-<3DMvrfi les vieilles hiVésies,
imeïit CL'Uod'Arius. Fourier t'mpninto
rient lotîtes ses ili^es nouvelles, IVipc-
(Ue les Essf^nie'^s, chez lesjuifs.ovaierjt
remises en honneur. Et cim|u*»1 y n do
^r.iineiiietU triste, c%*st que t^nijours il
Olive (les niîiis, gobe-mo^jches d^^ Tin-
îDce, util ont (les /idminitîons pour (^es
es et (les écus pour leurs pn^diCiiteurs.
ions à Wiclef. Après avoir ét,'->bli la
ne de rirrespoosabilité humaine qnu
les gobe-oioiiches que nous Vi-nons de
fut aujourd'hui chez nous Li g'oire de
*t Ovven, septiènje on huiMème invei-
de celle sot Lise, \Vicîerprot'l,itii,i que
était toil et que tout était Di*'U. {Vo*j.,
ta uiônie nventlon en récSamalîon de
îilé , Spinosa , Ljcrèce » que snis-je,
ainsi jus pf^ui ie*nps seMiitique"*, au
îu de la (ihine en passant par îes In-
Oo conçoit que, d'il près celii, WiilL^f
^ntmi respiTler ni la Vi^Tge ni Jésus-
i, jpl qui! devait (tr:iit-d*u if.)n i^'Hie
i el Luther) outrager la sa in Le eucha-
fela il faut ajouter ses principes subver-
Je toute auorilé civile el re!i,^îense-
pape, tout évoque, tout roi, tout ^ei-
', perdant li grAco par le fait d'ui
f mortel , n'a pi is d'autorité spiri-
o I temporelle. Les évoques ne sont
évoque^, les rois ressent de rej^ner.
tout Bohémien d'Aîleroa^ne a dfojl «Je
• sus a I empereur tn cnaut qu'il i îoilait
fin^^ile; ni plus ni moins qu'au^ouruMiui
lubéiiiiens de Paris sur le pouvoir, en
qu il a violé la Constituhon. C'est
les novateurs llallent toujours la po-
&; ils lui font un pavois ét!^s dé-
de toute autorité : c est leur refui^e
s. Us se font les courtisans de m
ace, ses valets. De déchéaui'c en dé-
ce» ils arrivent a celle aijjectiou, N a-
►as vu Lam<^iinats, cohdaui lé en cour do
pour avoir voulu faire de l'autocratie
ide, en proclmidnt le |iape souvei-ain
e des royaumes, aller ei appel de ce
lent devant le tribunal snpremedela
^ce , siégant en places publiques el
bars? Lauieniais a od'eit au peuple la
-puiss:mce oue le pape n acceptait pas.
Ljple aime les llrtlteurs» Le lalholtque
a caché le caractère indélébile du [>i être
un autre caractère indéKbile ao^si,
de rapONlasie mise au service des pas-
pHjpulaires,
n Huss se fit donc le propagateur des
ines de Wiclef. Toute ! Allemaijne en
ifectée : le pouvoir civil s'en émut, et
t naturel. Comment un pouvoir et sur-
un pouvoir de la nature de cent qui
tient alors, pouvait-il supporter les pré-
ons d'un lorcené tel que Jean Huss,
içant à tons qu'il ne recou laissait
lô seule autorité en matière religivuse,
mne propre, interprétant à sou gi é les
1res; surtout quatid ce forceiïé préleu-
au nom de cette puissance spirituelle
iée qu'il s'attribuait ^ contester non-
tiVÈ
tm
seuiemnnt en principe mais en fait fautorité
tempondle, I/empereur s'émut donc h bon
droit des prédicalions de Jean Hus«. 1> jà
cet hérésiaque avait un parti puissant;
déjà, jtrocédaiit à la faron musulmane. Je -
nYme de Prague, son disci] le, faisait jeter à
la rivièn' quiconque refusait de croire. Ceux
qui ont tant crié contre la condamnation de
Jran Huss et de Jénime trouva\enl sans
dou e tout naturel que ces hommes, dignes
précurseurs de 93; procédassent à la ré-
forme en éliminant de celle fa(;on-lr\ tout ce
qui n'était pas avec eux. II y eut des noya-
des sous les empereurs ronïa'ns, de vraies
noyarfcs républicaines à ia Carrkr ^ avec
b«îeaux h soupafïes. Les ariens (les eusé-
hiens) firent noyer aussi qnatte-vingts ec^
clésiastirjues de ci-lte façon. Jeau Huss el les
siens noyèrent leurs antîïgonist<.*s. Jean
Hoss el Jérôme sont des martyrs que Tem-
pereur Si^^ismonJ fit injosternent mourir:
quoi de pTus naturel que cette apprénalion?
Les voltairiens qui la font n*onl-ils pas
trouvé tout simples Ïl-s ex[>loifs de Carrier à
Nantes et la bouclierie révolutionnaire de
ré^l se des Caru;es h Paris? Ch^'on tue des
préUes, héiièdietion I qu on to< chc un che-
veu d'un phiîo^^tphe, atrocité, tyrannie,
crime de èse-hu inanité 1
Si^^isii ond t)rovoqiia le concile de Con-
slanro. Jér(Vme de Prague et Jean Huss j
furent traduits : ils refus^Tent de s\ rendre.
S g smond leur doura uo sauf-ronduil : ils
y vi ire ut alors. Qu'on aecose rem|>ereur
d avoir nii^itpîé h sa parole en donnant un
sauf-condoit el en faisant arrêter après les
d*'U\ accusés qui fiaru ent comme prison-
niers au eoncde, rien de plus simple; nous
rs 'avons pa> h défendre Temjmreur» nous
voulons défendre 1 ' concile contre Ic5 atta-
ques niaises et ignorantes qui, tous les jours
enrore, lui sont lancées. On ne doit f>oint
conf) ulre rern pereur et If concil* : te con
ci le lit son devoir en condamnant coaune
hér.Hiqycs et cauouiquement les deux ac-
cusés ; il ût son devoir encore en les reraet-
ta'it au bras séculier. Sigismond les lit
bn\ier; il leur avait donné un saul-conduit,
if manqua h s^i parole. C'esl érUeil, ma s
au II ma n'avait-il pas le doit de comlamuer
à mort des gens (jui révolutionna! ent ses
Etats, qui [uojlamajênl la décl^éance de son
autorité, et qui noyaient ceui de ses su^'ets
qu'ils Dc pouvannd convertir? Vollaiie ,
dans son [yktioHnaire phtinsophiquey dit qne
Jean Huss et Jérôme parorejJ devant le
concile de Constance, et qu'ayant vé con-
vaincus d'o[>iniâtrelé , ils furent brûlés.
VoUairc avait du savoir, et, ce qui vaut
mieux souvent^ du savoir-faire. La discus-
sion sur ce fait était dangereuse ; do*>c
il ne discute pas; il insins^e par une phrase
h doub e is*»ue, il escobarde. Les savanis n'y
verront qu'une malice, et les snts y seront
pris. Cette habileté d.* lad que fait bien de
Voltaire 1 * plus dangi'reui des détracteurs
de la religion : maïs les disi ïples son. loin
d'avoir relie liabileté du mailre; ils eutieiil
tôle baissée dans la discussion.
^
I
1191 HI^S
J'ai souvenir de l'avoir vue résum<5e on
jour parfailement entre un avocat esprit-
fort et un savant, en prés**nce d*iine société
choisie pour donner gain de cause à lavocftl.
(CVHaîent les membres d*une société indus-
trielle). Le savant ftit battu. Le savant
n^avait pas i*art de la rénl tfue et Thabitude
du langage. Il était modesle et timide. L'a-
vocat était bavard (par é at) et de mauvaise
foi par caractère. Les points que Tavocat
mit eu saillie furetit ceux-ci. Lo concile livra
Jean Huss h Temperesir: il ne le devait pas,
surtout sachant ce qu'il en allait taire; sur-
tout quand l'empereur avait donné un siuf-
coiiduit. Il ajoutait que Tempereur tlt briller
Jean Huss en exécution de la sentcfice du
concile. A tout cela [lourtmt la réjjonse était
bien simple. Jean Huss était le prisonnier de
rempereur. le concile devait le rendre k Teni-
pereur. Après avoir prononcé sur la ques-
tion spirituelle, il laissait à qui de droit à
prononcer sur la question de rébellion, de
troubles occasionnés dans l Etat et d assassi-
nats commis. Ce i^V-tait plus du son ressort.
Il savait qu'on allait brûler les accusés. Peut-
^:rè et après tout ne méritaient-ils nas la
mort au point de vue civil? Nous ne aiscu»
tons pas le mode de supplice, inhén^ut à un
reste de barbarie qui tenait à l époque. Si le
concile eût voulu garder Jean H iSS, mais
fempereur l'eût envoj^i'' preo'lre d^oflice 1 C'est
si simple, qu'il est ma, s de dire le contraire.
Lempereur violait sa parole à cause du
éauf-conduit : c*est vrai ; qa y pouvait le
concile î EtaitHi^e son ntraire, évidemment
non. Maintenant, dire que Jean Huss et Jé-
rôme furent brûlés en exécution tie la sen-
tence du concile, c'est dire un mon^jo-e.
Le concile n'avait prononcé que des peines
canoniques, L empereur prononça une scti-
tence civile contre les bonimes qui révolu-
tionnaient ses Etats, qui le proclamaient dé-
chu .dans des cas donnés et qui notaient
ses sujets. Voilà la vérité historique, que ne
sauraient altérer ni les déclamations ni les
impudents mensonges. Voilà ce que savent
les hommes instruits. Si les v ol ta i riens de
bas étage pensent le contraire, c est euï
qu'il faut plaindre; slls le disent sans lo
penser, il faut les estimer ce qu*ils valent,
c'est une assez rude punition.
Après la mort de Jean Huss, ses partisans,
sous le nom de hussites, se réunirent pour
lui décerner les honneurs dus h un martyr.
Sous la conduite du fameux Zi>ka, ils s as-
semblèrent au nombre de plus de cinquante
mille et se rendirent fort redoutables. Plu-
sieurs fois ils balt rent les troupes impéri-àles ;
ils pillèrent les égbses, détruisirent les ujo-
nastères et les couvents; ils massacrèient
les religieux de plusieurs couvents, Zi.>ka
détruisit ainsi environ cinq cent cinquante
monastères, massacrant t<ms ceux des reli-
gieux ou religieuses qui refusaient de se
faire hussites. Leniant» auteur protestait, a
donné le détail de tuutes ces horreurs, dans
su i iiistùirr de ta guerre des hussites H du
conviit de Bâte, C est ainsi que lut prise et
liaitéc la ville d'Aust, La place fut réduite
Btft
IW
en eendrest les moines furent misacrtiL
Ulrio de Rosenberg, qui en éUiii gCMtfCf.
neur, fut assommé à coups de Iléaux. On b
coupa les pieds et les mains, et on l^^jKi
au i"*u avec 'es restes de son corps.
Bientôt les hussites se divisèrent eo pi».
sieurs secles, les calixtnis et les tab rttti
Les calixtins, d'accord avec les catholiques
sur les dogmes, voulaient la commuDionâflos
les di*ux espèces; les l^borites ajoutaient 1
cela filusieurs erreurs de VViclei. li y jtiji
aussi les orébites, coistiiués pardes (rofxpn
de [»aysans qui sVlaient réfugiés sur lu rnoDii»
gne d Oreb. De ce lieu où ils s*él ^ i^
chés, ils faisaient de fréijuen e- m
dans tout le pavs, massacrant, brûlant ^wtaoi
les relii^ieux. Parfois, pour varier les vnip^^
ci^s,ils les mettaient enchaînés su .el
les y laissaient mourir. A un cr -tt-
bre ils coupèrent les parties sexuelles et lei
leur pendirent au cou,
A la nouvelle de ces horreurs, les dk-
tins résolurent de détruire ceux qui l'ei
étaient rendus coupables. Les orébites lijn
su, se mirent sous la protection de Zdk
Bientôt parurent au milieu des hussites,ie$
picards ou adamites. Les aboioinat o*>>i«i-
quelles cette nouvelle secle se porta, futol
tellement révoltantes, que Ziska entreprit di
la détruire. Presque tous, exterminés |ir
ks t.■«boritl^«;, [périrent f ar le (glaive oa pv
le feu. Û'i sait ijue tes adamites qui iDl^
châient nus pour imiter nos premiers p-
rents, admettaient la communauté des h^_
mes et toutes les sories les plus abomiii
d'incestes. Ils se livraient aussi h la
mie, Ziska, après cela, co^itinua à pers
vjolemme'it les catholiques. Il brûlait lesJ
venis et égorgeait leurs habitants. IJn joarl
voulut préserver cebu de Sedlitz, parce quîl
était fort beau. Maljj^ré lui, un des siens t
mit le feu. Ziska feigiit d'en ôtre coateitll
promit une gra'ide î^omnie d'argent à lin*
cendiaire s'il voulait se découvrir. Zisb,
pour tenir sa promesse» lui do^ina en etffl
l'argeit, mais lo idu, et le lui lit avaler* ZttU
était t^ôur lors aveugle. Sur les rappoftidi
ses otiiciors, il commandait les tialaiDes as-
siégeait les places. Les troupes impériftléi
ne (touvaient tenir devant lui. Il mourutdf
la peste. A son dernier momentt il 0(Ph
raaida qu on fit de sa peau un lamlMiur.
avec lequel, disait-il, ses sectaires éuir*
sûrs de marcher à la victoire. Peu h peu te
hussites se divisèrent et, après plusieurs »-
nées, ils furent détruits comuie puissant
ou ramenés dans le sein de TEglis^. U
reste de leur histoire n'aupartient ptm I
notre sujet ; au'il nous suffise de îlirefi»
les hussites lurent d'allreux persécuMii
L'arbre doit ôtre jugé h ses fruits, et ^1^)6^
blement que les défenseurs de leaa Btf
sont de ceux qui aiment l'iir^tre paraoov
pour les hauts faits de ses uisciple*,
HYACINTliE (saint), fut martvrisé foâ
rem|»ire de Trajan ; les uns di5ieni à Nl^
près de Home, les autres à Césjrée deC%'-
padoce. Les Actes de saint HyaciaUie m
sont point assez authcfitiques pour qg'tff
lf9S
ICO
ajoute complètement foi ; on sait seulement
que c'est un magistrat nommé Léonce, hom-
me consulaire, devant aui il comparut et
par qui il fut condamne. Léonce le mena-
jant de divers supplices : a Ce ne sont
point les divers supplices d'ici-bas que je
crains, mais les éternels; c'est pourquoi je
n*ai point d'égards ni à votre commande-
ment, ni aui menaces de votre prince. Votre
colère s'enftamme el s évanouit en un mÔme
J'our. Vous ne sauriez échapper vous-même
i la mort; et anrès cela que serez-vous? n
A part ces paroles, on no |>eut rien trouver
dans les Actes de saint Hyacinthe qui soit
digne d'attirer ratterition. On fait sa fête le
26 juillet. (Vofj. CksAîHE, diacre.)
I H^^ACINTHE (saint), martyr, fut mis à
'TDorl avec saint Prote, sous le règne de Va-
lérien, en 257. On lit dans les Actes de sainte
Sugénie, honorée par TEglise le â5 décem-
îre , que tous- deux servaient chez celte
^sainte en qualité d^eunuques. S'il fViul en
proire leur épitaphe, rapportée par le pape
"auiase, tous deux étaient irères. Leurs re-
iques sont déposées à Rome, dans Téglise
[de Sainl-Jean-Baptiste, Nous manquons de
'détails bien circonstanciés sur leur mar-
tyre. L'Eglise fait leur fête le 11 septem-
bre.
HYACINTHE (saint), fut martyrisé à
Amastride, en Paphfagonie. 11 mourut en
firison, après avoir beaucoup souffert sous
e président Caslrice. Nous n'avons pas
d autres détails sur lui, L'Eglise fait sa rÔte
le 17 juillet.
HYÂt^INTHE (saint), reçut la couronne du
martyre en Lucauie avec les saints Quint,
Luciiis et Félicien. Nous ne possédons pas
d'autres détails. L*Eglise fait leur mémoire
le 29 octobre,
HYACINTHE (saint), reçut la couronne tki
martyre à Eome, avec les saints Zotique, Iré-
née ei Amance, Les détails nous mannuent
entièrement sur eux. L'Eglise fait collecti-
vement leur mémoire le 10 février.
HYACINTHE (saint), reçut la palme des
glorieui combatlanis de !a foi dans le pays
des Sabins, h trente milles de Rome. Les
compagnons de son triomphe furent les
saints Alexandre et Tiburce. L*EgUse fait
leur fête le 9 septembre.
HYGIN (saiul), fut le successeur de saint
Télesphoro dans répiscopat de Rome. Il ne
gouverna que quatre ans» qui apparemment
m^me ne furent pas entiers, puisqu^on mar-
mie tme saint Pie lui avait déjà succédé eu
f42. te poutiticat si court ne laisse pas d'être
ICO 1 iu
plus célèbre dans rhisioira que celui de ses
prédécesseurs, parce que les hérésiarques
Cerdoû et Valentin viorent alors répandre
leurs erreurs parmi les chrétiens de Rome.
Un ancien Pontifical dit que saint Hjgin fui
enterré auprès de saint Pierre le 30 décem-
bre. Anastase dit que ce fut le 11 janvier,
auquel le Martyrologe romain et quelques
autres nouveaux en marquent la fête* Adon,
Notker et quelques autres plus anciens la
mettent le 10. Il y en a qui marquent que
c'est le jour de sa mort et qu*il fut enterré
le lendemain- Les nouveaux Hiouorent du
titre de martjr, et Molanus, l'un de ceui-ci,
dit qu on le donne à ce pape et à quelques
autres, parc<^ qu'ils ont beaucoup souffert
pour Jésus-Christ. Les plus anciens ne lui
donnent aucun litre, et Quelques martyro-
loges, dont fun est écrit il j a plus de cinq
cents ans, le qualifient confesseur. On peut
assurer que saint Irénée n'a point su qu'il
fiH martyr. On lui attribue quelques ordon-
nances dont Bollandus ne veut point se ren-
dre garant. (Tdlemont, t. II, p. 252.)
HYLAS, père de saint Vit (ou saint Guy)^
ayant appris que son fils avait reçu de Cres-
cence, sa nourrice^ les principes de la foi
chrétienne, et qu'il en pratiquait les com-
mandements, entra dans une violente co-
lère. Après avoir lait lui-même souffrir à
sou iiis les supplices les plus cruels pour le
contraindre h embrasser le culte des idoles,
il poussa la cruauté juscju'à le livrer à Va-
lénen, Kouverueur de la bicilê. On jieut voir
le détail de ces faits aux articles de saint
Vit et de sainte Crescence. Ils se passaient
au commencement du n* siècle.
HYPACE (saint), martyr, évéque d'Asie,
versa son sang pour le culte des saintes ima-
ges avec saint André, prêtre, sous lempe-
reur Léon llsaurien. On enduisit leur barbe
de poix, puis ou la brûla. Enfin la peau de
leur tête fut enlevée, et ils forent égor-
gés. Ou ignore la date précise de leur mar-
tyre* L'Eglise honore leur mémoire le 20
août.
HYPACE (saint), confesseur» souflVit pour
la foi en Fhrygie. Maliieureusement les Ac-
tes des niartjis ne nous ont conservé aucun
document sur lui et sur les circonstances
qui illustrer* nt sa courageuse confession de
la religion chrétienne. L'Eglise fait sa mé-
moire le 17 juin.
HYPAt]E (saint), martyr, souffrit à Cons-
tantinople pour la foi avec Lncillien , an-
cien prêtre d'idoles, et trois autres erdants
de son âge, Paul, Denis et Claude. (Fay. Lu*
ciLLiEN pour plus de détails.)
ICONE, aujourd'hui Konieh, vilk de l'Asie
Mineure, en Phrygie, sur les tronfms de la
CUicie. C'était la capitale de la Lycaonie.
Saint Paul et saint Barnabe furent obligés
d'en partir, parce que le peuple voulait les
lapider. Sous rempired'Aurélien, un ullkicr
DtCTtO»Ii. P£S PEnSÉCUTIONS. L
nommé Domitien, envoyé par le prince pour
persécuter les chrétiens, fit comparaître à
son tribunal saint Conon et son iils, et leur
fit souûrir h»s plus épouvanlables sup|dices.
Il les fit étendre sur le lit de fer embrasé, sur
les chai'bOQS ardents arrosés d'huile. Il les fit
38
IIM
U»
w
m
ensuite plonger dans une chaudière pleine
d'IiuUe bouillante, et leur Qt couper les maios.
L*atrocilé de pareils supplices va biea à ce
nom de Doœitien. Du reste, celui qui le por-
tait était un descendant du tyran du même
nom qui persécuta si violemment l'Eglise.
ICONOCLASTES (briseurs d'images), secte
religieuse, qui prit naissance au V siècle,
sous l'empereur Zenon. Elle regardait com-
me une idolâtrie le culte qu'on rendait aux
imag.^s, et poursuivait ce culle avec achar-
nement. Le premier qui s'avisa de prétendre
que rendre (les honneurs aux images, c'était
les adorer, et par conséquent commettre un
crime, fut un nommé Xénaias ou Philoxène,
que Pierre le Foulon avait nommé évoque à
la place do Cyrus d'Hiéraple. Ce Xénaïas
était Persan d'origine: il avait été chassé de
son pays par lo patriarche Calendion, parce
que, prêchant des doctrines subvctrsives de
kfoi, iljproduisait do l'agitation parmi le
peuple. Qua^d il tut établi évôq lO d'Hiéra-
ple, plusieurs évôaucs nersans sei) émurent
et vinrent dire qu il n était autre qu'un es-
clave fugitif, et que môme il n'était }>as bap-
tisé. Pierre ne s'en mit pas en peine, et pré-
tendit que l'ordination épiscopale pouvait
très-bien lui tenir lieu de baptême. Enlro
autres doctrines hétérodoxes qu'il prêcha,
Xénaïas soutint que le culte rendu auxima-
Ses était idolàlrique. Il disait que les anges
tait incorporels , il n'était pas permis de
leur donner des corps, ni do les peindre en
fiffure humaine. Que ce n'était point honorer
Jcsus-Christ que de dépeindre son imago, et
qu'il n'y avait oue l'adoration en esprit et en
vérité qui lui lût agréable. Que c'était une
imagination puérile de faire des colombes de
relief pour représenter le Saint-Esprit. Car,
disait-il, il no s'est pas fait coloml>e, il a
seulement [)aru en cette forme une seule fois,
sans en prendro la subsîaicc. Sa pratique
était conforme h sa doctrine. 11 effaça en
plusieurs endroits les images des anges et
cacha ccllo de Jésus-Christ dans les lieux
secrels. (Fleury, vol. 11, p. 517.)
C'était en /*85 ou ^86 ipie Xénaïas atta-
quait ainsi le culio des images. Il eut d'a-
bord très-peu de sénateurs, et ceux (|ui sui-
virent s(?s idées furent longtemps traités i^r
l'Eglise commn des gens sans imporlanjo.
Ce ne fut qu'en 727 i|ue cette hérjsie parut
avec force, et devint a la fois une per>écu-
tion contre l'Eglise et un véril.ihle danger
pour la foi d'un grand nombre. Durant Tété
de l'année 720, un volcan sou^-marin fit
Jine violente éruption dans l'Archipel, entre
les îles Théra et Thérésia. La mer, bouillon-
nant avec fiirc ir, pn-siMitait en cet endroit
Taspecl d'une véritable tempôie; et de son
sein sortait une immense quantit;''de pierres
ponces , qui étaient lancées de tous côtés '
sur les terres voisines des dc.ix continents
d*A$io et d'Europe. Cette éruptio;» volcani-
que produisit une île nouvelle, qui se mon-
tra près de celle d'Hiéra. Quoique de pareils
accidents fussent assez fréquents, l'empereur
Léon l'Isaurien, qui régnait alors, prit cela
pour un prodige annonçant la colère du
cieU irrité, pensait-il, k cnm 4q coltt que
les cbcétiens rendaient aux images. On pré-
tend qu'il avait reçu celle idée des musul-
mans. Il y fut contirmé par un Boniué Bt»
ser, Syrien, né de chrétiens, (p%U étant prit
f^ar ces iitfidèles, avait apostasie et embrassé
eur reliKion, et depuis, étant délivré, étiit
revenu chez les Romains. L'empereur Léoi
en faisait cas h cause de la force de soi
corps et de la conformité de leurs seati-
ments. Il fut encore appuvé dans cette erreai
par Constantin y évoque de Nacolie en thrj^
gie.
Donc, après la dixième année de soi
règne. Tan de Jésus-Chri 1 727, ayant assem-
blé le peuple, il dit publiquement que taire
des images était un acte c|'ido1fttrie, et({ud
Ear conséquent, on ne devait pv^^ les adorer.
0 peufile gémit à ce discours ; l'emnerfur
n*en dit pas davantage alors, et tâcha ue (lo>
ner un tuire sens h ses paroles ; mais saîBl
Germain, patriarche de Constantino;)le,lu
résista fortement, soutenant que les iiB^
avaient toujours été en usage dans l'B^
et déclarant qu*il était prêt k mourir pou
leur défense.
Il essaye aussi de ramener à la raison ks
évéques qui étaient dans i.s sentiments d«
l'empereur , particulièrement Constaniii,
évoque de Nacolie, auttur de cette hérésie.
Nous avons trois lettres que Germain écrirt
sur ce sujet. La première à Jean^ évoque df
Synnade en Phrygie, métro|)olitain de Xooj-
tantin, où il dit : « Le patrice Taraise w!\
rendu voire lettre où vous parlez de révè-
que de Nacol'e. Je vous déclare doneau'a-
vantqucje Teusse reçue, cet évéque éi«(
venu ici, nous entrâmes en discours, eti'eii^
minai son sentiment touchant ce que j avais
oui de lui. Et voici la défense, car il fcoi
vous dire tout en détail. Ait:si, ayant oui,
dit-il, ces paroles de l'Ecriture : Tu ne ians
aucuic image pour KaJorer, soit de eeipi
est au ciel, soit de ce qui est sur la terre:
j'ai dit qu'il ne fallait point adorer les oo-
vrage< des hommes, mais au reste nous
croyons les saints martyrs digies de taut
honneur, et nous imploions leur interoe»-
sion. Je lui répondis : La foi chrétienne, soa
culle et son adoiation, se rapporteiit k Mes
seid, C(imme il Cîit écrit : Tu adoreras leSrf-
gneur ton Dieu et tu le serviras seul. C'est
à 1 ii seul que s'adresse notre do\ologied
notre cutte. Ladoiologie est celte prièrefit
l'Eglise répète si souvent : « tiloire soitu
Père « t au ¥i\s et au Saint-Esprit. » âii^
Germain continue : Nous iraciorons poioiii
créatures, à Dieu ne plaise ; et nous ne ren-
dons point à des serviteurs comme nousie
cuite qui n'est dû qu'à Dieu. Quand o*^^
nousprosternonsdevant les empertursetl^
princes de la terre, ce n'est |>asp<>urte
adorer comme Dieu. Le prophète VUk^
se prosterna en terre devant Diavid qoi >*^
tait qu'un homme, et U n'en esl point ref^
Et quand nous permettons de faire de.s 0^
ges, ce n'est pas pour diminuer U peifecBi*
du culte divin , car nous n'en £usoos«MPi
liai
iCi>
KO
lldê
Ïïonr représeater le, divinité invisible, que "
es anges mêmes ne p*>uveiit comprendre.
Mais iMii&quB le Fils de Dieu a bii;a voulu
^e taire m^mme pour oolre salut, nous fai^on::»
^ÛBdge (le Sun humanité pour forlîlier noire
i« montrant qu'il n'a pas prk nntre nature
ar imagin;iUoEi, comme oii( ensei^ué que!-
^ues anciens hérétiques, miis reelleme^U
éi vérUablemeni* C'est à cette inteiitiori que
^ous saluai;» ces imai^es et que nous leur
étalons ihonripur et le cul le convenatule,
.^ur nous rappeler la uiémoire tic son iucar-
atiou. Nouii t^visoDS de oràiiie pour Tima^e
6 sa sainte Uèrei mon Ira ni qu étant femme
^ de même nature que nous, ello a con^u et
•htanté le Dieu ioul-puissdUt.Nous ad aurons
'"ussi et nous estimons lieureuî les raar-
j rs , les apiVtri^ , les propbèies et tous
>*3 autres saiiit*i qui ont été vrais seivilcurs
"e Dieu, éprouvés par leurs boimes teuvres,
r la |)rédicalioi de la vérité et ta pati< iice
AûslessouËrauces, qui sont ses amis et ont
;quis ui grand créiiû auprès de lui; el
Îkous peigûons leurs uuaps en mémoire de
eur coura^^e et du service agréable qu'ils
ont reu4ua Dieu, Non queiK^us^^i'éleudinns
quMs partîcipeut à la nature diviue, ni que
nous It'ur reudioiis rurMUiear et l'a^ioLation
4ue à Pieu^ mais ^*our montrer 1 alFoctioa
qu.e noui h*ur iK>rtofts et pour fortiliep jxu*
}$i^ r^eiutuie U créance de^ vérités que iious
vous appnses par les oreilles ; car étant
aisposés de chair 1 1 de sanj?, nous avons bo
[Oitt d'aS5urer notre i^me rueme par la vti^»
Sa^ul Gerpaaiù conclut aiusi sa lettre ;
kHa^i? avons e\posé tout cela à Tévéque de
'*'a<5cAie» qui l'a teçu et a déclaré devant Diea
U il le tenait ainsi et qu'il ne dirait ou f rait
nea qui put scandatiser les ueuplcs.. Vous
ne devea d^nc point lati^uer les évoques de
¥Qlva province, m vous scandaliser vous-
i^i^uK! parce sujet, mais seulement Ten-
vu^er quérir» lui lire cette lettre et l'ubfiger
à y 4oum^r son cois^'ulemenl* » Constant m,
évéque de N.*cotie, qui était porteur de celte
Ici' te, la ti U secrète et ne ia rendit point à
SOI métiop dUaiu ; c'est pourquoi le patriar-
cIm? tiermain écrivit ainsi h tlo^slanlni lui-
iu4me : « Jeai, méiropoUlai:i deSyinale,
m'a écrit que vous ne Uii aviez pas re^idu
ma leilre. Je suis f^^rt alHi j;é que vous a/ea
été SI, peu touclié de la craitite do Uiou, de
la charré et de rhomenr ifue les ujeiubres
de JésuS'Ch^ isl se doivent les uns aux au res.
C*e:\t t»ou!'quui je vous cujoiusiie rend epip
Yous-ui(iuie i^i^:es^amm^ïïJt ma lettre f»ré<é-
di-'ulL* il voire métro|H>lnam, de vous sou-
l' remeut à lui suivant I ordi-e de
et ue ftersévérer da«is la ivsolu-
Iujh ipic vous avc2 témot^née de suivre nos
Stîntime Us sa is viius a}»puyer sur voire pro-
pre sejjs ; car je cross q »e vous u^avoz jms
oublié «jue vous m avez [»néda.cept«ir votre
rsiUAticiâiioo «^ i'é^ii>coiiat^ sous f>réie\te<[ue
Voià voulait se soulever coitie vous pour un
criise dotU vous ue vous sentiez |*as cuu fia-
ble» aasurant que vous navie? rien dit, ni
ri^faàt d^iojuneui à Notre- Seigneur, ni è
M% mmis aa sujet de Iwri imai^tft, mu)^
ment que vous aviez proposé la doctrine do
TEcriture : qu'il ne laui rendre à la créature
aucun lionneur divin. Je voulus ce que j'é*
crivais àvotre (Détropolitaiii ; vous déclarâtes
que vous en étiez d accord, et je vaus en don-
nai copie» Ne scandalisez donc pas le peuple
innocent, ma s sou veneat- vous du terrible
jugement de Dieu contre les auteuis duscaȕ-
dale, et sachez que, jusqu'à ce que vous ay»^z
rendu ma b Itre à volie mélropohlain , je
vous défends, au nom delasainle Triinlé, de
faire aucune fo[iction d'évèque, car j aime
mieuï user de quelque rigueur que me reu-
dre cou|mbie moi-même d va ni Dieu. ^
Le paliiarcbe iiermain écrivit encore h
Thumas, évoque de Cl nidiof*oli<t, qui s'était
déclaré contre les images; il lui dît mire
autres choses : « Vous avez Hé l ngltm]»s
avec nous, nous logions ensemble, vo^is fTO-
posicz quehiu» fois des questions de rEcri-
ture, saus que jauiais vous nous ayez dit un
mot sur ïos ima.es des saints, \ie Jésus-
Christ ou de sa sain(e i\lère. Voi s avex g;.rdâ
un profond sdence sur ce sujet. Toutefois,
j'ap]>rends qu'étant de retour en votre ville,
vous avez fait ùter les images comme par
une eommnne fésoluhon, un dessein arrêté.
J'ai peine h le cfoiro, mais je suis obligé de
vou*; en dire mon sentiment, S(mvenez-vous
prcmiéremeol que nous devons éviter en
tout les nouveautés, mais principalement
quand ce peut éire une occasion de scandale
au peuple Odèle, et que Ton s'oppose h une
coutume établie depuis longtemps dans
rK>;lise. D^ailleurs, nous devons réruter les
calomnies que les inlidèlcs ramassent contre
l'Mgbse et montrer sa noble et divine immo-
bilité. Or, ce n est [>as (ranjourd'hui que les
Juifs et les vrais ii»ohUres nous nnt lait ce
refToehe, sans autre tlessein que de noircir
notre foi ; cm^ ils ne se soucient pas de nous
détourner des ouvrages des honnne^, eux
dont tout le cube y est allachi'\ qui ne con-
nnissent rien au-dessus des chnsos sensibhs,
qui ne font qu'abaisser ei» toutes niaïuères
la nature divine, renfermer dans un lieu, et
la représenler par des ijua^ics corporelles.
Quant aux Sarrasins ou Mu>ufmnns, il leur
reproche la [lierre noire de la maison Cîrrréo
dt' la Mecque, ijiii esi le principal objet du
|»Merinaçe. tl s étend ensuite bur la [Mircté
de la rebf^ioy chrétifoiie qui n'a f our ohjet
d'adontliiMi qu'un seul vrai Dieu invisible tl
inaccessible dans sa gloire Au contrait e,
ijit-if, les id'lâlres croient faire un dieu rpjî
n'é ait |»oint aujïaravanl, et quand il est dé-
Irtdt, ils cro]ÇïU n'avoir plus de dieu, sili
n'en font un autre seuiblabfe. Les honneurs
qu1ls leur re idcnt sont [ileins dedissohjlir*n
et de toutes sorlcs d'actions et de paioles
clésimnnéies. Mais au roitraire, les images
des sanls qui sont chez les chrétiens ne
servent qu'fi l s eiciler h la vertu, comme
feraient les discours des gens de bien ; car
la peuiluree«l une histoire abrégée, « l tout
se raiiporte h la gloire du Père céleste*
Quand nousadoj'ons ï image de Jésus-Christ,
nous n'adorons pas les couleurs appliquées
sur du tKHS; c'est te Biéti mnsible qui est
IIM
ÎCO
dans le sein en Père que nous adorons en
esprit et en vérité. Et onsuîte, depuis la fin
des persécutions, on a tenu plusieurs con-
ciles œcuméniques, qui ont lait des canons
sur des sujets bien moins importants que
relui des images. Cependant , ils n*auraient
pas dû le laisser sans examen, si cette an-
cienne coutume nous conduisait, comme
Ton prétend, à fidolâlrie contre ta défense
des saintes Ecritures, et nous éloignait de
Dieu. Car celui" qui a promis aux apôtres
d'être avec euï jusqu'à la fin des siècles, l'a
promis îiussi aux évoques qui devaient après
eux gouverner TEglisn. Et [luisqull a dit
quil serait au milieu de ileux ou trois, as-
semblés en son nom, il n*aurait pas aban-
donné de si grandes muititudes réunies par
le zèle de sa religion, sans leur commu-
niquer son inspiration et sa conduite, d'au-
tant plus que cette coulume n'est pas seule-
ment établie dans un petit nombre de villes
ou dans les moins considérables, mais pres-
que dans tous les pays et dans les premières
et les plus illustres Éj;lises, ^
Il repond ensuite h robjeclion tirée de
TEcriture, où Dieu défend de faire aucune
image de ce qui est au ciel ou sur la terre.
« Le sens, dit-il, en est manifeste , qu« la
nature divine est invisible et incompréhen-
sible, et qu'il ne faut pas s'imaginer qu'elle
ait rien de semblable avec tes images corpo-
relles. Car après avoir dit : Vom navez vu
aucune image lorsque le Seigneur vous a parié
sur le mont Horcb^ il ajoute aussitôt : Ne
vous trompez pas w faisant qutl(fut sculp-
ture^ et le reste : tant pour les fan^e souve-
nir du veau d'or que [>our les détourner de
la coutume des Egyptiens qu'ils connais-
saient. C'est ce que dit saint Paul aux Athé*
ni eus : quVitauf enfouis de Dieu^ nous ne de-
vons pas croire que la nature divine soii scfn-
hlnùie à tor, à Varient ou à l'ouvrage des
hommes. Or, nous ne reconnaissous qu'un
Dieu, nous n'adorons que lui et nous n'of-
frons quà lui le sacrifice par Jésus-Cbrist. »
Et ensuite : « Les chrétiens ne rendent au-
cun cube ni aucun honneur aux images de
leurs parents ou de leurs amis; mais, en re-
gardant rimage d'un saint, nous rendons
gloire à Dieu. » Et encore : « On ne doit
pas être scandalisé de ce qu'on présente aux
nuages des saints des lumières ou des par-
fums. Ce sont di^s symboles do leurs vertus
pour sifiÇuitier leur lumière spirituelle, et
rinspiration du Sâuit-Esprit. » Et encore ;
« Ce qui est bien important, c'est que Dieu
a fait souvent des mn^acles sur d*j5 images
dont il y a plusieurs liisloires , cmume des
guérisons des malades, dont nous avons
nous-mêmes Texpérience, des charmes rom-
fms, des apparitions en songe, et ce qui est
lors de doute et sans contredit, Timage de
la sainte Vierge nui était h Sozopolis de Pl-
sidie, a répandu tic sa main peinte un par-
fum liquide; il y en a plusieurs témoins. >*
Il ne parle que des images île la plate pein-
ture, et il n'y en avait pas d'autres dans les
églises, iuivant l'usage que les Grecs con-
servent encore. C^esl pourquoi saint Ger^
ICO
main, parlant de la statue de
rhémorroisse dressa en rboniietir étJ
Cbrist, ajoute : «Nous ne dîscwis p«i eeta
pour dire que nous devions aToir desite-
tues de bronze. » C'est ce qui na'i pttM et
plus remarquable dans ces trois lettres.
It ne manqua pas d*écrire au pipe Gré-
goire ce qui se passait en une affaire si îv-
portante» et le pape lui fit réponse p«r a»
grande lettre où d abord il le félicite mr h
vigueur avec laquelle il défend la dodr»
de FEglise* w Elle ne s'est jamais trompét.
dit le pape, qnoiqu*on se rimagine; elcett^
tradition n*a rien de commun avec )i pftli-
que des païens. !1 faut regarder rtnleolÎQB
et non pas Taclion. Si les prophéties o^otl
pas éïé accomplies par rincaraatina du Hh
de Dieu, il ne faut pas peindre ce qui i^'*|p^
été; mais puisque tout s'est passé rédfc-
ment^ qu'il est né, qu*il a fait des mincies,
qu'il a soutlert» qu'il est ressuscité^ |iWkl i
Dieu que le ciel, la terre, la mer, tous les ma-
maux, toutes les plantes , pussent racoolir
ces merveilles par la parole^ par TécTitiiei
ou par la peinture 1
tf On appelle idoles les images deceori
n'est point et qui ne subsiste que dans m
fables et les inventions frivoles des ptîK
Mais TEglise n*a rien de commun amtil
idoles; à Dieu ne plaise, nous o'avoiis ^
mais adoré des vaches, ni le ve^n d*or,fl
regardé la créature comme un Bieu, ni repi
les mystères de Béelpbégur. Que si quelqn'ilD
veut imiter les Juifs en accusant rÉglisedV
dobUrie, à cause des vénérables imageSi
nous le regardons comme un chien qui aboil
en vain et nous lui dirons comme auxlmli:
Plût a Dieu qu'Israël eût profilé des dioieft
sensibles que Dieu lui avait ordonnées pour
le mènera lui; qu'il etit aimé le saint aorf
plutôt que les vaelies de Samarie, la ^erp
d'Aiiron plutôt (|u Astarte, et la pierre d*irf
Teau était sortie plutôt que Baal. h C'est
ainsi que TEglise romaine était d'acoori
avec celle de Constantinople.
Uentreprise deFempereur Léon contre hs
images lui attira une révolte des peuples de
la Grèce et des C yclades, qui armèrent «m
Hotte sous prétexte de zèle pour la n
menant avec eux un nommé Cosoie p
couronner em[)ereur. Les chefs de celte tf-
mée étaient Agallien qui commanditit o
GrècCj et Etienoc. S'étant approchés é
Constantinople, ils donnèrent uue batAsfkli
18 aval, indiction dixième, Tan 7âf7. Ltf
rebelles y turent entièrement défaits. A^
lien se Jeta dans la mer tout armé; Coswi
Etienne furent pris et eurent la tête tfii'
chée. Ce succès encouragea rempereurliW
à persécuter les catboliques, et il til den***
veaux efforts pour gagner le patriarchefitf*
maiui qui s'était déclaré contre les reWta^
L'empereur, l'ayant fait venir , enipto'
pour le persuader les paroles les fiJuiW'
teuses. Le patriarche lui dit : Nous ifui^
bien oui dire que les saintes ioiagei ^
vaientètre ôtées, mais non sousvotivrii^
Léon rayant pressé de dire sous quel ifl^p^
reur, il répondit, sous ConoD, Léon ttfO^*
IfOl
ICO
lœ
liOi
l'il est vrai que mon nom de baplôrae est
I Conon, Et le patrîorclie reprit : A Dieu ne
"plaise, soigiif^iir, que ce mai s'accomplisse
sous votre règne î Celui qui rexéculera est
un persécuteur de l'antéchrist, et tend à
renverser ie mystère de riiieamation. En-
suite, voyant l'empereur irrité de ce dis-
cours, il îe tit souvenir de ce qu'il avait j>ro-
mis à son couronnement, et comme il avait
pris Dieu à téuioin qu'il ne changerait rien
a la tradition de FEgHse. L'empereur n'en
fut point touché, mms il continua de parler
au patriarche pour en tirer, s'il pouvait,
Quelque discours oifensant, afin de le faire
déposer corame séditieux» lï était aidé dans
ce dessein par Anastase, disciple et syncelle
du patriarche ; car il était dans les mêmes
sentiments que lempereur, qui lui avait
promis de le mettre à la place de Germain
dans le siège de Constantinople. Le saint pa-
triarche, iiui n'ignorait pas ta mauvaise aïs-
position d'Anastase, se contenta de lui re-
présenter sa trahison avec sagesse et dou-
ceur. Mais voyant que son égarement était
sans retour,il lui dit un jour, comme ils en-
traient chez Terapereur, et qu*Anastase h
suivant avait marché sur sa robe : « Ne vous
pressez point, vous m^enlrerez que trop tôt
dans lldpuodroine. » Anastase fut troublé de
cette parole, aussi hien que reux qui l'en-
tendirent; mais elle fut véritîée vingt ans
après, quand Tempereur Constantin fit dé-
poser honteusement Anastase, l'an tkk; car
ceci se passait en 729. L'empereur prit donc
en aversion le patriarche Germain, accusant
d'idolâtrie tous les empereurs ses prédéces-
seurs, tons les évoques et tous les chré-
tiens ; car il était trop ignorant pour com-
prendre la diirérence du culte relatif et al>-
solu. Et il ne condamnait pas seulement la
vénération des images, il rejetait encore
rintercession des saints et avait leurs reli-
ques en horreur.
■ - 4u commencement de Tannée suivante, le
7 janvier, il tint un concile où il fit un dé-
cret contre les images, et voulut ohliger le
patriarche d'y souscrire ; mais le saint vieil-
lard le refusa courageusement et aima mieux
renoncer à sa dignité, H Ata son pallium
et dit entre autres paroles dignes d'un doc-
teur de l'Eglise; « 11 m est impossible, sei-
gneur, de rien innover contre la foi sans ua
concile œcuménique. » L'empereiu', irrité,
envoya au palais patriarcal des ofilciers ar-
més," pour l'en chasser à coups de poings et
avec outrage, quoiqu'il fût âgé do quatre-
vingts ans. 11 se retira dans sa maison pater-
nelle, au lieu noumié Platanie, pour y prati-
quer la vie monastique , laissant dans une
extrême désolation la ville de Constantiuo-
ple, dont il avait tenu le siège quatorze ans,
cinq mois et trois jours* H tinit saintement
I ses jours dans cette retraite, et TEglise ho*
nore sa mémoire le VZ mai. Les Grecs hono-
rent le môme jour l'ahbé Etienne, que saint
Germain tii venir de Palestine pour réformer
les moines de Constanlinople» et le 26 juin,
ils font mémoire de Jean, évéque des tjoths,
d'au delà du Pont-Euïin, que ces peuples^
après ravoir élu, envoyèrent à saint Ger-
main pour l'ordonner ; mais craignant qu'il
ne fût infecté par le commerce des héréti-
ques, il l'en vo va en Ihérie pour être sacré
par les évêques du jïays, qui le pouvaient
mieux connaître* Saml Germain avait com-
posé un ouvrage que nous n'avons plus, où
il détendait samt Grégoire de Nysse contre
ceux qui Faccusaienl d'origénisnie, et on lui
attribue quelques écrits que les meilleurs
critiques croient être d'un autre Germain ,
patriarche de Constanlinople, plus nou-
veau de cinq cents ans.
Sitôt que saint Germain eut été chassé ,
le 22 janvier 730, Athanase fut ordonné pa-
triarche de Constantinople, et mis en pos-
session h main armée, 11 donna tout pouvoir
à la cour sur TEglise, et l'empereur Léon, se
sentant ainsi autorisé, commenta à faire exé-
cuter par force son décret contre les ima-
ges.
Le grand palais de Constantinople avait
un vestibule, nommé Chalqué, parce qu'il
était couvert de lames d'airam et proche de
la place nommée Calcapratéa, c'est-à-dire le
marché au cuivre. Dans ce vestibule était
élevée luie image de Jésus-Christ sur la
ct^oix, qui était en vénération singulière. On
disait que le grand Constantin lavait fait
faire en mémoire de la croix qui lui apparut
au ciel, et on en racontait plusieurs mira-
cles, entre autres c«lui-ci : Un marchand,
nommé Théodore, ayant perdu tout son hien
par un niiufraij;e, emprunta cinquante livres
d'or à un Juif nomme Abraham, et lui donna
pour (!aution Jésus - Christ représenté en
cette image; aiirès quoi, il fit un voyage
très-heureux : le Juif se convertit, et on
nomma celte image aniiphonétts^ c'est-à-dire
te répondant. L'empereur Léon voulut com-
mencer par celte image, et envoya pour Fa-
batlre un de ses écuvers nommé Jouin. Des
femmes qui se trouvèrent présentes s elfor-
cèrent pur leurs luûères de ie détourner de
ce sacrilège ; mais sans s'arr<*^ler à elles, il
monta à une échelle et donna trois coups
de hache dans le visage de cette image. Les
femmes tirèrent l'échelle, firent tomber Jouin,
le tuèrent sur la place et le mirent en pièces.
Toutefois rimage fut abattue et brûlée , et
l'empereur lii mettre ci la place une simple
croix avec une inscription , pour marquer
qu'il en avait fait^ôter l'image ; car les ico-
noclastes honoraient la croix, pourvu qu'elle
n'etlt pas de crucifix ; ils n'en voulaient
qu aux images qui avaient Ogure humaine.
Les femmes qui avaient massacré Jouin
coururent au palais patriarcaï, et jetant des
pierres, elles criaient contre Anastase : «In-
fâme ennemi de la vérité I as-tu donc usurpé
le sacerdoce pour renverser les choses sa-
crées?» Anastase, outré de cette insulte, cou-
rut à l'emf^ereur, et obtint que ces femmes
fussent punies du dernier supplice. On til
mourir aussi dix autres personnes, huit hom-
mes et deux femmes , pour cette même
image, et FEglise grecque les honore comme
martyrs le 9 août* Plusieurs chrétiens d'Oo-
cident furent témoins de cette violence ; il jr
I
IMI
KO
en avait de Rome » de France, du pays des -
VaiidaleSf de Mauritanie, de Gothie, et ils
portèrent chez eux ces tristes nouvelles.
Comme Tempcreur Léon était ignorant, il
persécuta principalement les gens tl'étudo et
abolit lésée ili3sJes saintes lettresqui avaient
subsisté (lopuis !e KranJ Constantin. li y
avait h Coristan(ii)ople, près du palais, une
bibliothô lue fon lée par les empereurs, con-
tenant f»lusde 3d,000 volume^. Lebibl.othé-
Caire, nommé Lœcuméni |ue, était un homme
d*un mérite distingué , et il en avait douze
autes sous lui, qui en>cignaieiil gratuite-
ment la religion et les sciences |)rofanes.
Leur mérite étnit si reconnu, qu*ii n^était
las permis, môme aux empereurs, de rien
laire d'extraordin.iire sans les consulter.
L*empercur Léon iit son possible, i^r mena-
ces et par promesses, pour les amener à son
opinion touchant les ima:^es ; mais enfin, dé-
sespérant d y réussir, il (it entourer la biblio-
thèque dv' fascines et de bois sec, et la brûla
avec les livres et ceux qui les gardaient. En-
fin, il voulut obliger, tant par la violence que
par les caresses, tous les habitants de Cous-
t'tntinople à ôter toutes les images de Jésus-
Christ, de la Vierge et des saints, quelque
part qu'elles fussent, les brûler au milieu
de la ville et blanchir toutes les (Vglises pein-
tes. Et comme plusieurs refusaient d*obéir,
on coupa la tôte à quelques-uns , d'autres
(urent mutilés de quelque partie du corf>a.
plusieurs, tant clercs que moines et simples
laïques, soulTrirea^ le mariyre en cette occa-
sion.
La nouvelle de cette persécution étant por-
tée en Italie, on abattit les images de IVm-
Koreur, on les foula aux pifds, et les Lom-
ards, proRtant de l'occasion, tirent des cour-
ses dans la Pentapole. Dès l'onzième indic-
lion, c'est-à-dire Vni 728, les Lombards
ayant surpris Sutry en Toscane, le pape lit
tant envers le roi Luitprand, par lettres et
par présents, qu'il rendit la pl.ice, quoique
dépouillée de tout. Mais ensuite il convint
avec l'exarque Eutychius de joindre leurs
forces, aUn que le roi pût soumettre à soi
obiissance hs ducs de Spolète et de Béné-
vent, et que l'exarque se rendtt maitre de
Rome pour exécuter les ordres qu'il av.iit
depuis longtemps contre la personne du
pape. Le roi , ayant soumis les deux ducs,
vint aux portes de Rome, d'où le pape .«sor-
tit, et lui paria si fortement qne le roi se
prosterna à ses pieds et promit de ne faire
mal à personne. Il ôta m^me ses armes, et
mit devant le corps de saint Pierre son man-
t au, son baudrier et son épée dorée, une
couronne d'or et une croix d'argent. Après
avoir fat sa prière, il demanda au pape de
vouloir bien recevoir aussi l'exarqueà la paix,
cequi fut fait. Le roi Luitprand se retira ainsi,
et Texarque Eutychius entra dans Rome.
Tandis qu'il y séjournait , Tibère , sur-
nommé Pétase, se révolta dans la Toscane,
voulant se faire reconnaître empereur, et at-
tira à son parti trois villes, Manture, Lune
et Blède, ^ui lui i)rôtèrenl serment. L'exar-
qae, euB«que et Ûmm en Ait fort alarmé;
mais te pape 1 encouragea et #nTa7« ann
lui et avec son armée les premiers do clti|L
Us arrivèrent à Manture où Pétase fut iaé
et sa tête envoyée à Constantinople. Tout^
fois, l'empereur ne s'apaisa f>as enveif ki
Romains. Ensuite ayant fait son décret ce»*
tre les images, il lenvoya è Houie, promH-
tant au pa})e, s*il acquiesçait, de le reœvoir
en ses bonnes^râces, nonobstant tout le pissé,
et le mena(;ant de le faire déposer s*il empê-
chait l'exécution de ses ordres. M<iis le pape,
voyant Timpiété de Ses ordonnances, se pré-
para à résister à l'empereur comme à u
ennemi de l'Eglise, et écrivit de tous oûtè
aux tidèles pour les préserver de cette noti-
velle erreur. Les peuples de la Pentapole d
Tannée de la Vénétie rejetèrent Tordre de
l'empereur , et déclarèrent au*i!8 cominl*
traient vigoureusement pour la défense Ai
gupe. Ils anathématisèrerit Paul , exarque iê
avenne^ celui qui l'avait envové, cesU-
dire Tem()ereur et ceux qui lui obéissaicDL
Ils se choisirent des chefs ; et enfin tueH
l'Italie, par délibération commune, résotat
d'élire un autre emperear et de ïemtm
à Constantinople. Mais le pape, espéranili
conversion de Léon, arrêta l'exécutîoi à
ce dessein.
Cependant Exhilarat, duc de Naples, avu
son uls Adrien, étant maître de la Caoïfiim
Eersuada au peuple de cette fnrovinee tê-
éir à l'empereur et de tuer le pape ; mais hi
Romains le prirent avec son HIs et les Inâ
mourir tous deui; ensuite ils ctiasièitil
Pierre, duc de Rome, disant qu^il avait M
à l'empereur contre le [tape. A Raveiff.*
peuple fut divisé : les uns tenaient hfrt
de l'empereur, les autres celui do poit
des catholiques ; ils en vinrent «oi namt
tnèrnnt le patrice Paul, exarque de Raredie-
Plusieurs places de l'Emilie , et AatMN
d ns la Pentapole , se rendirent aux IM-
birds. Enfin, ils prirent RUTenm «lêie.
comme il paraît par une lettre du r<ai»e Gn-
goire II, à Ursus, duc de Venise , uii pluôi
de la province de Ravennc, nommée «éaé-
tie, où il dit : Puisque \Hnfr nos péché» Il
ville do Ravenne a été pitise par la nalioi
infâme des Lombards, et que Veiarqoede
meure à Venise comme nous Tarons appriSi
vous devez vous joindre h lui et comoittfV
avec lui pour nous, afin que RaTennesol
rendue à l'empire, et remise sous loMs-
sance de nos maîtres, Léon et Co^istaflCit
D'un autre cùté^ l'empereur enrova I BIfpks
le patrice Eutychius, eunuque, qui avlrit Hè
exarque de Ravenne. Celui-ci envoya ai'?
ses gens à Rome avec ses lettres, poilaol or*
dre de tuer le pape et le^ premiers (le h
ville ; ce qui avant été découvert, les Ha*
mains voulaient tuer le fvatrrce Itâi-fôêfs^:
mais le pape s'y opposa sf\ fortement. <pi
l*emf)écha. Ils anatnématisèrent dont If p^
Irice Eutychius, et s'oblf^èfent fous \mU!h
ment, gfands et f.etits, è mourir phildf qot
de peinnottre que Ton fil aucun mal ro pj*
qui défendait la foi avec tant de zèle. Leji-
trice Eutychius envoya drs députai aa rd
LéHpnmd et tfetx ducs dtt Ldmtanb, M^
promettant de grandes soTTunes sVs tou-
îijîejit abandonner le pape. Mriis eonnnîssaTit
iâ mauvaise roïmité du pntrice par ses lot-
ire», ifs se joignirent aux Romains et firent
Je mMe serment p^Mir la déîense du [lant*.
Grégoihe, d * son côté, f>our s auirer un plus
grand secours de la put de Dten, ré j 'an il ait
de très-grandes *iumônes, s àp liquail h la
prière et au jeûne, et faisait tous les jours
des processions. Et quoitfa'il espérât en Dieu
plus qu*aux hommes, il ne laissait pas de
rendre grAees au pouplc de sn bonne volonli?;
il i't'xhortait doucement a faire des pro.:rès
•tlans Ja vertu et è conserver la foi , mais en
bi<>nie temps à ne pas se déparlir de ralfoc-
lion et de la lidcMîté, qu'il devait h rcnipire
romain ; et toutefois les Grecs ont aecuï^é !e
napp Gréi|;oire II tf'iuoir soustrait Tilalie à
robéissanee dt* Tempereur, mais il en faut
plulôl croire ceui qui ont «^-erit en Italie,
L^' nouveau patriarche de Constaitlinoiille,
AnastBse , envoya sa lettre synodiquo au
papeGréçTOire if,qui, fevoyailliouténn Vhé-
résic de> icorîoela^tes, ne crut pas le devoif
reconnaître [Kïur soi confrère; mais il lui
écrjvii pour l'avertir que s'il ne reventiit à
lit foi e^ilhoiique, il serait privé du sacerdoce.
Le |>ape Givgoii e II ne surv«'>cut p^is long-
temps, et fjt enterré .*i Sai. t-Fîerre, le 13
février ♦ irii/iction qualorzènie, Tan 731,
aijrt'^s avoir tenu le saiot-siége qnuizc ans,
huit mois et huit jours. Il til emq ordina-
tion?, quatre au mois île septembre, et or-
donna tri'nte-cinq prôlres et qu.itie diacres^
outre cent cinquante évéques* Il iit faire uu
calice d^or orné de pierrTics, du poids do
trenl'* livrés , et nne jialène dor, tic vingt-
huit livr*?s et demie, 1! donna ati clergé et
^iruï ffiona^teres deut raille cent soixante
DUS dor^ Cl deu\ mille pour le luminaire
de Saint Pierre. L'Eglise Thonoire entre les
saints le 13 lévrier.
0e son t 'oqis, il y ent quelques difTérfends
entre les étôques de Frioul el dr* Grade. Se-
rénus, évoque se Frioul, *iyant usurpé quel-
ueâ dro is sur Douât, jjalnareîie de Grade,
5 paj^ (irégoire H lui écrivit en 7!20, lui re-
présentait qy'd lui avait accordé le palliura
â la prière du roi des Lombards, mais à con-
dition de se conten èr de ee qu'il avait pos-
sédé jusqu'alors, sans faire aucune edtrc-
pnse sur f>cr5onne. I! ini enjoint donc de se
contenir dans ses bornes, qui etaieit celles
de la domination des Lombards. 11 (krivit
aussi à Douât, palriarcbede Grnde, aux <5vô-
cf^s^ au duc Marcel et au f>euple de Véné-
lia et dis trie, le> avertissant de prendre
gard*» que les Lotnbards ne profitassent de
ce différend entre les évÀqtrcs, j)Our en-
treprendre sur îetjr pays* Sérénus était pro-
prement patriarche d'Aquilée , résidaril à
^^rioul, et Donal, patriarcne d*A(tutîée, rôsi-
'ittt à Grade, sur les lerr<*s des Roujains,
près la mort de Sérénus, Calliste, bommo
lifible, archidiacre de Trévise, fut ordonné
pair arche d'Aquilée à Frioul avec la faveur
du roi Luitpruid. lï y avait à Frioul un ûvù-
Ique p.irliculier qui était ahirs Ainator, el le
ptttriarctte, sujet des Lombards, ne pouvant
demeurer h Frioul, parce qu'il eût été trop
exjHisé aux incursions des Rnmains,demcu-
rait à Cormone, Calliste, fier de sa noblesse,
en fut cbo({ué et ne put souffrir que cet évo-
que demeunlt driTis la canitaleavec le duc et
les Lombards, tandis qu il était avec le petit
peupîc 11 lit donc en sorte de dia^ser Ama-
tor de la vil'o de Frioul, et s'établit da^^s sa
m dson. l'emmo, qui étaitalorsduc de Frioul,
en fut irrité, el de concert avec ( lusieurs
Lombards, il prit le patrinrche Callisie , le
mena <n un cliAteau nommé Ponce, sur le
bord de la merci Vy voulut précifiiter; mais
il se cuuienta de le mettre en prison où il
ne lui donnail que du pain. Le roi Luilpiaiid
rayant apfU'is, entra en grande colèie, ôta le
due [lé à Pemmo et le donna à son (ils M-
cbis.
Après la mort du pape Grégoire II, le
saitil-siéj^e ne vaqua que Irenlo-ciiiq jours ;
car k>!">qu'on faisait ses funérailles, tout le
peuple de Home, comme par i us pi rai ion di-
vine, enleva de force le prêtre Grégoire qui
y assistait, et lYdut (>afie. C'était un Syrien
ir^s-doux, Irès-sajxe et bien instruit des
saintes Ecritures. 11 savait les psaumes par
cœiu', el sV'iail exercée en pénétrer les sc:is
cachés ; il savait le grec et le latin, parlait
bien, p ré r ha il avec ^orcc el ai^Tém^nl. II
était grand amaîctir d s pauvres et donnait
Texemple de toutes les vertus. Il tint le
siège jxans el nL*uf mois. Les anciens au-
teurs le nomment souvent G réiioire le Jeûna
et le conibndeel uuelquefois avec son pré-
décesseur, (ïrinripalement les Grecs.
Le |j3pe Gré^oir<» liï, des le commence-
ment de son pirilitical, écrivit à rempereur
Léon, nour répondre a une lettre qu'il avait
écrite a lui ou à Grégoire H. La réponse du
pape commence ainsi : *< Nous avons reçu,
pêïïdant la quator/âéine indiction de votro
régne, la lettre de Votre Majesté de la même
indiction , et celle de la quinzième, do Ja
première el des suivantes jusqu*à la neu-
vième, M Pendant le règne de Léon , Tindic-
lion quatorzième ne se i enconlre qu'en Tau
73! ; mais par la quinzieujo et les neuf
suivantes, il faut entendre les dix premiè-
res années «le son régne, pendant lesquelles
il parut calbolique.Le pape continue : « Nous
gardons soigneusement vos lettres dans Té-
gliso de Saint-Pierre avec celle de vos ffé-
décesseurs. Dans c* s lettres, scellées do vo-
tre sceau, et souscrites de votre main avec la
cinabre, vous confessez notre sainte foi dans
toule sa porclé,et vous déclarez maudit qui-
conque ose contrevenir aux décisions des
Pères. Qui vous oblige donc niainteoant
h regarder en arrière, après avoir si bieu
marché dix ans durant? Pendant tout ce
temps, vous n avez point parlé des saintes
images, et maintenant, vous dites qu'elles
tiennent la place des idoles, et une ceux qui
les adorenl sont îles idolAlres. Vous ordon-
nez de les aliolir entièiement et vous ne
ci*aignez point le jugenviildc Dieu, en scan-
dalisant non-scti!etuent îes lidèles, mais les
infidèles, Poin-quoi, comme empereur et
chef des chàélieas, n*ave2-vous pas iuiei-
1Î07
ICO
rogé les hommes savants et pleins d'expé*
rience ? Ils vous auraient appris pourquoi
Dieu a défeodu d'adorer les ouvrages des
liorames. Les Pères, nos maîtres, et les six con-
ciles nousonllaissé cette tradition, et vous
ne recevez pas leur témoignage, Noos som-
mes obligé, parce que vous fites grossier et
ignorant, de vous écrire des discours gros-
siers, mais pleips de sens et de la vérité de
Dieu. Nous voos conjurons de quitter votre
présomption et votre orgueil ^ et de nous
écouter liumbleiuenL
« Dieu a ainsi parlé h. cause des idolâtres
qui habitaient la Terre promise et adoraient
des animaux d'or, d^argent et de bois, des
oiseaux et toutes sortes de créatures, et di-
saient : Voilà nos dieux, et il n j en a point
d'autres. C'est pour cela que Dieu a défendu
Jes ouvrages des hommes, nuisibles et mau-
dits, inventés par le démon. Mais il y en a
que Dieu même a ordonnés pour son ser-
vice, comme les tables de la loi, Tarche et
les chérubins. N'était-ce pas des ouvrages
de mains d*homines? Dans les derniers
temps, Dieu a envoyé son Fils qui s*est in-
carné, a paru dans Jérusalem, a fait plusieurs
acHons sensil>les. Ceux qui lavaient vu
l'ont peint comme ils la v aient vu. Oii a
peint de même saint Jacques, parent de No-
tre-Seigneur, saint Etienne et les autres mar-
tyrs. Ces images s'étant répandues par tout
le monde, on a cessé d'adorer le démon
pour les adorer, non d*un culte de latrie,
mais d un culte relatif,» El ensuite ; « Pour-
nuQi ne peignons-nous pas le Père de Jésus-
Christ? Parce qu'il est impossible de pein-
dre la nature divine. Si nous Pavions vu,
nous le peindrions de même, et vous diriez
que c'est une idole. Vous dites que nous
adorons des pierres, des murailles et des
planches. Il n'en est pas ainsi, seigneur; c'est
jïour nous faire souvenir de ceux dont ce
sont les noms et les images, et pour élever
en haut notre esnrit rampant et grossier.
Nous ne les regaruonspas comme des dieux :
I^Dieu ne plaise ! nous ne mettons pas notre
espérance en ces images. Mais si c'est celle
de Notre-Seigneur, nous disons : Seigneur
Jésiis-Christ.Fih de Dieu, secourez-nous, sau-
vez-nous.Si c'est celle de sa sainte Mère, nous
disons : Sainte Mère de Dieu^ priez votre Fils
qiili sauve nosâmes. Si c'est d'un martyr: i>af'n/
Etienne^ qui avez répandu votre sang pour lé-
sus'Chriêtj et gui avez auprès de lui tant de cré-
dit c omme premier m a rtij r , /; rie z p our n o u s * »
Et ensuite : « Nous aurions pu, comme
ayant la puissance et laulorite de saint
Pierre, prononcer des peines contre vous ;
mais puisque vous vous êtes donné vous-
même la malédiction, qu'elle vous demeure.
lit ensuite il vaudrait mieux que Ton vous
nommât hérétique que persécuteur et des--
tructeur des saintes images. Mais le nom
d'hérétique ne vous convient pas, puisque
vous combattez ce qui est clair comme la
lumière. Ayant un si grand évêque que no-
tre confrère le seigneur tiermaio, vous de-
viez le consulter comme voire père, lui qui
a une si grande expérience des aûaires ec-
clésiastiques et politiques, h présent Agé de
quatre-vingt-qumze aos, qui a serri Uni
de pa tria renés et d'empereurs* Vous Vârti
laissé pour écouter ce méchant et inseosi
Ephésien, ïils d'Apsimare, et ses semblab
comme Théodose, évêqoe d'Ephèse, Pun
chef des iconoclastes, » Le pape rapporte
suite rexemple de Constantin Pogonal,
fit assembler le sixième concile et le fît
coter en s'y soumettant le premier, puis _
ajoute : (t Vous voyez, seign*^ur, que lesdéé-
sions de PEglise n'appartiennent pas ant
empereurs, mais aux évoques. C'est wuh
quoi, comme les évoques qui sont prepÎMés
aux Eglises s'abstiennent des affaires pu-
bliques, les empereurs doivent s'abstenir
des affaires ecclésiastiques, et se conteolcr
de celles qui leur sont confiées. Mais U
corde des empereurs et des évèques
seule puissance quand on traite les
avec paix et charité, »
*(Vous nous avez écrit d'assemblenjn Cé-
cile œcuménique: il ne nous semble pasàpt*
pos. C*est vous qui persécutez les imiîi,
arrêtez, et vous tenez en repas» le momie «^
ra en paix et les scaudaies cesseront. Soj*
posez que le concile est assemblé ; où ^
r empereur pieux, pour y prendre si
suivant la coutume, récompenser ceui ^
parleront bien, et poursuivre ceux qui sécï
tent de la vérité ? Vous-môme êtes rebelle,
et agissez en barbare. Ne voyez-vous t«i
que votre entreprise contre les images n «si
ctue révolte et présomption? Les Eglii^
jouissaient d'une paix profonde, quand ?0M
avez excité les combats et les scaadi^
les ; cessez, et il n'est pas besoin de concile, t
H lui marque ensuite comme tout TOech
dent est révolté contre lui, depuis qa'oor
a appris les violences qn'il a commisaà
Constantinople, On a jeté, dit-il, par \tm
vos images, on les a foulées aux pieds. Le
Lombanls, les Sarmates et les autres p«-
ples du Nord ont tait des courses daai il
malheureuse Décapoie, et ont pris RaTeoiit
même, dont ils ont chassé vos magisMl
et en ont mis de leur part. Ils veulent tniiff
de môme vos places les plus proches àè
nous et Rome aussi, sans que vous jnitt-
siez nous défendre. Voilà ce que vous f«
êtes attiré par votre imprudence*
tf Vous croyez nous épouvanter eu disafll:
J'enverrai àRome briser l'image de wM
Fierre et j'en ferai enlever le pape Gr^gdttf
chargé de chaînes, comme Constantin Bt à
Martin, Sachez que les pat>es sont îesa^
diateurset les arbitres de fa i>aix entrtlt^
rient et rOccideot : nous ne craignons pi
vos menaces; à un lieue de Rome, rfffk
Campanic , nous sommes en >' U
Décapoie dont parie ici le pape * » - iii
est la m^me province que ron appelait^
ortiinairement la Pentapole el dont BâvnM
était la capitale*
L'empereur Léon écrivit encore m Jiip
qui lui répondit en ces termes : « J'âi fi|i
votre lettre par Rutfin, votre amhassadM
el la vie ni est devenue insupporufeiiii
voyant que, loin de vous repentir* vtw*
IGO
z dans vos mauvaises dispositions,
ites : « J*ai Feiiipire et le sacerdoce, vos
esseurs le nouvaient dire, eux qui
jdé et orné les églises et les ont pro-
de concert avec tes 6v*^ques. Au con-
Yous avez dépouillé et défiguré les
\ que vous avez trouvées magniftqiie-
>rnées. Que sont nos églises, sinon les
;es des hommes, des pierres, du bois,
chauï, du mortier? Mais elles sont
par !es peintures et les histoires de
Christ et des saints. Les chrétiens y
ent leurs biens, les pères et les mères,
entre leurs bras leurs petits enfants
lux baptisés, leur montrent du doigt
Hoires, ou aux jeunes gens ou aux
1 convertis; ainsi, ils les édifient et
t leur esprit et leur cœur à Dieu. Vous
z détourné le simple peuple pour le
ans Toisiveté, les cnansons, les fables,
des lyres, des flûtes et de semblables
ries au lieu des actions de grâces et
uanges de Bien. »
jile, il lui marque aussi la différence
upire et du sacerdoce : « Comme il
ms permis à révoque de regarder dans
ais et de donner les dignités tempo-
aiflsi Tempereur ne doit pas regarder
es églises pour faire les élections du
, consacrer ou administrer les sacre-
ou même y participer sans le prêtre,
a de nous doit demeurer dans sa vo-
. Voyez-vous, seigneur, la différence
féques et des princes? Si quelqu'un
i offensé, vous confisquez sa maison,
te dépouillez, ou le bannissez, ou lui
oême la vie. Les évoques n*en usent
isi; mais si quelqu'un a péché et s eu
se, au lieu ne [étrangler ou de lui
r la tète, ils lui mettent au cou TE-
€ et la croix, ils l'emprisonnent dans
tor de l'église, la diaconie ou la salle
téchumènes; ils lui imposent des jeû-
es veilles, des prières, et apurés Tavoir
orrigé, ils lui donnent le sacré corps et
cieux sang de Notre- Seigneur, et Ten-
t pur et sans tache devant Dieu. )> Un
jui parlait ainsi était bien éloigné de
idre ôter à l'empereur sa puissance
►relie , non plus que son prédéces-
5ontinue : « Vous nous persécutez et
tyrannisez par la main de vos soldats et
s armes.de la chair. Pour nous, nous
les nus et sans armes, nous n'avons
d'armées terrestres, mais nous invo-
\ Jésus-Christ, chef de toutes les créa-
, supérieur à toutes les armées des
s célestes , avant qu'il vous livre à
pour sauver votre iime suivant la pa-
le l'Apôtre. » Et ensuite : « Vous de-
ez pourquoi dans les six conciles il
point parlé des images : je rénonds
i n'y a point parlé non plus s*il faut
er du pain et boire de Teau; nous
t reçu les images par U!ie ancienne tra-
I, les évêques eux-mêmes en portaient
oncîles, et aucun de ceux qui aimaient
ne voyageait sans images. »
ICO
itio
Le pape firégoire III envoya cette iettre
et la préctklente par le [jrètre George, qui
eut assez de faiblesse pour n'oser la rendre
à rempereur. Il la rapporla à Home et con»
fessa sa faute au pape qui, lui ayant fait de
grands reproches, voulut le déposer dan^s un
concile; à la prière des évêques, il se con-
tenta de le mettre en pénitence et le renvoya
avec les mêmes lettres. L'empereur fit re-
tenir en Sicile les lettres sans permettre que
le prêtre George les apportât h Conslanli-
nople, et le tint lui-même en exil pendant
un an.
Le mépris que l'empereur avait fait des
lettres du pape Grégoire ÏII, et la manière
dont il avait traité le prêtre George, son
légat, robligèrenl h assembler un concile à
Home, 1 au 7ââ, comme Ton croit, dans l'éj^lise
de Saint-Pierre. Il s^ trouva quatre-vingt-
treize évêques, dont les principaux étaient,
outre Je pape, Antoine, archevêqut-. do
Grade, et Jean, évoque doKavenne. Les prê-
tres, les diacres et tout le clergé de Home y
assistaient, avec les nobles, les consuls et le
reste du peup.e. En ce concile, il lut or-
donné que quii^onque mépriserait Tusage de
l'Eglise touchant la vénération des saintes
images, quiconque les ôterail, les détruirait,
les [trofanerait ou en parlerait avec mépris,
serait privé du corps et du sang de Jésus-
Christ et séparé de la communion de l'E-
glise. Ce décret fut souscrit solennellement
par tous ceux qui assistaient au concile, et
on y joignit les autorités des papes précé-
dents. Ensuite le pape envoya par Cons-
tantin, défanseur, des lettres'à l'empereur
Léon qui furent retenues, comme les précé-
dentes, et le porteur Constantin mis en une
étroite prison où il demeura près d'un an.
Puis on lui ôta les lettres de force, et après
ravoir roenacé et maltraité, on le renvoya.
Toute rilalie en corps envoya une requête
à l'empereur pour le rétablissement des
images; mais elle fut aussitôt <Mée à ceux
qui en étaient chargés, par le patrice Ser-
gius, gouverneur de Sicile; on les retint
huit mois et on les renvoya honteusement.
Le pape ne laissa pas d'écrire encore sur ce
sujet, tant à Tempereur qu'au patriarche
Anastase, et envoya à Conslantinople, par le
défenseur Pierre, les lettres qui furent aussi
sans effet. Au conlraire , l'empereur Léon,
irrité contre le pape et contre Tltalie révoltée,
arma une grande llotle qu'il y envoya j mais
elle fit naufrage dans la mer Adriatique- Sa
fureur en augmenta. Il haussa du tiers la
capitation de Calabre et do Sicile, faisant
tenir registre de tous les enfants mâles qui
naissaient, et il conlisqua dans les terres de
son obéissaoce les patrimoines de Saint-
Pierre de Home, montant h trois talents d'or
et demi qui font 22V,000 livres. En Orient,
il persécuta violutumcnt ceux qui soutenaient
rhonneur des saintes images; mais il ne les
faisait pas mourir de peur qu'ils ne fussent
honorés comme martyrs. Il se contentait or-
dinairement de les liannir après les avoir
emprisonnés et tourmentés. Les Grecs n'ont
pas laissé de conserver la mémoire de ceux
ttll
!CB
qui soirfïlireril daws cette perséruUon des
icunoclnsles, et on les; trouve la pîopaH dans
le ruéiolfige de l'empei-eyr Basile, Mais il
n'est pas toujours aisé th discerner sous
quh\ empereur ils ont soiilfert ; et or* a axwU
tiut'fois confiudu Léon l^^aurieu avec L(!^on
Arménien qui ne régna que dans le sièdo
suivant.
Il y avilit en Orient un ^ranti défenseur
des saintes imnges, mais il était hor^ de la
Euissanre de l'eninerenr : c'était Jem, né h
atnas, d'une famille illusîre et chrétienne et
d'un père vertueux, qui le tlt inslriiire dt»ns
toutes les sciences [ïrofanes fel dans les sain-
tes lettres, Ensaiie il renonça aux riehes-
ses de son père et se fit moine avec CAoïe,
depuis évènoe de Maiunie, !la entrèrent lous
deux dans le monastère de Sa irït-Sabiis,nrôs
de Jérusalem, el Jean y ym'-sn sa vie. Il fut
surnommé Mansour el'Ctirysorrons : le pre-
mier nom signiïie racheté /le second fleuve
d'or, et c'e^t le nom grec d'un des fleuves
qui passnut h Damas. On TiUlnbue à Jean,
pour son éloqnerjce, mais il est plus connu
|Mrnii nous sous le noiii de Damaseène.
Quand il eut appris r*ïrdre que Tempereur
Léon avait dom é en 730 conlre les saintes
images, il e^" ri vit potir leur défense un [ cré-
mier discours qnr commence parées paroles
convenables à rhumilité de îa proiesèion
monastitjue : «i Je devais plutôt, connaissant
mou indij^nité, garder un [lerpétuel silence»
et me touentpr de confess^ir à Dieu mes pé-
chés. Mais, tovant ri^'ÈsHse fondée sur la
pierre, agitée d*une violente tempête. Je ne
cro^s pas devoir me taire^iarce que je crains
Bieu plus que je ne crains rempereur. Au
contraire, c*est ce qui ra'etcitc; caM'au!or;(é
des pHnces est d*un grand [toids pour sé-
duire l^s sujets. Il j en a peu qui méprisent
leurs commandements injustes et qui consi-
dèrent qoe les rois de la terre sont soumis
an lOi céleste et doivent obéir au\ tois. » 11
ni**t [tour fondement de son discours que
TEglise ne peut errer et tinli n'est pas per-
ihisde la soupçoftnef- d'un abus aussi gros-
sier que i'i.loUVtrie, ptds entrant en matière :
fi lésais, dit-il, que celui qui ne ment pfunt
a dit î Tu n'auras point dedii uk étrangers et
lu ne te feras point de sculptures ni d'imjges
de ce qui est ati ciel otx sur la lerre. Aussi»
n*adore qu'un seul Dieu , et je n*attri-
qu'à fui seul le cuHo ûi^ Liîrie. Je
n'adore point la créature, mais le créateur,
qui i»'est fait créature poiu- élre seviibîable à
moi. J*adore avec ce grand roi îe c^.Tps qui
est froùr aÎRsi dire sa pourpre, .fose faire
une image de Dieu Tnv!Sil>le , imn en tant
qu'il est visible, mais en tant qu'i J s'est rendu
visible pour nous. Mais Dieu a dit f lar Moïse ;
Tu fit ftrùïï point d'images. Apprenez Cnro-
nn^nt Moïse reijïlitjue lui-ménu; dans le Deu-
téronome : Le Seigneur nous a parlé dit mi~
tiea du feu: tmts n'avez vu aucune image,
vôiis avez ieutemenl md sa roix^ de peur
OH m regardant te ciel et voyant le snleil, h
Intit H les étoiles, vous ne vous laissiez «/-
duire pûur in adorrr et lus strvlr. Voyez-
YdtiS qw son desseto n'e^fl que dé vou^ dê-
ie n*
l)uô
l'erifaoce, nous savons re qu'il H
et ce q l'il est inqios>îbIe ue re\ i ,: |»
tbitt'nèf lî'adorer la <iréaluré au lieu du crff.
teiir, et d'attribuer à quelqu'autre qu*i \m
îe culte de latrie. Ce précepte éihd à^m
pour les Juifs enclins à ridôlâtrie;ma'5jint
nous, h qui il e<l rlonné de conn 4h
tement la nature divine, qui "vV
des inîajçes. Comment jmurrait-uti iâiit^^n
image de ce!ui qui n a ni li^^ure, ni borsat
on peindre par i\i}S couleurs cel«àqiiiD*i
point de corjfS? Mais depuis qa*il &'es| ty
tiomme, vous pouvez fiiire Ticnage de ii
forme luimaino. Vous pouvz peindre sa i;!»*
sance de la Vierge, son baptême ûéns ]i
Jourdain, sa transfiguration sur le Tbbor,
ses tiiurinents, sa croii, si sépulture, giré-
suirection, son a?^cension. E\pnmei m
cela par les cuuleurs aussi bieu que ptrhi
paroles. Ne crai|$nez riei. »
Il explique ensuite les diCTér^Tilei tigi^
fications du mot image et du mol adoi^
lion, a Le Fils de Dieu est riuKigiî sin
Père. Les idées de Dieu sont les \m^
choses qu'il veut faire. Les choses si%
sont des images des choses insenjitk»,*
Ainsi, rEcrilnre, pours'accominoderijoli»
faiblesse, attribue quelquefois à Die«ftiA*i
angesdes figures corporelles ^•^' ^po•l!^
prëst nter la Trinité, nous en i Ud»-
paralson du soleil, de sa luîmert' et ^ m
rayon, de la source el du ruisseau. Nousi^
petons encore image le signe descbosesb*'
tures ; ainsi, 1 arche d'alliance, la ? çrfeifii'
ron et l*urne de la manuc slçoifi^ticoi b
sainte Vieri^e , le serpent d*airairî ^igei9llt
Jésus-Christ en croix, la mer et la ouérfr
gnidaîent le baplémê. On nomme ««rt
image ce qui couserve la mémoire des é^
ses passées, soit f^ar lettres, comm^mii
Dieu éerivit sa loi sur des tables et otmm
d'écrire la vie des hommes qui lui élii •
chers, soit par (rautres monumeou seift-
blë«, comme Turne el la verv^ -^ ■ >l û ph
dej' dans l'arche. 0*ez don- ^ swirt
d'images et déelnrez-vous runir^- crW<*
les a Kut faire, ou recevez-les tautei««hi*
cune comme il lut convieTii*
« Ladoralujn se prend eu deui mifiièm
Il y a celle que nous rendons h Dietuiiri
adorable par sa nature el qui s*4i|ipelli ^
trie; il y en a une autre que nous iibéK
à causr^ de Dieu à ses amis et & $e$ ser viMA
comme quand Josué et Dovid adorèrmilAf
angr'S, ou aux lieux et aux choses coiisirt
à Dieu on au\ princes (pfil a établis. G
quartd Jacnb adora Esau , sou frère
et quand Joseph fut adoré par s<^
11 y a aussi une ad!»rali
honneur rendu réciproqi
tre Abraham et les en
donc toute adoratkin, ou
duns les occasions convr
un seul Dieu et un sçn
quoi donc Dfdonnc-t-il iici tiioset -
res? Pourquoi fait-il cf*uvrir le |n»fj|ili»>>
ih chérubins faits de niaiii cl'l»ouin»«TC^
cire, Purne et le propiltaloire ne sont-^tf*'
les ouvrages des liomiDcs, faits» setoQ v^
recevet4w ^ÊfÊt
iteurtr
ICO
rafttîèr^ viie. Le tabernacle tout en-^
esUl pôs, comme ci il FApôtre, la co-
'omlïre des ehosos ct^lesies? Lri même
i ûéïeml les imngr^s ordonne dniK- de
toi images? El ensuite : Le bo s sacré
frnîx nVst-il pas inntifTe? Kt ]v lieu du
re i4 la fïierro dn S/r]nl-^é[)nlere »
\ de nntre résiirreclton, cl le^ leUrus
€B Evnngiles sont érriL^î, et la sainte
et Tor et Tcirgenl dont oi f-dt tes
H les vases sncrt^s, enihi le coq)set]o
le Noire-Seigneur, font cela n'est-il
UéHel? Otez dono le culte et la véné-
de toutes ces choses , ou conve'icï
m peut honorer les imniçes de Dien in-
5 de ses iiniis, w On voit ici ctjrubicn
ses seisibles les iconoclastes respee-
encore,
t Jean Damascène ajoute : <t Si c'est
Wir h \'à loi que vous voulez ôter les
ï. rous pouvez aussi recevoir Itt sab-
la circoncisinu. Mois sachez que si
>bservez la loi, lésus-Christ ne vous
ra de rien. Eti^nsuite, ilsdiseiit : con-
|-TOus de faire fiiiinge de Jc^sus-Christ
^ Mère. Quelle .absurdité! Ne voye/-
p^e f-ti^f^ YQug vous déclarez oiivèrte-
^ des saints, puisque vous ne
HriHsn pas leurs images, mais les
ors qu'on leur rend? » Kt ensuit'' :
Dmple de Snlonion était orné tout à
irde chérubins, de palmes» de grena-
6 bœufs, de lions. N'esl-il pas plus dé-
l**jmer l'S murailles de la maison de
d'images des saints que d^^niitiaux
•aison ? Nous ne voulons pas peuidre
Christ sans les sa i ni s qui composent
ir. Que renipereurde la terre se d<^
îde la sienne avant qnedf* dr^fjouillet
îiîîrn, >i El ensuit^* : « AtitretbiSt on ne
ni diMemples aux bfimmes, et
Lv..-ij»4it point la mort des justes |îar
I, mai^ par les larmes; au eontrau-e,
gui avait tuuclié on tuorï, fût-ce le
de Moise, était réputé imtrmnde. Otez
res f*Hes instituées en l'honîteur des
contre les maiimes de Tancienne loi,
evez leurs irn,^î^es que vous prétendez
jniraires h la loi. Mais vous ne pouvez
c<*s fêtes établies par les apôtres et
es. Car,deî>tjf% Vincarnalion do Verbe,
sommes vraiment saociihés, délivrés
s soiiffrabces, immortels par sa résur-
1. Depuis Ce teuqis nous hormrons
rt des saints par la joie et no^ [lar
il. » El ensuite : « L'ombre ou la cein-
es apôlres guérissait les ma ades. et
it les démons t Pourijuoi leur image
a-t-elle pas honorée? Ou n'adorez rien
lériel» ou ne soyez poiet nu valeur, cl
niez pas b^s bornes élemello^î '^i"»'- -^
s pères, qui ont établi les i
e, non-seuieme:it par leurs értu-. .i* n-
lraditif»n, n Ici, saint J<^an paraascéue
•le le fameux pass^rge de saint Basile,
son liv^e du Sttint-Iiiipntfi}! de celui
Tt Paul : Drmrurcz firme ^ et comervez
àitions aue vous avez reçues de nous,
r tinvotx^ soit par Mtrtt. t
•0»
ItU
Ensuite il répond à Tobjectioti tiret
de saint Eplphane, qui déchira un rideau
où était peinte une image. Saint Jean Da-
me scC ne dit premièrement que cet écrit
n'est pcnl-éirepas de saint Epiphane, en-
suite qu'il a pu en user ainsi pour corriger
quehiues abus, comme saint Alha»iase or-
donna dVnlorrer h s reliques des saints,
Jiour abolir la mauvaise coutume des Égyp-
tiens qui ganJaient leurs morts sur des lils.
€ar, que saint Epiphaue n'ait |>as prélen u
alïolir les. images, on le voit par smi église
qui en est encore h présent ornée. Enfiti
son autorilé seule ne prévaudrait pointa
ctdlede toute T Eglise,
î^aint Jean Damascéne rapporte, h la fin de
ce discours, plusieurs passa.;es des Pères en
faveur fin culte de<î images i premièrement,
de saint Denis» qu'on appelle vulgairement
l'Aréop^igile ; puis de saint Basilt?', de saint
Ctrégoire d*^ Nysse, qui dit avoir été touché
Justpraoï larm-'s, de la peinture du sacri-
tice d^^liraham ; de saint Jean Chrysostome,
de Léon, évéque de Naples en Chvpre, et
sur ce dernier il ajoute : w Quel est le meil-
leur interprète de sainl Epipliatie, ce saint
évéque qui a prêché dans la même tîe de
Chypre, oi!i cent qui parlent selon leur sens
poriiculier? » Et ensuite : « Il y a eu f*lu-
sieurs évéques et plusieurs empereurs chré-
tiens, distingués par leur piété, leur doc-
trine et leur sainte vie ; on a tenu [plusieurs
cnnciles, d'où vient que personne n a con-
damné le cuif e des images ? Nous ne soulTri*
rons pas qu'il paraisse qoe nous ayons eu
divers sentrnieofs et varié selon le temps,
de(>eur que les iniîdèlcs ne regardent notre
foi comme un jeu et une raillerie. Nous n*o
béirons point à 1 finlre de Icmpcreur, qui
vient renverser la eoulume de nos pères.
Les princes pieut ne prétendent point abo-
lir les usages de l'Eglise. Ce n*esl pas agir
en père, mars en voleur, que de commandef
avec viole ice au lien de fiersunder par rai-
son» témoin le second crincile d'Ephèse, «jne
lo'i appelle encore /*• i^r%m<%e. Ce n est
pas aut firinces qu1l appartient de tiécider
sur ces matières, mais aux concdes. Ce n'est
pas mi\ iirinees, mais aux apôtres et }\ leurs
successeuf'S que Jésus -Christ a donné la
puissance de lier ou de délier. Quand ce se-
rait un anfje^ dit saint Prttil, tpu tous prêche-
rait un autre Erangik que celui que tous
miet reçu,..., N'fijoutonspâs le teste pour leur
donner lieu par notre douceur de changer
de scntimeiL Que si, ce qu'à Dieu ne pîaise,
ils persistent avec opiniâtreté dans leur er-
reur, alors nous prononcerons ce qui suit,
cesl-h-dire Tanathème. » Ces paroles font
croire que ce discours fat publié incontinent
ifi>t:.^ l'étlït de Tempereur Léon contre les
•s. c'est-è-dire Tan 73f), avant que Ton
t ..i ^qmHs e^ Pale**tinû l'exil du patriarche
taint Germain, dont il n'est parlé que dam
le discours suivant.
Au commencemenl du second discours,
sairrl Jean Damascène se reconnaît obligé
de parler (»our soutenir la vérité, parce qu il
a reça le tairai de la parole, c'est-à-tkre la
commission de parler dans TEglise, ce qui
semble marquer que dès lors H élMit ^irôlre.
Il ajoute que quelques enfants de 1 Eglise
Font engagé h comfïoser ce second discours,
parce q\w plusieurs n*entendaient pas bien
le premier. 11 marque les divers artifices du
démon pour séduire les hommes, Tathéis-
me, ridolâtrie, les hérésies, « MaiiUenant,
^oute-l-il, ce m^me imposteur, oui a fait
adorer autrefois jusqu'aux images ues botes,
non-seulement aux gentils, mais aux Israé-
lites, prend une autre forme pour troubler
la paix de rEghse;car il s'est élevé des
gens qui disent que les merveilles que Jé-
sus-Christ a opérées pour notre salut, et les
r^jmbats que les saints ont rendus contre le
démon, ne doivent j>as nous être (iroposés
dans des images pour les ad mirer,- les hono-
rer, les imiter j il déclare encore qu'il ne
veut pas prononcer ana thème eontr<> les au-
teurs de cette erreur, jjarce qu*il attend leur
correction. î> Il emploie les mômes preuves
cjue dans le premier discours; mais pour ex-
ph'quer les naroles de k loi qui semblent
condamner les images, il ajoute : »< Il faut
examiner Finlention pour reconnaître la vé-
rité d'un discours. Bans TEvangile, il est
jïarlé des ténèbres, de Satan, de J'enfer;
nous ne laissons pas de le recevoir avec le
respect et Tadoration convenables ; mais
nous rejetons avec horreur les écrits des
manichéens et des autres hérétiques, quoi-
ijulls contiennent le nom de Dieu. Ainsi^
quand il s'agit des images, il faut voir Tin-
lention de celui qui en parle. )>
Il insiste ainsi sur la dilï'érence des deux
puissances, la spirituelle et la temporelle :
« Jésm-Christ^ dit saint Paul, a établi dans
fion Eglise des anôtreSy des prophètes, des
pasteurs et des aocteurs ; il ne ait pas des
empereurs, c(3 ne sont pas les rois qui vous
ont parlé de la part de Dieu, mais les apôtres
et les prophètes. Le gouvernement politique
appartient aux empereurs ; le gouvernement
de TEglise aux pasteurs et aux docteurs.
Cette violence, mes frères, est un brigan-
dage. Saiil déchira le manteau de Samuel et
perdit son royaume. Jésabel persécuta Elie
et fut mangé des chiens ; Hérode Ot mourir
saint Jean et mourut rongé de vers. Et
maintenant on vient d'envoyer en exil le
bieidieureux Germain et plusieurs autres
Pères dont nous ne savons pas les noms,
N'esl-cc pas un brigandage ? » Et ensuitep
s'adrcssant à rempereur ; « Nous vous
obéissons, seigneur, en ce qui regarde la
vie civile, comme les tributs et les imposi-
tions; mais dans les matières ecclésiasti-
nues, nous reconnaissons nos pasteurs, a
Les chrétiens d'Orient regardaient encore
les empereurs de Constantinople comme
leurs princes légitimes ; ils conservaient les
lois romaines et hi langue grecquo, en la-
quelle écrivait saint JeauDamascèue. Il ajoute
ensuite : « Les manichéens ont composé un
Evangile selon saint Thomas, faites-en un
selon rempereur Léon. Je ne reconnais point
un empereur qui usurfje le sacçrdoce. Je
sais que Valens en usa ainsi, persécutant la
foi catholique, bien qu'il portât
cîirétien, et Zenon, et Anastase, H
et Constantin qui fut en Sicile, et B
surnommé Philippique* i» A ce 4
saint Jean Damascène joint les mèi
sa^^es qu'il nvait rapportés à la fin ♦
mier, mais il y en ajoute quelque!
de sainte h rysostome, de saint Ambf
saint Maxime et de saint Anastase i
che. !
Le troisième discours pour les ioÉ
contieol presque rien qui ne soiti
deux premiers, mais il est suivi dit
grand nombre de passages.
Cependant la secte des iconoclasl
pas abattue. Vaincue par la diseus!
se releva par la violence- Après la
Léon risaurien, Constantin V, quij
céda en TVl, se montra tout aussi
que lui contre les images. 1! tint f
conciles contre la vénération des,
parlant tous les jours au peuple j
persuader de les abolir. Il ^>réparai
concilo qu'il assembla en l année %
zième de son règne, indiction
sed
it éi
la tète desquels étaient Grégoire dt
san'e, ïhéodose, évêque d Ephès^j
Fempereur Absimare, etSisinnius stt
Pastilas, évèque de Perge en Pamp
n'y avait aucun patriarche, «i pi
la part des grands sièges de Rome.
drie» d'Antioche ou de Jérusal^ —
de Constantinople était vacant
était mort la même année, d'uod'
nom [née en grec chordapse, c"e(
nœud de boyau, ipii lui faisait rejetë
créments par la bouche. Ce cancilel
bla dans le palais d'Hiérie» sur la cùU
vis-à-vis Constantinople, le dixième
février, et dura six mois, jusqu'au I
d'août, où il passa dans l'église de |
nés. Alors Tempereur Constantin nM
lambon, et tenant par la maiu k
Constantin, évèque de Sylée, il cria]
voix : Longues années à ConstantitiJ
elle œcuménique I En mémo leroM
revêtit île Thabit sacré et du pallil|
même jour fut terminé le concile, âoi
nous reste que la défmition de foi qufl
titre : Définition du grand et saint i
œcuménique, j
Après un assez long préambule, k M
dit (jue Jésus-Christ nous a délivrés de
lâtne, et nous a enseigné Tadoratrt
esprit et eu vérité. « Mais, ajoute^
démon ne pouvant souffrir la \mû
l'Eglise, a ramené l'idolâtrie insemiWi
sous l'apparence de christianisme, en H
dant traclorer la créature et de pr*?ndif
Dieu un ouvrage auquel on donne lit
de Jésus-Christ, C'est pourquoi, cofll
Sauveur a envoyé autrefois ses apftlrtl
la destruction des idoles, ainsi il it
maintenant ses serviteurs nos empl
imitateurs des apôtres, [luiu* nausuH
et renverser les inventions du dèl
C'est ainsi que ces évèques flattein^
connaissent disciples des etopereodl
j
ICO
it un enfant de quatre ans^ savoir,
Is de Constantin, né le 35 de jan-
et couronné le jour de la Pentecôte,
de juin ■751, Ensuite ils déclareot
îçoivent les six conciles œcurnéni-
is expririianl chacun en particulier^
ajoutent ; *< Ayant done soigneuse-
famine leur doctrine, nous avons
ue Tart illicite des peintres coiubat
3 capital de notre salut, qui est i'in-
I de Jésus-Christ et renverse tes dé-
des six conciles. La [>einture étalilit
le Nestorios i]ui divise Jésus-Christ
et ne laisse \ms d ap|juyer celtes
deDioscore,d'Euly€hès et île Sévère,
îignent le mélange et h confusion
: natures. Car le peintre ayant fait
je»^ la nomme Christ; or le nom de
^nîQe tout ensemble Dieu et homme,
Li le peintre a renfermé, comme il
II la divinité immense dans les bor-
m, chair créée, ou il a confondu les
tures unies sans confusion. Celui
'0 limage est coupable des mêmes
les, et la même malédictioo tombe
et sur l'autre.
ffcheront sans doute à s'excuser, en
Vous ne faisons l'image que de la
B nous avons vue el touchée, et qui
se avec nous. Mais ils retombent par
Tiuipiélé de î^estorius; car il faut
er que, selon les Pères, la chair de
rist, sitôt qu'elle a commencé d'élre,
ehair du Verbe, sans jamais adraet-
ne idée de séparation, mais prise
ère par la nature divine et entière-
inisée. Comment donc en peut-elle
irée?Il en est de môme de sa sainte
ôt qu'elle a été, ça été l'âme d'un
jamais elle n'a été séparée de la
même étant séparée de son corps,
t donc ces insensés prétendent-ils
k chair de Jésus-Christ comme la
n pur homme ? C'est supposer qu'elle
par elle-même» el lui donner une
[ionoe, et par conséquent en ajouter j
riême à la Trinité ! i?,
raie image de Jésus-Christ est celle ^
lite lui-même^ lorsque la veille de g^
lU il prit le pain, le bénit, et ayant /
âces, le rompit el le donna, disant : -.
mangez pour la rémission des pé- '
;i est mon corps. Et de même, en
le calice, il dit : Ceci est mofi sang,
i en mémoire de moi, pour montrer
point choisi sous le ciel d'autre
i a autre forme qui [misse représen-
ncarnalion. Et quelle a élé en cela
m de Dieu inûniment sage? sinon
montrer clairement ce qu'il a fait
nystèrede son incarnation, c'est-à«
comme ce gu'il a i^ris de nous n'est
ence humaine sans subsistance per-
, pour ne pas faire tomber sur la
me addition rie personne, ainsi pour
m il nous a commandé d'offrir une
poisie qui est la substance du pain,
S forme ni figure humaines, de peur
tlâlriene s'introduisît. l>onc, coimno
ICO
ms
le corps naturel de jesus-Christ est saint, étant
divinisé, de même il est évident cjue ce qui
est son corps par institution, c'est-à-dire sa
sainte image, est sanctilié dune certaine
manière et divinisé par la grâce- Car» c'est
ce que Jésus-Chrisl a voulu faire, alln que
comme il a divinisé la chair qu'il a prise par
une sanctification nui lui est propre et natu-
relle en vertu de l'iuiion, ainsi le pain de
rEucharistie, comme étant la vraie image de
la chair naturelle, devint un corps divin,
étant sanctifié par Favénement du Saint-Esf^rit
et la médiation du prêtre, qui fait l*Qj)lation
et rend saint ce pam qui était commun; au
reste, comme la chair vivante du Seigneur
a ret;u roTiclion du Saiot-Esprit, qui est la
divinité, ainsi ce pain divin a été rempli du
Saint-Esprit avec le calice de son sang vivi-
fiant. Il a donc élé démontré que c'est la vraie
image de l'incarnation de Jésus-Christ, qu'il
nous a de sa propre bouche enseigné de
faire. »
Ofi verra dans la suite» comment les ca-
tholiques réfutèrent cette objection et tous
les autres sophismes de ce concile. Cepen-
dant, on peut remarquer qu'il suppose qu'on
adore rÈucharistie, en disant que Jésus-
Christ n y fait pas paraître sa figure humaine
de peur de donner lieu à l'idolAtrie, et qu'il
le nomme un jiaîn divin et le calice du sang
de Jésus-Christ, qu'il reconnaît que le Saint-
Esprit y descend, et que c'est un sacrilice
oifeM par un prêtre. La délinition du concile
continue ainsi : « Mais ce qu'on appelle
faussement des images ne vient pas de la
tradition de Jésus-CTirisl, des apôtres ou des
Pères, elles n ont point de prières particu-
lières pour les sanclitier, et demeurent pro-
fanes et méprisables comme le peintre les a
faites. Que si Ion demande pourquoi nous
condamnons les images de la Mère de Dieu
et des saints, qui sont de purs hommes, sans
avoir la nature divine comme Jésus-Christ,
nous dirons que l'Eglise est entre le jndaïsme
et le paganisme, et rejette les cérémonies de
l'un et de l'autre, du judaïsme les sacrifices
sanglants» du paganisme la fabrication et le
service des idoles, dont fart détestable de la
peinture est la source; car n'ayant point
d'espérance de la résurrection, ils ont invenlé
cette ilhjsion pour rendre présent ce qui ne
l'était pas. Mais pour les saints qui vivent
avec Dieu, c'est leur faire injure que de les
représenter avec une matière morte par l'art
des païen s. »
Le concile rapporte ensuite quelques pas-
sages de FEcriture, pour autoriser sa défini-
tion, et quelques passages des Pères, savoir :
de saint Epiphane, de saint Grégoire de
Nazianze, desaint Jean Chrysostouie, de saint
Athanase, de saint Amphyloque, de saint
Théodore d'Ancyre, d'Eusèbe dr Césarée en
Palestine. Après (juoi il conclut qu'on doit
rejeter de l'Église, avec abomination, toute
image peinte de quelque manière que ce soit,
et défend à toute personne à Tavenir d'eu
faire aucune, radorerj la dresser dans une
église, ou dans une maison particulière, ou
la cacher, ^sous peine, aux évoques, aux pré-
m» KO
liM tt «as iiâmit de dépûfit iM ; aox
]ie« 61 aax laîqnaf danalhêaift, sans pféjifc*
dîc« des peines portée> parles i^is impénales.
lf;iis il fiiouit qae, sous prétexte de oetia
ééknse des iiBageSt ancuode ceux qui gou-
Teroeiit ie« é.^iscss oe riourra s'emparer des
Tases sacrés, ni de) hanits, des Y'^ilc^s < t des
autres meobles destinée au serrée di%ib.
Oue s*il veut les chinger, il ne le pfiurra
que du eoosenlemenl du patriarche de Cons-
tantinople et par ordre ae Temnereur, atio
que ca ne soit pas un prétexta; ae déti.urer
les églises. Il est défrnlu aussi aux maj^is-
trats et k tous les laïque^ d'abuser de ce pré-
texte, pour se rendre maîtres des églises et
les réduire en servitude comme quelques-
uns avaient fait.
Le co'ictle proioice ensuite plusieurs ar-
ticles en forme do canons avtfc anathème k
chacun , dont les premiers ne contien-
nent qiue la doctrine catholique sur la Trini-
té et lincarnation. Mais il y ei ajoute plu-
sieurs contre les images de*^ Jésus-Christ et
des saints. Toutefois^ il reconnaît que la
sainte Vierge est au-dessus de toutes les
créatures et qu*on doit avoir recours à son
intercession, comme très-puissante auprès
de Dieu; et uue tous l"S saints qui ont vécu
sous la loi cle nature, la loi écrite ou la loi
de Krâce, doivent être honorés et oriés sui-.
vant la tradition ecclésiastique.
Après cela, les empereurs Constantin ec
Léon, car oo les fait toujours parhT ensem-
ble suivant Vusage, demandèrent au concile
si le décret qui venait d'être lu était pu-
blié du onsentemenl de tous les évoques.
Ils répondirent : « Nous croyons tous ainsi,
nous en sommes tous d'accord, nous avons
souscrit avec joie. » Ils firent ensuite plu-
sieurs acclanoations à rhonneurdos Empe-
reurs, les louant entre aulres choses d'.ivoir
flboji TidolAtrie. Enfin, ils [)ronoicèrent
anathème nommément contre saint (iennain
de CQnslanliiioplo, G»'Orgo de Chypre, él
.saint Jean D.anascène, en ces termes :
« Anathème h (iennain, double on sqs sen-
tiiiicnis el adont''ur du bois! Anathème à
r»eor^ •, son complice, falsillca eur de h loi
de nos pùresl A'ialhème.'iM.insour,mauditet
favor ble/iux Sarrasins 1 Anathème ii Mansojr
a<iorat6urd'imigosi;t faussaire! Anathème à
Mansour, injurieux à Jésus-Christ et traître
h lompire ! Anathème h Mari.vour, docteur
d'impiété et mauvais inrorprùte de rEcriturel
La Trinit j les a déposés tous trois. » Tel
ost le décret du faux concile de Constantlno-
plo, t 'nu par les iconoclastes.
Le 20 du même mois d août 754, Tempo-
TQur Consiantin alla dans la place publique
avec le nouveau patriarche, Constantin et
les aulres évoques, et ils publièrent le nou-
vv/)u décret du co icile, répétant les anathè-
Q)es contre Germaiu, Gcorae et Mansour. Ce
décret étant porté daus îes provinces, on
voyait partout les catholiques constérpés, et
lei icooocla3tes cbaoger les vases sacrés «t
déQgur^ ]A$ ^i^\' On br^l^it le^ images»
on Dattatt oiioa enduisait Içs inurailles. qui
M étaient peintes, mais on consêfrâit celles
EnVakat $fot Ah hii^ •» ««lamii
bètes, pn3eipaAefîi€il les rc^féseaftfti
tioDS des spectadtrs f>rola'ies, r mnn é«
cbasses ou des eoarses de câevaax.
Le pa^ aiiaqjé aiisî ftar ies Gf«cSti^
pela Pépin, rai de France, aa aeooiiff^ ék k
reli^on, et la coodoile qae ûaà Conslaabi
prouva qu'il avait a^ sageaeBl. Cikafor^i»
ment aux onloiaaices du concile qu'il trat
rassemblé, cet emprreur co:UiDiiail à kn%
ser partout les ioiages el à perséaUai lii
catholiques. U s attaquai! sui teiH «ux bih
nés, qu'il avait en horreur. Tous iknÉn
nèrent ConstaBtinople et les Etals dtt Wh
sécuteur, et, suivant le coiseil qua Mu
donna £tienne, abbédamonaalere OcSiiil-
Auxence, se retirèrent, les ans vers lataU'
£uxin, les autres en Chypre, les aulm wh
fin à Home. Cela o'eflipécha pas CoastaMii
de co::tinuer la persécution avec acham-
uient. Il nommait les moines fiwwoacatm,
c'est-à-dire abominables, desquels il aelaul
pas se souvenir. Ce fui dans l'année ^JÊfi-
unième de son règne qu*il lit mourir ani
André surnommé le Cal/Dite, lequel Iùr-
prochait sa tyrannie et son iiupiéié. BÛ
martyrisé dans le cirque de âaïul-Maais,
horsdcla ville. Conslanlia tiljetersoncarfé
à la mer; mais ses sœurs le recueiliiitnte
l'enterrèrent lionorablement. A>antônln*i
parler de saint Etienne, abbé du moiaslift
ueSaint-AuxeRce, il envoya vers lui fnliilfi,
un des fauteurs les plus instruits da si^*ï hé-
résie, pour lui dire que,oonnaîssaHt sa pàé,
il voulaitqu'il approuvât lecorM:ile teitt€DBUi
les images, et pour lui porter des pioiisiii
de comestibles. « Je ne ferai pas ce qus fOM
demandez, dit Etienne; ce concile a seatea
une doctrine hérétique. Je puis BKHirir
[K>ur la défense des saintes ima^^es,!!!»
je n'obéirai posa Tempereurqui estuub^
tique. Remportez vos cadeaux, 1 bulle du pt-
cheur ne parfumera pas ma tète. » Furieux
de cetlo réi>ojjse, Constantin tjtpreidre)«
saint abbé par des soldats el ordonna quoi
le tint en prison jusqu'à ce qu'il eûtdccMié
de son sort. 11 y fut si\ j<»urs sansboinfW
manger. Le septième, lenipeieur le lit re-
co uuire d.ins sa cellule, car il i)ar(8it [4>ur
faire la guerre aux Bulgares, et ne vouait
s'occuper de Talfaire d'iitienne qi'h soo n-
iom\(f oy. Etienne.) Mais Cullisle, qu. élail
furieux de n'avoir pas réussi dmis sa mis-
sion près du saint, gagna à prix dori^a
moine nommé SergiU:> qui, de eon.'ertaTr:
Auliualame, intanda tdes tributs dug'>lfc<ie
Nicomédic, rédigt'a i)0ur rem^iere.ir ui li-
belle dans leimel il accusait le saint delV
voir anathèmalisé comme hérétique, Hfi
outre d'avoir séduit une femme iJO-leui»
mée Anne, qu il tenait dans le mona»tet
d'en bas, et qui, toutes les nuits, monUiti
la cellule du sa-nt pour s'y livrer à ev
commerce adultère. Cette Anne était u*
veuve oui avait embrassé }a vie monastique
et que le saint abbé avait ado^^tée couoiesi
flUo spirituelle. Il lavait oonfîéeauxsoM
â3 la supérieurQdu monastère do^ifi
tué au bas du sien. ËViàDèreur. s
'empereur, qnnti
lelle, envoya nu monastère le pfltrtce
es, avec ordre de lui ani^rner au camp
Hmc qn*"!) «eciisait, L'onhefuloxt^eaté
înc fui amenée? au camp nve^ une au Ire
leii^e nommée Théophino, Conslanlin
rog a Anoo et voulut lui faire avouer ce
fenlaccusflil; mai^ elle le confonfiit par
épouses. Alors il renvoya Théophano k
Jouvprit, et ramena Aniieà Conslantino-
lîeulAt il la tu cunifiaraitre, et, ne (lou-
pbïenircravcit de sa [jarl, il la fit cruel-
hi lia lire à coups de nerf de buenf, si
[hn'on 11 laissa pour morte; cepenilaot
m guérît. L'eni^iereur la (Il jeter dans un
tona.^tères df* Consfauti lopl •. On n*en-
i plus parler dVde denuis celte époque.
^eiKlaut l'em; ereur, enerchant toujours
fëteite pour faire mourir Etienne, lit
' Itî lendemain un jeune homme nommé
fe S^nclète, qm était un de ses plus in-
confideuLs, et lui dit: «Maimez-voos
i'â douïNT Yolre vie pour moi ? » George
issura avec sennenl. L*ompcreiir lui dit
mbrassant: «Voici un nouvel Isa^ic; »
îl ajouta : « Je ne vous en demande pas
je vous prie seulemenl d'aller au mont
kenceet de persuader à ce raaîlieureuï
r demeure de vous recevoir au nombre
ïcQs, puis vous reviendrez ici nrompte-
L George ob<Mt avec joie ; il alla sur la
jjcne el se cacha dans les broussailles
ïfsortit vers le midi et vint crier k la
(du mnnastère qu1l s^était égaré et qu'il
Ê' ait d*ètre dévoré par les bcHes ou de
r dans un i>réci|ùce. Saint Etienne or-
!b à Marin, son principal disciple, de le
[entrer. Il se mit à genoux et demanda
F^^diclioo de l'abbé qui reconnut aussi-
'il étail de la cour à sou habit et h son
je sans barbe; car l'empereur avait or-
1 h tous les hounnes, même aux vieit-
tdese raser ndièremeid, Qcorge avoua
"etnit du palais de l'empereur et ajout?i :
aots a tous fait judaiser ; j'ai eu bien
[ pei le h revenir de cette erreur, et Dieu
îonduit ici. Ne uic rejetez pas, mou vciié-
tfère, do votreoompî^gniei et ne n\Q reFu-
JBS h' saint hal*it,»SaintFtiennr' répondit:
le le puis faire, à cause de la défense de
jereur ; et je crains que, s'il rajipf euait,
^•onsfetinU d1( iau péril do votre Ame. »
jge re^irit : ^ Vous ré,iondre2 à Dieu de
%i vous ihÏÏi'rv'i, ^ el il piessa Luit que
fe'lui douna I babil de proltat on*
feiîdiint l'esiipereur assembla le peuple
psluntinople, d »ns le théiUre de l'hippo-
le, el se lenanl sui' les degrés il dil : « Je
fuis vivre avec ces ennemis de^ Dieu,
h nç nomme point, n Le peuple s*é. rin :
Igntur, il ne re^to en celte ville aucune
Tde l ur habit « L'euip< reur s'écria en
iû : « Je ne puis l'ï .s soulFrir leurs iu-
k ; il$ m*nnt séduit lf>us les miens jus-
SCeorge S}nc!fH<\ qu'ils Oïilarrachéd*aa-
'de uioi pour te taire tuoioe. Mais met-
'en Dieu notre conliance, il le ferabtcn-
teraltre ; prions seulement, v Après que
^ eut porté trois jours le petit habit,
tienne lui fit une grande eihortalioûy
ICO ittt
lui coupa les cheveux el le revAtît de l'habit
monastique ; mais trois jours après cet im-
posteur (pjitta la montagne cï revint au |^i-
lais. L enqmreur Temhrassn et convoqua pour
le lendemain une assemblée générale de tout
le [H-uple dans le même théâtre. La fe)ule
était leile qu'ils s'élouiraient, et rerapen'ur
s*écri;i : « Dieu a exaucé mes prières , Il m>
découvert celui que je cherchais, » Alors
il (if paraître fteorge devant le peiqil*^ qui, le
voyant en habit monastique, s'écria : *c Mal-
heur au méchant I qu'il m«'ure! qu'il meure! »
Ce nu'ils entendaient d'Etienne, L"empereur
fit dépouiller (ieorge, premièreme it, de Té-
pornide ou seapulaire, el puis de la cuculle^
et on le*^ jeta parmi le peuple qui tes foiifa
at X j>ieds. On lui (Ma ensuite Tanalabe ou
écharpe que l<s moines portaient au cnu ej
qu'ils croisaient sur la poitrine. LVmpereur
la prit entre ses mains eî la tournait de tau»
côtés, demauilant ce que ce pouvait être. Un
sénateur nommé Draconce répondit: « Je-
tez-la, seigneur, c'est uu cordeau de Satan. »
Elle fut aussi foulée aux pieds avec la cein-
ture. Ensuite quatre hommes étendirent
George par terre et, l'ayant mis tout nu, lui
renversèrent un seeaudVau sur la tAlecomme
pour le purifier, Eiifm on le revêtit d'un ha-
Dit militaire ; fempereur lui nnt de sa main
le baudrier avec Tépée et le déclara son
écuyer. Aussitôt il envoya au mont Saint-Au-
xence quantité de j^ens armés qui dispersé^
rent les moines, mirent le feu au monastère
et h l'église, et Ifs réduisirent en cendres jus-
qu'atix fondements. Ils tirèrent saint Etienne
de sa caverne el le menèrent h la mer, le
frappant à coups de baron, le prenant I» là
gorge et lui déchirant les jambes dans des
é|tiDes. Ils lui cracliaient au visage, lui di-
saient des injurrs et lui insullait^nt en di-
verses manières, Coinme il ne [Hnivait mar-
cher, ils le mirent dans une twrqee et le me-
nôrent 11» loig de la côte au monastère de
Philtppiqiie, près de Chrvsopoïis où ils ren-
fermèrent et en avertirent reraperçur qui
publia une défense »l'af)pj"Ocher du mont
Saiut-Auxenee sous peine de la vie. Ensuite
il lit venir cinq évé.|ues, cliefs des icono-
clasles : ïbéndose d'Eplièse, Coi^stîmiin de
Ni;ouK!^die, Co istantin de Nacolie, Sisinius
Pastile el Basile Tricaïahe, avec le f atrice
€a liste, CouïliùL'onon, p emi^r secn'»taire et
uu autre ofiicier nommé Masare, et les en-
voya à Constantin, patriarche tic Con^tanli-
nople, pour aller tous ensemble au monas-
tère de Chrysnpo'is. Mais le [lalrir.rche, qui
connaissait ta vertu et la capacité de snint
Elienno, nftisa d'y aller. Ils j f>rtèrent avec
eut la déîinitîon de leur concile, el c'ta'^l ar-
rivés au monastère, ils firent leur [irière à
l'église, pu s ifs sass'renl sur les de^^rés du
bain et mandèrent saint Etienne qui vint
soutenu p.r deux hommes avcr tes fers aux
pieds. C*^ sticctarle leur tira des larmes. Théo-
dose d'Epnèse lui dit: «^ Homme de bieu,
comment vous ôtes-vous mis dans l'esprit de
nou-i tenir pour hérétique^» et de croire en
savoir plus que les empereurs, îes archevé-
queSf tes érèques et tous lee chrétiens f Tr«-
KO
hà parère]
<« ^> 1-e ;^:'fâKr: Eli<& -m à Acruxi : Ce r.'es
iit« iii»>: qbi ^a<< n^ troa£4>. u^is ff/is cC
la Buisoa dte roU^ i^r^. C'rst t*>i^ qpû &tïez
j^ent TOQS «lire avec îe profiôttr : 'I«f rw
ëe (a IfVTf ««c ttt magiâirvis ti Ui poêUmn
fékrmmm 1 4t comf pr»>eif , » Alors CobsUixtîad*
ywmnkAit^ qai ^!:tai t un jeune r.omi&e4t tretite
afi%, Vf lera (<jiir doiuier on e^Kip de piad «a
saint abbé a.)sU à terre : coaû an des gardes
)e \trir\td et frapi^a da pied le saint homme
dans le ventre €/>mme (<Kir ie faire lever.
Les v4nat>rnrs C^Jisteet O>mbo^joon arrê-
tèrent rév^ju-: Constantin et dirent à saint
Etienne : « Voos avez à choisir des deux, ou
de soascrir^ ou de mourir comme rebelle à
la loi des Pérès et des empereur?.* Il répon-
dit ; « Ma vie est Jésas-Christ, mon avantage
et ma filoire de mourir pour sa sainte image.
Mais qa*on lUe la définition de votre conçue,
afin que je voie ce qu*elle contient de raison-
nable contre les images. » Constantin de Na-
eolie ayant lu le titre, Défkmiion du §aimt com-
eite, âêpiiiwne ttcuménique , saint Etienne lui
fit signe de la main de s'arrêter et dit :
« Comment peut-on nommer mi'h/ un con-
cile n\\\ a profané les choses saintes? Un de
vos évèques n'a-t-il pas été accusé par des
S^ens de bien, dans votre concile, d'avoir
oulé aux pieds la patène destinée aux
saints mystères, parce qu'on y voyait les ima-
ges de Jésus-Christ , de sa Mère et de son
précurseur ? Vous Tavez maintenu dans ses
fonctions , et excommunié ses accusateurs
comme défenseurs des idoles. QuV a-t-il de
plus impie? N'avez-vous pas 6té fe titre de
saints aux apôtres, aux martyrs et aux autres
justes, les nommant simplement apôtres ou
martyrs? Mais comment ce concile est-il œcu-
cuménique^ sans être approuvé du pape de
Rome, quoiqu^il y ait un canon qui défend
de ré^der sans lui les affaires ecclésiasti-
ques ? 11 n'a été approuvé ni par le patriar-
cne d'Alexandrie, ni par celui d' An tioche ou
de Jérusalem. Où sont leurs lettres ? Et
comment appelle-t-on septième concile ce-
lui qui ne s accorde point avec les six précé-
dents ?j9 Basile reprit : «Et en quoi avons-nous
contrevenu aux six conciles? » Saint Etienne
répondit : « N'ont-ils pas été assemblés dans
des églises, et en ces églises n'y avait-il pas
des images reçues et adorées par les Pères?
Uépondez-moi , évéque?» Basile en convint,
et saintEtienne, levant les yeux au ciel, sou-
pira du fond du cœur , étendit les mains :
« Quiconque n'adore pas Notre-Seigueur Jé-
sus-Christ renfermé dans son image, selon
l'humanité, qu'il soit anathèmo. » Il voulait
(îonlinuer, mais les commissaires étonnés
de la liberté avec laquelle il parlait, et cou-
verts de confusion, se levèrent, ordonnant
f»eulemeut qu'on l'enfermât. Quand ils fu-
rent de retour à Constantinople, l'empereur
lour demanda ce qu'ils avaient fait. Les éve-
il nos voulaient dissimuler leur désavantage,
tiMis Calliste dit : « Nous sommes vaincus,
; e«c aûmme est fort en raitooset
aittçr:^ ji jbjct.j L'empereur, outré deeo-
Jâr4. -tiirjrx, àossxM une sentence pour e&-
TLj^ jt BÏzic homme en exil dans Tlle àt
Fï*>!:.ci^:ié» pr«s de raeilespont.
Fiiciiaoc oÊx-sepC jours que saint EtioBe
ies^inra à Chrysofiolis. U ne prit jMMOtdi
rr,imZArtj. i^iôique Tempereur loi en elt
e&vvTé amodamment. Mais il la renron
o'ALcut kl avait fût auparavant, ne voaiiitf
rie?i recevoir d'un excoaimunié. Avant qae
dr partir, il zuérit le supérieur du moiui-
tére, aumionhé des médecins. Etant aimé
à Proconèâe. il se logea dans une caven
aiçrêable. '^'îl trouva dans un lieu dtert
sur la mer. près d'une église de sainte àom
et se nourrissait des herbes qu^il reneoi-
trait. Ses disciples, chassés du mont Siiot-
Auxenoe, ayant appris le lieu de son ed,
vinrent à Prôconèse se rassembler autovà
lui. â l'exception de deux qui apostasèraH^
savoir. Sergius le calomniateur du saint d
Etienne, mii, après avoir été chapebÉè
patrice Calliste, avait reçu Thabit mootf-
que des mains de saint Etienne qui \và
établi prêtre du monastère. L>mpeftvk
fit chapelain du palais de Sophie, et ils vi-
rent Tun et Tautre rhabit séculier. Toas^
autres disciples de saint Etienne, s'étant re-
mis sous sa conduite, firent un nouveau moi»
tère à Prôconèse. Sa mère môme et sa «w
quittèrent le monastère des Trichinaires, oi
elles étaient établies, et Tinrent le trosTcr
dans cette lie. Pour lui, il fit Caire une petite
cage en forme de colonne où il s^eoRnu
pour continuer ses austérités, la quarante-
neuvième année de son âge, c'est-à-dire la
763 , car il était né la première année di
pontificat de saint Germain de Constaotioh
pie qui fut Tan 715.
La même année 763 , vingt-troisième dj
règne de Constantin, C6me surnommé C>
namite, évoque d'Epiphanie en Svrie.fot
accusé par les citoyens devant Théodore,
patriarche d'Antioche, d*avoir dissipé les ti-
ses sacrés ; et ne pouvant les représenter, fl
renonça à la foi catholiqrue et embrassa l'hé-
résie des iconoclastes, il fut condamné (fuo
commun consentement par les trois patriar-
ches Théodore d*Antiocne, Théodore de Jé-
rusalem , Cômc d'Alexandrie avec les éfé-
ques de leur dépendance, et le jour de Ii
Pentecôte ils Tanathématisèrent chacun diei
eux après la lecture de rSyangile. Vers tt
môme temps , l'empereur Constantin de-
manda au patriarche de Constantinople qu<i
mal y aurait-il de dire : Mère de Chiïst, ib
lieu de Mère de Dieu? Le patriarche r^)^^
dit en l'embrassant : a Avez pitié de noas
seigneur. Dieu vous garde d'une telle P^
sée ! ne vojrez-vous pas comme Nestoriosest
anathématisé par toute l'Eglise? —Je if
demandais pour m'instruire, reprit Yeap-
reur; que ce discours reste entre voos ^
moi. » iJn jour, tenant une bourse ^^
d*or, il demanda à ceux qui étaient preste
ce qu'elle valait. « Elle vaut beaucoup « *
dirent-ils. En ayant ôté For, il leur fiteocor'
la même question : ils répondirent qa'A
KO
ait plos rien. « Il en est de même» dil-
a Mère de Dieu; tant que Jésus-Christ
ians soû sein , elle valait beaucoup;
5u'il en fut sorti» elle était comme les
s son exil» saint Etienne faisait beau-
iô miracles, ftenfermé dans sa cage, il
it tous ceux qui venaient le voir pour
ler ses prières, pour loi demander des
Is. 11 guérit un aveugle en lui faisant
luestion : « Adorex-vous l'image de
Lhrist, de sa mère et des saints?
:-vous en Dieu, qui guérit même par
iges, comme il arriva à la conversion
ite Marie TEgyptienne? — Je crois, dit
fie, et j'adore. — Au nom de Notre-
ur Jésus-Christ, en qui lu crois, et
e tu adores son image, regarde le soleil
npèchemenl. w Aussitôt ses yeux fu-
iverts, et il s*en alla louant "Dieu. 11
}re plusieurs autres miracles remar»
s que nous ne citons pas ici, mais dont
X lire le détail dans la vie du* saint.
ipereur fit ramener saint Etienne à
ntinople, et le lit mettre en prison avec
s aux pieds et aui mains. Quelques
tprès il l'interrogem sur la terrasse du
en présence de deux officiers. En y
le saint setait fait donner une pièce
inaie à Teftigie de Tempère ur. Celui-
rès l'avoir accablé de reproches, lui
da pourquoi^ et de quel droit il le
d'hérétique* « Parce que, lui dit le
irous avez fait uter des églises les ima-
fadoraient nos ancêtres, et que nous
ns nous-mêmes. — Vos images sont
Aes, lui dit Tempereur, — Seigneur,
t Etienne, les chrétiens n*ont jamais
lé d'adorer la matière dans les images,
adoration remonte de l'image h co
I représente. — Esprit bouché > dit
reur, est-ce qu*en foulant aux pieds les
\ nous foulons aux pieds Jésus-
? » Alors Etienne, mo/i Ira ni la pièce de
,ie qu'il avait apportée, dità renipereur;
ni est cette image? — De rempereur, »
lit celui-ci. Le saint la jeta h terre et
î dessus. Alors les assistants se préd-
it sur lui pour le punir d'un tel crime;
^empereur les arrêta, et le fit conduire
lé dans la maison publique dite le pré-
pour y être jueé suivant la rigueur des
>ur avoir foulé aux pieds Timage de
reur. C'était cette biitarre conlradic-
ue le saint avait voulu faire ressortir,
après, Tempereur fit moniir plusieurs
*s et soldats accusés d'avoir honoré les
5. Il obligea le patriarche Constantin à
tur la croix quil ne leur rendrait au-
ilte. Voulant rendre rhabit de tnoine
ml)le, il réunit tout ce qui restait de
B dans Constantinople et dans les en-
, et les fit passer dans l'amphithéâtre,
chacun une femme par la main. Durant
défilaient, le peuple crachait sur eux,
mars 766, il fit conduire dans THippo-
dix-neuf ofticiers des plus considé-
j et en fit mourir plusieurs qui avaient
is le crime d'aller voir Etienne et de
DicTtosN. i>BS Persécutions. I.
IGO
iSiiO
rendre hommage à ses souffrances. L'histoire
en nomme huit. Constantin, patrice, con-
trôleur général des postes; Stratégius, pa-
trice, domestique des eapilaines des gardes;
Antiochus, gouverneurde Siriste; David, spa-
taire, c'est-à-dire écuyer de Tabséqulune
{corps de troupes); Théophylacte, premier
écuyer et gouverneur de Thface; Chrislofle,
écuyer; Constantin, premier éeujer de Tem-
pereur; ïbéophy lacté, garde du corps. Il
envoya les deux frères Stratégius et Constan-
tin en exil, où, tous les ans. il leur faisait
donner cent coups de nerf de bœuf. Quelque
temps après il envoya eu exil le patriarche
Constantin, Il fit enlever tout ce qu*il put
d1 mages et de reliques des saints pour les
détruire. Il fit notamment jeter dans la mer
la châsse de sainte Euphemic; mais cette
précieuse rehque fut conservét^ miraculeuse-
ment et retrouvée dans File de Lemnos. H
fit de réglise de Chalcédoine un atelier à
forger les armes de guerre. Les ouvritTs fai-
saient leurs onlures dans le sanctuaire,
Etienne était toujours dans sa nri^on à Cons-
tantinople. En y entrant, il priL'dit que ce se-
rait sa dernière demeure; il s y trouva avec
trois cent quarante-deux moines. Aux uns
on avait coupé le nez, aux autres crevé les
yeux ou coupé les mains» parce qu'ils nV
yaient pas voulu souscrire contre les saintes
images, li y fut assisté par la feuune d*un des
guichetiers, ratlioîiqui', qui, tous les jours»
lui aj>itorlait du paui etdereau;ce fut sa
nourriture onze mois durant.
Un jour, comme il était assis avec les au-
tres moines, on vint h parler des cruautés
exercées pendant celle persécution, et An-
toine de Crète raconta le martyre de Tabbé
Paul en ces termes : « Il fut pris par le gou-
verneur de nie, Théophane» surnommé Lar-
dotyre, qui avait fait mettre à terre, dun
cùiéf rimage de Jésus-Christ en croix, de
Tautre ^ Tinstrument de supplice que l'on
nomme ca tapette- » Alors il lui dit : « Paul,
tu as à choisir des deu^t, ou de marcher sur
rimage, ou d'aller au supplice, w Paul ré-
pondit : ^ A Dieu ne plaise. Seigneur Jésus,
que je marche sur votre image, » et, se pen-
chant à terre, il Tadora. Le gouverneur, en
colère, le fit dépouiller et étendre sur la ca-
tapelte, où les bourreaux Tayaut serré entre
les deux ais, depuis le cou jusqu'aux talons,
et attaché par tous les membres avec des
clous du fer, le pendirent la tête en bas^ et
allumèrent autour un grand feil de>nt il fut
consumé. «
A ce récit , tous les Pères fondaient en
larmes; mais, à peine Antoine eut-il fitn^que
le vieillard Théostéricte, prêtre do monas-
tère de Félicite, qui avait le nez coupé et la
barbe brûlée avec la poix et le n aphte, s'a-
vança, et dit : « On ne peut rappoiter» sans
gémn% la cruauté du gouverneur d'Asie, que
Fou nuimiiL* Lachanodracon. n Saint Etienne
lui dit : « Parh'/,, mon pure, vous nous en-
couragerez si Dieu veut que nous soulfrions
aussi, w Théostéricte re|»nt ainsi ; « Le soir
du jeudi saint, comme on célébrait les divini
mystères, ce gouverneur entra, )iar fordi^e ds
ittT
ICO
ICO
ta
rempereur, avec une multitude de soldats,
fil cesser Tofiice, prît trente-huit moines
choisis, qu ii attacha à des pièces de bois par
le cou et par les mains. Quant aux autres, il
en fit déchirer à coups de fouet, il en fit
brûler, il en renvoya après leur avoir fait
poisser la barbe et couper le nez, dont je suis
du nombre. Non content do cria, il brûla le
monastère depuis Técurie jusqu'aux églises,
réduisant tout en cendres. 11 emmena les
trente-huit qu'il avait pris, les enferma dans
la voûte d'un vieux bain, près d'Epbèse, dont
il boucha l'entrée; puis il fil miner la mon-
tagne attenante qui les enterra. »
Les moines prièrent ensuite saint Etienne
de leur dire à son tour quelques paroles de
consolation. 11 leur proposa pour exemple
Pierre le Reclus, de Baquernes, qui expira
sous les coups de nerf de bœuf en pré-
sonoe de l'empereur, et Jeau, abbé du mo-
nastère de Monagrie, que l'empereur fit en-
fermer dans un sac et jeter au fond de la mer
avec une grosse pierre , pour n'avoir pas
voulu fouler aux pieds l'image de Jésus-Christ
et de sa mère.
Saint Etienne, sachant le temps de sa mort,
appela la femme, qui le , nourrissait, et lui
dit : « Je veux [jasser ces quarante jours en
retraite et en prières dans l'abstinence. Ces-
sez donc de m'apporter du pain et de l'eau,
car je sais que ma vie finira bientôt. » Pon-
dant ce temps, il ne cessa d'animer les moines
prisonniers à ne point se décourager dans
la persécution ; en sortn que quelques per-
sonnes pieuses de la ville se couvraient de
haillons pour entrer dans la prison, et rece-
voir sa bénédiction et ses instructions. Le
trente-huitième jour au matin, après la
prière de prime, il appela la femme qui l'a-
vait servi, et lui dit en présence djs moines :
« Venez, femme bénite, Dieu vous rende au
centuple le bien que vous m'avez fait; re-
prenez vos images, qu'elles vous servent de
protection pendant votre vie et de gage de
votre foi. Puis il dit avec un grand soupir :
Demain je partirai d'ici pour aller à un autre
monde et un autre juge.» La femme, pénétrée
de douleur, prit ses images, et les emporta
enveloppées dans un mouchoir, de peur des
iconoclastes.
Cependant l'empereur Constantin célébrait
la fêle païenne des Brumales en l'honneur
de Bacchus, nommé par les anciens Romains
Brumus; et cette fête se faisait le î2A novem-
bre. L'empereur, assis dans une galerie avec
SOS courtisans, jouait de la lyre et faisait des
lib.itioLS profanes. Quelqu'un lui vint dire
qu(î le chef des abominables^ Etienne d'Au-
xcnce, avait changé le prétoire en monastère,
où l'un i)as^ait les nuits en psalmodie. Et
tous les (labitanisde Constantinoj)le, aioute-
t-il, couienl à lui pour apprendre à idolâtrer.
L'empereur, outre de colère, app^ia un oflî-
cier (Je ses gardes, et lui commanda d'em-
m«'in.'r le saint hors de la ville, de l'autre
côlo lie !a mer, au lieti où avait été l'église
djî >r.inie Maure, niai lyre, (p.i'il avait abattue
cl cluuigi'o en une place pour les exécutions
à mort. 11 y iuYoquait aussi les démonsi et :
leur immola le fils d*an nommé Siflamiia
Aussitôt il ordonna que Ton f U dans la ville
des recherches exactes contre ceux qm
avaient un moine pour parent, ami ou voi.
sin, ou oui portaient sevilenient un babil
Doir. On les envoyait en exil après les avoir
déchirés de coups. Les cnneuiis avaieuf le
plaisir de dénoncer qui ils roulaient; les es-
claves accusaient leurs maîtres ; Coastanfr
nonle était tout en pleurs.
Tandis que Ion menait saint Etienne n
lieu de Texécution, renipereur sortit du pi-
lais et vint h la place publique où était no
bâtimtmt nommé le Mille. Oa y avait autre-
fois peint les six conciles Œcuaiénii^ues |»oai
l'inslructiou du peuple, mais il les iil eflaeer
et peindre à la place des courses de cheTau.
En ce lieu do!ic, comme tout le monde leC-
licitait, il dit : « Mon âme est sans cooscJa-
tion, à cause de ces abominables. » Un de$es
courtisans s'écria : « Et quelle trace en ^est^
t-il, Seigneur, soit à Constantinople, «À
dans les autres pays? Ne sont-ils pas toes
détruits? Voilà que je viens encore aiqoiu^
d'hui de rencontrer l'ennemi de la Térité,
Etienne d'Auxence, que Ton menait pourétra
puni par le glaive. » L'empereur lui dit : fit
au'y a-t-il pour Etienne de plus doux qiM
'avoir la tète coupée? Je suis persuadé qu'û
l'a désiré dès quil a été arrêté; il lui uct
une mort plus, diflicile. » Aussitôt il coid-
manda que l'on remit Etienne en prison. Le
soir, il appela deux frères constitués en di-
gnité, si bien faits de corps ^t d*esprit, qoc
depuis il les fit mourir par jalousie ;les avilît
donc fait venir pendant sou souper, il leur
dit : « Allez au prétoire, et dites de œâjart
b Etienne d'Auxence : Vous voyez combia
j'ai soin de vous ; je vous ai tiré des port»
de la mort. Au moins, en cette extreniitê,
a^'ez de la complaisance pour moi. Je sais
ajouta-t-il, sa dureté ; il me dira des iujures.
Alors, donnez-lui tant de coups sur le visage
et sur le dos, qu'il expire quand vous so^
tirez. » Les deux frères étant arrivés aupi^
toire, dirent bien au saint homme ce ^u
l'empereur Ic^ur avait ordonné de dire ; bols
voyant qu'il n'en était que plus ferme dais
la foi, ils lui baisèrent les pieds et reçuroU
sa bénédiction. Etant de retour, ils dirrtil i
l'empereur : « Comme nous l'avons Irourf
opiniâtre, nous l'avons déchiré de coups. U
est étendu sans voix, et nous vous a^suruff
qu'il ne vivra pas jusqu'à demain. » L'empe-
reur lit un grand éclat de rire et coûlifiji
son festin.
Le matin, saint Etienne dît adieu mi
moines, se recommandant à leurs prièies,çi
se lit ôter le scapulaire, Técliarpe et la ceii-
ture. Il voulait cjuitter aussi la cucttlle, aâ»
ils lui dirent qu'il devait mourir avec ITai-»
monastique. Il répondit : a Ou se déi.>ouii«
pour combattre, et il n'est pas juste quefl»
saint habit soit désho'ïoré lar ie peupieit
soient. » Il ne garda donc qiio la luniquei
peau, et, assis avec eux, il l^s enlntiTMil*
niélé. L'empereur ayant ap:,r:s qui-lcsucî
frères l'avaient trompé, su leva sur it* ii-^
> beuTQs, en courant au Yesiii>ule do i^
: tt A Tnicle! tout *e monde ra'aban-
\ Qij'jii-jp à fftire des abominalilci^l »
nrinie Si'S cmirlLsaiis vennicnt pour
\T avt'C lui, e\ coutiiiuer la iè*v, il leur
Je ne suis plus voire empereur, vous
)Z un auli'O Jonl vous baisez les [hcmîs,
ft vous demandez la bt'néd elioo. Per-
lit prend mon parti pour le inire oiou-
H|inet(r{* IVsi^rtt en repos. » Comme
^retna ridaient qui 6^a\{ doue cet autre
leur, il leur dit : « C'est Etienne iTAn-
. le chef dt*s abomin.'djlt'S. » A peine
noniiué que ceUe iroupn sortît en fu-
faisant nu Ijruii ellro vaille, et eonrut à
on, où ils erièrent aux j^arrlfs : « Don-
)us Etienne d'Au%enre. f> Il s'avanea
oenl, 'Ci It'ur dit : *< Je suis eelfii que
Jicrchez. » Aussitôt ils le jelèreiit |iar
atlaelièrenl des eordes aux lers <jn'il
mi pieds, et le Irainèrent tians la jue,
►pant siir la iHv et pur tout le eorps, à
de f lieds, de pierres et de bdtons. En
I de la première porte du ]iréloii*e,
b il reucootra loratoire de siiitu Tlu'*o-
\\ s'appuya des ojûins contre la terre,
rant un peu la tôte, tout na les yeut vers
I pour dire au saiul martyr le dernier
Un des persécuteurs, nommé IMnlo-
dît : « Voyez cet abominable qui veut
r comme un marlyr. i^ Il courut à des
&s qui étaient \h pour remédier aux in-
^s, et» tirant un grand piston de bois» il
ppA le saint sur la tête es le tua sur-
inp. Pliilomate tomba aussitôt, grinçant
mis et a^^ité du démon, qui le tour-
i just|u*h ta mort.
conlioua de traîner le corps de saint
ie, en sorte (^ue ses doigts tombaient,
(les se brisaienlt sfm sang arrosait le
On lui jeta contre le ventre une grosse
I qui rouvrit en deux; ses inleslius
hui ei Iraînaienlà terre. On le trappait,
mort qu'il était ; les feumu^s rnôuics
ttèl:iieut, et les eiilantsque Ton faisait
des écoles, par ordre oe Tempereur,
iourir après avec des pierres. Si quel-*
rencontrant ce corps n*en faisait au-
II élail accusé comme ennemi de Tem-
r. Ceux qui le trainaient, étant arrivés
lace du Bœuf, un cabarelîerqui faisait
kl poisson, croyant le saint encore vi-
[ul doni*a un grand coup de tison, dont
cassa le derrière de la télé, et îa cer-
Se répandit, Mais un bommo vertu eu?^,
ié Tbéodore, qui suivait, faisf»nt srm-
do tomber, ramassa la cervelle, len-
pa dans son mouchoir, et continua de
; pour voir où Ton Jetterait le corj*s.
>nple mi le traînait étant arrivé au
itère ou était la sœur du saint, von, ait
lire sortir et Tobbgjr à le lapider de
■opres mains ; niais elle s'élajl cnfei'-
Ions un sépubTc obscur, et ils ne pu-
trouver. Enfin ils ielèrent le corps
foss- 0[\ avail été l'édise de samt
martyr, dont l'^fo^s^TCur tit la $v\){\\
tefterlmiutls «t tîes laietJS. Ils allOrcpi
mmt leiiï- bel extjloit ; il !es reçut
pblé ; s^étant mh à tablQ avec euX; U
ICO 1250
éclatait de rire au récit des circonstances
do cetto mort. Elle arriva le 28 noveral>re,
joTir auquel l'Eglive bonoro la méuioire de
saint Etienne le Jeune, CeU" on ie nomme
ainsi [lonrle <ïistinguer du premier martvr.
C'était Tan T07, et il était dans sa cin-
quante-troisième année. Théodore, qui
avait ramassé une partie de sou cnVne et de
sa cervelle, porta celte relique au nionastèra
de Dius, dont labbé la serra secrètement
dans le sanctuaire de l'Eglise. Mnh quel-
nue temps après, Théodore fut accusé près
de f empereur comme adorateur des images,
et envoyé en eiil eu Sicile avec sa femme
et ses eVifants.
En celte même année 767f le 6 octobi^e,
FemptM'eur lit reieDir h Co^islantinople
Constantin, patriarche de Consta^linople; iî
le tif dégrader, et ensuite mettre à mort,
ajirés Ta voir fait en quelque sorte aposta-
sier : car, après lui avoir lait subir un trai-
tement ignominieux, il lui fit demander ce
qu il pensait de sa foi et du concile qull
avilit asseodjlé. Le malheureux t^o^rslantin,
croyarU apaiser Fempereur, ré| ondit : <i Je
trouve votre foi boTine , et vous avez bien
Wd de lenir ce concile. — Voiîà> lui dirent
les patrices, ce que nous voulions entendre
de ta bouche impure* Va maintenant aui
téiièljres de Fanathème. » Ensuite on le
condamna à mort, et la sentence fut exé-
cutée. Après cela Fempereur ne se contint
plus : il nersécuta violemment les catholi-
ques. 11 nt horriWement traiter Pierre Sty-
liUv A quelques-uns il fit crever les jeuî,
il eu lit CFifcrmer d*autres dans des sacs,
puis les lit jeter à la mer. A Conslantioopîe,
il exerça lui-îj)ème de grandes cruautés,
Antoine , patrice et domestique , Pierre ,
maître dus offices, Vy secondaient selon ses
vœux cruels et sanguinaires. En Natolie,
Michel Melissine; en Thrace , MichJ ta-
chanodracon, et ^îanès, clief des buccel-
larieus , se prétaieût aussi aux mêmes
cruHulés.
Quelque temps après, en 769, le concile
de Home, assemblé pnr les soins du pape
Etienne 111, traita de la vénération des nua-
ges. Ou décida qu'elles seraieut honorées
ci>mme elles Favaientété toujours; on lança
Fûnulhètne centre le concile tenu en Grèce
depuis quelque temps. En Orient la persé-
cution coiitinuait toujours
En TTC, la trentième année de Fempereur
Constantin, Michel, gouverneîir de Natolie,
asseiabla tous les moines et les religieuses
de Thrace ^ et les ayant menés dâr»s une
plaine, et dit que tous ceux qui voudront
ob'ir à Fempereur prennent une femme et
s'habilleui de blanc; tous ceux qui ne le
IV-rout pris auront les yeux crevés, et seront
en cet élat exilés dans File de Chypre* Beau-
coup subirent cet allV-eux traitement, et fu-
rent regardes comme martyrs; d'autres
aposlasîi'^rent. L'année suivante, ra même
gonve*ni'Ur lit Vèoilre tuLS les monastères
et tous F s biens qu*iis l'ossédaienl ; d lit
s.'iisirttbrûior tout ce ^uM put des reliques
des ^oiulây et punit tous ceux tjui m laieut
1251
IGO
trouYés porteurs. A quelques-uns U fit en-
duire la barbe de cire el de poix fondue,
ensuite il y faisait meltre le feu. 11 ne laissa
pas dans son gouvemement une seule per-
sonne portant Triabit monastique. L'empe-
reur lui écrivit des lettres de remerciement,
ce qui engagea les autres gouverneurs a agir
comme lai. Constantin ne survécut pas long-
temps ; étant allé faire la guerre aux Bul-
gares, il fut atteint de charbons aux jambes
(probablement de plaies variqueuses). 11
voulut revenir ii Constantinopfe, et s em-
barqua à Sélimbrie, mais il mourut en mer,
le 1* septembre T75. Son fils Léon lui suc-
céda : aabord ce prince se montra plein de
piété pour la sainte Vierge, el favorable aux
moines. Il choisit des abbés pour les mettre
en différents sièges, comme métropolitains.
Mais vers la fin de son règne, il fit paraître
son aversion pour les images, quil avait
dissimulée jusque-là. Ayant trouvé deux
images sous le chevet de l'impératrice Irène,
sa femme, il lui en fit do grands reproches,
et lui dit : « Est-ce ainsi que vous gardez le
serment que vous avez Tait à l'empereur
mon père, sur les mystères les i lus terri-
bles ? » Quoiqu'elle assurât qu'elle n'avait
pas vu ces images, il s'éloigna d'elle, et n'eut
plus avec elle aucune espèce de commerce
a partir de ce jour. 11 s'euguit d'où venaient
ces images, et ayant appris qu'elles avaient
été apportées par le concierge du palais, il
le fit arrêter avec Jacques, premier écuyer,
Théophane, Léon et Thomas, chambellans,
et quelques autres qui honoraient les ima-
ges. 11 les fit tondre, fouetter et mettre en
prison. Théophane y mourut. Tous les au-
tres embrassèrent l'état monastique après la
mort de l'empereur, laquelle arriva quelque
temps après. Son fils Constantin lui succéda.
11 n^vait que dix ans. Irène prit en main les
rênes du gouvernement. Comme elle était
catholique , l'Eglise put enfin respirer, et
sous son règne on put reprendre le culte
des images.
Ce fut sous cette impératrice, qu'à l'insti-
gation de Taraise , nommé patriarche de
Constantmople à la place de Paul, mort en
784, on assembla un concile qui commença
sa première session à Cohstantinople, mais
qui ne put continuer à cause des violences
des soldats. Irène invita les évoques à se sé-
parer, et ayant fait sortir de la ville ces trou-
pes séditieuses sous prétexte de les envoyer
combattre les Arabes, les fit désarmer, et
assembla de nouveau le concile à Nicée.
Plusieurs évéques y firent amende honora-
ble, et dirent qu'ils revenaient au culte des
images. La septième session fut consacrée à
la définition de foi du concile. Elle fut lue à
haute voix par Théodore, évèque de Tau-
riane en Sicile, en ces termes :
« Ayant employé tout le soin et l'exacti-
tude possibles , nous décidons que les sain-
tes images, soit de couleur, soit de pièces
de rapport ou de que que autre manière
convenable, seront pro^ osées comme la fi-
!;ure de la croix, tant dans les églises, sur
es vases et les habits sacrés, sur les mu-
ICO ^ la
railles et les planches, que dans les maisaii
et sur les chemins. C'est à savoir rimagedi
Motre-Seigneur Jésus-Christ, de sa sainli
mère, des anges et de tous les saints. Car,
plus on les voit souvent dans leurs inugei,
plus ceux qui les regardent sont excités n
souvenir et à l'affection des originaux. Oi
doit rendre à ces images le salut et Tadoci-
tion d'honneur, non la véritable iatrit qnt
demande notre foi, et qui ne convient qù
la nature divine. Mais on approchera de os
images l'encens et le luminaire Gommeoi
en use à l'égard de la croix, des évai^gilei
et des autres choses sacrées, le tout siûtuI
la pieuse coutume des anciens ; car llioi*
neur de l'image passe à Toriçinal, et cdi
qui adore Hinage adore le sujet ou'elleR-
d
nrésente. Telle est la doctrine des
Pères et la tradition de l'Eglise catholim.
Nous suivons ainsi le précepte de saint hâ
en retenant les traditions que nous non
reçues. Ceux donc qui osent penser ou em*
mer autrement, qui abolissent, comme Is
hérétiques, les traditions de l'Eglise, qéit
troduisent des nouveautés, quiôtent ooè^H
chose oe ce que Ton conserve dans lE^
l'Evangile, la croix, les images ou les rehqia
des saints, qui profanent les vases sacrés et
les vénérables monastères, nous ordonoois
ai'ils soient déposés s'ils sont évéques oi
ercs, et excommuniés s*ils sont moines ei
laïques, n
Ce décret fut souscrit par les légats etp*
tous les évéques, au nombre de trois col
cinq, compris quelques prêtres et qaekpss
diacres, pour les évéques absents. Le coodh
témoigna encore son consentement par ph-
sieurs acclamations, à la fin desquelles I
anathématisa le concile de Constaolioofh
contre les images et quelques personnes ei
particulier, savoir : Théodose, évéqaedl-
Çhèse, Sisinnius, surnommé Pastillas, Bisib
ricacabe, Anastase, Constantin et Nicéta^
patriarches de Constantinople, Tbéodore,iii-
toine et Jean ; Théodore de Svracuse, stt-
nommé Critin, Jean de Nicomedie, et Coai-
tantin de Nacolie, hérésiarques. Au contraire,
on cria éternelle mémoire à saint Germiii
de Constantinople, saint Jean Damascèfieet
saint Georges de Chypre, que le fauxcoDob
avait analhématisés. Ensuite on écrivildeii
lettres au nom de Taraise et de tout lecoi-
cile. Tune à l'empereur et à sa mère, Taolff
au clergé de Constantinople, pour les iis*
truire de ce qui s'était passé. Dans lakuri
à l'empereur, on explique ainsi le mol A*
doration : « Adorer et saluer sont le nrfv
en grec k/^ôo-xw-îv et Aoir«Cco-rftt. Car, (btf
l'ancien grec, «wi » signifie saluer ou biisai
et la proposition npoç marque une plasM
affection. Nous trouvons la même expre»BB
dans l'Ecriture sainte. Il est dit que mni^
prosterna sur le visage^ adorant trois fésh
nathas^ et le baisa. Saint Paul dit que J^ti
adora le haut du sceptre de Joseph. AiiÀ
saiut Grégoire le Théologien dit : Hùunt
Bethléem et adorez la crèche. Ainsi, (p^
nous saluons les croix, nous chantons :Â'*'
adorons la croiXf Seigneur^ el nous aisr^
IÎ55
ia tance qui a percé votre câté; ce qui, manî- "
festeiaent» n'est qii*un salut » comme il paraît^
en ce que nous les touchons de nos lèvres.
Que si Ton trouve souvent radoration dans
rEcriture et dans les Pères pour le culte de
latrie en esprit, c*esl que ce mot a plusieurs
significations : car il y a une adoration raèlce
d*nonneur, d amour 'et de crainte, comme
quand nous adorons Voire Majesté (ils par-
lent à rempereor). Il y en a une de crainte
âeule« comme quand Jacob adora Esaù* Il y
en a une d'actions de grâces, comme <|uand
Abraham adora les enfants d'Helh, à 1 occa-
sion de ia sépulture de Sara. C'est pourquoi
TEcriture, voulant nous instruire, dit : Tu
adoreras ie Seignettr^ ton Dieu, et ne servirai
que lui seuL Elle met l*attoration indétini-
nien*t comme un terme équivoque qui peut
convenir à d*autres ; mais elle restreint à lui
seul !e service, (atreian^ que nous ne rendons
qu*à lui seul. » A celte leltre on avait joint
quelques passages des Pères.
L*Eglise fut tranquille, du côté des icono-
astes , jusqu'à Léon rAnnénien ; mais ce
incet qui dans les premiers tempa.de son
règne avait semblé être catholique, se dé-
clara dans la suite contre tes iuiages, disant
SQS courtisans : « Pourquoi pensez- vous
e les chrétiens soienl sous la domination
es intidèles* si ce n'est parce qu'ils adorent
r les images? Tous les empereurs qui les ont
Lj reçues ont été ou détrônés , ou tués en
u^ guerre; au contraire, ceux qui ne les ont pas
t^ adorées sont morls dans leur |>alais, de mf>rt
^^Mturelle, et enterrés avec honneur dans l'é-
Hplise des Apôtres. Je veux les imiter, atin de
Py^tivre longtemps, et laisser l'empire h mon
L fils et à mes descendanis , jusqu'à la aua-
y Irième génération. » 11 s'adjoignit, pour Tai-
F der dans son dessein, deux sénateurs, Specla
L et Eu ty chien ^ plus un prêlre nomnjé Jean ,
P qui depuis fut lrès-célèl>re parmi les icono-
C dastes. 11 promit à ce dernier de le faire pa-
" iriarche, s il le faisait réussir dans son en-
treprise. En vertu d'un ordre de l'empereur,
Jean feuilïeta avec les autres les livres de
toutes les bibliothèques de Constanlinople ,
tant des églises que des monastères. Ils en
brillèrent un grand nombre. Quand Tempe
reur se crut assez fort pour Ja réussite de
son dessein, il attaqua ouverteinent le pa-
triarche Nicéphore, Le peuple tui dit : « II
est scandalisé du culte des images; ne vous
obstinez pas dans ces choses sans impor-
tance, ou bien montrez-moi dans TEcrituro
un texte précis qui dise d'adorer les images,
— Nous ne pouvons pas toucher aux ancien
Des traditions, lui uit le patriarche. Nous
adorons les images comme la croix et TE-
vangile. »
Le patriarche ayant su qu'Antoine de Sy-
lée tavorisait Tentreprise de Tempereur, le tit
mander et lui en lit des reproches. Antoine
nia tout et remit au |)atriarche une déciara-
liori par latpjelle il admettait le culte des
images et analhématisait ceux qui n'y sous-
crivaient pas. L'empereur lui en ayant ex-
primé son étonnenient ; «t Je me suis mo-
t|ué d'eux, dit Antoine, pour que vous cxé-
^
i
'
I
entiez plus facilement ce que vous voulez
faire. >» Alors Léon TArménien manda tous
les év<^queSt pensant qu'ils Taitleraient dan^
son dessein» Avant leur arrivée à Constanti-
nopie, il les fit tous arrêter» de peur qu'ils
n'allassent, suivant la coutume, descendre
chez le patriarche. On laissait aller ceux qui
étaient favorables h. Fhérésic; nuant aux au-
tres, on les tenait au cachot, ou on les lais-
sait soutFrir la îmm. Nicéphore redoublait
ses prières. Il assembla tous ceux qu'il put;
et» dans cette assemblée rit pronotiça l'ana-
thème contre Antoine, qui avait péché non-
seulement comme hérétique, mais encore
comme menteur et prévaricateur. L'empe-
reur, l'ayant su, fit mander le patriarche,
avec tous ceux qui composaient cette assem-
blée. Quand ils furent arrivés au palais, il
leur dit qu'ils Iroublaienl la paix et entrete-
naient la discorde, « Ce n'est pas nous qui
faisons cela, dit le patriarche; car nous som-
mes d'accord sur ce point avec toute l'Eglise.
Komo, Antioche, Alexandrie, Jérusalem, ho-
norent les images. C'est vous qui soutenez
une hérésie condamnée. Si quelqu'un a
ébranlé votre fui» nous désirons vous éclai-
rer; mais nous ne pouvons entrer en discus-
sion, avec des heréliques, sur des points
déjà condamnés et anatiiématisés. w Ensuite
il traita h fond cetle question devant l empe-
reur. L'entretien avait été entre lêmpereur
et lé patriarche.
Alors on fit entrer les évoques, les abbés»
puis tous ceux qui tenaient au parti dos ico-'
noclastes et qui logeaient dans le palais; on
til venir aussi les grands de la cour, les offi-
ciers et tous ceux qui occupaient des char-
ges importantes auprès de rempereur. Les'
olTiciers entrèrent l'épée nue h la main, pour
intimider les catholiquc^s. « Dites-moi si ce
qui n'existe pas peut lomber? » demanda le
patriarche- On se regardait, ne sachant pas
ce qu'il voulait dire. Il reprit : « Les images
sonl lomlïées sous Léon l'isaurien et sous
Constantin : donc elles existaient aupara-
vant. ï> L'empereur dit : « Mes Fères, je suis
du même avis que vous, w Tirant un reli-
quaire , il l'embrassa. « Mais puisque la
question est posée devant moi, ii faul bien
que je la fasse examiner. » Les cathnliques,
qui voyaient manifestement la mauvaise in-
tention , et qui du reste savaient parfaite-
ment que les choses décidées par des conci-
les ne pouvaient pas sans cesse être remises
en question , refusèrent d^entrer en discus-
sion avec les hérétiques. Emilien de Cyziqne
dit ; (t S'il sagil d'une alFairc ecclésiastique,
qu'on la traite dans l'Eglise, ainsi qiïe c*est
la coutume. -- Je suis enfant de l'Eglise, dit
l'empereur, et je veux vous écouter cummo
médiateur, » Michel <ie Synnade lui dit :
« Si vous êtes médiateur, iVites-le voir. Vous
nourrissez, logez et choyez nts adversaires;
quant à nous, nous sonunes partout marrai-
tés par vos ordres. — Parlez, si vous avez
des preuves, dit l'empereur, — Nous avons
des preuves, dit ïhéo[>hylacte de Nicomé-
dic; seulement nous maîiquons d'auditeurs
pour les fairo entendre, » Euthymius dt
^
L
ff55
ICO
no
«
finies paria arec \m a Imirable conrage.
« Ce que nous soirons, dil-il, c'est la foi^de
rEglise, celUj df: la Indition confirriiôft pv
le second concile de Nic^o. Q'jicoriqii*? ose
s'élerer contre, soit anJilhôrne. » T -KKlore
StudJle ajoiila : « L'Af/jlF; dit que Dieu a
mis dans' r Eglise (Us apôtres, des prophètes ^
des pasteurs et des docteurs; mais il n'^ point
Brié des empereurs. Vous êtes chargé de
Stat«de 1 arihée; pren^^z-en .soin, mais lais-
sez IlEglise se gouverner elle-même. » L'em-
pereur, furieui, les chassa de sa présence, et
leur commanda de rester chacun chez so',
sans communiquer les uns arec les autres.
Cet ordre leur fut transmis à tous indrvi-
duellemeit par le préfet do Constantiuople.
Quand on le porta a saint Théodore Stuuite,
il répondit : « Nous devons ohéir à Dieu
plutôt qu a vous ; nous nous laisserons plu-
tôt oouji'^r la langue que de cesser de d»'*fen-
dre la loi. » Léon dissimula quelque temps.
H fit insulter l'image de J(^'Si;s-(^lirist, qui
était à la porte darâ n; Lco-i l'Isaurien l'a-
vait déjà abattue, Irène Tavail rétabli»*. Sous
prétexte du danger qu'elle courait de la part
des solda s, il la fit enlever. La fêle de Noël
étant venue, il entra dans l'église, comme
les empereurs avaient coutume de faire, et
adora ronifimcnt de Tautcl, qui nîpréscMilail
la nativité de Notre-Sei^neur Jésus-Christ.
Tout le peuple fut satisfait; mais ce n'était
que pure dissimulation. A la fête dr l'Epi-
phanie suivante, il vint encore à ré^^çliso,
mais n'adora pas \os images ; puis il empê-
cha le patriarche de prêcher, et donna la
garde de l'Eglise et des vases sacrés à Tho-
mas, qui avait été deux fois consul.
Le patriarche étant tombé malade sur ces
entrefaites, Temnereur se modéra un peu,
espérant que s'il mourait il pourrait mieux
réussir. Quand il revint h la santr, il lui en-
voya Théophane,fr(îre de Vimpératrice, pour
l'amener à avoir des confinences avec l^'S
iconoclastes. Nicéj «bore s'excusa sur sa santé,
disant qu'il accepterait néannicûns, si on lui
laissait le libre j^ouvorneinent de son trou-
peau, si 0 1 faisait sortir de j)rison tous les
évôfiues catiioliquos qu'on y (l('»tonait, si on
rappelait ceux qui étaient oli exil, si on éloi-
gnait ceux dont les ordinations irétaient pas
régulières. Mais les iconoclastes qui étaient
à la cour r.j<;tôrent ces conditions, et, pré-
tendant qu'ils avaient le pouvoir d'un con-
cile, direU (ju'ils avaient vainement trois
fois déjà appelé le ])atriarche; qu'ils pou-
vaient le condamner comme contumace, lis
le mandèrent par une monition qui lui Ait
portée par quelques évoques accompagnés
d'une troupe de gens sans aven. « Le concile,
lui dirent-ils, a rec^u des libelles contnî vous.
Si vous voulez éviter d'être déposé, souscri-
vez aux volontés de l'empereur, et rejetez le
culte des images. — Quel est celui, dit le
patriarche, qui s'attribue juridiction en ces
lieux? Est-ce le pape, ou quelqu'un des au-
tres patrlarciies? Si je suis coupable de cer-
tains crimes, comme vous dites, il sufïirail
2ue je re[)(»ussasse le culte des images pour *
vittîr d'él4-e déj>osé. Je sais mieux que cela
les lois de l'EzIise. Quand bien mfeme k
sîéze de Constantino|iie serait Tacant, nri
éï^è pi*^; nV aurait juridîçlioii. Or il ne M
fias : à pi'/s forte raison, nul n'y peut fairr h
loi. » ApK'S avoir lu le can'i:. il les eir^îD-
inunia et le-»r ordonna de -ortir de renc^int»
du li^^u siint. Us sortirent en proférant d*s
anathèmes contre lui et Taraise. Alors l*s
voulurent 1? faire mourir: mais il en fal
averti par un clerc. H écrivit à remp?few
que, pour éviter des malheurs qui retombe-
raient sur lui, il était dispose à quitter so9
siéize. L'empereur le fit enlever la nnit,et,
après l'avoir détenu en différents lieai.lefit
transporter au monastère de Saint-Théodor?.
Après le départ de Nicéphore et l'élévalion
de Théodote au siège de Con$tantinoj)Ie,1es
iconoclastes tinrent un concile; ils s assem-
blèrent dans réjilise de Sainte-Sophie, annt
à leur tète le noîiveau patriarche, ThéoJotr,
surnommé Cassitère. L*empere ir y fit anss
assister son fils Symbarius, qu'il avait nom-
mé Constantin, ne voulant pas v assister loi-
même, pour n'être pas oblig'^ à faire ans
souscription contraire à ce qu'il avait bit 1
son avènement à l'empire. Les abbés da
Constantiuople, étant appelés au concQe,
s'excusèrent d'y venir, par une lettre que
saint Théodore Studite composa au nom de
tous, et oii ils disaient en substance : tL»
canons nous défendent de faire aucan ade
eccL'siastique , principalement touchant te
questions de foi, sans le consentement de
notre évèque. C'est pourquoi, bien qucDOOJ
ayons ét'î appelés de votre part jusqu'à deux
fois , nous n'avons osé rien faire , comoi6
étant sous la main du très-saint patriarche
Nicéphore. D'ailleurs, nous avons appris que
cette convocation ne tend qu'à renverser b
second concile de Nicée et défendre l'adora-
tion des saintes images. C'est pourquoi D.jttï
vous déclarons que nous tenons la même foi
que toutes le*? E;^lises qui sont sous le ciel,
et <|uo noiis ad:irons les saintes images, fon-
dés non-seulement sur le second cohimIc de
Nicée, mais sur toute la tradition écrte cl
non éi^rilc , d 'puis l'avénemcnt de Jésus-
Christ. Nous ne recevrons rien de contraire,
qunnd, i)ar ini|)0S?ible, Pierre ou Paiil,oa
un anj^e descenihi du ciel renseignerait; el
nous sommes prêts à tout soulfrir, même h
mort, plutôt que d'y renoncer. »
Les deux moines qui présentèrent cella
lettre au concile furent renvoyés chargés Je
coups , et on passa outre sans s'y arrètrf.
Dans la première session, on lut ladéfiniliofl
de foi du concile tenu aux Blaquernes, Je
l'autorité de Constantin Copronyme, sousie
nom de septième concile. On la conlirmiel
on analhématisa le vrai septième conciW rf
les patriarches orthodoxes. Le second jour,
on amena au concile quelques évOques ci-
tholiques que les iconoclastes crovaieul ir>
plus faciles à intimider. On niii en pièctî
leurs hablls sacrés, cl on les lit ainsi dcm^
rer »h la porte de IVgliso , coiiune des nnsoi
ni^rs ; puis ils furent traînés au uiilieLi i
rassemblée, où les présidents les lirenl dt-
meurer debout, leur offrant de les ûiK »*■
seoir arec eut' s'ils changeaient de senti-
ijienL Mais, k^s Irouvant fermes daûs la con-
fession de la foi calholiqne et la vénération
des images, ils les firent jeter par terre, et
les assistants leur mirent le pied sur la
gorge; puis ils les firent relever et sortir à
reculons, crachant sur eux et les frappant à
coups de poing dans le visage, en sorte quo
quelques-uns étaient tout en sang; entln, on
les livra h dt's soldats qui les menèrent en
prison. Après les évoques, on fit entrer les
abbés des plus fameux monastères, qui, ne
s'ëlant laissés vaincre ni aux caresses, ni aux
menaces, furent aussi envoyés dans diverses
prisons. Cette seconde session flnit par des
acclamations pour remuereur et son Ois, et
des analhèmes contre les chefs des catholi-
ques* Ensuite ils dressèrent leur déOnition
de foi, qui fut souscrite h la troisième ses-
sion, premièrement par le jeune empereur,
puis par tous les autres , et ainsi linit ce
concile.
En exécution de son décret, on effaça tou-
tes les peintures des églises avec de la chaux
q[ue ceux qu on j employait moudlaient sou-
veni de leurs larmes, tant ils le faisaient à
regret. On brisait les vases sacrés, on déchi*
fait les ornements en petits morceaux, on
coupait à coups de hache les tableaux peints
sur du bois, et on les brûlait au milieu de la
place publique. On etfaçait d'autres images
avec Je la buue ou des onctions infectes, au
lieu des parfums qu on avait accoutumé do
leur présenter. Des profanes maniaient im-
punément les cboses saintes qu il ne leur
était pas même permis de voir. Dès lors la
{>ersécution commença Irès-iudement contre
es catholiques, particulièrement contre le
clergé et les moines. Entre les évéques qui
soutinrent en celte occasion, voici les plus
illustres ; Micliel de Sjnnade et Théophilacto
de Nicomédie, disciples du patriarche Ta-
raise, qui les tira de la vie monastique pour
\es ordonner tous deux métroiiolitains. Mi-
chel assista en cette qualité au septième
concile général, et fut envoyé en Occident,
^^f ers Charlemagne , par rempcreur Michel
^■Curopalate, et chargé en même tmips de la
^Hettre s^nodiquedu patriarcîie Nicéphoreau
Hpape Léon IIL Micliet et Tliéoplûlucte se si-
^Kpalèrent par leur fernudé contre les icono-
^RSlastes, en présence de l'empereur Léon
r Arménien, et furent tous deux envoyés en
exil , Michel dans llle Eudociale et ensuite
en d'autres lieux, L'Eglise honore sa mé-
moire le vingt-troisième jour de mai. Théo-
philacte fut relégué au chAteau de Strobyfo
en (iarie, et vécut encore trente ans dans cet
exil. Il est honoré comme saint le huitième
jour de mars, ou le septième, sous le nom de
Xljéophile. Ses reliqutis furent rapportées à
Wicomédie. Saint Kulhymius» métropotitain
1^ de Sardes, avait aussi commencé par la vie
^.monastique, et parut entre les principaux
P-évéques au second concile de Nicée, où il est
" fait souvent mention de lui. Irène et Cons-
tantin remployèrent en des ambassades et
I d^autres atlaires pubUques ; mais l'empereur
' Nicéphore le relégua dans Vue Fatarée, en
Occident, pour avoir donné le voile il une
tille. Etant revenu, il fut un de ceux qui par-
lèrent le plus fortement pour les images, de-
vant Léon TArménien, qiii Tenvoya en exil à
Ason ; mais ce ne fut pas la un de ses tra-
vaux. Saint Emilîen de Cysique fut aussi re-
légué, après avoir beaucoup souffert pour la
même cause; et TEglisc en fait mémoire le
huitième jour d'août. Georges, évèque de
Mitylène, métropole de Tile de Lesbos, était
né de parents nobles et riches; mais il em-
brassa !a vie monastique, et se voua particulier
rement à Taumône. It fut chassé de son siège
par Léon TArménien, pour la cause des ima-
ges, et relégué à Chersone, où il raouruL
L'Eglise honore sa mémoire le 7 avriL
Entre les abbés qui souffrirent en cette
persécution » les plus fameux sont : saint
Théodore Studite, saint Nicétasde Médicion,
saint Théophane deSiagriane, saint Macaire
de Pélécite, saint Jean de Cathares, L'empe-
reur Léon ne jiouvant souffrir la liberté de
Théodore à défendre les images, le chassa
de Conslantinople et Fenvoya au chAteau de
Métope, près d^Apollonie» où il le tint ren-
fermé. Mais le saint abbé ne laissait pas
d'instruire et d^encourager les caholiques
par ses lettres, dont il nous reste un grand
nombre , entre autres une lettre dogmatique
où il traite amplement la question des ima-
ges, par les mêmes raisons et les mômes au-
torités qui avaient été employées sous Léon
risaurien et sous Copronyme. Il fait men-
tion en une autre, d*un de ses disciples, le
moine Thadée, qui était mort sous lés coups
de fouet, mrïrtyr des images, et de quelques-
uns qui étaient tombés. Théodore avait pour
compagnon de sa prison un moine nommé
Nicolas, qui fut depuis abbé de Stude.
Uabbé Nicétas était de Césarée en Bithy-
nie; sa mère étant morte huit jours après
sa naissance , son père embrassa la vie mo-
nastique et le consacra à Dieu dès renfance,
en qualité de portier ou custode d'église.
Etant plus avancé en Age, il s attacha à un
vieil anachorète qui le mena au monaslère
de Saint-Serge de Médicion, à Co'istanlino-
ple, alors gouverné par Tabbé Nicéphore qui
ravait fondé et qui, eia cette qualité, assista
au second .cnociie de Nicée* mcétas n avait
pas encore d«*meuré se fit ans dans le mo-
nastère, quand Nicépbnre le ûl ordonner prê-
tre parle patriarche Taraise, et se déchargea
sur lui du gouvernement de la communauté.
L'iïbhé Nicéphore m-iurut quelques années
après, et est honoré commtï saint le qua-
trième de mai. Alors toute la communauté
élut Nicétas pour hégumène ou abbé , et il
en reçut rordination par les mains du pa-
triarcne Nicéphore. 11 fut amené avec les au-
tres alibés au concile des iconoclastes en 815,
et envoyé dans une prison si infecte, qu'elle
était un supptice p:ir eile-mème. Là on lui
envoyait des gens pour le tenter et le fati-
guer par leurs htasphèmes et leurs discours
nnpertinents. Après qu'il y eutJon&temps
souffert, lerapereur l'envoya en NatoTie, no-
nobstant la rigueur excessive de Thiver, et
L
Iî5d ICO
le fit enfermer dans le château nomnaé Massa-
léon.
L'abbé Théophane était malade de la
pierre, et ne vint apparemment h Coostanti-
nople qu*en 816, Macaire, abb*^ de Péiécite,
était né à Conslantinople » (*t se nommait
dans le monde Chrystophle. Il fit tant de mi-
racles qu'on le nomma Thaumaturge^, et il
guérit entre autres le patricePaul et sa femme
de maladies désespérées. Il fut diversement
tourmenté par Léon rAmiénien pour la
cause des images et demeura en prison pen-
dant le reste de son règne. On a une lellre
à lui de saint Théodore Studite. Jean, abbé
du monastère de Calbares, était de Décapole
en Isaurie, Il vint au serond concile île Nicée
aveccelui qui l'instruisitdans les lettres et qui»
étant venu ensuite A Const.inlinople, fut abbé
de Saint«Dalmace. Jean fut ordonné prêtre
et envoyé par l'empereur Nicéphore au mo-
nastère de Cathari'S , dont il fut abbé , et le
gouverna pendant plus de dix ans. Il prédit
à ses frères la persét-ution de Léon rAriné-
nien, les exhortant à demeurer fermes dans
la vénération des saintes images. En effet ^
rempereur envoya des y^vns oui dispersè-
rent la communauté, pillèrent le monastère
et emmenèrent Tabbé Jean h C*msIantinople
chargé de chaînes. Etant présenté à Fempe-
reur, il lui reprocha hardiment son impiété;
Fempereor le Ht frapper de nerfs de bœuf
sur les yeux et sur le visage , et trois mois
après renvoya auchilteau dePentadactylion,
au pays de Lampe en Natolie, où il demeura
un an et demi , les fefs aux pieds et dans
une obscure prison
Entre les laïques, on remarque le patrice
Nicélas , parent de Timpératrice Irène qui
renvoya îui concile de Nicée pour y assister
de sa pai't, et toutefois je ne trouve point son
nom dans les Actes, Il fut ensuite gouver-
neur de Sicile, où il prit grand soin des
veuves et des orphelins. Etant revenu- à
Conslantinople, et voyant Tempereur Léon
rArménien déclaré contre les images, il re-
nonça k sa dignité tX embrassa la vie monas-
tique*. L*empereur lui envoya dire qu'il brû-
lât riniage du Sauveur ou qu'il la lui en-
voyât ; et comme il larefusa, il Tenvoya en
exil , où il mourut après beaucoup de souf-
frances. L*Eglise grecque honore sa raémuire
le 6 o "îobre , et Tes louanges que lui donne
saint Théodore Studite, dans une lettre qull
lui écrit, sont un illustre témoignage de son
méritp.
Théodore implora Tassistanco du pape
Pascal contre la persécution ipii continuait
en Ojient, En 817, Léon ^Arménien tit re-
venir h Onslantinople plusieurs évéques et
abbés, défenseurs des images, <ju'il avait en-
voyés en exil* Parmi eus fut Nicélas, qui ne
resta que ciuq jours à peine au lieu de son
otiL II les luvd h Jean Léconomanle, qui
les mit dans des cachots sé|iarés sans autres
lits que la terre humide, et sans couvertures.
Oji leur jetait pur un trou une once de pain
niuisi et un peu d*e*iu puante. Eniln on les
pressa de communiquer avec Théodole, di-
sant qu'on ne leui- demandait pas autre
IC0 IM
chose, et que leur foi n'anrait rien à en sauf*
frir ; qu'ensuite on les renverrait rhacuQ eo
leur monastère. Ils sortirent donc et vior<9l
dans un oratoire où ils reçurent la commis
nion des mains de Théodole. Cet oratoifi
était orné dlmages; mais Nicétas s*étaut re-
penti plus lard de cette condescendâDct,
vint trouver Ferapereur et lui dit positif^
ment qu'il n'était pas du parti des icouodii-
tes, et qu'il se repentait d'avoir même une
seule fois communioué avec eux. Apr^^ avoir
été quelque temps détenu à Con- If,
il fut relégué dans l'Ile de Saini. i*,
sous la garde de l'eunuque Aiitlnme £&it
eiarque des monastères de cette contrée pif
les iconoclastes» Cet homme ne |x»uvaxit net
obtenir de Nicélas , le tint six ans emien
(jusqu'à la mort de l'empereur) dans uflt
prison étroite dont il portait toujours Udd
sur lui. Saint Jean , abbé des Cathares, fui
aussi rap[ielé à Constantinople, livré à Jeia
Léconomanle, et mis par lui dans un cachùt
obscur jusqu'à la mort de rempereur Léoft,
Théodore Studite ne fut pas rappelé : eiîlé
à Métope , il continua» tant par ses discoun
que par les lettres qu'il écrivait, h élrera
des plus fermes soutiens de la foi catlid^H
que. L'empereur l'ayant su, chargea un^HJ
tain Nicétas, en qui il avait grande cQU&mm
de contluire Théodore en Natolie, enuaKai
appelé Bonite, et de ne ïy laisser comnniJiî-
quer avec personne. Quand on commuciijM
cet oitlre h Théodore, il répondit : « Pour
le changement, j'y consens ; mais quant à
ma langue, que J'ai reçue pour faire la ?ô-
lonlé de Dieu , vous la couperez plutôt qui
de l'empêcher d'annoncer la foi qui est dm
croyance, n L'empereur flt commander à W»
cétas de fouetter cruellement le saint Celui-
ci, étant sa tunique, se présenta avec jt^ieii
suimlice. «C'est ce que je désirais ,• di**
ih En ' . - -
fi voyant son corps amaigri par lesi
titications , Nicétas en eut pitié , et preaaal
une peau de mouton, il se renferma a?ecl«
saint et frappa sur la peau à coups reteali*-
sants, et ensuite se piauant le bras , nul di
sang à son fouet pour laire croire qu'il anit
exécuté l'ordre.
Un peu plus tard » le saint écrivil an pipi
Pascal pour implorer encore son seeoeo
dans cette persécution. Il écKvii aussi 101»
Iriarche d'AlexaiMJrie, à celui d^AntiOM
De son côté, le patriarche Théodole ttmfl
au pane Pascal des lettres et <les noocef;
mais le (lafie refusa do b?s recevoir : siiK
Théodore Studite lui en écrivit une Ifflrt
de remerciements. Le pape envova, mail loi'
tilement, k Gonstanlinople des l4gat5chiif^
de soutenir la vraie foi.
En 819, une des lettres qu*écrivaît TM^
dore aux cattjoliques étant tombée eotrfto
mains de rempereur, celui-ci ordonna •
gouverneur d'Orient de châtier si bien Tbé^
dore, qu'il n'eut pas envie de recoramen*
Ce gouvern*jur ht cruellement f " ■ ^'*^
colas, disciple qui «vait écrit li ^
la dictée de son maître, puis ensuite i"»"
dure lui-raLUuo. On les laissa tous demain
accablés de coups et h derai morts; flunl*
1141
ICO
ICO
iU%
saint ayant reçu les soins de Nicolas, qui re*
couvra assez de force pour secourir son maî-
tre, revint à lui : on le transféra dans un ca-
cliot obscur où il reçut encore cent coups
' de fouet et où il demeura dix-huit mois. En-
fin, ceUe mémo année, la persécution finit
avec la vie de Tempercor Léon , qui fut as-
sassiné et remplacé par Midiel le Bègue. Ce
prince se nioiitra d'abord très-fâvoraîde auï
catholiques et rappela tous les exilés. Il n'hq-
nurait pas les images , ra^is il se montrait
disposé à laisser chacun librement dans son
opinion» Cependant , sur !a demande que
lui firent les catholiques de leur rendre leurs
églises, il les invita à conférer avec ceux du
parti contraire : ils réimndirent que s*il s*a-
^ssait d'une cïiose temporelle, ils ne de-
Xûanderaient pas mieux ; mais que puisou'il
s'agissait d'une chose de foi décidée par VE-
^lise et par les conciles , ils ne pouvaient
faire aucune concession. Michel Unit parleur
dire qu*il ne les persécuterait pas, mais qu'ils
ne rentreraient dans leurs sièges et en pos-
session de leurs églises que s'ils renonçaient
à élever aucune image uans Constanlinonle
et autres lieux de sa domination. Alors les
catholiques reprirent Je chemin de FeiiL
Comme on le voit^ les bonnes dispositions
de cet empereur se bornèrent à faire qu'il ne
persécutât pas d'abord îes catholiques; mais
elles n'allèrent pas même jusqu à leur per-
mettre de pratiquer ostensiblement ce qu'il
leur permettait de croire dans leur for inté-
rieur, ce qu'il ne voulait pas attaquer vio-
lecQment dans leur conscience. Du reste ^
rempereur Michel le Bègue était une sorte
de nistre, ne comprenajit rien au raisonne-
ment et à la discussiûu. Il était enlêlé et for-
tement arrêté rians les opinions qu'il avait
reçues dans son enfance. Il était né h Amo-
rium en Phrygie d'une peuplade de laquelle
on prétend que les Bohémiens modernes sont
les descendants. Ces gens à demi barbares
tenaient le milieu entre les luifs et les Athin-
Î^ans. Ils recevaient le baptême et rejetaient
a circoncision. Du reste, ils suivaient toute
la loi mosaïque, Michel avait les croyances
de celte peu[>Iade grossière ; il savait h peine
lire. It défendnil qu'on instruisît les enfants
dans les livres dt'S anciens Grecs et dans ceux
des chrétiens. En revanche, il se connaissait
1 parfaitement en mulets et en chevaux. Il
! suppléait è toute la science qui convenait à
un empereur par I<vs connaissances d'un ex-
cellent rnaquijrnon. I! croyait en Dieu, disait-
ilt mais n'admutldf pas qu'il y eût un dia-
ble , ne croyait \ as qu'il y eût'eu jamais de
I»rophèles ,"et prétendait que la fornication
était permise. En un mot, tomme fone d'in-
telligence et élévation d'instruction , il était
un très-digne ancêtre des esprits-forts vol-
I tairiens. Michel eût brillé au milieu de nos
docteurs d estamiTiet , et eût tenu une place
émioente au milieu de ces conciles qui, dans
les mauvais lieux^ décident si puissanunent
de nos jours les tjueslious de foi et do
dogme.
^ Bientôt, sortant de T indifférence qu'il avait
d'abord monti ce, Michel se déclara rennemi
des catholiques et principalement des moi-
nés. Il fit donner sept cents coups de fouet
à Fun d'eux , Méthodius , qui , étant revenu
de Rome, enseignait publiquement la foi ca-
tholique à Constanlinople, 11 le fit, après
cela, mettre en prison et Fenvoya enfin à File
de Saint-André, prèsd*Acride,OLi il lui donna
pour prison commune avec un condamné
violent et grossier, un sépulcre abandonné.
Il chassîi de Constantinople Eutymius, évê-
quc de Sardes; et son tiîs, le jeune empe-
reur Théophile, lit, jiar son ordre, donner
au saint évoque tant de coups de fouet qu'il
en mourut. Sous lui, Jean Léconomanto
était tout-puissant ; il Ut arrêter et metire en
prison Théodore et Théophane de Jérusa-
lem, qui^ profitant de la permission de Fcm-
pereur, étaient revenus d'eiil à Conslanli-
nople f et y prêchaient la foi catholique.
Quelque temps après» l'empereur Michel fit
encore }ïroposer aux catholiques une confé-
rence ([u'ils refusèrent, donnant les raisons
qu'ils avaient déjà fait valoir quand cette pro-
position leur avait précédemment été faite.
Du reste , ils demaudôrent qu'on envoyât à
Rome, et que de part et d'autre on s*en rap-
portât h la décision qui émanerait du siège
de Saint-Pierre,
L'Jiérésie des iconoclastes n'avait jusque-
là pas fait de progrès en Occident. En Fan
828t Claude, oui avait été nommé évoque de
Turin, se déclara son partisan. Il nia le culte
des images, Fautorité que les évêques avaient
reçue de lier et de délier dans ce monde et
pour Fautre. 11 nia aussi Fautorité du pape.
Après la mort de Michel II, dit le Bègue, sou
lils Théophile , qiii monta sur le trône en
829, se montra d abord assez ami de la jus-
tice ; mais bientôt il persécuta aussi les ca-
tholiques. Il en vint jusqu'à persécuter les
peiïUres qui faisaient des images. Il attaqua
un moine nommé Lazare, qui excellait alors
dans cet art ; ne Fayant pu gagner ni par
prières ni par menaces , il le Ot déchirer à
coups de fouet , de sorte qu'on le laissa de-
mi-mort.
A Constantinople, Ferapereur Théophile
continuait de pers^écuter les catholiques pour
la vénération des images. On lui tléféra en-
tre autres Théodore de Jérusalem et sou
frère Théophane que Femf^ereur Michel, son
frère, avait maltraités et exilés pour la inOme
cause. Théodore fut encore fouetté cruelle-
ment et relégué avec son frère dans File
d'Aphusia. Mais deux ans après, l'empereur
Théophile les fit revenir à Constantinople
sans rajipeler les autres exilés, car il souhai-
tait passionnément de gagner ces deux frères.
Théodore racontait ainsi ce qui se passa en
cette occasion, dans une lettre à Jean, évè-
que de Cyzique : « Celui qui était chargé
oes onbes de Fempercur étant arrivé h File
d'Aphusia, nous mena en grande diligence
l\ Conslantinople sans twios en dire le sujet,
Nous arrivihnes le 8 juillet. Celui qui nous
conduisait, ayant vu Fempereur, eut ordre
de nous enfermer aussitôt dans le jrrétoire,
Six jours après, c'est-à-dire le 14 nu même
mois, on nous mena à l'audience dcrempe*-^
L
4U9i
ICO
reur. Comme tout lé monde sayait le sujet
pour lequel on nous amenait, nous n'enten-
dions que des menaces. « Obéissez au plus tôt
à Temperoup, » disaient les uns; d'autres :
« Le démon les possède », et des discours en-
core pires. Environ à la dixième heure, c'est-
à-dire quatre heures après midi, nous en-
trâmes dans la salle aorée, le gouverneur
marchant devant nous. Il se retira et nous
laissa en présgice de l'empereur, qui nous
parut terrible et animé ae colère. Après
que nous l'eûmes salué, il nous dit d'un ton
rude d'approcher plus près, puis il nous de-
manda le pays de notre naissance. « C'est,
dîmes-nous, le pays des Méabites. » 11
ajouta : « Qu'ètes-vous venus faire ici ? « Et
sans attendre notre réponse, il commanda
qu'on nous frappât au visage. On nous donna
tant et de si grands coups, que nous tombâ-
mes à terre tout étourdis : et si je n'eusse
pris celui qui me frappait par le devant de
sa tunique, il m'aurait aussitôt jeté sur le
marche-pied de l'empereur. Mais je me tins
ferme jusqu'à ce qu'il fit cesser de nous
frapper. •
« 11 nous demanda encore pourquoi nous
étions venus à Constantinople, voulant dire
que nous n'y devions pas venir si nous ne
voulions embrasser sa créance. Et comme
nous baissions les yeux sans dire mot, il se
tourna vers un officier qui était proche, et
lui dit d'une voix rude et regardant de tra-
vers : « Prenez-les, écrivez sur leurs visages
ces vers iambiques, et mettez-les entre les
mains de deux Sarrasins pour les emmener
en leur pays. » Un nommé ChrysloJulc, qui
avait composé ces vers était là et les tenait.
L'empereur lui ordonna de les lire et ajouta :
« Ne le mets pas en peine s'ils sont beaux
ou non. » Un des assistants dit : « Ces gens-
ci, seigneur, n'en méritent pas de plus
beaux. » 11 y avait douze vers dont le sens
était : « Ceux-ci ont paru à Jérusalem, comme
des vaisseaux d'iniquité pleins d'une erreur
superstitieuse et onl été chassés pour leurs
crimes. S'en étant enfuis à Constantinople,
ils n'ont point quitté leur impiété. C'est
pourquoi ils en sont encore Dannis, étant
inscrits sur le visage, comme des malfai-
teurs. »
Saint Théodore continua ainsi son récit :
«( Après la lecture de ces vers, l'empereur
nous fit ramener au prétoire, mais à peine y
fûmes-nous entrés qu'on nous ramena en
grande hâte devant l'empereur oui nous dit :
« Vous direz sans doute quand vous serez
partis, que vous vous êtes moqués de moi,
et moi je veux me moquer de vous avant
do vous renvoyer. » Alors il nous fit dé-
pouiller et fouetter, commençant par moi.
L'empereur criait toujours , pour animer
ceux qui me frappaient, et je disais cepen-
dant : « Nous n'avons rien fait contre Votre
Mfyesté, seigneur ; ayez pitié de moi, sainte
A'ierge, venez à notre secours. » Mon frère
fut ensuite traité de même, et après qu'on
nous eut déchirés de coups, l'empereur nous
fit sortir. Mais aussitôt on nous fit revenir,
et un receveur nous deman la de la part de
iGQi m
l'empereur : « Pourquoi vous êles-Toas ré-
jouis de la mort de Léon, et n'arez-TOus pas
embrassé la même créance que lui. » ^tm
répondîmes : <r Nous ne nous sommes pis
réjouis de la mort de Léon, nous ne som-
mes pas venus vers lui et nous ne pouToas
pas changer notre créance , comme toos
qui la changez selon le temps. » Le receveaf
ajouta : « Vètes-vcus pas venus sons le rè-
gne de Léon ? — Non, dîmes-nous, mais
sous le prédécesseur de l'empereur, c'est*-
dire sous ffichel le Bègue. » Nous reTlnmo
au prétoire, et quatre jours après on noos
présenta au préfet, qui, après plusieurs me-
naces, nous ordonna d'obéir a Fempcreur.
Nous dîmes que nous étions prêts à sooilKf
mille morts plutôt que de communiqatt
avec les hérétiques. Le préfet revint aux ca-
resses et nous dit : « Communiquez seule-
ment une fois, on ne vous demande pas da-
vantage ; j'irai avec vous à l'Eslise, alki
ensuite où il vous plaira. » Je lui dis eo
souriant : « Seigneur, c'est comme qui di-
rait à un homme : Je ne vous demande au-
tre chose que de vous couper la lètc une
seule fois, après quoi vous irez où tow
voudrez. Ou renverserait plutôt le ciel et b
terre que de nous faire abandonner la vraia
religion. » Alors il ordonna qu'on nous
marquât au visage, et quoique les plaies des
coups de fouet fussent encore enflammées el
fort douloureuses, on nous étendit sur te
bancs pour nous piquer le visage en j écri-
vant les vers. L'opération fut longue, et h
jour venant à manquer il fallut cesser. ITooS
dîmes en sortant : « Sachez que celte in-
scription nous fera ouvrir la porte du para-
dis et qu'elle vous sera montrée en ficc de
Jésus-dhrisl. Car on n'a jamais fait rien de
semblable, et vous faites paraître doux tous
les autres persécuteurs. »
C'est ainsi que Théodore parlait dans a
lettre. Après que lui et son frère eurent été
ainsi traités, on les remit en prison, le n-
sage encore sanglant, puis, à la persuasion '
du patriarche Jean, on les envoya en exil \
Apamée en Bithynie, où Thf>od(ore mourut
quelque temps après de vieillesse et de
maladie; et comme l'empereur avait dé-
fendu de leur donner la sépulture, son frtre
Théoçhane conserva le corps dans un coIIIpb
de bois, et il fit des hymnes à sa louange;
car il était poêle fameux pour le temps
Michel Syncelle, de Téglise de Jérusalem,
fut aussi arrêté et tenu longtemps en prison
avec plusieurs autres moines.
Saint Mélnodius avait été tiré du sépukw
où il avait été renfermé avant la mort Scîfi*
chel le Bègue; il en sortit dans un étal la-
mentable, n'ayant plus que la peau et le»
os, et pas un cheveu sur la tôte. A CoDStin-
tinople, comme presque tous les coureflts
étaient infectés d'iiérésie, il demeurait seul;
mais il prêchait la vérité. Ses discours et *
exemples en convertissaient un grand doï-
bre. Théophile le fit venir et lui adressa *
violents reproches. « Si les images, lui «fi
le saint, sont si méprisables, pourquoi nV
baltez-vous pas toutes les vôtres, au ii^
n\n
ICN
ICN
d'en faire élever un si grand nombre comme
vous laites? » Furieux de te discom-s, Feiïi-
tperear le fit raettre mi jusqu*^ la ceinture, et
lui lit donner six feuls ciiU|ls de fouet II le fit
descendre demi-mort par ou trou dans une
des caves du palais; mais ûvs jiersonues
pieuses Ten tirèrent la nuit et pîuisèrent ses
Lilaies. L'empereur Ta vaut su, Ut coulisquer
la maison où on lavait retiré. Eutiu il vou-
lut le gagner par la dMUcrur, il le lo^ea dans
^on palais avec les otliciers; il le menait
partout avec lui, même à la guerre, parce
qu'il craignait qu'en son absence il occasion-
nât quelfiue sédition toucliant \rs images.
Théoplnle étant mort, Michel 111 lui suc-
céda e:i 8i2* Comme il était encore enfait,
ce fut l'impératrice Tliéodora qui gouverna
, à sa place, avec le conseil que l'empereur
jort lui avait nommé. Ce conseil secompo-
lit de Tliéocliste, lionnne qui avait eu de
jraiides eharj^^es à la cour de Ilardus, Mre
le l'impéralriie, et de Manuel, maître des
loflices, qui avait été gouverneur d'Arménie,
•yeudanl (ju'il commandait dans ce pnys, il
citait tombé moïade, et ]es moines de Stud<^,
ieix qui il avait grande conlicince, \m avaient
^promis qu'il guérirait pro m i dément, s'il se
jouait au rét.iblissement des saintes images.
' le fit, et guérit en elîet. (Jnand il fut nommé
futeur du jeune empereur» il Sdugea à )'ac-
lomplissement de son dessein, il le commu-
liqua à ses deux collègues; il se renflil oaos
_|e même but près de l'impératrice Théodora.
"Elle lui répondit qu'elle formait les unîmes
^vœux que lui ; on dépttsa Jean Lecono mante,
' itriarclie intrus de Constantinople. Le
)olesseur Méthodius fut mis à sa plrce, et
miédialemeot les saintes images furent re-
ïvées avec solennité. On lit urïe |ïroressifïn
nis laquelle on porta la vraie croix el les
^images. Depuis lors l'Iiérésie des iconoclas-
tes ne s'est pas relevée. Seulement, de loin
en loin de nouveaux liéréliques out essayé
de la reprendre. Tous les fauteurs d'erreurs
^^nt la même manie» faute de i^ire du neuf,
^Hs sepafent de la délrapiedes temps f>assés,
^^^mblables en cela à nos m(Miernes révolu-
^pfonnaires, qui, ne pouvant pa;^ faire quel-
que chose de nouveau en fait ue république.
Égarent des baillons de 93 et snigent le
se, ne sachant rien créer dans le [nésent.
singes des iconoclastes oui été les Vau-
5, les Albigeois, les Uussites et les Ré-
nés.
lE (sainte), martyre, mourut pour la dé-
^_fense de la religion, dans la proviuce de
H^rse* Elle eut plusieurs compagnes dont
^Bous ignorons le nombie et les dilfôrents
^ftoms. Après avoir eiwJnré déjà divers ïour-
^'Siients, elles soutfrirent la mort avec neuf
mille cbréliens que le roi Sapor tenait en
captivité. L'Eglise honore leur mémoire le
Ék âo^it
^ IGNACE (sainlj, oncle maternel de saint
télérîn» qui confessa glorieusement le nom
Vie Jésus-Christ en Afriuue, sous le règne de \
rerûperour Déce, fut lui*môme uiartyrisé
sous Septime-Sévère, avec saint Laurentm,
elê paternel du même saint, et sainte Ce-
li^
Jérjne, son aïeule. L^Eglise fait la fête de ces
trois saints le ^iV'vner. Nous po^^sédons dans
les œuvn>s do saint Cyprien une excellente
L'ItrM h la louange de ces glorieuic martyrs.
ItiNACE (saint), pafri*irclie de Coiislanti-
nopbs ét.'(il issu d'une famille illustre ; sa
mèvQ Proeopi(* était (ille de remperenr Ni-
céphore; Michel, son père, qui d'ahoni avait
été cnropalate, on niattre du pal.tis, fut lui-
nn^me éhné sur le (rone impérial après que
Nicéphore eut été tué dans un combat contre
les Bulgares. Le t^^énérai qui commandait les
trnupi^s du père de notre saint, Léon TAr-
ménîen,s etatitrévoUé, Michel quitta la pour-
pre après avoir oeciqié le trône impérial
pondront un an etneul'mois. Il se retira avec
ses tilles, ses fils el rimp'ratnce Procopie,
dans les fies Princesses, oit ils embrassèrent
la vie monastii^ue. Nous les y laisserons pra-
tiquuit tous les exercices de la piété la plus
austère, pour nous occuper sfïécialeraent du
second des iils de Michel, nonuné Nicélas,
et qui prit le nom d*lgiiace* L*usurpateur
voulant s'assurer le trOne sur lequel il était
injuslentent mouté, lit Ignace et son fiére
eunuques, el en oya noire saint dans un mo-
nastère dont lalihé était iconoclaste. Il eut
h soutirir mille épreuves, mille mauvais trai-
tements, mais il les surmonta tous et resta
lidèle h la vraie foi. Quand srm perséculeur
fui moit, les moines qui connaissaient la
vertu d'Ignace îe nommèrent abbé; ses ver-
tus et sa gra'ide prudence le tirent chérir de
ceux qui ravaient appelé à les gouverner.
Sur ces entrefailes, les emptTeurs Léon
rArniénie^i, Michel le Bègue et Théophile
élant morts, ce dernier en Wv2, l'uupératrico
Tliéodora gouverna Fempire pour son fils
Michel Itl. Elle chassa Jean, patriarche ico-
noclaste, et quaml Méthode, son successeur^
fut mort quatre ans après, on élut Ignace à
la dignité de patriarche, notre saint usa de
sa nouvelle dignité pour rétablir le règne de
TEvangile et pour reprendre publiquement
ceux qui scandalisaient les tidéles par leurs
déhordements* Le césar Bardas , frère de
rimpr'M'afrife, était de ce nombre. Il avait
quitté sa femme pour vivre avec sa belle-
lille. Noire saint le reprit vivement de cette
conduite seandaleuse, mais ce fut inutile-
inenl. Aussi le jour de rEpipïianie, ce prince
avant osé se jtrésenter h la rt>mmunion,
Ignare lui refusa FEucharistie et Texcom-
mu nia. Dès lors, Bardas ne cliercha plus que
ioecasion de se venger. Le jeune empereur,
qui était déjà très-vicieux, se livrait à^ de
grands débordenients. Bardas le llalta, Ten-
cnuragea dans ses vicf^s, et rengagea l'orlc-
ment h. régner par lui-même. Il le prévuil
contre ntnre saint, et I exhorta égalemenl à
faire enfermer sa mère et ses sœurs'dans un
monastère. Michel goôta cet avis, lit venir
Ignace, et lui ordonna de couper les cheveux
à sa mère et h ses trois sœurs. Celui-ci ayant
refusé, son ennemi représenta ce refus
comme une excitation à ïa révolte- L*empe-
reur lit raser sa m^^re el ses soeurs, tes ût
renfermer dans un monastère el chassa
Ignace qui depuis onze ans gouvernail TE'
1147
IGN
glise de Constaatmople, dans Tlle de Téré«
binthe. Il refusa constamment de donner sa
démission, ce que voyant Bardas, il déclara
patriarche, sans aucune formalité, Teunuque
Fhotius.
Photius était neveu du patriarche Taraise,
et proche parent de l'empereur; il avait deux
emplois considérables a la cour: celui de
maître de la cavalerie, et celui de premier
secrétaire d'Etat. C'était un homme fourbe,
(ilein d'artifice et ennemi reconnu de saint
gnace. Aucun évoque ne voulut d'abord
l'ordonner; mais entm en ayant gagné plu-
sieurs par ses fausses promesses, il réussit
dans ses desseins, et ensuite les fit cruelle*
ment persécuter. Ce n'était pas encore assez,
il voulait perdre Ignace. Bardas représenta
donc notre saint comme un factieux, et Ton
envoya dans l'île de Térébinthe des commis-
saires chargés d'informer contre lui. On fit
souffrir de cruelles tortures à ses domesti-
ques afin de les forcer à charger le saint pa-
triarche, mais tout fut inutile. Alors on le
relégua dans l'île d'Hy ères, et il fut renfermé
dans une étable ; de Jà transporté à Promète,
près de Constantinople, où un ofiicier des
gardes lui brisa deux dents d*un coup qu'il
eut la cruauté de lui donner sur le visage ;
on le chargea ensuite de chaînes et on le
jeta dans un noir cachot. Les évéques, irrités
de cette dernière violence, s'assemblèrent
dans r£glise de Constantinople, et lancèrent
une sentence d'excommunication contre l'in-
trus Pholius, à laquelle il réi)ondit par une
autre contre Ignace. Notre saint, enchaîné,
fut envoyé à Mitylène, dans l'île de Les-
bos. Photius écrivit alors une lettre pleine
de mensonges au pape Nicolas I", oii il
lui disait qu'Ignace s'étant démis de sa
dignité à cause de son grand âge et de
sa mauvaise santé, on avait jeté les yeui:
sur lui pour remplacer ce saint patriarche,
qui vivait retiré oans un monastère, respecté
et honoré de tous. Il le priait ensuite de ra-
tifier tout ce qui avait été fait, et d'envoyer
des légats afin de condamner les iconoclastes*
Le pape répondit avec une grande circons-
pection, et envoya deux légats, sans dissi-
muler toutefois a Photius les irrégularités
de son élection. Ceux-ci ayant été gagnés,
condamnèrent Ignace sur l'accusation de
soixante-douze faux témoins, et le dépo-
sèrent. Alors Photius lui assigna pour prison
le sépulcre de Constantin Copronyme. Notre
saint y resta quinze jours presque entière-
ment privé de nourriture. Un jour, un de ses
gardes lui prit forcément la main au moyen
de laquelle il forma une croix sur un papier
qu'il tenait à la main. Photius remplit ce pa-
pier d'un acte de renonciation au siège de
Constantinople, après quoi il laissa Ignace
libre d'aller où il voudrait. Celui-ci profita
de sa liberté, se retira à Pose, dans une mai-
i^m de sa mère, d'où il envoya au pape une
iHation de tout ce qui s'était passé. Néan-
umna Photius, qui craignait encore d'être in-
qoi^'lédaiis son occupation du siège de Cons-
tafitm<Hile, donna à l'empereur le conseil de
fonder %iiace à lire dans l'église la prétendue
renonciation que lai-méine arait rédigée. U
jour de la Pentecôte, Ters le soir, notre saint
voyant une troupe de soldais qui enviroo-
naient sa maison, jugeajqu'on TenaiQpourra>-
réter; il se revêtit d'un habit d^esdave, mit
un bâton sur son épaule aTec uo paoierl
chaque bout; ainsi transformé etfavorisi
par la nuit qui commençait à -Tenir, il s'é-
chappa sans être reconnu. Il se cacha lonf-
temps dans des cavernes et sur des monU-
gnes déseKes, mendiant son pain de cfaaqw
jour. On fut longtemps à sa recherche, nuis
il était si méconnaissable, que personne ne
pouvait le reconnaître. Celui qui comman-
dait la flotte reçut enfin Tordre de le tner
partout où il le rencontrerait. Le pape, qui,
comme nous l'avons dit plus haut» avait éli
informé par notre saint de tout ce qui s'était
passé, blAma fortement ses léçats, écrifit
aux patriarches d'Alexandrie, d Antioche el
de Jérusalem, ainsi qu'aux métropolitain!
et aux évêques, leur enjoignant de re^rte
Ignace comme le seul et véritable patnardia
de Constantinople. Il écrivit également 1
Photius pour lui dire qu*il ocmipait ce siégi
injustement, et qu'il ne le considérait qui
comme un simple laïçiue. Photius gardait
lettre du pape, en fabriqua une autre paria-
quelle le pape confirmait son élection et la
déposition d Ignace. Cet intrus menait «M
vie impie, faisait la cour à l'empereor ad
insultait à la religion, et mangeait à sa taUe.
Dieu commença néanmoins à punir les ca-
pables. Bardas ayant conspire contre la via
de l'empereur fut mis à mort en 866. Micbd
et Photius devaient bientôt eux-mêmes p>^
ter la peine de leurs crimes. Ce dermer,
n'ayant pu gagner le pape, résolut de s*eB
venger. Il assembla un synode à Constanti-
nople en 866, et Vy excommunia; telle fut
la première orisine du schisme des Grecs.
Ensuite il se déchaîna avec fureur tmin
ri^Iise latine, soutenu qu'il était par l'impii
Michel qu'il devait bientôt perdre avec sa
dignité usurpée. En effet, après la%ort da
Bardas, l'empereur, qui était complètement
incapable de ffouverner par lui-môme, avait
adopté Basile ïe Macédonien et Tavait âssuh
cié à l'empire. Peu après il avait voula lui
ôter la part de puissance dont il l'avait re-
vêtu. Mais celui-ci, qui déjà avait eu le teofi
d*en goûter les douceurs, saisit un moment
oii l'empereur était dans l'ivresse, et le it
assassiner. Sitôt que Basile fut le seul mat-
tre de l'empire, il chassa Photius, Teiib
dans l'Ile de Scépé, et rétablit Ignace sir
le siège do Constantinople , le 3 novem-
bre 867. Le premier usage que notre stfot
fit de son rétablissement dans son an-
. cienne dignité, fut d'assembler un concile,
3ui fut le huitième général, où l'on eoo-
amna ce qui s'était fait dans le synode de
Photius, et Photius lui-même qui y M ait
et excommunié. Notre saint, de retour i
Coustantinople, se livra tout entier auxsoiai
de fermer les plaies que son absence avait
pu occasiomier à son église. Longtemps sé^
paré de cette chère épouse» il revint ven
elle animé d*un amour de plus en plus êîdtak
iU9
IGN
1GN
1250
^
L'eiil avait mûri ses vertus, et ce qu'il avait
acquis dans les saints combats gui font les
confesseurs, il le déversa en trésors abon-
dants de bénédictions sur les brebis confiées
à sa garde. Ce fut dans I*exereico des plus
hautes vertus aposloligues quil passa les
derniers temps de son épiscopat* Ses diocé-
Fairjs Apprécièrent d^autant plus rexcellenco
de leur nasteur qu'ils avaient été plus long-
temps séparés de lui. Dieu le retira de ce
inonde lo 23 octobre 878, h Tâge de quatre--
vingts ans. Les Latins et les Grecs font sa
mémoire le 23 octobre.
IGNACE (saint), évéque et martj^r, avait
été disciple de saint Pierre et de saint Jean.
Il futoraonné évèque d'Anlioche,l'an68, par
les afjôtres cux-m(ymes, après saint Evode,
premier successeur de saint Pierre dans
cette Eglise. Il se donne le titre d'évêque
fie Syrie. Antioche, à cette époque, en était
la raélropole. Voici les actes de saint Ignace
d'après un manuscrit grec de la bibliothèque
de Goibert.
Lorsque Trajan vint à l'empire, saint
gnace, disciple de TapcMre saint Jean, gou-
fTernail rEglise d'Antioche.
Comme un sage
[pilote, il avait conduit avec beaucoup de
îrécaution son vaisseau au milieu des tem-
pêtes que la fureur de Domitien avait exci-
lées contre les chrétiens. Il avait su opposer
aux flots impétueux de la persécution tantôt
roraison et le jeûne, tantôt la force de sa pa-
role, et tantôt la pureté de sa doctrine ; et il
s'était heureusement servi do tous ces
moyens ou pour soutenir le courage ébranlé,
ou pour rassurer la foi chancelante de ceux
dont il appréhendait ou la faiblesse ou la
Irop grande simplicité. Voyant entin que cet
orage était apaisé, sans qu*il edl eu fe pou-
voir d'endommat^er le navire dont il tenait
le gouvernail, il rendait grâces à Dieu du
calme dont FEglise jouissait ators ; mais il
paraissait n'être pas content de lui-même» il
se reprochait son peu d'amour pour Jésus-
Christ ;J1 soupirait après le martyre, et il
était persuadé qu'une mort sanglante pou-
vait seule le rendre digne d'entrer dans la
familiarité du Dieu qu'il adorait. Il ne fut
pas longtemps sans voir raccomplissement
d'un souhait si noble et si chrétien : car
l'empereur, enflé de la victoire qu'il venait
de remporter sur les Daces et sur les Scy-
thes, crut qu'il manquait quelque chose à sa
Ivoire, s'il ne soumettait à son empire le
Dieu des chrétiens, et s'il ne les contraignait
eui-méraes d'embrasser, avec toutes les na-
tions du monde, le culte de ses dieui. Ce
fut ce projet impie qui donna commence-
ment à la persécution, et elle s'alluma avec
tant de fureur, que les fidèles se virent ré-
duits en un instant à perdre ou la foi ou la
vie, Ignace, appréhendant pour son peuple,
se laissa conduire sans résistance devant
Trajan, qui, marchant contre les Parlhes, et
se hâtant de les joindre sur les frontières de
l'Arménie, se trouvait alors à Antioclie.
Lorsqu'il fut devatit Tempereur, ce prince
lui dit : ^ Qui es- tu, esprit impur, mauvais
géniet qui oses entreprendre de violer me»
ordres, et d'en inspirer aux autres les mé-
pris?» Ignace répondit: « Nul autre que
vous, prince , n'appela jamais Théophone
(c'est ainsi qu'on nommait Ignace) du nom
injurieux dont vous venez de Fappeler. Bien
loin que les serviteurs du vrai Dieu soient
de mauvais génies, sachez que les mauvais
génies tremblent eu^c-mèmes et prennent la
fuite à la voix des serviteurs du vrai Dieu.
Si toutefois vous croyez que je mérite un
nom si odieux pour mYHre rendu formida-
ble à vos démons, je ferai gloire de le porter ;
car entin j'ai reçu de Jésus-Christ, mon maî-
tre, le pouvoir de renverser tous leurs des-
seins et do me sauver de toutes leurs embû-
ches. — Et quel est ce Théophore, lui dit
Tempereur ? — C'est moi, répliqua li^nace, et
Suïconque porte comme moi Jésus-Christ
ans son cœur. — Te scmble-t-il donc, re-
prit Trajan, que nous n'ayons pas aussi dans
le cœur des dieux qui coin battent pour nous.
— Des dieux I re[jartit Ignace, vous vous
trompez, cène sont que des démons. 11 n'y
a qu'un Dieu qui a fait le ciel et la terre, et
tout ce qu'ils renferment, et il n'y a qu*uii
Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, et
c'est ce grand roi dont les bonnes grâces
peuvent seules me rendre lienreux. — Qui
nommes-tu là, reprit aussitôt Trajan? Qyoiï
e© Jésus que Pilate fit attacher à une croix?
— Dites plutôt, répliqua Ignace , que ce
Jésus attacha hii-même h cette croix le pé-
ché et son auteur, el tju'il donna dès iors à
tous ceux qui Importent dans leur sein !e
pouvoir de terrasser l'enfer el sa puissance.
— Tu portes donc te Christ au milieu de
toi, interrompit Tempereur? — Oui, sans
doute, répondit Ignace; car il est écrit :
JliabUerai en eux ^ tt f accompagnerai (oui
hiir pas, )e
Trajan, se sentant fatigué par les repar-
ties vives et pressantes de saint Ignace, pro-
nonça contre lui celte sentence de mort :
« Nous ordonnons qu'Ignace, qui se glorilie
de porter en lui le Crucifié, sera mis aux
fers et conduit sous bonne et sûre garde à
la grande Rome, pour y être exposé aux
bôles et y servir de spectacle au peuple, 9
Le saint, entendant cet arrêt, s'écria dans un
transport du joie. « Je vous rends grâces»
Seigneur, de ce que vous m'avez donné un
parfait amour pour vous, el de ce que vous
m'honorez des mêmes chaînes dont vous
honorâtes autrefois le grand Paul , votre
apôtre, » En disant cela , il s'enchaîna lui-
même , et olfrant à Dieu ses prières avec ses
larmes, il lui recommanda son Eglise. Puis»
se -sacritianl volontairement pour son trou-
peau, il se livra à toute la cruauté d'une
troupe de soldais inhumains , qui devaient
le conduire à Home pour servir de pAture
aux lions, et de divertissement au peuple,
Etant donc pressé d'un désir violent de ré-
pandre son sang pour Jésus-Christ, il sor-
tit d*Anlioche avec empressement pour se
rendre à Séïeucie, où il devait s'end>arqucr.
Après une longue t*t iiérilleust* n'ivigation,
il aborda à Smyrne. Dès qu'il fui descendu
à terre il courut chercher saint Polycafpe,
IS51
IGN
IC!«
Itt
Ji
,ui était évèqiie de cette ville , et qui avait
j\6 comme lui disciple de saint Jean. Lors-
qu'on Tout conduit chez c » saint i»r61at, et
qu'ils eurent communiqué ensemble dans
runion d'une 4'harilé tout épiscop«de, .saint
Ignace, tout glorieux de ses chaînes, et les
uiontrant à saiîit Polvcarpe, le pria de ne
mettre aucun obstacle à sa mort. 11 tit la
uî«>me prière an\ villes et aux Eglises de
l'Asie, qui l'avaient envoyé visiter sur son
passage: et s'adressanl aux évè;|nes, aux
prêtres et aux diacres qu'elles avaie'il dépii-
tês vers lui, il les conjura de ne le pas re-
tailler daMS sa course, et de soull'rir qu'il
alU\t à Jésus-Christ, en passant promple-
uient par les dents des btHes qni l'allt-n-
Jaieul jH>ur le dévorer. Mais, crcùgnant que
les chrétiens qui étaient à Kome ne se mis-
sent eu devoir de s'opposer au désir ardent
uu'il avait de mourir jK^ur sou cher .Maître,
il leur êerivit celte let're :
« Ignace, surnommé Théophore, h l'Eglise
feoorUe de Dieu, et iVlaiiée de sa lumière;
k c^llc qui e<l sous la protectioTi du Tout-
ruivsiuu. et de sou Fils unique, Jésus-
CluisUi celle F^ise* dis-je. qui fait gloire
vie se soumt'Uro eu loui i la volonté de le-
lui qui irvU\lo'»»e lion que i>ar rapi^^rt à Ta-
Uiour ^< Josus-0::n>t: a cetto sar»te asseiu-
blco d.* Kouuns* si «.::-uie d-; servir le Irès-
ItuU; s^ ceite F^jLÎts^^qài mer.te dVlre K'U e,
dOtiv ivsHVUv* délit» :ieurvu>e: où tout
e^l ic^iU* iKir ji prjdeUk-e, où tout est cou-
duu \4v U >^essc* où U charile rt'g'U\ où
U X haNteté triomphe, où la loi da Fils est
i^'un^e. i»ù le nom du Fére est Siuiclilié;
auN illustres lidéles unis ensemble sjlon
l'expnl et >elo'i \a chair; remplis de la grùee,
qui» les attacha'»', l'un à l'autre jMr des liens
>aeiVN. les >efcMiv de tv'iue >».»ei-.'ie ; .v-tiim' :
N.ilul eu J.'^as i'hi s: uol:y l^uu. vurceiu-
hniinent pu eNiuii'joîe t uie SvV.nie.
* l^veu >e le vUni à mes ^i ^res, ]"ai euîin
ol'U'iui de va l'vnite de p'^u^oir j^uir ylr vo-
iM .uiiubie p;e^enee : car t-nl fiichaîné que
jo >ui> f our le nom d^ JfSus-<Jliri.st, j'es-
|»èie dau^ i eu 0:re auprès de vous, si toute-
lois . après a\oir si hfurcu^emint cr>ni-
menei», ,,e suis trouvé <li^:ne de persévérer
juNqu'i\ la thi, et si je lais un ;iss«'/. boa
usage de la grâce qui m'est donnée. Je ne
doute point que je n'entre bientôt en pos-
session de l'héritage qui m'est échu par Ja
uiort de Jésus-Christ, Mais je crains votre
charité, et j'appréhende que vous n'ayez
pour moi une compassion tror) tendre. Hien
no vous est plus aisé que Je m'erapecher
de mourir; mais en vous opposant à ma
uiort , vous vous opposerez à mon bonheur.
El si vous avez pour moi une piété sineèp*,
vous nuî laisserez dJer jouir de mon Dieu.
Je ne puis me résoudre à avoir pour vous
la^ rompi/iisance d'éviter le supplice qui
m'est préparé; c'est à Dieu seul queje vinix
plaire, et vous m'en donnrnrz l'exemplr. Je
n'aurai jamais une o-casion j)his lavorablo
de ino réunir h lui ({ne v lie (|ui se présente,
Hy,QU9 u'eu sauriez avoir une plus beie
'exercer une boouo çRuvre; you3 &'avez
pour cela qu'à demeurer en repos : si tooi
^ ne faites aucune d-'uiarche pour m'arracher
des m:»iiis des bourreaux, j'irai rejoindre
mon D eu, mais si vous vous laissez lourh^r
d'une fausse compassion pour celle miséra-
ble rhair, vous me renvoyez au travail, e»
vous m^? f:iit»:s rentrer dans la carrière.
a Stiulfr^-z que je sois immolé, tandis que
l'autel eai encorr dressé ; unissez seulement
vos voix, i^t rhantoz durant le sacriûce Jt$
cantii^ues à Dieu le Père ot à Jésus^hrisl
so!i Fils. Rendez grAces à Dieu de ce qu'il a
IKTinis qu'un évoque de Syrie fût transporté
des lieux où le soleil se lève, i»our venir
perdre la vie en une terre où cet astre perf
sa lumière. Que dis-je ? c'est iK>ur y renaûre
à mon Dieu. Vous ne portâtes jamais d'ea-
vie à personne; pourriez-vous envier ma fé-
licité? Vous sûtes toujours enseigner la fer^
]ueté et la constance, changeriez-vousmaio-
tenaut de maximes? Mais plutôt obteoei-
moi par vos prièrc^s le courage qui m'est
nécessaire pour résister aux attaques du de-
dans et pour repousser celles du dehors
C'est peu de paraître chrétien si on ne Test
en etl'et; ce qui fait le chrétien, ce ne sont
pas les belles paroles et les apparences spî*-
cieuses: mais c'est la grandeur d'âme et II
solidité de la vertu. J'écris aux Eglises que
je vais à la mort avec joie, iK)urvu qaetùus
no vous y opposiez pas. Je vous coojure
encore une fois de n avoir point pour uiûi
une tendresse hors de saison, et qui me se-
rait si peu avantageuse. Pei mettez-moi de
servir de nourriture aux lions et aux ours;
c'est le chemin le plus court pour arriveriu
ciel. Je suis le froment de Dieu, il faut que
je sois moulu pour devenir un prda digne
d'être ollert à Jé>u>-Christ. Flatt« z plulK
les bétes qui d«.<iveut me déchirer, aÉD
qaVlies nie d»-vt,reul eut entier, et qu'il ne
r.scv rivu d^.- moi qui puisse faire }>eine à
quolq LUii : • r- ir.-ra alors que je serai uaié-
riîaii • a. >:!;►:? d- Jésus-Chnst , lorsqaele
iiionti lie v...ra plus mon corps. Obtenezdu
Sei^neiM qut- je sois re^*u de lui comme uni
victime ùu..e -UTtable odeur.
« Au rcs'.e, ne «:royez pas que je prenr'»
ici la Iberîv ae vous 'rien prescrire; je i«
sais empl'jvrrr que des prières auprès •:*
vous, et tè ne sont i^as des ordres que :e
vous doniir, ma;s une buiuble remoulraD-e
que je fais. J<; ne suis ni un Pierre ni '^
Paul; ils éiaienl apùlres, et je ne suisqu'ic
uialiicureux capiii ; ils étaient libres, et j*
suis prisonnier. Mais si je suis assez he»
roux pour endurer le martyre, je deviendra
l'alfranchi de Jésus-Christ, et je ressuscite-
rai dans une [.af faite liberté. Depuis qiej's
quilié la Syrie, je comb-\ts jour et nmlcoû*
tre les bétes farouches; la terre et U iMT
sont téinouis de leur fureur et de ma f-*-
lieiice. Ce sont dixléo})ards sous la liijureJ?
dix soldats auxqm»ls je suis enchaîné, et) ii
sont ({'autant pi .s cruels <ju'on s'eirurce»^<
h.< aj), .iv )is.'r par ils inrnfdJs. i.ct-'^
ni;;i\Mis ha.li.'iiieiiiS m'instruisent, iua:> i»>
lie me jusaiienl pas. Eu aiTÎvjni à Kor..-.
j'espère trouver Ic^) bOtcs prêtes à me c>
TGN
tre m pièces: puîssent-elles ne me point
faire languir 1 Temploiem d'abord les cares-
ses poyr les engager à ne nie point éyar-
jner, et si ce moyen ne me réussit pas, je
fes irnlerai cootrè moi, cKje les forcerai à
i*ôler la vie.
«r Pardon nez-rnoi ces senlîmcnts; je sais
ce qui ni*est avantageux : je commence à
Nre un vérilable disciple de Jùsus-Clirist ,
Heri ne me toudie, tout rn*est irr^ilTérfnt,
^ors i*espérance dt' posséder Jésus-Christ,
)ue le feu mo réduise en cendres; qu'une
îroix me fasse nérir d'une mort Jeu te et
îruelle; qu'on lâche sur moi ihs tigres
furieuï et des lions affamés; qu*on disperse
mes os de tous côtés; qu*on meurtrisse mes
membres ; quVju broie mon corps; que tous
jes tlénions épuisent sur moi leur rage, je
)ufrnrai tout avec joie pourvu que j'arrive
ar là à la possession de Jésus-Christ. Celle
|e tous les royaumes de la terre ne saurait
le rendre heureux; et il m'est bien plus
;!orieu\ de mourir pour Jésus-Christ que
le régner sur tout le tuonde* Mon cœur sou-
fire après celui qui est mort [lour moi;
itm cœur soupire après celui qui est res-
iuscilé pour moi. Voilà ce que j'espère re-
cevoir en éetinnge de ma vie. hoyez , mes
hères, favorabîi'S h mes désirs et ne m*em-
k'hez pas de vivre en m'empi^ihant de
lourir; laissez-moi counr vers cette pure
divine lumière; soulTrez que je devienne
quelque sorte llmitaleur de Jésus-Christ
mourant pour les hommes. Si quelqu'un de
pus le porte dans son cœur, il comprendra
isément ce que je dis; et il sera sensible à
aa peine s'iï brûle du mÔme feu qui me
:)nsume. Le nriiice de ce siècle me v<nU
ivir à Jésus-Christ; il s'efforce d'allaiblir
^es résolutions, ne secondez pas son des-
sin impie; n'est-il pas plus juste que vous
preniez mon parti ? Ne craignez ricii, c'est
fcelui de Dieu même.
t Au reste, mes frères, ne pensez.pas pou-
voir accorder le monde avec Jésus-Christ.
Si son nom adorable se trouve dans votre
J>ouche, que l'amour de son enneiûi ne rè-
gne nas dans votre cœur. Si , étant arrivé
auprès de vous » j'avais la faiblesse de vous
faire i>araître d'autres se'itimeuts, ne me
cro^vez pas; mais ajoutez foi à ce que je vous
écris maintenant : je le fais dans une entière
liberté d'esprit » el j'eiuploie ces derniers
moments de ma vie h vous mander que le
plus ardent de mes souhaits est de la voir
bientùl rmir. J at attaché à la croix de mou
gauveur tous les mauvais désirs de mon
*^ \ Le feu qui me brûle e-4 un feu pur et
n ♦ sans aucun mélange de tbmmes ter-
Ke sires et grossièri s ; l'ardeur qn'il produit
m moi éveille au fond de mon cœur une
^oix qui me crie satis cesse: lg!ïace,que fais-
fï ici-bas? va, cours, vole dans le sei*i de
on Dieu! Je n'ai plus de goût pour les vian-
des les plus exquises, ni pour les vi'is les
plus déhi;ieu\,ïii jKmr tout ee que tcslitun-
mes recîterehenl avec tant de passion dans
les plaisirs des sens : le nain que je veux
î$i la chair adorable de Jésu5-4:iifist, et le
ïHn
im
ï
vin que je demande est son sang précieux;
ce vin céleste qui excite dans Tâmo le feu
vif et imumrtel d'urœ charité incorruptible.
Je ne tiens |j1us à la terre , et je no m« re-
garJi? plus nomme vivant parmi les hommes.
Que Jésus-Christ vous fasse sentir la vérité
de ce que je vous écris: c'est son Père lui-
même nui conduit ma plume; [ïourrait-elle
tracer des caractères qui représentassent le
mensonge? Kniin, priez, demander, obtenez
pour nud le prix qui ne se donne qu'au
nout de la carrière. Ce n'est point la chair
qui m'a dicté ces paroles, mais Fesprit de
Dieu qui me les a inspirées. Si je ne soutire
pour Jésus-^'Jirisl, ma mémoire vous sera
chère; mais si je me rends indigne de sont-
frir, mon nom vous deviendra odieux.
« Souvenex-vous dans vos prières de FE-
glise de Syrie , qui, dépourvue de pasteur,
tourne ses yeux et ses es[;érances vers celui
ui est le souverain pasteur de toutes les
églises; que Jésns-Christ daigne en prendre
la conduite durant mon absence ; je la con-
fie h sa providence et à votre charité. Pour
moi, je n'use me mettre au nouibredes évé-
ques , el ^ me trouvant indigne de leur divin
caractère, je me regarde comme le dernier
de tous ks fidèles el un avorton de FK-
gllse.
tt Je vous salue en esprit ; toutes les Egli-
ses qui nVont reçu au nom de Jésus-Christ
font la même chose. Elles ne m'ont pas reçu
comme un étranger; mais elles m'ont faiteon-
duire > avec une charité toute chrétienne ,
dans toutes les villes qui se sont trouvées
sur ma route.
« DcsKphésiens, gens de considération et
de mérite, vous rendront cette lettre. Cro-
cus , dont la personne m'est si chère, m'a
Bccomiiagné jus(pi*ici avec ]ilusienrs autres
fi'lèles. A regard de ceux qui sont p;irlïS
de Syrie pour Home, et que la gloire d<5 Dieu
y a co'^duits avant nîoi, je crois que vous les
cnnnaisseiî; vous m*obligenz de leur faire
savoir que je suis nroche. Ce sont des per-
sonnes dignes de la protection de Dieu et
de vos soins. Vous leur rendrez tous les
bons offices que mérite leur vertu.
« A Smyrne, le 23 aoÛC Je vous* souhaite
jus<iu'i\ la lin la palience en Jésus-Christ. »
Aju'ès que saint Ignace eut écrit cette let-
tre aux chrétiens qui étaient à Korne, pour
les disposer à être les spectateurs paisibles
de sa mort , et pour leur faire perdre toute
pensée de s'y opposer, il partit de Sîujrne ;
et, cédant à la cruelle impatience des sol-
dats qui le conduisaient, et qui ne cessaient
de le presser d'arriver h Rome avant le jour
destiné aux spectacles, il vint mouiller f'an-
cfû à Troade , d'où , prenant le chemin de
Napoli et nassant par Philippes sans y sé-
journer, il traversa toute la Macédoine, et
avant trouvé à E]>idaume (Duraz/*»}, sur les
cotes de TEpire, un navire )>rét à fa«re voile,
îl s^euibarqua sur la mer Adriatique, qui le
poi ia dans celle de Toscane* Il y vil en pas-
sant les lies el il parcourut les* vdies dont
CVS cotes sont borde fs, !j»f squ'd fut h fa vue
de Pouzzolcâ f il i^ria qu'»:m lut permit de
Itt5
KN
descendre à terre « désirant de marcher sur
les pas de saint Paul et de suivre ses pré-
cieuses traces; mais un coup de vent ayant
repoussé son vaisseau en pleine mer, il se
vil obligé de passer outre, se contentant de
donner de grandes louanges à la charité des
fidèles de cette ville. Enfin» le vent s'étant
entièrement déclaré pour nous, nous fûmes
portés en un jour et une nuit dans Tembou-
cbure du Tûie et ao port des Romains.
Cependant nous étions dans une afOiction
extrême; nous gémissions en secret en nous
voyant sur le point d*ôtre séparés pour tou-
jours de ce samt homme ; mais Im, au con-
traire , témoignait de la joie , et paraissait
être au comble de ses vœui , se voyant si'
f>rès de quitter le monde pour s*unir à Dieu,
'unique objet de ses désirs. A peine eut-on
touché à terre qu'on fit prendre au saint le
chemin de Home. Le bruit de son arrivée le
devançait partout où il passait. Cependant
Tinquiélude et la crainte avaient saisi le
cœur des frères qui étaient venus au-devant
de lui, quoiqu*ils ressentissent en même
temps quelques mouvements de joie lors-
qu'ils cousiaéraient au milieu d*eux ce grand
homme, et qu*ils avaient été choisis pour
raccompagner. Quelques-uns même des
t>lus fermes, et vivement touchés du mal-
leur d'Ignace , commentaient déjà à dire
entre eux qu'il fallait apaiser le peuple , et
tâcher d'éteindre cette soif ardente qu*il avait
do son sang. Mais l'esprit de Dieu ayant fait
conuaitre au saint évêque le projet qui se
formait contre lui, il s'arrêta, puis ayant sa-
lué ceux qui Tenvironuaient , avec un air
doux et ma^iestueux, et leur ayant demandé
et donné la paix , il leur parla avec tant de
force pour leur persuader de ne point être
cause que son bonheur fût différé, qu'ils se
rendirent aux choses qu'il leur dit et qu'il
lyoula à celles qu il leur avait écrites. Ayant
iKmic ainsi modéré la trop grande activité
d'uu aiuour trop humain et trop épuré , ils
luirout tous les genoux en terre, et le saint,
i^io\aiit .vi voix, demanda à Jésus-Christ
fiii'il hii pliU do faire cesser la persécution ,
(in MMuh'o la paix à sou Eglise, et d'entrete-
•Hi (Iaii^ le cœur des tiueJcs un omour niu-
liiol, liîudre et capable de résister h toutes
lii*i attaques de la chair et du monde. Celte
pi lùro achevée, il fut enlevé par ses gnnlns
flvnc nrécipitation , et conduit dans r«m«
philhôAtre, comme les spectacles allaient fi-
nir.
C'était un de ces jours solennels que aa
superstition romaine avait consacrés sous
le nom do fêtes Sigillaires; toute Homo était
accourue à ramphithéAtre ,* et elle but avec
avidité le snuu du martyr qui, ayant été
donné h diMtx lions, fut on un instant (l(5voré
par CI»» cruels animaux. Ils no laissèrent do
son corps <|uo les plus gros ossements , qui
furent recueillis avec respect par les fidèles,
portés à Antiocho, et déposés dans l'église
comme un trésor inestinuible. Sa mort arriva
je 13 des calendes de janvier, sous le consu-
lat de Sura et do Sénécion (le 20 déceuibre).
Pour nous, après eu avoir été les tristes
«G m
spectateurs, nous nous retirâmes à notre b-
gis, où, donnant im libre eo:irs à nos larmes,
nous passâmes la nuit prosternés devant le
Seigneur, lui demandant, par de continudi
les et ferventes prières , qu'il lui plût de
nous faire connaître quel avait été le succè
d'un combat si sanglant , et s'il avait été
(glorieux pour notre saint évêque. Alors un
égcr sommeil nous surprit et nous fit voir
Ignace sous diverses formes et en diverses
situations. Il se présenta debout à quelqaes-
uns ; il se fit voir aux autres les bras oo-
verts , et venant à eux pour les embrasser;
il parut à ceux-là tout couvert de sueur, et
comme sortant d'un travail pénible ; à ceai-
ci comme priant; enfin, il y en eut quil'i-
perçurent a côté du Seigneur, tout éclatant
de lumière. Nous étant communiqué dos
songes, nous rendîmes de très-humbles ao>
tions de grâces à l'Auteur de tous les biens,
et notre bienheureux père fut hautement
f>roclamé saint dans rassemblée. Nous réso-
ûmes en même temps de tous envoyer od
récit fidèle de tout ce qui s'était passé à soi
martyre , et de vous en marquer le lieu, k
jour et les circonstances, afin que vous toib
unissiez à nous pour chanter les victoi-
res de Jésus-Christ oui a combattu le dé-
mon , et qui a triomf^é de lui par sou illiu-
tre et généreux athlète.
IGNACE ( PiEma£ . patriarche de Sjiie,
ayant été accusé de £ûre publiquement pro-
fession de la religi>>a catholique, reçut qoi-
tre-vingts coups de bdfioa sous la plante des
pieds, et fut mis apri» «ri^ii aux fers, dansa
noir cachot, avec Déni» Reikallah, archerè-
quo d'Alep. Le Gruul Seigneur ne les en S
sortir que pour suûur one détention peipé-
tuelle clans le cbitUfua d'Adané. Exténué de
fatigues, l'archevèpie m^>urut en y arriTaat:
Ignace, malgré s<:» imirmités et les priT^
tions de toutes s^fta^ qu'il eut à subir ei
prison, lui survécut de quelques mois, et
cueillit ainsi la palme du martyre.
IHUM LAÇA MARLUI, Abyssinien, fat
emprisonné, le 30 septembre 16M, en Abrr
sinie, sous le règne et durant la persécutiot
de Basilides, Négous de ce fiays, en haineds
la religion catholique. 11 t-ut pour compa-
gnons de sa captivité dom Jean, dom Tbéo-
doro, dom Meica Christos.
ILLUMINAT (saintj, confessa Jésus-Ctrà
h San-Sévérino, dans la Marche d\Knc^aL
On ignore complètement la date et les difr
rentes circonstances qui illustrèrent sac(Mh
ragcuse confession. Nous le trouvons inscrit
au Martyrologe romain, le il mai.
IMOLA, ville des Eiats de l'Eglise, est cé-
lèbre par Je martyre qu'y souffrit saint Cii-
sien, maître d'école. Ii fut condamné i éoe
tn(^ par ses écoliers, à coups de stjrletsi
érrire. (Koy. Cassie?i.j
INCENDIE. Néron, ayant brûlé Rome, es
6i, en accusa les chrét.eiis» et prit ce prrte*
pour commencer à les i>erséculer. Sous t^
ciélien, Galère, ne pou va u décider ce pnnc»
h persécuter les chrétiens comme il le t<^
lait, mit le feu au palais de Nicomcdie,etci
accusa ceux qu'il vouiait perdre.
eoi
laST IRË
rXDÈS (saint), martyr, don un sa vie pour !a
confession de la foi chrétienne» durant la
rsécuiion de Dioclétien. ïi éuit u"i des of-
ciers du palais à Nicumt'dîp. Il eut pour
('compagnons de son Qiarlyre sainl'^s Domne,
Agape et Th*^ophile» vierges, et leurs com-
pagnons que ïe Martyrologe romain ne
noinme pas. C'est le 28 décemtire que l*E-
glise honore la mémoire de ces fejlorieQX mar-
tyrs*
' INGÈNE (saint), Inscrit au Marlyro!oge ro-
main comme soldat m-'irtyr, à (a tïate du 20
déeemfire. (Voy. Ammo?« d* Alexandrie.)
INNOCENT (*aînl)irenut la palme du mar-
tyre à Apollinie en Macédoine. Il eut pour
compagnons de son triomphe les maints
Isaure, Félix, Jérémie et Pérégrin, Athé-
^^iens. Ces courageux combattants de îa foi
^nireni livrés à diverses tortures, puis enfin
Hwoapités. On ignore la date et les ditféren-
^^^^ circr>nstances de leur martyre. UEglise
rail collectivement leur fête le 17 mai.
INNOCENT (saint), fut martyrisé à Sir-
Piich, ville de Pannonie* Il eut [)Our compa^
aons de ses soulfrances sainte Sébaslie et
'ente autres» dont les noms n*i sont point
arvenus jusqu^à nous, L'Eglise fait collec-
vHnent leur mémoire le ^^jui L*t.
INNOCENT (s:nn(), évé [ue et confesseur,
eut la gloire de soulfrir pour Jusus-Clirist et
pour Ïa défense de la religion chrétieime,
dans la vilfe de Torlcne, Les détails nous
manquent entièrement sur i*époque et les
circonstances de sa confession. L^Eglise ho-
nore son itymorl*:Ile et sainte mémoire le
17 avril.
ION (saint), jirôtre et martyr, répandit son
sang pour la foi à Châtres^ (Arpajon), par
Tordre du préfet Julien, Ce saint prêtre, qui
I était venu dans les Gaules avec sviint Denis,
Alt meurtri de couj)s et acheva son martyre
par le glaive. L*Eg ise honore sa glorieuse
et sai'ite mémoire le 22 s plembre.
IPPON (saint), prêtre et martyr, n*est pas
jnscnt au Martyrologe roninn. Il lut tué
pour l.i fui cliretienue, en lOGlî, avec Go-
d«*scalc, prince d s Vandales occidentaux.
Leur martyre e^t lieu dans la ville de
Léonti<T.
IBAIDE (saintf*), vierge d'Alexariflrie, re-
t la couran le du maityre h. AnlinHé en
;gynte.Cetle jainte,élanl sortie [ïour puiser
dn leau dans u ''e fontaine assez neu éloi-
gnée, aperrut un vai seau cliaigéui' coifes-
âeurs di* Jésiis-Cîunsl. Elle quitta aussitôt sa
eruche pour se joiiidre à eux, et quanl ils
luj*-nt entrés dais la ville, elle fut ué^'apilée
la première, après avoir enduré plusieu.s
lourmonis. Les prêtre?;, les diacres, les vier-
ges et tous les entres, périrent par le tiièiue
genre de mort. L^Eglise célèbre collective-
me H leur mém^nre le 22 sept.*mbre,
IHfeNE (saint), l'ut martyrisé à Thessalo-
nique, pour la défense de la relig on chré-
tienne. Les Acteîï des martyrs nous api»ren-
iieiil tpril expir/i dans les tlininies ' avec
les saints I ré née et Pérézrin, Ils sont inscrits
au Mriityrologe romain le 5 mai.
IRÈNE (sainte), martyre à Thessalonique^
DicTioHn* i»ik|; PsAjjicuTioîfs. K
IRE
1258
Ïjt
avec sainte Agjipe et sainte Quisnie, eut lo
bonheur «Je mourir pour noîre sainte reli-
gion, en Tannée 30V, durant T^troee persé-
cution que Diocléîien tit >oulTnr aux chré-
tiens. Ses Actrs lui sont com^tjuns avec ceux
de sainlt* Agai»e, de la même ville. Nous y
renvoyons le lecteur. L'Eglise fait la fête dfe
ces saintes femmes et de leurs compagnes^
le 3 avriL
IHÈNE (sainte), recueillil la glorieuse
palme du martyre avec sainte Sophie* Les
détails nous manquent complètement sur l'é-
poque et les circonstances diverses \h leur
martyre. L'Eglise fait leur sainte mémoire
le 18 sef)leml*re*
IKÉNÉE (saint), évêque de Lyon el mar-
tyr, naquit vers Fan 120 de Jésus-Christ,
Son nom, qui est grec, semble indiquer qu'il
était Grec de naissance. Il fut disciple do
Papias et de saint Polycarpe. Lui-mÔme nifi-
porte qu*il avait vu souvent le saint évêquo
de Smyrne , étant encore enfant. D'après
cela, il est très-raisonnable de croire qu'ij
naquit dans le sein de la religion chrrfienne.
S11 en était autrement, il est probable qu'il
l'aurait dit auilque part dans ses ouvrages.
Quoiqu'il fut tout enfant quand il était à
même de voir et d'entendre saint Polycarpe,
il remarquait avec une extrême attention tout
ce qull entendait et voyait du vénérable évê-
que, afin û'en (irofiterVlus tard. Lui-même
le raconte en ces termes : « Il est vrai que,
nar la misénc;irde d^ Dieu, j*écoutais dès
lors toutes ces choses avec soin et avec ar-
deur. Je les gravais, non sur des tablettes ^
mais dans le filus (profond de mon cœur. Elles
y sont demeurées très-vives et très-présen-
tes ; et Dieu me fait la grâce de les rejiasser
sans cesse par mon esprit. » Sa modestie lui
fait dire qu'il ne savait f^oint l'art de com-
poser un livre, el qu'il n'entendait rien à la
rhélonque; mais deux juges excellents, Ter*
tuliienet saint Jérôme, mettent ses ouvrages
parmi les plus accomplis ; son éloquence et
son savoir sont vantés par eux. Du reste, ses
livres eux-mêmes, excellents témoins, nous
dirent nue le saint dut cultiver avec succès
les belles-lettres. Il cite fréquemment les
poètes et les philosophes les moins connus,
ce qui prouve qu il était loin d*êlre étranger
aux connaiss-^ncesqui, à cet époque, consti-
tuaient rhomine érudil et savant.
Combien de temps saint Irénée resta-t-il
avec saint Polycarpe, c'est ce cj^ue nous ne
saurions dire :' il faut croire qu il passa sa
jeunesse près do lui, si l'on s'en ra|>porte k
saint Ctrégoirede Tours, qui dit que ce fut
sa.nl Polycar]»e qui l'envoya en Gaule. V.m
qui est cert-un, c'est que nous le retrouvons
prêtre de l'Ej^lise de Lyon. Saint Jérôme
t'apjielle prêtre de saint Polhin, ce qui ren-
verse victoneusenienl la prétention qu'ont
eue quelques-uns de le donner comme ayant
été évê(|ue de Thyatire, en Lydie. Il était h
Lvon en 177, qnahd la persécution y éclata
avec rage- Ce fui au milieu de sesYureurs
les plus grandes que l'Eglise de Lyon et les
martyrs qui étaient dans les prisons dépu-
tèrent saint Irénée au pape Eleuthère^ pour
40
iVA
IHE
IRE
liai
%\r'io^\f\rfi >ivf'C lui ^i pro[»os (le Thérésie de
Moi t;in« et pou* le piior d ? ne [ns S'^vir
oriirf. U'^ Orifiit/ilix qui rir* sV;nUn«laiei)t
f>A« ;ivo.: I(t>rri % rfH.ilrv(;irif:rit «nu jour où il
co ivj' 'rt»t -Wî r/'k'hrfîP l;i Tîto (1 • P/iqiiftS. Dans
1a I<rtlier(iio hîs (::'in'îl.r;ii> do î-yoïi ocrivtînl
au \m\tf*. KliMith^^ns iN lui recoiiniiaiident Iré-
rif^'O, d*al»ord coiiiriK; un lioriiui>MJ(:5 plus zé*
Jt H pour 1/1 loi d(î J.'*.sus-(itiri.sl, C3t ensuite
(;orrnnfï pr^lro. PondAiil (julié'iéo était à
ilouin, la rti'^ii des fM*r.sfj(;ut(Mirs sévissait
f'oiitn; los rlir^tinns de L^on ; saint Pothiii,
linir évArpio, ni uno multitude d*natrcs, ne
drVMic'il point n'voir li>ur ni(*ssa^ur. Il est
pnihnbh^ «pin .saint 1 énée, ayant appris ce
l^lorieux malheur,, eut hito de revenir au
si*in du tronjM*au do'it il élail Tun des pas-
Inurs. Il arriva h Lyon avant (|ue la persi^cu-
tinn TiU aiuu.sér. Son retour lit la joie de soi
m ÎMo : (l'un roinnuri arcord saint Irénéefut
ôl«'vé sur le sii\A" é:>isropal de Lyon, que
•iinl INilliin venait II dluslrer par* sa mort
HliH'tensp, Premier év^Vpie de cett.» gande
oih\ il ver.stui .soi san^ pour Jésus-Chiisl, et
lausail A Ml ut Iréni^et seeoiul éviV|ue« a\ec
la ImuliHte pasUn\de. i'hi^rlt i^e d'une mort
ikemlilalde ft la sienne. T« ut, dansées teiu|)S
|truuilifs. est plein de miraclos. do sduts tt
de Iruuuphes po r ri\-;list\
I\usè4»e dit qu il gouvernail les Eglises des
ViauL s» et \)U \\ v VoiuhLsail les frères. Ou
A (le.m.oiip ilt\t>u(e ôùa Je ti\er le sens Je
vo^ IMU'Iex runi (Kuut^tut :« e>t plus >liuple.
.\iiiiitit< L Jt>*e n'a^viil eu d'eviVjue avcrii la
\illi' ii\' I ,wu. qui lu', piM4i' ai)>i parler, la
II». M M \li» u»iilex l 'x aulro^ lIaN(M»;" a voulu
\l»i il e l \eque d\* l .uni el«U Uiot. i)j>oli-
tiM »!• . U luiex. et que, \\i\' Ui [»»0t»o KÎv»-
i.ut .» .lo ..'• iU'Mn>itv\ s'Ulv' xvrj ni'*. iU\ aussi
Im. » .| u« |-«u I \'le\.tluni lie s»t diii lUe, il
ei ».i «o ..h*l » n'Jinnv» le eliel" des livivùes.
*iii»ii ^,1 v;\»no vie li>ui^ dit que, quai.ii il
imu ne lui O\0que, Dieu lioniia à sa [larole
(lui* i.'llo puiNvinee pour unlrainer et con-
uuKt ix\ «lu'au bout de pcni <lti temps iJ lei-
ilii iiMite la ville de Lyon clirélitjnnOf mais
la iii« .se b<)rnùrenl pas l.s soins do son zèle.
Si lu saint évoque versait abondamm, nt sur
les Ames les bienlaits de la relip'ion de Jé-
sus-Christ, il tenait h e i ij^ardcT iiitacl le sa-
cré dépôt. Il asscMiil>Li un concile provincial
po ir anathémaliser les erreurs de Montan et
autres hé.vtiqm's (pii, h eelte épo(pje, déchi-
raient le sein de l'iv^ise, leur mère. Nous
trouvons ce rnnseii^nement dois bî Synodi-
ipie, et In P. Ilull(;i\ nous apprend, sans en
inJiquer (Hiis précisément la source, qu'il en
a len'OMiré la preuve d.ins la bibliotuèque
du Valiean.
<>n pn'neni, d'après quelques autorité*? qui
nonl p is,il faut eneonve..ir, une très-grande
va eur, qui» saint Iré lée lit iieaucou^)de ini-
ra. les | our li co nve.sion (l,»s i qidùles. Nous
Je cro\ois d'autant mieux, (pie lui-m^^me
tj<fi^ apprend iiuW celle éj.oque riijise
^•t II en pression du don «le^ miracles :
^ivt^i T',Tf Qt' «Otw» tt>ct:m nx^9ii/\nt eu àiiuc
•v..fP/o^,. Saint Justin Martyr a.Hrmaii la
luuuit cli<ise: « Le» i\o u piô|ilKliques sub-
sistent encore aujourd'hui parmi nousiTM
yàç nuià ymi fi x?i nûv Ttù z,7izat X^pÎT ers îctâ,
Oua n au d tuil de la vie de Siîim Irénée. es
hi.<)torien^ ne nous ont rien laissé a cet éjà d.
Ils Se sont occupés daranta^^ede re qui avait
trait à Thistoin: de i*£jlise en sçénérat; cc^
pendant Eusèbe nous appr nd que ce saint
évoque justitiait pariai. cment la signiticatiOD
de son nom, qui veut aire doui, pacïâiae.
U aimait pass onnément la paix : il oe un-
dralt pas croire pourtant qu'il Tait aimée aa
détriment de la vérité ou de la d'gnité dont
il était revêtu : ses écrits témni^ent de la
Yéhéioence avec laquelle il aitaquait L^s hé-
rétlc|ues. Ceppndant il savait parfaitenwil
distinguer entre les erreurs, qu*il niaaaii-
sait, ei la personne des hérétiques, pour les-
quels il était plein de charité. Il pr>-nait m
paie ces pauvres âmes déshéritées de la
grâce, et son c eur était pour eux comme m
trésor de miséricorde et de par on, Mé-iirdi
vi^ihuit, il attaquait le venin qui tombait de
le r bouche, pour q Til u empoisonnât peN
sonne; mais, quant à eux» il Jos prenau m
souveraine pitié, il savait que TEglise doit
avoir, comme son maître, à cùté de ramfw
intini de la vérité, I inQnité de la luisén-
corde.
Voici ce que le feu de sa charité lui Cul
dire, dans un endroit de ses ouvrages {Àif.
hœt'fs. 1. m, c. 46, p. 31 3^ : a C'est avec nj-
son que TE^^iis^s leur i:.ère, pleure lésan-
te irs et les inventeurs de v s impiétés ridi-
cules : car ils se sont attiré eux-inémes itf
jusics midheursqui L-s a.vahl^int. Ils oesai-
ra eixl entier da is la [dênitLide de la rente:
ils ret'tuibent touj lurs lijus le vide ei dans
les te îéjjres du meL'Si^nge, parce que h
Saint-Esprit ne les a fuiinî7'eçus dans le liea
de la t>ai\ et du repos. Leur père, pour me
servir oo il e e il de L u^-s propres fables t
j)roduit rieni.»i-ance, et i-ar celte ij^noraîK*
les a jiîtés a,uis -les passîous mortelles. No* s
publions Icui* l'iim.e, mais ce sont eui-
niénies cpii nous l*. ut apprise : ils Tappuieol
autant qu'ils |>civeai. lis se gloriliefit de
leurs égarements, et sont superbes dai.s l«r
fulic. Pour nous, nous souhaitons qu'ils »
demeurent pas plus longtemps dans ceK?
fosse qu'ils sj sjnt eux-niéiu s creuséf;
qu'ils se séparent de leur inèro prétendue;
qu'ils so lent de l'abcoie où ils se sonlj»^
eifiités : qu'ils abandonnent ce vide où ib se
perdent ; qu'ils quittent cet ombre où ils *'ê-
garenl ; qu'ils naissent, m:\is d'une naiss^Dit
lé^iliine, on se convertissant à TEiised*
Dieu; que Josus-C.irisl so l formé eneui:
qu'ils reconnaissent le Créateur de riuiiteff
|K)ui- le srul vé.ilabie Dieu et le réniaiJr
Seio^neur de toutes choses. C'e^t la [J^^
qu.' nous Jaisons pour eux de tout oui.'»
cœu.^ car nou^ les aimons plus utilr*»?*'
pour leur salut qu'ils ne s*ima^ïnent s ai»^
eux-môines; et Tamour que nous aw"?*
|>ojr . ux Jeur sera aussi avanUzeui quJ
tst sincère, s'ils veulent en recevoir Ls eS^'^
Noire charité leur parait rude et sé^èlv,p^^
ce qu'elle presse leurs plaies |»our faw rf"^
tir le . vcuiu de lor^eU et do ia vaciilâ «l^
t$61
lAË
ai
les eiflf* , et qn die osi comme h pierre du
çhîrur^i<* \ tjai b Ûle le malade en con<în-
[lii,int les chairs martes ^l eorroinpues. C/est
[pnyrfiiioi t qoel^iue sonlîiB(,^rit qu'ils en
[aieiit, nous ne nous ermuieroris point de les
jaidtT de tout notre pouvoir, et de leur te?-
jd e la aiaii pour les lirer de Fàbtoe où ils
Nous avors encore la plupart des ouvrages
le sru'nt hénét, Le plus co Tsidérable e^^lte-
ui qu1ï coni|ïosa contre les hérétiqoe^* H
)sl divisé en cinq livres, it j eicp43Se les doc*
lirines des hérétiques avec une habileté qui
"lie laisse rien en litige : il les réfute avec une
iu ssaoce égale, d'St surtout aux do^es
|u'il s*altaque, s*orcup-'t peu de la dise!-
j>lin,e : semblable à Fatmète, qui pour luer un
monstre ^'attri'piè h ta ttHc et au cœur. Son
.livre* appel''' tk VO(jfimde^ ou </p* huit^ avait
iiour but la réfutatioi ihs éons de Valentin.
rsl prob ible qu'il réalisa la promesse qu'il
vait U\\i\ et doU paile E isèbe» d'écrire un
iivni contre Marciou. Nnus ne ravons plus.
Une des circonstances les plus remarqua-
les de 11 vie de saint Irénée est celle où il
nier vînt louchant la fameuse querelle qui
féleva entre lc|tape saint Victor et lesE-jii-
les d'Orient. II assembla i ce sujet un con-
[île dans ks Gaulus. Il y fut décidé qu'on
_^evait cél brer la fête de'l'â(iues le diman-
cfie, couiiiie elle sef.dsait à K-me, et non pas
le lî de 1.1 lune» cooim ' cela avait lieu en
O' ient; mais saint Victor a va ït voulu sépa-
rer les Asiatiipies de sa copiuu n'on, saint
Ir-'*née s y opposa fortement au nom d -s fi-
dèles des'Gaules, et écrivit au pape ei aux
autres évôu' os plusieurs lettres pour lernii-
' er celte deidorable alla ire, et pour ramener
I ptiîï dans le sidn de rE^lise, Il eut le bon-
icur de vnir ses efforts couronnés d'un nie in
succès. Les auteurs anciens portent qu il fut
couronné du martyre dans la grande perse*
Culion qui s'éleva à Lyon sous Septime Sé-
vère, Sitint Grégoire de Tours, saint JérAnie,
^auteur grec des Mépomes aux dejimndcs deà
* ihodaxes; les martviologes de saint Jé-
nie, tsuard, Adon, Noiker, en font foi. S's
clés n'ont cependant p^is assez d'autorité
' ur qu'on s\) rapporte coiUtJétement ; aussi
us nous contenterons de dire qui! fut mar-
f/iséà Lyon avec Ct4te grande multitude de
'réliens que là persécution de Sejiîime Sé-
re tit monter au ciel. Son corps fu enterré
r un nommé Zacharie, alors prêtre» depuis
iv;êque de Lyon. Du le m is Je saint iiréi^oirô
0 Tours, saint Iréiée était enterré dans la
ve de réc^lisede Saint-Jean, soUïî rautel,
tre saint Epipode et snînt Aîexa nlre. Cette
lise, bAtie sur la colline» a d^ptiis porté
nom de S.iînt-Iréiée. Elle est aujourd'hui
n ruines. Plus tard» les hoi^uenots, s*étant
euqmrés de L)on, jiilerent dans la riv ère
les reliques de saint Irénée. Le crâne fui re-
cueilli ^»ar un chirur^5ien, ttu*s on rniss«»au
qù on I Avait je é : cette relique e^t mainte-
nant vé ^,érée dans l'église de Lyorn
Or» fait la fête de ce sain! évi^^qur le 28 juin.
' tut Uès-niobabknue»iî en 202 qu'arriva sa
^ fRENnE fsaî' tl, fut mar'yrîsé h Rome sous
l'empire ^U^ Valérie*", ave Tsaînt a o^de. Us
avaient retiré le corps de sainte Concorde
d*un rloflqne 0 ' on Tavait jeté; ils y furent
cuî-mème^ jetés et noyés. Le prèlre Jusiîa
les en avant retirés, ils furent énlerr's dons
urï<* crypte, prés de cehii de sai*'»r Laurent.
L'E^lisejrénere leur mémoire le âr» août.
IRÉNÉE (saint), martyr, cueillît la palme
du mnriyre Ji Rome, durant la persécution
de Valérien* Il eut i^our compa;^^uns de ses
combats les saints Antoine, Tliéodure, Satur-
nin, Victor et d ï-sepl autres que le Marty-
rologe romain ne nomme pas. On ignore
I\*mée oii eut lieu le tir martyre, L'Eglise
célèbre !» ur mémoire le 15 d ^Cembre.
IRÉNÉE (saint), était diacre à Su tri, en
Toscane. Quand Turcius, envoyé par Tem*
pereur Au rélien dans cette v^lle, tour y re-
chercher les chrétiens et pou^ les faire mou-
rir, eut fnit martyriser le saint f^rélre Féliï,
ce fut Irénée qui Fenlerra près de Sutri,
malgré la défense que faisaient les persécu-
teurs aux chrétic'is de rendre aucun <levoir
aux corps des ma tyrs. On sait que très-sou-
vent les persécuteurs faisaient de crs défen-
ses au\ chrétiens. Sachant combien les reli-
ques des saints leur étaient chères» ils fai-
saient tout leur possible nour les leur enle-
ver. Souvent ils lirûl Jent n-s corps ^^l jetaient
les cendres soit au vent , soit d:ins les tleuves*
Turcinsfit arrèïer le sainl diacre, 6t, comme
il se rendait h Chiôusi, il le fît marcher de-
vant son ch'ir, nu-pieds et i hargé de chaîiH:'S,
Arrivé à Chiousi, il le tit jeter dans un ca-
chot. Ayant Jait arrêter dans cette ville (du-
sieurs rhrétîens, il le*^ fit mcltre au-si tJans
la prison. Ayant appris qu'une dame nom-
méL- Musiiole» consume de 1 empereur Claudei
venait les >' visiter, leur apporiant, avec les
choses dont ils avaieni besoin, les exhorta-
tions et les encouragements que sa piélé ar-
dente Uii suggérait, il se la fil amener. Mus-
liolc était eïtrémeraent belle. Quaurl Tur*
cius la vit» il h lit n*conduire chez elle avec
grand honneur, et fut la visiter. Il voulait
répouser. N'ayant pu y réussir, connue on
peut le voir à son titre,' il fil trancher la tète
a tous les contesseurs. Il ne réserva que
saint Irénée, et le lit étendre sur le chevalet
en [Tésence de Mustiolf*. Le saint diacre su-
bît le supplice des ongles de fer, avec les-
quels mi lui déchira les côtés. Il fut hnllé
avec 1. s torches et les lames ardentes. On ne
cessa de le tourmenter que lorsqu'il cessa
de vivre. Il rendit lame *n remi rciant Jé-
sus Chris» de ef* nu1l voulait bien accepter
son sacr fice. L'Eglise célèbre la fôtede saint
Irénée je 3 juillet.
IRÉNÉE fsaiit). évèque d^'Sirmium, mar-
tyr, reçut, en 30i de Jé-us-Christ, la f>alme
du mar yre, alors que la persécution de Oio-
clétien "sévissait contre l'E-^lise de Dieu.
Voici ses Acte* authentiques» que nous trou-
vons dan'^ Kuinart.
Saint Irénée, évèque de Sîrmium, ayant
été arrêté fît conduit devant Prohus, gouvef-
neuT de Pannonie, ce magî-lrat lui dit : Les
lois divioes obligeai tou5 les hotûoies a sa-
Il»
IRE
IRE
UN
crifler aux dieux. — Irénée : Quiconque sa-
crifiera aux dieux sera arraché de dessus la
terre, et jelù au feu de Tenlcr. -— Probus :
L'édit des emiiereurs 1res- cléments porte
qu'on sacrifiera aux dieux, ou qu'on subira
la peine portée contre les rétractai, es. —
Irénée : Et le commandement de mon Dieu
veut que je subisse toutes sortes de tour-
ments, plutôt que de sacrifier aux dieux. —
Probus : Ou sacrifiez, ou je vous ferai tour-
menter. — Irénée : Vous ne sauriez me faire
un plus grand plaisir, car par là vous mo
rendrez partici|)ant des soutlVances de mop
Seigneur. Le gouverneur commanda qu'il
fût mis à la torture, et pendant qu'oi la lui
donnait, le gouverneur lui disait : Eh bien I
Irénée, que dis-tu maintenant, ne v«'ux-tu
BIS sacruier? — Irénée: Je sacrifie à mou
ieu, en confe>sant aujourd'hui son saint
nom, et c'est ainsi que je lui ai toujours sa-
crifié.
Cenendant toute sa famille était dans de
!;ranues alarmes; on voyait là sa mère, sa
èinme, ses enfants, qui 1 environnaient. Ses
enfants lui embra>saieni les pieds, lui criani :
Uon père, mon cher père, ayez pitié de vous
et de nous. Sa fomme tout en pL urs se je-
tait à son cou, et, l'eiLbassant tendrement,
le conjurait de se conserver pour elle et pour
ces innocentes créatures, les doux fruits d'un
amour innocent et conjugal; et sa mère,
d'une voix cassée, poussait des cris lamen-
tables, que ses doui. stiques, ses voisins et
ses amis acconipagnaieni des Ieu. s. En sorte
qu'on n'entendait, auto. ir du chi valet où l'on
tourmentait le saint, que sanglots, gcmisse-
nieuts, plaintes, lamentations, qui, comme
autant de vents impétueux, faisaient tous
leurs etforts pour Taiiaitre. Mais lui, fe«'me
et constant, résistait à toute leur vioL'Uce,
en le- r< pnosant cette sentence uuSrig. eur:
Si quelqu un me renonce devant lei hom-
mes, je le renoncerai en prés nce de mon
Père qui est dans le ciel. 11 ne cru pas même
qu'il dût répondre aucune chuse à tant de
Sressantes conjurations; mus s'élevant au-
essusde toutes ces tendresses, il n'envisa-
geait que cette gloire qui ratt< Uiiait, et sem-
blait lui dire du haut du ciel : Venez, hàtez-
vous de me po>séder. Le gouverneur lui dit:
Serez-vous insensible à tant de témo gnages
d'une atfection sincère? verrez-vous tant de
larmes ré^nJues pour vous, sans en être
touché ? il n'est pas indigne d'un giand cou-
rage de s\ la.s.ser attendrir. Sacrifiez, et no
TOUS perdez pjs dans un âge di fiorissant.
— Irénée : C'est pour ne pas me perdr que
je refuse de sacrifi^-r. Le gouverneur l'envoya
en prison; il y resta ] lusienrs jours, durant
Ici^queN le gouverneur le fil tourmenter à
diverses reprises.
Quelques jours après, Probus séant sur
son tiibunal, le bienhoureux martyr Irénée
fut introdu t en sa présence pour a seconde
fois. Sacrifiez aujourd'hui, lui dil-i , et par
cet acte de religion rachetez-vous dcs peines
Îui vous menacent encore. Irénée répondit :
ailes ce qui vous est oi-donné, et n'atten-
dez pas cela de moi.
Probus, choqué de cette réponse, lui fit
donner plusieurs coups de bâton. Cepen-
dant Irénée iiisait : J'ai mon Dieu, j'ai ap-
pris à Tadorer dès que j'ai eu l'âge de laison,
et il ne m'a jamais refusé son assistance;
c'est à lui Que je sacrifie ; mais pour des dieu
faits avec le ciseau, je ne saurais les adorer.
— Probus : Sauvez du moins voire vie , les
tourments que vous avez soutferts sulfisent
pour vous disculper envers votre Dieu, et
vous acquitter de ce que vous lui devez. En-
core une fois, mettez votre vie en sûreté.
— Irénée : Je suis votre conseil, et c'ek
lorsque je m'assure la vie éternelle; c'eit
cette vie bienheureuse que je recevrai de
Dieu en récompense de ces peines que voss
croyez me faire souffrir, et que je ne rt^
sens pas. — Probus : Etes-vo s marié?
— Irénée : Non. — Probus : Avez-vous des
enfants ? — Irénée : Je n'en ai point. —
Probus : Avez-vous des parents? — Iréoée:
Je n'en ai pas non plus. — Probus : Et qm
étaient donc tous ces gens qui citaient si af-
fligés le jour de l'audience ? — Irénée : Je ne
les connais point, mais je sais bien que !io-
tre-Seigneur Jésus-Christ a dit : Celui qui
aime son père ou sa mère, sa femme ou ses
enfants, ses frères ou ses proches plus que
moi, n'est pas digne de me suivre. Ainsi,
lorsquejetant les yeux au ciel, j*y contemple
la suuveraue beauté, qui n'o^t autre que k
Dieu que j'adore, et que je viens à repass r
dans ma mémoire la grandeur des promesses
que ce Dieu fait à ceux qui l'aiment et qui
le servent tidèlement, alors je n'ai que da
mépris pour toutes les choses de la terre, et
je ne me souviens plus que je suis père,
mari, fils, maître et ami. — Pi obus : Vous
n*en êtes p. s moins tout cela. C'est pou^
quoi sacriliez, pour l'amour <Je ceux qui vous
touchent de si près. — Irénée : Mes enfuts
ne perdront pas beaucoup à ma mort ; je
leur laisserai pour père le même Dieu qu'ûs
adorent avec moi. Ainsi que rien ne vous
empêche d'obéir aux ordres que vous avez.
— Probus : Jeune homme, ne vous atuD-
donnez pas ainsi vous-même; sacrifiez, et
éditez par là de plus grands tourments. -
Irénée : Faites ce que vous voudrez, voas
verrez que Jésus-Christ mon Seigneur oe
diinnera la force de les supporter avec on
courage qui vous surprendra. — PtoImis:
So!t. « N.ius ordonnons qu'Irénée, poor
s'être rendu réfractaire aux ordonnaDces
des empereurs, sera jeté dans le fleute. •
— Iré née : Après tant de menaces, je lu'il-
tendais à quelque chose d'extraordinaire, et
vous vous contentez de me faire nojfr-
D où vient que vous en usez ainsi? vous flU
faites tort. Vous m'ôtez par là le mojeode
faire connaître au monde que les chr^eos>
lorsqu'ils ont une foi vive , mépriseit 1»
mort, de quelques tourments qu'elle scH^"*
compagnée. Pi obus, surpris d'un pareil dir
cours, et se croyant bravé par le maiiy;
Ci tra en une furieuse colère. Cefieodaot >i
ne lit qu'ajouter à son jugement qu'il »\ini
la tête coupée avant que d'être jetédifi^ ^
ileuve. Irénée rendit a Dieu de graides i^
1^
B&
ISl
ItSK
1^
lions de grAcps de ce qu'il le ftiisaît arriver
h la gfoire par un chr*miu de saog. Lorsqu'il
fut sur le p>nt de Dta-i^s d*oCi il devait être
prr'cfpité» il ôta sa robe, et dit : « Seigneur
Jésus, qui/tve/ daigie endurer la mort pmw
le s dut des hommes, comraaidez que le ciel
s^ouvrf*, et que les anges viennent recevoir
J'âme de votre serviteur Iréné ', qui iJonne
sa vie pour la glo re de votre nom et pour
voire sainte église de Sirmium. w En ache-
vant cette prière, il reçut le coup qui sépara
la léie de son corps.
IRÉNÉE (sa^nl), recueillit la couronne du
martyre h Thessaluniqoe, avec les saints
Irène et Péri^grin» Ils empirèrent au milieu
des flammes. L*Eglise les honore comme
.martyre le 5 mai-
^ lllÎÉNÉE (saint), fut mnrtvrisé à Rome avec
les saints Zotiq-ie» Hyacinthe et Amance.
Les Actes des martyrs ne nous ont 1 lissô
aucun document authdli'iue sur leur compte.
L'E>;lise fait collectivement leur mémoire le
10 frviier.
IKÉNÈE (saint), souffrit pour la défense
de la religion chrétienne, dans la province
U'Anriéoie. Il eut pour compagnon de sa
gloire saint O'dnlien. Nous n'avons pas d*au-
Ir.-s détails. UE^lise fait culleulivement leur
e le l" avril.
lUÉNfiE (^ainl), mnrtyr, était diacre. Il
snulfril le ttiartyre dans li Pentafjolr' de [A-
bye avei: les s linls Théoiore, évôqiae, Sira-
p^on et .^jnmme, lecteurs. On ignore la
date de letirs cosnbats. L*E-^Hse honore leur
mémoire le 2G mars.
ISAAC (saint), évéque de Carcha et mar-
t>T, fut mis à mort pour la fii en Vn-nifi
Jfésus-Christ 339, durant l;i persécution de
Sapor, roi do Perse. Ses Actes lui sont com-
inons avec ceux de saint Sapor, évèq^te de
Beth-Nictnr, Votf. larliclo de ce derni'^r
saint. La fêle de saint Isaac a lieu le 30
novembre*
ISAAC, prèlre de Hulsar, fut martvriso en
3V3, par ordre de Sapor, On le lafiidi hor^
des murs de Beth-Séleucie (Voij, NarsLs.)
Sa fAle est célébrée i>ar TEglise le 30 no-
Tembre,
ISAAC (saint), martyr, mourut pour la foi
en Pologne où il était ermite* Il eut pour
corn ngnons de son glorieni marlvre les
saints litnolt , Jean, Malliieu et Chri^tin,
éga' émeut ermites comme lui. Le Martyro-
loje ne donne point de détails sur les cir-
constances de leurs combats et ne dit point
h qu "Ile époque eut lieu leur martyre.
L'Eglise célèbre leur mémoire le 13 novem-
bre,
ISACE («^ainlK martyr, mourut pour la
défen<^ed ' la religion durant la pnrséculiou
de Uiotl'Uien, avec les saints Apollon et
Crot .te. On i-;nore en quel lieu et h queîle
époque, I/Eglise honore leur glarieuse mé-
motre le 21 avril.
ISACE (saint)» évéque et martyr, fut cou-
ronné en Chypre pour la d(^fense fie la reli-
Îçion. Les Actes des martyrs ne nous ont
aissé aucun document sur son compte» ni
sur les détails de son triomphe. L*Egllse fait
sa fête le 2 septembre.
ISAIE (saint), martyr, fut mis à mort ii
Cf^sarée de Palestin*^, en l'an de Jésus-Christ
309, sous le gouverneur Firmilien, avec saint
Jérémie, saint Samuel et saint Daniel. Ces
saints martyrs revenaient de Cilicie où ils
étaienî allés voir des confesseurs condauui es
Bux mines» quanti, pa>sant à Césarée, ils fu-
rent conduit*! au gouverneur, qtii les flt
cruellement tourm-nler avant de leur tran-
cher la tête. C'est le 16 février que l^Eglise
honore îeur mémoire.
ISAIK (saint), prophète et martyr, souffrit
en Judée. Il fut scié en deux snus le roi
Manassès et enterré sons le chêne de Rogel,
auprès du courant des eaux, L'Eglise fait sa
sainte et illustre mémoire le 6 juillet,
ISAIE (saint), Voy. Martyrs de Rhaïte et
de Sinaï,
ISAURK fs-rint), diacre et martyr, souffrît
la mort en Thonneur de Jésus-Christ et
pour la défense de la religion chrétienne à
Apoflinie en Macédoine. If eut pour compa-
gnons de sa gloire le> saints Innocent, Fé-
lix, Jérémie et Péri^grin Athéniens, Après
avoir été livrés h diverses tortures par le
tribun Triponce, ils furent décapités. L*E-
glis ' célèbre luur sa'nte mémoire le H maL
ISCHYRION fsaint), martyr, mournl en
Egypte, d'une laçou extraordinaire, sous
Tenipire el duranl la persécution de Dèce. 11
était au service fl un oïîicicr d'une ville voi-
siiif*, iei:|ih K voulant ïe forcer h sacriiier aux
idoles , employa vis-^-vis de lui tous les
moyens possibles, prières, menacps, sans
pouvoir a tue ner cet homme de Bieu h ses
desseins. Enlîn, d^nis un accès de colère et
de rage vraiment inouïes, cet oÏÏicier saisit
un pieu aigu qui se Irouvait près de lui, et,
en j>rïrtant un coup terrible à son serviteur,
lui perça le ventre et les inieslins. Le saint
niourJi de cette airreu^^c blessure. L'Eglise
honore sa mémoire le 22 décembre.
ISCHYRION (saint), étdtchef de milice en
E,:;y[ te. Il eut pour compagnons de son mar-
tyre ci iq autres soKlats, qui perdirent la vie
avec lui pour la foi du Christ, sous Tempire
de Diocléiien. L'Eglise honore leur glorieuse
mémoire le 1** juin»
ISIDORE (saint), fut martyrisé h Alexan-
drie, i^endant la persécution de Dèce* Il eut
ta tête tranchée pour la foi de Jésus-Christ,
nnr Tordre de Nurnérien, général d'armée-
Ce sont \h lûus tes détails que nous avons
sur lui. L E^^lise f,*it sa lôte le 5 février.
ISIDORE (saint), martyr, était natif d'E-
gvpte; il fut martyrisé sous le règne de Tem*
iierenr Déco et sous le gouvernement deSa-
oinus. Conduit devant le juge avec les saints
Arsène, Héron, el Dioscore» jeune homme
alors Agé de quinze ans seulement, il souf-
Iritt avec un admirable courage» les tour-
ment> h laide desquels on voulut le forcera
glisf Mi h Uf^ # c^s t^^i^ saints le IJ^ 44-
ISIDORE (saint), de Chio, martyr, souffrit
dans nie que nous vchots de nommer, du-
rant Ta ntr ruse persécution quu la tyrannie de
l'empereur Dècesus'^ila c«ujlre rK^lise. Tout
ce qui est rapporté da^s son hisloire ne pa-
rMi pas de nalure h mériler une bien grande
cOQliance. Saint Grér^oire de Tours prétend,
et le M;ir yrolo^e romain confirme celle opi-
nion, que ce saint martyr fut jeté dans un
puits, ie saint que nous v**nois do i omrniT
dtiquil leteiait d*nn prêtre, lequel était du
liey où le saint avait soulTerl, et qui, bien
des fois avait vu sortir une lumière, qu'il di-
sait miraculeuse, du puits où le saiH avait
été Jeté. UEo^list! fait la l^ite de saint IsiJ^jre
le 15 mai.
ISIDORE (saint), erm^ite de Scété et c<>d-
fesseur, fit baini nour la foi, vers l'an 37t>,
en une Ile d'Egypte, avec les deui saints
Mica ire, Paaibo'i et Hérailide. Ce fut sous
Valens que c^^s saints endurèrent le banni'i-
seraeut. On rapporte de saint Isidore une
inulâtudk* de choses que non» ne ffouvons
pa-^ donner ici: ai^s , i avait le ilon des mi-
rn^les, il ehissait les démoojs, guérissait les
malades. 11 aimriil si fort le travail qu'il ne
cessait de travailler, qiéfiie lorsque ta nuit
était venue. Quand les frèn*s le priruent de
prendre un {teu de repos, il répon l-ot : « Eh!
que pouvons-nous taire, en conij ar^iison de
ce <|U6 le Filsd * Dieu a fait pour nous? »Elant
un jour allé h Alexaulrie pour y voir Théo-
ptiile, qui venait iren être lait évoque, il dit,
au r tour, aux ffères qui lui Jeman.laicnt des
nouvelles de la villt\ qu'il n'avait vu que le
patriarche. Us e^^ furent surpris, et lui de-
mandèrent si c élail que la ville eût éîé abî-
mée, « Non, dit-il; cVsl uue j'ai constam-
ment baissé les yeux. » II mourut pei de
tcimps après. L'É^îisè honore sa mémoire le
15]aFTvi'T.
ISIDORE, èéq 10 d'H^^rmipolis ei Egypte»
coul'esseur, fut envoyé en exil p ir 11* comte
Magûus» sous l'empereur ar en Valens, à
Dtocésarée en Palestine* Fletiry a eu tort de
ie confondre avec un autre Isidore, qui se
trouve inscrit au Martyrologe romain , sans
autre indication que celle-ci : « Isioofie (saint),
de Ni trie en Egvple, év^ïque et confesseur »
ISIDORE (saint), martvr, était un jeune
moine de h Lusitanie. Il fut martyrisé Tan
655, dura'it la pr-rsécution d*AbJéraaie II,
avec un autre jeuie moine nommé Paui, et
un vient prêtre appelé Elic. L*Egljse fait
leur fête collectivement le 17 avril.
ISMAE (^ainl), reçut la palme du martyre
à Chalcédoiie, avec les saints S»beï et Ma-
nuel. Etant venus vers Julien l'Apostat en
anal lié d'ambassadeurs du roi de Pifse, afin
de courltire la paii avec lui, cel empereur
voulut les contmimJre de vénérer les idoles,
et, sur le refus généreux qu'ils en lireit, ils
périrent tous tmis par le glaive, L'Eglise h<*-
nnre la sainte mémoire de ces glorieux com-
iïaltantîi le 17 juin.
ISPAHAN, ville de Perse, anciennement
JOrt importante, aujourd'hui ville de second
s-
it <hn
K.^
1 Am.i
l i" * 1 n i > n iirrr .,
ordre, fut témoin de persécutions
contre les (<»th'>iique$^ D«*|»uis 1*
t^il des missions dar. -
révoltée contre îe S< ,
Celte ville en 1721, « ims t
le H, P. ûc la Garde, se r<
nais pour so prépar r à « morL Jugc^, ib^
Hévérenl Père, quelle fol alor^ noire ttn<-
lernalion. Da^s c^^s tristes instants, Wfk
Lnnglade, le F Henri et moi, étant ati jni^
de l'autel de notre cHapeîîe, nous fimef w
vœu an hi»"idieureu\ Jean-Frâi*çois Héfii k
sup]-iliant de nous accorder le S'^cours de»
puissanti.' protection auprès de Dieu, dmk
péril évident oi) nous et nos C3«llinJ\qw
étions à toule heure exp' '
sujet 'le cr'nre que nos v
bleme^l exaucés*..-. Les
dans notre maison, nous menaçant* le sabff
h la main, de nous massacrer: matf, trrh
avoir fouillé partout, et n'ac^nl troofé w
du bois doré, ils ne nous en! < -î
oriicnn-nts el quel pies liiigfv ->
g eur ayant permis que H'^s v-- n
soient point l^tmbs sous 1«ï' ^ >
(Heirion, lom. lUtp^g. 321» citant k ¥.Bt
choud.)
« La mission ne courut pas de moiirfns
dangers, lorsque, Vf^rs 1734, Nadir, mhmm
comme général, sous le nom de Thahow^
Kouly-Klian, reprit sur les Turcs l* vttîêda
Chamakhi, dont il exigea des c^ m
qui eu ui valaient h un pillage ^ .. U
I*. Bacooud, missionnaire datiS ^'elle uiie,ie
trouvait hors d étal de r en pay r. et il K
pouViUl être secouru des chrétie is qui élliat
eut-iUémes Irès-embarrass s de trouver »
q i on f xigoail d'eux. Il n'aiir»U |ia* tuanqnl
de subir une eruetr* bas:onn;^ " ^i»
i jticiité d aulr s, *;ns la pn»!' irt
(lallit in *imbassajeur r isse, qui i*uJt*ïrtlP
en sa faveur auprès d Thatiiuas-Koulj-âk*»
et qui lui obtint, non-seulement Teit*^
tion de toute contribution, innis cnnirli
libL-rté entier e de remf^lir ^v-
réuni les chréliesis dans soo ,-.
« Unédttde Nadir-ctiah,iion[i auelhabiPi»
prit avec la couronne, accorda la lîbiitéli
conscience, et permit aux chrétiens, itiil^
t^ioliques, soitschismatiques, &èrûbnmÊr\^
parti qu'il leur plairait, sans qu*oQ ptt 11*
inquiéter. Au mépris de cet éiiit, et peoi^
que Nadir-cliab était allé i^ la coiiqfiéle #
1 Hindouslan. les Armé-^iens schîsuNitifP^
de D ouUa, faubourg dlspahan, leisiènot.
en 1738, de faire chasser les missioiioà^
et les catholiques de la Perse, On eii^
particulièrement à Tévéque et au sit|l
des j suites Le préî^l était !<* chef desi
sionnai-res, et leP, DuSsau avait la
de presque tous les catbtdiques. « Ce§4*l
tètes, une foss à bas, dit le P. I>eSf igmc^J^
suiie, on complaît venir aisément è ba»«^
tout le reste. Il faut avouer que ^icfci^
ncment des arménitns contre cejéstitteal^
tait pas si mal Tonde. Non conleut itoofiofr*
mer les faibles dais lafoi pior<^< ^ntniiB^
ses instructions, ses manier. ^ifli^
ses eiliurtations persuâsivcc, i. eoh^
f2^Q
clnquc iour, riix scliismatiqiips qiielmies-
iitis de leurs sujets, et il vf^iKiit, tout Actn-
tùnU ;!«-* tier u-' leurs rnans di^ox pu;>iltes,
i|ii1I dispo^-ait fi prîiluMSSfr la religion calÎM)--
Il î'ie; aussi, île rlé;Hl, Tappelaie ^l-ils le vo-
iiur fiitmrs. d'ib^. [tiétenJue Injure était,
dans lear bouclie, m é\o^^* .icrOiiififi tlo son
zèle. »0i vit alorîi érlnter la gé ^rTOsit/^ e>t la
cortslanee de trois IVères. Aroiilion, L^on i't
iN^lros, qui fonn^Timt ïa [w ndpale branche
de la famille d*^s Chérimaiu flo^n les premiers
chefs aviiêût fait bllir h Djuuîfa Té^liso m-
IhfJÎînoedu rîJe armé^'îe"», apî>elée ci^mino-
nénienl IVgtise de Cîiérirnan^du nom de ses
inrux fondateurs. Les membres de cette fi-
Diille, fermes appuis de la foi, ne cnssnieit
de la déieiidie par leur cr^^dil, de T^lendro
par leur libt^ralilé, el ils se faisaient gloire,
Don-seuleme it de la protéger, mais de la
rraliqoer etdesontrrir pour elle. Les v,irla-
fced* et leur patrianhene recu*^!Îlirenl de
celte perse utio'i que la hoit'* de Favoir si*s-
eilée; car le triomphe de li foi ^u^ Thérésie
fui eom?rlet. » fHeirioa, ifmL)
Le mariage d'un n<M<veau calholî me, ftit
en secret par les missiontiaires» et Ti i^iruc-
tîor» d'un jeune prosélyte qui voulait embras-
ser la religion des Francs, avaient allumé la
fureur des vartalieds ; ces scbismatiques, ir-
rités, délibérèrent enfre eux sur les moyens
j 4^ rendre les missionnaires méprisald'S, et
les fivire passer, dans Tespril du neupl ^
>ur des imposteurs. Après laP*Vque ne iTêHy
Is députèrent cinq de leurs prêtres à Mon-
' leur notre évoque, f^our le prier, d,^. la
[des vai tabeds, de vouloir bien consen-
une disiiute publique sur la relijon,
présence des prîotlpaox de Tune et de
*autre communion. Le prélat, homme do mé-
ile et d'érudition, u'aurait fias li.danci' h
'accepter ; mais, comme il a vieilli dans 1rs
lissions, il connais-ail le caractère de nt>s
adversaires, et il perça lo motif de cetied*'-
liande. il SMvail que ers sortes de co^fereu-
pes sont au moins inutiles ; que la veriabïe
religion peut y perdre ; que l*h>^résie n'y
fieot que par esprit de hai'^e, n'y cherche
lue le lum«dte, n*en sort au'avec plus d*in-
tocilîlé, et qi^êlle réjtaiiii toujours dans le
>uhlicdes rapports inUdèïes. Il enavdt un
>el eicemple dans la personne d'un ndi^^ieux
le son ordre. Ce Père, farme déchaussé,
loram ' savant ei fort versé dans lY'tude dki
lan;^e arménienne, avait accepté, il y a
luelques années, un pareil défi, pourvu
^flu'on n'eiVt point d'autn^s livres que la Bî-
bbs et que tout se décidât par TEcriture
sainte. Les vartabeds avaient fait semblant
d'v consentir : au jour marqué, on se rendît
Véj;lise assignée; mais le Père fut bien
burpris t|uand il vil entrer le vnrtabeds, son
^-ntajoniste, lenaîit h la main le livre d'un
ilriarchi' hérét que : « Ce n est pas la» dit il,
aotre convention ; vous savez que nous nous
sommes engagés à ne recevoir d'autre lé-
ic»]^nage que celui de9^ Livres saints, » —
\^m 11 ne s'agit pas de cnrjvenlitvn, répondit le
I vartabeds, le t<nnoigU'^f;e de mon auteur vaut
[.bien tout autre téuioignage. » Puis, adres-
sant la parole au peuple : « Vous voyez, s'é-
ctna-t-iK que ce missionnaire ne sait rien, et
qullesti'*ulile de disputer contre lui. ^ Mil'o
voix confuses annoncèrent ay5silt^t sa pré-
tendue victoire el ne permirent pas au mis-
sion viire de se faire entendre; il fut iosuUd
et chassé de Tassem: lée, et il passa |ïour
constant qu' 1 n'avait pas pn répondre*...*
Celte histoire, dont îa mémoire est encore
ici toute l'ère n te, détermina le prélat h refu-
ser 1,4 conférence proposée ; les députes re-
vi'irenl le lendemain à la chaci^e; ils s'a-
dressèrent à notre Pcre supérieur, ils en re-
çurent la mèmi* réponse.
Ce refus n'était cependant pas absolu. Mgr
révèque et le Père supérieur îroposèrent
qn on mît de part el d'autre les dilTicullés et
les réfionses par érrit, et que ces éciîts res-
ppc'ifs fussent signés parles principaux de
Julfa; c'était le n»oyen do bnnir le tuniuîte
et d'i'tab \r la vérité* Ce irélail pas là ce que
voulaiei tics sctjismatiques; ils rejetèrent la
proposition et cherchén.nt l'auli es voies fiour
perdre et les m'ssnm laires et les c;ï<holi-
qu^s. Thahma- Kouly-Khan ét;dl parti t our
la conquête des indes ; so ^ îils j^ouvernait k
Masehet, dans son abse\ce; ils y envo/tnvnl
un vartabrds et un prètn*, qui ace usure >t
les mîssionniires d'en imposer au peuple, de
dj'bauch.T les sujets dn roi, de servir dVs-
pions aux cours de riuiropi% d ourdir i\2S
trames serré es el de former des conspira-
tions contre IT.tat. Di* jia) cilles a 'cusations,
int<*ntée5 pard<\s homnvs ^jne leur ca^act^ere
parais^sait rendre di-;'es Je fei, firent im-
press on sur l'esprit du je me prince; il ren-
voya la requête au ^.ouverneur, avec ordre
d examiner lu*s chefs d'accusatio-^, et, s'ils
étaient vrais, de bannir les missionnaires du
ro r^^mme.
Le gouverneur fut ravi d*enj5ag'*r une af-
faire, dont il es né rail tirer lui-mémo un
avant ige ;onsidi''rabIe. Il onion la au </<^roY;iîr
de Julta foJicirr pers-tn, préiiosé jiar I ' r d
pour veiiler sur les di j're ^ds qui peuvent
survenir) «le se transporter sur les lie i et
d examin T par quel ordre les Pères s'étaient
éltîblis en Pers \ Le àùognî ob^nt et til a[>-
ptdiT les missi.jnnrdres; nous v allâmes tou-,
et M^r rêvé jne porta les diOerenls ordres
des tMis qui nous avaient honorés de leur
faveur el dt* 'eur protei;tio ^. 0 les lut, et
on nous renvo, a. Nous crOyioos h chose fi-
nie, mais le leôd nnain, la S':^^^ chaUj^ea. Le
déro ;;at, le calnntkar et d/ux d:s arméniens
les plus accrédités s'étaient rendus au mo-
nastère, d'oCi ds envoy^ueU appeler tous les
catholiques, l'S uns après les autres ; de l^u^
les missionnaires il a y eut que uous de
mandés.
Un envoyé du déragat vint nous dire, dès
le malin, que cet oflicier vouliil nous par-
ler, el que nous eussions à mener avec nous
notre frère Jean-Baplisle; il est Annéuicû
de nation, et a «té rei^^u dans la corupagnie k
ConstantiMOîdf ; nous obtiaies et nous fûmes
conduits [larce Persan, è qui on avait doiuié
0 dre de frtiiper ce frère dans les endroits
où il y avait je plus de monde* Le frère lui dor
I
Ï27!
ISP
I
manda modestement, en langue persane,
pourquoi il le raaltrailait; il ne lui répûn*lit
que par une injure et un autre coq|) de bâ-
ton, ce qu'il réitéra trois fois jusqu'à notre
arrivée au monastère : nous y trouvâmes un
grand peuple assemblé* Nos juges étaient
placés, les ecclés asliques d*un ciMé et les
séculiers de Tautre. On commença par de-
mander pourquoi il s*élait fait Franc; il ré-
pondit que depuis son enfance il avait tou-
jours été catholique : sur cette réponse, le
joge persan le flt frapper de nouveau. On
nous fit asseoir tandis qu'on le maltraitait;
nos catholiques n'étaient pas plus épar-
gnés ; ils soutinrent ce mauvais trailement
avec une consiance héroïque ; e , sous la
grêle des coups dont chacun d'eux ^^tait ac-
cablé on ne leur entendait prononcer que
ces mois: Seigneur Jésus, donnez-moi la
patience et pardonnez-moi mes péchés.
A])rès cette ex^écution, Ton nous renvoya.
Nous nous attendions à ramener te frère avec
nous; mais on recommença à le frapper, et
on le mit en prison. Nous espérions du
moins le délivrer par le crédit tie M, le ré-
sident do Moscovie, qui a de la bonté pour
nous; il envoya son arogman au monastère
pour le réclamer; mais ce drogman était ar*
luénien, il trompa son maître. Les armé-
niens schismatiques qui avaient fjuelque
crédit auprès des a(//ïfttion*, voyant bien que
M. de Gardanne, consul d*^ France, était
hors d'état d'agir en faveur de la religion,
comme il avait fait jusqu*alors, et que les
compagnies de Hollande et d'Angleterre ne
pouvaient appuyer les missionnaires de lesjr
protection, s'imaginèrent que le moment
d'éclater contre eux était arnvé; ils les llrcut
citer devant le ministre du !oi, qui, afirès
guelques interrogatioits captieuses, les con-
damna et ordonna qu'on les chassât de toule
îa Perse*
La Providence, qui arrange et qui ménage
tous les événements, nous suscita un déff-n-
seur. Un ieune médi^cia, nommé M. Heruiet,
pansait alors le jniiistre d'une plaie dai^^e-
reuse qu'il avait h la jambe ; il se rendit au-
près de lui, et lui parla a vue force et avec
courage : « Il faut, lui dit-il, que je sorte du
royaume, et vous m Y condamnez ; Vmrèt qui
est prononcé contre îi*s missionnaires l\*st
aussi contre moi ; je professe la même roli-
gion; s'ils sont coupables,je les.is.^ — aNe
craignez rien, lui ré.iligua le minisire avec
nonté, ni vous ni vos Hères ne sortirez du
royaume. » Ces paroles ne le rassuraient |»as,
1 urdre était expédié ; il devait, le lendemain,
aI^i signé par le ministre ; tl le sav.iit, et,
dès le grand matin, il se transporta chez le
seigneur persan. Les schisinaliques lui pré-
sentèrent Tordre en quest on. En ignorai t-il
e contenu? Avait-il oublié sa promesse? Il
fe signa sans môme le lire. Quel tiiomphe
pour les ennemis de notre relig on! Ils se
tmV^'iT^ ^'^^^^.^^^^^J*^^^ quinspire une vic-
ïeur t^'^? ^P^î" longtemps: « Ah I sei-
nairft^' i*;"'*^ ^ '^^^ défenseur des mission-
Tiez aonnée ; songez que vous venez de si-
gner mon cxu» en signant le bar
de nos Pères. » A ces m »ts, le mini - *i
fit appeler les arméniens, leur <l *
pajtier, te lut cl le déchira, en j li
qu'ils Ta V aie ni trompé, qu'd n'av/U [lomt
prétendu sij^ner un pareil ordre, **i il assan
Oldigeamment M. Hermet oue jamais il ii'n
signerait de semlilable. M, Herniet joignaill
sa qualité de médecin celle d'i'^lcrprèledi^b
compagnie d'Angh-lerre, et cooirue il fui
ob!!gé dr*suivru MM, les Ans^lais à BaxMl^r*
Abassy, M. Cliarles-Jarques Hermet, sonrt-
det, fut déclaré interprète de 1« même (r^ta*
pagnie pourlspahan. Cps deux illustres frè*
res coHiment'èrenl à se lier étroiteraenlaîK
MM. les chérîmans: ce soit les chef> de
cette famille si opulente et si C'»thfjliqne,doit
on a d 'j.'k parlé plus haut; ils conct*rtèftiii
entre eux les moyens de faire échouer kl
perjiicieux desseins de nos ennemis.
Le gouverneur, gagné par des nrésCTit<»
évoqua ralTaire à son tribunal ; TaJarmefut
grande parmi les arméniens et en (larticuhef
parmi les vartabeds. I/atraire ne fui poiM
|ngée drÔoitivement et MM, Ips cliéritnini
intéressèrent les seigneurs persans en faveur
de la mission. Cependant, le dimanche après
la grand'messe, un oilicier nous intima m
ordres» et i ous conduisit envlleàrbôul
de la corn agide d'Angleterre : on noussi-
gnifia que nous eussiois à res fr jusqu'-t
lendemain. Cette espèce d'^rrôtn'élaitqu'unt
feinte concertée; on voulait paraître y»arli
dormer çiuelque satisfaction aux arméniens
qui avaient demandé notre sortie de Julfa ;
etfectivemeot nous ri*y couchAuies pi>sr«tte
nuit» D^s qu'il fut jour, on nous "i^i
le gouverneur pour assister h In ift
la cau-e, MM, Herm^*t vinrent avt-c môus;
Taccueil gracieux qu*on nous tit nous «^"
nonça le succès de notre affaire. Les VArU*
beds» le dérogat et le cdanthar élaicul à
notre droite ; M^^t Tévêque était à ^oiit
tôt**. I.e gouverneur, le nabab et les autm
conseillers délibôrèreut entre eux pendiil
quel([ue temps; ensuite le nabab prenant ta
par le. ordonna au calanthar de prouvera
accu'^alîons avancées dans la requ«He,*lé-
pondez-nous, lut dil'iU t* comm.nt lesPffW
soit-ils des espions ei tretenus parler*
d Euro e,*.. Depuis un sièilu guils
établis en Perse, on n*a jam^iis rien d«^c
vert dans le ^r conduite qui ait pu don
d'ea de pare Is sour<;oris » Le calan*
surpris, ne répondit que par des coniedl
vagues. w2* Quels ^ontceuxque les Pèrefj
fait îsortir du royaume?..-,,» Le calantliar|
senta les noms di» tjuelques catholiipit^l
étaient rdlés s'étabhr à V*enise. Mais 1er
bab, qu'on avait bien instruit» lui ré[ion
Combien des vôtres se sont établis aml*»d«*
et en Moscovie? Le ealanthar n'o»**
nier, a Ne maltraitez point les ciîîionoiiî*»
ajrmta le nabab, et ils n'iront | ^
ailleurs. 3" t^omment les Pères ir ,. , -^
les peuples?.....» Le cal «nltidr u osiDt pi*
répéter les calomnies gross ères queëcN*
tent les vartabeds, pril le parti de se W^-
Le gouverneur la ToyanI ooolooda, fit i^
1273
rsp
ï
nroK^ûions mo vive n*priTnnji«le ft nous
fûiups renvoyés a 'SOii»;. Fruslrés de leurs
e$nérai<'es, les srhisTii^^titju^ s uc perdirfnt
poinl roura;;e; ils renvoyèrent h M«isi^hel le
niôine v.irialieds Pt le tJJtVme prèlre» tiiîir^^és
dVtr^<*nt et de présf^nls, avec ordre de solli-
cUer auprès du prince le b!imissement lies
miss 0'i"*rtires et de le demanrfersa'is aucune
re:îtrîi:lion : Jes sommes qu'ils devaient lé-
jvmdre iHaîent illimitées; on leur prondt
dVicquiUer toutes les lettres de ehan^e qu'ils
enverraient et on leur tint parole. Ils (iieal
a »puyer leur ilemande par le patriarche qui
s'était rendu à Masehel, auprès du fils du
roi, apparcinment dans le même dessein. Ce
ch *f de la religini arménienne fit de son
côté des présents ma^jçiiliouns ; il gagna le
jeune prince et Tordre lut délivra.
L'arrivt^e do patriarehe h Julfa ressem-
blait plutôt h rentrée d'un prince a \*h celle
d'un relic^ieux, et il |>assaavec tant de pompe
et de m.igûilicoice au milieu des bazars de
la ville, que les Persans qui en furent té-
moins, en témoignaient leur indignation» et
ces întidèles Tauraient insulté, s'il navaitétô
précédé i^ar les valets de pied de M. le ré-
sident de Moscovie , qu'ils respectaient.
Grands et pidits, catholiques et chrétiens,
tous accoururent en foule h ce siïectacle :
depuis les dehors de JnUa jusqu'il la porte
du monastère toutes les rues étaient bor-
dées de monde. Pendant le si'jour qu\il tit h
Julfa, ses disrours ne roula ent que sur le
banissement futur des missionnaires; il en
c>a riait ouvertenu^nt et il ne dissimulait pas
Jses dispos tioos à leur é^a d. MVI. les cliéri-
mans en furent alarmés, et, avec quelques-
uns des principa \ de nos catliolinue?, ils
a lèrent au monastère pour bii fane une
visite de civilité et lArîier de Fadoiu ir par
cette politesse : ils ne furent pas reyns;
ils se présentèrent une seconde fois, Fau-
dience fut encore refusr*e. Nous éli»ms à
Ju'fa dais lattcnte d^m événemi*nt qui do
vail décider du sort de la religion aans ïe
rovaume de Perse, Nos ennemis avaient
tçrand soin d ameuter contre nous la popu-
ace; nous ne pouvions paraflre dins tes
rues sans entendre blasphéujer ronlre notre
sainte foi; la co spîratinn était presque
générale; les enfants ne se coîitentaient
|>a$ de nous dir«î des injures, ils nous je-
taient des pierres et nous fùuies insultés
ÎiUis d'une fois. Les émiss ires du patriarche
aisaient courir I s bruits les pltis désavan-
tageux ; on d'sait tantôt que M^t levèque,
que le P. du Han cl M. Aroulion avaient été
coiduifs liés et garrottés; tantôt qu'on
avait f^iit mourir notre supérieur, qu'on avait
coupé la tète au prélat, le nez et les oreilles
à M. Aroutïon H que le ralh' clique, inler-
|>rète de M^rTévèque, avait été étranglé. Les
arméniens tie cessèrent pas d'aller dans les
maisons de leurs parents catholiques pour
leur persuader d abandonner la foi ; ils n'y
gagnèrent rien et c'est à celle occasion qu'nn
chef de famille, à qui Ttm disait que, quand
il n'y aurait plus de Pères et de missionnai-
res, il serait bien forcé d'aller à Téglise ar-
tSP
nu
raénienne, fit cotte belle réponse : « Je ne
connais, dit-il, qu'une égîise, c'est Fliglise
romaine dans laquelle je suis né et avec la-
quelle je suis uni de communion; sll ne
reste jjîus à Julfa de missionnaTes ou de
prôtres catholiques, je suis veuf et par consé-
quent libre ; j'irai me faire ordonner prêtre
afin de pouvoir satisfaire ma dévotion et
pour que mes enfants, trouvant dans leur
maison de quoi remplir leurs devoirs de
chrétiens» ne soient point tentés d*allcr aux
églises arméniennes. »
Dieu se contenta des généreuses disposi-
tions du héros chrétien et il ne permit pas
que fe schisme triomphât de la religion. Les
vartaheds se lia tl ai ent cefiendant d'un heu-
reux succès, et la veille du jugement un de
leurs cluffs s'était expliqué d'une manière à
faire croire qu'ils comptaient retourner seuls
à Julfa, et que les missionuaires en seraienî
enfin bannis pour toujours. Le jour marqué
pour la décision arriva. Le prince ne parut
f.iire aucnne attention aux c.domnies dont
on tfkhait de noircir les Pères et les chéri-
mans ; il se contenta de les inlerroger sur
leur foi, et leur demanda quelle était leur
croyance; cette question s'adressait aux deux
partis; chacun fut obligé de répondre et de
s'expliquer. Là se passa une scène singu-
lière : Deux frères servaient d'interfirètes,
Fun à MgrFévèque» Fautre aux varlabeds ,
tous deux également zélés, Fun pour la foi
catholique^ Faulre pour le schisme. Le ca-
det, î artisan des arméniens, était un homme
emporté; il accablait son frère des plus
grossières injures et lui reprochait d'être
dést^fteur de la foi de ses pères. L*aJné plus
modéré les laissait tomber sans y répondre,
mais le reprenait avec force lorsqu'il rendait
en langue persane les fausses interprétations
que les vartabeds donnaient de FEcriture :
ce contraste réjouissait le* Juges. Le prince
^
1
oui ne voulait, ce semble, que se divertir,
demanda une explication nette et précise
des articles du symbole ; cliacun la oonoail
à sa façon» et quand on vint i* Farlicle do
Sa'nt^EsjïHt , il demanda aux arméniens
comment il était fait et s'ils Favaicnt vu :
ils répondirent que non, et qu'étant Dieu
comme les deux autres personnes^ il était
invisible : « Mais, poursuivit le prince^ peut-
être notre patriarche^ qui est un si grand
homme, Fa-t-ii vu ? « Ces plaisanteries leur
déf>lurent et ils commencèrent h s'aperce-
voir que ce prétendu jUcÇement qu'ils atten-
daient jKjurrait bien déi^énérer en un simple
badinage; mais il n'élait plus temps de re-
culer* Enfin, après une demi-heure d*au-
dience, le priore, que ces contestations peu
intéressantes pnur lui commençaient k fa-
ti^çuer, les rcivoya Ions, sans coiidamner
personne, mais laissant aux cat oliques la
libené (J'cxerrer leur religion : c'est tout ce
qu'ils demandaient*
Les vartabeds ne remportèrent de cette
tentative que la finnte u*avoir fait une dé-
marche inconsidérée; les arméniens qui
Favaient conseillée n'en furent pas «juitles à
si bon marché. Le prince, qui avait besoio
ira
ISP
d'argent et mn c/>nnai<s?-il leurs richesses,
les obligea d'acheter fie l-i j^oiir noq ' enis
tomatiM, c'e-t-: -dire ; o :r 10.00 1 éc^i^ (k- so'e,
el de jjav. r la so-uiu'* dans ':yiî/*' rs. L'^
R. P. Damien, de Lv« n, rd.jei'x di-tin.ué
par son f5î>ril et par «^o*^ s.iv^ir, fu' riustru-
ment dont Dieu s** servi jMiijr déî vrer s<'s
fr^'res de l'ofïpression. Soi talent i»our la
médecine l'avait mis en f jveur auprès d'I-
brahim-Kan, frère du roi, qu'il ovait guéri
d'une grande maladie; aussi dans une af-
faire que le patriarche lui avait Sijsril/'e à
Tauris, il oljtint sur lui une viclo re si écla-
tante, qu'il fil diasscr hontensî*ment de la
Tille le prélat schismatique qui avait entre-
pris de le faire bannir. Après la mort
dlbrahim-Kan, il avait trouvé dans le cœur
du fils toutes les bontés du père; ce j^une
prince s'était tellement attaché à lui, quM
roulait qu'il racconii»agnât dans tous s s
voyages. En suivant la cour, le Père Damien
6*eta!t fait connait.'-e du roi, et ce ixince qui
Test mait l'avait appelé à Derbont pour
prendre soin de M. le n's'denl de M scovie,
qui y était fort niala ie. Dieu permit que le
monarque lui-même fût attaque d'une mala-
die de foie ; il donna sa confiance à ce
Père qui eut le bonheur de lui rendre la
santé.
Le patriarche, furieux de voir que son ar-
gent et son crédit étaient inutiles, dressa
une nouvelle batterie ; il obtint s«crètement
un ordre par lequel il était enjoint à tous
ceux qui s'étaient faits cathoIiq[ue$, depuis
quinze ans, de revenir à l'arménisme. li prit
mal son temps; le P. Damien était alors à
la cour : averti par ses amis des démarches
du |»atriarche, il ne se conleita pas de les
traverser, il fit donner un ordre décisif en
faveur des catholiques. Tout autre fjue hî
patriarche aurait quitté la partie ; mais tou-
jours acharné à la ) erte de la religion, il ne
se rebuta point et v«»ulul faire un dernit r
eifOit ; il n avait point léussi pari s |)rières,
il voulait imposer par IVclat; il parut à Tau-
dience du roi avec un air de grandeur et de
magnificence peu convenable à un sujet. Le
prince en fut frappé : il lui demanda quels
revenus il avait pour trancher ainsi du grand
seiîjneur et du petit souverain. Il répondit
qu'il n'avait que ce qui était sudisantnour
1 entretien de son monastère d'£WfAmiaajst»i;
mais le roi était instruit, il lu condamna à
lui céd(»r cinq villages et h lui payer deux
mille #nq cents tonians; il le renv(»ya es-
corté d'un moisil qui devait rapporter cette
soîiune et la remettre au tiésor royal. Ce
dcniicT coup l'accabla et il (iiiit eiifin ses
poursuites. Tout annonce un calme heu-
reux et une tranquillité constante. (Lettres
i'dir, t. V, p. 310.J
Après avoir recouru h la science médi-
cnh» d'un capucin, devcm l'a-ïj^*» tulélairo
< e la mission de Tiflis, Nadir-chah, vers la
fi) de 17;6, éleva un frère jésuite it la di-
gnité de son premier médecin. Le frère
Bazin raconte ainsi ce qui lui arriva : « Les
médecins persans n'avaient prdnt sa con-
fiance, el je puis bien dire qu'ils ne la mé-
SP irt
niaient pas. Comme D p-rait ^r^rsTent entpnda
ra'^t-r là !;f^'e-*f*** des rD^^à*^-** «*ur«p^.?,
il c?i=îr-fa M. Pir-rs:»-^, r*-çi<k-"'t de îa r^mi-
p3'j"ie do (•oiDn'*T'.-*' J'Ançî^tf-n^ . ^^ h\
e*^!. lire venir un ^»n de :x. s Txxi il as^U'îit
de ;:rands av?nta?^. Le r*^d*r**t prorîll,
quoique la chos*'lâi n^rùx difk-Oe J'étais
alors h Ispahan. Depuis mon arrivée «
Perse, je m'étai*^ m^lé de m'-deri? e: j'en avais
étudié h*5 princifies el f ♦':« « assez en état
de suivre n^e mal»dîe ordinaire. Dieu bf-
nissail mes soi"»? et me< reniMes M. te
résident, assez emliarrass^ de la {vrnîefrril
avait donrée, jfla les yeux sur moi. II fit
Taloir an Père supérieur les avantages que
la mission pourrait retirer de rel événe-
ment, et la facilité que me do-^nerait c^t em-
ploi de servir utilement la religion, dans m
pavs où elle est sans oes^e exposée à *i
insultes et è des rersérntions. L'affaire se
co''clut comme il le souhait -ît La ma-
ladie de Thahmas-Koulî-Khan était UTichy-
dropisie commencée Il me reçiil aw
bo-^té, donna ordre gu'on dressât deui m-
villons, un pour moi et l'autre pour les do-
mestiques qu'il m'avait desûné<, et rtfk
que ma tente serait toujours placée an^
de son harem, privilège qui n'était accordé
qu'au médecin intime. Dès oue je fus logt
je me disposai k faire usage cies remèdes qoe
j'avais préparés. Cn cîes anciens mfdecns
me déclara que, selon la coutume el les in-
tentions du roi, il fallait que je prisse moi-
m^me, avant le prince et sous ses v< ux, la
dose de la méd«H5ine que je lui présenlenis.
Je me soumis à Fessai el je promis d'en
prendre le premier quelques gouttes Té-
tais étranger, mes soins avaient du succès,
le roi m'honorait de sa confiance ; la jalousie
excita la haine des quatre médecins. C*^
indiscrétion que fit le prince leur fnuai
une occasion de me desservir auprès de lui.
Un jour, je lui avais donné un purgatif...-:
je le priai de rester dans sa tente, mais il
ne crut pas devoir aux décisions de la Fa-
culté la soumission qu'il exigeait pour s»
ordres Le mouvement du cheval, la n-
gneur du temps, l'excès de la fatigue, bii
causèrent une espèce de révoluti» n : i
en fut épouvanté. Ses médocîns in'accusèMi
de lui avoir donné quelques droçues cono-
sives qui lui brûlaient les intestins. « M^^^
enfin, quel remède?» leur dit le roi. D>
n'osèrent pas le risquer ; mais ils répo'tS-
rcnt que celui qui avait composé le poL<ûn
[)ouvait seul en connaître l'antidole. Il D»
fil appeler, et me regardant avec des jwff
enflammés de colère, me reprocha son e»!
et cependant me Texidiqua. Je lui remont»
le tort çiu'il avait eu de s*exposer au jDrarf
air, mais en même lemps je lui préparai «o
lénilif qui canna Tirritatlon des e* traiîle^
Le succès me rendit sa faveur. Il me filj^
se'^l d'un cheval de grand prix qu'Ufi^^
souvent monté. Sa sa^té se rétablit parfii>
menl. Quelque lemps après, il me fit coiDp*ff
300 tomans (un tom^n vaut 60 francs), cerf"
à-dire 18,000 francs de notre moniale, el*'
dit qu'il comptait me marquer sa lecon^w*
1177
JAC
tsame par des dois plus dignes de luL i
fHenrioT, vol. ïil, p. 323, citant une Ictlro
^u P. BazinJ
Lorsque Nadir-cliah eut été assassiné au
mois lie juii ITW, la Perse tomba dans la
îconfusio'i. Le P. Grimond, jésuite, r?iconte
;le sac dMspaban, en 1750, par les peuples
tlonl Dieu se servit pour chiltier les Persans :
« Nous n'avons pas éié à Tabri de ces cruau-
tés, dit-il, et si elles ne sont pas tombt^es
«ur moi, c'est que je n ai pas encore mérité
de souffrir pour Jésus-Christ. 11 y a deux
ou trois mois que les gens du qiiartier où
nous demeurons f à Djoulfa) ayant appris
qu'il y avait un nouvel impAt/s'enfiiirenl
^ tous et nous laissèrent exposés aux soldais
Wqu on avait envoyés.....; ils entrère-U par
^hriise dans noire maison, conduits par un
^knfant qui la leur indiqua. Le premier qn*iîs
H^etleontrèrent fut le frêie Bazin, raé lecin et
^thirar^^nen ; ils se jetèrent sur lui et le mal-
traitèrent avec la plus horrible inhumanité,
ensuite ils dirent ce qu'ils dem-indaienl. Il
■rteur fallait cent éeus : «Donne, rjsaier't-ils,
^Monne sur-le-champ; il îe- faut créer si tu ne
Hdf»s as pas, ou rtous les tirerons de la peair, »
^Cependant les coups redoublaient sur les
épaules et sous les pieds* On leur do in a
_ d abord tout ce qu'on avait tfargent, et
comme ce n^était |*as à beauconp près la
lomme qu'ils exige-iieul, on leur livra deux
chandeliers d'argent. Le P. Duhin, notre
supérieur, nesachrint m^ h iangue piTsane,
leur parla par interp ele. Ils le frappèrent,
le lièrent à unpilieretse meUaielle i devoir
^e lui donner la bnslonnade sous les pieds.
11 les avait extrêmement enflés. Tout bar-
bares qu'ils étaient, ils en eurent jjitié, et
iifT»rès deux on trois coups ils le liiissèrent.
Mais cet aiicident cruel ût sur un corps af-
faibli une si forte iui|»rcssioi » que huit
jours après il en mourut. C'était un mis-
sioinairn parfait; no i-seulement l^s catlio-
li'iues, ujais encore les hérétiques le regar-
^MaJent coiïîme un saint A pf3ine avions*
B^ous achevé ses fa^étailles qu'on nous
■f
I^ÀCCABD (le bicnheureuxl, missionnaire
Ue la Cocbmchine* fut condamné, en 1832»
A servir cnmme soldat druis les armét^s du
royaume; on roccopa, dansla ville capitale,
hivr pour le roi la traduction des Jour-
laux augiais. Ce saint luissionnaire oui un
iour la hartliesse de f présenter au prince
un abré^^é de TAncien et du Nouveau Tes-
jlaïuent, traduits en langut^ annamite. M. Jac*
rd avait été coulamné par les tribunatix
lu piys à être étj'anglé; sa peine fut coni-
^uée en une détentiou perpétuelle et il fut
eîivoy é dans le Laos. En 183t>, nous le voyons
se mourant lontemeot dans tin noir cachot.
EiiOOjle 21 septembre 1838, il cueille la
(aime d'an glorieux martyre, après avoir
t4 rafipelé du Laos, où il languissait dans
j&;iii, eomme aous Tavons vu plus haut*
avpc Qtt
avaient
soldats «f^4
donner
dargeniffii.
Ainsi nous i élé r
01 ce, M n>
••Siyi
de notre é^rti^* km
les vases saer*^ il^^
Nous sommes dotie «
cevant rien d'Eurfi n, wj^^^^ -.
dettes pour paver Vf*»ji^i|^^
obligés de vendre nnn tiiiiiit|<
enfin les arbres de notr* )ifito*
sister; n*avani pas m^rnt 4» ^
du ri/, qui" est la nourritur** ^
pauvres dans ce pays \*^
prot*^eteurs dans la ronr;, i
et dans les Anglais étahî ^iw^/t
nierce; mais ils se sont retirai t/inM^Zic
fait au*si tout ce qu'il y avait i\ii mMmmi
étrangers. Les Pères Anguslrn et l^fi^
Capucins o *t pris le même parti, 1] m* jj^
plus qu'un Péie carme et un Père «SnoiHi»
cain avec lesquels nous vivons dan^ rQ^ifin
la îïlus étroit<\ Au milieu de tant àt maiK
nous nous souleîions par la patience; mtii
ét.*mt sans appui du côté des hormr»f?^. t^
tous nos chrétiens s'étant dispersés au Inifi
iJ est biei» Il crai"«dre que nous ne sioroni
bleuit *it contraints d abandonner entièrement
u'i royaume où il n*y a plus que cr»me«,
brigandages et confusion. 11 n y a pomt li^
JTRir où Ton ne s^etforcc d'enfoncer notre
porte pour nous p lier. Nous ne pouvons
sortir qM\n cachelle; el à combien de dan»
gers el d'insuîtHS ^>e somrnes-nous |.ias ex-
posés? Si nous quittons la Perse, nous irons
ailleurs porter ri^>angile. Nous trouverons
d.uK les Indes rç «tuoi exercer notre zèîe. »
(Henros vol* lïL p* îl^i, citant une lettre
du P, tlrimond , missionnaire jésuite , au
P, Binet [20 août 17501 dans les Lettres éii^
fiantes, U VII, p. 121.)
ioi
,ur
liai.
^ar
JACQUES LE MAJEUB (saint), l'un des
douze apôtres, liis de Z- liédée etdeSaiomé,
frère fie saint Jean TEvangéliste, f+it choisi par
Jésus-l^hrisl» avec saint Je-m son frère, pen-
dantqu'ilsraccommodaientleursfiléls, hlJe'h-
s<i de, leur patrie. Saint Jacques le Majeur
sortit de la Judée, avant les autres apôtres,
pour aller prêcher l'Evangile aux luifs dis-
persés chez les ditTéri-^nt^i peuples. Uevenu
mi Judée» il y montra un zèle si ardent pour
la proj>ai5alion du chrisUanisme, qu'il fut
dénoncé à Hérude Ai4;rippajequel le lit mou-
rir par le glaive, eu Fan kk. {Àcîe,^r ^^i» 2).
Nous manquons absolument <le détails bien
Dosiiifs sur le martyre de saint Jacques le
Majeur* S'il faut en croire Eusèbe, qui suit
le récit de saint Clément d'Alexîuidrie* celui
qui avait dénoncé et fait arrêter salut Jac
1270
JAC
ques fut si touché du cf>urago qiill raonlr-it
en confessant le nom de Jésos-Christ, qii'tl
sp prot:laiiia lui -môme chrélien. O t le co si-
ci a isil au supplice av*^c le saiU a^ôtie. Che-
min faisant» il lui demanda pardoi. Saint
Jacques, se tournant vers lui» lui dit : « La
paix soit avec vous jf. Ils furent décapités
tous deux enseiuble (1). Le^ Espagnols pré-
tendent posséder le cOrf>s du saint, qu'on
avait d'abord enterré h Jérusalem, et qui
fut, disent - ils , transporté peu af*rès par
ses discijples à hiu Ftava^ aujourd'hui Et
Padron, Ou y découvrit c» s reliques sous
le rè^ue d'Alfihonse le Chaste, et O'i les
porta dans une pHile villf voisine , rju'oi
nom rua Giacomo PostoU, dont on a fait Ça-
moposioto { Compostfiile)^ ville de tialice.
Saint Jacques est le premier apôtre qui ait
sou lier t le martyre.
JACQUES LÉ MINEUR (saint), apAtro et
premier évoque de Jérusalem, était fils de
Marie sœur de la sainte Vier^ie, et d'Alphée»
surnommé Cléophas, frète de saint Joseph,
Ainsi à itouble tïtre il étiit cousin de Jésus-
Christ, Eusébe de Césarée dd de lui , au
pj'ernier chapitre de son Histoire ûri'Eglise:
tf II était Élis de Joseph, père du Christ, au-
qu^'l le Siint Evangile dit qu^' la Vier^^e fut
mariée. *> 11 a »puie soi opiîioi tle celle de
samt Clément d'Alexandrie, livre vT de s<:s
Inêiituliom. 11 est étonnant que ces deux
é :i'ivainsaient écrit une pareille erreur quand
il est du positivement au ctiapitre x de TE*
vangile de saint Matdiieu, v. 3» que Jjc jues
était fils d'Alphée.
Co saint apùtre fut martyrisé h Je usalem,
durant la ca pli vile de saint Paul à Kome, en
l'a inéu 02. Sa justice et sa sainteté étaient
teliei rient grandes, qu'il élHÏt no n-seul ornent
aimé comme un [lère par les chréuens. mais
encore vénéré môme des Juifs, dord la fu-
reur coHre Jésus-Clirisl et sa doctrine était
îux^essante. Aussi, dans Jérusalem, il était
généralement connu sous (e nom du Juste.
Sjo martyre eut lieu après la mort de Fes-
tus, et ajvrès le départ de sand Faut pour
Home, A;-; ippa II ayant été la graride sacri-
fjcature h Ji«seph Cabi, la doi:na à Ananie»
cinquième fils d'Anne, grand prêtre dont il
est tant parlé dans l Ecriture, /Ibiius,
gouverneur, nommé pour r^mp!a€er Fes-
tus, n'était pas encore arrivé en Judée,
Anuiie, qui était un homme cnfreprenmt
et cruel, assembla un conseil de plusieurs
ju^es, et fit comparaître divt*rses personnes,
et notamment Jacques, évèque de Jérusa-
lem. Josèplie est le seul historien qui nous
instruise de la part active qu*Ananie prit à
\ii mort de saint Jacques, Nous altons, pour
la V\u du récit, (^rendre ce que nous donne
Eusèbe d'après Hégésippe.
« Quelques-uns de ceux qui étaient enga^-;és
dans les ditî'érentes sectes qui partageaient
(l)A Jérusalem, à coté de la porte de Sian, il existe
une église sous rinvocalioii itc i^uînt Jatquos le Ma-
jeur, Elle appanieal aux armêtiieas sctjismat fpies,
A dm île en entra ni, an trouve un« petite c lia pelle
quon dit bàiie sur le lieu même où te saint fui dé-
lAC
alors les Juifs, s'adressèrent à lui et lui de-
mandèrent ce qu'on d'aval t croire de Jésm-
Christ. 11 leur répondit què Jésus-Chriit
était le Sauveur du monde ; et cett*.' répomi
si nette et si précise en ay^nt persuadé pb-
sieurs, ils crurent qu** Jésus était en elFel te
Christ cjulls attendaient, La pIupartdMti
sectf^s n admettaient ni la n'surrecl on» mi»
denner avéneuieit du Messie* ni rétemût
de^sup[^lices et des récoinixnises ; muiso^u
qui funmt a-sei heureui pour ^freécUim
des luin ères de la foi par le miiiistère et
saint Jacques, renoirèrent aussitôt à lem
anciemes erreurs, et reçurent des vérilé}
qu*ils avaient jusque-là rejelées.
et La conversion de ces Juifs, parmi lesoudi
il se trouvait des persor^nes de considfii-
tion et d'un rang distingué, jela le trouhîtft
la confusion dans la Synagogue. Lespbirv
s\^ns et les docteurs rie la Toi se mireill
crier en tumulte que leur religion allait ém
renversée, que presuue tout le peuple si^dnit
se laissait entraîner a la fausse créance qw
Jésus de Nazareth était le Messie. Entin»se'
tant rassemblés, et ayant clélibéré un nw-
ment enlr • eux , ils vont trouver sai^t Jac-
ques, et lui parl*»nt en ces termes : • Jiciis
venons vous prier et vous exhorter loU
ensemble d'employer tout le pouvoir qiieh
sainteté de votre vie vous a acquis surT»-
prit du peuple» pour le porter \ renoncrrl
ces nouveautés dangereuses, qui en ontdM
perverti plusieurs, Détrorapez^les de U
faussf^ opinion où ils sont que ce Jé^u^e^t
véritabh-menl leMc'^sit'qtii nous ni
Vous vo^ ez que iagran le f^te d»^ r ^
semble ici de toute la Judée un peuple '»♦)«•
br uï; ins])irez-lui les sent ments qu'rldoit
avoir d** cet imposteur j nous savoDSi|li
rien n'est plus pur que votre vertu, et non
sommes convaincus ipie votre probité tft
hojs d alleintedela laveur et de l'intérêt, P^
suadez donc à ce peuple de ne plus s*jil>
cher à ne vain fantdiiie de Messie; montei
sur le haut du temple, aOji que de cclbi
élevé vous [uiissiez ôtre entendu de mwie
cette multitude de Juifs et de gentds que la
solennité a fait venir de toutes parts à Jéne
salem. u
« Les pharisiens ayant ainsi obligé lill
Jacques à monter sur la plate-furtse ài
temide» ils lui crièrent : « Saint Imamt,
faites entendre votre voix à ce peuple: d
est dans ï'eneUr, en adora^^t un cettaîolé^
sus qui a été attaché à une croix ; eom^PCF
lui ce qu il faut croire de cet homme : p^
lez, ex[iliqueE'Vnus; vos parole^^ sero-»lpair
n U3 et pour ce peuple autant d*0raele$|v^
nonces par U houcîie de la vérité mèm* •
Afors saint Jacrpies, élevant sa toi i, ^
répondit : « Pourquoi m'm'errogei-fo»
touchât nt Jésus, lils de Thomme ? Sadieiip*^
est assis a la rlroite de la so»*T<'niiiiç fOi'
sancc de Dieu, et qu'il doit paraître imiauf
au milieu des nuées, pour Juger de là 10^
F uni vers, »
^ Un témoignage rendu à la diMiM t^
Jésus-Christ d*une manière si autiiHAP
et si peu attendue servit beaucoup i co3^
I
ijiaiL
«tsi
JAC
P
ïner1<*s nauvpaux clu étions dans h foi qu'ils
vèTïaiP H ti\'nibr7iss€T. ]h sYh t èrenl lous
d*uue voin : n i loire sm Fils dcDnvid, han-
n uf el gloire h Jésus î » .\ nis, d'un «iiire
cdié^ les tinciours di* 1.'* loi el les [*fyi risien.s
se vo^M'tt si loin de leur atleile, se d Sfiieiit
Tuiw^ i'Mutre : « Qu'avons-nous tait ? toute
nfilreprudencf* n aura dune servi qu'à Ibrli-
fier (;etle nouv lie secte d'un t^unoiguage si
considc^rnble? Allons, courons venger notre
r* ligion outragée et notre politique trompée ;
iiionlons sur la terrasse du teiojile, et que
celui qui a fait une injure» si seTisibleà l'me
et h Tautie soit précipité a la vue du peuftle,
et qu'il appieniie aux autres par sa mort
qu'on ne renonce pas inifiu^éuienl h h reli-
gion de nos fiéreà pour embrasser les nou-
vnfiu\ dogmes d'un inconiiu, w
^t Ils se mirent en même temps h crier :
« Quoi i rhonnne de Dieu est aussi dans
rerreur? Et ce fut alors que Ton vit accom-
plir ces paroles qii'oi lit dans la Sagesse:
Mettons à mort te justf, parce quii nous est à
charge. Animés d'une fureur aveu^i^Ie, ils mon-
tèrent au baut du temple, et ei pré^jîpitèrent
le saint. Cepei-dant il ne moi rut |)as d aborJ,
el il eut encore assez de force pOiir se met-
tre sur les genouxi et pour adresser à Dieu
celte prière : « Se gieur , panlonnez-leur ,
ils ne savent ce qu*ds font. » Ma:s tes boni-
mes, moins honnnes que tigres, sécjié-
rent : « 11 faut le lapider, » et à Tinstant
même ils font toniber sur lui une gréli! <le
pi^'fres. Il n y en eut qu*ua d*entre eux (1)
qui, tf*ucbé de quelque senlime^t d*hu ina-
nité, dît aux autres :«Arréte2» que failee vous?
le juste prie pour vous et vtius le faites
mourir, M Ces paroles toutifois fuient sais
effet , et elles n'empêchèrent pas f|u'un fou-
lon ne déchargeât de toute sa force, sur la
tête du saint, un coup d*une espèce de masse
de bois dont les foulons se servent pour ap-
prêter leurs et iHes ; et ce cou|» mil iîn au
mari^re du juste et à sa vie. » Son corps fut
enterré au même beu, et l'on y voyait encore
son tomb<.*au du temps d^Eusebe.
La mnrt de saint Jacques lit une profonde
sensalion dans Jérusalem. J.>sèphe, dans un
passage cité par Eusèbe, et que nous ne re-
trouvons pa^ dans ses œuvres, s*ex[Himo
ainsi : « t:eta (le siège de Jérusalem) arriva
ux Juifs, h cause de Jacques freie de Jésus
^Ui est apfielé le Christ, lequel ils avaient
Vue, bien que d un coose^temenl géuénd il
fût reconnu nour très-bomme de Liien. »
Les r>oîables habila >ls do Jérbsalem se
,lognirent au roi Ag'ippa,et accusèrent
île va a lui Ananie [mur ses actes de viol ente.
D'autres allére it aunJeva ildu nouveau gou-
vendeur Aibinus, el ko eipobèr. nt que le
graiJ [(fétre, qui ii*<#vait |»as le droit de ras-
sembler le >anhL'drin ?a ^s son aulorisati n,
avait dépassé ses pouvoirs, Alol iu> écrivU
une letre foit dure au j^raud prêtre. Quel-
que teïujis ap, es, A^rip,'a, [mur tlatler le
4ji>uver reur , 0V\ U grande sacr licature h
[^na lie, [lour le lait de la mort de Jacques,
t kl dinna à Jésus, tils de Dam y eus.
ij Celait un Héchabitc.
JAC
mi
JACQUES (saint), d'arre et martyr, fut nn's
h mort h Ambesc m Numidie, sous le ré-
gne de Vrilénen , avec le saint lecteur Ma-
riê'^ el jïbisienrs ni^tres. L'K^lise fait sa Jète
le 30 avril. (P^ur les détails voir les Actes
de saint M arien à son article.)
JAi:Qi:iiS (saint)» martyr h Samosate, en
297, sous Temfiire d<* Droclétien, soutint par
ordre de Galère, avec les saints Para^rus >
Hflbi e, Ufimain et Lollk'^>, nnuvtllement
convertis h la foi einéïienne. Il eut aussi
pour compagnons de son martyre saint lli|>-
jiarque et saint Pbilotbée» Les circonstances
des gIor!e»iK coudrais de tous ces saints mar-
tyrs sont racontées h rarticif de ^ainl Hippau-
QUE, auquel nous renvoyons le lecteur.
JACQUES (sain!\ évéquede Nisibe cl con-
fesseur, naquit àNîsilje. en Mésopolande,
sur la fil du nr siècle. Il emlirassa d'abord
la vie des anachorètes. L'hiver il demeurait
dans une r^iverne, el le reste de !*année dans
les bois, sur les plus hautes montagnes» ex-
posé au\ injures du temps. Sa nourriture
consistait en fruits sauvages, en lierbes ou
grains qu'il mangeait sans les faire cuire.
Une tunique et un manteau en poil de chè-
vre compnsaient son habillement. Gem ade
dit qu'il fut du nombre des confesseurs du
nom de Jésus-Christ sous l'empereur Maxi-
min. Sa vertu était si grande, qu'il fut élevé
sur le siège de Nisibe, Son élévuiion ne le lit
que changer de demeure. Il jeûna el coucha
sur la terre comme auparavant , mais il tra-
vailla beaucoup plu*» qu'd ne faisait dans la
solilu e. A prit soin ties pauvres, des veuves
et des orjtheliïis, il secourut ceux qu'on op-
primait, reprit avic force ceu\ qui les fai-
saient soutl'rir, H se trouva, eu 32^, avec les
autres Pères au grand concile de Nicée, où il
se sigruila un Ues r^reniiers contre les impié-
tés d'Arius. El eti 336, Constantin hymd Tait
venir Ariu*^ à Constantinople et commando
à saint Alexandre qui en était évèque de le
recevoir à la conununion de TEglise, notre
saint se joignit aux prières qu'Alexandre
adressa au ciel pour détourni r le lléau, et
nous avons vu comment Dieu exauça leurs
ferventes supplit.ations. Les auteurs i>c mar-
que'^! j>oinl.*i quelle époque arriva la mort
de Jacques; nous savons seulemejit que ce
fut sous Constance, pent-étrc en 35tK Kutie
les ouviri^es que tit notre saii t, Gentrade lui
en attribue un où il démontre que Jésus-
Christ esl Fils de Dieu et consubstanliel à >on
Père. L Eglise fat sa mémoire le It juillet.
JACQlihS (saint) VJntrrvis , martyr en
Perse, donna .^a vie pour la loi chiélie'niCt
en Tan de Jésus-Ctir st k-IÎ, sous le règne de
Varanes ou Vararanes,qui monta sur le ti^ône
en 4*i0, et qui eui tinua contre les chrétiens
la prrsérotion que son pèie Y. sdedgcrd ava't
counnencce. Jacques était habitanlde la ville
de Beib-Lapcta en Peise, U était nohie et li-
cite, dislingué par ses vastes co'^naissonces.
Les faveurs du loi l'avaient rendu un objet
d'env e [inur tout le royaume. Tous ces avaï>
tages devinrent |»onr lui une occasion de
chute. (Juand Yesdedgerd déclara la guejia
au cluistianisme y Jacques eut le malheur
^
4i85 Ja6
d'abjurer. Jusq[ue-là il avait toujours été chré^
ti<»n. Cettt» abjuration eut lieu sous le roi
Yesdedgerd. La nuèie et la sœur de Jacques
lui écriv.rent la lellrf suivante : « Nojs avons
appris, il y a longtemps déjà, que vous avez
renié le D eu imiuorici et son amour pour
coiservi^r la faveur du roi, les biens et les
honneurs périssables de ce monde. Voyez ce
qu*est devenu celui à la faveur duquel vous
avez eu le malheur d'attacher si grand prix,
l^lisérabie mortel, comme tout ce qui «st su-
jet à In mort, il est devenu vile poussière.
Peut-il vous secourir raa.Dtenant ? vo s siu-
vera-t-il des supplices éierui^ls . Si vous res-
ta/, dans votre crime, ces supplices auxquels
Dieu l'a livré déjà seront votre partage.
Quant à nous, votre mère et votre sœur, nous
ne serons plus rieu pour voi>s et n'aurons
plus rien de commun avec vous. »
Jacques avait au fond du cœur le remords
de son crime ; il suQit nour l'éveiller tout à
fait, que ces voix si cnèr- s d'une mère et
d'une sœur vinssent v retentir. Tout son
i)as$é si pur se réveillait à ces paroles avec
es frais souvenirs de li jeunesse parfumés
d'innocence. Les prières qu'il faisait avec sa
sœur sous l'aile de sa mère, auand la sainte
femme leur parlait de D eu, leur appren .it
à l'invoquer, revena ent à sa mémoire. Non
Kmais l'nomme n oublie, quels que soient
s tempêtes du cœur, les orages de la pas-
sion ces leçons de l'amour maternel. Les
croyances qu'une mère fait sucer avec son
lait imprègnent l'âme et demeurent toute la
vie. Ce qu on regrette le plus de quitter, ce
sont CCS enseignements reçus au berceau
avec la foi naïve de l'enfance ; c'est l'ancre
de détresse qu'on ne jet'e que le dernier
dans la tempête et gu'on pleure toujours
d'avoir abandonné. Si plus tard, dans une vie
d'erreurs , de crimes peut-être, U voix de
Dieu revient parler au cœur, elle emprunte
pour y rentrer ces accents chéris qui rap-
pellent à riicimme des jours purs, par con-
séquent des jours heureux, des jours regret-
tés. Jacques pleura sur la lettre de sa mère.
11 quitta la cour et ses honneurs ; il avait
dans le cœur son trésor perdu retrouvé. Il
8'en alla dans la solitude prier Dieu pour le
passé et le bénir pour le présent. Informé
de ce changement, le roi le manda devant lui.
Jacques dit hautement qu'il était chrétien.
Vararanes, lui parlant des faveurs dont le roi
son père lavait comblé, lui reprocha son
ingratitude. « Où est maintenant ce roi ? dît
Jacjues; qu'est-il devenu?» Furieux, Vara-
ranes !•• menaça de le faire mourir de la plus
cruelle mort. < Toute espèce de mort n'est
?u'un sommeil, dit le saint : puisse la mienne
Ire celle des justes. — La mort, dit le roi,
est terrible pour tous, grands et petits. —
Oui, dit Jacques, elle ellraye tous ceux qui
méprisent Dieu, parce que Vespérance des
méchants périra.— Quoi 1 misérable, dit le roi,
vous nous appelez méchants, vousqui ne vou-
lez adorer ni te soleil, ni la lune, ni 1 eau, ni le
feu, ces illustres productions de la divinité. —
Je ne vous outrage ni ne voi^s accuse, dit
^aoquus ; mais je dis que vous donnez à dès
uc
liU
créatures le nom ioc^kmaïuofcâiiie de D eu.^
Le roi furieux assembla son conseil , o-tf Ji.
libérer sur le genre de OiOrt qu'on i ^lU^cnit
au coupable. Il fut décidé que , s'il u abjo-
rait pas, on lui couperait Co ;s tes membres,
les uns après les autres. Tous les babitanti
de la ville aocourarent pour^sszs.er à r-espe^
tacle si étrangement cmeL Jacques» sur k
lieu du supiTice, pria quelques inslaotSi
tourné vers rOrient ; puis le% boorreaax k
saisirent et rattaehëreaC ao ch^valcL Avul
fit: rommencer à le martyriser» ilsie iviènn
et le suj»plîërent d*obéir au toi :ioat Alliais
tile. Le juge lui-même, fvréposé as si.pplict
par le roi, les larmes aas yeus* le.eoqwk
d'avoir pitié de lui-même. « Je wevs rifit«
disait Jacoues, mais de la Tîe delà résar-
rection. L arbre dont on covpe les bnncktf
reverdira. Vous mutilerez nxm oorps. sais
Dieu saura bien lui rendre vie et spkfr-
deur. I» On lui coupa suecessiTemeot ks
doigts : il remerciait Dieti à chaque matib-
tion nouvelle. La joie éelafa4 sur son visa^Bi
Les juges, après lui avoir fait mutiler oai
main, rexhortaient à ne ras perséTérer. €f-
lui qui d mis la main à la charrue^ dit^
ques, n'est pas digne de Ditu^ s'il regoréim
arrière. Les bourreaux lui coupèrent ki
doigts des deux pieds. « Maintenant qne ks
branches sont tombées, dît-il, abattei k
tronc. » On lui coupa les bras, les jambes,
les cuisses ; enfin un des gardes loi abattit
la tète, «.'est en riii>on du supplice qu'il eD>
dura qu*on lui donna le nom a'iniercis. Ce
fut en 421, comme nous Tarons dit, qu'il ta
martyrisé, le 27 novembre, jour auquel si
fête est marquée dans le Martyrolo^B ro-
main. Les chrétiens après sa mort renfermé^
rent ses reliques dans une urni*.
JAt.QUES (saint), prêtre , mis k mort sots
Sapor, roi de Perse, soutfrit le martyre avec
sainte Marie, sa soeur. Ces deux sainu oe
sont pas portés au Martyrologe. Nous tradui-
sons ici les Actes de leur martyre.
« Dans la septième année de la perséco
tion , saint Jacques , prêtre du bour,; de
Ïhel-Scialila, fut arrêté âvec sa jeuLe scmr
Marie, îoune fille consacrée à Dieu, par l'or-
dre de Narsès-Tam-SafK>r, qui, s'étant ?aiiie
ment efforcé de contraindre les martyrs I
manger du sang ; il or ionna qu'on les déchiril
cruel.ement à cou|>s de fouet. Eux, teviit
leurs mains vers Diei, le prièrent qu*Û viat
à leur secours, et que, dans le dénAnicat
de tout secônrs humain où ils étaient, U Itar
donnât la force et le coura^. Le tyri'r.
voyant qu'il ne pouvait délaôher les isal^
martyrs ue leur reli^on, fit mander un tei^
tain noble, de condition la'iuue (on le 000-
mait Mahdades), chrétien seulement de Doa*
et lui ordonna d exécuter sur-le-champ b
sentence capitale portée-contre eux. Celuni.
pensant pouvoir concilier cet acte avec 5*
pnn;;ipes, marcha imprudeninje^it i !a Dtft
(éternelle) pour conserver sa vie (tera*slwKA
tiompé par famour des choses de ce uiOUJ^<
perdit ses hautes espérances. 11 ti anth» \» **
des saints martvrs de sa pr«>f -re main, dau^fc
bour^ do ïbel'iiaray situé sur le grand fli'B^^*
r
liS5
Ses illustres mirlvrs reçurent leur couronne
Me dix-septième jriur di^ la Itine ilu mois de
mars. »
JACQCES , proto*ipnlnin:i , ou premier
I éeuyvv h la cour de furupercur d'Orient,
^n^éon l\\ fnl arrêté par ardre de ce prince
^^toiiOrlaslH, /ivre le papias ou ftnrlier du p^i-
^fciis, Théoiihaiie, Léon et Thooms, r'hambel-
^Aiii<, et quelques autres qui hojioraieal les
^Hltia^^es. I/erupereur les Ut tondre , fouetter
B^t mener hoot<"US6m«'id par la ville dans la
fïtison du prétoire. Théoi^hane y uionrul ,
tous le8 autres emlirassèreut la vie m<ui:islî-
que après la mnrt de Lf^'on IV, nui eut lieu
' nies mois après, vu l'an de Jésus-Chj isl
780. [Voy. Iconoclastes.)
JACQUES DE FODIO (saint), frère mineur,
îf ntartvnsé en 1265 sous le sultan d'E^^yple
Il bars. Ce firince miisulm^n, a^ant pris sur
»s chrétiens le château de Safed, (itdire aux
ïx cents et quelques nuirtyrs qui Tavaient
léfendu, qu^ils eussent if choisir entre la
lorl et rî>laujisme, Jnf ques de l*odio et Jé-
^mie. Ions deux frères mineurs, employé-
fenl touie Li nuit h encoura^ger les chrétieris
hr(''fi'Ter la couronne glorieuse du martyre
l'odieux avaula^e de rapo:siasie. Le leiiJi>
|lîain la garnison tout ea lère se préseida
>Qrageusement ati t répits ; tous les jtrisiui-
Jtiers f.irent dticâj ités. Biba^s [?our se ven-
ter des Franciscains qui avaient élé cause
*un si généreux d<U'uuement» les lit éeor-
dii:'!' vifs, ainsi qu'un Templier; c'était le
prieur de Tordre, Il les (it aicabh^-c de CLUps
de bâtiiU , après qu'ils eorenl enduré Tal^
freux supplice que nous venons de dire, en-
suite on les mena au lieu où lt*s six cenis
lïjarlyj's avaient eu la télé traiichre. Ils y
niou'uri-nt oe la même façon (Wëdding,
an 1265, n- 9)
JACniËS DE FLORENCE (le bienheu-
reux, évèpie de Zrytnn , fut martyrise en
rhoimeur du nom de Josus-Christ dans ta
t . Les niahomélans h* mirent à mort
le fiere CiuillaiHue, de la Terre de La-
bour. Leur u^artyre arriva fan J36i. (Wad-
din^, an 1362, n" 4.)
JACQUES DE SAlNT-PIEUtU: (le bien-
hetK eux), de la |>rovincc d'Angoin domini-
c;iin, fut envoyé prêcher la fni au milieu des
musulmans par le îtiait.c général Cajetan.
Apré5 avoir converti un jXrand notubre dla-
fid.
les, il re(;ut la palme uu martyre. ( Fuu-
J lana, MonnmefUa Domlnicana^ an 1516.)
J JACQLES DE PADOUE (le bienhetireux),
[ frAnciscain, partit avic trois aulr^s moines
:' -ou ordre nommés Thomas de Tulenlino,
iô de Sienne «.t Déiaétrius de TiUîs ,
|!Our aller prêcher rEvaugilt* dans le Kalbai,
dirions imr un zélé umiiinicain français
llotîimé JouriJain Calaliii. Forcés d'aborder
I à Tana, capitale de Fde Salsett , ils y furenl
niarlyr ses en Thoimeur de la Un de Jésus-
Cfi ist. ( Voy. your les détails rarliclo Mar-
tyrs DE Ta:na»)
1^ JACQUES (b* bienheureux), martyr abys-
BSinien, tnoumt pour la tn caibotique sous
régne du Ni'^gous MAec Soï^ueJ. Il était
>iife$$eur de Técla Geor^ls^ vice-roi du Ti-
gré, qiii avait embrassé \n toi catholique pour
plaire h sou souverain dont il avait épousé
la fille. Ce vieen^oi s*éta*it révolté ot ayant
apostasie, comme on |)eut le voir à rarlicle
Aii^ssr^iE el à Tarliele <i4:orgis, fil prendre
noire saiat» qui fut amené enchaîné au mi-
lieu du camp : tous les principaux d'entre
les conjurés étaieot présents. On avait ré-
solu, pour enchainer Georgis d'une manière
invincible h ta révolte, qu*il porterait le pre-
mier coup h la victime ; l'apostat n'y lit pas
faute ' il rrap a le saint de son épée,; aussitôt
tous les îïuUqs p^n tirent autant, et le martyr,
criblé de coups, reiulit son Ame à Dieu* Ceux
qui ne purcht pas le frapper tandis qu'il était
vivant, trempèrent la pointe de leurs épces
dans son sang, et tous jurèrent qu'ils com-
bat iraient jusqu'à ce qu'ils eussent détruit la
fui catholique eu Abyssinie, et chassé ou ex-
tcrruiné tous ceux qui étaient venus Fy prê-
cher. On peut voir aux articles que nous ve-
niuis d'inthquer cornaient huit cette lévolto,
et quel fut le sort du vice-roi Cicorgis. Jac-
ques é ail un des hommes les plus remar-
qiiable^ pdJini Ijs prêtres du clergé ab^\ssi-
nien. Il avait été élevé au séminaire de Fré-
mune.
JACQUES (le bienheureux), fut martyrisé
au Japon ta 1613, dans le royaume d'Aritna*,
avec samèn' Jeanne, son [ èreTacafatinmndo,
Maiii^-vladeleine sa sœur, viergo , âgée de
d x-neuf ans et vouée au Seigneur, Léon
Ta-nendoan Cuai« mot» ctson tils PauLâgéde
vin;^t-i.iïl ans, Faiuïida Li(gU)éjnoQ (Léon),
et Marthe, îmime de ce dernier* Tous fu-
rent cou anuiés au supplée du feu. Quand
Fhumidité du b.}cher se fut dissipée , la
llaunae resta claire, et on put voir ks saints
UKirlyrs, dont le calme et la résignation alti-
raiont l'adiairaiion générale. Notre bienheu-
reux, âf^é de dituze ans seulement, a|i|tarut
déia- hé aux y eux des spectateurs. Sa is lui
fairt* beaucoup de mal, le feu avait consumé
Ses lien^ ; il couraii ë . travers des il 'Uimes
el des bi'nsieis. Craignant que ce fût pour
s\'Lha|>ijer, la fuul* lui cria u'avoi^r courage ;
mais 011 cessa d'avoir cette crainte > quand
0 1 vit l'enfant se rel«uiroer avec calme et
aller vers sa mère, qu'il entoura de ses bras,
voulant jnourir avec ï-le. La sainte femme
*pii paraissait morte , se rêve. lia à cette
éln^uUe ; comme si elle eût oublié ses souf^
ftvnees, elle ne Cùssa plus d^encourager son
fils h aicomplir ju^qu au bout le sacritice de
sa vie pour D„eu, P«tu ^ peu ses lions étant
brdiés, elle tomba sur son fils, le couvrant
de Sun co/ps et ils ex^urèrent ainsi»
JADÎ^RE (saint), évoque et quahllé martyr
au iVlart^ruloge lomain, à la date du 10 sep-
tembre, jour auquel l'Eglise célèbre sa fête,
était ïun des neuf évOques enfermés dans
les mirées, et à qui i^aiid Cyprien écrivit sa
76' leUre. 1! avait élé déporté , immédiate-
ment après sa nremière cmftissioo, aussitôt
api es avoir évé crueileàuent frappé h cuups
de b.Uons. Cet évèque avait assisté HU ^raiid
concile do Cartbag^*, (ïofj, NtiiÉsiE?**)
JAMiNlQUE (^ainUîJ ou GAUîiiQte, eu^ lo
bonheur do doaner sa viei>our la foi eu nTj
itat MN
dans la ville de Lyon, sous le règne de Tem-
pereur Antonin Marc-Aurèle. La violence
des tourmenls que lui tirenl endurer les per-
sécuieors épuiî^a sa force, saos ab:iltre son
courage. Comme saint Pathin et une grande
quantité d'autres saints martyrs , elle mou-
rut en prison, L*E^lise célèbre sa fêle avec
celle de tous ses compagnons le ^juin,
JANVIER (saint), Tun des sept fils de sainte
Félicité, fut martyrisé à Rome sous Marc-
Aurèle en 16V, avec sa mère et ses frères,
Amené devant le préfet Publius, que Marc-
Aurèle avait commis à suivre le procès de
la sainte et de ses enfants, il montra la plus
grand courage. Publius ren^;ageant h sacri-
fier auï dieuï, Janvier lui répondit ; « Vous
ne me donnez pas là un conseil digne d'un
sage magistrat ; il vaut nneui pour moi que
je suive celui de la sagesse même : c est de
mettre toute mon espérance au Dieu que je
sers ; il saura me garantir de tous vos arti-
fices, et il me fera surmonter les maux dont
vous me menacez. Le préfet Tenvoya en pri-
son a (très l^avoir fait cruellement fouetter.
Ensuite, ayant rendu compte à Tcmpereur
de ce qui s'était passé , ce prince chargea un
juge de prononcer et de laire exécuter un
jugement contre saint Janvier. Ce juge le lit
assommer à coups de [dombeauï. L'Eglise
fait la fête de saint Janvier le 16 juillet.
(Voy, Félicite.)
JANVlEtl (saint), martyr h Carlhage, e^
250, sous le règne et durant la perséiution
de rernpereur Dèce, fut enfermé dans un ra-
cbot avec une foule d'autres chrétiens , où ,
par ordre de Tempereur, on les laissa muurir
de faim. L'Eglise fait la fête de tous ces
saints martyrs le 17 avril, avec celle de ?aint
Mappoliqut^ {ïotj* Taj ticle de saint Victoria.)
JANVIER (saint), diacr*^ et martyr, fut mis
à mort etrlSS, sous Valérien, avec saintSi\te,
en même temps que les saints diacres Féli-
eissi^me, Agapet, Magne, Vincent, Etienne.
Ils furent tous décapités. L'Eglise houore
la mémoire de tous ces saints le<i août.
JANVIER (saint), soutlrit le martyre pour
la foi en Afrique, sous k* règuede Valérien,
I an 250, avec les saints Pauï, (iéronce, Jan-
vier, Saturnin, Successe, Jules, Cat, et Ls
saintes Pie, TertuUe et Germaine* On man-
que de détails authentiques sur leur mar-
tyre. L'Eglise tait leur fête le lî* janvier.
JANVIER (saint), évèiuc de Bénévi nt ,
martyr, était, au du e de plusieurs historiens,
natif de Naples, qui a flu reste toujours éié
regardée comme sa patrie. Pendant qu'il éiaii
évéquede Bénévenl, il y avait diins rép^lise
de Mtsène un diacre nommé Sosie; sa répu-
tation était si grande, que le saint venait
souvent le voir. Dans les conversations qu*il
avait avec lui, il s^cnQamniait uavanla^'î ^
la piété, et y ymisait sans cesse des lumières
nouvelles pour Tinstruction qu'il avaii a don-
ner à son troujieau. Une fors il le trouva
Chantant TEvaugile dans Féglise ; il vjt sa
tête complélerncit environnée <le tlammes ;
II en conclut qu*il serait bientùl njciitynsé,
ce qui s'accomplit en ell'et bientôt. Draconce,
guiiverueur de Campante, le lit irrû^tir. fouet-
ter, et meure en prison dans la ville de?0Q^
zoles. Saint Janvier vira Ty visite . ainsi i)v
Procule diacre, Eutice et Anice, tous d»ti
bourgeois de la ville de Poiiz oies, Dracti-f
Tayaut aftpris se lit amener les trois de-
niers, avec saint Scsi •, el les ayant fait tn '
lemenl fouetter, les fit et f -nût r au^>
la prison. Sur ces enliefailt^s . 1 1- 1
nomma Timothée pour succédera I>r3c«mt
Ce nouveau jjouveraeur ét^nt venu h %r,f
et ayant appris les soins que renaa;
Janvier aux prisonniers, il 1 envoya [
et le lit jeter dans une fournaise;
saint en sortit sans avoir, disent ses Av...
perdu un seul de ses cheveux. Le joge, ta
dire de ces mêmes Acle^^ lui rayant **'^ ^'
racherdes nerfs (dit vulgairement [^
dons), le renvoya en prison. Alors luiiMUjtt,
ayant fait amener tous les saints phsoûyiecf,
les condamna à être exposés au\ * Vît-
cun des animaui féroces qu'on 1 a
ne voulut leur faire de mal. Ti >
nonea contre tous ces soldats de liJ
la peine capitale ; tous furent à Ti tm
décapités. Les chrétiens de ditîi .1*^
vinrent el enîevèrenl les corps. Celui deânel
Janvier fut porté à Naples.
Saint Janvier est t;n grande vénérstioa
dans cette ville, oi!i on prétend qu'il i o^
plusieurs miracles. Il en est un qui, ià-
on, se renouvelle très-fréquemcnent, toiio
les fois qu on expose le sang du saiut con-
tenu dans une fiole, en présence de s* lèt
ou de toute autre partie de ses ossements.
Nous n*o^ons rien adlrmer ni pournicûitri*
La fête de saint Janvier a Heu le 19scpleit-
bi e. Son martyre eut Uea l'an de l*ère due-
tienne 3 5.
JANVIER (saint), fut Tun des qu&^■ll^
huit martyrs mis h mort avec saint Saluiiii
en Afjîque, sous le proconsul Auidint a
Tan de Jésus-Christ 305, sous Je rè^ieddi*
rant la persécution atroce tjue riutJLiue Dî^
clélien susciia contre FEglise du St'iciuif>
[Voy. Satuhmîî.) L Eglise célèbre la feti*
tous ces saints le 11 février,
JANVIER [saint I, mat l> r en Espagne, bmh*
rut pour la foi en 50^, alors que la pet^éei-
liO'i s iscitée par le tyran Diocléticn 4kt
niait 1 Eglise. On célèbre sa ft te le î? *
bre. Voici ses Actes extia is de Rur
« Eugène, commandi^iil pour les liQmxm
dans une fiaMii' de rEsi»a^ne, é ant ftm^
Cordoueavec le dessein de contraifHlit l0
lideles h adorer f.^s idol^'s , F^iuste, Jirjnir
et uartial lallere^il trouver, et lui ]}âr\tt^
ainsi: «Que prétendez-vous, tu^;ei:e. t*
une conduite si [il* în« d impiété: >
perséculer les serviteurs liu vrai Di
ne les écoutez-vous plu loi, et que ne »**
range i-vous de leur cùié , en embnâaii^
humbK ment leur croyance ? i> JUais Eûgh*»
mie lï.eu avait envoyé à Cordoue f^
éprouver ses serviteurs , et non jjout U
Iierdre, Eugène» dis-je, choqué de U h^
de cette remontrance, dit à Fauste tl il*
deux comiKtgions ? « Misérables , qufH
gens étes-vous ? o Fausle répondit : • ^^
sommes ^chrt tiens ; Jé^us-Clirist e>l ii^^
Id89
Dieu ; lui qui seul est Te Seigneur, le maî-
tn^ et le créditeur fie toules ehoses. Eugène:
Piir quel désQspnir vous Irouvoz-vous ainsi
associés ensemble? Fausie:Ce n*csl poini
le dé.'iospoir qui nuus ut t ; mais vous , quelie
fureur vous pousse h nous vouloir faire re-
noncer noire Dieu? Eugène: Qu'on Télende
sur lin chevalet, pour lui apprendre h piirler
avec 1« respect qui nous est dû. v Alors Jan-
-_yier dit à Fauste : « O moi cher frère l c est
nÎKJur nous que vous entlurex ces tourments,
^•vous qui avez bien voulu vous associer à des
pécheurs,— Notre union, mon frère Janviur,
repartit Fauste, formée sur la terre et en-
tretenue par la charité, floit Aire éternelle
dans le cieL » Euj^ène, dissimulant raihni-
ration que lui causaient des senlimenls si
beaux, di» a Janvier et à Fauste ; (^ De quels
vRîiiS discours vencz-vous maintenant nous
aiULiser? Croyez-vous par 15 me faire oublier
riuqïiété avec laquelle vous m'avez rt^pondu ?
— Confesser Jésus -Christ, reprit Janvier,
D'e t pas une impiété, » Eugène se tournant
Barers Martial : « Ces gens-ci, lui dil-iK vous
^K>nl engagé dans Uîie méchante a(T;iire; si
^Pyou5 m t^n croyez, vous romprez avec eux ;
H|il ny a ni honneur ni p. oQl à èlre mêlé avec
^Kdes impies et des magiciens. » Martial lui ré-
ffpondit î Dieu vous punira, Eugène, Euffine:
Et celui-ci encore, qu'on le mette sur le che-
valet. — O bienheureuse immorlalsté de Jé-
sus-Christ 1 C'est elle, ô mou frère Fauste I
qui m'unit h vous, Eugène: Quon les tour-
mente jusqu'à ce quils soient résolus *] a-
dorer nis dieux. Famte: Il le sera ditïïcile,
à loi et au démon ton père (I), de nous faire
aband umcr une religitm que nous avons
rei;ue dès Tenf^ince, |*our suivre la tienne.
Eufjine: Les empereurs veulent que vous
adoriez les dieux* Fauslf. Il n'y a qu*uo
, Dieu qui a tout lait, et nous ne subsistons
que par lui, (Jueîs sont vos dieux? En avez-
[ vous d^autres que Satan. Eufjène : Qu*on lui
h coupe le nez et les oreilles, et <|u*on lui ar-
■è-rî^che toutes les dents d>n haut. »>Ceia fut
^Kexécuté sur riieure , et Fauste n'en parut
^Kque plus gai, Eughit: Vois-tu» Janvier, ce
^KquM en coûte à ton corufiagoon pour vou-
^K)ûir persévérer dans sa fol c erreur, et pour
^Vlie vouloir pas obéir à nos ordres? Janvkri
w Puisse -je étie opi^iAtie et dé'-obéissant
I comme mon frère, pourvu que le lien de la
charité qui nous unit ni! se rompe jamus î
Eugne: Qu'un n*é[»argne pas non plus ce-
Jui-ci» Vous voyez, Martial, quels maux vos
compagnons se sont attirés par leur fuhe;
renoncez rrudemmenl a une société si dan-
gereus.*, Jïlarn'ai : Jésus-Christ est ma con-
solation, Jésus-Gbrisl que mes compagnons
^ confessent h hau^e voix, et que je co. fesse
! aussi de tout moi cœur avec le Père et le
' Saint-Esprit, » Alors Eugène, ne gardant plus
^L (l) L'on Irotjve de ces réponses dures, pmir ne pus
^V dire (Leces imprcciUtoits^ «liujs d'au 1res Actes irès-
^B Vérilaliîeseï 1res iinihenliqucs, cnniine dans ceu\ He
^B'saiitl Tai^qiiL%eic. ^Eii li-aiu ceUc noie de Htjinari,
^* il faut S6 souvenir qite Jr!>tis-Giîrisl av.iît praiais aux
martyre que le Saint-t^s|)t'ft leur dictera il leurs ré-
Il |>OU&ei.
. BiGTtOtItd BES pEEâÉ€i;TLOS(S« Ii
de mesure, les condamna à être brOiés à
peMt feu. Comme on les conduisait au sup-
plice, ils exhortuierïl le peuple à demeu-
rer Ûdèlo à Ji'sus-Chrisl. « Nos chers frères,
disaient-ifs, ne vous ïfez jamais au démon,
à cet ennemi déclaré des hommes, quelque
puissance qu'il semble avoir aujourd'hui
dans le monde. Mais souve iez-vou*i toujours
que vous êtes formés à l'image de Dieu,
Adorez-le, bénissez -le comme Tauteur de
toutes choses. No vous laissez i oint gagner
h ceux qui voudraient vou^ engager a ado-
rer leurs propres ouvrages. Confessiez bau te-
roeot Jésus-Cbrisl, f4 ciianlez Jour et nuit les
hjuangesd'un seul Dieu! On les fit entrer dans
le feu, nii ils exuirèreiil un moment aprBs. »
JANVIER (saint), fut honoré tle la cou-
ronne des glorieux combattants de la foi à
Héraclée* 11 eul pour compagnon de son triom-
pbo saint Féli\. Le môme jour eut lieu le
mrïriyre de yaiut Julien. P^ous n'avons au-
cun âétail sur les sou lira n ces qu'eurent à en-
durf^rcfis saints, I/E^lise hOEiore leur mé-
moire le 7 janvier.
JANVIER (saint), diacre et martyr, reçut
la couronne des glorieux combattants de la
foi à Torre en Saniaigie avec le prêt» e Prote.
Ayant été envoyés dans cette ile \%i\v le paf»e
saint Cams, ils furent mis k mort sous le
président Barbare, durant le rii^^i} de l'em-
pereur Dioclétien. L'Eglise honore leur mé-
moire le 25 octobre,
JANViEU (saint), fut assez licureui pour
verser son sang pour la défense de la ndi-
gion chrétienne avec les saints Sévère, Sé-
cur et Viclorin. V\ se borne it lr>u3 les dé-
tails que les Actes des marlyrs nous doi-
iienl sur leurs combats. Ll'I^^liSL* fait col-
lectivement b:ur fête le 2 (décembre.
JANVIER (saini), u^artyr, cueillit la palme
du martyre en Afrique avec les sainls Faus-
lin, Lucius, Can lide, GVdien, M wù et For-
tuuHt, (Vog. rarliele Falstï?*, pour plus do
re iseignemenls.)
JANVIER fsai^t), martyr, mourut pour la
foi de Jésus-Christ à Carthiige, avec le* saints
Cotulin, Elorence, et les saintes Julie et Juste*
lisfu enluihumésdansla bastliquedc fauste,
J/EgUse Ips honore le 15 juillet,
JANVIER (saint), souilVit pendant quatre
jours, à Nicopolis, les supplircs du eheva-
let, des pointes de ïi^r^ des téis de pots cas-
sés. Ils accomplirent ainsi leur gbirieuï
martyre, lui et saink* Pélagie*.
L'EgÛse ho-
nore letu^ sainte mémiure le 11 juiliet.
JANVIER (saint), fut mnrtyrisé en Afrinue,
avec deux sainte^ femnjes, Maxime et Ma-
carie* Les détads nous manquent com^Jcte-
uient, L'E;:lise lait lem* i'élc le 8avriî.
JANViÈRE, Lom d'rme femme romaine
qui, sous reuipire de Dèee» en l'année '250,
fut arrêtée pour (;au>e ue i^bristianisme, avec
saint Moyse et unt» foui»* d'aulrei* rhrét ens.
Elle eut la gloire de partag*'r, peut la ni dix-
huit mois de prison, leurs soulfianies et
leurs 10 rrments pour la foi. Il est fat men-
tion d'elle dans la lettre que Lucien, con-
fesseur de Cardïagt^ étrivii à ceux de M'nne,
et qui se trouve au nombre dn ceUè$ de
U
^
IMl
saiot Cyprien. (Pour plus clo détails, toy.
JANViÈRK (saipto)> nom dQ deux saintes
qui fi)Dt partie des cj^iapntc-liuil martyrs
pis à movi pour la foi chrétieone en Vmi
805, avec saiot Saturain, sous le proeoisul
Aïiulin» duraut la persécution que la fureur
de Diocli^tien avait soulevée contre TEgiise,
(Voy, Saturm!!,) La fôte de tous ces saints
a lieu le 11 janvier.
lANVIÈRE (soinle), eut la gloire de ver-
ser son sang h Porto pour la défense de la
religion chrôtienoe et do sa foi. Les com-
pagnons de son triomphe furent les saints,
Paul, Héraclius et Secondille. Nous n*avons
point de détails sur eux- L'Eglise honore
collectivement leur mémoire le 2 mars
JAPON ( Persécï/tioxs au). Le Japon,
nommé Nipon ou Nifoo dans le langage du
pa/s , du nom de Niphon, Tune des îles
principales qui forment ce grand empire, est
situé en Asie par 3œ et Hià" latitude Nord,
t25' et 127" longitude Est. Quatre grandes
tîes et une intinil^^ do petites constituent cet
empire. Les quatre grandes sont : Yeso,
Niphon , Xi coco ou Sikokf, XJmo ou Kîou-
siou. Le Japon a environ trente millions
d*habitants.
Avant de faire Thistoire des persécutions
au Japon, il nous semble opportun de traeer
à grands traits, pour le lecteur, celle de
rorigioe du gouvernement et du culte dm
Japonais. SU s^agissait d'un peuple connu ,
nous ne prendrions pas cette peine; mais
nous concevons fpie le lecteur serait parfois
fort embarrassé, si nous n'entrions pas à cet
égard dans quelques détails. Il est lacile de
voir» dans ce que nous allons dire, que la
religion du Japon n'est qu'une dégénères-
eence des traditions bibliques et prophé-
tiques. Tout rOrient est ainsi rempli des
souvenirs de la religion révélée •
Les habitants des îles du Japon se pré-
tendent aborigènes, non comme les insectes,
suivant certaines histoires» mais en faisant
remonter leur naissance jusqu'à leurs dieux.
m Au commencement dcFouverturede toutes
« choses, disent-ils, le chaos flottait comme
« des poissons nagent dans Peau pour leur
« plaisir. De ce chaos sortit quelque chose
« de semblable k une épine , qui était sus-
« ceptible de mouvement et de transfornia-
« tion; cette chose devint une âme ou un
« esprit, et cet esprit est appelé Kimiiokû--^
« datsno^Mikaîto. » Cet esprit a produit leurs
dieux dont ils établissent deux différentes
généalogies. La preniière est composée d'es-
prits célestes ou d'ôtres absolument dégagés
de la matière, et ces êtres ont gouverné le
Japon pendant une longue suite de siècles ,
dont il n'est pas possible de déterminer le
nombre; la seconde comprend les es[irits
terrestres où les dieux hommes, successeurs
des premiers qui ont aussi régné longtemps
et qui engendrèrent enfin les habitants ac-
tuels du Japon , mais ne conservant rien de
la pureté ni des perfections de leurs divios
ancêtres. Pour développer plus clairtiment
«ei étranges idées, il faut se figurer que les
JAP
Ml
premiers êtres > sortis du chaas fartât a
nombre de sept principaux gouTemeurSidiiC
te premier était formé de la partie 1| ]Ai
pure. Son fils sortit de lui par le uionnaisl
et par le pouvoir actii des cieux ei déf ét(-
roents qui sont au-dessous. Chftcuii aioit
devint père; mais le dernier s'étanlfini
des organes sensibles pour connaître fihff*
nellement sa femme, engendra des ta»
mêlés qui participèrent de la natufe diiiii
et de la nature humaine. Cette race cmmm
assez longtemps queloues uerfeclio» <i
ses divins ancêtres, et ello s diilii
personne d*Avaasi-Dnmaf pùi^ »^o iapMil
d'aujourd'hui-
Tel est le tissu de bizarres idées, tal
ces peuples cherchent à orner leur onffii
Abandonnons ces erreurs et consultamlfei
livres plus dignes de nos recherches. U
plupart de nos géographes s'accordent lâuf
sortir les Japonais de la Chine, et voicili
tradition orientale sur laquelle ils » Jet-
dent* Plusieurs familles chinoises coosiA-
rables furent convaincues d'une con
contre leur souverain ; tous les d
furent condamnés à mort , mais le
s'en trouva si considérable que les booriMl
se lassèrent de répandre le sang; Vemf&m
lui-même, revenu de sa première n|i»
commua la peine de mon en celle d'imUi*
mssement perpétuel, et ces malheurewi h-
rent transportés dans les lies du JapCMi,aicr>
incultes et sauvages, où ils çeupl^^r*"'
considérablement le pays que oient»
rendirent rodoutablos à leurs Toisins, <^ii i^ -
aussi qu*un empereur de la Chine, iodipi^i
de ce que la vie humaine était sfcoo/te,
envoya plusieurs de ses sujets dans toul^^
les parties du monde pour merchero
remède qui pût le garantir de la iii^ *
qu'un de ses médecins, las de servira
maître barbare et le tjrao de ses P^^V^'
saisit cette occasion pour le fuir : il lui te»
croire que ce remèae précieux se Iros»*
dans les lies du Japon; mais il ajouta
consistait en des herbes d'une organi:
si tendre qu^filles ne pouvaienl être cm
que par des mains jeunes pt taures; T*
reur fit chercher dëus ses Ëtats trois
jeunes lilles avec lesquelles Ir t-- -«- in f
barqna ; sa oavigtTtion fut ht>ii tifeorà
les îles du Japon, s'y étabiii et ueofââ h
pays. On peut choisir entre ces fleai «»•
gines: mais ce qu'il 7 a de certain, cc^l^
ces anecdotes ne peuvent s'accorder irectt
chronologie des Japonais.
Il faudrait donc s'en tenir au s€fltùi*^
d'un historien moderne, qui croit qt«^
Japonais descendent des Tartarcs , H^î^p*
fonde sur les annales de la '
trouve que H96 ans avant Iv
Tartares commencèrent à peupler ie$^^^
la mer orientale. Les premières noliOBl^
nous ayons eues de rexîslencc ûaMjÊ
nous viennent du fameux voyageur Vaft^
oui vivait vers la un du xnr ^^èd^. fil*
dans ses relations, parle de i^fsl ewpîTii
le nom de Zipangri ou Zipm^fu, mi
tooyjôrent au xvi' siècle eûlre les
-^H^f "' WLm
1293
J4f
ï
ï
»
r
i
Christophe Colomb , el ^e coqlfibijèreDt pas
peu aux découvertes de ce| ha|)il/^ paviga-
teurJl est vrai, au moins, qucjorsqtril aborda
à l'île HispEJOiola» il se crut dans la véritable
Zipaûgri de ilarc-PoIXe ne fut qu'en 1542,
qii'un naufrage de quelques Porlugais sur
les cùteis du Japon, apprit à l'Europe qu'il y
avail un puiiîsant tnipjre d^^ns les mers
orientales. Nous avons donné une idée des
deux premières races fabuleuses sur les-
quelles les Japonais établissent leur histoire;
venons à la troisième époque» qui con^raeoce
660 ans avant Jésus-Christ, avec le règne de
8vn-Mu, qui avait ^lors 78 ans. Malgré ce
fran(| âge, il occupa longteuips !e trône ; il
ompla sa nation jusqu'alors indépendante
et barlmrer et une suite chronologique, lon-
dép sur des i^inales incouteslables , fait
mention de ses successeurs, sans (|u*il soit
ssible de former aucune discussion contre
i|r authenticité, pepuis Sjn-Mu justpj'àpré-
îVt/oncoiuplecenlseiïepVincesdccctLe race
i ool oecppé le troue en ligne droite» et
les ainésT si J'on en écarté la révolution
ui a mis cet empire enJre les mains de deux
aîtreSt sans briser absolument lo sceptre
ans cellpsdu véritable empereur. C'est vers
XII' siècle qu'il f^ut chercher celte époque
meuse*
Bans la naissance du gouvernement japo-
uais, le commandement des troopes était
confié à un général qui portait le nom de
Cu6o, et auquel on ajouta celui de Smno.^ qui
signifie seigneur. L'empereur, pour lors, ne
re mettait cette charge qu'à des guerriers
dont la lidélilé lui élait connue. Ce fut un
de ces Cubo-Sfvna qui excita une guerre
civile : cette révolution s'accomplit vers le
milieu du xii' siècle- Le7G' Dairi on empe-
reur bérédilaire de la fîimille de Syn-Mu f
iondalrice de l'empire du Japon, voyant la
trop grande puissance des gouverneurs de
1 ', nomma le Cubo ou général, géoé-
-de toutes ses arqiées, pour réduire
ltji> t:liets de province à son obéissance* Mais
celui-ci (froUla de son autorilé pour se rendre
i' lant, et jeta les fondements d'un
li L trùfie à cuté de celui de son rnaitre,
Ainsi l'un voit depuis au lapon deux empe-
peurs, l'un nommé Mikuddo ou Oatri ^ et
iiiïîje Cubo-Samu, Ces deux puissances
cLLcrchèrent louglemps h s'anéanln-, et pen-
dant leurs guerres les gouverneurs particu-
liers s'érigèrent en souverains dans leurs
provinces. Tout resta dans cet état violent
jusqu'au xvr siècle, que !e Cubo-Sama se
renott absolu et réduisit le I/mri à la simple
sauverainelé de la religion. Tous les hon-
neurs, tous les respects sont pour ce dut-
aier, ses revenus sont imiuenses: il nomme
h toutes les dignités ecclésiastiques , il
prononce sur certains dilFérends qui s'élè-
vent entre les grands, mais la plénitude de
''autorité temporelle réside dans le Cubo-
'aniQ, J^éaco est la résidence du Dam; une
jarde nomhreuse semble veiller à sa con-
iervation et sert réeliemeot à le tenir dans
leâ fers. Au défaut de la véritable puissance,
reh-
^hmLf des honneurs presque divins. Il est
le pontife suprême, sa personne est sacrée.
Lorsque le trône est vacant , la cour ecclé-
siastique s^asscmble et élève à cette dignité lo
plus proche héritier, sans distinction d'âge ni
de sexe. Quelquefois c'est un prince mineur,
d'autres fois une princesse qui n'est point
encore mariée. S'il y a plusieurs préfendantSt
on les fait monter successivement sur le
tr^ine, mais tous ces changements se font en
secret , et le public n'en esl jamais instruit
jusqu^à ce que la succession soit réglée. Le
Bairi épouse douze femmes, el la première
qui lui donne cinq fils partage les honneurs
du trône. L'habillement de ce pont-fe-ea)pe-
reur est assez simple : c*est une tunique de
soie noire sous une robe rouge, el par-dessus
les deux, une espèce de crépon lrès4iu. Sa
tète e&l ornée d'une sorte de chapeau avec
des pendants assez semblables aux fanons
d'une mitre d'évèque ou de la tiare du fmpe;
tout est de la plus grande somptuosité dans
son palais. Les rohes de ses courtisans, qui
comme lui se prétendent descendus de leurs
dieux , sont extrêmement longues et larges,
avec une queue traînaote; leur bonnet est
noir et sa forme désigne leur dignité. Le
Cubo-Sûma lient sa cour à Yédo : quoique
son empire ne soit pas de la plus grande
étendue, il n'en est pas moins un des plus
riches monarques du monde.
Il ja au Japon trois religions principales ;
l*" Tancienne, nommée Sin^os; 2" le Budso
ou le culte des idoles étrangères, apporté du
rojaume de Siam ou de la Chine ; 3' le Siuto
ou la doctrine des philosophes ou des mo-
ralistes. 11 faut chercher 1 origine du Sinios
dans les foodemenis de la monarchie japo-
naise. Ces insulaires, commo nous l'avons
déjà remarqué, adorent , à titre d'espriis cé-
lestes, les sept princes qui composent, di-
seot-ils, la première dynastie de leurs souve-
rains; ils y ajoutent fes cinq demi-dieux de
la seconde race, sous le nom de enmîs: tous
les empereurs qui ont régné depuis Syp-MUf
chef de la troisième dynastie, sont admis à
ce rang suprême. Le prince régnant fait cet
honneur à celin qui l'a précédé, et lui assigne
avec solennité rcspèce de jmuvoïr qu'il doit
exercer sur les mortels. Le camix q>ii réunit
l'adoration constaotr* de tous les Japonais
est TmsiO'dai-dsin^ Ibodat^ur de la seconde
race et premier des dieux terrestres , parce
qu'il es» regardé connue le père de la nation ;
ce qui fonde le droit héréilitaire du Ùaïn\ qui
en descend en ligne directe par Talné de ses
tils. On accorde quelquefois lapothéo^e aux
grands hommes, mais ifs ne deviennent que
des dieux inférieurs qui sont placés entre les
étcnles. Les temples des cami$ sont nouunés
mias, c'est-à-direj demeure des àmrs immor-
telles, et l'on en compte f*lus de i27,OOJd.^ni
retendue du Japon. Gomme on ne révérait
point les idoles dans les premierssièrles, on
ne trouve gnère d'idoles dans les mias. Si
l'on en a introduit q^ielqu'une, elle est en-
fermée dans une châsse, et on l'en relim le
jour de la fête du cami#, qui ne se célèbre
qu'une fois en cent ans. Ton
làp
h religioa da Smios se réduisent à cinq :
1* la pureté du cœur; 2* Vabitinenee de tout
ee qui peut rendre l homme impur ; 2r ne pas
u somller de sang; i* s'abstenir de manger de
Im chair; 5' ne pas s^approcher des corps
tnorts Tous les dogmes de la théologie
des siotosivistes se rapportent au bonheur
actuel. Us paraissent n avoir qu*une notion
très-obscure de Timmortalité de Tâme, sans
inquiétude pour lavenir : « Reudez-nous
heureux aujourd'hui, disent-ils à leurs dieux,
et nous TOUS tenons quittes du reste, v Ce-
Endant ils admettent un dieu suprême qui
bite au haut des cieux, et des divinités su-
balternes qui ont leur demeure dans les
étoiles; mais ils ne leur adressent aucune
{trière, ils ne leur otTrent point de sacrifices.
Is sont trop éloignés d'eux pour en espérer
le moindre bien , ni pour en craindre aucun
mal. C*est cependant par eux qu'ils jurent,
mais tous leurs vœux se lournool du côté
des esprits qu'ils supposent devoir présider
aux éléments, aux plantes, aux animaux et
à tous les événements de la vie. Rien de si
absurde que la mythologie de cette secte ;
c'est, comme on a vu, la fable du chaos
détigurée; du reste, leurs livres ne nous
apprennent rien sur la nature des dieux , ni
sur leurs attributs, qui puisse satisfaire un
esprit raisonnable; on y voit seulement que
les âmes impures ne sont pas reçues dans le
paradis de leurs dieux et qu'elles demeurent
eiranles aussi longtemps qu'il est nécessaire
pour Texpialion de leurs péchés. Us admet-
teit des diables , mais ces mauvais esprits
sont les âmes des renards, animaux qui font
de proJigieux dégâts dans le Japon. Cette
secte n'a ni rites fixes, ni cérémonies , ni
formulaire de prières; lorsqu'ils doivent se
rendre au temple , ils s'y préparent par le
bain et par des ablutions , à moins qu'ils ne
soient eu état d'impureté. Les rigides sin-
toïstes croient qu'on ne doit p «s se présenter
devant les dieux lorsque l'esprit est troublé
par quelques disgrâces, ou qu'une pensée
trop forte nous attache h quelque félicité
passée. « Ces réllexions, disent-ils, offensent
« ces êtres purs et coitenls, qui ne veulent
« point être distraits dans la pléiiiturie de
« leur bmheurpar des sujets d'alfection ou
« de regrjt. » Les pèlerinages font un des
principaux objets de la dévotion des sin os
qui ne visitent que les temples de leurs pro-
pres dieux. Le premier pèlerinage est à Isje
ou Ixo , le secoid aux trente-trois tc.nples
réi)auJasdausrompire,etie troisièmoàq lel-
ques le;npL»s dos camis les plus renommés
i)ar leurs miracles. Ces pèlerinages s' ippo'-
lent sanga, Qi lo liJèle smtoisle doit faire le
êunga uud fois Tannée, ou tout au moins une
lois dans sa vie : si ce n'est pas par liévotioi,
ce doit être par amour pour sa patrie et par
re p et pour le dieu qui est père des Japonais.
Tensio^aï-^sin ^ naquit dans la province
d Isje, et son temple y est situé; on l'appelle
Dai-ûnau, c'est-à-dire U temple du grand
aieu^ IT est simple et son antiquité seule
S eut le rendre respectable, c'est un édifice
e boia, mesquinement couvert de chaume,
que l'on croirait profaner si Ton y Qootait
quelques ornements. L'intérieur est sem-
blable au-debors; un grand miroir de méal,
en fait toute la richesse, quelque^ papiers
découpés cmTrent les murailles. Ce mta est
environné de cent petites cba:^enes, la plu-
part extrêmement basses. Les canusis, qui
sont les desservants de ce temple, o t lejrs
maisons assez proches où ils reçoiveit, ooo
sans espoir de récom}»ens?, les pauvres pè-
lerins. Plus loin, est un b-ïurg C'»raposé
d'hôtelleries et de divers ouvriers. Toutes
les prospérités sont attachées à la visite de
ce temple; elle obtient le rémission de tous
les péchés, elle procure un état heureux
après la mort, et pendant la Tie, la saa!é,
les richesses, les digniti^s et une nombreuse
postérité. Malgré cela, le sanga peut se Cure
par procureur, soit pour caii:>e de vieilJesse,
d'infirmités ou d'occupations.
Le Budso ou Boudha signitîe proprement
voie des idoles étrani^ères , ou manière de
les adorer. Cette religion fut introduite dans
le Japon environ soixante-dix ans après
Jésus-Christ. Il n'est pas bien décidé si
l'idolâtrie des Japonais a commencé arec
l'introduction de ces idoles étrangères ou si
ces peuples, avant ce temps, n'adressaient
pas leurs adorations à une certaine idole
nommée Denix ou Cogi^ à laquelle ils don-
naient rang parmi leurs dieux : « L' para2
cependant, dit à ce sujet un historien, que
< le Co^jri était moins une divinité particu-
« Hère qu'un symbole , sous lequel on a
« voulu représenter un seul Dieu en trois
c personnes. On lui donne trois têtes etqua-
« rante mains, pour exprimer, assure-t-on,
« la Trinité des personnes et Tuniversalité
« d'opérations. D'autres ne reconnaissent
< dans cette figure qu'un mystère philoso-
« phique : ils expliquent les trois tètes, do
« soleil, de la tune et des i^léments; le corps,
« de la matière première; et les quaraoïd
« mains, des qualités célestes et éléaieo-
a taires, par le moyen desquelles la matière
« première prend toutes sortes de formes. •
Sans entrer dans la discussion si le fo!)ia-
teur du Budso est le Fo^ le Sf<ica ou lac*
des Chinois et des Japonais , le Budha des
Banians de l'Inde, le ÉacUiu/n des Ceylariais.
le Sommona-kodom des Siamois, le Sommufs
Rhuiama des Péguans, etc.; nous nous i>
réterons à l'histoire de Siaca ou Xe^u/aqui
s'est donné pour dieu aux Japonais.
Siaca était fils d'un roi de CeyLm. A IJ?
de dix-neuf ans, il abandonna les grandeurs
les richesses et les vnnitésdu monde amsi
femme et un fils unique, pour se livrer à ii
coniem;)lation, sous un saint et fomeuxef^
mi'e. D'après les conseils de cet hm^
prédcNtiné, caractère ordinaire , 5ioctt siSr
sujeltit à une posture qui , selon ses sed^
teurs, met l'esprit dans une médiiaiioo a
)ro''onde, qu'il rentre, pour ainsi dire. ^
ui-méme, et se concentre dans ses pensées
Cette posture* consistait à s'asseoir les jaoi^
croisées sous lui et à appliquer les maios ^.^
son sein, de façon aue les deux pouces puis-
sent se toucher. C'est dans cette ittHQ^
r;
^
iî97
skP
que les vérités divines se mûnifestèrent à
ce fanatique; les mystères de la religion la
fjus stibliïïie n'eureit rien de caché pour
ui. Il connut rexistence des cieut et des en-
fers, il apprit letat des âmes après la vie,
Jeurs l ansmij^ralions; les peines et les ré-
compenses luliires, k* pouvoir des dieux,
leur providence, etc.; et c'est i^ur celte pré-
tendue révélation qy 1 liAtii tout le système
d<? sa doctrine. Annan et Kasja , deui des
plus illustres disciples de Sifica , et qui
par cette raison oui obîenu place sur le
niÔQie autel que leur maître , lomposèrenl
de ses (préceptes un liv re qut' l'on nomme
Fokekio ou le livre dis belles tleurs, et pour
mieu\ dire» simfilemeut Kio^ h} livre par
eicellence. Le premier qui jïrécha cette re-
ligion passa au Japon vers lao 63 dt^ Jésus-
Christ, suivant le calcul de ces insulaires. Il
biAtit un tcmule à Siaca^ qui fut appelé temple
du Cheval-Blanc, parce que le livre par cx-
celience y fut porté sur un cheval de cette
couleur. Cette doetrÏMc cepcndfint ne fit que
peu de progrès durait quelques siècles , et
ce ne fut que sous le règne de lempereur
Kiftimau vers lan 5iS de Tère chrétienne,
quelle y prit faveur. Kl le avait à combattre
les dogmes de Confacius qui étaient passés
de la Lhine au Japon, et elle eut besoin d*un
certain /)arma, lana tique venu des Indes,
pour résister aux altoques des gens raison-
uables de la uiition* Mais Bar m a en iinfïosa
au peuple et l*éblouit au point de lui per-
suadei- la vérité de sa mission. On dit qn*yn
jour iî s'^iccusa en public d'avoir eu le mal-
heur de s'endormir dans le fort de sa médi-
tation, et que pour se punir de ce péché , il
se coupa les paupières. Grêlait déjà beaucoup :
un Oïiiacle acheva de convaincre le ciédule
Vulgaire, Une statue d\Amuia qui, sehjn la
mythologie jafïonjise, d"it être prise pour
l'Etre suprême, fut iransportée m iracu h* u sè-
ment de fakiibiisi OU temple du Cheval-Bianc,
eu Corée, d.ms une iirovince du Japon. Quel-
que temps a|)rés, il parut un nouveau mis-
sionnn ire appelé 5o/oA*aï; la naissance de ce-
lui-ci fut acconipagnée de prodiges. Une voix
annonça à sa mère qui le portait encore dans
sotj sein, qu'il naîtrait {ou plutôt devait re-
nailre), jiour enseigner les nations. Laissons
les autres fables dont on orne son enùuce
I la durée de sa vii'.
Les budsoistescroient tes âmes des hommes
et celles des bêles égftleuieut immortelles et
d*uno niènie substance : ils supposent que
la seule ditréreuce consiste dans le corps
u'e h s occupent. Lorsque les Ames sortent
'un corps humain, elles voTit se rendre dans
un séjour heureux où dans un séjour mal-
heureux pour y être récouipeosées ou punies
selon qu'elfes se sont hicn ou mal gouver-
nées dans le corps qu'elles quitlenl. Ce séjour
heureux olfrc de** plaisirs éternels; mais
uoiqu il y <-^»it divers degrés de satisfaction
ans [12 paradis, et qu'on n y soit récompensé
Ïu'à proporliou de sou mérite» toutes les
mes y sont si contentes que chacune s*y
croit plus favorisée que les au Ires et ne sou-
haite autre chose que de posséder éternelle-
a
a
Ut
îtn
ment la félicité dont elle jouit. Amida rèp^
dans ce lieu de bonheur : il est le protecteur
des Ames humaines , le père et le dieu de
celles qui viennent prendre part aux d^'lices
qu'il prépare à ses bien-aimés; le sauveur
et le médiateur des hommes. C'est par la
médiation d'Amid.i que les hommes sont
absous de leurs primes et qu'ils se rendent
dignes d*»s félicités éternelles. Vivre en
homme de bien, ne rien faire de contraire
aux commandements de Siaca, voilà les deux
points essentrcls pour se n ndre agréable à
Arnida. Voilà la hase de la doctrine exolé-
rique. Le gtand principe do celte doctrine
cïvsl que tout n'est rien et qup c'est de ce
rien que tout dépend : de le le disiique qu'un
enthousiaste de cette secte écrivit au pied
d'un atbre qu'il avait dessiné, après trente
années de médilaiions : « Arhre, (fis-moi qui
t'a planté : mol^ (loni h principe tCni rien H
la fin rien, » ce qui revient é rinscriplion
d'un autre : « Mon cœur n'a ni élre ni non
éire ; il ne va point, il ne revient point; il nest
reienu nulle pari, w Les hudsoïstes lettrés
négligent lexlérieur et s'appliquent unique-
ment h méditer. Selon eux , il n'y a qu'un
principe de toutes choses, et ce principe est
partout : tous les êtres en émanent et y re-
tournent. îl existe de toute éternité; il est
unique, clair, lumineux, sans figure » sans
raison, sans mouvement, sans action , sans
accroissement ni décroissement. tTeux qui
l'ont bien connu darts ce monde acquièrent
la gloire parlai te de Fo toque et de ses suc-
cesseur». Les autres errent et erreront jus-
qu'à la IVn du monde. Alors le principe
commun absorbera tout; il n'y a ni peines
ni récompenses à venir; le repos qu'on ac-
quiert par la méditation est le souverain
bien et l'élat le plus voisin du principe gé-
néral, commun et parfait. Les entendements
ne sont pas unisde parenté, comme les corps.
Comme les sindosivistes n'admetlent au-
cun cube religieux, on doit se former de leur
union celle qu'on pourrait prendre d'une
société de philosophes; et si Taccusalion
d'atbéi?me n'emportait pas avec soi quelque
chose d'odieux et de criant» ces soi-disants
philosophes mériteraient d en être taxés à
quelques égards. Us se dirigent sur le siculo
ou la voie philosophique* Tels sont leurs
principes. Il faut pratiquer la vertu» parce
que !a vertu seule peut nous rendre aussi
heureux que notre nature le comporte. Le
méchant est assez à plaindre en ce monde ,
saus lui préprer un avenir fAcheux; et la
bon est assez heureux sans qu'il faille encore
une récompense future, il faut que rhorarae
soit verlueux, parce qu'il est raisonnable; et
qu'il soit raisonnable, parce qu*il n'est ni
une pierre ni une brute. Leur morale se ré-
duit à cinq points principaux : confojmer
ses actions à la verlu; rendre la justice à
tous les hommes; régler ses mœurs suivant
rhonnêteté et la décence; observer ce que
la prudence dicte; conserver sa conscience
pure Il y a d'immenses commentaires qui
uni subdivisé et paraphrasé ces cinq points.
Les sindosivistes rejettent la métempsycose :
i
tl»9
tkP
i
« Il y a, tfiâéftt-ils, une âme universelle qui
anitiie tou!^ dont tout émane et qui absorbe
tout, » Cette âme particulière envoie les
allies dans les corps ciuxquels elle « jugé à
prnpos de les destiner; ce qui seml)le reve-
nir au principe de la înéieiuf^sycose. Mais
il faut croire que ces pbilosophes appellent
dme du monde VFJm suprême, le firemier
moteur de la matière, dont ils n'ont (pie des
idées confuses et imparfaites. Cet être dis-
pose h son gré de toutes les âmes : il les
place où il veut et les en retire quand il lui
plaît. Quelques-uns d'entre lessmdosivistes
admettent une intelligence spiriloelîo qui
n*est pas l'auteur <le la nature, mais qui la
gouverne. Ils honorent leurs ancêtres par des
sacrilices; ils n'ont ni temples, ni cérémo-
oies religieuses, et ils paraissent révérer les
dieux nationaux, c*est purement par poli-
tique et pour oliéir aux lois. Ils usent d'ablu-
tions et s'absliennent du commerce des
femmes lorsqu'ils célèbrent leurs fêtes com-
iiiémo^aUves. Ils ne brûlent point les corps
des luorls , iuais ils les enterrent comme
nous. Le suicide n'est pas seulement permis
chez euxj mais il est recr»mmandé dans cer-
tains cas et passe pour une action héroïque,
l^ors de l'extirpation du christianisme au
Japon, on exigea d'eux qu'il plaçassent des
idoles dans leurs maisons. 11 obéirent. On
en remarque toujours une dans leur foyer
qui est couronnée de fleurs eldevant laquelle
on brûle des parfums. C'est ordinairement
la statue d'Aïuida. Celle de Gonfucius fait
un des principaux ornements de leurs écoles.
Les sindosivites ont fait des efforts étonnants
peut augmenter leur crédit. Un prince Ja-
ponais appelé Sistn, auu de ces pliilosopbes
et enivre de leurs princi[)es, s'avisa, il n'y a
pas longtemps, de fonder une académie dSîis
ses domaines et d'y attirer, par l'espoir des
récompenses, les génies les plus recomraan-
dables de l'empire : le sttccês répondit à ses
soins; mais les bonzes^ qui sapen;urent dii
coup qu'on voulait leur porter, menacèrent
l'Etat des plus grands désastres si cette por-
tion d'iîomrnes studieux n'était pas dispersée.
Siseri se Vit contraint d'écarter ses amis, et
pour se soustraire h la persécution, il céda
ses livres et ses dii^nités h son fds. {Origind
de tous les peuphs, vol. I» p. 20i.)
L'empire du Japon était plongé dans les
plus profondes ténèbres do l'irloUVlrie, quand
saint François Xavier y aborda, en I5V9, On
sait comment la paroîo de Dieu, tombée
d'une telle bouche, produisit d'abondants
fruiïs do salut au Japon : des provinces en-
tières se convertirent. En 1582, les rois d'A-
rima, de Bungo et d'Amura députèrent au
pape Ort'goire Xlll. Cinq ans plus tard, on
comptait dans ce vaste empire plus de deux
cent mille chrétiens, au nombre desquels il
y iivaitdcs bonjîes,des princes, des rois. Ainsi
I œuvre de Frani-ois Xavier avait prospéré
après sa sortie du Japon. Il l'avait quille en
laol, et était mort en 1552,
vr^!.?!u'î?'^'i'î.'*'^*>^*' '^^ J^Pori fut une pau-
[rînli»..^^'^' ^¥ appartenait à un maître
Idolâtre oxcesrivemeiit cruel et Irès-eura-
ciné dans ses croyances- Il d S ^«H
femme d'aller à une croix qu 'élitti
de Firando avaient érigée auprès d'o'ielCl
portes de la ville, et OÙ ils se rend?»i''r'i
cerlaine** heures pour faire leurs |
Un jour elle y était allée : son '»^"'*^'
nouveîa sa défense, en la men
si cela lui arrivait encore. Cettf !♦
pondiiquelaniortn'ettrayaitpasl» i,
qu elle étflit décidée à obéir à ^Of^
ciel avant d'obéir à celui qu'elle ;
terre. Le lendemain encore elle se renUiU
la croix ; son mattre, la rage dan^ le f*wr,
courut après elle ; il la trouva r -îf
revenait, lira son sabre et Farii *^t
voyant bien ce qu'il avait enrie de laire,^'ip-
procha, se mit à genoux et teDdit la tête,
que le barbare abattit d'un seul coup.
Les chrétiens eurent aussi des perséoi-
tions partielles à endurer : ainsi* à la soiia
d'une révolution politique, les m^--^"^'*»!»-
res furent obligés d'évacuer îj ^-
ment le royaume de Chicogen, |»uai ^cietî-
rer dans la province de Bungo.
Dans l'année I5jp0, le Cuijosamâ avilît pÉ^
mis de prêcher FEvangile ; mais, quafff Ifï-
nées plus lard, une lemp^te s*élant*iei*l
à Méaco, contre la religion chrétîcn'i>, I
nomma deux bohzes qui « ' i^
aux missionnaires pour • li
dogmes. Ces deux bonzes, m y
culeusement convertis, devii .-4
plus ardents proungateurs de la dodrint
c^u'ils voulaient détruire. D'autres pers^
lions partielles eurent lieu : ainsi le ptifrt
de Xéqui ayant apostasie, se mit î^ i..*r.'/ii-
ter violemment les chrétiens. Ma - ^
chrisfianisme était florissant daii- mui :#
!)ire; le prince d'Amacusa, celui d*OiBi«i
e roi de (iotto, non-seulement se coRV?ï1i-
rent, mais encore Se tirent les apôtrMie
leur pays. Le premier se tiomii '' 'A
le second Sumitanda» le froisièn i
Méaco il e^i était de même : Nobimuijai
qui en ét-dl le chef, et quelques seigneur*»
au îmmbre desquels étaîenl Tacajami ^
Juste Ocondono, son Dis.
En 1581, l'empereur du Japon^ ses fils é
presque tous les rois des provinces, furtil
sur le point de se faire chrétiens ; la $wh
chose qui les en empêcha^ ce fui la pertm*-
sion qu'on leur refusa d'avoir Ijlfuie»»
feumies.
Ce qui fut tause des malheurs dMrilâ
du Japon, ce (^i fil que la fiersécûttoo t*
truisit le christianisme, co fut romisillÉ
d'une chose que les apôtres ti': ' *^
manrîué de faire, quand ils avr» '^
TEvauLnlc aux gentils, oi
ment les unssionuaires n
pon. Pour implaTiter déliai i
dans ce pays, il ei^t fallu y ir, -^
très et des'évôques pris parcui k-» lwb#i43ti.
Peul-^tre l'eovie de dominer evcIusÎTetPfft
ne iul-ello pas étrangère à celte o
taie; quoi qu'il en soit, ellr fni f
ruine de la relijjion dans •
posé jiour la recevoir. Vul ^...w ,,
un Jpeul'opiiiibn qtie noti$ veûOD.^
tm
ïà^
c'est la défense qwe it le pape, par une bulle
signée Grégoire XÎII, et ordonnée le 28 jan-
vier 1585, à Ions les ordres religîeuï de
mettre le pied au Japon, réservant ainsi cette
mission pour les seuls jésnites. Ce fut une
faute de la pari du pape, et les jésuites corn-
É promirent en Tobleriant Tavenirde la mois-
son qu*avaît semée saint Fran*;ois Xavier*
Ils s'exposèrent à de violents reproches. S'ils
■missent fbodé des s^^minaires pour faire des
prêtres indigènes, s'ils eussent appelé d'au-
tres missionnaires à leur aide, le Japon se-
rait probablement encore chrétien, il le se-
»rnit peut-être tout entier aujourd'hui. Ce
Hkie fut que dans les dernières années qui
^fcrécédèrenl la persécution de 1596, cjue
Hciément Vil! permit h d^autres ordres re-
* lîgiedx d'aller au secours des jésuites ,
qui ne pfïuvaienl sulîire à Fœnvre im-
mense dont le monopole leur avait été at*
tri bu é.
Cette persécution de 1396 ent pour prin-
cipe Utl de ces faits que la prudence humaine
^Be sHurait prévoir, et par conséquent préve-
Vnir.Un vaisseau espagnol fut forcé, par une
yioleule tempête, de se réfugier sur les côtes
du Japon. Le navire ayant échoué dans le
port de Tôsa, fut confisqué au prbfit de l'em-
pereur Taicosama. Le pilote voulant faire
peur au souverain Japonais de la puissance
du roi d'Espagne, lui montra sur une map-
iieraonde toutes les contrées qtiidans l'un et
l*autre hémisphère appartenaient àsa nation.
Un ministre ayant demandé à cet homme
cotlimentrEspagne avait fait pour s'emparer
de tant de pays. « Cesl tout simple, otl ce
pilote : le i^oi d*Espa^ne envoie partout des
religieux c(hi convertissent les peuples quMl
veut corifjuérir : quand une partie a embrassé
notre religion, le roi envoie des sdldats qui
se joigm^nt aux naturels cotivertis et aux
missionnaires, achèvent en peu de temps la
conquête, p On conçoit toute l'inquiétude
3iJe cetltî parole si 'maladroitement lâchée
ul donner aux Japonais, Immédiatement la
persécution fut résolue, Taicosama fUrieux,
lit arrêter, le 9 décembre, neuf religieux %m
prêchaient k Ozaca et à Méaco. Trois étaieut
jésuites et Japonais de naissance* Paul Miki
Pde Nobumenga, Jean de Gotlo ( ou Soan ),
laeques Kisaï, simple catéchiste. Les six au-
tres étaient des franciscains, Pierre Baptiste ♦
Martin d'Aguire et t'Iançois Blanco, tous
trois prêtres ; t'rançôis du Parilîia et (jonza-
^les Garcia, lou^ deùt laïques ; énlin Philippe
^^e La^ Casas, simple clerc. En faisant arrê-
^Vter ces religieux » Tempereur commanda
qu'ori lui remit la liste de tous les chrétiens
3 ni & Méaco et i\ (Jzaca avaient coutume
'aller aux églises. Le ministre qui exécutait
les ordres de Taicosama, fut tellement ef-
frayé dé voir la multitude de noms qu'il y
avait sur cette liste, qu'il prit sur lui de la
détruire, disant que son maître voulait pu-
nir les propagatfîurs de la religion nouvelle,
mais non pas dépeupler son empire. Cepen-
Pdant une rumeur va^ue parlait de persécu-
tion qui devait éclater bientôt. DansTattenle
de celle épretive, tous les chrétiens s'y pré-
i
JA?
1501
paraient avec courage, et il faut le dire, un
grtuid nombre avec joie. Un général nommé
Ucundono, (ils de Tacayama, vint à Méacu
près du P, Gnecchi, afin de pouvoir mourir
avec ce saint homme si la persécution écla-
tait* On vit des seigneurs abandonner leur
résidence pour veidr se présenter comme
cliré tiens îv ceux qui, pour l'empereur, com-
mandaient à Jléaco. En un mot, de tous cô-
tés IVirdeur pour le martyre était telle, qu'on
ne voyait que gens qui cherchaient à s'y pré-
parer.
Les premiers qu'on martyrisa dans cette
circonstance, ce furent deux filles esclaves,
qui furent tuées par leurs maîtresqui avaient
le christianisme en horreur. Un père, qui avait
abjuré, voulant forcer son jeune Dis, un en-
faDt de dix ans, à suivre ce lâche exemple,
trouva dans cet admirable enfant une telle
résistance, une si courageuse franchise en
lui reprochant une si abominable action,
Su entrant en fureur, il le chassa de chez lui,
6 pendant tout ce tumulte s'ajiaisa. On se
borna à arrêter, en plus de ceux que nous
avons dit, dix-sept personnes, cinq francis-
cains et douze laïques* Gomme Volïicier
chargé de faire rarreslatiou faisait l'appel
des noms, un nommé Mathias so trouva abu-
sent, étant pour le moment allé acheter des
vivres. Un ouvrier des environs, ayant en^
tendu, dit : « Je suisMatbtas ; probablement
jms celui que vous cherchez, mais enfin je
suis chrétien et tiendrai si vous v:oulez sa
place, » L'officier répondit qu'il ne deman-
dait pas mieux, pourvu que sa liste fût com-
plète. Le nombre des prisonniers fut aug-
menté encore dans les derniers jours de dé-
cembre. On arrêta trois jésuites, un francis-
cain et trois laïques. Au nombre de toutes
ces saintes victimes, il y avait trois enfants,
qui par leur constance et leur ferveur rem*
plirent d*adrairation les persécuteurs et les
assistants de pitié. Ils se nommaient Louis
(/Igé de douze ans), Thomas et Antoine (âgés
d\::nviron quinze ). Ils étaient enfants de
chœur chez les franciscains. On n'avait pas
voulu d*abord les comprendre parmi ceux
qu'on arrêtait : ce ne fut que sur leur insis-
taoce qu'on les mit avec les autres. Le 3 jan-
vier 1597, on devait leur couper le nez et les
oreilles sur une place publique à Méaco* Le
gouverneur, qui était un homme fort éloigné
par caractère d approuver ces cruautés, leur
tit seulement couper le bout de Toreille gau-
che; ensuite, pour intimider partout les co-
religionnaires de ces saints martyrs de Jésus-
Christ, on les promena de ville en rille sur
la route de Nangazaqui, où on les conduisait
pour y être crucitiés. Le but qu'on se propo-
sait par cette exhibition ne fut pas atteint :
au contraire, beaucoup d'infidèles, en voyant
ces saintes victimes si admirablement rési-
gnées se convertirent. Deux clirétiens, qui '
accompagnaient partout, les saints martyrs
pour leur donner des rafraîchissements, lu-
rent arrêtés par les soldats : on tes mil au
nombre des saints, auxquels leur chanté le^
avait fait se dévouer. Ces deux nouveaux
martyrs se nommaient Pierre Cosaqui el
1
iSOS
JAP
François Danto. Ce fut le 5 février que tous
ces saints fartant crucifiés, sur une colline
voisine de Nan/azaqui. lis se rendirent à
fHed de la ville au lieu de Texécution, au mi-
ieii d'un concours immense de peuple. En
arrivant, ils aperçurent les croix et couru-
rent les embrasser. Quand les saints martyrs
furent atiachés sur leurs croix, le P. fran-
ciscain Baptiste, qui était au milieu, entonna
le cantique de Zacharie, que tous les autres
répétèrent après lui. Quand il eut fini, Afi-
toin^, qui était près de lui, entonna le psau-
me Laudatey pueri^Dominum : les bourreaux
l'ayant frappé mortellement, il alla l'achever
dphs le ciel. Philippe» de Jésus fut le premier
Îui mourut ; le P. Baptiste fut le dernier,
insi fut couronnée cette glorieuse cohorte
de saints martyrs. Après la monde tous ces
saints, la foule des cnréiiens força les gardes
qui ne purent l'empôcher de se précipiter
autour des saints pour y recueillir de pré-
cieuses reliques qu*ils emportèrent. L'evô-
que du J.itioii vint le soir, avec tous les jé-
suites (ie Nangazaqui, faire une sainte visite
aux croix sur lesquelles étaient morts nos
saints martyrs.
Anrès celle exécution, Taïcosama rendit
un édit de proscription contre tous les mis-
sionnaires qui presque tous sortirent du Ja-
pon. L'année suivante, i598, cet empereur
mourut; son fils fut assassiné par Gixacu,
Sue son père lui avait donné pour tuteur, car
n'avait que six ans. (îixacu se fil nommer
empereur, et mourut Tannée 1616, laissant
le trône à son tils, Fide Tadda.
Depuis 1597, époque à laquelle nous avons
vu mourir les chrétiens de Nangazaqui, jus-
qu'à l'année 1616, il y eut plusieurs persé-
cutions isolées contre les chrétiens : c'étaient
des préludes de la persécution générale qui
devait bientôt arriver. Les principaux insti-
gateurs de cette persécution, c'est odieux à
dire, ce furent les protestants de Hollande et
d'Angleterre, qui, après avoir apostasie dans
leur pays, devinrent, dans les autres contrées
comme chez eux, les persécuteurs de ceux
Îui étaient restés fidèles à la foi catholique,
our arriver à faire le commerce du Japon à
la place des Espagnols, ils poussèrent les Ja-
ponais à les chasser de leur pays et à pros-
crire le christianisme. Politique alfreusi», po-
litique bien digne de ces peuples de mar-
chands, qui ont mis dans toutes leurs rela-
tions avec le monde le chiffre à la place de
l'honneur, l'intérêt à la place de la roi natio-
nale et qui ont importé en politique cette af-
freuse maxime ries bandits : A qui veut la
fin peu importent les moyens.
On dit que W protestantisme a été en Eu-
ro[>e l'aurore des arts, de la littérature, de la
civilisation ; c'est une grossière erreur : le
protestantisme a au contraire été un moment
d'arrêt épouvantable pour tout ce que nous
venons de dire. Ce qu il a enfanté c'est l'au-
dace de l'ignorance et des systèmes absurdes.
Ce qu'il a mis dans l'air, c'est comme son
nom Tin lique, la protestation contre tout ce
qui est saint, vénéré et vrai. 11 a amené, pour
couronner tout cela, et c'est tout dire, la po-
JAP m
litîque anglaise, cette politique cfui a rfti-
bilité le mot de foi punique^ si odieux dacs
l'antiquité.
Reprenons bs faits ou nous les avons biç
ses, à la colline de Nangazaqui. Deux aa* h
passèrent sans qu il y eût rien de bien iiD-
portafit : 1599 fut Tannée où la nersécuiioi
se réveilla. A Firango, le roi chargea ^>i
fils d'exécuter le décret de persécution quï
rendit contre les chrétiens. Ce prince euU
frapper avant tous autres sa propre fernow,
la fille de Sumitand.i, le premier des pno-
ces japonais qui eût embrassé le christia-
nisme. Cette princesse dit à son m.-ïri qu'elle
ne pouvait pas être tous les jours inquitiée
pour sa foi, et qu'elle préférait se retirer:
en effet olle alla chercher un asile chez ie
prince d'Omura, son frère. Elle oe retii^
que sur les promesses réitérées de son rniiî
qu'il ne l'inquiéterait plus pour cause de
religion. Dans ce seul royaume, voyant les
vexations dont ils étaient rolijet,sixph'Kes
et plus de six cents chrétiens partirent to-
lontairement pour l'exil. Le roi ayant eoah
pris tout le tort que faisaient à ses Etats des
migr.itions de cette nature, s'apaisa poà
peu et fit revenir les exilés. L'apolhéo*e^
Taïcosama fit tant d'horreur aux Japouis,
que plus de soixante-dix mille se coaTtrti-
rent au christianisme. A Fingo, le roi (pi
était chrétien étant mort, son myaumetîe-
vint le partage d'un roi qui adorait lesidoiei
Ce prince ordonna à tous ses sujets dadiK
rer les idoles. Ne pouvant pas les jforfer.ii
résolut de faire périr les princi()aux d'eM
eux. Les deux premiers furent Jean Wmêêî
et Simon Taquenda. Les personnes quifl»-
naissaient ces deux seigneurs, Grettril
leur possible pour les engager à biie m
moins semblant d'obéissance au mnoarot
Les doux femmes de ces deux sei^eur<,I>)a
d'imiter un pareil exemple, faisaient Vms
leurs efforts pour engager leurs maris i «de-
meurer fermes dans la profession du cbris^
tianisme. Le roi l'ayant su, commanda W
les deux chrétiens rebelles à ses ordres lus-
sent conduits dans un lieu voisin qu*on wor
maitCunamoto pour y ôtre décapités. Leois
femmes furent condamnées è être cruciûées
au môme endroit. Quand Minamî eut cvo-
naissance de cet ordre, il se rendit sponta-
nément chez le gouverneur de Cunamoto,
qui était son ami. Celui-ci Qt tout ce qui
put pour l'ébranler, mais inutilement, ets'ei
montra fort aftligé. Minami dîna avec Ivi;
après le repas, le gouverneur le pritàpirt
et lui fit voir son arrêt de condamnativbà
mort signé de la main du roi. « Il vous est
encore loisible, lui dil~il, d'éloigner de foss
ce malheur, mais il n'y a pas de temps 4
[)erdre. — J'aurais souhaité, dit Minami,qiM
e roi mît ma fidélité à une autre épreuvi
que celle-là. En pareille matière, je ne puis
lui obéir. Je me dois an Roi du ciel anot
d'être au roi de la terre. Du reste, je regarde
comme le plus grand bonheur qui puisse
m'arriver celui de répandre mon '^yig pour
Jésus-Christ. » Le goavoi^ireur, compreniot
enfin que toutes ses instances éuicnt vaiiM
i50i
U¥
fit conduire Minami dans une chambre voi-
sine» où il lui fit cooper la tête. Cette mopt
arriva ïe 8 décembre IWl Mioami n avait
eïi^'oreque ireme-cinq ans.
Cr inênic jour^ le gouv*Tneiir vint à Oja-
tru\iro, i^our y trouver Taquenda, qu'il
avait prévtnu qu'il voulait reulreienir de-
Viinl sa mère et *a femme. Dès qu*ils s aper-
çurent» ils pleurèrent tous deux. En voyant
Jeanne, mère de Taquond:», le |i,ouveriieur
iui dit : '< Je dois rendre compte au roi de
notre entrevue ; laites que votre lits m o-
beisse, — Je frra% dit Jeanne, ce que mofi
amour comrarinde. Mon (ils ne peut payer
trop cher le bonheur élerneh — S'il n^obéit,
dit le gouverneur, il mourra. — Puissé-je
mourir avec fui ! dit Jeanne ; faites que ce
bonheur nous arrive, nous vous en sîTons
reronoaissaits comiue du plus grand de,s
services. » I.e gouverneur» surpris» pensa
qu*en séparant le lils de la mère» il vaincrait
lieuï sa r*''sislance. Il le mit chez un païen,
^ les plus vives instances lui furent faites»
niais inutileraent. Sur le soir le gouverneur
lui envoya un de ses proches, pour essayer
encore de le vaincre ou pour le mettre à
mort. Le parent ne put venir à bout de lui
faire changer de sentiments ; avant de te faire
mourir, il le laissa prier et passer chez
sa mère et sa femme, pour leur dire que le
uiomeot était arrivé où il allait monter au
cieK Klles se levèrent et llrenl elh s-môincs
les préparatifs de rexècutioii. Elles ne lais-
sèrent paraître sur leur visage que la joie
[u'elles éprouvaient. Elles étaient condani-
des à voir Texéculion. Quand tout fut prêt,
gnès pria son époux de lui couper les clie-
veux» clisarit que si elle vivait après lui elle
se retirerait du monde. A la prière de sa
mère, Taquenda le lit. Un seigneur nommé
Figîda, qui avait apostasie» étant entré chez
Taquenda, ne pouvait concevoir la joie qui
fte montrait sur tous les visages. Ce specta-
cle de femmes en prières» de domestiques
occupés à tout préparer, de chrétiens cjui
Of^nsolaient ceux q iVjn épargnait, qui féli-
citaient les autres, tout cela Témut jusqu'au
f jfid de l*iime. Il se jeta au cou de Taquenda,
et dit qu'il allait revenir au christianisme.
Le martyr loua Dieu de cette grâce, em-
brassa ses parents» récompensa ses servi-
leurs» et vint se metlre à genoux devant
l'exéculcur, qui lui tranchi la léte, le 9 dé-
CCOibre, à deux heures du uiatin.
Apiès la mort de Taquenda» Jeanne et
Agnès venaient de passer dans un cabinet
attenant à la chambre où rexécutiun avait
eu lieu. Elles avaient avec elles la lè;e du
saint m.irtyr» elbs rembrassaient, €t la cou-
vraient de larmes. Tout h eoiip un bimheur
inattendu leur t\tt donné : M;idi^leine, femme
Ue Minami» entra avec le petit Louis, enfant
âgé de sept ou huit ans»qu*clle et son inari
avaient adopté» n'ayant pas de pro^énilure»
El e leur dtt qu'elle ven ut partager avrc
elles le bonheur de mourir |iour la foi, et
leur annonça qu'elles allaient être cruci-
Êées» ainsi que le ]>etit Louis, dont renfaoce
îfavaii heureusement ou désoriner les per-
JAF
^
1506
sécuteurs. Elles éprouvèrent une grande
joie; Tenfant était dans un ravissement qui-
tenait de Fextase* Les bourreaux ne voulu-
reul pas les exécuter en plein jour, on at-
tendit que le soleil ei^t disparu de l'horizon
pourfaire place aux ténèbrrs. On mit les sain-
tes femmes et l*enfant dans des litières pour
les conduire au lieu du sufiplice, La mère de
Taquenda pria les bourreaux <le vouloir
bien la clouer sur la croix, afin que son su(>
plice ressemblât à celui de Jésus-Christ; mais
ceux-ci refusèrent, en alléguant qu'ils n V
yaient pas d ordres, et se contentèrent de
rattacher comme c'était la coutume au Japon.
Alors ils élevèrent en î air la viciinie. La
sainte femme voyant que, malgré 1rs ténè-
bres, une grande multitude de peuple était
accourue, [>arla avec beaucoup d'éloquence
et de force 'contre le culte des idoles. Les bour-
reauxnela laissèrent p/is achever, et lui donnè-
reriluncoupdelaneequi,nerayantquelégôre*
ment b'essée, dut être suivi d'un second qui
lui perça le cœur. On cruciha Louis el sa
mère, vis-à-vis Fun de l'autre. Le bourreiu
ayant voulu percer Tenfant d'un coup de
lance, ne fit que refileurer. Craignant qu'il
eût peur, sa mère lui dit de prier Jésus et
Marie : il obéit, reçut un second coup et
mourut sur l'heure, La lance encore fumante
du sang de lenfant vint frajjper h mort la
mère. Restait Agnès r sa jeunesse, l'éclatante
beauté qui resplendissait fn elle, son extrê-
me douceur attendrissaient lous les assis-
tants. Elle demeurait agenouillée au pied de
la croix qui lui était destinée : personne n'o-
sait venir l'y atlacher ; voyant cela, elle s*y
jilaça elle-nième de son mieux, el pria les
soldats de Taider. Mais la modestie» mais la
gctice qu'elle lit voir dans cette circonstance,
achevèrent de lui gagner tous les cœurs. Les
soldats refusèrent de la supplicier. Ce furent
quelques misérables de la lie du peuple qui
se trouvaient là qui» dans fespoir du gain,
remplirent cet ofliee. Inhabiles à se servir
de la lance» ils lui en portèrent un très-grand
nombre de coups avant de la tuer. Tous les
assistants étaient tellement irrités, que peu
s'en fallut qu'ils ne se jetassent sur ces mal-
heuTTux et ne les missent en pièces. Le roi
do Fingo ne tarda pas à se convaincre que
ces exécutions produisaient le conlraire.de
ce qu'il esfïérait. Loin de faire que les cl i ré-
tiens obéissent à ses volontés, elles furent
cause qu'un grand nombre d'idolâlres se
converliieni. Ce qui ratrecla le plus» ce fut
d apprendre que le parent de Taquenda, ce-
lui-là même qui ^avait coupé la lete h ce gé-
néreux martyr, avait été si touché de la su-
blimité du courage de Taquenda, de sa mère
et de sa femme, qu'il s'était fait chrétien. Il
était allé trouvé l'évt^que du Japon, lui por-
tant le sabre qui avait servi h Texécution, et
lui disant qu'il ne désirait rien tant que de
mourir lui-même pour la foi chrétienne.
Ot demanda h ce fKince d'enlever les
corps des Irois saintes femmes ( l du petit
Louis : il refusa, A mesure que les osse-
ments lombérent, on les recueillit, ou les
mit dans de$ caisses, et on les envoya à
îw
it^
Nangazaqtiî. Le prélat flt faire des actes au-
theriliquesde cesévérieméots et les envoya au
pape. Le royaume de Fin go et celui de Nangatd
virent encore d*aiitres martyres, Joscimon, roi
de lîungo,qoideint fois :tvnit apostasie etavait
perséciilé deux l'ois le^ chrétiens, se convor-
til nt mourut dans la foi chrétienne, en Tan
1605. A la fin de celle année, on comptait
au Japon environ diï-hult cent mille cliré-
tiens.
En IGOB, le roi de Fingo ralluma ^fl persé-
cution. Depuis quatre ans Michel Faciémon,
Joachim Girozayémun, Jean Tingoro, sei^
gnenrs de son pays, étaient en priscJn î ils
étaient directeurs" d'une confrérie fondée
dans ce rovautoe sous lo nom de la Miséri-
corde. Girozayémon y inourUt de itiisèPé,
tant était mauvaise la nourriture qu'on leur
donnait. Le roi ordonna de couper la tète
aux deux qui testaient, ainsi *:|u*a leurs en-
fants. Aussitôt on les conduisit hors de la
ville de Yateuxiro; deux soldats allèrent
chercher leurs entants. Ils avaient chacun
un tils ; Thomas, fils de Faciémon, avait
douze ans; Pierre, fils de Tingoro» n'en
avait tjue sept. Le [ïremier, ayant su qu'on
le cherchait, mit ses plus beaux habits» et
vint lui-même au-devant de son père, se jeta
à son cou et lui dit qu'il était prôt à le sui-
vre : Taulre enfant n onivant pas, on déca-
pita les saints avant q^u'i! Rît venu \ on le vit
enfin paraître : il avait été trouvé chez son
aïeul où il dortnait. Quand ou l'eut éveilîô
et qu'on lui eut dit qull allait mourir avec
son père, il répondit oii*il en était content
et suivit le soldai qui I était venu chercher.
L'enfant, voyant le corps de son père, se
mit à genoux auprès et joignant les mains
présenta sa tète. Le botjrreau allait le frap-
per quand fie toutes parts, il se fil un effroya-
ble lumuïte. Tous les assistants jelaient de
grands cris, maudissant les auteurs d'uti
aussi cruel assassinat. Le bourreau jeta son
arme et s'enfuit ; deux autres successive-
ment s'étant présentés, firent îa môme chose.
Entin uu esclave coréen eut plus de cou-
rage : il mutila le (jauvre enfant en le frap-
pant sur le cou et sur le dos avant de pou-
voir le décapiter.
Jusqu'en l'an 1612, rîen de nouveau n'eut
lieu qui intéresse notre sujet. A cette épo-
aue les Anglais arrivèrent au Japon ; les
oHa^dais y étaient depuis trois ans. Ils ai-
tSrireot de plus en plus Fempereur contre
les Espagnols et les Portugais; en 1613, il
exila quatorze seigneurs qui refusaient de
renoncer au chnstiaiiisnie, pour adorer les
dieux du imys. Deux jeUUt'S ]>ages denian-
dèrent h fiartager leur exil pour la même
cause. Julie Ota, jeune hlle coréenne, que
le cubosaina avait enrichie au poiîU qn elle
était le parti le oins considérable de la* cour,
n ayant jms voulu abjurer, fut exilée dans
une île nh U n'y avait que quelques pau-
vres niaïlieureux pécheurs, et où elle mau-
quait de tout ce qu on pouvait lui croire né-
cttssaire, eu égard h la vie qu'elle avait me-
neo auparavant. Elle v resta quarante ans.
te royaume U^Aiima eut àu$si ses mar^
lâP M
tyrs. Deux frères, Thoioas el MitUn, g
Marthe leur mère, ainsi que letirs mbm
Jacques et Juste , forent déc^inilfs. l^
martyre eut lieu le 28 janvier 1613 L^ r^
avait" deux jeunes frères qui avaieot m^
brassé le christianisme; le 27 avril il luft
égorger durant leur sommeil. Le Sodfiki
suivant, il fit brûler huit chrétiens • AdHa
Tacafali Mondo, Jeanne, son épouse, Mmn'
Madeleine, sa fille, qui avait roué u rif|>>
nité an Seigneur \ nuls Jacques, son ilâ,fi
n'avait qu'à peine aouze an> \ Léon P^itnli
Luguyi'vmon et Marthe, sa femme; IM
Taquèndomi Cuniémoh et son fils hd.
qui était âgé de vingt-sept ans. Plus ^
vingt mille chrétiens des environs rwr-'
d'eux-mêmes s'otîrir au tDartyre. Ptuil
des seigneurs de la cour en fur*^^' v^'
touchés» qu'ils demandèrent à *
ses aussi, et que, n*èyant pu l obieîiir, l-
partirent pour Texil avec leurs enfj^nu. L^'
octobre, Varrèt des saints '" '
son exéculion, on vit uiie r.
jusque 1^ dans les fastes de i **
vingt mille chrétiens de la cami ^ ré-
cent en ordre dans la ville, oiï m^ pêié
nombre d'habitants chrétiens le# Htm-
daient. Tous se mirent en rang danitnbrt
bel ordre, ayant chacun un cierge dm h
main, et firent un cortège aux Saints M^
lyrs, qui marchaient ail milieu f^v-r ï^Vfi,
maïs suivis des bourreaux èl il '^
gnie de soldats. Arrivée au I jf-
plice, toute cette multitude s'y r, î*
aurait pu faire la troupe la 1^
née. Les martyrs ayant vu m
leur étaient destinés, co
ser î c'étaient hdit coloii
un toit de charpehte. Cettr
faud était dressée sur la |
Pendant qu'on faisait les den
Léon Cuniémon monta sur 1 ■. , . .,
drossant h la foule, après avoir otitenu»?'
lehce de la main, il parla en ce» lera^
« Mes frères, voyez quel courafiçe la M^}i
donner à de faibles créatur- - - -*< appHli
terribles d'un supplice cfli WH^
voyez* bien loin de nous icmuer, nW
remplissent de joie. Au milieu fli»« flAinflOi
je Tespère, Dieu aidant, ce!
iera encore. C'est auï inlid
h voir quelle est la grandeur, qu<^L4 ^ù
rexcellence d'une religion qui peut i^roétn
de si jurandes choses, élever si j^ii55lt-
meut la nature au-dessus d'elle-mte.
Quant à vous, mes chers frères en Km,^
soyez point effrayés en voyant ces br»*^'
plus ils seront ardents, plus notre rldw^
sera grande et prompte. Qnf^i i*.-^ -tonSi^
ces à subir vont nous procui iBWflflt
de gloire et des trésors de bi -uiR-ur qé #
reroni réternilé. » La foule tit enien&tf^
immense applaudissemeot. Le ttém»
ment qui l'agitait empêcha le latnl nut^
de pouvoir continuer; il de- <
placer au poteau auquel il >
ché. Il y fut lié t les autre-
Bienti^t on mit le feu au lu,
éloigné du martyre d'envirun irui
I30a JAP
La Hamme et les tourbillons de fumée s*é-
levèrent alors si haul, que pendant quel-
ques inst.'ints on De put rien distinguer.
Quand rhuniidité du bûcher se fut dissipée,
■ la tlamme resta claire et on put voir les
saints martyrs, do*it le cahne et k résigna-
tion atliraierit radïiiiratton générale. Jac-
ques, fjls d'Adrien Alorido, apparu! détaché
■ aux yeux des spectateurs : sans lui faire
beaucoup de mal, le feu avait consumé ses
liens. Il courait au travers des tiammes et
des brasiers* Craignant que ce fût pour s'é-
■ ehajiper, la foule lui cria d*avoir courage;
mais on cessa il avoir cetîe crainte, quand
011 vi( reufâut se rofourner avec calme et
aller vers sa mère, qu'il entoura de ses bras,
voulûot raourir avec elle. La sainte femme,
qui paraissait morte , se réveilla à cette
étreinte, et> comme si elle eût oublié ses
soutlVances, elle ne cessa plus d'encourager
son fils b accomplir jusqu'au bout le sacri-
* flre de sa vie pour Bien. Peu après, ses liens
étant brûlés, etie tomba sur son fds» le cou-
vrant do son corps. Ils expirèrent ainsi. La
sœur de ce jeune enfant, Marie-Madeleine,
(âgée de dii-neuf ans, restait debout et sem-
blait pleine de force et de vie, ((uoiqu'ellena-
!rùl toute consumée. On croyait qu'elle allait
s'affaisser, quand on la vit prendre des char-
j bons ardents, les mettre sur sa t<^te et s'en
,; faire une couronne. Peu après elle glissa le
long de son poteau, se coucha dans le bra-
^ $ier, et y expira paisiblement. La foule força
les barrières qui entouraient le bûcher. Les
chrétiens emporlèreut les corps de leurs
glorieux martyrs : tout fut pris par eux, jus-
qu'aux charbons qui avaient procin^é la
mort cl ces illustres victimes. Ce furent les
■ habitants de Conzura qui emportèrent dans
leur bourgade le corj>s de Marie-Matleleine;
mais bientôt, sur l'ordre d(* Tévèque, toutes
les saintes reliques furent restituées, et mi-
ses dans des caisses précieuses. On les
Sorla à Nangazaqui. Les Actes et les pièces
u procès furent envoyés à RoEie,
^ En 1015^, l'évoque (lu Jii[Jon étant mort, il
s*éleva des disputes fort graves sur les qu^^s-
lions de joridjction ecclésiastique. 11 ny
Bavait au Japon qu^i sept prèlies séculiers.
HXe provincial desjésuites et le supérieur des
■Iranciscains se disputaient ladministraliou
^de révèché, La question fut longtemps pen-
dante, et ne fut décidée que par une bulle
du pape co'itirinant la sentence de Farche-
yôquii de Goa, Icipjel attribuait aux seuls
jésuites radministratiuii de Tévèché, à clia-
que fois qull ileviendrait vacant.
Ces divisions cl Tabsence d'un clergé in-
digène furent les eanses |)rincipaîes de la
ruine de la religion dans cet empire. II faut
que la religion, pour se perpétuer dans un
tpays, se fasse «n E]uelqne sorte citoyenne
île ce pays. Tant qu'elle sera enseignée par
des étrangers, elle aura moins de |>uissance,
il fallait au Japon créer dts sémirTnijes, faire
dés firètres indigènes. Ei soixante ans de
prospérité, on pouvait en couvrir en quel-
que sorte le sol ; ou pouvait faire uîI reseau
ielleruent puissant, que nul n'eût pu le bri*
L
JAP lîift
' ser. Il fallait que la religion puisât sa force
pour le combat dans la tiation elle-même,
afin qu'en l'attaquant, les empereurs sem-
blassent attaquer leors propres sujets, et
non plus i-eux d*un souverain étranger. Les
gouvernants du Japon n'auraient pas cru
aux calomnies des Anglais et des Hollan-
dais^ slls eussent vu que le christianisme
pouvant recruter sulJisamment pour les bo-
soins de son culte parmi les habitants du
pays. Cela se pouvait. Apr'ès soixante an-
nées de convei'sions si nombreuses et d'un
état si llor'issant rjull y aVfiit au Japon plus
de dix-lruit cent mille chrétiens, les mis-
sionnaires no devaient plus y être nécessai-
res. Ceux qui ont commis ces fautes sont
vraiment responsables de Textinction de la
foi dans ce pays.
Une autre chose aussi que nous regar-
dons comme très-importante, c'est l'avan-
tage qu'il y aurait à ne pas donner aux nou-
veaux convertis, au baptême, exclusivement
des noms de saints étr*angers. Bans des
pays qui sont par leur langage complète-
ment étrangers aux noms des anciens peu-
nles d'Asie et d'Europe, il conviendrait de
laisser les noms nationaux, et, quand locca-
sion s'en présente, de canoniser les saints
de ces pavs sous leurs noms vulgaires dans
leur patrie. On nationaliserait davantage le
christianisme.
Les Anglais et les Hollandais continuaient
toujours leurs calomnies contre les inten-
tions des missionnaires. Le cubosama pu-
blia, en ICli, un édit qui chassait du terri-
toire tous les missionnaires, et prononçait
la peine de mort contre tout Japonais chré-
tien qui n'apostasierait pas. On bannit un
nombre considérable de familles chrétiennes,
de princes même, de grands seigneurs. Tout
le canton de Tsugaru, qui auparavant était
presque désert, fut peuplé par ces éraigrants.
Cutle contrée devint très-peuplée, mais on
y manquait de tout. Les pauvres exilés y se-
raient mûris de faim, si les chrétiens du Ja--
pon ne les eussent secouru. Trois jésuites,
qui [dus tard furent martyrs, Jérôme d^.4n-
^f/('^, Diego Carvailho, et Jacques Yuki, leur
prodiguaient, autant qu'il était en eux, les
secours spirituels. Là, comme dans une mm-
vDlle Thébaïde, on voyait des gens de toute
sorte luttîuit péniblement contre la misère et
la faim. Des nommes qui jusquMàn*avaient
jamais travaillé manuellement, des généraux,
des seigneurs, des administrateurs, étaient
obligés de cultiver la terre, de s'adonner aux
travaux les plus rudes et les plus grossiers.
Il en était de même des fenmies ; beaucoup,
élevées dans l'opulenct*, dans toutes les dé-
licatesses du luxe, étaient forcées de pour-
voir par leur travail h leur-s besoins et à ceux
des leurs. En cette ménu^ année le cubo-
suuM publia un second édit contîrmatif du
premier. U avait pour but, par ce dernier,
de priver l'Eglise du Japon de tons les chré-
tiens qui appartenait à (a noblesse du pays.
Il prononçait la (îcinc du bannissement con-
tre Juste Ucundunoi contre Taiicieû roi dô
IMt
lAP
Tamba, lean Naytadons; le prince Thomas
fon fils» lulic sa sœur, Thomas Oquienda
l'un des seigneurs les plus jmissanls du
royaume de Buzgen et beaucoup d^aulres,
parmi les personocs les plus qualiûees de
reiimire. L'éilît porlait qo'Ms seraient tous
crjniluits h Méac*>, et que le gouverneur de
cette ville les livrerait à eelui de Nanga/oqui
ch/irgé de les f*nre sortir du Jairoo, Le roi de
Tauiba écrivit à un Père jésuite eii^ ees ter-
mes : « Le veut de la persécution sYOèvede
plus en plus» et Dieu» montrant sa luiséri-
corde, a voulu que nous fussioos ui grand
nombre disposés h verser notre sang pour
la fol. Toutes les apparences fout croire que
cette tempôle dorera long-temps. J'ose espé-
rer que Jésus-Christ voudra bien permettre
que nous partagions en quelque chose ses
souH'rances. Si ce bonheur peut nous arriver»
nous a lirons la gloire de marcher dans la
voie qu ont ouverte avant nous les martyrs
do la primitive Eglise, ceuxqui Tont illus-
trée ^ celle époque si belle, ceux qui ont
\(^rsé pour elle le srng qui a été la semence
de la moisson dont on fait depuis des siècles
la récolte pour réterni té. Clier Père, priez
pour nous, demandez à Dieu qu'il nous
fasse persévérer. Qui t'eût pu croire ? des
pécl leurs comme nous donner leur vie pour
Jésus-Cfu'isl , ruttre patrie lui fournir des
niartyrs I A cette pensée mon âme s'enivre
dejuie, mes veux versent des larmes abon-
liantes dans le sentiment de reconnaissauce
que j'éprouve noor toutes les grikes dont je
suis l'objet de la [lart de mou Sauveur. »
Nous avons au^si du prince Tlioinas deux
lettres qui font voir que le lils ne le cédait
au [lère ni eu zèle ni en bons sentiments,
î^ous donnons la seconde» qu'il envoya aui
habitants de Cumamoto. Elle était datée de
sa prison ; il était pour lors renTermé dans
une forteresse du Fin^o, Sa foi était tous les
jours soumise aux plus dures épreuves.
«* Muu cœur a bien soutreri, mes très-
chers frères, en apprenant que plusieurs ont
courbé II tète sous la violence de la persé-
cution; mais j'ai été bien consolé par la
constance et par la persévérance du grand
nombre. Que je voudrais être auprès d'eux,
s'ils meurent martyrs » baiser le sang qu'ds
verseraient , les conjurer de m*.ibleuir de
mourir comme eoxl Priez pour que j*ob-
tienne, mes frères, cette grAee ; priez, car je
me sais bien indigne. Je suis ravi, m lis non
surpris, que ces généreux martyrs aient re-
noncé à tous les biens de la terre : qui peut
préférer ces biens à Dieu ? Ceux qui les leur
prennent les enrichissent : ils leur Aient ce
qu*il faut quitter nn jour, ce qui est l'obs-
tacle du salut. Ceux qui les donnent prèlenlà
usure de la boue contre de l'or. Jadis je m'oc-
cupais de ce saint trallc; depuis, ma tiédeur a
tout perdu. Que ujtm martyre rachète ce dé-
faut. On dit que vous n*étes pas assez fer-
vents pour mériter Je martyre : que sera-ce
donc de moi? Pourtant je pressens que Dieu
recevra le sacritice de mon sang. Je ne puis
prétendre vous diriger ; cependant, je vous
le dis, foulez tout aux pieds pour Dieu. Quit-
ter les choses du ciel pour celles de h len
c'est agir en insensé. L'épreuve arrive, 1*6-
seau taille la pierre» le feu et le niartiF'aub^
çonnent le fer : ainsi fait Jésus-Christ f«
construire son Eglise, Il a commencé [#
lui , pierre angulaire ; le feu des triliuîalioi
a éprouvé ceux qui deyaient servir de bws;
soyons dignes (ÏHn^ tnvilés comm** ^esoi-
ciples cliéris. S'il veut pour nous l*alUqu%
il garde la couronne. Quant h moujamU
ici autant dVi-sauts que possible : ma^t-j-
ne-se, ma naissance, mes enfant*?» le^ f"*^ -
qui me menacent, on m'a tout nus dev
yeux, A défaut d'amis pour me soufra
eu la gr^ce du ciel. Je vois, au rept>>
me laisse, qu'on n*espèreplus me v^iu r
Dieu aidant, nous sommes invincibles, nm
une ou deux victoires ne soit riei utmk
persévénince jusqu'au bout: demandez (^jw
je tobtienne. »
Ceux qui étaient bannis en vertadeeel
édit étaient au nombre de plus de railie. h^
mi eux étaient tous les religieux de S.iinï-
Augustin, les Dominicains, les FrancisriiWv
et vingl-trois jésuites ; ils furent tran^fio'trt
a Manille, capilale des îles Pliilippi^e^ I
peine y arrivaient-ils r^ue Juste timèm
tomba ^Tavement malade. A son litdRiaotti
il dit à son confesseur : « Je ne recoinmjioài
ma famille à personne ; mes nari^cts oat,
ainsi que moi, l'honneur et ravanltge*
soulTrir pour Jésus-Clipîsl, cela doit leur^rf-
lire, w Parlant à ses enfants, il leur drt : iDe
puis mon bas âge jusque mon premierni
jVii servi à la guerre mes srî - et M
emiiereurs. Doiatit toul ce V ,]airf
plus souvent sous la cuiras:>L* que som ti
robe de soie ; uk^s cheveux ont blanchi ^d«
le casque, et mon épée ne s'est nas rouJIMl
dans le fourreau. Plus de cent fois j*âi^oil
ma vie sur tes champs de bataille* Qucniesl"
il donné pour tout cela? vous le savez cofliit
moi ; mais si les hommes m'ont manquai
n'en a pas été de même de I>ieu ^i« ^^f^
de ma juiissance, ai-je eu dava' ,J
m'était nécessaire que dans cet c\ip, ■ -* w^
si généreuse liosjntalité nous accueille? 0
n est pas tout ; je sais quelle récorr- *
m'attend au ciel; ne pleurez donc ]k^
citez-moi. Quant h ce qui vous conc
ne saurais vous croire raalhrureux, J<
laisse à la garde de Dieu ; vous >
bonté, que sa puissance sont inlîn
luiJidèles, il ne vous abandonnera
cel;i, il lit son testament. La prin*-
}»orlait qu'il regardait comme ne
[larlie de scfn sang quicoii*jue , i
mille , aurait le malheur d<; r. nier
Christ. Il mourut <ians ces /tdmirabi
positions. Sa mort fut caus ^ d'un
général : Espagnols et Japonais j i^-- -
part,
L^cmpereur Gixasu suivait au lafoo k
plan qu'il s'était tracé; plan infernal,^
consistait h ne pas verser le sang des chtf
tiens, mais bien à éloigner les plus con$>i^
râbles d entre eux en ies exila t, enâép^
tant les pasteurs, et à détruire le chniw-
nisme chez tes autres en les toarmeotâot i^
L
I5f5
JAP
ce^^saïunient par toutes sortes de veiations.
MéHco vit un oiïirier lonrmenter avec bar-
barie plusieurs coufesseuis ; ce monstre (ît
jeter a la voirie l'un d'eilre eux qui respi-
rait encore. Les chrétiens layant recueilli ,
pansèrent ses blessures dont il guérit parfrii-
lemenl. Voyant les coiitesseurs victorieui
d<ï ses premières tenta lives ^ il imagina de
leur livrer un combat infiniment pius terri-
ble. Il prît parmi leurs femmes :iouze des
plus Jeunes et des plus jolies» et les envoya
dans des lieux de prostitution. Ceux qui te-
uaieut ces maisons refusera nt d'îrbord de les
recevoir, disant que sans doute elles aime-
raient inieuît se tuer qoe do se laisser dés-
honorer, yais quand on leur eut dit que la
relij^ion chrétienne défendait h ceux qui la
suivaient d'allenler à leurs jours, n'importe
sous queï prétexte, ils les reçurent. Dès que
|ce*î jeunes femmes se virent dans ce heu
infâme, elles demafidèrent d.*s ciseaux pour
Bt couper les ciieveux. Ou les leur donna.
Alors elles s'en servirent pour se mutder le
Tisage, de telle soi te , que de jeunes dé
liaucUés qui les virent eurent tellement hor-
reur d'elles qu'ils prirent la fuite. Ceux qui
]es avaient achetées tirent ve*iir des dire-
ct iens qui les reconduisirent h leurs maris,
Cetrx-ci sentireut leur amour pour elles
s'augmenter; car les cicatrices qu elles jior-
tèreni, leurs blessures étant guéries, étaient
les marques de leur honneur. Cet infâme
[>oyen réussit mieux dans le royaume de
liuygen : plusieurs chrétiens aposlasièrenl ,
craignant que leurs femmes ne fussent pri-
ses pour servir dans ces maisons h la lubri-
cité de ceux qui les fréquent aient. Non loin
de la ca pi laie était un hospice de lépreux ;
au commandement que leur fit 1 empereur
d*atlorer ses dieux, tous répondirejit qu'ils
obéiraient à Dieu , d'abord , h l'empereur
après. On les menaça de les brûler dans leur
bùpital : « Eh bien 1 dirent-ils , nous n'en
sortirons pas; on dirait que nous fuyons, »
he mi admira leur courage et défendit de les
maltraiter.
Ce qui faisait que Gixasu persécutait les
cbrétiens, c'était la crain e qu'il avait de les
voir» en cas de guerre civile, prendre le parti
de Fide-Jury, empereur séculier son pupille
qu'il voulait délrùner. Ce fut pour cela qu'il
exila les plus braves Japonais, surtout Ucun-
dono, « qui» disail-il, â lui seul valait une
armée, i 11 exécuta ses projets dans ce temps-
là, resta seul maître du Japon» en faisant ois-
paraître Fide-Jory » et mourut famée dV
près, en juin 1615, 11 avait recommande à
son fils de détruire entièrement la relii^ion
chrétienne dans ses Etats, et de ne pas souf-
frir qu'il y restât un seul docteur européen.
Ce Ois de Gixasu se nommait Xogun-Sama.
Plusieurs missionnaires étaieit restés dans
le Japon» d^autres y venaient sous divers dé-
gtnst*ments. Le nouvel emjiereur rendit un
décret de persécution Tai 1016. Beaucoup
de chrétiens, f>lusieurs missionnaires perl-
ent pur le feu ou par le glaive. Etant vetiu
à Méaco, en 1619» il commanda que les chré-
lieiiSi qui se trouvaient cIûûs les prisons ^
Ik?
^
i5U
i
fussent brûlés vifs, sans distinction d'âge
ni de sexe : il ne permit même pas <ïu*unc
femme, qui était près d*accouch<T , fût ex-
ceptée de cette exécution. On conduisit tous
les confesseurs îi la place publique» au nom-
bre de cinquante. Là ils trouvèrent neuf
charrettes ; les hommes montèrent sur la
première et sur la dernière; dans celles du
milieu on mit les femmes et les enliinls :
plusieurs étaient encore à la mamelle. tJn
troujpeUe marchait devant ce cortège , et, à
cliaq«3e coin de rue,, annonçait que ces pri-
sonniers étaient condamnés par IVmpereur
à être brûlés vifs, «t C'est vrai, disaient tous
ensemble les martyrs, nous allons périr pour
celui qui est mrïrl pour nous, n De dislance
en distance ils criaient : « Vive Jésus 1 w La
pitié était dans tous h^s cœurs, les larmes
sur tous les visages. On arriva à la place
d*un faubourg où les bûchers avaient été
dressés. Quand les confesseurs virent les
croix ijui leur étaient deslinées, et autour
desquelles étaient de grands amas de bois,
ils témoignèrent une joie extrême, et sau-
tèrent de (.essus les charrettes , sans qu'au-
cun montrât de Hiésitation, Ils furent atta-
chés deux à deux a chaque croix, la face
tournée Tun vers lautre. Les hommes étaient
ensemble, les femmes de même; les petits
enfants étaient jirès de leurs mères. On au-
rait cru que la fumée allait étoulfer les saints
martyrs, mais quand la nuit fut arrivée, on
les vit les yeux levés au cieh qui semblaient,
au milieu de cette fournaise» remfilis d^une
loie toute céleste. Peu après, ils entonnèrent
les louanges de Dieu. Ces ehants , les cris
des assistants, les hurlements des bourreaux,
tout cela formait un bruit étrange et confus,
qui tour à tour inspirait la terreur ou la com-
passion. Au milieu de tout c^Ia» les mères
s'occupaient de leurs enfants » les embras-
saient» les caressaient» essuyaient leurs lar-
mes, étoufl"(*ient leurs cris, les exhortaient à
souifrir un peu, quelques moments encore ,
pour entrer en possession d'un bonheur
éternel. Ils moururent les uns après les au-
(res. Ce spectacle redoublait les soupirs et
les sanglots de Fassistance.
Ceux qu'on remarquait principalement,
parmi celte troupe de saintes et nobles vic-
times, c'étaient Faxicnoto Tatioye, Tun des
plus puissants seig^ieurs de ta C(»ur, et sa
femme. C'était elle dont le tyran n avait pas
vouîu permettre qu'on retardât le supplice,
malgré son éîat de grossesse. De six en-
fants qu'il avait, l'ainé seul fut sauvé, mal-
gré le père et la mère, qui auraient bien dé-
siré se présenter à Dieu avec le cortège de
tous leurs enfants; les cinq autres, deux fil-
les , Tune de douze ans, Fautre de trois ,
trois garçons âgés de onze, de huit, de six
ans» se montrèrent lous dignes de Théroisme
de leurs parenis.
Ce que lempereur du Japon recherchait
avec le plus de soin, c'étaient les missioi-
naires. Dans cette inquisition des prêtres de
la religion catholique , il trouva des auxi-
liaires excellents dans les Anglais et le^
Huilandais, qui^ depuis qu^lquQ teoips p f^
ISIS ÏAP
naimt dans ses Etats. Nous avons déjà dit
que ces malheureux protestants, après avoir
abandonné le sein de TEglise catholique ,
n'avaient rien plus à cœur que de la persé-
cuter chez ceux gui étaient demeurés fldè-
ies. En Tannée I62I, un navire d'une de ces
nations, nomméEli$abeth (anglais, probable-
ment), prit un bâtiment japonais, monté par
des chrétiens, parmi lesquels deux religieux,
déguisés en marchands; Tun se nomiqait
Pierre de Zugnica, et était auaustrn, Taulre,
nommé Louis Florez, était dominicain : le
premier Espagnol , le second Flan^and. Le
père du premier, marquis de Viila-Manri-
aue, avait gouverné le Mexique en qualité
e vice-roi. Les Hollandais et les Anglais ,
f rendant une année entière, insistèrent pour
es faire condamner : en 1622, le 10 août,
les Jeux religieux périrent sur le bûcher 9
avec le capitaine du bâtiment ; tous les hom-
mes de l'équipage eurent la tète tranchée.
S'ils eussent voulu apostasior, on leur pro-
mettait la vie; tous refusèrent.
Charles Spinola , jésuite, né d'une noble
famille génoise, neveu du cardinal Spinola ,
évéque de Noie , fut un des nombreux mar-
tyrs de cette persécution. Le désir du mar-
tyre Tavait fait venir au Japon, oCl il était
arrivé ou li>02. Il avait travaillé avec un
Krand succès à la conversion des intidèles.
Kiifermé par les Ja|>onais dans une prison ,
il y soulfrit beaucoup de toutes sortes de
mauvais trailenieuts. 11 pavle ainsi dans une
lettre écrite de sa prison : « Je soulfre avec
bonheur pour Jésus-Christ; je ne puis trou-
vtn* do paroles asso/ fortes pour rendre ce
3uoj\^prouve, surtout depuis que je suis
ans cotte prison , où nous sommes assujettis
à un jeûne oiuilinuel. Mes forces physiques
sVn vont ; mais mon bonheur auê^monte à
me.suro que la mort approrho. Comlùm heu-
reux serais-jo sijo pouvais, à IViques pro-
chain, chanloran cio]r(i//c7i«ifiavoo le chœur
dos bionhouivux! Ah! dit-il, à son iousin
Maxîmilion Spinola , que vous mépriseriez
les chi>so^ ilo 00 monde si vous aviez goûté
les délices dont Dieu iiioiuio 1rs ilmos iio ses
serviteurs. Je suis disoipl».» de Jt'sus-Christ
depuis que pour son amuur jo suuil": 0 ia pi i-
son. Ce que je soulfre uo> iij;ut lus do la
faim n'est rien on comparaison dos conso-
lations qui ni arrivent. Ouand bien mouio je
serais plusieurs années en pri>on, jo trouve-
rais que ce serait pi'U , tant j'ai Tarofur de
souifrir pour un Dieu ijui lao lôoomponse
si largement de ce que j o-uinio. J'ai eu plu-
sieurs maladies , une lièvre qui m'a duiô
plus de trois m«jis ; jai été prive de l«»u> les
remèdes convenables: eh bieni pendant ce
temps-là la joie que je res^ïO'Uais était si
grande, que je renonce à vous la dire. Je ne
m'appartenais plus ; il me semblait déjà jouir
«lu bonheur céleste. « Le P. Spinola ayant
appris qu'il allait être brûlé vif. revul cette
nouvelle avec une joie indicilile. 11 emplova
tous les moments qui lui restèreut à remer-
cier Dieu dune si grande grâce. D'Omura,
où il était en prison, il fut conduit à Nanga-
M4Ui* U Cut DÛS à mon sur une moatagoe »
lAP
m
il
près de cette ville 9 avec quarante-neuf chré-
tiens. Parmi ces martyrs, il y avait neirf je-
suites, six dominicains, quatre franciscains:
le reste étaient des laïques. Vingt-cioqb-
rent brûlés, les autres décapités. Au Dr»n-
bre de ces derniers» Spinola, a^'ant tu li-
belle Fernandez, veuve de Dommique Geor-
ge , dans la maison duquel, quatre ans i&-
Earavant, il avait été arrôté» et dont il aviit
aptisé un fils qu'il avait nommé Ignan.
s'écria, en s'adressant à Isabelle : « Où eK
mon petit Ignace; qu'en avez-vous fait?» I
pe voyait pas 1 enfant qui était derrière 9
mère. « Le voici, dit-elle, en le prenant d«tf
ses bras. Je n'ai pas voulu qu'il fût priréds
seul bien que je puisse lui donner. Mod en-
fant, dit-elle, voici votre père ; priez-le gu'ii
vous bénisse. » L'enfant s agenouilla, joignit
les mains, et demanda au missionnaire a
bénédiction. Cette action toucha tellemea
les spectateurs, au'une rumeur immense sV
leva de tous cotes. On craignait que )e peu-
[>le se portât à quelques violences , on Û\à
'exécution. Plusieurs têtes vinrent roultr
aux pieds du petit enfant : il n'en fut pis
ému. Quand on frappa sa mère , il vit Uxb-
ber sa tête sans changer de couleur, ef k-
yut le coup mortel avec une étonnante ïctr^
pidité. Quand on en eut fini avec ctaïqui
devaient être décapités, on plaça leurs Ifev^s
vis-à-vis ceux qui devaient ^iérir j)ar le sa{r
pliue du feu. On l'alluma; il était à m^
cinq pieds de distance des poteaux. Le bois
était tellement arrangé qu'il iie pouvait brl-
1er (pie lentement. On éteignait le feu quni
il sagnait trop vite. Le P. Spinola donna fik-
soTution h Lucie Fraitez, qui se trouvaitit-
tachée auprès de lui. Se tournant en^ti
vers le président, il lui dit à haute voii:
« V'ous voyez bien ce que les missionaiiK
viennent clierclier ici. Leur joie, au milieu
d'un tel su))plice, ne doit-elle pas faire Icar
bi'r tous les soupçons qu*ou a contre eui!>
Puis, parLuit à 1 assemblée, il dit : « Ctrkii
quon allume pour nous faire mourir. Uis
que romhre <le celui que Dieu allumu j^jJ
punir éternellement ceux qui n auroul p>
voulu le reconnaître , ou qui rayant rei'»
nu, n'auront pas vécu d'une manièie ut-
forme à ses saints coniniandemenls. ■ Le
martyre de ce saint dura plus de deux Iwr
res. il mourut àlilge de cinquanle-huicai-.
le 2 septembre iti±2.
LAnjileterre et la HolIamJe porten.^nl Jr
vaMt la postérité toute eilière le stijjus::
honteux de leur c» nduite dans ces lirtOLr
tances liêi'lurabîes. Ces deux nations luitii
cause delà nersécution qui anéaiiil dàiMi-
Japon celte b.He civilisation chrèlieiifjc î^^
les missionnaires y avaient fa.te : et 'ïuaiJ
nous disons civilisation ehrétienne, ouu;s
savoir iiuelle est h valeur de ce mot ; tJf i:
christianisme est letlauibi^au plaeé juien.:^
du monde I our leelairtr. Tous leuxquisV
piveheîil de cett- sainte lumière voient d-.s-
rir à ses spiendides clartés* Jeurs art*, icJ'*
iustiiulioas, tous les progrès de reM»ritti.-
main s'accomplir. Tous ceux qui au a>
(raire en demeurent éloignés, r^sieni ai^
Kîl
ikp
tant plos enfoncés dans les ténèbres de I*i-
gnoranco H de la baH*ane, qu'ils sonlîi plus
grande distance. Aussi ai-je dit avec raison
ailleurs, que Thuroanité est divisée en zones
dont TE vanille est le centre, el dans ces zo-
fies rhumanité grandit, et prospère en raison
directe de la quantité de mmiere qu'elle en
feçoiL Les Anglais el les Hollandais ayant
éteint chez eux une partie de (?elte lumière,
ont contribué à l'éteindre autant que possi-
ble où le catholicisme l'allumait (1). Pour ra-
pheter un tel passé, il faut que ces deux
^ natiops , pénitentes publiques devant TE-
[jgîîse et rbumanité, se soumettent à l'aiito-
nlé qu'elles ont méconnue, aux cmyanees
^Iju'elles ont apostasiées et qu'ensuite elles
se fassent apôtres a)jssi> elles, des nations
qu'elles ont conlrihué à assassiner et à pri-
ver du flambeau de la foi.
bepuis la persécution de 1622, persécution
alUiroée parle mercantilisme des protestants
d'Angleterre el de Hollande, la fureur de la
I tempête ne fit que s'augmenter au Japon,
IXe il septembre 1622, onze chrétiens laï-
jqiies, plusieurs missionnaires, furent déca-
I pités à Nangazariui, Le 13 du même mois,
^pmura vit les feux des bûchers dévorer un
■ dominicain, trois frères mineurs, un augustin,
k{i) Ceux <|ui ne voient les choses qw'û la superficie
seront lenlés de Irouver fausse celte apprécialitm,
^rUiut relativement u VjLngieU'Ste. En tlTet^en con-
piéér^ul cette inmicrise nsiine il'où ^'élèvent sans
tesse tûi|s ics liuiieiaeiits dt? l'inJustpc hupuaine ,
où toute IVîti&tence iojh iduclle ou nationale se ré-
Butne p3f DoH et par -^roiV, où le luxe des grands
■^^Tidustricls jetle un si vifcîdat, on est tenté de croire
igleierre heureuse, morale, ct^ il i«^> Heureuse,
ne resl pas : Depuis qu'Henri Vllt et ses succès-
ars ont voté au prnlit 4Îc h couronne et des grands
■^'-ïps d'Eglîse'^ui noïFrisàaieiit le peuple, et créé
rÎAtocraiiequi doit sa puissance u &e& immen&es
ï&, la moJtté du périple anglais est plonge dans
aUreuse unscre. A Londres notaniinenti cet
l'indnsl4ie est plus nialbeureux cent fois que
pétaient ixn\ de rantiuue Grèce, el ces esclaves
temps modernes dont rénjancipaljon irréfléchie
i partout enfanté des désordres. L Angleterre est-elle
Jet... Oui; dans le langage, celte nation a
k pruderie de la vertu qu'en fait elle ntet
Iftei pieds. Dans ees relations on &;ni cumbien
eHe est estimée partes autres peuples, el pojir cause.
La foi carthaginoise est devenue son modèle ^ quVile
R surpassé. Bans sa vie intime, sa morale ♦ c'est
argent; sa justice» c'est Fargent; une seule chose
our elle vaut mieux , c'est l'or. L'Angîaîs achète et
end tout : il est aux deuv ex l rémités de la mesure
ae rhumanité, avili ou orgueilleux au delà de toute
expression. Le noble lord qui étincelle d'or et de luxe
s^ en ivre et se dégrade dans Torgie comme le porte-
faix qui frérpiente les bouges voisins de la Tour de
Londres... L'Angleterre esi-elle civilisée? Oui, si on
considère sa puissance, ses arts, sii police. Mais un
fieuplc qui se l^dt le bourreau de Tlrtande, qui fait
a guerre aux Chinois pour les convraindi'e à sVni-
rîisonner d'opium, qui, pour une misérable question
argent fait la guerre à la Grèce , celte protégée
de tout ce qui pnrte uu cœur noble et généreux ,
eette tkation qui pour ïxmcUer n'avait que sa faiblesse
et le presti^je de ses gloires passées; ce peuple» dis-je,
e^t-il un peuple civilisé, ou n'est-il pas pluldt le Oi-
liusiier moderne qui met son intérêt avant le culte
pde rhumaniiét avant le respect ûù à la faîbles&e ,
f t^aut la vénération des granéeurs toiiit>ées?
3AP IS18
çlus deux frères du tiers ordre. Le Père de
Constanzo fut brûlé à Firandotroisjours âpres.
Le 2 du mois suivant, lui catéchiste endura
le même supplice, après avoir subi dix-sept
espèces de torture. On Uéeapila sa femme
avec ses deux (ils ; Tun avait h^it ans, Tau-
tre quatre. Le Père jésuite Navarre lut brûlé
h Ximobara le 1*' novembre avec trois cbré-
tieus du Japon,
L^année d*;iprès» le nouvel eoippreur rem-
plît toutes les prisons de chrétiens arrêtés
dans les'^provinces qui avoisina^eni Vcdo,
Celte ville vit, le k décembre, brûler cin-
quante d'entre eui; le 29, vingt-quatre au-
tres, et dix-sept quelques jours après ; dans
le pays d'Oxu beaucoup de martyrs furent
brûlés; beaucoup furent mis sur des étangs
glacés où on les laissa mourir de froid. La
civilisation anglaise commençait à pénétrer
au Japon: ce supplicB était d'importation an-
glaise. Nous avons vu les dignes ministres
de Henri VUl s'en servir contre les catlioli-
ques de leur pays. Plus on faisait mourir de
martyrs, plus le nombre des chrétiens aug-
mentait. En 1624, la fureur de la persécution
fut si grande qu1l semblait que la moitié de
Tempire fût levée pour exterminer Tautre.
On ne se contentait plusd*égorger les vivants,
la rage des bourreaux s^attaquait môme aux
morts. On violait les tombeaux, ou en arra-
chait les reliques des saints et on les détrui-
sait au milieu des scènes de profanalion les
plus révoltantes. Les royaumes de Bungo, de
GoHo , de Firmido, de Bugcn^ d'Jgin', de
Fingoy dTa, sont inondés ou sang des mar-
tyrs; Fexîl des chrétiens, qui s'en vont en
masse, y fait la solitude : à Jsugaru, oo brûla
beaueoùp de chrétiens, beaucoup périrent
de misère. Quelque forte que fût alors la
persécution, elle augmenta encore en 1627.
Voici la relation qu'en ont faite les Hollan-
dais (Charlevoix, Hisloiredu Jupon^ lome V^
1. I", p. 178):
« Aux uns, disent-ils, on arrachait les on-
gles, on perçait aux autres les bras et les
jambes avec des vilbrequins, on leur enfoo-
çait des alênes sous les ongles, et on ne se
conteutailpas d'avoir fait tout cela une fois, on
y revenait plusieurs jours de suile. On en
jetait dans des fosses pleines de vipères ;
on remplissait de soufre et d'autres matières
infectes de gros tuyaux, et on y mettait le
feu ; puis on les appliquait au oez des pa-
tients, atin qu1ls en respiraient la fumée,
ce qui letir causait une douleur intolérable.
Quelques-uns étaient picjués par tout le
corps avec des roseaux pointus , d'autres
étalent brûlés avec des torches ardentes*
Ceux-ci étaient fouettés en Tair, jusquà ce
nue les os fussent tout décharnés; eeux-là
étaient attachés les bras en croix, è de gros-
ses poutres qu'on les contraignait de traîner
jusqu'?i ce qu ils lombnssent en défaillance»
Pour faire soulfrir doublement les mères,
les bourreaux leur frappaient la tête avec
celle de leurs enfants, et leur fureur redou-
blait à mesure que ces petites rréatures
criaient plus haut, La plupart du temps,
tous, hommes et femmes étaient aus« mèm^
ï
les personnes les plus qualifiées, et pendant
la plus rude saisoi.Tantiit on les promenait
en tel étal de ville en ville et do bourg.ide en
bourgade ; tanlôlon îesatlachail h dos poteavix
et on ies conloignait du se tenir dans les
postures les plus liumilianlL^s et les plus gê-
nantes. Pour fonlinaire» on ne les laissait
pB^ un moment en repos » les bourreaux,
comme autant de tigres iitlamés, étaient sans
cesse occupés à imaginer de nouvelles tortu-
res. Ils leur lortL-ïient les bras juscprà ce
qu'ils les eussent tout k fait disloqu^'S ; ils
It^ur coupaient les doigts, y appliquaient le
feu. <m liraient les nerfs ; enrm ils les brù*
laienl lentement, passant des lisons ardents
stir tous les membres. Cbaqoe jour» et quel-
quefois chaque moment avait son suppice
particulier. Cette l>aibarie fit bien des apos-
tats; mais le nombre des martyrs fut Irès-
graodetla plupart môme de ceux qui avaient
cédé à la rigueur des tourments, n'étaient
pas ptutot remis en liberté, qu'ils faisaient
ouvertement pénitence de leur intidélilé.
Souvent, on ne faisait pas semblant de s'en
a[^ercevoir> on voulait avoir rhonnem" de
faire lomber des chrétiens, et quelquefois il
sufllsail que, dans une grande truufie, deux
ou trois eussent témoi^^né de la faiblesse
pour les renvoyer tous, et publier qu'ils
avaient renoncé au chrislianisme. Il y en
eut même à qui Ton prit par foree la main
iiour leur friire signer ce qu ils détestaient
haute voix, Enlii plusieurs, après avoir
été mis, h force de tortures, dans Tétat du
monde le plus déplorable, étaient livrés h des
femmes publiques et h de jeunes tilles débau-
chées, afi 1 que pa r leurs caresses, el les prolitas-
sent de Fatlaiblisseuient du leur esprit f^our
les pervertir* On [n'omeni* un jour à Xi-
manara, cinquante uhrétieos dans une situa-
tion à les couvrir de la plus extrême confu-
sion, puis on les Iraîna h une espèce d'espla-
nade pour les y tourmenter en I ou tes ma-
nières. Il y en eut surtout sept, du nombre
desquiîls était une ff^mme, dont le courage
choqua celui qui présidait à cette barbare
exécution, et il s'acharna sur eux avec une
ra^fe de forcené I 11 lit creuser sept fosses à
deux brasses Tune de l'autre ; il y fil planter
des croix sur lesquelles on élendit les pa-
tients, et après qu'on leur eut pris la tète
entre deux ais échancrés, ou commença à
leur scier avec des cannes dentelées, aux
uns le cou, aux autres les bras; on jetait de
temps en temjïs du si.^1 d-ms leurs plaies, et
ce cruel supplice dura cinq jours de suite
sans relAclie. Les bourreaux si.* relevaient
tour h tour ; leur fureur étad obligée de cé-
der il la constance de ces généreux contes-
heurs fie J/'sus-Chrisl, et des médecins qu'on
appelait de temps en temps avaient som do
leur liiirt! preidre des cordiaux » de peur
qu;unt3 rnort trop piompte ne les dérobât à
la brutalité de leurs tyrans, ou que la dé-
jîiillarice ne leur ôlâtie senliaicnt du mal.
Cest ainsi eue, par un rafiiiiement de cruau-
té jusque-là inconnu aux peuples m^me
es plus barbares, on employait à prolonger
les fioutliances des Ûdèles, un art uoique-
ment destiné an souldgemeot et à h q^
servation de rhumaoité 1 »
Lamée 1633, le génie de la persécv^
imagina un supplice d*uD nouveau gcartfi
est resté connu sous le nom de iiip|»{irf4
la fosse. A deux poteaux plantée des tm
côtés d'une fosse, on allachait unepiictê
bois qui la traversait. A celte traverse,»
corde avec une poulie tenait le tn^H^-.
les pieds. Les mains liées derrièn*!
le descendait dans la fosse la l^l-
Un couvercle fait de deux pièces éch,i:
s'adaptait à la fosse, ne laissant h s-
qu'un trou où le martyr élail pris |
lieu du corps. Ainsi la fvjsse était ence^v
ment obscure; souvent on la remplisili
demi dlinmondices. Le premif^r q '
ce supplice, ce fut Nicolas A' ri/frn» j
ponais. Cent jésuites furent m.v
cette époque h peu près. En 1630,
vincial de Tordre ♦ Portugais de mUffèUt,
dernier administrateur de révôchéduJjpflii
opostasia, Mais, s^ét.^nt reconnu plustJiiî
mourut martyr en 16^2, En 1(i37, lescht
tiens dMrm*a, n'ayant plus de missiaoîuic
qui leur prêchassent la patience, se «di-
vèrent et vinrent au nombre de tieoiHf^
mille, sous la conduite d'un jeune »»*««
leur nation , s'cmnarer de la villo 4« B*
bara. Une armée ue quatn.'-vinj* - - ^^^
mes vint les y assiéger- Les pr +
landais, avec leur arliflerie, s umriM.i i«l
inlidèlcs. Après une défense déses|É**
n'ayant plus ni vivras ni muniiioos, Icsdf*'
tiens sortirent en bataille et setireal»
jusqu'au dernier en se défendani areedt-
ra^c.En 1640,1e roi de Portugal envojFt»!^
pon quatfc ambassadeurs suiv sdosoiitfi^
quator. e personnes. Ils furent pris, sôail
de renoncer au christianisme, et, suriK
refus, on les fit mourir tous, h l>icêplMit
treize maîelots» qui furent renvoyés I 11*
avec une lettre ainsi conçue : « Tant trie b
lumière du soleil vivitiera la terre,
un chntien n'ait Iri hardiesse d\ i
Japon, Qu'ils sachent tOi s que si le roi^
lippe lui-raèmf% b* dieu des chrétiens, Jt«
l'un des principaux dieux de notre enifit
contrevenaient à celle défense, il^ '"*'
la tète Innicbée. » Depuis lor«, pou
de découvrir les ctirétiens dans tnu »>
provinces où l'on soupço^ ne <[u il y««i^
rcmfjercur contrai ni , une fois par
les liabitants à fi-ulcr aux pied^ K-
des images cbri^tieunes. Depuis cti::
que, beaucoup de missionnaires ont u. :
pénétrer au Japon; plusieurs y ont r^^
mais y ont trouvé la mort. Le d^mirf^
lequel on ait des rensei^^nemenls ctsù^
est I abbé Sidotd, niissiounaire sicilien. Ç
y arriva en ocfobrc 1709. Pris aussil(il,il>^
conduit h Nangazaqui puis à l>V/^> où Jiî*
laissa en prison plusieurs an ^
malgré erla^ tiouvé njuyen de *..».^.. .,*
sieurs Japotias, il lut muré dans m t^
ui avait qu/itre ou cintj pieds de |f<i^'
«cur; une petite ouverture avait élé l^ij
pour qu on pût lui passer h oiauger. H|î*
dans ce cioaque aprè3 y avoir sottffiwtwt
t
DaDS le \ni* siècle, lo lapon a donné
se environ deux millioos de mar-
est maintenant » dans ce pays , Tétot
ligion ? Oti Fîgnore. Il y a des honi-
i prêchent volontiers qu'on a Icdroil
T les peuples à devenir pbilosopties.
n'enl la puissance, ils nous imfiose-
de par la supériorité de leur raison,
t son I carie, Fourrier et son phalans-
je sais-je? peut-élre môme le €om-
le dans toute racception du mot. Or
nnes-là trouvent Irès-bon que, sous
î de liberté violée et d^eiivaldsseraent
loire, on brûle les missionnaires. En
at qu'eu x-ttiôraes deviennent martyrs
urs convictions, l'Eglise ne demande
chose, la liberté d'eiiseigner égale
us. Cette liberté est un droit dès que
ui enseigne et que celui qui reçoit
nement restent coniplélenicnt en de-
la politique, ce droit individuel des
. Nous ne voyons pas qu'il puisse
pour un peuple de droit qui Taulo-
e murer chez lui et h ne pas recevoir
gers. C*est ici Toccasion de dire que
les hommes ont une patrie distincte,
avant tout citoyens de l'univers, et
umanité tout entière, en progressant
venir, accomplit une mission où il y
toutes les nations qui la composent
té de devoirs et d'avantaf^çcs. Aucune
rlroit de refuser absolnmenl à Fautro
nières , ses arts , sa civilisation , les
s de son sol, ce qui peut rendre Thu-
meilleure ou plus heureuse* Atten-
tée contiance que ces principes soient
iellement reçus; ils ne peuvent tarder
. Alors la lumière éteinte oo aiïaiblie
Japon reprendra son éclat; la justice
cera la tyrannie. L'humanité aura
1 pas. 11 y a quelque chose de pi-
î dans le spectacle de ce qu'on nomme
tîque^ concentrant toutes ses vues sur
érèls mesquins qui nous divisent, et
donnant pas la jieine de comprendre
erait digne de grandes nations de se
ipôtres de celles qui croupissent en-
ans les ténèbres dont Tidolâtrie avait
t le monde. Heureusement les chré-
avent, les prophètes i*ont dit, qu*uu
endra où le genre Immain tout entier
iipera, dans une unité fraternelle, au-
î celle chaire romaine dont Dieu a hït
rre fondamentale de son Eglise et le
des civilisations humaines.
3N, de Thessalonique^ logea che^ hii,
inée 52, saint Paul et saint Silas. Les
6 la ville, ayant soulevé le peuple,
t fondre sur sa maison dans le des-
fenlever Paul et Silas : ne les ayant
>uvés , ils saisirent Jason et le mene-
ur magistrats , qui le renvoyèrent h
ion de représenWr les accusés* Ce fut
qui s'otfrit généreusement pour servir
ilion. il parait , par l'Epilre aux Ro-
, que ce s^ainl personnage était parent
nt Pauh Les Grecs le font évéque do
D1CII05N. DES PfiRSÉCUTlOXS. L
Tarse 'i^ en Cilicie, et célèbrent sa fête le 28
avril.
JASON fsaint), frère de saint Maur, fds de
saint Claude , tribun et martyr, et de sainto
Hilarie, aussi martyre, donna sa vie pour la
foi chrétienne avec son père et son frère et
soixante-dix soldats, dans la ville de Rome,
sous Tempire de Numérien. Ce prince, fuii
avait fait précif»iter dans le Tiltre CLiudc,
atlaché h un quartier de rocher, lit décapiter
les deux enfants avec les soixante-dix sol-
dats. Sainte Hilarie eut soin de faîj« enter-
rer ses deux tlls, dont elle avait pu ravoir les
corps. Les rehqnos de saint Jason sont, avec
celles de saint Maur son frèie, et celles de
sainte Hilarie sa mère , dans Tégïise cathé-
drale de Lucfjues , où elles furent transfé-
rées a[irès qu on les ent retirées de Féi^lise
de Sainte-Pi'axède , où le pape Pascal 1*' les
avait fait déposer, LTglise honore la mé-
moire de saint Jason, avec celle de son pèi'e,
de sa mère, de son frère et des soixante-ilix
soldats, le 3 décembre.
JASON, nom duiuge, qnnUiV'' préi^idmi,
qui fit mourir pour la foi à Coriuthe, sous la
persécution de l>èce, les saints Codiat, De-
nrs, Anect, Cvprien, Paul et Crescent,
JEAN-BAPtiSTE (saint), martyr, ^irécur-
seur de Jésus-Christ, eut pour père Zacha-
rie. C'était un [irètre de la race d'Aaron et
de ta famille d'Abia, la huitième des vingt-
Quatre familles ou classes que David avait
lablies pour faire les fonctions saccrdutales
chacune à son tour durant une semaine. La
mère de notre saint était Elisabeth, aussi
delà raco d'Aaron et parente de la sainte
Vierge. Ils étaient tous deux justes et saints
devant Dieu même et ils observaient tous
ses commandements d'une manière irré-
préhensible. Ils n avaient point d'enfants,
parce qu'Elisabeth était stérde, et ils étaient
déjà avancés en âge. Mais l'anL^e Gabriel
vint annoncer à Zacharie au monu^nt où il
oltrait Tencens dans lo temple qu'il aurait
un fils, ordonnant que cet enfant serait ap-
pelé Jean et qu'il ne boirait rien qui [>ùt
enivrer. Zacharie n'eut pas assez de foi h ce
que lui dit l'ange : c est pourquoi il resta
muet depuis ce temps-là jusqu'à ja nais-
sance de son lils. Saint Ambioi-si- dit qu'il
perdit l'ouïe avec la parole, tomme le texte
grec porte à le croire : TEvangile dit en
elTet qu'on lui parlait par signes. Zacharie
s'en revint eluv lui tout triste, dit saint
Paoîiu, demJM dajit pardon à Dieu pour ses
péclîés d#ms le seeret de son eo?ïJr* Lorsque
letemnsde son ministère fut aeeonijtli, il
s'en alla en sa maison qui était dans une
ville d*^ la tribu de Juda, située dans un
f>avs d6 montatjnes. On croît <pie c'«*sl relie
d'Hébron. Quelque t« Oips après, Elisabeth
conçut l'enfant que 1 ang<^ lui avait promis.
Burai^it cinq mois, elle cacha la grâce qu'elle
se l'éjouissait d'avoir reçue de Dieir, par une
puileur et une modestie dinnes de sa saia-
teté.
(ï) Et nmi pas T h race, commis récrivttil l4;sa(l^ei4rf
d'ui» célèbre Dictwtinair fmiorhtue.
i5fS lEA
Elisri>eth était dans son. sixième mois,
quand Dieu fit connaître à la sainte Vierge
que sa cousine avait conçu. Marie se hâta
de traverser une partie de la Judée et vint à
Hébron pour rendre à Elisabeth toute Tassis-
tance dont elle pourrait avoir besoin. Saint
Jean, qui n'était pas encore né, témoigna par
un tressaillement de joie tout miraculeux
la connaissance qu'il eut c|ue son Seigneur
venait le sanctifier. La sainte Vierge était
encore auprès de sa cousine quand cette
dernière, arrivée enfin à son terme, causa
par son heureux accouchement à tous ses
proches et à ses voisins la joie que lange
avait prédite. Quand on vint, le huitième
jour, pour circoncire l'enfant, sa mère vou-
lut qu'on le nomm.fl Jean, selon l'ordre
que Pange avait donné à son père. Les pa-
rents aimaient mieux le nommer Zachane :
sur quoi, le père ayant écrit que son nom
devait être Jean, sa langue, que son incré-
dulité avait liée, fut déliée par sa foi et par
son obéissance. Non-seulement il obtint le
pardon de sa faute, mais il reçut encore la
f;râce de la prophétie, et publia, par un cé-
èbre cantique, quer Dieu allait accomplir
les promesses qu il avait faites à Abraham,
Sue le Messie était près de paraître et que son
Is serait son prophète et son précurseur.
Tous ceux qui demeuraient dans les lieux
voisins furent saisis de crainte et d'étonne-
tnent en voyant une naissance accompagnée
de tant de merveilles. Le bruit s'en répandit
dans tout le pays des montagnes de Judée,
et tous ceux qui en entendirent parler se
disaient les uns aux autres : « Que pensez-
vous que sera un iour cet enfant T »
Notre saint fut élevé dès son enfance dans
le désert; on croit, sur une vision rapportée
par un auteur assez ancien, qu'il demeurait
en un lieu nommé Sapsas, dans une caverne,
environ à un mille au delà du Jourdain. Sa
nourriture se composait de miel sauvage et
de sauterelles, que les pauvres gens man-
geaient en Palestine; son vêlement était de
poil de chameau et serré par une ceinture de
cuir qu'il portait autour de ses reins. Saint
Pierre d'Alexandrie, martyr illustre et l'un
des plus anciens Pères, rapporte que quand
Hérode chercha Jésus Christ pour le tuer, il
vojlut faire mourir également saint Jean;
mais q^ue n'ayant pu le trouver dans lo dé-
sert qui le protégeait, il fit mourir Zacharie,
son père, entre le temple et l'autel, c'est-à-
dire entre le temple où les prêtres seuls
entraient et l'autel des holocaustes qui était
dans la place du devant.
Après que saint Jean eut passé trente ans
et plus, (le celte sorte, dans le désert. Dieu
le manifesta au monde en la quinzième an-
née de l'empereur Tibère (commencée le 29
août do Tan 28 de l'ère commune). 11 lui
parla dans le désert et lui ordonna d'aller
préparer la voie au Messie, selon ce qu'Isaïe
et Malachie .'ivaienl prophétisé de lui. Il vint
dune autour du Jourdain, dans le ])avs qu'on
api»elait la Pérée, parce qu'il était* au de\h
de celle rivière à V6,^i\n\ de Jérusalem. Il
[irêcluiil à tout le mundo de l'aire pénitence,
JEA
fSU
et donnait à cnacon de ceux qui venoeot
le trouver, les instructions nécei^saires seloQ
son état. Il leur faisait reconnaître leurs pé-
chés, les leur faisait confesser et les bap.
lisait dans les eaux du Jourdain. BientOl >i
réputation devint si grande dans la Judé«,
3u'on le prenait pour le Messie ; mais pkii
'humilité, le saint précurseur répondit qo'i
n'était venu que pour préparer ses voies K
3u'd n'était pas môme digne de se prosterner
evant lui pour dénouer les cordons de ses
souliers. Il baptisa bientôt Jésus lui-mèoie,
et quand ce dernier sortit des eaux du Jour-
dain, les cieux s'ouvrirent et le Saint-E^
descendit sur Jésus sous la forme d^une co-
lombe. Il est probable que tous ceux qu
étaient présents virent ce miracle aussi b^tt
Siue Jean. On croit généralement que Jésis
ut baptisé le 6 janvier de Tan 30 de Fèn
commune.
Saint Jean continua k baptiser jusqu'à sa
emprisonnement, qui arriva apparemmeot
vers la fin de la même année où il anil
baptisé (an 30 de l'ère commune). I.a cause
de sa détention fut la liberté avec laqudk
il reprenait Hérode (Antipas le Tétrarquejde
toutes ses méchancetés, et particuliëremeet
de ce qu'il avait épousé Uérodiade bmak
de son frère Philippe, qui est noroméflérode
parJosèphe et qui était né de Mariamme, fille
de Simon, grand pontife. Car il neb\il\u$
le confondre avec Philippe le Tétrarque,soa
frère, né d'une Cléopdtre de Jérusalem. Cd
Hérode (Philippe) avait été d*ahord Domné
par son père pour succéder à la C(»uroiue
au défaut d'Antipater. Hérodiade, sa femiK,
était aussi sa nièce, fille d^Aristobule, fk
du grand Hérode, et sœur d' Agrippa qui fol
depuis roi de Judée. Elle eut de ce mari;^
une fille nommée Salomé, célèbre daiïslbir
toire de l'Evangile. Hérode le Tel arow
ayant vu cette Hérodiade un jour qu'il lo-
geait chez son mari en allant à Rouie^ cot
çut pour elle une passion ilK^gilime et iii
parla de l'épouser. Elle n'eut poinl hor-
reur d'une proposition si criminelle et 'ie-
meura d'accord de se retirer cheiC lui Kt?-
qu'il serait revenu de Rome à cjndili.*
qu'il répudierait la fille d'Ac'Uas, roi li ^'»-
bie, qu il avait épousée longtemps m^
vant.
Il semble que ce mariage où tôute> It*
lois étaient violées fut fait fort peu apïvs J
naissance de Salomé. Saint Jean en rej^e
senta le crime à Hérode le Télrarque eila
dit qu'il ne lui était pas permis d'avoir i
femme de son frère, à qui il l'avait ravie J
son vivant et dont elle avait eu des enfirii^
ce qui sufTfisait, quand il eût été mort i»»c
rendre ce mariage criminel, môme selon ^
lois qui s'observaient alors parmi lesJoi^
Mais Hérode montra qu'il avait toute lai*-
reté ou plutôt la cruaulé ord.naire ùesh^
contre les prophètes ; car, no pouvant »--
frir des représe'ilalio:îs si géiién-uses. i-i'
arrêter le saint ])récursenr et iVnvovaofcj>
gé do chaînes au château de Mauuen*i>
Josèphe dit que ce fut par raison ûKûi
par politique qu'HéroUe lit empri.<iHi::^
l
f3S5 SU
saint Jean et le fit euWn mourir. Et il n'est
pas diftifjih^ qyo resprit d'un prince déj[\ ai-
jiri, ail rtaint où il n y iwmi riuîi a Gi<*in-
drp; surluof si coUti craiiUe lui é*ail inspirée
par les pjiarl^icns et les doeteius do h\ loi,
•l^iuue i]iiel(ini»S'ynsio tireiil deriivangilo.
Les paroles de Josè^ihe sont Irot* t cMiianiUti-
bles potir ui' les pas rapporter id. « Jtan,
dit-il, surnom m*' Ba|»lisle, était un ho m me
de piété qui eïhDrfait torlciiieiit les Juils à
enjbr.iî^ser hi vertu, à s^oennilter par lo ju"^-
tire do ce qu'ils se devaient les uns aux
autres, et par la piété de ce qu'ils devaient
à Dieu; à piirilier leur Aine f>ar Texere ce
cie la v^riu, et h y j<^i^dre e^isuite la puriii-
çation du cnrps par le baptême^ Une \£,îikudQ
Bnultitude de [*euple le suivait, parce qu'on
élait ravi d*ente;îdre ses discours; et les
Alitts fuirais>aieut prêts h ejktrei^rendre tout
ee qu'il Irur aurait ordonné : de sorte qu'tié-
fode» rraignant que le pouvoir qu'il avait sur
eux u'excitiU (|uelquc sédition, rrul devoir
prévenir eeiiial fiour n ûvoirpassujt t do se n>
pentird avoir atiendu tropLaj-dày reméuiiT, »
a<1rodiado , non contente de le voii^ eu
prison, voulut le foire amutir^el Héroio en-
irait quelquefois dnns ses senti me ^Hs. Mais
la crainle^lu peupîe le retenait; et djiitteurs,
ne pouvant pas ne point voir que e*étail un
juste et un saint, il avait du r^^speet pour lui
et suivait ses avis en beaucoup de elios<ïs,
tant la vtjrtu a de force pour se faire révé-
rer même de ses ennemis. Saint Jean de-
laem'a donc prisoimier jrisqu'à ce q^ue son
temps iùt actoitqdi* Ses disciples avaient as-
sez de généÉ*o:-ité {tourne le pas abandonner
dans saprisoii; mais lui, qui éiait venu poui-
préparej' les voies ^i Srigneur et iioi pas
Alin quoM s'allacbAt à sa pei sonne, ne son-
geait qu'à lnur iaîre connailre ctlui qui seui
était tout ensemble leur libérateur et It'Ujç
inaitrë- Ayant donc auprisd*eux lesmiràdeï>
[ym lesquels Jé^us-Clit isLrend.nl son nom cé-
îùbredans tout le pays, il en envoya deux lui
demander s'il était celui que Ton attendait
dï^puis le commencement du monde, alla
} pi ils eonnnssent, par la réponse qu d leur
érait,qu il 1 e:ait etreclivemetiL Jésus-Christ
leur répondit en etlet par des miracle^: qui
-étaient des preuves dr sa ciiviaité ei de sa
nussi^>:i, plutôt que par des paroles. Et
■ quand ils furent partis, il donna de grands
iïQf^QS à celui qui semblait avoir douté
de SI qualité do Christ, afiu que personne
ne criàt que la lumière du Saint-l^^prit eût
■ manqué à saint Jerm dans la prison, où Je--
^us-Christ devait lîonuer à ses apùlres uuo
jiJus ij;randeabondanee de grâce el de Ibrce,
Méroiliaile trouva enfin une occasion favo-
rable ue satisfaire la baine qu'elle availconlro
aaint Jean, t^ar Uérode faisant u» grand
festinàceuxde sa cour lejour d -i^anaissaucei
Salomé qu'Héro luulo avait tue de sofi mari
légitiuje, niaisi^uVvlle avait élevée comme Jo
Couvait être hi tille d'unie telle mère, ou-
UanlJamn ' liquelssonàge,
sou sexe el > ^ il dû la leleiir,
entra dans la sade du lest ni et y dansa de-
.x^Jài imii^Mouû^^i&iQi CUryso&toiïigçroU
JE4
1326
I
I
I
I
I
I
L
3ue ce fut Hérodiadc môme, qui, dans la vue
e ce qui arriva, proslitiia ainsi l'honneur
de sa fdle en bu faisant faire une action qui
nï'tait difi;iic qued^une comédienne ou de
la lllle d*une adultère. Cependant celte
danse, si honteuse h une ûlle d'honneur, fut
trouvée belle, mais dans un festin, et dans
un festin diabolique selon l'expression des
Pères; aussi fut-elle récompensée par un
crime encnre plus grand que n'était cette
danse même. Car ITcrodi* ayant promis avec
serinent h la danseuse de lui do m or tout ce
qu\'lle lui demanderait, quand ce serait la
moitié de son royaume , elle courut h sa
mère, et,par soîi conseil, elle vint dire qu'elle
voulait qu'on lui donorU à rinstaiU dans un
brtssin la télé de Jean-Baptîsîc, Ilérode fut
fâché de cette demande qu'il n'attendait
pas sans donle d'une jeune bîle, car il con-
servait ttiujours quelque respect pour saint
Jean ; oiais il rougit de manquer de parole
devant tant de monde, et il ne rougit pas de
commettre Tua des plus granrls crimes qui
eût jamais été commis, 11 envoya drmc un of-
ficier h la jiHsnu en un jour de joie, au rai-
lieu d*nn festin, et à îa prière d'une jeune
fille. Qui n'eût cru que c'était pour faire
gnlce? Cependant c'était pour ôter la vie k
saint Jean-Baptiste ï et la moii du plus grand
des hommes fut le prix (ie la danse d'une
fiiîe, tut la suite d'un scrroent Aiit, sans?
penser, dans la chaleur du vii* et de la dé-
bauche, el exécuté par une piété impie et
une religion filus criminelle que nVÛt été
le parjure même. Cela n'empécbc pas quo
saint Je«-in ne st it véritablement martyr,
puisqu'il est mort pour la vérité, pour la
cliasteté et pour la uislice : ti ute TEgliso
rhaoore eo cette qualilé- On peut dire même
CD un vrai sens qu'il a soullert le martyre
pour la confession de Jésus-Cïirisf, puisque
Jésus-Christ est la vérité. La léte oe saint
Jean fut apportée h Salomé dans le lieu même
oii le festin durait encore, selon divers Pè-
res ; ce qui fait miè saint JérAme compare
cette action h celle de Flaminius, général
des armées romaines, qui lit trancher la téta
h un crimim l devant lui, dans un festin,
pour satisfaire une misérable qui n'avait
noint encore vu celle exécutif m, Salomé
donna la télé de saint Jean à sa mère, et saint
J ujH'uue ra pfïorte q ue cette fem m e, qui n'a va i t
pu ?outri ir de lui enîendre dire la vérité, lui
pcrv3i>i langue avec son aiguille de tête, com-
me la feinme d'Antoine avait fait h Cicéron.
Dieu li'ù'tlendit pas au dernier jour à ven-
ger la mort de saint Jean. liéi^Mle, comme
nous avons dilt avait répuiiié ta bile d'Arétas,
roi des Arabes ^ pour épouser Hérodiade.
Cela causa une guerre Ijésficheuse entre
ces deux princes: Hérodo y fut enfin défait
cl les Juifs mêmes reconnurent que c'était
une .juste punition de la mort de saint Jean-
Baptiste. t,)nclifue ti^raps après, Hérodiade
ne pouvant soulfrir devoir son mari simule
téU l'irsqu'Agcippa, son propre Irere
à e il le litre de roi, elle obligea Hé-
rode dV; faii'e un voya[j;e h Rome avec elle
pour demander le mÔme honneur à l'empo-
isn
lEA
reur Caïus. Mais Caïus, au lieu de satisfaire
son ambition, priva Hérode de sa tétrarchie
et le relégua à Lyon. Il voulut faire guel-
que grâce à Hérôdiade à cause d'Agrippa ;
mais elle aima mieux suivre son mari dans
le malheur où elle Vavait jeté, que de devoir
quelque chose à la considération et à la for-
tune de son frère. Un Dorothée, Nicéphore
et Métaphraste prétendent aussi que Salomé,
fille d*Hérodiade, mourut d*une manière
tragique qu'ils rapportent ; mais les anciens
n'en parlent pas, et ne disent rien de Sa-
lomé, sinon qu'elle fut mariée à Philippe le
tétrarque, son oncle paternel, qui mourut
Tan 33 ou 3^ de Tère commune. Ainsi il
fout qu'elle ait eu environ ik ans lorsqu'elle
ftit le principal instrument de la mort de
saint Jean. Autant qu'on le peut juger delà
suite de TEvangile, la mort de notre saint
arriva sur la fin de Tan 31 de l'ère commune,
ou au commencement de Tan 32, quelque
temps avant la Pâque. L'Eglise grecque et
l'Eglise latine en célèbrent la mémoire le 29
août sous le titre de sa décollation.
Les disciples de saint Jean, ajant appris
sa mort, vinrent enlever son corps et 1 en-
terrèrent dans un tombeau. L'opposition qui
régnait entre les Juifs et les Samaritains ne
souffre guère qu'on croie qu'ils l'aient en-
terré h Sébaste, capitale de fa §^marie. Il est
certain néanmoins que son tombeau y était,
lorsque, sous Julien l'Apostat, les païens l'ou-
vrirent, et brûlèrent une partie des os du
saint précurseur. Les autres furent sauvés
par quelques chrétiens qui les apportèrent à
un abbé de Jérusalem nommé Philippe. Cet
abbé, ne s'estimant pas digne de garder un si
précieux trésor, les envoya à saint Athana:»e,
qui les mit dans la muraille d'un autel eu
disant, par esprit de prophétie, qu'ils servi-
raient dans quelque temps. Cela s'accomplit
lorsque le grancf Théodose ayant ordonné
de démolir le temple de Sérapis et de bâtir
en la même place une église magnifique de
saint Jean-Baptiste, on y mit les saintes re-
liques le 27 mai de l'an 395 ou 396 selon
Tliéophane. Ce qu'il y a de plus remarqua-
ble pour les reliques de saint Jean est la dé-
couverte de son chef à Emèse, ville célèbre
de la Phénicie. Selon un écrit ancien et as-
sez bien autorisé, mais que cependant nous
n'osons pas approuver, il avait été enterré
d'abord à Jérusalem et transporté à Emèse,
dès le temps de Constantin. Ce qui est cer-
tain, c'est qu'on n'y en avait aucune connais-
sance lorsqu'il y fut trouvé en l'an fc53,dans
une caverne, delà manière que nous Talions
raconter. L'histoire en paraît aussi certaine
que miraculeuse, ayant été écrite par celui
même que Dieu a voulu rendre le témoin et
le ministre de ces merveilles.
Cet auteur est l'abbé Itfarcel, homme d'une
vie irrépréhensible, qui était illustre par sa
Biété et dont les mœurs étaient agréables à
ieu. Il était prêtre et supérieur d'un mo-
nastère voisin de la caverne dont nous ve-
nons de parler. Vers le commencement du
mois de février de l'an 453, le saint em-
pereur Marcien gouvernant l'Orient, cet
JEA m
abbé vit en songe on grand fleure qui «s-
trait en son monastère, et peu après il y tu
entrer de grandes troapes de monde en
chantaient chacune en leur langue et qui di-
saient toutes : « Voilà saint Jean-Baptisle
qui vient se montrer. » Saint Jean arriva ei
effet aussitôt après, et entra dans l'élise ci
toute cette foule vint receroir de loi la bé- ,
nédiction et le baiser de paix en lui baisot
la poitrine. Marcel y alla comme les lutrs
et lui baisa les pieds, mais saint Jean I« re-
leva et le baisa. Peu de jours après. Marte!
eut encore im autre songe où il vit saiot
Jean revêtu d'habits blancs', qui répandit
sur ses mains un vase plein de miel et es-
tra avec lui dans le monastère, précMé par
une colonne de feu. Le désir qu*eut Marai
de savoir ce que signifiaient ces songes, ft
qu'un «oir, après que les religieux eiimt
mangé (car l'on était alors dans le temps «les
jeûnes), il leur ordonna de recoaunearv
chacun le psaume qu'ils araient èdire;ic
durant qu'ils étaient assis pour ceh , Toa
deux nommé Isaac aperçut ou feu i la porte
de la caverne où était le chef de saint mb.
Lui et tous les autres , effrayés, courorei
k Marcel, qui leur dit de faire le signe de h
croix et les rassura, se doutant bien ooe c'é-
tait une suitedes songes mystérieux qa iimil
eus. Le cinquième jour après, qui était leé-
manche , 16 de février , le prêtre ttkmt.
abbé d'un monastère voisin nommé Idt-
gales et Darome, et qui était ou Teia^
et le chef des monastères du diocèse d'Elite,
ou le chorévèque de ce quartier-là, viitf (m-
ver l'évèque nommé Urane, et lui iyto>
Îu'il était k propos d'unir au momt*
[arcel la caverne qui en était proèht.\iV
véque y ayant consenti, Etienne dès k V»-
demain matin vint en mettre Marcel CB||air
session, en présence de plusieurs léaMBi.
Il en ouvrit la porte qui était fermée à dé\
ils y entrèrent ensemnlo et y firent oras(a.
Comme elle était en mauvais état,Bie&M
récommanda à Marcel d'en avoir soin* ^
Marcel commença à l'heure même d j tra-
vailler avec ses frères.
Le jour suivant, oui était le mardi 18^
Trier, lorsque Marcel dormait après les pri^
res de la nuit, il fut éveillé comme par (ftà-
qu'un qui le frappa trois fois, et il entendit
une VOIX qui lui disait : « Dieu me doniie à
vous; suivez l'étoile qui tous conduira. il
vit en même temps une étoile de feu i h
porte de sa chambre. U se leTa dans mi
grande frayeur et suivit l'étoile qui s'ant-
çait toujours devant lui. Il fallait passer p^
sieurs portes qui se trouvèrent toutes et-
Tertes, et l'étoile le conduisit enfin joaqs i
une voûte qui était dans la caTeme. 11 s>
prosterna contre terre et y demeura tooe-
temps en oraison. U retourna ensuite en »
chambre, et lorsque le jour fut Tenu, et aœ
deux abbés qui avaient couché chez loi k-
rent partis, il prit l'encensoir avec uo pic, ei
s'en alla en priant au Heu que rétoile !«
avait marqué. U commença à défaire la voâif,
au-dessous de laquelle il trouva quanta de
sable, et sous le sable une grande toda^v
tm
jfiÂ
JKÂ
issa
couvrait une plaque de marbre. Il leva cettô
plaque* sous laquelle il vit une urne^ et dans
t celte urne était la tète de saint Jean, c[ui
avait encore ses cheveiiï. Il alluma aussitôt
\itie lampe^ mit de Fencens dans Tencensoir,
adora Dieu datis une joie mêlée de craïute,
et puis recouvrit Turnc avec la pîaque de
marbre. Il sortait, ce semble, de la caverne
lorsqu'il rencontra le diacre Gennade, abbé
d*un monastère voisin, qui J y fit rentrer
comme pour lui parler en particulier. En
^ITet, après qu'ils eureot prié ensemble et
qu'ils se furent embrassés, Gennade lui dit
qu*il Tarait vu dans une vision occupé avec
lui, dans cette caverne même, à distribuer
tdes pains d'une blancheur eitraordinaire à
'Vn nombre infini de personnes qui leur en
YenaietU demander. Comme cette vision con-
firmait ce qui était arrivé, Marcel crut devoir
déclarer tout à Gennade, qui en fut fort
[étonné, Marcel lui montra aussi le lieu où
rétait la relioue- Ils allèrent ensuite ensemble
[chercher Taobé Etienne k Darome, afin qu'il
Fen avertît Tévêque. Mais Etienne était allé
^visiter les monastères de la campagne. Mar-
cel envoya pritT le diacre Cyri/«que, qui était
[encore un autre abbé, de le venir voir pour
[lui dire la chose. Il vint et leur rapporta une
^ision qu*il avait eue lui-même, toute sein-
T>labie à celle de Gennade; ap es quoi, s*é-
lant mis en prières, Marcel lui rapporta com-
ment saint Jean s'était découvert à lui.
Marcel et les deux autres abbés passèrent
cinq jours de la sorte» en attendant toujours
Su'Eticnne revint, pour en parler à Tévêque
rane. Mais, le samedi au soir, Marcel se
sentit tout d'un coup frappé au genou, et en
môme temps tomba dans une jjaralysie très-
douloureuse qui le tenait tout courbé, sans
qu'il se pût remuer. Gennade et Cyri tque lui
représentèrent qu*il avait trop tardé è parier
à révèque. Etant ensuite allés h vêpres, ils
lui dirent, à leur retour, qu'ils avaient pro-
mis à saint Jean, avec sei ment, de faire aver-
tir révêque dès le lendemain, avant que le
soleil fût levé. Il les en remercia, et en même
temps sa douleur se dissipa. Dès le lende-
main donc, qui était le dimanche, Marcel et
Cyriacpie allèrent trouver Urane, qui reve-
nait de matines. Ils lui dirent que Dieu leur
avait découvert le chef de saint Jean-Bap-
tiste, et lui rapportèrent toutes les visions
que nous avons dites ; de quoi il fut ex t re-
niement surpris. Il promit d'y aller dès le
lendemain , ordonnant qu'on n'y touchât
point cependant, et qu*on tint la chose se-
crète» il vint elfectivement le lundi avec les
prêtres et les diaeres, qui, étant arrivés, se
prosternèrent pour adorer Dieu. Un prêtre
nommé Malc témoigna douter que ce fût vé-
ritablement le chef du saint précurseur. Mais
j ayant voulu porter la main, il n'eut pas
plutôt louché auK cheveuic, que sa main de-
vint sèche et demeura attachée au bord de
l'urne. Elle se détacha après qu'on cul fait
beaucoup de prières pour lui, et demeura
néanmoins paralytique, Urane, assisté de
tous ceux qui l'accompagnaient, leva l'urne
liTe<; l© saiçt chef qui était dedans, et le
L
transporta daus la sacristie de la cjitbédrale,
en altendanl qu'on eût bâti une nouvelle
église pour le mettre. La nouvelle église de
Saint-Jean fut bientôt bAtie, et ou y Irans-
pni'ta le chef du saint avec utte procession
solennelle, le 26 octobre de la môoie année.
Le prêtre Malc eut sa main entièrement gué-
rie dans cette solennité, en la mettant sur
l'urne où était la relique, selon Tordre qu'il
en avait eu de saint Jean rn^tne, dans une
vision. Cette église de Saint-Jean était dans
le monastère de la caverne où on avait
trouvé son chef. L'église qu'Drane avait fait
faire auprès d'Eraèse, pour mettre le chef •
de saint Jean, ne pouvait pas être fort consi-
dérable, puisqu'elle avait été commencée el
achevée en peu de mois. Soit donc qu'elle mt
parût pas assez belle, soit qu'elle eût élé rui-
née, ou par les ffiierres, ou par la longueur
du temps, on en bâtit depuis une luagnilique
dans la ville, où Ion ftl une cave, et on y
trans[>orta le chef du saint précurseur eu
Tan 760, qui était le vinj^tième de Constan-
tin Copronyme. 11 y était encore révéré des
fidèles vers l'an 800. On croit que le chef 4le
saint Jean fut depuis transféré d'Kmèse à
Comane dans le Pont, et de là à Coaslanti-
nople. L'église d'Amiens prétend en avoir
aujourd'hui une grande partie^ c'est-^-dii^
toute la face jusqu a la l»ouche, et lavoir re-
çue le 17 décembre 120<ï, par le moyen dô
Walun de Sarton, Fuude ses chanoines qot^
s'élant trouvé l'an ÎMï à ïa prise de Cons-
tanlinople |>ar les Français, rencontra cetl^
relique dans les ruines d'un vieux palais.
(Tillemont, Ilist. eccL, t. 1, p. 8^, passiw.]
JEAN, Tuu des principaux d'entre les Juifs
en 33, siégeait dans le sanhédrin quand,
après le miracle de la guérisou du boiteux,
saint Pierre comparut devant ci; iribunal. On
ne sait pas précisément quel élait ce Jean :
Baronius veut çiu'il soit fils d'Anne, auquel
saint Luc radjoint en cette circonstance, en
même temps qu'à Caiphe et à Alexandre.
Pearson et quelques autres interprètes son!
du même avis (jue cet écrivain. Oi peut dire^
contre leur opinion, que parmi les cinq en^
faiits d'Anne qui furent graïuis pontifes, il
n*y avait point de Jean (Voy. ies Juifs^ § 5),
et on voit par Josè(»he qo^Vn le n uut pas
d'autres fils que ces cinq persnnuagt^s. Dans
le passage que cite Baronius {hel. I. ir, cIl 25»
p. 822 e), et où il est en ell'et parlé d'un Jean»
il y est appelé non pas fils d'Anne ou d'Ana-
nie, nom que rloune toujours Josèphe au
beau-père de Caipbe, mais Ananias, qui fut
grand prêtre en Fan 58, alors que saint Paul
fut arrêté h Jérusalem. Son tils pouvait déjà
siéger dans 1 assemblée du sanhédrin en 33.
Sans garantir ces explications, nous les
croyons, jusqu^à preuve contraire, les plus
fondées, les plus admissibles.
JEAN (saint), apôtre, évangéliste f>l mar-
tyr, fils de Zébédee, frère de saint Jacques
le M.Hieur, était natif de Bethsaide en Gali-
léc. Il était pécheur, et âgé de 25 ans à peu
Ttri^s, quand il fut ap|;jelé ix répiscopal. Il fut
le disciple chéri du hauveur, qui lui recom*
manda sa mère eu mourant. Après la Peiv—
1581
lEA
tecOte, il fut arrôlé avec saint Pierre et mis
en prison parles magistrats du temple et les
Saducéens {Voy. Pierre). Le lendemain ils
comparurent devant les princes des prôtres,
les anciens et les scribes, qui, celte fois,
après les avoir interrogés et fortement me-
nacés, les renvoyèrent.
Quelque temps après, ils furent arrêtés de
nouveau et mis eu prison. Un ange vint les
délivrer; ils ise rendirent au temple pour v
enseigner le peuple. Ce fut là que les sol-
dats envo vés pour les prendre les rencontrè-
rent; ils les amenèrent sans violence devant
Je conseil. Saint Jean, comme saint Pierre,
répondit à la défense qu'on lui faisait d'en-
seigner au nom de Jésus-Christ, « qu'il fal-
lait obéir à Dieu plutôt (ju'aux hommes. »
Ce fut dans celte occasion que Gamaliel,
docteur de la loi, prononf;a en faveur des
apôtres un discours plein de sagesse, à la
euite duquel on les renvoya, en se conten-
tant de les faire battre de verges, au lieu de
les faire mourir, comme on en avait eu des-
sein d'abord. Saint Jean assista plus tard au
concile de Jérusalem (en 51) : il alla prêcher
l'Evangile dans l'Asie Mineure, chez les Par-
thes, et enfin, vint se fixer à Ephèse^ dont il
fut le premier évoque. Arrêté en 95, il fut,
par ordre de Domitien, amené à Rome et
-plongé dans une cuve pleine d'huile bouil-
lante ; mais il en sortit aussi sain qu'il j
itait entré. On marque encore, auprès de la
fjorte Latine, l'endroit où ce grand miracle
•'accomplit : on y voit des monuments com-
«émoralifs qu'y a élevés la piété des fidèles.
L'évidence de ce miracle, sa notoriété, tout
aurait dû ramener Domitien; mais il y a des
aveuglements sur lesquels rien n'opère. Dieu
peut-être a déjà retire sa main, la punition
68t commencée. Domitien bannit saint Jean
à Pathmos, dans la mer Ej^ée : ce fut là qu'il
écrivit son Apocalypse. Nerva, successeur
de Domitien, ayant rappelé les exilés, saint
Jean revint à Èphèse. Ce fut là qu'il écrivit
•on Evangile, et peut-être ses Epitres.
Il vécut jus ju'à une extrême vieillesse, et
•'éteignit paisiblement sous Trajan, l'an 100
de J.-C., à Vâge de quatre-vingt-quatorze ans.
Quoiqu'il soit mort en paix, ce qu'il a souf-
fert a suffi pour que l'Eglise Thonorât comme
martyr. Elle fait sa fête le 27 décembre.
JEAN (saint), martvr à Ephèse, est fêté par
l'Eglise le 27 juillet.'ll est lun des sept dor-
mants dont saint Gréi^oire de Tours nous a
donné une histoire. Voy, Dovl^a^ts {Les sept),
lEAN (saint), souffrit à Cordoue, avec son
frère Adolphe, durant la persécution des
Arabes. L'Eglise fait leur mémoire le 27 sept.
.JEAN (saint), évêque et confesseur, souf-
Mit à Autun. Nous le trouvons inscrit au
Martyrologe romain le 29 octobre.
JEAN (saintj, eut la gloire de verser son
•jag à Tomes dans le Pont, av. c ses frères
•érapion, Pierre, et leurs parents Marcellin
•t Mannée. Les Actes des martyrs ne nous ont
«onseryé aucun document authentique sur
eux. L'Eglise fait leur mémoire le 27 août.
^ JEAN (saint), martyr, versa son sang en
Afrique, pour la défense de la religion. Il
lEA m
eut pour comnagnons de son martyre Vn
saints André, Pierre et Antoine. L'Eglise cé-
lèbre leur mémoire le 23 sopleiubre.
JEAN (saint), fut martyrisé en Tose^at
avec saint Festus, dans des circonslantesri
à une époque qui ne soal point parv^no^
jusqu'à nous. L'Eglise fait collectivemeatk
fête de ces deux saints le 21 décembre.
JEAN (saint), martyr, répandit son saig
pour la foi à Rome. 11 eut pour comna^>a
de son martyre saint C jr. Ils furent déc^k-
tés après avoir enduré diflr<.^rents tourmtnts
L'Eglise célèbre leur niémoire le 31 jaDriv.
JEAN (saint), martyr, soulfril en Afrique,
avec les saints Claude, Cris;>ia, Magin- ti
Etienne. L'Eglise fait leur fêle le 3 déceoiL
JEAN (saint), martyr, était fils d'un per-
sonnage foi t illustro de Rome, nommé jUr-
cien. Etant venu à mourir, il fut ressu^dié
par saint Abonde et saint Abondance, lepr^
mier prôtre, le second diacre. Tous quatre
furent mis à mort sur la voie FlaminieDoe,
du temps de l'empereur Dioclétien. Ds s*jDi
collectivement honorés par rEi;lise le 16iéc-
Jtembre; ces faits sont racontés d'après le
Martyrolpge romain. Quand de pareilles ci*-
ses sont avancées, nous aimer.onsàlesfoir
étayées par de fortes preuves. 11 parait exln-
ordinaire en effet que la Providence per-
mette qu'un homme soit xessuscité (KMirêtre
immédiatement mis à mort. Somme tooU^
le fait peut être vrai, il nous reste, conce
toujours en cas pareil, à incliner notre falUe
intelligence devant Celui dont les %^aml
impénétrables.
JEAN (saint), martyr à Nicomédie^tf J4
sous Je règne de Dioclétien. Ce tynBi]tf|
fait afficher dans Nicomédie « un ki^^
déclarait infAmes tous ceu3. qui professu^i
la religion chrétienne. ; qui les soiuuri-^i
aux tortures, de quelque coudi lion Qu'ils
fussent ; qui autorisait toutes sortes dep«-
sonnes èi les accuser ; qui dt-feudail aui j>
ges de recevoir d*eux leurs plaintes, ^ur
cause d'injure, d'adultère et d(* vol ; qui îtfii?
Atait eijQn la liberté et la faculté de {^Ic:;
un particulier plus courageux que jîrudcii
arracha l'édit et le mit eu pièces, en sc oio-
quant des $urnoms de Gothique et de Stna-
tique, que s'arrogeaient les empereurs. D
fut arrêté, appliqué à la question, et bûleà
petit ft'u : supulice qu'il souffrit avet; une
patience admirable. » Tel est le récit deLac-
tance. Comme on le voit, cet écrivaiu m
nomme pas le chrétien plus courageuj qui
«rudent dont il parle ; mais Ûsuard, AJuo*
otker et plusieurs autres le nomment pix^i-
tivement Xean. Nous avons déjà eu Toccasioa
de nous expliquer souvent sur des a<le> j»*-
reiLs à celui-ci. L'expression : plus couroga
Îue prudent, qu'emjuoie Lactance, nous fon*
nous prononcer encore. Jean, en arraci*ai4t
Fédit, certains saints ou saintes, en sejeî-Jit
dans les bûchers, en se présentant eui-u*«-
mes aux persécuteurs, agissaient en diLurt
des règles ordinaires, et les évèques prûuOih
cèient, à une corlaine époque, ijei> i>eme>.^
yères contre leurs imitateurs. (îe|>ciiii*a^
TE^Iise admet que, dans certains cas exc^
lîonnels , le Saînt-EsprU a pti inspirer une
telle conduite. 11 faut dire aussi qu'U est ar-
Pîvé sans doute que des sufnls airinl agi ainsi
sans inspinilion, par ignorance des règles,
aiais avec une grande droiture de conscience,
>«ns ce cas, riiitenlion couvrait roubli des
ïgles, et le martyre d*ailleurs épurait ce
^qu'il pouvait y avoir d^iiuparfait dans l'acte*
Saint-Jean est hrmnré par rEglise avec saint
Anthime le 7 septembre.
JEAN (saint), martyr, Tun des quarante
martyrs de Sébasle,sousLicinius.(foîf. Mar-
tyrs I>E SÉitASTE.)
JEAN (saint), évêque de Bcth-Sélcucie, en
Perse, fut martyrisé sous le mi Sapor, à peu
près en l^-ïn 3W, par t'ordre d*Ardacirus,
iïrince persan, {Voy\ Naesès,) La fête de saint
^ean a litni le 30 novembre.
JEAN (saint), pri^tre et martyr, fut déca-
pité, sous Julien TApostat, siir Fancienoe
voie Sahrla, devant Tidole du Soleil. Son
corps fut enterré par le bienheureux Con-
I corde, prêtre, près du lieu appelé les cnncî-
les des martyrs- I/Ei*Hse Tlinnore le 23 juin.
f JEAN (saint), était ofticier d.ins les armées
jflo Julien l'Apostat, avec saint Pau!, Tous
Mruî furent décapités ]mur la foi chrétienne,
ton Fan de Jésus-Christ 362, par Fordre de
ce prince. Ce fut sous Apronieu, préfet de
Rome et ennemi achiirné des chrétien'^, qu'ils
subirent leur martyre. IVoy. Uondininus» de
mnclo Jomine et Paul o A L'Eglise célèbre la
LBf&te de ces deux saints le 26 juin.
^ JEAN CHHYSOSTOME (saint), naquit à
Antioche» vers Fan 3i7 d*iine des pi-t'itiicres
^forjiilles de la ville. Sun père, nommé Second,
Htolâit illustre parmi les ofiiciers généraux
^ae la Syrie. Sa famille, quoi qu ou en eût dit,
était cnrélicnne. Etant encore en bas Age, il
perdit son père; sa mère n'avait que vingt
ans quand elle devint veuve : elle ne voulut
pas se remarier. Doué d'une grande énergie
de volonté, saint Chrysnstome résolut de so
Touer au servce des saints autels. Renon-
çanl au monde, il vécut quasi dans la re-
Irrite chez sa mère. Vers 370» saint Méléco,
îvéque dAntîoche» le baptisa et l'ordonna
lecleur. H se livra ardeninient à l'étude de
rKcriture sainte : il eut pour maître le cé-
lèbre Cartère. IJé avec saint Basile d'une
Iroite amitié, il le décida à accepter Fépis-
nat qoe les évoques de Syrie, assemblés
Aritioctie, leur olîVaicnt à Fùn ou 2i l'autre.
Afirès cela, il passa sii années chez les se-
ctaires, dans les nionlagnes d'Aniioche, Re-
renu il Antioche au bout de ce temps, il y
'îçut le diaconat, et au bout de cinq autres
nnées, il fut ordonné prêtre. L'évoque Fla-
icn le chargea tout à fait du ministère de
I prédication. Ce fut au suprôme talent
îu'U y montra qu'il dut le surnom de Chry-
iostome, c'est-à-dire bouche d'or^ sous le-
luel il est le plus généralement connu. Il
lut aussi remarquable par sa sainteté que
par son éloquence, 11 attaqua dans ses ser-
uious les aooméens, gui i>réteodafeut être
dans la vérité eu no croyant que ce qu'ils
voyaient, et qui, par conséquent, détnii-
■«aient complètement la foi. Ce fut en graudo
partie en sa faveur que Fempereur Tliéodose
l>anJonna aux habitants d'Antioche, qui
avaient abattu sas statues. Le saint avait fait
à ce sujet un certain nombre de sermons
pour leur démontrer la culpabilité de leur
conduite, et leur prêcher le respect de Fau-
torité.
Jusqu'à Fannéo 397, il resta à Antioche^
prêchant, catéchisant, accomplissant avec la
plus grande distinction tes fonctions du saint
ministère. Ce fut dans les derniers jours de
cette année qu*il fut élu évèque de Cnns-
tantioople. Il travailla beaucoun à réformer
les désordres de son clergé, ôta de leurs
fonctions plusieurs mauvais ecclésiastiques
pour en mettre de bons. Il lit fermer les
temples des idoles à Gaza, éteignit le culte
des idoles dans la Phénicie* En 400, il tint
un grand concile à Ephèse, déposa six évo-
ques simouiaques avec Géronce de Nico-
médie, et quelques autres eticore.
Jusqu'ici nous n'avons fait que l'abrégé
très-restreint de la vie do saint Jean Chry-
soslome; sa vie entrant dans Fère des persé-
cutions, nous devons nous étendre davan-
tage. Son austérité, la rigidité de ses pré-
ccfites, la conduite eiempTaire et droite qu'il
exigerait de son clergé nabi tué aux lâches
complaisances de la plupart de ses prédé-
cesseurs, l'avaient fait détester du peuple de
Constantinople et surtout des ecclésiastiques.
Parmi ses ennemis, on compte surtout plu-
sieurs prêtres et cinq diacres. Parmi les
prêtres , on remarque principalement un
nonnué Paterne, préire de Constantinople ;
Eugène, qui, en récompfMise de ses calom-
nies, lut nommé évèque d'Héracîéc; Attique>
qui devint évèquc intrus de Conslantinoplo
quand le saint dont nous écrivons la vie ea
eut été chassé. Ses ennemis, à la liMe des-
quels était Théophile d'Alexandrie, assem-
blèrent au Chêne, bourg voisin de Constan-
tinople un conciliabule d'environ trente
évoques pour juger saint Chysostome. On
articula contre le saint évèque dii-huit
chefs d'accusation qui furent successive-
ment examinés*
H PîtuI, évèque d'Héraclée, présidait au
concile, apparemment comme ancien mé-
tropolitain de Thracejcar Byzaoce dépen-
dait d'Héraclée, avant qu'elle fût Constan-
tinople. Il prit les voix de tous les assistants»
cm nombre de quarante-cinq, commençant
par un évèque nommé Gymnase, et finis-
sant par Théophile d'Alexandrie. Ils pro-
noncèrent la déposition de saint Jean Cnry-
soslome. Puis us écrivirent une lettre &y^
nodale au clergé de Constantinople et une
autre aux empereurs. Géronce, Faustin et
EugfiomonOt trois évoques qui se préten-
daient injustement déposés par saint Ghry-
sostome, présentèrent encore trois requêtes,
Géronce est sans doute celui de Nicométiie,
dont j'ai rapporté Ftùstoire. Ensuite le coû-
cilo reçut la réponse de Fempereur. Ainsi m
termina la douzième séance.
<v Le seul prétexte de la condamnation do
saiût Chrysostome fut la contumace, et
qu'ayant été auatre fuis appelé par le coucile »
i8S5
JCA
il n'arait point touIu se présenter. Aussi la
lettre ou relation à Tempereup commençait
par ces mots : Comme Jean accusé de quel-
ques crimes, et se sentant coupable, n'a pas
voulu se présenter, il a été déposé selon les
lois. Mais parce que les libelles contiennent
aussi une accusation de lèse-majesté, votre
piété commandera qu'il soit chassé et puni
Sour ce crime; car il ne nous appartient pas
, 'en prendre connaissance. Ce crime était
d'avoir parlé contre l'impératrice, et l'avoir
nommée Jézabel. Au reste, on voit ici que
les évoques n'osaient en connaître, car
auelque injuste que fût d'ailleurs le procédé
e ceux-ci, les plus zélés défenseurs de saint
Chrysostome ne les blâment point sur cet
article. L'empereur donna un ordre con-
forme à la demande du concile pour chasser
saint Chrysostome de l'église et de la ville
de, Constanlinople. Cet ordre fut exécuté
promptement, parce que le saint évoque ap-
£elait de ce concile à un jugement plus juste.
1 fut chassé de Téglise par un comte ac-
cx)mpagné de soldats; et le soir bien tard,
suivi de tout son peuple, il fut traîné au
milieu de la ville par un de ces ofDciers q^ue
Von nommait curieux, et jeté dans un vais-
seau, qui le porta en Asie pendant la nuit. Il
arriva dans une maison de campagne près do
Prénète en Bilhynie.
o Mais cet exil ne dura qu'un jour. La
nuit suivante, il survint un grand temble-
Bient de terre, qui ébranla môme la chambre
de Tempereup. J/impératrice épouvantée le
pria de rappeler le saint évoque, et lui écrivit
elJe-raôrae en ces termes : « Que votre
sainteté ne croie pas que j'ai su ce qui s'est
passé. Je suis innocente de votre sang. Des
hommes méchants et corrompus ont formé
ce complot. Dieu est témoin des larmes que
je lui offre en sacrifice. Je me souviens que
mes enfants ont été baptisés par vos mains. »
Sitôt qu'il fut jour, elle envoj^a des officiers
le prier de revenir au plus vite à Constan-
tinople pour y faire cesser le péril. Mais
comme on ne savait oii il s'était retiré, après
les premiers on en envoya d'autres, et d'au-
tres encore après ceux-là, en sorte que le
Bosphore était plein de ceux qui le cher-
chaient. Le tumulte était grand à Constan-
tinople. Ceux môme qui avaient été opposés
îi saint Chrysostome en avaient alors pitié, et
disaient qu'il avait été calomnié. Ils criaient
contre l'empereur et contre le concile,
et reconnaissaient la conjuration de Théo-
phile. Sévérien de Cabales augmenta en-
core Je désordre. Car, prêchant dans une
église de Constantinople, il crut bien prendre
son temps pour blâmer saint Chrysostome,
et dit que quand il n'aurait pas été convaincu
d'autre chose, sa hauteur suffisait pour le
déposer. Car, disait-il, tous les autres péchés
sont rerais aux hommes ; mais Dieu résiste
aux superbeSf selon l'Ecriture. Ce sermon
émut encore plus le peuple. Il ne pouvait se
contenir ni dans les églises ni dans les pla-
ces; il s'avança avec de grands cris jusqu'au
pa ais, demandant que Tévôque Jean fût rap-
pelé. I^'eunuque Bnson, polaire de l'empç-'
ï
«ik m
reur, fut envoyé en diligence; on troBn
enfin le saint évoque à Prénète, el (roiDdii
peuple l'eut appns, il courut aa-deni^ .
l'embouchure <le la Propontide fut bimk
couverte de bâtiments; tout s*embarqiiiit,
jusqu'aux femmes, tenant leurs enfants ofiR
leurs bras. Ainsi saint Chrysostome mis,
comme en triomphe, accompagné de phisà
trente évoques.
« Mais il ne rentra pas d'abord à Coostn-
tinople ; il s'arrêta oans on bourg dob»
Marianes, en une maison de rimpéntho.
s'excusant de rentrer dans la rille, jasai
ce qu'il eût été justifié par un concile y^m
nombreux. Le peuple ne put souffrir ce n>
tardement. Il s emportait contre la cour,«
força le saint évoque à rentrer. Ils allèrec
au-devant, chantant des cantiques composés
exprès, et portant des cierges allumés; &
l'amenèrent dans Téglise ; et quelque pro-
testation qu'il pût faire que la sentence pro-
noncée contre lui devait être révoquée ifii
qu'il reprît ses fonctions, ils le cootnis»-
rent de leur annoncer la paix» et de i&ooîff
sur son siège, tant ils avaient de passia
d'entendre ses instructions. Alors il les i
sur-le-champ un discours que nous nrn
encore, et qui commence par une coÊOt-
raison de son église avec Sara* et de Th»-
phile avec le roi d'Egvpte, qui avait Toatah
corrompre. Il y loue l'affection de son pet-
f)le, et témoigne sa reconnaissance pov
'empereur, particulièrement pour Tiii^
trice. Il n'ouDlie rien de ce qu'elle a?iit fà
f^our procurer son retour : la lettre aadb
ui avait écrite, le compliment qo'eOeM
avait fait faire à son arrivée, ses iostMtf
auprès de l'empereur pour le nppeier.û
discours .attira de si grands àppùai»
ments, que saint Jean Chrysostome Jf/i^
l'achever. » (Fleury, t. II, p. 157.)
Bientôt après, l'impératrice Eudoikttf^
dresser à Constantinople une statue (Tafat
On la mit sur son piédestal devant le pte
Où se tenait le sénat, et tout près de Y^
Sainte-Sophie. A la dédicace de cette sUtic
ainsi qu'on avait l'habitude de lefÛre^oo»
livra a des réjouissances publiques utm-
pagnées de danses et de sp^Hacles (Tks-
trions. «Le service divin, dit Fleafv,^
était troublé. » Tillemontdit seulemeôtose
le saint y vit une atteinte au respect qi«
lui devait. Il céda au zèle ardent <kii(^
brûlait pour la maison de Dieu, et dans*
sermon véhément, il attaqua non-seule»^
ceux qui se livraient à ces amuseiMitt^
mais encore ceux oui les avaient ordoosês.
L'impératrice en fut fort en colère et ^
témoigna. Alors l'évèque fit un sernKBj*
commençait par ces mots : Voici mc^nÈ*-
rodiade en fureur^ la voilà encore mO^
et qui demande la tête de Jean, Lacouriiî
fort mécontente et une nouvelle ooospir»t>^
fut organisée contre Jean Chrvsostome. U>
ennemis du saint écrivirent à Tiiéophile pi^'
qu'il vînt les conduire, « ou du moias .^
fournir quelque raojen de comme»»
Théophile n'osa retourner à Constaotiii^
;e souvepaut de la manière dont il$ea<!^
ISSi
SKk
JEA
wi^
sauvé ; mais îl y envoya trois évoques^ Paul,
Pemen, et un troisième ordonné depuis peu;
et les chargea des canons du concile d An-
tiocho, tenu à la dédicace en 3i^l.
«Ces évéques, étant arrivés, appelèrent
de Syrie, do Cappadoce, de Pont et de Phry-
fie, tous les métropolitains et les autres
vèques, et les assemblèrent à Constantino-
p)e. Les principaux de ceux qui s'y trouvè-
rent, furent : Léonce d'Ancyre en Galatie,
Ammonius de Laodicée en Pisidie, Acace de
Bérée, Antiochus de Ptolémaïde en Syrie,
Brison de Pbilippopolis en Thrace. Etant ar-
rivés à Constantinople, ils communiquèrent
avec saint Jean Cnrysostome, pour ne pas
faire comme les premiers, mais la cour le
trouva mauvais. Aussi la fête de Noël étant
venue, Tempereur n*alla point à Téglise k
Tordinaire, et fit dire à Jean qu'il ne com-
muniquerait point avec lui qu il ne se fût
justifie. Théodore de Thyanes était venu
comme les autres & Constantinople, mais,
•yant appris la conjuration formée contre
saint Jean Chrysostome, il s'en alla sans
dire adieu, retourna à son église, et demeura
jusqu'à la fin dans la communion de saint
Chrysostome et de l'Eglise romaine. Au con-
traire, Pharétrius, de Césarée en Cappadoce,
ne sortit point de chez lui, et ne laissa pas
de s'unir par lettres aux enixpmis de saint
Chrvsostome.
t Dans ce second concile composé d'évè-
gues séduits par les libéralités de la cour,
il ne fut plus mention des premières accu-
sations, dont saint Jean Chrysostome offrait
hardiment de se justifier; mais pour lui
6ter tonte défense, on s'atfacba aux canons
du concile d'Antioche, c'est-à-dire au qua-
trième et au douzième. Le quatrième portait :
« Si un évéque déposé par un concile ose
s'ingérer dans le ministère, pour servir
comme auparavant, il n'aura plus d'espé-
ranee d'être rétabli dans un autre concile, et
ses défenses no seront plus écoutées. » Et le
douzième : «Si un éveaue déposé par un
concile ose importuner l'empereur, au lieu
de se pourvoir devant un plus grand concile,
il sera indigne de pardon; on n'écoutera
point sa défense, et il n'aura point d'espé-
rance d'être rétabli. » Les ennemis de saint
Chrysostome prétendaient qu'il était dans le
cas de ces canons, étant rentré dans son
siège sans avoir été justifié par un concile.
Ses amis soutenaient que ces canons avaient
été fhits par les ariens contre saint Atha-
uase; que le canon auatrième, comme in-
t'uste, avait été rejeté à Sardique par les
lomains, les Italiens, les lllyriens, les Ma-
cédoniens et les Grecs.
« Alors Ammonius de Laodicée, et Acace
de Bérée, joints à Antiochus de Ptolémaïde,
Cyrin de Chalcédoine, et Sévérien de Caba-
les, allèrent trouver l'empereur, et lui pro^
posèrent de faire venir dix évoques du parti
ne Jean, car il y en avait plus de quarante,
EUT convcMiir de l'aulorilé <le ces canons.
p»de, évoque de Laodicée en Syrie, vieillard
Ténérable par sa vertu et par ses cheveux
Mancs, vint au (Kilais avec un autre évè(}ue,
nommé Tranquille ; et ils dirent à Tempe ^
reur : « Jean n'a point été déposé juridique-
« ment la première fois, mais seulement
% chassé par un comte ; il n'est point rentré
« de lui-même dans son siège, mais par
« votre ordre, porté par un de vos notaires :
« et quant aux canons que l'on produit
« maintenant , nous montrons que c'est
« l'ouvrage des hérétiques. » Comme les
ennemis de saint Chrysostome continuaient
de disputer, criant confusément, s'agitant
devant l'empereur, Elpide, profitant d'un
petit intervalle de silence, lui dit dou-
cement : «Seigneur, sans tant importuner
« votre clémence, faisons ceci : que nos
« frères Acace et Antiochus souscnvent les
« canons qu' ils proposent comme faits par
« des orthodoxes, et qu'ils disent : Nous
« sommes de la même foi que ceux oui les
« ont dressés, alors notre dispute sera unie. »
L'empereur, frappé de la simplicité de cette
proposition, dit à Antiochus en souriant :
« 11 r\*y a point de meilleur expédient. » Sé-
vérien et sa cabale changèrent de couleur,
et se regardèrent les uns les autres. Toute-
fois, pressés par la circonstance du lieu,
ils promirent de souscrire, et se tirèrent
ainsi d'embarras ; mais ils ne tinrent pas
leur parole.
« Neuf ou dix mois se passèrent dans ces
poursuites; et cependant saint Jean Chryso-
stome tenait ses assemblées avec quarante-
deux évoques , et le peuple écoutait tou-
jours ses instructions avec une merveilleuse
affection. On rapporte avec raison à ce
temps-là une de ses homélies sur l'épttre
aux Ephésiens, où il montre que le schisme
n'est pas moins dan^^ereux que J'hérésie, et
parle fortement contre les évêques qui se
séparaient de lui sans sujet, et renversaient
par leurs entreprises l'ordre de la hiérar-
chie. Ensuite il s'adresse aux femmes en
particulier, et leur dit : « S'il y en a quel-
le qu'une qui veuille se venger de moi, je
« lui en ofonnerai un moyen pernicieux,
«c Donnez-moi des soufflets, cracnez-moi au
« visage devant tout le monde, chargez-moi
« de coups. Quoi I vous frémissez, quand je
« vous dis de me donner des soufflets, et
1 vous ne frémissez point de déchirer le
« corps de votre maître?» Les ennemis de
saint Chrysostome , voyant le crédit qu'il
avait, et craignant, que ce schisme ne pro-
duisit quelque sédition, firent publier une
loi, qui défend à tous les officiers du palais
de se mêler aux assemblées tumultueuses,
comme ils appellent, sous peine de priva-
tion de leurs charges, et de confiscation des
biens. Cette loi est donnée à Constantinople
le quatrième des calendes de février, sous le
consulat d'Honorius et d'Aristenète, c'est-
à-dire le 29 de janvier W)fc.
« Le carême étant venu, Antiochus et^sa
cabale eurent une audience secrète de l'em-
pereur, et lui firent entendre que Jean était
convaincu, et qu'il devait donner ordre de
le chasser avant la fête de Pâques. L'omne-
reur Arcade ne put leur résister, et Ht clire
à saint Chrysostome de sortir de l'églisCr ^
1859
EA
JEA.
m
répondit : «t J'ai reçu de Dieu cette église,
< pour procurer le salut du peuple, et je ne
«puis l'abandonner; mais comme la ville
« est à vous, si vous voulez que je quitte,
« chassez moi de force, afin que j'aie une
K excuse légitime. » On envoya donc du pa-
lais, non sans quelque honte, des gens qui
le chassèrent, avec ordre de demeurer ce-
pendant dans la maison épiscopale. Ils atten-
cIMent, dit Pallade, si la vengeance divine se
déclarerait, pour le rétablir dans l'église, en
cas d'accident, ou le maltraiter de nouveau,
le jour du grand samedi ou lui dénonça
encore de sortir de l'église; il réponcfit
comme il devait. L'empereur, craignant la
sainteté du jour et le tumulte de la ville,
envoya quérir Acace et Antiochus, et leur
dit : « Que faut-il faire ? prenez garde que
« vous ne m'ayez donné un mauvais con-
« seil. » Ils répondirent hardiment : « Sei-
« gneur, nous prenons sur notre tôle la dé-
« position de Jean. »
«Les q^uaranto évêq"ucs qui lui demeu-
raient unis se présentèrent dans les églises
devant l'empereur et rimi>6ratrice, les priant
avec larmes d'épargner l'Eglise de Jésus-
Christ et de lui rendre son évoque ; princi-
palement à cause de la Pâque et de ceux qui
devaient être baptisés, étant déjà tous in-
struits. Ils ne furent point écoutés; mais
Paul de Cartéia dit hardiment à l'impéra-
trice : « Eudoxia, craignez Dieu, ayez pitié
« de vos enfants, et ne î>rofancz pas la fôte
« de Jésus-Christ par TeiTusion clu sang. »
Ensuite ces évêques se retirèrent, et passè-
rent la sainte veille chacun dans son logis,
accablés de tristesse. Lf^s prêtres de Constan-
tinople qui étaient demeurés fidèles à saint
Jean Chrysostome, assemblèrent le peuple
dans le tain public, nommé les Thermes
Constantiennes, et y célébrèrent la veille
de PAques à l'ordinaire, eu lisant les saintes
écritures , et baptisant les catéchumènes.
« Antiochus, Acace et Sévère l'ayant ap-
pris, deinandôrent que Ton em[)êcliât. cette
assemblée. Le maître des ollices leur dit :
« Il est nuit, le peuple est grand, il pour-
« rait arriver du désordre. » Acace répondit :
« Les églises sont désertes, nous craigaons
*c que l'empereur y veaant, et ne trouvant
« personne, ne s'aperçoive de ratfcction du
« peuple pour Jean , et ne nous regarde
« comme des envieux ; principalement après
« que nous lui avons dit que personne ne
« suit volontiers cet homme, qui n'est point
« sociable. » Le maître des oflices , après
avoir protesté contre eux de ce qui pourrait
arriver, leur donna un nommé Lucius, chef
d'une compagnie de gens de guerre, qui
|>assait pour païen , avec ordre d'inviter
doucement le peuple à venir dans l'église.
Il y alla, mais il ne fut point écouté, et re-
vint trouver Acace et les siens, leur repré-
sentant l'ardeur et la foule du peuple. Ils le
frièrent instamment de retourner, joignant
leurs prières Tor et les promesses ; ils lui
recommandèrent d'amener le peuple à l'é-
glise par la douceur, ou de dissiper par force
cette assemblée.
«Lucius retourna donc accompagné 4e
quelques clercs du parti d'Acace à la se -«indt
veille de la nuit, c'est-à-dire après neuf lib-
res ; car, è Couslantinople, le peuple lAYA
cette nuit-là jusqu'au preaiier chant du co^.
Quatre cents nouveaux soldats thracieos,
fort insolents, le suivaient Tépée à la maia.
Ils fondirent tout d'un coup sur ce penple^
écartant la foule par Téclat do leurs é|iéd.
Lucius marcha jusque daus les eaux sacrées,
Eour empêcher que roii n'administrât k
ap4ème, et poussa le diacre si rudement
qu'il répandit les symboles, c'est-à-dire le
saint chrême. Il frappa les prêtres à ooofi
de bâton sur la tête, sans respect pourlev
grand Âge ; et le sacré lavoir fut mêlé è
sang. Les femmes, déjà dépouillées pour le
baptême, s'enfuyaient confusément avecki
hommes, crainte d'être tuées ou déshono-
rées, sans avoir le temps de se couvrira*
tant que la bienséance le demandait; |dih
sieurs mêmes furent blessées. On enterai
leurs cris et ceux des enfants ; les prêtres d
les diacres étaient chassés tout revêtus. L'a
blessé à la main se retirait en criiflC;
l'autre traînait une vierge déchirant sesbt-
bits; les vases sacrés étaient auplb^
L'autel était entouré de gens armés, les ?ol-
dats, dont quelques-uns n'étaient pas las-
sés, vinrent jusqu'au lieu où re^K>saieBl tai
saints mystères, et virent tout àdécoumt
Même dans cette confusion, le prédeuisaoi
de Jésus-Christ fut répandu sur leurs habili
On prit une partie ues prêtres, des diaeni
et on les mit en prison; on chassa de k
ville les laïques constitués en dignités. Ol
afiicha plusieurs édits, contenant divers*
menaces contre ceux qui ne renonceniei
pas à la communion de Jean. C'est ceqoiie
passa la veille de Pâques 16 avril W*.
a Le lendemain Tempereur » étant sorii
{)our s'exercer dans le champ, vit auprès di
ieu nommé Pempton, ^larce qu'il était àciif
milles de Constantinople, une grande quas-
tité de gens vêtus de blanc. Il demandai
ses gardes ce que c'était. Ils dirent qf«
c'étaient des hérétiques. C'étaient en etf t »
catholiques, qui, étant chassés du bain oi
ils s'étaient assemblés, et ne voulant pif
aller dans les églises avec les en*)eiuis4ii
leur évoque, s assemblaient en pleirie ctfH
pagne ; et il y avait entre eux environ wà
mille nouveaux baptisés, qui portaient l'ki-
bit blanc, selon la coutume. Les ennemisA
saint Chrysostome proQtant de cette (MjOt
sion, envoyèrent les plus impitoyables de k
suite de l'empereur pour dissiper laiwifr
tude, et prendre ceux qui les instniisaieBL
Ce peuple si nombreux eût pu fadieoi^
se défendre, mais il était trop bien instnii
On prit donc quelque peu de clercs et plu-
sieurs laïques entre lesquels étaient ^
femmes de marque. On arracha les voiitfi
quelques-unes, à quelques autres les pé-
dants et les oreilles mêmes. Uned«p**
riches et des plus J)elles prit rhabilJ'«»
esclave et s'enfuit, courant dans la ri*-
pour sauver son honneur. Les prist^nsfurti*
remplies de différents magistrats, onycW"
JEA
g oymnes et ou y offrait les saints
ds» en sorte qu'elles devinrent des
; au lieu que Ton entendait dans les
des fouets, des tortures et des jure-
terribles, pour obli^^erà anathrmati-
Q. Mais plus ses adversaires f lisaient
6, plus les assemblées de ceux qui
ent étaient nombreuses; elles se te-
tantôt dans un lieu, tantôt dans Tautre,
irincipalement dans un espace que le
Constantin avait fait enfermer de pa-
s, pour y voir des courses de cbevaux,
u'il eût bâti la ville.
rs ce mèoiQ temps, un homme pos-
a démon, ou qui passait pour Tôlre,
ttvé avec un poignard, dont on pré-
uu'ii voulait tuer saint Chrysostome;
plp le mena au préfet, comme ayant
mé par ar^^ent pour faire ce coup,
ihrysostome envoya des évoques de
lis, qui le délivrèrent avant qu'on lui
an mal. Ensuite un valet du prêtre
, ennemi déclaré de saint Chryso-
ayant reçu cinquante sous d'or pour
\ s'arma de trois poignards et courut
maison é])iscopale. Un homme qui le
utl'arrôta et lui demanda où il allait.
lui répondit que par un coup de poi-
et frappa de mi^mc un second qui
^yant frapper le premier, ensuite un
ûe et un quatrième, et ainsi jusqu'à
îrsonnes, dont quatre moururent sur-
np. Le peuf)le enûn ayant pris ce
îer, le préfet s'en saisit, et pour
le peuple, promit d'en faire justice ;
le laissa impuni. Depuis ce temps-là
île fit ^;irde jour et nuit devant la mai-
îscopale pour la sûreté de saint Jean
«tome.
1 jours après la PentecAte, aui, cette
)^, fut le 5 juin, Acace, bévérien,
hus et Cyrin allèrent trouver Tempe-
5t lui dirent : a Vous pouvez faire ce
TOUS plaira, mais nous vous avons
[ue nous prenions sur notre tête la
sition de Jean : il ne faut pas nous per-
ous pour é|iargner un seul homme. »
jreur envoya le notaire palrice dé-
à Jean de se recommander à Dieu et
tir de l'édise. Après un ordre si pré-
nt Jean Chrysostome descendit de la
i épiscopaie avec les évoques ses amis,
r dit : « Venez, prions, et prenons
é de l'angle de cette église. » Aussitôt
mme puissant et craignant Dieu, (^ui
le bon parti, lui donna cet avis :
us, dont vous connaissez l'insolence,
3ut près dans un bain public, avec les
its qu'il commande, pour vous enle-
de lorce, si vous résistez ou différez
Ht; la ville est fort émue, sortez donc
iptement et secrètement, de peur que
Buple n*en vienne auv mains avec les
its. » Alors saint Chrysostome prit
de quelques-uns des évoques avec le
accompagné de larmes; car il n'eut
force de les embrasser tous, et dit aux
dans le sanctuaire : «Demeurez ici,
ds un peu me reposer. »
JEA
1311
«n entra dans le baptistère, et appela
Olympiade, qui ne sortit point de l'église,
avec Pentalie et Procla, diaconesses, et Syl-
vine, veuve de Nébridius et fiHe de Gildou :
« Venez ça, leur dit-il, mes filles, écoutez-
« moi; ma fin approche, à ce que je vois,
«j'ai achevé ma carrière, et peut-être ne
« verrez-vou5 plus mon visage. Ce que je
d vous demanue, c'est que votre affection
«pour l'église ne se relâche ix)iut; et que
« quand quelqu'un aura été ordonné malgré
« lui, sans l'avoir brigué, et du consenle-
« ment de tous, vous baissiez la tète devant
«lui comme devant moi; car l'église ne
« jHiut être sans évoque. Et comme vous
« voulez que Dieu vous fasse miséricorde,
« souvenez-vous de moi dans vos prières. »
Elles se jetèrent à ses pieds, fondant en
larmes. Il fit signe à un des plus sages de
ses prêtres, et lui dit : « Emmenez-les d'ici,
« de pour qu'elles ne troublent le peuple. »
Elles s'apaisèrent un peu, et il sortit du côté
de l'orient, tandis qu'à l'occident devant le
grand portail de l'église on tenait par son
ordre sou cheval, pour donner le change au
peuple qui l'y attendait; il s'embarqua et
passa en Bithynie. Sa mère, qui vivait en-
core, Texhorta courageusement à se retirer
plutôt que de rien faire d'indigne de lui.
« Pendant qu'il se retirait, on vit tout d'un
coup une flamme dans l'église^ à la chaire
•où il avait coutume de s'asseoir, et d'où il
prêchait. Le feu monta au toit, et du dedans
gagna le dehors; en sorte que l'église fut
toute brûlée, avec les bâtiments qui l'ac-
compagnaient, excepté une petite sacristie où
étaient les vases sacrés, qui sembla conser-
vée par miracle, de pem* que les ennemis de
saint Chrysostome ne l'accusassent d'avoir
i^nlevé ces vases. De l'église, le feu, poussé
par un grand vent de nord, traversa la place
sans faire de mal au peuple, mais faisant
comme un pont, il prit au palais où se tenait
le sénat, situé au midi de l'église. Ce palais
commencaàbrûler non ducôtédel'église, mais
du coté au palais do l'empereur qui joignait
celui du sénat : il brûla pendant trois heu-
res, depuis sexte jusqu'à none, et fut con-
sumé tout entier. Dans tout cet incendie,
qui commença dès le soir précédent, il ne
périt pas une âme, pas même une bête. Les
catholiques le regaraèrent comme un miracle
et un effet de la vengeance divine ; quel-
ques-uns en accusèrent les schismatiques,
et dirent qu'avec l'église ils voulaient brûler
le peuple qui était dedans. Les schismati-
ques, et les païens après eux, en accusèrent
les catholiques, et uirenl qu'ils avaient mis
exprès le feu à l'église, afin qu'il n'y eût
plus d'évêques après Jean; mais jamais on
ne put découvrir l'auteur de cet embrase-
ment. Il arriva le lundi 20 juin, sous le con-
sulat d'Honorias et d'Aristenète, c'est-à-dire
l'an kOtk.
a Cependant les soldats du préfet rete-
naient saint Jean Chrysostome prisonnier
en Bithynie, av»:c deux évêques, Cyriaque
d'Eiiièse et Euly.'^ius de Bostre, les mena-
çant de les punir pour Tembrasement (^^
t84S
JEA
JE/i
J
l
réglîse. Ensuite Cyriaque et Eulysius, ayant
été ramenés h Constantinople avec les autres
clercs, furent trouvés innocents et mis hors
de prison, mais envoyés en eiil. Saint Chry-
sostome, étant ainsi retenu, demanda à ses
persécuteurs d'être au moins ouï sur cet
embrasement de l'église dont ils l'accu-
saient. Mais il ne fut pas plus écoulé sur ce
Eoint que sur les autres, et on l'envoya sous
onne garde à Gueuse en Arménie. » (ÎFlenry,
vol. II, p. 165).
En quittant Nicée pour se rendre dans
cette ville, il fut obligé de marcher nuit et
jour, pour éviter les Isaures, qui faisaient
trembler le pays. Les fatigues de toutes sor-
tes qu'il eut a endurer, surtout l'extrême
chaleur et l'excès des veilles, consumèrent le
peu de force qui lui restait. Il tomba malade
d'une ûèvre tierce, malgré laquelle il fallut
qu'il continuât à marcher. Comme il ne pou-
vait presque plus se traîner, Léonce, arche-
vêque d'Ancyre en Galatie et l'un des princi-
paux ministres de la persécution, en vint
jusqu'à le menacer de la mort. Comme il
approchait de Césarée, plusieurs personnes
vinrent au-devant de lui pour lui dire la
grande envie que Pharètre, évêque de cette
ville, avait de le voir et de lui prodiguer
tous les soins dont il avait besoin. L'accueil
u'on lui fit dans cette province lui donna
e grandes consolations. Hommes et femmes,
laïques et clercs, vierges et moines, tous se
précipitaient sur son passage, et lui témoi-^
Î;naient par leur empressement , par leiirs
armes, la douleur qu'ils éprouvaient de le
voir exilé. Il était encore trîès-malade guand
il entra dans Césarée. Des médecins vinrent
le voir. Quant à Pharètre, qui avait fait faire
par ses envoyés tant de démonstrations, il
ne paraissait pas. Enfin, avec les soins des
méaecins, avecles consolations qu'il reçut de
tous les côtés, ie saint évêque reprit sa santé
perdue. Déjà il se préparait à partir dans
quelques jours pour le lieu de son exil,
quand Pharètre, jaloux de voir que toute la
viUe se portait à la maison du saint, excita
contre lui les moines qui, à diverses reprises,
vinrent assiéger sa maison et le forcèrent
de partir précipitamment en plein midi dans
une litière, quoiqu'il eût encore la fièvre.
Une dame de la ville, nommée Séleucie, lui
offrit son château, qui était à deux lieues de
là ; mais les mêmes persécuteurs vinrent
encore l'en chasser: il fut obligé d'en partir
au milieu de la nuit. Enfin il arriva à Gu-
euse, après soixante-dix jours de voyage.
C'était une petite ville si peu peuplée, qu on
n'y tenait pas même de marché, et qu'on
n'y trouvait rien à acheter. C'était un lieu
perdu dans le Taurus, exposé à chaque ins-
tant aux courses des Isaures. Somme toute,
il y dut être assez bien, car Dioscore, un de
ses anciens amis qui y demeurait, le logea
chez lui. Il vécut en repos à Gueuse, deman-
da même à y rester, et consola de son mieux
les amis qui l'avaient suivi dans son exil.
Du reste, cette petite ville de Gueuse devint le
rendez-vous d un nombre considérable de
personnes qui, de tous côtés , venaient en
foule pour voir le saint. Leshistorieosii
que toute la ville d*Antioche vint poor Ici
ter; les prêtres, les évoques de toiiski|i
voisins lui écrivaient ou se rendaiem)
de lui. Durant l'hiver il tomlM encoreaÉ
Eni^Oe, il passa tout cet bîver daiisloà
teau d'Araoise, mais il y fut telIeocÉ i
que sa maladie dura jusqu*aa retoirè
belle saison. Il avait été obligé de serti
à Arabise pour éviter les courses des Ioh
qui mettaient tout à feu et à sang im.
contrée. Après avoir passé une DvtiK
l'année dans ce château, qui était mit
revint à Gueuse. L*année d'après, aii
s'étant trouvée raffermie, il passa Hutvé
(^sconditionsbien meilleures. En M7,il
transféré à Arabise, puis un ordre i
le transféra à Pythionte, mais en 71
mourut à Comane.
JEAN LÉGONOMANTE, patriartieift
de Constantinople, fut un des plus mi$
iconoclastes , et un furieux persécotel
la religion catholique. Il naquit à Cooii^
nople, d'une famille noble, et fut gna
rien de profession, et fort exercé dMjl
subtilités de la dialectique, h ilÉim
magicien ; et, comme il se servait «Talii
sin pour prédire l'avenir, on loi èmï
nom de Léconomante, sous leqodilAl
t)lus connu ; mais on le nommait «bmÉ^
as ou Hilzila. 11 fut abbé du mouiÉil
Saint-Serse et Saint-Bacque, dansb j '
d'Hormisdas, et compté entrefer'^
périal. L'empereur Léon, ayant de
cet homme propre à son dessein, WfMA
s'il le faisait réussir, de le laiit /M>^
et lui donna un ordre en verti^NRf'
commença, vers la Pentecôte àTmlM
feuilleter avec quelques autres Vi*
livres de toutes les bibliothè<raes^ '
tinople, tant des ésHses que des il
En ayant assemblé un grand DOÉhRik
marquèrent les passages que leur i
concile des iconoclastes, tenu soas(
tin Copronyme, mais il^brûlèrentp
livres qui leur parurent trop fovonfalMi
images. (Fleury, vol. III, p. 150.)
Il figura d'une façon excessivettcrt i
cheuse pour son salut, d«ins lespersécÉbi
que les empereurs d'Orient firent eaéflvi
1 Eglise à propos des saintes images, ii
l'empereur Tliéophile, en 896, il (^wêÊ
au siège de Constantinople, à la |dace JM
toine de Sjrllé. Pendant tout le tempf ^
fut sur le siège patriarcal , il persécite*
lement les catholiques ; quand YimféoÊiÊ
Théodora prit, en 8^2, la régence (khi
pire, Jean lut déposé : elle appela lU eioi
nommé Constantin, et l'envoya àUfabWÊà
Jean Léconomante, pour lui dire : fbà^
moines et d'autres personnes pieuses rfi^
présenté requô e pour le rétablisseociill
saintes images ; si vous en êtes d'acooti^B
glise reprendra son ancien ornement ;«•
quittez le siège, sortez de ConsttutiM|ll
et vous retirez à votre maison de cifldÇ
jusqu'à ce que Ton tienne un coock*
vous assisterez. Car on veut vous j jjt^
IëA
1346
montrer que vous soutenez une er-
lanlin trouva Jean couché sur un lit
is« en une des chafiibres du palais pa-
; et, anrès qu'il lui eut dit ce dont
dtrice 1 avait chargé, Jean répondit
sot qu'il preodrait conseil, et le ren-
Lssitât. En même temps, il prit une
?, et s'ouvrit les veines du ventre,
rdre beaucoup de sang sans se raet-
anger. Ainsi, le bruit se répandit en
lent dans Téglise que l'irapératrice
ivoyé assassinfTle patriarche, et ce
nt jusqu'au palais avant que Constan-
t retourné. Le patrice Bardas fut en-
mv s'informer eiacteracnt de la vérité
et trouva que les plaies avaient été
tprès, Joint le téinoignage des domes-
irapre3 du patriarche, et la lancette
représentée, Jean , étant ainsi con-
fut chassé de l'église et renfermé
maison de campagne, nommée Psi-
eury, vol. III, p. 309.)
ainsi que cet évèque intrus Joua la
I pour se rendre intéressant au
qui sait? peut-être pour faire croire
frséculiou exercée contre lui. Depuis
an n'a plus aucun rôie historique re-
Bnt au sujet que nous traitons,
I"(saint), pape et martyr, était natif
ïane. Il passa successivement par les
Is degrés des oixlres sacrés, jusqu'au
rchidiacre, qu'il occupait lors de son
au trône pontitical, en l'an 523, Le
Golhs, Théo Joric, était alors maître
ie. On sait que ce roi fut un très-
rinee, mais qu'il garda toujours une
et une barbarie, qui tirent tactie au
le ses brillâmes qualités. Nous pre-
os Fleury, vol, II^p. 525, la suite de
e.
npereur Justin voulait obliger les
,se convertir et faire consacrer leurs
h Tusage descatljoli |ues, Théodoric,
die, en fut eitrément irrité, et raena-
Iraiter de mi^nie les catholiques eu
t de la rem [il if de c?irnage. 11 lit donc
Ravenne le papo Jean, et l'obligea
m ambassade a Cous tan linople pour
f oquer ces ordres et reiidre les églises
ans. Avec le pape, Théodoric envoya
lénateurs, savoir : Théodore, Inipor-
igapit, qui avaient été consuls, et un
gapit, patrice. Ce fut ta première fois
ape lit le voyage de Constaolinople.
u en entrant dans la ville, par la porte
un aveugle le pria de lui rendre la
qu'il le lit, mettant la main sur ses
1 présence de tout le peuple qui était
.-devant de lui ; car on lui rendait de
honneurs. Toute la ville l'alla rece-
qu'à douze milles, avec des cierges
roiï ; l'empereur Justin se prosterna
lui et voulut encore 6lre couronné
lain. Le patriarche Epiphane rinvita
^office, mais il ne l'accepta qu'après
ui eût accordé de s^asseoir à la nre-
flacc. Il célébra donc Toflice soien-
iut en latin, le jour de Pâques, M
mars, indîctîon troisième, sous le eonsulal
de Philoïène et de Probus. c'est-à dire eu
525. fl communiqua avec tous les évôoues
d'Orient » excepté Tiinothée d'Aletanarie,
ennemi déclaré du concile de Chalcédoina
Le pape Jean s'acquitta tidèlement de sa com-
mission. Car ayant représenté à l'empereur
Justin le péril auquel était eiposée ritabe,
il obtint ce qu'il demandait, c'est-à-dire que
les ariens demeureraient en liberté.
« Pendant que le pape était à Constanlino-
ple, le roi Théodoric lit mettre en prison les
deux plus illustres sénateurs» Symmaqne et
B<jëce, son pendre, qui tous d'euï avaient
été consuls. Ils furent accusés de crime d'état,
c*est-à-dire de vouloir soutenir la dignité du
sénat contre les entreprises de Théodoric;
et d'ailleurs Boèce était fort zélé pour la reli-
gion catholique, qu'il défendit par plusieurs
écrits. Il en adressa deut au pape Jean, alnrs
diacre de l'église romaine, savoir : un contre
Eutychès et Nestorius, touchant les deux
natures et l'unique personne de Jésus-
Christ* L'autre sur celle question de logique:
Si le père, le fils et le Saint-Esprit peuvent
être allinnés substantiellement de la divinité.
Il adressa à son beau- père Symmaque un
autre traité, où il prouve que la trinité est
un seul Dieu, et non pas trois dieux* Il s*é-
tail fort appliqué à la logique dWristote,
dont il traduisit et expliqua fdusieurs traités;
et Ton [ïrétend ou'il est le premier des La-
tins qui ait appliqué à la théologie la doc-
trine de ce philosophe. Le plus beau et le
plus fameaux de ses ouvrages est la conso-
lation de la philosophie, qu il composa dans
sa prison, et où il parle dignement de la pro-
vidence et de îa presciente de Dieu, 11 fut
arrêté à Pavie et mis h mort dès l'an 52^1»
sous le consulat de Justin ctd'Opilion, indi-
ctioa seconde ; et son beau-père Symmaque
fut arrêté aj>rès lui et mis à mort Tannée
suivante 52o,
« Le pape Jean étant revenu de son am*
bassade , fut aussi arrêté k Ravenne, par
ordre du roi Théodoric, avec les sénalnurs
qui ravaieol acconqiagné , apparemurent
comme complices de Boèce et de Symmaque.
Théodoric était irrité contre le pape en imr-
ticulier à cause des honneurs qu'il avait
reçus à Cnnslantinnple, Toutefois craignant
Findiçnation de l'empereur Justin, il n'osa
les faire mourir; mais il les tint en une
rude prison, où le pape Jean mourut de
maladie, le 27 mai 526, sous le consulat
d'Olybrius, àfirès avoir tenu le saint-siége
deux ans et neuf mois* Son corps fut trans-
féré à Rome et enterré à Saint-Pierre, et
FEglise honore le jour de sa mort comme
d'un saint martyr* »
JEAN (saint),' martyr, cueillit la palme du
martyre à Cordoue, pendant la sanglante per-
sécution que les Arabes y suscitèrent contre
les chrétiens. 11 eut pour compagnon de ses
combats son glorieux frère saint Adulphe^
L'Eglise honore la mémoire de ces deux
saints martyrs le 27 septembre.
JEAN ( saint), martyr, fut du nombre des
saints dont les historiens parlent, cofoine
1
1U7
JEA
SEL
Ctt
f:
ayant été martyrisés ou tourmentés dans le
XI' siècle par les peuplades encore barbares
des Slaves et des Vandales, dans le pays de
Ratzbourg. Pressé du désir ardent de pnrler
la lumière de la foi aux [)aiens, il était venu
d'Ecosse en Saxe dans un «l^;e déjà assez
avancé. Il avait déjà baptisé plusieurs mil-
liers de Slaves quand il devint enfln victime
de son zèle. Ayant été fait prisonnier, il eut
à soutfrir mille mauvais traitements dans
son cacbot. il fut ensuite traîné par toutes
les villes du pays recevant des cou|)S de bâ-
ton et pressé sans cesse d'ai^oslasier la foi
qu'il était venu prêcher. Les païens n'ayant
pu réussir, lui coupèrent les mains et les
pieds et ensuite la tète qu'ils promenèrent
pi(jué6 au bout d'une lance, et offrirent en-
suite à leur idole nommé Ktidegast. Son mar-
tyre, au rapport des historiens du temps,
arriva le 10 novembre 10G6. L'£glise fait sa
fête le 15 juillet.
JEAN DEPÉROUSE (saint), prêtre de Tor-
dre religieux fondé par saint François d'As-
sise, fut envoyé en Espagne pai* ce saint en
1219 ou 1220, avec Pierre de Sasso-Ferrato,
£our y convertir les Maures. Ils vinrent d'a-
ord à Tuerel, dans le royaume d'Aragon,
et y établii'ent un couvent, si toutefois on
peut nommer ainsi deux pauvres cabanes ou
cellules qju'ils avaient bâties auprès d'une
église. Bientôt leurs prédications et Texem-
)le de la sainteté de leur vie les rendirent
'objet de la vénération de toute la contrée.
Dans l'intérêt de la propagation de la foi, et
conformément aux ordres do leur saint fon-
dateur, ils se rendirent à Valence, ville qui
était sous la domination des Maur* s, et dans
Ifiquélle régnait Azote, ennemi acharné des
chrétiens. Us prêchèrent aux habitants les
véritéb de notre foi, et entreprirent de leur
montrer la fausseté des dogmes de la croyan-
ce mahométane. Cela étant arrivé aux oreil-
les du roi, il les lit arrêter et jeter dans une
prison. 11 mit tout en œuvre pour ébranler
et corrompre la foi de ces généreux prédica-
teurs de i Evangile ; mais ses menaces pas
plus que les promesses de faveurs, de nlaces
et d'argi'Ut, ne purent les gagner : alors il
les condamna à avoir la tête tranch.'*o, ce
qui fut exécuté, l'an 1230. O i dit que de
nombreux miracles s'accomplirent sur leur
tombeau. L'EgUse fait leur fête le 3 sep-
tembre.
JEAN NÉPOMUCÈNE ( saint ), naquit en
1330 à Népomuck, ville peu considérable de
Bohême et située à peu de distance de Pra-
gue. Ses parents le consacrèrent à Dieu en
reconnaissance de la protection que la très-
sainte Vierge leur avait accoi'déc dans une ma-
ladie qui le mit en grand péril dès les premiers
jours de sa naissance. 11 reçut une brillante
éducation et prit le degré de docteur à Tu-
niversitédePrague,que Charles IV, empereur
d'Allemagne, venait de fonder, il avait un ta-
lent particulier pour la parole. Aussi, se sen-
tant une forte inclination ])0ur le sacerdoce,
aussitôt qu'il fut ordonné prêtre, son évêque
lui confia la chaire de la paroisse de Notre-
Dame-de-Tein. 11 fit un bien immense et les
enminnts couraient enfoulepourrécouter.Sor
ces entrefaites, l'empereur Criarles IV eut
venu à mourir, son lils ^Venceslas, suroooh
me dans l'histoire le Fainéant et Tlrr&jif.
lui succéda. Ce jeune prinr-e avant enl^iKfa
parler de notr» saint, et voufant appnfcn
son mérite par lui-mÔme, le nomma poe
prêcher l'Avent à la cour. Il fut si touché*
son éloquence qu'il arrêta quelque teap
ses débordements et qu*il voulait noffliMr
Jean au siège épiscopal de Leîlomériti, «
était vacant. Il le refusa ainsi que laprfrJit
de Wischeradt, qui rapportait cent miDe b>
fins de revenu par an. L*impératriceieiniH^
fille d'Albert de Bavière, comte de Hainat
et de Hollande, connaissant le mérite et b
sainteté de notre saint, le choisit povfi-
recteur de sa conscience- En peu a aoota,
elle fit de rapides progrès dans la veitaflt
elle apprit à supporter avec joie les peiKS
continuelles que lui faisait endurer Wenof-
las par son caractère jaloux et emporté, h
piété de l'impératrice ne lit qu'irrit t le a-
ractère féroce de ce dernier, et il résohl *
se faire dévoiler par Jean tout le secret dès
confessions de son épouse. Notre s-A^ ff
refusa courageusement, faisant TOrJci
prince tout ce que sa démarche irai (To-
dieux. Winceslas le fit jeter dansunciAot,
lui d sant qu'il n^en sortirait qnec^unidil
aurait satisfait à sa demande. QaeiqnesjouR
après cependant, un {gentilhomme vint 1i4<^
livrer le priant de la i>art du roi d'oflÛr
tout le passé et de venir dîner le Jendeav
avec lui. Le lend<*main notre saint setét
à l'invitation de Wencoslas. Après le iw
l'empereur renouvela sa demande, mab»
tilement; alors, plein de fureur, il fll rw
duire Jean en prison, ordonnant qu'oi'î
tr, itât avec la dernière inhumaniii'I to
bourreaux retendirent sur un chovalellï
api>liquèrent des torches ardentes sur lésa- 1
tés et aux parties du corps les plus sensi-
bles. On le rôtira du chevalet presque eïfi-
rant. L'impératrice ayant appris tous c-s
événements, alla se leter aux pieds de «
é[JOux et en obtint rélargissement du swti
Celui-ci perS'iadé que ce pardon n'était qtti
feu caché sous la cendre, se prêi»araàJ
mort, dit adieu à son cler^^é et àsoatKv
peau el alla ensuite à Bruutzel vi^ile^Uc^
lèbre image de la Mère de IXieu que si*
Cyrdleet saini Méihode, apôtres desEf*
vous, y avaient placée autrefois... D rff^
sur le soir de son pieux jèlerinag^. L*
pereurqui rcj^ardait par une fenêtre doj»
lais, le vit passer el sentit sa colèreseï*
lumer. Il (il venir Jea^ sur-le-champ etl«
dit d'opter entre la mort el la révélùtîoi*
la confession deTimpératrice. Nuire saiol*
répond. tque par le silence ; alors Wewe*
ne gardant plus aucune mesure, s'«rt'
« Qu'on m'ôte cet homme de devai>tteTi<
et qu'on le jette dans la rivière aussiuît>
les ténèbres seront assez épaisses wr*
cher au peuple la connaissance do lVï^-'■
tion I » Il fut précipité, les pieds et iesîuiî
liés, dans la Muldaw, la veille de )'i-<^^
sion, 16 mai 1383. A peine le marifr tsti
1549
JEA
JEA
1356
été étouffé sous les eaux, que son corps, qui
flottait sur la rivii'îre, fut environna d'une tu-
mjère céleste qui attira une foule de specta-
teurs. Bientôt révénement ne fut un secret
pour personne. Son corpsfut transporté dans
l'église de Sainte-Croix-des- Pénitents où
chacun s'empressait de lui baiser les pieds
et les mains. Quand le tombeau qu'on lui
préparait dans la cathédrale fut achevé, on y
porta solennellement ses reliques et on j
Savacette épitaphe qu'on lit encore aujour-
iiui : Sous cette pierre repose le corps
du irisr-vénérable et très- glorieux thauma-
iisrge Jean Népomucène^ docteur^ chanoine de
CêiU Eglise et confesseur de rimnératrice, le-
mce/, pour avoir été constamment fidèle à gar-
anT le sceau de la confession^ fut cruellement
ÊQurmenté et précipité du pont de Prague dans
la rivière de Mulaaw par les ordres de Wen^^
êeslas 7F, empereur et roi de Bohême, fils de
Charles IV, l'an mil trois cent quatre-vingt-
iroù. M s'opéra un crand nombre de mira-
cles sur le tombeau de Jean, qui prouvèreut
la place qu'il occupe au ciel. L'Eçlise fait sa
ttiê le 16 mai. Pour son meurtrier, après
âToir été déposé, en 1400, par les princes de
l*Biiipire, il mourut frappé d'apopleiie au
milieu dé ses désordres, sans avoir eu le
temps de renti^er en grâce auprès du souve-
rainjuge.
JEAN (saint), martyr, vulgairement saint
MUhey, souffrit le martyre à Wilna, vers
t3h3^ avec saint Antoine et saint Ëustache.
' " ^ . l'article saint Antoine, pour plus de
JEAN ( le bienheureux ), Franciscain, de
^ Monte-Pulciano en Toscane, souffrît le mar-
^ tyre au Caire, vers Tannée 1345. Au mois
* cTavril de cette année, un chrétien génois
1^ ajaot renié sa foi, notre saint Talla trouver
■- secrètement et le fit rougir de sa faute. Le
f renégat, ramené à Dieu par les exhortations
^' de Jean, se rétracta publiquement et fut con-
^ damné à mort; mais les musulmans ayant
^ appris que notre saint était la cause de cette
* conversion, le torturèrent cruellement et les
1^ mirent enfin tous deux à mort. Le Génois
t eut la tète tranchée, Jean fut partagé en
if ^eui.. (Wadding, an. 13W, n" 4. Chronique
'i des Frères Mineurs, t. II, p. 266 bis.)
i JEAN DE CÉTINA ( le bienheureux ), na-
■-quit en Aragon. A^)rès avoir passé quelque
t l^mps au sei'vice d un genlilhumme, touché
) 9BI*)a grâce, il se retira dans l'ermitage de
1^ Saint-Genêt près Carthagène. Il y séjourna
i ^asieurs années, après quoi il prit l'habit de
t SBÎnt-François au couvent de Montion. Ses su-
* i^rieursy qui lui avaientreconnu beaucoup de
j- yiété et d'intelligence, le firent étudier à Bar-
^Sceloae et élever au sacerdoce. Dès lors, en-
j' IkiiDmé du zèle de gagner des Ames à Jésus-
.\ {Shrist, il se rendit à Home alin de solliciter
[f du pape Boniface IX la permission d aller ré-
^ iiaudre la semence de TËvangile h Jérusalem,
g^ Ce pauelui accorda Tautorisation de prùcher
^ fans la Palestine, à condition qu'il n'entre-
m nii pas dans celle ville, où ses prédicalions
% pourraient causer un grand préjudice aux
pt vèrcs Je la famille Franci;>caine de Terre-
Sainte. Cette restricticm changea les idée$
de Jean, qui résolut alors de donner ses
soins à la conversion des infidèles de Gre
nade et de l'Andalousie. De retour de son
voj^age à Rome, il confia sa nouvelle réso-
hilion à Jean Vital, provincial deCastille, et
lui demanda l'autorisation de narlir. Celui-ci
lui représenta les grands dangers qu'il cour-
rait et renvoya au couvent du Mont près
Cordoue, afin de s'y éprouver. Il y resta une
année environ, après quoi Jean Vital, frappé
de plusieurs miracles que notre saint avait
Ofjérés, lui accorda sans diflîculté la per-
mission que son zèle sollicitait avec tant
d'ardeur. Une révélation avait appris à notre
bienheureux que le frère Pierre deDuegnas,
en Castille, serait compagnon de son mar-
tyre. On le lui associa donc, et ils partirent
tous deux pour Grenade, où ils arnvèrentle
8 janvier 1397. Le peuple s'émut de leur ar-
rivée. Le cadi, dépositaire de l'autorité pen-
dant Tabsence momentanée du chef Maho-
met-Aben-Balva, les ût amener à son tribu-
nal, et ils ne se cachèrent point du motif qui
les amenait. Le juge n'osant prendre sur lui
de les maltraiter, leur enjoignit, sous peine
de la vie, de quitter le territoire de Grenade.
Le lendemain, malgré Tordre du cadi, nos
bienheureux se mirent à prêcher dans la
vilie, et ftirent aussitôt jetés en prison. Quel"
que temps après, on les envoya travailler
aux vi)^nes avec des esclaves ; le rude travail
auquel ils se livraient et les exercices de leur
zèle, les firent tomber malades, mais Dieu
exauça leurs ferventes prières et leur rendit
la santé. Après dfeux mois de séjour aux vi-
gnes, ils revinrent à Grenade. Un jour, Jean
ayant rencontré par la ville une troupe dis
mahométans, il se mit h leur expliquer ïajpa^
rôle de Dieu et h qualifier Manomet d'im-
posteur. Ceux qui rentouraient le conduisi-
rent aussitôt à Mahomet-Aben-Balva, qui
était de retour de son voyage à Malaga. Il
appliqua lui-même plusieurs coups de bâton
à notre saint, ensuite l'ayant fait dépouiller
de ses vêtements il commanda de l'achever
à coups de fouet. Mahomet-Aben-Balva mit
fin lui-même à ses tortures en lui trancliant
la tête avec son glaive, le 19 mair 11 ordonna
ensuite h Pierre de lui obéir et de renier sa
foi... Promesses, menaces, tout fut inutile;
alors il le fit fustiger cruellement, après quoi
il lui coupa lui-même la tête comme à son
compagnon. Leur martyre arriva le 19 mai
1397. La populace traîna leurs corj:)s par la
ville, mais les chrétiens recueillirent leurs
membres dispersés, et aujourd'hui encore
une grande partie de leurs saintes reliaues
se voient a Vie en Catalogne. (lUnaldi ,
an. 1397, n'* 17.)
JEAN DE FRANCFORT (le bienheureux),
était Dominicain. Ce saint religieux, sans ter-
miner sa vie par le glaive, eut néanmoins le
glorieux privilège de soufi'rir pour Jésus-
Christ. Celait un théologien célèbre. Rem-
pli du désir de gagner des âmes à Jé^us-
Chrisl, il pArtit pour annoncer la foi aux in-
fidèles et fut pris par les mahométans de
Barbarie. Jeté dans un noir cachot, il souf-
ISM
JBà
l
frit la faim et la soif pendant cinfi longues
années. Le pape Boniface IX, qui avait été
instruit de cette caplivité, résolut de le ra-
cheter. Les mahométans demandant un prix
trop élevé et que Tordre ne pouvait fournir,
Boniface fit un appel général aux fidèles, et
notre bienheureux reçut enfin sa liberté.
(Fontana, Monutnenta Domnicana^ an. 1398.)
JEAN (le bienheureux ), naquit à Troia
dans la Pouille, de parents peu fortunés.
Ayant suivi un Espagnol dans sa patrie , il
fut si édifié de la vie sainte que menaient les
Franciscains-Déchaussés de la province de
Saint-Gabriel, qu'il prit leur habit sous le
nom d'Alexandre ; le vicaire général de son
ordre, connaissant son immense désirde ga-
;ner des flmes à Jésus-Christ, l'envoya avec
_e frère Barthélémy de Castello et deux au-
tres, prêcher l'Evangile en Barbarie. Ils y fu-
rent accablés d'injures, fouettés, puis letés
dans une citerne où il n'y avait plus d eau.
Ils y restèrent vingt-deux jours sans nour-
riture, et les infidèles avaient la barbare dé-
rision de leur apporter chaoue jour un vase
rempli d'immondices. Des Juifs touchés de
compassion leur donnèrent un peu de nour-
riture. Leurs persécuteurs les vendirent en-
suite k des marchands chrétiens. Alexandre
revint en Esjpagne avec ses compagnons. Dé-
sespéré de n avoir pu donner sa vie pour Jé-
sus-Christ, notre bienheureux obtint la per-
missioQ de se rendre à Rome où Louis de Fos-
aembrun l'admit au nombre des Capucins,
l'an 1530, sous le nom de Jean. Il se rendit
en Pouille et de là dans TOmbrie. Il se lia
d'amitié avec un autre capucin nommé Jean
Zuaze et ils se rendirent à Constantinople.Ils
y furent battus et mis en prison. Des mar-
chands chrétiens payèrent leur rançon et ils
s'embarquèrent pour se rendre à Jérusalem.
De là, ils partirent au Caire et se firent pré-
senter au gouverneur pour tenter de le con-
vertir, sous prétexte d'une communication
importante. Celui-ci les remit aux mains du
cadi qui les fit fouetter cruellement; après
diverses tortures, ils furent condamnés à
mourir de faim en prison. [Annales des Frè-
res-Mineurs Capucinsy traduites par le P. An-
toine Baluze, t. I, p. 506. ( Chroniques des
Frères-Mineurs, t. III, pag. 604 ; 1. 1 V, pag.
IM. )
JEAN DE LA PITIÉ ( le bienheureux ), Do-
minicain du couvent de Mozambioue, s'ef-
forçant un jour , sur les bords du ^ambèze,
de gaçner à la foi un chef infidèle, fut jolé
par lui dans les fers et cruellement massacré
en 1592. ^Fontana, Monumenta Dominicana, )
JEAN (le bienheureux ), était le serviteur
du bienheureux Antoine, fils de Xicolencalt,
élève du séminaire que ^ouveroait à ïlas-
, cala au Mexique le P. Martin de Valence. Il
l'avait suivi par dévouement. Antoine , son
maître, ainsi que Didace, autre élève du sé-
minaire, accompagnaient Bernardin de Mi-
nasa qui allait à Guaxadona avec Alvarez de
Sandoval. Arrivés à Tépéaca, distante de dix
lieues de Tlascala, les voyageurs commen-
cèrent à briser les idoles des habitants de ce
lieu et des envirous. Ceux de Técali et do
lEiL
Quantitlan les avaient cachées. I<
engagea ses jeunes compagnons à 1
fouilles pour les chercher. Ces invesl
irritèrent tellement les idolâtres, qi
solurent de tuer ces jeunes gens. Pi
ils les épièrent, car ils n'osaient pas
plir leur crime ouvertement. Antoine
son serviteur, étant entrés dans w
son hors de la ville, en l'absence du
taire, pour y faire leurs fouilles, fui
vis par des indigènes qui les assoi
surplace. Ce crime devait, s'il était dé
attirer sur ses auteurs des chAtime
res.Les meurtriers, pour dépister le:
ches, portèrent les cadavres daiu
droit éloigné et les jetèrent dans ai
Srofonde. Cependant les assassins
écouverts et on les fit pendre.
Il ne paraît pas facile de justifier
règles ordinaires le zèle de Bernajnd
ses jeunes compagnons. Pour ne paa
damner, il faut, comme le lit Martii
lence, supérieur du couvent de Tlasi
mettre une intervention directe du S
prit : sans cela, nous ne saurions vi
la conduite des briseurs d'idoles qa
inconsidéré. Que font les idoles sans
qu'on leur rend ? Rien évidemment!
faut détruire, c'est le culte et dm
L'idol&tre converti brisera de sa iim
dicule objet de son adoration ; si <
ridole avant de convertir son ador
demeurera d'autant plus attaché à sac
qu'il la verra persécutée. L.a violeno
cun cas ne saurait plaire à Dieu, et
produire de bons fruits. La prédicati
infiniment mieux que les moyens v
qui ne sont le fait que des persécute
JEAN (saint), martyr, cueillit la pi
martyre en Pologne avec d*autres
gnons, ermites comme lui. Ce fil
saints Benoit, Mathieu, Isaac et C
L'Eglise fait leur fôte le là novembn
JEAN GABRIEL (le bienheureux).
f)ortugais, fut un des derniers prêtres
iques qui restèrent en Abyssinie i
départ ou la mort des. missionnaires,
la persécution que Basil ides,Négousd
suscita contre les catholiques. (Voy. 3
Christos.)
JEAN, prince chinois, troisième
Sounou, régulo, s'était fait distingn
sa sagesse, par son habileté dans lai
guerre. 11 était fort instruit dans !art
sance des livres chinois et tartares. L
reiir, pour lui en montrer sa satisfadi(
vait élevé à la dignité de cong, c'es^
de régulo du cinquième ordre. ( Ceti
réfjulo est un mol de signilicatioa
péenne qui n'existe pas à la Chine. D
langage européen il veut dire petit fl
donnait à des princes classés dans ploj
ordres. On appelait isinvam ceux du
mier; kiunvam ceux du deuxièn»:.
ceux du troisième ; peitsé ceux du quiln
cong ceux du cinquième. Venaient ensii
grands mandarins de rEnipire. LeiDOU
darin est inconnu à la Chine : il ^
mot mandarf portugais, venu luiW
1553
lEA
JEA
1554
P
I
fii
P
M
*
I
f
W
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I
f
L
t
t
mollalin, mandare.) L'empereur le desUoait
à être le successeur fie son père, régulo du
troisième ordre, comme nous avons pu le
voir au litre de Peylé ajouté à sod itoui.
Ayant appris que son frère» le dixièuifl prince
de la famille, s^était converli au christianis-
me, et ayant pris coonaissaoce des le lires
écrites par lui, pour engager son père et sa
famille a en faire autant, il en fut Kjrt atten-
dri ; mais intérieurement il éprouvait une
sainte envie en se voyant prévenu par ce
frère plus jeune que lui et à qui if avait
donné les premières notions de la loi chré-
tienne, et il résolut de rimiter le plus prorap-
tement possible. Sa eomplexion délicate, sa
santé altérée, faisaient qnïi s^abstenait sou-
vent d'aller à certaines assemblées où rap-
pelaient les devoirs de sa charge et pour les-
quelles du reste il n*éprouvait plus aucun
gtiûi. Voyant cela, Tempereur Kang-hi le des-
titua pour le punir de sa négligence et ra-
baissa d'un degré. Bientôt le prince Jean
domia sa démis-ion pour ne plus servir que
pieu. Il renvoya une concubine de laquelle
il avait un fils qu'il instruisit lui-même des
▼éritéschrétienues. Cet enfant mourut à onze
ans après avoir reçu le baptême. Peu de
temps après, malgré gueson père n'y voulût
pas consentir. Je prince lui-même le reçut
aussi, le jour de TAssomption de Nutre-
I>ame en 1721. Il fut nnmme Jean, nom que
nous lui avons déjà donné au commence-
ment de cet article. La princesse Cécile sa
femme, sa beJle-lille Âgnes^ ses deux petits-
fils Thomas et Mathieu^ reçurent aussi le bap-
tême. Ils reçurent les noms sous lesquels
nous venons de les désigner. Le vieux ré-
fulo ayant appris ce qui s*étail passé, interdit
entrée de son palais à ses lils et alla jus-
Zu'à les menacer de le"; déférera Tempereur.
e prince Jean avait élevé une chapelle dans
son palais : deux fuis le jour, il y assemblait
sa famille et ses domestiques pour les caté-
^chiser. Quelque temps après, il servit de
rain au jeune prince Michel, tils de son
re Paul^ dixième de la famille. Lorsque
Fempereur, qui avait appris les conversions
opérées dans celle sainte famille, eut sévi
contre le vieux régulo, comme on peut le
ir h son litre, et que ce dernier, croyant
iser sa colère, eut pris la résolution de
r ses fils chrétiens, le prince Jean se
lissa enchaîner sans mot dire avec ses frè-
Paul et François. Quand on vint lui ôter
ts chaînes, il en témoigna toute sa douleur;
regrellait Toccasion qa'il perdait de souf-
r le martyre. Il suivit avec tous les siens
n père et le reste dt' sa Inraille, condamnés
Texil par Vcmpereur le 15 juillet 1724. Ou
sut voir à Tarticle SotNou ce qui est relatif
cetlt* famille exiléi*.
JEAN, fils de Liiurent, chef de la famille
s Jc/tfoii, servait dans uie des huit ban-
ères du céleste empire, ils furent atteints
US deux par la persécution qu avait susci-
en Chioe la dénonciation du chef com-
ssaire du tribunal des nSalhéraatiques. Le
janvier 1769, ils comparurent devant le
■ unaK En voyant le vieux Laurent, les ju-
DlCTIOrVU. DES PERSiCUTIOINi. L
^Bari
t 7 18]
ges le reconnurent pour avoir déjà confessé
la foi trente ans auparavant. Comme ils con-
naissaient sa fermeté, ils résolurent de le
faire tomber en ratlaquant par un côté sen-
sible, lamour singulier qu'il portait à son
fils. On se saisit de ce doroier, et on lui ap-
pliqua vingl-sept coups de fouet. Le 8, il alla
visiter les missionnaires, leur demanda leur
bénédiction ; et le 9, après avoir communié,
il retourna au combat. Il ne reçut ce jour-là
que trente coups de fouet et le vieux Lau-
rent cinquantre-qualre. Le 11* il comparut
de nouveau devant le trilmnal du mandarin
qui lui demanda : Henoncez-vous, oui ou
non? Il répondit : Je ne renonce point, et
sur cette réponse il reçut ving£-sepl coups de
fouet. On lui fit la même question trois fois
encore ; Irois fois il fit la môme réponse et
reçut vingl-sept coups de fuui-l. Son père fut
battu également à plusieurs reprises sans
donner la moindre marque de faiblesse.
BientiM pourtant, vaincu par la vue des souf-
frances que subissait son fils, il succomba
et renia sa foi. Jean oITril à Dieu cette nou*
velie douleur et n'en devint que plus coura-
geux dans sa résistance. Pendant une demi-
heure, on le mit à genoux sur des fragments de
porcelaine brisée ; après ce cruel supplice, il
fût battu quatre fois encore et lomba sans con-
naissance.On profila de ce moment pour saisir
sa main défaillante et former son nom d*une
maïiière informe au bas d'uu billet apostali-
que. Quand il revint h lui, il protesta contre
celle violence, s'écriont qu'il était chrétien ;
alors on le remit à genoux sur les fragments
de porcelaine cassée, et bientôt il retomba
de nouveau sans connaissance et sans force.
L oITicier le fit alors conduire hors de la
cour : il était dans un étal horrible. Cepen-
dant Dieu, qui voulait Je récompenser de S's
courageux combais, lui rendit bientôt la
santé, et un mois après il vint remercier
Dieu dans Féglise des missionnaires. (Koy,,
pour plus de détails, rariicle Chine» )
JEAN (le bienheureux), renégat allemand,
né à Cologne, s'était soumis au joug hon-
teux de Mahomet, et depuis dix ans était ar-
tilleur au service des musulmans et employé
h leur poudrière d'El-Kaiif, sur le liord du
golfe Persique. Avant appris les nombreu-
ses conversions que le P. Gaspard opérait k
Ormuz, il lui écrivit que si les Portugais lui
accordaient un sauf^conduit, il se retirerait
dans cette ville et ferait pénitence de son
apostasie. Gflspard lui répondit qu'il Tatteti-
dail, et qull eût h venir sans crainte; mais
la lettre tomba entre les mains du gouver-
neur qui fit venir notre brenheureux* Celui-
ei lui déclara qu'il était chrétien. Les musul-
mans qui assi^ïtaientà son interrogatoire, se
jetèrent sur lui remplis de fureur et le mas-
sacrèrent. On lui trancha la UHq, qui fut
mise au bout d'une lance plantée sur le mur
delà forteresse. Quand les Portugais se fu-
rent emparés d*El-Katif, ils apfjrirenl tout ce
8UÎ s'était passé, et rapportèrent la tôle à
^^muz avec grande pompi-,
JEANNE ( la bienheureuse 1, martyre au
Japon avec Agnès» sa belle-lille, épouse de
b3
IBI
lEA
Tacuenda; Madolein*^» veuve do Minarai, et
LouiSi fils adoptif de cette dernière et de son
mari» mourut pour Jésus-Christ en Tannée
1602. On peut voir aux articles Minami et
TàcuENDà comment ces saintes femmes les
encouragèrent au martyre, comment la mère
et 1 épouse de Tacuenda furent les coura-
geui témoins de sâ mort. L'arrêt qui av/iit
prononcé la peine capitale contre ces deux
ftaints, condamnait les saintes que nous ve-
nons de nommer à être crucifiées. Après !a
mort de Tacuenda, Jeanne et Agaô# venaient
de passer dans un cabinet attenant h ia cham-
bre où reséculion avait eu Hpu. Elles avaient
avec elles la t^le du saint martyr ; elles Tem*^
brassaient et la couvrjaient de larmes. Tout
à coup, un bonheur inattendu leur fut donné.
Madeleine, femme de Minami» entra avei; le
petit Louis, enfant âgé d<v sept ou huit ans,
qu'elle et son mari avaient adopté, n*ayant
pas de progéoilure. Elle leur dit qu'elle ve-
nait partager avec elles le bonheur de mou-
rir pour la foi, et leur annonça que le lende-
main elles allaient être crucitiées ainsi que
le petit Louis dont l'enfance n'avait pu heu-
reusement désarmer les persécuteurs. Elles
éprouvèrent une grande joie. L'enfant était
dans un ravissement qui tenait de lextase.
Les bourreaui ne voulurent pas les exécuter
en plein tour j on attendit que le soleil eût
disparu ae Fhorizon pour faire place aux té-
Dènres ; on mit les saintes femmes et Ten-
fant dans des litières pour les conduire au
lieu du supplice. La mère de Tacuenda pria
les bourreaux de vouloir bien la clouer sur
la eroiï ahn gue smi supplice ressemblât à
celui de Jésus-Chrisl; mais ceux-ci refusè-
rent eo alléguant qu'ils n'avaient pas d'or-
dres et se contentèrent de rattacher comme
c'était la coutume au Japon, Alors ils élevè-
rent en Fair la victime ; la sainte femme
voyant que malgré les tènèlir^^s une grande
multitude de peuple ét^it venue, parla avec
beaucoup d'éloquence et de force contre le
culte des idoles. Les bourreaux ne la laissè-
rent pas achever et lui donnèrent un coup de
lance qui, ne Tayant que légèremenl blessée,
dut être suivi d*un second qui lui perça le
cœur. On crucitia Louis et sa mère vis-à-
vis l'un de Tautre. Le bourreau ajaiu voulu
Fercer Louis d'un coup de lance, ne lit que
effleurer* Craignant quil eût peur, sa mère
lui dit de prier Marie et Jésus : il obért, re-
Îut un second coup et mourut sur Hieure.
*a lance encore fumante du saii^ de Teulant
vint frapper h mort la mère, tiestait A^nès:
sa jeunesse, Féilalante beauté qui resplen-
dissait en elle, son extrême dout-eur, atlen-
drissaient tous les assistants. Elle demeurait
Agen^iuillée au pied de la croix qui lui était
destinée. Personne n'osait venir Vy atlacher.
Voyant cela, elle s'y plaça elle-même de son
mieux et pria les" soldats de Taider. Mais la
modestie, mais la grike qu'elle ût voir dans
cette circonstance» achevèrent de lui gagner
tous les cœurs ; les soldais refusèrent Je la
supplicier. Ce furent quelques misérables de
la lie du peuple qui se trouvaient là, qui, dans
l/espoirdu gain, remplirent cet ollice. Inha-
JER
biles à se servir de la lance, iU l^i ei
rent un très-grand nombre de eaM|«|
de la tuer.
JË.iNNE (la bienheureuse), fut Bamil|^
au Japon en 1613, dans ii> royaume d'Ai
avec son mari Adrien Tae^fatieiUFido,
Marie-Madeleine, vierge vouée êufiei
Jacques son tîts. Agé de t2 ans, Moa
domi Cuniémon, son fils Paul, âgé de .
sept, ans Faïuxida LuguyémoB (Léoii),
the sa femme. Tous furent coodamnéi «
supjilicedu feu. Quand rhupv^H'-'^ltiMiw
se fut dissipée» la flamme r- ire. «tu
put voir les saints martyrs dtuu ir caliBe it
la résignation attiraient l*ddniir6tioii|M'
raie. Jacqm^s, lils de notre btenheuredèti
d'Adrien Mundo, apparut détacha aut jm
des spectateurs. Sans lui faire î i è
mal, le ftni avait consumé ses i .^
Fait au travers des flammes et <ies l>rèiîMtf
craignant <jue ce fût pour s*écbtp^4Pf
foule lui cria d'avoir courage; maisow*^^
d'avoir cette crainte, iorsna'o'i vil 1
se retourner avec calme et aller vers sal
qu'il entoura de ses bras, voulaot
avec elle. La sainte femme, qiil
morte, se réveilla h cette étreinte. S
si elle eût oublié ses souflfrances,«b M
plus d^encourager soDÛlsàr^f* -'^'
qu'au bout le sacriflce de sa \
Feu après, ses liens étant bnllc-, eue
sur son fils, le couvrant de sao co^jis.'
expirèrent ainsi.
JÉKÉMIE (saintjp reçut la glorieuse 8*1
du martyre à ApoIIonie en Slai \ é
pour cooipaguons de son tri* >»• 5
Isaure, pélii, Innocent ei
niens* Ces courageux poniL^.
furent livrés à diverses tortup
pités. On ignore la date et lt> uui -
circonstances de leur martjrp- LXjjtop
collectivement leur mémoire Je 17 fiui.
JËUÉ.MIE (saint), oiarlvr, fut im iwtéi
Césarée de Palestine eu Tan de U^m-UÊt
309, sous le gouverneur Firmili^p. Hf
saiut Ëiie et ses couipagtiou^. (Tff^ flM'
Ils étaient tous Egyptiens, et n-ï^riAÎrtit
Cillcie où ils étaient allés renl ^
confesseurs qui avaient été coi.. -i
mines. En passant à Césarée, ïl$ fuMit*
rôles, et conduits au gouverneur, qm,9^
les avoir lait cruellement touroieûtei tW
til trancher la (été* L'£glise honore bvr
moire le 16 lévrier» {Voy, Eusèbe, tk»ti^
de Paient.)
JËllÉMlË (saint), moine, avait boiUkii^
nastère deTabane. il était lrès^TJiat#M
quand, avec les saints Hierreprâtre,ValÉi^
diacre, Sabinien, Vi- nd et EfiïmlSt^^
vnt à Cunloue se pi : r an e«K.ft^
dirent : « Nous adoi^ous i es us-Christ tfi*
Dieu. Mahomer» voire propbète« tâl h
curseur de l'Anleuhrist. Nous " '
amèrement votre aveugleiijool* » ^
leur tit sur*te*châmp couper la téit, (kF
dit leurs corps à de longs pieui; il W^
quelques jours on les Erûla et Oi>ïi''
I tendres dans le fleuve. L*Slg}iit liii li i^
!5Sf
JEB
Ne sachant donc plus où trouver du secours,
i*alîais me jeter aux pieds de Jésus» jp les
baignais de mes larmes» je les essuyais de
mes cheveux, et je lâchais de réJuire celle
chaT rebelle en passaut des semaines eti-
lières sans nnanger. Je me souviens d'avoir
souvent passé le jour et la nuit à crier» sans
cesser de me frapper la poitrine, jusqo à ce
que Dieu commandât à la lempèïe et rendit
le calme à mon âme. Je n'approchais de ma
ceî'ule même qu'avec peine, comme si elle
eût cornu mes pensées; et prenant contre
moi-même des sentiments de colère et de
rigueur, jo m'enfoiçais seul dans les dé-
serts : si j'apercevais quelque vallée som-
bre, quelque monla;ne foil rude, quelques
nichers escarpés, c'était le lieu que jf^ choi-
sissais pour aller prier el pour en faire la
prison de ce mrsérablc corps, Bt Dieu m'est
témoin qu'après avoir ainsi répandu beau-
coup de larmes, après avoir tenu longtemps
les yeux toujours élevés vers le ciel , je
croyais quelquefois me voir au milieu des
chœurs a es anges, Alors^ plein de joie et
d'allégresse, je chantais au Seigneur : iVous
courons après vous à V odeur de vos narfumji ! »
Il voulut joindre au remède de la niortifl-
catinn celui d'une occupation ennuyeuse et
désagréable. « Lorsque j^étais jeune, dit-il,
quoique retiré dans les déserts, j'étais si
tourmenté par la violence de mes passions et
par rar(ieur de la concupiscence, que cela
surpassait mes forces. Je taisais tuut ce que
je pouvais pour éteindre ce feu par de gran-
des abstinences, et cela n'empêchait pas
que mon esprit ne fût continuiillement agité
par de mauvaises pcn^ées, Pour venir à bout
de le dompter, je me rendis disci[ile d'un
certain morne, qui de juif s'était fait chré-
tien ; et lais'-ant là les préceptes admirables
de Quinlilïen, l'éloquence de Cicéron, la ma-
jesté de Fronton et la douceur de Pline, jo
commençai h apprendre l'alphabet et à étu-
dier une langue dont les mois sont si rudes
et si dilliciles à prononcer. 11 n'y a que moi
el ceui avec qui je vivais alors qui sachent
quelles peines , quelles diUiculiés j'eus à
surmonter, combien du fois je me sentis re-
buté, désespérant d'en venir jamais h bout,
et combien de fois, après avoir tout aban-
donné, je recommençai tout de nouveau,
par Tardeur que j'avais d'apprendre. Je rends
grâces à mon Dieu de ce que je recueille
maintenant de cette étude des fruits d'au-
tant plus doux, que la semence en a ét<! plus
amèrc. » On peut dire en elfet que rien no
l'a rendu célèbre comme la connaissance ap-
profondie qu'il posséda de la laugue hé-
braïque.
Bientôt notr.i saint renonça complètement
à la lecture des auteurs profanes qui sé-
chaient dans son cœur Tesprit de la piété et
le goôt des Ecritures, écriles sans ornements
et avec une si grande sim|plicilél Dès lors il
se livra avec ardeur à Tétude dt^s Prophètes,
dôs Evangiles et des Apôtres, et instruisit
Slusieurs personnes qui voulaient proOter
e ses savantes leçons, et lui servaient en
piémf temps do copistes.
A cette époque, an de Jésus-Christ ïït,
TEglise d*Antioche était divisée en deni
camps, Mélèce et Paulin, tous deux évèqun
de cette ville,étaienl, conaine on peut leT.ar
dans la vie de saint Mélèce, chacun à la téu-
d'un parti que suivait TEglise d*Orienl pour
Mélèce, et l'Eglise d'Occident pour Pa' lin.
Saint Jérôme ordonné prêtre par Paulin, t^
naot d'Occident oii tous les évoques sa-
vaient le parti de ce dernier, devait avoir mi
propensinn très-grande à s'Attacher à Im.
Cependant il eut la sagesse dans le d<^>ui6df
ne se prononcer pour personne û^m um
question qu^* FE^lise n'avait pas d^'-diiée.
Pour être stlr de ne pas errer, il s*attJichi 1
l'Eglise romaine comme à la source in*ît^
ralïle et pure de la foi chrétienne. Quai*i
Vital, qui avait été ordonné évèqued Anlww
che par Apollinaire, jadis inaitre de Mmi
Jérôme, il ne prit point parti pour lui m^
plus, estimant comme le tit depuis TEgliser
son ordination iirégulière et entachée dV
résie.
Ce fut cette abstention de saint JéK'O^
(jui lui suscita dans son désert les pet^ii-
tioos des autres moines : tous, plus ou iDoiii
engagés dans les partis qui uivisaicoi fl-
glise dans la quesli«»n d'Ant:oche ou<iii«
celle des hypostases , accusaient îafmde
Jérôrae. Il Tut obligé de quitter le dwrf.,
pour éviter dy être poursuui par etii. H
vint à Antioche, où il fut ordonné par h^
lin. Il avait reçu ordre du pape Dar^'^^ '"
communiquer avec lui. Cependant»
acceptant, il ne s*ut tacha à aucun j
plus , il demanda et obtînt que son
lion ne Fatlach^H h aucune enlise el
sât entière sa liberté de solitaire. Bi
fïape Damase , qui avait une estime p^n^:-
ière pour notre saint, Tapfiela à Hom** ^^
lit son secrétaire. Il resta dans «-
viron trois ans et ne la quitta 4
385 au mois d'aoïlt , après la mort
Damase. Ce pape lui tit corriger le >
Testament et lui Gl faire de plus ^
travaux sur les psaumes de rAllel'. '
Jér<ime futbienliit connu et révr
la ville, de toutes parts on venasi n., .
leçons sur les divines Ecritures. Pa,^
saintes femmes qu'il dirigeait dans lest
de la piété et de la vertu, nous citei^Ml
saintes Aselle, Panle, Eu.stoquie, AH
Marcelline, Félicité et Marcelle, lléi
plusieurs fois à cette dernière, qui fall
marquable par sa sainteté et qui desc*^
d'une race d lustre de proconsuls et «tel
fets du prétoire. Elle fut moins lUu^lrt î*
la j»ossess;on de tous les avantages di ^
cle, qu en ce qu'elle méprisa el sa udi^
et ses richesses pour embrasser Ibuinili**
la pauvreté.
Saint Jérôme écrivit encore d'autres W*
h sainte Eustoquie, une entre autjtsi*^
virgmité, qui souleva Rome ^ '^
Beaucoup de personnes en furent <
car voulant prémunir la sainte e^nW"
embûches du monde» il lui déeOQffilEj
vices des faux moines, des vie«<s l_^
et des mauvais ecclésiastiques. Il «ii«»^
ÎZM
im
jet
iS6î
frir de la calomnie que ses ennemis igno-
rants et ialoux répandaient sur lui.
Saint Jérôme, désirant la paix et voulant
éviter toutes ces tempêtes, se résolut à quit^
ter Rome et à partir pour Jérusalem. Il vi-
sita la Palestine et TEgypte. 11 resta peu de
temps dans cette derriière contrée, et se
rendit à Bethléem , où il passa le reste de
ses jours. 11 nous apprend qu'on allait à sa
cellule par un petit sentier qui se séparait
du grand chemin au lieu où était le tombeau
d'ArchélaiJs, roi ou plutôt ethnarque de la
Judée. 11 s'était, dit-il, retiré en ce lieu
pour y pleurer ses péchés, renfermé et ca-
ché dans une cellule en attendant le jour du
jugement. Il était vôiu grossièrement et se
nourrissait d'herbes et de pain bis. 11 ne pre-
nait jamais de vin et s'abstenait de viande.
Notre saint ne resta pas oisif, il travailla
continuellement les livres saints, et écrivit
plusieurs ouvrages. Il bâtit un monastère et
un h(^pitdl pour les étrangers qui venaient à
Bethléem, saint Jérôme, sur la fin de ses
jours, fut obligé d'interrompre ses travaux et
ses exercices de piété par les incursions aue
les Barbares faisaient en Palestine, et parles
persécutions des pélagiens. Ces hérétiques
envoyèrent, en 417, une troupe do bandits à
Bethléem, afin de ravager les monastères
aui étaient sous la conduite de notre saint.
s furent pillés et réduits en cendres , et
.eurs saints habitants s'enfuirent. Cette per-,
sécution cessa bientôt et saint Jérôme reprit
ses travaux pour la défense de la foi. Enfin,
après une longue vie pleine de tiavaux et de
pénitences, il mourut, le 30 septr*mbre 420,
miné par une fièvre lente qui le tourmentait
depuis longtemps. 11 fut enterré dans les
ruines de son monastère , et dans la suite
son corps fut transporté à Rnnac, où on le
conserve encore dans l'église de Sainte-
Marie-Majeure. L'Eglise fa.t sa fôte le 30
septembre.
JEROME DE LA CROIX (le bienheureux),
dominicain, né en Portugal, fut envoyé dans
l'Inde p'ir ses supérieurs, n'étant encore
que diacre. De Goa, il fut envové dans le
royaume de Siam avec le P. Sébastien de
Cantu, également Porlugiis. Ils firent tant
de bien dans cette mission, que deux infi-
dèles, irrités du succès de leur prédication,
résolurent de s'en défaire. Us feignirent de
se baitro en duel devant la maison de nos
saints religicix : ceux-ci étant accourus, Jé-
rôme tomba percé d'un coup de lance au
cœur ; pour Sébastien, il reçut une blessure
f;rave à la tète, m<)is il en guérit et ne souf-
rit le martyre , avec les compagnons qu'on
lui avait envoyés, que le 11 février 1569.
( Monummta Dominicana^ 1555, 1569 ).
JÉRUSALEM , capitale de la Judée. C'est
dans ceite ville que s'accomplirent les prin-
cipaux événements de notre sainte religion.
Ce fut là que saint Pierre et saint Jean fu-
rent persécutés; ^aint Etienne mis à mort.
8aint Paul et les Juifs persécutent l'Eglise
on l'année 34 : Nicodème en est chassé. En
(2, Uérode Agrippa y fait mourir saint Jac-
ques le lli||eur et emprisonner saint Pierre,
r.
qui est délivré par un anse. En 54, saint
Paul y est arrêté par les Juifs, qui voulaient
le tuer. Le tribun Claude Lysias Tenvoie au
gouverneur Félix. En 62, le peuple, poussé
par le grand prêtre Ananie, assomma près
du temple saint Jacques le Mineur, évoque
de Jérusalem, surnommé le Juste.
Pour ce qui concerne les malheurs de Jé-
rusalem sous Vespasien, voy, Juifs ( Puni"
tion des). En l'année 107, snint Siméon, fils
de Cléophas et de Marie, sœur de la Vierge,
deuxième évêquo de Jérusalem, y fut tor-
turé, battu de verçes, et enfin crucifié sous
Trajan, par ordre du gouverneur Atticus.
JÉSUITES, ordre religieux, fondé en 1534,
ar saint Ignace de Lovola, et approuvé par
e pape Paul 111 en 15*0. Cet ordre se con-
sacre à la propagation de la foi, à la conver-
sion des infidèles et des hérétiques, à l'édu-
cation de la jeunesse , et fait vœu d'obéis-
sance entière au chef de l'Eglise. Nous n'eus-
sions pas parlé des Jésuites dans ce I>tc-
tionnaxre s ils n'avaient pas été directement
persécutés comme ordre religieux. L'his-
toire des persécutions particulières aux in-
dividus de cet ordre célèbre se trouve à l'ar-
ticle de chacun d'eux. Nous ne voulons ici
nous occuper que de la persécution que
l'ordre des Jésuites eut à soulfrir lors de sa
suppression momentanée. Le lecteur conce-
vra dans quel intérêt nous avons renoncé à
faire nous-m^me le récit de ce grand évé^
nement. Rorhbacher la fait en citant Sis-
mondi, auteur protestant. Les motifs qu'il a
eus sont ceux qui nous dirigent : nous ac-
ceptons le jugement d'un adversaire. C'est
le meilleur moyen de réfuter les déclama-
tions passionnées qui ne cessent de se pro-
duire a propos de cette grave question. Voici
quelles sont les appréciations de Sismondi.
« Louis XV, dit-il , se croyait très-reli-
gieux, c'est-h-dire qu'il avait très-grande
peur des prêtres, comme il avait peur du
diable ; mais il n'échappait pas entièrement
au mouvement philosophique , non plus
Îu'aux doutes de son siècle, et madame de
ompadour était là pour lui persuader que la
philosophie dispensait de la morale en mê-
me temps qu » de la foi. Elle croyait et elle
avait fait croire au roi qu'il existait une
ligue ambitieuse et dévote qui censurait
avec amertume ses plaisirs scandaleux, et
qui détournait de lui l'atTeciion de son peu--
pie , pour la fixer sur le dauphin ; celui-ci
était tout dévoué aux Jésuites , il en avait
fait ses amis et ses guides, il les regardait
comme les défenseurs de la religion et du
pouvoir absolu, et comme les intrépides ad-
versaires de ces magistrats qui ne cessaient
de braver et d'inquiéter l'autorité royale.
Madame de Pompadour se rappelait avec
quel empressement le parti du dauphin avait
voulu 1 expulser de Versailles lors de l'at-
tentat de Damiens ; elle savait que les Jé^
suites, de concert avec la reine, avec ses
filles, avec le dauphin et la dauphine, et tous
ceux des seigneurs de la cour qui étaient
attachés aux bonnes mœurs , cnercii
IMS
foccasion d'amener Louis à un pieux re-
pentir qui serait ïe signal de Texil de sa
raaftresse. Les Jésiiilcs, qui, dfins d'autres
occasions, arflieot trouvé pour les rois une
morale rel/ïch^f* qui s arcoramodait à leurs
pcnchanls, ou ét^uent devenus plus rigides
dans leurs prinfeipos ^n raison m^rae des
d^noicialioos auiqiieUes \\» avaient été en
t)iiMe, ou avaient trr)uvé leur intérêt dans une
plus stricte adhé>io»l aux bannes mœurs;
car c'était leur rigorisme niôme qui les ren-
dttit rhprs <m danplnn avec lequel ils espé*
raient bientôt régnerde nouveau stir la France,
It's Jésuite?i, dtirje, étaient appelés à veiller
d\i étant plus scrupuleusement sur eette mo-
rale et ccs^ prindnes, qu'on leur attribuait
et qui avaient été Tobjet de tant d accusa-
tions, que leur ordre se trouvait compromis
par des querelles qui leur élaieut suscitées
a la fois dans toutes les parties du monde.
Les grands succès qu'ils avaient d abord
obtenus h Li Chine, ou ils avaient fondé une
BglisenoDibreuse en ménageant les croyances
et les coutumes du pays, avaient pins tard
atlii*é sur cette Eglise une persécution tu-
rieuse (1707 - 172'i), lors(ïue la jalousie des
Dominicains qui les avaient dénoncés, lixa
sur eux, fiar des controverses iulerapestives,
les regards et la jalousie du gouvernement
chinois. En Amérique , leurs colonies des
missions, et eu particulier celles du Para-
guai ^ {ivdient excité la jahnusie des deux
cours desputiiïues de Madrid et de Lisbonne,
Ils avaient réussi h tixer des peuples sau-
vagest avant eux errants dans les forêts ; ils
leur avaient enseigné, avec lespiemicrs élé-
ments de la rrligiou, les |)remiers actes de
la vie civile; ils leur avaient fait bâtir des
villages et des égbses, cultiver des champs,
accumuler des nchiSses. Ces richesses, il
est vraij n'étaient pas pour eux, Tordre en
disposait, tm^is il les émprojftit h faire rivre
lés Indiens dans une grande aisance. Lés
lïlissionnaires avaieiil résolu ce problème sî
dîfllcnë, devant lec^uel les Européens dnt
toujours échoué depuis, di* faire passer les
hommes de la vie sauvaj^e à la vie civilisée :
ftîus lîbtre etpériencc s*est accrue depuis
ors, et plus hntre admiration pour le succès
des Jésuites dans les missions doit augraei-
lor. Ils n'employèrent que la charité, Famour
et une providence paternelle ; les autres peu-
ples ont Voulu élever les sauvages par 1 itiiî-
Iruction, Témulation, le commerce, Tindus-
Irie, et ils leur ont communiqué les passions
des peuples civilisés , avant la raison qui
pouvait les dompter, et la police qui pou-
vait les contenir. Sur tout le globe, le contact
de la race anglaise, holla-ldaise, française,
avec les sauvdges, les a fait fondre comme
U cji-e devant un feu ardent* Dans les dis-
sions de rAmériqucau contraire. In race
rouge Uiultipliait rapideulent sous la direc-
tion des Jésuites. Lcnrs Indiens, dîsait-ofi,
n éfaient encore que de grands i " oui,
liâîs après leur expulsion, le lols,
lès Portugais, les Anglais. rt*s Français, eu
ont fait des tigres.,
• Les ludions du miiribrts rte coûnaî^-
soient que les Pères qui dirigeirinl dÉpé
village, n^obéissaient qu'aux Pères; il ém
un arrangement de territoire sur la froolièri
du Brésil , entre l'E^paçncr et le POrtvpl
(i75^-175fitjes Indiens des missions afti» m
opposé quelque résistance anx ordres des
deux rois. Voltaire, dans Candide el dans ï«
Facetifë , attaque les Jésuites aver U évH
nière amertume pour leur rayaui/ dm Fm^
guai, et pour le recours aux firmes d<^lTi-
diens , lorsque des onlres arbttrairej, in-
sensés do gouvernements auf^si ignorms
que cruels, venaient détruire leurexisieto;
ce n'est pas la première fois qu'il ouMli
toutes les lois cfe Thunianité, delajiisik%
de la décence , lorsqu'il trouve Toeciilof
d'accuser des prêtres. » Il faut se rapptiir
que c'est le protestant Sisiuondi qui pifhi
aussi bien que dans ce qui suit :
H Tout h coup, une acçu$xilioûd*«neliHi1l
autre rrature éclata contre eux, en Pt^tipl,
par suite de ce scandaleux libertinap 4H
t^tes couronnées, qui, au xviu* sièdt^MK
blait Olre devenu la plaie de toute ri&iir0|lft
Joseph, qui depuis 1750 régnait es ^0lTl[Î4
n'était pas moin^ï difîsolij dans ses aiu»
que son père Jean Y. Mais Uindis mm
pririce avîiil fait d'un couvent son iMi
et qu*it avait perdu avant Tâge, dans lum
des reiiî^ieuses, sa santé et sa vie, liMh
allait cbercbpr des maîtresses dêm \9
maisons les plus puissantes du Porttigd^l
avait abandonné sans portage le poufoir
royal, ou fiimôt le plus impiiojable dïj»*
tisme ft son ministre Sébastien CartiM
marmiis de Pombal, homme actif, passitwl
doué dévastes connaissances, raaishaineoi»
ombrageux, cruel, qui entreprit de réfonsw
les fînances, ladministratiori, le eomfiisvlii
la marine. Tannée, et qui ne tlt le bien^
coups de hache. Pend/inl ce temp^, ^^^'^
ne se réservait, deFatiloiilé --i' quiil
droit de se faire amener les | -«i*
mes de sa cour, te grand maiu r m» ïâ mà^
son du roi, due d'AveJro, avait à se fUh
dre d*un double outrage : sa feiiime ftP
fïlle avaient été Fune après Tautre jlvrfcsfl
monarque voluptuouî , et J*entremelU«
Teteira, valet decbambredu roi, le ïniné
dit en face. La jeune marquise de Jmtt
avait à son touri peu ap^ès son fflârl^li
subi fa même ignominie. ^ s meulrii
de ces deux maisons part; .^ i le fUW
timent des éfioux offensés ; et ditis tM
conr, pins africaine qu'eiu-^i»*^» n:k>. ft
croyait encore qu'un tel oufr »
être lavé qu'avec du sang. O é ...^.nt. ^-^
tant qu'avant de se ha^farder au fépnM,
les ort'en^és, suivant les t'^^ — - rp.-.;,-.
voulurent uïettre Ii^ttf eoi
en consulta^it des théolo^i*"i> *N»>nis
s'adressèrent ft trctis Jésuites eélèl
Pères >Ma!agrîda, Aleiandr** de 9oa5i(
Ihos. Dans de telles consuUalifms ^i
jours soin /le cacher le n-
de donner le cas comme
Ïirob?ibIe que Ton en usa ; -j
ésfdites ; uiai^ tonte la j r '
ettteîoppée dTiti setret itopénétnWft ^^
iie?
J£S
mun adminislré par (es Pères, avaient amené
ces relif^ieux à se charger d^une immense
administra ion économique : c^était leur af-
faire de nourrir et de vêtir tout un peuple,
de pourvoir enfin à tous ses besoins, ils fai-
saient donc en réalité îe commerce. Le P. La
Vale te. Jésuite français, procureur des mis-
sions à la Martinique, jf était charg/' de ces
vastes intérêts mercantiles ; mais plusieurs
de ses vaisseaux furent capturés par les An-
glais, en 1755, avant toute déclaration de
guerre, lorsqu'ils s'emparèrent par surprise
de toute la marine marchande de France.
Le P, La Valette ne put faire face à une perte
si énorme, et Tordre, par un calcul sordide,
prit le parti de labandonner, au lieu de
payer ses dettes* L'ordre y gagna de se voir
condamner par le parlement de Paris à payer
toute la faillite, et de voir ses constitutions
examinées, censurées, condamnées parle
parlement, et sa propre existence déclarée
un abus.
« L'abbé de Chauvelin» conseiller au parle-
ment de Paris, Montc'ar, procureur général
au parleraetjt de Rennes, se distinguèrent
surtout dans cette polémique, où ils mon-
trèrent phrs d*esprit que de bonne foi, t.in-
dis que Tordre, qui passait pour pouvoir
donner des leçons de la politique la plus
astucieuse, ne montra pour sa défense que
faiblesse, que trouble et qu'incapacité. 11 est
vrai que bien peu d'hommes ont assez de
force dans le caractère pour rester dignes
d'eux-mêmes, quand le torrent de ï'opinion
publique se déchaîne contre eux. Le concert
d'accusations et le plus souvent de calom-
nies que nous trouvons contre les Jésuites
dins tous les écrits du temps, a qu*^lqu8
chose d'effrayant. Tout rorure judiciaire,
tous les vieux iansénistes, une grande par-
tie du clergé séculier et des autres ordres
monastiques, jaloux de celui qui les avait
si longtemps primés, tous les philosophes
et ceux qui se prétendaient esprits forts,
tous les libertins qui ne voulaient plus de
frein pour les mœurs, s'étaient réunis pour
dénoncer les Jésuites et pour proclamer leur
abaissement comme un triomphe de la rai-
son humaine. En même temps, tous les
souverains semblaient se déclarer contre
eut. Les républiques de Venise et de Gè-
nes venaient de limiter leurs privilèges; à
Vienne, une commission impériale les avait
privés des chaires de théologie et de philo-
sophie ; à Turin, le roi venait de sévir con-
tre Tun deux; tous les princes de la maison
de Bourbon, à Madrid, à Naples, à Parme,
se rangeaient parmi leurs ennemis, et cepen-
dant on voyait arriver les uns après les au-
tres à Civitta-Vêcchiades vaisseaux chargés
de ces Pères. En 1759, c'étaient ceux du
Portugal ; en 1760, ceux de TAmérique por-
tugaise ; en 1761, ceux tte Goa et des Indes-
Orientales. Ces derniers, au nombre de cin-
quante-neuf, à leur entrée dans la Méditer-
ranée, eurent le malheur de tomber aui
mains des Algériens, qui cependant se laissè-
rent toucher de compassion et les relâchè-
rent. Lorsque l'univers entier semble ainsi
■m
conjuré contre auelques hommes, il^penvem
encore trouver le courage de la résignalionj
mais où chercheraient-ils respérance, saoi
laquelle on n'a plus ni prudence ni adres^
« La Pompadour aspirait surtout à se dofr
ner une réputation d'énergie dans le ca^^
tère, et elle croyait en avoir trouvé Yù
sion, en montrant qu'elle savait frappe
coup d'Efat, La niôme petitesse d'espnlavj
aussi de Finfluence sur le duc de CÎhoiseul;
de plus, tous deux étaient bien aises «1^^
tourner raltentioc nublique des funestes été»
nements de la guerre* Ils espéraient act^aénr
de lafiopulariié en liai tant à la fois les philoK^
phes et les jansénistes^ et couvrir les dé-
penses de la gtierre, par la conûscalion
biens d'un ordre fort riche» au lieu d
réduits h des réformes qui attristeraient
roi et aliéneraient la cour. Il fallait^ il est
vrai» triompher de l'opposition du matm-
que, qui, au milieu de ses débauches coth
servait les scrupules et les terreurs de li
dévotion, et qui laissait percer tour è leur
son aversion contre les jansénistes et coniw
les phi1o:$ophes ; mais sa concubine étiil
accoutumée à le faire céder. Le parlement
de Piiris^ par un arrêt du 0 août 176t, ifiit
ajourné les Jésuites à comparattw éin$
Tannée, pour ouîr jugement sur leurooDS»
titulion, et en attendant, il avait ordonné ti
clôture de leurs collèges. Le roi, dans m_
irrésolution accoutumée, imposa siîeicê
parlement et consiulta une commission^
quarante évêques. Ces prélats, après èttàt
examiné les constitutions des JésuileSt
prononcèrent pour la conservation de
socii'té. Le roi accueillit leur dérision
fïlaisir et rendit un édit qui laissait subsiitff
es Jésuites» en modiffaat leurs consT
lions. Le parlement, secrètement enco
parle duc de Choiseul, refusa d'enregi:
cet édit. Le roi montra d'abord quelque
meur de cette résistance, mais bientM'
oublia cet édit. Quelques mois aprèstillf
retira, et le parlement ayant attendu le teran
fixé pour Tajournetaent de Tordre, prononçl
le 6 août 17Gâ un arrêt par lequel il cofr
damnait l'institut des Jésuites» les sé^uUfi-
sait et ordonnait la vente de leurs bieOi
Ces biens se trouvèrent avoir été en gntth
partie consumés par des séquestres, ou*h
tournés, en sorte que le ministre des tioi|^
ces n'y trouva point la ressource surlaqï^^l
11 avait compté. On croyait le roi furll^i^
il montra, au contraire/rinditférence li|fo
apathique; lorsque Choiseul lui deoMo'*
son consentement final : <« Soitt répOdiBk
ii en riant, je ne serai pas fàehé de voir h
P, Desmarets (son confesseur) en abbé. »
it Cependant, conlinue le protestâJit Sà^
mondi, la persécution contre les JésuiMi
s'étendait de pays en pays avec une rtpUi
qu*on a peine à s'expliquer. Choiseul il
taisait désormais pour lui-même une
personnelle. 11 s'attachait surtout
taire chasser de tous les Etats de b
son de Bourbon, et il profila, dans ce _
de rinOuence qu*il avait acquise sm ^
roi d'Espagne, Cbarlôs III, ptéoéé&smi^
i
1H9
lES
J£S
1570
roi de Naples, Ce monarque, qui donnait h
ïa chasse la plus grande partie de son temps,
avait cependant la prétention d'être réforma-
teur, peut-èlre même philosophe. Il regar-
dait aver. quelque mépris les usag'^s et tes
préjuges espagnols et, en arrivant de Naples^
il aurait volontiers donné à sa cour un as-
fïectou napolitain ou français. Deux Italiens»
e Génois Griraaldi et le Napolitain Squillace,
avaient été ses niinistrcî^- Griraaldi, qui
avait Je ministère des affaires étrangères,
était tout dévoué h Choiseul ; Squiltace,
chargé des finances et de la guerre, fîenchait
pour rAnçleterre. Il avait commencé à se
rendre odieux en soumettant Madrid aux
taxes sur les comestibles qii'il avait vues
fruclitierà Naples; mais il offensa bien plus
profondément les Espagnols en voulant chan-
ger le costume national Pour rétablir la sé-
curité dans les rues de Madrid, où les ren-
conJres armées et les assassinats étaient très-
frétjuents, il fit éc'airer la ville par 5,000 ré-
verbères ; jusqu'alors on y avait été plongé.
la nuit, dans une obscurité profonde. Il in-
terdit en même temps le grand manteau et
le grand chapeau rabattu, sous lesquels les
hommes n'étaient pas moins méconnaissa-
bles que s'ils eussent été masqués. Cette
ordonnance excita dans Madrid, le 26 mars
1766, le plus violent soulèvement; une nar-
tie de la garde wallonne, qui seule résista
aux insurgés, fut mnssacrée : le roi, contraint
de parattrc sur le balcon du palais, capitula
avec le peuple; il abandonna le monopole
des comestibles, il retira Tordonnance fu-
neste sur les chapeaux et les manteaux, it
exila Squillace, et cependant il s^enfuit, dans
la nuit, à Aranjuez, ne pouvant supporter la
vue d*un peuple qui lui avait désohéi.
«t Charles III, conservait un profond res-
I sentiment de Tinsurrection de Madrid; il la
1 croyait Touvrage de quelque intrigue étran-
I gère; on réussit h lui persuader quelleélait
^l'œuvre des Jésuites et ce fut le commence-
^UDent de leur ruine en Espagne. Des bruits de
^^omplot, des accusations calomnieuses, des
f lettres apocryphes destinées à être inlercep-
{lées et oui le furent en effet, achevé reU ue
décider le roi. Il s'entendit avec le comte d*A-
fe randa, président de Castille, homme énergi-
< aue et tacitumet qui avait déjà eu avec
» Choiseul des relations secrètes. Ce fut lui
I qui, apportant à Charles III une écriloire de
poche et du papier, lui fit écrire de sa propre
main, sans témoins, dans son cabinet, le dé-
cret de la suppression des Jésuites; il en-
voya des circulaires aux gouverneurs de cha-
que province, avec ordre de les ouvrir ^ une
certaine heure et dans un endroit déterminé.
Le 31 mars t767, à minuit, fut le moment
choisi pour Texéculion des ordres qu'elles
portaient. Les religieux, chers à l*Espagne^
devaient être enlevés tous au même moment,
soustraits aux regards d'un peuple fanatique
et déportés non-seulement sans accusation,
sans jugement, mais sans que la cour de
Madrid eût daigné depuis expliquer sa con-
I duile. Les six collèges des Jésuites à Ma-
( drid furent investis en même temps par des
troupes* Les pères furent forcés dVntrer
dans des voilures préparées pour eux avec
le peu d'effets qu'il leur fut possible de ras-
sembler dans ce moment de surprise. Avant
le jour ils étaient déjà bien loin de Madrid;
les dragons qui les accompagnaient ne per-
mettaient aucune communication entre les
voitures. On les entraîna vers la côle sans
leur accorder un jour de repos ; ou les
embarqua aussitôt sur des vaisseaux de tranjv-
nort qui nedevaient plus communiquer avec
le rivage et , lorsqu'ils furent rassemblés»
plusieurs frégates furent chargées de les
escorter jusqu'à Civita-Vecchia. Chirles II!»
par une lettre adressée au pape, le même
jour 31 mars, les lui renvoyait comme ayant
cessé d'être Espagnols pour devenir ses su-
jets, leur promettant toutefois une petite
pension alimentaire de deux pauli ou un
peu plus d*un franc par jour. Le gouverneur
de Civita-Vecchia , qui n'était point pré-
venu, ne voulut point les recevoir, et ces
malheureux, parmi lesquels II y avait beau-
coup de vieillards et de malades, entassés
comme des criminels à bord des bAtiments
de transports, furent réduits pondant des
semaines h courir des bordées en vue de la
côte; beaucoup d'entre eu» périrent. Enfm
la république de Gênes, touchée de compas-
sion pour des religieux jusqu'alors l'objet de
la vénération publique, et qui n'étaient ac-
cusés d'aucune oifense, consentit qu'on dé-
barquât les autres en Corse. Choiseul fut
sur le point de se brouiller avec le sénat par
ressentiment de cet acte dliuraanité* et ce
fut par suite de cette querelle que la répu-
blique céda la Corse à la France, » (Quel-
ques mois après cette union, le 15 août Î769>
naquit en Corse un enfant qui, monté un
jour sur les débrisdes trônes de France, d'Es-
pagne, de Portugal et de Naples, dut faire
manger à tant de rois déchus les fruits
amers de Finjustice qu'ils avaient semée.)
«E La violente arrestation des Jésuites, qui
s'était faite eu un même jour dans l'Espagne
d'Europe, se poursuivait cependant avec le
môme secret et la même rigueur dans toutes
les possessions de la monarchie espagnole.
Au Mexique, au Pérou» au Chili, enfin aux
Philippines, ils lurent également investis
dans leurs collèges le même iour, à la même
heure, leurs papiers saisis, leurs personnes
arrêtées et embarquées; on craignait leur
résistance dans les missions où ils étaient
adorés par les nouveaux convertis ; ils raoo-
trèrent une résignation et une humilité
unies à un calme et h une fermeté vraiment
héroïques. » Tel est le témoignage aussi glo-
rieux que peu suspect que rend aux Jésuites
le protestant Sismondi.
c« Clément XIII, continue le môme auteur
protestant, regardait les Jésuites comme les
défenseurs les plus habiles et les plus cons-
tants de la religion et de l'Eglise, il avait un
tendre attachement pQur leur ordre, leurs
malheurs lui arrachaient sans cesse des lar-
mes, ii se reprochait en particulier la mort
des infortunés qui avaient péri en vuode Ci-
vitû-Vecchia ; il donna des ordres pour que
t
4SÎI
lES
tous ces déportés qui lui arrivaient successi-
Tnment d'Earope et d^Aoïériqne fussent dis-
tribués dans les Etats de rEglise, où plu-
sieur«î d'entre eut acqnireiit dans la suite
unehauterépulation FtN^raire, Mais en infinie
temps il adressa les p\ns vives instances a
Charles III pour le lïéehir. Loin d y réussir,
loin de rN'îlerminer ee mcmnrquf* Il motiver
s^ barbarie autrement que par les ^^néra--
litï^s les plus vagues, il ne put empêcher que
Charles 111 et le duc di* Choiseiil eîitraînas-
serit dans le même système de pcrsénutïon
les deux autres branches des Bourboils en
llalie, Ferdinand de N^ples, qui depuis dix
mois était réfmté majeur, mais qui abandou-
nait loUjoui'S le gouverrtement h son ministre
Tanueci, lequel se conduisait par les ordres
d'Espa si-ne, îll investir, au milieu de la nuit
du 3 novembre 1767. tous les enfivents
et les coIfé;,Ts des lésuites dans tout le
royaume des Beui-Siciles; tontes les portes
furent enfoncées, tous leS meubles sé*pies-
très, et les moines, auxfpiels on ne bissa
prendre queleurs seuls habits, fureol entr;ît-
nés Veré la pla^^e la [>lus voisine, oh cm les
embarqua au-^siu^t Oi ne permit nî*iux mâ-
ia tes ni h ceux qu'accablait la vieillesse de
demeurer en arrière, et tout fut exécuté
avec tant do précipitation, que ceux qu'on
avait enlevés à Naples,à minuit, âU point d(i
(Our faisaient déjà voile vers 'terracine,
€ Parme, dont le souverain, trop jeune
pour gouverner, obéissait h un Français,
Guillaume du Tillot, qui agissait comïUe pre-
mier ministre, avait déjà attaque de plu-
sieurs manières les îtnraunités ecclésiasti-
ques et interdit les donations faîtes ?i TEdise
par des séculiers. Lorsque Ferdinand de
Parme supprima h son tour les Jésuites et
les chassa db s^s Etats, ce fut pour le vieux
pontife t'omme un dfîront qui lui était fait
non-seul*ïment par un prince plus faible <jue
lui, mais ciicorë mir un leu lalaire de TEglise.
Le 20 janvier 1708, il publia une sentence
par laquelle il annulait tout ce qui s'était
lait contre rautorilé de l'Eglise dans ses du-
chés de Parme et de Plaisance, et il décla-
rait que les adminisfrateurs de ces Etais
avalent encouru l'excommunication pronon-
cée dans la bulle ïn Cœna DominL
«T Choise«l,qui attachait sa gloire au pacte
de famille (entre les branches bourboniennes)^
se hAla de prêter main forte au plus faible
des princes bourbons, qu'il prétendait être
opprimé par le pape. Quelque p(*u fondée
que fût original lement l.i pretentioa de TE-
gbse ÎL la souveraineté dt; rariue et de iPlai-
saOce, c'était uu fait accompli depuis des
siècles dans le droit public; et, quoique les
grandes [juissances, en disnosam de rhéri-
tage d'S Farnèse par les divers traités dM
xviir siècle, y eussent eu peu d'égard, el)os
n'avaient (»oîfit, par leur silence, 'iboli un
droit cottslamuienl invoqué et parle saint
siégLs qui lé réclamait, et par les habitant^
di; Parme et de Plaisapce qui y Irouvaîeit
une i^aràntiu; mais le duc de Choiseol éiait
charmé de? trouver une occasion Je querelle
avec le saint-siéiîe. Il u avait poiut pardonné
h Clément XIII d'avoir côrifiMoé lé^ l^suites
dans tous leurs privilège^ par sa bulte dite
Apostoliàim.A^ tes avoir justifiés ^r ' *
points, d'avoir fait dans rette bnll
pins pompeux de leur zM. '
ceset deIenrstnleT)ts,justi J
tous les parlements du royaut ivi.iOQ-
naient et où lui-même solîi î\omé
la snnpressioi de Forrlre. Il s'e^i tendît avec
le roi dePortu:JtaK le roi d'Espagrif^. le nn (Ji
N a pies, qui tous avaient montre, [ !
que lui, leur inimitié contre l*onlr^ i;-
tes; et il fU faire, n^r le marquis d'Aube
terre, ambassadeur de France h n» mo. l^i r*.
présentations ^es phîs fortes; in **
donna pas mémo le temps d*en ai.^.,,M- ^ f-
fet. Le 11 juin ITfift, le ninrqaîs de Roche-
choUnrt prit possessiofl d'A vî;;tlQTi * ^*- -^ir:}-
tat Vénaissin, t,1ndis que le mî^ It
publier un écrit anrin^^fne dans 1 r^t-,
taqnaît les droits du pape sur ■ti
provinces, car l*inlotition du nv 4
de profiler de cette querelle pour r.
De la même manière, le roi de
nait possession de îîénéveDl , ei . ^
Corvo, districts apoarienant à rÈ:z:lisefttj*&^
vésdans ses Etats. Le premier président mm
que oeuf comUiîssaireà du pari eroent^f Ail,
avaient accompai^né h Avî*^on le mjrqab
de Rnchechouart ety avaient fait publierai!
décret de ce parlement qui , ré«inî^^alt U
ville d'Avignon et le comt^tl Von '>
maine d<5^ la couronne, comme i.. x. .^.uU
prononcé d'une seidence juridique. A fa^h
proche des deux régiments qui les esco^
taîent, le vice-léjçai était parti iinmé4iat^
ment pour Nice; tous les biens des Jé^tiild
furent séquestrés, line garde fut établie ^ii
porte de leur collège et de leur noviciat, rt
un économe fut chargé do fournir sor \mn
re^f^mis journellemHnt h leur 5
Les quatre cours de la maison >
n'étaient point satisfaites encore de '
exécution militaire ; de concert avec la
son de Bragance, elles revenaient à la cfc
auprès de Clément Xilt pour obtenir la
pression di* cet ordre religieux • Il iDOtttûf
presque subitement à TAge de sotitnM-
seize ans, dans la nuit niême qui préc^diil
ce Jour qui Itiî semblait fatal el qû*il iIm-
rait ardemment ne point voir, ....
fl Sur la nouvelle de la mort •' ^" nf^
Xlll, le cardinal de Bernîs élai »V
Rome, chiirgé de défendrfj les irrlé^riiLi Je II
France, dans le futur conclave, et §»jft-'*iHli
lui procurer un pape favprab^ ^^
tentions di'S quatre couns de V. , iji
Madrid, de Lisbonne et de '^ p^m ^
destruction de Tordre des J > BefV^
arrêta 5on choix sur Luire^it tiangiAelli*
moine cordelier, ^gé de soixante-qtutl^tif
et fait cardinal par Clément Xlll en HROt
s accordait h louer son inslructim, s> lli*»*^
ration, sa connaissance de Lél;^! actiHli^
esprits H son équité. A|»rès tr-^^^ •■^"* é
conclave, les cardinaux, du par: ^
bons remi'orîèrent, et Gang;inehi iui i *k
lU mai 1769, Il [«it le unm île Ciftii^ii
XJy. u domia immédiatement des preui^
m modératioD en abandonnant la qoe-
I entamée par son prédécesseur avec h
de Parme, et en empêchant h ïecture de
iIIl' In Cœna Domiîïi. M«îs lorsque Choi-
|p lit requVrir d'abolir ]*onlre dfs Jésui-
ît de €édf r hh France el h Naples les en-
i^_ d'Avignon et de Bénéveiil, il léjmn-
pHl ne [mouvait suf^iirirni^r un ordre
Rome par dix-neuf de ses [in'Mlécesseiirs,
enqnêle, sans jugement; qne, n*élanl
îmiiiistrateur des biens de rK:^lise, il
>ouv«tt aliéner aucune partie de sa sou*
neté; que toute cession qu'il ferait de
irovinr*'s serait nulle de plom droit ; que,
jfois, il n Y- tait j^oint en élat d'o; ►poser
rce à Ja force; le pût-if faire encore, il
acrifierait Ja vie d'aucun elirétien i^our
lôîiir une puissance purement natu-
/!|btit fols sa douceur et sa modération
cesser raigreur avec laquelle la mai-
le Bourbon avait agi jusqu'alors envers
int-siége; des néj^ocialions furent ou-
s, quant à la restitution des deux peii-
irovinees annexées à la Provenie; une
iction approfondie fut entamée sur les
s politiques qui avaient décidé les
1 les plus puissantes de l'i^^'urope eatbo-
è demander la suppression iïun ordre
eux si accrédité ; et ce fut seulement le
illet 1773 que Clément XIV publia le
>ar lequel il abolissait cet ordre, non
unition d'aucun méfitit, mais commet
Te poldique et pour la paix de la cbré-
\. » (liobrb^cher, liist, unw, de VEgî,
» citant, p. aïOet suiv., t. XXVII, Sis-
Wt Hist, des Français^ passim*!
L (sainte), vulgairemenl sai^ile lie ou le,
p et martyre, élait venue d'Irlande ha-
l'Arniorique avec saint Fingar et sa seeur
ï Piale. Elle fut nuse k mort avec eut
la foi, en Tan de Jésus-Christ 455, par
drir, ptince breion. Un bour/j; dm anlon
rnouaillesportesonriom, [Voy, Fingah).
jUES (Isaac), martyr, évangélis.dt les
ns, quand, eu 1642, les Iroqoois sur-
it les i>irogues qui ïc ramenaient de
PC avec son escorte* Ces deux peupla-
Haient coolinuellement en guerre. Le
missionnaire refusa de se séparer des
m pnsotuners. Un français , nommé
lunie Couture, fui d'abord mulilé sous
>iix. Ôn^'ïnl h lui, dépouillé de ses vùte-
1, il fut frappé par les Iro.juois h coups
îrres et de bâtons, avec la dernière bar-
Ces sauvages, voyant qu'il respirait
e, lui arrjichereoL suc<"esï»ivement les
5 du tous les doigls, et lui conï>èreot
^ux indicateurs avec leurs deids. Le F.
Goiqul subit les mémos tortures {Voy.
fliclej, Apn-s ces alroces cruautés, les
Dis se mirent en marche, et contra ig*n'-
turs prisonrjiei s h les suivre : la niari-tie
un mois. Les samls m u'iyrs étaient
ris de plaies, et, comme on ne les
it pasi les vers ne larderont pas h sV
». Plusieurs fuis roccasion de fuir s'oï-
I P. Jo^ues; mais il aima mieux rester
avertir à la foi cliré âenne les Iroquois
El montreront dociles h ses eoseigoe-
Hm 1574
inents. Sur le point d'être brûlé, il fut arta-
cbé h ses bourreaux par un ofïieierbolhndais,.
et passa en France» où fa reine-mère lac-
cueillit avec la vénération tjue méritait uq
conlessf^up de la foi. M demanda au pape la
permission de célébrer les saints mystères
avec ses matins murilées. Le pape ré|»ondit
qu'il ne serait pas juste de refuser i( un mor-
i^r de Jesus^Christ de boire le sang de Jésus^
Christ. Jôgues revient au Canada, où les
Iroquois conbnuaiejd k massacrer les Hu-
rons. Il ne songe qu\'îu bonheur de féconder
de son sang cette irrre où il avait semé la
parole divine. Ses v<bux sont exaucés : ie 17
octobre 1646, il tombe sous la hache avec lo
P. Lalande qui raccompiignaiL Leurs tètes
furent exposées sur la palissade du village,
et leurs corps jetés dans le tleuve.
JONAS (saint), martyr, fut mis h mort en
Perse pour la foi, sous le règne de Sapor, eo
l'an de l'ère ch ré lien ne 327, dans la ville de
Beth-Asa. Nous donnons ici leurs Actes au-
tbentiiiues d après le Chaldaïquo , traduits
textuellement par nous, et comme citation
enifirunti'e à un ouvrage que nous avons en
nianusent. Cesï ainsi que nous ferons béné-
(icier ce dictionnaire «ie plusieurs actes ori-
ginaux.
Actes des saints martyrs Jonas, Brich-Jésus,
Z^Mnt^ ÈAtzare, Mnruthas^ ?inrsh^ Elie,
Mafifiris^ Habibr^ Sabas et Scembaise.
Sapor, roi des Perses, avait commenré la
vingt-df?uxième année de son règne; pen-
sant aixir dans riotérél public, it excita una
si viorenle persécutton contre rE,^lise de
Jésus-Christ, qu*il en vint à renvrM'ser les
églises et les autels, à incendier les monas-
tères, et h accabler tous les chrétiens d'im-
pôts exorbilaTits. Le roi faisait toutes ces
choses dans le but d'amener içs chrétiens à
abjurer le culte du vrai Dieu, le créateur de
Tunivers, pour adorer le feu, l'eau, le so-
leil, nouvelles divinités pour eux : c'est pour-
quoi, si quelqu'un refusait de rendre ses
hommages à ces divinités vaincs, il élait
obligé de subir les tourmenls les plus inlolé*
robles et les plus atroces.
Dans la ville de Beth-Asa, Jonas et Brich-
Jésus (c'est-à-dire ami de Jésus-Chrisl), bien
famési et dignes de ratTection de tous les
gens de bien, ayant appris qu'en certains
rit*ux on sévissait avec tant de cruauté contre
les martyrs de la foi chrétienne, qu'on vou-
lait, à Faide de tourmenls inouis, les foj'cer
à renoncer h leur loi, rés durent de s\) ren-
dre. Sans relard ils se mettent en route, et,
qiuind ils sont i»rès d'arriver, ils voient la
foule qui, de toutes parts, se ronflait aux
autels imfues* Comme ils dcsiraieul voir par
eux-mêmes ce am se passait sur les li^ux, ils
entrèrent dans la ville d'Hubaham, et, écar-
tant (oui ce qui se présentait sur leur pas-
sage, ils parvnirent à la garde (^oblique, en-
trèrent dans h* prison, apr<:'S avoir obtenu la
permission du gardien, pour y voir les clirô-
tieis, qu*i!s savaient retenus dans les chaî-
nes pour la foi. Là ils en trouvèreni un
grand nombre, que la barbaiie du juge u a-
I
-L
1371
ils les exhortaient pour
JOK
tm
Tait pu vaiacre
qu'ils coûllnuassenl h montrer la même force
et le même courage, et avaient avec eux des
conférences sur les livres saints, afin de les
affermir. Us eurent le bonheur de si bien
réussir, que, de cette troupe glorieuse de
chrétiens, les uns confessèrent courageu sè-
ment la foi chrétienne, les autres, et ce fut
le plus ^rand nombre, recueillirent la palme
du martyre. Ces derniers, au nombre de
neuf, furent Zébine, Lazare, Mciruthos,
Narsès, Elie, Maharis, Habibe, Sabas et
Scembaise.
Ces neuf martyrs rais à mort, les deux
frères Jonas et Brich-Jé^us leur succédè-
rent; car le iuge les avait cités au môma
Jour pour renure compte de leur religion. On
racontait que ces chrétiens récemment sup-
pliciés avaient, par les exhorlalioos des deux
irère^, été poussés à choisir ce genre de
mort; ce qui étant venu à la connaissance
du premier juge, avait violemment eicité
sa colère* C'est pourquoi, quand les gardes
eurent amené les deux fi^ères devant lui, il
commença à les tenter par la douceur de ses
paroles : a Par la fortune du roi des rois, je
vous supplie, excellents jeunes gens, je vous
adjure, de ne pas vous jouer de mon minis-
tiVe dans cette cause. Ayez donc le bon e;s-
prit, obéissant aux édits du roi des rois^ de
rendre au soleil, à la lune, au feu, a l'eau, le
culte sacré prescrit par le prince. »> Les mar-
tyrs lui répondirent : « Entendez bien le peu
de paroles que nous avons h vous dire, et
qu'elles soient pour vous, préfet du roi, un
avertissement; de peur que, vous rendaLit
coupable de jugements uiiquos, vous ne
soyez [m ni par votre faute. Car il n 'importe
pas de révérer seulement ce roi de qui vous
ayez reçu voire puissance, vous devez une
bien [jIus grande reconnaissance à celui qui
vous a donné rintelligence et le Jugement;
et vous devez chercher tout d'abord quel est
ce roi des rois, souverain Seigneur du ciel et
de la terre, qui règle les saisons, ou en
change le cours suivant qu'il lui plaît; qui a
donné è Tesprit de rhomnie la sagesse; par
le soin et la puissance duquel des juges sont
donnés aux peuples pour défendre la vérité
et pour exercer le pouvoir au nom de la jus-
tice. A notre tour donc, nous vous prions et
vous adjurons de nous dire auquel de ces
deux rois nous devons obéir, ou bien à celui
duquel nous venons de |-arler, qui est le
créateur suprême de toutes choses, ou bien,
nu contraire, à celui que la mort va bientôt
fra|>per et mettre au rang de ses aïeux? »
tes dernières jiaroles, qui niaient au roi
des rois Fimmortalité, et le présentaient
comme devant mourir un jour, irritèrent au
dernier degré les princes des mages, qui, au
comble de la fureur, donnèrent Tordre qu'on
apportât des verges. Elles avaient été iaites
avec des rameaux de grenadit^r; on ne les
avait ijoinl émondées, et elles étaient héris-
sées d'épines. Alors on sépara les deux frè-
res, on éloigna l'un du tribunal où se don-
nait la question; on le mit dans une prison
objcuro> pour qu'il ne pût en aucune façon
ont k
i
savoir ce que deviendrait son frère, i> îm
Brich-Jésus qu*on éloigna aio^i. Les ]ti^^
s'adressant à Jonas : « Voyons , délibère h
choisis, ou d offrir de Tencens au feu, ta
soleil et à Teau, suivfrnt les ordres du m,
ou d'avoir h supporter les outrages et les ^a
violentes tortures. Car le roi veut quVneiï}.
ploie ces ranyens pour briser ta ré^istaiic*,
et ne t'imagine pas avoir d'outre motn
d*échapper à cet arrêt, qu»* de lais>ef U W
entêtement, et de faire ce qu'on t^ondannii
Lf' saint martyr Jonas leur répondit en cei
termes : « Comme je mets avant tout idos
âm(^ et le bon usage de celte vie, qui uedoA
point cesser quand on la remet h lém-
Christ Notre-Seigfieur, rien ne m^amènml
aljjurer le nom de Noire Seigneur Diea, ^
pérance universelle de tous Tes cbrétieos,!
laquelle jamais per.^onne n'aura h ^r^^mt-
tir ni à rougir d'avoir cru ; espéï * ^
promesses, scellées de son serm< ^
due certaine. Car il dit : Je vous U Jii m
térite\ quiconque m^aura rrnoncé detml Im
hommes, je le renoncerai devant mon
qui eut dana (es deux , et quiconque i
avotie devant les hommes ^ inot aussi je fi
rai devant mon Père qui est dans ks
(le martyr ajouta, et devant ses êê^).
[Mm, 31, 33 et 321. (^or le Fils di Çkmm
viendra dans ta g taire de son Pèrs wic m
anges, et alors U rendra à chfscun sdm m
œuvres (Matt, xvr, 27), Ainsi donc, eiéciua
promptement vos ordres ; nous n'attendim
probablement personne. Vous ne penseipit
que nous soyons de ceux qui li m * >ar
foi jurée jadis à Dieu, qui ellarc m
celte marque de l'Kgiise de Jési p
nou.^ a jugés dignes d*avoir la . fl
maison, quand il nou^ parlait en cls Uimta-
Vous êtes la lumière du monde; et ailleort;
Vous êtes le sel de (a terre, et si le sel péri m
force, avec quoi snlera-t-on? {3iatt. ?. iïé
13). Si, diaprés cela, nous obéissions, coo»
vous nous le conseillez, aux volontés dti rot
c'est à lion droit qu'on nous accuserait my
seuleûient d'avoir trahi notre sautf mm
encore d'avoir livré le salut de tout ootti
troupeau, n
Alors , sur lordre du prince des ilMieit
Jonas, tout nu et attaché par le ver* - -nai
poutre, fut soumis h une cruelle >»;
on employa à cet ellel les verge^r ae ^nat
dierque nous avons dit plus haut aiairM
préparées; il fui frappé si longlen*ps<pif b
côtrsélairnt dénudées. Pendant tout letcaP
que dura le su^tpHce , s'adressanl à Di<a,il
ne dit pas autre chose que ceci : «Je^cH
rends grâces , Dieu de notre père Abrita
qui jadis Tavez tiré de ce lieu par lâpprf*
votre grâce, et qui nous avez jug^«4i^
d'aiïprendre de lui quf-lques-uns de^ w^
breux mystères de notre religion. Mai*
nant, Serj^neur, je vous prî«- .i»^ n•^nsliti^
der de vous olfiirceque 1 ' - îni #
nonçait jadis par ta bouche ,.. ^^^mJ Mi
père : Je vous offrirai ie parfum éemnf^
enflées ; je vous immolerai des rittimn: f
vous présenterai la chair des bœufs et dnk-
tiers. Venez eiécoutet^U Je c^iif
1377
ION
JOW
W$
tous les œuvres de Dieu{PmL lxv, 1^ et 15);
et notis^ nous vous attendons et vous ser-
vons, comme il pst écrit : Je nai demandé
?ru'urtc chose au Seigneur et je /a chercherai n
Psai. XXVI, 'i). Eiistiîte, élevant la voix, il
s'écria : « Je renonce au roi idoliitre et à
tous ses seclaleurs , que je déclare les rni-
Dïslre^ï de l'esprit malin. En outre, je renie
le soleil, la lune, les étoiles, le feu et Teau;
et au contraire je crois et je m'engage à Bieu
le Père, au Fils et an Saint-Esprit, ï»
Après avoir entendu cette prière, les juges
donnèrent I ordre que le hienheureux mar-
tyr fùl attaché par un pied avec une corde»
e^^mmené loin de là et Jelé pendant toute la
nuit sur un étang glacé, et qu'on mil des
sentinelles de crainte qu'il ne s'échappât- Pour
eux , ils s en allèrent souper, et, ajant pris
un peu de snrïjineil , ils revinrent continuer
leur jugement. Les gardes ayant ramené
Brich-Jésus, les princes des mages lui tin-
rent ce langage insidieux : « Dis s'il te plaît
d'adopter la religion que ton compagnon a
embrassée depuis longtemps? Par ce moyen
tu éviteras eerlainemenl rignominie et le
' déshonrkcur qui te couvrent lîéjà et qui res-
' leront élerneilemenl sur ta mémoire. — Moi,
' au contraire, leur dit le sa ni mart^ r, je ren-
drai d'autant plus mon culte au Dieu véri-
table , je lui rendrai d'autant plus d'actiois
de grâces, je chanterai d^aut-ait plus d'hym-
nes à sa luu.inge, que nmn fière, comme je
J'apprends de vous. Ta plus outragé en apos-
tûsiant honteusement, quoique au reste je
sathe bien que vous mentez et cherchez à
me circonvenir. Mais la vérité ne subira
point cet échec : car qui sérail assez aveugle
pour croire avec vous que des corps faits
pour le service des hommes coiiliennent
quelque chose de divin? Qui pourrait faire
que nous, qui ne sommes pas des insensés,
rendissions des honneurs divins au feu, que
nous savons fait par le Créateur pour la
commodité des mortels, et que nous voyons
servir tous les jours au commun des hom-
mes , aux pauvres comme aux riches ? De
quel droit voulez-vous nous forcer à accor-
der nos hommages h une chose faite et créée
pour le service et l'utilité de l'univers, et
que Dieu a soumise à noire empire et à
notre puissance? Et pourquoi ne nous or-
donnez-vous t^as aussi d'abjurer le Dieu qui
a créé 1(; ciel et la terre , qui a créé la mer
et qui tient la terre suspendue au milieu de
Funivcr^; qui a façonné tout ce que nous
voyons au-dessus de nous; le Dieu que par
conséquent doivent adorer et révérer ceux
qui ont la souveraine puissance sur les hu-
mains ? Personne d'eiUre les mortels ne
peul se passer de lui, car sa volonté régit et
soutient toul, et lui, au contraire, n'a besoin
qu'il a créé l'univers , mai
jour que la
de personne, car ce n*est uoint par besoin
, ' ' ais oien u
f sublime majesté et Te x ce 11 en ce uo loûvrier
se manifestassent aux yeux des mortels. Et
' è ces choses d a ajouté les m agni tiques ora-
\ clés des Ecritures jmr lesquelles l'idolâlrie
est défendue : Tu ne te fera$ point d'idole
iailUef ni aucune inutge ae ce qui e$t m Imui
dans le ciel, ni de ce qui est en bas sur la terrt^
ni dans tes emix mus la terre. Tu ne les adth-
reras point {Exod. xx, k- et 5). Je suis le pre-
mier et le dernier [Apoc, i, 17). Je sais le Dieu
unique^ et Un y a poifit d^autre Dieu que moi
[Deut, x3LX!i , W), Je ne donnerai point ma
gloire à un autre, et à des idoles les louanges
qui me sont dues {hah\ xui, H). Je frapperai
ae mort et je ressusciterai , et nul ne pourra
s échapper de tnes mains ^ {I Reg. ii , 6),
Les princes des mages furent frappés de
stupeur en entendant ce langage , et crai--
gnant la puissance de son éloquence : « Il
ne faut pas souffrir^ dirent ils, que quelqu*un
entende cet homme défendre ainsi sa reli-
gion, ou bientôt les adorateurs du Soleil
ab^mdonneront son culte et nous diront cou-
nables d'impiété , comme le faisaient tout à
l'heure les sectateurs de cet homme. C'est
pourquoi nous voulons qu'il ne soit plus in-
terrogé que la nuit. ^ Pendant ce temps-là on
apporta des lames d'airain qu on Éit rougir
sur des charbons ardeuls; on apporta aussi
deux marteaux incandescents; on appliqua
les unes et les autres sur les bras du martyr,
et ]v:S mages lui disaient ; « Parla forlune'du
roi des rois, si tu fais tomber un seul de ces
instruments, nous dirons que tu as abjuré
la foi chrétietine* » Le bienneureux Biich-
Jésus leur répondit : <t 0 mauvais démons,
ministres impies de votre roi I non, par Jé-
sus-Christ Noire-Seigneur, Fils de Dieu; non,
dis-je, je ne crains pas votre feu; fias une
de ces lames ne bougera* Bien plus, au nom
de ce même Dieu, je vous adjure d'é|miser
la série de vos tortures, el si vous en trou-
vez d assez cruelles suivant vous, hâtes^-vons
de me les appliquer. Celui qui accepte les
combats pour son Dieu sait qu'il faut qu'il y
marche avec courage, surtout celui que Dieu
a enrichi de quelque grâce particulière ou
qu'il a élevé en dignité. » Gomme il tinissait
de parler, les juges lui tirent verser du plomb
fondu dans les oreilles et dan^ les yeux , et
le tirent en cet état transporter dans la pri-
son , où il demeura suspendu par un pied.
On fit ensuite venir Jonas. Les mages lut
dirent: <iRéponds,Jonas, comment te portes-
tu ? Sans doute tu as trouvé bien cruelle
celle nuit passée sur un élan^; glacé?— Non,
répond Jonas, non, par Dieu que mon âme
s'appréleà voir bientùt; non, par le jour que
j'ai reçu de ma mère; rien de plus agréaole
et de plus délicieux ne m'est arrivé, car la
mémoire de la passion de Jésus-Christ me
soutenait d'une fiçou vraiment merveil-
leuse, » Alors les mages : « Quant h ton com-
pagnon, sache qu'il a renoncé depuis long-
temps. — Certes , répondit-il , je le sais, il a
renoncé au diable et h ses anges, n Les ma-
ges reprirent : « Réilécbis , Jonas, pour ne
pas périr misérablement, abandonné de Dieu
el des hommes. » Srtint Jonas leur dit : t J ad-
mire qu'étant insensés comme vous l'êtes,
vous vous proclamiez néanmoins juges, et
que vous prétendiez que vous discutez les
adaires et rendez les jugements avec saga-
cité. Si vous éles sages, dites-moi ce que
, ueut gagner un homme à laisser ses blé«
^iMQceléf daof §eê ^oia^* soas prétexte
de les mettre è l'êbn des plaies et des inr
jures des saisons , et s*il ne vaut pas mieux
les semer è pleine main, le cœur gai, en se
eonflarii i Qieu dans Tespoir de la moisson
prochaine, lors de laquelle, pour un peu de
femence , l'aire rendra de riches produits I
Si quelqu'un garde ses blés renfermés dan^
son grenier, loin d'augmenter, peu à peu ils
décroissent et bieutèt nVxistent plus. Jugez
s'ilfautfairelamémecbose enccqui nous con-
cerne : car si i{uelqu'un a donné sa vie en ce
monde pour iesus-Christ, quand le Christ,
dans le monde futur, se montrera dans toute sa
gloire au genre humain, celui qui aura mis
en lu* son espérance sera ressuscité éclatant
de lumière; au contraire , les coupables, les
réfractaires à la loi , ceux qui l'auront mé-
prisée, seront jetés dans des fourneaux ar-
dents, comme nos livres sacrés nous l'ensei-
gnent : Non iunt coeboues igni eorum; née
iplcudor flammis eorum (Job xviii, 5;. [Je
n'ai pas voulu traduire ce fiassage.] Les ma-
ge « fui dirent : n Prends garde que tes livres
ne te trompent, car ils ont été cause de Ter-
reur d'un grand nombre. —Nos livre>, dit
Jonas, n'ont point causé l'erreur u'un grand
nombre , mais, après les avoir détachés des
voluptés de ce monde , ils leur out fait goû-
ter la douceur des douleurs de Jésus-Christ
souffrant. Supposez qu'un prince, un homme
quelconque a préparé un repas et v a invité
%es amis, aucun d eux assurément*n'ignore,
en sortant de sa maison, qu'il va souf>er à la
demeure de son ami ; piais quand il y est
arrivé , qu'il s'est mis à table et que les li-
bations d'un vin généreux lui ont fait fier-
dre la raison , il oublie le chemin du logis;
il trébuche jusqu'à ce que ses domestiques
survenant le reconduisent à la maison. Le
lendemain matin, à son réveil, il se réjouira
d'avoir échappé pour cette nuit à la société
de ses amis , et fiar conséquent à la honte
qu'il n'aurait pas m/inqué d'encourir. Ainsi,
à peu près , un serviteur de Jésus-Christ,
conduit par les satellites, n'i;xoore cf;rtes
pas qu'on le mène en iu^ement ; quand il est
au trit)uoal , qu'il a Lu l'amour de la croix
de Jésus-Christ et qu'il s'en ust enivré , il
perd la mémoire de tout ce qui tient à cette
vie fra^lc, des biens, des richesses alignées
ou héritées des ancêtres, de l'or, de I ar^^ent.
Par-dessus tout , re;^ardaat cocrime \iitiï de
chose l'*s rois et les princes, les puiss<'<nls et
les grands seigneurs, il désire la présence du
seul vrai roi ûfont le royaume est éternel et
dont la puissance s'étend de génération en
Génération. » Lesjn^es, voyant hi constance
u martyr ({ans sa résolution , ordonnent
u'on iui coupe, dans les jointures, lesdoijits
es pie<is et des mains , et ensui;e hs fout
jeter. Ensuite, tournés vers le martyr :
« Vois, lui dirent-ils, comme nous avons
semé tes doigts : attends la moisson , tu ré-
crjlteras de cette semence un grand nombre
de mains. — Je ne demande pas plusieurs
mains . leur répondit-il. Le Dieu qui une
première fois m'a créé m'en fera un jour de
nouvelles. • Alors ils firent remplir une
3;
ch^ndièie de poix tenifiaBW . «k afiès ivoit
&it arracher au lum^ j» ^ttftx i*latcieet I
lui avoir cou^*é lis iuiput. ^i '.^ ^Mji^àta
dedans; mais ia jtiks.^ »W<ifiifMî vmt à «ûu
et sortant de iCMU isk^i^ nirs à vase.Ii
martyr ny rtf^-^i «luuiib auL- Les j«|k,
voyant qu ils n'aiiudui reiduà « ricft, tt fH
Jonas n'avait reçu bBOi& soi et cttle poà
bouillante, le mwtad n? x^if f*^^^ da tMii
et l'y étreigLire^Di iT^sit nm& *& viàisace, fa
ses veines et ses itiié'Bti i-e K«4«ie^ ai«
bruit. Ensaiie m ^ «Hoç^érf^v avec uoeide
de fer en morûfcaijx in'û ifr«&; jfffter dm
une citerne dessâdhéê • «e msrmi éts ptinà
à l'entour [jOut (f^'<0n sjt tIca pas I» «-
lever.
Les juges, voyasl qmvi^ «c aviiMC iai h
cette manière aV« i* <f»^^rM:>H& de Uié'
Jésus, eihortaj^^! t*^ <itfgiî'«' î troir fiùék
son corps et à trwn-#r \-» ek-t-tB -/éviUta
suj'plice certain. Il !«sr -in :*» G? n'est pv
moi qm Tai fait : et* iT^r^t f«* &oi qui lepep-
drai. Dieu , son Grf.»tr^3r. ««^rn là p9ar in
rendre la forme f»epiîs* , « qai voos fen
porter la peine de vo:r* «rii^t'é envers noi,
ainsi qu'à votre rrjî ic5.*r'^5> «^uL BéeooDa»-
sant son CréMeur el «on S^^iieur, ckrcfta
k faire prévaloir ses ln-ts impies cflUre si
volonté sainte. »
Alors Hormisdascire , se tovGjDl tcb
Mahar-Narsès : r Nous outr^seons le roi,dil-
il , car ces geris dont ]>:r&ar a enrahi F»
prit ne respectent les a^^ies ni les paroi«s le
personne. > Ayant ainÂÎ parié , tous deu
exhalèrent la (>)lère qui les aaimait enJoa-
nant l'ordre que Bricb-Jé^u^ filt battu iree 1
des JQHCS pointus » et qu'triiàuîte on cmA
tout son cor, s d écU s ^e r':lse^u qu'on &nit
entrer dans ses chairs avec des cordes du-
rement serrées. Ils le fireEit, ainsi lié, rouler
è terre. Bientôt ils orent arracher, affreux
supplice, tous ces roseajx : la peau veoiii
avec eu(. Entin ils le mireai dans unepre.'i^
où , lui ayant fait verser arec viole'jre ds la
f»oix et dîi soufre f jU^Iu 'iaas la l»oucbe. il \^
ut su Joqué et mourut , e: rt^ut ainsi !a
mêrue couronne que son frère.
Ayant appris la mort de re« deui martTfî.
Abtusciales vint , acheta leurs corps ^
cinq cents drachmes et r-oor trois %èt mtu^
de soie, ayant aui-aravani fait le sentitH
que jamais il ne dirait rien oe tela. t»
Eour.juoi Ablusciates était ancienuemâi
onoré conjointemenl avec eux.
Ce livre, écrit d'après le récit d*^ fémoiiS
oculaires, contient les Actes des saints .'oïua
Biich-Jésus, Zébine, Lazare* Jbfarutha>. N«^
ses, Elie, Aiaharis. H:.bibe. 8at)as et Siea-
baise , martyrs de Jésus-Christ , qui, a-tf^
combattu avec le secours de sa grâce et rtf
demeurés victorieux, ont mérité la glorieiiîf
couronne des triomphateurs. Nous pri(»»
nu'lsaie, fils d'Adab il'Er^eroum et chevjihtf
e la cohorte du rui , qui a été témoia itî
tourments de ces saints martyrs, et ({uit
entrepris la tiche d^écrire leurs triom;^
ait part h leurs prières. Tous ces saints istf
tyrs , du premier jusqu^au dernier, eat^
i
fSM
JOS
lus
mi
Feiit la pfllroe le ^^ jour de la lupe du mois
do iléreiiihiT. (Tniduetion de hauteur,)
JUSAï'HAT (s.nnt). ir€Îievê«iiie de Poloczk
et martyr, t'i^iit nu moine deSaiut-BasIe. On
le plaça syr le sié^e de Puloi'zk dans ta Li-
thiïHnie, ville frontière de la Moscovie. Celte
é-^îise suivait 1rs en L-m^^nts du schisme grec,
îosaphat employa toutes les rrssources nue
pu* lui fournir 'son zèlo pour ramener les
schismatiquos dans 1g sein de TKglise, Loin
de réussir dans sa sainte et courageuse en-
treprise , il dul la payer du sacrilice do sa
vie, el fut mMSSiicréWr les schisrnaliques le
H noieuibt'ô I6â3. Ei 1642, un décret de la
congrégation des Rites déclara que le mar-
tyre de notre bienheureux archevêque était
{>rouvé d*ui)e manière évidente, el sa sain-
elé confirmée par quelques miracles. Le pape
Urbain Vlll donna son approbation à un of-
fice et à une messe établis en son honneur
chez tous les moines de Tordre de Saint-
I Basile et dans toutes les églises du diocèse
I de Poloczk,
JOSEPH {saint) , martyr, versa son sang
^pour la foi avec sainte' Photina sa mère»
Hpiclor sou frère , Sébastien oOicier de Tar-
^Kiée, Aitaloks Photius, Photide, saintes Pa-
Hnseève et Cyriaque sœurs, L^Eglise honore
^^eur mémoire le 20 mars.
JOSEPH (saintj, marlyr, disciple de saint
Warsès , évéque de Sciaharcadat , capitale de
la province ue Beth-Germa enPerse/fut mor-
lyrisé avec lui sous le rè.^ne de Sapor Lon-
guevie. Il fut décapité ie 10 de la lune de
novembre, en 343. Sa fête est inscrite au
llarlyrologe romain le 30 du même mois.
[Voy. Nahsès,)
JOSEPH (saint), martyr en Perse sous le
"règne de Sapur, en Tan de Jésiis-Christ 380^
tm mis à mort a[)rès de glorieux combals
avec ks sajuts Aithilahas cl Acepsimas (Votj.
^'article de ce dernier.) L'Eglise honore leur
iémoire le H mars.
JOSEPH, surnommé THYu^foGRAPHE (saint),
confesseur, reçut le jour en Sicile* Les bar-
bares d'Afrique ayant ravagé celte île, notre
saint se réfugia en Orèce. Il entra dans le
monastère du Sauveur appelé Casomus^ y
fat ordonné prèlre , puis partit pour Cous-
lantinoole oii il séjourna longtemps dans le
monastère des saints Serge et Bacqn»*. L'e Hi-
er eur Léon l'Arménien ayant commencé sa
_ ersécution cruelle contra ceui tjui hono-
raient les saintes iuiages, Joseph s'enfuit, se
dirigeant sur Home; mais il fui arrêté en
ehemin par hs Su'iasins, qui le conduisi-
rent lians nie de Crète où il resta longtemps
eo prison. Dieu écoulant favorablement ses
_ rières, le délivra entio des mains des en-
êemis de la foi. il revint donc à Conslanti-
nople, se procura des reliques de plusieurs
saints et se retira en Thessalie, où il lit cons-
truire une église dans un endroit >ohiaire.
Ce fut à cette époque surtout que notre saint
composa i^n g^and nombre d'hymnes, dont
{ilusieurs ont été adoptées par les Grecs dans
eurs odices.
Cependant le zèle et Tardeurde saint Joseph
èfOuteûirrhoDD^rdtsifuagealuiaydnt&ttiré
te
d
el
■ «1
de Tiolentes perséculions de la part des ico-
noclastes, ï'eraj^ereur Th opliile le bannit
dans la ("hersonèse. Quand iâ fut rappelé
plus tard de son glorieuï eiil, le patriarche
saint Ignace le lit scrvov-hylax (gardien des
vases sacrés] de la grande église de Constan-
liiiople. C»jî ml dans leiercicede cette sainte
charge qu'il mourut vers Tannée S83. Son
nom est inscrit le 3 et la 4 aviil dans le3 mé-
nologes des Grecs.
JOSEPH (sainl), patriarche de Vaïotz-tzor,
et du village Hololzmanz, souffrit le niar-
Kre sous le règne de Hazguerd , roi de
^rse, qui voulait imposer à TArménie, dont
faisaient partie noire saint et ses compa-
gnons, la loi de Zoroastre. Ce fut Joseph qui
envoya au roi une profession de foi au nom
de toute l'Arménie, en réponse à un mani-
feste violent que ce [vrince avait fait rtïdiger
par ses ministres conlre les chrétiens, quand
il avait vu que ni les impôts, ni les veia-
lions de toutes sortes ne pouvaient vaincre
leur fermeté, Ce fut encore lui qui adressa
à Théodose le Jeune^ em^jereur do Constan-
tinople, une lettre par laquelle il lui deman-
dait des secours an nom de toute l'Arménie,
afin de pouvoir résister à leur lyran. Ce
saint joua un grand réle dans les guerres que
les chrétiens d'Arménie eurent à subir con-
tre Hazguerd, par son courage, sa fi^rmeté
et ses vives exhortations aui princes du
pays* Il fut victime de son zèle et jeté dans
un noir cachot à Niuchabouh, où il fut con-
fié à la garde du chef des mages, en même
temps gouverneur civil du pays d'Abar,
avec les cinq autres prêtres : Sonag, évêque
de Richdounik; Léonce, archiprèire de Va-
nanl, du village dllcavank ; Mouche, prêtre
de Halpaîîe ; Archez, prèlre iJe Pakrévaiiï du
village dlEléheg ; Kaichalch, diacre du pays
de Richdounik, Ce mage-gouverneur, voyant
ces sain î s combaltanls demeurer fermes
dans leur foi, les njaltraita beaucoup, et les
tit enfermer dans un noir ot humide cachot,
où deuï gamelles de soupe épaisse el une
cruche d eau composaient tous leurs ali-
ments. Etonné de les voir j€*,yeuï et bien
portants malgré leur dure captivité el la
grossière nourriture qu il leur faisait donner
defïuis quarante jours , ce mage vint une
nuit rôder autour du cachot, soupçonnant
que quelqu'un de ses serviteurs iH>ilait en
sous-main des aliments aux prisonniers. 11
s'ap]uocha doucement du soupirail de la
prison, et fut témoin d'un prodige élrange :
chacun des prisonniers brîlhiit d'un éclat
merveilleux, au milieu de Tobscuiité de la
nuit. 11 fut si é[iouvanté de ce prodige, que
bientôt il renonça aux erreurs au magisme,
et se lit instruire par ses prisonniers duna
la religion de Jésus-Christ. Sur ces entrefai-
tes, le roi Hazguerd, excité par ses courti-
sans el par 1rs mag»vs, envoya Tenebiibouh
alin de faire mourir nos saints nrélres. Quand
il arriva pour e\écuter les ormes sanguinai-
res de son maître, il ne fut pas peu étonné
de trouver iti mage-gouverneur assis au mi-
lieu des prisonniers, écoutant leurs discours
el les eihortant lui-même k brayer U mar-
t585
J0¥
lUC
«4
ivre, Tenchaboiih avertit le roi de ce qni se
passait. Celui-ci lui défendit de ponir publi-
queiBimt le chef des mages, k cfluse du tort
qui en résulterait i^our leur religion ; mais
il lui ordonnait de Fenvover secrètement en
exil dans nu pays lointain, nu nord du Klio-
rassan, où il reçut la palme du martyre.
Après avoir terminé cette alTairc, le ministre
des cruautés d'Hazguerd ût, la môme nuit,
transporter Joseph et ses compagnons dans
un endroit écarté du désert. Arrivés au lieu
de rexéeulion , on leur lia les pieds et les
mains, et ils furent traînés d'abord sur un
sol ronailleuï et rempli d\'\spérités. Ensuite,
Tenchahoiih, ayant vainement essayé de les
faire renoneer Meur foi, ils furent décapités
le 30 juillet 45V, dans le grand désert du
pays d*Abar, au département de la vilte
royale de Niuchabouh.
JOSEPH (le prince)* douzième Ois de Sou-
nou, ré;^ulo du troisième rang à la cour de
Pékin, élait attaché à la snite de Tempereur
Kan^-Hi, ninsi que son frère Lessihiu, si-
xième de la fam^le. Après la mort deKang-
Hi» IVmpereur Youug-Tching, étant mécon-
tpul du neuvième de ses fils, enveloppa Los-
sihin et son douzième frère dans la m^oie
disgrâce. 11 la leur témoigoa de la façon sui-
vante : 11 nomma Lessihin pour suivre le
neuvième ngo (oi nomme ainsi les tlls de
IVmnerenr) à la guerre. Lessihin, la veille
du départ, crut devoir aller prendre congé
de IVmpereur avec son douzième frère, qui
était Taî4ou-ambani,c;cst-à-dire grand maî-
tre des équipages de guerre et de chasse de
Fempereur, Celui-ci entra daus une violente
colère, et lui Ht dire qu il le trouvait bien
hardi d*ètre venu au palais. « Je viens, dit
le prince, avec mon frère le Tai-tou-ainham,
prendre les derniers ordres de votn* TrAne,
— Les voici, dit Tempereur, partez demain,
vous et votre frère.» Le douzièine prince fut
stupéfait «rètre ainsi frappé sa^s motif, sans
raison qu'il pAt comprendre ; il sortit du pa-
lais. Ce qu*il venait d'é[»rouver était un de
ces coups de la Providence, qui mon tr eut
tout h coup aux yeux d'un homme ce que
c'est que le monde, et quel fondement il
faut faire sur les biens qu'il procure. Résolu
d aller immédiatement h celui qui est la
source de toute justice , et qui tient fidèle-
ment ses oromesses, en récompensant cha-
cun de ses m tri tes, le priuee vint à T Eglise.
il demanda et reçut le baptême sous le nom
de Joseph. Peu de temps affres, sa femme et
ses enfauts suivirent son exem[de. Immédia-
tement ajïrès soo baplème, Joseph dut par-
tir avec SOI frère. Ce fut dans ce [premier
exil que dut lui arriver l'ordre d*aller re-
joindre, h Yeou-Oué, poste militaire de la
Tariarie, toute sa famille» que rempereur
y exilait pour la foi, l'aonée suivante 172i.
(Foy. l(>s articles Souvou et Cdit^k.)
JOVfN^ évèque d^Afrique , n'eut pas le
courage d'envis^afîer les tcmrmeuts et le tré-
pas pour la foi d^nt il élait le ministre.
»ous lo règne de Dèce, il eut le malheur de
renoncer son Dieu, celui qui lavait élevé à
la dignité da 8uoce$seur des apôtres^ pour
sacrifier aux idoles. Depuis son apôsttsii,ii
est tombé dans l'oubli des hommes, hàm
Dieu ne s'être pas souvenu de lui au jourdi
son jugement I Peut-ôtre, comme foisaienl
alors beaucoup de ceux qui tombaient dais
un pareil raallicur, vint-il à Rome potir y
cliercher son pardon el Toecasion de réparer
son crime* Il serait possible que le hm
que nous traitons d'apostat dans cet irtîde,
soit le Jovin martjr aue nous «diaifon
dans le suivant. Dieu a aes miséricordei i^
finies, et jamais le plus grand pécheur d'v
doit désespérer.
JOVIN (saint), reçut la couronne du im*
tyre h Bome sur la voie Latine, avec wâ
Basilée, sous le règne et durant la perséculNl
de Valérien. On ne nous a pas g^rdéded^
cumeuts auttienliqnes sur la manière ènl
ils accomplirent leur sacriÛce. L*£gli$e kl
leur fére le ^ mars»
JOVIN (saint), martvr» mourut poxirhib
de Jésus-Christ, a Rome, avec les sm<Hs
Pierre, Marcîpn, Cassien , sainte Tbtckct
plusieurs autres» dont nous ignorons fei
noms. On n'a aorun détail authentiquais»
eux. L'Eglise fait leur fêle collectlTemiffitlg
r*-
26 mars.
JOVINIEN (saint), était lecteur i
glise d'Auxerre, 11 reçut la palme du
dans cette m^me ville, dans des cireoiflàl-
cê:s qui nous sont com|)létement iDcooBiici
L*Ef<iise fait sa mémoire le 5 mai.
JOVITE (saint) versa son sangpotirbr^
ligion chrétienne, avec saint Fnostio, )
Bresce, sous Tempereur Adrien* Cequen-
conte (11* lui Bollandus ne porte point es «i
les preuves de venté nécessaires h defitf*
loires de celte importance. L'Eglise fôtesot
jovilc te 15 février.
JUCOND au JocoMiE (saint), roartniill
Cartjiage, sous Femyiire de F " --Séfi*
11 f(it brûlé vif avec saint S e( «tf
Artaxp, comme on le pr-ut voir dans la fisici
de Sature, écrite par lui-même, dan5le«i^
tes de sainte Perpélue, (Voy, rarlicledeeitte
dernière sainte.) L'Eglise fait la l'été de«
saints marIvTs le 9 janvier,
JUCOND (saint), évoque el coofes*!»,
souffrit, pour la foi de Jésus-Christ^ à W^
gne. Les Actes des martyrs ne nous ont UW
aucun dt^tait sur Tépoque et les difTérfftt
circonstances qui illustrèrent son coaibiLl
est ioscrit au Martyrologe romain le Ho^
vembre,
JUCONDE (sainte), fut honorée de hpiim
des glorieux combattants de la foi 'i *^^
Elle eut pour compf»gne de son i
sainte Julie. L'Eglise fait leur mémoirt ^^
juillet.
JLCONmEN (saint), rerut la $\o^im
palme du raarlvre en Afrique. Il fut prtàl^
dans la njer, L Eglise fait sa sainte ii*<fl*
le ^ juitiet.
JllCONDlN (saint), fut martyrisé à Tw^
en m^me temps que saint Claude, saini II
et cinq autres que le Martvrologe romai»
nomme pas: leur sacrifice s'accom|>f(i
le règne de l empereur Au rélien, et, si
en croire les actes de sainte Julie, en «f
4385
1U0
JtJB
!3^e
m
II
I
f
sencBi Leur fête a lieu le 2t juillet, comme
celle de sainte Julie; probablement que leur
martyre eut lieu le même jour.
JDDE (saint), apôtre, martyr, éïaît autre-
ment appelé Thaddée, et encore surnoinmé
Lebbée, selon le j^rec et seloti les versions
orientales. Ainsi il avait trois noms, selOD
saint JérAme. Quelques-uns prétendent que
Jude et Ttiaddée ne so'il que le mùme nom
dans la langue orJKuiale. Saint Jérôme tra-
duit le noQi de Lei*bée par un lei'uie qui si-
gnilieun homme de sens et de tète. Le môme
¥ÙTL^ et ouelqnes autres attribuent encore à
saint Jude le titre ou le surnom de Zélé^ et
disent qu'il Tavait mérité en se rendant il-
lustre par cette vertu.
Il était frère de saint Jacques le Mineur.
Ainsi c'est le même Jude qui est appelé
tiète de Jésus-Christ, parce qu*d était fils do
Marief sœur de la sainte Vierge, et de Cléo-
phas, frète de saint Josefdi, Il fut marié et
eut des enfants, puisque Hégésippe, au rap-
poi't d*Eusèbe, parle de deux martyrs, ses
pelits-tils, comme nous le dirons dans la
suite : Nieéfdiore a même trouvé à sa femme
le nom de Marie. Il fut fait apôtre, Fan 31 de
'*ère commune» un (>eu ajnés Pâques. Dans
ce' le, il demanda à Jésus-Cliri^t pourquoi
il devait se manifester à euip et non pas au
inonde.
Nous lisons dans saint Paulin que Dieu a
donné cet apôtre h la Libye pour y dissiper
les ténèbres de Terreur par une si vive lu-
mière. Il semble dire que le corps de saint
Jude y était demeuré; mais on ne voit fms
s*il parle de ïa Libye Cyrénaique, qu'on croit
communément avoir reçu Tlivangile |iar
£âint Mare, ou de la Tripolitaine, ou, pc^uî-
tre, de quelque autre partie p us méridio-
ah* de t%\ trique ; car nous ne trouvons au-
cune autre Niûrque de la [u-édication de saint
Jude dans ces (lays. Lrs Moscovites croient
avoir reçu la foi par lui. Saint Paul nous a[)-
prt'ud que les frères de Jésus-Christ me-
naient avec eux, dans les provinces, quel-
qut'S fenuues cbrétiennes, qui les servaient
et les assistaient de leurs biens, selon la cou-
tuioe qui s'obsej vait i*n Judée. Cela se doit
entendre particulièrement de Stiinl Jude,
uisque nous ne hsois point que les autres
'ères du Seigneur aient été prêcher dans
s provini PS. Nous îdloiis voir i|u*il a v/*cu
pparemmcnt jusqu'ajirès la ruine de Jéru-
sâlejn. Ainsi nous avons tout lieu de juger
qu'il lit un voyage en celte ville vers Tan 62;
<-H% afirès le martyre de saint Jacques, son
itùiii^ les apôtres et les parents de Jésus-
Christ s y rassemblèrent de tous côtés, pour
^lUi donner un suceesseur, et Ton clioisit pour
la saint Suiiéun, que ]*on croit aussi avoir
jliJ frère de saint Jude.
Nous avons une Epitre de saint Jude,
'on met la dernière des sept h qui Ton
onne le nom de Catkolifjur», peut-être parce
tt^^u'elles s'adressent h tous les tidèles en gé-
pPlIéral, et lum a aucune Eglise particulière.
^ On croit néanmoins quecelJe-cn rs! propriv
i ment pour les chrétiens convertis du ju-
idaïsme. II avait toujours souhaité de leur
Diction N. ijes PEKSKciiTio.Ns. I,
1
écrire sur le salut que Jésus-Christ est venu
ap(iorter à tous l«s hommes. Mais comme
les saints, au heu de suivre leurs pensées et
leurs désirs, s'attachent aux règles de Dieu,
dont le temps n*esl pas toujours prêt, il at-
tendit qu'il se vît obligé d'exhorter les chré-
tiens h combattre pour la fui nui leur avait
été ensëi^iiée, et h rejeter les lanx docteurs
qui s'ullorçaient de la corrompre. Oo croit
que c'étaient les nicolaïles, les gnosliques,
les simoniens et antres de ce genre-là, dont
les mœurs n'étaient pas moins corrompues
aue la doctrine, parce qulls se contentaient
a une foi stérile et sans œuvres. Ainsi il
traite le môme sujet que saint Pierre, dans
sa seconde Epitre, dont il prend tellement
Tesprit qu'il imite ses pensées et quelque-
fois même ses expressions. Mais, parce gue
les excès de ces hérétiques se répandaient
et s'augraeniaient de plus en plus, il s'élève
contre eux, avec encore plus de force que
saint Pierre. Cependant, comme le zèle de
la charité est sans amertume et sans haine,
il exhfirte les fidèles à travailler avec humî*
lité à les sauver et h les retirer du feu où
leur folie les précipitait. Il semble citer ex-
pressément la seconde Epftre de saint Pierre,
et marquer même que la plupart des apôtres
étaient déjà morts. Ainsi il peut bien n'a-
voir écrit son Epîlre cju^après le règne de Né-
ron et après la ruine de Jérusalem, et
cY'st la seule époque que nous ayons de sa
m*irL
Plusieurs ont douté autrefois de l'autorité
de son Enître, parce que le livre d'Enoch, qui
est apocrynbe, s'y trouve cité. Mais cela n'a
pas enq>Ocné qu'étant autorisée par son an-
iTquité, elle n'ait été reçue au catalogue des
Ecritures divines, dès avant la lin du rv* siè-
cle, f^ar un consentement général. Et saint Au-
gustin soutient qu'on ne peut nier qu'Enoch
n'ait écrit quelque chose par l'esprit de Dieu,
puisque saint Jude le dit dans son Epîlre ca-
nonique, Origène dit que cette Epitre, dans
le jieu de lignes qui la composent, contient
beaucoup de paroles pleines de la force et de
la grtlfc du c eL,,»,
\oUh tout ce que nous trouvons d'assuré
et de fondé fiour Tliisloirede saint Jude. On
en dit néanmoms encore bien d autres cho-
ses, qu il ne sera peut-être pas inutile de
toucher ici en un mot. Saint Jérôme rapporte
quap'ès T Ascension, il fui envoyé ?jAbgare,
roi d'Osrhftèoe, et il cite pour cela FHisloire
ecclésiastique. L'anonyme Œcuménius pa-
raîl avoir cru la même chose; mais l'His-
toire ecclésiastique même nous apprend que
saint Thaddée, qui y fut envoyé, était un des
soixante-dix disciples, comme Eusèbe ledit
en trois endroits uitférents. Cela n'empêche
pas que les nouveaux Grecs et Latins ne di-
sent que saint Jude a prêché à Edesse et dans
toute la Mésopotamie, v affermissant, dit
Ncé]>hore, l'ouvrage ue Dieu que saint
Thaddée y avait commencé. Cet nistorien
ajoute quil a aussi prêché dans la Judée, la
tialilée, la Samarie, lldumée, et dans toute
la Syrie. Il parait encore qu'on a cru qu'il
avait établi la foi et répiscopat dans la grauda
ÎM
HlD
lut .
I3M
Arménie ; et on assure qtie les Arméniens
tiennent, par tradition, qu'il a saulFert dans
leur pays. Nous avons vu qœ saint Paulin
le donne à la Libye. Fortiuiat dit qu'il est
enterr.^ dans la Perse, ce que les martyrolo-
ges latins ont suivi.
Bède raconte do saint Jude plus de parti-
cularités , mais sur les histoires qui con-
tiennent, dit-il, les souffrances dt^s apôtres,
et que la plup/irt croient apocryphes. Aussi
ce qu'il en dit revient tout à fait à Abdias,
qui nous donne une grande histoire de ce
que saint Jude fit et souffrit dans la Perse
avec saint Simon. Les Constitutions disent
£
denl de saint Jude, pt-ut-ètre parce que c'é-
tait remploi de ses petits-fils ; mais on ne
peut rien assurer sur cela, non plus que sur
plusieurs autres choses que les iK>uveaux
wccs disent de lui.
Quelques Grecs écrivent qu'il est mort en
paix à Béryte (en quoi il y a bien de l'.^ppa-
rence qu'ils le confondent avec saint Tnad-
dée, a(>ôtre d'E<iessi^. Leurs mt^nolo^s, qui
en font la fête le t9 juin» disent qu'il fut tué
Il cou|>s de flèches, en un lieu que nous ne
connaissons pas. Les plus anc ens martyro-
loges latins marquent la fête de saint Simon
et de saint Jude le 29 juin et le 28 octobre,
et h'Ur martyre le â" juillet. Bède met sim-
jlment leur fête le 2S octobre, auquel nous
ies honorons aujourd'hui. Usuard et Adoii le
suivent pour le jou*, mais ils parlent plus
ami»loment de leur histoire, et marquent
qu ils ont souffert le martyre. On croit avoir
ai\jourd'liui leurs corps h Rome, dans l'église
de Saint-Pierre, sans uue l'on dise quand ni
com:n«nit ils y ont été apportés. Ou assure
que les Annf'niens prétendent avoir celui de'
saint Judo. Ou a attribué à cet apôtre un
faux évangile, condamné par le pape Gé-
lase.
L'histoire, comme nous avons dit, parle de
doui petits-tils de saint Jude, qu*on no peut
douter avoir été chrétiens : ils avaient, à eux
deux, trente-neuf arpents déterre, valant en-
viron 34.00 livres , qu'ils cultivaieni eux-
mêmes, et cela leur suffisait tant { our s'en-
tretenir que pour payer les tributs que Do-
mitifn exigeait des iuifs avec beauitoup de
rigueur. Cet empereur, avant excité la se-
conde persécution contre TE^lise, en Tan 95
d.3 Jésus-Christ, qui était le il* de son règne,
commanda que l'on fit mourir 'os descendants
de David, f)arce qu'il crai^înait la venue du
Christ, aussi bien qu'Hérode. Eusèb-*, dans
sa Chron que, met cet ordre en la d. rnière
aunée do Domilien, qui est la 96* de lère
commune. Quelques Juifs, sur cela, furent
dénoncer les petits-fils de saint Jude, comme
descendus de David et parents du Christ. Ils
furent donc amenés à Domitien par un
exempt. (Le texte [K)rte un évocat: c'étaient
ceux qui, ayant servi leur temps dans les ar-
mées, y étaient rappelés à des conditions
plus honorables. Auguste en avait fait un
cor^is, qui subsista après lui, jusqu'en Tan
â30 au mmlia.) Ce prince, les ayant interm.
gés de leur race, de leurs bien.s dv Messie et
de sa royauté, ils répondirent sar tout ccJi
avec beaucoup de sincérité et de franchise.
Leurs mains, endurcies par le travail, fu-
saient assez voir que ce cpi'ils disaient A
leur pauvreté était véritable. Pour le Messie»
ils déclarèrent au'il était véritablement rat
mais dans le ciel et non sur la terre, où soi
règne ne paraîtrait qu'à la Gn du raondc;
lorsqu'il viendra, dans sa ^oire, jagerlesfi-
vants et les morts. Doaiîtien n*eot qae di
mépris pour leur pauvreté et leur faîMesse;
mais jugeant aussi qu'il n'avait rien à 4ppé>
bender de leur part, il ne ies re^rda pl«
comme criminels, et les mit en liberté. Oi
ajoute qu'il apaisa môme par an édit li m-
aécution qu'il avait exciléîs contre TE^:
et il peut l'avoir fait dans les derniers jon
de son règne, qui finit le 18 septenbraè
l'année 96.
Les deux petits-fils de saint Jade flml,
depuis, fo t honorés dans rEglise, et eome
patents de Jésiis-Christ, et comme mtrtvrs,
ce titre s'étantdoimé, dans les trois prenien
siècles, à tous ceui qui avaient rendu vMté-
moig'iage public à la vérité, quoiqi'ife ne
fussent pas morts pour « lie. Ils furent éliblis
sur quelques Eglises, et naéme CdndaisiMt
tOMte TEglise, s'il faut s'arrôtt*r aux tenM
d'Hégésippe. Ils vécurent jusque sdss Tn-
I'an et iusqu'au temp que saint Simée*! dl
érusaioin soaifril le martvre, vers iiMil
107. (Tillemoot, 1. 1, p. Mt.)
JUDE (saint), qu'on appelait aussi Bmi-
bas, était probablement l'un des soixâDie-dit
disciple^:. On trouve peu de chose de M
dans l'Ecriture et dans les ancie^is. Ce M
lui qui reçut saint Paul, à D.imas, d4nssi
maison, le soir du jour où Jésus-Christ t»-
parut à ce saint apùtre et le convertit. Ce M
lui oui, avec Silas, porta à Antiocbe, en fia
51, la lettre du concile des apôtres.
JULE, centenier, à qui fut remise JagH*
de saint Paul, ])Our le conduire à Rose.
après (ju'il en eut appelé à rem|>ereurdeY«l
le proconsul Festus. Ce centenier le tnift
avec beaucoup d'égards et d'Inimaniié. 1*
don, où l(» vaisseau jeta l'ancre, il luipewi
de se rendre à terre et de visiter ses •«
Plus tard, une violente tempête ayant ass>A
le vaisseau, il vint faire naufrage sur les*
les (le nie de Ma. t<ï. Le vaisseau étant échw*
et sur le point d'être brisé par les vi^
il fallut que chacun songeât à son pwrrt
salut et à gagner la terre comme il lejel""
rait. Comme les soldats craignaient qoew»
prisonniers s'échappassent dans ce tott**
lis étaient d'avis de les tuer ; mais saint ht
était très-aimé du centenier, qui tenait k*
conserver la vie. Ce fut h cette circonsti^
nue les autres prisonniers durent i'^
épargnés. Après bien du temps et des virisî-
tudes, le centenier Jule arriva enfin iRo*»'
où il remit ses prisonniers entre les id«^
d'Afranius Bunhus, qui était alors pr^fft*
prétoire.
JULE (saint), l'un des quarante-huit s**
tyrs de Lyon , mourut en cette viile. *
lS9t
il3L
sur son passage se jetaient h son cou, et
l'embrassaient, et il leur disait : Que chacun
prenne garde au motif qui Toblige à m*em-
brasser.
Or, parmi les soldats qui étaient comman-
dés pour le mener au supplic'% il y en avait
un nommé Esiquius (le 17 juin), qui était
chrétien. Il conjurait avec ardeur le soint
martyr de se souvenir de la promesse quli
lui avait faite. Voici, lui disait-il, le moment
de l'accomplir. Vous allez recevoir la cou-
ronne qui est due à ceux qui confessent
Jésus-Cnrist. Faites donc que je vous suive
de près. Je vous prie aussi, quand vous serez
arrivé au ciel, de saluer de ma part Pasicrate
et Valentinien, qui y sont déjà. Jule, em-
brassant Esiquius , lui dit : Allons , mon
frère, dépôchez-vous de venir. Ceux que
vous m'avez prié de saluer pour vous ont
déjà reçu vos compliments. Prenant ensuite
son mouchoir, il s'en Qt un bandeau ; et
présentant le cou au bourreau, il dit : « Sei-
gneur Jésus, pour qui je meurs, daignez re-
cevoir mon âme, et lui donner place parmi
vos saints. >» Et dans le moment même le
bourreau lui fit tomber la tête du premier
coup.
L'Eglise fait la fête de ce saint le 27 mai.
JULES (saint), sénateur et martyr, soufi'rit
à Rome pour la défense de la religion chré-
tienne sous le juge Vitellius et par l'ordre
de l'empereur Commode. On le meurtrit à
coups de bâton si rudement et si longtemps
qu*il rendit l'Âme dans ce supplice. On en-
terra son corps dans le cimetière de Calépode
sur la voie Aurélienne. L'Eglise honore sa
glorieuse mémoire le 19 août.
JULES (saint), soutfrit le martyre pour la
foi en Afrique, sous le règne de Valérien,
l'an 259, avec les saints Paul, Géronce, Jan-
vier, Saturnin, Successe, Cat, et les saintes
Pie, Tertulle et Germaine. On manque de
détails authentiques sur leur martyre. L'E-
glise fait leur fête le 19 janvier.
JULES fsaint), martyr, était Breton de nais-
sance. 11 étudia d'abord les saintes Ecritures
à Rome et passa ensuite en Angleterre oi^ il
reçut la couronne du martyre avec saint
Aaron , sous Dioclétien , vers l'an 287, à
Caërléon, ville située sur l'Usk, dans le comté
de Montmouth. L'Eglise célèbre leur mé-
moire le 1" juillet.
JULES (saint), mart;yr, versa son sans pour
la foi à Nicomédie. Oi ignore en quelle an-
née. Il eut pour compagnons de son triom-
She saint Ambique et saint Victor. C'est le
[) décembre que l'Eglise célèbre leur sainte
mémoire.
JULES (saint), martyr, avait été pris comme
chrétien avec le solda Hésique. Ils souffri-
rent la mort à ' Dorostore en Mysie sous le
président Maxime. L'Eglise fait collective-
ment leur fête le 15 juin.
JULES (saint) , martyr, répandit son sang
pour la foi à Thagore en Afrique, avec les
«aints martyrs ses compagnons Crispin, Fé-
lix, Grat, sept autres dont les noms sont in-
JUL
connus, et sainte Potamie. On ne e
pas les détails de leur combat. L*Eb^
Dore leur mémoire le 5 décembre.
JULES fsaint), prêtre et confesseur,
frit pour la foi dans le Milanais, dâ
de 1 empereur Théodose. Les détaih
manquent entièrement. Il est inscrita
tyrologe romain le 31 janvier.
JULES (saint), fut honoré de la pal
martyre à Geldube, ville d*Afrique.
ignorons à quelle époque et dans i
circonstances. L'Eglise célèbre sa m
le 20 décembre.
JULIE (sainte^, eut le bonheur de i
sa vie pour la foi chrétienne dans la t
Lyon, en l'année de Jésus-Christ 1T3
le règne de l'empereur Antonin Maro-i
ainsi que saint Pothin, le vénérable é? I
cette ville, et unefoule d'autres générev
dats de Jésus-Christ. Elle n'eut pas la fi
résister j usqu'àla tin aux mau vais traita
aux tourments que les persécuteurs lu
endurer. Elle s'éteignit en prison d
sein du Seigneur. L'Eglise fait sa ftti
celle de tous ses compagnons, leS juii
JULIE (sainte), fut décapitée h If
177, sous lo règne de Tempereur Ito
rèle. Elle était citoyenne romaine; i
cette qualité qui fit gu'on ne l'exposa p
bêtes, comme le furent plusieurs A
martyrs, ses compagnons. L*£glise c4
leur fête à tous le 2 j uin.
JULIE (sainte), martyre à Carthi|
l'année de Ji'sus-Christ 250» durant la
ble persécution que TempereurDècei
contre rEj^lise. Elle fut, avec d*dutres
tiens, placée dans un cachot étroit et i
où, pir l'ordre de l'empiTeur, on Jes
mourir de faim ot de soif. La puaolc
la chaleur de ce cachot furent un s^
affreux a.iouté à celui que la privât on
ments fit souffrir aux saints martyrs.
VicTORiN.) L'Edise fait la fête detou
saints martyrs le 17 avril.
JULIE (sainle)t vierge et martyre, n{
Troyes, sous Tompire d'Aurélien, et se
tes disent en sa présence, la glorieuse
ronne qui la met au rang des saints
nous écrivons l'histoire. Malheureuse
sss Actes ne sont pas très-autbentii
L'Eglise romaine met sa fête au21ju
avec celle des saints Claude, Juste et h
din, et cinquante qui ne sont pas nom»
JULIE (sainte), fut martyrisée à Noie
sainte Juconde. Les détails nous mani
sur son compte. L'Eglise fait leur méa
le 27 juillet.
JULIE (sainte), martyre, répandit soii
pour la roi à Carthage, avec saint Cata
dont saint Augustin prononça le panégyni;
les saints Janvier, Florence et sainte*
Ils furent inhumés dans la basilKp
Fauste. L'Eglise honore leur mémoirek
juillet.
JULIE (sainte), souffrit le martjFreil
rida, en Espagne. Compagne de saiatel
1395
JUL
ICI,
iZU
lalie, elle lui resta constanirae^l attachée
pendant ses souffrances , et partagea son
martyre. L'Eglise fait leur fôte le 10 dë-
cembre.
JULIE (sainte), vierge et martyre, était
d'une des meilleures familles de tarlhage,
Genséric, s'était emparé de cette ville en
439, fit un grand nombre de prisonniers
au*il vendit comme esclaves. Notre sainte
lut du nombre, et tomba entre les mains
d'un marchand syrien, nooim<^ Eusèbe, et
qui ddoraiL les faux dieuK. Julie remplit tous
les devoirs de la servitude avec cou* fige, et
par ses vertus se til chérir de sofi maître qui
l'engageait souvent h ménager sa sanlé aa-
vantâge. Sur ces entrefailes, Eusèbe entre-
prit un voyage dans les Gaulrs, aîlii d*y por-
ter de précieuses marchandises du Levant*
II fit jeter Tancre à un endroit appelé au-
jourd'hid Capo-Corso, pour se jouidre aux
■jbabitants qui allaient sacrifier un taureau.
Pendant le sacrifice, Julie déplora loiit haut
rîmfnété ilont elle était témoin. Le gouver-
neur de ille en ayant été ins(,r^it, lit venir
^Eusèbe, et lui otfrit quatre q^nls esclaves
^ull voulait lui livrer Julie, Celui-ci ayant
^^efusé, le gouverneur Tinvita h dîner, et
t Tenivra. Il profita de son sommeil, pour or-
k donner à notre sainte de sacrifier, et sur son
«fus, il la lit frapper au visage et lui fitarra-
p cher les cheveux; il ordonna ensuiîe qu'elle
l fût attachée h un gibet. Elle fut transportée
à Bresse en 763, par Didier, rot des Lom-
bards. L*Eglise fait sa glorieuse mémoire le
23 mai,
JULIEN (saint], Tuo des sept Qls de saint
l Gétulw et de sainte Sympliorose, fut martyr
' risé pour la foi sous !e règne d'Adrien. On
; lui enfonça dans la poitrine plusieurs pointes
(e fer, (Voy. Symfuorose.) L'Eglise fait la
Me de ce saint le 17 juillet.
JULIEN (saint), rei^vut la palme des com-
allants de la foi à Sona, Fendant quVm lui
onnait la question, sous la persécution
'Antojiin, un temple d'idoles étant tombé,
empereur lui fit tramther la tète. L'Eglise
honore sa uiémoire le '27 janvier.
JULIEN (saint) d^Atin, fut martyrisé à
• S«x*i'-ou à A tin, près de Home, sons le régne
' de rempereurMarc-Aurèle. Les détails bis-
i>rique5 qui nous resteiu ne nous permel-
*nt d entrer dans aucun détail ; ils ne sont
i sullisauls ni authentiques,
JULIEN (saint), fut décapité à Pérouse,
endant la persécution de Dèce, probable-
lent en 251, avec les saints Florence, Gy-
<• liîvque, Marcelhn, Faustc L* Eglise honore
f la mémoire de tous ces martyrs le 5 juin;
^K;*est à tort que le Martyrologe imprnné à
^Kille (Catalogue pour Tusage des baptêmes)
^Kit le h de ce mois.
^F JULIEN (sainl)» martyr d'Alexandrie, avec
^■aint Clironion, mourut sous le règne de
^^èce en 250, et sous le gouvernement de Sa-
binus. Voici ce que dit saint Denis de ce vé-
^ nérabie soldat de Jésus-Christ, dans sa lettre
5ur les martyrs d*Alexandrie : « Mais enûn
loi ne fui pas abandonnée de tous; il sa
trouva encore de ces hommes bienheureux,
de ces colonnes fermes et inébranlables, et
que la main du Seigneur avait elle-même af-
fermies, oui se s<^n tirent une force et une
générosité capable de rendre témoignage à
ta vérité de cette foi et à la puissance sou-
veraine de Jésus-Christ. De ce nombre fut
Julien (27 février) : il était fort tourmenté de
la goutte, et elle lui avait de telle sorte ôté
lusage de ses membres, qu'il ne pouvait ni
se tenir debout, ni marcher; on lut obligé
de le faire porter devant le juge, par deux
hommes, Fun desquels renonça aussitôt ;
mais rautre, appelé Cbronion, ayant avec le
saint vieillard Julien confessé haolement
Jésus-Christ, on les fit monter sur des cha-
meaux, et faire en cet état tout le tour de la
ville, qui est, comme Ton sait, d'une très-
grande étendue. Durant tout le chemin, on
ne cessait de les hallre à coups de verges
faites en manière de tléaux, et enfin on les
jeta dans un grand feu, en présence d'une
multitude infinie de peuple, qui prit plaisir
à les voir réduire en cendres. »
L'Eglise fait la fête de saint Julien, mar-
tyr h Alexandrie, le 27 février. Pourquoi la
manpie-t-on encore au Martyrologe le 30
octobre? Car c*esl le même saint ilont il s*a-
git. Pourquoi surtout faire de saint Eune un
Sjint dont la fête est marquée le 30 octobre,
avec celle de saint Jidien; et de saint Chro-
nton, un autre saint dont la fôte est marquée
le 27 février» avec celle de saint Julien?
Saint Chronion n'est autre que saint Euoe,
et saint Eune n'est autre que saint Chronion.
Eune, qui veut di ri' attaché, affetiionné^ était
le surnom deClnonio'>. domestique de saint
Julien, à cause de raiFection pjofonde qu'il
avait pour son maître; c'est de ïh. que vient
Terreur. Trouvant saint Julien, martyr tan-
tôt avec un saint nommé Eune, tantôt un
saint nommé Chronion, on aura supposé
qu'il y avait deux saiîds Julien. Il f.illait
bien faire deux saints Julien, puisqu'on fai-
sait de saint Chronion deux saints sous deux
noms diiférenls. De telles inconséquences
sont grav4:'s. Nous concevrions les deux
noms, saint Eune et saint Chr nion au Mar-
tyrologe, mais alors il fiudrait qu'ils vins-
sent à la même date de fêle: on nonore un
saint sous deux noms ; mais les faire tomber
à des dates dilférentes^ c'est faire deux hom-
mes d'un seul-
JULIEN (saint), martyr, fut rais à mort à
Cartilage avec les saints Montan, Lu ce. Fia-
vien, Donatien et trois autres. Ce fut en 259,
sous Fenipire de Valérien et sous le gouver-
nement intérimaire de Solon. (Pour plus de
détails, il faut lire les Acles de saint Montan
h son article.) L'Eglise fait la fête de tous
ces saints le 2V lévrier.
JULIEN (saint), martyr, était, avec saint
Maximien, compagnon des travaux de saint
Lucien, h Beauvais, Quand Julien, qui était
préfet du prétoire vers Tan 290, envoya des
oiïicîers pour ôter la vie à saint Lucien, ce der-
nier, avec ses disciples, sortit de la ville et se
relira sur une montagne éloignée d'une lieue-
Celte montagne se tiomine Montmiile, quoi-
15«
JtJL
que «es Actes rappellent Aranîs. Les nersé-
cuteurs y étant veous, tuèrent saint Jalien
et snint M^ximien, qui avaient suivi saint
Lucien. 511 f^ut en croire le bréviaire de
feeaiivais, ces deu\ saints ét^iicnt orif^inîiires
de celle ville, disciples de saint I.ucieii et
{>r^tres tous les deui. L'EJise l'ait leur fête
e 8 janvier,
JlIlJEN (saÎDl)i Tïiartyr, orfî^inaire de Cap-
f>adoce, depnts peu de temps h.ibitait la Pa-
pstine* Il n*6tnit encore que simple eatéchu-
Bîêne, et pourtant les fidèles niontraieot pour
lui une estime toute particulière, à causr^ des
vertus éminentL'S qui le dislingoaient. Notre
saint arrivai à Césarèe au mornenl où le gou-
verneur Finoîtien » ministre des fureurs de
Galï-re . y persécutait violemment les chré-
tiens. PeutH-tt^e un secrel désir ie poussait
h VfUir sur le terrain do r-onib^il; peut-èlre
une inspiration du Saint-Esprit Vy condui-
sait. Le sang coulait à tlots. Les saints mer-
tyrs E!ie, Jér^^mie, Isaie, Samuel et Daniel,
tous E-çyptiens, qui .i valent volo'itairenient
servi mn mines de Cilicie les confesseurs
que Ficmll-en y avaient envoyés, avaient été,
à leur r tour, arrêtés et mis h mort par !o
ghiive, après avoir subi les plus cruelles tor-
tures. Julien arrivait que leur sang fumait
enr ore, ainsi que celui d*un saint vieillard,
nommé Théodule, que le gouverneur avait
fait rnouEir, bien quM fût attaché à sa piui^re
maison. Restaient encore Sel eu que df* Cap-
padoce et Porphyre, l'un des domestiques
du martyr l^mnphile. Victorieux dans jiki'
rieurs cnml>als, ils snutinrent I - dernier, ce-
lui qui l^s couronna, en présence de Julien,
L\m fut brûlé, l'autre périt par le fer, Ju-
lien, plein d'admirrtion pour eux, se jeta sur
leurs corps et les baisa respectueusement*
Les soldats témoins de celte conduite le con-
duisîretit au gouverneur. Firmilieu avait
tine faconde procéder expéditive, qui répu-
gnait aux semblants des form sjuihci^ires :
ïl eondarana Julien à ôlre imuiédialernont
brûlé* Le saint, en entendant la sentence,
remercia Jésus-Christ de la grâce qu'il lui
aecordail, et mourut avec un courage que
les beurrnauv eux-mêmes admirèrent, L'E-
glise célèbre sa fête le 17 février,
JULIEN (saint), marlyr en Cilicie, est cé-
lèbre mire plusieuîs 'autres qui oui [lorté
le même nom en ce qu'il a eu sa ut Jean
Chrysostome poitr panégyriste. Ce saint
était originaire d'Anazarbè, en Cilicie, et
coueitoyen de saint Paul, soit qu'il fût de
ïarse comme h.i, soit seulement quMls fus-
sent tous deux de la même province. Un
juge plein de cruauté, que les menées ei les
tuartyroluge> -loinment Marcien, faisait alors
beau oup so Ifrîr les discifjles du Christ.
Notre saint, étant tombé entre les mains des
Jjersr^euk'urs, lui tut présenté dajis la ville
Ji*E^6e (ou pliiivH Eges, sur les cuites iie Ci-
licie). Ayant refusé de sacrilier, on lui ouvrit
la bouche par force, et Ton y versa du vin et
d^ûutres choses olfertes aux idoles, puis on
le mit en prison, Lejtige fit ensuite venir sa
râère pour Tinterroger sur le compte dé son
Bis, Celle-ci demanda trois jours pour ré-
J17L m
pondre, après quoi Tun et Panlre ayant 4|
interrogés de nouveau, on coup- ' - * * ri
de la mère et on la renvoya. Li» i i
Jnlien inébranlable le fi^is-Mil ^ î
lui Ij us les jours, et le ret»voyai j
prison. 11 le promena une Année eUurtpt
toute la Cilicie, pensant le couvrir de ^i»
et de confusion. Les bourreaui, adiriè
après lui, le perçaient de tou^ côtés. dé#
raient sa chair, découvraient ses m limi-
taient à nu jusqu'à se^ entra iHes. llskhvl-
laieut eruellemeni, lui apnHquaientlefcfi
le feu, mais une seule prière du sainitdf»
sé.e au ciel rendait leurs efforts ÎDudles.lj
juge voyant enfin que, par tous cm irof-
ments prolongés par Txn raffinenwiit k
cruauté, il ne'faisait que couvrir de pm
notre saint, sans pouvoir le vaincre, te 0%-
damna h la mort. Etant alors à Eçes, tiIi
maritime de la Cilicie, il le fit jeter altos;
cousu dans on sac pleia de sat * — ia
scorpions, des serpents, des v n
dragons. Cétaii le supfdice nrd* 'u
parricides, et si h >rrible que b n*
taîenî d'en liser, même envers ces s^t^ôli^ill
Les Grecs disent que d Ê^e.^ la toerMli
son corps à Alexandrie, où 11 f^t entm^
une sainle veuve. On croit que cette \Vm-
drie est la ville appelée >
drtttr. Saint Jean Chr\ - , h
son temps Julien était enterré â AtiboJtt
où prob'^bl ment il avait été tr,irisDôrfië
la ville d'Alexandrie. Il Ql à m
grand nombre de miracles, et k ,,.«,.,[«
son moyen oblenaii beaucouj^ degrâcflifK
rituelles. C est apparernmenl sâiiit ItïfaB de
Cilicie que les martv reloges de suinl iMm,
Notker et quelques autres rn;i^ - ■ - * ^^11
février. L'Eglise l'honore le It, ^
comment saint Chrysôslome luiiic ae nrtn
saint martyr.
« La même province» (jni vit Battre l«piii
Paul pour raf>oslrJaU vil naître Julien piV
le martyre , et la Cilicie donna Tun et Vwit^
à l'Eglise. Lorsque Ja carrière fol (HJfw^
aux ath ètesde JéïUS-Christ, et que Ieitiif«
du combal fut venu, ce dernier lomNifii^
les mainsd'nn homme qui^ sous letHmiltt
fjersonnage déjuge, eien^*ait In oruâUié4>i9
>èle farouctie. Mais considère! un fwtt f^
titice. Ce mauvais juge, s'apercevioA f»
Tâiue de Julien était d'une Ireiofie iil|i^
trahie^ que les supplices lie po^VAicAtTA*
tamer, il entreprit de le vaincre par U» teap*-
11 le faisait comparaàtre tous h-^ "^^^'^êh
vant lui, et le renvoyait eD6ui(* <»
lui accordant ctiaque jour un d»^ û»
11 ne lui lit i*as d*<il)oni couper i ^-^
mort prompte aurait trop loi i
faire iiJ avantage <ie Julien, et «
ce que dinnaodait notre ju^e- li cûenr v
lasser sa patience par des inierf*^ ^1
redoublés, par des menaces, psr ^
tourments, par des profuesse^,
vant de toutes sortes Je mjahiDes
1er ce rocher de couslanct
comme ce^a un au durant le^
tôuld la Cilicie, le trajnaut ^
un criminel, et le
robres k la vîie de loiite la province.
il se trompait en cela, il rw faisait
;n>ître le monte et la gloire Je son
mier* (]u! p^uv^iii dire avee saint Paul
ympalnote : Je rendu ifrârfs à Dieu qui
■ de nous pour triompher dfi ses enne-
mi Cor, lu î'*)t t^l p^'nir réptindre en
lieux r^^clat de sa piiiss:^niN». Si vous
niez irn [mrf^mi dans u^e htt\U\ il îvo
qniquera sa bonne oémiv t\uh celle
i eiflis si vous Feu tiiez, tt que vo ts
Importiez en divers li( ux» il en remplira
air. 0e Oléine notre nrurtyr lr<iduit de
n ville, H d'une extrémité de U\ Cili-
*autre, parfuuiait de l'odeur de ses
tous les endroits où i! passait. On le
t par toule la Cilicie chargé de chaînes
nominie en apparence» mais en elFet
•t de lauriers et d'honneur. On le trai-
B ville en ville eomoie un onmiueL et
If lirait en Iriompîie comme ui vain-
, Ce n'était [»lus |7ar sa seule repu ta-
j'il coiitiroiait les fidèles dans la foi,
1 y attirait les infidèles ; c'éta l en se
=int lui même aux uns et aux autres.
Hendait lui donner tous les Cilieiens
*raoins de sa honte et de son infamie,
es lui donnait pour spect'ifeurs de son
rhe. Plus on lui fiusait faire de tours
i carrière, plus on augmentait lesa|>-
ssements; ce n'était point pnv des pa-
ient le son se pi^d ct lair, souvent
ucun effet, qu'il exhortfiii les peufilcs
1er, mais par sa présence, plus edi-
lille fois que les plus éloipients dis-
Et de même que ce n*est po nt en
m des Voix que les cieux publient
odeurs de Dieu, et racontent sa j^loire
narrant glotiam Dei); mais lorsque, se
voir aux hommes» tout environnés
ière, ils les portent à admirer celui
a faits si beaux ; de même notre mar-
jtiait la grandeur et la majesté de Jê-
rm, lorsqu'il endurait pour son nom
: ses intérêts des pei'ies si lougnes et
Iles. Le fit marnent brille moins lors-
irant une nuit d'hiver, Tair pur et se-
m» laisse voir tous ses feux allumé*;,
brille le corps de Julien coiivert de
Oui, je le dis, les astres attachés au
1% moins lumineux que les blessures
e martyr.
ot Julien était donc devenu Tobjet de
ir insensée d'un juge idotiUre. Il se
ie toutes parts environné d'une Tmle
lices. Il les soulfrail tous h la fois;
u'il endurait actuellement, et ceux
ïndurait [kis e^icore; ceux qu'il était
ridurer, et ceux qu'il devait endurer
car les bourreaux étaient autour de
ne autant de bétes carnassières; les
X>erçaient les côtés, les autres lui
3it la [tenu ; ceux-ci pénétraient plus
^découvraient les os, et ceui-li lal-
i-r les entrai îles.
-■se, reconnaissant enfin l'inutilité
fV>rts, résolut de le faire prom^te-
'^ifir; car la mort des martyrs est
tcî de leur victoire et de la défaite
JTJL
i^tt
ce» norrïbtes insectes; voilJ le juste pour la
seconde tbis avee les bétes -je dis pour la se-
conde fois, atin de vous laire ress^juvenir de
scorpions et d'autres espèces île serjienls
trés-venimcux, puis on précipita le sac dans
la mer. Vuilà donc b* martyr à la merci dtj
honteuse de leurs ennemi^. Voici le i;enre
de supj lice que le tyran inventa, ou plutôt
qu'il n-nonv. la pour sij^nalcr sa cruau é,
ma s qui si-,nala i-n même tem[^s la gran-
deur t] 1 courage de Julien, On apporta un
grand sac qu'on reniiïbt de sable à moitié, et
on y enferma le s.iint avec d» s vipères^ des
Tandenne histoire de Daniel. On jeta Daniel
dans une fosse, et Julien dans la lucr» Cet
élément lo reçut pour le coun^nnor, et pour
nous le rendre tel que noj> le (losscdons
dans cette chflsse. Dieu veut bien («artager
avLM: nous les martvrs; il prend rame pour
lui, et il nous lais ê le corps* afm qu'a\anl
toujours devant les yeux ces sacrée** dé|iûuil-
ies, nous nous animions h la pratique des
veitus qui les ont con>acrées. Car si la vue
des armes ensan^^lantées de quelque vaillant
bomrne fat naître une cerlane arueur mar-
tiale, même dais l'âme d'un bkhe, in sorte
que, louchant lantôt le casque, tantôt la
lance, et laniôt la cuirasse, ilsc.ent ecllammé
de ce beau leii qui n^ii ruait ce j^ueriicr, il
commence à s aperctjvoir qu'il a du cœur, il
ne d mande plus qu'à voir rennemi, il biûJe
du désir de se signaler par quelque action de
valeur; si, dis-je, des aim» s couvertes n'un
fang généreux inspirent c Ue gM.étosité à
une âme timide, que devons- non s sentir,
nous antres qui voyons, qui tom^hons, non
les armes du soldat tic J^^^us-Chiisl, mais
son corps ensanglanté pour la gloire de son
maître et du nôtre? Quand no s serions les
moins courageux de Ions les iMJmmes, cette
seule vue est caf^able d'adiim<r dans nos
cœurs la même anieur qui consumait celui
de Julien. Dieu nous coidie k^s reliques des
martyrs, afin que nous ayons eni e le> ui<dns
la mat èr • dune philosophie sulilime, »
JUIJI'N (saint;, fut martyrisé a Brioude en
AuverfeTTiê. Le mm de s ifit Julien a été au-
ticfojs extrèracnicnl ilîusne da'is la Fiance.
Saint Sidoine Apoilinoire, célèbre évéque
d'Auvergne, l\tppelle son patron. Saint Gré-
goire de Tours, qui nvait éprouvé son mler-
cess on , ta.'it en sa personne qu'en c< lie de
se> plus firuches, et q^i s'appelle même soq
éli've et son nounisson , a f^^it de ses mira-
cles tout son second livre De in gloire det
martyrs, H \ jiarlc^ aussi de rinstoire He sa
mort, dont nous trouvons encore qu« Iqnes
autres nionuuïtnls qui peuvent être du mi--
lieu ou de !a hn du v' .siècle.
Saint Julit»n était natif d»* Vienne en Dau*
phiné, d'une famille con^déiable. On peut
voir quel était so'\ exiérieur, dar^s une visiou
rapport ée par saint lire oire de Ttmrs. il
portait les armes, et il était dans un âge
dé^à avancé iurstp»'iJ soutfnl le maityre. Il
avait embrassé le christianisme, et en faisait,
ce senible, urie profession tout ouverte» SeJ
mœurs répondaient h sa foi, et, ce qui est
encore plus, sou âme était embrasée d'une
J
iim
JUL
IDL
IW
charité très-ardente. Il demeurait 'chez saint
Ferréol, qui était tribun et chrétien comme
lui ; mais il se déclarait moins. 11 aimait saint
Julien à cause de son éminente piété , et il
en faisait toute sa consolation. Aussi leur loi
et leur charité étaient le plus grand lien de
leur union.
Il arriva en ce temps-là une persécution
dans la ville de Vienne, sous un olîîcier
nommé Crispin. On ne dit pas sous quel em-
pereur, et ce n'est que sur des conjectures
assez faibles qu'on croit pouvoir (iire que ce
fut sous Dioclétien, vers Tan 304. Sur le
bruit de cette tempête, Ferréol, prévoyant
que Julien ne pourrait pas demeurer caché
à Vienne, où il était plus connu, tant il lui
voyait d'ardeur pour le martyre, lui conseilla
et le conjura même de se retirer secrète-
ment, et de se conserver pour la consola-
tion des chrétiens. Julien, qui avait autant
de- modération que de zèle , se rendit à son
conseil; et quittant ses parents, ses amis,
ses richesses , pour Jésus-Ghrisi , il s'en alla
en Auvergne, où il se tint caché auprès de
la ville de Brioude-sur-l' Allier. Ce ne fut
nullement par la crainte de la mort qu'il se
retira : ce lut au coniraire, selon saint Gré-
goire de Tours , par l'amour môme du mar-
tvre , parce qu'il craignait que ses parents
1 empêchassent de parvenir a la couronne,
s'il entreprenait de combattre en leur pré-
sence. Il le fit aussi pour obéir à l'Evangile,
qui veut que, quand on nous poursuit en un
heu, nous nous retirions en un autre.
Dieu ne différa pas longtemps l'accomplis-
sement de son désir. Crispin sut qu'il s'était
retiré en Auvergne; et Dieu, voulant cou-
ronner promptement le saint et faire soutlrir
au persécuteur la peine qu'il méritait , per-
mit que cet officier, extrêmement" ennemi
des chrétiens, envoyât des soldats chercher
le saint, avec ordre* de le tuer en quelque
lieu qu'ils le rencontrassent. Julien connut,
f»ar le mouvement de Dieu, que les infidèles
e poursuivaient, et il se retira, pour se ca-
cher, chez une vieille veuve, ou, selon d'au-
tres, chez deux vieillar is. C'était en un lieu
appelé Vinicelle, à dix stades (ou une demi-
lieue) de Brioude. On le reçut avec joie
dans cette cabane, et on ne son^^e lit qu'à l'y
bien cacher; mais lorsque les persécuteurs
en approchèrent, le saint, qui ne voula t
point mettre ses hôtes en cfanger, et qui
sentait que Dieu Tappt^lail au ciel, sortit dès
qu'il entendit entrer les soldats, et déclara
qu'il était celui qu'ils cherchaient, et qu'ils
n'avaient qu'à exécuter leur ordre. Les sol-
dats demeurèrent étonnés d'un si grand cou-
rage ; mais il les anima lui-même, leur pro-
testant qu'il ne voulait plus demeurer dans
le monde et qu'il ne soupirait qu'après Jésus-
Christ, pour aller se rassasier de lui.
Ses Actes disent que les persécuteurs étant
venus chercher le saint, la veuve chez qui il
était caché leur répondit qu'il n'y avait per-
sonne chez elle, et qu'alors le saint se dé-
couvrit lui-même; mais on ne trouve riei
de cela dans les autres monuments. Le saint
pria quelque peu de temps, pour recomman-
der son flme à Dieu, et puis présenta sa tète
aux bourreaux, qui la lui coupèrent en mèoe
temps. Il y avait une fontaiBe en ce lieu.ot
on lava la tête du s^int pour en êîer U
sang; et depuis ce temps l'eau de cette fon-
taine guérissait les maladies et faisait difers
miracles.
Ceux qui avaient tranché la tête à saint
Julien la portèrent à Vienne, au persécalear,
pour servir d'exemple aux chrétiens «lecHte
ville. Elle tomba ensuite entre les mains de
saint Ferréol, qui souffrit aussi le martm
quelque temps après, et on Te n terra afeciuL
Le corps de saint Julien fut trans|)orté dt
lieu de son martyre à Brioude, et il y fâ
enterré honorablement par deux vieillards,!
3ui, en récompense de ce service. Dieu rea-
it,à ce qu'on assure, la vigueur di' leurjes*
nesse. C'étaient sans doute ceux chezqmk
saint s'était retiré, selon un manuscrit. Oi
les honore aujourd'hui comme des saints,
sous les noms d'Upice et d' Arçons, le 18 jn
et le k février. Branche en pa le amplemeoL
Je n'en trouve rien dans BoUandus. Il ses-
ble même que ces dr^ux vieillards fusmt
païens lorsqu'ils enterrèrent le saint. Ifab
la vigueur du corps qu'il leur obtint Jev
aurait été bien inutile , s*il ne leur eût ea-
core obtenu du Père des miséricordes h
sauté de l'&me. On rapporte qu'une dm
espagnole, sachant que son mari était arhié
à Trêves, où était lenipereur, et eoodaffisé
à perdre la vie, se hâta de venir au moiBi
Îour l'enterrer. Mais s'étant adressée k siiflt
ulien« en passant par Brioude, elle troan
en arrivant à Trêves que son mari était dé-
livré; en reconnaissance de quoi elle fi bâ-
tir une petite chapelle sur le tombeau da
saint. Les grands miracles que Dieu y opén
ensuite, dont auelques-uns furent cause de
la conversion de ceux du lieu, firent queles
peuples y bâtirent enfin une église magoiâ-
({ue, sans que néanmoins ils eussent m
iour réglé pour faire sa fôte , parce qu'on
ignorait ceiui de sa mort, jusqu'à ceqoe
saint Germain d'Auxerre , étant venu en ce
lieu, apprit par révélation , après beaucoup
de prières, qu'il avait été martyrisé le vio^
huitième jour du mois d'août , auquel sa m
est m «rquée dans les martyrologes de sàâ
Jérôme, dans Usuard, Adon et plusieurs an-
tres, et auquel plusieurs églises en font 11
mémoire.
Saint Grégoire de Tours a fait, cooMii
nous avons dit, un livre entier de ses min-
cies, dont quelques-uns même avaient éi
faits en sa faveur : c'est pourquoi il l'appcH*
son patron. Il suffit d'y renvoyer le ledeir,
et nous ajouterons seulement que ces miri'
des s'étendirent jusque dans l'Orient, pirlt
moyen d'un peu de terre de son lombeii
qu'un marchand y apporta , ce qui fit q««
1 on y dressa aussitôt une église en son h*
neur. Saint Grégoire en marque plusieifi
bâties en France par saint Arède ou Iriès<*
par divers autres; il parle particulièreffl*!
de celle de Tours, qui est encore aujoanftB
une célèbre abbaye de Bénédictins. Il J •
avait une à Paris du temps de Ctnïfén^
liOl
JUL
lOi
i40^
r
M. de Lannoj rroil que cVst crlliî que Vnn
n'iinmn a''jauTd'hui ^aiïit-Julien-le-Pnuvre,
et M, Valois le sontienl encore plus forte-
Jii^vnt. On (issuro aussi que le vi'TilfîhIe pâ-
(rnn rfe S-iir^t-Ju^en des Méii^triers, b/ïti en
1330, rsl cvkii rie Bri^nide, quoiqoe les I*e>res
L de la Doctrine en aient pris un autre. Mais
^^^sî ouïe la France a en un grand respect pour
^Bce sffltnt, TAuverg-ie Ta f^articulièri nienl rë-
^™^cTé comme son patron. On mettait de ses
J reliques dans les églis**s que Ton bâtissait
!^ 90US SOI nom, et on croyait que c était ôssez
f pour cela d^avnir quelques fils des linges
d<vnt on couvrait s^n tombeau. C'en était en
efTet ?t5sez pour opérer plusieurs miracles.
I (Voy, Tille mont, t. V, p. 279.)
I JULIEN (ï^ainf), archevêque de Tolède, fut
élevé par des parents pleins de verlu et de
L religion, qui le tirent instruire dans toutes
les sciences ecclésiastiques, li prit ensuite la
résolution de se retirer dans fa solitude^ avec
«on ami Gudilan, afin de s y livrer aux exer-
feices d'une rij^^oureuse pénitence et à la raé-
di talion de TEcriture sainte. Son évéque le
retint et le fit consacrer au service de l'Eglise.
En 680, ayant été élevé au siège archiépisco-
pal de TolAdet iï y brilla de Téclat de toutes
les vertus. Il mourut en 690. L'Eglise honore
sa mémoire le 8 mars.
JOLI EN (saint), fut martyrisé en Afrique
durant la cruelle persécution des Vandales.
1, 11 eut pour compagnons de son martyre les
Lrsainls Lucîus et Quintien, Ils sont inscrits au
^nfartyruloge romain le ^ mai.
p JULIEN (saird), soulFrit pour la foi sous
I rerapereur Licinius, avec saint Macrobe,
î; Nous n*avons aucun document relatif aux
diverses circoustances qui illustrèrent leur
martyre. L'Eglise fait leur sainte mémoire Itj
13 septembre.
JULIEN (saint), dit VHotpHaHer, était ma-
rié à sa m te Basdisse. Le jour de leur ma-
riage, ils prirent mutuellement la résnlutioo
de vivre dans la continence. Dieu fut leui-
seul amour; les pratiques de la vie reli-
fieuse et chrétienne, leur seule occu|*ation*
Is consacrèrent au souîageraent des pauvres
tous les revenus de b'urs biens. Leur maison
était devenue une sorte d^hôpital, oii les
malades et les voyageurs étaient reçus : les
hommes étaient séparés des femmes. Julien
avait soin des premiers» Basilisse s'occupait
des secondes. Julien mourut pour la foi en
Tan ;^t3i avec Celse, erd'ant, Antoine, prêtre»
Anastase, et Marcianille, mère de Celse. Ils
furent tous mis à mort le 6 janvier, sous
remfiire de Maximin. L'Eglise fait leur fête
le 9 jairvier. On a prétendu que le cr/îne de
saint Julien rHosi italierfut a ^porlé ^i*Orient
è Paris, au temps iie >ai";t tirrégoire le Grand :
une partie était près d'Etam,;es, à l'abbaye
de Morigny, h laquelle Brunehaut en avait
fait don; raulre f>arlie était à Paris, dans
réglisedesChanoinesscs régulièresde Sainte-
Basilisse. [Votj, Cbastelain.) 11 est à regretter
que nous n'ayons pas des Actes bien cir-
constanciés et bien authentiques de saint
Julien : on aimerait à savoir jusqu'aux
moindres détails d'une existence ainsi con-
sacrée au bien de rhumanîté. Aimer Dieu
d'une façon contemplative, passer son temps
en orai*^ons, en pratiques dévotes» c*est mé-
riter sans doute; mais nous trouvons bien
Idus parfait et bien plus chrétien d'aimer
)ieu par la charité, de se sanctifier par la
cliafité» cette vertu la première de toutes, la
plus sublime et la plus céleste. Aimez vos
semblables, qui sont les membres de Jésusr-
Christ , et vous l'aurez aimé suffisamment
lui-même; soulagez les souffrances de vos
frères, vous aurez soulagé Jésus-t^hrist lui-
même. Car il soutfre en nous, il gémit en
nous : nos douleurs, nos misères, noire dé-
tresse, tout cela, depuis son incarnation, est
devenu son partage. Donnez au malheur : le
verre d'eau olfert, h votre porte, au mal-
heureux qui passe, vous ouvrira le chemin
du ciel. Qu'il y a loin de la pratique de toutes
ces vertus» qiie le christianisme enseigne» à
ces vertus humanitaires que les faiseurs de
systèmes veulent de nos jours mettre à la
place do co qu'a ensei;^né Jésus-tThrisL Ahl
quoi que fassent les novateurs qui se posent
en messies parmi nous, l'Evangile restera le
plus sublime des codes de morale» et la cha-
rité la première des vertus que puisse enfer-
mer le c^jeiir humain.
JULIEN (saint), souffrit le martyre avec
\^s saints Biomède , Philippe, Eulycbien,
Hésique» Léonide, Pblladelphe» Méoalippe,
Pantagappe. Us accomplirent leur martyre
les uns par le feu, les autres par le glaive" ou
sur la croix. L'Eglise fait leur fête le 2 sept,
JULIEN (saint), martyr, souffrit la mort
pour Jésus-Christ, à Damas» avec les saints
Sabin, Macrobe, Cassie. Paule, et dix autres
dont nous ignorons les noms. Nous n'avons
nas de détails authentiques sur eux. L'Eglise
honore leur glorieuse ménjoire le 20 juillet.
JULIEN (saint), est inscrit au Martyrologe
romain le Va février. Son martvre eut lieu à
Lyon. On no sait pas autre chose sur son
côniPte.
JL'LIEN (saint), reçut la palme du martyre
à Cartbagc, avec saint Modeste. L'Eglise les
hotjore comme martyrs le 12 février.
JULIEN (saint)» fut couronné à Hé raclée
le môme jour que les saints Félix et Janvier*
Nous ne possédons point de documents rela-
tifs à leur martyre. Us sont inscrits au Mar-
tyrologe romain le 7 janvier,
JULIEN fsaint), confesseur, souffrit pour
la défense cîe la religion et de sa foi dans la
ville de Césarée. On ignore à quelle époque
et dans quelles circonstances. 11 est mscrit
au Martyrologe romain h^ î23 mars.
JULIEN (saint)» fut honoré de la nalme
glorieuse du martyre sous rempereur Maxi-
mien, avec les saints Théodore, Océan et
Ammien. Après avoir eu les pieds coupés,
ils furent brûlés vifs, et achevèrent ainsi
leur martyre. Ils sont inscrits au Martyrologe
romain le 4 septembre.
JULIEN (saint), fut martyrisé eo Syrie
avec saint Maeaire. Nous ignorons Fépoque
de leur martyre, et les diverses circonstan-
ces qui l'illustrèrent. Ils sont inscrits au
Martyrologe romain le 12 août.
iM5
KL
JDUER (saint), fat honoré de la couronne
du marlyre en Syrie, et dans des circons-
tanees que nous ignorons entièrcmcLl. 11 est
inscrit au Martyrologe romain le 25 août.
JULIEN (saint), est inscrit au Martyrologe
romain, avec saint Marcien et huit autres qui
nous sont inconnus, le 9 août. L'empereur
Léon, après des tourments multipliés, les
fit enfin mourir par le glaive, parce qu'ils
avaient élevé l'image du Sauveur sur la porte
d'Airain, à Constantinople. Nous n'avons au-
cun autre document sur leur compte.
JULIEN (saint;, fut couronné à Rome avec
aaiut Pierre et dix-huit autres dont les noms
nous sont inconnus. Leur martyre eut lieu
dans des circonstances et à une époc^ue que
nous ignorons entièrement. Ils sont inscrits
au Martyrologe romain le 7 août.
JULIEN [saint), reçut la couronne du mar-
tyre en Arrique, avec les saints Publius,
Marcel et leurs compagnons, dont nous igno-
rons malheureusement les noms. L*£glise
fait leur féto le id février.
JULIEN (saint), fut martyrisé en Egypte, à
une époque et dans des eircoBStanc<'S qui
nous sont complètement inconnues. U eut
pour compagnons cinq mille autres combat?
tants, dont les noms soit tous ignorés.
L'Ëgli:»e fait collectivement leur fête le 16
févi ier.
JULfEN (le comte), oncle maternel de la-
lien TApostat, était chrétien sous Constance.
Dès que son neveu fut parvenu à Tempire ,
le comte Julien apostasia comme lui. Il fut
nommé gouverneur d'Orient. Après son
apostasie, il se montra ennemi acharné des
chrétiens et très-ardent à les persécuter.
Aussitôt qu*il fut installé dans son gouverne-
ment, il releva les idoles. A Antioche il lit
fermer les églises, et chassa tous les ecclé-
siastiques qui furent obligés de se disperser
en différents lieux. Quand Julien 1 empe-
reur eut ordonné qu on port:U dans son tré-
sor toutes les vichesses de l'Eglise d'An-
tioche, le comte JuHen fit chercher le prêtre
Tliéodoret, quienétaitlegardienou trésorier,
qu'il appliquai une question très-rigoureuse,
et auquel il fit ensuite trancher la tôte. (Voy.
Tbéodoret).
le comte Julien se présenta le jour même
du uiartyre de Théodoret, pour piller les ri-
chesses des églises, avec Félix, surintendant
des finances, et Elpide, trésorier du do-
maine. Quand il eut pris les vases sacrés, il
les mit à terre, s'assit outraffeusement des-
sus, et commit des actions telles qu'il repu-
Sue de les raconter. U soufileta Euzoïils,
vôque arien, qui était en possession de la
grande église d*Antioche, et qui voulut
s opposer à ces abominations. Le lendemain
le comte Julien lendit compte à l'empereur
de ce qu'il avait fait : celui-ci lui témoigna
son mécontentement qu'il eût fait mourir
un chrétien pour cause de r ligion, disant
que ce lait pourrait amener les chrétiens à
écrire contre lui et i l'accuser comme ses
prédécesseurs. Le comte fut teHement atterré
de cette réprimande, qu'il en demeurait
comme muet. L'empereur pour k ooe
lui dit de vetiir sacriGer avec lui ; a[4
sacrifice • il lui offrit des viandes qui ai
été immolées aux dieux. Leoomtif u
fort peu, tant il ét/ât ému, et se relira
lui. Ce qu'il avait inaDgé lui causa ua<
ladie d'entrailles épouvautable : soo
sortait avec ses excréments par la bot
les parties génitales se corrooipirent <h
sorte que les vers s*y lairent. L'art dd
decins, les soins les plus assidus, loi
inutile : rien ne put même le soulager,
rante jours il fut sans parole et sa*» j
ment. Sa femme, qui était chrétieooeti
pieuse, lui dit, quand il fut revena j
que tout ce qu'il endurait était une |Mi
envoyée par Jésus-Christ, à causée
apostasie et des maux qu'il avait fait
frir aux chrétiens. Alors le comte se ■
à prier, demandait çrAce et voulait re
dans le sein de l'Elise. Mais après m
res, il ne semblait pas plus converti f
paravant. U supplia I eoàpereur de m
aux chrétiens les églises qu'il avait U
mer ; mais i) n*en recul que cette répa
« Je ne , les ai pas fait fermer moi'
hors la principale;je ue les ferai pasc
Bnfin ce mameareux mourut au mi
FI us atroces douleurs, daas la puatffl
infection.
JULIEN L'APOSTAT {Flmim dm
/tf/ifffiMf), empereur roBMm, était fik^
lea Con*.tance, et neveu de Coutaiii
naquit à Constantinople, en Tan 33t. li
n*est pas son histoire que nous avoniili
nous n'avons au*à le considé. er coaaf
sécuteur de 1 Ëglise . Nous ne iotàm
donc aue les points qui sont utilaM
sujet. Julien est un des princes à Végâi
quels on a le plus disputé. Si quelquêii
tiens n'ont pas assez rend i justice à<|ri!
qualités qu*il est juste de lui recd'Oii
les p^aens dont il fut le protecteer 1 ait
outre isfQSuee. De nos jours, on àsiiffd
ment rehaiis^^é Julien : Técoie pbilose|ih
et universitaire a trouvé eu Irnu» deii
tronts ; elle n'a pas fait faute à feiAlIff
l.e-i est en quelque sorie le Voltaire def I
passés, mouis le génie. Ha persécutélec
tianismeà la façon des philosofibesetA
prits forts ; aussi n*est-il pas étonnant m
tains hommes aient f ins à tâobe de b i
biliter et de couvrir de leur admiratiai
les crimes, toutes les fautes, tous las'
de Julien. Nous avons souveuir entre a
d'un petit pmiesseurd*histoire, diontk
nous échappe, et ({ui a pris |)0iir mt
thèse Julien. Ce monsieur, doot oott
pouvons nous rappeler saus rire Tair |
mé, la pédantesque sultisance, et U n
suintant par tous les pores, avait dm
son travail les qualités qui aécoraici
personne. Traitant du haut en ba> ief i
rités,ls5^aints les plus Ténérés dans Vif
ce petit professeur faisait de la vie de Ji
un récit compl<^temeni en désaœoffi'
les idées reçues, et lea historiefu laf i
impartiaux. M obtint un t>eaa succès 40
ses pairs de l'Univeroilé, 4fÊi la fin
fiffi; iVL
rent à une faculté, oft sa faconde et sa per«
gonne f^Jîit les délices des bnê-bieus de la
localité.
Le premier raaîtro qu'eut Julien fut le
malheur, et c'est celui qui d'ordinaire incul-
que le mieux ses enseigîiements, Sryj père
et son frère furent mis h mort par ordre de
Constance ; Im-mÔme ne dut son salut qu'à
un saint évoque que» plus tard» il tra ta avec
la dernière ci'uauti^ : la reconuaissance n est
pes une vertu philosophique. Dans son en-
lance, Julien reçut, par orJra de Constance
(lerapereur fiîs de Constantin), une éducation
chrétienne ; il lut joèrue ordonné lectt*ur,
ainsi que soo frère Gallus. Ce dernier était
foucièrt'ment chrétien, l'autre n'était qu*hv-
jocrite : car drjà il songeait à quitter la reli-
gion chrétienne*
Ici qu'il nous soil iierniis de répondre à
une grande phrase dont on a voulu iaire une
le [lensée. « Nul n*â le dnjit de sonder
; consciences. Julien, sans avoir été hypo-
rite» a i)u siiivrt* ses convictiorïs et se con-
vertir à la refig^ion [jaienne* ^ Penneltez-raoi
de vous répondre, |)eiits rhéteurs univer-
Ljiltf ires, par cette autre plirase : « Si Julien
Hp'était pas convaincu de la vérité du rfiris-
^lianisme quau 1 ii le pratiquait» il était un
hypocrite ; sll en était convaincu alors et
I qu U ëfî soit franchement converti au paga-
nistne^ sans vous niarKjuer de respei't, per-
^^aettez-moi de vous dire qu'il élait un imbé-
■lîle; libre à vous de trouver grand et admi-
t^AWe un homme qui quitte la connaissance
de l'Evangilepour Jupiter et jpour saséquelle,
H|^afs libre à nous d'en appeler de vos juge-
^■ients a ce tribunal qu on nomme le sens
^fconunun. il faut être fiassabletnent outre-
B^V'^^^'^'* pnur prétendre faire un grand génie
é"un homme qui commel cette bêtise* Qu'on
en fasse un amiïitieux» rien de mieux » il
pourra njèû>e aJors avoir du génie; mais
^ou ou avoue du moins que son ambition a
Hpris attention au but et non aux moyens ;
^^u*ellea rampé dans la fange de rhy|>ocrisie
feu lieu de voler hardiment dans le chemin
droit et visilde delà franchise. Pour attein-
dre auK sommets cuUuinanls» Faigle vole et
le «erfxent rampe. Tous deui personnitient
deux sortes de génie, »
Dès que Julien fut mattre de ses actions
êl ne craignit plus Constance , il se déclara
en faveur de la religion païenne. Pourtant il
dissimulait encore : ai^isi, à Vienne» en l'an
361, il lit, étant ûôjh auguste, des actes de
christianisme, quoiqu'il adorât parfois les
idoles. Ce fut en Illyrie, ou il alla en quittant
les Gaules, an'd commença h sacritii/r rmbli-
quemeut et à faire rouvrir les temples; il
^Jy^rtait vivement ses sujets h faire la luC^mo
^^Hpe. Les Athénieis et beaneonp d'autres
^H^^s obéirent avec empressement. Quand
Hp vint h Constantinople pour y proc»V]er h
^"l'eriterrement de Constance , il publia un
édit fjar lequel il ordonnait qu'on rouvrît ïes
Iicnnpies, et qu*on recommeu^At les sacrifî-
tees auK dieuï. Julien prit le titre de souve-
pain pontife des superstitions romaines ,
Ak.
im
àî'isS quô les empereurs avaient coutume
de le faire; mais, non content de f*ela, il se
fit projjhète de l'oracle d'Apollon Dydiine-
Baronhis préte'^d (p»'il se fit aussi grand
ponlife d'Eleusiiîo, mais je crois que c est à
tort. Le grec d'iiuiape, bien interprété, veut
m^me dire le eonlraire. Julien ne pouvait
pas, à cause dé ses aflaires nombreuses » al-
ler au tenifîle aussi souvent qu*il l'aurait dé-
siré; il lit , pour y supftléer , un temple de
snn jardin , qui était plein d'autels consa-
sacrés h ses dieux. Il avait dans son palais
une espèce d'oratoire ou petit temnic , con-
sacré au soleil, qui était sa divinité de pré-
dileriron. Aussitôt son lever, il sacritiait à
ses dieux dans son jardin; il sacriliait au so-
leil, h son lever et à son coucher; la nuit»
il faisait la même chose aux divinités noc-
turnes ; les jours de grandes fêles, il se ren-
da t dans les temples. Il voulait n'avoir pas
seolenicnt te litre de pontife» mais exercer
les fonctions de sacritkateur. H allait lui-
même chercher le bois pour les sacrifices,
allumait le feu» tuait les victimes de sa main,
ce qui l'avait fait surnommer le boucher.
L ardeur que Julien montrait pour le culte
idalàlrioue était en lui non moins grande
pour la neslruction de la religion chrétienne :
la jircmière chose qu'il fit pour commencer
la guerre contre elle fut de rappeler les évo-
ques bannis par Constance pour cause do
religion r c'étaient les plus saints prélats de
l'Eglise, mais peu importait h Julien. En
agiss,^int ainsi, il voulait mettre en présence
les dilférentes sectes religieuses, pour qu'el-
les se cum battissent et se discréditassent
mutuellement. Il faisait venir dans son pa-
lais h:'s évoques qui étaient en dissentiment
les uns avec les autres» et, sous prétexte de
conciliai ion, il les engageait à cesser leurs
disputes, pour s'appliquer chacun i h pra-
tique de la religion telle qu*il renlendaît,
viiûlaid dire par là aue toutes les fa(;ons d'â-
dorer Dieu sont également bonnes. Or deux
choses sont nuisibles à la vérité : la persé-
cution directe ou'on lui fait subir, et d'un
autre côté la tolérance et la protection qu on
accorde à rerreur. Certes » nous ne voulons
pas dire ici qu'un gouvernement doive se
faire le persécuteur de IVrreur et te souverain
arbitre des croyances, Loinde nousceile pen-
sée: mais nous signalons ici le but de cette to-
lér/tncc tiypoeritede Julien, quivoulait lairo
accerripr Teneur comme aussi bonne que la
vérité. 11 lit revenir Aetius, chef des ariens»
et lui écrivit une Irttre amicale , ainsi qu'à
l'hérétique Photin. Il se fit le protecteur des
novatiens contre les catholiques, < l leur ac-
corda tout ce qu'ils lui dem;tndaient. Il té-
moigna une affecti n toute particulière pour
les Juif<, < t les anima autant qu'il le put
tO'>tre les chrétiens. Quand les prélats, usant
de leurs droits de premiers pasteurs de TE-
glise, punissaient leurs subordonnés» Julien
s'en déclarait ouvertement le prolecteur, et
prenait a ttiche de les fdire ventr auprès de
mi , de les combler de biens et d'honneurs
11 replaça sur le trône pontifical un nommé
Etienne, qui avait été déposé pour ses er-
n
un
JGL
JEL
UU
la cour ao prince en flattant ses iastiocts
crueJs et ses haines, n'avaient-ils pas le
cbr^Eûp libre pour cou'ir sus aux chrétiens
et les mettre a mort? Aussi les habitants de
Gaza, eiii:ouragés par cette abominalile con-
duite de Julien, se laissèrent aller aui plus
détestables eicès d^: cruauté : ils prirent des
chrétiens, des hommes consacrés par le sa-
cerdoce, des vierges vouées au Seigneur, et
leur ouvrant le ventre, commirent toutes les
profanations ima^nables. Ils remplissaient
d'orze leurs entrailles pour les faire dévorer
par les pourceaux. fTbéodoret, I. m, ch. 3.)
A S.'tjaste ou S.imarie, les païens commirent
un autre crime énorme, surtout au point de
vue de la profanation qu'ils Ureal des reli-
ques les plus saintes et les plïis vénérées.
Ils tirèrent de leurs tombeaux les ossements
de saint Jf an-Baptiste, le saint précurseur de
Jésus-Christ, et ceux du prophète Elisée, et
1>'S brûlèrent avec des ossements d'animaux.
]lsjel6re:jt la poussière au vent, pour que
les chré iens n'en pussent rien retrouver qui
pût devenir pour eux un objot de vénération.
S'il faut en croire Baronius, les habitants de
S 'baste avaient agi par Tordre de Julien, qui
avait commandé que toutes les vilies eussent
à rainer les tomb.'aux des athées (encore un
des noms que Julien donnait aux chré-
tiens).
En Phénicie, en Syrie, les peuples com-
mirent des horreurs pareilles à celles que
nous venons de voir en Palestine. A Damas,
]('S Juifs brûU;rent deux églises; celle de
Bérytbe fut brûlée par le comte Magnus,
qui , sous Jovien , fut obligé de la re-
construire à ses dépens. La grande basiliq^ue
d*£mè^e fut profanée par les païens, qui y
mirent la statue de Raechus. Julien dit, dans
un endroit de ses ouvrages, que ceux d'E^
mèse avaient mis le feu aux tombt^aux des
Galiiéens. II faut donc croire que les habi-
tants de cette ville ruinèrent aussi, eux, (ies
églises et des lieux consacrés au culte. L*E^
glise d'Epiphanie, en Syrie, fat traitée comme
celle d*£mèse. Euatate, arien, en était alors
évônue. Saint Grégoire marque toutes ces
TOianations quand il dit, à propos de la mort
le Julien : « Us ne regarderont plus nos
maisons sacrées avec un œil de malignité et
de fureur, pour les détruire ; ils ne souille-
ront plus avec un sang détestable, des autels
dédies à un sacrifice parfaitement pur» et o^
on ne répand point de sang; ils ne désho-
noreront plus nos sanctuaires par des autels
sacrilèges; ils ne pilleront plus et ne profo-
neront plus, par une impiété mêlée d'ava-
rice, des richesses (consacrées à Dieu; ils
no feront plus d'outrages à la vieillesse vé-
nérable des prêtres, à la sainteté des diacres,
à la pudeur des viergos saintes. » Tout le
inonde sait, dit le môme saint, ce qui se
Cratiq^uait à Héliopolis, au pied du mont Li-
an. Comme on y adorait m déesse de Tim-
pudicité, les femmes et les filles y étaient
publiquement impudiques. Ce qui ailleurs
était lin crime, était dans cette ville un acte
de religion autorisé par les lois m par une
<?outume immémoriale. Constaatiu avait fait
ï
ce qu'il avait pu pour conTerlir les ha-
bitants et pour déraciner ces détestab!»
coutumes. Sous JuMeo, ifs se portèrent aui
actes de cruauté les plus révoltants. Pour se
venger de ce aue Constantin avait, par des
lois, réprimé leurs infamies, les babitams
d'Héliop^is se saisirent de quelques vierges
chrétiennes, et les exposèrent nues aux jeux
de tout le monde. Ensuite ils les rasèrent et
les fendirent en deux. On dit que queiqaes-
uns, par une cruauté inouïe, manpèieit de
leurs entrailles palpitantes : les q^orgnn
de la révolution française ne frisaient po
mieui. Ils agirent de même k régnrd do
saint diacre Cyrille qui, sous ConstantiitiDa
par un zèle ardent noup la reU|pon, arni
brûlé un grand nombre de leurs idoles, b
dévorèrent son foie ; mais tous ceux qui ood-
mireot celte abomination furent subitement,
dit Suidas, frappés de la Ten«;eance célesl».
Toutes leurs dents tombèrent à nnstaol
même, leur langue pourrit jusqu'à la racioi
et leurs yeux furent frappés de cécité.
Saint Marc était évèque d* Aréthuse, petite
vilie de la Syrie, sous Constance; ce prélîl
usant de la permission que lui donniient
les lois, avait forcé un grand nomhrf et
païeq^ de prendre le nom de chréfaeos, et
avait démoli une église fort yenéréCtOdtes
païens avaient assemblé de grandes riches-
ses, et pour laquelle ils avaient une trte-
grande Téuération. Dès que les habitants
païv'ns eurent appris rincunation de Jaliei
pour les idolâtres, leur fureur se débordi
avec d autautplus de violence, qu'ils Pavaient
concentrée plus longtemps. Julien, du reste,
les appuyait complètement contre TéT^que.
Il ravaU condamné à faire rebâtir le tem^ie
Îu'il avait démoli, ou à en payer le iwii.
lare, voyant qu'il ne pouvait venir ï wd
de payer, et du reste, prétendant qu'il neld
était pas permis d'obéir, iugea à propos de
se retirer, pour éviter la fureur du peuple;
mais ayant appris que beaucoup de per>ùD-
nes étaient arrêtées et mises en justice ï
cause de lui, il préféra s^exposer à (ont. D
revint du lieu oii il ét-ùt cacné, se préseoti
au peui)le, et se livra à tous les tourmeots
que sa cruauté lui préparait. La popul*t,
s emparant de lui, le traîna par les rues, !ib
fit souffrir, comme on peut Te voir à son ar-
ticle, les plus épouvantables tourme1L^
Marc était un de ceux qui avaient sauréla
vie à Julien, en l'enlevant, tout jeune, Ja
palais de Co-istance. {Vou. Marc.)
A Césarée de Cappaooce, Julien monln
sa haine contre le nom chrétien. Cette Tilk
avait détruit un célèbre temple de laForfuK
qui était daas ses murs. Julien, tiourlaptt-
nir, lui ôta son nom de Césarée, qu'tlie
portait depuis Tibère, et la força dé'reprea-
drc son ancien nom de Mazaca. Il eii^
des éj^lises de la ville et de son terriioirt
une taxe de trois cents livres d or. Céia*
Jut rayée de la liste des cités, il enrôla loiS
les ecclésiastiques comme archers de lap«>-
lice, ordonna aux chrétiens de rel^^lir «
temple qui avail élé abattu, plus ceux J *■
polloii et de Jupiter, qui avaient élé d.-«^
âUL
5 préd('»cesseurs. 11 menaçait la ville ^
lit les GalUéens de toute sa colère, '
lécutnîent pas ses ordres : probable-
[*il eût cuisses menaces h exécuûuD,
erre de Perse n'eût amené la fiu de
nation, en lui foisant trouver la mort
espérait trouver la victoire. Ce fut à
casiOQ que saiot £upsyque souffrit
re.
zyre en Galatie, un chrétien nommé
se distingua (lar un counge oxtraor-
[Toy. son article). Saint Timot'iée,
îePruse en Klhvnie, eui la tète tran-
js Julien. A Meras, dans la Phrygie
e, on trouve le mai tyre de trois s ints
I Maeédone, Théodule et Tatien
lurs articles). Pariant de Constanti-
3ur aller en Perse, à la fin du mois
Julien passa à Chalcédoinc. 11 con-
à mort dans cette ville trois clii^-
rsans, M.'innel, Sabel et I^maël (Foy.
lic!es.j Arrivé h Anc^re, Julien, ayant
]u*uu saint ptôtre qui se nommait
tait en prison, le (it amener devant
it on sorte qu'on le mit à mort {Voy.
s de saint Basile). Il faut encore
ci 1« martyre de sa nt Pliilororae, de
tine, duc d'Egy, te, de saint GemcUe
ilagonie, et de quel(}ues autres.
1 Julien fut arrivé a Anlioche, il fit
;sible pour soulever le peuple de
conlreTite, son évô(juc;inais la lettre
rivit pour coîa demeura sans etfet.
>che, il eut la sottise de vouloir pol-
fontaines et les aliments, en y faisant
it des viandes soit de l*eau consa-
IX dieux, afin que tous ceux qui en
usage rendissent ainsi un homuiage
ses divinités. Mais les chrétiens s<'
ent de lui, et, suivant Tavis de saint
angèrent les choses qui leur étaient
ires sans attacher d'importance à ce
l fait Julien, et sans s'enquérir en
fa(;on si elles avaient éic ou non
!S par la ridicule manie do ce prince.
ici qu'il faut mettre le* martyre de
i von lui et de saint Maxiuiien {Voy.
•titU's), la confession célèbre de saint
re, ia fermeture et le j.illagf de l'ô-
\ntioclje et le martyre de baint Théo-
content de ce qu'il faisait souffrir aux
is par fabus de son pouvoir, Julien
leur faire une autre gueire : il se
>ez de tal(*nt pour entrer dans la po-
s religieuse, et il écrivit contre eux.
f)le (i Antioclie s'était moqué de lui
nanière assez ouverte pour hii être
isible : il >'en vei'gea par une satire
la ville et par un livre <iu'il lit contre
Hiens. Suivant saint Jérôme, cet érrit
fiait sept livres; co Père cite un pas-
i septième. Saint Cvrille «TAlexandrie,
uta cet o ivij'gt! cmquanle ans a\ rès,
iple nue trois livrer : cela ti«'nl pro-
meut a ce qu*on divisa ditrén^mment
) de Julien. Socrate rapporte quelijufs
du troisième de ces livres; il fait voir
lien n'entend pas s adre ber aux |. r-
tnt
iM
sonnes instruites et iotelligeotes pour les
convaincre, mais bien à la masse ignorante
et crédule, qu'il espère gagner par le ton
plais mt • t de mauvaise raillerie qu'il prend.
Quoiqu'il n'y eût rien de solide d.tus ses
ouvrages, ils ne laissèrent pas de surprendre
un grand nombre de personnes faibles. L'é-
légance du stylo et sa tournure railleuse et
gaie ne furent pas pour peu de chose dans
ce résultat. Gomme ii avait été chrétien, on
lui sui^piisait une grande connaissance des
Ecritures, et sans cesse les païens objectaient
d ; ce qu'il avait fait, surtout parce qu'on
ne l'avait |>as réfuté. Ce fut ce motif qui
engagea sai!>t Cyrille à le combattre cin-
auante aoa plus tard. Au commencement
e 303, nous trouvons le martyre de saint
Bono'^e et de saint Maximilien. Ils ne souf-
friront oue trois jours après la mort du comte
Julien [Voy. iHurs articles). Julien conçut
un projet qui, suivant lui, n'allait à rien
moins qu'à détruire le christianisme, en rui-
nant l'autorité des prophéties, en démon-
trant la fausseté des Ecritures sa n tes. 11 lit
tout ce qu'il put \H)\xr s'attacher les Ju.fs et
pour, les amener h entrer dans ses desseins.
Sozomène parle d'une lettre très-amicale et
très-euisageante qu'il leur écrivit, au com-
mencement de son règne. U leur dit, entre
autres choses, qu'il a arrêté un nouvel impôt
dont Constance prétendait les surcharger,
qu'il a brûlé tous les mémoires sur lesquels
on se fondait pour l'établir, et fait mourir
tous ceux qui avaient contribué à le vouloir
faire établir. Il tinissait sa lettre en leur ))ro-
mettaiit que s*il revenait de la guerre de
Perse, il rebâtirait la cité sainte et leur
temple, comme depuis longtemps ils le dé-
siraient, et qu*avec eux il y célébrerait la
gio j e du Tout-Puissant. Certes, Julien man-
quait de franchise en écrivant ainsi ; car, à
la façon dont il se moquait des prophètes,
on pouvait voir qu'il était aussi ennemi de
la religion juive que de ia religion chré-
tienne. Admettre 1 une ou l'autre c'était ré-
])udier le iiaganisme et avoir horreur de ces
dieux de pierre ou de c^s dieux infâmes que
les païens adoraient. Son but, en agissant
comme il le faisait, était d'attirer dans son
camp quelques soldats de plus pour com-
battie le christianisme, aui était son en-
fiemi de prédilection. Peu lui importait quels
fussent SOS auxiliaires, pourvu qu'ils atta-
quassent avec acharnement l'ennemi com-
mun; pourvu qu'ils trouvassent dans leur
liaiiie contre Jesus-Christ ia rage qui rani-
mait lui-même; j^ourvu qu*ils lançassent à
ses saints la iK)ue, la pierre ou le gliive. Du
reste, les Juifs se montrèrent les alliés fidèles
de Julien : ils brûlèrent la ^nde église
d'Alexandrie; ils en détruisirent deux à
Damas, et d'autres encore en divers autres
lieux. Julien, pour les fiatter, et peut-Atre
aussi pour les amener ii ruiner, par leur
adhésion h ses erriurs, l'autorité des saintes
Ecritufds, voulait leur persuader de sacri-
fier, et s étonnait, disait-<l, qu'ils ne le tis-
seni plus. Leur Dieu, leur ûisait-il, était V^
n.è'iH* t|ue les païens auoraient sous d'autr^^
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il . iii-nt if-i.i *ri iffiN»**? t.*ar luiîeîiiîe
j '■ .11»" T iiii- le ZUHÎ-*. le -jnauirit.'? -( le
m fs-rt«;r •> 'jri ^,111 jii,* ,.j iii.ii< -iv-Mrif a
l'»'tj ;..ir:«,n l'îiii/or^î e lu norme. Lv^iir .n**
^ii»fii. Hîir '.'ihit»*. t*> .'*niiaii.*ur iu>>i ii-
sniif/O'taii'fîS iiii* iTiiiir-.iii's. ?ainc L"'".il«
^nvi»s •;r.''f,n>ïi4ni*H.N . V» -jamc fv-''.»^nie r\*-
courut a l'arsenal des ventes oiu-^usmies. Il
' -^ "Icrnires saintes pour v lire D.-
»:.- -- «voir .ive«* >o n les par-jl 5 ..
-:• : jionde. Alors il se rao^un ...
:--u r ■-nirnprisf 'les Juits, ^î >. >
rTrirtUrîît -m ;ls ne f>ourraient pas >«-
: ■•• -f :ne ;nerrc sur une autre h
i: "mment se termina i rite -:-
rrr . -lùire «le Jésus-<^hn>t et Jt : >
-. Tilt rendu, à la confuii n :<
T. -«iiiiiL^nt taire passer sa fw: -
: -: T-iie. -tî Juifs «JéuiolireDi »' ;...
^r-- .1 :i ?îni>ie. "oritiant ainsi de [lOî ••
:.ii im- if-'ie m**'/ ne resterait pa^ ptr^
»r i*^'^. -î -flsùiiL' •:n»usêrent l^s loa:-
j^"2:i :r i:t::\ Mais i'ouvraije v.^
^i.rf:: ii.t e ombiait durant la d it. j
i »2ii.v-'.e £ .e- ■jUTDilîons «le vr-nt eie-
■•'leoi i :sDer«3U?nt lu lom les matt-rsi:
u :!^ ^iiefit î5eaLDi*-s. Cii tr» lubiCii'^
.u ?r^ îfrn vnD:»f ombia tout ce pij
riieai reuse, fiiv*rrsa ^ur leurs tnvîc:
ne arri'i es 'tiirictr? vo sin<. ^i ùt ^r^:
ous i* 'Jiues m -:rand -lombre i'-::-
'iz.. .-.-; fii^iu:n«*raei; ts le la v. iunie .:»■_-
■L-..**ir '.uiîtaiit as, .is ^e -iirent i -n- >^":
.2 jj'^""au; -.nais - aesure yu'ils i-r-rii^i ■:
1 rrr^. .e^ eux -u portai en -lui br-i-i:
^-i r7'--'Ll."jr?. -ui-îj . .«iiiiis et ieurs 1 -
• i'-i- >*ï ^-.jes le l'eu !fS p«'urîru:^ .?::
.aii^ iur ui'.-r. Ui JTaiid nV-îiianî i.-
■' .:..: •_ l'V^zinv laus une ^-^M-?-. i *:
rrr; i^ îainLîies jui es ie^'rçr*!!'. Li
':-.?** r'iL i^*i iaiis ane oavr r . >
.-L-ji; r ■ n'.ieîi 'eiupie, -.-t où .1? "laur
bi.- . ■.::- irii';? le euj-s outils z^.-'S 'rr
■*'i.---i* .Ms -rs lUtiis lurent -»r;ij iZ
vî.-.re*. • -î? Jo-ii jui vijui'.'-'f^QL TL?i-
^■^ 1 •■- • ::r»*"i *un^• iiut-s uis.-;.
i.>2i .r..î:::s urt^îit joiii^es ii^,i£.ir^'^:
•-•:r -.:.-■ .* r- 'UT auûe:!..- .!? i --;^
::::•• :.::: /-.iTitui- •:M * lui le'-u*. . -î
?• .r*. -:?*• ■••urnmier^ lê ..ii*_- -j 5; -r-:
Tîi-.-r r •"■■«ijiiiseineui t- r-ur -^^r^iii
r .:::J^ç: ç.? mi "uisîat'^n: ■ z^r^t
•vi:: :t- ■ : *-7dj 1 es . A Ja r* e s 1 1 s; ■ n -^^ ? .i 1 -
ij:.*? I Lj';'ii-iuani iu:ç sov'.rr- i..-?;.: es.
i 'ir fî ?" •*^ IH '.'K«ji>*- ;■;■ V "i.. I"-.,
■iv;s r----.:? \ jum^n . ' iis;i.r'r*ii m •:! -
'::^•^ï.l-ul^ï!:t». lui -l'v-jiiii.iit :m- - n
\. '":*-. :vdi' JL' Vil* ii,i:».Mi :** S - . > * -•
; Il ;u t*-::;-.- xe i».* isii-i: , :, . ^-
r^UiUîùoai!— -v'-te *!ii:"*?- r*-«;. -..r t :.-
-•':":i ■»i^si«'»!r^ :uis i»f> :■«.".:.'.■.;.-■•.-
^'.•u^-ï l'j laiinue^. ru: jr»; j ,j. . _< -■: :.-
»-».ir?. ^'. Mil -"MiiiaiHut - :,j.; ;:_ t . .:
.uacv^ssibif ;)"-.r _*u";. >;«■• i^.* -.^ ':_. » :'
e Tvi'it i'inrvs es ::r- > i^ •;:< 1.---
i^'aieut '-'U es eiunins :«.u...i__-7S i- :?:■-'
•mraruieux : soiut Jlir^ ?. s: . -iir 1 : -^
îou 'euips OQ "^ .yin inu-ri»'.- j t ^^^ V :' :-
leiueuis 4ue "hsIuiis it-j-^ï^: 7- .s? : ?■
lue a Pr»jvT.ieiiL*.* r-'-iic wiii-_M>-. ?i: 1
de '.Jùt ;'as .•'•«'' Jtpii-i- ; •,■ ^-^ . - «
■ivait^tic .'iiii-.*îT!S 1- :*i.-f. D» ^ -: :.:-■
•.t'îiiijs une •r}i\ luiuiii.'i^.^.- -/.i;-^: :• :?
m*'*. -î -'i»'naa'u i"[vi:.< :. .'jl;*-: ■ .• ^
.a 'iiiii[a;^ie âes 0»r- .^rs p-_ ^1- ": .--?
:uui .1* ijii.Miue. it •M-'i.'ci-a 7ji::.: ir?.--*
5ii -.r-juvereut aiai"»^utis ■ 7->^ n.ilu:— - --
ft
JtIL
JUL
im
m restèrent ineffaçables tant que du-
ces habits.
Q fut obligé de s*avotier vaincu, mais
persista pas moins dans son aveu-
U ainsi crue la grande majorité des
esquels beaucoup cependant furent
de ces miracles et s^allèrent jeler
eds des prêtres, pour demander de
r le baptême et d'entrer dans le sein
lise, ce qui leur fut accordé. Ammieii
que cet événement arriva au coui-
lent de 363. Riea ne nous empêche
Itre cette date.
a, qui avait entrepris de ruiner par
\ moj^ens possibles la religion chré-
mais qui voyait que Ja majesté de
;e et de ses enseignements, la sainteté
Qorale, la n* ridaient supérieure au
me, comme la lumière du soleil est
ure aux ténèbres de la nuit la plus
,e, résolut de transporter dans le culte
Dut ce qui fait la grandeur, la beauté,
Stédu catholicisme, Ains^i dans chaque
voulut instituer des écoles comme
failles ministres de l'Evangile ; daos
temple, une hiérarchie Traiment
stique,des prières et des chants sem-
à ceux des chrétiens. Il voulait en
istiiuer des hôpitaux pour singer la
clirétienne, des maisons de muines
lerges ; puis nartout des aumônes et
des pauvres. Julien vouloïlpraliciuer
lus chrétiennes en leur doiuiant une
iSre. Il agissait comme un architecttî
fftîit un temple magniûque,lari^«^ment
ur une montagïie majeslueuse et
voudrait en con*^truire un pareil sur
n de sable, A tout monument il faut
le sullisanle» à toute vertu il faut un
suffisant aussi, Oi-, le paganisme était
lant à rien produire qui pût jamais,
s pas égaler, mais même imiter laible-
t de loin ce que faisait la religion
ique. Le paganisme, vieil arb^e aux
mortes, avait produit ses fruits, fruds
pour rhumamté, fruits de honte,
rallié et de décrépitude, Le paganisme
s racines séchées et ses branches
Eût-il été d'ailleurs dans toute sa
' qu*il n'eût pas pu donner autre
ue ce que nous savons de lui. Comuie
ïngile, on conuait larbre h ses fruits
>roquement. Julien^ voyant que tout
l imaginait pour ruiner la religion
nie ou restait sans succès, ou tournait
ifusion, entra dans les accès d'une
extraordinaire. Il prit dessein de
r la violence ce que ni ses ruses, ni
iletés mesquines n'avaient pu faire,
sa à faire une persécution telle, que
s Dèce, des Dioelélien et des Galère,
mi rien à côté. Il ajournait à exécuter
jets féroces après les victoires qu'il
Qeltaii en Perse, et la conquête de
3ire, Les lauriers d*Alexandre lui
it ombrage, et son ambition rêvait
iiencr sa gloire plus loin que n'avait
sieime cet homme étonnant, qui
en quelques années l'univers de sa
PlCTIO?(?f. P£S P£niécuT]0>s. L
I
gloire, Julien disait en forme de raillerie,
qu'd remettait la guerre contre les chrétiens
après eellede Perse, parce que celte dernière
étant la moins importante, il tenait à promp-
lement s en débarrasser. Dans rattenle oo
ce nouveau combat, TEglise faisait monter
au ciel ses prières et ses supplications; jour
et nuit on priait Julien parut pour la guerre
de Perse. Déjà la vengeance céleste était
prête : en allant de Bérée à Hiér.iple, il
passa par le territoire de Cyr. 11 vil dans un
certain lieu beaucoup de monde assemblé
devant une caverne. Ayant demandé ce qm
se (ïàssait, il apprit que cette cnverne était
habitée par un solitaire nommé Domicr-,
dont la grande répulalion de sainteté atti-
rait rallluence des Udéles, Julien lui (it dire
que, puisqu'il était voué h Dieu pour vivre
saintement et ilans la solitude, il ne devflit
recevoir personne. Le solitaire lui ré[)ondit,
qu'en elTet il s'était ainsi consacré à Dieu,
mais que cependant il ne pouvait pas chasser
ceux que la foi portait a lui rendre vîsïte.
Julien, mécontent de cettf' réponse, pourtant
simple et modeste, lit boucher rentrée de
la caverne, de sorte que le saùil y corisomma
son martyie. Julien poussa iirtivcment la
guerre contre les Perses : il obtint d'aboi d
(hi grands avantages, avantages plutôt appa-
rents que réels, car les Perses reculaient h
dessein devant lui, évilaiii de s'engager à
fond et ne livrant que des combats sans ini-
portance, après lesquels Julien, de plus en
plus encouragé, s'avanrait en vainqueur
dans un pays incoimu et que lenneiui dévas-
tait sur sa route, pour (fue Tarmée romaine
ny Irouvilt fKis sa subsi>tance. Julien parvint
ju!>qua Clésijihoo, mais le n>i de Perso
était invisible. L'empereur n'avait eu ailaire
qu'à ses généraux : Sapor ménageait toutes
ses forces pour le moment d^eisif. Julien se
mit h sa reilierchc et quitta Clésiphon ; des
espions inbdèïes rengagèrent dans des
cîieioins dangereux, où il renronîia la disette
et où les Perses commencèrent h le fiarceîer
sans cesse. Il eut l'inq>rudeiire de brûler
sa llotle, et par conséquent de s'enlever ses
dernières ressources. Il allait être obligé de
reculer et de revenir nar la route dévastéi^
qull avait suivie, quand Dieu, qui ne voulait
pas qu'iléchrtppcllà ses vengeances, lui lit
trouver la mort dans le lieu où il commen-
çait à désespérer du salut de son tUiuée,
Durant la inarclie, les Perses étant venus,
comme de coutume, rattaquer, le chargèrent
cette fois avec tant de vigueur» qu'il courut
uour les repousser, sans seulement se donner
le temps de m^Ure sa cuirasse* Un dard le
frappa au côif, et quelque temps après il
mourut de sa blessure. Faut-il croire ce <{u'on
raconte de sa murl f Dans tous les cas, il
faut choisir entre les dillerentes versions que
l'histoire nous fournit, (Quelques auteur^ te
font mourir tranquille dans son lit : d'autres,
dans toutes les angoisses de la dimleur 1 1 du
désespoir. Us raconlenl que, sentant la înain
qui le frappait, et faisant comme la bétt*
Icrocinmi mord la lance dont elle est percée,
il prit ilans sa main du sang qui voulait d^
i3
1419
iUL
JUL
M
sa blessure, et que le jetant au ciel, il pro-
nonça ces paroles blasphématoires et sacri-
léj^es:«Tuas vaincu,Galiléen URien n'établit
l'authenticité de ce récit. Contentons-nous
de dire que Julien mourut frappé de la main
de Dieu, pour avoir été apostat et persé-
cuteur.
JULIENNE (sainte), fut martyrisée pour la
foi chrétienne avec saint Paul, lecteur, son
frère, 5 Ptolémaïde en Isaurie, sous Auré-
lien, dit Barouius ; à Ptolémaïde en Pales-
tine, sous Valérien, dit le Martyrologe ro-
main. Il n'y a pas de Ptolémaïde en Isaurie.
L'Eglise célèbre la fête de saint Paul et de
sainte Julienne le 17 août.
JULIENNE (sainte), reçut à Rome la cou-
ronne du martyre en 303» sous l'empire et
durant la persécution de Dioclétien. Elle fut
mise à mort sur la voie Salaria, où elle de-
meura enterrée jusqu'au jour de sa transla-
tion, qui eut lieu le 8 août de nous ne sa-
vons quelle année. Vingt-six chrétiens furent
exécutés le même jour dans le même en-
droit. L'Eglise honore leur mémoire le 8 août.
{Voy. Ctriaqub. Yoy, aussi l'abbé Grandi-
dier. Histoire de Véglise de Strasbourg.)
JULIENNE (sainte), souffrit la mort pour
Jésus-Christ au iv* siècle, sous l'empirift et
durant la persécution de Dioclétien. On ne
sait pas précisément l'époque de son mar-
tyre. Elle fut décapitée après avoir enduré
les plus cruels tourments. Saint Grégoire le
Grand nous apprend que ses reliques furent
transportées a Rome ; maintenant Bruxelles
en possède une partie (dans Téglise Notre-
Dame-du-Sablon). Un ancien martyrologe
trouvé à Corbie prétend qu'elle souffrit à
Nicomédie. Saint Jérôme, Rède et la plupart
des anciens martyrologes, mettent la mort
de sainte Julienne au 16 février. Bollandus
a jugé les Actes de cette sainte dignes de
nous être transrais : ils méritent peu de con-
fiance. {Voif. Chastelain.) L'Eglise fait la fiite
de sainte Julienne le 16 février.
JULlKNNE(sainte),reçulla glorieuse palme
du martyre à Augsbourj;. Elle eut pourcom-
pa.^iions de son courageux combat les sai'Us
Quiiiaque, Largio'i, Cresceutien, Ninge et
vii!.^t autres dont les noms no sont |)oiat
jai*(Mius jus(ju'à nous Le mèmejouretdans
i iiiO;!!'.; ville, sainte* llilarie, mère de sainte
A-'i e, lu :rlyr.s ([ i veillui a'i tombeau de sa
lliio, i'aU noiu la foi de Jésus-Christ, brùlt'-e
au même lieu par les [)erséeuteurs, avecDi-
gii', Kui)ré[)ie et Eunouùe, ses servantes.
L*L:^lise Iionore colleolivement leur mémoire
le 12 aO'U.
JiJLlKNNE (sainte), reçut le martyre à
Myro eu Lycie, avec saiut Léon. Tous'^deux
soiil inscrits au Martvroloj^e romain le 18
aoîU. Nous ne posséiluas aucun document
authentique relatif à ces saints combattants
de la foi.
JULITTE (sainte), martyre , mourut pour
la loi à Césarée de Cappadoce, en Tannée
303. Son histoire, couiplétement ranportée
par saint Basile, mérite de trouver place ici.
Nous la donnons m extenso.
« Cette sainte femme avait été obligée do
t
soutenir un procès considérable contre un
des premiers de Césarée. C'était un de ces
hommes qui emploient également la tïo-
lence et la fraude pour s*curichir, tonjooR
avides du bien d*autrui, qu'ils regardât
comme une proie assurée. Celui-ci , à ibm
de rogner quelque héritage à ses voisiiii,
s'était fait grand seigneur, et possédait ph-
sieurs belles terres. Mais il ne .s'était pas coi-
tenté d'enlever à Julitte quelque moroeaaè
vigne, ou quelque arpent de pré; il irait
envahi tout d'un coup ses métairie&, sts
bestiaux, ses esclaves; et afïrès s'être eacon
emparé de ses meubles qui étaient £)rt li-
cbes, et l'avoir généralement dépo\dliée it
tout, il avait eu l'effronterie de la foire aw-
gner le premier, et de prévenir la piaiflir
qu'elle était sur le point de rendre oootR
lui. Mais il s'était auparavant assuré de jAh
sieurs faux témoins et d*un délateur qui <k-
vait agir contre elle. Il avait aussi ftnsu
précautions du côté des juges» dont il aiÉ
acheté les voix par une sale et honteiiK
corruption; et c était particulièrement»
ce mojren qu'il appuyait la justice de ses
prétentions. Le jour que la cause défait éire
appelée, un huissier, selon la coutiia^ dli
les parties, et les avocats préparés mvpltt-
der prirent place au barreau. Cehû4ahk-
litte oarla le premier ; il représenta aox
juges Tborrible vexation que sa partie aviik
soutferte de la part de ce citoyen; ils*é(eo-
dit beaucoup sur l'injuâte violence aiec b-
auelle il s'était rendu maître de loutlebiei
e cette dame; et, déplorant d'une manière
fort pathétique la condition fâcheuse éa
voisins de cet usurpateur, dont riositiil^k
avarice engloutissait tout ce qui élaîi à si
bienséance, il aUait produire les lilrtt«E
vertu desquels sa partie possédait ces héri-
tages, et faire voir qu'une loague et piisihfe
iouissance rendait son droit incontesUûk.
lorsque cet homme s'avanga au milieu it
laudience et soutint que, par la nonfelif
ordonnance, Julitte ne pouvait étrereçoe»
justice à agir contre lui ; que, selon cetleioi,
toute personne qui él«iit d'u'ie autre relip-»
(jue celle de Tempereur, et surtout quif>
lessait celie du Chnst, était privée UèsluR
du droit d'appeler eu jugement ui citovrt
Li3 préteur reçut cemo>e'i d'opposiiioû:-
lui paraissait juste et foidé sur le droit. 1
fit donc apporter de roncoris et du ieuifo
se touillant vers les parties: Pourjwuf*
bé lédce des lois, leur dit-il, il faut aup»rt-
vant donner des marques qu'on ueàij^
de la religion de Christ. Que si quekfu'sï
s opiniâtre à vouloir demeurer dans ua^:^^
ligion proscrite par les édits deseiuperfûN
ou lui déclare qu'il est dès à préseut ûtf»
de tous les droits, prérogatives et pririïip
attachés à la qualité de citoyen ittic'^
ville, ou de sujet de lempereur, et mécr*
cette qualité, comme étant noté d'iiii*^
selon cette nouvelle ordonnance.
« Que fera Julitte? Se laissera't--ellesèJu3
à lonvie de rentrer dans son bien? uu :^
gligera-t-elle de se servir du moyen qy- «
est offert pour gagner son procès?*»
MU
ivL
lut
im
•éda-i-elle au péril aui la menaçait? La
Cainte eut-elle s^r elfe quelque pouvoir? et
vit-on {)âlir à la voix du juge? Non sana
doule. Que répondit-elle donc? Ecoutons-la.
Que toutes les richesses du monde péris-
sent, dit-c'Ue; que je perde moi-môme mille
fois la vie, que mon corps soit mis en mille
pièces, plutôt qu'il m'échappe une seule pa*
rôle qui puisse offenser mon Dieu. Et lors-
au'elJe aperçut que \q préteur paraissait ex-
*4mement choqué de ces paroles, et qu'il
rtmmençait à entrer en fureur, elle rendit
Dieu de très-humbles actions de grAces, de
€^ que le même jugement oui adjugeait la
possession d'un bien périssaule, qui lui ap-
Mrtenait légitimement , à celui qui en était
rifguste ravisseur, lui assurait a elle des
^na éternels. On m'ôte, disait-elle, un peu
âe terre, et je gagne le paradis; leshommea
déclarent infâme, et Dieu me prépare
eouronne ; mon corps ici-bas souffre la
Sîoe des esclaves, et mon Ame sera placée
Ds le ciel parmi les trônes et les puissan-
oea. Enfin, le préteur la pressant fortement
çë renoncer à sa religion, et elle protestant
4Mgours <|u'elle voulait moiuir servante de
Jésus-Christ , traitant d'impies et d'exécra-
Um suborneurs ceux qui voulaient l'enga-
mer à abjurer sa foi, ce juge, contre toute
porte d'équité, non-seulement confirma l'u-
Wfpateur dans son injuste détention , mais
âocore condamna la sainte à être brûlée,
TOur réparation , prétendait-il , de l'outrage
Xiil par elle aux édits des empereurs.
« Le eœur ne se porto pas avec plus d'ar-
ilaur vers Tobjet de sa passion, Inomme le
pkm voluptueux ne court point au plaisir
avec plus a empressement Que Julitte ne sa-
tttuça vers le bûcher qui la devait consu^
aier. Son visage, sa conti^nance, ses paroles,
lOttl marquait en elle la joie dont son Ame
4taii remplie. Elle exhortait les femmes qui
éltioQt proche délie à endurer constamment
Umles choses pour le soutien et la défense
de la religion de Jésus-Christ, et de ne point
2 geler sur la fiûblesse du sexe le crime de
ur désertion. Ne sommes-nous pas, disait-
•Ue» tirées de la môme masse (]ue les bonn
ses? Ne sommes-nous pas aussi bien qu'eux
wmiées à l'image de Dieu ? C'est le même
ouvrier qui a fait ces deux ouvrages, et la
fbree o'»*sl pas plus le partage de l'homme
que celui de la femme. Est-ce donc une si
Cnde merveille qu'une femme courageuse?
Dmes-nous, encore une fois, d'une autre
nature que les hommes ? Quand Dieu voulut
former la femme, il ne pit pas de la chair,
mais une côte. Que veut dire cela, sinon que
la fémine ne doit pas montrer moins de ler-
mêlé et de constance dans la foi , ni moins
de patience dans les tourments oue les hom-
mes? Après qu'elle eut parlé de la sorte,
elle s'élança sur le bûcher, qui fut pour elle
un lit nuptial, d'où son âme s'éleva dans le
ciel, et alla prendre possession du bonheur
dû à sa fidélité ; tandis que son corps res^
peeté par les tlamœes fut remis entier, et
sans aucune atteinte du feu, entre les mains
de ses proches , qui le placèrent honorable-
inent dans le vestibule de cetemp4e. Am
Ireste, ces sacrées reliques, en sanctifiant le
lieu où elles furent déposées , sanctifient
aussi ceux que le désir de les honorer y coi^
duit.
« Hais la terre qui reçut ce précieux dépôt,
comme par un mouvement de reconnais-
sance, ut sortir de son sein une fontaine
d'une eau excellente. Ou plutôt disons
que c'est la sainte elle-même qui , comme
une nourrice pleine de tendresse pour les
habitants de cette ville, qu'elle regarde
comme ses chers nourrissons, leur fournit
un lait dont la source agréable et salutaire
ne tarit jamais. Cette eau est un préservatif
pour ceux qui jouissent d'une parfaite
santé, un breuvage délicieux pour les per-
sonnes sobres, et un remède pour les ma-
lades. Tel fut le présent qu'Elisée fit autre-
fois à ses chers citoyens de Jéricho , lors-
qu'il fit perdre la salure aux fontaines de la
ville, et par sa bénédiction changea en dou-
ceur toute leur amertume. Hommes , ne
soufl'rez pas , je vous en conjure, que les
femmes vous dérobent la gloire de défcn-r
drc avec plus de sénérosité que vous la re-
ligion de Jésus-Cnrist. Et vous, femmes, ne
laissez pas aux hommes seuls cette gloire f
mais faites-vous-en une de suivre l'exemple
que je viens de vous proposer. » (Ruinart.)
L'Eglise célèbre la fête de sainte Julittê
le 30 ju;llet.
JULITTE (sainte), martyre avec son fils,
saint Quiric ou Cyr, donna sa vie pour la
foi, en l'an de Jésus-Christ 304, dans k
ville de Séleucie, sous le gouverneur Alexan*
drô. Voici en entier ses Actes authentiques»
tels que nous les trouvons dans une lettré
do Théodore, évoque d'Icône.
« Vous m ordonnez par votre lettre ,moa
très-saiut-Père, de vous informer des parti-
cularités du martyre de saint Cyr et de sainte
Julitte : vous voulez savoir si l'on conserve
leurs actes à Icone, d*où l'on vous a dit
que la mère et le fils étaient originaires.
Vous vous plaignez que ceux qui vous sont
toml>és entre les mains sont peu corrects,
remplis de fsdiles, de contes frivoles et de
Elusieurs choses que la solide et austère
ienséancedelarehgion chrétienne n'admet
point ; vous les croyez supposés, apocryphes
et indignes de toute créance, et vous sou*
haitez enfin que je vous mande si l'on peut
facilement recouvrer leurs véritables Actes*
Comme je ne désire rien avec plus de passion
Sue de vous donner des marques de Tattar
bernent sincèreque j*ai pour votre personne,
je n'ai pas eu plutôt votre lettre, que je me
suis mis à lire avec toute l'exactitude pos*
sible les Actes de ces deux martyrs : j y ai
trouvé en effet toutes les marques de sup*
position ; je les crois, comme vous, oorrom*
pus et falsifiés. J'ai cru y reconnaître l'ou'-
vrage d'une main profane et sacrilège, et si
je ne me trompe, des manichéens ou de
quelques autres sciiiblablcs h/*réti(iues, qui
les ont gàlés, ces sales insectes tes ayant
couverts d'une bave infecte et empoisonnée.
. Celam*a obligé de faire de nouvelles eo^Q^--
un
JUL
IUL
im
tes, lesquelles toutefois m'auraient été inu-
tiles, n*.iyaîit pu rien découvrir qui nm sa-
tisfit, si Von lie m'avait indique quelques
)>ersounes de qualité, et des premières mai-
sons d'isaurc (!J, par le moyen descjuellesje
pourrais avoir des mémoires certains de ce
queje désirais savoir. Je me suis donc adressé
h ces hommes vertueux, que j*ai trouvés
Irès-bieo instruits Je toutes les circonstances
de tseite histuire; ils ont eu la bonté de m'en
faircî le récit tel qu'ils lavaient oui faire
plusieurs fois à des seigneurs de Lycaonie^
pareuls Irès-proches de la sainte. Voici donc
ce nue Marcien, personnage d'une hnnle pro-
bité, et chancelier tle rein})ire (2), et Zenon,
moins connu par la itlîice honorable qu1l
remplit dans le conseil du prince que par sa
sagesse et sa vertu; voici , dis-je, ce que
ces deux grands hommes m 'ont bien voulu
commuîiiquer louchant les illustres martyrs
Juliltt^ v[ son lils.
<• Cette femme, dont la vie n'a pas été moins
pure que la mort [glorieuse, était du sang
royal. Les olus anciemies maisons de Lyuao-
nif! fout gloire de la reconnaître pour leur
parente, vi elles s'.'ïssemblenl tous les ans au
jour de sft lôte pour la célébrer avec une ma-
Pïnilïcence digne d'unesainlc et d'une petite-
fille de roi. La persécntion qui ravagea l'E-
glise sous rejnpnedeDioclélien se tit sentir
partout le monde, La Lycaome n'en fut nas
plus exetuple que tes autres provinces. Do-
mitien, qui en avait le gouvernement , élait
un lionujie féroce, et qui se plaisait à répan-
dre le safjg des chrétiens- Cela obligea Ju-
litlc h qoiUcr Icône , et à se retirer à Séleu-
cie^ avec Cyr son llls, qui n*avait encore que
trois ans, el deux tilles qui la servaient, sans
rien em(K*rterde ses grandes richesses. Mais
elle trouva que les alfain^s des chrétiens al-
laient encore plus mal à Séleucie qu'àlroue,
et qu*Alexandre, qui en était gouverneur,
était encore plus cruel *îue Domitien. Il ve-
nait de recevoir un nouvel édit qui ordon-
nait que tous ceux qui refuseraient de sacri-
fier nnx dieux seraient punis du dernier
îittpplice, après avoir passé par tous les au-
tres. Julitte, se souvenant de cette parole de
saint Paul : Donnez iieu à ta cotêre^ quitta
Séleucie, et se mit en chemin pour se réfu-
gifjr a Tarse, capitale de Cilicie. Mais il ar-
riva qu^Ali'xaidre partit ce jour-là même de
Séïcurîe et prit la même route que Jylitte.
Elle fut donc reconnue et arrêtée avec son
(ils qu'elle portait elle-même dans ses bras.
Ses servantes prirent la fuite et se cachèrenL
Alexandre lui demanda son nom, son pays
et sa condition. A toutes ses demandes elle
ne répondit autre chose, sinon : Je suis
cil retienne . Cela mit le gouverneur en co-
lère; il commanda qu*oii lui ÙUM son enfant
et qu'on lafrapp,'U à coups de uerfs de bœuf.
A régani du [^elil Cyc, il se le tit donner,
Hitri n'était j*lus aimafde que cet eîifant; un
certain air qui marquait son illustre ori-
gine, joint h son innoceucte* lui attirait l'in-
I n Ou Clauttîopoli», Tille capitale de nsftirie.
'tj Son* k tï -ne de Juninien.
clinalion et les vœux de tous ceux quiétaieii
présents. On eut toutes les peines rlu mmk
i Farracher des bras de sa mère* Il éi^ùéê
vers elle les siens d*une manière tout I U
touchante. On ne put jamais Kobligerlii^
tirer ses regards de dessus elle, et par m
gestes et les mouTements de son corpi,ii»
tant que par ses cris et ses pleurs, il faistt
connaître la violence qu'on lui faisait, la
bourreaux le portèrent au gouverneur, m
le prenant par une main, s'efforçait de ri»
paiser. Il le mil sur ses genoux, essèjnk
plusieurs fois de le baiser, lui souriant ÀK
îensant mille caresses. Mais Tenfant, aja:i
toujours les yeux tournés vers sa mèn«r»-
poussait legonverneur avec ses petites miid^
lui égratignait le visage, lui donnait 4ei
coups de pied dans restomac , et se défah
dait enfin avec les faibles armes quelioi-
ture lui fournissait. Et lorstjue sa mèff, ii
milieu û^is tourments, s'écriait :1e suis chr^
tienne, îl redisait aussitôt : Je suis chréùa
Ce qui excita de telle sorte la rage ifisemd
du gouverneur, que cette bêle faronetak
sans avoir aucun égard pour un âgifu
trouve de la pitié dans les âmes qui en soi!
le moins susceptibles, prit' cet inDOC€Ol|ir
un pied et le jeta contre terre. Le peUair
tyr, en tombant, se donna la tète cooiitki
marcltes du tribunal, qu^il ensan^nttii
sa cervelle, qui se répandit jusque dnsk
parquet , où il vint expirer. Julitte Je vit û
rendit grâces à Dieu de ce qu'il avait «i*
ronut^ son ûïs avant elle-
« Cependant le juge , honteux et toatit-
senible T^pouvanté de son crime, se nul à dé^
plorer la destinée de Fenfant, mais »Ai-
reur n'en fut pas moindre envers la «Ire;
cela ne lit au contraire que raugmentir.C»
il la lit étendre sur une table , la inenaçill
de la faire écorcher toute vive; mais lui fai-
sant en eJfet verser de la poix fondue sorb
pieds , pondant qu un des bourreatix W
criait : Julitte, sacritiez ; mais elle criait «^
core plus haut: Je ne sacrifie point 1(1»
démons ou h des statues muettes et sourd»
J'adore Jésus-Christ, le Fils unique de Dif«,
par qui toutes choses ont été créées. J'ai i*-
I>atieoce de rejoindre mon fils. Le gouf#'
neur h condamna h avoir la tétc tmckéi»
et le corps de son tils à être traîné au Kki*
Ton jette ceux des criminels. Les boitiffMl
s'approchèrent de Julitte pour lui cxmfmk
léte; elle mil les genoux en terre, el, àflU
obtenu de ces hommes quelques momÊÊÊk
elle tit cette prière : «Je vous remercia,»*
Dieu, de ce nue vous avez bien voulu d«»-
ner à mon als une place dans votr« Rif»
me; ayez la bonté, Seigneur, d> vmNt
aussi recevoir votre servante , tout iuÊÊfÊ
qu'elle en soit. Accordez-moi leatréedlb
chambre nuptiale, comme vous raveiie«^
dée aui vierj^es sages, afin que moo âmt^
nisse éternellement votre Père . OQ] efl k
seul Dieu qui a créé et qui conserve M^
choses ; qu elle vous bénisse , Seigntsr,^
qu'elle bénisse le Saint-K^oril, ■ Ltho«^
reaului abattit la tête dans le mtmÊmàm
sa bouche prononça Amen. Le corps M f^
iiiS
ItlS
Jiors de la ville , au raônie endroit où Von
avait jeté celui de son cher enfant. Le len-
demain les deuï servantes , qui s'étaient ca-
chées (Jurant cette exécution^ sortirent de
leur retraitOt et eurent assez de courage et
de résolution pour enlever les sacrées reli-
ques de leur maîtresse et de leur petit maî-
tre. Elles les enterrèrent dans un cnamp qui
touche à la ville. Et quelques années après,
le grand Constantin ayant tiré de captivité la
▼éfilé et l'Eglise, l'une de ces servantes»
S fui vivait encore» découvrit le lieu qui ren-
eruiait ce précieux dépôt. Ce lieu devint cé-
lèbre dans la suite par la piété des tidèïes
3ui y venaient implorer le secours de ces
eui martyrs. » — 10 juin.
JULIUS, proconsul de Bithynie, au m* siè*
cle, sous les coraraencements de Dioclétien,
fit, étant h Pruse, martyriser saint Patrice,
évèque de cette ville, ainsi que les saints
Acace, Ménandre et Polyène, tous les trois
prêtres de son église- ( Vay. F^thigb de
Pruse.)
JUNILLE (sainte), assistait, avec son en-
fant sur ses bras, au martyre des saints Speu-
sippe, Eleusippe et Mélèusippe, à Langres,
en 180, sons le règne de l^euipereur Marc^
Aurèle. L'histoire ne dit pas qu elle fût cfiré-
I tienne auparavant, ou bien si elle se con-
vertit à la vue de la mort des saints frères et
des miracles qui raccompagnèrent. Ce qull
}■ a de certain, c'est que, remettant son en-
fant à une autre personne, elle s*écria qu'elle
^ élail chrétienne. Aussitôt on la saisit et on
la pendit par les cheveux; mais ni ce sop-
plice* ni |)lusieurs autres qu'on lui lit endu-
' rer, ni les prières de son mari, qui essaya
^ de la fléchir, ne purent rébranter. On la con-
duisit au villai^e d'Orl>ale, où on lui trancha
la tète.
JUST (saint), était soldat sous le iribun
Claude. Ayant été témoin de l'apparition mi-
raculeuse d*une croix, il crut eu Jésus-Christ,
€tt ayant été baptisé ensuite, il donna tous
ses biens aux pauvres. Arrêté par le préfet
Magnèce, ce juge ordonna de le biittre à
coups de neris de bœuf, de lui mettre un
casaue brûlant sur ta tôtc, et de le jeter dans
ufi Drasier; mais n'en ayant reçu aucune at-
teinte, pas môme à un seul de ses cheveux,
il rendit l'esprit en continuant de confesser
le nom de Jésus-Christ. L'Eglise fait sa fête
le U Juillet.
JUST (saint), est cité dans le bréviaire de
Tolède avec saint Abonde ou Abondance,
comme ayant été martyrisé pour la foi cbré-
lionne, sous rerapereurNuniérien et sous le
juge Olybre, On ne sait pas dans quel pays
il a soulîért. Le Martyrologe romain dit qu*ils
furent condamnés au feu, mais que nen
ayant soutî'ert aucune atteinte, ils périrent
par le glaive. La fête de ces deux saints est
célébrée par FEglise le ih décembre.
jyST (saint), martyr en Espagne, soulTrit
avec son frère Pasteur, en laii de Jésus-
Christ 30V, sous le gouverneur Daden, qui
c«jmmandait la province pour l'empereur
Dioclétien, Tous deux étaient fuit jrunes
^quaud ils triomphèrent des tourments qoi* la
m im
rage des bourreaux inventa pour les vaincre.
Dacien était un des plus cruels persécuteurs
de FEglise. Rarement la fureur sanguinairo
des tyrans trouva un aussi féroce exécuteur
de ses ordres. Ce tigre avait déjà versé le
sang d'un grand noïnhre de chrétiens, quand
il vint à Comnlute, ville au'aujourdliui on
connaît sous le nom de Alcala de Hi'narès.
Son but était de d^Jçouvrir les serviteurs de
Jésus-Christ pour les immoler, s*ils refu-
saient de sacritier. U fit publier dans la vi lie-
les édils sanglants rendus contre eu^, et Lii
torturer avec la plus grande cruauté tous
ceu\ qu'on lui dénonga. Jusl, qui avait Heiia?
ans, et son frère Pasteur sept, ayant appris
qu on lourmenlait ainsi les disciples du vrai
I>ieu, se sentirent embrast-s de l'jirdenl ifé-
sir de partnger Irurs irioniphes. Ils vinrent
sur la pïace publique, quittant Fécole où ils
étaient, et ayant cte reconnus comme chré-
tiens, furent amenés à Dacien. Ce barbant
persécuteur, furieux de se voir bravé par des
enfants, et croyant qu'il allait facilement ve-
nir à bout de feur résolution, lestit cruelle*
ment fouetter. Les deux jeunes f^ères^ loin
de se laisser vaincre, s*exhortaient mutuel-
lement au combat. îles assistants ne coui*
prenaient pas comment, dans un âge aussi
tendre, pouvait se rencontrer tant de force»
de courage et de modestie, Dacien, honteux
de se voir vaincu, les condamna à être dé-
capités : ce fut dans un champ près de la
ville que la sentence re^ut son exécutioci.
Les deux martyrs furent enterrés au lieu où
ils avaient reçu leur couronne, et depuis la
[il été des fidèles le consacra par Tereclioû
d*une chapelle construite en leur ïiofinuur.
Plus lard on bâiit dans la ville dMlcala un^
éghse sous leur invocation ; leurs reliques^
furent transportées. Une partie de celles da
saint Justfut donnée à Tabbayede Maîmédy^
au diocèse de Cologne. LTgbse célèbre la
fête de ces deux saints le 6 août. {Voy, Pru-
dence, hymn. k, aiias 7. E&pana sagrada^
L YII, n*^ 13. De ht egieêia de tompiuto, c. 2^
p. 171, 180, et apt^end. 2, ibid., p, 305,)
JUST (saint), soutTrit la mort à Triesta
pour la défense de la rt ligion chrétienne^
sous le président Manace, durant le rè^ne
de Fompereur Dioclétien. L'Eglise fait sa
sainte mémoire le 2 novembre
JCST (saint), était un îeunc enfant. H souf-
frit le mai lyre dans h diocèse do Beau vais,
par ordre du président Hictiovare, dorant la
persécution du cruel Dioclétien. 11 est ins--
cfit au Martyrologe romain le 18 octobre.
JUSTAMON [Madeleine -CàTHEBiNK dkJ,
ursuïine, fut guillotinée à Orange, le 20 juiU
let 17îJi,avec Thérèse Cousolon, supérieure
des Ursulmes de Sisteron, Claire Dubac^
Aune Cartier, ursuhneauPoul-Saint-Kspiit,
Marguerite Bonnet, religieuse du Saint-Sa-
crement.
JUSTAMON (ELEOJïonK de) religieuse do
Sainte-Catherine d'Avifejnon, perdit la télesur
rérliafaud le 9 juillet 1794, avec Mad+^leiae
TailliMu^IariedeGenès-Cîiansolle, rcligieuso
du Saint -Sacrement à Boiène, et Louise
Eluse, converse au même couvent.
I
ttxi
Jfift
I
IDSTAMON (sœur), ursuline converse a
Pem6, fut guillûtiDéa le IG juillel 1794, à
Orange, avec les sœurs Gardon et Marie Dec-
ciui, religieuses du Saiiit-SacreiBout à Bo-
lèûc, Marie Lage» ursuliae à liolène, Jeanne
Roussidon et Madcleine-Dorolhéa de Jusia-
mon, du même ordre.
JUSTAMON (Madeleine -BoROTuéR oa),
ursûlîne de Bolène^ fut j^uillolinée à Orange
le 16 Juillet 17%, avec les soeurs Justarao^,
ursalme converse à Pernei Gardon et Marie
Deequi, religieuses du Saint-Sacrement à
Boîèoe, Marie Lage, ursuline à Bulènc, et
Jeanne Roussillon, du même ordre. La sœur
Madeleine-Dorothée de Juslamon, moulée
sur le char qui les conduisait à la mort, dit
à SCS gardes : « Nous avons plus d'oblii^ations
à nos juges quà nos pèies et à nos mères;
ceuï-ci nous ont donné une vie temporelle
el périssable, nos juges nous procurent une
vie éteroiiUe. » Un du ses garues fut touché
de ces paroles jiisqu^aux larmes, et un pa}'san
voulut lui toudier la main, [mr le ruéme prin-
cipe de foi i|ui faisait dire & la femme de l'E-
vajigiîe» à la vue de Jésus-Christ : « Qu'il me
iûît seulement donné de toucher le p,'«n de
sa roI>e» a (Tiré de Fabbé Cairoo, Confesieun
de la foi, L II.)
JUSTE (saint), fut martyrisé àTroyes» en
môme tenipsque saint Claude, saint' Jueon-
din et cinq autres que le Martyrologe ro-
main ne nomme pas. Leur sacrifice s'accom-
plit sous le règne de l*empereur Aurélien,
et, $11 faut en croire les Actes de sainte Ju-
lie» en sa présence. Leur fête a lieu ie 21
iuillet, comme celle de sainte Jalie : proba-
Dlement que leur martyre eut lieu le môme
jour,
JUSTE (saint), martyr, seconverlît à la foi
chrétienne en même temps que les saints
Ariston, Crescentien, Eutychien, Urbain et
Vital. Ils y aYàtent été déterminés par saint
Tranquiltm, leur ami commun* Ce fut h saint
Sébastien qu*ils durent surtout leur conver-
sion^ puisque ce saint oûiner du palais de
^empereur Dioclétim fut rinslrument prin-
cipal de la conversion de Tranquillin. Ils
furent baptisés par le prêtre saint Poly carpe.
S'étanl retirés en Campanie, dans les terres
de saint Chromace, qui, pour s adoiuier à la
pratique des vertus chrétiennes, avait quiuô
sa charge de préfet de Rouk% ils furent mar-
tyri.sés avec saint Félix, saint Félicissinie,
«ainie Mariée^ mère de ces deux saints, et
sainte Symphorose. L^Eijliso fait la fête de
saint Juste, avec celle ue tous ses compa-
gnons, le 2 juillet. {Voy. Sébastieîi.J
JUSTE (saint), souffrit le martyre k Kooie,
avec les saints Macaire, Rulia et Théophile.
Nous n'avons aucun détail sureui. L*EgHsa
fait leur fôte Je 28 février.
JUSTE (saint), martyr, reçut la couronne
des gloneui combattants de la foi en Saixlai-
gne, avec les saintes Hénédine el Justine.
Nous manquons de détaUs sur leur compte,
L Eglise fait I^ur sainte mémoire le IV mai.
JUSTE (saint), martyr, soullrit pour la loi
en Afrique, avec les saints Donat et Héré-
nas. îNûus manquons de détails sur eux. L'E-
mm m
glise fait leur fête immortelle le K Umt
JUSTE (sainte), martyre, fut un desti^mm
de la glorieuse couronne de v—*-r— doolk
persécution de l'empereur Ai ' niHto*
rcle décora la ville de Lyon, d,'ins a^néttflL
Elle soullrit avec courage yujur la Méé
tienne, mais ses forces furer* ^ -^xmk
rénergie de son àme : la vio; .s km
menls triompbade ses forces poysiquei;éi
ne put pas supporter jusqu'au bout ceuiqw
les persécuteurs lui réservaieDl. KUas^M»
gnit dans sa prison, comme saint FoMb^I
un grand nombre d'entre les martyrs deM
glorieuse armée du Seigneur. Dieu la nill
Tombre de son élernile bienheureusê/f«i
la soustraire à la rage de ses bourreaui.ti
glise honore sa mémoire le 2 juin, aveenBi
de ses eompagoons*
JUSTE (sainte), martyre, habiUit SétiHl^
en Espagne, avc*c sainte Rufine. TooloiéMt
étaient IF archandes. Leui* négoce fcmnitaii |
à leurs besoins, et leur permettait do fin
d'abondantes aumûnes. Toutes deuiseiip ]
tiiiaient par la jiratique des vertus cIb4BH
blés que TEvangile enseigne. Dieu HS|
avec laveur leur conduite et leurs msmt§
il leur accorda pour récompense la pitalél
martyre. Les païens, ayani touIu leiiraA^
ter certaines cboses dont ils airaîenl hMi
Îïour leurs sacritices, elles refuserait di^ta
eur vendre. Au dernier degré é^rilUtiii
ct^ux-ci résolurent de les perdre : ils éiCA*'
cèrent leur boutique et les traînèrent dfMi
le juj^e. La persécution de Dioclétiaii léfil'
sait alors avec une extrême Tioletu»:!*
édits se succédaient de plus en plus <mb
et meurtriers. Le juge, ne poiiTaDteaninia*
dre les deux saintes femmes h renoodlffl^
sus-Christ, les ût étendre sur le ehafiMi
déchirer avec les ongles dR fer* La flifii
rendit Tilme sur le chevalet. I' ralétfl&'
glée. Les corps desdeux sai . nlW^
lés* Leur mort arriva en rannée 30^. V9^
célèbre leur fête le ^0 juillet. Maldoaal, Ata
et Usuard ont publié leurs Actes*
JUSTE (sainte), martyre, est inscrilii»
Martyrologe romain le 15 juillet, avacanBli
Julie", les saints Catulin, dont saint Aafai*
tin prononça le panégyrique, laurier^ h^
rence. L'Eglise célèbre leur mémoife li B
juillet.
JUSTIN Isaint], run des sept ûls de iM
Gétule et de sainte Symphorose, eut hbm
heur de raounr pour Jésus-Chrisi, wûaàk
règne de rempereur Adrien, qui le cùiàêmH
à être attache à un pieu et à avoir h$mM
rompus. Sa fête est célébrée par rBglistli
17 juillet. (Foy. Sympbobose.)
JUSTIN (saint), natil d'Auxerre» rifBi*
ses parents la piété et les exemples m p^
propres à former un disciple ferfenl da Jé-
sus-Christ. Son frère alnév fait capîi^
été emmené à Amiens ; saint Jusiîii
avec sou nère pour cette ville, a0q
racheter le prisonnier. Après a?mr
ils partirent d*Amieus, où la pars
connuençait à sévir contre les dirétiaM^ L"
païens tes avaient reconous^ ils les fc*^
poursuivre. Gâ lut seulemoai «labMif^
im
AJS
lus
i43<»
Louvres, près Paris, qiie les soldats envoyés
après eux les atleignirenl. Le icune Justin
Bt cacher son père et son frère. En vain les
soldats voulurent savoir de lui le lieu où ils
étaient ; Justin refusa eonslaramenl de le
dire. Transportés de fureur, ils lui coupè-
reût la lé te. Son corps fut eoterrô à Louvres.
Les reliques de saint Justin ont été perdues
dans la tourmente révolulionnaire. La mé-
moire de ce jeune martyr est honorée par
FEglise le i*^ août,
' JUSTIN (saint), docteur de FEglise, apolo-
giste» martyr, s olfre h nous avec trois au-
réoles de gloire et de sainteté, dont une
seule suffît pour attirer notre respect et no-
tre vénération sur le front qu'elle illuniine.
Science profonde pour enseigner la foi, cou-
rage intrépide pour la défendre, courage as-
sei grand pour mourir pour elle, saint Jus-
tin nous odre tout cela réuni : aussi a-t-il
été avec raison reg^irdé coiistanuuent par
TEglise comme une de ses palmes les plus
glorieuses, comme Tun des plus beaui fleu-
rons de cette couroone de saints qui envi-
ronnent au ciel le Irune de celui qui mou-
I rut pour le salut et pour l'exemple de tous.
I Saint Justin a eu ta gloire d'écrire deux
, Apologies remarquables pour les chrétifms*
I II est le plus ancien des Pères de FEglise.
I II était instruit dans les sciences et dans les
I lettres ; avant de passer pour un docteur
I éûiinent parmi les chrétiens, il était re-
^^ gardé comme un grand phdosophe pariui les
^BEommes du siècL% Tous les auteurs des
^r premiers temps qui ont p;u lé de lui, le ci-
tent avec orgueil lomuie une des lumières
de FEglise, invoquenl à tout instant son au-
torité da-^is leurs éûnls. Tatien, son disciple,
Terlullien, saint Iréuée et une foule d'au-
tres célébrités ecclésiastiques, ne parlent de
lui qu avec le lan^^age au respect le plus
graoïi et deladmiraiion la plus vive.
Justin naquit h. Néapolis, ou Naplou^^e,
cat>ilale de la province ne Sa marie, en Pales-
lioe : c*esl la Sichom de récriture. Son père
se nommait Prisque, et son grind-pèro Bac-
cliius. Saiut Justin, comme saint Paul, était
citoyen romain, sa vilie natale ayant ledroit
'^ecjté. Quoique Samaritain, il ne fut jamais
irconcis ; c'est lui qui nous Tapprcnd dans
première A|>ûlo;$ie. Ce fait nous prouve
u'il n'était pas de race juive, mai!> qu'il ap-
^ ^tenait à l* genlililé. 11 fut élevé dans la
religion imenne, et en étudia la philosophie,
tomme il le dit lui-mi\me âTryphôn, quand
illui raconte comim-nt il a été amené à em-
brasser la religion chrétienne. Nous le lais-
sons parler;
« Ayant dessein de me rendre habile dans
la science des philosophes, je me mis d'abord
eutre les mains de Pun d'entre eux, qui
était stoïcien. J*y demeurai quelque temps :
mais voyant entin que je n avançais point
dans la conpaissancedo Dieu, quecel homme
ignorait jusqu'à la mépriser et ne la croire
point nécessaire, je lequiuai,el en allai
trouver un autre, du nombre de ceui que
Ton a(>pelle péripatéticiens, et qui avait as-
&#i> bûiiûû opiuicka de lui-mâiue pour croire
qu'il était des pins habiles et des plus sub-
tils. Il me souffrit avec lui durant quelques
jours ; mais enfin il me pria de lui dire ce
qu'il pouvait espérer de moi pour sa récom-
pense, afin, disait-il, que ma compagnie pût
être utile à Tun et à lautre. Celte pensée
me sembla si basse pour un philosoi^he,
que je Tabandonnai aussitôt , comme in-
aigne d'en porter le nom. Mais le désir
que j'avais d api>rendre ce point principal et
essentiel de la philosophie ne donnant aucun
repos h mon esprit, je m'adressai à un pytha-
goricien qui était fort célèbre, et qui aussi
n'avait pas peu d'estime de sa sulTîsance.
Quand je lui eus parlé du dessein que j'avais
d^ me rendre son disciple et de me mettre
en sa compagnie : «dites-moi, me répondit-il|
fossédez - vous pariaileraent la musique »
astronomie, la géométrie? Et croyez-vous
pouvoir rien comprendre dans les choses
qui mènent h la béatitude, si vous n*avez
auparavant appris toutes ces sciences, qui
seules peuvent retirer votre esprit des objets
sensibles, et le rendre capable des choses
inteUecluelles, pour pouvoir contempler en-
suite cet Etre, qui est la beauté et la bonté
souveraine et essentielle ?» En un mot,
apr^s m*avoir hautement loué la science des
raaihématiquf^s, et m'en avoir eiagéré la né-
cessité, il me renvoya, sur ce^que je lui
avouai que je ne les savais pas. Ce refus me
toucha sensiblement , comme il était bien
raisoimahle, vu qu'il me faisait perdre toutes
les espérances que j'avais conçues de lui ; et
je le ressentais assez vivement , d'autant
que je croya s véritablement que « et homme
était habile. Mais, rons dérant d'autre part
combien il me fiudrait employer de temfts à
une étude si diflicile, je ne me pus résoudre
il un si long retardement, »> (Tillemont.)
t> discours prouve quelle envie notre
saint éprouvait ae connaître la vérité la plus
importante do toutes, la connaissance de
Dieu, Voyons et apprenons de lui comment
il arriva à trouver ce qu'il cherchait avec
tant d'ardeur. « Dans cette inquiélude, dit-
il, je voulus éprouver si je ne réussirais point
mieui avec les nlatoniciens* Ces philosophes
étaient alors tres-célèhres ; et [lar bonheur
l'un des principaui d'entre eux, homme in-
telligent, s'était depuis peu habitué dans
notre ville (par où Ton voit que ceci se passa
dans la Palestine). J'étais donc assidu au-
près de lui, continue saint Justin, autant
qu'il m*était possible ; j'avançais et je pro-
fitais tous les jours de plus en plus. L'intel-
ligenci' de ces êtres incorporels me ravis-
sait, et la contemplation de ces idées me
donnait comme des ailes pour m*étever au-
dessus de moi. Je m'imaginais déjà être de-
venu sage en peu de temps, et j'étais assez
S eu raisonnable pour espérer de voir Dieu
ans un moment : car c'est le but que la
philosophie platonicienne se propose. Etant
rempli de cette folle espérance de connaître
Dieu, dans peu de temps, par la philosophie
de Platon, il rne vint un jour en pensée de
me retirer en qut'lque lieu écarté de tout le
tumulte du monde, poixr y Jouir à mon aise
I
U5l IITS
d'une parfaite solitude, et m'occuper k la
contemftîîUîoii dans un entier recueille-
rnerjt. Je nVen allai pour ce sujet en un Heu
assez proche de la mer. Lorsque j*étais près
d'y arriver, je vis à quelques pas de moi
une personne qui rae suivait : c'était un
vieillard dt^jii fort âgé ^ d'assez bonne mine.
La douceur et la gravité paraissaient égale-
ment sur son visage ; je m'arrêtai et me re-
tournai vers lui pourvoir qui c'était, et
je le considérais attentivement sans rien
dire. Alors cet homme » commençant à me
parler: « Est-ce que vous me connaissez î
me dit-il. Jo lui avouai que non. D'où vient
donc, repartit-il , que vous me regardez si
flxement ? — Je suis surpris, lui répondis-
jo, de vous rencontrer en ce lieu , car je ne
croyais pas y devoir trouver personne. —
Ce qui m'y amène, dit ce vieillard, c'est Fin-
quiétude que j'ai jjour quelques-uns de mes
amis : ils sont allés faire un voyage, et je
viens ici pour en apprendre des nouvelles,
ot voir si je ne les trouverai point quelque
part. »
La conversation s'étanl engagée, on narla
pltilosopfiie, Justin se fit le champion de la
[thilosophie platonicienne ; mais le vieillard^
dans une argumentation tantôt ironique et
gaie, tantôt soUde et accablante, le pressa si
fort, qu'il l'amena à avouer que les philoso-
phes n'avaient pas connu la vérité. Kvidera-
ment €e vieillard était un envoyé de Dieu
près de Justin, jïour lui ouvrir la voie du
salut. « Que faut-il donc que je fasse ? lui
dit ce dernier ? Quel maître suivrai-je pour
m 'instruire de la vraie philosophie, puisque
tous ceux que j'ai pris pour guides tombent
eui-uiùmes dans le précipice? » Ce fut alors
que le vieillard lui parla des proplièles, des
grandes vérités qu'ils avaient annoncées, et
que le cours des événements avait dérnon-
trues en les accomplissant» 11 lui dit que
leurs livres existaient, qu'il pouvait, en
les ïisant, en constatant les miracles qui s'y
trouvaient consignés, arriver à connaître la
vérité qu'il cherchait. Il luidit qu'avant tout,
U fallait qu'il priât Dieu de lui ouvrir la
porte de 1 intelligence et de la lumière, ajou-
tant que nul ne pouvait comprendre les vé-
rités contenues dans les Ecritures ^ sans la
grâce de Dieu et de son Christ.
Après cette conversation, Justin se sentit
embrasé d*amour pour les |iro(>hèies. <t Voi-
là, dit-il à Trvphon, comment je suis de-
VL'HU philosophie, w Evidemment, par ces
mots, saint Justin voulait dire philosophe
chrétien,
Parmi les raisons qui le portèrent ii em-
brasser le christianisme, saint Justin signale
les suivantes, ïl faut encore ici le laisser
parler : le témoignage qu'il rend en faveur
des chrétiens est trop considérable pour le
passer sous silence, «f J'étais autrefois atta-
ché, dit-il, comme beaucoup d autres, h la
philosophie de H:\Um , et je n'ignorais pas
no:i phis tous lus ciimes dont on accusait les
L'hrétieiis, Mais lorsque je vins a considérer
le pou de (crainte qu'ils avaient pour la mort,
cl généralement pour toutes les choses qui
paraissaient -es p*us terriblé^s , je reeomiBr
qu'il était impossible qu'ils fussent dinil^
vices et les dérèglements qu'on leur impi^
tait, car, comment une personne qun*
cherche que les plaisirs , qui aime les dé-
bauches, qui trouve du contentement à mis*
ger de la chair d'un homme, pourrait-fiîs
recevoir avec joie une mort qui la doit pri-
ver de tout ce qu'elle trouve d'heurtui
et d'agréable dans le monde f Un tel hmm
ne fera-t-il pas plutôt tous ses effort! pov
prolonger, autant qu'il pourra, une Tieoùil
met toute sa félicité, et pour le cacher am
yeux des magistrats, bien loin d*êtrç lui-
m^rne son dénonciateur et son bourreau !i
Un passage, du reste assez obscur, de saiirt
Epiphane, nous porte à croire qrue saint hs-
tin avait à peu près trente ans quand Su
convertit : ce dut être en 132 ou en 19;
quelque temps avant la révolte des Joilt
11 continua à porter le pal Hum ou miEntesi
des philosophes. Il menait, dit saint ffh
phane, une vie fort austère. Il est fort pi»-
Labte qu'il était prêtre, cependant les preotts
à cet égard ne sont pas de nature à emM^
ter conviction. (P. Bel oui no, Hist, yéàmé
des perséc. de VEqi., voK I", p. 2i3.)
Il avait une vi^nération très-gramli fiv
les Ecritures : à chaque instant il dteki
propliètes dans ses écrits. Infatigable frtb>
cateur de l'Evangile, il remplissait cctfl
mission sainte avec un dévouement satt
bornes, une patierice extraordinaire, enjfl*
sence des obstacles de toute nature qoilQ
étaient suscités- Il habita longtemps ftoflMb
demeurant sur le mont Viminal, auprèrAl
bains de Timiotée. Rome était le heutti-
naire de sa résidence, bien qu'il fît d« 14-
quents voyages pour aller porter au loin k
lumière évangéhque. Ainsi il visita laCiB*
panie , rEgypte, Ephèse , où il reneofidl
Tryphon. A Rome, sa maison était une sorti
d'athénée chrétien, où le saint .i*'rtiAr,tnîi
les vérités évangéliques et coi ^
juifs et les gentils. Athlète de i K^u^^-^i
combattait pour elle par ses discours ei|#
ses écrits. Les plus célèbres de sesrr^^^
sont ses deux Apologies et son I
avec Tryphon, Entre les écrits quu ^i^^'^^-
posa contre les païens, il en est un intitoM:
Eienchus , ou Réfutation ; cet ouvragi 10
perdu.
Saint Justin écrivit beaucoup d'autres ou-
vrages, la plupart perdus maintenant. Vtd
la nomenclature des ouvrages qui oou^ff*-
tenlde lui : Dtscours aux Grecs: — iPnlifrfà
la monarchie :— Première Apologù ;—ttrMà
Apologie ; — Dialogue avec Tryphon ; — M*
tre à Biognèie : mais ce qui a surtout ffiÊÊÊ
ce saint docteur célèbre , ce sont ses éM
Apologies en faveur des cbréiiens, La pn-
mière et la plus importante fui préseflt^*
Antonin le Pieux et à*ses deux ûlsadoptAi
Marc-Aurèle et Lucius Commode. AnK««
n'avait pas rendu d'édits spéciaux côûtfti*
chrétiens; mais, en vertu des tôb H ^
édils anciens, Us étaient persécutés eûl^tf
lieuï suivant le ca\-»ricG des gouvemettn^
ptvvinçe^, $m.{ Justin nous reprèscnl» !■
uss
IDS
lUS
tiU
f.
chréliens eontôie des victimes qui n*étaienl
deslioées qu'à être immolées à la cruauté des
persécuteurs : il nous les montre comme des
objets de Faversion et de la malédiction des
peuples. On conspirait à les dépouilier de
leurs biens, de leur eiislence; on tendait à
les exterminer du monde ; on leur attribuait
tous les crimes les plus odieux, les plus ré-
voltants. S'avouer chrétien équivalait, tant
étaient erronées les idées du siècle contre
les disciples de Jésus-Christ, h se dire athée,
ennemi des hommes et des dieux, adonné à
de prétendues infamies qui se corametlaienl
en commun. Les païens reprochaient aux
chrétiens toutes les horreurs des carpocra-
tiens, de^ adamites; on leur reprochait de
manger en commun la chair d'un enfant
massacré. Toutes ces circonstances portèrent
saint Justin à porter son Apologie a Fempe-
reur et à demander qu'on la rendît publique.
Il s'y déclare courageusement chrétien, ex-
pose la vraie doctrine , réfute les erreurs ,
abat les calomnies, (Foi^* cette Apologie dans
cotre I*' vol, de VHist. gén. des persécutions,}
Dieu couronna d'un plein succès les efforts
du saint a|)ologiste. Antonin rendit un res-
crit cui défendit de persécuter davantage les
chrétiens
Ainsi l'Eglise lui fut redevable de la paix
dont elle jouit jusqu'à Marc-Aurèle : sous le
règne de ce prince, saint Justin eut à Rome
ses eélèhres conférences avec le philosophe
Crescent : ce philosophe, vaincu par le doc-
teur de l'Eglise , en conçut un tel sentiment
de haine, qu'il résolut de le faire mourir en ie
dënoupnt : c'est du moins ce que nous ap-
prend ratieûtdiscinle de saint Justin, Ce saint
docteur nous dit dans sa seconde Apologie,
présentée à Marc-Aurèle, <iull s'attendait à
mourir par le fait des trahisons, des dénon-
ciations de Crescent, Ces manœuvres du phi-
losophe vindicatif n'eurent leur résultat
fu'un peu plus tard. Saint Plolémée ayant
té martyrisé à Rome, et Marc-Aurèle ayant
foit mourir un grand nombre de chrétiens
dans tout l'empire, saint Justin lui présenta
sa seconde Apologie en faveur des chrétiens*
11 demande, aans celle-ci comme dans la pre-
mière , qu'elle soit rendue publique ; mais
cette seconde Apologie n*eut pas le résultat
de k première : elle ne procura point la
paix à l'Eglise. Les intrigues et les dénon-
ciations de Crescent prirent acte de ce fait
même pour faire marcher saint Justin à la
mort.
Pour compléter la vie de saint Justin ,
nous donnerons ici ses Actes.
« Sous le règne de Marc-Aurèle, quelques
tiersonnes passionnées pour le culte des idé-
es obtiurent de l'empereur qu'on publiât dans
toutes les villes de Feniinre des édits contre
ceux qui faisaient profession de la véritable
religion. Ces édits portment qu'en (quelque
lieu qu'on trouvât un chrétien, on s en sai-
stl, et qu'on roljligeâl sur l'heure de sacritler
aux dieui. Ce fut pour lors que Justin et
ceux qui étaient avec lui furent arrêtés et
conduits h Hmne , (*ù on les Ot comparaître
lgva*iU§ trU^unal de Rustique^ préfet Je la
ville. Ce magistral, s'adressant à Justin, lui
dit ! «f Ne voulez-vous pas obéir aux dieux
et h rempereur? n Justin lui répondit:
«Quiconque obéira à Jésus-Christ, notre Sau-
veur, ne pourra jamais être condamné. —
Quelle science ou quel art professez-vous ,
continua le préfet?— Just^u'ici, répliqua Jus-
tin, j'ai travaillé à acquérir toutes les connais-
sances naturelles et humaines» et il n'y a point
de genre d'érudition q\X ma curiosité ne m*ait
fait ïmre quelques progrès; mais enfin je me
suis fîié à la science des chrétiens , quoi-
qu*elle ne soit pas du goût de ceux qui n'en
ont guê pour 1 erreur, — Quoi ï misérable ,
reprit Rustique , cette science te peut-elle
plaire? — Oui, sans doute, répliqua Justin,
parce au' elle me fait marcher avec les chré-
liens dans la voie de la vérité, et qu'elle
contient une doctrine droite et pure. —
Quelle est cette doctrine» dit le préfet?— La
doctrine , répondit Justin , que suivent les
chrétiens, consiste à croire qu'il n'y a qu'un
Dieu qui a créé toutes les choses qui se voient
et tou tes celles q ui ne tombent pas sous le sens;
à reconnaître un seul Seigneur qui est Jésus-
Christ, Fils unique de Dieu, prédil autrefois
et annoncé aux nommes par les prophètes »
qui doit venir juger tout le genre humain.
C'est lui qui l'est venu publier dans le monde;
il veut bien être le maître de ceux qui ai-
ment à apprendre de lui les vérités qu'il en-
seigne. Pour moi , qui suis un homme sans
intelligence , j'avoue que j'ai trop peu de
lumières pour pouvoir parler de sa divinité
d'une manière qui soit digne d'elle; il n'ap-
partient qu'aux prophètes de pénétrer dans
cet abîme de grandeur, et ce sont eux qui *
par rinspiration de Dieu, ont prédit l'avé-
neiiient de celui que je viens de nommer son
fils^ et ils l'ont prédit plusieurs siècles avant
qu'il parût sur la terre. » Le préfet lui de-
manda oïl les chrétiens s'assemblaient ; Jus-
tin lui répondit qu'il était libre à chacun de se
trouver partout où il pouvait- « Pensez^-vouSp
continua4-il, que nous ayons un lieu détermi-
né où nous tenions ordinairement nos assem-
blées? NullemenL Sachez que le Dieu des
chrétiens n'est pas enfermédans milieu :il est
immense, aussi bien qu'invisible, et il remplit
le ciel et la lerrc ; ainsi il est adoré en tous
lieui, et chaque fidèle lui peut rendre hom-
mage partout où il le rencontre* — Je veut
savoir, reprit le préfet, où vous vous assem-
blez tous^ et parliculièrement le lieu où tes
disciples te vont écouler?— Je vous dirai
bien où je demeure , répondit Justin ; j'ai
logé jusqu'ici tout proche , chez un nommé
Martin, et vis-à^vis le bain Tîmiotinum.
Voici la seconde fois que je viens à Rome ,
je ne connais aucun autre logis; que si quel-
qu'un a voulu me venir trouver, je ne lui aï
pas caché la doctrine de la vérité > et je lui
ai volontiers communiuué ce que j'en sa-
vais- — Tu es donc cnrétien , lui dit lo
préfet ? — Oui, je le suis , répondit Justin. »
Alors le préfet , se tournant vt-rs Garilon »
lui dit : a El loi, es-tu aussi chrétien? » Ca-
nton ré[>undit : « Oui , ie le suis , par la
grâce de Dieu* » Le prélet ûl avancer uuq
î«t
m».
ns
wi
femme nommée Caritaine , et lui demanda
si elle était chrétienne, et elle lui dit qu*olle
était chrétienne par la raiséiicordo du Sel--
(;neur. Le préfet interro^^ea Evelpiste, qui
ui répondit : « Je suis esclave de l'empe-
reuTy mais je suis chrétien et aifranchi de
Jt'îsus-Christ , et , par un effet de sa bonté ,
j'ai la môme espérance qu*ont ceux que vous
voyez, et je vis comme eux dans la môme
attente. » Le préfet s'adressa ensuite à Hié-
rax • et lui demanda s'il était chrétien : « As-
surément, répondit Hiérax, je suis chrétien;
j*adore le même Dieu que les autres ado-
rent. —Est-ce Justin, dit le préfet, qui vous
a fait chrétien? — Pour moi, dit Hiérax,j'ai
toi^ours été chrétien et je le serai. » Un
nommé Péon , qui était présent , dit tout
haut : « Je suis aussi chrétien. — Et qui t'a
instruit, répliqua le préfet ? — Ce sont mes
parents, répondit Péon. d Evelpiste ajouta :
« J'écoutais avec plaisir les instructions de
Justin, mais j*ai aussi appris de mes pai^nts
à être chrétien. » Le préfet lui dit : « Où
sont tes parents ?» — Ils sont en Cappadoce ,
repartit Evelpiste. Le préfet fit la même
question à Hiérax, qui lui fit cette réponse :
« Notre véritable père, c'est Jésus-Christ, et
la foi est notre véritable mère ; c'est par elle
que nous croyons en lui. A l'égard dos pa-
rents que j'ai eus sur la terre, ils sont morts.
Au reste, j'ai été tiré de la Phrygie, et Ton
m'a amené ici. » Le préfet demanda à Li-
bérien ce c^u'il disait, et s'il était aussi chré-
tien et impie envers les dieux. Libérien ré-
pondit qu il était chrétien et qu'il adorait le
vrai Dieu. Le préfet , revenant à Justin , lui
dit : « Ecoute, toi qui fais l'orateur, et nui te
piques d'éloquence et de doctrine ; toi qui
crois posséder la vraie sagesse , quand je
t'aurai fait déebirer à coups de fouet depuis
la tôle jusqu'aux pieds, penses-tu monter au
ciel en cet état? — J'espère, répondit Justin,
que si je souffre pour Jésus-Christ le sup-
plice dont vous me menacez , je recevrai de
lui ce qu'ont déjà reçu ceux qui ont gardé
ses préceptes ; car je sais que la grâce de
Dieu est réservée jusqu'à la fin du mo^Kle à
tous ceux qui auront ainsi vécu. — Tu t'i-
magines dcMic, lui dit le préfet, qu'une grande
récompense t'attend dans le ciel?— Je ne me
l'imagine pas, répondit Justin, je le sais, et
j en suis si convaincu que je n'en ai pas le
moindre doute. » Le préfet dit : « Laissons
tout cela, venons au point et à ce qu'il y a
de plus pressé. Assemblez-vous tous, et, âni-
mfe d'un même esprit, préparez-vous à sa-
crifier aux ddeux. » Justin, prenant la parole
pour tous, dit : « Tout homme de bon sens
n'abandonnera jamais la véritable piété pour
courir après 1 impiété et l'erreur. » Le préfet
dit : « Si vous n'obéissez à notre ordon-
nance, vous pouvez vous attendre à être trai-
téssensaucune miséricorde.» Justin répondit:
« Nous ne souhaitons rien avec plus d'ar-
deur que de souffrir pour Notre -Seigneur
Jésus-Christ , et d'aller à lui par les toui^
ments. C'est ce qui nous donnera de la coa-
fiance devant son tribunal terrible , où tous
les nommes doivent comparaître peur y ét^e
jugés. » Tous dirent la même chose et ajou-
tèrent : « Faites ce que vous voudrez ;uobs
sommes chrétiens, etiious ne sacrifions point
à vos idoles. » Ce que le préfet ayant oui, il
prononça cette sentence : « Que tous ceux
qui n'ont pas voulu sacrifier aux dieui m
obéir à l'ordonnance de Temperear soient
battus de verges et conduits au lieu du sup-
Î)lice pour y perdre la tôle, ainsi que leslois
'ordonnent. » Ces saints martyrs furenldooe
menés au lieu oii l'on exécutait les cmàr
nels ; et là , parmi les louanges , les actions
de grâces et les bénédictions qu'ils donnaient
à Dieu, ils furent d'abord fouettés et eurent
ensuite la tête tranchée, confessant leurSii-
veur jusqu'au dernier soupir. Après leur
mort, quelques fidèles enlevèrent secrète-
ment'leurs corps et les enterrèrent «n a
lieu décent. »
L'Eglise fait la i%te de saint Justin le i*
juin
JUSTIN (saint), confessa sa foi à RonM,
sur le chemin de Tivoli, durant la perséco-
tion de Yalérien et de Gallien. Il eotcnt
le corps du pape saint Xyste , ceux de saiil
Laurent , de saint Hippolyte et de plnsieifi
autres. Il souffrit le martyre sous r«iB^
reur Claude. L'Ëglise fait sa fête le Miç-
tembre.
JUSTIN (saint), martyr, souffrit peorlifiî
à Trêves. {Voy. Maxengk , pour plus de d^
tails.)
JUSTIN, gouverneur de la Thrace, soccéà
à Bassus et fut appelé après lui à iTOntiooff
l'affaire des saints Philippe , évéque d'Hén-
clée. Sévère, prêtre, et Hermès, diacre. Hj»
montra d'une cruauté qui contrasta iinf-
ment avec la douceur et la justice qtftni
montrées son prédécesseur. Il eondantn
saint Philippe et saint Hermès à être brillé
vifs. Saint Sévère fut mis h mort trois joaî
après. {Voi/. les Actes de saint PaïuppEàsoi
article.)
JUSIINE (sainte), donna sa vie poor Jé-
sus-Christ, à P.idoue, en Tan de l'ère chré-
tienne-^Oi, sous l'ouipire et durant lape^s^
cution de Dioclétien. On est peu assuré Sff
le détail de ce qui la concerne. Ses reliq^H
ont été retrouvées en 1177. L' Eglise célèbre
sa fête le 7 octobre. Ses Actes, qui soilila*
Moiûbritius, n'ont rien d'ancien ni d'aoïbn-
tique, mais bea xoup de paroles, et un mi-
racle digne de Métaphrnste; et quoique l'a*
teur se prétende témoin oculaire de son mr*
tyre, les faits même qu'il rapporte foDl nnr
qu'il n'a vécu qu'assez longtemps depuis. Ci
qu'en rapporte Pierre de Natalibuê e^^ cnceiî
moins recevable. Elle ftit enterrée par suit
Prodoscime, évoque de Padoue.
JUSTINE ( sainte ) , martyre à NicoBséft»
en Tan de Jésus-Christ 30fc , fut mise à mi^
par Tordre exprès de Tempereur Dioclétifi
(Pour plus de détails , f>oy. Farticle de s*
Ctpriejt dit le Magicien.)
JUSTINE (sainte), martyre» cucilKth I*
me du martyre à Ainide en Paphlagooie.ûi
i>;nore l'époque où elle soutTrit ; on saiise»
Icrnonl qu'elle fut torturée arec Alexan*»*
Claude , Eupbrasit , Matrone , EupMsJ^'
t, Dfrphute et sa sœur. L'Eglise hCH
ménioiro le 20 infirs.
E (sainte), srmlfril lo oiarlyre à
avccsnint \nvé, son fr6ro, efcfau-
^élieiis dont Ips noms nous sont in-
> Ils élaienl h célébrer les divins
ïs dans une église, lorsrjuMs y fu-
rprîs et massacres par les Iluns, qui
ii«'nt rAllemagïie* Ils sont inscrits au
)loge romain le IGjoin.
ÎNE (sainte), martyre , eut le glo-
rivilége de donner sa vie pour la dé-
fi la religion» Elle eut pour co m pa-
le son m.'H'îyrp, qui eut lieu en Sar-
sainte Hént^d ine et saint luste. VE-
\i leur mémoire le IV mai
INAL (saint), reent la palme du mar-
ine époque ri dnns des circonstance|
js sont complètement inconnues, if
rit au MartyroIo;^e romain le 7 mai.
ÎNCE (ftainij, re*;ui la [lidoie du mar-
lonie; nous ignorons h quelle épotiuo
quelles eirroo^lanceâ. L'Eijlise fait
e I" juin.
ÎNTIN (saint), Hiartyr,înourutpourla
du christianisme, en Tau de Jésus-
Î63. Ses Ailes lui sont communs avec
aximtn ; les voici dans leur entier,
VHisiQÎre rcciésiasiique de TUéodo-
un diap. f 5.
ien eo ai montait h ne plus garder de
s dans la i^tn rre qu'il avait déilaréc k
hrisl ; il Tattàquail avec plus d'au-
t s*il cacliait encore ses mauvais des-
DUS une apparence de douceur et
Te feinte modéra lion, ce n'était que
s faire réu>sir plus sûrement. E\ ef-
ne ehe relia il nu'à foire tomber les
is dans les pièges qu'il leur dressait
iour, et à les entraîner avec I i dans
e, el ensuite dans le malheur éterni^l :
It souiller, par ses abominables sacri-
^s fontaines qui étaient dans Antto-
lans les faubourgs, el j arlieulière-
ïns celui de Dapliné, afin que tous
ui viendraient y puiser de Veau su
isent eux-mêmes en buvant de cette
>ure. Il fit la même chose h T égard
irées qui se vendaient dais les mar-
b!ics, el le pain, la viande de bou-
les fruits el les légumes étaient ren-
&nes el devenaient une noarrilure
ST par l'eau lustrale que les prêtres
X dieut je ta ien l dessus* Celle op-
n faisait gémir les chrétiens, el toute
était dans la consternation. Les fi-
mlefois ne laissaient pas dacheter
teur était nécessaire, el ils en man-
sans se gêner par un vain scrupule ,
euanl de raverlissement tjue Jonue
s : Mangez de tout ce qui $ expose (m
sans vom informer trop curieu^e^
où il rtVnf, pour ne pas jcttr dtaiH vo-
uiencc h trouble et r inquiétude. Or,
a un jour que deux hommes de dis-
I dans les troupes (car ils étaient de
)agnje des gardes de Tempen ur), se
it h un festin, se mirent à déplorer
Kios UE peu totU la conditiou des
JUV
i«ê
chrétiens, et la violence qu'on exerçait con-
tre euï ; ils se servirent m^me fort à propos,
pour exprim*^r leur douleur, des parole*
dont sY'taient servis autrefois, à Babytone,
dans une pareille conjonclure, les trois jeu-
nes H-breux, si conijus dans riiisloire
Sainte, a Vous nous avez livrés (disaient-ils
comme ces jeunes Juifs), h un prince inli-
dèle, h un a|>ostal qui est en horreur h toute
la tene. w Cela lut rapporté par quelqu'un
des eonviés, h Tenipereur, oui ne manqua
pas de faire aussitôt venir devant lui ces
di u\ gardes. Il les interrogea lui-même, et
il voulut apprendre de leur j>ropr«' boucbô
ce qffils avaient dit de lui. Ces braves gens,
bien loin de s'eUrayer d'une semblable de-
inaude, en prfrenl/au contraire, occasion do
parier au (grince avec plus deliberlé; se
"sentant Jonc animés d'un zèle généreux et
vraiment ebrétten, ifs lui dirent ; « Sei-
gneur, avant reçu Pun el lautre d^iiis le
sein de J'K^bse une éduciition toute sainte,
et n'a^ aut jamais obéi qu'aux lois pleines
de pieté et de religion du grand Conslantiiî
et des einpereurs ses enfants, nous ne pou-
vons voir qu'avec une douleur sensible que
vous rem| plissez d'abominations tout 1 em-
pire, et que, ptar des saciilkes impies, vous
soniltez lus-biens que Dieu fait aux bonmies,
el les choses les plus néc**ssaires qu'il leur
fournit |*<jur le soutien de leur vie* C'est sur
ces malfirurs, seigneur, que nous versons
des larmes en serret depuis lungtemps, et
que Jious prenons la liberté d'en répandre eu
la présence de Votre Majesté. » A ce dis-
cours, lo (dus doux et le plus modéré d^
tons les Sommes (car c'est ainsi que ses Uat-
leurs le nomment), ne se souvenant plus de
faire le |)ersoniiai^e d*un nrmce clément, se
laissa voir, sans aucun déguisement, dans
tout son DatureL II les lU tourrat*nler si
cruellement, qu'ifs cxpii èrent dans» les î;u(>-
plices. Mais les couroiaies qu'ils reçurent en
sortant de la vie les considèrent bientôt
de la perle qu'ils venaient d'en faire dans
un lempg si malheureux. Cèpe idant Julien^
pour colorer sa cruauté de queh|ue préli^ito
S[iécieux, et aussitôt reprenant sa dissitiiu-
lation ordinaire, publia (|ue la religion n'a-
vait aucune part ù la mort de ces deux
hommes, et qu'il n'avait puni en eux que
le peu de respect qu "iit eu p^mr sa
personne et pour sa i qu'ils avaient
violée iKU' Tiusolent discuura qu'ils lui avaient
tenu. Il prétendait par là leur r/ivir la gloire
du martyre : au reste, il e^t jusle de lais-
ser à la |JOslérilé les noms de ces deux il-
lustres guerritîrs» L'un se nommait iuven-
tin, et l'autre Maximin. La vdle d'Antioche,
voulant rendre h leur mémoire les hon-
neurs qui leur sont dus pour avoir défendu
la vérité, au prix même de leur sang, leur
éleva uu superbe tombeau, où l'oij voit se
renouveler chaque jour la dévotion des peu.»
pies (IJ.
(I) Saint Cbrywslome prononça, dans Aiïtiach«s
an aiicourii à leur liouiieur ; i^'est le 40* éxi** VO*
luiue dos Utluvf^ ik ^ mkti éKViuv.
j
149» K4t
« Plusieurs autres personnages considéra-
bles ou par leur charge oo par leur raérite,
pour avoir parlé avec la même liberté, eu-
rent presque le même sort et reraportèrenl
de pareilles couronnes. De ce nonibre fut
Valentinien, celui-là môme qui régna peu de
temps après. Ce grand homme, qui pour
lors était tribun et commandait la garde du
f»alais, ne put cacher le zèle qull avait pour
a gloire de Dieu et pour riionneur de sa re-
ligion. Car, un jour que Julien cuirait
comme triomphant dans le temple du (lénre
public, et que deux sacristains rangés aut
deux côtés de la porte puriliaient avec de
kàfi
m
Teau lustrale tous ceux qui eniraieut tm
Tempereur, Valentinien, qui le suivait im-
médiatement, ayant aperçu une gouUâ à
celte eau sur sa manche, donna de toutes
force un soufflet au sacristain qui U b
avait jetée» lui disant hauteroent qu'il Ih
vail sali et non pas purifié. Julien, quâ ht
témoin de Taetion, le relégua dans iiEck^
tenu b^lliau milieu d'un désert. Mais a foui
un an et quelques mois s'élaient-îlséMiléi,
que Dieu lui donna Tempire pour récttfr-
pense de cette généreuse confession* •*-*
janvier et 5 septembre.
K
KAM (François), néophjiO lOnquinois,
fut mis h mort pour la foi, en 1722, au Ton-
^uin, avec le P. Bucharellit jésuite, Paul Noi,
uc Mai, Thadée Ttio , Philippe Mi, Luc
TIm, Emmanuel Bien, Pierre Frien et Dao
Ambroise, néophytes qui mêlèrent leur sang
à celui du .s^aint missionnaire.
KARÉKIN (saint), était un jeune prince
d*Annénie qui vivait h la cour du prince
Hazguerd, roi des Arméniens, Le seul nom
de Jésus-Christ mettait ce prince en fureur,
et il ne pouvait comprendre qu'un Dieu se
fdl laissé maltraiter, crucifier, mourir et
ensevelir; il revenait ^ns cesse à ces points
de notre foi qui lui fournissaient un conti-
nuel sujet de moquerie. —«Mais, lui dit un
jour notre jeune saint, d'oii savez-vous, mon
roi, toutes ces choses touchant Notre- Sei-
gneur?—D'où je lessaiSp répondit Hazguerd,
ne me suis-je pas fait lire le livre de votre
croyance erronée ? — Et pourquoi, répondit
le jeune prince, n'avez-vous fait lire que
jus({ue*là ; si vous aviez été plus avant, vous
auriez vu la résurrection , Tapparition de
Jésus ressuscité à ses disciples, son ascension
au ciel où il est assis h la droite de Dieu, la
promesse de son second avènement, la ré-
surrection merveilleuse du genre humain,
le jugement dernier et la récompense équi-
table I » Le roi se prit à rire et dit d'un ton
dédaigneux : « Mensonge que tout cela, m en*
songe ï » Mais notre héros chrétien lui re-
partit sans s'émouvoir : « Si vous regardez
comme croyable son supplice dans le temps,
vous pouvez croire avec nlus de certitude
encore à sa gloire immortelle et à son terrible
avènement dernier. » Le roi entra alors dans
ïne furieuse colère et fit tomber sa rage sur
Kaj-ékin ; il lui tit mettre les fers aux pieds
et aux mains, et après I avoir laissé languir
deux années dans un noir cachot, il conlls-
qua ses biens et lança contre lui une sen-
tence de mort* (E. V, trad. G, G, c, passim.)
KATCHATCH (saint), diacre du nays de
Bichdounik, reçut fa glorieuse paime du
martyre sous le règne du cruel HdZguerd,
roi de Perse, qui voulait forcer les AriDé-
nieus tombés sous sa domination, et dont
notre saint et ses compagnons faisaient par*
tie, h embrasser la loi de Zoroastrt. Lu
compagnons du martyre de Katehatcbfareflls
S^ihag Révoque de Eichdounik, Joseph,
che de Vaiotz-tzor et du village Holol
Léonce, archiprétre de Venant, du
dltcavank. Mouche, prêtre de Hal^
chen, prêtre de Pakrévant^ du village"
heg, et le bienheureux chef mage de li^
de Niuchabouh. Excité i^av les mages d\
son premier ministre, nommé Mibir-N\*f4â,
Hazguerd envoya Tenchabouh, pourfi^
mourir ces saints prêtres, qui étaient renitf
niés dans la ville forte de Niuchabouh sm
la garde du chef des mages eu même
gouverneur civil du pays d'Abar. Ce
voyant nos saints demeurer fermes im
leur foi, les maltraita beaucoup et lesim-
fermer dans un noir et humide cachot A
deux gamelles de soupe épaisse et une cmeli
d*eau composaient tous leurs dJiments.Bfli*
né de les voir joyeux et bien portante, «il*
gré leur dure captivité et la grossière wm-
ture qu'il leur faisait donner depuis quanoM
jours, le mage gouverneur vint unenuitri»
der autour du cachot, soupçonnant quequ«^
qu\m de ses serviteurs portait des tUiDtoil
auî ïirisonniers, protégé par les ténèbres.!
s'approcha doucement du soupirail delipfr
son et fut témoin d'un prodige étrange. Cbi-
cun des prisonniers brillait d'un éclat mc^
veiîleux au milieu de l'obscurité de la oibL
Il fut si épouvanté de ce prodige» qaebteiilft
il renonça aux erreurs au magisme etlfi
instruire |>ar ses prisonniers danslardî|i0
des chrétiens. Otiand Tenchaboob imtt
pour exécuter les ordres sanguinaires «fBtH
guerd, il ne fut pas peu étoaiié de Irmiflf
le mage assis au milieu des prisoooiet^
écoutant leurs discours et les exhortant f»*
môme à braver k mort qu'ils allaiefll sûrf-
frir. Tenchabouh avertit le roi de ce #
venait de se passer ; celui^îi lui défaiMÛ*
punir publiquement le mage gouvenieitf*^
cause du tort qui en résuherail pour ta n^
gion deZoroastre, mais il lui ordonniit*
renvoyer secrètement en exil dans mftp
loifilairi, au nord de Khorassan, où iJ «^
la palme du martyre. Après avoir HntSfi
cette affaire, le mmisire des cruauté! dl**
UH
RIL
KOR
1449
>
guerd fit, lamémenuit, transporter les prê-
tres arméniens darfs un endroit écarté du dé-
sert* Arrivés au lieu de reiéculion, on leur
Jia les pieds el les rnaiiîs,et ils furent Iraînés
d abord sur un sol rocailleux et rempli d'as-
pérités. Ensuite Tenchabouh, ayant essayé
vainement de les faire renoncera leur loi,
ils furent décapités, le 30 juillet k^y dans la
Srand désert du pays d'Aban, au département
e la ville royale de Nîuchabouh.
KHOREN (saint), martyr d'Arménie, sous
Hazguerd, deuxième du ôom, roi de Perse.
Votf* pour les détails» saint Abraham, confes-
seur {Abraham de Niuchaboith),
KILIEN (saint), évoque de Wurtzbourg et
martyr, mourut en Tan de Jésus-Christ 689 ;
il est quelquefois appelé Chilien ou Kuln. 11
appartenait à una famille illustre d'Ecosse,
c est-à-dire dlrlande, et très-bien instruit
des saintes lettres* Etant évêque, quoiqu'il
fût extrêmement aimé de son clert^é et de
son peuple, le désir d'une plus grande per-
fection fe porta à quitter son pays ; et il per-
suada à quelques-uns de ses disciples de rac-
compagner. Ils passèrent en Austrasie, et
«'arrêtèrent à Wurlzbourg sur le Mein, où
commandait alors un duc, nommé Gosbert,
encore païen. L'agrément du lieu et le beau
naturelles babitants invitèrent Kilien à y de-
meurer. 11 le proposa h ses compagnons.
.«Mais auparavant» dit-il, allons à Rome
comme nous avons résolu dans notre pays j
▼isitons les églises des saints apôtres, pré-
»€ntons-nous au pape Jean, et, s'il nous
donne la [permission, nous reviendrons ici
prêcher TEvangile. » Ils s y accordèrent tous ;
xnaiSt étant arrivés à Rome, ils trouvèrent
que le pape Jean était mort. Saint Kilien fut
très-bien reçu par le pape Conon, qui, voyaut
sa foi et sa doctrine, lui donna de la part do
saint Pierre le pouvoir d*inslruire et de con-
▼erlirlesinîidèles. Il retourna à Wurtzbourg,
accompapé du prêtre Goloman et du diacre
Totnao. Ils y prêchèrent; le duc Gosbert les
fit venir : saint Kilien rentretint, le conver-
tit, le baptisa ; et un grand nombre suivit
son exempte, Gosbert avait épousé la femme
de son frère; mais saint Kilien ne voulut
pas lui faire de peine sur ce mariage, jusqu'à
ee qu'il le vît bien affermi dans la foi. Alors
il lui dit : a Mon cher tils, vous serer en
tout agréable à Dieu si vous |>ouve2 en-
core vous résoudre à quitter voire femme,
car votre mariage n'est pas légitime. » Gos-
J>ert loi répondit : « Vous ne m'avez encore
rien proposé de si dilEcile, mais, puisque
I''ai quitté tout le reste pour Tamour *de
)ieu, je quitterai encore ma femme, quoi-
qu'elle me stiit très-chère, s'il ne m'est pas
permis de la garder. » H remit à exécuter
celte séparation après un voyage de guerre
où il était pressé d'aller. Cependant sa femme,
nommée Geilane, pensait continuellement à
se venger; et, prenant le temps de l'absence
du duc, elle envoya de nuit un de ses gens
pour égorger le saint et ses compagnons. Ils
chantaient enseml*le les louanges de Oieu ;
aaiut Kilien les exhorta îk soutfiiir généreu-
aciii6nt ce combat, qu'ils désiraient depuis
si longtemps, et ils eurent tous la tète tran-
chée. On les enterra la même nuit à la hâte et
en cachette avec leurs coffres, la croii, TE-
vangiie et les ornements pontificaux. C'était
Tan 689, le 8 juillet, jour auquel f Eglise les
honore comme martyrs. (Jfarft/r.ilow». 8 juil.)
Le duc Gosbert étant revenu, demanda où
étaient les serviteurs de Dieu. Geilane dit
qu'elle ne savait ce qu'ils étaient devenus ;
mais le meurtrier se découvrit lui-même.
Il courait de tous côtés, et disait en trem-
blant que Kilien le brûlait d'un feu irès-
cruel. Gosbert assembla tous les chrétiens,
ses sujets , et demanda ce que l'on devait
faire de ce misérable. Mais Geilane suscita
un homme plus éloquent que les autres,
qui dit : « Seigneur, pensez à vous et k tous
tant que nous sommes, qui avons reçu le
baptême de ces étrangers ; et, nour éprou-
ver si leur Dieu est aussi puissant qu'ils
disent, faites détacher ce malheureux et le
laissez en liberté , nous verrons si leur
Dieu les vengera. Sinon, ne trouvez pas
mauvais que Je le dise, nous voulons servir
la grande Diane comme nos pères, qui s*en
sont bien trouvés. » Ainsi fut fait, mais la
meurtrier, étant délivré, entra en fureur et
se déchira à belles dents jusqu'à la mort* Les
chrétiens en louèrent Dieu, mais sa ven-
geance s'étendit plus loin. Geilane fut possé-
dée du malin esprit, qui l'agita tellemenl
qu'elle en mourut ; le duc Gosbert fut tué
par ses domestiques ; Hétan, son lils, fut
chassé de son état par les Français Orien-
taux ; et il ne resta personne de cette race.
Saint Kilien est honoré comme le patron da
Wurtzbourg, dont toutefois il ne lut jamais
évêque, car ce siège ne fut érigé que cin-
quante ans après.
KOMAR, religieux de l'ordre de Saint-Ba-
sile, fut une des victimes de l'atroce persé-
cution que le czar Nicolas fit subir, en Tan-
née 1837, h tous les catholiques q^ui ne vou-
lurent point abandonner leur foi pour em-
brasser la religion russe. Après avoir subi
mille tortures, ce saint martyr, qui était
plus que septuagénaire, fut idacé sous ujie
pompe dont l'eau qu'on Mena sur lui, se
congelant au contact de l'air, l'eoveloppa
bientôt comme d'un manteau de glace sous
lequel il trouva une mort affreuse. (Foy.
Mjegzyslawsea.)
KORYCKA (Cathebitïe) , l'une des reli-
gieuses de Saint-Basile, établies h Alinsk en
Lilhuanîe, et connues sous le nom de Filles
de la Sainte-Trinité, qui furent expulsées
de leur couvent el livrées aux persécutions
les plus violentes, dans le courant de l'an-
née 1837, par le czar Nicolas et Sieniaszko,
évèque aooslat. On les employa h la cons-
truction d'un palais à Spas, pour Siemaszko,
Un éboulement étant survenu, Catherine Ko-
rycka et quatre de ses compagnes furent en-
sevelies vivantes sous les décombres, sans
qu'on permit k celles qui étaient témoins
de ce malheur, de chercher à délivrer les
victimes. Les quatre autres sœurs se nom-
maient, Euphémie Guntynska, Clémentina
1443
LAC
Lkb
Wk
Zébrowska, Elisabeth Tysennauz et Irène
Krainto, (Voy. Miecztslawska.)
KRAINTO (iRèNE) , Tune des religieuses
de Saint-Basile, établies à Miask en Lilhua-
Oie, et connues sous le nom de Filles de la
Sainte-Trinité, qui furent expulsées de leui*
oouvent et livrées aux plus violentes p.erié-
cutions, dans le courant de Tannée 18^, oêt
le ozar Nloolàa et Tévèque apostat Sieinaseko.
Un éboulement étant survenu, Irène Krainto
et quatre de ses compagnes furent enseve^
lies virantes sous les décombres, sans au'on
permit à celles qui étaient témoins de ce
malheur, de cherchera délivrer les victimes.
Les quatre autres sœurs se nommaient Eu-»
phémié Gvrzynska, Clémentine Zébrowska,
Catherine Korycka «C Elisabeth Tysenhauz.
(Voy 4 M iBcmLAWS&A.)
KRY^ZTALEWICZ (Ci.«om) , Tune dei
reli^euses Basiliennes, g«.i, dans le eounnt
de I année 1837, furent si violf^mment persé^
cutOes par le czar Nicolas et Siemaszko, éiè-
que afK)stat. On les eoiploya à la conM^l^
tion d*un palais pour ce prêtre schisoiaiiqiKL
Un pan de mut*ai4le étant venu à s*écroul«r,
Cléoph&Krysitél^lk'iez et quatre de ses coiii(»
^es funpnt écraséîfs. {Vey. MiBcrrstAwstit
^KULëSZA (G«!^tevtètE), Tune des relitin^
ses Basil ennes qui, dans le courant de Tan-
née 1837, furent si Tiolemment i^ersécalétt
par le czar Nicolas ei réTè(|ue apostat 8*e^
maszko. On les employa à le constroctiot
d*un palais [>our ce prôtreschismatiqiie.lû
pan de muraille étant reira à 6*écrouler, Gt-
neviève Kulesza et quatre de Ms compagaei
furent écrasées. (Voy. M lEczTSLAweKA.)
LABRID (le bienheureux Nicolas db), cha«
noine de Lvon, et trois autres ecclésiastiques
étaient aUes à Rome sous le pontificat de
Benoît Xlll, moH en 1730, afîn de prier ce
pontife de les envover en mission la où il
lui plairait. * Sa sainteté « ajoute Gumilla
^îsioiré de l'Orénoque, t. lU pag. 277,) ins«
fHfcéb du Sàint-^Ëspnt, les institua évéques
Sour les quatre |>arties du monde. Les pays
e rOrénoque étafkt échus à M. de Labrid^
ii s*y 'rendit, et en attendant reipédition de
ses huMes et Tagrément de sa Majesté Ca-
tholique, le gouverneur de la Trinité et
de la Guyane leur otlVit un logement chek
hii. Cet illustre prélat le remercia de son
offre et prit le parti d'atteïidre à Cayenne
les dépêches de sa Sainteté. 11 s'embarqua
en etfét dans le but de s*y rendis ; mais
aon zèle lui ayant fait changer de dessein,
il prit une autre route et vint mouiller dans
4a rivière d'Aquire^ où les Caraïbes le reçu-^
rent à bras ouverts pour mieux cacher leur
trahison ; car au bout de quelques jours, ils
massacrèrent deux prêtres de sa suite et lui
Goupèreat la tête d*un coup de sabre. Ils pri-
rent les ornements et brisèrent un crucifix
d'ivoire et un autel qui avait été consacré
parle pape, dont le nom se voit encore sur
les morceaux. Ce prélat est enterré à c6lé
du maître-autel de Téglise de Saint-Joseph
de Oruna, chrétienté de la Trinité, du coté
de TEvani^ile, et les corps de ses deux com-
pagnons sont enterrés de Tautre.
LACHArîODRACON , gouverneur d'Asie
sous Constantin Copronyme, persécuteur de
l'Eglise catholique en faveur des iconoclas-
tes, exerça d'atroces cruautés contre les ca-
tholiques de son gouvernement; nous en
avons pour preuve ce fragment que nous
trouvons dans la vie de saint Paul abbé, par
Anastase : « Le vieillard Thdostéricte, prê-
tre du monastère de Félicite, qui avait le
nez coupé et la barbe brûlée avec la poix et
la naphte, s'avança et dit : « On ne peut rap-
porter sans gémir la cruauté du gouverneur
d Asie , que Ton nomme Lachailodracon. »
Saint Etietine lui dit : « Peri^, tton M«,
Vous nous encouragerez, si Dieu veut qie
faous soulfrions aussix v TUéoâitéricte rcfril
ainsi : n Le soir du jeudi saint, eoeia» mi
célébrait les divins tnyelères , ee gstm^
heur entra i^ar ordre de retepereQrflfcem
multitude ne soldats, Bt cesser Tdffice^ jrii
trente-huit moines cboisis, qu'il attactal
des pièces de boi^ par le cou et pli* ks
mains ; qnaitt ftuit ^utre^, It eo fit déànlvri
coups de fouets il en fit brAler ^ il en nfi-
voya, après leur àroir toit poissier et btîftr
la barbe, et couper le Tiêz, doilt je svâ dt
notnbre. ff on content de cèle, ii brûU feoo-
nastére depuis l'écurie jusqti'aui éj^,
réduisant tout en cendres. Il eramett te
trcnte-hdit qu'il avait pris, le^ enferma te
la voûte d*un vie.ix bain près d'Ephèse, (te
il boucha l'entrée ; puis il fit miner h boc-
tagne attenante, qui les enterra. »
LACTANCE, orateui et défenseur de f!-
glise. Saint Jérôme nous assure qucLK^
tance avait aussi le nom de Firmi.n, sens
lequel il est marqué par saint Eucher.OD/
ajoute aujourd'hui ceux de Lucius ùAi
ou plutôt Cœcilius. Ceux qui ont élndié**
histoire avec plus de soin, reconnais»*
qu'on n'a rien de certain sur son pa»?.
ni sur sa famille. 11 y a n('*antnoin$ bien pte
d'apparence qu'il était d'Afrique, comiwri
cru Baronius, que d'Italie , comme qrl-
ques autres le frétendent ; car il fut è»
pie d'Arnobe, qui professait la rhétori<I« I
dans la ville de Sicque, en la province ?> I
consulaire d'Afrique. Et saint Jérôme «*
apprend en elfet qu'il étudia en Afriofle.**
il composa un écrit étant encore teulj«*
sous le titre de Btm^net. Ce fut au^ rfAh
que qu'il alla à Nicomédie. On pf!i!j«-<
combien il profita, soit par les instwrt»»
dé son maître, soit par son propre trsr»
puisque saint Jérôihe rappelle le pltt^*-
vanl homme de son temps. Pour *!(» ^'^'
le môme saint dit qu'il est comme no fr^
d éloquence, comparable à Cicértm. ^
Eucher le met entre les hommes to !*
114$
LAC
LÂG
1U6
éloquents qii'ait eus lo christianisme. Les
ouvrn^es qui nnns on restent» ne démentent
poinl restimf' que res saints eiï ont faite :
et l'on voit par les éloges des plus savants
hommes d<* ces derniers temps , ramassés
dnns Tédilion de finUiens, qu'il est rcf^^ardé
comme îe [^liis éloquent des défenseurs de
notre religion, et comme le Cicéron dps
_ chrétiens. 1) ne se mit nénnmnips jamais
B dans le barretni» et iï n'étudia Téloquenre
que pour se rendre rnpahle de renseigner
aux auircs- C'est ce qu'il lit dans la Bithyrue,
où on le tit venir sons Dioclétien, [tour y
profeser la iliét<»Hque latme à Nicomédïe,
qui éfait alors le *îiége rie In cour de Dioelé-
tïen. ïly fui appelé d'Afrique avec un gram-
itMîiien, nomn)é Flavius ou Fonnius, au*
leur de quelques ouvrages en vers sur la
médeiîue. Vos>iuSi qui lappelle Hhemnius
Fannius, ou Lavinus selon d'autres, le Jait
B discifïh' d'Arnol)e et contemporain de Con-
9 slaotiu ; et il le croit auteur d'un noeme eu
vers hexamètres sur les poids et les mesu-
res, ollribue ordinairetnent à Friscien, Ce-
pendant il ne eile rien h rappui.
Laclance professa longtemps la rhétori-
que, soit à Nicomédie, soil en Afrique, en-
seignant aux jeunes gens, cotume il le dit lui-
même, non à pialiquer la vertu, maïs h être
^^génieux à couvrir et h défendre le uiaL
^Néanmoins, cet exercice qu'il rahaisse î.i fort
Bet qu'il semble presque condamner absolu-
Jteenf, loi servit beaucoup dans la suite, lors-
f^u'îl reûtquillé, ou r défeirdre hi vérité et Tni-
Sinuerdaiis les esprits avec d'atitant plusd'etli-
cacilé, qi»e h s ornemeids de l*éloquenee la
rendaient plus claire et jtlus agréable. 11 eut
entre ses disciples, un nommé Béuiétrien» à
qui il dédie plusieurs de ses ouvrages, eu
lui rendant ce témoignage, qu'il avait été
.docile à recevoir ses instroetions» et soi-
letix à les pratiquer ; qu'it n y avait pas
leulementenlui la tiioindre apparence d'ur-
jueil et de vanité, et que dans Tembarras
les emplois civils où il était Ja pufelé de
conscience lui laisait souvent élever son
DSlvrit aux choses du cieL 11 trouva [»cu d'é-
colicrs à Nicoinéde, parce que Ton j par-
lait plus grec que taïiti, et cela lui ilonna
le loisir de s'appliquer h écrire. Nous ne
Biivons^ pas néiinmoins qnels livres il com-
posa alors» et nous ne vu} ons pas que nous
bn avons i^^ucun qu'on puisse rap]»orter au
ïfups où il firofessait encore, ÎSous ne pou-
vons point assurer non plus s'il avait ui^jà
Vmbrassé la religion chrélienne. Nous pou-
vons dire seulemeut que riionneur que lui
it DioLictieu de rrqipeler a ?^irojnédi*% ne
lioulre pas qu'il ne îùi pas di'jît clu'f lien,
juisque ûon-seulemeiil ce prince soullrit les
chréiieMs durant la plus grande ^larlie do
Ïo 1 règne, mais i^u'il en aima même p!u-
ieurs, el son palais en élaii rempli. Ce qu'où
leut dire ûtre certain, c'est que L;tcUui€o
itail chrétien dès que la persécutiuu com-
liiença, et ainsi dès le teintas qu'il enseignait
Téio juence. Nou-s ne li uuvons rten de par-
ticulier .iur sa coTi version ; mais il ne faut
lias oublier Uii endroit <le saint Hacher, t^ui,
Barlant de lui, de saint Cjrprîen, de saint
ilaire el de quelques autres, leur met en
la iHuichc ces paioles de saint Augustin :
« Que faisons-nous? Les ignoratits ravissent
le ciel, cl itous, avec toute notre science,
nous sommes si slupjdes et si hébétés, que
nous demeurons toujours ensevelis comme
des bêles dans la chair el dans le sang. »
Voilà, ajoute saint Eucher, ce que ces hom-
mex habiles et éloquents s'éïaienl sans doute
dit h eux-mêmes, et animés par cette pen-
sée, ils ont fait aussi violence au royaume
de Dieu. On voit que Laclance avait iu par-
ticultèrement Minutius Félix, Tertullicn et
saint t'ynrien.
Il professait encore Téloquenee à Nicomé-
die, lors^iue la persécution commença, et
que Ton V abattît le tem|)le de l>i«-u, le â3
février de Tan 303. 1! j était aussi lorsque
la persécution était dans sa phi s grande fu-
reur; et les particularités qu'il niartjue de
ce qui se passa dans la même ville, en 31 1 et
313, foit juger qu'il y était encore alors*
Ainsi H y passa tout le temps do la persé-
cution. C'est ce qui autorise extrêmement
tant de particidarités gu*il nous apprend de
ce temr>s-!(\ dans ses institutions, mais en-
core phis dans l'ouvrage qu'il en a fait ex-
près, comme nous le dirons bientôt. Nous
VQutirioîis avoir quelqtrc lumière sur ce qui
lui peut être arrivé durant crs dix années
qu'il passa au milieu des ennemis de l'Kglise
et dans le siège de Satan. Mais tout ce que
nous en trouvons, c'est qu'outre les cruau-
tés barbares nu'il \ vit exercer contre FEglîse,
il eut encore ta douleur de la voir fouler aux
pieds par les insultes de ses ennemis ; car
il y eut, en ce temps-là, deux païens, lîiéro-
cle et un nhitosupbe îneonnu, qui voulurent
signaler leur impiété [mr une entreprise
aussi vaine qu'elle était à contre-temps, en
prétendant abattre et accabler la vérité par
Icuis livres, comme les olliciers publics y
travaillaienl par le ter et par le feu,
Lactance el les autres cbréliens qui enten-
dis eut réciter ces ouvrages à leurs auteurs,
n'eurent pas de peine à en reconnaître la
faiblesse et à s'en moquer en eux-mêmes»
si le temps ne souirrait pas qu'ils le fissent
ouvertement. Les païens mêmes trouvèrent
fort mauvais qu'on voyhit insulter h des
gens déjà accablés par la violence. Mais Lac-
lance, indigné d'une impiété si superbe, ré-
solut d'euqilO}er tout ce qu'il avait d'esprit
el d'éloquence k réfuter non-seulement ces
deux écrivaiîis, mais aussi tous les autres
qui avaient voulu laisser à la postérité d(ts
muiiuujunts de leur injustice et de leur haine
contre leur créateur et contre ses adorateurs.
Il semble néanmoins qu'il n'ait exécuté ce
dessein que longtemps depuis, coiume nous
le verrons en parhiul de ses écrits, après que
nous aurons achevé ce aui nous reste h airo
de son histoire,
11 repassa de rorîenl dans l'occident pour
y Lnslruire un disciple d'une condition uien
i»lus relevée que tous ceux (}uH avait eus
ûUi>oravant, savoir : Crispe César, UJs de
Cunolantin, à ijui il munira réloqueaçe la-
5
1147 LAC
tine dans les Gaules. II eut cet emploi dans
son extrême vieillesse. Ainsi, il peut bien
ue ravoir quitté que par sa mort, que quel-
ques-uns croient être arrivée vers l'an 325>
et vers le même temps que celle de Crispe,
plutôt à Trêves qu'eu un autre lieu, puisque
c était alors la principale ville des GauTes.
Godefroy croit que ce fut Lactancequi, étant
alors auprès de Constaoliii, obtint de lui, eu
Tau 315^ les lois célèbres par lesquelles il
abolit le supplice de la croii, défendit de
njarquer les criminels sur le front, et pour-
vut a la subsistance des pauvres; mais il
n'eu rapporte pas de preuve qui soit bien
considérable. Ce qui parait plus fondé, c'est
qu'encore que, sdon ropiuion de tout le
monde, il fût précepteur de Crispe, lorsqu il
publia ses Institutions, et peut-être encore
lorsqu'il fit une bonne partie de ses autres
ouvrages, jamais néanmoins il ne parle do
cet emploi que son mérite seul lui avait fait
obtenir, m d'aucune autre chose qui pût
le relever devant les hommes. Il est encore
important de remarquer que la qualité de
précepteur d*un César et d'un tils aine d'un
empereur aussi libéral qu'était Constaolin
ne Tempécha pas d'honorer et de pratiquer
la pauvreté chrétienne, puisque nous appre-
nons de saint Jérôme, qu'il était tellement
pauvre qu'il manquait nou-seulement des
choses délicieuses, mais souvent même des
nécessaires. Et ce Père fait cette remarque
en même temps qu'il dit que Constantin
lui donna le soin oe son fils, nous donnant
par là lieu de croire qu'il vécut dans la pau-
vreté au milieu môme de rahondance et des
délices de la cour. Lactance témoigne quel-
quefois lui-même qu'il était dans Textrême
nécessité- Ainsi sa bouche parle do l'abou-
dance de son cœur, iorsqu il rend à la pau-
vreté évangélique les témoignagnes si glo-
rieumue nous lisons dans ses ouvrages» et
lorsqu il avertit Démétrien, son disciple, de
mépriser et d'abandonner, s'il pouvait, toute
la prospérité du siècle pour ne pas tomber
dans ses pièges, d'autant plus dangereux
qu'ils sont plus doux* Mais, ni les ineommo-
oilésde la pauvreté, ni les occupations qu'il
pouvait avoir d'ailleurs, ne rempécbèrent
pas de consacrer tout son esprit et toute sou
éloquence à réclaircissement de la vérité di-
vine, et à la rélUtalion des vaines subtilités
des philosophes de son temps ; et il espérait
le pouvoir laire, non par ses proj^res forces,
mais par celles qu'il attetidait do Dieu. 11
croyait qu'il lui serait au moins plus glorieux
de succomber sous le poids d'une si haute
entreprise, que de manquer de zèle pour la
défense de sa religion; et il élait persuadé
que son travail et sa vie ne pouvaient avoir
un meilleur objet que de retirer quelques
personnes de l'erreur et de les conduire au
chemin du ciel.
Voilà tout ce que nous trouvons pour
l'histoire de ce défenseur de la M cnré-
tienne, laissant à de plus habiles le soin de
l'enrichir par les excellentes maximes et les
sentiments de piété qui se trouvent répan-
dus clans ses ouvrages. Noua allons mainte-
LAC
nant faire le dénombrement de
suivant, autant que nous pouircnii, rofèt
des temps.
Il semble que le premier soit son
iion ou Banquet, qu*il écrivit» conmiê
avons dit, étant encore tout jeune. Ajraol ai
appelé d'Afrique à NicoméJie, il écrivit su
voyage en vers hexamètres* On peut enron
rapporter au môme temns un livre
composa sous le titre de Grammairien,
n'avons aucun de ces ouvragi_»s. Il y ee «qei
croient que le poëme du Fhmnix^ qui
parmi ses œuvres, et qui ne peut ètit
dVn païen, est une des premières
lions de sa jeunesse. Néanmoins
rôme n*cn parle point : et après toEt* _^_
pièce n est pas lort digne de réloquenoeë
de la réputation de Lactance.
Le livre intitulé De l'auvrage de ùim^n
De ia formation de Vhomme^ que nous i
encoret est fait pour •prouver que 1"
été créé de Dieu, et établir sur ce princi]
foi de la Providence, 11 a été écrit
temps avant les livres des InêiUulitnù
est cité. Il sem!)le même que ce soit k pre-
mier fruit de la piété de son auteur^iiUaÉ
que Ton en peut juger par les protestaÉlS
qu'il y fait de consacrer désormais sont
et sa plume à la défense de la vérité
ellet, li semble que la persécution de Di
tien n'était pas encore passée. Il le dédiei
Bémétrien, son disciple,a qui il parle oomBi
à un ciiréiien, qui était néanmoins, oesM*
ble, dans les em[)lois civils, hors des ptji
où la persécution durait encore.
Les Institutions divines^ qui est le grtfli
ouvrage de Lactance, suivirent d^asseï prif
le livre De la formation de Vhomme^ diflM
par lui-même en sept livres, comme m
avons encore aujourd'hui ; et nous en
aussi un abrégé composé par l'autettr,
le commencement était perdu dès le Uafi
de saint Jérôme. Lactance même cite cet Oi-
vrage sous le litre à''lnâiit\Hiùns diVuia. U
nom iVInttitutiom se donne oïdinairemefii
par les Latins aux ouvrages qui sont podT
former une personne dans tjueique sciaartî
de sorte que nous le (pourrions ti*aduir« fit
c^\m à\ln$tru€iiomy s il n*étaii ordioairt*
laisser aux livres ces sortes de titres *<•
lesquels ils sont plus connus,
Cnacun de ces sept livres des /n#*t(i*ttiif
a son litre parliculier, qui marque de qpl
il traite. L'ouvrage entier est fait pour ci**
culer le dessein que Lactance avait pris,**
Tan 303, de répondre à tous ceux qui
raient écrit contre le religion chrétienor
da réfuter non-seulement tout ce qu'ont
dit» mais encore loutce qui pouvait ^4»
contre l'Eglise* En eûet» il y combat i^*
une extrême force la vanité du paganism^f^
il y détruit avec une facilité mervri"'"*
toutes les illusions de l'idolâtrie, Au>^
Jérôme le relève comme un ou^
lent» elles pins habiles des de: ^
en ont témoigné une estime eitraonliiiii'*
On peut assurer au moins que persOûOi>^
défendu TEglise et comljatlu ridoUlrif i'*
un style plus beau et plus éloqueot.
r, mF
m9
LAC
LAC
1460
Cet onymge» en Telat qufînousVaTonsati-
|nur«i*hui, ne paraît pas avoir éié fait avaot
Van 321. C'est pourtiuoi, il ne faut pas s'é-
tonner si Lactance l'adresse à Constantin
di^jà déclaré pour la religion chrétienne. Il
parait que Laclance vivait alors dans les ter-
res de ce prince, hors de la Bithynie, et de
tous les autres pays où Licinins persécutai!
encore !es chrétiens. Ainsi l'on peut juger
que c'est un fruit du temps qu'il passa dans
les Gaules auprès de Crispe. Mais on croit
qu'il avait paru auparavant en Orient, vers
I an 313t aussitôt aurès la fin de la persécu-
tion, et peu après Fouvrage De ta formation
de f homme.
Saint Jérôme nousassurequeLaclance a fait
un livre de la Persécution. C'est tout ce que
nous en avons su jusqu'à l'an 1679, que Ba-
luze nous Ta donne sur un manuscrit ancien
d'environ 800 ans : et des prgtestanls anglais
fort habiles se sont hâtés Je le faire aussitôt
réimprimer, comme une pièce très-authenli-
que et très-importante. Nous ne croyons pas
en eifet que personne puisse douter que ce
ne soit un véritable ouvrage de Lactance, et
nous y apprenons beaucoup de particulari-
tés considérables pour Thistoire ecclésiasli-
que et profane, que nous ignorions entière-
ment, ou dont nous n'avions qu'une connais-
sance moins exacte.
Lactance n'entreprend pas dY faire This-
loire de la persécution, mais son principal
dessein n'est que de faire adorer la justice
divine dans la punition et la mort de Dio-
clétion, et des autres pnnces oui avaient été
auteurs de la perséculion, C est pourquoi
son livre est intitulé, dans le manuscrit dont
on Ta tiré : De la mort des persécuteurs, 11 a
eu peur que de si grandes choses ne fussent
oubliées par les nommes, et que ceux qui
voudraient écrire l'histoire n'altérassent la
vérité en omettant ce que ces princes avaient
fait contre Dieu, ou ce que Dieu avait fait
pour les punir. Il proiesle q[o'il n'a rien
ajouté à la vérité, et qu'il n'a rien mis dont
ceux qui ont su la vérité des choses ne lui
rendent témoignage. En effet, il ne ditj^uère
que les choses dont il peut avoir été témoitr
oculaire, étant demeuré îiNicomédie, comme
nous avons dit, durant tout le temps de la
persécutio^i. Il semble par le commence^
ment de cet ouvrage qu*il Tait fait aussitôt
que Dieu eut rendu la paix à TE^^Use. Néan-
moirjs, il le conduit jusqu'à îa mort funeste
de la femme et de la fdle de Dioclétien,
quinze mois au moins après la mort de Ma-
ïimien, c'est-à-dire au plus tôt à la tin de 314.
Il y parle toujours assez avantageusement de
I Licinius, d'où l'on infère que ce prince ne
commençait point encore alors è persécuter
les chrétiens. Il marque néanmoins di ver-
sos exécutions qu'il avait faites, o\X il paraît
plus de cruauté que de justice. Il dit même
3u*on le craignait comme cruel, et il avait
éjà eu guerre contre Constantin, à la tiu de
' 314.
Baluze croit (lue Lactance fit cet écrit
lorsqu'il était encore en Billiyoie, parce qu'il
i 'adresse à un confesseur de cea pays-là|
Diction N. des PERstcLTiONS. h
L :
nommé Donat, nui sortit de prison au mois
de mai 311, après j avoir demeuré six ans.
Ainsi, il y avait été rais en 305 ou 306. 11 y
avait éprouvé tout ce que la persécution
avait eu de plus terrible, les fouets, les on^
gles, le fer, le feu, toutes sortes de tour-
menl.«, premièrement sous Flaccin, préfet du
Prétoire, puis sous Hiérocle, gouverneur de
la Bithynie, l'un des plus grands ennemis
qu'eût alors l'Eglise, et enfm sous Priscillien
son successeur. Il avait été appliqué neuf
fois à ditférentes questions et avait triomphé
neuf fois, par la grandeur de sa foi, de tout
ce que les hommes et les démons avaient de
force et de malice, Enfln le diable si souvent
vaincu, n'osant plus Taltaquer, et ne voulant
pas qu'il remportât la couronne du martyre
par la mort à laquelle il était tout préparé,
se contenta de le faire retenir six ans en pri-
son jusqu'à ce que Dieu l'en tira par Tédit
qu'il contraignit Maximien Galère de pu-
blier en 311, pour faire cesser la persécution
dont il avait été lui-même rauleur. Lactance
attribue la paix de l'Eglise aux prières que
ce confesseur réfiandait tous les jours et k
toute heure en la présence de Dieu, avec les
autres confesseurs qui s'étaient aussi acquis
par les mérites de leur foi une couronne
éternelle; et en finissant son livre, ♦ il le
prie, comme un homme digne d'être écouté
de Dieu, de lui demander qu'il conserve à
sou E-^lise la paix qu'il lui avait donnée. U
rassure aussi que Dieu lui réserve tout en-
tière la couronne du martyre daus le ciel,
quoique les persécuteurs eussent eu honte
de le condamner à la mort. Le nom de Do-
nat est si eoramun entre les saints, qu*il est
difîlciïo de discerner si celui-ci est un de
ceux que l'Eglise honore. Baluze veut que
ce soit le môme Donat à qui Lactance adressa
son ouvrage De la cotére de Dieu. Ce livre, en
effet, est postérieur à celui des Institutionê^
et par conséquent h la persécution de Dio-
clétien, mais Lactance n'y parle point h ce
Donat comme à un il ustre confesseur. 11 lui
Earle môme comme h un disci|de, qui avait
esoin d'être instruit et fortifié, pour n'être
pas trompé par l'autorité des sages du
monde.
Lactance avait promis, dans ses Instiiu-
tions, de faire un traité eitprès pour montrer
que Dieu n'est pas moins juste que patient,
qu'il a une colère et une justice pour punir
les péchés des hommes, et (|u'on ne le peut
nier sans ruiner absolument la vérité et la
religion. C'est ce qu'il a lait dans le livre De
la colère de Dieu, dont nous parlons et que
nous avons encore. Saint Jért^me le relève
comme un Irôi-bel ouvrage, écrit avec au-
tant de science que d'éloquence, et qui peut
seul suffire pour sa matière. Lactance y cite
ses livres des hutiiutioni, il témoigne, dans
l'un et dans îautre ouvrage, qu'il avait des-
sein d'écrire contre toutes les hérésies. Mais
il semble qu'il ait été prévenu par la mort*
puisque saint Jérôme ne parle point de cet
ouvrage, qui n'eût pu manquer d'ôlre fort
célèbre.
Dans le livre De l'owruge de Dîeu^ il dit
4^
U5i
LAC
Lac
\\si
c|u*il est résolu d^employer tout son temps
et tous ses etforts à traiter ce qui r« garde (a
Vie bi^biiureuse, et pela contre les phifoso-
phes qui promettant d'étatdir la Térité, mais
sans la connaître , et qui la combattent ainsi
d*9iitant plus dangereusement que leurs
discours éloquents et leurs raisonnements
subtils les rendent plus propres à tromper
les autres. 11 dit qu il les veut réfuter, et par
)e^ lumières de la religion chrétienne, et par
U^ sentiments contraires dont ils se combat-
tant les iftos 1^8 autres. Nous n'avons pas
d*ouvrage dont le titre réponde à cette pro-
messe ; mais on croit que c'est ce qu'il fait
dans tout le corps de ses Inêtilutiont ^ et
principalement dpns le dernier livre,
Saint Jérôme lui attribue deux livres à
Asclépiade, que nous n'avons plus. Lactance
môme dit qu Asclépiade , son ami, lui avait
dédié un écrit où il traitait de la provid«'nce
du souverain Dieu, et dont il rapporte un
ssage. Nous n*en savons nen davantage.
Baiuze nous a donné un passage sur le
dernier jugement, qu'il croit être de Lac-
tance, parce qu'il Ta trouvé dans un manus-
erir, entre ses Institutions et son livre Dç la
€olère de Dieu, Il est bien écrit.
Pour les poésies attribuées à Lactance,
BOUS avons déjà parlé de celle du Phœnix.
Celle qui est sur la Pâque, et dont on chante
encore une partie dans queloues églises, est
Aussi parmi les œuvres de Forlunat, et les
manuscrits les lui attribuent. Le poème de
la Passion est fort beau et pourrait être attri-
bué à Lactance, s'il y avait quelque appa-
rence que Ton mît dès ce temps-là un crucl-
fli au milieu des églises, comme nous fai-
sons aujourd'hui. On ne le trouve dans
Aucun manuscrit de ses ouvrages. On a en-
eore sous son nom des Notes sur Slace et
autres choses semblables, que Du Pin dit
être d'un Lactance Placide, grammairien.
Lactance ne composa pas seulement di-
vers ouvrages en vers et en prose, mais il
écrivit aussi quantité de lettres. Saint Jérôme
en compte huit livres, dont il v en avait qua-
tre adressés à Probe, deux à Sévère et deux
k Démétrien, son disciple. Ces lettres étaient
quelquefois fort longues, mas il y en avait
peu qui traitassent des matières de notre
foi : la plupart parlaient de mesures, de la
situation des pays, de questions philosophi-
ques, et n'étaient propres qu'à des avocats
ou à des gens do lettres. Ce fut ce qui en
dégoûta le pape Damase, à qui saint Jérôme
les avait données à lire. Peut-être que Lac-
tance en avait composé une granue partie
avant sa conversion, et lorsqu'il enseignait
la rhétorique , ce qui Tobligeait de traiter
ces sortes de questions. Gallœus rap[)orte
Îu'il se trouvait, il n*y a pas longt^iups,
eux livres manuscrits des épttres de Lac-
tance dans un couvent d'Egmond en Hol-
lande, mais Qu'ils ont été perdus. Le juge-
ment qu'en fait Damase doit nous consoler
de cette perte.
Pour ce qui regarde les ouvrages de Lac-
tance, en général, nous avon^ déjà parlé de
I estime guon ei faisait pour Téloquence.
Saint lérdme dit que ses /«ulf lu/f ost, aTee
ses deuK livres De ia Formaiion de rkowme
et De la colère de Dieu^ sont l'abrégé des
Dialogues de Clcéron. Il dit autre partqu*^!
n'a pas eu autant de bonheur k prouver les
vérités chrétiennes, que de facil té k détraire
le mensonge et l'impiété. Saint Sidoine lui
attribue le don de réiuter, et à saint Angus-
tin celui de prouver et d*établir. Quoiqn'oo
y trouve part(mt d'excellentes choses poorle
dogme et la piété, on y rencontre ausa des
fautes que d autres se sont donné Ut Dâ&e
de ramasser. Ce n'e>t pas ici le lieu a ru-
miner s'ils ne se sont point trompés quel-
quefois eux-mêmes. Saint Jérôme remarque
tmrticultëremeot qu*il ne reconnaissait priint
a personne du Samt-Esprit, laquelle il disait
devoir être rapportée au Père ou au Fils.
Cette opinion aetestable et judaïque se trou-
vait, dit-il, enr divers endroits des livres de
lActance, et principalement dans le vni* lirre
de ses épttres, adressé à Oéntiétrien. Oo neh
trouve point dans ce qui nous reste aD|20io<-
d'hui de ses écrits, et quelques-uns croeot
même que saint Jérôme a pu ne pas lu»
entendre son sentiment sur ce poioU Le
môme Père n'oublie pas aussi d'y repreodw
l'opinion des millénaires^ dont Lactance parti
aussi amplement qu'aucun autre.
Pelage en avait tiré, sans le nommer ofan-
moins, quelques passages q.i semblent ad-
mettre en Jésus-Cnrist un combat contre l«
vices et contre les dés'rs de la concupis-
cence. Saint Augustin, en répop tant è Pélaje,
sans savoir de qui étaient ces passages i
peine h y trouv. r lîn bon sens, et notre dès-
sein ne nous permet pas de nous arrêter if
en chercher. Il v en a qui ciioiept que stf
ouvrages ont été altérés par des hérétiques,
et qu'après tout ce n'est pas un auteur qu'oa
puisse alléguer sur des matières contestées,
{>arce qu*il paraît avoir été (lus orateur que
héologic n, avoir été peu instruit de ladov^
trine de l'Eglise, et avoir traité la théologie
d*une manière trop philosophique. Ou trouîe
qu'il avait bien lu Tertallien, et qu'il le suit
assez souvent. Les fautes et les erreiirs
Qu'on rencontre dans ses ouvrages les uai
fait mettre au rang des apocryphes par i
concile de Rome, sous Gelase; néacmoiii
elles ne doivent pas nous empêcher de I«
lire, comme nous ea assure saint Jérôoie,
pour profiter de tsnt de vérités saintes, qt
y sont développées d^une manière c'aire,
vive, grande, a^Téable et éloquente. (Tilfc-
mont, t. VI, p. 2D3.) ^
LAD1SLA9 DE HONGRIE (le bienheurini,
franciscain, .souffrit le martyre dans la cif*-
taie des Bulgares, avec quatre autres bitf-
heureux de son ordre, nommés Nicofc*
Hongiie, Grégoire de Trau en Dalmaùe.
Antoine de Saxe et Ttiomas de Folffj^
Bussarath, orince schismatique, qui rég^
au delà du Panube, surprit la vilIiMÙéV!»:
nos saints, aidé par les s<h smaJî»fu«s*
rh.il.itaicnt. L'un de ces martyrs fui ms^
cré dans le premi-r tumulte, et lesqaiw
autres fur^ ni dé apités sur c bord du twe
le VI lévrier
le au!
l;i>9
L*t*n
oit du rî.V^*^
m
Uâ» LAC
gîgfiipnt l<?fi corps des martyrs fut illnraind
d'une clarté splen^Hile. ihi y on^eodit une
ii;iisique qui sf^mbUiit provenir des ehœurs
e^'^lestes. Qui-îiid on raconta res p>rodiges à
Biissaralh^ il se reiKlil imoi^Mliatenieiit sur
les lïvm. Mais quoi qu'iï pûl faire, son cho-
ral n obéissant ni aui coups ni h l\'*peron,
refusa d approcher deseorps des saints. Alors
descendant de cljeval/il voulut s'a(*procher;
IDais une lefrihk* apparition lui barro le che-
min ; il fuf obligé de se retirer* Téfiouvanle
dans le C4xnir. Les moines du rite grec, qui
craignaieot qu ou rendit les honneurs ac-
eoulumés parmi les catholiques aux rehques
des sa.nls, ameoèreut des eJiiens pour lès
dévorer. Quand ces anioiaui voulurent ac-
fiamplir cette horrible curée , la aiaiii de
Widii qui commande h toutes choses iii-bas,
lès frappaut d'une façon invisible |>our les
Spectateurs, les força de fuir en jetant des
hurlements étiouvaniahles. L'un d'eux, ayant
mordu un de ces corps sacrés, parut aussitôt
la gueule en feu aux jeux des spectateurs
remplis d*é|iouvflnle. Ct- fut alors que Dieu^
Viettant le comble h ces prodiges, Ot sortir
Je lleuve de son lil; ses vagues vinrent sou-
levrr sur la rive les corps que tant de oiira-
clcs avaient glorifies et les placèrent dans
*es cercue U qu'apportèrent des anges- Quand
t ensevelissement miraculeux fut terminé,
e lleuvo s'ouvrit pour donner aux martyrs
une sépulture non moins ndraculiîuse au
in de ses Ilots. Les vénérables reliques u'oat
^ été retrouvées..... Voilà ce que raconte
f^'adding» et, d"af^rès lui, Heurion. Nous
aimons à croire que des faits de celle rialurc
ODt été étayés de }>reuves sutïlscintes pour
que des auteurs recommaodables en aient
accepté la respoos.tbililé.
LOECy MEXIQUE (saint), n\^sl pas porté au
Martyrologe ; c'est à tort. Celait un linnime
de prnffjnd mérite. Il était f)nncipal biblio-
lliécaire à ConstantinofUe, et preiiait soin,
«Yrc douze sôus-bibliotbécaires, des trente
mille volumes que peu a peu les eoipereurs
avaient amassés. A cette époque, où les
Tolunies étaient la plupart en ruuleau, sur-
tout les anciens» trente mille volumrs pre-
n/iieut beaucoufi plus d'espaf e qu'^»ujour-
d'hui ei demjindaient l>eaucou[» pi s de soin*
Il n'est donc f>as étunn;»nl de Tre'r treize
llommes occupés 1\ celte bib'îolhèque. l>'(m
^êutre côté ils taisaient tous des cours publics
' gi*atuils« concernant la reliçfion et les
iences profanes. Léon risauriin, ipii n'ai-
ail ni ïvB siences ni ceux qui b s cuUi*
aient, lit d'abord son possible | our gagner
s saints bibliolhéciiireii h son opini« n tou-
banl le culte des ima^^e^. N'ayant f^u y
ussir» il m e'itourer la bil»bothèffue de
cines et la brûla, avec tous ceux i|ui
dlâient employés dtuLins,
LAFORIjE (Hexriktte), religieuse du
" Saini-SaereTîienl h Boléne, fut guillotinée h
Orange le i:i juillet 179V, avec Anasiasie de
' Bo: ard, supérieure deri Ursulines de Jiolène ;
^^Jfïarie-Anue Lambert» converse au Uïémecou-
^J venl; 1:\ sonir sairMe Friénroise, cf^nvers^ chez
^Kles Ursuii:ies h Carpenir.is ; Klis^beib Ver-
uc
uu
cinère» Alexis Mincette, religieuses du Saint-
Sacrement de Bolène.
LAGE (Marie), ursulineîi Dolène» fut guil-
lotinée à Orange le ifijuillel 1794, avec les
sœurs Justanion, ursuline converse à Perne;
(iardon et Marie Decqui, religieuses du Haint-
Saerenieot à Bolène; Jeanne Boussillon et
Madeleine Dorothée de JusldOiOû, du même
ordre.
LAINEZ (François)» do la compagnie de
Jésus, faisait partie des missiomiaires du
royaume do Ma du ré, Noi^s le laisserons
parler lui--raéme dans une b'ilre qu'il écri-
vait en 1693, à propos du martyre ou P. Jean
de Brito : « Voilà, mes révérends Pères,
quelle a été la glorieuse tk) de notre cher
confrère, le révérend Père Jean de Brito ;
il soujurait depuis longteiops après cet lieu-
reux ternie, il y est enliu arrivé. Connue
c'est dans les mêmes vues que lui que nous
avons quitté rEurupe et que nous sommes
venus aui Indes, nous espérons avoir un
jour le même bonheur que ce servi leur de
Ditu. PLiiseà la miséricorde inhnie de Kolre-
Seigoeur Jésus-Christ tie nous en faire la
grAce, et que de notre coté mm^ ny met-
tio'ts aucun obstacle. La chrétienté de Ma-
ravas se trouve dans une grande déso'aîion
par la perle de son saint parleur ; jor^uni
donc, je vous cm jure, vos ((rières dui^nô-
tres, aÛT que le Siir^ de son premier Di;irlyr
ne hji soil pas inutile, et iju elle retrouve,
par les intercessions de ce nouveau prulec-
leur, d'antres Pères aussi puissants que lui
eu œuvres et en |>aroles, qui soulienntnt et
qui achèvent ce qu'il a si glorieusenieoi
comméueé* Le prince de Mara vas, nouvel-
lement monté sur le trône, était fort attaché
à ses fautes divinités. Les brames , qui
s*éiafent eoiç^arés de son esprit, lui repré-
sentèrent qu*il était assez inutile de relever
leurs temples abattus, slJ ne détruisait celui
du Di»'u des chrétiens, qui faisait déserter
tous les antres. Ils protitiVenldun acciiient
arrivé à un seigneur chj-élien, fort puisvant
h la cour, et premier secrétaire d*Elat, jiour
aliéner tout à fait le prince de notre sainte
religion.
« Ce seigneur, qui fforlait de rargcnt h une
petite armée qu*on avait levée pour donner
la chasse aux voleurs, s*élail engagé ténié-
rair^iment dans les bois avec un(^ trop petite
escorte; il y fut attaqué par une truuî^e /fo
ces vuLurs, qui le dépouihèrenl, bii enlevè-
rent Tardent el lui dootièrent plusieurs coups
de poignard. On le porta lout ensanglanté
dans sa maison où je me rendis au plus vite*
et où je n'eus que le temps de le confesser
avant sa mort. Les brames et les autres en-
nt^mis de la religion ûireM sur cela au
f>rince, que j'avais eu recours à mîHe sorli-
éges pour conserver la vie à cet oflicîer de
sa cour; mais que, par ce« sortiléges-là
mêmes, j'avais avancé sa mort; que s1i eût
été permis aux brames de faire leurs prières
el leurs sacritkfs, THtat n'aurait j^as perdu
Ofi ministre si fidèle. Le prince, infînnuent
sin^ibb' à celte perte, atail une disposition
Baluftlle à croire ces im[>05teurs; â donna
I4S5 Ul
ordre que le lendemain, dès la pointe du
jour, 011 s'assurât de ma personne et dt; mes
catéchistes, qu*on pillât et brûlât mon église,
qu'on m'emprisonnât, quon fouettât mes
catéchistes et qa*oo les mît à la torture : il
défendit néanmoins quan me maltraitât, se
faisant scrupule de violer la parole qu'il
m'avait précédemment donnée de mo maître
sous sa protection. A la nouvelle de ces
odieuses vexations, les néophytes me près-
sf^rent de me retirer; je ne crus pas devoir
céder à leur conseil; je fis appeler viiïgl-cinq
catéchumènes qui se disposaient depuis
longtemps h recevoir le baptême. Après les
avoir entretenus, je Ips remis entre les
mains des catéchistes, afm qu'ils continuas-
sent à les préparer, tandis que je réciterais
mon office.
« A |)eine avais-je ouvert mon bréviaire,
qu'un brame, un capitaine et une troupe de
soldats parurent dans la cour de Téglise; ils
venaient, disaient-ils, p-mr me conduire au
palais, où le prince voulait ra'entretenir.
Nous avons coutume de porter les ot nemenls
d'autel dans des paniers assez propres, faits
en forme de co lires et couverts d*uae peau
de daim ou de li^re; je m*en saisis aussitôt
et je déclarai aux envoyés du t*rince que,
leur abandonnant tout le re!jte,je neptTraet-
trais h jjersoune de toucher aux meubles qui
servaient aux sacrifices queje faisais chaque
jour au Dieu vivant; que mes catéchistes
môme n'y pouvaient pas mettre la main;
qu'ils ^e* gardassent bien d y tnucher» s1ls
ne voulaient éprouver la malédiction queje
lanctTais sur-le-champ de la part du vrai
Dieu, auquel ces meubles étaient spéciale-
ment consacrés. Ces paroles, proférées iTun
toi ferme, les intimidèrent, car il n'y a rien
que les Indiens appréhendent davantage que
les malédictions des gouroux (docleurs spiri-
tuels). <t A la bonne heure, me répondirent-
ils, mais ouvrez-nous ce pugei petti {c'i^st-
à-dire ce ^offre du sacrifice), et montrez-nous
ce qui y est renfermé, aïin que nous en
puissions faire le rapport au prince. » J'ou-
vris le coffre et je leur montrai chaque pièce,
Tune après l'autre. Leur avidit/^ ne fut guère
irriiée ; la chasuble et le devant d autel
étaient d'une soie de la Chine fort commune ;
le calice et le ciboire auraient pu les frapper,
parce que la coupe en éta.l de vermeil doré
et le reste de cuivre doré; mais je tes tins
enveloppés par respect, et Je ne h^ur montrai
que le dessous du pied, qui n'était pas doré ,
de sorte qu'ils nVn firent pas grand cas. Les
chrétiens avaient eu soin de retirer de Féglise
une fjrt belle image de la sainte Vierge et
quelques ornemen s de peu de valeur. Enlin
les soldats prirent les petites provisions de
riz et de légumes, avec les pots et les autres
ustensiles qu*ils trouvèrent dans ma cabane;
ils enlevèrent pareillement deux charges de
riz, qu'un ft^rvent chrétien avait mis à la
porte de Téglise pour tHre distribuées aux
pauvres ; après quoi ils m ordonnèrent de
tes suivre, A penne eûmes-nou» fait quel-
que^ pas, que je songeais û prendr e le chemin
ffe la capitale ainsi qulls me ravalent dit; r*
maïs ils m'en empêchèrent» êD me mont
leur ordre, qui portait de me mettre en pi
à une lieue de Téglise ; c'était le même endroit
où le vénérable Père de Brito, dont la mort
glorieuse vous est assez connue, fut con-
duit il y a environ vingt-trois ans ; ce souve-
nir me remplit de joie» dans respéranceài
même bonheur. Comme ils voulure l «e
renfermer dans un temple d*idoles, bâtid*
briques et assez vaste, je lour répondis qu'ils
me mettraient plutôt en pièces que de m"?
faire entrer» et ques*ils m'y etitraln^^ientior
force, je renverserais toutes leurs idoiei
Cette réponse les fit changer de ûet
ils me mirent dans un réauit fort hi
qui n'était couvert que de pa île et qui n*
terme que par un retranchement* lucontii
après, ils mirent les fers aux pie<Isde
deux catéchistes, et ils firent venir pii
deux cents soldats pour nous garder,
l'appréhension où ils étaient que les
tiens ne nous enlevassent. Je me pi'
auï soldats pour participer aui fers
catéchistes, et je leur dis pour les y
qu'étant leur chef et leur maître, cel
neur m'était d(^ préférahlement Keuîîiîs
me répondirent qu'ils avaient défense éi
mettre la main sur moi*
Le lendemain, ils préparèrent plosienn
poignées de branches de ta marinierSt V^
sont aussi pliantes que l'osier , niiis qîi
étant semées de nœuds, causent beaucM^
plus de douleurs , et ils conduisirent w
deux catéi hisies sur la place pubtiottt;
ils les dépouillèrent tout nus, neleuriii»-
sant qu'un simple linge qui leur e->toufiiE
le milieu du corps* Deux soldats déckaff^
rent de grands coups sur le plus âg^, fi
relevait d'une longue et dangereuse mill^
dio : la force de son esprit suppléa à laùi-
blesse de son corps; il supporta ce tounaiit
avec une constance invincible, pronofiçttt
h haute voix les noms sacrés de Jésus et*
Marie ; et jdus les idolâtres, qui élâien(«^
courus en foule h ce spectacle, lui criai<«l
d'invoquer le nom de leur dieu Cltirm.! *
il élevfiit la voiï pour invofpier
Jésus-Christ. Les bourreaux s'étant
sur cette victime, deux autres prireol
place et exercèrent la même cruauté K
second catéchiste, dont la fermeté et kj
tience furent également admirables,
ce premier acte d'inhumanité, on
souffrir une question très-dou1ourease}|
bourreaux leur mirent entre les daij
chaque main des morceaux de bois
et Us leur serrèrent ensuite les doigts
étroitement avec des cordes; pour
douhiur encore plus vive» ils les
de metire leurs mains ainsi serrées H»
Ja plante de leurs pieds, que K'S boumi^
pressaient ennjre avec les leurs de to*
leurs forces. Quand je vis ces géaéi^ttt cf»
fesseurs entrer dans la prison, je tmt^^
devant d eux, je les embrassai len^en^
leur baisai ensuite les pieds oi les filïO«
d'avoir été trouvés dignes Ue soufliirpW'^
nom de Jésus-Christ*
V. Cependant le brame écrivil an ff^
1459
Ul
Véglise, fît d'abord briser cette inscription,
afin, dit-il, que le nom du Dieu deschrétiens
fût tout à fait anéanti : les matériaui furent
transportés ailleurs et destinés à la cons-
truction d'un temple d'idoles; le reste de-
▼int In proie des infidèles. Le prince était ré-
solu de livrer tous les chrétiens à deux In-
diens de sa cour, qui offraient.de mettre
vingt mille écus au trésor, si l'on voulait
leur donner le pouvoir de tourmenter à leur ^
Ere mes néophytes et de piller leurs maisons,
a chose était presque conclue ; mais le pre-
mier ministre, par un trait de poliligue, sauva
les chrétiens, afin de se sauver lui-môme. 11
craignit d'ôlre recherché sur l'administration
des finances, et il savait que des officiers chré-
tiens avaient en main de quoi le perdre.
Pour leur fermer la bouche et gagner en
même temps leurs bonnes grâces, il entre-
prit de dissuader le prince el de lui montrer
que le dessein qu'il méJita t était contraire
à ses vé. itab es intérêts. Il lui représenta que
pour vingt raille écus qu'il gagera t, il s'ex-
pcserrtil ^ perdre plus de vin^t mille bons su-
iets; qu'il > avait parmi eux u i grand nom-
bre de capitaines et de soldats; que se voyant
peiS^cutés, ils abandonneraient le pays et
ohercheraient un asile dans TEtat voisin qui
était actuellemei't en guerre avec le M^ra-
Tas ; que cette désertion grossirait l'armée
ennemie et entraînerait peutHÔlre la ruine de
Bon Eiat. Ct»s raisons tirent impression sur
le prince, il renonça è son premier prqjet ;
mais il me fit dire, qu'ayant plus de cent
mille chrétiens dans le Maravas, qui tous
étaient disposés à suivre mes ordres, il me
serait fkcile d'en tirer vingt mille écus, somme
modique dont il se conienterait. Toute ma
réponse fut qu'il n'appartenait pas à un
étranger comme moi d imposer une taxe sur
ses sujets; que la loi sainte que j'enseignais
prescrivait 1 obéissance et la fidélité qui sont
duesaux souverains; que je n'avais ni ne vou-
lais avoir aucun droit sur les biens de mes
disciples, et quejene souffrirais jamais qu'ils
donnassent une obole pour aclietcr ma li-
berté ; qu'au contraire, si je possédais des
richesses je les donnerais volontiers pour ol>-
tenir la grâce de mourir dans l'étroite pri-
son où il m'avait fait enfermer. Enfin, après
plus de deux mois de détention, et lorsque
je m'y attendais le moins, un ofiicier suivi
de quatre soldats vint me tirer de ma prison;
il était charj^é de me conduire sur la fron-
tière du Maravas et de ra'intimer l'ordre de
sortir du royaume et de n'y plus rentrer,
sous peine de la vie. Comme c^X ofiicier
devait ^a fortune à un des ]»romiers seigneurs
du palais, qui était chrétien, il ne m'accom-
pagna qu'une demi-lieue au sortir de la pri-
son, e. il me laissa la liberté d'aller où je vou-
dr.iis. » (LeUres édifiantes, p. 377, vol. IV.)
Dans l'aniée 16vh), le P. Lainez revenait
d'un voyage dont le but avait été d'assister
les chrétiens d*Outremelour, lorsqu'on le
soumit à un tourment aussi cruel qu extraor-
dinaire. Le P. Dolu, de la compagnie de J6-
ttis, dans une lettre datée du * octobre 1700,
«ares^éo au P. Le Gob^eni raconte que oo-
UM
tre saint missionnaire avait obtenu daDorej
(seigneur) d'Outremelour la permissioa de
construire une église sur son territoire, ui
environs de la célèbre Cang bouram, dansla
royaume de Carnate. Dn gouverneur, soUi*
cité par quelaues gentils, arrêta le P. Um
et lâcha sur lui plusieurs soldats i grmk
gueule (c'est leur nooi), qui le mordireel a
cruellement que les suites de ces monuieâ
'incommodèrent long-temps.
LA LAND£ (1h bi nheureux), missio^Dure
français, accompagnait le P. Jogues cheils
Iioquois. Le 17 octobre 1646, tous deaib-
rent tués à coups de hache. Leurs tétas fih
rent coupées, exposées sur la palissade du
village, et on jeta leurs corps dans b ri-
vière.
LALLEMANT (le bienheureux Garul),
missionnaire delà compagnie de Jésus, cueil-
lit la palme du martyre dans le Noufeau-
Monde, avec le P. Jean de Brébeuf, delà Be-
rne compagnie. (Voy. l'article BBÉuuF,pour
plus de détails )
LAMBERT (saint), fît martyrisé à Sm-
gosse. Nous ignorons les détails de son Bl^
tyre. Il est inscrit au Martyrologe romaiak
16 avril.
LAMHERT (saint) , érèque de Maestricht
et martyr, était né d'une illustre teilb
dans la ville même de laquelle il ftit depni
nommé premier pasteur. Il avait ea le bM-
heur d'avoir des parciits non-seulenH
chrétiens , mais encore très-fervents, iûsà
Tbéodardt successeur de saint Remacieyabbé
de MalmeJy et de Stavelo, avait été firoiM
à Tévéché de Maestricht ; ce fut entre tes
mains que les parents de notre saiiU le pi^
cèrent, le chargeant du soin de son éduct-
tion. Ce saint évoque, plein d'atfection fww
son jeune élève , ne négligea rien pour fw^
mer son esprit et son lœur. En 669, saiit
Lambert eut le malheur de perdre son nui-
tre. Théodard s'éiant mis en route pour it-
1er trouver en Austrasie le roi Childéric IL
atin d obtenir de lui la restitutioD des bien
de son église, que des seigneurs poissait»
dans le pays avaient accaparés» fut tué jmt
ces usurpateurs» dans la forêt de Benalt(r«f
son article). Lambert fut choisi poar succé-
der à son maître. Ce ne fut qu*avee cha^
et en tremblant qu'il accepta Tépiscopai,
craignant, comme tous les saints, de ne ptf
remplir dignement cette fonction, si bamt
et SI pleine de périls. L'Austrasie, gosbk
nous venons de le diie, obéissait à C^Mt-
rie IL qui avait Wulfoade |x>ur maire «hift-
lais. Thierri III régnait en Neustrie et '^
Bourgogne ; Kbroin avnit pris sous ce priiez
la charge de maire du palais; mais le roi et
son ministre se rendirent bienIcM si odk»^
par leur cruauté et leur tyrannie, qu'on !«
révolta contre eux : ils furent classés.
Thierri fut enfermé à Saint*]>en*s, EtKtNoi
Luxeuii. Childéric II, qui d'abord avait ^
verné avec beaucoup de stL^^esse , ne ^
voyant plus d'ennemu à craiodre , deviit
lui-môma un tyran uxéorabie, s'abaadeflWB'
à ses passions eff^éoées, et foutaotaoïp^
tout ce qui était saint et saeré.
€30» SDérofa: à
le
pas. nôÂxrer
4e Mrfie , for b FrofKîotide. «f*n la
de tÔ^t, en SO, soos le rêsoe defeai.
K;!i% le mart jre des sûrU ficfre. ^nL JUh
dré <C Denise. Ce Coi le prcKomnl OiAiaai,
saceuKor de QuiiitiîîeiL. qui îes coodaauB.
Fi^ol eC André avaiem 4qâ saobî «n inlefr»-
Saloîre, qupd b mpalKe se so«levia*ii, c»-
toora la maisoa dn proeo-osn'. demandantà
grands cris qu'on loi lÎTFlt les saints sar-
trrs. Os forent de noorcna interroeés , cl
ajanl été lÎYTés à ce penfile Conçue ils fii-
fent bpîdés par fan hors de b rille.
LASuRES, JjirftBiafMaMw, pois fwfafr,
▼iUe de France Vante-Maroe , jadis capitale
des XtafMKff . Cest dans cette Wlle qae. soos
le règpe de refliDcreur Marc-Aarue, saiitf
Spensippe, saint Beosîppe et saint Melennp-
pêv tons trois frères et jwneanx^ furent misa
mort par Tordre des nagistrats^qu se dob-
niaient Qnadrat, Pdmare et Hermogène.
Les deux greflan qoi les asâstai^nt se con-
▼ertireHty en ymjwA le courage des saints
martjTS et en entendant lenrs discours. Le
premier, qui se nommait Néon . fut bpîdé
pour aroir renrersé et brisé, dans un saint
accès d^indignatîon, b statue de Némésîs: b
second, qui se nommait TartMKi,fiit pris
par les persécuteurs , et termina ses jours
par un glorieux martjre , mais sur bqud
on manque de détails'. En ill, les bartiares
a^nt lait une inrasloo dans les Gaules, mar-
coaieut sur b rUle de Lan^^s. Saint Didier,
qui en était é^èque. Tint au-derant d'eux
arec tout son der^, afin d'intercéder pour
son troupeau , mais les barbares le massa-
crèreuî ^vec tous ceux qui raccompagnaient.
(Voy. DiDiEm.)
LAODICE, était préfet de Rome sous Tem-
pereur Dioclétien. 11 est connu dans les an-
nales des mart/rs par les souj^raoces qu'il
fit endurer aux 'saints Maur et Papias.
LAODICE , était proconsul sous Tempe-
reur Dioclétien. 11 lit endurer plusieurs tour-
ments au prêtre Mace, <iui confessait coura-
geusement la religion chrétienne.
LAODICÉE. Le Jlartyrologe romain dési-
gne par ce nom seule'ment , sans préciser
davantage , le lieu où fut martvrisé , sous
Marc-Anrèle, saint Sagaris, éréqùe. 11 existe
tant de rilles de ce nom (quatre) que nous
ne pouTons saroir de bqueile il est ques-
tion.
LARGE (saint) , l'un des compagnons du
saint martyr Cyriaque , diacre de FEglise
romaine, mourut en 303, à Rome, sur la Toie
Salaria^ où il fut enterré. Ils furent Tin^t-six,
cbns le même jour, mis è mort au même en-
droit. LT^ise célèbr.î leur fête colleclire le
jour de leur translation, qui eut lieu le 8
août, r Foy. Cteiaock. Toy. aussi Fabbé
Grandidier , Histoire de rÉglise de Siras-
bourg. )
LARGE (saint), souffrit le martjre à Aqui-
bée, arot aaint Hilaire , éTèçine, et les saints
Tatien, diacre, Féiii et Denis. Leur sacrifice
eut fieu soos Fenipîre de Numérien, et sous
b présdent ItoMoe. On oe dit pas quel fut
au juste leur genre de mort. Il est certain
qu ib subirent b peine du cheTalet et di-
Ters autres tourments. L^E^ise tait leor
fite b li mars.
LAIGH>?I (saint), reçut la palme do mar-
tjre à Augsbourg , arec les saints Qoiria-
que, Creseentien, Ninge, Julienne et Tingt
antres dont les noms sont ignorés. Le mèoM
jour et dans b même Tille , sainte Hilarie,
■ère de sainte Afre, martjre, qui Teiliait an
loafacau de sa fille, fut, pour la foi de Je-
sos-Chffîst, brûlée au même lieu par les per-
sécuteurs, aTec Bijgs^, Euprépie et Eunomie,
ses serrantes. L nglise fait coUectiTemeDt
leur idoriense mémoire le 12 août.
LAIOCHEFOIICACLT (FnAUçois-JosEPH,
et Pnumc-Locis ne), érèques de Saintes et
de leauTais, étaient deux frères. Ils furent
arrêtés tous deux dans leur appartement
Les rérolutionnaires en Toulaient spédale-
meat à réréque de BeauTuis, et laissèrent la
Uberté àjcelni de Saintes ; mais il leurdit :
€ Mesneurs, j*ai touiours été uni à mon
frète de b plus temue amitié ; je le sois
encore plus par mon attachement a la mène
cause. Puisque son amour pour b reli^on
et son horreur pour le parjure font tout UA
^îme, je tous supf^e de croire que je ne
suis pas moins coupable. Il me serait d*aii*
leurs impossible de Toir mon frère ooudnit
en prison et de ne pas aller lui tenir corn»-
gme; je demande a j être emmené arec loi
et à partager son sort, b Cet aimable et bé-
roîque prélat conserra dans sa prison to-
loitaire toute sa gaité habituelle. Toujoan
riaat, toujours préTenant, il se plaisait sa>
tout arec son firere, è accueillir les nouveam
prisonniers avec uoe bouté, avec des at-
tentions qui bientôt faisaient oublier 1
ceux-ci toutes leurs peines. *
Quand les rérolotionnaires eurent eofooct
b porte du jardin des Carmes , un graol
nombre de prêtres se réfugièrent dans b
petite chapelle. Là, attendant la mort dans
un profond silence, ils offraient à Dieu leur
dernier sacrifice. Les brigands déchargèrdt
sur eux leurs fusils et leurs pistolets à in-
Ters les barreaux. Les Tictimes tombaient
les unes sur les autres ; les rivants éuieat
arrosés du sang de leurs frères moarant&
L'éréoue de Beaurais eut la jambe fracassée
d*une balle et tomba comme mort
Cependant arriraieot d*autres assassins,
et arec eux un commissaire de la section.
appelé Viclet, qui appebit les prêtres dans
Téglise, leur promettant qulls y seraient e&
sûreté. Ce commissaire faisait de grands ef-
forts pour en fermer rentrée aux brigands
qui rugissaient autour comme des tigres al-
térés de carnage. Tout à coup il se fut on
silence inattendu; c'était TéTéque deBeas-
Tais» la jambe fracassée d'une balJe, que ses
propres.assassins apportaient arec une es-
pèce de compassion et de respect ; ils \f
déposèrent dans TégUse sur oes nutdas
i465
LAD
LAU
1469
' comme sMls eussent voulu le guérir de ses
^ blessures. Son digne frère, Téfêque de Sain-
^ tes, ignorait encore son sort. En entrant
^ dans le chœur, il avait dit : « Qu'est devenu
^ mon frère? Mon Dieu, je vous en prie, ne
> me séparez pas de mon frère ! » Averti par
I un des prêtres, qui avait entendu ces paro-
les, il courat à son frère et Tembrassa ten-*
I drement. Les victimes étaient encore au
I nombre de cent. Le commissaire obtint qu*on
I ne les égorgerait point dans Tégtise; il
t établit sorr bureau près d!une des sorties.
! Pour toute preuve que chacun des prêtres
: devait être mis à mort, les brigands deman-
dèrent : « Avez-vous fait le serment ? —
I € Non, répondirent 'les prêtres. » Un d'en-
tre eux ajouta : « 11 en est parmi nous plu-
sieurs à qui la loi même ne le demandait
pas, parce qu'ils n'étaient point fonctionnai-
i res publics. — C'est égal, reprirent les bri-
gands, ou le serment, ou vous mourrez
tous! » Les victimes défilaient devant le bu-
reau du commissaire, qui prenait leurs
noms. Les prêtres étaient en prières dans
l'éKlise ; à mesure qu'ils étaient appelés, ils
se levaient et allaient tranquillement à la
mort, les uns en disant leur bréviaire, les
autres en lisant l'Ëcriture sainte, d'autres
enfin répétaient ces paroles du Sauveur
crucifié : Seigneur^ pardonnez-leur^ car ili
ne savent pas ce qu'tli font ! Parmi les der-
nières victimes furent les deux frères de La-
rochefoucault , évoques de Saintes et do
Beauvais : le second, ayant la jambe fracas-
sée, pria les meurtriers de l'aider à se ren-
dre au lieu où ils l'appelaient ; ce qu'ils lui
accordèrent, en le soulevant par les bras,
avec un reste d'humanité, de respect même. »
(Rolirbacher, Hist. univ. de rEglise, p. 519,
passim.)
LAUDANSKI (l'abbé), religieux basilien,
fort âgé, fut une des victimes de l'atroce
persécution que le czar Nicolas fit subir en
1837, à tous les calholiauos qui ne voulaient
point abandonner leur foi pour embrasser la
religion russe. Il avait été renfermé avec des
religieuses basiliennes dans un couvent en-
levé à d'autres religieuses, pour passer en-
tre les mains d'une communauté deCzernice
ou Filles-Noires, recrutées parmi les veuves
de soldats russes et les filles de mœurs dé-
réglées. Ces filles passaient leur temps à
s'injurier, à se battre, à boire de l'eau-de-
vie l't à martyriser leurs malheureuses vic-
times. L'abbb Laudanski que les FUles-Noi^
res employaient aux travaux les plus rudes,
ayant succombé un jour, sous une charge
de bois, fut, en présence des religieuses,
frappé si violemment h la tête par un diacre,
qu il expira aussitôt. {Voy. l'article BIieczys-
1.AWSK.A.)
LAURAGAIS, petit territoire du Langue-
doc, où vers les commencements du règne
de Dioclélien, c'est-à-dire à la fin du m*
siècle, saint Papoul, disciple de saint Satur-
nin de Toulouse et compagnon de ses tra-
* vaux évangéliques, fut martyrisé. {Voy, Pa-
POUL.)
LAURE (saint), était tailleur de pierres en
Illyrie. Il souffrit le martyre avec un de ses
compagnons nommé Flore. Ces deux illus-
tres combattants de la foi, après le martyre
de leurs maîtres saint Procale et saint Maxi*
me, ayant enduré divers tourments, furent
jetés dans un puits profond sous le prési-
dent Licion. L'Eglise fait leur fête le 18
août.
LAURENT (saint), prêtre, fut martyrisé k
Novare avec des enfants dont on lui avait j
confié l'éducation. Nous ignorons l'époque
et les différentes circonstances de son mar-
tyre. L'Eglise honore sa sainte mémoire le
30 avril.
LAURENT (saint), diacre et martyr, mou-
^rut sous le règne de Valérien, peu de jours
après le pape saint Sixte, qui lui avait pré-
dit, en marchant au supplice, qu'il ne tarder
rait pas à le suivre. Ce saint pape l'avait
fait archidiacre de l'église de Rome, et lui
avait confié, avant de mourir, le soin du
troupeau qu'il quittait pour monter au ciel.
Nous copions ses Actes dans Ruinart. Ils ont
été donnés en vers par Prudence : ordinai-
rement cette forme prête aux embellisse-
ments, à i'exasération. Nous ne croyons pas
3ue cette fois l'auteur ait abusé du privilège
es poètes.
« Rome, qui durant tant de siècles as ren-
fermé dans ton enceinte un peuple d'idoles,
et qui par un heureux changement, n'es
!)lus assujettie qu'à Jésus-Christ, si tu le
àis maintenant triompher de leur culte im-
pie, c'est en suivant les traces de Laurent,
son illustre martyr. Souviens-toi du temps
que tu mettais ta gloire à renverser des
trônes et à faire porter des chaînes à des
rois; qu'il t'est bien plus glorieux d'avoir
abattu les temples où régnait l'idolâtrie, et
d'avoir donné des fers aux dieux mêmes I
Mais il manquait quelque chose à ton bon-
heur : c'était de pouvoir mettre aux piods
de Jésus-Christ leur souverain, l'infâme Ju-
piter. Tu l'as fait, non par la force des ar-
mes ni par la valeur d'un Cossus, d'un Ca-
mille ou d'un César, mais par le sang du
généreux Laurent, de ce jçune héros, qui
en mourant l'a fait vaincre. Ce fut la foi qui
combattit avec lui, et ce fut par elle qu'il
remporta la victoire ; mais il lui en coûta la
vie, et ce ne fut qu'en mourant qu'il put
triompher de la mort. Le grand prêtre Sixte
l'avait prédit du haut de la croix où il était
attaché, lorsque voyant Laurent qui en bai-
ffnait le f)ied de ses larmes : « Cessez, mon
frère, lui dit-il, cessez de pleurer; dans
trois jours vous me suivrez : je ne fais que
vous montrer le chemin. » Les dernières
paroles de Sixte furent pour Laurent un pré-
sage assuré de la victoire. Le jour prédit
par le saint pontife parut, et lui apporta
une couronne. Quelle voix assez forte pourra
chanter une mort si glorieuse ? de Quelles
louanges pourrai -je en rehausser 1 éclat 7
Mes vers, serez-vous dignes de cet honneur?
« Entre les sept lévites qui approchent le
plus près de 1 autel , Laurent tenait lo
premier rang par son mérite; il était le
chef des gardes du sanctuAv^^^N»^ ^^^&>2«^
1467
LAU
lAU
Ml
»
en étaient confiées, et on l'avait choisi pour
être le dispensateur fidèle des riches otiran-
des que la pieté consacrait chaque jour aux
pieds des autels. Rome avait pour lors un
gouverneur que la cruauté et l'avarice pos-
sédaient également. Ministre inhumain d'un
maître furieux, et vil esclave d'une passion
basse, il ne songeait qu'à amasser de l'or et
à répandre du sang, sans qu on pûl savoir
s'il était plus avare de l'un que prodiçue de
Tautre. Il pense en lui-même de uuelLî ma-
nière il pourra se rendre maître des trésors
''u'il croit renfermés dans les lieux sacrés.
I fait citer Laurent devant lui ; il le presse
de lui livrer le riche dépôt, et cet amas do
pièces d'or que son imagination lui grossit.
« Je sais, lui diî-il, que vous vous plai-
gnez, vous autres chrétiens, qu'on vous
traite avec trop de rigueur, et qu'on n'épar-
gne guère votre vie. Eh biea 1 cessez de
▼ous plaindre, cessez de nous reprocher no-
tre dureté. Vous voyez avec quelle douceur
je TOUS parle et que je n'emploie que des
Srières pour obtenir de vous ce que j'aurais
roil d'exiger d'une autre sorte. Répondez
donc à mon honnêteté, et donnez de bonne
srAce ce qu'on vous demande avec civilité,
L*on dit que vos prêlres ont coutume de se
servir Je vases dor pour faire Ivs libatiOi.s;
qu'ils reçoivent dans des coupes d'argent
le sang encore fumant des victimes, et
que les lieux où vous offrez vos sacrilices
sont éclairés par un grand nombre de flam-
beaux de cire, que des chandeliers d'or sou-
tiennent. Outre cela, nous savons de bonne
part que les frères (car on dit que c'est ainsi
guo vous vous api>elez], que les frères, dis-
je, n'ont point de plus grande ioie que
de se dépouiller de leurs biens, de veudro
leurs fonds et leurs domaines, et d'en porter
le prix aux pieds do vos pontifes; et cela
monte, dit-on, à des sommes immenses.
Souvent même le (ils, déshérité par la dévo-
tion mal réglée de ceux qui l'ont mis au
monde, voit avec douleur vendre le patri-
moine de ses aïeux, et, réduit à la dernière
misère, gémit d'avoir un père trop homme
de bien. Quel abus I L'on croit honorer la
divinité en iMant le nain à ses propres en-
fcnts, puur enrichir aes étrangers. Je suis
Informé du lieu où Ton t.ent toutes ces ri-
chi'sses sous la clef, vous en êtes le déposi-
taire ; il faut que vous me la remettiez en-
tio les mains, et que vous m'ouvriez ce ré-
duit obscur où sont cachés ces monceaux
d or et (i argent an:umuiés par des voies per-
nicieu.ses et par des prestiges encore plus
noirs que n'est le caveau qui les renferme.
LEtnl en a besoin, le public les redemande,
et le trésor épuisé les attend pour fournir
aux frais de la guerre, et pour payer aux
soldats plusieurs montres q«ii leur sont dues.
Ainsi vous accomplirez à la lettre une de
Tos maximes, qui vous ordonne de rendre
à chacun ce qui lui appartient. L'empereur
jercdemande que ce qui lui est dû; il
wmve son image sur votre or, n'est-il pas
•n droit de la rei)rendre ? Et vous n'ignorez
pis ^ on aoit rendre à César ce qui e3t à
César. C*est encore un de tos dogmes : cv,
si je ue me trompe, votre Dieu ne fait pu
nattre monnaie, et je ne Cfx>is pas qu'il ut
apporté beaucoup de philippes d or, lors-
qu il est venu sur la terre : il était très-riche
en beaux discours, mais pour Targent, il
n'en était pas fort chargé. Faites voir aa
monde que vous mettez les premiers ea
pratique ce que vous prêchez aux autres,
et que vos actions sont a*accord avec vtis pa-
roles : soyez opulents en maximes, j'jcuq-
seus ; possédez de grands trésors de saiiH
teté, je ne vous les envie pas ; mais défai-
tes-vous de ces trésors corruptibles, el qui
sont si peu dignes de votre attache.
« Lorsque le préfet eut cessé de parler • le
saint diacre lui répondit sans s émouvoir
au*il était prêt à lui obéir : qu*à la Térilé
1 Eglise possédait de grandes richesses ; que
répargne de Tempereur» tout maître du
monde qu'il était, en contenait beaucoup
moins, quoique toute la monnaie qui avait
cours dans Tempire tài à son coin. « Je ne
refuse pas, ajouta-t-il, de vous livrer lelri-
sor duDieuqueJ*adore, qui, sans faire tort
aux autres dieux, est incomparablement
plus riche qu'eux ; je n'en détournerai riei;
et comptez nue vous verrez tout. Je ne vous
demande qu un neu de temps pour faire irn
mémoire exact ae tant de précieux meubles,
et pour dresser un état des diverses espèces, i
« Qui pourrait exprimer la joie que res-
sentit le préfet à cette promesse qui flat-
tait SI ai$reablement son avarice 7 La douce
espérance de posséder hientôl ces immenses
trésors lui avance le plaisir de la jouissance:
il destine déjà dans so i logis un lieu fH)ur
le placer sûrement. Enfin le terme des trois
jours est donné au saint diacre, et il est reth
voyé absous sur sa parole, loué, caress?,
comblé d'honneurs. Durant cet intervalle,
il parcourt toute la ville, et, ramassant toui
ce qu'il trouve de mendiants et d*invaliJô,
il eu forme un groupe : il met à la tête hi
aveugles, qu'il arme d*un bâton, non four
combattre, mais pour se c-nduire. Les b«.»>
teux viennent ensuite d'un nas lent et iné-
gal ; les uns dont les genoux sont disloqués,
traînant avec peine leurs jambes inuîiles
sur la terre ; les autres n*en ont que debout
ceui-ci en ont une plus courte que Tautn?,
parce que le pied y manque, et ceux-là, ré-
duits à la moitié de ce qu ils furent autr^is.
paraissent moins des hommes q^e dd
Dustes. Les manchots marchent apr^;*^
ne font qu'un môme corps arec ceux qi*
sont couverts d'ulcères. Tous sont cornu?
de Laurent, et tous le connaissent. L'Egb^
qui les nourrit laisse aux diacres le soin i?
pourvoir aux besoins de chacun d>ax -?-
particulier ; il en fait la revue, il écrit «i<-
tement leurs noms, et il les place m denii
de Téglise sur une même ugne, mais f.:*
étendue.
« Le jour qui semblait au préfet si looé
à paraître, avait enfin paru, et commença
même à pencher vers son décKn, et à f i'^^-
dans Tâme avare de ce juge une ftir^ur in-
quiète, n demaude le diacre, Û le iitit dff-
lUd
LAU
LAD
14;ft
I
¥
cher ;on le trouve, on le lui amène \ il est
somrné cIb tenir m pfirolo. tt Je suis prêt à
l'accomplir , dit le Siùnl martyr, tloinez-
vous seuierDent la peine» seigiieur, de nm
suivre. Veneii et vous serez surprii en
voyant les richesses cpie notre 0*eu pos-
sède : j ai tout fait mettre t>ar ordre, \ ous
verrez u i grand vesiibole tout rempli do
vases d*or, et de lon^soes galeries où sont
rangés par piks les talents, les mines, et les
seslerces. » Laurent marche le preruier,
l'irapat ent gouverneur le suit^ on arrive au
sacré portique, et Ton n'y trouve qu*uno
troupe de pauvres qui semblent avoir ras--
semblé en un mi^me lieu toutes les misères
humaines. Un bruit laniejUabla s^élève tout
h coup au milieu de ces malheureux ; ils
imnlorent d'un Ion de voix lugubre et
mêlé de san-^lots et de cris, le secouis des
assistants. Le préfet en frémit trhorrour; et,
lançant sur le saint diac re un regard luena-
çanl, il jolt' la terreur dans tous les esprits,
hors dans celui qui seul <loit craindre. Mais,
au contraire, se tournant vers le [«rélel: « Eh
quoi I seigienr, Ini dit-il, vous seiubïez vous
troubler; trouvez-vous ici quelque chose qui
vous blesse? Ces haillons, ces plaies, ces ul-
cères . tout cela vous jiarait-il si peu consi-
dérable? Cet or que vous recherchez avec
tant Ue passion, qu'est-ce autre chose qu'un
peu do boue cnite par le soleil, et irrée des
entrailles de la terre jiar des crioiineLs» ou,
lotit an plus, un peu de sable qu un tleuve
roule sur son lit bourbeux, et qui <loiÉ le
faible éclat dont il brille au feu qui le fmri-
fie ? Mais de quels crimes n est point capa-
ble ce métal iïdbrluné? Il dresse des embû-
ches à la pudeur ; il n a aucun égard h la
di.^nité dfs juges, et il attaque sans respect
leur intégrité ; il rompt la naii la mieux éta-
blie î il corrompt la tid élite la mieux éprou-
vée ; les lois, même les pins saintes, ne sont
pas en sûreté devant lui. Pouvez-vous aimer
ce r|ui est le poison mortel de la gloire?
Mais si vous voidez que je vous f^sse voir
U'i or pur, un or véritablement r^récieiix, le
voilà (levant vous ; jetez les yeui sur ces
corps accablés de maux; c*est parnjî ces
oiaux que Tâme conserve une santé parfaite.
I^orsque la douleur affaiblit, abat, détruit le
corps, l'esprit se fortitie, s'élève, se perfec-
tionne î mais si le corps reprend sa vigueur,
Vesprit en même temfis perd la sienne. Oui,
fi'ii m'était permis de hive nn choix, je
laisserais défigurer mun corps, f»ourvu que
mon lime ne i^erdtl rien de sa buanté. Il n y
d pour cela qiih comjmrer les nmhidicis de
Tâme avec celles du corps, et les chrétiens
avec ceux qui ne le bOiX pas. Les t)remiers
portent souvent dans un corps languissant,
et dont les traits sont h demi elfacés, une
ôuie tout* belle, sans aucane tarbe, sans I©
moindre défaut; les derniers cachent presque
toujours dans un coijis rempli de loree et
d'embon.ioint une âme inf :clée de lèpre, à
qui Terreur a fait perdre un bras, et la fraude
les deai yeux. Voulez-vous, seigieur, que
îe vous fasse voir ces grands du siècle, ces
boomies qui font dans le monde une si belle
a
figure? Tout brille chez eut, une mme haute,
un visage lleuri, un habit uiagnilique ; le
croiriez-vûus? il n'y a rien en ces hommes
de réel î tuut a y est que tiction, tout n*v est
qu^apparence, tout y est fitux : grandetrr,
binante, richesse; mais, en eifet, ils sont plus
abjects, plus malades et plus pauvres que
tous ceux qui sont ici, et qui vous font iaot
d'iiorrenr; rien ne m'est plus facile que de
le prouver. L or et la soie dont l'uii est cou-
vert, et le char superbe où il est traîné, lui
etillent le cœur ; vôilà Fhydropisie formée
au dedans, et qui, venant a répandre son ve-
nin dans râme,y ivroduit une enilure mor-
telle. L avaritre cause à cet autre une con-
traction de nerfs ; ses rnaius se sont rétrô-
cies ; ses doigts se sont retirés, il ne peut les
étendre. L'impureté couvre Târne de celui-ci
d'un ulcère iufect : on le voit aller» en cet
état qui fait bondir le cueur» dans tous les
lieux de prostiluion, pour y mendier une
sale volufité; l'âme de celui-ià est hrùice
jour et nuit de k soif ardente de llionneur;
c'est une tièvre maligne qui allume le feu
dans ses veines. Un autre a un sang brûlé,
qui lui cause une continuelle démangeaison
e parler; il ne peut rii u taire. Ne peul^on
pas dire que son ârne est travaillée d'une
gale spirituelle? Do autre a dans Vàme une
tumeur livide; c'est Tenvie qui la produit.
La médisance eolin forme d.ms Tâine de ce
dernier un cnncer qui ne se nourrit que de
la réputation d'antrui. Vous-même, seigneur,
à qui Kome obéit ; vous, qui adorez les dé-
mons et méjjrisez le vrai Dieu, vous, dis-je,
vous êtes attaqua* du mal royal. Au reste, ces
pauvres qui sont l'objet de votre métiris, et
dont Ja misère, hicn luin de vous toucher»
nu fait qu'exciter en vous un orgueil dédai-
gneux et une délicatesse outrée; ces hom-
mes, le rebut des autres hommes, abandon-
neront bientôt leurs membres h demi pour-
ris; dans peu on les verra se dépouiller d'une
chair sujette à la corruption, et, décliargés
de ce Dirdeau incommode, prendre leur es-
sor vers le ciel, pour y être revêtus de lu-
mière» Ces méchants habits, dorU Todéur
fi>rte saisit et blesse votre odorat, seront
changés en vêtements de pourpre, et d^s
couronnes d'or orneront leurs tètes. Mais,
s'il m'était jiermis en même temps de retirer
du ioEid de l'abime ces grands du monde, ut
ii\: les faire paraître à vos yeui, quel specta-
cle d horreur pour vous, quel sujet de con
fusion pour eux l Vous les verriez h demi
nus ; UTie salive acre et corrosive leur coule
do la bouche, leurs nannes sont devenues
des égoùts, d'où sort un sang no^r et cor-
rompu , et leurs paupières, j^iuiles [>ar une
humeur gl«ianle qui in distille sans cesse, ne
sont pli*s que les tombeaux de leurs yeux
éteints Sac ez, seigneur, qu'il u*y a rien de
plus hofrdile a voir qu'une âme d ns le pé-
ché; la lèpre la plus invétérée n'a rien qui
en approche ; c'est un ulcère qui renaît lou-
jours, et qui ne se ferme jamais, et renier
n'exhaîe point de vapenr plus mortelle. Cette
âme qui, pendant qu'elle animait le corps où
Je ciel Tavait attachée, nourrissait, pour amsi
1
I
Wi
LAU
LâU
im
dira, ses yeux de la beauté des objets, n'en
rencontre plus que d'affreux, et elle en de-
Tient un qui représente la taideur même.
« Eh bien 1 seigneurie tous ai tenu parole ;
j'ai étalé à vos yeux les trésors de Jésus-
Christ, je les remets entre tos mains ; les
▼oilà; mais des trésors qui ne craignent ni
la violence du feu, ni les surprises des vo-
leurs. Et afin que tous connaissiez quelle
est la grandeur et la magnificence du Dieu
que nous serrons, je veux bien encore y
aiouter ses plus belles peries : elles sont
a*une eau admirable, et leur éclat éblouit.
C'est ce chaste et innocent troupeau de vier-
ffes que tous voyez ; ce sont les joyaux de
l'Eglise, l'épouse de notre maître; elle s'en
pare parce gu'elles sont nos richesses : accep-
tez-les, seigneur ; elles peuvent serTir plus
Sue toute autre chose h rembellissement de
lome, porter Tabondance dans les coffres
de Tempereur et dans les TÔtres. »
« On nous joue donc ainsi ! s'écria le gou-
verneur frémissant de rage; on ose nous
tourner en ridicule en notre présence, et
l'insolent respire encore ! Tu t'applaudis de
tes belles figures, et tu crois sans doute que
j'aurais écouté, sans aucun ressentiment,
celte longue suite d'impertinences outra-
geuses et ce tissu de mauvaises plaisante-
ries dont tu n'as pas craint de lasser ma pa-
tience? Tu fais le bouffon; j'ai moi-même
donné lieu, par ma douceur et i>ar ma mo-
dération, à tes railleries fades, et tu as cru
pouvoir à mes dépens diTertir cette belle
assemblée. Tu penses apparemment que les
faisceaux de verges qu'on porte devant moi
ne sont tout au plus qu'une vaine marque
de puissance, cl que les haches de mes lic-
teurs ont le tranchant émoussé. 11 faut que
tu comptes beaucoup sur ma clémence, ou
que tu te sois mis dans l'imagination que je
n'ai ni la volonté ni le pouvoir de punir ton
impudente témérité. Tu médiras sans doute
S[ue tu ne crains pas la mort, et qu'elle doit
aire le plus doux des vœux d'un martyr.
Je sais que c'est là la sotte vanité dont vous
autres chrétiens vous vous laissez entêter;
mais n'aUends pas que je satisfasse mon
envie de la manière que tu te l'imagines.
Une mort prompte te ferait trop de plaisir,
et no me venj^erait pas. Je retiendrai ton
âme entre la vie et la mort ; et parla lenteur
des tourments que je te ferai endurer, je
l'arrêterai toutes les fois qu'elle voudra sor-
tir de ton corps : en vain tu appelleras la
mort à ton secours, elle ne viendra finir tes
douleurs que lorsque je lui en donnerai la
permission. Qu'on allume un feu lent, qu'on
ait soin d'en tempérer l'ardeur, de crainte
que la flamme s'elevant ne lui entre dans
la bouche, et n'aille donner au cœur une
mort trop précipitée; que les charbons com-
mencent à perdre leur force, et que leur
chaleur n'agisse qu(î faiblement et peu à peu
sur les membres h demi brûlés. J'ai de la
joie que le chef de ces conteurs de mystères
«oit tombé entre mes mains, il servira du
moins d'exemple aux autres. Monte, misé-
rable, monte sur ce lit de fer, il est digne
d'un scélérat tel que ta es; et ïk tu pourras
me soutenir à ton aise qae Yulcam n'est
qu'un dieu imaginaire, b
c Le préfet avait à peine acbeTé de parler,
Sue deux bourreaux se mettent en devoir
e dépouiller le saint martyr de sa tunique;
ils le couchent sur ce funeste lit, ils Yj
étendent, ils l'y attachent. Cependant des
rayons de lumière environnent sa tète sa-
crée : tel parut autrefois le grand législateur
des Hébreux, lorsque, descendant de la
montagne, il se présenta devant eux ; mais
ce peuple, qui durant son absence s'était
souillé par l'adoration du veau d'or, ne put
soutenir l'éclat qui rejaillissait de son visage,
qui n'était toutefois qu'une légère trace de
gloire que la présence de Dieu y avait im-
i)rimée. Tel aussi parut aux Juus Etienne,
e premier martyr, lon^iue mourant pour
JésuM^hrist, il ne vojrait plus le ciel qu'à
travers une nuée de cailloux. Au reste, cette
lumière surnaturelle qui partait du visage do
saint diacre n'était aperçue que de ceux qui,
purifiés depuis peu de jours dans les eaui
salutaires du baptême, avaient reçu de Jé-
sus-Christ le privilège de la voir ; mais die
était cachée aux infidèles, dont les jeui,
couverts d'un voile énais, étaient plonge
dans les ténèbres de l'impiété. C'est ainsi
que le peupie de Dieu jouissait de la clarté,
tandis que les Egyptiens étaient enveloppés
d'une nuit obscure. La môme différence se
trouvait à l'odeur qui s'exhalait du corps da
saint diacre; c'était pour les païens une
odeur insupportable, et pour les chrétiens
un parfum exquis ; et le môme air qui pcx^
tait à l'odorat des premiers la vapeur venge-
resse et mortelle d'une chair qui se fond sur
le feu, faisait en même temps sur celui des
derniers une impression douce et agréable.
Ainsi le fnu éternel éclaire les élus et briïk
ks réprouvés.
« Le feu, quoique lent, n'avait pas laissé
de faire son effet sur le corps du saint, et.
pénétrant insensiblement les chairs , ei
avait cuit une partie ; alors Laurent, se re-
levant un peu sur le gril où il était étendu.
« Je crois, dit-il au juge, qu'il faudrait roc
retourner sur l'autre côté ; je suis assez rî^ii
de celui-ci; faites-en IJessai, et voyez si to-
tre Vulcain vous a servi à propos. » Le goo-
verneur commanda qu'on le retournât; et
uelque temps après : € H est comme il fcul
it le saint martyr; mandez hardiment, et
goûtez si la chair des chrétiens est meilleure
rôtie que crue. » Puis, levant les yeux îû
ciel, au môme instant que son cœur et 5î
pensée étaient tournés vers Rome, il s km
en soupirant : «O Jésus! seul Dieu de I uni-
vers, lumière éternelle, auteur de tout«
choses, c'est vous qui avez donné à Roie
tous les sceptres de la terre, qui avez vouii;
que le monde entier reconnût sa puissance
et fût soumis à ses lois; que toutes les lo-
tions, quoique diverses de mœurs et de lar-
gues, fussent réunies sous un seul chef. ^
offrissent les mêmes sacrifices ; mais tox»
aviez vos desseins.
« Ces desseins, souvent inconnus, ioiQOon
a
14TS
Ut)
UM
!0
^
toujours le protecteur et le père de ceux de
cflte^ ville cél(^hreqoe vous avez élevés avec
tant de soin. Mais parmi ceux qui implorent
votre seroofs, un poêle de caoi pagne pcjur-
raiï-il espérer de vous faire entendre ses
vœux et ses gémissements? Obteiiez-lui'eri
11' pardttii. Je sais qu'il ne mérite pas que
Jésus-Christ lui-raèiue daigne Técotiter ; il
D*ose pas non plus s'adresser à lui ; mais
il compte beaucoup sur votre intercessiou*
Soyez donc favorame, grand saint, au pé-
cheur Prudence, »
Nous donnerons encore ici un extrait des
Offictê de saint Ambroise, où il est parlé de
saint Laurent, Hv, i, ch, ki.
* Saint Laurent, voyant que Ton coodui-
sait au supplice saint Sixte, sonévéque, se
mit à pleurer, non de ce que ce sairit pape
allait mourir, raaisdocequ*il ne mourait pas
avec lui. « Oiîi allez-vous, lui disait-il, mon
cher père, où allez-vous sans votre tils ? Où
courez-vous, prêtre de Jésus-€hrist, sans
votre diacre? vous n*aviez pas coutume
d^olFrir de sacrillce sans ministre. Qu ai-jo
donc fait qui ait pu vous déplaire? Qu'avez-
vous remarqué en moi qui me rendît in-
digne d'être appelé votre fils ? Ef^rouvez du
moins si je ne mérite plus le choiit que vous
aviez fait de moi pour consacrer avec vous
le sang du Seigneur, Vous ne voulez pas
que JH joigne njon sacritice au vôtre ; vnus
me Tavez permis tant de fois dans la célé-
bration des saints mystères! Ah 1 prenez
garde que lorsqu'on donne de si grandes
louanges h la généreuse fernielé que vous
faites [larnître. Ton ne vous accuse en même
temps de ne me pas rendre toute la justice
que vous me devez, ou bien Ton croira que
vous aurez reconnu en moi quelque défaut.
Mais l'abaissement du di_sci|*le ne hjuraera
Îamais à la gloire du maître j et quelque il-
iisire qu'il soit, il Iriom^the bien plus glo-
rieusement par la victoire que reinj^orleson
élève, que riar celle qu'il remnorte lui-mèuie*
Entin Abranam ollVit son ïils, saint Pierre
envoya devant lui saint Etienne. Faites-en
de tnème, raon cher père; montrez, par ce
que peut votre fils, ce que peut un père tel
que vous, et que sa vertu lasse aJtjjirer la
YÔtre- Olfrez celui qui est le (ils de votre es-
prit et de votre chanté, faites Tessai de sa
loi, afin qu*étant sûr de ne vous être pas
trompé dans le jugement que vous avez porté
de lui, vous arriviez h la gloire qui vous at-
tend , accompagné d'un second, qui, vous
ayant suivi dans le combat, mérite de vous
suivre dans votre triomphe. » Sauû Sixte, se
tournaiil alors vers saint Laurent : « Je ne
voes alijndoune pas, mon iDs, lui dit-iU ce
nVst na^ moi qui vous laisse ; mais le ciel
vous ïéserve h de plus grands combats. On
nous épargne, nous aulnes vieillards. Pour
TOUS qui êtes dans la [leur de 1 âge, et qui
avez toute la vigeur de la jeunesse, une vic-
toire plus éi'latante vous attend. Cessez de
TOUS aïlliger, dans trois jours vous me sui-
vrez. 11 est de la bietiséanre qu*if y ait quel-
que tlislance entre le prêtre et le di.'icre. 11
De vous aurait pas été avantageux de com-
battre sou:* les yeux de votre maître, oomoe
si vous eussiez besoin d'aide pour ?aiaere.
Pourquoi désirez-vous de partager avec moi
les tourments que je vais endurer? le tom|_
les laisse Ions par ma roort. Ma présea
vous était-elle nécessaire pour vous âiiina_
au combat? Ne savez-vousr>as que les officiers
font marcher devant eux les soldats timides^
mais qu*ils se fout suivre parles plusbraveit
C'est ainsi qu*EHe laissa Elisée sur la itrttf
lorsqu'il fut enlevé dans le ciel. Je VûQi
laisse donc en mourant dépositaire de i
es|int, et je vous fais héritier de toute
vertu,» Sainte contestation^ agréable «L
pute, digne, certes, de deux iltustre^» mi-
nistres de Jésus-Cljrist, tous deux cotiU>at-
tant h qui mourra pour lui 1 Combien d«
l'ois a-t-on entendu des théâtres probnes
retentîrdes applaudissements des spectateurs,
lorsque la scène produisait à leurs yeui ces
deuï fameux amis, Oreste et Piladel PUàdi^
disait qu'il était Oreste ; Oreste soul^a
que c'était lui-mémo qui Tétait. Ptiadetij
lait^mourir pour souauji; Oreste ne pouvait
soutlVir que son ami mourût povir lui ; am
ni Fun ni rautrene mérilaienl de vivre, poii-
que Tuu et lautre étaient coupables C«a
parricide; le premier en était l'auteur, Hk
second eu était le complice* Au lieu (fia
c'est ici le seul amour de Jésus-Chist,!!
religion seuîé, la divine charité qui Iaitl:i^
1er saint Laurenl, et qui lui fait defBan<kr
la mort qu*il ne mérite pas* 11 la re^uttroii
jours après, selon ses uésirs, et suivant U
prédict on du saint pontife. »
Saint Hippol) te et le prétro Justin enter-
rèrpul son r-orps dans le cimetière de Cjrii-
qut% au champ Vérau, LXgiise faitsdfètik
10 aoûL
LAIHËNT, chef de la famille des TchKl,
était âgé de soixante-deux ans en l769,({iiiAi
il fut altent par (a persécution qu'avait n^
citée t^n Chine la déTionciation du chefci^
missaire du trihunal des mathématimici
Trente ans auiiaravant, il s*étdit si.;Dalepir
sa courageuse résistar>€e; mais cette foi*«
le soumit à une bien dure épreuve. 11 â*«t
un iils noiumé Jean qu'il atmail beauoiip-
11 l'aimait mat, puisque cet aiiiafir fui Tot-
casion de sa chute. Lamour d*un pèrtpov
son tils doit avant tout slnspirer d^!* V$mi0
de Dieu, car ce dernier doit *•' micill
la règle de tous les seiiiin, nmÊÔÊk
Lorsque la mou r paternel cesse d flre «»•
forme à lamour divin el de le suivra, il ff
gare, et le c^eur doit le bris^^r ; c'esl ce m
no tit pas malheureuseinenl LaureiH*/
qu'on peut le voir à rarticle iR4^, Id^
Laurenl , qui avait reçu cinquante^
coups de b<Uon sans vouloir abjurer,]
tenir aux cruels tourments qu'on
soutfrir à son tils, e4 abjura par U0a|
tendresse.
LAI KENTIN ( saint ), oncla mlcnd i
saint Célérin, qui souttrit pour lifair
Déc^, fut lui-même iiiaj-tyriivé sous TcB,
de Sévère, en Afrique, avec S4iiii(e CéMi*^
a.eiilede saint Célénn, et saint l^paeetii^
maiurnel du inûme sainU Nous avoo»^
mp
im
Lcr
la fltfisoD; mais comme le chrétien k qm
elle a(>parteoaiC avait une sorte d'autorité
sur letribonal, les risttes se laisaieot légè-
rement. Le P. Lefèrre passa près d'ooe aa-
Dée dans cette espèce de pri^o.
LÉGER 'saÎDt;, éTêque d'Aatan, HiartTr,
naqait en 616, d'une umille françiise ibrt
illustre. Tout jeune encore, il fut mené par
ses parents à la cour du roi Clotaire 11. Ce
prince, fils de la trop fameuse Frédégonde,
morte en SOT, ne fiit d'abord roi que de la
Neustrie. Ayant tut Si^^ebert prisonnier, en
61^, et ajant lait mounr la reine Brunehaut,
il se trouTa seul maître de la monarchie
française. Ce fut peu de temps après ces éré-
nernents, que saint Léger fut confié aux
soins de Didon, frère de sa mère, et érèque
de la Tille de Poitiers. Ce saint prélat mit
d'abord son ne? eu entre les mains d'un ec-
clésiastique recommandable, puis il le fit
ensuite Tenir dans son palais, pour prendre
lui-même soin de son éducation. Notre saint
laisait de très-grands et de très-rapides pro-
grès dans l'étude des choses sacrées. Son
oncle, voyant cela, le dispensa de l'applica-
tion des règles canoniques, et lordonna
diacre à l'âge de Tinst ans. Bientôt après, il
le fit archidiacre et lui confia le gouTeme-
ment de son diocèse à la mort de l'abbé du
monastère de Saint - Maxence , où saint
Ifaiieul, son oncle, le nomma pour pren-
dre sa place. Il gouTema ce couTent aTec
infiniment de sagesse et de mérite. A la
mort de CloTis II, roi de Neustrie et de Bour-
gogne, sainte Bathilde, mère du jeune roi Clo-
taire III,fiit nommée r^ente: elle choisit,pour
l'aider dans le gouTememeiit du royaume,
aaint Eloi de Noyon, saint Ouen de Rouen,
et saint Léger. En 6S9, on le promut à l'é-
Téché d'Autun ; depuis deux ans cette ville
n'avait pas d'éTèque : le diocèse était dé-
chiré par les dissensions ; il y avait eu en
plusieurs rencontres du sang versé. Léger
pacifia tout,apaisa tous les troubles. Les pau-
vres furent soulagés, le clergé reprit un nou-
vel éclat par l'instruction que lui fit acquérir
le saint évêque. Les églises furent décorées,
enrichies. En 670, un synode fut assemblé à
Autun, lequel s'occupa de plusieurs ordon-
nancées concernant les mœurs, et r(^glementa
ce qui regardait les moines. Clotaire III
étant rnort, en 669, saint Léger se rendit
immédiatement'à la cour. La noblesse se
déclara pour Childéric, qui gouvernait avec
sage.Hse TAustrasie ; mais Ebroïn se déclara
pour Thierry, le fit proclamer et se fit son
maire du palais. Bientôt ce ministre sut se
rendre si odieux, que tout le monde se dé-
clara contre lui ; de toutes parts on se soumit
à Childéric. Ce prince aurait faU mourir le
maire du palais, si saiut Léger' et quelques
autres évoques n'eussent obtenu sa grâce :
on se contenta de le raser, de le renfermer
dans Tabbayc de Luxeuil. Thierry fut envoyé
dans celle de Saint-Denis.
Tant que Childéric suivit les conseils de
saini Léger, il gouverna avec bonheur et sa-
gesse ; mais bientôt, se laissant aller à ses
pussions, il changea de conduite : il eu vint
juqul épouser sa propre sièce. Ls ^u^
érêque lui en fit d'abord s«crè«efii*îci :r<
remontranees ; ouïs l'^rant tr^otwé bsi^^-J-,
il le reprit pnbliqvjeoiefiC <f le eooûuîii
formellement. La hardiesse de l'é^^j^ -jt-
plut tieaueoup au roî« que les c«>irt:si2s l*
manquèrent pas d'aigrir. Le onain^ du ^aliif.
Wulfoald, rendit sa fidélité so^pwte : oi
Feiila à Luxeuil, où il retroava Ebr^xr^ -^^^
dans sa reconnaissance *u.u serric** quiloi
avait rendu, lui promit une àdêlLtê *a ivoi?
épreuve. Sur ces entrelailes* Qûitléfic avirl
été assassiné par Bodilon, qu il avait pJtû-
quement lait fouetter, laissa le tnjne va:am
en ir73. Sa femme et son jeane fils Dazobeft
eurent le même sort. Daçobert U, tunni »
Irlande, fut proclamé roi. Ces éréaeiDents
permirent à saint Léger de reTemr à Aotuo,
el à Ebroïn de sortir de Luxeuil.
c Ebroin, voyant Leudésie re^^imnu maire
du palais en Neustrie^ ne le pat souffrir. B
quitta rhabit monastique, reprit sa femme,
amassa des troupes et marcna contre le roi
Théodoric. Il surprit Leudésie, sous prétexte
d'une conférence, et le fit tuer ; puis il s'as-
socia avec deux évéques déposés pour lears
crimes. Désiré, surnomoiéDiddon, de Qà-
lons-sur-Saône, et Abbon, ou Boboo, de Va-
lence. Ils firent j)araltre de concert ud pré-
tendu fils du roi Clotaire III, qu'ils dooh
mèrent Clovis, publiant que Thierri était
mort, et sous prétexte de le faire reconai-
tre, Ebroïn marcha en Neustrie et eoTora
en Bourgome les deux évéques, avec Vii-
mer, duc ue Champagne. Ils marchèrent V
Autun pour prendre saint Léger, qui j tra-
vaillait à rétablir son peuple, après les dé-
sordres que son absence avait causés. Ses
amis et son clergé lui conseillèrent ue se re-
tirer, et d'emporter avec lui les trésors qu il
avait amassés, pour détourner les ennemis,
en leur faisant perdre Tespérance d'en pro-
fiter. Mais il leur dit : « A quoi bon traîner
avec moi honteusement ce que je n'empor-
terai pas au ciel ; il vaux mieux le doûoer i
aux pauvres. » Il fit donc tirer sa vaisselle
d'argent, qui était nombreuse, et la ût met-
tre en pièces à coups de marteaux, pi»ur la
distribuer par les mains de personnes fidèles^
réservant ce qui était à Tusage des églises:ei
cet argent servit au soulagement de plusieurs
monastères d'hommes et de filles. Ensuite il
ordonna un ieûne de trois jours et uneprc*-
cession générale, où Ton portaft la croiiet
les reliques des saints autour des murail es
de la ville. A chaque porte il se proste^
nait, et demandait à Dieu avec larmes q^*
s'il l'appelait ,au {martyre, il ne permît pa*
que son troupeau fût réduit en captivité, li
crainte des ennemis avait fait accounr le
peuple de toules parts dans la ville, dout ofl
avait fermé les portes et mis tout en éuiéi
défense. Alors le saint évoque appela tout
le monde ^ l'église, et demanda panJo': i
ceux qu*il pouvait avoir olieasés par des ré-
primandes trop vives.
« Peu do temps après, les ennemis i?-
prochôrent. Ceux de la ville flrentuce^
goureuse défense, et Toq combattit jusiju'tf
F
ftfl
L£G
LEG
liS3
soir- Mais saint Léger, voyant le péril où
ils s exposaient, leur dit : « Ne combatlez
pas davantage; si c'est pour moi quils sont
venus, je suis prèlà les satisfaire ; envoyons
un de nos frères savoir ce qu'ils demau-
deut. » Un abl>é nommé Méroalde sortit et
s'adressa t^ Diddon, qui répondit qu'ils ne
cessoraient d'allaquer la ville, si on ne leur
livrait Léger, et s'il ne promettait fidélité au
roi Clovis, assurant avec serment queThéo-
doric était mort. Saint Léi^cr, ayant appris
celte réponse, déclara puïjliquement qu'il
fioulfr irait pïutùt la mort que do manquer de
fidélité à son [irince. Et connue les ennemis
pressaient la ville par le fer et par le feu^ il
dit ailieu h tous les frtTes» el, après avoir
pris la sainte communion, il loarclia hardi-
111 et II vers la fiorte, la til ouvrir et s'olfr.t
flux ennemis, l'sïui tirent arraeherles yeux,
ce f|u'ii soulTril sans se laisser lier les ûiains
et sans pousser aucun gémissement, ne fai-
sant cepeuiiant que chanter des iisaumes.
Yainicr et Diddnn dnnnèretit à Bobou !*é-
vérhé d'Aulun, ponr le récompenser de Va-
lence, dnnt if avait été ehasse^ et le peuple
le rcrut )iour éviter la captivité. Ainsi on
n'ennnena personne; niais on prit cinq
mille sons d'or de Tardent de réijiise, outre
ce que dminèieid les citoyens,
n Vainier eunnenn saint l-égerchez lui, en
Chatupagne. I>iililnn et lïtïbnn niaruhètent
avec A lia fric» qu'ils voulaient élal>lir patrice
en l*rovenre, Is croyaient enlever en pas-
sant saint Genès, anhevèque de Lyon; mais
le piMqtle, rassemblé île Ions cotés, dél'en-
dit si bien cette graruli; viHc^ qu'ils furent
olilïi^és de se retii'er. L'arcbevéquc mourut
queli|tie teinj^s après, le premier jour de no-
vt'mbr« 077, et eut jURir successeur saint
La:iHierl, abbé de Fnntenelle, a[irés saint
A'anilrilh*. Avant trenilirasser la vie mo-
nastiiith', il avail été en j^ranib^ con>idéra-
linn -1 In vjnu- du roi Chïlairi! IIL Saint Ans-
Ijerl lui succéda à lAndenulle, et en fut le
Iroisiénu; ablïé, suivant la [irophétie de saint
\'anibilli', ipii avait marqué ses deux pre-
miers sneeesseurs.
« Kbroni avait ordonné qu'on tînt saint
Léi^er dans le fond d'un bois et qu on Vy
Ini^s/it mourir de faim, faisant courir le
bruit rpi'il sï'tait noyé. Alais api es qu'il eut
lon^^lenq^s sontrcrl la faim, V^ainier eut cotu-
fKission v\ le lit amener cbez lui. Il fut
inétiio tellement toucbé de si!S discours,
qu'il lui rerulit l'argent de rés^lise d'Autun,
et saint Lé^er l'y renvoya puur être dis-
triliné aux pauvres, Vaiiner fut fait ensuite
évéi|uc de Ti'oyes par rartilice d'Ebroin,
qui craignait appareiuinent sa [juissance; et
saint Léger fut mis dans un monasière où
il d^erneura deux ans, Ebioin, élant devenu
maire du i>alais de Tbéodonc, et maître ab-
solu en Neuslrie et en Bourgogne, feignit
de vouloir venger la mort du roi Childér:e,
et en accusa saint Léger et son IVèi-e Gairnu
On les amena en la présence du roi et des
seij^neu.s. Ebmiu le cîiargea de rejiroches ;
mais sauil Léger lui réponuit : w Tu veux te
niçtlre en France au-dessus de tous ; mais
DtCItÛNî«. BE$ Plîa5ÉCUTI0:ifi« L
k
tu perdras bientôt cette dignité que tu mé-
rites si peu. » Ebroïn le (it séparer ; ^ î pre-
mièrement on emmena fiairin, cjui fut atta-
ché à un poteau et lapidé. 11 disait cepen-
dant : « Seigneur Jésus, qui êtes venu aç*-
peler, non pas les justes, mais les pécheurs,
recevez lïmie de votre serviteur, h qui vous
avez bien voulu accorder une mort sembla-
ble h celle des martyrs. » 11 mourut ainsi
en priant.
« On n'osa faire mourir alors saint Léger,
parce qu1l n*avait pas été déposé par les
évoques. Mais il fut traîné dans une pièce
d'eau, dont les pierres aiguës et tranchantes
lui déchirônnt la plante des pieds ; outre
les yeux, quM avait perdus, on lui coupa
les lèvres et la langue pour le faire tomber
dans le désespoir. On le dépouilla hon'eu*
sèment, et, après l'avoir traîné nu dans les
rues bourbeuses, on le mit sur un mécba'it
cheval, et on chargea le comte Varin^ue de
remmener et le garder. Ermenaire, abbé de
Sainl-Sympliorien d' Au t un, qui lui succéda
dans Tépiscopat, prit soin de guénr ses
plaies, et dejuiis le saint ne lai sa oas de
parler; ce qui passa pour un miracle. Le
comte Varingue, Fayait emmené en son
pays, rhonora comme un martyr, et le mit
dans le monastère de Fescan, qu'il avait
fondé. Saiijt Léger y fut gardé pendant deux
ans ; el, se trouvant guéri en peu de temps,
il instruisait les re igieuses, otfrail tous les
jours le saiut sacrilice et priait eontinuelle-
ment,
u 11 écrivit de là une lettre de consolatino
à sa mère Sigrade, qui s'était rendue reli-
gieuse dans le monastère de Notre-Dam*? de
hoissnns. Il lui recommande principalement
le pardon des ennemis. Aussi» ayant appris
dans sa retraite la punition de queluues-uns
de ses persécuteurs, loin de s*en rejouir, il
jik-ura de ce qu'ils étaient mnrts sans péni-
tence. En elfct, le roi Tbéodoric et FJbrom
ai^sendjlèrent un concile nombreux, où plu-
sieurs évèques fui'cnt condanmés. Diddon,
qui l'avait été de C^liAlons, eut la tète rasée,
ee qui était un signe de dégradation; ensuite
il fut banni et puni de mort. Vaimer,duc de
Chamfiag'ie, et depuis évéque de Troyes,
étant tombé dans la disgrilce d*Ebroin, fut
tourmenté et pendu.
t< Entin Ebroïn lit amener saint Léger au
palais, voubuit le faire déposer par le juge-
me il des évéoues, alin tju il n eût plus la li-
berté d'offrir le «^aini sacrilice. On le pressa
encore de s'avouer coupable de la mort du
roi Cbîldéric; mais il le u a toujours, i>re-
rajit Dieu a témoin deso * innocence» On lui
déchira sa luniqtie du haut jusqu'en bas, ce
qui é«ait encore une cérémonie de déposition»
et un le mit entre L;^ mains deChrOiiobert,
comte du palais, avec ordre de le faire mou-
rir, Ebrotn, prévoyant qu'il serait honoré
comme un maittr, ordonna que l'on chcr-
cîi4t un puits auiond d'un buis pour ;. jeter
son corps et le couvrir, en sorte qu'on ne
pût le reirouver. Mais Chrodobert fut tou-
ché par les exnorlalions du saint, qui savait
se faire aimer et respecter de tout lo mODdev
47
Ne poutant donc se résoudre à le voir mou-
rir 11 commanda à (juatï*e de ses domesti-
ques d'exécuter Tordre qu'il avait reçu. La
fômrtre du comte en pleura amèrement; mais
saint Léger la consola et lui dit qu'elle s'at-
tirerait W bénédiction de Dieu si elle pre-
nait soin de -sa sépulture.
« Les quatre exécuteurs le menèrent dans
la forêt, où, ne trouvant point de puits, ils
s'arrêtèrent enfin, et trpis se jetèrent à ses
pieds pour lui demander pardon. Il pria
{)Our eux ; puis, quand il avertit qu'il était
emps, le quatrième lui coupa la tête. On
dit que ce meurtrier fut quelque temps après
saisi du démon, et qu'il se jeta dans le feu
et y mourut. La femme du comte Chrodo-
bert fit enterrer le saint dans un petit ora-
toire, en un lieu nommé Sarcin en Artois ;
niais il fut depuis transféré au monastère de
Saint-Maixent en Poitou, dont il avait été
abbé. La forêt où il fut tué, nommée aupa-
ravant Aquiline ou Iveline, a pris, depuis
plusieurs siècles, le nom de Saint-Léger ; on
abAti en son honneur un très-grand nombre
d*églises. On rapporte quantité de miracles
faits à son tombeau ; et il n'y a guère de saint
plus illustre en France. L'Eglise l'honore
comme martvr, le second jour d'octobre; et
il mourut , comme l'on croit , l'an 678. »
(Pleurv, t. II, p. 913,914.)
LKNTINI, ville de Sicile, à 22 kilom. d'A-
gosta, a été illustrée par le martyre de sainte
Epiphane, qui y sounrit sous l'impie Dioclé-
tien et le président Tertyle.
LÉOCADIE (sainte), naquit à Tolède en
Espagne. Son nom est demeuré célèbre dans
cette vieille terre catholique. Le temps de la
persécution de Dioclétien étant arrivé,
sainte Léocadie fut remarquée, à cause du
zèle tout particulier qu elle faisait Voir pour
la religion chrétienne. Un nommé Dacien,
gouverneur, implacable ennemi du nom
chrétien, la fit arrêter : il lui fit soufl'rir d'hor-
ribles tortures, et la fit ensuite mettre en
prison. Elle y mourut des suites de ses bles-
sures. On ignore en q^uelle année précise
eut lieu la mort de la sainte : suivant les opi-
nions les plus communes, ce fut en 302 en-
viron. Sainte Léocadie avait été embrasée du
désir de verser son sang pour la foi, en ap-
prenant la mort de sainte Eulalie. Elle ne
cessait de demander à Dieu la grAce de mou-
rir aussi pour lui. Comme on vient de le
voir, sa prière fut exaucée. Tolède a choisi
cette sainte pour patronne : trois des églises
de cetie ville sont sous son invocation. L'E-
glise fait la fête de sainte Léocadie le 9 dé-
cembre. (On peut, à son sujet, consulter le
P. Florès, Spana sagrada, t. VI, p. 313.)
LÉOCRITIE (sainte), cueillit la palme du'
/Martyre à Cordoue, durant la persécution
d'Abilérame IL Cette jeui;e musulmane
avait, dès son enfance, été instruite dans la
religion chrétienne par une de ses parentes
(Ijui l'avait fait baptiser. Son père et sa mère
1 ayant su, la tourmentaient cruellement, la
fouettant jour et nuit, dit Fleury dans sa
traductiou d'Ëuloge» pour la forcer de renon-
cer à sa foLSUe ut connaître sa malheureuse
LEO
m
position h Etiloge de Cordoue et au prêtre
Aroulone, leur témoignant le dtoir ân'elle
avait de se réfuter dans an lieu où elle pOt
pratiquer sa religion en liberté. Euiogelui
procura les moyens de sortir de chez ses
parents, qu'elle trompa, au point même
qu'elle parlait mal, en leur présence, de la
religion chrétienne. Elle se revêtit de ses
plus beaux habits, sous prétexte d'aller i
une noce, et se réfugia chez Buloge et sa
sœur , qui la cachèrent pendant quelque
tempS; et la placèrent chez une personne de
leurs amis. Les parents, au dt^sespoir, bM
des recherches inouïes |>our la retrouver, rt
obtinrent du cadi de faire arrêter et fouetter
des chrétiens, même des reli^euses et des
prêtres, sur lesquels ils avaient des soop-
?:ons. Euloge ne se trouvait ému de rien,
aisait souvent chanfjer de retraite h Léocri-
tie, et passait les nuits en prières pour tfle,
tandis cju'elle, de son côté, priait, jeûoait et
couchait sur un cilice.
Une nuit, étant venue voir Euloge et sa
sœur, elle ne put retourner, parce que la
personne oui devait raccompagner viol trop
tard, et qu il était déjè jour. Le cadi en étant
averti, envoya des soldats entourer la mai-
son, d'où, ils tirèrent Léocritie arec Euloge,
et les amenèrent en sa présence. Il dem^aida
à Euloge pourquoi il tenait cette fille chez
lui, et Euloge répondit que les prêtres oe
pouvaient refuser nnslruction à ceux qui la
demandaient. Le cadi le menaça de le faire
mourir à coups de verges ; mais Euloge ri-
pondit que le glaive était un moyen plus
sûr, et commença à parler hautement coo-
tre le prophète et sa religion. On le meui
aussitôt au palais, devant le conseil. Cndes
conseillers, qui le connaissait particulière-
ment, lui dit : « Si des ignorants se précipi-
tent malheureusement à la mort, un noùime
savant et vertueux comme toi ne doit pas
imiter leur folie. Crois-moi , je te prie, dis
seulement un mot à présent, puisqu'il le
faut : tu reprendras ensuite ta religion, et
nous promotions de ne te point rechercher.!
Euloge lui répondit en souriant : « Ahlsitn
pouvais connaître les récompenses qui at-
tendent cent qui conservent notre foi, tur^
noncerals à ta dignité temporelle. » Il conh
mença alors à leur proposer hardiment Ie$
vérités de l'Evangile; mais, pournelepas
écouler, ils le condamnèrent aussitôt à pe^
dre la tète. Comme on le menait au supplfr.
un des eunuques du roi lui donna un souf-
flet: il tendit Tautre joue et en souffrit pa-
tiemment un second. Quand il fut arrivé m
lieu de Texécution, il pria à genoux, élendi:
les mains au ciel, fit le signe de la croii>itf
tout son corps, et présenta sa télé quiW
prompleraent coupée. C'était à Theure «
none, ou trois heures après midi, le sanjei
11 mars 859. 11 fut enterré à Saint-ZoJe, Léi>
cri tie fut aiissi décollée quatre jours ajvt».
et jetée dans le fleuve Bétisi ; mais elle en M
tirée et enterrée à Saint-Gonès de Terû>s-
L'Eglise honore l'un et Tautre le jour de k^
martyre. La Vie de saint Euloge a été éc*
par Alvar, son aoii, et depuis, il oooirei*
\m
LEO
LEO
usa
peu de monuments de TEglise d^Espagne
sons h domination des musuïraans.
LÉON (saint), marlyr» mounit pour la dé-
fense de notre sainte religion, à Rome, avec
les saints Abondanre, Donat, Niréphore et
neuf autres, dont TEglise honore la mémoire
le 1" mars. (Pas d'actes authentiques,)
LÉON (saint), martyr, soutînt dans le
îo* sièele, probablemeùt sous rempire de
Dioctétien. D, Ruinari a donné ses Actes,
que nous transcrivons textuellement. Ce
saint est iionoré nar t*Eg!ise avec saint Paré-
gorius, le 18 de révrier,
tt Saint Parégorius venait de répandre son
sang à Patare (ville de Lyde), pour la c^use
de Jésus-Christ, et saint Léon, qui avait été
le témoin de sou combat, se trouvait lartagé
entre la joie que lui causait le bonheur de
son ami et la douceur de n'avoir \m encore
se signaler comme lui, lorsque fin tendance
delà Lycie fut donnée au proconsul Lollien.
Ce nouvel intendant, voulnnt h son arrivée
marquer son zèle pour le culte des dieux,
indiqua une iéte solenoelle en riionneurde
Sérapis, et ordonna que tous les hatiilants de
Patare, de c^uelque religion qirils fussent,
s* y trouveraient. Plusieurs chrétiens obéi^
rent, la crainte des hommes remportant sur
celle des jugrments de Dieu. Mais Léon,
bien loin de marquer la moindre complai-
sance I our l'intendant, ne voulut pas même
Îu on lui p.^rlAt de cette cérémonie sacriiégo.
ensant a tors en lui-même h ce qu'il avait
\ faire en cette rencontre, il sortit de son lo-
gis pour se rendre au lieu où étaient les re-
liques de saint Parégorius. Il passa devant
le temple de Sérapis, où Ton ollrait un sa-
crifice; ceux qui j assistaient, ayant jeté les
yeui sur lui, reconnurent qu*il é(ail chré-
tien» h sa démarche, à son visage et à son
babit. Car on voyait eu tout cela un air de
modestie qui le fendait respectable. Mais on
i^marqua particulièrement, h quelques si-
gnes qu'il fit, qu'il avait une extrême hor-
reur pour cette fêle impie. It s'était exercé,
dès sa jeunesse, dans les pratiques de lu vie
solitaire; et outre les autres vertus qu'il y
I avait acquises, il possédait éminemment la
cliasleté et la tempérance. Son habit était une
I étotfe grossière, faite de poil de chameau ; en
f un mot, il avait pris pour modèle de ses ac-
L lions les apôtres et saint Jeau-Baptisîe. Etant
k donc arrivé i\u tombeau de satnt Parégorius,
f il y lit sa prière; it se retira ensuile chez lui,
^ il y pria à son ordinaire, mangea un peu, et
pi y demeura le reste du jour renfermé, repas-
^ sant sans cesse dans snn esprit la lin glo-
Bta rieuse de saint Parégorius. Tout occupé de
^■ces pensées, il s'endoruiil et vit en son^^ej
^ comme un autre Joseph, ce qui devait lui
arriver. Il lui sembla doue être au milieu
*'. d*un torrent ; un orage etîroyable ohscurcis-
V sait tout Tair, et l'eau tombait h grands flots
^ des nues noires et épaisses qui passaient sur
^' sa tète. Ayant aperçu dans le même torrent
\ saint Parégorius qui s^avancait vers le mar-
^ lyre, il courut a lui, malgré la rapidité du
\ ■[ torrent, et le suivit* S'étant réveillé après
cette vision, il ïi*eut pas de peine à corn-
k
prendre qu*il aurait le môme sort que Paré-
gorius; il en ressentit une joie qu'un ne
peut exprimer. Cette espérance augmenta la
dévotion qu'il avait pour ce bienheureux
martyr; ilallail plus souvent à son lorabesu ;
il commença à se regaider comme le fidèle
compagnon des travaux de Parégorius, et à
considérer Parégorius comme son précur-
seur dans la gloire, il ne cherchait point de
chemin détourné, ni une route secrt-te pour
aller visiter les i cliques du Sriiot ; il passait
au milieu de la ville, par la place publique,
à la vue de tout le peuple. Un jour qull
avait pris son chemin par devant le Ticnée,
il aperçut ce temple ihuminé d'une intinité
de flambeaux ; il eut compassion de ceux qui
les avaient allumés, et, animé d'un zèle cha-
ritable, il éteignit tous ces flambeaux, les mit
en pièces, les foula aux pieds, et dit ; « Si
tr vos dieux se senleut otTensés de Tinsulte
« que je leur viens de faire, ils n'ont qu'&
« m'en punir, je ne me déroberai point h
« leur ressentiment. » Il poncsuivil ensuite
froidement son chemifi.
« Cependant la populace s'assemble, une
troupe d'impies se mole ^larmi les plus s'di*
lieux, on mmiiiure, on s émeut, on crie, on
chrvrge Lénu de malédictions. Il est cause,
dil -on, que la déesse Fortune ne regardera
plus Patare de bon leil; il lui a fait une in-
jure, dont elle ne manquera pas de se venger
si on ne l'apaise. Le tumuiie augmei.tanl,et
le bruit de l'action de Léon se répandant de
rue en rue et de quartier en quartier, fut
bientôt porté aux oreilles de llutendaiit, qui
envoya en même lemps des soldats pour ob-
server le saint et se saisir de lui à son re-
tour, liste virent rentrer chez lui; et, ayant
investi son logis, ils le prirent sans qu'il fît
lu moindre résistance, et le menèrent h Tin-
teodant. Ce magistrat était déjà fort altéré
du sang des chrétiens, et cette généreuse
har Jesse du martyr ne servit p;fs peu à l'al-
lumer encore dav'antage. Il considérait que
la chose était d*uy très-dangereux exemple;
qu'il éîait de la dernière impnrtance de ré-
priuier cette audace des chrétiens, contre la-
quelle les dieux mômes n'étaient pas en sû-
reté. Aussi, dès